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N°14 - Mai-Juin 2007 - 4,50 €

Le Canard A-MP - N°14 - 1


AQUITAINE - MIDI-PYRÉNÉES 2 - Le Canard A-MP - N°14


Sommaire N°14 Dossiers

Faut-il réintroduire l’ours dans les Pyrénées ? - Page 5 Violaine Bérot : contre la réintroduction - Page 6 François Arcangéli : pour la réintroduction - Page 8 L’ours un roi déchu - Page 10 The bear a king without a throne - Page 11 50 000 hectares d’OGM dans le Sud-Ouest - Page 13 Interview de C. Pèes, Président d’Euralis - Page 14 Les opposants aux OGM s’expriment - Page 18 Une agriculture avec ou sans paysans ? - Page 20 Les OGM sont-ils dangereux ? - Page 21

Les caves coopératives du Sud-Ouest De Jaurès à la mondialisation - Page 23 Les caves du Sud-Ouest dans les 13 départements des deux régions - Pages 24 à 35

Portraits

Jean-Pierre Coffe ne mâche pas ses mots - Page 36 Jean-paul Kauffmann, la maison du retour - Page 38 Denis Olivenne : de Trotsky à la Fnac - Page 42

La vie du Sud-Ouest Le Shell Eco-marathon - Page 45 Des chameaux dans le Sud-Ouest ! Page 48 Camels in southwestern France - Page 51 Artisans : ils donnent un futur au passé - Page 52

Artiste Marie Gaillot - Jeux de glace sur toile - Pages 55-57

Jardinage Gaujacq : une fête des plantes originale - Page 59

Gastronomie La confrérie du piment d’Espelette - Page 62

Patrimoine Gants de Causse, gants de luxe - Page 64 Vesunna, musée gallo-romain de Périgueux - Page 66

Livres, etc. Livres, cd, dvd Page 69

L’Agenda du Grand Sud-Ouest L’actualité culturelle et festive en Aquitaine et Midi-Pyrénées : 13 départements ! Page 72

Abonnez-vous ! Bulletin page 41 1 an, 6 numéros, 23 €

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Les trente furieuses !

près les trente glorieuses, sommes-nous en train de vivre les trente furieuses ? Trente ans c’est environ un tiers d’une vie d’homme d’aujourd’hui. Mais à l’échelle de l’histoire, c’est un laps, une pichenette, un claquement de doigt, un battement de cils. Pourtant les trente dernières années ont bouleversé l’humanité comme jamais auparavant.

L’ordinateur, puis Internet ont dézingué les codes de la communication et du traitement de l’information. Des dizaines de professions ont été naufragées avec la révolution numérique : les dactylos, les opératrices téléphoniques, les typographes, les photograveurs, les fabricants de machines à écrire, de papier carbone, les photographes, les facturières, et j’en passe. Mais on se parle gratuitement d’un bout à l’autre de la planète. On drague en virtuel. On achète avec du vent numérique des produits désincarnés. Et grâce aux téléphones mobiles et à leurs appareils photos nous voilà voyeurs de ce qui se passe dans les trous les plus glauques du monde pendant que les affamés assistent, à l’envers, à une débauche de consommation des pays riches. En trente ans les petits commerces de centre ville ont été asphyxiés, laminés, étranglés. Le Caddy® et le coffre de la voiture ont eu raison du chariot à roulette de la ménagère. On se remplit la panse de produits à la chaîne, ni bon ni mauvais, poulets sans goût, légumes fades. On achète sans réfléchir des objets sur-emballés pour mieux se distinguer dans les rayons. Les ordures ont été multipliées par vingt. Elles s’amoncellent dans des déchetteries saturées qui ont tout de même eu le bon goût de faire place aux décharges sauvages. Les zones industrielles et commerciales ont poussé comme des verrues à la périphérie des villes, sans aucun respect de la beauté de l’environnement et des paysages mais pour le confort des consommateurs en batterie que nous sommes. A la campagne, tout a changé. Les tracteurs ont doublé de volume, comme l’endettement des paysans. Le métier d’agriculteur n’a plus rien à voir avec la pratique de nos grands parents. La pollution est devenue un problème majeur, le traitement de l’eau aussi. Qui parlait d’OGM il y a trente ans ? Actuellement dans le monde 30% du soja et 15% du maïs sont OGM. En France, nous allons passer de 500 hectares de maïs OGM il y a trois ans à près de 50 000 hectares cette année. Les Espagnols en font bien plus que nous et on ne sait toujours pas clairement si c’est mauvais pour la santé. Cherchez l’erreur. Le monde des viticulteurs s’est profondément modifié. Regroupés en coopératives modernes les vignerons sont souvent devenus de simples producteurs de raisin. Mais le vin a gagné en qualité sous la férule des oenologues pour mieux se battre sur le terrain de la mondialisation. Enfin le climat est bouleversé. Notre bonne vieille terre se sent mal. Quand elle tousse ce sont des cyclones dévastateurs. En hiver elle nous fait des coups de fièvre. Incontinente elle inonde de plus en plus de zones jusque là épargnées. Elle tremble et crache de la lave, transpire et fond de la calotte. Tout va très vite et rien n’est tout blanc ni tout noir. Pour comprendre ce qui nous arrive, un peu de recul et d’analyse sont nécessaires. Voilà ce que nous essayons de vous donner dans nos dossiers. Ce mois-ci, avec la polémique sur l’ours des Pyrénées, la guerre des OGM, la révolution des caves viticoles et bien d’autres sujets et portraits, nous avons tenté de jeter un peu de lumière sur cette course des trente furieuses qui se déroule à tout berzingue. Jean-Louis Le Breton

Le Canard Gascon Aquitaine & Midi-Pyrénées 2, avenue du Général Leclerc - 32110 - Nogaro. Tél. : 05 62 09 03 61 - Fax : 05 62 69 03 69. Web : www.le-canard-gascon.com. Mail : info@le-canard-gascon.com Rédaction : Directeur de la publication et rédacteur en chef : Jean-Louis Le Breton. Ont collaboré à ce numéro : Jean-Paul Amic, Pierre Giès, Marie-Pierre Fournier, Jacques Furlan, Sophie Lefloch, Agnès Maillard, Nina de Voogd. Le personnage du Canard Gascon est de Elger. Impression : Imprimé en Europe par Edipro (Levallois-Perret) - Publicité et diffusion : Caroline Le Breton (06 81 84 29 24) et André Tauzin (06 80 43 00 76). Crédit Photos : Jean-Louis Le Breton, Jean-Paul Amic, Jacques Furlan, Fotolia. Photos de couverture © Jean-marie jardinier (ours) et © Sylvaine Thomas (maïs) - Fotolia Editeur Anyware sarl, 2, av. du Général Leclerc - 32110 - Nogaro. Dépôt légal, 2ème trimestre 2007. - Service des ventes au journal (05 62 09 03 61) Numéro de commission paritaire : 0207 I 86098. ISSN 1772-6573. Abonnement : 23 euros pour 6 numéros – France métropolitaine. Autres régions, nous consulter. Vous devez le savoir depuis le temps que toute reproduction sans accord de l’éditeur est interdite conformément à la loi sur le copyright. Au fait merci à l’ami Georges pour le tuyau sur les chameaux, c’était un reportage marrant. Ah, vous zavez noté, j’ai repris ma couleur de cheveux normale. Les cheveux marrons c’était suite à un pari débile, comme quoi, même à mon âge on peut encore faire des couenneries. Bon je fais un test rigolo pour voir ceux qui lisent vraiment les petites lignes jsuqu’au bout : les dix premiers qui envoient leur nom et leur adresse par mail avec la formule magique comme titre de message «j’adore le Canard Gascon» reçoivent une bouteille de blanc de la cuvée du Domaine de Fortunet. Ecrire à : info@le-canard-gascon.com . Qu’est-ce que je ne ferais pas pour qu’on dise qu’on aime ce journal...

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Pour ou contre la réintroduction de l’ours dans les Pyrénées ? La réintroduction de l’ours dans les Pyrénées est un sujet sensible qui a provoqué des affrontements et des manifestations. Je l’ai abordé sans idées préconçues (il y a peu de chance de voir un ours débouler dans mon jardin dans le Gers). Je suis allé à la rencontre de Violaine Bérot, qui élève des chèvres dans l’Ariège. Le texte qu’elle a écrit contre la réintroduction de l’ours la place – à son corps défendant – en porte-bannière des anti-ours. Il est plein d’intelligence et de sensibilité. Pour faire la part des choses j’ai longuement interviewé François Arcangeli, le maire d’Arbas qui est l’un des apôtres de la réintroduction de l’ours. Lui aussi sait argumenter. Cette enquête ne prétend pas être exhaustive sur le sujet mais elle a le mérite d’opposer deux argumentations structurées. Après, c’est à vous de forger votre opinion. En complément de ce dossier, vous trouverez un article de Nina de Voogd sur l’histoire de l’ours, inspiré du livre de Michel Pastoureau.

© Jean-Marie Jardinier - FOTOLIA

Jean-Louis Le Breton

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L’ours des Contre la réintroduction de l’ours... Violaine Bérot vit dans une petite ferme de l’Ariège à la lisière des Pyrénées. Elle s’apprête à déménager pour vivre cette fois dans la montagne avec les chèvres qu’elle élève. Ecrivain à ses heures, elle est l’auteur d’un joli pamphlet contre la réintroduction de l’ours. Nous l’avons rencontrée et elle s’explique sur le sujet. l’ours. Mais il faudrait arrêter de construire des routes et des infrastructures pour le ski. Entre 1999 et 2002, un ours dont les déplacements étaient suivis par télémétrie a traversé 46 fois la Nationale 20, l’un des axes les plus fréquentés des Pyrénées ! En Espagne les ours se trouvent dans un canyon et ils ont un territoire délimité naturellement qui leur est réservé. Ce serait possible en France, peut-être en le clôturant. Ou à l’inverse en clôturant les brebis. Et techniquement, vu l’argent qu’on veut mettre pour la réintroduction de l’ours, tout est possible… Violaine Bérot : une opposition raisonnée à la réintroduction de l’ours

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iolaine Bérot, originaire de la Bigorre est issue d’une famille de paysans. Voilà six ans qu’elle est revenue à la terre et élève des chèvres. Elle a toujours voulu être paysanne mais on lui disait « ne le fais pas, c’est la misère ». Elle a étudié puis travaillé dans l’informatique. En ville, elle a gagné de l’argent. Elle a aussi écrit des romans. Mais ce qui a du sens pour elle, c’est le retour à la terre et aux bêtes. Le Canard AMP : Certains vous collent une étiquette d’écolo… Violaine Bérot : Pour moi les « écolos », c’étaient les gens de la ville qui ne connaissaient rien à la campagne et ce mot me gêne toujours un peu. Il est aussi lié au parti des Verts dans lequel je ne me reconnais pas non plus. Je pense que nous sommes les vrais écologistes parce que nous entretenons la terre, nous respectons les saisons et nous sommes capables de cultiver notre petit potager. Je suis très en colère contre certains mouvements écolos qui sont très intégristes dans leur façon d’aborder le problème de l’ours. Le Canard AMP : L’ours a toujours fait partie de votre vie ? Violaine Bérot : Nous autres Pyrénéens, nous avons entendu des histoires d’ours depuis que nous sommes tout petits, racontées par nos parents et nos grand parents. Il 6 - Le Canard A-MP - N°14

y a un passif de l’ours dans les Pyrénées. Tous les ours n’attaquent pas les troupeaux mais il faut se défendre de celui qui le fait. Il tue des bêtes et il fait peur. Si l’ours a quasiment disparu ici, c’est bien parce qu’il y avait un problème de cohabitation entre l’homme et lui. Le Canard AMP : Vous dites que l’ours brun des Pyrénées n’existe plus… Violaine Bérot : Tout simplement parce qu’il ne reste plus que des mâles. Il n’y a plus aucune femelle pyrénéenne. Je ne suis pas fondamentalement contre l’ours, mais contre la réintroduction telle qu’elle se pratique. Cette idée de réintroduire des ours qui ressembleraient à l’ours Pyrénéen serait bonne si on trouvait les ours les plus ressemblants – ce qui n’est pas le cas – et si on les réintroduisaient là où il y a des mâles, c’està-dire dans le Béarn. Mais les Béarnais ne veulent plus de l’ours donc on les placent là où on peut, presque tous dans la Haute-Garonne, et ils se dirigent ensuite vers l’Ariège et un peu vers les hautes-Pyrénées. Du coup ils se reproduisent entre ours slovènes. L’argument écologique est donc du pipeau pour moi. La biodiversité, ce n’est pas ça. Le Canard AMP : Vous dites que le territoire n’est pas adapté à l’ours. Violaine Bérot : Certaines zones sont restées assez sauvages pour être adaptées à

Le Canard AMP : Et la dangerosité de l’animal ? Violaine Bérot : Un discours des « antiréintroduction » sur la dangerosité de l’ours me gêne beaucoup. Je ne suis pas d’accord avec eux quand il disent qu’on s’expose à des rencontres. Normalement, on rencontre très peu l’ours. C’est un animal craintif qui se cache. Il y a un bémol avec l’ours slovène car il a été nourri par l’homme artificiellement et l’odeur de l’homme ne lui fait pas peur. Les attaques sur l’homme sont donc très rares. Lorsqu’il attaque la brebis, c’est pour le pis. Il ne la tue pas pour la manger, il lui arrache le pis ou les poumons. C’est donc horrible car souvent les brebis ne sont pas mortes. Et ce qu’il faut comprendre c’est que dans une attaque d’ours il n’y a pas forcément beaucoup de brebis mortes, mais il y en beaucoup de très choquées. Derrière, il peut y avoir énormément d’avortements ou de blessées dans la panique. Il y a aussi un traumatisme du chien qui ne sait pas défendre son troupeau… Et évidemment pour le berger qui subit un stress. Ce n’est pas juste de compter seulement le nombre de brebis tuées sur le papier. Le Canard AMP : Quelle est la position de l’Etat sur l’ours ? Violaine Bérot : L’état préconise de parquer les brebis, d’avoir un chien patou et un berger sur l’estive. Ca marche dans certains endroits comme en Béarn où on fait du fromage et où il faut traire les brebis tous les soirs. Mais sur les zones où l’on ne fait pas


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Pyrénées

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Manif anti-ours à Arbas en avril 2006

Du sang de mouton sur la mairie

de traite et où il y a de très gros troupeaux, on ne peut pas parquer tous les soirs. Et dans certaines zones, il n’y a pas de bergers en estive. L’année dernière lors de l’attaque d’Aston, 160 brebis se sont jetées dans le précipice. Un dégât très traumatisant pour le berger qui ne s’en est toujours pas remis. Mais certains bergers sont pour la réintroduction. L’un de mes sujets de préoccupation c’est d’arriver à parler ensemble. Il y a des extrémistes des deux côtés. Mais la majorité des bergers et des éleveurs sont contre. Et souvent ceux qui sont pour se trouvent dans une position ambiguë : ils peuvent être éleveurs de patous par exemple. Mais dans les « pro », des gens sont sincères et je peux l’entendre. Le Canard AMP : Et ceux qui veulent faire de l’économie ? Violaine Bérot : Evidemment l’ours amène une image qui peut attirer le touriste. L’ADET(1) à Arbas milite pour le retour de l’ours. Tout le monde en France connaît désormais le nom de ce petit village. Personne ne l’aurait connu sans l’ours ! Arbas est devenu le pays de l’ours alors que tous les gens qui connaissent un peu l’histoire savent qu’il n’y a jamais eu d’ours dans ce coin des Pyrénées. Il n’y en a plus depuis des siècles. On leurre les gens. Mais le maire, François Arcangeli est un très bon communiquant qui veut faire vivre sa commune. C’est aussi sans doute une façon de ramener de l’argent même si ça n’est pas formulé, mais je vais peut-être loin et je n’en ai pas la preuve. Mais ce sont des retombées touristiques. Tout a commencé il y a dix ans à

Melles en Haute-Garonne avec la première vague de réintroduction. Le maire, que je considère comme honnête, avait dit cette phrase extraordinaire : « Lourdes a eu la Vierge, nous, nous aurons l’Ours ! ». Et il a créé l’ADET pour clairement développer l’économie et le tourisme. Depuis cet aspect économique les embête et ils mettent beaucoup plus en avant « le pays de l’ours ». Ils devraient reconnaître que c’est pour faire du fric et du tourisme. Pour Arcangeli, c’est pour faire de l’écologie. Le Canard AMP : Vous n’êtes pas tendre avec Nelly Olin, la ministre de l’écologie. Violaine Bérot : C’est quelqu’un dont nous avons tous pensé qu’elle était méprisante quand elle a traité des Pyrénéens d’ânes et d’imbéciles lors du premier lâcher d’ours. Elle avait monté un grand show médiatique mais ce lâcher a raté parce que certains sont sortis au dernier moment avec des cloches pour dire « on ne veut pas de l’ours ». Cette dame doit être un peu susceptible. Mais elle joue aussi beaucoup sur l’idéalisation de l’image de l’ours en parlant de « conte de fée ». Pour une ministre de l’écologie qui a pris en main un dossier sensible

comme celui de l’ours, c’est une méconnaissance totale de l’histoire de l’ours dans les Pyrénées. Pour nous ça n’est pas du tout un conte de fée… Propos recueillis par Jean-Louis Le Breton

www.nonalareintroduction.com L’ours , les raisons de la colère - Editions Cairn. (1) ADET, Asoociation pour le développement économique et touristique devenue «ADET Pays de l’Ours»

Violaine Bérot pense à la protection des troupeaux et à la souffrance des animaux.

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L’ours des Pour la réintroduction de l’ours... François Arcangeli est le maire d’Arbas, membre de l’ADET(1) et il est à la tête du Comité de Soutien à la Réintroduction de l’Ours dans les Pyrénées. Il explique sa position et développe certains aspects politiques de cette affaire…

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rançois Arcangeli, maire d’Arbas, est la personnalité emblématique des Pyrénées qui se bat pour la réintroduction de l’ours. Le Canard AMP : Pourquoi êtes-vous pour la réintroduction de l’ours ? François Arcangeli : Depuis une quinzaine d’années que nous travaillons dans notre association, on voit diminuer cette population d’ours qui a toujours été présente dans les Pyrénées depuis des millénaires et qui fait partie de notre patrimoine naturel et culturel. L’ours n’est pas seulement un animal, c’est aussi tout un pan de l’histoire et de la culture pyrénéenne. La question que nous nous posons en tant qu’élus est de savoir si nous acceptons de le voir disparaître ou si nous nous mobilisons pour le protéger comme on le ferait pour d’autres éléments du patrimoine comme un joyau de l’architecture par exemple. Mais quand on parle d’architecture on peut parier que l’homme sera capable de recréer quelque chose alors que pour le patrimoine vivant, si une espèce disparaît on n’a plus la possibilité de la recréer. Le Canard AMP : Vous parlez de conservation de l’espèce, mais la lignée de l’ours brun des Pyrénées n’est-elle pas déjà éteinte ? François Arcangeli : Elle ne l’est pas puisqu’il reste un certain nombre de mâles que l’on peut croiser avec des ours d’origine

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slovènes et donc assurer une descendance de cette population pyrénéenne. C’est un argument qui vaut ce qu’il vaut. Il y a une centaine d’années une de mes grand-mères ariégeoise a rencontré un jeune immigré italien et cela fait qu’aujourd’hui je suis là et je ne me sens pas moins Pyrénéen que d’autres. D’ailleurs la lignée de l’ours brun des Pyrénées est une abstraction car en terme d’animal il n’y a aucune différence entre l’ours des Pyrénées et l’ours slovène, en tout cas pas plus qu’entre un homme Pyrénéen et un homme Slovène. Le Canard AMP : Mais ne va-t-on pas recréer du danger en réintroduisant l’ours (et le loup) ? François Arcangeli : Tout dépend dans quel monde on veut évoluer. Si on veut supprimer le moindre danger pour l’homme, il faut éradiquer toutes les espèces qui peuvent nous déranger : vipères, abeilles, guêpes, frelons, les sangliers et même certains chiens. Et peut-être même commencer par l’homme qui commet les plus gros dégâts sur lui-même ! Le danger sur l’homme existe mais il est extrêmement minime. L’ours a très peur de l’homme. Il attaque la brebis pour la manger occasionnellement. D’ailleurs les pays autour de nous qui ont beaucoup plus d’ours que nous confirment que les dangers sont extrêmement limités. Le Canard AMP : Et les éleveurs ? François Arcangeli : Pour ce qui concerne

Mais avec tout le travail fait avec les éleveurs, on a moins de pertes aujourd’hui qu’avant le retour de l’ours. Ceci grâce aux actions de protection : les chiens patous, plus de présence humaine, etc. J’étais récemment dans un colloque et tous les parti© Adet

François Arcangeli : «Acceptons-nous de voir disparaître l’ours ?»

les éleveurs il faut prendre la question au sens large. Je crois que l’ours n’est pas extrêmement ravageur sur les troupeaux. Quand on regarde les dégâts réels commis par les ours, on parle de deux cents bêtes par an. On peut considérer que c’est énorme mais on est loin de la caricature de l’ours qui attaquerait un troupeau et qui tuerait les brebis les unes après les autres. Quand il en a tué une, il s’arrête pour la manger. Il n’a pas le goût du sang comme peuvent l’avoir les chiens qui vont décimer tout un troupeau, c’est déjà arrivé. Il y a environ 570 000 brebis dans les Pyrénées. 20 000 meurent chaque année de causes diverses et variées dont 200 meurent du fait de l’ours, soit 1%. Le plus grand prédateur de brebis dans les Pyrénées, c’est l’asticot. C’est cruel de dire ça aux éleveurs mais c’est la réalité. Ces bêtes qui sont souvent laissées en montagne sans surveillance, pour peu qu’elles se fassent mal, la mouche pond dans la blessure, les asticots se développent et en quelques jours elles meurent. Ensuite il y a d’autres causes comme les chiens errants, la foudre etc.

L’empreinte de Sarousse...


Le Canard AMP : Les éleveurs sont-ils aidés financièrement pour mettre en place ces protections ? François Arcangeli : Oui, bien sûr. Des fonds importants ont été débloqués depuis plus de dix ans sur ces actions, initialement par l’Europe et le Ministère de l’Ecologie. Maintenant de plus en plus par le Ministère de l’Agriculture. La moitié du coût de l’ours, tant décrié par les opposants, sert au pastoralisme à mettre en place ces actions. Il est amusant de constater que les opposants à l’ours et les éleveurs en particulier dénoncent des budgets qui leur sont pour moitié consacrés. Si j’en crois le rapport Bonrepos, l’Etat aurait dépensé à peu près un million d’euros par an ces dix dernières années pour l’ours. La moitié aura servi à financer des actions de protection. L’autre moitié, ce sont des actions de suivi de l’ours, des actions de communication liées à l’ours...

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Le Canard AMP : Vous parlez de communication. La réintroduction de l’ours estelle liée à des activités touristiques ? François Arcangeli : Oui aussi, bien sûr. Notre point de vue dans l’association Pays de l’Ours-ADET, pour bien protéger l’ours , c’est que les Pyrénéens y trouvent un intérêt économique, en partant du principe qu’on ne scie pas la branche sur laquelle on est as-

Un pic-nic «pro-ours» devant la mairie d’Arbas.

sis. Si on convainc les Pyrénéens que la présence de l’ours serait favorable en termes d’activités touristiques en particulier, mais pas seulement, la population locale ne trouvera que plus naturel de le protéger. C’est ce qui se passe par exemple en Italie dans les Abruzzes, une des régions les plus pauvres qui est devenue l’une des plus attractives avec un tourisme environnemental qui s’est beaucoup développé. Le Canard AMP : Mais les touristes ne verront jamais les ours… François Arcangeli : Si le touriste vient voir l’ours il risque d’être déçu. Mais par contre il pourra voir un territoire particulièrement préservé et naturel dans lequel vit l’animal et éventuellement voir des empreintes. © Adet

cipants disaient que la coexistence entre les grands prédateurs et le pastoralisme passe par trois choses : le berger, le chien de protection et les clôtures électriques. C’est le cas dans tous les pays d’Europe et on a des exemples au Portugal, en Espagne, en Italie, en Croatie… Le simple fait de mettre en pratique ne serait-ce qu’une partie de ces trois mesures permet aussi de se protéger non seulement de l’ours mais du reste. L’étude faite auprès des éleveurs qui ont mis en place des chiens de protection nous dit qu’il y a 92% de pertes en moins ce qui est absolument considérable. Si on en venait à rêver que tous les éleveurs le fassent on gagnerait chaque année des milliers de têtes de brebis.

L’ourse Sarousse

Le Canard AMP : les anti-ours disent que justement le territoire en France n’est pas adapté car trop marqué par les constructions et les routes. François Arcangeli : C’est un contresens absolu. Jamais depuis très longtemps le biotope de l’ours n’avait été aussi favorable que maintenant, pour la raison toute simple que c’est un animal forestier et que la forêt s’est considérablement développée du fait de la crise de l’agriculture. Le Canard AMP : Le pire dans cette histoire n’est-il pas que les Pyrénéens se soient divisés à cause de l’ours ? François Arcangeli : Oui. Il y a eu beaucoup de manipulation. Mais je n’ai pas vu beaucoup de pro-ours faire du vandalisme ou insulter des gens. Ceux qui ont été condamnés pour des violences étaient du côté des anti-ours.

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Pyrénées

Le lâcher de l’ours Slovène Hvala...

Le Canard AMP : N’est-ce pas parce que ces gens ne savent pas forcément bien s’exprimer et qu’ils n’ont que la colère ou les cris ? François Arcangeli : Je crois que c’est plus complexe que ça. Il y a des gens qui manipulent. On sait par exemple très bien que la manifestation extrêmement violente qui a eu lieu à Arbas le 1er avril dernier a été organisée et financée par le Conseil Général de l’Ariège. C’est une réalité. Une association (2) a été créée pour ça et a reçu 20 000  euros de subvention du CG de l’Ariège. Ce sont dix de ses membres qui ont été condamnés à de la prison avec sursis suite à cette manifestation. Et ce jour là, comme par hasard, on avait des élus représentant le CG. Mais la manipulation n’explique pas tout. On a dans la vallée des éleveurs qui sont en très grande difficulté et qui ont du mal à vivre de leur travail. Leurs revenus viennent des primes agricoles et on leur annonce que ces primes vont disparaître ou fortement diminuer. Cela explique le mal-être d’une profession que l’on oriente vers des mesures d’entretien agro-environnemental. Et au milieu de ça on leur lâche le problème des ours qui est le symbole environnemental et qui, culturellement, renvoie à des histoires de confrontation. C’est donc le bouc-émissaire idéal pour taper dessus au détriment du reste. Le Canard AMP : Finalement vous laissez entendre que certains élus du CG de l’Ariège surfent sur la vague anti-ours pour se faire une réputation (3) François Arcangeli : C’est très exactement ce que je dis et c’est d’autant plus étonnant que les études d’opinion qui ont été faites y compris sur l’Ariège sont favorables à la réintroduction de l’ours. Propos recueillis par Jean-Louis Le Breton

(1) ADET Association pour le Développement Economique et Touristique et Pays de l’Ours sur Internet : www.paysdelours. com (2) ASPAP, Association pour la Sauvegarde du Patrimoine Ariège-Pyrénées : http://aspap.info (3) Nos colonnes leur sont ouvertes pour un éventuel droit de réponse.

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L’ours : un roi déchu Dans son livre «L’ours, un roi déchu» récemment paru, l’historien Michel Pastoureau ne cesse de nous rappeler que tout au long de la préhistoire, l’antiquité, le Moyen-Age et l’époque féodale jusqu’à nos jours, l’ours n’a jamais représenté un animal comme un autre.

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armi les anciens peuples chasseurs du Nord de l’Europe, l’ours était non seulement le roi de la forêt, mais aussi “une Michel Pastoureau créature intermédiaire entre le monde des bêtes, celui des hommes et des dieux”. Il fallait éviter de prononcer son nom et ne parler de lui qu’en circonlocutions prudentes, preuve de son statut à part dans les cultures nordiques. Dans ces régions, l’ours était plus qu’un animal : un ancien dieu, voire un ancêtre de l’homme. Les anciens Celtes, comme les Germains et les Slaves, associaient l’ours non pas tant à des notions de force et de violence, mais à celle de pouvoir et de souveraineté. Pour eux, l’ours était un animal redouté, mais admiré et respecté. Leurs légendes contiennent un grand nombre de divinités ursines venues du fond des âges avec les grandes migrations d’Est en Ouest. Dans la mythologie Celte, en effet, l’ours était davantage un sei-

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gneur qu’un guerrier, souvent un roi, parfois un dieu. Ainsi la légende du roi Arthur, dont le nom contient la même racine que celui de l’ours. Dans la mythologie galloise et irlandaise primitive, Arthur semble d’abord avoir été un roi-ours. Malgré la vigilance du christianisme qui, dès ses origines, voyait d’un très mauvais oeil cette vénération de l’ours profondément ancrée dans une culture encore païenne, ces mythes et légendes ont laissé bon nombre de traces dans les romans de chevalerie de l’époque féodale, et dans les généalogies et armoiries des grandes dynasties royales. Terrifiée par le culte de l’ours, l’Eglise chrétienne du haut Moyen-Age voyait en lui l’incarnation même du Diable. Ainsi de grands massacres d’ours eurent lieu sous Charlemagne, de pair avec la destruction d’arbres et autres lieux sacrés païens. Ayant réussi à diaboliser et dompter l’ours, l’Eglise se mit à l’humilier et à le ridiculiser dès l’an mil. Auparavant, la chasse à l’ours culminant en un corps à corps avec l’animal avait été un rituel aristocratique constituant un rite de passage obligé ; dorénavant elle n’était qu’un moyen d’éliminer un nuisible encore trop abondant par endroits. Autre méthode adoptée par l’Eglise pour faire descendre l’ours de son trône est celle qui figure dans de nombreux récits mettant en scène des confrontations entre un ours et un saint, qui parvenait à se faire obéir par la parole. Nombreux sont les “saints à l’ours” qui figurent dans la littérature du Moyen Age et de l’époque féodale, notamment dans le Roman de Renart, ainsi que les figures d’ours à l’origine de nombreuses prestigieuses abbayes et d’ordres monastiques portant des noms ursins tels que Saint Martin et Sainte Ursule.

L’ours emblématique de la famille Juvénal des Ursins (1440) (illustration extraite du livre)

Si, aux yeux de l’église, l’ours était à la fin de l’empíre carolingien le prince des ténèbres, il était également devenu une figure à l’image du seigneur sans foi ni loi. Au tournant du 12ème et 13ème siècles l’ours avait perdu tous ses aspects positifs d’autrefois, et dès la Renaissance il n’était plus qu’un animal saltimbanque et forain, figure toujours courante dans les cirques et foires du 19ème siècle. Riche en enseignements sur le rôle joué par cet animal emblématique de notre histoire culturelle, ce livre apporte un éclairage savant sur quelques aspects de la querelle concernant le bien-fondé d’une réintroduction d’un rare ours dans les Pyrénées. Aux yeux de l’historien, le problème est moins économique ou écologique que symbolique : les rapports entre les humains et les ours ont de tous temps été passionnels. Il ajoute qu’aucune mesure conservatrice, parc naturel ou “plan ours” ne pourra sauver cet ancien roi des animaux, car il est, selon lui, condamné a disparaître. Nina de Voogd

L’Ours, Histoire d’un roi déchu de Michel Pastoureau Editions du Seuil, janvier 2007


english corner The bear : a king without a throne Throughout his recently published book «L’ours, un roi déchu», historian Michel Pastoureau tells the reader that from the days of prehistory to antiquity, the Middle Ages as well as feudal times, bears have never been perceived as animals like any other.

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© C. Lambert

n ancient times, for northern European hunters the bear was no mere king of the forest, but also “an intermediate creaMichel Pastoureau ture somewhere in between the world of beasts, of men and gods”. His name was not be pronounced, and he was only to be alluded to with great circumspection, so special was his status in those northern cultures. Up there, bears were no mere animals, but ancient gods, and even mankind’s very ancestors, at that. For the ancient Celts, as well as the Germans and the Slavs, bears did not conjure up notions of strength and violence so much as of sovereignty and power. As those peoples saw them, bears inspired fear, but also respect and admiration. These people’s legends feature a multitude of ancient beargods brought along with the great migrations from East to West.

Supplément illustré du Petit Journal, 11 juillet 1893 (illustration extraite du livre)

In Celtic myths the bear was indeed more of an overlord than a warrior, occasionally a king, and sometimes a deity. Witness the case of the tale of King Arthur, whose very name contains the same root as ursus

(bear). In the earliest Welsh and Irish Arthurian legends, Arthur does seem to have been a bear-king, in fact From its very outset Christianity took a very dim view of the widespread veneration of bears which, despite all of its vigilance, remained deeply rooted in a culture that had yet to shed its pagan roots, which is why so many of those myths and legends about bears kept turning up in the tales of chivalry in feudal times, and in the ancestry and coats of arms of major royal dynasties. Terrified as it was by the cult of bear worship, by the early Middle Ages Christianity saw the bear as the very incarnation of the Devil. Bears were massacred on a vast scale during the reign of Charlemagne, at the same time that trees and various pagan shrines were destroyed. By the year 1000 the Church had succeeded in demonizing the bear and cutting him down to size, and proceeded to turn him into an object of derision. Up till then the bear hunt ending in one-on-one combat with the beast had been an aristocratic ritual and obligatory rite of passage, but had by now become a mere way of ridding the land of a scourge that was still too plentiful in places.

