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28 octobre au 15 décembre 2005 www.clap.qc.ca

N°127

hjgZ SURE L’Équipier Une femme honorable Le Dernier Trappeur

valeur

De battre mon cœur s’est arrêté

Un film de Radu Mihaileanu Reportage — 20 ANS DE CINÉMA INTERNATIONAL · Évènement — LES 5 JOURS DU CINÉMA FRANÇAIS À QUÉBEC Avis de recherche — CINÉASTE AMATEUR · Les cadeaux du 20e anniversaire


PRAGUE, FÉERIE DE NOËL - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - (2 repas/jour) 3 au 10 décembre Grand succès, seulement quelques places encore disponibles!

1 399 $

LA THAÏLANDE en circuit! - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - (40 repas) 7 au 24 février Bangkok/Damnoern Saduak/Rivière Kwai/Ayuthya/ Chiang Rai/Chiang Mai/Khorat et +

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GRAND TOUR DU VIETNAM en circuit ! - - - - - - - - - - - (tous les repas) 14 février au 3 mars Hô Chi Minh/Nha Trang/Qui Nhon/Hoî An/ Danang/Hué/Hanoi/Halong et +

À partir de 3 249 $

PRAGUE À LA RELÂCHE - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - (2 repas/jour) 4 au 11 mars

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TUNISIE, mer et désert - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - (2 repas/jour) 12 au 26 mars Circuit et séjour en station balnéaire

Ta-shi de-lek ! (bonjour en tibétain) Pays mythique qui fascine les Occidentaux depuis des siècles, le Tibet passionne aujourd’hui autant le rêveur, l’humaniste que le marcheur sommeillant en chacun de nous. Impossible d’évoquer ce pays sans éveiller notre imaginaire, à la seule pensée de découvrir les espaces immenses et dénudés des hauts plateaux ou les cols majestueux qui les sillonnent. Qui n’a jamais lu ou entendu parler du livre Tintin au Tibet de Hergé, ce récit qui nous a fait entrevoir un bout de l’Himalaya qui jusqu’alors nous était inconnu? Toit du monde, pays des neiges, le Tibet est aussi le creuset d’une impressionnante culture bouddhiste. Les Tibétains sont un peuple tenace qui refuse de mourir et qui, malgré l’occupation chinoise, maintient toujours la tradition et la richesse des rituels religieux. Le mode de vie qui en découle ne peut que susciter le respect envers la force tranquille de l’une des plus anciennes cultures au monde.

À partir de 1 849 $

COSTA DEL SOL - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - (2 repas/jour) 13 au 27 mars Séjour libre accompagné

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PORTUGAL, CIRCUIT ET SÉJOUR - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - (11 repas) 20 mars au 1er avril Porto/Braga/Coimbra/Fatima/Sintra, Cascais/Albufeira/Lisbonne

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PARIS AUBAINE - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - (2 repas/jour + vin) 1er au 9 mai

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LA CHINE ET HONG KONG - - - - - - - - - - - - - - - - - (presque tous les repas) Terre de contrastes en circuit! 10 au 27 mai Pékin/Luoyang/Xian/Shanghai/Guilin/ Yangshuo/Canton/Hong Kong

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PRAGUE AUBAINE - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - (2 repas/jour) 15 au 22 mai + tour de ville

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BERLIN AUBAINE Exclusif ! - - - - - - - - - - - - - (2 repas/jour + tour de ville) 22 au 29 mai

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BUDAPEST AUBAINE hôtel 4**** - - - - - - - - - - - - - - - - - (3 repas/jour) 22 au 29 mai Visites guidées chaque jour

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DE KATHMANDU AUX SPLENDEURS DU TIBET - - - - - - - - (41 repas) 7 au 25 mai À partir de 4 899 $ Un voyage accessible à tous! Formule exclusive! Kathmandu/Gongkar/Tsedang/Lhasa/Ganden/Lac Yamdrok/ Gyantsé/Shigatsé/Lhatse/Rongbuk/camp de base de l’Everest et + Prix par personne en occ. double taxes incluses (selon le voyage). Tous les prix et dates sont sujets à changements sans préavis.

Vous serez également conquis par le sentiment de liberté infinie qui émane des montagnes qui nous entourent. On dit du vent qui les habite qu’il est parfois violent, parfois doux mais qu’il est toujours présent. Tout comme le yak, cet animal béni entre tous qui joue un rôle absolument vital au quotidien. Quelle stupéfaction lorsqu’on en rencontre quelques-uns pour la première fois, portant des charges de quelques centaines de kilos, décorés de divers attributs colorés par des maîtres on ne peut plus fiers de ces magnifiques bêtes! Notre séjour sur le toit du monde vous permettra enfin de découvrir, dans la simplicité des chemins en altitude et des villages pittoresques quelquesuns des plus importants monastères qui jalonnent l’itinéraire historique du bouddhisme tibétain. Vous serez infiniment touchés par l’ambiance qui règne en ces lieux sacrés et charmés par la sérénité et la gentillesse tant des pèlerins que des moines et lamas reconnaissables entre tous. Bien sûr que nous discuterons ensemble du rôle important du dalaï-lama comme ambassadeur du Tibet autour du monde, et des richesses infinies de ce pays si près du ciel. De belles soirées en perspective, n’est-ce pas? Au plaisir de les partager avec vous! Demandez vite le programme détaillé de ce voyage exclusif chez Groupe Voyages Québec.

Votre accompagnatrice, Christine Métayer Groupe Voyages Québec

Informations / Réservations: 174, Grande Allée Ouest, Québec (Québec) G1R 2G9 · Tél. : 525-4585 — Sans frais : 1 800 463-1598 Courriel : infos@gvq.qc.ca — Internet : www.gvq.qc.ca

permis du Québec


Vous souvenez-vous du premier film que vous avez vu au Clap? Pas moi! Trop de pellicule a coulé sous les ponts depuis ma première visite où, dois-je le préciser, je n’avais pu visionner le film dont le titre m’échappe encore. Un geste de déni pour sublimer ma frustration de voir le dernier billet vendu à la personne juste devant moi! Au bout de la queue, je savais pourtant que j’y reviendrais. J’y suis revenue. J’y suis toujours!

20 ans de cinéma international

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S’il y a encore des files à l’occasion — un beau problème! — malgré un système de billetterie qui peut cracher jusqu’à 1500 tickets à l’heure, je ne suis pas la seule à avoir pris goût au Clap. Que ce soit le jour J, le 15 novembre 1985, lors de la projection inaugurale de Recherche Susan désespérément ou lors du choc initiatique suscité par l’un des 3 000 films présentés à ce jour sur les six écrans, «la pyramide» de la cinéphilie a rassemblé et continue à rejoindre annuellement des milliers d’adeptes de cinéma convaincus par le merveilleux de l’équation 24 images seconde. Fondé par Michel Aubé, Michelle Dubé, Lise Gagné et Martial Bouchard, le Clap est né d’un désir de diffuser le cinéma autrement. Croyant qu’un cinéma indépendant avait sa place parmi les chaînes, ces beaux fous y ont cru assez fort pour faire mentir les plus pessimistes qui voyaient d’un œil méprisant l’arrivée d’un nouveau joueur. Au fil des ans, la différence assumée du Clap aura même triomphé de l’ouverture, en 2000, des mégaplexes élevés à près de 7 km…

Visiblement, vous y croyez autant que le quatuor à l’origine de ce projet, hier, si audacieux. Combien de fois, les guichetiers entendent dans une journée: «J’ai ma carte Abonne-Clap depuis les débuts…» comme si certains souhaitaient exprimer qu’ils sont des nôtres. D’où vient ce sentiment d’appartenance à LEUR cinéma? S’il fallait pointer une seule raison, outre l’éclectisme de la programmation et le magazine qui la présente, ce surplus d’âme qui fait notre différence réside sans aucun doute dans le facteur humain. Concrètement, ce sont les sourires de Margarita derrière le comptoir de rafraîchissements, la bonhomie de Richard se donnant la peine de prendre de vos nouvelles en contrôlant vos billets, le personnel du café qui connaît vos petites manies ou le privilège, s’il en est un à l’ère de l’automatisation de la téléphonie, de vous adresser à une voix «humaine» lorsque vous avez des questions ou des commentaires à formuler. Un vingtième anniversaire, c’est également l’occasion de rendre hommage à mes collègues, une équipe discrète de travailleurs de l’ombre sans qui votre cinéma et son magazine ne seraient pas les mêmes. Parce qu’ils sont vraiment discrets, je ne nommerai que leur prénom de peur de les voir rougir alors qu’ils méritent tous de bons mots. Bravo à Michel, Michelle, Marie, Robin, Nella, Simon, Félicia, Gabriel, à l’équipe à votre service — les «ex», les «pour toujours», les nouveaux — ainsi qu’aux fidèles collaborateurs, Marie, Serge, Marcel et Pierre! Et merci à vous, chers cinéphiles… Stéphanie

Magazine Le Clap n° 127 · du 28 octobre au 15 décembre 2005 –




Magazine Le Clap nº 1 2 7 Du 28 octobre au 15 décembre 2005

La programmation

5 13

chroniques

Nos films La valeur sûre — DE BATTRE MON CŒUR S’EST ARRÊTÉ

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Calendrier

62

Index

spéciaL 20 e anniversaire

34 44

Reportage — VINGT ANS DE CINÉMA INTERNATIONAL par Stéphanie Bois-Houde Événement — LES CINQ JOURS DU CINÉMA FRANÇAIS À QUÉBEC

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Les cadeaux du 20 anniversaire

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Avis de recherche — CINÉASTE AMATEUR

16

Ciné-psy par Marcel Gaumond

20

Clap sur le monde par Pierre Blais

24

Bandes sonores par Pierre Blais

28

Arts visuels par David Cantin

30

Revue de presse par Martine Côté

48

Arts de la scène par David Cantin

50

Livres par Paul Jacques

52

Le cinéma vu par... par Serge Pallascio

services et priviLèges du cLap

e

32

Info-ciné

58

Privilèges de l’Abonne-Clap

une pubLication des éditions Le cLap LE CINÉMA LE CLAP 2360, chemin Sainte-Foy, bureau 370 Sainte-Foy (Québec) G1V 4H2 (la pyramide) en face de l’Université Laval Éditeurs Directeur général Directeur de production Adjoint à la production Rédactrice en chef Programmation Réviseure Chroniqueurs

tabLeau des tarifs Adulte ···················································································· 7 ,5 0 $ vendredi au dimanche après 18 h ········································· 9 $ samedi et dimanche avant 18 h ········································· 7 ,7 5 $ mardi et mercredi ····························································· 6 ,2 5 $ 50 à 64 ans ··········································································· 7 ,2 5 $ Âge d’or (65 ans et plus) ························································· 6 $ 14 ans et moins ········································································ 6 $ Étudiant (sur présentation de la carte d’étudiant) 6 ,5 0 $ dimanche au vendredi après 21 h ········································· 4 $ Carte Abonne-Clap / 10 films ················································ 5 5 $ 5 films ················································· 3 5 $

· Les journées des abonnés · Tous les lundis et jeudis, sauf les jours fériés, vous verrez votre invité admis pour seulement 2 $ à la projection pour laquelle vous vous procurerez un billet. 

– Magazine Le Clap n° 127 · du 28 octobre au 15 décembre 2005

Michel Aubé, Michelle Dubé Michel Aubé Robin Plamondon Simon Leclerc Stéphanie Bois- Houde Michel Aubé Marie Chabot Pierre Blais, David Cantin, Martine Côté, Marcel Gaumond, Pâris Harnais, Paul Jacques, Serge Pallascio

Impression Quebecor Distribution Affiche tout Contrôle de la distribution Marie Dubé Tirage 1 0 0 0 0 0 exemplaires

Pour nous joindre Horaire des films Administration Billetterie Télécopieur Courriel Site Internet

650-CLAP ou 650-2527 653-2470 653-2470, poste 229 653-6018 leclap@clap.qc.ca http://www.clap.qc.ca

PUBLICITÉ · Marie Dubé · (418) 653-2470, poste 210 ou 1 800 361- 2470 Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec, 3e trimestre 1987, ISSN : 1209-7012 Le Magazine Le Clap est publié 7 fois par année par les Éditions Le Clap. Il est tiré à 100 000 exemplaires et distribué dans plus de 500 points de dépôt situés dans l’agglomération urbaine de Québec : cinémas, halles, collèges, université, supermarchés, centres commerciaux, cafés, restaurants, etc. La distribution est assurée par distribution Affiche tout.

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Festival international du Film de Berlin 2005 — Prix œcuménique du jury – Prix Panorama du PuBlic

VA, VIS ET DEVIENS Un film de Radu

Mihaileanu · Du même réalisateur: Trahir

France · Brésil · Israël · Italie Générique: France · Brésil · Israël · Italie. 2005. 140 min. (V.O. en ara-

méen, hébreu et français avec s.-t. français) Drame réalisé par Radu Mihaileanu. Scén.: Alain-Michel Blanc et Radu Mihaileanu. Mus. orig.: Armand Amar. Int.: Yaël Abecassis, Roschdy Zem, Moshe Agazai, Mosche Abebe, Sirak M. Sabahat, Roni Hadar, Itzhak Adgar.

Synopsis: En 1984, des millions d’Africains fuyant la famine s’entassent dans des camps de réfugiés au Soudan. Parmi eux, 8 000 Juifs éthiopiens, des Falashas, seront expatriés secrètement vers Israël lors de l’opération Moïse. Organisé par le Mossad et les États-Unis, ce convoi humanitaire vise à rescaper ces descendants du roi Salomon pour qu’ils rentrent chez eux en Terre Sainte. Pour sauver son fils de neuf ans de la mort à moyen terme, une chrétienne l’implore de prétendre qu’il est orphelin et Juif. À Tel-Aviv, l’enfant devenu Shlomo est adopté par Yoram et Yaël, des gens bons qui l’entourent d’amour en espérant qu’un jour il les appelle spontanément papa et maman… De l’enfance à l’âge adulte, Shlomo grandit avec la peur que son secret l’éloigne des siens. Plus que ce qu’il cache, c’est la couleur noire de sa peau qui en fait un enfant, puis un adulte différent dans un pays en guerre loin d’être immunisé contre le fléau du racisme… Notes: Troisième film de Radu Mihaileanu, VA, VIS ET DEVIENS doit sa force et son émotivité au parcours personnel de son réalisateur qui a subi et fui le régime de Ceausescu en Roumanie. L’exil, Mihaileanu en parle en connaissance de cause. Sa vision du déracinement en est une de l’intérieur. C’est sans doute pourquoi on adopte immédiatement comme Yaël et Yoram — magnifiques et intenses Yaël Abecassis et Roschdy Zem dans le rôle de www.clap.qc.ca

ce couple ayant désiré l’arrivée de Shlomo qu’ils aiment sans concession — ce petit apatride qui dort sur le sol par réflexe. Par ses rituels, Shlomo, interprété avec autant d’éloquence par trois acteurs à différentes époques de son existence, montre son déchirement en étant obligé de s’adapter à sa nouvelle vie sans renier l’ancienne. Une très belle scène témoigne de la nostalgie du petit déraciné alors qu’il retire ses chaussures pour goûter la sécheresse et la chaleur de la terre sous ses pieds. C’est par ces détails impressionnistes que le cinéaste à qui l’on doit Trahir parvient à rendre véridique le désir de Shlomo de garder vivant le souvenir de son pays et de sa mère. D’ailleurs, la maternité au sens d’aimer inconditionnellement reste l’un des thèmes porteurs de ce film édifiant. L’actrice Yaël Abecassis se distingue particulièrement par l’expression de sa bonté et son jeu centré sur le dévouement de son personnage face à ce fils qui la tient à distance par «loyauté» envers sa mère biologique. Plus politique, voire documentaire, en troisième partie, VA, VIS ET DEVIENS décrie le racisme, mais par la voix de la tempérance. Une vertu omniprésente dans ce film profond sur la filiation. (S.B.-H.) «Puissant. [...] Magnifique récit, au delà de l’émotion, un souffle d’humanité balaie ce beau film.» (G. Alexandre, Ciné Live) «Ce film est riche de messages de paix et d’espoir. Ils sont portés par les acteurs, magnifiques et généreux (notamment Roschdy Zem, épatant en Israélien activiste et pacifiste) […]» (P. Fabre, Studio)

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MAURICE RICHARD

Un film de Charles

Binamé · Du même réalisateur: Séraphin-Un homme et son péché

Québec Générique: Québec. 2005. 125 min. (V.O.F.) Drame réalisé par Charles Binamé. Scén.: Ken Scott. Mus. orig.: Michel Cusson. Int.: Roy Dupuis, Rémy Girard, Julie Le Breton, Patrice Robitaille, Diane Lavalllée, Michel Barrette, Mario Jean. Synopsis: L’histoire racontée ici est celle de l’idole d’un peuple, le hockeyeur Maurice Richard. Regard sur l’homme derrière la légende des Canadiens de Montréal, MAURICE RICHARD retrace ses débuts modestes jusqu’à la célèbre émeute au Forum de Montréal, en 1955. De ses années dans une usine bruyante jusqu’à son arrivée dans la Ligue nationale de hockey, en passant par ses nombreux records établis à titre de joueur le plus populaire de sa génération, ce récit fait le portrait de celui qui fut peut-être, bien que sans le vouloir, le plus grand symbole du Québec français sous Duplessis.

Notes: Les films sur le hockey sont nombreux. Pensons à Slap Shot, Youngblood, The Mighty Ducks, Les Boys, plus récemment Miracle, sans oublier la télésérie Lance et compte. Même Atom Egoyan s’est essayé au genre avec Gross Misconduct. Mais jamais n’a-t-on osé se pencher jusqu’à maintenant sur l’âge d’or de la Sainte-Flanelle lorsque Maurice Richard en était le joueurvedette. Le réalisateur Charles Binamé a décidé de relever le défi pourvu qu’on lui donne les moyens de restituer l’époque des années 40 et 50 de façon réaliste. Pierre Gill, son directeur photo, s’emballe d’ailleurs en évoquant les prouesses techniques effectuées afin d’intégrer les scènes tournées pour le film avec des images d’archives retouchées par la technologie d’aujourd’hui. Pour tourner adéquatement «d’authentiques» scènes sur glace — plusieurs filmées au Colisée de Québec — de vieux objectifs ont été utilisés pour donner une texture vieillotte aux images. La plus petite caméra à l’épaule 35 mm sur le marché a été mise à contribution afin de suivre le jeu rapide sur la patinoire. «Le film est en couleurs, mais pensé en noir et blanc», affirme le directeur photo. Et pour rendre encore plus crédibles les scènes de jeu sur la glace, la production a fait appel à plusieurs joueurs professionnels, dont Vincent Lecavalier ( Jean Béliveau),

NICOLE GAGNON PSYCHOLOGUE CONSEILLÈRE D’ORIENTATION MÉDIATRICE FAMILIALE

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Stéphane Quintal (Dollar St-Laurent) et Mike Ricci (Elmer Lach), ancien des Nordiques. Ken Scott, auteur derrière La Grande Séduction de Jean-François Pouliot, signe le scénario de la petite et grande histoire du célèbre numéro 9. De son ascension jusqu’à l’émeute provoquée par sa suspension imposée par Clarence Campbell — selon certains sociologues, l’événement marque littéralement le début de la Révolution tranquille au Québec —, les «buts» de Richard y sont «contés»... (P.B.)

