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La pleine lune déclenche-t-elle des problèmes psychologiques ? p8

Volume 48, numéro 11 22 novembre 2012

photo Marc Robitaille

Prélude à la saison nouvelle

L’Ensemble vent et percussion de Québec consacre son premier concert de l’année à la musique des éléments : l’eau, l’air et le vol des papillons. p11


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le fil | le 22 novembre 2012

en bref

Nuit de la liberté 2012 photo Jessy Bernier/Perspective

Une nuit mémorable Plus de 1 200 personnes ont assisté à la deuxième édition de la Nuit de la liberté présentée au Musée de la civilisation le jeudi 8 novembre. Parmi les moments forts, soulignons la table ronde sur les processus de médiation en faveur de la paix, animée par la juge Louise Otis, ainsi que le cabaret politique animé par le sociologue Pierre Mouterde sur le printemps érable, qui a retenu l’attention d’un jeune public très préoccupé par cette question. Un tweet-poème sur écran géant a permis à plusieurs personnes de laisser éclater leur créativité en lien avec le thème de cette année, « Amour, Réconciliation et Solidarité ». Née d’une collaboration entre la Faculté des lettres et le Musée de la civilisation, la Nuit de la liberté vise à mettre en valeur les sciences humaines et leur apport à la société.

Oseriez-vous contredire la médecin France Légaré si elle vous recommandait un traitement qui vous déplaît ? Vous devriez vous sentir libre de le faire, estime-t-elle. photo Marc Robitaille

Le docteur a raison ? Seulement une personne sur sept oserait dire à son médecin qu’elle ne partage pas son point de vue par Jean Hamann

Budget serré pour les universités Le ministre des Finances Nicolas Marceau vient de déposer le budget 2013 du gouvernement du Québec. L’enseignement supérieur voit son enveloppe augmenter de 159,2 millions (2 %). Quant aux droits de scolarité, ils seront déterminés au terme du sommet sur l’enseignement supérieur qui se tiendra en février prochain. Le budget ne mentionne pas si le gouvernement indexera ces droits, ce qui rapporterait 50 millions par année, ou compensera le manque à gagner entraîné par l’annulation de leur hausse. Dès 2013-2014, Québec éliminera les bonifications au régime de prêts et bourses annoncées par les libéraux. Enfin, le volet recherche, science et innovation est amputé de 37,5 millions, soit une baisse de 11 %.

Fiesta ludique Avis aux tricheurs compulsifs, aux amateurs de fourberies et d’enveloppes brunes, la 3e Fiesta ludique de Québec aura lieu le samedi 1er décembre sur le campus. Chaque année, cette activité convie des centaines d’amateurs de jeux de société à venir essayer gratuitement les nouveautés du domaine et à redécouvrir leurs classiques dans une ambiance joyeuse et conviviale. Vous êtes donc invité à sortir de la morosité médiatique pour venir jouer aux Palais de Carrara, Timeline ou aux plus connus Carcassonne et Catane. Nul besoin de savoir jouer, le principe est de s’amuser en famille ou entre amis. Samedi 1er décembre de 10 h à 22 h, à l’atrium du pavillon Charles-De Koninck.

En théorie, la médecine reposant sur la prise de décision partagée est comme la tarte aux pommes. Qui peut s’opposer au fait qu’un médecin et son patient discutent et prennent ensemble une décision en tenant compte des données scientifiques et des préférences du patient ? En pratique toutefois, cette approche se heurte à un obstacle de taille : à peine une personne sur sept oserait dire à son docteur qu’elle ne partage pas sa façon de voir les choses. C’est ce que démontre une étude publiée dans Archives of Internal Medicine par une équipe dont fait partie France Légaré, professeure à la Faculté de médecine. Les chercheurs ont demandé à 1340 patients ce qu’ils feraient s’ils se retrouvaient dans la situation suivante. Leur médecin leur annonce qu’ils ont une maladie cardiaque modérément grave pour laquelle trois traitements existent : la

prise de médicaments, l’angioplastie ou le pontage coronarien. Sur le plan médical, chaque option présente des avantages et des inconvénients et aucune n’est nettement supérieure aux autres.

L’attitude des patients pourrait s’expliquer par la crainte que leurs rapports avec le médecin en souffrent

On peut le lire en ligne au www.lefil.ulaval.ca et s’abonner gratuitement à un avis de parution électronique. Écrivez-nous ! Le Fil accueille vos idées avec plaisir.

Le journal de la communauté universitaire Fondé en 1965, Le Fil est un hebdomadaire publié 30 fois par an par la Direction des communications de l’Université Laval et distribué gratuitement sur le campus.

Les lettres destinées au courrier des lecteurs – 400 mots maximum – doivent nous parvenir au plus tard le vendredi midi précédant la parution, à l’adresse info@lefil.ulaval.ca. Le contenu de ce journal peut être reproduit à condition de mentionner la source et l’auteur. Rédaction Éditrice : Hélène Côté, directrice des communications

Les analyses des chercheurs révèlent que plus de 93 % des répondants n’hésiteraient pas à poser des questions à leur médecin et à se prononcer sur le traitement qu’ils préfèrent. Par contre, à peine 14 % oseraient lui dire ouvertement qu’ils ne partagent pas son point de vue. Même si 70 % des répondants croient qu’une décision médicale revient à parts égales au médecin et au patient, seulement 14 % estiment qu’il est socialement acceptable d’exprimer un avis contraire et uniquement 15 % croient que quelque chose de bon peut résulter de la confrontation de leurs idées. Selon France Légaré, l’attitude des patients pourrait s’expliquer par leur manque de connaissances médicales, par la conviction qu’il y a une solution supérieure aux autres et que le médecin la connaît sûrement ou encore par la crainte que leurs rapports avec le médecin en souffrent. « Cette attitude n’est pas seulement un obstacle à la prise de décision partagée, commente la chercheuse. Elle est le reflet d’un modèle – la prise de décision par l’expert – que la prise de décision partagée cherche à remplacer. »

Rédactrice en chef : Mélanie Saint-Hilaire Journalistes : Jean Hamann, Renée Larochelle, Yvon Larose Journaliste nouveaux médias : Julie Picard Collaborateurs : Matthieu Dessureault, Pascale Guéricolas, Brigitte Trudel, Léa CullenRobitaille, Caroline Berger, Catherine Lévesque et Véronique Dorval Rédactrice-réviseure : Anne-Marie Lapointe Secrétaire à la rédaction : Josée Nadeau Production Infographie : Léa Robitaille, Service de reprographie de l’Université Laval Impression : Les Presses du Fleuve, Montmagny (Québec)

Ventes publicitaires Élisabeth Farinacci 418 656-2131 poste 4618 Dépôt légal Bibliothèque nationale du Québec, ISSN 022-1-1965 Pour nous joindre 2325, rue de l’Université, local 3108 Québec (Québec) G1V 0A6 Téléphone : 418 656-2131 poste 4687


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Partagez la tourtière ! par Véronique Dorval Connaissez-vous le Parrainage des Fêtes organisé par le Bureau de la vie étudiante ? Ce programme encourage les familles québécoises de la communauté universitaire à accueillir des étudiants étrangers le temps d’une soirée familiale de Noël ou du Nouvel An. Depuis cinq ans, une cinquantaine de jumelages sont effectués chaque année. C’est une occasion unique de faire des rencontres enrichissantes et de partager la culture québécoise avec des gens venus d’ailleurs. Et cette année, le Bureau s’est lancé un défi : ne refuser aucun étudiant par manque de familles-marraines. L’an passé, l’agente de bureau Gabrielle Bouchard a participé au Parrainage des Fêtes pour la première fois. « J’ai demandé aux étudiants avec lesquels j’étais jumelée, un Colombien et un Mexicain, d’arriver 30 minutes avant tous nos autres invités afin de faire connaissance et de les mettre à l’aise, raconte-t-elle. Ils ont grandement apprécié notre souper de Noël en famille. Ils se sentaient loin des leurs en cette période de réjouissances. Comme nous étions 12 convives, ç’a été un repas animé et une soirée réconfortante pour eux. » Gabrielle Bouchard garde un beau souvenir de leur échange sur les coutumes de Noël. « Nous avons constaté plusieurs similarités dans les plats servis ainsi que dans les échanges de cadeaux et de vœux. Cette soirée restera mémorable pour moi et toute ma famille », ditelle, bien décidée à répéter l’expérience. Les étudiants étrangers apprécient également leur

participation au Parrainage des Fêtes. Originaire du M a d a g a s c a r, Ly n d a Ta Hubert a passé Noël dernier dans une famille d’ici. « J’ai découvert des points communs entre les sociétés malgache et québécoise : la chaleur, la générosité et la simplicité, le sens de la famille, l’amitié… Depuis, je me sens moins intimidée d’aller vers les gens à Québec », confie-telle. Elle a été frappée par le repas. « Copieux, délicieux, réconfortant, avec une belle ambiance autour de la table et au coin du feu. Un menu auquel je n’avais jamais goûté encore : tourte au sanglier, tarte à l’oignon, terrine de porc et poulet, et surtout de délicieux biscuits des fêtes faits maison, selon des recettes qui se sont transmises de génération en génération dans la famille. » Pour participer comme famille-marraine, rien de plus simple. Un membre de votre famille doit être employé ou étudiant à l’Université Laval et vous devez accueillir un minimum de deux invités. Le jumelage s’effectue durant la semaine du 10 décembre selon certains critères tels que les intérêts, la langue d’usage et le type de soirée offerte. Julie Cummings, coordonnatrice du programme et conseillère aux étudiants étrangers, recommande aux personnes intéressées de visiter le site Web du Bureau de la vie étudiante pour en savoir plus sur les modalités. « En ce temps de réjouissances, le Parrainage des Fêtes est une bonne façon de redonner un sens au mot partage », conclut-elle. www.bve.ulaval.ca - onglets Accompagnement des étudiants étrangers, Services et activités et Parrainage des Fêtes

L’an dernier, l’employée de l’Université Gabrielle Bouchard a reçu pour Noël deux étudiants, le Colombien Arnaldo Ariza et le Mexicain Edy Guadalupe Jiménez Lizcano.

