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En CADEAU dans ce numéro :

Gers, Hautes-Pyrénées, Haute-Garonne, Landes, Lot-et-Garonne

N°9 Juillet-Août 2006 - 3,20 € -

LE CANARD GASCON

La carte des artisans d’art et des vignobles de Gascogne !

un magazine pour tous les Gascons !

DOSSIER SPECIAL :

Céramistes, souffleurs de verre et autres artisans de Gascogne...

Vins de Gascogne ANS L P S BON l’été de ments éne !! Les évs manquer a à ne p p.36

et aussi...

Stéphane Garbay Vigneron indépendant

Laetizia s’installe en Gascogne !

Michel Carossio, photographe

Sophie Allington croque les insectes !


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Sommaire n° 9

Pas assez de buveurs... trop de pochetrons !

Lcogne, grande région de viticulture. Les institutions européennes sont e marché du vin est en crise en Europe, donc en France, donc en Gas-

Dossiers, portraits et reportages

chargées de réguler ce marché par le biais de la Commission. Celle-ci vient de préconiser des mesures qui montrent bien la perte d’influence de la France depuis son « non » à la constitution. (Ça ne me fait pas plaisir de reparler de ça, parce que pas mal de lecteurs m’ont reproché mon engagement pour le « oui » il y a un an. Mais on commence à percevoir les conséquences concrètes du « non »). Parmi ces mesures, la Commission propose l’arrachage en Europe de plus de 400 000 hectares de vignes dans les cinq ans à venir. Vous avez bien lu : 400 000 hectares ! Environ 10% de la surface existante ! Le coût de l’arrachage s’élevant à 6 000 € l’hectare, on va donc dépenser près de trois milliards d’euros en cinq ans… pour créer des chômeurs !

Les artisans d’Art - Page 5 François Jarlov, céramiste - Page 6 Joël Gallo, souffleur de verre - Page 7 Simon Charbonnier, dinandier - Page 8 Janine & Pierre Gual, céramiste - Page 9 François Fosset, modeleur - Page 10 Guy Lanartic, bâtonnier - Page 11 Myram Cheltout, céramiste - Page 12 Thomas Buchner, designer - Page 13 Lesley Gasking, maître verrier - Page 14

Le vin s’est amélioré.

Chiroulet : digne des AOC - Page 28

Stop à l’infantilisation !

Marteen & Marthe Stuer, potiers - Page 15 Le vin ne se vend pas bien. On en consomme moins, particulièrement en France. Curieusement la baisse de la consommation suit une courbe inverse de celle de la qualité des produits. En trente ans, ...d’autres artisans - Pages 16 à 20 les vins se sont régulièrement améliorés. Les vins de table de mauvaise facture on cédé une grande Vins et vignobles de Gascogne - Page 22 place aux Vins de Pays qui portent haut les valeurs de leurs terroirs et sont désormais élaborés selon les meilleures méthodes. Dans les années soixante « Le vin des Rochers » trônait sur la table. Il est Buzet : un vin tendance - Page 26 maintenant remplacé par d’excellents Côtes de Gascogne, du Roussillon ou d’ailleurs. Les vins des Landes - Page 27 La cave de Lavilledieu du Temple - P. 29

Si l’on boit moins, c’est aussi à cause de la réglementation technocratique qui a fixé à 0,5 g/l le taux d’alcool dans le sang autorisé pour les conducteurs. Entre 0,5g/l et 0,8g/l, l’amende est de 135 € et six points de retrait de permis. Au delà de 0,8 g/l ou en état d’ivresse ou encore en cas de refus de se Stéphane Garbay, vigneron - Page 33 soumettre à la vérification, l’amende monte à 4 500 € et six points de retrait. Elle peut aller jusqu’à Michel Carossio, photographe - Page 34 l’annulation du permis pour trois ans. Comme pour les excès de vitesse, ces mesures sont hypocrites. Beaucoup les assimilent à une taxe indirecte. Loin de moi l’idée de défendre l’alcool au volant. Les bons plans à ne pas manquer - P. 36 Mais pour une minorité de pochetrons que rien n’arrête, c’est toute une population qu’on infantilise. Laetizia entre deux mondes - Page 39 Car la multiplication des mesures d’interdiction sont le signe d’une société qui déresponsabilise ses citoyens. Je suis d’accord pour sanctionner sévèrement les fauteurs d’accidents dus à l’alcool, mais English Pages je ne cautionne pas les contrôles systématiques. Sophie Allington : the fascinating world Informer et responsabiliser les consommateurs me paraît une bien meilleure approche que celle de of insects - Page 40 la répression. Mais bien sûr, cela rapporte moins à l’Etat… Informer oui, traumatiser, non. Bien The road from India to Gascony - Page 42 que non-fumeur, je trouve ridicule la mention « fumer tue » sur les paquets de cigarettes. Au train où vont les réglementations, on devrait bientôt voir « boire tue » sur les étiquettes de vin. Après on s’étonnera que la consommation baisse et on ira pleurnicher et se plaindre qu’ailleurs, en Asie, en Ô moun païs... Page 46 Amérique du Sud, en Australie le marché des vins décolle dans la joie et la bonne humeur. Boire avec modération mais avec plaisir devrait être la règle. C’est ce que Photo de couverture nous vous conseillons et nous vous invitons à découvrir dans ce numéro quelquesFrançois Jarlov à Messanges uns des meilleurs vignobles de Gascogne. (Photo Jean-Louis Le Breton) La Viguerie Royale de Madiran - Page 30

Bulletin d’abonnement Page 44

Salutations Gasconnes Jean-Louis Le Breton

Le Canard Gascon, 2, av. du Général Leclerc - 32110 - Nogaro. Tél. : 05 62 09 03 61 - Fax : 05 62 69 03 69. www.le-canard-gascon.com. Mail : info@le-canard-gascon.com Ce numéro contient une carte en encart jeté en pages centrales et (pour les abonnés seulement) un encart publicitaire.

Rédaction Directeur de la publication et rédacteur en chef : Jean-Louis Le Breton. Maquette et conception graphique : Pierre Giès. Ont collaboré à ce numéro : Nina de Voogd, Jean-Paul Amic, Faustine Milard, Pierre Giès, Sayam. Le personnage du Canard Gascon est de Elger. Impression : Dauba, Nogaro (l’ami Dalex) - Publicité : Caroline Le Breton (06 81 84 29 24) Crédit Photos : Jean-Louis Le Breton, Jean-Paul Amic, Faustine Milard, Félicia Sisco (article Laetizia). Editeur : Anyware sarl, 2, av. du Général Leclerc - 32110 - Nogaro. Dépôt légal, 3ème trimestre 2006. Service des ventes au journal (05 62 09 03 61). - Numéro de commission paritaire : 0207 I 86098. ISSN 1772-6573. Abonnement : 36 euros pour 12 numéros – France métropolitaine. Autres régions, nous consulter. Ah ! on vous a soigné aux petits oignons. Zavez vu l’épaisseur de ce numéro ? Zavez tâté de la couverture ? C’est tout plein de bon rédactionnel pondu à la sueur de nos plumes pour vous faire plaisir. «Plaisir» c’est d’ailleurs le maître-mot de ce numéro. Si j’avais quelques pattes d’oie en moins au coin des quinquets, je dirais bien qu’on a «trop kiffé les artisans d’art» et on est juste un poil frustrés de ne pas (encore) avoir deux cents pages à notre disposition vu tout ce qu’on a à raconter sur plein de sujets affriolants. Pendant l’été, on ne se met pas les palmes en éventail, faut pas croire. Et le numéro de septembre, c’est qui qui va le faire sinon, hein ? D’autant qu’on a plusieurs thèmes qui nous trottent dans le caberlot comme par exemple une belle enquête sur les pompiers de Gascogne. On va vous mettre le feu ! De votre côté, soyez baths et jactez du Canard Gascon autour de vous. (Ah au fait, je suis en train de relire tous mes vieux San-Antonio, ça se sent ?) Le Canard Gascon n°9

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Dossier

Les Artisans d’Art sur les routes de Gascogne La France a la chance d’être un formidable vivier d’artisans d’Art. Beaucoup d’entre eux sont originaires de Gascogne ou bien ils ont choisi de s’y installer pour la douceur de vivre. Nous sommes allés à leur rencontre pour vous faire découvrir leurs métiers et leurs histoires. Bien sûr ils sont tellement nombreux qu’il était impossible d’être exhaustif dans une telle enquête. Au fil des rencontres et de nos recherches, nous avons sélectionné un bon nombre d’entre eux que vous découvrirez dans ces pages et dont vous retrouverez les coordonnées dans la carte que nous vous offrons avec ce numéro d’été. Alors si vous sillonnez les routes de Gascogne, ne manquez pas de passer les voir !

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Transformer la matière par le feu

François Jarlov - Céramiste Même s’il a l’humilité des sages asiatiques, François Jarlov est un maître de la céramique et particulièrement du raku, une technique de cuisson d’origine japonaise.

Efrontière entre artisan et artiste est bien ténue tant son travail est une

n visitant l’atelier de François Jarlov dans les Landes on se dit que la

véritable œuvre de création. Ce céramiste autodidacte a très tôt manifesté une passion pour la transformation de la matière par le feu. « La créativité manuelle m’a plu. Mais j’ai été aussi fasciné par la vitrification de la matière et la magie des fours. Dans les années 80 on parlait beaucoup du raku, une technique de cuisson et d’enfumage qui s’orientait vers la pièce unique et qui convenait à ce que je voulais faire au niveau plastique. »

Aquarelliste et céramiste

S’il reconnaît volontiers des influences de l’Afrique ou de la pré-Colombie, c’est essentiellement l’Asie qui inspire son travail. Il a fait de nombreux séjours et des expositions au Japon ou au Vietnam, pays d’origine de sa compagne Phan Thi Thuy Mai. Là-bas, il a développé un autre de ses dons : l’illustration. A tel point qu’il a rassemblé ses aquarelles et photos du Vietnam dans un superbe ouvrage, « Sous le signe du dragon bleu » qu’il édite lui-même et fait imprimer à Ho Chi Minh*.

L’harmonie du secret

La production de François Jarlov se diversifie entre des pièces utilitaires (beaucoup de céladons), et des œuvres plus personnelles comme des décorations murales qui rappellent des boucliers, des totems inspirés par les kakemonos japonais ou des boîtes. « Avec la boîte, je m’éloigne de l’utilitaire. J’aime son côté sacré et son aspect secret et énigmatique qui dégage une harmonie. La boîte garde toujours la même apparence, quel que soit son contenu… » Sensible et animé d’une impressionnante force créatrice, François Jarlov balance entre le monde des Landes dont il est originaire et l’Asie où la céramique, même si elle fait partie de la vie quotidienne, est élevée à un art majeur. Jean-Louis Le Breton François Jarlov – Terres Lointaines – 40660 – Messanges. Tél. : 05 58 48 91 15 - www.francoisjarlov.com * Editions Rivages Lointains. Partagé entre céramique et édition, François Jarlov a également publié et illustré « Les nuits blanches du Gecko », une ensemble de textes de Phan Thi Thuy Mai. Elle raconte par petites touches subtiles son enfance au Vietnam.

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Dossier Artisans d’Art

La magie du souffleur

Joël Gallo - Verrier d’art

Entre ses doigts de magicien, la boule de verre incandescente extraite du four à haute température prend vie et devient flacon, vase, lampe ou coupe.

Jne. Mais depuis plus de douze ans, il s’est installé à son compte dans

oël Gallo a démarré très jeune comme ouvrier à la cristallerie de Vian-

l’ancienne gare de la ville, réaménagée en atelier de verrier. « Je voulais faire autre chose que de la production industrielle » explique-t-il. « Aujourd’hui, je créé mes propres modèles qui sont uniques. »

L’alchimie du verrier

Ce travail d’art est très spectaculaire. La pâte de verre, aussi appelée « paraison » est cueillie dans le four - chauffé à plus de 1000 degrés - à l’aide d’une longue canne de souffleur. Commence alors un enchaînement de gestes précis et minutés durant lesquels la boule incandescente prend petit à petit la forme de l’objet final. L’utilisation de poudres et d’émaux ouvre la porte d’un monde de couleurs et de matières où chaque pièce est une nouvelle création. On se croirait chez un alchimiste ou un magicien. Pour donner à une coupe la forme d’un pétale de fleur, Joël Gallo exécute une impressionnante danse, projetant la pâte de verre molle dans les airs au bout de sa canne dans un mouvement circulaire. Un spectacle à ne pas manquer, d’autant que l’atelier du verrier est ouvert au public.

Transmettre la flamme

Joël Gallo a la forte personnalité de ceux qui ont réussi par leur travail. Un mélange de fierté et d’humilité. Sa vie est à l’image de son atelier partagée entre le dur labeur autour du four et le magasin d’exposition où sont exposées en pleine lumière ses superbes créations. « C’est un métier de passion et j’en apprends encore tous les jours » ajoute-t-il. Et lorsqu’il voit son fils souffler dans la canne, son œil brille car nul doute qu’il espère un jour lui transmettre sa flamme… Jean-Louis Le Breton Joël Gallo – « La Gare » 47230 – Vianne. Tél/Fax : 05 53 97 50 49 Le Canard Gascon n°9

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Domestiquer le métal

Simon Charbonnier - Dinandier Le métier de dinandier est en voie de disparition en France. Près de Penne-d’Agennais, Simon Charbonnier perpétue la tradition en réalisant des créations originales.

