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13 Juillet → 13 Septembre | www.le13dumois.fr | En vente le 13 de chaque mois | 3,90 €

DOSSIER SPÉCIAL

FICTIONS

PARIS RIVE-GAUCHE EN TROIS NOUVELLES PHOTOREPORTAGE

SIX PIEDS SOUS TERRE AVEC LES ÉGOUTIERS

DANS L'ACTU DU 13e

DISPARITION DE L’ÉCRIVAIN FRANCK ÉVRARD LA MIE DE PAIN CHANGE DE STRATÉGIE PARIS S’ENDORT-IL ? * BON PLAN RESTO * SORTIES

3 760208 771054

F : 3.90 € R 28895 - 0031 -

N°31


SOMMAIRE

Juillet - Août 2013 — www.le13dumois.fr

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n°31 p.03

Édito

p.06

Hommage à Franck Évrard

p.08

Le 13 en bref

p.47

Billet - Franck Évrard

p.48

Sélection sorties

p.57

Billet - L'inconnu-e du 13

p.58

L'image du mois

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POLITIQUE p.09

SOCIÉTÉ p.10

p.11

p.12

p.15

Illustration de couverture : Julien Paris

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Municipales 2014

Dégel en vue entre les Frigos et la municipalité — Éducation : la fin des internats d'excellence ne touche pas Lourcine — Nuits parisiennes : entretien avec Renaud Barillet de la Bellevilloise — La mission d'urgence de La Mie De Pain s'effrite


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p.18

DOSSIER

LE 13e DANS

30 ANS

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PAR-DESSUS LE PÉRIPH' p.52

LOISIRS

13e ŒIL p.30 p.36

Des Gardiens de prison malades de la surpopulation carcérale

p.56

Un resto, un chef, une recette : Meng Thay du MondolKiri — Bon plan resto : La Tropicale

MÉTRO MON AMOUR, MA HAINE

P.03

S'ABONNER

Le 13e en « Open Data »

P.14

COMMANDER LES ANCIENS NUMÉROS

Photoreportage : avec les égoutiers du Val-de-Marne — Paris Rive-Gauche en trois nouvelles

p.54

PORTRAIT p.42

p.46

Jean Perrot, un prêtre à l'usine

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SOCIÉTÉ

Le Refuge déménage

LA MISSION D’URGENCE DE LA MIE DE PAIN S’EFFRITE La politique du « tout dortoir » a vécu : en octobre, le plus grand centre d’hébergement d’urgence en France disposera de 200 chambres individuelles ou doubles. Mais tout en déménageant vers des locaux flambant neufs, le Refuge géré par l’association La Mie de Pain doit se recentrer sur des missions étoffées d’insertion, devenue priorité nationale. Et dans l’affaire, la structure perdra une centaine de places d’accueil. Bénévoles et hébergés parlent d’un écrémage en cours et s’émeuvent d’un coup de griffe porté à l’âme de l’association historique d’aide aux sans-abri. Texte : Elsa Sabado Photographies : Mathieu Génon

A

u Refuge, la révolution est en cours. Une fois le nouveau bâtiment investi, il en sera fini des austères dortoirs où l’on s’entasse à huit par box, où les matelas en plastique sont imprégnés d’une odeur à laquelle personne ne s’habitue. Finis aussi les escaliers pour accéder aux lits du premier étage, impossibles à grimper pour les handicapés. Finie enfin l’obligation de quitter les lieux à 8 heures le matin en emportant ses bagages avant de pouvoir les regagner à 17 heures. En octobre prochain, les hébergés de !

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SOCIÉTÉ

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En octobre, le vaisseau amiral de l’association La Mie de Pain quittera les dortoirs du Refuge rue Charles-Fourier pour de nouveaux locaux situés juste à côté.

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La Mie de Pain devraient prendre leurs quartiers dans ce bâtiment immaculé et investir ce qu’ils pourront désormais appeler « leur chambre  ». Les sept étages de ce «  nouveau Refuge  » offriront aux sans-abri des studios individuels ou doubles. Des chambres qu’ils pourront occuper tout au long de l’année. «  L’enjeu, affirme le directeur Christophe Piedra, c’est vraiment de leur offrir des conditions d’accueil dignes. Dans un box de huit, il est impossible de se reconstruire, alors que des chambres permettent d’avoir une intimité, de revenir à la “normalité”. » La révolution qui s’opère correspond à une lame de fond, tant la misère a changé de visage. Entre les premiers bénéficiaires du Refuge, «  de grands exclus  » rongés par des problèmes d’alcool et de désocialisation, et les profils actuels, La Mie de Pain n’a plus rien à voir avec ses débuts des années 80. «  Il a donc fallu que l’on s’adapte  », reconnaît Christophe Piedra. Selon le directeur du Refuge, «  la misère s’est internationalisée depuis quelques années. 54 % des sans-abri hébergés aujourd’hui sont sans-papiers.  » Samantha, bénévole de la structure phare de La Mie de Pain, abonde  : «  Quand je suis arrivée, il y a six ans, il y avait surtout des marginaux. Aujourd’hui, si vous les croisez dans la rue, la majorité des hébergés ne sont pas identifiables. Il est vrai que l’arrivée de ces nouveaux venus a écarté les clochards. Ils se voyaient reprocher leur odeur et leurs addictions. »

Dans son immeuble neuf, le Refuge proposera notamment des studios individuels réservés à l’insertion. Mais les capacités d’accueil d’urgence diminueront en proportion.

