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N°6 - Janvier-Février 2006 - 3,2 €

Ruralité et modernité


Sommaire n°6 Enquêtes, portraits et reportages Constructeur ou artisan ? – Page 4 Rencontre avec Jacques tartas – Page 6 Choisir une maison en bois– Page 8 La géothermie- Page 10 Le solaire - Page 12 Construire à l’ancienne - Page 15 Traquer les termites - Page16 Expert en bâtiment - Page 17 L’éco-construction - Page 18

Construction : les aléas du boum immobilier ! Iéloquentes. Ce petit tableau des autorisations de constructions neuves parle de lui-même :

l y a un véritable boum de l’habitat dans le Sud-Ouest. Les statistiques officielles de l’état sont

Ville

Période 1997-2000

Période 2001-2004

Auch

370

688

Dax

1053

1233

Mont-de-Marsan

842

1462

Eric Reignoux et les bergeries- Page 22 Serge Lafourcade, photographe - Page 22 Dominique Eyraud, peintre - P. 24 Yolande Carayon-Mouli, peintre- Page 25 Etudiants : comment se loger ?- P. 26 Patrick Vallate, le café de Mézin - Page 27 Félicien fait son Schpountz - Page 28 La Commanderie du Tursan - Page 30 English Pages Gascogne et luxe - Page 32 Le Pastis d’Amélie - Page 34 Olivier Martin - Page 36 Cd, bouquins, etc... Page 38 Photo de couverture Roxane Marin (Photo J.-M. Danard) Bulletin d’abonnement Page 31 Ne ratez pas notre prochain numéro sur les thèmes suivants :

Jardinage, bien-être,

thermalisme, etc... Parution le 10 mars 2006

Ce n’est pourtant pas le développement démographique qui justifie une telle envolée de la construction. Les causes sont multiples. Après les spéculations financières de la fin des années quatre vingt dix, nul doute que beaucoup ont voulu se rabattre sur la pierre et investir dans le locatif qui n’a cessé d’augmenter depuis. L’arrivée assez massive d’étrangers (généralement venus de la communauté européenne) et achetant les maisons anciennes à un prix élevé est également un facteur déterminant. Le prix de l’ancien a connu une telle flambée ces dix dernières années que beaucoup d’autochtones ont choisi de vendre leurs biens et de construire du neuf. Autour des grandes agglomérations, Auch, Dax, Mont-de-Marsan, Toulouse, les chantiers poussent plus vite que des champignons en automne. La conséquence de cette situation est que les artisans et constructeurs sont débordés. Pas facile de trouver un maçon, un électricien ou un plombier qui ait moins de deux ans de travail d’avance dans sa besace. Il en résulte des situations ubuesques où les clients ayant besoin de petits travaux sont négligés, voire ignorés par les professionnels du secteur. Demander un simple rendez-vous pour un devis devient un chemin de croix. Et quand l’artisan daigne se déplacer, c’est souvent avec un retard qui relègue le quart d’heure Gascon au rang d’un petit laps de temps. Cette croissance de l’habitat est aussi une occasion unique pour les nouveaux propriétaires de réfléchir à leur environnement : le prix des énergies fossiles en constante augmentation incite désormais à choisir une isolation efficace et un type de chauffage économique et à s’inscrire dans une démarche de qualité et de responsabilité. Bref, ce sont les différents aspects de ce phénomène que nous avons souhaité explorer dans ce magazine. A propos de croissance, vous avez entre les mains le numéro 6 du Canard Gascon. Les lecteurs les plus anciens auront noté que depuis le numéro 1 la pagination a doublé, que la couleur est partout. Le Canard Gascon est maintenant plus largement diffusé, des Landes jusqu’à Toulouse. Alors un grand merci à vous tous qui nous encouragez et continuez à nous soutenir. Salutations Gasconnes Jean-Louis Le Breton

Le Canard Gascon, 2, av. du Général Leclerc - 32110- Nogaro. Tél. : 05 62 09 03 61 - Fax : 05 62 69 03 69. www.le-canard-gascon.com. Mail : info@le-canard-gascon.com Rédaction Directeur de la publication et rédacteur en chef : Jean-Louis Le Breton. Maquette et conception graphique : Pierre Giès. Ont collaboré à ce numéro : Nina de Voogd, Jean-Paul Amic, Faustine Milard, Caroline Le Breton. Le personnage du Canard Gascon est de Elger. Merci à Daniel Dalex pour ses précieux conseils. Photos : Jean-Louis Le Breton, Jean-Paul Amic, Faustine Milard, La Maurague. Editeur : Anyware sarl, La Bayle – 32110 Magnan. Dépôt légal, 1er trimestre 2006. Service des ventes au journal (05 62 09 03 61). Numéro de commission paritaire : 0207 I 86098. ISSN 1772-6573. Imprimé par Dauba à Nogaro. Abonnement : 36 euros pour 12 numéros – France métropolitaine. Autres régions, nous consulter. Ah voilà les courageux qui n’hésitent pas à se flinguer les yeux pour voir ce qui est écrit en tout petit, chapeau les gars ! C’est le genre de paragraphe qui fait la fortune des opticiens. Normalement ici on met les mentions légales du genre « z’avez pas le droit de reproduire ce qui est dans le Canard Gascon sans autorisation écrite des parents ». Bon, ben voilà c’est dit. J’en profite aussi pour m’offrir un édito bis. C’est le numéro 6 (« Bonjour chez vous n°6 » comme disait Patrick Mac Gohan pour les plus érudits). En 6 numéros, on a doublé la pagination sautant allègrement à 40 pages et le tout en couleurs, essssscusez du peu ! Faut-il qu’on vous aime et qu’on aie envie de raconter des tas de choses. A ce propos, on est un peu frustrés dans ce numéro, car il y avait encore des millions d’infos à donner sur la construction. Tiens, rien que le catalogue que j’ai ramené de Bâtimat fait 800 pages et pèse un âne mort. Mais le Canard Gascon ne doit pas devenir un magazine spécialisé. On vous met sur des pistes, après, à vous de suivre. A part ça, c’est l’hiver et le Canard se gèle un peu les pattes, mais voilà bientôt la foire au gras, on va se refaire une petite couche de lard. @+ Le Canard Gascon N°6 - Page 3


La Gascogne connaît un véritable boum de projet, le futur propriétaire doit choisir Quels sont les avantages de tra Deux points de vue sont

Constructeur... Rencontre avec José Dagmez, directeur commercial chez un constructeur qui travaille sur les départements des Landes et du Gers. Le Canard Gascon : Quels sont les arguments que vous mettez en avant pour inciter les futurs propriétaires à aller chez vous plutôt que de choisir un artisan ? José Dagmez : Nous apportons déjà une sécurité financière. Les constructeurs et promoteurs ne peuvent pas exercer leur métier s’ils ne possèdent pas un garant financier. Chez nous, c’est la CEGI* qui garantit d’abord le remboursement des acomptes jusqu’à l’ouverture du chantier, puis la garantie de parfait achèvement dans le respect des prix et des délais. Nous sommes donc dans un système hypercontrôlé et notre travail est très observé.

L.C.G. : Quels sont vos engagements face à vos clients ? José Dagmez : Nous signons avec eux un contrat de construction de maison individuelle, avec fourniture de plan, qui est conforme au modèle communiqué à l’Association Française des Etablissements de Crédit. Tout y est précisé dans le détail. Nous prenons en charge l’aspect administratif pour aider à l’obtention des prêts et du permis de construire, ce qui prend environ quatre à cinq mois. Ensuite nous avons un délai légal imposé qui est de huit mois maximum pour une maison dont le prix est inférieur à 130 000 € et douze mois au-delà. Si nous sommes en retard nous devons payer chaque jour 1/3000e du prix total de la maison. En moyenne nous mettons à peu près sept mois pour construire une maison, ce qui avec les démarches administratives précédentes porte un projet à environ un an. Ce sera éventuellement plus long si le chantier démarre en décembre car on s’interdit de couler du béton par des températures en dessous de zéro.

L.C.G. : Pourquoi vos produits sont-ils souvent moins chers que chez un artisan ? Vous rognez sur la qualité ? L.C.G. : Vous ne travaillez pas José Dagmez : Pas du tout. Nous avec des architectes ? utilisons la plupart du temps les mêJosé Dagmez : Nous avons ici un mes matériaux, mais notre puissance bureau d’études où travaillent six d’achat nous permet d’obtenir des prix personnes. Jusqu’à 170 m² habitabeaucoup plus intéressants. Certains de bles, la signature d’un architecte n’est nos confrères vont même se servir en Espas nécessaire. Nous disposons de pagne où ça coûte encore moins cher. De quinze modèles de base, mais 80% de même notre assurance dommage/ouvrage nos projets sont du sur-mesure en foncest plus économique parce que groupée. Il tion des désirs des clients. faut savoir que nous construisons de nombreuses maisons par an ! Par ailleurs nous-mêmes traL.C.G. : Utilisez-vous les nouveaux matériaux José Dagmez vaillons avec des artisans qui ont fait le choix de se comme les briques monomurs ou les briques de mettre au service d’un constructeur et que nous payons chanvre ? Et les nouvelles technologies de chauffage ? moins cher qu’un particulier. Ce qui est tout à fait logique puisJosé Dagmez : Nos constructions sont très classiques et pour que nous réalisons pour eux la démarche commerciale et qu’ils n’ont l’instant nous n’avons pas vraiment de demandes pour les nouveaux pas à se soucier de tout ce qui est administratif. Ils viennent sur le chan- matériaux. Mais certains clients nous poussent et il faut s’ouvrir au sotier, trouvent le matériel prêt et apportent leur savoir-faire. laire ou à la géothermie par exemple et nous avons déjà installé quelques chauffages de ce type. En 2010, la réglementation thermique nous obligera à mettre une part de solaire dans les maisons. On sent qu’il y a une forte sensibilisation des acteurs comme EDF et GDF et qu’on devient de plus en plus « vert ». L.C.G. : Finalement, quelle est votre marge réelle sur le prix d’une maison ? José Dagmez : Elle est de l’ordre de 20%. Propos recueillis par Jean-Louis Le Breton Contact José Dagmez : 06 82 89 87 70 *Compagnie Européenne de Garantie Immobilière

Une des maisons proposées par la société de construction où travaille José Dagmez. Le Canard Gascon N°6 - Page 4


Jusqu’à 170 m² habitables, la signature d’un architecte n’est pas nécessaire.

la construction. Au moment de lancer son entre un constructeur ou un artisan. vailler avec l’un ou l’autre ? exprimés dans ce dossier.

...ou artisan ? Jean-Pierre Daminato qui a 43 ans de métier comme maçon, défend le point de vue des artisans. Il travaille aujourd’hui avec son fils David. Rencontre avec les deux hommes.

les chantiers avec ce qu’on appelle des pieuvres électriques pour leurs maisons types. Mais après, impossible de changer le branchement ou de déplacer des circuits. C’est pareil pour les fenêtres ou les portes : nous pouvons toujours les changer alors que ce sera beaucoup plus difficile avec un promoteur. L.C.G. : Quel contrat proposez-vous à vos clients ? Jean-Pierre Daminato : Chez nous, il n’y a pas de contrat, mais un devis. Et celui-ci est parfaitement détaillé, poste par poste : vous savez ce que vous payez. Chez le constructeur, c’est généralement un forfait et on ne sait pas combien vaut telle ou telle partie. Et lorsque vous voulez prendre le carrelage ou le chauffage à votre charge chez un constructeur, on vous enlève trois fois rien sur la note finale. Comme leurs prix sont calculés au plus juste, ils ne rajouteront pas 1 m3 de béton si c’est nécessaire. C’est toute la différence avec nous.

