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N°10 - septembre-octobre 2006 - 3,90 €

LE CANARD GASCON

Photo : les nus en Armagnac de François Benveniste

Enquête chez les

POMPIERS GASCONS leur vie, leurs sacrifices, leurs interventions dans toute la Gascogne ! des r e t s Un po rs gascons ie pomp ert dans ce off éro ! num

LES GASCONS ET LEURS VOITURES !

Les voitures pour la campagne, les 4 x 4, les vieux tacots, l’école de pilotage, etc.

et aussi...

René Casenave Comique Gascon

Henri et Denise Lambert Tanya et les Le Bleu de Lectoure Saltimbanques de Vulcain

André Diviès interview exclu !


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Sommaire n° 10 Querelles de Gascons...

G

Dossiers, portraits et reportages

eorges Frêche, Président du Conseil Régional du Languedoc-Roussillon s’était entiché de renommer Pompiers Gascons - Page 5 sa région « Septimanie ». L’idée tourna au fiasco devant la montée de bouclier des électeurs locaux et fut Le monde des pompiers - Page 6 finalement abandonnée en 2005 après avoir coûté, selon Devenir pompier - Page 7 le Midi-Libre, quelques 2,4 millions d’euros. Pompiers des Landes - Page 8 Aujourd’hui ce sont Henri Emmanuelli et Philippe Martin qui s’accrochent autour de l’appellation « Landes de Pompiers du Gers - Page 12 Gascogne » que le premier veut donner à son département. La vie d’une compagnie - Page 14 Dans un article du Monde daté du 1er juillet, PhilipPompiers des Hautes-Pyrénées - Page 16 pe Martin accuse son voisin de vouloir « chaparder une appellation qui, historiquement, renvoie Pompier vétérinaire - Page 18 au Gers. » et il rappelle que le Conseil Général Femmes pompiers - Page 19 du Gers est communément appelé le « parlement de Les saltimbanques de Vulcain - Page 20 Gascogne ». Lorsqu’il a appris le projet son « sang n’a fait René Casenave, comique Gascon - Page 21 qu’un tour » dit-il, montrant par là l’un des traits du tempérament gascon (même s’il est né à La Garenne-Colombes, mais là-dessus je n’ai pas à criPhoto : F. Benveniste - Pages 23 à 25 tiquer compte-tenu que je suis personnellement un p’tit gars du 13ème arrondissement de Paris et Les Gascons et leur voiture - Page 27 qu’aujourd’hui je me sens aussi gascon que les Gascons…) Roulons Gascon - Page 28 Ce n’est pas la première fois que des politiques s’interpellent autour de la dénomination d’une Le rallye de l’Armagnac - Page 29 région. Ce genre de querelles est sous-tendu par des intérêts économiques. Elles sont, sans aucun Polémique autour des 4x4 - Page 30 doute, le résultat d’études marketing qui disent que le terme « Gascogne » est vendeur sur le plan Bons plans tout terrain - Page 30 touristique et donc financier. C’est plutôt une bonne nouvelle. Mais en voulant appeler son départeLa passion des vieux tacots - Pages 32-33 ment « Landes de Gascogne » Henri Emmanuelli cède-t-il aux sirènes de l’économie de marché ? Veut-il rétablir une vérité historique ou permettre aux touristes étrangers de ne pas se perdre, (des André Diviès : interview - Pages 34 à 36 fois qu’ils situeraient les Landes du côté de Strasbourg) ? Et pour sa part, Philippe Martin veut-il Lâchez les chevaux - Page 37 s’approprier une dénomination de territoire qui dépasse largement le département du Gers ? La confrérie des Tasto Mounjetos - P. 39

Un mal du siècle... English Pages Le Bleu de Lectoure - Page 40 A celebration of the sport of hunting - Page 42 Ô moun païs... Page 46 Photos de couverture Les pompiers à l’entraînement au centre d’Izaute. (Photo Jean-Louis Le Breton) Circuit de Nogaro (photo F. Benveniste) Bulletin d’abonnement Page 44

Avec un tantinet de recul, cette dispute paraît infantile et marque l’un des maux de ce siècle : la volonté de s’approprier et de breveter tout ce qui vous tombe sous la main pour en tirer profit et empêcher le voisin de s’en servir. N’est-ce pas aussi, par exemple, le problème fondamental des OGM, ces brevets sur le vivant que déposent de grosses firmes privées… et dont Philippe Martin lui-même dénonce les essais dans son département ? (Avec un vrai tempérament de Gascon !) Salutations gasconnes Jean-Louis Le Breton PS : Pour évoquer des choses plus importantes, nous vous avons concocté un gros dossier sur les pompiers de Gascogne. Le magazine n’est pas encore assez épais pour caser tous les articles que nous voudrions y mettre. Nos excuses à tous les pompiers dont nous n’avons pu parler (Lot et-Garonne, Haute-Garonne, etc.).

Le Canard Gascon, 2, av. du Général Leclerc - 32110 - Nogaro. Tél. : 05 62 09 03 61 - Fax : 05 62 69 03 69. www.le-canard-gascon.com. Mail : info@le-canard-gascon.com Ce numéro contient un poster en encart jeté en pages centrales.

Rédaction Directeur de la publication et rédacteur en chef : Jean-Louis Le Breton. Maquette et conception graphique : Pierre Giès. Ont collaboré à ce numéro : Nina de Voogd, Jean-Paul Amic, Pierre Giès. Le personnage du Canard Gascon est de Elger. Impression : Dauba, Nogaro (l’ami Dalex) - Publicité et diffusion : Caroline Le Breton (06 81 84 29 24) Crédit Photos : Jean-Louis Le Breton, Jean-Paul Amic, Jean-Michel Danard, François Benveniste et les divers SDIS de Gascogne. Editeur : Anyware sarl, 2, av. du Général Leclerc - 32110 - Nogaro. Dépôt légal, 3ème trimestre 2006. Service des ventes au journal (05 62 09 03 61). - Numéro de commission paritaire : 0207 I 86098. ISSN 1772-6573. Abonnement : 36 euros pour 12 numéros – France métropolitaine. Autres régions, nous consulter. Ah ben oui, ça va faire du scandale parce qu’il y a des photos de filles nues dans le Canard Gascon. Certains s’étaient déjà offusqués de la maçonne polissonne qui faisait la une du numéro 6, alors une beauté en tenue d’Eve au milieu des alambics, j’entends déjà les commentaires ! Mais avouez que cette plastique vaut le coup d’œil et met en valeur l’Armagnac. On l’a même postérisée et comme l’affiche est double face il faudra choisir entre les pompiers et la pin-up… Cruel dilemme ! (Ou alors achetez deux exemplaires, ça le fait aussi…) A propos, c’est la rentrée et le Canard Gascon augmente son prix. Mais depuis le numéro Un on a plus que doublé la pagination et tout mis en couleur alors ça reste raisonnable. Et vous noterez que le prix de l’abonnement n’a, lui, pas bougé ! Au fait, pas de reproduction du Canard Gascon sans autorisation de l’éditeur (nous-mêmes). Mince j’avais oublié que cela servait aussi à ça les petites lignes du bas. Qué pegàs je fais, macaréou ! Le Canard Gascon n°10

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Dossier

Pompiers et Gascons : L’esprit des mousquetaires !

« Sauver ou périr » est la devise officielle des pompiers. Mais cela aurait pu être aussi bien « Un pour tous et tous pour un » tant on retrouve le bel esprit des mousquetaires chez les pompiers de Gascogne. Ils sont fiers de leur mission, courageux, animés par le sens du devoir et l’envie de sauver. L’aide aux personnes occupe la plus grande partie de leur temps. Mais leurs interventions sont capitales contre les feux de forêt, les incendies de chais et la prévention autour des nombreux sites classés Seveso en Gascogne. Professionnels ou volontaires ce sont tous un peu les héros de rêve de notre enfance. Pourtant leur action est bien réelle. Nous vous invitons à découvrir dans ce dossier les pompiers de Gascogne !

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Une organisation à part

Le monde des pompiers

Ils ont le goût du sacrifice pour leur prochain, l’âme de héros et l’humilité de ceux qui ne veulent pas se mettre en avant. Le monde des pompiers est un univers à part.

Ltions près : les pompiers de Paris, les marins-pompiers de Marseille es pompiers ne sont pas des militaires mais des civils, à trois excep-

et les pompiers militaires de la Sécurité Civile. Cependant, même si ce sont des fonctionnaires publics territoriaux, ils portent l’uniforme et sont organisés en grades qui vont du simple sapeur au colonel. Dans leur très grande majorité les pompiers se comportent bien, mais comme dans chaque corps de métier il peut y avoir des brebis galeuses et les cas de pompiers pyromanes existent. Ceux-là sont évidemment exclus et généralement condamnés par la justice et par leurs pairs. Les pompiers sont intégrés dans des organismes départementaux appelés SDIS (Service Départemental d’Incendie et de Secours). Ils sont sous la double tutelle des préfets (donc du Ministère de l’Intérieur) et des conseils généraux qui assurent la plus grande partie de leur financement. Sur le plan administratif, ils dépendent d’un conseil d’administration dont le Président est généralement issu du Conseil Général local. Les pompiers se divisent en quatre catégories distinctes. Les Jeunes Sapeurs Pompiers (ou JSP) qui, dès l’âge de 10 ans peuvent s’initier aux techniques de secours. Les pompiers professionnels qui sont recrutés par Photo SDIS Hautes-Pyrénées concours. Le volontariat civil qui est une nouvelle forme du service militaire, ouvert à tous pour une durée de 6 à 24 mois. Enfin les volontaires qui représentent 85% des effectifs de pompiers, sont âgés de 16 à 55 ans Devenir professionnel : 2 concours ! Pour devenir pompier professionnel, deux voies sont possibles. et exercent une profession ou des études en parallèle. Le concours organisé par le SDIS local est ouvert aux jeunes de 18 à 25 ans. Il permet de devenir sapeur 2ème classe. Il faut être de nationalité française, jouir de ses droits civiques et remplir les conditions d’aptitude médicale et physique. Le concours organisé par le Ministère de l’Intérieur (Direction de la défense et de la sécurité civile) est ouvert aux jeunes jusqu’à 29 ans et permet d’accéder directement au grade de lieutenant. Il faut être titulaire d’un titre ou diplôme Bac +3, ou diplôme de niveau II. Les deux concours sont constitués d’épreuves d’aptitude physique (natation, endurance, souplesse, vitesse et coordination…) et d’épreuves orales et écrites. Pour plus d’infos, adressez-vous au SDIS de votre département.

Photo SDIS Hautes-Pyrénées

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Dossier

Pompiers Gascons

L’engagement d’une vie

Devenir pompier !

Pour faire carrière chez les pompiers il faut choisir entre le volontariat et le professionalisme. Le passage par les Jeunes Sapeurs Pompiers est une étape facultative mais déterminante pour beaucoup...

Quels sont les grades des pompiers ?

Lpassant par les sous-officiers. Il n’y a pas de généraux chez les

es grades des pompiers vont du simple sapeur aux officiers, en

pompiers. Les grades sont attribués selon les compétences opérationnelles ou manageuriales. Les volontaires peuvent passer des Unités de Valeur. Idem pour les pros pour qui l’ancienneté et les concours jouent également.

Sapeur 2ème classe Sapeur 1ère classe Caporal Caporal Chef Sergent (1er grade de sous-officier) Sergent chef Adjudant

Adjudant chef Major (1er grade d’officier) Lieutenant Capitaine Commandant Lieutenant colonel Colonel

Photo SDIS Nogaro

Les Jeunes Sapeurs Pompiers

Esections des Jeunes Sapeurs Pompiers.

n France, ils sont plus de 25 000 jeunes à participer aux activités des

Dès l’âge de 10 ans, on peut s’initier au métier de sapeur-pompier. Les jeunes qui le font ont généralement des pompiers dans leur famille, mais pour certains c’est la passion qui les amène à s’inscrire. Encadrés par des sapeurs pompiers volontaires et professionnels, ils s’initient aux techniques de secours et apprennent les premiers gestes qui sauvent. Ils pratiquent du sport et participent à des compétitions et des rassemblements. Ils n’interviennent jamais sur le terrain et se préparent pour obtenir le brevet national de JSP. C’est évidemment une formation idéale pour devenir plus tard un vrai professionnel ou un pompier volontaire. Dossier réalisé par Jean-Louis Le Breton

Merci au commandant Frédéric Furon et à Fabrice Gaujacq pour leur aide précieuse. Le Congrès annuel des Pompiers - Photo J-M. Danard

Un pompier, combien ça gagne ?

Ltier, c’est une passion ! ». Toutefois, ils sont rétribués à l’heure

es pompiers volontaires l’affirment souvent : « ce n’est pas un mé-

d’intervention à un tarif qui varie entre 6,85 € et 7,36 € selon le grade. Les heures d’astreinte sont également payées à 4% de la vacation. Chez les pompiers professionnels, tout dépend du grade et de l’ancienneté. Voici quelques exemples de rétribution mensuelle : Sapeur débutant : 1 522 € Jeune sous-officier : 1 977 € Sous-officier en fin de carrière : 2 400 € Jeune officier : 2 000 € Officier en fin de carrière : 3 600 €. Les pompiers ont droit à la retraite à 60 ans. Les volontaires touchent une prestation de fidélisation et de reconnaissance (PFR).

