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N°3 - Juin-Août 2005 - 3 € Ruralité, Modernité Tradition


Sommaire n°3 Enquêtes Gascogne, le nouvel Eldorado du tourisme ?– Page 4

Le paysan roumain Cbier polonais censé envahir nos villes et nos campa-

es dernières semaines on a beaucoup parlé du plom-

English Pages The blue peony - Page 22 A Circuitous route to Gascony - Page 23 The Domaine de Lauroux - Page 24

gnes. Payé pour travailler en France au tarif des « pays de l’Est » il précipiterait le pays dans les affres du libéralisme sauvage. Ce n’est pas lui qui inquiète les agriculteurs du grand Sud-Ouest, mais plutôt le paysan roumain, ukrainien ou hongrois dont les immenses ressources potentielles agricoles seront bientôt exploitées à bas prix. Ce qui devrait encore tirer les revenus vers le bas et durcir la concurrence. Je persiste à penser que le rendez-vous (momentanément) manqué de l’Europe va justement favoriser ce libéralisme sauvage et que nous n’aurons pas beaucoup de règles communes pour lutter contre cet état de fait. Mais bon, il faut avancer. Dans ce numéro, nous avons enquêté sur l’état du tourisme dans le Gers et les Landes, mais aussi sur les relations entre tourisme et agriculture. Là encore, c’est l’inquiétude des uns et des autres qui prévaut. Heureusement elle est plutôt stimulante et on voit des professionnels de l’hôtellerie et des agriculteurs anticiper l’avenir et s’organiser pour faire face à la mondialisation. Il est certain que nous vivons une période active de mutation. Les entreprises agricoles disparaissent à grande vitesse. Dans l’hôtellerie, le phénomène est identique. La ferme et l’hôtel façon grand papa ne peuvent plus survivre face au déferlement des contraintes et des charges sociales. Pour résister il faut se professionnaliser et aller chercher le client là où il se trouve. Dans le cas des agriculteurs la situation est encore plus complexe et ce sera le grand thème de notre numéro de septembre : « Y-aura-t-il encore dans agriculteurs en Gascogne dans 50 ans ? ». Ne le manquez pas. Vous noterez que ce numéro du Canard Gascon est en vente trois mois. On a pensé qu’il était inutile de sortir un nouvel opus en plein mois d’août. En revanche il contient plus de pages, plus de couleurs et plus d’enquêtes. Septembre marquera une étape pour le journal qui élargira encore sa diffusion. On nous trouve actuellement dans le Gers et les Landes. A la rentrée nous serons distribués beaucoup plus largement sur la Gascogne. Nous profiterons de l’été pour mener une enquête sur le rubriquage du journal afin d’adapter au mieux le contenu à vos désirs de lecteurs. Un questionnaire sera en place fin juin sur notre site internet : www.le-canard-gascon.com.

Cd, bouquins, etc... Page 26

En attendant, bonnes vacances à tous. Profitez bien des festivités de la région.

Les Comités Départementaux du Tourisme en première ligne – Page 6 Hôtellerie de plein air : évoluer à tout prix – Page 7 Agriculture et tourisme font-ils bon ménage ? - Page 8 Nouveau phénomène : la chambre d’hôte de luxe - Page 10 Alain Ribaut : El Gringo de Mirande - Page 12 Jean-Louis Guilhaumon : le prof de Jim - Page 13 Eric Duffau : il donne le Tempo à Vic - Page 14 Peut-on boire l’eau du robinet ? - Page 16 L’Académie des Dames du Floc - Page 19 Gasconoscopes Guy Dutirou – Page 20 Nico Portal – Page 20 André Lavénère – Page 21

Couverture Mannequin : Maud Ledru Photographe : Jean-Michel Danard

Salutations gasconnes ! Jean-Louis Le Breton

Le Canard Gascon, La Bayle – 32110 – Magnan. Tél. : 05 62 08 88 00 - Fax : 05 62 08 88 11. www.le-canard-gascon.com. Mail : info@le-canard-gascon.com Rédaction Directeur de la publication et rédacteur en chef : Jean-Louis Le Breton. Maquette et conception graphique : Pierre Giès. Ont collaboré à ce numéro : Nina de Voogd, Ernest Mulard, Jean-Paul Amic, Caroline Le Breton. Les illustrations originales et le personnage du Canard Gascon sont de Elger. Merci à Daniel Dalex pour ses précieux conseils. Photos : Jean-Louis Le Breton, Ernest Mulard, Nina De Voogd. Editeur : Anyware sarl, La Bayle – 32110 Magnan. Dépôt légal, 2ème trimestre 2005. Service des ventes au journal (05 62 08 88 00). Numéro de commission paritaire : 0207 I 86098. ISSN 1772-6573. Imprimé par Dauba à Nogaro. Abonnement : 36 euros pour 12 numéros – France métropolitaine. Autres régions, nous consulter. Chaussez vos lunettes, c’est le coin des bêtises. La direction du Canard Gascon (le Sud-Ouest) se réserve le droit de refuser toute insertion sans avoir à se justifier, on fait ce qu’on veut, on est cheu nous, crévinguiou. Toute reproduction ou représentation intégrale ou partielle par quelque procédé que ce soit (microfilm, photocopie, enluminure de manuscrit, publication sur Internet, etc.) des pages publiées dans la présente publication, faite sans l’autorisation de l’éditeur (c’est encore nous) est illicite et constitue une contrefaçon qui ne nous plairait pas du tout. On ira se plaindre chez Sarko, le nouveau ministre de l’intérieur. Seules sont autorisées les reproductions strictement réservées à l’usage privé et non destinées à une utilisation collective et les analyses ou courtes citations. En revanche, toute publicité gratuite pour le Canard Gascon est la bienvenue. Montrez-le mais ne le donnez pas, encouragez vos amis à s’abonner, maquaréou. Ah au fait, merci à Georges qui nous a prêté son robinet pour la photo. (Si, si, voir page 16). Rémy, on se voit pour le prochain n°. Le Canard Gascon N°3 - Page 3


GASCOGNE : le nouvel Eldorado du tourisme ? La Gascogne possède de nombreux atouts touristiques : l’océan, la forêt, la campagne, le patrimoine historique, la gastronomie et l’art de vivre. Au fil des ans les structures d’accueil se modernisent, mais peuton pour autant faire fortune dans le tourisme ? Pas sûr. Ils sont nombreux à s’installer dans la région pour créer des gîtes ou des chambres d’hôtes, mais ces revenus restent limités. Enquête sur le tourisme dans le Gers et les Landes. L’hôtellerie va souffrir

L

e Touriste est une personne que tous les professionnels veulent séduire. Mais le Touriste a le caractère changeant. Il est volage, frileux comme une jeune fille et s’inquiète à la moindre rumeur. Les conflits sociaux, la guerre en Irak, la crise économique, le naufrage du Prestige et les boulettes de pétrole : tout est sujet à le détourner de ses projets de vacances et à le confiner chez lui. Un bon Touriste doit se déplacer et surtout venir dépenser ses sous là où l’attendent hôtels de charme, restaurants appétissants, camelots de l’été et festivals en tout genre. A l’ère de la communication tous azimuts, attirer le Touriste est devenu le sport de compétition des professionnels et tous les moyens sont bons pour le solliciter. La méthode à grand papa qui c o n -

siste à attendre sur le perron de l’hôtel qu’une voiture de parisien daigne se garer sur le parking est évidemment révolue. C’est sans doute l’une des raisons pour lesquelles de nombreux établissements sont appelés à disparaître dans les années à venir. Dommage d’ailleurs, car on apprécie toujours le sympathique petit hôtel indiqué nulle part et trouvé par hasard au détour d’une route de campagne. Mais ses heures sont comptées, car les temps sont au marketing et au seuil de rentabilité. C’est sans doute l’hôtellerie traditionnelle qui va le plus souffrir. D’abord parce qu’elle se doit d’avoir du personnel. Celui-ci est difficile à trouver et coûte cher en charges, surtout lorsque les chambres ne sont pas remplies. Ensuite parce que les conditions des hôtels sont contraignantes : veilles de nuit, normes de qualité, etc. Depuis des années, les charges et les obligations augmentent et dans le même temps, la fréquentation tend à diminuer. Seuls pourront subsister les hôtels d’une taille suffisante et qui sauront mener un marketing efficace pour remplir leurs établissements. Ce fameux marketing peut prendre différentes formes : site internet, mailings avec des fichiers spécialisés, participation à des événements culturels ou touristiques, organisation de soirées thématiques, labellisation auprès d’organismes spécifiques (tourisme-handicap, hôtel Cert, etc.) Bref pour que l’hôtellerie vive, elle doit se bouger sans attendre.

Tourisme au black

La situation est d’autant plus dure à gérer que le tourisme au black se porte bien. Combien de propriétaires de résidences à la campagne louent-ils leurs maisons ou leurs appartements pour des copains, ou les copains des copains ? Et pour des tarifs sympathiques et généralement pas déclarés. Bien sûr, ça existe depuis toujours, mais en ces périodes économiques difficiles, les vacances « système D » ont le vent en poupe et c’est autant d’argent qui ne va ni dans la poche des hôteliers, ni dans celle des campings. Pour autant, elle a le moindre mérite de faire venir des gens sur place qui consomment et font tourner le commerce.

Les chambres d’hôtes : pas rentables !

A l’origine, la chambre d’hôte a été instituée pour permettre aux agriculteurs de générer des revenus complémentaires à leur activité. Aujourd’hui les chambres d’hôtes se sont multipliées et on ne compte plus les Anglais, Hollandais ou Belges qui retapent des vieilles bâtisses pour en faire des gîtes ou des chambres d’hôtes. Le nombre des chambres est limité par la loi, mais dans les faits les choses ne sont pas si claires : 4, 5, 6 voire 8 chambres sont parfois mises à la location. Certains proposent en plus la « table d’hôtes » et se retrouvent Le Canard Gascon N°3 - Page 4


à travailler dans des conditions difficiles puisque les propriétaires, par obligation, doivent accueillir eux-mêmes les clients. Mais les chambres d’hôtes sont moins soumises aux réglementations contraignantes des hôtels et bénéficient de certains avantages. C’est pourquoi on voit parfois des hôtels fermer et rouvrir…en chambres d’hôtes ! La tendance actuelle est à la chambre d’hôte de luxe. Mais il ne faut pas s’y tromper : on ne fait pas fortune avec des chambres d’hôtes. Même si la période d’été rapporte un peu d’argent, il faut vivre le reste de l’année. Avec des tarifs de l’ordre de 40 ou 50 € la nuit, il faudrait être complet toute l’année pour tirer un revenu substantiel de cette activité.

Camping et hôtellerie de plein air : forte concurrence !

