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Amar Lounas, l’architecte qui interroge l’habitat PORTRAIT

Semaine du 10 au 16 juillet 2019 - N° 292 - Prix 20 DA

ISSN : 2352-9695

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DES CITOYENS À PROPOS DE LA PRESTATION DES VERTS :

«L’espoir est permis avec cette jeune équipe»

Les habitants reviennent à la charge AFFAIRE DE L’HÔPITAL DE BÉNI HAOUA

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«Il y a urgence à se débarrasser du Code des investissements»

M’HAMED ABACI, EXPERT FINANCIER, À PROPOS DE LA SITUATION ÉCONOMIQUE DU PAYS :

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LES MANIFESTANTS L’ONT CLAMÉ HAUT ET FORT À CHLEF :

«Une commission d’enquête sur le foncier» Page 6

Ils coûtent trop chers vos livres CHRONIQUE

PAR RACHID EZZIANE


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DE CI, DE LÀ

Numéro 292 Du 10 au 16 juillet 2019

Que font les services de contrôle de Chlef ?

LES USAGERS DES TRANSPORTS EN COMMUN SOUFFRENT LE CALVAIRE À BREIRA ET BENI HAOUA

Les habitants des différentes localités de la commune de Breira continuent de subir les conséquences de la négligence et du laisser-aller des autorités chargées de la règlementation et du contrôle des moyens de transport en commun. Les citoyens de Breira qui n’ont pas la chance de posséder un véhicule qui leur permette de se déplacer à l’aise se trouvent obligés de subir et endurer le calvaire causé par les opérateurs de transport en commun. La plupart des habitants de cette commune éloignée et enclavée empruntent le CW 24 pour rejoindre la commune de Beni Haoua d’où ils se dispersent dans différentes destinations, les uns allant vers l’est, en direction de Cherchell, Tipasa ou Alger, les autres vers l’ouest en direction de Ténès puis Chlef ou Mostaganem. Mais l’absence de contrôle de la part des services de la direction des Transport donne l’occasion aux propriétaires de bus de transport public desservant cette ligne d’agir comme bon leur semble et, surtout, imposer leur diktat impunément. Ils ne respectent ni les horaires de départ le matin ni ceux de l’arrêt du travail le soir. Les usagers de cette ligne qui ont la malchance de ne pas rentrer très tôt le soir, risquent d’être déposés au milieu du chemin, au lieudit Beni Akil, sous prétexte que leur nombre est réduit et que le transporteur ne peut pas aller jusqu’à Breira pour deux

ou trois personne et revenir vide. Un prétexte fallacieux car le règlement en vigueur l’oblige à le faire. D’autres usagers de ladite ligne se plaignent, par ailleurs, du mépris et du dédain dont font preuve certains chauffeurs de bus qui règlent la vitesse de leurs bus en fonction de leurs intérêts sans soucier outre mesure du celui des voyageurs. Parfois, ils roulent à plus de 80 km à l’heure, malgré la dangerosité de la route reliant la commune de Breira à Beni Haoua dont ils assurent la desserte sur une vingtaine de kilomètres. Parfois, ils roulent à moins de 40 km, ce qui énerve les voyageurs qui ont des rendez-vous à des heures précises.

Des comportements de voyous Ces comportements malhonnêtes n’échappent à personne. Les chauffeurs et les receveurs effectuent des appels téléphoniques entre eux pour se renseigner sur la situation prévalant sur les quais. S’il y a du monde, ils roulent rapidement, mettant en danger la vie des voyageurs. Si, au contraire, le quai est vide, ils tergiversent en causant de l’angoisse aux voyageurs.

A cela, s’ajoute le manque de respect de certains receveurs et quelquefois des voyageurs qui ne sont jamais rappelés à l’ordre. Comme la plupart des familles de cette commune sont conservatrices, il leur est difficile de prendre le bus pour se déplacer à cause

RÉSULTATS DU BEM DANS LA WILAYA DE CHLEF

La première place au collège Mohamed Boudiaf de Sidi Abderrahmane

Le taux de réussite aux épreuves du brevet de l’enseignement moyen (BEM) a atteint 58.45% pour la session de 2019 dans la wilaya de Chlef. Une légère baisse a été relevée en comparaison de la session précédente où la willaya de Chlef a enregistré 59,51%. La wilaya de Chlef est ainsi classée à la 16ème place au niveau national. Le taux d’admission en première année est, quant à lui, estimé à67.98%.C’est le collège Mohamed Boudiaf de Sidi Abderrahmane qui a eu l’honneur d’occuper la première place au niveau de la wilaya avec un taux de réussite de 96.92 %. La deuxième place est revenue au collège Mamou Aissa de Chaabnia, relevant de la commune de Taougrit, avec un taux de réussite de 92.86% pendant que le collège Mohamed Amamra de Ténès s’est classé à la troisième place avec un taux de réussite de 92.47%. Quant aux trois meilleures moyennes au niveau de la wilaya de Chlef, elles sont les suivantes : 19.30/20, obtenue par Nourine Aicha du collège Khaledi Benali, au quartier «Sonelgaz», à Oued Sly ; 19.08/20 décrochée par l’élève Youssfi Ghada du collège de Mohamed Amamra de Sidi Akacha et, enfin, 18.95/20 obtenue par Bouabedellah Alaa du collège de Brahimi Abderrahmane de Ténès. Il est utile de rappeler que le collège Mohamed Boudiaf, qui s’est classé premier au niveau de la wilaya de Chlef, se trouve dans la commune de Sidi Abderrahmane, à 23 km à l’ouest de la daïra de Ténès où sont scolarisés 388 élèves, tous niveaux confondus. Sur les 65 qui ont été inscrits pour subir les épreuves du BEM, 63 ont pu décrocher le sésame qui leur permettra d’accéder à l’enseignement sec-

Le Chélif, hebdomadaire régional d’informations de proximité édité à Chlef LE CHÉLIF est publié par «Les Presses du Chélif», eurl

des comportements de certains voyageurs qui ne se gênent pas à discuter sur différents sujets à haute voix. Il arrive que certains d’entre eux prononcent des vulgarités et des mots déplacés sans se soucier le moins du monde des oreilles chastes. Avec l’arrivée de la saison estivale, les choses vont s’envenimer davantage car nombreux sont les jeunes, dont des voyous, qui viennent des différentes communes limitrophes prendre ces bus pour rejoindre la plage de Beni Haoua. Certains portent des tenues indécentes, d’autres profèrent des mots déplacés ou importunent les

jeunes filles qui se trouvent dans le bus. La plupart de ces touristes pas comme les autres sont des drogués. Cet état de fait révolte au plus haut point beaucoup de pères de famille qui souhaitent voir leur commune dotée des services de taxi. «S’il y a des taxis dans notre commune, disent-ils, nous pouvons nous déplacer à notre aise». «Nous gagnerons du temps et nous éviterons d’assister à des scènes pas du tout bonnes à voir», concluent nos interlocuteurs. A quand donc une réaction salutaire des autorités en charge des transports en commun ? Hassane Boukhalfa

LES PÉNURIES D’EAU REFONT PARLER D’ELLES À BREIRA

Les habitants des douars ont soif

ondaire. Un élève est passé au secondaire grâce au rachat alors qu’un autre a été recalé. Ce n’est pas la première fois que cet établissement se classe à la première place ; il l’a déjà été lors de la session de 2017. L’année dernière, ce collège a enregistré un taux de réussite de 87.6%. Pour rappel, cet établissement de l’enseignement moyen a ouvert ses portes en 1989 comme annexe du collège Mohamed Benmouna de Ténès. Ce n’est qu’à partir de l’année scolaire 1991-1992 que l’établissement est devenu collège à part entière. Hassane Boukhalfa

Directeur de la publication : Ali Laïb Adresse Local AS1, cité des 16 logements, Hay Bensouna, Chlef.

Nombre de douars et villages de la commune de Breira semblent être condamnés à la soif chaque été. La distribution de l’eau potable se fait d’une manière anarchique. Les uns sont servis presque quotidiennement pendant que d’autres sont obligés d’attendre des semaines pour voir leur tour arriver. C’est le cas du douar de Zehraoua qui se trouve à quelques kilomètres seulement du chef-lieu de la commune. Ce douar qui est le plus éloigné et le plus isolé se trouve marginalisé par les autorités locales. Aucune source de l’eau n’est disponible près de ce douar. La source la plus proche est distante de plus de deux kilomètres. En plus de son éloignement, son débit se réduit sensiblement durant la saison estivale. C’est donc un véritable calvaire que subissent les habitants de ce petit douar pour s’approvisionner en eau potable. C’est l’agent chargé de la distribution de l’eau qui est pointé de doigt par les habitants. Il est utile de signaler que même au chef-lieu de la commune certains quartiers subissent le même sort. A qui la faute ? Et qui en est le responsable se demandent les uns et les autres. H. Boukhalfa

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ACTUELLES

Au tirage au sort ! Numéro 292 Du 10 au 16 juillet 2019

AFFECTATION DE LOGEMENTS SOCIAUX À OUED FODDA

Jeudi 4 juillet dernier, dès le matin, aux environ de 9 h, en passant la place de la cité administrative qui regroupe la daira et le siège de l’APC, nous avons remarqué un atroupement de gens de tous âges, entre femmes et hommes. Renseignement pris, on nous a dit que les autorités de la daïra avaient décidé de l’attribution des logements sociaux par le truchement de l’urne.

C’est quoi cela ? Une prémonition ? Un signal fort pour les prochaines élections présidentielles ou quoi alors ? Plusieurs questions furent posées à plusieurs personnes. On nous répondit que c’était pour aujourd’hui, à la maison des jeunes, qui juxtapose le siège de la daïra. Nous nous sommes dirigés vers la direction de cet édifice. Le directeur est absent, nous répond le gardien et avance que le tirage au sort des logements était prévu pour 14h. L’après-midi, nous sommes revenus à à l’heure indiquée. Un cordon de sécurité inhabituel est mis en place par la police. On a eu vent que certains perturbateurs étaient décidés à gâcher la fête et la joie des heureux bénéficiaires de logements sociaux. Il fallait donc montrer sa convocation sous peine de se voir refouler. Nous avons exhibé notre ordre de mission pour passer. Ce sont les ordres, nous disent les agents de la police. A l’intérieur la salle était bondée de monde. On y respirait difficilement par la canicule de ce mois de juillet. Devant l’auditoire, se dressait une longue table recouverte d’un drap blanc et sur laquelle tronait une urne transparente. Derrière, une équipe composée du chef de la daïra, M. Lazreg Berrahma, accompagné de deux administratifs, en l’occurrence Mimoune Amar et Hadj Ahmed Boukhlef. Il y avait aussi une dame qu’on me dit être la cheffe de l’antenne OPGI d’Oued Fodda ainsi que deux volontaires issus de la salle. Le chef de la daïra ouvre la séance en précisant le comment du déroulement de l’opération. Les fonctionnaires de la daïra appelèrent les candidats aux logements, au nombre de soixante. Il n’y en aura pour cette fois-ci que pour 38 qui recevront l’affectation de leur logement dans un premier temps avant la distribution en second lieu. A chaque nom prononcé, le quitus est tendu par l’un des deux fonctionnaires de la daïra à l’un des deux volontaire pour vérification. Le quitus est ensuite plié en quatre et jeté dans l’urne toujours par les volontaires sous

l’œil vigilant du chef de la daïra. Quand cette opération s’est terminée et la salle satisfaite, commence alors une seconde : l’urne est fermée par les volontaires puis remuée. D’autres candidats issus de la salle arrivent et secouent énergiquement l’urne en la renversant plusieurs fois sous l’œil amusé de tout le monde et la surveillance du service d’ordre puisque la police et le chef de la brigade de gendarmerie étaient présents.

La sincérité des uns, la mauvaise fois des autres

Maintenant, c’est l’opération du tirage proprement dite qui commence. On demande que la salle fournisse deux hommes et deux femmes pour tirer les gagnants. Le billet tiré et lu devant tout le monde. Le quitus est vérifié par les volontaires et remis aux administratifs pour inscription et classement.

Ainsi de suite jusqu’à la fin. Tout le monde était content. Les rires, les sourires et les «mabrouk» fusaient de partout. La satisfactin était totale. Malgré tout cela, deux femmes s’évanouissent dans la salle et vinrent accuser le chef de la daïra pour lui dire qu’elles sont pauvres et qu’elles méritent. Les gens présents son offusqués et interviennent pour rappeler à l’une d’elle qu’elle a participé personnellement au tirage. Compréhensif, le chef de la daïra leur répète ce qu’il avait dit. Il répète également que 7 logements seront réservés aux éléments de l’ANP, 8 autres pour les remplaçants et enfin 8 autres logements seront destinés aux recalés c'est-à-dire ceux qui n’ont pas eu la chance de se retrouver cette fois-ci parmi les heureux élus. D’autres logements seront distribués une fois terminés dans les prochaines semaines et que tous les inscrits seront logés

ALORS QUE L’ACTIVITÉ DU PORT DE TÉNÈS EST PARALYSÉ

notamment à Sekassik. Rien à faire la mauvaise foi fait dire à d’autre n’importe quoi. Dehors, ceux qui n’avaient rien à y voir et aucun intérêt, essayaient de semer la zizanie en lançant la rumeur que l’urne était trafiquée, qu’elle avait un double fond… Des absurdités pareilles ne devraient même pas etre rapportées si ce n’est pour mieu éclairer les citoyens. Jamais une opération pareille ne s’est passée dans l’allégresse et l’organisation aussi parfaite que cette fois-ci. La partie musicale de cette fête a été assurée par la troupe de la fanfare de Relizane qui n’est plus une invitée car elle fait désormais partie des fêtes d’Oued Fodda car, à chaque fois, elle est sollicitée. Il ne manquait que la fantasia pour que le tableau soit complet. Bravo pour les organisateurs, les citoyens et le service d’ordre. Khaled Ali Elouahed

Les dockers contestent la gestion de l’actuel PDG

Environ 200 dockers exerçant au niveau de l’Entreprise portuaire de Ténès observent depuis le 30 juin dernier une grève de travail inopinée, provoquant l’arrêt des opérations de chargement et de déchargement. En raison de cette grève, deux navires qui avaient accosté auparavant ont été contraints de quitter le port pour une autre destination. Avec cette «désertion», il est important de souligner qu’il n’y a aucun navire aussi bien en rade qu’au niveau des quais. Lors de notre entretien avec les grévistes, ces derniers nous ont exposé toute une série de revendications parmi lesquelles la revalorisation du salaire de base qui, selon la convention collective nationale, varierait entre 10 et 26 % suivant l’importance du trafic de chaque port, le paiement du rappel de l’année 2018 pour ce qui est du salaire unique, de la prime de transport ainsi que de la PRI et PRC non perçues. Nos interlocuteurs nous ont fait savoir qu’au moment ou bon nombre d’entre eux travaillent en tant que contractuels depuis plus de 16 ans et demandent

à être permanents d’autres par contre qui exercent au niveau de l’administration du port ont été régularisés dans leurs nouvelles fonctions en un laps de temps très court, soit «à peine quelques mois».

Les grévistes reprochent également au PDG, sa gestion du port notamment lorsque ce dernier «évoque un problème de trésorerie pour accéder à leurs doléances». En effet, ce dernier avait déclaré à la radio locale que «au risque de mettre en

péril l’avenir des travailleurs en ce qui concerne leurs salaires, il nous est impossible de répondre favorablement aux revendications telles exprimées aujourd’hui par les dockers et cela pour l’unique raison qui est celle de la baisse drastique du trafic». A cela, les grévistes disent ne pas comprendre les arguments présentés par le PDG du port lorsque ce dernier parle d’austérité alors qu’il a décidé récemment d’une revalorisation de 20 % du salaire des quatre cadres dirigeants de l’entreprise. Il y a aussi le paiement du loyer d’une villa ou le PDG séjourne pour la modique somme de 12 millions de centimes par mois alors que l’entreprise, précisent nos interlocuteurs, possède un logement de fonction de type F3 à Ténès. Les grévistes font état également de la location par l’administration du port d’un hangar servant de zone extra-portuaire mais qui n’a jamais servi. Le loyer est de 300 millions de centimes par mois. Pour ces raisons, les grévistes souhaiteraient que le wali de Chlef diligente une commission d’enquête pour faire toute la lumière sur les

dépassements du PDG du port de Ténès. Pour l’heure, les travailleurs sont résolus à poursuivre leur mouvement de grève jusqu’à la satisfaction de leurs revendications. Pour sa part, le PDG a indiqué que cette grève est illégale et à décidé de suspendre25 travailleurs dont 19 seront traduits très prochainement en justice. Enfin, il est important de souligner que les travailleurs dans leur ensemble ne reconnaissent pas la légitimité de la section syndicale de l’UGTA du port sachant que le mandat de cette dernière a expiré en avril 2019 et qu’elle ne les représente donc plus. Quoi qu’il en soit, la conséquence la plus discrète mais tout aussi importante de ce mouvement social, est l’annulation progressive des navires devant accoster au port de Ténès au détriment du port de Mostaganem par exemple. Si cette grève va perdurer, les rentrées d’argent pour le port de Ténès ne seront plus assurées et par conséquent les salariés de l’entreprise portuaire ne verront pas de sitôt leurs salaires Bencherki Otsmane


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ACTUELLES

Une mobilisation inédite et des invités de marque

Numéro 292 Du 10 au 16 juillet 2019

CÉLÉBRATION DE LA FÊTE DE L’INDÉPENDANCE ET DE LA JEUNESSE À OULED BEN ABDELKADER

Contrairement aux années précédentes où la fête de l’indépendance passait presque inaperçue, beaucoup d’importance lui a été accordée cette année. Précédemment, on se contentait de se rendre au cimetière des martyrs, le 5 juillet au matin, pour y déposer une gerbe de fleurs... Mais cette année, la célébration de cette fête a mobilisé un très grand nombre de citoyens. Du jamais vu depuis juillet 1962.

Cette année, à Ouled Ben Abdelkader, une mobilisation inédite a été remarquée à l’occasion des festivités du 5 juillet. Commémoré conjointement par l’Assemblée Populaire Communale et la direction du complexe sportif de proximité «Frères Boucetta», l’événement a été préparé avec minutie. On a invité, en plus de la famille révolutionnaire, la fondation de wilaya pour l’écriture de l’Histoire, le bureau de wilaya des Moudjahidines, des enseignants universitaires et de personnalités d’envergure nationale. Même les activités festives de cette année, étaient multiples et se sont étalées sur trois jours. À commencer par la journée du 4 juillet où la famille révolutionnaire s’est réunie avec les autorités locales, civiles et sécuritaires, dans une rencontre très conviviale à l’école primaire des frères Himane. Lors de cette rencontre, le représentant de la fondation de wilaya pour l’écriture de l’Histoire, a insisté, dans une communication, sur la nécessité de sauver la mémoire collective liée à la guerre de libération nationale. Dans son allocution, l’orateur a sévèrement déploré le manque de rigueur dans les écrits de certains chercheurs dans ce sens. De son côté, le Dr Djilali Tekrane, enseignant à l’université Hassiba Benbouali de Chlef, a mis l’accent sur la volonté du peuple algérien quant à arracher son indépendance et sa liberté. Le conférencier a encensé le courage

Photo d’illustration et la détermination de l’Algérien quand il s’agit de la patrie, ne ménageant aucun effort pour défendre crânement son identité, sa foi et son appartenance.

Reconnaissance et récompenses

Caractérisée par un programme très riche d’activités culturelles et sportives, la fête a permis d’honorer les retraités de la Santé. Ainsi, le Dr Azzedine Meribai, médecin généraliste qui a passé plus d’un quart de siècle

au service de la santé à Ouled Ben Abdelkader, a vu ses efforts récompensés. Il en fut de même pour le Dr Mohammedi et les plus anciens soigneurs du village, Abdelkader Ouadah, Mohamed Hental et Hadj Ahmed Ghalem, technicien supérieur. Les employés de la Santé n’étaient pas seuls à avoir été honorés, les sportifs champions d’Algérie dans plus d’une discipline, avaient eu aussi leur part de couronnement. Les veuves de martyrs et de moudjahidines, à l’image de Mme Bakhta Chem-

Oued Fodda s’illumine FÊTE DE LA JEUNESSE ET DE L’INDÉPENDANCE

Comme d’habitude, le regroupement des autorités et des membres de la famille révolutionnaire se fait au niveau de la place entre la daira et le siège de l’APC. Le cortège se déplace ensuite vers le cimetière des chouhada à l’ouest de la ville où l’hymne national et la levée des couleurs sont suivis de la «fatiha» du saint Coran à la mémoire des chouhada. Au retour, le programme prévoyait une exhibition des jeunes de l’association «Choumoukh Echabab» d’Oued Fodda présidée par M. Ahmed Hocine. L’aprèsmidi, les organisateurs sous la férule du chef de la daïra, avec la participation de la direction de la Jeunesse et des Sports (DJS), concoctèrent un joli programme. Une finale de football au stade d’Oued Fodda. Deux équipes s’affrontaient. Les anciens de l’ASO et les anciens d’Oued Fodda. La deuxième partie mettait aux prises deux quartiers de la ville d’Oued Fodda. Les vainqueurs et l’ensemble des participants eurent droit à des cadeaux et des coupes dans une liesse populaire jamais vue ces dernières années. Zaoui était la coqueluche des fans. Le chef de la daïra était au four et au moulin. Le directeur de la Jeunesse et des Sports, M. Haggas, n’en

croyait pas ses yeux car les tribunes étaient pleines comme un œuf. Le chef de cabinet de M. le wali, le jeune Mustapha Kouadri était comme un poisson dans l’eau. Le chef du protocole nageait au milieu des jeunes comme un poisson dans l’eau même s’il ne connaissait pas beaucoup de monde. Djilali Dahmani, le directeur de la maison de la culture et Mohamed Kamoumia, le directeur de la bibliothèque principale de la wilaya, s’en donnaient à cœur joie.

ini, veuve Hental, et Aicha Belghazi, veuve Rahrah, qui ont assisté pour la première fois à de telles cérémonies avaient eu aussi leur part de récompense. Vers la fin de la cérémonie, on a honoré les lauréats des différents examens de fin d’année pour avoir décroché haut la main leur sésame d’entrer au collège et au lycée. Pour ce qui est de la deuxième journée qui a coïncidé avec le 5 juillet, elle a été consacrée à une campagne de reboisement le long du chemin de wilaya CW2 dans

son tronçon reliant la cité colonel Amirouche à l’entrée principale du chef-lieu de la commune. Des joutes sportives étaient au menu car deux finales se sont déroulées à cette occasion où les vainqueurs ont été tenus récompensés. Ce qui est remarquable dans la célébration du 57ème anniversaire de l’indépendance, c’est l’affluence nombreuse de citoyens, jamais enregistrée auparavant. Abdelkader Ham

Pas une seule bouteille d’eau Des lecteurs du journal Le Chélif m’ont rappelé ce dimanche que tout n’a pas été parfait et qu’aucune bouteille d’eau n’a été présenté ni aux joueurs, qui ont sué toute leur eau, ni aux invités. Les remarques de nos lecteurs sont toujours prises en considération. Dont acte !

