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L‘éCRAN

L’écran

- Mars 2017 -

ProJET SouTENu PAR :

n°9


Édito

manny CALAvERA

Rédacteur en chef

Nous en parlions dans notre édito précédent, le mois de février est un mois spécial pour le cinéma, en cela qu’il accueille deux des cérémonies de célébration du 7e art les plus suivies de la planète. Comme chaque année, les Césars et les Oscars sont l’occasion de célébrer la cinématographie dans son ensemble le plus éclectique, du pur divertissement au cinéma d’auteur, même si l’on peut regretter la présence toujours relativement marginale du cinéma indépendant au profit d’œuvres plus grand public et, surtout, taillées sur-mesure pour briller au cours de ces shows annuels. Mais surtout, ces cérémonies sont des tribunes sur lesquelles l’on est sûr qu’un message sera entendu (à défaut d’être vraiment influent?). Panorama des coups d’éclats de l’édition 2017! La 42e cérémonie des Césars a été le théâtre d’un « fourre-tout » revendicatif que certains pourront trouver rafraîchissant, mais que l’on s’accordera à trouver inégal, du moins dans la forme. Les discours faisant l’éloge des valeurs humaines emboîtaient le pas à des cris du cœur plus spontanés, plus crus aussi. À l’occasion de la remise d’un César d’honneur au séduisant Georges Clooney, l’acteur s’est présenté sur la scène de la salle Pleyel affublé de son complice Jean Dujardin, pour prononcer un discours de plusieurs minutes. L’occasion de quelques blagues au gré d’une traduction volontairement hasardeuse des propos de l’un par l’autre, mais également de quelques piques lancées à l’attention du nouveau président américain. L’acteur de 55 ans achève son discours par une citation d’Edward Murrow, journaliste émérite s’étant notamment opposé au maccarthysme dans les années 50 et sur lequel Clooney avait réalisé son deuxième film, avant de terminer en souhaitant à son auditoire « good night and good luck » (qui était le leitmotiv du journaliste engagé, encourageant à tenir bon face à l’adversité). Le moins que l’on puisse dire, c’est que tous les discours engagés n’étaient pas aussi polis. François Cluzet, manifestement en colère, s’est permit une réplique aussi concise que salée à l’occasion de la remise du prix de la meilleure adaptation : « Si on peut dire « Bamboula, c’est convenable », on doit pouvoir dire « enculé de raciste, c’est un beau compliment ». Plus soft, mais tout aussi poignant, François Ruffin, venu ramasser son César du meilleur documentaire pour Merci Patron, est resté fidèle à luimême et à son film en fustigeant la politique d’immobilisme des dirigeants français concernant les délocalisations brutales, avec le ton militant qu’on lui connaît. La valse des indignés s’est poursuivie avec Alice Diop (César ex-aequo du meilleur courtmétrage pour Vers la tendresse), qui a dédié son prix à « ceux dont les voix sont peu

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ou plus du tout entendues » en citant Théo, Adama Traoré et d’autres protagonistes des drames survenus entre les autorités et les jeunes issus des banlieues ces dernières années en France. Enfin, Céline Sciamma, qui reçoit son prix des mains de Cluzet pour Ma Vie de Courgette, en profite pour revenir sur le sujet de son film, qui défend une vision de la famille qui s’éloigne de son carcan « classique ». Plus léger, mais tout aussi fort et émouvant, cette édition était l’occasion de saluer la carrière d’une légende : Jean-Paul Belmondo. À la suite d’une standing ovation de plus de deux minutes, entouré par ses amis, l’acteur mythique de 83 ans a donné un discours touchant, celui d’un homme ému et fier bien que grandement affaibli (des suites d’un AVC subit il y a 16 ans), au cours duquel il a loué sa mère et son précieux conseil : ne jamais manquer de courage. Outre-Atlantique, la fête était plus policée qu’on ne l’aurait envisagé, tant les sorties médiatiques de personnalités publiques au sujet de Donald Trump se sont multipliées ces derniers mois. Pour autant, l’on a un peu la sensation que le président à la mèche flamboyante était présent ce soir, tant il a été évoqué directement ou indirectement par les célébrants au détour de quelques vannes effrontées à vagues connotations militantes, ou bien de manière plus affirmée, tel Gael García Bernal (un des acteurs mexicains les plus en vogue ces dernières années) qui s’est dit « contre toute forme de mur » susceptible de séparer les hommes. Celui-ci a remis l’Oscar du meilleur film d’animation à Rich Moore (Zootopia), qui s’est immédiatement félicité que tant de gens aient pu être touchés par cette « histoire où la tolérance est plus forte que la peur de l’autre ». Mais l’Oscar de la revendication revient sans aucun doute à Asghar Farhadi (Le Client), heureux lauréat de l’Oscar du meilleur film étranger, qui a brillé par son absence. Son boycott en réaction au « Travel Ban » de l’administration Trump n’était pas passé inaperçu, encore moins après sa victoire. L’astronaute iranienne Anousheh Ansari, venue chercher l’oscar en son nom, a lu un discours écrit de sa main au cours duquel il dénonce une « loi inhumaine », discours largement acclamé par l’auditoire. En mettant en avant un certain éclectisme, le palmarès de cette 89e édition des Oscars est en lui-même un pied de nez adressé à la politique du président américain - faisant au passage de cette cérémonie un exercice moins mécanique et politiquement correct qu’à l’accoutumée (l’ultime et inédit cafouillage dans la remise de l’Oscar du meilleur film y est aussi pour quelque chose!). - Mais cela apporte une preuve de plus, s’il en fallait, qui atteste du fossé qui s’érode inexorablement entre l’intelligentsia du divertissement (et du monde des Arts en général) et les masses populaires et citoyennes, dont le vote tranche clairement avec le discours dominant qui règne dans l’industrie du show biz’, et ce de quelque nationalité qu’il soit.

