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Un nouvel ouvrage célèbre le Nord, terre austère et ensorcelante. p13

Entente sur les compressions L’Université s’est entendue avec le gouvernement du Québec pour atténuer les effets des coupes budgétaires. À sabrer : 9 M$ en deux ans. p3

photo Guillaume D. Cyr

Volume 48, numéro 24 21 mars 2013


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actualités UL

en bref

le fil | le 21 mars 2013

L’Acfas et l’UNESCO s’allient pour le savoir Le programme se précise pour le congrès qui se déroulera à l’Université début mai par Clémence Cireau

Le ministre Bertrand St-Arnaud photo Commission des services juridiques

Conférence du ministre de la Justice Le Bureau d’information juridique de l’Université enchaîne les bonnes nouvelles depuis qu’il a célébré son 25e anniversaire. Voilà qu’il organise une conférence-midi avec nul autre que le ministre québécois de la Justice. Me Bertrand St-Arnaud partagera ses réflexions sur l’enjeu collectif que constitue l’accessibilité à la justice. Il se penchera notamment sur les mesures implantées afin de faciliter le recours au système judiciaire pour tous les citoyens. Service d’information gratuit offert à la population de Québec, le Bureau est tenu de façon bénévole par les étudiants de la Faculté de droit. L’an dernier, il a été finaliste dans la catégorie Professionnel en devenir au Gala de la relève en or, présenté par la Coop Zone. Jeudi 28 mars de 11 h 30 à 12 h 20, au local 2D du pavillon Charles-De Koninck. Entrée libre.

Coop Zone lauréate au gala des Fidéides La Coop Zone a remporté le Fidéide de la catégorie « Commerce de détail ». Les entreprises lauréates ont été dévoilées le 14 mars lors d’un gala organisé par la Chambre de commerce et d’industrie de Québec. Plus de 700 personnes de la communauté d’affaires de la région ont assisté à cette 30e soirée des Fidéides au Centre des congrès de Québec. Coop Zone, qui compte 70 000 membres et 10 succursales dans la ville de Québec, s’est démarquée de ses compétiteurs par son offre de services diversifiée et sa nature coopérative. Notons que l’entreprise avait remporté ce prix une première fois en 2006. Elle a reçu de nombreuses reconnaissances ces dernières années, notamment en étant nommée librairie universitaire canadienne numéro 1 par le Globe and Mail.

L’UNESCO parrainera le 81e congrès de l’Acfas, qui se tiendra du 6 au 10 mai à l’Université. Irina Bokova, directrice générale de l’organisation, en sera la présidente d’honneur. Une alliance pour défendre le savoir dans le monde. « Dès 1923, l’Acfas a fait le choix stratégique de miser sur l’intelligence et la science comme piliers du développement. C’est le pari que nous devons faire aujourd’hui pour relever les défis du développement humain. L’UNESCO s’y engage, avec toute la force de son mandat », précise la dirigeante, en parlant du patronage accordé, en collaboration avec la Commission canadienne pour l’UNESCO. En effet, l’Acfas et l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture misent sur l’intelligence et la science comme source de développement au Québec et dans le monde. Le mandat du congrès « Savoirs sans frontières » est clair. Dépasser les frontières entre les disciplines. Faire rayonner la recherche dans la Francophonie et à l’échelle internationale.

Favoriser le dialogue science et société. Pour cela, le congrès réunira 6000 participants, dont 500 chercheurs étrangers issus de plus de 30 pays, constituant ainsi le plus grand rendez-vous scientifique de la francophonie. Près de 4000 communications libres et plus de 200 colloques thématiques auront lieu sur le campus, couvrant la diversité de la recherche universitaire. Parmi les nombreux participants, les chercheurs de l’Université Laval, hôte du congrès et première université francophone d’Amérique, soulèveront des questions multiples. La reconstruction de tissus vivants par le génie tissulaire a-t-elle un futur prometteur au Québec? Comment faire avancer la gestion de l’éducation au-delà des frontières? Quelle place peut encore avoir la théologie de nos jours? Les programmes de formation artistique laissent-ils place à la création? Quels sont les rites des adolescents d’aujourd’hui? Qu’en est-il du libre accès à la science? Quelles sont les dernières avancées concernant

Du 22 au 24 mars, dans l’atrium du pavillon Alphonse-Desjardins.

les matériaux renouvelables à l’ère d’une économie verte ? Des activités de découverte seront également proposées. Pour ceux qui préfèrent apprendre tout en prenant l’air, un parcours pédestre à la découverte des œuvres d’art public sera organisé sur le campus. Un 5 à 7 sur « La peur d’avoir peur… risque et criminalité » offrira la possibilité de débattre avec Stéphane Leman-Langlois, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la surveillance et la construction du risque. Une exposition mettra en valeur la science grâce aux photographies gagnantes

du concours La preuve par l’image. La présidente de l’Acfas, Louise Dandurand, s’est réjouie que l’événement soit endossé cette année par un grand organisme international. « Par ce geste de soutien, l’UNESCO reconnaît la convergence entre ses valeurs, celles de l’Université Laval et celles de l’Acfas. Une éducation de qualité pour tous et la diffusion des savoirs constituent les clés de l’établissement d’une société du savoir inclusive. » Programme du congrès : www.acfas.ca.

Convention collective pour les professionnels de recherche Le 13 mars, le vice-recteur aux ressources humaines, Michel Beauchamp, et la présidente du Syndicat des professionnelles et professionnels de recherche, Rachel Lépine, ont signé la convention collective intervenue entre l’Université et le Syndicat. Cette entente, qui vient à échéance le 29 mars 2016, comporte quelques changements importants par rapport aux conventions antérieures. Notons entre autres une restructuration des échelles salariales échelonnée jusqu’à 2016, une hausse de l’âge maximal de cotisation au régime de retraite, une augmentation du nombre de jours de vacances et l’introduction d’un congé sans traitement. Sur la photo : Renée Bellemare, Boris Mayer-St-Onge, Denyse Lamothe, Luc-André Lévesque, Guy Allard, Claude Paradis, Michel Beauchamp, Rachel Lépine et Réal Policar. photo Marc Robitaille

Bienvenue à Expo-sciences En fin de semaine se tient sur le campus la finale d’Expo-sciences Hydro-Québec pour les régions de Québec et Chaudière-Appalaches. Organisé par la Boîte à science, cet événement annuel permet à des jeunes de 12 à 20 ans de partager avec le public le fruit de leurs découvertes et discuter des sujets scientifiques qui les passionnent. Plus de 15 000 jeunes y présentent des projets d’expérimentation, de conception ou de vulgarisation dans des domaines aussi variés que l’environnement, l’ingénierie, la chimie et les sciences de la santé. La cérémonie de remise des prix se tiendra le samedi à 20 h au Grand Salon du pavillon Alphonse-Desjardins.

Irina Bokova lors de la réception de son doctorat honorifique, le 7 mars. photo Marc Robitaille

On peut le lire en ligne au www.lefil.ulaval.ca et s’abonner gratuitement à un avis de parution électronique. Écrivez-nous ! Le Fil accueille vos idées avec plaisir.

Le journal de la communauté universitaire Fondé en 1965, Le Fil est un hebdomadaire publié 30 fois par an par la Direction des communications de l’Université Laval et distribué gratuitement sur le campus.

Les lettres destinées au courrier des lecteurs – 400 mots maximum – doivent nous parvenir au plus tard le vendredi midi précédant la parution, à l’adresse le-fil@dc.ulaval.ca. Le contenu de ce journal peut être reproduit à condition de mentionner la source et l’auteur. Rédaction Éditrice : Josée Sauvageau, directrice des communications par intérim

Rédactrice en chef : Mélanie Saint-Hilaire Journalistes : Jean Hamann, Renée Larochelle, Yvon Larose Journaliste nouveaux médias : Julie Picard Collaborateurs : Clémence Cireau, Matthieu Dessureault, Pascale Guéricolas, Catherine Lévesque, Dave O’Farrell, Brigitte Trudel Rédactrice-réviseure : Anne-Marie Lapointe Secrétaire à la rédaction et recherchiste photo : Josée Nadeau Production Infographie : Léa Robitaille, Service de reprographie de l’Université Laval Impression : Les Presses du Fleuve, Montmagny (Québec)

Ventes publicitaires Élisabeth Farinacci 418 656-2131 poste 4618 Dépôt légal Bibliothèque nationale du Québec, ISSN 022-1-1965 Pour nous joindre 2325, rue de l’Université, local 3108 Québec (Québec) G1V 0A6 Téléphone : 418 656-2131 poste 4687


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Accord sur le budget L’Université conclut avec le gouvernement une entente qui atténuera l’impact des compressions budgétaires par Yvon Larose Le mardi 12 mars, les membres du Conseil d’administration se sont réunis en séance extraordinaire. L’objet de cette activité inhabituelle ? Le dépôt, par la haute direction de l’Université, d’une entente négociée avec le gouvernement du Québec. Cette entente est relative aux compressions budgétaires majeures annoncées en décembre par le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie, Pierre Duchesne. Dans une volonté d’équilibrer ses finances, le gouvernement demande au réseau universitaire québécois de couper 125 M$ dans ses budgets de fonctionnement pour l’exercice en cours. À l’Université Laval, cela représente une somme de 18 M$. Un montant identique est également exigé pour l’année 2013-2014. L’entente approuvée par le Conseil d’administration vient adoucir les effets de ces mesures d’austérité. L’Université devra épargner environ 3 M$ d’ici la fin avril. Pour l’exercice 2013-2014, elle devra couper environ 6 M$. Les 27 M$ restants seront absorbés par les réinvestissements que fera le gouvernement dans le réseau universitaire, soit 1,7 G$ Le vice-recteur exécutif et au dévelopsur sept ans, à partir de 2014-2015. À pement Éric Bauce. long terme, ces 27 M$ ne devraient pas avoir d’effet sur le déficit accumulé de l’Université. « Selon nous, il était tout à fait impossible, pour l’Université Laval, d’effectuer des compressions de 36 M$ sur deux ans sans affecter L’Université devra de façon significative l’intégrité et épargner environ la mission de notre établissement, explique le vice-recteur exécutif et 3 M$ d’ici la fin au développement, Éric Bauce. Dès décembre, le Conseil d’administra- avril, et 6 M$ pour tion a donc mandaté la haute direc- l’exercice tion pour négocier une entente indi2013-2014 viduelle avec le gouvernement. » Les représentants de l’Université Laval se sont entretenus plusieurs fois avec les autorités gouvernementales. Les rencontres ont eu lieu notamment au cabinet de la première ministre Pauline Marois, au ministère de l’Enseignement supérieur, au Conseil exécutif, au Conseil du trésor et au ministère des Finances. « Nous avons fait des propositions techniquement réalisables et acceptables basées sur une variante du principe du compte à recevoir que nous avions proposée en décembre dernier, indique Éric Bauce. Nos interlocuteurs ont montré une grande ouverture. » Ces négociations, qui s’accompagnaient d’une forte pression par médias interposés, ont porté des

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fruits, poursuit l’administrateur. La haute direction de l’Université disposait d’un argument de poids : l’excellence de son historique budgétaire. Depuis 2008-2009, l’établissement a réduit de 13 % sa capacité de dépenser, ce qui s’est traduit par des économies de 64 M$. Ces efforts lui ont permis de maintenir l’équilibre budgétaire. « Nous sommes d’accord pour contribuer au rééquilibrage des finances publiques, soutient le vicerecteur, pourvu que l’effort exigé soit réaliste et raisonnable. » Un certain nombre d’éléments permettront à l’Université d’atteindre sa cible de compression ponctuelle en 2012-2013. Parmi eux, un recrutement plus élevé d’étudiants que prévu et une grande prudence des unités dans leurs dépenses. L’effort budgétaire consenti pour 2013-2014 entraînera le ralentissement de certains projets de développement et la réduction de création de postes administratifs. Des investissements stratégiques devront être reportés, comme l’ouverture d’un certain nombre de postes supplémentaires de professeurs. À la Bibliothèque, le budget d’acquisition de livres continuera de croître, mais à un rythme inférieur à ce qui était prévu. D’un autre côté, l’effort budgétaire se verra adouci par des prévisions à la hausse des effectifs étudiants, la compensation gouvernementale pour l’annulation de la hausse des droits de scolarité, et l’indexation de 3 % de ces mêmes droits. Bonne nouvelle : il n’y aura pas de réduction de l’offre de cours, de fermeture de postes ni de réduction des heures d’ouverture de la Bibliothèque ou du PEPS. Toutes ces possibilités, un temps considérées, sont désormais choses du passé. « Nous avons mis tous ces scénarios de côté depuis que nous avons réussi à négocier une entente qui, croyons-nous, tient la route », affirme Éric Bauce. La Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec a suivi avec intérêt la démarche de l’Université Laval. Pour une bonne raison puisque l’entente conclue ici a été uniformisée afin qu’elle puisse éventuellement s’appliquer à l’ensemble des établissements. « Avec leur conseil d’administration respectif, explique-t-il, les autres universités du réseau doivent maintenant décider d’implanter ou non cette entente dans leur établissement. » Selon Éric Bauce, l’Université Laval ressort gagnante de la démarche individuelle qu’elle a entreprise. « Nous avons tissé des liens avec le gouvernement et l’appareil gouvernemental, dit-il. Ils ont maintenant une meilleure compréhension du rôle de notre établissement et de ses grands défis en matière de finances et de développement. »

