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FÉVRIER 2014

Fertilisants Un secteur qui change, un réseau qui s’adapte

Colloque des coopératrices Les faits saillants

Relève

Portrait de la ferme Jeanniestar

Nouveau service

L’épandage par hélicoptère


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Dossier En cou v ert ur e

43 Fertilisants

Relève à la ferme Jeanniestar 24

Un secteur qui change, un réseau qui s’adapte

sommaire FÉVRIER 2014

Reportages

Éditorial – Billets

Femme eng agée

5 En t r e nous*

14 Cynthia Coulombe

Denis Richard

Une vie centrée sur la famille et l’agriculture

11 Pause-pensée*

Coopér at ion

Colette Lebel

16 Colloque des coopératrices

12 Faits et gestes*

À l’avant-plan du changement

Vincent Cloutier

CU M A

31 Sur le plancher des vaches* Sylvain Boyer

32 De porc en porc Étienne Hardy

14

49

R el èv e Une étoile plus que montante, propriété d’Annie Laflamme et Guillaume Jean

Simon Baillargeon

P roduct ions v égéta l es

49 Épandage du haut des cieux !

42 C’est pas plus vert

Acte divin ? Pas tout à fait…

chez l’voisin Pascal Alary

R éfl e x ion

52 La pensée biologique

Chroniques

Comment développer un marché de créneau biologique

4 Quoi de neuf ?

Acér icult ur e

6 Mél i-mél o

54 Citadelle

56 Hort icult ur e 57 Décor at ion

* For English version, please visit our website at www.lacoop. coop/cooperateur

Coopérer, tout simplement

24 La Ferme Jeanniestar

41 Veiller au gr ain

58 Da ns nos coops

20 CUMA des Rivières

16

52

Premier congrès commun IISÉ-CNASE entièrement bilingue

Articles techniques A ffa ir es économiqu es

22 Marché des terres agricoles Se donner des points de repère

L ait

28 Gaz à effet de serre

Que peuvent faire les agriculteurs pour réduire leur impact ?

Porc

34 Véhiculer la qualité

Dans la chaîne de valeur de la production, camions et remorques ont un rôle à jouer.

Vol a il l e Version Web : www.lacoop.coop/cooperateur Version virtuelle : www.lacoop.coop/ cooperateurvirtuel

20

54

38 L’arthrite virale

Une maladie en émergence


QUOI DE Q u o i d e n e u f  ?

Un prix honoris causa pour Claude Lafleur Plus de 250 personnes étaient rassemblées au Club de golf de Saint-Hyacinthe pour honorer la carrière de Claude Lafleur, chef de la direction de La Coop fédérée. Cet événement se tenait dans le cadre du Gala Cérès, le 15 janvier dernier.

Volume 43, no 2, février 2014 Le Coopérateur agricole est publié neuf fois l’an par La Coop fédérée. Il est l’organe d’information de la coopération agricole québécoise. Directrice et Guylaine Gagnon rédactrice en chef 514 858-2146 (ligne directe) guylaine.gagnon@lacoop.coop Rédacteur et Patrick Dupuis, agr. adjoint à l’édition 514 858-2044 (ligne directe) patrick.dupuis@lacoop.coop Responsable André Léger de la publicité 514 858-2036 (ligne directe) andre.leger@lacoop.coop

Photo : Patrick Roger

Responsable Nadine Kadé des abonnements 514 384-6450 poste 3710 nadine.kade@lacoop.coop

Ont collaboré à ce numéro

Dans l’ordre habituel : André Cécyre, président du Salon de l’agriculture; Claude Lafleur, chef de la direction à La Coop fédérée; Ghislaine Gagnon, épouse de M. Lafleur et Louise Simard, présidente d’honneur et vice-présidente vente et service aux entreprises, à la Banque Nationale du Canada

Rédaction Pascal Alary, Jean Audet, Simon Baillargeon, Sylvain Boyer, Eve Cayer, Vincent Cloutier, Hélène Cossette, Annick Delaquis, Pascal Labranche, Jean-Sébastien Laflamme, Benoit Lanthier, Colette Lebel, Nancy Malenfant, Céline Normandin, Stéphane Payette, Denis Richard, Marie-Josée Turgeon Révision de texte : Georges O’Shaughnessy enr. Photographies et illustrations

4

Le Coopérateur agricole | FÉVRIER 2014

Pierre Cadoret, Caroline Fournier, Nancy Malenfant, Céline Normandin, Stéphane Payette, Marie-Josée Turgeon Conception et graphisme Pierre Cadoret, Michaël Guimond, Suzanne Turcot Webmestre

Ricardo Silva

Photogravure et impression Interweb Inc. Photo de la page couverture  Benoît Aquin Les photos, illustrations et textes publiés dans Le Coopérateur agricole et sur le site Internet de La Coop fédérée ne peuvent être réutilisés sans autorisation.

Service des abonnements Abonnement (taxes incluses)

1 an : 25 $ 2 ans : 40 $ 3 ans : 55 $ À l’étranger - 1 an : 90 $

Correspondance

Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada à :

Le Coopérateur agricole

C.P. 500 Station Youville Téléphone : 514 384-6450 Montréal (Québec) H2P 2W2 Télécopieur : 514 858-2025 Courriel : coopagri@lacoop.coop Adresse Web : www.lacoop.coop/cooperateur www.lacoop.coop/cooperateurvirtuel Poste-publications, convention n° 40628621 Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec

107682-02-14

C’est par des mots très sentis que le président du Salon de l’agriculture, André Cécyre, et la présidente d’honneur, Louise Simard, vice-présidente vente et service aux entreprises, à la Banque Nationale du Canada, ont montré les importantes réalisations de M. Lafleur à titre de chef de la direction. Sous son intendance, La Coop fédérée est passée d’un chiffre d’affaires de 3,2 milliards $ à plus de 5 milliards $. C’est aussi sous sa direction que plusieurs importants dossiers ont connu un heureux dénouement ou auront un impact positif sur le réseau La Coop. Les plus importants sont le projet Chrysalide, une importante révision des actifs du réseau dans le but d’améliorer la santé financière des membres, soit les producteurs agricoles; le déploiement de Fidelio, qui vise à standardiser et à moderniser les systèmes d’information du réseau; le partenariat avec IFFCO, une coopérative indienne, pour la construction d’une usine d’urée à Bécancour, et l’acquisition d’une participation dans Groupe BMR, une entreprise active en rénovation et quincaillerie qui complète bien l’offre des magasins Unimat. Nombre de commentaires élogieux ont été livrés à son égard, tels que son respect envers les producteurs et son désir profond de rentabiliser leurs entreprises, sa grande capacité à vulgariser des concepts complexes, son esprit visionnaire, son souci de préparer la relève, son style d’écriture remarquable et sa grande culture qu’il utilise, dit-on, pour séduire son auditoire! De son propre discours, il est ressorti ses origines modestes qui l’ont poussé à s’éduquer pour contribuer à la transformation de la société, contribution qu’il a consacrée en grande partie au monde agricole. « Que ce soit à l’Union des producteurs agricoles, à la Fédération des producteurs de lait du Québec ou, depuis maintenant 15 ans, à La Coop fédérée, il a toujours été très clair pour moi que les producteurs agricoles d’ici méritaient tout le soutien que nous étions, comme société, en mesure de leur offrir », a-t-il dit en substance. C’est donc entouré de sa femme, de ses enfants, d’amis chers et de précieux collègues, que Claude Lafleur a accepté cet honneur, non sans quelques intenses émotions et un léger trémolo dans la voix!


Entre nous

Une histoire de familles

A

Photo : martine doyon

For English version, please visit our website at www.lacoop.coop/ cooperateur

u moment où j’écris ces lignes, nous avons droit à une autre semaine de froid polaire. Il paraît que c’est le vortex arctique qui nous donne cette température peu clémente pour nous et nos équipements de ferme. Difficile, dans ce contexte, de se convaincre que ce froid polaire est le résultat du réchauffement climatique. Mais ce phénomène naturel, qui n’est pas nouveau, ferait effectivement partie des variations climatiques plus importantes et plus fréquentes découlant de notre appétit pour les énergies fossiles. À – 1000°, on ne pense généralement qu’à une chose : se mettre à l’abri, bien au chaud, dans sa maison. C’est ce que j’ai fait, et ce temps de répit me fait penser que je ne vous ai pas encore parlé de l’Année internationale de l’agriculture familiale. Si 2012 a été l’Année internationale des coopératives, 2014 sera effectivement celle de l’agriculture familiale. Les années internationales des Nations unies ont pour objectif de contribuer à la sensibilisation du public à des sujets politiques, sociaux, culturels, humanitaires ou ayant trait aux droits de l’homme. Elles sont autant d’occasions de promouvoir des actions nationales et internationales et de stimuler l’intérêt pour les programmes et activités de l’ONU. Initiative du Forum rural mondial soutenue par des organisations agricoles de la planète, l’Année internationale sera promue au Québec par deux organismes agréés : l’UPA et La Coop fédérée. L’objectif de cette Année internationale est de remettre l’agriculture familiale au centre des politiques agricoles, environnementales et sociales, de faire connaître et comprendre les défis qu’affrontent les producteurs agricoles, et de cerner des moyens efficaces pour soutenir l’agriculture familiale. Mais qu’est-ce qu’on entend par agriculture familiale? Pour l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO), l’agriculture familiale englobe toutes les activités agricoles reposant sur la famille.

La réalité de l’agriculture familiale est, bien entendu, fort différente entre l’Amérique du Nord et l’Afrique ou l’Asie. Mais partout sur le globe, l’agriculture familiale est la principale forme d’agriculture et de production alimentaire. Il y a dans le monde plus de 500 millions d’exploitations agricoles dont les activités sont gérées par une famille et qui reposent principalement sur une main-d’œuvre familiale. Au Québec, même si certaines fermes ont atteint le statut et le mode de fonctionnement d’une PME, les familles agricoles sont encore largement associées au fonctionnement et au succès de ces entreprises. À ma connaissance, nous n’avons pas de ferme d’État et peu ou pas d’exploitations appartenant à des sociétés de portefeuille inscrites à la Bourse. Mais si l’agriculture demeure ici une activité essentiellement familiale, c’est beaucoup grâce à nos politiques agricoles et à nos organisations collectives, qui ont su stabiliser les revenus des producteurs tout en encourageant le développement d’une agriculture performante. Il faut prendre conscience que ces acquis constituent une richesse collective qui bénéficie à l’ensemble de nos concitoyens et qui contribue à une occupation dynamique du territoire. Il faut également chercher à préserver ces acquis, au même titre que nous cherchons à préserver notre culture, unique en Amérique du Nord. Pour La Coop fédérée, célébrer l’Année internationale de l’agriculture familiale ne signifie pas que l’on privilégie une agriculture à petite échelle, repliée sur elle-même. Les réalités économiques sont incontournables, et nous devons continuellement chercher à améliorer l’efficacité de nos fermes et de nos organisations agricoles ainsi que nous adapter à l’évolution technologique et aux habitudes de consommation de la population. Nous serons bientôt neuf milliards d’humains sur cette petite planète, et toutes les formes d’agriculture devront être mises à contribution pour relever le défi de nourrir tout ce beau monde. Mais à mon avis, c’est par la coopération et la préservation de l’agriculture familiale que nous serons le mieux en mesure de relever ce défi de façon durable, tout en nous assurant du partage équitable des retombées économiques de cette activité pour nos régions. Je vous laisse méditer là-dessus!

Denis Richard Président, La Coop fédérée denis.richard@lacoop.coop

FÉVRIER 2014 | Le Coopérateur agricole

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Méli-mélo

40 %

Fin 2013, 40 % de la population mondiale – soit 2,7 milliards de personnes – était connectée à Internet, a indiqué l’Union internationale des communications. (Inspiro)

Êtes-vous un « ageekculteur » ? Combinaison de geek, qui désigne les passionnés de techno et de gadgets, et d’agriculteur, le terme « ageekculteur » fait son entrée dans la liste des métiers de demain du Dico du futur pour désigner « l’agriculteur utilisant le numérique et la robotique pour gérer son exploitation ». Réseaux sociaux, relevés par satellites et analyse des données pour les plans de traitement des sols, utilisation de robots et de systèmes d’alerte en temps réel sur l’état de santé des animaux et des plantes… Autant de technologies qui feront partie du quotidien des agriculteurs dans quelques années, à mesure qu’elles deviendront plus accessibles et éprouvées. (www.dicodufutur.org/ageekulteur/)

L’huile de maïs bénéfique pour la santé cardiovasculaire

DuPont lance l’herbicide Engarde Ce nouvel herbicide, indique son manufacturier, permet de lutter contre les mauvaises herbes à feuilles larges et graminées, de la prélevée du maïs jusqu’au stade de deux feuilles. Les mauvaises herbes à feuilles larges qu’il maîtrise comprennent notamment la petite herbe à poux, le chénopode blanc, l’amarante à racine rouge (ainsi que les biotypes résistants à la triazine), l’abutilon et la moutarde des champs. Dans le cas des mauvaises herbes graminées, Dupont fait savoir qu’Engarde maîtrise de nombreuses espèces, y compris l’échinocloa pied-de-coq, le panic d’automne, la sétaire verte, le panic capillaire et le chiendent. D’après l’entreprise, Engarde peut être utilisé pour les productions de maïs conventionnel ou tolérant au glyphosate. Le nouveau produit sera offert en Ontario et au Québec à temps pour la saison de croissance de 2014. (DuPont)

L’huile de maïs serait plus bénéfique que l’huile d’olive en matière de santé cardiaque, selon une nouvelle étude. De récentes recherches démontrent l’impact de l’huile de maïs sur la santé cardiovasculaire, et une récente étude parle même d’avantages encore plus marqués que ceux générés par l’huile d’olive. Ce sont les stérols retrouvés dans l’huile de maïs qui seraient responsables de ces bienfaits, rapporte Medical News Today, selon les conclusions du Dr Kevin C. Maki et de son équipe. Présentée lors du congrès de l’American Society for Nutrition’s Advances & Controversies in Clinical Nutrition, l’étude de Maki confirme que l’huile de maïs permet de mieux réguler les taux de cholestérol dans le sang et de faire baisser le taux de LDL (le mauvais cholestérol) de près de 11 % dans certains cas. Tant pis pour les amateurs d’huile d’olive extra-vierge (qui s’avère tout de même un meilleur choix que plusieurs corps gras), l’huile de maïs pourrait donc s’avérer l’option à considérer pour les personnes soucieuses de leur santé cardiaque. Les problèmes cardiovasculaires demeurent l’une des causes principales de mortalité en Amérique du Nord. (Canoë)

22 % des réserves mondiales d’hydrocarbures Le pôle Nord reste l’objet de toutes les convoitises du fait des perspectives offertes par la fonte des glaces. Non seulement le trafic maritime entre l’Asie et l’Europe pourrait s’accroître, mais – et surtout – le sous-sol de cette région pourrait contenir 22 % des réserves mondiales « conventionnelles » d’hydrocarbures non encore découvertes. (France 24)

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Le Coopérateur agricole | FÉVRIER 2014

3/5

Trois femmes sur cinq affirment que l’équilibre entre le travail et la famille constitue le principal défi qu’elles doivent relever. (Première en affaires)


RAM 1500

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LE PREMIER CAMION DE L’HISTOIRE À GAGNER DEUX FOIS DE SUITE

Cette année, le Ram 1500 va plus loin qu’aucun autre camion. Comment ? En devenant le premier camion de l’histoire à remporter le titre de « Camion de l’année » selon Motor Trend ® deux fois de suite. En obtenant la meilleure économie d’essence de sa catégorie, soit une efficacité allant jusqu’à 7,8 L/100 km (36 mpg) sur route*, grâce à une transmission à 8 vitesses exclusive à sa catégorie. En étant aussi le premier à offrir un tout nouveau moteur V6 EcoDiesel de 3 litres disponible, et pour être le premier et seul pick-up diesel léger au pays. Avec toutes ces premières, incluant une suspension pneumatique Active-LevelMC aux quatre roues exclusive, il semble que le pick-up le plus durable au pays ≠ continuera d’être au cœur de la conversation des connaisseurs pour des années à venir.

CAMIONRAM.CA * Affirmation basée sur la segmentation des camions pleine grandeur d’Automotive News. Données basées sur le Guide de consommation de carburant 2014 de Ressources naturelles Canada (RNCan). 7,8 L/100 km (36 mpg) sur route et 11,4 L/100 km (25 mpg) en ville pour le modèle HFE 4x2 avec un moteur V6 de 3,6 L à transmission à 8 vitesses. Les méthodes d’essai utilisées sont celles du gouvernement du Canada. La consommation d’essence de votre véhicule varie selon le groupe motopropulseur, vos habitudes de conduite et d’autres facteurs - à titre de comparaison seulement. Voyez votre concessionnaire pour des précisions supplémentaires sur le programme EnerGuide. ≠ Durabilité basée sur la longévité de l’ensemble de la gamme de pick-up Ram par rapport à l’ensemble des pick-up pleine grandeur concurrents sur la route depuis 1988. Longévité des véhicules canadiens des années modèles 1988 à 2013 en opération au 1er juillet 2013 pour tous les pick-up pleine grandeur vendus au Canada au cours des 26 dernières années selon R.L. Polk Canada, inc.


Si le gaspillage alimentaire était un pays, il se classerait au troisième rang des plus importants émetteurs de gaz à effet de serre. (The Wall Street Journal)

Un nouveau service en ligne pour le développement de l’agroforesterie Le Comité d’agroforesterie du Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ) a lancé un nouveau service en ligne interactif : le Réseau de sites de démonstration en agroforesterie www.craaq.qc.ca/agroforesterie. Afin de valoriser l’agroforesterie et de favoriser son essor sur l’ensemble du territoire, cette nouvelle plateforme vise à faire connaître un solide réseau de sites agroforestiers répartis dans tout le grand territoire du Québec et à informer les utilisateurs par le biais de fiches descriptives, de photos et de documents associés, le tout pouvant être amélioré par les promoteurs de projets. Cette plateforme vise aussi à rendre l’agroforesterie plus accessible aux producteurs agricoles et forestiers et aux professionnels intéressés par cette pratique innovante et favorable au développement durable du territoire. L’agroforesterie est un système d’exploitation qui repose sur l’association de plantations d’arbres ou d’arbustes avec des cultures ou des élevages. Les cultures en boisé, les bandes riveraines agroforestières, les haies brise-vent ou « brise-odeur » sont quelques exemples de systèmes agroforestiers. (CRAAQ)

L’eau solide, une révolution pour le monde agricole L’eau solide, ce n’est pas seulement de la glace. Il s’agit d’eau sous forme de gelée. Une invention révolutionnaire du Mexicain Sergio Rico, qui consiste à ajouter à l’eau du polyacrylate de potassium, un agent superabsorbant capable de stocker 500 fois son poids en eau. Il suffit d’une dose de 1,5 g de polyacrylate de potassium pour gélifier un litre d’eau. L’eau solide peut être stockée dans des sacs de plastique pour être transportée aux endroits nécessitant de l’arrosage. Ce qui élimine un ensemble d’infrastructures spécialisées, comme les pompes (l’énergie), les tuyaux, les camions-citernes, pour transporter le liquide. Incorporé au sol, ce polymère absorbe les précipitations pendant une dizaine d’années. Il permet de conserver l’humidité du sol, car l’eau solide ne s’infiltre pas dans la terre ni ne s’évapore. Les plantes subissent moins de stress hydrique, ce qui favorise une meilleure production. Une étude comparée, menée dans l’État du Sonora, au Mexique, constate un rendement de 600 kg de maïs pour un hectare avec la culture traditionnelle. Comparativement, dans le champ d’à côté, à une récolte de 10 000 kg par hectare pour la même culture avec de l’eau solide ! En Inde, avec le système traditionnel, certaines cultures requièrent une irrigation de 80 litres d’eau par semaine; avec l’utilisation de l’eau solide, il ne faut que 50 litres tous les trois mois. (Aqua Climax)

Une pomme par jour pour le cœur des plus de 50 ans ! Le fait de prescrire une pomme par jour aux Britanniques de plus de 50 ans permettrait de réduire de 8500 le nombre de décès liés aux problèmes cardiaques annuellement dans ce pays, estiment des chercheurs de l’Université d’Oxford. Ainsi, la consommation de pommes aurait un impact semblable aux médicaments comme les statines [des médicaments pour faire baisser le taux de cholestérol sanguin] sur la santé cardiovasculaire, sans les effets secondaires. Pour arriver à ce nombre, le chercheur Adam Briggs et ses collègues ont utilisé des modèles mathématiques. Manger des pommes quotidiennement réduit la présence de graisse dans le sang et, par conséquent, les risques de durcissement des artères, problème à l’origine de nombreuses maladies cardiovasculaires. Les auteurs de ces travaux publiés dans le British Journal of Medecine pensent que manger n’importe quel fruit a un effet bénéfique sur le cœur, mais ne recommandent en aucun cas aux personnes qui prennent des statines de cesser leur traitement. (Radio-Canada)

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Le Coopérateur agricole | FÉVRIER 2014


Prix moyen de l’essence au Canada (cents/litre) 2007 : 100,9 2009 : 93,9 2013 : 121,8 (Maclean’s Magazine)

