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Nuit

Janvier 2012 - n째 17


édito Bonne Nuit Bonne année (ou pas) ! Voici venu le moi(s) de janvier et ses sacro-saintes bonnes résolutions, coutume occidentale qui consiste, autour du 1er janvier, à prendre un ou plusieurs engagements envers soi-même qu’on ne tiendra jamais par la suite. Heureusement, on est en 2012, année durant laquelle une poignée d’illuminés nous annoncent la fin du monde. Du coup, voilà qui simplifie légèrement la donne. À l’aube de l’Apocalypse, tout semble permis : - Ne surtout pas faire de sport (le sport tue) - Prendre du poids - Cumuler les dettes (c’est la crise) - Dépenser beaucoup d’argent (il n’y a plus rien qui brille dans l’armoire) - Travailler moins - Manger gras (le gras, c’est bon) - Boire plus (les cocktails, c’est bon) - Commencer à fumer - Augmenter son stress, en particulier au travail - Ne pas voyager (les accidents d’avions sont fréquents) - Et surtout sortir plus, tous les soirs ou presque, et profiter comme si il n’y avait pas de lendemain. Vivons heureux en attendant la mort, disait Desproges. Violaine Schütz Rédactrice en chef

Rédactrice en chef — Violaine Schütz michael@lebonbon.fr

violaine@lebonbon.fr

| Rédacteur en chef adjoint — Michaël Pécot-Kleiner

| Directeur artistique — Tom Gordonovitch tom@lebonbon.fr | Président — Jacques de la Chaise | Photo

couverture — Joséphine de La Baume par Nicola Delorme | Secrétaire de rédaction — Sophie Rosemont © Bruno Hassen

Contributeurs — Alfabella, Julien Bourgeois, Delphine Cauly, Amélie Chassary, Michael Clément, Crame, Bertrand Delous, Jf Julian, Sarah Dahan, Charles Faugeron, Antoine Garnier, Tom Hines, Anne Sophie Le Creurer, Marine Goutal, Claire Naslot, Parislanuit.fr, Sacha K, Diane Lapeyre, Anthony Lee Watson, Thierry Théolier, Manon Troppo | Régie publicitaire — regiepub@lebonbon.fr Jean 06 48 26 88 53 | Contactez-nous — nuit@lebonbon.fr | Siret — 510 580 301 00016 | Siège social — 31 bis, rue Victor-Massé, 75009 Paris 1—

Nuit


06/01

THE AGENCY + 49 SWIMMING POOLS + CALL ME SENOR 00H Soirée Bonbon 07/01 21H OFF DUTY CLOWNS + KANDY + LES BILBOCKS 13/01 21H EREVAN TUSK + DRESS + JOHN GRAPE 00H Soirée Bonbon 14/01 21H LYS + THE AERIAL + NAMELESS 21H

18/01 20/01

SPIN DOCTORS BRUXELLES + ALAS AVIATOR + ENEE 00H Soirée Bonbon 21/01 21H YES S CLUB + SHUUNT 27/01 21H OUR NAME IS A FAKE + THE ATLANTICS 00H Soirée Bonbon 28/01 21H PARLOR SNAKES + THE CROW & THE DEADLY NIGHTSHADE + SOUR BEAUTY 21H

21H


sommaire Le Bonbon Nuit

p. 05

le bon timing

Joséphine de la Baume

p. 06

Nicolas Jaar

p. 10

Anne-Sophie Le Creurer

p. 12

Le Tag Parfait

p. 14

la bonne voix

David Blot

p. 18

la bonne tribune

Punk Philo

p.26

le bon duo

Chairlift

p.28

le bon coup

Let it Bi

p.29

Flying Turns

p.34

Delphine Cauly

p.36

(É)Ros(e) Bonbon

p. 38

la bonne étoile

le bon producteur

paris la nuit

le bon site

la bonne révélation

paris la nuit

le bon club

p. 40

le bon look

la bonne ombre

la playlist de

Johanne

p. 42

Julien Plaisir de (Slove)

p.44

p. 45

trousse de secours

la bonne soirée

Bonbon Party

p.46

p.48

le bon agenda

3—

Nuit


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&


le Bon Timing Les événements à ne pas manquer La génération Y par elle-même Les journalistes Myriam Levain et Julia Tissier consacrent un livre à la génération Y, celle des 18-30 ans, qui nous lit et sort en clubs. « Individualistes, insolents, instables au boulot, indécis en amour, dopés au porno, dépolitisés, incultes… Il était temps de nous insurger contre ces lieux communs sans fondement (ou presque) ! » Une enquête passionnante. Sortie le 12 janvier, éditions Bourin, 202 pages, 20 €.

I’am a Cliché Le label revient avec une proposition de line-up qualité ISO 27002. Au programme : Jonnie Wilkes (la moitié d’Optimo, le duo déjà mythique de Glasgow), Bot’Ox, formé par Julien Briffaz et Cosmo Vitelli, Romain BNO, DJ parisien dont la réputation n’est plus à faire et enfin Cosmo Vitelli, le résident, fondateur et patron, fera un set également en solo. Le 6 janvier, à partir de minuit, à La Java, 8€.

We Want Dance La résidence commence fort en recevant Andrade, nouvelle recrue de Poker Flat, mais aussi Molly résidente du Rex Club et Matlar récemment signé sur Hot Waves. Ils seront accompagnés par Siler & Dima du Label Popcorn Records, et Phil Dark. Rendez-vous dans une ambiance dance-floor dans ce grand loft avec un soundsystem démesuré. Le 27 janvier, de 23h à 7h, à La Villette Enchantée.

Je suis bonne, je suis une femme La soirée dédiée à la femme sous toutes ses coutures : marché de créatrices, défilés de modes, ateliers divers autour des femmes et ouvert aux hommes DR / DR / DR / DR

dés 22h avec Maud de Scratch Massive et Irina en DJ set aux côtés d’Ebony Bones en ambassadrice de charme !  Le 27 janvier à la Bellevilloise, à partir de 19h gratuit, reservé aux femmes, puis à 22h ouverture à tous : 10€  5—

Nuit


6—

Nuit


la bonne étoile ® Michaël Pécot-Kleiner Ω Julien Bourgeois

joséphine de la baume hit girl

On la connaissait mannequin, actrice, trendsetteuse… Joséphine allonge la liste de ses talents avec Singtank, le groupe pop-rock qu’elle a monté

plein de films sur ce thème qui sont sortis, et ça m’a un peu découragée. Ecrire un bouquin ? Pourquoi pas, si un jour je me retrouve au chômage…

avec son frère Alexandre. Un EP tout frais sorti et un album attendu pour ce printemps, la belle n’a pas

Si tu avais été vraiment très laide, tu aurais fait

lésiné sur les moyens en faisant appel à des grands

quoi ?

noms de la prod’ actuelle. Pour Le Bonbon Nuit, elle

J’aurais probablement été beaucoup plus drôle !

se livre sans langue de bois et répond à nos questions aussi légères qu’indiscrètes.

Tu as été l’égérie d’Agent Provocateur. Comment as-tu vécu le fait d’être un fantasme pour plein

Joséphine, j’aimerais tout d’abord faire un focus sur

d’hommes et de femmes ?

toi et ensuite me concentrer sur ton groupe, Sing-

Justement, j’ai trouvé que cette marque ne nous ne transforme pas en objet, car elle choisit à chaque fois de « vraies femmes »: Kylie Minogue est petite, Maggie Gyllenhaal a des formes, et moi je ne fais pas 1m80 et ne pèse pas 40 kg… C’est une marque de lingerie rock’n’roll dont le message est de s’assumer comme on est.

tank. Tu es mannequin, musicienne, actrice. Si tu devais garder une seule de ces activités, ce serait laquelle ?

Disons que je fais du mannequinat quand l’occasion se présente, mais pour moi, ce n’est pas une fin en soi. Ensuite, ce serait vraiment dur de choisir entre la musique et le cinéma, car les deux sont complémentaires… Elle n’est pas un peu tordue ta question ? (rires)

La pièce de lingerie la plus sexy pour toi ?

Les portes-jarretelles !

Tu pourrais te mettre à l’écriture aussi ?

Est-ce que faire des publicités en petite tenue a

Je ne dors plus dans ce cas-là ! Il y a quelque temps j’avais commencé à écrire un scénario sur un film de vampires, et puis au même moment, il y a eut

Je l’avais déjà avant…

7—

réveillé en toi un côté exhib’ ?

Nuit


Joséphine de La Baume Tu peux nous parler un peu de tes expériences au

Est-ce qu’il t’arrive de danser jusqu’à 7 heures du

cinéma ?

matin sur de la minimale allemande ?

Pour les plus gros tournages, j’ai joué dans La Princesse de Montpensier de Bertrand Tavernier, Notre jour viendra de Romain Gavras, Un jour de Lone Scherfig, Johnny English le retour aux côté de Roy Atkinson…

Ça m’est arrivé par la passé (rires). Un de mes meilleurs potes est allemand et s’est marié à Berlin, au Bar 25… Du coup, on a fait une belle nuit blanche sur de la musique électronique.

Tu étais avec Pete Doherty et Charlotte Gainsbourg récemment…

Le Moscow Mule : vodka, citron, concombre, et ginger ale on the rocks.

Oui, sur Les Confidences d’un enfant du siècle, mais je n’ai pas eu de scène avec eux.

Ta définition d’une soirée chiante ?

Tu vas aussi bientôt incarner une femme vampire sur

Lorsque les gens sont prétentieux et n’ont aucun humour.

C’est quoi ton vice en soirée ?

les écrans.

