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2 novembre au 20 décembre 2007

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Festival du film roumain du 9 au 15 nov n° 141

valeur NON, CE PAYS N’EST PAS POUR LE VIEIL HOMME

20 nouveautés à l’affiche dont : 4 mois, 3 semaines et 2 jours (Palme d’or) · Michou d’Auber · L’Amour aux temps du choléra


Question à 1 000 $: la rentrée cinématographique est-elle aussi faste que l’an dernier? Comme pour la météo estivale, nous avons tendance à nous replier sur la nostalgie... Alors les étés précédents deviennent systématiquement les «plus beaux et les plus chauds» de toute notre vie. Le phénomène est le même pour le cinéma. Plusieurs observateurs notent que les films «solides» sortent au compte-gouttes en ce dernier trimestre de 2007. Pourtant, l’an dernier à pareille date (autour du 20 octobre), les films rassembleurs n’étaient pas si nombreux à l’affiche. Outre Congorama, c’était vers Sa Majesté la reine que convergeait l’intérêt général. Riches en œuvres attendues (Les Promesses de l’ombre de David Cronenberg, Désir, danger d’Ang Lee, Elizabeth: L’âge d’or de Shekhar Kapur), les dernières semaines ont apporté leur lot de surprises. ODETTE TOULEMONDE en est un bel exemple. Le petit bout de femme fleur bleue et fofolle sur les bords imaginé par Eric-Emmanuel Schmitt a rejoint bien des cinéphiles à la recherche d’un remède contre la déprime. Même que trois semaines après sa sortie, la comédie fantaisiste a enregistré une augmentation de fréquentation de 52 %. Ou bien vous avez adopté la pétillante Catherine Frot. Ou bien ce phénomène s’appuie sur la cote d’amour du lectorat de M. Schmitt. Avec son adaptation de Soie d’Alessandro Baricco, François Girard a lui aussi attiré les cinéphiles au Clap, et ce, malgré des critiques tièdes. D’ici au 21 décembre, la liste de sorties en salle comprend plusieurs raisons d’oublier qu’il fait noir lorsqu’on se lève et, pire, que la nuit est tombée à la sortie du bureau… C’est le cas de LA BRUNANTE de Fernand Dansereau. Lancé lors du FFM où l’on a rendu hommage à son réalisateur, ce film sur la maladie d’Alzheimer est un hymne à la vie. À la manière de la réalisatrice Sarah Polley (Loin d’elle), Fernand Dansereau démontre qu’on peut traiter de ce sujet sans sombrer dans le pathos. Son œuvre «anti-fataliste» est portée avec émotion par le duo Monique Mercure et Suzanne Clément. À lire, en complément, l’entrevue à deux voix accordée à Serge Pallascio par ces actrices représentant deux générations de talents québécois. Deux autres titres retiennent particulièrement notre attention. D’abord CONTINENTAL, UN FILM SANS FUSIL. Premier long métrage de Stéphane Lafleur, cette tragicomédie sur un monde de plus en plus individualiste s’inscrit à mi-chemin entre Les Voisins de Louis Saïa – l’humour absurde en moins – et Que Dieu bénisse l’Amérique de Robert Morin, version plus pathétique. Précédé d’un très bon «buzz» relayé par la critique, ce film ne devrait laisser personne indifférent.

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Impossible de ne pas réagir face à 4 MOIS, 3 SEMAINES ET 2 JOURS du réalisateur roumain Cristian Mungiu. Gagnant de la Palme d’or lors du dernier Festival de Cannes, ce drame social filmé à la manière des frères Dardenne dépeint la Roumanie de la fin des années 80. Coïncidant avec la fin du règne de Nicolae Ceausescu, l’œuvre poignante de Mungiu montre les conséquences directes des mesures adoptées par ce despote sur la vie des citoyens pris dans l’étau du communisme. Par ailleurs, le cinéma roumain sera à l’honneur du 9 au 15 novembre prochains alors que Le Clap présentera une sélection de huit films témoignant du renouveau d’une cinématographie laissée en jachère pendant de nombreuses années.

MICHOU D’AUBER

La complicité qui unit les frères Coen s’avère un carburant toujours aussi efficace. NON, CE PAYS N’EST PAS POUR LE VIEIL HOMME, adaptation du roman de Cormac McCarthy, consacre leur retour à une veine, le film noir à l’humour caustique, dont ils maîtrisent les codes sur le bout des doigts. C’est notre valeur sûre. En guise de valeurs ajoutées à la programmation, il y a MICHOU D’AUBER, DIALOGUE AVEC MON JARDINIER, L’AMOUR AUX TEMPS DU CHOLÉRA, etc. Bon cinéma! S.B.-H.

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Magazine Le Clap nº 141 Du 2 novembre au 20 décembre 2007

La valeur sûre

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NON, CE PAYS N’EST PAS POUR LE VIEIL HOMME

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Ils nous ont donné Fargo, The Big Lebowski et Barton Fink. Au dernier Festival de Cannes, les Coen sont revenus à la charge, prouvant avec NON, CE PAYS N’EST PAS POUR LE VIEIL HOMME qu’ils n’ont pas perdu la main. Comme l’écrit Pâris Harnais, notre correspondant en France, «ils démontrent avec une virtuosité sans pareil qu’ils restent les maîtres dans l’art de renouveler un genre […] nous offrant au passage l’un des films les plus excitants de leur carrière.»

Entrevue avec Monique Mercure et Suzanne Clément par Serge Pallascio

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Ciné-psy par Marcel Gaumond Vins par Philippe Lapeyrie Arts de la scène par David Cantin Le cinéma vu par… Laure Waridel par Serge Pallascio Arts visuels par David Cantin Clap sur le monde par Pierre Blais

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Entrevue avec Cristian Mungiu par Serge Pallascio

Deux générations d’actrices ont Depuis Pusan en Corée du Sud, partagé le plateau du dernier long Cristian Mungiu, lauréat de la Palme métrage de Fernand Dansereau, d’or au dernier Festival de Cannes LA BRUNANTE. Entre Monique pour son puissant plaidoyer contre Mercure et Suzanne Clément, le le régime Ceausescu, raconte la courant a passé. Leur complicité genèse de ce film qui va bien au-delà imprègne la pellicule. Propos et de la sphère politique. Rencontre avec un jeune confidences de deux femmes ouver- réalisateur engagé qui voulait rendre compte de la tes qui aimeraient tourner avec Woody Allen. vie dans son pays il y a vingt ans.

Bandes sonores par Pierre Blais

prOgraMMatiON

eNtrevues 6

Livres par Paul Jacques

Nos films Rétrospective Richard Lavoie Festival du film roumain Calendrier Index

services et privilèges du clap 24

Info-ciné

L’AUTOMNE par Pierre Gagnon

Mon chien et moi, du vent plein les oreilles, dans une rue du Vieux-Québec, mouillée par la pluie. On dirait un film.

UNE PUBLICATION DES ÉDITIONS LE CLAP

Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec, 3e trimestre 1987 ISSN : 1209-7012 Le Magazine Le Clap est publié 7 fois par année par les Éditions Le Clap.

impression distribution Affiche tout contrôle de la distribution Marie Dubé

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Éditeurs directeur général directeur de production adjoint à la production rédactrice en chef infographiste programmation supervision artistique réviseure chroniqueurs

Michel Aubé, Michelle Dubé Michel Aubé Robin Plamondon Simon Leclerc Stéphanie Bois-Houde Martine Côté Michel Aubé Michelle Dubé Marie Chabot Pierre Blais, David Cantin, Pierre Gagnon, Marcel Gaumond, Pâris Harnais, Philippe Lapeyrie, Paul Jacques, Serge Pallascio

pour nous joindre téléphone courriel site internet

653-2470 leclap@clap.ca www.clap.ca

PUBLICITÉ - 418 653-2470 ou 1 800 361-2470 Marie Dubé, poste 210 • Cellulaire: 418 956-3729 courriel : marie.dube@clap.ca tirage 100 000 exemplaires 500 points de distribution

le ciNÉMa le clap • 2360, chemin sainte-Foy, bureau 370, Québec (Québec) g1v 4H2 (la pyramide) en face de l’université laval

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LA BRUNANTE

Un film de Fernand

Dansereau · Du même réalisateur: Doux aveux

Québec Générique: Québec. 2007. 100 min. (V.O.F.) Drame écrit et réalisé par

Fernand Dansereau. Mus. orig.: Francine Beaudry et Marc Larochelle. Int.: Monique Mercure, Suzanne Clément, Patrick Labbé, Vincent Graton, Gaston Lepage, Caroline Lavoie, Hélène Dansereau.

Synopsis: Refaire le tour du jardin avant qu’il ne soit trop tard. C’est le vœu de Madeleine, 72 ans, qui vient d’apprendre qu’elle souffre de la maladie d’Alzheimer. Une rencontre fortuite avec Zoé, une jeune pianiste qui a des dettes de drogue et la rage au cœur, lui permet ce dernier tour de piste. Engagée comme chauffeur, elle conduira Madeleine jusqu’en Gaspésie. Après avoir vu Percé une dernière fois, Madeleine, qui veut épargner les siens, pourra alors en finir...

Notes: C’est une Monique Mercure aussi pleine de vie et entière que Fer-

nand Dansereau redirige 40 ans après Ça n’est pas le temps des romans, un moyen métrage onirique de 28 minutes, tourné en 1966. On y voyait Madeleine, une jeune mère de 35 ans épanouie, mais interrogative sur sa place en tant que femme et épouse. Intégrés à LA BRUNANTE, des extraits de ce film toujours aussi pertinent par le sujet soulevé nous font reprendre contact avec Madeleine. Ses enfants élevés – la maternité l’aura comblée –, la jeune www.clap.ca

femme pensive devenue une dame énergique refuse de s’abandonner à la maladie. C’est un acte de courage de la part de Monique Mercure que de reprendre ce rôle de femme mature en perte d’autonomie et de la conduire bravement jusqu’à la fin. Ni un film sur la vieillesse ni un long métrage fataliste sur la maladie, LA BRUNANTE, œuvre «tardive» de Fernand Dansereau, ne s’enferme pas dans un carcan. Réflexion polyphonique sur le passage du temps et les cicatrices qu’il laisse, ce film s’intéresse surtout au pouvoir rédempteur de certaines rencontres. Sans le savoir, Madeleine sauve la vie de Zoé interprétée par une Suzanne Clément (Suzie dans L’Audition de Luc Picard et Sophie Paquin à la télévision) plus «chat sauvage» qu’ange protecteur. Peu à peu, la connivence s’installe entre ces femmes de générations différentes, une complicité vraie que l’on ressent entre les deux interprètes. C’est sans doute ce lien invisible entre Monique Mercure et sa jeune consœur qui fait en sorte que l’émotion jaillit par montées dramatiques bien senties lors de leurs échanges sur les relations hommes-femmes, la vie à deux et ses trahisons. Au crépuscule de LA BRUNANTE, on aura vu des filiations avec La Neuvaine et Loin d’elle. Une œuvre réconfortante sur la souffrance partagée. (S.B.-H.) «[...] les comédiennes y sont excellentes […] le personnage de Monique Mercure est tissé de finesses et de contradictions. [...] Le climat entremêle humour, douceur et affrontements. (O. Tremblay, Le Devoir)

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par

Serge Pallascio

Deux voix, un film

Entrevue avec Monique Mercure et Suzanne Clément · Actrices du film LA BrunAntE En 1953, Monique Mercure a 23 ans. Pour la première fois, elle se trouve sur un plateau de tournage. On fait l’adaptation cinématographique de Tit-Coq de Gratien Gélinas. Elle y a obtenu un rôle de figuration. On ne la verra cependant que de dos. En 1980, Suzanne Clément a douze ans. Pour la première fois, elle se trouve sur un plateau de télévision. On y produit une série qui s’appelle Les Transistors. En 2007, on les retrouve toutes deux réunies dans LA BRUNANTE, le dernier long métrage du cinéaste québécois Fernand Dansereau. Propos croisés sur cette rencontre exceptionnelle entre deux êtres de feu. Être comédienne Monique Mercure: Il faut être très polyvalente et prête à jouer autant au cinéma, à la télévision qu’au théâtre. Être comédienne implique une collaboration étroite avec le réalisateur, mais il faut bien qu’à un certain moment il y ait un maître à bord. J’ai mon caractère, mais je suis une comédienne plutôt docile. Suzanne Clément: Être comédienne, c’est s’exprimer par tout ce qui nous appartient: le corps, la voix, les émotions, la sueur et la texture de la peau. Je ne réussis pas à être heureuse dans ce métier si je ne fais que ce que l’autre désire. J’essaie maintenant d’établir une relation de discussion, car je me suis longtemps perdue dans le regard de l’autre. La séduction d’un scénario Monique Mercure: Ce qui m’a complètement séduite, c’est le fait qu’il utilise un film dans lequel j’étais il y a 40 ans. Ça n’est pas le temps des romans est un film que Fernand Dansereau avait tourné avec ses enfants, Marc Favreau et moi-même, en 1967. Je ne crois pas qu’il y ait beaucoup de films dans l’histoire du cinéma où la même actrice joue le même rôle à 40 ans d’intervalle. Suzanne Clément: Le personnage de Zoé m’intéressait beaucoup. C’est une rebelle, mais elle a en même temps un immense désir et un immense besoin d’être aimée. C’est quelqu’un qui a une grande blessure et qui repousse les gens, car elle a peur de souffrir. LA BRUNANTE Monique Mercure: C’est un film en forme de road movie où l’on voit deux âges de la vie, la vieillesse et la jeunesse, s’aider mutuellement sans le savoir. C’est surtout une réflexion sur la perte de confiance dans la vie, la peur de devenir un poids pour autrui. Monique Mercure et Suzanne Clément dans LA BRUnAnTE



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Désir de film Monique Mercure: Je n’ai aucun projet. Je n’en ai d’ailleurs jamais eu. Ceci dit, Woody Allen est mon héros, mais jamais je ne jouerai dans un de ses films. Je serais incapable d’apprendre ses textes. J’aurais cependant aimé tourner avec Bertrand Tavernier. Suzanne Clément: J’aimerais tourner avec Pedro Almodóvar. Woody Allen est un créateur qui me fascine par sa force de travail. Gus Van Sant est un cinéaste hallucinant. J’aimerais jouer des films qui sont très loin de moi, qui s’éloigne de ce qu’on connaît de moi actuellement. Sinon j’aimerais interpréter le rôle d’une peintre, sans doute parce que je peins moi-même. Monique Mercure, Suzanne Clément et Fernand Dansereau sur le plateau de LA BRUnAnTE

Suzanne Clément: C’est la rencontre entre deux femmes, entre deux univers très différents. Cela commence par l’ouverture à l’autre. Comme si ce n’était qu’avec un autre être humain qu’on peut réapprendre à aimer la vie. Fernand Dansereau Monique Mercure: Fernand était très présent parce qu’il savait exactement ce qu’il voulait. Ce qui ne nous empêchait pas Suzanne Clément et moi de discuter de certains aspects du film avec lui. Nous nous entendions très bien. Suzanne Clément: C’est un homme d’une grande bonté, qui cherche encore beaucoup. Fernand a une âme créative allumée. Son feu ne sera jamais éteint. L’une vue par l’autre Monique Mercure: Suzanne est une comédienne d’une grande intelligence, elle est vive et profonde. C’est un tempérament fort, elle a confiance en elle. Elle a envie d’aller loin et je crois qu’elle fera une grande carrière. Suzanne Clément: Monique, c’est une grande force, une puissance qui peut être aussi bien d’une grande violence que d’un grand amour. Monique, c’est la vie dans toute sa puissance.