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36 QUAI DES ORFÈVRES Un film de Olivier

Marchal · Du même réalisateur: Gangsters

«Depardieu et Auteuil comme on ne les avait plus vus depuis des lustres [...]» (M.-E. Rouchy, TéléCinéObs) «[...] avec 36 QUAI DES ORFÈVRES, Olivier Marchal redonne ses lettres de noblesse à un genre tombé en désuétude.» (T. Cheze, Studio)

France Générique: France. 2004. 110 min. (V.O.F.) Drame policier réalisé par Oli-

vier Marchal. Scén.: Dominique Loiseau, Frank Mancuso, Olivier Marchal et Julien Rappeneau. Mus. orig.: Erwann Kermovant et Axelle Renoir. Int.: Daniel Auteuil, Gérard Depardieu, André Dussollier,Valeria Golino.

Synopsis: Grand patron du 36 quai des Orfèvres, Robert Mancini avise ses deux lieutenants, Léo Vrinks et Denis Klein, que celui dont la division démantèlera le gang derrière le braquage spectaculaire d’un fourgon d’argent obtiendra son fauteuil. L’arrivisme et la jalousie de Klein incitent celui-ci à provoquer le cafouillage d’une opération dirigée par son rival. Personne ne sort indemne de cette bavure calculée...

LES VOLEURS D’ENFANCE Un film de Paul

Arcand

«Diablement efficace dans sa technique, le journaliste transformé en documentariste n’est de toute évidence pas de l’école de Pierre Perrault, mais de celle de Michael Moore.» (C. Guy, La Presse)

Québec Générique: Québec. 2005. 90 min. (V.O.F.) Documentaire réalisé par Paul Arcand.

Notes: Pour son premier long métrage, l’animateur d’émissions d’affaires publiques Paul Arcand réalise un documentaire sur la maltraitance des enfants. Dans un style direct qu’il voulait incisif, il brosse le portrait sombre du sort réservé à des milliers d’enfants chaque année au Québec. Cas d’abus sexuels, de négligence et d’abandon y sont analysés à travers les questions du réalisateur qui s’interroge sur le fonctionnement de la DPJ, le rôle de l’État face à ces victimes et les conséquences sur leur développement s’ils ne rompent pas avec la loi du silence. (S.B.-H.)

Notes: Flic dans une autre vie, Olivier Marchal tire en initié du milieu les ficelles de ce polar renouant avec la forme nerveuse adoptée par Bertrand Tavernier dans L. 627 ainsi qu’avec le style classique d’Alain Corneau dans Police Python 357 et Le Cousin. (S.B.-H.)



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LE DERNIER TRAPPEUR Un film de Nicolas

Vanier · Du même réalisateur: L’Enfant des neiges

France · Canada · Suisse · Allemagne · Italie Générique: France · Canada · Suisse · Allemagne · Italie. 2004. 94 min. (V.F.) Documentaire écrit et réalisé par Nicolas Vanier. Mus.orig.: Krishna Levy. Avec Norman Winther, May Loo, Alex Van Bibber. Synopsis: Située en plein cœur des montagnes Rocheuses, l’histoire du DERNIER TRAPPEUR est celle de Norman Winther, qui est établi au Yukon, en pleine nature, depuis des années. Vivant du métier de trappeur, Winther semble être l’un des derniers de sa race, sorte de nomade, migrant de saison en saison avec ses chiens, ses chevaux et sa compagne Nebraska, une Amérindienne nahanni. C’est à travers la chasse, la pêche et les randonnées de plusieurs jours que l’on apprend à mieux connaître le trappeur, son amour des bêtes et son respect de la nature, lui qui voit constamment son territoire rapetisser à cause de l’exploitation des ressources forestières de l’endroit. Notes: Durant le périple de l’Odyssée blanche, en 1999, soit la traversée en

traîneau à chiens de tout le Grand Nord canadien, 8 600 km en moins de 100 jours, Nicolas Vanier, explorateur et cinéaste français, fait la connaissance de Norman Winther. Cette rencontre l’amènera à réaliser un deuxième long métrage pour le cinéma, cette fois-ci entièrement dédié au mode de vie du trappeur. Vanier, un habitué des reportages filmiques pour la télévision française, trouve avec ce nouveau projet trois sujets fascinants: Winther lui-même, la faune et la flore des Rocheuses, et aussi la trappe, métier pittoresque en voie de disparition tellement ses habitudes semblent ancrées dans un autre siècle. LE DERNIER TRAPPEUR demeure avant tout un film d’images, de scènes grandioses: descentes de rapides, traversées de fjords, rencontres avec des ours, des loups, des caribous, des castors et des lynx. La mise au grand écran de cet univers sauvage sur fond de musiques de Leonard Cohen évoque en tous points la littérature de Jack London. Rarement un film n’aura si bien alterné une scène de french cancan et celle d’une aurore boréale. Et voir Winther et sa compagne qui construisent leur nouvelle demeure si aisément nous fait oublier à quel point le froid peut aussi meurtrir l’existence dans ce coin de pays. Soulignons enfin le discours, discret certes, mais essentiel, sur l’équilibre de l’écosystème et la perte de contact avec la nature déplorée par Winther qui, au fil des quatre saisons présentées dans le film de Vanier, semble épargné par l’usure du temps. Ces 94 minutes ne se calculent pas en secondes, mais en ravissements! (P.B.) «Ce film criant d’authenticité est un véritable hymne à la nature sauvage et aux grands espaces.» (D. Duhand, Le Figaro) «Filmant des paysages grandioses au plus près des reliefs et de la matière, Nicolas Vanier réserve aux amateurs une belle échappée fantastique par - 50 °C.» (F. Steinmetz, Télérama)

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Festival du Film de sundance 2005 — Prix du PuBlic (catégorie cinémas du monde)

Un film de Susanne

FRÈRES

Bier · De la même réalisatrice: Cœurs ouverts

«Un drame aux émotions fortes que la réalisatrice Susanne Bier aborde avec sobriété. Kaas et Thomsen s’y avèrent touchants, particulièrement pour quiconque a déjà entretenu un rapport complexe avec un frère.» (K. Laforest, Voir)

Danemark Générique: Danemark. 2004. 110 min. (V.O. danoise avec s.-t. français) Drame réalisé par Susanne Bier. Scén.: Anders Thomas Jensen d’après une idée de Susanne Bier. Mus. orig.: Johan Söderqvist. Int.: Connie Nielsen, Ulrich Thomsen, Nikolai Lie Kaas, Sarah Juel Werner.

Synopsis: Dépêché en mission en Afghanistan, Michael, un militaire marié et

père de deux enfants, est porté disparu. Sarah, son épouse, s’appuie sur l’épaule compatissante de son beau-frère Jannick. Puis, Michael revient alors que personne ne l’attendait plus...

Notes: Après Cœurs ouverts, Susanne Bier aborde à nouveau le thème du cou-

ple à travers ses trahisons, ses attirances incontrôlables et la guerre intime que ces mouvances de sentiments entraînent. Toujours d’une subtile intelligence pour décrire des personnages aux antipodes, elle a eu l’excellente idée de confier à Ulrich Thomsen, interprète du fils maltraité dans Festen de Thomas Vinterberg, le rôle de Michael, revenant de ce drame intimiste. (S.B.-H.)

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Festival international du Film de locarno 2005 — Prix œcuménique léoPard de la meilleure interPrétation masculine à Patrick drolet

LA NEUVAINE

Un film de Bernard

Émond · Du même réalisateur: 20 h 17 rue Darling

«Le film de Bernard Émond s’adresse tant au cœur qu’à l’intelligence. C’est une œuvre riche, honnête et aérienne, spirituelle au sens premier du terme [...]» (R. Boisvert, Le Soleil)

Québec Générique: Québec. 2005. 97 min. (V.O.F.) Drame écrit et réalisé par Ber-

nard Émond. Mus. orig.: Robert Marcel Lepage. Int.: Élise Guilbault, Patrick Drolet, Denise Gagnon.

Synopsis: Ébranlée par le meurtre de Lise, une patiente assassinée, Jeanne, une médecin, est dévorée par la culpabilité de ne pas l’avoir sauvée. Ayant roulé toute la nuit jusqu’à Sainte-Anne-de-Beaupré, elle ira se jeter dans le fleuve au bout du quai. La nuit tombe, elle n’y arrive pas. À ses côtés, François Garon, un jeune homme de Petite-Rivière-Saint-François, est venu prier pour sa grandmère mourante. Notes: Alcoolique expansive dans La Femme qui boit, Élise Guilbault se métamorphose en femme silencieuse dont le film de sa vie défile devant son regard fixe. Un peu autiste, François, ce grand enfant interprété avec sobriété par Patrick Drolet, l’apaise par sa détermination à réchapper de la mort sa grand-mère. Malgré l’âpreté du sujet, l’œuvre est porteuse d’une grande sérénité. (S.B.-H.)

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LA PREMIÈRE FOIS QUE J’AI EU 20 ANS Un film de Lorraine

Levy

sein du jazz-band du lycée. Une chasse gardée des garçons. Ces camarades ne se gêneront pas pour la décourager. Et malgré tout, Hannah s’entête...

France Générique: France. 2004. 98 min. (V.O.F.) Comédie dramatique écrite

et réalisée par Lorraine Levy d’après le roman de Susie Morgenstern. Mus. orig.: Sébastien Souchois. Int.: Marilou Berry, Catherine Jacob, Serge Riaboukine, Myriam Moraly, Stéphanie Pasterkamp, Adrien Jolivet.

Synopsis: «J’suis moche», c’est le constat d’Hannah envers sa potelée personne. À 16 ans, entre deux sœurs plutôt bien roulées, la jeune fille n’a que faire des discours de sa mère sur la beauté intérieure. Complexée face à son physique, elle compense sa gêne par la musique. Hannah joue de la contrebasse, un instrument à sa mesure. Douée, elle remporte le concours pour être admise au

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Notes: S’appeler Lolita lorsqu’on n’a rien du physique de la nymphette érotique est un prénom lourd à porter. C’était pourtant celui de l’actrice Marilou Berry dans Comme une image, le second long métrage d’Agnès Jaoui. À nouveau, la jeune actrice interprète une adolescente mal dans sa peau. Sous son air bougon, elle cache la sensibilité de celle qui doit être la meilleure pour faire oublier son apparence. Dans le cas d’Hannah qui évolue dans une société française bien-pensante des années 60, une difficulté s’ajoute. Bien qu’elle n’ait pas à courir après l’amour d’un père égocentrique comme dans l’œuvre de Jaoui, Hannah a hérité du fardeau d’être juive. Sexe féminin, juive et moche, voilà trois handicaps pour intégrer le jazz-band du lycée. Ce sont aussi les préalables pour attirer les quolibets et les attaques mesquines. Sauf qu’Hannah se rebiffe en adolescente intelligente. Elle a du cran, ce qui la rend à la fois admirable et belle. Dire que Marilou Berry endosse son personnage serait un euphémisme. Elle l’habite courageusement, d’où notre sympathie inconditionnelle pour ce personnage de grande fille qui veut voler de ses propres ailes et se définir à travers ses croyances. Étude mi-amère de «l’entre-deux-âges» de l’adolescence, LA PREMIÈRE FOIS QUE J’AI EU 20 ANS glisse vers un portrait de la société française que Lorraine Levy a reconstitué méticuleusement dans les décors, la photographie vieillotte et les mentalités étriquées de certains personnages comparativement à l’univers familial d’Hannah. Relations père-fille, mère-fille, premiers émois, la réalisatrice a vu grand et curieusement son propos conserve une tournure moderne et une solide dose d’humour grâce à la vitalité des dialogues. Bravo à Marilou Berry sans qui Hannah n’aurait pas pu exister! (S.B.-H.) «Nostalgique et émouvant. Marilou Berry est aussi épatante que dans Comme une image.» (P. Fabre, Studio)

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LES FAUTES D’ORTHOGRAPHE

Un film de Jean-Jacques Zilbermann Du même réalisateur: L’Homme est une femme comme

les autres

France Générique: France. 2004. 90 min. (V.O.F.) Drame réalisé par Jean-Jacques

Zilbermann. Scén.: Jean-Jacques Zilbermann et Philippe Lasry. Int.: Damien Jouillerot, Carole Bouquet, Olivier Gourmet, Raphäel Goldman, Franck Bruneau, Arnaud Giovaninetti.

Synopsis: Fils du proviseur et de la directrice des études d’un collège accueillant des enfants défavorisés, Daniel, quinze ans, subit, renfrogné, les humiliations de ses camarades qui l’accusent de profiter d’un traitement de faveur. Pire, son père, un homme rigide, a décidé qu’il s’installerait avec les autres au dortoir. Livré aux étudiants qui l’ont pris en grippe, Daniel décide de ne pas subir silencieusement les petites misères ordinaires des souffre-douleur. Défiant ouvertement l’autorité de ses parents, il gagne l’amitié d’une forte tête, Zygelman, un juif orphelin de mère, puis celle de Griset, grand manitou du trafic de victuailles… Notes: Selon la critique européenne LES FAUTES D’ORTHOGRA-

PHE revisite Les 400 coups, premier long métrage de François Truffaut, et fait un clin d’œil à La Guerre des boutons d’Yves Robert. Dans son premier long métrage, en 1993, Jean-Jacques Zilbermann s’intéressait à la jeunesse en racontant un pan de la sienne avec Tout le monde n’a pas la chance d’avoir des parents communistes. Déjà, il explorait la complexité des relations parentsenfants avec un humour qu’il délaisse partiellement pour une troisième œuvre plus dramatique et en partie autobiographique. Transposée dans les années 70, la vie quotidienne au collège dirigé par les Massu forge le caractère. Les repas infects partagés au réfectoire, le chahut dans les dortoirs et les humiliations dans les douches rebuteraient n’importe quel adolescent peu enclin à s’adapter à cette promiscuité. De quoi nourrir une rébellion... C’est ce que démontre fort bien le personnage de Daniel interprété sans bavure ni pathétisme par le jeune Damien Jouillerot découvert dans Effroyables jardins dans le rôle du fils de Jacques Villeret, honteux d’un père jouant le clown à la fête du village. Prêt à exploser, ce personnage de Daniel Massu rejoint à lui seul tous ces adolescents rejetés, malheureux et avides de s’identifier au groupe. En se révoltant, il déclare la guerre à l’administration impitoyable de ses parents en crise conjugale interprétés par un Olivier Gourmet (Le Fils) à la poigne de fer et une Carole Bouquet méconnaissable sous son masque de sévérité. Un souffle de contestation secoue le collège et Zilbermann filme alors les petits complots ourdis par ces jeunes avec la vigueur et l’énergie du sympathisant déclaré qui est déjà monté au front. Une chronique aussi réussie que sincère sur le mal à l’adolescence, un thème universel et jamais daté. (S.B.-H.) «Zéro faute pour l’atmosphère années 60 et 10/10 à Damien Jouillerot, gamin en souffrance qui saura redresser la tête.» (E. Frois, Le Figaro) «Une sorte de version politique des Choristes [...]» (S. Lamôme, Première)

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Festival international du Film de Berlin 2005 — meilleure musique - alexandre desPlat

DE BATTRE MON CŒUR S’EST ARRÊTÉ Un film de Jacques

Audiard · Du même réalisateur: Sur mes lèvres

hjgZ SURE valeur France Générique: France. 2005. 108 min. (V.O. française, anglaise, russe et en mandarin avec s.-t. français) Drame réalisé par Jacques Audiard. Scén.: Jacques Audiard, Tonino Benacquista d’après le scénario de James Toback. Mus. orig.: Alexandre Desplat. Int.: Romain Duris, Niels Arestrup, Aure Atika, Linh-Dan Pham, Emmanuelle Devos, Jonathan Zaccaï. Synopsis: Agent immobilier magouilleur, Tom s’aperçoit qu’il s’est trompé de vie lorsqu’il croise l’ancien impresario de sa mère, une concertiste décédée. Il s’attellera corps et âme au piano qu’il a délaissé depuis l’enfance pour une audition... Notes: Pour son quatrième long métrage, Jacques Audiard signe le remake de Fingers de James Toback. Récit d’une transformation, DE BATTRE MON CŒUR S’EST ARRÊTÉ coïncide également avec «le mûrissement» de l’acteur Romain Duris (Les Poupées russes) qui passe à «l’âge adulte» avec ce rôle nettement plus dramatique. «De l’extérieur, c’est ce que je vois de Romain (Duris). Un jeune homme au seuil d’une nouvelle étape de vie.», expliquait le réalisateur au Clap. Fils prodigue d’un père prolixe — Michel Audiard, cinéaste et dialoguiste français, a collaboré à plus de 100 films — Jacques Audiard a hérité de son père d’un intérêt pour le polar qu’il a entretenu à la cinématographie des années 70. Son premier long métrage, Regarde les hommes tomber, en témoigne ainsi que Sur mes lèvres, sa troisième réalisation qu’il cosigne avec le romancier Tonino Benacquista (La Commedia des ratés). Entre le cinéaste et l’auteur de polars, il y a connivence même s’ils reçoivent différemment Fingers, la mouture à l’origine du film DE BAT-

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TRE... À quatre mains avec l’auteur de Saga, l’ancien assistant de Roman Polanski sur Le Locataire s’approprie le sujet — le thème de la filiation — dans une œuvre plus intimiste que celle où Harvey Keitel tenait le rôle-titre. «Je n’ai pas eu l’intention de copier Fingers ni de faire de la décalcomanie. Le jeu débridé, ultra-nerveux ainsi que les séquences d’improvisation vertigineuse de l’époque m’apparaissaient anachroniques. À la limite de la pathologie, il y avait également des traits de caractère du personnage que je ne voulais pas reproduire. En revanche, je voulais conserver en l’adaptant «la furia», l’urgence que Toback distillait à travers la question de l’héritage, à savoir ce que c’est que d’être le fils d’un père.», conclut le réalisateur à propos des repères entre les deux films sortis à près de 30 ans d’écart. À travers l’universalité de son thème porteur, DE BATTRE... incite à se livrer à l’introspection et à se rappeler que nous sommes toujours l’enfant de quelqu’un... (S.B.-H.)

