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Numéro 33

HIVER 2009

lecomprime@yahoo.fr http://www.lecomprime.com

Le journal de la Faculté de Pharmacie de Strasbourg... BOURRE !

Interview de M. Spiess

1 €

La toxicologie judiciaire

Le Lipdub Pharma Strasbourre

- Le dopage - Le banquet


SOMMAIRE SOMMAIRE SOMMAIRE

Bonjour chers lecteurs ! Je remarque que le temps passe à une vitesse qui me dépasse` Eh oui l’odeur de cannelle du vin chaud servi dans les rues du centre de Strasbourg me rappelle que nous sommes déjà à la période de Noël... Et qui dit fêtes de fin d’année dit numéro du Comprimé spécial Noël.

3 - EDITO ET SOMMAIRE

4 - NOUVEAUX MEDICAMENTS 6 - LE LIPDUB

10 - LE DOPAGE

Bien sûr, nous espérons que ces fêtes seront pour vous l’occasion de vous en mettre plein la panse : foie gras, noix de saint Jacques, champagne et j’en passe... Mais aussi l’occasion de vous retrouver en famille et entre amis pour passer des moments inoubliables.

12 - LA TOXICOLOGIE JUDICIAIRE 16 - INTERVIEW DE M.SPIESS 19 - ART CULINAIRE

20 - LA GRIPPE H1N1

Malheureusement les vacances de Noël sont également annonciatrices des révisions pour la première session d’examens de janvier. Effectivement pour certains ou certaines, cette période n’est pas vraiment de tout repos alors toute l’équipe du Comprimé vous souhaite bon courage et bon travail !

23 - ALERTE A LA GRIPPE COCHONNE 24 - LE BANQUET 2009

26 - LE MARCHE DE NOEL 29 - JEUX

Afin que vos fêtes et vos révisions soient encore meilleures, nous vous avons concocté un petit lot de surprises, notamment une interview de M. Spiess, professeur de chimie minérale à la faculté, un article concernant le sujet le plus brûlant de l’actualité médicale actuellement : la grippe H1N1, une enquête spéciale sur le dopage avec une interview de M. Pascal Kintz, responsable de Chemtox, et afin de rester dans le thème, un petit historique du célèbre marché de Noël de Strasbourg et surtout un article sur l’événement le plus connu à la faculté de pharmacie de Strasbourg : le Banquet !

30 - BLAGUES

31 - SOUVENIRS DU BANQUET Voici comment nous joindre pour les nouveaux et ceux qui auraient oublié : - au local G019 (couloir en bas des amphis) - la boite aux lettres du Comprimé dans le hall de la fac - par mail : lecomprime@yahoo.fr - notre site Internet: www.lecomprime.com

M’étendre d’avantage sur le sommaire serait plus que rébarbatif alors je vous laisse parcourir ce numéro spécial de fin d’année en espérant que notre fidèle lectorat appréciera notre travail.

Le prochain numéro du Comprimé sortira au courant du mois de Mars, profitez-en pour nous écrire un article !

Si pendant ces semaines de vacances, loin de la faculté, une idée vous vient ou un coup de gueule ou tout simplement une envie de parler, vous pouvez toujours laisser une news sur le site du Comprimé. N’hésitez pas Toute l’équipe du Comprimé vous souhaite de très bonnes fêtes de fin d’année et espère vous voir en pleine forme à la rentrée !

Vincent ROMEO

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NOUVEAUTES

Nouveautés Nouveautés Nouveautés

VIMPAT, dans le traitement des crises d'épilepsie partielles Principe actif : Lacosamide, antiépileptique.

Forme galénique : - En comprimé pelliculé, aux dosages de 50mg, 100mg, 150mg et 200mg - En sirop, au dosage de 15 mg/ml. - En solution pour perfusion, disponible uniquement à l'hôpital constitue une alternative chez les patients pour lesquels l'administration orale est temporairement impossible. Titulaire de l’AMM : UCB Pharma

Conditionnement et dosage : - Comprimé pelliculé à 50mg, 100mg, 150 et 200mg, boîtes de 56, en plaquettes thermoformées. - Sirop à 15mg/ml : flacon de 200ml muni d'un gobelet doseur gradué, boîte unitaire. - Solution pour perfusion 10mg/ml Liste I

Indication thérapeutique : VIMPAT est indiqué en association dans le traitement des crises partielles avec ou sans généralisation secondaire chez des patients épileptiques âgés de 16 ans et plus.

En pratique : VIMPAT doit être administré en 2 prises par jour. Le traitement par VIMPAT peut être initié soit par voie orale soit par administration intraveineuse. Il est également possible de passer de la voie orale à l'administration intraveineuse ou inversement, directement, sans ajustement posologique.

Posologie : La dose initiale recommandée est de 50mg, 2 fois par jour, et doit être augmentée jusqu'à la dose thérapeutique initiale de 100mg, 2 fois par jour après une semaine. En fonction de la réponse et de la tolérance, la dose d'entretien peut être à nouveau augmentée de 50mg 2 fois par jour chaque semaine, jusqu'à la dose quotidienne maximale recommandée de 400mg (200mg, 2 fois par jour). La solution pour perfusion est administrée sur une période de 15 à 60 minutes 2 fois par jour. Cette solution peut être administrée par voie intraveineuse sans dilution. L'expérience clinique de perfusion de VIMPAT effectuée 2 fois par jour est d'une durée maximale de 5 jours. Conformément à la pratique clinique actuelle, si VIMPAT doit être interrompu, il est recommandé d'arrêter le traitement progressivement (par exemple en diminuant la dose quotidienne de 200mg par semaine). VIMPAT 15mg/ml sirop est à conserver 4 semaines après ouverture.

NUROFENFLASH 400mg comprimé pelliculé, nouvelle spécialité de médication officinale

Principe actif : Ibuprofène : anti-inflammatoire non stéroïdien, analgésique, antipyrétique Forme galénique : comprimé pelliculé

Titulaire de l’AMM : laboratoire Reckitt Benckiser Healthcare

Conditionnement et dosage : boîte de 12 comprimés dosés à 400 mg d’ibuprofène.

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NOUVEAUTES Indication thérapeutique : Dans le traitement de courte durée de la fièvre et/ou des douleurs telles que maux de tête, états grippaux, douleurs dentaires, courbatures et règles douloureuses.

En pratique : La posologie est de 1 comprimé à 400mg par prise, à renouveler si besoin au bout de 6 heures. Dans tous les cas, il ne faut pas dépasser 3 comprimés par jour. Les comprimés sont à avaler tels quels avec un grand verre d'eau, de préférence au cours d'un repas.

Identité administrative : Non remboursable Médicament non soumis à prescription médicale

GALVUS comprimé, antidiabétique oral

Principe actif : Vildagliptine, inhibiteur de la dipeptidylpeptidase 4, hypoglycémiant oral Forme galénique : comprimés oraux

Titulaire de l’AMM : Laboratoire Novartis Pharma

Conditionnement et dosage : - Comprimé à 50mg : Boîte de 30 ou 60, en plaquettes thermoformées. - Modèle hospitalier : Boîte de 90. Liste I

Indication thérapeutique : GALVUS 50mg comprimé est indiqué dans le traitement du diabète de type 2, en bithérapie orale, en association avec : - La metformine, chez les patients dont le contrôle glycémique est insuffisant malgré une dose maximale tolérée de metformine en monothérapie ; - Un sulfamide hypoglycémiant, chez les patients dont le contrôle glycémique est insuffisant malgré une dose maximale tolérée de sulfamide hypoglycémiant et pour lesquels la metformine n'est pas appropriée en raison d'une intolérance ou d'une contre-indication ; - Une thiazolidinedione, chez les patients dont le contrôle glycémique est insuffisant et pour lesquels l'utilisation d'une thiazolidinedione est appropriée.

Posologie : En association à la metformine ou à une thiazolidinedione, la dose quotidienne recommandée de vildagliptine est de 100 mg, administrée en 1 dose de 50mg le matin et 1 dose de 50mg le soir. En association à un sulfamide hypoglycémiant, la dose recommandée de vildagliptine est de 50mg par jour en 1 prise le matin. Chez ces patients, 100mg de vildagliptine par jour ne sont pas plus efficaces que 50mg 1 fois par jour. GALVUS peut être administré pendant ou en-dehors de repas.

Précaution d’emploi : Les doses supérieures à 100mg ne sont pas recommandées. La tolérance et l'efficacité de la vildagliptine en trithérapie orale, en association à la metformine et à une thiazolidinedione ou en association à la metformine et à un sulfamide hypoglycémiant n'ont pas été établies. Chez les patients insulinodépendants, Galvus ne remplace pas l'insuline. Galvus ne doit pas être utilisé chez les patients diabétiques de type 1 ou pour le traitement de l'acidocétose diabétique.

Pumba

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LE LIPDUB

Lipdub à la Faculté : Lipdub à la Faculté : Lipdub à la Faculté :

le futur buzz le futur buzz ! le futur buzz !

