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Charlevoix : mégasecousse historique p2

Festival du cinéma italien p6

Nos professeurs vedettes Dix professeurs, chargés de cours ou directeurs de programme ont été honorés lors de la cérémonie des Prix d’excellence en enseignement. p3

photo Marc Robitaille

Volume 49, numéro 11 14 novembre 2013


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en bref

le fil | le 14 novembre 2013

The Big One Le tremblement de terre de Charlevoix, le plus fort séisme à avoir secoué le Québec de mémoire d’homme, était encore plus puissant que ce qu’on croyait par Jean Hamann

Demain : une ville humaine Plus de 80 % de la population canadienne habite désormais en milieu urbain, une proportion qui ne cesse d’augmenter. Mais dans quelle ville vivons-nous ? Et, plus important, dans quelle ville souhaitons-nous vivre ? De tous les côtés, les penseurs de la ville de demain reprennent le même credo : il faut remettre l’humain et sa qualité de vie au centre des décisions de gouvernance et d’aménagement. Et pas toujours l’humain motorisé ! Le sujet vous intéresse ? Le dernier dossier de Contact présente les pistes avancées par les chercheurs de l’Université, de la marche vers une ville intelligente jusqu’à la réorganisation du transport entre banlieues. www.contact.ulaval.ca/dossiers

Moi mes souliers ont beaucoup voyagé Pour sa première année d’existence, la Semaine de l’éducation internationale, qui se tient depuis le 11 novembre jusqu’à aujourd’hui 14 novembre, a atteint son objectif : réunir les étudiants de ce thème. Kiosques sur les cultures et la mobilité, conférences, projections de documentaires et exposition photo sont autant d’activités qui ont permis à plusieurs étudiants de participer à l’événement. Le concours de photos visait à souligner le talent des étudiants tout en mettant en valeur la richesse de leur séjour à l’étranger, une aventure marquante de leur parcours universitaire. Cette semaine se termine aujourd’hui avec la Journée des stands internationaux qui se tient de 10 h à 14 h à l’atrium Jean-Guy-Paquet du pavillon Alphonse-Desjardins. Des étudiants d’une trentaine de pays y présentent fièrement leur culture. Allez y faire un tour !

Journée carrière en santé et services sociaux Le mardi 19 novembre de 11 h à 16 h au pavillon Ferdinand-Vandry se tiendra la Journée carrière en santé et services sociaux organisée par le Service de placement. Une soixantaine d’employeurs et plus de 600 chercheurs d’emploi y sont attendus. Des organisations de tous les secteurs s’y donnent rendezvous chaque année : agences de santé, centres hospitaliers, centres de santé et de services sociaux, cliniques privées, centres et instituts de réadaptation, instituts universitaires, ministères et commissions scolaires. Des employeurs feront même le chemin du Nouveau-Brunswick et du Nord-du-Québec jusqu’ici afin de recruter. Une seconde journée carrière en santé et services sociaux aura lieu le 18 février prochain afin de permettre à un plus grand nombre d’organisations de recruter directement sur le campus.

Si vous avez été profondément secoué par le tremblement de terre du Saguenay, dont on célèbrera les 25 ans le 25 novembre prochain, il vaudrait peut-être mieux que vous ne lisiez pas ce qui suit. Bien que ce séisme ait été le plus puissant enregistré au Canada dans la deuxième moitié du 20e siècle avec un respectable 6 sur l’échelle de Richter, il fait figure de gentille secousse par rapport à un autre séisme qui est survenu en 1663 – et qui pourrait se reproduire – au Québec : le tremblement de terre de Charlevoix. Comme si ce n’était pas suffisant, ce mégaséisme pourrait même avoir été beaucoup plus puissant que ce qu’on a cru jusqu’ici, avance le professeur Jacques Locat, du Département de géologie et de génie géologique. Le chercheur a produit des preuves à cet effet lors d’un colloque de la Seismological Society of America présenté plus tôt cet automne à La Malbaie à l’occasion du 350 e  annive r s a i r e d e c e t t e c a t a s trophe naturelle. E n 16 6 3 , l a No u ve l l e France ne disposait pas d’instrument pour mesurer l’amplitude des secousses sismiques, rappelle le professeur Locat. « Pour caractériser ce tremblement de terre, les sismologues ont dû s’en remettre à des textes rédigés par des témoins oculaires qui décrivent l’événement et ses répercussions. En cartographiant les dommages et leur importance dans différentes régions du Québec, ils ont pu déduire que l’épicentre se trouvait dans le fleuve, au large de Baie-Saint-Paul, et que la magnitude de la

secousse équivalait à 7 sur l’échelle de Richter. » Selon les écrits historiques, ce séisme a été ressenti tout le long du Saint-Laurent jusqu’à Montréal, et sur la côte atlantique, de l’Acadie jusqu’à New York. Dans les Relations des Jésuites, le père Jérôme Lalemant fait une description apocalyptique des dégâts observés dans la région de Shawinigan, pourtant située à 240 km de l’épicentre. « L’on voit de nouveaux lacs où il n’y en eut jamais; on ne voit plus certaines montagnes qui sont engouffrées; plusieurs saults sont aplanis; plusieurs rivières ne paraissent plus; la terre s’est fendue en bien des endroits, et a ouvert des précipices dont on ne trouve point le fond; enfin il s’est fait une telle confusion de bois renversés et abîmés, qu’on voit à présent des campagnes de plus de mille arpents toutes rases, et comme si elles étaient tout fraîchement labourées, là où peu auparavant il n’y avait que des forêts. » Difficile de départager le lyrisme épistolaire des faits avérés dans pareils écrits. C’est pourquoi Jacques Locat a eu l’idée d’examiner les mouvements de terrain survenus à la suite de ce séisme afin d’en préciser la puissance. « Il est possible de déterminer à quel moment s’est produit un glissement de terrain en faisant appel à différentes méthodes de datation. On peut ainsi distinguer ceux qui ont un lien avec le tremblement de terre de 1663. » Le chercheur a ainsi répertorié et analysé 21 glissements de terrain répartis sur un territoire qui s’étend de Shawinigan à Betsiamites et qui englobe

On peut le lire en ligne au www.lefil.ulaval.ca et s’abonner gratuitement à un avis de parution électronique. Écrivez-nous ! Le Fil accueille vos idées avec plaisir.

Le journal de la communauté universitaire Fondé en 1965, Le Fil est un hebdomadaire publié 30 fois par an par la Direction des communications de l’Université Laval et distribué gratuitement sur le campus.

Les lettres destinées au courrier des lecteurs – 400 mots maximum – doivent nous parvenir au plus tard le vendredi midi précédant la parution, à l’adresse le-fil@dc.ulaval.ca. Le contenu de ce journal peut être reproduit à condition de mentionner la source et l’auteur. Rédaction Éditeur : Jacques Villemure, directeur des communications

Vue aérienne montrant le territoire où des glissements de terrain sont survenus à la suite du tremblement de terre de 1663. Cette zone s’étend de Trois-Rivières à Betsiamites. L’étoile rouge, près de Baie-Saint-Paul, situe ce qui était considéré comme l’épicentre du séisme.

une partie de la rive sud du fleuve. Cette zone sinistrée prend des allures de rectangle géant de 500 km par 200 km, à l’intérieur duquel le séisme a été assez puissant pour laisser sa violente signature. Deux conclusions découlent de l’exercice. La première : l’épicentre du séisme de Charlevoix était probablement situé plus au nord, dans le bouclier laurentien, et non dans le fleuve. La seconde : sa magnitude aurait atteint 7,5.

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C’est 50 fois plus élevé que le tremblement de terre du Saguenay de 1988

« C’est 50 fois plus élevé que le tremblement de terre de 1988, souligne le professeur Locat. Quant à l’énergie dissipée, elle est 175 fois plus grande. Sa puissance équivaut à 179 bombes atomiques d’Hiroshima. » Ce n’est pas uniquement par souci de rigueur historique que le chercheur s’est intéressé à cette question. « La force des tremblements de terre est utilisée pour dresser la carte de l’accélération maximale au sol, un outil servant à définir les normes de construction des bâtiments. Comme le tremblement de terre de Charlevoix est l’un des plus puissants à avoir frappé le nord-est de l’Amérique du Nord, il est important d’en connaître l’amplitude exacte. » Que se passerait-il si un séisme de cette force secouait le Québec aujourd’hui ? Le professeur Locat préfère ne pas s’aventurer en terrain aussi glissant. « C’est très compliqué de faire de telles prédictions. On ne sait tout simplement pas où surviendraient les dommages et quelle serait leur importance. »

Rédactrice en chef par intérim: Claudine Magny Journalistes : Jean Hamann, Renée Larochelle, Yvon Larose Journaliste nouveaux médias : Julie Picard Collaborateurs : Dominique Brunet-Vaudrin, 

Ventes publicitaires Élisabeth Farinacci 418 656-2131 poste 4618

Rédactrice-réviseure : Anne-Marie Lapointe Secrétaire à la rédaction et recherchiste photo : Josée Nadeau Production Infographie : Léa Robitaille, Service de reprographie de l’Université Laval Impression : Les Presses du Fleuve, Montmagny (Québec)

Pour nous joindre 2325, rue de l’Université, local 3108 Québec (Québec) G1V 0A6 Téléphone : 418 656-2131 poste 4687

Matthieu Dessureault, Pascale Guéricolas, Nathalie Kinnard, Anne-Marie Lapointe, Catherine Lévesque, Pierre-Luc Tremblay, Brigitte Trudel

Dépôt légal Bibliothèque nationale du Québec, ISSN 022-1-1965


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 « Ma plus grande satisfaction est de savoir que, chaque année, j’influence la vie et la carrière de certains étudiants. C’est très valorisant », affirme Yvan Bédard, lauréat du Prix Carrière. photo Bureau des services pédagogiques

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photo Marc Robitaille

Éloges à un passionné Yvan Bédard, professeur du Département des sciences géomatiques, s’est vu décerner le Prix Carrière lors de la cérémonie des Prix d’excellence en enseignement par Matthieu Dessureault Yvan Bédard était visiblement heureux de recevoir le Prix Carrière en enseignement, qui vise à souligner une pratique pédagogique exceptionnelle. Un qualificatif qui sied comme un gant à ce professeur du Département des sciences géomatiques. Depuis son arrivée à l’Université en 1986, il se donne corps et âme à son travail. Il a participé à la création du premier baccalauréat en géomatique au monde et a mis sur pied plusieurs cours. Son expertise en système d’information et bases de données géospatiales est largement reconnue par ses pairs. Il a écrit ou coécrit plus de 500 communications et rapports techniques pour diverses organisations. Il a contribué à une quinzaine de volumes, encyclopédies et livres de vulgarisation. À ce parcours impressionnant s’ajoutent quelque 225 conférences dans une vingtaine de pays. Ses étudiants sont pour lui une grande source de motivation. Au premier cycle, ils sont des milliers à avoir eu la piqûre de la géomatique grâce à lui. Il a encadré près de 200 étudiants au doctorant et à la maîtrise ainsi que des stagiaires, dont certains sont aujourd’hui professeurs. D’autres travaillent dans des centres de recherche universitaires ou gouvernementaux. « Ma plus grande satisfaction est de savoir que, chaque année, j’influence la vie et la carrière de certains étudiants. C’est très valorisant », se réjouit le lauréat, qui a reçu de nombreux prix au cours de sa carrière. Soulignons notamment le prestigieux titre Distinguished Engineer décerné par l’Université du Maine. Mais recevoir le Prix Carrière de la part de son employeur le rend particulièrement fier. Une belle récompense pour celui qui prendra sa retraite à la fin de l’année.

