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N°18 13 Mai → 13 Juin | www.le13dumois.fr | En vente le 13 de chaque mois | 3,90 €

↓DOSSIER

OLYMPIADES 40 ANS APRÈS

GHETTO OU MIX RÉUSSI

?

↓ENQUÊTE - MÉDECINS

3 760208 770149

R 28895 - 0018 - F : 3.90 €

LA CARTE DES DÉPASSEMENTS D’HONORAIRES DANS LE 13e

P Comment Le Guen a mouillé le maillot pour Hollande L Portrait du dissident Blisko INCENDIE DU COMMISSARIAT UN FLIC RACONTE SA CARRIÈRE AU CP13 * BON PLAN RESTO CHEZ MAMANE * SORTIES


SOMMAIRE

CE MOIS-CI, C’EST LÀ QUE ÇA SE PASSE

Mai 2012 — www.le13dumois.fr

Visite de la nouvelle Cité de la mode p.52

M

M

M M

M

M

M

Bon plan resto : Chez Mamane p.56

Récit : Après l'incendie, un flic raconte sa carrière au commissariat du 13e p.34 M

M

Olympiades 40 ans après : Ghetto ou cité idéale ? p.18 M

M

Ce magasin qui veut « faire kiffer » les gens p.42

M M

Ivry : Un patron sans-papiers p.16

28 4

34


N°18 — MAI 2012 Édito Billet - L'inconnu-e du 13 L'image du mois

LE 13 EN BREF POLITIQUE Tour d'horizon des candidats aux législatives

Mai 2012 — www.le13dumois.fr

SOMMAIRE

03 57 58 08

10

SOCIÉTÉ Santé : Enquête sur les dépassements d'honoraires dans le 13e À Ivry : Un patron sans-papiers

12 16

NOTRE DOSSIER

OLYMPIADES 40 ANS APRÈS GHETTO OU CITÉ IDÉALE ?

18

12 Le site ameli-direct, géré par l’assurance-maladie, permet aux assurés de consulter en ligne les tarifs appliqués par chaque professionnel de santé. Nous avons analysé les 454 fiches de médecins de l’arrondissement.

13e ŒIL Reportage : Comment Le Guen a fait campagne pour Hollande Récit : Après l'incendie, un flic raconte sa carrière au commissariat du 13e

28 34

PAR-DESSUS LE PÉRIPH' Ce magasin qui veut « faire kiffer » les gens

42

MÉTRO, MON AMOUR, MA HAINE La RATP a de la concurrence sur le Net

43

PORTRAIT Serge Blisko, la dissidence tranquille

18

44

CULTURE Le billet de Franck Évrard Sorties

47 48

LOISIRS Visite de la nouvelle Cité de la mode Culture culinaire : La poudre aux cinq parfums Bon plan resto : Chez Mamane

52 54 56

44 S’ABONNER COMMANDER LES ANCIENS NUMÉROS

03 & 33 07

Serge Blisko relance le suspense dans la 10e circonscription en annonçant qu'il se présente sans étiquette face à Denis Baupin, soutenu par le PS dans le cadre de l’accord avec les Verts.

Photographie de couverture Mathieu Génon

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LE 13 EN BREF

Mai 2012 — www.le13dumois.fr

Par David Even

JEAN NOUVEL PLANTE SES TOURS DANS LE 13e

Ç

a y est c’est décidé : l’architecte star Jean Nouvel a remporté, le 24 avril dernier, le droit d’ériger deux immenses tours entre la porte de Vitry et la Seine. L’actuel no man’s land que constitue le quartier Massena-Bruneseau va donc se parer d’ici 2018 de deux grandes flèches hautes de 115 et 175 mètres. Les cheminées de la déchèterie d’Ivry ne seront donc plus les seules à surplomber le périph’. Les Ateliers Jean Nouvel, associés à des investisseurs Québécois via l’équivalent de la Caisse des dépôts du Canada, ont raflé la mise à la barbe d’autres poids lourds de l’architecture internationale comme Christian de Portzamparc ou le Néerlandais Neuteling Riedijk. Les deux tours surnommées «  Duo  » devraient coûter 600 millions d’euros et accueillir à terme plus de 91 000 m² de bureaux, un hôtel 4 étoiles de 237 chambres et 2 000 m² de commerces. 6 000 salariés seront ainsi appelés à s’engouffrer chaque jour

8

dans la nouvelle station de la ligne 10 qui devrait voir le jour directement sous les tours. Fruit de la volonté acharnée de Bertrand Delanoë de réintroduire des gratte-ciel dans le paysage parisien, ce projet ne fait toujours pas l’unanimité. Derrière l’enthousiasme du maire, pour qui ces tours sont « l’emblème d’un nouvel élan métropolitain », s’élèvent de nombreuses voix pour fustiger la course à la hauteur engagée dans le 13e mais aussi porte de Versailles et aux Batignolles. Défiguration du paysage, encombrement des transports, manque de logements et surconsommation d’énergie sont autant d’arguments que les nombreux opposants à ces immeubles de grandes hauteurs, écologistes en tête, mettent en avant. Suffisant pour infléchir la position de la Mairie ? Peu probable, un autre projet de grande tour est déjà prévu dans le même secteur.

C’est la place qu’occupe le meilleur lycée du 13e dans le classement 2012 des lycées parisiens. L’établissement de confession juive Yabné peut en effet se targuer d’un taux de réussite au baccalauréat de 100% l’année dernière. Difficile de faire mieux ! C’est sur le taux d’accès de la seconde au bac (86%), soit la probabilité qu’un élève de seconde obtienne son baccalauréat dans le même lycée, que Yabné est légèrement distancé par les traditionnels champions parisiens que sont Henri IV et Louis le Grand. Le podium du 13e est complété par le lycée Notre Dame de France (22 e position) et Claude Monet (44 e position).


LE 13 EN BREF

© Ateliers Jean Nouvel

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VOIR EN ÉCOUTANT

L

© M.G.

e 6 mai s’est achevée à l’UGC Gobelins la 3e édition du Festival de cinéma audiovision. Point de paillettes ni de tapis rouge à l’horizon mais de simples casques sans fil mis à disposition d’un public un peu particulier, celui des non-voyants. Née il y a une vingtaine d’année aux États-Unis, la technique de l’audiovision, aussi connue sous son nom commun d’audiodescription, permet de rendre accessible des films, des spectacles ou des expositions aux personnes non ou malvoyantes. Un commentaire audio décrit aux spectateurs les éléments visuels des œuvres. Ce festival a été l’occasion pour l’association Valentin Haüy, dont la vocation est depuis 120 ans d’aider les aveugles et les malvoyants à sortir de leur isolement en leur apportant les moyens d’une vie normale, de mettre un (petit) coup de projecteur sur l’état de l’audiodescription française et plus largement de l’accès des non-voyants au 7e art. Le constat est édifiant : alors que cela ne coûte qu’entre 6 000 et 10 000 euros d’audiodécrire un film - ce qui est dérisoire rapporté au budget d’une grosse production - seule une petite vingtaine de films de cinéma le sont chaque année en France. Pire encore, seules dix salles proposent dans tout le pays des séances en audiodescription.

