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PARLEMENT LE MAGAZINE DES GRANDS ENJEUX

Fondé en 1960

“Que fait l’Europe ?” Explications d’Alain Lamassoure Arash Derambarsh, le robin des bois des ventres vides François Molins, une autorité magnétique

COP21 : le risque bureaucratique Les Etats-Unis avancent vers l’inconnu

Philippe Juvin : “Nous vivons une crise

identitaire bien plus grave que toutes les crises économiques” DOSSIER SPÉCIAL

: La Communauté d’aggLomération Les Portes de L’essonne


Éditorial

L’effort de guerre © Vernier/JBV NEWS

par Jean-François Bège

Les hommes (et les femmes) proposent. Les événements disposent. Lorsque l’Histoire accélère, habitudes, doctrines, programmes et promesses passent au second plan. Il y a un an, qui aurait cru que François Hollande prendrait la stature d’un chef de guerre ? Qui aurait imaginé qu’Angela Merkel assumerait le risque d’accueillir dans son pays autant de réfugiés et, mieux, de faire voter un soutien militaire aux puissances engagées dans la lutte contre les bastions fondamentalistes du Sahel et de Syrie ? Ne sous-estimons pas ces changements et rappelons-nous la terrible et pourtant récente troisième guerre balkanique. De 1991 à 1999, à coup de sièges, viols et massacres au nom de la “purification ethnique”, l’éclatement de la Yougoslavie, à deux pas de nous, a coûté très cher à l’Europe. Car il a fallu s’en mêler trop tard après bien des hésitations, déplacer beaucoup de troupes, panser les plaies et dépenser d’énormes crédits communautaires. Sans même obtenir la satisfaction de voir cette horrible crise réglée par l’Union toute seule… puisqu’elle s’est terminée par les accords de Dayton sous l’égide des Etats-Unis, bien qu’ils aient été finalement signés à Paris sur l’insistance de Jacques Chirac et d’Alain Juppé. Prisonniers de relations amicales issues de lointaines alliances (les Serbes avec les Français, les Allemands avec les Croates, etc…), les pays européens ont été un temps divisés car ils n’avaient pas au départ pris la mesure de la tragédie qui se jouait. C’était aussi l’époque de la réunification allemande. Non seulement Berlin avait d’autres chats à fouetter mais nos voisins d’Outre-Rhin tenaient aussi à ce qui fut toute leur doctrine d’après-guerre : ne plus jamais apparaître aux yeux du monde comme une nation belliqueuse. Quitte à bousculer une armée allemande aux missions jusqu’ici limitées et se plaignant d’un budget étriqué, Angela Merkel - soutenue par le Bundestag - a décidé d’engager ses troupes dans l’action et ce n’est donc pas une mince nouveauté. Nous sommes évidemment bien encore loin de “l’Europe de la défense” restée une vue de l’esprit depuis l’échec de la Communauté Européenne de Défense en 1954. Mais les Italiens et les Britanniques donnent aussi plus que des signes concrets de mouvement. Ce n’est qu’un début mais peut-être ouvre-t-il l’espoir de voir l’effort de guerre français être assez relayé pour ne pas s’essouffler. Depuis la nuit des temps, les stratèges ont écrit que l’art de la guerre consiste à se montrer assez fort pour être le moins possible attaqué. Aussi fous qu’ils sont, nos ennemis actuels réfléchiraient peut-être un peu avant de s’en prendre à un pays membre d’une Europe cuirassée, défendue par des combattants entrainés et équipés des technologies les plus sophistiquées, capables de ripostes et de projections. L’arsenal juridique existe aussi et François Hollande a eu bien raison d’exhumer l’article - un peu oublié - des traités européens obligeant à la solidarité militaire entre pays membres en cas d’attaque contre l’un d’entre eux. Reste à faire en sorte que les opinions comprennent bien la dureté des temps. On a beaucoup entendu dire que pour montrer aux terroristes qui nous sommes vraiment, il fallait continuer à occuper les terrasses, sortir et aller aux concerts de rock. C’est à la fois sympathique, nécéssaire - voire indispensable - mais, hélas, pas suffisant face à la menace n

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PARLEMENT DÉCEMBRE 2015

SoMMairE 4

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Éditorial... Par Jean-François Bège. L’effort de guerre

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En couverture

Philippe Juvin : “Nous vivons une crise identitaire bien plus grave que toutes les crises économiques” Propos recueillis par Pauline Pouzankov.

8

Analyse

Après la COP21, le risque d’une bureaucratie planétaire Par François Domec.

10

Europe

Alain Lamassoure : “L’Europe est plus que jamais nécessaire” Propos recueillis par Félix Dufour (http://www.aqui.fr).

10 12

Société

Après les attentats, la vague musulmane ? Par Valentine De Brye. Jehanne Collard : “Une meilleure prise en compte de la victime” Propos recueillis par Valentine De Brye.

14

Profil

François Molins, une autorité magnétique Par Jonathan Bensadoun.

15

Mercredi, salle empire

Patrick Kanner sort de l’ombre Par Pauline Pouzankov.

16

20 18 20

Zoom en coulisses... Odeur de poudre... Mise en commun... La peur des dérives... Contre l’état d’urgence... Emprunt... Les fuites de la loi Evin... Gendarme du monde... L’autre urgence... Capitaine Thomas Sankara Chronologie

Mappemonde

Ça chauffe pour la planète : qui sont les plus grands émetteurs de CO2 ? Par Valentine De Brye.

22

Société

Le robin des bois des ventres vides Propos recueillis par Valentine De Brye. La féministe qui dérange les féministes Propos recueillis par Valentine De Brye.

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26 doSSiEr 26

Dossier

La Communauté d’agglomération Les Portes de l’Essonne, une agglomération jeune et dynamique

58

Prospective

Les Etats-Unis avancent vers l’inconnu Par François Domec.

60

Rendez-vous médias

64

Garance Doré : une “success story” à la française Propos recueillis par Pauline Pouzankov.

62 64

Livres... Je tape la manche… Non assistance à peuple en danger… 100 idées reçues sur l’Islam… Adieu Montaigne... Tribune

La loi Macron et l’épargne salariale

LE COURRIER DU PARLEMENT - Édité par Monde Edition S.A.S. - Siège : 3, rue Mornay, 75004 Paris - Téléphone : 01 44 54 05 50 - Fax : 01 44 54 05 55 E-mail : redaction@lecourrierduparlement.fr - www.lecourrierduparlement.fr n Directeur de la Publication - Rémy Lazimi n Secrétaire de rédaction - Sharon Lazimi n Rédacteur en chef - Jean-François Bège n Journalistes - Jonathan Bensadoun, Valentine De Brye, François Domec, Julien Dreyfuss, Félix Dufour (http://www.aqui.fr), Jeanic Lubanza, Pauline Pouzankov, Nicolas Rinaldi, Olivier Sourd n Dessins - Emmanuelle n Infographiste - Isabel Viana n Directrice de la communication - Danielle Decaris n Relations presse - Laurent Vigée n N° 860 n Numéro ISSN - 0045-8899 n Commission paritaire - 0214 T 91246 n Imprimé en France n Dépôt légal à parution n Couverture - © DR Toute reproduction, même partielle, des articles publiés dans ce numéro, nécessite explicitement le consentement écrit de l’éditeur.

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EN CoUVErtUrE Chef des urgences à l’hôpital Georges Pompidou, député européen Les Républicains, maire de La Garenne-Colombes, le professeur de médecine s’interroge sur l’approche politique de la récente actualité par les responsables de l’éxécutif.

Philippe Juvin :

© Groisard/SG/JBV NEWS

“Nous vivons une crise identitaire bien plus grave que toutes les crises économiques”

Le 18 novembre, le RAID mène un assaut à Saint-Denis contre les terroristes responsables des attentats à Paris, dont Abdelhamid Abaaoud.

Lors des attentats du 13 novembre, l’hôpital Georges Pompidou a du faire face à une affluence jamais vue de blessés par balle en pleine nuit. Beaucoup de victimes, en plus de leurs blessures physiques, restent extrêmement marquées par ce qui s’est passé : avez-vous mis en place un dispositif de soutien pour les aider, ainsi que leurs proches ? Nous avons mis en place un suivi psychologique dès le samedi 14 novembre, pour les patients, les familles et les soignants. Dans

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mon service et dans d’autres, peu sont sortis indemnes de ce drame : un psychiatre peut aider à parler et à supporter ce qu’on a vécu. Bien que cette consultation ne soit pas obligatoire, je l’ai conseillée à tous. Il y a sept ans, j’ai mis ma vie professionnelle et mes mandats entre parenthèses en me portant volontaire comme médecin de l’Armée française en Afghanistan : un quart des rapatriements sanitaires américains étaient dus à de tels traumatismes, dont les effets sur la vie professionnelle, sociale ou familiale ne doivent pas être prises à la légère.

Mis à part “le plan blanc” , l’état d’urgence décidé par le gouvernement, comme le risque durable d’attentats, va-t-il changer l’organisation des hôpitaux dans les prochains mois ? À l’hôpital Georges Pompidou, vous-êtes vous organisés en interne dans l’éventualité où un autre attentat surviendrait ? Nous avons bien sûr plusieurs plans établis en réponse à des menaces bien spécifiques. Ils ne peuvent pas être rendus publics pour éviter de donner de mauvaises idées aux terroristes. Disons simplement que depuis le 13 novembre, nous nous préparons encore plus. Nous avions d’ailleurs été préparés : un exercice avait même eu lieu le 13 novembre à 9 heures en Ile-de-France. Policiers, pom-piers, urgentistes, blocs opératoires et réani-mations sont soumis régulièrement à ce gen-re d’exercice, y compris en termes d’attaque “NRBC”, nucléaire, radiologique, bactériologique et chimique. Des moyens financiers supplémentaires sont-ils prévus ? Pas à ma connaissance. En revanche, beaucoup de soignants et de médecins libéraux (dont un couple breton qui était en vacances le jour des attentats) se sont spontanément présentés aux urgences pour nous aider. Ce fut d’abord une question de mobilisation et de volonté. Je veux rendre hommage à mon équipe, qui s’est montrée lll


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© Vernier/JBV NEWS

EN CoUVErtUrE de mauvaises idées à certains. En fait, le Premier ministre utilise la peur. L’état d’urgence permet qu’on ne parle pas de sa vraie responsabilité dans l’échec de la lutte contre le terrorisme ou le communautarisme. De même pour la fameuse courbe du chômage qui ne s’inverse toujours pas. Ne soyons pas naïfs : l’état d'urgence vise aussi à paralyser toute critique du gouvernement. Vous êtes également député européen Les Républicains : que pensez-vous de la politique européenne en matière de lutte contre le terrorisme ?

Au lendemain des attentats du 13 novembre, les Parisiens viennent déposer des fleurs devant le restaurant le Carillon, en hommage aux victimes. lll très solide, très professionnelle et très

humaine. Je mesure la chance que j’ai de diriger de tels gens. C’est un honneur pour moi.

“Il ne faut pas sous-estimer le très grand rejet des partis politiques.” Pensez-vous que la France ait minimisé le risque d’un attentat sur son territoire ? Après l’épisode Charlie, le Gouvernement avait promis d’agir. Mais qu’a-t-il fait réellement ? Près de 233 armes ont été saisies dans les cinq jours qui ont suivi le 13 novembre. Qui peut croire que leur existence n’était pas connue et qu’on les a découvertes en moins d’une semaine ? On savait où elles étaient mais on n’était pas allé les chercher. Qu’attendons-nous également pour fermer les quelques 100 mosquées radicales recensées en France ? Le PNR, “Passenger name recorder”, est une base de données recensant l’ensemble des billets d’avion achetés en Europe, qui permettrait de lutter contre les terroristes en surveillant leurs allers et retours. Notre ministre de l’Intérieur a exigé à Bruxelles que ce dispositif soit mis en œuvre à l’échelle européenne (et il a raison !). Mais pourquoi ne dit-il pas que ce projet est bloqué depuis deux ans par les députés européens socialistes et verts français, c’est-àdire par ses propres amis ? Après le temps du recueillement vient celui des responsabilités : va-t-on longtemps

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se retrancher derrière l’état d’urgence ou l’union nationale pour éviter les vraies questions sur les vraies responsabilités ? Je pense que depuis janvier, le gouvernement a beaucoup parlé et très peu agi. Quel temps perdu ! Plus largement, la réponse de François Hollande est-elle “à la hauteur” du mal commis, tant en matière sécuritaire que militaire, d’après vous ? Bien sûr, le seul moyen de détruire Daech est militaire et non pas diplomatique. Mais il est illusoire d’imaginer qu’on y arrivera avec 24 avions ! Il faudra évidemment envoyer des troupes au sol. Lesquelles ? Alors, trouvons des alliés. Or Hollande se trompe d’ennemi en exigeant comme préalable à toute décision le départ de Bachar Al-Assad. Car la priorité n’est plus là : elle est de construire une grande coalition contre Daech. Nous ne détruirons pas Daech sans Assad, sans les Kurdes, sans les Russes, sans aider l’armée libanaise et même sans les Iraniens. Dans cette lutte à mort, tous les moyens sont bons. Vous avez vivement réagi aux propos de Manuel Valls sur le risque d’un attentat chimique ou bactériologique : pensez-vous qu’il est quand même bien réel ? Même si tous les risques existent, Manuel Valls n’aurait pas dû faire cette déclaration. En quoi sa mise en garde protège-t-elle les Français ? Vont-ils désormais se promener avec un masque à gaz dans la rue ? Non bien sûr. Son annonce a eu deux effets : elle a créé de l’angoisse supplémentaire dans un pays déjà très marqué, et elle a pu donner

La vérité est que les institutions européennes veulent agir. Mais les Etats tiennent un double langage : ils critiquent l’Europe de ne pas agir tout en l’en empêchant de le faire ! Car elle ne peut mettre en place des actions sans la volonté des Etats. En témoigne l’exemple de la Majorité présidentielle qui bloque le projet de PNR européen au Parlement européen pendant que la France exhorte publiquement l’Europe à agir. Ou celui des services de renseignement : ils ne collaborent pas suffisamment pour échanger leurs informations parce que chaque Etat veut garder ses petits secrets. La France a une énorme part de responsabilité dans cette affaire. Il faudra un jour rendre des comptes.

“Je suis à la fois patriote et européen.” Manuel Valls a appelé à ce que l’Europe ferme ses portes aux migrants : pensezvous que la fermeture des frontières sera bénéfique à l’apaisement de l’Union européenne ? Quelle est votre position sur l’accueil des réfugiés ? C’est un sujet complexe. Il faut à la fois surveiller nos frontières et celles de l’Europe, s’assurer que ceux qui entrent ne soient pas des terroristes, protéger les réfugiés politiques et refouler les réfugiés économiques. Cela ne sera possible que si nous stabilisons les pays d’origine pour tarir les flux migratoires et si nous revoyons les conditions d’octroi de nos généreuses aides sociales. Mais le plus important est ailleurs : les terroristes étaient français. Et donc fermer les frontières n’aurait rien changé puisqu’ils sont déjà là ! Posons-nous plutôt la question de savoir pourquoi ces Français ont appris la haine de la France. L’école est une des réponses : elle


Vous êtes par ailleurs candidat à la Fédération Les Républicains des Hauts-deSeine ... Il ne faut pas sous-estimer le très grand rejet des partis politiques. Je suis candidat car je veux un parti politique où les portes et les fenêtres soient ouvertes, où l’on puisse débattre et s’exprimer. Notre parti ne doit pas

devenir un rassemblement d’apparatchiks qui ne parlent qu’entre eux. Les mouvements politiques fermés sont voués à mourir.

sent plus la réalité du terrain. Notre parti doit s’ouvrir à des gens qui n’ont pas fait que de la politique dans leur vie.

“Les Français doivent de nouveau être fiers de ce qu’ils ont été et de ce qu’ils sont.”

Je souhaite aussi promouvoir toutes les personnes dont la politique n’est pas le métier. Les candidats doivent pouvoir être choisis le plus largement possible parmi tous les militants. Un grand coup d’oxygène : voilà ce qu’il faut ! J’espère que ma double casquette d’élu, et de celui qui a gardé un exercice professionnel, puisse aider à promouvoir cette idée. Prenons l’exemple du PS qui est devenu le contraire de ce que je souhaite pour ma famille politique : il n’est plus qu’un parti d’assistants parlementaires, qui ne connais-

Qu’est-ce qui vous a poussé vers la politique ? L’amour de la France et de son Histoire. Et le goût de la dispute intellectuelle.

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doit apprendre à aimer la France. Or aujourd’hui, le programme d’histoire, par exemple, apprend plutôt à la détester. La crise identitaire est devenue plus importante que la crise économique.

La France a une belle et vieille histoire, qui m’émeut et qui est source de fierté. Elle s’inscrit dans une civilisation européenne glorieuse, dont il faut aussi être fier. C’est pourquoi je suis à la fois patriote et européen. Je suis aussi un homme libre. J’aime que les idées s’échangent librement, sans tabou. Quand dix personnes qui pensent la même chose se réunissent, elles ne pensent plus. Nous devons continuer à penser. Je veux contribuer à construire les nouveaux Républicains. Quelle orientation souhaitez-vous donner à votre engagement politique dans les prochaines années ?

“La France a besoin d’une nouvelle colonne vertébrale : elle doit cesser l’auto-flagellation permanente.”

La France vit une période de décadence. Le Parti Socialiste nous ruine tous les jours un peu plus. Marine Le Pen se propose d’accélérer ce processus en faisant le choix d’une France rabougrie et miniaturisée. Notre économie se meurt, nos meilleurs talents émigrent, la France ne pèse plus dans le concert mondial. La Nation se noie dans le “droit à la différence”. L’identité française est rendue honteuse. L’idée européenne est rendue responsable des maux que nous nous infligeons nous-mêmes. La France a besoin d’une nouvelle colonne vertébrale : elle doit cesser l’auto-flagellation permanente. Les Français doivent de nouveau être fiers de ce qu’ils ont été et de ce qu’ils sont. Je veux que la voix de la France porte de nouveau dans le monde et en Europe. Etre et devenir français, c’est être et devenir le gardien d’une très vieille histoire que l’on admire et assume. Nous vivons une très grave crise identitaire, dont la France peut mourir. C’est le rôle de ma famille politique d’empêcher cela n Propos recueillis par Pauline Pouzankov

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aNalYSE

Après la COP21, © Vernier/JBV NEWS

le risque d’une bureaucratie

François Hollande reçoit les chefs d’états africains avant le coup d’envoi de la COP21.

Le rendez-vous du Bourget aura permis aux dirigeants du monde entier de prendre encore mieux conscience des périls menaçant l’humanité. Mais les chefs d’Etat réunis en France ont été encore loin de s’accorder sur un modèle idéal de gouvernance. Les fonctionnaires internationaux prendront-ils le relais ?

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ien de nouveau sous le soleil, à part que la terre garde un peu plus au chaud ses rayons. Au début des années quatre-vingt-dix, Michel Rocard à Matignon évoquait souvent le “trou” de la couche d’ozone, l’inéluctable effet de serre et la nécessité d’une “bop”. Bop, comme “bonne organisation de la planète”. Le Premier ministre de François Mitterrand, provoquant souvent le sourire amusé de celui-ci, faisait écho aux travaux déjà anciens de quantité de chercheurs. Dans l’esprit toujours en éveil de Michel Rocard, il fallait des solutions mondiales aux problèmes mondiaux. Le climat, certes. Mais aussi l’ordre monétaire, le prix du blé, le financement des activités criminelles et terroristes, etc… Cela n’était pas aussi utopique que cela. On l’a bien vu cette année à Paris avec la réunion de la “COP” dont l’acronyme (“conférence of

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parties”), synonyme de “flic” en argot américain, dit bien ce qu’il veut dire. Il va falloir des gendarmes du climat et que leurs coups de sifflet soient entendus dans toute la planète. Les précédentes réunions de la COP étaient celles de la prise de conscience, qui ne fut que lentement partagée. C’est une longue marche qui, quelle que soient les avancées de la COP 21, est loin d’être terminée. En 1990, les scientifiques du GIEC (Groupement intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat) ont publié un premier rapport. Deux ans plus tard, à Rio, les Nations-Unies entrent dans la danse et les discussions d’un accord-cadre sous l’égide de l’ONU ont pu avoir lieu à Berlin en 1995. Ainsi est née la première COP. A Kyoto, en 1997, le processus avance mais ne concerne que les pays développés qui, en ordre dispersé, se renvoient la balle. Mieux : le Sénat


aNalYSE américain décide qu’aucun traité ne pourra handicaper l’économie américaine et en 2001, George Bush II décide de ne pas ratifier le protocole de Kyoto. Il en est résulté des systèmes compliqués de compensation de taxe carbone autorisant non seulement des trafics sur la TVA autour des “droits à polluer” mais aussi de nouvelles disparités entre pays du Nord - principaux émetteurs de CO2 - et pays du Sud, principales victimes du changement climatique.

“La grande peur des états, c’est que des structures supranationales ne les dépossèdent de leurs prérogatives.” On a bien vu, lors de la dernière COP au Bourget, que dès que l’on rassemble 150 chefs d’Etat et leurs délégations, plus des experts et des militants, la discussion ne peut que partir dans tous les sens. Les réunions dans la coulisse, les “négociations” entre spécialistes et politiques, ont été spectaculaires au Bourget. Il y a, dans plus en plus de pays, des “fonctionnaires verts” qui n’adorent rien tant que couper les cheveux en quatre dans des commissions et sous-commissions. De même qu’il existe, autre enseignement de ces récentes assises, des “financiers verts” à l’affut de toutes les opportunités - ce qui n’est pas malsain dans le principe - liés à la transition énergétique. Entre progrès et reculs, accords bilatéraux - la Chine et les Etats-Unis - ou multilatéraux, coopérations renforcées, s’est imposée l’idée que rien ne viendrait d’en haut et qu’il fallait, pour que la lutte contre les désordres environnementaux soient un peu efficace, que les états s’engagent dans un processus contraignant. C’était le sens du discours de François Hollande et de celui de Vladimir Poutine et même, dans une certaine mesure, de celui de Barack Obama. Rien d’étonnant à cela si l’on veut bien y réfléchir. La grande peur des états, c’est que des structures supranationales ne les dépossèdent de leurs prérogatives, qu’il s’agisse des organisations onusiennes ou des multinationales capitalistes de type Google. On aura d’ailleurs vu dans la séquence COP 21 des milliardaires du net, tels Bill Gates et Mark Elliot Zuckerberg, faire assaut de philanthropie, la main sur le coeur. Ces gens sont bien conscients de leurs intérêts, du plus noble - laisser à leur propre descendance un monde vivable - au plus cynique, qui est celui de ne pas abandonner aux seuls états la possibilité de profiter du sujet “réchauffement climatique” pour affirmer une omnipotence dont ils ne savent que trop qu’elle pourrait se traduire par une fiscalité massive. C’étaient là les inévitables jeux un peu hypocrites d’un rendez-vous mondial qui aura cependant démontré son utilité en de multiples domaines.

D’autres cataclysmes Le mélange des préoccupations environnementales et des soucis de géostratégie provoqué par un événement comme la COP aura été tout à fait passionnant. Plus que n’importe quelle leçon du Collège de France ou de la Fondation des sciences politiques, il aura permis au citoyen curieux de comprendre un peu mieux dans quel monde nous vivons. Et le constat ne conduit pas forcément au pessimisme. On aura bien vu que la diversité des régimes, des richesses et des philosophies préside, en dépit de la sous-culture généralisée par les feuilletons américains, aux organisations humaines. Vingtsix ans après la destruction du mur de Berlin, le capitalisme et ses variantes n’ont pas envahi le monde et la démocratie libérale n’ac-

complit nulle part de marche triomphante, au Moyen-Orient encore moins qu’ailleurs. La Chine a réussi l’étonnant mélange de l’étatisme et de la frénésie du business tandis que les sociaux-démocrates européens sont confrontés à la difficulté de répartir des richesses que les prélèvements obligatoires empêchent de créer. Partout, les états sont minés par les multinationales pratiquant l’optimisation fiscale quand il ne s’agit pas de celles du crime et du terrorisme, ces dernières se trouvant loin d’être limitées à des organisations géolocalisables de type Daech. En réalité, les catastrophes climatiques qui nous attendent ne sont peut-être rien par rapport à tous les périls liés au fanatisme religieux et aux cataclysmes susceptibles d’être provoqués par la dissémination des arsenaux nucléaires, bactériologiques et chimiques dans bien des recoins de notre terre. Mais, au moins, avec l’effet de serre, avons-nous l’impression qu’au stade individuel - ne serait-ce qu’en triant ses déchets ou en changeant de voiture - nous pouvons faire quelque chose et cela, c’est très bon pour notre moral. Reste à définir, tout de même, le modèle économico-politique utilisable comme grille d’analyse des “mesures contraignantes” envisagées. Etatiste, libéral, supranational ? Il y a encore des nations, où l’Etat peut tout parce qu’il est dictatorial et d’autres, comme les Etats-Unis, où - en théorie - il ne peut rien au nom du sacro-saint libéralisme. Est-ce que le caractère impératif de la lutte contre le réchauffement climatique serait susceptible de gommer ces différences que l’on retrouve, plus nuancées, dans d’autres contrées ? Mais, surtout, qui pourrait, surplombant les gouvernements, se comporter en garde-champêtre, juge de paix et percepteur de l’humanité pour mettre un tant soit peu d’équité dans la répartition de l’effort ?