Avec Roxane Mesquida, nous jouons effectivement deux sœurs vampires dans Kiss of the Damned de Xan Cassavetes…

À la maison, t’es plutôt bottes de cuir ou charen-

On dirait que tu as un rapport particulier avec les

Tu prépares des petits plats à ton mari ?

buveurs de sang !

Je cuisine très mal, en fait… Mais j’aimerais bien apprendre.

Déjà petite, j’étais très attiré par Dracula et ses congénères. Et puis j’ai le teint très pâle aussi.

taises ?

Botte de cuir ! Michel Perry ou Charlotte Olympia.

C’est quoi le plat que tu rates le plus souvent ?

Un vampire c’est un mec qui sort toute la nuit en fait, non ? Y’en a plein, j’en connais plein des vampires ! Oui, pourquoi pas, mais là, je suis très amoureuse de mon homme.

La Picatta à la crème, avec des pommes de terres sautées aux herbes de Provence. Je ne mets jamais les ingrédients au bon moment… Je me retrouve à chaque fois avec de la crème et du bon vin blanc liquide.

Tu l’as rencontré où, d’ailleurs, ton amoureux ? (Mark

Qu’est-ce

Ronson, ndlr)

lorsqu’elle se lève ?

En Angleterre, par des amis interposés.

Le silence ! Il me faut beaucoup de temps pour rentrer dans la vraie vie.

Tu pourrais tomber amoureuse d’un vampire ?

qu’elle

écoute Joséphine

le

matin

Qui est-ce qui porte la culotte entre vous ?

Ni l’un, ni l’autre. On ne porte pas de culotte !

Ton premier geste le matin ?

Tu vis entre Londres et Paris, c’est quoi la différences

Je remets mon réveil pour me rendormir. Je ne suis pas du tout du matin !

entre ces deux capitales ?

Les gens boivent autant dans les deux villes, sauf qu’en France, ils le cachent mieux.

8—

Ton livre de chevet ?

Tender is the night de Fitzgerald et Un roman français de Beigbeder. Nuit


Joséphine de La Baume Dans tes poches ?

Les groupes que vous écoutiez quand vous étiez

Beaucoup de papiers qui ne servent à rien.

jeunes ?

Si la drogue était légalisée demain, tu ferais quoi ?

Une grosse, grosse, grosse teuf. Et puis ensuite, un petit week-end à Berlin. Très bien, fin de l’interrogatoire, merci pour ta franchise ! Nous allons maintenant nous pencher sur Singtank, le groupe que tu as monté avec ton frangin. Depuis combien de temps vous faites de la

J. : Lui c’était Elvis Presley et moi Michael Jackson. A. : À chaque fois que j’allais chez le coiffeur, je lui demandais qu’il me fasse une banane. J. : Et moi je m’habillais comme Michael Jackson ! C’était une maison de sosie en fait (rires). Après, j’ai eu la période Nirvana, mon frère était plus Radiohead. Et puis j’ai écouté pas mal de hip-hop par la suite.

musique ensemble ?

(Alexandre, son frère, nous rejoint) Alexandre : Singtank en tant que tel existe depuis deux ans, mais on a toujours fait de la musique Joséphine et moi, donc ça existe depuis qu’on existe… Avec qui vous avez bossé sur The Party ?

Alexandre : Nellee Hoopper, qui a été le producteur de Björk, Massive Attack ou encore Madonna a produit notre EP et une grosse partie de l’album. Joséphine : On a aussi travaillé sur d’autres titres avec Allan O’Connel… A. : …qui est un peu le nouvel Nellee Hooper. C’est un jeune irlandais d’un trentaine d’années qui monte.

Votre concert le plus abouti ?

J. : La Cigale pour le festival des Inrocks était une salle incroyable, mais ce n’était pas forcément notre meilleure date. A. : Pour l’instant on est plus à l’aise dans des petites salles, parce qu’il y a plus de contact avec le public. J. : En y repensant bien, le concert au Silencio était vraiment sympa. L’album sort quand ?

J. : Il sortira au printemps et s’appellera In Wonder. Joséphine, tu te vois comment dans 20 ans ?

Avec plein d’enfants… Et la voix cassée ! (rires)

Vous l’avez enregistré où ?

A. : À Londres, dans le studio de Neelee, au Beethoven Studio ainsi qu’à RAK.

Les adresses nocturnes de Joséphine La Castor Club. 14, rue Hautefeuille. 6 e Le Piano Vache. 8, rue Laplace. 5e

Qui fait quoi dans votre duo ?

Le Montana. 28, rue Saint-Benoît. 6 e

A. : Joséphine écrit les textes et moi je m’occupe de la musique.

La Fidélité. 12, rue Fidélité. 10 e — Singtank Warner/Because

Vous faites une pop mélodique et plutôt enjouée.

≥ EP The Party, dans les bacs.

Vous pouvez me citer quelques unes de vos

In Wonder, sortie prévue au printemps.

influences ?

A. : Nous références sont doubles  : pop des 60’s (les Kinks, Zombies…) et rock des 90’s (Pixies, Pulp…).

www.myspace.com/singtank

9—

www.facebook.com/singtank

Nuit


Le bon producteur ® Charles Faugeron Ω Jf Julian

Nicolas Jaar Vire Rock star

Délaissant un temps le groove trop complexe, dans la veine de sa tournée en live avec ses musiciens, la nouvelle production de Nicolas Jaar, Darkside, sonne furieusement rock’n’roll, en version atmosphérique.

Comment en est on arrivés là ? On connaissait Nicolas Jaar DJ ultra prometteur, signé sur Wolf & Lamb à 20 ans à peine, arrosant la Toile de tracks léchés et efficaces, jusqu’à sortir son premier album Space is Only Noise sur Circus Company au printemps. À la tête de son propre label Clown & Sunset, il continue de proposer des edit ou remixes originaux et percutants,  réunissant autour de lui une véritable armada de jeunes DJ’s. La rentrée est marquée par deux nouveaux EP’s sortis coup sur coup : Don’t Break My Love (offert gratuitement sur le site de Jaar) et  Darkside. Ce dernier est empreint d’une atmosphère plus rock que tout ce qu’il a fait jusqu’à présent. C’est qu’il est accompagné par le guitariste Dave Harrigton, l’un des trois musiciens qui l’ont accompagné tout l’été sur les scènes des festivals, 35 dates au total. «  J’en avais marre de jouer tout seul, au clavier et à la voix » confie-t-il, « je voulais davantage de spectacle, de sensations live, d’interaction avec le 10 —

public. » D’où l’idée de s’entourer de musiciens  : Ian Sims à la batterie, Will Epstein au saxophone et clavier et Dave Harrington à la guitare. « Will et moi on se connaît depuis qu’on a 10 ans, c’est lui qui m’a présenté les autres. Ensemble, ils formaient un groupe qui jouait du jazz fusion et consacrait beaucoup de place à l’improvisation. Dave adore aussi les musiques de film, comme moi, et ça s’entend, je crois, dans le son. » Pendant le set, ils sont disposés en diamant, assez rapprochés de manière à pouvoir communiquer : « on reste là-dessus », « plus rapide, plus lent », «recommence ça ». Sur scène Nicolas Jaar se voit dans la peau d’un réalisateur (son père est entre autres cinéaste, ce n’est sans doute pas un hasard). Il confirme préparer ses performances en échangeant entre musiciens pour se mettre d’accord sur l’émotion qu’ils veulent atteindre, et transmettre. Alors certes, « on joue les chansons de l’album, quelques-unes, et aussi celles que le public attend comme El Bandido ou Mi Mujer qui sont beaucoup plus catchy que celles qui ont suivi… Mais on ne cherche pas à recréer l’atmosphère de l’album. On improvise et on crée une atmosphère particulière à chaque fois ». «  Partager, ne pas assommer le public  », dit en Nuit


substance celui qui considère davantage le live comme un « bœuf » où lui et ses musiciens issus du free jazz improvisent jusqu’à trouver la bonne dynamique. Lui chante du début à la fin, les yeux rivés sur ses machines, ainsi que sur son ordinateur, qu’il brandit comme un instrument à part entière, égratignant au passage Matthew Dear ou James Blake, d’autres artistes électro, qui, en live s’enorgueillissent de ne pas utiliser l’ordinateur. « Grâce à l’ordi, j’enregistre beaucoup de choses, que je peux ensuite jouer en public ». Il les décline, les fait durer, soigne la progression, isole la basse, la grosse caisse, la caisse claire ; y ajoute un synthé ou un truc atmosphérique… et « cut » ses montées qui « n’explosent » jamais, mais retombent systématiquement dans une sorte de tempo groove voire dubstep. Space is Only Noise if You Can See, la chansontitre de l’album, sonne par exemple en son sens beaucoup mieux en live avec le groupe que sur le disque. «  Ça devient beaucoup plus rock’n’roll ! En fait, chaque concert est comme un nouvel album  », 11 —

finit-il par lâcher. Outre le projet de faire un live album donc, son dernier EP, manifestement, s’inscrit dans cette dynamique expérimentale. On ne pouvait en attendre moins de la part d’un artiste de musique électronique qui se réclame à la fois de Ricardo Villalobos et du duo de blues-rock roots The Black Keys qu’il avoue avoir beaucoup écouté cet été. Le 22 janvier, la tournée du jeune prodige newyorkais s’arrête à Paris, au Trianon. L’occasion de découvrir cette formation si particulière et émouvante qui ne devrait pas manquer d’y faire un triomphe, comme à chacun de ses passages. Nicolas Jaar L’album : Space is only Noise Circus Company Le EP gratos : Don’t Break My Love Clown & Sunset Le nouveau projet : Darkside Clown & Sunset — ≥ En concert au Trianon, le 22 janvier www.circuscompany.fr/nicolas-jaar