L’hôtellerie de plein air et les campings sont les plus grands pourvoyeurs de nuitées : 442 000 nuitées en 2004 pour le Gers et 4 688 499  nuitées dans les Landes. A comparer aux chiffres de l’hôtellerie : 267 000 nuitées pour le Gers et 718 714 pour les Landes pour la même période. C’est dire l’importance touristique des campings. Mais ceux-ci ont largement évolué depuis une vingtaine d’années. Les tentes traditionnelles ont cédé beaucoup de place aux mobil-homes, caravanes, chalets et résidences d’été. Les campings offrent de plus en plus d’infrastructures : piscine, terrain de mini-golf, activités pour les jeunes. Tout ceci représente de gros investissements et doit être rentabilisé. Mais l’hôtellerie de plein air du Sud-Ouest se bat contre la concurrence méditerranéenne. Avec la montée en puissance des compagnies aériennes « low cost » , passer 8 jours en Israël, en Turquie, en Tunisie ou au Maroc est maintenant très tentant pour les petits budgets. Il suffit de voir les offres dans les grandes surfaces comme Carrefour ou Leclerc pour s’en convaincre. Là encore, l’hôtellerie de plein air doit faire des efforts en termes de marketing et accorder ses violons avec les comités départementaux et régionaux du tourisme pour maintenir et développer ses taux d’occupation. La Gascogne n’est donc pas l’Eldorado du tourisme que certains imaginent. Et pourtant le tourisme, qui est le premier secteur économique mondial pourrait bien être la voie d’avenir de la Gascogne. Car nul doute que les agriculteurs vont souffrir dans les vingt années à venir, particulièrement avec l’ouverture de la communauté européenne aux pays de l’Est. Mais comme on le voit, ceux qui peuvent prétendre à réussir dans le tourisme gascon doivent faire des efforts financiers conséquents tant dans les infrastructures que dans le marketing, ce qui n’est pas à la portée de tous. Le rêve d’une petite vie tranquille à la campagne avec 4 chambres d’hôtes pour seuls revenus est une illusion. Jean-Louis Le Breton

L’été sera chaud

Les bons plans à ne pas manquer LANDES Les fêtes de la Madeleine à Mont-de-Marsan

Du 15 au 21 juillet Cinq corridas, deux novilladas, un concours landais et une corrida portugaise sans mise à mort, des concerts, des bandas dans tous les coins et une fête des enfants. (Comité des Fêtes, 39, place J. Pancaut, 40000 Mont-de-Marsan. Tél. : 05 58 75 39 08. )

La féria de Dax

Du 11 au 16 août - et du 9 au 11 septembre Toros y Salsa. Corridas, courses landaises et musique au rendez-vous. Cette année cinq thèmes sont retenus : « Les Landes et les traditions », « Les enfants », « La musique », « Le folklore » et « Les bandas ». Et le 9 septembre on recommence la fête avec Toros y Salsa. (Mairie de Dax : 05 58 56 80 00 )

GERS Les accordéons voyageurs à Nogaro

Le 25 juin, arènes de Nogaro. Première édition de cette fête des accordéons voyageurs avec des groupes venus des Balkans et de la Louisianne. Ambiance festive garantie. (Clan de Nogaro : 05 62 69 02 20)

Country Music à Mirande

Du 13 au 17 juillet Avec Linda Gray (Sue Ellen de Dallas) comme marraine du festival. On y verra Paul Personne (16 juillet) et Michael Jones (17 juillet). Festival off, car-show, randos 4 x 4, rassemblements Montgolfières…et des cowboys et des indiens dans toute la ville ! (Réservations 0890 712 807 – 0,15 €/min)

Tempo Latino à Vic-Fezensac

Du 28 au 31 juillet Le must de la musique Latino pour 4 jours de fêtes avec Raul Paz, Grupo Caribo, Johnny Pacheco, Ismaël Miranda, Orquesta de la Luz…et bien d’autres ! (Tempo Latino : 05 62 06 56 66 )

Jazz in Marciac

Du 1er au 15 août Le rendez-vous incontournable des amateurs de Jazz. Avec cette année : Gilbert Gil, Ibrahim Ferrer, Winston Marsalis, Omars Sosa etc.(Réservations au 0892 690 277 - 0,34 €/min ) Le Canard Gascon N°3 - Page 5


Les Comités Départementaux du Tourisme en première ligne Les Comités Départementaux du Tourisme (CDT) du Gers et des Landes sont en première ligne pour promouvoir le tourisme et ne ménagent pas leurs efforts.

Le Gers mise sur l’internet

DBourdil, président du CDT du Gers note une ans son bilan pour l’année 2004, Claude

baisse sensible de 4% des nuitées touristiques. Mais dans le même temps, il constate que la notoriété et l’image du Gers se confirment. Cela se mesure en terme de « contre valeurs publicitaires générées par la presse nationale et internationale ». En clair on comptabilise la surface d’articles parus sur le Gers et on la convertit en son équivalent monétaire si on avait du la payer sous forme de publicité. Ce montant Claude Bourdil « fictif économisé » s’élève à près de 4 millions d’euros pour la France et l’étranger. Ça fait toujours plaisir. Le CDT du Gers se démène avec acharnement pour créer des outils de communication. Le luxueux guide départemental de 24 pages, grand format a été tiré à 22 000 exemplaires plus 3000 exemplaires pour chacune des langues suivantes : anglais, hollandais, allemand et espagnol. Le CDT participe à de nombreux salons et développe sa communication via internet. D’abord via le site du Conseil Général www.gers-gascogne.com qui abrite toutes les infos grand public du CDT et ensuite via le site www.tourisme-gers.com qui s’adresse plus particulièrement aux professionnels.

La communauté homosexuelle : une niche pour le tourisme

Le CDT dispose de nombreux outils, dont ceux de l’observatoire économique. En 2005, il privilégie 6 thèmes : le tourisme d’itinérance, le tourisme de santé, les activités liées à l’eau, l’art de vivre (gastronomie et environnement), l’événementiel (culture et patrimoine) et les thèmes de niche (enfance, accessibilité, tendances urbaines…). Nouveauté : le Gers s’adresse à la communauté gaie pour développer le tourisme « Gay friendly ». Le CDT propose un support de communication pour ceux qui veulent héberger cette clientèle. Il participera également au salon Rainbow Attitude. (www.gers-gascogne.com)

Les Landes : 1,5 millions de touristes

Mfrage du Prestige en 2003 et la marée noire nous avons eu très peur. ichel Lalanne est le directeur du CDT des Landes. « Avec le nau-

Cette année là les réservations ont baissé de 38%, mais finalement la fréquentation n’a baissé que de 17%. Aujourd’hui nos plages sont propres. A l’époque nous avions mis en place un outil d’information

sur Internet : www.plages-landes.info. Les médias avaient tendance à généraliser la pollution alors que beaucoup de plages étaient nettoyées. Aujourd’hui ce site fonctionne encore mais pour donner de nouvelles informations : la température de l’eau, de l’air, l’état des vagues, etc. Je pense qu’en 2003, d’autres bateaux ont profité du naufrage du Prestige pour dégazer. Maintenant les Affaires Maritimes n’hésitent pas à les arraisonner et avec 400 000 euros d’amende à la clé, ça les calme. »

Un tourisme balnéaire

Le tourisme landais est à 80% balnéaire. Le thermalisme occupe une place importante avec 75 000 curistes par an. Les landes sont le 1er département thermal et Dax la 1ère station en France. Reste le tourisme intérieur, la campagne et la forêt. « Nous avons du mal à le faire connaître » avoue Michel Lalanne. La clientèle des Landes est plutôt familiale et privilégie le littoral. Les actions du CDT passent d’abord par un slogan : « Les Landes c’est tout naturel ». Ensuite par un guide papier tiré à 140 000 exemplaires et payé par la pub. « Il nous en faudrait 300 000… » commente Michel Lalanne qui ajoute : « notre clientèle est française à 80% et nos actions portent principalement sur le marché français. Dans les 20% d’étrangers, 80% viennent d’Allemagne, d’Angleterre ou de Hollande.  » Le CDT des Landes dispose d’un budget de 1,4 millions d’euros et compte 17 collaborateurs. Le camping représente la plus grande part de l’hébergement (53,87% au niveau marchand) suivi par les meublés labellisés Clé Vacances (17,81%). Il y a également 40 000 résidences secondaires dans les Landes… Sur le littoral, la location de chalets et de mobil-home ex- Michel Lalanne plose, parfois au détriment des locations meublées. « Ce sont souvent des gens qui ne veulent plus tracter des caravanes. » Le CDT travaille main dans la main avec l’association Qualité Landes (issue de la Chambre d’Agriculture et du Conseil Général) qui fait la promotion de tous les produits label rouge des Landes : foie gras, poulet, bœuf, asperge, kiwi, vin de Tursan, Armagnac. (www.tourismelandes.com) Jean-Louis Le Breton

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Hôtellerie de plein air : évoluer à tout prix Pour maintenir son activité, l’hôtellerie de plein air en campagne doit s’adapter et trouver des moyens d’attirer les vacanciers. Rencontre avec deux campings qui ont investi dans le résidentiel de loisirs.

Les Lacs d’Armagnac

Bernard Torlois gère le domaine des Lacs d’Armagnac à Bretagne d’Armagnac. Une affaire qui ne s’est pas montée facilement. Bernard Torlois est spécialisé dans la construction de stations services et de contrôle d’accès depuis 1973 à Bordeaux. En 1994, il achète deux lacs et une propriété de 54 ha à Bretagne d’Armagnac pour en faire un domaine de loisirs. « J’ai beaucoup bossé dans ma vie et je voulais créer quelque chose dans un endroit agréable où il fait bon vivre. J’avais besoin d’exprimer ma créativité en dehors du monde industriel. Une de mes filles m’a ouvert les yeux sur la nature. On a cherché à développer quelque choBernard Torlois se sur le tourisme dans le Médoc, mais ça ne nous correspondait pas. Je voulais un retour aux sources et ça nous a conduit ici. »

150 pavillons !

Bernard Torlois a ensuite procédé à une étude de marché (c’est un entrepreneur avant tout). « Bien sûr, je veux rentabiliser à terme, mais pas forcément gagner beaucoup d’argent. Sinon, j’aurais créé un camping à 40 km de chez moi ! Nous avons ouvert la base de loisirs en 1998, puis un restaurant en 1999 et le camping en 2000. Je voulais essayer différentes formules avant de me décider. On a fait venir des groupes, des camps de vacances, des associations, des clubs du 3e âge. Je voulais me forger une opinion sur ce qu’il fallait faire de ce site. » Finalement, en 2004, il décide de favoriser les résidants. « La majorité des gens n’a pas besoin de grosses installations. Ils veulent trouver la paix dans la nature. Mais j’ai bien conscience que le confort est nécessaire. » Aujourd’hui le domaine se partage entre un camping quatre étoiles, la location de chalets et mobil-homes et un parc résidentiel de loisirs. Sa clientèle vient essentiellement de la région parisienne et du Nord. « Nous n’irons pas au delà de 150 pavillons » précise Bernard Torlois…ce qui donne une idée de la taille de son projet ! « C’est très long et très dur de créer ce type de structure. Nous avons été aidés par la Chambre de Commerce et le CDT. Mais je ne pensais pas qu’il fallait autant de démarches administratives et de papiers pour monter notre projet. Ça nous a fait perdre énormément de temps. Si je n’avais pas mis de l’argent de côté depuis trente ans, je Gilbert Fois n’aurais pas résisté à toutes ces lenteurs. »

Les lacs de Courtès

Gilbert Fois a créé en 1983 le domaine des Lacs de Courtès à Estang qui est à la fois camping, village de vacances, résidence de tourisme et parc résidentiel de loisirs. Il est vice-président du Syndicat de l’Hôtellerie de Plein Air…et inquiet sur son avenir ! Gilbert Fois ne tourne pas autour du pot : « la fréquentation de l’hôtellerie de plein air s’effrite. C’est une réalité. On a beau retourner ça dans tous les sens, le seul juge c’est le tiroir caisse ! Les frais ne cessent d’augmenter : le smic, les taxes, l’énergie, les assurances - deux fois 25% en deux ans !- et les installations nouvelles. Les clôtures de piscine, les plate-formes pour le tri sélectif nous coûtent cher. En France, le marché de l’hôtellerie de plein air est globalement arrivé à maturité et le gâteau n’augmente plus. Il nous faut être obligatoirement vigilants sur la politique des prix. Le Maghreb, la Croatie, la Turquie sont devenus des destinations franchement attractives. On ne peut pas en faire autant parce qu’ils ont moins de contraintes que nous. Là bas, le personnel est moins payé et fait plus d’heures ! Et nous devons faire face aux dérives pernicieuses, comme les locations qui échappent aux règles auxquelles nous sommes soumis. Chez nous la qualité se vérifie, se contrôle et s’étalonne : ça a un coût. Nous voulons alerter les institutions pour qu’elles prennent conscience du malaise : le préfet, le CDT et la chambre de commerce. Si nous devons arrêter nos investissements pour faire face à nos charges, nous sommes morts. »

C’était osé !

Gilbert Fois souhaiterait être plus soutenu dans ses démarches pour rechercher des clients. « Je veux travailler sur la segmentation de la clientèle, identifier les points forts et définir un message pour l’adresser aux cibles qualifiées. Cet outil existe mais pas au niveau du CDT et je voudrais leur proposer d’avoir une discussion pour mieux communiquer. » Dans le même ordre d’esprit, Gilbert Fois discute avec l’administration : « nous avons demandé au préfet de ne pas être trop restrictif au niveau de l’application des textes. Par exemple l’obligation de délimiter les emplacements dans le camping ne doit pas être interprétée comme l’obligation de planter des haies. De même, avec les pompiers qui nous demandaient des routes de 7 m de large, on a fini par trouver des terrains d’entente. J’ai parfois l’impression qu’on ne prend pas au sérieux ce que disent les professionnels. Je n’ai aucun écho de Loisirs Accueil Gers dont le système de réservation est trop compliqué. On leur a dit de venir nous voir mais nos invitations sont restées lettre morte… » Ouvert le 4 juillet 1983, le camping des Lacs de Courtès a mis du temps à se développer. « Jusqu’en 1992, j’ai gardé mon travail de salarié. Sinon, le camping n’aurait pas pu vivre. On a travaillé dur avec mon épouse et mes enfants. Nous avons eu l’idée de monter une résidence de tourisme et nous étions les premiers sur la région Midi-Pyrénées. C’était osé ! ». J.-L. L. B.