Les JSP du Bas-Armagnac - Photo J-M. Danard

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Pompiers des Landes : vigilance... En Aquitaine, la forêt couvre une surface de 1,2 millions d’hectares. Ce massif d’un seul tenant est étroitement surveillé par les pompiers. la question et participe à l’organisation de la lutte contre le feu. « Le massif étant d’un seul tenant, on pourrait avoir ici des feux de grande surface comme au Portugal. C’est d’ailleurs déjà arrivé en 1947 et 1949 qu’on a appelé les années de cendres. A ce moment là, les conditions de sécheresse étaient dures mais surtout le système de protection n’était pas organisé. Un corps forestier interdépartemental a été créé en 1947 pour lutter contre le feu. Il couvre plusieurs départements : les Landes, la Gironde et le Lot-et-Garonne. » D’importants moyens ont été mis en place qui coûtent cher… mais moins cher que les conséquences d’un grand feu. Le capitaine Pérez rappelle que la forêt des Landes est l’un des poumons écologiques et économiques de l’Europe. « La perte environnementale qui serait due à de grands incendies n’est pas chiffrable… » Le massif forestier landais - Photo SDIS Landes

L

e principal Service Départemental d’Incendie et de Secours des Landes se trouve à Saint-Avit, sur la rocade qui entoure la ville de Montde-Marsan. Le bâtiment est récent et moderne. Il est aussi entouré de pins. La forêt des Landes est l’une des préoccupations principales des pompiers qui doivent surveiller sans relâche ce massif impressionnant. Il leur faut aussi un équipement adéquat pour pouvoir intervenir au plus vite. Depuis des années, le capitaine Jean-Yves Pérez se penche sur

Un guetteur électrocuté...

Après la guerre, les pompiers avaient récupéré des Jeeps et des camions GMC équipés de cuves de 3 000 litres. Ces matériels qui venaient pour la plupart de l’armée ont servi jusque dans les années 80 et parfois plus tard encore. A l’origine, le réseau de surveillance était constitué de pylônes en bois. « On utilisait aussi les points hauts naturels comme les églises ou les châteaux d’eau ». Puis un réseau constitué de 19 tours de guets distantes chacune de 20 kms a été mis en place. « Il est très facile et très précis de localiser un feu en croisant sur une carte les directions indiquées par deux tours différentes ! » Mais en 2004, l’accident d’un guetteur mystérieusement électrocuté a mis une fin provisoire à l’utilisation de ces tours de guet. (Voir l’interview du Colonel Bourdil). A l’heure actuelle, cette surveillance s’effectue grâce à des avions (système Horus) qui survolent régulièrement la forêt.

400 000 hectares en fumée !

La filière bois des Landes représente un chiffre d’affaires de près de 300 millions d’euros et des centaines d’emplois. La forêt qui a été plantée au 19ème siècle présente une caractéristique unique puisqu’elle est cultivée. Toutefois en 1949, près de la moitié du massif de l’époque à brûlé, soit près de 400 000 hectares partis en fumée et 200 maisons ont été détruites. Il a fallu s’organiser. Aujourd’hui, sur le seul département des Landes on a créé 28 000 kms de pistes, des milliers de ponts,

Les tours de guet vont être équipées d’un système vidéo - Photo SDIS Landes

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Feux de forêt : la hantise des pompiers des Landes !


Dossier

Pompiers Gascons

...et action ! 800 points d’eau, des gués et des passages busés. Un nouveau camion citerne forestier fait partie du matériel adapté à la lutte contre ce type de feu. 1 000 pompiers professionnels et 8 000 volontaires Le capitaine Pérez sont en état d’alerte permanent. « Tous les forestiers font désormais partie des pompiers… ». Malgré ces efforts, quelques grands feux ont encore eu lieu dans les années 80, le dernier d’importance a ravagé 1 800 hectares en août 1990. « Depuis, grâce à nos systèmes d’observation et à la rapidité de nos interventions, la surface moyenne des feux a été ramenée à moins d’un hectare ! » précise le capitaine Pérez.

Les facteurs d’éclosion des feux

Une colonne pénètre au coeur du massif forestier - Photo SDIS Landes

En 1994, à l’initiative du SDIS, du capitaine Pérez, et en collaboration avec Jean-Charles Valette de l’INRA un programme d’étude sur les facteurs d’éclosion et de propagation des feux a été mis en place. Des feux expérimentaux ont permis d’étudier la vitesse de propagation des incendies en fonction de la composition des végétaux et de leur teneur en eau, mais aussi des conditions climatiques. L’objectif de ces tests est bien sûr de mieux prévoir les risques, mais aussi d’améliorer les moyens de lutte. C’est ainsi que désormais on utilise des additifs chimiques de type mouillants et moussants pour mieux lutter contre le feu. Après cinq années de travail, le programme de recherche a permis de modéliser des feux. Les pompiers ont mis en place de nouveaux modes de formation sur feux réels au Polygone d’Essai de Captieux (Landes). Les sylviculteurs ont adapté leur travail d’aménagement de la forêt. Enfin les fournisseurs de matériels ont fait évoluer leurs engins pour mieux coller à la lutte spécifique contre le feu en forêt. Jean-Louis Le Breton

Intervention à l’hôpital Layné de Mont-de-Marsan - Photo SDIS Landes

Les camions permettent d’aller au plus près du feu ! - Photo SDIS Landes

Debriefing après une intervention - Photo SDIS Landes

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Pompiers des Landes Entretien avec le Colonel Olivier Bourdil Le colonel Olivier Bourdil est responsable de l’ensemble des pompiers des Landes. Il doit gérer les hommes, mais aussi l’intendance et les moyens mis à leur disposition. Colonel Olivier Bourdil : «Nous avons mis en place sur une période de 10 à 12 ans un programme de rénovation ou de construction des 60 centres du département. Cela représente un investissement d’environ 3 millions d’euros par an. Depuis trois ans, nous consacrons également un budget de 3,8 millions d’euros pour la rénovation du parc de véhicules. Le dernier GMC* a été réformé l’an passé ! Nous disposons maintenant d’un véhicule « feu de forêt » tout terrain avec une très bonne capacité de franchissement avec lequel nous pénétrons dans le massif. Chaque attaque contre le feu doit être précoce et massive. Tout départ représente un engagement de neuf véhicules. En 2005, nous avons dû faire face à 456 départs de feux dont 30% étaient dus à la foudre. J’ai décidé de réactiver les tours de guet. En 2004, un guetteur a été électrocuté. Une enquête est en cours car on n’a pas compris ce qui s’était passé, aucun impact de foudre n’ayant été signalé à cet endroit. Toutefois, lors de travaux un orage a provoqué des dégâts importants sur une autre tour et il n’est donc plus question d’y placer du personnel. Nous avons donc lancé un appel d’offre pour mettre en place un système vidéo sur les tours de guet, avec des appareils photos et des caméras. Les images seront analysées par un logiciel sophistiqué capable de détecter automatiquement un départ de feu. Le tout sera centralisé à Mont-de-Marsan. C’est une opération importante qui a été confiée à la société Paratronics dans l’Ain et qui représente un budget de 930 000 euros. Je tiens toutefois a préciser que les feux de forêts ne représentent que 5% de nos interventions. Le reste étant le secours à personnes et les opérations diverses. Le corps départemental a effectué plus de 18 000 interventions en 2005 !» Propos recueillis par Jean-Louis Le Breton

*

Le centre d’alerte de Saint-Avit - Photo JLLB

véhicules fournis par l’armée au sortir de la guerre...

Un incendie de maison - Photo SDIS Landes

Les pompiers des Landes en quelques chiffres :

Le colonel Olivier Bourdil - Photo JLLB

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Organisation : 3 groupements territoriaux et 60 centres d’incendie. Ressources humaines : 309 sapeurs pompiers professionnels, 1 617 sapeurs pompiers volontaires, 59 personnels administratifs et techniques. Moyens matériels : 512 engins roulants (dont 117 camions citernes feux de forêts et 35 véhicules de secours aux asphyxiés et blessés – VSAB). 679 groupes auxiliaires (tronçonneuses, motopompes, embarcations, groupes de désincarcération, groupes électrogènes portables, remorques de secours routiers, etc.) Missions en 2005 : 18 909 interventions dont 14 005 secours à personnes, 2 376 incendies, 2 528 opérations diverses.


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Pompiers du Gers : ils veillent... Au cœur de l’Armagnac, le Gers est un département essentiellement rural. 43 centres de secours composent le corps des sapeurs pompiers. Chacun d’eux assure la défense de plusieurs communes. Ils doivent faire face à des risques spécifiques comme les incendies de chais ou la surveillance des sites de stockage de gaz.

Al’intérim de Guy Barthet, c’est désor-

près le départ de Maxence Jouannet et

mais sous l’autorité du lieutenant-colonel Dominique Pescher que se trouvent réunis les pompiers du Gers. Leurs effectifs, au 1er mai 2006, atteignaient 58 professionnels, 1 274 volontaires, 44 employés administratifs et une centaine de Jeunes Sapeurs Pompiers (JSP). Les 43 centres Le commandant Furon sont regroupés en 7 compagnies : BasArmagnac/Adour, Armagnac, Ténarèze, Lomagne, Gascogne, Save Gimone et Astarac. Ils disposent de 300 véhicules. Les pompiers du Gers sont sous la double tutelle de l’état représenté par le préfet Etienne Guyot et du département en la personne de Jean-Pierre Pujol qui est Président du Conseil d’Administration du SDIS (également vice-président du Conseil Général et maire de Nogaro) et responsable de la gestion administrative et financière.

6 milliards de mètres cubes de gaz !

Le budget total s’élève à 18 millions d’euros dont près de 8 sont consacrés aux investissements (matériels, rénovation des centres) et 10 au fonctionnement. C’est à Auch, au Centre de Traitement d’Alerte, que sont centralisés les appels provenant du 18 ou du 112 pour déterminer les secours adaptés disponibles et les plus proches pour intervenir. Le Gers comporte des risques spécifiques : les incendies de chais, mais

Exercice d’intervention au centre de stockage de gaz d’Izaute - Photo JLLB

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Défilé des pompiers - Photo JLLB

aussi le stockage du gaz aux centres d’Izaute et de Lussagnet. A une profondeur de 500 mètres au dessous du sol, la compagnie Total stocke à cet endroit environ 6 milliards de mètres cubes de gaz ! Les sites sont classés Seveso et les pompiers sont régulièrement entraînés pour des interventions spéciales.

La petite vieille qui ne peut pas se relever…

A Auch, nous avons rencontré le commandant Frédéric Furon, qui est chef de la Compagnie de Gascogne, commandant du groupement territorial, chef du centre principal d’Auch et chargé de la communication du SDIS. Cette dernière fonction, que tous les SDIS de France n’assurent pas, est importante car elle permet aux pompiers de mieux faire connaître leurs actions d’intervention et de prévention auprès du public. « Dans le Gers en 2005, nous avons reçu environ 37 000 appels pour 7 141 interventions. La majorité sont du secours à personnes (37,5%) : cela va de la petite vieille qui ne peut pas se relever à la personne en état d’ébriété ou encore des interventions pour des décès. Nous sommes

Extinction d’un feu de chai d’armagnac à Sion en 2004 - Photo JLLB


Dossier

...au gaz !

Pompiers Gascons

Pompiers à ‘lentraînement en campagne - Photo SDIS

intervenus 1 928 fois (27,1%) pour des accidents sur la voie publique et 1 143 fois (16,1%) pour des incendies. Il y a beaucoup de chais d’armagnac dans le Gers qui représentent un risque potentiel d’incendie. Nous sommes donc équipés de véhicules spécifiques de lutte contre les feux d’alcool qui s’éteignent avec de la mousse. Le reste de nos interventions est classé dans les opérations diverses : sauvetage d’animal, interventions sur les toitures, abeilles, etc. Il faut toutefois noter que la suppression des nids de frelons ne fait plus partie de nos attributions. Nous pouvons donc le faire en carence d’un service privé, mais dans ce cas l’usager devra payer une contribution de 75 euros aux pompiers. » Jean-Louis Le Breton

Jean-Pierre Pujol, président du Conseil d’Administration des pompiers du Gers

La Compagnie Bas-Armagnac/Adour entraîne des plongeurs - Photo JLLB

Manoeuvres sur l’un des sites de stockage de gaz - Photo JLLB

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La vie d’une compagnie de pompiers Gascons !

Le centre de secours principal de la compagnie Bas-Armagnac/Adour se trouve à Nogaro. Nous y avons rencontré le capitaine René Abadie qui dirige le centre. L.C.G. : La compagnie a-t-elle subi des pertes ? René Abadie : Non. Mais lors d’une intervention à Laujuzan, l’ossature d’un abri de canards s’est effondré sous le poids de la neige et deux de nos pompiers, Daniel Lafforgue et Ghislain Laffargue se sont trouvés coincés sous la ferraille. Le premier au niveau du sternum et le second au niveau des membres inférieurs. Sans l’intervention d’Eric Tonnoli et de deux autres pompiers cela aurait pu très mal se terminer car Daniel Lafforgue commençait à s’étouffer. Dans ce cas nous avons fait une erreur et ça montre que malgré tout nous restons des hommes…

Le Capitaine René Abadie - Photo JLLB

«Le genre d’intervention qui empêche de dormir… »

Le Canard Gascon : Comment s’organise la vie de la compagnie ? René Abadie : Notre centre a été refait en 1992 et la compagnie BasArmagnac/Adour elle-même a été formée en mai 2004. J’en suis le chef avec deux adjoints : le lieutenant Joël Fourgeaud et l’adjudant Daniel Lafforgue. Nous effectuons une manœuvre mensuelle tous les premiers vendredis du mois.