Moi

Si je n’avais pas été comédienne, j’aurais aimé être… Monique Mercure: Musicienne. J’ai parfois une certaine nostalgie de l’époque où je jouais du violoncelle. Suzanne Clément: Plein de choses. Aujourd’hui, je dirais architecte ou globetrotter.

La complicité entre les deux femmes est évidente et va bien au-delà de la rencontre professionnelle entre deux actrices. Comme si l’une s’était reconnue dans l’autre. Comme si ces deux êtres de feu s’étaient transmis quelque chose qui perdurera bien au-delà de LA BRUNANTE. Cela relève de l’invisible, mais en même temps cela crève l’écran.

Monique Mercure et Suzanne Clément dans LA BRUnAnTE

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DÉSIR, DANGER

Un film de Ang Lee · Du même réalisateur: Souvenirs de Brokeback Mountain

«[...] DÉSIR, DAnGER, témoigne de la maîtrise d’un cinéaste au sommet de son art.» (M.-A. Lussier, La Presse)

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États-Unis Générique: États-Unis. 2007. 156 min. (V.F. de Lust, Caution) Drame réa-

lisé par Ang Lee. Scén.: Hui-Ling Wang et James Shamus d’après la nouvelle de Eileen Chang. Mus. orig.: Alexandre Desplat. Int.: Tony Leung, Joan Chen, Tang Wei, Anupam Kher, Leehom Wang.

Synopsis: Shanghai. 1942. L’occupation japonaise s’éternise. Assise dans un café, madame Mak se souvient de Wang Jiazhi, la jeune femme timide qu’elle était en 1938 avant de rencontrer Kuang Yu Min, un étudiant très patriotique qui planifiait l’assassinat de Yee, un collaborateur. Devenue madame Mak, Wang Jiazhi a pour mission de s’approcher de la cible à éliminer en gagnant l’amitié de sa femme.

Notes: L’identité, un thème récurrent chez Ang Lee, est au cœur de la nouvelle d’Eileen Chang qu’il adapte ici dans ce récit de double jeu. À travers l’histoire de Wang Jiazhi – jouée par la débutante Tang Wei –, DÉSIR, DANGER illustre, sous forme de fresque romantique visuellement léchée, un pan de la Deuxième Guerre mondiale en Asie. (S.B.-H.)

ELIZABETH: L’ÂGE D’OR Un film de Shekhar

Kapur · Du même réalisateur: Elizabeth

«Elle (Cate Blanchett) habite son personnage d’une grâce de tous les instants, dur et ferme un moment, vulnérable l’instant d’après.» (N. Provencher, Le Soleil) BAnde Annonce et + de Photos Au

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Royaume-Uni Générique: Royaume-Uni. 2007. 115 min. (V.F. de Elizabeth: The Gol-

den Age) Drame réalisé par Shekhar Kapur. Scén.: Michael Hirst et William Nicholson. Mus. orig.: Craig Armstrong et A. R. Rahman. Int.: Cate Blanchett, Clive Owen, Geoffrey Rush, Jordi Mollà.

Synopsis: Proclamée reine en 1558, Elizabeth règne sur l’Angleterre qu’elle a converti au protestantisme. Philippe II d’Espagne, le veuf de Marie Tudor, manœuvre pour restaurer le catholicisme et contrôler la flotte britannique contre laquelle il lance, en 1588, l’Invincible Armada. Grâce au soutien de Sir Walter Raleigh, Elizabeth lui réplique. Notes: Elizabeth, le premier volet de la fresque de Shekhar Kapur sur Elizabeth

Ire d’Angleterre, se terminait par une cérémonie symbolique où la jeune femme épousait son pays. Dans L’ÂGE D’OR, le deuxième tome, la reine (incarnée avec une majesté naturelle par Cate Blanchett) affronte les conspirations avec son favori, Sir Walter Raleigh, interprété par Clive Owen. Grandiose. (S.B.-H.) 

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L’AMOUR AUX TEMPS DU CHOLÉRA Un film de Mike

Newell · Du même réalisateur: Quatre mariages et un enterrement

Synopsis: C’était dans les Caraïbes... Florentino, un télégraphiste pauvre, s’éprend follement de Fermina Daza, une écolière élevée par sa tante. Après trois ans à l’attendre, sa promise lui échappe en accordant sa main à l’influent docteur Juvenal Urbino... Notes: L’Amour aux temps du choléra de Gabriel García Márquez se main-

tient toujours, avec Cent ans de solitude, son œuvre-phare, au panthéon de la littérature étrangère. L’envoûtant monde latin fantasmé par ce romancier baroque est porteur de ce souffle hors du commun, un impératif pour les grandes adaptations au cinéma. L’acteur Javier Bardem (La Mer intérieure) épouse ici l’obstination amoureuse de Florentino... (S.B.-H.) «L’acteur Javier Bardem (La Mer intérieure) épouse ici l’obstination amoureuse de Florentino...»

États-Unis Générique: États-Unis. 2007. 139 min. (V.F. de Love in the Time of Cholera) Drame réalisé par Mike Newell. Scén.: Ronald Harwood d’après le roman de Gabriel García Márquez. Mus. orig.: Antonio Pinto. Int.: Javier Bardem, Gioavanna Mezzogiorno, Benjamin Bratt, Alicia Borrachero, Catalina Sandino Moreno, John Leguizamo.

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DIALOGUE AVEC MON JARDINIER Un film de Jean

Becker · Du même réalisateur: Les Enfants du Marais

France Générique: France. 2007. 109 min. (V.O.F.) Comédie dramatique réalisée par Jean Becker. Scén.: Jean Becker, Jean Cosmos, Jacques Monnet d’après l’œuvre d’Henri Cueco. Int.: Daniel Auteuil, Jean-Pierre Darroussin, Fanny Cottençon, Hiam Abbass. Synopsis: En instance de divorce, un artiste peintre dans la cinquantaine quitte Paris pour s’installer dans la maison de province où il a été élevé. Parmi ses projets, il souhaite recréer le potager et la roseraie qu’affectionnait sa mère. Il engage un jardinier qui est un ancien compagnon de classe, aujourd’hui retraité de la SNCF. Quotidiennement, jusqu’à la moisson, Dujardin et Dupinceau, comme les deux compères se rebaptisent, échangent sur la vie, le boulot, les femmes et leurs aspirations. Notes: Sur l’affiche promotionnelle de DIALOGUE AVEC MON JARDINIER, Daniel

Auteuil et Jean-Pierre Darroussin pêchent à la ligne dans une barque. L’image et le tandem d’acteurs rappellent inévitablement Michel Serrault et Jacques Gamblin dans Les Enfants du Marais, l’œuvre la plus populaire de Jean Becker depuis L’Été meurtrier, en 1983. Le réalisateur signe-t-il une énième variation sur le miracle de la vie à la campagne? Oui et non. Certaines nuances s’imposent. À partir du roman d’Henri Cueco, Becker réécrit à sa manière une version contemporaine de la fable Le Rat de ville et le rat des champs. L’échange qu’on devine sur plusieurs mois entre ces personnages du jardinier – un homme terre à terre en décalage avec l’époque actuelle – et du peintre – ce dernier plus «instable», moins ancré – sert de prétexte au réalisateur pour dresser sa vision de l’état du monde. L’insatisfaction chronique, l’institution du couple en débandade, les luttes sociales (avec un fond de discours d’une gauche communiste...). À travers le personnage du jardinier (une sorte de Peter Mayle en HLM), Becker revient à l’essence de la vie. Grâce à ce dernier, interprété avec humilité et une certaine innocence par Jean-Pierre Darroussin (Feux rouges, Le Pressentiment), l’urbain en nous et celui en Daniel Auteuil (Mon meilleur ami, La Doublure, Caché), qui incarne le peintre, reprennent leur souffle. Même si le rôle était initialement destiné à Jacques Vil-

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leret, il fait bon s’arrêter pour observer les tomates mûrir au soleil en compagnie de Jean-Pierre Darroussin. Une œuvre humble et sans artifice dont le mérite premier, outre la complicité des acteurs, est de raconter avec des mots simples un morceau de vie aussi vrai que la mie d’un pain tout juste sorti du four... (S.B.-H.) «De cette simple rencontre, Jean Becker tire un film à l’épreuve du temps qui comblera les amateurs d’émotions douces.» (J.-P. Gueran, TéléCinéObs)

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leS ACCouCHeuSeS: 1: lA fieRTÉ, 2: lA RÉvolTe, par Anne-Marie Sicotte, VLB éditeur Montréal, au XIXe siècle. Dominés par des mâles, deux pouvoirs se conjuguent pour contrôler les esprits et les corps, surtout celui des femmes: l’Église catholique et la médecine. C’est notamment ce que découvrent Léonie et Flavie, à travers leur lutte acharnée pour l’assistance aux femmes enceintes. En attendant le troisième tome, on peut dire que cette œuvre est déjà un classique du roman historique et qu’il mériterait une grande adaptation télévisée.

QuAnD CeS DAmeS TuenT, par Otto Penzler, l’Archipel Chez nos voisins du Sud, dans le domaine du polar, Penzler est un éditeur-culte et ses anthologies sont vues comme des modèles. Celle-ci a pour thème la criminalité féminine. Elle compte dix-sept nouvelles inédites dues à des auteurs de calibre comme Connelly, Cook, Klavan, Oates, Rankin, etc. Messieurs, vous allez rire jaune, mais vous feriez bien d’aller aux informations…

l’eSPRiT vAGABonD, par André Major, Boréal Major a renoncé au roman mais, fort heureusement, non à l’écriture, et il faut espérer que ses carnets continuent de paraître à rythme régulier. Celui-ci porte sur les années 1993-1994. Certaines pages relèvent du journal ou de l’autobiographie, d’autres du commentaire ou de l’essai, peu importe: on a le plaisir rare de fréquenter un esprit sensible doublé d’un libre penseur épris de lucidité.

mille SoleilS SPlenDiDeS, par Khaled Hosseini, Belfond

C’est le troisième volet de la série À l’ombre du clocher. Le village de Saint-Jacques-de-la-Rive est plus que jamais le microcosme d’un Québec en ébullition et désireux d’affirmer ses ambitions et son pouvoir. 1967, c’est l’époque où les jeunes agriculteurs s’opposent aux méthodes et aux mentalités des aînés, mais c’est aussi celle de l’Expo, du général de Gaulle, du féminisme, etc. Explosif !

vouS ÊTeS iCi, par François Gravel, Québec Amérique Qu’il s’adresse aux adultes et/ou aux plus jeunes, un roman de Gravel nous est offert presque chaque automne, et on s’en réjouit. Celui-ci a l’originalité d’être un huis clos. Il se déroule dans un centre commercial et met en scène des agents de sécurité aux profils diversifiés et dont les dossiers font rire autant que frémir ou pleurer. Inventif et attachant.

lA moiTiÉ D’ÉToile, par Pierre Tourangeau, XYZ éditeur Tourangeau s’est-il amusé en écrivant ce roman sarcastique? Follement, sans l’ombre d’un doute. Mélangeant le quotidien le plus terre à terre à un imaginaire débridé, il met en scène un romancier frustré par un critique, menacé de perdre sa conjointe au profit d’un professeur, et promené aux quatre coins de la galaxie par un extraterrestre. Qu’on se rassure: tout se tient et on rigole beaucoup.

AuToCHToneS De lA nuiT, par Stanley Péan,

L’Afghanistan, des années 60 à aujourd’hui. L’histoire étonnante de deux femmes, Miriam et Laila, qui auraient pu s’opposer mais qui, victimes de maris brutaux et misogynes, s’unissent pour tenter de fuir leur pays et de se refaire une vraie vie ailleurs. Après nous avoir donné Les Cerfs-volants de Kaboul (bientôt sur nos écrans), Hosseini récidive avec ce roman-choc sur les femmes afghanes. Magnifique.

La Courte échelle

SouS un Ciel De mARBRe, par John Shors, Buchet-Chastel

leS PiÈCeS D’oR De niColAS flAmel, par C. De

Le Taj Mahal! Un monument architectural, certes, mais d’abord et avant tout le témoignage d’un amour fou, la célébration, par l’empereur moghol Shah Jahan, de la mémoire de sa bien-aimée Mumtaz Mahal. C’est toute cette histoire, qui mêle romantisme et tragédie dans l’Inde du XVIIe siècle, que restitue avec brio l’auteur. Un roman historique foisonnant et somptueux.

le monDe viSiBle, par Mark Slouka, Grasset « Ma mère avait connu un homme, pendant la guerre. Ils avaient vécu une histoire d’amour, et comme toute bonne histoire d’amour, elle avait laissé du sang par terre et un naufrage dans son sillage. » Ainsi parle le narrateur qui va relater l’histoire en question, une histoire de fugitifs qui se termine de nos jours, mais démarre dans la Tchécoslovaquie de 1942. Haletant et tragique.

TAlK TAlK, par T.C. Boyle, Grasset Elle se nomme Dana. Elle est sourde. Plus rien ne va dans sa vie: on lui a volé son identité. Qu’il s’agisse de cartes d’identité ou bancaires, de codes informatiques personnalisés ou de mots de passe, tout est faussé ou disparu. Qui lui a dérobé sa vie et comment la regagner? Dana se met en chasse. Un roman-fable caustique sur les aléas de la vie contemporaine et hyper branchée.

