Page 1

N° 14

WHAT YOU LOOKING FOR IS HERE

www.leditomagazineparis.com

Nouvelle formule RENCONTRE

KISTCH

VISION

KEBAB

Hervé Sauvage Chahuteur d’images

Du joyeux bazar à la rédemption

Les kiosques : Une mise au vert

La gourmandise sous le manteau

014

RD

Insolent

1€


L’EDITO...


...c’est TOI !


...c’est LUI ! ...c’est ELLE !


Nov-Déc 2017

10 L’envie Insolent 

Shopping

17 Convoitise 20 Face to face

SOMMAIRE

N°14

«Oui, Chef !» Christian Le Squer

26 Zoom

Kitsch, du joyeux bazar à la rédemption

34-38 Rencontre

- Hervé Sauvage, ou l’œil providentiellement talentueux - Nathalie Croquet, la créatrice de « fashion Spoofs »

42 Fragrance Parfums alchimiques

46 Mode 98 Vision

Kiosque à journaux : une mise au vert

104 Saveur Touche pas à mon Kebab !

108 Culture - La mode a la cote -Expositions


...c’est EUX !


www.leditomagazineparis.com - Bimestriel PRÉSIDENT Ali Imarazene DIRECTEUR DE PUBLICATION & RÉDACTEUR EN CHEF Christian Ritz Biyiha christian.ritz@leditomagazineparis.com RÉDACTRICE EN CHEF ADJOINTE Sylvie Portugal de Moura sylvie.portugal@leditomagazineparis.com DIRECTEUR ARTISTIQUE Madlein Ritch COORDINATRICE Camille Martin CHEF DE STUDIO Cehdrik Tayeb PUBLICITÉ publicite@leditomagazineparis.com ONT CONTRIBUÉ À CE NUMÉRO Romain Costa, Rasmus Mogensen, Pierre Dal Corso, Adeline Gauvain, Marie Amélie Martin, Fréderique Van Espen, Alexis Parente, Tobias Sagner, Elise Ducrot,
 Léo Launay, Corinne Gues, Elena Melnik, Lera Bubleyko, Sasha Mart, Patrick Tomas, Sophie Faucillion, William Arlotti, Maude Laugeay NOS REMERCIMENTS À Canelle (la star) Cedric Galonské Delphine Fetiveau Caroline Bonnet Michael Host Studio Atol8 Jacques Tessier Frankie Gallocher IMPRESSION Léonce Deprez Z.I-62620 DIFFUSION/ PROMOTION AGENCE BO CONSEIL Directeur : Otto Borscha oborscha@boconseilame.fr Tel : 01 72 32 11 40 Tel : 01 47 07 56 10 (réservé au réseau presse) Service abonnement leditoabo@boconseilame.fr 0967320934 (réservé aux abonnées) 3 route de la Bougriere 86490 Colombiers www.leditomagazineparis.com Siège social - 42-44 rue Washington 75008 Paris @L’Edito Magazine/La reproduction, même partielle, du matériel publié est interdite. La rédaction décline toute responsabilité en cas de perte ou de détérioration des textes ou photos adressés pour appréciation.


...c’est NOUS !


CONFESSIONS C’est l’histoire d’un mec… Pardon, c’est l’histoire d’un couple… euh non ! C’est plutôt l’histoire… d’une rencontre. Un après midi chaud et ensoleillé, à une terrasse typiquement parisienne, je sais c’est « so cliché », mais qui n’aime pas les clichés quand ils sont réussis ? Bref, la rencontre d’un Monaco et d’une menthe à l’eau : c’était lui, c’était moi : « tu veux être mon binôme ? Oui, je le veux. Bon, c’est parti alors !» Vous connaissez tous la fabuleuse histoire du tour du monde en 80 jours ? Pour nous ce fut la création d’un magazine complet en 45 jours : le tourbillon infernal, chronophage à souhait, mais surtout sacrément excitant ! Très vite, le ton est lancé : la ligne éditoriale sera insolente, audacieuse, sensuelle, en un mot irrévérencieuse, donc indispensable. Commence alors la cavalcade des rendez-vous, des castings, la rencontre avec des artistes de la plume, des personnalités créatives aux profils atypiques, mais, oh combien attachants, qui nous ont offert leur enthousiasme et leur manipulation, parfois diabolique, des mots. Apres 1298 cigarettes, 17 pizzas au saumon et 4 hamburgers (on essaie de lutter contre l’invasion des burgers à Paris, mais parfois on craque). Après des cris, des roulades sur le sol #merciCanelle, des tempêtes avortées dans l’œuf, des larmes, plutôt de rire, débouchant sur des fous rire hystériques, de la concentration : la maquette est née, dessinée à la main, page par page, ludique, parfaite pour mettre en valeurs nos idées folles. Ce numéro s’inspire de ce qui nous entoure, ce qui nous faire vivre et palpiter. Il s’exprime au travers d’un dossier rebondissant sur le kitch : histoire et influences, de rencontres d’artistes originaux par leurs talents et leurs personnalités. Hervé Sauvage, créateur de fééries, Christian Le Squer, chef étoilé qui imagine ses plats comme on drape de soie un manequin, Nathalie Croquet, un feu follet imaginatif et facétieux. Nous vous offrirons un voyage olfactif au pays des parfums rares et confidentiels, pour finalement, vous faire atterrir au cœur de la Méditerranée et de ses crapuleuses gourmandises. Sans oublier de relancer la polémique qui nous tient à cœur, au moins à nous les vrais ou faux parisiens, le lifting de nos kiosques à journaux. Et lorsque vous serez rassasié de culture, place aux images : la mode se fait féline, agaçante, nous livrant une femme sûre d’elle, sensuelle, fragile, déterminée et provocante : appel à la séduction et aux fantasmes… Avec tous ces ingrédients explosifs #touchepasamacodeine, nous avons concocté une petite bombe, qui déchire sa race ! Et nous sommes fiers de dire : L’EDITO : c’est nous !

Christian Ritz Biyiha & Sylvie Portugal de Moura


Concupiscence - Concupiscence - Concupiscence - Concupiscence Concupiscence - Concupiscence - Concupiscence - Concupiscence Concupiscence - Concupiscence - Concupiscence - Concupiscence Concupiscence - Concupiscence - Concupiscence - Concupiscence Concupiscence - Concupiscence - Concupiscence - Concupiscence Concupiscence - Concupiscence - Concupiscence - Concupiscence Concupiscence - Concupiscence - Concupiscence - Concupiscence Concupiscence - Concupiscence - Concupiscence - Concupiscence Concupiscence - Concupiscence - Concupiscence - Concupiscence Concupiscence - Concupiscence - Concupiscence - Concupiscence Concupiscence - Concupiscence - Concupiscence - Concupiscence Concupiscence - Concupiscence - Concupiscence - Concupiscence Concupiscence - Concupiscence - Concupiscence - Concupiscence Concupiscence - Concupiscence - Concupiscence - Concupiscence Concupiscence - Concupiscence - Concupiscence - Concupiscence Concupiscence - Concupiscence - Concupiscence - Concupiscence Concupiscence - Concupiscence - Concupiscence - Concupiscence Concupiscence - Concupiscence - Concupiscence - Concupiscence 2


’envie


IEIE VV N E N ’ L’LE

L’ENVIE de...

par Sylvie Portgal de Moura & Pascal Martinez-Maxima

... d’argent CHRISTOFLE : à table ! Un diner pour 6 personnes ? Et voici l’occasion d’étrenner cette héritière « young and pretty » de la ménagère de nos grands-mères. Mix moderne entre les anciennes cloches de table en argent et les ruches de paille, Christofle reprend les codes de sa maison, avec en prime une petite abeille délicatement gravée. La Maison chamboule les arts de la table française, les couverts ne se cachent plus au fond des tiroirs mais se nichent au sein de cette cloche, qui une fois refermée, se transforme en un objet design alliant pureté et modernité, qu’on laissera volontiers trainer négligemment sur une console. Et pourquoi ne pas emporter notre cloche grand chic, en pique-nique au pied de la tour Eiffel, so parisian! Modèle « Ruche », gravure des initiales ou blason disponible dans les boutiques Christofle. www.christofle.com

TIFFANY : premiers secours Mais que peux bien cacher, une boite à premiers secours, au premier abord et comme son nom l’indique, elle est idéale pour les situations d’urgences, le tout est de définir lesquelles ! Classique : une chute du haut de vos vertigineux stilettos, atterrissage moins glamour sur le goudron et hop c’est une boite à pansements ! Habituel : un réveil embrumé, après une soirée bien arrosée entre copines, et alors j’hésite : entre la boite à doliprane et celle à pastilles de menthe, histoire de faire passer votre haleine de poney ! Sensuel : un premier rendez-vous, rire, séduction, la tension monte, les corps se rapprochent, les mains s’égarent…vous avez devinez c’est une boite à capotes ! J’aurais pu vous trouver des tonnes d’autres exemples, mais vous avez bien compris qu’on ne peut se passer de cette indispensable petite boite aux merveilles, en argent de surcroît ! Boite en argent, Tiffany’s & Co. www.tiffany.fr

10


... de sacs

Sac à Dos DIOR HOMME Depuis bientôt dix ans, s’inspirant tour à tour de l’art, de la musique ou de la rue, Kris Van Assche insuffle une esthétique singulière aux collections Dior Homme. Pour l’hiver 2017-2018, le directeur artistique collabore avec Dan Witz, un artiste américain de street art, dont l’esprit se rapproche du thème Hardior de l’homme Dior de la saison. On craque pour ce sac dont le visuel puissant réinterprète la série Mosh Pits de l’artiste. Les Mosh Pits incarnent ces communautés underground, en affinité avec les scènes hardcore, punk et métal qui ont vu leur manière de danser se propager quand leurs musiques ont commencé à fusionner et à s’influencer. Cette mouvance s’est même étendue à un plus large public grâce au vidéo clip de Smells like teen spirit du groupe Nirvana. Revival 90’s oblige, nous sommes pile dans la tendance ! Aujourd’hui, on imagine sans peine quelques «beaux gosses» pourvus d’un pareil accessoire entamer une séance libératrice de pogo dans un festival de musique autant qu’à l’heure de pointe dans le métro. Sac à dos «Mosh Pits», collection Hardior hiver 2017-2018, Dior Homme www.dior.com

FURLA : quand le print s’emballe Comme tous les hivers seront forcément gris, Furla met au point une gamme pleine de peps et de couleurs, ou les imprimés donnent libre cours à notre imagination… Mon coup de cœur va à ce couple de chiens : égarés dans un jardin épineux aux couleurs fantasmagoriques ! Gardiens d’un jardin de roses magiques, ou plutôt gardiens du fermoir de votre sac, celui qui referme tous vos petits secrets, car c’est bien connu, seule une femme est prête à faire face à toutes les éventualités, grâce aux mystères cachés dans son sac, qui intriguent et fascinent les hommes… Optez pour un de ces nouveaux sacs qui semblent nés de la folie créative d’un artiste. Un sac, une histoire, quelle sera la votre ? Mini sac bandoulière « Toni ». www.furla.com

11


L’ENVIE

... déco BLOOM BOOM : Garden pop ! « C’est un jardin extraordinaire … » comme le dirait Trênet, Bloom Boom se sont des lampes fleurs aux formes épanouies, colorées ou psychadéliques, qui nous pousseraient à croire qu’elles se sont échappées du jardin d’Alice au pays des merveilles. Elles sont nées de la créativité d’un artiste plasticien, François Marie et d’un fashion styliste, Irma; harmonie entre la technique et la mode, alliant le savoir faire artisanal et le grain de folie pop de ces créateurs. Entièrement découpées et peintes à la main, les pétales sont en bois, suspendues au dessus d’un socle en métal argenté réfléchissant, une calotte interchangeable, colorée ou métallisée se pose sur l’ampoule afin d’atténuer sa luminosité et de diffuser les rayons colorés de votre choix. Perdez vous au milieu de ces fleurs enjouées qui donnerons à votre intérieur un petit air de jardin d’Eden. Lampe « Polly ». www.bloomboom.fr

Presse-agrumes DOLCE & GABBANA X SMEG Avouons-le, le matin on se lève parfois du mauvais pied. Pour certains, c’est même carrément devenu un rituel. Pour couper court à toute humeur délétère, nous avons eu une idée : disposer dans les intérieurs quelques éléments plein de gaité. Pour débuter ce balisage matinal, direction la cuisine. Nous avons craqué pour la collaboration entre la maison de luxe italienne Dolce & Gabbana et la marque d’électroménager Smeg. Baptisée Sicily is my love, la collection présente des modèles aux décors enchanteurs, parfaits pour se réveiller en douceur à l’heure du petit déjeuner. Nous avons notamment adoré le presse-agrume et son décor de citrons d’or. Embelli par sa belle robe dans l’esprit vintage 50’s - Dolce & Gabbana oblige - c’est un appareil qui nous mettra de bonne humeur au premier coup d’œil. A nous les jus gorgés de vitamines pour émerger en beauté. Dans la foulée, il se pourrait même qu’on s’équipe de tous ses cousins, machine à expresso, bouilloire, blender…, en raison de leurs fonctionnalités bien-sûr, mais aussi pour leur graphisme figues de Barbarie et cerises rouge vif ou motifs floraux inspirés des paysages typiques du sud de l’Italie. Ils constituent l’équipement culinaire parfait pour nous transmettre l’allégresse des familles italiennes. C’est promis, prochainement on étendra la bonne humeur aux autres pièces de la maison. Presse-agrume, collection Sicily is my Love Dolce & Gabbana X Smeg, Smeg www.smeg.fr

12


...neige

TEDDY MILADY Nous pensions avoir tout vu en matière de Teddy, que nenni ! La maison Milady revisite le blouson emblématique des étudiants américains à travers une interprétation 100% luxe. Tandis que le savoir-faire de la «haute fourrure» promet l’adhésion de nouveaux addicts au modèle, l’esprit résolument junior laisse pressentir le «big crush» des adeptes de la Varsity Jacket, autre dénomination de la célèbre veste preppy. Pour ravir les branchées, la maison présente le modèle décliné d’après deux qualités de fourrure, du rex pour les «swagueuses» ou du vison pour les disciples de l’exception. On connaît déjà des modeuses qui devraient avoir bien du mal à se décider. Blouson Teddy, rex ou vison, autres coloris disponibles, Milady www.miladyparis.com

CAPSULE COLMAR X AU JOUR LE JOUR Mention spéciale à Mirko Fontana et Diego Marquez, les designers de la maison de prêt-à-porter italienne Au Jour Le Jour. Cette saison, le duo créatif réinterprète l’imagerie traditionnelle des sports d’hiver avec fraîcheur et ironie pour la marque de vêtements d’extérieur Colmar. Parmi les silhouettes proposées, les looks homme nous ont particulièrement fait fondre. Graphisme des affiches des années 80 et 90 ou remix d’une veste d’Alberto Tomba avec la Fédération Italienne de Ski… Les créateurs s’en donnent à cœur joie pour réviser les volumes et les couleurs des modèles outdoor. Pour preuve, ce pull au graphisme affirmé à porter en toute décontraction au ski comme à la ville. On pourrait facilement penser que seuls les ados snowboardeurs aient envie d’opter pour l’allure «mountain - vintage» de la ligne, mais on est prêt à parier qu’un «daddy Christophe» ou un «tonton Philippe» seraient prêts à glisser leur corps d’athlètes dans ces tenues inspirées. Vivement qu’il fasse frisquet pour foncer tout schuss sur la collection capsule née de cette jolie rencontre entre les deux marques de mode. Look Homme, collection capsule Colmar Originals by Au Jour Le Jour, Colmar www.colmar.it