Quel est le secret d’un bon prof ? « La passion ! Quand on adore ce qu’on fait, les étudiants embarquent! Il faut savoir sortir de la théorie et donner des exemples concrets. C’est pour eux que nous travaillons, donc c’est important de développer une relation empreinte d’humanisme. » Comme Yvan Bédard, ils sont plusieurs enseignants à transmettre avec brio leurs connaissances, en plus de contribuer au rayonnement de leur faculté. « Ils s’investissent jour après jour pour donner la meilleure formation possible. Bien souvent, leurs étudiants sont au

courant, mais pas nécessairement leurs col- vice-recteur aux études et aux activités internalègues. Nous avons des personnes extraordi- tionales et présidente du comité de sélection. naires à l’Université et il faut les faire connaîLes autres lauréats de cette année sont tre », dit Marie-France Ébacher, adjointe au Tamarha Pierce (Prix Distinction en enseignement pour les professeurs), Luce Desroches (Prix Distinction en enseignement pour les chargés de cours, les responsables de formation pratique et les professeurs de clinique), Manuel J. Rodriguez (Prix Encadrement aux cycles supérieurs), Michèle Auger (Prix Direction de C’est pour les étudiants programme), Lucie Rochefort (Prix Direction de programme), Jean-Benoît Tremblay (Prix que nous travaillons, Cours à distance), François Anctil (Prix Volume pédagogique), Vicky Drapeau (Prix donc c’est important Matériel complémentaire et notes de cours) de développer une et Francis Dubé (Prix Ressource pédagogique numérique). Au total, 32 000 $ leur ont été relation empreinte remis sous forme de fonds de développement d’humanisme pédagogique. On nous donne rendez-vous l’an prochain pour connaître les lauréats 2013-2014. D’ici là, l’organisation invite les facultés à cibler des candidats potentiels dans leurs unités.

»

Pour visionner les vidéos des dix lauréats : visitez la section Prix d’excellence en enseignement sur ulaval.tv Les lauréats des Prix d’excellence en enseignement de gauche à droite en partant de la rangée du haut : François Anctil, professeur au Département de génie civil et de génie des eaux, JeanBenoît Tremblay, chargé de cours à la Faculté de musique, Manuel J. Rodriguez, professeur à l’École supérieure d’aménagement du territoire et de développement régional, Francis Dubé, professeur à la Faculté de musique, Vicky Drapeau, professeure au Département d’éducation physique, Thamarha Pierce, professeure à l’École de psychologie, Lucie Rochefort, médecin clinicienne enseignante, Yvan Bédard, professeur au Département de géomatique, Luce Desroches, chargée d’enseignement à la Direction générale de la formation continue, Michèle Auger, professeure au Département de chimie, entourés du recteur Denis Brière et du vice-recteur aux études et aux activités internationales, Bernard Garnier. photo MR


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Nouvelle équipe de direction pour la Bibliothèque La Bibliothèque de l’Université s’est dotée d’une nouvelle structure organisationnelle. Depuis le 28 octobre, six grandes directions relèvent désormais de la directrice de la Bibliothèque, Loubna Ghaouti. Il s’agit de la Direction des services administratifs, de la Direction des services aux usagers, de la Direction des services-conseils et des collections, de la Direction des technologies et des systèmes d’information, de la Direction du soutien à la recherche et à l’apprentissage et de la Direction du traitement des ressources documentaires. Lieu physique au cœur du campus, mais aussi lieu virtuel, la Bibliothèque a pour mission la formation et l’enseignement, la recherche, la collaboration et la gestion.

Deux étudiants engagés récoltent gros Deux nouveaux étudiants au doctorat en médecine viennent de recevoir la bourse Schulich Leader. Audrey-Ann Lavoie et Manuel LavoieApril recevront donc un montant total de 60 000 $ durant leur quatre années d’études au premier cycle. Ils ont été sélectionnés parmi 996 candidatures au Canada. Ce programme de bourse récompense des étudiants qui se démarquent par leurs résultats scolaires exceptionnels et par le rôle actif qu’ils jouent dans leur communauté. Andrey-Ann Lavoie s’est impliquée au cégep Champlain-St. Lawrence en organisant notamment le Défi têtes rasées pour Leucan. Quant à Manuel Lavoie-April, il a été vice-président du conseil des sciences au cégep de Rivière-du-Loup et s’est engagé dans sa communauté auprès des personnes agées.

La dure vie des arbres en ville Nous vivons de plus en plus en ville et notre relation avec la nature, et les arbres en particulier, tend à changer. Nous oublions bien souvent que l’arbre a évolué en forêt pendant des millions d’années et qu’il a développé, afin de croître, des relations symbiotiques avec une multitude d’autres organismes. Et ce sont justement ces relations absentes en milieu urbain qui compromettent la santé et la vigueur de nos arbres. Le professeur en écologie forestière à l’UQAM, Christian Messier, viendra donner une conférence sur ce sujet demain intitulée « Pas facile d’être un arbre en ville ! Les défis de sa survie et les stratégies pour le protéger ». Le conférencier expliquera comment une vision plus écologique de nos espaces verts en ville peut aider à créer des milieux qui permettront aux arbres d’être plus résilients aux stress et aux perturbations qui les affligent. Vendredi 15 novembre, à 12 h, au local 1613 du pavillon Félix-Antoine-Savard.

Médecin de famille de l’année Les défis de la spécialité vus par le lauréat Michel Cauchon, professeur et chercheur au Département de médecine familiale et de médecine d’urgence à l’Université Laval par Brigitte Trudel Professeur et chercheur au Département de médecine familiale et de médecine d’urgence, le Dr Michel Cauchon a reçu le titre de Médecin de famille de l’année 2013 du Québec par le Collège des médecins de famille du Canada. Ce prix récompense l’excellence en ce qui a trait aux soins, à l’enseignement et à la recherche. À l’heure où le manque de médecins de famille continue de faire la manchette (un Québécois sur cinq en serait privé selon une récente enquête de l’Institut de la statistique du Québec), le Dr Cauchon se penche sur les défis de sa profession. Q Vous avez choisi d’être médecin de famille, pourquoi ? R Je suis passionné autant par la science que par l’humain. La médecine familiale me permet de combiner les deux. J’accompagne les gens sur les plans physique et psychologique dans plusieurs étapes de leur vie. Leur histoire personnelle, leurs valeurs, leurs priorités sont au cœur de ma pratique autant que les données de la science. Ce lien de confiance et de continuité, c’est précieux. J’aime aussi le côté polyvalent de la profession qui me permet de toucher à une grande variété de problèmes de santé que ce soit du côté préventif, curatif ou palliatif. Q Constatez-vous les effets du manque de collègues dans votre pratique ? R Répondre aux demandes pressantes sans négliger l’engagement continu auprès de mes patients représente un défi quotidien. D’où l’importance de la réorganisation des soins. La profession y met beaucoup d’efforts depuis quelques années. Notre fédération a proposé des solutions en ce sens le 29 octobre dernier : laisser chaque jour des plages à l’agenda pour le dépannage, bonifier le sans rendez-vous, se partager les tâches les soirs et les weekends, valoriser le travail du médecin de famille qui se rend disponible en dehors des heures habituelles. S’ajoutent les modèles de groupes multidisciplinaires où médecins, infirmières, intervenants psychosociaux, diététistes, kinésiologues et pharmaciens collaborent afin d’optimiser les ressources en place. Q Ce contexte de pénurie influence-t-il votre enseignement aux futurs médecins de famille ?

R On se rapproche de la parité médecine familiale versus les autres spécialités. Les jeunes en font un choix assumé, nullement par dépit. La discipline n’a plus rien à envier aux autres. Elle est désormais très mature et s’appuie à un contenu extrêmement solide, tant sur le plan des connaissances que sur celui de l’approche au patient. À ce titre, le programme de formation en médecine familiale à l’Université Laval est tout à fait reconnu. La progression des dernières années est donc encourageante. Mais l’inquiétude en ce qui a trait à la relève demeure. Avec la population vieillissante, plusieurs maladies qui se combinent, nombre de médecins qui s’approchent de la retraite, la profession est en constante adaptation. On corrige les manques, mais trop souvent à rebours, d’où le besoin de renfort.

R C’est essentiel d’en tenir compte. On leur apprend à prendre du recul dans leurs façons de faire, à réfléchir dans l’action, à s’ajuster selon les besoins, à se dégager des modèles figés en misant sur la souplesse. Nous leur apprenons à accepter la remise en question. On veut former des apprenants à vie capables d’intégrer de façon critique les nouvelles données de la science, de communiquer, de collaborer, d’être responsables, bref des professionnels engagés dans les valeurs de la profession. Cela dit, le défi de l’accessibilité passe aussi par la formation d’un plus grand nombre de méde- Q Comment concevez-vous votre rôle cins de famille. en tant que professeur? R Ma mission est de donner aux étuQ Encore trop peu d’étudiants choisisdiants le goût d’être ce chef d’orchestre sent cette avenue ? qui intègre de nombreuses spécialités tout en ayant le privilège du tête-à-tête avec le patient. Je m’engage aussi à leur fournir des outils pour y arriver. Par exemple, j’ai beaucoup travaillé à développer un programme en ligne nommé InfoCritique. Il permet aux résidents de développer de façon interactive leurs habiletés de lecture des publications scientifiques. Ils peuvent ainsi trier ce qui est solide, ce qui s’applique à leurs patients, ce qui est valable au-delà des enjeux commerciaux. Ce cours est maintenant diffusé dans les universités québécoises et dans plusieurs pays francophones et j’en suis fier. Oui, la formation scientifique est essentielle, mais pas suffisante. Elle doit se conjuguer avec un savoir-être et un savoir agir selon le contexte. Dans une approche centrée sur le patient, c’est la rencontre des deux qui fait la force de notre travail.

Selon une récente enquête de l’Institut de la statistique du Québec, un Québécois sur cinq serait privé d’un médecin de famille

Q Si chaque Québécois avait son médecin de famille, notre population serait-elle réellement plus en santé ? R Le rôle des médecins de famille dans la santé des populations est réel et fondamental. L’approche communautaire fait partie de notre spécialité. Dans notre travail, on éduque les patients, on fait de la prévention, on prône les saines habitudes de vie en espérant voir des répercussions à plus grande échelle. Cependant, tout le monde se doit de participer : les citoyens, la communauté médicale, la santé publique et les médias sont responsables de relayer notre message et de travailler dans le même sens pour favoriser une population en santé.