Ela vallée à Saint-Martin-des-Cailles où Simon Charbonnier a installé n descendant du splendide village de Penne-d’Agenais, on arrive dans

son atelier de dinandier. Le terme même de « dinandier » vient de la ville de Dinan (Belgique) où , dès le 17ème siècle, se pratiquait l’art du martelage du métal pour créer des objets utilitaires. Simon Charbonnier est né au Maroc d’un père berrichon et d’une mère marocaine. Il se qualifie lui-même avec humour de « berberrichon » !

La technique du martelage.

Arrivé jeune en Corse, il cherche tout de suite à s’orienter vers un métier à la fois manuel et artistique. « Le travail du métal m’a séduit, tout particulièrement le cuivre. J’ai d’abord appris la chaudronnerie puis la soudure, le traçage et le martelage de surfaces géométriques. Puis j’ai trouvé en Corrèze un dinandier qui a accepté de me former. Chez lui, j’ai appris toutes les techniques : la rétreinte, le martelage et l’emboutissage. »

Patience et talent…

Après avoir travaillé chez un chaudronnier dans le Lot-et-Garonne, il s’installe finalement à son compte. Aujourd’hui, maîtrisant pleinement son art, il crée des objets originaux et des sculptures. Il est également ferronnier et fabrique à la demande des meubles, des portails, des tonnelles, des gloriettes, des marquises ou des pergolas… Bref un travail varié qui lui laisse peu de répit. Ses créations s’orientent vers les arts de la table : théières, pichets, vases, carafes, bougeoirs ou timbales. Le travail de martelage s’effectue sur des « tas » ou des « bigornes ». Avec des marteaux ou des maillets en bois il frappe inlassablement le métal pour l’amener à la forme voulue. « Pour travailler longtemps, il faut gérer son effort » commente-t-il calmement. On sent chez lui la patience et le talent nécessaires à la pratique de cet artisanat original. Jean-Louis Le Breton Simon Charbonnier. 47140 Saint-Martin-Des-Cailles. Tél. : 05 53 41 31 94. Web : www.artisans-d-art.com/charbonnier/

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Dossier Artisans d’Art

Travailler la terre sans être agriculteur...

Janine & Pierre Gual - Céramistes

Janine et Pierre Gual sont des spécialistes du « nériage ». Une technique qui consiste à mélanger des terres de couleurs différentes pour la création de céramiques originales.

Lvallons du Gers. Un point de vue magnifique et également une place

e village d’Averon-Bergelle est accroché à une crête qui domine les

stratégique puisque pendant la dernière guerre, les résistants y avaient installé leur maquis. C’est ici que Janine et Pierre Gual ont installé leur atelier, dans une atmosphère propice à la création et au jardinage qu’ils affectionnent particulièrement. Nogarolienne de souche, Janine a étudié les arts appliqués à Paris où elle a longtemps vécu. Mais l’appel du pays a été le plus fort et elle est revenue s’installer dans le Sud-Ouest pour pratiquer son métier de céramiste avec son mari Pierre.

Une vie de rêve

Qui n’a jamais rêvé de vivre de cette façon ? Entre nature et création, ils s’épanouissent dans la fraîcheur de leur atelier. Ils se sont spécialisés dans le nériage. Cette technique de céramique consiste à travailler avec des terres de couleurs, préparées par pliages et enroulements successifs. Même s’ils sont potiers, ils travaillent plus à la plaque qu’au tour. Chaque année, ils créent une nouvelle collection et leur production est très demandée en France et même aux Etats-Unis. Pour 2006, ils ont choisi le thème des animaux qu’ils ont décliné de différentes façons : sur des plateaux ou des assiettes, des plats, des tasses, des vases et tout ce qui constitue les arts de la table. Ils se sont également fait plaisir en créant des poissons en relief que l’on peut utiliser comme sculptures décoratives dans un jardin, par exemple. Dans la grange de leur maison, ils ont aménagé une jolie pièce pour présenter leurs céramiques. Alors si vous passez par Averon-Bergelle, arrêtez‑vous pour admirer leur travail. Jean-Louis Le Breton Janine et Pierre Gual. 32290 Averon Bergelle. Tél. : 05 62 03 77 39

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Une bonne pâte pour modeler ses délires

François Fosset - Modeleur

Il a gardé une âme d’enfant et passe ses journées à créer des personnages en pâte à modeler inspirés de la bande dessinée. Son habileté et son imagination en font un petit génie du genre…

Lfleur a étudié les Beaux-Arts à Rouen puis à l’école Boulle de Paris où es Normands aiment la Gascogne. François Fosset, originaire de Hon-

il s’est spécialisé en architecture d’intérieur et en design. « J’ai travaillé dans un cabinet d’architecture en Suisse puis je me suis orienté vers la création de modelages en 1987. J’étais aussi attiré par le dessin. Au début, je créais des petits personnages inspirés de la BD avec de l’argile. Mais c’était une matière cassante. J’ai découvert ensuite à Paris une nouvelle matière polymère qui durcit à 170° en une demi-heure, ce qui m’a permis de développer mes créations. »

Avec un moteur aussi…

C’est par l’entremise d’un copain que François Fosset s’installe dans le Sud-Ouest. D’abord près de Toulouse pendant une quinzaine d’années puis aujourd’hui à Marciac où il développe son activité de modeleur avec sa compagne. « J’aime bien explorer des thématiques de parodies autour des animaux : moutons, taureaux, vaches etc. Je motorise aussi des statuettes pour leur donner vie. On les utilise comme décors de vitrines, par exemple. Actuellement je travaille sur un cycliste qui servira de dévidoir à papier toilette… chaque fois qu’on tire sur le rouleau, ça entraîne une roue qui le fait pédaler ! »

Vive la récup’

On voit que François Fosset ne manque pas d’humour et si son esprit créatif est sans limites, il reste modeste : « Tout mon travail va dans un sens populaire, mais le matériau ne se prête pas au grand Art. » La pâte à modeler n’est d’ailleurs pas la seule technique qu’il utilise. Il fabrique aussi des sculptures à partir de matériaux de récupération. Bref, c’est un touche-à-tout de génie ! Jean-Louis Le Breton François Fosset. « La Mise en Boîte » Roca Soleil – 32230 Marciac. Tél. : 05 62 69 32 61

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Dossier Artisans d’Art

Bâtons Gascons, makilas et rapières

Guy Lanartic - Bâtonnier...Gascon !

Les Basques connaissent bien les makilas, ces bâtons de bergers. Guy Lanartic en fabrique, mais il a relancé aussi la tradition de l’ « agulho » : le bâton Gascon !

Ccanne d’appui utilisée par les bergers pour défendre leurs troupeaux ’est au Pays Basque que Guy Lanartic a découvert les makilas, cette

contre les ours et les loups des Pyrénées (voire les bandits de grands chemins…) Pour cet outilleur de l’aéronautique, c’est une révélation. Il décide de lâcher son métier pour se lancer dans la fabrication artisanale de ces bâtons. Mais comment se faire adopter par les Basques lorsqu’on est Gascon du Gers ? Guy fait des recherches et s’aperçoit que les Gascons aussi ont leur propre bâton nommé « l’agulho ». Il se distingue du makila par plusieurs points : sa taille plus importante et une dague de 35 cm ajustée dans la partie inférieure du bâton alors que le makila possède un aiguillon de 10 cm dissimulé sous la virole revêtus de cuir tressé.

La scarification des néfliers

Il se lance dans la fabrication en amateur, choisit ses coins de néfliers sauvages dont il scarifie les branches au printemps avec des outils tranchants. Les cicatrices formeront plus tard le décor des bâtons lorsque les branches coupées pour faire des cannes auront séchées pendant une dizaine d’années. Depuis sept ans, il pratique son art en professionnel et croule sous les commandes. Chaque bâton possédant un pommeau spécifique est personnalisé ce qui en fait un objet unique pour la plus grande joie des chasseurs, des pêcheurs et des amoureux des traditions. « Je travaille avec du bois, du métal et du cuir. Ces matières symbolisent les trois règnes : animal, minéral et végétal » commente-t-il. Il fabrique environ huit à dix bâtons par mois, mais il sait aussi faire de magnifiques rapières gasconnes et de très beaux couteaux. Jean-Louis Le Breton Guy Lanartic – 4, rue Victor Hugo – 32190 Vic Fezensac. Tél.: 05 62 58 09 67 - www.batons-gascon.com Le Canard Gascon n°9

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Une certaine vision de la femme

Myriam Cheltout - Céramiste Enseignante en arts plastiques à Tunis, elle a récemment abandonné son poste pour revenir s’installer en Gascogne dans son département d’origine et y pratiquer l’art qu’elle aime depuis toujours : la céramique.

LMyriam Cheltout. « Je devais avoir treize ans lorsque nous avons vi-

es vocations d’artisans se révèlent souvent très tôt. C’est le cas pour

sité l’atelier d’un céramiste à Vallauris. Je me suis dit : c’est ça que je veux faire ! » Sa famille étant originaire de Mézin (Lot-et-Garonne), elle monte à la grande ville pour étudier les beaux-arts. « A cette époque déjà, j’avais choisi la céramique et la sculpture. Notre prof, monsieur Jacob, était formidable. ».

La terre et l’eau, l’air et le feu

Elle commence ensuite à travailler dans un atelier de céramique de Bagnères-de-Bigorre. « Mais ma sœur s’était mariée à un tunisien alors je suis partie pour Tunis en 1974. » Là-bas elle continue ses études aux beaux-arts de Tunis, passe une maîtrise d’arts plastiques puis une thèse de 3ème cycle dont le sujet est : « La terre et l’eau, l’air et le feu ou comment vivre le mythe du potier dans une pratique céramique » ! Elle y analyse la gestuelle du céramiste et la symbolique des éléments. Elle devient rapidement enseignante à l’Institut Supérieur d’Animation Culturelle de Tunis. Elle y rencontre et épouse Khalifa Cheltout, peintre, graveur et également enseignant. Ils mènent leurs carrières en Tunisie, mais leurs enfants devenus grands et étudiant en France, ils décident récemment de venir s’installer à Gueyze dans le Lot-et-Garonne. Khalifa peint et Myriam crée des sculptures et de la céramique pour les arts de la table. Elle fait aussi des fresques murales pour la décoration intérieure.

Plutôt Botero que Giacometti…

Ses sculptures représentent des femmes, souvent en groupe et dans des attitudes de la vie quotidienne. « Je trouve le corps féminin intéressant. Mes femmes sont toujours enveloppées… peut-être à mon image ! J’aime travailler la céramique et le passage par le feu. Dans chaque cuisson, il y a une nouveauté, une recherche, une découverte. J’en apprends tous les jours et à certaines périodes je ne fais que des cuissons d’essais. » Le résultat est une œuvre originale que Myriam développe patiemment. Elle met aussi son talent au service des autres en prodiguant des cours dans son atelier. Enfin elle va bientôt ouvrir une boutique à Nérac. Alors passez la voir et par la même occasion découvrez les belles peintures colorées de Khalifa. Jean-Louis Le Breton Myriam Cheltout -Bartha-Crieron d’en bas – 47170 Gueyze Tél. : 05 53 65 84 52

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Dossier Artisans d’Art

Des créations... en béton !

Thomas Buchner - Designer

Derrière son caractère à l’emporte pièce, le designer allemand Thomas Buchner cache une grande sensibilité et un univers créatif à nul autre pareil où les courbes n’ont pas droit de cité.

Tbavé. Son père lui a forcé la main pour travailler dans le bâtiment. homas Buchner possède la force de caractère des gens qui en ont

Aujourd’hui il le remercie, mais pendant des années il lui en a voulu. « J’étais parti pour faire des études intellectuelles. Je me suis brutalement retrouvé dans une classe de maçons alors que je ne voulais pas travailler dans ce domaine. Je me suis dit : pour survivre tu dois être le meilleur ! » A quarante-quatre ans, il a déjà derrière lui un parcours exceptionnel dans le monde de la création, du design et de la décoration. « Je travaille avec trois matériaux qui sont le béton, l’acier et le bois ». Ce sont ses meubles en béton* qui ont fait sa réputation. Pas d’arrondis dans ses réalisations : que des lignes droites, cassantes comme son tempérament de prime abord. Mais quand on s’installe dedans, on y trouve la douceur de vivre et le confort de la protection. De la même façon, lorsque l’on a dépassé le côté rugueux du premier contact avec Thomas Buchner, on découvre un homme d’une grande sensibilité à l’esprit créatif débordant.