“L’avantage des questions environnementales, c’est qu’elles ne sont pas seulement planétaires mais aussi partagées par tous les individus.”

Ainsi se pose la question de la “gouvernance de la planète” qui n’a pu qu’être abordée que de façon latérale au Bourget. C’est maintenant, une fois les belles paroles et les flonflons retombés, qu’il faut se demander si l’on privilégie partout dans le monde les encouragements à “la finance verte” en jouant le jeu libéral ou si l’on instaure une bureaucratie planétaire chargée de répartir moins la rémunération des fonctionnaires préposés à cette tâche - les milliards d’euros ou de dollars susceptibles d’être générés, par exemple, par une taxe sur les transactions financières. On ne voudrait ni encourager ni décourager personne sur cette voie, mais il faut remarquer que la politique de la taxation systématique n’entraînerait pas seulement des frais de perception mais aussi des charges gigantesques en matière de contrôle, aussi bien sur les fraudes que sur la réalité des engagements pris par les états sur la réduction de l’effet de serre. Jusqu’à présent, la terre a été une co-propriété qui n’avait pas de syndic. Pas de règlement, pas d’autorité pour l’appliquer. Les COP successives auront démontré - c’est là leur grand mérite - qu’il est maintenant indispensable de s’occuper avec un minimum d’organisation de l’atmosphère dans laquelle nous baignons tous, avant peut-être de s’attaquer aux désordres monétaires et à la criminalité. Car l’avantage des questions environnementales, c’est qu’elles ne sont pas seulement planétaires mais aussi partagées par tous les individus. Le riche et le pauvre, le gouvernant et le gouverné, le dominant et le dominé (pour parler comme Pierre Bourdieu), tous respirent le même air ! n François Domec DÉCEMBRE 2015

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EUropE

Alain Lamassoure : “L’Europe est plus que jamais nécessaire” À la question “que fait l’Europe ?”, il n’est pas toujours facile de répondre. L’ancien ministre et député européen Alain Lamassoure est sans doute l’un des meilleurs experts des institutions bruxelloises et strasbourgeoises. Il nous apporte dans cette interview d’utiles informations sur ce que l’on peut attendre d’une construction moins que jamais utopique.

Jamais l’Europe n’a été aussi peu populaire. Jamais elle n’a été aussi nécessaire. Nous n’avancerons pas dans le débat européen tant que nous n’aurons pas compris cette vérité fondamentale : l’EUROPE, C’EST NOUS ! Nous en parlons –et c’est implicite dans votre question– comme si c’était quelqu’un d’autre, un “ailleurs”, un acteur extérieur. Et nous nous demandons : “Que fait l’Europe ?” Mais sur les grands sujets, dont vous dites que l’Europe est absente, qui décide à Bruxelles ? Nos chefs d’Etat et de gouvernement. Nos dirigeants nationaux. Ne blâmons pas l’anonyme “Bruxelles”, mais ceux qui nous y représentent ! A commencer par le chef de l’Etat. Et quand il n’y a pas de majorité au Parlement de Strasbourg pour adopter un fichier commun des voyageurs aériens (le fameux PNR), n’accusons pas “l’Europe”, mais ceux des eurodéputés qui ont voté contre : en pratique une alliance contre nature de la gauche européenne et des eurosceptiques, contre notre famille politique du PPE. Quand un vote contestable a lieu au Palais-Bourbon, on n’accuse pas l’Assemblée nationale comme institution, encore moins la France, on pointe du doigt la majorité parlementaire du moment. 10 | LE COURRIER DU PARLEMENT |

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Trouvez-vous normal, dans une zone européenne de libre échange, que chaque état ait gardé pour lui ses renseignements sur ces djihadistes qui circulaient librement sans que leurs fichiers aient été transmis? Non, bien sûr. D’autant que “l’Europe”, c’est-à-dire les gouvernements réunis à Bruxelles en accord avec le Parlement européen, a adopté depuis les attentats de Madrid un plan d’action très complet contre © Vernier/ JBV NEWS

Vous disiez, il n’y a guère “il faut cesser de faire de l’Europe le bouc émissaire de nos problèmes”. Sur ces événements, elle n’a pas été le bouc émissaire. Pire beaucoup l’ont trouvé absente...

le terrorisme, qui rend obligatoire l’échange d’informations, à travers notamment le fichier de Schengen dit SIS II et l’agence Europol. Mais, en pratique, seuls quelques pays alimentent les fichiers européens et les utilisent. Comme sur la politique migratoire, les Etats sabotent l’application des accords qu’ils ont conclus entre eux. Il en sera ainsi tant que l’Union européenne n’aura pas des services propres : même quand elle a la compétence juridique pour décider, l’application concrète revient aux Etats membres et à leurs administrations. Dès lors, le chauvinisme naturel, présenté parfois sous les habits du souverainisme, reprend le dessus. Ainsi que l’esprit de boutique des bastilles administratives : si en France même les services répugnent à échanger des informations entre eux, on comprend les difficultés de communication avec Europol ou Interpol ! Ce dont nous avons besoin aujourd’hui c’est d’un Parquet européen et d’un FBI européen. La libre circulation européenne repose la question des frontières et l’accord de Schengen, signé en 1985. Trente ans après le pensez-vous sérieusement viable? Encore un problème mal posé dans le débat politique. La diabolisation de Schengen fait partie des idées reçues, notamment à droite. Mais qu’est-ce que “Schengen” ? C’est la libre circulation des personnes en Europe. Je m’honore d’avoir été le ministre des Affai-


“Aujourd’hui, allons-nous rétablir des contrôles permanents à Biriatou parce qu’il y a une guerre civile en Syrie.” Absence d’Europe encore sur le sujet des migrants : Angel Merkel, ouvre les bras à ceux qui arrivent par déferlantes. Le président Hollande joue la solidarité francoallemande quand son premier ministre annonce : “on ne peut plus accueillir de migrants”. Une réponse européenne éviterait-elle cette cacophonie supplémentaire? La crise migratoire est un autre exemple de ce double jeu des gouvernements. La mise en place d’une politique commune de l’asile politique et de l’immigration économique faisait partie de notre programme électoral. Président de la Commission, Jean-Claude Juncker l’a proposée dès le printemps dernier, avant même l’exode qui a déferlé cet été. Le Parlement européen l’a soutenu de ses votes. Qu’ont fait les gouvernements ? Ils ont tergiversé. Il a fallu attendre leur troisième Sommet, en septembre, pour qu’ils acceptent le dispositif de maîtrise des flux, de

contrôle individuel des réfugiés, et de répartition provisoire entre les Etats membres. Deux mois après, la décision n’est appliquée, ni dans les Etats qui s’y étaient opposés, ni même dans ceux qui l’avaient acceptée d’emblée. C’est Berlin, Paris, Varsovie, Vienne qui n’appliquent pas, et c’est “l’Europe” qu’on blâme ! J’ai proposé une politique migratoire commune reposant sur un double système de quotas : quotas par pays d’origine, pour tenir compte des liens historiques de certains Etats européens avec les autres continents ; et quotas internes, entre pays d’accueil, car les besoins de main d’œuvre de l’Allemagne et de ceux de nos partenaires dont la natalité s’est effondrée sont très différents des nôtres. C’est la solution de bon sens à laquelle tout le monde finira par arriver. Mais combien de temps nos gouvernements seront-ils encore capables de perdre, et combien de nouveaux drames faudra-t-il ?

© Vernier/JBV NEWS

res européennes qui a convaincu son gouvernement de l’appliquer en 1995, alors même qu’au Pays basque nous étions dans une des périodes les plus sombres du terrorisme de l’ETA. Nous avons arrêté les terroristes de l’ETA alors même que les frontières s’ouvraient ! Allons-nous aujourd’hui rétablir des contrôles permanents à Biriatou parce qu’il y a une guerre civile en Syrie ? Intégrés désormais dans le traité européen, les accords de Schengen prévoient toute la souplesse nécessaire pour prendre des mesures exceptionnelles dans des circonstances exceptionnelles : c’est le cas aujourd’hui. Supprimer “Schengen” serait aussi absurde que de rendre permanente la présence de l’armée dans toutes les gares et les aéroports de France : le plan Vigipirate autorise judicieusement cette présence dans les seuls moments de danger extrême. En revanche, en contrepartie de la suppression des contrôles aux frontières internes de l’Union, il faut créer un corps européen de police aux frontières extérieures. Nous le demandons depuis des années. Je me réjouis que la Commission européenne en fasse aujourd’hui la proposition formelle. J’espère que la France la soutiendra activement.

“Nous ne pouvons plus différer la mise en place d’une politique étrangère et de défense commune.”

Ne pensez vous pas qu’il faudrait mettre un peu d’ordre dans les transferts TurquieGrêce, mais aussi l’Italie débordée qui n’effectue plus de contrôles? Où sont les frontières de l’Europe? C’est ce que permettra un corps de gardefrontières européen. Et aussi une politique étrangère commune vis-à-vis de notre voisinage, à commencer par la Turquie et la Russie. Ces drames ont changé bien des donnes. Beaucoup de Français commencent à admettre que face à un tel ennemi, il faut une Europe solide pour lui riposter. Qui, au nom de l’Europe peut répondre concrètement à leurs attentes? Les élus européens, la Commission européenne? Ne serait-il pas temps de mettre en place une véritable gouvernance européenne, voire militaire, pour sa sécurité? En effet, nous ne pouvons plus différer la mise en place d’une politique étrangère et d’une politique de défense communes. La guerre froide est finie depuis un quart de siècle. Nous nous sommes tous contentés de toucher “les dividendes de la paix”, c’està-dire de réduire nos budgets militaires, sans prendre le temps d’évaluer les nouvelles menaces de notre temps. Or voilà que se développe le terrorisme islamiste, que la Russie

Alain Lamassoure lors de la présentation du projet de l’UMP pour les élections européennes en 2014.

se met à envahir militairement ses voisins, que l’Iran est tentée par l’arme nucléaire, que tout le chaos du monde arabe, du Sahel à Bagdad, fait déferler des millions de malheureux vers le refuge européen. Tandis que les Etats-Unis, derrière lesquels nous avions pris l’habitude de nous abriter, se désintéressent désormais de la sécurité de l’Europe. La tournée diplomatique entreprise cette semaine par le président Hollande avait un aspect pathétique : il a donné l’impression de mendier l’aide à la sécurité de la France auprès de plus puissants que lui. Quel contresens anachronique ! Bien sûr, en ce XXIe siècle, face à de telles menaces, tant qu’elle reste seule, la France est impuissante, comme l’est le Royaume-Uni, comme l’Allemagne. Mais l’Europe unie est déjà la première puissance économique mondiale, elle a les moyens d’être aussi une puissance politique et militaire ! Depuis de Gaulle, tous les Présidents de la République française l’ont plaidé, chacun à sa manière. Mais aucun n’a jamais fait de proposition concrète. Quand s’en trouverat-il un pour passer des paroles à l’acte ? n Propos recueillis par Félix Dufour (avec l'autorisation d'AQUI ! (http://www.aqui.fr))

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SoCiÉtÉ Au lendemain du 13 novembre, les médias n’ont eu de cesse de souligner le plan d’état d’urgence, le dispositif mis en place contre l’EI, les fichiers S ... mais très peu de ce que subissent certains musulmans de France à la suite des récents attentats. Explications de Marina Belliard, juriste au sein de SOS Racisme.

© Vernier/ JBV NEWS

Après les attentats, la vague musulmane ? contre la discrimination. “Dès le lendemain des attentats du 13 novembre, nous nous sommes réunis pour réfléchir à une campagne adéquate que nous pourrions adopter en réponse à ce qui s’est passé ” souligne Marina Belliard, juriste au sein de SOS Racisme. Une campagne nommée “All we need is love” et qui répond aux tueries par un élan d’unité. Un déchainement de paroles ou d’actes racistes notés par les associations Face aux appels toujours croissants que reçoit le pôle juridique de l’association, Marina Belliard s’explique : “des permanences juridiques sont organisées tous les matins, nous avons eu beaucoup de signalements d’actes émis à l’encontre, non pas seulement des musulmans mais des arabes présupposés musulmans en raison de leurs origines maghrébines. Les gens vont facilement penser qu’un arabe est musulman alors que ce n’est pas systématiquement le cas. Il y a vraiment deux amalgames édifiants : djihadiste et musulman et arabe et musulman.”

Les jeunes descendent dans la rue pour manifester contre le racisme en 2013 à Paris.

Comment éviter la stigmatisation et contrer les amalgames dans une nation apeurée ? C’est l’une des priorités de SOS racisme, une association connue pour son combat 12 | LE COURRIER DU PARLEMENT |

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En ce sens, l’information juridique pour aider ces victimes est une priorité pour l’association : “lors de ces permanences, nous informons les personnes de l’accès au droit et expliquons la démarche juridique à effectuer. Par exemple, peu après les attentats, un médecin a refusé de soigner une femme qui portait un foulard : c’est un refus de soin, c’est une discrimination en raison de l’appartenance religieuse, ce n’est pas déontologique…” Des discriminations qui de plus est, peuvent influer sur le repli identitaire.

Quelle communication mettre en place pour éviter ces actes ? SOS Racisme a donc opté pour une communication principalement verbale : aller à la rencontre des passants, distribuer des tracts, ou encore se rendre dans les établissements scolaires. “Nous sommes aussi dans le souci pédagogique, pour déconstruire les amalgames auprès des écoliers et des élèves de collèges/lycée qui sont des citoyens en puissance. Les discours des parents ont une répercussion directe sur les enfants ”.

“Il faudrait un message politique d’unité très fort”. Pour stopper ce genre de réactions de repli et de peur, une alliance politique semble la bienvenue. Pour SOS Racisme la solution est claire : “le souhait des terroristes est de diviser la nation, c’est d’ailleurs pour cela que l’extrême droite est leur meilleur allié ”. La montée du Front national joue par ailleurs un rôle déterminant, notamment dans la libération de la parole raciste. A Marina Belliard d'ajouter : “si Marion Maréchal le Pen se permet de dire que les musulmans ne sont pas des français comme les autres, comment vont-ils pouvoir considérer les musulmans comme leurs semblables ? ” La question reste ouverte n

Valentine De Brye


SoCiÉtÉ

Jehanne Collard : “Une meilleure prise en compte de la victime” Maître Jehanne Collard agit depuis des années pour faire valoir le droit aux victimes. Un combat professionnel qui résulte d’une histoire personnelle. Elle dénonce le manque de moyens judiciaires et financiers pour venir en aide aux victimes des attentats du 13 novembre.

Pourquoi vous-êtes vous engagée pour le droit des victimes ? Cela remonte à la suite d’un grave accident de la circulation qui m’est arrivé il y a des années. J’ai passé deux ans dans un centre de rééducation et j’ai pu voir la détresse des victimes liée au manque d’information et de soutien. Je me suis sentie très privilégiée, malgré mon handicap et une blessure très grave : uniquement parce que j’étais avocate. Parallèlement, je me suis engagée dans le combat contre l’insécurité routière. C’est le point de départ de ma mobilisation affective et professionnelle. Vous avez écrit un billet “les victimes ont aussi besoin de justice”, que dénoncezvous dans ce texte ? De quel genre de justice les victimes ont-elles besoin suite à un attentat ? Dans le communiqué que j’ai rédigé après les événements, je n’ai pas établi de distinguo entre les victimes d’attentats et les autres. Je crois tout simplement que notre société n’a pas décidé d’être une entité qui protège réellement les victimes sur le plan judiciaire. Elle manque de magistrats mais aussi de moyens financiers. Une femme qui perd son mari, et qui a trois enfants à élever, du jour au lendemain perd son salaire. Lorsque la justice met six mois à rendre un jugement, ou un an et demi avant de donner une date d’audience, cela peut prendre des proportions dramatiques pour les victimes, qui sont

affaiblies. L’autre problème en France, est que vous pouvez à la fois être expert judiciaire et expert d’une compagnie d’assurance. Il n’y a aucun texte qui l’interdit et en province, ce sont très régulièrement des médecins d’assurance qui sont les experts judiciaires. C’est un vrai scandale, qu’il faut dénoncer. Vous dites que les victimes, plus que d’hommages, ont besoin d’une justice, rapide, efficace et équitable : comment l’appliquer ? Pour les experts, cela est très simple, il faudrait établir un texte interdisant les cumuls. Quant au reste, il y aussi des problèmes de compétence en France. Il est arrivé qu’un paraplégique reçoive un expert diabétologue ! C’est hallucinant et scandaleux ! Il faut pouvoir s’appuyer sur une loi qui explique que la victime doit recevoir, dès le lendemain de l’accident, un document en relatant les circonstances. En tant qu’avocate, je veux que pour les victimes et les prévenus, le procès soit équitable. Je ne suis évidemment pas contre le fait que les prévenus aient des droits, mais dans ce cas il faut aussi en donner aux victimes. Ce n’est pas normal aujourd’hui qu’une victime ne puisse pas faire appel. La lenteur judiciaire est insensée et le manque de moyens est gravissime. Je ne jette pas la pierre aux magistrats, je me dis surtout qu’ils ont beaucoup de courage pour continuer à faire leurs métiers dans ces conditions. 90% des magistrats sont de bonnes personnes qui ont à cœur de bien faire leur métier, mais ils ne peuvent plus le faire. Je réclame plus de rapidité judiciaire et une meilleure prise en

compte de la victime sur l’information : qu’elle soit sur le droit d’appel ou sur l’indépendance des experts, je demande de la transparence. Il y a urgence. Les victimes des attentats sont indemnisées par le fond de Garantie des victimes des actes de Terrorisme (FGTI) ou par leur assureur, de part votre expérience vous contestez cela, pourriez-vous en dire plus ? Les victimes ne seraient-elles pas indemnisées au final ? Le problème c’est que ces victimes sont examinées par les médecins qui sont eux mêmes payés par les fonds! La victime a toujours la possibilité de faire venir un contreexpert judiciaire, mais ça encore une fois elle ne le sait pas ! Elle n’est pas dans le combat judiciaire, elle souhaite juste se reconstruire. Il faut communiquer sur le droit d’aide aux victimes en leur expliquant qu’elles peuvent avoir plusieurs expertises. Il faut leur donner des conseils. Malheureusement, tout cela est une question de “gros sous” et je le regrette. Dans les contrats d’assurance classiques, il y a toujours une phrase excluant “les risques de guerre ou de guerre civile” : cela n’est il pas un peu désuet aujourd’hui ? C’est un débat juridique. Mais je pense qu’il faudrait interdire ces clauses d’exclusion, c’est ce qu’il y a de mieux à faire, parce que malheureusement des attentats, il y en aura d’autres n Propos recueillis par Valentine De Brye

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Profil François Molins, une autorité magnétique Un costume sombre, une voix grave à l’accent pyrénéen, stoïque derrière son pupitre, François Molins est devenu à son insu un visage familier pour les Français. A la suite des tragiques événements qui ont marqué ces trois dernières années, certains le surnomment même “la voix des attentats”.

Les tueries de Mohammed Merah, Charlie Hebdo, Montrouge ou encore l’Hyper-Casher… sans omettre évidemment les attentats qui ont frappé la capitale le 13 novembre dernier: autant de drames successifs passés au crible par l’oeil aguerri de François Molins. Une figure dont la parole ferait presque de l’ombre à la grande voix de l’AFP. Nommé le 22 novembre 2011 au titre de procureur général de la République, le natif des Pyrénées-Orientales était bien loin d’imaginer l’ampleur de la mission qui l’attendait : à 62 ans, rien ne le prédestinait à se retrouver sous le feu des projecteurs. Diplômé de l’Ecole Nationale Magistrature en 1979, il fait par la suite le tour des juridictions de provinces entre 1979 et 2001, de Carcassonne à Montbrison en passant par Villefranche-sur-Saône, Bastia ou encore Lyon et Angers. Pour être nommé, en 2009, directeur de cabinet au sein du ministère de la Justice par Michèle Alliot-Marie et son successeur, Michel Mercier.

Un procureur à l’origine contesté ...

… Désormais admiré mais craint

Au cours des nombreuses conférences de presse, organisées par le parquet de Paris au soir de la tragédie du 13 novembre et des jours qui ont suivis, François Molins est devenu l’intermède des Français avec la dure réalité que représente le terrorisme en France. Aujourd’hui, politiques et journalistes de tous bords sont unanimes face au sérieux de ce personnage encore méconnu il y a quelques mois, espérant paradoxalement que ses interventions ne soient plus aussi régulières. Car “le super proc” est aimé, admiré mais rarement porteur de bonnes nouvelles n Jonathan Bensadoun

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© Vernier/JBV NEWS

La côte d’amour de François Molins n’a pas toujours été aussi forte. A sa nomination en 2011, les différents syndicats de la magistrature ont tous réagit en affirmant que cette désignation était un “signal désastreux”, regrettant “sa proximité avec le pouvoir exécutif, objectivée par les fonctions de numéro un du cabinet du ministre de la justice”. Une situation inédite, critiquée à l’époque par le président de la République actuel, François Hollande, lors du bouillonnant débat présidentiel de l’entre-deux tours qui l’opposait à Nicolas Sarkozy. “Vous avez fait nommer procureur de la République de Paris le directeur de cabinet du garde des sceaux. Ça ne s’était jamais fait.” Des déclarations qui semblent désormais bien obsolètes, au vu des excellentes relations professionnelles qui se sont installées entre les deux hommes.


© Sophie Liedot/JBV NEWS

MErCrEdi, SallE EMpirE

Patrick Kanner sort de l’ombre Longtemps méconnu du grand public, le ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports doit désormais composer avec le risque d’attentats durable pour gérer la question migratoire, l’organisation de l’Euro 2016 et la dérive djihadiste.

“Une meurtrissure et un cauchemar ”. C’est en ces termes que Patrick Kanner a exprimé son sentiment sur une éventuelle victoire de Marine Le Pen (FN) aux élections régionales, bien placée dans les sondages fin novembre, le jour où il était l’invité de l’Association des Journalistes Parlementaires. “Je suis entré en politique il y a plus de 40 ans maintenant. À l’époque, le Front national était un micro-parti animé par un Monsieur avec un bandeau sur un oeil ” constate-t-il avant d’ajouter : “aujourd’hui, je vois le poison s’étendre dans l’esprit des Français. Quel antidote ? ” S’il s’est bien gardé ce jour là de toute projection avant le premier tour, préférant “avaler un plat après l’autre ”, la pilule d’une jeunesse de plus en plus abstentionniste a du mal à passer. D’autant plus dans un climat où l’acte même de voter montrerait, d’après lui, “la fierté d’appartenir à un pays libre ”. D’où la nécessité de mettre en place “une réponse sociale parallèlement au traitement de choc de la réponse sécuritaire, attendue pour rassurer les Français ”. Sa ligne directrice : “pas d’amalgame ni d’évangélisme ”, et surtout “pas de vision monolithique ”.

L’EI, “une hydre à deux têtes” Quasiment inconnu au bataillon au début du quinquennat, voilà que Patrick Kanner se retrouve sur tous les fronts après les attentats qui ont marqué l’année 2015. Jonglant entre l’organisation de l’Euro 2016, la tentation djihadiste et la problématique de l’accueil des migrants.