Photo d’illustration

C’est comme si le terrain était pour l’un théatre et pour l’autre un livre ouvert. Le clou de la soirée, c’était lorsque les tribunes du stade s’enflammèrent. Les fumigènes étaient présents. Un craquage monstre qui illumine le stade et les présents pour noircir le ciel avec la tombée de la nuit. Des moments émouvants et mémorables. Un beau 5 juillet, Oued fodda et sa jeunesse le méritent. K. A. E.

Les honorés du 5 juillet 2019 Cette année beaucoup de gens ont été honorés. Les participants et les gagnants. Nous avons appris que seule la daïra et la DJS ont participé à l’organisation et le financement de cette fete du 5 juillet tà Oued Fodda. Parmi les personnes honorées, Abed Kassoul, qu’on continue à appeler Ahmed Kassoul, qui fut joueur, puis gardien de but de la glorieuse USOF avec ses compagnons tels que les Zemri, Kara, Hamdida, Charef, Zaidouk et bien d’autres avant de présider aux destinés de cette même équipe qui lui porta bonheur et le hissa à la présidence de l’APC. Cadre de l’éducation et responsable au niveau de l’académie, il reviendra aux affaires de la commune une seconde fois. Ces dernières années, il a été malade et opéré à l’étranger. Pour l’instant, Si Ahmed a le regard vif et le verbe facile. Il se porte bien cet ancien enseignant de la première heure de l’indépendance. K. A. E


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ACTUELLES

Numéro 292 Du 10 au 16 juillet 2019

Des réactions mais pas d’explications

LIMOGEAGE DU DIRECTEUR DE LA SANTÉ DE CHLEF

Le récent limogeage du directeur local de la santé a donné lieu à diverses réactions parmi les citoyens, les travailleurs locaux du secteur et certains élus, qui oscillent entre soutien et rejet de cette décision.

Ici, on ignore les griefs retenus contre l’ex-DSP qui lui ont valu cette sanction, ce que l’on n’ignore pas en revanche, c’est que ce secteur vital pour la population est dans un état de délabrement avancé, comme partout à travers le pays. Selon certaines sources, la mise à l’écart de ce cadre était la conséquence de son «implication dans des affaires de dilapidation et de pillage des deniers publics locaux» et de «la situation catastrophique du secteur sanitaire dans la wilaya». Ces sources ont dénoncé une récente protestation de cadres de la DSP contre ce limogeage, expliquant que «les perturbateurs (protestataires) sont connus pour leur proximité intéressée avec l’ex-directeur» et qui ont vu en sa mise à l’écart «une perte pour leurs privilèges indus». Pourtant, une voix qui semble sortir du lot, représentée par une députée de Chlef, a réagi contre le limogeage de l’ex-DSP. Sur sa page Facebook, la députée «iconoclaste» qualifie ce limogeage de «coup monté par le parti des ventres gonflées (sic)». Selon elle, au

Hôpital de Ouled Mohamed (Chlef) lieu de sanctionner ce DSP, il aurait mieux fallu viser «trois administrateurs de la direction de la santé et quatre autres parmi les plus grands corrompus des établissements publics de la wilaya de Chlef». L’honorable élue nationale qui ne cite pas les personnes qu’elle incrimine, estime que

«Chlef souffre d'une mafia administrative dans le secteur de la santé depuis de nombreuses années qui œuvre pour ses intérêts personnels et dont a été victime cette fois, le directeur de la Santé de la wilaya». De quelle mafia s’agit-il ? Cela dit, le secteur est soumis à

rude épreuve, à cause des retards enregistrés dans la réalisation d’infrastructures relevés par l’actuel ministre de la Santé en juin dernier, comme son prédécesseur, six mois auparavant. Selon des sources médiatiques récentes, le secteur de la santé à Chlef a obtenu «un

Barrer les routes pour régler les problèmes sociaux LES ÉMEUTES REPRENNENT À AIN DEFLA

Il n’y a pas longtemps, des «citoyens» ont bloqué la circulation des trains à Aïn Defla. La semaine passée, les habitants de Djelida qui disent vivre une crise d’eau potable aigüe ont «coupé» la route à la circulation entre cette commune et celle de Bourached, causant des désagréments aux usagers. Leur problème est simple : la source d'eau locale dite «Ouguenay» est exploitée par les propriétaires de citernes d'eau étrangers à la wilaya alors que les habitants de la localité sont dépourvus de cette source de vie. Ils déplorent que l’eau de cette source publique soit exploitée par des personnes qui la vendent ailleurs ! Ils demandent l’intervention du wali ou, à défaut, celle du maire pour que cesse ce qu’ils considèrent comme du pillage. Le maire de la commune de Djelida ignore-t-il à ce point ce problème pour que ses supposés administrés attirent son intention en «punissant» les usagers de la route ? La même punition a été infligée ce jour-là aux usagers de la ligne des transports ferroviaires (SNTF), qui n’ont pu voyager entre Alger et Oran et vice-versa, à cause d’une suspension temporaire du trafic ferroviaire de voyageurs. Cette suspension a été imposée suite au blocage du trafic ferroviaire au niveau de la wilaya d’Ain Defla par des manifestants, qui posaient un problème social local. Parallèlement, on a assisté à la fermeture de la route reliant Ain Defla à Djelida pour protester contre ce que les barreurs

faramineux budget s’élevant à 180 milliards de centimes, dont 78 milliards pour l’équipement du nouvel hôpital d’Aïn Merane et d’autres unités de soins, et 30 milliards pour la réhabilitation des structures sanitaires. Ces fonds viennent s’ajouter au montant astronomique de 523 milliards de centimes accordés pour l’achèvement d’un seul et vieux projet, en l’occurrence le nouveau centre anticancer, à la traîne depuis 10 ans, et dont le taux de réalisation n’atteint que 45%. Cette situation n’est pas un cas isolé puisque d’autres infrastructures connaissent le même sort, à l’image de l’UMC de l’hôpital Mère-Enfant de Chorfa, le nouvel hôpital d’Ain Merane, qui a toutefois fait l’objet d’une reprise des travaux, et d’autres établissements sanitaires à travers la wilaya». Le problème ne réside pas par conséquent dans l’élément humain, mais bien dans cette pratique devenue un «sport national» qu’est la corruption et la mauvaise gestion. A. M.

de route appelaient la distribution inéquitable de logements. Tout le monde sait que cette question de distribution de logement est un gros problème en Algérie, à cause des passe-droits et de la corruption. Au moment où le pays vit des bouleversements fréquents notamment, cette campagne généralisé de lutte contre la corruption, ce genre de problème ne devrait plus se poser. Et pourtant, ce fléau des passe-droits persiste…. Comme persiste toujours la mauvaise gouvernance et les arnaques dans la réception de projets sociaux. A ce sujet, les citoyens de Bourached ont fait part d’un récent «scandale», selon leur terme, qui a consisté en l’inauguration par le wali d’Aïn Defla d’un stade municipal baptisé «5 mai 1956». Ce stade en tartan qui «a pris beaucoup plus de retard» avant sa réception, ne correspondrait pas «aux normes et aux spécifications» en vigueur dans la construction de pareille infrastructure, selon les locaux. Et ce derniers de se demander comment un wali peut-il inaugurer un tel stade qui «va bientôt devenir un champ pour planter du riz, car rempli de trous et de dos d’âne». «Ce qui est étrange, c'est que les gens ont remarqué tous ces défauts, et aucun d'entre eux n'a osé les dénoncer devant le wali, et juste après son départ, les bouches ont commencé à critiquer», se sont dit les habitants locaux désabusés. A. M.

TISSEMSILT

La clinique gynécologie-obstétrique non équipée

La clinique gynécologie-obstétrique récemment inaugurée à Tissemsilt-ville manque d’équipements nécessaires à son fonctionnement. Ce phénomène est propre à l’Algérie, où on construit des infrastructures à grands renforts de deniers publics et avec d'énormes retards, pour les laisser à la proie des vents et à l’usure. «Combien de temps faudra-t-il pour commencer à recevoir des femmes enceintes et à effectuer des opérations, dans cette clinique», s’est demandé un cadre local dont la question reste sans réponse, une quinzaine de jours après la réception de bijou sans valeur. «La clinique a été mise en service, mais un certain nombre d'équipements n'a pas encore été installé dans les locaux», se désole-t-il,

ajoutant que «la section de garde d'enfants, telle que les crèches en fonctionnement, comporte des parties importantes de la clinique hors service»! Pour lui, l’autre question qui se pose est de savoir pourquoi les autorités ont indiqué que la clinique avait été mise en service, alors qu’en réalité, elle ne l’est pas ! Dans le même temps, il rappelle qu’il a été préparé «une section préparatoire pour les autres départements : estil vrai de dire que la clinique est dotée d’un espace de pré-service ou d’un petit espace de service ?». Dans la plupart des régions du pays, les établissements de santé entrent officiellement en service avec la

présence d’un personnel médical, des installations et des départements médicaux, sans quoi ils ne peuvent fournir des prestations de santé digne de ce nom. Après avoir été inauguré par l'ancien ministre de la Santé et ré-inauguré par le wali, sans les «conditions minimales», ce centre spécialisé est aujourd’hui, à l’arrêt, rappelle un cadre sanitaire local. «Lorsqu'on leur a demandé comment ouvrir cette clinique sans matériels, un des parlementaires présents a répondu qu'elle serait pourvue des derniers équipements en la matière», souligne-t-il. Or, ces promesses sont restées en l’état. Qui s’en soucie ? R. R.


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ACTUELLES

Soutien total l’ANP 20ÈME VENDREDI DE CONTESTATION POPULAIRE DU SYSTÈME À RELIZANE

Numéro 292 Du 10 au 16 juillet 2019

La marche populaire de contestation du système tenue le 20ème vendredi consécutif, soit le 5 juillet, a coïncidé avec la célébration de la fête de l’indépendance et de la jeunesse. C’était l’occasion, encore une, pour les Relizanais de sortir dans la rue et confirmer à nouveau leur soutien à l’armée en scandant plusieurs slogans dont «Djeich-Chaab, khawa-khawa (armée-peuple, frère-frère).

Les Relizanais ont démontré encore une fois qu’ils sont favorables aux décisions de l’état-major de l’armée et maintiennent toujours les revendications soulevées dès le premier jour du «hirak». Au cours de la marche, les manifestants ont brandi les mêmes pancartes que lors des précédentes marches et scandé les mêmes slogans : le départ de toutes les figures restantes du régime de Bouteflika sans aucune concession tout en insistant sur l’organisation des élections présidentielles dans les plus brefs délais afin de sortir de la crise politique que vit depuis février. En plus de ces revendications, la majorité des participants à la marche n’ont pas manqué à exiger l’ouverture des dossiers de corruption et de scandales financiers et autres à Relizane par la justice. Selon la plupart des manifestants, Relizane a connu d’innombrables scandales de détournement, pillage et accaparement de biens indus. La corruption a connu son summum ces dernières années, impliquant des élus, des responsables d’institutions étatiques et nombres d’opérateurs économiques. Tous les dossiers y afférent, disent-ils, doivent être ouverts par la justice et les auteurs de rapine, vol et malversations doivent être jugés et punis au cas où leur culpabilité est prouvée. Les manifestants ont par ailleurs souligné qu’il y a lieu d’opérer une sortie en douceur de la crise politique que vit le pays. Cette sortie, d’après eux, ne peut être concrétisée que par l’application

des articles VII et VIII de la Constitution, la mise en place d'un organe indépendant pour l'organisation et le suivi des élections et l’organisation au plus vite à une élection présidentielle pour permettre au peuple d’élire un président à la tête du pays. Si certains sont favorables au dialogue auquel a appelé le président de l’Etat, d’autres ont exprimé leur refus total de toute initiative venant des représentants du pouvoir actuel et leur rejet de toute initiative du dialogue avec le les symboles de l'ancien régime. Ils posent la condition nécessaire du départ des deux «B» restants, Bedoui et Ben Salah, ainsi que

avec les autres figures de l’ancien système. B. S. A, citoyen exerçant une profession libérale est favorable au dialogue, il souhaite que le mouvement populaire s'organise et désigne ses représentants dans les plus brefs délais pour entamer le dialogue et contrecarrer toute action visant à diviser le hirak. Il souligne que l'intérêt du pays doit passer avant toute autre considération. Pour lui, les figures de l’ancien régime doivent être jugés pour leur crimes, appelant à la création d’un organe indépendant chargé d’organiser, de surveiller et de superviser les élections afin d’éviter la fraude, de se rendre

aux élections présidentielles. Il ajoute que «la sortie de crise sans dialogue reste impossible et celui qui pense a une solution sans dialogue se trompe». M’hamed S., enseignant, figure emblématique du hirak à Relizane, estime que le départ des figures de l’ancien système est réclamé par tous. De même, il considère que le jugement de certains corrompus et corrupteurs est une bonne chose et preuve du sérieux de la démarche du pouvoir réel. Il s’insurge cependant contre les tentatives de semer division et la zizanie entre les manifestants. Tout en étant favorable au dialogue, il reste méfiant quant aux

représentants autoproclamés du hirak et aux voix qui demandent le report des élections présidentielles. Pour lui, éloigner la tenue des élections présidentielles va aboutir à une grâce pour les personnes arrêtées pour corruption. Moussa Benaouda quant à lui estimes que le hirak doit continuer tant que les revendications populaires n’ont pas étés réalisées. Il se dit favorable au discours du chef de l’état-major de l’armée pour la tenue d’une conférence de dialogue nationale et la tenue des élections présidentielles afin de sortir de la crise que connu le pays. N. Ouadah

«Une commission d’enquête sur le foncier» LES MANIFESTANTS L’ONT CLAMÉ HAUT ET FORT À CHLEF :

Ce 20è vendredi du mouvement de contestation populaire, coïncidant avec le 57e anniversaire de l’indépendance n’a pas failli à la tradition. Des centaines de citoyens, de tous âges et de toutes les catégories sociales, ont marché, comme à chaque fois, pour réaffirmer leurs revendications contre tous les symboles du système dans les artères de la ville de Chlef. Ils ont brandi des drapeaux, pancartes et banderoles à l'effigie des figures historiques, des héros de la révolution et entonné des chants patriotiques. Ils ont réclamé haut et fort une nouvelle république et un Etat de droit. Malgré un soleil de plomb et une chaleur étouffante, le mercure ayant atteint 48° C dans les rues du centre-ville de Chlef, les manifestants n'ont pas abdiqué, ils ont encore comme les précédents vendredis, crié à l’unisson les désormais traditionnels slogans : «Pour une Algérie libre et démocratique», «Pour le départ du système», «Pour une justice libre et indépendante», «Le pouvoir au peuple»… et le rejet de dialogue autour d’une élection présidentielle avec le gouvernement Bedoui. Avec des drapeaux nationaux flottants dans les airs, les manifestants ont

rejeté, à haute voix, la dernière offre de dialogue du chef de l’État intérimaire : «Nous refusons d’aller vers quoique ce soit sans une véritable transition poli-

tique», lisait-on sur une pancarte. La foule, déjà présente avant même l’entame de la marche, vers 13h30, a envahi la place de la solidarité. Les manifestants

ont appelé à la libération de tous les détenus arrêtés lors des 18e et 19e vendredis de la mobilisation populaire à Alger, exigeant aussi la libération du moudjahid Lakhdar Bouragrâa. Après avoir parcouru moins d’un kilomètre, la foule a observé une halte au niveau du carrefour de l'APW de Chlef. Les manifestants ont continué leur marche en passant par le siège de la wilaya avec les mêmes revendications, « Silmya», «Djeich chaab khaoua khaoua», «Rupture avec le passé», «Juger les corrompus» «Commission d'enquêtes sur le foncier à Chlef», «La bureaucratie, cancer du développemen» «Application de l'article 7 de la constitution, le peuple est la source du pouvoir»,» La liberté pour l'Algérie et les Algériens», «klitou lebled ya serraqine» sont, entre autres, les messages inscrits sur ces banderoles. La foule a repris sa marche en empruntant le boulevard de Benbadis, entamant le deuxième tour de l'itinéraire parcouru à chaque vendredi. Cette manifestation citoyenne et pacifique s'est déroulée dans la sérénité et aucun dépassement n’a été signalé. Hocine Boughari


OPINION

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El mendjel, la faucille, la règle qui conduit à un état de droit Numéro 292 Du 10 au 16 juillet 2019

PAR ABDELKADER GUÉRINE*

«El mendjel» ne distingue pas un gradé militaire d’un cadre invétéré des hautes sphères de l’Etat, ni un homme politique de renom d’un industriel richissime ni un vieux carriériste à la retraite d’un jeune en plein exercice de ses fonctions. Tous sont égaux devant la loi, chacun est responsable de ses actes»

«El mendjel», un autre mot qui vient de s’ajouter au dictionnaire langagier des Algériens, après la révolte populaire du 22 février qui continue jusqu’à ce jour. Ainsi, après «Hirak», «Cachir» ou «Issaba», «El mendjel» est un autre mot qui, détourné de son sens pragmatique premier, s’initie dans un contexte plus large, allégorique et complètement éloigné de sa qualité originale. Traduit en Français par le mot «faucille», «El mendjel» est un outil agricole manuel qui sert à faucher les herbes pendant la période des fenaisons pour la récolte du foin, ou pour la moisson des céréales dans les terrains accidentés inaccessibles aux moissonneuses industrielles. C’est un instrument d’une longueur moyenne avec une lame arquée sur un demi-cercle, maintenue par un manche qui mesure la portée de la paume d’une main. Pas besoin d’être un intellectuel ou un fin lettré pour manier «El mendjel», il suffit de lever la main et de chiper les herbes en bouquets. L’outil ne réfléchit pas, il obéit à la force de tire que la main lui donne. Il ne calcule pas et ne choisit pas une herbe distincte au milieu des autres. Il rafle tout dans son élan, du moment où tout le champ doit être mis à ras afin d’entamer une nouvelle saison avec d’autres labeurs. Mais, au-delà de sa signification ordinaire, «El mendjel» s’étend vers une connotation politique assez péjorative, née justement du développement des événements semaine après semaine en Algérie. Il ne s’agit donc pas du rasage des champs pour la préparation de nouvelles récoltes agricoles, «El mendjel» revêt une signification impartiale qui exprime l’ambition du peuple de découdre totalement avec les éléments d’un système politique inique, lesquels ont géré et conduit le pays vers un état de chaos. A ce titre, il est toujours nécessaire de rappeler que l’Algérie

