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n° 147

12 septembre au 30 octobre 2008 · www.clap.ca

un film de PHILIPPE FALARDEAU

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s re ai l p em x e

18 nouveautés à l’affiche dont :

Paris · Sagan · Les Citronniers Festival international du film haïtien de Québec · 24 au 28 septembre (page 40) Les films belges francophones au Clap · 26 septembre au 2 octobre (page 36)


LE MOT DE LA RÉDACTION UNE BELLE RÉCOLTE AUTOMNALE! Avec les célébrations du 400e de Québec, bellement organisées et qui ont donné lieu à des festivités sans précédent, vous êtes tout excusés d’avoir délaissé quelque peu les salles de cinéma : nous étions dans la foule nous aussi. Mais cette belle habitude de quitter votre douillet foyer reviendra sûrement cet automne avec une récolte cinématographique d’une abondance rare. D’abord, Philippe Falardeau nous offre avec C’EST PAS MOI, JE LE JURE! une jouissive et touchante chronique où les frasques d’un jeune garçon sèment l’émoi dans une banlieue des années 60. Un roman génial de Bruno Hébert mis en images par André Turpin. Le très beau film de Philippe Claudel, IL Y A LONGTEMPS QUE JE T’AIME, nous permet d’apprécier la plus brillante performance de Kristin Scott Thomas à ce jour. Puis LES CITRONNIERS présente l’absurde réalité du conflit israélopalestinien avec l’histoire de Salma. Le combat de cette Palestinienne pour sauver sa plantation saura éveiller une solidarité féminine étonnante, celle d’une Israélienne, épouse d’un puissant ministre.

Le grand retour de Woody Allen! Vous avez été privés de son avant-dernière réalisation, Le Rêve de Cassandre, dont la sortie en salle a écopé des déboires financiers de son distributeur… Alors nous savons que vous attendez avec impatience la sortie de VICKY CRISTINA BARCELONA, une œuvre majeure dans la filmographie de ce réalisateur fétiche. Voir Scarlett Johansson, Penélope Cruz et Javier Bardem dans cette comédie érotique espagnole est un pur ravissement. Cédric Klapisch nous présente le PARIS des Parisiens, loin des cartes postales habituelles. Une impressionnante équipe de comédiens donne lieu à des prestations remarquables : Juliette Binoche, Romain Duris, Fabrice Luchini, Albert Dupontel, Karin Viard, François Cluzet. Diane Kurys, pour sa part, ne laissera personne indifférent avec son portrait de SAGAN où la lumineuse Sylvie Testud incarne avec sensibilité la force et la fragilité de cette écrivaine de la Nouvelle Vague.

IL Y A LONGTEMPS QUE JE T’AIME

Le documentaire C’EST DUR D’ÊTRE AIMÉ PAR DES CONS pose la question : peut-on être un fervent pratiquant et apprécier l’autodérision? Triplement récompensé au FFM, nous prolongeons la présentation du film de Benoît Pilon CE QU’IL FAUT POUR VIVRE où l’interprétation magistrale de Natar Ungalaaq a été unanimement applaudie. Les frères Ethan et Joel Coen sont de retour avec LIRE ET DÉTRUIRE, mettant en vedette George Clooney, Brad Pitt et John Malkovich, une comédie hilarante où la découverte de documents classés secrets met dans l’embarras un haut fonctionnaire. Toute ressemblance avec des faits réels est le fruit du hasard.

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SAGAN

Le Festival de Namur, en Belgique, tenait à souligner à sa façon le 400e anniversaire de Québec en proposant, du 28 septembre au 2 octobre, cinq longs métrages et trois programmes de courts métrages aux cinéphiles de Québec. Et le premier Festival international du cinéma haïtien se tiendra, quant à lui, du 24 au 28 septembre. Bon cinéma!

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nº 147

SOMMAIRE

Du 12 septembre au 30 octobre 2008

ÉTÉ 2008

La valeur sûre

PAR PIERRE GAGNON

Début juin, je me disais : « Cet été, j’opte pour des vacances ÉCONOMIQUES, le cinéma les jours de pluie, rien d’autre. »

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IL Y A LONGTEMPS QUE JE T’AIME La rencontre entre le cinéma et Philippe Claudel était somme toute incontournable. « Ce qui m’intéresse, au fond, avoue-t-il, c’est de faire naître des images, que ce soit avec les mots, la peinture, le cinéma ou la photo ». IL Y A LONGTEMPS QUE JE T’AIME est un film impressionniste sur la vie quotidienne de Juliette et sa réinsertion sociale autant que familiale.

À LIRE Cinéma vu par Deni Yvan Béchardpar

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Fin juillet, j’étais ruiné.

Entrevue avec Philippe Falardeau

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Serge Pallascio par Pallascio Deni Yvan Béchard est entré dans le En 1997, Philippe Falardeau fait la monde littéraire par la grande porte. découverte du roman de Bruno Hébert, Son premier roman, Vandal Love, lui C’est pas moi, je le jure! C’est le coup de a valu le prestigieux Commonwealth foudre. Ce roman sera son premier Writers’ Prize en 2007. On a écrit long métrage. Malheureusement, une qu’il était l’héritier spirituel des autre maison de production a acquis les William Faulkner, John Steinbeck, droits d’adaptation cinématographique. Gabriel García Márquez, voire de Salman Rushdie. Automne 2003. Les droits d’adaptation du roman de On lit Vandal Love comme si on regardait un film. Bruno Hébert sont à nouveau disponibles. On ne rate Conversation avec un écrivain d’exception. pas le même rendez-vous deux fois. Conversation avec un cinéaste heureux.

CHRONIQUES

PROGRAMMATION

12 Bandes sonores par Pierre Blais 14 Arts de la scène par David Cantin 16 Le cinéma vu par Deni Yvan Béchard 18 30 32 34 38

par Serge Pallascio Vins par Philippe Lapeyrie Ciné-psy par Marcel Gaumond Arts visuels par David Cantin Livres par Paul Jacques Clap sur le monde par Pierre Blais

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Nos films Les films belges francophones au Clap Festival international du film haïtien Calendrier Index

SERVICES ET PRIVILÈGES DU CLAP

24 Info-ciné 42 Privilèges de l’Abonne-Clap

UNE PUBLICATION DES ÉDITIONS LE CLAP

Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec, 3e trimestre 1987 ISSN : 1209-7012 Le Magazine Le Clap est publié 7 fois par année par les Éditions Le Clap.

Distribution Affiche tout Contrôle de la distribution Marie Dubé

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Éditeurs Directeur général Directeur de production Adjoint à la production Infographiste Programmation Supervision artistique Réviseure Chroniqueurs

Michel Aubé, Michelle Dubé Michel Aubé Robin Plamondon Simon Leclerc Martine Côté Michel Aubé Michelle Dubé Marie Chabot Pierre Blais, Stéphanie Bois-Houde, David Cantin, Martine Côté, Pierre Gagnon, Marcel Gaumond, Philippe Lapeyrie, Paul Jacques, Serge Pallascio

Pour nous joindre Téléphone Courriel Site Internet

418 653-2470 leclap@clap.ca www.clap.ca

PUBLICITÉ - 418 653-2470 ou 1 800 361-2470 Marie Dubé, poste 210 • Cellulaire: 418 956-3729 courriel : marie.dube@clap.ca Tirage 100 000 exemplaires 500 points de distribution

LE CINÉMA LE CLAP • 2360, chemin Sainte-Foy, bureau 370, Québec (Québec) G1V 4H2 (la pyramide) en face de l’Université Laval

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Un film de Philippe Falardeau · Du même réalisateur : Congorama

C’EST PAS MOI, JE LE JURE !

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W W W. C L A P. C A

Québec Générique : Québec. 2008. 115 min (V.O.F.). Comédie dramatique scé-

narisée et réalisée par Philippe Falardeau. D’après les romans C’est pas moi, je le jure! et Alice court avec René de Bruno Hébert. Directeur de la photographie : André Turpin. Mus. orig. : Patrick Watson. Int. : Antoine L’Écuyer, Catherine Faucher, Gabriel Maillé, Suzanne Clément, Daniel Brière.

Synopsis : Été 1968. Léon a dix ans. Jérôme, son frère aîné, et lui vivent

avec inquiétude l’imminence de la séparation de leurs parents. Un père, avocat et trop absent. Une mère confinée à la maison et qui rêve de vivre en Grèce. Mais, avant de quitter sa famille, Madeleine apprend à son fils que « s’il est mal de mentir, il est encore pire de mal mentir ». Léon va donc cultiver cet « art » pour couvrir ses délits jusqu’à ce que Léa, elle-même abandonnée par son père, réussisse à s’immiscer dans sa vie et lui fasse part d’une deuxième vérité : « qui n’a rien doit tout risquer. » À partir de ce moment, plus rien n’arrête Léon dans sa « chevauchée fantastique », dût-elle devenir un cauchemar.

Notes : Philippe Falardeau n’aura pas attendu longtemps. Moins de deux ans séparent C’EST PAS MOI, JE LE JURE! de Congorama, le film aux cinq Jutra en 2007. Le « Falardeau nouveau » partage avec Congorama une WWW.CLAP.CA

réflexion sur l’importance des liens qui nous unissent, quel que soit notre âge, à nos parents. Léon attend désespérément le retour de sa mère qui l’a « laissé pour de la poussière » dit-il, de la même manière que Michel dans Congorama quittait sa Belgique, animé du fol espoir d’élucider le mystère de sa naissance dans une grange du Québec. Il y a là une réflexion sur la quête identitaire qui traverse d’ailleurs toute l’œuvre du cinéaste. Mais C’EST PAS MOI, JE LE JURE! propose également un renouvellement de l’univers « falardesque ». Pour la première fois de sa carrière, le cinéaste fait siens le regard et la parole de l’enfance. Léon (merveilleux et troublant Antoine L’Écuyer!) est le frère de sang de Léolo, du film éponyme de JeanClaude Lauzon, et le cousin de Bérénice, la narratrice de L’Avalée des avalés de Réjean Ducharme. Enfants-adultes, ils n’attendent plus rien du monde dans lequel ils ont atterri et rêvent d’un autre monde qui serait dans celuilà pour reprendre la belle expression de Paul Éluard. C’EST PAS MOI, JE LE JURE! confirme la redoutable efficacité du tandem composé de Philippe Falardeau à la réalisation et d’André Turpin à la direction de la photographie. Un tandem qui pourrait devenir un trio avec l’arrivée bien sentie du musicien Patrick Watson. C’est notre souhait! Un film décapant qui nous laisse entre le rire et les larmes! (S.P.)

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Par Serge Pallascio

ENTREVUE « TOUT EST UNE QUESTION DE REGARD. » Philippe Falardeau · Réalisateur du film C’EST PAS MOI, JE LE JURE! En 1997, Philippe Falardeau fait la découverte du roman de Bruno Hébert, C’est pas moi, je le jure! C’est le coup de foudre. Ce roman sera son premier long métrage. Malheureusement, une autre maison de production a acquis les droits d’adaptation cinématographique. Philippe Falardeau bifurque donc vers le projet de La Moitié gauche du frigo avec le succès qu’on lui connaît. Automne 2003. Les droits d’adaptation du roman de Bruno Hébert sont à nouveau disponibles. On ne rate pas le même rendez-vous deux fois. Conversation avec un cinéaste heureux. Le Clap : Qu’est-ce qui vous a attiré dans le roman de Bruno Hébert? Philippe Falardeau : C’est un enfant qui raconte quelque chose avec toute la candeur d’un enfant, mais avec les références historiques et linguistiques d’un adulte. On a tendance à penser que les enfants de cet âge sont incapables d’avoir des questionnements presque métaphysiques ou philosophiques. Cela créait un humour assez tordant. D’autre part, je trouvais certaines situations très cinématographiques. Lorsque l’enfant va saccager la maison du voisin, par exemple, on est dans du pur cinéma. Il n’y a pas de dialogues. Je n’ai pas d’enfant, mais je sais ce que c’est que d’être un garçon de Philippe Falardeau dix ans. La destruction fait parfois partie de nous. Il faut savoir la canaliser. Mais, par-dessus tout, il y avait cette charge existentielle que portait cet enfant de dix ans et cela me touchait.

Philippe Falardeau : À cause de sa dégaine et de sa capacité de laisser tomber des phrases assassines. À cause de son regard ténébreux mais couplé à une énergie physique phénoménale. C’est un vrai rôle de composition pour lui parce que, dans la vie, Antoine n’est pas ténébreux du tout. Il a fait un vrai travail d’acteur. Le Clap : Pour quelles raisons avez-vous choisi Catherine Faucher? Philippe Falardeau : Parce qu’il était crédible qu’elle puisse ensorceler Léon et le mener où elle le voulait bien. Elle connaît Léon. Elle peut l’embrasser et, tout de suite après, l’ignorer dans la cour d’école. Il y a quelque chose de dur en elle que je trouvais intéressant pour le personnage. Le Clap : Les cinéphiles seront tentés de faire un rapprochement avec le dernier film de Léa Pool, Maman est chez le coiffeur. Qu’avez-vous à dire là-dessus? Philippe Falardeau : Léa aborde le même sujet avec un autre ton et un autre point de vue. Or, en art ou en littérature, tout est une question de regard. Donnons le même sujet à dix cinéastes et il y aura dix films différents. Tant et aussi longtemps qu’on demeure dans le cinéma d’auteur, on est dans le domaine du point de vue et du regard. Et là on touche différemment le spectateur. Je ne suis pas inquiet.

Le Clap : En quoi C’EST PAS MOI, JE LE JURE! est-il en cohérence avec vos deux précédents longs métrages? Philippe Falardeau : Les spectateurs vont reconnaître le ton. J’essaie d’aller dans un humour qui ne soit pas fait uniquement de gags même s’il y en a dans mon film. On devrait également reconnaître le souci que je porte au verbe, aux dialogues. Quand Léon s’oppose aux adultes, il a toujours le dessus. Il a de la répartie. Pour le reste, je trouve que c’est un film qui est beaucoup moins cérébral que les deux autres. Le Clap : L’importance que vous accordez à la relation parents-enfants dans C’EST PAS MOI, JE LE JURE! n’est pas sans rappeler votre film précédent, Congorama. Philippe Falardeau : Oui. Congorama abordait le rapport au père et C’EST PAS MOI, JE LE JURE! traite du rapport à la mère. Je m’en suis aperçu pendant le tournage. Visiblement, il y a chez moi un questionnement permanent qui pourrait être résumé par la question suivante : « Peut-on échapper à son conditionnement génétique? ». Ma réponse est non et ce n’est pas grave. Il faut juste l’assumer. Dans le cas de Léon, je tenais à unifier l’histoire sur le plan de la relation avec la mère et son départ, ce qui est beaucoup moins présent dans le livre. Un jour, j’ai fait voir une première version du montage à des amis. Il y a eu un gros débat autour de cette scène où on entend Léon dire à sa mère : « Je t’aime ». Curieusement les filles étaient plutôt ambivalentes tandis que les gars me disaient systématiquement : « Enlève pas ça ». Je me suis rendu compte alors à quel point ce film concerne la problématique du rapport du garçon à sa mère. Le Clap : Pour quelles raisons avez-vous choisi Antoine L’Écuyer? C’EST PAS MOI, JE LE JURE! 6

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Congorama

La Moitié gauche du frigo

Le Clap : À quel cinéaste avez-vous particulièrement songé pendant le tournage de votre film? Philippe Falardeau : J’ai pensé à Lasse Hallström qui a fait My Life as a Dog. Sinon quand je tourne, je pense beaucoup à François Truffaut. Je n’essaie pas de l’imiter, mais je pense à lui souvent parce que c’était le cinéaste qui communiquait le mieux son enthousiasme pour l’acte de création. D’ailleurs, je regarde toujours La Nuit américaine avant le tournage d’un film.