Autant de sujets dont l’importance se voit amplifiée par l’état d’urgence ; pas question, toutefois, d’annuler l’évènement sportif tant attendu en juin prochain. “La France sera à la couleur de l’Europe et du monde entier, avec une sécurité maximum ”. Plus que la préparation des 51 matchs à venir, ce sont les fan zones qui semblent préoccuper Patrick Kanner le plus. Bien que maintenues, “elles dépendront directement de la capacité de réponse des villes ”. Approuvant la politique gouvernementale dans la lutte contre l’état islamique, le ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports se dit “favorable à la prolongation de l’intervention française en Syrie.” “Il faut aller jusqu’au bout pour anéantir ceux qui veulent détruire la République ”, du moins dans les limites de l’État de droit. Un jusqu’auboutisme pourtant insuffisant au yeux de certains élus qui réclament depuis plusieurs mois l’envoi de troupes au sol en complément des frappes aériennes.

“Il faut rester optimiste” Sur la question migratoire, Patrick Kanner soutient le “renforcement des contrôles aux frontières parce que la situation l’exige ”, soulignant qu’ “il faut la voir avec réalisme ”. “La suppression des frontières intérieures de Schengen exige une frontière extérieure efficace” ; en son absence, “la France a raison de monter sa demande d’exigence”, dans l’attente que le contexte s’apaise pour “retrouver l’esprit Schengen” n Pauline Pouzankov

La salle Empire Destinée à accueillir l’Empereur lors de l’ouverture des sessions de l’Assemblée, la salle a été décorée en 1811 par Bernard Poyet (1742-1824). Ses ornements peints en bronzes feints sont l’œuvre d’Evariste Fragonard (1780-1840). Elle est aujourd’hui dédiée au travail des journalistes et réunit chaque mercredi l’association des journalistes parlementaires autour d’une personnalité politique. DÉCEMBRE 2015

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ZooM EN CoUliSSES

Odeur de poudre

S

era-t-il possible d’aller dans l’hémicycle avec un révolver ? Le député Les Républicains Philippe Meunier a, dans le contexte actuel de l’état d’urgence, suggéré que le port d’armes soit autorisé aux parlementaires en vue de leur défense. L’élu n’a pas souhaité réagir à la suite de la révélation de cette proposition par Le Parisien, se contentant d’affirmer : “Je n’ai pas de commentaires à faire sur les questions de sécurité. Et j’appelle les médias à la plus grande retenue sur ces questions ”. Connu pour ses phrases chocs, le député rhodanien s’était déjà fait remarquer en qualifiant le mariage homosexuel de “caprice de bobo égocentrique”.

Mise en commun

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es sensibilités politiques différentes n’empêchent pas toujours l’émergence d’initiatives partagées. C’est ce que prouvent deux sénateurs de Haute-Vienne, Marie-François Pérol-Dumont (PS) et son adversaire politique Jean-Marc Gabouty (UDI-UC), en décidant de mettre en commun leur réserve parlementaire, totalisant près de 280 000 euros pour financer des opérations qui ne sont pas déjà subventionnées. Devant la presse, Monsieur Pérol-Dumont a affirmé : “nous avons dupliqué une pratique que nous connaissions quand je présidais le Conseil général de Haute-Vienne et que M. Gabouty y était le chef de l’opposition”. Une initiative innovante que son homologue qualifie de “façon vertueuse d’utiliser les fonds publics ”.

La peur des dérives

“L

a “faute inexcusable” de mon député ” : c’est le titre d’un billet publié sur le blog Médiapart “Une autre République est possible” par Paul Alliès, s’adressant à Sébastien Denaja, député PS de la septième circonscription de l’Hérault. La raison ? Le 18 novembre, l’élu avait signé avec vingt autres de ses collègues et soutenu un amendement visant à aggraver la loi sur l’état d’urgence. Il visait, entre autres, à donner à l’Etat “les moyens de prendre toutes mesures pour assurer le contrôle de la presse et des publications de toute nature ainsi que celui des émissions radiophoniques, des projections cinématographiques et des représentations théâtrales”. Malgré la suppression de l’amendement, Sébastien Denaja en souligne toujours la “sagesse”, déclarant même à Midi Libre : “on souhaitait alerter sur certaines dérives des médias qui sont à la recherche de scoops lors de la diffusion d’images en direct.”

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Contre l’état d’urgence

S

ix députés (trois socialistes frondeurs et trois écologistes) ont voté contre la loi prolongeant l’état d’urgence adoptée par 551 voix. Parmi eux, la députée écologiste du Calvados, Isabelle Attard. Celle-ci affirme avoir eu “honte” de ses collègues parlementaires dans un entretien accordé à Reporterre. Le 19 novembre 2015, elle explique les raisons de son vote dans un billet publié sur son blog intitulé “Nul, par la guerre, ne devient grand”, stipulant que “la prolongation de l’état d’urgence ne permet qu’une seule chose nouvelle : la mise à l’écart des juges, et donc de la justice. (…) Diminuer nos libertés n’empêchera pas de nouveaux attentats.” Pour des mesures efficaces, la députée propose plutôt d’agir directement sur les causes de ces attaques : “asphyxions financièrement Daech,(…) développons la coopération internationale dans le cadre de l’ONU, cassons l’embrigadement à sa source, transformons les ghettos, supprimons les contrôles au faciès et surtout, surtout, offrons à nos jeunes un avenir autre que la précarité et l’isolement social.”

Emprunt

L’

art du copier/coller n’est pas si facile. C’est du moins ce dont s’est rendu compte le sénateur Les Républicains François Commeinhes en déposant une proposition de résolution à la présidence du Sénat le 9 septembre dernier. L’objectif ? “Modifier la carte des zones de défense et de sécurité” et “créer une nouvelle circonscription Sud-Pyrénées”. Le hic, c’est que l’élu s’est fait épingler par Pierre Januel, un collaborateur parlementaire du groupe écologiste à l’Assemblée nationale, pour avoir copié/collé un article de Wikipédia en oubliant de supprimer les liens.


Les fuites de la loi Evin

M

ettre de l’eau dans son vin : en voilà une tâche difficile pour Catherine Lemorton, députée de la Haute-Garonne et présidente de la commission des affaires sociales, depuis que l’Assemblée a voté en faveur des amendements au projet de loi sur la santé assouplissant la loi Evin. Alors que Mediapart affirme, d’après diverses sources “qu'il n’existait pas, jusqu’à il y a peu, de majorité dans cette Commission ”, deux députées ont suffit à faire pencher la balance. Catherine Quéré, élue de Charente-Maritime, viticultrice et présidente du Groupe d’étude sur la Viticulture ainsi qu’Anne-Yvonne Le Dain, députée de l’Hérault. Alors que de nombreuses personnalités les accusent d’être juges et parties, Marisol Touraine, la ministre de la Santé, a jugé ce vote “plus que regrettable, triste même”, affirmant que “l’article ne se contente pas de clarifier” mais “dévérouille la publicité” face à l’enjeu majeur de l’alcoolisme.

Gendarme du monde

“C

eux qui veulent envoyer des troupes au sol contre l’Etat islamique sont des irresponsables. Qu’ils y aillent eux-mêmes”. S’il avait été le seul à s’exprimer en janvier dernier contre les frappes en Irak, le député-maire LR de Chartres, Jean-Pierre Gorges, a encore été l’un des rares élus a voter contre la prolongation des frappes aériennes en Syrie. C’est ce qu’il explique dans le Scan Politique du Figaro : “Je suis contre car ça veut dire qu’on se prend pour le gendarme du monde alors que nous sommes un petit pays ”. Faisant référence aux propos du terroriste du Bataclan - “c’est pour la politique de Hollande en Syrie” - l’élu a tenu à rappeler : “je ne souhaite pas que la France soit le pays de la guerre mais celui de la paix.”

Capitaine Thomas Sankara Dans ce documentaire, Christophe Cupelin revient sur un personnage emblématique, qui aura fait bouger de nombreuses lignes sur le continent africain. Le long métrage nous dévoile, Thomas Sankara, président du Burkina Faso, anciennement nommé Haute Volta, le temps de sa prise de pouvoir par la force en 1983 à l’âge de 34 ans jusqu’au coup d’Etat organisé par son propre camarade Blaise Compaoré en octobre 1987, qui le destitua. Le film présente un homme décomplexé, charismatique, frondeur et visionnaire, rendant un portrait passionnant et captivant pour le spectateur. Difficile d’être insensible aux idées révolutionnaires anticolonialistes, féministes, mais aussi écologiques de Thomas Sankara. Les images d’archives de ses discours poignants devant l’assemblée de l’ONU en 1984, ou encore au lendemain du putsch organisé par celui qu’il considérait comme son frère, Blaise Compaoré, confèrent un côté authentique à ce chef politique encore extrêmement respecté dans son pays, vingt-huit ans après son assassinat. On regrettera néanmoins les tendances hagiographiques du film, faisant l’impasse sur les déboires politiques du personnage, ou encore sur ses relations contestées avec certains chefs d’Etat comme le colonel Kadhafi. Autant de failles qui ont pourtant construit, elles aussi, la légende du capitaine Thomas Sankara.

L’autre urgence

L’

état d’urgence ne s’applique pas qu’en matière de défense pour le sénateur LR Jean-Baptiste Lemoyne. En réaction aux chiffres du chômage publié le 26 novembre – pour la période du mois de septembre, en très forte hausse – l’élu a publié sur Twitter une petite “bombe” verbale, demandant “à combien de vies professionnelles brisées le Gouvernement décrétera t-il l'état d'urgence économique ?! ”, concluant par le hashtag #ReformerViteEtFort. Les tweets favorisent la concision.

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CHRONOLOGIE 9 novembre “STOP- ça suffit” ! C’est le premier jour de la campagne contre le harcèlement sexiste dans les transports, lancé conjointement par les secrétaires d’Etat Pascale Boistard (Droits des femmes) et Alain Vidalies (Transports). Le but de cette démarche : mettre un frein aux harcèlements dont les femmes sont régulièrement victimes dans les transports publics, rappelant que le harcèlement sexiste dans les transports est puni par la loi.

10 novembre : Vingt jours avant la COP21, François Hollande reçoit les chefs d’États africains à l’Elysée.

L’airbus A321-200 d’une compagnie russe s’écrase dans le Sinai avec à son bord 224 occupants, majoritairement russes, tous décédés. La branche égyptienne du groupe Etat Islamique a reconnu être responsable du crash. L’EI a affirmé, dans un communiqué, avoir introduit une bombe à bord de l’appareil. C’est dans son magazine de propagande Dabiq, que Daech a expliqué son objectif initial qui était de cibler un avion d’un pays membre de la coalition internationale. Vladimir Poutine et son homologue égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, sont convenus de renforcer la sécurité des vols entre les deux pays afin de pouvoir les rétablir, la Russie ayant interrompu toute liaison avec l’Egypte au lendemain du crash.

1er novembre En Turquie, le parti islamoconservateur AKP qui a comme principal représentant le président Recep Tayyib Erdogan, a remporté les élections législatives du pays. En récoltant 49,3% 18 | LE COURRIER DU PARLEMENT |

des voix (soit 316 sur les 550 députés qui composent le parlement turc), le parti du chef de l’Etat a de quoi gouverner seul : en raflant la majorité parlementaire et prenant tous les instituts de sondage à contrepied. En revanche, le président turc ne pourra pas modifier la constitution du pays, son parti n’ayant pas obtenu suffisamment de voix. Le Parti républicain du peuple (CHP) arrive en deuxième position avec 25,4 % des voix, suivi du Parti de l’action nationaliste (MHP) et du Parti démocratique des peuples (HDP) avec respectivement 11,9% et 10,4% des suffrages obtenus.

fois, c’est une mesure de votre gouvernement” s’est empressé de répondre le présentateur.

21h17 : la première explosion retentit aux abords du Stade de France. C’est le point de départ

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31 octobre

13 novembre

5 novembre Voilà une interview dont la ministre du Travail se serait bien passée. Le matin, au micro de Jean-Jacques Bourdin “sur BFM TV ”, Myriam El Khomri s’est empêtrée sur la question du nombre de renouvellements possibles d’un CDD. Un moment très embarrassant pour la ministre qui a fini par déclarer au journaliste “je ne pourrais pas vous le dire”. “Depuis le mois d’Aout, un CDD peut être renouvelé deux

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13 novembre : Les attentats font plus de 128 morts et 300 blessés à Paris.


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d’une soirée sanglante qui restera dans la mémoire des Français. Le bilan fait état de 130 morts et plus de 160 blessés. Quelques minutes plus tard, lors du concert d’un groupe de rock au Bataclan, 90 personnes, majoritairement des jeunes, perdent la vie, parallèlement à d’autres attentats dans Paris. Six au total, soit les plus meurtriers perpétrés en France depuis la Seconde guerre mondiale par le nombre total de victimes. Une onde de choc qui marque le début du marathon politique et diplomatique de François Hollande, entre la proclamation de l’état d’urgence, un discours devant le Congrès à Versailles, le renforcement des frappes aériennes en Syrie et la recherche de partenaires en vue d’une coalition contre Daech.

25 novembre : La BCE lance son nouveau billet de 20 euros.

tié de ces coupures retirées au distributeurs.

25 novembre 27 novembre Une cérémonie exceptionnelle en la mémoire des victimes des attentats de Paris. Dans la cour d’honneur des Invalides, les proches des victimes, les blessés, les membres des services de secours et les politiques se réunissent pour un hommage de près d’une heure. François Hollande, qui a tenu a écrire son discours lui-même, a déclaré que “nous

29 novembre 30 novembre

Lors d’une manifestation en marge de la COP21, des centaines de protestataires, au visage masqué, s’en prennent vivement aux forces de l’ordre, place de la République. Des perturbateurs, © Vernier/JBV NEWS

Dans la série “Europe”, je demande le billet de 20 euros ! La BCE met en circulation cette coupure en réponse à la contrefaçon, avec pour principale innovation technologique, celle de la fenêtre portrait sur laquelle siège en hologramme la princesse Europe. En France notamment, le billet de 20 euros est le plus utilisé avec plus de la moi-

se disant contre l’état d’urgence, vont jusqu'à jeter sur les CRS les bougies du mémorial improvisé de la place de la République. Suite à cet incident, le ministre de l’intérieur rappelle que les forces de l’ordre “ne peuvent être détournées de leurs missions prioritaires”.

multiplierons les chansons, les concerts, nous continuerons à aller au stade”. Un évènement riche en émotion, particulièrement lors de l’annonce des prénoms et âges des 130 victimes décédées.

27 novembre : Le président François Hollande rend hommage aux victimes des attentats du 13 novembre à Paris.

Un défi de taille ! Pour la première fois, les grands dirigeants de ce monde se rassemblent au Bourget à Paris en faveur du climat. Bien loin du premier évènement de ce genre (remontant à 1979), le but des négociations vise désormais à contenir le réchauffement climatique en deçà de 2 °C. C’est Laurent Fabius, le ministre des Affaires Etrangères et du Développement international qui assure la présidence de cette conférence “de la dernière chance” pour 12 jours… dont l’issue coïncidera avec le résultat des élections régionales et une nouvelle séquence politique : la dernière année du quinquennat de François Hollande n

Valentine De Brye et Jonathan Bensadoun

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MappEMoNdE

Si beaucoup d’États ont pris des mesures en vue de limiter leurs émissions de gaz à effet de serre, encore faut-il qu’ils s’y tiennent. D’autant plus que bon nombre de spécialistes estiment ces avancées insuffisantes pour contenir le réchauffement climatique à 2°C : soit l’objectif même de la COP21.

Canada Le Canada ne produit qu'environ 2% des émissions mondiales de GES, mais il n'en reste pas moins l’un des plus grands émetteurs de CO2 par habitant. Ottawa compte ainsi réduire de 17% ses émissions d’ici 2020 par rapport à 2005, en régulant entre autre les émissions des centrales électriques alimentées au gaz naturel.

États-Unis Deuxième pollueur du monde, les Etats-Unis émettent près de 15 % de CO2. Résolu à laisser une empreinte plus “verte” dans l’histoire américaine, Barack Obama à récemment donné un coup de collier pour réduire les émissions de gaz à effet de serre entre 26 et 28 % en 2025, par rapport à 2005. De quoi redorer le blason de sa politique climatique.

Australie Responsable de près de 1,3% des rejets de gaz à effet de serre, l’Australie s’est engagée à réduire de 5% ses émissions d’ici à 2020. Un objectif qui ne semble pas satisfaire les défenseurs de l’environnement qui estiment qu’un baisse de 15% serait nécessaire. 20 | LE COURRIER DU PARLEMENT |

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© Jonathan Wilkins

Ça chauffe pour la planète : qui sont


les plus grands émetteurs de CO2 ? La France Le “french paradox” se décline aussi en degrés celsius. En effet, l’organisateur de la COP21 est aussi le troisième plus grand émetteur de CO2 en valeurs absolues : ce qui l’amène à la 19ème place si l’on compte les émissions par habitant. Menant une politique environnementale volontariste, la France, ainsi que les autres pays membres de l’Union Européenne, se sont engagés à réduire de 40% leurs émissions d’ici à 2030 et de 50% à l’horizon 2050.

Russie La Russie ne manque pas d’air non plus : elle est même responsable de 4,94 % des émissions de CO2 dans le monde. Le pays s’est toutefois fixé l’objectif d’une réduction de 20 à 25 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030. Pas question, en revanche, de toucher aux exportations de gaz.

Chine Cancre de la classe : la Chine ! Elle est le premier pollueur de la planète avec plus de 24 % d’émissions de CO2. La situation alarmante de ce pays l’a donc conduit à prendre des engagements importants, pour annoncer la baisse de son intensité carbonique de 60 à 65 % d’ici à 2030. Reste à voir si les résultats seront à la hauteur des ces ambitions.

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SoCiÉtÉ

Le robin des bois des ventres vides S’il fallait décrire Arash Derambarsh qu’avec un seul mot, ce serait surement “acharné”. Depuis de longs mois, cet élu de Courbevoie, juriste et directeur de collection aux éditions du Cherche-midi, se bat contre la faim en France et souhaite enrayer le gaspillage alimentaire. Souvent traité d’opportuniste par ces pairs, ce jeune élu a toutefois le mérite de savoir de quoi il parle… Dans son ouvrage “Manifeste contre le gaspillage”, il raconte son combat.

Personnellement cela ne représente rien car seule la cause est importante. Ce livre représente une démarche citoyenne, une action politique. Le seul objectif de cet ouvrage est de faire écho à une action politique sur un vide juridique pour faire passer une loi, c’est donc une forme de pression pour éveiller les consciences des citoyens sur le gaspillage alimentaire et les coulisses de la loi. A qui s’adresse précisément votre ouvrage ? Mon livre s’adresse à tous les Français, pour une raison très simple : c’est le compte rendu du travail d’un élu politique. Il a pour vocation de montrer pourquoi une loi est bloquée et comment elle peut avancer. Je veux prouver qu’un simple conseiller municipal sans délégation, sans pouvoir donc, peut faire bouger des lignes. Comment un simple élu engagé arrivet-il à faire passer une proposition de loi à l’Assemblée nationale ? Elu de Courbevoie en mars 2014, je décide avec mon association Courbevoie 3.0 de créer un partenariat avec Franprix et Mo22 | LE COURRIER DU PARLEMENT |

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noprix. Les enseignes étaient réticentes sous prétexte que je n’avais pas de lieu de stockage et de refroidissement pour placer la nourriture. J’ai donc pensé à faire de la distribution immédiate. Dès la fermeture du supermarché, j’allais récupérer les invendus et les distribuer immédiatement aux SDF. A partir du 19 décembre 2014, je récupérais chaque soir 30 à 50 kg de nourriture qui pouvaient nourrir une centaine de personnes. Il y avait cependant un vide juridique sur la distribution immédiate. Le 19 janvier 2015, j’ai donc décidé avec l’aide de Mathieu Kassovitz de créer une pétition en ligne. Le 28 janvier, avait lieu la première audition parlementaire à l’Assemblée Nationale. En étroite collaboration avec Frédéric Lefebvre, nous avons fait introduire l’amendement dans le cadre de la loi sur la

transition énergétique de Ségolène Royal. Certaines personnes nous ont fait barrage : ce qui est dommage car cette action porte sur l’intérêt général. Ce sujet a été bien trop politisé.

“Eveiller les consciences n’est pas suffisant, il faut ensuite légiférer en vue d'acter la proposition.”

© Bertrand Guay (AFP)

Vous avez été récemment distingué par le prix Edgar Faure du meilleur livre politique. Est-ce une satisfaction au niveau personnel et professionnel ?

Vous avez dénoncé d’ailleurs l’imposture de Ségolène Royal et vous lui reprochez de s’être attribuée le mérite de votre proposition dans le cadre de la loi sur la transition énergétique. Aujourd’hui quelles sont vos relations avec la ministre de l’écologie? Madame Royal nous a refusé trois rendez-vous, systématiquement, car elle disait ne pas avoir le temps. J’ai donc cherché à la joindre sur son portable mais elle m’a renvoyé vers ses assistantes… en vain. Alors qu’elle occupait déjà le poste de ministre de l’Ecologie en 1992, personne ne peut citer une action concrète de Ségolène Royal. Aujourd’hui, elle recule encore sur l’écotaxe, le forage pétrolier, l’huile de palme, le gaz de

Arash Derambarsh Élu de Courbevoie, juriste et directeur aux éditions du Cherche Midi


mois. J’avais la rage, mais je l’ai positivée… je me suis promis un jour que j’allais être élu et que j’allais faire bouger les lignes du pays. J’ai ressenti au fond de moi même une injustice, que j’ai voulu rationnaliser. Le fait d’en parler m’a d’ailleurs libéré !