était gouvernée par une oligarchie clanique institutionnalisée par la fraude électorale à tous les niveaux et instrumentalisée par la corruption des administrations et des services à toutes les échelles de l’état. Vols, gaspillage, corruption, surfacturation des projets, détournements de fonds, abus de pouvoir et d’autorité pour l’extorsion des biens publics ou l’appropriation illégale d’immobilier et du foncier étatique : ce sont des exemples de délits que les premières enquêtes ont révélés chez nombreux hauts responsables des anciens gouvernements. Les sommes d’argents escamotées du trésor public sont faramineuses, les chiffres déclarés par les investigations sont imaginaires. Le mal est profond, il est partout parmi les cercles des gouverneurs et les relais tentaculaires qui les soutiennent et les relient à la masse de la société civile (partis politiques, mouvement associatif, syndicats ou personnalités d’influence). «El mendjel» est alors le seul moyen pour mettre de l’ordre dans ce cafouillage mafieux, il devient le justicier. Le secteur de la justice recouvre enfin un degré appréciable d’indépendance d’agir et de décider, son travail est cependant colossal par rapport au nombre impressionnant des incriminations et à la complexité des affaires à devoir élucider. Nombreuses personnalités impliquées dans des dépassements, autrefois intouchables, sont jugées et mis en détention provisoire en attendant les suites de leurs procès. Certains sont sous poursuite judiciaire avec interdiction de quitter le territoire et d’autres attendent leur tour pour rendre compte de leurs méfaits devant les tribunaux. «El mendjel» ne distingue pas un gradé militaire d’un cadre invétéré des hautes sphères de l’Etat, ni un homme politique de renom d’un industriel richissime ni un vieux carriériste à la retraite d’un jeune en plein exercice de

ses fonctions. Tous sont égaux devant la loi, chacun est responsable de ses actes. Traditionnellement, «El mendjel» est un objet rural qui n’a pas sa place dans les mœurs de la vie citadine. Mais, la circonstance alarmante oblige qu’il soit présent dans toutes les rues du pays. Désormais, chacun des millions de manifestants a son «mendjel» brandi dans sa tête. Toutefois, le nettoyage de la république est une besogne titanesque qui risque de prendre du temps par rapport aux complications des dossiers politico financiers et aussi en regard des enjeux urgents qui pressent pour sortir de la crise politique et constitutionnelle que le pays traverse depuis plusieurs mois. Durant son histoire, «El mendjel» a toujours été observé comme un outil miséreux, de par son association au métier pénible de cultivateur saisonnier, utile seulement lors des moissons des céréales. Ces ouvriers journaliers se regroupent dans des endroits particuliers, ils ont un coin à eux dans chacune des villes de l’intérieur du pays. Chacun son chapeau de paille sur la tête pour se protéger de la canicule des grandes chaleurs et, bien entendu, son «mendjel» sous le bras, ils attendent qu’un fermier vienne les louer pour effectuer une courte besogne, moyennant un salaire mesquin et parfois une partie des récoltes. On les entend chanter en chœurs des refrains bédouins en bravant des parcelles reculées, défiant le climat sec et l’aridité des terres difficiles à œuvrer. Sans un revenu stable ni un statut social officiel, ces paysans singuliers subsistent au hasard de la baraka d’Allah. Pauvres, ils sont l’une des classes les plus démunies de la population. «El mendjel» est évidemment le symbole de l’infortune de ces gens déshérités, son apparition dans la société est probablement un acte réparateur de torts appliqués par des gouverneurs inconscients et irresponsables. Il est là pour redresser cette situation de non droit, pour juger et punir tous ceux qui ont trahi la nation et manqué à leurs engagements envers le peuple en entier, et pas seulement pour ennoblir les paysans qui en font leur gagne-pain. Il faut dire qu’en dehors du sérail républicain, c’est tout le peuple qui a subi et souffert des abus d’un régime tyrannique aussi fermé que celui du système algérien. A présent, «El mendjel» fait peur aux dirigeants défaillants qui ont fauté dans l’exercice de leurs fonctions. Il n’est plus l’outil agricole qui reflète la détresse de ses usagers, il est la règle qui explique la véritable application de la loi, le chemin qui conduit assurément vers un état de droit. A. G. *Ecrivain


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OPINION

Un autre vendredi du nouveau calendrier «Hirakien» 2019

Numéro 292 Du 10 au 16 juillet 2019

PAR PROFESSEUR MOHAMMED GUÉTARNI* «Les jeunes de 2019, qui mènent les marches révolutionnaires pour un changement radical du système, rappellent ceux de 1954 qui se sont soulevés contre le colonialisme français... Ils exigent un mode de gouvernance nouveau à la hauteur de leurs ambitions à même de répondre à leurs aspirations... Pour ce faire, il leur faut un Président nouveau d’obédience démocratique : ni militaire ni islamiste mais laïc»

Comme vous le constatez, chers lecteurs, le chiffre «19» ouvre et clôt le titre de ce présent. Ce même chiffre est sacré parce que cité littéralement dans le Coran : «Ils sont «19» (Anges) à y [Géhenne] veiller» [74/30]. Ce 5 Juillet 2019 ne sera pas vécu, désormais comme par le passé, sous la houlette de l’horrible «Issaba» au pouvoir et ce, grâce au réveil social et la conscience nationale de tout un peuple, particulièrement, la frange juvénile décidé à aller au jusqu’auboutisme de ses revendications. Le citoyen n’aura plus à écouter les discours de bois sans cesse ressassés d’un président qui n’en est plus un parce que déchu, avili, méprisé par toute la nation. Il sera un 5 juillet où les âmes de nos nobles et glorieux martyrs (paix à leurs âmes) verront, du paradis, leur sang lavé de l’affront que leur avait infligé Boumediene suite à son coup d’État sans leur accorder la moindre considération de sa part. Il a osé confisquer l’Indépendance à tout le peuple algérien après un sacrifice de plus de sept ans d’une guerre atroce. De son vivant, la «Issaba» commençait à germer pour pulluler, aujourd’hui, comme le chiendent. Avec Bouteflika, elle a lancé ses tentacules de pieuvre pour gangréner tout le pays. Pour nombre d’observateurs algériens, Boumediene se voulait un homme de conséquence. Il se prenait, même, pour le Messie attendu (oui, mais pour quelle «méssion» messieurs?) Il n’a jamais été un homme d’État. C’était un militaire qui n’a aucune expérience en politique. Un putschiste qui a renversé Ben Bella un 19 (tiens ! encore un autre 19) juin 1965. La Révolution du 1er Novembre 1954 a été planifiée par des intellectuels et déclenchée par des braves. L’Indépendance, en 1962, a été récupérée par des traitres à la nation à l’instar de Bouteflika et ses 400 voleurs à dessein de créer un «empire» personnel sur les ossements des chouhada. Depuis, l’Algérie ne s’est jamais dotée d’un État moderne d’envergure qui répond aux normes internationales des grandes Nations parce que Boumediene refusait ce projet. Un État moderne se fonde sur des lois immuables dans le temps sans changer avec le changement des hommes.

L’obsession de Boumediene d’un pouvoir sans partage

D’ailleurs, lui-même combien de fois martelait-il, lors de ses discours, sa devise récursive : «Construire un État qui ne disparaît pas avec la disparition des hommes.» Ce qui n’était que leurre et tromperie démagogiques. De simples hâbleries dénuées de sens propre et de tous les sens. Cette devise est restée au stade de légende. Elle ne s’est jamais concrétisée sur le terrain politique. Pour preuve, dans quel état se trouve l’État algérien de 2019 depuis l’arrivée de cette pègre affairiste en 1999 ? Boumediene était obsédé par le Pouvoir, tout le Pouvoir et… rien que le Pouvoir. D’ailleurs, tout comme son dauphin spirituel Bouteflika qui a mis l’Algérie en loque politiquement et économiquement. Il a vendu, à ses maîtres, le pays et ses richesses. Il était sur le point de vendre le peuple algérien au souk international des esclaves si ce n’est le «Hirak» populaire qui a mis un holà au comporte-

ment dévoyé de cet imposteur. «Voilà ceux qui échangent la vie présente contre la vie future. Eh bien, leur châtiment ne sera pas diminué et ils ne seront point secourus.» (Coran : 02/86). La fonction dite primaire d’un État moderne, selon Montesquieu, est composé de trois paliers : pouvoir législatif qui consiste à élaborer des lois ; pouvoir exécutif qui incarne le gouvernement ; pouvoir judiciaire qui a pour fonction d’appliquer les lois. Cependant, pour bâtir un État moderne fiable et viable à la hauteur des attentes du peuple, il faut qu’il soit fondé, par excellence, sur la souveraineté nationale et préservant les Droits fondamentaux de l’Homme et du Citoyen. Le plus important de ces droits est : l’ÉGALITÉ de TOUS devant la LOI. Le DROIT seul prime. Rien ni personne ne doivent être au-dessus des lois. Pour parvenir à une refonte d’un nouvel État, ce système doit, impérativement, à jamais disparaître, charrier par le déluge révolutionnaire du «Hirak.» La jeunesse algérienne forme une société nouvelle : 70% des Algériens ont moins de trente ans. Les jeunes de 2019, qui mènent les marches révolutionnaires pour un changement radical du système, rappellent ceux de 1954 qui se sont soulevés contre le colonialisme français. Ce qui explique leur exaltation lors des marches des «Hirak» hebdomadaires. Ils exigent un mode de gouvernance nouveau à la hauteur de leurs ambitions à même de répondre à leurs aspirations. Pour ce faire, il leur faut un Président nouveau d’obédience démocratique : ni militaire ni islamiste mais laïc. Espérons que le prochain président ne soit pas déjà désigné par le régime en place.

Les valeurs intrinsèques de l’État

Un État digne de ce nom se construit à partir de valeurs morales infaillibles sustentées d’une école forte en mesure de former des intellectuels de pointe. Le système Boumediene a détruit l’école algérienne parce qu’il a toujours refusé la formation d’une élite nationale pour éviter de compromettre son pouvoir comme s’il allait s’éterniser. Il a introduit une arabisation outrée à cadence forcée par souci démagogique sans rien de pédagogique, encore moins, de scientifique. Pourtant, Mostefa Lacheraf lui a fortement déconseillé une pareille décision. Il est resté de marbre visà-vis de l’avis de cet expert ès qualité. Commençait, alors, la politique des chiffres. Ce qui comptait, ce fut le nombre d’écoles et des écoliers, des universités et des étudiants, les diplômés chaque fin d’année au détriment de la qualité d’un enseignement qui n’a cessé de se dégrader. Au stade où vont les choses, l’École algérienne n’est pas loin d’enseigner l’Ignorance dans toute son horreur. Un État moderne, «qui ne disparaît pas avec la disparition des hommes», se construit au moyen d’institutions fondamentalement scientifiques, ayant leurs bases solidement ancrées dans la société à même de veiller sur l’équilibre social et, par voie de conséquence, d’assurer la stabilité dans le pays. Ce qui ne s’est jamais produit. De son vivant, Boumediene a militarisé l’Algérie pour instaurer un régime terroriste où

le peuple était totalement exclu et muselé. Il jetait en prison tous les intellectuels qui s’opposaient à sa politique. Il n’a jamais eu le sens du dialogue des idées, moins encore, de l’écoute. Il se prenait pour «Le Seigneur le très-haut» (Coran : 79/24). C’était la pensée unique, le Parti unique, le candidat unique. Il se croyait unique comme Dieu. Si Bouteflika incarnait le peuple algérien, Boumediene se voulait l’homme qui incarne l’Histoire.

L’Histoire de l’Algérie falsifiée

Boumediene était, plutôt, l’homme qui cachait (très mal) l’Histoire de la Révolution de 1954. Les grandes figures historiques (Ben Bella, Boudiaf, Khider, Aït Ahmed, Messali Hadj…) étaient bannies des manuels scolaires de l’Histoire nationale pour qu’il reste le seul homme à incarner l’Algérie indépendante et son Histoire. «Sa prétendue légitimité historique» a fait le reste pour recoloniser le peuple de nouveau. Ce qui a poussé la jeunesse algérienne de 2019 au «Hirak» révolutionnaire parce qu’elle exige un système politique évolutionnaire au profit d’une Algérie nouvelle, unie, homogène, libre et libérée des griffes de cette engeance prédatrice. Cette même jeunesse ne s’est pas soulevée ni, moins encore, se rebeller contre le pouvoir en place. Elle a voulu simplement rappeler à ces dévoyés qui nous ont gouvernés, depuis 1962, qu’elle existe, veut s’affirmer et… qu’elle doit être entendue et, surtout, considérée en tant que partie intégrante de la société algérienne. Rien ne doit se faire sans elle parce que l’avenir de l’Algérie lui appartient. Aujourd’hui, on vit les retombées ruineuses causées par le système Boumedi-

ene. Il a gouverné le pays d’une main de fer. Il éliminait physiquement tous ses opposants (Khider en 1967 à Madrid, Krim Belkacem en 1970 à Frankfurt, entre d’autres) pour faire taire toutes les voix qui oseraient se mesurer à lui. Monsieur Boumediene, on n’apprend pas à mourir en tuant les autres. Il est parti laissant derrière lui des «R’boba» qui décident la pluie ou le beau temps pour le pays et pour le peuple, qui font et défont les rois pour les assujettir à leur volonté, assassinent les bons présidents, beaucoup de veuves et d’orphelins. Il nous a légué un pays dans une totale anarchie politique, une grande déliquescence morale, une déficience scientifique abyssale et même spirituelle parce que les hommes qu’il a choisis se sont toujours servis sans modération avec l’argent du peuple sans… jamais le servir. D’après Djilali Hadjadj, médecin, représentant d’une association de lutte contre la corruption, 60 milliards de dollars ont été dilapidés par les personnalités VIP en un rien de temps. Dans les autres pays où l’État existe dans toute sa grandeur, la gestion est contrôlée de manière aigüe et transparente par les institutions étatiques. D’après ceux qui l’ont approché, Boumediene éprouvait une sorte de complexe d’infériorité vis-à-vis des premiers chefs qui ont déclenché la Guerre de Révolution de Novembre 1954. Pour vernir sa personnalité politique, il ordonna de rapatrier la dépouille mortelle de l’Émir Abdelkader de Syrie et d’ériger une stèle à sa mémoire alors que sa volonté dernière fut de rester enterré dans son pays d’accueil.


Numéro 292 Du 10 au 16 juillet 2019

Une guerre contre la mémoire de l’Histoire

N’ayant joué un grand rôle durant la Guerre de Libération, Boumediene déclara la guerre à la mémoire de l’Histoire. Il voulait, à tout prix, prendre le train de l’Histoire en marche alors qu’il était, déjà, entré en gare de l’Indépendance. D’après nos historiens et moudjahidine, l’histoire de l’Algérie enseignée dans nos écoles s’arrête en 1857 pour reprendre en 1965. Aujourd’hui, la majorité de nos compatriotes formés à l’école de Boumediene ignorent tout de Messali El Hadj, du congrès d’Hornu de 1954, du CRUA, de la réunion des 22 et, encore moins, de nommer les signataires des accords d’Evian ! Cela voulait simplement dire que l’École de Boumediene a formé une société sans mémoire Sa stratégie n’était nullement de bâtir un État mais plutôt de se maintenir au pouvoir jusqu’à sa mort. Pour lui, l’État n’était pas la priorité. Il désirait le pouvoir. Pour ce faire, sa tactique consistait à créer, nourrir et conforter des conflits fabriqués de toutes pièces entre factions, idéologies et courants antagonistes tels que berbéristes et baathistes, francophones et arabophones, communistes et islamistes. Autrement formulé, il appliquait la devise coloniale : «Diviser pour régner.» Afin d’écarter toute tentative de putsch, il confia les postes clé de l’armée aux anciens officiers de l’armée française et, du coup, évincer les maquisards de première heure. Jusqu’à sa mort, tous les pouvoirs étaient entre ses mains. Bien qu’il n’ait ni compte en banque ni biens immobiliers, n’empêche qu’il fût, pour ses proches qui l’ont côtoyé, un homme méphistophélique. Boumediene incarnait le «pouvoir absolu» quasi impérial. En parallèle, son entourage se servait avec son autorisation, voire sa bénédiction. «Y a-t-il un

OPINIONS

être humain, disait-il, qui trempe son doigt dans le miel (d’abeilles, SVP) sans le lécher ?» Oui, mais ses hommes refusent de lâcher ce miel pour continuer à lécher la belle vie. Avec le «réveil social», la tendance s’est inversée. Nos dirigeants malhonnêtes (tous ou presque) ont changé de statut. De geôliers, les voilà prisonniers ; de bourreaux, ils deviennent victimes. Un virage à 180° n’est pas facile à amorcer et surtout à… accepter. «Et ne pense point qu’Allah soit inattentif à ce que font les injustes. Il leur accordera un délai jusqu’au jour où leurs regards se figeront» (Coran : 14/42). Chaque mardi et vendredi que Dieu fait, depuis plus de quatre mois, des millions d’Algériens battent le pavé dans toute l’Algérie, pour réclamer la restitution du pouvoir au peuple. Des dispositifs sécuritaires imposants sont mobilisés pour dissuader, au lieu d’accompagner les manifestants qui sont, chaque semaine, plus nombreux pour crier haut et fort, leur refus aux régimes militaire et islamiste. Ce dernier ne manque pas de danger pour la nation algérienne s’il arrive au pouvoir. L’Algérie est un pays musulman et n’a nul besoin de théorie théologique. Les chefs de partis islamistes auraient mieux fait de dispenser des cours de religions aux dirigeants prédateurs qui ont pillé le pays et mis son économie à genou. Le «Hirak» veut libérer le peuple des militaires au pouvoir depuis 1965 et des islamistes. Ces derniers instrumentalisent l’Islam (et même Dieu) pour assouvir leurs appétences insatiables pour le pouvoir. S’ils s’en emparent, le spectre de l’Afghanistan, Syrie, Yémen… planera sur le nôtre. A notre avis, aucune force ne peut remplacer celle de l’alternative démocratique dans un débat sain, serein, sérieux et, surtout, soucieux à même de

sortir le pays de la crise actuelle et le lancer dans la voie du développement.

Les étudiants maintiennent la pression

Les étudiants, comme à l’accoutumée, manifestent pacifiquement à Alger et dans la plupart des villes universitaires du pays : «Silmya, silmya». Les jeunes ne viennent pas au «Hirak» seulement avec leurs pieds mais, aussi, avec leurs têtes. Ils scandent des slogans et brandissent des banderoles en faveur de l'impératif "changement total et catégorique du système en place", "la préservation de l'unité nationale", la poursuite de "la lutte contre la corruption" et, surtout, sur l’insigne "avènement d’une nouvelle République fondée sur un Etat de droit et le respect des libertés démocratiques." Ils réclament, par la même, l’expression de la liberté mais, aussi et surtout, la liberté d’expression. Ils se félicitent, aussi, de la chute du troisième B (Mouad Bouchareb). Restent les autres (B) que le peuple souhaite ardemment leur chute prochaine. De ce fait, l’avènement de la 2ème République sera fêté, chaque 22 février, comme une deuxième Indépendance. Les jeunes, désormais, sont entrés en action «évolutionnaire» jusqu’à la restitution totale et définitive de leur avenir confisqué. Une jeunesse qui ne peut compter que sur elle-même pour reprendre en main le devenir du pays, le construire et le développer à son image. C’est-à-dire une Algérie moderne, grande, forte et… ambitieuse. Voilà pourquoi cette jeunesse a décidé d’aller jusqu’au bout de ses revendications sans céder un iota de ses exigences. De même, la Justice doit frapper, avec équité, d’une main de fer ces prédateurs qui ont dirigé le pays d’une main de fer pour dilapider, sans le moindre scrupule, l’argent du peuple à même de mener un standing de vie insultant au regard de

LE CRI D’UN CŒUR PAR ME MOHAMED KOULAL*

Le mouvement populaire «Hirak» du 22 février 2019 ou du «système dégage» a pris de l’ampleur sur tout le territoire national, exprimant le ras-le-bol contre un système corrompu et lâche envers le peuple, un système qui a fait de la roublardise une doctrine à suivre et, par conséquent, la dilapidation des biens du peuple un but à atteindre. La situation est devenue telle que les dossiers des membres du clan de prédateurs présentés devant la justice concernent des faits très graves et qui démontrent non seulement le machiavélisme des prétendus dirigeants mais leur mépris envers le Peuple Algérien considéré par eux comme bête et indiscipliné -et non discipliné- (affames ton chien et il te suivra). Il ne s’agit pas de détournement de deniers publics seulement, lequel est limité au seul trésor public, mais d’actes pouvant être qualifiés de «haute trahison» vu le trafic d’influence, le transfert illicite des fonds (soit plus de 350 milliards de dollars) et, surtout, l’implantation du clan rotarien dont le principe est de faire de l’Algérie un pays pauvre et instable. La justice ne peut traiter de tels dossiers sans l’appui inconditionnel de notre Armée laquelle est visée par les ennemis du Peuple qui veulent sa division, peu importe les moyens. Le but n’ayant pas été pas atteint, ils ont tenté d’utiliser le symbole culturel amazigh au détriment du drapeau national lequel est synonyme du sacrifice des meilleurs enfants de l’Algérie, de l’unité du Peuple… Il est fait de sang et de sueur. A ce titre, il est impératif que les Algériens distingue le sacré du profane et de s’intéresser au processus démocratique, l’éducation, l’économie etc. au lieu de spéculer sur l’aléatoire. Peut-on considérer comme «arbitraire» le traitement de dossiers lourds par la justice, ou de «revanche» de l’ANP, comme le pensent certains ? C’est comme si ces dossiers relèvent de l’imaginaire et que la revendication du peuple «Ikhalsou gaa» (ils doivent tous payer) n’est qu’un simple son de tambour ? Si ces dossiers sont exposés tels quels sur la place publique, je pense que même les ennemis de l’Algérie se tairont tellement ça pue la lâcheté et la trahison envers le pays. Ces dossiers ne sont pas nouveaux, ils étaient entre les mains de l’ex-locataire de la présidence

de la République du fait du rattachement des services de notre armée à El Mouradia. Le renversement de la situation et la démission de Bouteflika ont permis leur restitution et, enfin, leur traitement par la Justice. Pourrait-on dans de tels cas favoriser la forme sur le fonds tout en sachant l’urgence de la situation politique du pays et encore spéculer sur la culpabilité ou l’innocence des personnes traduites devant la justice pour répondre à des faits qui leur sont reprochés et dont seul le juge ou les services compétents connaissent le contenu ? Assez de bavardage et continuons le nettoyage, voire si tout le monde doit passer, qu’on le fasse ; l’Algérie n’est ni un royaume ni la propriété de personne. Le problème, c’est que le peuple ne fait confiance à aucun parti politique à l’exception d’un seul parti qui s’est montré intraitable et dont ses parlementaires n’avaient cessé de crier haut et fort la dégradation politico-économique d’un système moribond et provocateur. Un autre problème surgit et qui n’est pas le moindre, certains opportunistes notoirement identifiés cherchent (et sans scrupule) à accaparer le «Hirak» dans le seul but de le dévier de ses revendications et faire perdurer le statu quo. Peut-on faire une guerre à mains nues ? Bien sûr que non, sinon c’est le suicide. La ferveur du Hirak vis-à-vis du changement politique du pays pour l’instauration d’un régime suivant la conception du Peuple démontre l’inéluctable détermination du règlement, par le biais de la justice, de tous les crimes commis contre le peuple et ses biens et cela ne peut se réaliser qu’avec l’indépendance de la Justice qui, elle-même, ne peut procéder au nettoyage sans l’appui et la garantie de la force du pays : L’ANP. Soyons pragmatiques, un juge d’instruction peut-il procéder à la mise en détention provisoire d’une personne poursuivie sans dossier ? Ne justifions pas le contraire par le célèbre «coup de téléphone» car les griefs retenus et mentionnés dans les dossiers ont été soulevés par la grande masse des Algériens avant même le Hirak tellement la dilapidation des finances, des ressources et des biens était flagrante. Ne spéculons pas sur une telle ou

