Issuu on Google+


Viva l’Opéra ! QUÉBEC AU

Les lyricomanes du Québec ont de nouvelles raisons de se réjouir ! Cinq cinémas indépendants ont décidé de faire place à l’opéra sur leurs écrans et de s’associer à l’Opéra national de Paris. La série Viva l’Opéra ! en est à sa quatrième saison en France et s’est avérée un grand succès. J’anticipe qu’elle le sera ici aussi à son premier essai à la lumière des œuvres qui seront projetées entre le 12 décembre 2013 et le 26 octobre 2014. Pourront être visionnés six grands chefs-d’œuvre du répertoire lyrique : Hänsel et Gretel d’Humperdinck, Aïda et La Traviata de Verdi, I Puritani de Bellini, La Fanciulla del West de Puccini et Tristan und Isolde de Wagner. Les interprètes lyriques les plus en vue seront de ces rendez-vous : Diana Damrau, Robert Dean Smith, Mariusz Kwiecien, Nina Stemme, Ludovic Tézier et Violeta Urmana. L’Orchestre et le Chœur de l’Opéra national de Paris seront dirigés par leur directeur musical Philippe Jordan et plusieurs autres chefs invités. À ce programme s’ajouteront deux ballets : La Belle au bois dormant sur la musique de Tchaïkovski et une chorégraphie de Noureev ainsi que Le Palais de cristal / Daphnis et Chloé sur des musiques de Bizet et Ravel chorégraphiées par Balanchine et Millepied.

Une publication: promocinemaelc.com

Pour vivre des moments d’émotion lyrique, je vous encourage à vous abonner à cette première saison de Viva l’Opéra ! au Québec.

_______________________ Daniel Turp Professeur à l’Université de Montréal Rédacteur du blogue lyrique (www.danielturpqc.org/bloguelyrique) Animateur de L’Opéra… le dimanche aussi ! à Radio Ville-Marie


Hänsel et Gretel HUMPERDINCK Direction musicale
 Claus Peter Flor

 Mise en scène
 Mariame Clément

 Orchestre de l’Opéra national de Paris
 Maîtrise des Hauts-deSeine Chœur d’enfants de l’Opéra national de Paris

Engelbert Humperdinck a 27 ans lorsqu’il devient l’assistant de Richard Wagner à Bayreuth, en 1881. Il reste à Wagner deux ans à vivre : deux ans d’une intense collaboration artistique sur Parsifal qui marqueront à jamais la vie et le style du jeune compositeur. En 1883, le Maître meurt en laissant son disciple « inachevé », qui devient un Wanderer voyageant à travers l’Europe, puis un professeur renommé. Dix ans plus tard, à Weimar, Humperdinck livre son chef-d’œuvre : Hänsel et Gretel, sur un livret écrit par sa sœur d’après le conte des frères Grimm. L’opéra est créé pour Noël sous la direction d’un Richard Strauss enthousiaste. De Wagner, le compositeur a gardé le goût de la mélodie continue et du leitmotiv. Mais son « opéra féerique » (Märchenoper) se nourrit également de chansons enfantines, de ces mélodies populaires dont l’origine se perd dans la brume des siècles. Il en résulte une musique étonnante, profonde comme les lacs des légendes germaniques et en même temps étrangement familière, ravivant en nous une part de notre enfance oubliée : comme si, il y a bien longtemps, nous avions été ce frère et cette sœur perdus dans la forêt, tombés entre les griffes de la sorcière à la maison en pain d’épices. Livret d’Adelheid Wette d’après le conte des frères Grimm

Dates de diffusion Jeudi 12 décembre 2013 · 13 h Dimanche 22 décembre 2013 · 15 h Durée : 2 h 15 / trois tableaux dont un entracte de 30 min 4


aïda VERDI Avec sa fascination pour l’Égypte, l’Europe du XIXe siècle semble s’être embarquée sur quelque bateau ivre, s’émerveillant des couleurs du Nil et du ciel, redécouvrant ces monuments qui sont moins des palais et des villes que des sanctuaires énigmatiques de la folie et du génie humains. De cette égyptomanie, Aïda est l’un des plus célèbres témoignages et cependant l’un des plus contradictoires : faite à l’initiative d’Ismaïl Pacha, la proposition d’une création pour le nouveau Théâtre du Caire, et à l’occasion de l’inauguration du canal de Suez, fut d’abord refusée par Verdi puis acceptée avec condescendance. Rien dans l’univers de Verdi ne le prédisposait en effet à l’exotisme et Aïda ne devait être en rien une concession. Cet opéra qui doit célébrer, comme on le fait en des occasions si solennelles, la concorde universelle, l’harmonie entre les peuples, est tout entier un opéra de guerre : celle qui oppose l’Égypte à l’Éthiopie n’est presque rien face à celle qui oppose les personnages entre eux. Et leurs sanglants affrontements doivent à leur tour s’incliner devant les combats intérieurs que se livre chacun des personnages. Œuvre à la fois flamboyante et hiératique, spectaculaire et intérieure, l’un des plus beaux chefs-d’œuvre de Verdi revient enfin à l’Opéra de Paris après plus d’un demi-siècle d’absence. Opéra en quatre actes de Giuseppe Verdi (1813-1901)