Avec un nom à consonance italienne, Jean-Pierre Daminato pourrait descendre d’une lignée de maçons. Mais non. Son père était simplement agriculteur. Le Canard Gascon : Comment avezvous démarré dans le métier ? Jean-Pierre Daminato : Lorsque j’étais enfant, un maçon est venu travailler chez nous pour fabriquer des cuves. C’est comme ça que j’ai découvert le métier et ça m’a plu. J’ai travaillé comme ouvrier de 14 à 28 ans et je me suis installé comme artisan en 1975, ça fait trente ans ! Depuis, j’en ai construit des maisons, je ne les compte plus…

L.C.G. : Vous construisez en traditionnel, mais vous avez aussi fait le choix de fabriquer des maiL.C.G. : Quels sont les argusons en Siporex*. Pourquoi ? ments que vous mettez en avant David Daminato : Travailler avec pour inciter les futurs propriétaires du Siporex représente un gain de temps à aller chez vous plutôt que de choisir pour la livraison. Et c’est surtout un proun constructeur ? Devid et Jean-Pierre Daminato duit qui garantit une excellente isolation. Il a David Daminato : Ce qui compte avant été mis au point dans les années 20 mais a fait tout, c’est la confiance. Ici, nous sommes connus d’énormes progrès depuis. A une époque où les éneret reconnus sur un large secteur. Nous n’avons pas begies sont chères, les gens recherchent des maisons bien isolées. soin de faire beaucoup de pub. Nous ne trouvons pas les clients, ce sont eux qui nous trouvent parce qu’ils savent que l’entreprise est Jean-Pierre Daminato : C’est aussi un produit très résistant, contraisérieuse. Il est difficile de se faire une réputation, mais il est très facile rement à ce qu’on pourrait penser. Faites l’expérience de donner un de la perdre. De plus mon père et moi nous sommes pompiers au Houga coup de marteau sur un bloc de Siporex et sur une brique. Le Siporex va s’écraser et résister, mais la brique va éclater ! et on nous connaît pour ça aussi ! L.C.G. : Quel est pour le client, l’avantage de travailler avec vous ? David Daminato : Nous sommes très proches du client et nous avons beaucoup de souplesse pour nous adapter à toute sorte de situations. Ici nous vendons un produit alors qu’un promoteur vend plutôt « un prix ». On module quand le client a des idées en cours de route parce que pour nous, pratiquement tout est réalisable. Nous sommes aussi à la pointe des produits et des matériaux alors que les promoteurs restent dans le classique et le traditionnel. On proposera par exemple de la brique isolante ou du béton cellulaire pour une meilleure isolation de la maison. L.C.G. : Avec un constructeur, le client ne s’occupe pas des différents corps de métier. Comment cela se passe-t-il avec vous ? Jean-Pierre Daminato : Là aussi c’est une question de confiance. Nous réalisons 80% de l’ouvrage. Il manque l’électricité, la plomberie et le chauffage. Nous avons l’esprit d’équipe et l’habitude de travailler avec d’autres artisans. Et encore une fois, on peut s’adapter. Les constructeurs proposent souvent des maisons pré-câblées. Ils arrivent sur

L.C.G. : Finalement, êtes-vous plus ou moins cher qu’un constructeur à projet égal ? Jean-Pierre Daminato : Nous ne sommes pas chers parce que nous travaillons sans intermédiaires : pas d’architecte, pas de surveillance des chantiers et nous ne prenons pas de commissions sur les autres intervenants. L.C.G. : Et pour les délais ? Jean-Pierre Daminato : Nous ne sommes pas tenus par les délais comme les constructeurs. C’est une question de confiance avec nous, mais nous pouvons aussi nous engager en l’écrivant sur le devis. Propos recueillis par Jean-Louis Le Breton Contact Jean-Pierre Daminato : 05 62 08 91 69 * Le Siporex est un béton cellulaire fabriqué à partir de sable, de ciment et de chaux. Sa structure contient des micro-alvéoles d’air qui expliquent ses qualités d’isolation et d’inertie thermique… et son poids léger !

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Evolution de l’habitat :

entretien avec Jacques Tartas Jacques Tartas dirige un cabinet d’architecture dans le Sud-Ouest depuis bientôt 35 ans. Il a vu évoluer le marché de l’habitat au fil des fluctuations de l’économie.

JToujouse à la limite du Gers et des Landes, dirige

acques Tartas, qui est le Maire de la petite commune de

fait de même pour créer du locatif. Puis, de 1983 à 1999 il y a eu un arrêt quasi total. On se désintéressait de la construction parce que placer de l’argent rapportait plus que le locatif. Du coup l’absence d’offre a fortement fait monter les loyers. Depuis 2000 et avec les pertes que certains ont subi à la bourse, entre autres à cause de l’éclatement de la bulle internet, la tendance s’inverse et la construction est repartie en force. Nous vivons actuellement un grand boum qui devrait stabiliser les prix des loyers. »

un cabinet d’architecture depuis bientôt 35 ans. « J’ai démarré dans le bâtiment et les travaux publics puis je me suis tourné vers l’architecture pour rester près de mon village et construire. En 1974 nous n’étions que deux et j’étais obligé d’aller passer mes coups de fils à la cabine publique de Monlezun d’Armagnac car nous n’avions pas le téléphone. Aujourd’hui, le 20 février exactement, l’ADSL arrivera à Toujouse. On voit que le Le Canard Gascon : que penmonde a changé… » sez-vous du prix de l’ancien ? Tout au long de sa carrière, Jacques Tartas : « La venue Jacques Tartas a réalisé plus de nombreux Européens dans le de 200 bâtiments industriels, Sud-Ouest a fait chuter l’offre et administratifs et commerciaux. monter les prix de l’ancien. PresIl a bâti des écoles, des gendarque tout a été acheté dans la région meries, des mairies, mais aussi et les prix ont été multipliés par deux beaucoup de maisons individuelles. en sept ou huit ans. Bien sûr, les mai« Je ne les compte plus depuis un mosons en torchis sont un peu moins cotées ment… » ajoute-t-il. Sur l’évolution du que celles en pierre. Ce mouvement a aussi Jacques Tartas marché de la construction, son analyse est incité les habitants et paysans de la région à intéressante. « J’ai vu passer deux cycles imporvendre leurs vieilles maisons à très bon prix pour tants dans l’habitat. Au début des années quatre vingt, en construire des neuves. Dans les Landes, ce sont prinbeaucoup de gens venus principalement d’Ile-de-France se sont cipalement les Espagnols qui ont fait grimper les prix de tout le mis à construire en pagaille dans le Sud-Ouest. Les habitants locaux ont littoral… »

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«Depuis 2000, la construction est repartie en force...»

L.C.G. : Et l’évolution du prix des terrains ? Jacques Tartas : « On constate de grandes disparités dans les prix des terrains du Sud-Ouest. Dans la campagne du Bas-Armagnac, on trouve des terrains au prix de 7 à 20 € du m². Parfois même moins cher quand les maires de petits villages viabilisent des lotissements pour attirer des jeunes. Autour d’Aire-sur-l’Adour les prix montent à 30 ou 40 €/m², vers Mont-de-Marsan on passe à 70 €/m², à Dax c’est de l’ordre de 80 à 100 €/m² et sur la côte on peut dépasser les 200 €/m². C’est bien sûr moins cher dans les campagnes. Je pense que ces prix vont se stabiliser ou progresser plus lentement. Mais il faut savoir qu’entre La Rochelle et Hendaye on estime que la population devrait augmenter de 30% dans les prochaines années. Même si les gens vont plutôt sur la côte, beaucoup s’installeront dans l’intérieur des terres. Et l’arrivée de ces personnes va dynamiser l’économie de la région. »

Jacques Tartas, devant la mairie de Toujouse.

L.C.G. : Les modes de construction ont-ils évolué ? Jacques Tartas : « On a amélioré l’isolation des maisons mais c’est tout. La construction elle-même a peu évolué pendant longtemps. Aujourd’hui ça commence à bouger. Depuis 4 ou 5 ans, on nous demande du bois. C’est un matériau qui permet de construire vite, qui est confortable et chaleureux. Il y a aussi un engouement pour les énergies nouvelles depuis un an ou deux. Mais les pompes à chaleur existaient déjà il y a 30 ans. Pour le solaire la demande est croissante. L’anglais BP est actuellement le plus gros fabricant de capteurs solaires, et Total s’y met aussi. Il faut dire que dans le Sud-Ouest on n’était pas très motivé par le problème du chauffage. La forte augmentation du prix des énergies est en train de changer la donne… » Propos recueillis par Jean-Louis Le Breton

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Choisir une maison en bois ! Le bois est une alternative intéressante à la pierre ou la brique pour la construction. Depuis longtemps en vogue en Amérique du Nord, les maisons en bois se multiplient en France. Rencontre avec Michel Brethes, concepteur de maisons.

Ebois qui ont été construites en Fran-

n 2005, ce sont près de 6000 maisons en

qu’un bloc de béton de 20 cm. Au final, nos murs extérieurs mesurent entre 24 et 26 cm. Ce sont des très bons isolants thermiques et phoniques. L’absence d’humidité est également un facteur intéressant pour la santé. Avec une hygrométrie inférieure de 30% par rapport à une maison traditionnelle, la maison en bois séduit beaucoup de clients. En particulier les asthmatiques. Le bois est une matière naturelle qui respire.

ce. Et cet engouement nouveau ne cesse de croître au fil des années. Ce mode de construction est largement répandu en Amérique du Nord puisque près de 97% de l’habitat est en bois. L’un des premiers avantages est la rapidité de montage. L’isolation thermique et phonique sont aussi deux atouts majeurs de ce type de construction. Alors, la maison en bois a-t-elle des défauts ? Rencontre avec Michel Brethes, concepteur de maisons en bois depuis le début des années 90.

L.C.G. : L’entretien extérieur n’est-il pas le point faible de la maison en bois ? M. B. : J’entends parler Le Canard Gascon : Pourde substances toxiques conquoi avoir choisi de créer des tre les termites, par exemple, maisons en bois ? qui s’écoulent dans le sol. Mais Michel Brethes : La rapidité de les termites s’attaquent essenconstruction me paraissait un avantiellement aux endroits humides. tage décisif. J’ai donc travaillé pour Or par définition nos bois sont secs et Michel Brethes mettre en place un nouveau système d’asmaintenus dans cet état grâce à la circulasemblage des murs afin d’en faciliter la constion d’air. Pour les parements extérieurs, il faut truction et surtout de travailler sur l’isolation. Tout le d’abord faire le choix entre du bois naturel ou reconstravail se fait à sec, et après la réalisation de la dalle, c’est très titué. Pour le traitement, nous utilisons des saturateurs de bois vite monté. Pour une maison de 130 m², il faut compter de 20 à 30 comme le Textrol ou la Seasonite. Ces produits ne s’écaillent pas et jours de montage, hors d’eau et hors d’air. A l’époque, nous faisions protègent contre les moisissures et les champignons. Ils pénètrent en une maison par an. Mais j’ai voulu développer ce système en créant ma propre société en 1998 et aujourd’hui nous produisons une quarantaine de maisons par an. L.C.G. : Quels sont les avantages de votre système ? M. B. : D’abord l’isolation. Nous travaillons sur des vides d’air entre les parois, et nous plaçons un isolant entre les vides d’air. Aujourd’hui encore nous utilisons de la laine de verre ou de la laine de roche en grande résistance, qui ne se tasse pas. Mais bientôt nous utiliserons de la laine de chanvre, de la laine de mouton ou de la cellulose. La circulation d’air favorise l’isolation et évite toute humidité. Il faut savoir qu’une planche de bois de 21 mm est plus isolante Le Canard Gascon N°6 - Page 8


«Le bois est une matière naturelle qui respire. Et la rapidité de construction est décisive...»

Traitement extérieur : peinture, saturateur, solvants et biocides…

profondeur dans le bois. Nous utilisons également des peintures sans solvants. Comme dans la construction, l’entretien de l’extérieur se fait tous les dix ou quinze ans. L.C.G. : Quelle est la durée de vie d’une maison en bois ? M. B. : Une étude a montré que des maisons en bois pouvaient durer plus de deux cents ans. D’ailleurs dans les maisons anciennes, on voit bien que le bois est un matériau qui passe l’usure du temps. Pour nos constructions, nous utilisons essentiellement du pin douglas et du triply qui résistent très bien. En Suisse, certains constructeurs se servent même du mélèze pour fabriquer leurs tuiles. L.C.G. : Quelle peut-être la taille d’une maison en bois et quel est son coût ? M. B. : Les architectes s’intéressent de plus en plus au bois qui permet des compositions de structures intéressantes et originales. Nous concevons des maisons qui vont de 80 à 600 m² ! Le coût est sensiblement identique à celui d’une maison traditionnelle : environ 1100 euros du m². Jean-Louis Le Breton Contact Michel Brethes : 06 09 82 83 36

L’heureux propriétaire d’une maison en bois peut choisir entre deux types de traitements extérieurs. 1) La peinture Elle autorise un vaste choix de couleurs. On choisira une lasure transparente ou opaque qui imperméabilise le bois et ne fissure pas en surface ou une peinture micro-poreuse qui laisse le bois respirer tout en étant étanche à l’eau. Certaines lasures traitent également le bois contre les insectes et les champignons mais ce n’est pas leur rôle principal et elles n’agissent pas au cœur du bois. Les nouvelles peintures peuvent tenir jusqu’à 15 ans et ne s’écaillent pas. 2) Les saturateurs Le saturateur laisse au bois sa couleur naturelle ou lui donne une légère teinte. Il isole le bois, le protège et l’imprègne facilement. Il ne s’écaille pas et ne pèle pas car il ne forme pas de film. Des produits comme le Textrol de Durieu contiennent du solvant, des résines, des huiles naturelles et des biocides en petites quantités contre les champignons et les moisissures. Patrick Bogaert de la société Durieu commente : « Les solvants disparaissent très rapidement après l’application. Sur 200 m² de façade par exemple, on utilisera 40 litres de Textrol. L’extrait sec représentant environ 35%, seuls 14 litres seront délavés par les intempéries sur une période de 2 à 4 ans. Soit environ 5 litres par an sur une assez grande surface, ce qui en fait une quantité négligeable. » Les saturateurs doivent être rénovés au bout de 3 ans en moyenne pour en raviver l’aspect. Ces produits doivent être conformes à la réglementation sur les composés organiques volatiles et sur les biocides. Dans le Textrol, les biocides ne sont actifs que sur les animaux à sang froid.

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Géothermie :

une alternative au fuel et au gaz ! La montée inéluctable du prix des énergies fossiles favorise le développement de nouveaux systèmes de chauffage. Rencontre avec Hakim Saïdj, un spécialiste de la géothermie.