Moi

En attendant la sortie de C’EST PAS MOI, JE LE JURE!, Falardeau planche déjà sur son prochain film dans lequel il renouera avec ses racines de cinéaste engagé dans une réflexion politique. Latino del Norte sera un film inspiré de la vie de l’ex-felquiste Jacques CossetteTrudel qui vécut 22 ans en exil à Cuba. François Truffaut était lui aussi incapable de terminer un film sans immédiatement songer à un autre projet. Il y a en Philippe Falardeau plus de Truffaut qu’il ne le croit lui-même. n

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Un film de Henry Bernadet et Myriam Verreault

À L’OUEST DE PLUTON différence, mais souhaitent en même temps se fondre dans la masse, sur leur planète bien à eux. Pour preuve, il y a Jérôme, amoureux d’une fille qui ne le voit même pas, Steve et Nicolas, qui rêvent d’être des vedettes de rock, Benoît et sa mère, qui ont une énième engueulade, Émilie, qui perd le contrôle d’une fête et voit la maison parentale virée sens dessus dessous… Un chassécroisé à travers le quotidien d’une poignée d’adultes en devenir.

Québec Générique : Québec. 2008. 90 min (V.O.F.). Drame écrit et réalisé par Henry Bernadet et Myriam Verreault. Int. : David Bouchard, Lise Castonguay, Alexis Drolet, Sandra Jacques, Thomas Gionet-Lavigne, Yoann Linteau, Denis Marchand, Anne-Sophie Tremblay-Lamontagne.

Synopsis : Pluton a perdu son statut de planète en 2006. Elle n’est plus

la neuvième et dernière planète du système solaire, mais maintenant un simple numéro, 134340, précisément. Pluton, c’est aussi le nom d’une rue de banlieue, le décor d’une journée bien particulière pour une dizaine d’adolescents, dont on suit les péripéties. Qui sont les ados d’aujourd’hui? Comme depuis le début des temps, des êtres uniques, qui réclament leur

NICOLE GAGNON

Notes : La réalité adolescente a toujours intéressé les cinéastes, mais interpelle de façon particulièrement notable plusieurs réalisateurs de la nouvelle génération. Leurs souvenirs de cette période de vie, encore chauds, en font des portraitistes sensibles. Avec À L’OUEST DE PLUTON, on côtoie une bande de jeunes, fictifs mais saisissants de réalisme, qui discutent de leurs amours, de l’effet d’une nouvelle drogue ou de grandes questions telles l’option souverainiste ou l’inégalité des richesses. Le style semble quelquefois flirter avec le documentaire tellement la caméra s’insère partout, capte des conversations qu’on dirait prises sur le vif. Joué par de réels ados, ne pouvant aucunement être accusé de caricaturer, le film prend le parti du « une journée dans la vie de… ». Le portrait n’est ni sombre ni encourageant, il est portrait, simplement, sans jugement. On reconnaît là la démarche de deux réalisateurs issus des écoles de terrain que sont Vidéaste recherché·e et Kino. (M.C.)

INSTANT ZÉRO présente en codiffusion avec le Théâtre Périscope

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Adaptation libre de l’œuvre de Daniele del Giudice Dans une mise en scène de Marie Dumais Du 21 octobre au 8 novembre 2008 à 20 h Représentation du dimanche 2 novembre à 15 h Avec Sylvain Perron, Véronique Côté, Simon-Pierre Gariépy, Joanie Lehoux, Ghyslaine Vincent et Lydia Wagerer.

Photo : David Cannon

2130, parc Gomin, Sillery

« Un voyage à perte de vue dans le Musée de Reims »

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Un film de Oliver Stone · Du même réalisateur : World Trade Center

W. et sa décision d’envahir l’Irak, W. se déploie comme une mosaïque de morceaux de vie du président sortant.

États-Unis Générique : États-Unis. 2008. 190 min (V.F.). Drame biographique réalisé par Oliver Stone. Scén. : Stanley Weiser. Int. : Josh Brolin, Elizabeth Banks, Ellen Burstyn, James Cromwell, Richard Dreyfuss, Thandie Newton.

Synopsis : George W. Bush, élu 43e président des États-Unis en 2000, dans une élection digne d’une saga judiciaire. C’est le début d’une série de controverses qui teinteront ses huit ans de mandat. De ses années de jeunesse dissipées à sa rencontre avec celle qui deviendra Laura Bush, en passant par sa conversion au catholicisme, ses relations tendues avec son père

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Notes : JFK, Nixon, et maintenant Bush, fils. Oliver Stone affectionne depuis longtemps les biographies politiques non conventionnelles, où le ton emprunte par petites touches à la comédie noire. Stone aborde ses sujets, politicien ou vedette de rock, avec un réel souci d’authenticité, qui n’empêche en rien la critique. Un peu plus consensuel dans ses dernières œuvres (World Trade Center, Alexandre), le cinéaste semble avoir repris goût à la provocation. Le titre porte en lui la prémisse de base d’Oliver Stone, qui se demande ce qui a conduit l’étudiant fêtard qu’était George W. Bush à devenir la tête de la Maison-Blanche pendant huit années. Pour Oliver Stone : « Il est arrivé au pouvoir d’une façon presque illogique pour avoir une immense influence sur le monde, et nous savons fort peu de chose sur lui qui contrôle toutes les images diffusées à la télévision », déclarait-il au lancement du projet. Pour incarner les Condoleezza Rice, Dick Cheney et autres, le réalisateur a commandé des transformations rigoureuses aux diverses équipes artistiques. À l’avant-plan, Josh Brolin, récemment dirigé par les frères Coen (Non, ce pays n’est pas pour le vieil homme) et Ridley Scott (American Gangster) qui a hésité avant de plonger dans cette aventure, soulignant la pression entourant l’interprétation d’un tel personnage. La perspective d’une nomination aux Oscars, souvent accolée à ce genre de rôle a peut-être facilité la décision… Portrait des coulisses du pouvoir, lancé à l’aube des élections présidentielles américaines, le film d’Oliver Stone promet de soulever bien des questions sur l’histoire américaine encore toute brûlante d’actualité. (M.C.) « Stone aborde ses sujets, politicien ou vedette de rock, avec un réel souci d’authenticité, qui n’empêche en rien la critique. » (Le Clap)

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V.O.A. BOTTLE SHOCK

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Un film de Randall Miller

« […] une distribution solide de laquelle se démarque Alan Rickman, truculent en œnologue ébranlé dans ses convictions. » (F. Lévesque, Le Devoir)

États-Unis Générique : États-Unis. 2008. 108 min (V.O.A.). Comédie dramatique réalisée par Randall Miller. Avec Bill Pullman, Chris Pine, Alan Rickman.

Synopsis : 1976, l’année où le monde découvre les vins californiens. Jusque-là, les viticulteurs américains souffrent d’un complexe d’infériorité qu’entretiennent les producteurs de vins français. Mais une dégustation à l’aveugle va tout changer : cette année-là, la crème des critiques de vins attribue les meilleures notes à deux vins californiens aux dépens des crus français. C’est le début d’une belle aventure, pour un propriétaire de domaine qui tente de fabriquer le chardonnay parfait. Notes : Le vin, filmé ici sous tous ses angles, fait de BOTTLE SHOCK un appel à la dégustation, un peu comme Sideways. Inspiré d’un fait véridique, un concours appelé par la suite Le Jugement de Paris, le film propose au final une histoire de famille et de réussite, forgée à coup de patience et d’amour pour le vin, plantée dans le décor de la vallée de Napa. (M.C.)

BRIDESHEAD REVISITED

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Un film de Julian Jarrold · Du même réalisateur : Becoming Jane

« Dominant le jeu avec panache et assurance, Emma Thompson compose une lady Marchmain impérieuse et glaciale […] Gageons qu’il y aura prix d’interprétation à la clé. » (F. Lévesque, Le Devoir)

Grande-Bretagne Générique : Grande-Bretagne. 2007. 135 min (V.O.A.). Drame d’époque réalisé par Julian Jarrold. D’après le roman d’Evelyn Waugh. Avec Hayley Atwell, Matthew Goode, Emma Thompson.

Synopsis : Oxford, 1925. Charles est un jeune étudiant, athée et sans le sou, lorsqu’il rencontre Sebastian, excentrique insouciant très bien né, avec qui il se lie d’amitié. Leur différence de classe sociale n’empêche pas Sebastian d’inviter son nouvel ami à sa résidence familiale huppée, Brideshead. Mais voilà que l’amour se pointe : Sebastian a une sœur, dont Charles tombe fou d’amour, sous le regard réprobateur de la mère, une bigote acariâtre. Notes : Célèbre roman devenu série télévisée couronnée de succès, notamment pour Jeremy Irons, en 1981, BRIDESHEAD REVISITED s’offre en matériau tout naturel pour une adaptation au grand écran. Pour incarner le duo d’amis, le réalisateur a recruté deux nouveaux talents, Matthew Goode (Balle de match) et Hayley Atwell (Le Rêve de Cassandre), d’abord découverts par Woody Allen. (M.C.)

MONGOL

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Un film de Sergei Bodrov · Du même réalisateur : Les Nomades

[…] voici la superproduction la plus atypique de ce début d’année. (A. Gombeaud, Positif) « […] rythme impeccable, sur fond de paysages et de costumes somptueux, […] à ne pas bouder. » (B. Toulon, Studio)

Allemagne · Kazakhstan · Russie Générique : Allemagne · Kazakhstan · Russie. 2007. 110 min (V.O.A.). Drame historique réalisé par Sergei Bodrov. Avec Tadanobu Asano, Honglei Sun, Khulan Chuluun.

Synopsis : Les jeunes années de Gengis Khan, chef mongol qui, à la fin du XIIe siècle, bâtit un empire souvent comparé à celui d’Alexandre le Grand. Dès l’âge de neuf ans, Gengis Khan apprivoise la violence de son monde, où l’honneur justifie toutes les batailles. Sa vie balance entre les captures et les évasions : chaque fois, il résiste aux assauts, survit aux trahisons grâce à sa force d’esprit et à son amour inconditionnel pour son épouse.

Notes : Superproduction avec plus de 1 000 figurants, tournée notamment dans les steppes du désert de Gobi, MONGOL s’est faufilé parmi les cinq candidats à l’Oscar du meilleur film étranger en 2008. La facture visuelle a sûrement compté pour beaucoup : les combats au corps à corps du héros rappellent à la fois l’esthétisme de Tarantino et de Zhang Yimou. En orientant le scénario sur la jeunesse de son personnage, le réalisateur lève le voile sur ce qui a transformé un petit garçon en un conquérant à part. (M.C.) 10

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Un film de Eran Riklis · Du même réalisateur : La Fiancée syrienne

LES CITRONNIERS menace pour la sécurité nationale. Véritable Mère Courage, Salma mènera son combat jusqu’au bout.

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FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM DE BERLIN 2008 – PRIX DU PUBLIC DU MEILLEUR FILM

Israël · France Générique : Israël · France. 2008. 106 min (V.O. arabe et hébreu avec

s.-t. français de Etz Limon). Comédie dramatique réalisée par Eran Riklis. Scén. : Eran Riklis. Suha Arraf. Int. : Hiam Abbass, Ali Suliman, Rona Lipaz Michael, Doron Tavory.

Synopsis : Salma est une veuve palestinienne dont la vie trouve tout son

sens dans l’entretien de sa plantation de citronniers. Son existence est bouleversée et son patrimoine menacé le jour où le ministre israélien de la Défense devient son nouveau voisin. Caméras de surveillance, barbelés et mirador sont la nouvelle réalité de Salma. L’armée va même jusqu’à exiger la destruction des citronniers, faisant valoir que ceux-ci constituent une

Notes : LES CITRONNIERS est le sixième long métrage d’Eran Riklis qui, avec Amos Gitaï (Free Zone, Désengagement), est l’une des valeurs sûres du nouveau cinéma israélien. Un cinéma qui porte un regard personnel et hors du discours politique officiel sur une situation complexe qu’aucun projet de paix ne semble capable de résoudre. LES CITRONNIERS est un film sur la bêtise des hommes qui ont le pouvoir et sur la solitude des femmes qui le subissent. Bêtise des hommes israéliens qui s’imposent par le fusil et les décrets militaires. Bêtise des hommes palestiniens qui subliment leur humiliation de vaincus en s’interposant dans la vie privée de Salma. Solitude des femmes, qu’elles soient veuve palestinienne ou épouse de ministre israélien, car elles sont condamnées au silence et à la vie dans un espace clos, incapables de se rejoindre dans leur solidarité. LES CITRONNIERS réussit à nous émouvoir par l’humanisme de son propos et la sobriété de sa mise en scène mais, au-delà de toutes ses qualités, il faut surtout souligner l’interprétation remarquable de Hiam Abbass dans le rôle de Salma. La comédienne porte le film vers des sommets. L’intensité de son regard et sa sensualité retenue nous troublent et nous emportent. On comprend sans peine Eran Riklis lorsqu’il déclare que, depuis sa collaboration avec la comédienne lors du film La Fiancée syrienne (2005), celle-ci soit devenue « une part de luimême ». LES CITRONNIERS est enfin une fable sur l’avenir de l’humanité dont le sens est exprimé par Abu, le vieil employé de Salma : « Les arbres ont une âme et des émotions. Ils ont besoin qu’on leur parle, qu’on les entoure de tendres soins ». Ainsi en est-il de l’être humain. Un film essentiel pour la suite du monde! (S.P.) « Une fable au goût acide comme les citrons et suave comme la boisson qu’on en tire. » (C. Ayad, Libération)

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Par Pierre Blais

BANDES SONORES SEX AND THE CINEMA Désolé, malgré le titre accrocheur, il s’agit bien d’un CD : donc pas d’images, seulement l’évocation en musique de scènes sensuelles marquantes pour le 7e art ces dernières années. La compilation va et vient à travers seize thèmes dont ceux de La Leçon de piano, Emmanuelle, 37o2 le matin, Le Dernier Tango à Paris et Bilitis. Les compositeurs de renom ne manquent pas, mais quelques choix peuvent paraître un peu douteux, d’autant plus que certains airs sont loin d’être immortels, comme Proposition indécente ou Basic Instinct. Oublions le titre racoleur de cette compilation pour avouer que l’ensemble s’enchaîne fort bien et que les réinterprétations par l’Orchestre philarmonique de Prague sont appréciables. Mais pour s’émoustiller, vaut mieux se lancer dans l’écoute des trames allemandes et italiennes de films érotiques des années 70 ou se farcir un bon vieux Gainsbourg!

SEX AND THE CINEMA, artistes divers, Silver Screen Records, 2008.

GLOBAL METAL Encore plus étonnante que la bande sonore du premier documentaire du tandem Dunn-McFadyen consacré au heavy metal, Global Metal introduit la mondialisation de cette musique et suinte le trash metal à plein nez. De Melechesh (band regroupant Arménien, Palestinien et Ukrainien) à X-Japan (40 millions d’albums vendus au Japon), la double trame fait le tour du monde et dévoile les groupes « métalleux » issus d’Israël, d’Iran, d’Indonésie, et de Chine. Dans le livret, une carte retraçant les différents courants et cultures metal à l’échelle internationale permet de s’instruire pendant que nos tympans demeurent sous haute tension. Bref, une bande sonore éducative concoctée par des passionnés pour des fans qui étaient, hélas, fort peu nombreux lors de la première du film à Québec le printemps dernier. Québec capitale du métal, non môssieu; il faudra maintenant regarder du côté de Téhéran pour retrouver des headbangers dignes de ce nom!

GLOBAL METAL, artistes divers, Universal Music, 2008.

ANYWHERE I LAY MY HEAD Oui, elle a fait beaucoup parler d’elle, la Scarlett, avec la sortie de ce premier album comme chanteuse. Consacré à l’œuvre de Tom Waits, son disque est réussi pour plusieurs raisons : elle ne se prend pas pour une chanteuse à voix, elle s’est bien entourée côté musiciens et producteurs, elle signe un album où les ambiances sont aussi importantes que les chansons. Ces additions font que la somme est surprenante, et artistiquement

irréprochable. On pourra faire un parallèle entre ces sonorités glam et baroques très seventies et cette voix, pendant hermaphrodite du Brian Eno première période. Et puis, une écoute nocturne se veut propice et permet de fantasmer ladite scène entre Scarlett et Penélope dans le nouveau Woody Allen. De quoi faire rougir Tom Waits, il va sans dire!

