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Magazine d’info et de débat sur la Gascogne - Ruralité et modernité

N°4 - Septembre-Octobre 2005 - 3,2 €


Sommaire n°4 Enquêtes Entretien avec José Bové – Page 4 Rémy Fourcade de la FNSEA – Page 7 Michel Laura, Coordination Rurale – Page 8 Et l’agriculture bio ? - Page 9 Abeilles : ça va mieux ! - Page 12 Aire : sur les traces de Quitterie- Page 13 Vie des Bandas : la Chicuelina - Page 14 Sylvie Talon, peintre surréaliste - Page 16 Bernard Barritaud, photographe - Page 18 Les mousquetaires d’Armagnac - Page 20 Gasconoscopes André Daguin – Page 22 Thomas Baqué – Page 22 Maïté Samalens – Page 22 Lise Soulé – Page 23 Rémy Soriano – Page 23 Sassou– Page 23 Nicole Sanarens– Page 24 Sybille Sanchez-Pons– Page 24 Jean-Paul Amic– Page 24 English Pages Visions of greenery - Page 26 The bridge of Artigues - Page 27 Brenda Hollingsworth - Page 28 Cd, bouquins, etc... Page 30 Couverture José Bové, et photo d’arrière plan prise lors du concours annuel de labour. (Photos J.-L. L.B.)

Blair a-t-il une vision pour l’Europe ? Lprécédente édition. Entièrement gavé à la bonne information du sud-ouest qui n’a pas manqué

’été s’en va, mais le Canard Gascon est toujours là, un peu plus gras et coloré que pour sa

d’être copieuse ces dernières semaines. Une alimentation riche et variée comme vous pourrez le constater au fil des pages. Le plat de résistance de ce numéro est le dossier sur l’avenir des paysans. Tony Blair a pris la présidence de l’Europe et a critiqué le fonctionnement de la PAC. Il n’est pas le seul car tous les représentants du monde rural que nous avons rencontrés, de droite ou de gauche, critiquent aussi la PAC et pointent du doigt ses aberrations. Malgré ces vives remontrances contre les technocrates (qui sont ces gars qui ont pondu une PAC aussi complexe et inique ?), il ne se dessine pas un avenir clair pour la communauté rurale européenne et on attend toujours que quelqu’un montre la voie. Voici ce qu’à dit Blair lors de son discours devant le parlement le 23 juin : « On a laissé entendre que je n’étais pas disposé à accepter un compromis sur le rabais consenti à la Grande-Bretagne ; que je n’avais soulevé la question de la réforme de la PAC qu’à la dernière minute ; que je comptais la renégocier le vendredi soir. Or je suis le seul dirigeant britannique à avoir jamais dit que je remettrais le rabais sur le tapis. Je n’ai jamais dit qu’il fallait mettre fin à la PAC maintenant, ni qu’il fallait la renégocier toutes affaires cessantes. Ce serait absurde. Toute réforme doit tenir compte des besoins des communautés rurales et prendre son temps. J’ai simplement dit deux choses : que nous ne pouvions pas convenir d’une perspective financière qui ne prévoie pas au minimum un processus débouchant sur un budget plus rationnel ; et que ce processus devait permettre au budget d’influer sur la deuxième moitié de cette perspective, à l’horizon de 2013. Sinon nous nous retrouverons en 2014 sans qu’aucun changement de fond n’ait été décidé, et encore moins appliqué. » De José Bové à la FNSEA, tout le monde plaide pour la préférence communautaire européenne. Là encore que dit Blair ? « Les États-Unis sont la seule superpuissance du monde. Mais dans quelques dizaines d’années, ce sont les économies de la Chine et de l’Inde qui seront au premier rang, et leur population sera le triple de celle de l’Union européenne. Le dessein d’une Europe unie dans la collaboration est essentiel pour que nos nations soient assez fortes pour tenir leur place dans le monde. » De belles intentions, certes. Mais sur le plan rural c’est la façon de parvenir à cette union qui n’est pas fixée. Doit-on privilégier l’agriculture productiviste et aller vers la concentration de très grandes exploitations comme aux Etats-Unis ? Peut-on revenir à une agriculture à taille plus modeste en tenant compte des spécificités du paysage européen ? Peut-on envisager une conversion vers l’agriculture bio ? Bien malin qui détient la réponse parce que les intérêts des uns et des autres sont tellement intriqués et si souvent contradictoires qu’il semble pratiquement impossible de dégager un vrai projet européen d’agriculture face à la mondialisation. Il est en tout cas clair que nos politiques n’ont pas de vision à long terme sur le sujet. Mais foin de pessimisme. La Gascogne c’est aussi la fête et la création : vous trouverez dans ces pages l’esprit des Bandas, la chaleur des courses landaises, le talent des artistes Gascons et le savoir bien-vivre qui font le charme de notre région ! Salutations gasconnes ! Jean-Louis Le Breton

Le Canard Gascon, La Bayle – 32110 – Magnan. Tél. : 05 62 08 88 00 - Fax : 05 62 08 88 11. www.le-canard-gascon.com. Mail : info@le-canard-gascon.com Rédaction Directeur de la publication et rédacteur en chef : Jean-Louis Le Breton. Maquette et conception graphique : Pierre Giès. Ont collaboré à ce numéro : Nina de Voogd, Ernest Mulard, Jean-Paul Amic, Caroline Le Breton. Le personnage du Canard Gascon est de Elger. Merci à Daniel Dalex pour ses précieux conseils. Photos : Jean-Louis Le Breton, Ernest Mulard, Nina De Voogd, Agnès Maillard. Editeur : Anyware sarl, La Bayle – 32110 Magnan. Dépôt légal, 3ème trimestre 2005. Service des ventes au journal (05 62 08 88 00). Numéro de commission paritaire : 0207 I 86098. ISSN 1772-6573. Imprimé par Dauba à Nogaro. Abonnement : 36 euros pour 12 numéros – France métropolitaine. Autres régions, nous consulter. La direction du Canard Gascon (première porte à gauche en entrant) se réserve le droit de refuser toute insertion sans avoir à se justifier, on fait ce qu’on veut, on est cheu nous, maquaréou. Toute reproduction ou représentation intégrale ou partielle par quelque procédé que ce soit (microfilm, photocopie, enluminure de manuscrit, publication sur Internet, etc.) des pages publiées dans la présente publication, faite sans l’autorisation de l’éditeur (c’est encore nous) est illicite et constitue une contrefaçon qui ne nous plairait pas du tout. Seules sont autorisées les reproductions strictement réservées à l’usage privé et non destinées à une utilisation collective et les analyses ou courtes citations. En revanche, toute publicité gratuite pour le Canard Gascon est la bienvenue. Montrez-le mais ne le donnez pas, encouragez vos amis à s’abonner fissa. Et si on écrit en caractère taille 6, vous arrivez encore à lire ? Et si en plus on diminue la couleur de l’encre ? Vous êtes toujours là ? C’est super, vous êtes des lecteurs géniaux. On vous aime.

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PAYSANS : Quel avenir ? Chaque année des centaines de petites exploitations agricoles disparaissent. La PAC remise en cause par Tony Blair ne fait pas le bonheur de beaucoup d’agriculteurs français. L’élargissement de l’Europe inquiète, la mondialisation fait peur. Il était temps de faire le point avec les grandes organisations syndicales paysannes. A commencer par le charismatique José Bové, représentant la Confédération Paysanne.

Rencontre avec José Bové Le Canard Gascon : La Pac est remise en question par Tony Blair et pays doit ouvrir ses frontières et les marchés doivent être libres avec beaucoup d’autres. Comment en est-on arrivé là ? l’alignement de tous les prix sur les prix mondiaux. Mais ceux-ci n’ont José Bové : La PAC a été mise en place en 1957 avec trois objectifs. Le aujourd’hui aucune signification économique. Le prix des céréales est premier était de faire en sorte pour les pays entrants d’arriver à cons- fixé par la bourse de Chicago sans aucune réalité. truire une auto-suffisance européenne et donc de mettre en place Les grands pays comme les Etats-Unis ou l’Union Eurol’idée de préférence communautaire. Deuxièmement il péenne vendent sur le marché mondial à ces prix fallait que le panier de la ménagère ne coûte pas là puisqu’ils versent à côté des subventions trop cher pour les produits agricoles. On devait aux agriculteurs. Depuis 1992, on met créer une stabilité agricole par rapport aux en place un système où le soutien risques de yoyo pour ne pas pénaliser le aux agriculteurs n’est plus lié à ce consommateur. Le troisième élément qu’ils produisent. Les réformes était de procurer aux paysans un rede 1999 et 2003 viennent venu équivalent aux autres catégorenforcer cette logique. Les ries sociales. Ces trois objectifs aides sont octroyées aux étaient dans le traité de Rome. hectares et non plus à Au départ ça a fonctionné la production. On a dit avec des règles précises comaux gens : « plus vous me la protection aux fronavez d’hectares, plus tières pour éviter que des vous avez d’aides et produits arrivent notamment sur les hectares que des Etats-Unis à des prix vous avez, certains cassant le marché et empêtypes de productions chant l’Europe de construire seront soutenus plus sa politique. Il y avait une que d’autres. » C’est protection et un soutien : plus comme ça qu’on aron produisait plus on était sourive à l’aberration du tenu puisqu’il y avait une aide maïs irrigué aidé à près par kilo produit. Cela a entraîné de 500 € l’hectare, qui ce qui devait arriver au milieu des en plus pompe toute l’eau, années 70 : une surproduction en alors qu’un gars qui produit particulier sur les céréales, la viande et en agriculture traditionnelle le lait. D’où la mise en place des quotas ou bio touche dix fois moins. et les restrictions de production. Tout est bouleversé et des départeLes gens intelligents comme Edgard Pisani se ments entiers sont modifiés, comme le sont dit « il faut réorienter la PAC », mais il n’a pas Gers qui devient de plus en plus céréalier Photo JLLB été écouté. Sicco Mansholt avait été commissaire euroalors que c’était un département de polyculture et péen à l’agriculture à la fin des années soixante. Il était à fond pour d’élevage. une industrialisation de l’agriculture et voulait favoriser la concentration des fermes. Pourtant il a fini par comprendre au bout de dix ans que LCG : Cette année, la nouvelle PAC met en place le « droit à paiement c’était une folie furieuse et a dit qu’il fallait rompre avec ce système. unique ». Qu’en pensez-vous ? J.B. : En 1992 il y a eu une première crise car un certain nombre de LCG : Ceux qui s’élevaient contre la PAC à l’époque ont-ils céréaliers se sont trouvés pris à la gorge. En 1999 puis 2003 la situation été entendus ? s’est encore dégradée. Aujourd’hui un kilo de céréales est vendu sur le J.B. : Ça n’est pas ce qui s’est passé et on est resté dans une logi- marché mondial à la moitié de son coût de production. L’Europe a alors que de soutien à une agriculture industrielle, productiviste. Le grand inventé le système de découplage des aides pour ne pas être accusée de changement a eu lieu en 1992 quand l’agriculture est entrée dans les subventionner la production. Sur le papier, l’aide est maintenant liée négociations de l’organisation mondiale du commerce (OMC). Cela si- à l’agriculteur. On a pris trois années de référence : 2000, 2001, 2002 gnifiait que l’agriculture était assimilée aux produits industriels. L’idée et l’agriculteur va désormais toucher un chèque annuel qu’il produise fondamentale de l’OMC poussée par des grands groupes est que chaque ou pas, en fonction de ce qu’il avait touché ces années précédentes. Le Canard Gascon N°4 - Page 4


« L’OMC doit sortir de l’agriculture »

LCG : Que faudrait-il faire pour enrayer ce processus ou le modifier ? J.B. : Il faut revenir aux principes de base de la charte. Et l’objectif principal est la souveraineté alimentaire, c’est-à-dire le droit pour les peuples de pouvoir se nourrir à partir de leur propre agriculture…pour un pays ou un groupe de pays ! C’est un droit fondamental et il ne faut pas que la logique des marchés oriente la politique agricole des pays. L’OMC doit sortir de l’agriculture. Le paradoxe est que le commerce de l’agriculture (ce qui circule d’un pays à l’autre) ne représente que 10% de la production agricole mondiale. Mais ces 10% ont un rôle de destruction massive sur l’ensemble des agricultures. On est donc dans un système aberrant.