« Protéger les populations »

L.C.G. : Il y a dans le Gers un énorme centre de stockage de Gaz. Etesvous prêts à intervenir en cas de pépin ? René Abadie : Nous effectuons des manœuvres avec Total sur un puits de la commune de Laujuzan. Tout le site est surveillé par des caméras. Nous avons prévu plusieurs scénarios possibles en cas d’incident. Notre priorité est de protéger les populations. L.C.G. : Comment intervenez-vous pour les incendies de chais ? René Abadie : Lorsque l’alcool brûle il produit une flamme bleu très claire et caractéristique du danger. Ce genre de feu ne s’éteint pas avec de l’eau mais avec de la mousse. Nous sommes récemment intervenus à Sion pour un incendie de ce type. Il y a quelques années, c’est la cave coopérative de Panjas qui avait brûlé. Le feu était très impressionnant. Des rats enflammés couraient dans tous les sens et allaient répandre le feu ailleurs…

« La tornade de Caupenne… »

L.C.G. : Vous intervenez également sur le circuit automobile de Nogaro ? René Abadie : Oui, nous avons une convention avec le circuit pour les grosses manifestations et nous avons dû intervenir plusieurs fois. Mais l’intervention la plus impressionnante a eu lieu lors du Grand Prix des Camions. Une tornade s’est formée depuis la ligne de Caupenne et a remonté tout le circuit détruisant le toit du restaurant et une Intervention lors de l’incendie de la partie du camping. Un chien s’est retrouvé librairie de Nogaro - Photo JLLB de l’autre côté de la voie ferré, ça a été la seule victime. On s’est demandé si la chaleur provoquée par les camions était responsable de cet accident météorologique très localisé…

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La compagnie devant le centre de secours principal à Nogaro - Photo Danard

L.C.G. : Quelle est la plus grosse intervention à laquelle vous ayez participé ? René Abadie : La plus marquante a sans doute été l’incendie des Thermes de Barbotan en 1991 qui a fait une vingtaine de victimes par asphyxie. On était partis pour un simple feu de goudron et quand on est arrivés on a fait du ramassage de cadavres. L’ouvrier qui goudronnait sur le toit ne s’était rendu compte de rien. C’est le genre d’intervention qui empêche de dormir. On essayait de parler entre nous pour se libérer. Maintenant il y a des cellules d’aide psychologique et on est mieux organisés au niveau de l’alerte et de la rapidité. Propos recueillis par Jean-Louis Le Breton

Le centre de secours principal à Nogaro - Photo JLLB


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Pompiers des Hautes-Pyrénées

Le département des Hautes-Pyrénées se partage entre la montagne, la plaine et les coteaux que les pompiers doivent surveiller. Mais ils sont également sollicités par l’événement du Tour de France et par la fréquentation massive de la ville de Lourdes.

Le Lieutenant-colonel Heyraud (en chemise) au centre de Bordères-sur-l’Echez Photo JLLB

Ld’Incendie et de Secours des Hautes-Pyrénées. Il fait le point sur les

e lieutenant-colonel Patrick Heyraud dirige le Service Départemental

activités des pompiers dans ce département.

Lieutenant-colonel Patrick Heyraud : Notre effectif s’élève aujourd’hui à 141 pompiers professionnels dont 17 officiers et 931 sapeurs-pompiers volontaires. Le département dispose de trente centres dont les principaux sont Tarbes, Lourdes, Bagnères, Lannemezan et Vic-en-Bigorre. Depuis une dizaine d’années, de gros efforts ont été faits sur le matériel et les casernements. Depuis 2002, 8 centres sont terminés et 4 sont en cours de rénovation. Nous avons également mis en place un projet de construction d’une école départementale de formation des sapeurs pompiers professionnels et volontaires. On pourra y suivre une formation initiale, puis une adaptation à l’emploi et de la formation continue dans différents secteurs : le secourisme, le secours routier, les opérations diverses, les incendies et risques particuliers et le management d’équipes. Le Canard Gascon : Comment fonctionne le SDIS des Hautes-Pyrénées et quel est son budget ? Patrick Heyraud : Le SDIS est sous la double tutelle de l’Etat et du département. Le Président du Conseil d’Administration est Antoine Abadie qui est également Président du Sivom. A partir de 2008, le Conseil Général du département sera le seul à financer le SDIS. Nous disposons d’un budget global de 14 millions d’euros. Pour le matériel et les centres, l’investissement est d’environ 3,5 millions d’euros. Nous allons en particulier mettre en place la reconstruction des centres de Tarbes et Lourdes. Deux opérations qui vont coûter cher et au financement desquelles se joindront l’Etat et les communes en plus du département. Nous avons également prévu un plan de recrutement de 20 personnes sur 5 ans.

Le Canard Gascon : Quelles sont les particularités des Hautes-Pyrénées pour le travail des pompiers ? Patrick Heyraud : Nous intervenons peu en montagne puisque ces missions sont traditionnellement confiées aux CRS et à un peloton de Gendarmerie de Haute-Montagne. Toutefois, nous avons quelques véhicules spécialisés pour les secours en ravin. Une des particularités du département est la ville de Lourdes. C’est le deuxième parc hôtelier de France après Paris. Le sanctuaire attire beaucoup de personnes. Nous devons visiter périodiquement les hôtels pour voir s’ils sont en conformité. Il faut nous tenir prêts pour les grands événements, comme la visite du pape en 2004… qui reviendra peut-être en 2008 pour le 150ème anniversaire de l’apparition de la Vierge ! Un autre événement important est le passage du Tour de France dans les Hautes-Pyrénées. Il attire des milliers de personnes. De nombreuses routes sont fermées et il faut s’organiser. Le Canard Gascon : Existe-t-il des risques spécifiques aux Hautes-Pyrénées ? Patrick Heyraud : Trois établissements sont classés Seveso : l’usine Arkema à Lannemezan, le GIAT à Tarbes et l’usine CECA à Pierrefite*. Nous sommes en relations permanentes avec ces industriels. Nous disposons d’un Plan d’Opération Interne (POI) de l’exploitant et d’un Plan Particulier d’Intervention si l’incident sort du site : alerte des populations, mesures conservatoires, évacuation ou confinement. Il existe aussi des risques naturels spécifiques. Toute la chaîne des Pyrénées est une zone sismique. Depuis les années 90 nous avons enregistré plusieurs séismes d’amplitude 4. Les avalanches sont des risques liés à la montagne. A Gavarnie en 1999, le village a été isolé. Au Plat-d’Adet en 1995, deux personnes sont mortes par avalanche. Enfin des inondations peuvent être dues à des crues torrentielles imprévisibles en montagne. Nous disposons d’équipes spécialisées et en particulier le GRIMP, Groupe de Recherche et d’Intervention en Milieu Périlleux. Propos recueillis par Jean-Louis Le Breton * Arkema, filiale du groupe Total fabrique de l’hydrate d’hydrazine, CECA est spécialisée dans la fabrication d’hypophosphite de sodium et d’acide phosphorique. GIAT est le constructeur d’armes bien connu…

Feu dans une casse auto à Aureilhan - Photo SDIS HP

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Véhicules d’intervention en montagne - Photo SDIS HP


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Pompier vétérinaire !

Le commandant Guy Patrier a créé la première équipe animalière dans le Gers. Celle-ci intervient sur plusieurs départements du Sud-Ouest. Il est également l’auteur d’un livre : « Les aventures d’un vétérinaire sapeur-pompier » (éditions du Panthéon). Il nous raconte son parcours, semé d’anecdotes originales.

Lvous devenu pompier-vétérinaire ?

e Canard Gascon : Comment êtes-

Guy Patrier - Photo JLLB

Guy Patrier : J’ai d’abord exercé la profession de vétérinaire, mais dès les années 80 j’avais dans l’idée de devenir sapeur-pompier. En tant que professionnel, on m’avait déjà demandé d’intervenir sur de graves incendies. Mon engagement était une réaction contre la souffrance, autant animale qu’humaine. Je voulais donner un peu d’aide et d’amour aux autres.

L.C.G. : Vous avez suivi une formation particulière ? Guy Patrier : Oui, j’ai suivi pendant trois ans une formation au Centre Européen de Médecine de Catastrophe fondé par Haroun Tazieff en Italie. J’ai appris de nombreuses techniques jusqu’à la décontamination des sols, par exemple. Ensuite, je me suis engagé comme sapeur pompier volontaire en 1990. Je suis passé assez rapidement capitaine et en 1991 j’ai demandé cinq volontaires que j’ai formés aux interventions animalières. Il fallait leur apprendre la télé-anesthésie qui consiste à endormir les animaux à distance avec un fusil et en utilisant juste ce qu’il faut comme produit. A cette époque nous faisions une dizaine d’interventions par an. Aujourd’hui ce serait plutôt soixante. L.C.G. : Quel type d’interventions pratiquez-vous ? Guy Patrier : Tout le panel qu’on puisse imaginer. Il y a souvent des animaux qui s’échappent de l’abattoir comme cette vache il y a deux ans qui nous a fait courir dans le Gers. On a fini par l’endormir, puis elle est finalement partie en retraite en Vendée. Lorsqu’ils vont à l’abattoir, les chevaux sont souvent plus sensibles que les vaches et ils ressentent qu’ils vont mourir. Je fais partie de l’OABA qui est l’œuvre d’assistance aux bêtes Un sauvetage périlleurx- Photo Guy Patrier d’abattoir*. L.C.G. : Certaines interventions sont-elles dangereuses ? Guy Patrier : Pas mal d’animaux peuvent être potentiellement dangereux comme certains chiens ou encore des animaux détenus illégalement comme des singes. A Fleurance, nous avons dû intervenir parce qu’un macaque de 16 kilos était très menaçant. Beaucoup de gens récupèrent des animaux par hasard ou lorsqu’ils sont petits sans savoir le danger qu’ils représentent. Je fais la différence avec ceux qui possèdent sciemment un animal dangereux comme les pitbulls. L.C.G. : vous devez vivre des moments émouvants ? Guy Patrier : Un jour, on nous a appelés parce qu’une jument était tombée dans une rivière et elle était en passe de pouliner. Il a fallu l’accou-

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Neutralisation d’un taureau - Photo Guy Patrier

cher dans l’eau. Finalement on a réussi à sauver le poulain et la jument. C’était un grand moment. Nous avons récupéré une biche qui s’était aventurée en ville à Auch. On a pu la prendre avec un filet sans l’endormir et la relâcher dans un bois. Des fois les situations sont plus épiques, comme lorsqu’il a fallu sortir un sanglier d’une piscine ou endormir un très gros taureau qui s’était échappé de l’abattoir. Un soir de Noël, il nous a fallu aller dégager des veaux prisonniers d’un camion qui s’était renversé à Bretagne d’Armagnac… L.C.G. : Vous avez écrit un livre, « Les aventures d’un vétérinaire Photo SDIS HP sapeur-pompier ». Quelles ont été vos motivations ? Guy Patrier : Le livre porte les mêmes motivations que mon engagement personnel. J’ai voulu faire sourire, réfléchir et donner un exemple à la jeunesse. Je regrette que notre société ait été fondée sur la souffrance animale. La SPA a été créée à l’époque des tramways pour lutter contre la maltraitance des chevaux. J’ai des convictions humanistes et je m’intéresse aussi aux détresses humaines. Un jour nous avons du intervenir parce qu’une femme avait vu des couleuvres tomber dans sa baignoire depuis une canalisation. La pauvre femme était affolée. Il s’agissait en fait d’un problème d’insalubrité qu’il a fallu résoudre. Les destins des animaux et ceux des hommes sont souvent liés. Propos recueillis par Jean-Louis Le Breton * www.oaba.fr Les aventures d’un vétérinaire sapeur-pompier Dans ce petit livre sans prétention, Guy Patrier raconte les origines de sa vocation et il décrit quatorze aventures qui lui sont arrivées en tant que sapeur-pompier vétérinaire. (Editions du Panthéon)


Dossier

Pompiers Gascons

Femmes... et pompiers ! Professionnelles ou volontaires, elles sont de plus en plus nombreuses à intégrer les sapeurs-pompiers. Ces femmes dévouées et courageuses trouvent là l’occasion d’exprimer des valeurs et un idéal. rôle important à jouer chez les pompiers. Elles ont une approche plus psychologique et peuvent discuter plus facilement avec des enfants ou d’autres femmes lors des interventions. »

Anne Ibars, 30 ans

caporale chef, femme pompier professionnelle à Auch

Emilie Abadie - Photo JLLB

Emilie Abadie, 25 ans,

sapeur pompier et infirmière volontaire dans la Compagnie Bas-Armagnac/Adour

« J’étais déjà secouriste dans la Protection Civile quand on m’a proposé de devenir pompier. J’ai intégré la compagnie le jour de ma majorité et j’ai signé pour un an comme stagiaire. Après des études à Mont-deMarsan, je suis actuellement infirmière à la clinique d’Aire-sur-l’Adour. Je suis très motivée depuis mon enfance… peut-être parce que ma marraine était infirmière ! Voilà maintenant six ans que je suis dans la compagnie. J’ai passé le grade de sapeur puis celui d’infirmière en 2004. Nous pratiquons beaucoup le secours à victime et les moments les plus durs sont sans doute lorsqu’il faut intervenir avec des enfants blessés, souvent pour des brûlures à domicile. J’ai dû aussi participer à des accouchements d’urgence, le dernier étant celui d’une jeune femme qui ne savait même pas qu’elle était enceinte ! Je crois que les femmes ont un

Emilie Abadie et Elisabeth Laborde lors d’un exercice- Photo SDIS Nogaro

Sur les 58 pompiers professionnels du Gers, deux seulement sont des femmes. C’est peu, mais elles sont plus nombreuses chez les pompiers volontaires. Pour Anne Ibars, c’est d’abord une affaire de famille. « Mon père est sapeur pompier volontaire à Figeac dans le Lot. Après mon bac, j’ai fait un an d’IUT et j’ai passé un CAP d’agent de sécurité et de prévention à l’école départementale. En 1999, je savais déjà que je voulais travailler chez les pompiers. J’ai été embauchée le 1er janvier 2000 et j’étais la première femme professionnelle chez les pompiers du Gers. L’intégration avec l’équipe des hommes a été très facile. Par exemple lors du grand feu du magasin Weldom à Auch en juillet 2001, je suis allée à l’attaque du feu sans problème. Ca a duré de 8 heures du soir à 3 heures du matin. Je suis aujourd’hui caporale chef. Bien sûr, on ne s’habitue jamais aux situations difficiles. La vie de tous les jours est marquée par beaucoup de sport. J’en fais une heure tous les matins… Je n’étais pas habituée à ce rythme, et faire du foot n’était pas évident pour moi, mais maintenant ça va. Aujourd’hui, je suis maman… mais le papa aussi est pompier ! Donc on se relaye et c’est l’un ou l’autre qui y va quand il faut garder notre fille… » Propos recueillis par Jean-Louis Le Breton

Anne Ibars - Photo JLLB

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Les Saltimbanques de Vulcain ...ce sont les peintres du ciel ! La pratique du feu d’artifice est une tradition ancestrale. « Les Saltimbanques de Vulcain » organisent des spectacles de feu pour les communes, les associations ou les particuliers…