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leS AmouRS inTeRDiTeS, par Michel David, HMH

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On réédite beaucoup d’ouvrages de Stanley Péan, ces temps-ci, et c’est tant mieux. Reconnu comme romancier, Péan excelle également comme nouvelliste. Ici, le titre est bien trouvé, car chacun de ces seize textes illustre le côté noir, inquiétant ou même macabre de la nature humaine. Des histoires brèves et efficaces qui, additionnées, provoquent une délicieuse angoisse.

Vailly, et L’EMPEREUR IMMORTEL, par S.-C. De Vailly, Trécarré

Deux romans brefs qui se lisent rapidement et font passer un bon moment, aussi bien aux ados qu’aux adultes. Les deux appartiennent à la série Phoenix (détective du temps). Dans le premier, l’agent Phoenix piste un alchimiste célèbre dans le Paris de 1393, et dans le second, il va tenter de résoudre le mystère des soldats chinois en terre cuite. Divertissement garanti.

LE CINÉMA À LA PAGE GuiDe DvD 2008, Fides Dirigé par François Poitras, ce guide est le résultat d’une étroite collaboration entre les éditions Fides, La Boîte noire et Médiafilm. Offerts en vente ou en location, plus de 12 000 films sont présentés et classés par réalisateur, par sujet, par genre, par pays, etc. Du cinéma grand public au petit film d’auteur, en passant par les classiques ou les toutes dernières nouveautés, rien d’utile n’est oublié. Essentiel.

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NOS SOUVENIRS BRÛLÉS Un film de Susanne

Bier · De la même réalisatrice: Après la noce

«Si Halle Berry donne une performance émouvante, le rarement mauvais Benicio Del Toro signe une performance étonnante, qui devrait lui procurer, c’est ce qu’on lui souhaite, un laissez-passer pour une nomination à l’Oscar.» (N. Provencher, Le Soleil)

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États-Unis · Royaume-Uni Générique: États-Unis · Royaume-Uni. 2007. 113 min. (V.F. de Things We

Lost in the Fire) Drame réalisé par Susanne Bier. Scén.: Allan Loeb. Mus. orig.: Johan Söderqvist. Int.: Halle Berry, Benicio Del Toro, David Duchovny, Alison Lohman.

Synopsis: À la mort brutale de son mari, Audrey Burke, une jeune mère de

famille, décide de renouer avec Jerry Sunborne, un ami d’enfance de son époux. Afin de soulager son deuil, elle l’invite à s’installer chez elle. Si sa venue aide Audrey à faire la paix, Jerry n’en a pas moins des démons à exorciser.

Notes: Après la noce et Frères reflétaient la psychologie de la réalisatrice Susanne Bier en matière de «trauma amoureux». À nouveau, elle réinvente le triangle amoureux, parle de séparation et de la vie qui continue après la mort. Dans les rôles principaux de la veuve et du meilleur ami en «réhabilitation affective»: Halle Berry («oscarisée» pour Le Bal du monstre) et Benicio Del Toro (récompensé d’un Oscar pour Traffic). (S.B.-H.)

DURS À CUIRE Un film de Guillaume

Sylvestre

«[...] dans ce film, tout est bon, tout se savoure, tout se déguste, et au final, c’est une orgie d’ambiances, de rencontres, et de ripailles.» (A. Nicoud, La Presse)

Québec Générique: Québec. 2007. 90 min. (V.O.F.) Documentaire écrit et réalisé par

Guillaume Sylvestre. Mus. orig.: Marc Lalonde. Avec Normand Laprise, Martin Picard, Charles-Antoine Crête, Hugues Dufour.

Notes: C’est à l’exploration de deux institutions de Montréal, dont les répu-

tations débordent de la métropole, que nous convie Guillaume Sylvestre. DURS À CUIRE va à la rencontre de personnages, les chefs Normand Laprise (Toqué!) et Martin Picard (Au pied de cochon). Aussi complémentaires que l’incarnation du yin et du yang en cuisine – l’un réservé, l’autre un Narcisse –, Laprise et Picard ouvrent toutes grandes les portes battantes de leurs laboratoires respectifs. Sylvestre a su approcher ces êtres de démesure (surtout «l’ogre» Picard), mais également cerner leur fébrilité, leur rigueur et ce respect commun du produit et de l’artisan. L’autre point fort de ce portrait, par moments délirant, réside dans la connivence des grands avec leurs sous-chefs. Un coup de feu réussi! (S.B.-H.)

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CinÉmA PASSion On reste mi-figue, mi-raisin à l’écoute du nouvel album hommage de Sergeï Trofanov qui interprète quelques-uns des plus beaux thèmes musicaux de l’histoire du cinéma, ceux qui sont aussi, malheureusement, les plus joués dans les malls de centres commerciaux. Originaire de Moldavie, Trofanov est surtout connu en tant que violoniste du groupe de musique tzigane Djelem. Il nous arrive avec un sixième album solo où se retrouvent les airs de The Way we Were, The Godfather, Love Story et Il était une fois dans l’Ouest joués au violon, accompagné du pianiste roumain Olivier Radu. L’audace est ici mise de côté et, malgré la pérennité incontournable des titres choisis et l’épure des arrangements, le ton donné à l’ensemble manque visiblement de virilité. De plus, conclure ce disque avec My Heart Will Go on fera peutêtre vendre davantage d’exemplaires, mais peut aussi causer un naufrage avec cet excès de glucose inondant le lecteur CD.

CINÉMA PASSION, Sergeï Trofanov, Orange Music, 2007.

CinemATiC : ClASSiC film muSiC RemixeD Voici une autre compilation réunissant des reprises de pièces musicales tirées de classiques du septième art, comme Birdman of Alcatraz, Carrie et Some Like it Hot. La sélection est diversifiée et retravaillée par des D.J. et artistes de la pop électro d’avant-garde. Les remix étonnent, surtout le Roma de Fellini amalgamé

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par Bent et le thème arabisé de Ben Hur réarrangé par le Bombay Dub Orchestra. Les atmosphères émanent autant de l’électronica que des orchestrations lounges plus convenues mais jamais surannées. Il fait bon redécouvrir, dans ce contexte, le travail des talentueux Britanniques aux noms prédestinés, Real Tuesday Weld et Gaudi. Les deux airs chantés façon hip-hop détonnent cependant un peu de cet ensemble où les musiques, revisitées et méconnaissables, agissent comme une black light sonore sur notre environnement.

CINEMATIC : CLASSIC FILM MUSIC REMIXED, artistes divers, Six Degrees Records, 2007.

vAluRi De mATASe Soulignons enfin, de concert avec l’événement sur le cinéma roumain qui se déroulera au Clap, l’existence d’un album d’un duo basé à Québec formé de la Norvégienne Terry Ellen Christophersen à la flûte traversière et du Roumain Mircea Trifan à la guitare. Valuri de Matase, c’est leur nom. Leurs musiques, elles, tirent leurs origines d’airs traditionnels roumains, irlandais, hongrois et celtiques comme Greensleeves. Même le Canon de Pachelbel s’y fait entendre, interprété, comme pour toutes les pièces ici présentes, avec une pureté et une simplicité propices à un dimanche automnal. Sans rien réinventer, le tandem adoucit les mœurs, s’appropriant des univers musicaux qui, malgré leurs origines, s’accouplent aisément sans pudeurs frontalières.

VALURI DE MATASE, Valuri de Matase, valuridematase@yahoo.ca, 2004.

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evil DeAD THe muSiCAl

ACRoSS THe univeRSe

Présentée principalement à Toronto, mais aussi à Montréal et New York, la comédie musicale EVIL DEAD THE MUSICAL bénéficie d’une trame éclatée et enjouée, appuyée par des textes humoristiques d’un goût aussi douteux que le cinéma gore d’où elle puise ses origines. Rappelons que Evil Dead, un film de Sam Raimi particulièrement sanglant et au budget famélique, est devenu culte depuis sa sortie, en 1982. Les chansons du spectacle inspiré par le film semblent puisées dans un registre rappelant celui du Rocky Horror Picture Show. Un livret détaillé nous renseigne sur les 26 chansons et dialogues tirés de ce show où les spectateurs se faisaient éclabousser d’hémoglobine multicolore. On ne peut que saluer l’audace de ce projet marginal et sourire de cet humour noir très BD, en nous rappelant que le titre français de Evil Dead, le film, est L’Opéra de la terreur… Quel présage !

ACROSS THE UNIVERSE est une histoire d’amour sur fond de comédie musicale enrobée par seize reprises de chansons des Beatles. On pige autant dans la période yéyé du quatuor que dans sa période plus psychédélique. Les comédiens jouant les jeunes amoureux Jude et Lucy (Jim Sturgess et Evan Rachel Wood) interprètent eux-mêmes la moitié des chansons. S’ajoutent à eux les Joe Cocker (Come Together), Bono (I Am the Walrus et Lucy in the Sky with Diamonds) et autres invités dont Salma Hayek. Ils revisitent avec un ludisme certain ces classiques en y mettant une touche personnelle sans jamais dénaturer l’essence de leurs qualités mélodiques. Meilleur assurément que le Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band de Peter Frampton et des Bee Gees et presque aussi bon que la bande sonore de I Am Sam: c’est déjà beaucoup pour un CD composé de chansons que plusieurs considèrent comme intouchables

EVIL DEAD THE MUSICAL, artistes divers, Time Life Music, 2007.

ACROSS THE UNIVERSE, artistes divers, Interscope Records, 2007.

LE CLASSIQUE film muSiC BY mAuRiCe JARRe Le nom de famille Jarre signifie pour plusieurs Jean-Michel. Mais bien avant le succès d’Oxygène sur les palmarès du «krautrock nouvelâgeux» des seventies, le père, de son prénom Maurice, faisait la pluie et le beau temps à Hollywood avec des partitions musicales mémorables. L’album dont il est question ici regroupe dix des plus beaux airs du compositeur lyonnais, réinterprétés de belle façon par l’Orchestre philharmonique de Prague. Les thèmes de Lawrence d’Arabie, La Fille de Ryan, Jésus de Nazareth et Le Docteur Jivago s’y trouvent aux cotés de ceux, plus étonnants, de Mad Max Beyond Thunderdome et Ghost. Dix titres, c’est hélas un résumé trop bref de la carrière de Jarre, auteur de musiques pour tous les genres de films, et ce, depuis 50 ans. Les versions originales auraient été appréciées, mais le résultat rend justice au talent de cet artiste « oscarisé » à trois reprises au fil d’une longue et belle carrière. Aussi disponibles dans cette collection offerte à petit prix, les albums conçus autour des œuvres de John Barry, Ennio Morricone et Nino Rota.

FILM MUSIC BY MAURICE JARRE, Orchestre philharmonique de Prague, Silva Screen Records, 2007.

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Festival de Cannes 2007 – Palme d’or - Prix FiPresCi de la Critique internationale - Prix de l’ÉduCation nationale

4 MOIS, 3 SEMAINES ET 2 JOURS Un film de Cristian

Roumanie Générique: Roumanie. 2007. 113 min. (V.O. roumaine avec s.-t. français de 4 Luni, 3 Saptamani si 2 Zile) Drame écrit et réalisé par Cristian Mungiu. Int.: Anamaria Marinca, Laura Vasiliu, Vlad Ivanov. Synopsis: Roumanie. 1987. Ottila et Gabita partagent

une chambre dans une résidence universitaire. Enceinte, Gabita a décidé de se faire avorter, même si l’acte est illégal en Roumanie. Un certain M. Bébé procédera à l’intervention. Ottila aide son amie, mais jamais elle n’aurait imaginé jusqu’où irait l’opération clandestine.

Notes: De 1966 à 1989, l’avortement était interdit en

Roumanie. Au pouvoir de 1965 à 1989, Nicolae Ceausescu lance une politique nataliste qui criminalise l’avortement et la contraception. À la même époque, Pierre Elliott Trudeau, ministre de la Justice au Canada, légalise, avec le «bill omnibus», l’avortement, le divorce et l’homosexualité. À l’opposé de ce progressisme, la Roumanie s’enferme dans un totalitarisme tangible jusque dans la vie intime des Roumains. Effectivement, le pays connaît un baby-boom. Or, les avortements clandestins, la mort de 500 000 femmes à la suite de complications (en 23 ans de régime) ainsi que l’augmentation du nombre d’orphelins montent aussi en flèche. C’est là la mise en contexte de 4 MOIS, 3 SEMAINES ET 2 JOURS de Cristian Mungiu, une œuvre qui traduit avec fébrilité l’angoisse de ces

Mungiu

jeunes femmes qui s’en remettent, «obligées», à des inconnus pour qui l’avortement constitue un commerce alimentaire lucratif dans un État en faillite. Introduit dans une cité universitaire où les petits trafics (cigarettes, produits de beauté, etc.) sont monnaie courante, le réalisateur décrit froidement les effets pervers de ce radicalisme. L’avortement étant devenu un moyen de contraception, les étudiantes, la peur au ventre, s’échangent leurs contacts, s’entraident pour louer des chambres d’hôtel anonymes pour procéder aux interventions. Le malheur de Gabita (Laura Vasiliu) est d’avoir choisi M. Bébé – un nom hautement symbolique –, un sale profiteur. Si la jeune femme en paye le prix, c’est surtout son amie Ottila, bouleversante Anamaria Marinca, qui en subit les contrecoups. Révélation de ce film traitant aussi de l’entraide entre femmes, l’actrice défend ce personnage avec cran et sangfroid. Sur le plan de la mise en scène, Mungiu, comme les frères Dardenne, n’épargne pas le cinéphile en l’infantilisant. Jamais gratuites, certaines scènes aussi nécessaires qu’insoutenables secouent par leur vérité crue. Sans ces images, sans ces actrices et la sécheresse volontaire de la réalisation, 4 MOIS, 3 SEMAINES ET 2 JOURS ne serait pas ce portrait profondément humain d’une société démunie en mode survie. (S.B.-H.)

«[...] un film qui vous prend à la gorge et ne vous lâche plus avant la fin.» (J.-B. Morain, Les Inrockuptibles)

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COMMENT SURVIVRE À SA MÈRE Un film de Émile

Gaudreault · Du même réalisateur: Mambo italiano

«Galluccio et Gaudreault maîtrisent ici l’art de la réplique assassine qui fait mouche. Malgré la gravité des thèmes abordés, Surviving my Mother fait souvent rire au détour d’une vanne bien envoyée; d’une situation plus incongrue, ou d’un revers inattendu.» (M.-A. Lussier, La Presse)

Québec Générique: Québec. 2007. 95 min. (V.F. de Surviving my Mother) Comé-

die dramatique réalisée par Émile Gaudreault. Scén.: Steve Galluccio. Mus. orig.: FM LeSieur. Int.: Caroline Dhavernas, Ellen David, Adam J. Harrington, Véronique Leflaguais, Colin Mochrie, Louison Danis, Christian Bégin, Frank Schorpion.

