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N°17 13 Avril → 13 Mai | www.le13dumois.fr | En vente le 13 de chaque mois | 3,90 €

↓DOSSIER De la Butte-aux-Cailles aux Olympiades LES

INCONTOURNABLES Ces patrons, associatifs et acteurs culturels qui comptent dans le 13e

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R 28895 - 0017 - F : 3.90 €

↓ET AUSSI Portrait de la dir’ cab’ de Morano, candidate dans le 13e Reportage dans le quotidien du curé de la Butte-aux-Cailles PHOTOREPORTAGE AU STADE FRANÇAIS

* LES BONS PLANS BRUNCHS * SORTIES


SOMMAIRE

CE MOIS-CI, C’EST LÀ QUE ÇA SE PASSE

Avril 2012 — www.le13dumois.fr

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Ozar Hathorah p.12

Polémique autour de la Halle Freyssinet p.16

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La galerie Rosenblum : Mécènes de l'art contemporain p.46

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Basket de rue à Glacière p.52

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Reportage : Le curé de la Butte-aux-Cailles p.28

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Photoreportage : Les coulisses du Stade Français p.37

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N°17 — AVRIL 2012 Édito L'image du mois

LE 13 EN BREF POLITIQUE Échos de campagne

Avril 2012 — www.le13dumois.fr

SOMMAIRE

03 58 07

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SOCIÉTÉ Ozar Hatorah est aussi dans le 13e Conseils de quartier : Qui se soucie de la démocratie ? Polémique autour de l'avenir de la Halle Freyssinet

NOTRE DOSSIER

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De la Butte-aux-Cailles aux Olympiades LES INCONTOURNABLES DU 13e Ces patrons, associatifs et acteurs culturels qui comptent.

Protégée de Nadine Morano, cette ultra diplômée formée à la politique dans les cabinets ministériels expérimente un nouveau champ d’action en s’aventurant sur les terres de la 9e circonscription.

13e ŒIL Reportage : Dans le quotidien du curé de la Butte-aux-Cailles Reportage : Le Parti ouvrier indépendant en campagne pour les législatives Photoreportage : Dans les coulisses du Stade Français, avant le choc contre Toulouse

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PORTRAIT Anne-Sophie Souhaité, la dir' cab' de Morano, candidate dans le 13e

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CULTURE Le billet de Franck Évrard Art contemporain : Les mécènes de la rue du Chevaleret Sorties

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De la Butte-aux-Cailles aux Olympiades LES

INCONTOURNABLES DU 13e

Ces patrons, associatifs et acteurs culturels qui comptent.

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MÉTRO, MON AMOUR, MA HAINE Basket de rue à Glacière

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LOISIRS Culture culinaire : Le Nouvel An bouddhiste Bon plan resto : Les meilleurs BRUNCHS du 13e

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28 S’ABONNER COMMANDER LES ANCIENS NUMÉROS

03 11

Qu’est ce qu’être prêtre au 21e siècle ? Son sacerdoce, ses loisirs, ses revenus : pendant dix jours, Le 13 du Mois a suivi François Lainé, curé de la paroisse Sainte-Anne de la Butte-aux-Cailles.

Photographie de couverture Mathieu Génon

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EN IMAGES ²

© M.G.

LE 13 EN BREF

COMMISSARIAT DU 13e : APRÈS L’INCENDIE, OÙ CASER LES POLICIERS ? À 5h15 le dimanche 1er avril, un courtcircuit a provoqué un incendie ravageur dans le commissariat du 13e rendant les locaux complètement inutilisables. Cette catastrophe est imputée par les syndicats policiers à la vétusté de l’immeuble de quatre étages bâti en 1967. Les jours suivants, une cellule de crise à ciel ouvert était installée aux abords des lieux, coordonnée par le commissaire Serge Quilichini, tout frais nommé dans le 13e en octobre dernier. Urgence parmi les urgences : trouver à recaser les différents services de police. Ainsi le commandement et les brigades de police-secours sont déplacés dans le 5e, la police de quartier à la vigie de la BNF, la police administrative dans l’antenne des Olympiades. Devant le commissariat, un car de police en stationnement se chargeait de rediriger les administrés vers les commissariats des arrondissements limitrophes. Là, on apprenait que les documents en attente de délivrance - passeports, cartes d’identité, cartes grises etc. - ont été épargnés par le sinistre. Le maire du 13e a quant à lui proposé à la préfecture de reloger le service des plaintes au sein de la mairie, solution qui paraissait acquise à l’heure où nous mettions sous presse. Autre priorité en cette période électorale : les procurations. A priori, le tribunal administratif, situé à l’arrière de la mairie, devrait devenir le point d’accueil unique pour ces démarches. Dernière hypothèse envisagée : l’installation du service de police générale, chargé de délivrer les documents administratifs, dans des locaux vacants proches de la gare d’Austerlitz.