13


L’ENVIE

... diamants Collier GIGI HADID X MESSIKA S’il existe une fille bankable dans la fashion sphère actuellement, c’est bien Gigi Hadid. Depuis que le mannequin s’est imposé sur la scène de la mode internationale, tous les créateurs n’ont d’yeux que pour cette star des podiums. Pour fêter le 10 ème anniversaire de la collection iconique Move, la maison de joaillerie Messika initie une collaboration remarquable avec la it girl américaine. Loin d’un simple partenariat «image», Gigi Hadid a collaboré avec la créatrice Valérie Messika dans le but d’imaginer une collection futée qui réinterprète l’ADN de Move en y apportant une touche très rock, voire punk. Eminemment sophistiquée, pour séduire toutes les fans de diamants, la ligne Move High Jewelry Addiction illustre à la perfection la nouvelle joaillerie «couture». Elle se compose de quatre pièces d’exception, un choker, un sautoir, une ear cuff et une bague. On aime son caractère, reflet parfait de l’allure un soupçon rebelle du top model. Fidèle à l’élégance légère de la maison de joaillerie parisienne on salue cet opus glam et trendy. Collier choker, Move High Jewelry Addiction - collection Messika by Gigi Hadid, Messika Joaillerie www.messika.com

DJULA : Rock attitude ! L’anticonformisme est encodé dans l’adn de la jeune maison parisienne Djula. Son créateur, Alexandre Carrot aime l’irrévérence et l’audace. Ses bijoux sont un mélange de glamour pour souligner la sensualité de la femme et de rock pour affirmer sa personnalité, ce n’est donc pas sans insolence qu’il a lancé sa collection « barbelés ». Qu’il y a t il de plus provocant que de ce promener avec un bout de fils barbelé au poignet, qui se révèle, finalement, être un bracelet en or noir constellé de diamants noir, eux aussi, et, qui de surcroît, vaut une petite fortune - que je ne révèlerais pas ! pas envie de me faire braquer mon nouveau coup de cœur à la sortie de la rédac ! Adieu le bling bling, l’or et les diamants se font sombres et rebelles : Je me sens dans la peau d’une star punk, avec la crête rouge et les rangers en moins ! Jonc, collection « Barbelés », or et diamants noirs. www.djula.fr

14


... senteur DIPTYQUE : A bas les gaz d’échappement ! Finis le sapin de Noël à la vanille, qui pendouille au rétroviseur et qui nous écoeure au bout de 30 secondes ! Diptyque à décider de nous sauver de la malédiction des parfums de voiture, qui jusqu’à maintenant n’en n’avait que le nom et surement pas la senteur. Grâce à ce diffuseur de voiture, nous allons subir les embouteillages et leurs gaz enveloppé dans les fragrances d’un jardin d’été, batifolant entre la fleur d’oranger, la rose, le gingembre, l’ambre, la figue, les baies ou encore l’emblématique 34. Il suffit de fixer ce diffuseur sur la ventilation de votre voiture et vous voilà envouté pour trois mois, un système de régulation à froid vous permet même de moduler l’intensité des senteurs ou d’en changer facilement. Voilà de quoi nous faire oublier les voies sur berges et les longues heures en voiture, go pour un tour du monde ! « Un air de Diptyque », diffuseur pour la voiture. www.diptyqueparis.com

Parfum TOM FORD Tom Ford figure parmi les créateurs de mode les plus sophistiqués, à travers sa manière de s’exprimer, dans les looks qu’il imagine, ses réalisations au cinéma et probablement avec ceux qui le côtoient. Pourtant, il lui arrive parfois de nous surprendre avec un vocabulaire incisif. Ainsi, son nouveau jus, Fucking Fabulous, affiche un nom qui claque. Comme une interjection, le titre capte l’attention illico. Il ne faut sans doute pas traduire ces notes d’amande, de fève tonka, d’iris, de cachemire ou ces notes de fond de cuir chaud et de sauge par une appellation scabreuse, ce serait mal connaître le registre luxueux du designer. Non, derrière ce titre marketing et malin, il serait plus exact, on le pense, de déceler une ode à la vibration des sens. Nous nous trouvons en présence d’un jus audacieux et sulfureux, à l’image des codes chers à l’univers de Tom Ford tels le porno chic assumé et les campagnes de publicité à la sensualité exacerbée. Contemporaine et sensuelle, après le passage de celles et ceux qui arborent cette fragrance mixte, Fucking Fabulous disperse un sillage qui ne s’oublie pas. Eau de parfum, flacon 50 ml, Fucking Fabulous, Tom Ford Beauty www.tomford.com

15


L’ENVIE

... sensuel DOMESTIQUE : faites vous apprivoiser et adopter le collier… La sensualité est de mise pour cette collection aux nuances chaudes et colorées, si Domestique flirte outrageusement avec les codes du SM chic, cette jeune maison n’en n’oublie pas les vertus du naturel. Ces colliers ras du cou sont en cuir de veau tanné avec des essences de bois naturels, cette technique permet aux peaux de s’adapter aux temps, aux incidents, ou aux intempéries, sans perdre de son charme, le cuir vit au grès de celui qui le porte : tout un programme ! L’anneau, dont je ne développerais pas les multiples usages, hors décoratif, est doré à l’or 24 carats. Aucun détail n’est oublié dans cette collection, entre technique et sensualité, les « Tools » sont de superbes accessoires de vertus… ou de vices. Ceintures, bracelets, colliers viendront décaler vos tenues de jour, à moins que vous ne préfériez les porter à même la peau la nuit venue. Et, si, comme moi, vous aviez rencontrés les deux jeunes créateurs de cette maison sulfureuse, votre choix serait déjà acquis… Choker D-RING cuir, « Tools » séries 2018, made in France. www.domestiqueparis.com

... laisse PAUL SMITH : le luxe du détail Je suis une fashion victime, et comme tout membre de mon espèce j’aime les objets de luxe parfaitement superflus, néanmoins, je dois l’admettre celui-ci est fort utile, même s’il ne m’est pas destiné pour une fois. Mais n’est-il pas encore plus « fashionasse », « fashionable », « fashionant », peu importe, que de se la péter avec une laisse et un collier griffé pour orner le cou délicat de ma princesse velue, je parle, bien sûr de ma petite chienne : Canelle. Paul Smith m’offre donc le plaisir de poser la griffe incontournable de son imprimé « artist stripes » sur cet ensemble en cuir pour cabot de luxe. Et c’est sous la grisaille parisienne que je vais pouvoir promener au bout de ma laisse aux couleurs acidulées, ma ravissante, si ce n’est elle qui finalement promène sa nouvelle laisse ! Collier et laisse, vendu séparément. www.paulsmith.com

16


CO

OIT NV

ISE

CONVOITISE

par Pascal Martinez-Maxima

Sac du soir CHANEL Mars 2017, Karl Lagerfeld a l’idée géniale de transformer le Grand Palais en rampe de lancement d’une fusée Chanel. Sidérant ! Sous la nef de l’édifice, le public assiste à la présentation du prêt-à-porter Chanel automne-hiver 2017-2018 et s’envole pour un voyage dans le ciel. Comme un témoin de cette extraordinaire balade dans les étoiles, nous avons remarqué cette étonnante fusée parmi la collection des accessoires de la maison. L’objet est si attrayant qu’on en viendrait presque à imaginer qu’en le frottant délicatement un bon génie venu d’une autre dimension pourrait en surgir. Mais ici point de lampe magique, le précieux astronef est en réalité un sac du soir délicat. Tel un ovni chic, l’accessoire nous invite à rêver. On l’imagine doté de tous les pouvoirs, d’une force mystérieuse capable de propulser le look de celle qui le choisira, le temps d’une soirée ou qui sait, pour la vie. Adorable, cette fusée pur luxe revêt tout le charme nécessaire à capter l’attention de son auditoire. Public rangé qui, probablement, demeurera ébahi face au look de l’iconoclaste modeuse qui viendra l’adopter. Pour nous, ce sac du soir fait état d’un esprit unique, propre aux créations Chanel. C’est une petite œuvre qui rime avec désinvolture et fait écho à l’atmosphère légère de l’Agence Spaciale Gabrielle Chanel du défilé. Compagnon du soir d’un nouveau genre, c’est l’invention rêvée pour contenir le kit spécial sortie de toute néolady, une femme prête à évoluer dans de nouvelles stratosphères, un club de jazz, un concert de rock, une soirée électro... Accompagnée de sa fusée fantastique, cette aventurière de la nuit s’affranchira avec délices les codes bienséants de la vie nocturne pour inscrire le souvenir de sa silhouette cosmique sitôt après son passage. Munie de cet accessoire hautement désirable elle sera divine, assurément. Sac du soir fusée, collection automne-hiver 2017-2018, Chanel www.chanel.com

17


Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - Co - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - C - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - C - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - C - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - C - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - C - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - C - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - C - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - C - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - C - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - C - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - C - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - C - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - C - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - C - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - C Corps - Corps à Corps - Co Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à - Corps à Corps - Corps à Corps - Co Corps à Corps - Corps à Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - Co Corps à Corps - Corps Co Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps


Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Co Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - Co Corps à Corps à Corps - Co Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps - Co Corps s - Corps à Corps - Co Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à Corps s à Corps - Corps à Corps - Co Corps à Corps - Corps à Corps - Corps à

- Corps à Corps

ace to Face


R CO

PS

À

R CO

PS

« Oui Chef ! »

LA HAUTE COUTURE DES SAVEURS VU PAR CHRISTIAN LE SQUER

De la rivière d’Etel en Bretagne au 31, Avenue George V à Paris, le célèbre Chef étoilé, Christian Le Squer a tissé 1001 saveurs gourmandes qui l’ont propulsé au milieu des firmaments de la gastronomie, parmi les meilleurs artistes culinaires qui font la cuisine française d’aujourd’hui et de demain. Simple, curieux, passionné et perfectionniste, « cet artisan de l’excellence à la française » nous reçoit au cœur du restaurant Le Cinq, un lieu de vie « Haute Couture » auquel le célèbre guide Michelin a attribué une troisième étoile en 2016 grâce au travail acharné du maestro breton et de toutes ses équipes. L’interview qui suit, révèle l’histoire d’un homme humble, amoureux des bons produits et des gens, influencé par le Bon et le Beau avec un grand intérêt pour l’univers de la mode et du parfum.  par Patrick Tomas

Bienvenue au cœur de ma cuisine, je suis ravi de vous accueillir dans mon univers créatif au milieu de mes équipes. J’ai vu le jour en Bretagne, dans le Morbihan, le 30 septembre 1962 à Plouhinec, dans la région de la rivière d’Etel. Mon lieu de naissance est qualifié de pays des «sauvages». Contrairement à beaucoup de chefs(fes), ce n’est pas une grand-mère, une maman ou un autre membre de la famille qui a éveillé ma passion culinaire. J’ai toujours été gourmand et curieux.

A quand remonte ce premier souvenir qui vous connecte à votre métier ?

A l’âge de 12 ans, durant mes vacances scolaires, sur les conseils de ma maman, j’ai accompagné mon oncle et ses hommes sur son chalutier de pêche en pleine mer. Durant une dizaine de jours, en tant qu’observateur, j’étais aux côtés du cuisinier qui a éveillé en moi l’intérêt pour les fourneaux. J’ai ainsi constaté et compris le rôle social de la cuisine, le plaisir que cela procure de nourrir et de manger à une même table. Suite à cette expérience culinaire et maritime, je me suis inscrit dans une école hôtelière à Vannes. Une fois mon diplôme en poche, j’ai commencé à travailler dans quelques établissements à Carnac et Quiberon jusqu’au jour où un restaurateur m’a poussé à me rendre à Paris car selon lui, il fallait faire ses armes dans la capitale pour devenir un bon cuisinier.

L’expression dit « On monte à Paris », Parlez-nous de vos débuts dans la Capitale… En tant que jeune débutant, j’ai connu quelques difficultés dans la Ville Lumière vu que je savais uniquement préparer des plateaux de fruits de mer. De plus, je travaillais dans de grandes structures de la restauration où je n’avais pas le temps de m’attarder à l’apprentissage du travail et de la transformation des produits d’excellence.

Comment la transition vers les grandes maisons parisiennes s’est-elle faite ?

Lors de mon service militaire à Saint-Augustin, j’ai eu l’opportunité de rencontrer de jeunes militaires qui officiaient dans de grandes maisons parisiennes. Ils m’ont expliqué ce qu’était une «brigade». Pour moi, c’était une curiosité car dans mon expérience bretonne, l’univers de la cuisine était uniquement composé d’un plongeur et d’un cuisinier. Ces récits du fonctionnement d’un grand restaurant, du guide Michelin me faisaient rêver et en 1980, dès la fin de mon service

militaire, j’ai eu comme objectif de rejoindre ces grands établissements et leur brigade pour transformer ces rêves en réalité. Malheureusement, ces lieux idylliques n’étaient pas tentés de donner la chance à un jeune cuisinier comme moi, capable uniquement de préparer un plateau de fruits de mer et un œuf mayonnaise. En 1982, la chance m’amena au restaurant lillois « Le Flambard », deux étoiles au guide Michelin en tant que commis de cuisine. Ma carrière dans les Grandes Maisons de la Cuisine Française débuta ainsi dans le Nord de la France. Comme j’aimais lire la presse culinaire, une année plus tard, j’ai appris que le célèbre chef Jacques le Divellec avait décidé de quitter La Rochelle pour s’installer à Paris. J’ai saisi l’opportunité de revenir dans la capitale par la grande porte en lui envoyant ma candidature et je l’ai ainsi rejoint en tant que premier commis pour ouvrir son restaurant Le Divellec. Par la suite, j’ai pu peaufiner mon expérience professionnelle dans la Haute Gastronomie en passant par de très belles Maisons comme Lucas Carton, Le Taillevent ou le Ritz.

Quand avez-vous gagné vos premières étoiles ?

En tant que chef, je décroche ma première étoile en 1996 au Café de la Paix, restaurant à Opéra. Deux années plus tard, j’y obtiens une seconde étoile qui m’apporte un élan significatif dans ma carrière. En 1999, j’accepte le challenge de reprendre les rênes des cuisines du Pavillon Ledoyen et trois ans plus tard, mon travail y est récompensé par l’obtention d’une troisième étoile au guide Michelin. Parallèlement, j’ouvre deux établissements gastronomiques, l’Etc en 2008 et La Grande Verrière en 2011. Fin 2014, je rejoins les cuisines du Four Seasons Hotel George V avec comme mission de décrocher trois étoiles au bout d’une année, ce qui sera une mission accomplie en 2016 pour la table du restaurant le Cinq où j’officie toujours.

Le travail en cuisine tient plus de celui du designer en atelier avec son équipe ou du coach sportif ?

J’avais une telle volonté de placer ce restaurant dans l’excellence que j’ai entraîné toute une brigade, celle dont je rêvais en 1980, pour réussir à atteindre ce bel objectif. Ensemble, nous avons travaillé de toutes nos forces pour décrocher cette récompense au bout de seulement une année pour le plus grand plaisir de notre établissement et de sa clientèle. Le chef a sa brigade, le designer est entouré d’une équipe et il faut être aussi un peu coach pour emmener un établissement vers son succès… Créer une belle harmonie, fédérer un esprit fort dans sa brigade pour gagner des étoiles et valoriser nos expertises…

20

© Stéphane de Bourgies

Christian Le Squer, qui vous a insufflé cette passion pour la cuisine et la gastronomie ?


21


CORPS À CORPS Selon vous, peut-on être à la fois chef, artisan et artiste ?