Nuit


Paris la Nuit  Anne-Sophie Le Creurer www.annesophielecreurer.com


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Nuit


le bon site ® Manon Troppo Ω Claire Naslot

le tag parfait Le site idéal pour les longues nuits d’hiver

Stephen Des Aulnois, créateur du Tag Parfait, m’ac-

Et le porno, c’est venu quand ?

cueille dans son appartement du 11e arrondisse-

À 13 ans, j’ai eu Internet et là, évidemment, un des premiers trucs que j’ai dû taper en recherche c’est juste « sexe ». (il rit). Plus tard, j’ai commencé à regarder du porno, mais ça ne s’arrêtait pas là, je m’intéressais à ce qu’il se passait derrière et je voulais toujours en savoir plus. Il y a un peu plus de deux ans, je découvre une actrice, Stoya, et j’en tombe littéralement amoureux. Je la montre à ma copine de l’époque, elle trouve ça bien, j’en parle à droite à gauche, les gens aiment mais ne connaissaient pas son travail alors qu’elle faisait vraiment des choses intéressantes. Ca m’a ouvert au porno américain, ça a été un petit déclic.

ment, jazz en fond et Pastis Marin sur le bar. Son site, dédié à la culture Porn, fêtera ses 2 ans en février et n’en finit plus de faire parler de lui. Il s’adresse aux amateurs de porno, mais pas que. Une génération de garçons et de filles de 20 à 30 ans ayant grandi avec Internet s’y retrouvent et apprécient aussi bien la Playmate du mois qu’une interview d’Orelsan ou un reportage sur le salon Eropolis de Caen. Rencontre avec un Parisien pure souche, qui, contrairement à ce qu’on pourrait penser, se définit comme un extrême timide, toujours à la recherche du coup de foudre. Ton bébé a bientôt deux ans, tu peux revenir sur sa naissance et son envolée ?

Tu t’es donc tout de suite dit que tu voulais créer un

C’est assez simple, en fait. Comme tous les garçons, je suis fasciné par le sexe depuis longtemps. À 12 ans, je regardais le catalogue de la Redoute, tu vois.

site à ce sujet ?

C’est pas une légende cette histoire de la Redoute alors ?

Mais trop pas. T’as 12 ans, t’as faim ! Tu vois une page avec des petites culottes, et ben t’es content !

15 —

Assez vite, oui. A une soirée de journalistes, on aborde le sujet du porno et un ami me vend comme le spécialiste du tag. Je joue le jeu, je fais correspondre des tags à des filles, à des genres de films, de pratiques, et ça amuse les gens. Je réalise aussi que ça plaît particulièrement à la seule fille présente ce soir là. Deux mois après, je créais mon blog, un truc très simple, avec une vraie liberté de ton, inspiré par des sites comme Popporn. Nuit


Le Tag Parfait Au départ, ça devait juste s’appeler « le tag » mais un ami a eu l’idée de rajouter « parfait ». Et c’est exactement ça. La quête du parfait, la recherche de quelque chose qui n’existe pas.

Sûrement parce que ça me ressemble plus… Dans le genre, Skin Diamond, c’est une actrice qui prépare super bien l’action. Après, l’action en ellemême, le côté autoroute, je m’en fous.

Et ce blog, il a tout de suite bien circulé ?

Tous ces films que tu regardes, et puis les playmates

Oui, par Twitter essentiellement. La bande d’amis à l’origine du projet a twitté massivement. Et ça a suivi. Des RT, des nouveaux abos… ça a connu une petite notoriété assez vite, mais la forme ne suffisait plus. Je voulais quelque chose de beau où on postait beaucoup. J’ai acheté un vieux Playboy, un vieux Lui, et voilà, j’ai eu envie d’une sorte de magazine web et ça a cette forme actuelle depuis un an. Mais j’ai déjà envie de changer.

du mois que tu rencontres, ça te rend pas plus difficile avec les filles, dans ta vie ?

Absolument pas. D’une, j’en regarde de moins en moins de films, c’est normal. Et les playmates sont pas des professionnelles, elles ressemblent à beaucoup d’autres filles. Et puis surtout, à Paris, t’as l’embarras du choix. Des jolies filles, y’en a partout quand tu sors, peut-être même trop, tu as tendance à te dire: « ça s’arrête jamais, y’a peut-être encore plus jolie ailleurs » !

Tu veux changer tous les ans ?

Je pourrai changer tous les 2 mois ! Des idées, j’en ai des milliards ! Tous les 6 mois, je fais un édito sur ce qu’il s’est passé et les nouveautés ou modifs à venir. Les retours positifs m’encouragent à toujours évoluer. C’est le propre d’Internet, tu peux pas rester figé dans le marbre. Tu le définis comment, ce site ?

C’est la culture porn, tout simplement, mais avec tout ce qu’elle comporte, moins simplement. Les gens qui ont grandi avec le porno sur Internet ne s’intéressent pas qu’au porno sur Internet, donc on aborde la culture web dans sa globalité. Quand on interview un musicien, on parle de porno mais aussi de musique, de poils et de réseaux sociaux. C’est une génération dans son ensemble. Tu écris au sujet de tes actrices chouchoutes ?

Stoya, je pourrais en parler tous les jours. Mais je parle aussi de Sasha Grey alors que c’est pas forcément mon truc, son créneau, la performance pour la performance. Je comprends que ça puisse plaire, les gang-bangs, mais c’est pas ça qui m’excite. Moi j’aime le teasing, et quand le mec qui se fait allumer se demande si c’est bien réel et hallucine. 16 —

Et ce site, il t’a aidé avec les filles ?

(Il rit.) Ca m’a clairement aidé, oui. Je ne suis pas un queutard, je sais pas comment draguer, c’est même pas de la timidité, c’est carrément de l’anxiété sociale, et avec ce site, y’a eu un petit effet « groupies ». Je vais pas m’en plaindre. Mais je sais toujours pas m’y prendre, dans un bar avec une inconnue. Et puis, quand je sors, je me dis toujours que je vais rencontrer la femme de ma vie et avoir un coup de foudre ! Ca me bloque peutêtre… Mais quand je sors, c’est pour les filles. Et même ce site, c’est pour les filles. De toute façon, tout ce qu’un garçon fait, c’est pour les filles ! Et tu l’inviterais à sortir où, cette femme de ta vie, à Paris ?

Loin ! (il rit). Je fuirais Belleville, Goncourt, Pigalle, je veux pas tomber sur les potes. J’irai dans un endroit que je connais pas, et où on peut vraiment parler de bouffe. De très bonne bouffe, hein. Où est ce que tu trouves de la très bonne bouffe ?

J’ai une passion pour les huîtres. Je conseillerais le Bar à Huîtres : c’était une chaîne attrape-touristes avant, mais maintenant, c’est in-cro-yable. Nuit


Le Tag Parfait

Le 15e ! C’est la zone, y’a rien, personne, c’est Balladur là-bas !

délire « Paris c’est mort ». Y’a des problèmes, mais y’a du potentiel et des projets. On va vers le positif. Les gens qui se plaignent de la grande époque de la fête, ils parlent de quoi ? Du Palace ? Super… Nous aussi on l’a eu notre Palace avec le Paris Paris. Et puis Paris, c’est aussi la petite couronne, on n’est plus sous Giscard ou Pompidou, il faut investir les quartiers dits populaires et faire péter le périph. Le Parisien, il va pas à Mains d’Œuvres parce que c’est à St Ouen, c’est typique, ça !

Donc pour toi, la nuit à Paris, c’est à Pigalle que ça

Tu fais partie des gens qui pensent qu’on a de belles

se passe ?

nuits devant nous, alors ?

Là et le 11e aussi. Le Motel, la Mécanique Ondulatoire, ce genre d’endroits. Mais ailleurs, c’est un peu compliqué.

Complètement. Les Parisiens sont hyper tolérants, ils vivent dans la différence depuis toujours, ils sont OK pour accepter tout le monde et emmerder personne. Moi, je suis Parisien pure souche. J’ai passé 22 ans dans le 13e, et là… attends (il vérifie la date) oui ! Là on fête mes 5 ans dans le 11e (on trinque) et mes 5 ans d’alcoolisme aussi (on rit). Je peux affirmer que je ne connais aucune ville qui soit à la fois aussi belle et avec autant de potentiel.

Donc t’emmènerais pas la femme de ta vie à Pigalle ?

Pigalle, c’est pour la fête. C’est un endroit « sale » dans le bon sens du terme. Ca se mélange, les gens sont défoncés donc tu parles avec tout le monde, t’as tous les bars que tu veux et entre eux, des putes… Parfait, quoi. Et un quartier où t’iras jamais ?

Parce que ?

Parce que les Parisiens fantasment les autres villes. Ils pensent que pour faire la fête, faut aller à Berlin. Faut arrêter ! À Berlin, y’a que des Parisiens. Leur vrai point fort, c’est qu’ils ont des bons sound systems. À Paris, c’est la catastrophe. Les sound systems sont agressifs, mais pas de bonne qualité. À Berlin, le son est puissant mais tu peux parler, parce qu’il est creusé dans les médiums, là où la voix passe. Il est massif, tu le prends dans le corps, mais t’as pas besoin de hurler. Le problème c’est le son alors ?

Les sound systems sont mauvais mais il faudrait des subventions pour aider à insonoriser les clubs correctement, aussi. Et puis, je ne comprends pas ces gens qui s’achètent un loft à Bastille et se plaignent du bruit des bars. Qu’ils aillent se faire foutre. T’as les moyens de t’acheter un pur appart rue de Charonne, tu t’installes dans un quartier festif, et ben tu te payes des doubles vitrages et puis voilà.

www.letagparfait.com twitter : @desgonzo Pour info, le site a été élu « meilleur site de l’année » par les lecteurs des Inrocks.