Réaliser ses rêves

C’est le hasard qui l’a amené à s’installer à Lannepax, dans le Sud-Ouest. « Un client allemand m’a vendu cette maison. Mais demain je peux repartir ailleurs. D’ailleurs je veux aller aux Etats-Unis. Il faut bouger. » Il semble vouloir ne s’attacher à rien d’autre qu’à son travail et pas à l’endroit où il le pratique. « C’est la seule possibilité de m’exprimer » commente-t-il. Thomas Buchner réalise des chantiers dans toute la France : il aménage et décore des appartements, des maisons, des bureaux. « Je me présente souvent comme un maçon et je m’en fous. Peu importe, seul compte le résultat. Mais aujourd’hui je travaille directement avec les clients sans passer par les architectes. Je ne suis plus là pour réaliser leurs rêves mais les miens… » Combien de temps encore restera-t-il en France ? Difficile à dire : « Aux Etats-Unis, tout est plus grand. Il y a plus d’argent et plus de pouvoir. J’ai envie d’aller là bas pour faire un truc qui tue comme la décoration d’un musée ou d’un grand hôtel… » Alors avant qu’il ne soit parti, découvrez Thomas Buchner et l’originalité de sa création. Et vous apprécierez forcément l’homme. Jean-Louis Le Breton *Les fauteuils pèsent environ 200 kilos… mais ils sont montés sur roulettes et se déplacent facilement. Thomas Buchner- Lamarque – 32190 Lannepax. Tél. : 05 62 64 49 75 - www.thomasbart.com Le Canard Gascon n°9

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Lumières et couleurs du vitrail

Lesley Gasking - Maître verrier Lesley Gasking fait partie des rares spécialistes de la technique du vitrail. Non seulement elle restaure des vitraux anciens, mais elle crée aussi des compositions originales.

Lplastiques, travaillant le dessin et la peinture. Bien que son père et son esley Gasking est originaire du Kent. Elle a suivi des études d’arts

frère soient menuisiers, c’est vers son oncle verrier qu’elle s’est tournée pour faire son apprentissage. « Il avait un atelier à Douvres. J’y ai appris toutes les techniques de restauration du vitrail. Son entreprise travaillait pour des églises ou des cathédrales comme celles de Londres ou Canterburry. Mais mon oncle était plus un ouvrier qu’un artiste. Je les ai aidé pour la partie dessin. Ils m’ont appris tout le métier, depuis l’assemblage au plomb jusqu’à la construction des échafaudages dans les églises. C’est une activité qui marie la finesse et la force. Il faut savoir qu’un vitrail pèse très lourd… »

Du verre antique…

Lesley travaille essentiellement avec du verre antique. « C’est un verre fabriqué à l’ancienne et teinté dans la masse. Tout notre art consiste à savoir choisir les morceaux de verre pour les assembler. Pour des dessins plus fins, j’utilise une peinture qui est cuite au four comme de l’émail. » Installée depuis quatorze ans à Lannux, elle a adopté l’esprit de la Gascogne. « J’avais envie de m’installer en France et le Sud-Ouest m’a plu. »

Pour les particuliers aussi.

Elle a déjà restauré de très nombreux vitraux pour des églises de la région et elle a bien établi sa réputation dans le petit monde des ateliers du vitrail. Mais elle travaille aussi pour des particuliers : « J’aime beaucoup cette partie créative de mon activité. Je vais chez les gens, je discute avec eux. Je n’amène pas de photos de ce que j’ai déjà fait car chaque vitrail est individuel. Il dépend de l’orientation de la pièce, de sa décoration. C’est dans la création que je prends le plus de plaisir. » Dans la maison ancienne qu’elle habite à Lannux et dont une partie est aménagée en gîte rural, Lesley a créé des vitraux pour son plaisir. Elle travaille dans un atelier clair et lumineux, entouré de verdure. L’été vous pouvez la voir faire des démonstrations sur les marchés artisanaux de Gascogne. Jean-Louis Le Breton Lesley Gasking, Guiraute – 32400 Lannux. Tél.: 05 62 08 40 20 E-mail : lesley.gasking@wanadoo.fr

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Dossier Artisans d’Art

Sculptures et poteries

Maarten & Marthe Stuer - Potiers d’art

Ce jeune couple de potiers d’origine belge a décidé de s’installer en Gascogne. Elle travaille des objets pour les arts de la table et lui s’adonne à la sculpture en terre et porcelaine.

Mles beaux-arts à An-

aarten Stuer a étudié

vers puis à Barcelone. « Dans le nord, il n’y a pas beaucoup de luminosité. En Espagne, avec le contraste de l’ombre et de la lumière, tout devient sculptural ! » Là bas, il pratique le dessin, se forme aux techniques anciennes de l’imprimerie et travaille plusieurs matériaux : le bois, le plâtre, le fer et la terre. « Je suis rentré à Anvers où j’avais un petit atelier de sculpteur. Mais la lumière me manquait. » Maarten rejoint alors ses parents qui ont fait l’acquisition d’une maison dans le Gers. « Avec ma sœur qui est aujourd’hui potière à Toulouse, nous avons retapé une grange pour en faire un atelier. »

Vers la sculpture abstraite…

Maarten réalise des sculptures très personnelles. « Je créé encore des pièces représentant des animaux mais mon travail tend vers l’abstrait. Et il y a toujours une relation avec le vivant. » Il modèle des formes percées de trous : « Ça les rend un peu immatérielles. La terre est un matériau simple. En la travaillant comme ça, je la rends transparente à la vision et à la lumière. Elle devient intrigante. On voit la coquille, mais avec le système de double paroi on la soupçonne de contenir peut-être une âme. Tout cela correspond à une recherche que j’approfondis avec chaque nouvelle pièce. »

Le travail du grès.

C’est à Berlin que Maarten a rencontré Marthe, elle aussi originaire d’Anvers, qui était paysagiste. « A Berlin Est, tout était gris et nous avons donc fait de nombreux jardins » commente-t-elle. Elle quitte l’Allemagne pour s’installer avec lui et tente de poursuivre son travail en France. « C’était trop compliqué sur le plan administratif. J’ai choisi la voie de la poterie. J’ai appris avec Maarten et je me suis formée au travail du grès dans un centre à Puisaye. Le grès est un argile qu’on peut cuire jusqu’à 1300° et qui devient très dur. » Marthe créé pour les arts de la table : des théières, des pots, des boîtes, des vases, des bols, des saladiers, etc. A Caupenne-d’Armagnac où ils se sont installés récemment avec leurs jeunes enfants, ils viennent d’aménager une pièce d’exposition de leurs réalisations. Et si vous leur rendez visite, vous pourrez aussi les voir travailler dans leur atelier ! Jean-Louis Le Breton Maarten et Marthe Stuer Lieu dit « A Poche » - 32110 Caupenne d’Armagnac Tél. : 05 62 09 16 89 – 06 74 59 94 79 E-mail : m.stuer@wanadoo.fr Le Canard Gascon n°9

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D’autres artisans d’Art en Gascogne... Impossible de présenter tous les artisans d’art de Gascogne dans un seul numéro du Canard Gascon. Nous reviendrons donc sur le sujet une prochaine fois. En attendant, voici quelques artisans de plus...

Marie-Claire Carré - Bijoux Marie-Claire Carré (également surnommée MC² !) s’est spécialisée dans la création de bijoux, plus particulièrement en argent. Chaque bijou est réalisé séparément, découpé, forgé, soudé, travaillé en texture et polissage. Bien évidemment, les pièces sont uniques. Marie-Claire Carré - 31770 Colomiers Tél.: 05 62 74 04 42 -www.artetgalets.fr

Albert Souarn - Sabotier Dans la grande tradition paysanne, Albert Souran fabrique des sabots en bois. Sa technique est impressionnante et il est capable de creuser l’intérieur d’un sabot en quelques minutes seulement avec des outils datant de son grand père, mais toujours aussi efficaces. Albert Souarn - 40330 Nassiet Tél.: 05 58 89 01 37

Christiane Fitzpatrick - Céramiste Céramiste expérimentée et talentueuse, Christiane Fitzpatrick redonne ses lettres de noblesse à la faïence du Gers qu’elle a découvert et réhabilitée. Elle se reconnaît à ses décors floraux caractéristiques. Christiane Fitzpatrick - 32360 Jegun Tél.: 05 62 64 53 43

John Pierce - Fleurs en inclusion L’Anglais John Pierce, installé à Fabas, s’est spécialisé dans la fabrication de fleurs en inclusion. Les fleurs séchées sont coulées dans une résine qui ne jaunit pas. Il produit des tableaux, mais aussi des pièces plus petites ou des porte-clés. John Pierce - 31230 Fabas Tél.: 05 61 88 65 30

Judith Bordt & Christopher Elliott- Céramistes Judith Bordt et Christopher Elliott, céramistes, ont décidé de mettre de la couleur dans leur création pour lutter contre l’esprit du gris qui a déjà envahit la «jungle urbaine». Leur production est originale, colorée, très gaie. Judith Bordt et Christopher Elliott - 32190 Lannepax Tél.: 05 62 06 33 97 - http://perso.wanadoo.fr/elbo/

Gérard Domec - Tonnelier Dans un pays de vignerons, le métier de tonnelier est indispensable. Gérard Domec fabrique et restaure des futailles, des cuveaux, des douils, des bariques, des saloirs... Il sait aussi faire des vinaigriers et des récupérateurs d’eau de pluie ! Gérard Domec - 32400 Viella Tél.: 05 62 69 86 50 - Mobile : 06 83 54 68 35

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D’autres artisans d’Art en Gascogne...

Du vannier au ferronnier...ils sont des dizaines à travailler de leurs mains pour nous offrir le meilleur de leur art en Gascogne...

Patrick Delalandre - Bois & verre Spécialiste de l’enluminure (il a réalisé un très beau blason de Bayonne en bois polychrome), Patrick Delalandre est capable de travailler tous les matériaux. Il excelle avec le verre pour créer des totems et des bijoux. Patrick Delalandre - 62240 Briscous Tél.: 06 82 21 96 78

Armand Planes - Vannier Depuis qu’il est à la retraite, Armand Planes se consacre à sa passion : la vannerie. On peut le voir sur les marchés pratiquer son art et l’expliquer à tous ceux qui s’y intéressent ! Armand Planes - 64350 Lembeye Tél.: 05 59 68 14 25

Yvon Schilder - Potière Installée dans le Gers depuis quelques années, Yvon Schilder a fait un remarquable travail de recherche sur les cruches traditionnelles que les femmes portaient sur la tête. Elle est aussi une excellent potière. Yvon Schilder - 32110 Magnan Tél.: 05 62 08 98 11 - Mobile : 06 88 29 48 70 Web : http://perso.orange.fr/durendal/

Sabine Sénac - Meubles pour enfants Sabine Sénac a gardé un coeur d’enfant. Depuis quelques années, avec la gentillesse qui la caractérise, elle crée des meubles, des toises et des objets de décoration pour les chambres des petits. Chaque pièce est unique et pleine de charme ! Sabine Sénac - Pierrot -32110 Laujuzan Tél.: 05 62 69 07 10

Jean-Pierre Boutinaud- Taxidermiste Depuis plus de 25 ans, Jean-Pierre Boutinaud met son expérience de maître taxidermiste au service des grands chasseurs. Plusieurs voyages en Afrique lui ont permis d’observer les animaux dans leur milieu et donc de les restituer dans des attitudes réalistes. Jean-Pierre Boutinaud - 14 Lou Carrerot 65350 Pouyastruc Tél. : 05 62 33 23 67 Mobile : 06 81 09 88 71

Pierre Soulier - Ferronnier Ferronnier d’art, Pierre Soulier s’est spécialisé dans les girouettes. Une façon originale de décorer son toit. Ses créations sont originales, depuis le coq traditionnel jusqu’aux personnages comme Don Quichotte. Pierre Soulier - 32120 Sarrant Tél.: 05 62 65 01 96 Le Canard Gascon n°9

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D’autres artisans d’Art en Gascogne... Verre, terre, bois, tissu, métal ou paraffine : tous les matériaux qui passent entre leurs mains deviennent des objets uniques pour notre plus grand plaisir !