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POLITIQUE

ÉLECTIONS

2012

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TOUR D’HORIZON DES CANDIDATS AUX LÉGISLATIVES

Par Virginie Tauzin & David Even

La page présidentielle tournée, place aux législatives. Parmi les futurs 577 députés, deux seront les vainqueurs des 9e et 10e circonscriptions de Paris, archi-dominées par les socialistes Jean-Marie Le Guen et Serge Blisko depuis plus de quinze ans. Ce scrutin, toutefois, réserve une inconnue : Serge Blisko, non investi par le PS, a-t-il ses chances ? Et une nouveauté : lors d’une refonte de la carte électorale, le Triangle de Choisy est passé de la 9e à la 10e circonscription, qui englobe tout le sud du 14e arrondissement, tandis que le quartier Croulebarbe a fait chemin inverse. Voici un tour d’horizon des différents candidats réalisé le 7 mai dernier, avec le risque que se produisent d’ici au premier tour quelques évolutions.

10e CIRCONSCRIPTION

S

erge Blisko, PS, 62 ans, député depuis 1997. Depuis son éviction au profit de Denis Baupin dans le cadre de l’accord avec les Verts, Serge Blisko laissait entendre qu’il n’allait pas se sacrifier. Fort de ses nombreux soutiens et d’un solide ancrage local, il a finalement annoncé qu’il se présentait en dissident. Voir son portrait p.44.

D

enis Baupin, EELV, 50 ans. C’est l’un des deux candidats écolos, avec Cécile Duflot, investis par le PS à Paris. Si son étiquette lui garantissait jusque-là une victoire facile, c’était sans compter sur le retour de Serge Blisko. Baupin, lui, n’y croit pas : « Il essaie de mettre la pression sur le PS pour se voir proposer quelque chose. » Et parie sur un pas en arrière du député d’ici au 18 mai, date de déclaration en préfecture. «  Avec la victoire de François Hollande, on est sur une dynamique de rassemblement. Je ne crois pas que Serge ait envie de diviser. » Pas d’inquiétude affichée, donc  : «  Mon adversaire, c’est Chenva Tieu, pas Serge Blisko. » Voir son portrait dans Le 13 du Mois de mars (n°16).

C

henva Tieu, UMP, 49 ans. Proche de Jean-François Copé, Chenva Tieu a fait ses preuves durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy en devenant secrétaire national chargé de l’Asie à l’UMP. Après avoir occupé le terrain en début d’année (Nouvel An chinois avec Claude Guéant, portrait de « der » de Libération...), il s’est fait plus discret dans les semaines précédant l’élection présidentielle. Lui assure pourtant que la défaite de la droite n’a rien bouleversé : «  Il y a eu une couche extrêmement forte de Sarkophobie, mais cela ne va pas se ressentir lors des législatives. » Chenva Tieu ne cache toutefois pas qu’une dissidence à 10

gauche est pour lui « une très bonne nouvelle ». Voir son portrait dans Le 13 du Mois de février (n°15).

L

eila Chaibi, Front de gauche, 29 ans. Chargée des bénévoles auprès de Jean-Luc Mélenchon, elle souhaite surfer sur la vague de la campagne présidentielle. Le résultat du premier tour n’a pas été à la hauteur de ses espoirs, mais « l’énergie est toujours là, on l’a ressentie le 1er mai ». La campagne législative se fera donc plus que jamais sur le terrain, puisqu’un camion faisant office de « local ambulant et musical » sillonnera la circonscription deux fois par semaine.

M

ichel Fize, Mouvement unitaire progressiste. Ce sociologue, connu pour ses travaux sur l’adolescence, est l’un des trois candidats investis à Paris par le Mup, mouvement initié par l’ancien secrétaire national du Parti communiste, Robert Hue.

É

dith Cuignache-Gallois, Modem, Nouveau centre et Parti radical L’élue du 13e, conseillère de Paris et de région, devrait concourir au nom de « tous les centres ». Déçue par la décision de François Bayrou de voter à titre personnel pour François Hollande au second tour de la présidentielle, Édith Cuignache-Gallois espère cependant que sa candidature permettra de contribuer à « faire bouger les lignes au centre et à droite ». L’objectif clamé depuis des mois : la création du nouveau grand pôle du centre à Paris et en France. Le 2 mai s’est d’ailleurs tenue une énième réunion de travail à ce sujet au Sénat, réunissant diverses personnalités du centre parisien et quelques maires de province.


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14e arrondissement

POLITIQUE

13e arrondissement

Jean-Marie Le Guen PS

Anne-Sophie Souhaité UMP

Chenva Tieu UMP

Leila Chaibi Front de gauche

Emmanuelle Becker Front de gauche

Emmanuel Dehu POI

Michel Fize MUP

10e circonscription

DR

Denis Baupin EELV

DR

Serge Blisko PS

9e circonscription

Édith CuignacheGallois Modem

Éric Azière Modem

9e CIRCONSCRIPTION

J

ean-Marie Le Guen, PS, 59 ans. À la tête de la circonscription depuis 15 ans et après l’avoir également été de 1989 à 1992, le candidat de la majorité part favori. Seulement, son nom, tout autant que celui de Marisol Touraine, circule comme étant celui du prochain ministre de la Santé : le cas échéant, il se verrait contraint d’abandonner son mandat à son suppléant. Voir notre reportage p.28.

A

nne-Sophie Souhaité, UMP, 30 ans. Si elle n’est pas élue, l’exdirectrice de cabinet de Nadine Morano aura au moins fait une campagne de terrain dynamique, forte de ses nombreux soutiens au sein de l’UMP. Lors de réunions publiques, on l’aura ainsi vue aux côtés de Roselyne Bachelot, Benoist Apparu, Nadine Morano ou encore Xavier Bertrand. Anne-Sophie Souhaité assure que sa stratégie reste la même après la défaite de Nicolas Sarkozy : « Pugnacité, confiance, proximité. » Voir son portrait dans Le 13 du Mois d’avril (n°17).

G

uillaume Fillon, EELV, 39 ans. Chez les Verts, on n’a jamais misé sur le score d’Éva Joly pour booster la campagne législative. Alors, Guillaume Fillon est « parti très tôt, avec une campagne d’affichage importante ». Mais le moment fort est à venir : un speed dating politique en présence de Daniel CohnBendit, le 17 mai, sur la péniche El Alamein.

E

mmanuelle Becker, Front de gauche, 28 ans. Tout comme Leila Chaibi sur la circonscription voisine, Emmanuelle Becker espère profiter des quelques 13,56% obtenus par Jean-Luc Mélenchon le 22 avril. Voir son portrait dans Le 13 du Mois de janvier (n°14).

E

mmanuel Dehu, POI, 45 ans. Le candidat du Parti ouvrier indépendant (héritier du Parti des travailleurs), infirmier, fait campagne sur les thèmes de l’hôpital public et du nouveau traité européen, qu’il rejette.