HEC se penche sur l’énergie de demain L’École des hautes études commerciales (HEC) Montréal, en partenariat avec plusieurs entreprises dont Boralex, Gaz Métro et Enbridge, a créé la Chaire de gestion pour le secteur de l’énergie. Cette chaire se donne pour mission de faire progresser les connaissances sur les questions et enjeux liés à l’énergie, dans une perspective de développement durable, d’optimisation et « d’adéquation entre les sources d’énergie et les besoins de la société ». Elle permettra entre autres d’acquérir une expertise quant à ces enjeux, notamment par la publication d’articles scientifiques et de documents de référence ainsi que par l’organisation de colloques et de séminaires. C’est Pierre-Olivier Pineau, expert en politiques énergétiques et professeur à HEC, qui en sera le titulaire. (Novæ)

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FÉVRIER 2014 | Le Coopérateur agricole

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Forte augmentation de la production céréalière mondiale en 2013 Les plus récentes estimations de la FAO établissent la production céréalière mondiale à près de 2500 millions de tonnes (riz usiné compris), un nouveau record. D’après le dernier rapport Perspectives de récoltes et situation alimentaire, ce chiffre est supérieur de près de 8,4 % à celui de l’an dernier et d’environ 6 % du précédent record de 2011. (FAO)

Croissance Au cours des 10 dernières années : La population mondiale a augmenté de 12 % La consommation de porc de 27 % La consommation de poulet de 28 % La consommation de maïs de 22 % La consommation de soya de 40 % Les superficies en culture récoltées de 2 % (Du Pont)

Du bioplastique fabriqué avec des champignons La société américaine Ecovative fabrique des matériaux avec des champignons. Plus précisément, avec les mycéliums, des sortes de racines fibreuses à partir desquelles poussent les champignons proprement dits. La recette ? Prenez des déchets agricoles (tiges de maïs, enveloppes de grain de riz, etc.) réduits en bouillie, ajoutez le mycélium, mettez le tout dans un moule à la forme souhaitée, placez-les dans le noir et attendez quelques jours. Les mycéliums vont se nourrir des déchets et « cimenter » les restes de tiges et de brindilles pour former une masse compacte. Passez ensuite au four, pour stopper le processus avant que de vrais champignons ne poussent et pour sécher le bloc. Il ne reste plus qu’à démouler et découper la forme souhaitée. Ce matériau commence à être utilisé à la place du polystyrène d’emballage. D’autres applications sont testées : isolant dans le bâtiment, habillage d’intérieur de voiture… Ses concepteurs viennent de fabriquer un prototype de planche de surf. Les autres idées ne vont pas tarder à pousser… comme des champignons. (Science & Vie)

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Le Coopérateur agricole | FÉVRIER 2014

Terres agricoles : la Russie, nouveau far east pour le Japon Alors que le Japon doit faire face notamment aux conséquences écologiques de la catastrophe de Fukushima sur les secteurs de la pêche et de l’agriculture, une banque japonaise serait actuellement en discussion en vue d’investir dans des terres agricoles de l’Extrême-Orient russe. Selon un haut fonctionnaire russe, l’établissement japonais Hokkaido Bank serait présentement en train de former un groupe d’entreprises investisseuses japonaises en vue de créer des zones économiques spéciales dans les régions de Khabarovsk et de Primorie. Laissées à l’abandon après la chute de l’Union soviétique, en 1991, les immenses étendues agricoles de la Russie attisent désormais les convoitises. Néanmoins, les investisseurs doivent encore à l’heure actuelle affronter des obstacles tels que la bureaucratie russe ou le manque d’infrastructures de stockage pour les récoltes. (Le Blog Finance)

Des algues pour remplacer les agents de conservation ? Les aliments et les mets préparés que l’on consomme contiennent souvent une grande quantité de sel et d’agents de conservation. Des chercheurs de l’Institut des sciences de la mer à Rimouski (ISMER) travaillent à remplacer ces produits par des algues marines, naturelles, puisées dans l’estuaire du Saint-Laurent. Catherine Boisvert, chercheuse en océanographie de l’ISMER, étudie depuis trois ans les algues marines en laboratoire. Elle souhaite découvrir des molécules dont les propriétés pourraient être utiles aux industries de la région. Les propriétés antioxydantes ou anti-inflammatoires des algues sont déjà connues. Les recherches réalisées à l’Université du Québec à Rimouski ont toutefois permis de découvrir de nouvelles caractéristiques. Certaines molécules tirées des algues ont des propriétés antimicrobiennes pouvant empêcher le développement de bactéries nocives pour notre santé dans les aliments. Les algues pourraient remplacer le sel et les agents de conservation de synthèse chimique dans les aliments, tels que la viande et les produits en conserve. Il faudra attendre que la science fasse ses preuves avant qu’on puisse lire le nom des algues sur les étiquettes des produits du Québec et même à l’étranger. Une fois une molécule trouvée, isolée et caractérisée, il sera plus facile de la récupérer et de la produire commercialement. Ces recherches intéressent déjà des entreprises de l’est du Québec. Et bonne nouvelle : la matière première se trouve en abondance dans le Saint-Laurent. (Radio-Canada)


Pau s e - p e n s é e

L’intelligence collective

I

Photo : martine doyon

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l s’en est dit beaucoup sur le comportement supposément stupide des foules. Les films catastrophe nous en mettent plein la vue : une foule en panique, des gens qui hurlent et courent de tous côtés, piétinant leurs semblables sans ménagement. Or, de nombreux psychologues disent au contraire qu’une foule, le plus souvent, réagit avec calme et s’assure de soutenir ceux qui en ont besoin. Les évènements du 11 septembre 2001 en ont d’ailleurs fourni une belle démonstration : même s’ils se savaient en danger, la grande majorité des gens se sont comportés de manière respon­ sable et courageuse. Non seulement les foules ne sont pas stupides, mais il semble qu’elles génèrent, sous certaines conditions, une intelligence collective. C’est ce qu’on a découvert, de façon officielle pour la première fois, en 1906. Pendant une exposition agricole, le statisticien Francis Galton analysa les résultats d’un concours consistant à faire évaluer par les visiteurs le poids d’un bœuf. À son grand étonnement, il constata que la moyenne des estimations des visiteurs se situait à 1197 lb, alors que le poids réel du bœuf était de 1198 lb ! Cette remarquable estimation collective, réalisée par de simples visiteurs, avait nettement battu l’estimation effectuée par des experts présents à l’exposition. Plusieurs expériences semblables ont été menées par la suite, ce qui a permis de vérifier à nouveau l’intelligence des groupes. Une importante contribution scientifique fut certainement celle de Scott Page, spécialiste de la complexité à l’Université du Michigan, qui a établi la première condition d’émergence d’une intelligence collective. Il s’agit de la diversité. Selon Page, quand vient le temps de prendre une décision éclairée, la diversité est tout aussi importante que la compétence. Ainsi, un groupe présentant une grande diversité cognitive (connaissances, perspectives, modèles mentaux, etc.) aura d’excellentes chances de produire la solution optimale à un problème donné.

Les travaux de Page, s’appuyant sur des théorèmes et réflexions d’autres chercheurs, ont permis d’établir aussi certains effets de groupe pouvant détruire l’intelligence collective. Par exemple, le pire ennemi de l’intelligence collective semble être le conformisme dans lequel les individus peuvent se camper, par crainte de déplaire au groupe ou d’avoir l’air idiot. Il faut donc que les individus puissent assumer leur indépendance les uns des autres, dans un environnement où ils se sentent en confiance. C’est à travers ce prisme de considérations que je vous invite à examiner l’intelligence de votre assemblée générale cette année. Quelle diversité observez-vous ? Voyez-vous un beau mélange de jeunes, de femmes, de gens de différentes productions, de partenaires d’affaires ? Ces participants s’expriment-ils objectivement, sont-ils capables de faire part de leurs opinions personnelles ? A-t-on su créer pour cette grande réunion une ambiance conviviale et respectueuse, où chacun est à l’aise d’intervenir ? La réponse à ces questions vous indiquera si votre assemblée générale a des chances de faire émerger cette intelligence collective qui augmente la créativité de votre coopérative. En fait, on le souhaite ardemment… Quelle belle valeur ajoutée est ainsi rendue disponible, tout à fait gratuitement ! On serait fou de s’en passer. Quand on y pense bien, la meilleure stratégie, pour le bien commun de l’entre­prise, c’est de rendre cette assemblée toujours plus intelligente, en encourageant le plus grand nombre de membres à venir et en intera­ gissant les uns avec les autres de façon si chaleureuse que tout un chacun saura que sa participation est unique, importante et, surtout, appréciée.

Colette Lebel, agronome Directrice des affaires coopératives La Coop fédérée Courriel : colette.lebel@lacoop.coop Télécopieur : 514 850-2567

FÉVRIER 2014 | Le Coopérateur agricole

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Fa i t s e t g e s t e s

Par Vincent Cloutier, agronome, MBA

Économiste principal La Coop fédérée

Verre plein, verre vide

vincent.cloutier@lacoop.coop

Le 1er janvier 2015, les quotas laitiers seront officiellement abolis en Europe. À l’approche de cette échéance, près de 400 intervenants du secteur laitier européen étaient réunis l’automne dernier à Bruxelles, pour se pencher sur l’avenir de l’industrie laitière européenne.

E

n cette période de bouleversement, tous n’entrevoient pas l’avenir du même œil. L’abolition des quotas laitiers constitue pour certains une délivrance, pouvant enfin – disent-ils – ouvrir les vannes et leur permettre de profiter d’occasions de croissance sur le marché mondial. Pour d’autres, l’exposition à la réalité volatile des marchés mondiaux, combinée aux modestes subventions découplées versées dans le cadre de la Politique agricole commune (PAC), ne favorise pas l’investissement. Pour la très forte majorité des pays européens, les quotas nationaux (et conséquemment ceux des producteurs) n’ont plus d’effet limitant sur la production depuis nombre d’années. Ceux‑ci ont été augmentés au fil des ans, jusqu’à devenir

Photo : Pierre cadoret

La faiblesse des subventions européennes contribue à expliquer les plaintes récurrentes des producteurs laitiers. insignifiants. Cette hausse du quota n’a pas été accompagnée d’une hausse de la production, car les prix à la production ont baissé parallèlement. C’est un peu comme si l’on augmentait le quota de tous les producteurs du Canada, tout en ramenant le prix du lait au niveau de celui des États-Unis, soit environ 35 $ l’hectolitre. Rien ne garantit que la production augmenterait. Seuls quelques pays se sont prévalus du « privilège » d’augmenter leur production au fur et à mesure de l’augmentation de leur quota national. Cela témoigne d’un important potentiel jusqu’alors inexploité dans ces régions. C’est à ces endroits (Irlande, Danemark et Pays-Bas,

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notamment) que seront observées les principales hausses de production à la suite de l’abolition définitive des quotas. Le renouveau de la politique laitière européenne s’est accompagné du versement d’aides directes aux producteurs. Très variable d’un pays à l’autre, la part des subventions dans les recettes totales des fermes laitières s’est élevée à 15 % de 2007 à 2011 (17 et 16 % respectivement pour la France et l’Allemagne)1. Ces subventions consistent majoritairement en droits à paiement unique (DPU) basés sur une référence historique. La faiblesse des subventions européennes contribue à expliquer les plaintes récurrentes des producteurs laitiers. Quiconque considère ces subventions comme généreuses se rappellera que, en période de crise dans les grandes cultures, au tournant des années 2000, et dans le secteur porcin récemment, les subventions représentaient 21% et 17 % des revenus des producteurs québécois spécialisés. À quoi s’attendre pour l’avenir ? D’abord, à une consolidation importante des entreprises, assurément plus grande dans les régions à coûts plus élevés (zones montagneuses). En ce qui a trait à la politique agricole, tous ne s’entendent pas sur les outils à mettre en place pour soutenir le développement du secteur. À un extrême, l’European Milk Board prône un mécanisme de régulation de l’offre, afin de freiner les fortes baisses de prix en période de surproduction. Les nombreux pays qui s’opposaient aux quotas sont particulièrement hostiles à une telle mesure, d’où la faible probabilité de la voir mise en œuvre. D’autres militent en faveur d’un observatoire des prix partout en Europe, histoire d’aider le marché à mieux équilibrer l’offre et la demande. En discutant avec des spécialistes de l’industrie laitière européenne il y a plus d’un an, ceux-ci soutenaient que l’adaptation à ce nouvel environnement d’affaires demanderait 15 ans. Pas vrai : ce sera bien plus long.

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Source : Réseau d’Information Comptable Agricole


Préparez le terrain pour une bonne récolte de pommes de terre. Les producteurs de pommes de terre savent, qu’au bout du compte, le succès se résume au rendement commercialisable à la récolte et à la sortie de l’entrepôt. Le traitement des tubercules de semence avant la plantation peut aider votre culture de pommes de terre à prendre un départ plus vigoureux en protégeant les plants alors qu’ils sont les plus vulnérables, à savoir du stade planton jusqu’à l’émergence. Cruiser Maxx® Potato Extreme, une nouveauté pour la saison 2014, offre tous les avantages d’une technologie liquide de santé des semences dans une préparation concentrée améliorée. Vous obtenez donc la couverture des semences et l’efficacité que vous obteniez avec Cruiser Maxx D Potato, dans une seule et même préparation pratique. De plus, ses matières actives, à savoir deux fongicides et un puissant insecticide, sont une solution pour la gestion de la résistance des Fusarium.

Les maladies causées par Fusarium spp. peuvent s’avérer dévastatrices pour l’établissement de la culture à cause des pertes qu’elles causent au semis. Les tubercules de semence infectés peuvent pourrir après la plantation (pourriture des semenceaux), causant des manques dans le champ. Et si les tubercules de semence infectés croissent pour devenir des plants, leur rendement et leur vigueur sont souvent réduits. Le choix d’un traitement de semences adéquat est important pour éviter que ces maladies ne se propagent des semenceaux infectés aux semenceaux sains durant le tranchage et la manutention.

Plantons infestés par Fusarium

Plantons de pomme de terre traités

Puisqu’on a trouvé des biotypes de Fusarium résistants au fludioxonil et au thiophanate-méthyl à travers tout le pays, il est important de protéger ses tubercules de semence avec un traitement offrant la protection la plus étendue possible tel que Cruiser Maxx Potato Extreme, Maxim® D ou Maxim® MZ de Syngenta.

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Pourquoi utiliser un traitement de semences ? Entre le tranchage des tubercules de semences et leur cicatrisation (subérisation), la surface des plantons de pommes de terre est vulnérable aux infections fongiques et bactériennes. L’utilisation d’un traitement de semences fongicide aide à diminuer les risques d’infection par les maladies transmises par les semences et à diminuer la transmission de ces maladies, des tubercules infectés aux tubercules sains. Les traitements de semences peuvent procurer également des avantages secondaires, incluant la maximisation de l’énergie et la prévention des infections secondaires. En empêchant ou en ralentissant la dissémination des pathogènes, les traitements de semences protègent les semenceaux et leur permettent de conserver leur énergie, leur donnant ainsi le temps de développer des pousses et des racines vigoureuses. Et bien qu’aucun traitement de semences ne puisse maîtriser ou empêcher la pourriture bactérienne des semenceaux, la prévention des infections fongiques durant le processus de cicatrisation peut permettre de réduire les risques d’infections secondaires opportunistes.


Fe m m e e n g ag é e

faire de la place aux jeunes. Sur un total de cinq administrateurs, son conseil comporte quatre membres de moins de 40 ans, dont deux de moins de 30 ans ! « C’est à l’image de ce qui se passe à Saint-Fabien, remarque la coopératrice. La relève est très présente, parce qu’il y a eu beaucoup de transferts de fermes ces dernières années. » Première femme à faire partie du conseil de cette coopérative fondée il y a plus de 80 ans, elle a été agréablement surprise de l’accueil de ses collègues masculins. « Ils étaient heureux qu’une femme jeune prenne enfin la parole et leur donne un point de vue extérieur à leur réalité. C’est gratifiant », résume-t-elle.

Une vie centrée

sur la famille et l’agriculture

Par Hélène Cossette

Diplômée de l’Institut de technologie agroalimentaire de La Pocatière en 2008, lauréate du Mérite de la relève agricole du Bas-Saint-Laurent en 2013, Cynthia Coulombe a toujours voulu être agricultrice. « J’avais 8 ans quand j’ai pris la décision », confie la jeune femme de 26 ans, qui est aujourd’hui actionnaire majoritaire de sixième génération d’une ferme laitière à Saint-Fabien. Photo : Gino Caron

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epuis décembre 2010, elle est également administratrice de La Coop St-Fabien, une coopérative d’approvisionnement agricole qui regroupe plus de 400 membres, dont une soixantaine de producteurs. Elle est entrée au conseil à la demande de son père, qui souhaitait céder sa place après 25 ans. « J’étais très impliquée à l’école pendant mes études et je trouvais important de continuer à le faire dans mon milieu », raconte cette femme engagée, qui est également administratrice du groupe local de relève Agro-Essor, secrétaire du Club Ayrshire du Bas-Saint-Laurent et trésorière de la Fondation de l’Écomusée de l’Est-du-Québec. Cynthia Coulombe est fière de faire partie d’une coopérative qui contribue à la qualité de l’agriculture dans sa région et qui n’hésite pas à

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Agriculture et famille Son entreprise et sa famille demeurent toutefois ses priorités. À la ferme, l’agricultrice est notamment responsable de la gestion et des soins du troupeau (qui compte une cinquantaine de vaches Ayrshire en lactation) ainsi que de la gestion administrative de l’exploitation. Son père, toujours copropriétaire, s’occupe pour sa part de la régie des champs et de la machinerie. « C’est une entreprise très familiale, soulignet-elle. Mon frère et les sœurs de mon père viennent nous aider tous les étés. Et ma sœur, qui est allergique à tout ce qu’on trouve dans une étable, se rend utile en gardant les enfants ! » En attendant de pouvoir racheter les parts du beau-père, son conjoint, Jonathan Lagacé, est employé au sein de l’entreprise, tout en travaillant à mi-temps comme représentant pour le Centre d’insémination artificielle du Québec. Le couple a plusieurs projets : améliorer la génétique des animaux, construire une nouvelle vacherie et augmenter le troupeau à une soixantaine de vaches en lactation. « Dans 5 ou 10 ans, souhaite mon conjoint, mais plutôt 10 ou 15, selon moi, nous visons à avoir un troupeau d’élite dans notre race. » Pour le moment, elle est passablement occupée avec son nouveau-né, Lucas, et ses deux fillettes, Dylann, 4 ans, et Alexe, 19 mois. « D’ici à ce que mon père se retire du processus décisionnel de la ferme, dans trois ou quatre ans, il peut pallier le fait que je sois moins présente », remarque cette jeune femme déterminée et prévoyante, qui a justement choisi d’avoir ses enfants tôt pour cette raison. « On veut profiter de l’enfance de nos enfants. Ça passe tellement vite ! s’exclame-t-elle. Quand ils seront plus vieux, on en profitera pour prendre du temps pour nous. »


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C o o p é r at i o n

Le Colloque des coopératrices 2013 a réuni 68 participantes, qui se sont engagées à promouvoir les valeurs coopératives durant la prochaine année.

Les coopératrices à l’avant-plan du changement Les coopératrices sont passées de la parole aux actes en explorant les manières de promouvoir la coopération lors du 13e Colloque des coopératrices, organisé par La Coop fédérée. Texte et photos de Céline Normandin

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es femmes membres du réseau La Coop ont participé en grand nombre à l’édition 2013 du Colloque des coopératrices – rendez-vous incontournable pour beaucoup –, qui a eu lieu les 13 et 14 novembre dernier. Réunies au Manoir du Lac Delage, près de Stoneham, elles ont profité de cette pause du quotidien pour revisiter le sens du mot coopération. Alors que les inégalités sociales s’aggravent et que les fondements de plusieurs secteurs d’activité économiques, comme l’agriculture, sont ébranlés, le colloque a permis de constater que le principe de solidarité reprend ses lettres de noblesse. Il suffit pour s’en convaincre de penser aux divers groupes d’entraide ou aux coopératives de toutes sortes qui ont été formés dans les dernières années.

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Remettre les valeurs de coopération à l’avant-plan Les organisatrices du colloque ont voulu explorer la tendance en adoptant comme thème « Vision 2020 : pour une décennie des coopératives ». La traditionnelle conférence a été troquée contre une formation interactive. Les participantes ont d’ailleurs été invitées à favoriser les rencontres et les discussions en se mêlant entre elles dès le début de l’assemblée. Le but des ateliers était ambitieux : trouver des manières de contribuer à véhiculer le message de la coopération, ses valeurs et son succès parmi leur entourage, ainsi que chez la jeunesse rurale.


Le Colloque a réuni de nombreuses coopératrices, qui en ont profité pour se retrouver, mais aussi travailler avec sérieux sur le thème de cette année.

Pour Collette Lebel, directrice des affaires coopératives à La Coop fédérée, l’édition 2013 du colloque se voulait également un reflet de la volonté du mouvement coopératif de mieux faire connaître et apprécier la coopération à l’échelle mondiale. Cette démarche survient à la suite du succès de l’Année internationale des coopératives, promulguée en 2012 par l’Organisation des Nations unies. « Les exemples de coopératives qui réussissent dans nos milieux sont nombreux, mais on ne les remarque plus. Elles ont pourtant fait leurs preuves en traversant les années. Les entreprises d’aujourd’hui pourraient s’inspirer du modèle coopératif, dans un contexte où on cherche des solutions durables aux inégalités sociales, à la dévitalisation des régions, à l’angoisse de la solitude. [...] Il y a plein de coopératives, partout dans le monde; elles fournissent plus d’emplois que les multinationales ! C’est le temps de faire notre coming out ! » Avec un thème comme l’avenir, La Coop fédérée a décidé de faire une place de choix aux jeunes. Une représentante de la Fédération de la relève agricole du Québec (FRAQ), Vanessa Mondou, était présente, ainsi que plusieurs membres de l’Association des jeunes ruraux du Québec (AJRQ), mouvement qui fêtait en 2013 son 100e anniversaire de fondation.