«Il faut réaffirmer la préférence communataire» LCG : Supposons qu’on vous confie le poste de « ministre de l’agriculture de l’Europe ». Vous faites quoi ? J.B. : Il faut de manière évidente dire qu’on réaffirme la préférence communautaire. Tout ce que nous produisons et sur lequel nous sommes auto-suffisants ne doit pas être importé. On est par exemple excédentaire dans les céréales, le lait, la viande. Autre aberration : nous avons cinq millions d’hectares d’excédents en céréales, mais dans le même temps on importe 80% de nos protéines végétales. C’est lié à une perversion mise en place quand la PAC a été créée. Les Etats-Unis ont dit « Ok on vous laisse faire votre PAC, mais le soja doit rentrer dans l’Union Européenne à zéro taxes ! ». Ce qui explique que dans toutes les zones Atlantique et portuaires se sont développées les productions hors-sol : porcheries, volailles, etc. Aujourd’hui ce système explose aussi. Les grands industriels de volailles ferment les poulaillers en Bretagne ou dans les pays de Loire et les ouvrent au Brésil ou en Thaïlande. Je ne suis pas pour qu’on bloque les marchés mais il faut importer en fonction des besoins réels. Il faut stopper l’exportation de matières premières subventionnées. Nous devons créer une zone « Europe » et l’Asie, l’Afrique ou l’Amérique du Sud doivent aussi le faire. Le marché commun avait comme principe la préférence communautaire. Quand le produit existe à l’intérieur du marché européen, on ne l’achète pas à l’extérieur. Or aujourd’hui, l’OMC interdit ça. La règle perverse de l’OMC, que tu sois auto-suffisant ou pas, t’oblige à importer au moins 5% de ta consommation intérieure.

à Cancun. A Hong Kong en décembre se dérouleront les prochaines négociations. Les organisations paysannes internationales dans le cadre de Via Campesina*, le premier mouvement paysan mondial en terme de nombre de personnes puisque nous représentons 200 millions d’adhérents, mènent une bataille sur le droit à la souveraineté alimentaire dans l’ensemble des pays sur tous les continents. Nous voulons en obtenir la reconnaissance devant les Nations Unies comme un droit fondamental. Aujourd’hui on reconnaît le droit à l’alimentation, mais on ne reconnaît pas le droit à l’agriculture et le droit pour les pays de se protéger contre les importations à bas prix, donc contre le dumping. D’ici 2013 il y aura obligatoirement une modification de la PAC. Telle qu’elle existe elle ne peut pas tenir. Pas seulement pour les questions budgétaires posées par Blair mais parce qu’on voit de plus en plus les pays du sud mobilisés contre la PAC et le Farm Bill américain**. Ils se rendent compte que l’Europe et les Etats-Unis trompent le reste de la planète. LCG : Mais l’Europe élargie à 25 ne pose-t-elle pas un nouveau problème ? J.B. : On voit que des Français s’installent en Pologne ou en Roumanie et fichent dehors les paysans locaux qui n’ont pas de fric. Ils reprennent les fermes d’état et mettent en place une agriculture productiviste privée là où il y avait une agriculture productiviste d’état. L’une n’est pas meilleure que l’autre. Les agriculteurs des 10 pays qui viennent d’entrer dans l’Europe vont toucher 40% des aides que nous touchons nous. Ce système est en train de les détruire à la vitesse grand « V ». Les paysans polonais vont trinquer le plus et être massacrés. On va éliminer les plus petits paysans et dégager de la main d’œuvre dont on ne sait pas ce qu’elle va devenir. Ces anciens paysans vont sans doute partir par bus et on les retrouvera travaillant à des prix défiant toute concurrence sur des zones comme l’Andalousie par exemple où ils arrivent en nombre impressionnant dans les serres. Le gars qui fait des fraises dans le sud-ouest de la France sera incapable de suivre au niveau des prix. Ca va faire des dégâts considérables. Nous sommes aussi en relations étroites avec des paysans Roumains ou Bulgares parce que des firmes comme Pioneer ou Monsanto veulent investir avec leurs OGM dans ces pays où il n’y a pas encore de législation. Il y a une vraie bataille aujourd’hui pour mettre en place làbas des lois pour s’opposer à ces firmes. Une prise de conscience est en train de se faire.

LCG : N’est-il pas déjà trop tard ? J.B. : Je trouve qu’il n’y a pas une minute à perdre. On est sur le front depuis 1986, depuis le début des négociations du GATT puis de l’OMC. Pour ma part, j’en ai fait une activité prioritaire, parce que c’est à ce niveau que se détermine la réalité de notre agriculture. Sur la question de l’OMC nous avons gagné deux fois : en 1999 lorsque les négociations ont capoté sur l’agriculture. Et nous les avons refait capoter en 2003 Le Canard Gascon N°4 - Page 5

Photo Ernest Mulard

C’est un premier scandale. Deuxième scandale : ces aides baptisées « droits à paiement unique » (DPU) vont être marchandables et sont déjà aujourd’hui l’objet de spéculations. Dans certains départements céréaliers on voit des offres atteignant 5 ou 6 fois leur valeur annuelle. Une spéculation se met en place pour ceux qui veulent s’agrandir. On va donc accélérer la concentration des fermes. Une minorité de gens se retrouvera sur ses hectares avec de très gros droits à primes et d’autres avec des terres qui n’auront pas de droits à primes. Dans le même temps il faut savoir que la moitié des agriculteurs ne touchent pas d’aides et n’auront pas droit aux DPU. Et sur les 50% qui touchent des aides, 80% de ces aides vont à 20% des agriculteurs. Ce processus va encore s’accélérer.


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aven l e u Q S:

PAYSAN LCG : Qu’en est-il de la guerre des semences fermières ? J.B. : Aujourd’hui plus de 50% des céréales sont des semences que les gens échangent ou bien ressèment dans leurs propres champs. C’est le cas du blé et de l’orge. Mais pas sur le maïs, car il y a eu une industrialisation avec les hybrides. C’est le premier stade de la privatisation du vivant. Photo JLLB Face à ça, un mouvement se José Bové à Verdun-Sur-Garonne développe et des agriculteurs travaillent pour faire des sélections afin de pouvoir ressemer leur propre maïs. Théoriquement ils n’ont pas le droit de le faire et c’est donc une bataille pour faire reconnaître les semences fermières. Je pense donc qu’on devrait pouvoir inverser la tendance mais ça va être une vraie bagarre. Nous travaillons avec des semenciers paysans et l’INRA pour faire avancer cette réflexion. Evidemment, ça veut dire que les semences ne sont plus adaptables d’une région à une autre et qu’elles correspondent à des critères géographiques.

LCG : Le fait d’arracher des champs de maïs OGM est mal perçu par quantité d’agriculteurs qui préfèrent la voie légale. Comment expliquez-vous votre choix ? J.B. : Nous avons fait ce choix parce que nous nous sommes retrouvés devant une situation où la démocratie ne fonctionnait plus. En France 16 régions sur 22 sont contre les OGM. La plupart ont adhéré à la charte de Florence sur les territoires sans OGM. Des milliers de maires ont pris des arrêtés anti-OGM qui sont systématiquement cassés. Nous ne sommes pas sûrs que le référendum proposé par le Gers puisse aller jusqu’au bout. Les autorisations de faire des essais en plein champ ont été prises sans débat en 1997. Si nous n’étions pas intervenus à Nérac pour détruire un stock de semence, 35 000 hectares de maïs commercial OGM allaient être plantés dans le sud-ouest en 1998. C’est donc parce que nous avons épuisé tous les recours légaux et que nous sommes devant un risque grave et imminent que nous avons décidé de passer par des actions illégales mais en assumant nos responsabilités, c’est-à-dire les poursuites qui sont liées. Il n’est pas question de se soustraire. Propos recueillis le 13 juillet à Verdun-sur-Garonne par JeanLouis Le Breton * Via Campesina : www.viacampesina.org ** Le « farm bill » est aux Etats-Unis l’équivalent de la PAC en Europe.

LCG : Sur ce sujet, vous êtes opposé à la FNSEA ? J.B. : De manière évidente la FNSEA soutient très clairement les semenciers coopératifs, notamment Limagrain et tous ceux qui sont regroupés chez Biogemma où on retrouve Maïsadour, la Coop de Pau, etc. A travers cette question des semences on est face à deux projets d’agriculture : d’un côté l’agriculture industrielle, et de l’autre côté une agriculture paysanne. Aujourd’hui l’agriculture bio n’est pas soutenue par les pouvoirs publics en France. Elle peut se développer. Tout dépend de comment on oriente l’agriculture au niveau de la PAC. Il faut faire un choix clair et dire qu’on ne peut toucher des aides que si l’on a des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement. Au bout du compte ce seront les consommateurs qui feront la différence… si ils ont accès à la bio sans que celle-ci soit à des prix prohibitifs ! Si la bio recevait autant de soutiens que l’agriculture productiviste, demain la moitié des agriculteurs se reconvertiraient en bio. Et si l’agriculture industrielle devait payer tous les coûts environnementaux qu’elle génère, elle ne serait plus rentable. Les paysans peuvent choisir. On sait que certains d’entre eux sont actuellement coincés dans le système et nous avons créé « SOS paysans ». Mais quand un jeune s’installe il peut faire le choix pour une autre agriculture. Chez nous, le lycée agricole de SaintAffrique est en bio par exemple. LCG : Et votre position sur les OGM ? J.B. : Je pense que le problème fondamental lié aux OGM est la question du brevet sur le vivant. Si les firmes n’avaient pas pu breveter les plantes et les semences à travers les OGM, elles n’avaient aucun intérêt à se lancer dans cette culture. Si demain les brevets tombent, il n’y aura plus d’OGM. La quasi totalité de ces OGM sont des plantes rendues tolérantes à l’herbicide ou transformées en insecticides car ce sont les mêmes firmes qui vendent ces produits et les semences qui vont avec. L’herbicide de Pioneer n’ira pas sur les plantes de Monsanto, etc. On est obligé d’avoir le produit de traitement qui va avec la semence associée. Leur idée est de faire un marché captif qui rend le paysan prisonnier de cette logique. Pour inverser la tendance il faut mener une vraie bataille au niveau international. Aujourd’hui énormément de pays d’Afrique, d’Amérique du Sud et d’Asie se mobilisent contre les brevets sur le vivant. Pas seulement sur les questions agricoles mais aussi sur les médicaments. Actuellement, les OGM représentent 0,8% des terres cultivables, mais le pari économique des firmes est énorme. Le Canard Gascon N°4 - Page 6

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« Les Anglais refusent toute solidarité ! »

Rémy Fourcade de la FNSEA Autre sensibilité, mais même problème : Rémy Fourcade, président de la FDSEA du Gers s’inquiète de l’avenir des paysans et tire à boulets rouges contre les Anglais.

L

’agriculture française est-elle arrivée à la croisée des chemins ? C’est la question qu’on peut se poser après l’accession de Tony Blair à la présidence de la commission européenne pour six mois. Le « Prime Minister » anglais n’a pas caché son ressentiment à l’égard des agriculteurs français qu’il juge « trop subventionnés ».