Donc les sound systems et les riverains ?

Non mais moi j’ai pas envie de tomber dans le 17 —

Nuit


18 —

Nuit


la bonne voix ® Crame Ω Bertrand Delous

DAVID BLOT RESPECT IS SHINING

Depuis vingt ans, David Blot est le compagnon discret mais précieux de la dance music, de sa diffusion, de sa mémoire et des nuits où elle fait ronfler ses basses. Journaliste à Radio Nova, il est aussi l’un

Je ne me voyais pas mythifier la French Touch comme j’ai mythifié le Paradise Garage ou le Studio 54. À quelqu’un d’autre de parler du mythe de la French Touch et des soirées Respect.

des fondateurs des soirées Respect en 1996, fleuron clubbing de la French Touch. La fin d’année 2011 a

L’histoire de ta BD Yesterday tourne autour de la dis-

vu la réédition de sa BD Le Chant de la Machine sur

cographie des Beatles. Pourtant l’action se situe à

l’histoire de la house et de la techno, et la publica-

Manhattan dans les années 60. Et New-York est très

tion d’une nouvelle série dessinée Yesterday, une

présente également dans Le Chant de la Machine.

fiction qui prend les Beatles comme prétexte nar-

Qu’est-ce qui est si magique avec NYC ?

ratif. Pour Le Bonbon Nuit, il évoque 50 ans de nuits

C’est vrai que j’aurais pu situer l’action de Yesterday ailleurs. New-York est une ville où je suis beaucoup allé, que je connais mieux que Liverpool où je ne suis passé que quelques heures. Et je suis plus influencé par l’Amérique que l’Angleterre de cette époque, sans doute.

agitées et d’histoire de la musique. De Manhattan sixties à Paris 2012. Dans les bandes dessinées que tu as publiées, Le Chant de la Machine et Yesterday, tu parles principalement d’époques que tu n’as pas connues - NewYork dans les années 60 et 70, Manchester au début

Quand tu as organisé des soirées Respect à New-

des années 90… D’où te vient cet intérêt ?

York, est-ce que tu avais la sensation de faire par-

Ta question me surprend, je trouve que c’est naturel de s’intéresser à ce qu’on n’a pas connu. Quand on a fait le volume 1 du Chant de la Machine avec Mathias Cousin (publié en 2000, ndlr), on s’est aperçu qu’on s’était arrêté pile-poil au moment où on a commencé à sortir en rave. C’était plus dur et moins excitant de raconter ce qu’on avait vécu.

tie de cette ville qui était celle du Paradise Garage,

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du Loft, tous ces clubs présents dans ta mythologie personnelle du clubbing ?

Plus ou moins, car on faisait les soirées au Twilo qui était un club énorme - pas grand chose à voir avec les club des années 70. On voulait faire jouer des DJs importants pour nous comme Nuit


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David Blot

“C’est aussi pour ça que la French Touch a explosé en France : on était le pays le plus ringard du monde occidental.”

Quel était le contexte musical en France quand sont nées les soirées Respect au Queen ?

Il y avait une détestation du disco partagée par deux écoles, en quelque sorte : Les Inrocks et Radio Nova. Les Smiths contre James Brown. Ça a beaucoup changé, mais à l’époque les barrières musicales étaient fortes. Par exemple, lors de l’une des premières soirées Respect, on a voulu faire jouer DJ Deep ; on s’est dit que les gens allaient arrêter de danser parce qu’il allait mettre de la musique avec des voix. Et c’était vrai. Ca peut paraître bizarre maintenant mais ce qu’on faisait était assez courageux. On était ravi quand un DJ passait une heure de hip-hop, même si, d’un côté, pas mal de clubbers se disaient « je suis au Queen, je ne suis pas là pour entendre du rap », et de l’autre, des gens du milieu du hip-hop ne voulaient venir pour rien au monde ou se faisaient jeter à l’entrée. Et autre point important, la house était très peu présente en France. On a découvert toute la culture house avec les papiers de Didier Lestrade une fois par mois dans Libération. Avant la sortie des premiers albums des Daft Punk, si j’entendais de la house dans la rue, je prêtais l’oreille pour savoir d’où ça venait. Aujourd’hui, c’est partout, c’est David Guetta. C’est aussi pour ça que la French Touch a explosé en France : on était le pays le plus ringard du monde occidental. Dans Le Chant de la Machine, tu racontes l’émer-

Romanthony ou Theo Parrish mais le club ne voulait pas de ces gens underground « qui ne ramènent personne » il voulait Daft Punk. Et puis on faisait le line-up depuis Paris, on arrivait et on repartait. Jérôme, mon camarade de Respect, vit sans doute les choses différemment maintenant, puisqu’il vit à New-York et qu’il est le co-DA du club Le Bain. De toute façon, il n’y a pas eu que New-York, il y a eu l’Australie, Caracas, Kuala Lumpur… Le monde entier voulait sa soirée Respect. C’était démesuré.

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gence de la disco, de la house, de la techno, en parlant de lieux particuliers, de personnes, de communautés. Si tu te prêtes au même exercice pour la French Touch, ça donne quoi ?

Le point commun de toute la génération French Touch, c’était d’écouter de tout et de se moquer des frontières musicales. Par ailleurs, ils se connaissaient tous, fréquentaient les mêmes disquaires BPM, Rough Trade - et les mêmes radios - Nova et FG. Ils avaient commencé à sortir en rave et en étaient lassés à cause de l’évolution de la musique qu’on y jouait. Quant aux soirées, il n’y en avait Nuit


David Blot pas 46. Il y avait le What’s Up Bar, les soirées Xanadu, et l’année avant Respect, deux soirées importantes : « Ouvert le Lundi » au Rex par Loik Dury de Nova, et les soirées de Pedro Winter au Fumoir du Palace.

groupe mort ? » Il m’a répondu : « je n’ai jamais vendu un seul disque, donc oui, parfait. » Juste après, j’appelle Marc H’limi, le responsable de Radio Nova : « Tu sais, je referais bien de la radio. » « Oui, avec plaisir. » Et voila, c’était simple finalement. Vive les ruptures !

Respect a apporté un souffle nouveau au clubbing parisien, selon toi ?

Qu’est-ce qui a changé entre le moment où tu es

Si ça n’avait pas été nous, ça aurait été quelqu’un d’autre. Et ce n’était que le mercredi ; le week-end, les clubs n’avaient pas besoin de nous. En fait, nous faisions partie de la génération des raves qui a pris d’assaut le clubbing en recréant ses codes. Moi, j’ai grandi en détestation des clubs, j’étais d’une culture plutôt rock, et je voyais Ardisson à la télé en direct des Bains-Douches, dans un truc hyper élitiste vu la taille de ce club par rapport à la taille du pays. Mais en quelque sorte, ma génération a recréé le même phénomène qui avait abouti à l’élitisme façon Ardisson : les raves, 2000 personnes ; Respect, 1000 personnes ; le Pulp, 500 personnes ; le Baron, 250 personnes ; le Montana, 50 personnes. Donc je pense que ça va exploser dans l’autre sens.

parti et celui où tu es revenu ?

Il y a eu pas mal de périodes différentes entre les deux. Il y a eu Ivan Smagghe à un moment, qui avait une approche très underground, tellement underground que les autres gens de la radio se sont braqués contre ça et sont peut-être trop allés dans l’autre sens. Moi, je m’en fous de ce qui est underground ou overground, ce qui m’intéresse c’est ce qui est excitant, le truc du moment. Il se trouve que la plupart du temps, même des trucs au devenir aussi énormes que Coldplay ou Jamiroquai démarrent dans l’underground. Nova a été la première radio à soutenir Jamiroquai. Le problème, c’est qu’elle le soutient encore en 2011 (rires).

Tu entrevois des signes de cette explosion ?

À Respect, ça fait 5-10 ans qu’on se dit que ça va être le retour des raves, mais on ne voit rien venir. Mais de toute façon, j’ai passé l’âge, et les mouvements de foule me font un peu peur. Le 31 décembre, je reste cloîtré chez moi. Oui, c’est un peu contradictoire.

À lire : ≥ Le Chant de la Machine de David Blot et Mathias Cousin. Editions Manolo Sanctis, 2011. (1ere édition : 2000). Les illustrations de l’article sont extraites de cet

Aujourd’hui, tu es journaliste à Radio Nova. C’est

ouvrage.

aussi là que tu as commencé il y a vingt ans…

≥ Yesterday, T1 : John Duval & The Futurians

Oui, j’y ai travaillé de 1992 à 1997. Puis j’ai arrêté de faire de la radio. En 2009, à la suite d’une rupture sentimentale, j’ai passé en cinq minutes les deux coups de fil que j’aurais du passer depuis des années. Le premier était à Bertrand Burgalat, le boss de Tricatel, pour lui parler de mon groupe Showgirls : « Bertrand, ça te branche de signer un

de David Blot et Jérémie Royer.

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Editions Manolo Sanctis, 2011. — À écouter : Nova Club sur Radio Nova, 101.5 FM Tous les samedis de 21h à minuit.