«[...] un beau film sur la filiation, l’abandon au talent et l’apprentissage d’un nouveau langage de vie. Le tout porté par l’écume rouge sang du jeu intense d’un Romain Duris exceptionnel.» (G. Alexandre, Rolling Stone) «Quand un grand texte rencontre un immense metteur en scène et des acteurs aussi puissants, le résultat tient en un mot: chef-d’œuvre!» (T. Cheze, Studio)

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SYRIANA Un film de Stephen

Gaghan

day, avocat et spécialiste du droit corporatif, questionne l’éthique autour de la fusion de deux multinationales pétrolières alors qu’un jeune Pakistanais accorde sa confiance à un leader religieux charismatique...

Notes: Après les narcodollars, Stephen Gaghan, scénariste récompensé de

l’Oscar du meilleur scénario adapté pour Traffic (réalisé par Steven Soderbergh), a écrit et réalise SYRIANA qui s’attaque au sujet controversé des pétrodollars à l’ère de l’après-11 septembre. Inspiré par les mémoires de l’exagent de la CIA, Robert Baer, ce premier long métrage explosif pointe les enjeux pétroliers stratégiques liant politiquement les États-Unis et le MoyenOrient. En alter ego de Baer, George Clooney, qui alterne avec la réalisation. Ayant livré son second long métrage, Good Night, and Good Luck., sur le bras de fer entre le présentateur de nouvelle de CBS, Edward R. Murrow, et le sénateur anticommuniste Joseph McCarthy, l’acteur partage l’affiche de SYRIANA avec Matt Damon (Le Retour de Danny Ocean — Ocean’s Twelve) et Jeffrey Wright (Fleurs brisées). (S.B.-H.)

États-Unis Générique: États-Unis. 2005. (V.F.) Drame politique écrit et réalisé par

Stephen Gaghan d’après le livre de Robert Baer See No Evil: The True Story of a Ground Soldier in the CIA’s War on Terrorism. Mus. orig.: Alexandre Desplat. Int.: George Clooney, Matt Damon, Jeffrey Wright, Amanda Peet, Max Minghella, Alexander Siddig.

Synopsis: Un agent de la CIA, Robert Barnes, réalise après des années au service du contre-espionnage américain qu’il est l’acteur consentant d’une vaste machination pétrolière. Parallèlement à sa prise de conscience, un négociant en pétrole, Bryan Woodman, affligé par une tragédie personnelle, s’associe avec Nacir, un prince arabe idéaliste. Simultanément, Bennett Holi-

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Festival international du Film de Berlin 2005 — Prix amnesty international

PARADISE NOW Un film de Hany

«Documenté et convaincant, mis en scène avec élégance et sensualité [...]» (G. Verdiani, TéléCinéObs) «L’interprétation est remarquable de retenue.» (T. Baurez, Studio)

France · Allemagne ·Pays-Bas · Israël Générique: France ∙ Allemagne ∙ Pays-Bas ∙ Israël. 2005. 90 min. (V.O. arabe

avec s.-t. français de Paradise Now) Drame réalisé par Hany Abu-Assad. Scén.: Hany Abu-Assad, Bero Beyer et Pierre Hodgson. Int.: Lubna Azabal, Hiam Abbass, Kais Nashef, Ali Suliman.

Synopsis: Volontaires au sein d’une faction militante pour la libération des

territoires palestiniens, Khaled et Saïd sont désignés pour commettre un attentat suicide à Tel-Aviv. Après un dernier repas avec les leurs, ils s’en vont vers la mort. Une fois à la frontière, l’opération dévie du plan initial...

Notes: D’origine palestinienne, le réalisateur Hany Abu-Assad souhaitait sortir de l’anonymat les kamikazes qui se font exploser. Sans critiquer ni approuver ces actes aussi extrêmes que désespérés, il s’est plutôt questionné sur les motivations de ces volontaires. Derrière le kamikaze, il y a l’individu. C’est ce qu’il tâche de démontrer dans une œuvre plus humaniste que politique. (S.B.-H.)

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L’AUDITION

Abu-Assad

Un film de Luc

Picard

« Humaniste, tragique, parfois très drôle [...]» (G. Carignan, Le Soleil) «Une charge d’émotion brute, sentie et sincère, d’une redoutable efficacité.» (M. Cassivi, La Presse)

Québec Générique: 2005. Québec. 115 min. (V.O.F.) Drame écrit et réalisé par Luc

Picard. Mus. orig.: Daniel Bélanger. Int.: Luc Picard, Suzanne Clément, Denis Bernard, Alexis Martin, Julie McClemens.

Synopsis: Louis Tremblay est collecteur. Bref, il «persuade» des types endet-

tés qu’il faut rembourser vite. Aujourd’hui, Louis n’est plus l’homme «fâché» contre la monde entier qu’il était avant sa rencontre avec Suzie, sa blonde qu’il aime au point de vouloir tourner le dos à une vie de «tabasseur». Doué pour le jeu, il prépare secrètement une audition pour un film. Sa blonde l’ignore comme Louis ne sait pas que Suzie porte leur enfant.

Notes: Dès le monologue d’ouverture de L’AUDITION, on sait qu’on verra un

film intègre. Film puissant sur le désir insondable de devenir quelqu’un d’autre et l’apprentissage du jeu, ce premier long métrage de Luc Picard est également une réflexion éclairée et sentie sur le travail d’acteur et l’abandon que le métier exige. (S.B.-H.)

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refaire sa vie

Commentaire sur le film L’AUDITION Parmi les tableaux qui ornent les murs de mon cabinet de consultation, il s’en trouve un signé par l’écrivain Henry Miller. Il s’agit d’une aquarelle illustrant une superbe figure de clown que l’on pourrait croire être l’œuvre d’un enfant espiègle. Tant les couleurs sont vives, sont gaies. Tant les lignes qui nous révèlent l’identité du sympathique personnage sont la résultante évidente d’une liberté d’expression, d’un jeu spontané. Il est rare qu’à son sujet, on me pose la question du pourquoi: que vient faire la présence d’une telle figure dans le cadre fort sérieux d’un travail en psychanalyse? La réponse est simple. La figure du clown réunit en elle toutes les polarités et tous les opposés en conflit dans l’âme humaine. On sait que celui qui nous fait rire (le comique) est habité par une grande tristesse (le tragique). On se réjouit de voir celui qui trébuche sur le moindre obstacle (le gauche, le distrait, le faible,… le névrosé) réussir là où l’orgueilleux performant (le plus fort, le meilleur, le héros) échoue lamentablement. On est de tout cœur avec Charlie Chaplin (Le Dictateur) et avec Roberto Benigni (La Vita è bella), lorsqu’ils font des pieds de nez et tournent en ridicule ceux qui cherchent à nous en imposer et menacent de nous trucider. Le clown, ancêtre du comédien, c’est cette figure de tous les lieux et de tout temps qui agit comme un antidote à l’égard de la tendance à nous prendre trop au sérieux ou pas assez. Comme un antidote aussi à nous encroûter dans des personnages ou des rôles auxquels trop facilement et toujours illusoirement on est porté à identifier la totalité de soi. Du point de vue de la psychologie des profondeurs, le clown, tout comme le moyenâgeux fou du roi, le folklorique Fripon divin et le mythologique Mercure/Hermès, est la personnification de cette faculté psychique qui nous permet de nous adapter aux situations les plus diverses tout comme aux êtres en apparence les plus étrangers à soi. Vu sous cet angle, il représente également notre vie inconsciente, dans la mesure où celle-ci contient à la fois tout ce qui a été perçu comme inadmissible par le moi/roi et fut du coup refoulé en elle, ainsi que tout ce qui n’a pas encore été exploré, intégré et actualisé par le moi/enfant. C’est ainsi que dans les rêves

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et dans les fantasmes qui «s’échappent» de notre inconscient, nous nous surprenons à transgresser les interdits qui régissent scrupuleusement notre vie sociale et à contacter des mondes terribles et fabuleux dont on aurait pu indéfiniment ignorer l’existence. Interdits que le clown transgresse. Mondes qu’il fréquente.

sacré qui nous permette, avec les matériaux du bord de construire une cathéJE SUIS CONVAINCU QUE L ART EST LA drale… ou une famille! Mais s’il était possible de recommencer à zéro… De refaire TÂCHE SUPRÊME ET L ACTIVITÉ VÉRITABLE sa vie! Encore faut-il, en ce moment de la MENT MÉTAPHYSIQUE DE CETTE VIE plus grande détresse, que quelqu’un croie Friedrich Nietzsche, La naissance de la tragédie en soi ou, pour le dire autrement, voie en soi l’enfant qui demande à naître. C’est à ce moment-là que le Tom Stall de CronenAvant de rencontrer Suzie, Louis Tremblay (L’AUDITION) était dans la même berg avait rencontré Edie. C’est à ce même moment que le Louis Tremblay de position que celle où se trouvait Tom Stall (Une histoire de violence) avant de Luc Picard a rencontré Suzie. Moment tournant, décisif, mais périlleux aussi, car refaire sa vie: la position de celui qui se sent autorisé à commettre des violences, si tout en soi se trouve mobilisé pour jouer un nouveau rôle, jeter sur table de sous prétexte d’en avoir été lui-même victime dans son passé. Que cela s’appelle nouvelles cartes, il n’en est pas de même pour cette part conservatrice et revanla vengeance ou la réactivation de stratégies apprises précocement, la dynami- charde de l’entourage qui n’attend que son heure pour convoquer le passé au que est invariablement la même: on m’a frappé, je me suis endurci, je frappe à parloir et exiger que toutes les pièces du pot cassé soient recollées. mon tour. Mais ce circuit emprunté, comme le dirait Stanley Kubrick, les yeux grand fermés, est fatigant à la longue. Épuisant. Déprimant. Et c’est l’état de Voir L’AUDITION (tout comme voir Une histoire de violence dont la trame de crise… fond me semble lumineusement semblable), c’est s’exposer à la démonstration touchante et brillante qu’il existe en soi et dans le monde une possibilité réelle Aussi surprenant que cela puisse paraître, la dépression qui s’ensuit est un signe de changement. Une possibilité dont l’actualisation toutefois exige un prix fort de santé. Ayant perdu tout intérêt pour les choses et les êtres qui mobilisaient à payer, bien des deuils à traverser. Voir L’AUDITION, c’est comme assister à la jusque-là l’attention, occupaient le quotidien, on n’a plus le goût de vivre. Car naissance de la Parole. C’est comme assister, au septième jour de la création de vivre est devenu la répétition ad nauseam d’attitudes et de comportements qui la Culture, à l’avènement du théâtre. L’émotion est grande, mais quelque chose freinent, qui rapetissent, qui enferment, qui blessent, au lieu d’être une occa- nous dit que l’on n’a rien à craindre: assis à côté de nous, il y a un clown et il sion de rencontre avec l’autre. Au lieu d’être ce temps précieux dans cet espace nous prend la main.

«…

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VOUS ÊTES CORDIALEMENT INVITÉS À Une rencontre du Ciné-psy sur le film l’aUdition Avec Michel Nadeau, comédien, auteur et metteur en scène, le mardi 29 novembre, à 17 h 30/souper et à 19 h/exposé & échange, au café-restaurant Mille Feuille, 1394, chemin Sainte-Foy. Nous prions ceux et celles qui veulent casser la croûte avant l’échange sur L’AUDITION de réserver le plus tôt possible (681-4520) et de se présenter dès 17 h 30 afin de ne pas retarder le début de la rencontre qui sera encadrée par Marcel Gaumond, psychanalyste. Prix d’entrée: 5 $ (3 $ pour les détenteurs de l’AbonneClap). WWW.CinE-PSY.CoM

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UNE FEMME HONORABLE Un film de Mike

Barker · Du même réalisateur: To Kill a King

Espagne · Italie · Royaume-Uni · Luxembourg · États-Unis Générique: Espagne · Italie · Royaume-Uni · Luxembourg · États-Unis. 2004. 93 min. (V.F. de A Good Woman) Comédie dramatique réalisée par Mike Barker. Scén.: Howard Himelstein d’après la pièce L’Éventail de Lady Windermere d’Oscar Wilde. Mus.: Richard G. Mitchell. Int.: Helen Hunt, Scarlett Johansson, Tom Wilkinson, Stephen Campbell Moore, Mark Umbers.

Synopsis: Italie. 1930. Jeune épouse comblée, Lady Meg Windermere déchante sur la per-

fection de son mari lorsqu’elle découvre que celui-ci signe des chèques à l’attention de la mystérieuse madame Erlynne. Après seulement un an d’union, Robert la tromperait-il avec cette femme qui s’affiche au bras de tous les hommes de la Côte amalfitaine? Si son époux folâtre avec une cocotte, Meg résistera-t-elle à la cour assidue que lui fait Lord Darlington?

Notes: De la fin de l’époque victorienne, le réalisateur Mike Barker déplace aux années 30

l’intrigue de ce marivaudage amoureux inspiré de la pièce de l’écrivain Oscar Wilde, L’Éventail de Lady Windermere. Si les époques diffèrent, les mentalités, hélas, ne progressent guère. La belle société s’avère toujours aussi oisive, plus prompte que jamais à entretenir les ragots pour se désennuyer. Bien avant le dramaturge irlandais, Choderlos de Laclos s’était penché, avec Les Liaisons dangereuses, sur les conséquences d’une vie futile chez ces riches qui se divertissent avec des défis frivoles. Madame de Merteuil et le vicomte de Valmont repoussaient les limites de la conquête en séduisant les plus candides pour les éconduire dans la souffrance. Merteuil moderne, celle que Wilde avait imaginée, plus «affairiste» dans la lecture de Barker, est interprétée avec cran par Helen Hunt (Pour le pire et le meilleur). Femme libérée, madame Erlynne charme les hommes en échange d’être entretenue la durée d’une saison mondaine. C’est l’arrangement. Son antithèse: la vertueuse Meg Windermere. Jeune femme naïve de 21 ans, Meg croit aux valeurs de fidélité d’une madame de Tourvel. Ingénue sublime dans La Jeune Fille à la perle, Scarlett Johansson offre sa moue de femme-enfant à ce personnage qui perdra tôt ses illusions. Ainsi, UNE FEMME HONORABLE s’inscrit dans la lignée des films de James Ivory

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quant aux portraits qu’il traçait des grands enjeux amoureux d’une société bourgeoise de la fin du XIXe siècle, notamment dans Chambre avec vue et Retour à Howards End. Livrés à la plus grande des vacuités, les Windermere et leur entourage évoquent les Anglaises candides exilées volontairement en Italie du film de Franco Zeffirelli, Un thé avec Mussolini. Entre les réceptions fastueuses — la splendeur de la Riviera italienne en toile de fond —, les essayages de robes luxueuses et les rencontres à l’heure de l’apéro où chacun épie son prochain, Mike Barker obéit toutefois à la logique d’Oscar Wide: il ne faut pas se fier aux apparences. Avec un scénario bien huilé, quelques revirements et une morale, au final, moins anodine qu’appréhendée, UNE FEMME HONORABLE se défend plus qu’honorablement, ne serait-ce qu’en regard de la qualité des acteurs au générique. D’ailleurs, la prestation d’Helen Hunt insuffle un caractère contemporain à l’histoire et Tom Wilkinson (Shakespeare in Love), en divorcé débonnaire, place plusieurs répliques à l’humour pince-sans-rire. (S.B.-H.)

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tour de manivelle Philippe Falardeau termine présentement le tournage de son deuxième long métrage, CONGORAMA, après le très réussi La Moitié gauche du frigo. Paul Ahmarani est de nouveau le comédien principal du film de Falardeau, mais avec comme acolyte le Belge Olivier Gourmet, un habitué des films des frères Dardenne. Les deux protagonistes jouent des frères qui renoueront après des années de séparation. Cette comédie dramatique est une coproduction entre le Québec, la France et la Belgique, d’où la présence de Gourmet. Luc Déry, producteur chez Micro_Scope,

qui finance majoritairement le film, affirme que dans chacune de ses scènes, le comédien fut d’une justesse incroyable, ne faisant pas mentir sa réputation d’acteur rigoureux. Pierre-Paul Renders, le réalisateur derrière Thomas est amoureux, a aussi travaillé avec Falardeau afin de rendre crédible l’aspect belge du scénario. Le tournage se termine à la fin octobre à Liège. CONGORAMA, titre dont l’explication est puisée à même l’Exposition universelle de Bruxelles, en 1958, devrait prendre l’affiche à l’été 2006, après, espère-t-on, une présentation à Cannes.

Gabriel Arcand et Olivier Gourmet dans Congorama

Ça se passe ici

Depuis le mois de septembre, Vidéo Femmes, en collaboration avec le Groupe Intervention Vidéo et PRIM Centre d’arts médiatiques, présente Vidéographie, une série télévisuelle de treize émissions sur les ondes de Canal Vox, à Québec. Ces émissions de 30 minutes chacune nous offrent un portrait de centres d’artistes reliés au septième art ainsi que des portraits de cinéastes qui gravitent autour de ces centres comme Martine Asselin, Lise Bonenfant et Robert Morin, pour ne nommer que ceux-ci. Les centres qui feront l’objet de portraits sont situés à Rimouski, Québec, Montréal et Gatineau, nous permettant de constater la vitalité créative dispersée à travers la province. L’émission est diffusée sur tout le réseau de Canal Vox et peut être vue ici les lundis, mercredis et samedis de chaque semaine jusqu’au début décembre.

Halte virtuelle

On oublie trop souvent nos racines et lorsqu’on replonge dans celles du septième art, on se retrouve avec les films muets, les films en noir et blanc conçus plus souvent qu’autrement pour nous faire rire. Un site Internet répertorie près de 200 sites qui se penchent sur toutes les facettes du cinéma des premiers temps, de la fin du XIXe siècle jusqu’au début des années 30. Réparti par section, on peut sélectionner ainsi celle sur les films muets en général, celle sur les festivals consacrés au genre, la section sur la préservation des films et les organismes chargés de ce mandat. Il y aussi les sites d’achat de posters et de DVD, mais surtout il y a ceux, nombreux, qui se consacrent aux vedettes de l’époque Chaplin, Keaton, Laurel et Hardy et Harold Lloyd, sans oublier ceux derrière la caméra comme Griffith, Gance et Murnau. De quoi naviguer virtuellement en silence durant plusieurs heures. Silent Film Resources FAQ: www.csse.monash.edu.au/~pringle/silent/faq/sites.html.