Direction musicale Philippe Jordan Mise en scène Olivier Py Décors et costumes Pierre-André Weitz Lumières Bertrand Killy Chef du Chœur Patrick Marie Aubert Orchestre et Chœur de l’Opéra national de Paris

Livret d’Antonio Ghislanzoni d’après Auguste-Édouard Mariette Création : 24 décembre 1871, Opéra Khédival du Caire

Dates de diffusion Jeudi 23 janvier 2014 · 13 h Dimanche 2 février 2014 · 15 h Durée : 2 h 50 dont un entracte de 30 min 5


I Puritani BELLINI

6


En ces années où l’Europe entière s’abandonnait au Romantisme, quelle nation ne rêvait à l’Italie? Goethe faisait chanter à sa Mignon ce paysage de Sicile où se découpe un oranger en fleurs ; Stendhal et Heine précédaient leurs lecteurs dans telle ruelle florentine ou au bord de telle fontaine romaine ; Glinka, premier compositeur absolument russe, venait y apprendre ce qu’est le chant qui, lui, ne pouvait être qu’absolument italien. Les dilettante lui donnaient raison et se précipitaient pour entendre, de Londres à Paris et de Vienne à Saint-Pétersbourg, les dive et divi. La seule à échapper à ce culte furieux était l’Italie elle-même. Son romantisme, qui comme tout romantisme est d’abord insatisfaction et aspiration, ne pouvait porter ses propres couleurs. Ses artistes ne rêvaient que brumes et pluies et allaient assombrir à des bords moins riants, chantés par Shakespeare ou Schiller, des cantilènes faites pour l’air et la mer bleus. Dans les premiers jours de 1835, Les Puritains de Bellini, créé par quatre des plus grands chanteurs du temps, la Grisi, Rubini, Tamburini et Lablache, connurent un succès sans précédent : une histoire d’amour impossible et de vengeance dans l’Angleterre du XVIIe siècle, et portée par le plus beau chant qui soit. Au deuxième acte, Elvira y apparaissait folle, exhalant une mélodie d’une déchirante pureté, bien digne d’inspirer un nocturne à Frédéric Chopin. La vogue des Puritains emporta tout avec elle et même Bellini qui s’éteignit quelques mois plus tard dans une villa de Puteaux, en proie à la plus terrible des mélancolies. Melodramma serio en trois parties de Vincenzo Bellini (1801-1835)
 Livret de Carlo Pepoli


Direction musicale Michele Mariotti
 Mise en scène et costumes Laurent Pelly
 Décors Chantal Thomas
 Lumières Joël Adam
 Chef du Chœur Patrick Marie Aubert

 Orchestre et Chœur de l’Opéra national de Paris



Création : 25 janvier 1835, Théâtre-Italien de Paris

Dates de diffusion Jeudi 27 février 2014 · 18 h Dimanche 9 mars 2014 · 15 h Durée : 2 h 54 dont un entracte de 30 min

7


La Belle au bois dormant RUDOLF NOUREEV

8


« Ballet des ballets », comme le qualifiait Rudolf Noureev, La Belle au bois dormant demeure un des joyaux du patrimoine de la danse. Créé en 1890 au Théâtre Mariinski de Saint-Pétersbourg, il est l’œuvre conjuguée du chorégraphe Marius Petipa et du compositeur Tchaïkovski. S’inspirant du conte de Charles Perrault, ils conçoivent un « ballet féerie » où s’entremêlent le rêve et la réalité, où fées et marraines, forces du Bien et du Mal se disputent le sort de deux jeunes gens. Il faut attendre 1989 pour que Rudolf Noureev remonte l’œuvre pour le Ballet de l’Opéra d’après la chorégraphie originale. Reprenant le découpage et la structure de la pièce, transmis par des générations de danseurs, il conçoit une chorégraphie éblouissante de virtuosité académique, entre fastueux ensembles et pas de deux. La somptuosité des décors et des costumes imaginés par Ezio Frigerio et Franca Squarciapino recréent la splendeur de l’un des plus achevés et brillants chefs-d’œuvre du répertoire classique. Ballet en trois actes et un prologue D’après le conte de Charles Perrault