While by the end of Charlemagne’s reign the figure of the bear had in the eyes of the Christian church become the prince of darkness, he had also come to represent the brutal overlord. By the turn of the 12th and 13th centuries bears had lost all of their positive traits of yore, and in the Renaissance he had become but a circus acrobat, like the ones that were a standard feature at 19th century country fairs. A fascinating account of the bear as emblem of our cultural history, this book also sheds an interesting light on the controversy surrounding the decision to re-introduce a handful of bears into the French side of the Pyrénées. As the author sees it, the issue is not so much economic or even environmental, but rather of a symbolic nature : he maintains that the relationship between bears and men has always been of a highly emotional nature. He goes on to assert that no plan to save the bear, no bear-park or reservation can help save this erstwhile king, who is doomed to die out and be gone forever. Nina de Voogd

L’Ours, Histoire d’un Roi déchu by Michel Pastoureau – 23 euros Editions du Seuil, 2006

Another method adopted by the Church to bring bears down from their pedestal was the one found in many a medieval tale about showdowns between a bear and a saint, who invariably managed to make the bear obey him by verbal persuasion. Quite a few “bear saints” are described in both medieval and feudal literature, in particular the Roman de Renart, and there is no lack of bear characters said to have been instrumental in the foundation of prestigious abbeys and monastic orders named after such saints as Saint Martin and Saint Ursula, whose very names share the same root as the word bear in just about every language.

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50 000 hectares d’OGM dans le Sud-Ouest ! Pour ou contre cette révolution agricole ?

© Jean-Louis Le Breton

Les 50 000 hectares de maïs OGM qui devraient pousser dans le Sud-Ouest cette année ne sont que l’un des aspects de l’incroyable révolution qu’est en train de vivre l’agriculture. Elle est en marche depuis plusieurs années de façon presque silencieuse. Certains veulent la contrôler et ne pas abandonner les leviers du pouvoir agricole aux grandes nations comme les Etats-Unis, le Brésil et demain la Chine. Mais pour se battre dans cette arène de géants il faut prendre des risques, accepter de laisser de nombreux petits paysans sur le carreau et peut-être jouer avec la santé des consommateurs. D’autres pensent qu’on peut agir autrement et refusent de se laisser imposer des règles qu’ils récusent. Qui a tort, qui a raison ? Qui sont les vrais profiteurs, qui sont les égoïstes ? A vous de juger !

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Le maïs OGM : Christian Pèes, Président d’Euralis L’interview choc !

Christian Pèes est agriculteur et le Président d’Euralis, la grande coopérative agricole du sud-ouest. Il est l’auteur de « l’arme alimentaire », un livre qui pose toutes les questions de la révolution agricole et qui y répond à sa façon. Rencontre et interview choc.

Christian Pèes : il se bat pour ses idées et veut préparer l’avenir malgré les critiques

M

ême si on ne partage pas les idées de Christian Pèes, il est indispensable de lire son ouvrage « L’arme alimentaire » (Le Cherche Midi) qui traduit le malaise des agriculteurs, dénonce les idéologies et propose une troisième voie d’avenir entre ultralibéralisme et alter-mondialisme. Euralis a mis le feu aux poudres en annonçant une augmentation massive de la plantation de maïs OGM dans le sud-ouest cette année. Christian Pèes qui critique la volonté hégémonique américaine pour faire de l’alimentation une nouvelle arme favorise pourtant les intérêts du semencier Monsanto dans cette situation. Nous l’avons longuement rencontré pour lui demander d’expliquer et d’argumenter ses positions. Le Canard AMP : Va-t-il y avoir réellement 50 000 ha de maïs OGM dans le sud-ouest cette année ? Christian Pèes : L’an passé il y avait environ 5 000 ha d’OGM en France, surtout en Midi-Pyrénées. Les agriculteurs d’Euralis en possédaient environ 80 ha. Depuis plusieurs années on mettait le pied sur le frein parce

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que les conditions ne nous semblaient pas les plus propices et on doit gérer les problèmes de coexistence avec le maïs bio par exemple. Au passage je rappelle que le maïs ne se croise avec rien d’autre. Je rassure en cela les producteurs de haricots par exemple qui se posent des questions. Ils peuvent même utiliser du maïs OGM comme tuteurs pour leurs haricots sans aucun risque de croisement. La disparition du Régent et du Gaucho font que la plupart des agriculteurs se retrouvent à poil en termes d’outils. Depuis deux ans il y a une explosion des sésamis et des pyrales. D’où une demande très forte des agriculteurs. Les essais de l’an passé avec le maïs BT (OGM) ont clairement montré que les rendements augmentaient de 5 à 30 % ! En plus avec des plantes droites et saines, donc faciles à ramasser. On a fait une enquête et chez Euralis environ 450 agriculteurs ont manifesté leur désir de planter des OGM ce qui représente entre 3 000 et 7000 ha pour la coopérative. Avec tous les autres opérateurs agricoles du sud-ouest, on devrait atteindre 50 000 ha dans la région. Plus spécialement en région Midi-Pyrénées qui est particulièrement touchée par le sésami.

Le Canard AMP : Entre l’ultra-libéralisme que vous assimilez au capitalisme et l’alter-mondialisme que vous comparez au communisme vous voulez proposer une troisième voie. Quelle est-elle ? Christian Pèes : C’est avant tout du pragmatisme. J’inscris ça dans une économie ouverte et mondialisée. La planète a besoin d’échanges. L’ultra-libéralisme c’est ce qui est en train de se passer au niveau de l’Europe : une vision qui dit que l’agriculture doit être gérée par le seul marché. On oublie tout ce qui n’est pas compétitif. Mais l’agriculture, qu’elle soit végétale ou animale, c’est du vivant avec une grande variabilité de production. Si je sème pour récolter 100 quintaux j’en obtiendrai peut-être 80 ou 120. Je prends mon propre exemple : je dois produire 900 porcs par an. L’année dernière j’en ai vendu 420. Pourquoi ? Parce que des véroles sont tombées sur mon élevage, j’ai du faire des vides sanitaires. Je n’ai rentré que 620 bêtes au lieu de 900 et j’ai eu 130 morts. Ce n’est pas de la mécanique, nous ne sommes pas des boulons. On a donc besoin de régulations. Ces variations de


il est pour et s’explique !

© Sylvaine Thomas - FOTOLIA

ça on fait des montages et on cherche la variété la plus performante. Je m’inscris totalement en faux contre l’idée de dire que la recherche moderne, en particulier dans le maïs, enlève de la diversité. En France on doit sortir plus de 300 variétés originales de maïs par an, ce qui est d’ailleurs fou commercialement parlant. L’événement OGM BT qui est autorisé en France peut être inscrit sur toutes ces variétés. L’OGM n’est pas lui-même une variété en soi. Le BT est une bactérie qu’on trouve dans le sol. On l’utilise d’ailleurs pour les produits bio puisque c’est l’insecticide de l’agriculture biologique. Simplement on l’introduit dans le schéma génétique de la plante. C’est Monsanto qui a inventé ce truc. Par exemple, le sorgho consomme beaucoup moins d’eau que le maïs. Donc on cherche le gène qui correspond à cette caractéristique pour l’implanter dans le maïs. Au départ ça se passe en labo. Ensuite, il faut l’essayer au champ. Si ça marche, il y a deux options : soit on fait un OGM et on introduit cette caractéristique sur toutes les variétés que l’on veut vendre, soit on va chercher dans nos collections de maïs la lignée qui possède cette caractéristique. Les semences sont produites ici (1), et nous payons des royalties à Monsanto.

production génèrent des variations de prix que ne connaissent pas les autres métiers. Je m’inscris donc très fortement contre cette vision européenne développée au travers de la PAC et qui est partagée par quelques théoriciens de l’OMC. Ce modèle est caricatural, négatif et créée de la dépendance. Si demain on produit 50% des poulets du monde au Brésil, tel qu’on est partis pour le faire – je cite cet exemple car le poulet représente ¾ de la viande consommée dans le monde – et que la grippe aviaire frappe le Brésil c’est 30 à 40% de l’alimentation mondiale en viande qui disparaît.

Le Canard AMP : Mais ne peut-on justement pas dire la même chose des OGM ? Car avec les OGM on va vers moins de diversité… Christian Pèes : Je ne suis pas d’accord, c’est faux. Au contraire. L’OGM est une fonction qu’on rajoute à la plante, mais la diversité des plantes existe toujours. Ici à Euralis, dans notre laboratoire de recherche, nous avons des milliers de lignées d’origine et on cherche à en conserver le maximum possible. Tout ce qui peut exister en terme de variétés de maïs sur la planète nous essayons de le collecter et de le garder. Avec

Le Canard AMP : Mais en favorisant Monsanto vous renforcez l’hégémonie américaine ? Christian Pèes : Ça ne me fait pas plaisir de payer des royalties à Monsanto, je préfère qu’on nous en paye à nous. En 2000, le programme de recherche français était au bon niveau mondial avec Génoplante. Et en 2005 on est en train de s’effondrer sous la virulence des attaques anti-OGM. C’est une catastrophe parce que c’est comme ça qu’on créé la dépendance à Monsanto. Aujourd’hui Monsanto doit gagner entre 800 et 1 milliard de dollars net de résultat. On devrait en avoir la moitié. Ce sont les opposants à la recherche française qui ont fabriqué le monopole de Monsanto. Le Canard AMP : L’idée qu’on puisse breveter des êtres ou des parties d’êtres vivants ne choque-t-elle pas votre éthique personnelle ? Christian Pèes : C’est compliqué. Toute firme privée ou publique a besoin d’argent pour faire de la recherche. Il faut trouver le moyen de payer des chercheurs. Mais très clairement je ne suis pas du tout d’accord avec les Américains sur la volonté de tout breveter. Ce que nous proposons en EuLe Canard A-MP - N°14 - 15


Le maïs OGM : c’est impossible à respecter. Je pense que si le gars sait qu’il y a un champ OGM quelque part et qu’il vient planter sa ruche à un kilomètre autour, il risque d’avoir des OGM dans son pollen, mais il peut la planter ailleurs. Je vous pose la question à l’envers. Que dois-je répondre aux agriculteurs qui ont besoin des OGM ? On les supprime ?

Le maïs est coloré pour faire fuir les oiseaux

rope c’est le Certificat d’Obtention Végétale (COV), c’est-à-dire que n’importe quel chercheur peut prendre nos maïs et les recombiner pour créer une nouvelle variété. Mais les Américains veulent l’exclusivité et je conteste ça. Ils veulent breveter la plante entière et on ne peut plus s’en servir pour faire de la recherche. On doit pouvoir breveter le gène et sa fonction mais pas la plante. S’arroger une telle propriété ad vitam eternam, ce n’est pas admissible. Le Canard AMP : Les plantes OGM contiennent de l’herbicide et/ou du pesticide. Que répondez-vous à ceux qui réclament un moratoire tant que l’innocuité des OGM n’est pas prouvée ? Christian Pèes : En ce qui concerne la dangerosité des OGM des études ont été faites avant d’autoriser leur mise sur le marché. Vous pouvez consulter le site www.ogm. gouv.fr. Pour ce qui est du CRIIGEN(2), c’est le bras armé scientifique financé par Greenpeace. Ce sont des gens qui se lèvent tous les matins pour dézinguer les OGM. Moi je ne dis pas qu’il n’y a pas de risques mais je me lève tous les matins en espérant qu’on va lever des doutes et résoudre des problèmes. Eux espèrent qu’il y aura un méga-problème. Ils sont extrêmement minoritaires par rapport à toutes les communications scientifiques de la planète. J’admets très bien qu’on puisse être contre les OGM mais dans ce cas c’est la question économique qu’il faut poser. Si on est contre, il faut fermer la France et empêcher tout animal de manger des OGM. Et si on fait ça, on va nous dire « vos services, vous pouvez vous 16 - Le Canard A-MP - N°14

les garder ». En fait, il faut regarder les OGM comme une boîte à outils. Aujourd’hui il y a trois clés dedans, demain, il y en aura des centaines. Ces trois derniers mois, un labo américain a trouvé comment détoxiner la graine de coton pour la rendre comestible par l’homme. 500 millions d’habitants sur la planète peuvent être nourris grâce à ça. On jette ? Récemment des Chinois ont trouvé comment faire que dans une plante OGM le pollen et les fruits ne soient pas OGM. Il faut le tester maintenant grandeur nature. On jette ? Le BT 810 commercialisé ici a déjà vingt ans d’existence. Le concept de moratoire sur ce sujet est débile. Si on dit « non » à l’innovation, on dit « oui » à 2 milliards d’habitants sur la terre, mais pas à 9 milliards. Le Canard AMP : Que répondez-vous aux apiculteurs qui craignent que leur pollen et leur miel soient contaminés par les OGM ? Christian Pèes : Aujourd’hui les apiculteurs se battent pour que dans leur cahier des charges il y ait zéro OGM dans leurs produits. Mais ça n’existe pas dans la nature et

Les serres d’Euralis

Le Canard AMP : L’OMC veut traiter les produits agricoles comme des produits industriels, ce que dénoncent José Bové et ses amis. Qu’en pensez-vous ? Christian Pèes : Sur cette base je suis d’accord avec lui. Mais ce qu’il propose comme schéma c’est que là où l’on produit des bananes on mange des bananes et là où il n’y en a pas on n’en mange pas. Je ne suis pas d’accord avec ça. Je suis pour que l’agriculture soit inscrite dans l’OMC car c’est là qu’on fixe les règles du jeu et sans règles on ne peut rien faire. Par contre à l’OMC on ne discute que de commerce et ce n’est pas suffisant. Il y des enjeux environnementaux, des enjeux politiques et il faut élargir les sujets. En 2005 nous avons donc créé le MOMA (Mouvement pour une Organisation Mondiale de l’Agriculture) pour élargir cette approche et bâtir de nouveaux modèles. C’est ça la troisième voie. Le MOMA a trois fonctions : créer un nouveau modèle multi-factoriel qui permette de dénoncer les modèles purement économiques de l’OMC qui aboutissent à des mensonges puisqu’ils promettent une croissance heureuse qui profite aux pays les plus pauvres. Ensuite nous voulons une agence internationale de mesures et de notations pour voir si les modèles marchent. Enfin troisième fonction : mener une réflexion sur la gouvernance mondiale de l’alimentation. Ca bouge, et on a déjà réussi à faire sortir l’OMC de son approche habituelle. Le Canard AMP : Vous dites dans votre livre que « pour les Etats-Unis l’alimentation est une arme stratégique pour dominer le monde ». C’est très inquiétant ! Christian Pèes : Oui, mais il faut en prendre conscience. Nous ne sommes pas en guerre contre les Etats-Unis. Je les envie d’avoir cette force de caractère et j’aimerais qu’on ait le même. Mais sur l’alimentation on va avoir besoin de tous les potentiels de la planète. En Europe on n’est pas assez conscient de l’enjeu de l’alimentation. On se positionne dans les produits de qualité qui représentent 10% du marché et on importe le reste. Et là, on se met en situation de dépendance. Ça m’embête d’ailleurs de


il est pour et s’explique ! parler de qualité parce que l’alimentation de masse, celle des supermarchés, est aussi de qualité. Pas la même, on peut en discuter, mais aussi de qualité. Ce sont des plantes ou des animaux à cycles de vie plus courts. Leur logistique passe par la chaîne du froid et il est vrai que celle-ci casse les goûts. Le Canard AMP : L’Europe doit-elle se protéger et quid des nouveaux pays européens comme la Pologne ou la Roumanie qui sont très pro-américains ? Christian Pèes : La Pologne et la Roumanie ont d’énormes potentiels de production. Je pense qu’ils vont ré-enrichir la culture européenne. Les Américains vont venir les aider à produire chez eux et ils veulent maîtriser les technologies. Ils vont aussi aider les Bulgares, les Ukrainiens et les autres à produire. Et tous ces gens leur reverseront des royalties sur les semences… Le Canard AMP : Finalement vous défendez une agriculture intensive ? Christian Pèes : La planète a besoin d’une agriculture de plus en plus intensive, mais elle peut être « écologiquement » intensive. Pour répondre au défi du doublement de la production alimentaire de la planète il faut utiliser les nouvelles technologies mais aussi revisiter nos pratiques : le mode de travail du sol, l’utilisation des produits, etc. En tout cas la planète bouge et il faudra qu’on admette qu’il faut composer avec les autres et qu’il faut sortir de notre suffisance, même si on a fait des choses magnifiques par le passé. On n’imposera pas aux autres les façons de faire. Il faut avoir une vision planétaire. On ne peut pas voir l’avenir que

de la France, et il ne peut pas être vu que par les seuls paysans. Si vous donnez les clés du camion à la FNSEA ou à la Confédération Paysanne ou aux seuls consommateurs pour conduire le projet agricole, il sera mauvais. Mais en France on approche tout par intérêt corporatistes, y compris l’environnement. C’est terrifiant. Le Canard AMP : Quel avenir voyez-vous pour les agriculteurs français ? Christian Pèes : Aujourd’hui on est à 380 000 agriculteurs vivant de leur exploitation en France. Il y a un autre chiffre un peu plus large de 600 000 personnes environ, mais avec beaucoup de gens qui ont un autre métier - tiens comme Bayrou par exemple ! Si on se contente des productions de masse on va vers le schéma des grandes exploitations et des 100 000 agriculteurs français. Mais avec la transformation des produits et l’industrie agro-alimentaire telle que nous la pratiquons à Euralis il y a un vrai enjeu pour créer de la valeur sur notre territoire. Le Canard AMP : Vous voulez lutter contre des idées largement répandues comme le fait que l’agriculture soit en surproduction ou qu’il y ait un problème d’eau en France… Christian Pèes : Actuellement l’Europe et la planète sont en sous-production. En ce moment le cours des céréales s’emballe et les prix flambent. D’où l’idée de réguler. Les gens restent avec l’idée des montagnes de beurre des années 70, c’est totalement erroné. Pour ce qui est de la consommation d’eau, ce n’est pas un problème en France si on peut équiper le pays en retenues. On est

Test de germination du maïs dans le laboratoire d’Euralis

capable de retenir 10% de l’eau qui tombe et on se bat entre consommateurs et agriculteurs pour l’utiliser. Il suffit qu’on augmente de 5% les retenues et on n’aura pas de problème d’eau en France. En investissement, c’est l’équivalent de trois ou quatre Rafales. Le Canard AMP : L’intérêt énergétique des biocarburants est très contesté par Corinne Lepage en particulier. Quel est votre point de vue ? Christian Pèes : Sur le rapport énergétique on peut calculer de différentes façons le coût d’une plante comme le maïs. Quelle que soit la méthode avec les biocarburants, on a tout de même 50% de gain d’énergie. Dans le pire des cas on augmente de 50% l’autonomie énergétique de la planète. Nous allons transformer à Lacq 500 000 tonnes de maïs en 160 000 tonnes d’éthanol. Dans ses calculs, Corinne Lepage ne compte que ces 160 000 tonnes. Sauf qu’on se sert du reste : ça va faire du tourteau, du CO2, etc. Les filières courtes sont très sympas mais utopiques et fondamentalement égoïstes. Elles ne résolvent que le problème du gars qui se sent autonome. Mais le vrai enjeu des biocarburants c’est qu’ils sont la solution pour les quarante prochaines années – je ne dis pas après – pour résoudre les émissions de CO2. Après 2050, le moteur à hydrogène sera sans doute la solution. Du coup ça remet les paysans au centre de la partie et je ne vais pas m’en plaindre ! Propos recueillis par Jean-Louis Le Breton

Vérification de la qualité du maïs dans le laboratoire d’Euralis

(1) en réalité en Espagne pour le Monsanto 810 (résistant à la pyrale et au sésami) (2) CRIIGEN : Commission de Recherche et d’Information Indépendante sur le Génie Génétique dont la Présidente est Corinne Lepage. ( www.criigen.org )

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50 000 hectares d’OGM Les opposants aux OGM s’expriment ! La manifestation anti-OGM devant Euralis à Pau

La manifestation anti-OGM du samedi 10 mars organisée par un Collectif pour un moratoire sur les OGM s’est déroulée devant les locaux d’Euralis. Plusieurs associations ont exprimé leur point de vue et leurs craintes. agriculteurs qui font partie de cette logique. Celle-ci est clairement définie avec la FNSEA : ils veulent passer en force au travers d’un décret. Il n’y a pas de consultation de l’assemblée nationale, donc du peuple, ce qui devrait être fait en démocratie. Le Canard AMP : Euralis dit que les agriculteurs sont demandeurs en OGM. Qu’en pensez-vous ? Dominique Bimboire : Il faudrait savoir de quels types d’agriculteurs il s’agit. Et je voudrais voir leurs statistiques car les sondages que nous avons en notre possession disent que les ¾ des agriculteurs sont contre les OGM. Les tenants de cette logique d’OGM représentent une certaine forme d’agriculture qui n’est pas paysanne pour nous et qui se déshumanise de plus en plus. On commence à avoir du recul et on voit que les OGM posent des problèmes partout dans le monde. Face à cette menace là c’est aberrant de vouloir les imposer à une population qui n’en veut pas.

Dominique Bimboire, faucheur volontaire

OGM : la désobéissance civique des faucheurs volontaires Dominique Bimboire, faucheur volontaire, technicien supérieur agricole, est aussi l’auteur d’un mémoire sur la pyrale. Il manifestait devant Euralis contre la plantation de maïs OGM dans le Sud-Ouest. Le Canard AMP : Quel est votre engagement contre les OGM ? Dominique Bimboire : Je fais partie du collectif des faucheurs volontaires et j’étais aux côtés de José Bové lors du procès de

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Carcassonne. On a vu à quel point des pressions ont été exercées sur nous et l’intention délibérée de l’Etat pour casser notre mouvement de désobéissance civique. Le Canard AMP : On parle de 50 000 hectares d’OGM plantés cette année dans le Sud-Ouest. Qu’en pensez-vous ? Dominique Bimboire : Pour nous, l’histoire des 50 000 hectares d’OGM, c’est de la propagande. Euralis fait partie du lobby des semenciers avec d’autres courroies de transmission dont l’Etat. Christian Pèes, le Président, est un militant pro-OGM, au même titre que le ministre Bussereau et des

Le Canard AMP : Croyez-vous qu’il y ait un risque de contamination ? Dominique Bimboire : Evidemment. Ils ont établi un seuil de contamination de 0,9%. Nous, nous savons très bien que la coexistence ne peut pas se faire. En Espagne les agriculteurs sont contaminés. A partir du moment où Monsanto et consorts passent en force, on sera devant le fait accompli et il n’y aura plus qu’à continuer dans cette logique. Nous disons clairement que la coexistence OGM et non-OGM n’est pas possible. C’est pourquoi nous demandons absolument un moratoire, un temps de réflexion avec un organisme indépendant. Le Canard AMP : Faucher des champs est-il une solution ? Dominique Bimboire : La désobéissance civique consiste à mener une action collective, à visage découvert, dans la stricte non-violence. Nous opposons la légitimité à la légalité. Pour nous c’est la morale qui prime.


ils contre-argumentent ! Le Canard AMP : Vous critiquez les brevets sur le vivant ? Dominique Bimboire : De par mon expérience – j’ai travaillé à l’INRA – je connais parfaitement la logique d’appropriation du vivant par les OGM. C’est la continuité de ce qui avait déjà été mis en place avec l’hybridation.

Les apiculteurs s’alarment

Une apicultrice s’alarme...

Voici la déclaration de la présidente du syndicat apicole « Abeille des Gaves et Nives » lors de la grande manifestation antiOGM à Pau devant les locaux d’Euralis. « Nous venons de vivre dix ans de lutte contre le Gaucho et le Régent. Maintenant les OGM arrivent à grand renfort de titres provocateurs et on a pris peur. Nous avons envoyé en février des lettres aux députés et aux sénateurs mais nous n’avons eu aucune réponse. Pour nous le maïs BT est un insecticide. Il va ravager la pyrale et la sésami, sans doute, mais les abeilles aussi ne vont pas y couper. Au niveau scientifique on ne peut rien dire encore mais on sait qu’il y a déjà des soucis dont le plus gros est notre production de pollen. Si ce dernier est contaminé, nous ne pourrons plus le vendre.

la manifestation anti-OGM à Pau, le 10 mars

Actuellement nous sommes obligés de diversifier au maximum notre production car nous ne faisons pas suffisamment de miel pour pouvoir en vivre. Nous allons être les premiers incriminés alors que ceux qui auront semé du maïs BT dans leur champ n’auront aucun souci à se faire… Nous allons donc continuer notre lutte ! Plus nous serons nombreux, plus nous serons forts ! » Un autre militant du collectif anti-OGM s’exprime : « Nous ne sommes pas opposés aux OGM en eux-mêmes, ni à la recherche scientifique ou au progrès. On essaye de faire passer les anti-OGM pour des arriérés, des archaïques, des gens qui veulent revenir à l’agriculture d’antan comme au MoyenAge. Ce n’est pas du tout ça. On réclame un moratoire sur les OGM en plein champs. On essaye de nous faire croire qu’on pourra revenir en arrière. Mais il semble qu’une fois que ce sera fait on ne pourra pas revenir en arrière ! »

La Confédération Paysanne du Béarn Un de ses militants s’exprime... « Pour nous paysans, quelque chose change fondamentalement dans le respect mutuel entre agriculteurs bio et agriculteurs conventionnels. Certains ont la possibilité et l’envie de jouer les apprentis-sorciers. Ils font prendre des risques à tout le monde. Même si nous n’en voulons pas et que certains s’y mettent nous seront tous demain concernés et pollués par ces OGM. On nous enlève notre liberté et c’est inconcevable, on ne l’acceptera jamais ! On voit que la région s’investit pour donner un nouvel élan à l’agriculture bio. Si on fait le pari d’avancer dans cette qualité et que d’un autre côté on

met cette qualité en péril avec les OGM, où est la cohérence ? »

Consommateurs : Slow Food Un représentant du mouvement Slow Food en France « Notre association internationale, présente dans 120 pays, a réuni 5 000 producteurs venant du monde entier au mois d’octobre à Turin. Quand on parlé des semences, tout le monde a vibré car il y a une très grande inquiétude et plus encore dans les pays du sud. Il y a deux types d’agriculture. Celle que la société Bayer a défini comme la stratégie du coucou. On se met dans le nid de l’agriculture, on pousse les petits hors du nid. Et ensuite, comme il y aura des OGM presque partout, les consommateurs seront

obligés de les accepter. Voilà la stratégie qu’Euralis, fer de lance de Monsanto est en train de mettre en place. Aux Etats-Unis, les grandes sociétés semencières rachètent les fermes moyennes, celles qui ont 400 hectares. A l’autre bout de la chaîne il y aura la grande distribution et les bio-carburants. On sent que ce type d’agriculture est déjà en germe ici. Nous voulons défendre une autre agriculture qui respecte l’homme, les produits et notre santé. »

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50 000 hectares d’OGM Une agriculture avec ou sans paysans ? L’agriculture de masse va-t-elle engendrer la dépendance ?

Dans sa préface au livre intitulé «Le Naufrage Paysan» de Jacques Maret, Philippe Desbrosses, président de la commission nationale du label «Agriculture Biologique», s’interroge : “Peut-on croire qu’une agriculture qui saccage ses ressources (sols, eau et biodiversité), détruit ses paysages et ruine ses paysans (….) est capable de répondre aux grands défis qui nous attendent ?”

P

our Jacques Maret, la hausse inexorable du pétrole sonnera le glas du système agricole actuel, avec ses déplacements faciles, sa sacro-sainte rentabilité à court terme, et ses mythes économiques au service du progrès. Le scenario écrit en 1960, qui avait pour but l’autosuffisance alimentaire, avait un sens, dit-il. En avait-il encore dix ans plus tard, et à fortiori, aujourd’hui ?

Un exploitant agricole dépendant

Le progrès que constituaient les lois Pisani de 1961, avec leurs prix rémunérateurs fixés sans norme sociale ou environnementale de production, sans la moindre étude écologique, a transformé le paysan autonome en un exploitant agricole dépendant. Le triomphe du productivisme a sonné la fin du tissu social du monde rural, de son autonomie semencière et financière, et d’espèces végétales inadaptées au dopage chimique. La

perte de diversité génétique des espèces, gage de leur résistance aux maladies et aux ravageurs, relève désormais de l’autorité de techniciens chargés d’apporter des solutions chimiques aux problèmes que le productivisme a d’abord engendrés. Inféodé à des coopératives gigantesques, aux banques et vendeurs d’intrants et de matériel, l’exploitant n’a pas intérêt à s’écarter du modèle unique prôné par les tenants du progrès, qui ont mutualisé les risques de la destruction des milieux naturels et sociaux, tout en privatisant les bénéfices.

OGM : des leurres...

La panacée que sont censés représenter les produits systémiques et les OGM, créés pour effacer les tares du tout chimique, se sont révélés être des leurres socioprofessionnels et environnementaux, en rendant le paysan dépendant des firmes détentrices des brevets sur le vivant. Jacques Maret doute que les OGM puissent servir de remède à la faim dans le monde, puisqu’aucun paysan d’un pays pauvre ne peut en payer le coût. Le productivisme chimique promu par la Politique Agricole Commune, avec ses excédents croissants subventionnés sans but commercial ou social par des fonds publics, a eu pour résultat leur vente à perte sur les marchés mondiaux, et la ruine des paysans des pays émergents. Drôle de résultat, observe Jacques Maret, pour un système dit libéral si attaché au principe de la libre concurrence. Rentabilité rime par ailleurs avec spécialisation, et la baisse de l’autosuffisance de chaque région peut aller jusqu’à un niveau de 10%, ce qui signifie que 90% de l’alimentation provient d’ailleurs. Le coût du transport et de l’énergie requis par un tel système tarde toujours à figurer dans le bilan global des productions.

Des chimères...

Aux yeux de l’auteur, c’est une bien singulière absence de vision qui a marqué chaque réforme de la PAC au cours des décennies, pour enfin aboutir à un tableau aussi absurde. Une mainmise de l’industrie agro-alimentaire sur notre environnement par l’imposition de ses OGM fera des agriculteurs de simples exécutants à la solde des semenciers. Le consommateur, lui, n’aura alors plus qu’une poignée de variétés stériles à se mettre sous la dent, des chimères dont on ne mesure toujours pas les effets exacts à long terme sur le corps humain. A ce sujet, l’auteur nous rappelle les termes de la Charte de l’Environnement de 2005 concernant les droits mais aussi les responsabilités de tout citoyen.

La hausse du pétrole

Quant au coût de l’énergie qui n’a jamais été intégré dans le calcul des rendements, la hausse programmée du pétrole va se traduire par une profonde remise en question du système de production alimentaire de ce pays. La question est de savoir si, cette foisci, cela se fera avec les agriculteurs, ou bien sans eux. Nina de Voogd

Le naufrage paysan de Jacques Maret Editions Dilecta, 2006 – 13 euros

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ils contre-argumentent ! Les OGM sont-ils dangereux ?

Un nouveau regard sur l’étude publiée par Monsanto

Le CRIIGEN a réalisé une nouvelle analyse d’une étude publiée par Monsanto avec des rats nourris d’un maïs génétiquement modifié. Elle révèle des signes de toxicité hépatorénale. ’évaluation du risque sur la santé des organismes génétiquement modifiés (OGM) cultivés pour l’alimenGilles-Eric Séralini, du CRIIGEN, tation humaine l’un des auteurs de l’analyse et animale fait débat à travers le monde, et très peu de données ont été publiées sur des études toxicologiques à moyen et long terme avec des mammifères. Une de ces études réalisée sous la responsabilité de la Compagnie Monsanto avec un maïs transgénique MON 863 a fait l’objet de questions de la part d’experts de comités d’autorisations en Europe, où il a été finalement approuvé en 2005. Cela a nécessité une nouvelle évaluation des résultats de pathologie rénale, et cela demeure l’objet de controverses. Une action en Cour d’Appel à Münster en Allemagne a permis au public d’accéder en juin 2005 à toutes les données brutes de cette étude de nutrition de rats durant 90 jours. Nous avons réanalysé ces données de façon indépendante. Des statistiques appropriées ont été ajoutées, comme une analyse multivariée des cour-

Des variations de croissances significatives, et une toxicité hépatorénale chez les rats...

bes de croissance, et pour les paramètres biochimiques des comparaisons entre les rats traités aux OGM et les témoins nourris avec un régime normal équivalent, et encore séparément entre les rats traités aux OGM et d’autres groupes « références » nourris avec six régimes de différentes compositions. Nous observons que la consommation

Les courbes de variations de croissances chez les rats mâles et femelles...