Synopsis: Clara est consternée lorsque sa mère agonisante lui exprime le sou-

hait de mieux la connaître avant de mourir. En réfléchissant bien, Clara réalise qu’elle-même ignore qui est vraiment Bianca, sa fille de 21 ans. Or, la jeune femme qu’elle découvre n’est peut-être pas celle qu’elle avait imaginée...

Notes: Mélange d’amour-haine, de dépendance et de «j’espère ne jamais deve-

nir comme toi», le lien symbiotique mère-fille est ici une source de mises en situation tragicomiques qu’exploitent avec vivacité et une dose appropriée d’émotions les créateurs (Émile Gaudreault et Steve Galluccio) de cet univers féminin intergénérationnel. (S.B.-H.)

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par

Serge Pallascio

imiTeR lA vie DAnS TouTe SA ComPlexiTÉ

Entrevue avec Cristian Mungiu · réalisateur du film 4 MoiS, 3 SEMAinES Et 2 jourS Québec. Mardi. 21 heures. Le journaliste boit son dernier café noir dans un local sans fenêtre. Au même moment à l’autre bout de la planète. Pusan. Corée. Mercredi 10 heures. Le cinéaste boit son premier café noir dans sa chambre d’hôtel, devant une fenêtre qui donne sur le point de rencontre entre la mer Jaune et la mer du Japon. 011-82-51-742-2121. Paradise Hotel. Cristian Mungiu est au rendez-vous. Conversation avec celui qui a accepté la Palme d’or du dernier Festival de Cannes au nom de «tous les petits cinéastes des petits pays». Cristian Mungiu: Je suis content que vous le disiez. Mon film est surtout un récit terriblement humain et personnel. Je voulais que l’époque, les conditions politiques et sociales ne soient rien d’autre que la toile de fond de l’histoire. Le Clap: Quelles sont vos sources d’inspiration cinématographique? Cristian Mungiu: Je les trouve directement dans la vie et non dans les films. J’essaie d’être très attentif à ce qui m’arrive et de comprendre comment va la vie. Mes films témoignent de cette réflexion. Ceci dit, j’ai vu des films comme tout le monde. J’ai commencé par voir les films de Fellini, d’Antonioni et de Tarkovski vers dix-huit ans. Plus tard, j’ai découvert les films de la période tchèque de Milos Forman.

Cristian Mungiu et Anamaria Marinca sur le plateau de 4 MOIS, 3 SEMAInES ET 2 JOURS

Le Clap: Le traitement de l’image est un aspect particulièrement impressionnant de votre film. Vous travaillez souvent avec la caméra à l’épaule, vous faites de très longs plans. Quelle était votre intention?

Le Clap: Quel est le point de départ de ce scénario? Cristian Mungiu: À l’origine, je voulais écrire quelque chose sur ces années 80 alors que le régime de Nicolae Ceausescu était tout-puissant. Mon intention n’était pas nécessairement de faire un film sur le communisme, mais plutôt de raconter une histoire sur la façon dont nous vivions lorsque nous avions vingt ans. Le Clap: De fait, l’histoire que vous nous racontez est extrêmement intime. Ce n’est pas une métaphore politique ou sociale.

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Cristian Mungiu: Je voulais éviter que le spectateur soit distrait par un traitement trop esthétique de l’image. Je pensais que le film aurait plus d’impact si l’on se concentrait sur l’intensité des événements vécus. Lorsque deux personnes discutent entre elles, il est plus important que le spectateur observe le développement de l’action et de l’émotion qui l’accompagne plutôt que d’observer mon travail de montage. D’où le recours à des plans très longs. C’est la même chose pour le travail de la caméra. J’ai évité de toujours montrer les personnages lorsqu’ils parlent pour mettre plutôt en évidence les éléments les plus significa-

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tifs de l’histoire. Parfois même, je suggère une scène plutôt que de la montrer. Je voulais que le spectateur prenne conscience que ce drame est plus grand que ce que l’écran lui montre. À la fin, le spectateur se retrouve avec des questions auxquelles le film ne répond pas. Ainsi va la vie. Elle ne donne pas toutes les réponses à la fin de la journée. Vous allez vous coucher sans tout savoir. Peut-être n’obtiendrez-vous vos réponses que demain ou après-demain. Je n’aime pas ces films où tout est résolu à la fin. Je voulais imiter la vie dans toute sa complexité. Le Clap: La scène de l’avortement est particulièrement difficile à soutenir. Pourquoi l’avez-vous mise en scène de cette manière? Cristian Mungiu: Cette scène n’a rien de choquant. Elle n’est rien d’autre qu’un moment important de l’histoire et je ne pouvais éviter de la montrer de cette manière. Je me suis demandé pendant un certain temps s’il était nécessaire de faire ainsi, mais je me suis vite rendu compte que si je voulais faire un film honnête sur la réalité que nous avions vécue, cette scène était incontournable. Le film est un constat. Je voulais montrer la complexité de cette solution et permettre au spectateur de se faire sa propre opinion. Le Clap: Vous avez accepté votre Palme d’or comme étant le symbole de la reconnaissance de tous les petits cinéastes des petits pays. Que vouliez-vous dire?

Anamaria Marinca et Vlad Ivanov dans 4 MOIS, 3 SEMAInES ET 2 JOURS

Cristian Mungiu: Les cinéastes des petits pays doivent comprendre que leur contribution à l’histoire du cinéma passe par la mise en scène de sujets locaux et des problèmes humains et non par l’imitation des films américains à gros budget. Je crois à la diversité. Je suis solidaire de ces cinéastes qui croient que le cinéma relève davantage de l’art que du divertissement. Le Clap: Que peut-on vous souhaiter pour la suite des choses? Cristian Mungiu: Souhaitez-moi de demeurer en santé et de pouvoir passer plus de temps avec ma famille.

Le temps! C’est ce qui semble manquer le plus au cinéaste roumain depuis sa Palme d’or. Aujourd’hui, il est à Pusan où il fait partie du jury de la douzième édition du Pusan International Film Festival. Demain, il retourne en Roumanie pour quatre jours. Puis, ce sera Londres où il présentera son film. Enfin, Mungiu mettra le cap sur Los Angeles pour faire la promotion de son film à l’occasion de la remise des Golden Globes et des Oscars. Comme quoi la préoccupation artistique n’est pas insensible à l’importance de la mise en marché d’un film. Vlad Ivanov, Laura Vasiliu et Anamaria Marinca dans 4 MOIS, 3 SEMAInES ET 2 JOURS

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CRAinDRe le PiRe

Commentaire sur le film 4 MoiS, 3 SEMAinES Et 2 jourS Les vrais chefs de l’humanité sont toujours ceux qui, méditant sur eux-mêmes, soulagent au moins le poids de la masse de leur propre poids… C.-G. Jung, Aspects du drame contemporain Lorsque les premières images de 4 MOIS, 3 SEMAINES ET 2 JOURS vous auront pénétrés, vous aurez déjà oublié que vous êtes au cinéma. Vous ne serez déjà plus en présence d’un jeu d’acteurs dirigés par un réalisateur qui se donne comme mission de vous faire passer un bon moment en vous forgeant une fiction. Car ici, en conviendrez-vous (?), la réalité, puissamment et simplement évoquée, dépasse toute fiction. Du coup, tous ces mécanismes de défense qui vous (pardon, je dois dire «nous») permettent de ne pas être au quotidien trop bouleversés par tout ce que la vie nous réserve de choquant, de révoltant, d’humiliant et de profondément éprouvant, tombent. N’est-ce pas ce que l’on craint, en allant au cinéma? Et ce que l’on cherche! Car si une part de nous ne veut ni voir, ni entendre, ni comprendre – la vie est déjà si difficile comme ça! – une autre part sait qu’à défaut de se confronter au pire de l’existence humaine, nos plus belles certitudes, nos plus grands idéaux, nos plus audacieuses prétentions sont voués à se révéler de cette étoffe dont les vêtements du Roi nu d’Andersen furent fabriqués. Voilà ce à quoi nous confronte la production cinématographique anti-fictive de Cristian Mungiu! Le pire de l’existence. Pour un enfant, être envahi, agressé, violenté, abandonné par qui a comme rôle de veiller sur lui et comme fonction de le protéger. Pour un adolescent, être cassé au moment où tendu comme un arc vers cet inconnu qui ne s’adresse qu’à lui, il se fait dire que son destin se trouve sur des chemins battus. Pour un adulte, ne pas être écouté, ne pas être reconnu dans sa valeur, être ignoré et privé de liberté. Pour une femme, recevoir en elle un sexe d’homme qui ensemence la mort plutôt que la vie. Pour le citoyen et la citoyenne d’un régime politique totalitaire, tout cela à la fois. À regarder 4 MOIS, 3 SEMAINES ET 2 JOURS comme une allégorie du régime de terreur qu’induit tout système dictatorial, on comprend pourquoi les ouvrages de Freud furent brûlés par les nazis sur la place publique, à Berlin, en 1936. Tout comme ceux de Jung le furent, en 1939. Pour que la psychanalyse soit perçue comme à ce point menaçante et coupable, il fallait bien, en effet, qu’elle véhicule des idées et des attitudes s’inscrivant fondamentalement à l’encontre de celles qui sous-tendaient un tel régime. Je pense ici, en particulier, à certaines règles qui prévalent dans la relation analytique, et ce, en tout premier lieu, de la part du psychanalyste: • la règle d’une ouverture d’esprit libre de toute idée préconçue • la règle d’une neutralité bienveillante caractérisée par une absence de tout

jugement moralisateur et de toute prétention éducatrice • la règle de la confidentialité • la règle de la prise en considération de tout complexe personnel qui

risquerait de fausser la perception de la problématique de l’autre • la règle de l’écoute attentive, sans interférence.

Anamaria Marinca dans 4 MOIS, 3 SEMAInES ET 2 JOURS

Puis, de la part de l’analysant, la règle du dire tout ce qui lui vient à l’esprit, indépendamment du caractère apparemment immoral, anecdotique ou absurde de ce qui émerge. Tout autant de règles (ou consignes), on le constatera aisément, qui s’opposent radicalement aux diktats d’un régime autoritaire: l’imposition d’une idéologie, la répression brutale en cas de dissension ou de transgression des règlements, la délation comme mesure obligée, l’obéissance aveugle, l’impossibilité d’un dialogue sensible, l’enfermement dans des structures rigides et harassantes plutôt que protectrices, la loi du silence et la pratique inévitable du mensonge. Et si l’on ajoute à cela, l’affranchissement d’un surmoi tyrannique et la conduite d’individuation que peut encourager une démarche d’analyse, cette opposition n’en deviendra que plus évidente encore. C’est donc à l’époque du régime totalitaire de Ceausescu que Gabita, enceinte depuis 4 MOIS, 3 SEMAINES ET 2 JOURS, décide de se faire avorter avec la complicité de son amie Ottila. Gabita, on s’en rend compte assez vite, est l’incarnation même de l’innocence ingénue: jolie, sensible et frêle, elle est tellement touchante qu’on lui donnerait notre chemise sans hésitation et l’absolution sans confession. Candidate parfaite pour jouer le rôle de la victime. Pour éviter que le pire ne lui arrive, Ottila se voit donc contrainte – complémentarité oblige – de jouer le rôle de l’héroïne salvatrice face à l’oppresseur. Au risque de sa propre vie et de l’éclatement de sa vie amoureuse. On a peur avec elle, on rage, on est constamment aux aguets, on ne sait pas si on va, à la fin de l’histoire, sortir indemne des cauchemars dans lesquels on accepte d’entrer, à notre corps défendant. On est dans la nuit et l’on se sent perdu. Le seul moment de détente pendant cette période d’incursion dans les 4 MOIS, 3 SEMAINES ET 2 JOURS: cette soirée d’anniversaire chez les parents de l’amoureux d’Ottila. On y boit, on y mange, on y raconte des blagues à propos de tout et de rien, de la religion et de l’éducation. Moment de détente, vraiment (?): seulement si l’on regarde en périphérie d’Ottila. Là, on voit et on entend des gens qui recourent au même procédé que Freud avait utilisé, lorsqu’on lui avait appris l’autodafé de ses livres, le procédé de l’humour qui tient le drame à distance. En apprenant cela, Freud se serait en effet exclamé: «Quel progrès! Au Moyen Âge, on m’aurait brûlé, aujourd’hui on se contente de brûler mes livres.» Mais au centre, là où se tient Ottila, on ne rit pas. Avec elle, on craint le pire. Et on se dit que si cette fois, on s’en sort, on ne se permettra jamais plus d’être le complice ni de l’autorité abusive, ni de l’imbécile insouciance.

VOUS ÊTES CORDIALEMENT INVITÉS À Une rencontre du Ciné-psy sur le film 4 MOIS, 3 SEMAINES ET 2 JOURS avec Luigi Matei, président de la communauté roumaine de Québec. Le mardi 4 décembre, à 17 h 30 (souper) et à 19 h (exposé et échange), au restaurant Le Rameau d’olivier, 1282, avenue Maguire, Sillery. nous prions ceux et celles qui veulent casser la croûte avant l’échange sur 4 MOIS, 3 SEMAInES ET 2 JOURS de réserver au 687-9725 et, le soir de la rencontre, de se présenter dès 17 h 30 ain de ne pas retarder le début. La rencontre sera encadrée par Marcel Gaumond, psychanalyste. Prix d’entrée: 5 $ (3 $ pour les détenteurs de l’Abonne-Clap). www.cine-psy.com

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Festival international du Film FranCoPhone de namur 2007 – Bayard d’or du meilleur Film

CONTINENTAL, UN FILM SANS FUSIL Un film de Stéphane

Lafleur

che de l’âme sœur et Marcel, un ex-joueur compulsif en rechute qui doit se payer une greffe de la mâchoire.

Notes: Filmer la banalité jusque dans ses derniers retranchements n’est pas

Québec Générique: Québec. 2007. 103 min. (V.O.F.) Comédie dramatique écrite

et réalisée par Stéphane Lafleur. Mus. orig.: Stéphane Lafleur et Hugo Lavoie. Int.: Marie-Ginette Guay, Réal Bossé, Fanny Mallette, Gilbert Sicotte.

