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LE CANARD GASCON

LES TRACTEURS d’hier à aujourd’hui !

N°12 - janvier - février 2007 - 3,90 €

ANTIQUAIRES DU SUD-OUEST La passion des objets anciens en Gascogne

POL E F LES AUT-I MIQU VID L LI E : E-G MIT ER R p.8 EN IER S?

Eve Joanin, antiquaire à Pau présente une pièce rare de l’orfèvre Debain

Entrepreneurs, artisans, artistes... ils font vivre la Gascogne !

Michael Ehman : roi du Pop-Corn !

Marie-Françoise Lair : relieuse de talent

Michel Dubau : ébéniste original...

Jacky Gaglione : peintre du vert

Michel Gomez défend les antiquaires !


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Sommaire n° 12 Numéro Spécial Antiquaires du sud-ouest Les antiquaires du Sud-Ouest - Page 5 Les salons à ne pas manquer - Page 7 Polémique : les vide-greniers - Pages 8-9 Un antiquaire près de chez vous - Page 10 Evelyne et Philippe Fauroux - Page 11 Gilles Hubert Collin - Page 12 Philippe Brunel - Page 13 Viviane Vitrant - Page 14 Eve et Eric Joanin - Page 15 La galerie Lhoste - Page 15 Joël Cassagnaud - Page 16 Aude Gabard - Page 16 Christophe Yvernot - Page 17 Maryse Diano - Page 17 Philippe Decap - Page 19 Eugénie Galeraud - Page 21 Marie-Françoise Lair, relieuse - Pages 22-23 Jackie Gaglione- Pages 24-25 Michel Dulau ébéniste - Pages 26-27 Michael Ehmann et le pop corn - Pages 28-29 La foire de Barcelonne du Gers - Page 31 Les tracteurs d’hier à aujourd’hui - P. 32 Philippe Duvignau - Massey - Page 33 Raymond Nogues - Claas - Pages 34-35 Se chauffer au bois - Pages 36-37 Les chevaliers du pruneau - Page 38 Les éditions des 2 encres - Page 42 Livres, CD-DVD - Page 46 English Pages Antiques in the day of globalization - Page 39 L’industrie alimentaire sur la sellette - p.40 The wages of agribusiness - page 41 Bulletin d’abonnement Page 44 Photo de couverture Eve Joanin au salon de Toulouse présentant une pièce de l’orfèvre Debain. (photo Jean-Louis Le Breton)

Au printemps, on fait peau neuve !

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ous tenez entre les mains le dernier numéro de la première formule du Canard Gascon. Au printemps, nous faisons peau neuve : le magazine va développer ses enquêtes et ses reportages, doubler sa pagination, faire évoluer sa maquette, multiplier son tirage par cinq et couvrir les deux régions Aquitaine et MidiPyrénées. Les raisons de cette évolution sont multiples. Il existe une véritable identité commune dans ce quart sud-ouest de la France qui va de Bordeaux à Agen et de Toulouse à Biarritz : un esprit de bien vivre fait de traditions et de modernité, mais aussi un souci de préserver une qualité d’environnement et de paysage qui constitue la richesse de ces régions.

Plus que jamais le Canard Gascon veut vous aider à mieux connaître ce territoire et les gens qui y travaillent, qui créent, qui discutent et réfléchissent à leur présent et leur avenir. Nous savons bien que la Terre va mal et nous avons conscience d’être privilégiés dans ce pays si beau et souvent épargné par les catastrophes humaines ou naturelles. Pour autant tout n’est pas rose autour de nous. Le climat se dérègle (nous avons vu des champs de tournesol refleurir au mois de décembre !) et ceux qui refusent d’y croire devraient faire un tour au pôle pour constater la fonte irréversible de la banquise. La pollution nous entoure, souille nos sols, notre eau et notre air (voir dans ce numéro l’article de Nina de Voogd sur l’industrie agro-alimentaire). Mais nous n’allons pas sombrer dans la dépression, loin de là. Notre credo est de mettre en valeur les filières qualité et ceux qui les animent. Nous pensons par exemple qu’en France l’agriculture bio n’est pas assez développée. Pour autant nous ne jetons pas la pierre à ceux qui pratiquent l’agriculture intensive. Ont-ils vraiment le choix de faire autrement ? Il faut en parler. Et comme nous ne sommes affiliés à aucun parti ou aucun groupe, notre parole et celle de nos interlocuteurs est libre. Nous pensons que l’artisanat, la production locale et le tourisme raisonnés sont une chance pour cette région. Encore faut-il savoir qu’à quelques kilomètres de chez soi il existe tel ou tel artisan ou producteur de qualité. C’est notre rôle de vous apporter cette information. De tisser des liens entre tous ces gens qui, trop souvent, ne se connaissent pas. Nous allons franchir une étape importante dans la vie du magazine. Merci à ceux qui nous ont suivi depuis deux ans. Qu’ils se fassent les ambassadeurs du Canard Gascon auprès de nouveaux lecteurs afin que nous puissions continuer longtemps ce passionnant travail journalistique régional. Jean-Louis Le Breton

Attention changement de formule pour le prochain numéro ! Abonnez-vous dès à présent ! Le Canard Gascon, 2, av. du Général Leclerc - 32110 - Nogaro. Tél. : 05 62 09 03 61 - Fax : 05 62 69 03 69. www.le-canard-gascon.com. Mail : info@le-canard-gascon.com Rédaction Directeur de la publication et rédacteur en chef : Jean-Louis Le Breton. Maquette et conception graphique : Pierre Giès. Ont collaboré à ce numéro : Jean-Paul Amic, Héloïse Boursinhac, Pierre Giès, Sophie Lefloch, Nina de Voogd. Le personnage du Canard Gascon est de Elger. Impression : Dauba, Nogaro (l’ami Dalex) - Publicité et diffusion : Caroline Le Breton (06 81 84 29 24) et André Tauzin. Crédit Photos : Jean-Louis Le Breton, Jean-Paul Amic. Editeur : Anyware sarl, 2, av. du Général Leclerc - 32110 - Nogaro. Dépôt légal, 1er trimestre 2007. Service des ventes au journal (05 62 09 03 61) - Numéro de commission paritaire : 0207 I 86098. ISSN 1772-6573. Abonnement : 36 euros pour 12 numéros – France métropolitaine. Autres régions, nous consulter. Il y a toujours des coins de Gascogne où l’Internet rapide n’est pas arrivé. Des sacrés trous noirs dans la toile. On voit vraiment qu’on n’est pas égaux devant les télécommunications. Tiens, même là où j’habite, en campagne pas loin de Nogaro, je paie 29,90 € à Orange pour l’ADSL mais sans la télévision alors que pour le même prix en ville ils ont la télé et un débit plus rapide. Vous trouvez ça juste ? Hé FranceTélécom, dites tout de suite que vous vous en tapez le combiné des pauvres pèlegrus qui vivent en cambrousse. Et puis la dernière (je l’ai trouvée bonne) : j’ai voulu appeler mon agence locale pour changer mon téléphone portable... hé ben non, les agences locales Orange ne répondent plus au téléphone (zont pas que ça à faire) !! Déjà qu’on n’arrive plus à joindre sa banque non plus sans passer par un service délocalisé, je trouve que le secteur tertiaire se déshumanise vachement ma bonne dame...

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Antiquaires

Dossier

Les antiquaires du sud-ouest

La passion des vieux objets en Gascogne Nous vivons dans un monde industrialisé où les biens sont fabriqués à la chaîne et commercialisés dans les grandes surfaces. Il en résulte une forte dépersonnalisation de notre environnement. Une réaction à ce phénomène est la recherche de l’objet unique, ancien et qui témoigne d’un temps révolu. Les antiquaires jouent un rôle important dans cette double quête de mémoire et d’identité et c’est pourquoi nous avons voulu leur consacrer un dossier. Comme toujours, dans le Canard Gascon, nous aimons à rencontrer des personnes et s’il était impossible, faute de place et de temps, d’aller voir personnellement tous les antiquaires du sud-ouest, la galerie de portraits que nous vous proposons nous semble représentative des styles et tendances de la région. Nous évoquons aussi la polémique qui oppose antiquaires et associations à propos des vide-greniers. Ceux-ci forment un phénomène social

et économique si important qu’il était impossible de ne pas l’évoquer dans un tel dossier. Et c’est sans parler des sites d’enchères sur Internet qui connaissent une formidable explosion. Bref, comme beaucoup de professions, celle d’antiquaire est touchée par la mondialisation. Reste que pour bien acheter un bel objet, il faut le voir, le toucher, le sentir et aller chez un antiquaire c’est comme fouiller dans un vieux grenier. Une sensation irremplaçable… Jean-Louis Le Breton

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Antiquaires

Antiquités : des salons à ne pas manquer dans le sud-ouest... Avec un véritable engouement pour les antiquités, les salons se multiplient dans le sud-ouest. curiosités attirent beaucoup les gens également comme les petits objets de vitrines et les petits meubles. L.C.G. : Le salon est-il exclusivement réservé aux antiquaires ? Claude Jary : Le salon est organisé en trois halls : un hall prestige, un hall antiquités et un hall brocante. Ceux qui préfèrent du meuble rustique régional iront plutôt dans le hall brocante. Pour un investissement plus important, un bijou, un tableau ou un meuble 18ème on va plutôt dans le hall prestige.

Claude Jary, Présidente du Salon des Antiquaires de Toulouse.

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le salon de Toulouse

vec près de trois cents antiquaires venus de tous les coins de France, mais aussi d’Espagne ou d’Italie, le Salon des Antiquaires de Toulouse est l’une des grandes manifestations de sa catégorie en France. Chaque année en automne, il définit les grandes tendances du marché. La 45ème édition se tiendra en novembre 2007. Rencontre avec la présidente du Salon, Claude Jary.

L.C.G. : Vous recevez beaucoup de visiteurs ? Claude Jary : Sur les dix jours du salon, nous recevons près de 80 000 visiteurs. C’est le salon le plus important en France depuis très longtemps tant par la fréquentation que par le nombre d’exposants réunis. De nombreux visiteurs étrangers fréquentent le salon. Avant l’ouverture deux journées sont réservées uniquement aux antiquaires professionnels. En ce moment on voit passer des Américains, des Espagnols, des Italiens et d’autres venus de toute l’Europe. L.C.G. : A-t-on une idée du chiffre des transactions générées par un tel salon ? Claude Jary : Aucune ! Les antiquaires sont des gens assez secrets et il est impossible de savoir quel chiffre d’affaires est généré par le salon. Mais compte tenu du fait que ce salon existe depuis 44 ans et que les exposants y sont fidèles à 80%, on peut supposer que chacun y trouve son compte.

Le Canard Gascon. : D’où viennent les antiquaires qui exposent au Salon de Toulouse ? Claude Jary : Une grande partie de ces antiquaires viennent du Grand Sud, depuis l’Aquitaine jusqu’à la région PACA, en passant par le Midi-Pyrénées, bien entendu. Chacun propose plutôt des meubles de sa région : les antiquaires de Gironde proposeront plus facilement des commodes bordelaise et ceux de Provence des meubles peints.

L.C.G. : Quel est, selon vous, le pourcentage des visiteurs qui viennent de la région ? Claude jary : Je pense qu’environ 60% de nos visiteurs viennent du Grand Sud. Les autres viennent du reste de la France et de l’étranger, en particulier nos voisins Espagnols qui sont tout proches. Et avec plus de 20 000 m² d’exposition, il faut plus d’une journée pour tout voir ! Propos recueillis par Pierre Giès.

Quelles sont les tendances de l’antiquité en 2007 ? Claude Jary : Je crois que le style des années quarante a toujours la cote. Ensuite on revient sur les grands classiques du 18ème siècle. Les

Salon de Toulouse : organisation, Sforman SA 27, rue de Metz - 31 000 Toulouse Tél.: 05 61 21 93 23 www.sforman.fr contact@sforman.fr

Le salon d’Eauze

Le salon d’Eauze va fêter en 2007 sa 37ème édition. Celle-ci se déroulera du 12 au 19 mai. Ce joli salon accueille des professionnels du grand sud-ouest venus présenter des meubles, de l’argenterie, de la dentelle et des bibelots. Le salon est labellisé par le Syndicat National du Commerce et de l’Antiquité d’Occasion et il bénéficie de la présence d’un expert. Présidente : Mme. Rolandeau au 05 62 09 83 65

D’autres salons à voir en 2007…

Le salon des antiquaires de Bordeaux, du 26 janvier au 4 février 2007 Organisation : Expo Media (info@expomedia.fr) 05 59 31 11 66

Le salon des antiquaires de Condom, les 24 et 25 février 2007. Président : Mr. Gayraud au 05 62 28 32 04

Les salons des antiquaires de Biarritz, du 7 au 12 avril 2007, et du 16 au 20 août 2007 Organisation : Expo Media (info@expomedia.fr) : 05 59 31 11 66

Le salon des antiquités de Samatan, du 18 au 20 août 2007. Organisation : 05 62 62 30 46

Le salon du Château de Terraube, les 1 et 2 septembre 2007 Organisatrice : Madame Andrée Beze

Une belle pièce au salon d’Eauze en Armagnac Le Canard Gascon n°12

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Antiquaires

Polémique : faut-il limiter la prolifération des vide-greniers ?

Pour mettre un frein a ce qu’ils appellent du « para-commercialisme » les antiquaires tentent de limiter la prolifération des vide-greniers. Tollé chez les associations qui trouvent là d’importantes subventions pour leur existence.

POUR LA LIMITATION : la position des Antiquaires l’interdiction des vide-greniers, ça n’a jamais été notre propos. On l’a interprétée dans ce sens là très souvent, mais à tort, car ce n’est pas notre objectif. Les vide-greniers sont une réalité qui mérite d’être respectée à condition que ceux qui participent à ces manifestations le fassent dans la plus totale légalité : c’est-àdire des particuliers qui vendent leurs objets personnels dans les limites de leur commune et à raison de deux fois par an. C’est en gros ce que dit la loi. Nous, nous réagissons contre le para-commercialisme qui s’est développé et qui représente environ 70 à 80% des gens qui participent aux vide-greniers !

Michel Gomez, Président du SNCAO veut lutter contre le para-commercialisme

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e Syndicat National du Commerce et de l’Antiquité d’Occasion (SNCAO) regroupe trois mille adhérents (antiquaires, brocanteurs, galeristes, experts) et se montre très actif sur la réglementation concernant les vide-greniers. Son président, Michel Gomez, antiquaire à Montauban, a participé à l’élaboration de la loi avec le ministre Renaud Dutreil. Le Canard Gascon : Quelle est la position du SNCAO face au problème de la prolifération des vide-greniers ? Michel Gomez : La profession que nous représentons est gênée dans son ensemble par la prolifération des vide-greniers. On considère aujourd’hui qu’il y en a à peu près cinquante mille en France. Le chiffre peut paraître énorme. Mais y a trente six mille communes en France et pratiquement toutes en organisent au moins un dans l’année, voire plus comme Paris qui peut en organiser jusqu’à deux cents ! L.C.G. : Que dit la loi à propos des vide-greniers ? Michel Gomez : Il faut savoir que c’est le SNCAO qui est à l’origine de la loi actuelle. Notre position officielle n’est pas de demander

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L.C.G. : Qui sont ces personnes ? Michel Gomez : Ce sont des gens qui achètent pour revendre sur les vide-greniers. Avec le profit de leurs ventes, ils rachètent le lendemain pour faire un vide-grenier le week-end suivant. Entre Pâques et octobre ils en font trente à quarante par an. Si ça n’est pas du commerce, expliquez-moi ce que c’est ! Or les professionnels disent : nous payons des impôts, nous avons des contrôles parce qu’on touche une marchandise sensible et une multitude de gens qui représentent au moins un million et demi de personnes et qui souvent ont un métier par ailleurs, font du para-commercialisme sur ces vide-greniers donc une concurrence absolument déloyale. La frange la plus modeste de notre profession en souffre énormément. L.C.G. : Mais les antiquaires ne vendent pas le type de marchandise qu’on trouve dans les vide-greniers… Michel Gomez : C’est une interprétation qu’on peut avoir quand on porte un regard rapide. Il est vrai que cette marchandise peut paraître modeste et même sans valeur pour sa partie la plus visible. Mais par ce canal, et de façon plus discrète, circule une marchandise dont l’origine est très douteuse voire volée. Par ailleurs, il y a en France quinze mille professionnels – antiquaires, brocanteurs, galeristes, experts – qui participent à environ dix huit mille manifestations officielles et reçoivent environ trois millions de visiteurs. Dans le même temps, un à deux millions de personnes participent à cin-

quante mille vide-greniers entre les fraudeurs et ceux qui le font légalement, et qui reçoivent plus de vingt-cinq millions de visiteurs. Jugez de la différence ! A cause de cette synergie formidable, les professionnels ont de bonnes raisons de penser qu’il y a une grande déperdition de clientèle chez eux. L.C.G. : Dans une société où la pauvreté se développe à grande vitesse les vide-greniers ne sont-ils pas aussi une économie de survie pour beaucoup de personnes ? Michel Gomez : Si cette argumentation était bonne les professionnels y seraient sensibles. Mais elle ne représente qu’un très faible pourcentage de la population. Ceux que nous dénonçons au travers de la loi que nous avons voulu voir apparaître sont ceux qui possèdent de la marchandise, qui pratiquent cette activité régulièrement, qui sont quelquefois mieux équipés que des professionnels et qui ne présentent pas du tout les symptômes de la précarité. L.C.G. : Finalement, que dit la loi et est-elle appliquée ? Michel Gomez : Nous sommes en contact permanent avec le ministère des PME/PMI. J’ai commencé à présenter le problème en novembre 2002 à Renaud Dutreil. Nous nous sommes vus de nombreuses fois depuis. Il a pris conscience de la situation et a convenu qu’il fallait faire quelque chose. La loi a été votée le 2 août 2005. Chaque mot, chaque phrase ont été pesés. En résumé, la loi dit qu’un particulier qui participe à un vide-grenier ne peut présenter que des objets personnels et usagés. Elle définit ensuite l’espace dans lequel il a le

Dans les salons d’antiquaires l’entrée est le plus souvent payante...