ANYWHERE I LAY MY HEAD, Scarlett Johansson, Rhino Entertainment, 2008.

SAGAN Ce film réalisé par Diane Kurys retrace la vie de l’auteure française Françoise Sagan, et devrait sortir en salle cet automne avec Sylvie Testud dans la peau de l’écrivaine. La musique, elle, a été élaborée par Armand Amar, Parisien d’adoption, Israélien d’origine et d’éducation marocaine, d’où les influences multiples qui caractérisent son œuvre, entendue notamment dans Le Couperet, Amen, et Indigènes. Dans Sagan, les airs sont mélancoliques et portés par un quatuor à cordes, auquel s’ajoutent piano et clarinette, le tout entrecoupé de quelques pièces populaires de ragtime et de doo-wop. Le résultat nous berce; à l’image de l’affiche du film, on croirait entendre le bord de mer, un peu comme Yann Tiersen qui peut, en musique, nous faire sentir la Bretagne. Notons la présence de la belle et amusante Sag Warum de Phil Spector, ballade de 1959 interprétée en allemand par Camillo Felgen, chanteur et comédien luxembourgeois de l’époque.

SAGAN, Armand Amar, Naïve, 2008.

TWO FOR THE ROAD Voici le plus récent projet émanant d’un des membres prolifiques du duo français Nouvelle Vague. Le titre, Two for the Road, fait référence au film de Stanley Donen sorti en 1967 (Voyage à deux en V.F.) et mettant en vedette Audrey Hepburn et Albert Finney en un couple blasé voyageant dans le midi de la France. Ici, les voix des interprètes Katrine Ottosen et Valente s’unissent, se relançant en chansons sur la vie à deux au fil d’un voyage aussi bien narré que chanté. L’ensemble prend la forme d’une sorte de road music teintée de nostalgie, le tout écrit, produit, arrangé et composé par Marc Collin. On ne peut qu’être charmé par ses ballades méditerranéennes douces et amères à saveur des années 60. Interprétées à deux ou à tour de rôle, les œuvres respirent grâce à des arrangements qui intègrent des sons ambiants de circonstance, tout en conservant la saveur lounge et bossa-nova qui a fait la réputation de Nouvelle Vague et de ses reprises de succès new wave des années 80. Un CD aussi doux que le climat provençal.

TWO FOR THE ROAD, Katrine Ottosen & Valente, PIAS, 2007.

LE CLASSIQUE GEORGES DELERUE Georges Delerue, octogénaire, demeure encore aujourd’hui l’un des compositeurs les plus marquants du cinéma des 50 dernières années. Souvent associé à la Nouvelle Vague française, Delerue est l’auteur des musiques d’une dizaine de films de François Truffaut, mais aussi du Mépris de Godard, de Platoon, de L’Été meurtrier et de dizaines d’autres films inoubliables et de nationalités différentes. Sur cet album, ce sont Hélène Déry (toujours à l’OSQ) et Patrick Healey (anciennement de l’OSQ) qui réinterprètent, avec l’Ensemble En-le-vent et compagnie, quinze morceaux connus ou obscurs, tirés du répertoire du compositeur français. Avec grâce et douceur, les musiques s’enchaînent, créant un bonheur, disons, dominical. Notons la présence d’un livret très documenté permettant de bien situer les œuvres moins connues de Delerue. La pochette du CD, elle, aurait gagné à être plus associée au cinéma, et ce, malgré la précision musicale dont fait preuve le duo Déry-Healey au hautbois et à la flûte principalement.

GEORGES DELERUE, LES PLUS BEAUX THÈMES POUR LA FLÛTE ET LE HAUTBOIS, Hélène Déry et Patrick Healey, DCM Classique, 2008.

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Un film de Ethan et Joel Coen · Des mêmes réalisateurs : Non, ce pays n’est pas pour le vieil homme

LIRE ET DÉTRUIRE Elle entretient une liaison avec Harry Pfarrer (George Clooney), un policier marié, et elle a l’intention de quitter son mari. Pendant ce temps, en banlieue de Washington, Linda Litzke (Frances McDormand), une employée d’un centre de remise en forme peut à peine se concentrer sur son travail. Elle est obsédée par son envie de se faire entièrement refaire et confie ses projets de chirurgie esthétique à son collègue Chad Feldheimer (Brad Pitt). Quand une disquette contenant la recherche effectuée par Osbourne Cox pour écrire ses mémoires tombe accidentellement entre les mains de Linda et Chad, le duo se met en tête d’exploiter sa trouvaille. »

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États-Unis Générique : États-Unis.

2008. 130 min (V.F. de Burn After Reading). Drame policier réalisé par Joel et Ethan Coen. Scén. : Joel et Ethan Coen. D’après l’œuvre de Stansfield Turner. Directeur de la photographie : Emmanuel Lubezki. Int. : George Clooney, Frances McDormand, Brad Pitt, John Malkovich, Tilda Swinton.

Synopsis : « Osbourne Cox (John Malkovich) se présente au siège de la

CIA pour une rencontre top-secrète à l’occasion de laquelle on lui apprend que ses services ne sont plus retenus. Déçu, Cox retourne chez lui, dans sa maison de Georgetown, pour y écrire ses mémoires et boire. Sa femme, Katie (Tilda Swinton) est consternée, mais pas particulièrement surprise.

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Notes : Le cinéma de Joel et Ethan Coen est affaire de famille : les deux frères écrivent le scénario, Joel réalise, Ethan produit et ils montent leur film ensemble. Ils travaillent souvent avec les mêmes acteurs : Frances McDormand, l’épouse de Joel, en est à son sixième film avec eux, George Clooney tourne son quatrième long métrage avec le duo, Bran Pitt rejoint le cercle des initiés. Amorcé en 1984 (bonjour George Orwell!), le parcours des frères Coen est atypique. Farouchement indépendants, ils ont, jusqu’à présent, refusé toutes les offres hollywoodiennes qui leur ont été faites. En contrepartie, peu de cinéastes américains ont été aussi souvent récompensés lors des festivals internationaux. Cannes, Venise et Berlin aiment bien les Américains pour peu qu’ils soient des pourfendeurs des États-Unis et de leurs valeurs. Or, la face cachée de l’Amérique ne cesse de fasciner les frères Coen qui, de film en film, mettent en scène un univers peuplé de ratés sympathiques, de financiers véreux, de quidams parfois complètement déjantés. Ils cultivent le grotesque, réinventent les clichés, n’hésitent pas à jouer dans le registre de la violence tout en cultivant l’esthétisme de l’image. Le cinéma des frères Coen, c’est l’Amérique dans toute la splendeur de ses contradictions. (M.C.) Burn After Reading s’annonce comme l’un des films les plus trash des frères Coen, dans la lignée de Raising Arizona et The Big Lebowski. (Jozef Sikora, La Presse)

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Par David Cantin

ARTS DE LA SCÈNE LE MOIS MULTI - PRISE 2 Exceptionnellement cette année, le Mois Multi réitère, du 11 au 20 septembre, pour un volet spécial dans le cadre des fêtes du 400e. Comme quoi Québec peut devenir, à l’aide d’œuvres fortement immersives, « le plateau d’une rencontre entre l’art multidisciplinaire et électronique et sa population ».

Photo : Temporary Distortion

Même s’il mise toujours sur un art d’avant-garde, ce festival, qui en est presque à son dixième anniversaire, se rapproche peu à peu du grand public.

Welcome to Nowhere de Temporary Distortion

De l’audio live s’inspirant de L’Art des bruits de Russolo à Welcome to Nowhere (bullet hole road), de la troupe de théâtre expérimental new-yorkaise Temporary Distortion, le Mois Multi 9_EX s’aventure du côté d’« une ville plus complexe et plus riche encore », pour emprunter les mots du directeur artistique Émile Morin.

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Le début de la rentrée d’automne s’avère peut-être le moment idéal pour redécouvrir le tissu urbain de Saint-Roch. Projetée sur une surface de 400 m2, au parc de la Cetière, l’installation interactive Body Movies de l’artiste montréalais, d’origine mexicaine, Rafael Lozano-Hemmer devient, involontairement, un clin d’œil au Moulin à images. Cette œuvre impressionnante, à la dimension de la ville et de ses habitants, « détourne la projection du spectaculaire pour en faire un outil d’exploration de l’intimité ». Au jardin de Saint-Roch, le public peut aussi entendre « la musique secrète de l’urbanité » à travers les promenades électriques de l’Allemande Christina Kubisch, le lit sonore de la Londonienne Kaffe Matthews, le Parasitic Video Network de Michelle Teran, la marche sous la pluie de Paul De Marinis ou même cette cabine téléphonique peu banale de Sabica Senez. Côté performance, on a droit aux « œuvres portables » de Line Nault, à Diane Landry qui joue à la DJ de façon singulière et à un parcours performatif entre le bassin Louise et le jardin de Saint-Roch, où se rencontrent mouvement, son et lumière. Un projet de Québec Art Cité. Toujours de l’avis d’Émile Morin, le spectacle Welcome to Nowhere (bullet hole road) « se réclame autant du théâtre visuel que du cinéma ». Une sorte de « road movie dans une Amérique évanescente qui se rapproche parfois de l’univers de David Lynch ». Seulement cinq représentations, du

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12 au 15 septembre à la salle Multi de Méduse. Aussi à ne pas manquer, la carte blanche, sous le commissariat d’Érick d’Orion, à dix artistes du milieu de la création audio actuelle (dont Michel F. Côté et Jocelyn Robert), afin de concevoir des œuvres inédites pour les 95 ans du manifeste du futuriste italien Russolo (L’Art des bruits). Au studio d’essai de Méduse, l’installation-performance Arbre de Caroline Ross propose d’entrer dans la nature du végétal par le biais du technologique, alors qu’une singulière cartographie de Pierre Bourgault, à l’aide de grands dessins, est à voir à la galerie de La Bande Vidéo. De quoi surprendre, en cette dernière portion du 400e.

MOIS MULTI 9_EX

NOS CHOIX

Photo : Arie Kievit

Du 11 au 20 septembre Au parc de la Cetière, dans le jardin de Saint-Roch, à la salle Multi, au studio d’essai de Méduse et à la galerie de La Bande Vidéo. Body Movies de Rafael Lozano-Hemmer

Pour une troisième année consécutive, le festival Antenne-A tâte le pouls des nouvelles tendances musicales et technologiques en plein quartier Saint-Roch. Au programme, du 2 au 5 octobre, Alexandre Désilets (qui fait jaser à travers le monde grâce à son clip L’Éphémère), Cœur de Pirate (la toute dernière recrue de l’étiquette Grosse Boîte), Vetiver (les bons amis de Devendra Banhart), Jane Ehrhardt (une jeune chanteuse de Québec à découvrir), ainsi que plusieurs autres. On visite le www.antenne-a.com pour plus de renseignements.

FESTIVAL ANTENNE-A 2008 Du 2 au 5 octobre Au Cercle, à la Casbah, à l’Impérial, au Théâtre Petit Champlain, à L’Agitée et à La Cuisine. En ouverture de saison au Trident, en collaboration avec le Théâtre du Nouveau Monde, Marie Guyart, grande mystique, bâtisseuse et pionnière mémorable, raconte sa découverte de Québec. Nulle autre que Marie Tifo tient le rôle de cette première vraie écrivaine en Amérique. Un rendez-vous théâtral sous le signe du 400e, dès le 16 septembre.

MARIE DE L’INCARNATION Texte Jean-Daniel Lafond/Marie Tifo. Mise en scène : Lorraine Pintal Du 16 septembre au 11 octobre, au Grand Théâtre de Québec.

Automne 2008 Les plus belles collections BANDOLERA CINQUE MICHAEL KORS TEEN FLO SANDWICH PART TWO JACKPOT STILL

Faites-vous plaisir ! 1180, avenue Cartier Québec Tél. : 418 529-6083 WWW.CLAP.CA

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Par Serge Pallascio

LE CINÉMA VU PAR… DENI YVAN BÉCHARD « Un film permet de vivre un monde. »

Deni Yvan Béchard est entré dans le monde littéraire par la grande porte. Son premier roman, Vandal Love, lui a valu le prestigieux Commonwealth Writers’ Prize en 2007. On a écrit qu’il était l’héritier spirituel des William Faulkner, John Steinbeck, Gabriel García Márquez, voire de Salman Rushdie. Certes, il y a de l’épique et du grotesque dans ce récit de nains et de géants perdus quelque part en Amérique. Mais surtout, Deni Yvan Béchard se démarque par une écriture qui recourt à la force de l’image et la rapidité de la narration. On lit Vandal Love comme si on regardait un film. Conversation avec un écrivain d’exception. Le Clap : Quel est votre premier souvenir cinématographique? Deni Yvan Béchard : Lorsque j’étais jeune, on vivait dans une roulotte sans électricité ni eau courante. Mon frère aîné découpait les annonces de films dans les journaux et il les collait dans un livre. Il me racontait chaque film. Il ne les avait jamais vus mais à l’écouter, c’était des films incroyables. Finalement, j’en ai vu quelquesuns. Ils n’étaient pas aussi bons que ce qu’il m’avait raconté. Le Clap : Et par la suite? D. Y. B. : Quand je suis allé à l’université, j’ai vu tous les films de Coppola et de Scorsese. Mais si je fais un effort je crois que le premier film qui m’a vraiment marqué – j’avais onze ou douze ans et on vivait dans un parc de roulottes en Virginie – c’est Born on the Fourth of July de Oliver Stone. Je me souviens de m’être demandé « Comment a-t-on le droit de faire un film de guerre au début et après cela de montrer un gars en fauteuil roulant qui fait une crise d’identité? » La confusion des genres me désarçonnait. Le Clap : Le cinéma est-il un lieu de création que vous fréquentez encore régulièrement?

Le Clap : Vous avez cité peu de noms de comédiens ou de comédiennes. Pourquoi? D. Y. B. : Marlon Brando me fascine. Il est tellement viscéral. Il y a en lui une puissance, un besoin de s’exprimer. Il transcende ses films. On voit que c’était un animal. Mais, de façon générale, je trouve que les comédiens sont un peu fragiles. J’aime le grotesque. J’aime sentir que les personnages sont des forces de la nature. Quand je les vois sur l’écran, ils sont tellement beaux que j’ai l’impression que ce n’est pas la vérité. Le Clap : Quelle est votre perception du cinéma québécois? D. Y. B. : Le cinéma québécois est très riche. Les réalisateurs prennent beaucoup de risques. Je pense à Arcand. Il a fait des films dont le moteur est le dialogue alors que, de façon générale, c’est plutôt l’action qui est le moteur. Les dialogues du Déclin de l’empire américain sont incroyables. Le cinéma québécois est jeune encore. Il est influencé par les États-Unis et par l’Europe, mais il a un style très reconnaissable. Tout l’art est influencé. Le Clap : Est-ce que le cinéma québécois vous semble aussi original que la littérature québécoise?

D. Y. B. : Il y a des périodes où j’écris beaucoup, parfois de dix à douze heures par jour pendant quatre à cinq mois. Il est rare alors que je fasse autre chose. Mais j’ai aussi des périodes où je visionne un film par jour pendant deux ou trois mois. J’aime choisir un réalisateur et regarder tous ses films pour observer son travail. Si on ne voit un de ses films qu’à tous les deux ou trois ans, on ne peut pas saisir la démarche artistique du réalisateur.