Van Son Lai et Issouf Soumaré, éditeurs du site de vulgarisation financière www.ispfq.com. photo Marc Robitaille

Pour le bien de tous Un nouveau site Web démystifie pour le grand public l’industrie des services financiers au Québec par Yvon Larose Comment fonctionnent les banques et les compagnies d’assurance ? En quoi consiste la réglementation financière pour la protection des petits investisseurs? Et quelles sont les caractéristiques des actions et des obligations ? La réponse à ces questions, et à bien d’autres, se trouve dans un tout nouveau site Web conçu par les professeurs Van Son Lai et Issouf Soumaré. Les deux codirigent le Laboratoire d’ingénierie financière au Département de finance, assurance et immobilier. « Nous avons décidé de créer notre site à la suite d’un constat : il y a peu de connaissances sur le fonctionnement de l’industrie des services financiers au Québec qui sont disponibles en français sur Internet pour monsieur et madame Tout-lemonde », explique Issouf Soumaré. Le projet a débuté au printemps 2011. Pour effectuer leur travail, les deux professeurs se sont entourés d’étudiants et de professionnels du domaine. L’Autorité des marchés financiers a financé les travaux. « Ce projet novateur a permis de regrouper au même endroit des informations qui sont disponibles à gauche et à droite de façon disparate, indique Issouf Soumaré. Notre site [www.ispfq. com] offre un fil conducteur au citoyen. » Grâce à cet outil didactique, l’usager peut savoir, dans les grandes lignes, comment fonctionne une banque ou une caisse populaire. Le site permet de comprendre le rôle de l’Autorité des marchés financiers dans le contexte des

scandales impliquant des criminels à cravate comme Vincent Lacroix. Il explique aussi de façon claire le principe de base de la relation risquerendement qui sous-tend les produits financiers. « En résumé, affirme Issouf Soumaré, notre site permet au citoyen de se former lui-même en ligne. Ce dernier sera ainsi mieux outillé, notamment lorsqu’il rencontrera son conseiller financier. » Le projet visait un large public, notamment les jeunes qui se préparent à entrer sur le marché du travail. « Il est important pour eux d’acquérir des connaissances qui vont leur permettre de mieux gérer leurs épargnes et de prendre des décisions financières éclairées », soutient Issouf Soumaré. L e s i t e s’ a d r e s s e a u s s i a u x 30-45 ans qui ont généralement des enfants à charge et le souci d’acquérir une maison et une voiture. « Ces gens n’ont pas toujours le temps de se renseigner adéquatement, poursuitil. Il leur faut des informations qui vont leur permettre de prendre rapidement une décision financière. » Les 45-65 ans, eux, se préoccupent de la planification de leur retraite. Dernière catégorie : les aînés qui sont « très soucieux de stabiliser leur revenu ». Les concepteurs ont choisi une mise en page sobre agrémentée de nombreuses photographies. Simple d’utilisation, leur site contient une masse d’information vulgarisée répartie en six grandes sections, soit les assurances, la dette, l’épargne et les placements, les guides et conseils, l’industrie des ser-

vices financiers et la protection des finances personnelles. Les contenus sont rédigés dans une langue claire et accessible. En tout, 64 sujets sont abordés. Ils portent, entre autres, sur l’assurance automobile, les cartes de crédit, les fonds négociés en bourse, le départ à la retraite, les organismes de règlementation et le vol d’identité. Enfin, le visiteur peut remplir quatre jeux-questionnaires pour tester ses connaissances et regarder huit capsules vidéo. En naviguant, l’usager apprend bien des choses. Entre autres qu’il faut comparer plusieurs compagnies avant de choisir un agent ou un courtier d’assurances. La faillite n’est pas la meilleure solution lorsqu’on fait face à une dette trop lourde. Qu’on investisse ou qu’on emprunte, il est primordial de comprendre le fonctionnement des taux d’intérêt. Et investir de façon moins risquée se fait en diversifiant ses actifs. « Nous faisons pas mal le tour de tous les aspects importants, souligne Issouf Soumaré. Outil évolutif, le site sera mis à jour chaque année au Laboratoire d’ingénierie financière. »

Le site contient une masse d’information vulgarisée, notamment sur les placements et les assurances


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Un don pour la finance L’Université lance une campagne publique de financement pour ouvrir une nouvelle aile à la Faculté des sciences de l’administration

Francine Bernier, ingénieure forestière.

Lumière sur les ingénieurs forestiers La demande d’ingénieurs forestiers est deux fois plus grande que le nombre de diplômés. Elle le sera trois fois plus dans quelques années ! Pour contrer la pénurie, la Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique et l’Ordre des ingénieurs forestiers du Québec ont produit des capsules vidéo sur la profession. Des ingénieurs forestiers et des ingénieurs du bois racontent la passion qui les anime et les tâches qu’ils accomplissent en ce qui a trait à la forêt, la faune, l’économie et l’environnement. Accompagnées d’images saisissantes, les capsules ont pour objectif de montrer le large spectre des possibilités d’emplois pour ces professionnels : Hydro-Québec, la Fédération des pourvoiries, la Société de protection des forêts contre le feu... Ses clientèles cibles sont les jeunes en choix de carrière et les conseillers en orientation. www.ffgg.ulaval.ca ou www.oifq.com

À propos des rites contemporains

Le recteur de l’Université Laval, Denis Brière, a lancé mardi une campagne de financement visant à terminer le montage financier de 9,3 M$ prévu pour la construction du futur Centre FSA-Banque Nationale de la Faculté des sciences de l’administration. Les coprésidents de la campagne, Louis Vachon, président et chef de la direction de la Banque Nationale, et Serge Godin, fondateur et président exécutif du conseil de CGI, sollicitent la collaboration des sociétés, des partenaires et des diplômés de l’Université pour ce projet porteur auquel ils se sont euxmêmes associés. Le monde de la finance a déjà consenti un effort majeur pour réaliser ce projet d’agrandissement. Il a fourni 6,9 M$, dont 3 M$ proviennent de la Banque Nationale, 1 M$ de CGI et 2,4 M$ de

gens d’affaires. Le Fonds d’investissement des étudiants en sciences de l’administration a contribué à la hauteur d’un demi-million. Concrètement, le Centre F SA - B a n qu e N a t i o n a l e consistera en un espace de 2000 mètres carrés à la jonction des pavillons PalasisPrince et La Laurentienne. D’une facture architecturale moderne, il se déploiera sur trois étages. Il abritera le Carrefour recherche et innovation FSA-CGI, le Centre des carrières, l’École de développement des cadres supérieurs et l’Espace des diplômés et des partenaires. Il comprendra aussi des infrastructures de recherche, des bureaux et des salles diverses, notamment destinées à accueillir des conférences. Le regroupement des acteurs du monde unive r s i t a i r e ave c c e u x d u monde des affaires devrait

favoriser le développement et le transfert de connaissances. L’originalité du concept en fait un modèle unique dans le domaine de la gestion. « À la Banque, nous sommes convaincus que pour créer

Le monde de la finance a déjà consenti un effort de 6,9 M$ pour réaliser ce projet

du dynamisme économique et de la prospérité, il faut d’abord et avant tout investir dans les gens et le talent, a affirmé Louis Vachon. L e C e n t r e F SA - B a n qu e Nationale est donc un projet dans lequel nous croyons beaucoup. » « Pour offrir des services de qualité exceptionnelle et croître de par le monde, CGI doit recruter des professionnels d’excellence, c’est pour cela que nous soutenons cette initiative de financement de la Faculté des sciences de l’administration de l’Université Laval », a déclaré Serge Godin. Po u r l e r e c t e u r D e n i s Brière, « le Centre FSABanque Nationale positionnera la Faculté en tant qu’école de gestion se démarquant par ses liens exceptionnels avec son milieu ». Des diplômés de la Faculté se mobilisent également pour convaincre leurs collègues d’investir dans ce projet qui démontre le leadership de leur alma mater. Il est dès maintenant possible de faire un don en ligne au www.fsa.ulaval.ca/ centrefsa-banquenationale.

Les rites sont-ils des actes aliénants et dépourvus de sens comme le pensent plusieurs ? Plutôt des systèmes de régulation des conduites humaines qui présentent un mode d’emploi pour interagir avec les autres, affirme le professeur à la Faculté des sciences de l’éducation Denis Jeffrey. Bien au fait de ce sujet pour y avoir consacré un livre paru aux PUL en 2003, Éloge des rituels, le chercheur viendra donner une conférence intitulée « Comment définir les rituels d’aujourd’hui ? » mercredi prochain. Il mettra en évidence les raisons pour lesquelles nous pratiquons des rituels. Mercredi 28 novembre à 12 h 30, au local 813 du pavillon Félix-Antoine-Savard.

Nouveau microprogramme en changements climatiques Ce programme court de 2e cycle est offert à distance et à temps partiel. Lancé cet automne, il permet aux jeunes diplômés ou aux professionnels déjà établis d’acquérir des connaissances approfondies sur les changements climatiques. Les trois cours traiteront le phénomène sous l’angle de ses bases scientifiques, de son impact sur les systèmes naturels et humains et des enjeux économiques et politiques de son atténuation. La date limite d’inscription est le 1er décembre. La Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique offre aussi d’autres formations adaptées aux besoins des professionnels, notamment en aménagement écosystémique de la forêt et en tourisme durable. www.ffgg.ulaval.ca

Le recteur Denis Brière et le doyen Michel Gendron entourent les représentants des entreprises bienfaitrices, Serge Godin de CGI et Louis Vachon de Banque Nationale. photo Marc Robitaille


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des arbres et boisés. Il proposera aussi des interventions pour bonifier les espaces verts. « Nous avons un patrimoine végétal impressionnant et nous voulons amener la communauté universitaire à le découvrir », affirme-t-il. Selon lui, les boisés sont perçus par certains comme des barrières qui isolent le campus de la ville. « Doit-on les garder à l’état naturel? demande-t-il. Au CAMEO, nous en favorisons l’usage. » Il est question aussi de remanier la signalétique extérieure du campus. Les affiches actuelles datent des années 1980 et s’adressent presque exclusivement aux automobilistes. « La nouvelle signalétique s’adressera aussi aux piétons et aux cyclistes, explique Robert Desmeules. Elle facilitera l’orientation des visiteurs et elle aura une signature visuelle distincte. En ce moment, on a une multiplication de couleurs et de formats. » Elle améliorera aussi la visibilité des équipements culturels et sportifs de la cité universitaire.

L’œuvre Élans, vertiges et victoires, de l’artiste sculpteur Yves Gendreau, décore l’entrée du stade TELUS-Université Laval depuis cet été. photo Marc Robitaille

Un campus en mutation Le comité qui évalue les projets visant à améliorer la cité universitaire dépose son rapport annuel par Yvon Larose Le Comité d’aménagement et de mise en œuvre du campus de l’Université Laval, communément appelé CAMEO, vient de rendre public son rapport d’activités couvrant la période 2011-2012. « Nous nous sommes penchés sur une demi-douzaine de projets d’envergure au cours de cette période, indique Robert Desmeules, le président du comité. L’un d’eux porte sur le réaménagement

des espaces extérieurs du campus, en particulier le centre de la cité universitaire où se trouve la majorité des pavillons d’enseignement. » L’objectif de ce projet, selon lui, est de faire du campus un milieu de vie rassembleur qui va favoriser les échanges dans les lieux publics. « Ce milieu de vie animé pourra notamment accueillir des manifestations artistiques, dit-il. Il est possible qu’il intègre du

mobilier urbain, de l’éclairage nocturne et des zones pour la pratique de sports comme le patinage ou le ski de fond. » Le CAMEO joue un rôle consultatif, un rôle de conseiller et un rôle d’auditeur. Son comité des avis se prononce sur la pertinence et le design des projets de construction et d’aménagement qui lui sont soumis. Entre le 1 er juin 2011 et le 31 mai 2012, il s’est penché sur 28 projets. Durant cette période, 12 ont été réalisés, 9 étaient en cours de réalisation ou d’étude et 7 étaient en attente. Un autre projet d’envergure concerne le Plan particulier

d’urbanisme du plateau Sainte-Foy. Le CAMEO a pris position sur cet exercice de planification de la Ville de Québec, puisqu’une partie du territoire visé appartient à l’Université. « Ce plan prévoit un développement relativement important sur le boulevard Laurier, souligne Robert Desmeules. Dans ce contexte, le campus va devenir une oasis de verdure dans un secteur très densifié et très développé. L’Université préservera une forme d’équilibre. » Le CAMEO a aussi participé à de nombreuses rencontres concernant l’amélioration de la desserte de transport en commun du secteur

ouest du campus. Ce projet conjoint, qui réunit le Réseau de transport de la Capitale, le ministère des Transports du Québec, la Ville de Québec, l’Université Laval et le Cégep de Sainte-Foy, est en cours. Le comité des avis s’est prononcé sur plusieurs aspects, notamment sur la préservation du patrimoine naturel et du caractère particulier du campus. Robert Desmeules prévoit déposer début 2013 le Plan directeur des arbres, boisés et espaces verts du campus. Le document présentera les grandes orientations institutionnelles en matière de protection et de mise en valeur

»

www.cameo.ulaval.ca – onglets Publications et Rapports annuels

Le campus va devenir une oasis de verdure dans un secteur très densifié et très développé

Des idées pour aménager les espaces extérieurs ? Le Comité d’aménagement et de mise en œuvre (CAMEO) entame une réflexion sur l’aménagement extérieur du campus. Pour ce faire, il désire recueillir les commentaires et suggestions de la communauté universitaire. Il lance donc une première étape de consultation. Jusqu’au 7 décembre, les gens sont invités à s’exprimer en remplissant un sondage en ligne. Au cours de l’hiver 2013, les membres de la communauté seront invités à participer à différentes rencontres de consultation.