Daux

ans un numéro consacré pompiers, quoi de plus naturel que de parler de ceux… qui mettent le feu ! Françoise Labesse, plus connue sous le nom de Tanya, est une passionnée du feu d’artifice. Elle a découvert ce monde particulier grâce à Jean-Claude Godmak, artificier de renom aujourd’hui à la retraite, mais qui n’hésite pas à « reprendre le flambeau » de temps à autre. « Pour exercer ce métier il faut d’abord de la passion, raconte-t-elle. Je suis venue aider Jean-Claude plusieurs Françoise Labesse, dite «Tanya» ! - Photo JLLB fois et j’ai été émerveillée… J’ai suivie une saison de formation et un stage d’une semaine chez Lacroix-Ruggieri et je dispose maintenant d’une licence préfectorale K4 ». Artificier est pourtant un métier dangereux. « Les gens pensent que nous travaillons avec des fusées. En réalité ce sont des bombes placées dans des mortiers en carton. Une charge de poudre propulse la bombe qui s’élève à 90 mètres en moins de deux secondes. Ensuite l’âme centrale s’enflamme avec un petit retard. Elle est principalement constituée d’écorces de céréales - comme de l’avoine - imbibées de poudres de titane, magnésium ou phosphore qui produisent des effets de couleurs différents. Mais ce mélange est généralement tenu secret par les fabricants ! »

Spectacle complet

Placement d’une bombe dans un mortier

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Aujourd’hui, les feux d’artifices sont des spectacles complets qui s’harmonisent avec de la musique. Les artificiers disposent d’un « piano électronique » qui leur permet de commander automatiquement le départ des projectiles. Ceux-ci sont tous reliés par des fils électriques et l’installation du feu demande donc une longue préparation et quelques kilomètres de câbles qui ne servent qu’une fois. Pour Jean-Claude Godmak le rythme du feu est important : « On accélère le mouvement et le calibre pour arriver jusqu’au bouquet final avec des tubes qui peuvent atteindre jusqu’à 60 cm. Ils envoient des projectiles à 200 m

de hauteur qui rayonnent jusqu’à 100 m autour du point d’explosion ! Nous devons donc faire très attention au public qui doit se trouver au moins à 100 m du champ de tir et nous inclinons les mortiers dans le sens opposé. »

Quel budget pour un feu d’artifice ?

« Il y en a pour tous les prix, commente Tanya. Pour 1 000 euros on peut avoir un très beau feu, mais pour un vrai spectacle, il faut compter 2 000 à 3 000 euros. » Pierre Giès Les Saltimbanques de Vulcain. Tél. : 05 62 69 21 99

Préparation du champ de tir avec Jean-Claude Godmak

Embrasement du pont de Riscle


René Casenave un vrai comique Gascon ! Avec son accent chantant et rocailleux du Sud-Ouest, René Casenave distille un humour qui touchera tous ceux qui vivent en dessous de la Garonne. Il fait partie de ces comiques de terroir, dans la lignée de Fernand Raynaud, qui nous régalent avec des histoires qui sont souvent d’origine paysanne.

Rparents étaient agriculteurs et lui-même

ené Casenave est originaire du Jurançon. Ses

a fait sa carrière dans les chemins de fer. « On dit que je suis passé directement du sein à la barrique, raconte-t-il en rigolant. Mais ne me cherchez jamais dans une laiterie ! » A la maison, on parlait le patois, qu’il pratique toujours. « J’ai appris le français en allant à l’école ». De fait, ses premiers albums humoristiques ont été enregistrés en béarnais. « Finalement, j’enregistre maintenant en français pour que tout le monde me comprenne. »

Et je soutiens une jeune chanteuse qui s’appelle Dorine et que son père de 82 ans accompagne à l’accordéon ! ».

Proverbes

Parmi ses sketches, René Casenave glisse toujours quelques proverbes anciens ou récents bien sentis, dont voici des exemples. « Réflexions d’un papy devant sa maison : Ce matin j’ai vu passer 2 000 voitures, mais j’ai vu personne ! » « Quand la feuille du figuier est grande comme la patte d’une oie, on va manger l’après -midi ! » « Messieurs : quand la neige est au sommet, la fraîcheur est dans la vallée… » Jean-Louis Le Breton

Depuis plus de vingt ans, René raconte des histoires. La plupart sont directement inspirées de la vie paysanne qui a bercé son enRené Casenave : 06 70 30 71 18 fance. « La Gascogne est un grand pays de traditions. Il faut garder les fêtes Téléchargez un sketche de René de villages et aider les associations. Cette Photos JLLB Casenave sur le site du Canard Gascon ! ambiance unique n’existe pas dans les grandes René Casenave nous a autorisé à mettre en ligne un de ses villes. On nous a trop mis devant la télé et on a perdu sketches sur notre site. C’est l’occasion pour ceux qui ne le connaisl’habitude de se rencontrer. Il faut conserver notre patrimoine et encourager le bénévolat. Moi, je fais passer les associations avant sent pas de le découvrir. tout. Chaque fois qu’un village me demande de venir, j’essaye de me www.le-canard-gascon/casenave libérer. » Aujourd’hui retraité, il se consacre entièrement à l’humour mais il aide aussi la chanson béarnaise. « J’ai moi-même écrit quelques chansons.

René Casenave lors d’une émission sur Radio Val de Baïse

René Casenave se produit aussi avec les Lurons du rire

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François Benveniste

Sensualité minérale et sensualité féminine...

François Benveniste marie artistiquement sa passion pour l’histoire et les vieilles pierres avec sa fascination sans limites pour l’éternel féminin. Il est venu exercer son art en Armagnac

Jconnaissance

’ai eu le plaisir de faire la de François Benveniste dans les années 80 alors qu’il dirigeait avec enthousiasme le service marketing du constructeur d’ordinateurs Apple. Il a également longtemps œuvré comme responsable des programmes de sponsoring sportif pour Philip Morris et venait régulièrement sur le circuit de Nogaro pour promouvoir la marque Marlboro. De cette époque est né son engouement pour la François Benveniste et le modèle Sophie région de Gascogne et le Gers en mission dans l’Armagnac... en particulier. Aujourd’hui retiré du « business » François Benveniste développe depuis quelques années un talent certain pour la photographie.

Un rapport magique…

Il raconte son rapport à la photo. « J’ai eu la chance de pouvoir m’arrêter de travailler vers 55 ans. J’ai acheté un petit Canon Ixus 2 et la photo est devenue une passion malgré moi. J’ai rapidement acquis un appareil plus performant. Je suis un fou d’histoire et j’ai donc commencé à photographier des vieilles pierres. Pendant un an j’ai parcouru 65 000 kms seul en France pour prendre des clichés d’abbayes cisterciennes et de pierres en ruines. Puis j’ai eu envie de mettre des femmes dedans. J’avais emmené mon épouse à l’abbaye du Thoronet dans le Var. Elle a posé la main sur une colonne du cloître. Il y avait une lumière fantastique. J’ai fait la photo. Je me suis rendu compte qu’il y avait un rapport qui pouvait être magique entre la sensualité minérale et celle des femmes. J’ai ensuite trouvé des modèles qui posaient sur Internet et pendant un an j’ai re-photographié tous les sites que j’avais déjà visités, mais cette fois avec des jeunes femmes dans le cadre. Petit à petit, la sensualité des femmes a pris le pas sur la sensualité des pierres. La mauvaise saison venant et rendant les extérieurs impossibles j’ai travaillé en studio ce qui m’a fait fortement progresser sur les éclairages. Quand le printemps est revenu je suis reparti sur les routes avec une technique améliorée de l’éclairage. J’aime l’émotion : ça peut-être fugace, superficiel, léger, sensuel, humoristique, accrocheur, provocateur, pompier, déconnant, décalé, un peu raté... Il ne faut rien s’interdire !» S’il a tourné dans toute la France, ses deux régions favorites sont le Périgord et le Gers. « Lorsque je suis ici, je suis subjugué par les paysages et la lumière mais aussi par les vieilles pierres qui sont toujours très présentes. » Pour le Canard Gascon, François Benveniste a accepté de refaire un séjour en Gascogne et de nous éclairer de son talent. Jean-Louis Le Breton

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Sophie : jeune fille modèle !

22 ans, Sophie est étudiante en décoration d’intérieur. D’origine malgache, elle a commencé enfant à participer à des spots publicitaires. « En grandissant, je me suis rendue compte que je n’avais pas la taille pour être mannequin. Dans une soirée j’ai rencontré un photographe qui m’a proposé de poser pour le livre «Bathroom Manners»*. Je me suis dit que c’était une bonne façon de me faire de l’argent de poche. Le fait de poser nue ne me pose pas vraiment de problème car quand je regarde les photos, je ne me reconnais pas. Je suis pudique, mais tant que cela reste dans le domaine artistique et qu’il n’y a pas de provocation ou de vulgarité, cela ne me dérange pas. » D’un tempérament enjoué et communicatif, Sophie n’était jamais venue en Gascogne. « J’avais entendu parler de cette région. Je trouve ce pays magnifique et idéalement situé entre la montagne et la mer. Je ne peux pas me passer de Paris, mais c’est ici un endroit où l’on a envie de vivre. On y mange bien aussi, et j’ai reçu un accueil super… »

*editions Jannink

Photo François Benveniste

A voir : le travail de François Benveniste sur son site Internet : www.fbenveniste-photos.com/ Merci aux établissements Armagnac Samalens pour la mise à disposition de leur distillerie et de leur chai. Merci à Danièle Begaix et Georges Fond pour leur accueil.

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Photos de François Benveniste

Sophie en Armagnac, ou comment bien distiller l’art de la lumière et du cadrage. Telle Atlas portant l’univers ou encore circulant entre deux alambics comme une Vénus entre deux mondes.

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Photos de François Benveniste

Dans la fraîcheur de l’Adour, au milieu des vignes, adossée à la chapelle de Salles, ou dans la pénombre paisible d’un chai, le pays de la douceur de vivre est aussi celui de la beauté.

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Les Gascons et leur voiture

histoires d’amour, de vitesse, de consommation... Dans le triangle qui unit Bordeaux à Biarritz et Toulouse, la Gascogne déploie de vastes étendues de nature et assez peu d’autoroutes. Cette zone rurale est marquée par un habitat dispersé où la voiture est un outil de première nécessité. Les Gascons se déplacent beaucoup pour travailler, faire leurs courses ou pour le plaisir des balades au grand air. Certains aiment aussi la vitesse, mais pour la pratiquer, mieux vaut tourner sur un circuit que de frimer sur les petites routes à la sortie d’une boîte de nuit ou que de piquer une pointe sur l’une des grandes lignes droites des Landes...

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Des Gascons et leurs voitures : pour quoi faire ?

Roulons Gascon !

La Gascogne étant une zone essentiellement rurale, la voiture est indispensable pour se déplacer. Ici, le Diesel est roi, les 4x4 sont nombreux. Mais à la différence de la ville, le plaisir de le conduite est souvent intact...

André Tauzin , sur les routes et dans les bois !

Pour André Tauzin, représentant, le kilométrage est l’une de ses préoccupations. Il roule en Peugeot Diesel, mais dès le week-end il reprend le volant de son 4x4 Range Rover pour rejoindre sa palombière dans les bois.

Parc automobile à maturité

Par rapport aux vingt dernières années, le parc automobile a ralenti son expansion en Aquitaine et Midi-Pyrénées. Le marché est arrivé à maturité (ménages équipés) et le développement du transport ferroviaire et aérien à bas-coût sont deux facteurs déterminants. En revanche, la consommation d’énergie a augmenté en France de 50% de 1973 à 1992 (source Ademe). Photo Danard - Modèle : Manon

Lune zone rurale est que le moindre a contrepartie du fait d’habiter dans

déplacement se compte en kilomètres. Faute d’avoir le métro dans tous les villages (Dieu nous préserve…), la voiture est un élément obligatoire pour la vie de famille. Ce sont même souvent deux véhicules qui sont nécessaires par foyer actif car il faut se rendre sur deux lieux de travail distinct, sans compter les enfants qui vont à l’école, au collège ou au lycée... Le Gascon parcourt donc plus de kilomètres que le Bordelais, le Toulousain ou le Parisien. Il est logiquement d’autant plus pénalisé par la hausse des carburants et il tire la grimace à voir le prix de la gazole se rapprocher de celui de l’essence. Malgré tout les voitures diesel sont encore très prisées du fait de la longévité de leur moteur.

Morts sur les routes...

Plus de kilométrage sur des routes parfois droites (Landes) ou étroites (Gers, Lot-et-Garonne…) augmente mécaniquement le nombre des accidents. Ceuxci sont plus élevés que la moyenne nationale comme le montre ces statistiques du Ministère des transports pour l’année 2004. Landes : 45 morts pour 327 000 habitants, Gers : 34 morts pour 172 000 habitants, Hautes-Pyrénées : 23 morts pour 223 000 habitants, Lot-et-Garonne : 58 morts pour 305 000 habitants et Pyrénées Atlantique : 63 morts pour 600 000 habitants. On voit clairement que ça cartonne plus en zone rurale… En 2005, suite à l’implantation de radars et à la sévérité de la maréchaussée, ces chiffres sont en baisse (23 morts dans le Gers au lieu de 34…)

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Pollution

On se préoccupe donc de plus en plus d’acquérir des véhicules peu consommateurs. Malheureusement, les voitures les mieux classées dans ce domaine par l’Ademe ne sont pas forcément les plus vendues : Smart, Citroën C1, C2, C3, Peugeot 107, Toyota Aygo. Ce sont des petites cylindrées et des petits volumes. On sait qu’à la campagne, on transporte plus facilement de gros objets… Rappelons cependant que le secteur du transport est le plus gros émetteur de CO² (140 millions de tonnes en 2003 contre 119 millions pour le secteur résidentiel/tertiaire/agriculture). Les facteurs de surconsommation sont connus mais il est bon de les rappeler : vitesse excessive, climatisation, galerie, pneus sous-gonflés...