D. Y. B. : Les films de Kurosawa, de Woody Allen, le Deni Yvan Béchard cinéma des années 70, celui de Coppola et de Scorsese. J’aime ces films où il y a beaucoup d’émotions, beaucoup de métaphores, qui ont une narration très travaillée. Le Clap : Quel est le cinéaste que vous auriez aimé être? D. Y. B. : (longue hésitation) J’aime beaucoup l’art politique. Oliver Stone, par exemple, a une démarche qui m’intéresse énormément, mais, finalement, je pense à Coppola parce qu’il a fait des choses incroyables comme Le Parrain. Mais j’ai tellement de buts personnels que je n’ai jamais vraiment eu envie d’être une autre personne (énormes rires). Le Clap : Quel est le film que vous auriez aimé réaliser? D. Y. B. : Léolo! Jean-Claude Lauzon a fait un travail symbolique incroyable. Le symbolisme de l’eau dans ce film donne des images très riches. Lorsque je l’ai vu la première fois, je me suis dit : « Je ne l’aurais pas fait de la même façon, mais j’aurais vraiment aimé le faire. » J’aurais aussi aimé faire Apocalypse Now de Coppola. Un film permet de vivre un monde.

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Photo : Sahra Coyle

Le Clap : Quels sont les titres des films qu’on retrouve dans votre jardin secret?

D. Y. B. : Plus peut-être. Les généralisations sont très difficiles. Un écrivain comme Gaétan Soucy fait un travail fort original. Avant lui, Réjean Ducharme a fait des choses plutôt osées. Mais je trouve qu’il y a aussi beaucoup d’autofictions qui ne sont pas très profondes. J’ai l’impression que le Québec se montre au monde davantage par le cinéma que par la littérature. Le Clap : Une phrase à compléter. Si la littérature n’existait pas… D. Y. B. : Je serais cinéaste (rires).

Deni Yvan Béchard veut vivre sa vie d’écrivain aussi intensément que possible. La survie de la littérature est son combat. Le danger, selon lui, c’est que beaucoup d’écrivains actuels écrivent un roman dans l’espoir qu’il devienne un scénario de film. L’écrivain d’exception avoue avoir beaucoup de respect pour les deux formes de création mais il préfère les garder distinctes, car elles ne font pas appel aux mêmes stratégies d’écriture. Deni Yvan Béchard cinéaste? La chose est possible mais il faudra que l’histoire, sûrement grotesque, qu’il aura imaginée ne puisse pas se traduire en mots. Ce jour-là, il y a fort à parier que la face du cinéma en sera changée.

LE MUSÉE IMAGINAIRE DE DENI YVAN BÉCHARD

Un auteur? William Faulkner. Une œuvre littéraire? Cent ans de solitude de Gabriel García Márques. Un musicien? Eleni Karaindrou. Une œuvre musicale? La Troisième Symphonie de Górecki. Un peintre? Van Gogh. Une œuvre picturale? Le Combat de Carnaval et Carême de Pieter Bruegel. Un lieu géographique? La Grèce parce que c’est le pays de l’Iliade et l’Odyssée. WWW.CLAP.CA


Un film de Dany Boon · Du même réalisateur : La Maison du bonheur

BIENVENUE CHEZ LES CH’TIS « Dany Boon et ses complices ont tricoté un scénario malin jouant avec les clichés pour mieux les ridiculiser. [...] des répliques ciselées et un rythme sans temps mort pour créer une œuvre chaleureuse [...] » (T. Cheze, Studio)

France Générique : France. 2007. 106 min (V.O.F.). Comédie réalisée par

Dany Boon. Scén. : Dany Boon, Alexandre Charlot, Franck Magnier. Mus. orig. : Philippe Rombi. Int. : Kad Merad, Dany Boon, Zoé Félix.

Synopsis : Directeur de la poste, Philippe Abrams combine pour être muté

sur la côte d’Azur. Malchanceux, il est pris à son jeu et on l’expédie à Bergues, une ville du Nord. « Brave », il ira seul affronter « les barbares ». À son grand désarroi, il découvre chez les Ch’tis de bonnes petites gens même s’il en bave pour les comprendre. Il finit par s’y plaire tellement qu’il ne veut plus quitter son « bagne »...

Notes : Qui a dit que le cinéma populaire était mort? Sûrement pas Dany Boon, le chauffeur de taxi scotché aux basques de Daniel Auteuil dans Mon meilleur ami. Comique et fier citoyen septentrional, il a fracassé un record avec BIENVENUE CHEZ LES CH’TIS qui a détrôné La Grande Vadrouille (1966) de Gérard Oury à titre de plus grand succès en nombre absolu d’entrées du cinéma français. (S.B.-H.)

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Par Philippe Lapeyrie

VINS Vin de pays d’Oc 2006, Chardonnay-Sauvignon

C’est la vie!, Albert Bichot

Conseils de service

Languedoc-Roussillon, France Code : 10915298 Prix : 13,65 $

Des pétoncles géants poêlés sur grill et mouillés d’un coulis de yuzu lui iront à merveille. Servir à 9 oC.

De plus en plus de producteurs du sud de la France affichent leurs couleurs avec des bouteilles au look moderne et assez fashion. C’est le cas de cette bouteille languedocienne. Elle a de la gueule! Par contre, c’est le contenu qui nous intéresse. Ses reflets brillants et quelque peu verdâtres nous confirment la jeunesse du produit. L’arôme se compose de pépins de raisin et de pelures de citron. Des agrumes plein le nez! La première attaque est surprenante, c’est vibrant et nerveux sur les côtés de la langue avec une bonne acidité. Ce vin est gras, avec des rondeurs, sans avoir ce goût de « jus de planche » propre à certains blancs trop boisés du Nouveau Monde. Un vin simple et sans flafla à boire en apéro ou avec des fruits de mer.

Cabernet Sauvignon 2005 Tintara

McLaren Vale, Australie Code : 10865041 Prix : 25,75 $

Ce « king cab » est élaboré dans un pays qui nous livre depuis une vingtaine d’années des produits gorgés de soleil et débordant de fruits. Ce vin rouge coloré aux arômes immédiats vous en mettra plein les papilles et les narines. Vous devez aimer les vins mûrs et boisés, car il a une signature très Nouveau Monde. Sa couleur est à peine évoluée, le contour du verre étant moins foncé que le centre. Ce vin, en phase secondaire, tiendra la route cinq ou six ans en cave. On y hume de la réglisse, de la confiture de fraises et de sensuelles émanations de vanille. Il est gras, texturé, se terminant sur une finale balsamique fort plaisante.

Conseils de service Glissez-le en carafe entre 20 et 30 minutes, il vous le rendra bien. Une viande sauvage sera un bon choix comme une gigue de caribou saignante mouillée d’une sauce aux canneberges. Servir entre 16 et 17 oC.

Icewine 2006, Vidal

Conseils de service Une crème brûlée à la vanille, un foie gras poêlé allongé sur un pain d’épice, une tarte tatin, un fromage québécois crémeux ou la barbe à papa à l’érable du talentueux chef Daniel Vézina lui iront comme un gant. Profitez de son intensité olfactive en le dégustant à 7 ou 8 oC.

Inniskillin

Niagara, Canada Code : 551085 Prix : 59 $

Avec l’arrivée rapide de l’automne, pourquoi ne pas se réchauffer le palais avec ce somptueux vin de glace de l’Ontario? Il faut en avoir dégusté un pour bien le comprendre. Je n’ai pas la dent sucrée, mais deux ou trois fois par année le genou me plie devant un produit aussi divin… Invitant, doré et d’une belle brillance, il est fortement aromatique avec ses fruits de la passion et ses fruits confits. Vous y sentirez le miel et la pêche bien mûre. Riche, sa longueur en bouche n’en finit plus. Il s’agit d’un produit haut de gamme réservé aux occasions spéciales. Vous pourrez facilement l’allonger dix ou quinze ans en cave. Le domaine possède encore plusieurs millésimes des années 1980 et 1990 d’une jeunesse épatante. Il s’agit d’un vin d’amour, d’un produit sensuel qui convient à une multitude de mets.

C’est la rentrée! De nombreux amateurs de bonne chère et amoureux du vin aimeraient bien plonger dans les écrits viniques, question d’être à jour et d’en apprendre un peu plus sur le jus de raisin fermenté. Je vous propose donc quelques sites et blogues enrichissants. Une des références est le site Vin Québec. Vous y

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trouverez l’analyse d’une foule de produits ainsi que les dates des principaux événements touchant le vin. Vous en aurez plein les neurones avec le blogue de Mathieu Turbide qui se nomme Méchant Raisin. Faites aussi un arrêt sur le site de François Chartier, sommelier émérite.

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http://vinquebec.com/ http://www.mechantraisin.canoe.com/ http://francoischartier.typepad.com/ Philippe Lapeyrie sommelier, enseignant en sommellerie et chroniqueur · vinophil@ccapcable.com

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France Générique : France. 2008. 130 min (V.O.F.). Comédie dramatique écrite et réalisée par Cédric Klapisch. Directeur de la photographie : Christophe Beaucarne. Int. : Romain Duris, Juliette Binoche, Fabrice Luchini, Albert Dupontel, François Cluzet, Karin Viard. Synopsis : Ernest Hemin-

gway a écrit Paris est une fête. Mais pour qui? Pierre, danseur au Moulin-Rouge, apprend qu’il est atteint d’une défaillance cardiaque sévère. Élise, assistante sociale, semble avoir fait le deuil de l’amour dans sa vie. Roland, professeur d’histoire pur et dur à la Sorbonne, s’énamoure d’une étudiante. Et ainsi de suite pour Jean, Philippe et les autres. Chacun cherche son chat et ne le trouve pas. Et pourtant, il faudrait si peu. Un regard neuf sur les gens, un coin de ciel bleu, un hasard auquel on donne sa chance, un baiser peutêtre, l’audace d’une nuit blanche. Ainsi vont la vie, l’amour, la mort.

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Notes : Cédric Klapisch

est sans doute le plus Parisien des cinéastes français. Il a montré les ButtesChaumont dans Le Péril jeune, le quartier de la Bastille dans Chacun cherche son chat, les ChampsÉlysées dans Ni pour ni contre (bien au contraire). PARIS est un film qui célèbre… Paris. Montparnasse, Montmartre, la place de la Sorbonne, le PalaisRoyal, le cimetière du Père-Lachaise, la tour Eiffel. Mais PARIS est surtout un film choral au cours duquel s’entrecroisent des destins qui sauront se reconnaître, d’autres pas. Balzac des temps modernes, Klapisch observe la comédie humaine. Il mélange les milieux sociaux, les caractères psychologiques, les origines ethniques. Il joue de toutes les tonalités : la comédie, le drame, le mélo. Entre une citation du Spleen de Paris de Baudelaire ou une autre de La Vie mode d’emploi de Georges Perec, le cinéaste rend compte de « l’air du temps ». L’amour qu’on ne fait entrer dans sa vie qu’à dose homéopathique. Les chansons des sixties pour se rappeler qu’on a déjà eu des rêves. La pub, le texto, la télé qui amplifient le tourbillon des solitudes. PARIS célèbre aussi le plaisir de Cédric Klapisch de jouer avec des acteurs et des actrices. Le casting du film est à faire rêver. Klapisch a la cote. Il aime les acteurs et les acteurs l’aiment, si bien qu’ils lui donnent le

meilleur d’eux-mêmes. On se souviendra longtemps de Fabrice Luchini se déchaînant dans une imitation de chanteur soul, ou de Juliette Binoche faisant un striptease coquin sur l’irrésistible musique de Dance with me. Oui! Vraiment! Paris est une fête! (S.P.)

« Tous ces chemins de traverse racontent la vie et la mort, décrivent Paris et font […] une grande lettre d’amour. » (P. Vavasseur, Le Parisien)


Un film de Sébastien Rose · Du même réalisateur : La Vie avec mon père

Un film de Fernando Meirelles · Du même réalisateur : Cité de Dieu

LE BANQUET

L’AVEUGLEMENT

« Le nouveau film de Sébastien Rose marquera à coup sûr le cinéma québécois pour la justesse avec laquelle il présente des personnages aux aspirations et états d’âme multiples : ambitieux, militant, désabusé, enragé; utilisant comme microcosme le milieu scolaire tel un véritable miroir social. » (Le Clap)

Québec Générique : Québec. 2008. 95 min (V.O.F.). Drame social réalisé par Sébastien Rose. Scén. : Sébastien Rose et Hubert-Yves Rose. Int. : Alexis Martin, Raymond Bouchard, Frédéric Pierre.

Synopsis : Dans une ville où les valeurs se perdent, que transmet un père à

sa fille, un professeur à ses étudiants, un jeune leader à ses troupes? Autour de plusieurs personnages, LE BANQUET raconte les aléas de la vie étudiante, du travail des enseignants, de la monoparentalité, le tout sur fond de grève dans une université québécoise.

Notes : LE BANQUET frappe fort par son observation des comportements sociaux de différentes générations. Non seulement sa trame tournant autour d’une grève étudiante a déjà touché la majorité d’entre nous, mais les remises en question abordées par Sébastien Rose sur la parentalité, la vocation d’enseignant, la poursuite des études entre idéalisme et carriérisme sont aussi justes que touchantes, comme ses interprètes qui font preuve ici d’excellence dans leur jeu. (P.B.)

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« Fidèle à son style, Fernando Meirelles propose ici un film très organique, très ancré dans le réel (la direction artistique est hallucinante), tout en allant au-delà de cette réalité pour apostropher des thèmes plus larges. » (Marc-André Lussier, La Presse) BANDE ANNONCE ET + DE PHOTOS AU

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Japon · Brésil · Canada Générique : Japon · Brésil · Canada. 2008. 120 min (V.F. de Blindness).

Drame d’anticipation réalisé par Fernando Meirelles. Scén. : Don McKellar, d’après le roman de José Saramago. Mus. orig. : Marco Antônio Guimarães. Int. : Julianne Moore, Mark Ruffalo, Danny Glover, Gael Garcia Bernal.

Synopsis : Les habitants d’une métropole sont frappés par une épidémie de cécité. Les premiers contaminés sont mis en quarantaine dans un hôpital désaffecté, alors que la panique s’empare peu à peu de la population. Une femme, épargnée par l’épidémie, guidera un groupe de victimes à travers la ville afin d’échapper à l’explosion de violence qui vient de s’enclencher.

Notes : Le film se veut une œuvre à la fois sombre et lumineuse, portant en elle une réflexion sur les nombreuses difficultés touchant la vie en société. En résulte un long métrage où l’anticipation apocalyptique qui caractérise l’histoire s’avère aussi une métaphore très réaliste du monde dans lequel nous sommes actuellement plongés. (P.B.)

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Un film de Woody Allen · Du même réalisateur : Balle de match

VICKY CRISTINA BARCELONA BANDE ANNONCE ET + DE PHOTOS AU

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États-Unis · Espagne Générique : États-Unis · Espagne. 2008. 96 min (V.O.A.S.-T.F.). Comé-

die romantique écrite et réalisée par Woody Allen. Directeur de la photographie : Javier Aguirresarobe. Int. : Penélope Cruz, Scarlett Johansson, Rebecca Hall, Javier Bardem.

Synopsis : Deux jeunes Américaines, Vicky (Rebecca Hall) et Cristina

(Scarlett Johansson), débarquent à Barcelone le temps d’un été. La première rêve d’une vie bourgeoise auprès de son futur mari demeuré aux États-Unis. La seconde est attirée par les chemins plus obscurs et imprévisibles de la passion. Le séjour des deux amies se transforme en amour de vacances alors que Cristina succombe très vite au sex appeal animal de

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Juan Antonio, un peintre à la mode doublé d’un coureur de jupons (Javier Bardem). Malgré ses principes et ses bonnes résolutions, Vicky elle-même ne reste pas tout à fait de marbre devant les charmes du bel ibère macho. Le chassé-croisé qui s’ensuit se complique davantage avec l’apparition de Maria Elena (Penélope Cruz), l’ex-épouse suicidaire de Juan Antonio.