Depuis quelques semaines, une drôle de rumeur circule à la faculté de pharmacie de Strasbourg : une fille de 6ème année veut organiser une vidéo avec un maximum d’étudiants de toutes les promotions. Ce projet a pour nom de code lipdub.

Un litdup ? Un libdut ? Non un LIPDUB : c’est un clip promo chantant réalisé sous forme d’une vidéo en plan-séquence et en playback par des collaborateurs d’un même milieu professionnel et généralement destiné à une diffusion sur Internet. Après maintes discussions au sein de la faculté, un groupe Facebook a vu le jour répondant aux interrogations des étudiants. Ce groupe s’intitule « Lipdub PharmaStrasBOURRE ». La créatrice de ce groupe?Stéphanie Madit est étudiante en 6ème année de pharmacie.

D’une curiosité à toute épreuve, l’équipe du Comprimé a décidé de participer à cet évènement unique pour une faculté de pharmacie française ! Les étudiants motivés par ce projet se sont rendus aux réunions pour donner leur avis, leurs coups de cœur, leurs coups de gueule, voter la musique. Nous avons mis en place notre propre scène et organisé un reportage afin de faire cet article.

Lors de la première réunion, une foule de personnes était présente. Des gens motivés et désireux de passer un bon moment entre étudiants de promotions différentes et présents dans un seul but : s’éclater !

Pour ce premier rendez-vous, l’organisatrice a tout de suite annoncé la couleur : il faudra répéter, beaucoup répéter. Elle nous a aussi exposé son projet dans les moindres détails : de l’utilisation de la caméra, en passant par le parcours qu’elle fera pour nous filmer et enfin le point le plus important, le choix de la musique. Pour cette dernière la décision a été difficile (il fallait contenter environ 150 personnes) mais le choix s’est porté, après 1h 30 de débat, sur « Pump it » des Black Eyed Peas.

La première étape franchie, il fallait prendre rendez-vous afin de discuter des emplacements des acteurs aux endroits stratégiques de la faculté pour y interprèter leurs scènes, ce qui n’a pas été une mince affaire ! Une organisation difficile mais toujours cette même motivation qui nous a aidé à avancer, et surtout une organisatrice du tonnerre. Après quelques répétitions nous avons tous pris rendez-vous pour le tournage final : le 11 novembre, jour férié, donc une faculté vide pour laisser place à une ambiance de folie. Des hauts-parleurs ont été installés tout le long du parcours et une ribambelle de gens costumés attendaient pour se donner à fond devant la caméra. La journée s’est achevée par de franches parties de rigolade et une énorme impatience de voir le résultat.

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LE LIPDUB Mais quelle que soit la vidéo, nous avons passé des moments magiques et je pense parler au nom de tous en disant un grand merci à Stéphanie Madit pour sa joie, sa bonne humeur, sa motivation, sa sympathie et surtout ses idées !

Nous avons décider d’interviewer Stéphanie afin qu’elle nous en dise plus sur ce projet et sur elle-même :

1. Stéphanie, présente-toi un peu: quel âge as-tu ? Quel est ton cursus ?

Je m'appelle Stéphanie Madit, je suis actuellement en 6ème année de pharmacie filière industrie-recherche et je fais en parallèle un master de biotechnologies. J'appartiens à la merveilleuse (que dis-je... exceptionnelle !) promo 2010. Et pour la frime, j'ai déjà passé ma thèse. Et toc ! 2. Est-ce que tu te serais vue faire des études autres que pharma ? Oui, vétérinaire.

3.Quels sont tes projets professionnels ?

Mon projet professionnel est défini depuis longtemps : j'ai toujours voulu travailler dans la recherche, sans savoir ce que c'était vraiment au début, et maintenant en toute connaissance de cause. La recherche m'a toujours intriguée et aujourd'hui elle me permet de m'épanouir. J'ai en effet toujours été très curieuse et pleine d'imagination et la recherche, je pense, m'apportera le fait de cultiver et développer ces traits de ma personnalité. Du coup, je pars en février faire de la recherche fondamentale chez Novartis à Bâle pour quelques mois (mon stage de fin d'année en fait) et après, j'enchaîne sur une thèse de Sciences toujours à Bâle. 4. Comment t'est venue l'idée d'un lipdub et surtout pourquoi avoir eu l'idée de réunir toute une faculté ?

La f am eu se pr omo 20 1 0.. .

L'idée du Lipdub m'est venue pendant la dernière ligne droite avant ma soutenance de thèse. Cette période est pleine de nostalgie en fait car je me suis rende compte que cet épisode de ma vie (à la fac de pharma) touche à sa fin. En plus, ma promo, la promo 2010 (j'insiste dessus : la meilleure), a depuis la 2ème année une énergie commune et malgré les séparations en différentes filières à partir de la 3ème année, on a toujours continué à organiser des événements. C'est avant tout pour eux, pour avoir un souvenir commun qui aurait clôturé nos études, que j'ai pensé au Lipdub. Je voulais au départ que les personnes des autres promos viennent grossir les rangs et éviter les "blancs" lors du tournage. Bref, je n'avais pas anticipé que ce projet motiverait tant de personnes et surtout tant de personnes que je ne connaissais pas. Il a fallu faire avec et ce fut un réel plaisir pour moi. Croyez-le !

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LE LIPDUB 5. Comment s'est organisé cet évènement ?

Il a fallu m'organiser toute seule dans un premier temps : voir quelles musiques j'allais proposer, quel trajet, quel scénario ? Qui serait où ? Avec quoi ? Bref : du détail et du global. Mais ça tombe bien, je suis maniaque de ce côté-là. Et les participants étant quand même flexibles, ça a facilité pas mal de choses ! Il fallait le faire, de choisir une musique qui plaise à 150 personnes en même temps. Il fallait le faire de répéter à 150 (environ) un mercredi de midi à 13h. Et dans le calme de surcroît ! Quant au tournage final, il y a eu bien 200 personnes qui se Un am phi hau t en cou leu rs sont motivées et déplacées volontier un jour férié, la tête pleine d'idées rocambolesques. C'était fou ! En 2h, la fac était métamorphosée. Une sonorisation dans chacun des halls où on tournait, des décors de forêt vierge au terrain de pétanque en passant par une scène avec des voitures de malade et un lâcher de médicaments pour le final, sans oublier la croix verte improvisée qu'on devine à la fin du film dans l'amphi... Tout s'est organisé quasi-instinctivement ! C'est comme si tout le monde avait compris exactement ce que je voulais pour ce lipdub, comme si on voulait tous la même chose finalement. Du coup, c'était tellement plus facile. Et pour le rangement, ce fut fait en un temps record : 10 minutes. J'en reviens toujours pas ! 6. Quels ont été les embûches ?

Il n'y a pas vraiment eu d'embûches, juste des craintes de ne pas être opérationnelle à temps. Plusieurs détails nécessitaient d'être réglés avec des délais souvent courts, notamment l'utilisation de la caméra de la fac, l'utilisation de la fac tout court, des locaux de TP, de la verrerie... L'organisation "administrative" était le plus compliqué, mais pas tellement finalement car tous étaient très coopératifs, de M. le Doyen à Mme Maechling, M. Schneider et Mme Gharbi. Tous m'ont indiqué les démarches à suivre et m'y ont aidée, quitte à me donner 118-218 étaient présent au lipdub leur numéro de portable privé (je garde d'ailleurs précieusement celui de Mme Maechling !). Ah, finalement si, j'ai trouvé une embuche : moi-même. Eh oui, j'ai été ma propre embûche le jour où j'ai oublié d'appuyer sur le bouton "Rec" pour enregistrer la meilleure prise de la première session de répétitions... C'était censé être un outil de travail pour tous les "acteurs"... mais il n'a jamais été enregistré. Encore désolée à tous les "lipdubiens".

7. Quand verrons-nous la première diffusion de cette vidéo ?

La première diffusion du Lipdub sera le 19 novembre 2009, à l'occasion du 43ème banquet des étudiants de pharmacie. Et le plus tôt possible après cette date, sur Internet (Youtube, Dailymotion et Facebook).

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LE LIPDUB 8. Penses-tu que cette vidéo sera connue ?

Cette vidéo est de toute façon vouée à un carton ! J'ai pris le pari que si on fait un buzz (dans le cas où on passe au petit journal de Canal+), j'organiserai alors un lipdub-flashmob à Ikéa. Mais pour le coup, pas de répétitions, et un unique tournage. 9. Est-ce l'apogée de ta vie étudiante ?

L'apogée de ma vie étudiante sérieuse a été ma thèse et la fierté de mes parents ce jour-là. Ce lipdub restera l'apogée des projets fous de ma vie étudiante non réglementaire.

L’équipe du Comprimé prête pour leur scène

10. Des regrets concernant ta vie étudiante ?

Oui, de ne jamais avoir été dans une association de façon officiell.