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pans entiers de notre peuple qui crient et pleurent misère. Ils doivent être condamnés à des châtiments exemplaires. Cependant, lors des élections, la vigilance devra être maximale. Sait-on jamais avec ce système habitué aux fraudes électorales depuis des lustres. Particulièrement avec Bédoui à la tête d’un gouvernement conspué. Il se pourrait que le régime, encore en place, ait déjà désigné SON CANDIDAT et que les deux B restants (Bédoui et Bensalah) refusent de quitter le pouvoir avant de tenter de détourner le fleuve du «Hirak» pour légitimer frauduleusement leur candidat. C’est un cas de figure à prendre au sérieux et… à ne point négliger. Sinon, le «Hirak» n’aurait servi à rien. Et… de là, le pays sera, réellement, en danger. Je conclus mon présent article par cette belle citation de Mohamed Tahar Messaoudi, journaliste, pour qui, «Il est clair que le système politique ruineux, qui a pris ses racines avant même l’Indépendance, est toujours en place.» Alors, faisons très attention le jour des présidentielles. Algériens, unissons-nous pour destituer pacifiquement ce système comme nous avons destitué le parrain de la «Issaba.» Quand ce grand imposteur sera-t-il traduit en justice pour être jugé puis conduit, en fourgon cellulaire, comme un vulgaire malfrat à la prison d’El Harrach, devenue aussi célèbre ces derniers temps que celle d’Alcatraz ? Il sera, alors, avili, par la justice algérienne devant le peuple algérien et… surtout devant l’Histoire d’Algérie. Ensemble, nous y parviendrons pour le bonheur de nos enfants et leurs arrière-petits-enfants. Gloire à nos Martyrs, vive l’Algérie et sa Justice et… abat cette «Issaba.» M. G. *Docteurs ès Lettres

telle personne sans faire référence à son comportement qu’on ignore. Philippe Pétain, qu’on a surnommé le «vainqueur de Verdun», en 1916, fut élevé à la dignité de Maréchal en 1918. Mais, en 1945, il fût frappé d’indignité pour sa soumission à l’ennemi nazi. Et des cas pareils existent à travers l’histoire. Le cas le plus emblématique est celui de Brutus qui était un fidèle parmi les fidèles à Jules César (ce dernier le considérait comme son fils) mais qui a fini par le trahir en le poignardant dans le dos. En citant ces deux cas, je voulais insister sur le fait qu’il ne faut pas avoir de préjugés et laisser la machine judiciaire fonctionner car il se trouve beaucoup de personnes redoutent qui redoutent la faucille. Concentrons-nous plutôt sur l’avenir du pays du moment que le Peuple, la Justice et l’ANP ont le même objectif : construire une Algérie indépendante, puissante et unifiée telle que souhaitée par nos Glorieux Martyrs notre fierté et notre guide. Nous sommes dans l’obligation de rapatrier tous les biens appartenant au Peuple Algérien et, pour ce faire, les Ministères de la justice et des Affaires Etrangères doivent user de toutes les procédures et utiliser les moyens adéquats pour réaliser cet objectif. D’autant que l’Algérie est signataire de plusieurs conventions particulièrement avec la France et l’Espagne en matière d’extradition. Le cas de Khalifa est de la poudre aux yeux, il sortira milliardaire de la prison et ses capitaux à l’étranger seront plus conséquents vu leur placement et les intérêts qui en découlent. La primauté doit être donnée à la récupération du bien du peuple usurpé par une bande de malfaiteurs (il n’y a pas d’autre qualificatif) bien organisée et ayant prémédité le chaos financier du pays. Enfin, le peuple algérien n’a jamais été dupe. Bien contraire, il a montré durant les deux décennies écoulées une maturité politique et une sagesse qu’on ne peut sous-estimer et qu’on peut considérer comme une missive aux opportunistes, aux lèche-bottes et aux mercenaires d'outre-mer. M. K. *Avocat à Relizane


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Les fruits du «Hirak» exportés hors hydrocarbures OPINION

Numéro 292 Du 10 au 16 juillet 2019

PAR KHALED ALI EL OUAHED

Les fruits du ««Hirak»» sont apparus d’abord chez nous. Sans vouloir regarder Outre-mer ou même Outre-Sahara, les jeunes du ««Hirak»» ont donné une leçon de civilité d’abord à ce peuple ou du moins une partie qui ne croyait pas du tout en cette jeunesse pourtant très bien formée dans les différentes universités. Les sachets pour ramasser les détritus du ««Hirak»» étaient prêts. Les caméras des télévisions du monde entier ont filmé des jeunes ramassant les pots de yaourt, les bouteilles d’eau en plastic, les papiers et autres restes. Les premières réactions sont venues des gilets jaunes français qui ont reconnu qu’ils étaient moins civilisés que les algériens. Quel retournement de situation ! Eux qui, en juillet 1830, sont venus pour nous civiliser, disaient-ils. Vient ensuite l’exportation de ce mode de vie civilisé. Oui, nous l’avons exporté en Egypte. Certaines mauvaises gueules égyptiennes ont parlé sur les réseaux sociaux du peuple algérien comme peu civilisé. Peut-être parce que nous ne pouvons pas blairer leurs amis sionistes. Les jeunes algériens ont juré de leur donné des leçons au Caire même. Outre l’emblème national, l’emblème des chouhada, de l’Emir Abdelkader à la grande révolution de Novembre, c’est à la fin du premier match livré en cette CAN par l’Algérie contre le Kenya que les supporters algériens ont brillé. Ils ont attendu que le stade se vide en partie et c’est à ce moment qu’ils ont sorti les sacs en plastic pour ramasser les restes comme s’il s’agissait d’une journée de «Hirak». Là, les égyptiens et autres africains ont compris le sens et la portée du message des algériens. Bravo les jeunes. Maintenant les réseaux sociaux ne parlent que de la hauteur de vue et de l’esprit civilisé et de la solidarité des

algériens. Un marocain a dit ceci sur Youtube : «Les algériens sont des hommes, on peut compter sur eux pas sur les autres.» D’autres marocains sont venus raconter comment les harraga algériens sont solidaires avec les marocains dans la même galère. Qel est le voyou qui a dit que nos jeunes n’étaient pas éduqués ? Outre le ramassage des ordures après le passage du ««Hirak»», les différents slogans de ce dernier sont repris un peu partout. Les réseaux sociaux des pays voisins et même ceux d’Oum Edounia se sont rangés pour reprendre le slogan du «Hirak». «Khaoua, Khaoua !» est désormais à la mode et il ne faut pas oublier que c’est une marque déposée qu’il va falloir enregistrer à l’UNESCO ! Nous inventons et réinventons la culture

selon nos besoins et selon les situations que nous vivons. A l’ouest de nos frontières, les jeunes de ce pays frère et producteur mondial de poison qu’il exporte chez nous, ne parlent que de «Khaoua, Khaoua !». Certains d’entre eux ont été éblouis par le mot d’ordre «Khalti Aziza, bentaq rahi andena !» répété à satiété par les «Hirakistes» à Alger quand une petite fille était perdue dans la foule et une fois questionnée cette dernière dira que sa mère s’appelle Aziza. La mère a entendu le nouveau slogan et a récupéré sa fille. Une marocaine dira : «Saha alikoum les algériens, il n’y a que vous qui puissiez faire une chose pareille. Ailleurs meme en Europe personne n’aurait preté attention à une fillette perdue dans la foule et encore moins le rendre à sa mère». El

hamdoulillah, nous exportons autres choses que la violence et le pétrole. Le «Hirak» n’a pas encore révélé ses leçons. Autre fait saillant du peuple algérien. Il y a eu les revendications d’Octobre 1988, personne n’a dit que c’était une révolution. Il y a eu la décennie noire, personne n’a dit que c’était une révolution. Il y a eu enfin le «Hirak» du 22 février et personne ne dira que c’est une révolution. Parce que tout simplement, le peuple algérien est le seul à savoir ce qu’est une révolution, la vraie. Ailleurs, quelques bambins se mettent à vociférer pour qu’on s’empresse de dire que c’est une révolution. A ce propos, il me vient à l’esprit une anecdote que m’a racontée notre ami Hadj Abdelkader Klouch, le notable et notaire de Chlef quand il était député. «Un jour, nous avions

eu la visite du président Maamar Kadhafi. Il voulait s’adresser au parlement algérien présidé par feu Bitat. Kadhafi parlait sans discontinu de la révolution du 1er septembre. Un député et moudjahid de la première heure de l’Est du pays leva la main pour poser une question au président Kadhafi. Bitat tremblait car il connaissait ce baroudeur sans diplomatie, mais contraint de lui donner la parole, il dira ceci : Monsieur le président, comment pouvez-vous comparer la révolution d’une nuit avec la révolution de sept ans et demi contre la quatrième puissance mondiale appuyé par l’OTAN ?» C’est sur cette interpellation que le président libyen quitta l’hémicycle du palais Zighoud Youcef. Révolution, ditesvous ? K. A. E.

L'armée et la transition démocratique LE THÈME SERA TRAITÉE PAR L’UNIVERSITÉ HASSIBA BENBOUALI DE CHLEF

L’université Hassiba Benbouali de Chlef organise, ce mercredi, une conférence où sera abordé le rôle de l'Armée nationale populaire (ANP) dans la garantie d'une transition démocratique. Un thème d’une actualité brûlante tant il est au cœur même des débats qui agitent la scène politique nationale, en particulier le «hirak» national. Chaque vendredi, en effet, l’armée est au centre des préoccupations des millions de manifestants qui appellent l’armée, sinon à nettoyer la maison Algérie des figures honnies du système politique légué par le président démissionnaire, du moins à accompagner le mouvement populaire et le soutenir pour l’instauration d’une république réellement démocratique. Ce mercredi, à l'Université de Chlef, les organisateurs prévoient la participation d'académiciens et de politiciens, reconnus à l’échelle nationale et internationale pour la qualité de leurs travaux scientifiques et leurs analyses qui font référence dans les milieux universitaires. Selon notre confrère de l’APS qui a eu la primauté de cette information, une confé-

rence traitera du thème suivant : «De l'obsession du passé à la crédibilité du présent» ; elle a pour souci et objectif de «marquer la contribution et l'implication de l'université dans la recherche de solutions constitutionnelles à la crise politique actuelle,

susceptibles de préserver la sécurité et l'unité du pays», dixit un membre du Comité d'organisation, en l’occurrence M.Belaid Sayeh Djebour. Ce chercheur a indiqué qu’il s’agit de la seconde conférence du genre organisée à l'ini-

tiative des étudiants, soulignant le niveau de "maturité" atteint par ces derniers, notamment suite au succès de la première conférence organisée le 26 juin dernier sous le thème : "Les solutions non constitutionnelles à la crise politique, entre illusion et déficience". Les organisateurs s’attendent à la participation d’un grand nombre d'enseignants universitaires, militants politiques et académiciens sont, à l'instar de Kherchi Neoui, qui présentera une conférence sur des expériences de transition démocratiques réussies dans le monde grâce à l'intervention de l'armée, et Djamel Yahiaoui, directeur du Centre national du livre, qui abordera pour sa part le rôle de l'ANP dans la transition démocratique, entre legs et situation actuelle. Un appel à contribution a été lancé, à l'occasion, via le site électronique de l'université, pour permettre aux personnes désireuses de s'inscrire pour prendre part à cette rencontre, qui se déroulera au pole universitaire d'Ouled Fares. L. C./Agence


Amar Lounas, l’architecte qui interroge l’habitat

Numéro 292 Du 10 au 16 juillet 2019

PORTRAIT

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PAR JACQUELINE BRENOT

«L’architecture ne concerne pas uniquement l’acte de bâtir, ou l’action de construire. Elle est là pour nous révéler le sol, le ciel, le vide et la distance entre les choses. Ce vide étant lieu de relation entre les hommes et cette distance la possibilité permanente de cette relation»

Dans ce troisième millénaire en perte de livres, Walt Wittman affirme : «L’architecrepères et en contradiction permanente ture c’est bien mais il faut en faire.» avec les nouveaux impératifs écologiques, En effet, pour Amar Lounas, l’architecture il arrive de croiser des créateurs hors du n’est pas une profession, mais un métier, commun qui préfèrent les chemins recher- «l’architecture se pratique et c’est une nochés d’écolier aux autoroutes de la réussite tion liée au corps». A ce titre, il aime rapde masse. Leur travail reste plus discret, peler l’origine latine du mot «habere» qui mais leur talent d’innovateur incontestable. signifie «avoir son corps». Par extension, Amar Lounas fait partie de cette catégorie «habiter, veut dire être dans son corps», en de personnalités singulières, en quête per- gardant à l’idée du corps comme habitacle manente de sens, à la réflexion arbores- premier, essentiel. Et il ajoute : «L’archicente qui sait mettre en valeur les tecture ne concerne pas uniquement l’acte potentialités du patrimoine algérien en de bâtir, ou l’action de construire. Elle est adéquation avec la structure organique de là pour nous révéler le sol, le ciel, le vide la ville méditerranéenne. et la distance entre les choses. Ce vide étant Face à des politiques successives de con- lieu de relation entre les hommes et cette structions et d’aménagements arbitraires distance la possibilité permanente de cette répondant aux besoins accrus du plus grand relation.» nombre, cet architecte aborde le genre avec A ces post-it, plus ou moins disparus, s’aun souci du respect de l’environnement, du joutent des cahiers de notes couverts de climat, du patrimoine culturel et de l’esthé- textes courts, pris sur le vif, que l’architecte tique, de façon naturelle et évidente, affir- conserve comme des repères dans le temps, mant : toutes les formes d’architectures, des des thèmes pour nourrir sa réflexion, des plus simples aux plus sophistiquées, nous pistes à venir sur ses chemins de création. entourent, nous côtoient, dans une évidence Son rapport à l’existence n’est pas non plus familière telle que nous oublions qu’elles dénué d’intérêt, gardant à l’idée que notre façonnent aussi notre mental. personnalité est multiple. Pour lui, incontestablement, «nous habitons Comme il aime à le dire : «On ne règle pas des lieux qui en définitif nous habitent». ses comptes à la fin, mais on devrait le faire Cette conception génère une démarche et dès la naissance, on doit le faire, mais pas une esthétique qui lui sont propres, tout en sous forme de test, mais pour clarifier sa assimilant des traces et des empreintes des vie…». Et il ajoute : «J’aime bien me lieux où elles s’exercent. L’architecture est tromper, pour mieux chercher... D’ailleurs, le miroir de la société, de la culture on s’est trompé sur moi : je suis né avec plurielle. Ces évidences nous échappent, deux dates de naissance, dont j’ignore la parce que, en dehors de la presse spécial- vraie. De plus, j’ai un surnom donné par les isée, le rôle et la parole de l’architecte in- habitants du village, qui se superpose au téressent rarement les médias, sauf après un prénom donné par mes parents. Cette couévénement majeur, souvent dramatique. tume a le mérite de trouver un prénom plus Si nous demandons à Amar Lounas de se proche de ton identité que celui donné par présenter, des paroles d’écrivains arrivent les parents. Puisqu’en général, tu nais dans en priorité, notées à la hâte sur des post-it une famille avec un prénom qui est souvent depuis des années, perdues et retrouvées. Il celui de ton ancêtre, d’un disparu, une esest fasciné par leur pèce de substitution du univers mental. «C’est «Se souvenir, c’est ap- mort. Moi, je porte le par des lectures, non par prendre à habiter un es- prénom de mon grand-père le dessin ou les arts, que : pourquoi serais-je le vipace, à être chez soi, ma trajectoire a bifurqué vant d’un mort ?... c’est l’art de vivre. En Donc, mon surnom vers l’architecture. Henry Miller, autodirésumé, chacun est ar- «Lqechei» veut dire le vif, dacte !... Je reste admi- chitecte de son existence, le juste, le Robin des bois, ratif devant cet auteur celui qui se bagarre pour les chacun doit trouver une autres.» qui avoue pourtant n’avoir lu «que» cinq manière d’aménager son Quand on l’interroge Amar mille livres dans sa vie, habitacle, de s’installer sur d’autres personnalités «dont bon nombre sans qui ont eu une influence sur dans sa vie» intérêt», quand ses amis son travail, l’architecte «rats de bibliothèque» parle plutôt de démarche avaient à leur actif vingt intellectuelle, plus que ou trente mille livres. Cet auteur biblio- forme ou de style. A ce sujet, il cite l’archiphage m’a insufflé l’envie de découvrir des tecte célèbre japonais Tadao Andô, avec auteurs tels que Rider Haggard, Giono, lequel il a collaboré, de 2007 à 2010, sur le Thoreau, Cowper Powys, Krishnamurti, D. projet «Le Château Lacoste», domaine vitiH. Lawrence, Walt Whitman, Dostoïevski, cole à Puy Sainte Réparade, en France, et Cendrars, Joyce, sans oublier l’idée que qui interroge par son «architecture du sil’essence de la littérature se trouve moins lence» sur les liens si intimes entre l’indidans les livres que dans la vie même. Miller vidu et la nature, à une époque où, par un aimait ajouter en boutade à ce goût immod- effet de balancier inéluctable, cette dernière éré de la lecture : «On devrait lire de moins reprend ses droits par tous les moyens, en moins, pour vivre de plus en plus pleine- même les plus destructeurs. Pour cet archiment». Amar Lounas ajoute : «J’ai lu la tecte : «La notion de bâtir et d’habiter est, plupart des livres de cet auteur, mais parmi bien entendu, étroitement dépendante de la eux, celui qui m’a fait vraiment découvrir relation que l’on entretient avec le monde la littérature, reste : «Les livres de ma vie». environnant et de la perception que l’on J’ai trouvé là, la forme la plus noble du don s’en fait.», rappelant ainsi la relation étroite : «Je te fais lire ce que j’ai lu». Justement, de l’architecture nippone avec la nature. l’architecture c’est aussi une lecture de l’e- Parmi les questions que pose fréquemment space qui nous entoure. Dans un de ses Amar Lounas et qui nourrissent sa réflex-

ion, celle qui revient souvent concerne l’Héritage. «De quoi sommes-nous héritiers ? interroge-t-il. A l’opposé de l’animal qui vit dans un monde de sensations, sans forme stable, ni histoire, l’homme est fait de passé et d’avenir. Cette fracture existentielle dans laquelle surgissent toutes choses, trouve son expression dans l’acte architectural qui, au travers des édifices, inscrit à même le sol, la nostalgie du passé et la promesse d’avenir, maintenant du même coup cette «ouverture», au sens philosophique du terme. L’architecture nous rappelle ainsi que l’espace n’est pas un vide, mais un continuum dense ou resserré, ouvert et dilaté, traversé d’énergies et de mouvements continuels. Se souvenir, c’est apprendre à habiter un espace, à être chez soi, c’est l’art de vivre. En résumé, chacun est architecte de son existence, chacun doit trouver une manière d’aménager son habitacle, de s’installer dans sa vie.» Nous sommes là au cœur d’une question qui dépasse le cadre de l’architecture et qui ouvre inévitablement la réflexion sur des perspectives sociales et politiques... Au cours de ce bref entretien, où le sujet de l’architecture devient un prétexte à parler de l’humain et des contradictions qui nous entourent tout au long de notre existence, Amar Lounas nous invite à développer «un regard actif» vis à vis de l’architecture et du milieu dans lequel elle s’exprime, pour reprendre l’expression de Tadao Andô.

C’est-à-dire suggérer au lecteur d’une œuvre architecturale la relation existante avec nos conditions géographiques et culturelles. A savoir déchiffrer et comprendre le contexte général qui nous inspire et qui préside à la réalisation. Bâtir et habiter, est étroitement lié à notre conception de notre environnement. En guise de conclusion, provisoire, l’architecte tient à citer cette phrase de l’écrivaine Marguerite Yourcenar : «Construire c’est collaborer avec la terre, c’est inscrire dans un paysage une marque urbaine qui le modifiera pour toujours, c’est contribuer aussi à cette lente transformation qui est la vie des villes». Si «collaborer avec la Terre», c’est tenter de lui restituer ses droits les plus fondamentaux pour notre survie, écoutons sans relâche ses exigences, notre survie en dépend plus que jamais. A force de conquérir et de domestiquer la nature, de dévorer notre Terre nourricière, à grands coups de bétonneuses, d’autoroutes et de villes nouvelles, que restera-t-il à nos descendants pour planter ? En tentant de «réhabiliter des savoirs anciens» qui ont résisté à l’épreuve du temps, comme le dit et le réalise Amar Lounas, chacun à notre niveau, nous sommes respectueux de l’environnement, nous participons à sa sauvegarde. J. B. Amar Lounas, architecte DPLG email : at.lunes@gmail.com


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L’ENTRETIEN

Numéro 292 Du 10 au 16 juillet 2019

«Il y a urgence à se débarrasser du Code des investissements» M’HAMED ABACI, EXPERT FINANCIER, À PROPOS DE LA SITUATION ÉCONOMIQUE DU PAYS :

PROPOS RECUEILLIS PAR HOCINE BOUGHARI

M’hamed Abaci est un expert financier, qui a exercé en qualité de directeur des finances d’une grande entreprise publique. Il a été aussi maître de conférences à l’université et est l’auteur de deux ouvrages : «Comptabilité des sociétés» et «Gouvernance des entreprises». Il est également l’auteur de plusieurs contributions dans la presse nationale. Ses interventions portent notamment sur la gestion des entreprises, l'économie, la gouvernance locale, la comptabilité, les finances, la politique budgétaire. Nous l’avons sollicité pour nous parler de la situation économique et politique que traverse actuellement le pays. Dans cet entretien, il soutient, entre autres, l’urgence d’ouvrir les télécom et les transports aérien et maritime à la concurrence.