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Agriculture et Tourisme font-ils bon ménage ? Depuis le succès du film d’Etienne Chatillez, « Le bonheur est dans le pré », le Gers n’en finit pas de distiller ses parcelles de bonheur au gré des salons touristiques , brochures de tours opérateurs et spots publicitaires pour le poulet fermier. Mais qu’en est-il réellement de cette image qui fait rêver les populations polluées par les fumées d’usine ou qui suffoquent dans l’atmosphère embrumée par la couche d’ozone ?

Eque félicité et verdure ? Et peut-on véritablement concilier l’image

n clair, notre département est-il cette terre idyllique où tout ne respire

d’une destination touristico-champêtre de rêve avec la réalité économique et environnementale du Gers, premier département agricole de France ?

Agriculteurs-pollueurs ?

Loin de nous l’idée de prendre le raccourci des écologistes urbains pour qui l’équation se résume à la formule : « agriculteurs-pollueurs ». Cependant, l’actualité nous emmène régulièrement à relater les combats locaux pour la défense de l’environnement. C’est le cas dans le lectourois où le projet d’installation d’une porcherie industrielle inquiète la vie et perturbe déjà l’odorat du voisinage. C’est aussi, le combat que mènent plusieurs centaines de Gersois des monts de l’Astarac et du Mirandais, particulièrement remontés contre l’extension d’une usine industrielle de traitement de produits carnés à Mirande. On peut également y ajouter, le problème récurent des nitrates dans l’eau qui empoisonnent le quotidien de quelques dizaines de villageois, obligés d’avoir recours à la bouteille d’eau minérale et à la citerne des sapeurs pompiers. Que penser aussi de la mortalité des abeilles décimées par le « gaucho » ou des allergies aux pollens qui au printemps, agressent nos sinus ? Enfin, que dire du débat sur « les essais de cultures OGM en plein champ dans le Gers » qui agite depuis plusieurs mois le landernau gersois, au point d’opposer le préfet et le président du conseil général sur l’opportunité ou la légalité d’organiser un référendum sur les cultures transgéniques ? Disons le tout net : pas question de tirer à boulets rouges sur les paysans. Agriculteur est le métier le plus beau du monde et il devient de plus en plus difficile de vivre de la terre.

Tourisme en plein air, tourisme vert

La PAC (politique agricole commune) a eu ses effets et l’omnipotence de l’OMC (organisation mondiale du commerce) n’est pas là pour arranger les choses. Alors, non, le Gers n’est pas un département d’agriculture extensive mais s’il est devenu polyagriculturel, son sous-sol a subi le passage et les excès des trente glorieuses agricoles et il est peut-être temps pour la profession de ne plus s’en laisser compter par les firmes semencières et autres agro-laboratoires. La chambre d’agriculture, malgré ses contra-

dictions, a déjà entamé un examen de conscience. Le débat est ouvert entre agriculteurs à propos de l’utilisation des pesticides et des engrais chimiques. L’association Arratz-Azote enseigne aux paysans la meilleur façon d’utiliser les produits et de les épandre autour des bandes enherbées. Les services techniques de cette même chambre consulaire vident peu à peu les hangars de ferme des substances dormantes en organisant chaque année l’opération « Ocabidon ». L’utilisation du « régent » et du « gaucho » est également devenue sujette à caution, voire à interdiction pure et simple. Enfin, l’association « Excellence Gers », continue de peaufiner son cahier des charges, en ajoutant au volet qualité des produits du terroir gersois, un volet sécurité qui ne peut qu’aller dans le sens du consommateur. Il ne reste plus qu’à ajouter le tourisme au foie gras et autres magrets, pour que bonheur et tourisme au plein air riment avec vert. La sirène a retenti. N’attendons pas qu’il y ait le feu au pré… Ernest Mulard

Tourisme et agriculture : la qualité et l’excellence Pour valoriser le tourisme, les associations Excellence Gers et Qualité Landes font le lien avec les filières de production du terroir. Un joli trait d’union entre agriculteurs, touristes et professionnels des loisirs. Serge Chambert est chef de projet à l’association Excellence Gers qui a été créée sur l’initiative de la Chambre d’Agriculture et de son président Jean Dauzère. Son but est de promouvoir les filières qualité du département. « Le Gers a une belle image, mais il est orphelin de l’économie. Alors nous positivons et nous essayons de le préserver. Ici il n’y a pas de très grosses unités de production et lorsque des projets comme la décharge d’Aubiet veulent voir le jour, nous y sommes opposés car nous ne voulons pas être la décharge de Toulouse. » Excellence Gers a une vocation agro-alimentaire et soutient les filières viticole, avicole, de la viande et du blé. « Notre département est l’un de ceux qui possèdent le plus de signes qualités : des canards en label rouge, des AOC pour l’Armagnac, le floc ou le Madiran, la blonde d’Aquitaine, l’ail de Lomagne, le melon de Lectoure, etc. Quatre critères sous-tendent toutes nos démarches : la qualité, la traçabilité, l’environnement et l’accueil. Nous mettons particulièrement l’accent sur ce dernier critère en demandant à nos producteurs de faire des efforts pour recevoir les visiteurs. Par exemple en carrossant les chemins ou en amé-

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nagement un accès pour les handicapés. Tout le monde ne fait pas partie d’Excellence Gers, c’est une élite. » Pour dynamiser le réSerge Chambert seau, les petits producteurs sont classés par niveau. Le plus élevé implique le respect de 150 critères. Concrètement Excellence Gers participe à de nombreux salons, propose des Passeports

Privilèges et vend des séjours à thèmes avec les grands festivals gersois comme Jazz in Marciac, ou le Festival des Bandas à Condom.Dans les Landes, c’est l’association Qualité Landes qui assure un travail équivalent, faisant le lien entre le tourisme et l’agriculture. Leur slogan : « Bien dans son assiette » parle de lui-même. Les Landes misent sur le poulet fermier, l’asperge, le kiwi, le bœuf de Chalosse, les vins de Tursan, le canard, l’Armagnac et le floc ! Les sites Internet : www.qualite-landes.com, www.excellence-gers.com

L’avis des acteurs gersois du tourisme Christiane Piéters

Vice présidente de la FDSEA et Présidente du SUAT, service d’utilité agricole et tourisme de la chambre d’agriculture. « La question de la compatibilité entre agriculture et tourisme fait partie des préoccupations des consommateurs et des élus : environnement, paysages, écotourisme ou développement durable. Il est important pour nous de préserver nos sites d’accueil car le Gers ne sera jamais un département de tourisme de masse. Il tire sa réussite touristique de ses spécificités rurales et donc agricoles. Notre propos est de cultiver tout ce qui contribue à l’image d’un territoire Christiane Piéters préservé. Il faut organiser l’activité économique et l’élimination des déchets. Je comprends qu’on s’émeuve des essais de cultures OGM ou des nitrates dans le Gers, mais ce sont des réalités auxquelles il faut faire face. Je rappelle au passage que rien ne prouve que le transgénique présente un danger. Alors est-ce vraiment un problème ? D’ailleurs, les chiffres de l’activité du tourisme vert démontrent que ces questions n’ont quasiment aucun impact sur la fréquentation. C’est un débat gerso-gersois. J’ai passé une semaine au Salon de l’Agriculture à Paris et pas un seul visiteur ne m’a parlé d’OGM ou de nitrates dans le Gers. Je me base sur les faits pour affirmer que cela n’a pas de conséquences sur l’offre et la demande. Si on me le demande, je suis prête à publier les chiffres de l’année 2005 afin de prouver ce que j’avance. Je prône un développement équilibré. Qu’on prenne des précautions oui. Qu’il y ait débat , certes, mais raisonné et non pas enflammé. Je préfère me concentrer sur le tourisme vert en termes d’emplois et de retombées économiques car 1200 familles vivent du tourisme vert dans le Gers. Je pense donc qu’il serait dommage de sacrifier ce tourisme équilibré et complémentaire de l’agriculture et de salir son image à l’extérieur, avec des discussions purement locales ».

Georges Estève

Président de l’UD OTSI, Union départementale des offices de tourisme et syndicats d’initiative . « Il faut beaucoup de communication entre les uns et les autres et surtout aucun anathème. Le débat est posé. On ne peut pas oublier les nécessités locales et la réalité économique agricole du Gers mais il y a un certain équilibre à trouver pour que la filière agricole, d’une part, et la filière tourisme d’autre part, puissent s’appuyer l’une sur l’autre sans se porter préjudice. Il est sûr qu’une certaine forme d’agriculture, comme par exemple certains bâtiments d’élevage, n’est pas compati-

ble avec le tourisme. Mais le territoire est vaste pour choisir des lieux plus adaptés à des activités agricoles peu compatibles. En ce qui concerne les essais de culture OGM ou les problèmes de nitrates, moins il y en a et mieux c’est. Il est sûr que l’image de marque touristique de notre département dépend de ce qu’on en parle ou pas à l’extérieur. En clair, moins on entendra parler de nitrates et d’OGM gersois et plus le tourisme départemental pourra se développer ».

Georges Estève

José-Louis Péreira

Directeur du CDTL du Gers, Comité départemental de Tourisme et loisir «Je rappelle que l’agrotourisme est un des piliers fondamentaux pour notre destination au même titre qu’il existe chez nous le tourisme événementiel ou de santé. Les séjours dans un environnement rural typent bien le département. Notre intérêt est donc de cultiver cette image et de préserver le territoire et la ruralité. Le duo tourisme vert et santé passe par une addition de forces. La profession est consciente des effets et enjeux de l’agriculture et de l’environnement pour la réussite de ce type de tourisme. Nous savons que l’environnement est un thème fort et que la clientèle y est attentive et sensible. Quand le Gers est surnommé la Toscane française cela résulte de subtils équilibres. Honnêtement, les gens que nous rencontrons à l’extérieur du département ne nous posent pas ces problèmes aigus. Ce sont des positions citoyennes qui relèvent d’une prise de conscience locale. Le tourisme peut subir les effets de ces problèmes mais les discussions ont lieu et les systèmes d’alerte sont activés. Nous n’avons pas envie de scier la branche sur laquelle nous sommes assis, mais nous ne voulons pas non plus subir. L’agriculture doit exister pour permettre à l’emploi et au tourisme de se développer mais pas à leur détriment. N’oublions pas aussi que sans cette spécificité agricole et rurale il n’y aurait pas de filière agrotourisme. C’est pourquoi nous préconisons beaucoup de discussion et un bon équilibre entre les deux, pour que le Gers trouve la voie de l’harmonie et fasse des choix qui favorisent l’essor de l’agrotourisme». Propos recueillis par Ernest Mulard.

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José-Louis Péreira


Nouveau phénomène : la chambre d’hôte de luxe ! Le phénomène des chambres d’hôtes de luxe se développe. Pierre et Brigitte Salvage qui ont racheté le domaine d’Izaute, à Caupenne d’Armagnac, en sont un parfait exemple.