11. Des conseils à donner aux jeunes étudiants en pharma ?

Mon conseil : éclatez-vous ! Vos profs ont été étudiants avant vous et savent ce que c'est. Je pense qu'au fond, ils ne vous en tiendront jamais rigueur. Soyez conscients de la chance que vous avez d'être en pharma : c'est avant tout une famille. Et chacun de ses membres est unique et complémentaire des autres. Profitez de cette diversité et faites aussi profiter les autres de la votre. Ne soyez pas timides ! C'est en étant ouverts qu'on avancera de façon plus efficace. Et restez conscients que le métier de pharmacien est Des romaines au Lipdub extrêmement varié : de l'officine à la recherche en passant par l'hôpital, la formation offerte par ce cursus est très riche. Même si tout ne vous intéresse pas, réjouissez-vous d'y avoir touché un jour quand même. 12. Un dernier mot ?

A tout ceux qui ont des idées folles : allez-y (dans la limite de la survie des participants, ou de la vôtre tout simplement !) ! Et sans craintes ! Aux lipdubiens : Je vous aime (surtout toi) !

Merci à Stéphanie de nous avoir accordé cette interview. Nous lui souhaitons bon courage pour tous ses projets futurs. Retrouvez le Lipdup Pharmastrasbourre sur le site Dailymotion en tapant les mots-clefs : lipdub pharma

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De s hipp ies

Pumba


LE DOPAGE

Le dopage Le dopage Le dopage

A l’heure où certains pensent déjà à leur concours de première année, se demandant comment ils vont faire pour rester en forme, concentrés, et le plus cool possible, d’autres à un niveau différent il est vrai, tels les sportifs professionnels ont (malheureusement) recours à toutes sortes de produits dopant pour accroître leurs chances de réussite dans leur carrière. Qu’est ce que le dopage ?

Le dopage désigne les moyens mis en œuvre pour augmenter artificiellement ses performances (physiques, mentales, `). Il s’applique essentiellement aux sportifs de haut niveau. Le terme de conduite dopante est également utilisé : celui-ci est employé de manière plus générale lorsqu’une personne souhaite augmenter ses performances, par exemple, vis-à-vis de situations de stress telles qu’un entretien d’embauche, un examen, un oral... En France, les substances dopantes interdites sont les stimulants, les narcotiques, les anabolisants et les hormones (hormones de croissance et érythropoïétine notamment). Il existe également des substances soumises à des restrictions comme l’alcool ou les anesthésiques locaux. Nous nous intéresserons au cas particulier des athlètes de haut niveau, ainsi qu’à la détection et au dosage de ces substances à travers l’interview du Dr Kintz (voir article plus loin). Quels sont les effets recherchés ?

Le dopage est surtout utilisé pour augmenter ses capacités physiques ou mentales . Les sportifs d’endurance notamment, tels que les marathoniens et les cyclistes, peuvent utiliser des euphorisants (caféine, cocaïne, amphétamines) pour vaincre la fatigue ou des narcotiques (héroïne, morphine, méthadone) pour la douleur.

La méthadone et la caféine sont des molécules considérées comme dopantes dans certaines disciplines sportives

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LE DOPAGE La force musculaire est elle aussi très importante, c’est pourquoi beaucoup utilisent des stéroïdes anabolisants, tels la THG ou TétraHydroGestrinone ou la créatine (augmentation temporaire de la force musculaire). Un autre effet recherché est une bonne oxygénation des tissus musculaires. Certains prennent donc du salbutamol (bronchodilatateur utilisé notamment contre l’asthme d’effort), de l’EPO (Erythropoïétine) qui stimule la production de globules rouges, ou encore du PFC ou Per FluoroCarbures qui permettent d’augmenter le transport d’oxygène. On peut également noter que la majorité des sportifs de haut niveau préparent leurs compétitions avec un ou plusieurs stages en altitude. Ceci permet une augmentation de la production de globules rouges. Comme cet effet est temporaire, ils utilisent également des caissons hyperbares pour mimer l’effet de l’altitude chez eux. Ces stages sont aussi l’occasion pour quelques-uns de faire des prélèvements sanguins afin de se les réinjecter juste avant une compétition ou bien pendant la compétition si celle-ci se déroule sur plusieurs jours.

Parmi les différents sports, on distingue ceux où la concentration et la précision sont primordiales : tir à l’arc, gymnastique` Les amphétamines et les bétabloquants peuvent diminuer le stress et ainsi augmenter la concentration des intéressés. Le propranolol est un exemple de substance agissant comme bétabloquant.

Le propranolol est un bétabloquant utilisé pour diminuer les tremblements dans les sports de précision.

Il existe encore deux autres aspects qu’un sportif pourrait être tenté de maîtriser : le morphologie et le cycle veille-sommeil, même si tout a ses limites. La morphologie peut avoir toute son importance : la taille pour le basket ou le volley, par exemple. La maîtrise du rythme veille-sommeil peut elle aussi susciter un intérêt particulier.

Le salbutamol permet de masquer les amphétaminiques.

Le furosémide, un diurétique utilisé comme produit masquant.

Enfin, des produits masquant peuvent être utilisés pour contrecarrer d’éventuels contrôles anti-dopage. Par exemple, les diurétiques sont utilisés pour éliminer plus rapidement les métabolites de certains produits dopants et le salbutamol permet de cacher l’utilisation d’amphétamines.

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Aurélie


Interview Pascal Kintz, Interview dudu DrDr Pascal Kintz, toxicologue judiciaire toxicologue judiciaire

LA TOXICOLOGIE JUDICIAIRE

Pascal Kintz fait partie des experts en médecine légale et en toxicologie les plus réputés au monde. Ce pharmacien toxicologue est à l'origine de nouvelles méthodes d'analyse, notamment dans le cheveu, qui ont contribué à sa renommée. Il y a quatre ans, il créé la société Chemtox spécialisée dans l’expertise judiciaire et la toxicologie, où l'on vient le consulter des quatre coins de la planète. Pascal Kintz, bonjour et merci de recevoir l’équipe du Comprimé.

Pourriez-vous nous présenter brièvement la société Chemtox, dont vous êtes l'un des membres fondateurs ? Chemtox est une société d’analyse et d’expertise toxicologique. Elle a été fondée en 2004 par 4 personnes comprenant bien entendu des toxicologues mais aussi des investisseurs privés. Actuellement l’entreprise comprend 15 employés et j’en suis le seul pharmacien. Nous travaillons à la fois pour les tribunaux et les particuliers. De plus, 40% de notre activité concerne l’étranger notamment la Suisse, le Royaume-Uni, l’Italie et l’Allemagne. Qu’est-ce qu’une analyse toxicologique ?

C’est la mise en œuvre de moyens analytiques (systèmes de chromatographies liquides (HPLC, ULPC), et gazeuses (CPG), spectrophotométrie, spectrométrie de masse, immunoanalyse...) afin de rechercher des toxiques dans des matrices très diverses : biologiques (sang, cheveux, salive, selles...) ou encore dans des aliments, dans l’air ou dans la terre. Nos analyses comprennent deux axes. Le premier concerne les demandes ciblées de dosages de nombreux toxiques (médicaments, drogues, produits dopant) dans des matrices aussi diverses que le sang, les urines, la soupe, ou le café par exemple. L’autre axe concerne la recherche de toxiques, notamment pour la justice, dans des cadavres pour rechercher les causes de leur mort.

Pascal Kintz dans son laboratoire d’analyse toxicologique

L’intérêt de l’analyse toxicologique est grandissant car l’accès aux produits toxiques est assez aisé : médicaments en ventre libre, produits dopant sur Internet, drogues` De plus en plus de personnes sont donc susceptibles de s’intoxiquer, ceci pouvant influencer leur comportement (agressivité, humeur) mais également leur capacité de travail ou leur vie familiale. De façon pratique, quel est le domaine d’activité de votre entreprise ?

Notre domaine d’activité englobe la toxicologie, le dopage, l’altération du comportement, et la modification des performances. Pour moi le dopage ne concerne pas que le domaine du sport. Il y aussi dopage dans le cas d’un détournement de médicament, par exemple un cadre stressé prenant du bromazépam ou un individu se servant de bêta-bloquants pour se calmer. Nos activités sont très vastes, de l’analyse judiciaire pour les tribunaux à la demande privée, par exemple la recherche de diazépam dans la soupe d’un individu qui soupçonne sa femme de le droguer.

Quelques affaires médiatiques dans lesquelles le laboratoire Chemtox est intervenu : En 2008, l'avocate russe de la famille d'Anna Politkovskaïa, Karinna Moskalenk, retrouve dans sa voiture des billes de mercure. Pouvant s’agir d’une tentative d’empoisonnement, la justice est saisie de l’affaire. Le dosage du mercure est effectué par le laboratoire Chemtox. Après analyses, ce dernier indiqua que les doses retrouvées étaient très peu toxiques.

En 2007, Abdullah Öcalan, le chef séparatiste kurde détenu en Turquie, souffre d’un empoisonnement vraisemblablement dû à l’ingestion de métaux toxiques. Les avocats de cet homme politique envoient alors des mèches de cheveux au laboratoire Chemtox pour les faire analyser. Pascal Kintz y trouva des concentrations de chrome sept fois supérieures à la moyenne ainsi que des doses de strontium extrêmement élevées.