© Alexander Sayganov - FOTOLIA

L

des rats nourris au MON 863 a provoqué de légères variations de croissance significatives, différentes selon la dose et le sexe. Il y a une diminution de 3,3% du poids pour les mâles et une augmentation de 3,7% pour les femelles. Les mesures chimiques révèlent des signes de toxicité hépatorénale, marqués également par des sensibilités différentes chez les mâles et les femelles. Les triglycérides sanguins augmentent de 24 à 40% chez les femelles (soit à la semaine 14 pour la dose de 11% d’OGM ou à la semaine 5, pour la dose de 33%, respectivement) ; les excrétions urinaires de phosphore et de sodium diminuent chez les mâles de 31 à 35% (semaine 14, dose 33%) pour les résultats les plus importants significativement reliés au traitement OGM en comparaison des 7 régimes testés. Des expériences plus longues seront essentielles pour indiquer la nature réelle et l’étendue de ces possibles pathologies ; avec les données présentes, il ne peut pas être conclu que le maïs transgénique MON 863 est un produit sain. Extrait du communiqué de presse du CRIIGEN Commission de Recherche et d’Information Indépendante sur le Génie Génétique dont la Présidente est Corinne Lepage. ( www.criigen.org )

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Les caves du Sud-Ouest Les Caves Coopératives, de Jaurès à la mondialisation !

Les caves coopératives vinicoles existent en France depuis le début du 20ème siècle. A l’origine, elles correspondaient à un besoin de faire entendre la voix des vignerons face à des négociants tout puissants. Qualité des vins et commercialisation étaient déjà leur premier leitmotiv. C’était à l’époque de Jean Jaurès. Cent ans plus tard, les mots de « qualité » et de « débouchés » sont toujours à l’ordre du jour. Mais nous sommes à l’époque de la mondialisation et il faut maintenant convaincre les consommateurs plutôt que les négociants. Les caves coopératives ont vu le jour en Allemagne dès 1868 puis au Portugal en 1888 et en Espagne en 1890. En Alsace, alors allemande, les premières coopératives vinicoles furent créées en 1895 à Ribeauvillé puis en 1902 à Eguisheim (elles existent toujours). En France, c’est le Languedoc-Roussillon qui donna l’exemple en ouvrant en octobre 1901 la cave de Mudaison, dans l’Hérault. Mais la première date vraiment remarquée est l’inauguration de la cave de Maraussan, dans l’Hérault toujours, le 1er mai 1905 par Jean Jaurès. S’unir pour fabriquer et pour vendre était le moteur principal de ces mouvements. L’ ennemi d’alors était le négociant qui avait tendance à « trafiquer » les vins (par coupages, par produits chimiques). La révolte des vignerons du Midi, en 1907, dénonçait ces pratiques. Pour pouvoir se défendre, il fallait créer des syndicats vignerons et se regrouper en coopératives. C’est aussi à ce moment, et pour les mêmes motifs que se créèrent les premières caisses de Crédit Agricole. Une aide mutuelle pour acheter des matériels de vinification onéreux et des cuves de stockage. C’étaient là des principes très proches de ceux du commerce équitable actuel : solidarité et contribution au progrès social. De l’utopie aux lois du marché Mais au fil des années, l’utopie coopérative a fait place à des réalités plus économiques. Après la guerre, à la fin des années 40 se créèrent de nouvelles coopératives dont le but était de relancer certains

vignobles oubliés, voire à l’abandon. Elles ont largement contribué à des replantations de vignes avec de nouveaux cépages qualitatifs. Plus tard (années 70-80), ces coopératives ont contribué à faire évoluer des vignobles du Vin de Pays au VDQS ou du VDQS à l’AOC en jouant le rôle de « locomotives » au niveau de la qualité des vins produits. Certaines ont entraîné dans une fuite en avant qualitative l’ensemble des producteurs, privés ou coopérateurs. La coopérative côté consommateur Il y a cinquante ans, les vins de coopératives avaient tendance à être moins chers que les autres, tout en ayant une qualité moyenne. En 2007, de nombreuses caves coopératives sont au sommet qualitatif d’une appellation (voire leur presque unique élaborateur de vins). Certaines d’entre elles, parmi les plus performantes, sont à l’origine de réussites extraordinaires non seulement par leur succès économique mais aussi par la restructuration de vignobles qu’elles ont permise. L’exemple le plus éclatant vient de la cave de Saint-Mont dans le Gers, fondatrice du groupe Plaimont qui, partie de zéro il y a vingt-cinq ans, commercialise aujourd’hui plus de 35 millions de bouteilles par an, dont la moitié à l’exportation. L’idée selon laquelle les vins de coopérative seraient des vins de seconde qualité appartient au passé! Les vins de coopératives sont aujourd’hui de première qualité avec des prix variant selon le marché.

Jean-Paul Amic

© Steve Cukrov - FOTOLIA

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Les caves du Sud-Ouest Les Caves du Sud-Ouest par départements

L’union sacrée pour la production et la mise en marché de vins de qualité ! LES CAVES DE L’ARIÈGE

Ce département très montagneux (une bonne moitié sud est occupée par la chaîne des Pyrénées) n’avait plus de vignes depuis le début du 20ème siècle. Depuis cinq ans environ, un petit groupe de vignerons a décidé de faire revivre les vins de l’Ariège. Ils ont même produit, en 2001, la première cuvée « Renaissance ».

Vins de Pays de l’Ariège

Le renouveau de ce vignoble en est à ses balbutiements et il n’existe pas de cave coopérative. Quelques vignerons se sont toutefois groupés en GIE à Montégut-Plantaurel. Il y a aussi des vignes dans le nord du département, du côté de Carla-Bayle et de Lézat sur Lèze. Il existe déjà l’appellation « Vin de Pays d’Ariège ». Bien que cela ne soit pas une coopérative, citons, pour les aider, le GIE des Vignerons Ariégeois. Vignerons Ariégeois, 09120 – Montégut Plantaurel, tél. : 05 61 05 39 39

LES CAVES DE L’AVEYRON

Malgré son relief très escarpé ne laissant que peu de place à la vigne, le département de l’Aveyron compte une appellation contrôlée, Marcillac et trois VDQS, Estaing , Entraygues-Le Fel et Côtes de Millau. Il faut dire que ces quatre crus occupent des superficies réduites dont les vins sont très typiques et rustiques.

Le vignoble de Marcillac

Il occupe 180 hectares établis en terrasses sur les flancs d’une cuvette, « le vallon », creusée par les rivières Ady et Dourdou, à

une vingtaine de kilomètres au nord de Rodez. Les vins de Marcillac sont uniquement rouges, provenant du cépage mansois (ou fer servadou) qui pousse dans des terres argilo-calcaires imprégnées d’oxyde de fer, d’où leur nom de « rougiers ». Cela donne un vin aux arômes de framboise, cassis ou mûre, rustique à souhait. La Cave des Vignerons du Vallon regroupe 45 coopérateurs qui travaillent 108 hectares (les 72 hectares restants étant exploités par des vignerons indépendants). La coopérative produit près de 500 000 bouteilles par an. Il faut dire que sans la coopérative, le vin de Marcillac aurait bel et bien disparu. C’est la cave de Valady qui a remonté le niveau qualitatif, dans les années 80, jusqu’à obtenir l’AOC en 1990. Une belle réussite ! La cave est intégrée dans le groupe Unicor qui dirige plusieurs coopératives agricoles dans la région (mais pas d’autre structure viticole). Cave des Vignerons du Vallon RN 140, 12330 Valady, tél.: 05 65 72 70 21web : www.groupe-unicor.com

Le Vignoble d’Estaing

Une micro-appellation (18 hectares) répartie entre quatre vignerons indépendants et dix coopérateurs réunis au sein de la Cave des Vignerons d’Olt, la plus petite coopérative viticole de France, qui exploite 11 hectares. Les vignes poussent sur les contreforts du plateau d’Aubrac, exposés au sud, qui dominent la haute-vallée du Lot. Le label VDQS a été obtenu en 1965. Malgré sa minuscule surface, ce vignoble produit des vins rouges parfumés à base de fer-servadou et de gamay, des rosés friands et des blancs originaux et vifs issus du chenin, du mauzac et du rousselou.

Le vignoble d’Entraygues-Le Fel

Ce minuscule vignoble (22 hectares) a été fondé par les moines de Conques sur des terrasses escarpées dominant le confluent du Lot et de la Truyère. Actuellement classé en VDQS, il produit de solides vins rouges et quelques blancs frais et fruités. Cette appellation ne compte que quelques vignerons indépendants et pas de coopérative.

Le vignoble des Côtes de Millau

Les vignes étagées sur les contreforts dominant le Tarn (52 hectares) renaissent depuis une trentaine d’années. En effet, dans les années 70, sous l’impulsion de la Cave des Vignerons des Gorges du Tarn, il fut décidé d’arracher les cépages très productifs pour replanter des vignes de qualité. Le label VDQS a été obtenu en 1994 et dès lors on a pu constater un grand renouveau de ce vignoble. La « Cuvée des Maîtres des Sampettes » est le haut de gamme « maison », élevée en fûts de chêne. Ce vin de garde montre la qualité qu’il est possible d’obtenir avec des soins à tous les niveaux. Cave des Vignerons des Gorges du Tarn 6 Avenue des Causses, 12520 Aguessac, tél. : 05 65 59 84 11

Cave des Vignerons d’Olt

Z.A. La Fage, 12190 Estaing, tél. : 05 65 44 04 42

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Les caves du Sud-Ouest LES CAVES DE DORDOGNE

Le département de Dordogne possède un vaste vignoble AOC avec le Bergeracois et ses satellites. Cette zone cultive un peu plus de 10 000 hectares de vignes, ce qui en fait la plus vaste du Sud-Ouest, hors Bordelais. Pas moins de 13 appellations se partagent le terroir. La production représente environ 30% de vins blancs pour 70% de vins rouges et rosés. Les cépages sont à peu près les mêmes qu’en Bordelais. Il faut citer aussi un vin de pays, le Vin de Domme qui a une renommée locale. Cette région, extrêmement touristique, s’étend sur les collines au sud de Bergerac et à l’ouest de cette ville, le long de la vallée de la Dordogne. La cave de Sigoulès

pourriture noble. Uniquement des blancs liquoreux) - Saussignac (53 hectares de blancs moelleux et liquoreux ; sur le même coteau que Monbazillac, plus à l’ouest). - Montravel blanc sec (352 hectares dans la vallée de la Dordogne, à la limite de la Gironde). - Montravel rouge (même zone ; AOC depuis 2001) - Haut Montravel blanc moelleux (même zone ; vin de garde puissant) - Côtes de Montravel blanc moelleux (sur la même zone) Cette vaste zone compte 7 caves coopératives : Cave Coopérative de Monbazillac, 24 240 Monbazillac, tél. : 05 53 63 65 00 Cave de Montravel et Sigoulès, 24240 Sigoulès, tél. : 05 53 61 55 00 Cave des Deux Vignobles, 24610 Villefranche de Lonchat, tél. : 05 53 80 77 37 La Grappe de Gurçon , 24610 Carsa, tél. : 05 53 82 81 50 Union Vinicole de Bergerac,Le Fleix 24130 Le Fleix, tél. : 05 53 24 64 32 Viticulteurs de Port Ste Foy ,33230 Port Ste Foy , tél. : 05 53 27 40 70 Viticulteurs de St Vivien et Bonneville , 24230 Velines, tél. : 05 53 27 52 22

Le vignoble de Madiran

Situé sur les départements du Gers (villages de Maumusson et Viella), des HautesPyrénées et des Pyrénées-Atlantiques, le vignoble total occupe 1 260 hectares. L’appellation compte de nombreux vignerons indépendants qui produisent environ 50% du volume commercialisé ; les autres 50% étant assurés par les deux coopératives, celle de Saint-Mont et celle de Crouseilles (64), toutes deux intégrées au Groupe Plaimont.

Le vignoble de Pacherenc du Vic-Bilh

Même zone que le Madiran, ce vignoble représente environ 270 hectares.

Le vignoble des Côtes de Saint-Mont André Dubosc (à gauche)

Le vignoble de Vin de Périgord Le vignoble de Bergerac

Il compte 13 AOC différentes : - Bergerac rouge (sur le territoire de 90 communes autour de Bergerac) - Bergerac blanc sec (sur les mêmes communes) - Bergerac rosé (sur la même zone) - Côtes de Bergerac rouge (même zone mais récolte plus sélective pour meilleure qualité) - Côtes de Bergerac blanc moelleux (même zone mais récolte en surmaturité) - Pécharmant (441 hectares au nord-est de Bergerac. Rouge très charpenté) - Rosette (20 hectares au nord de Bergerac. Blanc moelleux de grande qualité). - Monbazillac (2000 hectares exposés au nord, sur la rive gauche de la Dordogne, au sud de la ville, favorisant l’humidité et la La cave de Monbazillac

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Le vin de Domme se range dans les Vins de Pays de Périgord. C’est un excellent rouge produit autour de Domme, au sud de Sarlat. SCA des Vignerons des Coteaux du Ceou Moncalou, 24200 Florimont-Gaumier, tél. : 05 53 28 14 47

LES CAVES DU GERS

Traditionnellement, le département du Gers produisait un vin destiné à être distillé pour devenir de l’armagnac et des vins de deux AOC différentes, bien que situées rigoureusement sur la même zone : Madiran et Pacherenc du Vic-Bilh. Les critères des vins devant être brûlés dans un alambic sont très différents de ceux destinés à la consommation. Bons pour l’armagnac, on pouvait les qualifier de très médiocres pour la consommation courante. Et puis une équipe de jeunes vignerons est arrivée dans les années 70. Cela allait donner naissance au VDQS « Côtes de St Mont » et au Vin de Pays « des Côtes de Gascogne ». Un succès énorme autour du groupe Plaimont, la plus grosse cave coopérative du Sud-Ouest de la France. Sur le marché français tout aussi bien qu’à l’exportation (50%). Dernier né (2000), le Vin de Pays des Côtes du Condomois. Le Gers est désormais le premier producteur de vin blanc de Pays de France !

Situé sur les trois cantons de Plaisance, Aignan et Saint-Mont (ce qui a donné le nom Plaimont), le VDQS « Côtes de Saint-Mont » a obtenu cette appellation en 1981 pour les 3 couleurs de vins. Vignoble replanté en cépages « nobles » dans les années 70 par toute une équipe autour d’André Dubosc, créateur de la cave de Saint-Mont, les succès se sont enchaînés en cascade grâce à une extraordinaire volonté qualitative et promotionnelle. A ce jour, le groupe Plaimont commercialise 35 millions de bouteilles dont 9 millions de Côtes de Saint-Mont, 19 millions de vin de pays des Côtes de Gascogne (incluant 7 millions de cols de « Colombelle »). Il faut ajouter à cela 6,5 millions de bouteilles de Madiran/Pacherenc (sur les 2 coopératives) et 400 000 Côtes du Condomois. Le propre vignoble VDQS Saint-Mont compte 1 115 hectares. Il existe quelques producteurs in-

Un chai de vinification à Saint-Mont


dépendants mais le groupe Plaimont avec ses 1 000 vignerons (sur l’ensemble de ses zones) produit 98 % de ce vin.

Les impressionnantes cuves de la CPR...

Autour de Condom est produit ce vin de pays apparu sur le marché il y a quelques années seulement (en 2000). Du rosé et du rouge uniquement, dans de jolies bouteilles en forme de quilles de bowling. Un vin très agréable l’été, servi bien frais. Cette cave du Condomois est dirigée par le groupe Plaimont.

Cave de Saint-Mont – Groupe Plaimont Route d’Orthez, 32400 St Mont, Tél.: 05 62 69 62 87 www.plaimont.com (mais aussi cave d’Aignan et cave de Plaisance du Gers)

Le vignoble de vin de pays des Côtes de Gascogne La CPR à Nogaro

Le Côte de Gascogne représente le plus grand vignoble de vins de pays blancs, en France. Il occupe 11 700 hectares se répartissant en 91% de vin blanc , 8% de rouge et 1% de rosé. Cela représente un total de 80 millions de bouteilles dont 75% partent à l’export. Un succès éblouissant pour un début à zéro en 1982, date du classement en vin de pays. La production se répartit

Le vignoble de vin de pays des Côtes du Condomois

entre 1 250 vignerons-coopérateurs et 150 indépendants. Au niveau des caves coopératives, il y a bien sûr le groupe Plaimont (voir à Saint-Mont) mais aussi d’autres coopératives dont la Cave des Producteurs Réunis à Nogaro qui développe de très jolis vins sous l’appellation de Rieutort (le chateau d’Olivier de Montal, lui-même producteur d’Armagnac réputés). Ces excellents vins blancs, rosés et rouges sont souvent vainqueurs de médailles. - Cave des Producteurs Réunis (CPR), Route d’Aire sur

Enfin, il ne faut pas oublier que le Gers est le pays du Floc de Gascogne et de l’Armagnac, deux AOC des plus prestigieuses. Mais ce n’est plus du vin…

Adour, 32110 Nogaro Tél. : 05 62 09 01 79 - Cave des Vignerons de la Ténarèze, Route de Mouchan, 32190 Vic-Fezensac (très bons vins rouges et blancs) Tél. : 05 62 58 05 25 - Cave des Vignerons du Gerland, 32110 Panjas (essentiellement des vins blancs en vrac) Tél. : 05 62 09 07 11.62.09.07.11 - Cave des Vignerons de Cazaubon, Route de Mont-de-Marsan, 32150 Cazaubon (vins blancs, rouges et rosés) Tél. : 05 62 08 34 00

© Nick Stubbs - FOTOLIA

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Les caves du Sud-Ouest LES CAVES DE HAUTE-GARONNE

Le département de Haute-Garonne ne possède qu’un vin classé en AOC, l’appellation « Côtes du Frontonnais » née de la fusion, en 1982, des crus voisins de « Fronton » et de « Villaudric ». Ces deux noms conservent d’ailleurs le droit de venir s’ajouter en dessous de « Côtes du Frontonnais ». La Haute-Garonne peut également produire des vins de pays « du Comté Tolosan », appellation qui s’étend en fait aussi à l’Ariège, au Tarn-et-Garonne et autres départements limitrophes.

Le vignoble des Côtes du Frontonnais

Il s’étend sur 2 000 hectares autour des villages de Fronton et Villaudric, à une vingtaine de kilomètres de Toulouse, sur les terrasses caillouteuses entre Garonne et Tarn. La négrette, cépage très ancien et typique

© smitea - FOTOLIA

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Le vignoble du Comté Tolosan

La cave de Fronton est la seule coopérative du département ; elle produit aussi des bouteilles de « vin de pays du Comté Tolosan ». Il existe par ailleurs quelques producteurs privés.

du lieu, donne à ces vins rouges et rosés un goût caractéristique, complétée à 25% par les cabernets, la syrah, le fer servadou, le cot et à 15% par le gamay, le cinsault et le mauzac. Les vins produits sur cette zone proviennent à peu près à égale partie de vignerons indépendants et de la seule cave coopérative de Fronton, fondée en 1946 et regroupant 200 récoltants. A remarquer le superbe rosé « Cuvée Inès » élaboré sur lies et les magnifiques rouges haut de gamme de « Château La Foncelière » et de cuvée « Ad Vitam ». Cave de Fronton Route de Montauban, 31620 Fronton, tél. : 05 62 79 97 79

A signaler une initiative amusante (et utile) des vignerons des Côtes du Frontonnais : La mise au point du « verre-citoyen », avec un niveau imprimé sur le verre, indiquant la zone à ne pas dépasser (et le nombre de verres selon un barême tenant compte de votre sexe, âge, poids) pour rester dans les normes d’alcoolémie autorisées au volant.


LES CAVES DES HAUTES-PYRÉNÉES

Les Hautes-Pyrénées ne possèdent aucun vignoble en propre mais ce département partage ses appellations avec ses voisins. Bien que le village de Madiran soit situé dans les Hautes-Pyrénées, les deux coopératives de cette AOC sont à Crouseilles (Pyrénées-Atlantiques) et à Saint-Mont (Gers). Même remarque pour l’AOC Pacherenc du Vic-Bilh qui partage la même zone. L’AOC Béarn se trouve aussi sur les mêmes parcelles. Aucune cave coopérative dans ce département. Seuls des vignerons indépendants. Le vignoble du Madiran

Vendanges en Tursan.

Geaune. A remarquer des blancs issus d’un cépage original, le « baroque ». La plus grande partie de la production est consommée localement. Cave des Vignerons Landais 40320 Geaune, tél. : 05 58 44 51 25

LES CAVES DES LANDES

Le département des Landes compte une AOVDQS avec le vin de Tursan et un Vin de Pays des Terroirs Landais. Pour l’anecdote, il faut signaler un renouveau des « vins de sable » dans la région de Messanges-Capbreton.

Le vignoble de Tursan

Autrefois vignoble d’Aliénor d’Aquitaine, le Tursan recouvre aujourd’hui 275 hectares dans l’est du département des Landes, autour de Geaune et Eugénie les Bains. Ce VDQS se décline en rouge, rosé et blanc. Quelques producteurs indépendants mais la presque totalité de cette appellation provient de la Cave des Vignerons Landais à

Le vignoble des vins de pays des Terroirs Landais

Ces vins intitulés notamment « Vin des Coteaux de Chalosse » sont produits par deux coopératives appartenant à la cave de Geaune : Celle de Mugron et celle de Pouillon. Cave des Vignerons Landais, 40250 Mugron, tél. : 05 58 91 70 75 Cave des Vignerons Landais, 40350 Pouillon, tél. : 05 58 98 20 68

LES CAVES DU LOT

Le département du Lot possède une AOC très connue, le Cahors, une AOVDQS avec les « Coteaux du Quercy » et un vin de pays de zone avec « Les Coteaux de Glanes ». Le Cahors, quant à lui, est un des plus grands vignobles AOC du sudouest (hors Bordelais et Bergeracois) avec 4 110 hectares et l’un des plus anciens, remontant à la période romaine. Seul le Gaillac possède une superficie légèrement supérieure pour un âge équivalent.

Russie, celui-ci faillit disparaître après les gelées de 1956 qui anéantirent le vignoble. Tout fut replanté avec un encépagement à 70% en cot (appelé aussi malbec ou auxerrois) complété par du merlot (20%), du tannat. Ainsi, le vignoble a pu renaître de ses cendres. Le Cahors est uniquement un vin rouge, produit sur les collines de la basse vallée du Lot, entre Cahors et les limites ouest du département du Lot. Ces dix (ou quinze) dernières années, des réimplantations de vignes ont été faites sur le causse au sud et à l’est de Cahors. Les ¾ de la production de l’AOC Cahors sont élaborés par des dizaines de vignerons indépendants et quelques négociants par ailleurs également propriétaires de vignes. Une seule cave coopérative, la « Cave des Côtes d’Olt » à Parnac, créée en 1947, produit ¼ des vins de Cahors. Mais cette cave est à l’origine du renouveau des Cahors avec le classement en AOC l’année de sa fondation. Elle regroupe 250 vignerons et produit quelques très beaux Cahors sous l’appellation générique mais aussi sous des noms de parcelles ou châteaux. Cave des Côtes d’Olt, 46140 Parnac, tél. : 05 65 30 35 00

Le vignoble des Coteaux du Quercy

Ce VDQS depuis 1999 s’étend à la fois sur le sud du département du Lot et le nord du département du Tarn et Garonne (voir à ce dernier département). La cave des Côtes d’Olt à Parnac est la seule dans le Lot à produire des vins de cette appellation.

Le vignoble des Coteaux de Glanes

Ce vin de pays est produit sur 7 communes des cantons de Bretenoux (dont Glanes) et de Saint-Céré, dans le Haut-Quercy, à la limite du Massif Central. Ces vins remontent au Moyen-Age et aux moines de l’abbaye de Beaulieu. Mais la crise du phylloxéra, à la fin du 19ème siècle, décima le vignoble. Ce n’est qu’à la fin des années 60 que l’on Le vignoble des coteaux de Glanes

Le vignoble de Cahors Le vignoble du Tursan

Vin prisé par François Ier, les Papes (Jean XXII était né à Cahors à l’époque des Souverains Pontifes en Avignon), les Tsars de Le Canard A-MP - N°14 - 29


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Les caves du Sud-Ouest décida de replanter des cépages qualitatifs (merlot à 45%, gamay à 40% et ségalin à 15%). Huit vignerons se groupèrent en GAEC dès 1972 puis créèrent la « Cave des Vignerons du Haut Quercy » en 1992. Aujourd’hui, le vignoble occupe 35 hectares et produit 300 000 bouteilles se répartissant à 85% en rouges et 15% en rosés. A remarquer, le vin haut de gamme appelé « Cuvée des Fondateurs » réalisé avec des raisins en surmaturité. Un très beau vin. Cave des Vignerons du Haut Quercy Les Vignerons du Haut-Quercy , 46130 Glanes, tél. : 05.65.39.73.42

LES CAVES DU LOT-ET-GARONNE

Le département du Lot-etGaronne, aux portes du Bordelais, compte trois AOC avec les Côtes de Buzet, les Côtes de Duras, les Côtes du Marmandais ; une AOVDQS avec les Côtes du Brulhois et enfin trois vins de pays avec le VDP des Côtes de Gascogne, le VDP de l’Agenais et le VDP de ThézacPerricard. Une grande diversité.

Vignoble des Côtes de Buzet

Etalées sur les coteaux et terrasses de Garonne et Baïse entre Agen et Marmande,

Le vignoble de Buzet

autour de Buzet sur Baïse et Nérac, les vignes couvrent une superficie de 2 115 hectares pour produire environ 95% de vins rouges et rosés et 5% de vins blancs. Détruit par la crise phylloxérique, le vignoble a connu un grand renouveau à partir de 1956 sous l’impulsion de la cave coopérative (créée en 1953) pour aboutir au classement en AOC en 1973. Aujourd’hui, la cave produit 95% des vins de l’appellation avec 300 coopérateurs. Des vins proposés en appellation générique « Buzet », en cuvées spéciales (comme « Le Lys » ou « Baron d’Albret ») ou, en haut de gamme, sous le nom de châteaux (tels Château du Bouchet ou Château de Gueyze). Une qualité constante avec des progrès réguliers. Un des vins les plus connus du Sud-Ouest.

Vignoble des Côtes de Duras

En prolongement naturel de la région bordelaise de l’Entre-deux-Mers, cette zone AOC s’étend sur plus de 2 000 hectares autour du village de Duras, sur les coteaux découpés par la Dourdèze et ses affluents. Les cépages sont issus directement du Bordelais avec le sémillon, le sauvignon et la muscadelle pour les blancs ; les cabernets franc et sauvignon, le merlot et le malbec pour les rouges. Vins rouges et rosés représentent environ 70% de la production, les blancs (secs ou moelleux) 30%. Les rouges sont souvent proposés en vins mono-cépage. Producteurs particuliers et coopérative se partagent la production. Cave des Vignerons de Berticot 17-19 Route des Vignerons, 47120 Landerrouat-Duras , tél. : 05 53 83 75 47 www.berticot.com

Bienvenue à la cave de Berticot

Cave des Vignerons du Buzet, 47160 Buzet sur Baïse, tél. : 05 53 84 74 30 www.vignerons-buzet.fr

© Zlatko Kostic - FOTOLIA

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Les caves du Sud-Ouest Vignoble des Côtes du Marmandais La cave de Cocumont

« Bordeaux » pour un flacon plus personnalisé ! Un choix magnifique de rouges. Cave Origine Marmandais Vieille Eglise, 47259 Cocumont, tél. : 05 53 94 50 21 www.origine-marmandais.fr Cave Coopérative Dupuy, 47200 Beaupuy, tél;:05 53 76 05 11

Vignoble des Côtes du Brulhois

Les vignes de cette AOC (décrétée en 1990) sont situées de part et d’autre de la Garonne, autour de Marmande. Quelques vignerons indépendants aux côtés de la Cave Coopérative du Marmandais, divisée en deux sites : Cocumont sur les graves de la rive gauche de Garonne produisant des vins très charpentés et Beaupuy sur les collines argilo-calcaires de la rive droite de Garonne, donnant des vins plus souples. Sur un total de 1 600 hectares, la Cave du Marmandais (200 vignerons, créée en 1957) élabore 98% de l’appellation avec environ 6 millions de bouteilles par an. Les cépages sont le cabernet franc, le merlot, le malbec, l’abouriou pour les rouges ; le sauvignon pour les blancs. Les vins de la cave se répartissent en 87% rouges, 10% rosés et 3% blancs. La production est étonnante de qualité par rapport à sa notoriété. Cela veut dire que cette appellation souffre à tort d’un manque d’image médiatique. Elle n’arrive pas à se différencier – dans l’esprit des consommateurs- de l’image du Bordelais qui commence à 3 km de là ! Des vins d’un rapport qualité-prix étonnants ! Non, le Marmandais n’est pas du Bordeaux ! Petite idée personnelle : abandonner la bouteille de type

Ce VDQS partage ses vignes entre le Lotet-Garonne et le Tarn-et-Garonne (voir à ce chapitre). Une annexe de vente de la Coopérative se trouve à Goulens, sur le territoire de la commune de Layrac, à quelques kilomètres au sud d’Agen, au bord de la RN 21. Les côtes de Brulhois

Vignoble des Côtes de Gascogne

Le Vin de Pays des Côtes de Gascogne e s t produit à 90% dans le Gers mais, tout comme pour l’armagnac qui occupe la même aire géographique, une petite zone déborde sur le sud du Lot-et-Garonne, lequel compte une cave coopérative proposant des produits de qualité (vins, flocs et armagnacs). Coopérative des Coteaux du Mézinais 47170 Mézin, tél. : 05 53 65 53 55

Vignoble de l’Agenais

Le Vin de pays de l’Agenais est produit par une coopérative située à Monflanquin, au nord de Villeneuve-sur-Lot. Cave des Sept Monts 47150 Monflanquin, tél. : 05 53 36 33 40

Vignoble de Thézac-Perricard

Cette petite zone de vin de pays se situe au sud de Fumel, en prolongement du vignoble de Cahors, en basse vallée du Lot. Ce vin eut son heure de gloire au début du 20ème siècle quand le Président de la République Armand Fallières (natif de Mézin) en offrit au Tsar de Russie Nicolas II. Ce dernier en commanda ensuite régulièrement. On y produit toujours « Le Vin du Tsar », rouge et rosé, à base de malbec et de merlot (entre 3 et 5 Euros). A découvrir ! Les Vignerons de Thézac-Perricard Plaisance, 47370 Thézac, tél. : 05 53 40 72 76 www.vin-du-tsar.tm.fr/

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LES CAVES DES PYRÉNÉESATLANTIQUES

Le département des Pyrénées-Atlantiques possède cinq AOC prestigieuses : Madiran, Pacherenc du Vic-Bilh, Béarn, Jurançon dans sa partie béarnaise et Irouleguy dans sa partie basque. Le Piémont Pyrénéen connaît la culture de la vigne depuis l’époque romaine et le vin de Madiran a été surnommé, pour des raisons historiques, le « Vin des Pélerins de Saint-Jacques-deCompostelle »

Le vignoble de Madiran

Située sur trois départements (Gers, Hautes-Pyrénées et Pyrénées-Atlantiques), cette appellation produit uniquement des vins rouges élaborés principalement à partir du cépage tannat. Ce sont des vins très charnus, pleins de puissance. Se reporter à la rubrique « Gers » pour d’autres renseignements. La cave coopérative de Crouseilles regroupe 164 vignerons et propose de multiples bouteilles de Madiran soit sous une appellation générique, soit sous des appellations de cuvées soit sous des appellations de châteaux (Château Mascaraas en haut de gamme ; châteaux de Crouseilles, d’Arricau-Bordes, de La Motte). Cette cave fait partie du Groupe Plaimont (Saint-Mont, Gers). Cave Coopérative de Crouseilles 64350 Crouseilles, tél. : 05 59 68 10 93

Le vignoble de Pacherenc du Vic-Bilh

Situé dans la même zone que le Madiran et donc sur trois départements. Ce vin blanc uniquement est élaboré à partir de cépages comme le gros manseng, le petit manseng, l’arrufiac mais aussi le sauvignon et le sémillon. Il existe en vin blanc sec très parfumé et surtout en vin blanc moelleux. Depuis une bonne vingtaine d’années se sont développées les vendanges tardives allant jusqu’à la nuit de la Saint Sylvestre. La coopérative de Crouseilles propose des cuvées « Automnal », « Prélude à l’Hivernal », « Hivernal » selon la date de vendange. Des vins splendides.