Notes : Après une carrière essentiellement new-yorkaise, Woody Allen a plié bagage vers Londres en 2005, entraînant à sa suite la comédienne Scarlett Johansson, dont les cinéastes Robert Redford (L’Homme qui murmurait à l’oreille des chevaux) et Sofia Coppola (Lost in Translation) avaient déjà anticipé tout le talent. Il semble bien que la comédienne soit devenue, après Diane Keaton et Mia Farrow, la nouvelle muse du cinéaste septuagénaire qui est très élogieux à son sujet. « Elle a tout pour elle. Le talent, l’intelligence, la beauté. Elle est unique. », disait-il lors d’une conférence de presse au dernier Festival de Cannes. Cause toujours Woody! On connaît la chanson! Trois longs métrages plus tard (Balle de match, Scoop et Le Rêve de Cassandre), Allen poursuit son périple européen et débarque à Barcelone toujours en compagnie de la bellissime Scarlett. Le vieux jazz qui accompagnait les génériques minimalistes du cinéaste a cédé la place à une chanson pop espagnole. Le directeur de la photographie est Javier Aguirresarobe, un collaborateur de Pedro Almodóvar. VICKY CRISTINA BARCELONA est-il un éloge du ménage à trois? Que non! « C’est déjà assez difficile de trouver une seule personne et d’essayer de trouver des solutions dans la vie à deux, alors à trois cela devient encore plus complexe », de philosopher Allen qui semble s’y connaître en la matière. Cette dernière variation barcelonaise sur les mystères de l’amour oscille entre tragicomique et légèreté. On quitte le film heureux. Olé! (S.P.) « Derrière ses allures de farce méditerranéenne et ses péripéties érotiques […], VICKY CRISTINA BARCELONA distille un parfum aussi subtil que, par moments, philosophique. » (N. Crousse, Le Soir)

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Un film de Benoit Pilon · Du même réalisateur : Roger Toupin, épicier variété

CE QU’IL FAUT POUR VIVRE Québec Générique : Québec. 2008. 102 min (V.O. française

et inuktitute avec s.-t. français). Drame réalisé par Benoit Pilon. Scén. : Bernard Émond et Benoit Pilon. Mus. orig. : Robert Marcel Lepage. Int. : Natar Ungalaaq, Éveline Gélinas, Paul-André Brasseur.

Synopsis : 1952. Terre de Baffin. Tivii monte sur le

bateau-hôpital qui mouille près de son territoire de chasse. Le médecin diagnostique une tuberculose et l’expédie à Québec dans un sanatorium. S’adaptant difficilement à son exil, loin de sa femme et de ses filles, il trouve du réconfort auprès de Kaki, un enfant malade, et Carole, une infirmière compatissante.

Notes : À travers ce premier film de fiction, Benoit Pilon commente à nouveau le sort réservé à une minorité et s’intéresse aux Inuits malades, déportés vers le sud, lors de l’épidémie de tuberculose dans le Grand Nord pendant les années 1940-1950. Dans le rôle de Tivii, Natar Ungalaaq (Atanarjuat) incarne à lui seul la détresse et le désœuvrement d’un peuple en tutelle. (S.B.-H.)

« L’influence de Bernard Émond (La Neuvaine) se ressent dans ce récit empathique sur le déracinement des Inuits. D’une grande humanité, Benoit Pilon ne condamne pas en bloc les méthodes des Blancs, mais les observe d’un œil critique. » (Le Clap)

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Un film de Christophe Barratier · Du même réalisateur : Les Choristes

FAUBOURG 36 particulier de l’époque, où se mêlent des histoires de solidarité et de fraternité, mais aussi d’amour et de jalousie, le Chansonia et la revue musicale Faubourg 36, qui y sera créée après bien des péripéties, se trouvent au centre d’une intrigue dont les rebondissements alternent avec des moments de pure gaieté et de chanson populaire. »

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France Générique : France. 2008. 120 min (V.O.F.). Comédie dramatique réa-

lisée par Christophe Barratier. Scén. : Christophe Barratier, Julien Rappeneau. Mus. orig : Reinhardt Wagner, Frank Thomas. Int. : Gérard Jugnot, Clovis Cornillac, Kad Merad, Nora Arnezeder, Pierre Richard.

Synopsis : « Christophe Barratier fait renaître, dans le Paris populaire

de 1936, quelques mois de la vie d’un quartier – le faubourg —, avec ses petits commerces, ses ouvriers en grève ou au chômage, ses manifestations de rue, ses truands et ses règlements de compte. Tous les habitants du faubourg gravitent autour du music-hall le Chansonia, qui va focaliser toutes les énergies et devenir l’enjeu de mille convoitises. Dans le climat social

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Notes : Après le succès phénoménal de son premier long métrage Les Choristes, inspiré du scénario du film La Cage aux rossignols (1945) de Jean Dréville, Christophe Barratier a choisi d’écrire un scénario original. « [Je cherchais] des personnages qui m’excitent, dans lesquels je pourrais me retrouver – il ne faut pas avoir peur de se ressembler », confie-t-il. Son point de départ sera un projet de comédie musicale conçu par Reinhardt Wagner et Frank Thomas autour duquel Barratier tisse progressivement sa toile : les personnages, la relation d’un père et de son fils, l’histoire d’amour, le petit théâtre, la chronique d’un quartier qui ne renvoie à aucun quartier parisien connu, mais dont on comprend qu’il est une frontière entre l’urbain et la banlieue ouvrière encore bucolique. FAUBOUG 36 est une belle et grande histoire dans laquelle le cinéaste choisit délibérément de mettre de côté les petites choses de la vie quotidienne afin de privilégier une approche sentimentale et romanesque. « Je veux raconter des histoires plus belles que la vie… ou carrément plus dures », avoue-t-il. Le cinéaste s’est aussi inspiré des films de René Clair, de Marcel Carné ou de Jacques Prévert, car « les films ne mentent pas, ou plutôt ils mentent comme on pouvait mentir à l’époque ». Barratier ne déroge pas à la règle. Il a tourné 90 % de son film en banlieue de Prague où le chef décorateur Jean Rabasse a conçu, en taille réelle, un Paris à la fois connu et inconnu de même que le théâtre Le Chansonia selon le principe des cloisons. FAUBOUG 36 est un beau mensonge. (S.P.) « Barratier réussit à peindre une petite fresque, à la manière d’un conte qui commencerait par ces mots "Il était une fois à Paris" ».

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InfoLÉGENDES V.F. Version française V.O.A. Version originale anglaise V.O.S.-T.F. Version originale avec sous-titres français V.O.S.-T.A. Version originale avec sous-titres anglais

CLASSEMENT DES FILMS En attente de classement. Peut être vu par des personnes de tous âges. Ne peut être vu que par des personnes âgées de 13 ans et plus ou accompagnées d’une personne majeure. Ne peut être vu que par des personnes âgées de 16 ans et plus. Ne peut être vu que par des personnes âgées de 18 ans et plus.

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Un film de Daniel Leconte

Un film de Claude Godbout

C’EST DUR D’ÊTRE AIMÉ PAR DES CONS

LA GÉNÉRATION 101

[…] réflexion ardente sur la liberté d’expression, sur les peurs et les lâchetés qu’elle suscite, hélas, chez ceux-là même qui devraient la défendre sans état d’âme. (P. Murat, Télérama)

« La caméra se pose, de façon discrète et patiente, devant ces hommes et ces femmes qui en ont long à dire sur leur premier contact avec la terre d’accueil » (Le Clap)

France Générique : France. 2008. 115 min (V.O.F.). Documentaire réalisé par

Québec Générique : Québec. 2007. 74 min (V.O.F.). Documentaire écrit et réalisé

Synopsis : Fin 2005, un journal danois s’attire les foudres des musulmans

Synopsis : Akos, Québécois d’origine hongroise et Farouk, venu de Mada-

Daniel Leconte.

en publiant douze caricatures de Mahomet. Février 2006, le journal satirique Charlie Hebdo les reprend dans un numéro spécial et en rajoute : en une, un dessin qui montre le prophète, tête baissée, sanglotant « c’est dur d’être aimé par des cons ». Trois organisations musulmanes entament une poursuite contre l’hebdomadaire; s’ensuit un procès suivi par des journalistes de partout, intéressés par les questions que soulève cette affaire : peut-on rire de tout? Liberté de presse ou blasphème?

Notes : Daniel Leconte ajoute son grain de sel à un style documentaire de plus

en plus prisé. On rembobine le fil des événements pour replonger dans la préparation du Charlie Hebdo incriminé jusqu’au fameux procès. « Mieux vaut rire avec Charlie que s’emmerder au paradis », affirme le réalisateur, qui sait se servir de l’humour pour soulever une réflexion sur la liberté de parole. (M.C.)

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par Claude Godbout.

gascar, racontent leurs années d’étudiants, militants souverainistes en 1995. Ruba, jeune fille silencieuse aux Émirats arabes unis est devenue ici candidate pour Québec solidaire. Ces enfants venus d’ailleurs sont désormais de jeunes adultes au français impeccable, bref de purs produits de la loi 101, en vigueur depuis 30 ans et des poussières.

Notes : LA GÉNÉRATION 101 donne la parole à celles et ceux qui ont été les premiers à s’asseoir sur les bancs des écoles obligatoires de francisation. Des enfants au départ allophones, qui ignoraient tout de la culture locale, contribuent maintenant à transformer, par leur implication politique et sociale, la nouvelle société québécoise métissée. La caméra se pose, de façon discrète et patiente, devant ces hommes et ces femmes qui en ont long à dire sur leur premier contact avec la terre d’accueil. (M.C.)

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Un film de Marc Esposito · Du même réalisateur : Le Cœur des hommes

LE CŒUR DES HOMMES 2

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France Générique : France. 2007. 115 min (V.O.F.). Comédie dramatique écrite

et réalisée par Marc Esposito. Int. : Bernard Campan, Gérard Darmon, Jean-Pierre Darroussin, Marc Lavoine.

Synopsis : Quatre hommes, Alex, Antoine, Jeff et Manu. Quatre amis de

longue date. Leurs peines, leurs joies et (surtout) leurs histoires de cœur, souvent jonchées d’infidélités, mais toujours au profit de la quête du grand amour… En trame de fond, une passion commune pour le foot, une solidarité masculine infaillible, qui ne voile que partiellement le cœur très tendre de ce quatuor.

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Notes : Cinq ans après avoir ému avec Le Cœur des hommes, succès de près de deux millions d’entrées en France, Marc Esposito fait revivre ces quatre copains, la quarantaine bien entamée, avec les nouvelles préoccupations qui en découlent. Trouver un projet de retraite autre que compter les grillons, vaincre le démon de midi ou rencontrer l’amour après des années de célibat, les défis ne manqueront pas pour ces hommes. Après tout, comme le dit Jeff (convaincant Gérard Darmon), « on a plusieurs vies à vivre, et l’amour pour toujours, c’était au temps où l’espérance de vie était de 35 ans. » Sans jamais forcer la note, le réalisateur sait émouvoir, en montrant des hommes, de « vrais mecs », diraient-ils, aussi à l’aise dans la blague un brin grivoise que dans l’expression de leurs sentiments les plus profonds. D’une complicité palpable, les Campan, Darmon, Darroussin et Lavoine replongent dans leur personnage avec un plaisir évident. Et dans ce nouveau chapitre de leurs aventures, construit de façon assez indépendante du premier film, les femmes occupent une place de choix, ébranlent les certitudes masculines et demeurent, plus que tout, l’objet du désir qui permet de s’améliorer, d’être « un peu moins con »… Avec un Paris bien moderne à l’arrière-plan, de superbes paysages provinciaux et une trame musicale qui fait se rencontrer Chopin, Cat Power et The Pretenders, le réalisateur, l’un des fondateurs des revues Première et Studio, signe une mise en scène efficace. Le dur pari de donner suite à un succès populaire est relevé. (M.C.) « Le public (et les producteurs) adore ce type de comédies mais les réalisateurs s’y aventurent peu, car le genre est difficile. Marc Esposito a su installer un univers drôle et chaleureux, proche de la vraie vie. […] ces hommes-là ont toujours du cœur et le film de la fraîcheur. » (B. Toulon, Studio) « Une suite habile […], une distribution épatante, avec une mention spéciale à la trop rare Florence Thomassin. » (R. Baronian et P. Vavasseur, Le Parisien)

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France Générique : France. 2008. 117 min (V.O.F.). Drame biogra-

phique réalisé par Diane Kurys. Scén. : Diane Kurys, Martine Moriconi, Claire LeMaréchal. Musique : Armand Amar. Int. : Sylvie Testud, Pierre Palmade, Lionel Abelanski, Jeanne Balibar, Arielle Dombasle, Denis Podalydès.

Synopsis : À dix-neuf ans, Françoise Quoirez, dite Sagan,

connaît la gloire littéraire avec la publication de son premier roman, Bonjour tristesse. Françoise Sagan sera une « enfant du siècle » qui vivra avec intensité les excès de son époque : la cigarette, l’alcool, la drogue, les nuits dans les boîtes, les mariages vite rompus, les rencontres fortuites, les amitiés sans tabous, la vacuité de la vie mondaine. Cinquante ans plus tard, l’écrivaine, dans laquelle se reconnut toute une génération, meurt presque seule. L’Histoire est prête à accueillir le mythe Sagan. SAGAN rappelle l’itinéraire de celle que ses proches appelaient affectueusement le « charmant petit monstre ».

George Sand et Alfred de Musset. Mais SAGAN permet surtout à Sylvie Testud de trouver ici un rôle à la hauteur de l’immense talent qu’elle avait montré dans Les Blessures assassines (César du meilleur espoir féminin en 2000). Sylvie Testud est Françoise Sagan dans toute sa fragilité, sa générosité, son égoïsme et son besoin inassouvissable d’amitié authentique ou achetée. Pour y parvenir, la comédienne a écouté tous les enregistrements sonores de Sagan et les répétait avec la même intonation. « Je suis entrée dans le personnage par sa voix », confie-t-elle. SAGAN, c’est l’osmose vécue par une cinéaste et son interprète et que cette dernière résume par cette jolie formule : « Travailler ensemble, c’est mettre son dictionnaire à la même page ». (S.P.) « SAGAN capte Sagan avec une acuité presque douloureuse […] le dernier Diane Kurys a la grâce de son modèle : un parfum de soufre et de tristesse. » (M.-É. Rouchy, TéléCinéObs)

Notes : Qu’on prenne acte! Le cinéma français cherche à comprendre le destin tragique de ses icônes. Après François Mitterrand (Le Promeneur du champ de Mars de Robert Guédiguian), Édith Piaf (La Môme d’Olivier Dahan) et en attendant Coluche (Coluche d’Antoine de Caunes), voici Françoise Sagan, version Diane Kurys. Initialement réalisé pour la télévision française, le téléfilm a été adapté pour le cinéma sous l’impulsion du cinéaste et producteur Luc Besson (Le Grand Bleu, Léon, Arthur et les Minimoys). SAGAN aura sans doute permis à la réalisatrice de rattraper le rendez-vous manqué qu’elle avait vécu avec l’écrivaine alors qu’elle lui avait proposé sans succès, en 1999, d’écrire le scénario des Enfants du siècle, inspiré de la correspondance de

