Page 1

Protéger la mer p2

Passion = archéo ! p8-9

Volume 53, numéro 2 7 septembre 2017

photo Marc Robitaille

Nouvelle équipe

Des membres de la nouvelle direction ont rencontré les représentants de la presse le 31 août afin de faire le point sur les projets en cours. p3


2

recherche

le fil | le 7 septembre 2017

«

en bref

La Rentrée UL : un succès sur toute la ligne ! Les étudiants ont participé en grand nombre à la Rentrée UL, qui avait lieu les 5 et 6 septembre à l’atrium Jean-Guy-Paquet du pavillon Alphonse-Desjardins. Cet événement incontournable vise à améliorer et à simplifier la vie des gens sur le campus. Les nouveaux étudiants inscrits pouvaient trouver en un seul endroit une multitude de renseignements sur la vie universitaire puisqu’une soixantaine de kiosques d’information permettaient de tout savoir sur les services aux étudiants et les associations étudiantes. En outre, les étudiants pouvaient s’y procurer leur agenda universitaire. Comme chaque année, l’équipe des publications de la Direction des communications avait son propre kiosque d’information. Si vous y êtes passé, vous avez pu serrer la pince aux membres de l’équipe du Fil, le journal de la communauté universitaire, et de Contact, le magazine des diplômés. Bonne rentrée à toute la communauté universitaire ! photo Marc Robitaille ulaval.ca/rentree

Un effort collectif de solidarité C’est sur le thème « Ensemble, changeons des vies pour la vie » que se déroulera la campagne Centraide – Université Laval. Cette campagne vise à récolter des fonds pour venir en aide à ceux qui en ont grandement besoin. L’objectif sera dévoilé le 13 septembre au cours d’une activité de lancement à laquelle tous les membres de la communauté universitaire sont invités. L’an dernier, rappelons-le, la campagne Centraide – Université Laval avait permis d’amasser un montant de 580 738,82 $, qui a été remis à Centraide Québec et Chaudière-Appalaches. Cette année, les deux coprésidents sont Alain Rochon, doyen de la Faculté d’aménagement, d’architecture, d’art et de design, et Denis Beaudoin, directeur du Service des immeubles. Le lancement de la campagne aura lieu le 13 septembre, à 10 h 30, à l’atrium du pavillon Jean-Charles-De Koninck, en présence de la rectrice Sophie D’Amours et de Bruno Marchand, président-directeur général de Centraide Québec et Chaudière-Appalaches.

Les populations de poissons, de mollusques et de crustacés consommées par les humains sont mal en point. Ajoutez à cela la dégradation des habitats marins, les changements climatiques, les agents pathogènes et une tempête parfaite se dessine à l’horizon. « Si la demande des consommateurs pour le poisson continue d’augmenter, nous nous dirigeons vers une surexploitation globale », estime Louis Bernatchez. photo C. Ortiz Rojas

La génomique ne réglera pas tous les problèmes des pêches, mais c’est un élément de la solution qu’on ne peut pas ignorer plus longtemps

Un remède au mal de mer Les ressources marines sont mal en point et il est temps d’appeler la génomique à la rescousse par Jean Hamann Dans la dernière édition de Tr e n d s i n E c o l o g y a n d Evolution, 15 scientifiques d’autant de pays, dont Louis Bernatchez du Département de biologie de l’Université Laval, lancent un appel à une mobilisation internationale pour assurer l’avenir des ressources halieutiques. En termes simples, leur message se décline ainsi : les populations de poissons, de mollusques et de crustacés consommées par les humains sont mal en point, la génomique peut améliorer la gestion des stocks sauvages et la production aquicole de ces espèces, aussi est-il plus que temps de recourir à la génomique pour favoriser l’utilisation durable de ces ressources. « Les outils génomiques sont largement utilisés en agriculture et en foresterie, mais il y a un blocage qui freine leur utilisation dans le domaine des pêches et de l’aquaculture, constate le professeur Bernatchez. Pourtant, nous sommes rendus à un moment critique pour l’avenir des ressources halieutiques et il est

essentiel d’utiliser les outils qui permettent d’obtenir les meilleures informations possible pour prendre les bonnes décisions. La génomique fait partie de ce coffre à outils. » La population mondiale pourrait atteindre 9 milliards en 2050 et on ignore dans quelle mesure les espèces marines pourront contribuer à la sécurité alimentaire de l’humanité, rappelle le chercheur. Dans les pays développés, les stocks locaux ne suffisent plus à la demande et il faut s’approvisionner de plus en plus loin. Des stocks sont souvent exploités à un niveau limite, alors que d’autres sont surexploités. C’est le cas pour la presque totalité des espèces de la Méditerranée et de la mer Noire. Ajoutez à cela la dégradation des habitats marins, les changements climatiques, les agents pathogènes et une tempête parfaite se dessine à l’horizon. « Si la demande des consommateurs pour le poisson continue d’augmenter, nous nous dirigeons vers une

On peut le lire en ligne à lefil.ulaval.ca et s’abonner gratuitement à un avis de parution électronique.

Le journal de la communauté universitaire Fondé en 1965, Le Fil est un hebdomadaire publié 29 fois par an par la Direction des communications de l’Université Laval et distribué gratuitement sur le campus.

Vous désirez proposer un sujet d’article ? Écrivez-nous à l’adresse le-fil@dc.ulaval.ca au plus tard le jeudi midi précédant la prochaine parution. Les textes soumis doivent comporter le nom et le numéro de téléphone de leur auteur. Écrivez-nous ! Le Fil accueille vos idées avec plaisir. Le contenu de ce journal peut être reproduit à condition de mentionner la source et l’auteur.

surexploitation globale », estime Louis Bernatchez. En quoi la génomique peutelle aider à prévenir pareille crise ? « D’abord et avant tout, en permettant de définir avec précision chaque stock de chaque espèce, répond le chercheur. C’est un principe de base en gestion des ressources halieutiques. Il faut estimer les effectifs et établir les quotas d’exploitation en fonction des véritables populations biologiques et non en fonction des zones administratives de pêche, comme on le fait encore trop souvent. Les outils génomiques actuels nous permettent de le faire avec une grande résolution. Ils peuvent aussi nous aider à évaluer l’efficacité d’opérations d’ensemencement de soutien, à assurer la traçabilité des produits marins, à surveiller les agents pathogènes et à détecter les interactions entre les poissons sauvages et les poissons d’élevage. » La génomique pourrait aussi soutenir la croissance de l’aquaculture, poursuit le chercheur. « La production aquicole de poissons équivaut maintenant aux débarquements en milieu naturel, mais plusieurs facteurs pourraient contribuer à son plafonnement. Les outils génomiques peuvent aider à mieux choisir

Rédaction Éditeur : Jacques Villemure, directeur des communications Rédactrice en chef : Claudine Magny Journalistes : Matthieu Dessureault, Jean Hamann, Yvon Larose Collaborateurs : Jenny Aumais, Pascale Guéricolas, Stéphane Jobin, Mathieu Tanguay, Brigitte Trudel Collaborateurs au Web : Carl Bélanger, Thierry Mellon Rédactrice-réviseure : Manon Plante Agente de secrétariat : Sophie Leroux

Production Infographie : Geneviève Bolduc, Service de reprographie de l’Université Laval Impression : TC Imprimeries Transcontinental, Québec (Québec)

les espèces qu’on veut domestiquer et à sélectionner plus efficacement les lignées possédant des caractères recherchés, notamment le taux de croissance et la résistance aux maladies. » Une étude réalisée en 2012 montre que le blocage des gestionnaires des pêches face aux outils génomiques résulte, entre autres, d’une méconnaissance de leur potentiel, d’une fausse perception quant à leurs coûts et des résultats décevants produits par les premiers marqueurs génétiques. « Il faut changer ces perceptions en leur montrant que les outils génomiques sont beaucoup plus puissants et fiables que les marqueurs génétiques utilisés il y a quelques années, propose le professeur Bernatchez. Le coût des outils génomiques diminue constamment et la qualité de l’information qu’on peut en tirer en fait un très bon investissement, comme l’ont bien compris les gestionnaires des domaines de l’agriculture et de la foresterie. La génomique ne réglera pas tous les problèmes des pêches, mais c’est un élément de la solution qu’on ne peut pas ignorer plus longtemps. »

Placements publicitaires Claudine Trudel 418 656-2131 poste 6415 Dépôt légal Bibliothèque nationale du Québec, ISSN 022-1-1965

Pour nous joindre 2325, rue de l’Université, local 3108 Québec (Québec) G1V 0A6 Téléphone : 418 656-2131 poste 4687


actualités UL

le fil | le 7 septembre 2017

3

De multiples projets sur les rails

Les membres de la direction ont rencontré les représentants de la presse le 31 août. De gauche à droite sur la photo : Lyne Bouchard, vice-rectrice aux ressources humaines, Eugénie Brouillet, vice-rectrice à la recherche, à la création et à l’innovation, Robert Beauregard, vice-recteur exécutif et vice-recteur aux études et aux affaires étudiantes, Sophie D’Amours, rectrice, Rénald Bergeron, vice-recteur aux affaires externes, internationales et à la santé, André Darveau, vice-recteur à l’administration, et Monique Richer, secrétaire générale. photo Marc Robitaille

Ce ne sont pas les projets qui manquent pour la nouvelle équipe de direction de l’Université en ce début d’année universitaire

dans le cadre de cette campagne. Si des comportements inacceptables se produisent, nous sommes prêts à y faire face », a ajouté Robert Beauregard.

par Matthieu Dessureault

UNE UNIVERSITÉ OUVERTE SUR LE MONDE er

Entrées officiellement en poste le 1 juillet, la rectrice Sophie D’Amours et son équipe travaillent déjà sur plusieurs projets concrets. Les représentants de la presse étaient conviés à une rencontre en marge de la rentrée automnale pour faire le point sur les dossiers en cours. « C’est avec beaucoup d’enthousiasme et de confiance que l’on entrevoit l’avenir. Je suis entourée de personnes compétentes, mais aussi engagées, courageuses et solidaires, qui donneront le meilleur d’elles-mêmes dans les prochaines années pour permettre à notre établissement d’avancer et d’aller plus loin », a affirmé, d’entrée de jeu, la rectrice. Survol de certains projets qui animeront son équipe. UNE RECHERCHE ANCRÉE DANS LA SOCIÉTÉ

Auparavant doyenne de la Faculté de droit, Eugénie Brouillet prend les rênes du Vicerectorat à la recherche, à la création et à l’innovation. Elle voit son mandat comme l’occasion de contribuer activement au rayonnement de la recherche et à la multiplication des collaborations interdisciplinaires. « Il y a déjà de grandes initiatives qui ont vu le jour, notamment en santé durable et en recherche nordique ; nous désirons poursuivre dans cette voie par la mise en place de chantiers de mobilisation scienti­ fique, et ce, en déterminant des thèmes qui interpelleront toutes les disciplines », a-t-elle précisé.