Yves Castan : le choix de l’excellence…

Représentant en chaussures, Yves Castan a choisi une solution originale : il roule en jaguar ou en Mercedes. « Je fais environ 100 000 kms/an. Ma Jaguar Sovereign de 1995 a déjà 530 000 kms au compteur et ma Mercedes 300S de 1988 affiche 830 000 kms ! Ce sont des voitures solides, silencieuses, confortables qui demandent peu d’entretien. Et depuis que je roule en Jaguar, mon chiffre d’affaire a augmenté ! »

Neuf ou occasion ?

Si le marché de l’occasion se porte particulièrement bien en Gascogne, toutes les marques (françaises et étrangères) de voitures neuves sont aussi très bien représentées. Une récente enquête du magazine Capital montrait que même chez les vendeurs de véhicules neufs, les prix restent négociables selon des marges variables. La tentation du neuf est grande pour ceux qui veulent bénéficier des dernières innovations en matière technologique (moteurs à haut-rendement et à faible consommation, bientôt les voitures hybrides, GPS intégré…). Selon l’INSEE, le budget voiture des ménages est de l’ordre de 5 140 €/an. C’est le deuxième poste de dépense après le logement. Celui du ménage gascon est donc nécessairement plus élevé que la moyenne… Pierre Giès

Jean-Jacques et Sylvie Nalis : le 4x4 professionnel !

Pour leurs déplacements habituels, Jean-Jacques et Sylvie Nalis, agriculteurs, ont choisi une Ford Focus. Mais dès lors qu’il s’agit d’aller travailler dans les champs et les vignes, c’est le pick-up Toyota qui prend le relais. « C’est indispensable pour transporter du matériel, du fil de fer pour les vignes ou des tuyaux pour l’arrosage du maïs ! »


Le Rallye de l’Armagnac

les fanas du 4x4 ont leur épreuve en Gascogne Depuis 19 ans, Michel Capin organise le Rallye de l’Armagnac qui voit s’affronter 90 pilotes de 4x4 sur des chemins de campagne et de sous-bois. Rencontre avec le fondateur et organisateur de la course.

Mcommune de Toujouse, est un ancien

ichel Capin, originaire de la petite

valeurs et je pense que se faire plaisir, c’est aussi faire plaisir aux autres.

coureur automobile spécialisé dans le tout terrain. Il est aussi le Président de l’association Echappement Elusate et l’organisateur du rallye Gers-Armagnac. Le Canard Gascon : Comment est née l’idée du rallye ? Michel Capin : Tout a démarré en 1987. Je voulais créer quelque chose qui puisse intéresser mon père, Camille Capin. Je me suis dit ‘pourquoi ne pas faire un rallye de 4x4 ?’. Je suis allé voir Jean Capin, le maire de ma commune. On a ensuite posé la question à André Diviès le directeur du circuit de Nogaro qui a mis des moyens à notre disposition : des commissaires, des officiels, etc. La première année a été marquée par un très grave accident puisque le directeur de la course s’est tué la nuit de l’épreuve.

L.C.G. : Comment s’organise un tel rallye et quel est son retentissement au niveau national ? Michel Capin : La partie administrative est lourde et demande six mois de travail avec l’aide de mon épouse Josyane. Aujourd’hui l’épreuve implique 90 pilotes et 160 bénévoles. Elle fait partie du Championnat de France des Rallyes Tout Terrain depuis trois ans.

Michel Capin - Photo JLLB

L.C.G. : En quoi consiste le rallye ? Michel Capin : Il s’agit d’une dizaine d’épreuves chronométrées longues de 6 à 10 kms. Au début, on a trouvé trois tracés de 6 kms sur la commune de Toujouse. On a ensuite ouvert des chemins au bulldozer et réouvert d’anciens chemins qu’on a assainis. L.C.G. : Les amoureux de la nature n’ont pas râlé ? Michel Capin : Ici, nous n’avons jamais été embêtés par les écologistes. Nous nous servons des chemins une fois par an. Le reste du temps, ce sont les randonneurs et les chasseurs qui en profitent. J’ai certaines

L.C.G. : Quelles sont les retombées économiques ? Michel Capin : Les concurrents et leurs familles représentent environ 1 500 personnes. Au travers du rallye nous faisons la promotion de tout le département. Les concurrents repartent avec des produits du terroir : vins de Côtes de Gascogne, Armagnac, etc. Organiser le rallye coûte cher, mais nous sommes aidés par les villes de Nogaro, d’Eauze, le Conseil Général, le magasin Leclerc et d’autres sponsors… L.C.G. : A quand le prochain rallye ? Michel Capin : Aux alentours du 14 juillet 2007. Il y aura de la nouveauté puisqu’on utilisera le GPS pour les tracés et on pourra suivre l’épreuve en direct ! Propos recueillis par Jean-Louis Le Breton Contact rallye : www.echappements-elusates.com/

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Polémique autour des 4x4 !

Les détracteurs du 4x4 sont nombreux et ils s’appuient sur la circulaire de la Ministre de l’écologie et du développement durable, Nelly Olin.

Let autres véhicules de grosses cylin-

es arguments des opposants aux 4x4

Photo Danard

drés sont connus : consommation excessive donc pollution non maîtrisée, véhicules non adaptés à la circulation en ville, comportement arrogant des propriétaires. En campagne ces critiques tombent en partie. Le 4x4 est adapté à la circulation tout terrain et donc pratique pour la découverte de la nature. Les clubs de 4x4 rappellent qu’ils entretiennent la plupart des chemins qu’ils pratiquent et que sans ce travail de nombreux sous-bois seraient encore en friche. Quand aux organisateurs de rallye comme Michel Capin, ils soulignent que les chemins sont remis en état après chaque épreuve. Alors pour ou contre, à vous de vous faire une idée…

Que dit la circulaire Olin ?

Extraits de la circulaire du 6 septembre 2005 relative à la circulation des quads et autres véhicules à moteur dans les espaces naturels. «Les principes posés par la loi : · La circulation des véhicules à moteur n’est autorisée que sur les voies ouvertes à la circulation publique.

La pratique du hors piste est donc interdite. · Ne sont pas concernés par cette interdiction, les véhicules utilisés par des services publics, ceux utilisés à des fins d’exploitation ou d’entretien des espaces naturels ou ceux utilisés par les propriétaires ou à leurs ayants droit chez eux. · Les motoneiges employées à des fins de loisirs ne peuvent être utilisées que sur des terrains aménagés à cet effet. · Le Maire ou le Préfet peuvent interdire l’accès à certaines voies normalement ouvertes à la circulation. · Un propriétaire peut également interdire l’accès des véhicules à moteur sur une voie dont il est propriétaire. · L’aménagement d’un terrain spécialement dédié à la pratique des sports motorisés (cross, trials...) est soumis à autorisation. · En forêt, la circulation et le stationnement sur les pistes forestières sont réglementés par le code forestier, la circulation en sous-bois est interdite. · Les chemins de halage sont fermés aux véhicules à moteur. Les contrevenants s’exposent à de lourdes amendes (1 500 €) et à la mise en fourrière de leur véhicule.» On notera que la circulaire parle de « voies ouvertes à la circulation publique », une notion floue qui peut être interprétée de diverses façons.

Bons plans pour le tout terrain Voici, pour les passionnés, quelques contacts utiles de clubs de 4x4 en Gascogne !

Gers

Les échappements élusates – Magenta 32400 Toujouse – Tél. : 05 62 29 44 18 Domaine des Mille Chênes – 32400 Termes d’Armagnac – Tél. : 05 62 69 21 66 Gers 4x4 et Country – ZI du Pountet 32300 Mirande – Tél.: 05 62 67 60 71 Les mousquetaires du crabot – Station Fina, route de Tarbes 32550 Pavie – Tél. : 05 62 05 38 13 Club 4x4 Clermont Poyguillès – 32300 Mirande – Tél. : 05 62 66 25 60 Devers 4x4 Miélanais – Petite Marmite Gasconne 32170 Mielan

Hautes Pyrénées

Rando 4x4 Les éperviers – 13 rue du bois fleuri 65690 Barbazan Debat – Tél. : 05 62 41 73 26 Altitude Tout Terrain Sport – Impasse de Lheris 65200 Montgaillard Tél. : 05 62 91 50 62

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Photo Danard

Lot-et-Garonne

Le Crabot – Lange 47380 Montclar Tél. : 05 53 41 18 56 Génération Aventure 47 – Le Petit Contras 47390 Layrac – Tél. : 06 13 11 38 06

Pyrénées Atlantique

Club Bagnères Tout Terrain – Camping de l’Adour 65200 Gerde – Tél. : 05 62 91 06 12

Landes

Les crocos de Pissos Junca 4x4 - 223 rue Camelebrey 40410 Pissos Club Tout-Terrain des Hautes Landes - Quartier Baxentes 40210 Lue – Tél. : 05 58 07 17 22 Synchro Aventures 4x4 - 476 route de Bayonne 40260 Castets – Tél. : 05 58 89 49 24

Crabotary Euskadi – 11, av. Des Marronniers 64200 Biarritz – Tél.: 05 59 23 96 51 4x4 Club Orthesien – 64300 Castetis Tél. 05 59 67 83 33 Béarn Soule Rando Verte – Brasserie le Trinquet, 3 place des Oustalots 64000 OloronSainte-Marie – Tél. : 05 59 39 33 59 Saraland – Route des Ventas 64310 Sare Tél. : 05 59 54 29 77 Escapade – 1 Chemin d’Ithurbidea 64500 Saint-Jean-de-Luz – Tél.: 05 59 26 08 09 Sud Emotions – 29 route de Pitoys, Parc d’activité de Maignon 64600 Anglet – Tél. : 05 59 42 52 40


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La passion des vieux tacots... Les automobiles anciennes représentent un patrimoine technique, historique et esthétique légué par les générations précédentes. Ignoré durant des décennies (à l’exception de quelques amateurs éclairés), cet héritage est aujourd’hui reconnu de tous et l’amour des vieux « tacots », des antiques « chaudrons » ou « cuivres », des vieilles « bielles » s’est répandu dans de nombreuses couches de la société, en Gascogne tout comme dans le reste de la France ou de l’Europe. Nul besoin d’être millionnaire en euros pour devenir collectionneur ! Durant les années 80-90, collectionner les automobiles anciennes était devenu une mode, un snobisme, voire, dans le pire des cas, une spéculation financière, une sorte de placement au même titre que les tableaux de grand maître, les bijoux de joailliers prestigieux ou les grands crus les plus réputés. Heureusement, les modes sont faites pour passer, les tableaux pour orner les maisons et les appartements, les bijoux somptueux pour parer les jolies femmes et les meilleurs vins pour être bus afin de régaler sa famille et ses amis. Une Citroën B14

Q

uelques « amateurs éclairés » eurent la bonne idée, dans les années suivant l’aprèsguerre, de sauvegarder des voitures des débuts de l’automobile, puis des années 20 et 30, qu’elles portent des noms prestigieux et rares comme Hispano-Suiza, Bugatti, Talbot ou Rolls-Royce ou beaucoup plus courants comme Peugeot, Renault ou Citroën. Certains de ces passionnés sont devenus célèbres comme les Frères Schlumpf, fondateurs involontaires du Musée National de l’Automobile de Mulhouse. D’autres sont restés anonymes.

François Carde

Une mode venue d’Outre-Manche

Ce sont nos voisins britanniques qui, les premiers, ont eu l’idée de conserver le patrimoine industriel, qu’il s’agisse de vieilles automobiles, de trains à vapeur, d’antiques aéroplanes, de navires d’hier, de matériels agricoles ou industriels d’autrefois, voire d’armements obsolètes. Aujourd’hui cela semble tout à fait normal d’avoir agi ainsi. Pourtant, il y a cinquante ans… Autres aspects positifs de nos amis d’outreManche : l’habitude de conserver – ou de restaurer- tout matériel pour qu’il soit en parfait

état de marche et le fait de ne pas hésiter une seconde à faire rouler une pièce de collection, même si elle est unique au monde et valant quelques dizaines de milliers d’euros ! Ainsi, les automobiles, quel que soit leur âge, sont faites pour sillonner les routes et amener leurs heureux propriétaires à la découverte des plus beaux paysages.

Des clubs dynamiques dans toute notre grande Gascogne

Les amateurs d’automobiles anciennes se sont ainsi regroupés à travers de nombreux clubs disséminés dans toute la France et – en ce qui nous concerne- dans tout notre Sud-Ouest. Il s’agit d’associations permettant à leurs membres d’effectuer de nombreuses sorties ensemble. Les principaux d’entre eux se nomment « Cercle T » à Toulouse, « Embiellage d’Or » à Tarbes, « Les Calandres Tonneinquaises » à Tonneins, « Les Bielles Commingeoises » à Saint-Gaudens, « L’Age d’Or » à Pau, « Les Tacots de l’Armagnac » à Eauze ou encore « Le Tacot’s Club Gascon » à Auch. Pour en savoir plus, rendons visite à François Carde, l’actuel Président du club auscitain. Réunion de vieilles voitures à Fourcès...

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...en Gascogne !