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Par Marcel Gaumond

CINÉ-PSY QUELQU’UN À QUI PARLER Commentaire sur le film CE QU’IL FAUT POUR VIVRE de Benoit Pilon « Je ne savais pas que l’on pouvait se sentir plus seul parmi les Blancs que perdu dans la toundra. » Tivii dans Ce qu’il faut pour vivre Bien que nous soyons enclins à couvrir notre quotidien d’un vêtement qui nous soit confortable et familier, une enveloppe protectrice tissée de rituels, d’habitudes et de liens avec qui nous ressemble, il ne nous est pas possible de nous soustraire continuellement et complètement à l’inconnu. Tout barricadés que nous sommes, il faut être bien durs d’oreille et insensibles pour ne pas entendre le son, parfois même le cri, qu’émet l’étranger lorsque, à l’improviste, il frappe à notre porte. L’inconnu, ce peut être ce qui est à l’origine de ce que nous sommes, mais que nous ne saurions pas nommer à défaut d’être en contact avec lui. Ainsi, lorsque nous nous trouvons devant quelqu’un dont nous ignorons l’histoire intime, nous sommes, à proprement parler, devant un inconnu. Dès lors, est-il nécessaire de le rappeler, tout ce que nous pouvons dire sur lui ne peut être qu’un ramassis de clichés, de préjugés et de projections. Au plus, une image socioculturelle à classer dans d’ineptes statistiques à vocation douteuse. L’étranger, ce peut être cela qu’il importerait avant tout d’accueillir et d’écouter, quand bien même ce ne serait au départ qu’avec le langage des signes, afin que nous puissions accéder à ce que nous sommes appelés à devenir, une fois débarrassés de nos peurs et dépouillés de nos confinements. Une fois notre désir mis à nu. L’inconnu et l’étranger, c’est ce que désespérément l’individu qui veut naître – celui qui, dirait Shakespeare, a en horreur le « n’être pas » –, demande à ses proches (amis, parents, voisins) de reconnaître en lui afin de ne pas être enterré vivant sous l’amoncellement des idées toutes faites, des jugements lapidaires et des courtes vues. Donnez-moi, donnez-moi de l’oxygène! L’histoire de Tivii scénarisée par Bernard Émond et portée à l’écran par Benoît Pilon est un véritable et merveilleux poème. Révélateur de ce que nous sommes, puisque nous touchant à l’extrême. Pour tous ceux et celles d’entre nous qui ont plus ou moins « perdu le Nord » – et qui peut se vanter de ne pas être parmi ceux-là (?) –, cette histoire du plus qu’étranger parmi les siens qu’est celle de l’habitant de la terre de Baffin venu au Sud afin de trouver remède à sa maladie, en plus de nous rappeler un pan important de notre histoire, constitue une formidable métaphore du défi auquel le « Blanc » est actuellement confronté. Le « Blanc », c’est celui qui au XVIe siècle est venu coloniser les Amériques avec, comme édifiants résultats, un effroyable génocide (90 % des Autochtones d’Amérique du Nord et du Sud qui périrent en l’espace de 100 ans), l’exploitation destructrice de la nature allant à l’encontre des valeurs écologiques des premiers habitants et la désintégration de l’identité culturelle de ceux-ci. Le « Blanc », c’est celui qui regardait de haut les habitants d’ici comme des sauvages ayant ni foi, ni loi, ni roi. Le « Blanc », c’est celui que nous n’avons pas cessé de fêter, à Québec, tout au long de l’été. Non sans raison d’ailleurs et c’est là que l’anthropologue Bernard Émond, à la suite des Rémi Savard, Denys Delage et Michel Noël, nous flanque toute une

Natar Ungalaaq dans CE QU’IL FAUT POUR VIVRE

leçon tant de mémoire que de dignité. Car tout critique qu’il puisse être de l’action passée de l’homme blanc en terre d’Amérique, Émond n’en a pas moins pris le parti réfléchi, en bon incroyant qu’il avoue être, de mettre en valeur dans le scénario de ce film, tout comme ce fut le cas dans ceux de La Neuvaine et de Au-delà de toute espérance, les bons aspects de ce passé. Se retrouvant dans un sanatorium de Québec, plus d’un demi-siècle avant la récente tempête des accommodements raisonnables, Tivii est tenu de s’adapter à toutes les mœurs de l’homme blanc : sa coiffure, ses vêtements, son alimentation, sa langue…Si bien que n’eût été l’empathie manifestée par certains de ses compagnons d’infortune, atteints comme lui de tuberculose et n’eussent été, de façon déterminante, l’amour de Carole l’infirmière et la généreuse complicité du père Milaire, Tivii n’aurait pas pu retrouver le goût de vivre. « […] je pense, confiait Émond lors d’un entretien réalisé par Simon Galiero en août 2005, qu’on a encore besoin des métaphores de la religion, ou en tout cas l’idée qu’il y a quelque chose de plus grand que nous. Parce que s’il n’y a rien de plus grand que nous, la fin de l’existence humaine, c’est le magasinage du samedi au centre d’achats. Et après nous le déluge. Mais je suis prêt à y croire. Il faut faire comme si on allait retrouver un sens de la responsabilité, faire comme si on allait sauver le patient. » Voilà le défi auquel nous sommes actuellement confrontés : sauver notre culture qui est aliénée, sauver la nature qui est gravement menacée. Tivii est le noble représentant de l’étranger qui est en nous, celui qui doit être écouté, celui avec qui, de toute nécessité, il faut parler pour vivre.

VOUS ÊTES CORDIALEMENT INVITÉS À Une rencontre du Ciné-psy sur le film CE QU’IL FAUT POUR VIVRE avec Colette Couture, infirmière ayant travaillé dans un poste isolé du Nunavik (accompagnée d’un invité-surprise) Le mardi 23 septembre 2008, à 17 h 30 (souper) et à 19 h (exposé et échange), au restaurant Le Rameau d’Olivier, 1282, avenue Maguire, Sillery. Nous prions ceux et celles qui veulent casser la croûte avant l’échange sur CE QU’IL FAUT POUR VIVRE de réserver au 687-9725 et, le soir de la rencontre, de se présenter dès 17 h30 afin de ne pas en retarder le début. La rencontre sera encadrée par Marcel Gaumond, psychanalyste. Prix d’entrée : 5 $ (3 $ pour les détenteurs de l’Abonne-Clap). WWW.CINE-PSY.COM 30

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Un film de Andrew Stanton · Du même réalisateur : Trouver Nemo

Générique : États-Unis. 2008. 98 min (V.O.F.). Film d’animation réalisé par Andrew Stanton. Scén. : Andrew Stanton, Pete Docter.

Synopsis : La Terre n’est plus qu’un lointain souvenir. Les humains l’ont ravagée, puis quittée pour une autre planète. Wall-E, un petit robot oublié sur Terre, occupe ses journées à ramasser les déchets. Son quotidien sera transformé par l’arrivée d’Ève, une jolie « robote ». Les amoureux se donnent une mission : convaincre les humains de retourner sur Terre, en y faisant, cette fois-ci, bien attention…

Notes : WALL-E fait presque figure d’ovni dans le monde de l’animation hollywoodienne. Peu de dia-

logues, peu d’action et sans chanson, le film s’éloigne des productions du genre. Sorte de E.T. des temps modernes dans sa naïveté, le petit robot séduit d’emblée les enfants et leurs parents. Les clins d’œil au Meilleur des mondes (Huxley) et à 2001 : l’odyssée de l’espace (Kubrick) n’échappent pas aux adultes alors que les petits se régalent des aventures du duo de robots. (M.C.) « Techniquement, visuellement, esthétiquement, WALL-E est un joyau. » (O. Séguret, Libération)

Restaurant français

Apportez votre vin!

Nos spécialités • Médaillons de veau au brie et au thym • Saumon de l’Atlantique au beurre blanc • Ris de veau forestière • Magret de canard aux petits fruits • Gigot d’agneau sauce aux tomates séchées Gagnant du Grand Prix du public au Gala de la restauration 2007

Réservations : 527-4141 1384, chemin Sainte-Foy, Québec (entre Saint-Sacrement et Marguerite-Bourgeoys)

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Par David Cantin

ARTS VISUELS RETOUR AU BERCAIL POUR RICHARD MARTEL

Photo : Yvan Binet

Photo : Yvan Binet

Même s’il a participé récemment à la Manif d’art ainsi qu’au volet des Arts de la rue du Festival d’été, l’artiste Richard Martel performe plus souvent à travers le monde que dans sa ville natale. Exception à la règle, la galerie l’Œil de Poisson lui ouvre ses portes jusqu’à la fin septembre.

Performance de Richard Martel : La règle de la coïncidence des opposés à partir de Nicolas de Cues lors de la Manif 4.

Pour le coordinateur du centre en art actuel Le Lieu et cofondateur de la revue Inter, cette invitation représente un défi de taille. Sous le thème de La Conquête, Martel propose une installation vidéo performance qu’il a réalisée à l’intérieur de seulement quatre jours. Comme l’explique le principal intéressé, « cette exposition se situe quelque part entre la performance, l’installation et la performance vidéo. Sans vouloir trop donner d’indices, je pose une certaine réflexion sur notre rapport au langage, au corps, à la mémoire, ainsi qu’à l’identité. Il y a des troncs d’arbres, des moniteurs, de même que des haches au sol. C’est une formule assez casse-cou, car rien n’est laissé au hasard. C’est, en quelque sorte, ma contribution au 400e. »

de son travail. Il est même possible de voir Martel à l’œuvre sur certains écrans de la grande galerie, voisine du centre VU dans Méduse. Cet organisateur connu doit aussi prendre part à C’est arrivé près de chez vous. L’art actuel à Québec, dès le 4 décembre au Musée national des beaux-arts du Québec. Il sera d’ailleurs aux côtés des Jocelyne Alloucherie, Claudie Gagnon, Paul Lacroix, BGL et plusieurs autres. Un rendez-vous à ne pas manquer dans quelques mois.

La Conquête de Richard Martel À l’Œil de Poisson, 580, côte d’Abraham Jusqu’au 28 septembre

Même si l’infatigable globe-trotter ne prévoit pas réaliser de performances en direct dans le cadre de La Conquête, cette exposition se situe dans le prolongement naturel

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PHOTOGRAPHIES ANCIENNES AU MUSÉE Parlant du Musée, en plus du Louvre à Québec qui se poursuit jusqu’au 26 octobre, les visiteurs pourront admirer, dès le 25 septembre, l’une des plus prestigieuses collections de photographies anciennes relatives au Québec. À l’image d’un panorama exhaustif de la Capitale et de ses habitants, entre 1850 et 1908, Québec et ses photographes présente plus de 250 œuvres issues de la collection Yves Beauregard. Une manière intrigante de redécouvrir des lieux comme la Citadelle, la terrasse Dufferin, le port de Québec ou le quartier Petit-Champlain, à une tout autre époque.

Québec et ses photographes, 1850-1908. La collection Yves Beauregard

Du 13 septembre au 24 octobre

Photo : MNBAQ, don de la collection Yves Beauregard

Photo : MNBAQ, don de la collection Yves Beauregard

Dans Univers jardiniers, Tania Girard-Savoie récupère des éléments végétaux, des fleurs et des tiges, et les transforme en des fragments organiques et morphologiques. Ces dessins, répétés et déséquilibrés, s’appuient les uns sur les autres afin d’organiser un nouvel équilibre. Comme toujours, cette approche joue sur l’ambiguïté entre l’être et l’apparence, l’incertitude entre la réalité et l’illusoire. Un travail qui déstabilise, dans le bon sens du terme. Univers jardiniers de Tania Girard-Savoie

Chez Engramme, 510, côte d’Abraham

Au Musée national des beaux-arts du Québec, du 25 septembre 2008 au 4 janvier 2009

Inconnu pour Keystone View Comnpany. Navires et feux d’artifice sur le fleuve Saint-Laurent. Tricentenaire de Québec, 29 juillet 1908.

LE CLAP PROPOSE

Livernois & Bienvenu. La Rue Saint-Jean, Québec, 1868.

ART BRANCHÉ AU CERCLE Lors de votre prochaine visite au Cercle rue Saint-Joseph, pour un spectacle ou un excellent repas, on suggère de prendre quelques minutes pour visiter la galerie au sous-sol. Chaque mois, un artiste de la relève est à l’honneur. Jusqu’au 30 septembre, Marie Pier Lemieux explore les multiples facettes de la typographie, en lien avec la création de formes alphabétiques. Elle parle d’ailleurs de sa démarche en ces termes, « je travaille à partir de mon environnement en observant ma routine, les lieux où j’habite et que je fréquente. Je cherche à créer des séries de typographies nouvelles, provenant d’objets et de catégories différentes. Une forme alphabétique peut provenir du monde végétal, d’une structure architecturale ou d’un objet du quotidien ». À voir.

Univers jardiniers

Marie Pier Lemieux Le Cercle, 228, rue Saint-Joseph Est Jusqu’au 30 septembre

• 550 produits en vrac pour réduire l’emballage excessif • Vaste sélection de thés • Produits d’importation recherchés • Produits du Québec • Nouveautés toutes les semaines

À la f ine pointe de l’a ctualité culinaire! WWW.CLAP.CA

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Par Paul Jacques

LIVRES

À découvrir au

a: www.cleularspsû.cres des va che en format po

MISTERIOSO, par Arne Dahl, Seuil Policiers

VOLEURS D’ENCRE, par Alfonso Mateo-Sagasta, Rivages/Thrillers

Stockholm, au milieu des années 1990. Un homme d’affaires important est tué dans sa maison sans qu’on laisse d’indices. Puis un deuxième. Convaincues qu’un grave danger menace l’économie du pays, les autorités décident de former un groupe spécial de policiers dont fera partie le brillant mais controversé Paul Hjelm. Une enquête ardue et crédible. On attend les autres.

Nous sommes dans l’Espagne du XVIIe siècle. �� Madrid, l’éditeur don Francisco Robles vient de publier la première partie de Don Quichotte de Cervantès, dont il attend impatiemment la suite. Mais voici qu’un autre auteur publie une suite, ou plutôt un livre à clés étrange, aussi diffamatoire que dangereux… Un suspense historique enlevant et tout à fait original.

LA BELLE ÉPOQUE, par Jean-Pierre Charland, HMH

TANT QUE JE SERAI NOIRE, par Maya Angelou, Les Allusifs

Voici donc le tome 2 de la série intitulée Les Portes de Québec. Les membres des deux familles Picard continuent de lutter pour arracher au destin quelques moments de bonheur et de réussite. Les événements se déroulent jusqu’en 1914, mais au départ on est en 1907, à l’orée des célébrations du tricentenaire de la ville, et des intérêts divergents s’opposent pour en tirer profit… Une fresque magnifique.

L’autobiographie de Maya Angelou, une femme noire née dans le Missouri en 1928, est une traversée du XXe siècle aussi captivante que bouleversante. Au-delà de ses luttes personnelles pour s’affirmer et devenir autonome, elle a participé, notamment à partir de 1957, à divers mouvements de libération à l’échelle américaine et internationale et elle en a côtoyé les principaux acteurs. Un récit dense, vivant et instructif.

LA FIN DES MYSTÈRES, par Scarlett Thomas, Anne Carrière

LE CONTRAT, par John Grisham, Robert Laffont

La Fin des mystères… Il y a longtemps qu’Ariel Manto le cherche, ce livre. Un roman écrit par Thomas E. Lumas à la fin du XIXe siècle, et qui est censé provoquer la mort si on le lit. Mais Ariel s’en fiche et dès qu’elle en découvre un exemplaire chez un bouquiniste, elle part avec… et plonge dans une aventure mêlant science, religion et politique. Rocambolesque et intelligent.

Un des meilleurs thrillers juridiques de Grisham, qui en compte déjà plusieurs. Celui-ci commence par un verdict condamnant lourdement une imposante entreprise de produits chimiques pour avoir empoisonné l’eau d’une ville et provoqué des cancers mortels. Mais l’entreprise en question va tout faire pour faire casser le jugement. Une histoire palpitante qui entremêle habilement finance, politique et droit.

L’ÉTAT N’EST PAS SOLUBLE DANS L’EAU BÉNITE, par Sam Haroun, Septentrion Libanais d’origine, l’auteur s’est assimilé en profondeur les cultures arabe, française et québécoise. Sa réflexion mesurée déplaira aux intégristes de tous bords mais séduira ceux qui jugent que seul un État de droit clairement laïc est en mesure de permettre la vie en commun dans nos sociétés multiethniques et multireligieuses. Documenté, clair et réfléchi.

LE CARRÉ DE LA VENGEANCE, par Pieter Aspe, Albin Michel C’est le premier volet des enquêtes du commissaire Van In et il est à espérer que l’éditeur nous en donnera la suite. À Bruges, on pénètre par effraction dans une bijouterie sans qu’on y dérobe quoi que ce soit. Les supérieurs du commissaire Pieter Van In ne veulent pas d’enquête, mais voici que survient un enlèvement d’enfant…Van In : tout un caractère et tout un enquêteur!