A

u Modem, on pencherait pour Éric Azière, tête de liste dans le 13e lors des municipales de 2008. Mais avec un score de Bayrou dans le 13e équivalent au résultat national (9,38%), les militants Modem de l’arrondissement l’ont un peu mauvaise. Les législatives ne seront pas un objectif prioritaire, selon Jean-Michel Djaït, responsable de la veille locale. « Dès le 7 mai nous nous attelons à la création d’un projet en béton armé pour conquérir Paris en 2014 », prévient-il.

L

e Front national. Malgré nos sollicitations, la section du 13e arrondissement n’a pas été en mesure de nous indiquer si le parti avait désigné son ou ses candidats. Avec un score aux présidentielles contrasté, 7,43% des votes, soit plus de deux fois moins que la moyenne nationale (17,9%), tout en étant le plus élevé de Paris, l’arrondissement respecte la tendance observée à chaque scrutin présidentiel ou législatif. 11


SOCIÉTÉ

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Santé

40%

DES

P

MÉDECINS TARIFS SÉCU

AU-DESSUS DES

Par Philippe Schaller Photographies : Mathieu Génon

Le site ameli-direct, géré par l’assurancemaladie, permet aux assurés de consulter en ligne les tarifs appliqués par chaque professionnel de santé. Nous avons analysé les 454 fiches de médecins de l’arrondissement. Voici les principaux enseignements.

our réaliser cette carte, nous avons retenu le tarif d’une consultation de base tous secteurs de tarification confondus et toutes spécialités mélangées. À partir de ces chiffres nous avons classé les praticiens selon le rapport entre le tarif qu’ils pratiquent et celui de la Sécurité sociale. Une fois, deux fois... jusqu’à plus de quatre fois. Le site ameli-direct affiche souvent le « tarif habituel  » ou «  le plus fréquent  ». C’est le chiffre que nous avons pris en compte. Si les tarifs prenaient la forme d’une échelle de prix, nous avons retenu des valeurs entre une et deux fois le tarif Sécurité sociale.

RÉPARTITION DES 454 MÉDECINS DU 13e ARRONDISSEMENT : CEUX QUI APPLIQUENT 1x LE TARIF DE LA SÉCU (270 SOIT 59,5%) CEUX QUI FONT PAYER ENTRE 1,1 ET 2x LE TARIF DE LA SÉCU (84 SOIT 18,5%) CEUX QUI FONT PAYER ENTRE 2,1 ET 3x LE TARIF DE LA SÉCU (69 SOIT 15,2%) CEUX QUI FONT PAYER ENTRE 3,1 ET 4x LE TARIF DE LA SÉCU (14 SOIT 3,1%)

LE 13e MIEUX LOTI QUE LA MOYENNE PARISIENNE L’arrondissement s’en sort légèrement mieux que Paris dans son ensemble. Sur les 454 médecins recensés, 270 pratiquent le tarif de la Sécurité sociale - le secteur 1 -, soit 59,5% contre 55% pour la capitale tous arrondissements confondus. Mais ce taux est bien moindre que celui des grandes villes françaises comme Lyon 66,5%, Bordeaux 85,8% ou encore Toulouse 90,5%. Cependant, et ce n’est pas le cas partout, les habitants du 13e ont la possibilité de contourner le problème : les médecins étant nombreux, il y en a proportionnellement beaucoup en secteur  1. Le second groupe, 18,5%, pratique des tarifs qui vont de une à deux fois le prix de la Sécurité sociale. Huit praticiens sur dix pratiquent donc, dans le 13e, des consultations à moins de 60€. L’OUEST MIEUX DOTÉ QUE L’EST L’ouest de l’arrondissement, selon un axe reliant l’avenue des Gobelins et celle de Choisy, est globalement mieux doté en médecins que l’est. Cela s’explique par un territoire plus densément peuplé, mais également par le fait que ces quartiers, plus chics, hébergent une clientèle plus solvable. La place d’Italie semble être le point de gravité de la pratique 12

CEUX QUI FONT PAYER UN MONTANT PLUS ÉLEVÉ QUE 4x LE TARIF DE LA SÉCU (17 SOIT 3,7%)

médicale de l’arrondissement, de nombreux praticiens se sont implantés à proximité. A contrario, les bords de Seine sont très dégarnis. Seule une poignée de médecins est recensée au-delà de la rue Jeanne d’Arc, autour de la BNF et dans la ZAC Rive-Gauche. DES DÉPASSEMENTS ÉLEVÉS EN ÉTABLISSEMENTS DE SOINS Les lieux de soins accueillent des médecins qui s’adonnent souvent à des dépassements d’honoraires. L’exemple le plus frappant est celui de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, un véritable nid à abus (lire ci-après). Sur les dix-sept médecins du 13e qui proposent des tarifs plus de quatre fois supérieurs à celui de la Sécurité sociale, quinze exercent dans l’enceinte de l’hôpital. Les autres établissements hospitaliers du territoire pratiquent relativement peu de tarifs de secteur 1, à l’exception de l’hôpital des Peupliers.


Par Philippe Schaller

SOCIÉTÉ

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ine Se

5e arrondissement

12e arrondissement

Place d’Italie

14e arrondissement

© Philippe Schaller & Jean-Baptiste Thiriet

Deux adresses qui concentrent des médecins en secteur 1 sont un peu particulières : le 87 boulevard de Port-Royal, dans le nord-ouest, est l’adresse de SOS Médecins, et le 15 rue Berlier, dans le sud-est, celle des Urgences médicales de Paris.

DEUX SECTEURS, DEUX PRATIQUES La tarification médicale est divisée en deux secteurs. Un médecin en secteur 1, à honoraires opposables, respecte les tarifs fixés par la Sécurité sociale. C’est 23€ pour une consultation chez un généraliste, 28€ pour un spécialiste et 41€ chez un psychiatre ou un neurologue. Le remboursement par l’assurance-maladie est de 70%. En contrepartie, les médecins bénéficient de la prise en charge d’une part importante de leurs cotisations sociales. Un médecin en secteur 2, à honoraires libres, ou en secteur 1 avec autorisation de dépassement, fixe lui-même

le montant de ses tarifications. Le praticien est autorisé à dépasser le tarif conventionnel avec « tact et mesure », il doit moduler en fonction de la situation de chaque patient. Le Collectif interassociatif sur la santé (CISS) critique « une notion difficile à définir qui n’empêche en rien les excès ». Ce secteur 2 n’est ouvert, depuis 1998, qu’aux anciens chefs de clinique, assistants et praticiens hospitaliers à temps plein. Si c’est le cas de nombreux spécialistes, c’est en revanche beaucoup plus rare chez les généralistes. Le dépassement n’est pas remboursé par l’assurance-maladie

et cette dernière ne prend pas en charge les cotisations sociales de ces médecins. Un nouveau secteur a été publié au Journal officiel en mars dernier : le secteur optionnel. Les praticiens s’engagent à assurer un minimum de 30% de leur activité au tarif opposable et à respecter un plafond maximal de dépassement par acte technique - 50% du tarif conventionnel -, les actes cliniques étant soumis au tarif conventionnel. En contrepartie, ces praticiens bénéficient d’une prise en charge d’une partie de leurs cotisations sociales. 13


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PATRON CHERCHE

PAPIERS Par Virginie Tauzin Photographie : Mathieu Génon

Le mois dernier, plusieurs médias ont porté un coup de projecteur sur la situation de Charif, entrepreneur ivryen menacé d’expulsion. Entre amertume, coups durs et promesses salvatrices, il nous reçoit dans l’appartement qu’il s’apprête à quitter pour se réfugier à l’hôtel, à la veille du second tour de la présidentielle.

