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Énergie

Le vent tourne pour l’éolien Le photovoltaïque en embuscade

Une justice administrative vient de retoquer un projet occitan de centrale photovoltaïque de 30 000 panneaux s’étendant sur plus de 16 hectares. Pour atteinte aux paysages naturels.

L

a filière éolienne ne décolère pas. Depuis plusieurs semaines, elle dit subir un éolien-bashing inédit, venu non pas de ses adversaires coutumiers, mais bel et bien du sommet de l’État. Le 18 février, devant le Sénat, Élisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire, a parlé de « développement anarchique  » et de «  saturation visuelle ». Citons-la pour ceux qui se pinceraient : « Il y a à la fois des implantations de parcs éoliens en co-visibilité avec des monuments historiques, je ne comprends même pas comment on a pu arriver à ces situations. On a des territoires dans lesquels on a une dispersion de petits parcs, de tailles et de formes variables, qui donnent une saturation visuelle, voire un phénomène d’encerclement autour de certains bourgs, qui est absolument insupportable. »

Piliers blancs ou mer de panneaux…

Cet avis est partagé depuis des lustres dans certaines de nos campagnes. Ceux qui se battent avec parfois l’énergie du désespoir (c’en est une aussi…) contre l’implantation des «  piliers blancs  »

Les éoliennes n'ont pas le vent en poupe...

Un large déploiement photovoltaïque du côté de Saint-Clar dans le Gers

verront dans les propos de la ministre un espoir, en attendant le coup d’arrêt effectif. Cette actualité contraire pour les éoliennes terrestres pourrait donner des ailes au photovoltaïque, dont on parle moins parce qu’il est moins répandu. Quand il se déploie en revanche, c’est sans demi-mesure. Il suffit de voir la « mer » de panneaux solaires déployés du côté de Saint-Clar, près du parc animalier et du restaurant du Lac. C’est impressionnant. Au loin, enfin pas si loin, la centrale nucléaire de Golfech. En matière de « saturation visuelle », ça se discute, dira-t-on. Mais cette centrale photovoltaïque est bel et bien là. Peut-être a-t-elle été imaginée à un moment plus favorable. Car une décision toute récente de la justice administrative laisse penser que le vent va là aussi tourner. Il s’agissait en l’occurrence d’un projet occitan de 30 000 panneaux sur plus de 16 hectares, huit bâtiments, près de 3 km de voirie interne et une clôture de 2 m de hauteur.

Zone naturelle d’intérêt écologique

Le préfet de l’Aveyron n’avait pas accordé de permis de construire. La société s’était alors tournée vers le tribunal administratif de Toulouse, qui avait rejeté son recours. Un jugement confirmé récemment par la cour d’appel administrative de Bordeaux, en considération des impacts que le projet pourrait avoir sur un site caractérisé par « un paysage ouvert, à vocation agropastorale  », inclus dans la zone naturelle d’intérêt écologique, floristique et faunistique (Znieff), et situé « à proximité » des châteaux de Dalmayrac et de Lagarde, classés au titre des monuments historiques. Voilà une façon sinon d’empêcher tout projet photovoltaïque — qui peut avoir son intérêt dans la marche décisive vers les énergies renouvelables — au moins de l’encadrer. Hugues de Lestapis

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Le Canard Gascon 86  

Le Canard Gascon 86 - mars-avril 2020 - Des artisans et des commerçants près de chez vous.

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