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Selon un sondage de satisfaction, les participants ont particulièrement apprécié l’ambiance générale agréable et stimulante, la capacité d’écoute, la courtoisie et l’attitude respectueuse du personnel. photos Louise Leblanc

Ils envahissent le campus Quelque 6000 étudiants potentiels ont envahi les pavillons de l’Université le samedi 9 novembre pour s’immerger, le temps d’une journée, dans l’atmosphère universitaire par Nathalie Kinnard Chaque année, par un samedi d’automne, l’Université Laval ouvre grandes les portes de son campus aux jeunes et moins jeunes qui se « magasinent » une université… Et l’établissement ne ménage pas ses efforts pour séduire sa future clientèle : visites guidées, kiosques, conférences sur les programmes d’études et la mobilité internationale, transport gratuit. Le jeu semble en valoir la chandelle, car malgré la baisse démographique, l’Université attire toujours autant d’étudiants à ses Portes ouvertes de l’automne, soit environ 5 000 à 6 000 personnes. Et l’établissement voit aussi son nombre d’inscriptions augmenter annuellement ! « En ouvrant nos portes, nous voulons attirer les gens sur le campus pour leur faire vivre notre atmosphère universitaire et les accompagner dans leur dé-

marchede choix de carrière », précise Nicole Lacasse, vicerectrice adjointe aux études et aux activités internationales. L’événement vient compléter l’information trouvée en ligne. Il permet aux futurs universitaires de poser des questions à des étudiants universitaires, des professeurs, des directeurs de département. Bref, un contact personnel et humain impossible à avoir par courriel ou par téléphone. « Les visiteurs viennent souvent poursuivre un dialogue amorcé à distance durant lequel on les a incités à venir prendre le pouls des lieux, souligne la gestionnaire. Nous voulons notamment effacer l’image de la grosse ville universitaire de 48 000 étudiants, qui peut paraître froide et impersonnelle. » Ce sont surtout des collégiens québécois qui profitent de cette incursion sur

le campus. Comme Rachel Trudeau, actuellement étudiante au DEC en graphisme au cégep de Sainte-Foy. « Je m’intéresse à l’Université Laval pour son programme passerelle DEC-BAC en design graphique », explique-t-elle. Parmi les autres vis it e urs , de s é t udiant s qui désirent continuer aux cycles supérieurs, des adultes qui projettent un retour aux études, des adeptes de la formation continue. Si la plupart des participants aux Portes ouvertes proviennent des environs de Québec, plusieurs sont venus des quatre coins de la province. « Nous avions organisé un transport gratuit par autobus pour 323 étudiants venant de 13 régions du Québec », mentionne Nicole Lacasse. Julia De Pieri, elle, a pris l’avion ! L’élève de 11e année de Vancouver a décidé de combiner une visite chez ses grands-parents québécois avec une tournée de l’Université Laval. Elle regarde ses options pour un baccalauréat en septembre 2015. « Ma mère est une ancienne de l’Université Laval, alors je considère cet établissement. De plus, les installations du PEPS m’attirent beaucoup ! », admet-elle. Selon Nicole Lacasse, la

proximité reste le critère le plus important lors du choix d’une université, notamment en raison des coûts associés à l’éloignement. Mais de plus en plus d’étudiants élargissent leur recherche et comparent les programmes de plusieurs universités. Rachel Trudeau a ainsi jeté un œil du côté de l’UQAM. Mais la proximité et les attraits du programme de design de l’Université Laval ont fait pencher sa décision en faveur du campus de Québec. De son côté, Julia De Pieri avoue qu’elle visitera sûrement d’autres universités canadiennes, dont le campus de McGill. Qu’à cela ne tienne ! La journée Portes ouvertes s’est soldée par 174 demandes d’admission faites sur place sur les ordinateurs prévus à cet effet, et 142 le lendemain. Dont celle de Rachel Trudeau. « J’étais venue valider l’information trouvée sur le site Internet et poser des questions au kiosque du baccalauréat en design. Mon choix s’est confirmé et j’ai fait ma demande », dit-elle. C h a qu e a n n é e , N i c o l e Lacasse est toujours davantage impressionnée par le niveau de préparation des visiteurs, qui posent beaucoup de questions précises.

« Nous nous faisons un point d’honneur à ce que notre personnel et nos représentants universitaires soient également bien préparés à leur répondre, affirme la vicerectrice adjointe. Et nous voulons projeter une image chaleureuse de l’Université. » Ce qui semble réussi si on se fie aux résultats du sondage de satisfaction rempli par quelque 200 participants. Ces derniers ont particulièrement apprécié l’ambiance générale

agréable et stimulante, la capacité d’écoute, la courtoisie et l’attitude respectueuse du personnel. Rachel Trudeau et Julia De Pieri soulignent par ailleurs l’excellente organisation, le dynamisme et la qualité des réponses reçues. Avis à ceux qui n’ont pu vivre cette journée universitaire : la prochaine activité des Portes ouvertes est prévue cet hiver, le 1er février, soit juste avant la date limite d’admission pour l’automne 2014 !

Malgré la baisse démographique, l’Université attire toujours autant d’étudiants à ses Portes ouvertes de l’automne, soit environ 5 000 à 6 000 personnes, et voit son nombre d’inscriptions augmenter annuellement 


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sur le campus

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ils ont dit... Sur les dangers reliés aux « sextos » Selon une enquête menée par Francine Lavoie, les filles seraient davantage portées que les garçons à envoyer des photos sexuellement suggestives d’elles-mêmes sur les réseaux sociaux. Plusieurs ados de 14 à 17 ans pensent Francine Lavoie, ainsi que les « sextos » ne pourront pas leur nuire professeure dans l’avenir. « Les jeunes à l’École de sont un peu trop optimistes psychologie selon moi, car il y a des dangers qui sont bien réels, Le Soleil, estime Francine Lavoie. Par 7 novembre exemple, une photo peut voyager longtemps sur Internet. »

Sur le marketing rose Mater Natura de Massimo Andrei

Frank Pons, professeur au Département de marketing Le Soleil, 9 novembre

Des armes à feu aux cannes à pêche, en passant par les pneus et les chandails de hockey, les entreprises dans des milieux dits « masculins » proposent la couleur rose pour attirer le regard des consommatrices. Selon Frank Pons, ce choix résulte d’une stratégie à court terme qui vise à segmenter les consommateurs selon le sexe. « Le rose est un stéréotype, on sait que c’est associé au féminin. La couleur permet de positionner rapidement le produit. »

Sur la baisse de la demande pour le papier journal

Luc Bouthillier, professeur au Département des sciences du bois et de la forêt La Presse, 11 novembre

D’année en année, la feuille de papier journal cède sa place aux supports numériques de toutes sortes. Avec le résultat que les producteurs québécois se tournent de plus en plus vers d’autres pays pour écouler leur production. « Au début de l’an 2000, on avait besoin en Amérique du Nord d’environ 12 millions de tonnes de papier journal. Au moment où on se parle, ce n’est même pas 5 millions de tonnes, et ça n’ira pas en s’améliorant. »

A cavallo della tigre de Carlo Mazzacurati

Cinema italiano ? Sì ! Le public est convié à assister au premier festival de cinéma italien qui se tiendra pendant trois jours sur le campus I l fut une é po que o ù le cinéma italien brillait de tous ses feux. C’était dans les années 1950, 1960 et 1970, alors que les Roberto Rosselini, Luchino Visconti, Federico Fellini, Ettore Scola, Bernardo Bertolucci et autres cinéastes géniaux a c c o u ch a i e n t d e ch e f s d ’ œ u v r e . C e t â g e d ’o r a cependant été suivi d’années de vache maigre pour le cinéma italien qui a pourtant réussi à reprendre sa place au soleil au cours de la dernière décennie. Les années 2000 s’avèrent en effet très riches avec des films qui sortent des sentiers battus et témoignent de la vitalité nouvelle de ce cinéma. Du 15 au 17 novembre, et dans le cadre du premier festival de cinéma italien à se tenir sur le campus, le public sera invité à visionner six films marquants issus de la cinématographie italienne. L’événement est organisé par la Société Dante de Québec, dont le siège se trouve au pavillon Charles-De Koninck, et par l’Institut italien de la culture de Montréal. Soulignons que Zélie Guével, professeure au département de langues,

linguistique et traduction, est la responsable de la Société Dante de Québec. Fondée en 1976, cette association a pour mission de diffuser et de promouvoir la langue et la culture italiennes auprès de la population. Au programme du festival figurent des comédies comme Mater Natura de Massimo Andrei (2005) et A cavallo della tigre de Carlo Mazzacurati (2002), mais également des drames touchant des nations entières ou, à une plus petite échelle, des familles. Qu’on pense à La masseria delle allodole des frères Taviani (2007), qui évoque le génocide arménien, et à Una sconfinata giovinezza de Pupi Avati (2010), qui raconte l’histoire d’un couple dont l’homme souffre de la maladie d’Alzheimer. Les films, en version originale avec sous-titres français, seront présentés à la salle 1A du pavillon Charles-De Koninck. Entrée libre. Pour consulter la liste complète des films ainsi que l’horaire du festival : www.elul.ulaval.ca/

Du 15 au 17 novembre, le public sera invité à visionner, sur le campus, six films marquants issus de la cinématographie italienne


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société

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Louis Fortier sur le financement inadéquat de la recherche océanographique

photo Keith Lévesque

Le Conseil des académies canadiennes, un organisme qui regroupe des scientifiques de tous les horizons, vient de publier un rapport sur les sciences de la mer. Cette synthèse des recherches menées au Canada déplore le manque de vision globale en océanographie. L’avis de Louis Fortier, un des cosignataires du rapport, directeur scientifique d’ArcticNet et professeur au Département de biologie.

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Q Le rapport souligne que la recherche océanographique canadienne ne manque pas forcément d’argent, mais davantage d’outils. Qu’est-ce que cela signifie ? R Au fil du temps, les gouvernements qui se sont succédé au fédéral ont désinvesti dans la recherche menée par les ministères des Pêches et Océans, des Ressources naturelles ou de l’Environnement. Par contre, les fonds globaux consacrés à la recherche en océanographie restent très importants. Ainsi, plusieurs investissements ont été utilisés pour la station du Haut-Arctique canadien ou la mise en chantier d’un briseglace de classe polaire, le Diefenbaker, qui sera livré en 2022. Les connaissances intellectuelles de la communauté océanographique canadienne sont très solides et les chercheurs travaillent dans de grands réseaux comme Ocean Networks Canada, ArcticNet, ou Ocean Tracking Network, mais nous manquons de moyens pour donner aux chercheurs l’accès à l’océan. La compétition est difficile avec des chercheurs en médecine ou en écologie terrestre étant donné les coûts importants de fonctionnement de la recherche océanographique. Il faudrait donc qu’au Canada le temps en mer soit payé par un budget statutaire du Trésor canadien, afin que l’argent soit vraiment investi dans la recherche. D’autant plus que la flotte de navires prend de l’âge, que le Canada a du retard en matière de sous-marins autonomes, de planeurs autonomes, de bouées intelligentes, soit des appareils qui parcourent l’océan sans personne à bord. Q Alors que la recherche s’internationalise toujours davantage, quelle est l’importance pour le Canada de disposer de son propre réseau de chercheurs en océanographie ?

R C’est absolument crucial pour réaliser notre vocation maritime, puisque les frontières canadiennes donnent sur trois océans. Dans le passé, les recherches faites en Arctique étaient effectuées par des étrangers. Ils louaient des navires canadiens pour répondre aux questions qui les intéressaient, comme les échanges air-atmosphère, par exemple. Tout ce qui concernait les écosystèmes et les ressources disponibles était négligé. Les problématiques canadiennes sont trop précises, qu’il s’agisse des pêcheries, de la faune ou de la flore du côté de l’océan Arctique, pour que l’on puisse utiliser des résultats ou de la technologie issus du travail de recherche mené par des Allemands ou des Américains. Il suffit de penser que l’océan Arctique va devenir bientôt une voie navigable empruntée par les navires de nombreux pays. Beaucoup d’études portent sur la souveraineté et documentent le fait que le passage du Nord-Ouest se trouve dans les eaux intérieures canadiennes. On ne peut laisser les Américains mener de telles recherches, eux qui le considèrent comme un détroit international afin que leurs bateaux puissent y passer librement. Q Pourquoi investir dans la recherche océanographique plutôt que dans la lutte contre l’obésité, la maladie d’Alzheimer ou le tabagisme ? R Il est bien établi maintenant que la richesse d’un pays et le bien-être de ses populations ont un lien direct avec la proportion de son PNB investi dans la recherche. Cela permet de développer une expertise et d’être actif en innovation technologique, le moteur de l’économie. Au Canada, comme plusieurs communautés dépendent des ressources marines, la recherche en océanographie est très importante. Rappelezvous quand le gouvernement fédéral a décidé de passer par-dessus l’avis des scientifiques et de leur expertise en permettant à l’industrie de la pêche de saccager les stocks de poissons de fond. Cela a provoqué une catastrophe qui a mené au moratoire de 1992, générant d’énormes problèmes socioéconomiques à Terre-Neuve, dans les Maritimes et même ici sur la Côte-Nord. Aujourd’hui, il est tout aussi primordial de suivre les déplacements de poissons avec le réseau Ocean Tracking Network, de mieux comprendre la géographie fine des plaques tectoniques étant donné tous les problèmes liés aux tsunamis ou encore la fonte extrêmement rapide des glaces de l’océan Arctique qui ouvre de nouvelles voies de navigation, sans compter l’état des ressources minérales à exploiter. Il faut donc mener des recherches pour mieux gérer dans 25, 50 ans ou 100 ans les services rendus par les écosystèmes des trois océans. Propos recueillis par Pascale Guéricolas