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Définir son message par la pédagogie coopérative

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Caroline Girard, professeure au Département de marketing de l’Université Laval, a assuré la section formation. Contactée dès l’été 2013 par La Coop fédérée, Mme Allard a tout de suite été intéressée par la formule proposée : celle de la pédagogie coopérative. « Il s’agit d’une formule participative qui a l’avantage de laisser des traces. L’objectif est de donner aux participantes des moyens à leur échelle pour élaborer un message qui réunit la théorie et leur réalité. C’est en réfléchissant sur leur expérience qu’elles pourront s’approprier le message et le véhiculer. » Par bloc de 15 minutes, la conférencière est intervenue à plusieurs reprises en présentant des outils pragmatiques pour que les participantes puissent, à la fin de la journée, mettre en mots les valeurs de la coopération. u

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Sophie Bédard, représentante du territoire 8, réservé à une représentation féminine au conseil d’administration de La Coop fédérée, a résumé les événements ayant marqué l’année 2013.

Colette Lebel, directrice des affaires coopératives à La Coop fédérée et membre du comité organisateur de l’édition 2013 du Colloque des coopératrices

La formation s’est étalée sur quatre blocs : pourquoi communiquer le message coopératif, ce qui distingue les coopératives, les cibles et le message à transmettre. Selon Mme Allard, il est impératif de prendre en charge cette responsabilité, car si les membres ne s’en occupent pas, le message peut alors leur échapper et être mal interprété, surtout à l’ère des médias sociaux. Les réponses à ces questions devraient permettre d’obtenir un message qui créera de la valeur autour du principe de la coopération et des coopératives. Par la suite, l’important est d’être cohérent, visible, d’évoluer dans le temps pour pouvoir durer et d’être en mesure d’adapter son message à son destinataire. « Le positionnement est central et détermine tout le reste », a ajouté la conférencière en donnant les exemples d’Apple et de Walmart, des marques qui ont construit des images fortes autour d’un concept. Les participantes ont discuté en groupes pour sélectionner un mot qui résumait à la fois ce qu’elles étaient et ce qui les distinguait, tout comme le monde coopératif. Parmi les valeurs citées lors d’un groupe de discussion (comme l’humanité, l’entraide et l’intégrité), le respect a fait l’unanimité au terme des échanges. Les exemples étaient nombreux, tels que la promesse de respect dans les relations d’affaires, entre les gens, et le respect de la démocratie. La dernière activité a consisté à formuler en groupes un message mettant en vedette la coopération et le respect. L’exercice comportait son lot de difficultés, mais il a été relevé haut la main. Les participantes ont ensuite été invitées à voter pour le message qu’elles appréciaient le plus.

Un colloque riche en informations Caroline Girard , professeure de marketing à l’Université Laval et conférencière de la journée

Les participantes ont profité de la pause du midi pour sélectionner le meilleur message peaufiné durant la matinée de travail.

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La pause du midi a permis à plusieurs de revenir sur la matinée, mais aussi sur l’activité de la veille. Chaque année, le groupe visite une coopérative de nature agroalimentaire ou de services, ce qui permet d’avoir un point de vue privilégié sur le fonctionnement de la coopération et les formes qu’elle prend. La Coopérative funéraire des Deux Rives avait été sélectionnée pour le colloque 2013, un choix qui en a surpris certaines. Si les réactions étaient mitigées sur la nature des services, toutes les participantes interrogées ont indiqué avoir beaucoup appris. Certaines ont été fascinées par la visite des laboratoires, une occasion rarissime. Questionnée sur le choix de la visite, Isabelle St-Pierre, consultante aux affaires coopératives pour La Coop

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fédérée, a fait valoir l’apport des coopératives dans le secteur des services funéraires. « Dans les années 1980, les services offerts au Québec coûtaient 30 % de plus que dans les autres provinces canadiennes, parce que le marché était dominé par quelques grandes multinationales. Depuis l’arrivée des coopératives, les prix ont chuté pour égaler ceux des autres provinces. C’est une démonstration très claire de l’impact et de la raison d’être des coopératives. » L’après-midi a été l’occasion pour les membres d’échanger des nouvelles sur leurs activités respectives. Comme chaque année, les coopératrices ont été nombreuses à participer aux journées qui leur étaient destinées. Sophie Bédard, représentante du territoire 8, réservé à une représentation féminine au conseil d’administration de La Coop fédérée, a profité de l’occasion pour présenter les moments forts de l’année. Alors que le colloque s’achevait, les participantes n’avaient que de bons mots à dire sur leur journée. Sophie Arès, sociétaire chez Comax, a souligné que cette activité lui avait permis de discuter avec des productrices vivant la même réalité qu’elle, en plus de faire de nouvelles rencontres. Dominique Brisson, éleveuse de moutons et administratrice à La Coop Purdel, a vanté la formule de cette 13e édition. « C’était extrêmement vivant comme expérience et une bonne synthèse en ce qui a trait à l’information et la formation. J’ai beaucoup aimé. » Interrogée sur le même sujet, la présidente de l’AJRQ, Marie-Pier G. Vincent, a confirmé : « L’AJRQ compte autant de filles que de garçons parmi ses membres, et plus de filles participent aux différents comités. » Vanessa Mondou, de la FRAQ, a pour sa part découvert avec intérêt une nouvelle facette du réseautage en agriculture. « J’ai senti également que la relève était interpellée, ce qui a été très apprécié. » Sophie Bédard estime que ce 13e colloque marquait un tournant dans l’implication des femmes dans le mouvement coopératif. « Les femmes font un travail concret et sérieux, avec une démarche profonde. Elles ne font plus simplement partie du groupe : elles s’approprient le changement dans le réseau coopératif et en forme l’avant-garde. » Questionnée sur les objectifs d’un tel colloque, elle juge qu’il a toujours sa place. Il demeure une rencontre privilégiée qu’il faut conserver, même si l’urgence n’est plus la même qu’à ses débuts et que la réalité des jeunes a changé.


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CUMA

Coopérer, tout simplement Les membres du premier conseil d’administration de la CUMA des Rivières, devant l’épandeur à chaux ayant servi à créer la toute première branche d’activité. Celui-ci est d’ailleurs toujours en service.

Se casser la tête ? Voilà une expression qui ne fait pas partie du vocabulaire à la CUMA des Rivières !

Photo : CUMA DES RIVIÈRES

Par Nancy Malenfant

«P

ourquoi acheter une machine dernier cri si une machine d’occasion suffit aux besoins de nos membres ? » Voilà une question qui résume bien la philosophie du conseil d’administration de la coopérative d’utilisation de machinerie agricole (CUMA) des Rivières. Cette vision se distingue de celle de plusieurs CUMA du Québec. Tandis que la plupart profitent de l’avantage collectif pour acquérir du matériel agricole à la fine pointe de la technologie, les adhérents de la CUMA des Rivières se satisfont amplement de machines d’occasion en bon état. « Nous aussi nous achetons du matériel à la fine pointe… mais à la fine pointe de nos besoins ! » blague le président, France St-Amand.

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Par exemple, la coopérative a acheté une moissonneuse-batteuse de 1985, au prix de 45 000 $ , pour créer une branche d’activité réservée à des producteurs biologiques. « Les trois membres n’auraient pas eu les moyens d’acheter un tel équipement, mais en se regroupant et en choisissant une machine usagée, ça devenait possible, raconte Jacques Martel, producteur de grandes cultures biologiques et administrateur de la CUMA. Sinon, il aurait fallu faire faire la récolte à forfait, avec tous les travaux de nettoyage et de désinfection ainsi que les risques de contamination et de déclassement des grains que ça implique. » Le matériel est bien entretenu et demeure longtemps au sein de la CUMA. D’ailleurs, la coopérative possède toujours la première machine qu’elle a achetée lors de sa fondation, en 1995 : un épandeur à chaux (voir photo). Alors que le coût d’épandage était de 1,74  $ la tonne lors de l’année d’acquisition, il est descendu à seulement 33 ¢ la tonne en 2011, année où l’épandeur fut particulièrement sollicité.


Bon coup

Une jasette au vestiaire Il existe davantage qu’un partenariat d’affaires entre les membres de la CUMA des Rivières, puisque leurs relations franchissent les limites de la coopérative. Chaque vendredi depuis 18 ans, ils sont 14 à se retrouver dans un gymnase pour quelques parties amicales de volleyball. « Nous avons probablement formé plus de nouvelles branches de machinerie dans le vestiaire au volleyball que lors de l’assemblée générale annuelle », confie la secrétaire-trésorière, Danielle Cadotte. « Nous profitons parfois de cette rencontre pour régler rapidement un petit problème ou pour signer des papiers », ajoute France St-Amand.

La transmission des unités d’utilisation de chaque machine par les responsables de branche à la secrétaire-trésorière est essentielle afin que celle-ci puisse produire les factures de fin d’exercice (30 novembre) à temps pour la déclaration de taxes, transmettre l’information au comptable, préparer la tenue de l’assemblée générale annuelle et passer un bon temps des Fêtes ! Or, certains responsables de branche tardent souvent à remettre les chiffres à la secrétaire-trésorière après la saison. Pour régler ce problème, il a été décidé en conseil d’administration, et approuvé cette année en assemblée générale, d’imposer une amende de 25 $ par mois de retard. Cette amende symbolique vise à souligner l’importance de compiler l’information au fur et à mesure et de la remettre sitôt la saison terminée.

La participation d’un noyau de producteurs à cette activité sociale hebdomadaire contribue certainement à la proximité entre les membres de la coopérative. Ils ont d’ailleurs du mal à se souvenir de mésententes ayant pu survenir dans le passé, tant leur communication est bonne. Selon eux, si leur CUMA a perduré pendant toutes ces années et continue de bien fonctionner, c’est en raison de la confiance qui règne entre ses membres. Il n’y a pas de compteur sur certaines machines. Dans ce cas, chacun est responsable de consigner la quantité de travail effectué avec l’équipement et de donner l’information au répartiteur à la fin de l’année. Ce système basé sur l’honneur n’a pas connu de raté majeur jusqu’à ce jour. « Il faut dire que nos coûts d’utilisation de la machinerie sont tellement bas qu’il ne servirait à rien de mentir pour économiser quelques dollars », fait remarquer Jacques Martel. Le président, France St-Amand, pense que la prudence a aussi contribué au succès de l’organisation. Par exemple, certains producteurs souhaitant intégrer le groupe pour des motivations plutôt pécuniaires se sont rendu compte, après avoir reçu des explications sur le fonctionnement de la CUMA, que celle-ci n’était pas faite pour eux. « L’adhésion à une CUMA ne doit surtout pas se baser sur des raisons financières, mais sur le désir de travailler avec d’autres », insiste-t-il. Jacques Martel souligne aussi qu’il s’est exercé « une sélection naturelle » parmi les membres avec les années. « Ceux qui n’avaient pas la philosophie coopérative ne font tout simplement plus partie de la CUMA aujourd’hui. »

Onze membres se partagent deux niveleuses à panier dans une branche d’activité.

Photos : NANCY MALENFANT

La CUMA des Rivières regroupe 39 membres, qui partagent une quarantaine de machines au sein de 28 branches d’activité. Bien qu’elle ne puisse se vanter d’être la plus grosse coopérative d’utilisation de machinerie agricole de la province, elle compte certainement parmi les plus grandes par l’étendue de son territoire, que traversent de nombreuses rivières, d’où l’origine de son nom. La CUMA couvre 15 municipalités dans deux régions administratives du Québec : la Mauricie et la Capitale-Nationale. La distance n’effraie pas les producteurs prêts à partager ! La CUMA n’a donc pas hésité à créer une branche d’activité pour une herse rotative qu’utilisent des membres jusque dans Portneuf, à plus de 50 km. « L’entente consiste à rapporter la herse à un point central, qui est Sainte-Annede-la-Pérade, après l’avoir utilisée », explique l’administrateur Jacques Martel. En plus d’éviter qu’un seul membre ait une trop longue distance à faire en tracteur sur la route, cela permet une inspection entre chaque utilisation, étant donné que cette machine est parfois utilisée dans des conditions très difficiles. Pour chaque branche d’activité, deux responsables sont nommés : le responsable de l’entretien et le répartiteur, aussi appelé responsable de branche. Ce dernier constitue le pivot de la branche. C’est lui que les membres doivent contacter pour réserver la machinerie et pour signaler qu’ils ont terminé leurs travaux et que le matériel est disponible pour l’utilisateur suivant. Le répartiteur doit aussi cumuler les unités d’utilisation réelles de chaque producteur et les transmettre à la secrétaire-trésorière, qui produira la facture finale.

Pour minimiser la pression financière sur le budget des entreprises agricoles membres de la CUMA, la secrétaire-trésorière, Danielle Cadotte, propose un échelonnement personnalisé de leurs versements. Ainsi, elle étale les paiements mensuellement lorsque le montant annuel des engagements à payer à la coopérative excède 1200 $, alors que les montants plus bas peuvent être payés selon la facturation, qui s’effectue de deux à six fois par année. Le paiement final, basé sur l’utilisation réelle de la machinerie, a lieu en fin d’année.

mauvais coup

Pas la plus grosse, mais la plus grande

Trois des membres fondateurs de la CUMA devant un semoir Great Plains de 12 rangs, propriété de la coopérative. De gauche à droite : le président, France St-Amand; la secrétairetrésorière, Danielle Cadotte; et l’administrateur Jacques Martel.

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Photo : istock

A f fa i re s é c o n o m i qu e s

Marché des terres agricoles Conseiller aux affaires agricoles La Coop fédérée jean-sebastien.laflamme@ lacoop.coop

Pascal Labranche, agronome Coordonnateur Infagri et économie La Coop fédérée

Se donner des points de repère Les occasions d’acheter une terre ne sont pas très fréquentes. Et quand elles se présentent, ce n’est pas toujours évident de déterminer le prix raisonnable à payer.

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pascal.labranche@lacoop.coop

n particulier dans la situation actuelle, où le marché des terres vient de connaître une croissance marquée. Comment s’y retrouver et se donner des points de repère?

Un marché particulier Comme dans la plupart des marchés, la valeur de vente d’une terre correspond à l’équilibre entre les acheteurs et les vendeurs à une période déterminée. Mais les terres agricoles possèdent certaines caractéristiques qui en font un marché unique. La terre est un actif non liquide. Les transactions sont rares, et une éternité peut s’écouler avant que la terre du voisin soit à vendre. C’est à l’inverse des produits agricoles, qui, comme le maïs et le soya, peuvent être achetés ou vendus presque en tout temps, à des prix parfois très volatils. Plusieurs facteurs ont propulsé le prix des terres à la hausse ces dernières années. Bien sûr, la bonne performance globale du secteur agricole a fortement influencé le marché, notamment grâce aux prix élevés des grains. Comme on peut le constater à la figure 1, la croissance du prix des terres au Québec a suivi celle des revenus nets de l’ensemble des producteurs agricoles depuis une dizaine d’années. La hausse des prix coïncide aussi avec la baisse des taux d’intérêt, un autre facteur important qui crée de la pression sur le marché. Le revenu net agricole est lui-même influencé par une multitude d’éléments, dont le prix des produits et des intrants agricoles, la productivité, la gestion et le bilan financier des entreprises, ainsi que les programmes de soutien des revenus.

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Autant de facteurs qui vont influencer le bénéfice net et qui auront à terme des conséquences sur la valeur des terres. Autre élément majeur : la terre ne peut pas bouger. Même si le marché des terres est influencé par des évènements nationaux ou mondiaux, le marché reste avant tout local. Comme disent les agents immobiliers : « Le site, le site et le site. » Le potentiel de rendement, la proximité du réseau de transport, le niveau local de l’offre et de la demande sont autant de facteurs qui auront une influence sur le prix à l’échelle régionale. La figure 2 illustre bien comment le marché a évolué très différemment selon les régions. En Montérégie et dans Lanaudière, où le maïsgrain et le soya prédominent, le prix des terres est quasiment passé du simple au double depuis cinq ans. La hausse est beaucoup moins marquée dans le Bas-Saint-Laurent et au Lac-Saint-Jean, des régions plutôt caractérisées par les cultures fourragères et les petites céréales. Les disparités sont aussi importantes à l’intérieur d’une même région. Figure 1 : Évolution de l'indice du prix des terres agricoles et du revenu agricole net au Québec 200 180 160 2003 = 100

Jean-Sébastien Laflamme, agronome, M. Sc.

Revenu agricole net Prix des terres agricoles

140 120 100 80 60 2003

2004

2005

2006

2007

2008

2009

2010

2011

Sources : FADQ et Statistique Canada, compilation La Coop fédérée

Figure 2 : Prix moyen des terres en culture vendues selon les régions

2012


2003 = 100

Prix des terres agricoles 140 120 100 80 60 2003

2004

2005

2006

2007

2008

2009

2010

2011

2012

Sources : FADQ et Statistique Canada, compilation La Coop fédérée

À considérer

Se donner des points de repère Comme nous l’avons vu, beaucoup de facteurs externes influencent le marché, indépendamment de la volonté du gestionnaire. Certes, les grandes tendances sont connues : forte demande des économies émergentes, biocarburants, ressources limitées… Celles-ci indiquent globalement une pression à la hausse sur le marché des produits agricoles. Mais les cycles haussiers et baissiers qui ont caractérisé ces dernières décennies resteront une réalité dans l’avenir. Les aléas météorologiques, le niveau des stocks, les prix de l’énergie, les taux de change, les décisions politiques continueront de faire fluctuer les prix de façon considérable. En plus, pendant combien de temps les taux d’intérêt resteront-ils très faibles? Mais à défaut de pouvoir maîtriser ces facteurs, on peut se donner des outils pour être en mesure d’évaluer sa décision sur une base rationnelle.

Les outils du réseau La Coop Le réseau La Coop a élaboré des outils pour aider les producteurs à prendre une décision éclairée : les cartes d’imagerie satellite et les rapports technicoéconomiques individualisés. Le rendement est une variable clé qui influence les revenus générés par une terre. Mais comment connaître le potentiel d’une terre, surtout quand on ne la cultive pas? Avec les cartes d’imagerie satellite, il n’y a plus de secret. Les rendements au champ des dernières années peuvent être retrouvés avec exactitude grâce à ce puissant outil. L’imagerie satellite offre également la possibilité d’analyser les écarts de productivité à l’intérieur d’un même champ. Ce qui permet de

Figure 2 : Prix moyen des terres en culture vendues selon les régions 19 000 Lac Saint-Jean 17 000

Montérégie-Ouest Bas-Saint-Laurent

15 000

Lanaudière

13 000 $/ha

D’autres éléments doivent être pris en considération. La proximité d’une zone urbaine peut mettre de la pression sur les prix, surtout dans l’espoir d’un éventuel changement de zonage. C’est plus payant de vendre au pied carré qu’à l’arpent! Même constat si le rendement de l’investissement dans les terres (revenus et gains de capitaux) se compare avantageusement à celui d’investissements différents, comme le marché boursier ou d’autres secteurs immobiliers. Nul doute que le rendement de l’investissement dans les terres agricoles a été très intéressant ces dernières années. Enfin, certains bénéfices ne se quantifient pas. Pour certains, être propriétaire d’une terre, c’est un mode de vie : « Ça n’a pas de prix. »

11 000 9 000 7 000 5 000 3 000 1 000 2003

2004

2005

2006

2007

2008

2009

2010

2011

2012

Source : FADQ

cibler avec précision les améliorations à apporter pour augmenter son rendement global. En plus, la régie des cultures peut être optimisée, notamment avec la fertilisation à taux variable. Utiliser l’imagerie satellite avant d’acheter une terre permet donc de flairer le bon coup ou d’éviter les mauvaises surprises. Avoir un portrait clair de son coût de production et de ses performances techniques est un autre facteur de succès dans toute décision stratégique. Le réseau La Coop a récemment mis en place une vaste banque de données qui dresse rapidement le bilan technicoéconomique de chaque entreprise. Cela permet aux producteurs d’établir le potentiel de rentabilité de la location ou de l’achat d’une terre en fonction de leurs propres chiffres, et non pas en utilisant une moyenne provinciale ou régionale qui ne correspond pas à leur réalité. Cet outil génère des données précises sur les coûts d’exploitation et les revenus pour chacun des champs et même pour chaque type de semence! Des analyses de sensibilité peuvent être réalisées en fonction de divers prix et rendements. On peut ainsi obtenir la valeur potentielle d’une terre selon l’évolution du marché des grains et les avancées technologiques améliorant le rendement. Enfin, cet outil dresse un portrait des points forts de l’entreprise et des points à améliorer, sur le plan tant de la mise en marché que de la régie des champs ou de la gestion du parc de machinerie. Ainsi, avec des points de repère clairs, il sera plus facile de prendre de bonnes décisions d’affaires, qui amélioreront la rentabilité de votre entreprise. Pour plus de détails, n’hésitez pas à parler à votre expert-conseil de l’analyse technicoéconomique des grandes cultures ou des cartes d’imagerie satellite.