Synopsis: Un homme qui s’est endormi dans un autobus s’arrête à une sta-

tion à la lisière d’une forêt. Il y pénètre, attiré par les bruits de la nuit. Lucette, sa femme, déclare sa disparition, puis compte les heures en attendant de ses nouvelles. «C’est normal, les hommes cèdent à des pulsions», lui explique le policier chargé de l’enquête, insinuant qu’il aurait pris le large avec sa maîtresse... Au drame de Lucette se greffent ceux de Louis, un assureur à l’essai éloigné de sa famille, Chantal, une réceptionniste dans un hôtel à la recher-

sans audace à l’heure où les effets spéciaux s’illustrent par leur surenchère. À mi-chemin entre Les Voisins de Louis Saïa – l’humour absurde en moins – et Que Dieu bénisse l’Amérique de Robert Morin version plus pathétique que corrosive, CONTINENTAL, UN FILM SANS FUSIL, premier film de Stéphane Lafleur, dérange. Est-ce l’effet de miroir qui distille ce malaise ou bien la solitude extrême pointée du doigt par l’auteur? En fait, la banlieue décrite par le cinéaste est anonyme, d’un individualisme indifférent. Lucette (MarieGinette Guay), Louis (Réal Bossé), Chantal (Fanny Mallette) et Marcel (Gilbert Sicotte), ces messieurs et mesdames Tout-le-monde, surnagent de peine et de misère dans la marée de leurs malheurs ordinaires. Le pire d’entre tous, Marcel, relance son ex-femme pour un prêt de 285 $ afin de le faire fructifier à 15 000 $ dans une machine à sous. Des dents, ça n’a pas de prix... Bien qu’il n’y aille pas de main morte, forçant volontairement la caricature, Lafleur parvient à nous attacher à eux ainsi qu’à rendre leur quotidien intrigant. Jouer la platitude d’une existence morne s’avère un défi d’acteurs que tous, Gilbert Sicotte et Marie-Ginette Guay en tête, relèvent d’une manière très incarnée. Sans faire rire aux éclats, CONTINENTAL... équivaut à mordre dans un citron. L’acidité nous laisse dans un état entre le rire et les larmes. Cela dit, la finale onirique laisse croire à la vie... après la banlieue! (S.B.-H.) «Pas de grands discours, de grosse musique ou de plans interminables dans le film de Lafleur. Mais des dialogues bien huilés et des scènes courtes qui portent. On rit un peu, on est ému souvent, on réfléchit beaucoup.» (n. Provencher, Le Soleil) «[...] le jeune auteur cinéaste dresse un portrait tragicomique qui colle à la peau tellement il semble plus vrai que nature.» (M.-A. Lussier, La Presse)

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MICHOU D’AUBER

Un film de Thomas

Gilou · Du même réalisateur: La Vérité si je mens!

France Générique: France. 2007. 124 min. (V.O.F.) Comédie dramatique réalisée par Thomas Gilou. Scén.: Jean Cosmos, Thomas Gilou et Messaoud Hattou. Mus. orig.: Alexandre Desplat. Int.: Gérard Depardieu, Natalie Baye, Mathieu Amalric, Samy Seghir. Synopsis: 1960. Messaoud n’est qu’un gamin lorsque son père le laisse à la crèche avec son frère Abdel. Il promet de venir les chercher bientôt. Or, la France s’enlise dans le conflit algérien. S’enrôle-t-il dans la milice du FLN qui riposte à de Gaulle? Retourne-t-il au pays? Chose certaine, leur mère étant très malade, ils vivront temporairement en famille d’accueil. L’aîné dans une ferme et Messaoud, neuf ans, dans le Berry, chez Gisèle et Georges, un couple sans enfant. En voyant ce petit Arabe aux cheveux crépus, Gisèle craint que Georges, un militaire reformé en facteur, ne décide de le renvoyer à l’Assistance publique. Elle lui décolore donc la tignasse et le rebaptise Michel d’Auber. Notes: On savait depuis La Vérité si je mens! que Thomas Gilou entoure ses personnages d’une

tendresse nourrie à la nostalgie. MICHOU D’AUBER n’y fait pas exception et c’est à ce sentiment bien sincère que carbure sa chronique de l’enfance dans une France rurale repliée sur ellemême. Suivant les règles des odes à la vie campagnarde de Jean Becker (Les Enfants du Marais), Gilou y va d’une réalisation classique compensée par une narration vive, des acteurs inspirés et de fines observations sur l’époque. Dédiée au producteur René Cleitman, cette chronique douce amère sur la crise identitaire d’un jeune Kabyle élevé dans une famille catholique au cœur d’une ville hostile aux «étrangers» scelle les retrouvailles de Nathalie Baye et Gérard Depardieu – ils ont joué ensemble dans Le Retour de Martin Guerre – qui interprètent avec chaleur ce couple dessoudé par l’absence d’un enfant. Messaoud-Michou illuminera leur vie. Ce dernier est incarné avec un mélange d’effronterie et de timidité par le jeune Samy Seghir. Sur plusieurs plans, ce carnet de souvenirs évoque Monsieur Batignole. Ici, le collabo (Gérard Jugnot), sauveur sans le vouloir d’une fratrie d’enfants juifs, devient un gaulliste (Depardieu) protecteur bien malgré lui d’un

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petit musulman. Porté par un élan de générosité, Depardieu joue, certes, Depardieu, mais avec la candeur d’une brute convertie en papa gâteau. De plus, les personnages secondaires, dont Mathieu Amalric en instituteur qui a le béguin pour Gisèle (Nathalie Baye radieuse) et lui recommande de lire L’Étranger d’Albert Camus, ajoutent de l’épaisseur à un récit délicieux sur ces rencontres qui changent diamétralement le cours d’une vie. (S.B.-H.) «Autour d’un enfant remarquablement juste, le petit Samy Seghir, Nathalie Baye et Gérard Depardieu constituent le couple idéal.» (P. Vavasseur, Le Parisien)

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ODETTE TOULEMONDE Un film de Eric-Emmanuel

Schmitt

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France Générique: France. 2006. 100 min. (V.O.F.) Comédie écrite et réalisée par

Eric-Emmanuel Schmitt. Mus. orig.: Nicola Piovani. Int.: Catherine Frot, Albert Dupontel, Jacques Weber, Nina Drecq, Camille Japy, Fabrice Murgia.

Synopsis: Vendeuse au rayon cosmétiques d’une grande surface, Odette Toulemonde s’évade de son quotidien banal dans la lecture des romans de Balthazar Balsan. Quand son auteur préféré – celui qui lui «a sauvé la vie» au moins vingt fois – est lapidé dans une émission littéraire, Odette s’empresse de lui écrire une déclaration d’amour... Détruit par la critique assassine, Balsan s’accroche à la lettre comme à une bouée. Un soir, il sonne chez son admiratrice... Notes: Odette Toulemonde, c’est un concentré d’Amélie Poulain dans la quarantaine. Imaginée par Eric-Emmanuel Schmitt dans l’une des nouvelles de Odette Toulemonde et autres histoires, la semeuse de bonheur qu’interprète Catherine Frot lui sert de prétexte pour s’interroger avec fantaisie sur la relation entre l’auteur et le lecteur. Accusé d’écrire pour «les vendeuses, les coiffeuses et ces petites gens ordinaires», Balthazar Balsan (Albert Dupontel), écrivain à grand tirage, a honte d’être ainsi catalogué. En sous-texte, Schmitt, nouvellement réalisateur, questionne: existe-t-il deux littératures? Autrement dit, un romancier à succès est-il moins talentueux qu’un auteur rassemblant un lectorat confidentiel? Le père d’Oscar et la dame rose pousse même l’honnêteté à dire tout haut ce que plusieurs pensent intérieurement: «Les pauvres d’esprit ont droit à leur héros». Ce mépris, Schmitt, romancier plébiscité, le réfute et le piétine dans ce premier film à la fois charmant, naïf et sincère. Pleine de joie de vivre au lieu de s’abîmer dans le chagrin, sa Odette – Catherine Frot égale à elle-même – lui sert de carte de visite pour dire merci à ses lecteurs anonymes, ces gens qui bien humblement défilent lors des séances de signatures. S’il se projette dans les angoisses de Balsan à l’ego crucifié à la télévision, Schmitt insiste sur le pouvoir libérateur des livres. Ainsi, son conte – une jolie histoire, gentille, oui – a le mérite d’être généreux et imaginatif. Les états d’âme de sa madame Tout-le-monde sont alors filmés de sorte à illustrer ce zeste de folie. On s’envole avec Odette lorsqu’elle s’apprête à rencontrer Balsan pour la première fois comme notre pied bat la mesure lorsqu’elle joue les Joséphine Baker de banlieue dans sa cuisine... Bref, il n’y a pas que les romans d’Eric-Emmanuel Schmitt qui font du bien, une certaine Odette sait aussi s’y prendre pour chasser définitivement la déprime... (S.B.-H.)

«Dans le rôle-titre, une Catherine Frot vive et radieuse recueille l’approbation générale. Un des beaux rôles du cinéma français de 2007.» (n. Provencher, Le Soleil)

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L’ÂGE DES TÉNÈBRES Un film de Denys

Arcand · Du même réalisateur: Les Invasions barbares

Notes: On peut voir dans le dernier film de Denys Arcand la clôture d’une

Québec Générique: Québec. 2007. 104 min. (V.O.F.) Comédie dramatique écrite

et réalisée par Denys Arcand. Mus. orig.: Philippe Miller. Int.: Marc Labrèche, Sylvie Léonard, Caroline Néron, Macha Grenon, Diane Kruger, Emma de Caunes, André Robitaille, Pierre Curzi.

Synopsis: Fonctionnaire à Montréal, Jean-Marc Leblanc passe ses journées à recueillir les doléances de citoyens en difficulté. Entre une femme indifférente, obsédée par sa carrière professionnelle, et des relations difficiles avec ses enfants, c’est dans ses rêves qu’il trouve le moyen d’échapper à son morne quotidien, s’imaginant tour à tour écrivain à succès, séducteur irrésistible ou bien encore preux chevalier moyenâgeux...

trilogie entamée vingt ans plus tôt avec Le Déclin de l’empire américain (1986), puis poursuivie, en 2003, avec Les Invasions barbares. Si Jean-Marc Leblanc, son héros, ne partage aucun lien direct avec les personnages des deux précédents volets, il permet au réalisateur de livrer une nouvelle fois quelques commentaires acerbes sur la société. Réaliste et relevant aussi de l’anticipation, le monde qu’il nous décrit ici semble au bord du chaos, comme le suggèrent les informations télévisées qui renseignent régulièrement la population sur la progression d’une obscure épidémie. La grisaille ambiante est accentuée par une vision non moins terne de l’administration publique que le cinéaste tourne en dérision jusqu’à l’absurde: les employés sont contraints de fumer en cachette (!) ou bien obligés d’assister à des séances de thérapie de groupes par le rire... Au milieu de ce marasme, il y a Jean-Marc, un monsieur Toutle-monde incarné admirablement et avec détachement par Marc Labrèche, lequel parvient à nous rendre attachant un personnage d’une extrême banalité. Ses tribulations cocasses et imaginaires avec ses différentes femmes fantasmées (sous les traits notamment de Diane Kruger et d’Emma de Caunes) créent une distorsion comique avec la réalité médiocre de son existence. Le cinéaste multiplie ainsi les saynètes drolatiques (dont une parodie de Kill Bill et de l’émission de Thierry Ardisson, Tout le monde en parle) jusque dans une deuxième partie où le ton devient plus grave. C’est le moment que choisit Arcand pour nous surprendre avec un simulacre de tournoi médiéval. Une séquence surréaliste qui, derrière la farce, illustre symboliquement la crise d’une société moderne et de ses valeurs. Tragicomédie dont les quelques effets caricaturaux n’empêchent pas la pertinence, L’ÂGE DES TÉNÉBRES est peut-être l’œuvre la plus pessimiste d’un auteur qui continue de nourrir une réflexion mordante sur ses contemporains. (P.H.)

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Vins V ins Alsace 2004

Pinot blanc auxerrois, Zeyssolff Alsace, France Code: 896530 Prix: 16,25 $

Conseil du sommelier Le servir à 9 oC.

L’Alsace est une région située dans le nord-est de la France. Comme il s’agit d’un climat continental et/ou septentrional, les vins blancs sont en forte majorité. Vous y trouverez du riesling, du pinot gris, du gewurztraminer et d’autres variétés aux effluves très attirants pour l’amateur de vin. Voici un fastueux assemblage de deux variétés de raisins, pinot blanc et auxerrois, qui sont généralement utilisées pour vinifier les émoustillants crémants d’Alsace (vins mousseux alsaciens). Vous dégusterez un blanc aux émanations mellifères jonglant entre la cire d’abeille, la citronnelle et le miel de trèfle. La bouche est gracieuse, huileuse ainsi que fortement texturée. Sa longueur en fin de bouche et surtout son gras vous ouvriront la porte pour effectuer des mariages fort plaisants avec des fromages à pâte molle. Sa couleur orangée, roussâtre et briquée se veut très annonciatrice. Vous découvrirez un produit à élevage Tawny dix ans prolongé, car ce vin est fait, initialement, avec des raisins à peau rouge. Le nez ouvert et expressif nous libère Porto, Castelinho Douro, Portugal des notes de sucre brun, de caramel qui font de lui un porto non millésimé séduisant et racoleur. Son gusCode: 734079 tatif gracieux pourra facilement escorter une mousse au chocolat ou une escalope de fois gras poêlée qui Prix: 27,10 $ serait allongée sur une purée de figues.

Conseil du sommelier Il sera important de le servir rafraîchi, soit la température de conservation idéale de votre cave ou de votre cellier; 13 ou 14 oC. Une fois ouvert, ce type de vin muté pourra survivre entre quatre et cinq jours.

Zinfandel 2005

Côte de Loach, De Loach Californie, États-Unis Code: 492397 Prix: 16,50 $

Conseil du sommelier Servez-le assez frais, autour de 15 oC, pour lui donner vigueur, en évitant les viandes saignantes et les produits épicés. Même son de cloche pour l’oxygénation. Ne le passez pas en carafe!