“Dès la fermeture des supermarchés, j’allais récupérer les invendus et les distribuer immédiatement aux SDF.”

schiste, face à la construction de l’aéroport de Notre-dame-des-Landes. Avez vous été victime de pression de la part des lobbies? L’un des plus grands lobbies est celui de la grande distribution qui tient de façon très étroite et liée beaucoup d’élus. Dans notre pays, nous mourrons du conflit d’intérêt. J’ai aussi été attaqué par certaines associations : les patrons de la banque alimentaire et des Restos du cœur sont bien payés, ils se servent de la pauvreté comme d’un business. S’il n’y a plus de gens qui ont faim, ils perdent leurs emplois. Visiblement nous n’avons donc pas les mêmes centres d’intérêts. Avec cette loi, tous les Français pourront créer leur propre association de charité pour récupérer les invendus. Pourquoi légiférer à tout prix? L’éveil de la conscience collective n’est-il pas suffisante? Eveiller les consciences n’est pas suffisant, il faut ensuite légiférer en vue d'acter la proposition. Avec cette loi, un distributeur du secteur alimentaire qui rend délibérément impropres à la consommation les invendus alimentaires encore consommables, sans préjudice des règles relatives à la sécurité sanitaire, pourra encourir une peine de 3 750 euros d’amende. Pourquoi vous êtes-vous particulièrement engagé pour cette cause ? Je travaille sur des tas de dossiers ! Celui sur le gaspillage alimentaire est un sujet visible et il fallait marquer ma première année de mandat sur une action très forte, issue également de mon parcours. Quand j’avais 20 ans, je payais mon studio 400 euros pour un salaire de 800 euros, je n’avais presque plus rien pour vivre à la moitié du

Vous êtes à l’origine d’une double pétition (française et européenne) pour dire “stop au gâchis alimentaire”, pourquoi une pétition en ligne? Le procédé a-t-il plus de résonance qu’une proposition de loi? Nous avons d’abord commencé par l’action de terrain, afin de cristalliser l’opinion, puis éveiller les consciences via les réseaux sociaux et le net. Ces derniers ne permettent de le faire uniquement s’il existe une plateforme en ligne au préalable. La démarche n'a aucun intérêt si vous ne commencez pas par le terrain ; je savais qu’il y allait avoir cette résonance. Pourquoi vous être allié avec Mathieu Kassovitz pour la pétition en ligne et pour l’écriture de la préface de votre livre ? La pétition a été signée le 19 janvier, juste après les attentats de Charlie Hebdo. Médiatiquement, il n’y avait de la place pour rien après cet événement. Il fallait avant tout éveiller les consciences. Ce n’est pas le showbiz qui m’intéresse. Je ne voulais pas “peopoliser” la chose, mais il fallait rassembler des personnalités qui puissent nous faire une ouverture car ma personne n’a aucune importance. Nous avons voulu imposer le sujet de façon durable et faire un putsch médiatique. De plus, Mathieu avait le profil adéquat pour représenter cette cause : c’est un artiste engagé ainsi qu’un ami, j’ai beaucoup d’estime et de respect pour lui. Vous vous appuyez aussi beaucoup sur les réseaux sociaux pour communiquer sur votre action... Ce sont les outils actuels, on fait avec les moyens du bord, je ne suis pas un “fils de” donc je fais comme je peux. Quitte à vous portez préjudice, notamment au lendemain du 13 novembre, lorsque vous avez tweeté un hommage aux victimes avec, en lien, l’un de vos articles... ? Sur cette histoire, je l’accorde, c’était maladroit et j’ai supprimé ce tweet. En re-

vanche, je trouve la critique un peu facile. Je n’ai jamais tenu de propos indécent. On ne va quand même pas me reprocher d’avoir tweeté un post maladroit sur lequel je me suis en plus excusé, ce qui est rare dans ce milieu… Concernant mon intervention sur CNN (qui disait qu’Arash Derambarsh était lui-même victime du Bataclan) il s’agissait d’une grosse erreur de leur part et j’ai demandé rectification. Quelle est la finalité de votre combat ? Cette loi n’est pas une finalité! Je veux montrer ce que je sais faire contrairement aux politiques qui promettent des actions pour être élus et ne font rien. J’ai besoin de pouvoir pour mettre en œuvre tous les autres projets. Si je veux devenir avocat, c’est aussi pour aller au fond de toutes les causes. Je suis engagé sur l'ensemble des sujets de la société française, tout me tient à cœur et je n’ai pas vocation à être spécialiste dans un domaine. Trouvez-moi des élus en France qui commencent un sujet et qui le terminent ! Vous allez me voir encore longtemps. Vous êtes aussi éditeur aux éditions du Cherche midi, juriste, futur avocat, conseiller municipal de Courbevoie : aujourd’hui vous vous considérez homme politique ou éditeur ? Je suis un élu politique de la République française. Éditeur c’est mon métier, je ne gagne rien en faisant de la politique. Je travaille plus de 50 heures pour Courbevoie et c’est du bénévolat, je le fais uniquement par passion. Dans 10 ans, où vous voyez-vous ? Peut être maire de Courbevoie et avocat, nous parlerons de l’égalité des chances pour les citoyens, il y a tellement de combats à mener dans ce pays ! n Propos recueillis par Valentine De Brye

Manifeste contre le gaspillage Arash Derambarsh Fayard 100 pages 10 €

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SoCiÉtÉ

La féministe qui dérange les féministes Allier le féminisme à la théorie de Darwin, c’est le pari que s’est lancé Peggy Sastre. Dans son dernier ouvrage “La domination masculine n’existe pas”, cette jeune auteure engagée, spécialiste de Nietzsche et de Darwin s’oriente autour de la lecture évolutionnaire des questions sexuelles.

En découvrant le féminisme tel qu’il est, en discutant et rencontrant des féministes militantes, je ne me suis pas du tout reconnue dans cette sphère car je trouvais que ces femmes ne prenaient pas le problème dans le bon sens. Parallèlement, j’ai étudié Darwin lors de mon cursus universitaire et c’est aussi ce qui m’a fait prendre conscience du sujet. Contrairement aux féministes militantes, c’est dans sa théorie que j’ai trouvé les concepts utiles pour comprendre la situation des femmes et ce que légitimement elles peuvent combattre.

On a dit de vous que vous êtes une féminisme hédoniste, c’est l’antithèse de la féministe traditionnelle (notamment le mouvement “les chiennes de garde”), sur quels principes vous différenciez vous du féminisme “mainstream” ? Féministe hédoniste, je ne sais pas trop ce que cela veut dire! Beaucoup d’entre elles ne se considèrent pas comme hédonistes. La chose qui me différencie du mouvement “mainstream” c’est le dogmatisme! Il instaure des principes et essaye de plier la réalité en conséquence. Je préfère prendre le problème inversement, en étudiant la réalité de plus près pour ensuite voir quel concept de lutte peut s’y adapter le mieux.

domination masculine n’existe pas” : cela peut paraître un peu antinomique non ?

hommes, d’accord ; mais cela ne veut pas dire que tous ont le pouvoir et quand on fait le calcul, les femmes s’en sortent en moyenne mieux qu’eux.

C’était peut être le meilleur titre que j’ai pu trouver pour cet ouvrage… et qui a été accepté par mon éditeur ! La domination n’existe pas comme on le croit, ni d’un point de vue darwinien. Selon sa théorie, ce ne sont pas les hommes qui sont arrivés par bateau sur le continent des femmes en disant, “maintenant on va vous asservir” ; les deux genres sont sur terre, ensemble, depuis le début, et cela remonte à la préhistoire. On ne peut pas inclure un système binaire qui est la domination d’un côté et l‘asservissement de l’autre.

Vous avez formé le concept évoféministe dans votre ouvrage “ex utero” ? Pouvez vous nous l'expliquer ? C’est un féminisme qui n’est pas figé dans ses propositions, il est davantage d’ordre scientifique et s’appuie essentiellement sur les théories et les études darwiniennes. En d'autres termes, il se réserve le droit d’être évolutif et ne reste pas figé sur ses principes, la perspective militante du féminisme étant secondaire. Globalement, c’est donc une forme de féminisme qui se laisse la possibilité d’être remis en question.

Par ailleurs, la domination est aussi une question de point de vue. Aujourd’hui, à part les 5 % d’hommes qui dominent le monde, on oublie les 95% qui sont en bas de l’échelle sociale. Le pouvoir est entre les mains des © Natacha Nikouline

Pourquoi vous être orientée dans une lecture évolutionnaire des questions sexuelles?

Dans votre dernier ouvrage, vous estimez que les stéréotypes ne sont pas si faux que ça, qu’ils conservent un fond de vérité : ne trouvez-vous pas cela un peu fataliste? Non je ne crois pas… Si je montre que les stéréotypes ont une part de vérité, c’est parce qu’ils sont un outil plus efficace pour en sortir. De nombreuses études démontrent que lorsque l’on donne le même exercice aux deux sexes, hommes et femmes confondus, les garçons s’en sortent mieux en géo-

Peggy Sastre Vous dites dans la préface écrire un livre féministe, dont le titre est pourtant “La 24 | LE COURRIER DU PARLEMENT |

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Journaliste scientifique, auteure, traductrice et blogueuse


© Natacha Nikouline

métrie tandis que les filles réussissent dans le dessin. La question est donc de savoir : le but est-il que la majorité réussisse et aboutisse, quitte à jouer des stratagèmes ? Je pense que oui! Il faut regarder les objectifs que l’on veut atteindre et s’adapter face aux stéréotypes existants en les prenant en compte. Je suis “évoféministe” dans le sens où je considère les stéréotypes comme le point temporaire d’un processus qui va se dérouler plus longtemps : ils sont réels mais peuvent être biaisés. Par exemple, lorsque l’on dit que “les Arabes sont des voleurs” on oublie qu’une grosse part de cette réalité perçue est sortie de son contexte : la preuve la plus évidente étant que ces même personnes ne sont pas l’objet d’une telle idée reçue dans les pays arabes. Ils font souvent partie des populations les plus pauvres, et sont donc les plus à même de recourir au vol. Par ailleurs, de part ce stéréotype, les Arabes vont être davantage remarqué que les autres. A l’origine entre les mots “arabe” et “voleur”, existe une multitude de détails. Dans l’un de vos chapitres, vous expliquez que l’on globalise un peu trop le harcèlement sexuel et qu’il faudrait faire des paliers ? Concrètement, il faudrait avoir une vue très complexe et précise des choses pour éviter de faire des amalgames, sans tout mettre dans ce même panier appelé “harcèlement” : en appliquant des degrés dans ce domaine, comme le fait la justice avec les crimes ou les vols. Ce qui me dérange du point de vue des féministes, c’est que dès qu’il y a une volonté de classer les crimes sexuels et expliquer qu’ils ne se valent pas tous, elles crient au scandale. Je pense plutôt qu’il existe différentes formes de viol, dans divers contextes et avec de multiples traumatismes. C’est même la raison pourquoi nous avons des systèmes juridiques qui sont relativement plus efficaces que d’autres ; on fait des gradations de crimes. Vous dénoncez l’attitude des femmes à l’égard des hommes et vice versa : y a t’il vraiment une solution pour trouver une égalité et un semblant de justesse entre les deux sexes ? L’une des solutions serait justement de voir d’où viennent ces stéréotypes. C’est un point de départ qui peut être actif : le fait de se dire que nous n’avons plus besoin de cela, de ne plus être dans un environnement où

“Si je montre que les stéréotypes ont une part de vérité, c’est parce qu’ils sont un outil plus efficace pour en sortir.”

la division du travail entre hommes et femmes est très opérante. Aujourd’hui les hommes les plus “traditionnels” et les plus stéréotypés sont ceux qui réussissent le moins dans la société. Il y a des milliers d’années, ces personnes occupaient pourtant la place de chef de tribu : preuve qu’on ne peut plus raisonner de la sorte. Aujourd’hui, une certaine impression de rejet du féminisme émerge de la part des plus jeunes ; s’agit-il d’une forme de renoncement ? Mon ressenti est tel que ces femmes semblent rejeter l’étiquette féministe alors que dans leur quotidien, elles le sont clairement : elles sont pour la contraception, pour l’avortement tout en désirant une autonomie financière. Tous les enseignements féministes des 50 dernières années ont été complètement assimilés par cette nouvelle génération, et elles y tiennent. Je dirais que c’est un peu du féminisme par défaut.

Que voulez vous répondre aux personnes qui disent que vos “théories sont fumeuses” ? Si c’est moi qui les dérange, je peux le comprendre, mais qu’elles aillent voir les travaux sur lesquels je m’appuie : 20 % des pages de mon ouvrage sont consacrées à la bibliographie, donc qu’elles regardent ce sur quoi je m’appuie et qu’on en parle ensuite ! Je ne suis qu’un intermédiaire qui s’appuie sur des auteurs pour écrire, au final n Propos recueillis par Valentine De Brye

La domination masculine n’existe pas Peggy Sastre AC Editions 250 pages 18 €

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© Djamila Calin

La Communauté d’agglomération Les une agglomération jeune et dynamique


doSSiEr A l’heure de la Métropole du Grand Paris et de la réforme des collectivités locales, l’inter-communalité essonnienne est amenée à se transformer en profondeur : achèvement de la carte intercommunale et groupements de masse critique plus importante. De cette nouvelle donne doit naitre au 1er janvier 2016 un territoire dont les Portes de l’Essonne seront l’entrée sud métropolitaine.

29 - 34

Présentation

35 - 40

Économie

41 - 44

Développement durable, cadre de vie, environnement et solidarités

45 - 52

Transports, infrastructures, aménagement urbain

53 - 55

Patrimoine et culture

Portes de l’Essonne,

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doSSiEr | La Communauté d’agglomération Les Portes de l’Essonne, une agglomération jeune et dynamique

SOMMAIRE 29

Les Portes de l’Essonne, un territoire prêt à relever les défis de l’avenir Un entretien avec Robin Reda, président de la Communauté d’agglomération Les Portes de l’Essonne, maire de Juvisy-sur-Orge.

31

“Les Portes de l’Essonne“ se renforcent avant l’entrée dans la Métropole du Grand Paris Par Olivier Sourd.

33

Viry-Châtillon nous rejoint dans l’aventure métropolitaine Un entretien avec Jean-Marie Vilain, maire de ViryChâtillon.

Économie 36

“Notre expertise au service des collectivités” Un entretien avec Laurent Munerot, président de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de l’Essonne.

38

“Construire avec les territoires, l’Essonne de demain !” Un entretien avec Philippe Lavialle, président de la CCI Essonne.

40

“L’Essonne, une petite Allemagne !” Un entretien avec Christian Thérond, président du MEDEF de l’Essonne.

Développement durable, cadre de vie, Environnement et solidarités 44

“Harmoniser les services de tri des déchets sur l’Agglomération” Un entretien avec Brigitte Vermillet, 12e vice-présidente déléguée au développement durable et à l’environnement.

Transports, infrastructures, aménagement urbain 46

Notre territoire doit développer ses transports Un entretien avec Robin Reda, président de la Communauté d’agglomération Les Portes de l’Essonne, maire de Juvisy-sur-Orge.

Patrimoine et culture 54

“Amplifier le rôle de l’information et de la connaissance” Un entretien avec Nadège Achtergaele, vice-présidente de la Communauté d’Agglomération Les Portes de l’Essonne déléguée à la Culture et au Patrimoine.

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doSSiEr | La Communauté d’agglomération Les Portes de l’Essonne, une agglomération jeune et dynamique

ENTRETIEN | Bénéficiant de nombreux atouts, dont un emplacement stratégique au nord de l’Essonne, un cadre de vie agréable et tranquille ainsi qu’un potentiel de développement important, la CALPE va intégrer, le 1er janvier 2016, la Métropole du Grand Paris.

Les Portes de l’Essonne, un territoire prêt à relever les défis de l’avenir

Le territoire des Portes de l’Essonne est d’abord situé à un emplacement stratégique, au nord de l’Essonne. Il est le trait d’union avec la petite couronne. Il est bordée par la Seine, et traversée par des axes de circulations majeurs, comme l’autoroute A6 et la Nationale 7, et plusieurs lignes de RER qui le relient à Paris. Ce territoire comprend deux pôles de transports majeurs : l’aéroport d’Orly, et le Grand Pole Intermodal de Juvisy, 4ème gare d’Ile-de-France. Malgré cela, il préserve un cadre de vie agréable et tranquille, avec de nombreux espaces verts, des zones pavillonnaires, une vraie dynamique commerciale (le marché de Juvisy est le deuxième plus grand de l’Essonne), et plusieurs zones d’activités économiques avec un potentiel de développement important. C’est un territoire humain, connecté, culturel, en perpétuelle évolution, prêt à relever les défis de l’avenir.

Quels ont été les axes forts de votre politique pendant les deux ans où vous avez assurez la présidence de la CALPE ? Nous avons travaillé à renforcer les atouts de la CALPE, à remettre de l’ordre dans la gestion passée, mais aussi à la projeter dans le futur. Il a fallu concrétiser l’intégration de nouvelles communes, mettre en œuvre le dispositif de vidéo-protection intercommunal, réorganiser le secteur culturel. Un autre axe a été de mettre la CALPE au service des

villes pour les aider dans le contexte de désengagement de l’Etat. En s’appuyant sur l’intercommunalité, nous avons pu compenser en partie les difficultés budgétaires que l’Etat impose aux collectivités territoriales. Enfin, nous avons été très mobilisés sur la réforme territoriale, en créant les conditions législatives et politiques pour que la CALPE rejoigne la Métropole du Grand Paris et participe de sa dynamique.

de notre territoire. C’est pourquoi nous travaillons depuis des années au sein de l’association des communes du Grand Orly à l’élaboration d’un Contrat de Développement Territorial prêt à démarrer.

Au 1er janvier 2016, la CALPE entrera dans la métropole. Comment ce processus vat-il se dérouler ?

Au 1er janvier, nous rentrerons donc dans la MGP, au sein d’un Etablissement Public Territorial de 760 000 habitants pour 24 communes, qui ira jusqu’au périphérique ! Cela peut faire peur, mais nous utiliserons tous les atouts de ce territoire multiple pour valoriser notre propre expérience de l’intercommunalité.

“Au 1er janvier, nous rentrerons donc dans la MGP.”

Au départ, la CALPE aurait dû rester en grande couronne. Mais nous avons refusé de voir la Métropole nous enlever l’aéroport d’Orly où beaucoup de nos concitoyens travaillent et qui fait une partie de la richesse © Moïse Fournier

Quels sont les atouts du territoire de la CALPE ?

Tout d’abord, cela prendra du temps, au moins deux ans, pour trouver tous les points de synergie entre la CALPE et des agglomérations moins intégrées, ou des villes isolées. Chacun doit aller à son rythme, et les populations ne doivent pas payer le prix de cette harmonisation. Nous continuerons donc à fonctionner pendant un temps en “pôle sud Orly”, avec l’arrivée de Viry-Châtillon, avec nos compétences et nos moyens. Les équipements intercommunaux garderont ce statut.

Robin Reda Président de la Communauté d’agglomération Les Portes de l’Essonne, maire de Juvisy-sur-Orge

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doSSiEr | La Communauté d’agglomération Les Portes de l’Essonne, une agglomération jeune et dynamique

Ce grand Etablissement Public sera luimême une des composantes de la Métropole du Grand Paris. Quelle dynamique cela va-t-il apporter aux Portessonniens ? Aujourd’hui toutes les capitales européennes se sont organisées en Métropoles qui associent largement les villes périphériques à la dynamique capitale, en coordonnant notamment les initiatives économiques, l’aménagement, les transports. L’Ile-de-France a pris un retard considérable par rapport à nos voisins européens, et nous sommes loin derrière Londres ou Berlin ou Amsterdam. Les Portessonniens profiteront donc de cette dynamique nouvelle, qui permettra la création d’emploi, l’amélioration des transports et des grands équipements qui ne seront pas uniquement concentré à Paris, et je l’espère des initiatives fortes dans les secteurs de la santé et de l’environnement. L’entrée de la CALPE dans la Métropole signifie-t-elle sa disparition ? La CALPE disparaîtra en tant qu’entité juridique, auquel se substituera un Etablissement Public Territoriale (le T12). Mais les services publics continueront à fonctionner pour les usagers dans les locaux actuels. Les moyens généraux seront en revanche rapidement regroupés pour plus de fonction30 | LE COURRIER DU PARLEMENT |

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nalité. La MGP doit aussi être source d’économies et de bonne gestion.

Quel rôle les maires et élus locaux y joueront-ils ?

Comment va s’appeler le nouvel ensemble territorial ?

Nous serons élus au sein de l’assemblée territoriale pour représenter nos communes, ainsi qu’au Conseil de la MGP. C’est là aussi que nous défendrons les spécificités de chacun de nos territoires, et les projets propres aux communes qui pourront être soutenus par l’intercommunalité. Nous travaillerons aussi à préserver, sur un territoire très vaste, la présence de services publics intercommunaux au plus proche des habitants. Tout ne doit pas être concentré en un seul point.

Nous n’avons pas encore donné de nom au T12 et cela n’est pas encore une priorité. Mais on peut pour l’instant retenir que l’EPT comprend les ensembles Grand Orly (CALPE, Viry-Châtillon, communes isolées, le Valde-Bièvre et Seine Amont).

“L’arrivée de Viry-Châtillon renforcera l’attractivité du pole “sud Orly”.” Compte tenu de la taille du territoire, son siège ou ses locaux seront-ils accessibles ? Même si le siège légal est fixé par l’Etat dans la plus grande commune, Vitry-surSeine, le siège opérationnel doit préserver une centralité. Il apparaît donc logique qu’il se trouve dans une commune proche de l’aéroport d’Orly, où de nombreuses zones d’activités proposent des locaux très accessibles et fonctionnels. Ce sera une décision collégiale des maires de l’EPT.

Quelles conséquences aura l’arrivée de Viry-Châtillon dans cet EPT? L’arrivée de Viry-Châtillon renforcera l’attractivité du pole “sud Orly”. C’est une commune qui est très liée à Juvisy et Savigny, et qui possède de très nombreux atouts. Elle apporte les lacs, et une zone d’activité économique et prolonge notre agglomération sur la N7 et l’A6. C’était un rapprochement évident et qui rétablit une situation logique n Propos recueillis par Julien Dreyfuss


doSSiEr | La Communauté d’agglomération Les Portes de l’Essonne, une agglomération jeune et dynamique

“Les Portes de l’Essonne“ se renforcent avant l’entrée dans la Métropole du Grand Paris

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A l’heure de la Métropole du Grand Paris et de la réforme des collectivités locales, l’intercommunalité essonnienne est amenée à se transformer en profondeur : achèvement de la carte intercommunale et groupements de masse critique plus importante. De cette nouvelle donne doit naitre au 1er janvier 2016 un territoire dont les Portes de l’Essonne seront l’entrée sud métropolitaine.

Au 1er janvier 2016, les Portes de l’Essonne seront l’entrée sud de la Métropole du Grand Paris.

Un nouveau pôle fort de 127 000 habitants dans le Nord Essonne La communauté d’agglomération Les Portes de l’Essonne est née en 2009. Elle a succédé à la communauté de communes du même nom créée dès 2000. Aux trois villes initiales, Athis-Mons, Juvisy et Paray-VieillePoste, se sont adjointes en 2013 Morangis et Savigny-sur-Orge du fait de la loi MAPTAM de 2010 portant réforme des collectivités locales. Le groupement formé représente un pôle de plus de 100 000 habitants : l’équivalent d’une grande ville ou d’un arrondissement parisien. Autres temps, autres mœurs ! L’agglomération doit cependant s’agrandir encore. Viry-Châtillon va faire son entrée dans les Portes de l’Essonne au 1er janvier 2016. Elle représente à elle seule un poids lourd de 31 000 habitants. ParayVieille-Poste et ses 7 000 âmes qui a voté son rattachement à la métropole du Grand Paris quitte en revanche le groupement. Il en résulte une “agglo” renforcée de 127 000 habitants. Les “nouvelles Portes de l’Essonne” s’affirment ainsi comme un pôle fort du Nord Essonne. Il est centré sur le Pôle d’Orly, un territoire de projet de tout premier plan : économie, transports (ligne 14 et 18 du Grand Paris Express et gare TGV), logements, environnement. La nouvelle agglomération permet ainsi à son territoire d’exister entre deux autres ensembles économiques majeurs du secteur : Evry à l’Est et Massy et le plateau de Saclay à l’Ouest.

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Le pacte ainsi conclu entre les Portes de l’Essonne et Viry-Châtillon est une opération gagnant-gagnant : n d’un côté, Viry-Châtillon renforce le poids des Portes de l’Essonne et donne une nouvelle dimension à ses projets intercommunaux : activités économiques, effectifs démographiques, équipements (ZAE, patinoire, piscines), savoir-faire (développement durable, vie associative) et cadre de vie (lacs). Elle offre également à l’agglomération une nouvelle porte d’entrée Sud avec ses infrastructures de transport (Seine, N7, A6, RER D) ;

“Un nouveau territoire centré sur le Grand Orly, l’un des pôles de centralité majeurs de l’agglomération parisienne.”

Un destin métropolitain Ce nouveau territoire est centré, donc, sur le Grand Orly : l’un des pôles de centralité majeurs de l’agglomération parisienne. Et il a vocation, à l’instar de Paray-VieillePoste, à rejoindre lui aussi, la Métropole du Grand Paris. Le vote d’adhésion de chacune des 5 communes des Portes de l’Essonne a été entériné. La CALPE rejoindra au 1er janvier 2016 le 12ème et dernier des “territoires” métropolitains, “Val de Bièvre, Seine Amont, Grand Orly” : un ensemble de plus de 630 000 habitants. Avec Argenteuil, dans le Val d’Oise, il ferait partie de ces territoires de la grande couronne à intégrer, par un vote délibéré, la Métropole. Les Portes de l’Essonne formeraient ainsi la principale porte d’entrée Sud de la Métropole du Grand Paris aussi bien à l’échelle régionale que nationale : autoroute A6, voie ferrée Paris Sud-Est et RER D, Seine et son trafic à grand gabarit n Olivier Sourd

© Émilie LEGENTY

n de l’autre, les Portes de l’Essonne apportent à Viry un formidable outil de développement de son territoire : service public intercommunal, développement économique et emplois.

Trop petite (2 communes et 57 000 habitants), la Communauté d’Agglomération des Lacs de l’Essonne (CALE) dont faisait précédemment partie Viry-Châtillon doit être démantelée au profit des intercommunalités voisines.

Rassemblant près de 100 000 habitants aujourd’hui, les Portes de l’Essonne comptent s’agrandir encore.

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“La CALPE rejoindra au 1er janvier 2016 le 12ème et dernier des “territoires” métropolitains, “Val de Bièvre, Seine Amont, Grand Orly”.”


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ENTRETIEN | L’intégration de Viry-Châtillon, frontalière avec Juvisy-sur-Orge et Savignysur-Orge, représente une opportunité pour Les Portes de l’Essonne.