FÉVRIER 2014 | Le Coopérateur agricole

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Relève

Si le succès des propriétaires de la Ferme Jeanniestar fait l’envie de beaucoup dans la région, il est loin d’être le fruit du hasard. Annie Laflamme et Guillaume Jean ont travaillé d’arrache-pied depuis l’achat de leur exploitation, en 2005, pour arriver à des résultats qui impressionnent.

La Ferme Jeanniestar

Une étoile plus que montante Texte et photos de Céline Normandin

A

nnie et Guillaume ont décroché en 2012 le trophée Meilleure MCR de troupeau de la région Lévis-Bellechasse 2011, en plus de remporter des trophées pour chacune des catégories dans lesquelles ils étaient en compétition (trophée Classe 2 ans avec trois nominations, trophée Classe 3 ans, trophée Classe 4 ans). Un bilan remarquable, si on considère que le jeune couple est parti de presque rien, soit quelques taures leur appartenant et un troupeau Holstein à la productivité et à la conformité moyennes.

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Le Coopérateur agricole | FÉVRIER 2014

Un parcours exemplaire Après six années de travail, les deux éleveurs de 34 ans peuvent s’enorgueillir de compter dans leur étable de Saint-Charles-de-Bellechasse deux vaches classées « Excellente ». Elles occupent une place de choix dans le bâtiment, et tout le monde s’est installé d’office près d’elles au moment de prendre quelques clichés. Annie et Guillaume le confessent : ils aiment les beaux animaux. « C’est plus agréable d’entrer dans l’étable et de voir de belles vaches plutôt que des “picouilles”.


La petite famille au grand complet : Annie et Méganne (3 ans), Matthew (8 ans), Guillaume et Angelina (4 ans).

C’est plus motivant », indique Annie. Il aura fallu seulement deux ans au couple pour compter une vache « Excellente » et plusieurs autres « Très bonne » parmi leur troupeau. La génétique est d’ailleurs une des passions de Guillaume. Il fait lui-même les inséminations à la ferme, en plus de prélever des embryons sur les meilleurs sujets. Sa plus grande fierté en ce moment ? Trois taureaux issus de ses croisements ont été sélectionnés par Semex, où ils sont présentement en testage. La productivité des vaches a également suivi l’amélioration de la conformité. D’une moyenne de 9300 kg avec 35 vaches en lactation, en 2005, la production a grimpé à 12 161 kg en 2012 avec 55 vaches en lactation. Depuis l’achat de la ferme, en 2005, les deux éleveurs apportent chaque année des améliorations aux bâtiments. Le box des veaux a été davantage isolé pour les protéger des courants d’air, et la ventilation a été repensée pour améliorer le confort des vaches qui demeurent dans l’étable à l’année. Les mangeoires ont été refaites dans la même optique. Une rallonge a aussi été construite à l’été 2012 pour installer un parc de vêlage, et les stalles des vaches ont été agrandies pour augmenter leur confort. Le bien-être des animaux fait d’ailleurs partie, selon eux, des facteurs essentiels à une bonne performance. « C’est important de considérer l’environnement des sujets dans leur ensemble, ce qui veut dire s’assurer que les vaches consomment suffisamment, qu’elles ont accès en tout temps à de l’eau et qu’elles sont bien. Sans confort, la santé d’une vache peut dégénérer rapidement », explique Annie.

Des intérêts différents servis par une bonne entente La jeune femme est bien placée pour parler. Elle a travaillé pendant 10 ans chez Valacta comme conseillère en production laitière après avoir obtenu son diplôme de l’Institut de technologie agroalimentaire du campus de La Pocatière. Guillaume aussi a fait ses classes, non seulement en étudiant au même établissement, mais en gérant pendant plus de six ans un troupeau de 160 têtes Holstein.

Dans la répartition des tâches, Annie s’occupe de la traite des vaches. Elle s’acquitte en outre de l’alimentation, à laquelle elle apporte le plus grand soin. Forte de ses bonnes connaissances dans le domaine, elle s’assoit avec son conseiller, Michel Labonté, de La Coop Rivière-du-Sud, et ils s’assurent ensemble d’obtenir la meilleure ration. Les travaux dans les champs reviennent à Guillaume. Le couple possède 70 ha (170 acres) et 32 autres sont en location, le tout cultivé en prairies, maïs-ensilage, blé, soya, orge et avoine. À l’étable, Guillaume prend soin des génisses, et c’est à lui que revient le choix des taureaux pour l’insémination. Il prélève également des embryons chez leurs meilleurs sujets en vue de leur transplantation et de leur vente.

L’étable, acquise en 2005, avait été reconstruite en 1999 après un incendie. Annie et Guillaume y ont apporté de nombreuses améliorations au cours des années.

Une passion et un rêve communs Annie et Guillaume ont toujours voulu vivre de l’agriculture. Puisque son père n’avait pas de ferme, Guillaume a nourri son intérêt en travaillant chez des voisins agriculteurs. Il s’est retrouvé tout naturellement à l’ITA de La Pocatière

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Matthew, âgé de huit ans, aux côtés de sa vache préférée.

L’alimentation du troupeau

Famille, boulot et défis pour l’avenir Par Michel Labonté, T.P. Expert-conseil ruminant et végétal La Coop Rivière-du-Sud Troupeau de 55 vaches en lactation 2 EX - 28 TB - 28 BP Génisses (jusqu’à 6 mois) Lactoremplaceur Goliath XLR 27-16 Aliment Goliath Totalveau Foin sec Génisses (6-12 mois) Foin demi-sec Supplément Goliath 40 Génisses (12-24 mois) Foin demi-sec Minéral Pro-bloc

Vaches en lactation Ayant récemment vêlé Foin sec RTM Groupe 1 Supplément Couverture Startlait RTM Groupe 1 Foin sec Supplément Synchro 4055V Tourteau de soya Maïs sec Ensilage de foin Ensilage de maïs Minéral Synchro 20-2T Minéral Synchro STB Bionique Bicarbonate de soude Mégalac RTM Groupe 2 Supplément Synchro 4055V Tourteau de soya Orge Maïs sec Ensilage de foin Ensilage de maïs Minéral Synchro 20-2T Bicarbonate de soude Vaches taries Foin sec Minéral Transilac VT7-3C Vaches en transition Foin sec RTM groupe 2 Aliment Transimil 15 Minéral Synchro 24-0C

26

à la fin de ses études secondaires. Annie a pour sa part grandi dans la ferme familiale et possédait la même vocation. « Depuis toute jeune, c’est ce que je voulais faire », raconte-t-elle. Les deux se sont liés d’amitié durant leurs années d’études. Mais c’est en se côtoyant dans le cadre de leur travail que leur amitié s’est transformée. Devenus un couple en 2001, ils partagent le même rêve : dénicher une ferme et l’exploiter à leur compte.

Un rêve inaccessible ? Annie et Guillaume se mettent alors à éplucher toutes les publications agricoles pour y surveiller les annonces d’encans de ferme. Ils acquièrent entre-temps leurs premières taures dès 2002, qu’ils mettront en pension. Ils tombent au printemps 2005 sur l’annonce d’un agriculteur de Saint-Charles-de-Bellechasse qui attire tout de suite leur attention. Ils ne font ni une ni deux et le contactent aussitôt. Mais la marche est haute : le prix de la ferme, reconstruite à neuf en 1999 à la suite d’un incendie, dépasse leur budget. Le bâtiment ne servant que de pension, il fallait aussi installer un réservoir pour le lait et un pipeline. Et le coût devenait prohibitif en y ajoutant la somme nécessaire afin de se procurer le quota pour produire du lait. « Quand on a présenté notre plan d’affaires à la Financière agricole, on ne nous a pas pris au sérieux », se rappelle Guillaume. La solution était d’acheter le troupeau et le quota du père d’Annie, qui désirait prendre sa retraite, mais les discussions étaient compliquées, car son frère désirait également prendre la relève. Des procédures pour mettre le tout en vente à l’encan sont même amorcées, quand une entente est finalement trouvée. Tout déboule ensuite rapidement : Annie et Guillaume achètent le troupeau et le quota à un prix abordable, ce qui leur permet d’obtenir le financement nécessaire et de faire une offre d’achat sur la ferme de SaintCharles. Les papiers seront finalement signés en août 2005, deux mois après la naissance de leur premier enfant. Le troupeau suivra en novembre de la même année. La ferme est alors baptisée Jeanniestar : le début est la contraction de Jean (nom de famille de Guillaume) et de Annie, et la finale en star est pour race étoile.

Le Coopérateur agricole | FÉVRIER 2014

Après huit ans de dur labeur, Annie et Guillaume savourent leur succès à petites doses. Ils se sont versé cette année un salaire pour la première fois depuis 2005. Il n’est toutefois pas encore question de vacances pour le couple, qui jongle avec la vie familiale et le travail. Depuis la naissance de leur petit garçon, Matthew, en 2005, la famille s’est agrandie avec l’arrivée d’Angélina, en 2009 et de Méganne, en 2010. La routine s’est toutefois suffisamment installée pour qu’Annie puisse renouer avec le travail à l’extérieur. Celle qui avoue ne pouvoir rester en place travaille à temps partiel pour Valacta depuis le début de 2013. « C’est agréable de socialiser et de rencontrer d’autres producteurs, dit-elle. Ça me permet de prendre l’air et de sortir des couches ! Ça me permet aussi de venir en aide dans d’autres situations à la ferme et, en même temps, de voir des manières différentes de faire. » Leur bonheur serait plus complet s’ils pouvaient se procurer du quota, un frein majeur à la croissance de la ferme. Depuis deux ans, celle-ci produit 200 litres de trop par jour. « Nous sommes obligés de vendre des sujets pour ne pas dépasser notre quota », se désole Guillaume, surtout que l’étable a la capacité suffisante pour accueillir encore une dizaine de vaches en lactation. Les jeunes agriculteurs perdent aussi chaque année un kilo de quota dédié à la relève. Et comble de malheur, ils ont perdu coup sur coup deux sujets prometteurs à l’été 2012, à la suite de complications et de problèmes de santé. Guillaume avait heureusement pu prélever des embryons avant leur mort. Mais il en faut plus pour abattre le moral d’Annie et Guillaume. Fidèles à leur vision d’affaires pour leur entreprise, ils projettent d’investir encore dans l’avenir. L’amour de la génétique de Guillaume pourrait aussi l’amener à présenter ses meilleurs sujets dans des expositions agricoles. Il s’agit toutefois d’un projet à plus long terme, le temps que les enfants grandissent. Entre-temps, les trois petits s’en donnaient à cœur joie pendant l’entrevue en se promenant à vélo sur l’allée centrale de l’étable ou en posant fièrement, dans le cas de Matthew et d’Angélique, aux côtés de leurs vaches préférées. Et quels sont les objectifs pour les prochaines années ? « Toujours s’améliorer », répondent simplement Annie et Guillaume, ce qui pourrait bien être la recette de leur succès.


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Lait

Par Annick Delaquis, agronome, Ph. D.

Nutritionniste en production laitière La Coop fédérée annick.delaquis@lacoop.coop

Gaz à effet de serre Que peuvent faire les agriculteurs pour réduire leur impact?

Qui n’a pas entendu parler du réchauffement planétaire et des gaz à effet de serre (GES)? Certes, lorsqu’il fait – 30 °C dehors, on se demande bien pourquoi scientifiques et gouvernements s’inquiètent. Mais quels sont ces fameux gaz à effet de serre et pourquoi en parle-t-on autant? Comment peut-on en réduire les émissions à la ferme?

D Photo : istock

e façon naturelle, on retrouve plusieurs types de gaz dans l’atmosphère : vapeur d’eau, gaz carbonique, méthane, protoxyde d’azote et ozone. Même s’il n’y avait aucun humain sur terre, ces gaz seraient quand même présents dans l’atmosphère, mais, il est vrai, en moins grandes quantités. L’activité humaine y ajoute d’autres types de gaz, tels les gaz fluorés, qui sont produits en grande partie par les systèmes de refroidissement : air conditionné, réfrigération, etc. Ces gaz dits à effet de serre capturent les rayons infrarouges que dégage la terre, les empêchant d’être libérés dans l’atmosphère. De façon simplifiée, le soleil envoie des rayons de petites longueurs d’onde qui réchauffent la planète et nous permettent d’y vivre. En retour, la terre dégage des rayons infrarouges de longueurs d’onde plus grandes, qui, eux, sont incapables de retraverser la couche de gaz qui l’entoure. La chaleur ainsi retenue par ces gaz contribue à réchauffer la planète. La capacité de chacun de ces gaz à retenir les rayons infrarouges émis par la terre et leur durée de vie dans l’atmosphère sont différentes. Pour comparer leur potentiel de réchauffement planétaire, on les transforme en équivalent CO2 (gaz carbonique). Par exemple, 1 kg de CO2 aura une valeur de réchauffement de 1. Puisque 1 kg

28

Le Coopérateur agricole | FÉVRIER 2014

de méthane a un impact sur l’effet de serre 25 fois plus grand que 1 kg de CO2, le méthane aura une valeur de réchauffement planétaire de 25. Le protoxyde d’azote (NO2) a une valeur de 310 et le tétrafluorométhane (CF4) de 6500. Les facteurs de conversion utilisés varient de quelques unités selon les sources consultées, mais toutes s’entendent pour dire que la production mondiale de GES ne cesse d’augmenter. Bien que le Canada ne soit pas le plus grand émetteur, contribuant environ à hauteur de 2 % de la production mondiale (voir la figure 1), ses émissions sont également en progression. Par contre, le Québec fait bonne figure, puisque après le Yukon, c’est la province qui a la plus faible émission par habitant (voir le tableau, page 29).

Agriculture et GES Que ce soit au niveau national ou provincial, l’agriculture génère annuellement environ 8 % des GES (voir la figure 2), dont 3 % (soit 37,5 % du total agricole) proviennent de la fermentation entérique, 1,3 % (16,2 % du total agricole) de la gestion du fumier et 3,6 % de la gestion des sols agricoles. Cela peut sembler être une goutte dans l’océan. Erreur! D’après l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), on devra nourrir, d’ici 2050, neuf milliards d’habitants. Une population qui, proportionnellement,


Émissions Mt eq. CO2

consommera plus de produits animaux, avec la conséquence que les émissions agricoles de GES risquent au total d’augmenter (voir le graphique 1, page 30). La FAO estime que, à l’échelle du globe, les productions animales représentent près de 14,5 % des GES produits par l’activité humaine. Dans un rapport publié en 2013 – Tackling Climate Change Through Livestock : A Global Assessment of Emissions and Mitigation Opportunities –, la FAO mentionne qu’il serait possible de réduire de 30 % les émissions agricoles liées au secteur des productions animales en adoptant des stratégies adaptées d’intensification de la production. Pour certains pays, il s’agit d’augmenter la productivité. Pour d’autres, où l’agriculture est déjà intensive, comme en Amérique du Nord, le défi consisterait à mettre en place des stratégies de production améliorant l’efficacité de l’utilisation de l’énergie en agriculture, tant pour le transport et la fertilisation que pour l’alimentation et la transformation des produits. L’importance d’une évaluation globale de l’impact environnemental de la production laitière a d’ailleurs été soulignée par la Fédération des producteurs de lait du Québec, qui a publié, dans son rapport annuel de 2012, le cycle de vie du lait. De toute évidence, l’empreinte environnementale des activités humaines est une préoccupation planétaire, mais l’agriculture n’est pas seule responsable du réchauffement. Réduire la production animale au minimum, une solution? Trop simple, puisque outre les impacts sur la sécurité alimentaire et sur ceux qui y travaillent, cette solution nous priverait d’aliments de haute qualité pour notre santé, soit le lait et la viande. Une équipe de chercheurs de l’Université Cornell s’est penchée sur le sujet et en est venue à la conclusion que l’alimentation des ruminants permet de recycler beaucoup de sous-produits de l’industrie alimentaire humaine : tourteaux protéiques dérivés de la production d’huile Figure 1 : Production mondiale de GES par région

Variations de 1990 à 2010

Emission par habitant en 2010

%

T. eq. CO2 par habitant

1990

2010

Terre-Neuve-et-Labrador

9,2

8,9

-4,0

17,3

Île-du-Prince-Édouard

2,0

2,0

0,0

13,7

19,1

20,4

6,8

21,6 24,7

Nouvelle-Écosse Nouveau-Brunswick

15,9

18,6

17,0

176,0

171,0

-2,8

12,9

Manitoba

18,3

19,8

8,2

16,0

Saskatchewan

43,2

72,1

66,9

69,0

166,0

233,0

40,4

62,6

49,4

56,1

13,6

12,4

0,5

0,3

-36,6

9,8

1,5

1,8

15,4

23,2

83,8

82,5

-1,6

10,4

Ontario

Alberta Colombie-Britannique Yukon T. du N.-O. et Nunavut Québec

Source : Ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs, 2013

végétale, pulpe d’agrumes issue de la production de jus de fruits, drêche de distillerie provenant de la production d’éthanol. Cette façon d’éliminer ces sous-produits est beaucoup plus efficace, Figure 1 : Production mondiale de GES par région écologiquement parlant, que l’enfouissement ou la combustion. Le graphique 2 illustre l’estimation de la production d’équivalents de CO2 lorsque ces sous-produitsAutres sont transformés par les vaches Chine 28 % 23 % laitières ou bien brûlés. Canada Comment réduire nosÉtats-Unis émissions 2% 19 % de GES Japon UE-27 4%

(excluant L’augmentation de la production par vache Estonie Russie et Lithuanie) 6 % est un premier % rejoint les conclusions Indemoyen13et 6% du Source rapport présenté par la FAO. En effet, depuis : www.epa.gov/climatechange/ghgemissions/global.html 1944, on note aux États-Unis une augmentation substantielle de la production paralTableau 1 : Production relative depar CO2vache, selon les provinces canadienne lèlement à une diminution importante des GES produits par kilo de lait. Dans le graphique 3, on constate que plus les vaches produisent de lait, plus elles produisent de méthane (éq. CO2) par vache, mais qu’en revanche moins elles produisent de méthane par kilo de lait. Pourquoi? Les explications sont multiples. Les besoins d’entretien des

Figure 2 : Émissions du Canada pour l’année 2011 selon les secteurs du GIEC (Total de 702 Mt) Énergie - Sources fugitives 60 Mt d’éq. CO2 Procédés industriels 8% 54 Mt d’éq. CO2

8%

Autres 28 %

Utilisation de solvants et d’autres produits 0,25 Mt d’éq. CO2

Chine 23 %

0,04 %

Énergie - Transports 199 Mt d’éq. CO2

Agriculture 54 Mt d’éq. CO2

28 %

Canada 2% Japon 4% Russie 6%

8%

États-Unis 19 %

Déchets 22 Mt d’éq. CO2

UE-27

Inde 6%

(excluant Estonie et Lithuanie)

13 %

3%

Énergie - Sources de combustion fixes 313 Mt d’éq. CO2

Source : Environnement Canada, Rapport d’inventaire national 1990-2011 www.ec.gc.ca/ges-ghg/default.asp?lang=Fr&n= 68EE206C-1&offset=3&toc=show

45 %

Source : www.epa.gov/climatechange/ghgemissions/global.html

Tableau 1 : Production relative de CO2 selon les provinces canadienne Graphique 1 :

FÉVRIER 2014 | Le Coopérateur agricole

29


Minimum 13 %

313 Mt 45d’éq. % CO2

45 %

Moyenne 31 %

Maximum 57 %

Inclusion de sous-produits dans la ration (% de la MS) Source : Russomanno et coll., 2012

Le Coopérateur agricole, « Production laitière et gaz à effet de $erre », www. lacoop.coop/cooperateur/ articles/2011/10/p56.asp

30

C02 (kg/vache/jour)

2042 2042

2048 2048

2030 2030

2036 2036

2024 2024

2018 2018

2006 2006

2012 2012

0,6 0,55 0,5 0,45

Combustion Combustion

25 25 20 20 15 15 10 10 5 5 0 0

Production de lait (kg)

0,4 25

30

Moyenne 31 % Moyenne 31 %

Maximum 57 % Maximum 57 %

Inclusion de sous-produits dans la ration (% de la MS) Inclusion de sous-produits dans la ration (% de la MS) Source : Russomanno et coll., 2012 Source : Russomanno et coll., 2012

C0C0 2 (kg/vache/jour) 2 (kg/vache/jour)

Graphiquesont 3: animaux Graphique 3 : dilués, le capital animal à soutenir Production laitière en fonction de l’estimation Production laitière Les en fonction de l’estimation l’est donc aussi. rations de production d’équivalent de COservies pour augde production d’équivalent de CO22 menter 0,7 la production par vache sont plus riches 0,7 en grains et composées d’ingrédients plus digesti0,65 0,65 bles,0,6 ce qui a pour effet de réduire la production de 0,6 méthane. Cette dernière observation s’applique 0,55 0,55 également aux animaux de boucherie : lorsqu’on 0,5 passe 0,5 d’une alimentation à prédominance de 0,45 pâturage à une alimentation base de maïs, la Production de laità(kg) 0,45 Production de lait (kg) production de GES par kilo de viande diminue. 0,4 0,4 25 30 35 40 45 50 55 35 40 45 50 55 Le25réseau30La Coop a récemment participé au programme provincial Prime-Vert, en collaboraPrédiction la production d’équivalent de CO2 et de tion avec lede MAPAQ, le Centre de recherche Prédiction de la production selon la production de lait d’équivalent de CO2 selon la production de lait développement sur le bovin laitier et le porc ainsi 0,020 0,020 que Valacta. Ce programme avait trois objectifs : 0,018 0,018

• Réaliser une évaluation du bilan d’émissions de GES de l’exploitation laitière.