Accueillir mieux, mais moins… Ce changement sociologique coïncide avec un bouleversement politique. Le déménagement du Refuge s’inscrit principalement dans une mue globale des politiques d’hébergement d’urgence. Ainsi, en 2010, Benoist Apparu, alors secrétaire d’État au logement, affirme vouloir faire de l’hébergement d’urgence un service public. Pour cela, il met en place le Service intégré d’accueil et d’orientation (SIAO) qui centralise les demandes de logement et distribue les demandeurs sur les différents centres. La mue du Refuge peut alors s’opérer. Le seul ennui, c’est que « pour être rattachés au Service intégré d’accueil et d’orientation et obtenir des subventions de l’État, nous devons répondre à un cahier des charges qui met l’accent sur l’insertion  », explicite Samantha. Une nouvelle mission à respecter dont le principe fait aujourd’hui grincer quelques dents au sein de l’institution. Jusqu’en 2012, sur la période s’étalant du 1er octobre au 31 mars, le Refuge a accueilli jusqu’à 426 personnes. Puis, avec la fin de la trêve hivernale, commence la «  décrue  ». Les hébergés quittent peu à peu le centre quand seuls 180 sans-abri peuvent y rester toute l’année. Or, avec ce déménagement, le Refuge nouvelle formule offrira l’hospitalité à 300 personnes. Soit 126 places en moins. «  Sur ces 300 places, détaille Christophe Piedra, 200 seront réservées à l’insertion. Sur les 100 restantes, toutes consacrées à l’urgence, 28 seront destinées aux “grands cassés de la vie“ et 72 seront mises à disposition du 115  ». Une amélioration


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Le 13 dans 30 ans e

© Semapa - AOL - Edouard François

Vue d’ensemble du futur Paris Rive-Gauche depuis la place Farhat Hached et le boulevard Jean-Simon : à droite, la tour végétale, appelée « Tour de la biodiversité » conçue par l’architecte Edouard François, prévue pour 2015 et qui regroupera des logements sociaux, un foyer de jeunes travailleurs, une crèche et des commerces ; à gauche, un immeuble de logements et commerces (agences HamonicMasson et Comte & Vollenweider).

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DOSSIER

O

n part loin. Aussi loin qu’un numéro d’été peut nous emmener. Des vacances dans le temps. Trente ans, à peine. Ce sera l’été aussi, dans trente ans ? Avec du soleil ? Juillet 2043, c’est loin mais c’est demain. Alors, comment anticipe-t-on ? En questionnant ceux qui se chargent de façonner le 13e et, plus largement, le Paris d’aujourd’hui. En réalité, toute prospective est impossible. On nous l’a dit en préparant ce dossier : le monde change trop vite pour avoir une idée de ce que sera la ville dans 30 ans. Qu’importe, toutes les trames sont bonnes à tisser, même les moins crédibles. Ce dossier pourrait tout simplement servir à savoir ce que l’on veut faire de nous.

Texte : Pierre-Yves Bulteau, Jérémie Potée, Emmanuel Salloum et Virginie Tauzin

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Demain, déjà périmé ? Grand Paris, mutations sociologiques, professionnelles, escalade vers la modernité et nouvelles normes énergétiques sont autant de données imprévisibles qui dessineront l’architecture urbaine de 2043.

L À Austerlitz Nord, cet immeuble de logements et commerces de l’architecte Bernard Bülher, devrait être érigé en 2014.

e 20 juin dernier, réuni dans les locaux de l’école nationale supérieure d’architecture (Ensa) Val-de-Seine, le conseil de quartier Paris RiveGauche s’interrogeait : «  Est-ce qu’on veut des bureaux  ? Comment sont-ils construits  ? Pour quelle durée  ? Ne les détruirons-nous pas dans 30 ans ?  » Alors que seulement 40% de ce vaste projet est à ce jour sorti de terre, les doutes quant à sa pérennité sont déjà manifestes. De quoi parle-t-on  ? Pourquoi ces constructions ne s’inscriraient-elles pas dans le temps, à la manière du patrimoine haussmannien, qui a façonné Paris il y a un siècle et demi ? « N’importe quel morceau de quartier durera au moins cinquante ans », juge pour sa part l’architecte Bruno Fortier, concepteur de la Zac de la gare de Rungis, qui travaille actuellement sur la zone Masséna-Chevaleret et sur Ivry. Cinquante ans  : assez long pour envoyer dans un lointain passé