© Émilie LEGENTY

Viry-Châtillon nous rejoint dans l’aventure métropolitaine

Structuré autour d'Orly, le territoire des Portes de l’Essonne possède un potentiel géographique, urbain et social évident.

Pourquoi avoir décidé de rejoindre notre communauté d’agglomération ? Il y a tout d’abord la réalité géographique, urbaine et sociale d’un territoire à très fort potentiel, structuré autour d’Orly, qui s’impose d’évidence. Il y a ensuite, après l’échec couru d’avance du projet intercommunal des Lacs de l’Essonne, l’opportunité de participer à un projet de territoire cohérent qui améliorera concrètement les conditions de vie de nos concitoyens. Quelles compétences allez-vous transférer à la CALPE ? La CALPE reprendra dans un premier temps l’ensemble des compétences exercées par la CALE. Nous redéfinirons dans la même période notre intérêt communautaire et donc les compétences optionnelles et facultatives, en plus du socle de compétences obligatoires : assainissement, développement

économique, politique de la Ville… L’enjeu sera ensuite de nous entendre sur l’intégration ou le retour éventuel de compétences vers les communes pour “muscler” la force d’intervention de la CALPE au service de

notre projet de territoire, et améliorer les services publics de proximité dans nos communes. Quels sont les atouts culturels et économiques de Viry-Chatillon ? Quartier de Châtillon et quais de Seine, RN7, RD445, ZA Kennedy : Viry-Chatillon propose une disponibilité foncière propice à l’activité économique, rare dans ce secteur de notre département. Au plan culturel, notre réseau d’établissement de prêts, nos MJC, la Grande Galerie Condorcet, la salle de l’Envol et la vitalité de notre monde associatif constituent une offre indéniable pour l’accès à la culture et l’animation du territoire n

Jean-Marie Vilain Maire de Viry-Châtillon

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Fort de son expérience au sein de la Direction Départementale de l’Equipement, Christian Legaz a décidé de fonder son propre bureau d’études en 2006 : AVR Ingénierie, spécialisé dans les travaux d’assainissement, de voiries et de réseaux. Une “TPE” familiale qui met polyvalence et transmission au cœur même de sa philosophie.

Un entretien avec Christian Legaz, Gérant d’AVR ingénierie

Comment favorisez-vous la polyvalence et le développement des compétences de vos salariés ? Dans un univers professionnel en mutation constante, la polyvalence s’impose à la fois comme une nécessité et une opportunité. Nos ingénieurs sont tous impliqués sur différents chantiers pour gagner en autonomie, acquérir de nouvelles méthodes de travail mais aussi se constituer un véritable réseau professionnel. Une fois prêts, ils sont amenés naturellement à la gestion de projet.

Pourriez-vous présenter la société AVR Ingénierie ainsi que les services qu’elle propose en matière de travaux d’assainissement, de voiries ou de réseaux ? La société AVR Ingénierie se spécialise dans la maîtrise d’œuvre pour la conception et la réalisation de travaux publics, assurant le lien entre collectivités locales et entreprises en matière de travaux d’assainissement, de voiries ou de réseaux. L'éventail des prestations qu’elle propose lui permet de se positionner aujourd'hui comme une référence solide dans son domaine d’activité. Qu’en est-il, plus précisément, des projets menés dans la Communauté d’agglomération les Portes de l’Essonne ? Actuellement, plusieurs types de projets ont été réalisés ou sont en cours sur l’agglomération des Portes de l’Essonne : I des aménagements de voiries ; I des diagnostics de voirie ; I des diagnostics d’ouvrage d’art ; I le règlement de voirie de la CA ; I la mise en conformité de l’accessibilité de points d’arrêts de bus ; I la réhabilitation de réseaux d’assainissement ; I l’enfouissement de réseaux France Télécom, ERDF et de fibre optique. Pour encourager la transmission du savoir, vous avez mis en place une démarche de tutorat au sein de votre entreprise : pourriez-vous expliquer cette dynamique ? Le métier d'ingénieur nécessite un apprentissage et un professionnalisme qui ne peut s'acquérir sans de longues années d’expérience et de pratique. C’est pourquoi nous avons fait le choix d’adopter une dynamique de “transmission de compétences”, pour répondre aux attentes d’un environnement concurrentiel tout en valorisant l’ancienneté de nos collaborateurs à toutes les échelles. L’entreprise favorise le travail en binôme, avec des équipes formées d’un nouvel entrant et d’ “une personne d’expérience”, chargée de transmettre son savoir au benjamin. Une forme de tutorat garante de qualité et de réactivité.

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Avez-vous des perspectives d’agrandissement pour la société ? Dans l’immédiat, nous nous concentrons sur l’aménagement du pole gare et sur plusieurs opérations d’aménagement sur domaine public. Si l’arrivée d’un nouveau collaborateur permettrait de renforcer notre équipe, ce n’est que le constat de notre activité de ces prochains mois qui déterminera si nous sommes en mesure de rembaucher.

Contact : AVR Ingénierie Assainissement, Voirie et Réseaux 3, avenue du Charles de Gaulle - 94370 Sucy-en-Brie c.legaz@avr-ing.fr Tel : 01 83 62 34 02 - Fax : 01 83 62 34 05

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Performance et partage pour AVR Ingénierie


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ÉCONOMIE DÉCEMBRE 2015

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ENTRETIEN | Au cœur de l’activité économique du territoire essonnien, la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de l’Essonne assure un rôle bien plus large que la gestion des formalités des entreprises artisanales. Consciente des enjeux de la réforme territoriale, l’institution compte également soutenir les collectivités.

© CMA essonne

“Notre expertise au service des collectivités” permet d’améliorer leurs compétences. La Chambre est aussi la “porte d’entrée” aux contrats d’apprentissage pour ce qui concerne les activités artisanales. Près de la moitié des apprentis de la Faculté des métiers de l’Essonne (qui compte environ 3 000 apprenants) dépend de l’artisanat. Que représentent les métiers de l’artisanat dans l’économie de l’Essonne ? Avec 5,75 milliards d’euros de chiffre d’affaires réalisés en 2014 par les 23 600 entreprises artisanales essonniennes, les métiers de l’artisanat font partie des secteurs économiques dominants du département. Ces sociétés participent au quotidien à la vie des territoires. Elles contribuent ainsi au maintien et au développement de l’emploi et du tissu économique au même titre que les grandes industries et les grands apporteurs d’affaires.

La CMA accompagne quelques 2 000 porteurs de projets par an et agit en faveur du développement des entreprises installées.

La première fonction de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat consiste à assurer l’immatriculation des sociétés artisanales au Répertoire des métiers. Ensuite, elle offre une palette de services aux chefs d’entreprise des secteurs du bâtiment, de l’alimentation, de la fabrication et du tertiaire. La CMA accompagne les quelques 2 000 porteurs de projets par an et agit en faveur du développement des entreprises installées. Des dispositifs sont proposés aux professionnels en matière d’hygiène, d’accessibilité, de certifications ou de développement durable, par exemple. Nous dispensons également des formations adaptées aux dirigeants d’entreprises artisanales dans des 36 | LE COURRIER DU PARLEMENT |

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domaines variés comme la bureautique, le commercial ou la comptabilité, ce qui leur © CMA Essonne

En quoi consiste l’action de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat sur le territoire essonnien ?

Garantir la pérennité de l’artisanat est essentiel. Comment la Chambre de Métiers et de l’Artisanat compte valoriser les métiers de l’artisanat ? Pour promouvoir les différents métiers de l’artisanat, la CMA collabore avec les acteurs du territoire essonnien. En mars, se tiennent les “Journées Européennes des Métiers d’Arts”. La manifestation prend

Laurent Munerot Président de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de l’Essonne


chaque année de l’ampleur et notre public est de plus en plus important. Il s’agit d’une occasion en or pour les artisans d’art puisqu’ils peuvent ouvrir leurs entreprises ou ateliers aux particuliers.

© CMA essonne

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En partenariat avec le Conseil départemental de l’Essonne, nous organisons également le salon “Eco-Habitat”. Celui-ci offre la possibilité aux artisans du bâtiment spécialisés en matière d’économies d’énergie et de développement durable de présenter leurs services et leurs produits. L’événement des “Papilles d’Or” permet aussi de valoriser les boulangers et charcutiers. Au cours du challenge co-organisé par la Chambre de Commerce et d’Industrie de l’Essonne, la CMA Essonne est en charge de sélectionner les meilleurs artisans. La “Semaine Nationale de l’Artisanat”, organisée conjointement en mars par le réseau des Chambres de métiers et de l’artisanat et l’UPA (Union Professionnelle Artisanale), est un temps de communication privilégié pour présenter nos actions et projets.

La CMA est aussi la “porte d’entrée” aux contrats d’apprentissage pour ce qui concerne les activités artisanales.

Sur quels grands projets la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de l’Essonne travaille-t-elle ? Pour la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de l’Essonne, l’important est de développer davantage ses relations avec les EPCI (Établissements public de coopération intercommunale). Ces espaces sont en pleine mouvance puisque la réforme territoriale transforme leurs périmètres.

Les actions que nous mettons en place ont pour but de renforcer les liens avec les artisans et de mettre à profit notre expertise au services des collectivités en matière d’appui aux entreprises, d’immobilier artisanal, de construction de zones d’activités ou encore concernant l’ouverture des ateliers artisanaux n Propos recueillis par Jeanic Lubanza et Nicolas Rinaldi

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: un magasin engagé Réputée comme enseigne nationale de grande envergure, le Carrefour Athis‐Mons ne cesse de multiplier les projets pour améliorer la qualité de vie de ces habitants dans le département.

Depuis 1971, l’hypermarché Carrefour d’Athis Mons est l’un des acteurs majeurs de la CALPE. Situé dans une zone urbaine proche des quartiers résidentiels des communes d’Athis Mons, Paray Vieille poste et Morangis, l’enseigne enregistre plus de 2 millions de passages en caisse chaque année. Figure locale historique en matière d’emploi et de recrutement, ce magasin Carrefour compte près de 400 salariés dont une grande partie habite dans les communes de la CALPE. Une part importante de la clientèle travaillant sur le site de l’aéroport d’Orly et sur la zone d’activité de Rungis, le magasin a adapté ses horaires afin de permettre à ses clients de venir faire leurs courses de 8h30 à 22h. Depuis l’inauguration du tramway 7 d’Ile-de-France, l’enseigne est très impliquée par la prolongation de la ligne 7 jusqu’à la gare de Juvisy-sur-Orge. Ainsi, elle compte participer aux déve-

loppements des infrastructures des Portes de l’Essonne. L’engagement fait partie des concepts phares de la société. Tous les ans, elle fournit ressources matérielles, humaines et/ou financières à diverses associations culturelles, sportives et éducatives. En 2014, la mobilisation des employés pour l’organisation pour Louis-Carlesimo qui s’occupe d’enfants atteints de maladies graves, basée à ParayVieille-Poste, a permis de faire un don de 48 000 €. En outre, les actions en faveur de la réduction du gaspillage alimentaires permet à Carrefour Athis Mons d’entretenir des relations solides avec de nombreuses associations caritatives locales. Tous les ans, ce sont près de 250 tonnes de denrées alimentaires et non alimentaires qui sont redistribuées aux personnes démunies.

Contact : Carrefour Athis-Mons 180 Route Nationale 7 - Boîte Postale 310 - 91200 Athis Mons Tél. : 01 69 54 38 48 - E-mail : Bruno_empereur@carrefour.com www.carrefour.fr/magasin/athis-mons DÉCEMBRE 2015

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ENTRETIEN | Les Portes de l’Essonne concentrent une forte capacité entrepreneuriale. Avec une centaine de sociétés et des collectivités autonomes, la CALPE se présente comme le “joyau” territorial que la Chambre de Commerce et d’Industrie de l’Essonne compte bien continuer de valoriser.

“Construire avec les territoires, l’Essonne de demain !”

Avec 37 000 entreprises toutes tailles et secteurs confondus, le département de l’Essonne bénéficie d’une très bonne dynamique. L’agglomération des Portes de l’Essonne en compte 3 200, soit 9 % du tissu essonnien. Un chiffre non négligeable puisque la moyenne territoriale tourne autour de 8,3 %. Chaque année, nous assistons à la fondation de plus de 400 sociétés sur le territoire de la CALPE. Si le taux de création dans l’agglomération est, encore une fois, supérieur à la norme essonnienne (18,1 % contre 17,4 %), notre devoir porte sur l’accompagnement de ces entreprises dans un processus de développement adapté. Quelle est la stratégie de la CCI Essonne pour accompagner le développement économique des intercommunalités ? La CCI Essonne éprouve un besoin permanent d’entretenir une proximité avec les collectivités pour accomplir un travail qualitatif et efficace. Nous devons être le partenaire naturel des communautés territoriales. Pour ce faire, des rencontres sont organisées avec les acteurs économiques dans l’intention d’échanger les idéaux et de bâtir une région innovante, compétitive et durable. Cet enjeu majeur se joue au cœur de nos orientations stratégiques, car c’est 38 | LE COURRIER DU PARLEMENT |

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marché en centre-ville ;

avec des projets collaboratifs et pertinents que nous édifions dès maintenant l’Essonne de demain !

n Animation du territoire : dynamisation des associations de commerçants, opération “entreprises, à la rencontre de vos voisins”, etc. ;

Concrètement, quelles sont les actions mises en place par la CCI Essonne pour relever ce défi ?

n Accompagnement des entreprises : mise en accessibilité des commerces, réglementation et développement commercial, ateliers délocalisés sur les thématiques du financement, de l’international, des ressources humaines, etc.

La CCI propose une offre d’accompagnement complète et adaptée aux besoins des collectivités. Elle se décline en quatre grands axes : n Connaissance du territoire : diagnostic territorial, observatoire des Zones d’activité économique (ZAE), atlas des intercommunalités, études sur mesure, etc. n Redynamisation du tissu économique : offre commerces de proximité, requalification des ZAE, création ou redynamisation d’un © Tulipe Noire

Pouvez-vous nous dresser un état des lieux du tissu entrepreneurial de l’Essonne et plus spécifiquement de la Communauté d’agglomération Les Portes de l’Essonne ?

Notre champ d’action ne se cantonne pas uniquement à ces questions. En matière d’hébergement d’entreprises, la CCI gère la “Morangeraie”, une pépinière créée à Morangis il y a deux ans. Nous agissons également dans le domaine du développement durable et avons mis en place les Plans de Déplacements inter-entreprises (PDIE) pour accompagner les circonscriptions dans ce sens. Il en existe déjà à Evry, Saclay et sur le parc d’activités de Courtaboeuf. Par ailleurs, le projet de Grand Stade de rugby à Ris-Orangis et le repositionnement de l’ex base aérienne 217 font également partie de nos priorités. En cette période de “disette” budgétaire, les collectivités des Portes de l’Essonne et la CCI doivent plus que jamais s’unir pour servir les intérêts du département n Propos recueillis par Jeanic Lubanza

Philippe Lavialle Président de la CCI Essonne


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CITY Linked , “Voir la ville autrement”

Riche de sa culture urbaine et de sa compréhension des territoires, CITY Linked propose son expertise pour l’élaboration de stratégies urbaines au service du secteur public comme du privé, dans une démarche partenariale.

Un entretien avec Sybil Cosnard, Directrice de CITY Linked La philosophie de CITY Linked se veut apporter un regard inventif sur les dynamiques urbaines à l’œuvre aujourd’hui. Pourriez-vous présenter votre agence ainsi que les prestations qu’elle propose ? La création même de CITY Linked découle d’un ressenti : celui du manque de structures d’accompagnement qui sachent aussi bien comprendre les souhaits du public que la logique financière d’une entité privée. Ces deux champs d’intervention la différencient en ce sens d’une agence d’urbanisme classique ou d’un cabinet d’architecture, car il nous tient à cœur de mettre en connexion les différents acteurs de l’aménagement, via le partage et la capitalisation des connaissances sur le développement des villes. A l’heure où le budget des collectivités se retrouve considérablement réduit, il est crucial de cerner leurs besoins en amont pour mettre en œuvre des projets efficaces. C’est pourquoi CITY Linked privilégie avant tout une démarche de dialogue, souple et adaptée, auprès de chacun de ses interlocuteurs.

nouveaux équilibres territoriaux, en définissant dès à présent leur positionnement au sein de la Métropole. Seule une vision stratégique et à long terme pourra permettre d’adapter efficacement les documents d’urbanisme, de préparer l’arrivée d’une gare du Grand Paris Express et, plus généralement, de conserver la maîtrise du développement urbain.

Quels projets avez-vous réalisé au sein du territoire des Portes de l’Essonne ? CITY Linked a été retenu en groupement avec le cabinet Peyrical & Sabattier Avocats et le bureau d’études ATER environnement pour conduire la révision du PLU de Juvisy-sur-Orge, un territoire auquel nous croyons beaucoup. Pour bon nombre de communes franciliennes, la démarche de révision du PLU est devenu un outil indispensable pour faire face aux évolutions institutionnelles à l’œuvre avec l’avènement de la Métropole du Grand Paris. Pour Juvisy sur Orge, l’enjeu est d’affirmer son nouveau positionnement territorial aux portes du Grand Paris, tout en valorisant l’identité juvisienne et en préservant son cadre de vie.

Quels projets vont marquer votre actualité prochainement ? L’actualité métropolitaine renforce nos liens avec les collectivités. Nous accompagnons plusieurs communes franciliennes pour la révision de leur PLU (Sèvres, Juvisy sur Orge, La Courneuve), mais notre accompagnement peut prendre des formes diverses, parfois moins formelles (Audit de PLU à Saint-Ouen, mission de conseil en urbanisme à Mantes-la-Jolie…) En parallèle, nous intervenons pour la requalification d’espaces économiques en mutation (zones d’activités déqualifiées, friches industrielles…) Au-delà de la définition du projet urbain, nous favorisons les échanges entre les propriétaires privés et les collectivités, pour accélérer le redéploiement de ces sites, et les mettre au service d’un développement urbain équilibré.

Le Grand Paris impose une “nouvelle donne” en termes d’urbanisme et de logement aux collectivités concernées. À quels défis vont-elles devoir faire face, notamment dans la maîtrise de leur développement urbain ? La construction métropolitaine conduit les collectivités à répondre à de nouvelles exigences, notamment en termes de construction de logements. Au-delà de ce défi, elles ont intérêt à anticiper les

Contact : CITY linked 20 Passage Saint-Sébastien / 75011 Paris Tél. : 01 55 28 30 60 / Fax: 01 55 28 71 70 E-mail: infos@citylinked.fr / www.citylinked.fr DÉCEMBRE 2015

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ENTRETIEN |La vitalité économique de l’Essonne est incontestable ; avec un taux de chômage particulièrement bas, les entreprises de ce département se développent de plus en plus à l’échelle internationale.

“L’Essonne, une petite Allemagne !” La recherche et développement constitue un secteur important dans l’Essonne, contribuez vous a développer ce domaine et dans quelle mesure ? Aujourd’hui, au centre de nos préoccupations se trouve l’emploi qualifié mais c'est aussi une responsabilité sociétale indéniable que nous devons assumer. il est évident que la Recherche et le Développement, parmi d’autres éléments vont influer sur les niveaux d’emplois. Cependant le MEDEF n‘a pas non plus une implication majeure dans ce domaine. Ce sont nos adhérents qui eux, jouent un rôle considérable en la matière. Ils sont les grands acteurs de ce développement.

“L’Essonne est plus réactif et attractif que la plupart des départements.”

Quels secteurs comptez-vous développer ou mettre en place dans le département ? Une bonne partie de notre activité est tournée vers le développement de l’Entreprise donc vers l’emploi. Nous souhaitons promouvoir les nombreuses prises d’initiative, même au niveau de la politique de la ville, sur des créneaux marchands. Nous œuvrons pour le développement des qualifications professionnelles en valorisant la territorialisation du binôme formation/emploi, en vue de satisfaire aux emplois non pourvus, 400 000 en France, et de faire croître le taux d’activité des Jeunes Gens de nos Quartiers. Chaque année, nous organisons “la semaine de l’industrie”, action lourde lancée et encadrée par la Préfecture ; il s’agit de développer, en coopération avec les services académiques, la relation “ École/Entreprise”. 40 | LE COURRIER DU PARLEMENT |

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Comment expliquez-vous le très faible taux de chômage du département ?

Avez vous des ambitions internationales et quelles sont-elles ?

L’Essonne c’est une petite Allemagne ! Nous avons un taux de chômage de 7,4 % et un taux d’activité des 15-64 ans, de 74 % proche de l’allemand à 77 %, pour 69 % au niveau national. C’est un département jeune, qui, à partir de 1964, a fait partie de l’opération de déconcentration de Paris voulu par le Général de Gaulle et le Ministre Delouvrier, la politique des villes nouvelles de la Loi de 1970.

Bien sûr ! Nous avons près de 40 000 Entreprises et nombreuses sont celles qui nourrissent avec succès, des ambitions dans ce domaine. Ce sont ces PME qui se sont conférées ces quasi-monopoles technologiques et ces savoirs-faire qui leur permettent d’exporter en Europe et à l’international.

Aujourd’hui l’Essonne, c’est certes des grandes entreprises mais c’est aussi une armée de PME qui sont, soit sous-traitantes de l’Aéronautique, soit qui disposent d’un quasi-monopole technologique leur permettant de vendre presque dans le monde entier. L’Essonne est plus réactif et attractif que la plupart des départements, ce qui apporte une certaine aisance aux essonniens.

Il y a aussi les entreprises de taille intermédiaire, environ 700 de 50 à 300 Salariés, qui s’ouvrent tout aussi efficacement à l’échelle mondiale. Quels sont vos engagements en terme de politique environnemental des entreprises au sein du département ? C’est plutôt le rôle de la CCI de l’Essonne qui regroupe toutes les organisations patronales et il est vrai que de plus en plus de conventions et de pactes sont signés sur ce thème. Depuis 40 ans, nous parlons de microclimat dans ce département : c’est-à-dire que les femmes et les hommes de tout bord politique travaillent main dans la main sur cette problématique. Il en résulte une vision profonde et des valeurs communes sur la question de l’environnement n Propos recueillis par Valentine de Brye

Christian Thérond Président du MEDEF de l’Essonne


CHAPITRE 2

© ARochau / fotolia.com

DÉVELOPPEMENT DURABLE, CADRE DE VIE, ENVIRONNEMENT ET SOLIDARITÉS DÉCEMBRE 2015

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: un bailleur social à “visage humain”

À l’heure où la demande en HLM va croissant, l’Athégienne se veut un acteur engagé dans la construction de logements sociaux et principalement sur le territoire essonnien. Une mission qu’elle s’attache à remplir depuis près d’un siècle. Un entretien avec Alain Pisani, Président de l’Athégienne SA HLM et Géraldine Grillat, Directrice générale de l’Athégienne SA HLM Pourriez-vous présenter votre société ainsi que sa vocation essentielle ? Alain Pisani : L’Athégienne est une “vieille dame du logement” qui fêtera ses 90 ans le 29 février prochain ! Fondée en 1926, cette entreprise a démarré avec 4 personnes dans un garage à Athis-Mons, d’où elle tire son nom. À force de sérieux et de savoirfaire, elle rassemble aujourd’hui un patrimoine d’environ 400 habitations au total, avec une importante production sociale depuis 2009, soit près de 1 500 logements HLM en 6 ans seulement. Possédant deux résidences dans le Val de Marne (à Villeneuve-LeRoi et Villeneuve-Saint-Georges), la société s’est implantée essentiellement sur le département de l’Essonne dans 29 communes, notamment à Evry, Juvisy-sur-orge, Morangis, Pussay, Mennecy, Bondouffle, Ris-Orangis, Draveil et bien d’autres. Notre objectif ? Augmenter l’offre locative et développer une gestion de qualité, dans un cadre de vie agréable, tout en favorisant l’accession à la propriété des résidants par des constructions neuves. Une vision du “bon vivre ensemble” que les équipes de l’Athégienne portent aux côtés des maires, des collectivités et des services techniques et administratifs avec lesquels elles travaillent au quotidien. Plus précisément, quelles sont vos missions ? Alain Pisani : Bâtir, gérer, réhabiliter et innover sont les quatre

volets de notre action. S’attachant à construire des programmes adaptés aux besoins réels des collectivités locales, l’Athégienne participe à la diversification de l’offre sur des sites variés tels que le développement de nouveaux quartiers en continuité d’une ZAC, la création de centres médicaux, de crêches ou la transformation de bâtiments, etc. En parallèle, nous assurons un service permanent dans les immeubles pour garantir une gestion de proximité de qualité, via la présence de gardiens et de chefs de secteurs. De plus, la proximité des résidences avec le siège de l’Athégienne favorise une réactivité importante et des déplacements sur site aussi souvent que nécessaire. Géraldine Grillat : J’ajouterai que c’est surtout la démarche qualité qui distingue l’Athégienne des autres bailleurs sociaux. Quand certains se contentent d’appliquer les normes (RT2012, notamment) qui leur sont imposées, nous souhaitons anticiper les besoins des habitants en dotant par exemple les placards d’étagères (au lieu de simplement leur réserver un espace), les salles de bain de miroirs : autant de suppléments qui font la différence en terme de bien-être. Ainsi, les locataires à leur tour se sentent plus impliqués à contribuer au maintien du cadre de vie de leur résidence. Une lettre du président leur est également adressée pour les sensibiliser au sens du civisme, avec l’aide des gardiens qui assurent un dialogue permanent. Côté réhabilitation, l’Athégienne fait preuve également d’un véritable dynamisme en lançant des travaux dans les résidences où, parfois, personne ne les attendait. En ce sens, son Plan

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Stratégique Patrimonial (PSP) a mis en place une politique d’entretien rigoureuse basée sur quatre axes fondamentaux : I Sécurité et conformité ; I Maîtrise des énergies ; I Qualité de service ;

(Henri Barbusse et Voie Verte), dans le but d’améliorer le confort des logements et mieux maîtriser les dépenses d’énergies. Concernant la Communauté d’Agglomération des Portes de l’Essonne, de futurs projets sont en cours sur Juvisy, Paray-VieillePoste ou Athis-Mons notamment ainsi que sur le Grand Paris.