Une Simca 8

Environ 160 membres et 500 véhicules

Le « Tacot’s Club Gascon » a été créé en 1959 par quatre amateurs auscitains. Il compte, à ce jour, pas moins de 160 membres et regroupe environ 500 automobiles anciennes. « Certains de nos membres possèdent un seul véhicule » précise François Carde « mais la plupart en ont deux ou trois. Quelques-uns en possèdent une vingtaine » ! Ce club propose de nombreuses activités durant toute l’année qui consistent toutes (hormis la Bourse d’Echange du Mouzon, à Auch, le 2ème week-end de mars) en des sorties offrant aux membres la possibilité de rouler à bord de leurs automobiles de collection, de se retrouver autour de tables bien garnies, dans une ambiance amicale et festive. Petit coup d’œil sur le calendrier 2006 : l’année a débuté avec la traditionnelle randonnée de printemps. Une trentaine de véhicules (et une soixantaine de personnes) ont ainsi fait le déplacement d’Auch à Espelette (dans les Pyrénées-Atlantiques) et retour. « Toutes nos promenades comportent d’excellents repas » ajoute François Carde « même si nous cherchons au maximum à serrer nos prix afin de convenir à tous les budgets. Ces moments d’amitié autour d’une bonne table sont un des ciments du club » ! Puis le traditionnel « Rallye D’Artagnan » (2ème  weekend de juin) regroupa une cinquantaine de voitures sur deux jours, à travers tout le Gers. Les participants sont divisés en deux catégories : « Véhicules de 1900 à 1930 » et « de 1930 à 1960 ». « Nous empruntons toujours des petites routes permettant de découvrir les plus beaux panoramas » précise encore le Président du Club Auscitain. Le 2 juillet s’est déroulé le « British Sunday » réservé aux véhicules construits outre-Manche. Imaginez plus de 80 voitures anglaises et 150 personnes du côté de Gondrin (Gers). Cette journée traditionnelle se déroule par roulement au départ de Tarbes, Toulouse, Saint-Gaudens

et… Auch. Pourquoi tant de voitures anglaises ? Pour deux raisons bien précises : ce pays avec ses Triumph, MG, Jaguar, Austin Healey, Lotus et autres Morgan a représenté durant des décennies le symbole même du cabriolet sportif. Mais aussi parce que les pièces détachées de modèles anglais restent facilement disponibles plusieurs décennies après l’arrêt de fabrication d’un véhicule ! Le 2 septembre a lieu le « Rallye des Vieux Cuivres » réservé aux voitures d’avant 1914. Les occasions de déplacements sont encore nombreuses : Journées du Patrimoine, fêtes de villages (comme Seissan ou Vopillon), sortie d’automne, week-ends en Espagne, etc.

Pour toutes les bourses

« Nos membres ont de 40 à 90 ans » annonce encore François Carde. « Nous regrettons de ne pas avoir plus de jeunes. Il semblerait que ceux-ci préfèrent la moto… Mais ils sont de tous horizons sociaux. Bien sûr, si l’on connaît quelque peu la mécanique et si l’on sait faire le maximum d’entretien et de restauration de son véhicule par soi-même, il n’est pas nécessaire d’avoir beaucoup d’argent. Il en faut un peu plus si l’on fait faire le travail par des mécaniciens… » Tous les autres clubs du Sud-Ouest affiliés à la Fédération Française de Véhicules d’Epoque (FFVE) ont à peu près le même style de structure, de programme et ils connaissent une

ambiance similaire au club auscitain, avec le même genre de participants. Les associations ont plusieurs rôles : regrouper amicalement les collectionneurs, leur permettre d’échanger leurs connaissances en technique automobile d’autrefois, acheter et vendre des voitures anciennes, obtenir des tarifs d’assurance préférentiels, bref tout ce qui permet à une automobile de devenir un objet de plaisir pour son propriétaire. Bien sûr, à côté de ces amateurs, au meilleur sens du terme, cherchant à s’amuser en faisant rouler des véhicules anciens, il existe des groupements de collectionneurs plus fortunés réunissant des voitures de grand prestige (Ferrari, Porsche, Rolls-Royce, Bentley, etc.) se retrouvant entre eux au sein de clubs de marques ou participant à des courses historiques, notamment sur le circuit de Nogaro. A chacun ses goûts et ses budgets ! Mais preuve est donnée que l’on peut fort bien s’amuser dans ce domaine sans être Crésus ! Le plaisir n’est pas uniquement proportionnel à la quantité d’argent dépensé. Et c’est tant mieux ainsi ! Jean-Paul Amic TACOT’S CLUB GASCON, M. François Carde, 24 Chemin de Begué, 32000 – Auch Tel et fax : 05 62 05 60 01 FEDERATION FRANCAISE DE VEHICULES D’EPOQUE (FFVE) Site internet : www.ffve.org

Une antique Peugeot... Le Canard Gascon n°10

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André Diviès et le sport auto : André Diviès cumule titres et responsabilités dans le monde du sport automobile. Il est – entre autres - le Président de l’Association Automobile Armagnac Bigorre qui organise les courses sur le circuit de Nogaro. Il revient sur sa carrière et parle aussi du présent et de l’avenir du circuit. Il n’hésite pas à défourailler quand il considère que ça ne tourne pas rond… Interview fleuve exclusive !

Photo François Benveniste

Difficile de trouver plus Gascon qu’André Diviès. Il roule les « r » comme un moteur qui ronfle et monte parfois en température au milieu de la conversation comme une Formule 1 en pleine accélération. Et pourtant ce personnage pittoresque et si Gascon aux accents rocailleux et est né en 1933... à Carcassonne ! André Diviès : Mes parents fabriquaient et vendaient des liqueurs. Ma mère était très bonne cuisinière. J’étais d’une gourmandise effrénée. Elle m’appelait pour goûter les plats… Grâce à elle j’ai récupéré quelques astuces de cuisine. Ma mère, Fernande Calmet, avait le « tour-de-main » comme on dit. Les cuisines du sud-ouest et du sud-est se ressemblent. Je suis un spécialiste du cassoulet et des daubes. La distillerie Calmet à Carcassonne était une grosse entreprise. Dans les années 50, on avait dix huit représentants ! Le Canard Gascon : comment êtes-vous venu au sport automobile ? André Diviès : J’ai fait une école de commerce à Toulouse. Lorsque je suis revenu de l’armée, mes parents avaient vendu la distillerie. Nous avions gardé les locaux pour en faire des appartements meublés. Je n’avais plus rien à faire. Dans l’armée j’ai occupé la fonction d’officier DLO (Détachement léger d’observation). Je partais pour faire des reconnaissances des djebels, là où il y avait des fellagas en Tunisie puis en Algérie. J’ai donc démarré avec une Jeep. Il ne faut pas non plus oublier que mon père avait une Delahaye 135 avec laquelle j’ai appris à conduire. Elle pesait 2,2 tonnes

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et pouvait atteindre 160 km/h. Il fallait 800 m pour s’arrêter : la bête ! Quand on apprend à conduire avec ça et qu’on arrive à ne pas sortir de la route, on a déjà une bonne formation. En revenant du service militaire j’ai acheté une 4 chevaux Renault, beige tourterelle, je m’en rappellerai toujours. J’ai eu un coup de chance. C’était une série spéciale avec des pistons bombés livrés d’origine : une voiture d’essai de Renault et je suis tombé dessus par hasard. Elle marchait du feu de dieu ! Je montais à 140 km/h avec ! J’ai donc commencé à faire des gymkhanas dans le coin et je gagnais tout. Quand j’ai vu ça, j’ai acheté une Dauphine Gordini (immatriculée 110 GC11) et je me suis inscrit à tous les rallyes de la région. Un de mes amis travaillait chez Motul. J’ai mis la publicité Motul sur ma voiture. A cette époque héroïque, ils ne me donnaient rien, pas même l’huile. Mais finalement j’ai été embauché comme vendeur par Motul. On m’a collé le secteur « Gers-Hautes-Pyrénées » et je suis venu habiter à Tarbes. J’ai immédiatement adhéré à l’écurie Armagnac dont Robert Castagnon était le Président. C’était en 1960. Castagnon venait juste de faire le circuit de Nogaro. Il courait aussi. J’étais derrière lui quand il a gagné à Albi en passant sur le toit le virage de l’arrivée avec sa DKW.

André Diviès : Castagnon m’a mis le grappin dessus. Il faut dire que j’étais un bon vendeur. Mais Castagnon, qui, par ailleurs, était un homme assez extraordinaire, manquait de rigueur et m’envoyait souvent à l’abattoir. Nous avions créé ensemble la revue « l’Avenir Automobile » dont j’étais le rédacteur en chef. J’allais le placer partout. Il a augmenté son prix subrepticement dans mon dos. Il fallait toucher tout le monde et donc avoir un petit prix. Mais l’autre… « boum » ! Pareil pour le rallye de l’Armagnac… Je vends la pub à BP, il arrive et met une publicité Esso dessus : moralité on a perdu BP et Esso ! Et c’était tout comme ça ! J’ai été élu vice-président de l’association. J’ai démissionné en 1968. J’avais déjà créé toutes les épreuves dans les Hautes-Pyrénées. J’ai participé à plusieurs rallyes : le rallye de l’Armagnac, le rallye du Sud-Ouest, etc. Je pilotais et je vendais de l’huile. Je préparais ma voiture chez Pierrot Lamarque à l’aérodrome de La Loubère. Je ne compte plus le nombre de fois où il m’a prêté une voiture parce que le lundi je n’avais plus de voiture. J’avais cassé le moteur. Ces p… de Dauphine Gordini avaient des soupapes avec des queues de 8 grosses comme des cigarettes. A 6 500 tours, elles se mettaient en tulipe parce qu’elles tapaient trop fort. Il y avait un dentiste à Tarbes qui courait aussi sur DKW. J’allais chez lui préparer les culasses avec sa fraise. Quelle époque !!

A 6 500 tours, les queues de soupapes se mettaient en tulipe...

L.C.G. : Quels ont été vos rapports avec Robert Castagnon ?

L.C.G. : Pourquoi ne pas avoir continué la compétition ? André Diviès : En 1961, je me suis marié. J’ai continué à faire des rallyes, mais peu… Mon fils Serge est né, puis ma fille Caroline. J’ai acheté une BMW, parce que la Dauphine, ça n’allait plus… Mais la BMW 1602 n’était pas trop dans le coup pour faire des rallyes. Et Castagnon me tarabustait pour que je m’occupe de l’association avec lui. J’ai arrêté de faire de la compétition. Castagnon avait des idées. Mais il lui fallait quelqu’un pour les mettre en pratique. Ce n’était pas un bon gestionnaire. En 1968, j’ai organisé la course de côte de Saint-Lary, celle de Bagnères, le gymkhana de Tarbes, le rallye de Tarbes, etc. A SaintLary, un gars a eu un accident. Pour ne pas payer trop d’assurances, Castagnon avait pour habitude de ne déclarer que ceux qui étaient


plus gascon que les Gascons ! classés. Or l’Espagnol qui a eu cet accident n’était pas classé… donc pas couvert ! En 1968, ce gars s’est inscrit à la sécurité sociale obligatoire des artisans. On s’est aperçu qu’il avait un handicap consécutif à l’accident. Il envoie une lettre à Castagnon en lui expliquant que dans le cadre de l’assurance obligatoire il devait dire ce qui lui était arrivé. Castagnon lui répond alors « je vous inscris pour la prochaine course à Nogaro et on déclarera votre accident sur le circuit. » L’autre n’accepte pas, arguant que ça ne s’était pas passé comme ça. Castagnon l’envoie alors sur les roses. Le gars écrit à la Fédération qui convoque Castagnon en commission de discipline. On lui demande des explications. Au lieu de dire « on avait des soucis, on ne gagnait pas d’argent » il le prend mal et dit « Vous me faites ch…, tout le monde fait ça… on ne peut plus organiser de courses dans ces conditions… ». Résultat : suspension de quatre ans de sa licence. Au lieu de faire amende honorable, Castagnon sort son journal, avec un article dithyrambique et insultant. Il est à nouveau convoqué en commission de discipline exceptionnelle. Il continue et il en rajoute : radié à vie ! Mais Castagnon était Président de l’Association Automobile Armagnac. Moi j’avais démissionné en 1968. Du coup on est venu me rechercher et en janvier 1971 j’ai été élu Président de l’Association. Il n’y avait aucune comptabilité de tenue. Je me suis retrouvé au bout de deux mois avec 200 000 francs de factures à payer. Il fallait trouver de l’argent. On avait créé les Coupes de Pâques en 1968. On a remboursé toutes les dettes. J’ai inventé la Coupe des 4 saisons qui est devenue le Promosport. En auto j’ai inventé les rencontres Interligues qui sont devenues la Coupe de France des Circuits. En 1971, le circuit était bien, mais il ne faisait que 1 752 m de long et 7 m de large. Il y avait des protections en planches. On montait à la tour de contrôle avec une échelle. En 1972 nous avons commencé les travaux. Nous avons allongé la piste, fait les stands et la nouvelle tour, et avons emprunté de l’argent au Crédit Lyonnais à Tarbes : 1,3 millions sur quinze ans. En garantie j’apportais la caution solidaire de 24 personnes. Tout a été remboursé. Ensuite on s’est fait un matelas. Nous avions, en permanence dix millions

de francs en réserve. Le restaurant : 4 millions payés cash ! Le revêtement de la piste : 4 millions payés cash ! L.C.G : Jusqu’aux années 90, le circuit a connu de grandes heures de gloire. Et vous avez cumulé les charges de travail… André Diviès : Chaque fois qu’on a fait des chantiers et qu’on est arrivés au bout, ça a été des moments extraordinaires : quand on a fait la tour, quand on a allongé la piste une première fois puis une seconde. Il ne faut pas oublier que la piste

André Diviès - Photo JLLB

fait aujourd’hui 3 636 m. J’ai vécu aussi un grand moment lorsque j’ai été élu au Comité Directeur de la Fédération, puis Vice-Président et je le suis toujours. Aujourd’hui je suis membre du bureau, nous sommes six, et également membre de la Fédération Internationale. Je suis Président du Comité Régional Midi-Pyrénées. J’étais Président du Comité Régional Aquitaine. Chez Motul, j’ai terminé Chef des Ventes Régional Sud Ouest, jusqu’en 1990. En 1991, à la création de la Société d’Economie Mixte Paul Armagnac (SEMPA) je suis devenu Directeur Général. L’actionnaire principal est le département du Gers, propriétaire du circuit. A cette

On a eu un sacré orage... Les F1 ne sont plus revenues !