Antiquaires

droit de vendre : grosso modo c’est sa commune et son canton. Il y a une tolérance, ça n’est pas d’une rigueur absolue. Enfin, il peut y participer à raison de deux fois par an. Par ailleurs les communes ne devraient pouvoir organiser qu’un vide-grenier par an. Certains ont souhaité que cette loi ne paraissent pas parce que – disaient-ils – elle portait préjudice aux associations. En bon politicien, le ministre a freiné un peu la parution du décret. Mais je pense que ceux qui portent préjudice aux associations sont ceux qui travaillent au noir. L.C.G. : En attendant le décret, vous n’êtes pas satisfait… Michel Gomez : Oui ça continue… Nous sommes demandeurs de contrôles. Il y en a quelques-uns mais il ne leur est pas toujours donné suite du fait que le décret n’est pas sorti. Tou-

tefois, c’est plus complexe qu’il n’y paraît. Le ministère a fait passer une information auprès des préfets pour leur demander d’être attentifs à ce qui se passait dans leur département et de tenir compte du fait que la loi existait. Nous avons également écrit à tous les préfets qui nous ont répondu. La moitié nous a dit « le décret n’est pas sorti, nous ne pouvons rien faire ». L’autre moitié nous a répondu « très bien, nous nous chargerons de procéder à l’application de la loi ». L.C.G. : Certains ont-ils déjà été verbalisés ? Michel Gomez : Une procédure a été engagée à Périgueux à l’encontre de quatre personnes repérées comme des habitués des vide-greniers. Le SNCAO s’est porté partie civile. Les personnes ont été condamnées.

L.C.G. : Et quelle est votre position à propos de la vente sur Internet et du phénomène E-bay en particulier ? Michel Gomez : On pourrait dire que c’est un gigantesque vide-greniers virtuel. Les choses évoluant très vite, la vente sur Internet n’apparaît pas dans les termes de la loi. Mais nous réfléchissons au para-commercialisme sur Internet et bien évidemment E-Bay est dans la ligne de mire de tout le monde. Mais ce sera difficile : E-Bay est américain et le point de chute bancaire pour tout ce qui se passe sur le territoire français est en Suisse. En 2005, deux millions sept cent mille objets ont été déposés sur Internet, pour la France et un million trois cent mille ont été vendus. Vous voyez que c’est énorme… Propos recueillis par Jean-Louis Le Breton

CONTRE LA LIMITATION : la position des Associations fessionnels, les organisateurs et les maires afin de prendre certaines décisions comme limiter le nombre de métrage linéaire des exposants par exemple.

Paul Mumbach, Président de la FFBA veut préserver les revenus des associations.

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réée en 1983, la Fédération Française du Bénévolat Associatif regroupe 10 000 associations et mène un combat engagé pour la défense des vide-greniers. Paul Mumbach en est le Président très actif et pense que la limitation des vide-greniers porterait un tort considérable aux associations. Le Canard Gascon : l’un des points de votre contestation par rapport à la loi sur les videgreniers est la limitation géographique qui empêcherait de participer comme exposant à un vide-grenier en dehors de sa commune. Paul Mumbach : Effectivement. Si on devait appliquer cette réglementation cela réduirait de plus de 60% l’organisation de vide-greniers en France faute d’exposants. Par ailleurs le fait de limiter les vide-greniers à un seul par commune et par an est un vœu pieux du SNCAO mais n’est pas dans le texte de la loi. Nous nous sommes mis d’accord avec le cabinet du ministre Renaud Dutreil et ce paragraphe sera en principe supprimé. On ajoutera dans la loi un autre paragraphe donnant pouvoir au préfet, pour les cas d’exception, de réunir les pro-

L.C.G. : Pensez-vous que les vide-greniers développent une économie parallèle ? Paul Mumbach : C’est une optique sociale à ne pas négliger. Pouvoir vendre des objets aide de nombreuses familles qui se trouvent dans une période difficile à un moment de leur vie. Et cela marche dans les deux sens. Pour les familles en difficulté c’est important de pouvoir acheter des habits ou des objets de nécessité à moindre coût. L.C.G. : Vous représentez de nombreuses associations. Quelle importance ont les videgreniers pour elles ? Paul Mumbach : Pour les associations c’est un

moyen de financement économique très important. Il n’y a plus ou très peu de sources de financements possibles pour les associations, en France comme les bals, les lotos, etc. Les vide-greniers aident les associations de la commune et animent la cité. Sur le plan économique c’est aussi une bonne affaire pour les commerçants locaux qui sont ouverts pendant les vide-greniers. L.C.G. : Quelle est votre estimation du nombre de fraudeurs qui ont fait des vide-greniers une véritable activité commerciale non-déclarée ? Paul Mumbach : Nous estimons qu’il y a au maximum 5% de fraudeurs. Nous nous basons sur des contrôles qui ont été effectués dans divers départements. Dire qu’il y en a plus est du baratin. C’est le point de vue des gens qui ne vont pas sur le terrain. Propos recueillis par Jean-Louis Le Breton

Les vide-greniers se multiplient et sont plutôt des brocantes à ciel ouvert... Le Canard Gascon n°12

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Antiquaires

Un antiquaire près de chez vous ?

Vous recherchez des antiquités ou vous voulez vendre des objets ? Il existe un antiquaire ou un brocanteur près de chez vous dans le sud-ouest. En voici une liste (presque) exhaustive dans quatre grands départements de la Gascogne. Nous les avons classés par ordre alphabétique de lieux.

Gers

Aignan Brocanthé place du Cl Parisot 32290 Auch Joseph Béranguer 7bis rue Blazy 32000 Auch Joël Cassagnaud Trouettes Embats 32000 Auch Christophe Yverneau Monplaisir Landon 32000 Auch Antiquités Bohard 6 rue Amiral Péphau 32000 Augnax Bernard Château Au village 32120 Barcelone du Gers Stop Affaires 13 r. des Pénitents 32270 Castéra-Verduzan Un coin du Passé av. Bordenave 32410 Condom Le Chineur Gascon 6 bd St Jacques 32100 Condom Jacques Julia 1 quai Buzon 32100 Condom Boos Antic Sud-Ouest 16bd Pasteur 32100 Condom Hélène Carlier 10 av d’Aquitaine 32100 Condom Eric Fénestra Monteléone 32100 Condom Histoires de familles 7 av. d’Aquitaine 32100 Condom Jacqueline Montariol 17 rue Gaichies 32100 Condom Christiane Salis allée Canal 32100 Estang Nicole Paschal Place Roger Bon 32240 Fleurance Michelle Huguet Route d’Auch 32500 Fleurance Luc Teyssandier Esparbes 32500 Fleurance Antony Daniel Le Roucho 32500 Fourcès Philippe Braem place du village 32250 Fourcès Raymond Raigné Au village 32250 Gimont L’atelier du patrimoine Rte de Samatan 32200 Gondrin Philippe Braem 16 P. de la Liberté 32330 Larressingle Geneviève Musin Au village 32100 Lectoure La porte rouge 12 rue Diane 32700 L’Isle Jourdain Brocante Deu Païs 30 av. Lombez 32600 L’Isle Jourdain Frédéric Ribeyrols 2 r. Marcel Taillandier 32600 Manciet Viviane Vitrant Place du Pesquerot 32370 Marambat Norbert Blum Au village 32190 Mirande Jean Ténat 6 rue Gambetta 32300 Mouchan La Maison des Antiquités Bordeneuve 32330 Nogaro Pierre Pesquidous 10 rue Nationale 32110 Pavie Brocante de la Fenière Domaine Besmaux 32550 Terraube Christian Galipon-Bachette Au village 32700 Vic Fezensac Autrefois en Gascogne N 124 32190 Vic Fezensac Philippe Fauroux 1, av de Lorraine 32190

Landes

Aire sur l’Adour Eric de Brégeot Pourin 40800 Aire sur l’Adour Christophe Broca 12 r. Henri Labeyrie 40800 Cap Breton Robert Olivier 22 av. de Verdun 40130 Cap Breton La Chine du Port quai Bonamour 40130 Dax Les Clés de Saint Pierre 1 av G. Clémenceau 40100 Dax Henri Gayan-Sourgen 161 av St V. de Paul 40100 Dax Antiquités Subes 305 r. Château St-Pandelon 40180 Herm Troc 40 3927 route Cluqelardit 40990 Hossegor Les Clés de Saint Pierre651 av. Touring Club 40150 Hossegor Le Fouineur 169 av Tisserands Soorts 40150 Labastide d’Ac. La Grange Notre Dame rue Notre Dame 40240 Labenne Antiquités La Branère Quartier de La Branère 40530 Léon Carpe Diem 121 Grande Rue 40550 Mont de Marsan Daniel Nahmani 521 rue Croix Blanche 40000 Parentis en Born La Mansard 10 rue St Barthélémy 40160 Peyrehorade Catherine Fleuraux 705 route de Bayonne 40300 Saint Sever Patrick Loupret r. Gradin de l’Epervier 40500

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0562081523 0562630622 0687127675 0562050973 0562054875 0562651669 0562084459 0562681073 0681874840 0562291270 0562682816 0562684667 0608425137 0562291983 0562080782 0608862024 0562096179 0562061215 0562066771 0562060977 0562295091 0562294753 0562678087 0562295091 0562683984 0562689807 0562055717 0562652556 0562037042 0562064678 0562665398 0562280517 0562090109 0562055717 0683002381 0562644582 0562065646

Saint Sever Philippe Brunel ZI Rte de Tartas 40500 Saint Sever Garance 28 rue Lafayette 40500 Saint Vincent de Tyrosse Les oliviers 108 av. Nationale 40230 Soustons Brocante Soustons route des Lacs 40140 St Martin de Seignanx Broc Adour Bourg 40390

Lot-et-Garonne

Agen Arts Antic & Vieilles dentelles 20 rue Emile Santini 47000 Agen Antiquités Bareyre 12 rue de Garonne 47000 Agen Brigitte Milliard 22 r. Richard Cœur de Lion 47000 Agen Trouvailles etc. 10 place du Mal Foch 47000 Agen Antiquités Chapoulié 44 rue Belfort 47000 Agen Au bon vieux temps 2 r. Doct. Louis Brocq 47000 Agnac Francis Cherrier route de Bergerac 47800 Artigues Foulayronnes Annick Gâteau 40, av. de Paris 47510 Aubiac Jacques Charaire 57 route de Moulins 47310 Bias Nicole Dubois Lalandette 47300 Casteljaloux Ph. Gurelotté 18 place Gambetta 47700 Castelmoron sur Lot Cl. Dupeyron Les Vergnes 47260 Duras Michèle Ponticq Moulin de Monsieur 47120 Fumel Edmonde Andrieu-Bourelly 12 rue Sully 47500 Lafitte sur Lot Xavier Lugan Saint Philippe 47320 Lafox Roland Martini Terrefort 47240 Lavardac Jean Zagni 29 rue du Port 47230 Le Passage E. & C. Habert 36 av. des Pyrénées 47520 Monbalen Christophe Menges Lagarrigue 47340 Monflanquin Marie-Agnès Lanteiron place des arcades 47150 Nérac Antiquités Verdier Lot et Larrousset 47600 Nérac Sarl Abos 12 allée Albret 47600 Nérac Michel Salis 65 rue Gambetta 47600 Nérac Brocante du Château 47600 Saint Hilaire de Lusigna Antiq. Marrassé La Tuilerie 47450 Ste Colombe en Bruilhois Antiq. D. Sauveau «Pichard» 47310 Thezac Maggy Wang Clauseris 47370 Tournon d’Agenais Gallery Bastide rte de Cahors 47370 Villeneuve sur Lot Antiquités Philipot 47300 Villeneuve sur Lot Les trois jours route de Bergerac 47300 Villeneuve sur Lot Antiq. Edera 21 bd Bernard Palissy 47300 Villeneuve sur Lot Antiquités François Bohl Le Bourg 47370 Villeneuve sur Lot Au plaisir du Passé Toulos Sud 47300 Villeneuve sur Lot Michel Bellino Frontignac Sud 47300 0558719414 Villeneuve sur Lot Jean-Pierre Bertran Calvétie Ouest 47300 0558718066 Villereal Lucette Bouché rue Saint Roch 47210 0558726162 Villereal Gérard Deguilhem château Ricard 47210 0558726834 0558741592 0558740544 0558740617 0558915360 0558435643 Château de Bazet La conciergerie 13 rue de d’Eglise 65460 Olivier Mouliet 38 route d’Artigues 65100 0558437316 Jarret La Grange aux meubles 49 route de Lourdes 65290 0558446666 Juillan 65310 0559454283 Laloubère Brocant’Oc 4, rue du Moulin 15 rue Bagnères 65100 0558492437 Lourdes José Castillo Galerie Ariane 10 rue Massey 65000 0558859260 Tarbes Antiquités Garay-De Lafitole 12 rue Massey 65000 0558789545 Tarbes 65500 0558731610 Vic en Bigorre Vic Antic 14 r. Barrère de Vieuzac 65500 0558762449 Vic en Bigorre Lucienne Bourrut 2 av. de Tarbes

0558760370 0558761809 0558770100 0686168223 0608642255

0553956016 0553669645 0553660973 0553478500 0553668186 0553669261 0553830380 0553956888 0553678078 0553702898 0553935780 0553849746 0553837402 0553710122 0553799818 0553685097 0553652613 0553966485 0553016920 0553364458 0553654811 0553654376 0553651662 0685078058 0553676983 0675491749 0553407926 0553413692 0553403982 0553702798 0553704399 0553407848 0553704746 0553700291 0553706075 0553360093 0553366102

Pyrénées-Atlantiques

0562334966 0562429654 0562326943 0562452812 0562944853 0562346434 0562930696 0562967368 0562968090


Antiquaires

Evelyne et Philippe Fauroux antiquaires : une passion, un métier !

Pour Philippe et Evelyne Fauroux, installés à Vic-Fezensac, le métier d’antiquaire est une passion depuis vingt-huit ans. Ils l’ont d’ailleurs transmise à leur fils Mathieu.

Philippe et Evelyne Fauroux : antiquaires par vocation !

E

velyne Fauroux fait remonter son amour du beau à la plus petite enfance. « Récemment, je suis allée dans l’église d’Aureilhan, ville dont je suis originaire. Mais pendant la cérémonie, je n’entendais rien. Je regardais autour de moi et j’ai pris conscience que mon enfance s’était passée dans cette harmonie, dans ces dorures et ces peintures qui m’ont toujours apporté du plaisir. J’ai compris que je n’avais jamais vraiment écouté la messe et que je n’avais fait que regarder autour de moi. »

Meuble régional et rustique

Installés à Vic-Fezensac depuis 1978, Evelyne et Philippe vendent et restaurent principalement des meubles régionaux et rustiques. « Mon mari a appris la restauration de meubles anciens avec un compagnon à Tarbes. Il avait vingt deux ans et s’intéressait déjà aux beaux objets. Je me suis aussi rendue compte que ça pouvait m’apporter et j’ai pris des cours d’histoire de l’art par correspondance. Nous avons travaillé très rapidement ensemble. Mais comme la restauration n’était pas vraiment viable en raison du temps passé, de la recherche des essences de bois, etc., on y a ajouté petit à petit l’activité commerciale pour les antiquités. Nous avons eu la chance de pouvoir démarrer avec monsieur Lasportes qui était antiquaire-brocanteur à Vic et qui nous a donné les premiers meubles à réparer, puis c’est venu tout seul car nous avions foi en notre travail. » Très passionnés par leur métier, ils partent toujours du principe qu’il y encore beaucoup à apprendre, même si – au fil des ans – ils ont acquis une véritable expertise. « Mais les bouquins ne suffisent pas » précise Evelyne Fauroux. « La mémoire de nos clients nous amène aussi énormément et nous effectuons toujours des recherches. » Ils n’achètent pas leurs meubles en salles des ventes et ne courent pas non plus dans toute la France. « On vient nous vendre parce qu’on nous connaît, pour des successions de maisons bourgeoises, rurales et aussi pour des châteaux. Il y en beaucoup dans la région. Ils ont été souvent pillés à la Révolution et on retrouve des meubles de châteaux dans des fermes. »

gorre. Philippe et Evelyne Fauroux ne sont pas vraiment sensibilisés aux meubles du vingtième siècle et on ne trouvera pas d’objets ‘arts déco’ chez eux. « Nous avons commencé avec le 17ème et le 18ème siècle. Depuis une quinzaine d’années nous vendons aussi des meubles du 19ème… pour le 20ème il faudra encore attendre quelques années ! » L’arrivée des Anglais et des « néo-ruraux » a beaucoup amené à la profession. « Ils ont envie de bien rénover et d’acquérir des meubles de la région ! » Lorsqu’on évoque le prix parfois élevé des antiquités, Evelyne Fauroux s’insurge : « C’est lorsqu’on achète de la brocante mal restaurée ou qu’on va dans les vide-greniers que l’on jette son argent par les fenêtres. Chez un antiquaire, un meuble restauré du 18ème repart pour deux cents ans. Vous augmentez votre patrimoine, celui de vos enfants et de vos petits enfants ! »

Antiquaire : une place pour les jeunes ?

A vingt trois ans, Mathieu Fauroux a les mêmes goûts que ses parents. A Paris, il a étudié l’expertise des marchés de l’art (1) et le fait d’avoir baigné depuis son enfance dans ce milieu a favorisé son goût pour l’antiquité, même si ses parents se défendent de l’avoir poussé dans ce sens. « Il apprend la restauration avec son père et depuis un an il s’est installé à son compte. Une situation viable pour lui car il bénéficie des acquis de notre entreprise et de sa Mathieu Fauroux , la relève logistique : les camions, les murs, etc. » précise Evelyne Fauroux. Jeunesse et modernité sont aussi synonymes d’Internet et à ce propos leur position est assez claire : « C’est une bonne vitrine publicitaire pour se faire connaître, mais on ne peut pas acheter un meuble sans le voir, le toucher ou le respirer ! Et le contact avec le client est très important. » J.-L. L. B. Antiquités Fauroux 1, av. de Lorraine – 32190 Vic-Fezensac Tél. : 05 62 06 56 46 (1) A l’IDETH : Institut d’études techniques et historique des objets d’arts. www.groupeeac.com

« Les néo-ruraux ont envie de bien rénover… »

Pour Evelyne Fauroux, les meubles du Gers sont « élégants, bien proportionnés, très joliment moulurés et souvent très peu sculptés, ce qui leur confère une légèreté. » Les bois les plus courants sont le cerisier et le noyer alors que le chêne est plus caractéristique du Béarn et de la Bi-

Le magasin à Vic-Fezensac Le Canard Gascon n°12

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Antiquaires

Gilles-Hubert Collin : le décolonisateur ! Gilles-Hubert Collin s’est fixé pour tâche de récupérer des matériaux et des meubles des anciennes colonies françaises, anglaises et espagnoles.