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Quelques-uns des grands crus à l’encan. photo Dave O’Farrell

Un verre pour les philanthropes

Un donateur anonyme cède des bouteilles de grande valeur pour aider notamment la Fondation de l’Université Laval par Dave O’Farrell Pétrus, Romanée-Conti, Château d’Yquem, Mondavi Rothschild, Krug, Dugat-Py… Ces grands crus portent des noms qui font rêver. Et ils sont maintenant à la portée des gourmets de la région. Des millésimes des trois dernières décennies seront bientôt vendus aux enchères grâce à un généreux mécène, diplômé de l’Université, qui a sorti ces bouteilles de sa cave à vin qui offre des conditions idéales de conservation. Nommé Québec Millésima, cet encan de vins rares se déroulera le 3 avril dans le hall du Musée national des beaux-arts du Québec. Les participants pourront acquérir 55 lots d’une valeur approximative allant de 150 $ à 1000 $, et quelques lots exceptionnels qui pourraient atteindre 6000 $. C’est l’occasion de garnir son cellier, la plupart de ces nectars étant très rares sur le marché. Cette soirée d’exception sera agrémentée par des dégustations de vins d’importation privée, mariées aux créations de Julien Dumas, chef du restaurant Panache. Cet événement rarissime est organisé à la fois par la Fondation de l’Université Laval et la Fondation du Musée national des beauxarts du Québec. Québec Millésima est une première pour la Fondation de l’Université Laval, qui n’organise que rarement des événements caritatifs. « Tenue en collaboration étroite avec le donateur et la Fondation du Musée national des beauxarts du Québec, cette soirée s’arrime à notre volonté de nous rapprocher des

diplômés et de la population de Québec. C’est une belle occasion pour les participants d’allier philanthropie, plaisir et bonne chère », affirme Yves Bourget, président-directeur général de l’organisme situé sur le campus. Le prix du billet est de 200 $, mais un reçu de charité pour usage fiscal de 130 $ sera remis après l’événement. À noter que les achats seront libres de taxes et de commissions. Dans le respect du choix du mécène, les fonds amassés seront dirigés en parts égales vers la Faculté de médecine et la campagne pour l’agrandissement du Musée national des beauxarts du Québec. Inscription et programme au www.QuebecMillesima.ca.

Les participants pourront acquérir 55 lots d’une valeur approximative allant de 150 $ à 1000 $


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hommage aux inventeurs

en bref

est trop long, les investisseurs vont vous laisser tomber. C’est pourquoi il faut commencer à penser à la mise en marché même si la recherche n’est pas terminée. Il ne faut pas hésiter à demander conseil, notamment au VRRC, pour obtenir de l’information sur la protection de la propriété intellectuelle, les programmes de financement et la recherche de partenaires d’affaires. » Le jeu en vaut-il la chandelle ? « Faire de la recherche et partager ses résultats en publiant des articles scientifiques est louable, répond-il. Par contre, si on souhaite que nos travaux, financés avec des fonds publics, rapportent quelque chose à l’économie du pays, il faut protéger les innovations et faire du transfert technologique. Les entreprises en profitent, l’économie en profite et la recherche universitaire en profite », ajoute le chercheur qui, faute de temps, doit maintenant refuser des collaborations avec l’industrie.

Gagnants du concours Cogito L’Association des étudiantes et étudiants de Laval inscrits aux études supérieures (ÆLIÉS) a sélectionné les trois gagnants de la deuxième édition de l’émission de vulgarisation Cogito. Joëlle Lavoie, étudiante au doctorat en neurobiologie à la Faculté de médecine, a remporté le premier prix pour sa communication sur l’électrorétinogramme comme biomarqueur des maladies psychiatriques. Tegwen Gadais, étudiant au doctorat en psychopédagogie, éducation physique et santé à la Faculté des sciencesde l’éducation, s’est classé deuxième avec sa recherche examinant le succès d’une stratégie d’intervention (le Pentathlon en équipe) sur le niveau d’activité physique des jeunes participants. Le troisième prix est allé à Philippa Dott, étudiante au doctorat à la Faculté de philosophie, au sujet du sens de l’existence dans Anna Karénine de Tolstoï. L’ÆLIÉS a remis aux gagnants des bourses d’études d’une valeur de 1500 $, 1000 $ et 500 $. Le premier épisode de la série Cogito 2013 est en ligne sur www.ulaval.tv. Les quatre autres seront ajoutés progressivement chaque lundi.

Conférence sur le dopage cérébral Pour être toujours plus productifs, des étudiants et des travailleurs tentent d’accroître leur concentration et leur performance en stimulant leur cerveau avec des psychotropes. Ces drogues sont faciles d’accès, comme les boissons énergisantes. L’association étudiante ÆLIÉS présente une table ronde sur les conséquences physiques et mentales de ces produits ainsi que des enjeux sociaux et éthiques qui y sont liés. Le professeur de pharmacie Frédéric Calon participera à la discussion avec le professeur de théologie Bernard Keating et Johanne Collin, chercheuse à l’Institut de recherche en santé publique de l’Université de Montréal. Le modérateur sera Chaher Mohamed, animateur de la série Cogito au Canal Savoir. Mercredi 3 avril de 19 h à 21 h, au Cercle situé au 4e étage du pavillon Alphonse-Desjardins.

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24 nouvelles technologies

Le professeur Jean Caron commercialise un système novateur d’irrigation pour les serres et les pépinières. photo Marc Robitaille

Tout se joue avant 10 ans Entre l’idée et la percée commerciale d’une innovation technologique, le temps est compté, rappelle le chercheurinventeur Jean Caron par Jean Hamann « Obtenir un brevet, c’est bien, mais la partie la plus difficile du travail commence. Vous devez maintenant trouver un partenaire d’affaires pour votre innovation et prouver sa rentabilité. Et le temps est compté. Entre l’idée et la percée d’un produit sur le marché, il doit s’écouler au plus 10 ans. Après, il sera probablement trop tard. » Voilà le message stressant mais avisé qu’a livré, le 19 mars, le professeur Jean Caron lors d’une cérémonie organisée par le Vice-rectorat à la recherche et à la création (VRRC) en l’honneur des chercheurs de l’Université qui ont déposé une demande de brevets en 2012. Jean Caron en connaît un bout sur les aléas du transfert technologique. Le professeur du Département des sols et de génie agroalimentaire détient de nombreux brevets, une vingtaine, croit-il, mais il ne tient plus le compte. Quelques-unes de ses innovations dans le domaine horticole ont été adoptées par

des entreprises. Il a même démarré une compagnie, Hortau, pour commercialiser le système d’irrigation automatisé qu’il a mis au point. « Faire du transfert technologique exige beaucoup d’énergie et de persévérance. Ça ajoute de 10 à 15 heures de travail aux semaines de 40 à 50 heures que je fais déjà à l’Université, mais ça vaut la peine, assure-t-il. Comme chercheur universitaire, c’est fantastique de penser que ce que nous faisons a des applications sur le terrain. Hortau est en train de changer la gestion de l’irrigation. » Son aventure dans le monde du transfert technologique en horticulture n’a pas toujours été un jardin de roses. À preuve, le parcours sinueux qui a conduit à la commercialisation de son matelas capillaire, un produit qui assure une meilleure gestion de l’eau dans les serres et les pépinières. « J’ai commencé la recherche en 1991, la déclaration d’invention a eu lieu en 1996 et les démarches de

financement ont commencé aussitôt. Dans les quatre années qui ont suivi, deux partenaires qui s’étaient manifestés se sont retirés, un autre a fait faillite, il y a eu deux rachats d’entreprises avec réorientation des activités et une poursuite judiciaire pour contrefaçon. Finalement, une première licence de commercialisation a été accordée en 2002. Le produit a fait ses preuves, et l’Université vient de signer une nouvelle entente de 10 ans avec la firme Soleno. » Le professeur Caron a choisi une autre avenue pour commercialiser son système automatisé d’irrigation. « Ça faisait deux ans que je faisais des démarches pour trouver des investisseurs, sans succès. Le jour de mes 42 ans, un peu par dépit, j’ai décidé de démarrer ma propre entreprise avec mon étudiant Jocelyn Boudreau. » Hortau a été créée en 2002, elle est venue près de la faillite à deux reprises, et le professeur Caron a dû se porter personnellement endosseur. Aujourd’hui, la compagnie navigue en eaux plus calmes. Elle compte 25 employés, dont 5 aux États-Unis, et son chiffre d’affaires augmente de plus de 35 % par année. En transfert technologique, le temps est critique, insiste l’entrepreneur. « Si le délai

Ces conseils pourront guider les 24 équipes des facultés de sciences et de génie, de médecine et de pharmacie qui ont déposé des demandes de brevets en 2012. « La plupart de ces projets concernent au moins un étudiant de 2e ou 3e cycle, souligne Mouhsine El Abboudi, conseiller en gestion de la recherche au VRRC. Celui-ci se trouve sensibilisé à l’importance des brevets et peut appliquer ses connaissances en industrie par la suite. Ce transfert de savoir-faire est aussi important que le transfert des technologies. » Le portefeuille d’innovations de l’Université renferme présentement 248 technologies brevetées. D’une année à l’autre, ce nombre reste stable, mais la composition du portefeuille évolue. Comme la protection d’une technologie engendre des frais, les brevets qui ne trouvent pas preneur sont abandonnés après quelques années pour faire place à de nouvelles technologies. À l’heure actuelle, 120 technologies font l’objet d’une entente de commercialisation avec des entreprises. En 2012, ces licences ont rapporté 1,1 M$ à l’Université. Le montant des redevances représenterait toutefois à peine 2 à 3 % de l’ensemble des retombées générées par des technologies brevetées dans l’économie d’une région. L’essentiel provient de la création d’emploi, des profits et de l’activité économique qu’elles créent. Pour consulter la nouvelle page de l’Université à ce sujet : www.ulaval.ca/ hommageinventeurs.


droit

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Comme un vrai avocat Chaque année, des étudiants en droit s’inscrivent à un concours de plaidoirie, audace qui peut rapporter des prix et prépare au métier par Yvon Larose La saison des concours de plaidoirie bat son plein à la Faculté de droit. Depuis la mi-février, une vingtaine d’étudiants du baccalauréat ont pris part à cinq concours au Québec et au Canada, mais aussi en Thaïlande et à Hong Kong. L’ultime compétition de la session aura lieu en Roumanie fin avril. Les 1er et 2 mars, quatre d’entre eux ont participé au concours Laskin. La rencontre a eu lieu dans un hôtel du centre-ville d’Edmonton, en Alberta. Dix-huit facultés étaient représentées. « Ce concours bilingue de droit public porte sur le droit administratif et constitutionnel, explique l’étudiante Claire Durocher. Chaque équipe doit présenter une plaidoirie écrite et orale. Mes coéquipiers plaidaient en français, et moi, en anglais. » Claire Durocher et son coéquipier Gabriel S. Gervais ont atteint la finale, se classant parmi les deux meilleurs duos d’appelants (ceux qui portent en appel un jugement). L’étudiante a également reçu le prix remis au deuxième meilleur plaideur. Ces excellents résultats s’inscrivent dans la continuité. À plusieurs reprises dans le passé, les équipes de l’Université Laval ont remporté ce concours, récoltant en plus de multiples distinctions individuelles. Les plaidoiries se sont déroulées devant des juges en exercice qui composaient une cour fictive : la Cour canadienne de justice. Selon Claire Durocher, le Laskin est un concours de questions. « Pour avoir des points,

précise-t-elle, il faut bien saisir la question du juge et y répondre correctement. Cela peut amener un beau dialogue. Parfois, un juge peut insister, s’acharner sur nous. » Claire Durocher et Gabriel S. Gervais représentaient la firme King & Coe Importing Inc. L’intimée était une Acadienne. Celle-ci alléguait être victime de discrimination de la part de son employeur en raison de ses origines. Des principes de droit administratif et constitutionnel étaient en jeu. En construisant leur argumentaire, les appelants se sont servis d’une décision rendue en 2011 dans un cas semblable par la Cour suprême. Le jugement disait, pour l’essentiel, qu’on ne peut aller devant un second tribunal lorsqu’on a perdu une cause en litige. « Ma plaidoirie était axée sur l’impossibilité pour l’intimée d’amener sa cause devant plusieurs tribunaux. » Les quatre étudiants de l’Université Laval ont passé six mois ensemble, à raison d’une vingtaine d’heures chaque semaine. Ils ont fait des recherches sur chacun des points de droit et élaboré leur pensée quant au problème soumis. Ils ont entrepris la rédaction de leur mémoire d’appel. Deux plaideurs professionnels les ont supervisés. Participer à un concours de plaidoirie permet de développer la concision et la clarté de la pensée. « Si une idée se communique bien en cinq mots, il est inutile d’en utiliser quinze », affirme Claire Durocher. Cette dernière recommande fortement ce type

Claire Durocher s’est classée au deuxième rang des meilleurs plaideurs au concours Laskin, en Alberta. photo Marc Robitaille