« Touche pas à ma PAC ! »

Principal syndicat agricole français, la toute puissante FNSEA* n’hésite pas à parler de « traumatisme » créé par les propos de Tony Blair, et ses responsables ont déjà ressortis armures et boucliers, prêts à se lancer dans une nouvelle guerre de cent ans. Rémy Fourcade l’affirme haut et clair : « Il n’est pas question de toucher aux engagements qui ont été pris sur l’Europe agricole et qui courent jusqu’en 2013 ! ». D’ailleurs, dopé par la position ferme du président de la République et ses propos acides sur la qualité de la cuisine anglaise et la gestion de la vache folle Outre-Manche, le président de la FDSEA du Gers brandit sa fourche contre la Perfide Albion : « Les Anglais sont devenus les chantres de l’avenir de l’Union Européenne. Ils refusent toute solidarité en exigeant le retour de leur contribution. Ces mêmes Anglais qui ont refusé l’Euro ; les Anglais qui sont responsables des plus graves crises sanitaires du 20e siècle, comme l’ESB et la fièvre aphteuse qui ont coûté une fortune à l’Europe. L’agriculture britannique ne pèse plus guère socialement et économiquement. Elle ne protège ni les paysans ni les consommateurs. Cette agriculture ne peut pas être un modèle pour l’agriculture européenne. Les discours de Tony Blair, sont pour des zones comme le Gers, une véritable déclaration de guerre ! », rugit le syndicaliste. Alors, le premier ministre britannique a-t-il raison de dénoncer une agriculture européenne sous perfusion ? Assurément, si l’on tient compte des chiffres du budget de l’U.E dont 40% du total sont consacrés à la seule Politique Agricole Commune (PAC).

Trop de compensations tue la production

Une affirmation aussitôt démentie par Rémi Fourcade qui rappelle que « La PAC, seule vraie politique intégrée de l’Union, représente moins de 50 milliards d’euros. Si on développait des politiques intégrées dans d’autres domaines, elles coûteraient par exemple 150 milliards pour la recherche et 300 milliards pour la défense ». Et le président de la FDSEA gersoise d’aller plus loin, en soulignant que « la politique agricole commune aurait pu coûter moins cher, si l’Europe ne s’était pas lancée dans une politique d’abandon de gestion des marchés, de réduction de la préférence communautaire et donc de prix agricoles toujours plus bas. Sans cela, les compensations versées aujourd’hui seraient moins élevées. Or, je rappelle que les agriculteurs veulent une politique de l’emploi, de l’aménagement du territoire, de la sécurité alimentaire et des prix agricoles rémunérateurs. Après la ré-

forme à mi-parcours qui déconnecte les aides compensatoires des productions et déstabilise les marchés ; après la conditionnalité de ces mêmes compensations qui est insupportable pour tous les agriculteurs ; le sommet de Bruxelles et les déclarations du premier ministre anglais sur la PAC sont vécus comme un coup de poignard dans le dos du monde paysan ». On l’aura compris, Tony Blair risque fort de ne pas être le bienvenu dans le sud-ouest, en Ariège et dans le Gers chez ses amis britanniques, ou même encore sur son lieu favori de vacances du Lot-et-Garonne. D’autant que ses positions jugées trop « pro US », rappellent aux agriculteurs français la dure bataille que les gouvernements européens doivent mener pour être entendus au sein de l’OMC (Organisation mondiale du commerce), sur laquelle les Américains pèsent de tout leur poids économique.

Pour une agriculture rémunératrice

Dans une Europe soumise à la poussée de l’ultralibéralisme, l’avenir de l’agriculture semble ne pas peser bien lourd face aux pressions des marchés. Pourtant, les dirigeants de la FNSEA veulent encore croire en la PAC et continuent de dessiner les contours de son avenir, même si, comme le souligne Rémy Fourcade, « les politiques ont moins de parole que les maquignons…Notre souhait est celui d’une politique agricole de l’emploi, de l’aménagement du territoire et de la sécurité alimentaire », martèle une nouvelle fois le syndicaliste agricole pour qui « L’Europe a besoin d’une PAC forte et défendue par tous les états membres pour défendre la préférence communautaire face aux négociations de l’OMC. Nous voulons une agriculture performante, compétitive et qui assure sa part dans la lutte contre le chômage. Elle doit être dynamique, innovante, de qualité, à taille humaine et créatrice de richesses. Si l’Angleterre ne nous entend pas, nous durcirons nos positions ». Pas question donc, pour la FNSEA, de voir l’agriculture européenne réduite à une simple variable d’ajustement du budget européen. Pour Rémy Fourcade et ses amis, l’avenir de l’agriculture passe nécessairement par le maintien du budget agricole tel qu’il a été voté jusqu’en 2013. Après cette date fatidique, les paysans français se disent prêts à envisager une réduction des ressources affectées à la PAC mais seulement à une seule condition : « que la Politique Agricole Commune s’accompagne d’une politique de prix rémunérateurs et des moyens de garantir la préférence communautaire ». En attendant de probables affrontements franco-anglais au sein de la commission européenne, les agriculteurs français ont des soucis plus urgents à gérer. Le manque de ressources en eau menace les récoltes et les incessantes hausses du prix du fuel tyrannisent leurs revenus. Après la sécheresse du printemps et de l’été, l’automne agricole promet aussi d’être chaud… Ernest Mulard (Photo E.M.) * Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles.

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« Sans paysannerie, c’est la catastrophe... »

Michel Laura, Coordination Rurale Présente sur tous les fronts, la Coordination Rurale se bat pour une agriculture à taille humaine.

Lque la FNSEA a cautionné le système de la PAC qui menait vers la

a Coordination Rurale est née d’une scission avec la FNSEA. « Lors-

concentration des exploitations, certains d’entre nous sont partis. Nous campons sur le principe du traité de Rome, pour une agriculture à visage humain » raconte Michel Laura, président de la Coordination Rurale dans le Gers, qualifié de département « le plus agricole de France. » « Cette course à la concentration générée par les aides de la PAC est complètement folle. Certains pensent déjà qu’il ne restera plus que 300 000 agriculteurs en France d’ici dix ans. Le territoire de l’Europe ne ressemble pas du tout à celui des EtatsUnis. Le paysage est différent et souvent composé de petites et moyennes surfaces. Faire grossir certaines exploitations en éliminant les autres va à l’encontre de l’environnement et de la population. On fait fausse route en pensant qu’on gagnera avec des surfaces de mille hectares ou plus. La politique d’aujourd’hui n’est plus conforme à l’éthique de la paysannerie. »

« Un séisme pour les coopératives… »

A propos du système de « Droit à Paiement Unique » mis en place par la PAC, Michel Laura pointe du doigt ses aberrations : « Ce découplage associé à l’agriculteur est coupé de la fonction nourricière ce qui est contraire à tout. Même en arrêtant toute production, les agriculteurs vont pouvoir toucher 75 % de leur aide. D’après les statistiques 40% d’entre eux vont carrément arrêter de produire et remiser leurs tracteurs sous le hangar. Ca risque d’être un séisme pour les coopératives. Cette économie va générer des troubles sociaux et humains. Quant aux ultra libéraux, ils pensent déjà à aller s’enrichir dans les pays de l’est. » La Coordination Rurale lutte aussi contre l’intrusion de l’OMC dans l’agriculture. « Nous y sommes farouchement opposés, affirme Mi(PUBLICITE)

chel Laura. Avec les principes de l’OMC notre économie s’emballe et un moment ça va claquer. Il faut une exception agriculturelle. On ne doit pas détruire les fondements de l’agriculture. Déjà on prévoit sept départs d’agriculteurs pour une seule arrivée… Les problèmes environnementaux sont également dramatiques. On délaisse complètement l’évolution des paysages. C’est flagrant en montagne. On va bientôt se retrouver avec des zones complètement abandonnées. »

« Il existe une solution entre le bio et l’agriculture industrielle »

Quelle agriculture préconise donc la Coordination Rurale ? « Je ne suis pas un extrémiste et je pense qu’il existe une solution médiane, à taille humaine, entre l’agriculture bio et l’agriculture industrielle telle qu’on nous l’impose. Nous devons vivre en symbiose avec le milieu. Notre premier rôle est de fournir de la nourriture. C’est une fonction sacramentelle que d’aucuns ont tendance à oublier ici parce que personne n’a faim. Mais je dois reconnaître que face à la mondialisation, je suis personnellement désemparé. Comme la Confédération Paysanne, nous revendiquons le droit à l’autonomie alimentaire pour chaque pays. » En ce qui concerne les OGM, la position de Michel Laura se veut raisonnable. « Nous souhaitons la mise en place d’un Comité d’Ethique. Il ne faut pas être contre les brevets et la recherche. Avec certains OGM on pourrait apporter des solutions à la famine. Mais nous sommes pour la recherche en vase clos avec le principe de précaution. Nous nous battons contre des projets comme le Terminator* que nous considérons comme criminel. Avec ce genre de projet, il est facile d’imaginer qu’un jour le tiers monde voudra casser la figure à nos enfants… »

« Sans paysannerie, c’est la catastrophe »

Pour autant, la Coordination Rurale n’est pas toujours en phase avec les écolos. « On voit bien que dans le Gers, le problème de l’eau a été résolu par les retenues sur la Neste. Il est donc nécessaire de construire d’autres barrages pour éviter des soucis comme avec l’Adour. Là encore il faut être raisonnable. C’est ce qui nous distingue de la Confédération Paysanne. J’estime qu’ils sont cornaqués par les écologistes et pas assez modérés. » Michel Laura n’est pas plus tendre avec la FNSEA : « Les grands chefs de la FNSEA ont de multiples casquettes et sont à la fois agriculteurs et agro-managers. Ils ne défendent pas les paysans avec objectivité et font passer les structures avant les hommes, ce que je considère comme une dérive. » La Coordination se bat aussi contre la grande distribution : « Elle confisque la plus-value qui devrait revenir à la paysannerie. » Au final, Michel Laura souhaite faire passer le message que « sans paysannerie, nous allons vers une catastrophe écologique ! » Jean-Louis Le Breton (Photo JLLB) * Le gène Terminator est un mécanisme développé par la firme Monsanto et qui empêche la plante d’être ressemée à la seconde génération. Elle oblige donc le paysan à racheter sa semence chaque année. Le Canard Gascon N°4 - Page 8


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PAYSAN

Le bio : un moyen de mise en valeur du territoire...

Et l’agriculture Bio ? Les agriculteurs bio commencent à s’organiser, en particulier dans le sud-ouest. A Bazens, dans le Lot-etGaronne, Jean-René Bielle a fait ce choix.

Aparler d’agriculture biologique lorsqu’en 1979 il reprit l’exploitation griculteur de père en fils, Jean-René Bielle n’avait jamais entendu

selon les préceptes de sa discipline. Plus de la moitié des agriculteurs de la commune de Bazens sont devenus des adeptes, et leurs terres constifamiliale. Sept générations de sa famille avaient cultivé ces tuent un terrain de quelques 700 hectares contigus cultivés de mêmes terres dans la commune de Bazens du Lot-etfaçon biologique. Ils vendent leur production par l’inGaronne, et en s’apprêtant à faire de même il ne termédiaire de la Coopérative Agricole Biologique se posait guère de questions sur les pratiques Sud-Ouest (CABSO) qui commercialise leurs agricoles quelque peu insolites d’une poiproduits dans les magasins Biocoop, ainsi que gnée de nouveaux venus dans la région. A d’autres débouchés en France et à l’étrancette époque-là, un agriculteur comme lui ger qui se sont créés au fil du temps. La prenait fait et cause pour les pratiques plupart des emplois de la commune se agricoles modernes nécessitant le libre trouvent dans le même secteur agricole usage d’engrais et pesticides chimibiologique. ques, et n’y voyait pas lieu de se poser Certains producteurs biologiques dans des questions. d’autres parties du sud-ouest de la FranAyant été gravement empoisonné par ce font aujourd’hui cause commune les produits toxiques qu’il était contraint avec ceux de la ville de Bazens et se d’utiliser, Jean-René Bielle se retrouva sont réunis dans une organisation unique seul à faire face à ce malheur, événement en France, l’Organisation des Producteurs qui marqua le début de sa réflexion sur le du sud-ouest (SOB) dont le siège se trouve système dans lequel il travaillait et vivait. dans les bureaux de la Maison de l’AgriculLe hasard lui fit alors découvrir celui des nouture à Agen ; elle compte 50 membres dans Christine et Jean-René Bielle (photo NDV ) veaux venus écologistes installés près de chez lui, la région d’Aquitaine, et 17 dans celle de Midiqui non seulement pratiquaient une agriculture difPyrénées. Leur nombre leur confère un poids éconoférente, mais avaient en outre jeté les bases d’un réseau mique certain, et leur donne la possibilité de négocier de de coopératives permettant de commercialiser leur production. bonnes conditions financières pour des investissements tels que Le fait qu’ils exigeaient un certificat de contrôle de qualité biologique à des installations de serres. tout agriculteur et producteur désirant écouler sa production par ce biais lui ouvrit les yeux sur un autre mode de culture et de travail. Le bio : une profession hautement technique