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LA TOXICOLOGIE JUDICIAIRE Parlez-nous un peu de la spécialité de Chemtox : l’analyse dans le cheveu... C’est en effet notre haute compétence dans l’analyse de toxiques se logeant dans le cheveu qui nous a permis de figurer sur la scène internationale. Rares sont les laboratoires capables de les analyser.

Justement, pourquoi rechercher des toxiques dans les cheveux ? Les cheveux sont comme un calendrier historique. Ils fixent de nombreuses substances qui leur sont apportées par les capillaires sanguins. Les cheveux poussent d’un centimètre par mois, on pourra donc chez un individu ayant 6 cm de cheveux retrouver des substances qu’il a consommées lors des 6 derniers mois. L’analyse dans le cheveux permet donc de retrouver la trace de substances ayant déjà totalement disparu des urines ou du sang. Existe-t-il une altération de la présence de ces substances dans le temps ? Non, pas du tout. Les substances qui se sont fixées dans les cheveux n'en seront jamais délogées, même post-mortem. Nous avons d’ailleurs analysé les cheveux de Napoléon (voir encadré) et des cheveux de momies

péruviennes datant de 3000 ans avant J-C où nous avons trouvé des traces de cocaïne. A l’époque des mayas, les feuilles de coca étaient mâchées pour leurs effets psychostimulants et anorexigènes.

A vous entendre, on dirait que l’on peut retrouver la trace de n’importe quelle substance, mais existe-il des substances indétectables dans les cheveux ? Bien sûr ! Toutes les molécules qui ne passent pas dans les capillaires sanguins du cuir chevelu ne se fixeront pas dans les cheveux. C’est le cas par exemple de l’EPO ou de l’hormone de croissance. Il y a également des substances qui s’y fixent mais que nous ne savons pas encore détecter. C’est le cas des molécules nouvellement synthétisées (drogues de rues par exemple), pour cela nous devons constamment innover et trouver des protocoles de dosage adaptés.

D’ailleurs quelles sont les méthodes analytiques que vous employez ? Nous utilisons beaucoup de tests ELISA pour toutes les réactions immunologiques. Nous utilisons également de la CPG-masse, HPLC-masse. Tous nos détecteurs sont «masse», car nous devons avoir une spécificité absolue dans nos mesures. Comme nous travaillons dans le cadre légal, des condamnations, des années de prisons, des divorces, des emplois sont en jeu. Nos analyses doivent donc être d’une précision et d’une sécurité irréprochable. Pour l’analyse des cheveux, il nous faut des techniques très sensibles puisque les concentrations sont infimes (de l’ordre du picogramme). Nous mettons en place des protocoles d’analyse qu’il faut adapter à la matrice et au toxique à analyser. Ces analyses sont longues et nécessitent la mise en œuvre de nombreux moyens techniques des plus complexes. Ce n’est pas comme dans les Experts où il suffit d’appuyer sur un bouton pour voir le résultat des analyses s’afficher !

Quelques affaires médiatiques dans lesquelles le laboratoire Chemtox est intervenu : En 2004, Victor Iouchtchenko, candidat à la présidence de l’Ukraine, tombe gravement malade en pleine campagne électorale alors qu’il était le grand favori. Étant pro-occidental, on soupçonna les services secrets russes de l’avoir empoisonné. Diverses analyses sanguines montrèrent un taux très élevé de dioxine dans son sang. Le laboratoire Chemtox fut sollicité pour analyser des mèches de cheveux de cet homme. Par spectrographie de masse, il a alors été possible de déterminer une cartographie chimique chronologique de la variation de concentration de dioxine dans les cheveux.. Le résultat fut sans appel : on nota une absence de dioxine dans les segments antérieur à la maladie et des taux très élevés de dioxine au moment de la maladie. Victor Iouchtchenko a donc été empoisonné à la dioxine !

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LA TOXICOLOGIE JUDICIAIRE Parlons un peu de votre cursus universitaire et de votre parcours professionnelY

J’ai étudié à la faculté de pharmacie de Strasbourg. J’ai fait partie de la dernière promo n’ayant pas de concours à la fin de la première année. J’étais d’ailleurs dans la promo de votre Doyen M. Pabst. J’ai passé ma thèse d’exercice de pharmacie en 1985 et j’ai décidé de continuer mes études. L’année suivante j’ai passé mon DEA au laboratoire de pharmacologie de M. Stocklé. J’ai ensuite passé une thèse d’université tout en travaillant à la faculté de médecine dans un laboratoire de toxicologie. En 1990, je suis devenu responsable de l’unité fonctionnelle de toxicologie. J’y faisais à la fois de la toxicologie hospitalière (intoxications, étude de l’effet iatrogénique des médicaments, ajustement de posologies) et de la toxicologie judiciaire. J’y suis resté jusqu’en 2004, date à laquelle, avec deux de mes assistants et des financeurs, j’ai fondé le laboratoire Chemtox.

Je suis actuellement président de la SoHT ( Society of Hair Testing), j’ai aussi été président de la S.F.T.A. (Société Française de Toxicologie Analytique) du I.A.F.T. (International Association of Forensic Toxicologists) de 2005 a 2008. Quels souvenirs vous reste-t- il de la faculté ?

- Au niveau des cours ?

J’ai beaucoup de regrets par rapport aux enseignements. Aujourd’hui, j’aimerais en connaître bien plus dans des domaines comme la bactériologie ou la botanique, enseignements qui ne me passionnaient pas trop à la fac et qui sont donc très vite sortis de ma mémoire.

- Au niveau extrascolaire ? Je garde un très bon souvenir de la fac. A l’époque j’avais une société de son et lumière et j’animais alors les banquets et les soirées pharma.

Avec votre grande expérience professionnelle dans le domaine scientifique, comment voyez vous le programme des études pharmaceutiques ? Je trouve que ce sont des études variées mais qu’elles ne collent pas toujours à la réalité du marché del’emploi. Selon moi, on devrait davantage développer le management et l’esprit critique. En effet, les étudiants en pharmacie seront amenés à devenir des cadres ou des managers dans le monde professionnel, or je trouve qu’on ne les forme pas assez à prendre des décisions importantes et à gérer des équipes. Restons dans le domaine des études. Quand estce qu’un expert toxicologue comme vous a-t-il découvert la toxicologie ? Comme tous les étudiants en pharmacie, j’ai découvert la toxicologie en 4e année. C’était M. Lugnier qui l’enseignait à l’époque.

C o n tro ver ses su r la mo rt d e Nap o léo n Ier :

En 1821, Napoléon meurt en exil sur l’île britannique de Sainte-Hélène. Quelques années plus tard son corps fut rapatrié en France et enterré aux Invalides. Mais les mystères autour des causes de sa mort perdurent et différentes théories s’affrontent.

Certains experts avancent la théorie selon laquelle l’empereur serait mort d’un cancer de l’estomac. En effet, il souffrait d’inflammations chroniques de l’estomac et avait perdu plus de 11 kilos durant les derniers mois de sa vie. Ces symptômes pourraient correspondre à un telle maladie.

D’autres experts, dont Pascal Kintz, penchent plutôt pour la théorie de l’empoisonnement chronique à l’arsenic. Dans le but de vérifier cette hypothèse, l’Institut légal de Strasbourg , dont le Dr. Kintz faisait partie, a reçu en 2001 des cheveux de l’empereur. Les analyses indiquèrent de fortes concentrations en arsenic, prouvant qu’il absorbait régulièrement des doses très fortes de ce poison. Aucune de ces 2 théories n’est unanimement reconnue comme étant la véritable cause de la mort. Le débat continue donc encore de s’animer 200 ans après la mort de l’empereur.

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LA TOXICOLOGIE JUDICIAIRE Que pourriez-vous conseiller à des étudiants intéressés par la toxicologie ? Ce qu’il faut savoir, c’est que les postes de toxicologue judiciaire sont très rares (1 poste se libère tous les 3 ans en France). Il est donc fortement conseillé de s’associer le plus tôt possible avec un laboratoire d’analyse toxicologique, en y faisant des stages le week-end ou pendant les vacances. Ceci afin d’augmenter les chances d’avoir un poste. Je leur conseille d’entrer dans le monde professionnel le plus tôt possible, pour acquérir Vous aviez donc envisagé de devenir professeur ? l’expérience nécessaire. La toxicologie judiciaire est un Oui et d’ailleurs mon plus grand regret est de n’avoir domaine très particulier. C’est un mélange de toxicologie, de règles strictes, de droit, et surtout de jamais pu rejoindre la faculté de pharmacie pour y rigueur. Je forme mes élèves moi-même. Dans mon enseigner. domaine les thèses et les masters ne sont pas d’une Pour finir, pourriez-vous nous faire part d’une grande utilité. Je préfère un élève très motivé et recherche inédite ? passionné à un élève bardé de diplômes. Que pensez-vous de la réforme L1 santé ?