Marc-Étienne Vien-Desbiens a remporté la coupe Lavery, remise au troisième meilleur plaideur au concours Pierre-Basile-Mignault.

d’expérience qui permet « de se sentir comme un vrai avocat ». L’étudiant Marc-Étienne Vien-Desbiens a lui aussi beaucoup apprécié sa participation à un concours de plaidoirie. Cela s’est passé du 15 au 16 février au pavillon Charles-De Koninck dans un local aménagé, pour la circonstance, en tribunal. Ouvert au public, le concours Pierre-Basile-Mignault opposait les six facultés de droit civil au Canada. MarcÉtienne Vien-Desbiens a reçu le prix remis au troisième meilleur plaideur. Ses coéquipiers Antoine Sarrazin-Bourgoin et Guillaume Gendreau-Vallée ont quant à eux obtenu le prix du deuxième meilleur mémoire. Au final, la délégation de l’Université Laval a raflé la deuxième place. Attiré par le droit commercial sans plaidoirie, Marc-Étienne Vien-Desbiens s’était

inscrit au concours afin de mieux comprendre la branche du droit que l’on appelle le litige. « Cette expérience était une première pour moi, comme pour mes collègues, expliquet-il. J’ai eu la piqûre. » Les plaidoiries du tribunal-école PierreBasile-Mignault se fondent sur des jugements fictifs rendus par un tribunal de première instance en matière de droit civil. Cette année, le jugement porté en appel concernait un contrat signé par les anciens propriétaires de deux terrains contigus. Ce contrat portait sur une promesse de servitude de puisage dans une source d’eau. « Nous avons consacré au moins 20 heures par semaine à ce projet, raconte Marc-Étienne Vien-Desbiens. Nous avons reçu un encadrement exceptionnel du professeur Pierre Rainville et de l’avocate Geneviève Cotnam. »

Il n’y a pas de « cyber Pearl Harbor » Personne n’a encore démontré que les grands systèmes informatiques sont aussi vulnérables qu’on le dit par Yvon Larose Cyber Pearl Harbor. L’expression, qui fait allusion à l’attaque surprise de l’aviation japonaise sur la flotte américaine du Pacifique en 1941, a été employée pour la première fois, en octobre dernier, par le secrétaire à la défense américain. Dans un discours, Leon E. Panetta soulignait la vulnérabilité croissante du pays face aux pirates informatiques de l’étranger capables, selon lui, de perturber des secteurs stratégiques comme l’électricité, les transports et les banques. Pour Stéphane LemanLanglois, professeur à l’École de service social et expert en sécurité informatique, il ne fait pas de doute que

les incidents cybernétiques majeurs survenus depuis quelques années dans le monde sont à prendre au sérieux. « Mais les analogies avec le 11-Septembre ou Pearl Harbor sont exagérées, nuance-t-il. Je pense que la réaction des gouvernements dépasse de beaucoup le niveau de risque encouru. L’ ext r ême vuln ér a bilit é des grands systèmes informatiques n’est pas du tout démontrée. » Ce matin, le jeudi 21 mars au pavillon AlphonseDesjardins, le professeur Leman-Langlois prononcera un discours dans le cadre de la Quatrième Rencontre internationale Université-Défense

de Québec. Ce colloque est organisé par le Programme Paix et sécurité internationales des Hautes Études internationales. Il a pour thème « La cyberdéfense : un défi crucial, une prise en compte indispensable ». La cybercriminalité cible les réseaux informatiques pour accomplir des actes d’espionnage, de destruction ou de vol de secrets industriels. On observe une sophistication croissante de ces méfaits. En février 2011, à Ottawa, une cyberattaque complexe a réussi à paralyser les réseaux informatiques du Conseil du trésor et du ministère des Finances du gouvernement fédéral. L’élimination du virus informatique a pris plusieurs semaines. Les autorités sont donc poussées à agir pour protéger la société. En 2012, les pays membres de l’OTAN ont débloqué 58 millions

d’euros pour la mise sur pied février dernier, le Pentagone d’un dispositif centralisé de a annoncé qu’il ferait passer protection des réseaux infor- de 900 à 4 000 le nombre matiques de l’Organisation. « Plusieurs personnes croient que ce sera la ligne Maginot du 21 e siècle, affirme-t-il. Par contre, la ligne de fortifications française n’a pas résisté à la Blitzkrieg alle- Confier la mande. C’est pourquoi les partisans de la cyber contre- lutte aux attaque, ou de l’attaque pré- forces armées ventive, voient le modèle de la favorise une “ défense ” comme périmé. » Stéphane Leman-Langlois escalade des déplore le recours à une terminologie guerrière lorsqu’on cyberattaques parle de cybersécurité. C’est que le gouvernement américain en particulier pousse po ur une m ilit aris at i on croissante en ce domaine. « La quantité d’argent et de personnel vouée à la cyberdéfense dans ce pays me font dire qu’ils font plutôt de la cyberoffensive, de la cyber contre-attaque. » En

d’employés affectés à cette mission. Pour le professeur, cette façon de penser est dangereuse. « Aux États-Unis, poursuit-il, la doctrine officielle donne le droit au gouvernement, en cas d’une cyberattaque d’envergure, de répondre avec les moyens militaires classiques tels que les bombardements ou l’invasion. » Le professeur croit que confier la lutte aux cybermenaces aux forces armées est une mauvaise idée. Cela favorise, selon lui, une escalade des cyberattaques et de « cyberarmes », comme le ver informatique Stuxnet. Apparu en 2010, ce logiciel malveillant a eu pour effet de ralentir le développement des centrifugeuses nucléaires iraniennes. Stéphane LemanLanglois recommande plutôt la création d’un traité international visant à encadrer la lutte à la cybercriminalité.


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médecine

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ils ont dit... Sur les cures alimentaires et leurs effets

Olivier Barbier, professeur à la Faculté de pharmacie La Presse, 14 mars

Lors des changements de saison, plusieurs personnes sont tentées de suivre une cure pour éliminer les toxines de leur organisme. Cette pratique peut parfois se révéler plus néfaste que bénéfique, considère Olivier Barbier. « Si, toute l’année, vous faites le plein avec une essence non purifiée et que, deux fois par année, vous utilisez plutôt de l’essence purifiée, votre moteur sera momentanément nettoyé, mais sa durée de vie sera réduite. Si on a des problèmes de santé, ce n’est pas une cure qui va les régler. Parfois, ça ne fait que les aggraver. »

Sur la popularité grandissante des marges de crédit Les marges de crédit sont souvent offertes par les institutions financières à leurs clients sans qu’ils en fassent la demande. Par exemple, les nouveaux contrats hypothécaires sont presque tous assortis de marges de crédit, un phénomène qui Marie Lachance, contribue à l’endettement professeure au des ménages, selon Marie Département Lachance. « Ces produits des sciences sont tellement intégrés de la dans les mœurs que bien consommation des gens considèrent la limite sur leur marge de La Presse, crédit comme un revenu 16 mars disponible pour n’importe quelle dépense. »

Sur la publicité et l’alcool « Imaginons notre réaction si on lisait des publicités comme celles-ci : “ Samedi, le 2 février, tous les gratteux seront à rabais de 20 %, jusqu’à l’épuisement des stocks.” Ou encore : “ Pour chaque tranche de 100 $ misée dans les appareils de loterie vidéo, vous recevrez 10 $ addiRobert tionnels. ” Ce serait non Ladouceur, pro- seulement inacceptable, fesseur à l’École nous en serions outrés. » de psychologie Ancien dirigeant du Centre québécois d’excellence Le Soleil, pour la prévention et le trai17 mars tement du jeu de hasard et d’argent, Robert Ladouceur dénonce le nombre élevé de publicités portant sur les boissons alcoolisées. À son avis, la Société des alcools du Québec devrait adopter une attitude plus responsable envers ce produit.

Les gens qui souffrent d’obésité morbide peuvent perdre 80 % de leur excès de poids en trois ans grâce à la technique chirurgicale mise au point par des professeurs de l’Université. photo Yale Rudd Center

Tout bien pesé… La chirurgie bariatrique mise au point par des professeurs de la Faculté de médecine est aussi sécuritaire que les autres interventions visant une perte colossale de poids par Jean Hamann La technique chirurgicale adoptée à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ) pour traiter les obèses morbides avait la réputation d’être plus risquée que les autres interventions du genre. Selon une méta-analyse effectuée en 2004, le taux de mortalité de cette opération était de 1,1 % alors que les autres approches affichaient un taux de 0,3 %. Les choses ont changé pour le mieux depuis, démontrent des chercheurs de la Faculté de médecine associés à l’IUCPQ dans un récent numéro de la revue Surgery for Obesity and Related Diseases. Les chercheurs ont compilé des données sur le taux de mortalité dans un groupe de 1000 patients qui ont subi une chirurgie bariatrique entre 2006 et 2010 dans cet hôpital. La technique chirurgicale

perfectionnée par les professeurs de la Faculté de médecine comporte deux volets. D’une part, l’ablation d’une partie de l’estomac réduit la quantité d’aliments que le patient peut consommer. D’autre part, la dérivation des enzymes digestives produites par le foie et le pancréas réduit l’assimilation de la nourriture. Comme les aliments et les enzymes digestives entrent en contact plus loin dans l’intestin, à peine 30 % des calories ingérées sont assimilées par l’organisme. Résultat de cette double stratégie : les patients absorbent environ deux fois moins de calories après leur opération. L’efficacité de cette approche n’a jamais été mise en doute, et le suivi des 1000 patients confirme la chose. En trois ans, les sujets ont perdu 80 % de leur excès

de poids. Côté sécurité, les de chirurgiens canadiens et analyses révèlent que le étrangers viennent apprendre taux de mortalité a chuté notre technique. » à 0,1 %. L’introduction, en 2006, d’une version laparoscopique de la chirurgie – le patient n’est pas opéré à « ventre ouvert », mais à l’aide d’instruments insérés dans la cavité abdomi- Le nombre nale –, expliquerait en partie de chirurgies cette amélioration. « De plus, le nombre de bariatriques chirurgies bariatriques pratiquées à l’IUCPQ est pro- pratiquées à gressivement passé d’une l’IUCPQ est centaine à environ 500 cas par an, de sorte que le per- passé d’une sonnel médical et soignant centaine à a plus d’expérience, ajoute Laurent Biertho, le premier environ 500 auteur de l’étude. À cela, il cas par an faut ajouter une sélection plus serrée et une meilleure préparation des patients. » L a t e ch n i qu e p r é c o n i sée à l’IUCPQ est utilisée dans moins de 1 % des 344 000 chirurgies bariatriques pratiquées annuellement dans le monde. Sa faible popularité ne serait pas étrangère au fait qu’elle est plus complexe que l’installation d’un anneau gastrique, par exemple. L’étude démontrant sa sécurité pourrait-elle changer la donne ? « Difficile à dire, répond le professeur Biertho, mais de plus en plus


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société

le fil | le 21 mars 2013

Caroline Bouchard sur la pertinence d’envoyer des enfants de 4 ans à la maternelle

En septembre prochain, le gouvernement du Québec veut ouvrir les classes de maternelle aux enfants de 4 ans dans plusieurs écoles situées en milieu défavorisé. Le plan ne fait pas l’unanimité. Pour Caroline Bouchard, professeure experte dans l’enseignement préscolaire à la Faculté des sciences de l’éducation, il faut surtout veiller à fournir aux enfants un lieu de développement et d’apprentissage de qualité. Q Plusieurs responsables de centres de la petite enfance (CPE) s’inquiètent du projet d’offrir la maternelle à des petits de 4 ans. Pourquoi ? R Même si, traditionnellement, la scolarisation appartient plus à l’école, les CPE ont aussi une mission éducative : préparer les enfants à l’entrée en classe. Certains craignent qu’on les scolarise trop précocement sans prendre en compte leurs besoins sur tous les plans de leur développement. Les toutpetits, notamment ceux issus de milieux défavorisés, qui n’ont pas forcément bénéficié des mêmes expériences que les autres, doivent fréquenter un milieu éducatif de qualité. La formation initiale du personnel enseignant joue un rôle majeur pour favoriser le développement et l’apprentissage des enfants et accueillir leur vulnérabilité. À l’Université, il serait souhaitable d’ajouter de nouveaux cours consacrés à la maternelle 4 ans au baccalauréat en éducation préscolaire et en enseignement primaire. Pour l’instant, seulement 6 crédits des 100 crédits du bac sont dévolus à l’éducation préscolaire.