Mathieu Melul - Souffleur de verre Depuis deux ans, Mathieu Melul s’est installé comme souffleur de verre à Ustaritz. Il utilise des oxydes métalliques qu’il enferme entre deux couches de verres pour créer des objets originaux. Mathieu Melul - 64480 Ustaritz Tél.: 05 59 93 29 86

Renate & Lutz Hillen Degenhardt - Potiers A Thermes-magnoac, dans les Hautes-Pyrénées, la Poterie Hillen est une sympathique entreprise familiale. On y produit de magnifiques pots en grès au sel, une technique d’origine allemande du 15ème siècle, ou en grès émaillé. Poterie Hillen - 65230 Thermes Magnoac Tél.: 05 62 39 83 48 - http://www.poterie.fr/

Sylvie Boyer - Tissus Sylvie Boyer pratique le tissage à bras, un art ancestral existant depuis des millénaires. Elle réalise des pièces uniques, vestes, manteaux et plaids en laine et mohair, des étoles et des écharpes en soie, en coton ou en lin pour l’été et en mohair, angora, alpaga et cachemire pour l’hiver. Sylvie Boyer 47140 - Penne d’Agenais Tél.: 05 53 36 68 66 - http://www.artisans-d-art.com/boyer/

Carol & Martin Scott - Meubles & tissus Martin Scott travaille le bois. Il réalise aussi bien des panières que des cuisines entières. Son épouse Carol est spécialisée dans le tissu. Elle crée des nappes, des tabliers, mélangeant tissus anglais et basques ou catalans avec beaucoup de goût. Carol & Martin Scott - Maison de Pédeloup – 32240 Monguilhem. Tél.: 05 62 08 77 95

Christophe Larré - Couteaux Christophe Larré est coutelier-forgeron à Rabastens de Bigorre. Dans son atelier des Forges du Moulin il crée toutes sortes de couteaux : pour la chasse, pour la cuisine, pliants ou droits, et de splendides couteaux à lames Damas. Christophe Larré - 65140 Rabastens de Bigorre - Tél.: 05 62 96 52 56 http://perso.orange.fr/forges-du-moulin/

Claude Bonneu - Bougies C’est par hasard en bricolant que Claude Bonneu a découvert toutes les possibilités qu’offrait la paraffine plongée dans l’eau chaude. Depuis, il crée des bougies et des éclairages originaux en forme de fleurs ! Claude Bonneu 65000 Tarbes - Tél.: 05 62 36 92 96

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Vins et vignobles de Gascogne ! La Gascogne au climat doux et (en principe) humide, compte une multitude de petits vignobles entourant le vaste océan de vignes de la grande région bordelaise. Au Moyen-Age, la population a pris l’habitude de boire du vin, tant à la table des seigneurs que dans les tavernes fréquentées par leurs sujets. En 1152, Aliénor d’Aquitaine épouse en secondes noces Henri Plantagenêt qui devient roi d’Angleterre. Via Bordeaux ou Bayonne, le vin s’exporte maintenant en Angleterre mais aussi aux Pays-Bas. Les vignobles établis le long des rivières qui sont des affluents de la Garonne ou tout au long de l’Adour, connaissent alors un nouveau développement. On dit que les vins du « Haut-Pays » (Gascogne, Gaillac, Dordogne) servent à bonifier les vins de Bordeaux, pas très bons à cette époque… Après les grandes épidémies de peste, la population française recommence à croître dès 1720. La consommation du vin se développe sur tout le territoire et dans toutes les classes sociales. On commence à faire des classifications des vins en fonction de leur qualité mais il faudra attendre 1855 pour avoir le premier classement officiel des vins, à Bordeaux. Dans les années 1880, la crise du phylloxera manque de faire disparaître la totalité du vignoble français. Heureusement, le secours des porte-greffes américains permettra de replanter au début du 20ème siècle.

Nlais (département de la Gironde) ainsi que les vins de Dordogne, du

ous omettrons donc volontairement toutes les appellations du BordeLa fête du vin à Saint-Mont

Lot, de l’Aveyron et du Tarn, tous - bien que Vins du Sud-Ouest - trop éloignés de notre Gascogne.

La vigne est un apport des Romains

On dit qu’il y aurait eu des vignes en Béarn plusieurs siècles avant Jésus-Christ. C’est très probable mais on ne savait pas faire du vin. Ce sont les Romains qui ont systématiquement amené des plants d’Italie et effectué des plantations dans l’ensemble de notre Gaule qui était alors un pays de buveurs de cervoise (bière). Ils ont ainsi créé les grands vignobles de Narbonnaise (Languedoc), du Bordelais et de Gaillac afin de produire des vins. La religion catholique qui se sert du vin comme élément du culte, lors de la messe, a favorisé la multiplication des vignobles autour des monastères. Sans les moines, après la fin de la civilisation gallo-romaine et après les nombreuses invasions qui ont traversé notre pays dès le Ve siècle, le vin aurait disparu du sol de France.

Une nouvelle classification des vins

Le 30 juillet 1935 est créé, à Paris, l’INAO (Institut National des Appellations d’Origine). Cet organisme va peu à peu instituer le système des « appellations d’origine contrôlée » (ou AOC) se divisant en fait en deux catégories : les VDQS (Vins Délimités de Qualité Supérieure) devenus ensuite AOVDQS et les AOC, l’élite des vins. Les cahiers des charges mis au point dans chaque vignoble sont élaborés par les vignerons eux-mêmes. Ce système semble parfait : Les meilleurs vins entrent immédiatement dans le classement des AOC ; les moins grands passent en quelque sorte par le « purgatoire » des VDQS avant d’atteindre le « paradis » des AOC ! Les vins n’ayant pas le droit d’entrer dans cette élite sont alors appelés « Vins de Table ». Mais au cours des années 1950-1960 de nombreux petits vignobles voient progresser très nettement la qualité de leurs vins. Le 13 septembre 1968 est alors institué par décret le terme de « Vin de Pays » destiné

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Doss Vins ier Gasc de ogne

à promouvoir des produits nettement meilleurs que les vins de table mais inférieurs aux AOC. Tout cela serait très bien si le monde était figé. Mais tout bouge continuellement…

stupéfiants en qualité, mais dont les éléments de production n’ont pas été prévus dans les cahiers des charges des AOC ou même des Vins de Pays. Seuls les prix « remettent les pendules à l’heure »… Il existe des Vins de Pays, voire des Vins de Table, bien plus chers que des AOC prestigieuses !

Des règlements maintenant obsolètes

Le problème, en ce début de 21ème siècle, est à deux niveaux. Premièrement, il existe pas loin de 500 appellations différentes de vins (VDQS et AOC confondues) dans notre pays. Certains classements sont extrêmement subtils entre « Premier Cru » et « Premier Grand Cru » par exemple, tant en Bordelais qu’en Bourgogne. De ce fait, s’y reconnaître est devenu pire qu’un casse-tête chinois pour le consommateur de base. Seul le passionné de vin peut encore s’y retrouver. Que dire alors du consommateur étranger ? Parallèlement à cela, les nouveaux pays Domaine de Rubens : l’un des rares vignobles en terrasses

Une telle mise au point était nécessaire et nous allons maintenant faire un tour de la Grande Gascogne, département par département.

La Haute-Garonne (31)

CFrontonnais produit sur les terrasses le long du Tarn, autour des

e département ne compte qu’un vin AOC depuis 1975, le Côte du

villages de Fronton et Villaudric, entre Toulouse et Montauban. Un terroir qui compte environ 2000 hectares pour une production de 80% de rouges et 20% de rosés avec un cépage local, la négrette. On y trouve de nombreux producteurs indépendants, plus la cave coopérative de Fronton. A signaler les Vins de Pays du Comté Tolosan produits dans plusieurs départements autour de Toulouse.

Le Gers (32)

Uà peu reconverti au vin depuis une trentaine d’années. Deux AOC n grand département de vignes, spécialisé dans l’armagnac et peu

producteurs (USA, Australie, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud, Chili, etc.) mettent sur le marché des vins qui se différencient seulement par leur appellation de cépage (chardonnay ou chenin pour les blancs, par exemple ; syrah ou shiraz, cabernet, merlot pour les rouges) ou par un nom commercial (« Number One », « La Treille » ou « L’Alouette »)… Quand un consommateur « lambda » a identifié le vin « L’alouette » comme correspondant à ses goûts, il va le retrouver facilement ! Deuxièmement, les vignerons indépendants (mais aussi les caves coopératives) sont généralement des passionnés… Leur but est de faire un vin toujours meilleur. Ils vont donc perfectionner les techniques de vinification, de culture. Et l’on arrive maintenant à des paradoxes comme celui-ci : certains vins AOC peuvent être très moyens, produits par des vignerons engoncés dans la routine et certains Vins de Pays peuvent devenir très supérieurs à bien des AOC (voir notre article sur le Domaine de Chiroulet) car produits par des vignerons perfectionnistes. Sans parler de quelques Vins de Table devenus des curiosités car objets de recherches de vignerons inventifs, avec quelquefois des résultats

anciennes pour les vins. Le Madiran : depuis 1947, environ 1 360 hectares de rouge uniquement, répartis entre le 32, le 64 et le 65. Cépage dominant, le tannat. Situé au sud-ouest du département, autour des villages de Maumusson et Viella. Une « locomotive » : Alain Brumont avec son Château Montus qui a tiré l’appellation vers le haut dans les années 80-90. Un vin un peu râpeux, colporté dès le Moyen-Age par les pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle. Nombreux producteurs indépendants. Le Pacherenc du Vic-Bilh : blanc uniquement , sec ou moelleux. Situé sur la même zone que le Madiran. 266 hectares environ. Un vin VDQS, le Côte de Saint-Mont, classifié en 1981. 5 250 hectares autour de Saint-Mont, Riscle, Plaisance et Aignan, au sudouest du département. C’est André Dubosc qui, dans les années 70, est Château Montus

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Vins et vignobles de Gascogne à l’origine du formidable développement de cette appellation ainsi que des Vins de Pays des Côtes de Gascogne. Il a été le premier à avoir eu l’idée et la technique pour vinifier des cépages initialement prévus pour la distillation et la production d’armagnac. La presque totalité de la production des vins rouges, rosés et blancs passe par la coopérative Plaimont. Une immense réussite ! Enfin signalons les Vins de Pays du Condomois (rouges et rosés autour de Condom) et surtout les fantastiques Vins de Pays des Côtes de Gascogne . Ces derniers ont été créés en 1982. Ils comptent aujourd’hui 11700 hectares de rouges, rosés et blancs et représentent 80 millions de bouteilles dont 75% à l’exportation ! Le Gers est devenu le premier département producteur de vins de pays blancs avec des coopératives très dynamiques comme la CPR de Nogaro, Gerland à Panjas ou la coopérative de Vic-Fezensac. Des réussites qualitatives étourdissantes avec, entre autres « locomotives », les Domaines de Chiroulet et de Pellehaut pour les rouges, les Domaines de Tariquet, Joÿ, Magnaut, Cachiquet, du Mirail, de Lauroux pour les blancs secs , et les Terrasses de Rubens à Nogaro pour les blancs moelleux. Pour clore le sujet, il ne faut pas oublier les appellations Floc de Gascogne et Armagnac, toutes deux AOC.

Les Landes (40)

Usan : 275 hectares de rouge, rosé n vignoble classé en VDQS, le Tur-

et blanc autour du village de Geaune. Depuis 1958. Situé à l’est des Landes, près d’Aire sur Adour. Produit essentiellement par la Cave Coopérative du Tursan à Geaune. A signaler les Vins de Pays des Terroirs Landais et Vins de Pays des Coteaux de Chalosse, tous deux en rouge, rosé et blanc. Deux curiosités : Le renouveau des Vins de Sable autour de Messanges (à côté de Vieux Boucau, sur la côte atlantique) Le vignoble du Tursan (Geaune) et le Rouge de Bachen lancé par Michel Guérard. Rappelons enfin que les appellations Armagnac et Floc de Gascogne concernent quelques communes des Landes, limitrophes du Gers.

Le Lot et Garonne (47)

(...suite)

tive constante. Connu depuis le Moyen-Age. Le Côte du Marmandais : 654 hectares autour de Marmande. Vins rouges, rosés et blancs, essentiellement produits par les coopératives de Cocumont et de Beaupuy. Le Côte de Duras : 2 054 hectares autour de Duras en rouge, rosé et blanc. Producteurs indépendants. Une appellation en VDQS : le Côtes du Brulhois. Depuis 1984, à cheval sur les départements 47 (cave de Layrac) et 82 (cave de Dune). Des rouges, blancs et rosés avec des découvertes originales et intéressantes. Enfin, le Lot-et-Garonne élabore aussi des Vins de Pays de l’Agenais (trois couleurs) et des Vins de Pays des Côtes de Gascogne, en rouge, rosé et blanc sur les franges de l’appellation Armagnac débordant du département du Gers.

Les Pyrénées-Atlantiques (64)

Dmoins de cinq AOC différentes : Madiran et Pacherenc du Vicivisé entre Béarn et Pays-Basque, ce département ne compte pas

Bilh (voir à Gers, et à signaler aussi le dynamisme de la Cave Coopérative de Crouseilles, productrice de Madiran et Pacherenc), mais aussi Jurançon, sur les coteaux au sud de Pau. Uniquement des vins blancs secs ou moelleux. 1000 hectares environ. Producteurs indépendants et Cave Coopérative de Gan. Henri IV fut baptisé au Jurançon, dit-on. L’appellation Béarn : sur les aires du Madiran mais aussi autour d’Orthez. Vins rouges, rosés et blancs. Environ 210 hectares. Enfin, le vin basque appelé Irouléguy : sur 200 hectares autour de Saint-Etienne-de-Baïgorry et du village d’Irouléguy. Vin disponible dans les trois couleurs. Cave Coopérative de Saint-Etienne-de-Baïgorry et producteurs indépendants.

Les Hautes-Pyrénées (65)

AOC ont des vignes dans ce département : Madiran, Pacherenc Tde la Garonne, autour du village du même nom. Depuis 1956. Vins Trois du Vic-Bilh (voir à Gers) et Béarn (voir à Pyrénées-Atlantiques). rouges, rosés et blancs. Des producteurs indépendants et la Cave Coorois vins AOC. Le Buzet : 2 040 hectares au confluent de la Baïse et

pérative de Buzet (voir article dans ce numéro). Une recherche qualita-

Le Tarn et Garonne (82)

Cvilledieu (voir article dans ces pages), Côtes du Brulhois (Cave

e département partiellement gascon compte trois vins VDQS : La-

La tradition des vendanges à l’ancienne est maintenue à Laujuzan (Gers)

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Coopérative de Dunes, voir à Lot et Garonne) et enfin, le nouveau promu, le Saint Sardos, près de Beaumont de Lomagne, en rouge, rosé et blanc, passé des Vins de Pays à l’AOVDQS depuis 2005. Une cave coopérative. Il ne faut pas oublier le Vin de Pays des Côteaux et Terrasses de Montauban et le Vin de Pays du Tarn et Garonne. Voilà terminé ce voyage à travers les vignobles de notre « Grande Gascogne ». Vous n’aurez pas assez de la durée de vos vacances pour déguster tous ces vins. Buvez avec modération, mais buvez de bons vins ! Jean-Paul Amic


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Buzet : un vin «tendance»...