Le vignoble de Jurançon

La zone d’AOC regroupe 1 046 hectares sur les collines au sud de Pau, autour des villages de Gan, de Jurançon. Vin blanc uniquement, le Jurançon est proposé en sec (75%) ou en moelleux. (25%) Il est élaboré à partir des cépages gros et petit manseng,


courbu. La surmaturation et le passerillage sont couramment pratiqués pour les moelleux. L’appellation « vendanges tardives » a été reconnue par un décret de 1996. En raison des forts risques de gelées d’automne (la zone est en petite montagne), les vignes sont palissées en hauteur afin d’éloigner les raisins du sol froid. Le vignoble se partage entre vignerons indépendants et la cave coopérative de Gan, créée en 1949, réputée pour son dynamisme et l’excellence de ses vins. Cave des Producteurs de Jurançon 53 Avenue Henri IV, 64290 Gan, tél. : 05 59 21 57 03 www.cavedejurancon.com

Le vignoble de Béarn

Cette AOC est séparée en trois aires distinctes : Sur les zones du Madiran et du Pacherenc au nord de Pau ; sur les zones du Jurançon au sud de Pau et sur la zone Orthez - Salies de Béarn - Bellocq à l’ouest de Pau. L’appellation « Béarn » couvre 258 hectares et produit essentiellement des rosés, quelques rouges et un peu de blancs.

suré par la cave coopérative fondée en 1952 malgré quelques producteurs indépendants. Cette cave est la « locomotive » de l’appellation par la qualité de ses vins. Les Vignerons du Pays Basque Route de St Jean Pied de Port, 64430 Saint-Etienne-deBaïgorry, tél. : 05 59 37 41 33

Les caves coopératives de Crouseilles et de Gan proposent aussi des vins de Béarn aux côtés de leurs Madiran et Pacherenc pour l’une et Jurançon pour l’autre. Seule une cave ne produit que de l’AOC Béarn, celle de Bellocq. Mais cette dernière a été reprise par la dynamique cave de Gan. Cave des Vignerons de Bellocq 64270 Bellocq, tél. : 05 59 65 10 71

Le vignoble d’Irouléguy

La seule AOC du Pays Basque. Une superficie de 215 hectares autour des villages d’ Irouléguy et Saint-Etienne-de-Baïgorry. Le vignoble a été créé par les moines de Roncevaux dès le 11ème siècle. L’Irouléguy existe en rouge, rosé et blanc. Mêmes cépages que dans les autres vignobles du département. L’essentiel de la production est as-

LES CAVES DU TARN

Le département du Tarn produit un vin d’appellation contrôlée, le Gaillac - l’un des plus vieux vignobles de France qui remonte aux Romains- et un Vin de Pays des Côtes du Tarn. Trois caves coopératives (regroupant 265 vignerons) se partagent cette production, aux côtés de 135 vignerons indépendants.

Le Gaillac

L’appellation Gaillac compte 4 189 hectares de vignes . Elle a produit 117 202 hectolitres de vins rouges et rosés et 69 900 hectolitres de vins blancs en 2005. Le rouge représente 59% de ce volume, le blanc 33% et le rosé 8%. Ces vins d’AOC Gaillac sont élaborés à environ 50% par les trois caves coopéra-

© Tom Schmucker - FOTOLIA

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Les caves du Sud-Ouest tives et à 50% par les vignerons indépendants. Environ 21 millions de bouteilles d’AOC Gaillac ont été commercialisées en 2006 dont 8% à l’exportation. Quatre zones de production Le vignoble se divise entre trois zones à l’ouest d’Albi (autour de Gaillac) : les côtes de la rive droite du Tarn, les terrasses de la rive gauche, le plateau cordais (au nord) et une zone à l’est d’Albi (autour de Cunac), spécialisée dans le gamay des Gaillac Primeur. Les Coteaux calcaires sont excellents pour la culture des cépages blancs traditionnels tels le mauzac, le sauvignon, le « len de l’el » (loin de l’œil ; l’œil étant ici le bourgeon car ce raisin a un long pédoncule), l’ondenc, la muscadelle. Les zones de graves (plus proches de la rivière) accueillent les cépages rouges tels le duras, le braucol ou fer-servadou, la syrah, le gamay, la négrette, le cabernet, le merlot. Une déclinaison de l’AOC en 7 vins différents Les vins de Gaillac se présentent sous sept formes différentes : le Gaillac rouge, le Gaillac rosé, le Gaillac blanc sec, le Gaillac fraîcheur perlée (blanc sec très légèrement pétillant), le Gaillac doux (et blanc), le Gaillac effervescent (blanc ou rosé) et le Gaillac Primeur. La spécificité de ces vins provient notamment de cépages originaux et ancestraux à cette appellation tels le mauzac (on ne le retrouve qu’à Limoux), l’ondenc, le len de l’el, le duras, le braucol.

La « Cave de Labastide »

La plus ancienne et la plus importante est la « Cave de Labastide » installée à Marssac

La cave de Labastide

« Léo & Co » a obtenu la médaille d’or des Gaillac au dernier concours du Salon Agricole de Paris . Ce vin normalement destiné aux pays peu connaisseurs est en fait un des meilleurs produits de la cave. Une magnifique publicité ! Cave de Labastide - 81150 Marssac sur Tarn, tél. : 05 63 53 73 73 - www.cave-labastide.com

La « Cave des Vignerons de Rabastens » sur Tarn, à côté de Labastide de Lévis. Créée en 1949, elle regroupe 1 500 hectares (plus du tiers de la superficie totale de l’appellation) et 200 producteurs. Production moyenne : 85 000 hectolitres dont 5 millions de bouteilles ; la moitié en A0C Gaillac, l’autre moitié en Vins de Pays des Côtes du Tarn. Environ 60% de vin rouge et 40% de vin blanc. Plus de 50 salariés pour un chiffre d’affaires de 13 millions d’euros. Nous aimons beaucoup le slogan publicitaire de la cave : « Créateurs de Vins de Légende ». Il faut dire que cette cave est une des « locomotives » de l’appellation. Elle a mis au point le « perlé » en 1957, le « rosé perlé » en 2005, le vin effervescent brut rosé en 2006. Pour s’adapter aux nouveaux consommateurs des pays émergeants, la cave crée des vins « de marque » tels le « Léo & Co » (décliné dans les 3 couleurs rouge, rosé et blanc) dont les bouteilles sont capsulées à vis (car le consommateur lambda de Kansas City ou de Hang-Zhou ne possède pas forcément un tire-bouchon). L’étiquette porte la marque du vin et la contre-étiquette (au dos de la bouteille) indique les caractéristiques obligatoires (AOC Gaillac, l’année de production, etc). Ce qui est sérieux c’est qu’une bouteille de

Créée en 1953, elle regroupe 1 290 hectares de vignes et 240 coopérateurs . Elle produit 80 000 hectolitres dont 5,6 millions de bouteilles sur les appellations Gaillac, Côtes du Frontonnais et Vins de Pays des Côtes du Tarn. Elle compte 43 salariés. Tout comme ses concurrentes locales, la cave de Rabastens a mis en service tout un système de contrôle de la qualité. Le haut de gamme est un Gaillac rouge appelé « Château d’Escabes Prestige », un vin de garde dont l’élaboration sert d’exemple et d’apprentissage de démarche qualitative à tous les coopérateurs. Cave des Vignerons de Rabastens 33 Route d’Albi, 81800 Rabastens, tél. : 05 63 33 73 80 www.cavederabastens.com

La « Cave de Técou »

Créée en 1953, elle regroupe 913 hectares de vignes (dont 741 hectares plantés en rouge et 172 hectares en blanc) et 106 coopérateurs. Elle produit 55 000 hectolitres dont 1/3 en AOC Gaillac et 2/3 en Vin de Pays des Côtes du Tarn. Elle compte 26 salariés et annonce un chiffre d’affaire annuel de 6 millions d’euros. Cette cave décline ses produits sur quatre gammes commerciales au prix décroissant : Le « Gaillac Passion »

© ILLYCH - FOTOLIA

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(l’excellence), le « Gaillac Fascination » (le charme), le « Gaillac Evocation » (l’authenticité) et enfin les produits plus atypiques (la fantaisie). Dans cette cave, la vente de vin en vrac représente 81% du volume commercialisé ; de ce fait, la part à l’exportation n’est que de 1% du volume total.

Le vignoble des Côtes du Brulhois

Cave de Técou

81600 Técou, tél. : 05 63 33 00 80 www.cave-de-tecou.fr

La cave de Técou

A signaler que les caves de Rabastens et de Técou viennent de créer une union commerciale intitulée « Vinovalie » avec la Cave des Côtes d’Olt (appellation Cahors) et la Cave de Fronton (appellation Côtes du Frontonnais) pour mener des actions à l’exportation ainsi que sur le marché français. Les Vins de Pays des Côtes du Tarn sont produits sur la même zone que l’appellation Gaillac et par les mêmes producteurs privés ou les mêmes coopératives. Les vins de Gaillac sont des vins très agréables et faciles à boire. S’ils jouent correctement le « jeu » de la mondialisation, ils sont aptes à conquérir de nombreux marchés à l’exportation. Ces vins étaient déjà très appréciés des rois de France depuis François Ier ! www.vins-gaillac.com

LES CAVES DU TARN-ETGARONNE

Le département du Tarn et Garonne produit les vins de quatre appellations VDQS : Lavilledieu, Saint-Sardos, Côtes du Brulhois, Coteaux du Quercy ainsi qu’un Vin de Pays des Coteaux et Terrasses de Montauban.

Le vignoble de Lavilledieu

Etalé sur les terrasses surplombant le Tarn et la Garonne, ce petit vignoble (43 hectares) produit des vins blancs, rosés et rouges de bonne qualité. La Cave Coopérative de Lavilledieu-du-Temple a été créée en 1949,

deux ans après l’attribution de l’appellation VDQS. Elle compte aujourd’hui 30 coopérateurs et représente plus de 90% des vins de Lavilledieu. Très concernée par le désir de conquête de marchés étrangers, la cave produit à la fois des vins traditionnels et des vins « marketing » destinés à de nouveaux consommateurs. La gamme des rouges propose 6 étiquettes de domaines divers variant les cuvées composées de négrette, syrah, cabernet franc, gamay et tannat. A signaler un vin « hors normes » (car produit avec un cépage non prévu dans la charte VDQS), un rosé moelleux très parfumé à base de Muscat de Hambourg et appelé « Coup de Folie », idéal pour l’apéritif. La cave produit aussi d’excellents VDQS Coteaux du Quercy dont la zone d’appellation s’étend à la fois sur le Tarn-et-Garonne et sur le Lot. Cave de Lavilledieu 337 Route de Mauzac 82290 Lavilledieu-du-Temple, tél. : 05 63 31 60 05

Le vignoble de Saint-Sardos La cave de Saint Sardos

Promue VDQS en 2005, cette appellation recouvre 200 hectares de vignes plantées au sud de la Garonne, autour du village du même nom. Les cépages qui produisent rouges et rosés sont la syrah, le tannat, le cabernet franc et le merlot. La cave élabore aussi quelques blancs, notamment de délicieux moelleux. La quasi totalité de l’appellation est produite par la cave coopérative qui est à l’origine du classement en AOVDQS. Un gage du très bel effort effectué par ces vignerons . Un rapport qualité/prix très intéressant et des produits d’excellente facture ! Cave de Saint-Sardos Le Bourg, 82600 Saint-Sardos, tél. : 05 63 02 52 44 www.cave-saint-sardos.com

Cette petite appellation (206 hectares) étend ses vignes sur 3 départements : Le Tarn-etGaronne, le Lot-et-Garonne et une petite partie du nord du Gers. La cave principale se situe à Donzac/Dunes, dans le Tarn-etGaronne, à deux pas de la centrale nucléaire de Golfech. La cave annexe (Cellier du Brulhois) étant à Layrac/Goulens, au sud d’Agen. La presque totalité des vins de cette appellation provient de la coopérative bien qu’il y ait quelques producteurs indépendants. Le vin le plus connu de cette appellation est le « Vin Noir », un rouge très sombre obtenu avec 35% de cabernet franc, 35% de merlot et 30% de tannat. Un vin charpenté, destiné à la garde. Mais la production s’étend aussi à toute une gamme de rouges et à quelques rosés. A signaler, comme à Lavilledieu, un rosé moelleux obtenu à partir de « Muscat de Hambourg » et dénommé « Grain d’Amour », excellent pour l’apéritif ! Cave des Vignerons du Brulhois 82340 Donzac/Dunes, tél. : 05 63 39 91 92 www.cave-de-donzac.com

Le vignoble des Coteaux du Quercy

Ces vins ont été classés en VDQS depuis 1999 bien que ce vignoble ait ses origines dans l’occupation romaine de la Gaule. La zone (144 hectares) s’étend à la fois dans les départements du Lot et du Tarn-et-Garonne, sur les collines au sud de l’AOC Cahors. Des producteurs indépendants et 3 coopératives mettent sur le marché ces vins rouges et rosés issus du cabernet franc (cépage principal) mais aussi du tannat, cot, merlot et gamay. Deux de ces coopératives sont dans le Tarn-et-Garonne : Celle de Lavilledieu (voir plus haut) et celle des « Vignerons du Quercy » à Montpezat. La troisième est dans le Lot, à Parnac (voir à Lot). Les vins produits à Montpezat dont le rouge « Peyre Farinière », le haut de gamme « maison », élevé en fûts de chêne, sont tout à fait excellents. Cave des Vignerons du Quercy RN 20, 82270 Montpezat de Quercy, tél. : 05 63 02 03 50

Quant au « Vin de Pays des Coteaux et Terrasses de Montauban », peu (ou pas ?) de mise en bouteilles mais surtout de la vente en vrac. Comment situer un vin de pays en bouteilles, sur le plan économique, alors qu’il existe localement les quatre AOVDQS citées dans cet article, à des prix très compétitifs ? Dossier réalisé par Jean-Paul Amic

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Ça s’bouffe pas... Jean-Pierre Coffe ne mâche pas ses mots !

Chroniqueur à la télévision, homme de radio sur France Inter où il anime chaque samedi « ça se bouffe pas, ça se mange », Jean-Pierre Coffe nous raconte sa vie originale et nous rappelle ses combats personnels. Avec sa verve habituelle, bien sûr…

Jean-Pierre Coffe au Château Saint-Go, dans le Gers

N

ous avons rencontré Jean-Pierre Coffe lors de son passage dans le Sud-Ouest, à l’occasion des Fêtes de Saint-Mont. Le Canard AMP : D’où êtes-vous originaire ? Jean-Pierre Coffe :Je suis né à Lunéville en Lorraine. Mon père coiffeur est mort pendant la guerre de quarante. Ma mère, secrétaire a repris le salon durant cette période. Mon grand père paternel était maraîcher et c’est l’une des raisons pour lesquelles je m’intéresse à la culture des produits. Lunéville était une ville de garnison et mon grand-père avait des terres juste à la sortie du bourg. A cette époque, comme dans toutes les villes de France, il y avait une ceinture maraîchère dont la mission était de nourrir les habitants, les écoles, les hôpitaux, les prisons, etc. Tout cela a disparu maintenant avec l’installation des marchés d’intérêt nationaux et surtout avec toutes ces chaînes de bâtiments construites autour des villes. Le Canard AMP : Et vos grand-mères ? Jean-Pierre Coffe : Ma grand-mère maternelle était cuisinière dans une maison bourgeoise. Mon autre grand-mère ne travaillait pas, elle cuisinait à la maison les légumes de son mari. Mais pour être très sincère, je ne pense pas que ma passion pour le « produit » vienne de là. Car en définitive ça n’est pas la cuisine qui m’intéresse vraiment, c’est le « produit ». Cette passion me vient d’un séjour en Suisse. Mon père étant 36 - Le Canard A-MP - N°14

mort pendant la guerre, j’étais pupille de la nation. Et après la guerre, la Croix Rouge Suisse a recueilli des enfants de familles nécessiteuses. Je suis parti dans une famille miraculeuse, les Fleury, dans le Jura Suisse à Montmelon-Dessous. C’était une vraie ferme avec un verrat, des chevaux, des vaches, des poules, des lapins… Ils m’ont accueilli comme leur propre enfant pendant deux ans et j’ai vraiment appris la vie de la ferme. Je sais traire, nettoyer le fumier au cul des vaches, remettre de la paille, garder le cochon quand une truie arrivait pour être montée…On allait faner avec la fourche sur l’épaule. Pendant les moissons, on liait à la main, il n’y avait pas de machines. Je n’allais pas a l’école… c’était l’école de la vie ! Le Canard AMP : Vous avez repris vos études ensuite ? Jean-Pierre Coffe : Mes études se sont mal passées. Je ne suis pas allé plus loin que le certificat d’études. Nous avons vécu un peu à Nancy, puis nous nous sommes installés à Paris. Je voulais faire du théâtre et je suis allé au cours Simon. Ma mère, en dehors de ses activités de secrétariat était musicienne. Tous les samedis après-midi elle m’emmenait à l’opéra, au théâtre, à l’opéra comique voir tous les spectacles. Le Canard AMP : Mais le cours Simon devait coûter cher ? Jean-Pierre Coffe : Je travaillais la nuit dans

Le Canard AMP : De Job à aujourd’hui, votre parcours a été mouvementé ? Jean-Pierre Coffe : C’est une série de hasards et de circonstances. Pendant cette période heureuse des trente glorieuses, on avait du boulot comme on voulait. Je plains les mômes de maintenant qui cherchent à bosser. Un patron vous faisait chier on lui disait « au revoir monsieur », le lendemain on avait du boulot. J’ai continué dans le papier : le papier d’imprimerie, la photogravure, l’encre, etc. Ensuite je me suis occupé des Jeux Olympiques de Grenoble, j’ai eu un cabinet de relations publiques… J’ai fait énormément de trucs amusants. Puis j’ai monté une opération qui s’appelait « les grand-mères au pair » qui consistait à placer pour les vacances des personnes âgées dans des familles. Ca a été un flop terrible et © Radio France / Christophe Abramowitz

© Jean-Louis Le Breton

une teinturerie où j’ai appris le pressing et le repassage pour payer mes cours. C’était très excitant. J’ai eu très vite le premier prix Marcel Achard et je suis parti en tournée dans toute la France pendant trois ou quatre ans jusqu’au service militaire. J’ai joué des petits rôles. Etant pupille de la nation, je n’ai pas été obligé d’aller en Algérie. Ensuite je me suis marié et je me suis mis à travailler. J’ai passé une petite annonce disant : « ne sait rien faire, mais plein de bonne volonté » ! Et j’ai eu onze réponses ! J’ai été engagé chez Job, le papier à cigarettes.

Jean-Pierre Coffe tous les samedis sur France Inter


© R. Mazin

j’ai été ruiné une première fois. J’ai vendu ma maison, j’ai tué mes poules, mes lapins, mes cochons… Et avec tous ces produits j’ai ouvert un premier restaurant ! D’abord rue Saint-Honoré, puis rue Rambuteau, place Beaubourg et le dernier rue de Miromesnil. Par le plus grand des hasards Pierre Lescure et Jean-Louis Burgat qui montaient Canal Plus étaient clients chez moi. Ils m’ont demandé si je voulais venir. Je ne voulais pas y aller, mais mon meilleur ami Jean Carmet m’a dit « tu es complètement con ! Il faut que tu fasses de la télé, que tu te différencies ! » J’ai passé une audition comme tout le monde et j’ai démarré le 4 novembre 1984, le matin dans le « 7-9 ». Puis j’ai travaillé avec Michel Denisot dans « La Grande Famille » et ensuite avec JeanLuc Delarue.

© Radio France / Christophe Abramowitz

...ça s’mange !

«ça s’bouffe pas, ça s’mange » !

pousser des coups de gueule. C’est ce que vous aimez faire ? Jean-Pierre Coffe : D’abord personne n’est obligé de venir. Ou bien les gens jouent le jeu de la vérité, ou bien ils ont envie d’essayer de nous avoir et de nous la faire belle. Mais nous avons des dossiers et je suis entouré de journalistes, on a du biscuit pour répondre. Et si on connaît bien un dossier on ne se laisse pas embourber par un mec qui vient nous raconter des salades ! Le Canard AMP : Avez-vous eu des procès ? Jean-Pierre Coffe : Il y a eu un procès que j’ai gagné. Le sel de Guérande a écrit au Président de Radio France pour dire que je touchais de l’argent des Salins du Midi. C’est moi qui ai intenté le procès et j’ai gagné.

Jean-Pierre Coffe au paradis des bons produits !

Le Canard AMP : Vous avez ensuite multiplié vos activités. C’était pour rester indépendant ? Jean-Pierre Coffe : Dans le monde de la télé il n’y a pas de contrat à long terme, on est vraiment intermittent du spectacle. Donc j’ai décidé d’écrire, de faire de la radio, de la télé et des tas de choses pour être indépendant. Je voulais pouvoir payer mes additions, acheter les produits dont je parle, acheter le vin quand je fais un Guide des Vins et ne pas être dans l’obligation de quémander ou de bouffer à l’œil dans un resto sous prétexte que je vais faire un papier derrière. Le Canard AMP : Depuis quelques années vous animez l’émission « Ça se bouffe pas ça se mange » sur France Inter. Vous n’hésitez pas à bousculer vos invités et à

Le Canard AMP : Quels sont aujourd’hui les combats qui vous paraissent les plus importants pour l’alimentation de demain ? Jean-Pierre Coffe : Il reste des problèmes de traçabilité importants à gérer. Exemple : un produit qui est importé perd sa nationalité et devient français dès l’instant où il est transformé. C’est le cas des canards, des lapins, des poulets, c’est même le cas de la merde ! La merde chinoise transformée en France devient une merde française ! Il faut que l’origine des produits soit indiquée ! Cette confusion est grave ! On ne doit pas non plus tolérer les améliorants dans les produits s’ils n’ont pas été analysés : les colorants, les épaississants, tout ce que vous voulez. Il y en a à peu près 10 000 dans le circuit, et seuls 3000 ont été analysés ! Je pense également qu’il faudrait régler le problème du « sous-vide » : est-ce un procédé de cuisson ou de conservation ? On ne sait pas. Il y a des productions sur lesquelles la législation manque de rigueur. Et il faudrait en priorité former les enfants dans les éco-

les. Et il faut aussi former des techniciens capables d’aider les municipalités à choisir les entreprises qui vont assurer l’alimentation quotidienne des enfants, des vieillards, des malades et des prisonniers. Le Canard AMP : Quelle vision avez-vous des agriculteurs d’aujourd’hui ? Jean-Pierre Coffe : C’est difficile. Les malheureux, on leur a fait croire tellement d’histoires… Je ne comprends pas pourquoi on continue à arroser des champs de maïs quand on manque d’eau alors qu’avec du sorgho on aurait la même valeur protéïque sans avoir besoin d’eau. Le lobby maïs est très puissant. Le Canard AMP : Que pensez-vous des OGM et de l’attitude de José Bové ? Jean-Pierre Coffe : Je suis d’accord sur le fond mais je n’admets pas les procédés. La violence et l’atteinte au patrimoine d’autrui ne sont pas un moyen pour aboutir à ses fins. On peut faire autrement. Sur les OGM je pense qu’il faut avoir des certitudes avant de semer. J’ai fait deux émissions sur le sujet et j’ai eu deux fois des gens de Monsanto. Ils nous ont avoué que pour la recherche médicale ils ne faisaient rien. Ce n’est pas leur problème. C’est un leurre la recherche médicale par rapport aux OGM. C’est du camouflage, on nous raconte des salades. Il faut prendre du recul. En fait il faudrait des Etats Généraux de l’Agriculture pour que tous les problèmes soient traités sérieusement. Il devrait aussi y avoir un seul grand ministère qui regroupe l’agriculture, la consommation et la santé ! C’est aussi important que l’économie ! Le Canard AMP : Vous avez participé aux fêtes de Saint-Mont organisées par la coopérative Plaimont ? Pourquoi ? Jean-Pierre Coffe : Parce que j’ai écrit deux ou trois livres sur les vins à moins de 10 euros. Et lors de leur préparation, j’ai été bluffé par la philosophie de Bernard Bonnet et André Dubosc. Je trouve que c’est ça le vrai travail de coopérateur : ils encouragent et forment leurs adhérents pour faire des produits de qualité. Ils n’acceptent pas leur vin s’il n’est pas conforme à un certain nombre de normes, de principes et de règles. Les gars apprennent l’Anglais, l’Allemand, ils sont responsables avec des commerciaux pour vendre leurs produits sur place. Leur travail est tout à fait épatant. Propos recueillis par Jean-Louis Le Breton

www.jeanpierrecoffe.com

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La forêt landaise... Rencontre avec Jean-Paul Kauffmann La maison du retour, dans les Landes

C’est au cœur de la forêt des Landes que le journaliste-écrivain Jean-Paul Kauffmann a choisi de s’installer. Dans son dernier livre, « La maison du retour », il raconte comment il s’est reconstruit en ce lieu après ses trois années de détention au Liban. Nous sommes allés à sa rencontre et nous avons trouvé un homme en paix avec ses contradictions. © Jean-Louis Le Breton

tion à cause de ce milieu rempli d’odeurs. J’ai baigné dans ces arômes de pain, de pâte à choux, de brioches…

I

Jean-Paul Kauffmann dans sa maison des Landes : un nouveau départ

l pleut sur les Landes lorsque ma voiture pénètre dans l’airial qui entoure la maison de Jean-Paul Kauffmann. J’ai lu son livre – La maison du retour – avec délectation et je suis impatient de faire connaissance avec l’homme et le lieu. L’une des chansons de Laurent Voulzy s’intitule « Il y a quelque chose caché derrière » et c’est exactement ce que j’ai ressenti en pénétrant par la lecture dans l’univers du journaliste-écrivain. J’imagine à quel point l’épreuve de sa détention au Liban a pu être rude. Mais j’ai aussi compris que 18 ans plus tard il ait envie de parler d’autre chose. Et ça tombe bien parce que ma curiosité naturelle m’incline à découvrir l’homme qu’il était avant et celui qu’il est devenu après. Donc nous ne parlerons pas du Liban, mais seulement de ses conséquences. A le lire, j’ai ressenti ses passions pour la musique, le bon vin, la littérature, la nature et la bonne cuisine. Le goût de la vie est simple et tenace. Je viens donc avec gourmandise me régalant à l’avance de la conversation que je vais déguster. Jean-Paul Kauffmann est un homme doté d’une réserve naturelle. Pas de la timidité, mais le besoin de se préserver un espace de calme

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Le Canard AMP : Et d’où vient votre goût de la lecture ? J.-P. Kauffmann : A l’âge de 11 ans, mes parents m’ont envoyé comme interne au collège religieux. Je ne revenais chez moi qu’à Noël, Pâques et aux grandes vacances. J’en ai un souvenir assez douloureux, alors que mon enfance était extrêmement libre et très heureuse. Le dérivatif à tout ça était la lecture et je suis devenu un lecteur boulimique. C’était un moyen d’échapper à cette triste situation.

quand on un caractère plutôt solitaire comme le sien. Il a pris soin de border notre entretien en le limitant à une heure. Mais deux heures après mon arrivée, nous nous promenons encore dans son jardin où il me démontre l’efficacité de ses pièges à taupe. Il s’est donc passé quelque chose de bien. Un petit moment de complicité entre deux personnes qui ne se connaissent pas mais qui ont du plaisir à échanger. Impossible de retranscrire l’entretien en entier. J’ai conservé les parties qui nous éclairent sur son parcours personnel et professionnel. Et bien sûr ce qui concerne ses rapports avec ce lieu des Landes où il s’est reconstruit en partie (le reste de cette reconstruction, il le doit sans doute à ses proches, mais par tact, je n’ai pas abordé ce sujet).

Le Canard AMP : Quelles études avezvous suivies ? J.-P. Kauffmann : J’ai fait l’école de journalisme à Lille. J’en suis sorti en 1966. Après je suis parti au Québec pour faire mon service militaire au titre de la coopération. J’y suis resté trois ans et demi. En 1970 je suis entré à Radio France International où je suis resté sept ans. En 1977 j’ai fait partie de l’équipe fondatrice du Matin de Paris (1). Je faisais aussi bien des reportages à l’étranger que des portraits d’hommes politiques, d’écrivains, etc. En novembre 1984 je suis entré à l’Evénement du Jeudi. J’ai été enlevé le 22 mai au Liban. Après trois années de détention j’ai été libéré le 4 mai 1988. Ensuite j’ai abandonné le métier de journaliste, en tout cas dans sa quotidienneté.

Le Canard AMP : D’où êtes vous originaire et comment s’est passée votre enfance ? J.-P. Kauffmann : Je suis né dans la Mayenne. En 1945 mes parents ont acheté une boulangerie dans un petit village au sud de Rennes. C’était un réservoir olfactif et donc un apprentissage des odeurs. C’est comme pour l’exercice de la dégustation du vin, ça s’apprend. J’avais peut-être une prédisposi-

Le Canard AMP : Vous avez travaillé pour une revue sur le vin et le cigare ? J.-P. Kauffmann : En 1981 je m’occupais à mes moments perdus de la revue « L’amateur de Bordeaux ». Je faisais ça en plus de mon travail de reporter. Certains font des collections de timbres, du golf ou du ski. Mes occupations du week-end étaient consacrées au vin de Bordeaux. « L’amateur de cigares » a été créé en 1994.


... au coeur ! Le Canard AMP : Vous avez été élevé dans un milieu très catholique. Lorsque vous avez commencé à travailler, avez-vous évacué la question religieuse ? J.-P. Kauffmann : Oui. Pendant mes trois années à Lille, ça s’était tiédi singulièrement. Mais aujourd’hui, je me sens plutôt chrétien que catholique. Le Canard AMP : Quelle a été votre vie de journaliste ? J.-P. Kauffmann : J’ai toujours voulu être journaliste mais j’étais un peu à part. Ma vocation repose sur un malentendu. J’aimais les livres, la littérature et écrire. Je me suis dit « pour moi ça sera le journalisme ». La réalité du métier n’a rien à voir avec cela. Je ne suis pas timide mais plutôt réservé. Mais malgré tout j’exerçais ce métier avec un certain culot. Je crois beaucoup au duel des contraires. Je pense que deux contradictions peuvent cohabiter. Pour RFI j’ai couvert l’indépendance de l’Angola en 1975. Je suis allé en Ethiopie, etc. Malgré mes contradictions, j’étais très curieux. Dans ce métier, il faut garder une certaine dose d’innocence. Il n’y a rien de pire qu’un journaliste désenchanté. Personnellement, je ne vois pas quel autre métier j’aurais pu exercer…

Le Canard AMP : Avez-vous fait des rencontres inoubliables ? J.-P. Kauffmann : Je suis allé voir plusieurs fois Georges Simenon à Lausanne où il était retiré vers la fin de sa vie dans une petite maison. Je me souviens de l’interview… j’étais assis sur son lit ! C’est comme ça que l’on devient vieux… en revenant au périmètre étroit de l’enfance… J’ai rencontré Julio Cortazar, Marguerite Yourcenar et Hergé. Ce dernier m’a beaucoup marqué, j’avais l’impression de serrer la main de Balzac ! Le Canard AMP : Pourquoi avoir choisi les Landes comme lieu de vie ? J.-P. Kauffmann : Comme pour beaucoup de Français qui traversent cette forêt pour aller au pays Basque ou en Espagne, les Landes étaient un blanc sur la carte. Je trouvais que c’était plat. Je n’avais absolument pas pensé à m’établir dans ce coin. Mais peu à peu je me suis laissé prendre par la beauté secrète de cette forêt. Je sais que pour certains ce paysage peut paraître oppressant les jours de pluie par exemple. « Quand ce ciel bas et lourd pèse comme un couvercle… » disait Baudelaire. Pour moi, ça ne l’est pas du tout.

Le Canard AMP : Ce qui vous a plu, c’est le côté ouvert de la maison. Mais dans le livre vous ne voulez pas citer le nom du village dont vous dépendez. Vous craignez que des gens viennent vous voir ? J.-P. Kauffmann : Non. Ici les gens sont parfaits et respectent mon besoin d’isolement et de relative solitude. Mais c’est un chemin qui est ouvert à tous et il ne faut pas mésestimer la part de voyeurisme qu’il y a chez certains. La forêt landaise est un paysage très aéré, très ouvert, pas borné. De plus en vieillissant, j’ai pris goût à la botanique. C’est comme pour le vin. Pour apprécier il faut connaître, identifier les arbres, savoir qu’il s’agit de telle ou telle essence… Le Canard AMP : Lorsque vous achetez cette maison elle est en très mauvais état. Vous entreprenez des travaux qui vont durer plusieurs mois. Y-a-t-il un parallèle avec votre état psychologique d’alors ? J.-P. Kauffmann : Oui c’est sûr. C’est évident après, mais je n’en ai pas eu conscience sur le moment. Je ne savais pas que j’étais en réparation moi aussi. C’est aussi la raison pour laquelle je n’ai pas envie que ça se termine. Car quand on m’a annoncé que les travaux étaient finis, j’imagine que je n’étais pas totalement « réparé ». D’ailleurs le suis-je aujourd’hui ?

© Jean-Louis Le Breton

Le Canard AMP : Ecrivain ? J.-P. Kauffmann : Oui. Mais j’étais velléitai-

re. Il a fallu cette épreuve pour que ça se décoince. A l’époque je commençais beaucoup de romans, mais écrire n’était pas vital.

«J’ai un rapport névrotique au livre qui s’est peut-être reporté sur les arbres.» Le Canard A-MP - N°14 - 39


© Jean-Louis Le Breton

L’auteur dans son airial landais.