Balustrade coloniale

C

Gilles-Hubert Collin, antiquaire et grand voyageur !

’est à Buzet-sur-Baïse que Gilles-Hubert Collin entrepose les merveilles qu’il ramène de ses différents voyages dans le monde. « Je suis en déplacement permanent. Pour les ex-colonies anglaises et françaises je vais en Inde du sud et pour les espagnoles en Inde du nord. Nous achetons les vieilles demeures des colons et nous récupérons les matériaux et le mobilier qui les composent. » Avec ses équipes ils démontent tout ce qui concerne la construction et l’aménagement : « les colonnes, les portes, les fenêtres, les impostes, les têtes de chapiteaux, les frises, les charpentes, les carrelages. » Tout est emballé dans des containers et ramené en France par bateau. « Tout ceci provient des anciens colons mais aussi des collaborateurs de ces pays qui avaient fait fortune sous les protectorats français et anglais ! »

« Je connaissais les bons endroits… »

Gilles-Hubert Collin a travaillé plus de vingt ans en Asie et l’idée de récupérer des matériaux lui est venue lorsqu’il a voulu restaurer lui-même une maison en France et que les matériaux trouvés chez les grossistes

Une chaise d’époque

ne lui convenaient pas et manquaient d’originalité. « Je me suis dit que je connaissais dans le monde les endroits où trouver ces matériaux intéressants. Et mon amour des belles choses m’a poussé a entreprendre cette activité. J’aime rapatrier ces matériaux nobles qui ont été utilisés par nos ancêtres. » Ces biens ne sont pas considérés comme des objets culturels ou religieux et il n’a donc aucun problème pour les sortir de ces pays. « Au contraire, les gens sont contents que l’on détruise ce genre de maisons qui leur rappellent de mauvais souvenirs. Bien sûr ce travail nécessite de gros moyens financiers, une logistique importante et des moyens de surveillance sur place. Nous sommes une quinzaine de personnes à travailler. »

Matériaux nobles et bois précieux

C’est le hasard qui a amené Gilles-Hubert Collin dans le sud-ouest. « Je cherchais une maison dans cette région depuis longtemps. Je suis originaire de la région parisienne. Mes clients viennent de la France et de toute l’Europe. Professionnellement nous travaillons beaucoup avec des décorateurs, des restaurateurs et des architectes d’intérieur. Un point intéressant est que les colons utilisaient les matériaux nobles et les bois précieux qu’ils trouvaient sur place. De temps en temps ils ajoutaient une petite touche personnelle comme les Basques ou les Bretons, etc. ce qui nous permet de repérer l’origine des meubles. Sur place, les gens qu’ils soient indiens ou autre participent activement et apprécient que l’on détruise ces biens… D’ailleurs nous commençons à avoir des concurrents indiens. Contrairement à ce que l’on pense l’Inde est un pays pauvre mais en voie de développement très rapide. » Jean-Louis Le Breton Gilentik Le Coustet 47160 Buzet-sur-Baïse Tél. : 05 53 89 09 28

Un ensemble de colonnes ramenées des indes : une aubaine pour les décorateurs

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Le Canard Gascon n°12

Un chapiteau en bois sculpté

Chaque maison est démontée


Antiquaires

Philippe Brunel : de Landes et Chalosse !

Depuis trois générations, la famille Brunel s’occupe de meubles et d’antiquités. Aujourd’hui Philippe Brunel vend à Saint-Sever du meuble neuf, de l’occasion… et des antiquités ! C’est pour cette troisième activité que nous l’avons rencontré.

C

’est le père de Philippe Brunel qui a mis en place une activité d’antiquaire dès 1959. « Aujourd’hui, elle ne nous suffit pas pour vivre » commente son fils Philippe. Il définit son métier comme un travail de mémoire sur le passé. « Nous essayons de sélectionner et de restaurer les meubles pour les restituer dans leur état d’origine. Nous avons d’ailleurs un atelier pour les remettre en état . » Il explique qu’il n’a pas de problème pour s’approvisionner en antiquités : « puisque nous en sommes à la troisième génération, les gens commencent à bien nous connaître et viennent d’eux-mêmes nous voir lorsque telle ou telle maison est à vendre ! »

Philippe Brunel : trois générations de marchands de meubles...

Entre Landes et Chalosse

Philippe Brunel apprécie les meubles de sa région : « Chaque endroit a ses spécificités. Ici nous avons de magnifiques tables de ferme qui servaient aux vignerons pour les vendanges et venaient en complément des tables traditionnelles. Nous avons de beaux égouttoirs et également de très belles armoires typiques du mobilier landais et chalossais. Il y a une différence entre les deux. Les premières étaient plutôt dans des maisons de gemmeurs et donc en pin, alors qu’en Chalosse la campagne était plus vallonnée, on utilisait du bois de chêne et de châtaignier et les gens étaient plus riches. » Les Landes sont aussi un pays de chasseurs et on trouve assez souvent chez Philippe Brunel des trophées de chasse ou des objets rappelant cette activité. Pour lui, la tendance actuelle est à la décoration. « Le coup d’œil compte énormément. On est séduit par l’aspect d’un meuble et par sa couleur plus que par le style. De toute manière nous vendons essentielDes meubles régionaux lement du meuble campagnard

et du meuble rustique. » Il fait la différence entre son métier d’antiquaire et celui de brocanteur : « le brocanteur va tout prendre, alors que l’antiquaire fait une sélection. »

Le prix des salons

S’il dispose d’une très grande surface d’exposition à SaintSever (il est aussi le patron du Monsieur Meuble…) cela ne l’empêche pas de participer à des salons d’antiquaires comme celui d’Eauze par exemple. « Nous avons fait jusqu’à cinq salons par an, mais cette année je ne suis allé qu’à Eauze. Certains salons durent jusqu’à Un superbe vaisselier rustique dix jours et je trouve qu’il y a trop peu d’entrées par rapport au nombre de jours d’ouverture. Il faut une personne sur place en permanence plus deux gars pour installer et défaire le stand et ça engage trop de frais. Si je calcule tout ce que je dépense pour un salon d’une dizaine de jours, ça me revient environ à trois mille euros. Il faut donc être sûr d’avoir la bonne marchandise pour vendre. » Chez Philippe Brunel, on trouve de belles armoires dans une gamme de prix s’étalant de 750 à 2500 euros. « Je suis plutôt spécialisé dans le meuble utilitaire : armoires, Des trophées de chasse vaisseliers, tables, guéridons, sièges, etc. » Jean-Louis Le Breton Philippe Brunel Route de Tartas - ZI - 40 500 Saint-Sever Tél. : 05 58 76 03 70

Vaisselle d’époque...

Une chaise... très utile ! Le Canard Gascon n°12

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Antiquaires

Viviane Vitrant : l’art d’encadrer...

Viviane Vitrant, élève de Jean Cadre, s’est spécialisée dans l’encadrement. Une activité qu’elle pratique en plus de son métier d’antiquaire à Manciet dans le Gers.

Viviane Vitrant dans son atelier d’encadrement : un vrai savoir-faire !

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iviane Vitrant pratique l’encadrement depuis cinq ans. Elle a suivi des cours avec Jean Cadre, pseudonyme humoristique derrière lequel se cache Monsieur Khaifas, longtemps antiquaire à Nogaro et grand maître de l’encadrement. « C’est un vrai métier » raconte Viviane Vitrant, « il ne s’agit pas simplement de mettre quatre morceaux de bois autour d’une œuvre. Il faut faire des lavis d’aquarelle, savoir tracer à l’encre de Chine, créer des biseaux dans du carton, etc. Et on ne travaillera pas de la même façon si on veut encadrer une lithographie, une pointe sèche ou une sanguine. Il faut savoir mettre l’œuvre en valeur. Tout est fait à la main. »

La main à 45° !

Le biseau, qui donne l’effet de cuvette à l’encadrement, est réalisé dans un carton bois d’une épaisseur variable. « En biaisant plus ou moins, on obtient plus de profondeur. On peut également superposer des biseaux pour accentuer encore cet effet. Généralement le biseau est découpé avec un angle de 45° et tout est fait à la main avec une règle plate. Il faut donc avoir une bonne maîtrise et de l’expérience pour ne pas rater son biseau car on n’a pas droit à l’erreur. » La boutique est un vrai grenier à cadres que Viviane Vitrant déniche un peu partout et qui serviront à donner une nouvelle vie à des toiles. Si elle-même encadre des gravures qu’elle sort de son fonds d’antiquaire pour les proposer à la vente, des clients viennent également la voir avec leur tableaux à encadrer sous le bras. « Parfois encore, ils choisissent

Sur cet encadrement on note le lavis d’aquarelle réalisé à main levée

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Une multitude de baguettes moulurées et dorées pour l’encadrement

une gravure dans la boutique et nous demandent de l’encadrer… Certains veulent réaliser eux-mêmes l’encadrement, mais lorsqu’on leur explique dans le détail tout le processus qui demande de la patience et de la dextérité, la plupart renonce. »

De la dorure aussi…

Son activité d’antiquaire amène aussi Viviane Vitrant à encadrer des objets rares comme des éventails ou des pages d’herbiers anciens. Elle pratique aussi la dorure à la feuille d’or pour la restauration de cadres ou de miroirs anciens. Enfin elle dispose d’un large éventail de baguettes dorées et moulurées pour créer ces encadrements. « Quelqu’un qui possède un très beau tableau du 17ème siècle doit lui mettre un encadrement de valeur et plutôt utiliser l’or fin que le cuivre. On estime que dans une belle œuvre d’art, l’encadrement peut représenter entre 20 et 30% du prix de l’œuvre. » L’encadrement d’une gravure peut coûter environ 50 euros. Il comprend le verre, la baguette, le biseautage, la carte verger, le travail des filets, le cloutage, l’assemblage, les chutes, l’anneau, les bandes collées pour cacher les clous, etc. « Tout un travail dont les gens n’ont pas forcément conscience… » Jean-Louis Le Breton Viviane Vitrant 32370 Manciet Tél. : 05 62 03 70 42

Dans le magasin : un grand choix de cadres et de miroirs anciens


Antiquaires

Eve et Eric Joanin : la belle orfèvrerie !

Pendant vingt ans, Eve et Eric Joanin ont animé un atelier de remise en état d’orfèvrerie à Pau. Après avoir formé quelqu’un pour reprendre cette activité ils se sont lancés dans le commerce d’objets anciens .

E

ve Joanin : «Nous proposons beaucoup d’objets en argent massif qui datent principalement du 19ème siècle, mais aussi des objets de la période art nouveau et arts déco. Ce sont principalement pour les arts de la table. Nous recherchons tout ce qui va embellir la maison. Ce peut être une paire de candélabres qui finira la décoration d’une table, une belle jardinière, un joli légumier avec son plat ou l’objet de charme qui donnera une finition à un intérieur. L’argenterie s’accorde bien avec tous les bois et tous les meubles dans une maison.»

Eve Joanin

Le Canard Gascon : quels styles sont les plus prisés dans le domaine de l’orfèvrerie ? Eve Joanin : Chacun choisit selon ses goûts. Certains aimeront de l’art déco ou du Louis XVI car ce sont des modèles dépouillés ou sobres, d’autres aimeront des modèles plus baroques. Il y a eu beaucoup de production au 19ème siècle et c’est la raison pour laquelle nous trouvons plus d’objets de cette époque, où l’argenterie faisait partie du patrimoine familial, que de la précédente. Le Canard Gascon : qui sont les orfèvres les plus célèbres ? Eve Joanin : Certains sont connus du grand public comme Jean-Baptiste Odiot, Emile Puiforcat ou Ernest Cardeilhac. Mais des orfèvres

moins connus ont fait des choses fabuleuses et ne demandent qu’a être découverts. Récemment nous avons eu beaucoup de plaisir à posséder quelques temps un magnifique service à thé de Falkenberg Ce service à thé exceptionnel de Debain pèse 3,8 kilos d’argent ! Valeur estimée : 4500 € d’esprit Louis XIV. Il y a eu une formidable créativité dans l’orfèvrerie à toutes les époques. Le Canard Gascon : où trouvez-vos votre argenterie ? Eve Joanin : Nous voyageons beaucoup en France et lorsque nous ne sommes pas sur des salons nous sommes dans notre boutique à Pau. Nos clients viennent aussi des quatre coins de France et nous les retrouvons sur les différents salons car ils se déplacent comme nous. C’est un virus d’aimer l’ancien ! Le Canard Gascon : êtes-vous collectionneurs vous-mêmes ? Eve Joanin : Nous sommes nos premiers clients. Lorsque nous achetons c’est en général sur des coups de foudre et de façon passionnelle parce que l’objet nous parle. Mais après, il faut vite s’en détacher, sinon ce n’est pas la peine de faire du commerce. J.-L.L.B. Joanin Antiquités 20, rue Henri IV - 64000 Pau - Tél. : 05 59 98 42 91 – 06 07 95 81 78

Peinture : la galerie Lhoste

L’antiquité est aussi une affaire de peinture. A Pau, la galerie Lhoste propose un grand choix de tableaux anciens ou plus récents.

Madame Lhoste

Le Canard Gascon : Quelle est votre spécialité ? Madame Lhoste : Nous sommes spécialisés dans la peinture depuis le 17ème siècle jusqu’aux années quarante. Nous fonctionnons aux coups de cœur en proposant des portraits, des paysages, des scènes de genre. Notre magasin existe depuis seize ans. Il faut du temps pour se constituer un fond.

L.C.G. : Quels sont les sujets les plus recherchés dans la région ? Madame Lhoste : Ce qui est très recherché par ici, ce sont les aquarelles de Blanche Odin (1). Elle a passé ses derniers instants à Bagnères et est très connue dans la région. L.C.G. : Pour un galériste, je suppose que l’encadrement est important…

Madame Lhoste : Oui, nous disposons d’un stock de cadres et il faut savoir marier les toiles nues avec le bon cadre. L.C.G. : Quelles sont vos plus belles pièces actuellement ? Madame Lhoste : Nous avons une belle collection de peinture de Nicolas Wacker (2), un peintre d’origine ukrainienne qui a fait toute sa carrière comme professeur des Beaux-Arts en France. Ce sont des tableaux des années trente. Propos recueillis par Pierre Giès

Galerie Eric Lhoste 32 r Emile Garet 64000 Pau Tél. : 05 59 27 75 50 (1) Monique Pujo-Monfran a écrit un livre sur les aquarelles de Blanche Odin : Passion aquarelles (Editions Equinoxe). (2) Nicolas Wacker est né en 1897 à Kiev et mort en 1987 à Paris.

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Antiquaires

Joël Cassagnaud fait dans la dorure ! Installé à Embats, près d’Auch, Joël Cassagnaud est un amoureux de la dorure.

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ue ce soit autour de miroirs ou pour des cadres de tableaux, Joël Cassagnaud a une passion pour les dorures. Il réhabilite ainsi de nombreux objets, leur donnant une seconde vie. « J’aime tout ce qui est doré, mais aussi les antiquités traditionnelles lorsqu’il s’agit de pièces exceptionnelles. Mais notre spécialité est de travailler à l’or fin dans l’atelier de la maison. Le travail de dorure est très particulier, long et fastidieux.. » Pour s’approvisionner en miroirs anciens, qui est sa spécialité principale, Joël Cassagnaud doit parcourir toute la France. « Souvent les gens les conservent ou les transmettent à leurs enfants et ce sont des objets que nous avons plus de mal à chiner comme on dit qu’à vendre ! » Pierre Giès

Joël Cassagnaud s’est spécialisé dans la dorure

Joël Cassagnaud Embats - 32000 Auch -Tél.: 06 87 12 76 75

Des miroirs remis à neuf

Aude Gabard : Autrefois en Gascogne... Cyril Pias et Aude Gabard sont de jeunes antiquaires à Vic-Fezensac. Ils ont déniché, entre autres objets, une belle collection de corozos ! d’une sorte de noix qu’on trouvait aux Antilles et qui était travaillée sous forme d’œufs pour mettre du parfum solide à l’intérieur. Ces corozos datent du 18ème et 19ème siècles, époques durant lesquelles on ne se lavait pas beaucoup et en contrepartie on se parfumait énormément ! C’est magnifiquement travaillé, on dirait de la dentelle ! » Précisons que les corozos servaient à fabriquer de multiples objets comme des pipes, des tabatières, des coquetiers ou même des cages à grillons ! Pierre Giès Autrefois en Gascogne RN 124, Lagraulas - 32190 Vic-Fezensac - Tél. : 05 62 64 45 82

Aude Gabard devant une armoire hollandaise

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yril Pias et Aude Gabard sont installés depuis plus de trois ans à VicFezensac sous l’enseigne « Autrefois en Gascogne ». Ouverts 365 jours par an ils prouvent que la profession d’antiquaire est aussi un débouché pour les jeunes pour peu que l’on soit animé d’une vraie passion pour les vieux objets. « Grâce à cet emplacement situé sur l’axe Toulouse-Biarritz, nous recevons des clients de toute la région. Nous proposons des meubles et des antiquités mais aussi des curiosités originales comme cette splendide collection de corozos. C’est à la fois le nom de la matière et de l’objet. Il s’agit Un corozo finement travaillé

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On les utilisait pour se parfumer...


Antiquaires

Christophe Yvernot : le noir à la mode !

Originaire d’Auch et fervent amateur de rugby (il soutient à fond le FC Auch), Christophe Yvernot est aussi un passionné d’objets anciens. Le Canard Gascon : depuis combien de temps pratiquez-vous le métier d’antiquaire et comment y êtes-vous venu ? Christophe Yvernot : Je le pratique depuis vingt-cinq ans. J’ai été guidé par ma passion pour l’antiquité. Puis c’est le hasard des rencontres qui a fait que je me suis lancé dans ce métier. Le Canard Gascon : Quelle est vo-

Christophe Yvernot court l’Europe tre spécialité et y-a-t-il des objets à la recherche d’objets originaux que vous préférez à d’autres ?