Lment qui servait d’écuries et d’une ferme. « C’est exactement ce que

e domaine d’Izaute est constitué d’un château, d’un très grand bâti-

nous cherchions. Nous avons transformé les écuries en chambres d’hôtes de luxe. Nous habitons la ferme en attendant que le château soit retapé pour y loger la famille. » Pierre Salvage avait déjà une expérience dans le domaine. « j’ai tenu des chambres d’hôtes pendant six ans dans l’Aveyron à côté de Villefranche du Rouergue. Ensuite j’ai rénové un château du 12e siècle dans le lot. Notre arrivée dans le Gers a été due au hasard. Nous cherchions à nous investir dans un nouveau projet. »

Une autre mentalité

Pour Brigitte Salvage, c’est la mentalité qui différencie les chambres d’hôtes des autres formules touristiques. « Ici l’accueil est personnalisé. Les clients ont un contact avec le propriétaire et nous avons établi avec eux des rapports d’amitié. L’endroit est beaucoup moins impersonnel qu’un hôtel. La décoration n’est pas standard. Chaque chambre a son style et l’environnement non plus n’est pas classique avec notre grand

nos réservations via internet. Mais nous ne sommes pas labellisés aux Gîtes de France et le CDT et le CRT* hésitent à promouvoir des produits comme les nôtres. Les Gîtes de France nous ont contactés, mais ils nous imposaient tellement de conditions que nous n’avons pas accepté. Bed and Breakfast est moins contraignant. » Le couple tient à garder sa liberté de manœuvre. « Bien sûr nous payons beaucoup de notre personne, mais nous avons moins de contraintes qu’un hôtel. Nous ne faisons pas table d’hôtes, mais nous organisons des apéros et parfois des dîners à l’improviste. »

La rentabilité est une illusion

parc, la piscine et le pool-house. » Pour ces chambres haut de gamme, le prix peut monter assez haut (88 € la chambre pour 2 personnes). « Ici, ce critère ne compte pas », commente Brigitte Salvage. Le domaine est répertorié dans la chaîne « Bed and Breakfast » qui dépend de la Maison de la France. « Nous obtenons au moins 40% de

Pourtant, d’après Pierre Salvage, « la rentabilité est une illusion. Nous avons investi beaucoup d’argent dans le domaine. Les chambres d’hôtes nous permettent de rentrer un peu de trésorerie. Mais c’est la revalorisation du patrimoine qui est importante et lorsque nous déciderons de revendre nous serons gagnants. En attendant nous nous faisons plaisir. Nos chambres sont décorées avec nos souvenirs de voyages et rappellent l’Inde, l’Indonésie, le Maroc ou l’Andalousie. Nous avons doublé les normes hôtelières pour la sonorisation afin que chacun se sente chez soi. Nous avons investi dans les meubles anciens et les tissus précieux. Tout est décoré comme pour des chambres d’amis. » J.-L. L. B. * Comité Départemental du Tourisme et Comité Régional du Tourisme

Domaine d’Izaute - 32110 - Caupenne d’Armagnac - Tél : 05 62 08 89 46

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Alain Ribaut : El Gringo de Mirande ! En quelques années, il a fait du festival de Mirande la référence en matière de Country Music et une réussite sur le plan de l’organisation et des finances.

Omarré sa carrière. D’abord comme directeur sportif du rugby à Nice. riginaire de Mirande, c’est sur la côte d’Azur qu’Alain Ribaut a dé-

Il en a gardé le physique de fonceur et la mentalité du travail en équipe. Ensuite dans des activités commerciales puis dans le bâtiment industriel, de quoi se constituer un joli pécule. En 1992, son beau-frère Pierre Beaudran, maire de Mirande l’appelle et lui demande s’il n’a pas une idée pour faire bouger la région. « A onze heures du soir, je zappe sur Canal Jimmy et je tombe sur la présentation d’un festival de Country Music au Texas. Déclic. Je vois tout de suite le côté famille, jeu avec les cow-boys et les indiens et l’aspect campagne du far-west. Je me dis que tout ça nous rapproche de Mirande. Sans perdre de temps, je contacte la productrice de l’émission et je lui annonce qu’on va faire un festival…alors que rien n’était décidé ! Trois heures plus tard j’ai Jean Sarrus au téléphone. C’est l’un des anciens Charlots spécialisé dans la Country qui me dit ‘c’est génial’. Très rapidement je me suis fait un schéma, j’ai vendu le projet au conseil municipal devant une salle de 300 personnes et j’ai pris une année sabbatique pour préparer le premier festival en juillet 93. On a créé une association dont je suis toujours président.»

« Je voulais marquer d’entrée ! »

Dès la première année, Alain Ribaut décroche un budget de 1,8 MF et engage 700 kf d’argent perso. « Je voulais marquer d’entrée sans être prétentieux. On a fait venir Dick Rivers et Jane Manson. Même si je suis saxo de formation, je ne connaissais rien à la Country Music à l’époque, mais ça me plaisait. J’ai tout de suite voulu mettre en place des activités périphériques avec une connotation ‘USA’ : les Montgolfières, les grosses motos, les voitures américaines, le concours Mister et Miss Country. On a fait venir 30 000 personnes.» Alain Ribaut s’investit à fond dans le projet en bénévole pendant trois ans. « On s’est installés dans le grenier de la mairie de Mirande, sous pression toute la journée. Je voulais me donner les moyens de réussir. Je me remets sans cesse en cause, même aujourd’hui. Ce qui s’est fait une fois ne m’est pas dû. » A propos des EtatsUnis, il garde un œil critique : « Je ne fais pas la promotion de l’Amérique. Je me sers de cette culture et de cette musique pour mettre les gens en situation de rêve et les

changer de leur quotidien. »

Obsédé de la communication

Côté gestion, il serre les boulons. « La 2e année était déficitaire. Jean Sarrus, le vice-président nous coûtait trop cher. J’ai repris les choses en main. A l’origine je voulais donner le bébé au Comité des Fêtes. J’avais promis trois emplois en trois ans : j’en ai créé cinq ! Au bout de ces années de bénévolat j’ai vu la possibilité de revenir au pays et de vivre un métier de passion. Aujourd’hui je suis président salarié de l’association, nous employons dix salariés à temps plein et le budget du festival est de 1,5 M€ ! Nous avons construit un Country Club, aménagé le stade et ses abords et investi sur le domaine public en créant des wc, des loges, etc. Le monde associatif me donne la possibilité d’avoir 350 personnes pour faire avancer nos idées. Malgré cela, je me considère comme un manager. Je suis ouvert au débat mais s’il faut prendre une décision, je tranche ! ». A Mirande le Festival qui attire maintenant près de 200 000 personnes a créé une petite révolution économique. Alain Ribaut a été en guerre avec quelques commerçants pendant plusieurs années. « Ils n’y croyaient pas et ne voulaient pas louer nos emplacements. Alors j’ai fait venir des gens de l’extérieur et ils ont vu quel chiffre d’affaire ils faisaient en quatre jours ! » Aujourd’hui tout le monde y trouve son compte. La communication est un point fort du Festival : « Je suis un obsédé de la com ! Dès la première année on a créé des affiches 4 par 3 . Depuis cinq ans, on a régulièrement TF1, France 2. On a décroché 20 minutes dans Zone Interdite. Ma femme Hélène, elle même issue du monde associatif, a appris le métier de la communication et elle maîtrise le réseau informatique. D’ailleurs ici nous travaillons comme dans un pool de rédaction. Je multiplie aussi les partenariats d’échange. » Bref Alain Ribaut a toujours une longueur d’avance. C’est un fonceur et comme tous les fonceurs il est critiqué mais depuis qu’il est là, la ville de Mirande a sacrément bougé. Sur un air de banjo, bien sûr ! Quant à Ribaut, le gringo, il a fait sa place au soleil et manage bien son ranch. Jean-Louis Le Breton Country Music – Mirande du 13 au 17 juillet www.country-musique.com - Tél.: 0890 712 807 (0,15 €/mn)

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Jean-Louis Guilhaumon : le prof de Jim S’il est un festival gersois qui inspire le respect c’est bien Jazz in Marciac (JIM). Vingt huit ans après sa création, l’association JIM réussit l’exploit d’attirer chaque été, durant la première quinzaine du mois d’août, la bagatelle de 180 000 visiteurs dont 60 000 spectateurs payants

Ulocale et une musique qui puise ses racines dans des cultures plus

n exploit qui résulte de l’alchimie entre l’expression de la culture

lontaines. Et au centre de cette rencontre de deux mondes, un homme exceptionnel qui incarne l’âme du festival. Son président Jean-Louis Guilhaumon.

Une soirée éphèmère devenue un festival

C’est en 1976 qu’a débuté l’aventure. Une poignée de copains fait la rencontre d’un retraité et d’un sonorisateur de Saint Leu la Forêt, désireux de poser le pied à Marciac. Tous décident de monter une nuit de jazz aux arènes. L’année suivante c’est la rencontre avec le sax ténor gersois Guy Lafitte et son ami Bill Coleman : « C’est une histoire de passion. En fait, je n’avais aucun goût particulier pour la pêche à la ligne, alors j’ai choisi de me consacrer à la vie d’une association », explique JeanLouis Guilhaumon qui s’est pris au jeu avec ses amis. « C’est pour moi une magnifique histoire, celle d’un groupe de personnes qui se sont passionnées pour cette musique, pour un projet. Et qui ont offert à cette soirée qui devait être éphémère des prolongements que nous n’imaginions pas. » S’en suivront d’autres soirées aux ateliers St Germain de l’usine de meubles Dinguidard. Et de rencontres de musiciens en concerts extraordinaires animés par des artistes exceptionnels, Jazz in Marciac prend racine jusqu’à devenir aujourd’hui, l’incontournable festival gersois de référence. Une manifestation qui inspire le respect en Europe et outre Atlantique. Aujourd’hui encore , cette passion pour la musique est intacte et permet à JIM de donner vie à un véritable pôle culturel territorial.

Culture et économie

En vingt huit années passées au cœur de la petite bastide marciacaise, le jazz a permis de reconstruire entièrement le collège, d’y ouvrir un internat, une section jazz et des ateliers d’initiation. Sans oublier l’apport d’un camping et d’une résidence « Pierre et vacances ». Des réalisations, à porter encore une fois au crédit du président du festival qui n’a pas hésité à s’impliquer un peu plus dans la vie locale, jusqu’à devenir le maire et conseiller régional de Marciac. « Cela s’est fait de façon tout à fait naturelle, harmonieuse et naturelle. Vous savez, dans nos petits chefs-lieux de canton, il est normal que chacun contribue à sa manière au développement d’initiatives nouvelles. L’implication de chacun d’entre nous dans la vie du territoire apparaît comme une évidence. Pour moi, le pôle culturel territorial permet de pérenniser les initiatives et de les faire entrer dans un cadre plus formel », poursuit Jean-Louis Guilhaumon pas peu fier d’accueillir au mois d’août, un autre élu : le ministre de la culture du Brésil et pape de la musique brésilienne, Gilberto Gil : « Un artiste considérable avec lequel nous entretenons des relations très amicales depuis son passage chez nous ». Une ouverture musicale et culturelle telle que la pratique JIM, depuis trente ans. Avec beaucoup de travail, parfois de la chance, mais surtout une humilité qui force le respect. Ernest Mulard Jazz in Marciac, du 1er au 15 août. www.jazzinmarciac.com Réservation au 0892 690 277 (0,34 €/mn)

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Eric Duffau : il donne le Tempo à Vic ! Passionné de musique, Eric Duffau a hissé Tempo Latino au rang des grands festivals et reçu les plus grands musiciens du genre.

Ppassion de la musique en général et du style latino en particulier. rofesseur de technologie au collège de Marciac, Eric Duffau a la

« J’aime son esprit, ses racines historiques et ses racines africaines. Je me suis rendu à Cuba pour mieux l’apprécier. En 1993 j’ai travaillé sur un projet d’animation avec de la musique latine et afro-Cubaine. Je l’ai proposé aux associations vicoises. Je pensais que ça collait bien avec l’esprit du Sud-Ouest tout en se démarquant un peu du monde festif. Je veux ramener cette musique à ses valeurs : sa grande richesse, sa technicité et ses textes. » La première manifestation se déroule sur deux jours, attire 10 000 visiteurs et génère 2500 entrées payantes. « Dans les arènes de Vic, nous avons fait venir la formation Mambo Manilla, ça a bien marché. » Du coup, l’idée d’un festival plus important fait son chemin. « Les deux premières années, j’ai tout fait de chez moi. Maintenant nous disposons d’un local. Je voulais faire venir les plus grands et avoir la confiance des artistes. En 2003 Tempo Latino a reçu 55 000 visiteurs et 18 000 entrées payantes. Un festival ‘off’ se déroule autour des arènes avec de la musique gratuite. « Je suis moi-même un tromboniste éphémère, raconte Eric Duffau. J’ai fait du Jazz. L’idée du nom du festival m’est venue naturellement. ‘Tempo’ caractérise le rythme et la pulsation et ‘latino’ le style de musique. »

600 bénévoles.