Une Coopérative Agricole Biologique

Les années ont passé, et de nos jours Jean-René Bielle est devenu une figure de proue de l’agriculture biologique, cultivant la vigne, des céréales, des arbres fruitiers et des légumes sur ses 70 hectares de terre

Etant donné la méconnaissance du grand public concernant l’agriculture biologique (pour ne rien dire de la condescendance, voire l’opposition hostile manifestées par certains syndicats agricoles et leurs lobbies de semenciers), un observateur neutre serait tenté de relever quelques paradoxes. En premier lieu, Jean-René Bielle ne manque pas

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aven l e u Q S:

PAYSAN Et l’agriculture Bio ? (suite) de faire observer que ce sont ces mêmes écologistes aux pratiques agricoles hors normes qui ont en leur temps fait preuve de cohérence en jetant les bases d’une chaîne de Biocoop et autres marchés devenus aujourd’hui la clef des moyens d’existence pour les pratiquants de l’agriculture biologique. Il est à noter par ailleurs que, contrairement à l’idée largement répandue et savamment entretenue selon laquelle l’agriculture biologique serait une relique appartenant à un passé largement révolu, celle-ci est en réalité le fait d’une profession hautement technique qui exige des connaissances approfondies et une bonne compréhension des enjeux à long terme. Ses rotations longues de cultures sur des périodes de 5 à 7 ans servent à nourrir et préserver les sols, à neutraliser la prolifération de parasites destructeurs, à protéger les ressources en eau et la biodiversité. Cette approche se distingue en tous points du discours du lobby agro-alimentaire sur le progrès scientifique et économique représenté par l’agriculture conventionnelle, et de la course aux profits à court terme. Un rapport récent commandé par le Conseil Régional de Midi-Pyrénées sur l’évaluation de la politique publique de soutien à l’agriculture biologique dans la région constate qu’un large pourcentage des chefs d’exploitations biologiques ont un niveau de formation supérieur à celui de leurs homologues conventionnels, et qu’ils sont cinq fois plus nombreux à avoir des successeurs, fait qui mérite d’être relevé devant le manque d’intérêt manifesté par de nombreux jeunes à prendre la relève de leurs aînés.

La France occulte l’agriculture bio

Bien que tous les pays développés occidentaux aient opté pour une agriculture mécanisée et intensive après la Seconde Guerre Mondiale, la France a été le seul pays à occulter l’agriculture biologique sinon dans son discours, en tout cas dans la pratique. Celle-ci n’a toutefois jamais disparu, et en 1985 la France se trouvait au premier rang des producteurs agricoles biologiques en Europe, avec plus de 50 % de la production. Le manque de soutien gouvernemental fait qu’en 2005 elle n’est plus qu’au 13e rang. Il convient de noter que des pays européens comme l’Allemagne et l’Italie, mais aussi la Slovénie et la Hongrie ont eu une toute autre approche, en considérant que l’agriculture biologique est un outil précieux pour le développement des économies locales. Ils comptent davantage d’agriculteurs biologiques, et certaines régions allemandes ont opté pour une politique favorisant la conversion en agriculture biologique dans le but d’intégrer celle-ci dans la promotion du tourisme et dans la protection de la nature et des ressources en eau. Non seulement la vente des produits biologiques et leur consommation dans les restaurants est un moyen de mise en valeur territoriale, mais donne également lieu à la création d’un certain nombre de petites et moyennes entreprises de transformation.

chiffre qui ne manque pas d’importance mais, pour l’heure, n’a pas encore été traduit par une politique visant à en tenir compte. Le Professeur Dominique Belpomme, cancérologue et auteur qui milite pour informer le grand public des grands enjeux pour la santé humaine et l’environnement, s’exprima récemment à la tribune d’une émission télévisée. Un auditeur lui demanda si à son avis l’atteinte à l’environnement causée par la course au rendement immédiat pouvait un jour mener à l’extinction de l’espèce humaine. Le Professeur Belpomme répondit que cette possibilité est une réalité, et qu’elle se jouera dans les 25 ans à venir. Jean-René Bielle, lui, affirme que la nature est infiniment plus forte que l’homme, et aura toujours le dernier mot. Nina de Voogd Sud-Ouest Bio (SOB) Gérants : Mme Christine Bielle, M. Louis Carimalo Maison de l’Agriculture, 271 rue Pechabout 47000 Agen Téléphone : 05 53 77 83 94

En savoir plus sur le bio... Nous reviendrons plus en détails sur l’agriculture biologique. En attendant voici quelques bonnes adresses sur Internet si vous souhaitez en savoir plus sur le bio en France et en Europe. http://www.agriculturebio.org/ Un site complet sur l’agriculture bio, avec des actualités, des communiqués, les garanties, la réglementation, les méthodes, la bio dans le monde, les questions pratiques et les petites annonces. http://www.fnab.org/ Ce site est relié au site précédent et le complète en présentant la FNAB et son réseau http://www.biocoop.fr/ Le site des réseaux de magasins bio en France. Vous y trouverez les magasins les plus proches de chez vous.

La nature aura le dernier mot…

L’agriculture biologique n’est pratiquée que sur 1,93 % du territoire agricole français, tandis qu’en Midi-Pyrénées le chiffre est de 2,6 %, le plus élevé de toute la France. Plus de 10 % des agriculteurs biologiques se trouvent en Midi-Pyrénées, en fait. Le même rapport issu du Conseil Régional observe que les exploitations agricoles biologiques génèrent 35 % plus d’emplois à l’hectare que leurs homologues conventionnels, Le Canard Gascon N°4 - Page 10


Abeilles : ça va mieux ! Après les inquiétudes sur les conséquences du Gaucho, les apiculteurs reprennent confiance mais doivent faire face à la concurrence chinoise.

Bdes 250 apiculteurs actifs dans le Gers. Installé il y

iochimiste de formation, Xavier Levannier est un

a neuf ans, il fait partie des professionnels qui exercent ce métier à plein temps. Avec son statut d’agriculteur qui cotise à la Mutualité Sociale Agricole, il possède aujourd’hui environ 700 ruches dispersées dans le département pour le colza et le tournesol, mais aussi en Aquitaine pour les acacias et les Pyrénées pendant la période de transhumance. Au moins 400 ruches sont nécessaires pour permettre à un apiculteur professionnel de vivre de son travail. Xavier Levannier porte deux casquettes, celle de secrétaire du syndicat gersois Le Rucher d’Armagnac, qui compte une centaine de membres, pour la plupart des professionnels réunissant environ 13 000 ruches sur un total de 16 000 dans le département, ainsi que celle de secrétaire du Syndicat des Producteurs de Miel de France (SPMF). Selon Xavier Levannier, le taux de mortalité de 25 à 30 % dû à l’utilisation du Gaucho et du Régent dans les cultures environnantes qui au printemps 2002 et 2003 avait occasionné une véritable catastrophe, est aujourd’hui redescendu à un taux naturel de 10 %. A ses yeux, les difficultés auxquelles la profession est confrontée se trouvent moins dans de telles agressions certes aiguës mais en fin de compte limitées dans le temps, et davantage dans les intoxications latentes et chroniques causées par les résidus de molécules dans le pollen stocké comme réserve pendant la période hivernale de novembre à février, suite à la période d’un mois d’été (fin juillet à fin août) pendant laquelle les abeilles butinent les champs de maïs et de tournesol. Le niveau de cette intoxication est décelable par l’analyse des abeilles et du pollen, mais surtout de la cire, véritable mémoire de la nature environnante. Des ruches expérimentales ont été mises en place dans le Gers et quatre autres départements par l’Agence Française de la Sécurité des Aliments pour une évaluation de ce phénomène sur le long terme.

A l’heure actuelle les producteurs de miel sont confrontés à une baisse de leur prix de vente de l’ordre de 50 %, alors que le prix du miel vendu dans les supermarchés et autres débouchés est resté stable. Cet écart s’explique par la conjugaison d’un euro fort et l’influx de miels en provenance de la Chine. Jusqu’à un passé assez récent, les miels chinois étaient jugés contenir des résidus d’antibiotiques, ce qui leur valait une interdiction d’importation en France. Ces résidus semblent avoir disparu en même temps que la conclusion du marché pour l’achat d’avions A 380 à la France par la République Populaire de Chine. Nina de Voogd Xavier Levannier 46, chemin de la Pause - 32000 Auch tél.: 05 62 05 47 88

Apiculteur : un métier d’avenir

Xavier Levannier affirme que la plupart des apiculteurs professionnels sont des jeunes, et que ce secteur constitue une vraie filière d’avenir. Pour autant, il n’en minimise pas les écueils et obstacles, parmi lesquels il faut noter les revirements des politiques gouvernementales en matière de soutien au monde agricole, et les méthodes de vente forcée pratiquées par l’industrie agrochimique. Le Canard Gascon N°4 - Page 12

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Aire/Adour : sur les traces de Quitterie La crypte de l’église Sainte Quitterie d’Aire-sur-l’Adour abrite encore le magnifique sarcophage de marbre blanc qui aurait contenu les reliques de la jeune fille décapitée en 476.

Plouse dans la religion catholique à l’insu de

rincesse Wisigothe, Quitterie fut élevée à Tou-

ses parents. La scène se déroulait vers la fin du Ve siècle, période où il ne faisait pas bon s’opposer à sa famille. On voulut la marier à un prince arien du nom de Germain, mais elle avait décidé d’offrir sa virginité au Christ. Refusant d’abjurer sa foi, elle se sauva pour se réfugier à Aire. Elle y séjourna quelques temps et convertit même le roi local, Leutimanus. Les soldats d’Euric la retrouvèrent et elle fut condamnée à la décapitation en 472. Son exécution aurait eu lieu quatre ans plus tard à l’emplacement actuel de la fontaine miraculeuse. L’histoire, inspirée du texte « La Légende Dorée » de Jacques de Voragine (1228-1298) dit qu’elle aurait alors pris sa tête sous le bras et gravit la colline où un sarcophage de marbre blanc l’attendait. Et sous ses pas jaillissaient des fontaines miraculeuses.

Fontaine miraculeuse

Aujourd’hui le sarcophage, daté du IVe siècle, est toujours visible dans la crypte de l’église Sainte Quitterie. Cette très belle pièce sculptée en marbre d’Arles est donc antérieure au décès de la Sainte. Des scènes de

l’ancien testament y sont représentées, comme Jonas avalé par la baleine. Plus bas, la fontaine miraculeuse reçoit encore la visite de pèlerins dont de nombreux Espagnols qui vouent toujours un culte à la Sainte. L’eau de la fontaine est censée soigner les migraines et diverses maladies. Au delà de l’aspect religieux, cet épisode historique de la jolie ville d’Aire est l’occasion d’une balade instructive avec un superbe point de vue sur la vallée de l’Adour. Si en plus vous avez la chance de rencontrer Sandrine Bougue, agent du patrimoine de la ville et auteur du livre « Mémoire en images d’Aire-surl’Adour »* elle vous racontera en détail l’histoire de Sainte Quitterie et la vie des évêques qui ont longtemps influé sur la destinée de la commune. J.-L. L.B. * Editions Alan Sutton

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La vie des Bandas : La Chicuelina ! Cet article inaugure une série de présentations des bandas, ces groupes de musiciens, souvent jeunes, qui mettent le feu aux fêtes et témoignent d’une formidable joie de vivre en Gascogne.