Le processus créatif dans les trois univers dont vous me parlez reste sensible, à l’écoute et en recherche d’innovations permanentes… C’est assez semblable avec la passion sur la touche « on ». Un chef, c’est naturellement un artisan. D’ailleurs, je me considère moi-même comme un artisan des saveurs. Je compose des notes olfactives, des touches gustatives comme un parfumeur… Et… En même temps, le chef artisan que je suis, crée des collections comme un artiste. Le chef dépend du plat, des produits de saison comme un(e) couturier(e) dépend d’une étoffe, de l’épaisseur du tissu, et bien évidemment de la saison… L’artiste culinaire et le styliste travaillent de façon similaire. Entre l’hiver et l’été, on mange et on s’habille différemment. En ce qui concerne le parfum, on porte des notes plus miellées l’hiver alors que l’été, on part vers des notes d’agrumes. Il en est de même pour les saveurs des plats. Tout cela est lié à cette culture de l’art de vivre à la française qui nous unit, les artistes, toutes et tous, les uns avec les autres.

Où puisez-vous votre inspiration ? Quelles sont les différentes étapes qui vous amènent à créer un plat ?

Je me nourris de tout pour créer. Une photo dans un magazine, un paysage de campagne, un bouquet de fleurs, une collection de vêtements, tout m’inspire. Je suis quelqu’un de curieux et tout retient mon attention. Je voyage énormément et je puise cette inspiration dans mes escapades aux quatre coins du monde. Dernièrement, je me suis rendu à Istanbul et en me promenant sur un marché, mon attention s’est focalisée sur des loukoums. Cela m’a donné envie de revisiter le loukoum pour lui apporter une touche plus française ou bretonne en imaginant un loukoum avec de la bière et du sarrasin. Je suis un homme de saveurs et donc, je suis à la recherche de nouvelles notes, de nouvelles associations culinaires pour créer de nouvelles émotions gustatives.

Votre regard est comme un polaroïd qui capte des instants, des sensations, et garde des souvenirs à transmettre ? Une bonne image ! Les formes proposées dans une œuvre me permettent de destiner l’architecture d’un mets. On met des volumes dans l’assiette, c’est donc naturel d’être interpellé par des lignes, des courbes, des sculptures et des peintures… L’émotion renvoyée par les couleurs et les harmonies est toujours un point de départ...

Quel est votre petit twist qui signe votre différence ?

Je crois qu’il faut être ouvert sur notre monde et essayer d’être connecté à lui tout en étant avant-gardiste. Le bien-être, la consommation responsable, le principe de l’esprit sain dans un corps sain sont ancrés dans la tête de nombreuses personnes. En tant que chef, je dois réfléchir sur des plats travaillés avec moins de gras, des sauces plus fruitées pour être entièrement connecté à notre époque et insuffler de nouvelles modes culinaires. Dans notre métier, comme dans tous les univers artistiques, rien n’est figé, c’est à nous d’innover et de lancer de nouvelles tendances. C’est le rôle des chefs de la Haute Gastronomie d’apporter de la modernité dans le goût français. Par exemple, si on aborde les produits de la chasse, les gibiers, on peut prendre le temps de réfléchir à apporter davantage de fraîcheur aux produits afin de les consommer autrement.

Donc, en permanence, vous respirez l’air du temps ?

Nous sommes dans une époque où nous aspirons davantage à des notes végétales et fruitées plutôt qu’à des notes purement animales. Il y a une transformation de notre société mondiale notamment grâce aux nouvelles technologies et notre métier de chef doit tenir compte de toutes les nouvelles évolutions qui créent de nouvelles tendances. Nous sommes devenus des acteurs des réseaux sociaux et nous sommes au courant de toutes ces nouvelles modes auxquelles nous nous adaptons. Personnellement, je suis très curieux, je vais lire les blogs, consulter les réseaux sociaux pour m’inspirer de ce monde moderne et connecté.

Mais dans ce monde où vous êtes connecté, quel est votre essentiel ?

Pour créer un plat, ce qui m’importe, c’est d’abord la sélection de la matière première, ensuite on assemble des parfums afin d’atteindre l’équilibre des goûts et des saveurs. J’aime travailler des parfums et des saveurs que nous n’avons pas l’habitude d’associer afin de créer la surprise, le bonheur visible sur le visage de celui ou de celle qui déguste ce plat. Ensuite, nous travaillons le design de l’assiette. Chaque plat doit être un plaisir relayé par tous les sens et l’épicurien(ne) qui déjeune ou dîne à ma table doit être en forme après l’expérience culinaire. Un repas ne doit pas être alourdissant tout en restant agréable et gourmand.

C’est une remise en question et un apprentissage permanent ?

Tous les jours, nous focalisons une partie de notre temps dans la recherche et le développement pour créer des cartes Printemps-Été et Automne-Hiver. Ces cartes sont à l’image des maisons de mode. Ce sont des collections au fil des saisons, pour être au plus près des tendances tout en respectant la saisonnalité des matières premières. Tous les jours, dans notre département recherche et développement, nous goûtons des saveurs pour proposer une carte innovante et créative. Chaque collection est réalisée « élément par élément », non pas assiette par assiette. On reste dans l’artisanat. Mon objectif final reste toujours le plaisir et la satisfaction de voir mes clients(es) apprécier mes plats.

Votre approche sensible et intelligente nous emmène vers un parallèle entre cuisine, mode et parfumerie ?

Dans les trois domaines, nous sommes les ambassadeurs de cet art de vivre à la française. Le processus de création reste très similaire. Nous nous basons sur un savoir que nous adaptons à notre époque et aux nouveaux moyens d’élaboration. Nous travaillons notre curiosité et notre capacité d’observation pour proposer de nouvelles tendances, des directions artistiques...

Donc, nous sommes dans les Métiers d’Art ?

Il y a une cuisine « Haute Couture » en France, une Haute Gastronomie raffinée et d’excellence que nous retrouvons notamment dans les restaurants étoilés et ce que je propose au restaurant Le Cinq. Notre clientèle est composée d’épicuriens(nes) avertis(es), de personnes cultivées à la recherche de l’exception comme un(e) client(e) désireux(se) d’acheter une pièce unique dans une Maison Haute Couture de la Mode. 22


Légende

Quel est votre regard sur la mode ? Etes-vous attentif à certains(es) stylistes ? Quelle Maison vous fait rêver ?

La mode questionne aussi la parure, le paraître, le statut…

Globalement, ce qui me plaît dans la mode, c’est ce retour à des choses plus simples. J’aime lorsque le vêtement ou l’accessoire est pensé, élaboré, créé sans trop d’artifices afin que les hommes et les femmes se sentent à l’aise au quotidien. Il en va de même dans la Haute Gastronomie. Nous travaillons le produit pour proposer des saveurs authentiques sans surfaire. L’objectif principal étant la découverte de nouvelles associations de produits en ayant ce sentiment de légèreté à la fin du repas.

Je suis admiratif du styliste Hedi Slimane qui a changé la femme Yves Saint Laurent comme il a changé l’homme chez Dior. On peut le comparer à mon cas personnel car j’ai changé le style de la Table du Cinq au Four Seasons Hotel George V en y apportant mes inspirations et ma propre culture culinaire. Comme Hedi Slimane, je suis allé bien au-delà des règles existantes pour apporter un nouveau souffle dans la maison qui m’a accueilli. La Maison Hermès me fait également rêver. J’ai le sentiment que les collections s’adaptent naturellement à leur époque. Chaque produit Hermès est un véritable bijou, fruit de l’artisanat français. La Maison Berluti m’intéresse également. On y redessine l’homme de la rue avec une élégance qui colle à notre époque, l’homme qui aime les beaux matériaux appréciant être élégant, tout simplement.

Votre définition du luxe ?

Le luxe, c’est la simplicité, l’élégance naturelle… Il faut que tout soit le plus simple possible, c’est la pureté des choses qui doit éveiller notre intérêt. Les consommateurs(trices) ont besoin de se retrouver autour de la simplicité et de l’authenticité et donc, autour de bons produits. Il faut être dans la vérité en toute circonstance pour vivre ce luxe, ce retour à l’excellence.

Restaurant Le Cinq – Four Seasons Hotel George V 31 Avenue George V – Paris VIIIe Tel : +33 1 49 52 71 54 - www.fourseasons.com

23


Pénétration - Pénétration - Pénétration - Pénétration - Pénétrati Pénétration - Pénétration - Pénétration Pénétration - Pénétratio Pénétration - Pénétration - Pénétration - Pénétration - Pénétrati Pénétration - Pénétration - Pénétration Pénétration - Pénétratio Pénétration - Pénétration - Pénétration - Pénétration - Pénétrati Pénétration - Pénétration - Pénétration Pénétration - Pénétratio Pénétration - Pénétration - Pénétration - Pénétration - Pénétrati Pénétration - Pénétration - Pénétration Pénétration - Pénétratio Pénétration - Pénétration - Pénétration - Pénétration - Pénétrati Pénétration - Pénétration - Pénétration Pénétration - Pénétratio Pénétration - Pénétration - Pénétration - Pénétration - Pénétrati Pénétration - Pénétration - Pénétration Pénétration - Pénétratio Pénétration - Pénétration - Pénétration - Pénétration - Pénétrati Pénétration - Pénétration - Pénétration Pénétration - Pénétratio Pénétration - Pénétration - Pénétration - Pénétration - Pénétrati Pénétration - Pénétration - Pénétration Pénétration - Pénétratio Pénétration - Pénétration - Pénétration - Pénétration - Pénétrati Pénétration - Pénétration - Pénétration Pénétration - Pénétratio Pénétration - Pénétration - Pénétration - Pé 6


ion on ion on ion on ion on ion on ion on ion on ion on ion on

oom


PÉN

ÉT

IO RAT

N

Le cinéma est samplé, copié-collé, remasterisé avec cet hommage au film L’étrange créature du lac noir : film d'horreur américain tourné pour être visionné en trois dimensions par procédé de lunettes polarisantes, réalisé par Jack Arnold, sorti en 1954



KISTCH, du joyeux bazar à la redemption... par William Arlotti

Depuis quelques saisons, stylistes et designers pensent des collections en cadavres exquis, en jetant un regard vers l’histoire du costume et des cycles des Modes. Elles et ils piquent et accumulent des pièces « datées » pour recomposer une belle partition qui doit être toujours nouvelle... Ainsi, une robe victorienne en mousseline se portera avec un perfecto des années soixante. Une combinaison aux manches chauve-souris, all-over glitter s’acoquinera de plateforme-shoes et d’un fedora… La ligne H piqué à Yves se retrouvera, sans citer la source, chez la maison X… Les looks qui défilent sont des « hommages sans référence », mais sous influence d’un monde globalisé. Cette remastérisation fait le grand écart, un jour entre l’Ere des Lumières mixée à l’Egypte Ancienne et le lendemain, au Glamour Hollywoodien des années trente basculé dans la décennie électro-rave nineties… Depuis la « disparition » des créateurs des années 80 qui s’inspiraient de la rue, les plans de collection ont des processus hétéroclites. Les saisons suivent un rythme de plus en plus effréné où le vêtement, à bout de souffle, est devenu un simple produit culturel de masse, avec ses traits triviaux, déjà démodés et si « populaires ». La mode reste le reflet de nos sociétés : mode politique, mode philosophique, mode culturelle avec son jugement de valeurs et ses normes qui nous conditionnent… 26


VERKITSCHE TOUT UN PROGRAMME... Cette nouvelle manière de créer se fait sur les bases d’une cuisine atypique en suivant un livre de recettes dada, surréalistes… Les styles passent dans une machine à laver sur la touche essorage pour nous proposer le Kitsch… Dans ce tambour à remonter le temps, téléportons nous en 1860 avec une étymologie en trois temps, trois mouvements. Le mot vient du verbe germanique «verkitschen»… C’est « brader, vendre en dessous du prix, vendre quelque chose à la place de ce qui avait été demandé ». Le kitschen en allemand n’a rien à voir avec son homonyme anglais car il signifie « ramasser des déchets dans la rue ». Cela n’est pas très flatteur si nous le transposons à l’univers de la mode… Une autre étymologie nous murmure que le mot « Sketch », mal prononcé, serait à l’origine possible du terme « Kitsch »… Enfin, le phénomène est lié au maniérisme de Louis II de Bavière et à sa mégalomanie excessive…

Quand le souvenir d’un voyage au Tyrol quitte les montagnes pour s’intaller au salon pour Winter Bears – 1988 sculpture polychromed wood

LA PETITE BABIOLE QUI FAIT CRAQUER Inauthentique… Surcharge et mauvais goût… Des babioles, des bibelots, des objets à la production artistique plus que douteuse, toujours industrialisés, et bon marché…Voilà, c’est dit. Le Kitsch est indissociable de l’industrie de consommation de masse. Est-il alors compatible avec le concept de luxe, l’idée de rareté, de pièces et de métiers d’art ? L’achat reste une valeur doudou, un refuge, un gri-gri pour se réconforter… Au hasard chez Gucci, une bague tête de taureau en « émail » Anger Forest est à 470 €… Le sac à dos à logo Coco Capitán, comme « griffonné au feutre » est à 1.490 € et une robe en soie à imprimé bouquet pictural est à 2.700 €… Pas mal la petite babiole, non ? Il apparaît alors, furtivement l’ombre du mauvais goût, ce bad-taste, cette touche has-been, ce souvenir d’un départ en vacances, avec sur la plage arrière de l’automobile ce petit toutou en plastique floqué qui remue la tête... Ce chiot nous balance un « oui-oui-oui-oui » mécanique et nous rappelle que la robe chasuble d’une tante old-school est agrémentée de décorations superflues… Tatie veut faire un peu plus jeune et rester yé-yé. Un flashback récent nous emmène au Louvre voir le sourire de la Joconde. Il est scotché sur un sac-àmain et un foulard de la collection Masters, issue de la collaboration entre Louis Vuitton et Jeff Koons. Ce n’est pas une première. Takashi Murakami avait détourné la connotation puérile manga, vibration kawaï, sur la toile au monogramme LV… Chez Moschino, Jeremy Scott mixe du Chanel 84 avec du Versace 92 pour faire une ode à la Junk Food... Absolument kitsch-trash…

© Glen Luchford - Jeff Koons - Tate - Pietro D’Aprano - Getty

LA TROISIEME VAGUE Le kitsch copie des œuvres reconnues. Ce n’est pas un scoop, du « pomme C pomme V » de grands classiques, illustrant nos changements sociaux et nos mutations historiques… Une première vague, au milieu du XIXème siècle correspond à une phase d’industrialisation et d’urbanisation avec la naissance d’une nouvelle classe moyenne. Elle rêve la Bourgeoisie et cherche un accès aux divertissements dans un succédané de culture… Au milieu du XXème siècle… Paradoxe ! Le kitsch est utilisé pour condamner la société de consommation, la culture des vilaines élites qui impose sa propagande et manipule les masses… Pink Flamingos, film américain de John Waters, sorti en février 1972 est devenu cultissime, volontairement trash, pour un public averti avec des scènes inouïes… Divine, castafiore décatie, s’agenouille à côté d’un petit caniche en train de déféquer sur un trottoir… Puis elle ramasse la crotte et la gobe, avant de consciencieusement la laisser fondre sur sa langue... Un troisième tempo est amorcé par la chute du mur de Berlin en 1989 qui accélère la globalisation et la mondialisation économique… La masse devient insensible aux valeurs culturelles authentiques, mais reste toujours avide de divertissements, de télé-réalité, de peoples à travers des vies liquides : notre système est pris dans le flux incessant de mobilité et de vitesse, célèbre le triomphe de l’obsolescence, de l’éphémère et du consumérisme des humains et des objets... NOSTALGIE EMOTIVE DU « C’ETAIT MIEUX AVANT » Dans un monde anxiogène, une planète devenue un village où nous avons accès à l’information nomade en temps réel via nos smartphones et nos tablettes, le Kitsch est une piqure de bonheur qui nous shoote et qui casse avec les codes du quotidien… Adieu minimalisme des podiums, introspection de designers tourmentés, mode-psychanalytique qui envisage le corps humain comme un gant retourné, avec Domenico Dolce et Stefano Gabbana, le printemps été 2016 joue sur les traits exagérés et grossissants d’une Italie de Carte Postale, version années cinquante… Une mode affective au mauvais goût assumé, parfois rococo, avec des tissus supra-fleuris rebrodés de fleurs, des tissus de nappes napolitaines. Le tout en devient branché lorsque les silhouettes sont comme des poupées souvenirs, et participent à un folklore mis sous boule de neige, aussi ornementé qu’une horloge bavaroise… Les régions passent à la moulinette et les costumes folkloriques qui signaient une richesse diversifiée, s’effacent dans un minestrone… Plus fort qu’une soupe Campbell vue par Andy Wahrol… « Coucou » ou plutôt « Ciao bella »… 27