Le Chélif : A la faveur du «hirak», certains analystes parlent de crise économique aigüe que traverserait l’Algérie. Partagez-vous cette analyse ? Et quelle lecture faitesvous de la situation économique actuelle du pays ? M’hamed Abaci : La situation économique et politique actuelle devrait avoir immanquablement des répercussions aux plans économique, financier et social. Pour aborder le sujet de l’actualité politique que vit le pays aujourd’hui, depuis le 22 février dernier, il serait plus judicieux de rappeler et souligner, que le système économique en Algérie a atteint ses limites ; le système managérial est déficient et souffre de problèmes structurels de fond qui n’ont jamais été véritablement étudiés. A ce propos justement, un pays dit développé n’est que le reflet fidèle de sa puissance économique, technologique et l’efficience de ses politiques publiques qui constituent la bonne gouvernance économique, financière et sociale. On n'a que trop perdu de temps et accumulé les ratages et les échecs et l'économie du pays en souffre énormément aujourd’hui car, actuellement, après plus de 30 années de libéralisme économique, notre économie demeure imparfaite et petite, les conséquences sont aujourd'hui lourdes et socialement fort coûteuses pour le pays avec, notamment, un secteur industriel

dont l'impact économique et financier atteignant moins de 5% du PIB et un taux d'intégration de 15%, ce qui est relativement très faible. En plus des déficits budgétaires, les politiques économiques et la gouvernance publique et économique se sont avérées inefficaces. A cela s’ajoute l’accroissement de l’économie informelle, des dépenses publiques et des subventions non définies au préalable. Aujourd’hui, il faut aller vers le patriotisme économique qui n’est certainement pas le protectionnisme, c’est la mobilisation efficace de toutes les potentialités de la société pour la faire progresser, c’est la gestion rigoureuse et efficace de toutes les opportunités qui s’offrent à l’Algérie.

Quelles sont, selon vous, les orientations à donner à notre économie pour la faire sortir de son marasme actuel ? Le départ des «anciennes» figures du système peut-il contribuer à résoudre la crise économique ? Le peuple algérien est dans la rue et exige le départ de tout le régime, c’est une réelle prise de conscience qui augure sûrement de l’éclosion d’une nouvelle ère politique en Algérie. Le «hirak» nous offre, en effet, l’occasion d’unir nos pensées et, tout en nous inclinons à la mémoire de celles et ceux qui ont sacrifiés leur vie pour mettre fin à une colonisation de 132 ans au prix du sang d’un million et demi de martyrs, et dire qu’il est urgent de se donner une nouvelle vision concertée pour rétablir la légitimité et la souveraineté du peuple en Algérie en application de la Constitution en particulier à ses articles 7 et 8. Ce qui suppose que la souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par ses représentants et par la voie du référendum. Laquelle souveraineté est indivisible et imprescriptible. Il est indispensable de faire remarquer, avant d’entrer dans le vif du sujet, que la situation politique algérienne traduit une crise de démocratie représentative criante pour gouverner le pays. Pour cela, il faut un changement et aussi les hommes qu’il faut à la place qu’il faut. Devenir président, ministre, wali, élu ou dirigeant d’entreprise est très important et ne peut être le fruit du hasard, de relations partisanes ou d’affinités personnelles. C’est surtout un palmarès, c’est le résultat du travail, de la probité, de la volonté, de la compétence et enfin, de vision. On peut faire carrière dans la politique, l’administration ou les finances mais c’est bien dans l’économie que l’on se fait un nom et une réputation. Oui, aujourd’hui, c’est l’homme qui fait la fonction et non la fonction qui fait l’homme. Et c’est de ces hommes-là dont le pays a besoin aujourd’hui. Grâce à eux, il sera possible d’imaginer une nouvelle vision de l’action économique à partir de laquelle on peut concevoir les formes d’organisation, de gestion et de contrôle les plus efficientes. Il n’y a plus de place pour les responsables ou élus incompétents et non convaincus de la réussite de notre développement socio-économique. La responsabilité est pour nous un devoir et non un honneur, elle est source de sacrifice et non de richesse. Maintenant, pour répondre plus précisément à votre demande, il n’y a pas d’économie pérenne sans un Etat de droit et de démocratie économique. Car notre pays n’est pas épargné par le grand

courant de cette mondialisation, synonyme d’américanisation et d’occidentalisation, qui agite l’ensemble des pays de la planète, qu’ils soient ou non démocratiques et modernes. Cela nécessite un nouveau système de gouvernance et de gestion des institutions de l’Etat, dont la Constitution serait la source pour développer une culture réelle de démocratie représentative et participative pour un rôle plus renforcé et responsable des élus, des élites et de la société civile. Il faut tirer les leçons du passé car nous vivons un moment crucial que nous ne devons pas rater. Que faire et comment ? La fameuse question est toujours d’actualité. Après l’or noir (le pétrole), la question qui reste posée sera celle de l’or blanc : sera-t-il une source d’accumulation et de richesse pour notre économie ? Dans ce sens, il y a des défis à relever. Dans le secteur de l’agriculture, par exemple, la plus grande difficulté à surmonter aujourd’hui est d’assurer la sécurité alimentaire pour répondre aux besoins d’une population en croissance constante (l’Algérie comptera près de 50 millions d’habitants en 2024), ce qui peut lui être fatal au cas où les prix du pétrole se maintiennent à un niveau bas.

Expliquez-vous ? Légitimement, nous devons nous interroger encore et toujours sur la question stratégique suivante : c’est Sonatrach qui nourrit à ce jour notre pays alors que contexte énergétique mondial est incertain. On ne peut par conséquent qu’être inquiet pour son devenir car nous devons être conscients des conséquences fâcheuses de l’après-pétrole tel qu’il serait difficile de préserver au-dessus de 70 dollars le baril. On reste sur une croissance dépendant excessivement de la dépense publique et du commerce d’importation. L’économie joue en Algérie un rôle politique et social, c’est l’un des seuls pays au monde qui n’a pas abandonné le socialisme bien que nous sommes en économie de marché. En effet, nous avions cru trop vite en la manne pétrolière en pensant qu’elle allait nous rapprocher des pays développés. Au contraire, elle a été un frein à la diversification de notre économie et au développement de nos atouts pour sortir le pays de son sous-développement et de sa forte dépendance économique. Par ailleurs, la fiscalité ordinaire du pays, qui tourne autour de 21 % du PIB, s’avère très peu rentable pour le budget de la nation ; elle est subie surtout par les salariés et les retraités. La fiscalité ordinaire (le paiement des impôts et des taxes) constitue une obligation juridique inévitable, c'est l’un des plus importants instruments de la politique budgétaire de l’Etat et un des vecteurs de pérennité du budget de la nation. Ce budget permet d’alimenter les caisses de l’Etat pour que ce dernier finance et équilibre son budget et augmente le niveau des dépenses publiques et partant celui de la croissance économique. Aujourd’hui, on enregistre entre 2 et 3 cotisants pour 1 retraité alors qu’il faut 6 à 8 cotisants pour assurer l’équilibre financier. Quant aux salaires, ils sont trop bas socialement et trop élevés économiquement. Il faudrait aujourd’hui un prix du baril de pétrole à plus de 90 dollars pour assurer le niveau d’équilibre des comptes publics. A vous de voir…


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Que faut-il faire donc en urgence ? À court terme, il faut absolument mettre en place une stratégie de développement car les indicateurs de l’économie nationale sont de moins en moins rassurants et ce, malgré la rente pétro-gazière qui occupe toujours un poids important et qui représente près de 98% des recettes et 70 % des recettes budgétaires proviennent de la fiscalité pétrolière. Signalons de même que l’épargne des banques, des entreprises et des ménages a été à son tour asséchée avec l’emprunt national, émis par l’Etat dont son remboursement partiel arrive à échéance juillet 2019. En fait, en plus du déficit du Trésor à combler, il s’agit de couvrir les multiples dépenses non budgétisées et qui représentent des engagements que le Trésor ne pourra pas honorer. Cela représente en particulier des versements dus à Sonelgaz et à Sonatrach au titre du soutien des prix énergétiques, de la dotation du Fonds national d’investissements qui va comprendre la couverture du déficit de la CNR, l’échéance annuelle de l’emprunt national, entre autres. Ce sont-là des montants annuels récurrents pendant la période transitoire. Il y a aussi urgence à agir sur les coûts élevés du développement, la sous utilisation des capacités de production installées, la faiblesse de l’intégration économique, la bureaucratie croissante dans la gestion de l’économie, l’efficacité et la rentabilité limitées de l’appareil économique. Enfin, le capital humain, aujourd’hui, devient une préoccupation majeure de l’Algérie, qui impose de revoir les liens entre l’université et l’entreprise. Ces paramètres renseignent sur la dégradation des comptes publics. En effet, en novembre 2017, il a été décidé le recours massif à la planche à billets, soit 6 556,2 milliards de DA, l’équivalent de 60 milliards de dollars, mobilisés par le trésor public auprès de la banque d’Algérie au titre de la mise en œuvre du financement non conventionnel entre la mi-novembre 2017 et fin janvier 2019, sans contrepartie économique. Une telle mesure risque d’entrainer l’économie nationale dans une spirale inflationniste et de dépréciation de la monnaie nationale, outre de placer la politique de change en totale incohérence avec la politique économique mise en place par le gouvernement. Cela irait à l’encontre du nécessaire assainissement des finances publiques et de la consolidation budgétaire. Cette situation est due au mode de gouvernance alors qu’il est dit que la politique est la science de la gouvernance. Le recours à la planche à billets a fini par fragiliser de façon dangereuse l’économie du pays, c’est une solution de facilité à un sérieux problème économique structurel. Au final, l’État est devenu plus emprunteur que prêteur de l’économie nationale, ce qui fait peser une menace sérieuse sur le secteur bancaire et engendrer une croissance économique inférieure à la croissance démographique, une montée du chômage et éventuellement une récession économique. L’option de la planche à billets en principe doit correspondre à 10% de la fiscalité ordinaire de l’exercice précédent avec obligation de remboursement l’exercice suivant. Or, l’option de la planche à billets, telle qu’elle a été conçue dans la dernière la loi 2017 sur la monnaie et le crédit, prévoit plutôt des tirages sans limite.

La situation semble représenter un défi majeur. Peut-on s’en sortir ? La réponse est oui. Mais il faut du temps, du travail, beaucoup de sacrifices, et surtout une bonne stratégie pour le moyen terme. Mais le préalable à tout cela est de rompre avec la politique économique du passé. Il faudra changer totalement de politique économique, notamment concevoir une politique économique déconnectée de la dépense publique en privilégiant les règles et les mécanismes de l’économie de marché afin de faire entrer l’Algérie dans le concert des pays émergents tournée vers la croissance et privilégiant le savoir, la créativité et l’entrepreneuriat potentiel, c’est-à-dire le secteur productif, et des politiques publiques en réduisant la place démesurée des subventions de la sphère de l’économie, comme l’habitat, l’infrastructure surtout ceux qui relèvent du caractère commercial. Il faudra ainsi freiner l’usage de la planche à billets pour mettre fin à l’endettement du Trésor vis-à-vis de la Banque d’Algérie et rechercher des moyens de financement alternatifs comme les financements concessionnels. Mais le marché des capitaux n’est crédible que s’il y a des entreprises privées viables économiquement. Cependant, nos entreprises sont organisées pour la plupart en Sarl (51%), Eurl (35%), Snc (9%) et seules 5% pour les Spa alors que les emprunteurs de capitaux sont soient des SPA (sociétés par actions) soient surtout cotées en bourse. Quelles solutions pour y remédier ? L’État doit être une entité qui joue son rôle de régulateur et de collecteur d’impôts et taxes et non un agent économique majeur. C’est l’État qui veille à une meilleure répartition des revenus du PIB (produit in-

L’ENTRETIEN

térieur brut) en faveur des plus démunis et à construction d’une classe moyenne forte, gage de stabilité, de croissance et de progrès. De même, le budget de fonctionnement représente plus de 60% de la dépense publique, et doit donc être considérablement réduit. Il faudra aussi changer de réflexes : au lieu de dépenser à tout-va, l’État devra faire plus d’effort à collecter les impôts et taxes. Seuls 30 à 40% des impôts et taxes sont recouvrés. Il lui faudra faire la chasse aux emplois fictifs dans le secteur public ou la fonction publique. Le secteur informel à lui seul fait perdre à l’État des sommes considérables en impôts, en charges sociales et contributions aux retraites. Il y a lieu de limiter l’importation de matières et biens essentiels et taxer fortement les produits de luxe. Il est temps également de rationaliser la consommation nationale d’énergie (gaz-électricité), en développant les énergies renouvelables pour dégager des excédents à l’export. Il faudra œuvrer à récupérer tous les crédits indûment octroyés à des projets non réalisés (agriculture saharienne) et accélérer ceux en retard de remboursement. La règle 49/51%, doit être supprimée pour tous les secteurs qui ne relèvent pas du domaine de la souveraineté. Il faut sortir au plus vite de l’industrie de montage de véhicules. Il y a lieu de retourner à l’orthodoxie budgétaire et financière et une gouvernance publique en termes d’évaluation des politiques de transparence et de redevabilité. Autre chose, il y a lieu de dévaluer le dinar et cette option est devenue inévitable, rationaliser, voire stopper la «planche à billets» car elle a dépassé les normes habituellement admises (à fin janvier 6 500 milliards de dinars, soit 50 milliards de $ et 35% du PIB), réformer le système fiscal de plus en plus injuste et inéquitable et surtout inefficace dans la saisie de l’assiette et dans le recouvrement et consacrer la place des élites, les vraies intellectuelles et scientifiques et de dirigeants compétents dans les institutions et les entreprises. Il s’agit de construire un modèle de croissance articulé autour des valeurs humaines incontournables pour notre insertion à la mondialisation. Parmi les autres mesures, nous recommandons de consacrer la place des investisseurs directs étrangers (IDE) tout en sachant qu’il y a de redoutables concurrents en Méditerranée (Egypte, Maroc, Tunisie…). Il est impératif d’engager une réforme profonde des caisses de retraites et de protection sociale, CNR, CNAS, CASNOS, CNAC, et les responsabiliser en matière de gestion de leurs ressources en conjonction avec la création de gestionnaires d’actifs et autres caisses de dépôt. La création d’un fonds étatique pour encourager et fa-

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ciliter le retour des élites et cadres du pays partis travailler à l’étranger est vivement recommandée. L’expertise de ces élites et cadres est très précieuse pour une Algérie nouvelle. Il y a urgence à engager une réforme budgétaire et une réforme de la comptabilité publique. L’objectif est de maîtriser les coûts budgétaires par programme (et non par secteur) et donner une image vivante, fidèle et sincère de la gestion publique et du patrimoine de l’Etat. La transparence des opérations de l’Etat est souhaitée de contrôler des ressources, avoir une traçabilité et une visibilité des flux des capitaux à l’effet de mieux optimiser les actifs de l’Etat et ce, selon les normes IPSAS (International Public Sector Accounting Standards). Destinées au secteur public, ces normes sont basées sur la comptabilité patrimoniale ou d’engagement. Ainsi, les ressources financières ne seront plus comme par le passé octroyées selon une comptabilité budgétaire de caisse mais plutôt d'apprécier ce que sont ses actifs (ses richesses) et ses passifs (ses dettes et ses engagements). Les entreprises publiques doivent cesser de fonctionner grâce au soutien financier du Trésor public. Celles qui produisent de l’endettement, des déficits comptables et découverts bancaires quasi-chroniques doivent être privatisées avec les investisseurs directs étrangers (IDE) capables de nous intégrer dans l’économie mondiale pour que ces entreprises soient compétitives, fiables et pouvoir s’inscrire en bourse, d’où la communication de leurs données aux banques pour accéder à des crédits. Les entreprises déstructurées sont consommatrices de crédits, empêchent les banques d’accorder des crédits sains à l’investissement et laisser la place à des industries de substitution aux importations utilisant matières premières locales. De même, l’ouverture à la concurrence des télécoms, du transport aérien et maritime réduira les coûts à l’économie. Par ailleurs, l’Algérie n’a pas besoin de Code des investissements pour attirer les IDE, mais un droit privé fiable fondé sur une justice séparée notamment la création des tribunaux du commerce doit être mis en œuvre. Enfin, pour améliorer la balance des comptes extérieurs, il conviendra de mettre en place une politique de change avec un dinar convertible afin de réduire les importations, décourager les surfacturations et encourager les exportations. Sans cela, la diversification de l’économie, essentielle pour la survie du pays et pour échapper à la captivité des hydrocarbures, ne pourra se faire. En effet, pour entamer ce travail, il faudra débarrasser l’économie algérienne des mauvaises décisions économiques bureaucratiques qui ont coûté des milliards de pertes préjudiciables au trésor public. A suivre… Propos recueillis par Hocine Boughari


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HOMMAGE

Numéro 292 Du 10 au 16 juillet 2019

En commémoration du 5 juillet et le devoir de mémoire «MARIE-CLAIRE BOYET, LA MARTYRE DE TAGDEMPT» D’AMAR BELKHODJA

Je n'étonnerais personne et, surtout pas, mes amis algériens si je leur disais le bonheur qui est le mien à chaque fois que je retourne dans le pays de mon enfance. Je vis en France depuis 1962, date de l'indépendance de l'Algérie.

PAR CHANTAL VINCENT

La toute première fois que j’y étais retournée, c'était le 1er mai 2013 à Miliana et, plus précisément, dans le lycée que j'avais fréquenté jusqu'à l'âge de 15 ans à l'occasion de «retrouvailles» qui avaient eu lieu au sein de ce lycée qui s'appelait autrefois : «Lycée Alphonse Daudet» et qui s'appellera, après l'indépendance : «Lycée Mohamed Abdou». Ce qui m'avait frappée lors de mon premier retour en Algérie -cinquante et un ans après mon départ- c'était la gentillesse avec laquelle j'avais été reçue par tout le monde. Et, à chaque fois que j'y retourne, j'ai le même accueil et je reviens les bras chargés de cadeaux offerts par mes amis algériens ! Bien évidement, tous les cadeaux qui me sont offerts sont toujours un grand bonheur pour moi et à chaque fois que j'y retourne ils sont de plus en plus «personnalisés» si j’ose dire ! En effet, la famille qui m'avait accueillie en 2014 m'avait offert un cadeau qui m'avait d'autant plus touchée qu'il s'agissait d'un livre ! Un livre écrit par Amar Belkhodja : «MarieClaire Boyet - La martyre de Tagdempt». Les huit années de guerre que j'avais vécues à Miliana avaient fait de moi une farouche anticolonialiste et le livre de Monsieur Amar Belkhodja ne pouvait que m'émouvoir, je dirais même me passionner d'autant plus je n'avais jamais entendu parler de MarieClaire Boyet avant de lire ce livre merveilleusement écrit avec sensibilité et authenticité. En le lisant, mes souvenirs d'enfance me sont revenus en mémoire : les injustices, le mépris, les ignominies vécus par le peuple algérien et ce, au cours des cent trente années de colonisation française. Ce livre m'avait tellement passionnée et, parfois même, émue aux larmes que j'en avais écrit un «compterendu de lecture» que je vous propose ci-après. Un très grand merci à cet homme qui m'avait offert ce

merveilleux cadeau mais que je ne nommerai pas car je sais qu'il est d'une très grande discrétion et d'une très grande humilité qui n'ont d'égales que son intelligence et sa culture mais qui se reconnaîtra dans les colonnes de ce journal. Amar Belkhodja, ancien journaliste à El Moudjahid, a pub-

lié ce livre, à compte d'auteur, afin de rendre hommage à MarieClaire Boyet et son époux, Yves Badaroux, couple qui fut assassiné dans sa ferme le 15 octobre 1957 à Tagdempt pendant la guerre d'Algérie. Alors que Louis Boyet père était parti à Alger avec son petit-fils,

Marie-Claire et son mari furent abattus froidement par trois soldats français qui ne comprenaient tout simplement pas que des français d'Algérie puissent prendre fait et cause pour des algériens. En effet, Marie-Claire et son mari n'hésitaient pas à dire qu'ils étaient avant tout «Algériens» et donc n'appartenaient pas à la France. Il faut rappeler que pendant cette guerre d'indépendance, certains français ont défendu avec force la cause algérienne. Même si ce ne fut pas le cas de la majorité d'entre eux, ce fut le cas de la famille Boyet. Selon un témoignage de Mustapha Belardi, c'est son amour pour l'Algérie qui a coûté la vie à Marie-Claire qui était une femme aimée par toute la population arabe de la région. Elle participa, dès sa plus tendre enfance, aux cérémonies et fêtes locales et parlait l'arabe très couramment. Mustapha Belardi précise dans son témoignage : «Une femme exemplaire, charmante et vertueuse. Marie-Claire était un ange. Que Dieu lui accorde sa miséricorde. Elle nous aimait tant, nous l'aimions fort». Lorsque la presse titrera dans ses colonnes cet assassinat, elle n'hésitera pas à accuser l'ALN (Armée de Libération Nationale) de ce meurtre ! Pourtant, les français comme les algériens ne seront pas dupes et découvriront que c'étaient bien des soldats de l'armée française et non de l'ALN qui en étaient responsables. Le procès des trois meurtriers eut lieu en 1958. La veille du procès, l'armée coloniale «inventera» un motif pour inculper Louis Boyet afin qu'il ne puisse pas assister au procès des assassins de sa fille et de son gendre. On ne saurait dire quel en fut le verdict ; ce qui est certain, c'est que les autorités militaires auront utilisé tous les moyens possibles pour «blanchir» les meurtriers.