Aujourd’hui, la manifestation s’étale sur quatre jours. Mais 2004 aura été une année difficile. « L’an passé la fréquentation a chuté. Le contexte économique est peu favorable et nous avons eu très mauvais temps le dimanche. » Les finances ont souffert. D’autant que le Festival qui dispose pour 2005 d’un budget de 750 000 € n’est subventionné qu’à 25%. « La mairie, le département et la région nous aident, souligne Eric Duffau. Nous avons également mis en place des partenariats avec des échanges de services et de marchandises. » Tempo Latino a un fort impact économique sur la ville et ses alentours. « L’événement profite aux cafetiers, restaurants, fermes auberges et gîtes ruraux. Notre problème est que la fréquentation augmente mais pas les entrées payantes. Il ne faut pas que ça se renouvelle. » Deux personnes travaillent à temps plein toute l’année. L’effectif passe à quatre à partir Manu Cachao de juin puis les chiffres

augmentent : 30 techniciens et vigiles de sécurité, 20 commissions gèrent 600 bénévoles. Il faut accueillir les artistes, les loger, les prendre en charge. Tempo Latino ce sont aussi des stages de musique pour les enfants dans les écoles et des stages multi-instrumentaux pour les adultes. Tous les ans, un écrivain de la mouvance latino est présenté à Vic, amené par Jean Ortiz, maître de conférence à Pau.

Yuri Buenaventura

Hommage à Compay Segundo.

Mais c’est sans doute la rencontre avec les musiciens qui passionne le plus Eric Duffau. « En 1996 nous avons fait venir Compay Segundo, un guitariste méconnu. Il avait 90 ans à l’époque et nous a quitté depuis. Cette année nous aurons une soirée d’ouverture en son hommage. En 1997, Yuri Buenaventura n’était pas connu et chantait avec Mambomania. Il voulait rester en France et monter un orchestre. En 2004 il a mis le feu aux arènes…Tous ces musiciens sont des gens chaleureux, affectifs et sensibles à l’amitié. J’entretiens des relations sincères avec eux. Je n’imaginais pas pouvoir devenir leur ami et j’en suis très heureux. » Aujourd’hui Tempo Latino reçoit 150 à 180 dossiers d’artistes par an qui veulent participer au festival. « Nous accueillons tous les styles : la salsa de Porto Rico ou de Colombie, la rumba, le boléro, le son, la rumba africaine, le tango ». Tous les grands noms de la musique latino sont passés à Vic : Oscar D’Leon, Ernesto Tito Puentes, Raul Paz, Israel Lopez «Cachao », Omaro Portuondo, Orlando Maraca, Yerba Buena…et bien d’autres ! Le premier jour de l’édition 2005 est consacré à la musique cubaine (la Bada de Santiago et Raul Paz), le deuxième aux groupes de New-York (Grupo Caribe et The Big 3 Palladium Orchestra), le troisième à la république Dominicaine (Mangu et Johnny Pacheco) et le quatrième au Japon (si, si) avec deux groupes de salsa : Son Reinas et Orquesta de la Luz.« Nous réservons aussi une place aux terroirs pour les artisans et commerçants qui exposent le week-end. Nous travaillons avec Excellence Gers et le Pays d’Armagnac. » Eric Duffau donne le tempo…suivez le rythme ! Jean-Louis Le Breton Tempo Latino – Vic Fezensac du 28 au 31 juillet www.tempo-latino.com Tél.: 05 62 06 56 66

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Peut-on boire l’eau du robinet ? Quand on commence à se pencher sur le robinet pour voir ce qu’il en sort, on s’attaque à un vaste sujet : le traitement des eaux, l’approvisionnement des rivières, leur pollution, les nappes phréatiques, le comportement des agriculteurs, des industriels, des particuliers… Les problèmes sont multiples et les informations peu claires. Une chose est sûre : pour la qualité de l’eau on peut et on doit mieux faire.

Francis Daguzan : « je bois l’eau du robinet ! »

D’où vient l’eau du robinet ?

Francis Daguzan est surnommé « Monsieur Eau » dans le Gers, l’un des départements de Gascogne les plus touchés par le problème de l’eau.

Cseil Général, il est membre de l’Insti-

hargé des affaires hydrauliques au Con-

tution Interdépartementale pour l’aménagement de l’Adour, vice-président du Comité de Bassin Adour-Garonne, administrateur de l’Agence de l’Eau Adour-Garonne et Président de la Compagnie d’Aménagement des Côteaux de Gascogne (CACG). Créée dans les années soixante, le rôle de cette dernière est de gérer les ressources en eau et particulièrement le système Neste : un canal qui prend de l’eau dans la Neste et réalimente par le plateau de Lannemezan l’ensemble des rivières gersoises. Ce système mis en place il y a 150 ans continue d’être entretenu et amélioré. Il consiste essentiellement à entretenir et créer des barrages qui accumulent l’eau et la redistribuent en période sèche. La multiplication des casquettes de Francis Daguzan est l’un des motifs de reproches que lui adressent les associations environnementales qui considèrent qu’il est à la fois juge et partie puisque la CACG fait réaliser des travaux commandés par les autres institutions.

Quels contrôles ?

La qualité de l’eau du robinet est une préoccupation pour tous. Beaucoup se plaignent d’un goût chloré ou craignent une trop forte teneur en nitrates dans l’eau qu’ils consomment. Francis Daguzan se veut rassurant : « La surveillance est faite par la DASS. Les résultats sont affichés dans les mairies. Tous les détails y sont. Les syndicats de l’eau en disposent. » Nous avons vérifié ce point : les syndicats reçoivent effectivement régulièrement une étude détaillée (voir encadré). « J’ai une vision globale et je suis la situation de près. Pour les nitrates la qualité de l’eau doit se situer entre 10 et 20 milligrammes/litres. C’est le cas aujourd’hui. Il n’y a plus de situation durable au delà de 50 mg/l et si le cas se présentait le préfet doit fermer immédiatement le point d’eau. Dans le passé il y a eu des dérapages dus principalement à des problématiques d’orages. » En effet, on avait atteint il y a deux ans à Condom la cote de 85 mg/l alors qu’au delà de 50 mg/l on déconseille déjà la consommation de l’eau aux femmes enceintes et aux enfants en bas-âge.

D’où vient l’eau que nous buvons ? Francis Daguzan n’a pas la langue de bois. « La principale source est le pompage en rivière. Ces eaux sont liées à la climatologie et peuvent être chargées en nitrates. On doit s’améliorer au niveau de ce prélèvement dans l’eau brute. Dans les rivières, après l’agriculture, les industriels, les eaux usées, le passage des avions, l’eau est vraiment polluée. Francis Daguzan Mais nos usines de traitement sont de plus en plus performantes et sur le Gers nous gérons environ 80 stations de pompage. » Le problème est que certaines communes (et beaucoup de particuliers) pompent directement l’eau dans la nappe phréatique sans passer par les stations de traitement. Dans ce cas, pas facile de connaître exactement la qualité de l’eau. « Pour éviter cela, je souhaiterais créer une structure départementale rassemblant l’ensemble des syndicats pour homogénéiser la qualité, la sécurité et le prix » propose Francis Daguzan qui ajoute : « Je n’ai personnellement pas de problème pour consommer l’eau du robinet. Il faut arrêter de faire peur, ça fait le jeu des grandes surfaces. Les gens râlent lorsqu’ils paient 1,5 € pour un mètre cube d’eau. Mais combien valent 1000 litres en pack au supermarché ? » (ndlr : environ 100 €).

Le problème des agriculteurs

Les agriculteurs sont souvent montrés du doigt comme les grands pollueurs. On leur reproche leur consommation effrénée d’eau, particulièrement en été pendant la période d’étiage. Cette situation est le résultat de la Politique Agricole Commune (PAC) qui a encouragé la culture du maïs arrosé en offrant primes et surprimes à l’agriculteur. La prime à l’hectare de maïs sec est d’environ 300 € alors qu’elle atteint 487 € pour le maïs irrigué. « Je ne connais pas d’agriculteur qui achète de l’engrais pour le plaisir » commente Francis Daguzan. Aujourd’hui le maïs irrigué est d’un très faible rapport et seuls ceux qui cultivent de grandes surfaces y trouvent leur compte. La plupart des agriculteurs ont d’autres sources de revenus (la vigne, par exemple). Avant l’été, les cultures sont stimulées par les engrais à l’azote dont le prix a augmenté cette année. C’est la pire période pour les risques d’orages qui peuvent lessiver la terre et entraîner les engrais dans les cours d’eau. Pour lutter contre ce phénomène, certains procèdent à la mise en herbe des berges pour que les nitrates soient partiellement absorbés avant d’être dilués dans l’eau. Au final tout se rejoint. Lorsque la quantité d’eau des rivières est suffisante, les nitrates et autres pesticides sont mieux dilués. C’est ce que

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Francis Daguzan appelle le « niveau de salubrité ». Pour qu’il soit au « top » toute l’année, on en est loin, les rivières doivent donc être alimentées régulièrement. Si la partie gersoise semble ne pas poser de problème pour la saison d’ été, il se dit « très inquiet sur les zones Adour et Midour 12 ». En conclusion, pour boire de l’eau de qualité il faut que les rivières aient un bon niveau de débit, que les analyses soient faites régulièrement et publiées de façon plus communicante et éviter les périodes d’orages au printemps qui favorisent les pics de pollution aux nitrates. Après cela vous pouvez mesurer les risques et tenir compte du coût de l’eau en bouteille qui est presque cent fois plus cher que l’eau du robinet. Dans le doute il reste le vin, mais il est à consommer avec modération, bien sûr. Jean-Louis Le Breton

Les nitrates sont-ils nocifs ?

Les nitrates proviennent de la fixation de l’azote atmosphérique par les végétaux, en particulier les légumineuses. Elles captent l’azote et le transforme en une matière organique dans leurs racines. Celle-ci est décomposée par des bactéries et devient les nitrates. A leur tour ils sont utilisés par d’autres plantes pour leur croissance. Sur le plan de la santé, une teneur excessive en nitrates dans l’alimentation est susceptible de provoquer l’apparition de méthémoglobinémies ( capacité réduite du sang à transporter l’oxygène vital dans l’ensemble de l’organisme), en particulier chez le nourrisson, et une contribution à l’accroissement du nombre de cancers. Cette question des cancers est âprement discutée par les scientifiques, et dans l’attente de progrès de la recherche, la limitation de l’exposition de l’homme aux nitrates est fortement conseillée.

Les analyses de la DASS

Sept prélèvements d’eau dans l’année pour la station de Lanne-Soubiran. Documents à disposition du public. On voit que le taux de nitrates est limite et que la qualité de l’eau laisse à désirer. Chaque citoyen peut se renseigner sur la qualité de l’eau dans sa commune.

Château «La Pompe» ou bouteille d’eau ?

Ce que dit le Parlement Européen Les analyses de Lanne Soubiran, montrent le dépassement du taux du nitrates une fois dans l’année..

Une station de pompage : l’eau est pompée dans un réservoir alimenté par différentes sources. A gauche la cuve de chlore. Le mélange se fait automatiquement. Nos remerciements pour son aide à Michel Baradat, président du Syndicat de l’eau de Lanne Soubiran. Il nous fait remarquer, avec son bon sens d’agriculteur, «qu’en mangeant des radis ou une salade, on absorbe plus de nitrates qu’avec un verre d’eau du robinet...»

(Extrait de la Fiche technique 4.9.7 du parlement européen sur la qualité de l’eau ) « Étant donné que les eaux souterraines fournissent 75 % de l’eau potable au sein de l’UE, la pollution provoquée par l’industrie, les décharges et les nitrates provenant du secteur agricole constituent une grave menace pour la santé. On estime que 800 000 personnes en France, 850 000 au Royaume-Uni et 2,5 millions en Allemagne consomment de l’eau dont les concentrations en nitrates dépassent la limite autorisée par l’UE (directive 75/440 sur la qualité requise des eaux de surface destinées à la production d’eau alimentaire, telle qu’amendée par la directive 91/692). À la suite des propositions de la Commission en vue d’une modification en profondeur de la législation sur la qualité de l’eau destinée à la consommation humaine, la directive 98/83 a adapté la directive 80/778 aux progrès scientifiques et technologiques et a réduit la valeur limite en plomb de 50 à 10 microgrammes/litre. Certains prétendaient que cette décision aurait des implications financières particulièrement graves en raison des canalisations qui devraient être remplacées. Etant donné qu’un grand nombre de polluants nettoyés du sol au cours des dix dernières années n’ont pas encore atteint le niveau hydrostatique, il faudra compter entre 25 et 50 ans pour que les taux de nitrates des eaux souterraines des lignes de partage des eaux des Pays-Bas, de la Belgique, du Danemark et de l’Allemagne reviennent à un chiffre acceptable, conformément à la directive sur l’eau alimentaire, malgré les récentes réductions de l’utilisation des engrais dans certains États membres. »

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Peut-on boire l’eau du robinet ? (suite...) Qualité de l’eau : ça ne s’arrange pas ! Henry Chevallier* est sur tous les fronts : lutte pour la qualité de l’eau, lutte contre la multiplication des barrages. Il propose des alternatives intéressantes.