0,016 0,016

0,014 0,014

• Déterminer les sources de ces émissions.

0,012 0,012

• Susciter une réflexion sur les modifications de pratiques pourrait apporter Production deque lait (kg/jour) Production de lait (kg/jour) 0,008 le producteur pour réduire ses émissions 0,008 25 30 35 40 45 50 55 25 30 45 50 55 annuelles de35GES. 40 0,010 0,010

Source : Russomanno et coll., 2012

Source : Russomanno et coll., 2012 Le programme a proposé différentes stratégies pouvant avoir un impact positif sur le bilan de GES des entreprises. Voici quelques exemples :

• Augmenter la production de lait par vache en haussant la qualité des fourrages servis et en optimisant l’apport en concentrés. • Modifier les rations par l’ajout de gras et la formulation plus précise de l’apport en nutriments.

Le Coopérateur agricole | FÉVRIER 2014

40

45

50

55

0,020 0,018 0,016 0,014 0,012 0,010

Minimum 13 % Minimum 13 %

35

Prédiction de la production d’équivalent de CO2 selon la production de lait kg de C02/kg de lait

Graphique 2 : Graphique 2 : entre la production Comparaison Comparaison productionà partir de d’équivalents entre de gazlacarbonique d’équivalents gaz carbonique à partir de sous-produits de alimentés à des vaches laitières sous-produits alimentés à des vaches laitières ou brulés Digestion ou brulés Digestion

kgkg dede C0C0 dede lait lait 2/kg 2/kg

Russomanno, K.L., M.E. Van Amburg et R.J. Higgs. 2012. Utilization of Byproducts From Human Food Production as Feedstuffs for Dairy Cattle and Relationship to Greenhouse Gas Emissions and Environmental Efficiency. Proceedings of the Cornell Nutrition Conference for Feed Manufacturers, Syracuse, Oct. 16-18, 2012.

Viande bovine Viande Viande bovine ovine Viande ovine Lait Lait

0,65

Source : FAO 2006 - F. O’Mara, 2010 GGAA Source : FAO 2006 - F. O’Mara, 2010 GGAA

Gerber, P.J., H. Steinfeld, B. Henderson, A. Mottet, C. Opio, J. Dijkman, A. Falcucci et G. Tempio. 2013. Tackling Climate Change Through Livestock : A Global Assessment of Emissions and Mitigation Opportunities. Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), Rome.

Paradis, J. 2013. Inventaire québécois des émissions de gaz à effet de serre en 2010 et leur évolution depuis 1990, Québec, ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs, Direction des politiques de la qualité de l’atmosphère, 20 p.

0,7

La demande continuera d’augmenter, la production de GES aussi. La demande continuera d’augmenter, la production de GES aussi.

Fédération des producteurs de lait du Québec. 2012. « Le cycle de vie du lait », Rapport annuel 2012.

Hassanat, F., R. Gervais, C. Julie, D.J. Massé, A. Lettat, P.Y. Chouinard, H.V. Petit, C. Benchaar. « Replacing alfalfa silage with corn silage in dairy cow diets : Effects on enteric methane production, ruminal fermentation, digestion, N Balance, and milk production ». Journal of Dairy Science, 96:4553-4567

220 220 200 200 180 180 160 160 140 140 120 120 100 100

2000 2000

Production Production (2000 (2000 = 100) = 100)

Capper, J.L., R.A. Cady et D.E. Bauman. « The environmental impact of dairy production : 1944 compared with 2007 ». Journal of Animal Science, 87:2160-2167. Capper, J.L., R.A. Cady et D.E. Bauman. Demystifying the Environmental Sustainability of Food Production. Proceedings of the Cornell Nutrition Conference for Feed Manufacturers, Syracuse, Oct. 20-22, 2009.

Graphique 3 : Production laitière en fonction de l’estimation de production d’équivalent de CO2

Graphique 1 : Graphique 1 :la demande de viande et Évolution de Évolution delelamonde demande de viande et de lait dans de lait dans le monde

Sources :

Production de lait (kg/jour)

0,008 25

30

35

40

45

50

55

Source : Russomanno et coll., 2012

• Utiliser des additifs pouvant modifier la fermentation dans le rumen et réduire la production de méthane. • Améliorer les systèmes de gestion pour maximiser la vie productive des animaux et, conséquemment, réduire les besoins en animaux d’élevage. • Améliorer la gestion et l’entreposage des fumiers. Certaines stratégies alimentaires peuvent réduire la production de méthane entérique, mais augmentent les gaz produits lors de l’entreposage du fumier. Pour évaluer la validité de ces stratégies, il faudra connaître plus à fond leur impact sur le cycle de vie du lait. Le réseau La Coop est donc allé plus loin en matière de responsabilisation environnementale. Le mémoire qu’il a déposé dans le cadre de la Consultation publique sur les enjeux énergétiques du Québec fait état de son engagement à aider le Québec à réduire sa consommation moyenne d’énergie par habitant ou, à tout le moins, à mettre en place des sources d’énergie ayant une empreinte environnementale moins importante que les carburants actuels. Comme le réchauffement planétaire résulte du bilan mondial des GES, il faudra travailler sur les systèmes de production pour parvenir à avoir un impact. Et c’est en réseau que l’on réussira à accomplir le travail.


Sur le plancher d e s va c h e s

Par Sylvain Boyer, T. P. Directeur principal Service des ruminants La Coop fédérée sylvain.boyer@lacoop.coop

Comment épargner plus de 100 $ par tonne d’aliments Parmi les défis qui se dressent devant nous en ce début d’année, les prix des intrants reviennent souvent dans les discussions.

À Photo : Martine Doyon

For English version, please visit our website at www.lacoop.coop/ cooperateur

vrai dire, depuis deux ans, nous sommes aux prises avec des prix relativement élevés. Ce n’est pas la première fois que nous vivons ça et, dans ces occasions, vous devenez plus sensible aux différentes offres qui vous sont faites. C’est toujours la même chose : un autre fournisseur passe et vous propose quelque chose de « pareil » qui vous permettrait, comme par magie, d’économiser 75 $ et parfois 100 $ la tonne. Est-ce réellement le cas ? Est-ce que les produits sont vraiment comparables ? Permettez-moi d’en douter. Et l’on ne peut malheureusement pas se fier uniquement à l’analyse fournie. Je connais beaucoup de producteurs qui ont hâte que les prix de leurs suppléments laitiers soient à la baisse. En réalité, nous n’avons pas beaucoup de pouvoir sur ce qui se passe sur les marchés. L’important est d’adopter la stratégie la plus rentable sur ce que vous pouvez maîtriser. En effet, plusieurs décisions auront plus d’impact que le changement de prix des suppléments, et certains de ces éléments sont plus majeurs que d’autres. La qualité et le coût des fourrages sont deux points cruciaux dont vous avez la maîtrise. Il existe des écarts plus qu’importants entre les fermes les plus performantes et celles qui le sont le moins. Le petit calcul qui suit est très simple : une vache consomme annuellement moins de 1000 kg de supplément protéique, contre 5000 kg de matière sèche fourrage. Pour équivaloir à une économie de 100 $ par tonne de supplément, il suffit de 20 $ d’amélioration par tonne de matière sèche

fourrage. Les données que nous vous présentons proviennent des Groupes-conseils agricoles du Québec. Elles montrent pourtant un écart allant de 146 à 323 $ par tonne de matière sèche, selon que l’on regarde le groupe des 20 % supérieurs ou celui des 20 % inférieurs. Imaginez : un écart de plus de 170 $ la tonne. Presque le même écart dans les ensilages de maïs, soit 150 $. Cela représente plus de 750 $ par vache par année ! De quoi payer tout le supplément des vaches… Autre élément d’importance : la maximisation des composants du lait. Le simple fait de faire varier les composants du lait a un impact majeur sur deux volets. Le premier, c’est la différence entre produire votre quota ou non, et les jours supplémentaires en automne pour aller chercher des primes intéressantes de l’ordre de 60 à 75 $ par vache. Le second, c’est la rentabilité. Et quand on sait, en plus, que la variation du taux de gras amène habituellement une variation, dans le même sens, du taux de protéine, la différence sur le revenu total est énorme. Encore une fois, ces points d’amélioration auront plus d’impact sur les revenus nets totaux de votre entreprise qu’une réduction de 100 $ la tonne de vos suppléments. Il est bien normal de se préoccuper du coût des intrants achetés. Après tout, vous voyez les factures tous les mois. Par contre, n’oubliez pas que la rentabilité se cache souvent derrière d’autres dépenses annuelles sur lesquelles vous avez plus d’emprise.

FÉVRIER 2014 | Le Coopérateur agricole

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De porc en porc

Par Étienne Hardy, agronome

Premier directeur Service de la production porcine La Coop fédérée etienne.hardy@lacoop.coop

KISS

Une fois de plus, la Filière porcine coopérative embrasse le changement. Cette fois-ci, c’est par la mise en place d’une nouvelle grille de paiement du porc certifié La Coop, sans classe de rendement en viande. Grille de classement Olymel plus sans ractopamine - Vallée-Jonction Exclusive au porc certifié La Coop

Poids

< 79,9

80-89,9

90-117,4

117,5-119,9

> 120

Indice

55

95

112

100

80

’ C Photo : Martine Doyon

est sans doute la grille la plus élémentaire élaborée à ce jour. Elle répond au principe KISS* ( Keep it simple, stupid) ou, si vous préférez, à la citation d’Einstein : « Faites aussi simple que possible, mais pas simpliste. » Non pas que le principe KISS fasse allusion à la stupidité du modèle. Bien au contraire : c’est plutôt le résultat de réflexions pour arriver à simplifier le fonctionnement et la compréhension, afin d’éviter toute complexité. Selon ce principe, les systèmes sont plus performants quand leur fonctionnement demeure simple. Pour notre part, le porc certifié La Coop est un modèle de production assez simple et bien défini dans le cahier des charges : Génétique Sogeporc + Aliment formulé La Coop + Régie + Transport + Poids optimum d’expédition = Qualité et carcasse définie et caractérisée D’autres éléments de gestion à la ferme peuvent également influencer la composition de la carcasse du porc certifié La Coop, tels que la santé, la qualité de l’environnement, les manipulations, les mélanges d’animaux et le niveau d’énergie de la ration. Toutefois, on ne les gère pas vraiment pour obtenir un meilleur indice de classement, mais davantage pour atteindre plus d’efficience dans les bâtisses. Ce sont plutôt la génétique et l’alimentation qui ont le plus d’impact sur le rendement en viande, soit la composition en muscle et en gras.

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Le Coopérateur agricole | FÉVRIER 2014

En regardant de plus près l’ancienne grille du porc certifié La Coop, on note que le principal point géré à la ferme pour influencer la classe de rendement, pour ne pas dire le seul, était le poids d’expédition. On constate d’ailleurs que de nombreux élevages ayant un meilleur indice dans la strate 95-117 kg, donc payés plus cher, avaient un poids d’expédition inférieur aux autres. Un constat paradoxal, vu l’intérêt de produire des porcs plus lourds. Et ce n’est pas le seul paradoxe dont la grille se défait. En améliorant les éléments de gestion mentionnés précédemment, on augmente souvent le gain moyen quotidien et, par ricochet, les porcs déposent plus de gras. Dans l’ancienne grille, cela pouvait générer un moins bon indice et ainsi pénaliser le revenu. Avec la nouvelle grille, ce ne sera plus le cas : elle favorisera l’expression du plein potentiel de nos animaux. Autre paradoxe important qui disparaît avec la nouvelle grille : l’usage de la sonde Destron comme outil de paiement des porcs. Certes, dans les années 1980, c’était possiblement le meilleur moyen déniché pour rémunérer les producteurs, malgré l’imprécision de la mesure due à l’utilisateur et les variations entre les usines. Mais en 2014, l’outil est manifestement désuet. Une mesure de muscle et de gras prise entre les troisième et quatrième avant-dernières côtes ne permet pas d’évaluer avec précision le rendement en viande et la valeur des carcasses de génétique différente. La nouvelle grille élimine cette problématique. En travaillant à la source (génétique + alimentation), nous parvenons à réduire les conversions alimentaires, à obtenir un maximum de carcasses lourdes de 16 à 20 mm de gras dorsal et à optimiser le rendement en viande. Bien entendu, au sein de la filière, ce premier « baiser » avec la nouvelle grille est loin d’avoir le même goût pour tout le monde, comme pour tout autre changement de grille appliqué auparavant. Pour certains d’entre nous, elle a une saveur de menthe fraîche; pour l’autre moitié, elle peut laisser un goût amer. Pour tous, elle entraîne une certaine adaptation, qui offrira, à moyen terme, plus de souplesse et l’assurance d’être rémunérés sur les éléments qu’ils maîtrisent. * Principe élaboré par Kelly Johnson au milieu des années 1900.


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Porc

Marie-Josée Turgeon, agronome

Coordonnatrice qualité Porc certifié La Coop La Coop fédérée

Photo : Josée veilleux

marie-josee-turgeon@lacoop.coop

Véhiculer la qualité Dans la chaîne de valeur de la production de porcs, les camions et remorques utilisés ont aussi un rôle à jouer.

P Photos : marie-josée turgeon

roducteur, meunerie, abattoir, transporteur : tous mettent la main à la pâte pour produire des porcs certifiés La Coop. Ces porcs sont d’une qualité supérieure, parce qu’ils sont produits en respectant un cahier des charges qui comporte des exigences en matière de génétique, d’alimentation, de conduite d’élevage, de manipulation des animaux et de transport. Mis ensemble, tous ces éléments permettront de produire la qualité de viande visée pour nos marchés. En plus de ces éléments, le type de camion ou de remorque semble également être un facteur qui influe sur la qualité de la viande, le stress des porcs et les pertes associées au transport. Au Québec, le parc de véhicules de transport pour les porcs est varié. Le manque d’uniformité qui le caractérise complique la conception d’installations de chargement ou de déchargement à la ferme et à l’abattoir. Il y a cependant trois types de camions et remorques qui sont utilisés à plus grande échelle : 1. Les camions à 10 ou 12 roues et à deux étages sans rampe interne. 2. Les remorques à deux ou trois essieux munies de rampes internes (remorques « bedaine », ou pot-belly en anglais), comportant parfois

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aussi un plancher pneu­matique, électrique ou hydraulique au centre. Avec la « bedaine », il y a trois étages. 1 3. Les remorques à deux ou trois essieux et à deux ou trois étages sans aucune rampe interne. 2 Plusieurs études ont tenté de déterminer si le modèle de camion ou de remorque utilisé a une influence sur le bien-être des porcs, les pertes durant le transport et la qualité de la viande. Les résultats démontrent que la présence ou non de rampes internes entre les étages et certains compartiments des remorques est un facteur déterminant. Les remorques « bedaine » sont très courantes sur nos routes. Elles sont moins coûteuses et plus polyvalentes, car elles peuvent être utilisées pour transporter plus d’une espèce animale. Par contre, comme elles comportent des rampes internes (souvent avec des pentes raides), les porcs des étages du haut et de la « bedaine » doivent faire plus d’efforts pour embarquer à la ferme et être déchargés à l’abattoir. Plusieurs études ont démontré que cela occasionne un stress plus grand, donc le risque d’avoir des pertes durant


le transport ou au déchargement est aussi augmenté (porcs morts pendant le transport, blessés ou essoufflés). La qualité de la viande peut même être détériorée, particulièrement si la durée du transport entre la ferme et l’abattoir est courte et si les porcs stressés n’ont pas suffisamment de temps, avant d’être abattus, pour se rétablir dans l’étable de l’abattoir. Compte tenu des difficultés causées par les rampes internes, on peut se demander si l’industrie aurait avantage à carrément prohiber l’utilisation des remorques qui en comportent pour ne recommander que celles qui en sont dépourvues. Personnellement, je suis convaincue que non. Les deux catégories de remorques ont chacune leurs avantages et leurs inconvénients. Il y a aussi des impacts financiers à considérer.

de s’appuyer directement contre le quai (quai avec coussins). Cette configuration des portes facilite l’ajustement du quai de déchargement de l’abattoir à la hauteur du plancher de la remorque. 4 - 5 • Ouverture pleine largeur à l’arrière qui minimise les bousculades et l’essoufflement des porcs au déchargement. 4 • Bout de la passerelle extensible ou passerelle pouvant pivoter (swivel) pour mieux s’ajuster à certains quais de chargement. 6 • Évents de nez qui assurent une meilleure ventilation dans les compartiments du devant. 7 • Éclairage intérieur et extérieur pour faciliter les manipulations et améliorer la visibilité et la sécurité sur la route. 8a - 8b • Brumisation ou système permettant d’arroser les porcs par temps chaud afin de les refroidir et de diminuer la mortalité pendant le transport et l’essoufflement des porcs. 9

Une conception adéquate Outre la présence ou non de rampes internes, certains éléments de conception des remorques sont à privilégier, parce qu’ils auront vraiment un effet positif pour le transporteur, faciliteront les manipulations et diminueront le stress des porcs.

• Ouvertures horizontales modifiées pour empêcher que des porcs soient coincés lorsque les planchers sont levés ou abaissés. 10

Mentionnons notamment :

• Remorques « bedaine » avec un plancher central hydraulique, électrique ou pneumatique, ce qui confère un dégagement suffisant pour marcher debout.

• Des rampes plus longues, afin de diminuer la raideur des pentes, et comportant des échelons pour une meilleure prise de pieds. 3 • Des jeux de barrières permettant d’isoler au besoin d’un à trois porcs à chaque étage, afin de respecter la réglementation sur le transport des animaux fragilisés.

• Si des marches sont présentes entre certains compartiments, elles ne devraient pas avoir plus de 15 cm de haut, pour éviter les risques de blessures et faciliter le chargement et le déchargement des porcs. u

• Des portes-rideaux ou passerelles pouvant être repoussées sur le côté pour permettre

1. Remorque « bedaine » (Wilson; Transport JC Manningham)

2

2. Remorque à planchers plats, sans rampes internes (Lépine, Ferme GEC) Photo : Lépine, Ferme GEC

1

FÉVRIER 2014 | Le Coopérateur agricole

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3. Rampe interne du troisième étage plus longue, avec moins de pente. Extrémité de passerelle extensible.

3

4

5

4. Ouverture complète de l’arrière (deux portes). La configuration des portes permet aussi de charger les porcs sur un quai à coussins. 5. Porte-rideau permettant de s’appuyer directement contre la bâtisse ou de s’ajuster parfaitement au quai de déchargement.

• Planchers antidérapants rugueux pour éviter que les porcs ne se blessent en glissant ou en tombant. Ce critère est aussi important pour diminuer les risques de blessures du transporteur lui-même. • Suspension pneumatique pour diminuer les vibrations de la route. • Présence de barrières qui se referment (et qui restent bien fermées) pour diminuer les mouvements involontaires des animaux. • Loquets des barrières qui s’enclenchent automatiquement et qui ne peuvent pas être ouverts par les porcs. Tous les critères relatifs à la biosécurité, plus particulièrement la facilité de lavage et de désinfection des camions, remorques et équipements de transport, doivent absolument être considérés, même s’ils n’ont pas forcément de lien direct avec la qualité de la viande. On peut penser ici à 8a. Éclairage intérieur

8a

l’absence de bois pour les panneaux, passerelles, rampes et planchers, à des soudures pleines 11a et à des extrémités de barrières bouchées 11b, à des supports de planchers arrondis 11c ne laissant pas la saleté et l’eau s’accumuler et à la présence d’ouvertures pour faciliter le lavage de certains compartiments et l’écoulement de l’eau. 12

Et l’aspect humain, dans tout ça ? Outre le camion ou la remorque, il ne faut jamais perdre de vue que produire la viande de la meilleure qualité qui soit nécessitera toujours l’engagement de tous les maillons. Aucun modèle de remorque ne pourra à lui seul tout changer si les autres points de gestion ne sont pas pris en compte. Certaines pratiques de gestion – comme une période de jeûne suffisante avant le chargement, la manipulation des porcs par petits groupes lors du chargement et le fait de ne pas 9

8b. Éclairage extérieur 9. Système pour arroser les porcs par temps chaud 10. Ouvertures modifiées pour éviter que les porcs soient coincés 11. Soudures pleines (a), extrémités de barrières bouchées (b) et supports de plancher arrondis (c)

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Le Coopérateur agricole | FÉVRIER 2014

Photo : Luigi Faucitano, AAC

Photos : marie-josée turgeon

12. Ouvertures pour faciliter le lavage et l’égouttement des planchers

8b


6

6. Passerelle pivotante (swivel) pour un meilleur ajustement au quai de chargement (cours de ferme exiguës)

7

7. Évents de nez pour une meilleure ventilation des compartiments du devant

utiliser systématiquement le bâton électrique – ont également un lien direct avec le stress que vont subir les animaux. Elles influent donc aussi sur la qualité de la viande et les pertes pour le producteur (aliments gaspillés, porcs morts dans le camion, porcs essoufflés au déchargement qui meurent dans l’étable de l’abattoir, démérite pour contusions, fractures, etc.). La conception des bâtiments et la présence de quais de chargement adéquats doivent également être prises en compte. Pour ce qui est du transporteur, il peut grandement diminuer le stress des porcs par l’adoption de meilleures pratiques de manipulation des porcs et par une conduite « en douceur » sur la route (pas d’accélérations ni de freinages brusques). L’ajustement des ouvertures de ventilation, l’ajout d’une quantité appropriée de litière, le respect des chartes de densité de chargement par compartiment et l’ajustement du nombre de porcs 10

11a

à transporter en fonction de la température sont très importants. De plus, afin de diminuer les pertes potentielles, il faut que le camion prenne la route le plus vite possible, surtout l’été, pour que l’air circule et que les porcs n’aient pas trop chaud. Il faut donc minimiser le nombre d’arrêts, en s’abstenant par exemple de charger des porcs chez plus de trois producteurs différents ou de reculer au quai d’une bâtisse pour quelques porcs seulement. Des équipements adéquats facilitent sans contredit les choses. Mais en travaillant tous ensemble, nous pourrons devenir de plus en plus efficaces, parce que la personne qui fait preuve d’un bon sens de l’observation, connaît son métier et prend soin de bien faire les choses peut réussir, peu importe l’équipement ou le bâtiment mis à sa disposition.