tout ce qui constitue notre futur d’aujourd’hui. Emmanuel Leguy, président de l’Association pour le développement et l’aménagement du 13e (Ada13), pointe les limites économique et écologique de ces nouvelles tours, dont il doute parfois que certaines verront le jour, leur prix exorbitant ne pouvant, selon lui, les préserver d’une fuite des promoteurs. « On ne sait même pas si on aura, à l’avenir, les moyens d’entretenir les matériaux utilisés. C’est comme la dalle sur laquelle est construit Paris Rive-Gauche.  » Marc Ambroise-Rendu, spécialisé en architecture, surenchérit : « Il est à parier que d’ici à quelques années cette dalle sera sous la perfusion des subventions publiques, exactement comme les Olympiades.  » D’autre part, la rapide évolution des normes en vigueur ne garantit pas la durabilité, estime Emmanuel Leguy : « Tout ce que l’on bâtit maintenant dépend de la réglementation thermique RT 2012. Mais en 2043, on sera peut être sous la RT 2025 donc, comme on ne détruira pas ce qu’on a déjà, il faudra construire autre chose ailleurs, de plus moderne, de plus adapté. »

© Semapa - Bernard Bülher

DOSSIER

— Architecture

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Des bureaux ou des celliers dans les appartements Si face aux nouvelles possibilités offertes par le Grand Paris, comme le présage un scénario très en vogue chez les sceptiques de Paris RiveGauche, les entreprises délocalisaient vers la périphérie, et si la crise financière entraînait la faillite de toutes les firmes implantées, que faire alors des bureaux désertés ? « Regardez, répond Bruno Fortier, une partie de la grande Poste du Louvre est en train de devenir un hôtel quatre étoiles. On pourra forcément transformer ces bureaux en logements, tout est une question d’adaptabilité. » Marc Ambroise-Rendu n’est pas aussi souple  : «  L’architecture moderne n’est pas comme


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DOSSIER

— Points de vue

Paris Rive-Gauche, un avenir en clair-obscur Quartier naissant, mais bientôt vivant ou bien déjà mort ? Deux spécialistes se penchent sur la question.

Philippe Simon, architecte « ON PEUT DENSIFIER LA VILLE DENSE »

« O

n peut imaginer que, dans les trente prochaines années, une partie de ce quartier sera démolie. Par souci de rentabilité et parce qu’il faut s’adapter aux nouvelles normes et organisations du travail. Les immeubles de bureaux ont une durée de vie très courte. Il y aurait peut-être une partie des bâtiments détruite et une autre classée monuments historiques, qui sait ? À l’inverse, un autre scénario serait celui de la crise. Par manque de moyens, on garde ce qui existe et on l’adapte. Le 13e est certes dense, mais on peut densifier la ville dense. Alors on construit où ? Au dessus. Je verrais bien, par exemple, sur ces immeubles d’habitation autour de la Bibliothèque, deux ou trois étages de plus. En France, nous avons un rapport au ciel très archaïque. Or passer de 9 à 12 étages ne se voit quasiment pas. En surélevant, on construit plus de logements et cette offre peut faire baisser le prix du foncier. Sans compter que l’on peut se demander si l’on n’est pas mieux dans ces nouveaux quartiers, où il y a de vraies salles de bains, de vraies cuisines ou des terrasses. N’est-ce pas plus confortable que ces quartiers historiques aux appartements parfois étriqués ou mal chauffés ? D’autre part, sur un immeuble élevé, on peut apporter une solution à beaucoup de questions environnementales. Les toits deviendraient des potagers, des lieux de récupération d’eau de pluie, accueilleraient des éoliennes... Il y a donc une vraie réflexion à mener autour de la hauteur. La densité peut faire peur mais il faut trouver les moyens de la compenser, avec les quais de Seine, les jardins... Les Parisiens vivent les uns sur les autres mais il faut mieux partager les espaces publics. Paris Rive-Gauche, ça pourrait être mieux, mais ça pourrait aussi être franchement pire. »

Marc Ambroise-Rendu, journaliste spécialiste d’environnement et d’architecture « DANS TRENTE ANS, LA ZAC SERA EN SITUATION DE FRICHE TERTIAIRE »

« L

e paysage du 13e a beaucoup changé ces cinquante dernières années, mais cette évolution est terminée. En terme de constructions tout est déjà fait ou presque. La ville, c’est comme une pièce de théâtre : le décor ne change pas, seuls les protagonistes évoluent. Rien n’est écrit sauf le bâti. Si on avait su, en 1965, au