donnée à connotation affective. Dès la petite enfance, il faut donner au petit le goût d’aller à l’école et faire en sorte qu’il acquière le plaisir d’apprendre. La maternelle constitue le socle de tout le parcours scolaire, d’où l’importance de partir sur des bases solides. En maternelle, l’enfant a notamment besoin de manipuler et d’emboîter des objets pour se développer. Le jeu est la façon par excellence pour y parvenir, comme l’a rappelé le Conseil des ministres de l’Éducation du Canada en publiant une déclaration sur le sujet, l’été dernier. En interrogeant les enfants ou en leur apportant du nouveau matériel pendant une séance de jeu symbolique mature, l’enseignante stimule les scénarios qu’ils inventent. S’ils sont embarqués dans une navette spatiale, par exemple, elle peut retourner une table pour faire une tour de contrôle et profiter de l’occasion pour explorer avec eux le système solaire. Quand l’enfant joue aux blocs, il sollicite sa motricité manuelle et globale, sa pensée (pour éviter que la tour ne tombe) et sa capacité à dialoguer (pour convaincre l’autre que c’est comme ça qu’il faut la construire). C’est donc bien différent de l’asseoir dans une classe pour lui montrer les lettres l’une après l’autre, sans égard à son activité spontanée. Souvent, à 4 ans, il n’est pas prêt à ce type d’apprentissage, car il lui manque les bases pour lui permettre de réfléchir à des contenus abstraits. Q De quelles expériences menées au Québec en maternelle 4 ans peut-on s’inspirer ? R Certaines commissions scolaires, comme celle des Premières-Seigneuries, à Québec, ont fait le choix du programme Passe-Partout, où les parents ont une place très importante. Les enfants fréquentent leur futur milieu scolaire en compagnie d’éducatrices, ce qui facilite la transition graduelle vers l’école. À la Commission scolaire de la Capitale, certaines écoles ont actuellement des maternelles à mi-temps pour les enfants de 4 ans. La familiarisation avec l’écrit peut se faire, par exemple, à partir du message du matin que l’enseignante écrit au tableau, du prénom de l’enfant ou de la lecture d’albums de littérature jeunesse. Ces activités sont signifiantes pour l’enfant, branchées sur son quotidien et son vécu. Pour cela, il faut disposer d’enseignants avec une formation étoffée auprès de la clientèle préscolaire, comme le recommandait le dernier avis du Conseil supérieur de l’éducation. Peut-être faudrait-il créer des profils de formation distincts pour les étudiants. Dans les maternelles 4 ans, va-t-on donner le droit à l’enfant d’être un enfant ? Il faut bien sûr le préparer aux apprentissages, mais aussi à la vie…

Q Existe-t-il une corrélation entre la scolarisation précoce et la réussite scolaire ? R Les résultats des grands examens internationaux comme le PISA montrent que la France, dont les enfants sont scolarisés très jeunes sur le modèle de l’enseignement systématique, obtient des résultats moins intéressants que le Québec. Difficile cependant d’établir un lien direct entre les deux. Par contre, on sait que le décrochage scolaire est très lié à la motivation à apprendre, une Propos recueillis par Pascale Guéricolas

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Crème 15 % ou crème fleurette ? Il est souhaitable d’adapter les livres de cuisine européens pour les Québécois, mais l’aventure serait risquée dans l’autre sens par Renée Larochelle Pour régaler ses enfants au retour du ski, Anne décide de faire un gâteau. La recette qu’elle suit lui cause cependant un certain nombre de problèmes. Entre autres ingrédients, on demande d’utiliser « 20 cl de crème fleurette » et « 120 g de farine type 45 ». Avant de mettre la pâte au four, elle doit la recouvrir d’une « feuille de papier sulfurisé ». Une fois cuit, le gâteau devra être enveloppé d’un « film alimentaire ». Spatule à la main et sueur au front, Anne se dit qu’elle aurait dû utiliser sa bonne vieille encyclopédie de la cuisine canadienne signée Jehane Benoît, au lieu de ce livre français mal adapté à la réalité québécoise. En résumé, c’est le genre de difficultés rencontrées par les Québécois qui achètent des livres de cuisine provenant d’ailleurs qu’au Québec, a expliqué Étienne LehouxJobin lors des 27es Journées de linguistique, qui a eu lieu récemment sur le campus. La conférence de cet étudiant à la maîtrise en traduction portait sur l’adaptation des livres de cuisine dans la francophonie. Son corpus était composé de versions originales, d’ouvrages écrits en anglais et

traduits pour le marché francophone, ainsi que de livres portant la mention « adapté pour le Québec » bien en vue sur leur page couverture. À son avis, le cas de Michel Montignac, créateur du régime du même nom, est un bon exemple de l’adaptation brouillonne. Que ce soit dans La Méthode Montignac expliquée et illustrée ou dans Recettes et menus, tous deux parus chez Flammarion Québec, les exemples de tournures peu usitées au Québec sont légion. « En phase 1, vous pouvez boire quotidiennement deux verres de 10 cl par repas », peut-on ainsi lire dans l’un des ouvrages. Par ailleurs, des recettes recommandent d’utiliser telle quantité de « cuillerée à thé », tandis que d’autres suggèrent tout bonnement la « cuillerée à café », unité de mesure un peu floue au Québec. On met aussi le lecteur en garde contre la glucide connection, une catégorie alimentaire à éviter. Si la mention « adapté pour le Québec » représente un bon argument de vente, elle ne remplit pas toujours ses promesses, souligne ainsi Étienne Lehoux-Jobin.

D’autres livres sont bien adaptés sans en faire tout un plat, bref, sans mentionner la chose sur leur page couverture. C’est le cas de The Meat Free Monday Cookbook publié chez Kyle Books. Traduit de l’anglais en France, il a été ensuite adapté au Québec par la maison d’édition Modus Vivendi, à Montréal, sous le titre Une journée sans viande. « La réviseure ne s’est pas contentée de trouver des équivalences d’appellation et de disponibilité pour les ingrédients et d’adapter les unités de mesure au Québec, explique Étienne Lehoux-Jobin. Elle a aussi adapté le texte de présentation du livre à la réalité québécoise en citant des statistiques sur la consommation de viande rouge et de légumineuses des habitants, par exemple. » Cela dit, le jeu de l’adaptation en vaut-il la chandelle ? Du point de vue du consommateur québécois, l’adaptation des livres de cuisine européens est certainement souhaitable, croit Étienne Lehoux-Jobin. Mais il estime que l’aventure serait risquée dans l’autre sens, par exemple, si on décidait d’adapter les livres de José di Stasio et de Ricardo. « Les coûts liés à l’adaptation seraient probablement supérieurs aux éventuels bénéfices, dit l’étudiant. Là-bas, ces vedettes de la télévision sont pratiquement inconnues. Et puis, en France, on ne manque pas de grands chefs… »

Si la mention « adapté pour le Québec » représente un bon argument de vente, elle ne remplit pas toujours ses promesses


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le fil | le 21 mars 2013

« Un désir d’existence » Le Printemps des Poètes rend hommage au professeur de littérature Jean-Noël Pontbriand et lance un prix de poésie avec l’Université par Matthieu Dessureault « La poésie est le désir de rencontrer l’être qui est en nous. L’inspiration profonde est un désir d’existence et non pas un souhait d’exprimer nos petites bibittes, même si, lorsqu’on débute, elles ont beaucoup d’importance. » Discuter de poésie avec Jean-Noël Pontbriand, c’est écouter un passionné des mots. Auteur de 11 recueils, il a fait partie du comité chargé de mettre sur pied le programme de certificat en création littéraire, de même que la maîtrise et le doctorat en études littéraires. De 1971 jusqu’à ce qu’il prenne sa retraite en décembre dernier, à l’aube de ses 80 ans, il a nourri les réflexions de générations d’étudiants. Sous son égide, plusieurs auteurs chevronnés ont appris les rudiments du métier, dont Esther Croft, Jean Désy et Hélène Dorion. C’est pour cette raison que les organisateurs du Printemps des Poètes ont choisi de lui rendre hommage lors de la Journée mondiale de la poésie, le 21 mars, au complexe Le Cercle. Ils tenaient à plébisciter le rôle primordial qu’il a joué dans le milieu de la poésie au Québec. Pour le principal intéressé, ne s’improvise pas auteur qui veut. Devenir poète requiert passion, aptitude et, surtout, travail. « Plusieurs pensent qu’avoir du talent et être écrivain, c’est pareil. Mais il faut acquérir entre les deux un métier. En arrivant, les étudiants sont uniquement préparés à une écriture de dissertation, jamais à une écriture d’expression. » Entre deux éclats de rire, l’écrivaine Isabelle Forest se souvient de sa première rencontre avec le professeur. « Je suis partie de son cours en claquant la porte et je n’ai pas terminé la session! Ce n’est que deux ans plus tard que j’ai compris que mon écriture avait évolué grâce à lui. Je suis retournée à l’université en m’inscrivant aux deux seuls cours qu’il donnait. » Aujourd’hui coordonnatrice pour le Printemps des Poètes, elle réalise

l’apport considérable de cet enseignant à sa carrière. Le festival profitera également de l’occasion pour remettre un prix à une personnalité s’étant illustrée par la création ou la diffusion de poésie. Cette récompense de la Ville de Québec est créée en association avec l’Université Laval. Une bourse de 1 000 $ du Vice-rectorat exécutif et au développement sera remise au lauréat. Le nom du premier gagnant, tout comme celui du prix, sera dévoilé le 21 mars. Pour Alain Beaulieu, directeur du programme de création littéraire et vicedoyen aux études de la Faculté des lettres, il était tout naturel de prendre part à l’événement. « On s’associe à cette activité avec grand bonheur », s’exclame-til, rappelant du coup la contribution de Jean-Noël Pontbriand. « Il a laissé sa trace à l’Université à la fois comme professeur ayant fait naître des vocations en poésie, mais aussi comme créateur. »

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Plusieurs pensent qu’avoir du talent et être écrivain, c’est pareil. Mais il faut acquérir entre les deux un métier

L’ancêtre de Wik Une exposition sur le campus présente l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, ouvrage fondamental du Siècle des lumières

Ode à Jack

Extrait du recueil de Jean-Noël Pontbriand Il était une voix/Jack Kérouac blues (Écrits des Forges, 1992).

Jean-Noël Pontbriand

Illustration d’une puce vue au microscope dans la première édition du Dictionnaire raisonné des sciences, d

nous sommes cet éclatant soleil qui inonde l’univers et pourchasse l’éternité mais personne n’ose se l’avouer chacun se contente de ce qu’on attend de lui chacun rêve de Billie mais personne ne se met en route pour la rencontrer chacun l’attend en buvant de la bière pour se donner de l’appétit fumant de l’herbe pour chasser les soucis qui naissent comme si nous n’étions que des cafards traînant leur ennui dans les coins sombres et non des dieux sur qui repose le sort du monde

par Brigitte Trudel La Bibliothèque présente une exposition sur l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert. L’occasion est belle d’admirer plusieurs volumes et planches de la première édition ainsi que des artéfacts de la recherche scientifique de l’époque. « Monument des progrès de l’esprit humain » : c’est ce que disait Voltaire de cette œuvre. Sans elle, les wikis et compagnie existeraient-ils aujourd’hui ? Thierry Belleguic, professeur au Département des littératures et commissaire de l’exposition, explique son influence.

Q Racontez-nous les débuts de l’Encyclopédie. R En 1745, l’idée de départ est de traduire un dictionnaire anglais. Mais deux ans plus tard, sous Diderot, le mandat prend une tournure ambitieuse : produire un ouvrage qui divulguerait tous les savoirs de l’époque. Après 25 ans de travail de la part de 150 collaborateurs, dont Rousseau et Voltaire, paraît le Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers en 28 volumes. Il traite des arts et des professions en passant par l’histoire naturelle et l’anatomie. On s’y renseigne sur la vaccination, des mots de vocabulaire, la façon détaillée de fabriquer la soie, etc.

Q Qu’est-ce qui rend cette œuvre unique ? R C’est la plus grosse entreprise éditoriale du temps. De plus, elle ne relève pas d’un seul auteur, mais d’une collaboration entre philosophes, historiens, médecins, astronomes, illustrateurs, etc. Certains ont agi comme « reporters » auprès des gens de métier (agriculteur, cordonnier, etc.) pour recueillir leur savoir. Sortir des connaissances théoriques, admettre le pratico-pratique, c’est nouveau. Comme la manière de transmettre l’information : en plus du classement alphabétique, l’Encyclopédie propose un système de renvois d’un sujet à l’autre. Et ses images ne font pas qu’illustrer le discours. Elles renseignent de façon autonome, d’où l’idée novatrice que le savoir peut être transmis par l’image.

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mot à mot

Christian Vanasse lors de la conférence donnée sur le campus le 13 mars. photo Marc Robitaille

Balzac n’est pas un sacre ! Un membre du groupe humoristique Les Zapartistes partage ses réflexions sur le poids des mots par Renée Larochelle

des arts et des métiers. photo Marc Robitaille

kipédia

Pourquoi a-t-elle soulevé ant les passions ? En raison des idées prossistes, très représentaes du Siècle des lumières, lesquelles elle s’appuie. : tous doivent avoir accès savoir. Deux : la connaisnce est le fruit du partde l’expertise des spéistes comme des gens de tiers. Trois : l’être humain capacité et la liberté de nser par lui-même car il est cé au centre de l’Univers. ncyclopédie défend ces es dans ses pages, mais tilement, par un système dé, pour éviter la censure. i, la controverse l’entoure, is son succès commerest colossal : les revenus libraires associés à sa te sont estimés à plus de illions de livres (280 livres ivalaient au salaire annuel n ouvrier parisien). Sans mpter ses multiples réédins et le nombre d’ouvrages s’en sont inspirés.