L’expertise interne sera aussi mise à profit, notamment celle de l’École d’architecture et de l’École supérieure d’aménagement du territoire et de développement régional. Les étudiants en architecture ont d’ailleurs déjà soumis quelques idées qui seront exposées en 2013. Les maquettes sont en ligne sur le site www.lefil.ulaval.ca sous le titre « Des idées pour le campus ». Cette démarche consultative découle de la mise en œuvre de certaines recommandations du Plan directeur d’aménagement et de

Pour remplir le sondage en ligne : www.ulaval.ca rubrique « À surveiller »

développement du campus, entériné en 2005 par le Conseil d’administration de l’Université. Ce document est accessible sur le site Internet du CAMEO. Le processus s’inscrit également dans le Plan institutionnel de développement durable 2012-2015, sur lequel les membres de la communauté universitaire ont déjà été invités à se prononcer. Au terme de cette démarche, qui s’étalera sur plusieurs mois, le CAMEO proposera un projet qui représentera les préoccupations exprimées tout en demeurant réalisable.


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psychologie

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ils ont dit... Sur l’homophobie en milieu scolaire

Guylaine Demers, professeure au Département d’éducation physique Le Soleil, 19 novembre

« Dans les écoles secondaires, c’est épouvantable, environ 70 % des élèves entendent régulièrement les mots ridiculisant l’orientation sexuelle, comme fif, lesbo, tapette, butch. C’est sûr que si t’es gai, tu vas fermer ta gueule. »Les préjugés envers les gais et les lesbiennes dans les cours d’école sont encore bel et bien présents, constate Guylaine Demers, qui travaille depuis des années à combattre l’homophobie, particulièrement auprès des entraîneurs sportifs.

Sur la Loi sur le développement durable « On sait que c’est difficile de changer des approches et des façons de faire, alors il ne faut pas s’attendre à ce que ça se fasse en donnant un coup de baguette. Il s’agit d’avancer positivement vers des objectifs durables et de ne pas s’engager dans des opportuPaule Halley, nités purement éconoprofesseure à miques sans vue à long la Faculté de droit et titulaire terme  ». C’est le souhait qu’émet Paule Halley pour de la Chaire l’avenir de la Loi sur le de recherche développement durable, du Canada adoptée à l’unanimité par en droit de l’environnement l’Assemblée nationale du Québec, il y a six ans. Le Devoir, 17 novembre

Sur Justin Trudeau, chef annoncé du Parti libéral du Canada

Bernard Dagenais, professeur au Département d’information et de communication Le Soleil, 17 novembre

« Une coche mal taillée, et il peut perdre son avance. » Selon Bernard Dagenais, le fils de Pierre Elliot Trudeau a bien des chances d’être élu chef du Parti libéral, le 14 avril prochain, mais les jeux ne sont pas encore faits. Le spécialiste en communication politique rappelle que dans 60 % des campagnes, toutes élections confondues, le favori au départ mord la poussière. Un exemple ? La candidate Anne Bourget, battue à la mairie de Québec, en 2007, par un pur inconnu, Régis Labeaume.

Protéger l’enfant, c’est préserver l’adulte Une équipe de psychologues publie une synthèse majeure des dommages causés par les difficultés vécues en bas âge par Pascale Guéricolas « Tout se joue avant six ans », affirmait le psychologue américain Fitzhugh Dodson dans son célèbre ouvrage de psycho-pop. Quarante ans plus tard, voilà que son message reprend une nouvelle actualité. À la demande de la Société royale du Canada, des chercheurs en psychologie, service social et génétique ont produit un rapport touffu sur la façon dont la période de la petite enfance influence le développement. Michel Boivin, qui dirige la Chaire de recherche du Canada sur le développement de l’enfant à l’École de psychologie, cosigne la synthèse récemment publiée. Ce que les chercheurs ont constaté, c’est que de nombreuses études démontrent l’effet dévastateur des expériences défavorables vécues à un âge tendre. Les plus récentes découvertes en neurosciences le confirment : le cerveau d’un enfant subit des atteintes importantes lorsqu’il est confronté très tôt à de hautes doses de stress ou à la maltraitance. Les centres cérébraux reliés aux émotions, à l’attention ou à la maîtrise de soi peuvent ainsi être endommagés. Cela peut miner la santé mentale et même physique des futurs adultes. « J’ai été surpris par le rôle important que joue le stress, notamment avec l’hormone cortisol, comme perturbateur dans le développement du cerveau, remarque Michel Boivin. Il y a actuellement une explosion dans la recherche sur les liens entre les gènes et l’environnement, sur la façon dont certaines prédispositions génétiques sont exacerbées ou au contraire mitigées par tout ce qui entoure l’enfant. »

Au premier chef de ces facteurs qui empêchent les petits de bien se développer il y a bien sûr les mauvais traitements, le manque de soins et de stimulations, mais aussi la pauvreté. Le fait de vivre dans une famille où les difficultés matérielles rendent la vie stressante constitue un risque important de maltraitance. Tous ces événements négatifs affectent le système de réponse de l’enfant au stress. Selon les études compilées par les chercheurs, ces mécanismes d’adversité vécus par l’humain à l’aube de sa vie « se glissent sous sa peau et influent sur sa biologie. » Au point que le futur adolescent va peutêtre devenir accro aux drogues, développer des maladies cardio-vasculaires ou faire preuve de lacunes parentales qu’il transmettra à son tour. En plongeant dans les études longitudinales, qui permettent désormais de suivre le sort de milliers d’individus sur 15 ans ou plus, les chercheurs ont pris la mesure de la complexité des données à prendre en compte pour considérer le risque encouru par un enfant confronté à un mode de vie difficile. Le bagage génétique d’un individu peut le rendre plus perméable à l’influence de certains événements. Cependant, avec les progrès de l’épigénétique, on constate aussi que certains gènes entrent en action ou non en fonction de stimuli extérieurs. « Des études menées à McGill chez les rats montrent que des ratons qui manquent de toilettage ont une tolérance au stress beaucoup moins élevé que ceux dont la mère prend plus soin, précise Michel Boivin. Maintenant, comment peut-on appliquer ces découvertes aux

humains afin de comprendre les effets sur les gènes que procurent les soins aux bébés ? » Une grande partie du rapport traite en effet de la façon dont il faudrait intervenir pour aider les enfants à risque à passer le cap fatidique de la petite enfance. Par solidarité, mais aussi parce que cela constitue un investissement payant. Des petits épanouis tomberont moins souvent malades par la suite et seront moins sujets à des problèmes de santé mentale, lourds à gérer pour le système de santé. Alors, qu’est-ce qui fonctionne l e m i e u x  ? «  D e f a ç o n g é n é r a l e , on constate que les meilleurs programmes d’intervention sont ceux qui mettent l’accent sur la période de la petite enfance de façon intensive », écrivent les chercheurs dans leur rapport. L’un de ces programmes a particulièrement retenu l’attention de Michel Boivin. Il s’agit du Partenariat infirmières familles, qui est implanté depuis l’an dernier dans 32 États américains. « Il a inspiré certains programme périnataux au Québec et ailleurs, explique le professeur. Des infirmières se rendent régulièrement au domicile de femmes à risque avant et après l’accouchement pour s’occuper de leur santé et les soutenir. » Le taux de maltraitance des jeunes enfants baisse de façon importante dans les groupes de mères ainsi épaulées, en partie parce que la formation des infirmières leur permet de pratiquer une intervention globale qui vise toute la famille. Le psychologue et les chercheurs associés à cette vaste synthèse espèrent qu’à l’avenir les études sur la petite enfance conjugueront encore davantage de disciplines pour saisir le problème dans toute sa complexité. C’est crucial, car l’intervention publique, que ce soit avec la mise en place de garderies ou de programmes bien ciblés, fait aussi une différence.


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société

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Geneviève Vachon sur l’avenir du centre urbain de Sainte-Foy

Avec la transformation rapide du plateau de Sainte-Foy, de nombreux citoyens s’inquiètent. Les grandes tours poussent comme des champignons autour des centres commerciaux et des bungalows de style années 1950. La Ville de Québec tente de planifier le développement de cette zone très prisée en proposant un plan particulier d’urbanisme (PPU), qui a fait l’objet de plusieurs discussions publiques ces dernières semaines. La vision de Geneviève Vachon, professeur de design urbain à l’École d’architecture. Q Quelle est la portée de ce plan particulier d’urbanisme alors que de nombreuses constructions modifient déjà le quartier? R Réaliser des plans d’aménagement prend beaucoup de temps. Cela ne me surprendrait pas que la ville réfléchisse sur ce secteur depuis trois ou quatre ans déjà. Il faut faire beaucoup d’analyses, de recherches, de consultations, calibrer les tenants et aboutissants juridiques et réglementaires. Le plateau centre de Sainte-Foy constitue un site stratégique et convoité, collé au pôle d’emploi le plus important de la ville. Du coup, beaucoup de constructions démarrent avant le plan. D’où la nécessité de produire cet outil de modification du zonage, car le développement ne cadre plus avec le règlement en vigueur ou le plan d’ensemble de la ville. Le PPU se définit donc comme une vue intégrée d’aménagement qui va tenir compte d’orientations dont la portée, pour un secteur bien délimité, est très large et très longue. Il permet de réfléchir aux orientations d’aménagement, mais aussi au transport en commun, à l’accès aux îlots sous-utilisés, à la diversification des activités… Q Comment faire coexister dans un même quartier des habitations et des activités commerciales avec de grands axes routiers? R La question de l’aménagement dépasse largement la densification du logement, dont on a beaucoup parlé jusqu’à présent. Il s’agit aussi d’une opération de diversification des activités dans un endroit où cette diversité n’existe pratiquement pas. À SainteFoy, certains grands secteurs sont sousutilisés. Des espaces publics de loisir se trouvent noyés dans des no man’s land de stationnement. Actuellement, les équipements sportifs derrière l’École

secondaire de Rochebelle, tout comme le marché public et le marché aux puces, invitent à faire des activités très intéressantes, mais se trouvent dans un environnement peu agréable pour marcher. Pour améliorer l’environnement urbain au nord du boulevard Laurier, on pourrait planifier l’implantation des nouvelles rues en pensant aux trajets d’autobus, à l’emplacement des arrêts, aux espaces publics. Il faut veiller aussi à ne pas imposer un plan d’urbanisme trop restrictif pour faciliter la cohabitation entre les bungalows et les immeubles encore à bâtir. Pour que cela marche, il va falloir une très grande qualité architecturale. Construire des immeubles avec de nombreux étages sur la rue de l’Église, adossés à d’autres immeubles sur la rue arrière, exige des projets d’architecture très bien développés. Il existe d’autres solutions pour densifier un quartier, la densification étant indispensable pour se payer un réseau de transport collectif efficace, des espaces publics de loisir, des rues plantées d’arbres et bordées de trottoirs. Q Quels sont les exemples de villes ou de quartiers qui ont réussi à conjuguer densification et vie agréable? R Il faut faire attention aux recettes venues d’ailleurs, car les contextes diffèrent. C’est quand même intéressant de visiter d’autres villes pour s’inspirer, comme Portland, en Oregon, que j’ai arpenté avec mes étudiants de maîtrise en architecture. Dans cette ville d’environ 590 000 habitants, on gère le smart growth [croissance intelligente] à l’échelle métropolitaine, depuis 30 ans. Le réseau de transport en commun a été bâti en fonction de cela, voire en amont. Comme à Québec, les urbanistes composent avec les autoroutes et l’étalement urbain, mais ils tendent à rétablir l’accès au fleuve et à opérer une densification douce dans les anciennes banlieues reliées par un tramway. Dans certains sites, jusque-là délaissés, des bâtiments industriels ont été recyclés en galeries, en écoles d’art. Portland mise beaucoup aussi sur la qualité architecturale et du design urbain. Dans Pearl District, par exemple, des immeubles résidentiels de huit ou neuf étages cohabitent avec des édifices de quatre ou cinq étages. Un réseau de tram et de bus dessert le quartier, dont les activités sont très diverses. Les rues sont plantées de beaucoup d’arbres, l’eau de ruissellement est filtrée et les îlots sont petits pour faciliter les courtes distances à pied. Les voitures ne peuvent pas accéder à certaines artères, car on favorise les rues piétonnières et les voies cyclables. Plus près de nous, dans le quartier Limoilou, on atteint aussi des densités résidentielles assez intéressantes avec des immeubles ne dépassant pas trois étages, de belles cours arrière et des rues très vertes. Les jeunes familles s’y installent et de nouveaux services sont accessibles. Propos recueillis par Pascale Guéricolas