U « La médiatisation ne m’a apporté que des ennuis. Depuis, tout le monde s’acharne contre moi : les inspecteurs du travail, le fisc... Ils me demandent de remonter trois ans en arrière et de leur fournir une montagne de documents. »

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n gros camion de déménagement est stationné à l’entrée de l’immeuble. Charif, petites lunettes et survêtement sombre, nous fait monter chez lui même s’il prévient qu’il n’y a plus rien à voir, rien à faire. C’est un appartement presque vide : en un week-end, tous les meubles ont été vendus, l’électroménager avec. Pour le lit du petit, il se pose la question, c’est un peu plus dur de l’abandonner. « Si je vous reçois, c’est bien parce que je m’y étais engagé », dit-il. On sent bien qu’il n’a pas que ça à faire. Et qu’il n’est pas sûr de devoir communiquer à nouveau. Son histoire, telle qu’elle a été narrée dans plusieurs titres de presse et sur quelques stations de radio le mois dernier, est celle d’un patron de 34 ans à la tête d’une entreprise prospère et bien gérée, contraint de licencier la totalité de son personnel après avoir reçu un avis d’expulsion vers l’Algérie. Bel exemple du raccourci journalistique : si Charif a, en effet, reçu une obligation de quitter le territoire français, il a renvoyé ses salariés non pas « à cause des papiers, mais parce qu’un client a mis la clé sous la porte et a disparu dans la nature avec les 70  000 euros qu’il me devait  », rectifie-t-il, agacé par cette surenchère médiatique qui l’a « décrédibilisé ». « Personne ne parle jamais du drame des petits entrepreneurs qui vivent ce genre de choses, déplore-t-il. En revanche, les sans-papiers, ça ça intéresse les médias.  » Charif ajoute d’autre part que


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Charif, entrepreneur menacé d'expulsion, dans son appartement vide d'Ivry.

les 13 employés dont il est question dans quelques-uns de ces articles étaient des jeunes en contrat d’apprentissage qui se sont succédé au cours des trois années d’existence de son entreprise de câblage. Vu comme ça, le titre « Faute de papiers, il doit se séparer de ses 13 employés », lu sur le site Internet d’un grand quotidien national de droite, fait mouche. DANS L’ATTENTE DU PIRE Il n’en reste pas moins que, si les deux événements n’avaient au départ pas de lien de cause à effet, le non-renouvellement de sa carte de séjour empêche aujourd’hui Charif d’obtenir un recours au tribunal et de redresser ainsi son entreprise «  qui existe toujours. Je continue d’ailleurs de déclarer l’argent que je gagne », précise-t-il. Jusqu’à la fin du mois d’avril, il assurait encore le travail de cinq personnes. Mais tout s’est soudain précipité : « La médiatisation ne m’a apporté que des ennuis, dit-il. Depuis, tout le monde s’acharne contre moi : les inspecteurs du travail, le fisc... Ils me demandent de remonter trois ans en arrière et de leur fournir une montagne de documents. » Si tout est en règle, ces contrôles ne pourraient-ils pas aboutir à l’obtention d’une carte de séjour ? « Je ne sais pas, on ne me dit rien. D’un autre côté, s’ils trouvent la moindre faille, c’est foutu. » En attendant, Charif se prépare au pire. Dans quelques jours, il aura, avec sa femme et leur fils de presque deux ans, quitté leur appartement d’Ivry pour un hôtel parisien. Les clés du local de l’entreprise ont elles été rendues quelques jours plus tôt à leur propriétaire. « Aujourd’hui, j’ai tout perdu. Mais au moins s’il faut partir, tout est réglé : les salariés ont touché leur solde de tout compte, les avocats sont payés à l’avance, je ne dois plus rien à personne. On est prêt. » UN CERTAIN ENTREGENT Depuis sa création en 2009, l’entreprise prestataire de services pour des fournisseurs d’accès Internet et de téléphonie a fructifié en passant « des câbles en fibre optique en souterrain, notamment sur tout le 13e, une partie du 5e et plusieurs

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communes du Val-de-Marne ». Ses employés, Charif les a progressivement recrutés au Pôle emploi d’Ivry, où il est formateur. «  Je me déplace voir les jeunes, je leur explique ce que je fais, et je les prends en apprentissage chez moi pour deux semaines. Je suis aussi parrain à la mission locale  », expliquet-il. Puis, cinglant : «  Je vous laisse les délinquants algériens, nous les chefs d’entreprise, on s’en va. » Il est intégré à la société française au point d’avoir un certain entregent. D’ailleurs, il vient de recevoir un texto d’un élu d’Ivry qui, apparemment inquiet, vient aux nouvelles. Des soutiens, Charif en a quelques-uns. Et pas n’importe lesquels. Il ne cite de pas de noms «  pour ne pas compromettre mes chances », mais lâche qu’il s’agit de maires et de ministres. On apprend également qu’un très proche de François Hollande l’a appelé personnellement pour leur garantir, à lui et sa femme, étudiante algérienne, une porte de sortie après le 6 mai. Le 20 avril, le candidat socialiste a lui-même réagi, dans la matinale d’Europe 1, à un reportage sur la situation de Charif : « Il aura peut-être la reconduction de son titre de séjour [...]. C’est contre cette politique absurde que je veux m’élever.  » Quant à son avocate, la reconnue et médiatique défenseure des droits de l’Homme Anne-Marie Soubré M’Barki, elle lui a été conseillée par une connaissance. RÉSULTAT DU SECOND TOUR Dans ce contexte, il y aurait de quoi se sentir confiant. Mais, assis au pied de son immeuble, l’entrepreneur regarde tout autour de lui : «  Où sont-ils mes soutiens aujourd’hui ? Je ne les vois pas.  » Quelles que soient les promesses entendues, aucune ne le rassure. Pire, la panique le gagne : « Je suis tout le temps sur les nerfs. Vous entendez ce bruit ? Ce doit être un aspirateur. Ce bruit je ne le supporte pas. J’ai souvent envie de pleurer mais je ne sais pas pourquoi. J’hésite entre pleurer pour l’argent, les papiers ou les 8 années perdues en France. » En général, gauche ou droite, Charif ne fait pas la différence. Mais cette fois, il est conscient que son sort peut dépendre du résultat du second tour de la présidentielle. Tout en prenant une nouvelle fois soin de ne pas citer de noms, il résume : « Si l’un passe, le 7 c’est sûr, je suis dans un avion vers l’Algérie, où personne ne m’attend et où je n’ai rien. » Si c’est l’autre, « je lui téléphone le lendemain à la première heure ». " 17


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OLYMPIADES 40 ANS APRÈS

GHETTO OU CITÉ IDÉALE

Par Jérémie Potée Photographies : Mathieu Génon

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?