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© Larry Racioppo

Photo couverture : Shorpy.com Chef rédacteur : Manny Calavera Chef éditorial : Doriane Job Maquettiste : Axèle Zuanigh Rédacteurs : Emma, Gonzo Bob, Le Comte Gracula, Eye In The Dark, The Watcher, Dolores, Fox, La Cinéfolle Correctrice : Adeline Dekockelocre


Sommaire

PRENEZ PLACE éditorial

. Box-office :

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Silence de Martin Scorsese (2017)

. Le Ring :

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La La Land

. Littérature et Cinéma

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. Suicide Squad,

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. Interview :

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Un couple complexe

de Damien Chazelle (2017)

. Rétrospective :

The Mask en moins bon?

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It Happened One Night de Frank Capra (1934)

. Sergio Leone

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par Gonzo Bob

avec Hamé, Ekoué, et Slimane Dazi du film Les Derniers Parisiens

INFOS CINé

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Chronique

© capture du film The Shining

LITTÉRATure & CINÉMA Un couple complexe

Initialement, cette chronique aurait dû être centrée sur les adaptations des romans de Stephen King au cinéma. En lisant cette phrase introductive vous penserez tous très certainement à The Shining (1980), à La ligne verte (1999) ou encore à Misery (1990). Et c’est en écrivant le début de cet article que j’ai réalisé quelque chose de capital : Je n’ai jamais lu le moindre bouquin écrit par Stephen King. Cette petite prise de conscience m’a amenée à questionner les rapports qu’entretiennent un film et l’œuvre littéraire dont il est l’adaptation. Non pas que je prenne mon cas pour une généralité, mais avant de nous lancer au cœur du sujet, venez faire une petite excursion statistique avec moi dans l’antre chronophage des cinéphiles : SensCritique (SensCritique est un site où l’on peut noter des films, des séries, des jeux vidéos, des livres etc.) Faisons une courte étude comparative entre le nombre de notes attribuées à un film tiré d’un roman de King et le nombre de notes attribuées à l’œuvre originale.

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The Shining de Stanley Kubrick (1980)

The Shining de Stephen King (1977)

56 000

4500

La Ligne Verte de Frank Darabont (1999)

La Ligne Verte de Stephen King (1996)

48 000

3100

Les évadés de Frank Darabont (1994)

Différentes saisons de Stephen King (1982)

29 000

1200

Bon, je suppose que vous avez compris la logique. Ce ne sont que de simples chiffres me direz-vous, et SensCritique n’est pas exhaustif, certes. Mais je ne crois pas prendre de grands risques en affirmant que la grande majorité de notre génération, les 18-25 ans, voire les 18-34, ont plus vu qu’ils n’ont lu. Je suis actuellement en train de passer en revue une liste SensCritique des films adaptés d’œuvres littéraires et je suis franchement surprise d’apprendre que The Virgin Suicides (1999), Eyes Wide Shut (1999), There Will Be Blood (2007) ou encore No Country for Old Men (2007) sont tous tirés de romans ou de nouvelles. Au moins trois schémas relationnels entre cinéma et littérature me viennent à l’esprit. Bien évidemment, ces derniers se forment à partir des rapports que nous entretenons avec les différents types de littérature.

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L’adaptation d’un livre n’ayant pas marqué l’histoire de la littérature et qui la supplante ex. There Will Be Blood de P.T Anderson (2007) / Pétrole! D’Upton Sinclair (1927)

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L’adaptation d’un pilier de la littérature ne parvenant pas à égaler l’original ex. Madame Bovary de Claude Chabrol (1991) / Madame Bovary de Gustave Flaubert (1857)

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Lire le livre après avoir vu le film : «Mm…pas envie» ou «Roh, la flemme» ex. La trilogie du Seigneur des Anneaux de Peter Jackson (2001-2003) / Le Seigneur des Anneaux de J.R.R Tolkien (1955).

Littérature et Cinéma : un couple compliqué dont cette brève chronique ne peut déceler toutes les subtilités. Voyez cet article comme une petite introduction à ce sujet passionnant que je me ferai une joie d’approfondir dans un prochain numéro. Quelques problématiques futures : L’adaptation cinématographique d’une œuvre littéraire signe-t-elle l’arrêt de mort de cette dernière? L’adaptation : Un raccourci littéraire pour paresseux? - La Cinéfolle