« On pense souvent que les sites archéologiques résident dans ce qui est enfoui. Pourtant, au Nunavik, nous marchons sur ces sites », dit Elsa Cencig, qui pose ici à Deception Bay.

Une artiste chez les archéologues Elsa Cencig, étudiante en géoarchéologie nordique, aide les Inuits du Nunavik à préserver leur patrimoine par Caroline Berger Bien des enfants rêvent de devenir un jour archéologue. Quelle aventure ce doit être ! Dès son plus jeune âge, Elsa Cencig s’imagine elle aussi creusant le sol en quête de trésors inestimables. Les années ont passé et l’étudiante est allée au-delà du rêve. Ses études l’ont ainsi conduite à la découverte des richesses du Nord. À l’heure d’entrer au cégep, la future chercheuse s’interroge sur la voie à emprunter et décide d’étudier… en arts visuels. C’est toutefois un parcours scientifique qu’elle entame lors de son intégration à l’Université Laval. « J’ai toujours aimé les mystères, alors j’ai fait un baccalauréat en archéologie. » Cependant, il y a des jours où le rêve tend à virer au cauchemar. À ses débuts, l’étudiante ne connaît même pas le carbone 14 ! Elle redouble d’efforts, mais lorsqu’elle échoue à deux cours, le doute l’assaille. Son entourage l’encourage alors. « Un jour, un proche m’a dit que pour être un bon scientifique il faut avant tout être un artiste. Ça a été comme un déclic pour moi. » À force de persévérance, Elsa obtient son diplôme et prend la décision de faire une

maîtrise en géoarchéologie au Département de géographie. Elle espère ainsi montrer comment les changements climatiques se sont accompagnés de modifications des activités humaines dans le nord du Nunavik. Souvent sur le terrain à la recherche des fossiles du passé, la jeune femme concrétise son rêve au fil des jours. « Je ne suis pas un modèle, admet-elle avec humour. J’ai commencé ma maîtrise en 2007. C’est assez long! » Une rencontre est en effet venue bouleverser le cours des choses… Lors de son premier terrain, Elsa Cencig fait la connaissance de membres de l’Institut culturel Avataq. « L’objectif d’Avataq est de sensibiliser les Inuits au patrimoine archéologique. On pense souvent que les sites archéologiques résident dans ce qui est enfoui. Pourtant, au Nunavik, nous marchons sur ces sites. » L’étudiante intègre l’équipe d’Avataq en 2008 et ajoute à son parcours cette dimension humaine qui lui faisait défaut. Chaque été, elle participe à des chantiers-écoles durant lesquels de jeunes Inuits apprennent les techniques de fouille. « C’est comme

un camp de vacances. Nous devenons très proches des adolescents. » Parfois, la jeune femme part en prospection archéologique munie d’un GPS. « L’objectif est notamment de créer des cartes pour les Inuits afin de préserver le nom traditionnel des lieux. Ces cartes seront aussi utiles pour les chasseurs. Nous travaillons avec, mais surtout pour les Inuits. » Aujourd’hui, avec Avataq, Elsa Cencig semble avoir trouvé sa voie. « C’est le travail dont je rêvais. On va au-delà de la science pour la science. Il y a une dimension humaine incroyable. » Peutêtre que le secret qu’elle a finalement découvert n’était pas si profondément enfoui : l a r i ch e s s e d u No r d n e réside pas uniquement dans les fossiles.

La jeune femme part en prospection archéologique munie d’un GPS afin de créer des cartes pour les Inuits


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Un astre peut-il rendre fou ? Contrairement à la croyance populaire, la Lune n’a pas d’effet sur l’incidence des problèmes psychologiques par Jean Hamann La nouvelle décevra les adeptes de légendes urbaines : il n’y aurait pas de lien entre le cycle lunaire et l’incidence des problèmes psychologiques. C’est la conclusion à laquelle arrivent la professeure Geneviève Belleville, de l’École de psychologie, et ses collaborateurs après avoir examiné la relation entre les phases lunaires et le nombre de patients qui se présentent aux urgences des

hôpitaux en proie à des troubles de cet ordre. Les chercheurs ont recueilli des données entre mars 2005 et avril 2008 dans les urgences de l’hôpital Sacré-Coeur de Montréal et de l’Hôtel-Dieu de Lévis pour déterminer si la croyance populaire liant la Lune et les problèmes de santé mentale était fondée. Leur attention s’est portée sur les personnes qui

se sont présentées à l’urgence en raison de douleurs thoraciques pour lesquelles aucune cause médicale n’a pu être établie. Les réponses fournies par 771 patients à un test psychologique ont permis d’établir que bon nombre d’entre eux souffraient d’attaques de panique, de troubles d’anxiété, de troubles de l’humeur ou d’idéation suicidaire. À l’aide de calendriers, les chercheurs ont établi pendant quelle phase lunaire avait été effectuée chacune des visites. Les résultats de leurs analyses, publiés dans le dernier numéro de la revue General Hospital Psychiatry, ne révèlent aucun lien net entre l’incidence des problèmes psychologiques et les

quatre phases lunaires. Seule exception, les troubles anxieux étaient 32 % moins fréquents pendant le dernier quartier de lune. « C’est peut-être dû au hasard ou à des facteurs que nous n’avons pas mesurés, avance Geneviève Belleville. Chose certaine, nous n’avons pas observé d’effet de la pleine lune ou de la nouvelle lune sur les troubles psychologiques. » La conclusion de cette étude tranche avec les croyances d’une bonne partie de la population, mais aussi avec celles de 80 % des infirmières et de 64 % des médecins qui sont convaincus que le cycle lunaire affecte la santé mentale des patients. « Nous espérons que nos

Environ 80 % d infirmières et des médecins croient que le lunaire affecte santé mentale patients


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cycle lunaire

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Il y a toujours un monstre sous le lit Vampires, loups-garous et autres créatures de cauchemar s’invitent à la Bibliothèque le temps d’un exposé sur la littérature jeunesse par Brigitte Trudel Dans toutes les cultures, les monstres ont toujours occupé une place de choix dans les histoires qu’on raconte aux enfants. « Et c’est tant mieux ! lance Denis Jeffrey, professeur titulaire à la Faculté des sciences de l’éducation. Les monstres habitent l’imaginaire des petits dès l’âge de trois ans. Dans les contes, ils font peur, mais toujours, le héros surmonte ce sentiment en les affrontant. Autrement dit, les monstres sont nécessaires aux enfants pour leur permettre d’affronter leurs propres angoisses. C’est un apprentissage initiatique important. » Ce passionné des créatures effrayantes – aussi expert des interactions éducatives entre enseignants et élèves – tiendra le 26 nove m b r e u n e c o n f é r e n c e dans laquelle il expliquera, exemples à l’appui, pourquoi la présence des montres

résultats inciteront les professionnels de la santé à mettre cette idée de côté, dit la professeure Belleville. Sinon, cette fausse croyance risque, d’une part, de teinter leur jugement pendant la pleine lune et, d’autre part, de les entraîner à être moins à l’affût des problèmes psychologiques pendant le reste du mois. » L’étude est signée par Geneviève Belleville, Guillaume Foldes-Busque, Mélanie Dixon, Évelyne MarquisPelletier et Sarah Barbeau, de l’École de psychologie, Julien Poitras et Richard Fleet, de la Faculté de médecine, Jean-Marc Chauny et Jean Diodati, de l’Université de Montréal, et André Marchand, de l’UQAM.

est souhaitable dans la littérature jeunesse. Dans le cadre de sa présentation, il se propose d’explorer un éventail d’ouvrages. Des livres pour enfants, dont Chien Bleu de Nadja et Tous les monstres ont peur du noir de Michael Escoffier, des romans jeunesse, comme Mort et déterré de Jocelyn Boisvert, et le classique Dracula de Bram Stoker sont au programme. Les adolescents ne sont pas en reste avec des sériescultes comme Twilight, où les vampires tiennent la vedette. Également, le jeu vidéo Resident Evil, mettant en action des hordes de morts-vivants, fait un tabac auprès des jeunes qui bénéficieraient, grâce à ces étranges figures, d’une méthode efficace pour dompter leurs angoisses. Même les adultes trouveraient leur compte à côtoyer

les monstres. À preuve, le 20 octobre dernier, plus de 5 000 participants, dont plusieurs adultes, auraient pris part à la version montréalaise de l’événement annuel international La Marche des zombies. Plus près de nous, le 3 novembre, une troupe de morts-vivants envahissait le campus lors d’une activité costumée de financement. « Ces créatures jouent un rôle social essentiel : elles nous permettent collectivement d’apprivoiser notre côté obscur », soutient le professeur Jeffrey. Depuis une dizaine d’années, ce dernier note une présence accrue des zombies, vampires et autres loupsgarous dans l’industrie du divertissement. Romans, bandes dessinées, cinéma et jeux vidéo leur font la part belle. Que signifie cette tendance ? Selon Denis Jeffrey, elle serait une manifestation très représentative des courants sociaux actuels. « Le zombie nous ramène à la vision de la mort, désormais occultée dans nos sociétés, remarque le professeur, alors que le vampire satisfait notre recherche de jeunesse

éternelle. Quant au loupgarou, il revisite la part animale de l’humain, part de laquelle notre monde hygiénique et aseptisé nous tient bien loin. » Lundi 26 novembre de 16 h à 17 h, à la salle Charlotte-Guérette (local 4283) du pavillon Jean-Charles-Bonenfant.

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Ces créatures nous permettent collectivement d’apprivoiser notre côté obscur 


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science

en bref

Réindustraliser le Québec La Chaire Stephen-A.-Jarislowsky en gestion des affaires internationales organise ce lundi un colloque sur les enjeux et les défis de la réindustrialisation des pays occidentaux, dont le Canada. La journée mettra en valeur les étudiants au MBA inscrits au cours Stratégies de l’entreprise internationale. Ceux-ci présenteront des exposés comme « Réussir le développement industriel dans un environnement à coûts d’opération élevés » et « La création de nouveaux avantages concurrentiels dans les industries manufacturières dans une perspective de développement durable ». Parmi les conférenciers figurent Carl Viel, PDG de Québec International, Pierre Dolbec, président de la Corporation des parcs industriels de Québec, et Mario Marcotte, patron de M2S Électronique. Lundi 26 novembre de 8 h 30 à 17 h, à la salle Jean-Paul-Tardif du pavillon La Laurentienne. Entrée libre.