L’histoire des caves de Buzet est digne d’une légende mythologique que l’on raconte aux enfants pour ne pas qu’ils oublient d’où ils viennent.

Tles

out a commencé lorsque vignes du pays des Mousquetaires se virent décimées par la maladie du Phylloxéra au XIX° siècle. Le néant avait pris place là où les raisins foisonnaient, et les vignerons se retrouvèrent dépossédés de tous leurs biens. La cave Dignes de leurs ancêtres, ils prirent à leur compte la célèbre maxime d’Alexandre Dumas, « Un pour tous, tous pour un » et fondèrent la Cave Coopérative de Buzet. Ils mirent tout en commun, et peu à peu les efforts finirent par payer. C’est ainsi qu’en1973, Buzet accéda à l’Appellation d’Origine Contrôlée et les vignes renaquirent de leurs cendres.

Un produit dans l’air du temps…

Aujourd’hui, la cave de Buzet est certainement l’une des plus actives et des plus grandes caves du Sud-Ouest. Sur les 2100 hectares de vignes que possèdent la région, 2000 se sont fédérés à la cave, « ce qui représente 95% de l’appellation », nous informe Olivier Bellandi, chargé de communication. Chaque année, douze millions de bouteilles sortent des cuves lot-et-garonnaises pour se retrouver sur la table des consommateurs français. Mais aussi étrangers puisque 15% de la production est réservée à l’exportation. Toutefois, comment faire pour que parmi les milliers de vins que les amateurs ont à portée de main, la cave de Buzet sorte du lot ? « Le constat est simple, répond Olivier. Le vin est en crise et les jeunes n’en consomment plus. C’est donc nous qui venons à eux pour qu’ils redécouvrent ce produit noble. Il faut démocratiser le vin, et comme certains luttent contre la « junk food » ( entendez la mal bouffe), nous luttons contre le « junk alcool » tout en proposant des produits qui suivent le rythme de la mode. Depuis un an, nous avons révolutionné notre manière de vendre du vin. Avant, on n’osait pas grand chose. Aujourd’hui on fait du vin non seulement un produit local de grande qualité, mais également un produit dans l’air du temps ». Un bon accueil à Buzet !

Du vin de garde au vin de saison

Pour preuve, avec sa gamme inépuisable de vins, tous les consommateurs y trouvent leur compte. « Nous avons des vins de garde qui vieillissent en barriques, des vins de Châteaux ou encore des vins saisonniers qui doivent être consommés dans l’année ».

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Rouge, blanc, rosé, tout y passe. Et de la fabrication à l’emballage, tout est aussi finement pensé. Ainsi la cave de Buzet vient de sortir sa collection été 2006 sous la marque « le Lys » (voir encadré). « Ce n’est ni un vin de table, ni un vin de garde mais plutôt un vin de terrasse », comme aime à le définir notre hôte. Idéal lors des fortes chaleurs. Non contente de faire du vin, un produit « fashion », la cave de Buzet, invite également tous les amoureux du vin à découvrir la vigne et ses mystères lors de visites. « Nous avons organisé un circuit de visite gratuite où les gens découvrent tous les secrets de la cave, de la presse à l’embouteillage, en passant par la présentation de quelques Châteaux et bien sûr la dégustation à volonté de tous nos produits ». Quelques 300 Châteaux sont affiliés à la coopérative, néanmoins seule une petite dizaine est ouverte à la visite. Si vous passez par Buzet, Eric et ses collègues, vous attendent dans la boutique de la cave, le sourire aux lèvres et le tire-bouchon en main ! Faustine Milard. Cave des vignerons de Buzet, BP17, 47160 Buzet sur Baïse. www.vignerons-buzet.fr

Lys 2005 Il s’agit d’un produit tendance, sans aucune prétention. Ce vin aux aspects très féminins, se veut tout d’abord fruité, léger mais également très rafraîchissant. Existant en rouge, rosé ou blanc, il se déguste frais (idem pour le rouge), en terrasse lorsque le soleil a déjà épuisé toutes les réserves liquides des corps ambiants. On le trouve chez tous les bons cavistes et dans le secteur de la grande et moyenne distribution.


Les vins des Landes Tursan - Chalosse - vin de sable

Il n’y a pas que des pins dans les Landes. Dans le sud du département, les vignes s’épanouissent et profitent d’un climat exceptionnel partagé entre le soleil du midi et la fraîcheur des nuages retenus par la barrière des Pyrénées.

Lappellations, le Tursan et les Côteaux de

es vignerons Landais sont regroupés en deux

Chalosse auxquelles il convient d’ajouter pour l’anecdote le vin de sable que l’on trouve en petite quantité sur la côte, en particulier à Messanges.

Le Tursan

La région du Tursan s’étend entre la limite ouest du Gers et la Chalosse à l’est. Un pays de traditions où la course landaise et le rugby forment l’âme des gascons. Les vins de Tursan, rouge, blanc rouge, rosé se déclinent en trois gammes sous l’étiquette AOVDQS. La gamme « tradition » regroupe les vins à consommer au quotidien, la gamme « expression » les vins à consommer pour les petites et grandes occasions, enfin la gamme « prestige » pour les vins de garde.

Les Vignerons Landais présentent leur vin à Hossegor

l’on complète avec du Cabernet et du Tannat pour donner des rouges puissants). Ces vins de pays, rouge, blanc et rosé se déclinent en deux gammes : « tradition » et « expression ». La première est constituée de vins qui accompagnent bien la cuisine régionale ( le Gailande, par exemple). La seconde regroupe des vins plutôt destinés à la dégustation et aux fins gourmets comme le Domaine de l’Hoste. Les vins de Tursan et de Côteaux de Chalosse sont principalement réunis dans une grande coopérative située à Geaune où l’amateur peut visiter la cave. La coopérative a également ouvert quatre autres points de vente dans le département : à Mugron, Pouillon, Orthevielle et Léon.

Le vin de sable Dans cette dernière catégorie, on notera le château Bourda qui incarne toutes les qualités de ce terroir. Les cépages typiques pour le blanc sont le Baroque (un cépage exclusif des Landes), le Gros Manseng et le Sauvignon Blanc. Les vins rouges sont conçus à partir de Cabernet Franc, Sauvignon, Tannat et le Fer Servadou (qui signifie « se conserve bien » en patois). Ces cépages produisent des vins plutôt tanniques aux arômes typés.

Les Côteaux de Chalosse

La Chalosse s’étend depuis Orthevielle au sudouest des Landes jusqu’à Hagetmau à l’est et de Mugron au nord à Mouscardès au sud (un des berceaux de la course landaise). Les vins de pays de la Chalosse tirent leur caractère particulier de cépages exclusifs comme l’Arriloba pour le blanc ou l’Egiodola pour le rouge (un cépage que

La tradition du vin de sable était forte à Messanges, au bord de l’océan, où l’on plantait déjà la vigne dans les dunes en 1600 ! En 1995, Guy Dutirou et Albert Bouyrie ont décidé de relancer la production. Dans les terres sablonneuses, la vigne doit aller chercher de l’eau profondément en traversant des couches de sédiment, ce qui lui confère un goût fruité particulier. (A découvrir : le domaine de Camentron). Pierre Giès Tursan & Chalosse - Cave coopérative de Geaune 30 rue Saint jean 40320 Geaune. Tél. : 05 58 44 51 25 www.tursan.fr Vin de sable Domaine de Camentron Route des lacs à Messanges. Tél. : 05 58 48 99 08

Guy Dutirou a relancé le Vin de sable

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Chiroulet : digne des meilleures AOC ! Le Domaine de Chiroulet se trouve en pleine Ténarèze, entre Condom et Fourcès, au hameau de Heux, près du petit village de Larroque sur L’Osse. Ici, depuis quatre générations, la famille Fezas exploite 34 hectares de vignes et produit un vin de haute tenue ! vocable. On est ici au niveau des meilleures appellations contrôlées ! Encore un paradoxe du vin ! Comme quoi la personnalité et le savoir-faire d’un vigneron peuvent transcender un système rigide de classement des vins.

Les blancs ne sont pas oubliés

Philippe Fezas

Vzas -le Père- ce n’est que depuis une dizaine d’années que Philippe

ignoble d’abord tourné vers l’armagnac puis le floc par Michel Fe-

Fezas, 38 ans, s’est lancé dans la production de vins de pays des Côtes de Gascogne. Et avec quel succès ! Ses rouges font maintenant référence et ils peuvent faire pâlir d’envie bien des appellations d’origine contrôlée !

Au royaume des vins rouges…

Ce domaine, dont le nom signifie « vent qui siffle » en Gascon, est situé sur des coteaux argilo-calcaires à environ 180 m d’altitude, face aux Pyrénées. La diversité des sols, à dominante argileuse ou calcaire selon les lieux, permet d’élaborer des vins tant blancs que rouges. Philippe Fezas, après des études d’œnologie, décide de se lancer dans la production d’une barrique de vin rouge, pour son mariage, en 1995. Le succès obtenu auprès de ses amis l’encourage à viser une plus grande échelle. La zone de production des Côtes de Gascogne est essentiellement terre de vins blancs (à 80 %) ; mais il semble à Philippe Fezas que ses parcelles de coteaux peuvent permettre une vinification en rouge. Les cépages ? Le merlot pour le charnu et le fruité, le cabernet franc et le cabernet sauvignon pour la fraîcheur…et aussi 15% de tannat pour la charpente et le côté gascon ! Un merveilleux équilibre qui, en quelques années, va projeter le domaine au top des vins rouges de Gascogne au point d’en faire une référence absolue. Médaille d’Or au Concours Agricole de Paris pour les années 2002 et 2003. Un vin charmeur, au nez très prononcé en fruits rouges. Mais le succès n’empêche pas notre vigneron de toujours chercher des améliorations. Alors que la cuvée rouge de base est élevée en foudres de chêne, Philippe Fezas va produire une « Grande Réserve » en sélectionnant des vieilles vignes, une macération lente et un séjour de 12 à 16 mois en barriques. On obtient ainsi une cuvée 2003 aux senteurs de réglisse, d’épices, de cerise noire et un vin plus apte au vieillissement que le précédent. Enfin, nouvel essai avec le « Terra Nostra » 2003, le « chef d’œuvre » de la maison offrant une grande concentration tout en conservant la fraîcheur du fruit. Ce vin est destiné à la grande restauration. Vous avez dit « Vin de Pays » ? On semble pourtant à des années-lumière des vins portant ce

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Mais si le Domaine de Chiroulet a établi sa réputation en quelques années sur les vins rouges, les blancs ne sont pas oubliés, puisqu’ils représentent 50% de la production « vins » de la propriété se répartissant à 80% pour les vins et 20% pour les flocs et armagnacs. Le « Terres Blanches » est un blanc sec vif et floral avec un côté minéral apporté par le cépage sauvignon (50% gros manseng ; 25% ugni blanc et 25% sauvignon) produit par des parcelles exposées au nord, des terres appelées « rentzines » en géologie ou « peyrusquets » en Gascon. La « Côte d’Heux » est un blanc gras et rond avec des arômes de fruits secs, poussant sur sol argileux et récolté à surmaturité (en octobre). Enfin, le « Soleil d’Automne » est un vin doux mais sans lourdeur sucrée, aux arômes d’abricot sec, élaboré à partir du seul cépage gros manseng récolté en novembre.

Une « locomotive » des vins de Gascogne

Finissons par quelques mots sur le floc rosé - il est en fait rouge et sa réputation n’est plus à faire- mais surtout par un coup de projecteur sur le floc blanc, d’une élégance suprême, sans aucune lourdeur, ce qui est très rare. Vous l’avez compris, nous sommes ici chez une « locomotive » des vins et des alcools de Gascogne ! Jean-Paul Amic Famille Fezas, Domaine de Chiroulet, 32100 Larroque sur l’Osse Tél.: 05 62 28 02 21 Site web : www.chiroulet.com Les vignes du domaine de Chiroulet


La cave de Lavilledieu du Temple On connaît depuis une trentaine d’années le dynamisme du mouvement coopératif dans les vignobles français et tout particulièrement dans notre Sud-Ouest. Certaines caves coopératives sont de vrais « laboratoires de recherche ». A Lavilledieu du Temple, minuscule vignoble d’appellation VDQS de 150 hectares situé entre Garonne et Tarn on réfléchit beaucoup à ce que seront les vins de demain ! La cave de Lavilledieu

Precteur Général de la

our Xavier Briois, Di-

cave, « on ne doit produire que ce que l’on est capable de vendre ». Ce qui revient à dire que l’on se doit d’élaborer des vins qui correspondent exactement aux attentes et aux goûts des consommateurs d’une part, et que l’on doit sans arrêt chercher de nouveaux marchés avec de nouveaux produits correspondant plus particulièrement à certains segments de clientèles, d’autre part. « La consommation des vins se fait à deux vitesses » précise encore Xavier Briois. « En France, en Italie et en Espagne, le consommateur à partir de 40 ans aime les vins rouges de qualité, pour accompagner les repas. Par contre, chez les jeunes et dans les pays émergeant à la consommation du vin, on préfère les blancs et les rosés, des produits plus instinctifs, à boire à tout moment de la journée. Il ne faut pas oublier que ces vins blancs et rosés représentent 60% de la consommation mondiale ! » Avec un tel réalisme de propos, il est normal que la Cave de Lavilledieu propose deux types de vins correspondant exactement à la dualité que présentait le film « Mondovino » de Jonathan Nossiter durant plus de deux heures, c’est à dire l’opposition entre vins « traditionnels » et vins « marketing ». Original : le bouchon bleu du «Coup de Folie» !