Je suis pour tout rapprochement entre le monde médical et pharmaceutique car dans le monde professionnel ce sont bien souvent les médecins qui possèdent les postes-clés. C’est le cas dans les hôpitaux, dans les labos de recherche mais aussi de plus en plus souvent dans les industries pharmaceutiques ! Je pense qu’il faut passer par de telles réformes pour faire retrouver au pharmacien sa légitimité et sa place aux côtés des médecins. J’ai entres autres quitté le laboratoire de toxicologie de la faculté de médecine pour cette raison. Pendant quelques années j’étais assistant et maître de conférence mais lorsque j’eus envie de me lancer dans une carrière d’enseignant, on m’a bien fait comprendre que les postes de professeurs étaient réservés aux médecins.

Il y en a eu beaucoup depuis la fondation du laboratoire, mais en ce moment, c’est très certainement l’affaire Gasquet qui est la plus intéressante. Nous avons réussi à prouver en analysant ses cheveux que l’infime quantité de cocaïne contenue dans ses urines pouvait provenir d’un baiser avec une fille venant de se faire un rail de coke. A présent Richard Gasquet peut à nouveau jouer au tennis.

Merci M. Kintz de nous avoir accordé un peu de votre précieux temps pour réaliser cette interview.

Retrouvez toutes les informations sur le laboratoire Chemtox, ainsi que des revues de presse concernant Chemtox sur le site : www.labochemtox.com

Interview réalisée le mardi 03 novembre 2009.

Charles, Laurent et Ludo

Quelques affaires médiatiques dans lesquelles le laboratoire Chemtox est intervenu : En juin 2009, le cycliste belge Tom Boonen est contrôlé positif à la cocaïne et ceci pour la 3e fois de sa carrière. Le sportif nie avoir consommé de cette drogue. Le laboratoire Chemtox est alors sollicité pour doser la cocaïne logée dans les cheveux du cycliste. Pour une personne positive à la cocaïne, les résultats des tests capillaires présentent un taux supérieur à 0,50 nanogramme par milligramme de cheveu. Pour Tom Boonen, la concentration trouvée fut de 0,09 nanogramme. Au vu de ces résultats Pascal Kintz indiqua qu'il ne pouvaient pas se prononcer sur la manière dont la drogue avait été consommée par le coureur et qu'il est possible que Boonen n'ait pas sniffé de la cocaïne lui-même. Affaire à suivreY En mai 2009, le tennisman Richard Gasquet est contrôlé positif à la cocaïne lors du tournoi de tennis de Miami. Il est alors suspendu provisoirement mais clame son innocence. Les très faibles doses retrouvées dans ses urines laissent présager une ingestion involontaire de cocaïne. Les résultats des analyses de cheveux faites par Chemtox appuyèrent la théorie avancée par le sportif : il aurait ingéré de la cocaïne lors d’un baiser en boîte de nuit avec une fille venant tout juste de consommer cette drogue. Au vu des résultats toxicologiques, cette théorie fut acceptée par le tribunal, blanchissant ainsi le tennisman.

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Interview dedeM.Spiess Interview deM.Spiess M.Spiess Interview

INTERVIEW DE M. SPIESS

Bonjour M.Spiess, merci de nous recevoir. Pouvez-vous nous parler de votre cursus ?

Je suis originaire de Mulhouse et après mon baccalauréat, j’ai intégré la Faculté de Sciences de l’ULP. Mais à la fin de la première année, j’ai voulu rejoindre la Faculté de Pharmacie car le programme de la deuxième année de sciences ne m’attirait pas particulièrement, notamment en raison de la perspective des cours de géologie et de chimie minérale (rires). Par équivalence (c’était possible à l’époque), j’ai pu intégrer directement la deuxième année de Pharmacie. J’ai été ravi de ces études et suis resté depuis dans la maison. Autrefois, la carrière universitaire commençait très tôt par un poste d’Assistant, ce qui permettait simultanément de préparer une thèse. J’ai effectué la mienne à l'École de Chimie, puis ma carrière a connu une évolution linéaire et j’ai fini par occuper un poste de professeur de chimie physique et chimie inorganique à la suite du départ à la retraite du professeur Charles Lapp. Pourquoi avoir choisi comme matière d’enseignement la chimie minérale ?

Il y a là, comme bien souvent dans une vie, une bonne part de hasard. J’avais choisi au cours de mes études la filière biologie (actuellement la filière internat) pour me destiner à une carrière dans l’analyse biologique. Les deux années précédant la fin de mes études, pour des raisons de grève, le concours de l’internat n’avait pas été organisé à Strasbourg et je n’ai donc pas pu m’y présenter. Une fois le diplôme en poche, un choix s’imposait : refaire une année de préparation au concours ou devenir assistant en Chimie analytique à la Faculté de Pharmacie de Strasbourg. Si je suis toujours là, c’est que j’ai pris la seconde option. Le hasard encore du mouvement des postes m’a conduit à enseigner la chimie minérale, discipline qui, avec la chimie générale, doit rester à mon sens un pilier des études pharmaceutiques. Que pensez-vous des études de pharmacie, sont-elles bien adaptées au monde d’aujourd’hui ?

Le monde évolue sans cesse, les métiers de la pharmacie n’y échappent pas, les études de pharmacie doivent donc s’adapter à tous ces changements. Ainsi, au début des années 2000, on a mis en place une réforme des deuxième et troisième cycles des études de pharmacie. De nouveaux enseignements ont été créés (cancérologie), d’autres ont été largement modifiés afin de promouvoir une approche plus intégrée. Les travaux pratiques ont également connu quelques changements, moins visibles à Strasbourg qui, à bien des égards, a servi de modèle. Ainsi, les travaux pratiques d’initiation et d’instrumentation qui existaient déjà sur place ont été élargis au reste de la France. La grande difficulté aujourd’hui dans l’établissement du contenu des programmes tient au développement considérable des connaissances. Il est illusoire de vouloir toutes les appréhender, il faut donc privilégier la réflexion, la compréhension et la maîtrise des grands concepts en s’appuyant sur de solides connaissances de base. Bien sûr, tout est perfectible, mais je trouve qu’à l’heure actuelle les études de pharmacie sont encore de belles études, conduisant à un beau diplôme et à d’excellents débouchés.

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INTERVIEW DE M. SPIESS

Et la L1 Santé dans tout ça ?

Depuis toujours, je trouve que c’est une mauvaise réforme. Le premier objectif qui avait été mis en avant pour cette réforme est de «promouvoir un langage commun entre médecins et pharmaciens», ce qui pour moi n’a aucun sens en première année. Puis on a déclaré que cette réforme doit «éviter le gâchis humain» pour ceux qui ne réussissent pas à passer le cap de la première année. Il faut ici se rappeler que le système des reçus-collés, après une bonne année de formation, permet de rejoindre la deuxième année de la Faculté des Sciences et offre la possibilité par la suite de revenir par le biais d’un Master. Pour ceux qui n’ont rien, une étude a révélé que beaucoup d’entre eux se réorientaient avec succès. Seule une minorité d’étudiants perdent 4 années d’études, ce qui est indiscutablement douloureux, mais cela justifie-t-il une réforme de cette ampleur ? On aurait certainement pu imaginer d’autres solutions. Nous avons aujourd’hui une belle formation et un beau diplôme et on se dirige vers une réforme dont, selon toute vraisemblance, le pharmacien pâtira. Voudriez-vous que je m’en réjouisse ? Y-a-t’il des points positifs à cette réforme ?

J’ai beau réfléchir, j’ai du mal à en trouver ; peut-être que cela évitera à quelques-uns la succession d’échecs qu’ils peuvent connaître aujourd’hui. Ce qui me stupéfait le plus, c’est que cette réforme ne trouve grâce aux yeux d’aucun collègue. Tout le monde, à de très rares exceptions près, la trouve mauvaise. On aurait pu penser que les médecins généralement y adhéraient puisque c’est leur réforme, même pas ! J’aurais espéré que les étudiants de pharmacie fassent le même constat en se demandant quel était leur intérêt à cette réforme. Il y a eu peu de réactions de leur part, seule l’ANEPF (Association Nationale des Étudiants en Pharmacie de France) a eu un moment un éclair de lucidité. (voir sur le site du Comprimé et au http://www.anepf.org/articles.php?lng=fr&pg=591) Allez-vous continuer à enseigner en première année ?

Bien sûr, je vais assurer les cours de chimie générale pour le peu d’heures d’enseignement qu’il reste (24 heures de cours : 12h de chimie générale et 12h de chimie organique) dans le tronc commun. Quelques heures de plus dans l’UE spécifique. En si peu de temps, je ne pourrai traiter qu’une modeste partie du programme actuel, ce qui va réduire très sensiblement le socle des connaissances de base en chimie nécessaire pour la suite des études. Il en est malheureusement de même pour d’autres disciplines. Je crains que cette première année, à l’instar de la première année de médecine actuelle, ne devienne une année de sélection plutôt qu’une année de formation. Parlons des BPL (Bonnes Pratiques de Laboratoire) ?