Mariage à l’Italienne du Printemps-Été 2016 … La rayure, à évocation marine, croise Murano et les broderies des saintes madones en version Dolce Vita chez Dolce Gabbana


Dolce & Gabbana, campagne Spring/Summer 2013

grâce, à l’excentricité anglaise qui la caractérise… Un mélange de flower 70, de glam, de couture qui nous rappelle Ossie Clark. C’est le propre de la mode de s’inspirer de choses et d’autres car elle questionne sans cesse le renouveau et la saisonnalité… La mode est toujours cette adolescente insolente, belle qui se réinvente pour ne jamais vieillir et pioche dans le dressing de ses parents pour s’affirmer…

LE GRAND MIX Quant à Gucci, la maison italienne est métamorphosée par son directeur artistique Alessandro Michele qui insuffle une mutation Kitsch. Nous en oublierons presque Frida Giannini… Che cosa succede amore parce qu’en regardant dans le rétro-viseur-fashion, le Porno Chic, signé par Tom Ford sous la présidence de Domenico Del Sole semble si lointain... Chaque période a son humeur créative et chaque tempérament habille l’époque… Plus vite qu’un imprévisible courant d’air à saisir au vol, la dimension Gucci-Kitsch, parfois glam-rock, souvent hippy glamour replace la maison italienne au centre de tous les désirs, de toutes les attractions, de toutes les convoitises dans notre planète mode… La marque de maroquinerie crée en 1923, incarnait le luxe à l’italienne dans les années 70 pour s’essouffler en raison de drames qui déchireront la famille fondatrice... De la logique paradoxale du bazar organisé, le kitsch nous emmène vers la providence d’un certain gout, bad ou good taste, beau ou laid… Seul un divin créateur, ou une cliente qui voudrait rester « in » devant une saison intemporelle, pourraient en juger… Car dans la proposition créative d’Alessandro Michele, il y a du Jules-François Crahay, couturier phare des années 60 et 70. Avant lui, Yves Saint Laurent en a retiré de belles influences et Christian Lacroix l’a vu comme un inspirateur pour sa propre mode fantaisie, à opulence nonchalante, au chic exceptionnel. La figure piquée au dandy de Brummell, démontre que la mode et ses colifichets, sont les apanages des riches et des oisifs. Mais la vraie source est la créatrice Théa Porter, tout en

GUCCISATION DU SYSTEME DE MODE Cette nouvelle mode « guccizante » fabrique un langage, une narration avec des éléments et un assemblage toujours récurrents. Si les collections suivent une illogique surréaliste, la narration stylistique, les choix des lieux des défilés construisent une logique où se rencontre l’improbable-équilibre. Les énigmes de l’enquête n’ont pas la vocation à se compléter, ni à s’associer, encore moins à participer à un plan de collection mais le résultat offre une garde-robe « surprenante ». Chaque look semble être dédié à un édito mode, et la panoplie pousse à l’idée de se dire « pourquoi pas moi… » Le Kitsch écrit son manifesto à la gloire de l’individualité pour affirmer en technicolor la liberté d’être ce que nous sommes, ce que nous voulons devenir : être le plus libre au possible, en échappant au carcan de nos sociétés de plus en plus normées et uniformisées... Comme un dj qui fait son sampling, Alessandro Michele capte une Amanda Lear Queen of Chinatown, un brin de swinging London, les tenues des partykids en plein clubbing new-yorkais dans les années 90… Les filles défilent comme des ingénues désinvoltes, vêtues de vitraux gothiques, brodés et imprimés. Elles deviennent des princesses Manga Kawaï sorties de la promotion d’un collège en 1972… Le tailleur scintillant verdoyant ou à tartan masculin serait parfait pour une photo devant un beau sapin roi des forêts… Le manteau est un allover flash en néon. Ça pique… Le pyjama dandy invite à la paresse sans nous endormir. Les petites robes victoriennes renvoient aux courtisanes violentées 28

© Seymour/Magnum

Les robes traditionnelles d’Emilie Romagne, les jupons folks d’inspiration champêtre de Toscane, la ligne des tailleurs des actrices de Cinecittà et la mode balnéaire de Portofino remplacent le coucou des pendules avec humour… Il en faut de l’humour quand les codes de culture populaire et accessibles passent vers un masstige, ôde à un luxe ostentatoire…


Peggy Guggenheim prend un bain de soleil sur la terrasse de son « Palazzo » à Venise en 1950 arborant ses lunettes « chauve-souris » créées par Edward McCarth.

par un blouson punky…Le jean pat’d’eléphant s’accommodera d’une blouse à lavallière échappée de la cour de Louis XVI… Ce Kitsch devient la promesse d’un bonheur, par une mode ludique. La notion des plaisirs est une piqure de bonheur dans notre monde pas très joyeux. Amusons-nous et oublions d’être sage, de faire la gueule au premier rang… Cela est une autre histoire mais cet happening-joyeux plante sa stratégie globale dans des décors uniques, des lieux merveilleux, improbables, comme une église, un palais, l’Abbaye de Westminster. Comme dans l’Italie de l’après-guerre, une collection trouve un écrin dans un palazzo d’une bourgeoisie désargentée pour redorer les blasons et échapper à une triste réalité… Il faut bien rêver…

communes à Haight-Ashbury, quartier de San Francisco, en Californie. Hibiscus est venu vivre avec eux en raison de leur préférence à s’habiller scandaleusement et a proposer l’idée de mettre en valeur leur style de vie sur la scène. Rien n’est inventé. Tout est recyclé comme dans un vieux film de science-fiction des années 50 et 60 avec des robots, des créatures intergalactiques. Un paradis artificiel recompose L’étrange créature du lac noir, Planète interdite, Star Trek… TRANSGRESSER POUR S’AFFIRMER L’iconographie et les codes couleurs, la musique disco sensuelle nous font passer à travers le miroir d’Alice aux Pays des Merveilles de Lewis Carrol… It-girl à la sauce Wes Anderson allant vers un style nova geek version seventies, c’est comme si Peggy Guggenheim s’attablait avec Janis Joplin, Wallis Simpson, Lady Gaga, Ziggy Stradust et toutes ces autres figures inconscientes et fantasmées qui participent à destiner une mode… Un kitsch comme fil conducteur au fil des saisons ou l’androgynie du glamrock s’acoquine des fastes de la Renaissance Italienne, avec le charme des mignons et des courtisanes du Roi Soleil, sans oublier la nonchalance des gentlemen-farmer de l’Ere victorienne, l’allure prépubère des dandys d’un paris Art Nouveau... En passant à travers le miroir, le consomm’acteur et la consomm’actrice plongent dans le pays des fantasmes sexuels. C’est planant. Le rendu visuel symbolise un saut dans un monde de fantaisies et de fantasmes sexuels. La puberté incarnée, d’une jeune en période d’essais, transgresse les expérimentations…

UNE DIMENSION FELLINIENNE Dans les campagnes Gucci réalisées par Glen Luchford se perçoit une trame Fellinienne. A Rome, A Berlin, dans la ville ou sur un dance-floor, ce surréalisme en Dolce Vita, capté dans une pellicule aigre-douce, écume un monde où notre société de consommation vacille… C’est décalé et mondain avec sa jeunesse dorée, ses idoles, ses starlettes du net lumineuses et hypnotiques, fascinant les réseaux sociaux… Le tout en rêvant à une faune sidérale et à une flore idéalisée, l’ivresse sauvage offre un vertige ou le kitsch permet au final d’accepter sans sourciller, sans plus s’en étonner, un système ambigu… De la dentelle en crochet, de la fourrure brodée et des imprimés sortis d’un bestiaire, des notes art déco, des motifs-émotifs floraux kaléidoscopiques comme vue sous LSD, du lurex scintillant transpirant le Studio 54, un denim Papa don’t preach délavé-usépatiné, du nylon breakdancer, un cuir croco brillant et des soieries années 20 rebrodées, imprimés psychédéliques « Puccinesques » zappent les décennies, font le grand écart pour copier The Cockette : groupe de théâtre hippiepsychédélique d’avant-garde fondé par Hibiscus alias George Edgerly Harris II à l’automne 1969. La troupe s’est formée à Kaliflower, l’une des nombreuses

SURVISIBILITE MUETTE La panoplie du « too much », embellie par des accessoires, est à placer au même niveau qu’un trophée de chasse… Et celle ou celui qui adopte le look sera habité par son costume même quand l’iconographie Disney vient y mettre son grain de sel... Tu renvoies un message de pouvoir et de victoire, le savais-tu ? 29


PÉNETRATION

De la junk food à la collection Moschino Automne-Hiver 2014-2015 Model, Jeremy Scott fait son cross-over

Comme un paon qui fait sa roue, la sur-visibilité est un signe d’intimidation où se superpose celui de l’exaltation du corps. Alessandro Michele comme un peintre de la Renaissance magnifie le corps humain, et le grandit avec des talons ou des chapeaux, rend plus étroites les épaules des hommes, élargit celles des femmes, resserre une taille pour bien séparer le haut noble du bas ignoble. Le créateur masque les sexes pour révéler les visages et rassemble tous les fantasmes collectifs de l’inconscient mode dans un corps androgyne, à la taille de guêpe, parfois aux codes des Mods. Dans ce shaker, il y aussi du brandebourg, des galons militaires avec des dorures XVIIIème. Et dans ce trop plein d’information, la manche gigot, les franges hippies, le glam rock, for ever, avec une ligne kimono mise sur des pulsions chromatiques. Le discours muet mais intensément visuel est à tenir aux autres pour les avertir de ce que nous sommes et de ce que nous aimons : orange « mécanique », clin d’œil à Stanley Kubric, référence à la nuance datée, éloge aux années pop et au tout plastique de la pétrochimie qui botte en touche dans la collection Gucci de l’ Automnehiver 2016-2017… Cet orange est celui de Monoprix mais sans la mode à petitsprix… Une saison auparavant, l’objet de tous les désirs étaient sur des mocassins à fourrure. Pour twister sa différence, la chaussure est la métaphore du vagin et le pied symbolise le pénis… Le mocassin à fourrure versus la chaussure de vair de Cendrillon est la promesse d’une adolescence et d’une jeunesse éternelle… Shocking… Rebelle… Une manière d’amorcer un renouveau, de refuser le temps qui passe et de faire un fashion-disrupting pour Gucci.

A BOUT DE SOUFFLE Le Kitsch est un standard qui détourne efficacement l’attention par la distraction et favorise l’engagement du consommateur, tout en démarquant le label de ses concurrents. La proposition surprenante, la qualité exceptionnelle et l’émotion composent la formulation éprouvée du monde du luxe. L’ émotion est souvent fondée sur un sentiment d’exclusivité, de rareté que procure la possession ou la consommation de ces objets exceptionnels. Le monogramme, les signes tangibles qui construisent le label sont donc reboostés… Il ne faudra pas oublier l’accélération de nos vies multiples, cumulées à notre nouvelle relation aux choses, qui conduisent les groupes de luxe à repenser leurs stratégies pour retenir encore plus notre attention. Les consommateurs sont de plus en plus volatiles, infidèles et exigeants en raison de la profusion de l’offre et de l’expérience. Notre rapport au temps est brouillé. La perception immédiate d’un futur est incertaine. Le présent est à vivre au jour le jour, à la fois imprévisible et incontrôlable. Le Kitsch suscite un engagement et un achat plaisir, régressif, pas sérieux pour enfin oser… Le Kitsch est un bon stimulant dans les collections, pré-collections, pré-fall et croisière. Les saisons intermédiaires sont devenues aussi importantes que les lignes principales pour répondre à la demande des client(e)s, en quête permanente de la nouveauté, avec joie, d’insouciance. Moteur d’une dynamique du renouvellement, le Kisch est une manne financière dont la maison de luxe aurait bien du mal à se passer. Sa sur-médiatisation vient surtout servir une image globale et appuyer le message innovant, facétieux et créatif du designer. Les accessoires, les sacs, les iconiques de la saison, les hitsproduct, les pièces fortes sont encore plus désirables et renforcent des ventes des lignes plus accessibles, en termes de prix mais aussi de « portabilité »…La durée de vie est plus éphémère que les collections qui défilent… Le business du Kitsch est de plus très sensible à la communication qui fera

le buzz, touchant des client(e)s de plus en plus influencé(e)s par le tempo qu’imposent les réseaux sociaux. Le Kitsch permet de donner l’illusion de rompre avec le timing classique des saisons, premier obstacle auquel se heurte l’industrie. Les client(e)s ont changé leur façon de faire du shopping, et c’est comme si Elles et s’ils se retrouvent devant la vitrine d’une pâtisserie… A peine l’éclair englouti, que nous n’en avons plus envie et que le millefeuille nous tenterait bien… Ce n’est pas grave si vous croquez à peine dedans car stratégie marketing oblige, le Kitsch est à la fois une boulimie et une bondieuserie. Les marques pour contourner l’écueil de la rareté réelle mise sur un sentiment de sanctification religieuse et sur une artification de leur ADN, de leur histoire, de leurs codes… Nous oublierons la production en grandes séries, admirant une fausse unicité. Et dans cette singularité, nous vénèrerons la suprématie absolue du label… Si le Kitsch fait l’inventaire d’éléments 100% acceptables, sur lesquels nous pouvons espérer toutes et tous bien nous « entendre », dans une grande messe transgénétationnelle, nous pourrions être lassé par le format… Proche de l’overdose, nous pourrions avoir l’envie sincère et éveillée de passer littéralement à autre chose… Jamais trop tard pour la rédemption…

30

© Getty - Glen Luchford - Steven Meisel - Louis Vuitton - Horst - Moschino

ROMANTIQUES FLEURS DU MAL Tous ces signes brouillent les pistes en faveur d’un bazar insensé. A New York en 2016, la collection entre en correspondance avec la Chine impériale. Dans ce show épique, un sas spatio-temporel nous téléporte vers l’Ancien Régime de France et l’Amérique au XIXème siècle. Les Seventies sont un parfum fédérateur pour des silhouettes en fleurs vénéneuses… Le total look attire l’attention mais clame « un qui s’y frotte s’y pique »… Comme la fleur carnivore parée de ses plus belles couleurs, le message renvoie une alerte, un danger, de celle qui le porte à celui l’observe… L’insecte sera attiré, dévoré sous des effets psychotropes… Au Printemps-Eté de la même année, un Jardin des Délices nous ballade déci-delà dans la peinture à l’huile sur bois du peintre néerlandais Jérôme Bosch. La vraie source est la Carte de Tendre, tracé allégorique d’un pays imaginaire datant de 1654… Le tout donne la sensation d’une préciosité maniérée où s’impriment et se brodent des fleurs, des bouches, des nœuds, des papillons, des oiseaux. Les effets en trompe-l’œil sur un motif Tian auraient plu à Jean Cocteau et Elsa Schiaparelli…


René Gruau avait croqué son Spring Bouquet, Moschino le matérialise en trois dimension pour en faire le bouquet final de sa collection Printemps-Été 2018

René Gruau avait croqué son Spring Bouquet, Moschino le matérialise en trois dimension pour en faire le bouquet final de sa collection Printemps-Été Courtesy of Moschino La danse est l’expression d’une liberté intense avec un son 2018 disco qui–unie sur le dancefloor tous les genres et des publics diversifiés

En 1978, Jules-Francois Crahay dessine sa bohème orientaliste avec une blouse ivoire sur pantalon en georgette brodée, le tout porté avec une veste en taffetas. Les broderies dorées sont réalisées par Lesage.