Le Canard AMP : Il y a un côté gestation dans tout cela. Vous êtes enfermé dans la maison pendant que le « travail se fait » comme si vous étiez dans un utérus en attente d’une nouvelle naissance… J.-P. Kauffmann : Je n’avais pas pensé à cette comparaison. Mais il est tout à fait vrai qu’il y a un aspect renaissance. Le Canard AMP : Vous avez vécu plusieurs mois dans l’inconfort. On a l’impression que ça a été un plaisir pour vous. J.-P. Kauffmann : Oui, car le retour est violent et brutal. Ce passage à la lumière a quelque chose de lazaréen, de sortie de tombeau. Vous êtes dans un état de sidération par rapport au monde extérieur qui vous paraît marqué par l’abondance des bruits, des visages, des expressions alors que vous avez vécu dans une totale frugalité. Et donc on a besoin de solitude, de silence. Ça peut être très mal interprété par l’entourage qui se dit « il est brisé, il a envie de revenir à l’état d’avant ». Sauf que c’est librement choisi. J’ai très vite eu besoin de ce silence et le lieu correspondait parfaitement à ça. Le Canard AMP : Deux ouvriers sont pourtant en permanence dans la maison pour effectuer les travaux. Vous les surnommez Castor et Pollux. Ils parlent très peu, vous ne les voyez pas beaucoup. Avezvous pensé qu’ils étaient un peu comme vos geôliers ? J.-P. Kauffmann : Oui, on me l’a déjà dit. On écrit souvent à son insu. Ces deux personnages peuvent être en effet une représentation de ces geôliers. Mais leur présence ne m’a pas été imposée. Elle était voulue. Le Canard AMP : Pendant cette période le soir, vous lisez du Virgile… parce que vous

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avez trouvé ce livre sur place ! Vous dites «on ne lit plus de la même façon quand on est enfermé ». J.-P. Kauffmann : A Paris, j’avais beaucoup de livres que j’aurais pu rapatrier. Mais j’ai trouvé cette édition de Virgile que l’ancien propriétaire avait abandonnée parmi d’autres objets. Et j’avais un peu ce désir de frugalité que j’ai du mal à exprimer. Le Canard AMP : Dans votre livre, le rapport avec vos voisins est important. On a l’impression que vous vivez dans une bulle qu’ils viennent percer de temps en temps. Vous portez sur eux un regard aigü… J.-P. Kauffmann : Vous voulez dire pas gentil ? Le Canard AMP : Non, pas méchant, mais sans concession… J.-P. Kauffmann : Je ne les juge pas trop tout de même. Je parle beaucoup du tact. Aujourd’hui les gens en manque. On est direct, on se dit « authentique » alors qu’on prononce des mots qui ne correspondent plus à rien. On n’a jamais vu une période aussi « inauthentique ». Il y a vingt ou trente ans j’étais moins indulgent. Mais je ne suis pas une figure vertueuse non plus. C’est peut-être le privilège de celui qui prend un peu de bouteille que de défendre l’éthique de l’amateur. De celui qui considère avec distance, ironie et indulgence le monde extérieur mais qui sait aussi se moquer de lui-même. Le Canard AMP : L’un des personnages avec qui vous discutez dans le livre ne s’intéresse pas du tout à la littérature et à l’imaginaire… J.-P. Kauffmann : Je connais des gens qui n’ont pas lu un seul livre et qui ont une richesse intérieure extraordinaire. Mais la littérature fait partie de mon être profond.

J’ai un rapport névrotique au livre qui s’est peut-être reporté sur les arbres. J’en plante beaucoup. Au fond les livres sont faits avec les arbres. Le Canard AMP : On ne connaît pas la partie épicurienne de votre personnalité. Vous avez une phrase géniale sur le vin : « c’est la seule matière vivante qui devient délectable en vieillissant… » J.-P. Kauffmann : Oui, je n’en connais pas d’autre. Ça pose le problème du temps. L’être humain traverse fugitivement l’existence. Elle est fugace, éphémère. L’homme est le seul animal qui sait qu’il doit mourir. Le prisonnier doit résoudre l’épreuve du temps chaque jour. Contrairement à l’expression « on ne tue pas le temps », c’est lui qui vient à bout de vous. Le vin devient délectable en vieillissant mais il a aussi la capacité à remonter le temps. Quand vous buvez une bouteille de 1945, une très bonne année, le vin est imprégné d’histoire. Le Canard AMP : Et le cigare ? J.-P. Kauffmann : C’est un plaisir qui part en fumée et qui finit en cendres. Il est lié au problème du temps. Le temps est comme suspendu pour les gens qui fument un cigare. La cigarette se fume de manière compulsive. Le cigare est un plaisir coûteux. Il faut choisir son moment et son lieu pour l’allumer. Je connais beaucoup de gens qui sont dans l’action, mais quand ils fument le cigare, ils arrêtent la pendule et se mettent entre parenthèses. Propos recueillis par Jean-Louis Le Breton

(1) Quotidien financé par le Nouvel Observateur La Maison du retour - Jean-Paul Kauffmann - Nil Editions 296 p. 19 €


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De la contestation De Trotsky à la Fnac !

La Fnac vient d’ouvrir un nouveau magasin en périphérie de Bayonne. A priori, pas de quoi justifier un article dans ces colonnes. Sauf qu’à cette occasion nous avons rencontré le grand patron de la Fnac, Denis Olivenne, et que nous l’avons interrogé sur son parcours personnel. Un itinéraire hors du commun pour comprendre comment on passe de Trotsky à l’économie de marché en gardant le sourire et la pêche. Denis Olivenne : J’étais normalien. Mais j’avais eu un passé quand j’étais plus jeune… comme les fondateurs de la Fnac ! Je m’étais engagé à l’extrême gauche et j’avais envie d’action. Le Canard AMP : Vous étiez à la Ligue Communiste Révolutionnaire ? Denis Olivenne : Absolument. J’étais jeune, j’avais de la testostérone et un idéal de justice. J’ai ensuite fait l’ENA, je suis sorti à la Cour des Comptes et j’ai travaillé pendant deux ans au cabinet de Pierre Bérégovoy qui était premier ministre.

Denis Olivenne a choisi l’action : «Je jouis de voir s’accomplir des choses...»

D

enis Olivenne n’est pas bêcheur. Il est le « big boss » de la FNAC en France et il s’est déplacé à Biarritz à l’occasion de l’ouverture d’un nouveau magasin en périphérie. Bien sûr, ce type d’ouverture n’est pas sans explication. La Fnac, couramment présente dans le coeur des grandes villes, a décidé de porter le fer en banlieue où s’épanouissent les centres culturels Leclerc et autres enseignes multimédia. Encore un coup dur pour les petits libraires qui se maintiennent grâce à la loi Lang, datant du 10 août 1981. Celle-ci interdit à tout marchand de livres de consentir un rabais de plus de 5% du prix fixé par l’éditeur. Ce faisant, un livre acheté à la Fnac ne coûtera pas plus cher que chez son libraire. Mais la Fnac gagnera toujours plus d’argent que le libraire, car ses volumes de vente lui permettent de négocier des rabais bien plus conséquents chez l’éditeur ou le diffuseur. Si Denis Olivenne n’est pas bêcheur, c’est

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qu’il a accepté facilement une interview que nous avons menée en dehors des sentiers convenus lors de cette ouverture de magasin. Le Canard AMP : Dans notre magazine, on aime avant tout parler des hommes. Quel est votre parcours personnel ? Denis Olivenne : J’ai suivi un parcours sinueux. Je suis le prototype de la formation à la française. J’ai commencé par faire des études de lettres. Puis j’ai rencontré le père d’un de mes copains qui était une grande figure de la fonction publique : Simon Nora. Il avait été un grand résistant, puis conseiller de Mendès-France et il était directeur de l’ENA quand nous avons fait connaissance. Il m’a dit « toi tu es fait pour l’action, tu ne vas pas être prof… » et donc j’ai fait l’ENA ! Le Canard AMP : A ce moment-là, où en étiez-vous de vos études ?

Le Canard AMP : Ce n’était pas une contradiction d’avoir cet engagement contestataire et de rentrer dans ces institutions ? Denis Olivenne : Oui. J’avais vieilli et dérivé. Et d’ailleurs je me suis souvent demandé si l’homme mûr que je suis aurait serré la main du jeune homme que j’étais. Mais je ne réponds pas à cette question. Je crois que le jeune homme avait un idéal plus intact que moi. Le Canard AMP : Il vous aurait respecté ? Denis Olivenne : En tout cas je lui aurais dit « j’ai mûri et je pense que si tu veux vraiment changer le monde, il faut que tu mettes les mains dedans. » Le Canard AMP : Vous avez donc choisi une autre forme d’action. Denis Olivenne : Oui. Après deux ans avec Pierre Bérégovoy, Christian Blanc m’a proposé de le rejoindre à Air France qui à cette époque se trouvait en crise grave, au bord du dépôt de bilan. Toute l’équipe a sauvé la compagnie et j’ai goûté le plaisir de l’entreprise. Je me suis dit « c’est ça que je veux faire dans la vie » ! Le Canard AMP : Pourquoi ? Denis Olivenne : Parce qu’on voit ce que l’on fait. Si on se trompe, la sanction est immédiate. On a pris cette compagnie en perdition. On l’a sauvée et avec elle 55 000 emplois ! Aujourd’hui c’est la meilleure


à l’action ! compagnie d’Europe. Franchement, j’ai pensé : « ça a du sens ! ». Ensuite Pierre Lescure, le Président de Canal Plus, m’a proposé de le rejoindre. D’abord pour gérer une filiale. Puis les difficultés de Canal s’étant accrues, pour essayer de l’aider comme Directeur Général pendant deux ans mais dans des circonstances très difficiles. Il y avait Jean-Marie Messier. Je me suis fâché à mort avec lui et il m’a viré. Puis j’ai été embauché à la Fnac. Le Canard AMP : A ce niveau de responsabilité, quel rapport avez-vous avec la notion de « pouvoir » dans l’entreprise ? Denis Olivenne : Je n’ai personnellement aucune jouissance du pouvoir par luimême. En revanche, la raison pour laquelle j’ai choisi l’entreprise, c’est « le pouvoir d’agir », et collectivement en plus. Je jouis de voir s’accomplir des choses comme à Air France. Je regrette de ne pas avoir réussi à Canal Plus parce que les conditions ne s’y prêtaient pas. Je suis très heureux d’être le capitaine de l’équipe qui emmène la Fnac à la victoire. J’aime motiver et organiser le jeu collectif de l’équipe. Ça peut paraître naïf parce que je sais qu’il y a des rapports de force et une hiérarchie, mais c’est tout de même ça qui me motive. Le Canard AMP : Dans les années 60 on nous promettait la « société des loisirs ». Aujourd’hui on ne parle plus que de la valeur du travail. Avec la Fnac, vous représentez les loisirs ou le travail ? Denis Olivenne : Pour moi, et à titre personnel, les valeurs de travail sont très importantes parce que j’appartiens à une famille qui s’est élevée socialement par le travail. Mon grand père était ouvrier. Je crois au travail comme accomplissement de l’homme. Mais, par ailleurs, la Fnac EST la société des loisirs ! Ce qu’on offre aux consomma-

teurs, ce sont des livres, etc. Je crois qu’un jour Pierre Perret a dit que pour lui Fnac voulait dire « Fenêtre Nouvelle sur Autre Chose » ! Si on peut participer à la découverte par les citoyens et citoyennes d’horizons nouveaux, d’imaginaire, de sensibilité, on est heureux. Le Canard AMP : La philo oppose souvent Action et Contemplation. Dans les gens de votre génération*, on en a vu beaucoup partir à Katmandou pour réfléchir. Qu’estil resté de tout ça ? Denis Olivenne : Moi, j’aime bien réfléchir… Je prends du temps pour marcher et gamberger, c’est un besoin. La réflexion inspire l’action. Quand Rousselet l’avait engagé, Pierre Lescure lui avait dit « je vous demande une seule chose : le droit de glander ! ». Il avait besoin d’absorber l’environnement pour être créatif et imaginatif. Je crois volontiers à ça. On a besoin de nourrir son imaginaire. Le Canard AMP : la stratégie d’implantation de la Fnac en périphérie est récente. Que signifie-t-elle ? Denis Olivenne : Elle date d’il y a deux ans. Elle correspond au fait que 50% de la consommation des livres, des disques, des films, des produits techniques se fait maintenant dans la périphérie des villes parce que c’est là qu’habitent les gens désormais. En tout cas au moins autant que dans la ville elle-même. Le Fnac était très présente en centre ville et très absente en périphérie. Il n’ y avait aucune raison de priver ces consommateurs du plaisir de la Fnac. Le Canard AMP : En inversant les choses on pourrait plutôt dire : « la Fnac n’avait pas de raisons de se priver de ce marché »… Denis Olivenne : Absolument, les deux vont

ensemble, bien sûr… Le Canard AMP : Le slogan de la Fnac était « agitateur » ! Qu’est-ce que vous agitez en banlieue ? Ce slogan correspond-t-il encore à quelque chose ? Denis Olivenne : Aujourd’hui, notre slogan est « Certifié non-conforme » ! Cela veut dire qu’on veut mettre en avant certains livres. Bien sûr si vous venez chez nous vous trouverez le Da Vinci Code et Harry Potter. Mais on veut soulever la curiosité des gens et les amener dans des univers qu’ils ne connaissent pas. En musique ou en technologie, c’est pareil, on va vous montrer des innovations. Le Canard AMP : Et là vous faites confiance à vos vendeurs pour « organiser les têtes de gondoles » ? Denis Olivenne : Oui. Ce sont eux qui peuvent organiser des signatures, faire venir des musiciens, etc. On veut transmettre des passions. Le Canard AMP : Aujourd’hui, vous vous sentez encore proche de l’extrême gauche ? Denis Olivenne : Non, pas du tout. Quand je réfléchis je vois que ce qui m’avait conduit là était un idéal de justice et d’humanité. Celui-là est resté intact. Mais je pense que je me trompais car chaque fois que ces idéaux ont été mis en place ça a été une calamité. Aujourd’hui je crois que l’économie de marché vaut mieux que l’économie administrée, que les libertés valent mieux que la dictature – même quand elle est prolétarienne – je suis donc devenu un démocrate profond. Mais je pense que la société doit être organisée. Le Canard AMP : Vous pouvez exprimer vos choix politiques actuels ? Denis Olivenne : Non. Car la Fnac est le premier libraire de France et il faut que tout le monde sache qu’elle est la maison de tous. Je n’ai pas le droit de me prononcer. Le Canard AMP : Voulez-vous aujourd’hui faire sauter la loi de Jack Lang sur le prix unique du livre ? Denis Olivenne : Non. Finalement la Fnac s’est beaucoup battue contre cette loi. Mais même André Essel, fondateur de la Fnac qui s’est battu contre elle a reconnu plus tard que Lang avait raison. Propos recueillis par Jean-Louis Le Breton

Le nouveau magasin de Bayonne

* Denis Olivenne est né en 1960. Il était donc très jeune en 1968…

Le Canard A-MP - N°14 - 43


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Le Shell Eco-Marathon à Nogaro : la course la plus sympa de l’année ! Depuis 22 ans, des étudiants venus de toute l’Europe s’affrontent dans une compétition d’avenir : parcourir la plus longue distance avec l’équivalent d’un litre de carburant. Le pétrolier Shell qui est à l’origine de cette course de prototypes a lancé une édition américaine : le California Speedway à Los Angeles.

L

e Shell Eco-Marathon a plus d’un tour dans son sac. D’abord c’est la course la plus folle de l’année avec des engins sortis de l’imagination délirante de jeunes étudiants à l’esprit bouillonnant. Ensuite c’est une compétition pour la bonne cause écologique : elle prépare l’avenir en cherchant à déplacer un véhicule le plus loin possible pour la moindre consommation. Enfin c’est

l’un des rares événements sur le circuit de Nogaro (Gers) où l’on voit autant de pilotes féminines : normal, elles sont plus légères que les garçons. Toutes les technologies sont ici au banc d’essai : moteurs traditionnels ou piles à hydrogène. C’est la voiture de demain qui se prépare sous nos yeux. Ils viennent de toute l’Europe à Nogaro pour participer à ce challenge. L’an passé le vainqueur a été le lycée de La Joliverie (Nan-

tes) avec un parcours de 2885 km pour un litre d’essence. Le record jamais égalé est celui de la Pac Car, voiture suisse carburant à l’hydrogène et qui a atteint 5835 km/l l’an dernier sur le circuit Michelin de Ladoux. Incroyable, mais vrai ! Pierre Giès

A Nogaro, Gers, du 11 au 13 mai sur le circuit Paul Armagnac.

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Le Shell Eco-Marathon : l’album photos Première édition en 1985

Los Angeles, avril 2007

L’album photo de l’édition Nogaro 2006

Photo de famille - Nogaro 2006

La Jolivierie, vainqueurs 2006

La voiture gagnante, Nogaro 2006 Le Canard A-MP - N°14 - 47


La bosse... Des chameaux dans le Sud-Ouest !

Ce n’est pas une conséquence du réchauffement climatique, mais le projet un peu fou de deux Anglais, Sarah et Paul Bird. Ils veulent vivre pleinement leur passion pour les camélidés tout en développant un projet touristique et économique dans les Hautes-Pyrénées. passion. Certains de nos amis en Angleterre avaient des chameaux et le week-end nous allions travailler avec eux pour les entraîner, les dresser et organiser des balades » ajoute Paul.

Sarah Bird dresse ses chameaux afin de pouvoir bientôt les monter.

E

n suivant la route qui mène de Riscle à Castelnau-Rivière-Basse (dans les Hautes-Pyrénées), un peu avant d’arriver au village, on quitte la nationale sur la gauche pour passer sous le porche d’une ancienne et jolie bâtisse. Puis on traverse une voie de chemin de fer où quelques rares convois desservent encore une usine du bout du monde. Un peu plus loin s’étalent des prairies. Le long de la route on trouve quelques rares maisons, dont un ancien moulin derrière une fermette. C’est ici que Sarah et Paul Bird ont posé leurs valises à la fin de l’année 2006. Avec eux, leurs deux jeunes garçons de cinq et sept ans… et quatre chameaux ! Lorsque je pousse le battant du vieux portail un peu rouillé, Sarah est dans l’enclos. D’une main elle tient une tige métallique au bout de laquelle est plantée une balle de tennis. De l’autre elle actionne un cliquet. « C’est une méthode pour les dresser » m’explique-t-elle. « Les chameaux ont la réputation d’avoir mauvais caractère. Mais ce sont en réalité des animaux très coopératifs si on les traite avec douceur. Je m’y prends avec eux comme les dresseurs le font avec les dauphins en Floride ! Je veux qu’ils nous aiment et non pas qu’ils nous craignent ! »

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Connaissez-vous le lait de chameau ?

C’est le début du printemps, et il s’agit pour ces deux Anglais d’être prêts pour l’été. Mais que sont-ils donc venus faire dans les Hautes-Pyrénées avec des chameaux ? « Nous avons longtemps travaillé en Angleterre dans le domaine de la formation et du management. Et j’ai moi-même travaillé dans le tourisme au Moyen-Orient à Dubaï comme ‘marketing manager’ » raconte Sarah. « Nous avons donc déjà une bonne expérience pour faire du marketing touristique avec les chameaux. Mais ils sont aussi une

Je les interroge sur les raisons qui les ont poussé à s’installer en France : « D’abord les Français, puis la météo et enfin l’espace… Nous voulions que nos garçons puissent s’épanouir dans la nature. » Quelle est la nature de leur projet ? « A l’origine, nous voulions produire du lait de chameau. Il est très apprécié en Angleterre, mais il coûte très cher. On ne peut en acheter qu’à Londres. Il vient du Kenya. Cela prend déjà une journée pour l’amener à Nairobi, puis une autre journée pour l’amener à Londres. Donc sa durée de commercialisation est très courte et son prix très élevé. Ce lait est réputé pour ses propriétés bienfaisantes. On dit qu’il est bon pour les personnes qui ont du diabète. Tout ça a tourné dans notre tête. Nous nous sommes dit que pour produire du lait de chameau, il fallait d’abord posséder des chameaux. Nous avons décidé de nous installer en France mais nous savions que nous pourrions pas produire du lait tout de suite et qu’il nous fallait des activités connexes. C’est ainsi qu’est née l’idée de proposer des balades en chameau et d’organiser une activité touristique autour de la découverte des chameaux et de créer un musée »

Deux des chamelles attendent des bébés pour la fin de l’année


...du tourisme ! reux que de faire du cheval. L’animal est moins rapide et ne réagit pas nerveusement » ajoute Sarah. Ils espèrent ouvrir le musée en juin, puis organiser les premières balades. Le commerce du lait viendra ensuite. « Si nous pouvons le commercialiser en France, nous le ferons ! ».

Déjà des bébés !

Malgré leur réputation de mauvais caractère, les chameaux bien traités sont paisibles...

Un musée du chameau

Paul et Sarah possèdent une belle collection d’objets en rapport avec les chameaux : des selles, des photos et des gravures anciennes, etc. « Nous avons beaucoup de choses à raconter à propos des chameaux. Pourquoi ils ne transpirent pas à cause de leur poil, comment ils travaillent, quelle est leur histoire... Ceci peut intéresser des touristes venus de France mais aussi de toute l’Europe. Comme je l’ai dit, les chameaux ont mauvaise réputation. On dit qu’ils crachent mais ce n’est pas vrai. Ce sont des animaux très gentils. Ils ne sont désagréables que s’ils sont maltraités.» Dès qu’ils obtiendront les autorisations administratives, le musée sera installé dans des « yourtes » (ces fameuses tentes mongoles), qu’ils planteront dans le pré à l’arrière de la ferme.

de chameau dans la région. Mais personne n’a jamais demandé de telles autorisations dans le coin et l’on imagine assez bien que l’administration française soit perplexe. « Conduire un chameau est moins dange-

Leur quatre chameaux (des chamelles en fait) viennent de Russie. Deux d’entre elles sont enceintes. La gestation dure 406 jours et les bébés sont attendus pour novembre ou décembre. « Nous allons installer une webcam sur Internet pour que tout le monde puisse suivre la naissance ! » raconte Sarah. « Le vétérinaire a du s’adapter. La première semaine je lui ai amené ma chienne qui s’était empoisonnée. Puis mon chat a été malade. Ensuite je lui ai dit que mes chamelles étaient arrivées… Il a été très sympa et nous a soutenu. Il a étudié les chameaux et il est très content de s’en occuper. C’est juste un tout petit peu… inhabituel ! » Le prix d’un chameau peut atteindre jusqu’à 12000 €. Paul et Sarah ont planifié l’achat de deux animaux supplémentaires, ce qui portera leur cheptel à six bêtes, puis à huit avec les naissances. A Castelnau, on les regarde un peu comme des extra-terrestres et avec amusement. « Les voisins ont très bien réagi. Nous les avons encouragés à venir nous voir, même si nous parlons très mal le français. » Pour savoir si Paul et Sarah seront prêts cet été à vous recevoir, consultez leur site Internet ( www.camelsinfrance. eu ). Leur projet est sans doute l’un des plus originaux du sud-ouest ! Jean-Louis Le Breton

Le casse-tête administratif

Le problème de Paul et Sarah est aujourd’hui administratif. Ils ont confié à leur notaire la charge d’obtenir les permissions pour monter leur musée et organiser des balades à dos

Sarah et Paul Bird : les chamelles font partie de la famille !

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english corner Camels in Southwestern France ! Global warming has nothing to do with it, for this is all about a but of a lark on the part of two Brits, Sarah and Paul Bird, who have set out to indulge their love of camels and make it pay as a tourist attraction, too.

T

ake the road from Riscle to CastelnauRivière-Basse (Hautes-Pyrénées), and just before you reach the village, turn left off the main road past the gate of a pretty old building. Cross the railway tracks still being used for the odd train to a factory somewhere at land’s end. A bit farther on lie meadows, and along the road stand a handful of houses, including an old mill behind a little farmhouse, which is where Sarah and Paul Bird settled in late 2006, together with their two boys aged five and seven as well as….. four camels !

don, which leaves very little time to market it and it is very costly. It is known to be highly beneficial, though, and very good for people suffering of diabetes. We kept turning all this over in our minds, and realized that to produce camel’s milk, we first needed to have camels. We decided to move to France, but we knew that it would take a while to produce any milk, and we would need other activities as well. That’s when it occurred to us to organize excursions in the form of camel rides, to turn the camels into a tourist attraction and set up a museum”.

As I go through the slightly rusty gate, Sarah is in the courtyard, holding a metal rod with a tennis ball dangling from one end in one hand, and in the other a little pallet. “That’s how we tame them”, she says. “They say that camels are bad-tempered, but they are actually very cooperative if you treat them nicely. I do with them what they do with dolphins in Florida ! I want them to like us, and not be afraid of us !”

What made them come to live in France ? “First of all the French, and then the climate and the open space…..We wanted our boys to grow up out in the country”. Just what was it they had had in mind ? “At first, we wanted to produce camel’s milk. It is a delicacy in England, but very expensive. You can only get it in London, and it comes from Kenya. It takes a day to bring it over from Nairobi, and another day to get it to Lon-

Red tape

Right now, Paul and Sarah’s problem is red tape. They have asked their notaire to apply for the permits they will need to set up their museum and organize excursions. No one has ever applied for such permits in the area, and there can be no doubt that their request might startle some French bureaucrats. “Driving a camel is less dangerous than riding a horse. Camels are less frisky and less nervous”, says Sarah. They hope to open their museum in June, and launch the first of their excursions. The milk will come later. “If we can market it in France, we’ll go ahead with it !”

Offspring is on the way !

Camel’s milk, anyone ?

This is early spring, and our two Brits need to be ready for the summer season. Just what brought them to the Pyrénées with their camels, though ? “We worked in England for quite a while in the field of training and management. I myself was a manager in the tourist industry in Dubai in the Middle East”, says Sarah. “We have had quite a bit of experience, in other words, before marketing these camels as a tourist attraction. We do love them, though. Friends of ours in England had some, and we used to go and work with them to help them train their camels and organize excursions”, says Paul.

dealt with, the Birds will set up Mongolian tents called “yurts” in the field behind the farm to house the museum.

A camel museum.

Paul and Sarah own a good collection of items bearing on camels : saddles, photographs and old prints, and more. “We have a lot of things to say about camels, the fact that they do not perspire because of their fur, for instance, how they work, where they came from….This may be of interest to French tourists, but also to people from elsewhere in Europe. As I said, camels have a bad name. People say they spit, but that isn’t true. They are very gentle animals. They only become unpleasant when they are mistreated.” Once the red tape has all been

Their four (female) camels all come from Russia. Two of them are pregnant. Gestation lasts 406 days and the baby camels are due in November or December. “We plan to set up a webcam on our website, so that everybody can follow their birth live !” says Sarah. “The veterinary has learned to adapt. The first week I took my dog there because he had swallowed poison. After that my cat was ill; and then I told him my camels had arrived. He was very helpful, and has stood by us. He examined our camels, and is very happy to look after them. He just wasn’t quite used to them !” Camels can cost as much as € 12.000. Paul and Sarah plan to buy two more of them, which will bring their herd up to six, and with the baby camels, to eight. The inhabitants of Castelnau seem to take the Birds for Martians of some sort, and are quite amused. “Our neighbours have taken it very well. We have encouraged them to come and see us, even though we can barely speak French.” To find out if Paul and Sarah are ready to welcome you this summer, look up their website (www.camelsinfrance.eu). Theirs is without a doubt the most original project in all of southwestern France ! Jean-Louis Le Breton (trad. Nina de Voogd)

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Des cordes... Ils donnent un futur au passé !

A l’instar des stars, les œuvres d’art anciennes ont souvent besoin de liftings. Elles ont trouvé leurs chirurgiens esthétiques en Tiziana Mazzoni et Didier Legrand, deux spécialistes en restauration du Lotet-Garonne, reconnus par les musées d’Europe, les monuments historiques français et l’état italien.

Tiziana Mazzoni dans son atelier

C

’est dans une charmante maison du hameau de Saint-Vincent, près de Bourran, dans le Lot-et-Garonne qu’Arthéo a choisi d’installer son atelier. Arthéo, c’est une entreprise de type EURL, fondée par un couple de restaurateurs, Tiziana Mazzoni et Didier Legrand, de formation française et italienne, spécialisés dans la conservation des œuvres d’art. Des peintures de chevalet au rentoilage et parquetage en passant par

Didier Legrand au travail

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les peintures murales, les sculptures en pierre et plâtre, le bois polychrome et même les œuvres d’art contemporain, le couple a plus d’une corde à son art. Habilités à travailler sur les collections des musées de France et des monuments historiques, ils sont également sollicités par des collectionneurs privés et les DRAC (Directions régionales d’Art Contemporain). Titulaire d’une maîtrise de sciences et techniques en conservation et restauration de la Sorbonne, Didier est passé par l’institut central de restauration de Rome. Une école dont Tiziana, brillante étudiante italienne a été diplômée. Pour cette jeune femme tout le travail de conservation est contenu dans la théorie de Cesare Brandi : « la restauration dite archéologique, louable pour son respect, ne réalise pas l’aspiration fondamentale de la conscience en relation avec l’œuvre d’art, c’est-à-dire d’en construire l’unité potentielle ». Ainsi toute intervention doit être fondée sur le

respect de l’œuvre, en complète harmonie avec son authenticité. En veillant à rejeter toute falsification il faut toujours veiller à la réversibilité des matériaux afin d’éviter l’irrémédiable. Un travail de scientifique dans l’esprit insufflé par la charte internationale de Venise.

Nomades et acrobates

Outre le travail effectué en atelier et à côté des cours de retouches et de présentation esthétique avec techniques italiennes que Tiziana dispense à l’école supérieure de restauration d’Avignon, le couple, depuis une vingtaine d’années, a travaillé sur de nombreux chantiers. Citons en vrac les peintures murales byzantines de la cathédrale du Puyen-velay ; les peintures murales de la façade du château de Blois ; la Flore et l’Hercule Farnèse de la collection Farnèse du musée archéologique de Naples ; le sarcophage


... à leur art !

La façade des loges au château de Blois

Travail de restauration d’une sculpture

de Sainte Quitterie à Aire-sur-l’Adour ; les peintures murales de la nef et du chœur de l’église Saint Bruno à Bordeaux ; les peintures murales de Saint-michel d’Aiguilhe ; les sculptures gothiques du portail sud de la basilique Saint-Seurin à Bordeaux ; de nombreuses peintures sur toile du musée des Beaux Arts de Bordeaux dont une peinture de Palma il Vecchio ; la collection de sculptures en plâtre de Despiau au musée des Beaux Arts de Bordeaux ; une toile de Caravagesque Rodriguez du musée des Beaux Arts de Pau ; une série de peintures du musée des Augustins de Toulouse… Courant de chantier en chantier, flanqués de leurs deux enfants, Tiziana et Didier ont souvent vécu une vie de nomade. Et parfois joué aux acrobates perchés sur leurs échafaudages à 140 mètres du sol. Comme lors d’un chantier sur la cathédrale de Strasbourg.

Exposition à Monpazier en Dordogne

Depuis le 25 février et jusqu’à la fin août, la galerie M. , place centrale à Monpazier (Dordogne) propose une exposition du travail de restauration de Tiziana Mazzoni et Didier Legrand. « Il s’agit, explique le couple, de donner une vue générale de la restauration des œuvres d’art, des faits et des pensées de cette discipline. On peut observer dans ce domaine une série de conceptions différentes, une série de voies parallèles qui souvent s’opposent malgré une définition communément acceptée : la transmission au futur des œuvres d’art du passé. » Jacques Furlan.

La vierge à l’enfant et Saint-jean en cours de restauration

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Marie Gaillot Jeux de glaces sur toile

Jeune espoir de la peinture française, Marie Gaillot incarne l’éternel féminin à travers le miroir de ses tableaux. Elle est au premier plan de la peinture féminine en Midi-Pyrénées…

I

nstallée depuis une dizaine d’années dans le Gers, Marie Gaillot a réussi, d’exposition en exposition à s’imposer au tout premier plan de la peinture féminine en Midi-Pyrénées. Ses œuvres audacieusement colorées ont ravi les amateurs d’art bien au-delà des frontières régionales. Depuis quelques années ses toiles garnissent en effet les cimaises de collectionneurs étrangers et des galiéristes parisiens commencent à s’intéresser sérieusement au travail de la jeune femme. Née à Rouen en 1971, trois ans après des événements qui ne la concernait déjà plus, Marie Gaillot s’est mise à grandir un peu par hasard, sans vraiment comprendre ce qui lui arrivait. C’est encore par ce hasard qui fait parfois bien les choses qu’en 1996 elle arrive dans le Gers pour un été de vacances. Coup de foudre pour les paysages qui ondulent sous la lumière changeante. Elle ne repartira pas pour Rouen, préférant poursuivre ses études de lettres à la fac de Toulouse ce qui lui permet de revenir peindre le week-end dans le château paternel. Sa licence décrochée, la question se pose : lettres ou palette ? Elle choisit la deuxième option et s’installe en Lomagne.