Le système d’appellation contrôlée, un frein ?

Les vins de qualité produits en France sont soumis au système très contraignant des appellations contrôlées qui semblait autrefois une garantie pour le consommateur, mis en place par les vignerons eux-mêmes. Excellent moyen de protection pour le consommateur très averti qui sait s’y reconnaître dans la « jungle » des appellations contrôlées (il y en a des centaines) mais totalement incompréhensible pour le néophyte en vin. L’appellation « Lavilledieu » (une AOVDQS) a été promulguée par l’INAO en 1947. La cave coopérative a été créée en 1949. Elle regroupe aujourd’hui 30 adhérents. La gamme des rouges est donc étoffée avec six étiquettes de domaines divers variant les cuvées avec des mélanges différents entre les cépages négrette, syrah, cabernet franc, gamay et tannat. Le haut de gamme étant représenté par le Domaine du Dôme du Rocher. Un rosé de la même appellation la complète. Signalons aussi que la coopérative produit un AOVDQS Côteaux du

Quercy, des Vins de Pays du Tarn et Garonne, des Vins de Pays du Comté Tolosan et des Vins de Pays du Quercy. « Nous sommes historiquement à la charnière de trois régions » complète Xavier Briois « ce qui explique la diversité de nos cépages. L’implantation de la vigne remonte aux Romains. Une partie de nos vignes est en Gascogne sur les cantons de Lavit et Caumont, une autre en Languedoc (vers Montauban) et une troisième en Guyenne ».

Xavier Briois

Des vins de plaisir pour les nouveaux consommateurs

Mais l’originalité de la cave de Lavilledieu est – outre la production d’excellents vins traditionnels – l’élaboration de vins destinés aux nouveaux consommateurs. Ces publics ne connaissent rien au système des appellations. On attire donc le client par un nom commercial, une belle présentation de la bouteille et un vin charmeur, facile à boire. Ces vins sont élaborés selon les mêmes principes de rigueur mais en mettant l’accent sur le côté marketing et en accentuant le côté « plaisir ». « Ainsi, nous avons élaboré la marque Cassyta pour le Japon, la contraction de CAbernet, SYrah et TAnnat, à l’origine un vin rouge, mais nous avons ensuite décliné la gamme en rosé et blanc selon la demande. Mais il faut faire attention aux problèmes de langue ! Au Brésil, ce mot correspondait presque à un juron ! ». Ce Cassyta est un vin fruité, très plaisant à boire. Dans le même esprit, la cave produit « Coup de Folie » un vin rosé moelleux et très parfumé, élaboré à partir du raisin de table « Muscat de Hambourg ». Ce cépage n’étant pas prévu dans le processus AOVDQS ou Vin de Pays, il s’agit d’un magnifique Vin de Table gouleyant et frais, pas trop sucré, idéal pour un apéritif d’un soir d’été !

Vers la première appellation entièrement Bio La cave de Lavilledieu a adopté, depuis quelques années, le processus de « l’agriculture raisonnée », limitant fortement l’apport de produits chimiques dans les vignes. « Nous étudions actuellement le passage progressif à une appellation entièrement bio » conclut Xavier Briois. « Nous serons sans doute la première cave au monde à faire ainsi. C’est d’autant plus facile que notre zone est réduite. Pourquoi ? Parce que cela va dans le sens de l’écologie et dans les goûts du consommateur » ! Les vins de la cave de Lavilledieu du Temple sont vraiment à découvrir ! Ils vous réservent de belles surprises ! Santé ! Jean-Paul Amic Cave Lavilledieu du Temple 82290 Lavilledieu du Temple Tél.:05 63 31 60 05 - www.cave-villedieu.com

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La Viguerie Royale de Madiran Curieux vignoble que celui du Madiran : malgré une petite superficie de production (1 360 hectares), il s’étend sur trois départements (Gers, Hautes-Pyrénées et Pyrénées-Atlantiques) et deux régions (Midi-Pyrénées et Aquitaine). Pas facile d’harmoniser des campagnes de promotion ! Heureusement que la confrérie bacchique de la Viguerie Royale de Madiran est là pour le défendre !

Cdiran ne possédait aucune association pour porter haut son renom.

ette confrérie a été créée en 1971. Auparavant, le vignoble de Ma-

Les vignerons de Madiran avaient pris l’habitude de participer aux chapitres de la Viguerie Royale de Jurançon. « Ils avaient les blancs, nous avions les rouges » précise André Dartigues, Secrétaire Général et cofondateur de la confrérie madirannaise. Puis, un jour, tout en restant très amis avec les Jurançonnais, il a été décidé de créer une amicale spécifique à l’appellation gasconne. « Nous avons alors gardé un nom similaire au Jurançon. A tort peut être car pour eux le mot Royale a une signification avec Henri IV, alors qu’à Madiran… » Le lancement de la Viguerie Royale de Madiran a donc été promulgué en novembre 1971, au Château d’Arricau-Bordes, en présence des trois préfets concernés ! Il s’agit, comme pour la presque totalité des confréries, d’une association loi de 1901 à but non lucratif. Le Grand Maître fondateur en est René Pebernard, ancien vétérinaire, qui a délégué – en raison de son âge – une partie de ses pouvoirs à Maurice Lacoste, viticulteur. André Dartigues lance d’ailleurs un appel afin que de plus jeunes personnes viennent prendre la relève des membres fondateurs…

grâce aux moines et aux ecclésiastiques ! » L’église est le seul lieu de réunion du petit village de Madiran et en plus il y fait frais, au 15 août ! Mais la capacité laisse à désirer… Le foyer ? Il est occupé par le banquet de 150 André Dartigues. personnes qui précède l’intronisation, pour le déjeuner de ce même jour. Le Chapitre solennel réunit la dizaine de Viguiers en grande tenue (robe de moine rouge) et une quinzaine d’impétrants. Les intronisés reçoivent alors une médaille de bronze aux armes de la confrérie, un diplôme et un magnum de Madiran.

Des chapitres complémentaires

Mais la Viguerie Royale de Madiran se réunit plusieurs fois dans l’année lors de diverses manifestations; notamment le 31 décembre dans le village voisin de Viella (Gers) pour les fameuses Vendanges de la Saint Sylvestre (concernant le Pacherenc moëlleux). « Nous avons aussi tenu, autrefois, des chapitres à la Chambre des Députés et au Sénat » ajoute André Dartigues.

La grand fête du 15 août à Madiran

Le vignoble de Madiran est en fête chaque 15 août et ce ne sont pas moins de 10 000 visiteurs qui viennent dans ce petit village de quelques centaines d’habitants, sis dans les Hautes-Pyrénées mais dont le renom est planétaire. « Il ne faut pas oublier que la zone de production du Madiran élabore aussi un vin blanc sec ou moelleux fort connu, le Pacherenc du Vic-Bilh » ajoute André Dartigues. Le 15 août est donc aussi la fête du Pacherenc ! Des stands d’une quarantaine de producteurs sont répartis dans tout le village et l’on compte la présence d’une trentaine de confréries amies. Le Grand Chapitre annuel se tient l’après-midi du jour de l’Assomption, dans l’église-collégiale du village. « Nous sommes une des rares confréries à tenir son chapitre dans une église dédiée au culte » précise André Dartigues « mais ce n’est pas un blasphème ! Le vin est bien utilisé au cours de la sainte messe et s’il existe encore aujourd’hui, 2000 ans après les Romains, c’est bien

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Depuis sa création, la Viguerie Royale de Madiran totalise environ 580 chapitres et 3 000 intronisés. « Notre médaille en bronze doré présente les armes du Béarn, les armes du village de Madiran, un tastevin et une grappe de raisin ». La confrérie compte trois grades successifs : Vigneron d’Honneur, Dignitaire et Sénateur.

Prêter serment de fidélité

Alors, comme tous les intronisés, il vous faudra prêter serment de fidélité à ce noble vin : « Par le soleil des Pyrénées qui son ardeur lui donne ; Par nos coteaux harmonieux en lesquels, longuement, il gésine ; Je m’engage, toujours et partout, à chanter et à proclamer, Les grands vins de Madiran et de Pacherenc » ! Jean-Paul Amic Viguerie Royale de Madiran, Maison des Vins, 65700 Madiran


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Stéphane Garbay vigneron indépendant

Certains vignerons ont décidé de sortir du système des coopératives pour retrouver l’âme de leur métier d’antan avec les méthodes modernes d’aujourd’hui. Stéphane Garbay est l’exemple d’un jeune qui prend des risques sur son domaine de Massas à Manciet !

LCette simple phrase résume la dialectique à laquelle

e viticulteur cultive la vigne, le vigneron fait du vin.

sont confrontés nombre de jeunes qui doivent pérenniser des exploitations familiales ou s’installer à leur compte. Il y a quelques années encore, le vigneron fabriquait son mou de raisin avant de le livrer à la coopérative. Cette époque est révolue. Avec les nouvelles méthodes de réfrigération des vendanges et de traçabilité des lots, les coopératives récupèrent directement le raisin après la cueillette. Conséquence : le vigneron est devenu un viticulteur qui ne s’occupe plus que de sa vigne et le produit de sa récolte est dilué dans l’anonymat. « Ça ne m’intéressait plus » commente Stéphane Garbay qui possède 65 hectares de vignes à Manciet dans le Gers. « J’ai fait les vendanges pendant dix ans. D’abord avec mon père et maintenant je gère l’exploitation avec ma mère. Je voulais faire mon propre produit… »

Stéphane Garbay

litres. J’ai commencé une tournée de cavistes et de magasins.» Il propose donc un blanc sec et un rosé en « bib » et il innove en mettant sur le marché un blanc moelleux en cubitainer de cinq litres. Une façon très originale d’aborder ce segment de marché généralement réservé à la bouteille haut de gamme. « Je pense que c’est une bonne idée d’avoir du blanc moelleux toujours prêt et frais pour l’apéritif… Je voulais faire un vin de qualité à un prix très correct. » Le cubitainer (ou bib) est d’ailleurs un mode de présentation du vin qui se développe très bien. Il présente de nombreux avantages : le vin se conserve mieux, plus longtemps et on n’a pas à gérer de bouteilles vides.

Médaille d’argent

Pour y arriver, il a fallu construire un chai. Il l’a récemment inauguré. « Pour réduire les frais, j’ai pratiquement tout fait moi-même : le terrassement, la maçonnerie, les passerelles en inox… Un gros boulot ! » raconte-t-il avec une certaine fierté. « Ici, je peux stocker 6000 hectos avec la possibilité de monter à 10 000 hectos ! ». Pour se lancer dans cette aventure, Stéphane Garbay a pris des risques. Financiers d’abord, puisqu’il s’est endetté pour une douzaine d’années. Ensuite, il fait le pari de réussir à commercialiser son vin au moment où la situation est difficile pour tout le monde. « Il faut y croire et j’y crois. J’ai d’abord choisi la qualité et un œnologue de Condom suit régulièrement ma production. Et commercialement j’ai trouvé un accord avec les Celliers de Gascogne qui m’achètent le vin en vrac. »

Grâce à la qualité de son travail, Stéphane Garbay a déjà récolté une médaille d’argent pour son Chardonnay, au Concours Agricole de Paris. Il vient d’adhérer au groupement des Vignerons Indépendants. Les cépages qu’il cultive sont principalement du Colombard, de l’Ugni-Blanc, du Un chai construit en grande partie de ses mains... Chardonnay, du Sauvignon, du Gros et du Petit Manseng. Il envisage de faire de la bouteille l’an prochain. En attendant, vous pouvez passer le voir à son chai le samedi matin. Et le 22 juillet à l’occasion de la fête des Vignerons Indépendants, il organise une journée portes ouvertes ! Jean-Louis Le Breton

Du blanc moelleux en cubi !!

Stéphane Garbay – Domaine de Massas – 32370 – Manciet. Tél. : 06 82 42 60 86.

Il prend des risques

Mais Stéphane va plus loin. « j’ai décidé de commercialiser moi-même une partie de ma production sous forme de vin en cubitainers de cinq

FÊTE DES VIGNERONS INDÉPENDANTS DE GASCOGNE

Vtoute la journée du samedi 22 juillet 2006 à Eauze (Gers). A cette enez nombreux à la fête des Vignerons Indépendants de Gascogne,

Il est l’un des premiers à proposer du blanc moelleux en bib !

occasion, la Fédération des Vignerons Indépendants de Gascogne organise une grande foire aux vins et aux produits régionaux. Vous pourrez également vous restaurer au Village Gourmand où de nombreux producteurs fermiers vous feront découvrir leurs spécialités. Les Vignerons Indépendants ont une carte à jouer : celle de l’authenticité et de la traçabilité. C’est pourquoi ils ouvriront toute l’année les portes de leur domaine viticole et vous pourrez visiter leur chai et leur vignoble et découvrir tout l’art de leur métier. Brochure « Bienvenue chez les Vignerons Indépendants de Gascogne » disponible dans les lieux publics, les Offices de Tourisme et Syndicats d’Initiative avec une carte détaillée des circuits par secteur viticole. Renseignement complémentaire au 05 62 08 15 10 Le Canard Gascon n°9

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Michel Carossio

Spécialisé dans la photo d’édition et la photo publicitaire, Michel Carossio n’en reste pas moins l’un des « objectifs » les plus talentueux de la Gascogne. A la découverte d’un grand photographe...