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Q L’Encyclopédie a-t-elle encore une influence aujourd’hui ?

Q Que penserait Diderot de l’information à l’ère du Web ?

R Les valeurs qui ont animé ses contributeurs définissent toujours notre façon d’aborder le savoir : le droit de parole, le droit de culte. L’idée également que les connaissances n’appartiennent pas à une élite, mais peuvent être transmises par une communauté; l’intérêt accordé au savoir des artisans, à la parole citoyenne, à l’opinion publique. Enfin, comment ne pas voir un rapprochement entre l’accessibilité au savoir, si chère à Diderot, et les revendications qui ont motivé le mouvement étudiant du printemps dernier ?

R Il en serait emballé. Avec le libre accès, la diffusion participative, les plateformes collaboratives comme Wikipédia, on est en plein dans ce qui lui tenait à cœur. Ajoutez les hyperliens, forme avancée du système de renvo i s c o n ç u p a r D i d e r o t selon son intuition que le savoir procède par tissage. Également la force de l’image dans laquelle nous baignons. Tout cela se situe dans l’esprit de l’Encyclopédie, qui, au fond, a peut-être semé les graines de cette culture numérique moderne. À voir jusqu’au 25 octobre à la Bibliothèque des sciences humaines et sociales et à la Bibliothèque scientifique. Entrée libre.

« Bonsoir Québec ! » lance d’une voix de stentor Christian Vanasse. En ce 13 mars, le membre du groupe Les Zapartistes donne une conférence devant des étudiants du Département de langues, linguistique et traduction. D’entrée de jeu, ceux-ci comprennent qu’ils assisteront davantage à un spectacle qu’à un exposé. Pendant presque deux heures, l’humoriste, qui évolue par ailleurs dans la Ligue nationale d’improvisation depuis 1998, ne lâchera pas la bride. À l’instar des étudiants qui l’ont invité à l’Université, Christian Vanasse entretient des liens forts avec les mots. Les mots ont du pouvoir quand ils sont bien choisis. C’est alors qu’ils bousculent les idées et suscitent la réflexion. « À nos débuts, en 2001, les producteurs nous ont déconseillé de faire de l’humour politique parce qu’ils croyaient que le public ne marcherait pas, dit-il. Mais en tant qu’indépendantistes, on voulait faire de l’humour engagé. » Les jeunes auteurs ont maintenu leur idée originale. Pour décider d’un nom, ils se sont inspirés de celui des zapatistes, ce groupe de défense des autochtones du Chiapas au Mexique, et de l’Aparté, un café montréalais où ont eu lieu leurs premiers ébats humoristiques. Les Zapartistes n’ont pas la langue dans leur poche. Et

ce, même si tous leurs textes doivent être approuvés à l’unanimité par le groupe, formé de cinq gars et d’une fille (celle-ci, linguiste de profession, ne monte pas sur scène). Jusqu’à tout récemment, ils commençaient leurs spectacles par la lecture d’un manifeste tordant, sorte de refus global moderne dans lequel ils se définissaient comme étant de gauche, antiracistes et féministes. Ils disaient s’opposer « à la corruption, à la culture du consensus, à la langue de bois, à la privatisation de nos ressources, à la débilité militaire pis à ben d’autres affaires » !

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Il n’y a rien de pire qu’une langue qui se détériore par la faute de ceux qui la parlent

Du gars en bedaine qui fait griller son steak au barbecue dans sa cour (« Les écologistes, moé, j’ai ben de la misère ») au Québécois moyen rempli de préjugés (« C’est pas vrai qu’en Gaspésie, y a juste des alcooliques pis du monde violent. Y a des dépressifs aussi »), tout le monde y passe. Exemples à l’appui, le groupe montre que toutes les religions sont misogynes. Même le bouddhisme, réputé plus conciliant envers les femmes, ne passe pas l’examen. Mais le sketch égratigne aussi au passage les non-croyants, qui ne sont pas non plus à l’abri de l’intégrisme. « Après un spectacle, on aime bien quand les gens nous disent qu’ils n’ont pas aimé entendre ceci ou cela, explique Christian Vanasse. Tant mieux si nos propos créent un certain inconfort. On souhaite susciter la réflexion. » Très pointilleux sur la qualité de la langue, Les Zapartistes dénoncent allégrement l’utilisation effrénée des anglicismes. Ainsi, pourquoi employer « bon matin », calque de l’expression good morning, alors qu’il existe un très beau mot dans la langue française pour se saluer, « bonjour » ? « Il n’y a rien de pire qu’une l a n g u e qu i s e d é t é r i o r e par la faute de ceux qui la parlent, estime Christian Vanasse. Arrêtons d’accuser les Anglais ! » Enseignant à l’École nationale de l’humour, l’homme a déploré le manque de culture des jeunes humoristes lors de la période de questions qui a suivi la conférence. « C’est pas mêlant, tu ne peux pas leur parler de Balzac, ils vont penser que tu sacres !


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science

le fil | le 21 mars 2013

en bref

Œuvre de Hervé Fischer

Mythanalyse du numérique À l’âge du numérique, le code binaire nous permet d’inventer de nouvelles métaphores et de créer une nouvelle image du monde. Comment appeler ce grand mythe nouveau de l’humanité planétaire interactive ? L’artiste et philosophe Hervé Fischer le nomme « l’hyperhumanité ». Hyper pour indiquer qu’elle se constitue par multiplication des liens numériques et pour souligner l’émergence d’une conscience augmentée en temps réel, provenant de cette masse réseautée d’êtres humains. Voilà les réflexions que proposera au Cercle Hervé Fischer, auteur de multiples ouvrages et essais, dont CyberProméthée, l’instinct de puissance (VLB Éditeur). Cette conférence est présentée par l’Institut Technologies de l’information et Sociétés et par le Département des littératures. Mardi 26 mars à 19 h 30, au Cercle (228, rue Saint-Joseph Est). Entrée libre.

Démocratie et condition humaine La démocratie ne serait-elle pas le lieu d’une révélation finale sur la condition humaine ? C’est à cette question que tentera de répondre Daniel Tanguay, professeur de philosophie à l’Université d’Ottawa, lors de la conférence qu’il prononcera sur le campus le 4 avril. Il s’attardera à l’œuvre du philosophe belge Robert Legros sous l’angle de la condition politique humaine et de l’expérience démocratique de l’humanité. Daniel Tanguay a écrit de nombreux articles sur le renouveau de la philosophie politique en France depuis 1975. Il a dirigé notamment un ouvrage qui paraîtra ce printemps chez Fides sous le titre : Une démocratie désenchantée ? Marcel Gauchet et la crise contemporaine de la démocratie libérale. Jeudi 4 avril à 19 h 30, au local 1334 du pavillon La Laurentienne.

Comment changer le monde La Chaire de transfert de connaissances, éducation et prévention en santé respiratoire et cardiovasculaire de l’Université présente le 19 avril, à l’Aquarium de Québec, un symposium sur l’apprentissage et les changements de comportement. Les conférenciers aborderont les questions touchant les mécanismes neurophysiologiques de l’apprentissage, les stratégies pratiques favorisant l’acquisition de connaissances, les déterminants du changement de comportement, la décision partagée avec les patients et les façons de motiver les gens à changer leurs habitudes de vie. L’événement cible tous les professionnels engagés dans l’éducation aux patients. Information: rsr.chus.qc.ca

Chez les humains comme chez les bélugas, les comportements migratoires seraient transmis culturellement par les proches parents.

Les bélugas voyagent en famille La transmission culturelle des routes migratoires doit être prise en considération dans la gestion de ce mammifère marin par Jean Hamann Chez le béluga, la connaissance des routes migratoires serait transmise aux jeunes par leur mère et par d’autres membres de leur parenté. Cette transmission culturelle pourrait expliquer pourquoi l’espèce peine à recoloniser des habitats d’où elle a été balayée, avance une équipe de biologistes dans un récent numéro de la revue Proceedings of the Royal Society B. Gabriel Colbeck, Pierre Duchesne et Julie Turgeon, du Département de biologie de l’Université Laval, et leurs collègues de Pêches et Océans Canada, Lianne Postma, Véronique Lesage et Mike Hammill, arrivent à cette conclusion après avoir étudié la génétique des trois troupeaux de bélugas qui fréquentent la région de la baie d’Hudson. Ces trois groupes ont des aires de reproduction et d’hivernage communes dans les parages du détroit d’Hudson, de la baie d’Ungava et de la côte du Labrador. Ce chevauchement de leurs aires vitales assurerait un échange de gènes entre les trois populations.

mode d’apprentissage des comportements migratoires existe chez l’humain et chez quelques espèces de baleine, mais ce n’est pas courant dans le reste du monde animal. » Cette caractéristique expliquerait pourquoi les habiAu printemps, les bélu - tats autrefois fréquentés par gas retournent à leurs aires d’abondantes populations d’estivage respectives en empruntant des routes migratoires distinctes. Les chercheurs ont analysé des échantillons d’ADN provenant de 1524 bélugas des trois populations récoltées Les jeunes par des chasseurs inuits à difbélugas férents moments de l’année. Leurs analyses révèlent que apprendraient les mères et leurs descendants les routes de s’attroupent tout au long du cycle annuel. « C’est quelque migration de chose qui était prévisible pour les mères qui allaitent leurs leur mère, petits, mais cette associa- leurs sœurs, tion se poursuit même après le sevrage, qui a lieu vers leurs tantes ou l’âge de deux ans », souligne leurs cousines Julie Turgeon. Une chose plus étonnante survient pendant les migrations : les attroupements se font entre proches, mais ils vont au-delà de la famille immédiate. Un réseau familial élargi, qui comprend surtout des femelles, se formerait pendant ces périodes. « Les jeunes bélugas apprendraient les routes de migration de leur mère, leurs sœurs, leurs tantes ou leurs cousines, résume la professeure Turgeon. Ce

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de bélugas restent inoccupés longtemps après que la chasse ait décimé celles-ci, même si les conditions sont propices à l’espèce. C’est le cas de la rivière Mucalic et de la Grande rivière de la Baleine, au Nunavik, et probablement celui de la rivière Manicouagan sur la CôteNord. « Le rétablissement de ces populations se fait attendre même si leur disparition est survenue il y a 15 0 a n s  » , c o n st a t e Julie Turgeon. La gestion du béluga doit tenir compte de cette particularité, poursuit la chercheuse. Par exemple, la population de l’est de la baie d’Hudson, qui ne compte que 3300 têtes, est désignée « en voie de disparition » par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Une étude antérieure réalisée par la professeure Turgeon et ses collaborateurs a démontré que cette population est surreprésentée dans la récolte des chasseurs inuits. « Il faut tenir compte de cette vulnérabilité dans l’établissement des quotas de chasse pour cette région, estime la chercheuse. Si cette population est éliminée, les bélugas de l’ouest de la baie d’Hudson ne viendront pas prendre leur place. Les aires d’estivage de l’est de la baie pourraient rester vacantes, même si l’habitat est parfait pour l’espèce. »


arts

le fil | le 21 mars 2013

La femme qui ouvrait les ailes

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en bref

La troupe des Treize présente Colombe de Jean Anouilh, ou comment un oisillon se transforme en cygne fier et libre par Renée Larochelle Madame Alexandra, une actrice célèbre plus très jeune, a deux fils : Armand, véritable bourreau des cœurs, et Julien, humble pianiste en froid avec sa mère depuis des années. Or voici qu’après une longue absence, Julien réapparaît au théâtre en compagnie de Colombe, sa toute nouvelle jeune femme dotée d’une timidité maladive. Il la confie à sa mère pendant les deux ans que dure son service militaire. Accueillie à bras ouverts par Madame Alexandra et toute la troupe, Colombe prend son envol. Elle découvre le plaisir de jouer, de plaire, de s’amuser et d’être aimée. Cette rencontre avec le milieu du théâtre va changer radicalement sa vie… et celle des autres. Voilà en résumé l’histoire de Colombe, une pièce de Jean Anouilh écrite en 1951. Très jouée en France, l’œuvre n’a cependant jamais été montée en Amérique du Nord. « C’est une comédie dramatique à l’image de la vie : triste et joyeuse à la fois ! » dit Geneviève Décarie, interprète de la douce Colombe et directrice de la production. Cette bachelière en communication, présentement inscrite au certificat en relations industrielles, est tombée amoureuse de ce texte en le lisant pour la première fois cet été. « C’est une histoire qui ressemble presque à un conte de fées ! » L’enthousiasme contagieux de la jeune femme a convaincu Jennifer Gagnon Thibault d’assurer la mise en scène de cette œuvre dont l’action se déroule au tournant du 20e siècle. « Il y a des sujets qui vieillissent bien », affirme la jeune

étudiante au baccalauréat en rédaction professionnelle. « Par exemple, Colombe est une femme qui découvre sa liberté par rapport aux hommes. Elle réussit à conquérir son indépendance. » Dans le rôle de Julien, on trouve Guillaume Couture, étudiant en géographie. À quelques jours de la première de Colombe, il est intarissable sur son personnage. « Julien, c’est vraiment le mal-aimé », dit ce passionné de théâtre qui aimerait bien faire carrière dans le domaine un jour. « Il tient à faire son service militaire dans un souci de fierté, mais son geste est incompris de la troupe. Personne ne le comprend, en fait. Il est éperdument amoureux de Colombe, mais il choisit quand même de la quitter. » Pièce sur la condition féminine, l’émancipation, l’amour, la jalousie et la possession : Colombe est tout cela. « J’ai hâte de voir comment le public va réagir, dit Guillaume Couture. En attendant, on leur promet un bon spectacle. » Le reste de la distribution est assurée par Stéphanie Jolicoeur, David Ouellet, Guy Langlois, Sophie Simard, Renaud Corbeil, Andy Cerquiera, Louis Vézina et Roxane Vallée. Du 20 au 24 mars à 20 h, à l’amphithéâtre Hydro-Québec du pavillon Alphonse-Desjardins. Prix d’entrée : 12 $ en prévente et 14 $ à la porte, les soirs de spectacle. Billets en vente au Bureau de la vie étudiante (local 2344 du pavillon Desjardins) ou à www.lestreize.org.