Portes ouvertes sur les masters des Langues Étrangères UNIVERSITÉ HASSIBA BENBOUALI

Dans le cadre des activités de l’université Hassiba Benbouali de Chlef, la faculté des langues étrangères a organisé une journée «Portes Ouvertes» sur les masters en langues étrangères sous le slogan «Bien choisir avant de s'inscrire». L’événement qui a eu lieu le dimanche 7 juillet a réuni un grand nombre de participants. C’est le doyen de la faculté, M. Noureddine Dahman, qui a ouvert la rencontre en souhaitant la bienvenue aux enseignants et étudiants présents. Lui succédant, le Dr Mohand Amokrane Ait Djida a expliqué aux étudiants la façon de s’inscrire au master sur le site Web qui lui est dédié, montrant les

étapes à suivre en s’aidant d’une vidéo qui tourne d’ailleurs en continu sur l’écran qui se trouve à l’entrée du siège du département. Les responsables de chaque spécialité, en présence de quelques invités d’autres universités, n’ont ménagé pour leur part aucun effort pour aider les étudiants à choisir leur future spécialité. Les enseignants ont par ailleurs fait comprendre aux étudiants qu’on ne s’inscrit pas dans une spécialité parce qu’on l’aime mais aussi et surtout parce qu’on en a le profil. Vers 14 h, à la fin de cet événement, les organisateurs de l’événement se sont déplacés à l’hôtel Castellum de Chlef où ils ont déjeuné ensemble dans une am-

biance familiale. Commentant l’événement, Warda Derdour, enseignante, a estimé que les portes ouvertes sur les masters, qui interviennent après la semaine scientifique organisée par le Club littéraire, viennent confirmer et consolider l'information et la communication que la Faculté tend à installer entre enseignants et étudiants. Il s'agit, ajoute-t-elle, d'une excellente initiative qui pourrait rendre l'inscription en Master plus facile et permettre aux étudiants de se renseigner sur les différentes spécialités. Elle déplore néanmoins l'absence de la majorité des étudiants, probablement à cause d'un mauvais timing, mais espère que les

Après l'indépendance, Louis Boyet, que certains colons français appelaient avec mépris «l'arabe», optera pour la nationalité algérienne et deviendra, entre autres, membre du premier Parlement algérien. Il s'éteindra en 1968. C'est en 1984 que des recherches historiques seront effectuées sur ce procès afin de rétablir la vérité. Trois années plus tard, ces recherches permettront la découverte de documents concernant les auditions des meurtriers passés aux aveux le lendemain même du meurtre. Certains de ces documents sont joints dans ce livre. En hommage à Marie-Claire qui mettait ses propres fleurs en bouquets pour les vendre ensuite sur le marché, Amar Belkodja a écrit, en octobre 1989, un très joli poème intitulé «Une pensée à Marie-Claire» que je reproduis ciaprès dans son intégralité : «Belle Marie-Claire, tu opposas des fleurs aux armes Belle Marie-Claire, tu n'aimais pas le bruit des bottes Et tu as dit non à la guerre Et quand les balles fauchèrent ton corps Nous avions eu mal au cœur Notre âme a frémi Et de nos yeux des larmes se mêlèrent à ton sang Parce que toi Marie-Claire, tu avais accepté de mêler ta colère à nos souffrances La colère d'une femme amoureuse de la vie, de ses fleurs, de la paix et de la liberté, Aujourd'hui, belle Marie-Claire, Accepte notre hommage et nos fleurs. Nous sommes venus fleurir ta tombe Pour perpétuer le souvenir d'une jeune femme Dont le nom est gravé sur la glorieuse épitaphe de Yamina Aït-Amrane, Malika Hamdani, Fatima Naïmi, Hassiba Ben Bouali...». C. V.

«portes ouvertes» reviennent régulièrement pour aider les prochaines promotions dans le choix de la spécialité. Pour le Dr Ait Djida, cet événement est une première à la faculté des langues étrangère. D’habitude, fait-il remarquer, on organise ce type de portes ouvertes à l’échelle universitaire. «Cet événement est organisé au profit des futurs mastérants, on a voulu qu’il soit une journée d’information et de formation en même temps : information pour orienter les étudiants et formation pour leur montrer les étapes qu’ils doivent suivent pour s’inscrire sur la plateforme dite Progresse, conclut-il Adel Hakim


Numéro 292 Du 10 au 16 juillet 2019

Félicitations

Remerciements

La famille OUISSAL et alliés remercient toutes les personnes qui ont compati à leur douleur, suite à la disparition de leur chère et regrettée mère et grand mère Mme RAHMA OUISSAL, le 3 juillet 2019, à l'âge de 62 ans, suite à une longue maladie, laissant derrière elle un grand vide que nul ne peut combler. Nous demandons à tout ceux et celles qui t'ont connue, aimée et appréciée d'avoir une pieuse pensée pour ton âme et ta mémoire. Que Dieu le Tout Puissant t'accorde Sa Sainte Miséricorde et t'accueille en Son Vaste Paradis. «À DIEU NOUS APPARTENONS ET À LUI NOUS RETOURNONS». Ton époux BOUABDELLAH

Remerciements

Dans l’impossibilité de leur répondre individuellement, les familles Mamouni, Djaarer et Bouhella de Chlef remercient vivement toutes les personnes qui ont compati à leur immense douleur suite au décès de leur mère, grand-mère et belle-mère Mme Mamouni née Aicha Djaarer, à l’âge de 82 ans. A Dieu nous appartenons et à Dieu nous retournons.

Khayra-Sara Zerguerras Bravo pour ta réussite à l'examen du BEM avec une note de 16,40. Ton papa, ta maman et ton frère Aymen te félicitent et te souhaitent d'autres succès dans tes études Inchallah. Ton père Mohamed Zerguerras

Condoléances

ATTRIBUTION PROVISOIRE DU MARCHE

Conformément aux dispositions de l'article 65 alinéa 02 du décret présidentiel N° 15/247 du 16 septembre 2015 portant réglementation des marchés publics et délégation de service publique, le président de l'assemblée populaire communale de ZEMMOURI, déclaré que l’Avis d’appel d'offre nationale ouverte N° 02/2018 paru dans les quotidiens nationaux ( ) en date du 05/03/2019 et (Le Chélif) en date du 06/03/2019 et le BOMOP consternant : Acquisition Des Denrées Alimentaires Profit Des Cantines Scolaires Des Ecoles Primaires Lot N° 01 : Viande de veau et Poulets Qu'à l'issue des jugements des offres le marché est attribué provisoirement au soumissionnaires suivants : Soumissionnaire retenus

Montant minimum

Félicitations

Félicitations

Mohamed Hamouni et le collectif de l'hebdomadaire ''Le Chélif " félicitent vivement le jeune Meghaouri Abdelwahab, âgé de 11 ans, élève à l'école primaire "Guerrour Ahmed" d’Oued Fodda, pour sa brillante moyenne (10/10) et sa réussite à l'examen de la sixième. A d'autres succès similaires au collège Inchallah.

Bravo Alaa pour le bem que tu as obtenu avec 15.08 de moyenne. Les familles ABBOU et ABBOURA sont heureuses de partager avec toi ce bonheur si mérité pour la sérieuse collégienne que tu as été. Le lycée t’ouvre ses portes pour une belle réussite au bac inch’allah.

Nous venons d'apprendre avec émotion le décès de la regrettée RAHEM M’BARKA, épouse YECHKOUR, mère de notre collègue Ahmed Yechkour, chef de bureau du journal El Watan de Chlef, survenu ce 8 juillet 2019, à l'âge de 90 ans. En cette douloureuse circonstance, l'équipe rédactionnelle de l'hebdomadaire «Le Chélif», à sa tête son directeur Ali Laïb, présente à tous les membres de la famille YECHKOUR et alliés ses sincères condoléances. Que Dieu tout puissant accorde sa sainte miséricorde et accueille la défunte en son vaste paradis. «À DIEU NOUS ET À LUI NOUS RETOURNONS»

RÉPUBLIQUE ALGÉRIENNE DÉMOCRATIQUE ET POPULAIRE WILAYA DE BOUMERDES DAÏRA DE BORDJ MENAIEL COMMUNE DE ZEMMOURI NIF: 096235119191318

Nature d'opération

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CARNET

Montant maximum

Lot N°01 : Naimi Mohamed Viande de Nif 2 175 000.00 3 625 000.00 veau et Pou198435150141138 lets

Note technique

16/30

Délai de Observation livraison

DemiHeur

moins disant Techniquement qualifier

Conformément aux dispositions de l'article 82 du décret présidentiel N° 15/247 du 16 septembre 2015 portant réglementation des marchés publics et délégation de service publique les soumissionnaires pouvant procéder au recours dans les (10 dix) jours a partir de la premier parution de cet avis.

Le Chélif N° 292 : Du 10/07/2019 au 16/07/2019

Anep N° : 1916015128

RÉPUBLIQUE ALGÉRIENNE DÉMOCRATIQUE ET POPULAIRE WILAYA DE : AIN DEFLA DAIRA DE : AIN DEFLA COMMUNE DE : AIN DEFLA N.I.F 098544010036730

AVIS D'APPEL D'OFFRES NATIONAL OUVERT AVEC EXIGENCE DE CAPACITES MINIMALES N° 04 /2018 POUR LA 2EME FOIS

La commune de Ain Defla lance un avis d'appel d'offres national ouvert avec exigence de capacités minimales conformément aux dispositions de l'article : 34, 42, 44 du décret présidentiel n° 15-247 du 16/09/2015 portant réglementation des marchés publics et des délégations du service public. pour la réalisation du projet suivant : L’APPROVISIONNEMENT DES CANTINES DES ECOLES PRIMAIRE DE LA COMMUNE DE AIN DEFLA PAR LES PRODUITS D'ALIMENTATION POUR L'ANNEE 2019 - Lot n°04 : pain Cette annonce concerne toute personnes naturelles ou morale inscrit au registre commerce ; autant que entités d'approvisionnement et de distribution des produits d'alimentation, thème de cet appel ou commerçants grossistes ou détaillants ayant les moyens et les possibilités d'approvisionnement leur permettant de respecter les clauses de cahier des charges. Ils peuvent retirer le cahier des charges auprès du Bureau des Marchés publics de la commune de Ain Defla contre paiement d'une somme de 2. 000, 00 DA auprès de la trésorerie communale. - Le soumissionnaire a la possibilité de participer à un lot ou plus. - Le cahier des charges doit être retiré par le soumissionnaire ou son représentant dûment désigné. Les offres seront accompagnées des pièces suivantes : Le dossier de candidature contient : 0 1-Une déclaration de candidature (dûment signée, datée et cachetée par le soumissionnaire). 02- Une déclaration de probité (dûment signée, datée et cachetée par le soumissionnaire). 03- Les statuts pour les sociétés. 04- Les documents relatifs aux pouvoirs habilitant les personnes à engager l'entreprise. 05- Les documents permettant d'évaluer les capacités des candidats (toutes les pièces désignées dans l'article 05 du cahier des charges.) L'offre technique sera composée de : 01- Une déclaration à souscrire (dûment signée, datée et cachetée par le soumissionnaire ou le candidat) 02- Tout document permettant d'évaluer l'offre technique (une mémoire technique justificative) 03- Le Cahier des charges portant à sa dernière page, la mention manuscrite «lu et accepté»

04- Un engagement de délais de livraison, signé, daté et cacheté par le soumissionnaire ou le candidat ;

L'offre financière sera composée de : 01- La lettre de soumission dûment signée, datée et cachetée par le soumissionnaire ou le candidat02- Le bordereau des prix unitaires rempli, signé, daté et cacheté par le soumissionnaire ou le candidat 03- Le détail quantitatif et estimatif des travaux signé, daté et cacheté par le soumissionnaire ou le candidat. Le dossier de candidature, l'offre technique et l'offre financière sont insérées dans des enveloppes séparées et cachetées indiquant la dénomination de l'entreprise, la référence et l'objet de l'appel d'offres ainsi que la mention «dossier de candidature», «offre technique» ou «offre financière» , selon le cas, ces enveloppes sont mises dans une autre enveloppe cachetée et anonyme, comportant la mention : «À n'ouvrir que par la commission d'ouverture des plis et d'évaluation des offres Appel d'offres national ouvert avec exigence de capacités minimales n° 04/2018 POUR LA 2EME FOIS «L’APPROVISIONNEMENT DES CANTINES DES ECOLES PRIMAIRES PAR LES PRODUITS D'ALIMENTATION POUR L'ANNEE 2019» lot n° 04 Adressé à : Monsieur le P/APC de la commune : AIN DEFLA La durée de préparation des offres est fixée à dix (10) jours à compter de la date de la première publication de l'avis d'appel d'offre dans le bulletin officiel des marchés de l'opérateur public (BOMOP) ou la presse. L'heure limitée de dépôt des offres est fixée le dernier jour de la durée de préparation des offres à 14 00 h. Si ce jour coïncide avec un jour férié ou un jour de repos légal, l'heure limitée de dépôt des offres est prorogée jusqu'au jour ouvrable suivant. Aucune offre ne sera acceptée après cette date et le timbre postal ne fais pas fois. La séance d'ouverture des plis sera le dernier jour de la durée de préparation des offres à 14 h 00 en présence des représentants des soumissionnaires qui souhaitent assister au siège de la commune de AIN DEFLA Les soumissionnaires resteront engagés par leur offre pendant une durée de trois mois à compter de la date de dépôt des offres.

Le Chélif N° 292 : Du 10/07/2019 au 16/07/2019

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MAGAZINE

L’été, c’est aussi les désagréments

COUPS DE SOLEIL, ALLERGIES, PIQÛRES DIVERSES, BRUIT…

Pour se protéger des inconvénients de l’été, de simples mesures de protection personnelle peuvent être appliquées. Découvrez quelques trucs et conseils pour profiter pleinement de l’été.

Numéro 292 Du 10 au 16 juillet 2019

Cake aux nectarines facile

Coups de soleil En été, il est important de bien se protéger du soleil et des rayons ultraviolets (UV). L’exposition aux rayons UV émis par le soleil peut causer des dommages à la peau et aux yeux, en plus d’augmenter le risque de cancer de la peau. Protégezvous adéquatement et protégez vos enfants, particulièrement si vous êtes à l’extérieur entre 11 h et 15 h et même lorsque c’est nuageux.

Chaleur accablante En période de chaleur accablante ou extrême, le corps a plus de difficulté à se refroidir et à maintenir sa température dans les limites de la normale. Dans de telles périodes, votre état de santé peut se détériorer rapidement. Pour prévenir les effets de la chaleur accablante et extrême, hydratez-vous suffisamment, rafraîchissez-vous par la baignade ou dans des endroits climatisés, réduisez vos efforts physiques et portez une attention particulière aux bébés et aux enfants.

Eau de baignade La période estivale est souvent l’occasion de pratiquer des activités aquatiques et nautiques. Certaines précautions doivent toutefois être prises lors de la baignade et ce, autant si elle se déroule dans les eaux des plages ou des bassins artificiels tels que les piscines intérieures et extérieures et les spas. Les eaux de baignade peuvent être contaminées par des microorganismes (algues bleu-vert et autres bactéries, virus, parasites) ou par divers polluants et entraîner des problèmes de santé. D

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Bélier (21 mars au 20 avril)

La vie est belle ! Ce climat astral vous permettra de vous sentir bien dans votre peau et de connaître la joie de vivre. Il faudra pourtant vous...

Taureau (21 avril - 20 mai) Rapports ambigus. Pour certaines personnes, l'ami-

tié prendra le pas sur le reste. Mais il ne sera pas impossible que l'ami devienne l'amant....

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Ce dessert végétarien, très facile et bon marché, devrait intéresser les personnes qui privilégient les saveurs des gâteaux faits maison aux insipides produits qu’on retrouve dans la plupart des pâtisseries de la région. D’autant plus, c’est la saison des pêches et des nectarines. Pourquoi s’en priver ?

Plantes allergènes et toxiques En Algérie, beaucoup de personnes souffrent de la rhinite saisonnière, aussi appelée rhume des foins. Cette réaction allergique est causée par l’exposition aux pollens. Certains symptômes de la rhinite saisonnière peuvent nuire à la qualité de vie de la personne allergique. D’autres plantes peuvent aussi causer des réactions allergiques ou des brûlures à la peau lorsqu’on les touche. Vous pouvez prendre des mesures simples et efficaces pour reconnaître et éliminer ou limiter la présence de ces plantes dans votre environnement.

R

Gémeaux (22 mai 21 juin) Pas de précipitation. Si vous avez des soucis familiaux, il faudra prendre votre mal en patience. Vous ne pourrez pas discuter avec vos proches... Cancer (22 juin 22 juillet)

Gare aux fausses promesses. Il faudra vous méfier des propositions mirobolantes qui risquent de déboucher sur le néant. De même, certaines personnes,...

O

Maladies transmises par les piqûres de moustiques Le virus du Nil occidental (VNO) s’attrape par la piqûre d’un moustique. Avec l’arrivée de l’été et la multiplication des moustiques, le risque d’être infecté par ce virus augmente sensiblement et est plus élevé en ville. On parle également de recrudescence de Chikungunya dans certaines régions. Cette affection est due à la piqûre du moustique tigre qui, désormais, fait partie de notre univers.

Lion (23 juillet - 21 août)

Quelques maux de saison. Méfiez-vous de possibles troubles intestinaux. Ceux qui ont le coeur fatigué devront faire l'objet d'une surveillance...

Vierge (22 août 23 septembre) Finances en berne. Le climat astral fera craindre des soucis d'argent, des problèmes dans vos affaires. Il y aura également des tensions dans...

S

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Balance (24 septembre 23 octobre) Ecoutez votre intuition. Vo u s pourriez vous fier aveuglément à votre flair : vous percerez à jour ceux que vous rencontrerez, pressentirez leurs... Scorpion (24 octobre 21 novembre) L a chance est avec vous ! V o u s a u r e z l'occasion de multiplier les rencontres intéressantes, d'avoir accès à des milieux très fermés, d'obtenir...

Ingrédients (pour 8 personnes). 1 sachet de sucre vanillé, 1 sachet de levure, 10 cl de lait, 1 cuillère à soupe d’eau de fleur d’oranger. Préparation (30 min) Etape 1 : Éplucher les fruits et les découper en petits morceaux. Etape 2 : Préchauffer le four à 150°C (thermostat 45). Etape 3 : Faire ramollir le beurre. Etape 4 : Mélanger dans l’ordre suivant : œufs, sucre, sucre vanillé, beurre ramolli, farine, levure et eau de fleur d’oranger. Etape 5 : Délayer avec le lait. La pâte ne doit pas être trop liquide. Etape 6 : Beurrer un moule à cake. Etape 7 : Verser la pâte dans le moule puis introduire les fruits coupés. Etape 8 : Mettre au four à 150°C (thermostat 4-5) pendant 1h30.

O

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Sagittaire (du 23 novembre au 21 décembre)

Quelques remous bénéfiques. Cette ambiance astrale vous apportera sans doute des changements importants ; mais, pour une fois, vous serez enchanté... Capricorne (22 décembre - 20 janvier) Tout roule côté vie professionnelle ! Efficace, réaliste, actif, vous obtiendrez d'excellents résultats dans votre travail. Votre situation matérielle...

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Verseau (21 janvier 18 février) B e l l e créativité. Votre situation professionnelle s e r a bonne d a n s l'ensemble. Vous allez être gâté malgré quelques petits nuages çà et là : vous...

Poissons (19 février 20 mars) Les ast r e s brouillent les pistes. Beaucoup de sentiments divers s'entremêleront dans votre vie sentimentale. Deux d'entre eux seront particulièrement...


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INSOLITE

Numéro 292 Du 10 au 16 juillet 2019

250 000 foyers ont déménagé le même jour

CELA S’EST PASSÉ À MONTRÉAL

C’est un phénomène unique au monde : en une seule journée, lundi 1er juillet, près de 250 000 foyers ont déménagé à Montréal. Cela ne représente pas moins de 20% de la population de la ville. Une joyeuse pagaille, conséquence d’une loi votée en 1974 au Québec, qui fixe la fin des locations d’appartements au 30 juin. Une aubaine pour Frédérik Gi-

rard, gérant de la société de déménagement «la Capitale». «Aujourd’hui, on facture 275 dollars (canadiens) de l’heure, contre 135 à 150 dollars habituellement.» Soit 185 euros par heure, le double de son tarif normal ! Qu’importe pour Martin, qui a fait appel à cette société. «Je n’ai pas le choix, explique-t-il, mon bail a terminé hier soir, le 30 juin. J’ai jusqu’à ce midi, 1er

Un lieu où boire donne peur LE GIGER BAR

S'inspirant de l'œuvre inquiétante de l'artiste HR Giger, inventeur des décors et de la créature du film Alien, le Giger bar est l'un des plus étonnants d'Europe. Il donne l'impression aux visiteurs de se rafraîchir dans l'abdomen d'une créature, sous une voûte d'os. Seuls des ostéopathes en visite dans

juillet, pour partir». Cette journée est aussi un bon plan pour les rois de la récupération, comme Valentin, un français installé à Montréal, qui en profite pour dénicher des bonnes trouvailles : «Je récupère du mobilier, en cette période il y a plein de trucs, c’est parfait pour aménager son appartement !», sourit le jeune homme.

CONSÉQUENCE DE LA GUERRE COMMERCIALE AVEC LA CHINE

Une possible pénurie de Bibles aux États-Unis

cet établissement, ont compris tout de suite que la voûte était composée de sculptures imitant des os de bassins moulés dans du polyester. Il faut être dans la médecine pour le percevoir. Le lieu fait courir les foules, en particulier les amateurs de films d’horreur.