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la bonne tribune ® Copyleft THierry THéolier Ω Sacha K

PUNK PHILO

Mieux veau un blast-fame qu’un pet intello

La Sainteté c’est bien connu, c’est surtout de la Merde. Les Saints squattent auprès de Dieu-quiest-mort depuis qu’une rock star moustachue l’a décidé. MORT autant que le dernier Zombie dans un nanar de Saint Boll et le slogan a bien arrangé les hypeux : ils allaient pouvoir enfin être libres, se concentrer sur leur gosier/ estomac/ trous de nez/ veines/ bite/ nombril/ chatte et pour tout le monde (même les chiens) : leur trou de balle et cela pour se la donner, se faire enculer et enculer les autres pour Le Profit $ui$$, La Gloire Mainstream et les iTune$ Monétaire$ tout en se branlant dans le corps d’autres enculés-enculeurs et participer à Droite comme à Gauche (les extrêmes se touchent comme deux couilles ratatinées à -15° et l’anar-chie) à cette grande partouze sans sexe/ cette communion sans amour pour la plupart qui se retrouve seules comme des connes le Dimanche Soir devant un porno gonzo 2.0. Nietzsche, cette friche, a aussi annoncé que les artistes étaient des gros suckers mais là, les hypeux n’ont pas retenu la leçon et ont fait de ce pro-Illuminati, une idole de plus à côté de Saint Debord, Saint Vicious et sans oublier Saint Casimir. Il y a tous les coffrets aux megatemples près des banques. La Sainteté n’est pas une réalité dans ce monde2merde, elle 26 —

reste inaccessible comme le dernier coin VIP pour les crevards dans un club secret-select à P.A.R.I.S comme le SILENT-CHIOT le club Merd à cartes V.I.P à 2000 boules par mois. La Sainteté n’a rien à voir avec notre tranche2merde quotidienne. Et en acceptant que l’Art et Dieu seraient encore vivants et que le Spectacle Ultime est mental et les religions (toutes) sont des énormes blockbusters en 3 D. Alors on peut réfléchir dans un fauteuil devant un écran blanc (déconnecté du réseau2merde fessesbouc et gogol-goule) en bouffant tranquilos du pop-corn ou des pipas. Contempler sa pensée, se dépenser sur cette putain d’idée de Sainteté. OK. Les Saints auraient vécu sur le Territoire des Vivants (plus morts que vivants, le succès des messes zombies à UGCHAINEK2 en atteste et il y a même la parade des Zombies maintenant…). Les Saints et les Saintes, ce sont des hommes et des femmes qui auraient marché, auraient réalisé un Chemin (pas que le volvododo-open-space-boulot). NON/ Ils se seraient mis en mouvement et progressivement ce mouvement les auraient portés jusqu’à Saint DIEU parce que/ Qui dit que Dieu n’est pas un Saint par rapport à un DUDE plus absolu ? La Sainteté c’est d’accepter de se mettre en Mouvement, en Nuit


marche en tant que DUDE : c’est accepter de se remettre en cause et de se laisser interroger par la Parole du SUPERDIEU et des SUPERDUDES ; celle des autres, celle des évènements. C’est s’engager à la suite de SUPERDUDES dans une histoire de renouvellement du Monde et de la sienne : accepter la douille et apprendre à jeter ses carapaces (une bonne gale vous apprend à changer d’armure). C’est croire à une promesse : la Vie physique est plus forte que la Vie mentale (bug). Le Bonheur et le Fight sont pour ceux qui se laissent prendre par le courant d’amour qui vient de tous les SuperSaints, les SuperDudes et le SuperDieu. La Sainteté d’un dude ou le dudisme d’un saint n’est pas dans une perfection à imiter ou à reproduire mais d’avantage dans un compagnonnage avec lui et CELUI (qui tu veux/ me casse pas les Pollocks) qui est venu nous visiter comme E.T, 27 —

The Thing 1, The Thing 2 et bientôt feu ALIEN 5 aka Prometheus ! ON t’a fait connaitre, ô Crevard, ce qui est bien ce que ton SUPERDIEU réclame de toi. Rien d’autre que d’accomplir la justice, le bien, les bonnes actions, aimer avec tendresse (fucker avec amour) et marcher/ humblement avec ton SUPERDIEU et avec tous ces potes supercrevards et superdudes qui aient ou pas exister - on s’en fout - et maintenant ICI, now-here, pense à tes amis morts, pense à ta famille morte parce que… Morts priez pour les vivants il ne veulent plus être des Dudes. (Sur ce je vais balayer devant ma porte, le THAO a pissé sur tous les paillassons…) Nuit


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le bon duo ® Sarah Dahan Ω Tom Hines

CHAIRLIFT ENVOUTEMENT

Le groupe new-yorkais, aussi cool que talentueux, revient avec un deuxième album, l’hypnotique Something.

Chairlift a pris son temps pour son second album et bien lui en a pris. Près de quatre années se sont en effet écoulées entre le rafraichissant Does you inspire you et le dernier né Something. Ce laps de temps a donné lieu a un changement majeur : Aaron Pfenning, le guitariste, a quitté le groupe pour se consacrer à sa nouvelle formation Rewards. Patrick Wimberly et Caroline Polachek ont par conséquent dû opérer des changements dans leur manière de travailler, comme ils nous l’ont expliqué lors de notre interview à l’hôtel Amour. « Pour le premier album nous n’écrivions pas les chansons ensemble, chacun d’entre nous apportait sa chanson, avec sa production, ses paroles, ses arrangements et ensuite on opérait quelques petits changements tous ensemble. Par contre pour celui là, la discipline était de rigueur et nous avons travaillé main dans la main. On se levait le matin, on buvait un café et on allait au studio. Enfin, ce n’était pas vraiment un studio, c’était l’arrière boutique d’un magasin d’antiquités à Brooklyn !C’était l’endroit idéal pour travailler, il n’y avait pas de bruit et pas de risques de se faire voler notre matos par d’autres groupes. Et puis on pouvait jouer aussi fort qu’on le voulait ! ». 29 —

Sans doute est-ce l’environnement atypique de leur lieu de travail qui leur a inspiré l’atmosphère hypnotique et planante qu’on retrouve sur Something. Le groupe aurait pu tout simplement se contenter de répéter la formule magique propre à sa pop rafraichissante et qui nous avait tant charmé sur des morceaux tels que Bruises ou Evident Utensil, mais le duo, naturellement plus soudé que jamais, a opéré un virage, malin et exigeant. Leur nouvel album se situe ainsi à mi-chemin entre la pop synthétique des années 80, le prog rock et un univers atmosphérique et barré que n’aurait pas renié une certaine Kate Bush. Caroline Polachek, la chanteuse francophone à la voix délirante, et très certainement l’une des plus belles filles que compte la pop music en ses rangs, nous raconte la mutation du groupe qui s’est opérée en douceur : «  on souhaitait faire quelque chose de plus énergique et de plus agressif, c’était notre envie numéro un. On a beaucoup fait évolué notre album après l’avoir joué live pendant un an et demi. On a ajouté des ponts, enlevé des paroles, on en a écrit d’autres, on a ajouté de la distorsion. À la fin de la tournée, on avait trouvé notre son en faisant des distorsions, en ajoutant aussi beaucoup de synthé. La première chanson que nous avons écrite pour le nouvel album était Sidewalk safari, c’est l’histoire de quelqu’un qui se fait renverser par une voiture. On Nuit


Chairlift

“On souhaitait faire quelque chose de plus énergique et de plus agressif, c’était notre envie numéro 1” a utilisé des palettes de couleurs pour pouvoir nous aider à retranscrire nos émotions. On aime a penser que c’est une chanson acide, jaune, qui flashe et qui explose ! » Le son si particulier que l’on retrouve sur cet opus est directement dû à la patte artistique et créative du producteur Dan Carey qui a déjà œuvré pour…Kylie Minogue  ! Un choix qui peut paraître incongru mais qui semblait évident pour le duo  : «  on a choisit ce producteur pour sa 30 —

personnalité, dès qu’on est rentrés dans le studio on a su que c’était lui, il y a eu une très forte connexion. Pourtant, cette rencontre n’aurait pu jamais avoir eu lieu étant donné que nous sommes arrivés avec une heure et demie de retard ! Quand nous sommes finalement arrivés au studio au sud de Londres, soit le trou du cul du monde, on s’est retrouvés face à un type avec une chemise mal boutonnée, des cheveux en bataille et des chaussettes de couleur différente à chaque pied ! Ca peut paraitre débile mais on avait déjà rencontré pas mal de producteurs ultra lookés, qui se croyaient dans Mad Men, avec des costumes de fous, de la gomina et qui allaient à la gym tous les matins. Bref, des types qui ne nous correspondaient pas du tout ! Avec Dan, on est tombés sous le charme très rapidement. Il est presque devenu un membre du groupe à part entière. » Au delà de leur musique, force est de constater que le duo dispose d’un esprit créatif et d’un imaginaire débordant, qu’ils mirent magnifiquement en images dans leurs clips. En effet la vidéo qui illustrait leur single Bruises en 2008 s’était à l’époque distinguée grâce à l’utilisation du processus des pixels compressés (repris quelques temps plus tard par Kanye West qui s’était évidemment approprié la paternité de cette brillante idée). Pour son nouveau single Amanaemonesia, le duo a encore frappé très fort avec un clip où l’on y voit Caroline Polachek effectuer une chorégraphie endiablée. Toute l’idée de la danse vient d’ailleurs d’elle : « j’ai eu cette idée alors que je n’avais jamais fait de danse auparavant. J’ai travaillé trois longs mois dessus. J’ai loué un studio pas cher dans le sud de Brooklyn, à 10 dollars par heure, j’y allais tous les jours pendant trois heures et je filmais mes mouvements avec mon Iphone. C’était une période où j’allais mal dans ma vie et je ne pouvais en parler à personne, alors je me suis dit que la danse serait un bon moyen pour évacuer et m’exprimer librement. Mais j’avais du mal avec les transitions car ce qui fait une bonne danse c’est le mouvement constant, il Nuit