À ce titre, nous avons toujours obtenu d’excellentes évaluations sur l’entretien du patrimoine lors du dernier contrôle MIILOS (Mission Interministérielle d’Inspection du Logement). L’idée n’est pas d’attendre qu’un habitat se dégrade pour intervenir, mais le faire avant que les locataires n’en expriment le besoin. Quant aux isolations thermiques des bâtiments, l’Athégienne s’est engagée, dans le cadre de la Convention d’utilité sociale, de réhabiliter ses plus grandes constructions sur 6 ans : un challenge qu’elle a su remplir un an avant la date butoir, fixée en 2016. Pendant trois années de suite, la société a même été nommée premier producteur de logements sociaux dans l’Essonne avec 450 logements annuels et 11 chantiers menés en parallèle. Un coup de maître quand on sait que même les grands groupes tournent autour de 180 habitations créées par an. Une organisation interne efficace à taille humaine, un suivi permanent, une implication rendue possible par notre conscience de la priorité d’être sur le terrain, et avant tout une réactivité, sont autant d’atouts qui font notre force.

Comment la réforme de l’Action Logement a-t-elle impacté votre activité ? Géraldine Grillat : Avant, la loi autorisait les bailleurs à aller collecter les fonds propres directement chez les entreprises, ce qui permettait aux plus dynamiques de réinjecter cette collecte dans la construction au niveau local. Désormais, ces financements sont davantage sélectifs sur les villes d’implantation, nous mettant dans l’impossibilité de répondre à toutes les demandes, alors que les besoins en logements sociaux vont croissant chaque année, et pour plusieurs villes : les salariés sont partout ainsi que les entreprises. Une conjoncture d’autant plus regrettable dans le cas de l’Athégienne, qui s’est toujours rendue y compris sur les territoires où les autres bailleurs ne voulaient pas s’implanter. Alors que le département de l’Essonne est déficitaire de 2 000 à 3 000 de HLM par an, nous restons toujours dans l’attente d’une réponse sur la manière dont les moyens vont être déployés. Atteindre ses objectifs de production annuels, c’est possible. L’Athégienne se prêterait bien volontiers à cette démonstration, pour peu qu’on lui confie cette mission tout en lui attribuant les financements nécessaires adéquats.

Pourriez-vous en dire plus sur vos réalisations et vos projets en cours ? Alain Pisani : L’année 2015 fut riche sur le plan du patrimoine : quatre nouvelles résidences ont été livrées à Paray-Vieille-Poste, Mennecy, Pussay et Grigny. Côté réhabilitations, les programmes de travaux se sont également déroulés dans de bonnes conditions

Contact : L’Athégienne 108 rue des Plantes - BP 17 - 91200 Athis-Mons Tél. : 01 69 38 27 27 - Fax : 01 69 84 86 80 www.athegienne.fr

I Remise en état.

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doSSiEr | La Communauté d’agglomération Les Portes de l’Essonne, une agglomération jeune et dynamique

ENTRETIEN | Les Portes de L’Essonne possèdent plusieurs espaces verts qui ont su faire la réputation du département. Afin de préserver ce cadre et de contribuer à son expansion, le territoire mise sur une politique de l’environnement active et préventive.

“Harmoniser les services de tri des déchets sur l’Agglomération” Quelle politique menez-vous en matière de réduction des déchets ? Depuis 2010, l’agglomération des Portes de l’Essonne mène un programme ambitieux sur la prévention et la réduction des déchets. Notre objectif : une diminution de 7 % en 2016 et nous en sommes déjà à 5 % ! Afin de poursuivre cette dynamique, l’administration a renouvelé la convention avec les Régies dirigeant la plus grande recyclerie d’Ile-de-France, située à AthisMons. En collectant et réemployant meubles et objets, ce dispositif contribue à la réduction des déchets mais aussi au développement d’une économie locale et solidaire. A la suite de ce procédé, une véritable filière professionnelle du réemploi s’est créée.

Les espaces verts des Portes de l’Essonne sont souvent mis en avant, pouvez-vous nous dire plus ?

Une réflexion sera également engagée pour l’implantation de bornes de recharge des voitures électriques dans l’espace public des cinq communes de l’agglomération pour inciter les habitants à se tourner vers ce type de véhicules.

Véritable poumon vert d’Athis-Mons, ce projet de valorisation de l’Espace Naturel du Coteau des Vignes nous tient à cœur. Il représente une chance pour les habitants des Portes de l’Essonne et pour la biodiversité urbaine.

Quels sont les perspectives à venir sur le plan environnemental pour le département ?

Quels sont les projets mis en place pour développer davantage la politique écologiste déployée par le département ? En outre, l’agglomération vient d’approuver la cartographie du bruit réalisée par BruitParif fin 2014. Par la suite, nous étudierons les actions préservant la qualité des lieux remarquables pour leur calme tout en prévenant l’évolution du bruit dans l’environnement.

Nous souhaitons harmoniser les services de tri des déchets sur l’ensemble de l’Agglomération. Dans ce même dessein, le territoire s’est engagé dans la lutte contre le dépôt sauvage, qui sévit depuis quelques années. Ainsi, les Portes de l’Essonne et le Siredom (Office National des Forêts) travaillent au remplacement de la déchèterie d’Athis-Mons, devenue obsolète et sous-dimensionnée. Cela permettra de diminuer les coûts de collectes et traitements des déchets. Toutefois, harmonisation ne doit pas rimer avec uniformisation. Les spécificités de certains quartiers, gares, marchés, grands collectifs, nécessiteront toujours un traitement particulier pour assurer un service de qualité. 44 | LE COURRIER DU PARLEMENT |

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© Henri Perrot

Quels liens entretenez-vous avec les communes pour réussir ce projet ?

Même s’il est important d’explorer toutes les solutions possibles pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (production d’énergies renouvelables – géothermie, solaire – isolation), l’adaptation de notre territoire à la recrudescence de phénomènes climatiques tels que les tempêtes, canicules ou inondations reste un enjeu primordial pour la protection des populations et des entreprises. Nous suivrons de très près la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP 21) qui aura lieu fin novembre à Paris. Les communes des Portes de l’Essonne ont la profonde conviction que ces actions ne peuvent être que gage d’amélioration du cadre de vie. Par ailleurs, la Communauté d’agglomération a réalisé en 2014, non seulement son bilan carbone territoire, qui a permis de faire émerger des axes prioritaires comme la rénovation énergétique du tissu pavillonnaire, mais également une étude de vulnérabilité aux changements climatiques n Propos recueillis par Jeanic Lubanza

Brigitte Vermillet 12e Vice-présidente déléguée au développement durable et à l’environnement


CHAPITRE 3

© H. Perrot

TRANSPORTS, INFRASTRUCTURES, AMÉNAGEMENT URBAIN DÉCEMBRE 2015

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doSSiEr | La Communauté d’agglomération Les Portes de l’Essonne, une agglomération jeune et dynamique

ENTRETIEN | Alors que la mobilité est au cœur des préoccupations des habitants du territoire, la CALPE soutient de nombreux projets d’amélioration des transports.

Quels enjeux pour les transports sur notre territoire ? Outre la rénovation du Grand-Pole Intermodal de Juvisy-sur-Orge, qui voit passer 60 000 usagers par jour, notre territoire doit développer ses transports puisque beaucoup de nos habitants vont travailler dans des territoires voisins ou à Paris. Nous attendons la concrétisation du tramway T7 sur la N7 et son prolongement jusqu’aux gares structurantes proches. Cela comprendra aussi la requalification de la nationale 7. Je crois aussi à l’arrivée de la ligne 14 jusqu’à Morangis, la construction du contournement sud-ouest de l’aéroport d’Orly. Enfin, l’aéroport d’Orly va bénéficier de nouvelles infrastructures comme la gare TGV et le nouveau terminal, qui seront des outils de développements majeurs.

© SNCF AEI CG91

Notre territoire doit développer ses transports

Nous devrons aussi travailler aux solutions de transports propres, comme les voitures et vélos électriques, les places de stationnement dédiés, et favoriser la circulation douce (pistes cyclables).

“Nous devrons aussi travailler aux solutions de transports propres.”

Le futur territoire sera-t-il moderne et connecté ? C’est notre ambition et nous y travaillons. Depuis notre élection il y a moins de deux ans, nous n’avons pas eu la possibilité de renégocier les accords et les orientations passés avec les grands opérateurs, dont les stratégies ont énormément évoluées. L’année 2016 devrait voir la fibre être déployée sur notre territoire, et nous pourrons nous appuyer sur ce réseau pour développer des villes plus connectées, plus intelligentes, plus interactives. C’est un enjeu majeur pour l’avenir n Propos recueillis par Julien Dreyfuss

“Développer des villes plus connectées, plus intelligentes, plus interactives .” Robin Reda Président de la Communauté d’agglomération Les Portes de l’Essonne, maire de Juvisy-sur-Orge

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Aéroport Paris-Orly : une vision stratégique entre ciel et terre

Un entretien avec Franck Mereyde, Directeur de l’aéroport Paris‐Orly

“Vue extérieure du bâtiment de jonction entre les terminaux Sud et Ouest de Paris-Orly”

Où en êtes-vous des chantiers de modernisation de Paris-Orly ? Plusieurs chantiers ont été mis en œuvre ces dernières années : après l’achèvement de l’amélioration des accès routiers aux terminaux, une nouvelle salle d’embarquement de près de 20 000 m2, à la place du satellite international d’Orly Sud, sera mise en service en mars 2016. Enfin nous avons engagé au mois d’avril 2015 la 1ère étape du chantier qui vise à fusionner les terminaux Sud et Ouest en un seul terminal, offrant près de 80 000 m2 de surfaces supplémentaires. Ces transformations vont permettre d’améliorer les conditions d’accueil des passagers. Aujourd'hui, les voyageurs connectent des destinations de plus en plus lointaines et passent plus de temps dans les aérogares. Il faut donc leur proposer plus de services, de divertissements et de confort.

Quelle est l’évolution du trafic de Paris-Orly ? En 2014, le record de trafic a été battu avec 28,9 millions de passagers, sans augmentation du nombre de mouvements d’avions. Cette année encore la tendance se confirme avec une progression de 123 à 127 passagers par avion. Par ailleurs, la structure du trafic évolue : il s’internationalise et se diversifie. Le trafic européen (hors France) représente désormais 30 % du trafic total avec près de 50 villes desservies, le trafic intercontinental 30 % et la métropole 40 %. En 2015, 10 nouvelles lignes aériennes s’ouvrent et permettent à l’aéroport d’être connecté à plus de 150 villes dans le monde. Quelle est la place de l’aéroport Paris-Orly dans le Grand Paris ? Le grand chantier de rénovation de l’aéroport est un élément clef du développement du Grand Paris. Après l'arrivée du tramway T7 en 2013, l’aéroport anticipe l’arrivée des lignes de métro 14 et 18 en 2024. Dès à présent Aéroports de Paris prépare l’environnement de la future gare d’interconnexion qui pourra également accueillir à terme les TGV face au futur bâtiment de jonction. Paris-Orly est un acteur majeur du territoire du Grand Orly qui est le 1er pôle économique du sud francilien. Ce territoire concentre 250 000 habitants et 173 000 emplois, dont 27 000 emplois directs sur l'aéroport.

Un entretien avec François Cangardel, Directeur de l'Immobilier d'Aéroports de Paris

© Arte Factory Lab

© Image Aéroports de Paris

S’adaptant en permanence aux meilleurs standards internationaux, l’aéroport Paris‐Orly a engagé une série de travaux ambitieux, tant en matière de trafic aérien que de développement immobilier.

“Quartier d’affaires Cœur d’Orly”

Où en êtes-vous du développement de Cœur d’Orly ? Sur l’Aéroport Paris-Orly, le quartier d’affaires Cœur d’Orly dispose d’un fort potentiel de développement. La première tranche de ce lieu de vie tertiaire prévoit trois immeubles de bureaux, dont le premier Askia (19 500 m2) sera livré à la fin de l’été, des commerces et services (41 000 m2) et trois hôtels Accor en cours de chantier (35 000 m2). Aéroports de Paris est aménageur et investisseur à 50 % sur les bureaux et les commerces avec Altarea Cogedim et Foncière des Régions. Quels sont vos autres développements immobiliers sur l’aéroport Paris-Orly ? Afin de répondre aux demandes d’implantation des entreprises sur ses vastes réserves foncières, Aéroports de Paris développe différents quartiers en périphérie de l’aéroport Paris-Orly : la poursuite de la rénovation d’Orlytech, le parc Vendavel dédié à la logistique et le parc des Avernaises pour les activités industrielles et la logistique à forte valeur ajoutée à Wissous, ainsi que le parc Tivano pour les activités industrielles et Orlyparc à Athis-Mons.

Quels sont vos projets sur le périmètre de la CALPE ? Aéroports de Paris dispose de vastes réserves foncières sur AthisMons : 10 ha sur le parc Tivano et 40 ha sur Orlyparc et ses alentours. En concertation étroite avec la municipalité d’Athis-Mons, le groupe a engagé une étude de marché et une étude d’urbanisme, afin d’identifier le type d’activités qui pourraient être implantées et de définir un plan d'aménagement harmonieux pour les riverains et les entreprises. Aéroports de Paris vient également de concrétiser près d’Orlyparc un projet de résidence avec RSF de 130 logements pour les jeunes travailleurs travaillant sur l’aéroport (2017).

Contact : Aéroports de Paris – Direction de la Communication Pôle Opinion - département presse 291 boulevard Raspail. 75675 Paris Cedex 14 tel:+33 1 43 35 70 70 / relationpresse@adp.fr http://www.aeroportsdeparis.fr/groupe DÉCEMBRE 2015

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L’ancrage territorial au service des transports du futur L’Agence de développement territorial (ADT) Essonne/Yvelines de la RATP accompagne les élus dans leurs projets de transport et contribue à l’avènement de solutions d’avenir adap‐ tées à la spécificité des territoires.

Un entretien avec Isabelle Bellanger, Directrice de l’ADT Essonne/Yvelines de la RATP

L’ancrage territorial de l’ADT78-91 permet d’accompagner le développement de la RATP et l’élaboration de propositions adaptées aux “enjeux de transport”, en lien avec les élus, les Autorités organisatrices de transport et les acteurs économiques et sociaux. Elle a pour mission : • de renforcer les relations de confiance avec les parties prenantes du territoire de l’Essonne et des Yvelines. • d’intégrer les notions de développement durable dans nos métiers du transport. • de contribuer à l’amélioration de la compétitivité du réseau et de préparer l’avenir du mode Bus et Tram. • de proposer des terrains d’expérimentation pour développer des innovations technologiques. Quels sont les grands travaux qui vous occupent en ce moment ? I L’exploitation du T7 : après les travaux, le retour d’expérience vise à analyser et améliorer le système. I Le prolongement du T7 que nous considérons indispensable jusqu’à Juvisy car tous les utilisateurs qui arriveront du RER voudront rejoindre les pôles tels que Orly ou Rungis. I Le suivi du chantier Grand Pôle Intermodal de Juvisy car il aura un impact sur la circulation des bus et le futur T7. I Le schéma directeur du RER B en Essonne qui permettra d’améliorer la régularité de la ligne. I Le Schéma directeur du RER A dans les Yvelines et le prolongement du T6 jusqu’à Viroflay. I Le suivi des projets du Grand Paris Express avec le prolongement de la ligne 14 au Sud jusqu’à Orly dont la RATP est maitrise d’Ouvrage et la création de la ligne 18 d’Orly à Versailles. Les objectifs en matière d’accessibilité fixés pour 2015 seront-ils atteints ? La ligne B du RER est complètement accessible sur l’Essonne, à l’exception de la gare de la Croix de Berny dont la mise aux normes est en cours. Sur le territoire de la CALPE, les lignes de bus 485 à 488 et 399 sont désormais adaptées aux personnes handicapées et nous avons réalisé, avec la Communauté d’agglomération, un important travail pour aménager les points d’arrêt qui se trouvent sur

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son réseau historique. En revanche, ceux situés à Morangis et Savigny ne sont pas encore accessibles mais devraient l’être dès 2016. Dans le cadre du Grand Paris Express, la RATP a lancé le projet “Bus 2025”. Quels seront les différents axes de cette nouvelle mobilité ? La RATP s’est engagée dans une démarche énergétique permettant que ses bus soient propres d’ici 2025, en les convertissant majoritairement à l’électrique. Par ailleurs, la réflexion prendra en considération les nouveaux usages en matière de mobilité (autopartage, covoiturage, vélos en libre-service) et l’articulation de ces derniers avec l’offre de transport existante sur les territoires. Concernant la CALPE, les liaisons avec les pôles tels qu’Orly, Sénia, Evry ou Corbeil sont des pistes à étudier dès maintenant compte tenu des délais longs de mise en place. Pour des mobilités plus locales, il faut réfléchir à des solutions adaptées : les transports à la demande, ou encore les services urbains électriques. Quelle est votre action en matière d’insertion et d’accès à l’emploi ? En tant qu’entreprise sociale et solidaire nous avons embauché 400 emplois d’avenir en 2013. La RATP a signé la Charte Entreprises et Quartiers de l’Essonne et elle est partenaire du dispositif Garantie Jeune. Nous collaborons avec les partenaires locaux pour recruter sur place. Avec le PLIE Nord-Essonne, l’ADT78-91 participe aux forums métiers, à l’examen de CV qui lui sont proposés et organise des ateliers mobilité. Enfin, le dispositif Passerelle entreprise permet à des demandeurs d’emploi de suivre une remise à niveau pour pouvoir intégrer des postes de machinistes garantis par la RATP. Contact : Isabelle Bellanger : isabelle.bellanger@ratp.fr 0158777606 © RATP / Bruno Marguerite

Quel est le rôle de l’ADT et comment collaborez-vous avec la CALPE ? En 2000, la RATP a créé les ADT, une par département en petite couronne, alors qu’en grande couronne, des regroupements ont eu lieu.


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Keolis Seine Val de Marne un réseau performant pour la CALPE

Depuis 1950, l’entreprise Keolis Seine Val de Marne (anciennement Keolis Athis Cars) est un atout majeur au développement de lignes régulières de bus aux Portes de l’Essonne.

A

vec ses 280 salariés et 123 véhicules dispersés dans le territoire, Keolis Seine-Val de Marne fait partie des réseaux de transports efficaces. Le service s’est doté de lignes de bus assurant la liaison entre Juvisy, Athis-Mons et Paray-Vieille-Poste, villes principales de l’agglomération. Par ailleurs, elle assure des prestations occasionnelles pour les établissements scolaires comme les sorties vers des centres culturels et sportifs. Dans cette logique de service à la personne, des équipes de médiateurs vont à la rencontre des usagers lors de perturbations. Afin de répondre aux besoins croissants de la population, Keolis a mis en place une navette reliant diverses communes au Marché de Juvisy et les lignes 486 et D, garantissent la liaison des groupes

scolaires St-Charles et Jean Jaurès d’Athis Mons aux villes extérieures. En outre, la société exploite le réseau Noctilien de la RATP dont les circuits s’effectuent entre les cantons de la CALPE et Paris Gare de Lyon/ Gare de l’Est. Dans ce même souci d’efficacité, Keolis Seine Val de Marne poursuit son programme de développement pour septembre 2015. Dès la rentrée, la desserte du 191-100 entre Juvisy et Morangis sera améliorée. La ligne 8 connaitra également de profondes transformations. Des navettes supplémentaires seront affrétées entre Villeneuve-Saint-Georges et l’aéroport d’Orly Ouest. Ce qui permettra de promouvoir un service performant entre ces deux points de ralliement majeurs.

Contact : Keolis Seine Val de Marne 172 avenue François Mitterrand - 91200 Athis Mons Tél. : 01.69.57.55.23 - E-mail : vincent.beck@keolis.com www.keolis.com

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Une entreprise sérieuse et disponible Engagé aux côtés d’entreprises publiques, et privées, Etudes et Synergies accompagne durablement ses organismes dans ses projets de BTP et d’Ingénierie.

Un entretien avec Michel Planson, Directeur d’Etudes et Synergies

Pouvez-vous nous présenter Etudes et Synergies et ses principales activités ? Etudes et Synergies regroupe, sous son appellation, beaucoup de compétences liées à l’ingénierie de projets, la coordinations sécurité et protection de la santé, l’assistance à maître d’ouvrage, l’ordonnancement pilotage et la maîtrise d’oeuvre, la conception et la réalisation en VRD ou encore l’exécution en bâtiment. Avec quels types d’organismes travaillez-vous ? Nous travaillons principalement avec des maîtres d’ouvrages publics à hauteur de 80%. Par ailleurs, nous collaborons étroitement avec les mairies, les conseils généraux et régionaux, les communautés d'agglomérations, mais aussi les entreprises commerciales, les sociétés industrielles, les promoteurs immobiliers ou encore les laboratoires de recherches.

Dans votre relation au client, quels principes mettez-vous en avant ? Nous axons principalement la qualité de nos prestations et la précision dans la livraison de nos projets. Le fruit d’un travail exigeant et rigoureux permet d'établir une relation de confiance durable avec le client.

Contact : Etudes et synergies 29, rue de Rosières, 91240 Saint-Michel-sur-Orge Tél. : 01 69 51 16 56 Fax : 01 69 51 16 56 E-mail : direction@etudesetsynergies.fr www.etudesetsynergies.fr DÉCEMBRE 2015

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Cassure, fissure, corrosion : autant de dégradations qui peuvent altérer la qualité de l’eau et entrainer une pollution des nappes phréatiques. En ce sens, l’entreprise M3R accompagne les collectivités dans l’entretien et la remise à neuf de leurs réseaux d’assainissement par des techniques fiables, rapides et écologiques.

Un entretien avec Franck Maillotte, Président de M3R

Quelles autres prestations proposez-vous ? Parallèlement à son cœur de métier qui consiste en la réhabilitation sans tranchée, M3R a développé des activités connexes. L’une d’entre elles est hébergée au sein de l’entreprise SEA Environnement, spécialisée dans l’assainissement et la maintenance de canalisations. Nettoyage, inspection télévisée et entretien des réseaux par hydrocurage sont autant de prestations que nous proposons aux clients d’Ile-de-France et de province. Aujourd’hui, cette PME francilienne indépendante se différencie par sa taille et son offre complète dans le domaine de l’assainissement comme une alternative aux grands groupes.