Mieux nourrir le monde La Faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation tiendra sa toute première Journée de la recherche le mercredi 28 novembre sur le thème « Mieux nourrir le monde ». Huit professeurs y prononceront des communications et plusieurs étudiants y feront des présentations par affiche afin de faire connaître leurs travaux et d’établir des collaborations. Parmi les communications des professeurs, mentionnons « L’horticulture, une science essentielle à la qualité de vie humaine » par Yves Desjardins, « Les innovations pour une production aquacole durable » par Grant Vanderberg et « Mieux nourrir les enfants dans le Grand Nord » par Huguette Turgeon O’Brien. Mercredi 28 novembre dans l’atrium JeanGuy-Paquet du pavillon Alphonse-Desjardins et le Grand Salon du pavillon MauricePollack. www.fsaa.ulaval.ca/journee.html

Apprendre la musique Du 22 au 24 novembre, le Centre des congrès de Québec sera l’hôte d’un colloque international ayant pour thème « L’apprentissage de la musique : son apport pour la vie de l’apprenant du 21e siècle ». L’événement réunira des musiciens éducateurs, des pédagogues et des scientifiques provenant de 17 pays. Les discussions porteront sur les principaux enjeux liés à l’enseignement de cet art au Québec et ailleurs dans le monde. Organisé par l’Observatoire interdisciplinaire de création et de recherche en musique et par la Fédération des associations des musiciens éducateurs du Québec, ce colloque s’inscrit dans les activités du Centre d’excellence en pédagogie musicale de l’Université Laval. Du 22 au 24 novembre au Centre des congrès. www.centreexcellence.mus.ulaval.ca

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La boucle infernale Des chercheurs de la Faculté de médecine élucident le rôle d’une protéine dans la chaîne de réactions qui conduit à l’endométriose par Jean Hamann Une équipe de la Faculté de médecine, dirigée par Ali Akoum, vient de préciser le rôle joué par la protéine MIF dans la chaîne de réaction qui conduit à l’endométriose, un problème gynécologique qui frappe 10 % des femmes en âge de se reproduire. L’étude publiée par cette équipe dans un récent numéro de la revue The American Journal of Pathology vient appuyer le recours aux inhibiteurs de MIF dans le traitement de cette maladie. L’endométriose est causée par la migration de cellules de l’utérus (endomètre) vers la cavité abdominale où elles s’implantent et se multiplient de façon anarchique sur les trompes, les ovaires ou d’autres organes. Leur prolifération provoque une réaction inflammatoire qui peut entraîner des douleurs pelviennes ou abdominales chroniques – la moitié des règles douloureuses serait attribuable à ce problème. Elle peut aussi causer des saignements irréguliers, des maux de dos, des problèmes intestinaux et, dans 40 à 45 % des cas, l’infertilité.

En 2006, l’équipe d’Ali Akoum a découvert que des concentrations élevées de MIF (macrophage migration inhibitory factor) étaient étroitement associées à deux des principaux symptômes de la maladie : l’infertilité et les douleurs pelviennes. « Je ne crois pas que cette protéine soit un simple marqueur de la maladie, avait alors déclaré le chercheur. Si nous parvenions à inhiber son expression pour en ramener la concentration à un niveau normal, nous pourrions du même coup atténuer les problèmes des femmes qui souffrent d’endométriose. » La suite des événements tend à lui donner raison. En situation normale, la MIF joue un rôle dans la multiplication cellulaire, la réparation des tissus et la production de nouveaux vaisseaux sanguins. Chez les femmes qui souffrent d’endométriose, il y a un excès de MIF qui favorise l’inflammation. L’équipe du professeur Akoum vient de découvrir pourquoi. La MIF stimule la production d’aromatase, une enzyme qui participe à

la synthèse des estrogènes dans les cellules de l’endomètre qui ont migré vers la cavité abdominale. La surabondance d’estrogènes qui en résulte stimule à son tour la production de MIF, créant ainsi cette douloureuse boucle de rétroaction qui lie les dimensions hormonale et inflammatoire de la maladie. Les inhibiteurs d’estrogènes ont montré une certaine efficacité dans le traitement de l’endométriose, mais ils présentent un inconvénient majeur : ils réduisent la production d’estrogènes dans tout l’organisme, ce qui pourrait avoir des effets néfastes sur les autres tissus et organes qui ont besoin de cette hormone. Pour une bonne partie des femmes, la solution réside du côté des inhibiteurs de MIF. « On s’attaquerait non seulement au problème d’inflammation, mais aussi à celui de la production anormale d’estrogènes, fait-il valoir. Ce traitement pourrait être administré de façon ciblée aux femmes qui surexpriment la MIF, soit environ 70 % des patientes. » Les tests effectués sur des souris ont produit des résultats encourageants, mais les inhibiteurs existants ont des effets trop draconiens sur la MIF. « Il ne faut pas réduire trop radicalement sa concentration dans l’organisme parce que cette protéine intervient dans des processus essentiels, prévient

le professeur Akoum. Nous avons amorcé des discussions avec des chimistes afin de mettre au point de nouveaux inhibiteurs qui pourraient réduire la MIF de façon plus modérée. » L’ étu d e est si g n ée p a r Véronique Veillat, Valérie Sengers, Mathieu Leboeuf, Jacques Mailloux et Ali Akoum, de la Faculté de médecine, et par leurs collègues Christine Metz et Thierry Roger. Elle a été saluée par le Faculty of 1000, un regroupement d’experts internationaux qui sélectionnent les recherches scientifiques les plus marquantes parmi toutes celles qui sont publiées chaque semaine.

Chez les femmes qui souffrent d’endométriose, il y a un excès d’une protéine appelée MIF qui favorise l’inflammation


arts

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en bref

Tricot créé par un collectif montréalais pour démocratiser l’éducation. photo Maille à Part

L’année des carrés rouges L’équipe du magazine Nouveau Projet vient tout juste de lancer le deuxième rejeton de sa collection Documents. Année rouge : notes en vue d’un récit personnel de la contestation sociale au Québec en 2012 est signé par l’écrivain Nicolas Langelier. Ce petit livre écrit à chaud se veut un témoignage éclairant sur une période charnière de la vie sociale et politique du Québec. Rappelons que Nouveau Projet, magazine culture et société publié deux fois l’an, est édité par Jocelyn Maclure, professeur à la Faculté de philosophie. Les 55 musiciens de l’Ensemble vent et percussion de Québec, partenaire de la Faculté de musique, sous la direction de René Joly. photo Marc Robitaille

Une véritable harmonie De la clarinette au tuba, les instruments de l’Ensemble vent et percussion de Québec feront vibrer le Palais Montcalm ce dimanche

a participé à cinq premières nord-américaines, foulant au passage la scène du Festival d’été de Québec. Son premier album, sacré disque d’or, a été reconnu par ses pairs pour contenir l’une des meilleures par Matthieu Dessureault interprétations mondiales de la Symphonie n°1 The Lord À l’avant de la scène, René L’animation sera assu- of the Rings, du compositeur Joly dirige les 55 musiciens rée par le comédien Martin Johan de Meij. d’une main de maestro. Il bat Lebrun, chargé de contexla mesure, le regard concen- tualiser les mélodies. « Ce tré. On reconnaît immédia- concert pour toute la famille tement Prélude à l’après- est une occasion en or d’intémidi d’un faune, une œuvre resser les jeunes à la culture », symphonique majeure du reconnaît-il. Les musiciens 19 e siècle. Ce n’est qu’une seront sur place peu avant On est fier de répétition, mais déjà, le son le concert pour transmettre notre Rouge est puissant et évocateur leur amour du métier au plus d’images. On quitte avec l’en- grand nombre. Les enfants, et Or, mais vie d’en entendre plus. « C’est mais aussi les plus vieux, une pièce magnifique, pleine pourront essayer les instru- l’Ensemble de couleurs, où se confrontent ments de percussion et à vent. vent et les volets harmoniques. On Ces ateliers interactifs se transporte dans un rêve », découlent d’une volonté de percussion de s’enthousiasme le passionné démocratiser la musique clas- Québec fait chef d’orchestre. sique auprès de la population, Pour sa 18 e saison, l’En- mais aussi de faire découvrir tout aussi bien semble vent et percussion de le travail de l’Ensemble. « Il y Québec (EVPQ) s’est inspiré a une éducation à faire. Les des quatre éléments, à com- orchestres d’harmonie sont mencer par l’air et l’eau pour encore collés à l’image des le concert du 25 novembre. orchestres d’école seconLes pièces choisies, que ce daire, qui jouent fort et faux », soit Le Carnaval des animaux déplore le directeur musical. de Camille Saint-Saëns ou Pourtant, la réputation de Aquarium de Johan de Meij, l’EVPQ n’est plus à faire dans renvoient au monde sous- le domaine. En lice aux presmarin, au vent et à la nature. tigieux prix Opus, l’orchestre

»

Fier de ce succès, René Joly ne tarit pas d’éloges sur ses musiciens, issus pour plusieurs de la Faculté de musique de l’Université. Partenaire de cette dernière, l’orchestre répète d’ailleurs sur le campus. « On est fier de notre Rouge et Or, mais l’EVPQ fait tout aussi bien ! Je le dis avec fierté : on a ici l’un des meilleurs ensembles au Canada. » La formation enflammera la salle Henri-Gagnon du pavillon Louis-JacquesCasault les 23 et 24 février en compagnie de solistes reconnus de la scène jazz. Elle retournera ensuite au Palais Montcalm le 24 avril pour clore la saison. À cette occasion, des étudiants du Conservatoire de musique se joindront à ceux de la Faculté pour un spectacle que l’on promet haut en couleur. Dimanche 25 novembre à 14 h à la salle RaoulJobin du Palais Montcalm. L’animation musicale commence à 13 h 30. Billets au coût de 32 $ pour les adultes, 24 $ pour les étudiants et 7,50 $ pour les enfants de moins de 12 ans. Réservation : 418 641-6040 ou 1 877 641-6040. www.billetech.com

Théâtre sur la banquette La pièce Autobahn du réalisateur et producteur américain Neil LaBute vient clore la programmation d’automne de la troupe des Treize. Tout en grincement de dents et humour noir, elle présente cinq tableaux mettant en scène des personnages confinés dans une voiture qui n’ont qu’une seule envie, en sortir ! Un mari cocu et sa femme qui se rappelle vaguement ses aventures, une jeune femme à peine sortie d’une cure de désintoxication et un couple en pleine séance de « tripotage » sont la proie de conversations malsaines et de malaises profonds. À voir dans une mise en scène de Simon Lepage dont c’est la première, lui qu’on a pu voir dans le téléroman La Promesse. Du mardi 27 novembre au dimanche 2 décembre à 20 h, au Théâtre de poche du pavillon Pollack. Les billets sont en vente au coût de 12 $ en prévente au local 2344 du pavillon Desjardins et de 14 $ à la porte.