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U

n demi-million de mètres carrés de surface, sept tours de 33 étages, trois barres d’immeuble, trois centres commerciaux. Les Olympiades sont cet immense ensemble urbain construit en 1972 pour qu’y cohabitent 10 000 habitants, cadres et ouvriers. 40 ans après, nous avons voulu prendre le pouls de ce symbole parisien de l’urbanisme sur dalle. Évacuons d’emblée un cliché. Les Olympiades ne sont pas Chinatown. La vague d’immigration des années 1970 a certes eu de l’influence, mais elle

DOSSIER

est le fait des restaurateurs asiatiques qui ont remplacé les petits commerces de bouche des origines. « La dalle » est habitée par une infinie variété de profils et ne peut être réduite à sa population asiatique. Tous sont par ailleurs partie prenante d’une autonomie de gestion très atypique à Paris. L’utopie initiale de l’urbanisme sur dalle a-telle donc toujours cours ? Ou alors les Olympiades sont-elles devenues une cité-dortoir peuplée de délinquants ? Dans ce dossier, les jeunes et les anciens nous livrent leur point de vue tout en nuances. 19


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UNE VILLE DANS LA VILLE

© Michel Holley – Avec l’aimable autorisation des éditions Somogy

Que sont les Olympiades en 2012 ? Conçues pour vivre, travailler et circuler, elles sont l’un de ces héritages des Trente Glorieuses que beaucoup se plaisent à dénigrer. Réhabilitée depuis dix ans, « la dalle » est un espace complexe où coexistent riches et pauvres. Il y a de la délinquance, des problèmes de dégradation. Il y a aussi une gestion autonome qui fait de cette immense copropriété une petite démocratie inédite à Paris.

S

ur la terrasse du Nouvô Cosmos, le bar-resto de Mourad inauguré en novembre, on croise à l’heure du déjeuner des piliers de bistrot et de sémillants retraités venus casser la croûte. Alentour, le calme de cet espace épargné par la circulation automobile est de loin en loin rompu par un vrombissement de scooter. Ce sont des

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petits jeunes, ceux qui provoquent l’ire des vieilles dames qui, précautionneusement, se faufilent sur les rampes de cette vaste dalle tout en béton. LA RÉHABILITATION À MARCHE FORCÉE Une vie de quartier que l’on ne pourrait qualifier d’hyperactive, quoique les commerces soient ici légion. Les Olympiades


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Entretien

PAROLES DE GRAND FRÈRE

S « Les Olympiades, c’était une très bonne idée. Je considère qu’on a laissé la fleur se faner. »

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ur la dalle, il y a des ados qui traînent. On les trouve en groupe, à quelques mètres du poste de police, réfugiés sous l’arcade d’un de ces magasins qui évoquent tant l’Asie. Ils ont entre 15 et 20 ans et sont déscolarisés. Certains sont sur la défensive, d’autres parlent volontiers de leur « village  » des Olympiades. Le va-et-vient incessant de ces gamins qui vouvoient poliment le visiteur donne le tournis. Ils se saluent la main sur le cœur, d’un geste rapide après la poignée de main. Parmi eux, Olivier Lobeau a retenu notre attention. À 34 ans, c’est un « grand frère  ». Il a grandi aux Olympiades, connu le trafic de stups et la détention. Il se rêve maintenant en associatif au service de l’émancipation des petits. Pour cela, il a accepté de participer à un reportage d’Envoyé Spécial, tourné en juin 2010, lequel a viré au cauchemar (voir encadré). Son regard affûté sur la situation des plus jeunes, sur lesquels il a de l’influence, nous a semblé des plus précieux.


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Le 13 du Mois : Tu as grandi aux Olympiades. Depuis 10 ans, avec les travaux de désenclavement, on dit que ça s’est amélioré. Qu’en penses-tu ? Olivier Lobeau : Non, c’est pire. Quand j’avais 17 ans, deux équipes d’éducateurs se relayaient pour venir nous voir. Maintenant, tu peux rester ici pendant un mois, tu ne verras passer personne. À l’époque, on nous proposait des petits contrats de déménagement d’une tour à l’autre. Nous, les trentenaires, on l’a tous fait. Je ne dis pas qu’on était tous des gentils, mais au moins on avait ça, et ça n’existe plus. Alors, oui, c’est vrai, il y a eu des travaux. Une antenne « jeunes » a été créée, mais c’est aux gamins d’y aller, personne ne vient à eux. Et que font-ils là-dedans ? Ils vont sur Internet, sur Facebook, c’est tout.

DOSSIER

À part ça, est-ce qu’on est déjà venu nous demander si les choses allaient bien ? Les jeunes traînent, les gens se plaignent. Je comprends ça, moi non plus je ne supporterais pas ce bordel sous mes fenêtres. Alors, qu’est-ce qu’on propose ? Moi, je dis à la Mairie : donnez-nous juste un local, il y a de la place aux Olympiades ! On ne demande pas de subventions, on souhaite juste un lieu de réunion sous la responsabilité des plus vieux - il y a des pères de famille parmi nous - pour éviter que les jeunes soient dehors. On m’a répondu : « Si vous faites ça, vous allez y mettre un trafic de drogue. » Je ne cache pas que j’ai eu des problèmes, mais je me suis senti méprisé. Pour faire quelque chose avec ces gamins, pour venir leur faire la morale, il faut avoir connu ce qu’ils ont vécu, sinon ça ne marche pas. →

SEPTEMBRE 2010 - FRANCE 2 - ENVOYÉ SPÉCIAL SUR LES « BANDES » DES OLYMPIADES

DÉSINTOX CONTRE JOURNALISME DESTRUCTEUR

Analyse plan par plan du reportage d'Envoyé Spécial du 16 septembre 2010.

E

n septembre 2010, Le 13 du Mois avait à peine déposé ses valises dans l’arrondissement qu’un lycéen tombait dans le coma après un passage à tabac, rue de Tolbiac. Un fait divers vite monté en épingle. L’huile sur le feu, ce fut ce reportage d’Envoyé Spécial diffusé deux jours plus tard. On y voyait un « phénomène de bande » mis en image à l’aide du décor, idéal il est vrai, des barres et tours intimidantes des Olympiades. Or, la journaliste Anouk Burel - que nous ne sommes jamais parvenus à joindre - était venue avec les meilleures intentions, rapporte Olivier Lobeau. C’est même lui qui

s’était chargé de lui « ouvrir les portes  » pour faciliter ce qui lui avait été présenté comme un reportage sur la jeunesse et la diversité. En lieu et place, un reportage racoleur qui a durablement marqué les esprits aux Olympiades. « ON S’EST TOUS FAIT AVOIR » Olivier Lobeau s’est livré pour nous à un exercice de désintox. Entre autres nombreux exemples, des images de gamins de la dalle au visage flouté qui semblent se battre. Lui nous révèle qu’il s’agissait en réalité de taquineries en marge d’une banale partie de foot. « Pourtant, ils ont pris