L’affaire est dans le sac avec Masters, la collaboration entre LouisVuitton et Jeff Koons

Printemps/Été 2016 Gucci est dans un kaléidoscope seventies. Alessandro Michele donne le ton de la saison

31


Parloir - Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Par -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Par -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Par -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Par -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Par -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Par -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Par -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Par -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Par -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Par -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Par -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Par -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Par -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Par -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Par -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Par -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Par -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Par


rloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir rloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir rloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir rloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir rloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir rloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir rloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir rloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir rloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir rloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir rloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir rloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir rloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir rloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir rloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir rloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir rloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir rloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir -Parloir

encontre


IR LO

PAR

HERVÉ SAUVAGE

ou l’œil providentiellement talentueux Set-designer, scénographe, dépoussiéreur de vieilles reliques, Hervé Sauvage nous offre sur plateau un univers au goût de l’air du temps, du bruit de la rue, du son de sa sensibilité.

Crédit Photo : @Alexis Barbera - Aurelien Mole - Galerie joyce, 168 galerie de Valois, Paris Ier, 01 40 15 03 72 - www.joyce.com/art

par Sophie Faucillion

34


Lundi 11 septembre, je grogne, je peste, un virus a investi tout ou partie de mon corps. Pourtant arrivée au frémissant boulevard de « Sébasto », je compte bien fantasmer le synopsis de ma journée. J’ai rendez-vous avec Hervé Sauvage, le fameux set- designer, l’unanimement reconnu comme sauvagement stimulant. Son café d’adoption : le Central, sorte de soubassement de son antre est aujourd’hui mission impossible, son voisin le géant Mc Do, en travaux, se pilonne la façade. Le Plomb du Cantal nous offre alors une touche de tranquillité, rehaussée de klaxons et sirènes, et de je ne sais quoi d’autre. Ma première question : « Tes débuts ? ». Il sourit et prend les commandes, comme Kathy Hepburn l’aurait fait pour Howard Hughes (conservons le non genre !) et commence à me raconter son aventure. « Tout a été très vite pour moi, je suis arrivé à Paris de ma lointaine Picardie pour suivre des études d’Histoire de l’Art à Paris X, Paris-Nanterre » (Daniel Cohn-Bendit avait depuis longtemps cessé d’assiéger les amphis, mais un vent communautaire y était toujours perceptible). « JE JUBILAIS JE VOULAIS TOUT VOIR, TOUT DECOUVRIR ET TOUT CONNAITRE. J’ALLAIS QUATRE FOIS PAR SEMAINE AU CINEMA, JE COURAIS LES GALERIES ET LES MUSEES. BREF JE COMPENSAIS TOUTES LES ANNEES PASSEES LOIN DE TOUT » « Diplôme en main, je rencontre une femme créant les vitrines de Nina Ricci et m’engage séance tenante à l’assister sous la houlette du fameux Christian Astuguevielle. J’avais alors 22 ans. J’y suis resté 5 ans pour ensuite m’envoler chez Balenciaga, pour qui j’imaginais les décors des premiers défilés et ceux des vitrines de l’unique boutique, 10, avenue Georges V à Paris. De fil en aiguille, (dans ce milieu c’est souvent le cas !) on m’a proposé de réaliser des ambiances pour un photographe. Je n’avais jamais fait cela de ma vie, mais je me suis dit que ce n’était pas si loin de ce que je faisais. J’ai fait quinze pages dans Vogue avec Satoshi. »

« Si HERMÈS m’appelle pour l’univers maison c’est peut-être pour DÉBOURGEOISER ce cosmos, pour un peu D’INSOLENCE, pour chahuter L’IMAGE. »

« A PARTIR DE LA, JE N’AI JAMAIS CESSE DE TRAVAILLER. C’EST UN METIER QUE J’AI APPRIS EN LE FAISANT » Hervé Sauvage prend une pause, indique à une passante la direction de République, s’offre une gorgée de café et continue : « Et à partir de là je me suis retrouvé à faire des plateaux toutes les semaines, je n’avais pas d’agent, aucune idée de l’argent que l’on pouvait gagner ou demander. Certains d’entre eux ont bien sûr commencé à me solliciter. Destin intuitivement chanceux, mon choix s’est fixé sur Clarice Canteloube, mon premier agent, à qui je dois beaucoup. Elle a vivement contribué à ma carrière. » Et tout à continuer à filer et à s’étoffer : Balenciaga, Castelbajac, Christian Lacroix, de multiples showroom et scénographies, notamment pour Forte Forte et d’autres maisons de couture. « En fait, j’ai plutôt le sentiment d’avoir été choisi que d’avoir choisi. C’était un bon moment, très peu faisaient ce métier. J’étais le petit jeune dans le « set design » (Hervé préfère le terme de « set design » à celui de « décorateur » « Depuis deux ans et demi je travaille effectivement beaucoup pour Hermès, pour l’univers de la maison. J’ai eu la chance de faire, deux ans d’affilés, le pavillon pour la semaine du Design à Milan et, à la fin du mois, je m’envole grâce au luxe de leurs ailes pour leur olympe de Singapour. » Ne serait-il pas en quelque sorte leur messager ? Hervé Sauvage adore être au service des autres. Pourtant, désormais, il a atteint la maturité pour affirmer ses idées, et c’est ce que lui offre la Maison Hermès : elle lui laisse le choix de donner sa vision, de laisser libre court à son intuitivité, son audace et son ironie. Puisant son inspiration essentiellement dans la rue (la rue n’est-elle pas l’air du temps ?), il travaille au coude à coude avec Jean Christophe Vaillant. Il est son iconographe, son conceptualiste, son cadreur, son second œil, (autant dire le magnifique précepteur d’un enfant surdoué).

35


PARLOIR

« SI HERMES M’APPELLE POUR L’UNIVERS MAISON, C’EST PEUT ETRE POUR DEBOURGEOISER CE COSMOS, POUR UN PEU D’INSOLENCE, POUR CHAHUTER L’IMAGE » Pour le mois de décembre il prépare en collaboration avec « Petit H » et Pascale Mussarde, un enchantement ensorcelant. Mais chut n’en disons pas trop ! Je tente d’aiguiser ma voix : « Et ton projet avec la galerie Emmaüs et Joyce ?» « Le projet Emmaüs/Galerie Joyce, c’est encore autre chose, encore une joyeuse et pertinente providence. Emmaüs a fait appel à Nathalie Croquet suite au succès de ses « Spoof ». Chahutant plutôt l’univers de la mode que celui du design, elle m’appelle à la rescousse. La demande : refaire un appart’ à la Galerie Joyce, pendant la semaine du Design. Un projet audacieux, polémique, politique même ! Nous devions redonner leur blason, leur splendeur et leur valeur à des objets oubliés au fin fond d’un hangar pour un événement, centrifuge du luxe.» Ils ont ensemble chiné, à Paris et à 200 km alentours, pour trouver les perles pouvant devenir rares : « C’était chouette, j’aime le regard affuté, perspicace et humoristique de Nathalie ». Verdict de cette opération : un véritable succès ! A tel point que l’immense groupe Joyce leur a demandé de réitérer ce « dépoussiérage » à Hong-Kong.

Crédit Photo : @Aurelien Mole - Galerie joyce, 168 galerie de Valois, Paris Ier, 01 40 15 03 72 - www.joyce.com/art

IL AIME L’IDEE QU’UN OBJET SE TRANSFORME, ET QU’EN MEME TEMPS, EVOLUE SA VALEUR MARCHANDE Et pour cela... il suffit d’un coup de baguette sauvagement magique ! Mais ne vous méprenez pas, Hervé sauvage n’est absolument pas ébloui par l’esbroufe. Il aime le réalisme cinématographique (Dumont, Despleschin), la simplicité extrême de la danse contemporaine (notamment la chorégraphie de Cherkaoui), l’art « dérisoirement » minimaliste « (les Surréalistes, Dada), le communautarisme. Bref, il aime l’instantanéité et le bruit de la rue, de la vie. Et, pour plagier volontairement Breton, je murmurerais d’une voix rauque : « Hervé ? Hervé ?... Tu réanimeras un meuble pour moi. Je t’assure. […] De nous il faut que quelque chose reste… »

36


Il aime cette IDÉE que L’OBJET devient alors AUTRE pour atteindre une autre VALEUR marchande

37


IR LO

PAR

Nathalie CROQUET Audacieuse et incorrigible créatrice de « fashion Spoofs »

Successivement assistante d’assistante styliste, assistante styliste, styliste, performeuse, artiste réalisatrice à l’humour acerbe. Nathalie Croquet se dessine malgré ce qu’elle en dit, comme une véritable icône de la mode.

Crédit photo : Daniel Schweizer

par Sophie Faucillion

38


Jardin du Palais Royal, je suis prise entre interpréter ma joie de vivre au « Français », franchir furieuse de vivre les colonnes de Mr Buren, me rependre à travers l’univers fantomatique, mais pourtant toujours aussi vivace, de Colette et Cocteau ou passer un bon moment de rigolade avec Nathalie Croquet et sa Clairette de Die à la Galerie Joyce. Devant tant d’hésitations, «Le détail qui tue » ne pourra que me recadrer. Je file au 168 galerie Valois où se situe la galerie Joyce. Une bonne occasion pour interviewer l’icone inclassable du« fashion world. » Dois-je commencer par un « desprogien » : Nathalie est vraiment aiguisé et traîne partout. « Ca va comment la petite santé ?». Inutile, Nathalie « Il y a trois ans, je propose à Daniel Schweizer, est en discussion avec des amies. En plus, elle est très un photographe de nature morte, de parodier les enthousiaste à l’idée de me raconter, de me livrer son campagnes publicitaires. “Ton idée est géniale! “. aventure de vie. A nos heures perdues, nous avons réalisé ce projet: Ses débuts ? « Je suis née à Reims et éduquée dans des séries de reproductions crées en studio, avec une institution catholique, entourée uniquement une équipe de professionnels. On s’est amusé de bonnes sœurs aux destins des plus bridés. Pour comme des dingues. »Et spoof recréa la pub !« A cette raison elles en sortent réellement cinglées. J’ai la suite du vernissage dans le studio SwissMiss, étrangement aimé cette période. Puis, j’ai fais de l’événement a pris une ampleur de dingue sur les l’Histoire dans ma ville natale pour ensuite rejoindre réseaux sociaux. Je ne pouvais plus toucher terre Paris pour des études d’Histoire de l’Art à Paris IV sous la demande d’interviews. En une nuit, j’ai été et au Louvre : la création m’a toujours intriguée. » connue dans le monde entier. » Nathalie Croquet Une première personne arrive, une seconde, une ou l’étoile montante ! “Are you Nathalie Croquet?” troisième… « Je suis en interview, je vous fais des “Yes“ “You’re so famous in my country”. Dans son baisers mais vous pouvez écouter. » travail, c’est tout le regard caricatural que l’on se fait de la femme et de la mode qui est alors reconsidéré. Elle poursuit : « Puis très vite j’ai commencé à Pour le second Spoof, Nathalie va encore plus loin. travailler chez Décoration International. Je faisais Pour le stylisme, elle ne fait plus appel aux marques de la maquette, mais ce premier petit boulot a pour le shopping mais propose un partenariat à conditionné ma vie. J’ai navigué dans la presse Emmaüs ce qui est un message encore plus dure pratiquement toute ma vie. » pour les maisons de couture. Le vernissage a lieu Ses yeux se mettent alors encore plus à briller et ses cette fois-ci à la Galerie Joyce. Une nouvelle fois un mains à s’agiter. « J’ai poursuivis comme assistante succès délirant. « Tout le monde me réclame des d’assistante styliste pour des éditions américaines Spoofs et je deviens tout d’un coup artiste. J’en ai fais Vanity Fair, Vogue… J’ai eu la chance de fréquenter les un troisième, en collaboration avec Hervé Sauvage, plus célèbres photographes: Irving Penn, Richard sur le monde du design toujours avec la contribution Avedon, Deborah Turbeville, Guy Bourdin, Bill d’Emmaüs. » Un croquet tour de force sauvagement King, Steven Meisel, Peter Lindberg. C’était croquant.« Nous réitérerons l’événement à Hongfantastique, magique pour moi encore toute jeune ! Kong dans un mois toujours pour le groupe Joyce. « Je me suis alors totalement immergée dans Elle prend une pause, sourit et continue. C’est une l’univers Mode notamment pour Marie-Claire Bis: enfant sans filtre. c’était génial car c’était un magazine uniquement « Le détail qui tue », présenté aujourd’hui est un de mode, pas un féminin. Un magazine qui autre projet, un autre désir. C’est une autre façon couvrait les deux grandes collections. J’ai la cessé de percevoir la publicité, avec plus d’humour et la biannualité pour la mensualité. J’ai continué à de poésie. Pour reprendre les mots de Catherine m’affirmer chez Marie-Claire pour prendre ensuite Pouligny « Le détail qui tue » c’est : “Un héritage de mon propre envol en travaillant pour différents la magie d’un Méliès, de la fantaisie d’un Averty, de magasines dont AmicaItalia. C’était une autre la précision d’un Tati. La modernité de ce regard ambiance que maintenant, c’était drôle, léger, singulier posé sur la mode, sur nos comportements, spontané. A cette époque il n’y avait pas la peur de nos attitudes et nos corpus d’images, nous détourne l’annonceur ! de l’anecdote pour observer avec sincérité et Une femme passe sous les arcades drapée de tulle humour notre quotidien.”« Pour les Spoofs, je suis rose : “ Oh elle est jolie cette dame, je n’aurais pas actrice pour « Le détail qui tue », je suis créatrice/ osé mais elle est belle !” Décidément le regard de réalisatrice. » Aujourd’hui l’ambition parodique de Nathalie Croquet est de poursuivre les Spoofs mais en explorant d’autres univers : la gastronomie peut-être. Concernant «Le détail qui tue», elle aimerait que des personnes s’en emparent, les formulent, notamment les fashion designers. Le format est court, c’est drôle, percutant, onirique et surtout, très actuel, voir visionnaire et pourquoi pas chantant. Nathalie aimerait composer et chanter ses vidéos. « La La Pub » dans un « Lala land fashion », ce serait chouette.