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début de l’opération Italie, qui allait transformer une partie de l’arrondissement, que 30 000 Asiatiques allaient occuper ce territoire, on aurait dit : “Mais voyons ce n’est pas sérieux !“. Personne n’était capable de prévoir cela. Or ce Chinatown change le paysage, avec ses restaurants, ses commerces, ses couleurs, son Nouvel an. Du côté des logements sociaux, c’est la même chose  : il y a trente ans, leurs occupants étaient blancs, maintenant ils sont noirs. Personne ne sait qui occupera le 13e dans trente ans. Le facteur humain est totalement imprévisible.  À Paris Rive-Gauche, ces bureaux, qu’est-ce qu’on y mettra et qui, une fois que la bulle financière aura éclaté ? Et si la crise bancaire actuelle était équivalente à la crise de l’automobile qui a chassé Panhard et Levassor il y a quelques décennies ? Selon moi, dans trente ans, Paris Rive-Gauche sera en situation non pas de friche industrielle, mais de friche tertiaire. Alors je fais une proposition concrète : il faut réintroduire des petites entreprises locales dans ces immeubles, en les aidant à payer des loyers modérés, comme avec les HLM. Paris Rive-Gauche est pour moi l’un des plus beaux échecs architecturaux et urbanistiques du 20e siècle. Je l’ai dit à Anne Hidalgo  : ces tours rendent Paris banale. Depuis toujours les conquérants qui ont voulu la raser ont reculé devant sa beauté. Et le maréchal Blücher, en 1814, qui voulait faire sauter le pont d’Iéna... » " Propos recueillis par V.T.


Quand Paris aimera QUAND LES MARCHANDISES DONNERONT LE VERTIGE — Pour les prochaines décennies, la tendance est aux airs, au vert et à l’équilibre. Texte : Pierre-Yves Bulteau et Virginie Tauzin

Des études sérieuses envisagent l’acheminement de marchandises en montgolfière, du tarmac des aéroports aux entreprises concernées. Déjà plus que saturés, les réseaux routiers, ferrés et fluviaux de la région parisienne y gagneraient en fluidité et les usagers en rapidité. Certains évoquent même la possibilité de construire des platesformes à même les toits, comme aux Halles, par exemple, où l’ancien « ventre de Paris » se verrait directement appro-

visionné par ces montgolfières d’un autre genre. Dans le même registre, le ballon dirigeable Zeppelin est en passe de faire son retour, avec des vols commerciaux au-dessus de l’Île-de-France à partir du 3 août. Un futur ancien mode de transport sensationnel à usage uniquement touristique dans un premier temps et dont l’intérêt, compte-tenu de sa consommation vorace en énergie, pourrait se dégonfler rapidement.

QUAND DES ARBRES POUSSERONT SUR LE PÉRIPH’ — Dans leurs travaux d’anticipation sur le projet « Paris +2°C », Yannick Gourvil et Cécile Leroux, du collectif d’architectes « Et alors », dépeignent un périphérique dégagé de goudron et de voitures, où les espaces arborés s’épanouissent et les familles prennent leurs aises (voir illustration ci-contre). Les projets réalisés par ce collectif d’architectes anticipent demain sans avoir été pour le moment validés scientifiquement. Pourtant, soulignent-ils, «  montrer une ville désirable permet de marquer les esprits et d’entamer une réflexion collective sur le territoire et le climat ». Une profession de foi qui fait dire à de nombreux observateurs que le périph’ parisien - qui fête cette année ses 40 ans pourrait, à terme, changer de visage. La mutation la plus probable serait de le transformer durablement en une rocade de transports collectifs avec une file dédiée aux bus express, aux taxis et au covoiturage quotidien de plus de trois personnes par véhicule. Un gain de mobilité rendant, de fait, cette langue de béton moins bruyante et polluante, en rupture totale avec son esthétique actuelle qui enclave Paris.

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© Collectif Et alors

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D’après le projet Paris+2°C, les piétons se réappropriraient le périphérique. Ici dans le 17e arrondissement.

QUAND LA SEINE METTRA LE TURBO — « Utilisons les multiples possibilités qu’offre la Seine  », suggère Denis Baupin. Si les Parisiens font du Batobus un usage très marginal, une amélioration du service pourrait rendre ces voies fluviales attrayantes et efficaces. « Il ne

faut pas oublier qu’elle est une réelle alternative au métro », poursuit le député EE-LV.  Avec ses 20 à 25 minutes d’attente, seuls les touristes ou peutêtre les retraités, souvent moins à cheval sur le critère de temps, trouvent un intérêt à les emprunter. Mais combien sont-ils à préférer traverser Paris à l’air libre qu’enfermés sous terre ?


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PARIS,

UN FUTUR QUI INSPIRE

Tandis que nos édiles réfléchissent dur au sort qu’ils réserveront à Paris à l’horizon 2030, la capitale est de retour dans la science-fiction. Jeu vidéo, BD, roman, la tendance est nette. La preuve par trois exemples.

MASQUÉ

Texte : Jérémie Potée

SERENITAS L’anticipation romanesque est bien souvent le terreau du pessimisme le plus noir. Avec Serenitas, l’auteur Philippe Nicholson n’y va pas de main morte. Paris y est en proie aux multinationales regroupées dans des zones d’affaires surprotégées, tandis que ses banlieues sont aux mains des narco-gangs. Pour le reste, l’ambiance est à la guerre civile et les Parisiens englués jusqu’au cou dans une crise économique d’une rare intensité.