Tle chauffage, Hakim Saïdj a choisi de miser sur la géo-

echnicien spécialisé avec en poche une formation pointue dans

thermie et s’est installé dans les Landes. Il nous explique les avantages de ce système.

oscillant entre 1,2 et 1,5 fois celle de la maison à chauffer… et ne pas planter d’arbres sur cette surface !

Capter l’énergie dans la nappe phréatique

Le second système consiste à capter de l’eau froide dans une veine de la nappe phréatique. Cela nécessite d’effectuer deux forages, ou un seul forage si on a déjà un puisard. L’eau pompée passe dans la pompe à chaleur et il faut la rejeter à au moins sept mètres de son point de captation puisqu’elle ressort plus chaude. Il n’y a donc pas de consommation d’eau. On a simplement utilisé son énergie pour produire de la chaleur. Les avantages : c’est le meilleur rendement (environ 5 kw/h produits pour 1 kw/h Capter l’énergie dans le sol consommé). Il n’y a pas de surface de terrain LCG : Concrètement, ça fonctionne comcondamnée. On peut aussi se servir de l’eau pour ment ? autre chose (arroser, chauffer sa piscine, etc.) H.S. : Il existe trois systèmes possibles que nous Hakim Saïdj Les inconvénients : le coût des forages est élevé. Il allons passer en revue. Le premier consiste à enfouir faut être sûr de pouvoir accéder à une nappe phréatique dans le terrain de la maison un capteur à une profondeur de pas trop profonde et qu’elle soit disponible. Si son niveau baisse 60 à 80 cm. On y fait circuler un fluide frigorigène R407C, non nocif et trop on risque de perdre la source d’énergie. C’est un système que j’insnon toxique, dans des tuyaux en cuivre gainé. Le fluide absorbe la cha- talle plutôt dans des zones proches de l’Atlantique. leur de la terre et la restitue dans la pompe qui produit de l’eau chaude avec un compresseur. On peut ensuite utiliser cette eau pour l’envoyer Capter l’énergie dans l’air dans des planchers chauffants ou vers un système de radiateurs. Les avantages : ce système donne une grande indépendance énergéti- On capte l’air extérieur pour récupérer son énergie qu’on renvoie enque. Son coût de revient est correct. Il fournit un bon rendement de suite dans la maison. On peut aussi utiliser ce système pour faire de la climatisation. 4 kw/h produits pour 1 kw/h consommé. Les inconvénients : il faut sacrifier une parcelle de terrain d’une surface Les avantages : le coût de l’installation est peu élevé. L’encombrement est réduit. On ne fait pas de captage ni de forage. Le Canard Gascon : quel est le premier avantage de la géothermie ? Hakim Saïdj : Avec ce système, on peut chauffer n’importe quelle surface entièrement et créer l’eau chaude nécessaire à la maison sans autre complément d’énergie que le peu d’électricité pour faire tourner une pompe à chaleur. On réalisera jusqu’à 75% d’économie par rapport aux autres énergies.

Pose des tuyaux gainés dans le sol en captation horizontale.

Raccordement des tuyaux. Le Canard Gascon N°6 - Page 10


Jusqu’à 75% d’économie par rapport aux énergies fossiles ! Et ça marche aussi dans l’ancien... Les inconvénients : le rendement est moyen (3,5 kw/h produits pour 1 kw/h consommé). Le système consomme pas mal d’électricité (c’est un gros climatiseur extérieur en fait). On ne peut pas produire d’eau chaude, à la différence des deux autres.

Trois systèmes de captation de l’énergie

Plancher chauffant ou radiateurs ?

LCG : une fois qu’on a récupéré de la chaleur grâce à la pompe, comment la redistribuer de façon la plus efficace dans la maison ? H.S. : Je conseille le système du plancher chauffant. On fait passer des tuyaux sous la chape dans toute la maison et l’énergie est parfaitement répartie et distribuée. Mais pour ce système, il faut couler une chape liquide. Elle est très dense en ciment, ne comporte pas de bulles d’air et convient parfaitement pour transmettre la chaleur. Son coût est plus élevé qu’une chape ordinaire (environ 26 € ttc/m²) mais le rendement est excellent. Et si on a fait l’effort d’investir dans un chauffage géothermique, il faut mettre en place ce type de chape. Sinon, c’est comme monter des pneus de Deux Chevaux sur une Ferrari. Les avantages du plancher chauffant : la répartition de la chaleur, l’absence d’obstacles sur les murs (pas de radiateurs) qui facilite la décoration. Les inconvénients : le prix, bien sûr, mais aussi le fait qu’il est difficile d’utiliser le plancher chauffant en climatisation froide : la condensation se fait sur le carrelage et il faut ventiler efficacement la pièce pour évacuer les condensats.

Les ventilo-convecteurs

L’autre système est celui de la pose de radiateurs et de ventilo-convecteurs. Ce dernier appareil a l’avantage de pouvoir être utilisé en climatisation réversible. L’installation permet d’économiser le prix de la chape, mais la répartition de la chaleur est moins équilibrée et les radiateurs sont autant d’obstacles sur les murs.

LCG : Et l’isolation ? H. S. : C’est capital ! Dans une maison neuve, il est important de prévoir une isolation de qualité supérieure qui soit au moins égale à la norme RT 2000. J’en profite pour préciser qu’il est aujourd’hui tout à fait possible d’installer des systèmes de chauffage géothermique dans des logements anciens. LCG : Les pompes à chaleur sont-elles fiables ? H. S. : La pompe à chaleur est l’élément principal de ces systèmes de chauffage. Sur le marché on trouve essentiellement des pompes françaises (Amzair, France Géothermie, etc.) et allemandes (Dimplex, Waterkotte, Viessmann, etc). Ces dernières sont généralement 25 à 30% plus chères que les pompes françaises, mais il faut reconnaître que les Allemands ont une certaine avance dans ce domaine. La pièce maîtresse de la pompe est le compresseur, généralement solide. C’est souvent l’électronique qui est la plus fragile et complexe à paramétrer. Je conseille aussi d’éviter les pompes bruyantes. Propos recueillis par Jean-Louis Le Breton Contact Hakim Saïdj : 06 99 25 40 40

Captation dans la nappe phréatique : le meilleur rendement !

Une pompe à chaleur Allemande de Waterkotte : performante !

Captation dans le sol : nécessite de sacri- Captation dans l’air : économique à fier un bout de terrain. l’installation mais rendement moyen.

La géothermie : combien ça coûte ? L’installation de base coûte entre 70 € et 120 € (ttc) du mètre carré selon les systèmes choisis. Cas n°1 Pour 70 €/m² on a un système de chauffage fluide/fluide par le plancher. A cela il convient d’ajouter environ 1000 € de décapage et de terrassement dans le jardin dans le cas d’un système de géothermie dans le sol. Il faut également ajouter le prix de la chape liquide à 26 € m². Soit pour une maison de 120 m², un total de 12 520 €. Cas n°2 Pour 120 €/m², on a un système eau/eau réversible (climatisation) qui produit tout le chauffage et l’eau chaude. Avec le prix d’aménagement du terrain et la chape liquide, pour une maison de 120 m2, le total est de 18 520 €.

Les aides à l’installation Sur le site de l’Agence de l’Environnement et de la maîtrise de l’énergie, (ADEME) vous trouverez toutes les informations sur les aides accordées aux énergies renouvelables et aux économies d’énergie sous forme de crédit d’impôts. (www.ademe.fr) Le taux d’aide qui était de 40% en 2005 passe à 50% en 2006. Mais il ne concerne que la partie matérielle de l’installation (hors main d’œuvre et hors taxes) et certains matériaux sont exclus de l’aide. Au final, l’aide réelle pour une installation complète avoisine 30 à 35% du prix total.

Le Canard Gascon N°6 - Page 11


Solaire :

un avenir qui coûte encore cher... Sans aucun doute le solaire représente l’avenir de la production d’énergie au niveau de l’habitat individuel ou collectif. Mais dans l’état actuel du marché c’est un investissement assez onéreux..

Sdeux qui nous intéressent plus particulièrement sont le « thermique »

ous le vocable « solaire » sont regroupées plusieurs technologies. Les

qui permet de produire de l’eau chaude et le « photovoltaïque » qui génère du courant électrique. Nous avons rencontré deux personnes équipées de l’un et l’autre.

L’eau chaude par le solaire

annoncent des chiffres souvent gonflés : « 70% de votre eau chaude sera produite par le solaire » affirmait l’un d’eux sur le dernier salon du bâtiment à Mont-de-Marsan. Un chiffre à tempérer sur un cycle complet de l’année et à ramener dans une fourchette de 50 à 60%.

Produire son électricité

Philippe Petitpré aime la nature et a construit sa maison dans les bois, A la retraite depuis quelques années, Jacky Courtois a longtemps loin de toute agglomération. « Viabiliser la maison avec l’électricité travaillé dans l’enseignement. Il vit aujourd’hui dans une maison de représentait un coût prohibitif que nous avons estimé à environ 45 000 Gascogne en pleine campagne. Dans un but à la fois économique et euros. Il fallait installer de nombreux poteaux pour venir jusque chez écologique, il a décidé d’installer des panneaux solaires sur son toit nous. De plus, sans être militant, je refuse catégoriquement tout ce qui pour produire de l’eau chaude. « L’installation se compose de trois vient du nucléaire. J’ai donc saisi l’opportunité d’installer une centrale panneaux, plutôt légers, dans solaire de production électrique ici. » lesquels circule un liquide glyEn novembre 2004, il passe à l’action. « Nous avons d’abord réalisé un bilan colé qui est chauffé par le soleil. Ce liquide passe ensuite dans énergétique pour savoir quelle était un serpentin du chauffe-eau et, notre consommation quotidienne. On comme une résistance, il chauffe l’a évaluée à 1,2 kw/h par jour. Nous l’eau qui circule dans le ballon possédons un frigo (750 w), une télé, de 300 litres. Evidemment, en le petit électro-ménager et des amété, il produit toute l’eau chaude poules pour nous éclairer. Tous nos appareils sont de la classe A+, celle nécessaire. C’est le moment où qui consomme le moins d’énergie. mes enfants viennent passer des vacances. En hiver, j’utilise le Nous utilisons des ampoules à gaz qui consomment 11 w et éclairent comme tableau électronique pour basculer sur la résistance électrique des 75 w. Elles coûtent cher mais sont lorsque les panneaux ne fournisgaranties plus de 10 ans… » sent pas assez d’eau chaude. » Après le bilan, c’est l’installation de la centrale électrique qui est mise en rouAu bout d’un an d’utilisation, Jacky n’a pas encore fait le bite. « Pour la production, nous avons lan financier de son installation posé 16 panneaux photovoltaïques de mais constate qu’il consomme Philippe Petitpré : il a aussi choisi le solaire par refus du nucléaire. 80 w chacun qui donnent 1200 watts nécessairement moins d’électrien crête en 24 volts. Le stockage se fait cité. « En été, c’est évident parce que les panneaux fournissent 100% dans un jeu de batteries 24 volts en 1200 ampères. Un convertisseur de l’eau chaude, même quand nous sommes nombreux. En hiver, c’est transforme l’électricité en 220 v. Les moins productif. J’ai donc installé une chaudière à gaz économique. Je panneaux sont garantis 25 ans et le fais transiter l’eau chaude du ballon par cette chaudière, et si elle n’a reste 1 an. » pas la température voulue, c’est le gaz qui prend le relais. Ainsi j’ai à la Philippe qui s’y connaît bien en élecfois l’eau chaude et le chauf- tricité, a réalisé une partie de l’instalfage. » Le coût de l’installa- lation lui-même. Au final le coût est tion pour la partie panneaux tout de même assez élevé. « Le tout et ballon d’eau chaude s’est m’est revenu à 16 800 euros. Je sais élevé à 5000 € sur lesquels que j’aurais pu bénéficier d’aides* Jacky a obtenu plus de sous forme de subventions mais je 2000 € de crédit d’impôts. Il n’en ai pas voulu. » Aujourd’hui a également touché des aides l’installation produit donc ses 1200 pour sa chaudière à gaz éco- w/h par jour. « L’important est de bien nomique. surveiller les batteries. Pour qu’elles Précisons que les installa- durent longtemps et ne s’abîment pas, teurs de ce type de solution on ne doit consommer qu’un 1/5 de la Le ballon chauffé par le fluide glycolé Panneaux solaires chez Jacky Courtois. Le Canard Gascon N°6 - Page 12


«70% de votre eau chaude sera produite par le solaire» ...un peu optimiste ! Chauffage, une autre piste : le rayonnement

Sses inconvénients. Il est clair que le solaire n’est actuellement pas le

olaire, géothermique, électrique…Chaque système a ses avantages et

mieux adapté pour le chauffage mais convient bien pour l’eau chaude et la production d’électricité. Le géothermique est intéressant pour l’eau chaude et le chauffage mais consomme de l’électricité. Un autre système basé sur l’électricité est le principe du rayonnement. Vous trouverez toutes les informations sur le site suivant : http://www.promodul.fr/

Sur le site du Canard Gascon, vous pouvez télécharger la listes des installateurs Qualisol des Landes et du Gers ! www.le-canard-gascon.com/installateurs.htm

Un impressionnant jeu de batteries pour stocker l’énergie.

capacité nominale de la batterie ». Côté chauffage, Philippe utilise un traditionnel poêle à bois. « L’idéal serait de mettre en place un chauffage géothermique et de l’alimenter en électricité avec notre centrale, ce qui nous rendrait totalement indépendants sur le plan énergétique… » Jean-Louis le Breton

* Crédit d’impôts - Loi de finances 2005 (n°2004-1484 du 30 Décembre 2004) Le crédit d’impôt s’applique aux dépenses d’équipements (hors main d’oeuvre). Pour les logements particuliers neufs ou anciens, un crédit d’impôt à un taux de 40 % est accordé pour les installations de chauffe-eau solaire individuel et système solaire combiné (CESI – SSC). Les capteurs solaires doivent disposer d’une certification CSTBat ou Solar Keymark. Pour un même contribuable et une même habitation, le montant des dépenses ouvrant droit au crédit d’impôt ne peut excéder, pour la période du 1er Janvier 2005 au 31 Décembre 2009, la somme de 8 000 € pour une personne seule et 16 000 € pour un couple marié soumis à une imposition commune. Ce plafond est majoré de 400 € pour une 1ère personne à charge, 500 € pour le second enfant et 600 € à partir du 3e enfant. Les travaux doivent être exécutés et facturés par des professionnels.