Musique Piotr Ilitch Tchaïkovski Chorégraphie et mise en scène Rudolf Noureev d’après Marius Petipa (Opéra national de Paris, 1989) Décors Ezio Frigerio Costumes Franca Squarciapino Lumières Vinicio Cheli Les Étoiles, les Premiers danseurs et le Corps de ballet Orchestre de l’Opéra national de Paris Direction musicale Fayçal Karoui

Dates de diffusion Jeudi 20 mars 2014 · 18 h Dimanche 30 mars 2014 · 15 h Durée : 3 h 10 dont deux entractes de 20 min

9


La Fanciulla del West

PUCCINI

10


« À cette curieuse époque, des gens venus de Dieu sait où groupèrent leurs forces dans ces lointaines terres de l’Ouest et, selon la rude loi du camp, oublièrent vite leur véritable nom, combattirent, rirent, jurèrent, aimèrent et accomplirent leur étonnante destinée d’une façon qui paraîtrait aujourd’hui incroyable. Nous sommes sûrs d’une seule chose, ils vécurent. » Telle est la citation que Puccini a placé au début de sa partition. En effet, comme dans le Paris de La Bohème ou le Japon de « Butterfly », c’est d’abord la vie qu’il va traquer jusqu’au Far West : les passions certes, mais surtout l’humanité, la fraternité, la compassion. Dans le saloon Polka, les chercheurs d’or pensent leur mère restée en Italie et Minnie, derrière le bar, leur lit la Bible. L’amour va se présenter à elle sous l’apparence d’un criminel mais Minnie, au-delà de l’apparence justement, va voir son bon cœur et la possibilité du bonheur. Après la littérature et en même temps que le cinéma, Puccini donne à l’opéra son premier western, un théâtre des âmes au bout du monde, entre rires et larmes, à la fois exotique et bouleversant. Créé au Metropolitan Opera de New York, en 1910, cet authentique chef-d’œuvre fait enfin son entrée au répertoire de l’Opéra de Paris.

Direction musicale Carlo Rizzi Mise en scène Nikolaus Lehnhoff Décors Raimund Bauer Costumes Andrea Schmidt-Futterer

Opéra en trois actes de Giacomo Puccini (1858-1924)

Lumières Duane Schuler

Livret de Guelfo Civinini et Carlo Zangarini d’après la pièce The Girl of the Golden West de David Belasco

Vidéo Jonas Gerberding

Création : 10 décembre 1910, Metropolitan Opera de New York

Chorégraphie Denni Sayers Chef du Chœur Patrick Marie Aubert Orchestre et Chœur de l’Opéra national de Paris

Dates de diffusion Jeudi 24 avril 2014 · 13 h Dimanche 4 mai 2014 · 15 h Durée : 3 h dont un entracte de 30 min et un entracte de 20 min

11


Le nozze di figaro

MOZART

12


Les Noces de Figaro est le premier des trois opéras que Mozart écrivit avec Lorenzo da Ponte. Le livret est tiré de la pièce de Pierre Caron de Beaumarchais, Le Mariage de Figaro, qui, parce qu’elle mettait en scène un valet qui se révoltait contre son maître, avait été interdite par la censure pendant plusieurs années. En Autriche, la représentation de la pièce en allemand avait aussi été interdite par l’empereur Joseph II et c’est en éliminant les traits de satire politique trop saillants que Mozart et son librettiste obtinrent des autorités la permission d’en faire un opéra. De ce fait, les auteurs semblèrent déplacer le centre de gravité de la pièce (son aspect « révolutionnaire ») vers une question qui est au coeur de l’oeuvre de Mozart : l’amour et les rapports entre les individus. Les Noces de Figaro marque une date dans l’histoire de l’opéra. Jamais jusqu’alors oeuvre lyrique n’était allée aussi loin dans la diversité et la complexité de la forme pour traduire au plus juste la psychologie des personnages et l’évolution de l’intrigue. A ce titre, le finale du deuxième acte, qui va de coup de théâtre en coup de théâtre, est un des meilleurs exemples de la perfection de cette mécanique.