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adaptation

On connaît la série de livres à succès de Jean M. Auel Les Enfants de la Terre. Dans le même sillon préhistorique, mais en plus humoristique, Roy Lewis nous offrit, en 1960, POURQUOI J’AI MANGÉ MON PÈRE, récit burlesque sur les australopithèques et les pithécanthropes. Voilà que la version filmique en animation 3D promet d’être la production la plus coûteuses du genre pour la France. Produit par Pathé et la maison de production Les armateurs (Kirikou et la sorcière et Les Triplettes de Belleville), POURQUOI J’AI MANGÉ MON PÈRE, dont la sortie est prévue pour la seconde moitié de 2006, pourrait devenir le digne successeur du «cultissime» dessin animé Le Chaînon manquant. Dans un tout autre registre mais toujours du côté de l’Afrique, le roman du gagnant du prix Nobel de littérature J. M. Coetzee, DISGRÂCE, sera transposé au grand écran, en 2006. Mettant en vedette Ralph Fiennes et coréalisé par Steve Jacobs et Anna-Maria Monticelli, DISGRÂCE relate l’histoire d’un professeur anglais, divorcé à la suite d’une aventure avec une étudiante, qui refait sa vie auprès de sa fille dans une ferme isolée d’Afrique du Sud.

PORTRAIT DE CINÉASTE Alors que le nouveau film d’Atom Egoyan, LA VÉRITÉ NUE, a pris l’affiche en octobre, il serait bon de souligner l’importance de certaines de ses œuvres précédentes, qui en disent long sur sa démarche singulière. Le réalisateur d’origine arménienne signe son premier long métrage avec Next of Kin, en 1984. Il réalise ensuite pour la télé des épisodes de Twilight Zone et de Hitchcock Presents. Mais c’est surtout avec son quatrième film, L’Expert en sinistres, en 1991, qu’il assoie sa démarche glauque et cérébrale, s’adjoignant les services de comédiens canadiens qui seront de presque tous ses films (Maury Chaykin, Don McKellar, Elias Koteas). Juste avant Exotica, en 1993, il se permet d’aller tourner au pays de ses ancêtres Calendar, œuvre intimiste qui succède à Gross Misconduct, un téléfilm tourné pour CBC qui peut paraître plutôt étrange dans la filmographie du Torontois d’adoption. Portant sur la carrière et les excès du joueur de hockey des Sabres de Buffalo Brian Spencer, Gross Misconduct, bien que méconnu, reste un des meilleurs films sur le hockey à avoir été tourné. Et s’il démontre un réel talent de scénariste, Egoyan s’adapte également très bien aux univers d’autrui, comme le démontre De beaux lendemains, adaptation fidèle du livre à narrateurs multiples de Russell Banks. Avec LA VÉRITÉ NUE, c’est un retour en force pour le réalisateur, qui s’était un peu égaré avec Felicia’s Journey et Ararat. Et c’est tant mieux, le cinéma d’ici ne pouvant se passer d’un tel talent. Atom Egoyan

le dvd

L’AVEU, de Constantin Costa-Gavras, 1970, 135 minutes. D’ici la sortie québécoise prévue l’hiver prochain du COUPERET, son plus récent film, adapté du roman noir de Donald E. Westlake, Costa-Gavras voit deux de ses œuvres phares réédités en DVD, en octobre. Il y a d’abord Z, avec Yves Montand, qui n’a plus besoin de présentation. Et, il y a surtout L’AVEU, tourné un an après Z, drame politique aussi, qui vire en tourment de 135 minutes. Montand est de retour dans le rôle principal. Nous sommes à Prague en 1951; le chanteur-comédien joue le rôle d’un vice-ministre traqué par le parti au pouvoir. Kidnappé, séquestré puis soumis à des interrogatoires sans fin, il est forcé d’avouer les crimes dont on l’accuse. Véritable tour de force cinématographique, L’AVEU démontre à quel point la torture psychologique autant que physique peut casser la volonté du résistant. Costa-Gavras signe avec ce film celui que plusieurs considèrent comme son plus efficace et son plus terrifiant, tellement l’aveu devient ici un synonyme de délivrance pour celui qui se sait, de toute façon, condamné.

Il y a une fissure, une fissure dans tout. Comme ça, la lumière peut entrer. Leonard Cohen

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Prix de l’association argentine des critiques de Films 2005 — Prix sPécial

SARABANDE

Un film de Ingmar Bergman · Du même réalisateur: Scènes de la vie conjugale

«En dix chapitres, comme autant de dialogues à deux personnages, filmés sans artifices, mais avec une précision remarquable, SARABANDE dissèque furieusement la dense toile des rapports familiaux [...]» (G. Carignan, Le Soleil)

Suède · Italie · Allemagne · Finlande · Autriche Générique: Suède · Italie · Allemagne · Finlande · Autriche. 2003. 107 min.

LE COURAGE D’AIMER

Un film de Claude

Lelouch · Du même réalisateur: La Belle Histoire

«Proche d’un réalisme poétique à l’ancienne, plutôt malin, LE COURAGE D’AIMER rappelle le brio du Voyou, de La Bonne Année et d’Itinéraire d’un enfant gâté.» (P. Murat, Télérama)

France Générique: France. 2004. 103 min. (V.O.F.) Comédie dramatique écrite et

(V.O. suédoise avec s.-t. français de Saraband) Drame écrit et réalisé par Ingmar Bergman. Int.: Liv Ullman, Erland Josephson, Börje Ahlstedt, Julia Dufvenius.

réalisée par Claude Lelouch. Mus. orig.: Francis Lai. Int.: Mathilde Seigner, Maïwenn, Massimo Ranieri, Michel Leeb, Arielle Dombasle.

Synopsis: Trente ans après leur divorce, Marianne rejoint Johan sur son île. La quarantaine les a séparés, la vieillesse les réunit pour faire le bilan des moments douloureux. Pour Marianne, c’est aussi le moment de constater à quel point son ex-mari entretient des rapports conflictuels avec Henrik, son fils né d’une union précédente. Veuf inconsolable, ce dernier a transféré un amour exclusif et misérable sur sa fille Karin, une jeune musicienne douée, mais étouffée sous sa chape.

Synopsis: Que partagent une serveuse dans un bar d’hôtel, un industriel de la pizza remarié à une actrice de théâtre de boulevard, un chanteur de charme à l’accent italien et une chanteuse populaire sans voix? Leurs destinées sentimentales!

Notes: Testament artistique du père de Fanny et Alexandre, SARABANDE

écorche, non sans le pessimisme colérique de Bergman, les institutions du mariage et de la famille avec lesquelles le cinéaste a été en conflit ouvert durant toute sa vie d’homme et de créateur. (S.B.-H.)

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Notes: Fusion de deux des trois films que Lelouch comptait tourner sous le

thème du genre humain, LE COURAGE D’AIMER est la greffe de quelques scènes du premier volet, Les Parisiens, fusionné au second chapitre, Le Bonheur, c’est mieux que la vie, en tournage au moment de sa sortie. Conte naïf à l’ère du cynisme amoureux, LE COURAGE D’AIMER condense toutes les théories sur la prédestination et l’absence de hasard dans la vie que le réalisateur de La Belle Histoire creuse de façon obsessive depuis Les Uns et les autres. (S.B.-H.)

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ORGUEIL ET PRÉJUGÉS Un film de Joe

Wright

Royaume-Uni Générique: Royaume-Uni. 2005. 135 min. (V.F. de Pride

& Prejudice) Comédie dramatique réalisée par Joe Wright. Scén.: Deborah Moggach d’après l’œuvre de Jane Austen. Mus. orig.: Dario Marianelli. Int.: Keira Knightley, Matthew MacFadyen, Donald Sutherland, Brenda Blethyn, Judi Dench, Rosamund Pike.

Synopsis: Bourgeois désargenté, M. Bennet a cinq filles à marier. Sans dot, Jane, Elizabeth, Mary, Kitty et Lydia ne peuvent aspirer à de brillants mariages. Fraîchement débarqué dans un manoir voisin, le richissime M. Bingley, accompagné de son ami, le hautain M. Darcy, attisent les fantasmes romantiques de ces demoiselles…

Notes: Classique de la littérature romantique anglaise adapté au cinéma une première fois, en 1940, avec Laurence Olivier dans le rôle de l’énigmatique Darcy, Orgueil et préjugés de Jane Austen — son roman le plus populaire avec Raison et sentiments — a aussi trouvé son public dans la télésérie de Simon Langton, avec Jennifer Ehle et Colin Firth en «plus-que-Darcy» devant l’éternel. Bien qu’Austen ait signé des romans dits à l’eau de rose, ses héroïnes ne se cantonnent pas dans des rôles de petites idiotes. Une pointe d’espièglerie, quelques battements de cœur accélérés, un mouchoir échappé intentionnellement et voilà le jeu du chat et de la souris reparti de plus belle. C’est l’actrice Keira Knightley (Pirates des Caraïbes: la malédiction de la Perle noire) qui interprète la sage Elizabeth et Matthew MacFadyen, le convoité Darcy. (S.B.-H.) Classique de la littérature romantique anglaise, Orgueil et préjugés de Jane Austen est son roman le plus populaire.

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tHumBsucKer Encore inédit ici au moment d’aller sous presse, THUMBSUCKER, mettant en vedette Keenu Reeves, est le premier long métrage de fiction de Mike Mills (à ne pas confondre avec son homonyme, bassiste de REM). Le cinéaste avoue avoir été marqué par la musique de Cat Stevens dans le film Harold et Maude. Il demanda ainsi à Elliott Smith (chanteur low-fi tourmenté à la Nick Drake et auteur des plus belles chansons de Good Will Hunting) de reprendre certaines des pièces pour son film. Résultat: Smith se suicide, mais a juste le temps d’enregistrer auparavant trois pièces pour THUMBSUCKER, dont Trouble dudit Cat Stevens. Pour le reste, il s’agit de jolies compositions de Tim Delaughter et de son Polyphonic Spree, chorale texane néo-pop rock qui, avec ses airs naïfs, se rapprochent de l’esprit des films de Wes Anderson (The Royal Tenenbaums). Juste pour réentendre Elliott, «l’écoute vaut le coup d’œil» comme pourraient dire certains experts sportifs.

THUMBSUCKER, artistes divers, Hollywood Records, 2005.

BrotHers BROTHERS est le nouveau long métrage de la Danoise Suzanne Bier qui vient tout juste de nous donner l’excellent Open Hearts. Le compositeur suédois Johan Soderqvist reprend sa collaboration avec Bier, cinéaste avec laquelle il avait travaillé pour Freud quitte la maison. Les ambiances sont diverses; le ton est parfois sombre, d’autres fois, il rappelle les traditions musicales de l’Europe de l’Est. Au fil de l’écoute, on se surprend à faire le parallèle avec les compositions de Gabriel Yared du temps de 37o2 le matin. Une

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seule chanson est au programme de BROTHERS, soit When I’m Coming Home, interprétée par Andrew Strong, des Commitments (le groupe dans le film éponyme). Si elle ne transcende rien, la bande sonore a quand même le mérite de nous faire découvrir un compositeur méconnu ici, dont les musiques instrumentales intimistes aux multiples influences rappellent la quiétude et l’isolement des pays nordiques.

BROTHERS, Johan Soderqvist, Milan Records, 2005.

HappY endinGs Presque un mini-album que cette bande sonore du film HAPPY ENDINGS, long métrage sorti discrètement l’été dernier. Huit pièces au menu avec comme point de départ la très belle Tropics of Love du groupe de San Diego, Black Heart Procession. L’intérêt premier du disque est de retrouver trois compositions inédites de Calexico sur la bande sonore. Calexico, c’est ce groupe de l’Arizona mis au programme de la soirée de clôture du tout dernier Festival d’été de Québec avec ses rythmes de mariachis aérospatiaux. HAPPY ENDINGS est un petit film indépendant américain mettant en vedette Laura Dern, Lisa Kudrow et Maggie Gyllenhaal. Cette dernière, sœur de Jake, surtout connue pour son rôle renversant dans Secretary aux côtés de James Spader, s’improvise aussi chanteuse. Elle nous offre ave brio l’interprétation de trois chansons dont, en finale sur le disque, la célèbre Just the Way you Are popularisée par Billy Joel. D’ici la sortie du DVD, en novembre, vous pouvez définitivement vous rabattre sur cette courte bande sonore pour vous faire bercer par des airs qui enivreront vos soirées d’automne.

HAPPY ENDINGS, Artistes divers, Commotion Records, 2005.

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no direction Home NO DIRECTION HOME est un documentaire de plus de trois heures de Martin Scorsese, diffusé récemment à PBS et offert depuis peu en DVD. La bande sonore comporte deux CD et un livret exceptionnel rempli d’informations et de photos. Les chansons sont des versions inédites, enregistrées durant les années 60 avec les moyens du bord ou lors de spectacles. Malgré le son «cacanne» de l’ensemble, les fans purs et durs de Dylan y trouveront là un objet de collection et le moment bien choisi de redécouvrir avec énormément de pureté tout le talent du folk singer le plus influent de l’Amérique depuis Woody Guthrie et Robert Johnson.

NO DIRECTION HOME, Bob Dylan, Sony-BMG Music, 2005.

corpse Bride Pour une énième fois, Tim Burton a fait appel à Danny Elfman pour concocter la musique de son nouvel univers, celui de LA MARIÉE CADAVÉRIQUE. Les musiques sont à l’avenant: ainsi nous sont proposés chœurs «halloweenesques», percussions enfantines et ambiances funestes. Les chansons, dignes de Kurt Weill, sont ludiques à souhait. Car LA MARIÉE CADAVÉRIQUE est à la fois film d’animation, comédie d’horreur sur fond de romance et, aussi, comédie musicale qui s’abreuve à même le monde des morts, géhenne qui dans l’imaginaire de Burton (coassisté pour l’occasion par Mike Johnson) semble beaucoup plus joyeuse que le monde des vivants. À faire jouer le soir du 31 octobre pour faire danser vos citrouilles!

CORPSE BRIDE, Danny Elfman, Warner Bros. Records, 2005.

LE CLASSIQUE tHemeoloGY, tHe Best of JoHn BarrY John Barry, l’équivalent de Serge Gainsbourg pour l’Angleterre ou de Burt Bacharach pour les États-Unis, est assurément le plus talentueux compositeur des années 60 avec Henri Mancini et Ennio Morricone. Souvent négligé dans les recensions de grands compositeurs, on associe encore trop John Barry (ex-conjoint de Jane Birkin, en passant), et son œuvre aux seules musiques des films de James Bond dont il est l’auteur. Pourtant, sa carrière s’étale sur plus de cinq décennies. Sa marque musicale est indéniable et ses compositions devenues classiques sont légion pour tout amateur du septième art. Les compilations regroupant ses plus belles mélodies pleuvent sur le marché. L’essentiel est de trouver celle, à bon prix, qui regroupe les airs de la série télé Amicalement vôtre (The Persuaders), On her Majesty’s Secret Service et Midnight Cowboy. Sur la compilation présentée ici, vous retrouverez aussi les meilleures compositions des films de 007, dont celles chantées par Shirley Bassey, Out of Africa et Dances with Wolves et tutti quanti. Le livret, malheureusement d’une pauvreté notable, ne nous renseigne guère sur l’impact musical de Barry qui, de 1960 jusqu’au milieu des années 70, fut le compositeur le plus stimulant à être entendu au grand comme au petit écran. Incontournable, vous dis-je!

THEMEOLOGY: THE BEST OF JOHN BARRY, John Barry, Sony Music, 1997.

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L’ÉQUIPIER

Un film de Philippe

Lioret · Du même réalisateur: Mademoiselle

France Générique: France. 2004. 104 min. (V.O.F.) Drame réalisé par Philippe Lioret. Scén.: Philippe Lioret, Emmanuel Courcol et Christian Sinniger. Mus. orig.: Nicola Piovani. Int.: Sandrine Bonnaire, Philippe Torreton, Grégori Derangère, Émilie Dequenne. Synopsis: Camille revient à l’île d’Ouessant afin de vendre la maison paternelle. Avant d’aller signer les papiers chez le notaire, elle souhaite y dormir une dernière nuit avec sa tante Jeanne. À leur arrivée, elle voit dans le courrier une enveloppe adressée à Mabé, sa mère morte il y a un an. Dedans, un livre intitulé Mon bout du monde d’Antoine Cassenti. Éclopé et réformé pendant la guerre d’Algérie, il fut pendant deux mois gardien du phare de La Jument, avec Yvon, son père, décédé dix ans auparavant. La vieille Jeanne est bouleversée. La vue de ce nom la replonge dans ses souvenirs, plus précisément en juin 1963, au moment où Cassenti débarque pendant le repas de famille qui suit les funérailles de son père, le grand-père de Camille. Il venait prendre la relève du vieil homme. Ne s’installe pas en Bretagne qui veut. Antoine l’ignorait. Par solidarité avec les autres gardiens, Yvon lui mènera la vie dure tandis que Mabé tombera sous son charme d’étranger sur lequel l’antipathie des hommes de l’île ne semble pas avoir prise... Notes: Philippe Lioret nous avait charmés avec Mademoiselle, une romance condamnée d’avance, une de ces belles histoires d’amour aussi éphémères qu’impossibles. Sandrine Bonnaire y irradiait, rarement aussi lumineuse en face de Jacques Gamblin en clown triste. Pour son quatrième film, L’ÉQUIPIER, Lioret retient à nouveau le thème de l’amour interdit, voire coupable, mais situe son intrigue dans le pays breton où derrière l’âpreté du climat, l’isolement et l’austérité des gens, les passions brûlent à couvert. Passionné de la mer, Yvon, un être dru et intègre (un rôle sur mesure pour Philippe Torreton vu chez Tavernier dans Ça commence aujourd’hui et Capitaine Conan) se braque d’abord contre Antoine qui n’y connaît rien et qui a obtenu le poste par «compassion» pour sa main broyée. L’homme est juste: il résistera à la vague de méfiance envers ce «survenant». À nouveau jeune premier depuis Bon voyage de Jean-Paul

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Rappeneau, Grégori Derangère incarne un Antoine flegmatique, secret. Il parle peu, mais ses yeux en disent long. Isolés dans le phare, lui et Yvon n’ont pas le choix d’aller l’un vers l’autre. À cet égard, le réalisateur filme sur la passerelle de «l’enfer» — c’est ce que le phare incarne pour Yvon — des scènes magnifiques de mer en furie — se référant à leur chaos intérieur. Car entre les gardiens solitaires, une femme, Mabé, ne sait plus vers qui aller. Encore une fois, Sandrine Bonnaire n’a pas à s’appesantir. L’expressivité de son visage témoigne de l’agitation de son personnage, de sa résignation de femme de devoir mariée bien jeune. Au-delà de l’amour et de l’amitié trahie, Philippe Lioret transmet à son film la fierté du peuple breton et sa communion avec la mer... (S.B.-H.)