Marie Gaillot est un peu cette jeune fille échappée d’un livre de Léonor Fini, blottie au milieu de ses chats. Une femme enfant qui rappelle Alice de Lewiss Caroll et qui n’en finit plus de chercher son vertige à travers le miroir de la peinture. Passionnée par son art, émule de Camille Claudel, grande admiratrice de Matisse, elle projette ses personnages dansants et ses arabesques sensuelles à travers sa vision colorée du monde. On ne se lasse pas de ces corps qui s’enlacent et s’entremêlent dans des explosions de couleurs maîtrisées. Alors qu’elle refusait de grandir, sans s’en apercevoir, Marie Gaillot est devenue, avec grâce, un grand peintre de l’éternel féminin. Jacques Furlan.

Marie Gaillot - Atelier 60 - Rue Gambetta à Fleurance Tél.: 06 32 31 40 73

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Marie Gaillot

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Peintures

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Gaujacq : une fête des plantes originale ! Avec l’arrivée des beaux jours, les floralies et autres fêtes des plantes vont refleurir dans toute la région, et ce n’est pas le choix qui manquera encore cette année. Dans les Landes, au cœur de la Chalosse, le château de Gaujacq est l’écrin idéal pour une exposition botanique très originale.

Gaujacq : un écrin pour une exposition botanique très originale !

B

ien des villes ou villages se lancent dans l’aventure et se transforment, le temps d’un week-end, en de beaux jardins fleuris. Le château de Gaujacq, au cœur de la Chalosse, est l’écrin idéal pour une exposition botanique très originale, les deuxièmes week-end de mai et d’octobre. Ce lieu magnifique regroupe le château (propriété de Monsieur et Madame Casedevant), et la pépinière et le plantarium (domaine de Jean et Frédérique Thoby). Le château, classé monument historique depuis 1970, est unique en Europe. C’est une demeure seigneuriale du 17ème siècle,

bâtie par le Lieutenant Général des Armées du Roi Louis XIV. L’architecture s’organise autour d’un jardin intérieur entouré d’une galerie ouverte à l’italienne. Au sud, une

grande terrasse engazonnée domine la campagne vallonnée et offre un superbe point de vue sur les Pyrénées. Les appartements, des 17ème et 18ème siècles, sont richement meublés, et sont ouverts à la visite tout au long de l’année. Ils sont le cadre de nombreuses animations, concerts, banquets, visites nocturnes…

3 000 variétés !

Le plantarium, ou jardin botanique, attenant au château, a été créé au début des années 1990 par Jean Thoby, pépiniériste. Il comprend de nombreuses collections végétales, notamment camélias, hydrangeas, glycines, Le Canard A-MP - N°14 - 59


Un fremontondendron...

hostas, entre autres, en tout plus de 3 000 variétés différentes. Il fait bon s’y promener le long des allées bordées de lonicera nitida taillé comme du buis, ou sous la tonnelle aux glycines, une merveille au printemps, ou encore longer les hauts murs des anciens remparts recouverts de clématites. Catherine Deneuve et Michel Lis sont les parrains de ce lieu magique.

et leur réunion donne un éventail de plantes tout à fait exceptionnel ; à l’heure où l’on parle beaucoup de bio diversité, ces rencontres sont un exemple formidable du travail accompli dans ce domaine par des hommes et des femmes passionnés par le monde végétal et la sauvegarde de son patrimoine.

Le Rassemblement National des Pépiniéristes Collectionneurs !

C’est donc dans ce cadre exceptionnel qu’a lieu, deux fois par an, le Rassemblement National des Pépiniéristes Collectionneurs, titre un brin pompeux pour une manifestation qui se révèle en fait très conviviale et tout à fait sympathique. Comme son nom l’indique, il réunit des pépiniéristes de toute la France, qui présentent à cette occasion leurs plantes les plus remarquables, leurs coups de cœur, leurs nouveautés et surtout leurs spécialités. Car ces pépiniéristes-là cultivent le goût immodéré de la collection, 60 - Le Canard A-MP - N°14

Collections en tout genre, plantes carnivores, tillandsias, cactées, hibiscus, rosiers, bougainvillées, orchidées, bambous, sauges, cistes, plantes tropicales, aromatiques, la liste n’est pas exhaustive, mais le spectacle est saisissant et ravira tous les amateurs de plantes, connaisseurs ou néophytes. Les pépiniéristes collectionneurs luttent contre l’uniformisation de nos jardins et l’appauvrissement de notre patrimoine végétal, ils courent de par le monde à la recherche de végétaux oubliés ou inconnus, les mettent en culture, les multiplient, les observent, les bichonnent et enfin les inscrivent sur leur catalogue pour le plus grand bonheur de tous. Aidons-les dans leur travail, encourageons-les en adoptant certains de leurs trésors pour nos jardins. Marie-Pierre Fournier

Pépinière botanique et Plantarium Château de Gaujacq Tél.: 05 58 89 24 22

Rencontres de Gaujacq : l’occasion de voir des plantes extraordinaires !

Prochains rassemblements des pépiniéristes collectionneurs : 12 et 13 Mai 2007 et les 14 et 15 Octobre 2007


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Le piment... La confrérie du piment d’Espelette ! Le piment d’Espelette est un condiment ramené au pays depuis l’Amérique Centrale, dans les années 1500, par un Basque, compagnon des voyages de Christophe Colomb. Ce produit a obtenu l’AOC en mai 2000. Il est cultivé dans 10 villages du Pays Basque, autour d’Espelette. Une confrérie s’est créée en 1969 pour en défendre les mérites et le faire mieux connaître. © Bruno Lamy - FOTOLIA

un défilé de 30 à 40 confréries à travers le village. « Que des Basques, des Navarrais ou des Gascons » précise Michel Darraïdou. Puis tous participent à une messe solennelle. C’est ensuite le moment des intronisations. « Douze impétrants par an, pas plus » rajoute Michel Darraïdou. « Nous choisissons des gens qui ont fait quelque chose pour le piment. Pas des personnalités mondaines locales. Notre Confrérie garde à cœur l’idée de développer le commerce du piment et pas de réunir des bons vivants, uniquement » ! Au terme de la cérémonie, les impétrants se voient poser une pincée de piment sur la langue avant de prêter serment, et de recevoir le ruban et la médaille de la Confrérie. La fête se poursuit ensuite toute la journée dans le village qui abrite des dizaines de stands de produits régionaux et d’artisanat d’art.

Un « Prix Piment »

Le piment d’Espelette : un formidable succès !

M

ichel Darraïdou raconte : « En tant que Président de l’Office de Tourisme d’Espelette, j’avais créé la Fête du Piment en 1967. Deux ans plus tard, j’allais poser des affiches à Bayonne pour annoncer la Fête du Piment 1969 et je fis la rencontre de plusieurs membres de la Confrérie du Jambon de Bayonne qui étaient en séance d’entraînement dans un bistrot de la ville. On en vint à parler piment et ils me conseillèrent de créer une Confrérie du Piment d’Espelette. Ce que je fis sous leurs recommandations ». Michel Darraïdou est donc le Grand Maître et fondateur de la Confrérie du Piment d’Espelette. La fête du piment a lieu, chaque année, le dernier dimanche d’octo-

bre (sauf quand celui-ci tombe la veille de la Toussaint ; la cérémonie est alors programmée le dimanche précédent). Cette période correspond à la pleine récolte des piments.

Mais la Confrérie du Piment d’Espelette ne se contente pas d’introniser des impétrants, année après année. A l’instar des « Prix Citron » et « Prix Orange », elle décerne annuellement un « Prix Piment » à des spor-

Un fruit et non un légume

La plante est une solanacée (les pommes de terre, la tomate, le tabac, tous originaires d’Amérique Latine, sont de cette même famille) annuelle qui se sème en mai et qui produit des fruits (le piment est un fruit et non un légume) dès la fin juillet. Mais le gros de la récolte arrive à maturité (les fruits verts prennent alors une belle couleur rouge) en septembre et octobre pour se terminer en novembre. Traditionnellement, on mettait alors les piments à sécher sur des cordelettes tendues le long des façades des maisons. Cela se fait toujours mais une partie de la production est séchée en étuves avant d’être réduite en poudre.

Une pincée de piment sur la langue

Le syndicat du piment

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Mais revenons à notre Confrérie qui tient son Chapitre Annuel le jour de la Fête du Piment, en plein air, devant le Château d’Espelette. Tout commence, le matin, par

Michel Darraïdou, Grand Maître !


... qui arrache !

La fête du Piment à Espelette

La Confrérie du Piment d’Espelette

tifs (ou à une équipe globale) qui ont de la « gnaque » même s’ils ne sont pas toujours premiers. Ont déjà été distingués les rugbymen André Boniface et Serge Blanco, le footballeur Alain Giresse, l’équipe du Biarritz Olympique, celle de l’Aviron Bayonnais, etc.

Une Confrérie « mixte »

« Nous ne sommes pas des machos » précise encore Michel Darraïdou. « Notre Conseil Magistral est mixte depuis au moins 20 ans  ! Chaque mois, nous organisons une soiréeanniversaire des Membres du Mois. On se réunit pour manger et pour chanter. Chanter, c’est très important au Pays Basque » !

La tenue de la confrérie est comme les piments, verte et rouge. Une cape verte à parements rouges, un ruban rouge pour soutenir la médaille de bronze et un béret basque (cela va de soi) noir ! Depuis ses débuts, la Confrérie du Piment d’Espelette a déjà intronisé plus de 500 personnes qui sont ainsi devenues « Chevaliers du Piment d’Espelette ». Peu de noms célèbres parmi ces Chevaliers (hormis Georges Descrières, peut être) puisque cela ne correspond pas à l’éthique de la confrérie. « Par contre , nous avons intronisé un restaurateur de Nouvelle-Calédonie qui avait organisé une fête du piment dans sa commune, là-bas

dans le Pacifique. Voilà quelqu’un qui avait fait quelque chose pour le piment » termine Michel Darraïdou. Alors, rendez-vous est pris pour le dimanche 28 octobre 2007, date de la prochaine Fête du Piment d’Espelette et prochain Chapitre de la Confrérie du Piment d’Espelette. Et n’oubliez pas que le piment, cela « ensoleille » la cuisine ! Jean-Paul Amic

Confrérie du Piment d’Espelette Syndicat de l’AOC Piment d’Espelette Rue Principale - 64250 Espelette Tél.: 05 59 93 88 86 www.pimentdespelette.com

Encore un peu de piment, s’il vous plaît !

L

© Maud Talêque - FOTOLIA

e piment d’Espelette est cultivé dans 10 villages du PaysBasque: Espelette, Saint-Pée-sur-Nivelle, Larressore, Souraïde, Aïnhoa, Cambo-les-Bains, Ixtassou, Halsou, Jatxou et Ustaritz. L’appellation compte environ 90 producteurs. La surface cultivée est de l’ordre de 40 hectares, ce qui représente quand même près de 600 000 pieds. Chaque pied (d’une hauteur d’un mètre environ) produit annuellement 15 à 20 piments. La force des piments a été classifiée selon une échelle dite « de Scoville » (du nom d’un pharmacien anglais s’étant intéressé à la question) : le poivron est à la gradation 0 ; le piment d Espelette à la gradation 4 (chaud) ; celui de Cayenne à la gradation 6 (ardent) ; le Tabasco à la gradation 9 (volcanique) et le Habanero à la gradation 10 (explosif) ! « Ezpeletako Biperra » (le nom basque du Piment d’Espelette) se présente sous forme de piment frais, de purée ou de poudre.

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L’élégance Gants de Causse, gants de luxe… La ville de Millau est réputée pour ses cuirs et ses gants. Mais avec la mondialisation, le plus gros de la fabrication s’est déporté en Chine ou ailleurs. Sur place, de nombreux artisans maintiennent cependant la tradition. D’autres ont choisi la voie du très haut de gamme. C’est le cas de l’entreprise Causse. Un nouvel atelier

Gérard Boissins dans le nouveau bâtiment à Millau.

C

omment sauver un métier en proie aux affres de la mondialisation ? C’est la question que se sont posés quatre investisseurs audacieux pour reprendre et développer la ganterie Causse. En 2002, Christian et Monique Causse, héritiers de l’entreprise du même nom, ont cédé leur société à Olivier Causse, Jean-Louis Costes, Gérard Boissins , Manuel et Nadine Rubio. Leur challenge : renforcer le positionnement très haut de gamme de la fabrique de gants en développant le partenariat avec les grands noms du luxe et valoriser la marque « Causse ». Olivier Causse, qui a longtemps secondé son père à la fabrication encadre aujourd’hui une équipe de coupeurs et de couturières dont le savoir-faire artisanal est unique et résulte d’années de pratique. Jean-Louis Costes et Gérard Boissins sont des investisseurs financiers et des managers dans le monde des produits de tradition. Le premier est issu du groupe parisien d’hôtellerie et de restauration Costes. Le second, originaire de la région, était l’un des propriétaires des forges de Laguiole. Manuel et Nadine Rubio sont les artistes du projet. Ils créent depuis des années des collections de gants pour des grandes maisons de luxe. 64 - Le Canard A-MP - N°14

L’arrivée d’argent frais dans l’entreprise a permis la construction d’une nouvelle manufacture, en partenariat avec la Communauté de Communes de Millau Grands causses. Le site est implanté en plein cœur de la ville, en lieu et place des anciennes usines Guibert qui employaient plus de mille personnes, il a de cela cinquante ans. L’architecte Jean-Michel Wilmotte a conçu un espace de 1700 m² qui sert à la fois d’atelier et de lieu d’exposition. Il est ouvert au public qui peut ainsi découvrir toutes les étapes de fabrication des gants : la découpe, l’assemblage, la couture. Accessoire de mode par définition, le gant est présent dans de nombreuses situations de la vie : gant de ville, de sport ou de loisirs. Chez Causse, on travaille les matières et les couleurs : l’agneau, le nubuck, le chevreau, le cerf, le python, etc. Pour la beauté de l’objet, on le pare de fourrures, de strass, de tissu, de rivets ou de boutons.

Les gants du luxe

Ce sont désormais 25 000 paires de gants de luxe qui sont fabriquées chaque année par l’entreprise Causse par un effectif de

L’atelier est ouvert au public.

quarante personnes. Celui-ci devrait augmenter au fil des mois et du développement de l’activité. Seul problème : la formation doit se faire en interne car il n’existe plus de filière pour cette branche particulière qu’est la fabrication de gants. Le succès est d’ores


et les gants... et déjà au rendez-vous puisque Causse travaille avec des clients prestigieux comme Hermès, Chanel, Louis Vuitton, Loewe, Givenchy, Céline, Longchamp, etc.

Tradition et modernité

Chaque année, Causse présente ses nouvelles collections à Paris, à une clientèle de boutiques spécialisées ou multimarques, nationales et internationales. Sa production s’exporte au japon, en Russie, en GrandeBretagne, en Belgique et des contacts sont en cours avec d’autres pays. En 2004, Na-

dine et Manuel Rubio ont été récompensés pour leur parcours dans la création de gants. Dans le cadre des prix « Talents du luxe », ils se sont vus décernés « L’empreinte de l’année 2004 » pour leur talent et leur créativité. Une preuve que le savoir-faire d’antan peut s’adapter aux conditions du marché d’aujourd’hui ! Sophie Lefloch

Causse, 5,bd des Gantières 12102 Millau Cedex www.causse-gantier.fr

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Vestiges Vesunna

le musée gallo-romain de Périgueux Au cœur de l’Antique Cité de Vésone, un musée résolument moderne met en valeur les vestiges d’une antique maison de notables à l’époque romaine. Photo Vesunna

lumineux très original, ouvert sur l’extérieur et sur la tour de Vésone.

Un peu d’histoire

Les vestiges de la demeure antique de Vésone

A

Périgueux, en 1959, lors de sondages en vue de nouvelles constructions, les équipes chargées des travaux ont découvert des murs galloromains ornés d’enduits peints. Des fouilles s’ensuivirent, qui

Une amphore

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mirent à jour un site archéologique exceptionnel, la Domus de Vésone. Cette vaste demeure antique, construite au cours de la première moitié du 1er siècle de notre ère et classée Monument Historique en 1963, est le centre du musée Vesunna de

Périgueux. Ce musée, ouvert en 2003 et conçu par l’architecte Jean Nouvel (à qui l’on doit également le musée du Quai Branly à Paris), est construit autour des vestiges de la Domus. Ses parois tout en verre leur offrent un cadre

L’entrée du musée

Au cours des trois premiers siècles de notre ère, le monde s’organise autour de Rome, qui va imposer au peuple Gaulois sa culture et sa manière de vivre. Ainsi, le peuple celte de Dordogne, connu sous le nom de « Petrucore », fondera Vesunna, qui va se développer sur le modèle romain, avec ses grands bâtiments publics : forum, amphithéâtre, thermes, temple. Après la chute de l’empire romain et la fin de la « Paix Romaine », la ville est envahie par les barbares et s’enferme dans des remparts dont il reste encore des vestiges. A la même époque et de l’autre côté de l’Isle, s’édifie une autre cité autour du tombeau de l’évangélisateur Saint-Front, et connue sous le nom de Puy-Saint-Front. Les deux cités s’affronteront lors de nombreuses guerres fratricides jusqu’en 1240 où un traité unira les deux villes sous le nom de Périgueux.


Photo Vesunna

romains

Les soubassements où circulait l’air chaud

La Domus de Vésone (« domus »= maison » en latin)

Photo Vesunna

De dimensions exceptionnelles (4000 m2), elle est construite selon un plan identique aux domus de l’Italie antique ; près du temple de Vésone, elle se développe autour d’un grand péristyle composé d’un jardin et d’un bassin, et bordé d’une galerie. Nous pouvons voir le fond du bassin, intact, et tout un réseau de canalisations qui servait

à l’alimenter en eau. Récupération des eaux de pluie, puits équipés de pompes, système de chauffage par le sol, autant de techniques mises au service des habitants pour faciliter la vie quotidienne. Sur le jardin s’ouvrent les pièces d’habitation et de réception, cuisine, salle à manger, bains privés. Leurs murs hauts d’un mètre présentent des peintures très bien conservées, en particulier le très beau panneau aux poissons, fresque représentant également une série de coquillages.

outils en bronze, statues… Grâce à un circuit de passerelles en bois, le visiteur se promène au cœur même du site, juste audessus des vestiges, et peut ainsi apprécier tous les détails des fouilles.

Le musée

Sous forme de deux balcons superposés qui surplombent les vestiges, les salles d’exposition présentent la ville du 1er au 3ème siècle. La visite s’articule autour de deux thèmes ; le circuit « maison et vie privée », qui présente les principaux éléments de la vie quotidienne (toilette et parure, repas, chauffage…) et le circuit « ville et vie publique », exposition sur l’antique Vésone, les grands monuments, le monde des morts, la religion… De très nombreux objets sont présentés au cours de la visite et permettent de se faire une idée sur la vie quotidienne à cette époque : poteries, amphores, bijoux, parures,

Signalons également que le musée offre de nombreuses activités pour les enfants des écoles. Des ateliers proposent aux élèves, grâce à de multiples outils pédagogiques, un voyage dans le temps et leur permettent de comprendre les collections et le site archéologique. Marie-Pierre Fournier

Musée Gallo-Romain de Périgueux Vesunna . Tél. 05 53 53 00 92

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Livres, CD, DVD... Coté Livres

Après l’interview de Jean-Pierre Coffe dans ce numéro, il nous a semblé utile de présenter (parmi les multiples livres qu’il a publiés) deux de ses ouvrages de grande qualité sur le jardinage.

re Coffe dans ce guide truffé de trucs et astuces qui servira de manuel de référence au jardinier amateur ou confirmé !

Contes de Gasconha

Joan Francés Bladèr – Editions I.E.O. Per Noste – 5 €

Le Verger Gourmand Jean-Pierre Coffe - Plon - 14,90 €

Jean-Pierre Coffe, avec son habituel talent de conteur et d’écrivain nous emmène cette fois-ci dans son verger. Il nous guide dans les différentes étapes de la plantation, de la culture et de l’entretien des arbres fruitiers. Beaucoup de conseils techniques, d’encadrés et de photos agrémentent ce livre qui devrait être le livre de chevet de tous les jardiniers amateurs de bons fruits. Et pour faire bonne mesure, l’auteur n’a pas manqué d’ajouter quelques recettes à son ouvrage !

Fleurs Bonheur

Jean-Pierre Coffe - Plon - Edition cartonnée - 27, 29 €

Quercy-Périgord, Rouergue et Albigeois, Pays Toulousain, Armagnac, Comminges, Comté de Foix et Bigorre à partir de cartes postales anciennes avec un petit texte explicatif. Intéressant pour préparer un week-end d’escapade ou faire un détour.

La Vallée de l’Isle La réédition d’un livre de 360 pages au format poche, entièrement en Gascon mais facile à lire. Il s’agit de Contes de Gascogne (plusieurs tomes sont parus), récupérés dans la « mémoire collective » (auprès de personnes âgées de tout le SudOuest). Ces contes sont classés par thèmes : Le loup, le renard, les animaux divers, les farces, les leçons de morale, les gens d’église, etc. C’est savoureux, amusant et compréhensible par toute personne ayant quelques notions d’Espagnol ou de Gascon. Mais les deux langues sont assez proches, surtout au niveau grammatical.

Les Eglises Fortifiées du Midi de la France

Philippe Pécout – Collection « Mémoire en Images » - Editions Alan Sutton – 19,90 €

Ce sont plus de 150 espèces de plantes vivaces, annuelles, bulbeuses ou grimpantes qui sont passées en revue par Jean-Pier-

tamment aux photos de JeanJacques Gelbart. Sous forme d’une promenade à travers les marchés de la région, le Dr Claude Diaz nous donne en fait un cours de nutrition et de cuisine. Comment choisir ses aliments sur le marché ? Comment composer un repas ? Comment reconnaître un bon produit d’un moins bénéfique à notre santé ? Comment cuisiner pour que ce soit à la fois bon et sain ? Ce médecin a déjà animé des cours d’éducation nutritionnelle sous le titre évocateur du « panier tonique ». Comment

Ce livre de 95 pages présente les églises fortifiées de Provence, Languedoc-Roussillon et, pour ce qui concerne notre région,

Annie-Paule et Christian Félix – Collection « Mémoire en Images » - Editions Alan Sutton – 19,90 Euros

Des cartes postales et photos anciennes, selon la formule de cette collection, pour retracer la vie au 19ème et début 20ème siècles, tout au long de l’artère principale du Périgord, la Vallée de l’Isle, de Périgueux à Mussidan, de Montpon à Guitres et Libourne. La saga des chercheurs d’or de la région, l’arrivée du chemin de fer, les ports fluviaux, les marchés, jusqu’à la visite du Président de la République Emile Loubet en 1905 !

Votre Santé dans les Marchés de Midi-Pyrénées Docteur Claude Diaz Editions Daniel Briand – 25 Euros

Un superbe ouvrage, grâce no-

s’instruire sous forme attrayante et être en bonne santé sans renier tous les bons produits de notre région. Ce livre a été édité avec l’aide de la région Midi-Pyrénées et de l’Irqualim (Institut Régional de Qualité Alimentaire). Pour une fois, on peut réconcilier gastronomie et régime, plaisir et santé.

Une bouteille entre deux mers

Jean-Pierre Alaux & Noël Balen Fayard 18 €

«Le vin est une énigme, la solution est au fond du verre». Ainsi parle Benjamin Cooker, le héros de la série récurrente «Le sang de la vigne», présentée dans notre précédent numéro et dont chaque opus est le prétexte à nous faire découvrir un nouveau vignoble. Cette fois c’est en terre de Guyenne et en Californie

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que les deux compères du polar vigneron ont planté le décor de leur nouvelle intrigue !

Trois sillons de terre rouge

Voici le 6ème CD de ce groupe de 60 chanteurs (que des hommes), originaires de Dax, dans les Landes. C’est beau ! C’est fort ! Une grande puissance, comparable à celle des Chœurs de l’ex-Armée Rouge, ce qui n’est pas un mince compliment. La plupart des chœurs pyrénéens regroupent une trentaine de chanteurs. Ici, c’est le double. Cette puissance de voix vous prend aux tripes. Des chants venus de tous horizons : Landes, Pays-Basque, Russie, Tyrol du Sud ; plus l’Ave Maria de Gounod ; plus «Les Corons » de Pierre Bachelet. Sans oublier « Vino Griego », l’air austro-allemand (« Griechischer Wein » du chanteur autrichien Udo Jürgens ) hispanisé on ne sait comment et devenu l’air fétiche de toutes

Jean-Louis Quereillhac

Dixielog - Harmonia Mundi

les ferias du Sud-Ouest. Vous l’avez compris, j’aime beaucoup ce disque !

Solindre

par le groupe Parpalhon – Autoproduction - Contact : 13 Camin de la Tenarèsa, 65190 – Bernadets Dessus

Coté Disques

Chœur d’Hommes

par le Cercle Choral Dacquois auto-distribution (www.cercle-choral-dacquois.fr)

70 - Le Canard A-MP - N°14

Ce groupe chante à moitié en Français à moitié en Gascon. « Parpalhon » (prononcer « parpalhoun »), cela veut dire « papillon » en Gascon. Huit musiciens de la région de Tarbes qui se produisent régulièrement en concert dans tout le Sud-Ouest. C’est ce qu’on appelle du « Folk Trad », c’est à dire de la musique « folklorique » (au bon sens de ce terme souvent galvaudé ) moderne tout en utilisant des instruments traditionnels (flûte à 3 trous, accordéon diatonique, cornemuse) mélangés à la

Attention : Un DVD à mettre impérativement dans votre collection si vous êtes Gascon ou si vous aimez la Gascogne ! On peut dire que c’est du niveau d’un Pagnol du Sud-Ouest ! A l’origine, « Les Paloumaïres » c’est une pièce de théâtre écrite par Philippe Campa, correspondant auscitain (maintenant à Bayonne) du journal Sud-

Nico Wayne Toussaint Southern Wind Blowin’ Joueur d’harmonica ultra-doué et excellent chanteur de blues, Nico Wayne Toussaint est né à Toulon mais vit désormais dans le Sud-Ouest où il donne de nombreux concerts (on le verra au festival de Marciac, entre

Editions De Borée - 21 €

Jean-Louis Quereillhac, qui a été fermier, exploitant agricole et éleveur était bien placé pour nous conter l’histoire de Christophe Solignac qui retrouve le domaine familial dans les années cinquante et se sent prêt à tout pour ranimer cette terre, quitte à faire passer l’amour au second plan !

guitare électrique, à la batterie. Les titres, tous des compositions personnelles du groupe, font allusion au « 16 de Març 1244 » (date de reddition des Cathares de Montségur), à « Mes deux langues » (le Français et le Gascon) sans oublier une chanson traditionnelle. De la bonne musique très gaie et agréable à écouter. Plus à découvrir si vous connaissez le Gascon (ou lisez attentivement le livret bilingue accompagnant le disque).

autres). Son prénom «Wayne» lui vient d’un parrain d’amérique. Sa vie a été partagée entre la France et les Etats-Unis. De ces deux racines il a su tirer un style blues et jazzy original. Ses concerts contribuent largement à forger sa réputation grandissante. ( www.wtoussaint.com)

Côté DVD

Les Paloumaïres, chasseurs de rires et de bonheur de Tatiana Méchin et Jean-Pierre Pitto. Distribution régionale – www.pasoproduction.fr

Ouest, qui présente l’activité -et les conversations- de deux copains dans une palombière dans l’attente de « ces putes de palombes ». Lieu unique, moment unique (une journée). Cette pièce de théâtre fut montée il y a 3 ans par la compagnie gersoise « La Boîte à Jouer » de Jean-Pierre Pitto, avec le succès que l’on sait. Plusieurs dizaines de représentations dans toute la région. Un grand moment de joie, de rires et d’attendrissement. La pièce est devenue un film avec le même décor, les deux mêmes acteurs mais un parallèle a été créé par la réalisatrice entre la partie théâtrale et la réalité avec un reportage dans une vraie palombière, celle d’un personnage truculent, Jean David, bien connu dans le nordouest du Gers. On peut dire que ce DVD est une tranche de vie filmée sous ses divers aspects et imprégnée de tout l’humour gascon. A ne pas manquer pour mieux connaître l’âme et les traditions gasconnes. JPA & JLLB


Retour à Séviac

Hervé Alvado Au travers des dix nouvelles qui composent ce recueil, un parfum de terroir et d’authenticité nous conduit sur les chemins de traverse des campagnes du Sud-Ouest, notamment celles du Gers, terre d’histoire et de gastronomie, aux personnages parfois hauts en couleur. Collection histoires d’encre Gencod : 9782912975867 - ISBN : 2-91297586-7 Format : 14,5x20,5 - pages : 134 Prix : 13,00 euros

Journal d’un lâcher prise

Les tribulations d’une chercheuse d’emploi de Angèle Zangari

Humour, autodérision. C’est avec ces ingrédients-là que l’auteur nous apporte le témoignage de son expérience quand, à l’âge de quarante-six ans, elle vient grossir le flot des demandeurs d’emploi. Le coup est rude. Déstabilisée, Angèle sombre. Entre démarches administratives, recherche d’un travail, et nouveaux repères à poser et reposer, son moral joue au yo-yo. Collection lignes de vie Gencod : 9782351680261 - ISBN : 2-35168-026-X Format : 14,5x20,5 cm - pages : 162 Prix : 16 euros

Méthode de relaxation consciente

de Jean-Pierre Niaulon Cet ouvrage didactique, conçu pour être pratique et applicable au quotidien, rassemble douze années de travaux sur la relaxation. Il a pour objectif de mener le lecteur à une autonomie vis-à-vis de la pratique, mais aussi de lui faire percevoir la fragilité de l’instant présent et de l’impermanence. Respect, Refuge, Réminiscences, trois « R » pour se donner de l’air, pour ne plus se donner l’air d’être, mais enfin pour Être. Collection comment réussir au quotidien Gencod : 9782912975485 - ISBN : 2-912975-48-4 Format : 13x20 - pages : 160 Prix : 14,00 euros

Sauveteurs de la dernière chance

Thierry Velu

Plus qu’un métier, c’est une vocation qui anime Thierry Velu, sapeur-pompier et président d’une ONG, le GSCF (Groupe de Secours Catastrophe Français). Au cours du récit, nous découvrons l’action d’un homme à la tête d’une organisation de secouristes bénévoles qui interviennent dans le monde entier. C’est aussi un SOS que lance Thierry Velu pour que vive le GSCF et que perdure son implication dans l’aide humanitaire. Collection lignes de vie Gencod : 9782912975560 - ISBN : 2-912975-56-5 Format : 14,5x20,5 - pages : 272 Prix : 19,00 euros

L’injure de vivre

de Brigitte Daunay Issu d’une famille juive aisée Izak Adjoubi se destine à la carrière de médecin. En 1937, il rencontre Élisabeth, une jeune femme d’origine russe au douloureux passé dont il ne tarde pas à tomber amoureux. Deux ans plus tard, la guerre éclate, entraînant Izak et son entourage dans la tourmente. Avec L’injure de vivre, Brigitte Daunay nous brosse le portrait d’une époque en proie au racisme, au préjugé et à l’indifférence. Collection manuscrit Gencod : 9782912975355 - ISBN : 2-912975-35-2 Format : 14,5x20,5 - pages : 242 Prix : 16,00 euros

Mosaïque de cuisines

Mosaïque des cultures Secours Populaire Français de Tournefeuille (Haute-Garonne) Comment favoriser l’intégration dans notre ville de familles venant d’horizons différents tout en préservant leur identité culturelle ? Comment leur permettre de communiquer, de partager, de devenir solidaires ? Au travers de repas particulièrement conviviaux, nous furent proposées des recettes en provenance de Lituanie, du Cambodge, du Paraguay, de Bosnie, d’Espagne, de Tchétchénie, d’Algérie, du Maroc, de différentes régions de France. Collection culture sans frontière Gencod : 9782912975836 - ISBN : 2-912975-83-2 Format : 17x24 - tout quadri - pages : 88 Prix : 15,00 euros

Cochez les cases des livres que vous souhaitez recevoir, et envoyez cette page accompagnée de votre règlement par chèque uniquement à l’ordre d’ANYWARE à l’adresse suivante : Anyware - Le Canard Gascon - 2, av. du Général Leclerc - 32110 Nogaro NOM : PRENOM : ADRESSE : CP : TEL : MAIL :

VILLE :

Renvoyez ce bulletin accompagné de votre règlement par chèque uniquement, à l’ordre d’Anyware Le Canard A-MP - N°14 - 71


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L’Agenda du Sud-Ouest

Une sélection de bons plans en Aquitaine et en Midi-Pyrénées (13 départements !) pour les deux mois à venir, classés par départements et par dates...