Les lisiers

Autre source de pollution de l’eau : les lisiers. « Ils sont essentiellement produits par les élevages hors sol de porcs et de canards. A la différence de l’élevage sur paille qui produit du fumier, ces lisiers liquides sont très polluants. Le Plan de Maîtrise des Pollutions Agricoles vise principalement leur traitement. On subventionne les éleveurs pour qu’ils recueillent les lisiers dans des cuves puis pour les épandre dans les champs autour d’eux. Ce qui n’est pas toujours possible car les éleveurs ne possèdent pas nécessairement suffisamment de terre. Lorsqu’il y en a trop, que fait-on du contenu de ces cuves ? On le mélange avec de la paille pour produire du fumier. C’est aberrant. On ferait mieux de subventionner les éleveurs pour qu’ils travaillent sur la paille et pas horssol ! Dans ces lisiers, on trouve des métaux lourds comme le cuivre ou le zinc qui facilitent la croissance de l’animal et même des antibiotiques utilisés comme anabolisants pour faire gonfler les tissus graisseux… » Rappelons tout de même que si certains activateurs de croissance sont autorisés en France, les antibiotiques anabolisants sont formellement interdits.

Les maïs et les barrages

Henry Chevallier

Hcialisé dans les mollusques. Il a le physique sympathique des proenry Chevallier est un ancien chercheur au Muséum de paris, spé-

fesseurs tels qu’on les imagine dans les albums de Tintin, mais avec un profil nettement plus engagé et combatif que Tryphon Tournesol. Sur la qualité de l’eau, il est catégorique : « ça ne s’arrange pas ! La plus grosse partie de la pollution provient de l’agriculture avec les nitrates, les phosphores, les matières azotées et les affluents d’élevage. Les engrais azotés chimiques sont imparfaitement utilisés. On pourrait diminuer la pollution en fractionnant les apports et en demandant aux agriculteurs de les répandre en plusieurs fois pour qu’ils soient mieux absorbés. Mais bien sûr c’est plus de travail et ce genre de comportement devrait être indemnisé systématiquement. » Il rappelle les directives décrites dans les mesures agri-environnementales (MAE) qui s’appliquent aux zones polluées, en particulier celles classées ‘nitrates’. « Il faut éviter de placer des engrais par temps de pluie ou sur des terrains trop en pente. On doit protéger les milieux aquatiques par la végétalisation des berges : créer des bandes d’herbe d’au moins dix mètres de large. Le mieux est encore de réaliser des bandes boisées parce que les plantes absorbent une partie des nitrates contenus dans les eaux de ruissellement. » Mais le classement en zone ‘nitrates’ n’est pas fixé clairement pour Henry Chevallier. « La directive ‘nitrate’ est une aberration commente-t-il. Au lieu d’attendre qu’une zone soit polluée pour appliquer des mesures anti-pollution, la directive devrait concerner tout le territoire français. De la sorte on ferait de la prévention. La situation est similaire pour les pesticides. Les contaminations viennent également des pollutions industrielles. Dans le Gave de Pau, par exemple, les poissons sont contaminés aux métaux lourds. Il a fallu une dizaine d’années pour obtenir une étude sérieuse. Elle est en cours de réalisation. Et c’est la même chose sur le Lot. En 2000, on a battu les records de France de pollution par l’Atrazine en dépassant de 40 fois la norme européenne. Trois réseaux étaient pollués : Aignan, Viella Saint-Mont et Riscle. »

En ce qui concerne les maïs arrosés, Henry Chevallier défend les éleveurs. « Ces maïs irrigués sont très gourmands en eau et en traitement. Mais l’agriculteur ne peut pas faire ce qu’il veut. Il est lié au semencier. Dans notre région c’est Pionneer, une filiale de Dupont de Nemours. On peut parler de colonisation américaine, particulièrement dans la zone Adour. Aujourd’hui les agriculteurs vivent avec les primes au maïs. Mais demain, que va-t-il se passer avec les terres cultivables des pays de l’Est ? On ne pourra pas les concurrencer. » Autre combat d’Henry Chevallier : les barrages. « On subventionne les grands barrages d’irrigation avec nos factures d’eau. Mais nous estimons que les réserves d’eau sont suffisantes. Plutôt que de construire ces nouveaux ouvrages, on devrait diminuer le gaspillage et éviter d’arroser en plein soleil par exemple, ou choisir des cultures moins gourmandes en eau comme le maïs sec ou le sorgho. » Le projet du gigantesque barrage de Charlas (110 millions de m3) est violemment combattu par les associations environnementales qui militent cependant pour une gestion raisonnée des ressources d’eau. Au final, les associations environnementales tirent la sonnette d’alarme et pour Henry Chevallier les points ou l’eau est parfaitement transparente sont de plus en plus rares et selon lui la situation ne fait qu’empirer au fil des années. Jean-Louis Le Breton *Henry Chevallier est secrétaire du Conseil Permanent des Associations de l’Environnement (COPRAE).

Quelle eau pour 2015 ? Une consultation très discrète

Le comité de Bassin Adour Garonne organise une consultation publique sur le thème : quelle eau voulons-nous en 2015 ? Tous les citoyens sont amenés à s’exprimer…dumoins ceux qui ont eu vent de cette consultation. Vous avez jusqu’à octobre 2005 pour le faire. Sur internet : http://dec. eau-adour-garonne.fr ou en écrivant à l’Agence de l’Eau Adour Garonne, 90 rue Férétra, 31078 Toulouse Cedex 4, ou en demandant une documentation par téléphone au 0811 655 755.

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L’Académie des Dames du Floc La Gascogne compte plus d’une dizaine de confréries gastronomiques et œnologiques chargées de défendre les fondements de notre art de vivre. Honneur aux Dames ! Nous commencerons donc cette série de reportages par la présentation de l’Académie des Dames du Floc.

Oprécise Bernadette Kauffer, fondatrice de ce groupement de promo-

n ne pouvait pas parler de Confrérie, un terme qui fait trop viril...

tion de l’apéritif gascon. « Consoeurie, le mot n’existe pas vraiment. Alors nous avons choisi de nous appeler Académie ». Créée en janvier 1980, à l’occasion de la Saint Vincent à Cravencères (Gers), cette académie avait décidé, dès le départ, d’être dirigée par un Grand Conseil composé uniquement d’éléments féminins. « C’était une nouveauté en France à cette époque » (il existe deux autres confréries féminines, re-

plats ; ce banquet est suivi d’une soirée dansante. Mais si les dames uniquement composent le Grand Conseil, les messieurs forment la majorité des intronisés. Ils ont droit au titre de « Chevaliers du Floc », le « beau sexe » étant intronisé « Dames du Floc ». Les Chevaliers reçoivent comme insigne de leur distinction une médaille que l’on attache autour du cou par un ruban et représentant une grappe de raisin ainsi que trois fleurs : la rose, la violette et la fleur de prunier (pour le pruneau) ; ce sont les trois arômes que l’on retrouve dans l’eau de vie d’armagnac ; rappelons que le floc est composé pour 2/3 de jus de raisin et 1/3 d’armagnac. Les dames intronisées, quant à elles, reçoivent une broche représentant le même motif de raisin et de fleurs. Enfin, les Dames du Grand Conseil portent une cape verte, bordée d’un galon doré, agrémentée d’un chapeau avec une plume de coq gascon, symbole de panache ! « Le floc est un produit de panache, de convivialité et de contact » précise Marie-Pascale Marou.

Etre intronisé, ça se mérite

censées depuis lors, dans l’hexagone ). L’Académie des Dames du Floc était une émanation du Syndicat du Floc, cet apéritif « redécouvert » en 1976 par Charles Garreau et Michel Kauffer (le mari de la première « Première Grande Dame », tel est le titre officiel de la présidente en exercice). Ces deux Messieurs à qui tous les gastronomes doivent une sincère reconnaissance ont donc mis au point le floc selon une recette vieille de (et oubliée durant) plusieurs siècles ! Elle remonterait précisément au 14e siècle !

Marie-Pascale Marou, actuelle «première grande dame»

Bernadette Kauffer a quitté son poste en 1998 pour être remplacée par Marie-Paule Roche jusqu’en 2002. Depuis cette date, c’est Marie-Pascale Marou qui porte le titre envié de « Première Grande Dame ». Elle est assistée par la « Grande Dame Epistolière » (la secrétaire de l’Académie) et par la « Grande Dame Escarcelle » (la trésorière). Comme toutes les autres Confréries, cette académie est en effet une association régie par la loi de 1901. L’Académie tient un chapitre solennel par an, généralement début juin. Le premier eut lieu le 17 mai 1980 à Eauze. Depuis quelques années, ces chapitres se déroulent sous les Cloîtres de Condom, un lieu prestigieux. Ils regroupent environ 200 personnes autour d’un dîner gastronomique au cours duquel le floc entre dans la composition de plusieurs

Comment postuler à une intronisation ? Cela se fait généralement par des amis, des collègues de travail. Mais il faut souvent attendre deux ans. « Le floc, cela se mérite » ajoute encore Marie-Pascale Marou. Chaque année, on compte une dizaine de nouveaux intronisés, hommes et femmes. Depuis les débuts de l’Académie, ce sont environ 300 personnes qui ont eu cet honneur, à travers l’Europe, voire le monde. Parmi quelques célébrités, on peut citer Eve Ruggiéri, Jean-Claude Brialy, Jacques Dufilho, Philippe Clay, André Daguin. Comme toutes les Confréries, l’Académie des Dames du Floc est liée à d’autres groupements du même genre : La Confrérie du Foie Gras Gascon du Gers (thème d’un prochain reportage), la Confrérie du Melon de Nérac, la Confrérie du Roquefort ; le floc se mariant extrêmement bien avec ces trois mets. On prépare également sa prochaine « union » (peut être à l’automne) avec la Confrérie du Stoffé (un gâteau au fromage) de Wavre, en Belgique. Il est temps de lever notre verre (de floc, cela va de soi) en souhaitant longue vie (et de nombreuses et belles épousailles) à l’Académie des Dames du Floc ! Jean-Paul Amic

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Guy Dutirou

L’homme des vins de sable

en 1995, Guy Dutirou et Albert Bouyrie décident de relancer la production. Guy possède déjà des vignes à Cravencères dans le Gers. « Je pensais que c’était une bonne idée que de remettre au goût du jour ce vin d’été festif et agréable. Dans les terres sablonneuses, les racines de la vigne vont chercher la fraîcheur profondément et traversent des couches de sédiments. Le vin en tire un goût très fruité et particulier. » Le vin de sable est vendangé manuellement. Il se compose de Cabernet Franc et Cabernet Sauvignon et il est élaboré dans un chai situé au cœur du vignoble dans ce joli domaine de Camentron. J.-.L. L.B. (Bergerie de Camentron. Route des lacs à Messanges. Tél./ 05 58 48 99 08 ).