En mai, le village de Saint-Sulpice, situé dans Lanaudière, a accueilli la comédienne Hélène Florent. photo LP8 Média

S’unir pour séduire

L’émission La petite séduction donne un grand sentiment de fierté aux villages qui se lancent dans l’aventure par Renée Larochelle En mai 2014, La petite séduction entreprendra sa 9e saison à Radio-Canada. On connaît la formule de cette émission qui attire chaque semaine autour de 730 000 téléspectateurs : un village du Québec (et parfois du Canada) accueille une personnalité du monde artistique et tente de le « séduire » par toutes sortes de moyens. On en sait toutefois beaucoup moins sur les coulisses de l’émission ainsi que sur ses effets sur la communauté qui reçoit. C’est ce que s’est employé à faire le producteur de La petite séduction, Benoît Léger, conférencier de la Chaire pour le développement de la recherche sur la culture d’expression française en Amérique du Nord (CEFAN). « L’idée est née du film La grande séduction, raconte Benoît Léger. Avec l’accord de son scénariste, Ken Scott, on s’est dit qu’on pouvait faire la même chose avec un artiste qui débarquait dans un village. » Depuis sa création en 2005, l’émission a visité 90 villages pour autant d’artistes. Saint-Sulpice, situé

«

Après avoir vécu l’expérience, plusieurs personnes décident de s’engager dans des projets communautaires mettant en valeur l’histoire de leur village. Pour nous, c’est très valorisant.

dans Lanaudière, a accueilli la comédienne Hélène Florent, Champlain, en Mauricie, la chanteuse Ginette Reno, et Knowlton, en Montérégie, l’animatrice Pénélope McQuade. « Lors des premières saisons, nous sollicitions la participation des villages et nous allions à peu près partout où on nous demandait, dit Benoît Léger. À présent, nous sommes plus sélectifs et le village doit présenter un attrait particulier. » Dès qu’un artiste est jumelé au village, la machine séductrice se met en branle. Entre le moment où le projet est accepté et le jour du tournage, trois mois s’écoulent durant lesquels sont mobilisées les forces vives de la communauté autour d’un scénario bien précis. But de l’opération : toucher le cœur de l’invité, l’émouvoir jusqu’aux larmes, à partir de ce qu’on sait de ses goûts et de son histoire personnelle, en somme, lui faire vivre un moment dont il se souviendra toute sa vie. Si l’équipe ne lésinait pas sur l’effet de surprise lors des débuts de l’émission comme celui d’installer une grande roue en plein champ pour épater l’invité, elle mise aujourd’hui sur l’expérience humaine et les valeurs de partage. Ainsi, on filmera le curé du village qui se fait un devoir d’appeler les paroissiens le jour de leur anniversaire, par exemple. Mais au-delà de ce qui est montré à la télévision, c’est le grand sentiment de fierté que ressentent les villageois qui subsiste. « Les gens réalisent ce qu’ils peuvent faire en s’unissant, souligne Benoît Léger. Ils mettent de l’avant leur histoire et leurs talents; l’image qu’ils véhiculent à la télévision est très importante pour eux. D’ailleurs, après avoir vécu l’expérience, plusieurs personnes décident de s’engager dans des projets communautaires mettant en valeur l’histoire de leur village. Pour nous, c’est très valorisant.» Comme pour Saint-Élie-de-Caxton, mis sur la carte du Québec par le conteur Fred Pellerin, certains villages présentés à La petite séduction font partie de l’itinéraire des vacanciers curieux de parcourir les lieux ayant fait craquer les Isabelle Boulay ou les Marie-Mai de ce monde. Sans compter que des pays comme la France, le Portugal et l’Espagne ont récemment manifesté leur intérêt pour la formule. Il n’y pas à dire : cette petite séduction fait tourner bien des têtes…


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le fil | le 14 novembre 2013

Éclats de pierre Une activité étudiante originale permet de remonter les millénaires et d’enrichir la formation en archéologie par Yvon Larose Tous les mardis soirs, une dizaine d’étudiants en archéologie s’adonnent à une activité d’un autre âge dans un local du pavillon Charles-De Koninck : ils taillent de la pierre comme le faisaient les hommes de la préhistoire. « Il est indéniable que cette activité apporte énormément à la compréhension du matériel archéologique », explique le responsable du Club de taille, l’étudiant Pascal St-Jacques, inscrit au baccalauréat en archéologie. Selon lui, celui qui a travaillé la pierre saura tout de suite reconnaître les traces diagnostiques d’un éclat. « Il va savoir si c’est un artefact ou pas, affirme-t-il. Il y a vraiment des traces qu’on apprend à reconnaître parce qu’on comprend le procédé par lequel on crée les éclats de pierre. » L’été dernier, Pascal St-Jacques a travaillé sur le site archéologique de Plaisance, dans l’Outaouais québécois. Des Amérindiens occupaient l’endroit il y a des milliers d’années. Des éclats de pierre taillée constituaient le principal type d’artefacts trouvés par l’équipe de fouilles. « Mes connaissances m’ont aidé à identifier les types d’éclats, soutientil. Il n’y avait que des éclats de finition, d’amincissement. Pas de gros débitage. » Selon lui, les occupants n’arrivaient pas sur le site avec de la matière brute dans le but de fabriquer des objets, comme des pointes de projectile. « Ils les avaient déjà, indique-t-il. Ils les modifiaient, les réaffûtaient. » Pour tailler la pierre, les étudiants se servent de galets et de bois de cervidés. Ce « coffre à outils » s’apparente à celui des hommes préhistoriques. Le galet est une pierre dure et lisse, de forme arrondie, qui tient dans la main et que l’on trouve dans le lit des cours d’eau. Les bois de cervidés, eux, proviennent notamment de l’orignal ou du caribou. De dimensions variables, parfois de forme cylindrique, ils sont très durs et assez polyvalents. « On s’en servait pour fracturer la pierre, mais aussi comme matériau pour confectionner notamment des pointes de flèche, des parties de harpon ou d’hameçon, et des aiguilles », souligne Pascal St-Jacques. L’homme préhistorique travaillait habituellement le silex. Il taillait surtout par percussion ou par pression. La percussion dure consistait à utiliser un outil, comme le galet, fait d’un matériau plus dur que la matière travaillée. La percussion tendre se faisait avec un outil comme le bois de cervidé, plus tendre que la pierre travaillée. La taille par pression était une technique de finition utilisable seulement sur une pièce déjà mince. Elle consistait à détacher l’éclat par

arrachement. La pression permettait notamment de raviver le tranchant d’un outil, ou de façonner la forme d’une pointe de projectile. « Les étudiants doivent apprendre à travailler avec du matériel qui donne un résultat imprécis, indique Pascal St-Jacques. Le mouvement est important, l’angle de frappe aussi. La force de l’impact, l’amplitude du geste, l’endroit où on va frapper : plusieurs variables vont avoir un effet sur le produit que l’on va créer. » Le responsable du Club de taille s’est découvert un réel intérêt pour la taille de la pierre dès son entrée au baccalauréat. Un intérêt qui s’est depuis transformé en passion. « La préhistoire m’a toujours intrigué au plus haut point, raconte-t-il. Je vois une certaine noblesse dans l’effort de survie. La taille me permet de créer à partir de rien. Elle ne ment pas : on réussit ou on ne réussit pas. » Les participants à l’atelier du 5 novembre dernier ont eu la possibilité de fabriquer des flèches selon la méthode préhistorique. Dans un passé lointain, la technique consistait à tailler le bout d’une tige droite pour pouvoir y insérer la pointe de pierre préalablement taillée. On fixait la pointe à l’aide d’une colle naturelle, notamment à base de résine de pin. On attachait ensuite la pointe à la tige à l’aide d’un filament détaché d’un tendon d’animal. « Ce tendon était préalablement séché, explique Pascal St-Jacques. On l’écrasait pour détacher les filaments. On mouillait ensuite un filament, ce qui le rendait malléable, et on l’enroulait autour de la pointe de pierre. En séchant, le filament durcissait et rétrécissait. Il serrait l’objet tout en étant très solide. »

Trois exemples de pointes de flèche réalisées durant la séance du 5 novembre.

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Les étudiants doivent apprendre à travailler avec du matériel qui donne un résultat imprécis. Le mouvement est important, l’angle de frappe aussi.

Un galet dans une main qui vient percuter un silex : on parle de percussion dure. photos Marc Robitaille


archéologie

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L’archéologue Véronique Forbes au travail sur le site de Vatnsfjördur en Islande. La forte concentration de puces d’oiseaux trouvée lors des fouilles suggère qu’on y faisait le nettoyage et l’entreposage du duvet d’eider.

Puces, poux et archéologie L’analyse de restes d’insectes découverts sur des sites archéologiques permet de mieux comprendre les conditions de vie des sociétés ancestrales par Dominique Brunet-Vaudrin Les Inuits qui vivaient au Groenland entre le 13e et le 17e siècle étaient plus soucieux de l’hygiène que ce qu’ont rapporté plusieurs explorateurs de l’Arctique, relate une étude parue récemment dans l’International Journal of Paleopathology. Ce constat a été établi grâce à l’analyse de restes de poux et de puces effectuée par une équipe d’archéologues spécialisés en entomologie constituée d’Allison Bain, professeure au Département des sciences historiques, ainsi que de Frédéric Dussault et Véronique Forbes, diplômés à la maîtrise en archéologie. La découverte de puces d’oiseaux a aussi permis de repérer

certains sites islandais où avait lieu le commerce du duvet d’eider. 
Au Groenland, les chercheurs ont fouillé quatre maisons d’hiver datant de plusieurs siècles. Ils ont découvert que la concentration de parasites était moins élevée dans les pièces les plus fréquentées par les anciens occupants. En effet, les puces et les poux recueillis à l’intérieur de trois des quatre résidences étaient plus nombreux dans le tunnel d’entrée que dans le salon ou sur la plateforme qui faisait office de chambre. L’épouillage constituait une pratique courante à l’époque. Il semble que, par souci d’hygiène, les Inuits tenaient ces parasites le plus à

l’écart possible. De plus, les chiens n’étaient généralement pas admis dans les habitations des Inuits. L’importante concentration de puces de chien repérée dans l’entrée a permis de déduire que ces animaux étaient en de rares occasions admis à l’intérieur et dans cette pièce seulement. En Islande, l’équipe a analysé des restes de puces d’oiseaux afin de documenter les origines et l’évolution de l’exploitation du duvet d’eider, un produit réputé pour ses propriétés d’isolation thermique. Alors qu’il est rare que du duvet d’eider soit trouvé dans les sites archéologiques en raison de sa fragilité, les fouilles du site de Vatnsfjördur ont permis de découvrir 159 puces d’oiseaux dans le sol d’une hutte datant du 19e siècle. Cette pièce aurait en fait servi de lieu de nettoyage et d’entreposage à du duvet récolté dans des centaines de nids. Pendant la nidification, les femelles eiders arrachent les plumes de leur ventre pour en tapisser leur nid. Les puces apportées avec le

duvet étaient ainsi concentrées en un seul lieu. Du duvet d’eider avait déjà été trouvé dans des sépultures scandinaves de l’époque viking et plusieurs sources historiques mentionnent également cette production.

« L’archéoentomologie nous fournit toutefois l’un des seuls moyens de repérer les sites d’exploitation du duvet d’eider et donc de clarifier l’origine et l’évolution de ce produit au fil des siècles », conclut Véronique Forbes.