Discrétion, rapidité, sécurité : M3R réalise l’ensemble de ses travaux par “voie interne”, sans ouverture de tranchée. Pourriez-vous en dire plus sur vos techniques ? En plein essor aujourd’hui, le chemisage partiel et continu sont des techniques qui se sont démocratisées il y a 20 ans et particulièrement depuis une dizaine d’années. Contrairement aux méthodes traditionnelles, elles permettent la réalisation des travaux par voie interne, autrement dit sans interrompre l’activité en surface et en limitant les nuisances pour les riverains, de bruit comme de pollution. Plutôt que d’ouvrir une tranchée, il s’agit de substituer le tuyau défectueux en se servant de lui comme “moule”, pour créer celui qui va le remplacer. Plus rapide et discrète, cette approche génère par ailleurs un moindre impact sur l’environnement, diminuant la durée et les coûts du chantier, qu’ils soient directs ou indirects. Plus en détails : I Pour les réparations ponctuelles, le chemisage partiel consolide les faiblesses mécaniques des réseaux circulaires (DN125 à 1000mm) ; I Pour une rénovation complète, le chemisage continu permet de réparer les défauts importants de structure ou d’étanchéité des canalisations. Il consiste à créer par gainage une nouvelle canalisation à l’intérieur de l’ancienne.

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Qui sont vos principaux clients ? Bien qu’ayant une clientèle diversifiée, nous travaillons essentiellement avec les collectivités territoriales et locales : Conseil Général 94, SIAAP, SANEF, SAPN (Société des Autoroutes Paris-Normandie), SNCF, Mairie de Noisy-Le-Grand, SIAHVY, Métropole Européenne de Lille, Mairie de Versailles, le Conseil général de l’Essonne, des Yvelines… ont déjà fait appel à nos services. Quelles réalisations avez-vous effectué sur le territoire des Portes de l’Essonne ? Nous avons déjà réalisé deux chantiers importants dans la commune de Paray, dont le projet “Tripartite”, qui recoupe notamment les rues Paul Lafargue, Paul Vaillant, André Bernardeau. Le deuxième vient quant à lui de démarrer dans la rue Eugène Tartasse. Par ailleurs, Morangis et Juvisy-sur-Orge ont elles aussi fait l’objet de plusieurs réalisations menées par M3R. Aucun doute que ce nouveau marché va nous permettre de conforter notre développement dans la région. Contact : M3R 5 rue Ettore Bugatti ZAE de l’Autodrome BP 600 71 LINAS 91312 Montlhery cedex Tél. : 01 64 49 36 66 Fax : 01 64 49 38 38 www.m3r.fr

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M3R : spécialiste de l’entretien et de la remise à neuf des réseaux d’assainissement


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Semmassy, imagine la ville de demain L’entreprise publique locale d’aménagement et de construction Semmassy accompagne les territoires, imagine et conçoit les futures réalisations des collectivités.

Un entretien avec Willem Pauwels, Directeur de Semmassy

Comment intégrez-vous les quartiers de Massy et du Grand Paris, dans le projet de quartier Atlantis Grand Ouest ? Massy Atlantis au pied d’un hub de transport, est la transformation d’une zone d’activité Place du Grand Ouest en un véritable quartier mixte Agence Christian de Portzamparc et animé. Cette opération au montage atypique est sans nul doute aujourd’hui une préfiguration de ce qui se déroulera autour des futures gares du Grand Paris. Comment la nouvelle figure de proue BRIO, conçue par l’architecte Philippe Gazeau est-elle pensée dans ce dis-

positif de revalorisation de quartier Atlantis ? BRIO valorise l’adresse tertiaire “Massy-Atlantis”. Cette opération ambitieuse ne nous positionne pas dans une production “lambda”, mais bien dans une démarche révélatrice du dynamisme et de l’attractivité.

© Hervé Abbadie

Pourriez-vous nous présenter vos différentes activités ? Nous sommes une structure dédiée aux collectivités territoriales. Nous accompagnons les collectivités pour développer et transformer leur territoire. Elle conduit des études pré-opérationnelles, la construction d’équipements. Mais l’aménagement urbain (réalisation de cœur de villes, renouvellement urbain, parc d’activités…) est le cœur de notre métier.

Architecte Philippe GAZEAU

Franciades-Opéra, quelles sont les ambitions du projet, prévu pour mi-2016 ? Franciades est un quartier développé dans les années 1960, dont le centre commercial fût autrefois un fleuron du commerce. Il paraissait alors essentiel pour ce site, devenu “vieillissant” de le transformer en véritable cœur de ville commerçant et animé autour d’espaces publics reconquis.

Contact : Semmassy 85, rue Raymond Aron - 91 300 MASSY Tél. : 01 60 11 35 34 - Fax : 01 60 11 35 34 E-mail : semmassy@semmassy.fr - www.semmassy.fr

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“HP.BTP : la valeur sûre de la CALPE” Entreprise de travaux publics en plein développement, HP BTP, PME indépen‐ dante basée à Villeneuve Le Roi souhaite devenir un élément indissociable de la Communauté d’agglomération des Portes de l’Essonne. Dans le but de dy‐ namiser l’économie du territoire, la société s’intéresse aux projets des diverses communes de la Communauté d’Agglomération et de la région Ile‐de‐France.

Un entretien avec Olivier Pouvesle, Président d’HP BTP Quel est le fonctionnement de votre entreprise ? HP BTP est spécialisée dans les travaux publics (VRD). Nous déployons également notre énergie autour de chantiers d’assainissement, de voiries et des grands réseaux souterrains. Nous sommes également spécialisés en matière de génie civil (construction et réhabilitation des structures publiques) et de génie hydraulique.

Quel travail entreprenez-vous au sein de la CALPE ? Après l’obtention d’un contrat d’entretien des réseaux de la CALPE, nous sommes devenus l’un des premiers partenaires de la Communauté d’agglomération des Portes de l’Essonne. Afin d’accroître la dynamique de la région, nous investissons et soutenons les projets des collectivités locales en les aidant dans la construction et nous les assistons dans leurs réalisations si elles nous les confient. À certaines occasions, notre société étend ses réalisations à d’autres départements comme dans les Yvelines, à Sartrouville et Meudon dans les Hauts de Seine, où nous avons construit des bassins de stockages des eaux.

Quels sont les futurs projets amorcés par HP.BTP ? HP BTP souhaite se développer sur l’ensemble de l’Essonne. Grâce aux divers travaux d’aménagement comme la construction de la plus grosse canalisation en fonte de France diamètre 2 000 à Meudon, l’entreprise parvient à maintenir une dynamique efficace auprès des collectivités. Actuellement, nous axons nos efforts sur la commande publique. En tant que PME, nous ne disposons pas des mêmes moyens financiers que les multinationales des travaux publics. Lorsque des marchés importants se profilent, comme celui du Grand Paris, ces entreprises ont la possibilité de planifier des études et de prendre des parts de marchés conséquentes tandis que les autres sont relayés à la sous-traitance. Pour apporter une réponse à cette problématique, nous souhaiterions que soit appliquée la règle simple de l’allotissement comme prévu dans le code des marchés publics. Contact : HP. BTP 665, rue des vœux St Georges / 94290 Villeneuve Le Roi Tél. : 01 49 61 33 00 / E-mail : secretariat.hp.btp@orange.fr DÉCEMBRE 2015

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MONDE EDITION COMMUNICATION & CREATION GRAPHIQUE

2015/02497

Tél: 01 44 54 05 50 © Communauté d’agglomération des Portes de l’Essonne

3, rue Mornay - 75004 Paris

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CHAPITRE 4

© Communauté d’agglomération des Portes de l’Essonne

PATRIMOINE ET CULTURE DÉCEMBRE 2015

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doSSiEr | La Communauté d’agglomération Les Portes de l’Essonne, une agglomération jeune et dynamique

ENTRETIEN | Si les Portes de l’Essonne se sont toujours efforcées de mener une politique culturelle volontariste, la saison 2015/2016 s’annonce particulière au vu des mutations que va connaître ce territoire. De quoi conforter la vocation sociétale de la culture sous toutes ses formes.

“Amplifier le rôle de l’information et de la connaissance”

La programmation du spectacle vivant sur les salles de notre territoire était faite par deux structures distinctes : un service de l’agglomération et une association. Cela obligeait les usagers à avoir deux abonnements et un véritable casse-tête pour savoir où acheter les places. Pour simplifier l’accès à nos équipements et pour gagner en cohérence de programmation, nous avons décidé de créer un établissement public regroupant les deux services. Les habitants peuvent d’ores et déjà bénéficier d’une billetterie unique et retrouver les équipes culturelles au même endroit à la propriété Ducastel dans le parc de la Mairie de Juvisy. L’agglomération des Portes de l’Essonne rejoignant au 1er janvier le nouveau territoire de l’EPT 12, cette structure qui devrait s’appeler “Bords de scènes” continuera de programmer en proximité les équipements culturels communautaires pour les villes de Juvisy, Morangis et Athis-Mons. Parlez-nous de l’offre culturelle et des innovations de cette saison 2015/2016... Cette saison est un peu particulière. La plus grande salle de spectacle de notre agglomération, l’espace Jean Lurçat de Juvisy, va fermer ses portes pour 18 mois pour des travaux de rénovation de grande ampleur de nouveaux gradins, refonte de l’acoustique, un accueil pour les artistes et les spectateurs entièrement repensé et une nouvelle façade 54 | LE COURRIER DU PARLEMENT |

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plus conforme à notre ambition culturelle. Nos équipes ont fait de ce handicap un véritable atout de programmation, en redoublant de créativité avec une série de spectacles aux quatre coins de notre territoire, avec des formes plus intimistes et plus en proximité de nos habitants. Nous espérons ainsi capter une population nouvelle en plus de nos habitués.

réseau. Cette saison 2015/2016 sera donc encore plus riche et plus éclectique que les précédentes. Aux Portes de l’Essonne nous avons sanctuarisé le budget de la culture malgré les baisses de dotations de l’État, car nous sommes conscients plus que jamais de son rôle fondamental dans l’éducation ou dans les nouveaux projets de société : en un mot, dans le mieux vivre-ensemble.

“Un lien fort entre les établissements scolaires et les structures culturelles du territoire.”

Vous disposez également d’une École et Espace d’art contemporain, Camille Lambert. Comment s’intègre-t-il aux exigences de la création actuelle ? Quels ateliers proposez-vous ?

Nous profitons aussi de l’arrivée de l’espace Pierre Amoyal, l’ancienne salle de fêtes de Morangis qui vient de rejoindre notre © Henri Perot

Les deux structures culturelles des Portes de l’Essonne se sont regroupées en septembre 2015 dans des nouveaux locaux à Juvisy, est-ce l’amorce d’un rapprochement durable ?

L’École et Espace d’art contemporain Camille Lambert est une structure atypique qui associe enseignement des arts plastiques et lieu d’exposition. L’histoire de la structure est fortement liée au territoire. La présence artistique dans le lieu date des années 1920 quand Camille Lambert, peintre d’origine belge, s’est installé à Juvisy. Par le legs de sa maison à la ville de Juvisy, il a rendu possible l’ouverture de l’école d’arts plastiques au milieu des années soixante, activité qui se poursuit maintenant depuis plus de cinquante ans. Ouverts aux enfants et aux adultes, les ateliers proposent un large panel de disciplines allant des plus attendues comme la peinture, la sculpture ou la céramique à un pôle d’ateliers Nouvelles technologies proposant

Nadège Achtergaele Vice-Présidente de la Communauté d’Agglomération Les Portes de l’Essonne déléguée à la Culture et au Patrimoine


de la vidéo, du film d’animation et de l’infographie. Les disciplines enseignées sont le reflet des différents médiums de la création actuelle que le public peut découvrir dans les expositions de l’espace d’art. Née d’une volonté de faire venir la création au plus près des habitants, la galerie dont nous fêterons les 30 ans en 2017 est un véritable outil pédagogique, support pour les professeurs dans l’accompagnement des élèves vers des propositions plus personnelles. Visites d’exposition, rencontres avec les artistes et workshop dans les ateliers entretiennent un va-et-vient permanent entre l’espace d’art et les ateliers. La programmation s’articule autour de quatre expositions par an et une biennale hors les murs, Hors d’œuvres, exposition dans les jardins de particuliers. Les jeunes artistes y bénéficient de possibilités d’expérimentation de nouveaux projets et recherches, quel que soit leur médium dans une volonté d’ouverture. La saison 2015-2016 est construite autour de la notion de territoire, questionnement très prégnant ces dernières années pour les habitants des Portes de l’Essonne. Il nous a semblé intéressant de mettre en perspective ces préoccupations avec celles d’artistes contemporains. Les expositions de la saison abordent cette question sous différentes acceptions ; cartographiques, sociales, urbanistique et même intime. Unique membre essonnien du réseau TRAM - art contemporain en Ile-de-France, la structure concourt au maillage de la région en espace d’exposition dédiée à la création plastique actuelle.

“Capter une population nouvelle en plus de nos habitués.” Comment incitez-vous la population à s’ouvrir aux activités artistiques et culturelles, notamment les plus jeunes ou les scolaires ? Le lien entre les établissements scolaires et les structures culturelles du territoire est fort. Les enseignants sont informés de l’actualité de chaque lieu et des visites menées par des professionnels (médiateurs, bibliothécaires, artistes) leurs sont proposées, de même qu’un accompagnement à la construc-

© Communauté d’agglomération des Portes de l’Essonne

doSSiEr | La Communauté d’agglomération Les Portes de l’Essonne, une agglomération jeune et dynamique

Les Ogres de Barback à l'espace Jean-Lurçat à Juvisy.

tion de projets qui peuvent prendre la forme d’ateliers de pratiques ou d’artistes en résidence dans les établissements scolaires. La richesse culturelle des Portes de l’Essonne permet aux enfants durant leur scolarité de découvrir différents domaines artistiques. Des actions sont également menées pour aller au plus près des habitants. Des stages d’arts plastiques sont notamment organisés en lien avec les partenaires du champ social durant les vacances scolaires. Des ateliers enfants-parents nous permettent de travailler autour de la parentalité. Les Portes de l’Essonne possèdent un réseau important de médiathèques : quelle est leur actualité et leur dynamique au regard de votre entrée dans le nouveau territoire ? Le réseau des médiathèques des Portes de l’Essonne comprend sept établissements de 180 à 2200 m2 sur les cinq communes. En 2015, il a intégré la médiathèque André Malraux de Savigny-sur-Orge, reliant cet établissement à la fibre optique, déployant 40 nouvelles stations, des consoles de jeu et des tablettes. En fusionnant le catalogue à celui des Portes de l’Essonne, il offre ainsi le même niveau de services aux usagers de cet établissement qu’au reste de la Communauté d’Agglomération. À côté de cela, la médiathèque Simone de Beauvoir, en travaux, profitera en 2016 de services innovants sur plus de 800 m2, permettant aux usagers de partager leurs envies de découverte et de faciliter leur cursus scolaire ou de retour à l’emploi.

Dès 2006, l’usager est au cœur du projet. Ainsi, avec une carte unique, il peut profiter des sept établissements en empruntant ou retournant les documents là où il veut mais aussi réserver n’importe lequel et le faire venir dans l’établissement de son choix. Cette démarche est amplifiée cette année par un “forfait mobilité” inclus dans l’abonnement de tout usager, lui permettant, par l’intermédiaire d’un portail de services, de profiter de l’offre de la Philharmonie de Paris, de vidéo à la demande (Arte et UniversCiné), d’autoformation (de l’accompagnement scolaire, à l’informatique sans oublier de nombreuses méthodes de langues), de la presse d’actualité mais aussi de ses archives (plus de 200 titres…). Plus qu’un portail de nos services, il s’agit bien d’une huitième médiathèque virtuelle que l’on peut emmener avec soi en permanence sur son smart phone ou sa tablette. Au sein du futur territoire 12, le réseau des médiathèques apporte son expertise de service public de proximité : en effet, il a très tôt mutualisé une partie de ses fonctions ou services afin d’apporter à tous une prestation de qualité. La mise en commun des moyens dans un territoire aussi vaste ouvre de nouvelles opportunités, amplifiant le rôle des médiathèques de proximité au cœur de la société de l’information et de la connaissance n

Propos recueillis par Julien Dreyfuss

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L’aide sert au financement des opérations d’insonorisation de logements, d’établissements d’enseignement ou de locaux sanitaires et sociaux. Elle a ainsi vocation à financer : n les études et opérations préalables à la réalisation des travaux de renforcement de l’isolation acoustique n les travaux de renforcement de l’isolation acoustique et de ventilation induits n les honoraires de syndics (dans la limite de 2% du mont. des travaux). L’aide est destinée à l’insonorisation des seuls bâtiments répondant à la double condition suivante : n situés en tout ou partie dans le plan de gêne sonore (PGS) et existants ou autorisés à la date de publication de ce dernier n situés en dehors du plan d’exposition au bruit (PEB) en vigueur à la date de la délivrance de l’autorisation de construire. Pour les logements, l’aide est limitée dans son volume : n elle ne peut s’appliquer qu’à un montant de travaux limité à une valeur forfaitaire déterminée en fonction du nombre de pièces du logement et de la zone du PGS où ce dernier est situé ; n Le taux de prise en charge est de 80 %, de 90 ou 100%, sous conditions de ressources. Il est de 95% pour les opérations groupées.

OUI

NON

OUI OUI

3 Votre logement a-t-il déjà été insonorisé (par vous ou par les précédents propriétaires) ?

NON

NON

2 Votre logement était-il compris dans le plan d’exposition au bruit (PEB) en vigueur à la date de délivrance de l’autorisation de construire ?

OUI

Vous n’êtes pas éligible à l’aide à l’insonorisation.

n met en œuvre le principe pollueur-payeur : les avions les plus bruyants aux heures les plus gênantes sont les plus taxés ; elle est ainsi calculée selon une formule prenant en compte simultanément la masse de l’appareil, les caractéristiques acoustiques de ce dernier, l’heure de décollage, la catégorie d’aérodrome ;

n est versée par les compagnies pour tout décollage d’un aéronef de plus de 2 tonnes ;

n est perçue au profit des exploitants d’aérodrome, qui sont chargés de la verser aux riverains bénéficiaires. En Ile de France, c’est Aéroports de Paris qui est gestionnaire de ces fonds, sous l’autorité de la CCAR.

u Le montant des prestations à prendre en compte est plafonné dans les conditions suivantes :

Vous n’êtes pas éligible à l’aide à l’insonorisation. Des dispositions spécifiques sont prévues pour les écoles et bâtiments à caractère sanitaire et social.

Vous n’êtes pas éligible à l’aide à l’insonorisation.

4 Vous pouvez bénéficier d’une aide financière à l’insonorisation : Cette aide est calculée par rapport au montant

Le dispositif est financé par la taxe sur les nuisances sonores aériennes (TNSA), qui :

uCette aide est calculée par rapport au montant des prestations d’insonorisation réellement exécutées.

1 Votre logement est-il situé dans le plan de gène sonore(PGS) ?

L’aide des pouvoirs Publics est attribuée après avis conforme de la commission consultative d’aide aux riverains compétente (CCAR), qui réunis, sous la présidence du Préfet, élus, associations et parties prenantes professionnelles.

Après : - instruction par ADP auprès de qui il faut déposer le dossier de demande, - avis de la commission consultative d’aide aux riverains compétente, - convention signée par ADP.

uCe plafond : • est augmenté de 1000 € par logement en cas de travaux de ventilation mécanique ou mécano-statique dans le logement collectif ; • est augmenté de 5 000 € en cas d’isolation de la toiture nécessitant une intervention par l’extérieur. uOn retient la plus petite des 2 valeurs suivantes : soit le montant réel des prestations d’insonorisation soit le montant plafonné tel qu’indiqué dans le tableau.

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Publi-rédactionnel

Le dispositif d’aide à l’insonorisation pour les riverains des aéroports de Paris-Charles de Gaulle, Orly et Le Bourget


PROSPECTIVE

Les Etats-Unis avancent vers l’inconnu

© Vernier / JBV NEWS

Dans un an, la première puissance mondiale changera de président. Le successeur de Barack Obama sera confronté à quantité de problèmes complexes qui n’apparaissent guère, pourtant, dans les programmes de ceux qui briguent la fonction…

Barack Obama lors des cérémonies officielles internationales du 70ème anniversaire de la libération de la France en Normandie.

T

oute l’année 2016 sera dominée, aux Etats-Unis, par la campagne présidentielle. C’est une complication dont les alliés de l’Amérique devront s’accommoder. Elle tombe mal pour tout le monde, y compris pour la France qui vivra elle aussi, selon un scénario approchant mais non identique, une inévitable dramatisation de sa vie politique intérieure dans la perspective de la course à l’Elysée. Difficile, dans ces conditions, de tabler sur des orientations claires en matière de politique étrangère, alors même que la situation internationale appellerait des gestes forts, tels que la participation de l’armée américaine à une grande coalition contre l’Etat islamique, puissance auto58 | LE COURRIER DU PARLEMENT |

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proclamée aux confins de la Syrie et de l’Irak, devenu l’abri stratégique des adeptes de l’exportation du djihadisme le plus cruel. On connait le “dilemme d’Obama” , qui ne se dissipera pas avant la fin de son mandat : il a été élu pour mener une politique contraire à celle de la guerre “invasive” en Irak qui aura marqué l’administration de son prédécesseur du sceau de l’irresponsabilité et du mensonge. D’où son rapprochement avec l’Iran dont l’avenir dira s’il ne s’agit pas d’une nouvelle erreur d’analyse. Même s’il a capitalisé dans l’opinion une image de fermeté avec l’élimination à grand spectacle de Ben Laden, l’ennemi numéro un du pays depuis le 11 septembre 2001,


son souci aura toujours été, en sept ans de mandat maintenant, d’apparaître comme le contraire d’un “va-t-en guerre”. N’entretenant pas avec les dirigeants israéliens d’aussi cordiales relations que ses prédécesseurs, le locataire de la Maison-Blanche a été très fier d’avoir été l’un des quatre présidents américains (le dernier étant Jimmy Carter) à recevoir le Prix Nobel de la Paix, même si cette distinction, attribuée en 2009, a été et demeure l’une des plus controversées car Barack Obama a en effet souvent été amené à décider l’envoi de troupes à l’extérieur, notamment en Afghanistan. Il a cependant multiplié les signes de bienveillance vis à vis du monde musulman, notamment lors de son discours du Caire, en 2009, où certains observateurs - la visite se situait avant “le printemps arabe” avaient pu noter dans son discours une critique des pays interdisant le port du voile au nom de la laïcité.

phare de la démocratie devrait faire son lot. Hélas, la culture télévisuelle de l’instantanéité et du spectacle réduit de beaucoup l’exposé des problématiques. Il n’est pas facile de comprendre ce qui fait vraiment débat entre les candidats. On voit bien que la société américaine, tétanisée par le “patriot act” consécutif au 11 septembre, gère vaille que vaille les terribles excès de la collecte à grande échelle des métadonnées et qu’il s’agit d’un problème d’autant plus épineux que les nouveaux géants de son économie ne sont plus les pétroliers texans ni les constructeurs d’automobiles de Détroit mais les champions du “marketing digital” (consistant à suivre le consommateur à la trace). La collecte généralisée et systématique d’informations sur tout le monde est au coeur de quelques controverses vite annihilées par le consensus global sur le besoin de sécurité.

Lors de son élection et plus encore de sa re-élection, en 2012, face au républicain Mitt Romney, cependant, l’image d’un homme très idéaliste dans ses discours mais pragmatique dans l’action, plutôt “minimaliste” en politique étrangère et surtout soucieux d’inciter ses différents interlocuteurs - qu’il s’agisse des Européens ou des Moyen-Orientaux - à trouver en eux-mêmes la solution à leurs propres difficultés. Cette position, en rupture apparente avec l’interventionnisme excessif des USA sur la marche du monde, a été plutôt bien accueillie par le “main stream”, c’est à dire le courant d’opinion censé représenter l’Amérique moyenne. En réalité, l’administration Obama rêvait de concentrer ses efforts sur l’Asie et la zone pacifique, car la pugnacité économique et la militarisation croissante de la Chine constituait aux yeux du Département d’Etat la seule véritable menace sur son hégémonie technologique et monétaire. Mais les grandes stratégies se heurtent parfois à des brutales accélérations de l’histoire et le président américain a mal anticipé un autre “désir impérial”, celui de Vladimir Poutine rêvant de redonner à la Russie les attributs d’influence qui furent ceux de la défunte URSS.