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BOX-OFFICE

Critique

© metropolitan filmexport

CRITIQuE BOX-oFFICE Silence

de Martin Scorsese, février 2017 2h40 de supplice, pour rester dans le thème. Un Silence qui s’éternise… au point de nous endormir! Retour sur ce nouveau Scorsese sorti en salle le 8 février dernier. « Abrège Martin! » s’est-on dit dans la salle de cinéma, dans l’espoir d’écourter l’exercice de souffrance, non pas subi par les personnages du film mais par nous autres spectateurs. Même la plus grosse boîte de popcorn n’a pas réussi à garder en appétit les deux courageuses personnes qui ont eu le bon sens de quitter la salle à la moitié du film. 13 ans après La Dernière Tentation du Christ, Martin Scorsese nous réembarque dans un récit catho-chrétien, trop long, trop lent, et terriblement barbant. Pari raté pour l’ex séminariste du Queens. Silence est inspiré de faits du XVIIe siècle (tirés du roman de Shūsaku Endō), ceux de deux prêtres jésuites (Andrew Garfield et Adam Driver) partis au Japon dans l’espoir de retrouver leur «mentor» (Liam Neeson, qui d’autre?), un des derniers évangélisateurs européens, porté disparu. Le

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Un silence de rigueur. Le film dresse également une caricature maladroite de la foi que vivent les Japonais convertis au catholicisme. Ils sont perçus comme naïfs en abusant des confessions pour asseoir leurs péchés (et pourtant le seul pécheur c’est Scorsese)… ils semblent presque plus pieux que les prêtres eux-mêmes! Autre élément qui dérange, l’attente des « kirishitans » Japonais pour les Hommes d’Église européens, tels des sauveurs, des Messies prêchant la bonne parole. C’est exactement l’argument développé par les colonisateurs et ça cache bien d’autres réalités. Le prosélytisme ne semble pas s’arrêter à la fiction.

christianisme est devenu illégal dans le pays, et les fidèles sont persécutés. Il faut donc agir clandestinement. Et ce n’est que la première partie du film. Le tournant a lieu lorsque les missionnaires sont débusqués. Avis aux masochistes, plus de six méthodes de tortures et de morts lentes y sont présentées. Le film est complètement passé à côté d’une critique objective de l’histoire et des religions. Un silence gênant. Le rapport au sacrifice est omniprésent et s’articule avec deux autres thèmes centraux : le blasphème et la rédemption. Le sujet aurait pu être intéressant s’il avait été traité dans une autre dimension, mais le risque était grand et Martin Scorsese est tombé dedans. Le manichéisme entre gentils chrétiens inoffensifs et méchants bouddhistes opprimants ne permet pas de dégager le sens moral du film. Le scénario est clairement parti prenant des chrétiens. Le réalisateur a adapté le récit d’un Japonais catholique déjà assez pieu, à sa vision occidentale des missions d’évangélisation. Neutralité zéro. Les chrétiens sont opprimés, victimes d’une intolérance (c’est l’hôpital qui se fout de la charité) et on veut nous faire ressentir leur souffrance. On cherche d’une certaine façon à produire de la pitié chez le spectateur. Ce (très) long métrage n’aborde pas le contexte d’évangélisation des Européens ou les autres croyances présentes dans le pays du soleil levant. Il s’agit moins d’incompatibilités spirituelles que de pratiques culturelles qui s’entrechoquent entre un pays longtemps fermé au reste du monde et un continent expansionniste et impérialiste.

Un silence mensonger. Quant aux beaux paysages nippons, et à la musique d’ambiance, il ne faut pas compter dessus. On retiendra seulement l’atmosphère terne de brume et d’ennui. En revanche, ce serait faire preuve de mauvaise foi (on en revient toujours à ça) que de ne pas souligner l’excellente performance d’Andrew Garfield (The Amazing Spider-Man) et d’Adam Driver (Star Wars VII) qui forment ce duo du bad and good cops version catho coincé et catho modéré. L’escroquerie vient de Liam Nesson que l’on voit en gros plan sur l’affiche, mais seulement 30 minutes dans le film. Un silence soporifique. Pénible à regarder, long et sans intérêt ni scénaristique, ni cinématographique, le dernier Scorsese ne vaut pas une place de cinéma. Impossible d’en dire plus, Silence nous a laissé sans voix.

- Emma

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© IMDB.com


Chronique © vimeo.com

SuICIDE SQuad,

The mask en moins bon?

Suicide Squad est une purge. Faussement impertinent, faussement violent, faussement novateur, tout est raté. Mais n’existe-t-il pas un film qui a ces qualités? Mais oui bien sûr, c’est le cas. Il y en a même plusieurs, mais un seul avec un personnage vert inspiration Joker : The Mask. Trois précisions importantes : petit un je ne connais pas les comics, ni Suicide squad (SS) ni The mask, petit deux je suis partiale vis-à-vis de The Mask (TM), un des films qui a bercé mon enfance et petit trois, je spoile.

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censé le retrouver dans le film...). Or excusez-moi mais dans les dix petites minutes dans lesquelles on l’aperçoit il est montré comme un baron de la drogue mineur, aussi effrayant que mon chat, d’un goût esthétique discret à l’image de celui de Snoop Dog et menaçant comme un teckel. Harley Quinn est présentée comme une femme-objet, un peu coconne mais extrêmement sexy, pas si dangereuse que ça pour une «méchante». Dans les autres personnages ratés on peut aussi relever Killer Croc, dont le costume déconne à plein tube, le visage étant la seule bonne surprise.