VERS UNE MOBILITÉ DURABLE

Alors que l’image de Québec pourrait être entachée par de récents événements malheureux, l’Université entend faire sa part dans la lutte contre le racisme et la xénophobie. « Nous travaillerons avec nos étudiants et la Ville de Québec à assainir cette vision du mieux-vivre ensemble. Parmi plusieurs projets, deux chaires de recherche portant sur des aspects du multiculturalisme sont en cours de création, en plus de colloques qui aborderont ces enjeux. Comme université, notre responsabilité est de former des gens ouverts sur le monde afin qu’ils travaillent à une meilleure équité entre les genres, les générations et les peuples », a insisté Rénald Bergeron, vice-recteur aux affaires externes, internationales et à la santé.

L’Université appuie la volonté de la Ville de Québec d’améliorer l’offre de transport en commun dans la région et de créer des me­sures pour encourager l’utilisation du transport actif et réduire la congestion routière. « Nous collaborons activement avec les associations étudiantes, le Réseau de transport de la Capitale et la Société de transport de Lévis pour rendre plus accessible aux ­étudiants le transport en commun et améliorer l’accessibilité au campus. Aucune possibilité n’est écartée pour le moment. Les pourparlers avancent bien et nous sommes sûrs d’arriver à une solution intéressante », a dit Robert Beauregard, vice-recteur exécutif et vice-recteur aux études et aux affaires étudiantes. RÉPONDRE À LA RÉALITÉ DES FAMILLES L’an dernier, le Comité politique familiale, composé de l’Association des parents-­ UN CAMPUS EXEMPT étudiants de l’Université Laval, de l’AELIÉS DE VIOLENCE SEXUELLE Alors que Québec se dote d’une loi-cadre en et de la CADEUL, lançait une campagne la matière, l’Université poursuit ses efforts pour sensibiliser la communauté universipour contrer les violences à caractère sexuel taire à la nécessité d’une politique de concisur le campus. Dans les derniers mois, di­­ liation famille-études. Entre autres recomverses initiatives ont été mises en place pour mandations, il proposait d’aménager des éviter les débordements souvent associés résidences familiales sur le campus. « Ce proaux activités d’intégration. Entre autres, jet est toujours dans les cartons, a assuré 300 étudiants ont été formés pour agir André Darveau, vice-recteur à l’administracomme « sentinelles » lors de ces événe- tion. On compte plus de 43 000 étudiants sur ments. « L’Université participe activement à le campus, dont plusieurs étudiants étranla campagne de sensibilisation “Sans oui, gers et des familles. Une analyse est en cours c’est non !” menée par les associations étu- avec les étudiants pour bien comprendre diantes. Notre campus sert de lieu pour leurs besoins et voir les actions qui seront expérimenter de nouvelles façons de faire prises au cours des prochaines années. »

«

Je suis entourée de personnes compétentes, mais aussi engagées, courageuses et solidaires, qui donneront le meilleur d’elles-mêmes dans les prochaines années pour permettre à notre établissement d’avancer et d’aller plus loin UN PROGRAMME DE RECONNAISSANCE POUR LES EMPLOYÉS

La vice-rectrice aux ressources humaines, Lyne Bouchard, compte mettre sur pied un programme de reconnaissance des « bons coups » des employés de l’Université. Elle espère ainsi mettre en valeur l’apport de ceux qui instaurent de nouvelles façons de faire innovantes dans leur unité ou faculté respective. « L’Université, c’est près de 10 000 employés. Chaque jour, de petits miracles sont faits et personne n’est au courant. Il existe des activités de reconnaissance pour les professeurs, mais il faut aussi célébrer nos professionnels et nos employés de soutien. »


vie étudiante en bref Eurodéputés d’un jour

le fil | le 7 septembre 2017

4

Quatre étudiants de l’Université Laval ont participé à la Simulation du Parlement européen, à Prague, cet été

Les séances plénières ont eu lieu dans une salle du Parlement tchèque. photo équipe de presse SPECQUE

groupe politique d’appartenance dont ils ont défendu les idées dans la capitale tchèque. « Nous avons pu choisir à l’avance le groupe politique, indique Marianne Richer-Laflèche. Nous nous étions dit qu’il était mieux de faire partie d’un petit groupe afin d’avoir une présence plus marquée. » Ainsi fut dit, ainsi fut fait. Marianne Richer-Laflèche et Alyssum TurgeonFerland ont choisi la Gauche unitaire européenne, un regroupement de partis de gauche de tendance socialiste, anti­ libérale et anticapitaliste. Iveline Fourn, pour sa part, s’est retrouvée dans le groupe Europe des nations et des libertés, une formation d’extrême droite. Quant à William-James Lawless, il a intégré le groupe eurosceptique Europe de la liberté et de la démocratie directe. Les 200 apprentis eurodéputés ont croisé le fer sur quatre propositions fictives proches de la réalité européenne. L’une d’elles portait sur la réglementation de l’usage de drones civils. Une autre concernait les lanceurs d’alerte. La troisième proposait la création d’un fonds européen de défense. La dernière proposition touchait à l’efficacité de produits cosmétiques. Tous ces sujets ont été débattus en plénières, en commissions parlementaires et au sein des groupes politiques d’appartenance. L’objectif global était de parvenir à des consensus, mais plus en fin de parcours. « L’objectif le plus global, souligne Marianne RicherLaflèche, consistait plutôt à se battre pour les intérêts du parti politique que l’on représentait et pour que ces intérêts soient transformés en législation. » L’étude des quatre propositions a suscité de vifs débats. Dans le dossier des lanceurs d’alerte, les échanges ont été nombreux, de même que les malentendus. Les eurodéputés se sont, entre autres, interrogés sur l’importance de protéger soit l’entreprise, soit l’employé qui lance une alerte. De nombreux consensus ont été atteints, même entre l’extrême gauche et l’extrême droite. Le dossier du fonds européen de défense, quant à lui, a abouti finalement à plusieurs compromis. De vifs débats ont entouré la vocation du fonds, son financement et l’éventuel détournement de sa vocation. Les quatre textes ont fini par être adoptés par une large majorité. Il est à noter que les deux partis d’extrême droite ont voté contre la plupart des textes finaux soumis au vote.

Les quelque 200 participants à la SPECQUE 2017 sur les marches d’une des plus belles salles de concert de Prague, le Rudolfinum. photo Nadia Imgharen

Du centre-ville de Prague, vue sur la cathédrale Saint-Guy et le château. photo Alyssum Turgeon-Ferland

par Yvon Larose

À la recherche de parrains et marraines Pour un étudiant venu d’ailleurs, avoir un ­parrain ou une marraine sur le campus représente un grand avantage : celui d’avoir un guide qui l’aide à s’intégrer harmonieusement à son nouveau milieu de vie et d’études. Le Programme de jumelage des étudiants étrangers de l’Université est justement en pleine période de recrutement. Ceux et celles qui connaissent bien la ville de Québec et l’Université Laval sont invités à poser leur candidature pour la session d’automne 2017. L’engagement ne demande que quelques heures par semaine. Avant d’être jumelés, les candidats devront assister à des séances de formation, qui auront lien en septembre. Pour s’inscrire : www.bve.ulaval.ca/­etudiantsetrangers/programme-de-­jumelage/devenirparrain-marraine. Pour information : ­programmedejumelage@bve.ulaval.ca ou Valérie Marier au 418 656-2131, poste 16741.

Fin juillet, quelque 200 étudiants universitaires francophones, en provenance d’une quarantaine de pays, ont convergé vers Prague, capitale de la République tchèque, en Europe centrale, afin de participer à la 20e Simu­ lation du Parlement européen CanadaQuébec-Europe (SPECQUE). Cet exercice peu banal, axé sur l’analyse et l’argumentation, était organisé par des étudiants universitaires. La SPECQUE a vu le jour en 1997 à l’initiative d’étudiants à la maîtrise en relations internationales de l’Université Laval. Cette année, quatre étudiants représentaient l’Université dans l’enceinte du Parle­ ment pragois. Du 30 juillet au 6 août, tous les participants se sont glissés dans la peau d’eurodéputés. Pendant une semaine, ils ont débattu et échangé sur des enjeux d’actualité relatifs à l’Union européenne. Ils se sont aussi familia­ risés avec les règles de fonctionnement du Parlement européen. Certains ­d’entre eux ont joué le rôle de commissaire européen, de rapporteur de commission, de chef de groupe politique, de journaliste ou de lobbyiste. « Il fallait être très prêts, explique Marianne Richer-Laflèche, inscrite au baccalauréat en droit. Les quatre étudiants de l’Université Laval ont été très bons, en négociations politiques comme dans la rédaction d’amendements. Nous nous sommes distingués lorsqu’il fallait faire des concessions en commission parlementaire. Nous

Les débats ont porté sur les drones civils, les lanceurs d’alerte, la défense européenne et les produits cosmétiques pouvions céder sur certains points d’un texte étudié pour ensuite espérer gagner quelque chose sur un autre projet de texte. » Marianne Richer-Laflèche en était à sa cinquième simulation à vie et à sa troisième en 2017 uniquement. Ses trois coéquipiers (Iveline Fourn, ­m aîtrise en études internationales, William-James Lawless, baccalauréat en droit, Alyssum Turgeon-Ferland, baccalauréat en affaires publiques et relations internationales) ont, pour leur part, vécu leur baptême du feu en ce domaine à Prague. Ces quatre étudiants n’ont pas compté les heures dans leur longue préparation. Ils ont fait beaucoup de recherche d’information par eux-mêmes. Ils ont aussi passé beaucoup de temps en vidéoconférence sur le Web avec des membres du

Gala de la vie étudiante : jurés recherchés Depuis maintenant 27 ans, le Gala de la vie étudiante récompense les réalisations et les initiatives étudiantes dignes de mention nées d’activités parascolaires réalisées à l’Université au cours de l’année. Pour découvrir les perles rares qui seront nommées au prochain Gala, le Bureau de la vie étudiante recherche des personnes pour faire partie du jury dans les catégories « Défilé de mode », « Exposition », « Spectacle » et « Théâtre ». Les jurés devront assister à tous les spectacles, représentations ou événements inscrits dans leur catégorie. Ils recevront une paire de billets gratuits pour chaque événement auquel ils devront assister. À la fin de la s­ aison, chaque jury devra se réunir pour d ­ ésigner l’étudiant ou le groupe ayant offert la meilleure performance. Le gagnant rem­portera une bourse et un trophée lors du Gala, qui se tiendra en avril 2018. photo David Cannon Les personnes intéressées peuvent écrire, avant le 15 septembre, à galadelavieetudiante@bve.ulaval.ca. Pour plus d’information, contactez Annie Raymond au 418 656-2131, poste 4131 ou à annie.raymond@bve.ulaval.ca.


médecine dentaire

le fil | le 7 septembre 2017

5

On pourrait envisager l’ajout d’huile essentielle de cannelle à des produits comme le rince-bouche et la gomme à mâcher

L’huile essentielle de cannelle réduit l’abondance des bactéries buccales qui produisent des composés volatils sulfurés responsables de la mauvaise haleine.