des heures de rush. J’étais moi même surpris, je n’avais jamais entendu les jeunes se confier autant, parler de leur mal-être et de leurs rêves. Autour, c’était la Fête de la musique, qui se tenait pour la première fois aux Olympiades, avec de la musique classique, de belles choses. De tout ça, il n’est rien resté et on s’est tous fait avoir. » Entendez par là que c’est l’histoire d’une opération de com’ qui a mal tourné pour tout le monde. On y voit Ghislain Brycks, fondateur de l’association Malaïkas constituée après le terrible incendie du boulevard Vincent Auriol. Présenté comme un «  grand frère  », il était selon nos informations dans les petits papiers de la Mairie pour monter en grade. Nous avions à l’époque tenté de le contacter. Nos appels sont longtemps restés vains avant qu’il ne change de numéro de téléphone et disparaisse de la circulation, comme son association. Olivier Lobeau confie que s’il a lui-même accepté de participer au reportage, c’était sur l’insistance de Ghislain Brycks et dans l’espoir de pouvoir intégrer le milieu associatif. Un an et demi après, il dit encore avoir de la peine à se relever de cet épisode. Il a demandé un droit de réponse, en vain. « Il fallait voir leur tête quand ils ont vu le reportage pour comprendre ce que le mot déception veut dire  », conclut-il, amer, à propos des ados des Olympiades interrogés par Anouk Burel. 23


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DOSSIER

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L’INVENTEUR CONTROVERSÉ DE L’URBANISME SUR DALLE 40 ans après, l’architecte en chef des Olympiades publie Urbanisme vertical & autres souvenirs, ouvrage passionnant qui retrace l’histoire de ses réalisations. Rencontre.

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ichel Holley est un monsieur à la silhouette élevée et longiligne qui n’est pas sans évoquer les tours dont il est le bâtisseur. L’analogie peut également s’appliquer à son discours. À 87 ans, il a une hauteur de vue proportionnelle à son expérience : cet homme n’est rien moins que le père de l’urbanisme sur dalle. Beaugrenelle et Bobigny, c’est lui. Les premières esquisses de la tour Montparnasse, c’est lui aussi. La liste de ses réalisations est longue, vertigineuse même. Sans cet homme et son mentor Raymond Lopez, Paris n’aurait pas la même gueule. Une gueule défigurée, pour certains. PAS DE POLÉMIQUE On nous l’avait d’ailleurs décrit comme un être désenchanté, meurtri par les critiques. C’est pourtant de bonne grâce que l’inventeur des Olympiades est venu

à notre rencontre au Lilly’s Café, sur la dalle. N’empêche, il met tout de suite en garde : « Je ne suis pas là pour entendre parler de polémique. La décision de bâtir les Olympiades a été prise voilà 50 ans. Si c’est décalé maintenant, je ne peux pas vous dire. On dit maintenant qu’il y a des dealers, mais à l’époque la profession n’existait pas ! » Voilà pour le préambule. Du bout des lèvres, on ose quand même poser la question : « Si vous aviez à recommencer, changeriez-vous quelque chose ?  » Un instant de réflexion, et la

« On dit qu’il y a des dealers aux Olympiades. Mais, que voulez-vous, à l’époque, la profession n’existait pas ! »

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13e ŒIL

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Reportage

Le 4 mai, JMLG affronte Xavier Bertrand, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé, sur le plateau de LCI. Deux jours après le débat des candidats, celui des lieutenants.

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13e ŒIL

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COMMENT LE GUEN A FAIT CAMPAGNE POUR HOLLANDE Par Philippe Schaller Photographies : Mathieu Génon

Le 14 avril, le député Le Guen effectuait un porte-à-porte rue Jeanne d’Arc. Mais à 12h30, beaucoup de portes restent fermées.

L

e 6 mai 2012, François Hollande devient le septième président de la 5e République. JeanMarie Le Guen, député de la 9e circonscription, adjoint au maire de Paris et « M. Santé  » du candidat socialiste, triomphe, mais d'une joie contenue. « C'est une grande émotion, pour une grande victoire », lâche-t-il simplement.Certains le voient déjà ministre, lui assure que les postes n’ont

pas encore été distribués. Pour le député de Paris candidat à sa propre succession, c’est en tout cas la fin de plusieurs semaines d’une campagne éreintante, sa mission est accomplie. Depuis un mois, il multipliait les déplacements et prises de parole publiques en faveur de François Hollande. Ce proche de Dominique Strauss-Kahn a tenté de faire oublier son tardif soutien au candidat socialiste par un travail assidu sur les questions

de santé. Retour sur cette dernière ligne droite.

— 5 AVRIL — J-17 avant le premier tour de l’élection présidentielle, un mois avant de savoir quel bord politique l’emportera. Pour Jean-Marie Le Guen, c’est le moment de mettre les bouchées doubles. François Hollande l’a nommé responsable des questions de santé au sein de son équipe → 29


13e ŒIL

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Récit

COMMICO — Par Didier Fossey Illustrations Mai Lan

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13e ŒIL

Didier Fossey, policier-écrivain, nous a contacté après l'incendie accidentel du commissariat. Voici son récit d'une carrière de flic au « commico » du 13e.

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PORTRAIT

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SES DATES

6 JANVIER 1950 Naissance à Nancy (Meurthe-et-Moselle)

1974 S’encarte au Parti socialiste

1983 Première élection à la députation dans la 14e circonscription de l’époque qui couvrait les quartiers de Croulebarbe et de Maison-Blanche

1997 Député de la 10e circonscription face à Jacques Toubon

2001 Ravit la mairie du 13e arrondissement à Jacques Toubon

2007 Réélu une quatrième fois député, il cède la mairie à Jérôme Coumet en vertu du non-cumul des mandats. Arrête définitivement l’exercice de la médecine.

2012 Annonce qu'il se représente à la députation sans étiquette

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ÉLECTIONS

2012

PORTRAIT

Serge Blisko

Par Virginie Tauzin Photographies : Mathieu Génon

La dissidence tranquille

Serge Blisko relance le suspense dans la 10e circonscription en annonçant qu'il se présente sans étiquette face à Denis Baupin, soutenu par le PS dans le cadre de l’accord avec les Verts. Pas résigné, le député n’allait pas se priver d’une énième campagne électorale sur ses terres.