Le guitariste russe Vladimir Gorbach

Les cordes sensibles La Société de guitare de Québec, en collaboration avec la Faculté de musique, recevra en concert jeudi prochain le guitariste russe de réputation internationale Vladimir Gorbach. Au programme, des œuvres de Domenico Scarlatti, Mauro Giuliani, Astor Piazzolla… Acclamé sur plusieurs scènes d’Europe, le musicien a remporté plusieurs premiers prix, le plus récent étant celui de la prestigieuse Guitar Foundation of America. Ce prix lui a valu une tournée de plus de 50 concerts aux États-Unis, au Mexique, au Canada et jusqu’en Chine. Jeudi 28 mars à 20 h, à la salle Henri-Gagnon du pavillon Casault. Coût : 25 $ (20 $ étudiant). Billets en vente au bureau 3312 du pavillon et à la porte le soir du concert.

Pièce sur la condition féminine, l’émancipation, l’amour, la jalousie et la possession : Colombe est tout cela

Bons baisers de Marseille Sous le titre de « Répercussions », quatre finissantes au baccalauréat en arts visuels et médiatiques présentent des œuvres inspirées d’un séjour d’étude effectué en 2012 à l’École supérieure d’arts et de design MarseilleMéditerranée. Vanessa Dallaire-Lagacé présente des images truquées de ses souvenirs de voyage. Elle tente de nous transmettre, de façon détournée, ce qu’elle a ressenti en tant qu’étrangère. Camille Rajotte explore quant à elle la notion d’équilibre. Avec sa sculpture grand format à la stabilité précaire, elle évoque une identité qui se construit malgré la perte de repères. De son côté, Josiane Roberge propose une installation vidéo où l’omniprésence de l’eau sert à dépeindre des états intérieurs, qu’elle accompagnera d’une performance lors du vernissage. Enfin, Camille Nadeau poursuit sa recherche sur la mémoire collective par la mise en espace de mots tirés de l’expérience à l’étranger des exposantes. Du 25 mars au 12 avril, à la Salle d’exposition du pavillon Alphonse-Desjardins. Ouverture de 9 h à 17 h, du lundi au vendredi. Vernissage le 28 mars à 18 h.

Talents de chez nous Laval en Spectacle est de retour pour sa 9e édition sur le thème « D’airs en ères ». Il est temps de réserver son billet pour ce spectacle annuel présenté par des membres du personnel de l’Université. Cette année, on pourra découvrir le jazz de Vicky Bellehumeur et d’André Tchernoff, l’humour d’Alain Massot, le baladi de Julie Lajoie, le dialogue rap de Hugues Callières… Les profits servent à remettre une bourse de création à un membre du personnel. Des œuvres visuelles seront aussi exposées au 4e étage de la Bibliothèque, du 13 au 26 mai.  

La distribution de la pièce Colombe présentée par Les Treize.

Vendredi 24 mai à 19 h 30, au Théâtre de la cité universitaire. Billets en vente à 10 $ sur le site www.lavalenspectacle.ulaval.ca.


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sur le campus

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Un toit de rebuts ? Une maison faite de déchet : des bouteilles de plastique, des canettes de bière, des pneus. C’est ce qu’on trouve à Taos, au Nouveau-Mexique. Non, il ne s’agit pas d’un bidonville ! Les earthships sont ingénieux et inspirants. Par exemple, les bouteilles de verre encastrées dans un mur de ciment créent un décor coloré et lumineux. On dirait que les murs sont des vitraux. C’est cette maison écologique, économique, autosuffisante et inspirante que présentera Francis Gendron, finissant de la Earthship Academy de Taos, lors d’une conférence organisée par Univert Laval. À voir ce jeudi 21 mars au local 1C du pavillon Charles-De Koninck. Lisez l’article de notre collaboratrice Léa Cullen-Robitaille au www.lefil.ulaval.ca.

Bâtisseurs de la Faculté de médecine Parents et amis ont participé constamment que de grands cesse pour la Faculté, car il y Roméo Blanchet est aussi le 7 mars à l’inauguration bâtisseurs sont passés avant était profondément attaché, honoré ce soir, car il était du nouveau Mur des bâtis- nous et qu’ils ont construit dit-elle. Je suis aussi heureuse un grand ami de mon père. » seurs de la Faculté de méde- une faculté solide, humaine de voir que le professeur Martine Frenette cine. Installé au 4e étage du et innovatrice, a souligné le pavillon Ferdinand-Vandry, doyen Rénald Bergeron. Ce ce monument est constitué mur saura rappeler notre de plaques de bronze résu- mission d’enseignement et mant l’implication de six de recherche, qui a toujours grands visionnaires. Il illustre été présente à l’esprit de ces l’attachement envers ces per- gens. » sonnes qui ont marqué l’hisLors de la cérémonie, toire de la première faculté l’apport de chacun de ces de médecine francophone au grands hommes a été souligné Canada. par une courte biographie. «  N o u s a v o n s c h o i s i C’est avec reconnaissance et l’espace le plus fréquenté par émotion que la fille du doyen l’ensemble des membres du Rosaire Gingras, Andrée, a personnel et des visiteurs. remercié la Faculté pour cet COOPÉRER Nous voulons que ces plaques hommage. « Je me rappelle L’ex-professeur à la Faculté de médecine, Jean Blanchet, devant DÉMOCRATIQUE de bronze nous rappellent que mon père travaillait sans la plaque de son père Roméo Blanchet. photo Louise Leblanc

GÉNÉRALE

Avis officiel CONSEIL D’ADMINISTRATION Séance ordinaire du 27 mars 2013 ORDRE DU JOUR 1. Ouverture de la séance 2. Adoption de l’ordre du jour 3. Communications du président et du recteur 4. Questions des membres Sur consentement des membres : Rapports et suivi 5. Comité exécutif : rapport des activités au Conseil d’administration pour la période du 1er au 31 janvier 2013 6. Recommandation du Comité exécutif Subventions et contrats de recherche : rapport 2011-2012 Huis clos (points 7 à 8) Ordre du jour courant 7. Projet du budget 2013-2014 8. Recommandations du Comité exécutif 9. Projections budgétaires 2012-2013 sur la base des résultats au 31 janvier 2013 10. Recommandations du Comité exécutif 11. Suivi des projets de technologies de l’information 12. Centre de santé et de services sociaux du Nord de Lanaudière – Contrat d’affiliation : approbation 13. Recommandation du vice-recteur aux études et aux activités internationales 14. Centre de santé et de services sociaux Rimouski-Neigette – Contrat d’affiliation : approbation 15. Recommandation du vice-recteur aux études et aux activités internationales Clôture de l’assemblée

À LA VIE Source : Université Laval

Aux membres de la Caisse populaire Desjardins de l’Université Laval Vous êtes, par la présente, convoqués à l’assemblée générale annuelle qui aura lieu :

> Date : Le mardi 16 avril 2013 > Heure : 17 h 15 e étage > Lieu : Salle Le Cercle, › Heure : 17 4 h 15 › Lieu : Salle Le Cercle, 4 étage Pavillon Alphonse-Desjardins, Pavillon Alphonse-Desjardins, Université Laval Université Laval

ous nos membres sont cordialement invités à y participer et à enir prendre connaissance des›résultats leurmardi caisse. 16 avril 2013 Date : de Le e

DÉMOCRATIQUE

À LA VIE ÉLections Veuillez noter que, lors des élections, est éligible toute personne physique qui est membre de plein droit de la Caisse, pourvu qu’elle soit admise depuis au moins 90 jours, qu’elle ne soit pas inéligible en vertu de la Loi sur les coopératives de services financiers et qu’elle n’exerce pas une fonction incompatible en vertu du code de déontologie de Desjardins. Tout candidat devra consentir par écrit à une enquête de sécurité et de crédit le concernant et devra s’engager à développer les connaissances et compétences requises à l’exercice de la fonction de dirigeant. Une candidature ne pourra être soumise à l’assemblée que si un avis écrit, signé par un membre et contresigné par le candidat, a été remis avant la fermeture de la Caisse le 5 avril 2013. Des bulletins de mise en candidature sont disponibles à la Caisse.

Les membres pourront prendre connaissance du rapport annuel et du rapport du conseil de

Tous les membres de la Caisse sont cordialement invités à participer à cette assemblée.

du conseil d’administration et du conseil de surveillance et traiter de tout autre sujet inscrit à l’ordre du jour. Deux périodes de questions sont également prévues, l’une destinée au conseil d’administration et l’autre destinée au conseil de surveillance.

Signé le 19 mars 2013 Hélène Lee-Gosselin, secrétaire

décider de la répartition des excédents annuels, de l’intérêt payable sur les parts 418 656-2358surveillance, Tous membres sontdecordialement invités à y participer et à permanentes et sur les parts de ristournes, statuer sur le versement de nos ristournes provenant la réserve pour ristournes éventuelles, adopter un budget pour certains placements, les membres des résultats de leur caisse. www.desjardins.com/caisse-universitelaval venir prendreélire connaissance

Caisse populaire de l'Université Laval

Source : Université Laval

INVITATION

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ANNUELLE Avis de convocAtion

COOPÉRER


livres

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en bref Insurrection ou terrorisme ?

Un de ces endroits méconnus des Québécois, un rivage de la baie d’Ungava au Nunavik, que l’on peut contempler dans Objectif Nord. photo Heiko Wittenborn

Le goût de l’immensité L’ouvrage Objectif Nord est une ode au Québec septentrional qui foisonne de vie

le pays, bien au contraire, avance-t-il. Les nomades qui habitent ce “pays” ont un grand sens de l’accueil. Or, les Sudistes [selon l’exprespar Anne-Marie Lapointe sion du pionnier des études sur le Nord, Louis-Edmond « Le Nord demande qu’on se fasse au détriment de ses Hamelin] abordent le Nord le rêve plus que jamais », gens, de ses bêtes et de ses comme des sédentaires en déclare Jean Désy au tout paysages. voulant protéger à outrance début du livre Objectif Médecin nomade au long certains territoires. » Nord. Le Québec au-delà du cours, Jean Désy, chargé de 49 e parallèle. Cet ouvrage sessions cliniques à l’Univeressentiel, paru en février sité Laval, a fait le constat de aux éditions Sylvain Harvey, l’ignorance des Québécois est une entreprise de séduc- envers les régions situées tout tion qui marie la prose poé- en haut de leur province. « Il e tique et impressionniste de ce y a une méconnaissance qui Au 19 siècle, poète et médecin à celle d’un mène à un “non-amour” pour le Nord était autre amoureux des contrées ces espaces, estime-t-il. Cette nordiques, l’anthropologue césure est récente et s’ex- mieux habité : Serge Bouchard. plique peut-être par l’urbani- les coureurs Avec des photos à couper sation rapide des 50 dernières le souffle et des textes d’une années. Au 19e siècle, le Nord des bois ont grande beauté sur la Boréalie, était mieux habité : les cou- parcouru ce l’Eeyou Istchee (pays des reurs des bois ont parcouru Cris), le Nunavik, l’épinette ce pays à l’amérindienne et pays et l’ont noire ou la belle ennuyance l’ont profondément aimé. » profondément La clef pour un meilleur des routes, le livre permet d’appréhender l’immensité, la développement du Nord aimé beauté et la diversité de ce ter- consiste selon lui à reconritoire. Les auteurs cherchent naître ses valeurs culturelles à nous faire aimer ces espaces et à en accepter le sens. Pour septentrionaux mal connus et cela, il faut faire un effort spiArdent défenseur du métiset peu appréciés qui forment rituel et culturel pour se rappourtant les trois quarts du procher des gens qui y vivent : sage et du dialogue, il préQuébec. Ils y lancent aussi un les Cris, les Innus et les sente et fait entendre, dans cri du cœur : il faut éviter que Inuits. « L’esprit autochtone Objectif Nord, une dizaine de le développement du Nord ne n’est pas un esprit qui ferme voix venues du froid. Celles, entre autres, de Naomi Fontaine, écrivaine innue originaire de la réserve d’UashatMaliotenam près de Sept-Îles, de la poète Emily Novalinga, de Puvirnituq au Nunavik, ou encore du député néodémocrate cri Roméo Saganash qui livre ici un récit poétique étonnant. « Il faut entendre l’humour qu’il y a là-dedans, le côté charnel aussi », dit Jean Désy à propos de l’écriture de Saganash. « L’humour autochtone est porteur de force. Ça fait 25 ans que je travaille chez les Cris : je le Jean Désy fais pour gagner ma vie, bien

«

sûr, mais aussi parce que j’aime rire. » Sommes-nous cependant prêts, nous, gens du « petit Nord », à faire l’effort d’apprivoiser ce territoire compris entre la baie James, la baie d’Hudson et la baie d’Ungava ? Le Nord n’est-il pas coûteux et difficile d’accès ? « Les gens font bien des milliers de kilomètres pour aller en Floride, rétorque-t-il. Il est possible de se rendre à Blanc-Sablon sur le pouce! Havre-Saint-Pierre n’est pas moins le Nord que l’Ungava ; on y trouve la taïga. Il est même possible de se rendre jusqu’à Chisasibi [en Jamésie] en auto sur une route hallucinante ! Le pays est en train de s’ouvrir. » Pe u t - ê t r e n ’ e s t - i l p a s donné à tous d’aimer ce pays exigeant et rude. Serge Bouchard et Jean Désy, eux, y on trouvé un environnement qui répond à leur quête spirituelle et à leur besoin d’introspection. Tout y est nourriture pour l’âme : immensité de l’horizon, fascinantes aurores boréales, pouvoirs mystérieux de l’épinette noire. Même les mouches noires trouvent grâce à leurs yeux ! Pour partir à la découverte de ces contrées qui sont nôtres, se plonger dans la lecture de ce livre et se perdre dans ses nombreux paysages est un pas dans la bonne direction. Objectif Nord possède un prolongement cinématographique et Web. Le portail objectifnord.telequebec.tv contient des trésors, dont le carnet de Boucar Diouf. On peut aussi voir une série documentaire, réalisée par Robert Cornellier, à : video. telequebec.tv/video/14471/ objectif-nord.