La cannelle contre la mauvaise haleine L’huile essentielle de cannelle fait la vie dure à une espèce de bactérie associée à l’halitose par Jean Hamann Des chercheurs de la Faculté de médecine dentaire et du Groupe de recherche en ­écologie buccale de l’Université Laval pourraient bien avoir trouvé une nouvelle arme contre la mauvaise haleine. En effet, une étude qu’ils publient dans la revue Archives of Oral Biology démontre que l’huile es­­ sentielle de cannelle produit des résultats spectaculaires contre l’une des principales bactéries responsables de la mauvaise haleine, Solobacterium moorei. Rappelons que la mauvaise haleine – l’halitose pour les scientifiques – est causée par des bactéries de la bouche qui produisent des composés volatils sulfurés. « Parmi les quelque 500 espèces de bactéries qui vivent dans la cavité buccale, on en dé­­nombre une dizaine qui sont abondantes et qui produisent ces composés sulfurés. L’une d’elles, S. moorei, se retrouve chez toutes les personnes souffrant d’halitose et elle est absente chez celles qui n’ont pas ce problème », signale le responsable de l’étude, Daniel Grenier.

S. moorei et ses semblables se terrent dans la forêt de papilles de la langue et dans les tissus buccaux affectés par les maladies parodontales. « Une fois que ces bactéries sont installées dans la bouche, il est presque impossible de s’en débarrasser, précise le chercheur. Le mieux qu’on peut faire est d’en diminuer l’abondance en se brossant vigoureusement la langue et en utilisant un rince-bouche qui tue les bactéries. L’effet est toutefois temporaire et il faut répéter l’opération plusieurs fois par jour pour contrer efficacement la mauvaise haleine. » Dans l’espoir de trouver des solutions plus durables, l’équipe de Daniel Grenier a étudié comment S. moorei réagissait lorsqu’elle était exposée aux huiles essen­ tielles de dix plantes : le sapin, la coriandre, le thé du Labrador, la menthe poivrée, la sauge, la sarriette, la myrrhe, la marjolaine, le thym et la cannelle. Résultat ? La cannelle a nettement ­s urclassé tous ses rivaux. « L’huile essentielle de cannelle parvient à inhiber la

croissance de S. moorei à des concentrations 4 fois moins élevées que les autres huiles. De plus, elle commence à tuer ces bactéries, même lorsqu’elles forment un biofilm, à des concentrations 2 fois plus faibles que les autres produits, sans avoir d’effet toxique sur les cel­lules de l’épithélium buccal. Nos a n a l ys e s m o n t r e n t qu e l’huile essentielle de cannelle est également active contre les autres bactéries productrices de composés volatils sulfurés », résume le professeur Grenier. Selon le chercheur, on pourrait envisager l’ajout d’huile essentielle de cannelle à des produits d’hygiène buccale comme les rincebouche. « Certains rince-­ bouche sur le marché con­ tiennent des huiles essentielles de menthe et de thym. Nos résultats suggèrent que la cannelle pourrait être plus efficace, mais il faudrait réaliser des études cliniques pour le démontrer. Il faudrait aussi tester l’acceptabilité d’un rince-bouche à la cannelle par les consommateurs. » Le chercheur envisage également l’addition d’huile de

Les bactéries qui causent la mauvaise haleine se terrent dans la forêt de papilles de la langue et dans les tissus buccaux affectés par les maladies parodontales. Une fois que ces bactéries sont installées dans la bouche, il est très difficile de s’en débarrasser. photo Science Photo Library

cannelle à la gomme à mâ­­ cher. « Comme les ingrédients actifs seraient libérés sur une plus longue période, on pourrait obtenir une protection plus durable contre la mauvaise haleine. » Il existe déjà des gommes, des pastilles et des bonbons à la cannelle sur le marché,

mais il s’agit, dans la plupart des cas, de saveurs artificielles ajoutées aux produits. « Ces molécules sont bien différentes de celles retrouvées dans l’huile de cannelle, signale le professeur Grenier. Elles peu­ vent masquer temporairement la mauvaise haleine,

mais elles ne s’attaquent pas aux bactéries qui en sont responsables. » L’ a r t i c l e p u b l i é d a n s Archives of Oral Biology est signé par Geneviève LeBel, Bruno Hass, Andrée-Ann Adam, Marie-Pier Veilleux, Amel Ben Lagha et Daniel Grenier.


6

international

Favoriser l’émergence de l’Afrique à l’Université Laval Un nouvel institut servira de pivot pour assurer une meilleure gouvernance dans les pays africains Offrir ici et par Brigitte Trudel

L’Institut panafricain de la gouvernance économique et financière (IPAGEF) résulte de l’initiative de deux professeurs de l’Université Laval : Issouf Soumaré, professeur au Département de finance, assurance et immobilier et directeur des relations internationales de FSA ULaval, et Charles Moumouni, professeur au Département d’information et de communication. Le projet s’ancre à la fois à l’Université Laval et à l’École nationale supérieure de statistique et d’économie appliquée (ENSEA) d’Abidjan, en Côte d’Ivoire, où son lancement a eu lieu cet été. Il est aussi le fruit d’une collaboration avec d’autres représentants de l’Afrique. Son but ? Contri­ buer à l’avancement des pays de ce continent engagés dans un processus d’émergence. « Une meilleure gestion de la chose publique et privée représente le plus grand défi de l’Afrique dans l’atteinte de cette émergence, affirme Charles Moumouni. La perception selon laquelle cette gestion se fait de façon cavalière perdure et elle n’est pas totalement fausse. Les palmarès et autres instruments qui l’évaluent attestent d’une faible performance des dirigeants. Les pays de l’espace francophone, surtout, se retrouvent à la queue des classements. »

Parmi eux, la Côte d’Ivoire a toutefois amélioré ses ­scores de façon constante au cours des sept dernières années. « Son leadership justifie, en partie, le choix d’y implanter le pôle africain de l’IPAGEF, note le professeur Moumouni. De plus, le gouvernement ivoirien accorde une grande priorité à la gouvernance économique et financière dans son plan national de développement. En outre, il faut noter l’excellente collaboration que nous avons obtenue des divers partenaires et instances là-bas, dont l’Uni­ versité Félix HouphouëtBoigny. » Par ailleurs, les visées de l’IPAGEF concer­ nent tous les pays d’Afrique, précise son cofondateur. Rapidement, l’implantation du projet a donc eu des échos ailleurs sur le continent, notamment au Bénin, au Cameroun et au Burkina Faso. « Cet impact média­ tique est bienvenu parce qu’il assure notre force de re­­ présentation. Une démarche communicationnelle soutenue joue un rôle essentiel pour nous permettre de répondre à nos objectifs », explique ce spécialiste des médias. Quels sont ces objectifs ? Ils se déclinent en plusieurs volets. D’abord, l’IPAGEF souhaite offrir ici et en Afrique des formations de

Le projet s’ancre à la fois à l’Université Laval et à l’École nationale supérieure de statistique et d’économie appliquée (ENSEA) d’Abidjan, en Côte d’Ivoire, où son lancement a eu lieu cet été.

en Afrique des formations de deuxième et troisième cycles spécialisées en gouvernance économique et financière figure au nombre des objectifs deuxième et troisième cy­­ cles spécialisées en gouvernance économique et financière. « À ce jour, aucun di­­ plôme du genre n’est offert en Afrique. L’Univer­s ité Laval serait donc l’initiatrice d’une première », fait valoir Charles Moumouni. L’IPAGEF aura également pour but d’accompagner les acteurs africains des divers paliers de gouvernance vers un renforcement des bonnes pratiques en matière de gestion. « Pouvoir accéder à des services d’évaluation, de transmission des règles et d’amélioration afin de mieux gérer les ressources disponibles en fonction des besoins réels, c’est une demande très souvent formulée tant du côté du public que de celui des entreprises et des sociétés civiles africaines », indique le professeur. Enfin, le nouvel institut servira de plateforme de recherche, d’échange et de réflexion intellectuelle en vue de débattre de plusieurs sujets dans ce champ de discipline. Cela dit, ces démarches s’inscrivent dans un pro­ cessus de longue haleine, admet le spécialiste. « Cer­ tains gestes, comme établir un état des lieux, peuvent être posés dans les deux années à venir. Quant au reste – formations, révision des règles, propositions en vue de changer les pratiques  –,  il faut viser le long terme. C’est pourquoi l’IPAGEF s’inscrit dans une dynamique de relations durables entre l’Université Laval et ses partenaires. »

3Q

le fil | le 7 septembre 2017

sur les négociations autour de l’ALÉNA Q Le Mexique a-t-il intérêt à ce que les partenaires concluent rapidement un nouvel accord commercial ?

Richard Ouellet

Le 1er septembre, les équipes américaine, mexicaine et canadienne ont entamé une deuxième séance de discussions à propos de la renégociation de l’Accord de libreéchange nord-américain (ALÉNA). Cette rencontre se tenait à Mexico. Cinq autres séances similaires devraient avoir lieu d’ici Noël. La prochaine aura lieu à Ottawa. Le Mexique et les États-Unis entendent mettre les bouchées doubles pour terminer ces négociations le plus vite possible, comme l’explique Richard Ouellet, professeur à la Faculté de droit et spécialiste des accords économiques internationaux.

Q Quel est le risque de voir le partenaire américain se retirer brusquement d’un accord international si les négociations n’aboutissent pas ? R C’est vrai que les menaces du président Trump concernant un possible retrait des États-Unis de l’ALÉNA donnent un ton assez dramatique à ces négociations. C’est aussi vrai que les Américains ont tout intérêt à ­terminer ces discussions au plus vite, car ils souhaitent réformer cet accord. Cependant, ils ne sont pas si bien préparés que ça. Le président, toujours très prompt à nommer et à démettre, n’a pas réussi à choisir suffisamment de spécialistes. De nombreux postes équivalents à ceux de sous-ministres restent vacants, ou alors ils sont encore occupés par du personnel de l’administration Obama. De plus, plusieurs de ces spécialistes ignorent encore le contenu exact de leur mandat de négociation. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que les États-Unis disposent d’une fenêtre législative très serrée pour renouveler l’ALÉNA sans l’accord du Congrès. Le « fast track », voté à l’été 2015, sous la précédente administration, arrive à échéance le 1er juillet 2018. Après cette date, les élus du Congrès américain, qui votent généralement selon leurs propres intérêts, pourront modifier les différentes dispositions de l’accord négocié. Or, l’histoire américaine récente prouve qu’il est quasiment impossible de faire adopter un accord commercial en dehors de cette période de « fast track ».