L

orsque Serge Blisko tire ses nouvelles cartes de visite, fraîchement arrivées, de leur enveloppe, la scène rappelle mécaniquement ces bulletins que l’on dépouille, c’est de saison. Légère surprise dans les urnes : sous l’inscription « Président du conseil de surveillance de l’hôpital Sainte-Anne » apparaît « Député de Paris ». Au vu de son impassibilité quand on l’interroge du regard, l’élu ne fait pas grand cas d’une ligne que l’élection législative pourrait contredire dans une poignée de semaines. Serge Blisko est bel et bien député, mais il ne doit pas le rester. C’est en tout cas ce qu’a décrété le Parti socialiste, en fourrant la 10e circonscription dans la poche de l’écolo Denis Baupin. Si le scrutin était parti pour être rasoir, voilà que Blisko le rend bien plus tranchant. Réjouissant. Pourtant, quand il évoque l’épisode, aucun frétillement n’est à repérer dans sa fine moustache. « J’avais quand même toujours laissé entendre que je me présenterai. On ne peut pas vraiment parler de retournement de situation. » Ou comment envisager la chose avec minimalisme : il voulait y aller, les militants voulaient qu’il y aille, alors il y est allé. Et qu’avezvous entendu au PS suite à cette décision ? « Rien. » On frise le non-évènement. « PLAN SOCIAL SANS ENTRETIEN PRÉALABLE » Serge Blisko est député, et tout dans son attitude indique qu’il l’est de longue date. Seigneuriale sur les bords, avec cette assise granitique, bras reposés sur le dessus du ventre, ce menton haut, cette absence de remous dans la voix et ce regard qui ne perd jamais le

fil. Le comparer à Raminagrobis relèverait de l’extravagance si ce n’était que, politiquement installé dans le 13e depuis 30 ans et à la tête de cette 10e circonscription depuis 15, il n’allait pas s’en faire chasser sans un coup de griffe. On y arrive : « Je connais assez bien mes camarades du PS pour savoir que les décisions sont annoncées par communiqué de presse. On vous appelle quelques temps avant, on vous laisse entendre que c’est difficile et que ça pourrait tomber sur vous, mais ensuite ce sont les bruits de couloir qui vous informent. J’ai été victime d’un plan social sans même un entretien préalable ! » Et de lâcher les mots « stalinien » et «  hypocrite  » pour qualifier sa famille politique. Les Verts ne méritent guère mieux : Denis Baupin ? « Un faux-nez », lance-t-il, assurant toutefois qu’il n’y a rien de personnel. « Son problème, c’est qu’il n’intègrera pas le groupe socialiste de l’hémicycle. » Les autres, « ils nous emmerdent déjà. M. Placé a une grosse voiture, il a réussi sa vie. » Là est le privilège des gros bonnets à bouteille : y aller sans craindre le retour de bâton. « Quand on me dit que le PS ne va pas être content, je rigole. » S’il est réélu, il l’assure, tout sera oublié dans six mois : la politique a la mémoire courte avec les vainqueurs. Serge Blisko se paie même le luxe de se priver du registre de la vengeance, estimant que le siège à l’Assemblée lui revient tout naturellement. PROTÉGÉ DE LA FAUTE NARCISSIQUE Son expérience vaut, selon lui, ticket d’entrée. «  En psychiatrie, j’ai mené un combat compliqué pour que les droits des malades → 45


LOISIRS

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Bobo ou bon plan ?

LA CITÉ DE LA MODE N’EST PLUS, VIVE LES DOCKS ?

→ LE CONTEXTE

Par Raphaëlle Peltier Photographies : Mathieu Génon

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Un peu comme Godot, on l’attendait sans plus vraiment y croire… Le projet d’une Cité de la mode et du design est né en 2002, lancé dans un rapport pour le ministère de l’Industrie par Pascal Morand, directeur de l’Institut français de la mode, et Gérard Laizé, directeur de Valorisation de l’innovation dans l’ameublement. En 2004, la Ville de Paris décidait de l’installer en lieu et place des anciens Magasins généraux, quai d’Austerlitz. Le projet a démarré sur les chapeaux de roue. Mais après la livraison du bâtiment en 2008, il a enchaîné les coups d’arrêt. Les bailleurs ne se sont pas bousculés pour occuper les boutiques et les restaurants, les événements organisés sur place, notamment plusieurs défilés de mode, ont fait apparaître des erreurs de conception... Seul l’Institut français de la mode s’y est finalement installé. La Cité de la mode et du design a changé de mains par deux fois, pour être finalement confiée au tandem formé par le cabinet Clipperton Développement et le créatif Cyril Aouizerate. Leur projet comprenait des espaces d’exposition et de vente, plusieurs restaurants plus ou moins haut de gamme et un club. « On n’est pas là pour faire de ce lieu un truc élitiste pour bobos du Marais. Il faut que les habitants du 13e, et tous les parisiens d’ailleurs, s’y retrouvent », promettait alors Cyril Aouizerate. Une nouvelle vague de travaux plus tard, une partie des lieux a finalement ouvert au public le 13 avril dernier.

C’est l’aboutissement d’un projet vieux de près de dix ans. La Cité de la mode et du design a finalement ouvert ses portes au public sous un nom nouveau : Les Docks. Le lieu tant attendu, dont on craignait qu’il soit plus tourné vers les Parisiens branchés que vers le 13e, vaut-il le détour ? Visite guidée des premières expositions avant d’aller faire un tour le mois prochain du côté des boîtes et des restos.

L

e principal argument de la Cité de la mode et du design version 3.0 est l’espace d’exposition confié au musée de la mode de la Ville de Paris, le musée Galliera, fermé jusqu’au printemps 2013 et qui « exporte » une partie de son fonds. Au menu des deux premières expositions temporaires, des raretés  : la collection personnelle de l’un des pères de la couture, Cristobal Balenciaga (1895-1972), et l’intégralité de la collection printemps-été 2012 de la maison Comme des garçons. Les amateurs de mode - d’ailleurs surreprésentés parmi les visiteurs, au vu des tenues extravagantes de certains - s’y retrouveront, mais pas seulement.


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CURIOSITÉS POUR FASHIONISTAS La découverte des vêtements traditionnels et folkloriques que Balenciaga collectionnait permet de mieux comprendre comment il créait ses vêtements. La beauté singulière, les détails très travaillés des pièces présentées par Comme des garçons parleront certainement aux amateurs d’art. L’installation en elle-même, pensée par la styliste de la marque, Rei Kawabuco, vaut le détour. Les tenues immaculées sont présentées dans des bulles transparentes qui se fondent à merveille dans l’esthétique très épurée, bois et béton nu, des Docks. Toujours côté mode, une déception tout de même. Une styliste, Yinqing Yin, est actuellement en résidence à la Cité de la mode et du design. Quelques-unes de ses créations, des robes de soirée minutieusement drapées aux couleurs très douces, sont exposées à l’entrée de son atelier. Mais il n’est pas possible de la rencontrer ou de découvrir de plus près son travail, ce qui peut s’avérer assez frustrant pour ceux qui espéraient voir la créatrice à l’œuvre. VOIR OU FAIRE DES EMPLETTES Toujours au même étage, le seul véritablement occupé à l’heure actuelle, se trouvent aussi plusieurs boutiques, les unes dédiées à la mode, les autres au design. Parmi elles, un « multimarques », PLG by Pigalle, qui s’est installé pour durer et un magasin éphémère, dont le

Le magasin éphémère Bleu de Paname.