UNE MAROCAINE TUE SON AMANT…

Et en fait un plat qu’elle offre à des ouvriers

Une Marocaine d’une trentaine d’années est accusée d’avoir assassiné son amant pour faire un repas avec sa dépouille qu’elle a offerte à des travailleurs pakistanais. Selon les procureurs, le crime de cette Marocaine, commis aux Emirats Unis et révélé par BBC en novembre 2018, aurait été parfait si une des dents de la victime n’avait pas été trouvée dans son mixeur. Faisant des aveux à la police, l’accusée a reconnu qu’il s’agissait d’un moment de «folie» qui l’a amenée à ôter la vie à son compagnon avec qui elle était en

PARCE QU’IL CHANTE TROP TÔT LE MATIN

relation depuis sept ans. La police a expliqué que la meurtrière avait servi la dépouille mortelle comme un plat traditionnel de riz et de viande à des ressortissants pakistanais travaillant à proximité. Le crime a été découvert trois mois plus tard par le frère de la victime et qui s’est rendu à Al Ain, leur ville d’origine à la frontière avec Oman. Il y a découvert une dent humaine dans un mixeur, d’où tous les soupçons. Informée, la police a effectué des tests ADN sur la dent et a confirmé qu’elle appartenait à la victime.

Le coq «Maurice» convoqué au tribunal

Le coq Maurice, qui chante trop tôt le matin sur l'île d'Oléron, au grand dam des voisins, a été accusé jeudi d'être une «nuisance sonore» devant le tribunal de Rochefort (France). Maurice, fatigué, n'était pas à l'audience, tout comme le couple de retraités qui l'accusent d'être bruyant et ont fait du gallinacé un symbole de la ruralité et une star mondiale, cité dans le New York Times. Mais «Pompadour» et «Jean-René», un petit poulet et un immense coq Géant de Brahma, étaient venus en soutien silencieux de la propriétaire du gallinacé accusé, Corinne Fesseau, présente à l'audience. Le coq objet du litige vit à Saint-Pierre d'Oléron où ses «cocoricos» dès l'aube agacent les propriétaires d'une résidence secondaire voisine. Pour Me Vincent Huberdeau, qui défend les plaignants, le procès «n'est pas celui de la ville contre la campagne. C'est un problème de nuisance sonore. Le coq, le chien, le klaxon, la musique, c'est le dossier du bruit». «Saint-Pierred'Oléron est la grosse commune de l'île d'Oléron avec près de 7 000 habitants en hiver et 35 000 en été», a-t-il argué. «Mes clients vivent dans une zone classée pavillonnaire au Plan local d'urbanisme. Ce n'est pas la campagne !». Avant de répéter que cette affaire ne relevait pas du «conflit entre citoyens bobos et ruraux». «Mes clients ne reprochent pas au coq de chanter, mes clients cherchent à être tranquilles le matin entre 6h30 et 8h30».

«Je suis abasourdi», a répliqué Me Julien Papineau, qui défend la propriétaire et son coq en ironisant : «Je ne suis pas sûr que les plaignants se sont dits «on va acheter une maison à la ville sur l'île d'Oléron»!». «On peut déplacer le poulailler. Mais cela signifie qu'à la place, il y aura les casiers de pêche de Jacky, le mari de Corinne Fesseau», a-til poursuivi, «mais est-ce que les voisins supporteront l'odeur...». Avant de conclure sur un expéditif : «Les poulaillers, ils ont toujours existé. Sur 40 voisins, il n'y en a que deux que ça emmerde». Pour la propriétaire de Maurice, «maintenant il faut que la cause soit entendue, la campagne a droit a ses bruits. Les coqs ont le droit de chanter, les coqs ne chantent pas de 4h30 du matin jusqu'à l'indéfini.» «Mon coq, il me gêne pas, il chante, je me dis que c'est très bien et vive la nature !», a lancé Mme Fesseau. Une dizaine de personnes étaient venues soutenir Maurice dont une famille du Costa Rica, en vacances chez des amis locaux, et qui brandissait des petites pancartes «Nos coqs iliens, on y tient». Depuis le début de l'affaire, deux pétitions de soutien ont été signées par près de 155.000 personnes. L'histoire a suscité nombre de réactions dont celle de Bruno Dionis du Séjour, maire de Gajac (Gironde), 400 habitants, qui veut faire classer les bruits de la campagne au «patrimoine national» français. Le jugement a été mis en délibéré au 5 septembre.

Des maisons d'édition religieuses préviennent que les nouveaux tarifs qu'envisage d'imposer le président Donald Trump sur les importations en provenance de Chine pourraient entraîner une pénurie de Bibles. C'est que des millions de Bibles - selon certaines estimations, 150 millions ou plus - sont imprimées en Chine chaque année. Cela pourrait faire bondir le prix du livre et nuire aux efforts d'évangélisation des organisations chrétiennes qui distribuent des Bibles, estiment certains observateurs. Les deux plus grands éditeurs de la Bible aux États-Unis, Zondervan et Thomas Nelson, sont détenus par Harper Collins et consacrent 75% de leurs dépenses de fabrication de la Bible en Chine, d'après M. Schoenwald. Ensemble, ils représentent 38% de tout le marché de la Bible aux États-Unis, a-t-il ajouté. La taille de ce marché est difficile à estimer. Environ 20 millions de Bibles seraient vendues aux États-Unis chaque année, indique une porte-parole de HarperCollins. Selon NPD Group, une entreprise d'études de marché, 5,7 millions de Bibles imprimées ont été achetées aux États-Unis en 2018. Mais ce chiffre ne couvre pas toutes les ventes, dont celles que les éditeurs vendent directement aux congrégations.


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OnePlus 7 Pro : notre test après un mois d’utilisation HIGH TECH

Numéro 292 Du 10 au 16 juillet 2019

Le OnePlus 7 Pro est l'un des smartphones vedettes de l'année. Futura vient de passer un mois en sa compagnie, le temps de vérifier s'il tient les promesses de sa montée en gamme.

Le plus puissant processeur du moment, une quantité de mémoire vive surdimensionnée, une capacité de stockage étendue, un capteur photo culminant à 48 mégapixels... Comme à son habitude, OnePlus a mis le paquet en proposant ce qu'il se fait de mieux tout en conservant un prix contenu. Pour Futura, qui a pu avoir en main les précédentes éditions du mobile, ce OnePlus 7 Pro se distingue largement des autres. Côté puissance, avec sa puce Snapdragon 855, 8 Go de mémoire vive et un stockage de 256 Go, le mobile n'a jamais défailli au quotidien, et ce, durant un mois ; la fluidité s'est toujours avérée au rendez-vous. Il faut savoir que, comme pour les smartphones pour gamers tels que le Razor 2 ou l'Asus ROG Phone, c'est un système de refroidissement liquide qui est présent à l'intérieur du boîtier pour éviter la surchauffe. Sur ce point, en pratique, le mobile n'a parfois pas apprécié les longues séances de prises de vidéos. Les brusques élévations de température n'ont toutefois pas eu l'air de le perturber.

Un écran sans reproche

L'écran occupe donc pratiquement toute la face du téléphone et c'est assez impressionnant. Même le haut-parleur ultra-fin est placé

tout en haut en bordure. Sa grille minuscule a tendance à s'encrasser rapidement. L'écran géant Amoled de 6,67 pouces (3.120x1.440 pixels) est incurvé sur les flancs, il délivre une qualité d'image impressionnante et sa fréquence de 90 Hz apporte une fluidité qui ne se retrouve que sur les mobiles pour gamers. Si les 6,67 pouces de l'écran apportent un confort de lecture appréciable, comme pour le OnePlus 6T, il reste plus difficile à loger dans une poche de pantalon. Il faut avoir des doigts de pianiste pour pouvoir balayer l'intégralité de la surface de l'écran d'une main.

Une autonomie plutôt décevante

Il n'y a guère qu'au niveau de l'autonomie que la déception se porte. Avec sa dalle Amoled économe et sa batterie de 4.000 mAh, Futura s'attendait à largement plus d'endurance. En réalité, en l'utilisant ni plus ni moins que son prédécesseur, nous avons remarqué de façon empirique qu'il tient à peine la journée, alors que le OnePlus 6T peut rester allumé une bonne demi-journée supplémentaire avec son écran de 6,41 pouces et sa batterie de 3.700 mAh. La faute peut-être à un écran plus étendu et une puce plus véloce ? Heureusement que le

chargeur Warp Charge 30 permet de ressourcer le mobile à hauteur de 100 % en moins d'une demiheure. Autre point fort : le son, par rapport à ses prédécesseurs, le OnePlus 7 Pro est en net progrès, il se hisse même parmi les meilleurs avec un son stéréo dolby. Comme le OnePlus 6T, le mobile est dénué de prise casque, il faudra encore opter pour un casque Bluetooth. Comme à son habitude, OnePlus ne propose aucun accessoire et vend son propre casque sans fil, avec les Bullets Wireless 2 au prix fort de 99 euros.

Le surprenant capteur à selfies escamotable

Le capteur d'empreinte sous l'écran ne diffère pas de son prédécesseur. En revanche, ce qui fait la nouveauté sur le OnePlus 7 Pro, c'est son capteur à selfie escamotable. L'avantage est certain, cela permet d'étendre l'écran au maximum et dans les faits, la bordure, l'encoche ou le trou dans l'écran deviennent vite de mauvais souvenirs. À moins que l'on soit un fana des selfies, il faut avouer que, finalement, on ne se sert pas autant que cela de ce capteur photo. Il reste possible de l'utiliser pour déverrouiller l'écran : dès que l'on presse le bouton latéral pour ce faire, le module sort et se

referme très rapidement. Mieux encore, Futura a pu tester la chute du OnePlus avec le module photo ouvert. Les capteurs détectant la chute, le module se ferme immédiatement. C'est très impressionnant ! Un déballage de pixels mais des résultats toujours pas à la hauteur Côté photos, sur la surface en verre dépoli, on trouve superposés au centre trois capteurs. Un capteur de 48 mégapixels, un zoom de 8 mégapixels pour un grossissement optique X3 et un ultra-grand angle de 16 mégapixels. Le constructeur, qui peine toujours à se hisser au niveau de Huawei ou de Google, ne fait toujours pas des miracles alors qu'il a dégainé d'excellentes optiques associées à de puissants capteurs signés Sony. De jour, les photos sont presque excellentes, mais comme à son habitude, le mobile est beaucoup moins bon lorsque la lumière vient à manquer.

Quel est son tarif ?

Le OnePlus 7 Pro se décline en trois coloris avec un noir brillant, une couleur amande et un Nebula Blue. Côté configurations, le téléphone est vendu avec 6 Go de mémoire vive et 128 Go de stockage en version de base pour 709 euros. Pour 759 euros, il est disponible avec 8 Go de mémoire vive et 256

Go de capacité de stockage. La version la plus musclée culmine à 12 Go avec 256 Go pour 829 euros. Le OnePlus 7 Pro est vendu sur le site du constructeur ou chez la Fnac, Darty et Bouygues Telecom.

Fiche technique

OS : Android 9 Pie / Oxygen OS 9.5, Processeur : Qualcomm Snapdragon 855, Mémoire vive : 6/8/12 Go, Stockage : 128 Go ou 256 Go, Taille d'écran : 6,67 pouces, Définition : 3.120x1.440 pixels (19,5:9) Amoled, Appareil photo : 48 mégapixels (f/1.6), zoom X3 de 8 mégapixels (f/2.2) et grand-angle de 16 mégapixels / (façade) : 16 mégapixels (f/2.0), Batterie : 4.000 mAh, Particularité : pas de prise casque / recharge rapide / capteur d'empreinte digitale sous l'écran / Module à selfies escamotable.

Les molécules de notre corps peuvent aussi stocker des données Des universitaires américains ont conçu des mélanges de métabolites pour recréer le système binaire, fait de 1 et de 0. Sur des plaques de la taille d'un téléphone mobile, ils ont réussi à enregistrer l'image d'un chat avec un taux de réussite de 99 %. Les brins d’ADN ne sont pas les seuls composés organiques qui pourraient potentiellement remplacer nos disques durs. Inspirés par les recherches sur l'ADN, des chercheurs de l'université Brown aux États-Unis ont souhaité tester d'autres

molécules pour évaluer leur capacité de stockage d'informations. Ils ont créé des mélanges de métabolites, des substances organiques créées par le métabolisme contenant des sucres et des acides aminés, entre autres. L'idée est d'utiliser la présence ou l'absence de métabolites spécifiques pour recréer les 0 et 1 du code binaire. Ils sont parvenus ainsi à enregistrer et à lire des images d'un chat provenant d'une tombe égyptienne, d'un bouquetin et d'une ancre. Pour enregistrer l'image du bouquetin,

l'équipe de chercheurs a utilisé des mélanges de six métabolites différents pour créer des bytes de six bits. Ils ont ensuite utilisé un robot pour déposer des gouttes sur une plaque, avec un total de 1.024 gouttes encodées avec la présence ou l'absence de chacun des six métabolites. Cela a créé ainsi 1.024 bytes de six bits, ce qui a permis d'encoder l'image contenant 6.142 pixels en noir et blanc. Les chercheurs ont ensuite utilisé un spectromètre de masse pour analyser le contenu de chaque goutte, et identifier

les métabolites présents. Cela leur a permis de lire les données de l'image avec un taux d'erreur avoisinant 2 %. Ils ont ensuite utilisé une image contenant 17.424 pixels représentant un chat, qu'ils ont encodé grâce à des mélanges de douze métabolites déposés sur une plaque en 1.452 points. Ils ont obtenu une précision de 97,7 % à la lecture, qu'ils ont ensuite améliorée grâce à la régression logistique, pour obtenir un taux d'erreur en dessous de 1 %.


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DÉCOUVERTES

Numéro 292 Du 10 au 16 juillet 2019

RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE

À quelle température la planète deviendrait invivable ?

Le corps humain ne s'adapte pas bien à la chaleur. Une planète transformée en fournaise n'est donc pas bon signe pour nous, d'autant plus que l'hyperthermie n'est pas, et de loin, la conséquence la plus préoccupante du réchauffement pour la survie de l'humanité.

Selon les différents scénarios du GIEC, les températures du globe pourraient augmenter de 2 °C à 5 °C d'ici 2100. Mais certains scientifiques alertent sur un possible emballement du réchauffement pouvant atteindre + 13 °C. Combien de temps l'humanité pourra-telle faire face à de telles températures ?

Une planète invivable à 35 °C La température normale du corps humain est de 37 °C mais celle de la peau doit rester au-deçà de 35 °C pour évacuer la chaleur métabolique du corps. Lorsqu'elle dépasse les 37 ou 38 °C, la température du corps atteint un seuil létal (42-43 °C) et c'est l'hyperthermie. Mais cela dépend aussi de l'humidité qui réduit la capacité d'évaporation. Dans un désert où l'air est sec, le corps peut résister à des températures de plus de 50 °C sans séquelles. À l'inverse, dans les zones tropicales où le taux d'humidité dépasse allègrement les 90 %, sortir dehors devient mortel dès 40 °C, le corps « cuisant » de l'intérieur. Les chercheurs ont ainsi

calculé que, sur une Terre où la température dite de « thermomètre mouillé » (prenant en compte l'humidité relative et les mouvements de l'air) dépasserait les 35 °C en moyenne, les êtres humains et la plupart des mammifères ne pourraient survivre que quelques heures à l’extérieur.

Ouragans, villes englouties par les eaux et dépérissement des cultures Mais l'hyperthermie n'est de loin pas le premier problème causé par le réchauffement climatique : une planète 4 °C à 5 °C plus chaude provoquerait une cascade de conséquences dramatiques : débordement des rivières, multiplication des ouragans, dépérissement de la biodiversité et des cultures. La fonte des calottes polaires provoquerait à elle seule une hausse du niveau des océans, engloutissant des régions côtières où habitent des centaines de millions de personnes. « Avec une Terre transformée en étuve, de nombreux endroits deviendront inhabitables » alerte ainsi une étude de 2018. Huit îles

du Pacifique ont d'ores et déjà disparu et il faut s'attendre à des millions de réfugiés climatiques si la tendance continue. Au-delà du réchauffement, la Terre

deviendra de toutes les façons inhabitable dans 1,75 milliard d’années, le soleil étant devenu tellement chaud qu'il fera évaporer les océans. D'ici-là, de nombreux

événements pourraient avoir éradiqué l’humanité : météorite géante, guerre nucléaire ou pandémie mondiale.

lants et floculants, les particules en suspension dans les eaux s'agrègent en flocons. Le poids de ces flocons provoque la sédimentation des particules au fond des bassins de décantation. La filtration finale à travers des filtres minéraux (sable) ou des membranes permet de produire une eau limpide débarrassée de ses particules.

fection. On utilise pour cela du chlore, de l'ozone ou des ultraviolets. Une petite quantité de chlore reste dans l'eau produite pour éviter un développement bactérien plus en aval, dans le réseau d'eau.

dépollution supplémentaires sont appliqués. À la sortie de l'usine de potabilisation, l'eau est acheminée vers des réservoirs (châteaux d'eau) puis jusqu'aux robinets. Pensez à purifier votre eau au quotidien grâce aux adoucisseurs d'eau ! Si vous souhaitez obtenir plus de renseignements sur les adoucisseurs d'eau, vous pouvez faire une demande d'information 100 % GRATUITE auprès de professionnels sérieux comme celui que nous vous conseillons cidessous.

Eau potable : quelles sont les étapes du traitement de l'eau ?

L'eau subit plusieurs traitements avant d'être distribuée dans les circuits d'eau potable. Quels sontils ? Découvrez les différentes étapes du traitement de l'eau. Le traitement d'une eau brute après son captage dépend de sa qualité et de ses constituants, critères qui varient dans le temps. L'eau puisée dans l'environnement doit donc être analysée en continu avant de subir le traitement de potabilisation approprié.

Dégrillage et tamisage Le passage de l'eau captée à tra-

vers des grilles et tamis élimine les plus gros débris.

Oxydation Si la charge organique est très importante ou s'il y a de l'ammoniaque, du fer ou du manganèse en solution, l'oxydation facilite leur élimination lors de la phase de clarification. Cette étape d'oxydation peut se faire avec du chlore ou de l'ozone.

Clarification : coagulation-floculation, décantation et filtration En présence de produits coagu-

Désinfection Les bactéries et virus pathogènes qui demeurent dans l'eau sont éliminés lors de l'étape de désin-

Autres traitements Éventuellement, la dureté de l'eau est corrigée pour éviter la corrosion ou l'entartrage des canalisations. En cas de pollutions spécifiques, aux nitrates ou aux pesticides par exemple, des traitements de

Fruit ou légume : quelle différence ? La pêche est un fruit. Le poireau est un légume. Tout le monde le sait. Mais la tomate, fruit ou légume ? La question de la différence entre ces deux classes d'aliments n'est pas si simple. Pour distinguer un fruit d'un légume, il faut d'abord choisir son camp : celui du cuisinier ou celui du botaniste. Les deux sont clairement irréconciliables...

Fruits et légumes du cuisinier Pour le cuisinier, la différence entre fruits et légumes se fait assez simplement. Un fruit est plutôt sucré et arrive sur la table généralement au moment du dessert. Un

légume est plutôt salé et accompagne souvent un plat de viande ou de poisson. Quant aux fruits de mer, oublions-les... De manière un peu plus précise (mais toujours insatisfaisante pour un botaniste), le fruit est l'organe comestible des plantes à fleurs. Le légume, quant à lui, est la partie consommable d'une plante potagère ; il peut s'agir de graines (lentilles, etc.), de feuilles (épinard, etc.), de racines ou de tubercules (pomme de terre, etc.), de tiges ou de pousses (poireau, etc.), de bulbes (oignon, etc.) et même... de fruits, comme la tomate ou le poivron.

Fruits et légumes du botaniste Le botaniste, lui, a le devoir d'être plus précis. Le fruit, explique-t-il, provient directement du pistil des fleurs des plantes. Il résulte du développement de l'ovaire de la fleur et contient les graines (ou les noyaux). Le légume, quant à lui, n'est autre qu'un fruit bien particulier : la gousse des légumineuses. Cette famille de végétaux inclut les haricots ou encore les fèves, par exemple. Pour rapprocher ces deux points de vue, on parle parfois de légumes-fruits, de légumes-tiges ou encore de légumesfeuilles.

Légumes-fruits : tomate, concombre, aubergine, haricot, poivron… En conclusion, l'aubergine, le concombre, la tomate, le poivron ou encore le haricot peuvent être considérés comme des fruits. La rhubarbe et la canne à sucre, quant à eux, peuvent être classés parmi les légumes !

Faux fruits : fraise, ananas, pomme… Le botaniste désigne aussi des faux fruits : ceux pour la formation desquels l'ovaire n'est pas le seul tissu participant. Ce sont par exemple la fraise, l'ananas ou encore la pomme.


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GRILLE GÉANTE

Numéro 292 Du 10 au 16 juillet 2019


DÉTENTE

MOTS FLÉCHÉS

Numéro 292 Du 10 au 16 juillet 2019

Mots croisés

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HORIZONTALEMENT

1 - Paradis théâtral 2 - Creusera - Caves de coopérative 3 - Blâmerai 4 - Affluent du Danube - Répètera sans cesse 5 - Monastère orthodoxe - Sainte de calendrier - Bon coin pour le champagne 6 - Ereinte - Mit en vers 7 - Crier comme un cerf - Grande nation - Petit sapajou 8 - Séché et fumé - Authentique 9 - Petite bourguignonne - Mettre dans le secret 10- Résonneras - Apport de moitié

VERTICALEMENT

SODUKU

A - Bouleverserait B - Fit une copie - Mot qui laisse place au rêve C - Tumeurs de surface D - Classement de tubes - Faisait la peau lisse E - Joliment mis en couleurs - Place des scoops F - Fleuve ibérique - Tourner à l'aigre G - Dialectes des Highlands - A toi H - Met noir sur blanc - Idée I - Faire de gros efforts - Ile atlantique J - Néphélion - Acrobate pyrénéen K - Fait voir son plaisir - Installai un support L - Passaient pour ajuster la taille

Citations

«L'amour est une laisse de soie qui conduit l'être humain soit au ciel soit en enfer. » «Quand un serpent te voue de l'affection, fais-en un collier et porte-le autour du cou.» «J'ai goûté bien des substances amères, et nulle ne l'est plus que de demander.»