Il semble que, par souci d’hygiène, les Inuits tenaient ces parasites le plus à l’écart possible


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science

en bref

le fil | le 14 novembre 2013

Les monocytes en renfort Des chercheurs démontrent que ces cellules immunitaires s’attaquent à l’une des principales manifestations de l’alzheimer par Jean Hamann

Des diplômés qui se distinguent Quatre jeunes diplômés ont eu la chance de recevoir la médaille Raymond-Blais ainsi qu’une bourse Marc-J.-Trudel de 500 $ qui leur ont été remises par l’Association des diplômés de l’Université Laval le 6 novembre, lors du gala. Ces Prix Jeunes Diplômés soulignent la carrière remarquable de diplômés de moins de 35 ans qui s’illustrent de par le monde. Les lauréats de cette année sont Stéphanie Chrétien Harvey (Architecture, 2008), conceptrice de jeux vidéo à Ubisoft, fondatrice de l’équipe UBINITED et cofondatrice de la communauté MISSCLIKS; Pierre-André Dubé (Pharmacie 2004, 2006), pharmacien et responsable scientifique en toxicologie clinique à l’Institut national de santé publique du Québec; Philippe Huot (Médecine, 2003; Neurobiologie, 2006, 2008), professeur, neurologue et chercheur à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal, spécialiste de la maladie de Parkinson; Alex Morissette (Musique, 2006), contrebassiste du groupe The Lost Fingers et musicien pigiste polyvalent.

La toxicité d’un médicament anticancer élucidée Un article publié le 4 novembre dans les Proceeding of the National Academy of Sciences (PNAS) lève le voile sur la cause des effets secondaires majeurs de l’irinotécan, un médicament utilisé dans le traitement du cancer colorectal. Ce produit provoque des diarrhées graves et une baisse anormale des globules blancs chez les patients dont le profil génétique ne permet pas une détoxification efficace de ce médicament. L’étude parue dans PNAS montre que les effets secondaires de cette drogue sont attribuables à une déficience métabolique dans l’intestin. Pour faire cette démonstration, les chercheurs ont créé deux types de souris modifiées génétiquement. Les animaux du premier groupe étaient dépourvus de l’enzyme de détoxification UGT1A1 dans le foie et ceux du second groupe en étaient dépourvus dans l’intestin. Lorsque ces souris ont été traitées avec l’irinotécan, les effets secondaires ne sont apparus que chez les souris du second groupe. Les chercheurs concluent que l’utilisation de médicaments capables de stimuler la détoxification intestinale de l’irinotécan pourrait réduire l’incidence des effets secondaires graves. L’étude est signée par Olivier Barbier et Cyril Bigo, de la Faculté de pharmacie et du Centre de recherche du CHU de Québec, et par cinq chercheurs de l’Université de Californie à San Diego.

Un article publié dans la revue Cell Reports par des chercheurs de la Faculté de médecine révèle l’existence d’un mécanisme naturel servant à prévenir une des manifestations de l’alzheimer dans le cerveau. Grâce à des techniques d’imagerie médicale permettant de visualiser en direct les événements qui se produisent chez des souris vivantes atteintes d’alzheimer, les chercheurs ont découvert qu’une catégorie de globules blancs – les monocytes de surveillance – attaque sélectivement les agrégats d’amyloïde fixés à la paroi intérieure des vaisseaux sanguins du cerveau. L’une des caractéristiques principales de la maladie d’Alzheimer est la production de bêta-amyloïde, une molécule toxique pour le tissu cérébral. Ce peptide s’accumule et forme des agrégats sur les parois des vaisseaux sanguins ou dans le tissu nerveux. Dans ce dernier cas, ils conduisent à la formation de plaques séniles ou amyloïdes. « Nous croyons que la présence de ces agrégats dans les vaisseaux sanguins est l’une des causes majeures de la maladie parce qu’elle nuit à l’oxygénation du cerveau, affirme le responsable de l’étude, Serge Rivest. Elle conduirait à la détérioration des capacités cognitives des malades. » Son équipe du Centre de recherche du CHU de Québec a fait appel à des techniques sophistiquées pour visualiser l’évolution des agrégats amyloïdes de souris transgéniques exprimant les principales caractéristiques de l’alzheimer. « Nous

pratiquons une petite ouverture sur le crâne de la souris et nous recourons à la microscopie intravitale et à des marqueurs pour visualiser l’amyloïde et les monocytes dans les vaisseaux sanguins. Nous pouvons ainsi suivre l’évolution

«

Chez les personnes atteintes d’alzheimer, les monocytes sont moins abondants ou ils ne font pas bien leur travail. Si l’on corrigeait la situation, nous croyons que l’état des malades pourrait s’améliorer.

de la maladie en examinant les mêmes souris à intervalles réguliers pendant plusieurs mois. » Les images saisissantes obtenues par les chercheurs montrent que les monocytes de surveillance sont attirés par l’amyloïde qui se trouve dans les veines du cerveau. Ils s’attachent à proximité des agrégats et ils les phagocytent. Une fois le travail terminé, les monocytes chargés d’amyloïde se détachent et regagnent la circulation sanguine. « Chez les jeunes souris, le mécanisme est suffisamment efficace pour prévenir la formation d’agrégats. Il devient toutefois moins efficace à mesure que les souris vieillissent, comme si le système immunitaire s’épuisait », constate le professeur Rivest. D’autres tests effectués sur une lignée de souris dépourvues de monocytes de surveillance révèlent que la concentration d’amyloïde est nettement plus élevée dans le cerveau de ces animaux. Le même mécanisme de défense et les mêmes failles pourraient exister chez l’humain, croit le chercheur. « Chez les personnes atteintes d’alzheimer, les monocytes sont moins abondants ou ils ne font pas bien leur travail. Si l’on corrigeait la situation, nous croyons que l’état des malades pourrait s’améliorer. » Les chercheurs sont maintenant sur la piste de molécules capables de stimuler la synthèse des monocytes de surveillance. La technique de visualisation qu’ils ont peaufinée leur permettra d’observer les effets de ces molécules sur les agrégats amyloïdes et de les mettre en lien avec les changements dans les capacités cognitives des souris. L’étude publiée dans Cell Reports est signée par Jean-Philippe Michaud, MarcAndré Bellavance, Paul Préfontaine et Serge Rivest.

Cette image montre des agrégats d’amyloïde, les petits points rouges, fixés à la paroi des vaisseaux sanguins (en gris) du cerveau. Les cellules circulaires vertes, appelées monocytes de surveillance, éliminent ces agrégats en les phagocytant.


arts

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en bref

photo Pierre LaRue

Musique ancienne

« En étant témoin du défi auquel est confronté le musicien, le spectateur ne peut qu’en admirer la bravoure et adhérer encore davantage à la musique », soutient le cinéaste Bruno Monsaingeon. photo Louise Leblanc

Quand les notes deviennent images Dans ses films, le cinéaste Bruno Monsaingeon veut capter l’émotion et la transmettre au spectateur par Renée Larochelle

Avec lui, pas de plans fixes interminables plongeant irrémédiablement le spectateur dans l’ennui. Plutôt une approche sensible et intimiste qui donne l’impression de pénétrer l’âme de l’interprète. Violoniste et spécialiste du documentaire musical, Bruno Monsaingeon filme les musiciens avec intelligence et sensibilité. « J’essaie de donner à voir la musique », dit le cinéaste Bruno Monsaingeon qui prononçait récemment une conférence devant les étudiants de la Faculté de musique. « Au départ, il y a une partition avec un interprète qu’il s’agit de mettre en valeur, ajoute-t-il. Et puis, il y a l’émotion à transmettre au public. » Au fil de quelque 40 ans de carrière ponctués de prix et d’honneurs, l’homme a filmé des musiciens qui ont marqué le 20e siècle comme les Glenn Gould et les Yehudi Menuhin, pour ne citer que ces génies musicaux. Sa caméra vibrante a capté le talent et la manière d’être de grands chanteurs d’opéra et de chefs d’orchestre réputés. Pour donner une idée

de son travail, il a projeté des extraits de ses films à l’auditoire suspendu à ses lèvres. Prenons par exemple le quatuor à cordes autrichien Alban Berg interprétant le mouvement lent de La jeune fille et la mort de Schubert. Les images se succèdent mais ne se ressemblent pas : la caméra s’attarde sur le visage du violoncelliste avant de se poser sur les mains fines du violoniste pour enfin s’arrêter sur les quatre musiciens auréolés de lumière. L’échange et la complicité qui règnent entre les membres sont palpables. Autre exemple, celui d’Alexander Markov, virtuose du violon jouant un des fameux Caprices de Paganini. Si les difficultés techniques inhérentes à cet exercice de haute voltige sont énormes, le musicien ne doit pourtant rien laisser paraître de ces embûches. Bruno Monsaingeon illustre cette complexité en juxtaposant le visage serein de l’artiste à ses doigts agiles qui pincent les cordes de l’instrument à une vitesse infernale. « En étant témoin du défi auquel est confronté le musicien, le spectateur ne peut

qu’en admirer la bravoure et adhérer encore davantage à la musique », soutient le conférencier. Comment filmer un orchestre en action tout en conservant l’attention du spectateur ? Rien de moins simple, convient Bruno Monsaingeon qui estime que ce qu’on présente à la télévision n’a souvent aucun intérêt. Pour lui, chaque plan doit avoir sa raison d’être. Il arrive d’ailleurs parfois que les images les plus captivantes ne soient pas du côté des musiciens mais de celui du chef d’orchestre qui, d’un haussement de sourcils ou d’un léger mouvement de baguette, vole la vedette. Cette attention de tous les instants est d’ailleurs primordiale pour le cinéaste, centré sur le moment présent. Même s’il a souvent des idées bien arrêtées sur la façon de filmer un artiste, l’homme se laisse toujours la possibilité de revenir sur ses décisions. Ce fut le cas pour le pianiste russe G r i g o r y S o k o l o v, vé r i table bombe d’énergie interprétant la Toccata de Prokofiev, pièce exigeant un haut niveau de virtuosité. « J’avais décidé que des plans multiples correspondraient bien à l’œuvre, tout en saccade. Mais je me suis aperçu que l’énergie du pianiste serait mieux traduite en un seul plan. »

« Dans notre volonté de tout contrôler, il y a parfois des choses qui sont hors de notre contrôle, explique Bruno Monsaingeon. C’est à ce moment que surviennent de “beaux hasards” ». Et de citer l’exemple du grand baryton allemand Dietrich FischerDieskau qui, à la fin d’un lied particulièrement émouvant, a laissé couler une larme sur sa joue. Veillant au grain, le cinéaste a saisi cet instant magique, gravant sur pellicule un pur moment d’émotion.

Sa caméra vibrante a capté le talent et la manière d’être de grands chanteurs d’opéra et de chefs d’orchestre réputés

Voué à l’interprétation et à la promotion de la musique ancienne, le Consort Baroque Laurentia présente un concert qui devrait ravir les mélomanes. Au programme : des œuvres de Santiago de Murcia, Barbara Strozzi, Alessandro Piccinini, Benedetto Ferrari et Bellerofonte Castaldi. Duo très actif sur la scène musicale internationale, le Consort est composé de Peggy Bélanger (soprano) et Michel Angers (guitares et théorbe). L’ensemble vise à faire revivre la musique ancienne le plus authentiquement possible en respectant l’époque de création des œuvres et en privilégiant une forme de présentation accessible au grand public. Vendredi 15 novembre, à 19 h 30, à la salle Henri-Gagnon du pavillon Louis-JacquesCasault. Entrée libre.

Artiste dans la marge Des portraits fragiles et délicats, suspendus et déployés dans l’espace… Pour sa première exposition individuelle, intitulée « Marge », Éloïse Plamondon-Pagé aborde la temporalité dans l’expérience de la vie humaine en portant une attention particulière au vieillissement et à la détérioration naturelle du corps. Inspirée par son environnement quotidien, elle étudie le corps comme vestige d’un vécu, d’après l’empreinte du temps qui laisse inévitablement sa trace. Éloïse Plamondon-Pagé termine actuellement un baccalauréat en arts visuels et médiatiques. Elle a participé à plusieurs expositions collectives réunissant des artistes de la relève. Jusqu’au 22 novembre, à la salle d’exposition du pavillon Alphonse-Desjardins (local 2470).