Quelques sites à voir :

http://www.ademe.fr http://maison-solaire.chez-alice.fr/ http://www.chez.com/energies/

Total prend une option sur le solaire

L

e pétrolier français a déjà placé des billes dans le solaire par le biais de sa filiale Total-Energie. Même s’il ne met pas trop en avant cette activité, il dispose d’ores et déjà d’un solide réseau de distribution de ses produits dans le monde et propose un catalogue complet pour s’équiper en solaire. http://www.total-energie.com

Arnaque au prix des panneaux ?

Pun installateur. Les panneaux thermiques sont évidemment moins

as facile de trouver des prix sur les panneaux solaires sans passer par

compliqués que les panneaux photovoltaïques. Pourtant une installation thermique avec 2 panneaux coûte environ 5000 €. Sachant que des panneaux thermiques arrivent en France au prix d’importation d’environ 150 € pièce, on voit que certains installateurs se goinfrent sur les marges. Pour le photovoltaïque, c’est plus compliqué. Il y a les panneaux mono-cristallins ou polycristallins (les meilleurs) et la compétition est rude. Comptez environ 500 € pour un panneau produisant 110 w en 17,4 volts. Les Japonais travaillent sur un nouveau système de panneaux fonctionnant sans batterie ni convertisseur et délivrant directement du courant électrique. Le Canard Gascon N°6 - Page 13


Gérard Vivès : il construit à l’ancienne ! Ce Gascon « pur jus » est né à L’Isle-Arné, près d’Aubiet ; agriculteur et producteur de foie gras à ses débuts, il est devenu depuis une dizaine d’années le « Pape » régional de la construction en terre crue, comme autrefois. paille inséré à l’intérieur de colombages (la maison étant d’abord « Avez-vous remarqué comme dans nos jolis villages gasune carcasse en bois ajouré ; courant dans les Lancons, les nouvelles maisons ressemblent à la des et l’ouest du Gers) ; le pisé, un mélange banlieue toulousaine ? Quelle laideur ! De de terre et de paille coulé et tassé entre plus, le premier souci des nouveaux deux palissades de planches (on aparrivants est de s’isoler derrière pelle cela un « mur banché ») ; des clôtures. Comment vouet enfin le mélange galetslez-vous qu’ils s’intègrent terre que l’on trouve dans aux villageois ? » déclales vallées (notamment du re Gérard Vivès. côté de Masseube, Panas« Le plus curieux, sac, Chélan) et que l’on c’est que ce sont les peut réaliser en damiers Allemands, les Antrès esthétiques. Il faut glais, les Hollany ajouter une nouvelle dais qui cherchent version moderne : le à respecter le style mur en bottes de paille local ! Normal après que l’on enduit ensuite de tout. Ces citadins des terre glaise. Dans tous les grandes métropoles cas, les avantages principaux sont avides de campagne, sont une excellente isolation, de traditions, alors que nos été comme hiver, et un agrément campagnards ne rêvent que de Martine Moulet et Gérard Vivès de vie incomparable. faire comme à la ville » ! Gerard Vivès s’est retrouvé bâtisseur en terre crue après une série de rencontres Vers un village écologique fortuites ; ce qui va amener ce paysan à fréquenter Gérard Vivès, conscient d’être l’un des rares détenteurs d’un l’école d’architecture de Grenoble alors qu’il avait déjà derrière lui une « trésor » légué par nos anciens et leur savoir-faire, a décidé de se lancer solide expérience de gaveur et de conserveur. Il regarde alors d’un œil dans la formation de jeunes disciples. Trois projets sont ainsi en cours nouveau nos belles maisons traditionnelles gasconnes et s’installe com- de réalisation au village de l’Isle-Arné : un centre de formation d’écome « maçon et briquetier en terre construction, l’édification de 10 maisons en terre crue sur une parcelle crue ». Ses premiers clients sont de 2 hectares et un « lien de vie » regroupant des activités diverses : des « néo-gascons » issus d’Eu- restaurant biologique, bibliothèque de consultation sur l’ écologie, lieu rope du Nord. Il faut dire que la de rencontres, etc. « Quelques associations toulousaines d’éco-consconstruction en terre crue corres- truction veulent venir s’installer ici. Un architecte parisien a acheté une pond - en plus des critères esthé- maison. Le mouvement est en marche » ajoute Gérard Vivès. tiques et d’intégration locale - au mouvement écologique, à l’éthique du matériau sain et du mode Décorer les maisons Les murs en terre crue se prêde vie qui va autour. tent parfaitement aux stucs, aux fresques, à l’incrustation de moQuatre styles traditionnels saïques. Martine Moulet, la compagne de Gérard, est une spéde terre Les anciens étaient pleins de bon cialiste de toutes ces techniques sens. Ils construisaient avec ce artistiques. Elle a même étudié qu’ils avaient sous la main. Pour le « tadelakt », un enduit à la tout le sud du Gers, mais aussi chaux de la région de Marrakech dans les Landes, en Haute-Garon- qui permet notamment l’imperne, en Ariège, c’était l’argile. Ils méabilisation des murs de salles avaient donc mis au point diver- de bains. Ne jamais employer le ses techniques pour travailler cet- mot « ciment » dans la maison de te matière première : les briques Gérard Vivès. Ce matériau est à d’adobe réalisées en terre crue l’origine de bien de nos maux ! compressée et que l’on empilait Jean-Paul Amic ensuite les unes sur les autres ; le torchis, mélange d’argile et de Contact : Gérard Vivès, La Motte, 32270 L’Isle-Arné. Tel : 05 62 65 80 45 Le Canard Gascon N°6 - Page 15


Les Thierry Cayon : il traque les termites ! Les termites sont un véritable fléau national. Le Sud-Ouest est particulièrement touché.

Ldeur est tenu de fournir un certificat montrant

laisse des excréments sur les parois qui ressemblent à du plâtre. Le tunnel que crée les termites s’appelle un cordon. Il peut cheminer à travers d’autres produits que le bois lorsqu’il y a des interstices. Mais le termite se nourrit exclusivement de cellulose qu’il ne peut digérer qu’avec de l’eau. Il ne mange pas de béton ou de ciment comme on le dit parfois. Il faut donc rechercher l’humidité dans le bois. Le termite n’aime pas les endroits ventilés, au soleil ou à la lumière. »

ors de l’acquisition d’une maison ancienne, le ven-

l’état de sa propriété. Selon les départements, il faudra informer l’acheteur sur la présence ou non de termites, d’amiante et de plomb. Thierry Cayon est l’un de ces experts indépendants dont le diagnostic va conditionner le résultat d’une vente. Il est évident que devant une maison infestée de termites ou truffée d’amiante ou de plomb, le vendeur sera susceptible d’exiger des travaux ou d’annuler la vente. Son passage dans une propriété peut donc être mal vécu par les Comment lutter ? vendeurs, mais il est le reflet de la Il existe principalement deux eslégislation qui veut arrêter le dévepèces de termites. Les calotermes loppement du termite et faire nettoyer volent et peuvent essaimer dans des les logements insalubres. charpentes. On en trouve principa« Mon travail consiste à l’exonération lement dans le Nord de la France. Les du vice caché et à appliquer l’article 16-43 reticulitermes sont les termites souterrains du code civil sur la lutte contre l’expansion du Thierry Cayon qui se déplacent dans le sol et sont plus destermite. Si je trouve des termites dans un logetructeurs. C’est plutôt cette espèce qu’on trouve ment, l’occupant doit faire une déclaration à la maidans le Sud-Ouest. Comment lutter contre les termirie. Le Maire peut ensuite obliger le propriétaire à faire un tes ? Une solution simple est de ne pas utiliser de bois… De traitement. Mais cela induit un problème politique : les Maires n’ont façon préventive on peut injecter des insecticides dans le bois, mais pas trop envie de faire pression sur leurs administrés qui sont aussi leurs ils pénètrent mal le duramen et l’aubier. De façon curative, il faudra électeurs. Il en résulte que les cartes montrant l’expansion du termite avoir recours à des molécules contaminantes ou répulsives. On peut et issues des déclarations en mairie sont forcément fausses. Mais on également mettre en place des pièges avec de la cellulose contaminée, sait que le Sud-Ouest est bien touché, en particulier le Gers dont je mais ces protections sont hasardeuses car les termites peuvent passer à m’occupe avec des zones plus sensibles comme Auch, Eauze, Condom, côté sans y toucher. Nogaro, Gimont ou l’Isle-Jourdain et des endroits un peu plus épargnés comme Masseube. » Les Landes et les Charentes, régions très boisées, Combien coûte une expertise ? sont également très touchées et font partie des zones rouges. Elle est plus ou moins chère selon la taille de la maison. Pour une maison de cinq pièces il faut compter environ 500 euros (termites/amiante/ Détecter les termites. plomb). Pour traquer les termites et autres insectes, Thierry Cayon (qui a suivi Jean-Louis Le Breton une formation professionnelle en réglementation de responsabilité civile et un stage d’entomologie) dispose principalement de deux appareils. Contact Thierry Cayon : Le premier utilise un 06 89 77 01 51 procédé par écoute, car le bruit des termites est imperceptible à l’oreille humaine. « Lorsqu’on entend du bruit ce seront plutôt des insectes comme le capricorne ou hylotrupes bajulus qui va plutôt dans les résineux ou l’hesperophanes qu’on retrouve dans le chêne. » Le second procédé fonctionne par micro-onde, mais l’un et l’autre ne marchent que si le termite est en activité. « L’autre La carte de localisation procédé efficace est l’homme avec un poinçon. J’examine la rupture des termites en France. mécanique du bois car le termite ne laisse pas de traces à l’extérieur. Il Source : feuillette les bois, ne fait pas de vermoulures, ne rejette aucune sciure et www.termites-info.com Le Canard Gascon N°6 - Page 16


experts ! Daniel Toulouse : expert en bâtiment ! Les sécheresses à répétition provoquent de nombreuses fissures dans les bâtiments. Daniel Toulouse expertise des maisons dans le Sud-Ouest.

AMirandais Daniel trente six ans, le

Toulouse a beaucoup bourlingué. Après des études en maths et physique, il s’est spécialisé dans le bâtiment. Il a suivi une école de conducteur de travaux, apprenant la méthodologie et la gestion des chantiers ainsi que la législation du bâti. Un parcours utile qui l’a amené à pratiquer l’expertise. Avant cela, il a effectué des Daniel Toulouse travaux de génie civil en France (le pont de Normandie) et sur des grands chantiers à l’étranger : la Roumanie où les routes devaient être refaites en raison du trafic dû à la guerre en Yougoslavie, la Corée du Sud, Hong-Kong, la Malaisie et le Canada, l’Irlande et la Jordanie… Revenu en France pour fonder une famille il s’est installé à son compte pour pratiquer l’expertise sur le bâti. A la demande de clients, il va donc inspecter des habitations. « Je regarde l’état des fenêtres, l’électricité, la plomberie. Je dois vérifier les écoulements d’eau, l’existence ou non d’une fosse septique aux normes. Je vérifie le sol pour savoir s’il s’agit d’une dalle ou d’un sol hourdi. C’est important pour les déperditions de chaleur. J’inspecte aussi les charpentes et les couvertures pour voir l’état des tuiles. A force de geler, celles-ci partent en strates. On dit qu’elles sont délaminées. Tout ceci est important pour déterminer l’état d’un lieu et les travaux à prévoir. »

c’est évidemment de bâtir sur du calcaire qui forme un support solide et ne bouge pas. » Dans les communes déclarées zones sinistrées à cause de la sécheresse, les compagnies d’assurances doivent prendre en charge les travaux de remise en état. Attention aux experts des assurances qui cherchent à minimiser les dégâts en proposant des réparations sommaires, car les La reprise en sous-sol : il faut creuser sous la maison et refaire une fondation. travaux de réfection réellement utiles coûtent cher. Jean-Louis Le Breton Contact Daniel Toulouse : 05 62 70 98 92

Les argiles : comme des éponges.