Les « zin » sont souvent massifs, imposants et capiteux, mais ce dernier est quelque peu atypique. Avec sa couleur plus ou moins soutenue, le vin reste clair et limpide. Le nez offre une bonne expression aromatique. Vous y percevrez des fruits sauvages ainsi que des notes de menthol et de bonbons anglais. Il est souple, les tanins demeurent très délicats et son acidité buccale est surprenante. Même si ce dernier est issu du Golden State, vous pouvez oublier le boisé et la grande extraction. Un vin fin et en dentelle, ça fait du bien de temps à autre…

la clef du vin Qui aurait cru qu’un objet de la grosseur d’un porte-clés pourrait avoir autant d’effet positif sur la dégustation des vins ? La clé du vin est bien plus qu’un gadget. Elle a été créée par un groupe de sommeliers français chevronnés. Elle fera évoluer vos vins avec un simple contact. En effet, vous n’avez qu’à la tremper dans votre verre et chaque seconde fera vieillir votre vin d’un an. Elle accélère donc le développement aromatique des vins et assouplit leur structure. Une seconde, un an, deux secondes, deux ans, trois secondes, trois ans et ainsi de suite…

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rétrospective richard Lavoie Depuis Noël à l’île aux Grues jusqu’au magnifique Temps des Madelinots, Richard Lavoie, réalisateur de Québec et fils d’Herménégilde Lavoie, a développé au fil des ans une filmographie à la hauteur des Fernand Dansereau et des Pierre Perrault. Regard sur un créateur d’ici.

RANG 5

VOYAGE EN BRETAGNE INTÉRIEURE Québec

Québec

LUNDI 3 DÉCEMBRE

Générique:

MERCREDI 5 DÉCEMBRE

Générique:

Québec. 1994. 118 min. (V.O.F.) Documentaire écrit et réalisé par Richard Lavoie.

Québec. 1978. 96 min. (V.O.F) Documentaire écrit et réalisé par Richard Lavoie.

Notes: «En direct, sur quatre saisons, se déroule l’odyssée de ruraux aux prises avec la tâche de nourrir l’immense majorité citadine. Ces agriculteurs qui ont accepté de témoigner se révèlent des comédiens naturels fort attachants devant la caméra de Richard Lavoie.»

Notes: «Les gens, les conteurs, la musique, le travail, la vie paysanne des montagnes Noires au cœur de la Bretagne traditionnelle.» «[…] bien plus loin que la fête et le folklore, la caméra de Lavoie conduit le spectateur jusqu’à l’âme bretonne!», écrit Ginette Stanton dans Cinéma Québec, en 1978.

HERMÉNÉGILDE - VISION D’UN PIONNIER DU CINÉMA QUÉBÉCOIS 1908-1973 et CONFIDENCES D’UNE FANFARE

CHARLES DAUDELIN DES MAINS ET DES MOTS et POURQUOI C’EST FAIRE

Québec

Québec

MARDI 4 DÉCEMBRE

Générique: Québec. 1976. 53 min. – 106 min.

Générique:

Québec. 1998. 60 min. – 83 min. en programme double avec Pourquoi c’est faire (1968). (V.O.F.) Documentaire écrit et réalisé par Richard Lavoie.

en programme double avec Confidences d’une fanfare (2000). (V.O.F.) Documentaire écrit et réalisé par Richard Lavoie.

Notes: «Un portrait de l’homme, Herménégilde Lavoie, son regard de créateur d’images et son engagement social au Québec d’avant la “Révolution tranquille”» Précédé par Confidences d’une fanfare, un portrait de l’ensemble Pourpour.

JEUDI 6 DÉCEMBRE

Notes: «La démarche, la pensée et les réalisations variées de cet artiste contemporain majeur, Charles Daudelin (1922-2001) reconnu surtout pour ses magistrales sculptures. Son œuvre, depuis plus d’un demi-siècle, façonne l’espace et le quotidien de notre société.» Précédé par Pourquoi c’est faire, racontant «la construction, en une seule journée, d’une immense structure de bois par 50 hommes aidés d’un cheval et de quelques outils traditionnels…»

DOCUMENTAIRE DE L’AUTRE CÔTÉ DU PAYS Un film de Catherine Hébert

Québec Générique: Québec. 2007. 84 min. (version originale en acholi, langi et anglais avec s.-t. français) Documentaire écrit et réalisé par Catherine Hébert. .

Notes: Pendant et après la dictature d’Idi Amin Dada, l’Ouganda n’a connu aucun répit sur le plan politique. À partir de 1988, le pays se divise dans une guerre de factions entre le gouvernement et les rebelles qui a des conséquences tragiques sur les populations. Tournée entièrement en Ouganda, l’œuvre sensible de Catherine Hébert donne la parole à cinq victimes (des enfants, une vieille dame, etc.), des survivants qui s’adaptent en attendant la paix… (S.B.-H.)

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un Roi PAS Comme leS AuTReS Gagnant du Masque de l’interprétation masculine et celui du texte original, en 2005, Alexandre Goyette s’installe au Périscope, du 6 au 25 novembre, pour une dernière série de représentations de son formidable spectacle King Dave. Avec un livre, une traduction anglaise ainsi qu’un projet de film dans l’air, il ne faut surtout pas rater ce qui s’annonce comme l’une des pièces les plus courues, à Québec, cet automne.

Photo: Marilène Bastien

quant de bonne famille qui entame une descente aux enfers, à la fois drôle et terrifiante. Beaucoup plus qu’un simple numéro de cabaret, King Dave se présente tel un conte urbain où le drame intérieur se mêle à l’humour tragicomique. À l’autre bout du fil, Alexandre Goyette explique comment ce premier rapport à l’écriture dramatique est survenu. «Le personnage de David Morin est né d’une anecdote que mon père m’a racontée. Le fils d’un de ses amis s’est fait agresser par trois autres jeunes et il a répliqué en donnant un coup de couteau à l’un de ses assaillants. Même s’il s’agit d’un geste d’autodéfense, l’ado doit vivre avec ce souvenir pour le reste de ses jours. C’est donc à partir de cette anecdote que j’ai ensuite imaginé cette histoire où la violence, la peur, ainsi que la vulnérabilité se précipitent sans cesse».

Alexandre Goyette

photo - Josée

design - diese.ca

D’abord un sketch d’une dizaine de minutes, King Dave a pris des proportions énormes depuis sa création, en février 2005, au Théâtre Prospero, avec l’aide du metteur en scène Christian Fortin. L’histoire tourne autour d’un jeune délin-

Dans ce long monologue des plus percutants, le comédien montréalais utilise un jargon qui ne manque pas de surprendre dès les premières minutes. Seul sur scène, Goyette défend un voyou qui incarne, à la fois, le rôle de prédateur et de victime. «C’est tellement intense à jouer que l’humour sert de soupape dans ce show. Après plus d’une centaine de représentations, le défi est de toujours rester alerte face au texte. Ce personnage est né aussi de mon sens de l’observation dans la vie quotidienne. J’aime retenir toutes sortes d’informations à propos d’histoires banales ou de jeunes que je croise parfois dans la rue. Je connais plutôt bien la réalité à l’œuvre dans King Dave». Même s’il reçoit encore des demandes pour jouer la pièce dans des écoles secondaires, l’acteur dans la mi-vingtaine

Électre ou la Chute des masques

DE MARGUERITE YOURCENAR Mise en scène Denise Guilbault Du 6 novembre au 1er décembre 2007

Direction artistique Gill Champagne

Terre océane DE DANIEL DANIS Mise en scène Gill Champagne

Du 22 janvier au 16 février 2008 Direction artistique Gill Champagne

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croit qu’il est important que ce spectacle reste au théâtre. «Si ce one-man show rapproche les jeunes du théâtre, c’est tant mieux. Le but n’est pas de faire le tour des écoles du Québec avec King Dave. Il s’agit, avant tout, d’une pièce de théâtre. Même si on roule depuis trois ans, on pense arrêter dans les mois qui viennent. Il y a ensuite l’adaptation cinématographique qui doit se faire l’année prochaine. On parle aussi d’une traduction en anglais. Les anglophones viennent même assister à la version française et la réaction est plutôt positive. J’ai hâte de voir ce que ça donnera dans la langue de Shakespeare». Décidément, l’aventure King Dave ne fait que commencer. Toujours au Périscope, on mentionne aussi que la pièce à succès On achève bien les chevaux d’Horace McCoy, dans une mise en scène de Marie-Josée Bastien, revient pour une deuxième fois, du 5 au 16 décembre. Un autre rendez-vous théâtral à ne pas manquer avant la fin 2007. Photo: Marilène Bastien

KinG DAVE

D’Alexandre Goyette. Mise en scène de Christian Fortin Au Périscope, du 6 au 25 novembre

NOS CHOIX

Alexandre Goyette

L’iLiADE

D’après Homère. Adaptation et mise en scène d’Alexis Martin À la Salle Albert-rousseau, le 20 novembre Après une impressionnante et grandiose adaptation de l’Odyssée en 2000 (avec l’aide de Dominic Champagne), Alexis Martin relève seul le défi de l’Iliade. De passage en tournée, à la Salle Albert-Rousseau le 20 novembre, cet ambitieux projet se veut une relecture contemporaine de l’œuvre fondatrice d’Homère. Une pièce au sujet des plus actuels (la guerre) et un spectacle événement qui fait déjà beaucoup de bruit cette saison.

BErtoLinA

Batsheva Dance Company. Chorégraphe de Sharon Eyal Au Grand théâtre de Québec (salle Louis-Fréchette), le 19 novembre Après dix-sept ans d’absence, la Batsheva Dance Company revient à Québec pour un spectacle qui monopolise plus de vingt danseurs. Sous la direction artistique d’Ohad Naharin, l’œuvre tonique et obsédante de la chorégraphe Sharon Eyal avoisine la transe. Bertolina s’avère un must pour les amateurs de danse contemporaine.

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lAuRe WARiDel toute l’humanité est dans un film On croit tous connaître Laure Waridel. Les mots clichés viennent rapidement à l’esprit. Militante écologiste, voire altermondialiste, préoccupée par les droits de la personne. Auteure d’un livre dont le titre Acheter, c’est voter est devenu à lui seul un cri de ralliement. L’itinéraire de la constellation Waridel commence par la fréquentation de l’imaginaire littéraire. Celui des récits de la comtesse de Ségur, des romans jeunesse comme Heidi, des romans d’aventures de Jack London. La rencontre avec le grand écran aura lieu plus tard grâce à E.T., cet être venu du cosmos, porteur d’une utopie à laquelle notre invitée ne pouvait demeurer insensible. Le temps d’un bref passage dans le ciel de Québec, Laure dévoile l’importance du cinéma dans la constellation Waridel. Le Clap: Cela commence donc par E.T. Quels films retrouve-t-on par la suite? Laure Waridel: Le premier film qui m’a vraiment frappée, c’est L’Homme qui plantait des arbres de Frédéric Back et plus tard Le Fleuve aux grandes eaux. J’ai découvert un cinéaste qui est un écologiste engagé. Le Clap: Diriez-vous que les films de Frédéric Back ont eu un rôle important dans votre parcours? Laure Waridel: J’ai toujours ressenti une certaine colère face à l’injustice et l’exploitation environnementale ou sociale. Le cinéma de Frédéric Back a stimulé mon envie de changer des choses et m’a montré que, comme l’homme qui plantait des arbres dans le récit de Giono, à force de petits gestes répétés, on peut arriver à faire de grandes différences. Mais, honnêtement je vois plus de films documentaires que des fictions. J’aime le documentaire, car il touche à la fois mon cœur et ma tête. C’est comme si le cinéma nous ouvrait des fenêtres sur d’autres réalités. J’ai besoin de ces fenêtres qui nous font voyager. Le Clap: Quel regard portez-vous sur le cinéma de fiction?

Photo: Dominic Gouin

Laure Waridel: La fiction nous touche de façon plus subtile. J’ai vu récemment Roman de gare, le dernier film de Claude Lelouch, que j’ai bien aimé, de même que La Constance du jardinier. Mon chum me dit souvent que je suis bon public parce que j’entre complètement dans les films. J’ai la chair de poule, je pleure, je ris. J’oublie l’endroit où je suis. Je suis transportée. Un film, c’est un univers culturel. C’est un patrimoine qui contribue à notre identité. Toute l’humanité est dans un film. Le Clap: Si vous dites «acheter, c’est voter», ne pourrait-on pas dire également «aller au cinéma, c’est voter»?

Laure Waridel

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Laure Waridel: Le cinéma a un impact politique puisqu’il nourrit notre vision du monde. C’est un «aliment intellectuel». Le hic, c’est que, comme dans notre assiette, la tendance est au fast food. On se nourrit plus de cinéma commercial que de cinéma d’auteur. Le fast food une fois de temps en temps, ça va, mais si on ne mange que ça, on sait ce que ça donne. C’est la même chose pour le cinéma commercial. Plus on demandera du cinéma de qualité, plus on en aura. C’est comme pour le café équitable. Le Clap: Quel est le film de fiction ou documentaire que vous apporteriez sur une île déserte? Laure Waridel: Je crois que j’en apporterais deux (rires). Si l’on excepte le film fait par mon chum (NDLR: Ce qu’il reste de nous de Hugo Latulippe), mon film documentaire serait Pour la suite du monde de Pierre Perrault. J’aime le titre. Mon film de fiction serait L’Homme qui plantait des arbres. Cela me donnerait du courage (rires). Mais j’ai aussi beaucoup aimé Le Confessionnal de Robert Lepage. De fait, j’aime tous les films de Robert Lepage. C’est comme s’il me prenait par le chandail et qu’il me suspendait pour que je vois quelque chose d’en haut, à un niveau plus élevé que la plupart des autres films me proposent. Il me transporte dans un autre univers. Le Clap: Quels sont les films québécois dont vous gardez les plus forts souvenirs? Laure Waridel: Léolo. Le Confessionnal. Jésus de Montréal. Mon oncle Antoine. Le Clap: Que pensez-vous de cet engouement qu’il y a pour les documentaires de Michael Moore ou de Al Gore? Laure Waridel: Il y a une partie d’information-spectacle dans tout cela mais, en même temps, ces films sont «conscientisants». Ils nous ouvrent les yeux sur une réalité qui n’est pas celle que l’on voit et entend dans les médias de masse

en général. Il faut des films-chocs. Après on peut aller plus loin et voir davantage les nuances. Mais la vie est faite comme cela. Plus on comprend un sujet, plus on en réalise la complexité. Un documentaire, c’est une vision du monde. Le Clap: Quel est le réalisateur que vous aimeriez rencontrer pour lui serrer la main? Laure Waridel: Hugo Latulippe (rires). J’ai heureusement le privilège de vivre avec lui tous les jours. Mais j’aurais aimé serrer la main de Pierre Perrault. Je lui aurais parlé de notre pays et de ce que l’on est en train de faire avec. Je lui aurais parlé de la suite du monde, de la qualité des écosystèmes.