NCarossio a un passé é à Marciac, Michel

d’éducateur sportif puis de commercial. « Vers trente ans, j’ai voulu changer et faire quelque chose qui me plaise vraiment. J’aimais prendre des photos et je me suis dit : pourquoi pas ? J’ai bien réfléchi, je me suis renseigné sur le métier. J’ai appris en lisant beaucoup et en regardant le travail des autres. J’ai pris des cours par correspondance et j’ai passé un CAP en candidat libre… »

Un don pour la photo

A ce travail et à cette volonté s’ajoute un vrai don naturel pour la photo, même s’il ne s’en vante pas. « Pour démarrer, j’ai démarché des agences de communication dans la région. Mon premier client a été les Edi-

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tions Rando à Ibos avec qui je continue à travailler. Ils proposent des guides touristiques. Puis après ça s’est enchaîné. J’ai travaillé pour le Guide des Grands Vignobles, le Conseil Général du Gers, le festival de Marciac, etc. »

Des clients prestigieux

Michel Carossio ne possède pas de magasin et ne pratique pas la photo dite « sociale » comme les mariages ou les naissances. « Je ne fais que de la photo d’édition, de publicité, de catalogue ou industrielle. Il m’a fallu trois ans pour me faire une place… » Parmi ses clients, on compte le Floc, le Bureau National Interprofessionnel de l’Armagnac, le Tariquet, le Syndicat des restaurateurs et hôteliers du Gers, la mairie d’Auch… bref des noms prestigieux ! Il garde malgré tout du temps pour lui : « sur le plan personnel, je travaille à une série de portraits de vignerons du Sud-Ouest. Je n’avais jamais pratiqué le portrait auparavant et ça me fait plaisir. J’aime aussi photographier les corridas et les ferias ! » Jean-Louis Le Breton Michel Carossio - Tél. : 05 62 09 32 52


Photos de Michel Carossio

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Le Canard gascon a sélectionné pour vous quelques manifestions Gasconnes !

Les bons plans à ne pas manquer... Gers

Festival Cuivro’Foliz, à Fleurance du 21 au 23 juillet 2006 Devenu une référence dans le milieu de la fanfare, le festival « Cuivro’Foliz » est un moment riche en émotions avec au programme du jazz, du funk et surtout du groove ! Tél. : 05 62 64 00 00 www.cuivrofoliz.com

Festival de Musiques et Danses anciennes, à Sarrant du 6 au 13 août 2006 Le travail pédagogique (stages, violon traditionnel, danses gasconnes, chant occitan, broderie médiévale) et les ateliers où les enfants pourront exprimer leur créativité sont deux des aspects majeurs de ce festival. Tél. : 05 62 65 04 58 www.sarrant.com

Festival d’astronomie, à Fleurance du 12 au 18 août 2006 De nombreuses activités d’initiation sur les thèmes du ciel et de l’espace, ainsi que des animations adaptées au niveau de chacun, des conférences et des soirées d’observation sont proposés aux visiteurs passionnés par l’astronomie. Tél. : 05 62 06 62 76 www.fermedesetoiles.com

Voyage dans l’antiquité avec Alix, Montréal du Gers du 14 juillet au 15 août Exposition de 30 planches de dessin retraçant les aventures d’alix à travers les albums de Jacques Martin. Villa galloromaine de Séviac

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BD en Gascogne, à Eauze du 5 au 6 août 2006 Le festival d´Eauze est désormais une manifestation incontournable dans la région, reconnue dans le monde de la BD francophone pour sa qualité.

Tél. : 05 62 09 75 83 http://perso.wanadoo.fr/ernst.bd.zappeurs/fdb.html

L’Été pPhotographique de Lectoure, du 22 juillet au 27 août Cette année, l’Été Photographique est marqué par deux événements : la première exposition du photographe tchèque Jan Svoboda et les photographies des USA dans les années soixantedix du danois Jacob Holdt. Tél. : 05 62 68 83 72 www.centre-photo-lectoure.fr

Festival Galop Romain, à Eauze du 14 au 16 juillet 2006 Pour sa troisième édition le festival galop romain nous prépare sa course de char « CHARIVARIX » avec comme différentes équipes les Pompiers d’Eauze, les Vieillarmagnacs, le Quartier de Maignan, l’Entente Manciet-Cravenceres, le Tennis, ainsi qu’un équipe féminine !

Festival Country Music, à Mirande du 12 au 16 juillet 2006 Le « Festival Country Music » déploie des animations aussi nombreuses que spectaculaires au cœur de Mirande, qui se met pour l’occasion à l’heure et au style américain. Le festival propose 61 concerts sur 5 jours, soit plus de 16 heures de musique quotidienne ! Tél. : 0 892 68 30 32 www.country-musique.com

Tempo Latino, à Vic Fezensac du 27 au 30 juillet 2006 « Tempo Latino » fête ses treize ans d’existence et invite ses visiteurs à un voyage musical, un nouveau périple autour de la musique latine. Tél : 05 62 06 56 66 www.tempo-latino.com

Landes

Festival Rue des Etoiles, à Biscarosse, du 16 au 17 juillet 2006 Des spectacles de nouveau cirque (certains gratuits) en plein air ou sous chapiteau, restauration sur place. Un festival original pour le plaisir des amateurs de spectacles. Tél. : 05 58 78 20 96 http://www.biscarrosse.com

www.festivalgalopromain.com

Jazz in Marciac, du 31 juillet au 15 août 2006 Jazz in Marciac est devenu en quelques années l’un des festivals les plus importants sur le plan européen. Une programmation rigoureuse, du jazz sans exclusivité de genre ou de style, qui va jusqu’aux musiques cousines, mais qui reste sans compromission. Tél. : 0 892 690 277 www.jazzinmarciac.com

Semaine de la langue et de la culture gasconne, à l’abbaye d’arthous, du 31 juillet au 5 août 2006 Les matinées seront réservées aux cours de langue gasconne, les après-midis offriront la possibilité d’assister à des ateliers : théâtre, poterie, botanique, cuisine, paléographie, architecture ancienne, civilisation occitane, chants traditionnels… Tél. : 05 58 05 41 44

La Parade des Cinq Sens, à Hastingues, le vendredi 14 juillet Au programme des festivités : expositions, contes, ateliers, chansons, arts de la rue… Pe-


...Gers, Landes, Hautes-Pyrénées, Lot-et-Garonne...

...cet été en Gascogne ! tits et grands ne manqueront pas de trouver, dans cette 8ème édition, l’occasion de mettre tous leurs sens sans dessus dessous ! Tél. : 05 58 73 68 66

Festival Les Déferlantes Francophones à Capbreton, du 26 au 29 juillet Pendant quatre jours et quatre nuits, elles nous invitent à danser sur des musiques lointaines, à découvrir des artistes de grand talent et à faire une étrange expérience. Tél. : 06 85 91 45 34 www.capbreton-tourisme.com

Festival Paso Passion, à Dax du 27 au 31 juillet Paso Passion est un festival s’articulant autour de deux soirées, l’une entièrement dédiée à la danse et l’autre à la musique taurine. Des groupes d’artistes espagnols et français réputés s’y produisent et font découvrir au public les facettes de ces deux arts. Tél. : 05 58 90 99 09 http://lanehe.free.fr

Festival de contes à Capbreton Du 08 Août 2006 au 11 Août 2006 Quatre jours durant, des paroles fortes, libres, voire libertaires, étranges ou joyeuses, insolentes parfois, turbulentes toujours, se déploient aux quatre coins de la ville, traversent les esprits et inventent des mondes nouveaux. Tél. : 05.58.72.21.61 Site : www.landes.org

créative. Il s’y côtoie avec bonheur les univers équestres et artistiques. Tél. : 05 62 51 30 31 www.festivalequestria.com

Festival de Gavarnie, du 15 au 26 juillet 2006 En pleine nature au cœur des Pyrénées, vous sera présenté un grand spectacle théâtral de cape et d’épée pour tout public. Combats d’escrime, scènes équestres, reconstitutions d’époque, intrigues, complots et rebondissements, dans une seule pièce : Les Trois Mousquetaires. Tél. : 05 62 56 71 20

Festival de Musiques d’Amérique Latine, à Capvern du 2 au 6 août 2006 Chaque année, dix-mille personnes viennent assister aux quinze concerts répartis sur cinq jours ou tout simplement rencontrer d’autres cultures par le biais d’expositions photographiques, d’objets artisanaux et d’instruments de musique. Tél. : 05 62 39 08 09 www.capfestival.com

Riff Mania, à Castelnau Rivière Basse du 27 au 29 juillet 2006 Une programmation artistique réjouissante sur trois soirs, des ateliers, des spectacles de rue et des débats en journée seront l’occasion de rencontres et d’échanges entre les générations et les cultures. Tél. : 06 89 84 65 05

Piano aux Pyrénées du 16 au28 juillet 2006

Hautes-Pyrénées

Équestria, à Tarbes du 24 au 30 juillet 2006 Installé au Haras national de Tarbes, « Équestria » a réussi l’alchimie entre un cadre reposant et une manifestation généreuse et

Du 16 au 28 juillet se déroulera dans les Hautes-Pyrénées le dizième anniversaire du festival « Piano aux Pyrénées » et de l’Académie internationale Gyorgy Sebök. Tél. : 05 62 92 16 00 (Off. Tourisme de Barèges) www.pianopyrenees.com

Lot-et-Garonne

Garonna Show, au Port-Ste-Marie du 13 au 15 juillet 2006 L’éclectisme de la programmation et la convivialité sont les valeurs de ce festival qui met en scène 22 groupes dont Manège Grimaçant et Paganelle, Sangria Gratuite, Zig Zazou, ...

Tél. : 05 53 87 21 19 - www.garonna-show.com

Les Vacances Percutantes, à Marmande, du 15 au 23 juillet 2006 Un concert autour des percussions et un concours de composition pour ce festival unique en France ! Tél. : 05 56 49 31 41

Bastid’art, à Miramont de Guyenne le 5 et 6 août 2006 Le Festival des Arts de la Rue accueillera cette année plus de 15 compagnies de Cirque, de Théâtre et de Musique. Au programme : cirque, échasses, cabaret musical, jonglerie, expositions, ateliers, repas de rue et stand forains. Tél. : 05 53 93 20 52 www.ville-miramontdeguyenne.fr

Fête du vin et Montgolfiades de Duras les 12 et 13 août 2006 Découverte des vins des côtes de Duras et voyages en Montgolfières pendant ces deux jours, avec de nombreuses animations ! Tél. : 05 53 94 13 48- www.cotesdeduras.com

Festival de Bonaguil-Fumel, à Fumel du 4 au 11 août 2006 Dans le majestueux décor du château médiéval de Bonaguil et dans le théâtre de verdure de Fumel, vous retrouverez des auteurs classiques comme Jean Giraudoux avec «La guerre de Troie n’aura pas lieu», mais aussi des artistes comme Francis Huster... Tél. : 05 53 71 17 17 www.fumel.fr Pages réalisées par Sayam

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Laetizia entre deux mondes ! La jeune chanteuse faisait partie du quatuor gagnant de la Nouvelle Star en 2003. Aujourd’hui, après un premier « single » à succès, son cœur se partage entre sa carrière… et la Gascogne où elle a fait l’acquisition d’un hôtel !

Lgine corse ne manque pas de caractère. Elle

moment où nous l’avons enregistré et aujourd’hui, j’ai beaucoup changé. Je me sens plus révoltée et pour le prochain album je ferai quelque chose d’encore plus personnel… » Laetizia est vraiment partagée entre deux mondes « Je vais devoir reprendre ma promo en 2007. En ce moment j’ai plus envie de privilégier ma vie de famille. Je m’occupe personnellement de ma fille. Je ne veux pas de nounou, je n’aime pas la facilité. La vie est faite de concessions… et la chanson me manque beaucoup ! »

aetizia Alberti, jeune et jolie chanteuse d’ori-

vient récemment de s’installer à Barbotan où elle a fait l’acquisition d’un hôtel avec son mari Michael. Si la musique a été sa première passion, elle balance aujourd’hui entre sa carrière et s’occuper de sa fille Lisa-Maria. « La famille est ce qu’il y a de plus important pour moi » commente-telle en gardant un œil sur le biberon. Et elle ajoute : « Mais je suis sous contrat avec Sony-Music. Et j’ai la chance d’être soutenue par une société de production gérée par ma mère*. »

Une battante.