Plusieurs communes du Sud-Ouest ont été déclarées sinistrées en raison des sécheresses, même s’il est beaucoup plus difficile pour les Maires d’obtenir ce classement aujourd’hui. « Il y a plusieurs types de sols dans Typique : une fissure due à la sécheresse sur un la région. Là où la mer sol argileux. Les maisons anciennes sont souvent s’est retirée il y a des bâties sur le sol, sans fondations. millions d’années, on trouve des argiles sablonneuses avec des poches de sables posées sur un fond calcaire. Les argiles réagissent comme une éponge. Elles gonflent lorsqu’elles sont mouillées et se rétractent avec la sécheresse. Le sol monte et descend, devient instable et crée des fissures dans le bâti. » Face à ce problème, quelles solutions apporter ? « Si on ne peut pas déplacer le bâti, il faut poser des micro-pieux en dessous ou faire une reprise en sous-œuvre en creusant jusqu’à trouver un sol dur. Avant de construire je conseille fermement de faire une étude de sol. Le mieux Le Canard Gascon N°6 - Page 17


L’éco-construction

bon pour la santé et le porte-monnaie ! Les éco-constructions ont le vent en poupe, et les populations désireuses de devenir propriétaires se font nombreuses à l’heure des maisons à 100 000 Euros. Mais savent-ils seulement quels sont les matériaux disponibles afin de construire sainement leur foyer ? « Lovée dans trois hectares de verdure au cœur des coteaux de Gascogne ». Telle est la définition que donne Anne-Marie Landru à propos de son bio-gîte, « La Maurague ». Une habitation entièrement rénovée avec des matériaux naturels, biodégradable du sol au plafond, « et dont la construction est à la portée de chacun d’entre nous », insiste la propriétaire. Par habitat sain et biodégradable, Anne-Marie et son mari entendent bien entendu la notion de respect de l’environnement, et ce à chaque étape de la construction. « Lorsque l’on a racheté le hameau, on n’avait pas dans l’idée de le construire de cette manière, explique-t-elle, même si dès le départ notre conscience citoyenne nous imposait un certain respect de notre milieu ». Ce hameau qu’était « La Maurague » était en ruine. Le lieu était vierge. « Les derniers travaux intervenus sur ce sol datait de plus d’un siècle ». De la pierre, de la terre, du bois et des tuiles, voilà les seuls matériaux qui jonchaient le terrain. Le ciment, le fer... n’avaient pas leur place à la Maurague. Alors, pourquoi ne pas redonner vie à cette maison dans le même esprit, se sont questionnés les Landru ?

Une maison bio à la portée de tout le monde

« En se penchant sur le projet, on a remarqué que c’était tout à fait à notre portée que de reconstruire cette maison de manière biologique et biodégradable ». Et contrairement aux apparences, le plus dur n’a pas été le chantier en lui-même, mais bien la récolte des informations permettant de connaître tous les matériaux sains, intervenant dans la construction. Un an et demi de recherche auront été nécessaires pour mettre au point leur projet, « alors que le réseau professionnel de l’habitat sain existe bel et bien en Gascogne », souligne justement cette militante des foyers sains. « Construire sa maison en respectant l’environnement n’est pas beaucoup plus cher que les constructions habituelles. Certains matériaux sont plus chers, d’autres moins. Certains se suffisent à eux-mêmes et évitent ainsi l’emploi d’autres couches de peintures et d’autres enduits... L’un dans l’autre, on s’en sort ».

Des stages pour être à la page.

Toutefois, il aurait été dommage d’être passé par toutes ces épreuves sans en faire profiter le monde. Dorénavant, Anne-Marie propose des stages à tout ceux qui veulent démarrer leur chantier, « l’objectif étant de permettre au plus grand nombre de faire ou de faire-faire des travaux totaux ou partiels dans le plus grand respect de l’environnement ». Pendant 6 jours, 3 couples maximum peuvent apprendre toutes les fi-

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«Construire sa maison en respectant l’environnement ne coûte pas beaucoup plus cher»

Anne-Marie Landru, lors des stages, prodigue ses conseils de bricoleuse soucieuse de son environnement à qui veut bien l’écouter.

celles pour démarrer correctement leur chantier. Moyennant 699 € par couple, les futurs propriétaires rencontreront plusieurs professionnels, repartiront avec toutes les connaissances sur les matériaux et techniques respectueux de l’environnement, pourront choisir une énergie renouvelable ou un mode d’assainissement, et seront même capables de gérer leur chantier, (assurances, permis de construire, statut des ouvriers rémunérés directement, mission et coût d’un architecte...). Voilà qui est dit. Alors, si ce jeune couple l’a fait, pourquoi pas vous ? Faustine Milard Photos : La Maurague et Faustine Milard. contact : www.lamaurague.com

Quels matériaux pour une maison saine? Une maison biodégradable du sol au plafond, qu’est ce que cela implique ? La maison des Landru en est le parfait exemple, mais pas pour autant l’unique façon de procéder. Petit tour des matériaux utilisés à la Maurague. Côté sol, le rez-de-chaussée s’est vu recouvrir d’un béton de chaux (qui plus est, anti-acariens), évitant ainsi l’emploi de ciment, « vrai dépotoir

de déchets industriels », ainsi que d’autres enduits. Les murs sont montés grâce à des briques monomurs en terre cuite, comportant des centaines d’alvéoles. Véritablement auto-isolantes, elles évitent l’emploi d’un doublage. Gain de temps et de matériaux... A l’étage, le parquet en aggloméré à laissé place à un plancher OSB3, « des copeaux de bois pliés trois fois et collés grâce à de la colle de classe 3 libre de tout formaldéhyde et traité à l’huile dure ». Résultat impeccable, les superpositions de Les toilettes sèches : copeaux n’ont pas besoin d’autre fini le gaspillage d’eau ! chose, tant ils donnent du charme au plancher. Au sommet de cette maison nature, l’isolation est assurée par de la ouate de cellulose projetée sur 18 cm d’épaisseur. « Ce n’est rien d’autre que du papier recyclé transformé en aspect coton ». Et bien sûr, niveau peinture, tous les produits employés sont biodégradables et « au même prix que des marques ordinaires », souligne Anne-Marie. Côté énergie aussi, la maison est pleine de surprise. 20 m2 de panneaux solaires chauffent tous les fluides de la maison. La chaudière est encore à l’énergie fossile, « mais dans les deux ans à venir, l’huile végétale lui succédera sûrement ». Quant à l’assainissement, il est vivant, et fonctionne par phytofiltration sur plusieurs bassins pour être ensuite rejeté dans la nature sans aucune altération du milieu... Et la cerise sur le gâteau est indéniablement les toilettes sèches. Fini les 50 litres d’eau gaspillés par jour et par personne. Le concept est simple et reprend les toilettes de nos grands-parents. Un trou, une lunette en bois, un bac en alu et de la sciure de bois industrielle. Après chaque besoin, on verse un peu de sciure de bois dans le bac, et le tour est joué. Pas d’odeur, très hygiénique, il suffit juste de mettre ses préjugés, comme quoi les excréments sont plus sales que les déchets industriels, au trou. Chaque matin, le bac est vidé, direction la fosse de compostage où de temps en temps, un peu de paille est ajoutée aux excréments et aux déchets verts de la maisonnée. « On obtient ainsi un terreau végétal d’une très grande qualité », parole d’initiée! F.M

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Eric Reignoux : la passion des bergeries ! Avant de construire aujourd’hui, il faut s’intéresser à ce que faisait nos ancêtres. Eric Reignoux a sillonné les Landes et projette de bâtir une bergerie à l’ancienne.

Ojectoire de vie originale qui l’a mené au Liban,

riginaire de Moustey, Eric Reignoux a suivi une tra-

bes sont d’abord intéressantes par leur forme qui assurait une protection contre le vent à l’époque où les forêts de pins n’existaient pas. Elles permettaient d’abriter le cheptel. Les matériaux utilisés sont également importants : du chêne, du pin, du châtaignier et du chaume de seigle parce qu’il n’y avait pas de blé dans les Landes ! Les planches qui forment le bâti sont posées à l’horizontale et glissées dans des rainures, ce qui en facilitait le remplacement. Puis elles étaient recouvertes d’un calfatage végétale. »

en Algérie, au Gabon, au Tchad ou en Mauritanie. Cet ingénieur agronome au caractère bien trempé a vu les merveilles et les misères du monde. Aujourd’hui encore, il sillonne la planète, souvent au titre des ONG*, pour aider au développement rural. En France, il est Président de l’association La Borde dont le but est de valoriser et préserver le patrimoine de la Haute Lande : ce bassin s’étend autour de la Leyre qui prend ses sources à Luxey et à Sabres et couvre aussi les hauts-plateaux landais. « Nous nous préoccupons de tout ce qui concerne le bâti rural, et notre projet est de reconstruire dans les deux ans à venir une bergerie courbe en bois et en chaume. Il n’en n’existe plus et la dernière est tombée en 1963. »

L’agriculture d’antan.

Aujourd’hui, Eric Reignoux et son association souhaitent faire aboutir leur projet de reconstruction de bergerie. « Nous ne voulons pas fabriquer un Eric Reignoux musée de plus, mais faire de ce lieu un endroit Un savoir-faire à préserver. vivant. Nous allons y monter un atelier pédagogiPassionné par son sujet, Eric a déjà écrit plusieurs livres, que ouvert aux adultes et aux jeunes. On y enseignera qu’il édite dans la collection Loustalet **. « Ces bâtiments étaient consl’agriculture biologique. C’est d’ailleurs l’un des thèmes que je truits de façon intelligente, avec un savoir-faire ancestral. Peut-être en développe dans mon livre ‘Grande Lande et toits de seigle’. Nous vouaurons-nous besoin dans deux ou trois générations. Les bergeries cour- lons remettre en pratique l’agriculture d’antan, ‘l’agro pastoralis’. Nous mettrons en place un élevage de moutons qui fournira de l’engrais pour une production céréalière. » L’autre passion d’Eric Reignoux est celle des moulins. « Depuis longtemps, j’avais envie de les étudier. J’ai donc écrit un livre et j’ai fait don de mes droits d’auteur à l’association des Amis des Moulins des Landes »… Bref, cet homme engagé compte sur son travail d’écrivain pour défendre ce qui était bon dans le monde ancien et qui reste exploitable dans le monde nouveau. Tous les détails de son travail se trouvent dans les trois titres qu’il a publiés : « Les bergeries courbes des Landes », « Grande Lande et toits de siegle », « Moulins d’Eyre et de la Lande ». Jean-Louis Le Breton * Mécaniciens sans frontières, Ingénieurs sans frontières, etc. ** Editions Loustalet, 245 rue Pénardière – 40 280 Saint-Pierre-du-Mont. Tél.: 06 99 57 14 05.

Une maquette de bergerie courbe réalisée par Eric Reignoux. Le Canard Gascon N°6 - Page 20


Serge Lafourcade : flamenco, toro y foto Serge Lafourcade n’est pas espagnol, mais il a su saisir au travers de son objectif une incroyable relation visuelle entre le flamenco et la corrida.

Cpour qualifier ce photographe Dacois que la haleureux. C’est le premier adjectif qui vient

vie a parfois maltraité. Un visage ouvert, un contact facile et c’est la conversation qui roule sur son passé, son présent et ses projets. « La photo a toujours été une passion » racontet-il. « En colonie de vacances je faisais déjà Serge Lafourcade partie des clubs photo. Je me rappelle de ma première photo qui représentait une feuille de platane. Quand elle est apparue sur le papier au développement, c’était magique. Je me souviens d’un photographe qui s’appelait Jean Richard. Je passais tous les jours devant sa vitrine. Il exposait des photos de corridas et de matadors. Ça m’a marqué pour toujours. Je voudrais lui rendre hommage en cette année 2006 à la Peňa Taurine de Dax. Je voudrais aussi rendre hommage à la photo argentique au moment où tout le monde passe – moi inclus – à la photo numérique ! ».

Un curé photographe.

Pendant vingt cinq ans, Serge Lafourcade a été photographe à Dax. « J’ai eu deux magasins, mais en raison de problèmes personnels, j’ai tout arrêté. J’ai débuté en 1975. J’avais vingt ans et j’ai travaillé avec Jean Malfroy à Dax. Nous avons monté ensemble le premier magasin de photo. Jean était à la fois curé et passionné de photo. A tel point qu’il avait même monté un laboratoire au séminaire ! Son frère possédait des magasins d’optique et c’est comme ça que nous avons démarré. J’ai passé cinq ans avec Jean Malfroy puis je suis monté à Paris où

j’ai découvert le Groupement National des Photographes Professionnels (GNPP). Denise Angers-Leduc qui en était secrétaire générale m’a expliqué comment faire pour me mettre à mon compte. En 1980 je me suis installé à Saint-Paul-Les-Dax. Puis j’ai repris ma valise pour faire un tour de France des photographes au cours duquel j’ai appris énormément. Au 1er congrès national des photographes à Vichy, j’ai compris ce qu’était réellement la photographie .»

Flamenco y toro.