Les événements du 11 septembre 2001 ont exacerbé la confusion entre insurrection et terrorisme. Les tactiques terroristes utilisées par les insurgés sont souvent perçues comme une finalité plutôt qu’une stratégie pour faire advenir un nouvel ordre social. Or faire l’économie d’une telle analyse revient à perdre de vue les guerres de légitimité au cœur des conflits. L’ouvrage collectif Terrorisme et insurrection (Presses de l’Université du Québec), dirigé par les professeurs au Département de science politique Aurélie Campana et Gérard Hervouet, insiste sur l’importance d’appréhender les dimensions politiques et territoriales propres à chaque insurrection. La première partie du livre porte sur l’analyse de conflits qui sévissent dans plusieurs régions du monde : Amériques, Moyen Orient, Asie centrale, Caucase du Nord. La deuxième est consacrée aux doctrines et stratégies pour contrer la violence de groupes d’insurgés.

La carte de Mercator La Bibliothèque de l’Université a acquis, en 2010, un joyau : un exemplaire original de Septentrionalium Terrarum descriptio, la carte de l’océan Arctique réalisée par le cartographe flamand Gérard Mercator, publiée en 1595. Pour mieux faire comprendre l’intérêt historique et géographique de celle-ci, le cartothécaire Stéfano Biondo et le bibliothécaire Joë Bouchard ont étroitement collaboré avec Louis-Edmond Hamelin, inventeur du concept de nordicité. Ce travail minutieux a donné lieu à l’ouvrage L’apparition du Nord selon Gérard Mercator, tout juste paru aux Éditions du Septentrion. Magnifiquement illustré, le livre démontre à quel point cet homme de la Renaissance a su faire la synthèse d’un savoir en plein essor en dessinant notamment le détroit de Bering et le bassin hydrographique du Mackenzie, ou encore en utilisant la dérivation latine de mots popularisés par Jacques Cartier : Canadenses et Saguenaiensium.

Polar savant Est-il possible que Thomas Durand, riche marchand d’art trouvé mort dans sa demeure du Vieux-Québec, ait été assassiné ? C’est ce que croit l’enquêtrice Crystal Markova lorsqu’elle vient annoncer la triste nouvelle à Pierre Cancer, meilleur ami de la victime et professeur de philosophie à l’Université Laval. Celui-ci se lance, avec Markova, dans une quête de vérité qui fera appel à son érudition apparemment sans limites : un tableau, des livres rares et des passages bibliques constituent les clefs laissées par le présumé meurtrier. Au fil de l’investigation, Cancer en viendra à douter de l’intégrité de l’homme qu’il aimait tant. Guy Bonneau, professeur à la Faculté de théologie et de sciences religieuses, signe Les clefs de la mort, polar un peu bavard paru récemment aux Éditions Baudelaire.


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bravo !

Josée Audet Membre du Conseil de recherches en sciences humaines

Eugénie Brouillet Sophie Chavanel Le choix de Médaillée du Pauline Marois jubilé de diamant Elizabeth II C’est à la doyenne de la

Faculté de droit qu’échoit l’honneur d’être élue femme de la relève par la première ministre Marois, dans un Josée Audet, professeure dossier du journal La Presse. titulaire à la Faculté des À 40 ans, Eugénie Brouillet sciences de l’administration est une juriste réputée : et directrice du Département auteure de nombreux oude management, qui est de vrages publiés en collaboplus responsable des agrération avec des spécialistes ments internationaux à la prestigieux, elle est reconnue Faculté, vient d’être nommée dans le monde pour ses commembre du C. A. du Conseil pétences de constitutionnade recherches en sciences liste. Nommée vice-doyenne humaines pour une durée à l’âge de 27 ans seulement, de trois ans. La profeselle n’est que la deuxième seure aura pour mandat de femme à accéder à la tête de conseiller le président afin de la Faculté de droit et l’une s’assurer que les priorités et des trois doyennes actuelleles programmes du Conseil ment en poste à l’Université favorisent le développement Laval. Elle est aussi mère de d’une communauté solide et trois jeunes enfants âgés de dynamique de chercheurs en 8, 10 et 12 ans. De quoi inssciences humaines. pirer les filles de la relève et leur mère !

Chloé Guillemette Prix MarcelTassé 2013 Décerné chaque année par la Chambre de l’assurance de dommages, le prix MarcelTassé a pour but d’encourager la relève dans ce domaine mal connu. Cette année, 21 finissants étaient en lice. C’est une étudiante du Cégep Lévis-Lauzon, Chloé Guillemette, qui s’est démarquée. Inscrite depuis janvier au baccalauréat en administration des affaires, concentration gestion des risques et assurance, la jeune femme – qui est aussi à l’emploi de la SSQ depuis quelques années – s’est donné pour mission d’intéresser le plus grand nombre de personnes aux métiers de l’assurance de dommages. photo IADQ Denis Bernier

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Guy Laforest et François Côté Ordre de la Pléiade

Jacqueline Corbett Article primé à Hawaii

Mathieu Gagnon Prix vert pour le Service des résidences

Étudiante au doctorat en communication publique, Sophie Chavanel reçoit la Médaille du jubilé de diamant de la reine Elizabeth II. Cette médaille souligne depuis 2012 la contribution importante d’une personne à sa collectivité ou une réalisation exceptionnelle. La jeune femme travaille à titre de coordonnatrice aux communications de la Croix-Rouge dans des opérations de crise humanitaire à forte résonance internationale. Après un court séjour à Québec, elle réintégrera l’équipe de la Croix-Rouge en Indonésie pour trois ans. Elle y poursuivra sa recherche doctorale tout en collaborant aux travaux de l’Observatoire des médias sociaux en relations publiques.

Jacqueline Corbett, professeure adjointe au Département des systèmes d’information organisationnels, a remporté le prix pour le meilleur article présenté lors de la 46e édition de la Hawaii International Conference on System Sciences. Elle a obtenu cette distinction pour « The effects of green on IT/S projects : Recycling the garbage can model », coécrit avec des professeurs de l’Université Queen’s. S’inspirant de la théorie de la prise de décision selon le « modèle de la poubelle », elle montre comment des considérations environnementales interviennent dans les projets en technologie de l’information.

Pour la deuxième année, le Service des résidences vient de se distinguer au concours du Partenariat jeunesse sur le développement durable de la Coalition Sierra. Le projet soumis par Mathieu Gagnon, directeur du Service, avec Marie-Josée Dallaire, Saïd Laayouchi et Claudia Victoria Alvarado Gonzalez, a remporté les honneurs de la catégorie Gestion durable. Il a devancé les participants des universités McGill et Concordia ainsi que du Cégep de Matane.

Baccalauréat en génie industriel Cinq gagnants au Congrès canadien étudiant

Département d’information et communication Champion aux Jeux

Hautes Études internationales Première place à la Simulation de l’Union africaine

Cette année encore, c’est l’Université qui a remporté Cinq étudiants du baccales grands honneurs des lauréat en génie industriel, jeux de la communication. Parmi les 11 personnaliun programme créé il y a tout Neuf établissements pretés décorées de l’Ordre de juste trois ans, se sont démarnaient part aux 17es Jeux la Pléiade ce 19 mars, on qués au Congrès canadien franco-canadiens de la compte non pas un, mais étudiant de génie industriel. communication Infopresse deux membres de la comLaurence Isabelle, Louisqui se tenaient à l’Université munauté universitaire. Philippe Noël, Marie-Anne d’Ottawa. Les 32 étudiants Professeur au Département Côté et Olivier Bouchard ont de Québec ont touché l’or de science politique, Guy enlevé la première place au (radio), l’argent (bulletin de Laforest devient Chevalier. concours de cas : ils ont eu nouvelles, relations publiSon collègue François quatre heures pour élaborer ques, vidéo, vitrine cultuCôté, professeur associé au une proposition afin d’amérelle) et le bronze (écriture Département de science liorer un centre d’assemblage journalistique). politique et ancien secréchez Méga-Bloc, proposition taire général de l’Assemqu’ils ont dû défendre devant blée nationale, reçoit jury. De son côté, Zachary l’insigne du Commandeur. Montreuil a obtenu la troiCréé en 1976, l’Ordre de la sième place dans la catégorie Pléiade reconnaît le mérite du meilleur papier étudiant. de personnalités qui se sont À l’écrit comme à l’oral, son distinguées selon les idéaux exposé sur « la simulation de l’Assemblée parlementaire d’un centre logistique de de la francophonie. À ce jour, transbordement dans la quelque 260 personnes ont vision Internet Physique » a été honorées. séduit le jury.

À sa première participation à la Simulation de l’Union africaine, à Washington, la délégation de l’Université a raflé le premier prix du jury. Désignée pour représenter le Mali, elle a pu accéder à de nombreuses tables de négociations, pour le plus grand bonheur de Joëlle Timma Toupé et Stéfanie Lévesque, étudiantes aux Hautes Études internationales. Semaine fort stimulante : les jeunes femmes ont pu échanger avec les délégués d’universités étasuniennes et rencontrer l’ambassadeur du Mali à Washington.

Samuel Vincent Guay Champion des étudiants entrepreneurs Étudiant au baccalauréat en administration des affaires, Samuel Vincent Guay vient de se voir décerner le titre de champion provincial des étudiants entrepreneurs par Enactus Canada, un organisme à but non lucratif qui fait la promotion de l’esprit d’entreprise. Cet honneur récompense ses efforts pour allier la gestion de sa compagnie à la poursuite de ses études universitaires. Le jeune homme est propriétaire d’une franchise Aki Sushi depuis l’âge de 19 ans. Il préside également le Regroupement des étudiants entrepreneurs de l’Université Laval.

Faculté des sciences de l’administration Rotman International Trading Competition À Toronto, des étudiants de la Faculté des sciences de l’administration ont remporté la 10e édition de la Rotman International Trading Competition, la plus importante compétition universitaire en simulation financière. Composée de Jean-François Boilard, Guillaume Sévigny, Dave Doyon et François Bettez (tous à la maîtrise) ainsi que de Pierre-Luc Nadeau et Olivier Tardif-Loiselle (au baccalauréat), la délégation a devancé les représentants d’une cinquantaine d’écoles de gestion parmi les plus prestigieuses au monde, notamment celles de l’Université de Chicago, du Massachussetts Institute of Technology et de l’Université Duke. Les étudiants étaient supervisés par Marc-André Picard, gestionnaire des salles des marchés Jean-Turmel et Carmand-Normand.


sports

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en bref

Julien Priol du Rouge et Or. photo Yan Doublet

Duels en soccer intérieur

Tous au grand air !