R Dans ces négociations, les revendications formulées par les États-Unis touchent davantage le Mexique, car leur déficit commercial avec ce pays s’élève à environ 60 milliards de dollars. Ils veulent le ramener à l’équilibre et aussi rapatrier des emplois. De son côté, le président mexicain, Peña Nieto, tient à faire voir à son électorat qu’il entretient de bonnes relations économiques avec son partenaire. Les élections présidentielles ayant lieu l’été prochain, il a intérêt à mettre en avant les résultats concrets obtenus à la table de négociation. Par ailleurs, le président mexicain veut montrer qu’il ne se laisse pas impressionner par les déclarations de Donald Trump menaçant de ­mettre fin à l’accord. Lors de récentes déclarations, il a rappelé que le Mexique pouvait aussi se retirer de l’ALÉNA puisqu’il dispose déjà de 46 accords de libre-échange avec des partenaires internationaux. Toutefois, Peña Nieto sait bien que 75 % des expor­ tations mexicaines partent vers les ÉtatsUnis. En guise de compromis, les Mexicains pourraient peut-être consentir à rehausser leurs normes du ­travail et à augmenter les salaires. Cela réduirait l’écart entre les deux pays et limiterait la délocalisation. Il est d’ailleurs intéressant de savoir qu’un grand nombre d’entreprises mexicaines appartiennent, en fait, à des propriétaires américains. Q Sur quels points portent les discussions actuelles ? R Pour l’instant, chacun présente surtout ses priorités à la table de négociation. Dans ce genre de discussions, l’objectif est de rapprocher le plus possible les propositions écrites des différentes parties. Les équipes relèvent les sections de document qui font consensus, puis les négociateurs mettent entre crochets les portions de texte sur lesquelles ils ne s’entendent pas. À ce stade, les thèmes de négociation restent assez larges afin de bien comprendre les positions de chacun. Jusqu’à présent, les sujets discutés reflètent les priorités des partenaires. Par exemple, le Canada cherche surtout à ­p rotéger ses acquis, car, globalement, l’ALÉNA le satisfait. Le gouvernement canadien espère quand même faire quelques avancées en ce qui concerne l’accès à des marchés publics. Il serait ainsi plus facile pour des entreprises canadiennes d’obtenir des contrats de construction ou de maintenance informatique auprès des villes et des États américains. Le Canada aimerait aussi qu’il soit plus facile pour les gens d’affaires de franchir la frontière, comme le prévoyait l’accord original de l’ALÉNA. Propos recueillis par Pascale Guéricolas


économie

le fil | le 7 septembre 2017

7

ils ont dit... Sur l’accès à l’école anglaise au Québec

Simon Langlois, Département de sociologie Le Devoir, 26 août

Depuis les années 2000, les travailleurs scolarisés sont de plus en plus nombreux à demeurer en emploi après 60 ans.

Travailler après 65 ans Une étude récente conclut que le vieillissement de la population au Québec ne devrait pas avoir d’effet négatif sur l’emploi par Yvon Larose Au cours des 20 prochaines années, au Québec, en dépit du vieillissement graduel de la population et des départs massifs à la retraite des baby-boomers, les taux d’emploi pourraient non pas baisser, mais croître en moyenne de 0,2 % à 0,3 % par an. Cette projection assez surprenante et plutôt optimiste vient conclure une étude récente menée par une équipe de chercheurs affiliés pour la plupart à la Chaire de recherche Industrielle Alliance sur les enjeux économiques des changements démographiques. En décembre 2016, l’étude a paru dans Analyse de politiques (Canadian Public Policy), la revue de l’Association canadienne d’économique. En juin dernier, cet article terminait deuxième dans le ­p rocessus d’attribution du prix Vanderkamp 2017 décerné par l’Association.

« La tendance lourde au vieillissement de la population en inquiète plus d’un vu la pression que ce phénomène exerce sur les régimes de retraite, l’évolution de l’emploi et le coût du système de santé, explique le doctorant en économique Steeve Marchand, l’un des coauteurs de l’article. Avant les années 2000, on pensait que l’emploi diminuerait à la suite des départs massifs à la retraite des travailleurs nés après la Seconde Guerre mondiale. Or, nous assistons à un renversement de situation, du moins chez les travailleurs scolarisés, depuis les années 2000. Ils sont de plus en plus nombreux à demeurer en emploi après 60 ans. » Les chercheurs ont découvert que les travailleurs plus instruits représenteront la planche de salut du marché du travail dans l’avenir. Ceux-ci entrent sur le marché du travail plus tard que les

Entre 2035 et 2050, le taux de croissance de l’emploi au Québec, en moyenne, pourrait atteindre 0,4 %

travailleurs manuels. Ils bénéficient d’un mieux-être économique et, comme les travailleurs québécois dans l’ensemble, ils vivent plus longtemps que jamais auparavant grâce à un meilleur état de santé. « Environ le quart des Québécois d’aujourd’hui âgés entre 55 et 64 ans possèdent un diplôme universitaire, indique Steeve Marchand. Dans 20 ans, cette proportion sera de 36 % chez les 35 à 44 ans d’aujourd’hui. Comme les travailleurs plus instruits ont tendance à prolonger leur fin de carrière plus longtemps, cette tendance devrait avoir des effets importants sur le marché du travail. » À l’aide d’un modèle de microsimulation dynamique, les chercheurs ont créé des projections probables des tendances dans l’emploi au Québec sur quelques décennies à venir. Pour cela, ils ont eu recours à des données tirées de sondages sur l’emploi, l’âge, le niveau d’instruction et l’évolution économique des Québécois. Ils ont reproduit les simulations des douzaines de fois pour conclure que, contrairement aux prévisions alarmistes, on peut s’attendre à ce que les niveaux d’emploi connaissent une croissance soutenue au Québec d’ici à 2050. Au milieu du siècle, l’emploi chez les plus âgés correspondra alors aux taux actuels observés au Japon, en Suisse et en Norvège. Entre 2035 et 2050, le taux de croissance de l’emploi au Québec, en moyenne, pourrait même atteindre 0,4 %. Selon le chercheur, le marché du travail devra créer les conditions favorables pour la rétention optimale des travailleurs âgés. « Il existe des pistes de solution pas si compliquées lorsqu’on y pense, affirme-t-il. Les employeurs pourraient permettre le temps partiel et des horaires plus flexibles. Les gouvernements, eux, pourraient y aller d’incitations fiscales pour contrer les freins au travail pour les 65 ans et plus. »

Soixante pour cent des Québécois sont pour un assouplissement de la loi 101 qui faciliterait l’accès aux écoles anglaises au primaire et au secondaire. Simon Langlois interprète ce résultat comme « une réelle volonté des francophones de mieux apprendre l’anglais. […] La scolari­ sation des francophones est un très grand succès depuis 50 ans. Il y a eu une montée vers le haut des francophones dans la hiérarchie des emplois. Ces postes de cadres ou de professionnels nécessitent une certaine maîtrise de l’anglais. »

Sur la dispute à propos du bois d’œuvre

Richard Ouellet, Faculté de droit Le Devoir, 1er septembre

Les exportations du bois d’œuvre canadien aux États-Unis sont sous le coup de droits compensatoires préliminaires imposés par Washington. Si ce dernier imposait des droits définitifs, Ottawa se tournerait vers le système de résolution des différends prévu par l’ALÉNA. Un règlement prendrait plusieurs mois, voire des années. Richard Ouellet estime que les Américains voudraient régler dans un délai raisonnable. « La position canadienne est plus solide que par le passé. Au Québec, où le régime forestier a été revu, les prix [du bois] sont beaucoup plus près de ceux du marché américain. »

Sur la réputation de Bombardier

Yan Cimon, Département de management Le Devoir, 30 août

La réputation de Bombardier est-elle en péril depuis que la compagnie n’a pas été retenue par la Metropolitan Transportation Authority pour un contrat potentiel de 3,2 milliards de dollars américains, le plus important marché du continent ? Pour Yan Cimon, directeur du Centre interuniversitaire de recherche sur les réseaux d’entreprise, la logistique et le transport, « c’est un problème de réputation important, car ce n’est pas le seul endroit dans le monde où Bombardier a connu des délais. »


8

le fil | le 7 septembre 2017

À

U o f m f

p

1

2

3

4

6

l g t B t d

5

7

A t c t d L 3 d o 3

8

1. L’étudiant Jean-François Guay nettoie les vestiges d’un pot en céramique découvert sur le site de l’habitation Loyola, en Guyane française. photo Solène Mallet-Gauthier 2. À Chypre, Élianne Grave sur le site du palais d’Amathonte. photo Méganne Tremblay 3. Le professeur Thierry Petit debout sur des vestiges architecturaux du palais d’Amathonte. photo Élianne Gravel 4. L’équipe du chantie comprenait notamment trois étudiantes américaines. photo Musée du Fort Saint-Jean 5. À proximité du chantier hydroélectrique de la Romaine, sur la Côte-Nord, les étudiants Laurence Ferland et O bordure de la rivière Romaine. photo Julie Fournier 6. Les étudiants Serena Hendrickx, Marjolaine Bisson et Dominic Drouin à l’œuvre sur le site préhistorique du lac Saint-Augustin. photo Michel Plo au jour les vestiges d’un puits de la fin du 19e siècle à Percé, en Gaspésie. photo Roland Tremblay 8. Les étudiantes Raphaelle Lussier-Piette et Juliette Houde-Therrien à la suite de la découverte d’u laboratoire, ces objets représentent presque tous les types d’artefacts découverts lors de la fouille du site de la maison des Anderson, dans le quartier Limoilou.


archéologie

9

À la recherche d’artefacts anciens Une trentaine d’étudiants en archéologie ont participé, cet été, à 5 chantiers de fouilles de l’Université Laval, au Québec, mais aussi à Chypre et en Guyane française par Yvon Larose Après plusieurs années dans le secteur de l’Îlot des Palais, à Québec, le chantier-école en archéologie his­ torique de l’Université Laval s’est déplacé, cet été, dans le quartier Limoilou. Du 15 mai au 16 juin, 3 étudiants à la maîtrise et 11 étudiants au baccalauréat ont mené des opérations de fouilles entre la 2e et la 3e Avenue, et la 3e et la 4e Rue. Le chantier était sous la responsabilité des professeurs Réginald Auger et Allison Bain. « La lecture de documents anciens comme des actes notariés, des journaux et des photographies ainsi que la superposition de cartes anciennes laissaient supposer la présence d’un bâtiment sous le stationnement où nous avons fouillé, raconte la professeure Bain. Un des objectifs principaux de la fouille était de localiser ce bâtiment à vocation agricole, de le fouiller et de le documenter. Les documents écrits nous font comprendre qu’il aurait appartenu à la famille Anderson durant tout le 19e siècle. » Les fouilles ont permis de localiser la maison des Anderson, et ce, malgré l’absence de restes des fondations du bâtiment. Selon Allison Bain, il est possible que les fondations aient été arrachées et retirées du site dans les années 1970, au

moment de la destruction de la maison, dans le but d’aménager une aire de stationnement. « Cela, dit-elle, nous laisse face à une grande tranchée, comblée de sable, qui correspond à l’emplacement de la maison. C’est comme si nous avions son négatif. » Le professeur Thierry Petit connaît bien l’île de Chypre. Depuis des années, ce spécialiste de l’archéologie grecque et de l’archéologie romaine y retourne chaque été afin d’y poursuivre des fouilles dans les ruines du palais royal d’Amathonte, une très ancienne cité-État située en bord de mer. Ce site est géré par l’École française d’archéologie d’Athènes. « J’ai fouillé l’endroit pendant 12 ans avec mes étudiants, explique le professeur. Nous sommes main­ tenant en phase d’étude. Juste en céramique, nous avons exhumé un matériel énorme. Il faudra quelques années pour en venir à bout. » Certains des fragments dont il est question proviennent de pièces importées de Grèce, dont des vases à figures rouges et à vernis noir. Cer­ taines pièces seraient anté­rieures au 8e siècle avant Jésus-Christ. La petite équipe de l’Université Laval a séjourné sur l’île du 29 juin au 7 août. Thierry Petit était