De la militante à la cinéaste, il n’y a qu’un pas que Laure Waridel franchira bientôt puisqu’elle est en train de scénariser un documentaire dont le titre de travail est Citizen One. «C’est un documentaire d’enquête qui mettra en parallèle la santé de la planète et la santé humaine sur le fil tendu de la mondialisation et des effets de l’économie tant sur l’humanité que sur la planète qu’elle habite», confie-t-elle avec l’hésitation de celle qui sait qu’elle en a déjà trop dit. Elle coréalisera ce documentaire avec Hugo Latulippe. Sortie prévue en 2009. Qu’on prenne note. La constellation Waridel repassera dans le ciel du Magazine Le Clap.

Le musée imaginaire de Laure Waridel Un auteur: Victor Hugo Un livre: Les Misérables Un peintre: Jean Paul Lemieux Une œuvre picturale: Les Tournesols de Van Gogh Un musicien: Richard Desjardins Une œuvre musicale: Les Quatre Saisons de Vivaldi Un lieu géographique: l’île Verte

Il y a une fissure, une fissure dans tout. Comme ça, la lumière peut entrer. Leonard Cohen

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NON, CE PAYS N’EST PAS POUR LE VIEIL HOMME Un film de Ethan et Joel

Coen · Des mêmes réalisateurs: The Big Lebowski

valeur

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États-Unis Générique: États-Unis. 2007. 122

min. (V.O.A.S.-T.F. de No Country for Old Men) Polar écrit et réalisé par Ethan et Joel Coen d’après l’œuvre de Cormac McCarthy. Mus. orig.: Carter Burwell. Int.: Tommy Lee Jones, Javier Bardem, Josh Brolin, Woody Harrelson, Kelly Macdonald.

Synopsis: À la frontière du Texas et du Mexique, Llewelyn Moss trouve une mallette remplie d’argent dans une camionnette abandonnée, cernée de cadavres. Ignorant ce qui a provoqué un tel massacre, il s’empare des 2 millions de dollars sans se douter du déchaînement de violence que son geste va provoquer. Pour lui, c’est le début d’une cavale infernale afin d’échapper à ses poursuivants, dont un mystérieux tueur froid et redoutable.

Notes: Bien qu’absent du palmarès du dernier Festival de Cannes, le film des frères Coen en fut l’un des évènements majeurs, comme en témoignait l’accueil enthousiaste réservé par un public et des journalistes, tous unanimes. Un véritable plébiscite qui marque le retour en grande forme de cinéastes toujours aussi inspirés lorsqu’il s’agit de revisiter le film noir (Miller’s Crossing, Fargo). Leur matériau de base, un roman de Cormac McCarthy, est ici prétexte à un mélange baroque et jouissif des genres, les réalisateurs empruntant aussi bien au western qu’au thriller, mais également au film d’action et à la comédie noire. De séquences nerveuses, rythmées par des poursuites et des fusillades spectaculaires, on passe à des plages d’accalmie où des situations et des dialogues cocasses rappellent l’inclinaison des deux frères pour l’absurde et la dérision. D’une apparente simplicité, le scénario se voit transcendé par une mise en scène constamment inventive qui tire profit à merveille du désert comme décor naturel. Faisant des ruptures de ton brusques le carburant de leur film, les Coen s’appuient en plus sur une direction d’acteurs magistrale. La surprise vient sans conteste de l’interprétation étonnante d’un Javier Bardem métamorphosé: tueur implacable et impavide, son personnage est une sorte d’abstraction du mal dont chacune des apparitions provoque à la fois le rire et l’effroi. En opposition, Josh Brolin campe un cow-boy terre à terre et rationnel, fermement déterminé à défendre son magot. Quant à Tommy Lee Jones, son rôle de shérif vieillissant n’est pas sans rappeler celui de son film Trois enterrements. Les frères Coen démontrent avec une virtuosité sans pareil qu’ils restent les maîtres dans l’art de renouveler un genre et de jouer avec ses conventions, nous offrant au passage l’un des films les plus excitants de leur carrière. (P.H.) Tout, dans ce film, est stupéfiant: le récit, le ton, la mise en scène, la direction photo (travail sublime de Roger Deakins), sans oublier l’interprétation de haut vol [...]» (M.-A. Lussier, La Presse)

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VERS L’INCONNU

UN SECRET

IN THE VALLEY OF ELAH

Un film de Sean Penn Du même réalisateur: The Pledge

Un film de Claude Miller Du même réalisateur: La Petite Lili

Un film de Paul Haggis Du même réalisateur: Crash

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États-Unis

France

États-Unis

Générique: États-Unis. 2007. 140 min. (V.F.

Générique: France. 2007. 110 min. (V.O.F.)

Synopsis: À 24 ans, Christopher McCan-

Synopsis: Enfant unique, François s’invente

de Into the Wild) Drame écrit et réalisé par Sean Penn d’après Voyage au bout de la solitude de Jon Krakauer. Int.: Emile Hirsch, William Hurt, Catherine Keener, Vince Vaughn, Kristen Stewart, Marcia Gay Harden.

dless, jeune diplômé de l’Université d’Emory, part sur le pouce pour un voyage vers l’Alaska… Sa route est le théâtre de rencontres qui le marqueront profondément.

Notes: Inspiré de l’histoire vraie de Christo-

pher McCandless qui, en 1992, partit en Alaska pour ne jamais en revenir vivant, Sean Penn signe son quatrième long métrage à la suite de The Indian Runner, Crossing Guard et The Pledge. (S.B.-H.)

Drame réalisé par Claude Miller. Scén.: Claude Miller et Nathalie Carter d’après le roman de Philippe Grimbert. Int.: Patrick Bruel, Cécile de France, Ludivine Sagnier, Mathieu Amalric, Julie Depardieu.

Générique: États-Unis. 114 min. (V.O.A.)

Drame écrit et réalisé par Paul Haggis d’après le reportage de Mark Boal. Mus. orig.: Mark Isham. Int.: Tommy Lee Jones, Charlize Theron, Susan Sarandon.

un frère. Le jour de ses quinze ans, une amie de la famille lui révèle un secret qui surprendra le gamin fabulateur qu’il était.

Synopsis: Avec la détective Emily Sanders, Hank Deerfield, un retraité de l’armée américaine, enquête sur la disparition de son fils en permission après une mission de dix-huit mois en Irak.

Notes: Pour son treizième long métrage, Claude Miller s’attaque à l’adaptation du roman autobiographique de Philippe Grimbert, lauréat du prix Goncourt des lycéens, en 2004. Avec UN SECRET, il s’ouvre aux sujets sensibles de la déportation des Juifs et de l’Occupation. (S.B.-H.)

Notes: Basé sur le reportage Death and Dishonour de Mark Boal, publié en 2004 dans le magazine Playboy, IN THE VALLEY OF ELAH de Paul Haggis analyse les conséquences de l’intervention américaine en Irak. Un drame immensément humain sur le deuil et, en sous-texte, le syndrome post-traumatique. (S.B.-H.)

ACROSS THE UNIVERSE Un film de Julie

«Taymor, la réalisatrice de l’excellent FRIDA, également conceptrice de la comédie musicale Le Roi lion, sur Broadway, fait preuve d’une belle habileté dans l’adaptation des œuvres des Beatles, plus d’une trentaine au total.» (N. Provencher, Le Soleil)

Taymor · De la même réalisatrice: Frida

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États-Unis Générique: États-Unis. 2007. 133 min. (V.O.A.S.-T.F.) Comédie

musicale réalisée par Julie Taymor. Scén.: Dick Clement et Ian La Frenais. Mus. orig.: Elliot Goldenthal. Int.: Evan Rachel Wood, James Urbaniak, Jim Sturgess.

Synopsis: Dans les années 60, une bande d’étudiants participent aux

grandes manifs anti-guerre, militent pour les droits civiques au son de la musique rock’n’roll et succombent à l’amour. Ils s’appellent Lucy, Jude, Sadie, etc. et parlent la langue des Beatles.

Notes: La réalisatrice de Frida donne, avec ACROSS THE UNI-

VERSE, une portée nouvelle aux paroles intemporelles du Fab Four. Un film baroque et contestataire comme l’était John Lennon, citoyen des États-Unis. (S.B.-H.)

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l’ART Qui Se fÊTe! En 2007, deux anniversaires sont à souligner dans le milieu des arts visuels à Québec. Tout d’abord, Engramme fête cet automne sa 35e année d’existence. Depuis sa fondation, en 1972, ce centre de diffusion et de production «favorise l’exploration de pratiques novatrices en estampe, qu’elles soient réalisées avec des techniques traditionnelles, avec la technologie numérique ou en contact synergique avec les autres disciplines des arts visuels». Alors que l’exposition Épures… d’Eveline Boulva vient tout juste de prendre fin en octobre, Ne me secoue pas je suis plein de larmes de Jennifer Bélanger suit jusqu’au 9 décembre.

sont présentées au 620, côte d’Abraham (jusqu’au 16 décembre), pour ensuite faire l’objet d’une compilation DVD. Comme quoi le trentième se célèbre aussi en l’espace de 30 secondes!

Du côté de La Bande Vidéo, on signale le 30e anniversaire du Centre de création en arts médiatiques de manière fort originale. Trente œuvres vidéo de 30 secondes

30X30X30. Événement collectif pour le 30e anniversaire de La Bande Vidéo La Bande Vidéo, 620, côte d’Abraham jusqu’au 16 décembre

Ne me secoue pas je suis plein de larmes de jennifer Bélanger Engramme, 510, côte d’Abraham jusqu’au 9 décembre

Jennifer Bélanger, noyer, 2007.

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Dans un tout autre registre, Images inoubliables. Œuvres célèbres du Musée des beaux-arts de Hamilton retrace les différents mouvements artistiques qui ont façonné l’art moderne canadien. Au programme, des tableaux de Paul-Émile Borduas, Emily Carr, James

©Petit Palais, Paris/Roger-Viollet

Parmi les trois nouvelles expositions au Musée national des beaux-arts de Québec, Paris 1900 est sans doute celle qui risque d’attirer le plus de visiteurs. Conçue de façon thématique, ce parcours rend hommage à la Belle Époque tout en dressant un portrait fidèle du Paris mondain. En tout, quelque 140 œuvres dont des tableaux, des sculptures, des aquarelles, des gravures, mais aussi des objets d’art décoratif et des photographies appartenant aux prestigieuses collections du Petit palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris. Une évocation grandiose de la vie au siècle dernier.

Charles Giron, Femme au gant dite La Parisienne, vers 1883

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Wilson Morrice, Stewart Harris, Adrien Hébert et plusieurs autres. En terminant, on souligne la présence de l’artiste montréalaise Isabelle Hayeur, dans la salle 1 avec la série Maisons modèles, Excavations et Destinations. Ces images numériques de grand format abordent «le phénomène du développement des banlieues et ses conséquences sur la nature».

Paris 1900. Collections du Petit Palais, Paris Musée national des beaux-arts du Québec jusqu’au 6 janvier 2008

son temps entre sa famille et son travail. Un véritable appel à la simplicité volontaire où le geste quotidien compte pour beaucoup.

Une journée dans la vie de Maggy M. de Michèle Provost Maison Hamel-Bruneau, 2608, chemin Saint-Louis jusqu’au 16 décembre

Qui est cette Maggy M.? Une mère de deux enfants, sans artifice et habitant en banlieue, qui a inspiré à l’artiste Michèle Provost une installation de plus de 70 pièces brodées, émanant d’une banque d’environ 300 photographies. Dans cette «excursion documentaire de 24 heures dans la vie du sujet», on suit le parcours, en apparence ordinaire, d’une femme qui partage Michèle Provost, Une journée dans la vie de Maggy M.,

LE CLAP PROPOSE Réalisée conjointement par le Centre VU et la Gallery 44 de Toronto, Le Regard lent conjugue la photographie, la vidéo, de même que l’installation. Le trajet réunit six artistes, de diverses générations, qui explorent les effets de ralentissement de la vision. On parle donc de productions minimales, fondées sur la prégnance de l’écrit et du signe, où le détail, ainsi que la forme ambiguë prédominent. À découvrir, jusqu’à la mi-décembre, le travail fascinant d’André Barrette, Ève Cadieux, Paul Lacroix, Cecilia Berkovic, Jennifer Cherniack et Tek.

Le Regard lent – The Slow Gaze Vu, 550, côte d’Abraham Du 16 novembre au 16 décembre

Cecilia Berkovic, Public Displays of affection, 2007

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Le cinéma roumain surfe sur une vague de renouveau. Une génération de jeunes réalisateurs avec, au premier plan, Cristian Mungiu et son 4 MOIS, 3 SEMAINES ET 2 JOURS, couronné au dernier Festival de Cannes, permet d’assurer la relève de vétérans comme Lucian Pintilie. En primeur, panorama d’un cinéma trop rare sur les écrans québécois.

OUVERTURE — VENDREDI 9 NOVEMBRE

COMMENT J’AI FÊTÉ LA FIN DU MONDE un film de Catalin Mitulescu

G é n é r i q u e : Ro u m a nie · France. 2006. 104 min. (V.O. roumaine avec s.- t. français) Drame réalisé par Catalin Mitulescu. Scén.: Catalin Mitulescu et Andreea Valean. Int.: Doroteea Petre, Timotei Duma.

Synopsis: Bucarest. 1989.

Synopsis: De passage dans un village de Roumanie, un convoi américain de l’OTAN est arrêté par le chef de gare, une petite frappe qui les garde «en otages»… pour des raisons obscures… DIMANCHE 11 NOVEMBRE SÉLECTIONNÉ À LA QUINZAINE DES RÉALISATEURS 2003

NIKI ET FLO un film de Lucian Pintilie

Générique: France · Roumanie. 2003.

Eva, 17 ans, et son ami Alex brisent accidentellement un buste de Ceausescu. Jugés par un comité disciplinaire, Alex s’en tire, mais Eva sera envoyée dans un établissement de correction...

99 min. (V.O. roumaine avec s.-t. français) Drame réalisé par Lucian Pintilie. Scén.: Cristi Puiu et Razvan Radulescu. Int.: Victor Rebengiuc et Razvan Vasilescu.

FIANCÉES DE L’AMÉRIQUE

Synopsis: Colonel à la retraite, Niki est

un film de nicolae Margineanu

Générique: Rou-

manie. 2007. 80 min. (V.O. roumaine avec s.-t. français) Drame réalisé par Nicolae Margineanu. Int.: Marcel Iures, Monica Ghiuta, Horatiu Malaele, Tamara Cretulescu.