Christophe Yvernot : J’aime à être généraliste car il y a énormément d’époques passionnantes. Je m’approvisionne non seulement en France mais dans l’Europe entière. Je ramène beaucoup de mobilier suédois ancien, mais aussi des pièces venant d’Italie, d’Espagne ou de Belgique. J’ai beaucoup de meubles en bois teinté noir qui sont l’une des grandes tendances en ce moment. C’est la mode du mobilier noir. Le Canard Gascon : Trouvez-vous encore des affaires intéressantes dans la région ? Christophe Yvernot : Oui, il y en a toujours. Un vieil adage dit que la France est le grenier des antiquités du monde. D’ailleurs il ne faut pas rêver, les trois quart de nos clients sont étrangers. Beaucoup de décorateurs et de professionnels

La mode est aux meubles noirs.

viennent se fournir chez nous. Nous avons un show-room et nous ne recevons que sur rendez-vous. Mais tout est cyclique car si beaucoup de choses partent à l’étranger, nous allons également nous fournir là-bas… c’est un cercle infernal ! P.G.

Une curiosité : les tableaux en coquillages !

Christophe Yvernot : Ces compositions en coquillages se sont faites sur toute la façade Atlantique en partant de la Bretagne jusqu’à la côte espagnole. On pourrait les comparer à des ex-voto. Elles étaient réalisées par les femmes des pêcheurs. Certains tableaux sont faits avec un mélange d’épines d’oursins, de morceaux de corail et de coquillages. Les compositions florales sont entièrement en coquillages… C’est classique de l’époque entre 1820 et 1850. Les cabinets de curiosité consistaient à décorer des pièces avec des univers de voyage : tableaux de coquillages, herbiers, squelettes d’animaux ou animaux empaillés. Ca a démarré au 18ème siècle puis il y a eu une forte recrudescence au 19ème siècle. Pro YCM Allée Camille Claudel 32000 Auch Tél. : 05 62 05 09 73 – 06 85 20 58 37

D’étonnantes compositions en coquillages

Maryse Diano : d’une région à l’autre...

Maryse Diano pratique le métier d’antiquaire depuis les années 90. Elle fréquente principalement les salons et fait des affaires dans toute la France…

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aryse Diano : « Le salon me permet d’avoir des contacts dans les deux sens : tant pour vendre que pour acheter. Ce qui fait que mes meubles viennent de toute la France. J’ai eu très jeune la passion des antiquités, je pense que c’était dans les gènes. Nous sommes généralistes et nous vendons des meubles depuis le 17ème jusqu’au 19ème siècle et qui peuvent venir de Maryse Diano : on la trouve sur les salons professionnels régions différentes. Sur le salon de Toulouse j’ai présenté une magnifique armoire qui venait de la région de Nîmes. L’an dernier à Arcachon, j’avais un superbe radassier provençal avec des chaises 18ème . C’est en fait un très beau canapé quatre places qu’on appelle localement un ‘radassier’. En

Provence personne ne l’a acheté et finalement je l’ai vendu à Lyon ! Vous voyez que c’est un métier où l’on voyage beaucoup et où les meubles circulent d’une région à l’autre ! Il y a en France une quantité et une qualité de meuble extraordinaire… L’antiquité est aussi un placement intéressant que je conseille aux gens. Mais il faut savoir patienter quelques temps pour que ça prenne de la valeur. » Pierre Giès Maryse Diano 505, route de Michard Artigues 47150 Foulayronnes Tél. : 06 07 13 68 92 Tableau : un Gabriel Griffon, peintre né en 1866 à Toulouse et mort en 1938. Il a partagé sa vie entre Nice et Agen.

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Antiquaires

Philippe Decap : antiquités anglaises ! C’est sur le tard que Philippe Decap a pu se consacrer à sa passion : les antiquités anglaises qu’il commercialise aujourd’hui à Grenade-sur-l’Adour. nels comme des grosses commodes. Mais elle s’est étendue sur une centaine d’années et il y a eu des variations. Au début du 20ème, le style edwardien reprend les styles anciens mais dans des bois de très bonne qualité par des ébénistes de talent. Ce sont donc des meubles plus récents mais d’excellente facture.

Les Anglais ont inventé le métal argenté…

Philippe Decap et son épouse sont passionnés d’antiquités anglaises

« Les Anglais ont inventé le métal argenté avec le Sheffield qui était de l’argent plaqué sur du cuivre » rappelle Philippe Decap. « Les arts de la table sont également importants. Il y a eu énormément de fabriques de porcelaines en Angleterre pour produire des objets très colorés avec beaucoup de motifs de fleurs. » Au 19ème siècle, la chasse à courre était le mode de chasse préféré de la ‘gentry’ anglaise et de nombreuses et très belles gravures datent de cette époque.

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hilippe Decap a passé la plus grande partie de sa vie professionnelle comme cadre chez IBM. « J’ai profité d’une offre de départ pour me reconvertir dans les antiquités anglaises à cinquante cinq ans. C’était déjà une passion que je partageais avec mon épouse, professeur d’anglais. Nous étions collectionneurs et nous nous rendions très souvent en Angleterre pour chiner et effectuer des achats. C’est encore le cas aujourd’hui puisque nous achetons 90% de notre marchandise outre-Manche. »

Périodes victorienne et edwardienne…

Une grande partie des meubles anglais se caractérisent par le fait qu’ils sont en bois d’acajou. « La forte histoire coloniale des anglais leur permettait d’avoir ce bois pour fabriquer des meubles de qualité à des prix raisonnables » explique Philippe Decap. « Au 18ème et au 19ème siècles, une grande quantité de meubles a été fabriquée Nous vendons aussi des meubles du 20ème siècle comme ceux de la période edwardienne par exemple. » La période la plus connue est l’ère victorienne qui marque le début de l’industrie au 19ème siècle. Elle se caractérise par des meubles fonction-

Des meubles utiles en acajou

…ils ont aussi inventé le dressing !

On sait que de très nombreux Anglais se sont installés dans le sudouest. Pour autant ils ne sont pas nécessairement des clients de Philippe Decap : « ils ont souvent acheté de vieilles fermes qu’ils décorent plutôt avec des meubles régionaux un peu rustiques et quelques meubles qu’ils ont ramené d’Angleterre. Donc nos clients sont des Français. Il y a eu un engouement pour les meubles anglais il y a de cela une trentaine d’années. Mais il y en eu trop et trop de copies et cela a créé un phénomène de ras-le-bol. Du coup le nombre de vendeurs de meubles anglais a considérablement diminué. Mais il reste un certain nombre de personnes qui sont des passionnés du meuble anglais. Il faut dire que celui-ci est très fonctionnel. Les Anglais ont inventé le dressing par exemple. » Pierre Giès

La porcelaine anglaise : une réputation méritée

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Mahogany 61, rue du Casse 40270 Grenade-sur-Adour Tél. : 06 12 54 34 19


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Antiquaires

Eugénie Galeraud restauratrice... de toiles !

Eugénie Galeraud est spécialisée dans la restauration de peintures de chevalet. Une activité à la fois passionnante et à haut risque pour la santé… Des conditions de travail difficiles…

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Eugénie Galeraud devant une toile en cours de restauration

ugénie Galeraud pratique la restauration de ‘peintures de chevalet’. « Cela comprend les peintures à l’huile sur toile, bois et cuivre. Je ne restaure pas les papiers, c’est un autre métier… » Elle pratique tous les soins de conservation et de restauration en fonction des altérations que l’œuvre a subies soit par le temps, par des accidents extérieurs, ou des erreurs techniques. Eugénie a suivi quatre ans de formation dans une école de restauration de tableaux à Paris avant de s’installer à Saint Puy dans le Gers. « On demande d’avoir des connaissances d’histoire et de technique de l’art, mais surtout une base de chimie et de physique assez importante. » La restauration d’une œuvre répond à des principes déontologiques dont le principal est la réversibilité des matériaux utilisés pour pouvoir ré-intervenir plus tard sur un tableau qui a déjà subi une restauration. « On doit pouvoir ôter l’ancienne restauration Un bel exemple des résultats sans modifier la nature prode la restauration pre de l’œuvre. »

Une polémique ancienne oppose deux écoles : l’une - la charte de Venise - dit que les restaurations doivent être visibles et apparentes, l’autre dit le contraire. « Je pense qu’il faut minimiser les interventions sur une œuvre. La charte de Venise défend la lisibilité de l’intervention mais on ne peut pas l’appliquer à toute œuvre. » Pour restaurer des tableaux, Eugénie Galeraud doit utiliser de nombreux produits toxiques comme des solvants Eugénie Galeraud au travail qui peuvent s’avérer dangereux pour sa santé à terme. « Dans les premières années de nos études on nous enseigne les réactions que les solvants peuvent amener sur le corps humain. J’essaye de prendre un maximum de précautions mais en inhalant à longueur de journées ces produits nocifs, cela créé une fragilité. » Pour une qualité parfaite des couleurs, elle doit travailler dans une lumière qui reproduit la lumière du jour. « C’est capital pour la qualité au niveau des tonalités et pour une bonne lecture de l’œuvre, surtout dans la partie réintégration culturelle. » Eugénie Galeraud travaille à la fois pour les particuliers et pour les monuments historiques. C’est par l’entremise de Monsieur Dubarry de Lassale, expert renommé dans la profession, qu’Eugénie Galeraud, originaire de Normandie, s’est installée dans le Gers depuis une dizaine d’années. Mais elle travaille dans toute la France, se déplace énormément et ne reçoit que sur rendez-vous ! J.-L. L.B. Eugénie Galeraud Rue Beau Soleil, 8 lots la Tourette - 32310 Saint Puy Tél. : 05 62 28 52 59

Les Compagnons du Patrimoine Eugénie Galeraud fait partie d’une association de restaurateurs d’art dans le sud-ouest : les Compagnons du Patrimoine. En voici les adhérents.

Peintures de chevalet Eugénie Galeraud

Rue Beau Soleil, 8 lots la Tourette 32310 Saint Puy Tél. : 05 62 28 52 59

Mobilier, marqueterie

Porcelaine, biscuit, faïence

Livres anciens, reliure

15, rue Alsace Lorraine – 47000 Agen Tél. : 06 80 73 73 88

10, impasse du Lac Bleu 31240 l’Union Tél. : 05 61 74 78 51

11, rue Fermat – 31000 Toulouse Tél. : 05 61 52 07 07

Jean-François Caillon

Bois dorés, polychromies Françoise Worms

109, chemin de la Lande 82170 Canals Tél. : 06 75 93 86 74

Séverine Decamus

Encadrements Michèle Marrot

4, rue Bouquières – 31000 Toulouse Tél. : 05 62 26 01 13

Garic-Bouville

Œuvres sur papier Christian Olive

Château de Bernadets 64160 Bernadets Tél. : 06 88 41 19 26 Le Canard Gascon n°12

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Artisanat

Marie-Françoise Lair, la reliure à l’ancienne ! Récemment installée à Saint-Sever dans les Landes, Marie-Françoise Lair pratique son métier de relieuse avec talent. Une profession qui tend à disparaître mais qui est indispensable pour la sauvegarde du patrimoine culturel… et pour le plaisir du livre en tant qu’objet.

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connu : « c’est le Beatus, qui se trouve ’atelier de Marie-Françoise Lair actuellement à la Bibliothèque National est situé sur la jolie petite place de de Paris. » Réalisé au milieu du 11ème Verdun à Saint-Sever. Il est décoré avec siècle, cet ouvrage unique en France tégoût, montrant à quel point l’esthétique moigne du savoir-faire de l’atelier gascon est importante pour celle qui pratique et présente de magnifiques enluminures. un métier de tradition en manipulant « Nous avons formé une association* des matières nobles comme le cuir ou destinée à recueillir des signatures afin les beaux papiers. Un fond de muside faire revenir le Beatus à Saint-Sever que classique achève de vous plonger au moins quelques mois dans l’année. » dans une atmosphère de détente. C’est Lorsqu’elle s’est installée en ville, Mad’abord en touriste qu’elle a découvert rie-Françoise Lair avait entendu parSaint-Sever et elle est tombée sous le ler d’un projet de la mairie autour des charme de cette ville dont l’abbatiale a métiers d’art et dont elle souhaitait être été construite pour des moines copistes. partie prenante. « Finalement, ça ne s’est « J’ai tout de suite pensé que mon mépas fait. Heureusement des amis landais tier de relieur correspondait tout à fait m’ont aidé à m’installer. J’ai donc déau site… ». cidé de tenter l’aventure seule et à mon Elle avoue avoir toujours eu la passion compte. Dans les Landes, il y a encore des mots, des livres et de la lecture deune tradition d’héritage et le seul relieur puis sa petite enfance. Originaire du du département, Monsieur Truquès à Pas-de-Calais, elle a pratiqué une reDax, prenait sa retraite – même s’il garconversion professionnelle, suite à un de encore une petite activité. Etant donné licenciement économique, il y a une l’importance des familles landaises et le quinzaine d’années. « J’ai commencé patrimoine transmis, il y aura toujours la reliure en amateur, puis j’ai suivi une des biens à restaurer. » formation, j’ai passé des examens et j’ai continué à prendre des cours avec des Des cours de reliure… grands relieurs, en particulier à l’école Marie-Françoise Lair participe à des exEstienne de Paris. » Après avoir trapositions pour présenter son métier et vaillé comme prestataire de services, compte sur le bouche à oreille pour se elle décide finalement de s’installer à Marie-Françoise Lair a installé son atelier à Saint-Sever, faire connaître. « Monsieur Truquès et Saint-Sever il y a environ deux ans. « Je ville de tradition des moines copistes moi-même sommes les deux seuls recherchais un lieu convivial, esthétique, lieurs du département inscrits à la chamfonctionnel et rationnel où chaque personne venant chez moi se trouve bien dans une atmosphère plaisante. » bre des métiers. Je sais que certaines associations pratiquent la reliure, mais elles ne sont pas formées par des professionnels. Ce sont donc des amateurs qui forment des amateurs et je trouve que ce travail va plus Le Beatus de Saint-Sever dans le sens de la destruction du livre que de sa conservation. » C’est Saint-Sever est d’ailleurs le lieu où a été écrit le plus vieux manuscrit aussi pourquoi Marie-Françoise donne elle-même des cours de reliure

Dans cet étau, le livre est maintenu solidement et son dos sera martelé pour créer un arrondi.

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Le choix des papiers et des cuirs est primordial pour la qualité et l’esthétique de la reliure.


« Quand on me confie un livre, on me raconte son histoire... »

dans son atelier. « Je formais déjà des gens dans le Nord. J’avais une soixantaine d’élèves à Lille et j’ai présenté plusieurs personnes au CAP. » La reliure est un métier long à apprendre et il faut de nombreuses années pour atteindre la perfection technique. Les compétences sont variées : il faut savoir choisir les papiers, les cuirs, connaître les techniques de couture, de martelage, de dorure… « On ne fait pas de reliure par hasard comme on fait de l’encadrement ou du cartonnage. Relier est un acte profond. C’est un apprentissage de patience et d’humilité. Le papier a eu une vie avant nous et nous ne sommes pas son maître. C’est tout un chemin intérieur. »

Les travaux qui l’ont marquée

Elle aime beaucoup travailler pour les particuliers. « Quand on me confie un livre, on me raconte son histoire, d’où il provient et pourquoi le choix de cet auteur. Cela me permet de mettre beaucoup d’âme dans mon travail. Certaines reliures m’ont beaucoup marqué : j’ai relié le journal intime d’une personne qui était atteinte d’un cancer et qui voulait transmettre un souvenir à son mari et ses enfants. Elle a écrit jusqu’à tomber dans le coma. On ne relie pas ce genre d’ouvrage sans émotion. J’ai aussi relié des lettres qu’un prisonnier de guerre envoyait à sa fille qui avait cinq ans. Chaque lettre était accompagnée d’un dessin retraçant sa captivité. J’ai également relié des lettres qu’un jeune homme envoyait à sa bien-aimée pendant la guerre d’Algérie. Mais les parents les interceptaient et elle croyait qu’il l’avait abandonnée. Elle les a retrouvées bien plus tard. Entre temps elle s’était mariée avec quelqu’un d’autre puis était devenue veuve. Elle a pu alors revoir son amoureux de l’époque et m’a fait relier les lettres pour les lui offrir lors de leur premier dîner. » Comme on le voit, la reliure ne s’arrête pas aux livres mais elle concerne aussi des papiers plus personnels comme des courriers ou des manuscrits.

La presse est l’outil indispensable du relieur : un mécanisme très ancien mais toujours utilisé de nos jours.

Des outils anciens

Dans son atelier, Marie-Françoise Lair dispose d’une batterie de vieux outils qui font aussi le charme de sa profession. La presse en est l’un des instruments principaux. « Le papier respire et a tendance à gonfler. La presse permet de faire un vide d’air mais aussi de maintenir les collages ou de redonner des formes. » Elle pratique, entre autres, la reliure de type Bradel, du nom de son inventeur, qui se présente sous forme d’un emboîtage avec le dos qui n’est pas collé aux cahiers. L’ouvrage peut dès lors s’ouvrir complètement et sans risque de cassure. Elle possède aussi un outil de dorure à balancier dont elle vient de faire l’acquisition et qu’elle n’a pas encore utilisé mais qui lui ouvre de nouvelles perspectives. L’atelier d’un relieur se caractérise enfin par les matières premières. Marie-Françoise Lair expose – et commercialise – une grande variété de papiers de textures et de coloris différents. Bref, si vous êtes amateur de beaux livres et de jolis cartonnages, ne manquez pas de lui rendre visite. Vous apprécierez son talent, son sens de l’accueil et l’aménagement de son lieu de travail. Jean-Louis Le Breton Marie-Françoise Lair 7, place Verdun 40500 SAINT SEVER 05 58 76 35 22 * Association Saint-Sever 2010

Le papier respire et a tendance à gonfler. La presse permet de faire le vide d’air et aussi de maintenir les collages.

Classique ou moderne, chaque reliure peut être personnalisée en fonction de l’ouvrage et de son propriétaire. Le Canard Gascon n°12

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Jacky Gaglione

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lle a le charme discret et réservé des dames bien élevées mais sa peinture de la nature éclate de couleurs et de mouvements. Jackie Gaglione est née à Marseille. Elle a vécu dans le village de Roquevert près d’Aubagne jusqu’à l’âge de 16 ans. Son père marin naviguait sur les bateaux qui effectuaient des aller-retours entre Alger et Marseille. Son adolescence s’est d’ailleurs déroulée entre l’Algérie et la France jusqu’à l’indépendance qui a fixé la famille une fois pour toutes dans la cité phocéenne. Enfant, elle était déjà douée pour le dessin et ses professeurs la poussaient dans cette voie. Mais ses parents n’ont pas accepté qu’elle entre aux beaux-arts. Amère déception pour cette artiste en herbe. Elle s’est donc formée seule au fil des ans. Et il faudra attendre les années quatre-vingts pour voir ses premières expositions à Antibes, Menton ou Saint-Jean Cap-Ferrat. Elle gagne des prix, obtient la reconnaissance de la critique et son travail original plaît. Mariée à Claude Sintès, un fonctionnaire des douanes, elle quitte les bords de la méditerranée pour vivre deux ans en Guyane. Dans la luxuriance de la végétation tropicale, elle ressent une émotion encore plus forte pour la couleur et sa peinture devient éclatante. Elle n’a découvert la Gascogne que récemment au hasard d’une promenade touristique. Claude étant un jeune retraité, ils s’installent sur un coup de cœur en Armagnac. Jackie plante son chevalet dans les bois et les vallons, au bord des lacs et près des forêts. Les paysages verdoyants sont pour elle une source d’inspiration et elle réalise une série de toiles où son coup de pinceau, son sens de la couleur et sa vision du ciel font merveille. Jean-Louis Le Breton Jackie Gaglione Tél. : 06 77 69 65 56

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Photos de Serge Lafourcade

Lafo- 03

Jacky Gaglione

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Artisanat

Michel Dulau : un ébéniste à part...