11b

12

11c

FÉVRIER 2014 | Le Coopérateur agricole

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Vo l a i l l e

Par Benoît Lanthier, DMV Médecin vétérinaire Secteur avicole La Coop fédérée

Photo : LA COOP FÉDÉRÉE

benoit.lanthier@lacoop.coop

L’arthrite virale : 

une maladie en émergence

PhotoS : Gracieuseté du DR Jack Rosenberger, Aviserve LLC, Delaware, É.-U.

L’arthrite virale, aussi connue sous le nom de ténosynovite à réovirus, est une maladie affectant le système locomoteur du poulet de chair. Connue depuis plus de 40 ans, elle a été bien maîtrisée dans les productions commerciales il y a une vingtaine d’années avec l’introduction d’un vaccin contre le réovirus chez les reproducteurs. Accumulation de liquide au niveau de l’articulation (arthrite)

C

38

e n’est que récemment que la maladie semble être revenue, autant en Europe qu’en Amérique du Nord, même si les reproducteurs reçoivent encore la vaccination contre le réovirus. Ce sont surtout les races de poulets lourds qui sont touchées, alors que les races de pondeuses ne présentent pas de signes de la maladie. Il faut noter qu’il existe plusieurs souches de réovirus, qui causent des problèmes autres que l’arthrite virale et peuvent affecter plusieurs espèces de volaille. Typiquement, le problème surviendra chez les poulets de chair à entre trois et six semaines d’âge. Il est possible de voir certains cas commencer à seulement une ou deux semaines. Il n’y a pas de prédisposition en fonction du sexe pour cette maladie, les mâles et les femelles ayant autant de risques d’en être atteints. Parfois, il n’y aura qu’un seul étage ou un seul parquet d’un bâtiment qui sera touché. De plus, une association entre

Le Coopérateur agricole | FÉVRIER 2014

le troupeau de reproducteurs et le troupeau de production atteint par la maladie n’a pas encore pu être établie clairement. Généralement, les poulets atteints auront une patte crochue. Cela est dû à la lésion entraînant la fibrose du tendon au niveau de l’articulation du tarse (celle qui se trouve tout juste en bas du pilon). La fibrose empêche la flexion de l’articulation, ce qui a pour conséquence que la patte reste bien droite sur le côté du poulet. Il n’y a pas de mortalité directement associée au réovirus, mais les poulets malades auront plus de difficulté à aller manger et boire et seront éliminés du troupeau. En moyenne, environ 2 à 4 % du troupeau seront affectés. Mais cela peut aller jusqu’à 10 % dans les cas les plus graves. Certains oiseaux affectés ne présenteront pas de problème de boiterie, mais auront un gain de poids diminué et une conversion alimentaire plus élevée. u


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Tendon normal

Inflammation du tendon (ténosynovite)

Les facteurs de risque associés à cette maladie ne sont pas tous encore bien compris. Il semble qu’il y ait un plus grand nombre de cas durant l’été que durant l’hiver. La maladie survient par vagues, de nombreux cas étant répertoriés en un court laps de temps, puis plus rien pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Une maladie concomitante, telle que la bronchite infectieuse ou la maladie de Gumboro, pourrait contribuer à la gravité de cette pathologie. En outre, plus l’oiseau est infecté jeune, plus les symptômes seront évidents. Un facteur à ne pas négliger est l’apparition de nouvelles souches de réovirus. La vaccination protège seulement contre la souche utilisée dans le vaccin. Si de nouvelles souches font leur apparition, elle devient pratiquement inutile. Il semble que plusieurs souches trouvées récemment ne fassent pas partie du vaccin commercial offert. L’origine des souches causant les problèmes actuels n’est pas encore bien établie. Il sera nécessaire d’obtenir plus d’information en utilisant les techniques de biologie moléculaire existantes afin de cerner exactement les liens qui pourraient exister entre les souches présentes au Québec et celles qui sont présentes ailleurs dans le monde. Pour l’instant, il n’est pas possible de déterminer avec certitude l’origine du problème. Le réovirus est un virus qu’on trouve couramment chez les poulets. Il est normal de trouver des réovirus dans les systèmes respiratoire et digestif de poulets en bonne santé. En effet, 80 % des souches de réovirus ne sont pas pathogènes, ce qui veut dire qu’elles ne peuvent pas causer de maladie. Cela a d’importantes conséquences en matière de diagnostic, car le simple fait de trouver un réovirus dans un poulet malade n’indique pas qu’il soit nécessairement à l’origine du problème. Il est important de pouvoir lier la présence du virus avec les signes cliniques observés chez les poulets et les lésions vues au microscope par le pathologiste. Par exemple, la présence du virus

sans la présence des lésions microscopiques peut faire penser à un réovirus non pathogène. Il n’y a pas de traitement efficace contre le réovirus. Les antibiotiques ne sont pas utiles contre les virus, et le réovirus ne fait pas exception. La prévention reste donc la meilleure méthode. Le virus peut être transmis tant verticalement qu’horizontalement, c’est-à-dire qu’il peut provenir des reproducteurs ou être transporté par un vecteur : des bottes sales, un visiteur, de l’équipement, etc. Le virus reste actif très longtemps dans l’environnement. Par exemple, il peut rester vivant pendant 10 semaines dans l’eau et pendant plusieurs jours sur différents objets. Ainsi, le transport par vecteur n’est pas à négliger. Un respect adéquat des mesures de biosécurité est, comme pour toute maladie, très important. À la suite d’un problème lié au réovirus dans un poulailler, il est recommandé de procéder à un bon lavage et à une désinfection. La désinfection des conduites d’eau est primordiale, puisque le virus y survit très bien. Comme le virus est sensible au peroxyde d’hydrogène, un produit en contenant serait idéal pour désinfecter les conduites d’eau. Par contre, il est très résistant à l’acide, ce qui rend les produits à base d’acide presque inutiles. Pour la désinfection des poulaillers, les produits à base d’iode organique 0,5 % et de soude caustique sont reconnus comme efficaces. Étant donné que le réovirus résiste à plusieurs désinfectants, il serait important, avant d’utiliser un produit, de s’informer auprès du fabricant afin de valider son efficacité. Des experts de plusieurs pays d’Amérique du Nord et d’Europe travaillent actuellement à trouver des solutions afin de prévenir les problèmes associés au réovirus. Avec la collaboration de tous, il pourrait être possible de maîtriser, une fois de plus, cette maladie.

Le Coopérateur agricole | FÉVRIER 2014


Ve i l l e r au g r a i n

Par Simon Baillargeon,

agronome

Directeur général, Secteur grains La Coop fédérée

Que nous réserve 2014 ?

simon.baillargeon@lacoop.coop

L’année 2014, dans le secteur de la commercialisation des grains et oléagineux, sera certainement aussi fertile en rebondissements que l’a été 2013. Le commerce des grains n’échappe pas aux grandes tendances mondiales qui rendent de plus en plus difficiles les prédictions à long terme.

L Photo : Pierre Cadoret

N.D.L.R. : Première d’une nouvelle chronique qui traitera des enjeux qui influencent vos décisions dans le domaine de la commerciali­sation des grains.

a sécheresse historique de 2012, aux États-Unis, a eu un impact sur la commer­ cialisation du maïs québécois en 2013. En plus du marché local, il a trouvé preneur dans les grandes régions frontalières américaines. Ce phénomène plutôt inhabituel pourrait devenir un bon débouché pour nous, advenant des problèmes de disponibilité ou de qualité dans les cultures am��ricaines. En plus, l’année 2013 a permis au maïs québécois de se bâtir une certaine notoriété quant à sa qualité. En effet, la récolte 2012 ayant un poids spécifique élevé et étant exempte de toxines, notamment, a fait bonne impression auprès des utilisateurs. On a donc « semé » pour l’avenir. Autre fait important aux États-Unis : pour une deuxième année consécutive, l’utilisation du maïs pour la production d’éthanol a dépassé les besoins du secteur de l’alimentation animale. Cela a contribué à maintenir les prix moyens payés aux producteurs à un niveau inespéré, malgré un fléchissement par rapport aux deux années records antérieures. Avec plus de 40 % du maïs américain destiné à l’industrie de l’éthanol, l’impact sur les prix payés selon les conditions des cultures n’est pas surprenant. En 2014, cette tendance restera forte puisque le secteur de l’alimentation animale américain semble reprendre de la vigueur.

Les tendances chez nous La fève soya

La demande mondiale demeurera très élevée en 2014. Cette situation maintiendra le prix offert aux producteurs à des niveaux intéressants et concurrentiels par rapport aux autres cultures. Mentionnons que les avancées importantes de la génétique permettent d’envisager des rendements

supérieurs et, surtout, d’étendre la culture de la fève quasiment à l’échelle de la province. Donc, plus de rendements et d’ensemen­ cement en 2014 permettront, si les conditions clima­t iques sont favorables, de franchir le cap d’un million de tonnes produites au Québec, pour la première fois de son histoire.

Le maïs En 2013, nous avons observé deux phénomènes importants. Le premier est que les niveaux d’écoulement ont été inférieurs à la normale pour les six premiers mois de l’année, et ont atteint des sommets historiques pour les six derniers mois. Considérant le fait que nos voisins du Sud avaient à composer avec une récolte 2012 insuffisante, les prix pour les mois d’été ont subi une pression à la hausse. L’autre phénomène a été la réticence des producteurs à vendre à l’avance leur récolte 2013. Pourquoi ? À cause d’un marché boursier moins intéressant que les années antérieures, d’une grande capacité d’entreposage à la ferme et de moins de contraintes de liquidités après trois ans de prix très favorables.

Les céréales à paille Les trois dernières années ont été difficiles en ce qui a trait aux volumes de blé, d’avoine et d’orge à commercialiser. Cela s’explique notamment par un phénomène de concurrence pour les hectares libres et par des problèmes récurrents de niveaux de toxines. Quant aux prix, ils ont été entraînés à la hausse par le maïs et le soya. En 2013, les tonnages de blé destiné à la commercialisation ont été à la hausse principalement pour le blé d’alimentation animale. Les volumes d’orge, qui sont passés sous le seuil des 100 000 tonnes pour la première fois en 2011, n’ont pas encore refranchi ce cap. L’avoine se maintient aux environs de 130 000 tonnes commercialisées et, pour une bonne partie, dans des créneaux particuliers. Dans le prochain numéro, nous surveillerons les données de la récolte 2014 en Amérique du Sud, les intentions d’ensemencement aux États-Unis et les conditions de marchés qui prévaudront au Québec.

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C ’ e s t pa s p l u s v e r t c h e z l’ v o i s i n

Par Pascal Alary, agronome Directeur principal, Service des productions végétales, La Coop fédérée et producteur agricole pascal.alary@lacoop.coop

Dans toute business, ce sont les gens qui comptent le plus !

En octobre dernier, avec deux de mes collègues de travail, j’ai voyagé par affaires dans quelques États américains. Nous en avons profité pour rencontrer des détaillants et des producteurs agricoles. Précisons qu’il s’agissait de « gros » détaillants et de « gros » producteurs qui cultivent grand, très grand…

I Photo : Martine Doyon

l est toujours utile de faire ce genre de rencontres – un must, comme disent les Américains. Et puisque l’adage veut que l’avenir appartienne non pas aux plus forts ni aux plus intelligents, mais à ceux qui savent le mieux s’adapter, la raison majeure de ces visites était de discuter de la manière dont les détaillants s’adaptent aux besoins des gros producteurs et de la façon dont ces derniers choisissent les détaillants avec lesquels ils font des affaires ou en feront dans l’avenir. Chez les détaillants, cette adaptation passe par des investissements majeurs dans les services à forfait : équipements, experts-conseils, directeurs des opérations. Résultat : aux États-Unis, l’épandage des fertilisants – une opération straté­ gique qui demande une expertise élevée – est très majoritairement effectué par les détaillants, capables de couvrir de vastes superficies en peu de temps. Les producteurs, aussi gros soient-ils, leur délèguent cette tâche. « On gère une entreprise, disent-ils. Les détaillants nous aident à la rendre plus rentable avec leurs outils et leurs connaissances. » Précisons qu’une forte proportion de ces épandages est effectuée à l’aide de techniques d’agriculture de précision. Trois exploitations du Tennessee et de l’Indiana ont particulièrement attiré notre attention. Dans la première, un producteur cultive plus de 2650 ha (6500 acres) avec son frère et son fils. Avec l’agriculture de précision, ils sèment différents hybrides à différentes populations en fonction du type et de la richesse du sol. Dans une autre exploitation, l’une des plus grandes du Tennessee, deux frères cultivent

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8900 ha (22 000 acres) et possèdent un parc de machinerie comme on en voit rarement : 7 batteuses, 19 semi-remorques pour le transport des grains, 6 semoirs à maïs de 24 rangs, et j’en passe. Nous leur avons demandé si gérer une telle entreprise leur permettait encore de pratiquer leur métier. La réponse était simple. De deux à trois heures de bureau le matin et hop ! ils montent dans leurs machines pour le reste de la journée et utilisent tous les moyens pour être efficaces. Ces équipements, qu’ils conduisent avec le téléphone intelligent à la main, sont une extension de leur bureau. Un troisième producteur, d’une infinie gentil­ lesse, nous a accueillis dans sa ferme de 3450 ha (8500 acres), où il cultive soya de semence et maïs conventionnel et fabrique de la farine de maïs pour consommation humaine. Nous avons posé la même question à tous ces producteurs : quel est le facteur numéro un qui vous fait choisir un détaillant plutôt qu’un autre ? Bien sincèrement, vu la taille des entreprises, je m’attendais à ce que ce soit le prix. Erreur ! Croyez-le ou non, ils ont tous répondu la même chose : « People. » Les gens. Aussi avancée que soit la technologie et aussi important que soit le prix des intrants, il est encore évident que, même dans les grandes entreprises agricoles, ce sont toujours les gens – gestionnaires et professionnels – qui comptent le plus, qui apportent une valeur ajoutée à l’exploitation, qui font qu’elle est plus rentable. Je ne vous cache pas que cela sonnait doux à mes oreilles, puisque j’ai la même et profonde conviction. La force du réseau La Coop est encore et avant tout basée sur la force de ses ressources humaines. Des gestionnaires et des experts-conseils proches de vous et avec lesquels vous bâtissez un partenariat solide sont très certainement le gage d’un avenir positif dans ce beau monde agricole.


Fe rt i l i s a n ts

Un secteur qui change, un réseau qui s’adapte Par Nancy Malenfant, Stéphane Payette et Guylaine Gagnon

Photo : Benoit Aquin

À l’instar du secteur des productions animales et des meuneries, celui des fertilisants est en transformation et plusieurs points le démontrent.

L

a première marque de changement dans les façons de faire du secteur des fertilisants s’est manifestée chez les producteurs qui, ayant pris de l’expansion et souhaitant faire des économies, demandent désormais des fertilisants en vrac « au camion plein ». C’est ainsi que l’un des deux centres de distribution de La Coop fédérée, celui de Sainte-Catherine, près de Montréal, a adapté ses installations pour accueillir ces producteurs s’étant dotés d’un camion-remorque. Une diminution du nombre de centres de mélange dans le réseau s’inscrit également dans ce mouvement de changement. En 2002, on recensait 52 centres de mélange appartenant à des coopératives, alors qu’en 2013 on n’en comptait plus que 39. « En 11 ans, il y a eu une bonne

consolidation, sans diminution de la quantité de produits mélangés et vendus, souligne Gilles Lavoie, directeur principal du Service fertilisants à La Coop fédérée. Lorsqu’un centre de mélange ne produisait plus suffisamment de tonnes, il fermait ses portes et sa production était dirigée vers une usine voisine. » Des projets locaux ont aussi été mis sur pied ou sont en voie d’être réalisés pour s’adapter aux nouvelles tendances. La Coop Covilac a fait construire un centre de mélange moderne et efficace et propose un service complet, allant de la préparation d’une formule d’engrais spécialisée à son application au champ. Sa première saison d’activité, au printemps 2013, a été couronnée de succès. La Coop Agrivert a aussi un projet sur la planche à dessin : un nouveau centre de mélange, dont la construction est prévue pour le printemps 2014. Cette coopérative a pensé son projet en fonction de servir efficacement les producteurs de grandes cultures, son créneau habituel. Pour les besoins d’autres cultures, elle utilisera de façon tout aussi efficace les ressources du réseau. Voici un portrait plus complet de ces trois projets, réalisés ou sur le point de l’être, dans le réseau La Coop. u

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Quand fertilisation   rime avec innovation

Dans le nouveau centre de mélange, tous les services et produits du secteur végétal sont sous le même toit.

Avec une usine d’engrais d’une capacité d’entreposage de 1500 tonnes métriques et pouvant préparer jusqu’à 500 tonnes de fertilisants par jour, l’équipe de Covilac peut affronter sans inquiétude les pointes du printemps. Le début de la saison 2013 fut d’ailleurs un test de taille pour la coopérative de Baie-du-Febvre, qui venait à peine d’inaugurer son nouveau centre de mélange de fertilisants. « La période des semis a été courte, et il a fallu être efficace rapidement », raconte le directeur des productions végétales, Alexandre Couture. Tout s’est néanmoins déroulé sans anicroche, malgré un tonnage important d’engrais à préparer et des délais de livraison serrés. Covilac a mis le paquet dans ce chantier ayant nécessité un investissement de près d’un million de dollars. Elle a même doté la nouvelle construction de planchers chauffants afin de préserver la qualité

du produit. La chaleur chasse l’humidité des engrais et facilite ainsi la manutention et l’écoulement. « Nous prévenons les plaintes pour des problèmes au champ, confie le directeur général, Richard Laroche. Sans compter que nous réduisons les pertes à l’entreposage. Avec le coût des fertilisants qui grimpe sans cesse, nous récupérerons le prix de la fournaise [40 000 $] en cinq ans. » Le plancher chauffe aussi les bureaux ainsi que l’atelier de réparation et d’entretien. Le système se divise en sections, ce qui permet d’activer seulement celles dont on a besoin et de ne pas chauffer le bâtiment au complet en hiver. Parmi les autres équipements acquis par la coopérative figure un mélangeur vertical d’une capacité de 13 tonnes. Un camion d’une capacité de 16 tonnes et une camionnette ont aussi été ajoutés au parc de véhicules pour optimiser la livraison chez les producteurs.

Un service efficace et complet Chez Covilac, aucun effort n’est négligé pour satisfaire les membres. « Nous avons une offre de service globale : des produits de qualité, préparés selon les besoins des producteurs et livrés rapidement, le tout avec des équipements de qualité », affirme Alexandre Couture. La coopérative a récemment investi 90 000 $ dans un épandeur de précision avec rampe à air (floater). Une acquisition faite en partenariat avec le responsable du Secteur forfait chez Covilac. « Nous pensions que ce service serait populaire surtout auprès de petits producteurs qui ne possèdent pas d’équipement d’épandage, mais nous observons aussi une forte demande provenant de ceux qui cultivent de grandes surfaces, explique le directeur des productions végétales.

Photos : Nancy Malenfant

Photo : La Coop Covilac

Grâce à son nouveau centre de mélange de fertilisants moderne et efficace, Covilac réaffirme sa position de leader en productions végétales.

Avec 11 compartiments, le centre d’engrais L’ajout d’un mélangeur d’une capacité peut répondre aux besoins tant des pro­­­duc­ de 13 tonnes a augmenté de façon teurs de grandes cultures que des produc­ considérable l’efficacité des opérations. teurs de pommes de terre et des maraîchers.

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Pour optimiser le délai de livraison, la coopérative dispose de deux camions et de deux camionnettes, en plus de faire appel à des transporteurs à forfait.

Covilac offre le service d’épandage de précision d’engrais granulaire grâce à son camion doté d’une rampe pneumatique.


Petite histoire d’un grand projet En 2010, Covilac exploitait trois usines d’engrais, situées respectivement à Saint-Aimé, Baie-du-Febvre et Nicolet. L’âge de certains équipements et infrastructures laissait alors présager la nécessité d’investissements importants pour en maintenir le fonctionnement et pour que la coopérative demeure concurrentielle. « Nous avions commencé à perdre graduellement du terrain par rapport à nos concurrents, confie l’un des codirecteurs de l’actuel centre d’engrais de Baie-du-Febvre, Mario Paulhus. Ce fut un signal d’alarme, car nous avions toujours eu une bonne longueur d’avance dans la région en productions végétales. » Avec l’aide des services-conseils de La Coop fédérée, l’équipe a pris le temps d’évaluer toutes les possibilités : moderniser les équipements en place, regrouper les opérations, conserver deux usines et fermer la troisième, etc. Bref, aucune possibilité n’a été négligée et tous les aspects, tant économiques que logistiques, ont été pris en compte pour chacune des options. On a finalement pris la décision de garder ouvert le centre de Saint-Aimé et de regrouper les opérations de Nicolet et de Baie-du-Febvre dans une construction neuve. Le choix s’est porté sur Baie-du-Febvre pour l’emplacement de la nouvelle usine d’engrais. Entre autres parce que Covilac y possédait déjà un terrain propice à la construction et que la municipalité se situe au centre du territoire desservi par la coopérative.