faut que ça soit fluide, ça doit être un film, pas une série de dessins. J’ai rencontré une chorégraphe et danseuse à un concert en hommage à Meredith Monk et j’ai rapidement décidé de faire appel à elle car je galérais pas mal avec ma choré. Elle m’a inculqué une discipline et m’a donné des conseils simples mais qui étaient pourtant évidents. Le résultat n’est pas mal je crois. » Avec ce clip, la chanteuse a considérablement accru le nombre de ses déjà très nombreux admirateurs ! Et à peine quelques semaines après la disparition du grand gourou Steve Jobs, comment ne pas évoquer avec eux le changement radical qu’Apple a provoqué dans leurs vies en utilisant leur single Bruises pour la publicité de l’Ipod Nano, quatrième génération ? « On était sur scène à New York quand on a appris la mort de Steve Jobs. C’est lorsque on s’est mis à jouer Bruises que l’on a remarqué que tout le public s’agitait. Mais nous n’étions pas au courant ! On s’est pris plein de reproches dans la tronche après coup du genre ‘vous ne dites rien pour sa mort 31 —

alors qu’il vous a apporté le succès !’ Mais comment être au courant alors que nous jouions sur scène ? Ca aurait été cool de le rencontrer cela dit, ce type là était un vrai génie et oui, dans un sens, il a changé nos vies. » Et Caroline de renchérir : «  Je me souviens très bien de l’époque où Bruises a servi de synchro pour cette pub. On était en pourparlers avec Apple mais rien n’avait été officialisé. Moi j’étais à la fac à NYU, j’étais à la bibliothèque entre deux cours et j’ai regardé la fameuse conférence de Steve Jobs. Là je le vois mettre notre chanson en fond sonore, j’ai failli faire un arrêt cardiaque ! » Avec ce virage surprenant, novateur et résolument mature, on pourrait très facilement imaginer Chairlift illustrer le prochain film de David Lynch. Magnifique et inquiétant, on vous dit !

Chairlift — Something Columbia/Sony Music ≥ Sortie le 24 janvier www.facebook.com/chairlift

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le bon coup ® Manon Troppo

let it bi Ce soir là, je ne voulais pas tomber amoureuse. J’avais passé la semaine à essayer de me dépatouiller d’un amant transi, aussi comptais-je retrouver des amis, asexués par le temps, sans une once de drague, et rentrer tôt, seule, pour dormir en travers du lit. Et ronfler, pourquoi pas.

J’avais donc donné rendez vous à trois vieux potes maqués jusqu’à la moelle pour les entendre se plaindre des aléas de la vie à deux et m’amuser de leur jalousie à mon égard, à l’égard de mon célibat et de ma « sulfureuse liberté », comme ils disaient. J’arrive presque à l’heure et en chaussures plates, ce qui ne manque pas d’étonner l’assemblée à qui j’explique que j’ai porté des talons les six derniers jours et ce, jusqu’au petit matin. Je précise aussi que c’est peut-être samedi soir pour le reste du monde, mais en ce qui me concerne, c’est déjà dimanche. Le contexte posé, j’ai alors droit au sempiternel interrogatoire concernant mes récentes conquêtes, que j’essaie de balayer d’un revers de la main en les questionnant, eux, justement, sur leurs plus fraîches prises de becs conjugales. Très vite, il faut les abreuver et alors que le Carillon se remplit à vue d’oeil, je juge opportun d’aller faire des provisions avant que le bar ne devienne tout à fait inaccessible. C’est à ce moment là qu’un quatrième larron fait son apparition, accompagné d’une petite brune qui allait, sans aucun doute 32 —

possible, raviver les doutes et les tentations des trois autres. En essayant de me frayer un chemin jusqu’à la table, je fais connaissance avec la jeune fille, Alice. Elle est belge, elle est jeune, elle sent bon le Malt brun et j’ai hâte de voir sur lequel de mes amis elle jettera son dévolu. Parce qu’il ne fait aucun doute qu’elle, contrairement à moi, a mis ses plus jolis escarpins, et pas seulement pour le décorum. Ca n’a pas loupé : à son apparition, mes amis se transforment en loup de Tex Avery, langue pendante et yeux en cœur. Je me cale confortablement dans un fauteuil, je sens que je vais bien m’amuser. Et puis, assez vite, le vent tourne. Alice se rapproche de moi et semble même éviter la conversation avec qui que ce soit d’autre. J’ai la sensation qu’elle veut se confier et qu’elle a peut-être vu, en moi, une potentielle amie. C’est-à-dire un bien très précieux dans un Paris inconnu. En réalité, se confier n’est pas son but premier, on ne va pas se mentir. Après avoir commandé quatre shots, en avoir bu deux et m’avoir presque forcer à avaler les autres, elle se jette littéralement sur moi et, alors que je suis encore en train de parler, elle pousse sa langue à l’intérieur de ma bouche comme si sa vie en dépend. Amusée, j’éclate de rire. En Belgique, Nuit


Let it bi

un éclat de rire, ça doit vouloir dire « Super, encore, recommence, oh oui ! » puisque, de toute évidence, sa langue explore à nouveau mon palais en long en large et en travers. Ca n’est pas désagréable, mais ça n’est pas agréable non plus. J’ai beau la trouver tout à fait charmante, et en fin de compte, tout à fait à mon goût, je trouve ses élans gamins. Et je n’ai pas pour habitude de passer à la casserole sans un minimum de séduction auparavant. Je freine donc un peu la cadence, repasse à la première, et en la repoussant gentiment sur l’accoudoir, j’engage une conversation on ne peut plus banale, pour faire diversion. C’est à ce moment-là, aussi, que je découvre les mines les plus déconfites que quiconque ait été amené à voir sur cette terre. Mes acolytes sont, en un mot, crucifiés. S’ils pouvaient pleurer du sang, ils le feraient. Mais, à leur désespoir, s’ajoutent également une excitation prépubère et un voyeurisme dégueu de vieux satire nu sous son imper. Bref, ils font peine à voir, les pauvres. Mais la petite belge n’est pas émue par ce spectacle et me prend par le bras pour me traîner au bar. Deux autres shots plus tard, mes résolutions vespérales partent en fumée et je laisse l’enfant sauvage me passer la main sous le t-shirt, finalement enjôlée. Je me demande si elle compte faire ça toute la nuit quand elle s’enquiert, à mon oreille, de savoir où j’habite. 33 —

Cette question restera à tout jamais sans réponse. Tout à coup, un gaillard hirsute nous sépare, la nouvelle femme de ma vie et moi. Un type qui avait surgi de nulle part, et dont j’aurais juré sur ma mère qu’il venait de pleurer trois litres et d’en boire presque autant. Il est belge, lui aussi, et, au cas où vous l’ignoriez, les insultes ne changent pas beaucoup de ce pays au nôtre. « Salope », notamment, semble être à la mode. Alice se met à hurler, elle beugle qu’elle fait ce qu’elle veut et que maintenant, c’était moi qu’elle aime, et plus lui. De manière générale, une fille qui crie, ça ne m’a jamais fascinée, et plus précisément, si c’est pour me déclarer sa flamme alors qu’on se connaît depuis deux heures, ça me fait carrément peur. Je m’esquive donc, ou pense pouvoir le faire, quand le cocu me rattrape et me lançe une raclée qui me fait comprendre, et approuver, l’expression « voir 36 chandelles ». Il n’en faut pas plus à mes amis, tout remplis de testostérone qu’ils sont, pour déclarer ouverte la « bagarre de bar ». J’en profite pour m’éclipser et fuir. Au milieu de la rue, Alice crie mon nom comme dans un mauvais film. Je ne me retourne pas. J’ai envie de dormir. Seule. Et de ronfler, pourquoi pas. Mais le problème du bon coup, à Paris, la nuit, c’est qu’il est souvent mauvais.

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la bonne révélation ® Michaël Pécot-Kleiner Ω Diane Lapeyre

FLYING TURNS NOUVELLE VAGUE

Peut-on raisonnablement faire de la cold wave de qualité sans pour autant être dépressif et adepte du

ça, c’est un peu la synthèse de nos signatures musicales respectives… »

eye-liner ? Le cliché semblant tenace, il nous a fallu rencontrer Flying Turns pour pouvoir apporter un élément de réponse à cette question fondamentale.

La France va certes perdre son AAA, mais elle a gagné Flying Turns, un vrai bon groupe de « courant froid » qui vous fera remuer la mèche dans les bas-fonds suintants de la capitale. Depuis bientôt plus d’un an, les très en vus Rudy Guéniche, Yan Wagner et David Marcos sillonnent petites et grandes salles de concert pour prêcher leur amour des sonorités post-punk. « On a commencé nos lives à quatre, mais Mike Gesaffelstein a un projet solo qui ne lui permet pas de faire toutes les dates. Du fait, il est devenu notre producteur et il affectionne particulièrement ce rôle d’homme de l’ombre », m’explique Rudy, son pote d’enfance. Exhumant des influences allant de Kas Product à Devo et affichant une filiation directe avec Crash Course In Science, le quatuor ne participe cependant pas à la grande vague fourre-tout rétro 80. «  Nous ne faisons pas de marketing, nous ne sommes pas à la recherche du tube absolu. Ce style de musique revient à chaque fois que nous composons un truc, c’est comme 34 —