Normalement, si tu as vu lesdits films, tu dois te demander pourquoi je fais ce lien. SS est censé être un film d’action, TM est plutôt une comédie. SS est un film PG 13 (interdit aux moins de 13 ans aux États-Unis), TM est tout public et familial. SS est un film de super méchants forcés à agir de manière positive, TM montre un trop gentil dont les aspects les plus négatifs de sa personnalité sortent de manière incontrôlée. SS est plus ou moins réaliste, TM est très cartoonesque. Le problème est là. Si je pitche les deux films comme je viens de les décrire, on s’attend à ce que Suicide Squad soit dans la veine de DeadPool -qui a ses qualités et ses défauts mais ayant pris le parti d’être explicitement violent- tandis que The Mask devrait ressembler à Bip Bip & Coyote. Sauf que c’est tout l’inverse.

Mais si tu veux voir un film avec un méchant en partie vert, une blonde bébête ultra sexualisée, un méchant avec une tête affreuse, des méchants qui sont gentils et des gentils qui sont méchants, ne va pas voir Suicide Squad! Reviens aux classiques, Jim Carrey n’a jamais déçu personne. Le petit employé de banque en mal d’amour trouvant un masque magique qui proviendrait de Loki lui-même et, s’il est enfilé la nuit, révèle la part sombre enfouie du porteur, ça claque quand même plus non? Surtout que là où la folie des personnages est atténuée dans SS pour être plus visuelle et lisse (parce que NON, le Joker n’est pas dangereux juste parce

SS louche sur Les gardiens de la galaxie, à coup de blagues très (très) appuyées. Il a été vendu sur l’argument des super-vilains, notamment le Joker qui apparaît dans la bande-annonce comme un personnage complètement dérangé, dangereux et qui va pas mal apparaître dans le longmétrage (parce que oui il existe un consensus autour de ça : plus un personnage est présent dans la bande-annonce plus on est

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qu’il s’allonge au milieu de couteaux), TM rend compte de l’absence totale de morale de son personnage principal de manière drôle et profonde. The Mask est capable de fabriquer un bazooka avec des ballons de baudruche, ou de danser une rumba avec la cinquantaine de policier(e)s venu(e)s pour l’arrêter.

© comicogaming.com

J’en parlais plus haut, SS part avec des méchants qui au fond d’euxmêmes sont de bonnes personnes prêtes à se sacrifier pour sauver le monde - alors qu’Harley Quinn fracasse une vitrine pour voler un sac et rappelle que même s’ils sont forcés d’agir bien ils restent «des méchants» à tout casser quinze minutes avant la prise de décision générale d’agir comme des superhéros classiques -... Sauf que c’est attendu. Et c’est encore un reproche qui pèse sur le film : rien n’est surprenant. On est censé être avec «les pires du pire», les plus méchants de tous les méchants de Bat-univers, et tout est convenu. À l’exception d’Amanda Waller, qui est une vraie méchante! À l’inverse dans TM on voit un méchant imprévisible, parce qu’obsédé par sa quête de l’amour avec le personnage de Cameron Diaz (qui n’a pas besoin de nom puisqu’il a des seins). Et c’est bien dommage. - Le Comte Gracula


© IMDb.com


RING

Critique © Dale Robinette

LE RING La La Land,

de Damien Chazelle, 2017 Le ring d’aujourd’hui opposera The Watcher à Dolores sur le film La La Land de Damien Chazelle, sorti le 25 janvier dernier. Il a été nommé 14 fois aux Oscars, égalant ainsi le record de Titanic. Le film raconte l’histoire d’amour contrarié entre Mia, aspirante actrice enchaînant les castings et Sebastian, pianiste féru de jazz qui a perdu la boîte de jazz de ses rêves avec la ville de Los Angeles et le quartier d’Hollywood (surnommé La la land par ses habitants) en toile de fond. Une comédie dramatique et musicale douce amère. FIGHT !

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The Watcher : La La Land est la claque cinématographique la plus inattendue que j’ai reçue de l’année. L’esthétique est extrêmement léchée, une musique orgasmique, des acteurs sensuels. Ce film est un viagra cinématographique.

Dolores : Ouais, enfin on est en janvier, tu vas peut-être calmer tes ardeurs non? On est plus proche de la mimolle cinématographique, un peu plate et attendue. J’ai eu l’impression de voir de l’onanisme entre cinéphiles américains, s’auto-référençant en permanence pour faire reluire la statuette du jury des Oscars que Damien Chazelle semble intensément désirer.

The Watcher : C’est juste que tu n’as pas la passion en toi. Damien Chazelle est un amoureux du cinéma, et il nous donne tout son amour à travers ce fabuleux média qu’est l’écran. Les couleurs chatoyantes sont autant de caresses à nos yeux ébahis, et la douce voix mélodieuse des acteurs pénètre dans notre âme avec la délicatesse du premier amour. Les scènes dansées sont l’expression physique du feu qu’ils ont mis en nous.

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Dolores : Ça m’a plutôt fait l’effet d’une douche froide. Les couleurs dégueulent plus qu’elles ne charment, et si Ryan Gosling se révèle torride à l’écran, on ne peut pas dire que son chant nous fasse le désirer autant.

The Watcher : C’est pourtant dans l’imperfection du chant de nos deux interprètes (Emma Stone détrône Audrey Hepburn au panthéon des plus beaux sourires d’Hollywood) que se trouve ce petit je ne sais quoi que nous laissent les grandes histoires. C’est lorsque les voix se cassent que l’on est le plus ému, les passages dansés rendant hommage aux plus belles comédies musicales américaines (Un Américain à Paris) où nos deux protagonistes sont clairement perdus au milieu de danseurs expérimentés, ce qui ne les rend que plus réels. Toute cette nostalgie participe au sentiment langoureux que nous avons devant ce film.