9

el et Sarah Lambert classent et restaurent la céramique chypriote découverte er-école 2017 au fort Saint-Jean, à Saint-Jean-sur-Richelieu. Celle-ci Olivier Lalonde, au premier plan, ont participé à l’étude du terrain situé en urde 7. Les étudiantes Laurence Ferland et Marie-Ève Morissette mettent un objet de verre dans le quartier Limoilou. 9. Lavés et inventoriés en

accompagné de quatre étudiantes, dont une de l’Université de Rennes. Durant son séjour, le professeur s’est concentré sur l’aspect archi­ tectural du palais royal. « Cette construction, dont le dernier état remonte aux 5e et 4e siècles avant Jésus-Christ et dont il reste d’imposants murs de pierre, a été érigée sur les vestiges d’un premier édifice remontant au 11 e siècle », dit-il. Thierry Petit a consacré une partie de son temps à des fragments de ­tuiles du type corinthien peintes de couleur rouge. « Nous avons quelque 250 fragments, un volume exceptionnel pour l’époque, souligne-t-il. Ce type de tuile serait parvenu à Chypre au 6e siècle avant notre ère. » Le chantier-école international en archéologie historique du fort SaintJean, à Saint-Jean-sur-Richelieu, a pris fin cet été après cinq saisons de fouilles. Ce chantier était placé sous la responsabilité du professeur Réginald Auger. Sur place, le chargé de cours Stéphane Noël a encadré une équipe de 7 étudiantes de 1er cycle et d’un étudiant de 2e cycle. Ce dernier ainsi que deux étudiantes sont inscrits à l’Université Laval. « Cette année, indique Stéphane Noël, nous avons ouvert une tranchée de 7 mètres sur 2 mètres. L’opération se situait à un peu moins de 50 mètres de la rivière. Les objectifs scientifiques consistaient à localiser, à fouiller et à délimiter un dépotoir découvert lors de la fouille de l’an dernier. Ce dépotoir serait associé à un fort britan­ nique assiégé pendant 45 jours par l ’ a r m é e a m é r i c a i n e e n 17 7 5 . L’année suivante, les Britanniques avaient repris le fort et l’avaient reconstruit et agrandi. »

Fragments de céramique, artefacts domestiques ou militaires, éclats de pierre taillée, les chantiers archéologiques de l’été ont permis une récolte  abondante et variée

Du 10 juillet au 11 août, les étudiants ont fouillé près de 15 mètres cubes à l’aide de truelles, de bêches et de pelles. Ils ont trouvé le dépotoir découvert en 2016 et ils l’ont fouillé. La découverte a permis de confirmer ses liens avec la reconstruction du fort en 1776. « Des artefacts domestiques et militaires du dernier quart du 18e siècle s’y retrouvent en très grande quantité, poursuit-il. Ils permettront de mieux documenter l’alimentation et les habitudes de consommation des soldats qui ont occupé le fort durant cet important épisode de son histoire. » L’étudiante Raphaelle LussierPiette est inscrite à la maîtrise en archéologie. Son mémoire porte sur l’habitation Loyola, un site archéologique colonial français situé en Amérique du Sud, plus précisément en Guyane française. De 1668 à 1763, l’habitation Loyola a servi de lieu de vie à des missionnaires jé­­ suites et de lieu de production de sucre, de cacao, de café et d’indigo. Du 24 juillet au 25 août, cinq étudiants répartis entre les trois cycles d’enseignement formaient l’équipe de fouille. Le professeur Réginald Auger assurait la codirection du chantier. Cet été, les fouilleurs se sont penchés sur l’angle ouest de la terrasse de la maison des maîtres ainsi que sur la zone au-devant du bâtiment. « Nous avons découvert de nombreux artefacts très intéressants et assez originaux, soutient Raphaelle Lussier-Piette. Ils témoignent à la fois de la vie des jésuites qui dirigeaient l’habitation et de celle des esclaves qui vivaient sur le site. Nous avons également localisé les niveaux de circulation et mis à jour les murs de soutènement des terrasses. » En plus de la céramique et du verre, les fouilleurs ont re­­trouvé des objets en métal plus anodins, comme une poignée de meuble, un robinet servant à actionner une petite fontaine ou encore une série de petits anneaux en cuivre. « La présence des esclaves, ajoute-t-elle, est principalement attestée par la découverte de pipes afro-guyanaises, fabriquées par ceux-ci pour leur usage personnel. » Le chargé de cours Michel Plourde et quatre étudiants du baccalauréat en archéologie ont passé presque tout le mois d’août, dans un boisé de Saint-Augustin-de-Desmaures, à remuer la terre sur un emplacement occupé il y a plus de 3 000 ans par des Amérindiens. L’endroit est situé près d’un lac, au sommet d’une petite butte. « Le campement a dû être de petite taille, explique l’archéologue. Il a peut-être été occupé une ou deux fois. De plus, il est situé dans un environnement qui n’a pas été perturbé par les labours. » Le site a été découvert en 2010. Cet été, l’équipe de fouille s’est concentrée sur une parcelle de 20 mètres carrés. Elle a mis au jour plus de

3 000 éclats de pierre taillée. Aux temps préhistoriques, ces fragments une fois amincis servaient à fabriquer des grattoirs ou des perçoirs pour les peaux d’animaux. On s’en servait aussi pour la confection de couteaux et de pointes de flèche. Les fouilleurs ont également exhumé une demi-douzaine de préformes servant à la fabrication de ces couteaux et flèches. « Nous n’avons trouvé aucun outil de pierre fonctionnel ni aucun ossement provenant d’animaux ayant été consommés sur place, souligne Michel Plourde. C’est assez surprenant. Ma première hypothèse est que les occupants ont fabriqué des préformes qu’ils ont finalisées sur d’autres sites. Mon autre hypothèse, et je m’y attendais, est que les occupants n’ont mangé que du poisson, vu la proximité du lac. Comme les arêtes de poisson se dégradent dans le sol après quelques années seulement, cela expliquerait l’absence d’ossements culinaires. » La doctorante en archéologie Laurence Ferland a fait flèche de tout bois cet été. Du 15 mai au 3 juin, elle a pris part à un inventaire archéologique, réalisé par une firme privée, le long de la promenade ainsi que sur divers terrains privés adjacents de la municipalité gaspésienne de Percé. Un autre étudiant de l’Université Laval participait au projet. L’équipe de fouille a principalement mis au jour des structures associées aux activités de pêche au 19 e siècle, dont des fondations d’un bâtiment. On a aussi découvert un puits ainsi qu’une pointe de projectile en pierre de type Plano. « La culture Plano correspond aux premiers groupes humains qui se sont installés sur le territoire tout juste après la déglaciation, entre 10 000 et 8 000 ans avant aujourd’hui, in­­ dique l’étudiante. Cette culture était très présente dans la partie nord de la péninsule gaspésienne. » Après la Gaspésie, Laurence Ferland a enchaîné avec la CôteNord. Du 21 juin au 28 août, avec trois étudiants de l’Université Laval, elle a travaillé au chantier hydroélectrique de la Romaine. Des fouilles archéologiques se tiennent à cet endroit depuis 2004 sous la responsabilité d’une firme privée. Pour cette campagne de fouille, la dernière, l’équipe a fait porter ses efforts sur un important site de portage et sur un site que l’on suppose de campement. « Il est possible de dire que ce dernier site a été visité durant la préhistoire tardive ainsi qu’au 19e siècle, précise l’étudiante. Un atelier de taille de pierre a été découvert à cet endroit. » Depuis le 5 septembre et jusqu’au 15 octobre, Laurence Ferland poursuit son projet de recherche doctoral en Bulgarie au sein d’une équipe d’archéologues.


10

sciences

le fil | le 7 septembre 2017

en bref

Congrès international en imagerie médicale Plus de 1 100 participants d’une trentaine de pays sont attendus au congrès de la Medical Image Computing and Computer Assisted Interventions Society (MICCAI Society), qui aura lieu à Québec du 10 au 14 septembre. Organisée sous la direction de Simon Duchesne, de la Faculté de médecine et du Centre de recherche CERVO, cette rencontre internationale fera le point sur les plus récents travaux dans le domaine de l’imagerie médicale, du traitement de l’image, des interventions minimalement invasives et des applications médicales et biologiques de ces technologies. L’événement se déroulera au Centre des congrès de Québec. miccai2017.org

La musique en salle d’opération suscite la controverse chez les chirurgiens. Certains estiment qu’un arrière-fond musical les rend meilleurs, alors que d’autres jugent qu’il s’agit là d’une source de distraction inutile, voire dangereuse.

Opération Mozart

Écouter de la musique pendant une opération n’affecterait pas la performance des chirurgiens par Jean Hamann

Festival international du film médical de Québec Le premier Festival international du film médical de Québec aura lieu les 14 et 15 septembre au Théâtre de la cité universitaire et au Musée de la civilisation. Organisé par les professeurs Olivier Bertrand, de la Faculté de médecine, et Paul Poirier, de la Faculté de pharmacie, cet événement comprend deux volets. Le premier est la retransmission en direct d’opérations chirurgicales au cours ­desquelles l’auditoire pourra interagir avec les équipes médicales. On pourra notamment assister à des chirurgies bariatrique, cardiaque et thoracique et à des interventions en électrophysiologie, en hémodynamie et en pneumologie. Le second volet est la projection de films et de courts-métrages en lien avec la santé, suivie de discussions avec des spé­ cialistes. Le Festival est organisé par la Chaire inter­nationale en cardiologie interventionnelle et approche transradiale, avec le con­ cours de l’Université Laval, de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ) et du Musée de la civilisation. Pour consulter le programme et se procurer des billets : quebecfilmmedical.com  