«[...] ce film épique et généreux, rugueux et sensible, qui constitue à ce jour l’œuvre la plus aboutie de son auteur.» (T. Cheze, Studio) «Une très attachante chronique romanesque, corsée par la superbe âpreté de l’océan.» (Le Figaro)

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cHantal séGuin: l’avenir est plus loin Qu’on pense

Chantal Séguin - L’avenir est plus loin qu’on pense

Alors que le complexe Méduse fête ses dix ans, cet automne, on réalise à quel point l’endroit est devenu un lieu rassembleur pour de nombreux artistes à Québec. Il y a donc nécessairement beaucoup à voir, au cours des prochains mois. Jusqu’au 13 novembre, le centre de production Engramme ouvre ses portes à la très talentueuse Chantal Séguin. Par l’intermédiaire du dessin, de l’estampe et de la sculpture, cette jeune artiste a notamment capté l’attention lors de la sixième Triennale mondiale de gravure de Chamalières et à la seconde édition de la Manif d’art de Québec. Après avoir présenté ses œuvres chez Engramme dans le cadre du collectif Fanzines, elle revient pour une exposition solo qui porte le titre L’avenir est plus loin qu’on pense. Poursuivant ses recherches sur l’art dans l’architecture, elle mise ici sur une grande maquette urbaine composée de structures d’édifices. À travers de nombreuses contraintes, Séguin s’intéresse à la perception de l’espace par le biais de sérigraphies, tirées de photos-romans et de publicités, qu’elle imprime directement sur le bois, de même que le verre. Toujours alerte face à la manipulation des signes, tout comme l’image stéréotypée, l’art témoigne ici d’une véritable fascination envers notre époque. Encore une fois chez Chantal Séguin, les «objets affectifs» arrivent à nous guider vers une manière inédite de percevoir le monde qui nous entoure. L’avenir est plus loin qu’on pense. Une exposition de Chantal Séguin chez Engramme, 510, côte d’Abraham, jusqu’au 13 novembre.

cooKe-sasseville: le plus Beau Jour de ma vie

Toujours à l’intérieur de Méduse, L’Œil de Poisson reste un espace de diffusion aussi vaste que polyvalent. Pour clore l’année 2005, la galerie présente une installation du duo de Québec Cooke-Sasseville qui a pour titre Le plus beau jour de ma vie. Il est plutôt intéressant de réfléchir sur la nature même d’une pareille expression et sur l’absurdité qui en découle. Sur papier, cette démarche artistique promet une interrogation face aux choix qui semblent prédominer dans notre société. À travers une jungle d’objets concernant le quoChantal Séguin - L’avenir est plus loin qu’on pense tidien, le visiteur progresse dans cette surabondance du banal. Au fond de la salle, une apparition lumineuse, au milieu de cette routine lassante, illustre l’absurdité d’une quête impossible. Ainsi, l’observateur s’interroge sur la validité même de ses propres moments de bonheur. L’esthétique de Cooke-Sasseville prend souvent un aspect railleur dans ses mises en scène, au ton ironique, montrant l’individu et sa relation avec une certaine

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forme de lucidité. Le plus beau jour de ma vie se veut donc le constat, aussi cynique qu’absurde, d’une expression qu’on utilise, sans trop en déceler les maintes conséquences. Comme quoi, le quotidien peut devenir un sujet à la fois simple et laborieux. Le plus beau jour de ma vie. Une exposition de Cooke-Sasseville à la galerie L’Œil de Poisson, 580, côte d’Abraham, du 18 novembre au 18 décembre.

nusantara indonesia

Jakarta, Indonesia

Dans un décor évoquant ces enchanteresses portions de terre entourées d’eau, Nusantara Indonesia (archipel indonésien) propose un voyage initiatique au cœur de l’Indonésie, où s’entremêlent géographie, histoire et anthropologie. Grâce à 250 artefacts du IXe siècle à aujourd’hui – de la sculpture à l’instrument de musique, en passant par les objets rituels, domestiques ou artistiques –, cette nouvelle exposition au Musée de la civilisation invite à découvrir cet étonnant archipel, le plus grand, le plus peuplé et, surtout, le plus diversifié de la planète. On a vu et revu les images de la catastrophe naturelle qui a frappé l’Indonésie à la fin de 2004. Mais qu’en est-il de son histoire, de ses modes de vie, de même que de ses échanges culturels? Un parcours original à découvrir, réalisé par le Musée de la civilisation avec la collaboration du KIT/Tropenmuseum d’Amsterdam. Nusantara Indonesia (archipel indonésien). Au Musée de la civilisation, du 2 novembre 2005 au 11 mars 2007.

Photo: Deniek G. Sukarya

Photo: Deniek G. Sukarya

(ARCHIPEL INDONÉSIEN)

Jakarta, Indonesia

LE CLAP PROPOSE L’art contemporain est de plus en plus présent au Musée national des beaux-arts du Québec. Depuis le début du mois d’octobre, Raconte-moi réunit treize artistes, de six pays différents, qui explorent les multiples facettes du récit dans l’art actuel. De Rober Racine à Gillian Wearing, on s’aperçoit que le geste de raconter croise le quotidien et traverse toutes les cultures. De plus, des volets sonores, ainsi que cinématographiques, s’ajoutent à ce périple dans les mots, l’image et la parole. Un simple regard sépare, parfois, la réalité de la fiction. Raconte-moi. Une exposition collective au Musée national des beaux-arts du Québec, jusqu’au 9 avril 2006.

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DAMMI I COLORI, 2003

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ils ont dit:

Romain Duris, qu’on a vu dans L’Auberge espagnole et Exils et qu’on peut voir dans Les Poupées russes et De battre mon cœur s’est arrêté, à propos de ses inspirations:

on a lu

un entretien Qu’a offert roBert GuédiGuian à l’éQuipe d’écranlarGe.com Le réalisateur de plusieurs fables marseillaises, dont Marius et Jeannette, délaissait sa famille d’acteurs (Ariane Ascaride et Jean-Pierre Darroussin) et ses habituels portraits de petites gens pour réaliser, en 2004, Le Promeneur du Champ de Mars, adaptation d’un livre relatant les derniers mois de la vie de François Mitterrand (Le Dernier Mitterrand de Georges-Marc Benamou). Mettre de côté ses collègues et ses lieux fétiches, d’accord, mais changer la façon «économe» de livrer des œuvres, pas question. «Je ne pense pas que je changerai un jour ma manière de travailler. Je ne ferai pas de grands mouvements de caméra […], je fais un travelling tous les dix ans. Le cinéaste qui dure longtemps fait du cinéma qui marche par rapport à son économie, dit-il. Et à qui confier la tâche de transformer François Mitterrand en personnage de cinéma? À nul autre que Michel Bouquet, à qui Guédiguian a interdit de singer l’ancien président. Miser davantage sur une reconstitution imaginaire et non maniaque ou factuelle: «Le fait qu’il ait existé nous oblige à faire attention à ne pas faire contresens, mais nous ne sommes pas rentrés dans le détail pour savoir comment il s’asseyait ou marchait». L’entrevue complète à lire sur www.ecranlarge.com/interview-84.php

«Quand j’aborde un rôle, j’ai besoin d’images pour me rassurer. Mon agent et moi, on compare mes personnages à des rock stars. Pour Arsène Lupin, je me suis inspiré de Prince avec ses cols relevés, son allure sur scène. Pour Exils, mon agent m’a dit: “T’es Jeff Buckley et t’es sur scène”. Pour L’Auberge espagnole, c’était James Stewart, ce côté “petit homme du monde banal mais qui vous embarque”». Première, mars 2005

maGazine Les Européens à Hollywood Depuis les débuts du cinéma, les allers-retours Europe-Hollywood chez les artistes européens sont constants. Artistes fuyant des régimes totalitaires, réalisateurs à la recherche de meilleures conditions de travail, acteurs-vedettes embauchés dans l’espoir de drainer leurs admirateurs vers les films hollywoodiens: les raisons d’émigrer sont nombreuses. Le mensuel français Positif propose un dossier sur le sujet avec pour thème abordé, entre autres, l’époque où les grands studios partaient à la recherche de vedettes outre-mer. Parmi les recrutés, beaucoup de femmes. Des Greta Garbo et Pola Negri présentées aux Américains comme des «objets» exotiques. Et si l’acteur ne maîtrise pas vraiment la langue de Shakespeare? Pas de problème: l’apprentissage de l’anglais est intégré à l’intrigue du film... À lire dans Positif, numéro 535, septembre 2005.

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ON VERRA BIENTÔT

on a visité

Dans son nouveau film, Wim Wenders, vingt ans après Paris, Texas, renoue avec le western, replonge dans sa réflexion sur la famille et retrouve son ami cow-boy, l’acteur Sam Shepard. Après Buena Vista Social Club, Wenders nous sert l’histoire d’un père et d’un fils qui ignorent tout de l’existence de l’autre. «Don’t Come Knocking est une fable, mais ses racines se trouvent dans une réalité profonde. Il n’y a rien de plus réel pour chaque personne que d’être un fils ou une fille. C’est la seule expérience qu’on partage tous. On n’est pas tous père ou mère mais chacun a été fils ou fille.» En plus de livrer un nouvel opus, Wim Wenders a également occupé ses journées à la restauration de ses films précédents: remixage sonore, retouche d’images et autres opérations de rajeunissement en vue de la sortie DVD de son œuvre. «Le VHS était une honte, mais le DVD, j’aime bien. Pour la première fois, le cinéma se rapproche de la culture du livre, on peut posséder un film, le consulter, regarder un chapitre. Je suis fier de voir mes films exister comme des livres.»

Wim Wenders

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D’ici là, on revisite Paris, Texas et autres Wenders sur DVD et on lit les extraits d’une entrevue accordée par le réalisateur des Ailes du désir dans le cadre d’une projection en première de Don’t Come Knocking à la Cinémathèque royale de Belgique. www.lalibre.be/article

Le site de Médiafilm, l’agence de presse québécoise qui alimente les téléhoraires et certains journaux en résumés de films et qui, surtout, attribue les fameuses cotes de 1 à 7. Mise sur pied dans les années 1950, question d’offrir un autre point de vue critique que celui du Centre national du cinéma, de la radio et de la télévision, l’agence est passée depuis à l’ère électronique. Sur son site Internet, l’agence affiche deux sections fort utiles à consulter avant toute visite à son vidéoclub. Vous cherchez un bon film de sciencefiction, un drame biographique ou une comédie policière de qualité? La section Classiques du cinéma propose une liste de films, classés par genre et, bien entendu, arborant tous au moins la cote 4... Pour les plus exigeants, un petit clic sur la section Chefs-d’œuvre donne accès à la liste des films ayant mérité la précieuse cote 1. Depuis juin, 22 nouveaux titres se sont hissés au rang de chef-d’œuvre pour un total de 136 films. De la matière à location vidéo, quoi... http://officecom.qc.ca/Media-film/ Mediafilm-accueil.html

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réduction étudiants · 4$ Sur présentation de la carte de leur établissement d’enseignement, toutes les représentations après 21 h, excepté le samedi soir, sont au tarif de 4$ pour les étudiants.

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15 novembre 1985 C’est le duo d’actrices Rosanna Arquette et Madonna qui fait tourner le moteur du projecteur de la salle 1 pour la première fois. Recherche Susan désespérément (Desperately Seeking Susan) de Susan Seidelman n’est certainement pas le plus grand film de l’histoire du cinéma, cependant il reste celui par lequel la petite histoire du Clap débute, le 15 novembre 1985. Aujourd’hui, l’héroïne du Grand Bleu s’est éclipsée du grand écran et Lady Louise Ciccone écrit des contes pour enfants, mais Le Clap continue plus que jamais à croire au «miracle» de la pellicule… À travers une série de souvenirs et d’anecdotes, voici un condensé de ces vingt ans de cinéma international.

Mourir de rire… Plusieurs films vous ont dilaté la rate, mais s’il n’y en avait qu’un seul à retenir, ce serait probablement Le Dîner de cons où Jacques Villeret, alias François Pignon, le troisième en titre après Jacques Brel et Pierre Richard, devient le dindon de la farce de Pierre Brochant à la recherche d’un con de classe mondiale. Fonctionnaire au ministère des Finances, Pignon est le roi des bourdes, multipliant «les boulettes». Nombreux sont ceux qui connaissent par cœur les répliques de la scène où Villeret, dans un numéro d’acteur sublime, s’improvise producteur belge avec l’accent, s’il vous plaît…

Aimez-le, détestez-le, mais parlez-en! Presque dix ans après Tenue de soirée (1986) où Gérard Depardieu, Michel Blanc et Miou-Miou formaient un étrange ménage à trois, le réalisateur Bertrand Blier provoque à nouveau avec Mon homme. Racontant les humeurs d’une femme qui tapine par amour (!), ce film, mettant en vedette Anouk Grinberg, irrite et divise plus que jamais. Irrévérencieux à souhait, Didier Le Pêcheur s’en prend aux bondieuseries dans un délire profane où le pape finit ses jours abruptement dans un champ de pâquerettes… Quant aux gardiens des mœurs, ils seront 5 260 à venir voir «en cachette» le brûlot fiévreux de l’auteur Virginie Despentes sur les rapports hommes-femmes à travers le sexe L’Empire des sens de Nagisa Oshima pornographique, haineux. En compaTenue de soirée de Bertrand Blier raison, L’Empire des sens Des nouvelles du bon Dieu de Didier Le Pêcheur ou les ébats d’une geisha Mon homme de Bertrand Blier n’était qu’un film à Baise-moi de Virginie Despentes et Coralie Trin Thi l’érotisme pop-corn Irréversible de Gaspar Noé lors de sa resortie, en 1989. Pourtant, l’œuvre d’Oshima exhalait un parfum de stupre… Finalement, l’intransigeance d’Irréversible n’indiffère personne. Un profond malaise entoure la scène de viol d’une Monica Bellucci livrée à des bêtes humaines….

Encore, encoooore…. Plusieurs titres figurent à la catégorie «films cultes» auxquels Le Clap, à votre demande, dédierait une salle ou du moins la baptiserait du nom de leur réalisateur. De la folie de Béatrice Dalle (37o2 le matin) à la profondeur des eaux de la Grèce (Le Grand Bleu), voici des titres dont vous ne vous lassez pas: 37o2 le matin de Jean-Jacques Beineix Le Grand Bleu de Luc Besson Brazil de Terry Gilliam Cyrano de Bergerac de Jean-Paul Rappeneau Blue Velvet de David Lynch Blade Runner de Ridley Scott



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Texte: Stéphanie Bois-Houde Recherche: Stéphanie Bois-Houde, Robin Plamondon, Michel Aubé et Simon Leclerc

L’Histoire du CLap

en queLques dates CHarnières: Grande ouverture! Le 15 novembre 1: claquement du premier clap. Deux salles sont inaugurées au grand bonheur des clients de feue La Boîte à films. Les Ailes du désir de Wim Wenders, Intervista de Federico Fellini, Le Temps des gitans d’Emir Kusturica et Delicatessen de Jeunet et Caro composent le menu des cinéphiles. En 1, la carte Abonne-Clap est rafraîchie. Fini les cartes poinçonnées. Place aux cartes en plastique. Après l’argent en plastique, vive le cinéma à la carte! Juin 10, une troisième salle augmente la capacité d’accueil. Dès le 15 juin, le héros d’Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac, «monte sur les planches» du Clap, du 15 juin 1990 au 19 septembre 1991. Cinq ans après son ouverture, 1 million de cinéphiles sont passés au guichet. Janvier 1, une quatrième salle s’ajoute et le guichet est réaménagé. Au printemps, Romain Duris prend pour une première fois la route de l’exil avec Tony Gatlif (Gadjo Dilo). Sept ans plus tard, il foule le sol d’Algérie dans Exils, le nouveau récit d’errance du plus tzigane des réalisateurs français. En décembre 2000, le guichet est installé au rez-de-chaussée. Cet automne-là, la chanteuse islandaise Björk émeut dans Dancer in the Dark de Lars von Trier et succède à Emily Watson, émouvante Bess dans Breaking the Waves, le film précédent du Danois, cofondateur du Dogme. Août 2002, la salle 5 accueille ses premiers cinéphiles. Les égéries du cinéma français d’hier, d’aujourd’hui et de demain sont réunies dans 8 femmes de François Ozon. Danielle Darrieux, Catherine Deneuve, Emmanuelle Béart et Ludivine Sagnier partagent la vedette avec Fanny Ardant, Virginie Ledoyen et Firmine Richard. Publication du 100e magazine, le 1er février 2002. Tiré du polar de Chrystine Brouillet, Le Collectionneur de Jean Beaudin fait la une. Une sixième salle est inaugurée en août 200. Quelques semaines plus tard, Samira Makhmalbaf, fille de Mohsen (réalisateur de Kandahar) livre le très beau À cinq heures de l’après-midi où la jeune femme témoigne de la réouverture des écoles aux filles à la suite de la chute des talibans, en Afghanistan. Après l’excavation et la rénovation, la nouvelle salle 2 rouvre, le 15 septembre 2003. Le 1er octobre, Le Clap accueille les cinéphiles en couche-culotte lors de la première MATI-

NÉE PARENTS-BÉBÉ! Une première à Québec!

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de cinéphiles sont passés à la billetterie du Clap depuis la pendaison de crémaillère… Et ce n’est pas fini!