Dolores : Je ne ressens pas de nostalgie, mais plutôt un sentiment assez vieux jeu. Les personnages sont soumis à leur passé et n’arrivent pas à couper leurs liens, le propos final du film nous mettant face à un discours de type « c’était mieux avant » assez réactionnaire. Tout ce qui va être rattaché au monde moderne est présenté dans un bukkake visuel sale, dégradant, pervers et malsain, alors que le passé est fantasmé comme la page centrale d’un Playboy.

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The Watcher : Mélanger partouze et politique... C’est mieux de faire les choses dans l’ordre. En réalité, l’aspect «réac» n’est que l’expression de l’amour du bon vieux temps, mais il ne renie pas le présent. Le personnage de Gosling, par exemple, qui peut paraître prisonnier de sa passion pour la musique, incarne l’allégorie de ce qu’est le jazz dans le monde moderne. Musique snob et excluante pour les uns, véritable ode à la liberté et à la folie hédoniste pour les autres.

Dolores : À ce stade-là, c’est plus de l’emprisonnement, c’est du bondage : les personnages n’évoluent pas et restent bloqués dans leurs obsessions, sans prendre le temps de s’ouvrir à l’autre. Finalement, à force de voir des personnages coincés, l’intrigue se coince tout autant : En tant que spectateur, on a la sensation de jamais sortir de l’embouteillage de voitures de la scène d’introduction. Et être bloqué dans un bouchon pendant deux heures, c’est pas la façon la plus agréable d’en avoir plein le cul.

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Š ecranlarge.com


LGDC

SERGIo LEONE

© IMDb.com

par Gonzo Bob


sergio leone, le MaîtRe du sPAghetti Attention les enfants, on s’attaque ce mois-ci à un morceau de choix, j’ai nommé l’immense Sergio Leone, Docteur-ès western spaghetti, réalisateur ô combien culte de chefs d’œuvres tels que Le Bon, la Brute et le Truand (1966) ou encore Il était une fois dans l’Ouest (1968), entre autres merveilles du 7e art. Au moment de dresser un bilan de la carrière du bonhomme, un désagréable constat fait son chemin dans mon esprit : ce gars-là nous a quitté bien trop tôt, à seulement 60 ans, et il n’a pas eu le temps de faire autant de films que l’on aurait pu le souhaiter. En effet, il n’aura réalisé au final «que» sept films, si l’on excepte les trois ou quatre qu’il a co-réalisé sans être cité au générique, comme par exemple Sodome et Gomorrhe (Robert Aldrich, 1960) et Mon nom est Personne (Tonino Valerii, 1973). Cela ne l’a cependant pas empêché de laisser une empreinte durable dans l’histoire du cinéma en tant que réalisateur culte, souvent cité comme principale influence par des prodiges du grand écran de la trempe de Clint Eastwood et Quentin Tarantino, dont les récents westerns Django Unchained et Les Huit Salopards portent très clairement la marque du Maître. Pour comprendre au mieux la place que Leone occupe dans le panthéon cinématographique de votre humble serviteur que je suis, il faut se replonger presque vingt ans en arrière dans sa plus tendre enfance. En effet, alors que je ne devais pas avoir plus de 7 ou 8 ans, mon cher père se donna pour mission de nous faire découvrir à moi et mon frère l’œuvre de l’ami Sergio par le biais de son film le plus célèbre : Le Bon, la Brute et le Truand. Ma culture personnelle du western se limitait alors à l’image qu’en avait donné le cinéma hollywoodien de l’âge d’or, lorsque ses plus éminents représentants se nommaient John Ford, Howard Hawks et John Sturges, et dont les héros étaient systématiquement des cow-boys au grand cœur et à la morale inflexible sous les traits de John Wayne, Gary Cooper ou James Stewart. Quelle claque dans la face pour le cinéphile naissant que j’étais à l’époque, quel traumatisme audiovisuel que ce film, qui m’a fait passer d’horribles nuits hantées de cauchemars sordides! Ce dont je me rappelle le plus, c’est la tendresse, l’empathie que m’inspiraient le personnage de Tuco, génialement interprété par Eli Wallach dans ce qui constitue probablement le rôle de sa carrière. Je ne comprenais absolument pas le traitement qui lui est réservé par le reste des personnages, en tête desquels le Bon, le fameux   ​« homme sans nom » indissociable de son interprète Clint Eastwood, qui prend un malin plaisir à le torturer physiquement et psychologiquement, le tout avec un sadisme incompatible avec son statut de « gentil ». L’ambiguïté morale

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des héros leoniens me choquait autant qu’elle me passionnait, et elle participe à créer des personnages iconiques et intemporels. Ainsi qui ne se souvient pas de ces acteurs, ces « tronches » patibulaires que sont Lee Van Cleef ou Gian Maria Volonté, qui donnent vie à des personnages iconiques et terrifiants tels que le Général Sentenza et l’Indien? Une illustration du détournement systématique des codes du western classique opérés par le père spirituel du spaghetti et la présence au casting d’Il était une fois dans l’Ouest d’Henry Fonda en bad guy impressionnant, lui qui était auparavant abonné aux rôles de nobles héros sans reproches.