Seriez-vous inquiet d’apprendre que le chirurgien qui va vous opérer écoute du Mozart, du Eminem ou du Bob Marley pendant ses interventions ? Si c’est le cas, vos inquiétudes ne se­­ raient pas fondées, suggère une étude publiée dans le Canadian Journal of Ophtalmology par Ralph Kyrillos et Mathieu Caissie, de la Faculté de médecine. En effet, une expérience qu’ils ont menée à l’aide d’un simulateur de chirurgie de l’œil montre qu’écouter du Mozart pendant une intervention ne nuit pas à la performance globale des chirurgiens et qu’elle peut même améliorer certains aspects de leur travail. Les deux chercheurs rattachés au Centre universitaire d’ophtalmologie du CHU de Québec – Université Laval arrivent à cette conclusion après avoir mesuré la performance de 14 ophtalmologistes et de 12 résidents en ophtalmologie qui avaient accepté de participer à l’expérience suivante. Chaque sujet devait exécuter, à deux reprises, deux tâches sur un simulateur utilisé pour la formation en chirurgie oculaire. Ces interventions, réalisées à quelques jours d’intervalle, étaient pratiquées soit en silence, soit pendant que la Sonate pour deux pianos en ré majeur de Mozart jouait en sourdine. La première tâche consistait à utiliser un instrument chirurgical pour tracer une boucle en suivant une ligne prédéterminée à l’intérieur de l’œil. « Ceci nous permet de mesurer la précision du geste et le tremblement de la main », explique Ralph Kyrillos. La deuxième intervention consistait à pratiquer une ouverture circulaire à la surface du cristallin, une étape de la chirurgie de la cataracte. « Cette tâche est plus complexe que la première parce qu’il n’y a pas de

ligne pour guider le chirurgien. Il doit imaginer sa cible, se représenter la trajectoire de l’instrument en 3D et l’exécuter », poursuit-il. Les analyses des chercheurs révèlent que, pour la première tâche, les performances des chirurgiens sont comparables qu’il y ait ou non un arrière-fond musical. Pour la deuxième tâche, les chirurgiens obtiennent une note globale 23 % plus élevée lorsqu’elle est réalisée au son de Mozart. La principale amélioration concerne la rondeur du tracé, qui augmente de 33 %. Plusieurs études ont déjà démontré les effets positifs de la musique sur les patients qui demeurent conscients pendant une intervention. Par contre, l’effet de la musique sur les chirurgiens soulève la controverse ; certains estiment qu’un arrière-fond musical les rend meilleurs, alors que d’autres jugent qu’il s’agit là d’une source de distraction inutile, voire dangereuse. « Notre étude suggère que la musique ne nuit pas aux chirurgiens et qu’elle peut même améliorer certains aspects de leur performance, résume Ralph Kyrillos. La musique activerait des parties du cerveau et elle faciliterait la mobilisation de certaines de ses fonctions. » Si c’est bien le cas, le mérite n’en revient pas exclusivement à Mozart puisque d’autres études ont rapporté des effets positifs lors d’interventions pratiquées au son du hip-hop et du reggae. Ralph Kyrillos avoue qu’il aime bien avoir un fond sonore musical lorsqu’il opère, mais ses préférences ne vont surtout pas à la Sonate pour deux pianos en ré majeur de Mozart, qu’il a été contraint d’écouter ad nauseam lors de la réalisation de l’étude. « J’aime bien

la musique des radios commerciales généralistes, ça me détend et ça rend l’atmosphère de la salle d’opération plus agréable. En fait, j’oublie rapidement qu’il y a de la musique lorsque j’opère. » Même son de cloche du côté de Mathieu Caissie. « Depuis mon arrivée à Québec en 2011, j’écoute de la mu­­ sique lorsque j’opère. J’utilise mon iPod qui contient une “playlist” de rock des années 80-90 et des “one-hit wonders”. J’ai l’impression que cette musique crée un climat de travail agréable et convivial. Je suis spécialisé dans la chirurgie de la rétine, ce qui m’oblige à faire beaucoup de gestes de précision encore plus délicats que ceux réalisés par les participants de notre étude. Lorsque je suis devant un cas complexe ou un cas de longue durée, ma musique permet de me détendre et de me motiver. »

«

Notre étude suggère que la musique ne nuit pas aux chirurgiens et qu’elle peut même améliorer certains aspects de leur performance


le fil | le 7 septembre 2017

Une invitation au dépaysement

arts

11

en bref

La chargée de cours et doctorante Micheline Lévesque nous offre un premier roman, Vers Saba, incursion dans l’exotique île de Saint-Martin par Matthieu Dessureault Avec sa chaude température, ses plages de sable blanc et ses vallées verdoyantes, Saint-Martin a tout pour faire rêver. Ce décor niché au cœur de l’arc an­­ tillais, Micheline Lévesque le connaît bien pour y avoir vécu pendant quelques années. C’est alors qu’elle était assise sur le pont d’un bateau qu’elle a eu envie de dépeindre cette île multifacette, où elle a déjà travaillé comme vendeuse de plage. « Saint-Martin est une île tout sauf tranquille. Sa superficie est à peu près équivalente à celle de l’île d’Orléans, avec une partie française d’un côté et une partie hollandaise de l’autre. Cette île est très touristique, en plus d’être une plaque tournante pour les pirates. J’ai voulu rendre compte de l’atmosphère de cet endroit en y intégrant une histoire d’amour pour aborder la complexité des sentiments humains », dit celle qui a accumulé les voyages avant d’enseigner le français et la création littéraire à l’Université. Publié chez Québec Amérique, Vers Saba fait partie d’une thèse en recherche-création qu’elle prépare. Le roman raconte l’histoire de Nathalie, une vendeuse de plage québécoise qui fait la rencontre d’un marin avec qui elle rêve de partir. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il ne s’agit pas ici d’une autobiographie. L’auteure s’est toutefois inspirée de ses pérégrinations et de celles de son conjoint. Par souci d’exactitude, elle s’est

Pleins feux sur la danse énormément documentée sur l’histoire, la situation politique et linguistique, la faune, la flore et la gastronomie de Saint-Martin. Elle décrit ainsi avec justesse l’âme de l’île et la vie de ses habitants. D’une page à l’autre, les jolies tour­ nures de phrase abondent. Un exem­ ple ? « Des branches de palmiers filtrent le soleil sur le transat où je m’étends devant la mer étale comparable à un morceau d’étoffe azur près de la plage, à une ceinture turquoise dans la zone de mouillage, à un fil argenté à l’horizon. » Poétesse ayant publié dans de nombreuses revues de création, Micheline Lévesque peut passer plusieurs jours à peaufiner un paragraphe ou même une seule phrase. « Sortir du poème et entrer dans le roman, ce fut très long. Le texte est très, très travaillé. Tout est dans le détail. Celui qui lit mon roman à la recherche de l’action sera déçu. Ma force, c’est de rendre compte de la complexité des sentiments dans toutes leurs nuances. Je suis très minutieuse dans mon écriture », souligne celle qui ­s’inspire de la poésie romantique des 18e et 19e siècles. Elle a aussi été in­­ fluencée par Marcel Proust et son cé­­ lèbre À la recherche du temps perdu. Pour la suite de ses projets, Micheline Lévesque terminera sa thèse avant de renouveler l’expérience du roman. « J’espère que le deuxième sera plus facile à écrire ! », lance-t-elle en riant.

Faisant à la fois partie des Antilles françaises et néerlandaises, Saint-Martin a plusieurs facettes, que l’auteur s’est plu à décrypter au fil de ses recherches.

Pour plus d’information sur Vers Saba : bit.ly/2s8VjL2

La Maison pour la danse de Québec a lancé en grande pompe ses festivités d’ouverture. Jusqu’au 9 septembre, l’événement « Osez ! » réunira dans ce bâtiment plusieurs acteurs du milieu de la danse contemporaine sous le commissariat de Karine Ledoyen, choré­ graphe et étudiante à la maîtrise en littérature et arts de la scène et de l’écran. Une vingtaine de danseurs, dirigés chaque jour par un chorégraphe différent, présenteront un spectacle quotidien d’une trentaine de minutes. Initié par Karine Ledoyen en 2002, « Osez ! » vise à con­­tri­buer au développement et à la démocratisation de la danse au Québec. photo Maxime Daigle

La Maison pour la danse est située au 336, rue du Roi, dans le quartier Saint-Roch. Pour plus d’information : maisonpourladanse.ca

À la recherche du yéti

Par souci d’exactitude, l’auteure s’est énormément documentée sur l’histoire, la situation politique et linguistique, la faune, la flore et la gastronomie de Saint-Martin

C’est confirmé : le long-métrage d’animation Nelly et Simon : Mission Yéti prendra l’affiche à la relâche 2018. En production depuis plus de deux ans, ce film raconte la quête d’un chercheur de l’Université Laval (joué par Guillaume Lemay-Thivierge) et d’une détective privée (Sylvie Moreau) pour prouver l’existence du yéti. Il est coréalisé par Pierre Greco, chargé de cours à l’École de design, et Nancy Florence Savard, productrice chez 10e Ave. Les premières images du film sont dispo­ nibles à l’adresse Missionyeti-lefilm.com. Pour plus d’information sur le processus créatif : www.lefil.ulaval.ca/sur-lestraces-yeti-36777

Auteur à surveiller « Allons contenir l’instant. Habitons notre nom avec une précision exagérée et ­descendons par la suite à la syllabe natale à la lettre immergée. Faisons de la parole qui nous concède son apogée le premier ­chaînon l’étoile vorace qui nous mène à notre r(m)aison. » Voilà un extrait du manuscrit La ­lettre immergée de Miguel Andrade. Cet ouvrage a valu au doctorant en littéra­ tures d’expression espagnole le prix de ­poésie Rolande-Gauvin. Il a été choisi pour « la force de ses images et sa cadence verbale ». Poète, éditeur et photographe, Miguel Andrade a été lauréat de plusieurs prix internationaux. Sa recherche doctorale porte sur la dimension sociale de la poésie lyrique hispano-américaine du 20e siècle.

Originaire du Saguenay, Micheline Lévesque a déjà vécu à plusieurs endroits, dont Saint-Martin, une île qu’elle a choisie pour camper l’histoire de son premier roman.


12

actualités UL

en bref

Rencontre estivale réussie ! Le 30 août avait lieu la Rencontre estivale 2017. Chaque année, ce rendez-vous a pour but de souligner la rentrée universitaire en invitant l’ensemble du personnel de l’Université à échanger à l’occasion d’un dîner. La rectrice Sophie D’Amours, qui était accompagnée de son équipe, s’est adressée aux gens présents

Les honneurs pour des étudiants en architecture Quatre étudiants de l’École d’architecture ont reçu le premier prix du 2e BIOMinnovate Challenge. Ce concours étudiant, qui s’est déroulé cet été à Senlis, en France, visait à trouver de nouvelles solutions architecturales liées au développement durable. Un jury ­composé d’experts a remis le premier prix à Josianne Ouellet-Daudelin, Marc-Antoine Juneau, Marie-Jeanne Allaire-Côté et Théo Jarrand pour leur projet intitulé Aeonium. Encadrés par le professeur Pierre Côté, les étudiants proposaient de créer une installation au Burkina Faso afin de capter et de ­stocker l’eau contenue dans l’air ambiant. Cette œuvre permettrait de rapprocher la source d’eau potable des villages et de créer un lieu de rencontre pour les habitants. Pour plus d’information : bit.ly/2x9A7DU

Avis officiel DIRECTEUR DU SERVICE DES ACTIVITÉS SPORTIVES Renomination Avis est par la présente donné, conformément à l’article 11 des statuts de l’Université Laval, que le mandat du directeur du Service des activités sportives de l’Université Laval se terminera le 31 octobre 2017. Le Conseil d’administration devra donc, sur présentation du vice-recteur à l’administration, renommer pour cinq ans le titulaire en poste, ce dernier ayant indiqué qu’il sollicite un renouvellement de mandat. Le présent avis a pour objet de solliciter l’avis des membres de la communauté universitaire sur l’opportunité de renommer le titulaire du poste. Le vice-recteur à l’administration invite donc toute personne de la communauté universitaire qui le désire à lui formuler son avis à ce sujet, au plus tard le 6 octobre 2017 à 17 h. André Darveau Vice-recteur à l’administration Pavillon des Sciences de l’éducation, bureau 1568 Université Laval vice-recteur@vra.ulaval.ca