Le suicide et l’art Désir de mort, désir de vie… C’est en s’inspirant de ses pensées et de ses états d’âme douloureux causés par un syndrome de stress posttraumatique que Sandra Caissy a conçu son exposition ayant pour titre « La Suicidée ». Elle y interroge le phénomène du suicide au moyen du dessin, de la peinture, de la sculpture, de la mosaïculture, de la vidéo, de la photographie, de l’estampe, de l’art sonore et de l’écriture. L’artiste est finissante à la maîtrise en arts visuels. Du 15 au 17 novembre, de 12 h à 17 h, à la salle Multi de Méduse, 541, rue Saint-Vallier Est.


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société

le fil | le 14 novembre 2013

Le développement durable vous inspire-t-il ? Des professionnels de recherche donnent leur point de vue par écrit dans un concours de rédaction par Yvon Larose De la vision et de l’imagination. C’est ce qu’ont démontré quatre professionnels de recherche lors de la première édition du concours de rédaction sur le développement durable, une activité du Syndicat des professionnelles et professionnels de recherche de l’Université Laval. Le jeudi 7 novembre, les noms des gagnants ont été dévoilés au Cercle du pavillon Alphonse-Desjardins. Devant la qualité des textes reçus, les quatre participants ont été déclarés… gagnants ex æquo ! Marie-France Paquette travaille à l’Institut d’éthique appliquée de la Faculté de philosophie. Son texte porte sur Cohabitat Québec, un complexe d’habitations communautaires situé près du cégep Garneau. L’architecte principal du projet est Pierre Thibault, professeur à l’École d’architecture. Lancé à l’été 2011, le chantier a pris fin en juin dernier. Y vivent depuis une centaine d’adultes, d’adolescents et d’enfants répartis dans quatre bâtiments. S’ajoute une maison commune de plus de 800 mètres carrés. « Le projet Cohabitat Québec permet d’avoir une emprise sur son milieu de vie, explique-t-elle. Il s’inscrit bien dans l’esprit du “penser globalement, agir localement”. L’idée consiste en quelque sorte à recréer un village en ville. » Les « cohabitants » accordent beaucoup d’importance au développement durable. Pour réduire l’éclairage artificiel et les coûts de chauffage, les bâtiments sont positionnés en fonction de la course du soleil. Des matériaux recyclés ont été utilisés. On a fait appel à une entreprise spécialisée dans l’architecture et la construction écologique. Cohabitat Québec a obtenu la certification LEED Platine. On y trouve une installation de

compostage, ainsi qu’une voiture d’un service d’autopartage. Des jardins communautaires sont prévus pour 2014. « Afin de réduire leur empreinte écologique, les membres de Cohabitat Québec partagent, entre autres, une buanderie et un atelier d’outils, indique Marie-France Paquette. Le besoin pour chacun d’acheter différents produits s’en trouve réduit. » Outre le respect de l’environnement, la philosophie qui anime les résidents de Cohabitat Québec comprend des valeurs telles que la convivialité, le mode de vie sain et la simplicité. Dans ce milieu multigénérationnel, tout le monde se connaît. Dans la maison

Dans la maison commune, la grande salle à manger accueille environ 70 personnes lors du repas commun de fin de semaine

Les résidents des habitations communautaires Cohabitat croient en des valeurs telles que le respect de l’environnement, la convivialité, le mode de vie sain et la simplicité. photo Marc Robitaille

commune, la grande salle à manger accueille environ 70 personnes lors du repas commun de fin de semaine. La gestion du complexe s’appuie sur des décisions prises en commun lors de réunions. « L’esprit communautaire est fondamental à cet endroit, souligne-t-elle. Cela rejoint le volet social du développement durable. On brise l’isolement et on favorise un climat d’entraide de solidarité, d’échange entre voisins. Cet état d’esprit ouvre sur des perspectives plus globales. » Et sur quoi portaient les textes des trois autres lauréats ? Luc Caron, employé du Centre de recherche de l’Hôtel-Dieu de Québec, estime que la perte de notre lien avec le ciel nocturne, causée par la croissance exponentielle de la pollution lumineuse de nos villes, pourrait être modifiée. Comment ? Notamment en s’inspirant de l’exemple de la réserve internationale de ciel étoilé, créée pour l’observatoire du Mont-Mégantic. Martin Fournier, professionnel de recherche au Centre interuniversitaire d’études sur les

Le grand jeu Les danses érotisées et les baisers entre personnes du même sexe répondraient à un désir des adolescentes d’attirer le regard des garçons par Renée Larochelle « Les filles, elles dansent, elles “frenchent”; elles savent qu’on aime ça. » Un tantinet cru, l’énoncé reflète l’idée que des adolescents québécois ont de ce genre de manifestations. Lors d’un party privé ou dans les bars, les filles adopteraient ce comportement surtout pour attirer le regard masculin et, dans une moindre mesure, par défi ou pour être acceptées dans un groupe.

D’autres filles trouveraient tout simplement le phénomène cool ou à la mode, influencées en cela par certaines vedettes féminines qui s’embrassent à pleine bouche devant des milliers de spectateurs. On n’a qu’à penser aux baisers langoureux hautement médiatisés sur le Web échangés entre Madonna et les Britney Spears et les Christina Aguilera. Et si les filles considèrent les danses

Certaines filles trouveraient le phénomène cool ou à la mode, influencées par certaines vedettes féminines qui s’embrassent à pleine bouche devant des milliers de spectateurs, telles les Madonna et les Britney Spears. AP Photo/Julie Jacobson

érotisées et l’échange de baisers entre copines comme un moyen de séduire les garçons, la principale gratification de ces derniers est le plaisir sexuel. Te l l e s s o n t q u e l q u e s unes des conclusions d’une enquête menée entre autres chercheurs par Francine Lavoie, professeure à l’École de psychologie, auprès de

36 intervenants sociaux de Montréal et Québec en lien avec des jeunes âgés de 12 à 17 ans. L’étude visait à mieux comprendre le contexte dans lequel s’inscrivent ces baisers, de même que les danses érotisées entre filles, et celles mettant en scène une fille et un garçon. Mimant les positions sexuelles, ces danses consistent en des caresses

lettres, les arts et les traditions, estime quant à lui que, dans le processus de réalisation du développement durable, les universités ont un rôle moteur à jouer afin de mettre au point d’autres modes d’organisation, des synergies culturelles et des pratiques efficaces. Enfin, Sabrina Morissette, du Département des sciences du bois et de la forêt, fait porter son propos sur l’impression du papier. Pour certains, imprimer du papier contribue à la destruction de la nature. Pour d’autres, utiliser du papier fait de fibres recyclées aide à protéger les forêts. Selon elle, il faut tenir compte du fait qu’un grand nombre de compagnies québécoises ont adopté des pratiques de gestion forestière responsable pour une forêt durable. En outre, seulement un pour cent des arbres récoltés au Canada servent directement à fabriquer du papier. Le recueil de textes du concours de rédaction est accessible à l’adresse suivante : www.spprul.ulaval.ca/2013/11/resultatsdu-concours-de-redaction-sur.html#more.

mutuelles à l’entrejambe ou le frottement des fesses de la fille sur le pénis du garçon. À la lumière de ce que lui ont rapporté les intervenants, Francine Lavoie explique que ces comportements seraient loin d’être généralisés chez les ados et que ceux qui les adoptent ne sont pas tous des jeunes en difficulté, comme on est parfois porté à le croire. Par contre, des intervenants ont affirmé que certains facteurs pouvaient prédisposer des jeunes à ces pratiques. Parmi ceux-ci figurent le fait d’avoir été agressé sexuellement et le manque de supervision parentale. Mais il n’y a pas péril en la demeure, soutient Francine Lavoie. « C’est une chose que de danser ou de s’embrasser de cette façon une fois pour s’amuser, mais c’en est une autre si on le fait tous les samedis soirs. Si cela ne convient pas à la fille, si ses copains l’y obligent alors là, ça devient carrément

L’étude visait à mieux comprendre le contexte dans lequel s’inscrivent ces baisers triste », dit la chercheuse. À cet égard, elle souligne que plusieurs intervenants ayant participé à la recherche s’inquiétaient des pressions explicites exercées sur les filles pour se conformer à un modèle sexy. Ils étaient toutefois moins nombreux à analyser les pressions possiblement ressenties par les garçons, comme de se conformer à un modèle masculin machiste affichant sa sexualité publiquement.


biologie

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«

Ce voyage nous a permis d’améliorer nos compétences de naturalistes, en plus de nous faire découvrir de nouveaux environnements et écosystèmes

Dans le parc national de Chitwan, au Népal, des étudiants écoutent les explications du professeur à la retraite Cyrille Barrette au sujet d’une termitière. photo François Latulippe

Entre Katmandou et Mumbai Seize étudiants en biologie ont étudié pendant un mois la flore et la faune exotiques du Népal et de l’Inde par Yvon Larose C h i t wa n , B h a n d av g a r h , Khana : ces noms aux consonances lointaines sont ceux de parcs nationaux, le premier au Népal, les deux autres en Inde. En mai et juin derniers, ces lieux ont reçu la visite d’un groupe de 16 étudiantes et étudiants de deuxième ou de troisième année du baccalauréat en biologie. Le 25 octobre au pavillon Alexandre-Vachon, ceux-ci ont présenté les faits saillants de leur voyage d’études. « Ce voyage d’une trentaine de jours se voulait l’aboutissement du cours Conservation et biodiversité exotiques, explique Mathieu Paradis. Il nous a permis d’améliorer nos compétences de naturalistes, en plus de nous faire découvrir de nouveaux environnements et écosystèmes. » Les étudiants sont descendus de l’avion à Katmandou, la capitale du Népal. Les accompagnaient le professeur à la retraite Cyrille Barrette, du Département de biologie, ainsi que le guide touristique François Latulippe. « Durant ce voyage, nous nous sentions totalement

dans un autre monde, surtout à notre arrivée à Katmandou, pendant le trajet en bus vers notre premier hôtel, raconte l’étudiante Diane Bulot. Tous nos sens étaient sollicités; on voyait des choses qu’on ne pouvait même pas imaginer, des odeurs, des sons... » Dans ce petit pays situé au nord-est de l’Inde, le groupe a effectué une longue randonnée qui a offert des vues extraordinaires sur la chaîne de l’Himalaya. Il a aussi visité le parc national de Chitwan. L’endroit abrite notamment des léopards, des tigres et surtout des rhinocéros. Puis ce fut le départ pour l’Inde, le pays le plus dépaysant pour un Occidental, selon Diane Bulot. « La chaleur, l’humidité, c’était étouffant, poursuit-elle. Le pays compte 1,2 milliard d’habitants. C’est cacophonique tout le temps. » Du Népal, le groupe a traversé l’Inde jusqu’à Mumbai, sur la côte ouest. Dans le parc national de Bhandavgarh, le safari en jeep a permis d’observer des tigres, mais aussi des cervidés, dont le sambar. Les étudiants ont passé une journée complète dans le

parc national de Khana, l’un des plus riches du point de vue faunique au pays. On y trouve notamment des tigres, des chiens sauvages et des bovidés appelés gaurs. Dans le Rann de Kutch, un marais salé saisonnier, l’excursion en jeep s’est déroulée dans des paysages désertiques fréquentés, entre autres, par des ânes sauvages, des chacals et surtout des oiseaux. Enfin, la visite du parc national de Gir avait ceci de particulier que l’endroit est également un sanctuaire faunique, celui du lion asiatique. « Les parcs naturels indiens font l’objet de mesures de surveillance très strictes, souligne Mathieu Paradis. Par exemple, les visiteurs n’ont pas le droit de descendre de leur véhicule durant la visite. » En Inde, la conservation de la nature représente un enjeu ambigu. Certaines personnes sont sensibles aux questions environnementales pour des raisons écologiques. Mais d’autres sont motivées à protéger la nature parce qu’elle peut représenter une importante source de revenus pour une industrie touristique florissante. La religion hindoue fait également partie de l’équation. « Dans ce pays, soutient Diane Bulot, la notion d’urgence à protéger une espèce est parfois bien

difficile à comprendre pour des personnes qui croient en la réincarnation et qui ont donc des milliers de vies pour accomplir ce qu’elles ont à accomplir. » Selon Mathieu Paradis, la conservation de la biodiversité, souvent, ne constitue pas une priorité. « Je crois, dit-il, que le problème majeur n’est pas tant le manque d’argent pour le gouvernement que sa mauvaise gestion, causée par une bureaucratie déficiente et par la corruption. » Au Népal et en Inde, comme partout ailleurs, des espèces disparaissent. Une plante envahissante comme Parthenium hysterophorus y est pour quelque chose. Non seulement elle supplante plusieurs espèces herbacées, mais elle menace, par sa toxicité, des espèces animales, notamment le lapin. « Il est à noter que cette plante profite des perturbations d’origine humaine qui lui permettent de s’établir et d’être disséminée sur de grandes distances », explique Mathieu Paradis. Ce qui a le plus marqué Diane Bulot durant ce voyage ? « Le potentiel biologique, répond-elle, autant celui de la faune que celui de la flore que l’Inde possède, et tout ce qui pourrait être envisagé au niveau du tourisme Le macaque rhésus est un macaque typique que l’on trouve notamment en Inde septentrionale. photo Mathieu Paradis écologique dans le futur. »