E

n 1600, sur la commune de Messanges dans les Landes, on plantait la vigne sur les dunes et sur les terrains sablonneux du bord de mer. Les viticulteurs produisaient plus de 300 000 litres de vin dont une partie était exportée vers l’Angleterre ou la Hollande. Les grandes maladies de la vigne décimèrent ce vignoble en 1852 (oïdum), 1878 (mildiou) et 1885 (blackrot). Le vin de sable était quasiment tombé dans l’oubli. Mais

Nico Portal

Le Mousquetaire du Tour de France

Jdans le monde du cyclisme professionnel. Aujourd’hui

osé Alvarez, pape gersois du cycle, s’était fait un nom

, c’est au tour de l’Auscitain Nicolas Portal, 25 ans, d’écrire quelques lignes de l’histoire gersoise du vélo, dans le cercle très fermé de l’élite de la petite reine. En effet, depuis un peu plus de deux ans, Nicolas (dit « Nico »), roule au sein de la formation AG2R Prévoyance dirigée par Vincent Lavenu. Et en deux saisons professionnelles, le gamin, comme l’appelle son leader Laurent Brochard, a signé deux participations remarquables et remarquées dans le Tour de France. L’an passé, Nico s’est même payé le luxe d’une échappée au cours de l’étape Narbonne-Toulouse : « Lors de mon premier tour, j’en avais bavé dans les Pyrénées et les Alpes.L’an dernier, je suis passé plutôt bien. J’avais des jambes et il m’a semblé que les étapes étaient plus faciles à digérer », explique le coureur auscitain qui, sur le chemin des cols hors catégorie des Pyrénées, a traversé un Gers, jalonné de banderoles portant son nom et de spectateurs venus l’encourager : « Je n’aurai jamais cru que les gersois aiment autant le vélo et qu’autant de gens connaissent mon nom. C’était vraiment très sympa et çà m’a fait chaud au cœur ». Classé 63ème en 2004 à Paris sur les Champs-Elysées et relégué au classement général à 2h 09’45’’ du vainqueur, l’Américain Lance Armstrong -dont il se

demande encore où il va chercher autant de force- le jeune coureur d’AG2R n’a pas à rougir de ses premières armes dans le Tour de France. D’ailleurs, la preuve de cette réussite, c’est la confiance qu’a décidé de lui accorder une nouvelle fois son directeur sportif, en le sélectionnant pour la troisième année consécutive dans l’équipe AG2R qui disputera la Grande Boucle 2005. Seul regret pour Nicolas Portal, la non sélection pour ce 92ème Tour de son frère cadet « Titi ». Sébastien Portal, néo-professionnel dans l’équipe Crédit Agricole de Roger Legeais a été jugé encore un peu « vert » pour disputer l’épreuve. Mais ce n’est que partie remise pour les frères Portal qui pourront rouler ensemble lors des critériums d’été. En attendant, «Nico » paufine sa forme et réserve son « jus » pour le mois de juillet : « Promis. Cette année je tenterai à nouveau ma chance et cette fois je réussirai… ». Allez, Nicolas ! Le Gers est avec toi. Pour encourager Nicolas Portal, rendez-vous sur son site Internet : http://www.nicolas-portal.com Ernest Mulard

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André de Lavénère Le père du Pop Circus

Cd’Auch fête ses 30 ans. Trente années de

ette année l’école de cirque du Pop Circus

passion qui peuvent se résumer à un seul nom. Celui du fondateur de l’école, l’abbé André de Lavénère. Car si les arts du cirque ont trouvé place au pays du magret et du foie gras, c’est grâce à ce prêtre peu ordinaire, aujourd’hui âgé de 75 ans. Certains l’ont surnommé « L’abbé Le Vénéré ». Mais pour tous les amoureux de la « Piste aux étoiles », dans le Gers, il est avant tout le « Pape Circus ». C’est en 1975 à l’internat du collège de l’Oratoire Sainte-Marie que le Pop Circus est né : « Je cherchais à monter un spectacle de fin d’année. Et puis, j’ai remarqué que certains élèves étaient doués. Alors je leur ai proposé d’entrer dans un projet pédagogique qui a débouché sur une représentation que nous avons donnée pour les Petites Sœurs des pauvres ». Un tabac pour la troupe du curé de l’Oratoire qui l’incite à poursuivre l’expérience : « J’ai lu dans la Vie Catholique qu’il existait une école de cirque dans l’Essonne. Alors j’y suis allé pour voir ce qu’on pouvait faire. Et c’est là que l’aventure artistique du Pop Circus a débuté sur le thème « Partager joie et amitié autour du cirque ». Aujourd’hui elle se poursuit encore. C’était à la fois simple et grandiose », explique l’abbé de Lavénère. Trente ans plus tard, « Le Pop » est devenu l’école gersoise de cirque de référence. Depuis sa création une vingtaine d’élèves

Aubiet

non au Gers poubelle !

Ltesque centre de traitement des ordures ménagères(CET).

a tension monte à Aubiet contre le projet d’implantation d’un gigan-

L’association de défense de l’environnement« Verts Vallons Vivants 32» (VVV32) qui regroupe 500 riverains d’Aubiet, s’est réunie pour faire part de son refus catégorique de voir s’installer le CET de la société « Delta déchets » dont le siège est basé à Orange : « Le 14 mars dernier, le directeur de Delta déchets a rencontré le maire d’Aubiet pour lui confirmer ce projet d’initiative privée qui n’a aucun intérêt pour le Gers puisque nous avons déjà à Moncorneil-Grazan une décharge qui est capable d’absorber la production départementale des déchets qui est de 65 000 tonnes », explique Laurent Estang. « Cette implantation va se situer sur une zone proche de très nombreuses habitations et à proximité d’un berceau de l’industrie agroalimentaire de notre département. Ce projet va non seulement à l’encontre de toutes les valeurs qui font la richesse de notre terroir, mais en plus il présente des risques sérieux de pollution de l’environnement ». Prévu pour fonctionner 60 ans (30 d’exploitation et 30 ans de surveillance), le CET Delta-Déchets installé sur 180 hectares, achetés à prix d’or à des agriculteurs, traiterait dans un premier temps 100 000 tonnes de déchets. « Il est clair qu’on veut nous imposer une gigantesque décharge d’ordures venues d’ailleurs. Nous refusons qu’Aubiet devienne la poubelle de Toulouse et du grand sud. », clame Vincent Labedan, l’autre co-président et porte-parole de l’association de défense des riverains. Malgré la promesse du directeur de Delta-déchets de diffuser du parfum aux abords de sa décharge, les forces vives du Gers semblent bien décidées à dire non à un projet qui sent mauvais. Ernest Mulard

sont même devenus des professionnels du cirque. La recette du bonheur pour le Pop Circus est la notion d’esprit d’équipe et de discipline distillée par le curé circassien « Nous faisons confiance aux jeunes , à qui nous apprenons à s’amuser. Mais avant de prendre du plaisir il y a le travail et une certaine discipline » Autre pilier du succès de l’école, le suivi très familial qui fait d’André de Lavénère, un éducateur doublé d’un confident. Presqu’un grand-père pour les jeunes : « J’ai la chance de leur parler, de les écouter. Et dans certaines circonstances, je peux les aider à donner un sens à leur vie.». Sacré « Abbé Le vénéré », à qui ces trente dernières années de succès ne sont pas prêtes de tourner la tête et pour qui l’essentiel demeure le plaisir et l’épanouissement que les élèves trouvent dans le cirque : « Moi je suis content. Je ne peux pas dire que c’est une fierté. C’est une joie comme celle que ressent un agriculteur qui voit pousser un beau verger, un champ de culture. C’est un grand bonheur que de pouvoir partager la vie d’un groupe de jeunes. Vous savez çà n’arrive pas à beaucoup de curés, cette chose là ! ». Il est comme çà , le « Pape Circus », simple et gentil à la fois. Ernest Mulard


To our readers On the occasion of its third edition, Le Canard Gascon is inaugurating publication of several of its pages in English, as a tribute to foreign residents of Gascony. Mindful of their needs and tastes, Le Canard Gascon will devote this space to articles and editorials to such topics as cultural activities, the region’s architectural heritage, sports, gardening, botanics, and any other that may be of interest to fellow inhabitants of southwestern France who happen to be foreigners.

The blue peony

La Pivoine Bleue

Land, as the name suggests, is in search of something that does not Lses états et est, comme son nom l’indique, à la recherche d’une vaa Pivoine Bleue is the name of a nursery that specializes in peonies

a Pivoine Bleue est une pépinière consacrée à la pivoine dans tous

(yet) exist, a blue peony. Robert Pardo’s devotion to peonies led him to a journey of discovery of different varieties and brought him to China, where the peony originally grew wild, both in tree and herbaceous form and was known for its medicinal virtues as early as 2000 B.C. The Chinese also revered it for its beauty, and by the 7th century A.D. began to cultivate it at the behest of a succession of imperial dynasties. The result was an infinite number of hybrids, and Robert Pardo’s research has turned up a good many unfamiliar or forgotten ones. The peony was brought to Japan in the 8th century A.D. as a medicinal plant, but due its great beauty was soon ranked a royal flower, along with the lotus and the chrysanthemum. The peonies that were brought to the west all came from Japan at the hands of European missionaries. The peony was declared China’s national flower in 1994, not merely for its beauty but also for its hardiness and remarkable longevity, and as a symbol of good fortune.

riété qui n’existe pas (encore), une pivoine bleue. La passion des pivoines a amené Robert Pardo à partir à la recherche de variétés botaniques rares, surtout en Chine, d’où cette plante est originaire et où elle était vénérée à l’état sauvage il y a deux mille ans déjà, tant pour sa beauté que pour ses vertus thérapeutiques, sous forme arbustive ou herbacée. A partir du 7ème siècle de notre ère les chinois se sont mis à cultiver la pivoine au service de dynasties impériales successives; dès le 8ème siècle la pivoine a été introduite au Japon pour ses qualités thérapeutiques, et n’a pas tardé à y être considérée fleur royale grâce à sa beauté sans égale, au même titre que le lotus et le chrysanthème. Les pivoines connues en Occident proviennent toutes du Japon, d’où elles ont été importées par des missionnaires européens. En 1994, la Chine a choisi la pivoine comme fleur nationale, aussi bien pour sa beauté que pour sa robustesse et sa remarquable longévité, et parce qu’elle est censée porter bonheur. Un visiteur à La Pivoine Bleue près d’Auch est accueilli par le spectacle d’un nombre infini de pivoines de toutes les tailles et couleurs, en pots ou sur de grands châssis pour les hybrides expérimentaux à l’intérieur, et sous forme arbustive à l’extérieur. Qu’elles soient blanches ou d’un violet foncé en passant par toutes les nuances de rose, de rouge et de jaune, les fleurs remplissent le lieu de leur parfum délicat, et à en juger par l’aspect robuste et florissant du feuillage de tous ces végétaux, la pivoine y est chez elle. Robert Pardo est connu pour son catalogue, ses archives et ses recherches en matière d’hybrides, et il est à l’origine de variétés qui ne sont pas toujours répertoriées. Ses pivoines sont bien connues des habitués des Journées des Plantes de Courson et autres grandes manifestations. Nina de Voogd

A visitor to the Pivoine Bleue nursery in the Gers is richly rewarded with the sight of innumerable peonies of every size, shape and origin in colours that range from white and every shade of pink and yellow to dark violet when they are in bloom and fill the air with their subtle fragrance. The plants’ robust and healthy foliage testifies to their vigour, and a visitor will be hard put to make his or her choice among the wide range of tree peonies, herbaceous ones and many seedlings that are on offer. Robert Pardo is known for his catalogue, archives and experiments in cross-fertilizing seeds in his nursery and has produced stable varieties that are not listed in any European catalogue. His hybrids are a well-known feature at such events as the Journée des Plantes de Courson and others. Nina de Voogd La Pivoine Bleue “A Sechan Dessus” 32550 MONTEGUT tel/fax 05 62 65 63 56 e-mail : pivoine.bleue@free.fr

La Pivoine Bleue “A Sechan Dessus”

32550 MONTEGUT tel/fax 05 62 65 63 56 e-mail : pivoine.bleue@free.fr

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A circuitous route to Gascony

Un parcours original vers la Gascogne

Blonel Nasser at his word half a century ago, when foreign residents Na une cinquantaine d’années lorsque le Colonel Nasser obligea tout orn in Cairo of Italian parents, Michael Cazzani decided to take Co-