Ceci n’est pas un avis de concours. Monique Richer Secrétaire générale

le fil | le 7 septembre 2017

et est aussi allée à leur rencontre. L’événement, organisé avec la collaboration de La Fondation de l’Université Laval et de différents partenaires, se tenait sous un chapiteau situé sur le Grand Axe, entre les pavillons Jean-Charles-Bonenfant et Adrien-Pouliot. photos Marc Robitaille


actualités UL

le fil | le 7 septembre 2017

13

Acheter local, acheter Laval Le premier Marché local UL mettra en vedette une variété de produits et de services alimentaires étudiants afin de promouvoir l’achat local sur le campus par Brigitte Trudel Le Carré de l’apothicairesse regroupe douze plantes médicinales du Nouveau Monde ainsi que dix espèces de l’Ancien Monde, comme la bourrache, le pourpier, la rhubarbe, la lobélie cardinale et le thé des bois. photo Monastère des Augustines

Un jardin aux accents pharmacologiques Le Carré de l’apothicairesse, aménagé dans la cour carrée du Monastère des Augustines, donne un aperçu des plantes médicinales utilisées jadis par nos ancêtres par Matthieu Dessureault Oubliez les inhalateurs pour traiter l’asthme ! À l’époque de la Nouvelle-France, les feuilles de fougère étaient transformées en sirop pour soulager les symptômes de cette maladie respiratoire. L’adiante du Canada était si efficace qu’il est devenu très populaire en Europe. Il s’agit de l’une des plantes médicinales que l’on peut voir au Carré de l’apothicairesse, un espace aménagé par le Jardin universitaire RogerVan den Hende. Ce projet est le résultat d’une collaboration entre le Monastère des Augustines, l’Université Laval et des représentants de la Nation huronne-wendat. Ouvert au grand public depuis cet été, le jardin vise à souligner le 400 e  anni­ versaire de l’arrivée de l’apothicaire Louis Hébert en Nouvelle-France ainsi que l’apport des religieuses qui ont fondé l’Hôtel-Dieu. Le Carré de l’apothicairesse réunit une variété de plantes médicinales utilisées à leur époque. Celles-ci ont été minutieusement choisies par Alain Asselin, professeur retraité du Départe­ ment de phytologie et au­­ teur de moult ouvrages sur le sujet. « En tout, 12 plantes issues du Nouveau Monde et 10 de l’Ancien Monde ont été semées. Leur choix a été fait pour montrer des

usages ou des phénomènes particuliers qui étonneront certainement le visiteur », explique celui qui a contribué à former les guides du Monastère. De la rhubarbe utilisée comme laxatif, du houblon pour favoriser le sommeil, l’ancolie du Canada pour traiter les ulcères de la gorge, la sanguinaire pour cesser de cracher du sang… Aux 17e et 18 e siècles, la botanique jouait un rôle important dans les soins apportés aux malades. Diverses parties des végétaux, comme les racines, les graines et les fleurs, étaient utilisées. Au contact des Amérindiens, Louis Hébert et d’autres colons européens ont découvert des plantes médicinales aux vertus insoupçonnées. UNE COLLABORATION ÉCRITE DANS LE CIEL

Tout l’été, des horticulteurs et des étudiants de la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation ont con­ tribué à l’entretien du site. Pour la coordonnatrice du Jar­­­din Roger-Van den Hende, Marie-Pierre Lamy, il était tout naturel de prendre part à ce projet. « Notre unité est toujours intéressée à participer à des projets où notre expertise est demandée. Ce type de collaboration est formateur pour les employés et

Au contact des Amérindiens, Louis Hébert et d’autres colons européens ont découvert des plantes médicinales aux vertus insoupçonnées les étudiants. De plus, c’est une très belle visibilité pour la Faculté. Au Jardin, l’une de nos missions étant la ­formation et l’enseignement, ce type d’initiative s’intègre parfaitement dans nos va­­ leurs. Ce sont des projets de cette nature qui motivent nos équipes. » En plus du Carré de l’apothicairesse, le Jardin RogerVan den Hende a aménagé un autre espace, cette fois sur son propre site, pour ­r endre hommage au mé­­ tier d’agriculteur de Louis Hébert. On retrouve dans ce potager plusieurs plantes maraîchères et comestibles, dont certaines espèces cul­ tivées par les Amérindiens avant l’arrivée des Euro­ péens, comme le maïs, la courge et le topinambour. Le Carré de l’apothi­ cairesse est ouvert au public jusqu’au 30 septembre. Pour plus d’information : monastere.ca. Pour  visiter le Jardin Roger-Van den Hende : jardin.ulaval.ca

La popularité des marchés publics, en plein essor au Québec, ne se dément pas. Leurs adeptes apprécient les produits frais et de proximité qu’ils s’y procurent, le tout ponctué d’échanges conviviaux. Un tel concept qui favorise la consommation responsable et l’achat local dans le souci du respect environnemental peut-il voir le jour et s’ancrer à l’Université Laval ? « Tout à fait !, lance Stéphanie Vézina, chargée de projet pour le Marché local UL. Le milieu étudiant offre une variété étonnante de produits et de ­services liés à l’alimentation et déve­ loppés dans un esprit coopératif et de développement durable. » Créé et présenté par Coop Zone en partenariat avec le Fonds de développement durable et la Caisse Desjardins de l’Université Laval, le premier Marché local UL vise donc à diversifier l’offre alimentaire sur le campus en mettant en valeur des produits locaux de qualité, frais et issus d’une agriculture durable. « L’idée répond aussi à un besoin chez les associations étudiantes, fait valoir Stéphanie Vézina. Leur fournir une structure qui aide à présenter et à vendre le fruit de leurs efforts permet de les faire connaître et de les valoriser. » La présentation 2017 de l’événement réunira au moins huit exposants liés à des associations étudiantes. Parmi eux, on retrouve la BoULangerie du Comtois, qui compte entre 30 et 35 membres. Depuis sa fondation à l’hiver 2015, les pains et les pâtisseries de l’organisme n’étaient vendus que dans le pavillon dont il porte le nom. « Nous avons hâte de les présenter à tous les gens du campus », assure sa présidente, Laurie Hamelin. Entre autres produits à découvrir, celle-ci mentionne les baguettes blanches, de blé ou aux fines herbes, les petits pains bleuets et thym ou canneberges, graines de citrouille et poivre. Ajoutons les brioches, sans oublier les croissants. Laurie Hamelin a d’ailleurs un penchant pour cette pâtisserie, dont l’équipe a perfectionné la recette cet été. « Ils sont encore meilleurs », dit-elle avec enthousiasme. L’étudiante en 3e année du baccalauréat en sciences et technologie des aliments entrevoit le Marché local UL comme une occasion de dépassement pour elle et ses collègues. « Ce sera un beau défi d’ajuster notre production en fonction d’une demande plus importante », note-t-elle, ajoutant que le Marché représente un excellent outil de rencontre entre les producteurs étudiants. « Le partage de nos initiatives aidera aux collaborations et aux nouveaux projets », croit-elle. La présidente du Bureau d’entraide en nutrition de l’Université Laval (BEN), Andrée-Anne Doyon, est du même avis. Composé d’étudiants du baccalauréat en

nutrition, le BEN a pour mandat d’informer la population universitaire et hors campus de l’importance d’une alimentation équilibrée. « Tous les exposants du marché ont cet intérêt en commun, indique l’étudiante de deuxième année du baccalauréat en nutrition. De plus, notre groupe est convaincu que le contact producteurs-consommateurs est bénéfique afin d’atteindre une relation saine avec la nourriture. » Au kiosque du BEN, les visiteurs auront la possibilité de poser toutes les questions qu’ils souhaitent au sujet de la nutrition. « Nous fournirons aussi beaucoup d’information à partir de thèmes choisis ainsi que des idées de recettes en lien avec eux, indique Andrée-Anne Doyon. Les gens pourront aussi se procurer des sacs réutilisables pour transporter leurs produits achetés au Marché ». Parmi les autres groupes étudiants ­p résents au Marché local UL, on retrouve AgroCité, VIA Agro-Écologie, la Fromagerie du Campus, Sacrée Bouffe, Univert Laval et la Coop RoueLibre. Quelques regroupements non étudiants et quelques producteurs hors campus viendront compléter l’offre du Marché. « Nous y voyons une forme de mentorat pour les comités étudiants, dans la perspective que, à moyen terme, le Marché Local UL s’approvisionnera de façon autonome sur le campus », précise Stéphanie Vézina. De leur côté, Laurie Hamelin et Andrée-Anne Doyon apprécient cette possibilité d’établir des ponts au-delà de la communauté universitaire. « Nous faire connaître d’une population ­é largie et établir des liens avec des acteurs du domaine alimentaire ailleurs dans la région ne peuvent qu’aider au ­développement de nos produits et services », affirment de concert les deux présidentes. Le Marché local UL aura lieu tous les mardis jusqu’au 24 octobre, de 11 h 30 à 15 h, entre les  pavillons Charles-De Koninck et Jean-Charles-Bonenfant.


14

sur le campus

le fil | le 7 septembre 2017

Trésors  cachés Saviez-vous que de multiples œuvres d’art sont présentes sur le campus ? Nous les croisons chaque jour et, pourtant, elles restent bien souvent dans l’anonymat. Dans le cadre de sa nouvelle chronique Trésors cachés, l’équipe du Fil vous amène à la découverte (ou redécouverte !) de ces nombreuses œuvres aux grandes valeurs artistique, culturelle et patrimoniale !

1

FONTAINE DU GRAND SÉMINAIRE

Cette œuvre en granit a été installée en 1959 dans le préau du Grand Séminaire (déménagé cette année-là dans ses nouveaux locaux de Sainte-Foy). En 1978, l’Université achète l’édifice du Grand Séminaire et le rebaptise pavillon Louis-Jacques-Casault. La fontaine demeure dans la cour intérieure du pavillon jusqu’en 1980, moment où elle est retirée pour permettre la construction du Centre muséographique sur l’emplacement de l’ancien préau. En 1998, elle est relocalisée dans la section centrale de la place Casault, située devant le pavillon du même nom. Le 25 août dernier, elle a été remise en fonction après deux ans d’arrêt pour des travaux de réfection. ulaval.ca/lart-public.html

2

1. La fontaine telle qu’elle était à l’origine. On la voit ici dans la cour intérieure du pavillon Louis-JacquesCasault en 1979. photo Louise Laberge / DGDAA U519/79-332-10

3

2. La fontaine a été remise en fonction en août dernier après deux ans d’arrêt pour des travaux de réfection. photo Marc Robitaille 3. Depuis 1998, la fontaine est située devant la porte centrale du pavillon Louis-Jacques-Casault. photo Marc Robitaille

Affichez vos couleurs ! Procurez-vous les t-shirts de l’Université à la Boutique Rouge et Or. 5 $ taxes incluses – Quantité limitée Offre valide sur place seulement, du 5 au 17 septembre inclusivement.