Fjord Keeling, journaliste d’un groupe de média détenu par des intérêts chinois et anti-héros parfait, enquête sur un mystérieux attentat. Le récit, rempli de twists à l’anglo-saxonne, a le grand mérite du réalisme. Il y est question de prédation économique et le tableau que brosse l’auteur, spécialiste de la finance, fait froid dans le dos. Et si demain, c’était ça ? Serenitas, Philippe Nicholson, éd. Carnets Nords, 20€.

Depuis Fantômas, Paris n’avait plus été peuplé de héros ni de bandits masqués. C’est d’ailleurs ce dernier que l’on retrouve projeté en hologramme au-dessus de Montmartre, au centre de « Paris-Métropole  », mégalopole hérissée de tours gérée par le dangereux préfet Beauregard. Pour s’opposer à lui, un ex-militaire de retour d’Asie centrale se muera en héros capé et masqué, gonflé aux super-pouvoirs comme il se doit, cela après avoir été exposé à une mystérieuse énergie. Une trame classique qui évoque les comics américains de la plus pure tradition, que le scénariste et écrivain de sciencefiction Serge Lehman reprend à son compte. Une transposition intéressante, où les ressorts gothiques de l’imaginaire parisien se mêlent aux enjeux en vogue autour du Grand Paris. Masqué, Serge Lehman et Stéphane Créty, Delcourt. 4 tomes parus, 14,30€ l’unité.

REMEMBER ME Cocorico ! Paris comme décor d’un blockbuster du jeu vidéo, c’est chose faite. Avec Remember Me, les petits studios parisiens Dontnod Entertainment s’associent au géant japonais Capcom. Sorti avant l’été, le jeu est scénarisé par Alain Damasio et Stéphane Beauverger, les deux auteurs français de sciencefiction les plus prolifiques du moment. À la fin du 21e siècle, la ville est martyrisée par une multinationale qui fait commerce de la

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mémoire. Le joueur incarne une héroïne castagneuse et capable de soutirer les souvenirs de ses ennemis. Le propos, assez brut de décoffrage, est l’occasion de déambuler dans un Paris à la Blade Runner, où les bas-fonds industriels sont peuplés de zombies décérébrés. À réserver aux curieux et autres initiés férus de pif-paf-boum. Remember Me, Capcom. Disponible sur consoles et PC, entre 30 et 40€ selon le support.

© Dontnod

DOSSIER

— Pop culture


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13e ŒIL

— Photoreportage

S i x p i e d s s o u s t e r r e

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13e ŒIL Le 6 juin dernier, plusieurs centaines d’égoutiers manifestaient au pied de la tour Eiffel pour protester contre le projet de réforme remettant en cause le statut relatif à l’insalubrité de leur métier et, par conséquent, leur départ à la retraite anticipé. Lancé en pleine affaire Clément Méric, le mouvement, pourtant suivi par l’ensemble de la profession, est passé inaperçu. Franck Saillant, 48 ans dont 23 au service des sous-sols du Val-de-Marne, en était. C’est à ses côtés que nous avons sillonné le réseau d’assainissement, à la découverte de ce métier ignoré.

Texte et photographies : Mathieu Génon

Malgré la mise en place de mesures de sécurité comme les détecteurs personnels, qui jaugent en temps réel le taux de gaz mortels dans l’air, un égoutier vit en moyenne sept ans de moins qu’un ouvrier, et treize ans de moins qu’un cadre.

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13e ŒIL

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PARIS D’ÉCRITURE À DIDEROT

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13e ŒIL

Le 13e arrondissement peut-il être source de création littéraire ? C’est dans le cadre d’un cours sur les pratiques d’écriture que j’anime à l’université Paris Diderot que mes étudiants en troisième année d’études anglophones, futurs traducteurs, ont été soumis à la torture d’une triple contrainte. Ils devaient écrire une nouvelle à chute ayant pour cadre la Nouvelle Rive-Gauche et pour thème la traduction. Les textes présentés ici révèlent qu’au-delà du simple cadre urbain ou du décor vaguement pittoresque, le 13e est capable de traduire des émotions variées, d’ouvrir sur des points de vue inédits sur la ville et, surtout, de raconter à travers sa description de singulières histoires...

Franck Évrard — Chroniqueur, essayiste et professeur, Franck Évrard est décédé le 20 juin 2013 – nous nous y attardons page 6. Peu auparavant, il nous a proposé ce projet éditorial, qu’il a mené avec enthousiasme et que voici désormais publié.