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POLITIQUE

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ÉLECTIONS

2012

Échos de campagne

LE GUEN DE RETOUR AU BERCAIL

© M.G.

CE COUP-CI, BLISKO Y VA !

Serge Blisko, le 1er décembre, lors d’un vote symbolique de contestation contre son éviction.

A

près des mois de suspense, le député de la 10e circonscription est officiellement en dissidence. Mis hors jeu en décembre en vertu de l’accord entre socialistes et écologistes, Serge Blisko avait dû céder sa place à Denis Baupin, le monsieur «  couloirs de bus  » de Bertrand Delanoë. La pilule avait eu d’autant plus de mal à passer que les militants locaux avaient, lors d’un vote symbolique pour la désignation des candidats PS, spontanément proposé leur soutien au député. Une candidature «  de liberté  » avait alors été évoquée par Serge Blisko. Comprendre : si les choses se gâtaient pour les écologistes et Éva Joly, l’élu

se disait prêt à proposer ses services après la présidentielle. Or, alors qu’Éva Joly se casse la figure au sens propre comme au figuré, Serge Blisko a donc décidé d’anticiper. Le 19 mars, il indiquait sur son blog vouloir se présenter pour éviter qu’ « un mauvais score des Verts à l’élection présidentielle hypothèque les chances de la gauche de conserver la 10e circonscription ». Privé de la machine du PS (et de sa caution bancaire...) pour mener campagne, la priorité du moment est de trouver des sous. Une association de soutien a été mise en place pour recevoir les dons des sympathisants. Denis Baupin appréciera.

Guillaume Fillon (EELV) est le premier à dégainer ses affiches de campagne. La trombine du jeune homme est ainsi visible un peu partout dans l’est du 13e arrondissement. Avec un premier meeting le 10 avril sur la péniche El Alamein, l’écologiste s’est lancé dans la bataille bille en tête en conviant pour l’occasion le député-maire de Bègles, Noël Mamère.

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© M.G.

FILLON L’ÉCOLO SORT DU BOIS

Jean-Marie Le Guen est un homme occupé. Chargé des questions de santé dans l’équipe de campagne de François Hollande, le député enchaîne les déplacements en province. Quand il s’agit de rencontrer les personnels hospitaliers, c’est lui qui s’y colle, comme à Gonesse le 5 avril. Il faut dire que l’ancien strausskahnien est dans la «  short list  » pour le portefeuille de la Santé en cas de victoire de la gauche. En attendant, le retour au bercail a été entamé le 11 avril à l’école rouge de la place Jeanne d’Arc lors d’une réunion publique de soutien à François Hollande. Le 4 mai, il se montrera de nouveau à l’école Arago pour un second meeting, avec les législatives dans le viseur.

CUIGNACHE-GALLOIS, DU NOUVEAU CENTRE AU MODEM ? — Candidate Nouveau centre dans la circonscription de Serge Blisko, Édith Cuignache-Gallois a été aperçue en mars au milieu d’une réunion de militants Modem. Celle qui gravite selon les échéances électorales dans le giron de l’UMP ou de sa propre formation est, avec le sénateur de Paris Yves Pozzo di Borgo, à l’origine d’une motion appelant au retrait d’Hervé Morin et au ralliement derrière François Bayrou, motion rejetée par le congrès du parti en janvier. Morin s’étant fait hara-kiri, la candidate se tient informée de l’état de forme des troupes du Modem qui investira ses candidats après la présidentielle. Pour, éventuellement, changer de chapelle ?


SOCIÉTÉ

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CONSEILS DE QUARTIER :

QUI SE SOUCIE DE LA DÉMOCRATIE LOCALE ? Par David Even Photographie : Mathieu Génon

Après dix années de démocratie participative et de conseils de quartier dans le 13e, l’heure est au bilan et il est mitigé : faible participation des habitants, peu de projets porteurs et surtout des soupçons d’instrumentalisation politique.