Eda Nogarolienne qui est au mieux de sa forme sous la direction de n 2006, la Chicuelina va fêter ses vingt ans. Le bel âge pour la ban-

Thierry Duffau depuis déjà une dizaine d’années. Le phénomène des bandas s’est largement développé ces dernières années et témoigne à la fois d’un esprit de groupe et d’une passion pour la fête chez les jeunes. « Les musiciens doivent être festayres pour jouer avec nous » commente Thierry Duffau. Le nom de le « Chicuelina » vient d’une passe tauromachique. La banda a été créée par Camille Roumat, récemment disparu, et Christian Ring en 1986. « Les jeunes s’intègrent à la banda parce qu’ils nous ont vu jouer dans les fêtes et ça leur a plu, ou bien encore parce que leurs copains font déjà partie du groupe ». La Chicuelina de Nogaro est l’une des formations importantes du sud-ouest qui peut atteindre jusqu’à cinquante musiciens. « Nous ne prenons jamais nos rendez-vous à la légère s’exclame Thierry Duffau. Et cette année a été particulièrement chargée. Nous sommes allés deux fois à Huarte, la ville espagnole jumelée avec Nogaro. Nous avons animé une soirée au Vendée Globe. Nous avons participé aux fêtes de la Madeleine à Mont-de-Marsan, à des corridas à Toulouse. » A cela il faut ajouter les fêtes locales, les courses landaises, la Corne d’Or et les messes en musique. Pas moins de cinquante sorties cette année ! A chaque fois, la banda est accueillie avec

joie et créée une ambiance exceptionnelle. « Nous jouons des airs de courses, des paso-doble et parfois des morceaux de variétés comme la Salsa du Demon ou Bella Ciao. »

L’esprit festayre

Tout musicien qui intègre la Chicuelina dispose d’un parrain un peu plus âgé avant de devenir parrain à son tour. « La logistique est importante, précise Thierry, et onze personnes travaillent au bureau. Il faut s’occuper de l’habillement, des carnets, des partitions. Sans compter les répétitions, le travail du répertoire…et aussi l’esprit de la banda ! » Pour les jeunes, c’est une formidable occasion de sortir et d’aller faire la fête. Mais pas question de laisser filer l’organisation. « Nous sommes responsables des jeunes. Nous disposons d’un car pour chaque sortie et tout le monde reste groupé. » Jacques Marque qui est le trésorier assure un rôle important pour faire la relation entre les organisateurs d’événements et les musiciens. Les bandas se croisent et se rencontrent sur la région. Le grand Festival de Condom qui prend plus d’importance chaque année est bien sûr l’occasion de se mesurer. Mais l’amitié se développe aussi au fil du temps et des événements. Thierry Duffau apprécie, entre autres, la Pixuri d’Estang, les Canaris de Montréal, les Quintanaros de Gabarret ou les Boléros Burgais de Burg.

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ont été enregistrés au théâtre de Nogaro mais aussi en studio. Et nous préparons un nouvel album de 16 titres, toujours sur la course landaise, qui sortira le 17 décembre. » Bref, avec la Chicuelina c’est la fête permanente, le plaisir de la musique et le besoin de bouger qui sont élevés au rang d’un art de vivre. Jean-Louis Le Breton (photos JLLB)

La Chicuelina…à la maison !

Les amateurs qui veulent retrouver chez eux l’ambiance festayre, peuvent se procurer les grands morceaux de la Chicuelina sur un CD autoproduit baptisé « Carrément Rond » *. « Nous venons également de sortir un tout nouveau CD pour les coursayres avec six titres incontournables de la course landaise : la Corézienne, El chula quitero, Vino griego, Valencia, Paquito Chocolatero et Vive la course. Ces morceaux

Le tout nouveau cd de la Chicuelina. * (à commander à l’Ecole de Musique de Nogaro, 14 rue de la Poste. Tél. : 05 62 09 09 01)

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Sylvie Talon

Peintre surréaliste, elle oscille entre imaginaire et provocation...

LTalon vit aujourd’hui avec andaise d’origine, Sylvie

son compagnon en pleine nature, au fond d’un petit bois du Gers. Un environnement à la fois bucolique et spartiate, loin du stress de la ville et propice à l’épanouissement de son art. Elle y a installé une roulotte qui lui sert d’atelier et abrite une partie des nombreuses toiles qu’elle a réalisées. Sylvie Talon Cette vie un peu à l’écart du monde n’est pas un hasard mais une volonté : « je ne voulais pas marcher dans les rails comme tout le monde » confie-t-elle. Manquant de confiance en elle dans ses années de jeunesse, elle développe une sensibilité à part et se nourrit de littérature. Elle en garde un rapport privilégié avec l’écriture et ne commence jamais un tableau sans en avoir écrit la description sur papier.

toiles où le bleu prédomine avec des thèmes comme les enfants, la mer ou les dauphins. Son œuvre, qui n’est pas sans rappeler celle du peintre Wojtek Siudmak, grand spécialiste de l’art fantastique, a perdu en provocation et gagné en calme. Acceptant quelques concessions, elle travaille parfois sur commande, « mais ce n’est jamais aussi bon que lorsque je peins spontanément. Ça marche mieux lorsque ça vient de moi » avoue-t-elle. Après avoir connu diverses influences comme la Bible, le Bouddhisme, l’astrophysique ou

« Je trouvais la société coincée…»

C’est par les livres qu’elle découvre Dali au centre de documentation de son lycée. Elle est impressionnée par la folie et le génie créateur du personnage. Chez Magritte, elle est sensible à la fracture de l’enfance et au suicide de la mère du peintre. A cette époque Sylvie Talon dessinait déjà. Un ami la convainc de passer à la peinture. Faute de moyens elle débute sur du papier kraft en utilisant de la peinture glycéro du commerce. Cette première période est marquée par une peinture provocatrice qui met souvent en scène la femme. « J’avais des choses à dire sur la condition féminine et aussi sur le sexe. Je trouvais la société coincée et démago. J’étais influencée par mes lectures : Wilhelm Reich et son approche de la sexualité, le psychanalyste Janov et sa théorie du cri primal… » Elle peint des tableaux sur l’Afrique sans jamais y avoir mis les pieds. « Je trouvais les africains très beaux et je voulais être noire ! » Avec le temps, sa peinture s’assagit et laisse plus de place à l’imaginaire. Maîtrisant parfaitement la technique de l’huile elle réalise des

Une première période plus provocatrice...

la psychanalyse, Sylvie Talon se dit « revenue de tout ça » sans pour autant les renier. Elle s’intéresse plus à la nature, à son jardin et adore les plantes. Mais sous le calme apparent de sa peinture actuelle, on sent encore les germes de la remise en cause qui ne demandent qu’à s’épanouir à nouveau. Jean-Louis Le Breton (Contact Sylvie Talon : 06 85 58 43 66)

Une seconde période plus tournée vers l’imaginaire ! Le Canard Gascon N°4 - Page 16


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Bernard Barritaud Il a fait sa révolution du numérique...

Ctaud est installé comme photogra-

harentais d’origine, Bernard Barri-

phe à Mont-de-Marsan depuis 1998. Son père gendarme le destinait à un métier solide et à 20 ans, le jeune Bernard se retrouve avec un diplôme de génie électrique en poche. « J’ai commencé à travailler dans une usine à Bordeaux et je me suis rendu compte que ma vie était brutalement tracée, sans surprise, jusqu’à la retraite et même avec la tombe en point de mire. Insupportable. J’ai mis les voiles et je Bernard Barritaud suis devenu photographe. » Cette passion de la photo remonte à son enfance. « Mon premier appareil était un Minolta SRT 101 ! ». Sorti de l’usine, il démarre un petit boulot de photographe de plage à Capbreton et finit par se mettre à son compte à Mimizan où il développe son affaire pendant dix ans. « J’y ai fait beaucoup de portraits. » Un accident le cloue au lit pour une longue période. Il revend son magasin de Mimizan puis élève des chèvres et fait du fromage pendant trois ans avant de se réinstaller à nouveau comme photographe à Mont-de-Marsan. « On a redémarré à zéro avec ma femme Françoise, mais j’étais heureux de m’installer dans cette ville où il y a plus de population qu’à Mimizan. »

Afficionado de l’objectif

tableaux. » Comme beaucoup de professionnels, il fait sa révolution numérique et s’équipe en ordinateurs. « Il était temps que ça évolue. Je commençais à m’ennuyer avec l’argentique. Mais je suis curieux de nature et aujourd’hui les possibilités sont infinies. Grâce au numérique, notre métier peut se concentrer à nouveau sur la création. » Sur son talent de photographe, il est plutôt discret : « Tout est question de sensibilité. On l’a ou pas, ça ne s’apprend pas. » Le métier de photographe est pourtant en voie de disparition. Conscient de la situation, il a adhéré au Groupement National des Photographes Professionnels dont il est le président pour les Landes. « Nous étions encore 20 000 en France il y a deux ans et seulement 12 000 aujourd’hui. C’est le travail avec les entreprises, les pubs, les catalogues, les mariages, les portraits et la PAO qui nous font vivre. Le côté magasin et développement de pellicules ne nous rapporte

Devenu Landais, il adopte les coutumes du pays et se passionne pour la corrida et la course landaise. « On m’a mis la tête dedans et j’ai adhéré. C’est pareil pour le flamenco que j’adore. Les photos sont de vrais

Françoise Barritaud encadre les photos et habille les albums de mariage...

plus rien. » Bernard Barritaud ne s’inquiète pas personnellement de cette tournure des événements. Il pense au contraire pouvoir désormais donner libre cours à son imagination. Il est équipé d’un Canon D1S à 11,5 millions de pixels et de deux boîtiers à 6,5 millions de pixels. Son épouse Françoise se charge de créer les supports d’encadrement personnalisés de ses travaux photographiques. Grâce à elle, chaque cliché devient un objet unique. Tout comme les incroyables albums de mariage qu’ils réalisent à deux et qui sont de véritables œuvres d’art. Jean-Louis Le Breton (Bernard Barritaud. Studio du Marsan, 72 rue Léon Gambetta 40000 Mont de Marsan . Tél. : 05 58 75 01 01)

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Les Mousquetaires d’Armagnac ! La Gascogne compte plusieurs confréries chargées de défendre et de promouvoir les éléments de l’art de vivre de la région. Après l’Académie des Dames du Floc présentée dans notre dernier numéro, place à la prestigieuse Compagnie des Mousquetaires d’Armagnac.

«lité sont trois des qualités qui

septembre est placé sous la présidence de Son Excellence M. Hiroshi Hirabayashi, Ambassadeur du Japon en France. Il se crée ainsi, à travers le monde, une chaîne d’amitié autour de la Gascogne, de l’armagnac et de D’Artagnan. « C’est curieux » déclare Georges Bru, CapitaineLieutenant, Secrétaire Général et Historien de la Compagnie Gasconne, « plus on s’éloigne du Gers et plus l’image des Mousquetaires et de D’Artagnan est forte et vivace » !

Rigueur, solennité, convivia-

caractérisent notre Compagnie des Mousquetaires d’Armagnac » précise Aymeri de Montesquiou, Capitaine de ladite Compagnie et par ailleurs sénateur du Gers. « Nous ne sommes pas une confrérie bacchique ou gastronomique comme les autres ; notre propos est de défendre toutes les valeurs de la Gascogne ; l’eau de vie d’armagnac bien évidemment mais aussi la mémoire de D’Artagnan, les vins de Saint Mont, le foie gras ; nous sommes un élément de promotion économique de la Gascogne » !

Plus d’un demi-siècle de chapitres solennels

Aymeri de Montesquiou intronise l’ambassadeur de Cuba en 2000.