Covilac propose un service complet, allant de la préparation d’une formule d’engrais spécialisée à son application au champ.

Photo : Nancy Malenfant

En faisant appliquer leur engrais à forfait, ils peuvent se consacrer aux semis. » Grâce à cette acquisition, Covilac propose un service complet, allant de la préparation d’une formule d’engrais spécialisée à son application au champ. « C’est la tendance en Ontario, où l’on offre aux producteurs des formules “tout inclus” », explique Richard Laroche. Certains ont aussi recours à l’épandeur pneumatique pour l’application de potasse combinée au semis d’engrais verts à l’automne. En effet, le mélange de la semence avec la potasse dans le camion permet de réaliser les deux opérations simultanément d’une façon précise. L’équipe des productions végétales compte garder sa longueur d’avance sur la concurrence en élargissant encore son offre de services en fertilisation. Elle souhaite offrir l’application d’engrais à taux variable et l’épandage en postlevée, deux services qui ne sont pas proposés pour le moment à la coopérative.

L’expérience de l’équipe en place aura sûrement contribué au succès de ce chantier. Mario Paulhus et Denis Courchesne, codirecteurs de l’usine d’engrais, comptent respectivement 30 ans et 33 ans d’expérience chez Covilac. Avec leur bagage, ils ont pu contribuer à la conception des plans du nouveau centre. Ils savaient exactement comment faire en sorte que l’endroit soit efficace. Sans excès de technologie, mais modernes, l’aménagement et les nouveaux équipements sont effectivement venus optimiser l’efficacité des opérations. Richard Laroche tient aussi à souligner le travail et le dynamisme de l’agronome Alexandre Couture tout au long des quatre années de planification et de mise en marche du chantier. « C’est lui le véritable maître d’œuvre, insiste le directeur général. Nous lui avons donné ce mandat lors de son arrivée chez Covilac, et il l’a mené à bien avec brio. » u

Les principaux maîtres d’œuvre du chantier : (à l’arrière) le directeur des productions végétales, Alexandre Couture; le directeur général, Richard Laroche; ainsi que les deux codirecteurs de l’usine d’engrais, Denis Courchesne et Mario Paulhus.

IFFCO, le projet d’usine d’urée à Bécancour La construction d’une usine d’urée, un projet de la coopérative indienne IFFCO dans lequel La Coop fédérée est partenaire, est prévue pour 2018. Une part des 1,3 million de tonnes produites à cette usine sera destinée au marché local et commercialisée en exclusivité par La Coop fédérée. Ainsi, La Coop fédérée, ses membres et ses partenaires auront un accès rapide à un approvisionnement en produits de qualité, et ce, même lors de printemps hâtifs.

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Sainte-Catherine  

précis comme un chirurgien,

Photo : Pierre cadoret

Photos : Stéphane Payette

Quand vous apercevez un épandeur d’engrais du réseau La Coop dans un champ de votre région, son contenu a tout d’abord transité par Sainte‑Catherine, près de Montréal. Ce centre de réception et de distribution de fertilisants agricoles a pour rôle de s’assurer que le printemps démarre dès que Mère Nature donne le signal aux agriculteurs.

L’équipe de Sainte-Catherine, coordonnée par Nathalie Maltais, peut délester un bateau de 6000 tonnes d’engrais par jour. Une agilité appréciée, quand un armateur vous facture entre 10 000 et 20 000 $ US par jour de retard.

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Toute la logistique passe par le bureau de Nathalie Maltais. Avec son équipe, la coordonnatrice du centre de distribution s’assure que les 150 000 tonnes de fertilisants vendues annuellement quittent le bateau ou les wagons sans tarder, qu’elles sont redistribuées dans un délai optimal et que les agriculteurs s’approvisionnent en moins de temps qu’il en faut pour avaler un dîner. L’approvisionnement se fait à 70 % par eau et à 30 % par chemin de fer. Les navires qui accostent au port de SainteCatherine sont chargés d’urée, de DAP, de potasse et autres fertilisants, en cargaisons variant entre 25 000 et 30 000 tonnes. La capacité de déchargement de l’équipe de 10 personnes est de 6000 tonnes par jour. Elles n’ont pas le loisir de prendre leur temps. Un bateau bloqué exigera entre 10 000 et 20 000 $ US pour chaque jour qu’il perd à attendre.

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Les travailleurs forment une équipe chevronnée. « Nous avons des gens qualifiés, car si une personne sans les compétences requises embarquait là-dedans, elle pourrait causer de lourds dégâts », explique Nathalie Maltais. L’efficacité pousse même le groupe vers des records ou des exploits uniques. « Nous avons déjà réussi à décharger 12 000 tonnes en 24 heures, et nous avons même vidé deux bateaux en même temps. Ça, personne d’autre au Québec ne peut le faire. » Les engrais liquides sont également gérés par le personnel en poste à Sainte-Catherine. L’entreposage se fait surtout à Trois-Rivières et dans des réservoirs situés au port de Montréal. Deux périodes sont cruciales pour l’équipe de Sainte-Catherine : le remplissage des entrepôts avant la fermeture de la Voie maritime et les applications d’avril à juin. Le personnel manipule 80 % de sa marchandise en moins de


agile comme un sprinteur deux mois. Le port de Sainte-Catherine est à son paroxysme en novembre et décembre. La capacité de 100 000 tonnes est exploitée au maximum. Tout cet engrais doit être stocké avant les périodes de grand froid de décembre, qui forceront l’arrêt de la navigation. Une fois le printemps passé, les applications d’urée en postlevée battent leur plein. Les agriculteurs entrent alors en jeu et prennent d’assaut les installations de Sainte-Catherine. Ils y viennent s’approvisionner avec leur camion à coups de 30 à 35 tonnes de fertilisants. Depuis maintenant quatre saisons, les acteurs du secteur des productions végétales peuvent compter sur un mélangeur dernier cri pour se procurer des mélanges en grand volume et en peu de temps.

Un besoin d’efficacité Les entreprises agricoles avaient des besoins de plus en plus grands et de plus en plus précis. La capacité du mélangeur de Sainte-Catherine permet aux coopératives du réseau La Coop de répondre à cette demande. Il n’est pas rare aujourd’hui qu’un agriculteur arrive avec une commande de démarreur de 30 tonnes. Il repartira vers sa ferme quelque huit minutes plus tard. Le mélangeur est très rapide. Tout se fait par ordinateur. La commande est envoyée et les 14 sections chargées d’engrais déposent les différents ingrédients sur la courroie, qui les achemine promptement vers le mélangeur, lequel mettra quelques minutes à les amalgamer. C’est un gain appréciable par rapport à un centre qui ne peut préparer que six tonnes à la fois et aura besoin de six minutes chaque fois. Une commande de gros sacs de 1000 kg sera aussi traitée avec diligence. Ce service est fort apprécié des coopératives. Là aussi, les clients peuvent venir eux-mêmes prendre livraison de leur marchandise et ainsi commencer leurs semailles plus tôt. Ce service permet aux partenaires des coopératives de profiter de meilleures occasions d’affaires en plus d’optimiser leur temps dans des périodes fébriles. Le modèle d’affaires agricoles a passablement changé dans la Belle Province au fil des décennies, et les demandes sont plus complexes à satisfaire. Pour Nathalie Maltais, le défi sera

relevé grâce aux derniers projets mis en œuvre dans le réseau. « Nous sommes en mesure de répondre à la demande. De par notre emplacement, nous sommes stratégiquement très bien situés. Étant proches des principales régions de grandes cultures, nous sommes en mesure de répondre rapidement. Avec la nouvelle autoroute 30, nous avons un avantage de plus : la clientèle a un accès plus rapide et plus facile pour se rendre chez nous. » Avec l’acquisition d’Agronomy et d’Agrico, en Ontario et dans les Maritimes, le pouvoir d’achat de La Coop fédérée a changé un peu le travail des employés du poste de Sainte-Catherine. Cette force de frappe a augmenté la charge de travail de Nathalie et son équipe, mais ils sont prêts à s’atteler à la tâche pour s’assurer que tous les détaillants comptent sur un départ canon en avril 2014. u

Le mélangeur de Sainte-Catherine peut préparer une quantité de démarreur à maïs de plus de 30 tonnes en moins de huit minutes.

Le centre de distribution de Sainte-Catherine Une équipe de 10 personnes. Capacité d’entreposage de 100 000 tonnes d’engrais. Temps pour décharger un bateau de 30 000 tonnes : 5 jours. Un mélange de 30 tonnes se fait en moins de huit minutes.

Portrait du Service fertilisants de La Coop fédérée Le rôle des terminaux de Sainte-Catherine et de Québec (Sillery) a toujours été de fournir les coopératives en matières de base. Depuis trois ans, le centre de distribution de SainteCatherine offre, en plus, des produits mélangés, distribués en vrac ou en sacs de 500 et de 1000 kg. Ouvert depuis 1985, il dispose une capacité d’entreposage d’éléments de base de 100 000 tonnes et de mélanges d’environ 25 000 tonnes par année. Selon Gilles Lavoie, directeur principal du Service des fertilisants à La Coop fédérée, le centre de Sainte-Catherine est le seul au Québec à posséder un terminal maritime et ferroviaire et à produire, en plus, ses mélanges sur place. Quant aux installations de Québec, en activité depuis 1990, elles permettent d’entreposer jusqu’à 35 000 tonnes. Ce centre de distribution fournit essentiellement les coopératives situées dans l’est de la province. Pour l’instant, on n’y produit aucun mélange. La très grande majorité des mélanges est préparée dans les 39 usines appartenant aux coopératives du réseau.

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Agrivert un choix qui optimise

les ressources du réseau

Photos : nancy malenfant

Ils voyaient d’abord gros. Mais après plusieurs consultations et analyses, les dirigeants de La Coop Agrivert ont choisi de construire un centre de mélange de taille moyenne, juste ce qu’il faut pour bien servir leurs membres, en utilisant les ressources du réseau La Coop.

Yan Légaré (photo du haut), directeur des ventes, laitier et végétal, et Mario Gagnon, directeur général, à La Coop Agrivert.

Le centre de mélange de Saint-Barthélemy a toujours été voué aux grandes cultures, qui comprennent maïs, soya et céréales. « Nous avons donc poursuivi dans ce créneau, précise Yan Légaré, directeur des ventes et opérations à La Coop Agrivert, c’est-à-dire fournir efficacement des engrais mélangés en vrac, en format épandeur ou camion, de 10 à 12 tonnes ou moins. » La Coop Agrivert s’approvisionne principa­ lement au centre de distribution de SainteCatherine, qui fournit à tout le réseau l’essentiel des fertilisants de base ou des produits mélangés (voir reportage à la p. 46). Mais pour répondre à des besoins particuliers, trois coopératives voisines sont munies d’importantes installations et offrent un service efficace : • Profid’Or possède un important centre à Saint-Jacques de Montcalm. Il a la capacité d’entreposer plus de 20 ingrédients en vrac. On y prépare aussi des mélanges en sacs. • Univert offre notamment des mélanges pour des productions maraîchères, dont la pomme de terre. • Covilac vient de se construire un grand centre qui peut contenir 11 ingrédients.

Reportage de l’Étoile-Coop en 2013 : www.lacoop.coop/cooperateur/articles/2013/07/p18.asp

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« Nous avons donc tout à portée de main, estime le directeur des ventes. Et à la limite, nos membres pourraient ne pas savoir d’où viennent leurs engrais et ils ne verraient pas la différence. »

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Le centre d’Agrivert sera bâti au printemps 2014. Il aura une capacité d’entreposage de plus de 900 tonnes avec un minimum de huit matières de base en vrac, poursuit Yan Légaré. Le bâtiment aura une longueur de 60 m (200 pi). « C’est grand, vous direz. C’est que nous voulons intégrer tout ce qui est productions végétales dans le même bâtiment, c’est-à-dire fertilisants, semences et pesticides. » Un seul bureau de coordination gèrera l’ensemble de la logistique de livraison. Le choix de cette option n’est pas venu de la première réflexion. Le conseil d’administration voulait offrir un service rapide et de qualité aux membres. Il pensait donc à un grand centre et peut-être même à un mélangeur volumétrique, ce qui représentait quelques centaines de milliers de dollars. À l’opposé, la coopérative a analysé la possibilité de ne pas reconstruire et de tout faire faire par ses partenaires – Profid’Or, Covilac et Univert. Or, dans le secteur des fertilisants, ont estimé les dirigeants, il y a un contexte particulier : c’est une courte période, mais intensive. « Nous avions donc besoin d’une infrastructure proche pour répondre aux besoins rapidement », commente M. Légaré. C’est ainsi qu’avec un peu de recul, d’analyse et de consultations auprès des spécialistes de La Coop fédérée – notamment Gilles Lavoie et Pascal Alary, respectivement directeur principal fertilisants et directeur principal productions végétales, ainsi que Normand Dussault, des services-conseils –, les dirigeants d’Agrivert en sont venus sagement à la décision de construire un modèle intermédiaire efficient et pas très couteux. Le nouveau centre multitâche d’Agrivert n’est donc pas un luxe. Il faut mentionner qu’il y a une particularité chez Agrivert : la grande proximité avec les membres, qui existe depuis toujours. Pour preuve, il y a au moins 50 % du volume de fertilisants que les clients récupèrent eux-mêmes, soit en tracteur, en camionnette ou même en camion 10 roues. Une grande proximité naturelle, mais qui fait la joie de Mario Gagnon, directeur général : « On aime que les clients viennent, car cela entretient notre relation de proximité. » Pas étonnant, ce commentaire qui provient d’un dirigeant de l’Étoile-Coop 2013 !


P r o d u c t i o n s v é g é ta l e s

Épandage du haut des cieux ! Acte divin ? Pas tout à fait… Par Eve Cayer

Photos : caroline fournier

Que faire d’autre sinon prier lorsque le sol gorgé d’eau empêche l’entrée du tracteur dans le champ ? À quel saint se vouer lorsque le temps humide favorise le développement du champignon de la fusariose alors que près de la moitié des étamines du blé sortent des glumelles ? Afin de dénouer cette impasse, Michel Gagné, copropriétaire de la Ferme Marcel et Michel Gagné, à Saint-Anselme, place sa foi en Héli Mistral Service.

C

ette entreprise florissante, située dans le même village, procède à l’épandage par hélicoptère. L’amendement à partir du ciel permet d’épargner les sols, en plus d’atteindre les zones difficiles d’accès. La société se spécialise dans la pulvérisation de fongicides, d’insecticides et d’herbicides ainsi que dans l’épandage d’engrais et le semis d’engrais verts. De plus, elle offre l’application de chaux par hélicoptère dans les érablières et les plantations de sapins de Noël, de même que pour le blanchiment des toits de serres.

En 2010, les coops de Chaudières-Appalaches et de Charlevoix s’associaient à Héli Mistral Service par l’entremise de l’expert-conseil Jean-Philippe Fortin, expert-conseil au Centre de services Québec/Chaudière-Appalaches. Ce dernier supervise les travaux de l’entreprise auprès de cette clientèle. L’équipe d’experts-conseils de ces régions joue un rôle déterminant dans l’expansion et la qualité du service. « La Coop a fait des investissements en matériel qui facilitent le travail, avec ses huit points de ravitaillement », souligne Jean-Jacques Pierrisnard, propriétaire,

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fondateur et chef pilote d’Héli Mistral Service. Depuis ce partenariat, l’entreprise de SaintAnselme réserve un aéronef à l’usage exclusif de la clientèle du réseau La Coop.

Go-Go-Gadget Héli Mistral Service possède un équipement qui répond aux normes du ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs du Québec (MDDEFP) en matière de gestion des pesticides. Un appareil, nommé télémètre, se trouve à l’intérieur de l’hélicoptère et assure le respect des zones tampons. La calibration du pulvérisateur est effectuée tous les mois. Guidé par un système de géopositionnement (GPS), l’hélicoptère localise les champs. Cet outil induit la précision de l’épandage en plus de signaler les défectuosités. Un camion de La Coop muni lui aussi d’un GPS assure le ravitaillement là où cela s’avère nécessaire. Le camion approvisionne l’engin volant en eau, carburant, produits phytosanitaires, engrais ou semences.

Fidèle au service

Photo : eve cayer

« Michel Gagné compte parmi nos premiers clients », dit Jean-Jacques Pierrisnard, propriétaire, fondateur et chef pilote d’Héli Mistral Service. De gauche à droite : Jean-Philippe Fortin, Michel Gagné et Jean-Jacques Pierrisnard

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Depuis quatre ans, Michel Gagné délègue la pulvérisation de pesticides et d’engrais à Héli Mistral Service. Producteur de grandes cultures en semis direct, il se tourne vers l’épandage par hélicoptère, puisque les conditions du terrain n’influent pas sur le moment d’application. En plus, cela permet un traitement au stade optimal, tout en évitant la compaction. En 2013, par l’entremise des services à forfait de sa coopérative, il confiait à Héli Mistral Service l’épandage sur les 170 ha (425 acres) de son entreprise : pulvérisation d’herbicides, de fongicides, d’engrais foliaires et granulaires, ainsi que semis d’engrais verts. La combinaison de produits s’avère avantageuse, puisqu’elle rationalise le nombre d’envols. Par exemple, dans les champs de soya IP de la Ferme Marcel et Michel Gagné, c’est une pluie de fongicide, jumelée à un engrais foliaire, qui est tombée sur la culture. Le maïs a, quant à lui, reçu un traitement fongicide et un apport d’engrais foliaire dans quelques champs. L’an prochain, l’agriculteur compte

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implanter une culture intercalaire de ray-grass en le mélangeant à l’azote de post-levée du maïs. Pour Michel Gagné, l’adoption de la pulvérisation et de l’épandage par les airs évite le traçage des champs et ses conséquences sur la santé des sols.

Servir qui ? Le service de pulvérisation et d’épandage par aéronef profitera « aux producteurs de grandes cultures qui cherchent du rendement », explique Jean-Philippe Fortin. L’épandage par hélicoptère se distingue de celui par avion en raison de la flexibilité de ravitaillement, due à la maniabilité de l’appareil. L’hélicoptère permet l’application même dans les champs sinueux. « Avec l’avion, l’agriculteur paie un produit qui ne va pas entièrement dans son champ », observe Jean-Jacques Pierrisnard. Le réservoir de l’hélicoptère, bien que plus petit, confère une plus grande souplesse, puisqu’il rend possible le traitement de champs de tailles variables. Ce type d’appareil permet de pulvériser des doses inférieures à celles d’un pulvérisateur tracté. L’épandage des champs par hélicoptère demeure l’un des plus rapides et des plus précis. La capacité de pulvérisation de l’entreprise se situe à environ 160 à 280 ha par jour.

Et la dérive ? L’appareil volant vaporise les produits phytosanitaires à une hauteur approximative d’un mètre (3-4 pi). Ainsi, la dérive de bouillie s’apparente à celle d’une pulvérisation par voie terrestre. Selon le pilote Jean-Jacques Pierrisnard, l’action du rotor de l’hélicoptère pousse le produit vers le bas. « L’épandage par hélicoptère donne un meilleur rendement en ce qui touche les toxines que l’épandage par tracteur ou par avion », précise le fondateur d’Héli Mistral Service. C’est-à-dire que le taux de toxines dû à la fusariose serait plus faible lorsque les champs sont traités par hélicoptère, comparativement au même traitement fait à partir du sol dans les mêmes conditions. La pulvérisation par hélicoptère, tout comme celle par tracteur, demeure improbable par temps pluvieux ou venteux. Ces conditions de navigation risquées pourraient entraîner des dommages à l’appareil, en plus de causer la dérive des produits phytosanitaires.


Le juste prix

Un des hélicoptères de la société Héli Mistral Service est réservé au réseau La Coop.

Le prix d’application de pesticides par hélicoptère tourne autour de 7 à 10 $ de plus l’hectare (3 à 4 $ l’acre) que celui d’un traitement par tracteur. Toutefois, les pertes engendrées par le passage de la machinerie ne figurent pas dans ce calcul. Jean-Philippe Fortin les estime à près de 42 $ l’hectare (17 $ l’acre). « L’épandage par hélicoptère est un service haut de gamme qui ne coûte pas plus cher qu’ailleurs, ajoute Jean-Jacques Pierrisnard. La Coop offre aux producteurs un service clés en main. Ils fournissent l’eau claire, il n’y a pas de produits à manipuler ni de restes à entreposer. » Le service offert par les coops de Chaudière-Appalaches et de Charlevoix se démarque par sa flexibilité. Héli Mistral Service prend de l’ampleur. En 2011, elle a pulvérisé 740 ha (1825 acres). En 2013, c’est près de 4500 ha (11 000 acres) qui ont été traités. Le territoire d’activité de l’entreprise s’élargit et s’étend jusqu’en Ontario.