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Le cinéma en statistiques Québec est une ville où il existe une offre réelle pour le cinéma produit hors des frontières des États-Unis. Si le cinéma québécois bénéficie d’une progression remarquable depuis 2002 (en lien avec l’augmentation du nombre de films ayant pris l’affiche), la part de marché la plus importante au Clap appartient au cinéma français qui se maintient toujours au premier rang. Soulignons toutefois que le cinéma de l’Hexagone n’occupe que 4 % de la part de l’ensemble du marché québécois. Voici les pourcentages de films par pays entre janvier 2000 et septembre 2005:

Cachez cette couverture que je ne saurais voir… Plusieurs couvertures de magazine auront fait jaser. Bâillonnée et ligotée sur un canapé, Victoria Abril, vedette d’Attache-moi, le dixième film de Pedro Almodóvar, suscitera des discussions enflammées sur l’image de la femme-objet. Quant aux fesses d’Antoine de Caunes, elles seront moins sujettes à la controverse que les mains d’Elsa Zylberstein qui les empoignent en reluquant son sexe (L’Homme est une femme comme les autres)… Dans la même catégorie, la paire de jambes (en l’air!) illustrant L’Ennui de Cédric Khan — une adaptation du roman de l’écrivain italien Alberto Moravia — et l’orignal en rut de l’affiche de QuébecMontréal alimenteront les conversations… S’il y a eu des couvertures «à scandale», la plus craquante fut incontestablement celle de Ponette (adorable Victoire Thivisol) et la plus engagée Attache-moi de Pedro Almodóvar L’Homme est une femme comme les autres de Jean-Jacques Zilbermann L’Ennui de Cédric Kahn Thomas est amoureux de Pierre-Paul Renders Québec-Montréal de Ricardo Trogi celle d’Amen de Costa-Gavras, créée par Oliviero Toscani, concepteur publicitaire des campagnes controversées de Benetton. France: 35,35 % · États-Unis: 20,16 % · Québec: 10,66 % · Canada: 8,93 % Royaume-Uni: 4,81 % · Allemagne: 2,36 % · Italie: 2,09 % · Espagne: 1,66 % Chine: 1,59 % · Belgique: 1,36 % · Danemark: 1,29 % · Iran: 1,21 % Autres pays: 8,53 %



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Ils ont fait courir les foules… «Toujours là!» Au palmarès informel des réalisateurs dont les films ont tous ou presque été présentés sur les écrans du Clap, quelques noms en vrac:

Emir Kusturica de Arizona Dream à La Vie est un miracle Woody Allen de Annie Hall à Melinda and Melinda Cédric Klaspisch du Péril jeune à son dernier film Les Poupées russes Quentin Tarantino de Reservoir Dogs à Kill Bill 2 Patrice Leconte de Tandem à L’Homme du train François Ozon de Sitcom à 5 X 2 Atom Egoyan de Family Viewing à La Vérité nue Claude Miller de Garde à vue à La Petite Lili Bertrand Tavernier de Que la fête commence à Laissez-passer

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Avec plus de 200 000 $ de recettes, Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet est le film «millionnaire» du Clap. Si Amélie a changé la vie de milliers de cinéphiles en semant le bonheur autour d’elle, François Pignon, inoubliable Jacques Villeret en con de «classe mondiale», et Guido, le beau fou de la tragicomédie La Vie est belle, vous auront tour à tour dilaté la rate et arraché des larmes. Avec les David Helfgott (pianiste psychotique interprété par Geoffrey Rush dans Le Prodige) et l’homme mystérieux (Ralph Fiennes dans Le Patient anglais), ils talonnent la fantaisiste Amélie… Au palmarès des films (dans le désordre) ayant enregistré plus de 100 000 $ de recettes au Clap: Le Baiser de la femme araignée de Hector Babenco Männer de Doris Dörrie Cyrano de Bergerac de Jean-Paul Rappeneau Le Peuple migrateur de Jacques Perrin, Jacques Cluzaud et Michel Debats La Jeune Fille à la perle de Peter Webber Les Invasions barbares de Denys Arcand Le Violon rouge de François Girard Une histoire vraie de David Lynch Le Dîner de cons de Francis Veber La Vie est belle de Roberto Benigni Parle avec elle de Pedro Almodóvar Le Prodige de Scott Hicks Le Patient anglais de Anthony Minghella Cinéma Paradiso de Giuseppe Tornatore Le Destin de Will Hunting de Gus Van Sant La Grande Séduction de Jean-François Pouliot Les Enfants du marais de Jean Becker

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La vague asiatique Mises en scène de légendes, récits contemplatifs et films de samouraïs se succèdent sur nos écrans démontrant à quel point l’Asie est le terreau fertile d’une cinématographie à visages multiples sortant de l’ornière du cliché du film méditatif. Des combats chorégraphiés au quart de tour de Tigre et dragon de Ang Lee à la romance esthétisante de Wong Kar-wai (Les Silences du désir), l’Asie influence jusqu’aux États-Unis. Pensons seulement à Kill Bill 1 et 2 de Quentin Tarantino…

En énième semaine à l’affiche… Avant la multiplication des salles et celle du nombre de copies de films à l’affiche, par le fait même, les distributeurs précisaient dans les publicités publiées dans les journaux le nombre de semaines écoulées depuis que le film était présenté sur les écrans. Aujourd’hui, on parle de premier week-end record au box-office plutôt que de succès à long terme. À la liste des exceptions des films récents, voici quelques titres qui se sont longtemps maintenus à l’affiche. À noter que deux documentaires «concourent» avec les fictions. Un signe des temps… et de conscientisation politique!

À la verticale de l’été de Tran Anh Hung Les Silences du désir de Won Kar-wai L’Empereur et l’assassin de Chen Kaige Tigre et dragon de Ang Lee Zaïtochi de Takeshi Kitano Printemps, été, automne, hiver… et printemps de Kim Ki-Duk Héro de Zhang Yimou



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La Vie est belle de Roberto Benigni — du 30 octobre 1998 au 19 août 1999 Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet — du 7 septembre 2001 au 6 juin 2002 Le Dîner de cons de Francis Veber — du 9 octobre 1998 au 13 mai 1999 Une histoire vraie de David Lynch — du 24 décembre 1999 au 20 juillet 2000 Bowling for Columbine de Michael Moore — du 22 novembre 2002 au 11 juin 2003 Ce qu’il reste de nous de François Prévost et Hugo Latulippe — du 30 juillet au 22 décembre 2004

Pardon? Vous avez dit… Au chapitre des titres de films les plus déformés au guichet, quelques perles ont été consignées dans un carnet bleu. À la volée, voici quelques-unes de ces «distorsions langagières» cocasses:

Les lapsus géographiques… Les parapluies de Sherbrooke pour Les Parapluies de Cherbourg La Veuve de Saint-Maurice pour La Veuve de Saint-Pierre Québec-Boston pour Québec-Montréal Les Femmes de Thetford pour Les Femmes de Stepford

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Et les plus coquins…

Et politiques…

Zizi pour Yi Yi Saute-moi pour Baise-moi Le Fruit défendu pour La Femme défendue

Au revoir, Staline! pour Au revoir, Lénine! Arafat pour Ararat

Les déformations ludiques… La Pulpe rose de Claire pour La Rose pourpre du Caire La Transparence des druides pour La Turbulence des fluides Lambada pour Lantana Pressage à froid pour Nettoyage à sec La Deuxième porte à gauche du frigo pour La Moitié gauche du frigo

Vive le Québec… sur grand écran! Si Les Boys correspond au premier véritable succès à grande échelle pour ce qui est des recettes au box-office québécois, ni les jokes de hockeyeurs de la ligue de garage de Louis Saïa ni les films du terroir qui suivront n’ont amorcé la vague de popularité du cinéma québécois au Clap. Sur la couverture du magazine Le Confessionnal de Robert Lepage soulignant le 10e anniversaire du cinéma, c’est Le Violon rouge de François Girard à Robert Lepage avec Le Confessionnal que l’on 15 février 1839 de Pierre Falardeau doit ce regain d’intérêt pour notre cinématograSéraphin, un homme et son péché de Charles Binamé phie nationale. Dans ce cas-ci, plusieurs perçoiLes Invasions barbares de Denys Arcand vent une manière de revoir les lieux où HitchLa Grande Séduction de Jean-François Pouliot cock, avant le créateur de La Face cachée de la Lune, avait tourné I Confess. Viennent ensuite les pérégrinations du violon du réalisateur François Girard (32 films brefs sur Glenn Gould) et le testament politique vibrant de Thomas de Lorimier, 15 février 1839, signé par un Pierre Falardeau engagé. Puis, les réalisateurs s’intéressent aux grandes figures de la télé. Charles Binamé ressuscite le plus chiche, Séraphin, et Érik Canuel ramène du bout du monde le mystérieux Survenant. Présentés à Cannes dans des sélections parallèles, en 2003, Les Invasions barbares révèle au monde l’actrice Marie-Josée Croze et La Grande Séduction de Jean-François Pouliot démontre, par le biais de l’humour, les conséquences de la fermeture des usines en région…

Prolonger le plaisir… Faire court est un art à maîtriser qui est boudé par plusieurs réalisateurs. Parmi ces cinéastes au souffle long, le vétéran Jacques Rivette détient la palme des films à la durée la plus épique avec son œuvre La Belle Noiseuse de Jacques Rivette — 240 minutes Autant en emporte le vent de Victor Fleming — 225 minutes La Maman et la putain de Jean Eustache — 220 minutes Titanic de James Cameron — 195 minutes 37o2 le matin de Jean-Jacques Beineix — 190 minutes Magnolia de Paul Thomas Anderson — 188 minutes Nos meilleures années ( Acte 1 et Acte 2) de Marco Tullio Giordana — 188 et 187 minutes Atanarjuat de Zacharias Kunuk — 172 minutes

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contemplative de 240 minutes, La Belle Noiseuse. On comprendra qu’il se plaisait à filmer Emmanuelle Béart. Quelques pairs l’auront imité ou vice versa…

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Bouh! Moins ferré dans l’horreur que les mégaplexes, Le Clap a quand même des bons coups à son actif en matière d’histoires de peur. De Rex qui cherche à savoir ce que sa femme est devenue après sa disparition dans une station-service (L’Homme qui voulait savoir) à cet assassin expliquant avec humour les différentes techniques pour tuer un quidam (C’est arrivé près de chez vous), les frissons sont au rendezvous. Coproduction russe, Témoin muet augmente la tension d’un cran... Alors, qui ne craint pas d’être enfermé dans un studio la nuit venue? Et l’on se méfie de ses amis depuis que Danny Boyle nous a montré jusqu’où conduit l’appât du gain… Mettant en scène les forces surnaturelles, Éric Tessier livre une adaptation sous haute tension de Sur le seuil, roman fantastique de Patrick Sénécal.

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Sur la route

Paris, Texas de Wim Wenders Easy Rider (1969) de Dennis Hopper et Tango de Patrice Leconte Thelma & Louise (1991) de Ridley Scott Western de Manuel Poirier restent des références en matière de roadUne histoire vraie de David Lynch movie. Par contre, Wenders renouvelle le Québec-Montréal de Ricardo Trogi genre en abordant dans Paris, Texas l’errance intérieure et la traversée du désert de Travis de son personnage principal, interprété par Harry Dean Stanton. Étrangement, l’acteur Richard Farnsworth enfourchera son tracteur John Deere 1973 pour aller de l’Iowa au Wisconsin à la rencontre de Stanton jouant son frère dans Une histoire vraie. Sur la piste d’une femme à liquider, trois hommes (Philippe Noiret, Richard Bohringer et Thierry Lhermitte) partent à sa recherche dans Tango. Sur l’autoroute vers Quimper, on croise l’acteur Sergi Lopez pour une première fois… Verdict: ramenez-le plus souvent à l’écran! Frédéric Fonteyne nous exauce avec Une liaison pornographique et Dominik Moll renchérit avec Harry, un ami qui vous veut du bien. L’Homme qui voulait savoir de George Sluizer C’est arrivé près de chez vous de Rémy Belvaux, André Bonzel et Benoît Poelvoorde Témoin muet de Anthony Waller Petits meurtres entre amis de Danny Boyle Sur le seuil de Éric Tessier

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Écrit, réalisé et vu sous acide… De la beat generation à celle du no future, des délires hallucinés de William S. Burroughs à ceux complètement pétés de la bande de jeunes junkies d’Édimbourg imaginée par Irvine Welsh et dépeinte par Danny Boyle, le monde semble perpétuellement sous acide. Phénomène venu de Grande-Bretagne, Trainspotting rejoint aussi les jeunes de Québec. Le contrôle des cartes d’identité n’a jamais été aussi sévère au Clap. Le film classé 16 ans + rameute les ados de la région. David Lynch avec, entre autres, son enquête sur les sept jours précédant la mort de Laura Palmer (Twin Peaks: Fire Walk with me) et David Cronenberg se passent le flambeau pour ce qui est des œuvres déroutantes. La bisbille (ou la rivalité) entre les deux cinéastes est consommée sur l’autel de Cannes alors que Cronenberg, en 1999, écarte Une histoire vraie du palmarès. Pour renvoyer l’ascenseur, Lynch le remercie en excluant Spider du cercle des films primés…

Le Festin nu (Naked Lunch) de David Cronenberg Wild at Heart de David Lynch Twin Peaks: Fire Walk with me de David Lynch Trainspotting de Danny Boyle eXistenZ de David Cronenberg

Nous aussi, on veut fêter Noël ! Si tout l’monde attend à la dernière minute, on risque de ne pas être très en forme ! Nous vous offrons donc 8$ de réduction si vous achetez ou commandez votre Support-album CD avant le 15 novembre. Support pour 12 CD

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L’âge tendre… Françoise Sagan disait de la jeunesse qu’elle est «la seule génération raisonnable»… Kubrick l’aura dépeinte furieuse et sadique, Éric Rochant désillusionnée et errante tandis que Mathieu Kassovitz témoigne de la violence dans les cités parisiennes. Avec Le Péril jeune, Cédric Klapisch amorce une filmographie qui observera les jeunes de l’après68 jusqu’à leur passage à la vie adulte (Les Poupées russes). Lancée avec Sonatine de Micheline Lanctôt, un film sur le mal de vivre et le suicide, Pascale Bussières rejoint les Macha Limonchik, Isabel Richer et James Hyndman pour Eldorado, un portrait de la jeunesse du Plateau, à Montréal, où le réalisateur capte avec justesse l’air du temps…

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Un peu, beaucoup, passionnément, à la folie… Amours victoriennes

L’amour à mort

James Ivory est le champion dans cette catégorie: de Chambre avec vue à La Coupe d’or. Il révèle Helena Bonham-Carter, aujourd’hui muse de Tim Burton.

Amour initiatique

Sacralisé à titre posthume lors de la Nuit des césars, en 1993, Les Nuits fauves de Cyril Collard est le premier long métrage du jeune acteur et réalisateur séropositif mort prématurément. C’est également la découverte d’une jeune actrice brillante: Romane Bohringer.

Jean-Jacques Annaud adapte L’Amant de Marguerite Duras où l’écrivaine raconte son apprentissage de l’amour auprès d’un riche Chinois.

Amours itinérantes Juliette Binoche et Denis Lavant s’abandonnent corps et âme au projet à la poésie furieuse de Leos Carax, Les Amants du Pont-Neuf.

L’amour à trois

Amours crépusculaires

Concertiste exigeante, Camille s’éprend d’un luthier (Daniel Auteuil) qui la rejette. Par dépit, elle aime l’ami de celui-ci. C’était Un cœur en hiver de Claude Sautet

L’amour n’appartient pas qu’à la jeunesse. Dans Innocence de Paul Cox, d’anciens amoureux se donnent une seconde et dernière chance.

Orange mécanique de Stanley Kubrick Un monde sans pitié d’Éric Rochant Le Péril jeune de Cédric Klapich La Haine de Mathieu Kassovitz Eldorado de Charles Binamé L’Auberge espagnole de Cédric Klapisch

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PAS DE PAYS SANS PAYSANS

LA PLANÈTE BLEUE

SOUPIR D’ÂME

Un film de Ève Lamont De la même réalisatrice: Squat!

Un film de Andy Byatt et Alastair Fothergill

Un film de Helen Doyle

EN ATTENDANT LA PLUIE

Royaume-Uni · Allemagne Québec

Générique: 2005. Québec. 90 min. (V.O.F.) Documentaire écrit et réalisé par Ève Lamont. Mus. orig.: Michel F. Côté et Urbain Desbois.

Notes: Après avoir sillonné les campagnes du Québec, de l’Ouest canadien, du Vermont et de la France, la réalisatrice Ève Lamont constate les ravages de l’agriculture industrielle. Réponse à la mondialisation, «l’agriculture de masse» suppose l’utilisation abusive de pesticides et d’antibiotiques avec des conséquences comme la dégradation de l’environnement et la culture d’aliments «mutés». Pour faire contrepoids à ce productivisme, des paysans résistent en protecteurs du terroir. Un document «agropolitique» incontournable. (S.B.-H.)

Un film de Catherine Veaux-Logeat

Générique:

Royaume-Uni · Allemagne. 2003. 90 min. (V.F. de Deep Blue) Documentaire réalisé par Andy Byatt et Alastair Fothergill. Mus. orig.: George Fenton. Narration: Jacques Perrin.

Notes: LA PLANÈTE BLEUE explore les profondeurs des océans qui inondent 71 % de la surface de la planète. Dans la lignée du Peuple migrateur et de La Marche de l’empereur, ce documentaire plonge dans l’univers méconnu de la faune et de la flore sous-marines. Les mœurs agressives des orques ainsi que l’organisation stratégique d’un banc de poissons sont des exemples de sujets abordés dans ce documentaire tourné sur 200 sites, des plages australiennes aux profondeurs abyssales de l’Atlantique. (S.B.-H.)

Québec Vidéo Femmes présente un programme double. SOUPIRS D’ÂME (Prix du meilleur essai — FIFA 2005) est une réflexion artistique sur la quête d’identité écrite et scénarisée par Helen Doyle. Personnage fictif, Kate O’Dowell vit deux étapes transitoires dans sa vie, la mort de son père adoptif et un voyage en Bosnie. Un déferlement d’émotions qu’elle exprime dans la danse... Puis EN ATTENDANT LA PLUIE de Catherine Veaux-Logeat fait le portrait d’Hélène, une vieille dame de 81 ans qui n’en finit plus d’attendre la pluie depuis son village de Bourgogne lors de la canicule de 2003, en France.

TAI CHI TAOÏSTE Un art de santé agréable à pratiquer dans une atmosphère détendue, aux bienfaits multiples, à la portée de tous et procurant un exercice complet. Venez voir sur place sans obligation. Cours offerts à Québec - Lévis - Charny - Stoneham - Sainte-Foy - Saint-Augustin - Charlesbourg Aussi, classes pour besoins spéciaux à Québec. À Québec, au 766, rue Kirouac, 2e étage, porte d’entrée rouge. À Charny, au 9335, boulevard du Centre-Hospitalier. Pour information et horaire des classes : 688-1199 ou www.taichitaoiste.org

UNE

JOSIANE BALASKO, MARIE-ANNE CHAZEL, CHRISTIAN CLAVIER, GÉRARD JUGNOT, THIERRY LHERMITTE ET BRUNO MOYNOT

PIÈCE DE

MISE EN SCÈNE PAR STÉPHAN ALLARD • SCÉNOGRAPHIE DE ÉLISE DUBÉ • AVEC MARIE-FRÉDÉRIQUE AUGER, EMMANUEL BÉDARD, SERGE BONIN, JEAN-JACQUI BOUTET, NICOLAS LÉTOURNEAU ET ANSIE ST-MARTIN

Du jeudi au samedi 1er, 2, 3, 8, 9, 10, 15, 16 et 17 décembre, 20 h dimanche 18 décembre, 15 h au Théâtre Petit Champlain

RÉSERVATIONS : (418) 692-2631 WWW.CLAP.QC.CA

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Du 11 au 15 novembre, Le Clap fête ses 20 ans à travers le cinéma français, un cinéma qui occupe toujours 35 % de notre programmation. En grande avant-première, à Québec, voyez une sélection de 20 films français qui seront présentés au Clap en 2006. Courez la chance de gagner une collection de 20 DVD d’une valeur de 500 $ des grands succès du cinéma français au Clap (attribution le 16 novembre).