é au Caire de parents italiens, Michael Cazzani ne se fit pas prier il y

of Egypt were told to become Egyptians or leave the country. Michael first went to Malta for a few years before heading for London, where he made his home for several decades, holding down a number of executive jobs in the world of haute couture, both in Paris and in London. By this time he and his partner, solicitor Andrew Hamlett, had bought a small and unpretentious house and the plainest of barns in an isolated spot surrounded by oak trees and an unimpeded view near Fleurance in Gascony for use as a holiday cottage, far away from the hectic tempo of life in the big city. Somewhere along the line Michael had begun to turn his hand at picture framing, as a hobby at first, but realizing that this was a way for him to use his natural skills and imagination, he went to train with a master in the field in Florence to learn all about the technique of gilding, shellac, wood finishes and the like, before setting up a framing studio of his own in London. His business has since become one of the best known and most prestigious in all of London, where well-heeled customers from all over the world call on him for original designs and well-made frames. As he became increasingly successful, the hills and valleys of Gascony began to beckon more and more, which led him to set out on a thorough job of modernizing and renovating the main house of his property both indoors and out, in steady collaboration with Fleurance builder Yves Rinaldo, so as to turn it into a place for year round living in style and comfort; he also decided to invest in a transformation of the barn into lodgings that now boast the very best of creature comforts, for intermittent visitors and the occasional paying guest. It was not long before Michael Cazzani decided to make Gascony his full-time home and give up his London one. He now commutes to London to run his framing studio, and is in the planning stages of a course he expects to teach over here in Gascony in the art of gilding and painting furniture. Nina de Voogd

résident étranger à choisir entre la nationalité égyptienne et la sortie du territoire. Michael passa d’abord quelques années à Malte avant de s’installer à Londres pendant plusieurs décennies où il occupait des postes de responsabilité dans le domaine de la haute couture, aussi bien à Paris qu’à Londres. Au fil du temps il avait, en accord avec son compagnon Andrew Hamlett, un avocat londonien, acheté une petite maison sans grande allure et une grange en piteux état situées dans un lieu isolé entouré de grands chênes avec vue panoramique près de Fleurance en Gascogne, dans le but d’y passer quelques vacances loin de la vie mouvementée des grandes villes. Michael commença à faire des encadrements en dilettante, comme une sorte de passe-temps; chemin faisant il comprit que cela lui permettait de valoriser son savoir-faire naturel et de laisser courir son imagination. Il décida d’aller faire un stage auprès d’un grand maître encadreur à Florence pour approfondir ses connaissances des techniques de dorure sur bois, gomme laque et autres finitions. Par la suite il créa son propre atelier d’encadrements à Londres qui à l’heure actuelle est l’un des meilleurs et des plus fréquentés par une clientèle internationale avide de ses cadres d’excellente qualité et de conception originale. Fort de sa réussite, Michael ressentait toutefois une certaine nostalgie pour sa cabane en Gascogne. Il décida de rénover et moderniser le bâtiment de fond en comble. Il travailla en collaboration étroite avec un maçon fleurantin devenu un ami nommé Yves Rinaldo, dans le but de le transformer en un lieu d’habitation utilisable toute l’année. Il s’investit également dans la transformation de la grange en un logement de tout confort, pour y recevoir des amis ainsi que d’occasionnels hôtes payants. Michael Cazzani a maintenant quitté son domicile londonien pour s’installer dans le Gers à plein temps. Il fait des allers-retours réguliers entre Pau et Londres pour gérer son atelier, et compte dans un avenir proche donner des cours de dorure sur bois et de meubles peints sur les lieux de son domicile gascon. Nina de Voogd

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The domaine de Lauroux Nicholas and Karen Kitchener made a daring move, when they decided to leave England and settle full time in the Gers. Having been active in something that could not have been more different, namely telecommunications, they bought the Domaine de Lauroux at Manciet, a wine-making property that produces Côtes de Gascogne wines, floc and armagnac.

Le domaine de Lauroux C’est un double pari qu’ont engagé les époux Kitchener qui ont racheté le Domaine de Lauroux à Manciet, près de Nogaro : quitter leur Angleterre natale et prendre en charge les destinées d’un domaine viticole produisant des vins des « Côtes de Gascogne », du floc et de l’armagnac alors qu’ils avaient effectué -jusque là- leur carrière dans les télécommunications.

WKaren Kitchener, “my husband and I made up our minds that in Lren Kitchener, mon époux Nicolas et moi avions fait le pari d’aller hile we were on our honeymoon in the Caribbean in 1994”, says

ors de notre voyage de noces en 1994 aux Caraïbes » précise Ka-

the near future we would go and live some other place but England. We both had a commercial job with British Telecom, but Nick left that job these last few years to become a property developer. We both love good wine and we toyed with the idea of buying a vineyard in France. As we both had a lot of experience in the field of management and marketing, we drew up a detailed business plan and gave it to a bank. The fact that we knew nothing about vinification did not bother us as it is easy enough to hire a good enologist.”

vivre hors des îles britanniques, dans un futur relativement proche . Nous étions alors tous les deux employés à la British Telecom Mais les dernières années, Nick avait quitté cette activité pour s’occuper de promotion immobilière.Nous étions amateurs de bons vins et l’idée d’acheter un vignoble en France a fait son chemin.Nous avons établi un plan détaillé de développement que nous avons ensuite transmis à une banque. Le fait de ne pas connaître les techniques de vinification ne nous préoccupait pas trop puisque l’on peut engager facilement un bon œnologue ».

From Bordeaux to Bergerac

De Bordeaux à Bergerac

Nicolas listed 30 criteria he needed to meet in purchasing a piece of property that was to be commercially successful. “As Nick was self-employed by then, he could easily travel during the week”, says Karen, “he went to visit vineyards, made videos and would bring them back for me to see. In Bordeaux he saw some wonderful places, but you had to have the Ferrari and the yacht to go with it !” Nicholas also visited places around Bergerac.“Bergerac was not as worthwhile as all that, because their wine has a marketing problem because of competition with Bordeaux, and their properties are overpriced.” An estate agent thereupon took Nicholas to the Gers to see the Manciet property. “I liked the place right away ! There were several buildings, which meant that, besides our own living quarters, we could have chambres d’hôte. The property covers 100 acres and was producing dry and sweet white wines, rosés, reds, floc and armagnac.”

Nicolas Kitchener a établi une liste de 30 critères à respecter lors de l’achat d’une propriété pour assurer la succès de son développement viticole. « Comme Nick était devenu son propre employeur, il lui était beaucoup plus facile de se déplacer dans la semaine ajoute Karen ; « il visitait des domaines, filmait en vidéo et me ramenait les images à visionner. A Bordeaux, il a vu des choses formidables mais il fallait la Ferrari et le yacht pour être de niveau ! » Nicolas visite aussi des propriétés dans la région de Bergerac.« Une région pas si intéressante que cela dit Karen car le vin a des problèmes de commercialisation, en concurrence avec les Bordeaux et les domaines y sont surévalués ». Un agent immobilier amène alors Nicolas Kitchener dans le Gers, à Manciet. « L’endroit m’a tout de suite plu ! Il y avait plusieurs corps de bâtiments permettant, en plus de notre habitation, la création de chambres d’hôtes. Le domaine fait 40 hectares ; il produisait des vins blancs secs et moelleux, rosés, rouges, du floc et de l’armagnac.»

Côtes de Gascogne wines are underpriced.

Les vins de Côtes de Gascogne sous-estimés

“We felt that these wines were very good indeed, and that they were underrated both in France and abroad. ”. The Kitcheners took over the Domaine de Lauroux on February 13, 2004. “We cannot overhaul the vineyards completely for lack of liquid funds, but we will do what it takes to raise production and improve the grapes’ quality, and rent certain parcels of land from neighbours. We also bought a vast store of bottles of old armagnac from the property, vintages that go back as far as 1929 ! A major investment”. The Kitcheners’ dry white wine is very flowery, and excellent value to boot. There can be no doubt that Domaine de Lauroux wines will have to be reckoned with in the future whenever prizes are at stake ! Jean-Paul Amic (Trad. Nina de Voogd)

« Il nous a semblé que ces vins étaient excellents et que leur qualité n’était pas encore suffisamment reconnue en France et dans le monde.» Le couple Kitchener prend en mains les destinées du Domaine de Lauroux le 13 février 2004. « Nous ne pouvons pas apporter de transformations radicales au vignoble par manque de liquidités financières mais nous allons faire le nécessaire pour augmenter la qualité et la production en louant certaines parcelles à des voisins. Nous avons aussi racheté une collection impressionnante de vieux armagnacs du domaine, remontant jusqu’en 1929 ! Un lourd investissement ! » A noter leur vin blanc sec au nez extrêmement floral, fort agréable à boire à tout moment et d’un rapport qualité-prix particulièrement intéressant. Les vins du Domaine de Lauroux ne seront certainement pas oubliés dans les concours des prochaines années ! Jean-Paul Amic

Le Canard Gascon N°3 - Page 24


Ô moun païs...qué parlan de tu... Olivres, dans les disques et même sur le « ui, on parle de toi, ô mon Pays ! Dans les

ouaibe » ! Côté nostalgie, ça marche fort en ce moment ! Mais on a raison. C’est en se remémorant l’art de vivre du passé que l’on garde son originalité, ses traditions et que l’on ne devient pas un con…sommateur robotisé, décervelé ; un x millionième citoyen lambda. Vive la culture régionale ! Gascons, oui ! Européens, oui ! Franchouillards bêtas, non ! « IL ETAIT UNE FOIS EN GASCOGNE » de Rose-Marie RICHARD (collection « Terroirs et Traditions ») nous raconte justement l’histoire (réelle) de Marthe, authentique paysanne gersoise à travers ses propres souvenirs (et ceux de ses parents et grand-parents), soit de 1870 à 1960 environ. En 220 pages, la saga de tout un art de vivre en harmonie avec la nature. Elle était belle la campagne ; on y travaillait dur mais on y rigolait bien et les voisins, c’était sacré ! Le village, c’était la famille ! Pour se remémorer (pour les plus âgés) ou pour découvrir (pour les plus jeunes) des temps à jamais ( ??) révolus. Par l’auteur de « Une Enfance en Gascogne », autre petit bijou de la mémoire qui se situait à Montaut les Créneaux, près d’Auch. « RETOUR A SEVIAC ET AUTRES NOUVELLES » de Hervé ALVADO (éditions Les 2 Encres » ; site www.les2encres.com). Ce petit livre de 130 pages nous offre 10 nouvelles dont la première a donné son titre à l’ouvrage. Elle narre le retour, dans sa villa gallo-romaine de

Séviac, du jeune Marcus Sabinius Tenax, rentrant de Rome ; on dit que notre Gascogne ressemblait au paradis dans ces premiers siècles de notre ère chrétienne. Mais les autres récits se situent au 20e siècle et nous décrivent un Gers (et un SudOuest) des chemins de campagne. L’auteur, Hervé Alvado, Professeur de Lettres, habite le village de Pessan et connaît bien les personnages locaux, l’importance de la bonne chère sur le moral des habitants et tous les petits travers de tout un chacun. Bon, maintenant, on se lève du fauteuil et on allume la chaîne hi-fi pour écouter quelques CDS. LES FERIAS DE L’ETE (N° 1 des Bodegas – Avec Miguel Sevilla). Label AGORILA. Un peu de rythme pour jouer les festayres (n’oubliez pas le béret rouge ) ! Quelques chansons de cet album, mélangées à d’autres disques, peuvent créer une super-ambiance. Ecouter le disque en entier –d’un seul jet- cela devient un peu monotone (et pourtant il ne dure que 37 minutes !!!) ; la voix du chanteur principal est trop lisse et manque un peu de « virilité ». Par contre, une bonne raison d’acheter ce CD est la plage 6 : une version nouvelle du « Béret », chanson mythique entre toutes créée par le chansonnier Lucien Boyer dans les années 30 et devenue introuvable aujourd’hui ; elle est

ici avec un accompagnement du style banda ; c’est plutôt pas mal mais la version est tronquée par rapport à l’original. Dommage. Dommage. LES CHANTEURS PYRENEENS DE TARBES – CANTEM ». Label AGORILA. Surprenant ce disque avec des airs du folklore irlandais (« Danny Boy » occitanisé et devenu « L’amour du berger »; « The Rose »), de gospel (« Mickael row the boat ashore ») voire de musique russe (« Era cante de Jan » qui ressemble à s’y méprendre à « Stenka Razin »). Justement ce dernier titre est une petite merveille ; on croirait entendre la puissance des ex-Chœurs de l’Armée Rouge. Ce n’est pas un maigre compliment. Un disque à écouter sans modération ! Et il y a même « Montagnes Pyrénées »… SOLENNE – HOMMAGE A DANIEL BALAVOINE. Production 1232CT (téléphone 06 89 68 77 96). Un cd deux titres de Solenne, jeune fille de 13 ans habitant le village de Béraut, à côté de Condom, dans le Gers. Une jolie voix qui demande encore à être un peu mieux placée. Mais un talent certain. Un titre de Balavoine « Tous les cris, tous les SOS » et une chanson originale dédiée au même Daniel : « La vie à ton image ». Ce n’est pas cela qui bouleversera le show-biz mais c’est sympa. Comme quoi, il est plus facile d’avoir une jolie voix que de trouver de très bonnes chansons ! Néanmoins un premier pas prometteur, peut être… Voilà, ma Gascogne, je t’ai bien défendue. Adishatz ! Jean-Paul Amic


le Canard Gascon n°3  
le Canard Gascon n°3  

Gascogne : le nouvel eldorado du tourisme ?

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