De retour à Dax, Serge a développé son art tout en s’adonnant à une seconde passion : la tauromachie. Plus récemment, il a découvert la beauté du flamenco en la personne de l’incroyable danseuse espagnole Sara Baras*. L’idée lui est venue d’associer photographiquement les attitudes des danseurs de flamenco à celle des toreros. Il en résulte une époustouflante exposition de trente photos dont vous pouvez voir quelques unes dans ces pages. « Tout comme le flamenco, la corrida est une danse de couleurs et d’émotions. » Aujourd’hui Serge Lafourcade travaille à faire vivre et circuler cette exposition. Il développe aussi des clips d’images en mouvement qui associent ses photos et des musiques. Bref, tout en restant attaché de cœur à la technologie de l’argentique et à son passé, il a fait un pas en avant et laisse libre cours à sa créativité grâce au numérique. L’important n’est pas l’outil, mais ce qu’il en fait… Jean-Louis Le Breton Contact Serge Lafourcade : 06 85 67 67 57 *A ne pas rater, le site de Sara Baras : www.sarabaras.com

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Dominique Eyraud

Une peintre sensible

quartier chinois de Cholon à Saïgon qu’ils se sont installés. Mais en les voyant peindre, elle a renoncé au tour de potier pour s’essayer au pinceau. Une période durant laquelle elle a pu se concentrer pleinement sur sa démarche, car ne parlant pas la langue, les contacts avec les autochtones étaient difficiles et limités.

Zen…

Dominique Eyraud

Avécu des moments difficiles dans sa vie. Mais les ennuis familiaux et

la fois dynamique et sensible, forte et fragile, Dominique Eyraud a

les problèmes de santé ont contribué à révéler un talent qu’elle portait en elle sans s’en douter. Lorsque des amis peintres l’ont convaincue de les accompagner pour un séjour de trois mois au Vietnam, elle les a suivis avec l’idée de se lancer dans la poterie une fois sur place. C’est dans le

Stimulée par l’ambiance créative qui l’entoure, Dominique se donne sans compter et ses amis sont immédiatement étonnés par la qualité et la puissance de ses toiles. Ils l’encouragent à persévérer et en deux mois se sont une douzaine de toiles qui prennent naissance au Vietnam. Certaines resteront sur place, offertes à des connaissances locales. L’assemblage de matières variées est la base de son travail. La notion « d’abstraction » la séduit car elle la place en dehors du temps, à michemin entre le monde très concret de l’Europe et celui plus mystérieux de l’Asie. Elle pratique cette peinture méditative sans a-priori, utilisant du papier, de la corde, de la cire qu’elle mélange à ses pigments. Il en résulte des toiles vivantes où les taches et les imperfections jouent un rôle aussi important que la composition et les couleurs. Indépendante de cœur et d’esprit elle ne recherche pas la notoriété et ne se sent d’autre influence forte que celle du peintre chinois Zao Wou-ki. La vie lui a appris que le temps était désormais avec elle et qu’elle pouvait aussi l’utiliser pour ne rien faire… Jean-Louis Le Breton Contact de Dominique Eyraud : 05 62 03 73 97

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Peintures de Dominique Eyraud.

Yolande Carayon-Mouli

L’art de la décoration

DMouli avait déjà une passion pour le ans son enfance, Yolande Carayon-

dessin. Mais celle-ci avait été contrariée par ses parents. Depuis, elle s’est largement rattrapée en créant des peintures décoratives et des fresques à l’ancienne. Originaire d’Albi, elle s’est récemment installée dans le Gers. En 2000 elle a suivi une formation de peinture décorative. Depuis, elle manipule non seulement la peinture, mais aussi la chaux, la cire et les pigments naturels. Elle peut ainsi réaliser des trompe l’œil et leur donner une patine à l’ancienne.Yolande s’est aussi inspirée des fresques préhistoriques pour créer des œuvres colorées qui évoquent Lascaux et l’art primitif. Créative, elle fait de la peinture sur tuiles ou sur différents supports et si vous la contactez, elle vous montrera son album de photos et les décorations qu’elles a réalisées sur des murs ou des cheminées. J.-L. L.B. Contact de Yolande Carayon-Mouli : 06 82 00 73 13

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Etudiants : comment se loger ? Chaque début d’année universitaire voit son lot de galères étudiantes débarquer dans les médias. Quelques centaines de milliers d’étudiants sont éparpillés sur toute la Gascogne : une population nombreuse à chercher un logement.

E

ntre les étudiants qui dorment dans leurs voitures, ceux qui restent chez papa-maman, ceux qui ont droit à des logements en cité U, ceux qui vont voir du côté des offres de locations privées, ou encore le cas des étudiants citadins ou ruraux, les exemples ne manquent pas... Direction le monde universitaire afin de jeter un coup d’oeil dans la vie d’étudiants qui ont bien voulu nous éclairer sur leur manière de se loger.

pour se loger, n’est pas tant le manque d’offres ou la qualité de l’offre, mais bien le financement de son logement.

Côté campagne

En milieu rural, les étudiants ne courent pas les champs. Mis à part, les préfectures, les autres communes environnantes ont peu de chance de voir des étudiants si ce n’est le week-end lorsqu’ils viennent rendre visite à leurs parents, ou encore lorsqu’ils viennent faire des stages en Gabriel, la collocation comme seul espoir. entreprise. Etudiant, en 2e année de sciences à Toutefois, ils ne sont pas inexistants pour autant, étant donné que des ofl’université Paul-Sabatier de Toulouse, fres ou des solutions de logements à leur encontre existent bel et bien. Gabriel arrive tout droits des côtes pa- A Auch, les institutions avaient opté, il y a 4/5 ans, « pour la réquisition cifiques d’Amérique Centrale. Avant de quelques chambres du foyer des jeunes travailleurs afin d’y loger le grand départ pour son nouveau pays les étudiants de BTS ou autre », explique Patrick Blondel responsable d’étude, Gabriel savait déjà la difficul- communication du Crous* de Toulouse. Aujourd’hui beaucoup de ces té de se loger en France et de surcroît villes rurales qui accueillent des étudiants ont un minimum de parc lodans des villes universitaires comme catif réservé à cette population. Et s’il s’avère que les étudiants sont Toulouse. Il a donc débarqué en Fran- trop nombreux pour le nombre de logements disponibles. La solution ce deux mois avant la rentrée, et s’est est la même qu’en ville. Les Crous conseillent de « recourir à des proattelé immédiatement à la recherche priétaires privés ». d’un logement. Néanmoins, les départements ruraux du Sans voiture, il Sud-Ouest ont la chance d’avoir en leur Gabriel n’a pas eu d’autres sein, nombres de propriétaires étrangers qui choix que le cenne sont présents que les deux mois d’été, tre-ville. La demande étant des plus importantes et qui acceptent volontiers de louer leur (140 000 étudiants peuplent les ruelles toulousaimaison le reste de l’année. Les Mairies et nes), l’étudiant ne se paye pas le luxe de choisir son Offices de Tourisme sont de bons interméfutur nid, mais se jette sur le premier propriétaire diaires pour permettre à ces étudiants-là de consentant. « Je n’ai pas eu droit à un logement en trouver leur place à la campagne. Et cerise cité U, raconte Gabriel, et le premier appart’ que sur le gâteau, les prix des loyers en campaj’ai trouvé était un studio de 25m² avec mezzanine gne sont encore aujourd’hui un peu moins et kitchenette. Le tout, pour un loyer de mensuel élevés qu’en ville. de 500 € J’ai droit aux Aides au logement, donc la Pour preuve, Flavien, tout jeune tailleur de CAF me remboursait une bonne partie, mais c’est pierre descendu de Bretagne, a opté pour la toujours assez élevé pour les petits budgets ». Gasolution des gîtes, facile et plutôt bon marbriel était donc dans une situation assez confortable. ché, mais à éviter tout de même lorsque l’on Il n’y était « pas si mal », ajoute-t-il. rêve d’un peu de stabilité. Toutefois, 25m² deviennent vite trop petits quand Les colocs ! Dans le cas de Flavien qui a atterri sur le l’entourage se fait de plus en plus nombreux. Et département du Gers pour des missions litrouver quelque chose de plus grand, tout seul, en mitées dans le temps, le gîte s’est averé être ville, a de quoi désespérer... Gabriel est, néanmoins, une solution parfaite. En effet, il n’était pas question d’envisager la mise loin d’être le seul étudiant dans ce cas de figure. Alors, la solution de en place d’un vrai démenagement ou emménagement pour des missions s’associer à un, voire plusieurs, colocataires, coule de source. à durée déterminée. «Avec un logement en gîte, on ne s’occupe de rien. Et il ne lui a pas fallu longtemps pour réunir tout le monde. En à peine A quatre, on paye 750 € de loyer par mois. Tout est meublé et tout est autant de temps qu’il le faut pour le dire, Gabriel et deux de ses compar- compris dans ce forfait (eau, éléctricité et chauffage). C’est une source ses ont emménagé dans un 100 m², pour 800 € par mois. « On a chacun de tranquilité et cela ne nous revient pas trop cher», explique-t-il. Mais une chambre aussi grande que mon ancien appart’, et la cuisine et le tout est relatif... Car ce tarif correspond uiniquement à celui de la saison salon comme pièces à vivre », s’exalte-t-il. creuse, qui s’étend de novembre à mars. Fin mars, ils seront donc obliSes amis sont comme lui originaires d’Amérique Centrale et perçoivent, gés de trouver autre chose, les loyers se comptant dès lors à la semaine heureusement, quelques aides au logement. De cette manière, ils n’ont et étant doublés... plus que, chacun, 150 € environ à verser par mois. Ils peuvent ainsi Faustine Milard vivre une vie d’étudiant convenable où la question du loyer n’est plus prioritaire sur celle des études. Car la plus grosse difficulté de l’étudiant *Crous: Centre Régional des Oeuvres Universitaires et Scolaires Le Canard Gascon N°6 - Page 26


Patrick Villate : Robin des bois de la fête ! Tous les quinze jours, il offre le repas à ses clients !

Dd’entraîneur de l’équipe de rugby de Mézin (Lot-et-

epuis maintenant près de dix ans, Patrick a troqué son maillot

Tous les 15 jours, le repas est gratuit.

Entre les statues de jazzman et de chanteuses de blues qui trônent aux quatre coins du bar et les affiches musicales, Patrick a décidé d’installer un vrai karaoké digne des plus grands bars parisiens. Premier essai, certes pas suffisant, mais ce barman-là n’est pas du genre à se laisser abattre. Patrick Villate Alors, lui est venu une idée révolutionnaire. « Si les gens ne viennent pas à nous, nous allons les inviter ». Dès lors, deux samedis par mois, il offre le repas à ses clients. L’objectif étant de les faire rester. « Ils payent toutes leurs consommations et nous nous chargeons du repas ». Plat unique et dessert sont au menu, et pourquoi pas karaoké pour les plus courageux, « mais ce n’est pas non plus systématique, précise-t-il, c’est à la demande ». « Les gens sont ravis. Et puis comment voulez vous qu’un jeune couple se paye une soirée entière avec bouffe, consommations et le reste de la soirée ? Cela revient vite à 100/150 € pour deux. Ce n’est pas gérable. Ici, ils ne payent que leurs consommations, et sont assurés de passer un bon moment » Alors, quand un patron de bar se transforme en Robin des bois de la fête, tout devient plus appréciable… Faustine Milard * Café du Commerce. Place de l’église, 47170 Mézin. 05 53 97 07 91. Prochain repas gratuit, Mi-janvier, Buffet froid (sur réservation). Tous les vendredis, entre 19 h et 20 h 30, Happy hours.

Photo E.M.

Garonne) contre celui de tenancier de bar. Le village manquait alors cruellement d’animation, et, ô miracle, pendant son mandat sportif, un bar était à vendre… Voilà comment ce Marmandais d’origine s’est transformé en Mézinais du jour au lendemain. En sautant sur cette opportunité, Patrick est devenu du même coup celui qui réveilla les habitants de Mézin. Dès lors, il s’est attelé à faire du « Café du Commerce »* un lieu où la musique est reine. « J’ai voulu faire un endroit aux allures de pub anglais, avec une atmosphère chaude et sympathique où toute la déco est basée sur la musique », commentet-il. Au départ, le bar tournait plus que raisonnablement. « On n’avait pas besoin de faire quoi que ce soit pour attirer les clients. Les choses se faisaient

naturellement ». Mais aujourd’hui tout est différent. Finie l’époque où les clients venaient tout seuls. Depuis deux ou trois ans, l’activité est en baisse. « Je ne sais pas si c’est parce que les générations ont changé où si l’Euro est pour quelque chose dans tout ça », se questionne Patrick. Toujours est-il qu’il a fallu faire preuve d’ingéniosité afin de remettre à flot un commerce qui s’enfonçait dans l’ennui.