Étonnant : les conseils de quartier sont notamment un moyen pour le Modem d’exister dans le 13e

L’

ambiance y est la plupart du temps morose. Une quarantaine d’habitants en moyenne, toujours à peu près les mêmes, des retraités et des associatifs aguerris pour la plupart débattent dans un préau d’école élémentaire. Bienvenue dans une réunion publique de l’un des huit conseils de quartier du 13e. On peut, une fois par trimestre, venir y débattre sur des sujets ultras locaux, formuler des doléances, proposer sa candidature pour intégrer le collège habitants après tirage au sort (voir l’encadré «  Comment ça marche  ? »). Parfois on s’écharpe, souvent entre les mêmes «  grandes gueules  » d’ailleurs, avant que l’espace ne se vide passé 20 heures, laissant les derniers intervenants un peu seuls. ÇA INTÉRESSE PEU DE MONDE Les plus motivés peuvent mettre en place des projets  concrets : l’aménagement de la place Souham, la création d’un centre

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social et culturel sur la future ZAC de Rungis ou les «  Aires de Rien  » (voir l’encadré page suivante) sont de ces projets tangibles initiés par des habitants au cœur du processus de décision. Mais il faut l’avouer, le reste du temps ça patine un peu. Le bilan de la démocratie participative du 13e, pourtant plus prometteuse que dans d’autres arrondissements, est sans appel  : les conseils de quartier n’intéressent pas l’immense majorité des habitants et, pire encore, ils réunissent de moins en moins de monde. Des participants par ailleurs bien peu représentatifs de la diversité du 13e : où sont les parents avec enfants, les étudiants et les plus pauvres ? En mai doit d’ailleurs débuter une enquête participative initiée par quatre conseils de quartier afin de trouver les moyens cabinet spécialisé à l’appui - de toucher tous les habitants. MANIPULATION POLITIQUE ? « La faute aux politiques » est la réponse la plus souvent entendue et un peu facile


SOCIÉTÉ

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Polémique Par Philippe Schaller Photographie : Mathieu Génon

LA HALLE FREYSSINET, POMME DE DISCORDE ENTRE L’ÉTAT ET LA MAIRIE

Construite dans les années 20 pour faire face à l’augmentation du trafic de fret, la Halle Freyssinet a été abandonnée par la Sernam en 2006. Depuis, des salons et des défilés l’occupent occasionnellement.

La municipalité envisageait de détruire une partie de l’ancien entrepôt Sernam dans le cadre de l’aménagement de la ZAC Paris Rive-Gauche. Coup de tonnerre début mars quand le préfet de région, Daniel Canepa, a inscrit la Halle Freyssinet aux monuments historiques. Jérôme Coumet crie au parti pris politique.

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L

es discussions sur l’avenir de la Halle Freyssinet allaient bon train, elles se sont soudain interrompues. Daniel Canepa, préfet de Paris et préfet de région, a décidé début mars d’inscrire la halle dans sa totalité à l’inventaire des monuments historiques. Préservation du patrimoine avant tout ? En réalité, la décision aurait des motivations plus sournoises, un nouveau signe des relations tendues entre l’État et la Mairie de Paris. Plusieurs dossiers ont déjà cristallisé leur opposition : le projet des voies


DOSSIER

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DOSSIER

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eur tête ne vous dit rien ? Pourtant, dans l'ombre des politiques, ces patrons, associatifs et acteurs du monde de la culture comptent. Non encartés, ils contribuent, par leur métier ou leur engagement bénévole, à changer le visage du 13e Par David Even, Raphaëlle Peltier et Jérémie Potée arrondissement. Photographies : Mathieu Génon On pourrait les qualifier d’activistes du coin si le terme n’était pas par trop connoté. À leur façon, ils fabriquent de la proximité en assumant leur rôle de pilier de cette ville dans la ville. Sans ces «  incontournables  », le 13e arrondissement ne serait pas tout à fait ce qu’il est. A contrario, sans le 13e, eux ne seraient pas non plus tout à fait les mêmes. Quand un commerçant s’insurge contre les hérésies de la planification urbaine ou lorsqu’un associatif choisit de s’engager auprès des populations déshéritées, son action se justifie souvent au prisme de son parcours personnel et s’en trouve affermie : ils agissent et on les écoute. Ces ressorts se retrouvent aussi chez ceux qui sont considérés par les décideurs politiques comme des empêcheurs de tourner en rond. Alors, cette galerie de portraits a été conçue pour raconter, d’une certaine façon, comment l’intime peut façonner la ville. C’est aussi, plus simplement, le moyen de sortir des sentiers battus et de montrer qui fait quoi dans le 13e. 19


DOSSIER

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PIERRE-HENRI WILTHIEN

LE DÉFENSEUR DES OLYMPIADES

« Ce qui me plaît, ce sont les emmerdements, sinon je resterais devant la télé. Et je ne gueule que lorsque je suis près de gagner » 20