Plutôt que de fantasmer une époque révolue, Flying Turns réadapte la cold wave à notre modernité, et extrait de ce courant musical ce qu’il y a de plus contemporain. Symbole de cette profanation créative pouvant offusquer les gardiens du temple, le morceau As good as fustige l’excès de nostalgie devenue passéisme. Yan, accessoirement thésard sur l’histoire du clubbing, en décrypte le sens : « il y a toujours des vieux cons pour nous dire qu’avant c’était mieux, que rien aujourd’hui n’arrive à la cheville du Palace, que notre génération est ignorante. Les paroles de As good as sont pleines d’ironie face à ce discours, puisque fatalement, ces mêmes vieux cons sont passés à côté de ce qui s’est fait de mieux ces 20 dernières années…  » Et ce qui s’est fait de mieux ces 20 dernières années enrichit justement les strates de leurs tracks, où se mixent ci et là des pattern électro à des riffs de guitares indés. Les codes esthétiques post-punk, bien que réinterprétés, ne sont pourtant pas déformés ou trahis  : boîtes à rythme au garde-à-vous, lignes de basse minimalistes, nappes de synthé en mode Nuit


mineur du grand nord et voix sortie d’outretombe forment le canevas de la musique de Flying Turns. Leur imagerie n’échappe également pas aux règles du genre. Le visionnage du beau clip de Finger on the trigger réalisé par Marie Athénaïs confirme tout le bien que l’on pense d’eux. Un photographie en noir et blanc des plus sobres et des superpositions à la Fritz Lang habillent cet hymne introspectif à écouter les jours de pluie ou les soirs de rupture. Enfin, impossible de ne pas évoquer l’envoutante voix de Yan sans tracer un parallèle flatteur avec Ian Curtis. « On me compare souvent avec lui physiquement ou vocalement. Ça m’énervait un peu au début, je le prends plutôt bien maintenant. J’ai quand même passé l’âge de me suicider », souligne-t-il sourire en coin.

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Des lives toujours et encore, la sortie de leur premier album et une possible collaboration avec la légendaire Linda Lamb sont au programme de leur agenda 2012. Une formation à surveiller de près, donc… et qui est la preuve vivante que l’on peut faire de la cold wave de qualité en étant relativement sain d’esprit.

Flying Turns — ≥ En concert au Nouveau Casino, le 21 janvier. soundcloud.com/flying-turns Le clip de Finger on the trigger est en ligne sur Youtube.

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Paris la Nuit  Delphine Cauly www.ete1981.com


le bon club ® Marine Goutal Ω DR

(É)Ros(e) Bonbon sex, drogues et punk français

À la fin des années 70, l’Olympia, ses sous-sols précisément, occupés par la salle de concert le Rose Bonbon, a été le repère du punk français. Retour sur ce club oublié mais non moins mythique.

Dans l’histoire alternative de la nuit 80’s, éclipsé par le Palace, le Rose Bonbon a progressivement sombré dans l’oubli. Ouvert comme le club de Fabrice Emaer en 1978, le Rose Bonbon, plus encore que son brillant voisin, a incontestablement marqué l’histoire du rock français, jusqu’à sa fermeture en 1984. Quand il est créé par quatre copains, Marc Barrière (manager de Trust), Bouffy (patron du Galaxy Club), Alexis Quinlin, (manager de Taxi Girl) et Abel N, (DJ), le club offre une scène permanente à de jeunes groupes amateurs. Il tombe alors à pic pour dépoussiérer un Paris où les salles de concert rock restent rares et satisfaire un nouveau public, les jeunes gens modernes. Le Rose Bonbon reste essentiel dans la mémoire embrumée de l’histoire du punk en France comme l’a été le festival de Mont-de-Marsan. L’apport de ce club à cette histoire repose avant tout sur cette nuit fameuse du 11 juin 1978, où des milliers de personnes affluent au festival Le Rock d’Ici qui accueille huit groupes qui jouent jusqu’à 4 h du matin. Le succès historique de ces groupes quasiinconnus laisse même à penser qu’il s’agirait de l’acte de naissance parisien du punk français. Suivant la même ligne d’exigence, de foisonnement et d’innovation, le Rose Bonbon fait jouer en moins 38 —

de cinq ans d’existence près de mille groupes. S’y produisent entre autres Taxi Girl, Indochine, Trust, les Rita Mitsouko, Axel Bauer, ou encore les Tokow Boys, autant de noms qui déploient une conception du punk dans ses ramifications multiples, du post-punk aux racines du rock alternatif, de la synth-wave à la darkwave. Couleur de séduction, de romantisme et de féminité, le rose emblème du Rose Bonbon s’associe à la noirceur cultivée par la programmation. Celle-ci, dédiée au punk, se fonde sur le culte de la noirceur et sur une sensibilité dark, que l’accès à la salle, via un escalier abrupt qui descend jusqu’à la salle, ne fait qu’exacerber. Un an seulement après la naissance officielle du punk anglais, avec la sortie de l’album des Sex Pistols, le club témoigne, plus que d’une adaptation de ce genre à Paris, de la création d’une véritable scène française. La créativité des groupes s’appuie sur des structures : la presse, l’industrie du disque qui mise sur une flopée de nouveaux artistes et les DJ du Rose Bonbon eux-mêmes, qui électrisent les foules au son de la novö-musique. Ces derniers, comme Philippe De Zertucha ou Abel N qui encadrent les concerts chaque soir, se font les passeurs vers une mythique Albion punk. Les 45 tours des Clash et des Buzzcocks qu’ils jouent comme autant de ponts vers une culture musicale inaccessible, sont introuvables en France, hormis chez le disquaire… New Rose. Décidément, comme dirait Duchamp, le rose c’est la vie. Nuit


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le bon look Ω Amélie Chassary 7 Anthony Lee Watson

Dorcite Mélé rédactrice / auteur / modèle —

cardigan et jupe : Acne col en vison : Georges Rech chaussures : Pedro Lourenco sac : Chanel

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Le Bon Look Pierre-Laurent Barneron comédien —

costume et chaussures : Acne chemise : Merc ceinture : Marc Jacobs montre : Swatch

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la bonne ombre ® Alfabella Ω Michaël Clément

Johanne Foxy Lady

On avait quitté Johanne chez Moune (avant la Clique), cabaret lesbien, on la retrouve au Fox, avec toujours son mélange de franc-parler gouailleur et de classe à l’ancienne. Le Fox-Club, c’est un ancien bar à hôtesses en plein coeur de Pigalle et un de ces tout-nouveaux-tout-très-beaux-terrains-de-jeux-

Sans distinction. L’idée c’est que chacun se respecte et puisse se rencontrer. C’est comme les soirées mixtes en semaine : dès le début, j’ai affiché ce souhait-là. Pour moi ce qui est important c’est que tout le monde passe un bon moment. Que ça soit détendu et agréable quelque soit l’ambiance.

qu’on-connait-pas-encore-mais-qui-nous-plaitdéjà. Elle nous en dit tout.

Pourtant les ambiances peuvent être très différentes : un soir un DJ set électro, un autre une soirée

Au Fox, on peut juste prendre l’apéritif ou danser

50’s ou franchement cabaret, comment gères-tu ta

jusqu’au petit matin. Ce n’est pas un bar mais pas

programmation?

vraiment une boîte non plus. Alors boîte-bar-caba-

C’est beaucoup au feeling. Ce qui est sûr c’est que je ne me dis pas « je vais à tout prix faire tel truc parce que c’est ça qui marche » J’essaye de programmer des gens qui aiment ce qu’ils font et ont envie de le faire découvrir aux autres. Parfois ce sont des artistes confirmés comme l’humoriste Nathalie Rhéa qui vient d’accepter de se produire au Fox tous les jeudis, mais parfois c’est simplement deux copines qui ont envie de passer les disques qu’elles aiment. Ca n’est pas une question d’ être connu ou pas, c’est une question de plaisir partagé. Qu’on soit artiste ou spectateur, quand on est content on revient, du coup les choses se font assez naturellement, au fil des rencontres. Moi, au départ, j’ai commencé par une formation de chanteuse classique puis j’ai bifurqué vers l’évènementiel et finalement quand je suis arrivée à la

ret? C’est quoi pour toi ce lieu?

En fait, en partant de Chez Moune, j’avais envie de retrouver cette ambiance de convivialité, quand les gens se rencontrent vraiment, et qu’ils peuvent oublier les petites cases dans lesquelles on les pose. J’avais envie de créer un lieu où l’on se sente bien. Où tu peux discuter, écouter de la musique, partager une assiette sans savoir forcément à l’avance comment ça va tourner. Tu parles de petites cases, et justement, même si ça reste réservé aux filles le weekend, tu ne revendiques pas le statut de bar lesbien ?

Non parce que ça n’est pas juste ça. D’ailleurs, « soirées réservées aux filles » ça ne veut pas dire « aux filles lesbiennes », ça veut dire « aux filles ». 42 —

Nuit


gestion d’établissement, j’étais passée par presque tous les postes dans ce domaine. À présent, on me demande de rechanter: pourquoi pas? si c’est un plaisir de part et d’autre, ça se fera.

À mon avis, c’est pour ça que les gens me suivent et que ça fonctionne. Parce que, quelque part, on se sent comme à la maison.

La prog, l’animation, l’accueil personnalisé. Il paraît

Fox Club

même que parfois tu t’improvises voiturier… Alors?

Feras-tu toujours toi-même ces démentiels petits

9, rue Frochot, Paris 9 e / M° Pigalle

cocktails girly à la crème fouettée dont tu as le

Mardi, mercredi & Jeudi 18h00 - 02h00

secret?

Vendredi & Samedi 19h00 - 05h30

Oui. Même si je me fais régulièrement seconder, au comptoir ou en salle, garder l’esprit de la taulière qui sert, c’est quelque chose d’important.