Michel Dulau est créateur de commodes originales. Artiste plus qu’artisan, c’est aussi une forte personnalité que la vie n’a pas toujours ménagé mais qui continue opiniâtrement son travail dans l’atelier hérité de son père. Têtu, il a décidé de ne fabriquer que ce qui lui plaît et refuse toute commande. Rencontre avec un personnage hors du commun.

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ichel Dulau est né à Paris d’un père landais - ébéniste - et d’une mère parisienne. Il travaille aujourd’hui à Montde-Marsan dans l’atelier bâti par son père et vit dans la maison adjacente avec sa mère et sa compagne. « Pendant la guerre, la maison où habitaient mes parents dans la capitale a été réMichel Dulau : beaucoup de quisitionnée par les Allemands. passion chez cet ébéniste pas Comme toute la famille de mon toujours... commode ! père habitait encore les Landes, nous sommes revenus sur Montde-Marsan. Finalement mes parents ont acheté un terrain et construit dessus une petite maison. » A cette époque Michel Dulau n’était qu’un gamin. « Mon père a rapidement retrouvé du travail comme ébéniste aux établissements Chenou. C’était en plein centre ville, et ils employaient une dizaine d’ouvriers. Ils ont disparu maintenant… Et moi-même j’y ai travaillé avant de partir en Algérie. Ensuite, dans les années cinquante, mon père s’est mis à son compte. »

Un tournant dans sa carrière

Le mal de vivre issu de ces années difficiles fini par se traduire par des difficultés dans sa vie de famille, encore accentuées par la perte de sa fille. Michel Dulau est un écorché vif, mais il s’accroche à son métier. Sorti de l’influence de son père au caractère bien trempé, il développe à son tour ses propres qualités. « A un certain moment, je me suis dit que je devais prendre un tournant et faire ce dont j’avais envie. Je me suis spécialisé dans les commodes. Et j’ai décidé de ne plus fabriquer que ça. Avant, nous produisions de tout avec mon père : des salles à manger, des bonnetières, des fauteuils, des sommiers, etc. J’aimais travailler, mais je n’aimais pas fabriquer sur commande. Aujourd’hui je créé mes commodes, je fais ce que je veux. Les gens les voient et les achètent si elles leur plaisent. »

Le plaisir de créer

Peut-être avait-il lui-même été frustré de création puisqu’à une certaine époque, son père s’occupait des meubles et Michel Dulau ne faisait

De l’Algérie à l’établi…

Le petit Michel apprend alors son métier en regardant travailler son père. « J’ai aussi suivi quatre années d’école, près des arènes pour passer mon CAP de menuisier et d’ébéniste. J’étais d‘ailleurs le seul en ébénisterie…. On apprenait aussi à travailler le fer. C’était une école très importante qui n’existe plus aujourd’hui. » Son père, une forte personnalité, a récolté de nombreux diplômes et médailles. Il a participé à plusieurs concours dont celui de meilleur ouvrier de France. « Il avait du caractère et moi aussi. Il m’a placé deux ans chez Chenou, puis après je suis parti pour l’Algérie : Oran, Alger, Mostaganem… j’ai fait toute la côte et heureusement, je n’ai tué personne. Mais même aujourd’hui je ne comprends pas ce que j’ai été faire là-bas ! » En rentrant, il a du mal à se réadapter la vie normale. Son père l’embauche pour travailler à l’atelier. « Il est décédé en 1982, mais j’ai continué l’affaire. »

Michel Dulau dans l’atelier hérité de son père : tout commence par du dessin !

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Un remarquable travail du bois : « plus il y a de difficulté et plus c’est intéressant. Si c’est pour faire du ‘droit’, c’est nul ! »

plus que la tapisserie, en particulier celle des fauteuils et des canapés. Une technique dans laquelle il excelle et qu’il utilise encore parfois aujourd’hui pour certains de ses modèles originaux de commodes. Car Michel Dulau est un créateur. Il ne crée jamais deux fois le même meuble et s’applique à fabriquer des objets qui lui procurent un véritable plaisir d’artiste. Si certaines de ses commodes peuvent paraître classiques dans leur facture, d’autres sont carrément sorties d’une imagination à la limite du surréalisme comme les livres à tiroir, les « valisescommode » ou la paire de jambes à tiroirs. « Elles sont toutes signées et numérotées. Il n’y a pas de style… c’est du Dulau ! » La majorité de ses créations se font dans du merisier, mais il travaille parfois le chêne. « Tout est fait à la main, chantourné à la main, travaillé à l’ancienne. » Chaque tiroir est doté de poignées originales qui sont parfois en cuivre, en bronze ou en verre. « Je vais jusqu’à Orthez pour dénicher des poignées originales, mais c’est de plus en plus dur à trouver. On me dit d’aller à Saint-Ouen, mais vous n’imaginez pas que je vais me déplacer jusque là pour ça ! »


« Tout est fait à la main, travaillé à l’ancienne... »

Ce ne sont pas des livres... c’est une commode à tiroirs. Une création originale de Michel Dulau !

Difficile d’en vivre…

La contrepartie de cette indépendance d’esprit et de création se traduit dans son chiffre d’affaires. « Aujourd’hui, heureusement, je n’attends pas après cela pour vivre. Je n’ai pas de magasin. Je présente mes modèles dans le hall de ma maison et je participe à quelques salons. La plupart des ébénistes font de tout : des placards de cuisine, des tables etc. Moi je ne fais que du ‘beau’, en tout cas j’essaye. Et là, on ne peut pas en vivre. Je défie quiconque d’en vivre ! » Mais il fourmille d’idées. « Si c’est pour faire des meubles comme tout le monde, personne ne viendra chez moi. Les gens se déplacent parce qu’ils veulent voir quelque chose d’original. Je dessine beaucoup avant de travailler. On m’invite pour exposer mes modèles. Je suis allé au Palais des papes en Avignon et plus récemment à Mirepoix en Ariège. Nous étions cinq ou six invités, c’était formidable il y avait de tout : des meubles en béton, des meubles de hippies des années soixante… mais des gars qui savent bosser ! C’était sur le thème du fou… (rires). J’ai amené mes pièces les plus originales. » Il peut passer jusqu’à trois mois pour fabriquer une commode. Il adore les arrondis et toutes les difficultés de fabrication. « Pour les pieds c’est taillé dans la masse. D’autres panneaux sont mouillés et galbés avec des gabarits. Plus il y a de difficultés et plus c’est intéressant. Si c’est pour faire du droit… c’est nul ! » Ses prix sont très raisonnables (à partir de 1500 euros) pour des créations originales. « Vu le temps que j’y consacre, je ne gagne même pas le smic… Mais c’est un plaisir. » Il faut savoir que le merisier coûte environ 2000 euros le mètre-cube.

Encore une commode originale : trois fausses valises...à tiroir !

Des caches et des petits mots...

Sur chaque commode il applique sa signature et un symbole personnel. Pour rester dans la tradition des ébénistes, il dispose des caches, des doubles fonds pour que l’utilisateur puisse y placer des effets personnels. Mais il va plus loin en dissimulant des petits mots écrits sur du papier puis roulés à l’intérieur d’un trou rebouché. « Je parle du temps, de comment s’est déroulée la journée et de mes états d’âme. Après j’oublie où je les ai mis et je ne suis pas fichu de les retrouver », commente-t-il en riant. « Moi-même, lorsqu’il m’est arrivé de réparer certains meubles, j’ai retrouvé des lettres très anciennes ! Dans le temps on faisait beaucoup de caches et ça m’a inspiré. C’est un petit plus qui donne une valeur au meuble. » Michel Dulau est une personnalité attachante, un ébéniste comme on n’en fait plus beaucoup. Alors si vous passez par Mont-de-Marsan, ne manquez pas de lui rendre visite ! Jean-Louis Le Breton

Chaque meuble est signé...

Michel Dulau, 672 rue Péglé 40 000 Mont-de-Marsan Tél.: 05 58 75 10 48

Marqueterie, style épuré, recherche de poignées originales : tout le savoir faire de Michel Dulau, créateur inclassable.

Chaque commode contient une ou plusieurs caches. Ici un coffret habilement dissimulé sous le plateau et uniquement accessible si l’on retire le tiroir du haut. ! Le Canard Gascon n°12

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Economie

Michaël Ehmann : pionnier du Pop-Corn européen ! A 41 ans, l’Allemand Michaël Ehmann est devenu le leader européen du maïs à pop-corn avec sa société Nataïs. Une activité qu’il a développé dans le Gers à Bézéril, près de Gimont et qui connaît un succès croissant grâce au pop-corn « micro-ondable » ! En 2005, Nataïs a réalisé 12 millions d’euros de chiffre d’affaires dont 85 % à l’export. France à cultiver du maïs à éclater Le Canard Gascon : de façon significative et à proposer Comment vous est venue en Europe une alternative au popl’idée de produire du maïs corn américain. à pop-corn ?

Le Canard Gascon : Le pop-corn Michael Ehmann : Lors d’un voyaest-il aujourd’hui un débouché intége aux Etats-Unis, d’où est origiressant pour des agriculteurs ? naire mon épouse, j’ai découvert la Michael Ehmann : On peut le dire. culture du maïs pour le pop-corn. Cela permet de sécuriser un revenu J’ai ramené des semences et j’ai intéressant. Ici, 120 agriculteurs trafait des tests sur mon exploitation vaillent déjà pour nous et représenagricole. Je suis plutôt curieux et tent une surface de 2500 hectares. j’avais envie d’essayer de nouEn 2007 nous allons encore nous velles choses. Le maïs à éclater développer et les surfaces devraient est une variété très particulière. Il avoisiner 3000 hectares. Il y a des est vitreux avec un grain très dur. aides de la PAC sur ce type de maïs. J’ai d’abord démarré par une petite surface. J’ai trouvé mon premier Michaël Ehmann a hissé Nataïs au premier rang des producteurs euro- Et malgré les variations du marché, ça reste une culture plus intéressante client, puis nous avons augmenté péens de pop-corn. Il mise aujourd’hui sur le pop-corn micro-ondable. que le maïs de consommation. En les surfaces. Ensuite j’ai cherché contrepartie, nous avons des exigences envers nos producteurs pour ce d’autres agriculteurs qui désormais produisent pour nous. qui est de la traçabilité, par exemple. Le Canard Gascon : Pourquoi vous êtes-vous installé dans le sud-ouest ? Michael Ehmann : Mon père avait acheté une exploitation agricole en Le Canard Gascon : Sur quel type de marché êtes-vous présent ? 1981 ici dans le Gers entre Gimont et Samatan, à Bézéril. Il faisait du Michael Ehmann : Actuellement nous travaillons sur deux marchés. maïs de consommation, du tournesol, du colza et du blé. Nous avons D’abord le pop-corn à éclater en tant que matière première que nous fondé la société en 1991 avec Robert Millet, un agriculteur installé dans fournissons à différentes sociétés : des cinémas ou des industriels qui le Gers. Elle s’appelait « Pop-Corn Midi-Pyrénées ». En 2005, nous le commercialisent eux-mêmes. Ensuite, le pop-corn que l’on utilise avons séparé nos activités. Robert Millet produit désormais du maïs avec un four micro-onde et que nous commercialisons directement. doux. J’ai continué seul avec le pop-corn et la société a été rebaptisée C’est cette seconde activité que nous souhaitons développer de façon intensive. Aux Etats-Unis, 60 à 70% du pop-corn est commercialisé Nataïs. sous forme micro-ondable et nous sommes convaincus qu’il y aura la même évolution en Europe. Ce pop-corn a deux avantages : au niveau Le Canard Gascon : Votre premier client était français ? Michael Ehmann : Non, c’était un client allemand. Il était décidé à créer logistique il est plus facile à transporter car il prend moins de place que du pop-corn à éclater pour l’Europe car jusque là, tout le pop-corn était le pop-corn éclaté mais surtout quand on l’éclate chez soi il est plus frais importé des Etats-Unis. Nous avons donc été la première société en et meilleur qu’un produit déjà éclaté à l’avance. C’est donc un concept tourné vers l’avenir et qui va prendre la place du produit standard.

Située à Bézéril près de Gimont, l’entreprise s’est engagée dans une démarche de développement durable.

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Nataïs a développé un outil industriel spécifique et unique en Europe pour ensacher du pop-corn à passer au micro-onde.


« L’avenir est au pop-corn micro-ondes ! »

La tour de tri : le maïs y est déposé par les camions puis hissé au sommet afin de passer par les différents tamis.

Grâce à des moyens électroniques sophistiqués, chaque grain est calibré et évalué avant d’être sélectionné.

Le Canard Gascon : Traditionnellement, on le faisait éclater dans une poêle avec un peu d’huile. Au micro-onde, retrouve-t-on la même qualité gustative ? Michael Ehmann : C’est mieux encore. La qualité est parfaitement maîtrisée car le produit a été étudié. C’est amusant à faire, pratique et en plus on ne salit pas de casserole.

Le Canard Gascon : Quelle est votre production ? Michael Ehmann : 15 000 tonnes de maïs à éclater. Le marché global de l’Europe est d’environ 50 000 à 60 000 tonnes.

Des hangars servent à stocker le pop-corn. Ici, environ deux mois de production d’avance...

Le Canard Gascon : Vous avez des concurrents ? Michael Ehmann : Sur la matière première, nous avons des concurrents en France, en Espagne et en Hongrie. Sur le pop-corn micro-ondable on a des concurrents en Espagne. Mais le dynamisme commercial et le fait qu’on soit les premiers en Europe à l’avoir fait nous place comme leaders sur ce marché.

Le Canard Gascon : Utilisez-vous du maïs OGM ? Michael Ehmann : Non. Nos semences viennent des Etats-Unis mais sont garanties sans OGM. Il n’y a pas en Europe de semenciers qui fassent des recherches sur le maïs à éclater. C’est une niche. Les volumes sont faibles et la recherche sur ce domaine n’est pas rentable en Europe. Mais nous avons des partenariats avec des semenciers aux Etats-Unis pour faire évoluer le produit. Pour nous il est très important que nos clients soient sécurisés sur le fait que notre maïs est sans OGM. Le Canard Gascon : L’usine est relativement importante et en pleine campagne. Etes-vous aussi animé par un souci environnemental ? Michael Ehmann : L’entreprise est engagée dans une démarche de développement durable. Je suis absolument convaincu que nous avons une responsabilité sur le plan environnemental et social. Nous allons donc commencer à mettre en place de l’agriculture raisonnée avec un certain nombre de nos producteurs : on ne traite les cultures que lorsque c’est vraiment nécessaire, on établit des seuils, on fait une fertilisation sur chaque parcelle en fonction de l’analyse des sols. C’est à mi-chemin entre l’agriculture conventionnelle et l’agriculture biologique. Le Canard Gascon : Aujourd’hui, vous vous sentez Gascon ? Michael Ehmann : Je suis définitivement installé en France, mais je me sens Européen. Je n’ai pas encore demandé la nationalité française, mais je me sens parfaitement intégré ici. Propos recueillis par Jean-Louis Le Breton (1) Salon International de l’Alimentation

Le Canard Gascon : Votre équipe est-elle importante ? Michael Ehmann : Nous sommes cinquante personnes en tout. Cinq d’entre elles travaillent au commercial, sept travaillent pour la partie administrative et le reste en production. Nous participons à beaucoup de salons internationaux agro-alimentaires. Par exemple en participant au SIAL (1) à Paris en octobre nous avons reçu des visiteurs d’une trentaine de pays différents.

Pour le consommateur, les produits Nataïs apparaissent sous la marque Maxi-Pop, essentiellement dans les grandes surfaces.

Le Canard Gascon : Peut-on imaginer que votre pop-corn se vende un jour aux Etats-Unis ? Michael Ehmann : C’est comme si des Américains voulaient vendre du foie gras en France. On peut toujours l’imaginer, mais nous ne serions pas compétitifs. Leur marché est très développé et donc la concurrence est particulièrement rude. Le Canard Gascon n°12

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Agriculture

La 34ème Foire au Matériel Agricole de Barcelonne-du-Gers

Du 9 au 11 février 2007, la foire agricole de Barcelonne-du-Gers fêtera sa 34ème édition. Organisée par de jeunes agriculteurs elle accueille plus de 500 exposants et on y attend plus de 120 000 visiteurs !

I

ls sont aujourd’hui plus d’une soixantaine de jeunes agriculteurs, sous la houlette du président Bruno Ducom, pour organiser ce qui est bien plus qu’une foire au matériel agricole d’occasion. En effet, au fil des ans, cette manifestation s’est considérablement développée et l’on y vient pas seulement pour y trouver un tracteur. Lors de sa création en 1973, ils n’étaient que 13 exposants ! Avec désormais plus de 500 Bruno Ducom, le Président de la Foire. stands et un montant de transactions estimé en 2006 à plus de 8 millions d’euros on voit que cette foire est une réussite financière. Bien sûr, les ventes de matériel d’occasion sont le cœur même de la manifestation, mais aussi un élément économique important sur la région. En effet, la révision et la préparation du matériel exposé génère en cumul 30 emplois à plein temps !