Morricone, sont imprimées à jamais dans mon cerveau et possèdent une puissance évocatrice rarement égalée depuis, je pense ici notamment aux scènes de duels, ou plus précisément à la scène du passage à tabac de Tuco par les sbires de Sentenza dans Le Bon, la Brute et le Truand, tandis que des soldats prisonniers jouent un air de musique mélancolique afin de couvrir le bruit des coups qui pleuvent. Il faut souligner le travail du génial compositeur tant il est indissociable de l’A.D.N. du cinéma de Leone, et inversement, tant ses compositions sont emblématiques de ces films. Sergio Leone, c’est le crépuscule du genre westernien, la mort d’un âge, d’un pan tout entier de la cinématographie mondiale qu’il magnifie en bousculant ses codes pour lui rendre un vibrant hommage. Ce n’est pas pour rien si encore aujourd’hui mon film préféré est Le Bon, la Brute et le Truand... J’ai beau l’avoir vu une bonne vingtaine de fois, c’est à chaque fois avec le même bonheur que je m’installe devant. D’ailleurs je vous laisse, il faut que j’aille combler un trou béant dans ma filmographie personnelle : Il était une fois en Amérique (1984), le dernier film réalisé par Maître Sergio, un monument de presque 4 heures que je m’en vais dévorer de ce pas !

Mais cette introduction à l’art de celui qui prenait le pseudonyme de Bob Robertson au début de sa carrière m’a surtout permis alors de me rendre compte de ce qu’était véritablement le travail d’un réalisateur au cinéma. Le montage et les échelles de plans étaient autant de notions auxquelles je ne prêtais que peu d’attention avant de découvrir ces films qui constituent la quintessence du western spaghetti. L’importance du travail sur le temps, la tension dramatique ou encore la musique chez Sergio Leone, qui sautent aux yeux de tout cinéphile averti, commence alors à m’apparaître clairement et fait, je pense, naître chez moi une vocation d’amoureux du cinéma. Certaines scènes de ces films magnifiés par les bandes originales extraordinaires d’Ennio

- Gonzo Bob

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- Top 5 Subjectif -

1 # Le BOn, la BRute et le TRuand (1966) Et Pour Quelques Dollars de Plus (1965) Il Était une Fois Dans l’Ouest (1968)

© Axèle Zuanigh

Il Était une Fois la Révolution (1971) Et Pour une Poignée de Dollars (1964) 23


RÉTRO

Critique

© John Kobal Foundation

CRITIQue

rétroSPECtIvE It Happened One Night de Frank Capra, 1934

Aujourd’hui, on croule sous les comédies américaines. Certaines sont légères et drôles, d’autres plus travaillées, ou encore, ratées. Mais c’est dès ses débuts que le cinéma a donné naissance à la comédie, ne serait-ce qu’avec le muet où les comiques de situation et de gestes étaient déjà moteurs et créateurs de rires. Il était donc naturel de poursuivre et d’entrer dans la nouvelle ère du cinéma sonore en passant par ce genre. C’est avec une production semée d’embûches et un avenir peu prometteur que Frank Capra s’est lancé dans l’adaptation de Night Bus, nouvelle écrite par Samuel Hopkins Adams en 1933, en réalisant It happened one night, en 1934. Connu pour ses comédies sociales qui mettent en scène le pouvoir et la lutte des classes, ce film ne déroge pas à la règle. Fille d’un milliardaire qui

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C’est d’ailleurs le premier film à avoir remporté les cinq plus grandes récompenses des Oscars : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleure actrice, meilleur acteur, et meilleur scénario adapté. Seulement Vol au-dessus d’un nid de coucou (1976, Milos Forman) et Le Silence des agneaux (1992, Jonathan Demme) les remportent ensuite. Non seulement ce film a largement été récompensé lors de la remise des Oscars de 1935, mais il présente aussi de nombreuses scènes aujourd’hui cultes (la jambe dévoilée de Claudette Colbert marche mieux qu’un pouce pour faire de l’auto-stop, ou encore Clark Gable qui ôte ses vêtements devant une femme mariée à un autre). Hormis le statut de comédie, cette œuvre propose aussi une nouvelle vision de la place de la femme en société et de son désir d’émancipation, ainsi que la redéfinition de sa propre identité face aux imprévus et aux changements.

n’approuve pas son mariage, Ellen Andrews (Claudette Colbert) décide de s’enfuir à New York pour retrouver son bien-aimé. Tous les journalistes et détectives à sa recherche, elle tente de rester incognito mais ne passe pas inaperçue auprès de Peter Warne (Clark Gable), lui-même journaliste, qui voit en elle un scoop qui lui redonnera du travail. Contre son gré, Ellen se laisse aider par Peter qui l’accompagne de Miami à New York. Tourné en noir et blanc, ce film est considéré comme l’un des fondateurs du genre de la screwball comedy (comédie loufoque, en français). L’intrigue est simple mais c’est ce qui permet à Capra d’ajouter à l’histoire de nombreuses péripéties à caractère comique et ça fonctionne. C’est un film léger, divertissant et aux personnages attendrissants. Il se déroule le long d’un voyage en bus et en voiture et confronte deux personnalités qui s’opposent : road movie, te voilà. On en retrouve bien des composantes : deux personnalités qui s’opposent, une fille riche et ingrate (que Peter Warne adore appeler « spoiled brat ») et un homme plutôt bougre et terre à terre, forcés de combiner leurs efforts et qui finissent par s’accoutumer l’un à l’autre. Et dans ce cas-là, à tomber amoureux. Ce qui m’amène à un autre genre auquel il appartient, celui de la comédie romantique et plus particulièrement, celle du remariage. Les comédies romantiques ne sont vraiment pas ma tasse de thé et pourtant celle-ci se dévore, est enivrante et on l’adore.