Sous la surface des jours L’exposition de Michèle Lorrain « Sous la surface des jours » débute aujourd’hui, 22 novembre, à la Galerie des arts visuels. On peut y voir quelques suites picturales, dont celle des miroirs noirs, ces instruments utilisés par les peintres de la Renaissance. L’artiste a utilisé des cadres d’horloges récupérés pour recréer ces objets composés d’une plaque de verre sphérique sous laquelle on glissait une feuille noire afin d’atténuer les nuances et les effets de profondeur d’un paysage. De ces fonds très sombres, qui évoquent la fuite du temps et l’altération du réel, se détachent des silhouettes d’architecture et des personnages qui semblent surgir de l’ombre. Michèle Lorrain souligne la distance qui sépare l’objet réel de son image. Du jeudi 22 novembre au samedi 22 décembre, à la Galerie des arts visuels (local 054) de l’édifice La Fabrique. Heures d’ouverture : de 12 h à 17 h du mercredi au dimanche.


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Avis officiel CONSEIL D’ADMINISTRATION Séance ordinaire du 28 novembre 2012 ORDRE DU JOUR • Ouverture de la séance • Adoption de l’ordre du jour • Adoption du procès-verbal de la séance ordinaire du 26 septembre 2012 • Adoption du procès-verbal de la séance extraordinaire du 10 octobre 2012 • Communications du président et du recteur • Questions des membres

Sur consentement des membres : réception des rapports et des états financiers • Comité exécutif : rapport des activités au Conseil d’administration pour la période du 1er au 30 septembre 2012 • Recommandation du Comité exécutif • Presses de l’Université Laval • États financiers au 31 mai 2012 • Rapport annuel 2011-2012 • Fondation de l’Université Laval • États financiers au 31 mai 2012 • Rapport annuel 2011-2012 • Corporation des services universitaires des Appalaches inc. • États financiers au 30 avril 2012 • Rapport annuel 2011-2012 • Comité consultatif sur les conflits d’intérêts en recherche : composition • Fonds commun de placement des Régimes de retraite de l’Université Laval : rapport annuel 2011

Dossiers corporatifs • Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) : déclaration de la masse salariale assurable – Choix de la limite d’assurance par réclamation – Mandat de signataire • Recommandation du vice-recteur aux ressources humaines • Contrats d’approvisionnement en fournitures de laboratoire de l’Université Laval : demande d’autorisation d’adhésion au processus d’achats regroupés par le Regroupement des gestionnaires en approvisionnement des universités québécoises (RGAUQ) • Recommandations du Comité exécutif

Huis clos Ordre du jour courant • Auditeurs indépendants : nomination de l’auditeur indépendant pour les années 2012 à 2017 et désignation pour l’année 2012-2013 • Projets de construction et de réaménagement et rénovation : rapport financier semestriel au 30 septembre 2012 • Projections financières 2012-2013 sur la base des résultats au 30 septembre 2012 • Budget de fonctionnement 2012-2013 et 2013-2014 : hausse des frais institutionnels obligatoires • Service des résidences : rénovation des sanitaires du pavillon Alphonse-Marie-Parent • Recommandations du Comité exécutif • Clôture de la séance

Barry Bisson, président de l’organisme Shad Valley, pose avec les jeunes Canadiens qui ont participé au camp de formation offert à l’Université Laval l’été dernier.

Des ados qui innovent Le concours d’entrepreneuriat pour la jeunesse de l’organisme Shad Valley couronne une équipe d’adolescents qui ont suivi un camp d’été à l’Université L’équipe Shad Valley de l’Université Laval s’est vu décerner la plus haute distinction à un concours annuel qui vise à tester les prouesses entrepreneuriales des jeunes esprits les plus brillants du Canada. Des élèves exceptionnels du secondaire ayant pris part au programme de formation estivale Shad Valley à Québec ont remporté cinq prix qui témoignent de leur esprit innovateur et de leur leadership. Les jeunes ont ainsi reçu le prix du meilleur projet, mais aussi de la meilleure application des principes scientifiques et de la meilleure application thématique. Ils ont remporté une seconde place dans les catégories du plan d’affaires et du prototype. Leur victoire a été soulignée lors d’une cérémonie tenue fin octobre à Waterloo, en Ontario. Cette année, les 17 équipes participantes ont présenté des solutions visant à prévenir ou à réduire

l’obésité chez les jeunes nordaméricains. L’équipe Shad Valley de l’Université Laval a mis au point des serres communautaires conçues pour le climat arctique afin d’offrir une nourriture saine à moindre coût aux populations nordiques. Leur solution, mise au point par une ONG nommée Organisation pour la sécurité alimentaire des Inuits, sera présentée à la collectivité locale sous forme de coopératives. L’organisation compte ainsi modifier les habitudes alimentaires des familles et contrer l’obésité chez les jeunes en s’attaquant à la racine du problème. « La Coupe d’entrepreneuriat Shad Valley libère le potentiel entrepreneurial et d’innovation de jeunes doués de talents exceptionnels, fait valoir Barry Bisson, président de Shad Valley International. Nos participants s’attaquent à un important problème, mettent à contribution

leur créativité et leur savoir scientifique et technologique en se consacrant à la recherche de solutions et apprennent à s’imposer comme leader au sein d’une équipe hautement performante. » Le programme d’été annuel Shad Valley permet à de jeunes esprits de développer leurs connaissances en sciences, technologies et génie tout en accroissant leurs talents d’entrepreneur. Des élèves de 4e et 5e années du secondaire et de 1re année de cégep vivent en résidence dans l’une des 12 universités hôtes, où ils prennent part à des ateliers, des conférences et d’autres activités dirigés par des chefs de file de l’industrie et du milieu universitaire. Au cours du programme, ils sont appelés à concevoir un produit dans le but de résoudre un problème, démontrant ainsi ce qu’il est possible d’accomplir avec un minimum de possibilités et un maximum de passion. Les candidatures sont acceptées jusqu’à la fin de l’année pour les élèves du secondaire enthousiastes à l’idée de vivre l’expérience Shad Valley en 2013. www.shad.ca

Procédures en cas de tempête L’hiver approche à grands pas, et nous devons déjà prévoir les effets des tempêtes de neige ou de verglas qui ne manqueront pas de frapper. Le campus ne ferme jamais ses portes. Toutefois, lorsque les conditions météorologiques l’exigent, la direction peut décréter la suspension des activités de l’Université. Cette décision est communiquée avant 6 h 30 en prévision d’un arrêt des activités de l’avant-midi, 10 h 30 pour l’après-midi et 15 h 30 pour la soirée.

Un avis « Urgence tempête » peut parvenir aux membres de la communauté universitaire par courrier électronique, le site Web www.ulaval.ca et les médias électroniques. Sinon, les activités se tiennent comme prévu. La décision de suspendre ou non les activités repose sur de nombreux critères, notamment l’état des routes et la continuité du service des transports en commun. Lorsqu’une tempête empêche la tenue d’un

examen, celui-ci est reporté. Pour la session d’automne 2012 ayant débuté le 4 septembre, il a été convenu des dispositions suivantes : du 3 au 14 décembre, les examens manqués seront reportés au samedi ou au dimanche suivant ; du 17 au 21 décembre, les examens manqués seront reportés au courant de cette même semaine. Pour la session d’automne 2012 ayant commencé le 1er octobre, les examens manqués durant les semaines du

17 au 21 décembre 2012 et du 7 au 11 janvier 2013 seront reportés au samedi ou au dimanche, soit les 12 et 13 janvier 2013. Dans l’impossibilité de tenir les examens à ce moment, la reprise aura lieu au début de la session d’hiver 2013, à une date indéterminée. Les étudiants concernés seront avisés par courriel le plus rapidement possible. www.ulaval.ca/sg/reg/ Politiques/tempetesverglas1.pdf


politique

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Le quotidien d’un député Une étude montre à quel point le travail du député québécois dans sa circonscription a évolué depuis les années 1960 par Yvon Larose Une majorité de députés québécois, qu’ils siègent à Québec ou à Ottawa, se voient d’abord comme des défenseurs des intérêts de leurs électeurs, bien avant leur rôle de législateur et de contrôleur de l’activité gouvernementale. Ces élus consacrent plus de 20 heures par semaine en moyenne à leurs commettants. Les hommes se perçoivent davantage comme des agents de développement local. Leurs collègues féminines, elles, se voient plutôt comme des travailleuses sociales. Ce sont là quelques-uns des faits saillants d’une étude récente réalisée par le chargé de cours Éric Montigny, du Département de science politique. Ce dernier occupe également le poste d’adjoint au titulaire de la Chaire de recherche sur la démocratie et les institutions parlementaires. « Les hommes et les femmes députés ont tendance à concevoir leur rôle différemment en circonscription, explique-til. Ils gèrent tous des cas problématiques et rencontrent les intervenants du milieu. Ils participent également à des activités partisanes et de représentation. Mais en comparaison, les femmes font moins de représentation et beaucoup plus d’aide et de soutien, aux individus comme aux municipalités, dans des dossiers relatifs au gouvernement. » Le chercheur, assisté de l’étudiante et auxiliaire de recherche Rébecca Morency, a effectué sa collecte de données à l’hiver 2011. Un questionnaire a été envoyé par la poste à 124 députés de l’Assemblée nationale du Québec et à 75 élus de la Chambre des communes du Canada. Près de 45 % ont retourné un questionnaire rempli, soit 58 députés provinciaux et 31 députés fédéraux.

Des changements importants se sont produits depuis les années 1960 dans les demandes des citoyens. « L’étude du chercheur André Gélinas parue en 1969 révèle que les électeurs s’adressaient aux parlementaires en premier lieu pour obtenir des biens et des services, indique Éric Montigny. Aujourd’hui, c’est d’abord pour obtenir des informations ou pour corriger une erreur administrative. Il s’agit de soutien technique. À l’époque, dans bien des cas, l’électeur sollicitait un emploi dans la fonction publique. Depuis ce temps, la fonction publique s’est dépolitisée et professionnalisée au point où ce type de demande a disparu. » Le chercheur a également constaté que les bureaux de circonscription accueillent en moyenne moins de citoyens qu’il y a une quarantaine d’années. Ils reçoivent aussi moins de lettres

Les bureaux de circonscription accueillent moins de citoyens qu’il y a une quarantaine d’années

et moins d’appels téléphoniques. « Le courriel est très populaire et sa popularité se fait au détriment du courrier postal, du déplacement en personne et même du téléphone, souligne-t-il. En 2011, chaque député a reçu en moyenne chaque semaine une cinquantaine de courriels à son bureau de circonscription. » Selon lui, la baisse de l’achalandage pourrait s’expliquer notamment par le fait que les citoyens s’adressent de plus en plus directement à l’administration publique. De nos jours, l’élu de l’Assemblée nationale, qu’il soit dans l’opposition ou dans le parti qui forme le gouvernement, dispose d’un budget pour engager du personnel politique à temps plein, notamment pour son bureau de circonscription. « Ces employés, explique Éric Montigny, réglaient la majorité des dossiers pour 60 % des répondants à notre enquête. À la fin des années 1960, les députés de l’Assemblée nationale ne disposaient d’aucun budget pour leur bureau de circonscription. » Dans son enquête, le chercheur a voulu savoir si les élus souhaitaient rester longtemps en politique. Sur 89 députés, un peu plus de la moitié, à Ottawa comme à Québec, ont donné une réponse positive. « À ma grande surprise, indique Éric Montigny, une majorité de femmes ont déclaré vouloir faire carrière en ce domaine. Les femmes qui font le saut en politique sont moins nombreuses que les hommes. Celles qui le font sont probablement plus résolues d’y rester. » Presque la moitié des députés de l’Assemblée nationale dont la circonscription est située en région consacrent plus de 31 heures chaque semaine à leurs commettants. « La circonscription, pour les députés en région, est souvent un ancrage personnel, dit-il. Plusieurs y sont nés. On y trouve aussi davantage d’organismes et de chambres de commerce, donc plus d’occasions de contacts. »

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en bref

Conférence sur la situation des Africaines L’Association des femmes diplômées des universités de Québec accueillera mardi deux femmes qui viendront témoigner de leur travail humanitaire en Afrique. Marie Katagwonda est fondatrice d’une ONG qui vient en aide aux femmes victimes d’agression sexuelle en République démocratique du Congo. L’étudiante en sciences infirmières Dominique Proteau viendra parler de son expérience à Médecins sans frontières au Burundi, au Congo et en Côte d’Ivoire. L’Association est un organisme à caractère international qui a pour mission la promotion de l’éducation supérieure chez les femmes. Mardi 27 novembre à 19 h 30, au local 1184 du pavillon Agathe-Lacerte. Réservation à afduquebec@gmail.com ou au 418 688-0520.