Des débats sur le monde agricole

Au-delà de la foire elle-même, chaque année est l’occasion pour les agriculteurs d’organiser un grand débat en collaboration avec le quotidien Sud-Ouest. Les grands sujets de l’actualité de l’agriculture et de l’environnement y sont évoqués sans tabous : OGM, bio-carburants et l’avenir des agriculteurs ont été les grands thèmes de ces trois dernières éditions. A l’heure où nous mettons sous presse, le thème de 2007 n’a pas encore été décidé. Chacun de ces dossiers attire une foule nombreuse mais aussi des personnalités importantes : ministres, chercheurs, représentants syndicaux, responsables politiques, acteurs industriels et économiques. La foire s’étend sur plus de 4 hectares

Une équipe de jeunes agriculteurs dévoués et bénévoles

Les autres activités…

La foire qui s’étend sur une surface quatre hectares accueille également les concessionnaires de matériel agricole neuf. Pas moins d’une centaine d’entre eux sont représentés. Les animaux sont aussi présents puisque de nombreux éleveurs viennent présenter leurs bêtes, en particulier les races blondes d’Aquitaine et charolaises l’an passé. Dans les rues de Barcelonne, 500 camelots venus de la France entière exposent des produits du terroir et des objets en tous genres (vêtements, quincaillerie, meubles, ustensiles, etc.). Enfin un marché de la voiture d’occasion complète ce dispositif. Vous l’avez compris : la foire de Barcelonne-duGers est devenu un événement incontournable du grand sud-ouest et pendant trois jours elle intéressera tous les habitants de la région, agriculteurs ou non ! Jean-Louis Le Breton Comité de Foire des Jeunes Agriculteurs BP 6- 32720 Barcelonne-du-Gers Tél. : 05 62 09 49 06 www. foiredebarcelonne.com

Un formidable marché de matériel agricole !

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Agriculture

Les tracteurs d’hier à aujourd’hui ! En plus d’un siècle, les machines agricoles ont considérablement évolué. Le tracteur en est le symbole le plus éclatant. Il est aussi le premier outil de travail de l’agriculteur. Si le tracteur d’aujourd’hui n’a rien à envier aux berlines de luxe (voir articles pages suivantes), les machines d’antan restent dans nos mémoires et témoignent d’un passé révolu.

L

e tracteur a été inventé au 19ème siècle au début de l’ère industrielle. Il devait remplacer le cheval ou le bœuf pour tracter les machines agricoles toujours plus lourdes. Les surfaces à cultiver ne cessaient de s’agrandir et il fallait donc songer à mécaniser. Un premier modèle à vapeur fut créé par le français Barat en 1849 (le premier véhicule à vapeur a été inventé par NicolasJoseph Cugnot en 1769 !). Mais ce sont les Anglais Aveline et Porter qui, en 1870, mettent au point une machine capable de tirer 33 tonnes à la vitesse de 7,5 km/h. Vingt ans plus tard aux Etats-Unis, Benjamin Burger réalise le premier tracteur fonctionnant au pétrole. En 1904, un autre américain, Benjamin Holt, a l’idée de remplacer les roues par des chenilles permettant ainsi au tracteur de se déplacer sur tout type de terrain. Si la chenille ne connu pas un grand

succès dans le monde agricole, l’idée fut cependant reprise à des fins militaires pour créer les premiers chars d’assaut ! Le Français Gougis, en 1906, imagine d’utiliser une partie de la puissance du tracteur pour actionner une lieuse. En 1930, les frères allemands Fendt commercialisent un tracteur à moteur Diesel d’une puissance de 6 chevaux vapeur. C’est après la guerre que le tracteur connut un formidable essor aux Etats-Unis et en Europe.

Toujours plus gros...

Aujourd’hui, le monde agricole change. Souvent les enfants d’agriculteurs ne reprennent pas les exploitations des parents qui sont cédées à celui qui possède le plus de terres. En conséquence les machines sont donc devenues beaucoup plus grosses et peuvent traiter de grandes surfaces. Sophie Lefloch

Modèle Case 1918

© Lisa F. Young - Fotolia

Tracteur Ford 1917

Machine John Deere 1934 Le tracteur est le premier outil de l’agriculteur qui reste attaché à ses machines anciennes

Les dates importantes dans l’histoire du tracteur · 1849 premier tracteur à vapeur : Barat, France

· 1870 premier tracteur à vapeur capable de tirer 33 tonnes : Aveline et Porter, Grande Bretagne · 1890 premier tracteur au pétrole : Benjamin Burger, Etats-Unis · 1892, premier tracteur à essence : John Froelich, Etats-Unis 1904, premier tracteur à chenilles : Benjamin Holt, Etats-Unis · 1906, premier tracteur pouvant actionner une lieuse : Gougis, France · 1917, premier tracteur à chassis de fonte,

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4 roues acier : Ford, Etats-Unis · 1924, Farmhall tractor, premier tracteur à usages multiples (labour, hersage...) (International Harvester, USA) · 1928, premier tracteur à pneus de caoutchouc en Floride. Il fut perfectionné par les sociétés F.B. Goodrich (1931) et Firestone Tire & Rubber (1932) · 1939 premier tracteur à outils portés opérationnel (Harry Ferguson, Etats-Unis)

Massey Harris 1950


Agriculture

Philippe Duvignau :

le tracteur selon Massey-Ferguson !

A Beauvais dans l’Oise, le constructeur Massey-Ferguson fabrique des tracteurs pour le monde entier. Il en produit 18 000 par an. Rencontre avec Philippe Duvignau, concessionnaire dans les Landes à Aire-sur-l’Adour et dans le Gers à Vic-Fezensac. Pour lui, la vente de machines agricoles est une affaire de famille !

Philippe Duvignau : depuis trois générations la famille est spécialisée dans la fourniture de machines agricoles...

est bourré d’électronique. Les ordinateurs de bord calculent la consommation en fonction des superficies à travailler et des régimes à utiliser. Ils gèrent aussi le taux de patinage. Et très bientôt ces tracteurs fonctionneront avec le GPS. Sur La cabine du tracteur moderne le plan confort, les cabines est bourrée d’électronique ! sont spacieuses et climatisées. Les sièges ont des compresseurs intégrés, il sont chauffants et protègent parfaitement les lombaires.

Le Canard Gascon : Vendre des tracteurs, c’est une affaire de famille ? Philippe Duvignau : Oui ! Je représente la troisième génération ! Mes grand-parents ont démarré l’affaire en 1930. Ils étaient à la fois agriculteurs et entrepreneurs. Mon grand-père possédait plusieurs machines de battage et il allait moissonner chez les clients. Pour le blé on utilisait la batteuse à l’ancienne comme on en voit encore de temps en temps avec la grande courroie. J’ai vu mon père et mon oncle travailler sur ce type de machine. En 1956 mes parents et mon oncle ont pris la concession Massey-Ferguson. Cette marque a été créée par deux Anglais, Daniel Massey et Alanson Harris qui se sont installés au Canada en 1847 puis qui ont fusionné leurs activités en 1891. Et en 1956 ils se sont unis avec l’Irlandais Harry Ferguson.

L.C.G. : Combien coûte un tracteur, hors options ? Philippe Duvignau : On va de 10 000 à 90 000 euros. Massey Ferguson propose des solutions de financement qui s’étalent la plupart du temps de cinq à sept ans. Le tracteur peut durer jusqu’à vingt ans, mais généralement dès que l’agriculteur l’a amorti il renouvelle le matériel. Les produits évoluent sans cesse au niveau des moteurs et du confort. Pour l’agriculteur, c’est le principal outil de travail ! Propos recueillis par Jean-Louis Le Breton

L.C.G. : Vous-même, quand avez-vous commencé ce métier ? Philippe Duvignau : Mes parents étaient originaires d’Aire-sur-l’Adour. J’ai intégré l’affaire en 1976. Mon épouse Mado travaille avec moi. Notre fils Thierry nous a rejoint au commercial il y a trois ans et notre fille Valérie, depuis début octobre, s’occupe de secrétariat et de comptabilité. En une génération, le métier a considérablement évolué. Mes parents recevaient leurs premiers tracteurs en kits dans des caisses en bois et devaient les assembler entièrement ! Désormais tout est différent. Les machines sont plus importantes, plus performantes et depuis une vingtaine d’années l’électronique est arrivée sur les tracteurs et gère toutes les commandes.

Elu « machine de l’année 2006 » à Agritechnica, le MF 6400 est décliné en 12 modèles de 90 à 215 chevaux. Les moteurs sont gérés électroniquement pour une consommation adaptée. Le volume sonore dans la cabine a été ramené à 71 db. Il dispose d’une climatisation automatique en option. Le siège pivotant comporte un soutien lombaire. Le couple reste élevé, même à des régimes descendant jusqu’à 1000 tours/minute.

Le MF 6400

L.C.G. : Comment expliquer l’augmentation impressionnante de la taille des tracteurs ? Philippe Duvignau : Dans les années soixante il y avait beaucoup de petites fermes avec des surfaces de vingt à trente hectares. Les tracteurs étaient petits. Aujourd’hui ces fermiers ont pour la plupart disparu et ont été racheté par des voisins qui ont agrandi leur surface d’exploitation. On a donc moins de personnes qui travaillent sur de plus grandes surfaces et les tracteurs sont beaucoup plus gros. On vend donc maintenant moins de tracteurs mais avec des puissances plus importantes. L.C.G. : Quel est le ‘top’ du tracteur chez Massey-Ferguson ? Philippe Duvignau : C’est actuellement un tracteur de 300 chevaux. Il

Avec le coût du carburant qui augmente sans cesse, les constructeurs ont développé des systèmes pointus de gestion de la consommation. Le Canard Gascon n°12

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Agriculture

Raymond Noguès :

il vend des tracteurs... de Claas ! Originaire du Lot-et-Garonne, Raymond Noguès a toujours vécu dans le monde agricole. Il est aujourd’hui le concessionnaire de la marque Claas qui a repris les activités de machines agricoles de Renault. naude en 1989, l’affaire faisait 15 millions de francs de chiffre et l’année suivante nous avons doublé en gardant le même personnel. Et il s’est passé la même chose lorsque j’ai repris tout en 2004 : l’année suivante nous avons encore doublé le chiffre d’affaires ! Mais nous avons été obligés d’embaucher du personnel en plus…

L

Raymond Noguès et sa fille Marina animent la concession Claas à Eauze.

es parents de Raymond Noguès étaient des ouvriers agricoles. Lui-même a commencé comme conducteur d’une pelle mécanique avant de trouver sa place dans le monde des fournisseurs de matériel agricole. Autodidacte, il est aujourd’hui à la tête de la concession Claas à Eauze. Cette entreprise allemande fondée en 1913 par August Claas en Westphalie, est devenue l’actionnaire majoritaire de Renault Agriculture en 2003. A Eauze, c’est sous le nom de « Darnaude » que la concession a été créée. Le Canard Gascon : Pourquoi votre société s’appelle-t-elle « Darnaude » et non pas « Noguès » ? Raymond Noguès : C’est Marius Darnaude qui a fondé la société. Je suis entré comme vendeur en 1988, puis en 1989 je me suis associé avec lui avant de reprendre complètement l’affaire en 2004 et j’ai souhaité conserver le nom. Ma fille Marina m’a rejoint il y a trois ans et mon fils de 21 ans devrait bientôt entrer dans l’entreprise. La maison mère est à Eauze, mais nous avons une succursale à Condom, une autre à Montréal-du-Gers et nous employons vingt-huit personnes.. L.C.G.: L’affaire s’est donc considérablement développée… Raymond Noguès : Oui, lorsque je me suis associé avec Marius Dar-

L’Allemand Claas a repris les activités de Renault Agriculture

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L.C.G.: Pourquoi Claas a-t-il remplacé Renault ? Raymond Noguès : La société Claas est numéro Un mondial des moissonneuses-batteuses et des ensileuses. De son côté, Renault avait fait l’effort de monter un réseau de concessionnaires proches des agriculteurs. Je pense que c’est ce qui a incité Claas a racheter Renault Agriculture. Aujourd’hui les usines et le personnel Renault ont été conservés et ils fabriquent pour Claas. Au travers de Claas, les tracteurs s’exportent dans toute l’Europe et dans le monde entier. Claas va rivaliser avec John Deere, le numéro Un mondial. Claas a des usines en Allemagne mais pas pour les tracteurs. Le tout nouveau tracteur qui vient de sortir et qui s’appelle l’Axion nous a été présenté à Evreux et il est fabriqué en France. L.C.G.: Le design est-il important pour les tracteurs ? Raymond Noguès : Oui, c’est devenu un point important. Il y a des codes couleur qui sont pour nous le vert et le rouge. Ça démarre à la façade et ça s’étend jusqu’à l’atelier avec les combinaisons des gars, les cartes de visite, le papier à en-tête : tout est pensé ! Nous avons la chance d’être concessionnaire exclusif et on ne travaille qu’avec une seule marque. L.C.G.: Votre travail est-il semblable à celui d’un concessionnaire de voitures ? Raymond Noguès : Il s’en rapproche de plus en plus. La méthodologie est très semblable, ce qui n’était pas le cas il y a encore quelques années. Et comme pour les voitures, nous sommes obligés de former des gars de façon spécifique pour qu’ils puissent aller dépanner les tracteurs. On touche évidemment une catégorie spécifique de clients qui sont les agriculteurs et certains industriels. Mais on achète de plus en plus les tracteurs sur des critères variés. Les jeunes sont friands de

L’Axion est le dernier né de la gamme Claas


Agriculture

établit le diagnostic. Et on ne peut intervenir que si les mécanos ont été spécifiquement formés. D’ailleurs nous les envoyons une à deux fois par an en stage à Evreux. L.C.G.: Quelles sont les caractéristiques de l’Axion ? Raymond Noguès : Ce tout nouveau tracteur sera livré en mars. Il va jouer dans la cour des grands avec des possibilités intéressantes comme celle de pouvoir faire varier la puissance du moteur avec 30% de réserve de couple en permanence. Cela permet une économie de carburant que personne n’a actuellement sur le marché français. C’est une façon de lutter contre la pollution. D’ailleurs Claas investit énormément dans la recherche.

Les cabines de pilotage : un look de capsulte spatiale !

nouveautés et de tout ce qui va faciliter leur travail. Par exemple tout est automatisé et robotisé dans les nouvelles machines. Si on programme « route » au lieu de « champ », le tracteur sait qu’il circule sur une route et se comporte différemment. Un petit joystick sert à changer les rapports, c’est impressionnant ! L.C.G.: Et pour l’entretien ? Raymond Noguès : Chaque mécano travaille avec un ordinateur. Avant toute intervention, on branche l’ordinateur dans la cabine. C’est lui qui

L.C.G.: Peut-on faire rouler ces machines avec de l’huile végétale ? Raymond Noguès : Nos clients ne le font pas encore mais je souhaite que ça vienne. J’aimerais qu’à l’avenir les jachères soient ensemencées pour produire du biocarburant. Si l’agriculture va dans ce sens, ça aidera tout le monde. D’ailleurs les moteurs sont déjà prévus pour tourner avec des biocarburants. L.C.G.: Quel prix faut-il compter quand on veut investir dans un tracteur ? Raymond Noguès : Pour la vigne le prix de départ d’un tracteur oscille entre 35 000 et 40 000 euros. Pour les champs, ça démarre vers 40 000 euros et ça peut monter jusqu’à 100 000 euros ! Le taux de renouvellement d’un tracteur est d’environ cinq ans. Propos recueillis par Jean-Louis Le Breton

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Habitat

Se chauffer au bois !

Le bois redevient en France un mode de chauffage très prisé grâce à des innovations technologiques… souvent dues à l’imagination de nos voisins ! Son succès est aussi une conséquence de l’augmentation démesurée des prix du fuel et du gaz. Sans oublier le côté écologique et le charme de pouvoir regarder de jolies flammes tremblotantes.

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ue demander de plus ? s’interroge Paul Gee, un Britannique installé à Auch, dont le magasin, rue Victor Hugo (l’ancienne route de Condom et Vic-Fezensac) propose toutes sortes de cuisinières, poêles et chaudières à bois. « Le bois, c’est moins cher. C’est écologique. Cela sent bon, chauffe très bien. C’est beau à regarder. Et en plus l’Etat vous rembourse 50% du montant de votre investissement au titre de l’utilisation des énergies Paul Gee renouvelables avec des matériels à haut rendement ! » Aujourd’hui, nous sommes très loin du simple poêle « Godin » de nos grands-parents. Les matériels sont maintenant très beaux, très performants, avec de moins en moins de contraintes. Les marques viennent de pays où le bois a toujours été un chauffage de tradition : Allemagne, Autriche, Finlande. Mais aussi de pays dans lesquels la notion d’écologie est plus profondément ancrée que chez nous : Grande-Bretagne, Danemark, Italie. Les appareils ? On peut les diviser en quatre catégories.

Des cuisinières en fonte émaillée

leur douce. Mais on peut aussi chauffer l’eau sanitaire de la maison dans un ballon approprié, voire utiliser la cuisinière comme la chaudière de tout un système de chauffage central à circulation d’eau. Pour l’été, on ne va quand même pas allumer le feu quand il fait 35°, le chauffage de l’eau sanitaire peut alors être assuré par une installation de panneaux solaires. Dans le même style, on, remarque les cuisinières de la marque autrichienne « Lohberger ». On obtient des puissances atteignant 250 kw, de quoi chauffer toute une maison de 250 m². Et, au ralenti, la charge de bois peut durer aisément toute la nuit. Pas besoin de se lever pour recharger.

Des poêles britanniques ou scandinaves

Ces poêles ressemblent aux appareils que nous avons vus dans notre enfance. Mais maintenant, ils sont dits « à double combustion ». Cela se traduit par un rendement proche de 95%. Il n’y a presque plus de cendres ni de fumée. Tout se consume. Avec un poêle de la taille d’une petite machine à laver (mais beaucoup plus beau), on peut chauffer un espace non cloisonné de 100 m², même avec de très hauts plafonds. Les appareils sont toujours vitrés et permettent d’admirer le ballet des flammes. Les marques sont anglaise comme « Clearview Stoves » au design retro inimitable ou danoise comme « Scan » avec un look très contemporain. Certains de ces appareils peuvent servir de base à un système de chauffage central à circulation d’eau chaude.

Le poêle-masse, merveille écologique

Des cuisinières au design et au charme à l’ancienne

Pour la campagne, les cuisinières nous rappellent notre enfance. Elles sont bleues, pain brûlé voire d’autres couleurs pastels. La marque anglaise « Rayburn » (filiale de AGA, label bien connu) est présentée comme la « Rolls » des cuisinières. C’est beau, massif, solide, efficace et cher ! Mais quel objet de décoration ! Les prix ? A partir de 3 000 Euros. La cuisinière sait maintenant être « à haut rendement », c’est-à-dire que la combustion du bois est optimisée à 80% minimum. On peut faire la cuisine (à l’ancienne) sur la plaque de cuisson ou dans le four à la cha-

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Le charme du bois...