Direction musicale Philippe Jordan Mise en scène et lumières Giorgio Strehler Décors Ezio Frigerio

Opéra bouffe en quatre actes (1786)

Costumes Ezio Frigerio et Franca Squarciapino

Livret de Lorenzo da Ponte d’après Le Mariage de Figaro de Beaumarchais

Lumières Vinicio Chelli Chef du Chœur Alessandro Di Stefano Orchestre et Chœur de l’Opéra national de Paris

Dates de diffusion Jeudi 12 juin 2014 · 13 h Dimanche 22 juin 2014 · 15 h Durée : 3 h 06

13


La Traviata VERDI Direction musicale Francesco Ivan Ciampa Direction musicale Philippe Jordan Mise en scène Benoît Jacquot Mise en scène Olivier Py Décors Sylvain Chauvelot Décors et costumes Pierre-André Weitz Costumes Christian Gasc Lumières Bertrand Killy Lumières André Diot Chef du Choeur Patrick Marie Aubert Chef du Chœur Patrick Marie Aubert Orchestre et Choeur de l’Opéra national de Orchestre et Chœur Paris de l’Opéra national de Paris

« Et cette pauvre Mariette Duplessis qui est morte… C’est la première femme dont j’ai été amoureux, qui se trouve dans je ne sais quel cimetière, livrée aux vers du sépulcre! Elle me le disait bien il y a quinze mois : “Je ne vivrai pas : je suis une singulière fille et je ne pourrai y tenir cette vie que je ne sais pas ne pas mener et que je ne sais pas non plus supporter. Prends-moi, emmène-moi où tu voudras ; je ne te gênerai pas, je dors toute la journée, le soir tu me laisseras aller au spectacle et la nuit tu feras de moi ce que tu voudras!” Je ne vous ai jamais dit de quel singulier attachement je m’étais pris pour cette charmante créature. Maintenant la voilà morte… Et je ne sais quelle étrange corde d’élégie antique vibre dans mon cœur à son souvenir. » Ainsi Franz Liszt évoquait-il à Marie d’Agoult le fantôme inoubliable de celle qui allait devenir la Dame aux camélias. Après Dumas fils, c’est Verdi qui lui donna son immortalité dans un chef-d’œuvre singulier, l’un des portraits de femme les plus étreignants du répertoire, à la fois cruel et sublime. Après Werther, Benoît Jacquot met en scène Diana Damrau dans cet autre opéra de l’amour et du sacrifice. Opéra en trois actes de Giuseppe Verdi (1813-1901) Livret de Francesco Maria Piave, d’après le drame d’Alexandre Dumas fils, La Dame aux camélias Création : 6 mars 1853, Théâtre La Fenice, Venise

Dates de diffusion Jeudi 18 septembre 2014 · 13 h Dimanche 28 septembre 2014 · 15 h Durée : 2 h 47 dont deux entractes de 20 min 14


Balanchine Millepied LE PALAIS DE CRISTAL DAPHNIS ET CHLOÉ

Entre ressemblances et dissonances se répondent deux grands compositeurs français et deux chorégraphes du New York City Ballet, George Balanchine, son fondateur, et Benjamin Millepied, qui y fut formé. C’est sur une œuvre de jeunesse de Bizet que George Balanchine signe, en 1947, sa première création pour le Ballet de l’Opéra, Le Palais de cristal, en hommage à la Compagnie et à la tradition française. Placé sous le signe de l’épure et du dialogue avec la musique, le ballet est un modèle de virtuosité académique auquel Christian Lacroix, en artisan de la lumière et de la couleur, donne un nouvel écrin. Benjamin Millepied signe sa troisième création pour le Ballet de l’Opéra. Avec la complicité de l’artiste plasticien Daniel Buren, il s’empare du mythe de Daphnis et Chloé. Dans la lignée balanchinienne, le chorégraphe s’inspire des rythmes et des couleurs de la « symphonie chorégraphique » pour orchestre et chœur de Ravel. Ces chefs-d’œuvre de la musique française sont dirigés par Philippe Jordan qui accompagne, pour la première fois, les danseurs du Ballet de l’Opéra.

LE PALAIS DE CRISTAL Musique (Symphonie en ut majeur) Georges Bizet

Chorégraphie

George Balanchine (Opéra national de Paris, 1947)

Costumes

Christian Lacroix

DAPHNIS ET CHLOÉ CRÉATION Musique (version intégrale) Maurice Ravel

Chorégraphie

Benjamin Millepied

Décors

Daniel Buren

Lumières

Madjid Hakimi Les Étoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de Ballet Orchestre et Chœur de l’Opéra national de Paris

Dates de diffusion Jeudi 16 octobre 2014 · 13 h Dimanche 26 octobre 2014 · 15 h

Direction musicale

Durée : 2 h dont un entracte de 20 min

Patrick Marie Aubert

Philippe Jordan

Chef du Chœur

15



L'Opéra au cinéma Le Clap