Carriole de Noël Envie d’un petit tour de carriole pour vous mettre dans l’ambiance des festivités à venir ? L’association étudiante AÉGSO organise sa première édition du Tramway Van Houtte du temps des Fêtes. Le 6 décembre en soirée, un véhicule tiré par des chevaux fera le tour du campus chaque demi-heure, avec musique et animation. La virée coûte 10 $, incluant un chocolat chaud Van Houtte. De quoi se réchauffer ! L’AÉGSO regroupe les étudiants qui s’intéressent à la gestion stratégique des opérations, à la logistique et à l’approvisionnement. Cette activité de Noël vise à financer ses projets, notamment des cocktails de réseautage pour rapprocher ses membres du milieu du travail. Jeudi 6 décembre dès 18 h. Billets en vente à l’avance au local 0325-G du pavillon PalasisPrince. Départ dans le stationnement 110 de ce pavillon, du côté du Charles-De Koninck.

Deux soirs pour l’art performance Une vingtaine d’étudiants de l’École des arts visuels exploreront, le temps de deux soirées, les possibilités de l’art action et performance. Inscrits à un cours de Richard Martel, artiste rompu à cette discipline, ils convient la communauté universitaire à venir se familiariser avec cette forme de création. Né au milieu du 20e siècle, cet art éphémère se rattache aux mouvements d’avant-garde, comme le dadaïsme et le futurisme. Jeudi 22 et samedi 24 novembre à 19 h, au Lieu, centre en art actuel (345, rue du Pont). Entrée libre. Le député de Jean-Talon, Yves Bolduc (au centre), lors de l’ouverture du stade TELUS-Université Laval. photo Marc Robitaille


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en direct de

l’Univert

Alex recueillant des aliments dans une benne à rebut. photos collection personnelle

De l’or aux ordures

Des étudiants désargentés trouvent des trésors en fouillant les poubelles des commerces d’alimentation de Québec par Léa Cullen-Robitaille – Univert Laval Du pain baguette, du brie et une bouteille de vin, ça vous dirait ? Parions que votre envie serait encore plus grande si vous trouviez ces aliments, et bien d’autres encore, gratuitement. Impossible, vous dites ? Pas du tout. C’est la réalité pour Marie et Alex (noms fictifs), deux étudiants de l’Université au baccalauréat intégré en environnements naturels et aménagés. Depuis près de trois mois, ils s’alimentent en faisant le tri des poubelles de certains commerces du Vieux-Québec. Bon, d’accord : c’est plutôt un de leurs amis qui a trouvé les bouteilles de vin… dans

une poubelle d’épicerie. Mais pour eux aussi, les soirées de dumpster diving, ou plongée dans les bennes à rebut, est une chasse au trésor. Leur exaltation quand ils discutent de leurs trouvailles ne diminue pas. Un des plus gros lots trouvés par Alex ? Dix grosses briques de fromage cheddar. Pas mal. « Quand la prise est d’une qualité exceptionnelle, on prend tout et on congèle ou on donne à nos amis. Sinon, on ne prend que ce dont on a besoin », explique Marie. Pour laisser aux autres glaneurs ? Pourquoi pas, solidarité oblige. Le soir de mon incursion dans le monde du glanage

coutume… N’est-ce pas là un symptôme d’un problème de gestion de l’alimentation ? Quand, en plus, ce sont des produits aussi raffinés qui se trouvent à la poubelle, on peut s’interroger sur la surabondance de produits dans laquelle baigne notre société de consommation. Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, ce sont 1,3 milliard de tonnes de denrées comestibles qui sont gaspillées dans le monde chaque année. Au secours, les bennes débordent ! En chemin, nous croisons un « gratteux » de guitare chantant à tue-tête dans une rue Saint-Jean presque déserte. Sur le banc trône un sac avec les brioches d’une fameuse boulangerie. « Vous en voulez ? Prenez-en ! » lance-t-il, enthousiaste, pour répondre à nos regards qui louchent vers son sac de victuailles. À Québec, la communauté de freegans, qui signifie « mangeurs d’aliments gratuits » en référence aux vegans (végétaliens) qui se nourrissent de végétaux, est majoritairement composée d’étudiants. Agronomie, philosophie ou foresterie, peu importe leur domaine, ce sont avant tout des gens conscients de l’absurdité du gaspillage de nourriture dans les commerces d’alimentation. Les lieux de prédilection des glaneurs alternatifs de Québec se composent des petites épiceries de quartier ou des boutiques artisanales comme les boulangeries. Lesquelles ? Ils se gardent bien de le dire, désireux de ne pas attirer une foule à leurs bonnes adresses. Dans des villes comme Rimouski et Victoriaville, il est également possible de « faire de la récup ». Suffit simplement que l’épicerie ne soit pas dotée d’un compacteur à déchets. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, on trouve

parfois des aliments de g ra n d e qu a l i té d a n s l es ordures. Alex et Marie ont récupéré des produits biologiques laissés pour compte par les consommateurs puisque jugés trop chers, comme du yogourt, des poudings de soya et des céréales. De quoi satisfaire encore plus leur fibre écologique. Devant la profusion, difficile de résister à la tentation. C’est d’ailleurs l’un des inconvénients du glanage urbain. On récolte ce que l’on trouve, pas ce que l’on

 »

Quand la prise est d’une qualité exceptionnelle, on prend tout et on congèle ou on donne à nos amis

veut ! Au départ, les dumpster divers sont enchantés par la diversité des produits. Mais ils découvrent graduellement que certains aliments, comme les brioches, n’attireraient jamais leur attention au supermarché. Lors des soirées de collecte les plus prospères, ils doivent donc faire des concessions et laisser des aliments derrière eux. Le glanage urbain peut donner de bien mauvaises habitudes, comme la surdose de pâtisserie. Après l’excitation des premières récoltes, on se recentre sur les produits de base comme les fruits et les légumes. Quand ils parlent de leur

urbain, la récolte est maigre. Signe que l’hiver approche : quelques cerises de terre seulement, des choux et des tomates. À la boulangerie, par contre, c’est l’abondance. Dans des bacs verts près de la porte principale, une cinquantaine de pain ciabatta et d’innombrables viennoiseries de toutes sortes attendent de trouver preneur. Le commerce est fermé. Il est près de 22 h 30. Lorsque nous passons, trois glaneurs sont au travail. L’un d’eux est une connaissance de Marie. Bien que le nombre de brioches et de chaussons aux pommes me semble très élevé, l’offre de ce soir, selon elle, n’est pas une panacée. Il faut dire qu’une heure plus tôt, d’autres collecteurs s’affairaient déjà. Mes deux guides ne s’inquiètent toutefois aucunement. Il y aura autant de nouveau stock demain, sinon davantage. Quand un tel gas- Jolie récolte pour un glaneur alternatif de Québec la semaine pillage de nourriture devient passée. Fromage, pain, margarine, yogourt grec, choux-fleurs…

style de vie à leur entourage, Alex et Marie sentent parfois qu’on porte un jugement sur leur pratique. Fouiller dans les poubelles serait-il réservé aux pauvres? Pas nécessairement. Les plus démunis veulent souvent de l’argent, pas de la nourriture. Et ceux qui veulent manger se tournent rarement vers les poubelles. Ils fréquentent plutôt les comptoirs d’aide alimentaire. Certains s’interrogent davantage au sujet de la propreté des aliments. Alex rappelle que, bien qu’il faille laver les fruits et légumes, les produits sont souvent suremballés, ce qui les protège. D’autres pensent que les aliments manquent de fraîcheur. Il faut évidemment être sélectif. Mais ce n’est pas le cas à la boulangerie, où Marie raconte avoir vu les employés prendre le contenu des comptoirs pour ensuite les amener directement à la poubelle extérieure ! Quant à l’aspect légal, les glaneurs alternatifs sont au courant qu’ils violent le caractère privé des poubelles des établissements. Ce qu’ils encourent ? Ils ne le savent pas exactement. Depuis qu’une des voisines d’une épicerie les a pris en photo en pleine collecte, le bac arbore désormais un cadenas. Cependant, les employés de certains commerces ne soufflent pas mot lorsqu’ils les voient à l’œuvre. Ce que Marie et Alex savent, en revanche, c’est qu’il est aberrant de laisser de la nourriture propre à la consommation pourrir dans des conteneurs à déchets. Surtout quand on sait qu’une réduction de 50 % des pertes et du gaspillage pourrait nourrir 1 milliard de personnes de plus. Et l’argent dans tout cela? Nos deux freegans estiment que la collecte de nourriture dans les ordures peut constituer jusqu’à 75 % de la valeur du contenu de leur garde-manger, une valeur non négligeable, surtout pour des étudiants. Ils complètent avec les œufs de leurs trois poules gardées au sous-sol de leur appartement – on a ici affaire à de vrais écolos ! – et d’autres produits frais comme le lait, un incontournable impossible à trouver dans les vidanges. S’il leur manque un produit, ils iront l’acheter à l’épicerie. « L’économie réalisée est considérée comme un bonus, pas comme la raison principale de notre mode de vie, » dit Marie. « Le mieux serait que nous n’ayons pas à faire les poubelles parce qu’il n’y aurait pas de gaspillage alimentaire », conclut Alex. Idéalistes, oui, mais surtout engagés au quotidien, les glaneurs alternatifs. Même s’ils ont la tête dans les poubelles, ils gardent les pieds sur terre !     


sports

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en bref

Volleyeurs en action. photo Yan Doublet

Place au tournoi de volleyball

Le PEPS offre des nouveautés pour la session d’hiver telles que le badminton pour jeunes, l’acrodanse à deux et le piloxing, un style de mise en forme qui marie la boxe à la méthode Pilates. photo PEPS