CACHE-CACHE (91 min) · 13 NOVEMBRE · 20 H 20

LE SILENCE (104 min) · 11 NOVEMBRE · 16 H 50

LE COUPERET (122 min) · 14 NOVEMBRE · 15 H

Un film de Orso Miret • Drame réalisé par Orso Miret. Scén.: Roger Bohbot, Orso Miret et Agnès de Sacy. Int.: Mathieu Demy, Natacha Régnier, Thierry de Peretti. • D’origine corse, Olivier revient sur l’île pour les vacances. Témoin du meurtre crapuleux d’une caissière par PaulAndré, l’ami d’un chasseur avec qui il traque le sanglier, «l’étranger» garde le silence.

STUPEUR ET TREMBLEMENTS (107 min) 14 NOVEMBRE · 21 H 50

Le Silence

Un film de Alain Corneau • Comédie écrite et réalisée par Alain Corneau d’après le roman d’Amélie Nothomb. Int.: Sylvie Testud, Kaori Tsuji, Bison Katayama. • Au bas de la hiérarchie, Amélie, une jeune Belge au Japon, se sent comme une «particule» insignifiante, dans la grande entreprise où elle travaille…

LES AMATEURS (93 min) · 12 NOVEMBRE · 13 H

Stupeur et tremblements

au clap

JOYEUX NOËL (115 min) · 11 NOVEMBRE · 19 H

Un film de Christian Carion • Drame de guerre écrit et réalisé par Christian Carion. Int.: Bennö Fürmann, Guillaume Canet, Gary Lewis, Diane Kruger. • 1914. Premier hiver au front. Un ténor à l’opéra de Berlin, une soprano danoise, un pasteur écossais et un lieutenant français fraternisent à l’orée des tranchées…

Joyeux Noël

20

ans de cinéma franÇais

Un film de Martin Valente • Comédie écrite et réalisée par Martin Valente. Int.: Lorant Deutsch, Jalil Lespert, François Berléand, Pascal Légitimus. • Bossant dans leur cité, Christophe et J-P ne s’énervent pas… Grâce à leurs petits boulots, ils ont toute la liberté pour jouer aux séducteurs sans complexe…

L’ANNULAIRE (100 min) · 15 NOVEMBRE · 19 H 40

Un film de Diane Bertrand • Drame écrit et réalisé par Diane Bertrand. Int.: Olga Kurylenko, Marc Barbé, Stipe Erceg, Edith Scob. • Nouvellement embauchée dans un laboratoire où il se passe des choses étranges, Iris noue une relation amoureuse avec son patron…

Un film de Yves Caumont • Drame réalisé par Yves Caumont. Scén.: Yves Caumont et Emmanuelle Jacob. Int.: Bernard Blancan, Lucia Sanchez, Antoine Chappey. • Après la vente de sa ferme, Raymond se cache dans le puits afin d’observer les nouveaux propriétaires…

Un film de Costa-Gavras • Drame réalisé par Costa-Gavras. Scén.: Costa-Gavras et Jean-Claude Grumberg d’après le polar de Donald E. Westlake. Int.: José Garcia, Karin Viard, Ulrich Tukur. • Cadre au chômage, Bruno Davert est prêt à tuer pour obtenir un nouvel emploi…

L’ENFANT (95 min) · 13 NOVEMBRE · 16 H 10

Un film de Jean-Pierre et Luc Dardenne • Drame écrit et réalisé par Jean-Pierre et Luc Dardenne. Int.: Jérémie Renier, Déborah François, Jérémie Segard. • À vingt ans, Bruno, un jeune voyou, entre abruptement dans l’âge adulte quand sa copine Sonia accouche de leur enfant…

GABRIELLE (90 min) · 12 NOVEMBRE · 15 H

Un film de Patrice Chéreau • Drame réalisé par Patrice Chéreau. Scén.: Anne-Louise Trividic et Patrice Chéreau d’après l’œuvre de Joseph Conrad. Int.: Isabelle Huppert, Pascal Greggory. • Un jour, Gabrielle Hervey quitte son époux sans prévenir, mais ne tarde pas à revenir…

L’ENQUÊTE CORSE (92 min) · 13 NOVEMBRE · 14 H 10

Un film de Alain Berberian • Comédie policière réalisée par Alain Berberian. Scén. : Christian Clavier et Michel Delgado d’après l’œuvre de Pétillon. Int.: Christian Clavier, Jean Reno, Caterina Murino, Didier Flamand. • Un détective parisien, Jack Palmer, accepte la «mission impossible» de retrouver Ange Léoni, un Corse planqué Dieu sait où sur l’île de toutes les vendettas…

Les Amateurs

L’Annulaire



Cache-cache

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Le Couperet

L’Enfant

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Du 11 au 15 novembre

Gabrielle

LES FAUTES D’ORTHOGRAPHE (90 min) 13 NOVEMBRE · 12 H 10 Un film de Jean-Jacques Zilberman • Drame réalisé par Jean-Jacques Zilbermann. Scén.: Jean-Jacques Zilbermann et Philippe Lasry. Int.: Damien Jouillerot, Carole Bouquet, Olivier Gourmet. • Fils du proviseur et de la directrice des études d’un collège accueillant des enfants défavorisés, Daniel, quinze ans, subit, renfrogné, les humiliations de ses camarades…

HOLY LOLA (128 min) · 14 NOVEMBRE · 12 H 30

Un film de Bertrand Tavernier • Drame réalisé par Bertrand Tavernier. Scén.: Tiffany Tavernier et Dominique Sampiero. Int.: Isabelle Carré, Jacques Gamblin, Bruno Putzulu. • Partis au Cambodge pour aller chercher une enfant, Géraldine et Pierre affrontent les difficultés de l’adoption…

LA PETITE JÉRUSALEM (94 min) · 15 NOVEMBRE · 21 H 50

Un film de Karin Albou • Drame écrit et réalisé par Karin Albou. Int.: Fanny Valette, Elsa Zylberstein, Bruno Todeschini, Aurore Clément. • En banlieue de Paris, dans une communauté juive, Laura balance entre son éducation religieuse et ses études de philosophie, alors que sa sœur Mathilde tâche de sauver son couple…

LE PROMENEUR DU CHAMP DE MARS (117 min) 14 NOVEMBRE · 19 H 30 Un film de Robert Guédiguian • Drame réalisé par Robert Guédiguian. Scén.: Georges-Marc Benamou et Gilles Taurand. Int.: Michel Bouquet, Jalil Lespert, Philippe Fretun. • Condamné par la maladie, François Mitterrand se raconte à un jeune journaliste…

LES SŒURS FÂCHÉES (93 min) · 14 NOVEMBRE · 17 H 30

Un film de Alexandra Leclère • Comédie écrite et réalisée par Alexandra Leclère. Int.: Isabelle Huppert, Catherine Frot, François Berléand. • Esthéticienne au Mans, Louise débarque chez sa sœur Martine, à Paris. Entre les deux sœurs, la bisbille ne tarde pas à s’installer…

Holy Lola

La Petite Jérusalem

Le Promeneur du champ de Mars

LE TEMPS QUI RESTE (85 min) · 11 NOVEMBRE · 21 H 20

Un film de François Ozon • Drame écrit et réalisé par François Ozon. Int.: Melvil Poupaud, Valeria Bruni-Tedeschi, Jeanne Moreau. • Un jeune photographe de 30 ans, Romain, n’a plus que quelques mois à vivre…

TOUT POUR PLAIRE (105 min) · 13 NOVEMBRE · 18 H 10

Les Sœurs fâchées

Un film de Cécile Telerman • Comédie réalisée par Cécile Telerman. Scén.: Cécile Telerman, Jérôme Soubeyrand. Int.: Anne Parillaud, Judith Godrèche, Mathilde Seigner. • Juliette, Florence et Marie, toutes trois dans la trentaine, vivent des amours compliqués…

ENTRE SES MAINS (90 min) · 12 NOVEMBRE · 21 H 30

Un film de Anne Fontaine • Drame réalisé par Anne Fontaine. Scén.: Anne Fontaine et Julien Boivent d’après l’œuvre de Dominique Barbéris. Int.: Isabelle Carré, Benoît Poelvoorde. • Travaillant pour une compagnie d’assurances, Claire est attirée par Laurent, un client sinistré qu’elle croit être un tueur en série…

L’ÉQUIPIER (104 min) · 12 NOVEMBRE · 16 H 50

Un film de Philippe Lioret • Drame réalisé par Philippe Lioret. Scén.: Philippe Lioret, Emmanuel Courcol et Christian Sinniger. Int.: Sandrine Bonnaire, Philippe Torreton, Grégori Derangère. • Nouvellement engagé au phare de La Jument, Antoine a de la difficulté à s’intégrer à la communauté de l’île d’Ouessant, en Bretagne. Yvon, le gardien, et sa femme Mabé lui donnent sa chance…

CACHÉ (117 min) · 12 NOVEMBRE · 19 H

Un film de Michael Haneke • Drame écrit et réalisé par Michael Haneke. Int.: Juliette Binoche, Daniel Auteuil, Maurice Bénichou, Annie Girardot, Bernard Le Coq, Walid Afkir, Daniel Duval. • Georges, journaliste littéraire à la télévision, reçoit des vidéos anonymes où on le voit, filmé clandestinement, avec sa famille…

Le Temps qui reste

Tout pour plaire

Entre ses mains

L’Équipier

Les Fautes d’orthographe

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L’Enquête Corse

Caché

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LA VÉRITÉ NUE

Un film de Atom

Egoyan · Du même réalisateur: Ararat

«Moins cérébral et froid que l’ensemble de l’œuvre du cinéaste, La Vérité nue est riche en textures, suave, enivrant, énigmatique et efficace...» (M. Casivi, La Presse)

Canada · Royaume-Uni · États-Unis

LES POUPÉES RUSSES

Un film de Cédric Klapisch · Du même réalisateur: L’Auberge espagnole

«Cédric Klapisch a donné à cette comédie amoureuse un ton un peu plus grave, un rythme un peu plus mélancolique [...] Du coup, il s’en dégage une émotion permanente [...]» (P. Fabre, Studio)

France · Royaume-Uni

Générique: Canada · Royaume-Uni · États-Unis. 2005. 107 min. (V.F. de Where the Truth Lies) Drame écrit et réalisé par Atom Egoyan d’après le roman de Rupert Holmes. Mus. orig.: Mychael Danna. Int.: Kevin Bacon, Colin Firth, Alison Lohman, Rachel Blanchard.

Générique: France · Royaume-Uni. 125 min. (V.O.F. et multilingue avec s.-t. français) Comédie écrite et réalisée par Cédric Klapisch. Mus. orig.: Loïc Dury, Laurent Levesque et Bruno Ephron Mahmoudi. Int.: Romain Duris, Cécile de France, Audrey Tautou, Kelly Reilly, Kevin Bishop.

Synopsis: Dans les années 50, Lanny Moris et Vince Collins forment le tan-

Synopsis: Cinq ans après avoir décidé de devenir écrivain, Xavier, 30 ans, a du mal à se fixer. Professionnellement, il «survit». Côté amour, il enfile les aventures. D’ici à ce qu’il rencontre la perle rare, Xavier et ces ex-colocataires de Barcelone se retrouvent à Saint-Pétersbourg pour le mariage de William, le frère de Wendy, l’Anglaise rangée...

dem comique le plus célèbre des États-Unis. Une popularité ternie du jour au lendemain par la découverte du corps d’une jeune femme dans la suite qu’ils occupaient. Malgré leur alibi respectif qui les blanchit tous deux, cet événement marque la fin de leur collaboration. Quinze ans plus tard, une jeune journaliste chevronnée décide de lever le voile sur leur histoire…

Notes: Plus qu’une œuvre élégante et divertissante, LA VÉRITÉ NUE est

une réflexion passionnante sur la mythologie hollywoodienne et l’idéalisation de figures médiatiques, sa sensualité vénéneuse et troublante portant définitivement la signature de son auteur. (P.H.)



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Notes: S’il considère que son film parle plus d’amour que d’amitié contrairement au précédent, Cédric Klapisch en traite d’une manière moderne, hors des clichés romantiques. Inspiré par L’Homme qui aimait les femmes de François Truffaut, Klapisch signe un abécédaire de la séduction sous le signe de chouettes retrouvailles! (S.B.-H.)

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WALLACE ET GROMIT — LE MYSTÈRE DU LAPIN-GAROU Un film de Nick Park et Steve Box

Royaume-Uni Générique: Royaume-Uni. 2005. 85 min. (V.F. de Wallace & Gromit in The Curse of de Were-Rabbit) Film d’animation réalisé par Nick Park et Steve Box. Scén.: Mark Burton, Steve Box, Bob Baker et Nick Park. Mus. orig.: Julian Nott.

Synopsis: Le Grand Concours Annuel des Légumes est menacé lorsque les potagers de la ville sont saccagés par un mystérieux lapin-garou géant. Qui dit mieux que Wallace et son chien au flair légendaire, Gromit, pour enquêter...

Notes: Il a fallu cinq ans aux créateurs des sympathiques personnages en pâte à modeler pour signer ce premier long métrage où Wallace et Gromit, les héros des courts métrages Une grande excursion, Un mauvais pantalon et Rasé de près, reviennent en force, plus loufoques que jamais. (S.B.-H.)

HARRY POTTER ET LA COUPE DE FEU Un film de Mike Newell

États-Unis Générique: États-Unis. 2005. 157 min. (V.F. de Harry Potter and the Goblet of Fire) Drame d’aventures réalisé par Mike Newell. Scén.: Steven Kloves d’après le roman de J.K. Rowling. Mus. orig.: Patrick Doyle et John Williams. Int.: Daniel Radcliffe, Rupert Grint, Emma Watson, Ralph Fiennes, Maggie Smith.

Synopsis: La quatrième année à l’école de sorcellerie de Poudlard est celle du Tournoi des trois sorciers. Même s’il n’a pas l’âge d’y participer, Harry est sélectionné par la coupe de feu... Notes: Quatrième adaptation des aventures du héros de J.K. Rowling, HARRY POTTER ET LA COUPE DE FEU introduit de nouveaux personnages, dont le professeur Alastor Maugrey et Lord Voldemort... (S.B.-H.)

LA MARIÉE CADAVÉRIQUE

LE CHÂTEAU AMBULANT

Un film de Tim Burton et Mike Johnson

Un film de Hayao Miyazaki

Royaume-Uni Générique: Royaume-Uni. 2005. 77 min. (V.F. de Corpse Bride) Film d’animation réalisé par Tim Burton et Mike Johnson. Scén.: Pamela Pettler et Caroline Thompson. Mus. orig.: Danny Elfman.

Japon

Synopsis: Au XIXe siècle, dans un village de l’Europe de l’Est, Victor est uni de force au cadavre d’une mariée de l’au-delà alors que Victoria, sa promise en chair et en os, l’attend du côté du monde des vivants... Notes: Tim Burton, réalisateur de Charlie et la chocolaterie, renoue avec l’univers merveilleux de L’Étrange Noël de M. Jack, son premier film d’animation, tourné il y a dix ans. Puisant à la dramaturgie de Bram Stoker (Dracula), il livre une fable baroque et fantastique. (S.B.-H.)

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Générique: Japon. 2004. 119 min. (V.F. de Howl’s Moving Castle) Dessin animé réalisé par Hayao Miyazaki. Scén.: Hayao Miyazaki, Cindy Davis Hewitt et Donald H. Hewitt d’après le roman de Diana Wynne Jones. Mus. orig.: Joe Hisaishi et Youmi Kimura. Synopsis: Sous l’emprise d’un sort jeté par une vilaine sorcière, Sophie, une jeune fille, se métamorphose en vieille dame de 90 ans et des poussières. Désespérée par ce vieillissement prématuré, elle erre jusqu’à un mystérieux château ambulant...

Notes: Rejoignant simultanément parents et enfants grâce aux différents niveaux de lecture encodés dans son œuvre, Miyazaki fascine par sa vision à la fois fabuleuse et pessimiste du monde. (S.B.-H.)

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collection de danses Depuis plus de dix ans, Mario Veillette s’implique de façon constante dans le milieu de la danse à Québec. À titre de chorégraphe et d’enseignant, il ne cesse de relever de nouveaux défis. Dans le cadre de la série Mouvements d’intimité, à la salle Multi de Méduse, du 7 au 10 décembre prochain, La Rotonde présente sa toute dernière création: Prêt-à-porter.