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livres

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parutions L’élection 2012 scrutée à la loupe Le livre Les Québécois aux urnes, paru cet automne aux Presses de l’Université de Montréal et écrit sous la direction de Frédérik Bastien, d’Éric Bélanger et de François Gélineau (Science politique), analyse avec finesse les dynamiques de la dernière campagne électorale provinciale qui a porté le PQ de Pauline Marois au pouvoir. Dix-huit chapitres dissèquent en détail plusieurs aspects de cette campagne caractérisée par la montée des tiers partis et la grande volatilité de l’électorat. Plusieurs professeurs et chercheurs de l’Université ont contribué à l’ouvrage. François Pétry (Science politique) s’attarde au positionnement des partis dans l’espace politique alors que Thierry Giasson (Information et communication), avec Gildas LeBars et Mélanie Verville, analyse leur utilisation de Twitter durant la campagne. Guylaine Martel (Information et communication) se penche sur la construction de l’image des chefs lors du débat télévisé. Enfin, François Gélineau s’attarde à la participation électorale ainsi qu’à la Boussole électorale québécoise avec ses collègues Éric Montigny et François Pétry.

Partir ou rester Des couples qui se désintègrent, des mères en mal d’enfant, des hommes en fuite ou des parents en fin de vie. Tous les personnages des courtes nouvelles du recueil de Maude Déry, Sur le fil, qui vient de paraître aux éditions Triptyque, ont en commun la perte. Si certains personnages s’effondrent au sortir de ces crises qui percent au jour des secrets et font éclater les non-dits, d’autres en sortent grandis et parviennent à raffermir des liens qui s’effritaient. Les relations humaines sont au cœur des préoccupations de cette doctorante en création littéraire qui signe ici son premier livre. Parmi les 15 nouvelles, celle intitulée « Hommage à Rosa Luxembourg » témoigne de l’intérêt de l’auteure pour les liens entre l’écriture et la peinture qui sera le sujet de son prochain roman.

Sur les chemins du Moyen Âge La première édition du livre Gratia Dei, du professeur en histoire de l’art Didier Méhu, est parue en même temps que l’exposition du même nom qui s’est tenue de 2003 à 2004 au Musée de la civilisation. Dernièrement, Biblio Fides a réédité ce livre en format poche, donnant ainsi une deuxième vie à l’ouvrage toujours accompagné d’une riche iconographie d’ouvrages d’art médiévaux. L’auteur y prévient d’emblée les lecteurs : la société médiévale est différente de la nôtre. Toute entière structurée par l’Église, elle a pour but le salut humain. Les ecclésiastiques trônent au sommet de la hiérarchie sociale, suivis de près par le roi, les seigneurs et les chevaliers. Toutefois, le Moyen Âge est également marqué par l’ascension des marchands qui feront éclater, aux alentours du 15e siècle, cette longue civilisation de 1000 ans.

Jeanne Lapointe était une intellectuelle non conformiste, une essayiste incisive et une redoutable pourfendeuse de lieux communs. droits réservés

Une femme de tous les combats Un livre fait la lumière sur Jeanne Lapointe, cette professeure de littérature à l’Université Laval qui fut aussi une militante et une protectrice des lettres par Anne-Marie Lapointe En 1958, à l’Université Laval, devant des collègues masculins et prêtres pour la plupart, Jeanne Lapointe prononce un discours étonnant au sujet de la réforme de l’éducation. Elle y dénonce la pénurie de personnalités, et le manque d’initiative, d’invention et de liberté créatrice de la part des pédagogues, tout comme leur absence de jugement critique, sans compter les habitudes ancestrales d’obéissance et d’humilité au Québec. Mais qui donc est cette femme qui ose affronter les Félix-Antoine Savard et consorts de l’Université et se faire la défenseure de la laïcité avant l’heure ? Première diplômée de la Faculté des lettres, Jeanne Lapointe a été professeure au Département des littératures de 1944 à 1987 en plus d’avoir participé à la Commission Parent (19611967) sur l’enseignement dans la province ainsi qu’à la Commission Bird (1967-1970) sur la condition des femmes au Canada. Femme engagée, pédagogue, mentore,

essayiste et critique littéraire, Jeanne Lapointe, qui est décédée en 2006, a été tout cela, ce qui ne l’a pas empêchée de rester dans l’ombre. L ’o u v r a g e i n t i t u l é J e a n n e Lapointe, artisane de la Révolution tranquille, publié il y a quelques mois aux éditions Tryptique, entend remédier en partie à ce problème en colligeant les hommages de plusieurs personnalités québécoises qui ont fréquenté cette femme d’action, dont le sociologue Guy Rocher, les écrivaines Marie-Claire Blais et Louky Bersianik, ainsi que le critique littéraire Gilles Marcotte. On doit ce livre à Chantal Théry, professeure au Département des littératures, qui a eu Jeanne Lapointe pour collègue pendant plus de 25 ans, et qui ne cesse de vouloir la faire connaître, notamment par des articles publiés dans des revues savantes et une exposition, en 2007, à la Bibliothèque. « C’était une femme inspirante et stimulante, une intellectuelle et une pionnière de premier plan. C’est

seulement au cours de mes discussions avec elle puis à son décès que j’ai mesuré l’étendue et l’originalité de son travail », affirme-t-elle. « Le changement des mentalités et de la société était son principal objectif, poursuit-elle. Elle croyait qu’une éducation accessible à tous était le meilleur levier pour y arriver. » Dans la préface de l’ouvrage, Chantal Théry parle de Jeanne Lapointe comme « d’une penseuse non conformiste, d’une essayiste incisive et d’une redoutable pourfendeuse de lieux communs, de préjugés et de stéréotypes ». Propos qui font écho à ceux de Guy Rocher, qui l’a côtoyé à la Commission Parent, et de Monique Bégin, collègue à la Commission Bird. Selon le premier, Jeanne était en contact avec les mouvements d’avant-garde et il qualifie son attitude de philosophie radicale de gauche. Ne désirait-elle pas abolir les collèges classiques et mettre fin à l’enseignement religieux ? Première rédactrice du rapport, son travail a été inestimable, juget-il aujourd’hui, notamment grâce à sa méthodologie, la qualité de son écriture, la force de ses idées et de son engagement. Quant à Monique Bégin, elle se rappelle à quel point la Commission Bird fut une révélation pour la professeure qui « est tombée à pieds joints dans cette littérature » [féministe]. Son côté militant a pris alors le pas sur celui de l’intellectuelle chevronnée, raconte-t-elle. Jeanne Lapointe était de toutes les réformes : à la suite de cette expérience, elle a intégré les perspectives psychanalytiques et féministes dans ses propres travaux en critique littéraire. Totalement dévouée à l’enseignement, Jeanne Lapointe s’est faite la mentore de plusieurs écrivaines, cherchant par tous les moyens à faire éclore leurs talents. Lectrice attentive d’Anne Hébert, elle était une proche de Gabrielle Roy et de la journaliste Judith Jasmin ainsi que la correctrice et la critique de Louky Bersianik ou encore de Marie-Claire Blais, qu’elle a encouragée dès les tout débuts. Dans son hommage, cette dernière raconte d’ailleurs que Jeanne Lapointe accueillait chez elle, rue d’Auteuil, les étudiants qui travaillaient de jour et ne pouvaient qu’étudier le soir, à qui elle faisait découvrir Simone Weil, Dostoïevski, Faulkner et Graham Greene. Car Jeanne Lapointe « estimait que la littérature et l’écriture étaient un chemin sacré vers la connaissance », rapporte l’écrivaine. Son intransigeance n’avait d’égal que sa générosité et elle défendait de toute son âme « le libre exercice du jugement critique, de l’expression de la sensibilité et de la subjectivité ». Tout lecteur qui referme le livre de la professeure Théry sur Jeanne Lapointe se dit qu’il vient de découvrir un être d’exception, mais il risque également de rester sur sa faim. À quand un livre plus touffu sur cette chantre de la modernité ? « J’ai constitué un recueil des articles de Jeanne, et la publication de cette anthologie fait toujours partie de mes projets. D’ailleurs, toute collaboration sera la bienvenue », ajoute celle qui serait bien prête à diriger un doctorat sur le sujet !


sports

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en bref

photo Yan Doublet

Vers la Coupe Vanier ?

Une grande variété de cours en conditionnement physique sur musique est offerte chaque session au PEPS, incluant l’aéroboxe. photo PEPS

Une formule efficace et souple Les adeptes de cours de conditionnement physique sur musique peuvent varier les styles et pratiquer quand bon leur semble par Catherine Lévesque S’entraîner en groupe représente une source de motivation importante pour plusieurs personnes. Si une routine d’exercices n’est pas déjà intégrée à notre quotidien, le fait d’avoir un groupe auquel se joindre peut faciliter l’autodiscipline. C’est aussi une façon d’avoir un entraînement plus structuré, avec un entraîneur qui nous encourage à se dépasser. Les activités de conditionnement physique sur musique (CPM) ont aussi l’avantage de briser la routine puisque le contenu du cours et la musique peuvent varier d’une fois à l’autre. Comme c’est le cas chaque rentrée, le CPM connaît énormément de succès. Selon Hélène Bouffard, coordonnatrice d’opérations au PEPS, la plus grande force du PEPS est d’offrir aux membres de la communauté universitaire la possibilité de s’entraîner au moment de leur choix. Deux formules sont possibles : le cours sur une base régulière ou l’activité ponctuelle en séance libre. La première formule, bien connue, est appréciée de ceux souhaite un entraînement hebdomadaire récurrent. La formule des séances libres offre le choix à l’utilisateur de prendre un ou plusieurs cours durant la semaine, et de payer à la pièce. Ainsi, il est possible de varier le type de cours selon ses goûts et son horaire hebdomadaire. Cette formule est idéale pour ceux dont l’horaire de travail est changeant. Que l’on opte

pour le cours ou la séance libre, plusieurs styles sont offerts à l’automne 2013 : aéroboxe, cardio-abdos, cardio tonus, cardio militaire, circuit athlétique, duo step et musculation, piloxing, step, step tonus, super step, step intervalles, muscumax, zumba. Le workout athlétique est une séance à laquelle sont intégrés des mouvements d’entraînement et de musculation traditionnels effectués au rythme d’une musique entraînante. Cette combinaison vise à augmenter l’intensité des séances de workout habituelles en plus de faire travailler l’ensemble du corps. Le step est facilement identifiable par la marche antidérapante du même nom. Installée à différentes hauteurs, elle ajoute ou diminue le degré de difficulté. La chorégraphie fait travailler cuisses, mollets, fessiers, mais aussi les bras, dont les gestes se coordonnent à ceux des jambes dans un jeu de combinaisons multiples. Monter, descendre, devant, derrière, sur le côté, bras croisés, bras en l’air... Basé sur les principes du travail et de la récupération dans des intervalles en aérobie, avec et sans sauts, le step intervalles offre une variante intéressante aux amateurs de l’activité. Des poids légers et des élastiques sont utilisés entre les intervalles cardio pour la période musculaire. Du côté de la séance duo step et musculation, les