39


Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide - Fluide 12


ragrance


E

PARFUMS alchilmiques

ID FLU

Les précipités olfactifs nous entraînent à la dérive de nos passions, de nos désirs et de nos attractions. Ces parfums alchimiques mettront nos sentiments à vif, en spéculant sur la transmutation des matières et des molécules… Oublions l’odorama mass-market, sans doute chouette, mais jamais sans folie, pour renifler ces notes et ces senteurs de cinq maisons de parfumeur : Parfumerie Générale par Pierre Guillaume, Parfums de Marly par Julien Sprecher, Aetherparfums par Nicolas Chabot, Les Liquides Imaginaires par Philippe Di Méo et les Parfums Diane Pernet. Les flacons sont en verre. Les bouchons sont en acier... L a matière versus les molécules métamorphosent notre sillage pour nous faire dériver de notre trajectoire… C’est toute la magie de la création, la part d’invisible qui ne s’explique pas et qui nous souffle : « visita interiorem terrae rectificando invenies operae lapidem »*  3

2

1

 par William Arlotti 4 5

42


LIQUEUR CHARNELLE, CAPTURE FIGURATIVE Liqueur Charnelle évoque un souvenir intime, une empreinte, une trace, un souvenir qui éveille, déclenché par l’odorat, tous nos sens et se fait le visionnaire, le voyant de notre inconscient : bouche et nez qui se perdent dans une nuque parfumée, battement de cils qui rythment, pour le jeu de la séduction, le regard, le visage… Liqueur Charnelle, de la Collection Huitième Art, est une photographie olfactive. Lancée en 2010, les Eaux de Parfum s’architecturent autour d’ingrédients innovants, issus des biotechnologies. Un hommage au critique et historien du parfum Octavian Coifan qui envisageait le parfum comme la huitième discipline artistique. En Cinq à Sept… Cinq pour la vanille, le pruneau, le caramel, l’orange et l’abricot… Sept pour au nez, nous emmener vers ces notes florales, comme le tilleul séché, la fleur de vigne, le sarment sec, le raisin pressé, les nuances de violette et la vanille. LIQUEUR CHARNELLE Eau de Parfum Mixte 50 ml www.parfumerie-generale.com

SANCTI, A VOS SOUHAITS ! De la collection Les Eaux Delà des Liquides Imaginaires, la création Sancti de Philippe Di Méo vous mettra en odeur de sainteté. Ce n’est pas la question de se faire bien voir des autres car vous n’avez point de bêtises à confesser… Sancti trace définitivement dans son sillage son voile de liberté et assume son allure, vivif iante par sa fraîcheur verte d’agrumes, de cyprès et de romarin. De la bergamote, de la mandarine, du pamplemousse, du cyprès, du fir balsam, de la lavande, de la cardamome, de la coriandre. Sancti est le parfum à porter aux premiers rangs des défiles en s’en aspergeant abondamment… Une « Eau Bénite Fashion », un encens moderne, un grigri pour une apparition, une eau du bien pour ne pas rater la saison… Il n’est jamais trop tard pour élever notre esprit avec des notes de cèdres, ambre, vétiver, patchouli, encens, myrrhe, benjoin, ciste, muscs qui bottent en touche sensuelle… Prière de prendre le temps de le laisser s’infuser à fleur de peau pour nous révéler tout en douceur… SANCTI Eau de Parfum Mixte 75ml http://liquidesimaginaires.com

DELINA, LABYRINTHE AMOUREUX Delina ne s’offre pas à la première respiration. Elle est en relation avec le divin tel un souffle de vie, qui fait accéder l’être qui le porte à la perfection de son âme. La rose turque ne s’effleure pas facilement encore moins lorsqu’elle se fait maîtresse, celle qui domine par son accord fleuri toutes les situations… Parfums de Marly fondés par Julien Sprecher garde dans toutes créations oflactives cette sainte trilogie qui fait son succès: pur-sang, équitation et XVIIIe siècle. Pas d’épine, peut-être un petit coup de cravache avec la noix de muscade qui fait monter la fragrance en puissance… Et hop ! Sous son tempérament facetté par le muguet et la pivoine, ses notes de fruits généreuses garderont pourtant une connotation acidulée, arrondie, douce propulsée par le lychee, la rhubarbe et la bergamote. Et dans ce jeu de séduction, la vanille rime avec sensualité alors que le musc blanc et le cashmeran révèlent que rien n’est vraiment joué… DELINA Eau de Parfum Féminin 75ml www.pmarly.com

METHALDONE, VOYAGE ASTRAL Methaldone a cette singularité qu’il ne peut se désigner uniquement par lui-même, mais seulement par les particules qu’il émet ou qui se trouvent à son origine. Methaldone est l’histoire d’une rencontre, d’une fusion et d’une téléportation, celle de molécules avec son révélateur le plus sensuel : la peau.

SHADED, CAMERA OBSCURA Derrière ses lunettes noires pour transformer le jour en soir, Diane Pernet iconique figure de la mode propose Shaded. La dame en noir qui porte bijoux araignées strassées et mantille mystérieuse nous plonge dans son bain nocturne en mer. Attention, les douze coups de minuit sonnent… Coquine Diane ! Diane Pernet a fondé le festival ASVOFF - a shaded view on fashion film en 2008, l’incubateur du film mode… De la pellicule au parfum, il n’y a qu’un pschitt… Dans le ciel ? Des étoiles… Il y a le goût du sel sur la peau, les notes propagées par un subtil encens. Dans cette nuit noire, l’eau comme une nappe envoutante fait se rencontrer des amours secrets... L’océan devient une brume et nos sentiments sont ombrés par la lumière de la lune… Forcément Shaded… N’oublions pas le panache d’un vétiver intense, la touche la plus profonde d’un musc et d’un bois Guaiac pour nous emporter sur une autre rive... SHADED Extrait de Parfum Mixte 50 ml http://www.intertradeurope.com/brand/diane-pernet-paris

Methaldone, composé par le nez Rodrigo Flores Rous parfumeur senior chez Givaudan sous la direction artistique de Nicolas Chabot. Parfum spatial avec une subtilité évanescente, son aura insaisissable nous balade vers les chemins de l’invisible, vers cette constellation envoutante, suave… Son paradoxe est de n’être composé que de molécules artificielles qui nous basculent vers sa naturalité… Flash émotion autour de l’ambre pour cibler en plein cœur un beatnik de l’espace. Le titillement métallique insolent est renforcé par un encens, un iris-boisé. La combinaison est moderne, audacieuse et cosmique pour des effluves sidérales. La note délicate de rose acier en surdose est à prendre comme une bouffée d’oxygène…

1 - SHADED Extrait de Parfum Mixte 50 ml 2 - DELINA Eau de Parfum Féminin 75ml 3 - SANCTI Eau de Parfum Mixte 75ml 4 - METHALDONE Eau de Parfum Mixte 50 ml 5 - LIQUEUR CHARNELLE Eau de Parfum Mixte 50 ml

METHALDONE Eau de Parfum Mixte 50 ml http://aetherparfums.com

* « Descends au plus profond de toi même et tu trouveras le noyau insécable, sur lequel tu pourras bâtir une autre personnalité, un homme nouveau.»

43


Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - CryptéCrypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - CryptéCrypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - CryptéCrypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - CryptéCrypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - CryptéCrypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - CryptéCrypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - CryptéCrypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - CryptéCrypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - CryptéCrypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté-


Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté - Crypté -

ode


« Sasha »

Réalisation SYLVIE PORTUGAL DE MOURA Photographe RASMUS MOGENSEN

46


Chemisier en dentelle noire à manches gigot nœud en taffetas et jupe en soie imprimée fleurs GUCCI Body en dentelle I.D SARRIERI Bottines en cuir brodées et strassées GUCCI Chaussettes rayées STANCE

47


Blouson en agneau plongé or façon papier froissé JITROIS

48


Blouson oversize en filet ADIDAS by ALEXANDER WANG Body col roulé en latex A.F VANDEVORST Cuissardes-chaussettes en lurex GIUSEPPE ZANOTTI

49


Blouson teddy en plumes d’autruche JUNKO SHIMADA Robe longue en dentelle et volants de satin UNGARO Soutien gorge et string en dentelle lurex CHANTAL THOMASS Guêtres en cuir clouté JITROIS Sandales en cuir et fourrure de lapin CÉSARÉ PACIOTTI

50


51


Body en dentelle I.D SARRIERI Bottines en cuir brodées et strassées GUCCI Chaussettes rayées STANCE

52


Blouson en polaire imprimé « planètes » LACOSTE Culotte haute en résille WOLFORD Brassière multibrides en lycra FABLÉTICS Bottines en paillettes or A.F VANDEVORST

53


54


Blouson en agneau plongé or façon papier froissé JITROIS Jupe à volants, en filet transparent TALBOT RUNHOF Body en cuir stretch et dentelle JITROIS Bottines tricolore en cuir verni et veau velours CHRISTIAN LOUBOUTIN

55


Bottes hautes en cuir verni JIMMY CHOO Combinaison pantalon à pressions ESCADA

56


Bombers-manteau matelassé LUTZ HUELLE Body en résille TARYN WINTERS Boots en cuir multibrides JOHN GALLIANO

57


Pull col roulé en laine pantalon droit en coton KENZO Culotte haute à double zip en satin CADOLLE Boots tricolores en veau velours PIERRE HARDY

58


Cape bicolore réversible en laine BOTTEGA VENETA Body en satin décolleté corbeille CADOLLE Bottines tricolore en cuir verni et veau velours CHRISTIAN LOUBOUTIN

Maquillage ELISE DUCROT @ BAGENCY Coiffure TOBIAS SAGNER @ CALLISTÉ AGENCY Mannequin SASHA MART @ KARIN MODELS AGENCY Assistante photographe MARIE AMÉLIE MARTIN Studio ATOLL8

59


« Elena »

Réalisation CHRISTIAN RITZ BIYIHA Photographe PIERRE DAL CORSO

60


Chemisier en satin WEILL Culotte résille à croisillons CHANTAL THOMASS Chapeau de paille et ruban en gros grain GUCCI Ceinture en cuir noir SPRUNG FRERES Cuissardes en veau velours et cuir verni PIERRE HARDY

61


Robe longue noire buste or ROLAND MOURET Boucles d’oreilles or rose et jais POMELLATO

62


Body en lycra WOLFORD Longue jupe à franges UNGARO Boots en python FURLA Manchette dorée en perles et cristaux Swarovski ELIE SAAB Boucles d’oreilles or rose et jais POMELLATO Collier or rose et jais POMELLATO

63 63


Manteau en vison noir SPRUNG FRERES Jupe imprimée SAMSOE&SAMSOE Cuissardes en velours et strass GIUSEPPE ZANOTTI Boucles d’oreilles or rose POMELLATO

64


Longue robe en soie et dentelle LA PERLA Body en résille ABSOLUTELY POM Cuissardes en velours et strass GIUSEPPE ZANOTTI Casquette noir chaine métal PRIMARK Boucles d’oreilles or rose et jais POMELLATO

65


Combinaison velours noir TALBOT RUNHOF Paire de sandales en veau velours et fourrure ELIE SAAB Boucles d’oreilles or rose et jais POMELLATO

66


Sweat asymétrique rouge IVY PARK Pantalon imprimé JOHN GALLIANO Casquette noire chaine métal PRIMARK

67


Peau lainée et cuir verni KENZO Ceinture à clous MICHAEL KORS

68


Robe noire en velours manches longues YANINA COUTURE Boucles d’oreilles or rose et jais POMELLATO

69


Robe courte rebrodée, en tulle et plumes d’autruche ELIE SAAB Cuissardes en veau velours et cuir verni PIERRE HARDY

70


71


Longue robe en soie et dentelle LA PERLA Body en resille ABSOLUTELY POM Cuissarde en velours et strass GIUSEPPE ZANOTTI

72 72


Manteau en laine ALL SAINTS Body en velours CADOLLE Pantalon large blanc et noir à rayures WEILL Boucles d’oreilles or rose POMELLATO

73


Robe Soirée ESCADA Boucles d’oreilles en strass et chaines dorées PRIMARK

74


Robe longue verte avec franges YANINA COUTURE Boots en python FURLA

Maquillage CORINNE GUES @ B-AGENCY Coiffure ALEXIS PARENTE @ B-AGENCY Mannequin ELENA MELNIK @ SILENT MODELS Assistant réalisation LÉO LAUNAY Assistante Plateau ADELINE GAUVAIN

75


« Lera »

Réalisation CHRISTIAN RITZ BIYIHA Photographe PIERRE DAL CORSO 76


Trench en cuir façon python GUCCI Bottines en python à strass GUCCI Paire de boucles d’oreilles en plume et cristaux Swarovski ELIE SAAB Ceinture en cuir SOMMIER PARIS

77


Chemisier noir EQUIPEMENT Bottes en cuir et franges CÉSARÉ PACIOTTI Chapeau, foulard et ceinture SOMMIER PARIS

78


Bottes en cuir et franges CÉSARÉ PACIOTTI Culotte ABSOLUTELY POM

79


Débardeur Blanc IVY PARK Bustier «Monaco» CADOLLE Culotte ABSOLUTELY POM Jambières et ceintures en cuir SOMMIER PARIS Bottes en cuir vernis SOMMIER PARIS Large chapeau en feutre STETSON

80


81


Top à patchwork en soie imprimée et franges ANDREW GN Pantalon noir ADIDAS by ALEXANDER WANG Bottes en cuir de chèvre imprimé python AF VANDEVORST Veston et foulard SOMMIER PARIS Grand chapeau à feutre MAXIUM

82


Sac Dionysus en python GUCCI

Top à patchwork de soie imprimée et franges ANDREW GN Pantalon noir ADIDAS by ALEXANDER WANG Bottes en cuir de chèvre imprimé python AF VANDEVORST Veston et foulard SOMMIER PARIS Grand chapeau à feutre MAXIUM

83


Top noir GUY LAROCHE Manteau en mouton SPRUNG FRERES Boucles d’oreilles en plume et cristaux Swarovski ELIE SAAB Ceintures en cuir SOMMIER PARIS Grand chapeau à feutre MAXIUM

84


Top noir GUY LAROCHE Jeans DENIM STUDIO Bottes KENZO Boucles d’oreilles en plume et cristaux Swarovski ELIE SAAB Ceinture et jambières SOMMIER PARIS

85


Veste en cuir LASKARIS Body noir en coton ID SARRIERI Bottes en cuir de chèvre imprimé python AF VANDEVORST Large chapeau en feutre STETSON

86


87


Robe camel LACOSTE Bottes à franges CÉSARÉ PACIOTTI Chapeau, foulard et ceinture en cuir SOMMIER PARIS

88 88


Robe camel LACOSTE Bottes à Franges CÉSARÉ PACIOTTI Chapeau, foulard et ceinture en cuir SOMMIER PARIS

89


Pantalon en cuir rouge JITROIS Manteau en veau caramel SPRUNG FRERES Corset en cuir "Cleves" CADOLLE Bottes en cuir SARTORE Ceinture, chapeau et guêtres SOMMIER PARIS

90


Robe longue noire sans manche Ă col haut et insertions de dentelle ELIE SAAB Grand chapeau Ă  feutre MAXIUM

91


Bottines en cuir rebrodées et strassées GUCCI

92


Débardeur Blanc IVY PARK Bustier «Monaco» CADOLLE Culotte ABSOLUTELY POM Jambière et ceinture en cuir SOMMIER PARIS Bottes en cuir vernis SOMMIER PARIS Large chapeau en feutre STETSON

93


Manteau en laine ALL SAINTS Top oeillet gold et noir velvet CADOLLE Pantalon noir COUTURES PARIS Guêtres en cuir blanc JITROIS Bottes SARTORE Ceinture SOMMIER PARIS

À DROITE : Caftan en mousseline de soie fuschia imprimé à fleurs UNGARO Culotte ABSOLUTELY POM Cuissardes noires SARTORE Ceinture en cuir SOMMIER PARIS

94


Maquillage FREDERIQUE VAN ESPEN @ AGENCE AURELIEN Coiffure ALEXIS PARENTE @ B-AGENCY Mannequin LERA BUBLEYKO @ KARIN MODELS Assistant réalisation LÉO LAUNAY Assistante Plateau ADELINE GAUVAIN

95


ision


Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision - Vision


ION

VIS

KIOSQUE À JOURNAUX

une mise au vert 

Texte et photos par Romain Costa

La réputation romantique de la ville de Paris n’est plus à démontrer. A travers l’image lyrique et champêtre des kiosques à journaux, c’est tout un imaginaire qui l’accompagne. Aujourd’hui en voie d’extinction, retour sur leur évincement.