ARIEGE

06-08/05 1000 pagaies Sport Le Haut Couserans kayak club organise un rassemblement Hautes Rivières avec comme points forts des descentes de rivières sportives où les plus belles figures seront à appréciées ou des baptêmes gratuits pour tous de rafts, Nage en eau vive, des Descentes en Air Boat ou en Hot Dog. Base nautique de Seix : 06.07.492.447 17-20/05 11èmes Rencontres des Métiers d’Art Salon du meuble fou et expo vente d’artisanat d’art Mirepoix 22/05 Un champs de forces

ges enfumés de Jackson Mississippi. Mais encore une fois, un blues personnel et bigarré, aux antipodes des fac-similés dénués d’intérêt. Elu à juste titre meilleur groupe de blues 2004, le groupe maintenant s’exporte et rentre d’une tournée chez nos cousins du Québec, où il fût la véritable révélation. Art’Cade – Ste Croix Volvestre – 21h 10/06 Chants traditionnels Effets de Nature organise une grande rencontre chorale : la Bethmalaise, la Chorale de Vernajoul et Voc’Arize proposent leur répertoire (chants traditionnels ariégeois et musique du monde) entrée 5€. Mas d’Azil - église – 15-17h 23/06 Festen’Oc Festival Folklorique apéros de rue, bandas, le salon du livre régional et occitan, le théâtre occitan, les danses et musiques traditionnelles. Conférences d’histoire locale et régionale Saurat – toute la journée - 05.61.05.90.20 http://www.festenoc.com/

Danse contemporaine Cie Heddy Maalem. La nouvelle création d’Heddy Maalem, après le succès de son Sacre du Printemps. Foix – L’Estive – 20h45 24-27/05 30ème ronde de l’Isard Course cycliste 4 jours de course à travers l’Ariège. Départ et arrivée Saint-Girons 25/05 Duo Tras - André Minvielle Musique traditionnelle françaisel’âme du blues, les danses baroques, les contes musicaux africains, la liberté du jazz Foix – L’Estive – 20h40 31/05 Café Philo animé par Lucien Dupont, Yann Draye et Eric Lowen.sur le thème «Peut-on vivre sans télé et sans portable?» réflexion sur la dépendance technologique. Foix - Hôtel-Restaurant Lons Contact : Club Condorcet : 05 61 02 80 02 08/06 Awek Blues Awek joue un blues authentique, comme on le jouait dans les juke joints et autres bou-

06-08/07 Vent du Sud

Festival interculturel repas et concerts typiques, présentation des différentes cultures, stages et danses, entre Maghreb, Espagne et Portugal Parvis de Centre culturel Tarascon - +33 (0)5 34 09 86 52

Festivals

XIIIe Festival « Musiques au pays de Gabriel Fauré» Début des concerts à 20h45 Ville natale de Gabriel Fauré (18451924), Pamiers célèbre son plus illustre musicien depuis 1995, année du cent-cinquantenaire. Pour la douzième année consécutive, l’Association « Musiques au Pays de Gabriel Fauré « organise un festival dont l’objet essentiel est de mettre en valeur, en harmonie avec le patrimoine local, les différents aspect de l’oeuvre du compositeur appaméen, mais aussi ses contemporains, ses maîtres, ses élèves. 11/05 Marie-Catherine GIROD - Piano

Chopin - Mendelssohn - Fauré – Ravel Salle du Jeu du mail Pamiers 24/05 Jean GUILLOU - Orgue J.-S. Bach, Liszt, Schumann, Guillou. Improvisation sur Fauré Concert présenté par l’artiste et projeté sur grand écran Eglise N-Dame du Camp - Pamiers 01/06 Jean-François ZYGEL Marie-Paule MILONE La leçon de Musique, Gabriel Fauré Salle du Jeu du mail - Pamiers 15/06 Orchestre de chambre de la Philarmonie de Novossibirsk Direction Emmanuel Leducq-Baröme. Avec Abdel Rahman El Bacha (piano). Programme : 1er concerto de Chopin Foix – L’Estive 28/09 Co-production L’Estive Jean-Philippe COLLARD, Piano Chopin - Ravel - Fauré Concert projeté sur grand écran. Salle du Jeu du mail-Pamiers 05/10 Olivier LATRY, Orgue J.-S. Bach - Franck - Guilmant - Vierne - Widoz Improvisation sur Fauré Concert commenté par l’artiste et projeté sur grand écran. Eglise N-Dame du Camp, Pamiers 19/10 Quatuor à Cordes HOHENLOHER Haydn - Schubert – Fauré Salle du Jeu du mail- Pamiers Deuxième semaine de Juillet Festival international de films « Résistances » infos : www.cine-resistances.fr. Programmation de 100 films : documentaires et fictions autour des thèmes : L’argent sale, voiture contre nature, au piège de la famille, l’art d’ignorer les pauvres Foix – L’estive.

Coordonnées utiles

Art’Cade – Ste Croix Volvestre 05 61 04 69 27 L’Estive Scène Nationale – Foix http://www.lestive.com/ 05 61 05 05 55

Les Offices de tourisme

Mirepoix : +33 (0)5 61 68 83 76 - Email contact@tourisme-mirepoix.com Mas d’azil : +33(0)5.61.69.99.90

mail : informations@tourisme-arize-leze.com Saint-Girons : +33 (0)5 61 96 26 60 - otcouserans@wanadoo.fr

AVEYRON

13/05 La course du Viaduc de Millau Athlétisme 10 000 coureurs qui s’élancent sur plus de 23 km, du centre-ville de Millau, jusqu’au Viaduc. Les inscriptions sont désormais closes, le nombre maximal de coureurs ayant été atteint. Millau – 9h00-12h30 24/05

Marie-Claude Pietragala Souviens-toi Danse contemporaine avec Amphithéâtre – Rodez 20h30

26-27/05 Fête de la transhumance Tradition autour de la montée en estive des troupeau de l’Aubrac Aubrac Village – Info Saint-Geniez-d’Olt

27/05 Festival des Saints de glace Micropolis et l’Office de Tourisme de Pareloup Lévézou vous invitent pour la cinquième année consécutive à ce grand festival de rue où se cotoient les compagnies de théâtre, les clowns, les sculpteurs sur glace, les musiciens... Cette année le thème du Festival sera le «vent». En parallèle de ce festival un marché d’artisans et de produits régionnaux est organisé. Des tables seront disposées pour vous permettre de déguster sur place ces spécialités locales. Accès libre Parking de Micropolis, la cité des insectes – St-Léons – 11h-17h 05 65 58 5 067 http://www.micropolis.biz 02-03/06 Des vertes et des pas mûres, par les solitudes éphémères. Ballades artistiques et siestes poétiques sur le thème : « enrouler le monde autour de ses doigts » Programme complet : http://www.unpa.fr/mi-

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nisite/agenda.php?id_assoc=58 infos : 06 64 49 64 36 Rodez – Les jardins ouvriers de la Labardie 16h00 – 22h00 19/06 La Rue Kénanou

+ première partie Nouvelle chanson française Luc – Espace animation – 20h30

21/06 Remo Chanson Folk Rock Espace Y. Roques – Decazeville – 21h 23-24/06 Médiévafolies

Fête médiévale Sur la place aux arcades de la Bastide royale : défis des chevaliers adultes et enfants, jeux, banquets médiévaux, combats de rues, jardin des senteurs, artisans en démonstration, défilé aux flambeaux, spectacles divers : musiciens, comédiens, rapaces en vol... Sauveterre de Rouergue – 8h00-23h00 05 65 78 74 99 ou 05 65 72 02 52 30/06 Les Castafiores, Les Barbeaux Fiesta musette Concert en plein air à l’occasion de la fête votive Naussac – Place de l’Église – 21h w w w. c o m i t e naussac.fr.nf

Assaillant (USA), Kid Koala (can), Amon Tobin (Br), Ellen Allien (All), TTC (Fr), etc.

words, où prédomine le groove et la poésie Le Réservoir – Périgueux

Ouverture des portes 17H30 Concert de 18H00 à 04H30 Comité d’animation de Sébazac : +33 (0)5 65 74 45 93 - www.skabazac.com

14/05 Ténors et Divas Opérette Tableau Bel-Canto Les plus belles musiques et mélodies de l’Art Lyrique. Hommage à Edith Piaf Jacques Brel, Charles Aznavour. Coup de chapeau à l’inoubliable Luis Mariano. Souvenirs, souvenirs... Tous les succès de Dalida, Yves Montand, Mike Brant, Michel Sardou, Charlie Chaplin. Tous les succès des Opérettes et des Grandes Comédies Musicales... Centre culturel – Sarlat – 15h00

14-21/07 Millau en Jazz Festival de musique en couleurs Programmation en cours Millau Infos office de tourisme Les salles Amphithéâtre – Rodez +33 (0)5 65 68 02 27 Les Offices de tourisme Millau - 05 65 60 02 42 www.ot-millau.fr/ Saint-Geniez-d’Olt - 05 65 70 43 42 Courriel : office.tourisme.saintgeniez@wanadoo.fr

DORDOGNE 05/05

Arno Scène rock Théâtre Odyssée – Périgueux – 21h00

10/05 Clémentine Célarié « Madame sans chaînes »

01/06 Main stage : Asian Dub Foundation (Uk), I AM (Fr), Mano Solo (Fr); La Ruda (Fr) Chapiteau Le KLUB : Tecktonik Chamber (Fr), Cosmik Connection (Fr), UHT° (Fr), Interlope (Fr), Improvisators Dub (Fr) & Iration Steppas (Uk) Création Printemps de Bourges et Skabazac Festival, Digital (Uk), Le Lutin ( Fr) & MC YT (Uk), J.Majik (Uk) & MC Rage ( Uk), DJ Craze & DJ Klever (USA) Ouverture des portes 18H30 Concert de 19H00 à 04H30 02/06

Main Stage : Herman Düne (Fr, Se), Art Brut (Uk), The Rakes (Uk), Archive (Uk), Beenie Man (Jam), Les Ogres de Barback (Fr) Chapiteau Le Klub : Khod Breaker (Fr), Beat

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18/05 The Young Gods rock

Pionniers du sampling, leur vague sonique est irresistible. Ambiances électro voire ambient ou expérimentales (solo de guitare surprenant, break planants… ), pouvant se durcir pour devenir une grande messe rock Le Réservoir – Périgueux – 21h00 24/05 Jeanne Cherhal

Festivals

25-27/05 Festival Tango y Latino Concerts, animations diverses, repas concert, soirées dansantes, stages, vont se succéder avec une équipe de professeurs internationaux. http://tangolatino.fr/ St-Geniez-d’Olt – Journées et soirées Festival Skabazac Musiques actuelles en Aveyron

16/05 Smaïn - « Rebelote » One man show Galerie de portraits qui explore les travers de notre société Centre culturel – Bergerac – 20h45

Chanson française – pop Tournée 2007 Théâtre Odyssée Périgueux – 20h30

25/05 Café Théâtre Si vous ne le saviez pas, Clémentine Célarié est un vrai clown. Dans ce one-woman-show hyper vitaminé, on découvre avec bonheur l’univers délirant de Clémentine : passant de la vamp à la ménagère surmenée de la femme mystérieuse à la jalouse hystérique, elle compte ses pépins sans se ménager, pratiquement sans gêne et sans gaine l’autodérision. Centre culturel de Bergerac – 20h45

Mandy Gaines & Le trio Duchemin Jazz/blues Mandy Gaines, originaire de Cincinnati, est l’une de ces très grandes chanteuses noires américaines qui éblouit par sa voix, sa tessiture, son swing, son scat, ses inflexions symphoniques et sa présence sur scène Jaune Poussin – Périgueux – 21h30

11/05 Jamika Hip Hop électro Jamika Ajalon, la charismatique poétesse et réalisatrice américaine installée à Londres, remarquée aux côtés de Zenzile, publie son premier album solo en janvier 2007 : «Helium balloon illusions» est un condensé d’influences mêlant le hip hop à l’électro, le dub aux spoken

26/05 The Abyssinians + guest Musique du monde – reggae The Abyssinians, un des trios les plus célèbres de l’histoire du reggae. Formés en 1968, la carrière des Abyssinians est atypique puisqu’ils vont rencontrer très vite un succès mondial avec

leur titre Satta Massagana, un titre chanté en langue éthiopienne, l’Amharic. Le Rocksane – Bergerac – 21h00 01/06

Le Peuple de l’Herbe + invités

Musique éclectique et engagée Rocksane – Bergerac – 21h00

29/06 Daniel Darc + Chloe Mons Chanson rock torturée Chloé Mons a arpenté les rues de Lille pendant de longues années, troquant le froid contre un univers de rock’n’roll d’art contemporain et de cinéma. Le Réservoir – Périgueux – 21h00

Festivals

11-12/05 – 2/06

Festival Jazz Pourpre Avec Laïka Fatien, Top - Terrasson Okegwo Parker et Paris Jazz Big Band Centre culturel de Bergerac

21-27/05 Festival des Arts en folie

Le festival des Arts en folie existe maintenant depuis 9 ans. Plus de 1000 jeunes âgés de 3 à 26 ans, entourés d’artistes amateurs et professionnels, offrent chaleureusement aux Sarladais des spectacles, concerts, expositions et ateliers d’expression. Sarlat Contact et renseignements : Benoit OLIVE, Directeur artistique 05 53 30 44 02 Quartier Jeunes 05 53 31 19 11 11/05-12/06 La Vallée des Délices d’Europe Un festival familial et festif qui permet chaque année à plus de 4000 enfants et adolescents, d’assister et de devenir acteur de cette grande fête. Karpatt, Les Trappetistes, Disco Mobil Club, Raggatack, les Commandos Percu et la Brigade d’intervention Vocale. Saint Astier et 12 Communes de la Vallee de l’Isle 05 53 02 41 99 www.lavallee.info

Coordonnées utiles

Centre culturel de Bergerac Place Gambetta 05 53 57 71 51


Centre culturel de Sarlat Le colombier rue Gaubert 05 53 3109 49 Jaune poussin 33 rue du Président-Wilson Périgueux 05 53 06 90 70 jaunepoussin@wanadoo.fr http://www.jaune-poussin.com/ Théâtre Odyssée de Périgueux www.odyssee-perigueux.fr 05 53 53 18 71 Le Réservoir Route d’Angoulême Périgueux 05 53 06 12 73 http://www.le-reservoir.org/ Le Rocksane 14 Bis rue Pozzi Bergerac 05 53 63 03 70 http://perso.orange.fr/overlook

Les offices de tourisme

Sarlat : 05 53 3145 45 http://www.sarlat-tourisme.com info@sarlattourisme.com Périgueux : 05 53 53 10 63 – tourisme@perigueux.fr - http://www.tourisme-perigueux.fr Bergerac : 05 53 57 03 11 - tourisme-bergerac@aquinet.tm.fr - http://www.bergerac-tourisme.com/fr

GERS

04/05 Petite musique Chanson française

Session de printemps de Jazz in Marciac Remarqué au sein du dernier big band de Dizzy Gillespie, ce saxophoniste fougueux qui s’est souvent produit à Marciac avec un égal succès dirige un quartette digne de son talent de leader et d’improvisateur volcanique. Salle des fêtes – Marciac – 21h00

10/07 Yannick Noah en concert

12-20/05 Salon des antiquaires Foire aux Grandes Eaux-de-Vie à l’ancienne salle des fêtes. Exposition «Art et Rencontre» à la salle Elusa Amitié. Rens : 05 62 09 82 88. Hall des expositions – Éauze.

Festivals

20/05 Romain Leleu et Matthias Lecomte Musique classique Deux jeunes solistes, Romain Leleu à la trompette et Mathias Lecomte à l’orgue nous feront visiter le répertoire de la musique écrites pour ces deux instruments, à travers les œuvres de la période baroque (Haendel, Telemann) et les compositeurs français (Escaich, Delerue, Tomasi), en passant par les romantiques (Brandt, Rachmaninov, Gounod). Cathédrale Sainte-Marie – Auch – 17h00 26-28/05 Pentecôte à Vic - Feria del toro Corrida et musiques de rue à Vic-Fezensac Club Taurin Vicois +33 (0)5 62 06 56 55 www.clubtaurinvicois.com

11-13/05 Shell Eco-Marathon

Les énergies de l’avenir explorées par les élèves de plus d’une centaine d’école d’ingénieur avec un seul défi : rouler le plus loin possible avec 1 seul litre de carburant. Entrée libre Circuit Paul Armagnac – Nogaro 12/05 David Sanchez Quartet

Session de printemps de Jazz in Marciac Vedette du film de Wim Wenders The Soul Of A Man où il interprète le rôle du légendaire Skip James, ce chanteur et musicien nourri du blues le plus authentique est un brillant représentant de la Delta Soul, mixte de country, de blues et de soul. Salle des fêtes – Marciac – 21h00 23-24/06 Championnat d’Europe de camions Du grand spectacle au rendez-vous du gros cube à Nogaro 1000 cv de puissance lâchés à 160km. En courses annexes les fameuses Legends Cars et le Kart 250. Circuit Paul Armagnac – Nogaro

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L’Envers – Auch - 1 rue camille desmoulins - 05 62 05 02 02 11-13/05 Festival international de Bandas y Penas

La Fenière - Domainde Besmaux – Pavie - 05 62 05 27 02 Circuit Paul Armagnac - Nogaro +33 (0)5 62 09 02 49 Site : www.circuit-nogaro.com

Offices de tourisme Auch : 05 62 05 22 89 http://www.auch-tourisme.com/

12/05 Journée Environnement Plaisance du Gers Renseignements : 05 62 69 44 69

16/06 Keith B. Brown

L’Envers – Auch – 21h00 05/05 Petite musique Chanson française La Fenière - Pavie – 21h00

Chants africains et musique au sonorité latines du charango. Arènes – Vic-Fezensac - 21h00

ricaines, 2000 motos. En exclusivité, cette année, la famille Ewing de Dallas pour la première fois en Europe ! Mirande +33 (0)892 68 30 32 www.country-musique.com

Bandas, Musiciens, Groupes en concert - 48h non stop à Condom. Le plus grand rassemblement de cuivres en France... Un grand moment de fête, de musique et de convivialité ! Condom +33 (0)5 62 68 31 38 www.festival-de-bandas.com

Nogaro : 05 62 09 13 30 www.nogaro.net Vic-Fezensac : +33 (0)5 62 06 34 90 www.vic-fezensac.com/

GIRONDE

8-24/juin Festival Eclats de Voix

02/05 Roberto Fonseca Jazz/Blues BT59 - Bègles – 21h00 => 046.jpg

Art vocal à la Cathédrale Ste Marie et au théâtre d’Auch 10 ans d’amour des Voix, 10 ans d’émotions partagées, 10 ans passés avec des artistes généreux, 10 ans au coeur de la Gascogne célèbre pour ses arts de la bouche et désormais renommée pour ses arts de la Voix. +33 (0)5 62 05 20 82 www.eclatsdevoix.com 30/06-01/07 Festi ’ Drôle

Marciac : 05 62 08 26 60 ot.marciac@wanadoo.fr www.marciactourisme.com

Festival de la création enfantine Festi’drôle a la volonté de faire grandir les enfants. Comment? En concoctant un

festival axé sur la découverte, l’expression et la création. SIMORRE + 33 (0)5 62 65 37 29 http://festidrole.free.fr

11-15/07 Festival country music de Mirande + de 50 concerts en 5 jours 1er festival du genre en Europe Rassemblements : 30 montgolfièes, 250 voitures amé-

04/05 Les tambours du Bronx Musique du monde Depuis 1987, un groupe de jeunes gens du quartier Vauzelle de Nevers met en musique les cadences de leurs pères qui travaillaient dans les mines et sur les chemins de fer : le résultat provoque des montées d’adrénaline ! L’Olympia d’Arcachon – 20h45 09/05 Clémentine Célarié : «Madame sans chaînes» One woman show Pour tous ceux et celles qui souhaitent découvrir la ménagère stressée, la «jalouse», limite hystérique, ou la Clémentine «amoureuse», rendez-vous est donné - en toute intimité… Théâtre Fémina – Bordeaux – 20h30 10/05 Jacques Higelin : «Amor del oroso» Chanson française Toutes ces nouvelles ritournelles il les a amenées pour vous ce soir, vous allez les reconnaître, elles vont venir s’échouer, se répandre, se lover en vous et comme disait Barbara, «C’est merveille». Son dernier album, Amor Doloroso a été enregistré dans le studio de Rodolphe Burger. Casino de Bordeaux – 20h00

Le Canard A-MP - N°14 - 75


11/05 Les Wampas Pop/Rock Le rock français est bien vivant ! Le Krakatoa – Mérignac – 20h15

l’image de Marcel Merkès et Paulette Merval. Princesse Czardas ayant été l’opérette de leurs adieux, ces représentations se veulent un hommage à ces artistes d’exception. Grand Théâtre – Bordeaux – 15h00 ou 20h00, selon les jours

12/05 Ridan + Gavroche Rap Tout commence par un rêve… Le Rock School Barbey – Bordeaux – 20h30 12/05 André Minvielle

Chanson française poétique Une encyclopédie sonore. Ethnologue de la langue et des musiques qu’elle porte en elle, Minvielle a collecté plusieurs centaines d’heures de témoignages recueillis dans la France entière, pour passer ensuite cette provision de rythmes, de sons et de voix à la moulinette de son génie poétique. Salle du Champ de Foire – Saint-André-deCubzac – 21h00 15-16/05 Wim Vandekeybus : «Spiegel» Danse contemporaine A l’occasion du 20e anniversaire de la compagnie Ultima Vez, Wim Vandekeybus a écrit une pièce à tiroirs, une pièce miroir de ses 20 années de création. Théâtre national de Bordeaux – 20h30 19/05 «Arthur en vrai !» One Man Show

23/05

Michel Sardou Musique de variété Patinoire Mériadeck – Bordeaux – 20h00

26/05 Florence Fourcade Quartet Jazz/Blues «Mademoiselle swing».

01 au 03/06 Fête de la Morue à Bègles www.mairie-begles.fr/morue

Florence Fourcade ou le violon au féminin, ainsi se présente celle qui est une disciple de Stéphane Grappelli avec lequel elle partagea de nombreuses scènes internationales. Centre culturel Georges Brassens Léognan – 21h00 05 57 96 01 30 26/05

24/05 Wax Tailor + Doctor Flake Hip-hop musical. BT95 – Bègles – 20h30

24/05

«Celtic legends II» Danse folklorique et traditionnelle Dans le creuset du Connemara. Centre Culturel de Biganos – 21h00

29/05 Cocorosie + invités Pop/Rock

25/05 Michael Jones

On commence à connaître CocoRosie, ce groupe canadien. Cocorosie, c’est évidemment Bianca (Coco) et Sierra (Rosie) Casady, deux sœurs qui distillent leur musique et leur folie à travers le monde entier. Leur répertoire a puisé largement dans le gospel et la musique lyrique. Le 4 sans – Bordeaux 29/05

02/06 Les Chevaliers du fiel : «L’assassin est dans la salle» Avez-vous déjà assisté à une arrestation en live, avec le risque que le coupable soit assis juste à côté de vous, dans la salle de spectacle ? Salle des fêtes – Saint-Estèphe – 21h00 02/06 Matmatah + invités

Pop/Rock Ironie et esprit critique. Le Rock School Barbey – Bordeaux – 20h30

03/06 Michèle Torr Musique de variété Casino de Bordeaux – 16h00

Yannick Noah : «Un autre voyage…» Musique du monde Patinoire Mériadeck – Bordeaux – 20h00

Complice de J.J. Goldman depuis de nombreuses années, plus récemment professeur à la Star Academy et surtout grand guitariste de blues rock depuis toujours... Après un album A consommer sans modération sorti en 1995, il est revenu avec Prises et Reprises. L’album se compose de chansons blues-rock en français, partagées entre des adaptations françaises de standards blues et de tout nouveaux morceaux. Espace des 2 rives – Ambes 05 56 77 00 47

en solo en écoute ici confirment cette optique et annoncent son album «Puisqu’il faut vivre» comme un futur classique. Le Rock School Barbey – Bordeaux – 20h30

Hélène Ségara Musique de variété Patinoire Mériadeck – Bordeaux – 20h00

06-07/06 Debussy, Berlioz, Franck Musique classique L’Orchestre national de Bordeaux Aquitaine (ONBA) , qui naquit à l’Opéra national de Bordeaux, est l’un des orchestres les plus renommés de France. Claude Debussy : Prélude à l’après-midi d’un faune, Hector Berlioz : Les Nuits d’Eté op. 7, César Franck : Symphonie en ré mineur Palais des sports de Bordeaux – 20h30 05 56 00 85 95 14/06 Israël vibration Musique Rasta

26/05 La référence du PAF se met à la scène ! Vous le connaissiez à la télé, à la radio, c’est maintenant sur scène qu’il va nous faire partager son humour ! Son premier one-man show donc, pour lequel il précise qu’il n’est «Pas vu à la télé» ! Cet enfant de la télé a envie de se montrer tel qu’il est : attention, 100% Arthur véritable ! Casino de Bordeaux – 20h00 20-25/05 Czardas Opérette viennoise populaire Avec sa délicieuse atmosphère viennoise mâtinée de cadences tziganes, l’oeuvre de Kálmán triomphe depuis 1915, notamment lorsqu’elle est servie par de grands interprètes, à

76 - Le Canard A-MP - N°14

La Rumeur - Rap Très discrète au début, réservée aux initiés, La Rumeur finit toujours par se propager. Sans radio ni promo, les quatre Mc’s de La Rumeur tissent leur toile. Le hip-hop s’était trop ingénié à l’auto-parodie, écumant tous les clichés du genre et de l’oncle Sam aussi. Avec La Rumeur et d’autres, c’est une nouvelle ère qui s’ouvre : celle d’un rap dissident qui a su se libérer du joug des stigmates flagrants… Cercle des arts traditionnels – Bordeaux – 21h00 -05 56 39 14 74

31/05 Soprano + La Swija Rap

Que cela soit par le biais de son équipe Psy 4 de la Rime ou de son écurie Streetskillz, Soprano a marqué au fer rouge l’histoire du rap français. Fer de lance du hip-hop marseillais aux côtés d’IAM et de la Fonky Family, il entend bien braquer à nouveau les spots sur sa ville avec son premier album. Ses premiers titres

Ce qui est amusant, c’est que les trois membres de Israël Vibration se sont faits virer manu militari de leur école jamaïcaine. Motif : chantent au lieu de travailler. Ce qui est beaucoup moins drôle, c’est la suite de l’histoire, faite de mendicité, de petits boulots et de misère profonde. Frappé par l’épidémie de poliomyélite qui ravagea l’île dans les années 50, le trio trouve alors refuge au sein de la famille rasta, où leurs exceptionnelles qualités vocales les poussent illico en studio. Le Krakatoa – Mérignanc – 20h15


Casino de Bordeaux - rue du Cardinal-Richaud - 05 57 19 32 51 - casino_bordeaux@ accor-hotels.com

14/06 Axelle Red Concert pop/rock

Centre Culturel de Biganos - 1 rue Pierre de Coubertin - 05 56 82 78 35- biganos.centre. culturel@wanadoo.fr - http://www.biganosspectacle.com/ Salle du Champ de Foire - 7 allée du Champ de Foire – Saint-André-de-Cubzac - 05 57 43 64 80 Grand Théâtre – Opéra - place de la Comédie – Bordeaux - 05 56 00 85 95 - courrier@ opera-bordeaux.fr - http://www.bordeauxopera.com/ Théâtre Fémina – Bordeaux – 20h00 15/06 Patrick Bosso : «Que du bonheur !» One Man Show Casino de Bordeaux – 20h00 18/06 Eddy Mitchell : Jambalaya Tour 2007 Rock variété Patinoire Mériadeck – Bordeaux – 20h00 02/07

Sizzla Kalonji + invités Icône du nouveau reggae de Kingston. Le 4 sans - Bordeaux

Le Krakatoa – 3 avenue Victor Hugo - Mérignac - 05 56 24 34 29 - transrock@krakatoa. org - http://www.krakatoa.org/ Olympia d’Arcachon 21 avenue du Général-de-Gaulle - 05 57 72 49 20 - caco.benoit-dissaux@ville-arcachon. fr Patinoire Mériadeck - 95 cours du MaréchalJuin – Bordeaux - 08 92 69 34 33 - contact@ axelvega.com - http://www.axelvega.com/ Le Rock School Barbey - 18 cours Barbey – Bordeaux -05 56 33 66 00 - contact@rockschool-barbey.com - http://www.rockschoolbarbey.com/ Théâtre Fémina - 10 rue de Grassi – Bordeaux - 05 56 52 45 19 - http://www.theatrefemina.fr/welcome/index.php

de Cachaíto López, Guajiro Mirabal et Manuel Galbán. Il joue avec eux dans les salles les plus prestigieuses, de Francfort à Paris et de Londres à New York. Toutes les critiques parues dans la presse à propos de ces concerts mentionnent le talent de Fonseca et sa présence captivante sur scène aux côtés d’Ibrahim Ferrer. Havana café – Ramonville-Sainte-Agne – 20h30 09-20/05 «Assez de corde pour se pendre» Théâtre Folles années que celles de l’Entre-deuxguerres ! Ambiance joviale et insouciante semblable à une partie de campagne où les éclats de rire des bourgeois débordent comme des bulles de champagne ! Les gestes sont retenus, les manières polies quand les coupes claquent comme voiles au vent. Le Grenier Théâtre de Toulouse – 20h30 en semaine, 16h00 le dimanche

01-12/07 Festival d’été de Bordeaux 11e édition Musique classique Depuis 10 ans, le festival Musiques d’été propose une série de concerts au début de l’été dans le cadre XVIIIe siècle de la cour Mably, ancien cloître des Dominicains. La programmation réserve une place de choix à la musique de chambre en particulier les années où se déroule le Concours international de Quatuor à cordes avec lequel le festival entretient une relation privilégiée. En outre, le festival proposera deux concerts «décentralisés» dans le cadre de deux châteaux prestigieux du vignoble bordelais : «Lafite-Rothschild» et «Cheval Blanc». Cour Mably – Bordeaux Renseignements office de tourisme

Coordonnées utiles

Le 4 sans - 40 rue d’Armagnac– Bordeaux - 05 56 49 40 05 - newle4sans@wanadoo.fr - http://www.le4sans.com/ BT59 - Site de Terres Neuves - Rue Marc Sagnier – Bègles – 05 56 85 82 08 - bt59prog@ gmail.com - http://www.bt59.fr/

19/05 «Le Roi Soleil»

HAUTE-GARONNE

03-04/05 «Rain/Bow - Arc après la pluie» Danse contemporaine Un ballet jonglé pour 10 artistes, dernière création de la compagnie que Jérôme Thomas a imaginée. Odyssud – Blagnac – 21h00 04/05 Roberto Fonseca Musique Jazz/Blues Roberto Fonseca tourne partout dans le monde, avec plus de quatre cents concerts dans le groupe d’Ibrahim Ferrer aux côtés

13/05 4ème marché des Arts créatifs de Pibrac, de 10 h à 18 h

40 artisans d’art venus de différentes régions. Contact : 06.61.30.56.52

Office de tourisme

02/05 Easy Star All Stars + guest Musique du monde Du reggae et du dub… Les Pink Floyd avaient-ils imaginé que leur fameux Dark Side of the Moon serait un jour revisité pour devenir Dub Side of the Moon ? Etonnant, surtout en concert… Le Ramier – Toulouse

12/05 Patrick Bruel Chanson française Après Entre Deux et ses reprises de classiques de l’entre-deux-gu e r re s , Patrick Bruel revient à la création avec ce nouvel album, Des souvenirs devant…, sorti en mars 2006 chez RCA. Zénith de Toulouse – 20h30

10/05 Sanseverino

Bordeaux - 05 56 00 66 00 http://www.bordeaux-tourisme.com/

Festivals

plaisir ! Espace René Cassin – Saint-Jean – 20h30 05 61 37 63 00

Comédie musicale de Kamel Ouali Avec : Emmanuel Moire, Victoria Petrosillo, Christophe Mae,

Merwan Rim Zénith de Toulouse – 15h00 et 21h00 Musique de variété Une danse argentine, un son manouche, un swing imparable, des touches de flamenco, quelques épures jazz, voire des échos malhériens... Sanseverino ne se refuse rien Zénith – Toulouse – 20h30 11-13/05 Salon Respire Sport

Inscrit dans le cadre des Journées Nature de Midi-Pyrénées, Respire est le salon du Grand Sud-Ouest dédié aux sports de plein air. http://www. salon-respire.com/ Parc des expositions de Toulouse – 10h00 12/05 Hervé Vilard Chanson française L’interprète du tube Capri c’est fini retrouvera, lors de ce concert, ses fans qui le suivent toujours avec le même

24/05 Michel Sardou Chanson française Deux ans et demi après son dernier album, Du plaisir, qui contenait notamment un duo avec Garou, La rivière de notre enfance, Michel Sardou revient enfin avec un nouvel album, Hors format (novembre 2006) et un coffret de ses 100 plus belles chansons. Zénith de Toulouse – 20h00 => 053.jpg 25/05