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En bref, si vous aimez les comédies, rien de tel que d’en voir les débuts et ainsi, ce qui est à l’origine de la comédie américaine contemporaine (et au passage, je vous conseille bien sûr les œuvres de Buster Keaton que j’affectionne tout particulièrement). Et si vous aimez les histoires d’amour, c’est également pour vous. It happened one night est un excellent mélange des genres, une histoire légère, douce et pleine d’humour, aux dialogues très bien écrits et dont l’image en noir et blanc alterne plans simples et plans travaillés. - Fox


© IMDB.com

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Interview © Thierry Valletoux

La rencOntre Interview avec Hamé, Ekoué, membres du groupe de hip-hop La Rumeur, et Slimane Dazi, respectivement réalisateurs et acteur principal du film Les Derniers Parisiens, sorti le 22 février 2017.

Pourquoi avoir choisi de situer le film dans le quartier de Pigalle, et d'y raconter cette histoire-là, avec ces comédiens ?

souvent une image négative dans ses représentations au cinéma. On ne voulait pas tricher, on tenait aux décors naturels et à préserver l’effet du réel, avec un parti-pris naturaliste. La caméra est toujours à hauteur d’homme, proche des personnages. Ce sont eux qui fabriquent l’espace, plutôt que le contraire, on ne jette pas des souris de laboratoire dans un labyrinthe.

Hamé : Ce quartier fait partie de l’histoire du groupe La Rumeur, on l’a beaucoup fréquenté, c’est un des lieux les plus singuliers et typiques de Paris. On voulait quelque part le réhabiliter un peu, lui qui a

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C’était naturel pour nous de continuer à bosser avec Reda et Slimane (NDLR: Reda Kateb et Slimane Dazi ont déjà tourné avec les deux réalisateurs dans De l’encre et Ce chemin devant moi). On voulait leur écrire de beaux rôles et essayer de faire émerger autre chose de la relation entre ces deux acteurs. On souhaitait traiter des relations familiales, des luttes fratricides parce que ce sont des histoires intemporelles. Le rappeur DMX a écrit une chanson intitulée « Who we be », on ressent la même «chose Je m’ occupe la totalité du ils son, vis à vis dudecinéma français, depuis tournage ne saventlepas qui nousjusqu’à sommes,lailspost­ ne production. Mon métier couvre la prise nous connaissent pas. On avait envie de son, le montage son, le mixage, la de se montrer... composition et la production musicale. Le réalisateur se consacre à l’image et je Ekoué : On voulait montrer les effets dirige les sonorités du film. » de la gentrification caractérisée qui touche les villes, de manière concrète et pas théorique. On a tourné à Pigalle, mais si on l’avait fait Place du Capitole

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ça aurait été la même histoire : on parle d’un gars qui bosse, qui a son affaire, qui paye employés et factures mais qui n’a pas les moyens de se payer lui ou de rénover son utilitaire. C’est la question des travailleurs pauvres, de la fragilité sociale, les gros groupes, les multinationales qui repoussent les derniers habitants du coin, les petits commerçants, ici les derniers authentiques Parisiens, à la périphérie. C’est une thématique proche des préoccupations du groupe, mais on l’a fait de cette manière pour ne pas tomber dans la démagogie militante. On a pris le détail pour mieux montrer l’entièreté d’une situation, et la fin s’ouvre sur un débat plus large.

© IMDb.com

En ce qui concerne l’histoire, on avait envie de parler de transmission coupée entre générations, d’une relation conflictuelle entre deux frères dans laquelle la communication se fait uniquement par l’invective. Nas cherche à se faire une place au soleil, mais il représente tout ce que son frère Arezki déteste. Le bar les lie mais les sépare aussi sur la question de la propriété. Ils se dévoilent au fur et à mesure, les fantômes sortent de cette relation, on va toucher l’os des frangins.


Comment s'est passé le travail de réalisation entre vous, et avec les comédiens ?

quelque chose en plus qu’il n’y a nulle part, ils ont une place à part dans le cinéma français.

Ekoué : On a un principe pour la création qu’on a appliqué à la direction d’acteurs, c’est d’aimer les gens avec qui on travaille, de s’intéresser à eux. Le manuel n’est pas la conception, on a passé du temps avec les comédiens, le film se fait ensemble donc chacun se met à nu, et on obtient un spectre plus large. On a été des travailleurs sociaux, on a fait des ateliers d’écriture dans les quartiers, dans les prisons donc on se retrouve face à une responsabilité : que chacun donne le meilleur. Quant à la réalisation en elle-même, il n’y a pas eu de réelle division du travail, tout s’est fait en étroite collaboration entre nous deux.