La Compagnie des Mousquetaires d’Armagnac fut créée le 9 août 1951 à Condom par le Général Baston , un charentais originaire de Cognac (un comble !) qui devint ainsi le premier Capitaine. L’Etat-Major comptait alors MM. Pierre de Montesquiou, Robert Castagnon (de Nogaro), René Lassus (de St Puy), Jean Rozès (du Château de Léberon), Jacques Beyries. Le premier chapitre étranger se déroula à NewYork le 17 août 1954 ; la Compagnie montrait déjà ses visées internationales ! Quatre Capitaines se sont ainsi succédés à sa tête : Le Général Baston (de 1951 à 1963), M. Pierre de Montesquiou (de 1963 à 1976 ; député du Gers et père de l’actuel capitaine) ; M. Jean Arnaud (de 1976 à 1982) ; M. Aymeri de Montesquiou (depuis 1982).

Une association sans but lucratif

Comme beaucoup de confréries, la Compagnie des Mousquetaires d’Armagnac est une association régie par la loi de 1901 avec un commissaire aux comptes. Tout doit être transparent en raison des aides publiques apportées par le Conseil Général du Gers et le Conseil Régional de Midi-Pyrénées. « Chez nous, tout le monde paie son repas lors des chapitres, à commencer par moi-même et par le Capitaine » précise Georges Bru. « Les seuls invités sont les journalistes et l’ambassadeur présidant la cérémonie ». La Compagnie organise régulièrement des séances d’intronisations à la demande des autorités départementales et régionales pour honorer tel ou tel événement et promouvoir notre pays. Attention, la Compagnie se veut totalement apolitique et ne sert que les intérêts économiques régionaux, quelles que soient les couleurs politiques des dirigeants du moment.

Un développement continu

« Quand j’ai repris le secrétariat dans les années 60 » précise La Compagnie des MousqueGeorges Bru « la Compagnie taires d’Armagnac a, dès ses comptait environ 70 mousquedébuts, souhaité promouvoir la Une autre séance d’intronisation avec Katya Tchenko et Evelyne Pagès taires ; elle en a aujourd’hui plus Gascogne à travers le monde. Des de 3 000 » ! On peut dire que ces chapitres exceptionnels se déroulent ainsi dans divers lieux de la pla- derniers se classent sensiblement selon les clivages suivants : 1/3 de nète, du Viêt-Nam au Sénégal, de la Norvège à la Thaïlande ; la Compa- personnalités gasconnes, 1/3 de personnalités du reste de la France, 1/3 gnie est présente de façon permanente dans une douzaine de pays avec de personnalités étrangères. des représentations appelées « escadrons » ou « détachements  » qui ont L’Etat-Major se compose d’un Capitaine (M. de Montesquiou), pluune vie autonome, organisant leurs propres chapitres et événements. De sieurs Capitaines-Lieutenants (MM. Alain de Taillac, Yves Rispat et plus, des ambassadeurs sont régulièrement invités à présider le chapitre Georges Bru) et de nombreux Lieutenants. Les intronisés, eux, portent annuel de Condom ; cette année, le 47e Grand Chapitre du samedi 10 le titre de Mousquetaires. « Les Dames intronisées avaient été appe-

Un renom international

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Un site internet très dynamique

La Compagnie des Mousquetaires d’Armagnac possède un site internet regorgeant d’informations et de photographies. Consultez-le à l’adresse www.mousquetaires.asso.fr. Bien que d’esprit un peu différent des autres confréries bacchiques, la Compagnie entretient néanmoins d’excellents rapports avec ces dernières et a même parrainé la Confrérie des Mousquetaires du Barétous (Béarn), région dont sont originaires les mousquetaires Athos, Porthos et Aramis... Jean-Paul Amic Jean-Pierre Castaldi et Justin Chambers

lées Muses et nous leur remettions alors un magnifique chapeau orné de plumes d’autruche mais celui-ci coûtait horriblement cher » raconte Georges Bru. « Elles sont maintenant des Mousquetaires, au même titre que les hommes, et reçoivent le grand ruban bleu orné de la croix mousquetaire ; l’état-major porte la même distinction mais revêt en plus une cape bleu marine ». Parmi les personnalités déjà intronisées, on peut citer SM le Roi de Suède, SAS le Prince Albert de Monaco, le Directeur Général de l’Unesco, de nombreux ambassadeurs, des hommes politiques et des stars (de Leonardo di Caprio à Dee-Dee Bridgewater) mais aussi des vignerons et des personnes du commerce de l’armagnac.

Georges Bru, Capitaine Lieutenant et historien de la compagnie, en galante... compagnie ! (1988).


André Daguin

toujours un combat à mener

Aquatre vingt dix et son sourire malicieux avec

70 ans, le gersois André Daguin promène son mètre

toujours le même entrain. Certes, la tonsure de l’ancien chef étoilé de l’Hôtel de France à Auch a blanchi et s’est un petit peu éclaircie. Mais l’inventeur du maigret de canard ne perd jamais l’occasion d’affûter ses lames pour monter au front. Fini pour lui les campagnes électorales en quête d’un siège de député ou du fauteuil de maire. Le « Mousquetaire de la Gastronomie gersoise » et médaillé de la Légion d’Honneur, a changé de toque pour s’installer depuis avril 2000, à la présidence de la très puissante Union Nationale des Métiers de l’Industrie Hôtelière (UMIH). A la confédération syndicale des Hôteliers, restaurateurs et cafetiers il représente et défend auprès des pouvoirs publics les intérêts de six branches professionnelles. Soit la bagatelle de 80 000 adhérents (12 000 hôtels indépendants, 1 600 hôtels de chaînes intégrées, 35 000 restaurants indépendants, 600 restaurants de chaînes, 30 000 cafés, 1 200 discothèques, 112 organisations locales ou départementales, 21 organisations régionales et 34 chaînes hôtelières). Son objectif : faire entrer la profession dans la modernité tout en respectant ses spécificités. Son menu pour y parvenir, c’est la baisse du taux de la TVA et l’emploi. Et sa recette consiste à « faire passer la TVA de 19,6% à 5,5% pour donner la possibilité aux hôteliers et restaurateurs d’embaucher ». Une

Thomas Baqué

Maïté Samalens

Le « rejon » à 17 ans !

I

La Reine du boléro

l est courageux Thomas Baqué ! A 17 ans, ce jeune homme passionné est l’un des plus jeunes à pratiquer le Rejon : la corrida à cheval. Originaire de Sabazan, il tient cet amour des chevaux de son père qui l’avait initié au poney avant de lui offrir une jument. Thomas a suivi des stages de dresseur puis il est allé travailler la tauromachie au Portugal. Il a effectué ses premières sorties à Gabarret et Nogaro cet été, affrontant déjà d’imposants taureaux, mais sans mise à mort dans l’arène. La pression, c’est avant d’entrer dans l’arène qu’il la ressent. « Ça me booste, mais une fois que le taureau sort, je n’y pense plus...). J.-L. L.B.

Contact Thomas Baqué : 05 58 45 54 93

formule rapide agrémentée, entre autres ingrédients, du passage progressif aux 35 heures (sachant que pour tenir compte des spécificités de la profession, en heures d’équivalence, 35 heures se dit 39 heures), la baisse des charges sociales, la lutte contre la pénurie de main d’œuvre et la réalisation de l’extranet de la profession. Malheureusement, si quelques avancées ont été obtenues auprès des pouvoirs publics français, André Daguin a fort à faire avec la Commission Européenne qui, malgré quelques promesses distillées ici et là lors de la campagne pour les Européennes, tarde toujours à lever les verrous. Qu‘importe, en bon gascon-ferrailleur, le président de la confédération des métiers de l’hôtellerie ne lâche pas le morceau et espère bien obtenir gain de cause avant la fin de son mandat de quatre ans. En attendant, fort de son langage très « Pagnolesque », Daguin , « le gersois à la grande gueule », exerce régulièrement son humour et ses talents d’orateur de la France d’en bas, sur les ondes de RMC Info : « C’est rafraîchissant et çà me défoule. On est une bonne bande de gais lurons et en plus je peux balancer ! ». Après Daguin le toqué étoilé et Daguin le politique incompris, le syndicaliste hôtelier pratique l’art de la gasconnade. Et pour parler de tout et de rien et se moquer un brin des autres, il a choisi l’émission « Les grosses gueules ». Çà ne s’invente pas mais çà s’écoute à la radio. Ernest Mulard (Photo E.M.)

Ires de travail pour confectionner un boléro l faut des dizaines et des dizaines d’heu-

d’apparat d’écarteur ou de sauteur. Un travail que bien peu de couturières acceptent de pratiquer dans le sud-ouest tant il réclame de patience pour finalement peu de rémunération. Maïté Samalens est l’une des (très) rares à pratiquer cet art qui demande de la technique et de l’imagination. Cette abnégation se double d’une passion personnelle pour la course landaise. «J’y vais depuis que je suis toute petite. Aujourd’hui je m’investis encore dans le Club Taurin de la ville et j’essaye de ne rater aucune manifestation !». J.-L. L.B. Contact Maïté Samalens : 05 62 09 15 71

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Lise Soulé

Comme un poisson dans l’eau

S

i Auch n’est pas une ville d’eau, elle n’en possède pas moins une excellente nageuse, doublée d’une championne européenne en la personne de Lise Soulé, 15 ans. L’auscitaine déjà auréolée de deux titres de championne de France de natation, vient de briller aux championnats d’Europe à Budapest en Hongrie, où elle a obtenu deux médailles d’argent aux 50 m et 100 m papillon. Et une semaine seulement après ses exploits européens, la petite sirène du Cercle Nautique d’Auch (CNA), aujourd’hui émigrée au Pôle France de Natation à Font-Romeu, a signé deux nouvelles performances à l’occasion des championnats de France à Blagnac. Là encore, elle a battu son propre record national du 50 m papillon, avant de décrocher le titre du 100 m nage libre. Pourtant, n’allez pas imaginer que la gersoise possède un physique de déménageur ou, comme on dit couramment, la carrure d’une nageuse est-allemande des années 80. Lise est petite, plutôt fluette et féminine comme toutes les adolescentes de son âge. Et si ses muscles ne sautent pas aux yeux, ils n’en sont pas moins affûtés, au point de lui offrir de figurer depuis deux ans et demi au firmament des sportives françaises et européennes de sa catégorie. Des résultats qui n’étonnent pas le moins du monde son entraîneur Grégory Boivin qui la suit depuis le CNA : « Ce qui est sûr c’est qu’à l’heu-

re actuelle, elle est la meilleure française de sa catégorie et certainement une des meilleures européennes. Mais il lui reste encore à franchir le passage de la puberté qui peut être déterminant pour la suite de sa carrière de nageuse ». Un avenir qui n’effraie pas plus la maman de la petite championne gersoise. Pour Françoise Fantova, « c’est à Lise de choisir. Moi je suis très fière de ce qui lui arrive mais elle est encore jeune. On ne fait pas de plan de carrière. Qu’elle en profite tant que ça marche. De toute façon, on ne nagera pas à sa place ». Quant à la petite sirène auscitaine, si ses résultats sont le fruit d’un entraînement intensif à raison de douze à quatorze heures hebdomadaires de travail en bassin (2 heures par jour), cela ne l’empêche pas d’être une très bonne élève. L’avenir dans les bassins, Lise Soulé y pense désormais très sérieusement, même si, comme elle dit, « Je ne veux pas me prendre la tête. Je suis contente de gagner. J’ai pu me mesurer à des filles que je croyais plus fortes que moi. Je les ai battues. Je nage depuis l’âge de 5ans et j’aime ça. Pour l’instant je réussis aussi bien en natation qu’à l’école et ça m’encourage à aller plus loin. J’irai jusqu’où je peux aller… ». Pas de doute, Lise Soulé a tout d’une grande. Souhaitons que le Pôle France trouvera en elle, la digne héritière des Laure Manaudou et autres Solène Figuès. Ernest Mulard (Photo E.M.)