T

ous les jours, des bonshommes à la tenue jaune fluo parcourent les alentours de la dalle des Olympiades. Au McDo de l’avenue de Choisy, dans les tours du secteur, dans les locaux d’EDF : ces agents de nettoyage se chargent de faire reluire les parties communes et privées d’une grande variété de bâtiments. Particularité : ils sont en réinsertion, sous la tutelle de Tela 13. Tela 13, c’est une régie de quartier, une association née en 2003 dans un quartier alors classé «  Politique de la Ville  ». C’est aussi une entreprise qui doit tenir ses comptes et dégotter des clients, comme n’importe quelle autre société, pour ne pas se mettre dans le rouge. À la manœuvre, son charismatique président, Pierre-Henri Wilthien. Connu dans le monde politique local comme conseiller syndical puis président de l’association des Olympiades, il a pris les rênes de Tela 13 à la suite de l’élu Éric Offredo. UN INTERLOCUTEUR INCONTOURNABLE Depuis trente ans qu’il habite cette véritable petite ville - 12 000 habitants pour 3 000 logements -, Pierre-Henri Wilthien a prouvé qu’il était de la trempe des opiniâtres. Toubon, Blisko et Coumet ont un jour ou l’autre eu maille à partir avec cet associatif fort en gueule décidé à sortir la dalle de son enclavement, sans que le copropriétaire ne casque pour les autres. Lui-même l’admet : «  Ce qui me plaît, ce sont les emmerdements, sinon je resterais devant la télé. Et je ne gueule que lorsque je suis près de gagner. Mais quand je gagne, je remercie et ils le savent. » «  Ils  », ce sont donc ces élus avec qui il entretient des rapports constants. On apprend qu’il en a eu certains, dont le maire du 13e Jérôme Coumet, comme étudiants à la Sorbonne. Ce qui facilite les relations, même si l’homme a cette métaphore mordante à propos des élus : «  Ils sont comme l’oiseau qui considère qu’il volerait mieux s’il y avait moins d’air.  » Pour comprendre, remplacer «  air  » par « habitants ».


DOSSIER

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ANNE PENNEAU

JEAN-PAUL RÉTI

A

À

MARIE-BRIGITTE ANDREÏ

DORMIR À LA ARTISTE ET CITOYEN TOUT DONNER POUR BUTTE-AUX-CAILLES UN GRAND ÉCRAN nne Penneau s’est fait connaître du public l’année dernière, au moment de la « crise » qui opposait tenanciers de bars et riverains aspirant au sommeil. Ce sont ces derniers qui ont remporté la bataille : un arrêté préfectoral interdit depuis lors la consommation d’alcool dans les rues du «  village  » à partir de 16 heures. Anne Penneau, professeur de droit à Paris XIII, y est pour beaucoup. Membre très active de l’association locale des riverains et, à plus large échelle, du réseau Vivre Paris !, elle se fait fort d’asticoter bars, élus et préfecture, armes juridiques à l’appui. Elle assume «  sans affect  » son rôle de «  grain de sable  » et légitime son action en s’insurgeant contre ce qu’elle qualifie de clichés : «  On nous dit que la vie nocturne est une question d’attractivité économique. Mais Paris est la troisième ville la plus visitée au monde ! Ce qu’on ne dit pas, c’est ce que la fête coûte plus qu’elle ne rapporte. » Elle en veut pour preuve que la Butte n’est pas morte après l’arrêté. Mais elle se tient sur ses gardes à l’approche des beaux jours. Gare aux contrevenants, Anne Penneau veille.

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travers l'association qu'il représente, l'APLD 91, Jean-Paul Réti est une figure de la lutte que mènent les occupants des ateliers des anciens entrepôts frigorifiques de la SNCF, à Paris Rive-Gauche. Les « Frigos », qui gênaient dans les années 1990 l'avancement de ce chantier titanesque, n'auraient pas résisté à la destruction sans l'activisme de ses troupes. Sculpteur plusieurs fois primé, cet ancien élève de César fait de la ville sa matière. Dans son atelier, ses pièces monumentales suspendues aux murs figurent des environnements urbains que le visiteur contemple de front, tel un « pilote ». Depuis 30 ans, il titille les élus locaux, de Jacques Toubon à Jérôme Coumet. Homme de gauche, Parisien par sa mère, il a connu le bloc soviétique en vivant un temps chez son père, à Budapest. Plus tard, il s’est notamment engagé aux côtés de Jean-Baptiste Eyraud du collectif Droit au logement (DAL). Ce dernier dit de lui qu’il est « d’abord un sculpteur, mais aussi un citoyen ». Son engagement s’étend naturellement à l’urbanisme, à la place des œuvres d’art dans l’espace public ou encore à la démocratie locale. Incontournable dans le 13e, Jean-Paul Réti porte au public cette question qui l’anime : « Qui a droit à la ville ? »