Soucieux par nature de se distinguer de l’administration Obama, même Hillary Clinton, ancienne Secrétaire d’Etat et membre du même parti, les candidats à l’investiture de leurs formations respectives critiquent de façon assez évasive “l’attentisme”. S’ils sont presque tous d’accord sur le fait que le président sortant se signale surtout par son désir de “laisser le problème à son successeur” , l’envoi de troupes américaines au sol constitue un sujet de discorde : il y a plus qu’une différence entre la position du candidat républicain Lindsay Graham, vieux routier du Sénat, partisan de l’envoi massif de troupes pour en finir et celle du rival démocrate d’Hillary Clinton, Bernie Sanders, qui considère que les puissances arabes devraient à elles seules régler le problème.

Avec la main-mise sur la Crimée et le désir de garder un accès aux mers chaudes par le truchement du dictateur syrien Bachar-AlAssad, le maître du Kremlin a pris le risque de revenir aux us et pratiques de “la guerre froide” et c’est une réalité avec laquelle l’Amérique doit aujourd’hui compter. De même qu’elle doit assumer son rapprochement avec Téhéran. Celui-ci a sensiblement modifié ses rapports avec les alliés traditionnels de la région que furent la Turquie, l’Arabie saoudite et les monarchies pétrolières du golfe… Ajoutons à ce tableau compliqué tout ce qui touche aux hydrocarbures : compte-tenu de la baisse de la demande mondiale comme du désir des pays producteurs de ne pas se laisser concurrencer par l’exploitation du gaz de schiste, les cours du brut ont baissé de façon spectaculaire. D’où une diminution des ressources de nombreux pays vivant dans une “économie pétrolière” forcément très liée à celle des Etats-Unis. Nul ne peut dire si, en ce domaine, demain ressemblera à hier et si nous sommes bel et bien, par les effets conjugués la lutte contre le réchauffement climatique et des technologies nouvelles d’extraction, entrés dans une nouvelle géopolitique du pétrole… avec tout ce qu’elle comportera d’exaspération dans les nations privées de rentes !

Les nouveaux géants de l’économie De toutes ces questions complexes, une campagne dans le pays qui, pour nous Français nourris de la pensée de Tocqueville, reste le

Dans ce climat, il arrive que n’importe qui dise n’importe quoi. Dans un débat préludant aux investitures républicaines, Ben Carson, neurochirurgien à la retraite, a affirmé que la Chine opérait en Syrie et que tout avion russe opérant dans la zone devrait être abattu. L’actuel favori républicain, Donald Trump, affirme pour sa part que la guerre contre Daech et contre Bachar El-Assad était la bonne solution, sans donner beaucoup de détails sur la façon dont son pays pourrait participer à une coalition. Il se fait applaudir partout, cependant, en prenant nettement position contre l’accueil de réfugiés. Les EtatsUnis ont accepté l’entrée sur leur territoire, pour le moment, de deux mille Syriens mais l’exécutif actuel a prévenu que ce chiffre pourrait être multiplié par cinq compte-tenu de l’ampleur de la crise, ce qui, effectivement, n’est pas très populaire. Mais rien ne servirait de s’opposer à l’arrivée massive de réfugiés si les orateurs en campagne ne pouvait mettre en avant une stratégie de solution à la crise syrienne. Si bien que, tout en critiquant la mollesse d’Obama, ils sont tous plus ou moins conduits à proposer qu’une guerre enfin efficace soit menée contre Daech. On notera aussi qu’il existe des divergences entre les candidats proposant d’accueillir les réfugiés “d’origine chrétienne” et ceux qui considèrent qu’il ne doit y avoir aucune discrimination. Enfin, la position face à la Russie semble faire l’objet d’une étrange prudence. Même les partisans d’une “large coalition” omettent d’indiquer que cela signifierait un accord avec Poutine et des garanties durables quant à l’implantation durable de la Russie en Syrie… Les choses se décanteront sans doute à l’occasion des conventions d’investiture des Républicains et des Démocrates au cours de l’année qui vient. Mais, pour le moment, une chose est sûre : “l’attentisme” d’Obama est critiqué sans que cette opposition ne révèle un véritable “réveil des faucons”. Difficile de dire, dans ces conditions, si le changement de président modifiera la donne au MoyenOrient n François Domec DÉCEMBRE 2015

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rENdEZ-VoUS MÉdiaS

Garance Doré :

une “success story” à la française

© Erik Melvin

La fin d’année s’annonce pétillante pour Garance Doré. Après avoir conquis le cœur des internautes, des marques de luxe, puis de l’Amérique toute entière, la célèbre blogueuse a sorti son premier livre le 2 décembre en France chez Flammarion, LOVE STYLE LIFE. Une belle manière de fêter les dix ans de son blog.

Votre livre sonne comme l’aboutissement de dix ans de travail sur votre blog : quelles sont les différences majeures et comment les deux se complètent-ils ? Tenir un blog au jour le jour n’amène pas son auteur à se poser énormément de questions sur le message général qu’il souhaite faire passer (les articles pouvant être 60 | LE COURRIER DU PARLEMENT |

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lus indépendamment les uns des autres), alors qu’un livre doit mener ses lecteurs dans une direction bien précise. Ça change tout, d’autant plus qu’il est impossible de revenir sur ce qui a été écrit une fois l’ouvrage publié : un peu comme si c’était gravé pour toujours, ce qui donne un peu plus de pression. Vient ensuite le travail d’editing, qui nécessite de prendre en compte les corrections de l’édi-

Garance Doré Blogueuse, illustratrice, auteur de “LOVE STYLE LIFE”

trice et de retravailler certains passages. Sur un blog, l’expérience est plus “immédiate” : j’écris, j’édite, je publie.


© Garance Doré

rENdEZ-VoUS MÉdiaS suis pas du genre à avoir un business plan bien calibré (je devrais, peut-être ! (rires)) ; je préfère évoluer à mon rythme. Vous êtes aussi arrivée à un moment où le concept même du blog était novateur...

Style, métier, beauté, élégance et amour : autant de thèmes que la célèbre blogueuse Garance Doré aborde dans son premier livre, un véritable guide pour toute “femme branchée”.

Vous aviez eu un autre projet de livre qui ne s’est finalement pas concrétisé. Qu’estce qui a changé entre temps ? Avez-vous eu un déclic particulier pour celui-là ? Cela fait plusieurs années que les maisons d’éditions me proposent d’écrire un livre : même si l’expérience est tentante, je n’avais pas vraiment d’idée directrice jusqu’ici pour le concrétiser. J’ai donc préféré prendre mon temps et attendre d’avoir un vrai projet ; et puis, un jour, c’est venu ! Je me suis sentie prête. Et c’est moi qui ai fait la démarche d’aller chercher un éditeur à ce moment là. “La formule” qui avait fait votre succès sur le blog a pas mal évolué en dix ans. Désormais vos collaborateurs du studio peuvent eux aussi prendre la parole et publier des billets : pourquoi avoir fait ce choix (manque de temps, besoin d'investissement pour votre livre, évolution de la ligne éditoriale du site web ?) ? C’est un peu de tout, en fait. Pour écrire mon livre, j’avais besoin de créer de l’espace dans ma vie et dans mon emploi du temps : d’où l’importance des collaborateurs, dont les différents points de vue ont permis d’enrichir le blog en développant de nouvelles idées. Car le risque de se répéter est bien présent quand on publie tous les jours ! Je pense qu’il ne faut pas hésiter à évoluer et surtout ne pas avoir peur du changement, quitte à faire quelques mécontents. Lire, com-

prendre, intégrer les compliments comme les critiques, sans oublier de faire ce qu’il vous plait : car c’est bien ça que les lecteurs viennent chercher au bout du compte, un contenu qui a de la personnalité.

Justement, comment maintenez-vous votre ligne éditoriale sans pour autant vous répéter ? Bien qu’il m’arrive de me répéter d’un post à l’autre, l’une des choses les plus surprenantes dans la vie est de pouvoir changer de point de vue à mesure que l’on évolue ! Mûrir, grandir, apprendre en conséquence : accueillir ces changements tout en restant la même personne est vraiment quelque chose de très inspirant pour moi.

Vous avez d’abord ouvert votre blog en y postant des illustrations, pour ensuite traiter de la mode, du street style, puis collaborer avec de grandes marques : comment expliquez-vous le succès international qu’il a acquis en dix ans? J’ai avancé petit à petit, un pas après l’autre, sans savoir vraiment quelle était la direction finale : je me souviens par exemple avoir engagé un assistant car je n’arrivais plus à tenir la cadence toute seule, que ce soit pour répondre à mes e-mails ou écrire les posts. Les besoins se créant au fur et à mesure, le blog a grandi pour devenir ce qu’il est aujourd’hui. Pour être sincère, je ne

C’est vrai que j’ai eu beaucoup de chance au niveau du moment où je me suis lancée dans l’aventure : comme une sorte d’énorme vague sur laquelle j’ai réussi à surfer (rires) ! S’il y a beaucoup de bruit sur internet aujourd’hui, je pense qu’il reste encore énormément de place pour le talent. A mon sens, le problème ne vient pas du nombre toujours croissant de blogueurs, mais du fait que beaucoup de personnes font des choses qui existent déjà : ce qui explique que l’on retrouve des contenus qui se ressemblent d’un blog à l’autre. Si je devais définir ma propre formule du succès, ce serait de continuer de faire des projets qui me tiennent à cœur personnellement. Même s’ils ne plaisent pas à tous mes lecteurs, le blog en garde une certaine authenticité. Pensez-vous que des plateformes comme Youtube ont également changé la donne, dans la mesure ou les Youtubeurs ont pris “la place” des blogueurs en termes de notoriété ? Je ne dirais pas que la vidéo a fait reculer l’écrit, plutôt que l’on rentre dans une époque où chacun peut “devenir une star” et où la qualité se mesure beaucoup en termes d’audience. C’est dommage et je pense que ce système va changer, car l’authenticité d’un message ne se mesure pas au nombre de “followers”. Aujourd’hui plus que jamais sur internet, on s’attache vraiment à des personnalités : d’où l’importance de trouver sa propre ligne éditoriale pour traiter divers sujets. Que ce soit pour le livre, sur le blog ou sur les réseaux sociaux, je ne m’identifie jamais au média pour faire passer mon message : j’adapte plutôt la manière de l’éditer tout en restant fidèle à mon angle n Propos recueillis par Pauline Pouzankov

Love Style Life Garance Doré Editions Flammarion 272 pages Environ 125 illustrations 25 €

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liVrES Je tape la manche Éditions Calmann-Lévy Jean Louis Debré Jean Marie Roughol 176 pages 16,50 €

Une vie de “clodo” “Je tape la manche”, c’est le fruit d’une rencontre improbable entre deux hommes que tout oppose : Jean-Louis Debré, le président du Conseil Constitutionnel, et Jean-Marie Roughol, SDF depuis plus de 20 ans. L’homme politique se prend d’affection pour cet inconnu rencontré un soir d’hiver devant le Drugstore des Champs Elysées et lui propose d’écrire son histoire. Pari réussi : dans cet ouvrage, le sans-abri

raconte son calvaire et le combat qu’il mène tous les jours pour trouver un toit et pouvoir manger à sa faim. Trimballé de foyers en familles d’accueil pendant l’enfance, avec des parents alcooliques et désaimants, son parcours l’amène dès son adolescence à vivre dans la rue. Aujourd’hui, Jean-Marie Roughol “tape toujours la manche” en attendant d’ouvrir sa crêperie, son rêve depuis des années n Valentine De Brye

Non assistance à peuple en danger Pierre Larrouturou Editions Fayard 180 pages 12 €

Plan d’urgence Un jour qualifié de “Cassandre sympathique” par Laurent Joffrin, Pierre Larrouturou est un homme sociable qui a toujours eu l’oreille des hommes politiques. Mais il en a visiblement marre d’être toujours écouté et si peu entendu. Inspirateur de la “loi de Robien”, premier texte sur le partage du travail, co-auteur avec Michel Rocard d’un ouvrage remarqué, “La gauche n’a plus droit à l’erreur”, il a aussi fondé avec Stéphane Hessel le collectif “Roosevelt 2012” qui a débouché sur l’actuel mouvement “Nouvelle donne”. Un temps militant et élu du PS, très souvent consulté - sans résultat - par François Hollande, l’économiste aime bien citer le général MacArthur qui disait “toutes les défaites se résument en deux mots : trop tard ”. Pour lui, la cause est presque entendue. La précarité ronge notre société et alimente la montée du FN. La stratégie du gouvernement est vouée à l’échec et pourtant, note-t-il, celui-ci “s’obstine à conduire une politique qui nous mène droit dans le mur, à grande vitesse ”. 62 | LE COURRIER DU PARLEMENT |

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Son dernier livre recèle un double intérêt. D’abord, il présente un “plan d’urgence” détaillé en cinq mesures concrètes susceptibles de “changer la donne” : protéger les salariés, lutter contre la spéculation, renforcer les PME, investir massivement dans le logement, engager mille milliards dans le climat. Propos iréniques ? Pas du tout, car Pierre Larrouturou fournit la méthode et les recettes, avec des exemples saisissants souvent empruntés à l’étranger. Ensuite, il raconte à l’aide d’exemples vécus pourquoi le courage politique est si peu répandu. En abandonnant toute prudence politicienne, il nous explique comment les centres de décision politique, dans notre pays sont à ses yeux organisés pour ne rien faire. Récits datés, avec heures et lieux, noms des interlocuteurs… C’est décapant. Emmanuel Macron, Michel Sapin et Jean-Pierre Jouyet, notamment en prennent pour leur grade, ainsi que l’appareil socialiste en son ensemble. “En 2012, écrit-il, Stéphane Hessel et moi-même avons repris notre carte du PS et déposé une motion dans laquelle nous

montrions que la crise n’était pas finie et qu’il n’y avait aucun espoir de voir le chômage reculer sans changement de politique. Plus de 10 000 militants ont voté pour nous mais il n’y a jamais une heure de débat sur nos thèses à Solférino.” Le drame de la politique c’est que le règne de l’apparence est tel que l’on ne distingue jamais à l’avance le fou du visionnaire. D’où le réflexe permanent de tous les pouvoirs consistant à se mettre à l’abri du désordre engendré par les idées trop novatrices. Pierre Larrouturou est sans doute loin d’être un illuminé. Mais est-il trop en avance face à des gouvernants trop en retard ? En tous cas, il est rejoint et soutenu par un nombre grandissant de fidèles pensant que le réalisme consisterait à provoquer un sursaut et que l’utopie serait plutôt de croire que les maux de notre “peuple en danger” se règleront par miracle. Il ne se décourage pas. On pourra être d’accord ou non avec ses propositions mais sa pédagogie franche et brutale ne manque pas de style n Jean-François Bège


Mieux comprendre l’Islam

E

n cette douloureuse période post-attentats, qui a frappé notre pays en plein cœur le 13 novembre dernier et causant la mort de 130 personnes, la France reste hagarde et s’interroge sur ses actions pour lutter contre le terrorisme. L’islam et l’islamisme sont devenus des sujets phares, au cœur de l’actualité médiatique. Malgré le message commun de l’ensemble de la classe politique, prônant à l’unité nationale et à un non amalgame entre simple pratiquants et extrémistes musulmans, les actes racistes se multiplient, faisant croître de manière indirecte les intentions de votes en faveur du Front National. A contrario de la communauté juive, les musulmans de France ne possèdent pas de leader représentatif. Auteur de deux précédents ouvrages, Pour l’Islam de France en 2010 et Agissons avant qu’il ne soit trop tard en collaboration avec le journaliste David Pujadas en 2012, l’Imam Hassen

Chalghoumi veut devenir le porte parole de cette communauté qui en manque tant. Personnage médiatique, le président de l’association culturelle des musulmans de Drancy n’était pourtant pas destiné à être sur le devant de la scène. Né en 1972 à Tunis, il s’installe en France près de Bobigny où il y rencontre sa femme et fréquente de manière régulière une salle de prière particulièrement surveillé par les Renseignements Généraux. Il se fait connaître du grand public pour son ouverture d’esprit et sa proximité envers les juifs de France. Souvent décrié par les membres de sa propre communauté, ses détracteurs lui donnent le surnom “d’Imam des juifs”. Mais Hassen Chalgoumi multiplie les actions menant aux rassemblements et à la pacification entre les deux religions. Ce dernier est particulièrement apprécié par les responsables politiques, l’invitant régulièrement, en tant que représentant des musulmans de France.

Dans son dernier livre paru le 5 novembre dernier, 100 idées reçues sur l’Islam, le président de la conférence des imams de France s'exprime sur les nombreux préjugés liés à l’Islam. Paru avant les attentats de Paris, cet ouvrage amène un certain nombre d’éclaircissements, sur des termes de la vie courante mais fréquemment mal employés. Il explique que la charia, mot très en vogue dans les partis d’extrême droite, est l’obligation pour un musulman de vivre dans un Etat de lois. Par conséquent, la Charia des musulmans de France est la République. Ou encore de dissocier un arabe d’un musulman et de clarifier le sens premier du terme Djihad qui ne possède aucun lien avec la guerre et la violence. Ses justifications sont toutes basées sur des versets du Coran, cités si nécessaire, ou de ses études coraniques. Tout au long de cette lecture, Hassen Chalghoumi incrimine ceux qui emploient maladroite-

ment les termes liés à la religion musulmane, créant selon lui “ une division au sein de la société française”, aussi il ne voit pas les extrémistes qui ont frappé le pays en janvier dernier comme des musulmans mais des “esprits perdus”. Ce livre d’un peu plus de 160 pages et à la portée de tous, offre une vision pacifiste de l’Islam dans un style des plus pédagogiques. Un appel à l’apaisement en ces temps douloureux n Jonathan Bensadoun

100 idées reçues sur l'Islam Hassen Chalghoumi Editions du Cherche-Midi 182 pages 12,50 €

Adieu Montaigne Jean-Michel Delacomptée Editions Fayard 196 pages 17 €

Ce n’est qu’un au-revoir… Curieux destin que celui de ce livre, arrivé en librairie peu de semaines avant le vendredi 13 novembre. Alors que la tragédie de Charlie-Hebdo nous avaient poussé à relire Voltaire, les derniers événements nous ont ramené vers Montaigne. Pourquoi ? Peut-être parce qu’avec Les essais, le sage a livré, sans parti pris ni désir de pamphlet, le plus grand monument d’humanisme de la littérature mondiale, écrit alors même que les guerres de religion dévastaient le royaume de France. Pourtant, Jean-Michel Delacomptée nous prévient. Il va falloir dire adieu au châtelain qui s’était mis en tête de ne parler que de lui-même, c’est à dire de son corps et de ses pensées

nourries autant par la culture gréco-latine que par les irremplaçables expériences de la guerre et de la politique. Son actuelle renommée, à voir les ouvrages à succès qui lui sont consacrés, est un leurre. Il est en réalité de moins en moins enseigné et peu lu en version originale. Bientôt, notre société malade des chiffres n’aura plus assez de bagage culturel pour le comprendre en profondeur. Sa “modernité” ne serait qu’un chant du cygne. Jean-Michel Delacomptée nous explique cela avec une grande tendresse, après nous avoir déjà appris à lire ou relire Bossuet, Mme de Lafayette et Saint-Simon. A nul autre écrivain semblable, Delacomptée a inventé un genre, qui

n’est ni glose ni portrait et encore moins scolaire explication de texte. Nous parlant de Montaigne, il s’attarde avec une éblouissante lucidité sur quantité de passages drôles : l’éternité du mystère des relations entre les hommes et les femmes, les problèmes d’érection, les ravages de la théologie (mais non de la foi), de la médecine et des excès de toute sorte, y compris ceux qu’inspire la vertu. L’auteur se comporte décidément en avocat fort habile, sachant avec art user de la mauvaise foi. Cette façon talentueuse de chercher à nous convaincre que nous ne méritons plus Montaigne nous prouve surtout à quel point celui-ci nous est indispensable n Jean-François Bège DÉCEMBRE 2015

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© Vernier/JBV NEWS

triBUNE

La loi Macron et l’épargne salariale Stéphane Huillet, Membre et administrateur de la CNCEF, conseil aux entreprises

L

a loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques, dite “loi Macron” a été publiée au Journal Officiel du 7 août dernier. Dans son volet épargne salariale, l’auteur s’est inspiré du rapport du COPIESAS, qui comportait 31 propositions. Le texte adopté se contente de fixer des règles de simplification et d’harmonisation mais également d’encouragement pour les PME, à se lancer dans l’aventure vertueuse de l’épargne salariale grâce notamment à la baisse, sous certaines conditions, du taux du forfait social. En effet les PME de moins de 50 salariés, qui mettent en place un premier d’intéressement ou de participation volontaire ou qui n’avait pas conclu d’accord au cours d’une période de 5 ans avant la date d’effet de l’accord - bénéficient d’un taux de forfait social de 8 % (au lieu de 20 %) applicable à partir de la date d’effet de l’accord et pour 6 ans (couverts par un accord). Les PME devraient saisir cette opportunité pour mettre en place de l’épargne salariale, notamment un accord d’intéressement et un plan d’épargne d’entreprise. Il n’est pas inutile de rappeler, à cette occasion, que l’épargne salariale offre une palette de dispositifs collectifs qui répondent à toutes les préoccupations tant des salariés (rémunération disponible, épargne de précaution et épargne retraite) que des employeurs (attirer, motiver, fidéliser). L’intéressement constitue, en effet, un dispositif incontournable lors d’une réflexion sur la mise en œuvre d’une stratégie de rémunération variable, en adéquation avec le projet de l’entreprise. Deux autres mesures viennent assouplir les dispositifs pour les PME de moins de 50 salariés :

n Il s’agit premièrement du seuil d’assujettissement à la participation : l’entreprise qui emploie habituellement au moins 50 salariés pendant 12 mois, consécutifs ou non, au cours des 3 derniers exercices, est assujettie à la participation. Auparavant cette condition d’effectif devait être atteinte pendant 6 mois, consécutifs ou non, au cours de l’exercice. 64 | LE COURRIER DU PARLEMENT |

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n Deuxièmement, l’entreprise qui a un accord d’intéressement et qui franchit le seuil de 50 salariés n’est tenue de mettre en place un accord de participation qu’au 3ème exercice clos après le franchissement du seuil de 50 salariés et à la condition que l’accord d’intéressement soit en vigueur, sans discontinuité pendant cette période. Auparavant l’obligation de mettre en place un accord de participation s’appliquait à la date d’expiration de l’accord d’intéressement. Parmi les autres mesures figurant dans la loi Macron il y en a une, symbolique, qui est l’affectation par défaut des sommes issues de l’intéressement. En effet, dorénavant, en l’absence de choix du salarié, la totalité de la prime d’intéressement sera versée dans le PEE, dans les conditions prévues dans l’accord ou à défaut selon des modalités qui seront fixées par décret. Certains acteurs de l’épargne salariale y voient un clin d’œil aux fondamentaux Gaulliens de la Participation qui prévoyaient le blocage des sommes issues du calcul de la RSP. Il faut espérer que cette évolution constitue les prémices d’un retour en force de la vocation originelle de la Participation (souvent la quasi-totalité de l’épargne des classes moyennes), qui est, au-delà d'intéresser les salariés aux résultats de leur entreprise, de leur permettre de se constituer une épargne à moyen terme, via le PPE et/ou une épargne retraite, via le PERCO. Les récents soubresauts autour de l’ARRCO / AGIRC devraient inciter les partenaires sociaux, au-delà des considérations dogmatiques et surannées liées au vocabulaire répartition vs capitalisation, à encourager un très fort développement de l’épargne retraite dans les entreprises. Les pouvoirs publics devraient naturellement accompagner ce développement en utilisant la fiscalité pour encourager cette épargne retraite, via l’entreprise, seul lieu on l’on peut générer des flux pour alimenter les plans d’épargne. Cette incitation ne devrait pas être considérée comme une énième niche fiscale, mais au contraire comme un investissement pour l’économie future, car compte tenu de l’évolution du nombre de retraités dans les prochaines décennies, il est hautement stratégique qu’ils aient un pouvoir d’achat significatif n


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Le Courrier du Parlement - n°860  

Le Courrier du Parlement, fondé en 1960 par Michel Baroin, est un magazine d'actualité politique destiné aux parlementaires, aux élus locaux...

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