Voilà à mes yeux quelque chose de beaucoup plus satisfaisant. Nous les avons mises en place avec Mme Maechling dès 1998. C’est une expérience originale dont je n’ai pas connaissance qu’elle ait été tentée dans d’autres universités et qui fait partie intégrante aujourd’hui de la formation des étudiants. Sur un plan pédagogique cela me parait être extrêmement important et je m’étonne que l’on puisse s’en passer ailleurs. Comment vous est venue l’idée de les mettre en place à la faculté ?

J’ai eu cette idée lorsque j’ai fait ma mobilité (stage d’un an) dans une entreprise pharmaceutique où l'on introduisait l’assurance qualité qui inclut les BPL. J’ai dès le départ souhaité que toute la faculté de pharmacie participe à cette expérience et donc que tous les TP soient concernés par les BPL. Bien sûr, il fallait obtenir l’adhésion du plus grand nombre de collègues possible, cela a été le cas et a notamment permis de rapprocher les collègues des différentes disciplines. Au-delà des BPL, des liens se sont créés entre enseignants et étudiants et j’en suis très content. Peut-être faudrait-il à présent chercher à exporter cette expérience hors des murs de la faculté ? Je pense qu’à l’époque nous étions dans le vrai, puisque aujourd’hui cette notion de BPL dépasse largement les seuls laboratoires pour aller jusqu’à l’officine par exemple, à travers les BPO (Bonnes Pratiques Officinales). Dans les deux cas l’esprit reste le même, ce n’est que du bon sens formalisé avec une certaine rigueur.

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INTERVIEW DE M. SPIESS Parlons du banquet, y allez-vous ?

J’y suis allé, même assez régulièrement quand j’étais directeur adjoint mais ça fait quelques années que je n’y suis plus retourné. J’ai indiscutablement pris un peu de recul par rapport aux activités associatives des étudiants. Quels sont vos domaines de Recherche ?

Je fais partie du laboratoire d’Innovation Thérapeutique. Mon équipe s’intéresse à un certain nombre de paramètres physico-chimiques et conformationnels susceptibles de contribuer à l’explication de certaines observations biologiques. Nous avons par exemple travaillé récemment sur la norbadione A, il s’agit d’un pigment qui se trouve dans certains champignons et qui est considéré comme responsable de la radioactivité relevée dans ces champignons après l’accident de Tchernobyl. Nos travaux sont toujours résolument pluridisciplinaires. Comme je suis beaucoup plus près de la fin de ma carrière que de son début, j’élargis très sensiblement mes centres d’intérêt et je prête actuellement beaucoup d’attention aux questions de bioéthique (je propose notamment une UE de bioéthique dans le cadre des masters). Pourquoi certains étudiants ne feraient-il pas d’ailleurs leur thèse d’exercice sur ces questions ? Merci M. Spiess d’avoir consacré un peu de votre temps pour répondre aux questions du Comprimé.

Charles, Laurent

Une plante 100% minérale :

Sur France Culture, en direct de la Pitié-Salpêtrière, XIIIème arrondissement de Paris, le 13.10.2009, un médecin, P. Grenier, chef du service de radiologie au CHU Pitié-Salpêtrière et Président du CCM (Comité Consultatif Médical) déclare :

« L’histoire de la Salpêtrière a commencé par la salpêtre (sic); la salpêtrière vient de la salpêtre, plante qui servait à faire de la poudre à canon, puis c’est devenu une prison (...) et ce n’est devenu un hôpital que bien plus tard. »

L’ h ô p i t a l d e l a P i t i é - S a l p é t r i è r e s i t u é da n s X I Ie a rr o n di ss em e n t p ar is ie n

Les pharmaciens, et ce dès la P1, savent eux que le salpètre ou nitrate de potassium (KNO3) n’est pas une plante mais un minéral !

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Art culinaire Art culinaire Art culinaire

ART CULINAIRE

Dans ce numéro d’hiver ( vert !), Le comprimé vous propose 2 recettes à base d’aliments de saisons : les clémentines et le vin chaud. Ces mets accompagneront parfaitement vos longues soirées au coin du feu en attendant le Père Noël... VERR INE À LA C LÉMENT INE AU F R O M A G E B L A N C E T A U PA I N D ' É P I C E S

Principe actif : Clémentines ( Citrus reticulata L., Rutaceae).................4

Oranges ( Citrus sinensisL., Rutaceae ).......................2

Excipients : Fromage blanc.................................................200,0 mL Sucre .................................................1 cuillière à soupe Pain d'épices..................................................4 tranches Qsp..............................................................4 personnes

Mode opératoire : Faire sécher les tranches de pain d'épices au four (160°) pendant 15 minutes. Une fois refroidies, les émietter. Pendant ce temps, éplucher les clémentines et ensuite mettre les quartiers dans une casserole avec le jus et le zeste des oranges. Faire chauffer à feu très doux jusqu'à l'évaporation complète des jus (Veillez à ne pas brûler les clémentines !). Laisser refroidir. Sucrer le fromage blanc avec la cassonade. Dans des verrines (ou des verres à pied), mettre la confiture de clémentine, puis le fromage blanc, puis le pain d'épices.

V I N CH A UD AU X E P I C E S

Principe actif : Vin rouge (Bacchus purpureus L., Vineae)..................1500 mL

Excipients : Sucre roux....................................................................250 mg Zeste de citron.......................................................................1 Zeste d'orange.......................................................................1 Cannelle......................................................................2 bâtons Anis étoilé....................................................................2 étoiles Clous de girofle.......................................................................2 Qsp..............................................12 personnes ou 6 soiffards

Mode opératoire : Mélanger tous les ingrédients et porter à ébullition très doucement. Laisser frémir 5 minutes.

Servir très chaud dans des verres en filtrant à l'aide d'une passoire.

Disposer une rondelle d'orange par verre.

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Sawyer


LA GRIPPE H1N1

La grippe H1N1 La grippe H1N1 La grippe H1N1

Si pour vous, malgré toute la médiatisation dont elle est victime, la grippe A reste du chinois, Le Comprimé à décidé de répondre aux principales questions que vous pourriez vous poser concernant cette pandémie. Mais c’est quoi cette fameuse grippe H1N1 ?

La grippe A/H1N1 est une infection humaine causée par un virus grippal qui infecte habituellement les porcs. C’est une infection qui s’est développée chez le porc mais qui maintenant se transmet d’homme à homme. Ce virus est différent du virus de grippe saisonnière, virus d’origine humaine qui circule habituellement. Cette grippe a aussi été appelée grippe A, grippe porcine, grippe mexicaine ou encore grippe du cochon. Pourquoi ce virus est-il dénommé « A/H1N1 »?

Les grippes sont classées en 3 grandes catégories : A, qui signifie que c’est une grippe qui cause des épidémies et des endémies dans des «réservoirs» comme les oiseaux et les porcs. B, qui signifie une grippe grave dont le «réservoir» principal est l’homme. C, qui caractérise une grippe mineure. Notre chère grippe A provient donc du porc !

Les lettres H et N proviennent des initiales de deux antigènes (deux protéines) qui se situent à la surface de la particule virale. H pour l’hémagglutinine, une glycoprotéine de surface du virus. Cette protéine permet l’ancrage du virus sur les cellules de l’épithélium des voies respiratoires. Mais elle est aussi très immunogène, elle permet donc d’activer le système immunitaire qui synthétisera des anticorps pour combattre l’infection. Le N quant à lui provient de la neuraminidase, une sialidase qui permet la libération de virions. Pour compliquer un peu les choses il existe 15 types d’antigènes H et 9 types d’antigène N. cela nous fait un total de 135 possibilités de combinaisons. Notre fameuse grippe possède donc l’antigène hémagglutinine 1 et neuraminidase 1. Quels sont les symptômes ?

Les symptômes de la grippe H1N1 sont les mêmes que ceux de la grippe saisonnière c’est-à-dire fièvre, toux, mal de gorge, douleurs musculaires ou articulaires, maux de tête, frissonnements, fatigue, difficultés à respirer, nez qui coule et perte d’appétit. Comment l’attrape-t-on ?

Comme la plupart des autres virus, la grippe A se transmet par des gouttelettes présentes dans l'air (postillons, toux) ou sur des objets (poignées de portes, boutons d'ascenseurs, souris d'ordinateur, rampes d'escaliers, stylos, interrupteurs, poignées de caddies, etc)

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LA GRIPPE H1N1 Comment se protéger ?