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Félicien fait son Schpountz* à Paris... Félicien le Landais entame une carrière de comédien à Paris et se lance dans le business du spectacle et du dessin animé. histoire, avec de l’humour, de la tendresse et beaucoup de vérité. Et, clin d’œil, j’ai choisi le théâtre André Bourvil à Paris pour me produire ! L.C.G. : Le chroniqueur Guy Carlier vous a flingué dans une de ses chroniques. Aujourd’hui vous êtes copains ? Félicien : Le portrait qu’il a tiré de moi était plein d’humour mais vraiment méchant. Personnellement je l’ai supporté, mais mes parents ont été blessés. Dans mon spectacle, je repasse cette chronique sur scène et j’explique l’effet que ça peut faire dans une famille. Depuis j’ai rencontré Carlier, on a parlé et il soutient et encourage mon projet.

Photo E.M.

L.C.G. : Vous n’habitez plus à Amou dans les Landes. Comment se passe la vie parisienne ? Félicien : J’habite à Paris depuis trois ans, quartier république. En face de chez Vincent Cassel et Monica Belluci, c’est pas mal... Je n’ai pas remis les pieds dans une arène depuis un bon moment. La dernière fois ça devait être à Nogaro. Le sud, c’est bien pour les vacances. Moi j’étais le portrait-type du Chalossais qui ne devait jamais quitter ses Landes. J’appelle ça le BBR (Branleur Bon à Rien). Mais cette expérience à la télé m’a radicalement changé. Je me sens hyper-bien dans ma nouvelle vie et je n’arrête pas de bosser.

Pse solde par un coup de déprime et un atterrissage en catastrophe sur

our certains candidats, le passage dans une émission de télé-réalité

le plancher des vaches. Pour Félicien Taris, le Landais qu’on a pu voir dans l’émission « Loft Story 2 » sur M6, c’est le contraire. Son expérience l’a fait changer de vie et il s’est auto-propulsé dans les sphères du spectacle et du showbiz parisien avec beaucoup de dynamisme, d’humour et de recul sur sa propre trajectoire. Rencontre avec Félicien, vrai Gascon qui n’a pas la langue de bois.

Le Canard Gascon : vous montez un spectacle co-écrit et produit par vous-même baptisé « Félicien : the sacré schpountz ! » dans lequel vous vous fichez de vous-même. Comment s’est fait ce projet ? Félicien : Une grande amie m’a dit en plaisantant : « tu es vraiment le Schpountz des années 2000 ! Tu devrais te servir de ça ! ». Comme je suis un inconditionnel de Fernandel et de Bourvil, j’ai sauté sur l’occasion pour raconter mon histoire : celle d’un provincial naïf qui monte à Paris et se retrouve dans une émission de télé-prison. On a donné de moi l’image de l’idiot du village landais avec son foulard rouge et sa truffe. J’ai été prisonnier de la télé et ils ont fait de moi ce qu’ils ont voulu. Mais tout ça n’était que du spectacle. La vraie télé-réalité ce sont les informations et le journal de 20 h. Aujourd’hui j’ai compris que ce personnage faisait vendre, alors j’ai écrit un spectacle qui raconte son

L.C.G. : Vos copains ne vous manquent pas ? Félicien : Avec la télé, je me suis rendu compte que beaucoup de mes amis n’étaient pas des amis. Mon succès a servi à remplir les caisses de certains sans jamais recevoir de mercis. Heureusement, ils ne sont pas tous comme ça. L.C.G. : A part le spectacle, quels sont vos projets ? Félicien : J’ai monté une société de production de dessins animés : Toros pictures. On travaille sur une série avec Félicien, un jeune landais de 13 ans, comme personnage principal. Il y aura également une bande dessinée. J’ai aussi créé une société pour l’édition de livres et une troisième pour la production de spectacles. Seul regret j’ai arrêté de faire du sport, mais c’est parce que je ne manque pas d’occupations ! Propos recueillis par Jean-Louis Le Breton * Le Schpountz est un film de Marcel Pagnol avec Fernandel (1937) racontant l’histoire d’un jeune naïf provençal qui monte à Paris.

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...Félicien ou rien ! Félicien, c’est déjà un prénom un prénom peu commun ! Le personnage aussi est original.

Anom, Félicien esf un

u-delà de son pré-

personnage doté d’un certain charisme, d’une personnalité attachante, sans oublier bien sûr ce regard de crooner qui fait tout son charme auprès des jeunes femmes ! Félicien est né un 13 mai 1978 de parents agriculteurs, un Landais de pure souche comme on les aime et toujours attaché à sa région même s’il a choisi de vivre à Paris depuis trois ans.. C’est un grand amateur de taureaux (comme son signe astrologique) et de sport, notamment le Félicien à l’affiche à Paris en janvier pour un specbasket, le rugby, le foot, tacle qui a co-écrit avec Pascal Mercier. tennis, moto-cross et évidemment la pétanque… Sa passion des taureaux transparaît dans le nom de sa société de productions de films : Toros Pictures.

Du sport au cinéma

Félicien cultive son look et a bien changé depuis la période du Loft 2 où on lui avait collé une image de beauf Landais paresseux...

Découvert en 2002 dans l’émission « Loft Story », tout droit débarqué des Landes avec son esprit festif, il enchaîne illico « Cum Cum Mania  », titre musical déjanté qui grimpe à la première place du classement des ventes et devient tube de l’été 2002. Suivra, courant 2003, son nouveau single « Tranquille Emile » puis l’album « Olé Olé » qui le mèneront vers une grosse tournée à travers la France.

Personnage médiatique mais discret… Enfin, presque !

Dès que Félicien abandonne le cochonnet pour rester tranquille à la maison, c’est pour s’installer confortement devant les incontournables films comiques du cinéma français tels que « La grande vadrouille » ou « Le corniaud ».

Sa traversée originale du Stade de France lors de la finale de rugby Biarritz- Agen 2002 n’aura pas échappé au public du stade et encore moins aux téléspectateurs de Canal + ! Novembre 2005 : Après un an d’écriture, Félicien revient avec son spectacle « Félicien, The Sacré Spountz » qu’il joue tous les samedis au théâtre André Bourvil à Paris.

Après une absence dans les médias, Félicien a opéré un retour récemment dans diverses émissions comme le Grand Cabaret de Patrick Sébastien ou Ca se discute de Jean-Luc Delarue.

Félicien n’a pas perdu de temps en montant plusieurs sociétés à l’image du taureau Landais. Il prépare un dessin animé avec Félicien (13 ans) comme personnage principal.

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La Commanderie des chevaliers

du Tursan ! Après avoir présenté les trois grandes Confréries Gastronomiques du Gers (Académie des Dames du Floc dans notre n° 3, Compagnie des Mousquetaires d’Armagnac dans notre n° 4 et Confrérie du Foie Gras Gascon du Gers dans notre n°5), nous abordons ici les nombreuses Confréries des Landes en commençant par celle qui défend le plus célèbre vin de cette région. Nous intronisons des Fidèles Chevaliers-Compagnons, tel est le nom donné à nos impétrants ». D’autres chapitres ont lieu en divers points des Landes et notamment au Casino de Dax. Les dignitaires portent un uniforme vert et or avec le T de Tursan brodé sur la cape, à l’endroit du cœur. Les intronisés, eux, reçoivent un ruban rouge, noir et or terminé par une grappe de raisin dorée.

Rugbymen et toreros parmi les intronisés

La Commanderie, à l’image de tout le département des Landes, aime bien le rugby et les courses de taureaux. Normal qu’aient donc été intronisés les Benoît Dauga, Pierre Albaladejo, André Boniface côté ballon ovale ou Victor Mendes, El Fundi côté « toros » ; sans oublier d’autres sportifs comme Michel Jazy, Illie Nastase, Aimé Jacquet (en 1998) ; des cuisiniers comme les voisins Michel Guérard ou Maïté ; des gens de télévision comme Danièle Gilbert, feu Léon Zitrone, etc.

LRaymond Lafenêtre, alors Maire de Geaune, Conseiller Général et

a Commanderie des Chevaliers du Tursan a été créée en 1960 par

Président de la Coopérative Vinicole. Afin de donner plus de crédibilité et de « spiritualité » à sa confrérie naissante, il se fit assister par le Chanoine Maisonnave, curé de Geaune. Ce Grand Maître fondateur dirigeait encore les Chapitres en 1992, à l’âge de 88 ans. Un bon coup de pub pour le Tursan ! Vous voulez bien vieillir ? Buvez notre vin ! Depuis cette date, la Commanderie a un nouveau Grand Maître en la personne de Jacques Lafenêtre (sans parenté directe avec le premier), Président de l’appellation Tursan. « Nous tenons environ une dizaine de Chapitres par an » précise-t-il « et le plus important d’entre eux a lieu le premier week-end de juillet dans la Salle des Fêtes de Geaune.

Petite production mais grande qualité

Le vin de Tursan est une « appellation d’origine vin délimité de qualité supérieure » (VDQS) tout comme le Côte de Saint Mont gersois ; mais sa production totale n’est que de 2 millions de bouteilles par an (près de 20 fois moins que son voisin gersois). La répartition des vins est d’environ 20% de blanc, 30% de rosé et 50% de rouge. « Vu les faibles volumes produits, l’exportation n’est pas une de nos stratégies puisque seulement 5% de nos vins partent à l’étranger » précise encore Jacques Lafenêtre. Petite quantité mais excellente qualité. Voilà pourquoi les nouveaux intronisés s’engagent à « faire connaître, illustrer et défendre le vin de Tursan ». Jean-Paul Amic

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Making Gascony sound synonymous with luxury

Comment faire rimer Gascogne avec luxe...

ILuxury” !

n English, the slogan reads : “Gascony is starting to rhyme with

Epublicité est en Anglais : « Gascony is starting to rhyme with n Français, cela ne marche pas. Mais peu importe puisque la

and is being launched by a firm called “Prestige & Privileges” for the purpose of developing its real estate operation based in the Domaine du Blans, in the village of Gazaupouy between Condom and La Romieu in the northern part of the Gers.

Luxury » ! Tel est le slogan imaginé par la société « Prestige & Privileges » (des mots identiques dans les deux langues) pour promouvoir son opération immobilière du Domaine de Blans, dans le village de Gazaupouy, entre Condom et La Romieu, dans le nord du département du Gers.

This is a whole new concept meant for over-worked and stressedout, well-heeled city-dwellers. The firm’s advertisements tell them all about Gascony’s beautiful landscapes, its pleasant climate, the world-wide reputation of its cuisine and the fact that the area is sparsely populated, which makes it an agreeable place to buy a house. It is also a bore, of course, to have to deal with the job of renovation, to mow the lawn upon arrival, weed the garden, fill the pool, and do without a high-speed internet connection.

True luxury means freedom of such chores

Un concept nouveau pour des citadins surmenés, sur-stressés et peut être « surargentés ». La publicité leur explique qu’acheter une maison en Gascogne est très agréable en raison de la beauté des paysages, de la douceur du climat, d’une gastronomie célébrée mondialement et d’une très faible densité de population mais qu’il est fastidieux de faire effectuer des travaux de tous ordres, de passer ses premiers jours de séjour à tondre la pelouse ou entretenir le jardin, de mettre en eau la piscine ou encore de ne pas disposer de branchements Internet à haut débit.

Heather Hughes

Le vrai luxe n’est-il pas de ne plus avoir de soucis ?

Whoever buys a house at the Domaine de Blans will have no such worries. A gardener will come to look after the lawn as well as the rest of the garden, whether you are there three days per year or every single weekend. Caretakers will be on the premises in the hamlet 24 hours a day and 365 days a year. A common swimming pool will always be ready for use, and there will be state-of-the-art internet hookups !

Si vous achetez donc une maison au Domaine de Blans, vous n’aurez plus à vous occuper de tous ces problèmes. Un jardinier entretiendra votre pelouse et votre jardin en permanence, que vous veniez 3 jours par an ou tous les week-ends. Le hameau sera bien sûr gardienné 24 heures sur 24 et 365 jours par an. Une piscine commune sera toujours en état et vous aurez des liaisons Internet optimales ! Si vous habitez Londres, avec un emploi du temps surchargé, toutes ces propositions peuvent sembler bien séduisantes.