Ridan Rap Récompensé pour son album «Le rêve ou la vie», consacré «Album révélation de l’année» aux Victoires de la musique 2005, auteur de textes à la fois incisifs et poétiques, ce jeune rapeur est en décalage certain avec les artistes de son monde musical, et son talent d’écriture ne fait absolument aucun doute. Salle des fêtes – Ramonville-Sainte-Agne – 21h00

Le Canard A-MP - N°14 - 77


25/05 Motörhead Hard Rock Les papis font de la résistance ! Toujours aussi réguliers avec leur dernier opus : Kiss of Death, redoublant d’effort dans le rock agressif, ils sont, à nouveau, de passage en Europe. Zénith – Toulouse – 20h00 26/05 Yannick Noah : «Un autre voyage…» Musique éclectique entre Afrique et Amérique du Sud Zénith de Toulouse – 20h00

01/06 Matmatah Musique ethnico-rock à racines celtiques

adaptant le son cubain avec un zeste de jazz new-yorkais et de tropicalisme colombien. En live, son charisme , sa capacité d’improvisation et ses chorégraphies font de lui un extraordinaire et rare showman. Havana Café – Ramonville – 20h30 28/06 Jugal Bandi Musique du monde D’une rive à l’autre du monde, dans un jeu de saute-mouton entre les continents, Jugal Bandi invente avec doigté un nouveau genre musical où trompette, sarod, esraj, basse et tablas, voix et percussions courtisent avec élégance le genre humain.» Port de l’Embouchure – Toulouse - 21h00

Festivals

15-24/06 Espagne(s) à Rio Loco

définitivement inscrit le retour de la corrida en milieu toulousain. C’est avec le même désir de partager quatre jours d’intense bonheur et d’émotions que Fenouillet vous accueillera avec fierté entre platanes et tournesols sur le site des Ramiers pour une fiesta brava encore plus belle et plus somptueuse.dans la chaude ambiance de ses bodégas, ses cantinas, ses bandas et les groupes de sévillanes et de flamenco. Renseignement : 0 892 688 001 (0,34 euros/ min) 30/06-01/07 Festival Western Country Rock 1e édition Les animations proposées sont nombreuses : foire aux chevaux sur deux matinées, concours du meilleur cavalier l’après-midi, animations équestres avec des cow-boys, westerners, indiens, expositions de camions décorés, voitures américaines, motos, vieux tracteurs, soirée musicale avec une ambiance country assurée. Castelneau d’estretefonds - http://fypascale. typepad.com/

Coordonnées utiles

Havanah café – Ramonville-sainte- Agne – 20h30 04/06 Patti Smith Harangueuse punk. Elle est l’égérie fondamentale du rock alternatif, de l’anticonsommable, du punk new-yorkais et de l’underground poétique.- Salle des fêtes – Ramonville-SainteAgne – 21h00 08/06 «Celtic legend II»

Danse folklorique et traditionnelle Créé à Galway dans le Connemara, Celtic Legends s’est forgé sa propre identité basée sur l’authenticité, la tradition et la culture irlandaise, loin de l’influence des grandes productions «hollywoodiennes». Zénith de Toulouse – 20h30 13/06

21/06

Julio Iglesias Le mercredi 13 juin 2007 Chanson de charme à l’accent hibérique Zénith de Toulouse – 20h30 «Oscar d’Léon» Jazz – salsa – musique cubaine Surnommé «El Rey de la Salsa», Oscar D’Leon a lancé sa carrière en

78 - Le Canard A-MP - N°14

Festival international des musiques du monde, Rio Loco ouvre chaque année une fenêtre sur la création artistique d’un pays. Festif et populaire, Rio Loco s’attache à refléter la diversité et la richesse artistique du pays invité à travers une programmation où se côtoient têtes d’affiche et jeunes talents. Après avoir accueilli 150 000 festivaliers en 2006 pour le Sénégal, Rio Loco invite l’Espagne pour sa 13e édition dans un parc en bord de Garonne : concerts en plein air, spectacles jeune public, cinéma de minuit, arts visuels, village gastronomique et artisanal. Durant tout le mois de juin, Toulouse vivra à l’heure espagnole avec aussi, dans toute la ville, des expositions, des spectacles vivants, des concerts, de la danse, des lectures, des projections, des afters programmés dans une cinquantaine de lieux associés au festival. Prairie des filtres - Toulouse Renseignement : 05 61 32 77 28 28/06-01/07 Féria de Toulouse Fenouillet

Le Grenier Théâtre de Toulouse 14 impasse Gramont - 05 61 48 21 00 - grenier.theatre@wanadoo.fr Havana café – 2 avenue des Crètes – Ramonville-Sainte-Agne - 05 62 88 34 94 - http://www.havana-cafe.fr/ Odyssud - 4 avenue du Parc – Blagnac - 05 61 71 75 15 - http://www.odyssud.com/ Parc des expositions de Toulouse - rond point Michel Benech - 05 62 25 45 45

11/05 Hervé Vilard

Musique de variété Vedette de la chanson française depuis les années 60, Hervé Vilard reprend les routes de

France. Parc des Expositions – Tarbes – 20h30 05 62 96 61 90

14/05 Ashok Pathak Ragas de l’Inde du Nord / Surbahar Musiques du monde On compte sur les doigts les joueurs de surbahar qui se produisent en public. Certains sitaristes en jouent uniquement chez eux, pour pratiquer l’alap introductif, propice à la méditation sur le raga. Ashok Pathak appartient à une famille de musiciens qui a forgé son école stylistique et lui a donné son nom : celui de la Pathak Gharana. Son père Balaram Pathak était un illustre joueur de surbahar et de sitar dont Radio France enregistra un microsillon. On imagine difficilement qu’un tel instrument puisse exister : la forme, le son et les possibilités si expressives du surbahar en font l’instrument de la solitude totale, celle qui oblige l’artiste, comme mis à nu, à tout réinventer. On pourrait le comparer aux pièces pour violoncelle seul de J.S. Bach, qui nous offrent les plus belles partitions du monde. Conservatoire de Tarbes – 20h30 Infos : Le Parvis 24/05 Virtuélévation – Storm Danse Hip Hop

Le Ramier de Toulouse - Le Kleo - 1 avenue du Grand-Ramier - 05 61 52 86 63 Salle des fêtes de Ramonville - rue Joliot-Curie - 05 61 73 51 02 Zénith – Toulouse - 11 avenue Raymond-Badiou : 05 62 74 49 49 http://www.mairie-toulouse.fr/Culture/musique/Zenith.htm

Office de tourisme

Toulouse - 05 61 11 02 22 http://www.toulouse-tourisme.com

HAUTES-PYRENEES 05/05 No one is innocent

En 2003, la Feria de Fenouillet-Tolosa Toros a créé l’événement au sein du Grand Toulouse et de Midi-Pyrénées, au carrefour des deux mondes de la France taurine renouant avec une tradition jamais éteinte et toujours aussi vibrante et colorée. Plus de 80 000 personnes étaient présentes pour ce rendez-vous de la fête et de la passion. L’immense succès populaire de la première Feria de Fenouillet-Tolosa Toros a

Pop/Rock SMAC de la Guespe – Tarbes – 21h00

On pourrait sans aucun doute qualifier Niels Robitzky –alias Storm- de « maître de la danse hip hop ». Dans ce nouveau travail solo de ce chorégraphe mondialement reconnu, le parcours d’un personnage sert de trame de fond pour véhiculer une réflexion profonde sur la notion de rêve. Storm construit sa pièce avec l’intention d’impliquer le spectateur dans son univers. A l’aide de la danse, de la musique et de la vidéo, Storm crée différentes atmosphères et transporte le personnage dans plusieurs dimensions. Salle des fêtes – Lannemezan – 21h00 05 62 40 72 95 29/05 Dick Annegarn Plouc Puisque Dick Annegarn écrit des chansons pour que les gens s’en souviennent, il a réussi : Géranium vivace, Bébé-Éléphant irréfutable, Ubu immortel, Bruxelles inoubliable, quelques trente années après


plusieurs générations se sont appropriées ses textes. Ce qu’il appelle ses « chansons à chanter », beaucoup de ses collègues les connaissent. Le parvis C – Ibos – 20h30 01/06 Les Plastiscines + The Tommys + Sweet saliva Pop/Rock

avaient enchanté le jardin Massey. Puis, c’est l’univers de nos peurs qu’ils explorent avec Les boutiques phantômes programmées lors du festival Parlez moi d’humour, prémices du « train phantôme ». Pour ce nouveau voyage, nous sommes conviés à sauter à bord du train fantôme d’une fête foraine désuète. Nous voici dans le gouffre d’entrée, les portillons s’ébattent en grinçant, le chariot s’élance, brutal, happé dans la nuit du couloir menant frénétiquement nos émotions en manège d’horreurs... On prend place dans ce « théâtre mécanique », poussé par le délicieux frisson d’éprouver à nouveau le chatouillis des squelettes de pacotille et la caresse de nos peurs enfouies. Le Parvis C – Ibos

Festivals

Quatre filles dans le vent. Elles s’appellent Katty (chant et guitare), Zazie (batterie), Louise (basse) et Marine (guitare) et se distinguent par leur chevelures félines et leur musique non moins électrique et déjantée, sur les traces des B-52’s ou des Clash, il suffit d’écouter leur premier single, «Loser», pour s’en rendre compte ! SMAC de la Guespe – Tarbes – 21h00 02/06 Chansons que tout cela

Découvertes Le Parvis dans le cadre de son partenariat avec le Pic d’or, concours de chanson francophone, organise une semaine de workshop avec de jeunes chanteurs en cours de professionnalisation qui ont besoin d’un « coup de pouce » pour pouvoir se présenter devant un public. Philippe Meyer sera leur « mentor » tout au long de cette résidence de travail, il sera entouré d’artistes et de techniciens du spectacle qui leur prodigueront des conseils. Le Parvis – Ibos – 20h30 08-09/06 Le train phantôme Le Phun

La compagnie Le Phun revient au Parvis, quelques années après le passage des Gûmes, leurs drôles de personnages qui

06-07/05 6ème Festival BD Tarbes-Pyrénées Près de 70 auteurs en dédicaces les samedi et dimanche dont ACHDE, MICHEL BLANC DUMONT, FRED CAMPOY, ANDRE LAMORTHE, MARKO, ALAIN PAILLOU, XAVIER SAÜT, … (programmation en cours, sous réserve de modifications). - expositions de planches originales -grands espaces de librairies qui vous proposeront tous les genres existant dans la BD à ce jour. Halle Marcadieu de 10h à 19h Renseignements : Office de Tourisme de Tarbes 24-28/05 DanceRoots

Musiques et dances afrocubaines et afro-américaines – Salsa et swing Halle Marcadieu Renseignements : Office de Tourisme de Tarbes 13-17/06 Festival international de cerfs-volants et rapaces 8e édition Un festival d’échange, de partage, de convivialité et de bonne humeur… Programme : 13 juin «L’Air de Rien» : Journée des centres de loisirs du département des Hautes Pyrénées ; 15 juin «Tête en l’Air» Journée scolaire en partenariat avec l’OCCE 65 ; 16 & 17 juin- «De l’Air, toujours de l’Air» Deux jours de spectacle avec les clubs d’ici et d’ailleurs, les délégations internationales, les jardiniers du vent… Dimanche 17 juin à 14h30 : Spectacle «Un Arc dans le ciel» présenté par 8 établissements accueillant des personnes handicapées.

Lac d’Estain – 10h00 – 18h00 contact@eolotempo.fr - 05 62 97 45 68 http://www.eolotempo.fr/ 07-10/07 Jazz à Luz

17e festival d’altitude en Hautes-Pyrénées. Ainsi, jusqu’alors épargné de la morosité culturelle générale, Jazz à Luz, le petit festival d’altitude à forte notoriété, conserve les grands axes de sa politique culturelle. Capter un public jeune plus large, attirer les spectateurs de proximité, intégrer davantage la population locale au projet d’une part, maintenir la ligne artistique et les principes esthétiques de notre projet culturel d’autre part, tel seront les principes généraux du festival 2007. Jazz à Luz travaillera pour les éditions à venir en collaboration, en coopération, avec des partenaires culturels proches ( Scène de la Gespe, Scène nationale du Parvis à Tarbes, écoles de musique...) ou d’autres plus lointains ( Festival NPAI de Parthenay en Gâtine). Pour enrichir certains moments du festival, Jazz à Luz se rapprochera également des acteurs économiques valléens et des producteurs locaux (moutonniers, éleveurs de la vallée de Barèges et du Pays Toy...). L’édition 2007 accordera une attention toute particulière au piano. 05 62 92 38 30 | jazz@luz.org - http://www. jazzaluz.com

Coordonnées utiles

Le Parvis Scène Nationale Tarbes-Pyrénées rte Pau 65420 Ibos Tél. : 05 62 90 08 55 location spectacles : 05 62 90 06 03 www.parvis.net SMAC de la Guespe – 23 route Paul-Cézanne - Tarbes - 05 62 51 32 98 http://www.lagespe.com

Offices de tourisme

Tarbes - 05 62 51 30 31- http://www.tarbes. com/

LANDES

18/05 Guillo + Alexandra Hernandez Pop/rock Six musiciens en quête de l’émotion. Pour vous sur la scène ce soir, le groupe Guillo installe ses intruments et impose sa musique façon pop-rock : les six de Guillo mélangent les styles avec brio et distillent, au gré des cordes, leur point de vue sur les sentiments humains. Salle Félix Arnaudin - St Paul Les Dax 20h30 19/05 Arno Musique de variété Au-delà du jeu de mots dans le titre Jus de box, il est tentant d’y voir un résumé de la carrière aux multiples styles, du musicien

belge. «Cet album est comme un jukebox, dans le sens où chaque morceau est différent.» explique-t-il. « Il y a un peu de mon passé : les seventies, les eighties, du TC Matic et aussi beaucoup de maintenant…» Jus de Box renoue avec le multilinguisme et la diversité des couleurs musicales. Arno y chante en anglais, en français et même en ostendais, sa langue maternelle. Cet album est aussi l’occasion d’un retour au rock à la fois dynamique et vivant. salle Municipale de Capbreton 05 58 72 12 11 01/07 La Nuit de l’écriture

Les passionnés d’écriture donneront libre cours à leur imaginaire. Les temps d’écriture, à la bougie, dans les maisons de l’airial alterneront avec la découverte des textes interprétés: Alain Sourigues, les Cases Doigts, Wally, le Théâtre des 2 mains, le Théâtre des Taffurs. Marquèze (près Sabres) Renseignements : 05 57 71 99 99 www.parc-landes-de-gascogne.fr Tarifs : Gratuit

festivals

11-12/05 Tempo du monde Festival de musique du Monde L’objectif de ce festival est d’explorer la diversité et la richesse des expressions musicales ou chantées de notre planète. Ce festival réalise cette approche culturelle avec l’objectif majeur de faciliter l’accès au spectacle au plus large auditoire dans le respect essentiel de la qualité artistique. Le voyage musical des précédentes éditions nous à fait découvrir entre autres le Blues du Jean Jacques Milteau Quartet, le Raï de Kadda Cherif Hadria, les choeurs basques d’Oldarra, la musique Cajun du groupe Mes Souliers sont Rouges, le délire Tzigane de Zaragraf, nous avons pu apprécier Adama Dramé et ses percussions du Burkina Faso, les sonorités envoûtantes de Gingkobiloba, le roi de la Kora : Doudou Cissoko, la «fabulous pêche» cuivrée des Brashoppers, le délirium so brittish du Old Rope String Band suivi de la tornade Paul Morocco y Olé, la percussion de Guem, Jim Rowlands en ambassadeur Gallois et les bretons de Wig a Wag. lle virtuose Roberto Dolbia, le Quarteto Cedron, Stéphane Mellino Jim Murple Mémorial. La précédente édition nous a permis d’apprécier entre autres Bratsch, Voices of Praise, Simon Nwambeben, Mare Sanogo, Ceux qui marchent Debout et les Incognitos. Salle Félix Arnaudin - St Paul Les Dax http://www.temposdumonde.com/

Le Canard A-MP - N°14 - 79


01-30/06 Festival des Abbayes Amou, Pouillon, Peyrehorade, Montfort en Chalosse, Saint-Sever, Dax, Cagnotte, Montaut et Sorde-l’Abbaye

de compas et palmas. Renseignements : 05 58 06 86 86 www.landes.org Lieux Mont de Marsan : - Espace François Mitterrand - Bodéga place de la Mairie - Café cantante place Saint Roch

Coordonnées utiles Salle Félix Arnaudin rue Abbé Bordes 40990 St Paul Les Dax 05 58 91 90 02

Des concerts de musique classique de haute qualité artistique mettant en valeur le patrimoine architectural religieux des Landes. Au programme : Michel Becquet et son ensemble Octobone, Orchestre de chambre de Toulouse, Choeur d’enfants de Bratislava, Choeur d’hommes du Monastère St Alexandre Nevsky de St Pétersbourg... Renseignements : 05 58 91 00 83 www.festivaldesabbayes.org 02-06/06 Festival de la Comédie Des pièces contemporaines et classiques avec pour file rouge, le rire : «Le Mariage de Figaro», «Jacques Le Fataliste», «Candide», «T’as de beaux yeux Carabosse», «Vive la Commune», «Gulliver et Fils», ... Et des auteurs aussi divers que Diderot, Beaumarchais, Voltaire, Harold Pinter... Dax. Renseignements : 05 58 90 99 09 www.dax.fr 21-25/06 Festival International de Contis Rencontre des arts et des cultures. Cette année, le festival se tourne vers l’Afrique. Débats et cinéma africain francophone. Spectacle de musique et danse avec l’artiste Mike Sylla et le groupe ivoirien Tanably, contes et littérature africaine, arts plastiques avec Koffi Comar. Saint-Julien-en-Born Renseignements : 05 58 42 88 07 www.cinema-contis.fr 02-08/07 Festival Arte Flamenco Programmation 2007 en cours de préparation Arte Flamenco propose aux aficionados de venir découvrir ou redécouvrir toutes les facettes de cet art traditionnel bien vivant, avec, entres autres artistes, Mario Maya, Antonio El Pipa, Gerardo Nuñez, Manuel Moneo ... Conférences, expositions, stages de baile, de guitare,

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LOT

12/05 Daby Toure + Prisca Jazz Daby Touré, originaire de Mauritanie, est un polyinstrumentiste surdoué. Il chante, joue de la guitare, de la basse, de la batterie et des percussions. Il est le fondateur et compositeur du groupe Touré-Touré qui mêle influences jazz et africaines. Sur des mélodies pures et abouties, aux sonorités nouvelles, Daby Touré chante en soniké, wolof ou pular, la vie de son peuple et celle du monde. Les Docks – Cahors – 21h00 16/05 Star Academy 6 Musique de variété La nouvelle promotion 2007 sera en tournée dans toute la France pour un show exceptionnel mis en scène par Kamel Ouali. Avec comme parrain Yannick Noah, les élèves ont été coachés comme de vrais champions : venez retrouver sur scène les élèves pour lesquels vous aurez voté. Peutêtre Jean-Charles, Elfy, Gaël et beaucoup d’autres pour un concert inoubliable ! Parc des expositions du Pays de Cahors Fontanes – 20h00 Contact : 05 65 53 20 68 ou 05 65 53 20 65 Email : misslotenquercy@orange.fr

Festivals

07/07 Festival Lyrique de Saint-Céré et du Haut-Quercy Le Festival revisite chaque année sous la houlette d’Olivier Desbordes les oeuvres hautes en couleurs du répertoire lyrique. L’Usine, en plein centre de St Céré, ancienne fabrique de valises reconvertie en espace culturel, prête son cadre enchanteur aux représentations mais aussi à la préparation des spectacles. Un envers du décor qui mérite une petite visite en curieux ou en poète. Les Caprices de Marianne : opéra comique en deux actes de Henri Sauguet. Livret de Jean Pierre Grédy d’après la pièce d’Alfred de Musset. Théâtre de l’Usine - St Céré - 21h00 05 65 38 28 08 - festival.saint-cere@wanadoo.fr - www.festival-saint-cere.com

Coordonnées utiles Les Docks - Cahors 430 Allée des Soupirs 05 65 22 36 38

LOT-ET-GARONNE

05/05 La Fin De La Societe + Daisy Duke Pop/rock alternatif Depuis sa création en 1999 sous l’impulsion du batteur Adrien et du premier chanteur Jean-Loup (à l’origine du nom «La fin de la société telle que nous la connaissons»), l’envie du groupe est de se démarquer des formations classiques (rock / métal) par le mélange des styles et l’utilisation d’instruments tels la batterie électronique et le violoncelle. La batterie électronique apporte des rythmiques différentes et variées aux compositions, mais aussi une grande palette sonore (techno, disco, jazz, etc) Le Violoncelle, quant à lui, amène douceur, chaleur et sagesse dans un univers électrique et éclectique Le Florida – Agen – 21h00 10/05 Hervé Villard Chanson française Espace F Mittérand - Boé 05 53 48 10 82 11/05 Young Blood Bras Band

Jazz accoustique - rap Le Florida – Agen – 21h00

15/05 Mesclade Chanson mélée

Avec Marie et ses Beaux Courtois, Paganella et autres surprises… Une « tradition en chanson » à établir : finir la saison avec des artistes de Moyenne Garonne qui font l’évènement, en rencontre avec des invités pleins de personnalité. Mini Festival et pauses conviviales au programme de ce nouveau concept ! Théâtre municipal – Agen – 20h30

Anis, c’est un crooner sur fond de métissage et de culture urbaine, avec un flow empreint de culture hip hop… Rencontre rythmique et mélodique du jazz et du reggae sur fond de blues et de soul. www. anis-music.com Le Florida - Agen - 21h00 29/06 Les chevaliers du Fiel Humour Salle des sports – Estillac – 21h00 OT Agen

Festivals

17-20/05 Accordéons-nous Musique traditionnelle

Un Festival des Musiques du Monde, qui commence à devenir une référence, tant par les ouvertures et découvertes musicales qu’il vous propose, mais aussi pour sa capacité à faire de l’accordéon bien plus qu’un simple «piano à bretelles» ... En 2007, pour sa 4ème édition, le Festival d’accordéon de Trentels a décidé de vous séduire à nouveau, en respectant son objectif, celui de vous faire découvrir l’accordéon sous des airs qui n’ont souvent rien à voir avec le musette ou la guinguette ! Des animations pour les enfants des écoles et des Centres de loisirs du Canton et de la CCFL Un ciné-concert au cinéma Liberty Un concert (Karin Küstner) en l’église de Ladignac, 4 concerts à l’Espace-Mairie de Trentels, Une scène-ouverte le dimanche 20 mai Un concert de clôture avec les stagiaires des Ateliers d’accordéon. Comme toujours en effet, des stages en violon, accordéon diatonique et chromatique, et cette année, de bandonéon, sont également proposés à l’occasion de cette manifestation (Réservations conseillées) Trentel 05 53 41 60 05 http://accordeon.catfamilie.com 01-03/06 Mange-livres à Grateloup

17-18/05 La magie de l’eau Spectacle aquatique

La magie de l’eau entraînera votre public dans le rêve d’un fantastique ballet aquatique. Des milliers de perles de diamant qui s’élancent vers les étoiles, l’eau se met à danser sur des symphonies classiques et modernes, les figures se succèdent, une explosion de couleurs, une synchronisation et une harmonie parfaite, des images qui surgissent sur l’écran d’eau. Le public sera fasciné, sous le charme. Un spectacle original. Agen Infos : 05 58 07 45 32 ou 06 80 21 41 48 24/05 Anis Chanson jazz reggae

Cet événement littéraire tient avant tout à privilégier la rencontre entre des auteurs porteurs d’une identité singulière et le public, en particulier les enfants et les adolescents. Le salon réunit cette année Olivier Douzou, Claude Ponti, Alain Serres, Anne Herbauts, Kitty Crowther, Christian Voltz . . . Ces auteurs-illustrateurs de jeunesse dédicaceront leurs livres pour le public. - gratuit Renseignements : 05 53 84 39 32 www.mangeloup.com Grateloup - Salle des Sports 06-22/07 Festival d’Agen et Festival des Bouts d’Choux Théâtre classique, soirée cabaret, aventures


en tout genre, et comme chaque année, le Festival d’Agen a son petit frère : les Bouts d’Choux qui accueillent cette année Delphine et Marinette, des Clowns, des histoires venues d’Afrique, de Russie et du Japon. Un Festival haut en couleurs pour les plus petits comme pour les plus grands ! Renseignements : 05 53 47 82 08 www.theatredujour.fr Agen (Collège Chaumié)

la chanson française. Edith Piaf, Jacques Brel, Charles Aznavour, Luis Mariano… Tous seront présents dans cette revue des plus grands succès de cabaret, d’opérettes et comédies musicales. Théâtre municipal d’Albi - 05 63 54 00 25 15h00

02/06 Steaks de bison : théâtre «Steaks de bison» de Jean-Claude Danaud. Trois femmes... et Marcel le CRS. Hilarant ! Salle des Fêtes – Beaumont-de-Lomagne – 21h00 05 63 27 63 44

Le Florida - Agen Bd Carnot – 05 53 47 59 54 – http://www.leflorida.org/ Théâtre municipal Ducourneau - Place Dr Esquirol - Agen - 05 53 66 26 60

Offices de tourisme

TARN

10/05 Magyd Cherfi Musique de variété

Finalement (et heureusement !), la vie après Zebda est tout aussi belle. Magyd Cherfi retrouve un nom, et une envie toute neuve de parler un peu de soi. Premier album solo, disque poivré et ensoleillé, aussi vif que tendre, Cité des Etoiles est l’exact reflet d’une personnalité artistique entière, rompue aux joutes orales et à l’apprivoisement des envolées acoustiques. Pour son nouvel album, Pas en vivant avec son chien, Magyd Cherfi se livre à une poésie ouverte, avec quelques odeurs de lavande et de hargne qui séduiront sans aucun doute… Lo Bolegason – CASTRES - 05 63 62 15 61 20h30 12/05 Clémentine Célarié : «Madame sans chaînes» One Woman Show Un tête-à-tête avec Clémentine Célarié Théâtre municipal de Castres – 21h00 12/05 Jamika Hip hop

Jamika Ajalon, la charismatique poétesse et réalisatrice américaine installée à Londres, remarquée aux côtés de Zenzile, publie son premier album solo en janvier 2007 : «Helium balloon illusions» est un condensé d’influences mêlant le hip hop à l’électro, le dub aux spoken words, où prédomine le groove et la poésie. Lou Bolega Son – Castres 15/05 «Ténor et diva» Opérette Ce spectacle reprend les plus belles musiques et mélodies du chant lyrique, tout en rendant hommage aux grandes voix de

26/05 Webcam Hi Fi - Tektonik Chamber – Afous Afous Musique électroniques Le Rio Grande – Montauban – 20h30

24/05 Laurent Voulzy - chanson française

Coordonnées utiles

Agen 107 bd Carnot - 05 53 47 36 09 www.ot-agen.org

19/05 Audiomatik Two Musique électronique Le Rio Grande – Montauban – 22h30

Salle . Philippe – Castres - 05 63 71 56 60 21h00 25/05 Jeanne Cherhal Chanson française Artiste dans l’âme, Jeanne Cherhal rêvait de devenir une étoile avant de découvrir le théâtre, la mise en scène et les mots. Un temps tentée par le rock, elle s’est au contraire tournée vers la variété, au sens du noble du terme.Car Jeanne Cherhal compose des chansons tendres et poétiques, avec un art consommé du portrait. Avec Camille et Anaïs, elle incarne le renouveau de la chanson féminine. Théâtre municipal de Castres 23/06 Michèle Torr Musique de variété Forum de Graulhet – 20h30 05 63 34 64 35 26/06 Pascal Obispo Scénith Parc Expos – Albi 05 63 49 28 40

Coordonnées utiles

Théâtre municipal de Castres place de la République - 05 63 71 56 58 - culture@ville-castres.fr - http://www.villecastres.fr/

TARN-ET-GARONNE 05/05 Kaolin

Pop aérienne et progressive Le Rio Grande Montauban

13/05 Concert «Duo Mezzo et Ténor» Pièces religieuses classiques et romantiques. Entrée libre Eglise St Pierre – Lachapelle – 17h00 05 63 94 12 28

09/06 Championnat de France de de la fédération française et sportive de gymnastique Moissac - 05 63 04 01 85 10/06 Fête des Croquants et du fromage Gastronomie Place de la Halle, Cordes sur Ciel 11h00 - 18h00 Renseignements Office de Tourisme : 05 63 56 00 52 17/06 Concert «Choeur de Chambre» Choeur de chambre «Oratorio» d’Agen. Oeuvres de Vittoria, Purcell et Bach. Entrée libre -Eglise St Pierre – Lachapelle – 17h00 05 63 94 12 28

Coordonnées utiles

Le Rio Grande - 3, rue Ferdinand Buisson Montauban – 05 63 91 19 19 www.rio-grande.com.fr/

Festivals

14-20/05 Alors... Chante! Festival de Jazz

Cette édition 2007, une spéciale Sansévérino, nous permettra comme en 2006 avec Bénabar, de fêter un artiste qui a partagé une partie de son aventure avec celle d’Alors...CHANTE ! Du 14 au 20 mai la 22ème édition d’Alors…CHANTE ! accueillera une cinquantaine d’artistes ou groupes. De Massilia Sound System, Abd al Malik, Riké, Grand Corps Malade… à Jacques Higelin, Arno, Mano Solo, Louis Bertignac, Jean-Louis Murat… en passant par Les Ogres de Barback, Adrienne Pauly, Mick est tout seul, Eiffel, Magyd Cherfi, Bratsch, Thomas Fersen … tous les styles et toutes les générations seront à nouveau réunis avec un point commun : le talent ! Montauban - Renseignements Public : 05 63 63 66 77 - http://www.alorschante.com/

26-27/05 Utopium Théâtre aux Fêtes d’Art d’Art 3 spectacles de rue : Il était une fois Qu’arriverait-il si Blanche Neige, Le Petit Chaperon Rouge, Cendrillon, Les trois petits Cochons, Barbie, Tarzan, Wonder Woman, Lucky Luke, Tintin... se trouvaient dans la même histoire ? La grande Conteuse, sadique et déjantée et son abruti de serviteur Jean Michel ne maîtrisent plus leur machine à détourner les contes. Les contes s’enchaînent, se déchaînent et se mélangent. Les héros immuables de notre enfance se retrouvent ensemble, malgré eux, dans une nouvelle histoire. Les chattes hurlantes

Isabelle, Marie et Myriam sont des célibataires aux allures de vieilles filles. Frustrées, assurément, medisantes, évidemment, elles dressent un constat de la société à travers les petits détails du quotidien. Cyniques, piquantes, grinçantes, elles évoluent dans un univers absurde et chantent sans complexe ce que l’on ne dit qu’entre amis. Monsieur Monde Il s’appelle Razi Pablo Zomelitch. Il est responsable des récidivistes au ministère de l’intérieur, il va vous parler de sa vie qu’il croit idéal depuis que le Sergent Makabal a pris le destin de la nation en main. Il s’est engagé dans le grand élan national pour nettoyer la patrie. Un pays propre, c’est un peuple propre, une culture propre et une liberté propre. Verdun-sur-Garonne – Spectacles gratuits en journée - 05 63 02 50 36 08-16/07 Les vibrations de Moissac, c’est un temps de fête mêlant les genres et les spectacles, et associant Les Diagonales d’Eté, Les Soirées de l’ADIAM et Le Festival de la Voix. C’est surtout le point d’orgue de l’action culturelle de Moissac, une ville où tout est spectacle. Ainsi, Les Diagonales d’Eté proposent de partir à la découverte du chant médiéval et des musiques anciennes, en compagnie du CIRMA (Centre Itinérant Puis les Soirées de l’ADIAM offrent dans ces lieux d’exception que sont l’Abbatiale de Moissac et son cloître, des concerts de prestige où le chant et la voix sont roi et reine. Enfin, Le Festival de la Voix met en avant la voix dans tous ses états et en tous lieux, de jardins privés nichés au cPhoto : Souad Massi, à L’uvarium, le 16/07 Informations : http://www.vibrations-festivalmoissac.fr/ - 05 63 04 63 85

rubrique : Agnès Maillard

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Le Canard A-MP - N°14 - 81


Salut Rémy, salut l’artiste !

Rémy Soriano s’en est allé. Chanteur au timbre grave et chaleureux, auteur, compositeur, homme de radio, c’était d’abord une figure avec un look inimitable et un esprit rebelle qui pouvaient surprendre. Mais derrière cet aspect, choquant pour certains qui s’arrêtent aux apparences, il y avait un artiste d’une grande sensibilité avec beaucoup de fierté et d’orgueil. Avec des passions et des fractures et ces parts de lumière et d’ombre qui forgent les tempéraments. La musique lui permettait d’exprimer sa vraie personnalité. J’adresse une pensée amicale à ceux qui l’ont bien connu et qui l’ont soutenu, Jean-Claude, Natasha, Guy et ses proches. Son cœur l’a lâché, mais son souvenir restera dans les nôtres. Jean-Louis Le Breton

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Le Canard A-MP - N째14 - 83


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