PEPS, 2e étage

(À quelques marches de la billeterie)

Promenade Desjardins–Université Laval #FierteUL www.ulaval.ca/laboutique


sports

le fil | le 7 septembre 2017

15

en bref

L’équipe féminine a remporté deux des trois derniers tournois nationaux. photo Stéphane Gaudreau

Le ballon rond est de retour Les équipes de soccer Rouge et Or sont de retour sur le terrain, toutes deux avec le même objectif : participer au championnat canadien par Stéphane Jobin Après avoir remporté deux des trois derniers tournois nationaux, l’équipe féminine espère avoir l’occasion de défendre son titre en ­n o­­v embre à l’Université du Manitoba. Cependant, l’alignement de 2017 a des allures de renouveau alors que plus de la moitié des ­étudiantes-athlètes composant l’équipe en sont à leur première ou à leur deuxième année universitaire. « Nous sommes toujours dans les favoris, mais ce n’est pas aussi marqué que lors des dernières années. Nous

avons une bonne équipe, sauf qu’il nous manque peutêtre un peu de maturité », avoue l’entraîneur-chef Helder Duarte, dont le but, comme tous les ans, est de participer au championnat canadien. « Rendus là, tout est possible ! » Helder Duarte voit venir l’opposition de partout au sein de la ligue universitaire québécoise. Non seulement les équipes sont toutes meil­ leures, croit-il, mais l’Université Laval conserve l’étiquette d’équipe à battre, puisqu’elle a enlevé les trois dernières

bannières provinciales. C’est une source de motivation additionnelle pour l’adversaire. « J’ai l’impression que tous les matchs vont être plus serrés, ce qui va se faire sentir dans le classement. Je ne peux pas dire aujourd’hui quelle équipe me fait le plus peur parce que tout le monde est capable de gagner. » Écartée du championnat canadien lors des trois dernières saisons, la formation masculine Rouge et Or est, pour sa part, déterminée à y faire un retour en force cette année. La dernière

participation de l’Université au tournoi national remonte à la saison 2013, qui avait été couronnée par un titre de champion provincial et un autre de vice-champion canadien. « Malgré l’arrivée de nouveaux joueurs, l’équipe 2017 peut quand même être considérée comme expérimentée en raison de la qualité de ses recrues. Elle est surtout affamée de retourner au sommet », lance d’emblée Samir Ghrib, l’entraîneur-chef à la barre de l’équipe depuis sa fondation il y a 18 ans. Le premier programme ­double du Rouge et Or en 2017 aura lieu au PEPS ce vendredi 8 septembre dès 18 h. Le Rouge et Or fera face aux Patriotes de l’UQTR.

Campus dynamique

Plusieurs styles de danse à découvrir Avez-vous envie de faire une activité ­différente en ce début d’année scolaire ? Le PEPS vous offre la possibilité de pra­ tiquer 17 styles de danse ! Que ce soit pour vous initier à la danse ou pour vous per­ fectionner dans un style, il y a un cours pour vous. Baladi, b ­ ollywood, capoeira, danse en ligne, swing, tango et drumline sauront assurément vous plaire. Les cours de danse permettent de développer une conscience corporelle, une souplesse et un rythme, tout en bénéficiant de ­l’énergie communicative d’un groupe. photo Hubert Gaudreau

Pour essayer gratuitement un ou ­plusieurs styles, rendez-vous, du 18 au 21 septembre, à la première séance d’un cours.

Réservez vos terrains en ligne ! Connaissez-vous le service RTPEPS ? Cette plateforme informatique conviviale facilite la réservation de terrains pour tout le monde ! Les terrains de racquetball, de squash, de tennis, de badminton, de volleyball, de basketball et de hockey cosom sont, en effet, accessibles en un seul clic. Pour les étudiants à temps complet à ­l’Université (12 crédits minimum), la ­réservation de terrains est gratuite Rendez-vous au peps.ulaval.ca, sélec­ tionnez l’onglet RTPEPS, inscrivez-vous au service et réservez en tout temps jusqu’à 3 jours (70 heures) à l’avance. Sur place, confirmez votre présence dans les 60 minutes précédant le début de l’activité en utilisant les postes de confirmation de réservation.

Vendredi 8 septembre Soccer féminin | UQTR PEPS - Terrain 6 | 18 h Soccer masculin | UQTR PEPS - Terrain 6 | 20 h 15

Dimanche 17 septembre

Dix étudiants-athlètes du Rouge et Or, dont le basketteur Alexandre Leclerc, ont fièrement représenté le Canada lors de l’Universiade d’été de Taipei, qui s’est déroulée du 19 au 30 août. Ils ont acquis un bagage d’expérience incroyable qui servira assurément les intérêts de leur équipe respective à leur retour au pays. photo Mathieu Bélanger

Soccer masculin | McGill PEPS - Terrain 6 | 13 h Soccer féminin | McGill PEPS - Terrain 6 | 15 h 30


16

au fil de la semaine

07/09

le fil | le 7 septembre 2017

Séances d’information sur les Missions commerciales Aimeriez-vous acquérir une très belle expérience à l’in­ ternational ? Les Missions commerciales de l’Université Laval sont présentement en période de recrutement pour former la délégation 2017-2018 d’agents de développement international, qui s’envolera pour le Japon, la Chine et le Pérou au printemps 2018. Il s’agit là d’une chance unique de pouvoir participer au développement d’une entreprise québécoise à l’étranger. Organisme à but non lucratif, les Missions commerciales ont pour objectif d’offrir une expérience pratique en commerce international aux étudiants de l’Université. Durant trois semaines, les agents de développement international sont amenés à représenter une entreprise québécoise dans un autre pays et à la soutenir dans ses démarches pour internationaliser ses activités. Le programme est offert aux étudiants de toutes les facultés et de tous les cycles. Assistez à l’une des séances d’information qui auront lieu le jeudi 7 septembre, à 11 h 30 et à 18 h 30, le lundi 11 septembre, à 18 h 30, le mardi 12 septembre, à 11 h 30 et à 18 h 30, et le mercredi 13 septembre, à 19 h 30, au local 3522 du Carré des affaires FSA-Ulaval – Banque Nationale. Vous pourrez déposer votre dossier de ­candidature le jeudi 14 septembre ou le vendredi 15 ­septembre au local 1384 du Carré des affaires FSA-ULaval – Banque Nationale. Pour plus d’info : ­missionscommerciales.com

08/09

11/09

13/09

13/09

14/09

15/09

Travailler au Québec

Évitez la procrastination

Célébrons le cinéma !

Romance à la japonaise

L’infinité divine selon Descartes

Cueillez vos pommes

Les étudiants étrangers qui désirent occuper un emploi ou faire un stage durant leurs études ou après celles-ci sont invités à assister à la conférence « Droit au travail ». Cette activité vise à informer les participants sur la réglementation canadienne et les lois québécoises pertinentes ainsi que sur les ­ressources utiles mises à leur disposition. D’une durée de 45 minutes, cette rencontre est organisée par le Bureau de la vie étudiante.

Répétez-vous sans cesse que vous étudierez plutôt demain ? Passez-vous des nuits blanches à terminer une rédaction commencée trop tard ? Êtes-vous de ceux qui se dépêchent à se « bourrer le crâne » la veille d’un examen ? Si c’est le cas, le Centre d’aide aux étudiants vous propose la conférence « Optimisez la gestion de votre temps et diminuez la procrastination ». Grâce à cette rencontre, vous serez amené à prendre conscience de tous les avantages qui découlent d’une saine répartition de l’étude tout au long de la session. Vous apprendrez également des trucs et des astuces pour mieux gérer votre temps.

Du 13 au 23 septembre, plus de 200 films, deux « cinéconcerts » et une foule d’autres activités seront présentés lors du 7e Festival de cinéma de la Ville de Québec (FCVQ). Le film d’ouverture, Les rois mongols, réalisé par Luc Picard, raconte l’histoire de quatre jeunes qui kidnappent une vieille dame. Encore cette année, l’Université Laval est une fière partenaire du FCVQ. Entre autres bénéfices de ce partenariat, une projection des courts-métrages « coup de cœur » de l’an dernier a été tenue cette semaine sur le campus et plusieurs billets ont été ­distribués aux étudiants et employés à l’occasion de diverses activités.

Le cinéma japonais est ­souvent méconnu des ­amateurs du septième art d’ici. Pour vous faire découvrir toute sa richesse, la Bibliothèque présente un cycle de cinéma japonais contemporain. Tous les mercredis de l’automne jusqu’au 15 novembre, vous êtes convié au visionnement d’un long-métrage ou d’un documentaire. Première œuvre à être ­projetée  : Au revoir l’été (Hotori no sakuko) de Koji Fukada (2013). Dans cette comédie romantique, Sakuko rend visite à sa tante Mikie avant son retour à l’université. Alors que sa tante renoue avec un ancien amant, Sakuko rencontre un réfugié de l’accident nucléaire de Fukushima.

Dans ses Lettres à Mesrenne (1630), Descartes déclare que Dieu fonde les vérités éternelles et l’ordre de la rationalité, car il est un « être infini et incompréhensible ». Pourtant, dans ses Méditations (1641), il démontre l’existence de Dieu en se fondant sur son infinité. D’un côté, l’infini fonde la rationalité ; d’un autre, il s’y plie. Si l’infini fonde la rationalité, comment peut-il s’y soumettre ? C’est ce paradoxe qu’analysera Dan Arbib, professeur à l’École normale supérieure, dans la conférence « Infinité divine et crise de la métaphysique cartésienne ». Il approfondira ainsi l’ambiguïté métaphy­ sique de Descartes, pour qui l’infini relève autant de la métaphysique que de son excès.

L’automne est déjà à nos portes ! Le Bureau de la vie étudiante vous invite donc à l’une des activités automnales par excellence : une cueillette de pommes. Lors de cette sortie, vous pourrez découvrir le Domaine de la source à Marguerite, un magnifique verger ancestral situé sur l’île d’Orléans, où vous pourrez récolter vos propres fruits et déguster ­dif­férents produits du terroir. L’activité comprend le transport aller-retour et un sac de 5 livres de ­pommes. Ne ratez pas ­l’occasion d’aller admirer la ­campagne québécoise !

Vendredi 8 septembre, à 10 h, au local 2470 du pavillon Alphonse-­ Desjardins et vendredi 15 septembre, à 10 h, au local 2326 du pavillon Alphonse-Desjardins. Cette conférence sera ­présentée à plusieurs ­reprises durant l’année. Pour consulter le ­calendrier complet  : bve.ulaval.ca/conferences

Lundi 11 septembre, à 19 h 30, au salon du ­pavillon H.-BiermansL.-Moraud. Entrée libre.

Le film d’ouverture du FCVQ sera présenté le 13 septembre, à 20 h, à la salle Raoul-Jobin du Palais Montcalm. Pour la programmation du FCVQ : fcvq.ca/calendrier/

Mercredi 13 septembre, à 18 h, au local 4117 de la Bibliothèque (pavillon Jean-Charles-Bonenfant). Entrée libre.

Jeudi 14 septembre, à 15 h 30, au local 413 du pavillon Félix-AntoineSavard. Entrée libre.

Consultez le calendrier complet des activités sur le campus à ulaval.ca

Vendredi 15 septembre, départ de l’Université à 13 h 30 et retour vers 17 h 30. Achetez votre billet avant le mardi 12 septembre, à 16 h, au Bureau de la vie étudiante (local 2344 du pavillon Alphonse-Desjardins). Pour info : bve.ulaval.ca

Le Fil 7 septembre 2017  

Le journal de la communauté universitaire

Read more
Read more
Similar to
Popular now
Just for you