— LACRIMOSA Par Chloé Royer

D

ieu que cet endroit est laid. De la grisaille. De la grisaille en cubes, piquetée de teintes criardes comme de petites plaies béantes, qui même neuve donne l’impression d’être morte. Sale et morte. Et la foule qui piétine, tête basse, les cernes violets, les dents serrées, les yeux au sol pour ne pas voir le reste. L’air est gris, plein de poussière et de fumée, mais toujours froid et cinglant, humide, hostile. Comme s’il voulait vous chasser, vous dire que vous n’avez pas votre place ici. Le soleil, quand il daigne se montrer, est un intrus qui se reflète, se réverbère et aveugle, découpe les angles durs, dénonce le peu de verdure étriquée, écrasée, étouffée. Mais le plus souvent, c’est un mistral urbain et vicieux qui parcourt ces artères rectilignes comme s’il arpentait son territoire, la pluie qui gâche son don nourricier sur le bitume stérile et la tête résignée des passants, et les nuages, ceux de Baudelaire, qui pèsent comme un couvercle. Après tout le temps passé ici pour obtenir mon Master de traduction, le seul travail que j’aie décroché m’oblige à y revenir. Mon blouson n’est pas assez épais, je suis frigorifiée et je me maudis d’avoir cru que le printemps arriverait le 20 mars, subitement, comme s’il savait lire un calendrier. J’avais un rendez-vous et je suis en retard. À ma droite un train passe sur les voies de chemin de fer en contrebas. Je dépasse la Bibliothèque à ma gauche, et les trottoirs jusque-là presque déserts se peuplent brusquement alors que la circulation s’intensifie, au point que le ronflement des moteurs couvre les hurlements du vent. Il est presque onze heures trente. En traversant l’avenue de France pour atteindre l’immeuble de Monsieur Constant, je dois enjamber une masse aplatie et sanguinolente, parsemée de plumes grisâtres. La tête est la seule partie intacte. Les pigeons urbains ne sont pas pour moi de vrais oiseaux, plutôt des cousins mutants et dégénérés, mais ils sont un peu de vie. Pauvre vieux, si aliéné par son existence citadine qu’il a même utilisé un passage piéton. Cela ne lui a pourtant pas réussi. L’immeuble est en face de moi. À quoi bon avoir des ailes si on marche sur la chaussée ? Je pousse la porte. Au moins, maintenant, il est assorti au décor. La maison Lacrimosa est au onzième étage. L’ascenseur m’y hisse sans que j’aie à presser le moindre bouton, et une fois en haut je suis interceptée par un réceptionniste, qui me guide le long d’un couloir rectiligne aux murs orange, jusqu’à une porte étiquetée « Thomas Constant ». Il frappe et me fait signe d’entrer. Monsieur Constant, chemise blanche, pantalon marron, se lève pour m’accueillir, un sourire flottant sur les lèvres. Il me serre la main par-dessus le bureau. Derrière lui, une baie vitrée s’ouvre sur les baies vitrées d’en face : je résiste à l’envie d’y coller mon nez pour regarder en bas les gens qui passent comme des fourmis. Si je travaillais dans ce bureau, je tuerais mes journées à ça. Monsieur Constant me fourre un Post-It dans la main et me met gentiment dehors. La réceptionniste me récupère derrière la porte et m’escorte à travers un dédale vert pomme jusqu’à l’ascenseur. !

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PORTRAIT

— Jean Perrot

Un U prêtre à l’usine à

Il n’y a jamais eu de col romain sous son bleu de travail. D’ailleurs, rares étaient ses collègues de chez Panhard ou de la Snecma à connaître la double vie de Jean Perrot. À 83 ans, l’homme d’Église et militant CGT porte aujourd’hui un regard aiguisé, parfois désabusé, sur son parcours au sein du mouvement très méconnu des prêtres ouvriers de France. À méditer paisiblement avant la rentrée sociale, qui s’annonce fracassante. Texte : Pierre-Yves Bulteau Photographie : Mathieu Génon

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on regard sourit autant que sa bouche s’agite. Jean Perrot ne peut s’en cacher : c’est un bavard. Et des histoires, cet enfant du Paris des années 1930 en a un paquet à raconter. Au bout de ses doigts, les photos d’hier reprennent des couleurs. Fixés sur des tirages gondolés par le temps, les pixels en sépia dessinent les souvenirs d’une vie simple et populaire. À la place de l’actuel immeuble du boulevard Masséna, où vit aujourd’hui le retraité, se trouvait une petite cour entourée de bicoques foutraques derrière lesquelles perçaient déjà les premiers contours des tours qui donnent au 13e cette architecture si particulière. Et, à regarder les détails intimes de cette vie qui s’égrène à coups d’anecdotes, on mesure ce qu’était la vie de prêtre ouvrier dans les années 1960-1970. « Ici, j’en ai célébré des mariages, des baptêmes et des fêtes…  », dit Jean Perrot, qui se rappelle aussi toutes ces amitiés liées à la lutte syndicale. Sans oublier ce jour où l’un de ses collègues d’une petite boîte de Gentilly lui lance à la volée : « Jean, tu parles latin, toi, non ? Parce que tu me fais penser à un copain d’Arcueil, qui est prêtre... » Pétain et Laval à confesse C’était en 1962, quand le Concile Vatican II souffla sur l’Église comme un vent libérateur en pleine canicule. Le dogme s’ouvrit et fit tomber avec lui l’interdiction du mouvement des prêtres ouvriers ordonnée par Rome en mars 1954. Initiée au sortir de la guerre, les missions de France et de Paris, bâties par le cardinal Suard, reprennent leurs droits. « En pleine guerre, c’est lui qui décide de fonder ce service d’Église chargé de former des prêtres en direction des diocèses pauvres et non-croyants. » À Paris, cette mission prend la forme