Mise en garde : L’usage de notre herbicide pour le soya tolérant le glyphosate suscite la jalousie.

Pour un désherbage non sélectif rapide, complet et durable. Rien n’inspire plus de fierté à un agriculteur qu’un magnifique champ. Et ce sentiment devrait durer longtemps grâce à l’herbicide OptillMC. Bien sûr, les voisins pourraient également être jaloux de la nouvelle montre Swiss Army que vous pourriez obtenir durant l’offre « Le temps est venu ». Pour recevoir la vôtre, vous n’avez qu’à regarder le module en ligne et à entrer le code OPT357 d’ici au 30 mars 2014, puis à acheter une caisse de Optill. Le temps est venu de visiter agsolutions.ca/fr/optill et de constater ce que l’herbicide Optill peut faire pour vous. *Pour tous les détails des modalités et conditions, rendez-vous sur agsolutions.ca/fr/optill

Toujours lire et suivre les directives de l’étiquette. AgSolutions est une marque déposée de BASF Corporation; OPTILL est une marque de commerce, et KIXOR est une marque déposée de BASF SE; toutes ces marques sont utilisées avec permission accordée à BASF Canada Inc. Toutes les autres marques de commerce appartiennent à leur titulaire respectif. © 2014 BASF Canada Inc.


Réflexion

Photo : Nature’s Path

La pensée biologique Propos recueillis par Patrick Dupuis, agronome

Responsable de la production biologique pour l’entreprise Nature’s Path, Dag Falck nous explique comment mettre toutes les chances de son côté pour développer un marché de créneau biologique. Le Coopérateur agricole : Quand et comment l’entreprise Nature’s Path a-t-elle été mise sur pied ? Dag Falck Nature’s Path a été fondée par une famille de Vancouver il y a 25 ans. Celle-ci en est toujours propriétaire. Dès ses débuts, l’entreprise s’est consacrée à la production biologique. La marque s’est bâtie sur cette prémisse. Tout ce que l’on produit – céréales, barres tendres et aliments à base de grains – est rigoureusement certifié biologique. Nous sommes reconnus comme des leaders au sein de cette industrie.

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Quels conseils donneriez-vous à des producteurs biologiques qui souhaitent mettre en marché leurs produits ? On ne peut procéder de la même façon pour tous les produits. Le producteur de grain doit dénicher une entreprise pouvant acheter de grandes quantités et s’assurer de pouvoir l’approvisionner en tout temps selon ses exigences. Chez Nature’s Path, nous achetons de l’avoine roulée. Le producteur doit d’abord établir une entente avec une tierce entreprise qui fera cette première transformation. Il faut créer une chaîne de valeur qui s’étend du producteur au transformateur. On peut trouver de tels réseaux par l’entremise d’un organisme de certification ou par tout autre regroupement dans lequel un producteur est engagé. Pour les produits maraîchers, il y a plusieurs pistes à explorer : vendre directement à la ferme, dans un marché public, dans une petite épicerie ou alors par l’entremise du programme d’agriculture soutenue par la communauté, où des boîtes de produits frais sont livrées aux consommateurs dans plusieurs points de chute. Autre canal possible : les restaurants spécialisés qui recherchent des produits frais et locaux. Enfin, il y a les grandes chaînes d’épicerie.

Approvisionner ces chaînes doit être un grand défi… C’est sans doute le plus grand. Les volumes requis sont élevés et la qualité des produits doit être très constante à longueur d’année. Au Canada, il est difficile d’y arriver. Il se peut que vous ayez à importer des produits pour combler votre offre lorsque vous ne pouvez suffire à la demande. Vous devrez alors vous assurer que les produits que vous importez sont à la hauteur de vos exigences. Même dans les marchés publics qu’approvisionnent des producteurs, on retrouve plusieurs produits importés pour satisfaire à la demande.

La question est souvent posée : doit-on acheter local ou bio ? Il faut d’abord acheter des produits à la fois locaux et biologiques et, ensuite, des produits biologiques importés.

Que recommanderiez-vous à un producteur souhaitant mettre au point et commercialiser sa propre marque ? Ce que recherchent avant tout les consommateurs lors de l’achat d’un produit, c’est une marque en laquelle ils peuvent avoir confiance, tout particulièrement dans le créneau des produits naturels et biologiques. Vous devez dire ouvertement quels sont vos engagements, vos méthodes de production, ce que vous allez faire et ne pas faire. Vous vous assurez ainsi de livrer ce que les consommateurs demandent. C’est comme ça que votre marque se distinguera dans votre créneau. Si vous vous contentez de vendre des carottes, ou tout autre produit, point à la ligne, vous ne réussirez pas à édifier votre marché et à vous différencier.

Se fait-il suffisamment de recherche en agriculture biologique ? Nous sommes sans doute les mieux outillés en matière de connaissance de la biologie des sols. L’importance des microorganismes dans la productivité et la fertilité des sols liée à la production d’aliments est appuyée par de multiples études scientifiques. Mais nous devons en savoir encore plus pour affiner nos modes de production. L’agriculture biologique apprend beaucoup de l’agriculture classique en matière d’équipement et de techniques de semis, entre autres. On espère aussi que l’agriculture traditionnelle se penchera sur nos façons de faire pour apprendre et partager. Le site Web de Nature’s Path www.naturespath.com

Photo : Ingimage

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A c é r i c u lt u r e

Premier congrès commun IISÉ-CNASE

entièrement bilingue

Par Hélène Cossette

C’est l’Association acéricole du Nouveau-Brunswick (AANB) qui organisait cette année la rencontre annuelle commune du Conseil nord-américain du sirop d’érable (CNASE) et de l’Institut international du sirop d’érable (IISÉ). « C’était la première fois en 58 ans qu’on tenait l’évènement au Nouveau-Brunswick », souligne Yvon Poitras, directeur général de l’AANB et maître d’œuvre de ce congrès, qui a attiré 282 participants à Moncton du 23 au 25 octobre 2013. Photo : ingimage

« N

ous avons eu de très bons commentaires », se réjouit l’organisateur, qui a également été réélu à la présidence de l’IISÉ pour 2014. Selon lui, les congressistes ont apprécié la nouvelle formule sur trois jours, suivie d’une journée touristique optionnelle. « Les rencontres des conseils d’administration des deux organisations ont eu lieu la première journée. Le jour deux était dédié aux assemblées annuelles et le troisième aux sessions techniques et au banquet de clôture », résume-t-il.

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Congrès bilingue Les participants, autant francophones qu’anglophones, étaient surtout ravis que la documentation soit entièrement bilingue et qu’une traduction simultanée soit offerte dans les deux sens par un interprète familiarisé avec l’acériculture. « C’est un service dispendieux, admet l’organisateur du congrès, mais ça en valait la peine ! » « Cette année, nous avons été très choyés », estime pour sa part Cécile B.-Pichette, qui milite pour le bilinguisme des activités et des


Potentiel acéricole

Selon Mme Pichette, un des sujets qui a suscité le plus de discussions tout au long du congrès a été l’augmentation potentielle du nombre d’entailles. Les congressistes ont en effet eu droit à une séance d’information éclairante sur l’offre et la demande de sirop d’érable, qui regroupait Simon Trépanier, directeur général de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec, Matthew Gordon, directeur général de l’Association des producteurs du Vermont, et Mike Farrell, de l’Université Cornell. « Dans sa présentation, M. Farrell nous a montré l’ampleur du potentiel acéricole américain. C’est un sujet important, compte tenu de notre forte production au Québec et de notre fonctionnement avec des quotas », note Mme Pichette. « Les possibilités d’expansion sont énormes au Québec également, de même que dans les États du Michigan et de New York, remarque Yvon Poitras. Mais si cette expansion se fait sans penser aux conséquences, ça pourrait faire des dommages irréparables. » Dans ce contexte, les dirigeants de l’IISÉ sont d’avis que les gouvernements devraient investir dans la mise en marché du sirop pour stimuler la demande, avant de penser à subventionner une production additionnelle qui ne trouverait peut-être pas de marché, résume le président de l’Institut. Lors de ses réunions, l’IISÉ a aussi fait état de la récolte 2013, qui a été exceptionnelle dans presque toutes les régions. La production totale des deux côtés de la frontière est en effet estimée à 170 millions de livres. À lui seul, le Québec a atteint 120 millions de livres, comparativement à 102 en 2012. « Le Nouveau-Brunswick, qui en fait normalement 4 millions, a produit 6,2 millions de livres », ajoute Yvon Poitras.

Classement standardisé La priorité du président de l’IISÉ demeure toutefois le dossier du nouveau classement international standardisé du sirop d’érable. « Ça fait plus de 10 ans qu’on travaille là-dessus », rappelle-t-il. Pour mémoire, le projet de nomenclature et de classement comporte quatre classes de sirop d’érable pur de catégorie A pour la vente au détail, désignées par la couleur (selon le niveau de transmission de lumière) et par la saveur : • Doré, goût délicat (pas moins de 75 % de transmission de lumière) • Ambré, goût riche (entre 50 et 74,9 %) • Foncé, goût robuste (entre 25 et 49,9 %) • Très foncé, goût très fort (moins de 25 %) La proposition est présentement devant les gouvernements fédéraux, à Ottawa et à Washington, qui doivent tous deux l’accepter avant qu’elle puisse entrer en vigueur. « Au Canada, c’est fait », soutient Yvon Poitras, qui a été ministre du Nouveau-Brunswick au sein du gouvernement de Richard Hatfield. « J’ai travaillé personnellement avec les autorités en place, et le projet de loi devrait sortir incessamment dans la Gazette du Canada. » Le Québec et l’Ontario ont déjà signifié leur appui, poursuit-il, tandis que le Pour une sixième année Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse consécutive, les enfants du se plieront à la décision canadienne. Du Club des petits déjeuners côté américain, cela demandera un pourront compter sur la peu plus de temps, prévoit-il, parce que généreuse contribution de Citadelle et de la Fédération plusieurs des États producteurs doivent des producteurs acéricoles du aussi adopter le nouveau classement Québec. En effet, 5800 litres de une fois que Washington l’aura fait. « On sirop d’érable seront donnés au s’attend à ce que l’implantation se fasse Club cette année. Depuis 2007, en 2015 », dit-il. la valeur de la contribution en sirop des deux partenaires se chiffre à plus de 513 000 $.

Photo  : club des petits déjeuners

publications depuis deux ans à titre de présidente du CNASE. Même si elle cède sa place en 2014 à David Hamilton, président de l’Association du sirop d’érable de l’Indiana, elle entend continuer à travailler dans ce sens au conseil comme présidente sortante pendant encore deux ans, confie-t-elle. La vice-présidente de Citadelle s’est par ailleurs montrée très fière de représenter sa coopérative au sein de cet organisme international voué à la promotion de la recherche en acériculture. « J’ai réalisé que Citadelle est importante pour les gens du Conseil nord-américain. Non seulement pour son expertise, mais aussi pour sa politique d’offrir des produits purs. »

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H o r t i c u lt u r e

Par Hélène Cossette

Sel de déglaçage nocif

Des produits de déglaçage

moins toxiques pour l’environnement

Photo : INGIMAGE

Chaque année, près de 1,5 million de tonnes de sel de voirie sont épandues au Québec. Or ce mal nécessaire pour la sécurité routière est néfaste non seulement pour les véhicules et les infrastructures, mais aussi pour la végétation, la faune, de même que la qualité de l’eau et des sols. À titre d’exemple, on estime qu’ils endommagent chaque année pas moins de 15 % des arbres le long des routes québécoises !

Les aménagements paysagers et les arbres des particuliers ne sont évidemment pas épargnés. Il est toutefois possible de réduire l’impact négatif du sel de voirie en choisissant des espèces d’arbres plus tolérants au sel pour les sections de terrain situées près des routes. Leur métabolisme étant actif à l’année, il faut savoir en effet que les conifères sont plus vulnérables aux sels atmosphériques que les feuillus. On les remplacera donc de préférence par des espèces résistantes au sel comme le marronnier commun, le robinier (faux acacia), le févier, le chêne rouge et le chêne blanc. On pourra également protéger les conifères verticaux déjà plantés près des voies passantes en les enveloppant d’une double toile de jute.

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Sur son propre terrain, on s’efforcera d’utiliser des produits moins toxiques pour déglacer son entrée de garage, ses allées et ses escaliers. En effet, peu de gens sont conscients du fait que le populaire et économique sel de déglaçage ou « sel gemme » est tout aussi corrosif et toxique que le sel de voirie. Composé essentiellement de chlorure de sodium, le sel gemme peut brûler les pelouses, les arbustes et le feuillage au contact. Une fois dilué dans l’eau et infiltré dans le sol, il peut aussi modifier le pH du sol et perturber l’absorption de nutriments ainsi que la capacité de germination et de formation des tiges, des feuilles et des fleurs. Le sel de déglaçage est également nocif pour les animaux de compagnie qui peuvent l’ingérer directement ou se léchant les pattes et le poil après avoir gambadé sur des surfaces contaminées. Selon l’Animal Poison Control Center (APCC), il peut causer divers symptômes chez les animaux comme des vomissements, de la diarrhée et même le décès dans les cas très graves. Il est aussi irritant pour les coussinets de leurs pattes, qui peuvent se craqueler et s’infecter.

Produits de remplacement plus écologiques L’option la plus écologique pour remplacer le sel consiste à employer du sable ou du gravier comme antidérapant. Pour les escaliers, les tapis de jute ou les plaques de caoutchouc faites de pneus recyclés représentent des solutions très efficaces. En plus de préserver sa pelouse, ses plantes ornementales et ses animaux de compagnie, on évitera d’endommager les structures de béton et de métal sur sa propriété, de même que les tissus et les parquets. Il existe également des déglaçants ou fondants plus écologiques. Le chlorure de calcium, par exemple, est réputé sans danger pour la végétation, le béton mature, le pavé uni et l’asphalte. Comparativement au sel qui est endothermique (absorbe la chaleur), le chlorure de calcium est exothermique (dégage de la chaleur), ce qui lui permet en plus d’être efficace de – 10 à – 40 °C. Si vous choisissez malgré tout d’utiliser du sel de déglaçage, appliquez-le avec parcimonie. Évitez aussi de l’employer à partir du mois d’avril, car les plantes qui sortent de leur période de dormance sont beaucoup plus fragiles.


D é c o r at i o n

Par Hélène Cossette

Vient ensuite le positionnement de la laveuse et de la sécheuse – si on ne dispose pas d’une salle de lavage séparée –, puis du meuble-lavabo, de la toilette, des unités de rangement et des appareils de chauffage.

Quatre zones

Aménager

une salle de bain La salle de bain est certainement l’une des pièces dont on se sert le plus fréquemment dans la maison. Or, comme elle est souvent de dimensions modestes, on doit pouvoir tirer le maximum de la superficie disponible pour que tout soit à portée de main, estime Joanie Labrecque, superviseure du rayon de décoration-peinture du Centre de rénovation de Sainte-Marie.

Photo : INGIMAGE

« Pour bien aménager une salle de bain, il faut d’abord tenir compte des habitudes de vie de ses utilisateurs », conseille-t-elle. C’est ce qui permet de déterminer l’espace de rangement requis, les besoins d’intimité, le choix des sanitaires et le niveau d’éclairage. « Dans une maison avec une seule salle de bain et plusieurs personnes, par exemple, on pourra installer deux lavabos ou encore mettre la toilette dans un cabinet séparé. »

Joanie Labrecque superviseure du rayon de décoration-peinture du Centre de rénovation de Sainte-Marie

Planification À l’étape de la planification, on doit aussi tenir compte des contraintes physiques de la pièce, en l’occurrence l’emplacement des fenêtres, des portes et de la plomberie. En raison de la surface qu’il occupe, on déterminera la position du bain en premier. « Souvent, on mettra la baignoire sous la fenêtre, parce que ça donne un beau coup d’œil quand on entre et que ce serait souvent un mur perdu de toute façon. »

Une salle de bain se divise essentiellement en quatre zones, rappelle la diplômée en décoration intérieure et étalage : • La zone beauté regroupe le lavabo, un miroir et du rangement. « L’éclairage est très important dans cette zone pour faciliter les soins du visage et le maquillage », fait-elle valoir. Elle recommande d’installer des encastrés au plafond ou encore des luminaires muraux qui éclairent vers le bas. • La zone détente comporte pour sa part la baignoire. « Si on a des enfants, il faudra aménager l’espace en tenant compte du fait que c’est aussi une zone de jeu pour eux », fait-elle toutefois remarquer. Côté tendance, les bains autoportants sont de plus en plus populaires, dit-elle. « Un de leurs grands avantages est qu’ils occupent moins d’espace, car on n’a pas besoin de construire un contour en céramique. » • La zone tonique comprend la douche, qui devient de plus en plus spacieuse, constate la décoratrice. « Ça dépend évidemment des budgets, mais les pommeaux de douche pluie sont aussi très tendance. » • Enfin, la zone cuvette se passe de commentaires. « On essaie généralement de la cacher derrière la vanité ou un muret. Si ce n’est pas possible, on peut créer un mur-vedette pour attirer l’œil ailleurs. »

Finition Pour la finition, on doit toujours commencer par sélectionner les éléments pour lesquels le choix est plus limité sur le marché, insiste-t-elle. « Trop souvent, les gens choisissent d’abord une couleur. C’est une erreur, car ils auront de la difficulté par la suite à coordonner toutes les autres composantes du décor. » Elle conseille plutôt de commencer par magasiner les armoires et les comptoirs, dont le choix est habituellement plus restreint. On passera ensuite à la céramique, dont l’offre est plus large. Et on terminera par les accessoires et la couleur des murs, dont la palette est pratiquement illimitée.

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Coupon d’abonnement

Da n s n o s c o o p s

Photo : Groupe coopératif Dynaco

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Prix Transfert de ferme : gagnante d’une tablette numérique

Amélie Martin, experte-conseil à Groupe coopératif Dynaco, est l’heureuse gagnante d’un iPad mini 16 Go dont le tirage s’est déroulé le 12 décembre dernier, lors d’une réunion du conseil d’administration de La Coop fédérée. Ce tirage vient souligner le soutien des experts-conseils et d’autres intervenants des coopératives pour ce qui est d’encourager et aider les producteurs à remplir le formulaire de mise en candidature au prix Transfert de ferme. Les candidatures reçues cette année ont été particulièrement remarquables. Elles démontrent non seulement les efforts déployés par les candidats dans leur transfert, mais également l’importance qu’un transfert de ferme planifié a sur la pérennité d’une entreprise agricole. Les trois familles finalistes vous seront présentées dans le numéro de mars du Coopérateur agricole, et le nom de la famille gagnante, qui sera dévoilé à l’assemblée générale annuelle du 28 février, sera diffusé dans l’édition d’avril.

Photo : La Coop des Bois-Francs

Un record pour la Forêt coopérative Unimat !

m 1 an : 25,00 $

m 2 ans : 40,00 $

m 1 an à l’étranger : 90,00 $

m 3 ans : 55,00 $

Les taxes sont comprises dans le coût.

o Reçu disponible sur demande TPS : R101143279 • TVQ : 1000044306TP9145MA

Le Coopérateur agricole

C.P. 500 Station Youville Montréal (Québec) H2P 2W2 Tél. : 514 384-6450 - Téléc. : 514 858-2025 Courriel : coopagri@lacoop.coop Êtes-vous relié au domaine agricole?

o Oui

o Non

Nom Compagnie Adresse Ville

Province

Code postal

Courriel Veuillez émettre votre chèque à l’ordre de La Coop fédérée.

L’objectif de vendre 5000 lumières de Noël, au prix de 2 $ chacune, afin de récolter des fonds pour la Fondation Hôtel-Dieu d’Arthabaska a été surpassé. Ce sont 7250 lumières qui ont été vendues, pour un total de 14 500 $ ! Ainsi, au terme de quatre semaines de sollicitation, 5000 ampoules multicolores se sont mises à scintiller le 24 décembre dans les sapins situés devant l’entrée principale de l’HôtelDieu d’Arthabaska. La Forêt coopérative Unimat permet donc d’égayer le cœur des patients, des visiteurs et du personnel hospitalier pendant la période des Fêtes, mais aussi de faire l’acquisition d’équipements indispensables à cet hôpital régional, a expliqué Jérôme Tardif, directeur des centres de rénovation et énergies à La Coop des Bois-Francs. Les principaux partenaires de cette activité sont la Fondation Hôtel-Dieu d’Arthabaska, La Coop des Bois-Francs, La Coop des Appalaches, La Coop HamNord, les Coopératives IGA de Princeville et Plessisville, les centres de rénovation Unimat de Victoriaville, Plessisville, Inverness, Laurierville et Lyster, les trois stations-services et dépanneurs Sonic de Victoriaville, ainsi que la pharmacie Brunet de Victoriaville

À venir dans votre magazine Éthique

La démarche inédite de La Coop fédérée

Entente Canada-UE Ses effets au Québec Pascal Houle, directeur général de La Coop des Bois-Francs; Père Noël; Jacques Roy, président de la campagne annuelle de la Fondation Hôtel-Dieu d’Arthabaska; Jérôme Tardif, directeur des centres de rénovation et énergies; Lyne Isabelle et Anne Robitaille, copropriétaires de la pharmacie Brunet de Victoriaville; Line Levasseur, secrétaire de direction à La Coop des Appalaches; et Marcel Nadeau, gérant du centre de rénovation Unimat de Plessisville.

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Productions végétales

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Le Coopérateur agricole | Février 2014