Exposition de vêtements traditionnels et folkloriques collectionnés par Balenciaga.

bailleur devrait changer tous les six mois. Le premier à l’occuper est Bleu de Paname, une marque de prêt-à-porter inspirée des vêtements de travail des années 19701980. À partir de 100 euros environ, les pièces ne sont pas pour toutes les bourses, mais la boutique vaut quand même le détour : les deux fondateurs de la marque sont très souvent là pour répondre aux curieux. Ils envisagent également d’y installer un atelier où seraient assemblés «  en direct  » certains vêtements. De l’autre côté de la grande esplanade qui sert de vestibule aux Docks se trouvent trois galeries consacrées au

design, principalement de décoration et d’ameublement. Là aussi, à 400 euros la chaise de bar, on ira plus pour le plaisir des yeux que pour meubler son appartement. BILAN D’ÉTAPE Quelques semaines après l’ouverture au public, une grande partie de 12 000 mètres carrés du bâtiment est encore vide ou inaccessible. Les restaurants, le bar et le club qui complèteront les Docks ouvriront au compte-goutte d’ici l’été. L’inauguration du salon de thé bio est prévue pour le 13 mai. À la fin du mois, devrait suivre celle d’un restaurant géré par l’équipe du Social Club et du Silencio, deux des discothèques les plus réputées de la capitale. Si tout se déroule conformément au programme, c’est ensuite la terrasse qui ouvrira à l’été, occupée par un restaurant-bar lounge et un club, antenne du renommé Baron sur la rive gauche. Autant de noms qui parleront certainement aux branchés parisiens. Quant aux habitants du 13e, ça reste à voir. " EXPOSITIONS TEMPORAIRES : Tarif plein à 6€. Deux tarifs réduits : 4,50€ pour les seniors et les chômeurs et 3€ pour les 14-26 ans. Jusqu’au 7 octobre. Ouverture du mardi au dimanche 10h à 18h. Informations sur www.paris-docksen-seine.fr 53


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Culture culinaire

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En collaboration avec le blog culinaire de Philippe Bui Do Diep - www.canardumekong.com

BAGUETTES À LA MAIN, PHILIPPE BUI DO DIEP VOUS CONVIE CHAQUE MOIS À LA DÉCOUVERTE DE LA CULTURE ASIATIQUE

MES ÉPICES POUR UN RÔTI !

L’ Voici comment préparer l’une des spécialités les plus connues de la cuisine cantonaise, une poitrine de porc rôtie dont la couenne dorée et croustillante à souhait est parfumée à la poudre d’épices.

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association du clou de girofle, de la cannelle chinoise, de la badiane, des graines de fenouil et du poivre de Sichuan est plus connue en France sous le nom de cinq épices mais l’appellation chinoise, plus poétique - littéralement « poudre de cinq parfums  » - est en outre promesse d’aventure puisque, dans cette recette, l’équilibre des saveurs nécessitera votre contribution. TOUTES LES SAVEURS DE LA TERRE DANS UN MÉLANGE D’ÉPICES Très populaire dans le sud de la Chine, ce mélange d’épices est tiré de la philosophie alimentaire préconisée par l’harmonie du yin et du yang. Pour être en bonne santé, la pharmacopée orientale recommande certes des ingrédients sains, mais également une certaine

cohérence dans les plats. Ils doivent refléter les cinq saveurs extraites des produits de la terre : salé, sucré, acide, amer et pimenté. Il suffit de goûter séparément chaque épice pour les retrouver. La douceur de la cannelle face à la force des clous de girofle, les picotements caractéristiques du poivre ou le côté anisé du fenouil et de la badiane… une composition gustative complexe, véritable défi pour les maîtres du wok ! Avis aux amateurs plus prudents, on peut


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Par Emmanuel Salloum

Bon plan resto - Chez Mamane

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LE RETOUR DU

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Perché sur les hauteurs de la Butte-aux-Cailles, Mamane distille sa bonne graine depuis près de 25 ans. Avis aux amateurs de couscous, aux fauchés et aux bons vivants : après une courte fermeture, le resto vient de rouvrir à dix pas de son ancienne adresse.

«

Le changement, c’est maintenant », a été contraint de se dire Abderrahmane Taibi, il y a quelques mois, quand le bail commercial de son restaurant au 25 de la rue des Cinq Diamants a pris fin. Mais après avoir œuvré 23 ans sur la Butte-aux-Cailles, il ne pouvait décemment pas quitter le quartier sans désoler une foule d’habitués… Coup du sort, le local du 27 se libère, et c’est donc seulement dix mètres plus loin que « Mamane » - comme tout le monde l’a toujours appelé - va pouvoir relocaliser son affaire de gastronomie algérienne.

Les fidèles sont ravis. D’autant qu’ils ont largement gagné au change. Ils ne regretteront pas les toilettes un peu vétustes et la promiscuité de l’ancienne salle. La nouvelle a été refaite à neuf et la déco soignée. À l’entrée, l’incontournable bar puis une demi-douzaine de tables de six couverts le long d’un mur en pierre surmonté d’une grande fresque bigarrée aux motifs animaliers. Ce sont les élèves de l’École d’arts graphiques Estienne qui s’y sont collés. Les artistes Cola et Miss. Tic, des habitués, ont également apporté leur touche çà et là dans le resto. Au fond de la petite salle, la cuisine. Par le passe-plat on aperçoit la frimousse souriante de Mamane, seul au poste derrière ses casseroles, sept jours sur sept. Même à 73 ans, pas question de déléguer. Même cuistot, même recette, même succès. Son secret : «  Je travaille avec bon cœur.  » Sa spécialité : le couscous kabyle, plat unique du restaurant, mais décliné en six variantes. CHALEUR ORIENTALE Les végétariens se contenteront du couscous nature : semoule aérienne, moelleuse et parfumée, légumes croquants - carottes, oignons, pois chiches, navets, céleri et courgettes - relevés d’une touche de coriandre. Les autres choisiront de l’agrémenter de brochettes, merguez, pièces de poulet, gigot d’agneau ou mouton. Ou bien ils ne choisiront pas en optant pour le couscous

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royal, copieux assortiment très réussi. La viande est tendre sans être grasse et servie en quantité. Les plus gourmands pourront toutefois réclamer du rab de semoule ou de légumes. Mais on vous conseille de garder un peu de place pour les desserts, d’irrésistibles pâtisseries maghrébines provenant de l’épicerie Le p’tit souk, rue de Patay : cornets, makroutes, baklavas et cornes de gazelle, à 2 euros l’unité. Pour accompagner le tout, la carte des vins est à l’image du restaurant, simple mais efficace, à sélectionner au verre, au pichet ou à la bouteille. Autant coller à l’ambiance orientale et se laisser tenter par un savoureux cru algérien, avant de terminer en dégustant un thé à la menthe. Chez Mamane, on apprécie le service souriant et chaleureux, l’atmosphère conviviale, on prend le temps de discuter avec ses voisins, on ne regarde pas la montre. D’ailleurs, passé 20 heures, il vous faudra probablement attendre au bar qu’une table se libère, ou repasser plus tard, le chef, jamais fatigué, continue de cuisiner après minuit. " Chez Mamane 27 rue des Cinq Diamants. Ouvert de 16h à 2h tous les jours, service uniquement le soir à partir de 19h30. Réservations au 01.45.89.58.87. Couscous de 8€ (nature) à 15€ (royal). Pâtisseries algériennes : 2€/pièce


Le 13 du Mois n°18  

Le magazine indépendant du 13e arrondissement

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