Le conditionnement physique printanier offre une période de mise en forme pour ceux qui aspirent au grand air. photo PEPS

Le PEPS a concocté une programmation printanière qui donne des fourmis dans les jambes par Catherine Lévesque Le PEPS renouvelle son offre de cours pour aider les gens à démarrer avec vitalité la saison estivale. À partir du mois de mai, plusieurs activités incitent à combiner l’entraînement au plaisir d’être à l’extérieur. L’inscription commence le mercredi 27 mars. Le cours de conditionnement physique printanier propose de mettre le nez dehors en travaillant le cardiovasculaire par la marche, le jogging ou certains jeux. À cela s’ajoute l’entraînement musculaire. Une activité parfaite pour ceux qui souhaitent améliorer leur forme physique ou la conserver tout en s’aérant les idées. Le coût est de 34 $ pour les membres et de 43 $ pour les non-membres. Les lundi et jeudi, sur l’heure du midi, le cours de marche sportive fait découvrir les sentiers du campus. L’instructeur mène la séance à un pas vif tout en guidant le travail musculaire. Les élastiques longs et courts, les petits poids aux chevilles et les bâtons de marche font partie du matériel utilisé. On met également à profit ce que l’environnement peut fournir – bancs, tables, etc. – pour effectuer des exercices. Différentes méthodes d’entraînement (super séries, circuits et autres) sont introduites durant la séance. Beau temps, mauvais temps, les participants sortent à l’extérieur pour

vivre ce moment privilégié ! Le coût est de 27 $ pour les membres et de 32 $ pour les non-membres. Pour les plus actifs, le cours entraînement extrême extérieur exige un effort cardiovasculaire et musculaire intense en termes de volume et de vitesse. Les participants dépensent beaucoup d’énergie en utilisant le poids de leur corps (course, montée dans une corde, musculation, etc.) ainsi que des équipements comme le ballon lesté (medicine ball) et les bandes de résistance. Le nombre de places est limité. Le printemps annonce aussi la réouverture du champ de pratique libre pour golfeurs situé sur les terrains de l’Université. Le Golf campus comprend notamment 61 espaces de frappe, une fosse de sable et des cibles. Au coût de 295 $, la carte privilège permet de s’exercer à volonté tout au long de la saison. Différents forfaits sont aussi offerts. Cours de groupe, privés et semi-privés permettent de pratiquer, sous l’œil d’enseignants expérimentés, diverses techniques allant des plus simples aux plus audacieuses. La première session de cours débutera le 13 mai, la seconde, le 2 juillet et la troisième, le 5 août. Les six terrains de volleyball de plage situés devant l’entrée principale du PEPS fourmillent de sportifs durant

les mois ensoleillés de l’été. On achète une carte de membre à la réception du PEPS dès le mois de mai ou on loue un terrain à l’heure. Tournois privés, 5 à 7 et menus du midi peuvent agrémenter la formule. Pour information : Anne-Claire Nobili au 418 656–PEPS poste 5546. Les mordus de soccer, de volleyball, d’ultimate frisbee ou de softball seront choyés puisqu’ils pourront pratiquer sur des terrains neufs, éclairés et synthétiques. De belles soirées d’été sont prévues dès la mi-mai ! L’inscription aux ligues récréatives est ouverte à tous. Elle aura lieu les 30 avril, 1er et 2 mai entre 12 h et 21 h au niveau 2 du PEPS. Pour les détails : www.peps. ulaval.ca/intra.

Les mordus de soccer, de volleyball, d’ultimate frisbee ou de softball seront choyés puisqu’ils pourront pratiquer sur des terrains neufs

Vous êtes plutôt adepte de tennis ? Des terrains extérieurs situés entre le Golf campus et le pavillon LouisJ a c qu e s - C a s a u l t s e r o n t disponibles pour la pratique libre dès le 13 mai. Les amateurs membres du PEPS pourront réserver gratuitement une plage horaire sur place, en fonction des disponibilités, ou réserver un terrain chaque semaine à heure fixe en communiquant au 418 656-2131 poste 6030. Cette option coûte 11 $ pour les étudiants et 13 $ pour les autres. Un tourbillon d’activités jeunesse

Le Programme Jeunesse offre aussi des activités estivales comme le tennis ou le golf, sans compter des cours de cardiovélo pour ado, cheerleading, danse, etc. Pour une 43e année cet été, le PEPS accueillera aussi plus de 2 500 jeunes de 6 à 17 ans dans ses différents camps sport. Dès la fin juin, il invitera les petits participants à pratiquer un grand nombre de disciplines : basketball, escalade, trampoline, soccer, athlétisme, badminton, etc. Une nouveauté cette année : le camp de ski de fond. Les inscriptions se déroulent présentement jusqu’au 16 août. Pour information : 418 656-2131 poste 6029. Les inscriptions aux cours du printemps commencent au PEPS le mercredi 27 mars à 7 h. On peut aussi téléphoner au 418 656-PEPS du lundi au vendredi de 9 h à 12 h et de 13 h 30 à 16 h 30. Programme : www.peps. ulaval.ca.

Les deux équipes de soccer intérieur du Rouge et Or ont obtenu leur laissez-passer pour la finale provinciale qui aura lieu dimanche aprèsmidi au stade TELUS-Université Laval. Les filles ont d’abord vaincu les championnes de la saison régulière, le Vert & Or de Sherbrooke, par la marque de 1-0. Puis, les hommes ont défait la formation masculine de cette même université, cette fois par le compte de 2-1. Les deux finales provinciales opposeront donc le Rouge et Or aux Carabins de Montréal, vainqueurs des autres demi-finales. La rencontre féminine aura lieu à 13 h, alors que le coup d’envoi de l’affrontement masculin sera donné à 15 h 15. Si les hommes jouent une quatrième finale en cinq ans, il s’agira d’une première depuis 2008 pour les dames.

Fin de semaine décisive en ski alpin L’équipe féminine de ski alpin du Rouge et Or est en bonne position pour rafler son premier titre provincial depuis 1994. Avec seulement deux courses à disputer cette fin de semaine à Stoneham, elle dispose d’une mince avance de trois points sur les Carabins de Montréal. La recrue Laurence Vallerand, qui a confirmé sa victoire individuelle la semaine dernière à LacBeauport, pourrait devenir la troisième femme de l’histoire du circuit universitaire québécois à remporter sept épreuves ou plus au cours d’une même saison. Les hommes accusent un retard sur les Carabins (252 points), mais ils peuvent encore se rattraper. La bannière combinée – hommes et femmes – est toujours un enjeu, les Montréalais menant par 249 points. Les deux épreuves finales de slalom géant auront lieu vendredi et samedi.

Kung-fu pour débutantes Le PEPS offre un stage d’initiation au kung-fu pour femmes. Cette formation de deux heures vise à initier les participantes à la défense personnelle par les attitudes et les techniques adéquates. Elle ne requiert aucun préalable dans les arts martiaux, seulement le désir d’utiliser ses propres ressources pour s’aider en cas d’attaque. Le prochain stage aura lieu le dimanche 7 avril de 11 h 30 à 13 h 30. Le coût est de 18 $ pour les membres du PEPS, 14 $ pour les membres étudiants et 26 $ pour les autres. www.peps.ulaval.ca – onglet Programmation, section Cours, sous-section Arts martiaux


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au fil de la semaine

le fil | le 21 mars 2013

Développer le Nord, oui, mais comment ? Le colloque étudiant de l’Institut Hydro-Québec en environnement, développement et société présente une table ronde sur la gestion des ressources durables du Nord. Cinq invités seront présents, dont le conférencier d’honneur Andy Baribeau, conseiller pour la Nation crie de Mistissini, qui abordera les besoins, l’avenir et les aspirations du Nord et du Sud. Deux professeurs de l’Université participeront au débat : Thierry Rodon (science politique) insistera sur la nature des défis humains à prendre en considération, alors que Markus Herrmann (économie) se demandera si le Québec possède une comptabilité verte. Deux autres conférenciers exprimeront leur vision des choses, soit Jean-Yves Labbé, géologue au ministère des Ressources naturelles, ainsi que Marcel Darveau, chef de la recherche et de la conservation boréales pour Canards illimités. L’activité sera suivie du film Le Nord au cœur de Serge Giguère à 16 h. (photo Joëlle Taillon)

25/03 25/03

27/03

Don Juan revisité Énergie nucléaire : verte ou noire ? La troupe de théâtre Côté Cour de la Faculté de droit a craqué cette année pour la pièce La nuit de Valognes de l’écrivain et philosophe bien connu Éric-Emmanuel Schmitt. Cinq femmes séduites et abandonnées par Don Juan décident de l’instruire en procès : il devra épouser la dernière de ses conquêtes, Angélique de Chiffreville, afin de mettre fin à sa quête sans fin de désir. À la grande surprise de toutes, celui-ci accepte sa sentence avant même la tenue du procès. Il renonce à l’inconstance et aux plaisirs charnels afin de rendre hommage à un sentiment profond qu’il n’a éprouvé qu’une fois… pour un homme ! La mise en scène est signée Jelena Djukic. Thomas Royer personnifie Don Juan et Amélie Gélinas incarne Angélique.

Les 25, 26, 27 et 29 mars à 19 h, au Théâtre de poche du pavillon MauricePollack. Billets en vente à 10 $ (étudiant) et 15 $ (grand public) devant le local 2419 du pavillon Charles-De Koninck ainsi qu’à la porte les soirs de représentation.

C’est là le titre de la conférence qui sera donnée par le professeur au Département de chimie Dominique Larivière mercredi et présentée dans le cadre du cycle « La chimie pour une société viable ». Le professeur abordera les aspects scientifiques et environnementaux associés à la production d’énergie nucléaire. Il détaillera l’impact de cette filière sur la nature et le comparera à celui d’autres sources d’énergie. De plus, il expliquera comment les recherches effectuées actuellement au laboratoire de radioécologie permettent d’évaluer, de comprendre et de réduire les répercussions environnementales causées par la production d’énergie nucléaire. Mercredi 27 mars de 12 h à 13 h, au local 3860 du pavillon Alexandre-Vachon.

27/03

27/03

Les nouvelles Le marketing dynamiques du politique façon monde du travail Duplessis C’est le professeur au Département de sociologie Daniel Mercure qui viendra prononcer la deuxième grande conférence en l’honneur des 75 ans de la Faculté des sciences sociales. Il y fera le point sur les grands changements qui ont marqué le monde de l’emploi depuis les années 1970. Il montrera à quel point les entreprises ont tablé sur la flexibilité, notamment par la sous-traitance, afin de s’ajuster plus facilement aux fluctuations du marché. Cela a eu pour effet l’essor du travail atypique, la polyvalence des travailleurs ainsi que leur précarisation. Il s’attardera également aux nouvelles valeurs et attitudes des travailleurs, dont celles qui caractérisent notamment la génération Y. Mercredi 27 mars à 17 h, à la salle Jean-Paul-Tardif du pavillon La Laurentienne. Inscription à l’adresse : inscriptionconference dmercure@fss.ulaval.ca.

Lundi 25 mars de 13 h 30 à 15 h, au local 2320-2330 du pavillon Gene-H.-Kruger. Inscription en ligne au www.ihqeds.ulaval.ca.

28/03

03/04

Droits des Pour l’amour du migrants dans les violon Amériques

Les passionnés d’histoire ou de publicité ont tout intérêt à assister à la conférence « Duplessis, l’invention du marketing politique » qui sera prononcée mercredi prochain par Alain Lavigne, professeur au Département d’information et de communication. Cette activité entoure l’exposition en cours à la Villa Bagatelle intitulée « Duplessis donne à sa province. Le marketing politique de l’Union nationale ». La réélection éclatante de l’Union nationale en 1948 doit beaucoup aux techniques publicitaires et à la campagne de notoriété du « cheuf » Duplessis. En effet, le slogan « Les Libéraux donnent aux étrangers; Duplessis donne à sa province » fonctionne à merveille. Sans compter qu’on ne manque pas une occasion d’exposer Duplessis drapé de « son » nouveau drapeau provincial, créé en janvier de la même année.

La Cour interaméricaine des droits de l’Homme a condamné, le 24 octobre dernier, la République dominicaine pour avoir attaqué, exécuté et blessé arbitrairement une trentaine de migrants haïtiens lors du massacre de Guayubin survenu en juin 2000. Cette décision judiciaire constitue un précédent important pour la défense des droits des migrants. Le professeur de droit et fondateur de la Clinique internationale de défense des droits humains de l’UQAM, Gérard Duhaime, a représenté les victimes lors de cette affaire. Il viendra parler de la démarche qui l’a conduit à participer à ce jugement historique. Il abordera également le rôle du système interaméricain des droits de l’homme dans la promotion des droits des migrants. Cette conférence est présentée par les Hautes Études internationales.

Mercredi 27 mars à 20 h, au local 1640 du pavillon Louis-Jacques-Casault. Entrée libre.

Jeudi 28 mars de 11 h 30 à 13 h, au local 3244 du pavillon Charles-De Koninck.

Consultez le calendrier complet des activités sur le campus à ulaval.ca

Si le violon est un instrument qui vous vrille le cœur, sachez qu’un concert mettant en vedette cet instrument aura lieu le mercredi 3 avril. Le violoniste Luc Beauchemin et le pianiste Louis-Dominique Roy seront à pied d’œuvre pour interpréter des œuvres pour violon ou alto de Telemann, Schubert, Brahms et Franck. Musicien aguerri, Luc Beauchemin est membre du quatuor Alcan et altiste solo de l’Orchestre symphonique du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Quant à Louis-Dominique Roy, il est membre des Six pianos d’Orford depuis peu et a notamment été le pianiste des chœurs de l’Orchestre symphonique de Montréal pendant 12 ans. Mercredi 3 avril à 20 h, à la salle Henri-Gagnon du pavillon Louis-JacquesCasault. Une contribution volontaire serait appréciée.

Le Fil 21 mars 2013  

Journal institutionnel de l'Université Laval

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