Cette envie de prendre en main son destin, que ce soit dans sa vie personnelle ou professionnelle, montre bien son tempérament de battante. Elle a commencé à jouer du piano dès l’âge de cinq ans et a suivi des cours au conservatoire de Nice. Elle écrit et compose rapidement ses premières chansons et collabore à diverses actions comme la lutte contre le cancer, le Sida ou le Téléthon. Mais c’est l’émission « A la recherche de la Nouvelle Star » qui la propulse sur le devant de la scène en 2003. C’est aussi le moment de l’entrée dans le système du show-biz avec ses bons et ses mauvais côtés. « Pour participer à l’émission, il fallait signer le contrat sans discuter… C’était ça ou rien, on ne nous laissait pas le choix. Malgré tout je suis contente mais il ne faut pas faire croire aux jeunes qui participent à ces castings qu’ils vont gagner des millions… »

« Aujourd’hui, je me sens plus révoltée… »

Certes, les chanteurs touchent rapidement de l’argent « mais ce sont des avances qu’il faut ensuite rembourser sur les ventes. » Son premier single sort en juillet 2004. « Je n’ai pas bénéficié d’une très bonne promo » rouspète-t-elle. Malgré tout, le titre se vend à 100 000 exemplaires. L’album complet, enregistré en 2004 sort cet été. « Entre le

Une affaire de famille…

A Barbotan, la chanteuse cède la place à l’hôtelière. « Ma sœur avait déjà racheté un hôtel ici et ça a été une bonne occasion de se retrouver. J’aime beaucoup ce lieu. Je recherche le calme et la tranquillité, c’est dans ma nature. L’hôtellerie est aussi une histoire de famille car mes parents possèdent un établissement à Nice. » Ici encore, elle gère, surveille tout et veut garder la maîtrise de son destin. « Je suis très méfiante. Et il faut être courageux et savoir faire des efforts. La restauration est un métier très dur. Notre chef, Jacques Rossi, s’investit à fond dans des préparations d’épices et de plantes et il propose également une cuisine traditionnelle du terroir. » Le travail ne lui fait pas peur. « Je vois souvent des gens qui se plaignent, mais si on a vraiment envie de travailler on peut y arriver. D’ailleurs si demain je crève de faim je suis capable d’aller faire des ménages… » Entre la chanson, les concerts, le bruit et la vie calme d’hôtelière à Barbotan ou ailleurs, Laetizia n’a pas vraiment choisi. « Je ne sais pas où je serai l’année prochaine. » Une chose est certaine : elle a bien pris conscience des limites et des dangers du show-biz et elle gardera les pieds sur terre coûte que coûte. Alors autant que ce soit en Gascogne. Un bon endroit pour se ressourcer, n’est-ce pas ? Jean-Louis Le Breton (Photos de Laetizia : Felicia Sisco.) *AC Music Productions Laetizia Alberti – « Cent fois » (single). « Ce que je suis» (Album à sortir très prochainement)

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Sophie Allington

Sophie Allington

Le monde fascinant des insectes

the fascinating world of insects

Ntechniques, Sophie Allington, elle-même dessinatrice

ée d’un père connu pour ses dessins et ses illustrations

Tneer, scientific illustrator Sophie Allington grew up

he daughter of a well-known technical illustrator and design engi-

scientifique, a grandi dans un univers où le dessin et l’histoire naturelle occupaient une place de première importance. Le grand naturaliste et explorateur Frederick Chasen, fondateur du « Raffles Museum of Natural History » à Singapour, était son grand-oncle. Ce sont à ses dessins de composantes de moteurs des voitures Lotus, Ferrari et Ford que son père James Allington doit sa reputation.

in a world in which draftsmanship and natural history meant everything. Naturalist and explorer Frederick Chasen, founder of the Raffles Natural History Museum in Singapore, was her great-uncle. Her father James Allington was known for his drawings of engine components of Lotus cars as well as Ferraris and Fords. Sophie earned a Bachelor of Arts degree in scientific illustration at Middlesex University, where she won a scholarship to the Washington Smithsonian’s Natural History Department, the first foreign student to do so. That is where she received an invitation from entomologist Terry Erwin to accompany him on a month-long trip to the Peruvian rainforest to illustrate tree insects.

Sophie Allington

The experience led her to enter a contest launched by Gardening Which back in England for the best illustration of insects on brassicas, which she won hands down. From that moment on her career as a scientific illustrator was launched, and her name has become something of a byword in the field : her work has appeared in such publications as Gardening Which, the Daily Telegraph, the Reader’s Digest, as well as books published by Collins, Penguin and the Cambridge and Oxford University Press. Her drawings of insects, birds, weeds, and gardens all stand out for their remarkable sense of detail, colour and precision, testifying to the vast amount of research contained in each of them. Many of them can well stand on their own for their artistic merit.

Cette expérience l’amena à s’inscrire à un concours organisé par la revue anglaise Gardening Which pour les meilleurs dessins d’insectes vivant sur les choux, concours dont elle sortit gagnante. C’était le coup d’envoi de sa carrière d’íllustrateur scientifique professionnel, domaine dans lequel son nom est devenu synonyme d’excellence. Ses dessins ont paru dans des publications telles que Gardening Which, le Daily Telegraph et Reader’s Digest, et dans des ouvrages publiés par Collins, Penguin et par Cambridge et Oxford University Press. Ses dessins d’insectes, d’oiseaux, de plantes sauvages et de jardins se distinguent avant tout par un grand souci du détail et de la précision, et témoignent d’un vaste travail de recherche. Bon nombre de ces dessins méritent d’ailleurs d’être appréciés pour leur seule valeur artistique.

Sophie’s gîte

Sophie Allington left England some three years ago, and now lives in the Gersois countryside, where she has restored an attractive farmhouse and extremely comfortable gîte (four bedrooms, four bathrooms, a sitting room and kitchen, and use of the beautiful swimming pool overlooking lush and rolling countryside). Nina de Voogd For information : Sophie Allington 05 62 68 95 72

Diplômée en illustration scientifique de Middlesex University, Sophie y obtint une bourse d’études au Département d’Histoire Naturelle du prestigieux « Smithsonian Museum » à Washington. Une première pour une élève de nationalité étrangère. Elle y rencontra l’entomologiste Terry Erwin qui l’invita à l’accompagner pour un voyage d’un mois dans la forêt tropicale du Pérou et pour y dessiner des insectes arboricoles.

Sophie Allington a quitté l’Angleterre il y a trois ans pour venir s’installer dans la campagne gersoise, où elle a restauré une jolie ferme et aménagé un gîte haut-de-gamme (quatre chambres, quatre salles de bains, salon et cuisine, avec accès à la belle piscine et la vue sur une magnifique campagne vallonnée). Nina de Voogd Pour information : Sophie Allington 05 62 68 95 72

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dessins de Sophie Allington - Sophie Allington’s artwork

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The road from India to Gascony De l’Inde à la Gascogne Alagan and Jeeva Alagumalai have brought Indian cui- Alagan et Jeeva Alagumalai ont importé l’art de la cuisine indienne en Gascogne. sine to Gascony.

Ases tissus mais aussi pour sa cuisine. Il vit en France depuis vingt lagan Alagumai est originaire de Madras, ville indienne célèbre pour

trois ans mais ne manque pas chaque été de retourner en Inde voir sa famille. Il a ouvert à Mont-de-Marsan un restaurant de cuisine traditionnelle baptisé « le Gandhi* ». Le décor est à la hauteur de la qualité des plats : haut en couleur ! « Nous travaillons avec un tandoori qui est un four en terre alimenté en charbon de bois. Nous l’utilisons pour la cuisson des viandes et des poissons. » La carte est riche et variée. En entrée, Alagan propose des salades indiennes, des aubergines « bhadji » avec de la farine de petits pois, du « katlat » qui est un poulet aux oignons, des samosas (beignets) de viande ou de légumes ou du « shami kebab », une galette d’agneau hachée aux petits pois.

De l’agneau à toutes les sauces…

Ato be sure, but for its cuisine as well. He has

lagan Alagumalai is a native of Madras, a city known for its fabrics,

been living in France for the past twenty three years but goes home to India every summer to visit his family. He runs a traditional Indian restaurant called “Le Gandhi” in Mont-de-Marsan, where the setting is as exotic as the fare !

“We use a tandoori, a charcoal-heated oven for cooking fish and meats”. The menu is highly varied. For appetizers Alagan serves Indian salads, a “bhadji” eggplant dish made with ground peas, a “katlat” consisting of chicken and onions, meat or vegetable “samosas” or dumplings, or a “shami kebab” made of ground lamb and peas.

Lamb in a variety of guises

Alagan owes his reputation, however, to his wife’s mouthwatering lamb curries : a mild “massala” curry, a “jaipur” one with egg and coconut, a spicy one called “Madras”, another called “vindaloo” (four spices), and a “roganjoosh” curry with tomatoes. Another reason his dishes are so good is the first rate quality of his meats. Needless to say, he serves basmati rice, spices like cardamom and cinnamon, as well as “nans”, a flat type of cake made of wheat flour, milk and cheese that accompany each meal. While Alagan Alagumalai did graduate from a management course in Paris, the reason for his restaurant’s success is the warmth and hospitality with which he greets his guests. Jean-Louis Le Breton (trad. Nina de Voogd) Le Gandhi, 28bis place Joseph Pancaut – 40 000 Mont-de-Marsan The restaurant re-open on july 20 th

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Mais ce sont surtout ses currys d’agneau qui ravissent le palais et font sa réputation. Son épouse les prépare de diverses façons : « massala  » (au curry doux), « jaipor » (avec de l’œuf et de la noix de coco), « Madras » (épicé), « vindaloo » (aux quatre épices), « roganjoosh » (à la tomate). La qualité de la viande est aussi pour beaucoup dans la réussite de ces plats. Les amateurs apprécieront le riz basmati, les épices variées comme la cardamome ou la cannelle et les « nans », ces galettes de farine de blé mélangées avec du lait, du fromage et qui remplacent le pain traditionnel français en accompagnement des plats. Alagan Alagumai possède un diplôme de gestion qu’il a passé à Paris. Mais aucun examen ne remplace le sens de l’accueil qu’il possède spontanément et qui fait le charme de son restaurant. Si vous appréciez la cuisine exotique ou si vous souhaitez la découvrir, c’est un endroit à ne pas manquer ! Jean-Louis Le Breton Le Gandhi, 28 bis place Joseph Pancaut 40 000 Mont-de Marsan. Tél. : 05 58 85 97 97 * attention :le restaurant est fermé du 25 juin au 20 juillet.


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Ô moun païs... qué parlan de tu... Les vacances sont l’époque de parution des guides touristiques pour découvrir nos régions. En voici quelques-uns qui présente tous les charmes de notre Gascogne. Guide Gallimard « GASCOGNE – GERS » Editions Gallimard Le livre le plus complet consacré à notre région puisqu’il ne compte pas moins de deux cent cinquante pages. Des descriptifs très poussés de nombreux lieux touristiques et culturels plus une section consacrée à des grands thèmes comme l’architecture locale, la peinture régionale, les traditions, la gastronomie. Pour tout connaître de votre région de naissance, d’adoption ou de vacances ! Un « must » ! Guide Petit Futé « GERS – GASCOGNE » Editions Petit Futé. Deux cents pages de renseignements touristiques sur la région mais surtout des dizaines et des dizaines de bonnes adresses : hôtels, restaurants, cafés de village, discothèques et principaux producteurs, artisans, etc. Pour savoir où aller à tout moment, en toute occasion. Des adresses très précieuses pour ramener plein de belles et bonnes choses ! Guide du Routard « PYRENEES – GASCOGNE » - Editions Hachette Un gros guide de quatre cent cinquante pages consacré à une grande partie de notre sud-ouest, de Toulouse à Biarritz. Le succès de cette collection est motivé par un travail extrêmement minutieux sur chaque région, tant au plan des renseignements touristiques que des bonnes adresses. Ce livre est très intéressant car, si vous séjournez dans notre région –ou si vous recevez des amis chez vous – vous ne serez jamais en peine de trouver un lieu de sortie pour la journée !

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Topo-Guide « LE GERS A PIED » - Editions de la Fédération Française de Randonnée Pédestre. 29 circuits de promenades à pied à travers le Gers sont décrits avec force indications et des cartes très détaillées. Pour respirer le bon air des coteaux gersois… « GASCONS A TABLE » de Jean-Claude UlianIllustrations de Jean-Claude Pertuzé Editions Art Media, St Julien, 47360 Laugnac Tél.: 05 53 47 43 51 Un petit livre fort sympathique pour vous mettre l’eau à la bouche… Il s’agit d’une compilation de textes de divers auteurs célébrant l’art de la table si important dans notre Gascogne. A signaler la qualité et l’humour des nombreuses illustrations qui émaillent cet ouvrage. La nouvelle édition propose en plus quelques recettes régionales. Enfin, un peu de distraction avec un nouveau CD chantant les Pyrénées : « CANTAGOY PYRENEEN » par Edmond Duplan – Editions AGORILA Un troubadour qui chante les Pyrénées et la Gascogne. C’est drôle, plein de poésie, évocateur de la vie de « chez nous ». Cela parle de Lourdes, de courses landaises, de bal gascon, du Tour de France dans les cols pyrénéens, d’amours de villages. Edmond Duplan a, de plus, une jolie voix. C’est entraînant. On en redemande… Jean-Paul Amic


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