98


Depuis quelques temps, ils n’ont plus la côte, nos bons vieux kiosques. Vous savez, ceux qui ont toujours été là. Ceux que vous ne voyez certainement plus ? mais qui pourtant participent grandement à la beauté, parfois bricolée, de la ville et de nos rues pavées. Et bien, il parait qu’on voudrait les changer, ces petites « maisons à papiers ». On tenterait même de leur faire prendre une retraite anticipée, de les mettre au placard, de les remplacer par des petits jeunes, des « boîtes effet plastifié » qui augmenteront probablement le rendement. Car ils ont atteint l’obsolescence, nos kiosques. Ils ne tiennent plus la route et visiblement sont beaucoup trop démodés. Pourtant, leur architecture mythique et singulière nous tient à cœur, à nous, amoureux de Paris. Crées en 1857 par Gabriel Davioud, les kiosques sont arrivés sur nos trottoirs afin de rendre la presse accessible au plus grand nombre. Aujourd’hui, ils font partie intégrante d’un tableau romantique du Paris post-révolution industrielle, à l’instar des bouches de métro de Guimard, des fontaines Wallace, des lampadaires Hittorf ou encore des colonnes Morris. Pourtant, les élus ne sont pas de notre avis et d’ici juin 2019, troiscent-soixante kiosques auront été remplacés par de nouveaux baraquements flambants neufs. Quarante-neuf seront, quant à eux, rénovés. La difficile tâche d’imaginer les futurs « commerces à gros titres » a été attribuée à Matali Crasset qui s’est inspiré des ateliers et des toits parisiens pour dessiner de nouveaux commerces innovants et high-tech. Écrans tactiles, vitrines réfrigérées, éclairages verts ou rouges en fonction de l’ouverture ou non du lieu, des écrans interactifs accessibles 24h/24 : c’est une grande accession sociale pour nos petits kiosques qui, après ça, seront tous uniformisés. Social ? Pas tant que ça finalement… Car au-delà de perdre un élément fort de nos trottoirs, c’est peut-être aussi un lien social que nous perdons. Puisque le lieu crée le lien, la perte de caractère d’un lieu peut-elle entraîner la perte de liens ? Il ne s’agit pas ici de critiquer ces nouvelles architectures que certains appellent déjà « les photocopieuses » ou « les poubelles géantes », mais bien de montrer que la perte d’un élément symbolique parisien peut entrainer une perte d’identité pour ces habitants.

Aujourd’hui, ils font partie intégrante d’un tableau romantique du Paris post- révolution industrielle, à l’instar des bouches de métro de Guimard, des fontaines Wallace, des lampadaires Hittorf ou encore des colonnes Morris.

Alors il est vrai, Madame le Maire s’en défend : les kiosques haussmanniens que nous défendons bec et ongles auraient disparu depuis longtemps et

99


VISION

C’est cette architecture de « l’opportunisme heureux » qui donne à nos journées une saveur différente, un goût parisien !

auraient déjà été remplacés, il y a de nombreuses années, par des usurpateurs, qui finalement participent depuis au bricolage urbain. Aujourd’hui, la question ne se pose plus, le « vieux » kiosque dérange. Il dénote, est disgracieux, dérègle. Les pouvoirs publics ont décidé de le figer dans un confort plus esthétique, vers une transformation irréversible répondant à la règle : à bas le disgracieux, le précaire et l’insalubre, bonjour l’innovation, le pratique, le confortable ! Tant pis si la mort du caractère, la perte de l’historicité, du patrimoine sont des dommages collatéraux… De cette notion de patrimoine s’ensuit une notion de respect pour cet héritage qui n’a jamais nécessairement inclus une ligne d’action ou de pensée. Le patrimoine doit être sauvegardé, certes, mais ne doit pas obligatoirement être perpétué. Chacun fait alors sa propre interprétation du patrimoine reçu, dans le respect de ce qui lui a été transmis. C’est pourquoi, alors que les élus ont décidé que les kiosques n’étaient pas un patrimoine parisien à sauvegarder, plus de 45 000 citoyens ont signé, durant l’été 2016, une pétition pour défendre ce qui leur paraissait essentiel : l’identité des rues parisiennes. Car les kiosques ne sont pas uniquement des « boîtes à distribuer de la presse ». Ce sont des boîtes habitées, parfois par des gens qui vivent là depuis un petit bout de temps. Ce sont des « petites maisons » qui se posent sur nos trottoirs et créent l’évènement sur un parcours souvent pressé. Ils sont accompagnés d’un imaginaire, d’un jeu d’acteurs qui s’opère entre clients, kiosquiers, passants. C’est un lieu d’intimité publique, une architecture lyrique qui relève presque du champêtre. Enfin jusqu’à aujourd’hui… Car cette connotation romantique, ils risquent bien de la perdre avec ce lifting que l’on espère tous réussi. Allons vite, consommons vite, consommons utile, surtout, ne perdons pas de temps ! Logique qu’avec ces nouveaux crédos, nos kiosques ne tiennent pas la route car ils ne sont plus rentables, nos kiosques… Du coup on les change, on les uniformise, on leur donne un petit coup de jeune. Pourtant, c’est dans le contraste que se crée la ville et c’est ce qui est intéressant à Paris, le contraste. C’est une ville musée certes, mais c’est parce que certains éléments composant l’urbanité sont banals et modestes, qu’ils mettent en exergue ce qui relève du majestueux, du sacré, du magnifique. Comme le disait Héraclite, « ce qui oppose et aussi ce qui compose et de l’union des contraires résulte la plus belle harmonie ». Il n’avait certainement pas tort cet Héraclite : c’est dans ce bricolage urbain, ce patchwork entre l’ancien, le contemporain et le banal que nous aimons Paris. Certes le kiosque, tel que nous le connaissons aujourd’hui, n’est pas l’antidote pour faire vivre l’espace public, mais la volonté de son esthétisation révèle des éléments symptomatiques d’un Paris qui veut s’uniformiser, perdant progressivement toute notion de caractère. Pour comprendre en quoi cette architecture urbaine a un rôle à jouer dans l’espace public et dans son appropriation, il faut savoir que le terme « espace public » est relativement nouveau et survient avec l’arrivée de l’urbanisme

100

moderne et l’urbanité. Mais ce qu’il représente a toujours existé, et ce depuis que les hommes se regroupent. Cependant il n’a jamais été autant questionné et présente un enjeu primordial dans le développement des villes. On peut considérer que l’espace public est l’espace non bâti qui est affecté aux usages de tous. L’espace public, qui est donc entouré de propriétés publiques ou privées et d’une affectation d’usage, devient alors un lieu d’anonymat informel. Le kiosque à journaux vient se poser là, sur cet espace public, permettant de ce fait de lever une part d’anonymat en donnant une place à chacun des acteurs qui en fera un usage. De cette uniformisation résulte une perte du sentiment d’appartenance : le parisien ira même à se demander si la ville, dont il est si fier n’est pas vouée à devenir une capitale lissée, sans âme, banalisée. Comme on le retrouve dans les manifestes de l’architecture de la Renaissance, c’est l’assemblage d’éléments qui crée le tout. Ce sont les kiosques, les colonnes, les entrées de métro, qui donnent à Paris cette atmosphère de décor XIXe siècle. C’est cette architecture de « l’opportunisme heureux » qui donne à nos journées une saveur différente, un goût parisien ! Aujourd’hui, dans une société où tout nous pousse à une esthétisation permanente de nos vies, à un embellissement de nos réalités, à une crainte du vieillissement prématuré, il n’est pas étonnant, que même ces « petites tonnelles remplies d’informations » y passent aussi, sous le bistouri. Au risque d’un jour vivre tous dans des villes « Walt Disney » qui auront perdu ce qui les caractérisaient jadis, c’est peut-être vers ça finalement que tend la mondialisation. Peut-être que nous devons accepter de voir notre patrimoine disparaître petit à petit au profit de l’innovation et de l’esthétique aseptisée de nos trottoirs. Peut-être que nous devons nous habituer à voir disparaître toute forme de précarité de centre-ville. Finalement, ils sont probablement voués à ça, à devenir des vitrines bourgeoises donnant l’image d’une société saine et innovante, une société où l’ancienneté donne obligatoirement place au renouveau. Après tout, peut-être ne faut-il pas être totalement contre la rénovation de tous ces kiosques. D’ailleurs, il ne faut certainement pas l’être. Il faut tout de même se rappeler que l’on achète bien souvent « notre papier glacé » dans des lieux que l’on pense du siècle dernier alors que finalement, ils datent pour la plupart des années 80. Le changement même nous a toujours fait peur, ça n’est plus à démontrer. C’est souvent lorsque les choses nous échappent que nous commençons à nous en inquiéter. Ces kiosques qui pullulent encore sur nos trottoirs aujourd’hui, qui y faisait attention avant que l’on nous dise qu’ils étaient trop vieux pour rester parmi nous ? Sont-ils véritablement un patrimoine à sauvegarder ? Ne doivent-ils pas aujourd’hui laisser la place à une jeunesse moins abimée, plus performante ? A une autre époque, la dame de fer, la pyramide du Louvre ou encore les colonnes de Buren avaient, eux aussi, créé la polémique avec leur architecture surprenante. Qui oserait maintenant les remettre en cause ? Alors qui sait, peut-être que dans 100 ans, des foules se soulèveront pour ne pas voir disparaître ces nouveaux kiosques au dessin plus contemporain contre lesquels nous nous battons avec acharnement. Peut-être que finalement dans 100 ans, le lifting aura été probant.


101


Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuck Off - Fuc 10


aveur


FF

O CK

FU

Touche pas à mon

KEBAB !

Qui n’a pas savouré, au moins une fois dans sa vie, ces saveurs chaudes, emballées dans un papier aluminium, avec une sauce débordante et même souvent dégoulinante, finissant sur les doigts et sur les joues ? Les kebabs sont le péché mignon de nombreux consommateurs, allant du bon fêtard au businessman pressé. Tous ces petits légumes émincés nous donnent tant l’impression de manger sainement qu’on en oublie presque le gras de la viande grillée, qui éveille le plaisir orgasmique chez les affamés(es) du déjeuner ou du milieu de la nuit. Au diable fourchettes et couteaux, nous dégustons ce précieux kebab, en toute liberté, avec nos doigts, sans chichis et sans manières pour le plus grand plaisir de notre ventre, au détriment de nos papilles.  par Patrick Tomas

104


Depuis les années 1970, cette viande grillée, mélangée à une sauce blanche et une variété de légumes finement découpés, est proposée dans un pain, une galette ou sur une assiette avec, parfois comme accompagnement, quelques belles frites gourmandes. Rendu populaire en Allemagne et présent un peu partout dans le monde, le kebab est un des plats phares de la streetfood. On le consomme sous toutes les coutures, au bureau, chez soi, dans la rue ou après une soirée festive, histoire de bien rassasier l’estomac. Devons-nous pour autant culpabiliser d’être accros aux kebabs ? Comment choisir un bon kebab ? Originaire du sud de l’Irak contemporain, le kebab est apparu dans la ville d’Our (capitale de la Mésopotamie), il y a plus de 5000 ans. D’un point de vue purement étymologique, le kebab signifie « viandes grillées » ou « grillades ». Ce met, souvent accompagné de légumes s’est vite inscrit dans la culture gastronomique du Moyen Orient, notamment dans l’Empire Ottoman et Perse. Dans les années 70, des citoyens allemands issus de l’immigration turque ont observé l’enthousiasme de la population pour le streetfood et le takeaway. Ils ont alors proposédes kebabs de volaille, de bœuf ou d’agneau cuits à la broche (döner kebab), tranchés pour être dégustés dans un pain avec une sauce blanche et des crudités, tout comme un sandwich. L’engouement pour ce type d’alimentation a vite gagné les grandes villes occidentales, pour s’étendre actuellement aux quatre coins du monde. Tout comme pour le hamburger, les crêpes ou le cornet de frites, nous devons choisir notre kebab en fonction de la qualité des produits sélectionnés et travaillés par le restaurant. Idéalement, pour les amateurs(trices) de sandwich, nous éviterons les pains et les galettes industriels en privilégiant un artisan-boulanger qualifié livrant quotidiennement ses produits. Un kebab pourra être considéré comme gourmet si la viande choisie vient d’un éleveur respectueux du bienêtre animal veillant également à une alimentation saine de ses bêtes. Côté légumes, nous préférons les produits de saison et si possible bio. Il en va de même pour la sauce, qu’on apprécie « maison ». Pour les amoureux(ses) des frites, là aussi, nous les aimons découpées en cuisine, dorées et croustillantes. Par contre, afin de ne pas alourdir inutilement notre estomac, nous consommons les kebabs frites et crudités sans pain et galette, histoire

de garder un repas équilibré. Cumuler trop de féculents n’est pas recommandable si nous souhaitons savourer un repas sain. Afin de ne pas tomber dans les travers de la junk-food, le monde de la malbouffe, nous dégusterons notre kebab chez un restaurateur attentif aux bons produits, à leur fraîcheur et l’équilibre des saveurs dans l’assiette. Les restaurants parisiens « Our Kebab » sont un très bel exemple de lieux de vie proposant à la carte des kebabs de qualité, sous toutes les formes avec des associations savoureuses, en sélectionnant uniquement des produits frais et d’excellence. Dans chaque kebab, vous ne trouverez pas de surplus de gras ou d’ingrédients industriels mais uniquement des recettes équilibrées, imaginées par des grands chefs et même validées par une diététicienne. Idéalement, prenez également le temps de préparer votre kebab à la maison. En choisissant directement une matière première de qualité et en la cuisinant, vous apprendrez à mieux connaître le kebab et à sélectionner le meilleur restaurant, celui qui vous procurera des goûts et des saveurs à la fois sains et authentiques. N’oubliez pas non plus de varier les plaisirs en diversifiant votre consommation. Alternez votre consommation d’excellents kebabs avec des sushis, des bagels ou d’autres mets savoureux issus de la culture urbaine. Trop de kebabs finiront par tuer le kebab. Streetfood ne signifie pas « Speedfood ». En rue, à table ou au bureau, prenons le temps de savourer et de déguster….Manger doit rester un plaisir, un instant de déconnexion durant lequel nous devons être capable d’apprécier chaque bouchée. Ne culpabilisez jamais votre passion culinaire pour la streetfood. Cette cuisine de rue nous fait voyager vers des tables étrangères venant influencer notre propre culture culinaire pour le plus grand plaisir de nos papilles.