43 —

http://www.foxclubparis.com/

Nuit


la playlist de Ω Plaisir Cut

Julien Plaisir De (slove) Julien Barthe alias Julien Plaisir

In Flagranti — Restraint Bias

de ou Plaisir de France est à la fois DJ et producteur. Son dernier

Une promenade disco.

projet en date, Slove, affole le

Paradis — Parfait Tirage (Original Mix)

milieu hype. Il nous livre sa playlist, très dancefloor et « poétique

J’aime beaucoup ce que vous faites.

minimale » comme il la définit

Rework — Loin de Moi

lui-même.

PAN!

— Slove / Le Danse Pschent / Wagram

Copyshop feat. Snem K — Fate (l’obsession) (Slove remix)

Pour le renard qui est en toi.

plaisirdefrance.net/artistes/slove

Stimming — Challenge the Air

Pour être bien au chaud dans tes bras. Four Tet — Pyramid

Une belle entourloupe à l’ancienne! Roman con mamacita — Tu Amor Nice edit

Pour la saison des amours. Rebolledo & Daniel Maloso — Colt Seavers

Spécial cowboys matinaux. The stone roses — I wanna adored (Original + Trentemoller remix)

No comment. Carsten Jost — You Don’t Need A Weatherman (Juliane Lawrence mix)

C’est l’hiver, on est bien.

44 —

Nuit


trousse de secours Ouvert toute la nuit ! Pharmacies de garde

Épicerie Shell

Chez Tina

84, av. des Champs-Élysées 8e

6, boulevard Raspail 7e

1, rue Lepic 18e

≥ 01 45 62 02 41

≥ 7/7 — 24/24

d≥j jusqu'à 4h30 / v≥s jusqu'à 7h

6, place de Clichy 9 e

Minimarket fruits et légumes

Boulangerie Salem

≥ 01 48 74 65 18

11, boulevard de Clichy 9 e

20, boulevard de Clichy 18e ≥ 7/7 — 24/24

6, place Félix-Éboué 12

≥ 7/7 — jusqu'à 7h

≥ 01 43 43 19 03

Alimentation 8 à Huit

Livraison médicaments 24/24

151, rue de la Convention 15e

Fleuristes

≥ 01 42 42 42 50

≥ 7/7 — 24/24

Chez Violette, au Pot de fer fleuri

Supérette 77

78, rue Monge 5e

Urgences

77, boulevard Barbès 18e

≥ 01 45 35 17 42

SOS dépression

≥ Mardi au dimanche jusqu'à 5h

Relais Fleury

e

≥ 08 92 70 12 38

114, rue Caulaincourt 18e

Urgences psychiatrie

Resto

Se déplace sur région parisienne

L’Endroit, 67, place du Docteur-

≥ 01 46 06 63 97

≥ 01 40 47 04 47

Félix-Lobligeois 17e 01 42 29 50 00

Carwash

Drogue, alcool, tabac info service

≥ tlj de 11h à 1h, jeudi, vendredi,

Paris Autolavage 7/7 — 24/24

≥ 0800 23 13 13 / 01 70 23 13 13

samedi de 10h à 5h

Porte de Clichy 17e

Livraison sextoys

Tabac

Shopping

Commande en ligne

Tabac du Châtelet

Virgin Megastore

www.sweet-delivery.fr/

4, rue Saint-Denis 1er

52, av. des Champs-Élysées 8e

≥ 7/7 — jusqu'à 6h

≥ 7/7 — jusqu'à 3h

≥ jusqu'à minuit

Tabac Saint-Paul

Librairie Boulinier

Livraison alcool + food

127, rue Saint-Antoine 4e

20, boulevard Saint-Michel 6 e

Nemo 01 47 03 33 84

≥ 7/7 — jusqu'à minuit

v≥l jusqu'à 00h, m≥j jusqu'à 23h

≥ 7/7 — jusqu'à 6h

Le Pigalle

Faim de Nuit 01 43 44 04 88

22, boulevard de Clichy 18e

Kiosques à journaux 24/24

≥ 7/7 — jusqu'à 7h

≥ Vendredi et samedi jusqu'à 5h

38, av. des Champs-Élysées 8e

Allô Hector 01 43 07 70 70

16, boulevard de la Madeleine 8e

≥ 7/7 — jusqu'à 6h

Poste de nuit

2, boulevard Montmartre 9 e

Apéritissimo 01 48 74 34 66

52, rue du Louvre 1er M° Louvre-

Place de Clichy 18e

≥ 7/7 — jusqu'à 4h

Rivoli / Étienne-Marcel

Allô Glaçons

Boulangeries

53, rue de la Harpe 5e

01 46 75 05 05 ≥ 7/7 — 24/24

Snac Time

≥ 01 44 07 38 89

97, boulevard Saint-Germain 6 e

20, rue du Fg-Saint-Antoine 12e

Épiceries

≥ 7/7 — 24/24

≥ 01 43 40 03 00

L'Épicerie de nuit

Boulangerie pâtisserie

Internet 24/24

35, rue Claude-Bernard 5e

99, avenue de Clichy 17e

Envoyez-nous vos bons plans

≥ Vendredi et samedi jusqu'à 3h30

≥ 7/7 — 24/24

ouverts la nuit : nuit@lebonbon.fr

45 —

Nuit


Bonbon Party | Tous les vendredis au Bus Palladium â„Ś Antoine Garnier / Face de Bus


La sélection de ParisLaNuit.fr Vendredi 06/01 19h30 La Maroquinerie 10 €

≥ Club Cheval avec Mike Skinner et Boston Bun

≥ Soirée Gonzaï avec Light Light, Aladdin, Magnetix

22h

21h

≥ The Agency + 49 Swimming Pools + Call Me Senor 23h

La Machine Du Moulin Rouge 15€

≥ Warp Films Première avec Plaid et Darkstar

Le Bus Palladium 5 €

21h

Le Bus Palladium 5 €

≥ Bruxelles + Alas Aviator + Enee

La Machine Du Moulin Rouge 13 €

≥ Joker, Boddika, 2562, Polar Inertia et Voiski 23h30

Samedi 21/01 21h Le Bus Palladium 5 €

La Machine Du Moulin Rouge 12 €

≥ Leila, Emika, Breton John Lord Fonda 23h30

≥ Yes S Club + Shuunt

Le Showcase 10 €

23h

≥ Pony Pony Run Run et The Toxic Avenger. 23h59

La Bellevilloise 15 €

≥ Black Milk, Onra et Dj Fab

Le Bus Palladium Gratuit

00h

≥ Bonbon party

Le Nouveau Casino 10 €

≥ Acid Washed Release Party avec Mickey Moonlight

Samedi 07/01 21h Le Bus Palladium 5 € Dimanche 22/01 19h Le Trianon 25 €

≥ Off Duty Clowns + Kandy + Les Bilbocks

≥ Nicolas Jaar et Valentin Stip Vendredi 13/01 21h Le Bus Palladium 5 € Mardi 24/01 20h La Gaité Lyrique Complet

≥ Erevan Tusk + Dress + John Grape 23h59

≥ C2C (Scratch)

Le Bus Palladium Gratuit

≥ Bonbon party Jeudi 26/01 23h Le Plaza Madeleine 15 € Samedi 14/01

21h

≥ Chad Hugo (the Neptunes/N*E*R*D) + DSL +

Le Bus Palladium 5 €

Clara 3000

≥ Lys + The Aerial + Nameless 23h

La Belleviloise 12 €

≥ Excuse My French avec Hexstatic et Dj Cheeba 23h30

Vendredi 27/01 21h Le Bus Palladium 5 € ≥ Our Name Is A Fake + The Atlantics

La Machine Du Moulin Rouge 15 €

≥ Tech In Da House avec Juan Atkins et Pilooski

23h

Le Social Club 18 €

≥ Defiant Order Party avec Birdy Nam Nam Dimanche 15/01 16h Au Sunset 28 €

23h30

≥ Enrico Rava Quintet Pour la sortie de l’album

≥ Open House avec Cassius, Felix & Al (Hot Chip) et

“Tribe” chez Ecm

Paco 23h

Mercredi 18/01 21h Le Bus Palladium 5 €

Le Social Club 15 €

≥ Yuksek DJ set & Guests

≥ Spin Doctors 23h

Le Showcase 10 €

23h59

Le Bus Palladium Gratuit

≥ Bonbon party

Le Social Club 18 €

≥ 2ManyDj’s, Busy P & Guests Samedi 28/01 21h Le Bus Palladium 5 € Jeudi 19/01

00h

≥ Parlor Snakes + The Crow & The Deadly

Le Nouveau Casino Gratuit

≥ Grill avec Gilb’R et Chef

Nightshade + Sour Beauty

Vendredi 20/01 23h Le Social Club 15 €

Envoyez votre prog à : emmanuel@parislanuit.fr

48 —

Nuit


cli c

re rt

montma hy

tables de poker, billards, multicolore. ouvert tous les jours de 13h à l'aube 84, rue de clichy Paris 9e 01 48 78 32 85 | clichy-montmartre.com | pokercm.fr Pièce d'identité obligatoire | Interdit aux mineurs


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≥ S e r v ic e d e v i d éo à l a d e m a n d e à l a l oc a t io n p a r a b o n n e m e n t a c c ess i b l e s ous rés e r ve d e d is pos e r d u m a t é ri e l c o m p a t i b l e e t s e l o n opérateur. Hors coûts liés aux of fres Internet et T V de votre opérateur. Abonnement sans engagement au - delà du mois en cours (tarif selon opérateur) + 1 mois. Voir conditions de résiliation auprès de votre opérateur. Plus de 1 000 programmes dès le 8/11 et des milliers de programmes en décembre 2011.

Le Bonbon Nuit 17  

Joséphine de la Baume, Nicolas Jaar, Anne-Sophie Le Creurer, Le Tag Parfait, David Blot, Punk Philo, Chairlift, Let it Bi, Flying Turns, Del...

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