Le summum est atteint avec ce que l’on appelle le « poêle-masse ». Etes-vous allés en Autriche ou en Bavière voire en Alsace ? Des pays réputés froids ! Vous avez vu dans les auberges de village une énorme construction arrondie ou cubique en céramique, en partie encastrée dans le mur de façon à chauffer plusieurs pièces à la fois. Et bien, c’est cela un « poêle-masse ». Les Finlandais (un pays où on atteint facilement les moins 30 ou moins l’hiver) ont optimisé le système avec l’emploi d’une pierre appelée « stéatite » (aussi nommée « pierre à savon »). Les poêles de la marque « Tulikivi » pèsent plusieurs tonnes. Durant deux heures, on chauffe cette masse de pierre en allumant, à l’intérieur, un bon feu de bois. Puis, plus besoin de flamme. Durant une bonne vingtaine d’heures, la masse de pierre - véritable accumulateur de chaleur - va agir par rayonnement et conserver la pièce (ou la maison tout entière) dans une agréable température ; même s’il gèle audehors. Avec 30 kilos de bois par jour, on peut chauffer toute la maison.


« C’est moins cher, écologique, ça sent bon et ça chauffe bien... » Le prix ? A partir de 11 000 euros. C’est un moyen extrêmement économique, terriblement écologique, superbe sur le plan esthétique ; cher à l’achat mais après, que d’économies. Par contre, cela prend de la place et le plan de la maison est extrêmement La petite taille des granulés important. C’est d’ailleurs ce (ici à côté de gélules) plan que vous demandera la marque pour tout devis d’installation. Si vous construisez une maison nouvelle, on peut dire qu’elle peut être calculée « autour du poêle ». Deux heures de chauffe au bois par jour et une maison chaude le reste du temps. Quel rêve !

Les chaudières à granulés de bois

Enfin, dernier système à étudier : une chaudière classique de chauffage central à installer dans votre cave ou votre buanderie, là encore dite « à haut rendement ». Le combustible ? Du bois en granulés, comparables à des gélules pharmaceutiques. L’alimentation est automatique, par vis sans fin. Plus besoin de recharger le feu. Par contre, il faut un espace de stockage des granulés à proximité de la chaudière. La régulation se fait automatiquement par thermostat. Deux systèmes sont possibles : les radiateurs traditionnels « à haute température » ou bien un plancher chauffant « à basse température ». Les granulés coûtent à ce jour environ 250 euros la tonne mais les prix ont tendance à baisser car la

Tradition et modernité : se chauffer au bois est sain, et c’est beau !

demande est toujours plus forte et de nouvelles usines sont en cours d’implantation, dans les Landes notamment. Pour chauffer une maison bien isolée de 100 m², il faut prévoir environ 3 tonnes de granulés pour la saison. Vous l’avez compris, le bois est très certainement un mode de chauffage de grand avenir. Et quel plaisir de sentir cette odeur si agréable dans votre maison. Jean-Paul Amic Etablissements Paul Gee, 159 rue Victor Hugo, 32000 Auch Tél.: 05 62 63 37 84 A voir : le site internet www.tulikivi.com pour mieux comprendre.

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Confrrie

Les Chevaliers du pruneau d’Agen

Le Lot-et-Garonne a rendu les fameux Pruneaux d’Agen célèbres dans toute la France (et même en dehors de nos frontières)! Une confrérie a donc été créée pour vanter leurs qualités ! Une tenue couleur prune !

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Les Chevaliers du pruneau d’Agen

Tout a commencé en 1969 » déclare M. Roncari, le Grand Chancelier de la Compagnie des Chevaliers du Pruneau d’Agen « avec un groupe de commerçants qui s’occupaient de la Foire du Pin (qui se tient le deuxième dimanche de septembre sur la Place du Pin à Agen, d’où son nom). C’était l’époque de la récolte des prunes et ils étaient à la recherche d’une idée d’animation. Aucun d’entre eux n’avait un rapport avec la culture ou le négoce des pruneaux ! Mais le pruneau, c’est le renom d’Agen ! » De cette équipe des premiers Compagnons, il ne reste aujourd’hui qu’une seule personne. Mais la confrérie s’est pérennisée et elle tient son chapitre annuel le premier week-end de septembre. Durant trois jours, c’est la grande fête du pruneau.

Un fruit venu des Croisades

Mais comment fait-on un pruneau ? A partir des prunes d’ente que l’on fait déshydrater doucement (en 3 séchages successifs ou par passage dans un tunnel à séchage continu). Pour obtenir 1 kilo de pruneaux, il faut entre 3 et 3,5 kilos de prunes d’ente. Et cette prune dite « d’ente » ce sont les Croisés qui l’ont ramenée du Moyen-Orient au 12ème siècle. Il s’agissait d’une espèce greffée, originaire de Syrie probablement. La récolte a lieu entre le 25 août et le 25 septembre.

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Evidemment, la tenue des Compagnons du Pruneau d’Agen se devait d’être de couleur prune ! La chemise, la cape et le béret ont donc les tonalités de ce fruit. Le panLa clisse et le blason talon, quant à lui, est rayé gris et noir. Le Grand Conseil arbore un cordon prune et vert auquel est suspendu une clisse miniature supportant le blason de la ville d’Agen. C’est cet objet vestimentaire qui sera remis aux nouveaux promus, lors de chaque intronisation. La clisse ? C’était une sorte de clayette en bois, en forme de raquette, sur laquelle on faisait, autrefois, sécher les pruneaux. Le Grand Conseil compte un Grand Maître (le doyen), un Grand Chancelier, un Grand Connétable, un Grand Argentier, un Grand Chambellan, un Grand Echevin, un Grand Intendant, un Grand Prévost, un Grand Officier de bouche et un Grand Trouvère. Comme dans les armées sudaméricaines de légende, il n’y a que des généraux ! Ces membres se réunissent à Agen tous les premiers mardis du mois autour d’un dîner. Mais, comme à ses débuts, la direction de la confrérie ne compte aucun professionnel du pruneau ! Bien qu’elle soit toute dévouée à la cause du pruneau.

Plus de 300 chevaliers intronisés à ce jour

La confrérie a déjà intronisé environ 340 personnes depuis sa création. Au nombre de celles-ci, on compte des ministres, des parlementaires, des grands noms du rugby, des préfets, des vedettes de la télévision d’hier et aujourd’hui, des jockeys célèbres, etc. Tous les impétrants s’engagent, bien sûr, à défendre de leur mieux le renom et la consommation des pruneaux d’Agen ! Ce fruit ramené des Croisades. Jean-Paul Amic Compagnie des Chevaliers du Pruneau d’Agen, 29 rue Neuve, 47000 Agen


Antiques in the days of… globalization ! Copies of French antique objects made in Eastern Europe and the Far East for a Belgian company are being sold in Gascony by a Dutch antique dealer. Antiques have gone global too, in short.

Antiquaire et… mondialisation !

Une antiquaire hollandaise vend, en Gascogne, des copies d’objets français anciens commanditées par une société belge et réalisées en Europe de l’Est et en Asie. Le marché des « antiquités » est lui aussi au siècle de la mondialisation !

Steffi Stevens lives in a lovely old farmhouse in Steffi Stevens habite une jolie ferme traditionnelle en Haute-Gathe Haute-Garonne area in the village of Péguilronne, dans le village de Péguilhan, à quelques kilomètres de Bouhan, a mile or so from Boulogne-sur-Gesse, at the logne sur Gesse, là où ce département jouxte ceux du Gers et des confines of the Haute-Garonne, Gers and HautesHautes-Pyrénées. Une impression de confort « cosy » émane de Pyrénées districts. The place could not be more Steffi Stevens l’ensemble et elle a su respecter les murs en pisé laissés à nu et les comfortable and cozy, and she has had the good colombages intérieurs. Le visiteur, tombé sous le charme du lieu se sense to leave the old mud-covered walls and indit : « Quelle belle maison »… Et pourtant tout ici est à vendre ! Et door half-timbering the way the way they were. A visitor is struck la plupart des objets et meubles « anciens » sont des copies récentes by the beauty of the place, yet everything in it is for sale ! Most of « made in Romania » ou « made in India » via la Belgique… the “antiques” are in fact recent copies, made either in Romania or India, and have come here via Belgium. Steffi est hollandaise, originaire de la région de Steffi is Dutch, a native of the region of Tilburg, dans le sud des Pays-Bas où elle posTilburg in the South of Holland, where sédait un haras ; épouse de businessman, elle she used to own a stud farm; married to s’occupait beaucoup de décoration. Un vrai a businessman, she did a great deal of dehobby pour elle, amoureuse d’objets insolites. corating, as a way of indulging her love Puis, il y a 8 ans, le couple vient s’installer en of unusual objects. Eight years ago they France et achète ensuite cette ferme gasconne both moved to France, and bought the faril y a maintenant 4 ans. Notre Néerlandaise démhouse in question some four years later. cide alors de se lancer dans un petit commerce That is when Steffi decided to start a small de copies (légales) d’objets régionaux français business selling (altogether legal) copies anciens. Elle connaît, en Belgique flamande, of French regional antiques, working with une société spécialisée dans la commandite et Everything is for sale... a Flemish company that specializes in the la commercialisation de tels objets, réalisés - il commissioning and marketing of these faut le dire - avec une minutie remarquable. (truly well made) items. « Ma maison n’est pas un magasin mais je reçois volon“My house is not a shop, but I am happy to welcome tiers les personnes qui me téléphonent au préalable. Chez people who call me for an appointment. In my house moi, on peut tout acheter ! Imaginez que la majorité des everything is for sale ! Just think how most couples have couples vont manger durant 40 ou 50 ans sur la même their meals on the same table for 40 or 50 years ! Do you table ! Ma table vous plaît ? Je vous la vends ! J’aime like this table ? I will sell it to you ! I like to change the changer régulièrement mon cadre de vie ! » things around here !” The things Steffi Stevens sells are truly good-looking Steffi Stevens propose notamment de très beaux objets en cast-iron objects, such as bowls, decorative tassels fonte : vasques, glands décoratifs (d’une cinquantaine de (some fifty kilos’ worth), chandeliers, wall lamps, and kilos), chandeliers, lanternes murales, etc. Egalement de the like. Also such attractive small items of furniture as très beaux petits meubles tels que porte-manteaux, casiers coat racks, magazine racks, benches, etc. The door handles are hià revues, sièges, etc. A signaler aussi de très originales poignées ghly original as well. Her prices ? A mere fraction of “genuine” de portes. Les prix ? Cinq à dix fois moins chers que de « vraies antiques ! Copies of a Boulle chest » antiquités ! Bien sûr, il n’est pas question of drawers would of course be out of de copier une commode Boulle mais pour de the question, yet every one of these petits objets décoratifs, vous serez agréablesmall decorative objects come as a ment surpris ! Alors, un coup de téléphone, wonderful surprise, so do not hesiune visite à Péguilhan et peut être un coup tate to call and make an appointment de foudre pour un objet ! Probablement une at Péguilhan for a visit to the most bonne affaire ! wonderful of treasure troves. Jean-Paul Amic Jean-Paul Amic Trad. Nina de Voogd Robert et Steffi STEVENS, Busquet d’En Bas, Robert and Steffi STEVENS, Busquet d’En Bas, 31350 Péguilhan. Tél.: 05 61 94 19 03

31350 Péguilhan. Tél : 05 61 94 19 03

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L’industrie agro-alimentaire sur la sellette Un DVD intitulé The Future Of Food (Quel Avenir pour notre Assiette ?) vient jeter une lumière sans complaisance sur l’industrie agro-alimentaire, ses buts et ses stratégies.

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e documentaire d’environ une heure et demie produit aux EtatsUnis par Deborah Koons Garcia avec la collaboration de responsables américains, canadiens et mexicains de la santé publique, de la justice, l’agriculture et l’économie vient d’être publié en version française par mk2 Editions. Il retrace l’histoire de l’agriculture des 19ème et 20ème siècles, l’introduction de la biogénétique, les raisonnements qui ont sous-tendu cette introduction, les résultats qui en ont découlé et l’opposition que celle-ci suscite à travers l’hémisphère nord-américain. Un des aspects les plus controversés de l’industrie de la biogénétique est le brevetage de semences, pratique inédite jusqu’en 1978 qui non seulement rend obsolète le savoir de générations d’agriculteurs ayant oeuvré pour la sauvegarde de la biodiversité indispensable à l’équilibre de la planète, mais qui, par une série d’effets pervers et de calculs mercantiles, s’est avérée hautement néfaste pour le consommateur, le contribuable, l’agriculteur, en matière de santé publique et d’économie, ainsi que pour l’environnement et sa biodiversité. Après avoir posé la question de savoir s’il est bien rationnel et raisonnable de breveter des organismes vivants, le documentaire s’étend, avec force détails, sur le fait que la somme de savoir traditionnel des agriculteurs est en passe de se perdre et ne bénéficie d’aucune protection au regard du droit international sur les brevets. Au 19ème siècle 5 000 variétés de pommes de terre étaient cultivées de par le monde. Les seuls Etats-Unis produisaient plus de 7 000 variétés de pommes. 97% des variétés de plantes cultivées au début du 20ème siècle pour l’alimentation ont aujourd’hui disparu. Légèrement modifiés, les gaz toxiques utilisés dans l’armement de la Seconde Guerre mondiale sont devenus les premiers engrais chimiques pesticides à base de nitrates pour l’agriculture de l’après-guerre. Cette innovation a stimulé la course à un système de production homologuée à meilleur rendement, moins laborieux et à plus grande échelle, apte à nourrir la terre entière et, bien entendu,

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moins cher. Cela a donné lieu à la monoculture, et son corollaire, un vide écologique avec ses invasions de parasites et de maladies. Ainsi les agriculteurs ont été pris au piège, car plus ils utilisaient de pesticides, plus il fallait en diffuser. Cet usage grandissant de pesticides et d’herbicides a augmenté les coûts, pollué les eaux et s’est révélé dangereux pour la santé humaine. En 1970 la société Monsanto a mis sur le marché son produit Roundup, l’herbicide le plus vendu dans le monde. La quête d’un système d’agriculture standard valable pour la terre entière a mené à des recherches en laboratoire dans le domaine de la modification génétique, fortement encouragées aux Etats-Unis par le gouvernement ultra-libéral du Président Reagan. En 1978 l’agriculture du 20ème siècle prit un véritable tournant lorsqu’un ingénieur employé par la société General Electric a soumis à l’Office des Brevets un gène de son invention capable de digérer le pétrole. La demande fut refusée pour des raisons de principes constitutionnels et éthiques, mais la firme insista et fit monter l’affaire jusqu’à la Cour Suprême, où elle fut approuvée par cinq voix contre quatre. Bien que par la suite ce brevet n’ait jamais été exploité, cette autorisation a été la porte ouverte au brevetage de gènes de semences de blé, de colza, de maïs et de coton. Il faut noter au passage que la question du brevetage sur le vivant n’a jamais été soumise à un référendum auprès de la population américaine, ni à un vote au Congrès des Etats-Unis. La course au brevetage des semences ayant été lancée, les grands producteurs de pesticides et d’herbicides tels que Monsanto et autres ont pendant les années 90 acheté des brevets à tour de bras, ce qui fait dire à un des personnages interviewés dans ce documentaire qu’en fait “les fabricants de pesticides ont acheté le secteur des semenciers”. A elle seule, la société Monsanto serait aujourd’hui propriétaire de quelque 11 000 brevets, pour un prix total de 8 milliards de dollars. Le jeu en valait évidemment la chandelle, car celui qui contrôle la production des graines est maître de la chaîne alimentaire. L’autorisation de breveter le vivant

a amené la société Monsanto à une interprétation selon laquelle elle est propriétaire de tout organisme dans lequel se trouve un gène breveté par elle. Cette interprétation est très lourde de conséquences, comme en témoigne le cas de l’agriculteur canadien Percy Schmeiser poursuivi par Monsanto pour avoir replanté sur ses terres quelques plants de colza contaminés à son insu par des semences transgéniques Monsanto. A la suite de plusieurs procès qui l’ont ruiné, M. Schmeiser a été condamné par la Cour Suprême du Canada, qui a estimé que le brevet de Monsanto avait été enfreint en dépit du fait que l’agriculteur, lui, n’y était pour rien. Le cas de M. Schmeiser est loin d’être un cas isolé au Canada et la partie occidentale des Etats-Unis, où de nombreux agriculteurs ont été poursuivis pour des raisons identiques. Contrairement à M. Schmeiser, la plupart d’entre eux ont payé des indemnités à Monsanto pour échapper à des poursuites judiciaires coûteuses, mais ont été contraints de signer des accords les obligeant à garder le silence. Sur le conseil de leurs avocats, ils s’abstiennent désormais de ressemer les graines qu’ils ont passé leur vie à sélectionner, sous peine de se heurter à de nouvelles revendications de la part de Monsanto. Ainsi, la mort dans l’âme, M. Schmeiser a brûlé une demie tonne de ses propres semences, le résultat de cinquante ans de travail réputé pour sa grande qualité. Une telle perte d’autonomie pour l’agriculteur américain, canadien et mexicain soumis à la toute-puissance des brevets constitue une menace tout aussi redoutable pour le monde agricole dans le reste du monde, grâce aux règles de l’OMC. L’agriculteur dit conventionnel, tout autant que celui qui aurait succombé au chant de sirène des grandes multinationales et accepté de cultiver leurs semences transgéniques, risquent fort de se retrouver, à l’instar de leurs homologues nord-américains, réduits à l’état d’employés de Monsanto et Cie. sur leurs propres exploitations. Constatation qui contredit le discours selon lequel les deux types de culture, conventionnel et transgénique, peuvent co-exister, mais comme l’observe un des témoins interviewés dans ce documentaire, les multinatio-

nales en question n’en sont pas à une contradiction près : elles évoquent le caractère inédit de leurs trouvailles en matière de gènes nouveaux pour les faire breveter, alors que pour imposer ces mêmes semences au monde agricole elles les présentent comme de simples variétés. THE FUTURE OF FOOD se penche par ailleurs sur les nombreux effets pervers que subit le marché de l’agroalimentaire, tant aux Etats-Unis et en Europe que dans les pays émergeants, par un système standardisé et hypercentralisé régenté par une poignée de grands groupes qui enregistrent des bénéfices records, tandis que de nombreux petits agriculteurs américains sont contraints d’aller chercher des emplois hors de leurs fermes dans le seul but de pouvoir faire face au coût des semences, engrais et pesticides, c’est-à-dire, de financer Monsanto et compagnie. Il démontre également que dans le domaine de la recherche scientifique, seuls les chercheurs et universités acquis à la pensée unique du même nombre restreint de grands agro-industriels sont financés par eux. Un chercheur de l’Université de Californie à Berkeley note le manque de diversité intellectuelle qui en résulte, aussi dangereuse, à ses yeux, que la perte de biodiversité qui, elle, est exposée à des risques incalculables par des cultures basées sur des variétés uniques prônées par ceux qui aspirent à devenir les maîtres du monde. Le documentaire conclut son exposé par des images d’exemples de résistance de la part d’agriculteurs et de consommateurs, notamment dans l’ouest des Etats-Unis, où se sont créés de petites coopératives ad hoc pour la vente directe de produits locaux, dans un esprit de partage et convivialité. Le narrateur nous rappelle qu’en fin de compte c’est tout de même le consommateur qui est roi, mais que c’est à lui qu’il appartient d’être bien informé. A bon entendeur...