Sassou

Rémy Soriano

De sang et de métal

Gueule d’amour

UQuand on rencontre Rémy Soriano

LFrançoise Garet) exprime des a peinture de Sassou (alias

ne voix, une gueule, un physique.

on ne peut que sympathiser avec ce gaillard au look seventies (ça revient en force à la mode) et à la voix grave et chaude. On sent que la vie ne lui a pas toujours fait de cadeaux, mais il a trouvé en Gascogne une terre d’accueil où il se sent bien pour composer, jouer et chanter. Il anime de nombreuses soirées, mais son talent ne s’arrête pas là puisque c’est aussi un spécialiste de la radio qui sait aussi bien jouer de la technique que d’assurer la réalisation complète d’une émission ! J.-L. L.B.

Contact Rémy Soriano : 06 25 24 43 92

sentiments contrastés et mélange des couleurs vives aves des pièces métalliques. Les voyages et l’actualité du monde sont pour elle des sources d’inspiration que son art résolument moderne fait basculer dans une vision très personnelle. « Je voudrais faire partager mes émotions aux autres et que mes toiles vivent aussi dans leur imaginaire !». J.-L. L.B. Contact Sassou : 05 62 69 09 44

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Nicole Sanarens Une tessiture exceptionnelle !

Nle tempérament qui lui est associé. Si elle n’est

icole Sanarens possède une voix exceptionnelle et

pas très connue du grand public c’est qu’elle a refusé d’entrer dans le monde du showbiz. «  Jeune, j’étais déjà révoltée contre ce système…  » raconte-t-elle. Elle mène ses propres combats, contre l’inégalité, la faim et pour le droit au logement. Sportive, elle est chanteuse mais compose et écrit également. Elle travaille sa voix qui lui permet de chanter aussi bien de l’opéra que du jazz ou de la variété. . C’est donc sur scène et par l’auto-pro-

Le dernier disque de Nicole Sanarens disponible à la Compagnie Guy Bruno (05 59 57 83 69)

duction de Photo : Agnès Maillard disques que cette artiste se fait connaître. Cet été à Nogaro où elle à chanté de

Sybille Sanchez-Pons

Jean-Paul Amic

Afficionada

S

Do you speak Gascon ?

ybille Sanchez ne fait pas mystère de ses origines catalanes. Et c’est naturellement que lorsqu’elle s’est tournée vers la peinture son thème de prédilection est devenu la corrida. Installée en Gascogne depuis une dizaine d’années, elle s’est tout de suite intéressée à la course landaise et à la tauromachie. «J’aime les habits de lumière et l’ambiance des arènes» commente cette jeune maman dont les tableaux rencontrent du succès auprès des afficionados, mais aussi des amateurs de peinture. J.-L. L.B.

Contact Sybille Sanchez : 06 87 30 70 69

grands airs de Carmen et à Mirande où elle à participé au spectacle sur d’Artagnan elle a époustouflé son public par la variété de son registre et l’étendu de sa tessiture. Son tout nouveau disque intitulé « Vois» a été enregistré en Ukraine. Elle y mélange les genres : variété, latino, classique, et jazz. Mais c’est dans ces deux derniers styles qu’elle devrait maintenant développer son art. Elle qui se dit « goulue de musique », dont le grand père était baryton et le père comique troupier, semble avoir trouvé la voie de sa voix qui peut tout se permettre. J.-L. L.B.

Dcredo de Jean-Paul Amic est de

o you know Gascony ?» Le

faire découvrir les charmes de notre région aux anglophones récemment installés dans la région (et ils sont nombreux !). C’est ainsi que ce journaliste (il écrit dans nos colonnes) et communicateur a mis au point des programmes de discussions, des cours et, bien sûr, des circuits de découverte. Il se fait fort d’emmener nos amis anglais, néerlandais ou allemands chez les meilleurs producteurs locaux de foie gras, d’armagnac, ou de fromages ! Il est aussi l’organisateur du salon annuel EuroFiesta. J.-L. L.B.

Contact Jean-Paul Amic : 05 62 05 82 65

Le Canard Gascon N°4 - Page 24


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Visions of greenery Fabien Coutable has created a suite of botanical gardens and splendid greenhouse filled with exotic plants at ColayracSaint-Cirq near Agen.

Visions Végétales A Colayrac-Saint-Cirq près d’Agen, Fabien Coutable a créé des jardins botaniques et une magnifique serre exotique.

A

fter studying philosophy, Fabien Coutable decided to devote himself to botany. A visitor cannot help thinking, however, that his training as a philosopher must have something to do with the Zen atmosphere filling the splendid hothouse for exotic flora that he built some ten years ago. Being fascinated by plants he traveled all over the world (Africa, America and Costa-Rica) before settling down at Colayrac-Saint-Cirq near Agen to create a series of exotic gardens. The greenhouse holds flora from five continents over a 650 square meter area. Orchids, bonsais and carnivorous plants grow next to tropical aromatic herbs and giant cactuses.

Able a décidé qu’il serait botaniste. Sans doute près des études de philosophie, Fabien Couta-

avait-il atteint une forme de sagesse car lorsqu’on visite la magnifique serre exotique qu’il a construite il y a une dizaine d’années, on est frappé par l’esprit Zen qui règne sur cet endroit. Passionné de plantes, il a parcouru le monde (Afrique, Amérique, Costa-Rica…) avant de s’installer à Colayrac-Saint-Cirq, tout près d’Agen pour y créer des jardins exotiques. La serre présente la flore de cinq continents sur une surface de 650 m2. Orchidées, bonsaïs et plantes carnivores cohabitent avec des plantes aromatiques tropicales ou de gigantesques cactées.

La visite se poursuit par le potager exotique et les jardins à thèmes. On y découvre des variétés curieuses et originales comme l’aubergine « œuf blanc » à odeur de lavande, la courge éponge ou le tournesol géant. Dans le jardin des toxiques on apprend les déboires de l’armée napoléonienne : certains de ses soldats avaient faire cuire leur viande sur des brochettes en bois de laurier rose et bien peu ont réchappé à l’empoisonnement. Le jardin bleu, le jardin Mexicain et le jardin d’eau viennent compléter la visite pour le plaisir des yeux et de l’odorat. Fabien et son épouse Françoise ont également créé un mini musée des outils du jardinier, joliment décoré et bien documenté. A l’entrée des jardins, un magnifique pigeonnier du 18e siècle, entièrement rénové, accueille le visiteur. Il abrite aujourd’hui des expositions de peintures d’artistes régionaux. Le salon de thé et le magasin de fleurs sont aussi deux endroits propices à la discussion avec Fabien et son épouse. Et pour peu que vous partagiez avec lui la même passion pour les plantes, il vous fera visiter son jardin secret, normalement fermé au public. Ce jardin indépendant de toute subventions ne vit que par le travail et l’esprit inventif de ses propriétaires. Fabien créé de splendides murs végétaux de toutes tailles pour les particuliers ou les entreprises et son épouse confectionne de magnifiques bouquets. Ils proposent même un service de gardiennage pour les bonsaïs afin que vous passiez vos vacances sans soucis ! Jean-Louis Le Breton

There is also an exotic vegetable garden and a suite of gardens devoted to specific themes. There you will find such unusual varieties as the white eggplant that smells of lavender, sponge-like zucchini and giant sunflower. The garden devoted to toxic plants provides an object lesson on the pitfalls that beset Napoleon’s army : some of his soldiers cooked their meat on skewers made of oleander wood, and only a handful of them survived the poisoning. Completing the tour is a visit to the blue garden, the Mexican garden and the water garden, a feast for the eyes as well as the nostrils. Fabien and his wife Françoise have also created a mini-museum of gardening tools with its attractive decoration and good documentation. At the main gate visitors are welcomed by a well restored magnificent 18th-century dovecote that shelters exhibitions of the work of regional painters. A good place to meet Fabien and his wife for a chat is the tearoom. And should you share his fascination with the world of plants, Fabien will even let you in on his private domain that is usually off limits. The entire enterprise receives no subsidies of any kind, and owes its existence entirely to its owners’ hard work and spirit of invention. Fabien creates whole walls made of splendid vegetation for private or business customers, while his wife specializes in magnificent bouquets. They even have a service that takes care of bonsais while their owners are on holiday ! Jean-Louis Le Breton (trad : Nina de Voogd)

Jardins exotiques, RN 113, Colayrac-Saint-Cirq. Tél. : 05 53 67 07 77. www.vegetalesvisions.com

Jardins Exotiques, RN 113, Colayrac-Saint-Cirq. Tel. 05 53 67 07 77 www.vegetalesvisions.com Le Canard Gascon N°4 - Page 26


Le pont d’Artigues

The pont d’Artigues A tiny bridge near Condom has been included by Unesco as part of mankind’s architectural heritage.

Situé à l’ouest de Condom, un modeste petit pont est classé au Patrimoine mondial de l’humanité !

Tsingle to the west of Condom in the Gers lies along a little road Csingle, à l’ouest de Condom, dans le Gers, permet à une petite route his small bridge located between Beaumont-sur-l’Osse and Larres-

e petit pont bien modeste, situé entre Beaumont sur l’Osse et Larres-

across the river Osse, in a place that virtually no one has ever heard of, but that was nevertheless listed by Unesco as part of the world’s heritage in 1998, on a par with famous landmarks like Egypt’s pyramids, China’s Great Wall, the medieval city of Carcassonne and the Canal du Midi ! Unesco sought to include a number of landmarks dotting the road to Saint Jacques de Compostella among its inventory of mankind’s heritage. It chose 53 of such historic sites inside France. 19 of those are located in the Midi-Pyrénées region; and 3 of these are in the Gers, namely the Cathédrale Sainte Marie in Auch, the Collégiale de La Romieu and…. the Pont d’Artigues. Yet in the eyes of some local authorities this event has proved to be a problem, as the bridge’s surroundings were not commensurate with its sudden fame. There is no parking space for cars (leave alone tourist buses) other than the road itself, and the bridge is not wide enough for two-way traffic. The amount of shrubbery makes it impossible to approach or photograph the bridge from the side, and not a single sign is in place to indicate its existence.

d’enjamber la rivière l’Osse. Ce lieu presque inconnu de tous a été classé au Patrimoine Mondial de l’Humanité, par l’Unesco, en 1998. Oui, vous avez bien lu ! Au Patrimoine Mondial, au même titre que les Pyramides d’Egypte, la Grande Muraille de Chine, la Cité de Carcassonne ou encore le Canal du Midi ! En effet, l’Unesco a décidé d’inscrire dans sa prestigieuse classification divers monuments jalonnant les Chemins de Saint-Jacquesde-Compostelle. En France, ce sont 53 lieux historiques qui ont été ainsi choisis dont 19 dans la région Midi-Pyrénées ; parmi eux, 3 monuments du Gers : La cathédrale Sainte Marie d’Auch, la collégiale de La Romieu et…le petit Pont d’Artigues ! Un cadeau empoisonné pour certaines autorités locales car l’environnement général du site n’était pas à la hauteur d’une telle célébrité soudaine ! Il n’existe aucun dégagement pour garer une automobile (sans parler d’autocars) en-dehors de la route elle-même (et il est impossible de se croiser sur le pont) . Les broussailles rendent difficile un accès latéral à l’ouvrage permettant de le voir et de le photographier, aucune signalisation particulière ne signale sa présence.