L’hiver sera chaud L’inscription aux activités sportives hivernales du PEPS débutera le 5 décembre par Catherine Lévesque Le temps est revenu de s’inscrire aux activités sportives hivernales du PEPS. Cette année, l’équipe a bonifié la programmation afin de faire bouger encore plus les membres de la communauté universitaire et les gens de la région. L’acrodanse à deux est l’une des nouveautés proposées cet hiver. Ce cours, donné le mardi soir de 15 h 30 à 16 h 55, s’ajoute aux 13 styles de danse déjà offerts, dont le baladi, la capoeira, le charleston, le swing et le tango. L’acrodanse est un cours d’acrobaties dansées accessible à tous. Il propose des exercices d’échauffement, de renforcement et d’étirement. Il enseigne des concepts de danse à deux en mettant l’accent sur l’aspect acrobatique. Bien que simples à effectuer, les mouvements enseignés sont assez spectaculaires pour épater la galerie. Toujours très populaire, le conditionnement physique sur musique offre deux formules ajustées aux besoins de la clientèle, soit l’inscription à un cours selon un horaire régulier ou la séance ponctuelle. Les cartes de séances libres sont avantageuses pour s’entraîner selon un horaire

flexible et pour varier le type d’entraînement parmi une grande diversité de cours. Dans les deux cas, l’offre de cours est pratiquement la même. Seules exceptions : l’entraînement plus est offert seulement sur inscription, alors que le système de séances ponctuelles s’applique au step tonus du samedi et à la zumba du dimanche. Aérobie, step, cardiomix, cardio militaire, cardio abdos, circuit athlétique et step intervalles ne sont que quelques exemples de ce qui vous attend cet hiver. Sans oublier le nouveau cours de piloxing, discipline dernier cri importée de Hollywood, qui combine la boxe et le pilates pour sculpter le corps. Du côté des cours pour la jeunesse, le PEPS offre cet hiver des leçons de badminton aux enfants. Il y a un niveau mini-badminton et un niveau débutant pour les petits âgés de 7 à 9 ans. Récemment, la capoiera et la danse créative ont aussi fait leur entrée dans le programme jeunesse, venant ainsi porter le nombre d’activités à 17. Rappelons que le PEPS accueille des centaines de jeunes de 2 à 16 ans les

samedis et dimanches. Ils trouveront chaussure à leur pied parmi le cardio-vélo, le cheerleading, le judo, le club de sauvetage sportif junior, la zumba, l’entraînement en salle, l’escalade, le cours de gardiens avertis, le golf, le hip hop, le kendo, le tennis, le trampoline et le yoga-massage-mandala. La clientèle des jeunes retraités et des aînés pourra choisir parmi la zumba, le Pilates et le conditionnement physique en gymnase. La zumba, qui regroupe beaucoup d’adeptes, consiste en un programme d’entraînement constitué de danse, de workout et de différents exercices physiques exécutés sur de la musique latine

Le PEPS répond aux besoins d’une clientèle diversifiée en offrant plus de 90 activités

et du monde. Plus relaxant, le Pilates est un exercice physique pratiqué en douceur permettant d’augmenter la force, l’endurance et la souplesse en apportant une sensation de bien-être. Finalement, le conditionnement physique en gymnase procure un entraînement complet à l’aide d’une variété d’exercices adaptés aux personnes de plus de 50 ans. Chaque séance contient un volet cardiovasculaire, un volet musculaire et de la relaxation. Répondre aux besoins d’une clientèle diversifiée peut être difficile, mais le PEPS relève ce défi en offrant plus de 90 activités session après session. Chacun trouvera la discipline qui lui convient, que ce soit l’escalade, la plongée sous-marine, l’aquaforme ou les arts martiaux… divisés en huit clubs! Pour le golf, le tennis et la natation, notez qu’il est possible, en plus de suivre des cours de groupe, de s’inscrire à des leçons privées ou semi-privées. Par ailleurs, des cours sur glace, comme le hockey, le power skating ou le patinage artistique, se dérouleront sur les deux grandes patinoires du PEPS. À compter du mercredi 5 décembre de 9 h à 21 h, au comptoir d’accueil du PEPS. On peut aussi s’inscrire par téléphone au 418 656-PEPS de 9 h à 12 h et de 13 h 30 à 16 h 30. www.peps.ulaval.ca

L’équipe masculine de volleyball du Rouge et Or se mesurera à ses rivaux des Maritimes en fin de semaine. Le tournoi interligue Sport universitaire de l’Atlantique-Réseau du sport étudiant du Québec se déroulera vendredi et samedi dans le grand gymnase du PEPS. Les protégés de Pascal Clément, toujours invaincus cette saison en sept rencontres, affronteront les Tigers de l’Université Dalhousie vendredi à 20 h, les Sea-Hawks de l’Université Memorial samedi à 13 h, et les Varsity Reds de l’Université du Nouveau-Brunswick à 20 h. Pour sa part, l’équipe féminine, qui détient une fiche de 8-2 depuis le début de la saison, participera au même tournoi, mais à Montréal. La troupe d’Alain Pelletier aura comme adversaires les universités de Moncton, du Cap-Breton, du Nouveau-Brunswick et Memorial.

Du yoga pour la détente Le PEPS vous offre deux ateliers de relaxation et plusieurs cours à la carte pour finir l’année 2012 en beauté. Accordez-vous une pause détente bien méritée avec la séance d’étirements et de relaxation. Apprivoisez des techniques simples, efficaces et faciles à mettre en pratique pour assurer votre mieux-être. La séance d’automassage et relaxation, quant à elle, vous fera découvrir différentes techniques permettant de soulager les tensions musculaires si fréquentes en période de stress ou de fatigue. Le coût pour chacun de ces ateliers est de 8 $ pour un étudiant membre du PEPS, 10 $ pour un adulte membre et 14 $ pour les autres. Surveillez les informations à venir pour les cours à la carte début janvier. Atelier étirements et relaxation : mardi 4 décembre de 12 h à 13 h. Atelier automassage et relaxation : mercredi 5 décembre de 16 h à 17 h et mardi 11 décembre de 12 h à 13 h. www.peps.ulaval.ca.

GoSportGo fait appel à votre générosité Avez-vous des équipements sportifs qui dorment dans votre sous-sol ? C’est le temps de leur donner une seconde vie grâce à la troisième édition de la collecte sportive GoSportGo. Ballons, souliers, bâtons de hockey, patins, casques, lunettes, gants ou raquettes : tous les objets recueillis jusqu’au 17 décembre seront remis à de jeunes enfants démunis. Au cours des deux dernières années, pas moins de 150 000 $ en accessoires de sport ont été amassés dans la province de Québec. Pour connaître le point de dépôt le plus près de vous, consultez le site www.collectesportive.com. Vous trouverez trois de ces points de dépôt au PEPS, dans des boîtes dûment identifiées.


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au fil de la semaine

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Forum sur la démocratie La CADEUL convie le public à la rencontre « Forum démocratie. Construire un projet de société ». L’événement débute demain vendredi à 13 h et se déroule sur trois demi-journées. Tous ceux et celles qui se sentent interpelés par ce sujet sont bienvenus. Quatre ateliers sont offerts : penser les institutions démocratiques, transmettre une information juste et accessible, favoriser la participation citoyenne et explorer le nouveau management public. Plusieurs spécialistes et invités permettront d’alimenter les débats. Il y aura, notamment, l’historien Éric Bédard, l’ancien maire Jean-Paul L’Allier, la professeure de philosophie Marie-Hélène Parizeau ainsi que la spécialiste de la participation citoyenne et professeure en communication Florence Piron. À vous la parole ! Vendredi 23 et samedi 24 novembre, au pavillon AlphonseDesjardins. Pour s’inscrire : www.cadeul.com/forumdemocratie.

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Concert luth et guitare

Enquête sur les Et bien, chantez conditions de maintenant ! travail au Québec

Voici un concert de la série Horizons qui présente un paysage sonore inattendu grâce à la présence du luth et de la guitare baroque. Roger Burmester, luthiste, et Konstantin Boszhinov, guitariste, interpréteront des œuvres de la Renaissance italienne : celles de Vincenzo Capirola, Francesco da Milano et Gaspar Sanz, entre autres. Les deux musiciens poursuivent des études en interprétation à Montréal. Le second a fondé, en 2007, l’Ensemble KITKA, qui se consacre à la musique folklorique bulgare. Deux interprètes encore méconnus à découvrir. Jeudi 22 novembre à 20 h, à la salle Henri-Gagnon du pavillon Louis-JacquesCasault. Les billets sont en vente au local 3326 du pavillon et à la porte le soir du concert au coût de 15 $.

Pour en savoir plus sur l’enquête réalisée auprès de 5 000 travailleurs québécois en 2010 sur leurs conditions de travail, de santé et de sécurité, il faut assister à la conférence donnée demain vendredi par Michel Vézina, professeur à la Faculté de médecine. Cette enquête, réalisée notamment par l’Institut national de santé publique, dresse un portrait des conditions de travail. Elle aborde la conciliation travail et vie personnelle ainsi que les formes que prend la violence au boulot. Elle met l’accent sur les accidents traumatiques et la santé psychologique. Cette conférence est une initiative de la Chaire en gestion de la santé et de la sécurité du travail dans les organisations de la Faculté des sciences de l’administration. Vendredi 23 novembre de 12 h 15 à 13 h 30, au local 0610 du pavillon PalasisPrince.

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Pourquoi ne pas aller entendre, dimanche soir, les voix de nos futurs chanteurs lyriques ? Ils offriront un voyage parmi les tableaux de plusieurs opéras italiens, français et allemands. Entre autres interprètes, la soprano Florence Duchesne Laplante chantera un extrait de Don Giovanni, de Mozart; Odile MarmetRochefort, aussi soprano, livrera un air tiré d’Hérodiade, de Jules Massenet ; le baryton David Turcotte fera entendre un extrait de la Passion selon SaintMatthieu, de Bach; David Souza, ténor, interprétera un air de La Walkyrie, de Wagner. La pianiste AnneMarie Bernard accompagnera les chanteurs. Dimanche 25 novembre à 20 h, à la salle HenriGagnon du pavillon LouisJacques-Casault.

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La voie du futur : les piles solaires plastiques

Une forêt sur les sables bitumineux ?

Pour une fin de vie humainement assistée

Le professeur au Département de chimie Mario Leclerc viendra donner une conférence sur un nouveau domaine en recherche appelé l’électronique plastique. Il parlera des avancées technologiques impliquant des matériaux polymères fonctionnels, dont les circuits imprimés, les écrans plats électroluminescents et les piles solaires composées de matériaux polymères synthétiques. Ces piles possèdent actuellement une efficacité de conversion lumineuse de 8 % que les scientifiques souhaitent parvenir à augmenter à 15 %. Cette activité est organisée par l’association des Chimistes pour l’environnement et s’inscrit dans le cycle de conférences La chimie pour une société viable.

Les sols bitumineux du nord-est de l’Alberta forment un gisement d’hydrocarbures évalué à 1,3 trillion de barils de pétrole. Environ 10 % de ce gisement est exploité dans des mines à ciel ouvert. Est-il possible de reconstruire les sols forestiers après l’exploitation des sables bitumineux ? C’est la question �� laquelle répondra la professeure au Département des ressources renouvelables de l’Université d’Alberta, Sylvie Quideau, lors de sa conférence mercredi organisée par le Centre d’étude de la forêt. Cette dernière abordera les méthodes mises au point pour reconstruire les sols exploités, les stratégies qui permettent de mieux utiliser les éléments nutritifs du sol et les solutions pour rétablir les cycles biogéochimiques entre les plantes et les sols reconstruits.

En octobre dernier, la conférence donnée par l’oncologue belge Jan L. Bernheim se voulait un plaidoyer en faveur de l’euthanasie. Cette fois, une autre cancérologue belge, Catherine Dopchie, viendra défendre l’avis contraire lors de sa conférence sur « La fin de vie humainement assistée : un contrepoids argumentaire dans le débat sur l’euthanasie et le suicide assisté ». Cette docteure responsable d’une unité hospitalière de soins palliatifs estime que l’accompagnement des mourants génère une expérience réelle de résilience. Voilà de quoi nourrir la réflexion de celles et ceux qui cherchent à contrebalancer le discours des tenants d’une législation ouverte au Québec sur l’aide médicale à mourir. Cette activité est tenue par la Chaire La philosophie dans le monde actuel.

Mercredi 28 novembre de 15 h 30 à 17 h, au local 1210 du pavillon Charles-EugèneMarchand.

Jeudi 29 novembre à 19 h 30, à l’amphithéâtre 1A du pavillon Charles-De Koninck.

Mercredi 28 novembre à 12 h, au local 2830 du pavillon Alexandre-Vachon.

Consultez le calendrier complet des activités sur le campus à ulaval.ca


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