- Interview par The Watcher et Gonzo Bob

© Slimane Dazi par Pierre Quiquer/Piradub

À Propos

Slimane Dazi : Sur le travail, peu m’importe, je les connais. Ils ont une approche très live et vivante du cinéma, proche de leur manière de faire de la musique. Il y a une grosse communication entre les deux, dans leur manière de travailler ils te transmettent un grand capital confiance. Ce qu’ils apportent c’est une authenticité, une sincérité. C’est un cinéma d’écorchés, ils se mettent eux aussi en danger. Ils ont une manière de faire unique, aller à l’essentiel sans fioritures. C’est un échange qui se fait de manière naturelle et professionnelle mais avec

Les Derniers Parisiens, drame, 1h45 Avec : Reda Kateb, Slimane Dazi, Mélanie Laurent, Yassine Azzouz, Willy L’Barge, ... Synopsis : Tout juste sorti de prison, Nas revient dans son quartier, Pigalle, où il retrouve ses amis et son grand frère Arezki, patron du bar Le Prestige. Nas est décidé à se refaire un nom et Le Prestige pourrait bien lui servir de tremplin…

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Infos Ciné

Hors campus

INFOS - L’ABC -

- L’American Cosmograph -

Dans le cadre de la semaine du Cerveau 2017, Ex Machina (film de sciencefiction britannique et sorti en 2015) sera exceptionnellement diffusé à l’AC, mardi 14 mars à 20h30. À l’issue de cette projection, des professionnels en Neurosciences et nouvelles technologies animeront un débat autour de la thématique de l’intelligence artificielle robotique qui ne cesse de se développer d’années en années.

À l’occasion de la sortie en salles de Félicité d’Alain Gomis, le 29 mars, l’ABC vous propose de venir voir le film en avantpremière, jeudi 9 mars à 20h30. Cette projection sera suivie d’une rencontre avec le réalisateur francosénégalais. Le cinéaste viendra parler de son quatrième long-métrage qui défend les couleurs d’un cinéma africain tourmenté par un contexte politique actuel difficile et Où : L’American Cosmograph qui vient, par ailleurs, de - 24 rue Montardy, 31000 remporter le grand prix Toulouse du jury à la Berlinale 2017. Réservations et infos sur : Où : ABC - 13 Rue SaintBernard, 31000 Toulouse

www.american-cosmograph.fr/

Le festival Cinélatino revient pour une nouvelle saison, du 17 au 26 mars. À cette occasion, la Cinémathèque de Toulouse, partenaire de l’événement, vous propose de venir découvrir, pendant ces dix jours, de nombreux films issus du paysage cinématographique latinoaméricain. Cette année, et comme ce fut le cas lors de la Nuit du Cinéma (CinéMirail à l’UT2J) du mois dernier consacrée à Cinélatino, le festival met à l’honneur la Colombie et sa Caliwood, capitale du cinéma colombien. Où : Cinémathèque de Toulouse - 69 Rue du Taur, 31000 Toulouse Renseignements sur : www.lacinematheque detoulouse.com/

© IMDb.com

© cinelatino.fr

Plus d’informations sur : abc-toulouse.fr/

© IMDb.com

- La Cinémathèque-

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Les pépites du 7ème art selon nos chroniqueurs

- L’Utopia -

- Sorties en salle en

Cette année encore la ville mars 2017 de Toulouse remonte le temps avec sa Semaine de -À ceux qui nous ont offensés (drame, policier) d’Adam l’Antiquité qui aura lieu du Smith (II), sortie le 1er mars 20 au 26 mars. De nombreux événements culturels et -Le secret de la chambre scientifiques seront organisés noire (drame, fantastique) de dont une projection spéciale Kurosawa, sortie le -LeKiyoshi Cinéma Gaumont du péplum de Stanley 8 mars Pathé Kubrick, Spartacus (1960), à l’Utopia de Tournefeuille, le -New-Age Jacques Weber(science-fiction) jouera lundi 20 mars à 19h30. Un de Rashed Mdini, sortie le sur scène son spectacle débat autour du thème du 8 mars inédit Eclats de vie, créé Pouvoir de la Parole et animé spécialement le -Les poètespour sont encore par l’association Periples cinéma, en (documentaire) direct et vivants de succédera à la projection. uniquement au cinéma Xavier Gayan, sortie le 8 Gaumont mars Wilson, le Où : Utopia Tournefeuille lundi 18 janvier à 20h. Impasse du Château, 31170 (horreur, drame) de Où :-Grave Cinéma Gaumont Tournefeuille Julia Ducournau, Wilson – 3 Place du sortie le 15 mars Président Thomas Plus d’infos et réservations Wilson, 31000 Toulouse sur : www.cinemas-utopia. -Brimstone (thriller, western, drame) de Martin org/toulouse/ Plus Koolhoven, d’informations sortieetle 22 mars réservations sur : www. cinemasgaumontpathe. -A United Kingdom (biopic, com/cinemas/cinemadrame) d’Amma Asante, sortie le 29 mars gaumont-wilson/

GoNZo BOB : La Soupe aux Canards - Leo McCarey (1933) DOLoRES : A Girl Walks Home Alone At Night Ana Lily Amirpour (2015) EYE IN THE DARK : La Dernière Piste (Meek’s Cutoff) - Kelly Reichardt (2010)

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CINé 31

THE WATCHER : Les cadavres ne portent pas de costard - Carl Reiner (1982) La cinÉfOlle : Le cuisinier, le voleur, sa femme et son amant - Peter Greenaway (1989) LE COMTE GRACuLA : Kung Fury - David Sandberg (2015) EMMA : Fanboys - Kyle Newman (2009) FOX : Pineapple Express - David Gordon Green (2008)

- Eye In The Dark


- ConTACTS asso.lecran@gmail.com L'écran (UT2J)

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