Mario Veillette

Pour Mario Veillette, la danse se rattache à «un questionnement sur l’identité, l’être humain, l’art et la vie». Installé à Québec depuis 1993, cet adepte du butô parle avec conviction de son art. «Pour bien des gens, le butô est une sorte de théâtre un peu étrange. Après avoir fait scandale dans le Japon de l’après-guerre, cette forme de danse a été qualifiée de choquante, provocatrice, nihiliste et grotesque. C’est une rupture avec les règles établies, laissant donc beaucoup de place à l’improvisation. J’essaie maintenant de trouver en quoi cette pratique demeure toujours per-

tinente, par rapport à l’identité culturelle québécoise contemporaine». Sa toute dernière création, Prêt-à-porter, met en scène quatre solos qu’interprète la costumière et danseuse Julie Pichette. Comme le soutient cet ancien élève de Jocelyne Montpetit (première Occidentale à faire partie d’une troupe de butô), «le butô connecte le conscient avec l’inconscient. Le mouvement n’est pas dirigé de l’extérieur, mais apparaît plutôt dans l’interaction entre le monde extérieur et intérieur. Il s’agit, en quelque sorte, d’une recherche sur les origines de la PRÊT-À-PORTER danse». Avec Prêt-à-porter, Veillette s’immisce, de manière ironique, dans le monde plutôt superficiel de la mode. À partir de robes créées par Julie Pichette, le chorégraphe donne à voir quatre aspects très différents de l’existence humaine. «Ma manière d’aborder le butô est beaucoup moins dramatique qu’auparavant

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[poursuit Veillette]. J’insiste peut-être davantage, avec ce spectacle, sur des éléments ludiques et théâtraux. Il y a eu aussi cette rencontre déterminante avec Julie, qui s’engage tant sur le plan de la création des costumes que de l’interprétation. J’ai donc voulu mettre l’accent sur la découverte d’ambiances, sans pour autant garder le spectateur à l’écart». Il est vrai que la danse contemporaine peut par-

PRÊT-À-PORTER

fois rebuter le grand public. Selon Veillette, il s’agit plutôt d’une légère mésentente. «Je crois que la danse n’est pas seulement de la décoration. On entre en contact avec une réflexion sur la vie, qui demeure agréable à regarder. J’ai toujours perçu mon travail de chorégraphe comme un mélange d’intensité et d’accessibilité». Même s’il réfléchit encore à certains aspects du spectacle, ce chorégraphe indépendant sait qu’il enclenche une étape cruciale dans sa carrière. «Curieusement, c’est la première fois que je travaille le solo. Cela m’amène ailleurs, par rapport à ma démarche habituelle. Je vise surtout à atteindre une plus grande simplicité, même si les quatre chorégraphies jouent beaucoup sur la notion de contraste. Dans le butô, on retrouve forcément ce désir de réconciliation avec nous-même et avec le monde qui nous entoure». Prêt-à-porter envisage ainsi un tout autre regard sur la mode et ses contradictions. PRÊT-À-PORTER de Mario Veillette. Interprétation et création des costumes: Julie Pichette. À la salle Multi de Méduse, du 7 au 10 décembre, dans le cadre de la saison 2005-2006 de La Rotonde.

NOS CHOIX FESTEN FÊTE DE FAMILLE

Texte de Thomas Vinterberg dans une adaptation de Martin Genest. Au Théâtre Périscope, jusqu’au 5 novembre. Dans cette adaptation théâtrale du film de Thomas Vinterberg, l’esprit familial est rudement mis à l’épreuve. Pour le soixantième anniversaire de naissance d’Antoine, on invite l’entourage à une réception imprévisible et lourde de conséquences. Entre les mains de Martin Genest et des créateurs du Théâtre Blanc, on sait surtout que la vérité n’est pas toujours bonne à entendre. Un véritable affrontement qui laisse place à beaucoup d’émotions. Un spectacle-choc qui intéressera particulièrement les cinéphiles.

SAINTE JEANNE

Texte de George Bernard Shaw. Mise en scène: Gill Champagne. Au Théâtre du Trident, du 1er au 26 novembre. Le personnage de Jeanne d’Arc vu par Gill Champagne. Dans ce texte de George Bernard Shaw, on dévoile le côté humain d’une jeune adolescente qui a consacré sa vie à une cause. Désarmante de candeur ou porteuse de subversion dévastatrice, cette paysanne, élevée au rang de mythe, renaît sur la scène du Trident. www.clap.qc.ca

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miles et isaBel, par Tom Gilling, Alto Décidément, les éditions Alto promettent: l’automne dernier, on nous a offert Nikolski, remarquable premier roman d’un jeune Québécois, et, ces derniers mois, ce petit bijou d’un auteur australien. Ce roman loufoque raconte les tribulations de Miles et d’Isabel, nés dans des circonstances aussi tordantes que dramatiques, dans l’Angleterre victorienne et le Far West australien. Entraînant et désopilant.

Journal, par Marie Uguay, Boréal poÈmes, par Marie Uguay, Boréal Marie Uguay n’avait que 26 ans, en 1981, quand un cancer des os a finalement eu raison d’elle. Il ne lui avait fallu que trois recueils de poésie, dans lesquels les beautés de la vie étaient chantées avec finesse et sensualité, pour devenir une poétesse qui comptait. À l’occasion du cinquantième anniversaire de sa naissance, les éditions Boréal ont réalisé un doublé de choix. D’abord, on réédite ses poèmes, augmentés d’inédits et d’une préface touchante de Jacques Brault. Ensuite, on nous donne le journal des six dernières années de sa vie, où il est question d’écriture, de combat contre la mort et d’une vie affective qui hésite entre le compagnon et le médecin. Deux œuvres fortes.

le témoin interne, par Jean-François Chiantaretto, Aubier Le sous-titre de cette étude, Trouver en soi la force de résister, indique bien l’intention de l’auteur. Il a cherché à comprendre comment certains survivants comme Anne Frank ou Primo Levi ont réussi, en témoignant de leurs expériences profondément traumatisantes, à se reconstruire intérieurement et humainement. Une étude psychanalytique documentée et accessible sur la force d’âme.

Karl marX ou l’esprit du monde, par Jacques Attali, Fayard Pour des tas de raisons, certaines bonnes et d’autres mauvaises, Marx est une des figures les plus diabolisées de l’histoire. Audelà des jugements positifs ou négatifs, Attali a fait le pari qu’une biographie sérieuse était possible. Pari tenu. Qu’il s’agisse des idées, des femmes, de l’argent, de l’action politique ou des rapports à autrui, l’homme Marx est ici restitué dans toutes ses singularités. Passionnant

le facteur émotif, par Denis Thériault, XYZ Le facteur en question se nomme Bilodo. Il adore son travail, au point, un bon jour, de finir par décacheter une des lettres qu’il transporte. Une, puis une autre et une autre encore, qu’il recachète après lecture. Le voici devenu témoin de la correspondance d’un homme d’ici et d’une femme de la Guadeloupe. Témoin, puis acteur… Un roman délicieux par l’auteur maintes fois primé de L’Iguane.

dolmen, par Nicole Jamet et Marie-Anne Le Pezennec, Michel Lafon Marie Kermeur est inspectrice de police. Elle nage dans le bonheur: elle va se marier et elle le fera même chez elle, en Bretagne, sur l’île de Ty Kern. Malheureusement, son île est de moins en moins reconnaissable: les cadavres s’accumulent, les menhirs pleurent du sang, les légendes ancestrales semblent revivre… Un polar teinté de fantastique et de romance.

la terreur à l’occidentale, par Jean Forest, Triptyque Il est de bon ton, chez plusieurs commentateurs occidentaux, d’opposer le radicalisme islamique ou judaïque à nos sociétés de tolérance. Professeur émérite de littérature à l’université de Sherbrooke, l’auteur remet les pendules à l’heure. Car nous avons oublié comment l’Occident gréco-romain est devenu chrétien, soit par l’intimidation, la force, la loi et la violence. Une reconstitution historique détaillée, courageuse et salutaire. 0

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crises, par Robin Cook, Albin Michel

alerte plonGée immédiate, par Michael Dimercurio, L’Archipel

Ancien médecin et maître du thriller médical, Cook est bien placé pour utiliser des informations scientifiques rigoureuses et produire des extrapolations qui font réfléchir tout en divertissant. Dans ce cas-ci, un sénateur ultra-conservateur, d’abord opposé au clonage, va, gravement malade, y recourir en allant loin, très loin. Un suspense inquiétant qui mélange science, politique et religion.

Depuis Opération Seawolf, paru en 1994, Dimercurio n’a cessé de s’affirmer comme un des maîtres du technothriller sous-marin. Avec ce roman, il démarre un nouveau cycle où les ressources du commandant Peter Vornado seront mises à rude épreuve. Dans ce cas-ci, il va affronter un groupuscule terroriste qui a mis la main sur un vieux mais dangereux sous-marin soviétique. Efficace.

les amis d’emma, par Claudia Schreiber, Nil éditions

Bernard Cottret, Perrin Les auteurs sont des spécialistes de Rousseau et, plus largement, de l’histoire des idées, de la littérature et de la civilisation modernes. Érudits de haut vol, ce sont également des vulgarisateurs exemplaires. Penseur de la démocratie et de l’individualisme affectif, Rousseau est ici mis en rapport avec ses alliés, ses opposants et l’ensemble de son époque. Une étude détaillée et généreuse qu’on quitte à regret.

Un roman touchant et tordant sur la rencontre improbable de deux êtres que tout oppose. Max est le prototype du petit fonctionnaire effacé; il craint les animaux, n’a jamais touché à une femme et est obsédé par la propreté. Sa voiture va s’écraser dans la cour de la ferme d’Emma qui, elle, adore se rouler dans la paille avec ses cochons et a grandement besoin d’argent. Une histoire irrésistible.

le roman des Jardin, par Alexandre Jardin, Grasset À la toute première page du récit, on trouve cette phrase: «J’ai longtemps rôdé autour de ce livre intègre, commencé deux fois puis ajourné.» Cela se comprend, car Jardin a choisi de dire une bonne fois pour toutes la vérité sur le zoo familial de son enfance, mais aussi sur son propre cheminement. Un récit vif et crédible, assez impudique pour qu’on le souhaite libérateur pour son auteur.

Jean-JacQues rousseau en son temps, par Monique et

la Blessure, par Anna Enquist, Actes Sud De la même auteure, Le Chef-d’œuvre (maintenant offert en format poche) s’était imposé comme un puissant roman psychologique. Deux autres romans avaient suivi et prouvé le grand talent romanesque de l’écrivaine néerlandaise. Le présent recueil montre qu’elle est également une nouvelliste qui excelle à illustrer la fragilité mentale de nos semblables. Dix belles lectures de fin de soirée.

LE CINÉMA À LA PAGE films des années 50, par Jürgen Müller, éditions Taschen La réputation des éditions Taschen n’est plus à faire et leurs ouvrages consacrés au cinéma des années 90, 80, 70 et 60 sont déjà des références tant pour les amateurs que les professionnels. Leur dernier-né permet notamment d’assister au triomphe des images en mouvement – cinématographiques mais bientôt télévisuelles – et à l’affirmation des réalisateurs – pensons à Hitchcock – par rapport aux studios. Instructif et fort agréable à consulter.

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Yves JacQues « Devenir mon propre héros »

Photo: Johanna Van

Peu de comédiens ont une feuille de route aussi impressionnante que celle d’Yves Jacques. De la Ligue nationale d’improvisation à la télévision, du théâtre au cinéma, de Paris à Montréal, Yves Jacques joue dans tous les registres avec élégance et inspiration. Les mots «bonheur» et «émerveillement» reviennent souvent dans la conversation. Souvenirs et réflexions d’un homme éclectique qui est devenu son propre héros sans renier ses appartenances. Où il est question de James Dean et de Denys Arcand mais cela aurait pu être également Shakespeare, Rufus Wainwright ou le Picasso de la période bleue.

Yves Jacques

Le Clap: Quel est votre premier souvenir cinématographique?

des rôles, que ce qui se passe n’est pas vrai, mais aussi que je peux très bien me laisser aller à pleurer parce que Buffalo Bill vient de mourir.

Yves Jacques: Je me souviens d’être chez ma grand-mère et d’avoir très hâte de partir, car c’est la première fois que je vais aller voir un film dans un vrai cinéma. C’est au cinéma Empire ou Cartier et, ce soir-là, on joue Mary Poppins. Je devais avoir sept ou huit ans et je suis complètement sous le charme. C’est là que j’ai eu la piqûre… Pouvoir s’évader, voler, pouvoir tout faire au cinéma finalement. Et puis il y a les films que je regarde à la télé, mais ce n’est pas aussi magique que la première fois où je suis allé au cinéma. Je comprends que ce sont

Le Clap: L’enfant émerveillé grandit, il voit d’autres films. Quels films retenezvous surtout de votre adolescence? Yves Jacques: Je deviens très critique. Je me tape tous les films, de Taxi Driver aux Lumières de la ville de Charlie Chaplin. Je me fais ma petite école de cinéma. C’était pour moi des moments bénis où j’écoutais de la musique progressive le jour et j’allais voir des films le soir. Le Clap: Quels comédiens placez-vous au pinacle de vos idoles? Yves Jacques: Chaplin m’a complètement conquis. Marlon Brando, James Dean et, bien sûr, Robert De Niro. Ils ont été des chocs dans leurs films respectifs. Le Parrain a été pour moi un grand thrill d’acteur. À l’époque, c’était des héros. Je voulais ressembler à ces gens-là jusqu’à les imiter. Et puis, un jour, je me suis dit: «Ça suffit, je vais devenir mon propre héros, je vais arrêter de chercher ailleurs, je vais me trouver intéressant».

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Le Clap: Alliez-vous jusqu’à apprendre les dialogues de leurs films? Yves Jacques: Exactement. J’imitais De Niro et son monologue «You’re talking to me» dans Taxi Driver. Je me mettais des kleenex dans la bouche et je faisais Brando. Ou bien James Dean à la fin de La Fureur de vivre alors que son copain est assassiné et qu’il dit: «C’est moi qui avais les balles». J’imitais sa façon de marcher et de bouger. J’avais un grand plaisir à faire ça devant mes copains. Le Clap: De toute évidence, vous êtes un enfant du siècle. Vous semblez davantage impressionné par le cinéma américain. Yves Jacques: J’aime beaucoup aussi le cinéma européen. Je suis fasciné par Fellini, Buñuel. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je suis parti là-bas. Le jeu européen ou français est plus en finesse, en dentelle, jamais appuyé. J’en ai fait mon école en jouant avec Claude Miller. Mais il est vrai que, par mon éducation, je suis plus Américain qu’Européen. Je suis un Américain français. D’où mon spectacle Slick and the Outlags (1977-1979) qui était un hommage à tous ces acteurs américains, à De Niro et surtout à James Dean Le Clap: Qu’est-ce qui distingue Yves Jacques homme de théâtre d’Yves Jacques homme de cinéma? Yves Jacques: Je pense que je suis le même partout. On me demande souvent pourquoi je suis allé raconter ma vie à la télé. C’est justement pour être le même partout. Je suis aussi honnête avec mes amis que je le suis maintenant à la télé. Je suis le même sur un plateau de tournage que sur une scène de théâtre. On ne travaille pas tout à fait de la même façon, mais je me sens chez moi. Le Clap: Que permet le cinéma que ne permet pas le théâtre selon vous? Yves Jacques: Si on prend La face cachée de la Lune, je trouve que Robert Lepage a la chance d’aller plus loin au théâtre qu’au cinéma. Le cinéma met des barrières à cette merveilleuse fable. Mais si on prend Une journée particulière d’Ettore

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Scola, le texte prend tout son envol au cinéma alors qu’au théâtre, c’est impossible. Il y a trop d’intimité dans cette œuvre. Or, le cinéma permet une telle intimité. Les gros plans sont les gros plans. Le Clap: Que demandez-vous à un réalisateur? Yves Jacques: Qu’il me laisse beaucoup de liberté. Qu’il me dirige sans me diriger. Qu’il ne m’impose pas nécessairement les choses. J’ai fait le même nombre de films avec Denys Arcand et Claude Miller et ils travaillent un peu de la même façon. Ils nous laissent aller avec ce qu’on a compris du scénario et ils viennent pondérer par la suite. Ce n’est jamais dictatorial. C’est toujours dans le bonheur et dans le plaisir. Je n’aime pas la souffrance dans le travail. Le Clap: Qu’attendez vous du cinéma qu’il ne vous a pas encore offert? Yves Jacques: Jusqu’à maintenant, j’ai l’impression de ne pas avoir porté la responsabilité d’un film de A à Z sur mes épaules. Encore faut-il que le personnage le permette. Pendant le tournage d’Aurore, le réalisateur Luc Dionne était tombé follement amoureux du personnage que j’interprétais. La productrice lui a rappelé que ce film était d’abord l’histoire d’Aurore alors que le film devenait tranquillement l’histoire du curé… Ou alors j’aimerais tourner quelque chose d’un peu trash. J’ai commencé cette carrière en faisant un pastiche du rock’n’roll dans les années 50 et on ne m’a jamais offert de jouer un chanteur de rock. J’aimerais ça.

Yves Jacques a encore l’énergie des rêves, mais il ne se laisse pas pour autant bouffer par eux. Ainsi, il devait jouer La face cachée de la Lune cet automne, à New York. Le projet a finalement été différé. Plutôt que de céder à l’inquiétude, le comédien préfère y voir l’occasion d’observer ce qui va arriver et qui n’était pas prévu. Et de conclure en citant ce qu’il croit être une pensée arabe qui l’a longtemps guidé: «Nous avons le libre choix de faire ce qu’il était convenu que nous fassions». De toute évidence, Yves Jacques a fait le pari de la vie.

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Attribution du 3 novembre 2 certificats au Manoir de Tilly d’une valeur total de 200 $ Attribution du 10 novembre 2 paires de billets au Théâtre le Trident d’une valeur totale de 150 $ Attribution du 17 novembre 8 billets de concert à l’OSQ d’une valeur total de 280 $ Attribution du 24 novembre 5 chèques cadeaux à la Librairie La Liberté d’une valeur total de 200 $ Attribution du 1er décembre 3 massages au Centre de Santé La Grand Voile d’une valeur total de 200 $ Attribution du 8 décembre 5 chèques cadeaux chez Les Barjots d’une valeur total de 250 $ Attribution du 15 décembre 200 $ au Théâtre Capitole


L’un des 4 massages à quatre mains de 60 minutes d’une valeur totale de 400 $.

L’une des 25 paires de laissez-passer pour le Musée d’une valeur totale de 400 $.

2 nuits à Montebello avec petit déjeuner pour 2 personnes d’une valeure de 350 $. L’une des 8 paires de billets pour Peggy Baker ou Clash! d’une valeur totale de 400 $.

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125 $ à la Tyrolienne 100 $ chez Archambault 100 $ au Paris · Grill 100 $ au Tuscanos 100 $ chez Taïga - sports · plein air 100 $ au 48 Saint-Paul 100 $ à La Compagnie des Six-Associés 100 $ au Carrefour international de Théâtre 100 $ au Brin de Folie 80 $ au Rendez-vous du cinéma Québécois 75 $ chez Coup de Griffe Québec 60 $ chez Crackpot Café 60 $ au Théâtre Petit Champlain 60 $ chez Les Gros Becs 50 $ chez Alex Coulombe ltée 50 $ à la Boutique Boréal Design 50 $ chez Camellia Sinensis Maison de thé 50 $ chez Renée Hudon Parole Publique 40 $ au Centre d’exposition de Baie-Saint-Paul 40 $ à La Rosalie 40 $ au Songe du Cachemire 25 $ à L’Enveloppe Rose 25 $ chez TAP… ETC.


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Félicitations à l’équipe de direction et au personnel du Cinéma Le Clap pour 20 merveilleuses années de cinéma international à Québec !

Roger Clavet Député de Louis-Hébert

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OCTOBRE, NOVEMBRE & DÉCEMBRE 2005 Valeur sûre: De battre mon coeur s'est arrêté

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