époque la loi Bambuck sur le sport stipulait que les associations qui faisaient plus de 15 millions de chiffre d’affaires devaient constituer une société commerciale. Avec l’école de pilotage, on faisait déjà 18 millions ! On s’est dit qu’il fallait sortir l’aspect commercial de l’association et lui laisser l’objet sportif. On a donc créé cette société d’économie mixte avec le département. Pour moi c’était le seul moyen de conserver le patrimoine du circuit. Avec le circuit, nous étions arrivés au plus haut niveau que nous avions souhaité. On faisait les essais de F1 et toutes les courses sauf la F1. Mais depuis 1996, le circuit n’est plus conforme aux normes FIA. Un jour de 1999, les Formules 1 s’entraînaient et nous avons eu un sacré orage avec 20 centimètres d’eau dans les stands, toute l’électronique s’est retrouvée dans l’eau ! Ils ne sont plus revenus… Et la Fédération Internationale a augmenté les normes depuis. Aujourd’hui l’important ce sont les stands : on doit pouvoir mettre les camions derrière les stands. Ce qui n’est pas le cas à Nogaro et on ne peut donc plus organiser des courses de haut niveau. L.C.G. : L’actionnaire majoritaire de la Société d’Economie Mixte Paul Armagnac (SEMPA), propriétaire du circuit, est le département du Gers. Vous n’êtes plus le directeur de cette société, mais vous êtes toujours le Président de l’Association qui, elle, organise les courses. Il a donc fallu s’adresser aux politiques pour faire des travaux ? André Diviès : J’avais, dès la création de la Société, présenté au Conseil d’Administration un programme de travaux qui incluait stands et zone artisanale. Le département a considéré qu’on ne pouvait pas faire les travaux. Ce n’est qu’en 2003 qu’un programme fut élaboré. La SEMPA est présidée par le département du Gers et donc maître d’ouvrage de tous nos investissements. En tant que directeur de la SEMPA j’avais pu obtenir la délégation de la maîtrise d’ouvrage pour faire le restaurant. Maintenant ce n’est plus le cas. Aucun circuit au monde ne ressemble à un autre, c’est la raison pour laquelle aucune règle précise n’est édictée en termes de tracé, de dénivelé et de caractéristiques telles que les types de vibreurs. Ce qui fait la qualité d’un circuit c’est bien sûr son tracé, étudié et pensé par des professionnels des sports automobile et motoLe Canard Gascon n°10

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cycliste, mais surtout son revêtement. L’adhérence est primordiale autant en compétition, en essais industriels qu’en utilisation courante. Aujourd’hui j’estime que la qualité obtenue sur les parties remises aux normes n’est pas satisfaisante. Une expertise est en cours pour en déterminer les causes. Pour ma part, je ne dis rien et j’attends, mais il est évident que de par la qualité et les perspectives de ce projet vers les études de liaisons au sol, des modifications devront être apportées. Pour les travaux des stands on a pris du retard à cause d’une étude de sol incorrecte qui n’a pas révélée la présence de marnages dans les couches moyennes du sous-sol. L.C.G. : Quelle est l’incidence de ces retards de travaux pour le circuit ? André Diviès : Nous avons d’ores et déjà annulé l’épreuve de septembre. Ca fait des sous en moins et des charges qui courent. Pour le moment, sauf confirmation d’une date de livraison, nous n’inscrivons rien pour 2007. L.C.G. : Mais vous êtes favorable à ces travaux et à la grande opération de zone industrielle autour du circuit ? André Diviès : J’étais évidemment très favorable à la mise en route du projet de rénovation. L’arrivée d’ Henri Croizier* sur ce projet, avec qui j’avais travaillé lors de ses « années Michelin », a ouvert largement les perspectives de développement. Il connaissait notre professionnalisme. Je lui ai dit « Henri aidez-nous ! » Quelques coups de fils m’ont permis de confirmer l’existence d’une demande de rapprochement d’une dizaine d’entreprises spécialisées dans la préparation et la construction de voitures et prêtes à s’installer ici, amorçant ainsi le projet dans lequel nous croyons aujourd’hui.

Photo François Benveniste

même pour les entreprises qui désirent s’implanter. L.C.G. : Aujourd’hui, quel avenir voyez-vous pour le circuit de Nogaro… et pour vousmême ? André Diviès : Le devenir du circuit, c’est bien sûr les essais de F1, les essais d’écuries de haut niveau, les essais de constructeurs et le développement d’activités de tests avec le centre d’études. Et, en corollaire, l’organisation de manifestations de haut niveau pour faire la notoriété du circuit. Ca fait deux ans qu’on nous tarabuste pour organiser une course du Deutsch Touring Master, qu’on veut faire les « weekends by Renault » et que la Fédération me demande quand on va pouvoir inscrire l’Euro F3… Lorsqu’on aura 24 stands de 7 m de large et 15 m de profondeur avec tout le confort, là toutes les portes vont s’ouvrir ! Pour ce qui me concerne, à la fin de l’année j’arrête. J’ai nommé un Président délégué, René Pascouau qui va s’occuper du sport. Mais je reste Président juridique, tant que le combat n’est pas gagné. Je suis élu jusqu’en 2008. Estce que je me représenterai ? Je n’en sais rien… Je voudrais préparer mon successeur…

A la fin de l’année, j’arrête !

L.C.G. : Vous contestez certaines décisions prises par la SEMPA pour le circuit ? André Diviès : Il est question ici dans notre parking P6 de faire un lotissement. Ils ont déjà mis une borne d’incendie. Si demain on n’a plus de parking pour garer les voitures, on ne peut plus organiser d’événement. Je suis persuadé que le bon sens l’emportera car un circuit sans un véritable programme de compétitions de haut niveau n’a plus aucun intérêt,

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L.C.G. Vos célèbres colères et coups de gueule vous ont-il porté tort ? André Diviès : Mes colères ? Je suis une cocotte minute qui tourne à 40°. C’est un avantage. Vous connaissez un capitaine d’équipe de rugby qui n’a pas de la gueule pour faire avancer ses troupes ? Dans une situation qui nécessite une prise de décision rapide je ne connais que cette solution : le coup de gueule ! Cinq minutes après, si le problème est réglé, c’est fini. Mais ça m’arrive souvent de me regarder dans la glace en me disant « t’es pas un peu c… sur les bords ? Tu ne peux pas te taire un peu ? C’est plus fort que moi. Il faut que j’intervienne immédiatement quand je vois que quelque chose n’est pas tout à fait en droite ligne. Souvent je suis un peu marri d’avoir un caractère aussi entier et explosif. Mais on ne se refait pas. Par contre j’ai toujours écouté toute personne qui est venue me demander un service. Je trouve que je devrais être né Gascon. Je suis pire que les Gascons, j’ai tous leurs défauts : je suis pétardier, soupe-au-lait, fort en gueule, très convivial, j’adore m’amuser, bien manger et j’ai la passion de ce que je fais. Donc je suis un Gascon ! Propos recueillis par J.-L. Le Breton * Henri Croizier organise le projet Mécanopole qui consiste à créer une large zone d’activité industrielle autour du circuit de Nogaro. Il a déjà fait ce type d’opération pour le circuit de Magny-Cours.


Lâchez les chevaux...

... dans une école de pilotage ! Vous en avez assez des radars et des limitations de vitesse ? Pourquoi ne pas lâcher les chevaux sur un circuit adapté et profiter de l’occasion pour acquérir de bons réflexes ?

Caroline Diviès

LMonsieur « tout-le-monde » peut aujourd’hui se payer le plaisir d’une es écoles de pilotage ne sont plus l’apanage des seuls compétiteurs.

séance sur circuit dans un bolide approprié. Pour Caroline Diviès, directrice du circuit de Nogaro, il s’agit aussi d’éducation. « Notre circuit est le premier à avoir été ouvert de façon permanente et l’école de pilotage est la plus ancienne de France puisqu’elle date de 1966. Elle a été créée par mon père. Nous sommes partenaires Renault et nous disposons d’une flotte de Clio RS2L, de monoplaces Formule Renault et d’un Spider Renault. L’école accueille environ 1500 stagiaires par an. »

Deux des Clio RS2L de l’école.

l’on termine en poussant les chevaux d’une Formule Renault. Le stage « pilotage » a pour but d’apprendre les trajectoires et d’affiner sa conduite sportive. Le stage « sport » vous place aux commandes du Spider Renault, tête au vent, c’est assez impressionnant. Enfin en stage « Supersport » vous avez droit à la totale, de la Clio à la Formule Renault en passant par le spider.

Bon anniversaire !

Un circuit citoyen

Sur le circuit, on s’éclate mais on apprend également. « Nous voulons inculquer des automatismes à nos stagiaires. Leur expliquer la différence entre traction et propulsion car même si tout cela est ludique, il faut acquérir quelques notions. C’est important dans une région ou certaines routes sont dangereuses et où l’on croise beaucoup d’animaux comme des chevreuils. Nous devons être un circuit citoyen. »

Des formules à la carte

L’école propose des stages de niveaux différents. Le stage « perfectionnement » (sur Clio RS) permet d’améliorer sa conduite et ses réflexes. En stage « maîtrise » on débute la journée en douceur sur une Clio et

Jean-Jacques Cripia du «Duo des Non» lors d’un stage à Nogaro

Le prix des stages restant relativement raisonnable ( de 340 € à 700 € la journée) c’est aujourd’hui devenu un cadeau prisé. « Nous recevons beaucoup de gens à qui l’on a offert un stage pour la fête des pères, la fêtes des mères ou pour un anniversaire. Environ 60% de nos stagiaires sont des cadres. Ils peuvent se faire plaisir sous l’œil toujours vigilant de notre équipe d’instructeurs ! ». Jean-Louis Le Breton

Un peu de théorie avant de prendre le volant...

Ecole de pilotage de Nogaro – Tél. : 05 62 09 02 49 www.circuit-nogaro.com Le Canard Gascon n°10

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La confrérie des Tasto Mounjetos du Comminges

Le « mounjeto » est le nom gascon du haricot blanc dont le plus célèbre d’entre eux est appelé « tarbais ». Mais attention, celui-ci est maintenant protégé par une AOC et sa zone strictement délimitée. Au-delà, il retrouve son nom de « mounjeto » ! La Confrérie Pacifique et Souveraine des Tasto Mounjetos du Comminges est l’une des plus célèbres et des plus actives de notre grand Sud-Ouest. Elle est pleine de vitalité tout comme le plat qu’elle défend, la mounjetado, un mets hautement roboratif ! Une tenue de berger aux couleurs de l’occitanie

Raymond Galinié, Grand Maître de la confrérie

Ldes haricots blancs, de la saucisse, du confit de canard, du pied de a « mounjetado » n’est pas du cassoulet mais cela y ressemble :

cochon, des couennes. La différence ? Le cassoulet est gratiné au four et c’est une spécialité du Lauragais. La mounjetado n’est pas passée au four et constitue une spécialité reconnue du Comminges et du Volvestre. Il ne faut surtout pas confondre ! L’Ordre des Tasto-Mounjetos a été créé en mai 1964. La confrérie s’appelait alors « ordre » mais une directive gouvernementale a rappelé que ce mot ne pouvait être appliqué que conjointement lié à « légion d’honneur ». Des fondateurs d’origine, certains ont disparu comme Bertrand Pibrac (ancien Maire de Saint-Gaudens) ou José Dhers. D’autres continuent à défendre les couleurs de la confrérie comme Marcel Ducos ou MarieLouise Soueix. Des centaines de chapitres ont vu l’adoubement de milliers de personnes puisque cette confrérie est, aujourd’hui, forte de 4 500 intronisés. Un record ! José Dhers

Le costume des dignitaires de la confrérie est constitué d’une cape de berger grise recouverte d’une capeline sang et or. Chaque homme porte bien sûr le béret traditionnel terminé par un gros pompon également sang et or. Un ruban des mêmes couleurs soutient une grosse médaille de terre cuite rappelant la forme du toupin servant à cuire Marcel Ducos la « mounjetado ». C’est cette médaille que recevront les nouveaux intronisés après avoir passé un petit examen de connaissance concernant le plat de haricots ainsi qu’un test de dégustation. Heureusement, leur parrain ou marraine auront le droit de leur « souffler » la réponse. Chaque impétrant doit remplir un petit curriculum vitae humoristique qui sera lu devant les 300 personnes de la soirée. Il recevra alors son diplôme de « tasto mounjeto » pour les hommes et de « nonnette » pour les dames. Toutes et tous devront prêter serment de fidélité au haricot commingeois et aux traditions régionales ! Citons au nombre des personnalités déjà intronisées, les premiers hommes sur la lune Armstrong et Aldrin, le gardien de but Fabien Barthez (de Lavelanet), de nombreux rugbymen comme Fabien Pelous, etc. Désormais, ne confondez plus jamais « mounjetado » et cassoulet ! Jean-Paul Amic CONFRERIE DES TASTO MOUNJETOS DU COMMINGES Chancellerie de Carbonne : Mme Marie-Louise Vigneau, 23 Avenue Aristide Briand, 31390 Carbonne 05 61 87 82 54 Chancellerie de Toulouse : M. Pierre Cassignol, 1 bis rue Jean Moulin, 31120 Portet sur Garonne 05 61 76 78 31

Une division en six Chancelleries

Il faut dire que les Tasto Mounjetos sont répartis en six « Chancelleries », chacune étant dotée d’une activité autonome. C’est un peu comme si l’on avait six confréries distinctes au plan des manifestations ! Il y a les chancelleries de Carbonne (dirigée par Marie-Louise Vigneau), de Toulouse (animée par Pierre Cassignol), les « TastoMounjetos » que nous avons rencontrés. Mais il y a aussi les chancelleries de Saint-Gaudens-Salies du Salat, Montréjeau, Muret et de l’Ariège. Le Grand Maître chapeautant l’ensemble des activités de la confrérie est Raymond Galinié, en poste depuis 1983. Aux chapitres annuels de chacune des chancelleries (celle de Toulouse en propose deux) s’ajoutent les chapitres de prestige tenus lors d’occasions particulières tel celui des chirurgiens taurins réunis en congrès mondial dans la ville rose. Le Canard Gascon n°10

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Le bleu de Lectoure The story of a revival