Proverbes et citations arabes

SOLUTIONS DES JEUX


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SPORTS

Numéro 292 Du 10 au 16 juillet 2019

Des disciplines qui commencent à donner leurs fruits ARTS MARTIAUX À OULED BEN ABDELKADER

Le club sportif «Oussoud» (Les Lions) d’arts martiaux d’Ouled Ben Abdelkader vient d’enrichir la nomenclature des disciplines sportives déjà existantes au niveau de la commune. Il a vu le jour en 2017 sur une initiative de quelques jeunes avant que ces derniers ne soient rejoints par un nombre de personnes de tout âge.

Avant qu’il ne soit érigé en association indépendante et à part entière, le club D4ARTS MARTIAUX D4Ouled Ben Abdelkader était placé sous la tutelle de l’association «El Amel» qui englobait plusieurs disciplines. Les initiateurs, à leur tête le jeune Oussama Belghazi, ont décidé de créer l’association «Oussoud», les lions pour s’organiser d’abord et procéder à l’initiation à ce sport, peu répandu, des jeunes du village qui évoluaient de manière anarchique et désorganisée. Parmi les facteurs qui ont facilité la mise sur pied de cette association, signalons la sollicitude de la direction du complexe sportif de proximité qui lui a ouvert ses portes. M. Oussama Belghazi, son président, nous indique que c’est le directeur du complexe qui a mis à la disposition du club tout ce dont il avait besoin pour être opérationnel. Les jeunes fon-

moyens financiers pour acquérir les gants, les sacs de frappe, les pattes d’ours et d’autres équipements indispensables à la pratique de ce sport.

dateurs, Hocine Ouahab, Oussama Belghazi, Abdellah Ouahab, Mohamed Belaid, Souhaib Belghazi et bien d’autres ont

commencé par aménager la salle et à l’équiper en matériels et outils pédagogiques nécessaires. Ils se sont servis de leurs propres

Un manque de moyens flagrant La passion des jeunes a facilité la tâche aux membres de l’association qui s’est élargie au fil du temps, ce qui a permis de créer d’autres clubs, à l’image du club de «Matrag», le jeu traditionnel du bâton. L’association a participé à de plusieurs tournois locaux et nationaux en kick-boxing (1er tournoi national à Oued Rhiou), en Kung-fu, en boxe Thaï, boxe chinoise à Bouira etc. Les résultats ont toujours été satisfaisants malgré la récence de l’association qui encadre environ 30 jeunes et moins jeunes, toutes catégories confondues. Pour s’y inscrire, il faut être âgé de plus de 8 ans. Les inscrits sont

tenus de payer une somme de 500 DA qui représentent les frais d’assurance. Le «parkour» est une autre discipline que l’association parraine. Ce sport amateur intéresse surtout les adultes et exige à ce que le pratiquant jouisse d’une bonne condition physique. Ce n’est pas tout : le jujitsu, une autre discipline qui regroupe des techniques de combat qui furent développées par les samouraïs durant l'époque d'Edo (ancien nom de Tokyo). Elles enseignaient aux samouraïs et aux bushis à se défendre même sans en étant désarmés lors d'un duel ou sur le champ de bataille. A l’instar de toutes les associations locales, «Oussoud» se plaint du manque flagrand des moyens pédagogiques et financiers, le matériel pédagogique en particulier. Elle sollicite qui de droit de lui venir en aide pour s’épanouir. Abdelkader Ham

Lieu de divertissement dîtes-vous ? PISCINE COMMUNALE D’OUED FODDA

Oued Fodda manque pratiquement de tout en matière de distraction et de divertissement. Et ce sont les jeunes qui en pâtissent. Particulièrement durant la saison estivale où la température dépasse allègrement les 45° C. La piscine communale reste l’unique échappatoire aux jeunes, les adolescents notamment, qui s’y ruent chaque jour par centaines. Datant de l’époque coloniale, cette piscine ouvre ses portes à 12h30 pour le premier groupe d’entrants pour un tarif de 100 DA chacun. Ce montant ouvre droit à une baignade pour une durée d’une heure et demie. Le client doit payer un nouveau ticket s’il veut jouir d’une autre séance, sinon il cède sa place à un autre. Avant l’ouverture des portes, une foule remarquable s’agglutine autour de l’édifice dont une majorité d’enfants âgés entre 8 et 12 ans, pour la plupart n’habitant pas la

ville d’Oued Fodda mais venant des petits villages limitrophes (comme Zebabdja, Skasik, Bir Safsaf etc). On se demande d’ailleurs pourquoi les communes alen-

tour ne disposent pas de piscines ou, à tout le moins, de bassins de natation. Une question qui mérite d’être élucidée par les responsables du secteur de la Cette

piscine se trouve à côté de la station de bus d’Oued Fodda. Une aubaine pour les enfants qui viennent quémander auprès des voyageurs quelques dinars pour payer leur ticket d’accès à la piscine. Bien que ce lieu attire des centaines de visiteurs par jour, sa gestion reste très archaïque vu qu’il n’y a pas de possibilité de bénéficier d’abonnements mensuels ou hebdomadaires. Il ya aussi le côté hygiène qui demande à être pris en charge. En effet, selon certaines indiscrétions, le changement de l’eau de baignade ne se fait pas de manière systématique. Aussi, pour suppléer à cette carence, les gestionnaires recourent à des rajouts de chlore pour désinfecter l’eau et créer, par là même, des désagréments aux baigneurs. Adel Hakim

A l’occasion de la célébration du 57eme anniversaire de l’indépendance et de la jeunesse, fêté tous les 5 juillet de chaque année, et l’ouverture du stade de proximité de Hay Meddahi (Zeboudj), le comité de quartier, dirigé entre autres par Hamid Benzahra et Salah Eddine Achour, a organisé un tournoi de football des U 13, en présence du le wali de la wilaya de Chlef, M. Mustapha Sadek, et les représentants de l’assemblé populaire communale, MM. Noureddine Boutaiba et Brahim Rezki, tous deux occupant les fonctions de viceprésidents. La cérémonie d’ouverture a été présidée par le wali de la wilaya de Chlef. Après l’entonne de l’hymne national et l’observation d’une minute de silence à la mémoire de martyrs de la révolution, le wali a félicité les habitants de Zeboudj pour cette nouvelle structure qu’est le stade de proximité,

inauguré par la même occasion, en leur demandant en même temps de le préserver et de le maintenir en état de fonctionnement pour eux, leurs enfants et les générations à venir. Le tournoi s’est déroulé entre quatre équipes : Les aigles d’El Asnam, Jil El Asnam, Chabab Oued Rhiou et Etoile Chorfa. Le tournoi a été remporté par l’équipe Jil El Asnam, dirigé par son président, Mahfoud Belkacemi et son entraineur, Khaled Rahmoune. L’équipe a dominé les trois équipes. Le Chabab Oued Rhiou, de Djamel Belkacem, s’est classé en deuxième position, laissant la troisième l’équipe Les aigles d’El Asnam, dirigée par Habar Bilal et drivée par Achour Larbi, et la quatrième place à l’équipe «Etoile de Chorfa», présidée et entrainée par Noureddine Lagraa. La cérémonie de distribution des médailles pour les éléments des trois dernières équipes et la remise de la coupe

à l’équipe gagnante s’est déroulée en présence des membres de l’assemblé populaire de Chlef, MM. Boutaiba et Rezki. A noter la présence à la cérémonie de l’ancienne figure de la culture Salah Benzahra. La clôture de cet événement s’est déroulée dans une bonne ambiance et sous les ap-

plaudissements du public présent. Signalons enfin qu’une autre rencontre de football a eu lieu entre les anciens joueurs de hay Meddahi, l’équipe d’Abdelkader Douib et Ziga, qui a battu par 4 but à 1 l’équipe d’Oukazi et Chafik. Rachid Mehaiguene

CÉLÉBRATION DE LA FÊTE DE L’INDÉPENDANCE ET DE LA JEUNESSE

Tournoi de football à Zebboudj


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SPORTS

«L’espoir est permis avec cette jeune équipe»

Numéro 292 Du 10 au 16 juillet 2019

DES CITOYENS À PROPOS DE LA PRESTATION DES VERTS :

Très attendue, la rencontre Algérie-Guinée a donné lieu à diverses commentaires, aussi bien dans les milieux des connaisseurs (ou se prétendant comme tels) et les citoyens qui aiment leur équipe nationale et qui adorent parler de ses exploits. Il y a également de fervents supporters qui ont le mérite de bien analyser les phases de jeu sans pour autant se mettre dans la peau d’un entraineur de football. Ecoutons ces propos recueillis à chaud après la victoire éclatante des Verts sur leurs homlogues Guinéens par le score sans appel de 3 buts à 0.

Djazouli Boudjeltia, cadre supérieur, ancien dirigeant de l’ASO :

«Le match contre la Guinée a été difficile quoique le coach avait préparé cette confrontation sérieusement, nous avons remarqué la concentration et une préparation physique, d'où une bonne équipe sur le terrain. Quoiqu'il en soit, nous sommes très satisfaits des comportements de tous les joueurs, un carnet de choix parmi les remplaçants qui forment une deuxième équipe, ce qui laisse à dire que l'entraîneur a eu le mérite de présenter deux équipes à la coupe d'Afrique des Nations. Contre la Guinée qui était difficile à manier et qui jouait techniquement, on a trouvé un bloc homogène, où l’on a vu Mahrez revenir à la défense et prêter main forte à ses coéquipiers, le milieu de terrain s'est acquitté de sa tâche convenablement, et la relance était parfaite pour la bonne raison qu'on pouvait parvenir, par une ou deux passes, à créer les occasions de buts. À ce titre là, le score par 3 à 0 ne reflète pas la physionomie de la rencontre, qu'on pouvait facilement emporter par 4 où 5 à 0. Le mérite revient à l'entraîneur et aux joueurs, on doit persévérer dans ce sens, nous

avons l'avantage de récupérer une journée par rapport à notre prochain adversaire qui est la Côte d'Ivoire qui vient de gagner aujourd'hui (lundi 8 juin, ndlr) face au Mali. Belmadi va certainement essayer de prendre en considération les points forts et les points qui faibles et, j'espère, d'après le match que j'ai vu, la Côte d 'Ivoire ne va nous empêcher d'aller de l'avant pour le sacre final car tous les spécialistes de la balle ronde attestent de la force et l'homogénéité de notre équipe nationale.

Hamouni Mohamed, expert en athlétisme et sports de masse :

«Une chose est certaine, le public Algérien à eu la fièvre du départ, c'est à dire le tract. Heureusement pour nous, notre équipe nationale à vite fait de dissiper les doutes en montrant ses griffes, malgré l'agressivité des joueurs guinéens au début du match , mais une demiheure après, les Verts ont repris confiance nous laissant admirer des schémas tactiques, des offensives, une grande solidarité, une coordination de tous les compartiments, défense, milieu et attaque, ce qui a fait plaisir à tout le public et au staff en général dans cette agréable soirée qui reste in-

oubliable dans la mesure où il y a eu 3 beaux buts de grande facture marqués par des joueurs talentueux. Nous souhaitons que cette équipe continue sur sa lancée avec un sans faute, où l'espoir est permis avec cette jeune équipe et son entraîneur Djamel Belmadi qui a su donner une âme et un enthousiasme qui sont un moteur supplémentaire pour cette équipe. Aujourd'hui, nous pouvons reconstruire la locomotive du football Algérien avec ses jeunes éléments nationalistes et guerriers qui ont reconquis le peuple Algérien et tous les peuples africains. Quels que soient les résultats à venir, l'équipe nationale algérienne a retrouvée sa personnalité footballistique.

Brahim Benmehel, dit Brahim «l’USMA» :

«Nous avons assisté à un bon match entre notre équipe nationale et son homologue de la Guinée, j'ai relevé plusieurs choses positives, à savoir, une équipe soudée, un schéma tactique assimilé, un coach visionnaire, autant d'ingrédients pour démontrer la suprématie de notre équipe jusqu'à maintenant. Une équipe qui peut prétendre au sacre final après son brillant parcours. En cet été 2019, le peuple Al-

gérien croit en ses enfants transformés en virtuoses sous la direction de Belmadi et son staff après le 1er tour à 9 points et une qualification avec l'art et la manière sur la Guinée avec un 3 à 0 digne des champions. Depuis 1990 et, de nos jours, en plein Hirak, les Algériens attendent cette coupe d'Afrique. Propos recueillis par Hocine Boughari

Hassane Missoum Benziane, supporter :

«L’équipe nationale version Belmadi a donné beaucoup de satisfaction. Beaucoup de mérite est à mettre à l’actif de ce technicien qui, au bout de quelques mois, a su comment injecter un sang neuf dans ses troupes. Ce n’est pas tout, même les joueurs ont pris goût au jeu, ce qui est expliqué par l’entente parfaite entre eux et sur tous les plans. Le coach a insufflé un esprit de groupe que ses prédécesseurs n’ont pas pu instaurer. Sur les quatre matchs joués jusqu’ici, le groupe a fait montre d’une maturité inédite ; un jeu plaisant, de la technicité et surtout un enchainement de passes et une transition impeccable, ce qui permet d’arriver au camp des adversaires avec aisance. L’esprit du «hirak» s’est répercuté visible-

ment sur les joueurs. Il semblerait qu’il y a une communion entre les joueurs et le public.

Djilali Touil, connaisseur dans le domaine du football :

«Le coach Belmadi a donné une vie à cette équipe, il a instauré une certaine discipline dans le jeu, mais surtout la rigueur. En un laps de temps court, il est parvenu à construire un groupe de guerriers. La sérénité de cet homme a fait revivre l’équipe dans la discipline et le sérieux. En voyant cette équipe tout écraser sur son chemin, on peut espérer mieux. J’ai vécu de près comment le coach se comporte avec ses poulains, j’ai constaté qu’il y a beaucoup de volonté de part et d’autres, une communication parfaite, le courant passe mieux entre les joueurs, aucune mésentente grave n’a été enregistrée. La troupe à Belmadi aura leur mot à dire lors de cette édition. Auparavant, on se qualifiait souvent en deuxième position dans les meilleurs des cas. Cette fois-ci, les Verts sont les premiers et les meilleurs, en attaque et en défense, ils sont surtout invincibles. Propos recueillis par Abdelkader Ham


LE CHIFFRE DE LA SEMAINE

Semaine du 10 au 16 mai 2019- N° 292

22 000 locaux

C’est le nombre de magasins, bureaux et lieux de production qui seront à l'achat ou à la location, aux jeunes porteurs de projets dans le cadre des dispositifs d'aide à l'emploi (ANSEJ, CNAC et ANGEM).

Ils coûtent trop chers vos livres

Le titre de ma présente chronique est une phrase, presque coup de gueule, que j’avais écrite sur un registre de doléances d’une grande librairie à Oran. Il y avait de tout sur les longs rayonnages. Des romans, des livres d’histoire, de politique, des livres pour jeunes et moins jeunes. En arabe, en français et même en anglais. Il y avait aussi de la quiétude, du silence, des pas feutrés, sans cohue ni queue. Pas âme qui vive ! Mes lunettes de presbytie dans la main, pour bien lire les titres et les résumés, j’ai pris tout mon temps à m’offrir un bain de jouvence littéraire comme je l’aime. Deux jours avant, j’avais déjà visité trois librairies du centre-ville. Même constat, on ne se pressait pas au portillon. Par contre, à M’dina Jdida, j’ai dû donner des coudes pour me frayer mon chemin. Des étals en pleine chaussée exhibent des multitudes de marchandises. Surtout des habits pour femmes. Mais ce sont les prix qui drainent les foules. Des robes, des djellabas, des sacs, des sandales et des mules. Des ustensiles de cuisine, de la cosmétique, et tout le toutim à prix raisonnable. Quant aux fruits et légumes, à 1000 dinars, on peut remplir tout un couffin. Dans les librairies, on meurt de

PAR RACHID EZZIANE

faim ! Les prix des livres ont plus que doublé. Voir triplé. Comme une denrée rare, ils sont presque inaccessibles au commun des lecteurs. Jugez-en : un Victor Hugo ou un Zola, vieux de deux siècles sans droits d’auteurs (et qui sont gratuitement téléchargeables sur le net), à plus de 800 dinars. Le dernier des nouveautés littéraires se monnaie à 1000 dinars. Et encore quand il s’agit d’édition nationale. Pour un roman de là-bas, il faut compter entre 1500 et 2000 dinars. Le livre chez nous est plus cher qu’un plein d’essence. Du ja-

Les habitants reviennent à la charge AFFAIRE DE L’HÔPITAL DE BÉNI HAOUA

Après avoir fermé l’Etablissement public de santé de proximité (EPSP) de Beni Haoua pendant trois jours, il y a de cela une quinzaine de jours, les habitants de la commune de Beni Haoua et ses environs sont revenus à la charge dimanche dernier en fermant les issues est et nord de la ville pour protester contre ce qu’ils considèrent comme de la négligence et de la mauvaise gestion dudit établissement. En effet, des centaines de citoyens ont procédé à la fermeture de la RN11 reliant la commune de Beni Haoua à celle de Damous et le CW 24 reliant la commune de Beni Haoua à celle de Breira. Le premier axe routier est fermé à l’est de la ville devant la station d’essence alors que le second est fermé au nord de la ville, devant le siège de l’Etablissement public de santé de proximité (EPSP). Cette protesta intervient après l’expiration du délai de dix jours que le wali aurait donné lors de sa dernière visite à la commune de Beni Haoua pour satisfaire la revendication principale des habitants, à savoir la séparation de l’administration de cette structure de santé de celle de Zeboudja, avons-nous appris de sources locales. Lors de sa visite dans cette commune côtière pour la cérémonie d’ouverture de la saison estivale, le wali s’était entretenu avec des citoyens qui lui ont exposé

tous les problèmes et les dysfonctionnements de la structure de santé. Il a promis de répondre à leurs doléances. Les citoyens qui n’ont rien vu arriver ont renoué avec la protestation. Ils souhaitent que les instructions du wali visant notamment l’envoi d’une commission d’enquête afin de situer les responsabilités dans la mauvaise gestion et les dysfonctionnements constatés soient exécutées. Les mauvaises prestations de cette structure de santé obligent les habitant de la région de Beni Haoua à se déplacer jusqu’à la wilaya de Tipasa pour se soigner. La mort d’une parturiente au sein de cette structure de santé l’année passée, à cause de la négligence accusent des citoyens, sa famille en particulier, est toujours dans les mémoires. Les gens ne veulent pas qu’un drame pareil se reproduise. Par ailleurs, des habitant des deux hameaux Ibouamamayen et Bouynoune relevant de la commune de Béni Haoua ont procédé, dès six heures du matin de dimanche, à la fermeture de la RN 11 au niveau du pont reliant la commune de Beni Haoua à celle de Damous pour revendiquer des projets de développements local et dénoncer l’état très dégradé du chemin communal (piste) qui dessert leurs villages respectifs. Hassane Boukhalfa

mais vu ailleurs !... Et dire qu’on veut, vaille que vaille, nous faire croire que les Algériens ne lisent pas. C’est faux ! Si les Algériens sont fâchés avec la lecture, c’est parce qu’ils ne peuvent pas acheter des livres. Ils sont au-dessus de leur bourse. J’ai personnellement fait un grand effort, au détriment de quelques autres priorités (et parce que je suis un féru de lecture et de littérature), pour me permettre le luxe d’acheter quatre romans qui m’ont coûté plus de 4000 dinars. Quatre mille dinars, c’est le quart du SMIC, quand 20 euros (le prix d’un nouveau roman en Europe) n’est que le soixantième du SMIC

en France, par exemple. Avec un plein d’essence, on peut s’acheter jusqu’à 10 romans, et encore davantage quand il s’agit de livres tombés dans le domaine public. Dans nos librairies, on ne différencie pas entre les nouveautés et les anciens livres, ni entre impression folio et papier glacé ou mat, le papier satiné ou bouffant. Ils mettent le prix-hameçon et attendent que ça morde. Les années passent, le livre jaunit et ses pages se cornent, mais le prix reste le même. Le comportement du libraire en Algérie ressemble à l’identique à tous les comportements des autres commerçants. J’en ai vu même plusieurs à l’allure de snob. Avec

des airs qui refoulent le lecteur sans vraiment le dire. Un libraire, qu’on ne doit pas qualifier de vendeur de livres, ne doit, en aucun cas, ressembler à un vendeur de pastèques, quoique je n’aie rien contre ces derniers. Mais pourquoi le livre est si cher en Algérie ? A qui profite cette situation ? Pourquoi les éditeurs et les libraires n’ont jamais essayé d’avoir un débat sur la chose ? Ma réponse est toute simple. Si le marché des livres est anarchique chez nous, c’est parce qu’on ne lit pas en haut lieu. On s’en fiche de la connaissance neuronale comme l’an deux, car la connaissance adoucit les mœurs et n’est pas porteuse d’intérêts matériels, alors personne n’en veut. Mais savent-ils que la lecture augmente l’empathie et la théorie de l’esprit ? Qu’elle aide à comprendre le monde et la société où l’on vit ? Sans compter, bien-sûr, sa magie à développer la tolérance et l’ouverture d’esprit. Mais qui se soucie de l’ouverture des esprits puisque chacun campe dans son «antre hédonique» à double tour. Ils coûtent trop chers vos livres, messieurs les éditeurs et les libraires. Mettez un peu d’empathie dans vos cœurs et apportez un peu d’eau au moulin du savoir. Vous ne serez pas déçus, car vos librairies rayonneront de la lumière des esprits en cogitation. R. E.

L’actu selon Omar

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