ABYSSES, par Frank Schätzing, Presses de la Cité

IMMERSION D’URGENCE, par Michael Dimercurio, L’Archipel

Lire un thriller écologique? Non, au départ, ça ne me tentait pas. Mais j’avais terriblement tort, car ce livre est aussi passionnant qu’ingénieux. À Vancouver, en Norvège, un peu partout en Europe et dans le monde, divers incidents aussi inexplicables qu’inquiétants affectent le relations homme-nature. Quelque chose de gigantesque se prépare. Mais quoi au juste et que faire? Un roman documenté, angoissant et libérateur.

Dillinger et Vornado sont des sous-mariniers expérimentés et ont les nerfs solides. Tant mieux pour eux, car voici que des terroristes islamistes viennent de s’emparer d’un sous-marin nucléaire français et menacent Paris… Passé avec succès au roman d’action, l’auteur a été solidement formé dans une académie navale et est un ancien officier.

SOLUTIONS RESTOS, par Stéphanie Bois-Houde, La Presse PROVIDENCE, par Valérie Tong Cuong, Stock Qu’est-ce qui tisse la trame de nos vies, le hasard ou la nécessité? À sa manière, l’auteure répond à cette question, dans un petit livre qui développe un habile chassé-croisé entre plusieurs personnages sans rapport initial les uns avec les autres : une secrétaire hypertendue, un vieillard soucieux de sa succession, un producteur de cinéma follement amoureux, etc. Un roman touchant servi par une écriture finement ciselée.

RITUEL, par Mo Hayder, Presses de la Cité Birdman, L’Homme du soir, Tokyo, Pig Island : quiconque a dévoré au moins un de ces livres – surtout l’exceptionnel Tokyo – sait que Mo Hayder a un talent fou pour amener ses personnages à exorciser leurs démons. C’est maintenant le tour de la communauté africaine de Bristol, où le héros attachant de Birdman a été muté. Une histoire complexe et tordue, des personnages sombres, au total, un formidable roman noir.

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Où devrais-je amener dîner une relation d’affaires? Comment combiner gastronomie et vue splendide? Où sert-on du fastfood hors de l’ordinaire? C’est à ce genre de question que répond de façon franche et professionnelle autant que personnelle cet ouvrage qui se présente avec raison comme « Le guide des petites et grandes tables de Québec ». Un guide rempli d’informations pertinentes sur plus d’une centaine de restaurants de la région. Désormais un incontournable.

W

LE CINÉMA À LA PAGE LA GRANDE TRIBU, par Victor-Lévy Beaulieu, Trois-Pistoles Ouf! Quel souffle! Quel délire maîtrisé! Quelle écriture foisonnante et généreuse! VLB a appelé cette brique non pas un « roman », mais une « grotesquerie ». On y plonge et on ne veut plus quitter son narrateur, Habaquq Cauchon. Parti à la recherche de ses ancêtres, ce dernier apprend qu’ils étaient moitié hommes moitié cochons, une identité problématique qui le conduira sur les traces de Lincoln, Bolívar et autres libérateurs à la Papineau. Un ouvrage impossible à résumer et qui est sans conteste LE plus important paru au Québec depuis des lustres. WWW.CLAP.CA


France Générique : France. 2008.

115 min (V.O.F.). Drame écrit et réalisé par Philippe Claudel. Mus. orig. : JeanLouis Aubert. Int. : Kristin Scott Thomas, Elsa Zylberstein, Serge Hazanavicius, Laurent Grévill.

Synopsis : Une femme seule dans une aérogare. Juliette attend que Léa, sa sœur cadette, vienne la chercher. La première est complètement paumée. La seconde vit dans une opulence toute bourgeoise avec sa « famille Benetton ». Elles ne se sont pas vues depuis quinze ans. Que cache cette longue et mystérieuse absence? Pourquoi Léa n’a-t-elle jamais parlé de l’existence de cette sœur si silencieuse? Peu à peu, Juliette et Léa vont rassembler les pièces du puzzle de leurs vies, permettant ainsi aux lourds secrets d’êtres exorcisés. Notes : Philippe Claudel est surtout connu pour son œuvre littéraire (Les Âmes grises, prix Renaudot 2003, et Le Rapport de Brodeck). Son arrivée dans l’univers cinématographique français s’inscrit dans une nouvelle tendance, celle des écrivains-cinéastes. Et pas les moindres. Puisque Philippe Claudel rejoint ainsi Eric-Emmanuel Schmitt (Odette Toulemonde) et Michel Houellebecq (La Possibilité d’une île). La rencontre entre le cinéma et Philippe Claudel était somme toute incontournable. « Ce qui m’intéresse, au fond, avoue-t-il, c’est BANDE ANNONCE ET + DE PHOTOS AU de faire naître des images, W W W. C L A P. C A que ce soit avec les mots, la peinture, le cinéma ou FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM DE BERLIN 2008 – PRIX DU JURY ŒCUMÉNIQUE la photo ». IL Y A LONGTEMPS QUE JE T’AIME est un film impressionniste sur la vie quotidienne de Juliette et sa réinsertion entourage. Philippe Claudel aime rappeler qu’il n’écrit des livres et fait des sociale autant que familiale. Un bistro, un parc, une toile dans un musée, films que pour aller vers les autres. IL Y A LONGTEMPS QUE JE T’AIME une promenade dans la nuit. Après quinze ans d’exclusion, Juliette appri- porte un regard humaniste sur la douleur de vivre. (S.P.) voise le monde. Et par elle, Philippe Claudel fouille nos troubles et nos blessures, le poids de nos non-dits, la part d’ombre qui vit en nous tel un iceberg. Si le film touche aussi intensément à ce qui constitue l’essence même « Une œuvre peinte à petites touches, d’une puissance émotionnelle rare, qui renoue de la vie, cela est dû en grande partie à la présence bouleversante de Kristin avec une belle tradition française du cinéma psychologique et littéraire. » Scott Thomas. La comédienne a accepté d’abandonner l’imperturbabi(F. Garbarz, Positif) lité et l’assurance tranquille qui la caractérisent si souvent pour interpréter avec intensité une « Juliette des abîmes » qui ne réussira à se libérer totalement de ses démons intérieurs qu’au prix de maints affrontements avec son


Du 26 septembre au 2 octobre

LES FILMS BELGES FRANCOPHONES

AU CLAP

La ville de Namur entretient des liens tout particuliers avec la ville de Québec, de par leur jumelage. Le Festival International du Film Francophone s’investit dans ce partenariat en invitant, depuis de nombreuses années déjà, tantôt des cinéastes, tantôt des producteurs ou des distributeurs issus de la Belle Province. À l’occasion des 400 ans de la ville de Québec, cinq films sélectionnés dans la production belge francophone seront projetés à Québec au Cinéma Le Clap. Une façon de rendre hommage à ces échanges fructueux qui nourrissent cette amitié belgo-québécoise. De son côté, pour célébrer cet anniversaire exceptionnel, le FIFF diffusera Infiniment Québec de Jean-Claude Labrecque lors d’une séance spéciale, une manière de faire découvrir cette ville jumelle au public du festival. 26 septembre – 19 h • 2 octobre – 19 h 30

COWBOY

Belgique – 2007 – 95 min Réalisation : Benoît Mariage Scénario : Benoît Mariage Avec : Benoît Poelvoorde, Julie Depardieu, Gilbert Melki, François Damiens, dit L’Embrouille, Bouli Lanners, Philippe Nahon

28 septembre – 18 h 50

FORMIDABLE

Belgique – 2007 – 90 min Réalisation : Dominique Standaert Scénario : Dominique Standaert Avec : Stéphane De Groodt, Serge Larivière, Astride Akay, Isabelle Defosse, Sabrina Leurquin Un peu par hasard, Mathieu, chômeur de longue durée rencontre Marc, gérant d’une société. Bien que tout les sépare, Mathieu s’incruste. Les deux hommes doivent gérer leur lot de problèmes. Alors que Marc, en instance de divorce, court à la faillite, Mathieu est pressé par le chômage de trouver un emploi rapidement. Lorsqu’ils décident de partir pour le sud de la Belgique, l’escapade va peu à peu tourner au désastre. Marc et Mathieu mesurent leurs différences et comprennent qu’ils n’étaient vraiment pas faits pour se rencontrer. Pourtant, à force de mieux se connaître, il arrive qu’on s’attache…

Daniel Piron, ancien militant de gauche devenu journaliste d’une émission de sécurité routière a, croit-il, une idée de génie pour un film. Il a pour ambition que ce film le revalorise à ses yeux, aux yeux de sa femme, de la société, bref, du monde entier. Hélas, le tournage ne se passe absolument pas comme prévu. Une vraie catastrophe! Paradoxalement, cet échec l’amène à la plus belle des rencontres, celle qu’il va faire avec lui-même.

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29 septembre – 19 h 30

SI LE VENT SOULÈVE LES SABLES

1er octobre – 19 h 30

CAGES

Belgique – 2006 – 86 min Réalisation : Olivier Masset-Depasse Scénario : Olivier Masset-Depasse Avec : Anne Coesens, Sagamore Stévenin, Micheline Goethals, Adel Bencherif, Nasser Zerkoune Ève et Damien forment un couple amoureux depuis de longues années. Leur vie, belle et intense, bascule le jour où Ève a un accident. Si les blessures physiques s’estompent vite, un traumatisme psychologique persiste, l’empêchant de parler. Prisonnière de son mutisme, Ève voit son couple s’essouffler, car, pour la première fois, Damien ne la comprend pas. Incapable d’entendre ses silences, celuici s’éloigne de sa femme. De peur de le perdre, Ève va alors se battre pour prouver qu’elle peut changer et redevenir comme avant. Elle est prête à tout pour sauver leur amour... Jusqu’où ira-t-elle?

Belgique – 2006 – 96 min Réalisation : Marion Hänsel Scénario : Marion Hänsel, d’après le roman Chamelle de Marc Durin-Valois Avec : Issaka Sawadogo, Carole Karemera, Asma Nouman Aden D’un côté, le désert qui grignote la terre. La saison sèche qui n’en finit plus, l’eau qui manque. De l’autre, la guerre qui menace. Au village, le puits est à sec. Le bétail meurt. La majorité des habitants, se fiant à leur instinct, partent en direction du Sud. Rahne, seul lettré, décide de partir avec Mouna, sa femme et ses trois enfants vers l’Est. Leur seule richesse, quelques brebis, des chèvres et Chamelle, un dromadaire. Histoire d’exode, de quête, d’espoir et de fatalité.

30 septembre – 19 h 30

J’AURAIS VOULU ÊTRE UN DANSEUR

Belgique – 2007 – 105 min (V.O. avec s.-t. néerlandais). Réalisation : Alain Berliner Avec : Vincent Elbaz, Cécile de France, Jean-Pierre Cassel, Circé Lethem, Jeanne Balibar Gérant d’une vidéothèque, François Maréchal mène une existence paisible jusqu’au jour où le visionnement du film Singin’ in the Rain lui donne l’envie irrésistible de devenir danseur de claquettes.

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À l’occasion du 30e anniversaire du Festival du court métrage de Namur, nous vous présentons trois programmes de courts métrages les 29 et 30 septembre et les 1er et 2 octobre à 17 h 10. Voir tous les détails au www.clap.ca

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Par Pierre Blais

CLAP SUR LE MONDE TOUR DE MANIVELLE Ce n’est pas un mais deux films tirés des livres de Patrick Senécal qui seront tournés cet automne. L’auteur, reconnu comme chef de file du roman d’horreur québécois, avait vu en 2003 un de ses romans, Sur le seuil, transposé au cinéma par Éric Tessier. C’est ce même réalisateur qui sera à la barre de l’adaptation filmique de 5150, rue des Ormes. L’histoire tourne autour d’une famille de disjonctés qui séquestre sans raison un jeune homme de 23 ans nommé Yannick. L’auteur précise que pour 5150, rue des Ormes, dont le tournage est prévu en novembre, il s’agira de montrer de façon concrète le développement psychologique de la folie de Yannick en tant que victime, et comme élément narratif, plutôt que de se servir du journal intime de Maude (l’ado de la famille), on se rapportera à des images tournées sur place par Yannick; l’esprit du roman sera quand même respecté. Doté d’un budget de 5 millions de dollars, le film mettra en vedette Normand D’amour en père psychopathe et Marc-André Grondin dans le rôle de Yannick. Sortie prévue en 2009. L’autre œuvre de Senécal aussi adaptée cet automne est Les Sept Jours du talion. Robert Morin et Patrice Sauvé se sont intéressés à l’adaptation, mais c’est finalement Podz (Minuit, le soir) qui mettra le tout en images. La productrice Nicole Robert,

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après cinq demandes de financement et de nombreux ajustements au scénario, a décidé d’aller quand même de l’avant avec un budget réduit à 3 millions de dollars. « Les Sept Jours du talion, c’est le profil du film qui ne se fera jamais, du film trop subversif aux yeux des subventionneurs, l’œuvre qui embête, comme l’Orange mécanique à une autre époque », de dire l’auteur. L’élément controversé est assurément le fait qu’il est question ici d’un homme qui se fait justice lui-même après le viol et l’assassinat de sa fille. Il kidnappe le meurtrier pour lui faire subir sept jours de sévices extrêmes. Claude Legault incarnera le père, chirurgien de métier, et Rémi Girard jouera l’enquêteur des services de police. « Le but du film est avant Patrick Senécal tout de faire réfléchir. On ne veut pas faire un Saw québécois, même si l’ensemble sera très sombre et s’adressera aux 16 ans et plus. Podz trouvera le moyen d’imager la peur, la brièveté du temps qui passe entre les moments de torture, de montrer les doutes, l’évolution de la relation entre le bourreau et sa victime », de conclure Senécal. Enfin, notons que tous les livres de Patrick Senécal ont des options d’adaptation au grand écran, dont Alyss et Le Vide, mais aussi Oniria et Le Passager qui eux pourraient être tournés en anglais. L’auteur travaille de plus sur un scénario original dont il taira la teneur pour l’instant. À suivre!

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PORTRAIT Diane Kurys

La cinéaste française aussi scénariste et productrice Diane Kurys est de retour cet automne avec son nouveau long métrage intitulé Sagan et portant sur la vie de l’auteure prénommée Françoise. C’est l’occasion de revoir le parcours de cette réalisatrice, née à Lyon en 1948 et arrivée au cinéma après avoir côtoyé l’univers du théâtre et des séries télé à titre de comédienne durant les années 1970. C’est en 1977 que Diane Kurys passe à la réalisation avec Diabolo menthe, un film explorant la vie de deux adolescentes et lauréat du prix Louis-Delluc du meilleur film français de l’année. Le titre de son second opus est conséquent : SAGAN, un film de Diane Kurys Cocktail Molotov. Suivront dans l’ordre Coup de foudre (opposant Miou-Miou et Isabelle Huppert), Un homme amoureux et La Baule-les Pins. Déjà, elle possède la réputation d’une réalisatrice qui aime s’attarder aux relations troubles et tumultueuses, en société comme en couple. En 1992, elle réalise d’ailleurs son film le plus achevé et hélas trop sous-estimé, Après l’amour, où elle offre à nouveau à Isabelle Huppert l’un de ses plus beaux rôles dans une histoire d’adultère et de passion menée sur plusieurs fronts comme un chassécroisé amoureux profitant d’un effet domino. La suite est cependant plus douloureuse pour Kurys qui a de la difficulté à fidéliser critiques et public. Sortiront À la folie en 1994, puis cinq ans plus tard, Les Enfants du siècle, sur la relation entre George Sand et Alfred de Musset. Ces deux derniers films, Je reste et L’Anniversaire, sont passés inaperçus au Québec. C’est avec bonheur que nous la retrouvons en 2008 avec Sagan.