« Salade, TOMATES,

oignons, HARISSA ? » 

Our, le Kebab chic www.ourkebab.com

105


Extase - Extase -Extase -Extase -Extase -Extase -ExtaseExtase - Extase -Extase -Extase -Extase -Extase -ExtaseExtase - Extase -Extase -Exta Extase - Extase -Extase -Exta Extase - Extase -Extase -Exta Extase - Extase -Extase -Exta Extase - Extase -Extase -Exta Extase - Extase -Extase -Exta Extase - Extase -Extase -Extatase -Extase -Extase -ExtaseExtaExtase Extase -Extase -Extase -Extase -Extase -Extase-Extase Extase -Extase -Extase -Extase -Extase -Extase Extase Extase -Extase -Extase -Extase -Extase -ExtaseExtaExtase - Extase -Extase -Extase -Extase -Extase -ExtaseExtase -Extase -Extase -Extase -Extase -Extase -Extase Extase Extase -Extase -Extase -Extase -Extase -Extase-ExtaExtase Extase - Extase -Extase -Exta Extase - Extase -Extase -Exta Extase - Extase -Extase -Exta Extase - Extase -Extase -Exta 16


ulture


SESE A T A X T E EX

LA MODE A LA COTE par Camille Martin

Vous souhaitez acheter du HERMÈS, Dior, Chanel… à prix CASSÉ, n’attendez plus les SOLDES et dirigez vous vers les ventes aux ENCHÈRES ! 108


Depuis quelques années les salles de vente ont flairé le bon filon et les acheteurs ne se font plus prier. Du sac en très bon état à l’état d’usage, il y a de vraies bonnes affaires. Vous ne trouverez pas seulement des pièces vintage mais avec un peu de chance vous pourrez acquérir des modèles de la saison dernière. Il y a aujourd’hui plus d’une dizaine de maisons de ventes qui ont ouvert un département mode au sein de leurs études. Parmi les plus célèbres, on retrouve Christies, Sothebys, Gros & Delettrez et bien entendu Artcurial. HERMES VINTAGE & FASHION ARTS Cela fait plus de douze ans que ce département a vu le jour au sein de la célèbre SVV (société de ventes volontaires) du rond point des Champs Elysées. On y retrouve de la maroquinerie, des bijoux et de la Haute Couture pour des prix allant de 60 à 4 000€, le luxe peut enfin devenir accessible. A Monte Carlo, la maison Artcurial prend ses quartiers d’été sous le marteau de François Tajan pour sa vente Hermès qui, cette année a totalisé près de 10 millions d’euros. Le célèbre Kelly, modèle picnic en cuir et osier s’est envolé pour 45 500€ (frais inclus)! Au mois de juin dernier, au cours de la vente «Fashion arts» consacrée à la maison Dior pour célébrer son 70e anniversaire, les acheteurs très présents ont permis à la maison de totaliser un montant vendu de 300 000€. La robe modèle Zerline de la collection printemps-été de 1957 a changé de propriétaire pour la somme de 10 700€ (frais inclus).

Sac Kelly modèle «Picnic» en osier et cuir Hermès

INVESTIR DANS LA MODE COMME DANS L’ART «Adjugé 280€!», c’est la phrase qui a retenti quand le marteau de l’étude Côte Basque Enchères a vendu un sac à main en tissu de la maison Chanel qui s’achète environ 1 000€ sur des sites internet tels que vide-dressing. C’est ce que l’on peut qualifier de vraie bonne affaire ! Car maintenant, acheter un sac à main pour le revendre comme un tableau est possible, à condition de savoir fureter et flairer les bons prix dans les salles tapissées de rouge. Collectionneurs et amateurs sont toujours présents et misent maintenant sur des créateurs d’aujourd’hui encore abordables comme Iris Van Herpen. It bags et classiques de la mode trouvent toujours un heureux acquéreur. Un seul conseil alors : à vos agenda pour réserver votre 23 octobre pour vous rendre chez Gros & Delettrez acheter des bagages et accessoires de mode des maisons Louis Vuitton, Chanel, Hermès et divers. Et si vous ne trouvez pas votre bonheur, une semaine plus tard se tient à Deauville, orchestrée par la maison Tradart, une vente de bijoux anciens et modernes, montres de collection et bagagerie de luxe, alors à vos enchères !

109


ASE EXT

EXPOSITIONS

par Camille Martin

IRVING PENN EN TOUTE INTIMITE 2017 marque le centenaire de l’anniversaire de la naissance d’Irving Penn et quelle plus belle façon de le célébrer que d’organiser une importante rétrospective ? Le Grand Palais rend donc hommage à ce grand photographe dont le nom est peu connu du grand public mais dont certains clichés de personnalités ont pourtant fait le tour du monde. En partenariat entre la fondation Irving Penn et le Metropolitan Museum de New York, c’est la plus grande exposition qui nous est donnée de voir, depuis celle qui lui a rendu hommage lors de son decès en 2009. Pablo Picasso, Audrey Hepburn, Alfred Hitchcock, Yves Saint Laurent... ont été immortalisés devant son objectif, de la façon la plus pure et la plus simple. Plus qu’un portrait c’est une introspection du modèle qu’il nous livre. Au-delà de la photographie, l’attention qu’il apporte au tirage créé une vraie relation entre celui qui est regardé et celui qui regarde. Il n’a jamais autorisé que des tirages supplémentaires soient réalisés,ce ne sont que des tirages originaux, de sa main. Il utilisait des techniques très abouties, telles que le tirage platine. La rétrospective propose également la mise en scène de son atelier, à New York, ainsi que certains appareils photo, créés de ses mains. En travaillant aux côtés d’Alexey Brodovitch, directeur artistique du Harper’s Bazaar magazine, il apprend le surréalisme, mais c’est lorsqu’Alexander Libermann, directeur artistique de Vogue, lui laisse sa chance de réaliser leurs couvertures, qu’il commence à véritablement s’exprimer. Il débute par des clichés de nature morte d’objets si réels que le lecteur voudrait pouvoir toucher les objets présentés. Peu intéressé par la mode, quand il est envoyé en 1948 à Lima, il en profite pour ouvrir un petit studio et y faire venir les «simples gens». Ces photographies sont de superbes témoins de l’époque. Par ailleurs, ses clichés du défilé Dior s’imposent comme une nouvelle façon de parler et de voir la mode.

Explosions from portfolio 9, by Roy Lichtenstein

POP ART, UNE REDECOUVERTE PLAISIR Le Whitney Museum of American Art de New York, fondé par la sculptrice Gertrude Vanderbilt Whitney, rend hommage, depuis 1930, aux grands artistes américains d’après-guerre. Véritable témoignage de l’effervescence artistique qui règne aux Etat Unis au XXème siècle, la collection comporte plus de 22000 œuvres, dont une soixantaine a été prêtée au Musée Maillol. Les toiles monumentales de Tom Wesselmann, les sérigraphies d’Andy Warhol, les peintures de Roy Lichtenstein et bien d’autres œuvres des années 60 à 70 sont ainsi exposées. C’est un bel hommage aux grands noms du Pop Art, mais aussi une découverte d’artistes américains, parfois inconnus en France, tels que John Wesley. Trente-deux figures emblématiques se voient ici présentées, on retrouve avec plaisir la célèbre sculpture LOVE de Richard Indiana, mais on découvre aussi les frites au Ketchup de Claes Oldenburg, toutes ces pièces qui ont fait du genre populaire un art et qui parlent à chacun.

Irving Penn décide de continuer à parler des petites gens, installé dans un studio rue de Vaugirard, il partage son temps entre les séances de poses et les artisans et commerçants. Ces rencontres lui permettent de livrer des portraits inédits de personnalités : simples dans la forme mais pourtant psychologiquement forts. Par ailleurs, ses séries de nus, réalisés entre 1949 et 1950, déplaisent en ce qu’ils s’opposent à la vision classique du corps féminin. Toujours aux antipodes du glamour, il réalise une série de détritus. A l’époque, l’exposition au MOMA est très controversée, pourtant elle met en lumière les limites de la société et de ses vanités, élevant ainsi Irving Penn au titre de grand artiste. IRVING PENN. Musée du Grand Palais. 3 Avenue du Général Eisenhower, Paris VIIIe. Du 21 Septembre au 29 Janvier 2018.

Alors que la société de consommation connaît un réel essor, ce courant est en opposition à l’expressionnisme abstrait très présent. Les œuvres s’inspirent de l’univers de la publicité et de la bande dessinée, en utilisant les codes visuels de l’époque. A travers ce qui a été caractérisé de critique de l’ «American way of life», on y découvre des parodies de personnalités telles que Marylin Monroe ou le détournement d’objets du quotidien ou de produits de consommation. Dans un monde en ébullition, c’est toute une génération d’artistes qui voit le jour avec ce courant artistique qui a pour vocation de dénoncer la puissance et la manipulation des images. Le Pop Art est riche d’œuvres aux tons intenses, aux aplats de couleurs presque criards, qui s’inscrivent dans ce qui a été qualifié de «hard-edge» dans des mises en scènes ironiques. Cet art laisse aussi apparaître de nouvelles techniques telles que les sérigraphies, l’utilisation de matériaux nouveaux comme le caoutchouc, la résine synthétique ou encore le plastique: des éléments considérés comme jetables en clin d’œil, à la consommation de masse. Enfin, le Pop Art est synonyme de désacralisation de l’œuvre d’art en tant qu’objet unique. Les œuvres sont produites par dizaine voire centaine parfois, permettant ainsi de faire de cet art non pas un courant réservé aux élites, mais accessible à tous. POP ART, ICONS THAT MATTER, Collection du Whitney Museum of American Art, New York. MUSEE MAILLOL, 59-61 rue de Grenelle, Paris VIIe. Du 22 Septembre au 21 janvier 2018. Still Life with watermelon, New york , 1947 - Irving Penn

  110


ETRE MODERNE QUAND LE MOMA S’ALLIE À LA FONDATION LOUIS VUITTON C’est une promenade historique qui retrace l’histoire des collections du Museum of Modern Art composée de deux cent œuvres qui s’ouvre à la Fondation Louis Vuitton. Peintures, sculptures, dessins, estampes, photographies mais aussi films, œuvres numériques, design ainsi que des performances qui ont été prêtés pour retracer l’art moderne et contemporain sous l’œil de ce célèbre musée New Yorkais. Six départements sont ainsi représentés par les œuvres qui ont été choisies par les deux musées conjointement et qui ont souhaité proposer un parcours chronologiques de l’exposition. Celle-ci débute donc avec les années 30 représentées par des œuvres de références comme la baigneuse de Paul Cézanne ou l’œuvre House by the Railroad de Edward Hopper. Avec le postimpressionnisme, le MoMA se tourne vers l’Europe avec Paul Signac et les grandes figures du XXème siècle telles que Pablo Picasso et son garçon au cheval ou encore Marcel Duchamp et sa roue de bicyclette. On poursuit avec l’après guerre à travers Jackson Pollock ou Willem de Kooning tous deux maîtres de l’expressionnisme abstrait. Au rez de chaussée place à l’art minimal et pop à travers Carl André, Jasper Jones… avec de se diriger vers les nouvelles expressions des années 60 et le début des installations avec des artistes iconiques. Dès lors, l’exposition tout comme la création prend un nouveau tournant avec un art vivant proposant un nouveau rapport entre l’art et le monde avec des œuvres acquises par le musée New Yorkais ces deux dernières années comme le jeu original composé de 176 emoji dessinés par Shigetaka Kurita (acquisition de 2016). On pourra aussi admirer certaines oeuvres exposées pour la première fois en France telles que l’Oiseau dans l’espace de Constantin Brancusi de 1967 ou le Patchwork Quilt de Romare Bearden de 1970. Le bâtiment dessiné par Frank Gehry accueille aussi du matériel documentaire issus des archives qui retrace l’histoire du musée et le contexte des œuvres. Cette exposition est un véritable hommage au travail du MoMA qui a été le premier musée à se consacrer exclusivement aux arts plastiques de l’époque. Une réelle découverte ou redécouverte de cette sublime collection témoin des années et des courants qui ont fait l’histoire artistique du monde. Être Moderne : le MoMA à Paris. Fondation Louis Vuitton. 8, avenue du Mahatma Gandhi Bois de Boulogne 75016 Paris. Du 11 octobre au 5 mars 2018.

Coeur de cible, Target 2 (2003) Sophie Calle

SOPHIE CALLE S’EXPOSE. Depuis 2003, aucune exposition n’avait présenté plusieurs décennies de l’œuvre pourtant si complète de Sophie Calle. Le Musée de la Chasse et de la Nature propose de redécouvrir ses travaux les plus emblématiques qui s’exposent aux côtés d’inédits créés et pensés exclusivement pour l’occasion. Elle revient ici sur son parcours en nous éclairant sur ce qui a fait d’elle l’une des artistes majeures de l’art contemporain français. Entre autobiographie et récit empli de fiction, l’œuvre de Sophie Calle est inqualifiable tant elle est riche. Toujours en plein questionnement, on y retrouve les grandes questions existentielles qui touchent chacun : la vie, l’amitié, l’amour, la mort… Cette artiste aime tisser un lien entre l’image et le texte créant ainsi un nouveau langage à l’instar de son livre “Prenez soin de vous”.

Tantôt suivant des inconnus dans la rue, tantôt en tant que proie pistée par un détective privée “juste pour le plaisir” Sophie Calle nous ouvre les portes de son univers peu commun. Le musée devient ainsi son terrain de chasse on y croise des animaux à la frontière entre le compagnon et la créature fantasmagorique. Comment ne pas être interpellé par l’ours empaillé, pièce maîtresse de l’exposition? Tous les animaux occupent une place essentielle dans sa vie et c’est pour cette raison qu’elle a conviée l’artiste Serena Carone à exposer certaines pièces de son bestiaire artistique. Les deux femmes font dialoguer leurs oeuvres tout en faisant écho à l’univers de ce musée sous le signe du regard du spectateur. Cette rencontre est aussi l’occasion pour Sophie Calle de rendre un hommage à son père, Bob. Ce dernier était un célèbre collectionneur d’art contemporain qui s’était lié à de nombreux artistes tels que César, Arman, Boltanski... Ces différentes rencontres qui donneront à sa fille le goût de l’art. Plus qu’une simple exposition c’est une redécouverte du Musée de la Chasse et de la Nature qui s’offre ainsi à nous. En effet, l’artiste a dissimulé certaines des pièces de la collection permanente à travers des jeux de superpositions avec ses propres œuvres ou en instaurant un dialogue entre les deux travaux. Beau doublé monsieur le Marquis. Musée de la Chasse et de la Nature, 62 rue des Archives 75003 Paris. Du 10 octobre au 11 février 2018. Human/Need, Bruce Nauman

111


T LIS

CK STO

ADRESSES Adidas by Alexander Wang  A.F Vandevorst  All Saints  Andrew GN  Bottega Veneta  Cadolle  Césaré Paciotti  Chantal Thomass  Christian Louboutin  Escada  Elie Saab  Fabletics  Furla  Giuseppé Zanotti  Gucci  Guy Laroche  I.D Sarrieri  Ivy Park  Jimmy Choo  Jitrois  John Galliano  Junko Shimada  Kenzo  Lacoste  La Perla  Lutz Huelle  Nobi Talai  Pierre Hardy  Pomellato  Samsoe /Samsoe  Sartore  Sprung Frères  Talbot Runhof  Roland Mouret  Ungaro  Wolford  Weill  Yanina Couture 

www.adidas.com/alexander_wang www.afvandevorst.be www.fr.allsaints.com www.andrewgn.com www.bottegaveneta.com www.cadolle.com www.cesare-pacioti.com www.chantalthomass.fr www.louboutin.com www.escada.com www.eliesaab.com www.fabletics.fr www.furla.com www.giuseppezanottidesign.com www.gucci.com www.guylaroche.com www.sarrieri.com www.ivypark.com www.jimmychoo.com www.jitrois.com www.johngalliano.com www.junkoshimada.com www.kenzo.com www.lacoste.com www.laperla.com www.lutzhuelle.com www.nobitalai.com www.pierrehardy.com www.pomellato.com www.samsoe.com www.sartore.fr www.sprungfreres.fr www.talbotrunhof.com www.rolandmouret.com www.ungaro.com www.wolfordshop.com www.weill.com www. yaninafashion.com

112


it d e l . www

r u s s u o n z e m v o u c o . r s Ret inepari z a g a om


www.leditomagazineparis.com Nouvelle formule

N°14

L'EDITO Magazine Paris  

Issue 14-1/ Paris/ Price 1euro/ Fashion & lifestyle

L'EDITO Magazine Paris  

Issue 14-1/ Paris/ Price 1euro/ Fashion & lifestyle

Advertisement