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d’une équipe de sept prêtres accompagnés de sept laïcs, dégagés de toute vie de paroisse et « invités à s’inscrire dans le monde. La vie d’un prêtre ouvrier, ce sont les travailleurs, pas les paroissiens  », clame encore avec vigueur Jean Perrot. «  En cela, Suard nous invitait à témoigner de l’Évangile, mais pas à mener une mission d’évangélisation, simplement parce que personne n’est propriétaire de Dieu, et surtout pas le clergé. » Fort de cette conviction et marqué par les « images de 1936  » aperçues dans les rues du Bondy de son enfance, Jean Perrot finit par décrocher une bourse d’études à la maîtrise de Notre-Dame de Paris. Le jeune homme chante « comme une casserole » et se retrouve à tenir la traine du cardinal Suard lors des célébrations données dans la cathédrale. C’est là qu’il aperçoit Pétain et Laval venir à confesse comme on vient en représentation, montrer au Tout-Paris que la capitale est en zone occupée et qu’elle le restera tant que la puissance nazie le souhaitera. L’image le choque, tout comme le retour de ces prêtres résistants incarcérés dans les camps pour avoir célébré des messes malgré l’anticléricalisme farouche des SS. « J’ai alors 15 ans et cet épisode a marqué toute mon existence. » « Nous allons désobéir aux ordres du Vatican » À l’heure de passer le bac et de choisir une orientation, Jean Perrot fait une annonce solennelle à sa mère. Il sera prêtre et même plus que ça : prêtre ouvrier. « Quand je lui ai annoncé, elle m’a répondu que je ne connaissais rien à la vie et qu’il valait mieux faire un bon ouvrier qu’un mauvais curé. » Le bon sens maternel l’emporte, qui voit l’aîné des sept garçons de cette famille de onze enfants rejoindre l’atelier de l’usine Circa à !


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PORTRAIT

5 DATES 1930 : Naissance dans le 15e. Enfance à Bondy. 2 juillet 1955 : Ordonné prêtre, Jean Perrot est affecté à Montreuil. Il y travaillera en tant qu’ouvrier malgré la volonté de Rome de ramener dans les diocèses les 80 prêtres en usine. 11 octobre 1962  : Ouverture du Concile Vatican II et levée de l’interdiction du mouvement des prêtres ouvriers. En 1967, Jean Perrot entre à l’usine Debruyne (13e), où il monte une section syndicale. À partir de 1968  : Ouvrier et militant CGT chez Panhard puis à la Snecma, alors que le mouvement passe progressivement de 55 prêtres ouvriers pour toute la France à près de 1 000 en 1986. 1996 : Retraite. En 2012, il ne reste plus que vingt prêtres ouvriers en exercice pour 400 à la retraite.

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PAR-DESSUS LE PÉRIPH'

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Les gardiens de la prison de Fresnes devant la prefecture du Val-de-Marne le 24 juin.

Les gardiens de prison, malades de la surpopulation carcérale C’est un ras-le-bol qui pourrait vite se transformer en pétaudière. Alors que les chiffres ont fait un bond considérable, les surveillants pénitentiaires de la France entière se sont réunis, le 24 juin dernier, devant les préfectures pour alerter le gouvernement sur l’état des prisons. Parmi eux, une vingtaine de gardiens de Fresnes et de la Santé qui ont lu une lettre ouverte en sous-préfecture de L’Haÿ-les-Roses. Texte : Rozenn Le Carboulec Photographie : Mathieu Génon

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« A

ujourd’hui, les prisons sont devenues des usines où on brasse des détenus. » Ce lundi matin, Yoan Karar, secrétaire local adjoint FO pénitentiaire de Fresnes, a rejoint ses collègues devant la sous-préfecture du Val-de-Marne. Le but : adresser une lettre ouverte à destination du gouvernement pour dénoncer leurs conditions de travail. À l’heure où le nombre de détenus vient de battre un nouveau record –  ils étaient 67 997 au 1er juin –, la tension est plus que jamais palpable dans les établissements pénitentiaires. Selon les chiffres fournis par les syndicats, Fresnes compte 2 275 détenus

pour 1 440 places : «  Ici on est plus dans le quantitatif que le qualitatif, on n’a pas les moyens de bien exercer notre métier, même avec la meilleure volonté », déplore Guillaume Lebreton, secrétaire local adjoint de FO. Un gardien pour 150 détenus Dans cet établissement du Val-de-Marne, il arrive qu’un gardien doive gérer seul 150 détenus. Et les complications qui en découlent. « Si un détenu refuse d’aller à la douche à 9 heures et demande finalement s’il peut la prendre à 11 heures, c’est tout simplement impossible pour nous !  »


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Par Pierre-Yves Bulteau — Photographies : Mathieu Génon

UN RESTO, UN CHEF, UNE RECETTE

— Le MondolKiri

Le Cambodge

à la sauce parisienne Meng Thay a été, pendant 23 ans, responsable du service commercial d’un hôtel dans le 16e arrondissement. Et puis, un jour, le fils de son patron vend ce 3 étoiles pour partir s’installer du côté de l’île de Ré. Attaché au 13e comme à la culture de son Cambodge natal, le fidèle Meng Thay ne fait pas ses bagages pour la côte Atlantique et décide d’acheter ce restaurant de l’avenue de Choisy, qu’il baptise Le MondolKiri. Une aventure qui dure maintenant depuis huit ans.