Pour une bonne protection contre cette grippe H1N1, il est conseillé de se laver fréquemment les mains avec du savon ou d’utiliser un gel hydro-alcoolique (voir l’article sur ces fameux gels dans le numéro 32 du Comprimé). Au niveau des masques de protection, les porteurs du virus peuvent s’équiper de masques chirurgicaux pour éviter de contaminer leur entourage. En revanche, les autorités sanitaires recommandent les masques FFP2 aux personnes saines pour éviter d’être contaminé par le virus H1N1. Enfin il est aussi possible (et recommandé) de se faire vacciner contre cette grippe dans des centres spécialisés. Il existe différents types de vaccins, mais un seul est disponible en France. C’est le Pandemrix® commercialisé par GlaxoSmithKline Biologicals S.A. D’ailleurs pourquoi existe-t-il une telle polémique autour de ces vaccins ?

La controverse autour de ces vaccins provient de la rapidité de leur développement (quelques mois) et les effets secondaires qu’ils peuvent parfois engendrer. Pourquoi dit-on "vaccin avec adjuvant" et quel est son rôle dans le vaccin ?

Un adjuvant est une substance ajoutée à un vaccin pour en augmenter l’efficacité. Par exemple, un adjuvant peut permettre à l’antigène d’être mieux présenté au système immunitaire et ainsi augmenter la production d’anticorps contre cet antigène.

L’addition d’un adjuvant au vaccin offre 2 avantages majeurs. Tout d’abord il permet de faire plus de vaccins avec la même quantité d’antigènes. Certaines recherches laissent penser que les personnes âgées seraient mieux protégées avec un vaccin contenant un adjuvant. De plus, d’autres études ont montré qu’il est possible qu’un vaccin avec adjuvant offre une protection contre d’autres souches de virus de la grippe. Par exemple si le virus mutait (ce qui est le cas), il est possible que les personnes qui auraient reçu le vaccin avec adjuvant soient encore protégées (plus que celles qui auraient reçu le vaccin sans adjuvant).

Dans le vaccin Pandemrix®, l’adjuvant est composé de squalène, de DL-α-tocophérol (vitamine E), de polysorbate 80, et de 3,75 µg d’hémagglutinine du virus A/California/7/2009 (H1N1), analogue de la souche pandémique A(H1N1) 2009.

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LA GRIPPE H1N1 Et si on est atteint, que doit-on faire ?

Limitez vos contacts avec d’autres personnes, autant que possible. Restez chez vous; n’allez pas au travail ou en cours. Toussez dans un mouchoir en papier ou en vous couvrant la bouche et le nez avec votre manche. Jetez immédiatement les mouchoirs utilisés. Lavez-vous les mains souvent au savon et à l’eau chaude ou utilisez une solution hydro-alcoolique. Ne partagez rien qui va dans votre bouche, comme des ustensiles, des verres à boire et des brosses à dents. Appelez le médecin qui pourra vous prescrire des antiviraux tel que l’oseltamivir (Tamiflu) ou le zanamivir (Relenza). Ces médicaments sont des inhibiteurs de la neuraminidase, qui empêchent le virus de proliférer, mais ils ne constituent en aucun cas un traitement préventif. Existe-t-il des risques de mutation de ce virus?

Oui des mutations ont déjà été observées dans plusieurs pays, dont la France. Mais pour l’instant les antiviraux ainsi que les antigènes créés par la vaccination semblent efficaces sur ces virus mutés. En espérant avoir répondu à la plupart des questions que vous vous posiez sur cette fameuse grippe, nous vous souhaitons bon courage...

Marie et Ludo

Pour plus d’information sur la grippe, le site de gouvernement : http://www.pandemie-grippale.gouv.fr/

Suivez l’évolution de la grippe par pays et par région calculé par Google : http://www.google.org/flutrends/intl/fr

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VISA : GP 0342G08V210


LA GRIPPE COCHONNE

Alerte àgrippe la grippe cochonne ! Alerte à la cochonne ! Alerte à la grippe cochonne ! Quels en sont les symptômes?

La liste est longue et ces symptômes peuvent varier d’une personne à une autre ( vraisemblablement lié au phénotype ) : sensation de chaleur, tempes qui gonflent, oreilles qui bourdonnent, contractions inconsidérées et aléatoires de la masse musculaire surtout pelvienne, bredouillements, bouche sèche, sudation, hyperhidriose, yeux qui se révulsent, tremblement des mains ou généralisé voire, dans les cas les plus graves, contorsions spasmodiques accompagnées de cris inarticulés et dénoués de sens. Quel en est l’agent pathogène ?

L’agent pathogène varie suivant le sexe. Chez la femme, la simple vision d’un torse masculin viril sculpté à la façon d’un dieu grec, d’un sourire en coin ou quelques commentaires élogieux suffiraient à contracter ce virus. Chez l’homme la vue d’une chute de rein parfaite, d’une partie de corps féminin dénudée, d’un déhanché « shakira-like », ou encore d’un regard sulfureux pourrait être à l’origine de l’infection primaire. Certains experts ont même noté des crises se déclenchant à la seule évocation du rouge à lèvres, d'une bretelle de soutien-gorge partiellement apparente ou d'une ficelle de string frémissant dans la brise du soir sous le soleil couchant...

ALERTE : Mutation de la grippe du cochon !

Dans de nombreux pays on note ces dernières semaines une mutation entre la grippe de COchon (H1N1) et celle du caNARD (H5N1) , aboutissant à la grippe du CONNARD. D’après les premières observations cette grippe serait hautement pathogène et la population susceptible de la contracter serait potentiellement élevée.

L e Ta t a m i f l u ( K i m o n o v i r ) e s t u n e n o u v e l l e s p é c i a l i t é a n t i v i r a l e c i b l a n t la gri ppe du j udok a Sawyer

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LE BANQUET 2009

Le banquet 2009 Le banquet 2009 Le banquet 2009

Le banquet compte parmi les évènements les plus attendus par les étudiants. Il a toujours lieu une fois par an (« malheureusement qu’une seule fois par an » diraient certains), à l’automne. Un peu d’histoireY

Cette année, le banquet pharma s’est tenu au palais U. Ce dernier a été construit entre 1879 et 1884 sous le nom de « Kaiser-Wilhelms-Universität Strassburg ». Le bâtiment dont les plans ont été fait par l’architecte Otto Warth, est inspiré de la Renaissance italienne. Il a été inauguré par l’empereur Guillaume Ier.

Le 21 mai 1990, le hall d’entrée, l’atrium, les escaliers principaux et les galeries de circulation, dont les décors sont d’origine, ont été classé monuments historiques.

Le palais est aujourd’hui dédié à l’enseignement d’histoire, d’histoire de l’art, d’arts-plastiques et de théologie.

Les participants

Le banquet permet de réunir près de 800 personnes : des enseignants, des pharmaciens et des étudiants de la deuxième à la sixième année. Les premières années ne peuvent y participer qu’à la condition d’être « bizuth serveurs ». De plus, une tenue correcte est exigée : costard-cravate pour messieurs et robes de soirées pour mesdames.

Comme tous les ans, le nombre de place étant restreint, la vente des billets a inévitablement laissé quelques frustrés : pour une promotion, sur environ 110 personnes seulement 85 places sont réservées !!

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LE BANQUET 2009 Qu’est ce que le banquet ? (mais est-il vraiment nécessaire de poser la question ?!?)

Le banquet est avant tout l’occasion de réunir beaucoup de monde pour faire la fête jusqu’au petit matin. Au programme : un repas alléchant, du vin à volonté, un spectacle réalisé entièrement par les étudiants et enfin un DJ pour enflammer la salle ! Cette année, le thème était le western. On a pu entendre la chanson « Les Dalton » de Joe Dassin ou encore « Country Roads » d’Hermès House Band : les paroles étant bien sûr revisitées pour l’occasion ! Les sujets d’actualité n’ont toutefois pas été en reste. Ainsi « Man, I feel like a woman » de Shania Twain fut rebaptisé H1N1`

Bref une soirée riche en émotion, dont les participants garderont un très bon souvenir`ou de très belles photos pour ceux qui ont des « souvenirs en pointillés ! » (Et oui l’alcool ne réussit pas à tout le monde !!) Professeurs, optionYchanteurs !

Parmi nos enseignants se cachent des talents cachés ! Messieurs KUBALLA et LESSINGER en sont l’exemple. Le premier est professeur de pharmacognosie tandis que le second enseigne la biochimie et s’occupe de la filière internat. Monsieur KUBALLA, par ailleurs ancien président de l’H2S, a été le premier à prendre la parole pour entonner une chanson dont les paroles étaient de sa propre composition. De même, monsieur LESSINGER n’a pas hésité, lui aussi, à pousser la chansonnette, haranguant 800 personnes à monter sur les chaises et à faire virevolter leurs serviettes. Aurélie

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440e édition Marché 440e édition dudu Marché dede Noël Strasbourg Noël dede Strasbourg

LE MARCHE DE NOEL

Le Marché de Noël de Strasbourg aura lieu cette année du 28 novembre au 31 décembre 2009.

Chaque année en décembre a lieu le célèbre Marché de Noël de Strasbourg. Dès le mois de novembre, les illuminations et le Grand Sapin de la place Kléber prennent place. Marchés de Noël traditionnels ou à thème, ils offrent le plein de surprises et de découvertes.