Le bleu de Lectoure

Histoire d’une renaissance

nown for its blue pigment since antiquity, the plant called Isatis était à l’origine de la prospérité du Languedoc aux 15ème Ktinctoria or pastel was responsible for the opulence and prosperity Cet 16tinctoria ème siècles. Bon nombre des somptueux hôtels particuliers de onnue pour son pigment bleu depuis l’antiquité, la plante Isatis

of the Languedoc region east of Toulouse in the 15th and16th centuries. Many of the Renaissance townhouses in Toulouse were built Toulouse ont été construits grâce aux fortunes gagnées par les grands with the fortunes made by well-to-do «pastelliers » , who cultivated “pastelliers” qui cultivaient la plante aux fleurs jaune vif sur des terres the plant with its bright yellow flowers on lands stretching from Tou- entre Toulouse et la Méditerranée. Dès les années 1560 la colonisation a introduit l’indigo, une louse to the Mediterranean. plante plus facile et moins coûteuse à traiter, ce qui a sonné From the mid 1560s on, overseas colonization began to le glas de l’industrie pastellière et, vers la fin du 17ème introduce indigo, a plant that was easier to process siècle, de l’économie régionale toute entière. and, by the end of the 17th century, had put the pasUn siècle plus tard, le blocus commercial infligé tel industry out of business, signaling the decline à l’Angleterre par Napoléon occasionna la réutiof the Languedoc region’s entire economy. lisation du pastel pour teindre les uniformes des A century later, the pastel industry experienced 640 000 soldats de l’armée impériale. Ce regain a brief revival during Napoleon’s blocade of d’activité n’était que de courte durée, et de toute the British Isles, when Languedoc’s pastel façon les méthodes ancestrales d’extraction du dyes were once again put into use for the unipigment avaient depuis belle lurette cédé la plaforms of Napoleon’s 640 000 men army. By ce à des techniques moins contraignantes pour then, however, ancestral methods of extracconcurrencer l’indigo. Le pigment extrait était ting the pigment had long since given way to d’une qualité moindre, et l’art ancien s’était cheaper methods in the attempt to compete perdu. with the cheaper indigo, and were yielding a Il y a une certaine ironie dans le fait que bien product of lesser quality. Original techniques avant l’âge d’or du Languedoc Isatis tinctoria had been lost. a été cultivée et commercialisée, non pas dans le It is not without irony that well before LangueLanguedoc, mais en Gascogne et dans le Béarn. Tout doc’ s golden age, Isatis Tinctoria was being culDenise et Henri Lambert aussi saugrenu est le fait que la culture et l’exploitivated and marketed, not in the Languedoc, but in tation de ses nombreuses vertus ont été relancées dans Gascony and the Bearn region. A further irony lies in les années 1990, non pas par un Gascon, mais par un archithe fact that cultivation of the plant and development of tecte et chercheur belge du nom d’Henri Lambert et son épouse its manifold virtues was given a new lease on life in the 1990s in Lectoure, not by a Gascon, but by an enterprising Belgian architect américaine Denise. Interpellé par le bleu des volets de la tannerie du named Henri Lambert and his American wife Denise. Intrigued by 18ème siècle qu’ils avaient achetée à Lectoure, Henri chercha, par the color blue of the shutters on the 18th-century tannery they had des moyens anciens et modernes, à reconstituer le procédé par lequel bought in Lectoure, Henri set out to reconstitute the process by which on extrayait autrefois le pigment bleu d’Isatis tinctoria. Ayant enfin Isatis tinctoria’s blue pigment can be extracted, combining ancient réussi, Henri Lambert a créé la société Le Bleu de Pastel de Lectoure ways and modern know-how. Ultimately successful, Henri Lambert qui, en collaboration avec un institut de recherche et une coopéracreated a company called Le Bleu de Lectoure that, in conjunction tive agricole, a pour but de relancer la culture et la récolte du pastel, with a research institute and an agricultural cooperative, promotes ainsi que l’extraction et la commercialisation de ses pigments pour and oversees the cultivation and harvesting of the yellow plant, the les textiles, la décoration, les Beaux-Arts, et de ses huiles essentielles production of dyes for the textile and decorating industry, artists’s utilisées dans les cosmétiques, savons et crèmes de beauté. materials, and high quality essential oils for use in cosmetics and skin Outre ses ateliers, Le Bleu de Lectoure a installé une galerie et une boutique sur les lieux hors les murs de la ville, ainsi qu’une boutique care products. The Bleu de Lectoure company houses a gallery and boutique on its dans la rue principale, qui toutes deux proposent des articles de mode, premises outside the town walls, as well as a shop in town that sells des écharpes, des chapeaux, des peintures à l’huile et à l’eau, ainsi original fashion designs for sportswear and evening, scarves, hats, que des savons et des cosmétiques. A Toulouse, la boutique La Fleudecorative items, creams and soaps. A boutique in Toulouse called rée de Pastel commercialise également un grand éventail d’articles La Fleurée de Pastel is also an exclusive outlet for Bleu de Lectoure- teints au Bleu de Lectoure, ou à base de ses principes. Une réussite dyed silks, cottons, jewelry and so much more. Highly successful qui fait couler beaucoup d’encre bien au-delà des confins du sud-ouest well beyond the southwest of France, the Bleu de Lectoure is the kind de la France. Le Bleu de Lectoure doit son existence à la curiosité, of success story entirely due to one man’s curiosity, imagination and l’imagination et la volonté d’entreprendre d’un seul homme. Nina de Voogd entrepreneurial spirit. Le Bleu de Pastel de Lectoure, Pont de Pile Nina de Voogd

Bleu de pastel de Lectoure, Pont de Pile - 32700 Lectoure Tel. 05 62 68 78 30 www.bleu-de-lectoure.com La Fleurée de Pastel, Hôtel Pierre Delfau, 20 rue de la Bourse - 31000 Toulouse Tel/fax : 05 61 12 05 94

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32700 Lectoure - Tél. : 05 62 68 78 30 (Visites d’atelier sur rendez-vous) www.bleu-de-lectoure.com La Fleurée de Pastel, 20 rue de la Bourse - 31000 Toulouse Tél/fax : 05 61 12 05 94


Le Bleu de Lectoure Henri et Denise Lambert

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A celebration of the sport of hunting

Fête de la Vénerie à Flaran

chaque année, Les Amis de Flaran marquent l’ouverture de Aseason with a major event on the third Sunday of September. This Comme la saison de la chasse par une grande manifestation le troisième diyear these festivities will take place on September 17, and will open s always, the Friends of Flaran will celebrate the start of the hunting

with the traditional mass dedicated to Saint Hubert, the patron saint of hunters, under the auspices of the Archbishop of Auch. As usual, this high mass will be followed by a presentation of packs of hounds trained to hunt small game (“petite vènerie”), a pre-lunch drink served by the Friends of Flaran, and at the Flaran Hippodrome in the afternoon by a presentation of hounds trained to hunt big game (“grande vènerie”), as well as trumpet concerts and a carousel of Cavaliers d’Armagnac.

Open to the public, this event leaves people free to bring their own picnic to be enjoyed under the Flaran linden trees, or to reserve a meal served by a caterer.The day will come to a close with Vespers sung by a choir at the abbey church at 5 pm. Nothing could be more reminiscent of a world gone by. Yet at the same time, this event is an eloquent illustration of the fact that, in these days at the 21st century’s outset, ever more people are attracted to the sport of hunting. France does of course boast far more wooded areas than the rest of Europe, and has never had more packs of hounds than it does today. Most of these came into existence after 1980, and all have the obligatory permit for hunting a particular animal species (hares, foxes, deer, stags, rabbit, boar). Created in 1907, the Société de Vènerie has hunters as well as mere devotees among its members. For forty-five years now it has been publishing a quarterly magazine devoted to every aspect of the sport, complete with excellent photographs. It has recently launched a series of booklets dealing with a hunter’s everyday experiences, his dogs, his horses, the species he hunts, and so forth. In January 2000 the society set up a website designed to explain hunting to the layman and to provide him with everything there is to know about it. Nina de Voogd Société de Vénerie 60, rue des Archives, 75003 Paris Tel. 01 47 53 93 93 E-mail : venerie@wanadoo.fr Site internet : www.venerie.org The website created by the Friends of Flaran will be operational in September 2006 : http://amisdeflaran32.voila.fr

manche de septembre. Cette année, ce sera donc le 17 septembre qu’ils célèbreront la traditionnelle messe sonnée de Saint-Hubert présidée cette fois par l’Archevêque d’Auch. Comme d’habitude, cette grande messe sera suivie de présentations de meutes de “petite” vénerie (pour la chasse à courre à pied), d’un apéritif offert par l’Association, et l’après-midi à l’Hippodrome de Flaran, d’une présentation de “grande” vénerie (pour la chasse à courre à cheval), de concerts de trompes de chasse et d’un carrousel par les Cavaliers d’Armagnac. Manifestation ouverte au grand public, elle laisse le choix à ses participants soit d’apporter leur pique-nique à consommer sous les tilleuls de Flaran, soit de retenir un repas servi par un traiteur. La fête se terminera par des Vêpres chantées dans l’église de l’abbaye à 17 heures. Fête rappelant une société largement révolue s’il en fut, elle illustre en même temps le regain d’intérêt pour la chasse à courre sous toutes ses formes que connaît ce début du XXIe siècle. Il faut noter que la vénerie française dispose d’une surface boisée sans équivalent en Europe, et qu’il n’y a jamais eu autant d’équipages qu’à l’heure actuelle. La grande majorité d’entre eux est postérieure à 1980. Tous sont obligatoirement dotés d’une autorisation de meute pour chasser un animal déterminé (lièvre, renard, chevreuil, lapin, cerf, sanglier). Fondée en 1907, la Société de Vénerie rassemble les pratiquants de la chasse à courre, ainsi que ses sympathisants. Depuis quarante-cinq ans elle édite une revue trimestrielle diffusée sur abonnement uniquement, qui traite de tous les aspects de ce sport avec à l’appui de très belles photos. Depuis peu, elle publie également de petits fascicules sur la vie quotidienne des veneurs, les chiens, les chevaux, les animaux chassés, etc. En janvier 2000, elle a ouvert un site internet, qui a pour but d’expliquer la vénerie aux profanes et de fournir toutes les informations nécessaires. Nina de Voogd

Société de Vénerie 60, rue des Archives, 75003 Paris Tel. 01 47 53 93 93 E-mail : venerie@wanadoo.fr Site internet : www.venerie.org Le site internet des Amis de Flaran sera ouvert en septembre http://amisdeflaran32.site.voila.fr

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Ô moun païs... qué parlan de tu... En cette époque de fin de vacances et de reprise des activités, voici deux disques festifs pour se remémorer les bons moments de l’été et trois livres « sérieux » pour aborder les temps plus studieux de la rentrée… fanfaronne des bords de Garonne ». Il faut dire que ça déménage sérieusement et que l’on a envie de quitter son précédent fauteuil. Humour et dérision sont les caractéristiques de cette musique qui mélange pêle-mêle le bastringue, le jazz Nouvelle-Orléans, le ska, le funk et la biguine. Un petit côté « fanfare des beaux-arts » avec ses réflexions paillardes ou cocasses dites avec l’accent du terroir. C’est vraiment sympathique et cela donne envie de danser et de faire la fête. Un excellent disque alternant classiques du jazz (« Sweet Georgia Browxn »), du latino (« El Manisero », « Water Melon Man ») et des œuvres originales. Pour en savoir plus sur le groupe lui-même : www.astiaous.com

CD

GROUPE VOCAL SHANTEONA – « No te vayas golondrina » - Editions Agorila Un nouveau disque de ce groupe vocal né en 1999 à Saint-Vincent-de-Tyrosse, près de Dax. L’ambiance festive des ferias landaises. Des airs espagnols comme « Clavelitos », « Cielito Lindo », des chansons basques et des « standards » de notre Sud-Ouest comme « Les Fêtes de Mauléon » ou « L’hymne Landais ». Un beau chœur d’hommes. Un disque très agréable à l’écoute, assis dans votre fauteuil, car relativement « cool ». LES ASTIAOUS – « Merci, merci cher ami ! » Editions Agorila (www.agorila.com) Ce groupe se définit par la boutade « fanfare

LIVRES « CULTURE ET MUSIQUE POPULAIRES EN GASCOGNE » - Auteurs : Eric Roulet et Nathalie Roulet-Casaucau. Editions Princi Negue Un ouvrage qui fait idéalement la jonction entre disques et livres puisqu’il s’agit d’une étude sur la musique populaire gasconne publiée par un éditeur de Monein en Béarn. Pour tout savoir des origines et des influences de la musique de notre région ; de son rôle dans la société d’autrefois ; des instruments traditionnels, de la place du chant et

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de la danse dans la vie de tous les jours ; de l’avenir de la musique gasconne… Terminons cette rubrique par deux ouvrages publiés aux Editions Lanore (www.editionslanore.com) et écrits par deux personnes vivant dans l’extrême-ouest du Gers, du côté de Plaisance. Deux livres en rapport avec l’au-delà. « CONTACTS AVEC L’AU-DELA – UN MEDIUM TEMOIGNE » de Jean-Marie Le Gall. L’évocation des phénomènes paranormaux qui ont jalonné la vie de l’auteur ; cela va de la clairvoyance à la torsion d’objets métalliques, du magnétisme au spiritisme, etc. Le livre rappelle aussi les scientifiques qui travaillent sur de tels sujets. A signaler aussi une préface de Jean-Pierre Girard, grand spécialiste du paranormal car auteur de deux encyclopédies de 800 pages faisant référence en la matière. Pour découvrir des « univers » qui vous surprendront… « SUZANNE OU LA VIE DANS L’AU-DELA » d’Evelyne Sénécaille Curieux ouvrage dit « d’écriture automatique ». L’auteur, Evelyne Sénécaille, a été « contacté » médiumniquement par sa belle-mère Suzanne, décédée il y a trente ans. Peu à peu, le contact a été régulier et Evelyne n’a fait que retranscrire ce que lui dictait la personne décédée. Un livre étonnant où l’on décrit minutieusement le passage de la vie à la mort et la vie dans l’au-delà. A découvrir absolument ! Jean-Paul Amic


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