The environment will be protected

Un grand respect de la nature

No project of this kind can of course be undertaken without perfect good taste and a sound grasp of what it takes to protect the environment. The driving force behind the whole idea is an Englishwoman by the name of Heather Hughes who has been based in Toulouse for a number of years. She runs a company called “In Situ” which specializes in providing assistance to foreign companies opening up

Bien sûr, une telle opération ne peut être entreprise qu’avec beaucoup de goût et un grand respect de la nature. La promotrice de cette idée est Heather Hughes, une Anglaise résidant depuis de nombreuses années à Toulouse. Elle dirige la société « In Situ » spécialisée dans la prise en charge de tous les problèmes liés à l’installation d’une compagnie

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for business in France, and she presides over the mutual aid group called “British International Business Network Toulouse”. An abandoned hamlet, Blans has now been bought. The few surviving houses have been restored in keeping with the local architectural style. The ones that were in ruins have been torn down, but their stones have been carefully set aside for later use in the construction of new houses. Everything about the houses and the hill-top hamlet in its magnificent setting is designed to attract an up-market clientele, and there is no doubt that the words Gers and luxury can go together ! The first houses will be sold in 2006. Jean-Paul Amic (trad. Nina de Voogd) Contact : www.prestige-privileges.com

Le Domaine de Blans

étrangère en France et préside l’association d’entraide « British International Business Network Toulouse ». Le hameau abandonné de Blans a été racheté et les quelques maisons en bon état ont été restaurées en conservant soigneusement le style local. Celles plus abîmées ont été détruites mais les pierres ont été soigneusement mises de côté afin de reconstruire du neuf avec ces vieux matériaux. Beauté des maisons et site magnifique, au sommet d’une colline, tout concourt à attirer une clientèle haut de gamme. Oui, Gers et luxe sont deux mots qui peuvent cohabiter ! Les premières maisons doivent être vendues en 2006 Jean-Paul Amic Contact : www.prestige-privileges.com

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Amélie’s Pastis

Le Pastis d’Amélie Le savoir-faire des ancêtres…

The know-how of times gone by

P

eio Larquier a bien de la chance d’avoir eu une arrière grand-mère eio Larquier has had the good luck to have had a truly creative créative et un arrière grand-père gourmand. Marie-Amélie, née le great-grandmother, and a great-grandfather who was a gourmet. 13 août 1881 était cuisinière. Pour Pierre, son gourmand de mari Born on August 13, 1881, Marie-Amélie was a cook. To qui était ébéniste, elle a inventé un pastis unique : un déliplease her cabinet-maker husband Pierre she invented cieux gâteau où vanille, rhum et anis font bon ménage. Il a unique form of “pastis”, a delicious pastry made faut dire que Pierre lui avait offert un pétrin en cadeau with a felicitous blend of vanilla, rhum and anise. It de mariage… should be said, of course, that Pierre had given her A l’époque, le pastis était confectionné au moment a kneading-trough as a wedding gift. des fêtes, des mariages ou des baptèmes. En Gascon, In those days, pastis pastry was made for such le levain se disait « borider ». Après l’avoir pétri, festive occasions as weddings and baptisms. In Marie-Amélie y avait ajouté de la farine, son infuGascony, its batter was called “borider”. Mariesion de lait, rhum, anis et vanille, quelques œufs, un Amélie would knead her blend of flour, milk, peu de sel et du beurre fondu. L’ensemble recourhum, anise and vanilla, a few eggs, salt and vert d’un édredon avait été placé une nuit dans la melted butter. The mixture was then covered cheminée puis disposé le matin dans des casseroles with an eiderdown and left in the fireplace overbeurrées avant de cuire lentement au feu de bois… night, before being put in buttered pans in the Aujourd’hui, Peio Larquier, succédant à son père morning and slowly baked over a wood fire. Jean-Louis, premier porteur de la recette familiale, Nowadays Peio Larquier has succeeded his father perpétue la tradition et fabrique dans sa pâtisserie de Jean-Louis who had taken over the recipe, and is perPeio Larquier Mazerolles un délicieux pastis dont le parfum de vanille petuating the family tradition by producing a delicious embaume la pièce dès que vous le ramenez à la maison. Il “pastis” in his bakery at Mazerolles; its fragrance is such est cuit dans des moules qui rappellent la forme des casseroles that your whole house will smell of vanilla when you bring it d’antan et plus léger que la formule originale. Sa qualité a su séduire home. His pastis is baked in moulds the shape of old-fashioned pans, des grands chefs comme Guérard ou Ducasse qui s’approvisionnent and is lighter than the original recipe. Its quality is such that famous chez Peio Larquier. Le jeune homme (il n’a que 31 ans) est aussi chefs like Guérard and Ducasse are his clients. Young Larquier (who artisan boulanger, mais compte abandonner cette part de son activité is 31) is also active as an independent baker, but plans to give up that pour se consacrer uniquement au pastis d’Amélie et en faire évoluer activity and devote himself full time to his great-grandmother Améles différentes versions ! Bien que située dans le Béarn, sa pâtisserie lie’s pastis in various forms! Located though he is in the Béarn region, attire de nombreux Landais ! his pastry shop attracts many a customer from the Landes ! J.-L. L. B. J.-L. L. B. (Trad. Nina de Voogd)

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Pâtisserie Larquier – 64230 Mazerolles - Tel.: 05 59 77 12 52

Pâtisserie Larquier – 64230 Mazerolles -Tél. : 05 59 77 12 52

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Imprimerie Dauba - Anyware Multimédia 2, avenue du Général Leclerc - 32110 Nogaro Tél.: 05 62 09 03 61 - Fax : 05 62 69 03 69 Mails : dauba.imprimerie@wanadoo.fr info@anyware.fr


Olivier Martin

Olivier Martin

White wine and shells

vin blanc et coquillages

Olivier Martin produces sweet white wine, and collects shells to boot !

Olivier Martin produit du vin blanc moelleux… et collectionne les coquillages !

Martin est un vigneron à part. Son domaine viticole est l’un Oto consist of terraces that were built by his father back in the se- Olivier des rares à posséder des vignes en terrasses créées par son père venties. “I have now widened them to plant the petit-manseng livier Martin is no ordinary vintner. His vineyard is one of the few

variety of grape and produce a first-rate white wine”. A setting of that sort makes for optimum exposure to the sun, for the upper rows do not cast any shadows on the ones below. On top of that Olivier Martin has added a system of hooking up the vinestalks’ branches in a way that gives the leaves better exposure still. The result is a harvest of small but very sweet petit-manseng grapes. “And what is more, we are here on top of a sandy soil that fills up with water in the winter and keeps its humidity by capillary action in the summer. These vines never lack for water”. Since his very first harvest in 2000, Olivier Martin has received several awards for his sweet wine, which he calls “Formule 1”. It is true that his nectar calls for a great deal of special care. His grapes are harvested by hand to prevent oxidation. They are transported in tubs that have been painted white to make them absorb less heat, and in the cellar too everything is painted white so as to show up any trace of dirt that might affect their quality due to microbes or bacteria. Olivier Martin’s main focus is on research and experiments with aromas. In letting you taste his wine he will go into the origin of the fragrances of apricot, pineapple or passion fruit that give it its subtlety. Observation of the soil is this vintner’s other main occupation. He has set up a small paleontological museum inside his wine cellar, where the shells he has found in his vineyards are on display. Some of these date from the Miocene Epoch (some 15 million years ago). He also owns the odd item that is even older, such as fragments of dinosaur bones that date from the Cretaceous Period. Olivier Martin’s studies of the past have given him a better understanding of his present-day soil, which makes for a wine that is all the better for it. Jean-Louis Le Breton (Trad. Nina de Voogd) (Domaine de Rubens. 32110 Nogaro.

Tél. : 05 62 69 02 38)

Olivier Martin

dans les années soixante dix. « Aujourd’hui, je les ai élargies pour y planter du Petit-Manseng et créer un vin blanc haut de gamme ». Cette disposition particulière des vignes favorise une exposition maximale au soleil puisque les rangs inférieur ne projettent pas d’ombre sur les rangs supérieurs. A cela, Olivier Martin a ajouté un système d’accrochage en demi-lyre qui agrandit encore la surface d’exposition des feuilles au soleil. Au final, le cépage Petit-Manseng donne des raisins de petite taille, mais très sucrés. « De plus nous sommes sur des sables qui font le plein d’eau en hiver et restituent l’humidité l’été par capillarité. La vigne ne subit aucun stress hydrique. » Depuis sa première récolte en 2000, Olivier Martin a reçu plusieurs récompenses pour son vin blanc moelleux qu’il qualifie de « formule 1 ». Car ce nectar demande une attention toute particulière. Le raisin est vendangé à la main pour éviter toute oxydation. Il est transporté dans des bennes peintes en blanc moins sensibles à la chaleur et dans le chai tout est peint en blanc pour repérer les traces de saleté qui pourraient nuire à sa qualité, car il craint les microbes et les bactéries. La recherche et le travail sur les arômes sont deux préoccupations principales pour Olivier Martin. En vous faisant goûter son vin il vous expliquera la provenance des arômes d’abricots, d’ananas ou de fruit de la passion qui lui donnent son parfum si subtil. Observer la terre est la seconde passion du vigneron. Dans son chai, il a installé un petit musée de paléontologie et expose des coquillages ramassés dans ses vignes. Certains datent du miocène (environ 15 millions d’années). Il possède aussi des pièces plus anciennes comme des fragments d’os de dinosaures qui remontent au crétacé. Grâce à cette recherche du passé, Olivier Martin comprend mieux sa terre d’aujourd’hui et peut donc mieux travailler son vin avec cœur et générosité. Jean-Louis Le Breton Domaine de Rubens. 32110 Nogaro. Tél. : 05 62 69 02 38

Le musée - The museum

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Ô moun païs... qué parlan de tu... La période des fêtes de fin d’année a été propice à la sortie de très beaux livres… « LA GARONNE » de Dominique Le Brun (texte) et Didier Taillefer (photos) – Editions Privat Un ouvrage très intéressant sur le fleuve-roi de notre grand Sud-Ouest. On part de l’embouchure, à la Pointe de Grave, pour remonter, au fur et à mesure, le fleuve jusqu’à sa source, en Espagne, dans le Val d’Aran. La Garonne a façonné les paysages, les hommes, l’économie agricole, les transports mais aussi les villes et l’industrie. Ce livre s’attache à décrire tous ces éléments géographiques, humains et économiques. Sans oublier la beauté de la nature fort bien mise en valeur par la poésie des dizaines et des dizaines de photos qui émaillent le texte. Un « must  » ! « LE FOIE GRAS » de Jean-Noël Mouret (texte) et Didier Taillefer (photos) – Editions Privat Un livre du même format que le précédent –c’est à dire un « beau livre de bibliothèque »qui vous apprendra tout, de A à Z, sur l’histoire du mets emblématique de notre région. Connu des anciens Egyptiens, Grecs et Romains, le foie gras n’a survécu - à travers les siècles - que grâce aux communautés juives d’Europe Centrale qui en ont perpétué la tradition. Le renouveau n’est venu que longtemps plus tard, grâce à un certain Christophe Colomb qui a ramené le maïs d’Amérique latine, avec le succès que l’on sait. Non, Messieurs les Technocrates, gaver oies et canards ne fait pas souffrir l’animal, si cela est fait « normalement », c’est-à-dire à une échelle non industrielle ! Toute la filière du « gras » est expliquée dans ces pages avec, pour finir, quelques recettes lotoises. De magnifiques

photos agrémentent cet ouvrage indispensable à tout gourmand gascon, c’est-à-dire à tout le monde !

Les Pyrénées, terre de chanteurs… Un cd de plus dans la série des Chœurs Pyrénéens… « BIGOURDANS EN BALADE » par le groupe ETHS AMICS – Label Agorila

Ce disque du groupe « Les Amis » est très plaisant à écouter. Ce chœur de 23 hommes compte aussi 5 musiciens (deux guitares, accordéon, batterie, harmonica), ce qui est rare dans les groupes pyrénéens généralement vocaux uniquement. Ces Bigourdans (ils sont de Gerde, à côté de Bagnères de Bigorre) nous proposent ici une balade à travers les Pyrénées : Pays Basque, Bigorre évidemment, Catalogne mais aussi Espagne. C’est gai, entraînant, harmonieux ; un excellent moment ! « Eths Amics » ont créé leur groupe chantant il y a 4 ans. « Des copains qui se rencontraient autour d’une tourte et d’un verre de blanc » déclare Francis Claverie, le chef de chœur. Ils animent les 3e mi-temps de rugby mais aussi les messes de mariage, les apéritifs. « Nous sommes de véritables amateurs » précise encore l’animateur du groupe « et nous voulons le rester afin d’apporter chaleur et joie de vivre » ! Ecoutez-les. Je crois que vous approuverez !

Allumez votre téléviseur pour regarder un DVD des aventures d’un couple « mythique » du « folklore gascon »… Le Canard Gascon N°6 - Page 38

« LA CLOCHE DE MINJECEBES » par CATINOU et JACOUTI – Dvd « Regards du Sud » Ce film d’une durée d’une heure a été réalisé en 2005 par Christian Attard, avec le concours du Conseil Régional de Midi-Pyrénées et du Conseil Général de la Haute-Garonne. Il faut dire que la « Catinou » et le « Jacouti » constituent un « pan » de la culture locale, de la mémoire collective. Ces deux héros ont été créés à la fin de la 2e guerre mondiale par Charles Mouly, un Aveyronnais de Toulouse. La chronique de ce couple paraissait régulièrement dans « La Dépêche du Midi » sous forme de courtes histoires en « patois », en Occitan diton aujourd’hui. Elles n’ont pas complètement disparu de notre quotidien régional en ce début des années 2000. Elles furent aussi l’objet de pièces de théâtre et de nombreuses émissions de radio. Ce film (jamais sorti au cinéma) est un petit régal ; les personnages sont naïfs et truculents à souhait et le réalisateur a su bien conserver le côté décalé et rétro du couple du village de Minjecébes (mange-oignons littéralement).

Une galerie de personnages qui rappelle un peu les silhouettes du dessinateur Dubout, créées à la même époque. Le 21e siècle a le « Duo des Non » ; la 2e moitié du 20e avait la « Catinou » et le « Jacouti ». C’est du même tonneau ! Celui des grands crus ! A commander uniquement à : SEDIS, BP 730, 65007 Tarbes cedex. Tel : 05 62 44 05 03 Jean-Paul Amic


Le Canard gascon n°6  
Le Canard gascon n°6  

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