adeptes de ce mélange de styles peuvent, pendant 60 minutes, faire des exercices d’échauffement et d’entraînement cardiovasculaire à l’aide du step, 20 à 25 minutes de musculation à mains libres ou à l’aide de matériel léger, et 5 à 10 minutes consacrés aux étirements. Les personnes en bonne forme physique apprécieront le cours de cardio-militaire pour son entraînement exigeant. De style boot camp, ce cours est constitué de mouvements simples d’intensité élevée autant de nature aérobique que musculaire. L’aéroboxe vous amènera aussi à vous dépasser grâce à des mouvements empruntés aux entraînements de boxe et aux arts martiaux. Il s’agit d’exercices intenses tant musculaires que cardiovasculaires qui permettent de développer la coordination par l’exécution d’enchaînements parfois complexes. Le cours de cardio tonus sollicite les muscles stabilisateurs du tronc principalement (abdominaux en particulier), en plus des muscles fessiers et de ceux des cuisses par une série d’exercices cardiovasculaires et musculaires. Le step est utilisé régulièrement, en plus des poids libres, des body bars et des tubes élastiques. C’est un entraînement qui sollicite le cœur et les muscles. Il est possible de profiter de ce type d’entraînement en utilisant les formules de séances libres dirigées. Ces séances sont payables à la fois et les billets se vendent une semaine à l’avance. Pour obtenir une place, il faut vous présenter au PEPS à la fin du cours qui vous intéresse et acheter votre billet pour la semaine suivante. Les

billets sont en vente jusqu’au prochain cours à l’horaire ou jusqu’à ce que la séance soit complète. Pour les membres du PEPS, ces cartes de 10 séances au coût de 36 $ sont en vente au comptoir d’accueil du PEPS. Les membres peuvent également acheter une carte de 30 séances au coût de 88 $ ou encore payer une séance à la fois au montant de 4,50 $. Les personnes nonmembres sont aussi invitées à essayer ces cours au PEPS en achetant des cartes de 10 séances au coût de 77 $ ou en payant 10 $ chaque fois qu’elles se déplacent. Consultez les horaires de ces activités au www. peps.ulaval.ca, section Programmation/activités libres.

Les personnes en bonne forme physique apprécieront le cours de cardio-militaire pour son entraînement exigeant

Le club de football du Rouge et Or sera en déplacement du côté des Maritimes cette fin de semaine pour tenter d’y remporter la Coupe Uteck aux dépens des Mounties de Mount Allison en demi-finale canadienne. Il s’agira d’une première visite de la troupe de Glen Constantin à Sackville, dans le sud du Nouveau-Brunswick, une toute petite ville d’à peine 5000 habitants, sise tout près de la frontière avec la Nouvelle-Écosse. Si le Rouge et Or sort vainqueur de cet affrontement, la troupe reviendra à la maison pour y défendre son titre de champion national lors de la Coupe Vanier le 23 novembre. Il faudra tout d’abord pourtant qu’elle triomphe des champions de la ligue de l’Atlantique, les Mounties, qui sont venus à bout des Huskies de Saint Mary’s par la marque de 20-17. Le seul affrontement entre les deux équipes remonte à 2009; Laval l’avait emporté 73-7 contre Mount Allison.

Volleyball : Montréal s’amène au PEPS La saison de volleyball universitaire suit son cours cette fin de semaine alors que les deux équipes du Rouge et Or recevront la visite des Carabins de l’Université de Montréal vendredi soir. Les filles commenceront à 18 h et seront suivies des gars à 20 h. La chaude lutte qui se dessinait dans le circuit féminin se confirme alors que les quatre équipes ont très peu d’écart au classement. Montréal trône pour l’instant au sommet grâce à sa fiche immaculée de sept victoires en sept rencontres. Laval et McGill suivent de très près pendant que Sherbrooke ferme la marche, non loin derrière. Du côté des hommes, Laval et Montréal sont à égalité en tête, avec trois victoires chacun, mais la troupe de Pascal Clément profite d’un match en mains. Une victoire vendredi soir propulserait donc le Rouge et Or en tête du classement universitaire québécois.

Spectacle de danse du PEPS Le vendredi 29 novembre se déroulera le 40e spectacle de danse du PEPS. Pour cette occasion, près de 300 danseuses et danseurs présenteront, dès 19 h 30, au Théâtre de la cité universitaire (TCU) du pavillon Palasis-Prince, le fruit de plusieurs heures de travail. Pendant cette soirée, 16 styles de danse seront à l’honneur : baladi, ballet classique, breakdance, capoeira, charleston, cheerleading, claquette, danse africaine, danse contemporaine, danses latines, danses sociales, moderne-jazz, hiphop, swing, tango et zumba. Pour y assister, il suffit de vous procurer vos billets en prévente les 23, 26 et 27 novembre au PEPS. Le coût en prévente est de 14 $ pour les 11 ans et plus et de 9 $ pour les 10 ans et moins. Les billets qui n’auront pas trouvé preneur seront mis en vente le soir même du spectacle à la billetterie du TCU au coût de 18 $ (11 ans et plus) et 12 $ (10 ans et moins). www.peps.ulaval.ca


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au fil de la semaine

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Cette Chine de tous les désirs Si l’envie de travailler en Chine vous titille, précipitezvous à la conférence « Les défis du travail en Chine : éléments de réussite ». Celle-ci sera donnée par René Milot, un fonctionnaire qui travaille dans le domaine des relations internationales Chine-Québec depuis 1997. Il parlera de ce pays de la démesure rempli de paradoxes, de ses régions aux réalités socioéconomiques très particulières et de ses mégapoles, dont Shanghai et Beijing, bien sûr, mais aussi Chengdu, Xi’an ou encore Shenzen qui comptent toutes plus de 10 millions d’habitants. Il abordera les défis que posent la Chine en frais de connaissances et de compréhension pour ceux et celles qui désirent la conquérir et les capacités d’adaptation que son marché du travail exige. Cette activité est organisée par les Hautes Études internationales. Mardi 19 novembre, de 11 h 30 à 12 h 30, à la salle 3A du pavillon Charles-De Koninck.

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Protéger la culture immatérielle

La géographie sous toutes ses formes

La Baie-James à vélo

L’architecture selon Pierre Thibault

Soirée jazzée

Que savez-vous des chauvessouris ?

Chants épiques Pansori de Corée, chants des pygmées Aka en Centrafrique, théâtre Nô japonais, pêche à l’anguille au Québec… Tous ces éléments font partie du patrimoine culturel immatériel. Mais que fait-on pour préserver ces manifestations non permanentes de la culture, notamment au Québec ? Et quels sont les éléments de ce patrimoine retenus par l’UNESCO dans sa convention pour la sauvegarde de ce matériel ? Ces deux questions seront au cœur de la prochaine Chaire publique ÆLIÉS qui réunit trois spécialistes de la question : Laurier Turgeon, professeur titulaire de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine ethnologique, Antoine Gauthier, directeur général du Conseil québécois du patrimoine vivant, et Marc Jacobs, directeur de FARO, l’interface flamande pour le patrimoine culturel. Lundi 18 novembre, à 19 h, à l’amphithéâtre HydroQuébec du pavillon Alphonse-Desjardins.

L’Université soulignera pour la première fois, mercredi prochain, la Journée SIG (« système d’information géographique »), qui se déroule durant la Semaine de l’éveil à la géographie qui a lieu un peu partout dans le monde. Cette année, grâce à l’initiative de Centre GéoStat de la Bibliothèque, vous pourrez assister tout l’après-midi à six courtes conférences allant de la géographie sous-marine à la réalisation d’un atlas historique en passant par la géomatique pour la gestion des situations d’urgence. Professeurs et étudiants au doctorat vous montreront tout le potentiel des données géospatiales et des systèmes d’information géographique. Mercredi 20 novembre, de 13 h 30 à 17 h, au centre GéoStat (local 4248) de la Bibliothèque des sciences humaines et sociales (pavillon Jean-CharlesBonenfant). Programme : www.bibl.ulaval.ca/journeesig-programmation#16h15.

Deux intrépides cyclistes, bénévoles à la Coop RoueLibre, viendront parler de leur périple de 620 km sur la route isolée allant de Matagami à Radisson à l’été 2013. Il s’agit de Louis Prévost et de Julie Gouin qui raconteront des anecdotes de leur voyage et montreront des photos des rivières majestueuses et de la taïga qui se trouvaient sur le parcours ainsi que des barrages hydroélectriques qui ont surgi au bout de la route. Tous les amoureux du vélo sont invités à cette activité. On leur conseille d’ailleurs d’arriver plus tôt afin de jaser de leur sport préféré et de siroter une bonne bière de microbrasserie. Mercredi 20 novembre, à 18 h, au café Le Fou ÆLIÉS du pavillon AlphonseDesjardins.

Le magazine Nouveau Projet, dont l’éditeur est Jocelyn Maclure, professeur à la Faculté de philosophie, organise tout un cycle de conférences sur l’art et la philosophie. La prochaine de ces conférences sera animée par l’architecte bien connu Pierre Thibault, diplômé de l’Université, qui viendra exposer sa démarche conceptuelle qui table sur l’interaction entre l’humain et le territoire qu’il habite, qu’il soit naturel ou urbain. L’architecte mettra en relief les réalisations d’importance qui ont jalonné sa carrière dans les secteurs culturel, institutionnel et privé. Cette activité est organisée en collaboration avec le Musée national des beaux-arts du Québec et la Faculté de philosophie.

Amateurs de piano jazz, sachez que Sébastien Champagne jouera, en toute liberté, des œuvres de Herbie Hancock, Chick Corea, des Beatles et de Stevie Wonder mercredi soir à la salle Henri-Gagnon. Ce diplômé à la maîtrise en musique jazz et populaire s’est fait la main dans plusieurs projets, notamment dans celui intitulé « 5 X 5 » présenté de 2004 à 2010 au Théâtre Petit Champlain ainsi qu’avec le spectacle Let the Good Times Roll avec Martin Fontaine depuis 2005. Il a également réalisé un premier album de compositions musicales, Esquisses, en 2010. Mercredi 20 novembre, à 19 h 30, à la salle HenriGagnon du pavillon LouisJacques-Casault.

Mercredi 20 novembre, de 19 h à 20 h 30, au Musée national des beaux-arts du Québec. Coût d’entrée : 10 $ pour le grand public et 5 $ pour les étudiants, abonnés et amis du Musée.

Consultez le calendrier complet des activités sur le campus à ulaval.ca

Si vous êtes curieux à propos du seul mammifère volant au monde, voici une conférence qui pourrait bien vous intéresser. Le biologiste et conseiller scientifique au Biodôme de Montréal, Michel Delorme, fera découvrir mercredi l’extraordinaire diversité du monde des chauves-souris. Il abordera l’évolution, l’alimentation, l’écholocalisation, l’hibernation, ainsi que les adaptations physiologiques et morphologiques de cet animal méconnu. Il fera également la démonstration d’un appareil spécialisé qui permet d’enregistrer les cris d’écholocalisation des chauves-souris. Cette activité est organisée par la Société Provancher d’histoire naturelle du Canada. Mercredi 20 novembre, à 19 h 30, au Théâtre de poche du pavillon Maurice-Pollack.

Le Fil 14 novembre 2013  

Journal institutionnel de l'Université Laval

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