ADAPTATIONS C’est à Noël que devrait sortir l’adaptation animée du roman jeunesse de Kate Dicamillo, La Quête de Despereaux. Ce conte publié en français aux Éditions Scholastic nous offre l’histoire rocambolesque de personnages unis par le destin : un souriceau nommé Tilling condamné aux oubliettes, une princesse dénommée Pipa Petit Pois, une jeune servante qui veut devenir princesse et un rat malveillant porté sur la torture. Emma Watson (Hermione dans Harry Potter), Dustin Hoffman, Matthew Broderick et Sigourney Weaver prêteront leurs voix aux personnages du film réalisé par Sam Fell et Robert Stevenhagen. Par ailleurs, la vie de Serge Gainsbourg, véritable roman, fera l’objet à l’automne d’un film biographique réalisé par le bédéiste Joann Sfar (Le Chat du rabbin). Le méconnu Éric Elmosnino personnifiera l’homme à la tête de chou, mais pour le reste de la distribution, les rumeurs vont bon train. Cette grande histoire, portant le titre de Serge Gainsbourg : vie héroïque, débutera pendant la Seconde Guerre mondiale pour se terminer durant les années 1980. Sfar a précisé sur son blogue que le film comportera autant de vérités que d’inventions, le tout servant à créer ce qu’il qualifie de « fable filmique ».

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24 SEPTEMBRE – 21 H 20

26 SEPTEMBRE – 19 H 10 • 28 SEPTEMBRE – 17 H

Canada. 1987. 58 min (V.O.F.) Réalisation : Michel Régnier Synopsis : Chaque année, à l’époque de la zafra, la récolte de la canne à sucre, de quinze à vingt mille travailleurs agricoles haïtiens traversent la frontière dominicaine en vertu d’un accord signé entre les deux pays, ou illégalement, pour échapper à une misère endémique. Ils sont maintenant quelque cent mille, parqués sans espoir de retour dans les « bateys » sans eau et sans électricité, à connaître avec leurs familles des conditions de travail et de survie pires que celles de l’esclavage. À quelques kilomètres à peine, souvent, le tourisme international envahit les plages dominicaines, dans l’ignorance et l’indifférence…

Canada. 2005. 90 min (V.O.F.) Réalisation : Brian McKenna Cette série en deux épisodes a obtenu quatre prix Golden Sheaf au Yorkton Short Film and Video Festival en 2006. Synopsis : Nous découvrons, dans toute sa puissance, l’empire du sucre, depuis son implantation, en plein cœur de l’époque esclavagiste, jusqu’à l’indéniable influence dont il jouit aujourd’hui. Au cours de sa longue et sombre histoire, marquée par la corruption et la propagande, cette industrie a su maintenir sous son joug des choses aussi fondamentales que la nutrition et la santé d’un peuple, créant au passage une crise mondiale de l’obésité et une nouvelle forme d’esclavage, provoquée par notre dépendance aux aliments composés de sucre.

SUCRE NOIR

L’EMPIRE DU SUCRE

25 SEPTEMBRE – 17 H • 28 SEPTEMBRE – 21 H 10

LES ENFANTS DU SUCRE

États-Unis. 2007. 90 min (V.O. anglaise, créole et espagnole avec s.-t. français) Réalisation : Amy Serrano Narration : Edwidge Danticat En présence de la réalisatrice Amy Serrano Synopsis : Ce film traite de la réalité à laquelle sont confrontés les Haïtiens travaillant dans l’industrie de la canne à sucre en République dominicaine et aborde plus particulièrement la vie des enfants. Ceux-ci, marginalisés, auxquels sont refusés acte de naissance et citoyenneté doivent faire face à une misère encore plus grande dans ce qui ne peut qu’être qualifié de « système esclavagiste moderne » dans le pire des cas, ou « contrat de servitude » au mieux.

25 SEPTEMBRE – 21 H 20 • 27 SEPTEMBRE – 19 H 10

LE PRIX DU SUCRE

États-Unis. 2007. 90 min (V.O. anglaise, espagnole et créole avec s.-t. français) Réalisation : Bill Haney Narration : Paul Newman Synopsis : Quand le père Christopher Hartley, prêtre charismatique, arrive en République dominicaine, on le prévient de ne pas entrer sur les plantations de canne à sucre là où la plupart de ses paroissiens vivent. Rompant avec un tabou vieux de plusieurs siècles, il découvre des exemples choquants d’esclavage moderne inhérent au commerce global du sucre. Sur une île connue pour sa beauté tropicale, les touristes abondent sur les plages pour échapper à l’hiver et se reposer sans se préoccuper de ce qui se passe quelques kilomètres plus loin. Des Haïtiens dépossédés, exposés à un dur labeur dans des plantations cachées, récoltent la canne à sucre – qui s’en va surtout aux États-Unis.

27 SEPTEMBRE – 17 H • 28 SEPTEMBRE – 19 H

LE PRÉSIDENT A-T-IL LE SIDA? Meilleur film au Festival international du film haïtien de Montréal (2007) Haïti. 2006. 110 min (V.O. créole avec s.-t. français) Réalisation : Arnold Antonin Scénario : Gary Victor Avec : Jimmy Jean-Louis, Jessica Généus Synopsis : Dao, chanteur très populaire au sein d’un groupe, est même surnommé le président du « kompa ». Malgré son succès, il souffre de fièvres récurrentes qu’il croit dues aux persécutions maléfiques des autres musiciens, jaloux de lui. Au cours d’une soirée à laquelle Dao participe, il tombe amoureux de Nina qu’il sortira des griffes de Larieux, un homme riche et politiquement bien placé que la mère de Nina considère comme un parti avantageux. Dès lors, Dao revoit Nina tout en faisant face aux représailles de Larieux : il finira par tomber dans le piège concocté par son rival. Transporté dans un hôpital, Dao s’enfuit aussitôt pour se réfugier auprès de sa mère qui tentera de lui venir en aide.

25 SEPTEMBRE – 19 H 10

LA REBELLE

26 SEPTEMBRE – 21 H 20

En nomination pour le meilleur film au American Black Film Festival Meilleur film au Festival international du film haïtien de Montréal (2006) Indie Spirit Special Recognition : Boston International Film Festival Haïti. 2005. 93 min (V.O. créole et française avec s.-t. français) Réalisateur : Sacha Parisot Avec : Réginald Lubin, Nathalie Ambroise, Nadine Stephenson Une gentille adolescente haïtienne devient grossière, boit de l’alcool, consomme de la drogue et devient confuse lorsqu’elle découvre que son père célibataire a une nouvelle copine. Jusqu’où ira-t-elle dans sa rébellion?

Cuba. 2003. 123 min (V.O. espagnole avec s.-t. français) Réalisation : Rigoberto Lopez Avec : Jorge Perugorrìa, Lia Chapman, Raquel Rubì, Abel Rodriguez, Ruben Brenas Synopsis : Au XIXe siècle, une belle histoire d’amour et de courage entre une Haïtienne et un Allemand à La Havane. Ils se rencontrent et s’aiment à Cuba pendant la période de l’esclavage… Clin d’œil à la révolution haïtienne.

HAÏTI CHÉRIE

CHÊNE PARFUMÉ ROBLE DE OLOR

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24 SEPTEMBRE – 19 H

26 SEPTEMBRE – 17 H

Italie. 100 min (V.O. créole et espagnole avec s.-t. anglais) Réalisation : Claudio Del Punta Avec : Juan Carlos Campos, Yeraini Cuevas, Jean Marie Guerin, Valentin Valdez Synopsis : République dominicaine. Un couple qui vit sur une plantation de canne à sucre, rêve, après plusieurs drames, de repartir en Haïti. Ils traversent le pays, choqués du fort contraste entre les zones touristiques et la pauvreté de la population.

Canada. 2007. 80 min (V.O. française et créole avec s.-t. français) Réalisation : Jean-Alix Holmand Avec : Fabienne Colas, Jean Alix Holmand, Stéphanie Casimir, Steve Alexandre, Émile Castonguay, Dice B., Jean-Jacques Dorismé Synopsis : Antoine, sa femme Catherine et leur fille Judith filent le parfait bonheur, malgré les infidélités d’Antoine. Luc, un dealer de drogue emprisonné, pense avoir été trahi par André, un de ses acolytes, ce qui le motive à sortir au plus vite… Marie-José, incapable de tomber enceinte, suit un traitement pour avoir un enfant de son mari Gilles alors qu’elle fait venir à Montréal son frère Victor dont la vie, selon elle, est menacée par des émeutes opposant les manifestants qui veulent la démission du président Aristide. Pendant une journée comme les autres, le destin de toutes ces personnes changera complètement. Leur vie ne sera plus la même.

HAÏTI CHÉRIE

27 SEPTEMBRE – 21 H 20

À FLEUR DE PEAU Meilleur film au American Black Film Festival Meilleur film au New York International Independent Film and Video Festival États-Unis. 2003. 89 min (V.O. créole et française avec s.-t. anglais). Réalisateur : Sacha Parisot Avec : Mailon Rivera, Steve White, Debra Wilson Synopsis : Un couple semble mener une vie sans histoire dans une banlieue de Californie. Un jour, une simple erreur va provoquer un enchaînement de choses inattendues. Un suspens à vous couper le souffle!

AMOUR, MENSONGES ET CONSÉQUENCES

LA REBELLE

LE PRIX DU SUCRE

LES COURTS MÉTRAGES 24 SEPTEMBRE – 19 H ET 21 H 20 • 25 SEPTEMBRE – 17 H 27 SEPTEMBRE – 19 H 10 • 28 SEPTEMBRE – 17 H

AMITIÉ MULTICOLORE

Réalisation : Geneviève Poulette Idée originale : Geneviève Côté, Sarah Lamoureux Scénario : Mylène Lauzon Premier prix du Concours jeunes scénaristes 2005 lancé par le ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles sous le thème « Venir d’ici ou d’ailleurs, quelle différence? » Synopsis : Il s’agit de deux adolescents de seize ans qui partagent leurs perceptions des différences culturelles au Québec. Mathieu et Pascal, d’abord inconnus, deviennent de plus en plus transparents, à l’extérieur comme à l’intérieur. Tour à tour, l’un parlant de l’autre, ils nous font découvrir ce qu’ils aiment, ce qu’ils détestent, ce qu’ils veulent. Y a-t-il vraiment une différence? Un message à la fois touchant, sensibilisant et frappant.

25 SEPTEMBRE – 17 H • 28 SEPTEMBRE – 21 H 10

POP VOX CULTURE

Canada. 2007. 5 min Direction : Emage Synopsis : La télévision québécoise vue à travers les yeux de la jeunesse multiethnique du Québec.

24 SEPTEMBRE – 21 H 20 • 26 SEPTEMBRE – 17 H

BROOKLYN RACINE

États-Unis. 2006. 11 min Documentaire réalisé par Jeremy Robins et Magali Damas. Synopsis : BROOKLYN RACINE explore ce qui arrive lorsqu’un groupe de jeunes immigrés reprend une musique inspirée du vaudou des montagnes d’Haïti et la réinvente dans les rues de New York. Les musiciens de Dja-Rara font revivre l’ancienne tradition de musique rara, qui remonte aux temps de l’esclavage, utilisée lors des cérémonies vaudou, des manifestations sociales et du carnaval.

24 SEPTEMBRE – 21 H 20 • 27 SEPTEMBRE – 21 H 20

WOODSHED

États-Unis. 2007. 16 min Réalisation et direction : Ella Turenne Scenario : Tara Turk Avec : Jessica Nyel Willis, Ka’ramuu Kush Synopsis : WOODSHED Deux artistes. Pour elle, c’est son cœur. Pour lui, c’est sa musique. Leur amour. Que se passe-t-il quand deux artistes n’arrivent simplement pas à communiquer? Ils laissent l’art parler à leur place. WOODSHED, un court métrage semi-muet où la musique est autant un personnage que les acteurs, raconte l’histoire de August Lansing et Cleff McKenney. Après une rupture soudaine, ils utilisent la musique et l’art pour communiquer l’un avec l’autre, disant toutes les choses qu’ils ne pouvaient se dire avec des mots.

24 SEPTEMBRE –19 H ET 21 H 20 • 26 SEPTEMBRE – 19 H 10 27 SEPTEMBRE – 17 H • 28 SEPTEMBRE – 17 H

ÂME NOIRE

Canada. 2000. 9 min 47 s Réalisation : Martine Chartrand Production : Yves Leduc, Pierre Hébert, Marcel Jean Synopsis : Ce film convie le spectateur à une plongée au cœur de la culture noire, à un rapide et exaltant voyage à travers les lieux qui ont marqué l’histoire de ces peuples. Le récit que transmet une vieille dame à son petit-fils fait défiler sous nos yeux une succession de tableaux peints directement sous la caméra. L’enfant marche dans les traces de ses ancêtres pharaons; il entend, sous le baobab, le griot chanter les exploits des rois. Puis, à l’appel des percussions annonçant le commerce triangulaire de l’esclavage, il vogue d’exil en exil, des Antilles aux neiges des Amériques. Sur les chemins du temps, le garçon côtoie au Canada des esclaves et des fugitifs. Il connaît les luttes pour la liberté et les contributions historiques des communautés noires. Dans ce tourbillon de lumière et de couleurs, la grandmère lui lègue le grand rêve de Martin Luther King : un espoir que tous les êtres humains vivent la liberté, l’égalité dans la fraternité.

25 SEPTEMBRE – 19 H10 • 27 SEPTEMBRE – 19 H 10 • 28 SEPTEMBRE – 19 H

DODOS À GOGO

Canada. 2005. 4 min 33 s (V.O.F.) Réalisateurs : Anne-Marie Dupras et Hugues Saint-Louis Scénario : Anne-Marie Dupras Interprètes : Anne-Marie Dupras, Hugues Saint Louis WWW.CLAP.CA

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Du 12 septembre au 30 octobre 2008

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INDEX A  À L’OUEST DE PLUTON

du 24 au 30 octobre

p. 8

du 3 au 23 octobre

p. 20

Un film de Sébastien Rose

du 12 au 28 septembre

p. 20

Un film de Dany Boon

du 12 au 23 septembre

p. 17

Un film de Randall Miller

du 10 au 16 octobre

p. 10

Un film de Julian Jarrold

du 17 au 23 octobre

p. 10

Un film de Daniel Leconte

du 24 au 30 octobre

p. 26

Un film de Henry Bernadet et Myriam Verreault

 AVEUGLEMENT, L’

Un film de Fernando Meirelles

B  BANQUET, LE

 BIENVENUE CHEZ LES CH’TIS  BOTTLE SHOCK

 BRIDESHEAD REVISITED

C  C’EST DUR D’ÊTRE AIMÉ PAR DES CONS  C’EST PAS MOI, JE LE JURE!

du 26 septembre au 23 octobre

p. 5

Un film de Benoit Pilon

du 12 septembre au 2 octobre

p. 22

Un film de Eran Riklis

du 12 septembre au 2 octobre

p. 11

Un film de Marc Esposito

du 10 au 30 octobre

p. 27

Un film de Christophe Barratier

du 10 au 30 octobre

p. 23

du 24 au 28 septembre

p. 40

du 26 septembre au 2 octobre

p. 36

Un film de Claude Godbout

du 12 au 18 septembre

p. 26

Un film de Philippe Claudel

du 12 septembre au 9 octobre

p. 35

Un film de Ethan et Joel Coen

du 12 septembre au 9 octobre

p. 13

Un film de Sergei Bodrov

du 24 au 30 octobre

p. 10

Un film de Cédric Klapisch

du 3 au 30 octobre

p. 19

du 17 au 30 octobre

p. 28

Un film de Woody Allen

du 19 septembre au 16 octobre

p. 21

Un film de Oliver Stone

du 17 au 30 octobre

Un film de Philippe Falardeau

 CE QU’IL FAUT POUR VIVRE  CITRONNIERS, LES  CŒUR DES HOMMES 2, LE

F  FAUBOURG 36

 FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM HAÏTIEN DE QUÉBEC  FILMS BELGES FRANCOPHONES AU CLAP, LES

G  GÉNÉRATION 101, LA I  IL Y A LONGTEMPS QUE JE T’AIME L  LIRE ET DÉTRUIRE M  MONGOL P  PARIS

S  SAGAN

Un film de Diane Kurys

V  VICKY CRISTINA BARCELONA W  W.

 WALL·E

Un film de Andrew Stanton

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du 12 septembre au 30 octobre

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p. 9 p. 31

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