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C’

est une drôle d’histoire qui s’est jouée au MondolKiri. Alors que, comme le veut cette chronique, nous avions convenu d’un rendez-vous avec le patron pour faire découvrir un chef par une de ses recettes, ce n’est pas un plat qui nous attendait, mais cinq, sur une table dressée à notre intention au fond de la salle de ce restaurant chic et sobre récemment chroniqué par Télérama. C’est que le sens de l’accueil, Meng Thay l’a conservé de son ancien métier. Il y tient. Le service est sur le point de se terminer et le patron du MondolKiri s’attarde avec nous, l’âme bavarde : « Dans un restaurant, la nourriture est importante, mais l’accueil et le service aussi.  » Et quand on s’étonne de voir trois

sortes de couverts border les assiettes alors que chez ses confrères de Chinatown, on mange avec des baguettes, Meng Thay répond sans ambages : « Au Cambodge ou en Thaïlande, la tradition veut que l’on mange la soupe avec une petite cuillère de bois et les autres plats à la main. Nos influences viennent d’Inde et le Cambodge est un pays bouddhiste. Je comprends votre interrogation, d’autant que notre continent est de plus en plus influencé par les Chinois et les Japonais qui, eux, ne peuvent pas manger sans baguette. Pour toutes ces raisons, nous sommes la seule maison asiatique du quartier à proposer des couverts à nos clients. » Et si certains Parisiens se veulent plus Chinois que les Cambodgiens, la majorité des clients


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Par Emmanuel Salloum — Photographie : Mathieu Génon

LOISIRS

— Bon plan resto : La Tropicale

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À deux pas de la place d’Italie, ce havre de gourmandise mêle savamment fruits et saveurs épicées dans des glaces et des sorbets artisanaux et naturels. Rafraîchissement assuré.

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vec un peu de chance, vous tomberez peut-être sur un des triporteurs qui sillonneront la ville cet été. Sinon, il faudra vous rendre à la boutique pour prendre un grand bain glacé. Les parents de Thai Thanh l’ont ouverte en 1976, et voilà près de dix ans que la jeune femme a repris l’affaire, parallèlement à son métier d’économiste consultante. La Tropicale, c’est un temple dédié à la gourmandise. Quarante parfums de glaces et sorbets, tous artisanaux et 100 % naturels, proposés en roulement selon l’humeur de la patronne. En sorbets, on fait le plein d’exotisme : mangue des Indes, lychee, pistache d’Iran, fraise-feuilles de menthe, etc. Vifs et frais, on croirait mordre à même le fruit… Ou dans le légume avec cet étonnant poivron orange-piment d’Espelette, ou encore avec le betterave-cassis. Côté glaces, Thao Thanh innove avec des alliances de saveurs originales, voire

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improbables mais terriblement savoureuses ! Jugez vous-même  : chocolat latté-poivre de Sichuan, miel-pignon, cannelle-figues, gingembre-caramel… Cet été, elle met le Japon à l’honneur avec la création de sorbets au yuzu et des glaces au sésame noir et pralin, et aux feuilles de sakura. En coupe ou en cornet, il vous en coûtera 2,50 euros pour déguster une boule sur place, 4,50  euros pour deux, 6 euros pour trois. On peut aussi en acheter à emporter (6 euros le pot de 250ml, 11 euros celui de 500 ml), pour agrémenter chez soi un dessert ou un goûter. Par ailleurs, la Tropicale propose une large gamme de thés et une belle sélection de biscuits faits maison (tuiles aux amandes, cookies, sablés) à 1 euro l’unité. Et à l’heure du déjeuner, vous y trouverez des soupes, des salades et un plat du jour façon cuisine du monde à prix malin. Et en dessert, une petite coupe glacée ? !

LA TROPICALE — 180 Boulevard Vincent Auriol 01.42.17.87.27. www.latropicaleglacier.com Ouvert du lundi au vendredi de 12h à 19h30, le samedi de 15h à 20h, et pendant l’été le dimanche de 15h à 20h ; fermé du 15 au 30 août.


L'IMAGE DU MOIS

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Par Harold Watson


Leroy Merlin Quai d'Ivry 1 à 12 rue François Mitterand ZAC Port d'Ivry 94200 Ivry-sur-Seine En Tram, l'arrêt Avenue de France est à 5 mn du magasin

Le 13 du Mois n°31  

Le magazine indépendant du 13e arrondissement