«orphelin» de fils lorsque ce dernier meurt dans un accident. Il vit un double deuil quand sa fille Angela et son gendre, le fils de Flo, quittent la Roumanie pour les États-Unis. Ceux-ci «l’abandonnent» entre les mains de Flo, un bohème peu scrupuleux…

LUNDI 12 NOVEMBRE

LE SYSTÈME NERVEUX un film de Mircea Daneliuc

Synopsis: Maria, l’ancienne fiancée de Radu, est de retour d’Amérique après seize ans d’absence. Elle souhaite comprendre pourquoi, à l’époque, il ne l’a pas suivie et l’a dénoncée comme traîtresse au régime… SAMEDI 10 NOVEMBRE PRIX UN CERTAIN REGARD AU FESTIVAL DE CANNES 2007

CALIFORNIA DREAMIN’ (SANS FIN) un film de Cristian nemescu

Générique: Roumanie. 2007. 155 min. (V.O. roumaine avec s.-t. fran-

çais) Comédie dramatique réalisée par Cristian Nemescu. Scén.: Catherine Linstrun, Cristian Nemescu et Tudor Voican. Int.: Armand Assante, Jamie Elman, Razvan Vasilescu, Maria Dinulescu.

Générique: Roumanie. 2005. 100 min. (V.O. roumaine avec s.-t. français) Comédie dramatique écrite et réalisée par Mircea Daneliuc. Int.: Cecilia Barbora, Dorel Visan, Rodica Tapalaga, Mircrea Radu. Synopsis: Niculina, une vieille dame folle d’une star de la télé, monte chez sa fille à Bucarest dans l’espoir de le rencontrer…


MARDI 13 NOVEMBRE

AMOUR ET D’AUTRES MALADIES un film de tudor Giurgiu

Générique: Roumanie. 2006. 84 min. (V.O. roumaine avec s.-t. français) Drame réalisé par Tudor Giurgiu. Scén.: Cecilia Stefanescu. Int.: Maria Popistasu, Ioana Barbu, Tudor Chirila. Synopsis: Étudiantes à l’université de Bucarest, Kiki et Alex éprouvent

Synopsis: Après l’exécution de Nicolae Ceasescu et le flou qui entourèrent les événements, des militaires sans chef et des pro-Ceausescu évitent l’affrontement… JEUDI 15 NOVEMBRE CAMÉRA D’OR AU FESTIVAL DE CANNES 2006

12 H 08 À L’EST DE BUCAREST un film de Corneliu Porumboiu

Générique: Roumanie. 2006. 89 min. (V.O. roumaine avec s.-t. français) Comédie dramatique écrite et réalisée par Corneliu Porumboiu. Int.: Ion Sapdaru, Mircea Andreescu, Teodor Corban, Luminita Gheorghiu.

une attirance réciproque, non sans agacer Sandu, le frère de Kiki…

MERCREDI 14 NOVEMBRE PRIX SPÉCIAL DU JURY AU FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM DE NAMUR 2006

LE PAPIER SERA BLEU un film de radu Muntean

Générique: Roumanie. 2006. 95 min. (V.O. roumaine avec s.-t. français)

Drame réalisé par Radu Muntean. Scén.: Alexandru Baciu, Radu Muntean et Razvan Radulescu. Int.: Paul Ipate, Adi Carauleanu, Dragos Bucur.

Synopsis: Lors d’un débat télévisé sur le seizième anniversaire de la révolte contre le régime communiste de Nicolae Ceausescu, la question dévie de manière surréaliste… La révolution a-t-elle eu lieu?….

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TouR De mAnivelle Fans de courts métrages, vous avez peut-être vu Le Rouge au sol ou Les Jours réalisés par Maxime Giroux, deux films largement récompensés lors de différents festivals. Après avoir aussi tâté de la réalisation de vidéoclips et de pubs, Giroux s’attaque à un premier long métrage, intitulé SOPHIE, où il entend scruter la psyché et le cœur de son héroïne. «Ça ne ressemblera à rien de ce qui se fait présentement au Québec, mais ça ressemblera à notre réalité parce que ça traite du quotidien. C’est filmé comme une chronique, sans aucun suspense.» Voilà comMaxime Giroux ment le jeune réalisateur décrit SOPHIE, tourné du 21 septembre au 3 novembre derniers dans les alentours de Laval et Terrebonne, en pleine banlieue. SOPHIE met en vedette Guillaume Beauregard (chanteur des Vulgaires Machins) dans le rôle de l’amoureux, Serge Houde en père diabétique et aussi Martin Dubreuil tambourineur des Breastfeeders et surtout comédien fétiche de Giroux. Le rôle principal est quant à lui défendu par Eugénie Beaudry. «Eugénie, je l’ai choisie parmi 75 comédiennes passées en audition. En plus d’être actrice, elle danse avec la troupe de Dave Saint-Pierre. Même si mon film se concentre sur son personnage, c’est une

vision masculine qu’on y trouve, ce sont les hommes qui ont une emprise sur elle, et c’est ce qu’on risque de me reprocher quand le film va sortir», d’ajouter Giroux. Il affirme du même coup à propos des rapports hommes-femmes: «Les hommes sont tellement plus égoïstes que les femmes, c’est fascinant, quand je pense à ma mère, à quel point elle s’est oubliée pour élever ses enfants. Et c’est encore très présent dans notre société, les femmes donnent toujours plus que les hommes.» Vantant les qualités du cinéma québécois des années 1960 et 1970, Giroux souligne aussi qu’il ne veut pas nous offrir un film moraliste, mais qu’il aimerait nous secouer. Son but, avec SOPHIE, c’est de faire en sorte que le spectateur réfléchisse à ce qu’on lui propose: «Aujourd’hui, les scénarios des films québécois sont trop écrits, on traite les spectateurs comme des enfants plutôt que de les faire travailler. Par exemple, on peut presque toujours comprendre un film juste avec le son, sans avoir besoin de l’image. Moi, je veux faire l’inverse!» Le réalisateur sait qu’il peut se casser la gueule dans son aventure, mais son œuvre, qu’il qualifie aussi de laboratoire, il veut la signer; faire savoir aux gens qu’ils ont vu un film d’auteur et non un film de commande. Distribué par Les Films Séville, scénarisé par Alexandre Laferrière (complice de toujours de Giroux) et doté d’un budget de 1,2 million de dollars, SOPHIE devrait sortir en salle au printemps prochain à Québec.

ADAPTATionS

Déjà tourné, en 1953, par Marcel Carné, THÉRÈSE RAQUIN d’Émile Zola fait présentement l’objet d’une nouvelle adaptation au cinéma. Le comédien télé Charles Stratton sera derrière la caméra tandis que devant, dans les rôles principaux, on retrouvera Glenn Close (Fatal Attraction), Ludivine Sagnier (Swimming Pool), Gerard Butler (300) et Giovanni Ribisi (Heaven). Paru en 1867, THÉRÈSE RAQUIN est le troisième roman de Zola. Il raconte l’histoire de Thérèse, fille d’une indigène et d’un capitaine français posté en Algérie. La jeune Thérèse, élevée par sa tante, doit épouser son cousin Camille, part pour Paris avec lui, puis finalement tombe amoureuse de Laurent qui deviendra son amant. Le tournage de cette coproduction se déroulera en République tchèque, et on s’attend à une sortie en salle vers la fin de 2008. Glenn Close, notons-le, devrait ensuite tourner la nouvelle version de SUNSET BOULEVARD. Les attentes seront là aussi très grandes!

Glenn Close

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le DvD Mon oncle d’Amérique, Alain resnais, 1980 Trouver en DVD des classiques du cinéma français, au Québec, n’est pas chose facile. Souvent, le catalogue offert est constitué des choix parcimonieux des distributeurs américains; vous devez donc regarder un Truffaut avec sous-titres anglais! Heureusement, il y a des exceptions comme Mon oncle d’Amérique, œuvre disponible ici, permettant de mesurer toute l’amplitude du talent d’Alain Resnais. Grand Prix du jury à Cannes, en 1980, le film met en relief les théories du philosophe et médecin Henri Laborit, auteur de L’Éloge de la fuite. Resnais, qui revenait de son séjour en Angleterre pour l’espiègle Providence, confia les principaux rôles de son long métrage à Gérard Depardieu, Nicole Garcia et Pierre Arditi, qui deviendra son comédien fétiche. L’histoire propose un regard sur le destin de trois personnages à travers leur travail et leurs amours. Véritable étude comportementale et ludique sur la consommation, la lutte, la fuite et les inhibitions, Mon oncle d’Amérique est doté d’un scénario intelligent, d’acteurs fort bien dirigés et d’une mise en scène très Nouvelle Vague avec sa narration et ses images fixes. Ce film de Resnais allait le mener vers un cinéma plus populaire, examinant avec tendresse et humour, encore aujourd’hui, nos comportements en société. (N.B.: aucun bonus, hélas, sur le DVD).

HAlTe viRTuelle Alors que le cinéma asiatique pénètre de plus en plus, d’année en année, le marché occidental, et ce, depuis quinze ans, un site Internet permet de se tenir à jour ou de se familiariser avec cette production surabondante et éclectique. Le cinéma asiatique a toujours été à l’avant-garde, que ce soit pour les films de monstres (Godzilla), de kung-fu (Bruce Lee) ou d’érotisme (L’Empire des sens). Et depuis peu, nous avons accès à des films orientaux qui proviennent d’ailleurs que du Japon ou de Hong-Kong, notamment de la Corée du Sud et de l’Inde, pays revendiquant toujours le titre de plus grand producteur de films au monde. Le site français www.fantastikasia.net permet de bien saisir toute l’effervescence du cinéma national de ces pays, auxquels s’ajoutent la Thaïlande et le Vietnam. Entrer dans ce site, c’est faire un voyage à travers des cinématographies ayant une vision bien différentes de la nôtre. Cette boussole virtuelle est la bienvenue dans la forêt du septième art asiatique dense et luxuriante! Godzilla

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Bruce Lee

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Un film de Chris Weitz Royaume-Uni · États-Unis BAnde Annonce et + de Photos Au

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Un film de Steve Hickner et Simon J. Smith

Générique: Royaume-Uni · États-Unis. 2007. (V.F. de The Golden Compass) Film d’aventures écrit et réalisé par Chris Weitz d’après l’œuvre de Philip Pullman. Mus. orig.: Alexandre Desplat. Int.: Nicole Kidman, Daniel Craig, Dakota Blue Richards, Ben Walker, Eva Green.

Générique : États-Unis. 2007. 91 min. (V.F. de Bee Movie) Film d’animation réalisé par Steve Hickner et Simon J. Smith. Scén.: Spike Feresten, Barry Marder, Andy Robin et Jerry Seinfeld. Mus. orig. : Rupert Gregson-Williams.

Synopsis: Lyra, une orpheline de douze ans, vit à l’université d’Oxford avec son dæmon Pantalaimon, reflet animal de son âme. Dans le monde parallèle de la fillette, le Magisterium, un gouvernement maléfique, enlève les enfants avec la collaboration des Enfourneurs pour s’en servir comme cobayes. Quand Roger, le meilleur ami de Lyra, disparaît, elle part à sa recherche...

Synopsis: Barry B. Benson est une abeille diplômée qui n’a pas envie de travailler dans l’industrie du miel... En volant hors de la ruche, il fraternise avec un humain, Vanessa. Une infraction majeure au code des abeilles. Fleuriste à New York, elle lui apprend que les humains «volent» le miel des abeilles. Barry décide de leur intenter un procès…

Notes: Premier volet de la trilogie de Heroic Fantasy de Philip Pullman, À LA CROISÉE DES MONDES – LA BOUSSOLE D’OR rejoindra les jeunes «spécialistes» d’Harry Potter et ces contes fantastiques se déroulant dans des univers imaginaires. (S.B.-H.)

États-Unis

Notes: C’est le comique américain Jerry Seinfeld, héros du populaire sitcom Seinfeld, qui scénarise et produit les aventures de Barry, l’abeille contestataire. (S.B.-H.)

BAnde Annonce et + de Photos Au

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A4 4 4 4

B4 C4 4

D4 4 4 4 4

E4 F4 I4 M4 N4 4

O4 R4 U4 V4

4

mois, 3 semaines et Un film de Cristian Mungiu

2

À

la CroisÉe des mondes Un film de Chris Weitz

jours du 2 au 29 novembre

p. 16

— la Boussole d’or du 7 au 20 décembre

p. 42

the universe Un film de Julie Taymor du 30 novembre au 20 décembre

p. 35

aCross Âge

des tÉnèBres, Un film de Denys Arcand

l’ du 7 au 20 décembre

aux temPs du CholÉra, l’ Un film de Mike Newell du 16 novembre au 20 décembre

p. 27

amour

p. 9

Brunante, la Un film de Fernand Dansereau

du 9 novembre au 20 décembre

p. 5

survivre À sa mère Un film de Émile Gaudreault du 2 au 29 novembre

p. 17

Comment

Continental,

un Film sans Fusil Un film de Stéphane Lafleur du 9 novembre au 6 décembre

p. 21

de l’autre

CôtÉ du Pays Un film de Catherine Hébert

du 23 au 29 novembre

p. 29

dÉsir,

danger Un film de Ang Lee

du 2 au 8 novembre

p. 8

aveC mon jardinier Un film de Jean Becker du 16 novembre au 6 décembre

p. 10

dialogue

drôle d’aBeille Un film de Steve Hickner et Simon J. Smith du 23 novembre au 20 décembre

p. 42

durs

À Cuire Un film de Guillaume Sylvestre

du 2 au 15 novembre

p. 13

du 2 au 22 novembre

p. 8

du 9 au 15 novembre

p. 38

du 30 novembre au 6 décembre

p. 35

du 2 novembre au 20 décembre

p. 22

elizaBeth: l’Âge d’or Un film de Shekhar Kapur

Festival

du Film roumain

in

the valley oF Un film de Paul Haggis

elah

miChou d’auBer Un film de Thomas Gilou

non,

Ce Pays n’est Pas Pour le vieil homme Un film de Ethan et Joel Coen du 23 novembre au 20 décembre p. 34

nos

souvenirs BrûlÉs Un film de Susanne Bier

du 2 au 22 novembre

p. 13

du 2 novembre au 20 décembre

p. 26

odette toulemonde Un film de Eric-Emmanuel Schmitt

retrosPeCtive riChard lavoie du 3 au 6 décembre

p. 29

du 2 au 8 novembre

p. 35

du 2 novembre au 20 décembre

p. 35

un

seCret Un film de Claude Miller

vers l’inConnu Un film de Sean Penn

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