Nina de Voogd

DVD – THE FUTURE OF FOOD Mk2Editions 2006 www.thefutureoffood.com


The wages of agribusiness A DVD produced in the United States under the title The Future Of Food takes agribusiness to task and sheds light on its goals and strategies.

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documentary that runs for about an hour and a half, it was produced by Deborah Garcia Koons in collaboration with a number of American, Canadian and Mexican officials in the domain of public health, science, agriculture and economics. It retraces the history of 19th and 20th century American agriculture all the way up to the introduction of biogenetics, the reasoning that informed this innovation, its consequences and the resistance it is encountering throughout the North American continent. Among the most controversial features of the biogenetics industry is the practice of patenting grain seeds, something that until 1978 had been unheard of. Not only has it sidelined the know-how handed down by generations of farmers, but due to its market distortions and relentless focus on profitability, it has proved to be a disaster for consumers, taxpayers and farmers alike, both where public health and the economy are concerned, to say nothing of the environment and the biodiversity essential to the planet’s survival.. The documentary raises the question of the wisdom and sanity of patenting living organisms, and goes on to spell out the many ways in which the traditional know-how and experience of farmers is being lost, unprotected as these are by the reach of international patent law. In the 19th century some 5.000 varieties of potato were cultivated all over the world. The United States alone produced over 7.000 varieties of apple. 97% varieties of plants cultivated in the early 20th century for food consumption have now disappeared. In slightly modified form, the toxic gases used to make World War II bombs became the first chemical pesticide fertilizers used in postwar agriculture, which in turn entailed a search for a more standardized, less labor-intensive but high-yield system of agriculture that would feed the population of the entire planet at less cost. The next step was the development of single crops, with their inevitable consequence, veritable invasions of parasites and diseases. This proved to be a trap

for farmers, for the more pesticides they used, the more spraying they needed to do. The rise in the use of pesticides and herbicides thus raised costs, polluted ground waters and has been shown to affect human health. Monsanto first marketed its product known as Roundup, the best-selling herbicide, in 1970. The notion of a world-wide standard agricultural system led to laboratory research in the field of genetic modification of grain seeds, a trend that was strongly encouraged in the United States by the Reagan administration. In 1978 agriculture took an altogether new turn when a chemical engineer on the payroll of General Electric submitted to the U.S. Patent Office a gene he had created that was capable of digesting petroleum products . His application was turned down on ethical and constitutional grounds, but General Electic stood its ground and took the matter all the way up to the Supreme Court, where the application was approved by five votes to four. While the patent in question was subsequently never used, this decision opened the door to the patenting of other genes, namely genetically modified seeds of wheat, canola, corn and cotton. It may be worth noting that the mere notion of patenting living organisms was never submitted to a referendum among the American population at large, nor to a vote in the U.S. Congress. Once the race for patents was under way, mayor pesticide and herbicide producers like Monsanto et. al. spent the nineties buying up seed patents right and left, which leads one of the officials interviewed here to say that, in a word “the pesticide industry bought up the grain industry”. Today, the Monsanto company alone is said to own some 11.000 patents, and to have spent about 8 billion dollars, but then, whoever controls the production of grains also controls the entire food chain. The authorization to patent living organisms has led the Monsanto company to claim that it is the legal owner of any organism containing a gene on which it holds the patent, an interpretation that has far-reaching consequences. A Canadian farmer named Percy Schmeiser was sued

by Monsanto for having replanted on his own land some canola seeds that, unbeknownst to him, had been contaminated by Monsanto’s genetically modified seeds. After several years of legal procedures that left Mr. Schmeiser a ruined man, Canada’s Supreme Court ruled against him, arguing that Monsanto’s patent had been infringed, no matter what Mr. Schmeiser’s motives had been. The case of Mr. Schmeiser is not unique in Canada or the western United States, where many farmers have been sued for similar reasons. Unlike Mr. Schmeiser, however, most of them chose to pay damages to the Monsanto company rather than face lengthy legal procedures they could not afford, but have had to sign agreements committing them to abstain from comment of any kind. Their lawyers have advised them to refrain from replanting their own seeds, which they have spent years to improve, for fear of being taken to court all over again by Monsanto and company. Mr. Schmeiser actually burnt half a ton of his own store of seeds known for their premium quality, the result of fifty years of hard work. The loss of independence inflicted on American, Canadian and Mexican farmers by the primacy of patents also spells trouble for farmers elsewhere in the world, given the rules of the World Trade Agreement. Both traditional farmers and the ones who are lured into switching to genetically modified crops risk ending up as mere employees of Monsanto et. al. on their very own lands, just as their North American brethren have. A state of affairs that is at odds with the claim that both types of crop, traditional and genetically modified, can exist side by side, but as one of the officials speaking his mind for this documentary puts it, contradictions do not bother multinational giants : they will claim highly innovative features for the modified seeds they want to have patented, while marketing the same seeds as just one more variety.

Europe as well as the developing world, due to the standardization and overly centralized system run by a handful of large and powerful groups tallying up huge profits, while a good many small American farmers must look for employment on the outside to help them pay for their seeds, fertilizers and pesticides, which is to say, to finance Monsanto and company. It also demonstrates how, when it comes to scientific research, only those scientists and universities who go along with the theories and philosophy of the same small group of agribusiness giants will receive their financial backing. This leads a scientist at the University of California at Berkeley to say that the resulting lack of intellectual diversity is in his view at least as dangerous as the dwindling degree of biodiversity, for as he puts it, damage of any sort to crops based on the few varieties relentlessly promoted by those who hope to dominate worldwide food production would entail incalculable consequences.. The documentary ends by illustrating instances of resistance to this system put up by groups of farmers and consumers, in particular in the western part of the United States, where small informal cooperatives have sprung up that sell local produce directly to the consumer, thereby creating a convivial form of trade that benefits all concerned. The narrator reminds the viewer that, when all is said and done, the consumer is still king, after all, and that it is up to him to make sure he is well informed. Caveat emptor, in other words...

Nina de Voogd

DVD – THE FUTURE OF FOOD Mk2Editions 2006 www.thefutureoffood.com

THE FUTURE OF FOOD also discusses at some length the economic distortions suffered by the food market, both in the United States and Le Canard Gascon n°12

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Librairie

Les éditions des 2 encres

Nous avons mis en place un partenariat avec la maison d’édition Les 2 Encres pour proposer à nos lecteurs des titres récents issus de ses différentes collections : essais, romans, témoignages de vies, etc. Alors que la télé et le multimédia ont envahi nos existences, la lecture reste un moment d’évasion personnel pour beaucoup d’entre nous. Vous pouvez commander les ouvrages présentés en utilisant le bulletin de bas de page. Retour à Séviac

Hervé Alvado Au travers des dix nouvelles qui composent ce recueil, un parfum de terroir et d’authenticité nous conduit sur les chemins de traverse des campagnes du Sud-Ouest, notamment celles du Gers, terre d’histoire et de gastronomie, aux personnages parfois hauts en couleur. Collection histoires d’encre Gencod : 9782912975867 - ISBN : 2-912975-86-7 Format : 14,5x20,5 - pages : 134 Prix : 13,00 euros

Sauveteurs de la dernière chance

Thierry Velu

Plus qu’un métier, c’est une vocation qui anime Thierry Velu, sapeur-pompier et président d’une ONG, le GSCF (Groupe de Secours Catastrophe Français). Au cours du récit, nous découvrons l’action d’un homme à la tête d’une organisation de secouristes bénévoles qui interviennent dans le monde entier. C’est aussi un SOS que lance Thierry Velu pour que vive le GSCF et que perdure son implication dans l’aide humanitaire. Collection lignes de vie Gencod : 9782912975560 - ISBN : 2-912975-56-5 Format : 14,5x20,5 - pages : 272 Prix : 19,00 euros

Journal d’un lâcher prise

Les tribulations d’une chercheuse d’emploi de Angèle Zangari

Humour, autodérision. C’est avec ces ingrédients-là que l’auteur nous apporte le témoignage de son expérience quand, à l’âge de quarante-six ans, elle vient grossir le flot des demandeurs d’emploi. Le coup est rude. Déstabilisée, Angèle sombre. Entre démarches administratives, recherche d’un travail, et nouveaux repères à poser et reposer, son moral joue au yo-yo. Collection lignes de vie Gencod : 9782351680261 - ISBN : 2-35168-026-X Format : 14,5x20,5 cm - pages : 162 Prix : 16 euros

Méthode de relaxation consciente

de Jean-Pierre Niaulon Cet ouvrage didactique, conçu pour être pratique et applicable au quotidien, rassemble douze années de travaux sur la relaxation. Il a pour objectif de mener le lecteur à une autonomie vis-à-vis de la pratique, mais aussi de lui faire percevoir la fragilité de l’instant présent et de l’impermanence. Respect, Refuge, Réminiscences, trois « R » pour se donner de l’air, pour ne plus se donner l’air d’être, mais enfin pour Être. Collection comment réussir au quotidien Gencod : 9782912975485 - ISBN : 2-912975-48-4 Format : 13x20 - pages : 160 Prix : 14,00 euros

L’injure de vivre

de Brigitte Daunay Issu d’une famille juive aisée Izak Adjoubi se destine à la carrière de médecin. En 1937, il rencontre Élisabeth, une jeune femme d’origine russe au douloureux passé dont il ne tarde pas à tomber amoureux. Deux ans plus tard, la guerre éclate, entraînant Izak et son entourage dans la tourmente. Avec L’injure de vivre, Brigitte Daunay nous brosse le portrait d’une époque en proie au racisme, au préjugé et à l’indifférence. Collection manuscrit Gencod : 9782912975355 - ISBN : 2-912975-35-2 Format : 14,5x20,5 - pages : 242 Prix : 16,00 euros

Mosaïque de cuisines

Mosaïque des cultures Secours Populaire Français de Tournefeuille (Haute-Garonne) Comment favoriser l’intégration dans notre ville de familles venant d’horizons différents tout en préservant leur identité culturelle ? Comment leur permettre de communiquer, de partager, de devenir solidaires ? Au travers de repas particulièrement conviviaux, nous furent proposées des recettes en provenance de Lituanie, du Cambodge, du Paraguay, de Bosnie, d’Espagne, de Tchétchénie, d’Algérie, du Maroc, de différentes régions de France. Collection culture sans frontière Gencod : 9782912975836 - ISBN : 2-912975-83-2 Format : 17x24 - tout quadri - pages : 88 Prix : 15,00 euros

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Livres, cd...

ô moun païs qué parlan de tu !

Les fêtes sont terminées... mais les bons livres, les bons CD et les bons DVD sont toujours là ! En voici quelques uns que nous n’avons pas eu la place de vous présenter dans notre dernière édition... Du côté des livres

j’adore ce genre de musique fait de traditions mais on ne peut pas dire que cela renouvelle le genre. Là encore, la nostalgie a du bon !

GASCOGNE – UN PAYS, UNE IDENTITÉ

Editions Pyrémonde – Princi Negue (Pau) Un petit ouvrage collectif, signé par 7 auteurs, qui essaie de définir tout ce qui fait la Gascogne et sa réalité. Son histoire, des premiers âges à Henri IV. Sa langue, ses nuances, sa littérature. Qui sont les Gascons ? Leurs origines ? L’économie de la Gascogne au 21e siècle. Enfin, un chapitre est consacré aux Gascons célèbres. Ce livre à prix modique (moins de 15 euros) se doit de figurer dans votre bibliothèque comme un ouvrage de référence. Peut être un point de départ pour une nouvelle affirmation de la culture gasconne, hélas beaucoup moins développée aujourd’hui que celle de régions voisines comme le Pays Basque ou la Catalogne. A lire absolument, à faire connaître. Diu Biban !!!

LES GRANDES AFFAIRES CRIMINELLES DE GASCOGNE

de Sylvain Larue. Editions De Borée. Ce livre de 300 pages est publié à la suite des « Grandes Affaires Criminelles du Gers » du même auteur. Il relate une trentaine de crimes, d’enquêtes et de jugements les ayant suivis, entre 1854 et 2003, à la fois en Aquitaine et Midi-Pyrénées. C’est passionnant comme un « polar » ! Des histoires rurales (réelles) empreintes de méchanceté et de bêtise, de jalousie et de vil intérêt. Tous les bas instincts du monde et leur évolution à travers les décennies. Une « comédie humaine » plus vraie que nature.

PYRENÉES – BERGER DANS LES NUAGES Editions Cairn (Pau)

Un ouvrage essentiellement photographique (de Jean-Marc de Faucompret) aux images d’une beauté et d’une poésie extraordinaires. L’objectif suit un couple de bergers et son troupeau à travers les saisons et ses transhumances, dans la haute vallée d’Ossau, au cœur du Parc National des Pyrénées, dominé par le Pic du Midi du même nom. Une qualité d’impression époustouflante. Un des plus beaux hommages qu’il soit à nos chères Pyrénées. Encore un « must » !

SUR LES TRACES DE D’ARTAGNAN

Texte de Dominique Le Brun. Photographies de Richard Nourry. Editions Privat (Toulouse). Le pari de ce livre est de suivre les itinéraires réels ou imaginaires du grand héros gascon, à la fois personnage de roman cher à Alexandre Dumas et mousquetaire de chair et de sang ayant affronté des faits historiques.

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DÉCALAGE HORAIRE

de Marcel Amont – Editions Le Verger

Tout commence bien sûr du côté de Lupiac, dans le Gers, et se poursuit vers les bord de Loire, Paris, La Rochelle, la Picardie, les Flandres. De très belles photos. Un texte précis dans ses descriptions géographiques mais qui mêle volontairement imaginaire romanesque et vérité historique à la plus grande gloire du héros gascon et de ses trois complices. Un vrai régal.

TROIS CENTS RECETTES DE BUFFETS DE GARES

de Bernard Bathiat. Editions Cheminements. www.cheminements.fr Un beau livre de format presque carré offrant 180 pages de recettes retrouvées dans diverses archives. Le rappel de toute une époque. Quand le chemin de fer était un moyen d’évasion qui faisait rêver et quand on avait le temps de manger un cassoulet entre deux trains en correspondance. Quand buffet de gare rimait avec gastronomie. Notre Sud-Ouest est bien représenté avec Bordeaux, Agen, Toulouse, Rodez, Pau, Bayonne, Hendaye. Un seul regret : Qu’il n’y ait pas de photos anciennes de l’intérieur de ces buffets de gare pour nous faire pleinement revivre cette époque comprise entre 1900 et 1960. Nostalgie quand tu nous tiens…

Du côté des CDs

PASSEYADO AU PAÏS

par les Chanteurs-Vignerons du Vic-Bilh Editions Agorila Voici le 2e cd de ce groupe très proche des caves de St Mont et de Crouseilles puisque composé d’une douzaine d’anciens vignerons de la région du VicBilh et du Madiran. Il anime d’ailleurs régulièrement les événements organisés par ces groupements viticoles. Quelques nouvelles chansons et de grands classiques tels « Là haut sur la montagne », « Dus Pastous », « La Dacquoise », « Montagnes Pyrénées » ou encore le célèbre « Beth Ceü de Pau ». Personnellement

Et oui, tout comme Henri Salvador il y a quelques années, notre cher Marcel Amont de la vallée d’Aspe fait son retour sur le devant de la scène à plus de 75 ans ! Et plein d’humour avec ça avec un titre comme « Démodé » dans lequel il déclare « les branchés m’prennent pour un plouc ». Notre grand Gascon nous offre une bouffée d’oxygène, de l’air pur récupéré en haut de ses montagnes. Douze nouvelles chansons. A ne pas manquer. Merci Marcel ! Et longue vie à toi !

Du côté des DVDs

SUR LA ROUTE DES BASTIDES

de Dominique Laffitte – Editions Cinematica Media. En vente dans les bureaux de poste de Midi-Pyrénées et Aquitaine. Après le Lot et Garonne, voici le volume 2 de « La Route des Bastides » consacré au Gers. Un film de 52 minutes qui relate la saga de la création de ces villes nouvelles à la fin du moyen-âge : Castelnaux, sauvetés et bastides. Tout un pan de l’histoire de la Gascogne et de très belles images de Larressingle, Fourcès, Montréal du Gers, Nogaro, Lupiac, Lectoure, Beaumarchès, Bassoues, Marciac, Mirande, Barran, Gimont, Cologne, Mauvezin, Solomiac, Monfort, St Clar, Fleurance, Lavardens. Pour mieux comprendre notre patrimoine local.

L’ART ET LA FÉMINITÉ

de Cécile Argela. Editions C.art Prod à Lectoure. Tel 05 62 68 71 17 Un DVD de 30 minutes regroupant l’interview de 5 jeunes femmes vivant dans notre région : Frédérique Nanjod, artiste-peintre ; Soizig Lenormand, créatrice de bijoux ; Guylène Dousse Lieca, professeur de danse ; Rosi Garrido, chanteuse d’origine brésilienne ; Christel Gonzalez, danseuse. Chacune de ces artistes essaie de raconter les rapports entre féminité et création artistique. Une approche très intéressante.

Jean-Paul Amic


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COUSSO Mécanique de précision

N O G A R O

Photos : Anyware - Alain Alquier

Daniel Cousso

Etudes et réalisations

Montages de sous-ensembles

Cousso - Cassou de Herre - BP25 - 32110 Nogaro - Tél.: (0)5 62 09 12 17 - Fax: (0)5 62 09 05 83

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Le Canard Gascon n°12

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