Au début du VIIIème siècle, on raconte que l’évangélisateur Saint Boniface chercha à convaincre les druides germains que le chêne n’était pas sacré. Pour prouver ses dires, il en fit abattre un qui dévasta tout dans sa chute, sauf un petit sapin. Saint Boniface fit de ce pur hasard un miracle et prêcha que cet arbre-là était « l’arbre de Parmi les plus connus : l’enfant Jésus ». Au XIème siècle, l’arbre de Noël était garni de pommes rouges et symbolisait le - Le Village Russe, place Gutenberg paradis. - Le Marché des Bredele et le Royaume des La décoration s’enrichit au fil du temps avec des Vignerons «La Couronne d’Or», place confiseries et des petits gâteaux, une tradition qui perdura jusqu’au XXème siècle dans les demeures d’Austerlitz paysannes. - Le Marché de Noël, Place de la Cathédrale et Le premier document relatant un marché de Place du Château Noël est daté de 1434 sous le règne de Frédéric - Le Christkindelsmärik, place Broglie II de Saxe, évoquant un « Striezelmarkt » qui eut L’histoire du sapin et du marché de noël : lieu à Dresde le lundi précédent Noël. Plus tard, la Le Marché de Noël tel que nous le connaissons Réforme a perpétué la tradition en le rebaptisant aujourd'hui n'a finalement pas grand-chose en « Christkindlmarkt » (Marché de l'enfant Christ) pour lutter contre le culte des saints. commun avec ses premières origines. Par la suite il fut nommé le Marché de la Saint Il y a 3000 ans, les Celtes célébraient le solstice Nicolas. d’hiver. Celui-ci avait lieu le 24 décembre d'après leur calendrier lunaire ils décoraient alors des épicéas avec des fruits, des fleurs et du blé. En 354 après JC, l'Église institua la fête de la naissance du Christ le 25 décembre, pour rivaliser avec cette célébration païenne.

C’est en effet en 1570, sous l’influence du protestantisme strasbourgeois luttant contre les "extravagantes" traditions catholiques qui s’attachaient au nom des saints, que le "Christkindelsmärik" remplaça le marché de la Saint Nicolas.

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LE MARCHE DE NOEL

Puis rapidement une multitude de marchés de Noël A Strasbourg : virent le jour un peu partout en Europe pendant les Cette année, "Le Village des enfants" et "Le festivités catholiques de l'Avent. Noël Russe" viendront s'ajouter aux animations traditionnelles qui font du Marché du Noël de Et aujourd’hui ? Strasbourg l'événement-phare de Noël en Europe. Durant un peu plus d’un mois, le centre-ville de La plupart de ces animations se déroule tout Strasbourg se transforme en un véritable lieu autour de notre belle cathédrale de Strasbourg. féerique où la magie de Noël opère. De nombreux Le soir venu, toute la ville s’illumine : sapins, commerçants s’installent dans des chalets en bois guirlandes lumineuses, calèches, chants de et exposent de nombreuses décorations et autres Noël`Tout y est pour émerveiller petits et grands souvenirs de Noël, ainsi que de nombreux produits et faire de cet endroit un lieu magique et féerique. régionaux et artisanaux. Strasbourg est avant tout, Le Marché de Noël de Strasbourg est l’occasion en ce mois de décembre, un immense Marché de pour beaucoup de faire le déplacement et de Noël, qui en sera cette année à sa 440ème déguster de nombreuses spécialités : vin chaud, édition ! C'est le plus ancien de France. pain d’épices, gâteaux, friandisesU Aujourd’hui, la ville est réputée à travers l’Europe pour ses traditions de Noël, ses festivités et ses Cette année, il sera ouvert jusqu’au 31 marchés. décembre, de 10h à 20h du lundi au jeudi et jusqu’à 21h du vendredi au dimanche. Strasbourg, capitale de l’Europe, est aussi la capitale de Noël.

Le sapin : l'un des plus grands du monde !

Symboliquement, l’épicéa était pour les Celtes la représentation de l’enfantement et en tant que tel, Les marchés de Noël durent du 25 novembre, de la renaissance de la nature avec la revanche du jour de la Sainte Catherine, au 6 janvier. L’Alsace jour sur la nuit. compte plus de trente cinq marchés de Noël. En Alsace :

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LE MARCHE DE NOEL Le 16ème grand sapin de Strasbourg est né et a grandi dans la forêt du Donon. Le roi des forêts est arrivé le lundi 09 novembre au matin, place Kléber. Haut de 28 mètres, vieux de 58 ans et pesant 5500 kg (voilà pour les mensurations selon l’ONF), il sera comme ses prédécesseurs l'une des attractions des festivités de Noël dans la capitale alsacienne. Il a été décoré par Antoinette Pflimlin, décoratrice depuis 1993. Cette année le thème du sapin est « ciel de Noël » et à cette occasion il sera recouvert de boules bleues en cristal.

C’est le plus grand sapin du monde mis à part celui du Rockefeller Center de New York !

Quelques chiffres :

Les illuminations de l’an dernier ont coûté 7000€, grâce à la réutilisation des guirlandes de l’année précédente. Cette année, l’investissement tourne autour de 520 000€ dont 252 000€ sont pris en charge par la ville et le reste par les commerçants. Le sapin quant à lui coûte 195 000€ à la ville. Le Marché de Noël attire chaque année près de 2 millions de visiteurs.

Si vous n’y êtes pas encore allés, qu’attendez-vous ?

Laurent

P etit mo t de fél ic itati on Toute l’équipe du Comprimé présente ses plus sincères félicitations pour les promotions de Damien HOEHR, nouveau pharmacien directeur d’Alliance-HEALTHCARE PARIS (ancien directeur d’ AllianceHEALTHCARE MULHOUSE et STRASBOURG), de Cédric PESENTI, nouveau pharmacien directeur d’Alliance-HEALTHCARE STRASBOURG et de Aurélien ENGERER, le nouveau pharmacien directeur d’AllianceHEALTHCARE MULHOUSE.

Anciens étudiants de la faculté de pharmacie de Strasbourg et fidèles lecteurs du Comprimé, nous tenions à les remercier pour leur soutien et leur souhaiter bonne chance pour la suite de leur carrière professionnelle !

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JEUX

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Votre journal favori Nom d’un de nos amphis Coiffe traditionnelle estudiantine Meilleur bar/boite de tout Strasbourg 5. Ils arrivent 6. Auteurs de la musique du Lipdub 7. Combien ? 8. Sédatif 9. Plus grand évenement pharma 10. Clip recemment tourné à la fac 11. Gros dossier de ce numéro 12. Produits dopants 13. Medecin 14. Thème du banquet 15. Doublant , puissance 2

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Que fait un geek juste après avoir fait l'amour ? Il ferme le navigateur. Saoul

Comment se saouler sans boire une goutte d'alcool ? Parler à une fille pendant 5 minutes, ça vous saoule. Gay C'est 2 gays qui se rencontrent: -Alors qu'est-ce que tu racontes? -Moi ben j'ai baisé une femme. -Comment t'as fais? -Bah je lui ai filé un rencard et je n’y suis pas allé !

Un liv re ur d’obu s c hin ois

Blonde Pourquoi les blondes ont elles souvent du chewing-gum dans les cheveux? Parce que leurs patrons collent leurs chewing-gum sous le bureau! Conseil contraceptif...

Même les grille pains américains ont voté pour Obama

Pour éviter d'avoir des fils ou des filles, faites l'amour avec votre belle-soeur, vous n'aurez que des neveux.

Quelques phrases à méditer...

Tous les champignons sont comestibles, certains une fois seulement.

Certains hommes aiment tellement leur femme que, pour ne pas l'user, ils se servent de celle des autres. L'Amour, c'est comme la grippe, on l'attrape dans la rue, on la résout au lit. La hiérarchie c'est comme une étagère, plus c'est haut, plus c'est inutile.

...

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Poignée ou poignet de porte?


Un petit souvenir du banquet ...

(avec nos plus plates excuses aux membres de l’Êquipe absents lors du banquet ou lors de la prise photo : Gus-Gus, Ben, Fretzi et Franky).

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2010 Photo :Pinaud Eric

2009

Toute l’équipe du Comprimé vous souhaite de belles fêtes de fin d’année...

Dessin : Haas Laura

Nous remercions nos partenaires répartiteurs qui nous aident à distribuer Le Comprimé dans toutes les officines d’Alsace

Directeur de Publication : Vincent ROMEO Mise en Page : Ludovic GLADY Trésorier : Joan STUCK Secrétaire : Aurélie STARCK Vice-trésorier : Fréderic REMY Responsable communication : Benjamin PALAS Responsables interviews : Laurent GARNIER, Charles HENG Webmaster : Thierry KLEIN Responsable relecture : Francis MAN Responsable ventes : Marie HEMERY Reproduction : Réseauprint à STRASBOURG (67) Date de publication : semaine du 7 DECEMBRE 2009 Numéro d’ISSN : 1633-6178 Numéro édité à 800 exemplaires


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