The Association ARTIGA (Vopillon, 32100 Beaumont) has therefore taken things in hand, and would appear to be making progress. Banks of soil now prevent cars from approaching the bridge, so that only pedestrians and bicycles can now go through : as this is the “Chemin du Puy” to Saint Jacques de Compostelle, pilgrims must be allowed to proceed ! The Communauté de Communes de la Ténarèze is about to undertake the job of consolidating and renovating the bridge’s structure, which has been weakened by the passing of heavy trucks. The layer of asphalt will be removed so as to lay bare the medieval cobblestones, while the bridge’s surroundings will soon feature parking space and explanatory signs courtesy of the Conseil Général du Gers . Ihis should all have been accomplished by the summer of 2006, and if all goes well, the Pont d’Artigues will at last be worthy of its newfound fame . Jean-Paul Amic (trad. Nina de Voogd)

Dans ce contexte, l’association ARTIGA (Vopillon, 32100 Beaumont) s’est mobilisée pour tenter de faire évoluer la situation. Il semblerait qu’elle ait enfin été entendue. L’accès à l’ouvrage est actuellement interdit aux automobiles par des chicanes faites de tas de terre. Seuls piétons et deux roues peuvent passer ; on est sur le « Chemin du Puy » menant à Saint-Jacquesde-Compostelle et il n’est pas question d’arrêter les pèlerins ! Des travaux de consolidation et de rénovation vont être entrepris par la Communauté de Communes de la Ténarèze. Le passage de lourds camions avait affaibli la structure de l’ouvrage. De plus, la couche de bitume va être enlevée afin de retrouver les pavés de l’époque romane. Enfin, le Conseil Général prendra en charge l’aménagement des alentours du pont (parking, panneaux explicatifs). En espérant que tout pourra être fini pour l’été 2006. Le Pont d’Artigues va connaître une deuxième vie, cette fois-ci à la hauteur de sa promotion mondiale ! Jean-Paul Amic (Photos JPA)

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Brenda Hollingsworth

Brenda Hollingsworth

Brenda Hollingsworth is a newcomer to the Gers who, together with her husband Roy, lives in a very beautiful country house at Castillon-Débats, near Vic-Fezensac. Her canvases were recently on display during the Eurofiesta event held at Nogaro on July 14.

Brenda Hollingsworth est une néo-gersoise et habite avec son mari Roy une fort jolie maison perdue dans la campagne de Castillon-Débats, du côté de Vic-Fezensac. On a pu récemment voir ses toiles lors d’Eurofiesta qui s’est déroulé à Nogaro le 14 juillet dernier.

The pleasure of painting

le plaisir de peindre

BGerman bombs were falling on the city. At the

Battaques allemandes sur la capitale anglaise.

renda was born in London and was a child when

renda est née à Londres et a connu, enfant, les

age of thirteen she came to Paris with her parents for a holiday, a brief visit that left an undelible impression on her as she fell in love with France and life beyond her native country’s borders. As the wife of a major American company’s financial executive, she traveled all over the world and lived in such places as South Africa, Turkey, Hong Kong and Belgium.

Dès l’âge de 13 ans, elle vient en France avec ses parents pour des vacances à Paris. Ce court séjour a marqué définitivement sa vie car elle tomba alors amoureuse de notre pays et de la vie hors des frontières natales. Mariée à un responsable financier d’une grande société américaine, elle a parcouru le monde, vivant successivement en Afrique du Sud, en Turquie, à Hong-Kong, en Belgique.

Her discovery of painting at the age of 50

It was in Belgium that she discovered the pleasure of painting with the help of a professional artist by the name of Ursula van Lach, who subscribed to the motto : “The only way to learn to paint is to paint”! She started out working in oil paints, aquarelle and pen and ink, and became artistic director of the American Women’s Club in Brussels in charge of organizing a monthly art exhibition. Her first canvases were shown in Brussels and the Paris Salon des Indépendants. Nowadays Brenda uses oil as a medium to express herself. Her favourite painters are Monet, Renoir and Cézanne, but she also appreciates the work of Magritte and a little known Dutch artist called Teun Hocks. Brenda Hollingsworth paints a great deal in the Gers, where she has been living for the past five years. She is forever producing new works and must get rid of many of her paintings. “I need room for my new canvases”, she says, for the walls of her spacious house are covered with dozens of her works.

Between Impressionism and the Realistic school

La découverte de la peinture à 50 ans

C’est justement à Bruxelles qu’elle découvre le plaisir de peindre auprès d’une artiste professionnelle, Ursula Van Lach pour qui la devise était : « La seule façon d’apprendre à peindre est justement de peindre » ! Elle fait ses premières armes avec des peintures à l’huile, des aquarelles et des dessins à l’encre. Elle devient ainsi la Directrice Artistique de l’American Women’s Club de Bruxelles, chargée d’organiser une exposition d’art mensuelle. Ses premières toiles seront exposées à Bruxelles et à Paris (au Salon des Indépendants). Actuellement, Brenda a choisi son mode d’expression favori : La peinture à l’huile. Ses peintres préférés sont Monet, Renoir et Cézanne ; mais elle aime aussi beaucoup l’œuvre de Magritte et d’un artiste néerlandais peu connu, Teun Hocks. Brenda Hollingsworth peint beaucoup dans le Gers où elle vit depuis cinq ans. Elle veut toujours créer de nouvelles œuvres, et doit se séparer de nombreux tableaux. « J’ai besoin de place pour mes nouvelles toiles » précise-t-elle. Il faut dire que tous les murs de sa grande maison sont déjà recouverts de dizaines de ses peintures…

Brenda has yet to find her very own style, perhaps; she hesitates between the impressionist mode she likes so much (some of her canvases are very reminiscent of Monet) and a certain form of realism in bright colours (a series of paintings of the desert and others suggesting fashion illustrations). She is an excellent draftswoman and has some works in pen and ink to her name that hint at Chinese and Japanese art. Any particular style ? For now, Brenda Hollingsworth paints for her very own pleasure, and feels no need to burden herself with thoughts of having to be pigeon-holed. As she keeps working she will no doubt find her very own way and produce paintings that are unlike anyone else’s. The main thing is to go on enjoying what she is doing, and let her work speak for itself. Jean-Paul Amic (Trad. Nina de Voogd)

Entre Impressionnisme et Réalisme

Brenda n’a peut être pas encore trouvé son style totalement propre ; elle hésite entre l’impressionnisme qu’elle aime beaucoup (certaines de ses toiles évoquent indiscutablement Monet) et un certain réalisme aux couleurs vives (une série de tableaux sur le désert ou encore évoquant des gravures de mode). Elle est une excellente dessinatrice ayant même réalisé des œuvres à la plume évoquant la peinture chinoise ou japonaise. Un style précis ? Pour le moment, Brenda Hollingsworth peint pour son seul plaisir. Pourquoi irait-elle s’encombrer de certaines considérations déontologiques ? Au fil des toiles, son style personnel devrait s’affirmer de plus en plus et faire que ses tableaux ne ressemblent à aucun autre. Mais elle doit avant tout conserver cette joie de peindre qui transparaît dans ses œuvres ! Jean-Paul Amic (photos JLLB)

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Ô moun païs...qué parlan de tu... La culture régionale, cela se trouve tout d’abord dans les livres ; pour apprendre, il faut lire, c’est bien connu ! « LE GERS AUTREFOIS, AU DEBUT DU XXe SIECLE » de Régis GRANIER (éditions CPE ; site www.cpe-editions.com). Un gros livre de 200 pages, plein à craquer de magnifiques illustrations d’époque (cartes postales anciennes). Mais il faut souligner que, contrairement à la plupart des ouvrages de ce type dans lesquels les photos sont au format timbre-poste, ici on trouve des illustrations pleine page ou à deux par page, ce qui permet une parfaite vision de ces scènes du passé, classées saison par saison. Le texte est très explicatif de la vie d’il y a cent ans. Le meilleur livre de ce style paru depuis une dizaine d’années. « AMOUREUX D’ELLES » de Pierre Léoutre (éditions Les 2 Encres – site www. les2encres.com) Un roman écrit par un toulousain relatant les amours d’un homme partagé entre deux femmes habitant respectivement à Toulouse et à Fleurance, dans le Gers. On peut parler de libertinage de l’auteur en quête de la femme idéale, chacune de ses conquêtes représentant une partie de cet idéal féminin. Comment choisir l’une plutôt que l’autre ? L’action nous emmène en promenade dans les rues de ces deux cités vues à travers les yeux subjectifs de cet amoureux à la recherche profonde de sa personnalité vraie, de ses aspirations existentielles pas toujours faciles à déterminer. Un livre de 200 pages, très agréable à lire et qui « s’avale » d’une seule traite.

Mais la musique, en plus d’adoucir les mœurs, est un élément capital de la culture régionale. A vos lecteurs de CDS ou à vos baladeurs ! « SALUT A TU NOUSTE PAÏS » par les Chanteurs-Vignerons du Vic-Bilh. Label AGORILA (site www.agorila.com). Ce nouveau CD de 17 titres est interprété par un chœur masculin de dix interprètes, tous de la région de Madiran On y retrouve des airs traditionnels comme « Aqueros montagnos », «Cantem Bigorro » ou encore « Ninon » et « Aüssau » mais aussi des compositions originales comme « Nouste Vic-Bilh », le « Fandango Montagnard » ou « L’Hymne à l’Adour ». C’est beau, c’est vivifiant comme le vin de làbas. « A consommer sans modération » indique la pochette… A mettre absolument dans votre discothèque régionale ! « FERIAS DES SUDS » par Chicuelo – Orchestre des Arènes. Label AGORILA. Encore un disque de musique de corrida. Même interprété par un très bon orchestre, cela finit par devenir lassant à forte dose. Quand ce sont des mélodies très connues, on accroche toujours, entraînés par le rythme et l’air que l’on connaît bien ! Mais autrement… A écouter par 40° sur une place publique ou dans des arènes, au milieu des couleurs éclatantes et un verre de sangria bien fraîche à la main. Dans votre salon, la magie ne joue plus de la même façon… A signaler la présence de « Coupo Santo », l’hymne officieux de la Provence justifiant le titre « des Suds » (Sud-ouest + sud-est). Mais on peut aussi trouver l’histoire de notre région sur le support DVD. A ne pas négliger car cela est fort instructif ! LE PASTEL – Alchimie au Pays de Cocagne.Ce film de 23 minutes réalisé par Michel Fouet retrace en 3 langues (Français bien sûr mais aussi Anglais et Allemand) l’histoire de Le Canard Gascon N°4 - Page 30

cette plante tinctoriale qui fit du midi toulousain un « pays de cocagne » aux 15e et 16e siècles. Cette richesse permit un grand développement artistique de la Ville Rose et de toute sa région. Le pastel connaît aujourd’hui un renouveau, notamment à Lectoure dans le Gers, où s’est installée l’entreprise « Bleu de Lectoure » créée par un jeune couple belge. A faire découvrir à des tas de gens, jeunes et moins jeunes. IXIMAGE EDITIONS, 3 Place du Général Guillaut, 31300 Toulouse. En vente à la boutique du « Bleu de Lectoure » (05 62 68 78 30)

Enfin, dernier support des cultures régionales et peut être le plus important, INTERNET, avec ses millions de pages sur lesquelles vous pourrez toujours trouver quelque chose qui vous fera réfléchir, vous captivera, vous absorbera totalement… A vos écrans ! www.mouvement-rural-gers.net Cliquer sur « quilles » pour trouver tous les renseignements concernant le jeu de « Quilles au Maillet », sport d’adresse gascon bien traditionnel. Milladiu, il y a 30 ans, on ne jouait pas à la pétanque en Gascogne et on ne buvait pas de pastis (on n’est pas des Marseillais) ! Mais les quillles au maillet ou le « rampeau », ça on connaissait ! Un site pour relancer ce jeu (c’est en cours) ! http://palet.gascon.free.fr/ Un site plus élaboré et mieux remis à jour que le précédent. Tout tout tout sur le Palet Gascon, autre jeu d’adresse traditionnel, plus spécifiquement répandu dans le nord du département du Gers. Là aussi, un renouveau est en cours. A vos palets ! http://hubert.castex.ifrance.com/ Un énorme site (en deux parties) sur l’histoire de la Gascogne et de la Bigorre. On peut y trouver, entre autres, les ouvrages de l’Abbé Monlezun, véritable « bible » sur l’historique de notre région (plusieurs livres de 500 pages reproduits ici in-extenso et que vous pouvez télécharger au format pdf). Un must absolu si vous vous intéressez quelque peu aux origines de notre beau sud-ouest ! Inconvénient : Certaines pages restent très diffficiles à ouvrir, même en ADSL ! Jean-Paul Amic


Le Canard gascon n°4  
Le Canard gascon n°4  

Paysans : quel avenir ? Interview de José Bové

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