S

i l’en est une qui n’est pas du genre à lâcher le morceau, c’est bien MarieBrigitte Andreï, présidente depuis sa création en 2006 de l’association Sauvons le Grand Écran. Véritable poil à gratter de l’équipe municipale, vous l’avez certainement déjà croisée tract à la main ou dans des réunions publiques dans lesquelles elle s’invite régulièrement pour clamer que la grande salle de spectacle du centre Italie 2 ne doit pas être transformée en boutiques, ni même en une dizaine de petites salles de cinéma, comme c’est la tendance actuelle. La comédienne de 61 ans spécialisée dans le doublage de films et de publicités regrette qu’elle et son association ne soient pas plus entendues par la population. La faute à la Mairie, selon elle, qui «  verrouille tout  et [la] fait passer pour une opposante de droite ». Avoir accepté de figurer en dernière position de la liste UMP lors des dernières municipales, «  seulement pour faire parler de sa cause », assure-t-elle, a sans nul doute été une perche idéale tendue à la majorité de gauche. Mais tant pis pour le catalogage, Marie-Brigitte Andreï prévient qu’elle ne lâchera pas l’affaire.


13e ŒIL

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Reportage

M A VIE DE C U R É Qu’est ce qu’être prêtre au 21e siècle ? Son sacerdoce, ses loisirs, ses revenus : pendant dix jours, Le 13 du Mois a suivi François Lainé, curé de la paroisse Sainte-Anne de la Butte-aux-Cailles.

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ue Bobillot, François Lainé marche d’un pas rapide, une sacoche à la main. La messe débute dans quelques minutes. D’habitude, il porte ostensiblement une croix en argent autour du cou mais, pressé, il l’a oubliée. Sous son pull gris-bleu, le col romain est apparent, si l’on y regarde de près. C’est là l’unique indice, la rue d’ailleurs ne remarque rien. Bientôt, quand il revêtira l’aube et la chasuble soigneusement pliées dans sa sacoche, il sera Père François, l’homme d’Église. Un mardi sur  deux →

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Par Virginie Tauzin Photographies : Mathieu Génon


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13e ŒIL

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13e ŒIL

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Reportage

LE

POI PLUME DE LA POLITIQUE

Anciennement connu sous le nom de Parti des travailleurs et abonné aux scores dérisoires aux présidentielles, le Parti ouvrier indépendant se concentre davantage sur une stratégie locale. Dans le 13e, où le parti est bien implanté, les militants battent le pavé en prévision des législatives.

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Par Virginie Tauzin Photographies : Mathieu Génon

M

ême vaguement, le nom de Gérard Schivardi évoque forcément quelque chose  : lors de l’élection présidentielle de 2007, il était de ces petits candidats livrés en pâture aux médias, parfois même ouvertement raillés sur la place publique. Cinq ans plus tard, le Parti des travailleurs a disparu pour renaître dans le Parti ouvrier indépendant (POI). Pas de


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QUE VEUT LE POI ? — Au niveau local, le POI 13 mène une campagne contre la vente de certains bâtiments de la Pitié-Salpêtrière à la SEMAPA, société d’économie mixte présidée par le maire du 13e, Jérôme Coumet, laissant supposer qu’ils pourraient disparaître ou être privatisés. Les bâtiments concernés sont ceux des ambulances, de l’hospitalisation à domicile, les écoles de formation et l’Usine, où sont concentrés les personnels ouvriers. L’autre lutte est nationale : le rejet du pacte budgétaire européen et de sa fameuse règle d’or.

candidat aux présidentielles cette fois-ci : le POI mise sur le local, les législatives dans le viseur. Si la campagne commence à peine pour de nombreux candidats, le POI s’active déjà dans le 13e : distribution de tracts sur les marchés et autres points stratégiques du secteur, dans les boîtes aux lettres - en ciblant, lutte des classes oblige, les travailleurs, les syndicats et les logements sociaux -, réunions ani-

13e ŒIL mées par le candidat de la 9e circonscription, Emmanuel Dehu. «  Nous sommes actifs toute l’année  », affirme Daniel Schapira, figure historique du parti sur l’arrondissement. « Il y a des gens qui nous connaissent depuis longtemps et il y en a des tas qui disent : “C’est quoi le POI ?”, poursuit le militant. Sur les marchés, c’est dur. Notre formation n’a même pas quatre ans, et puis on est face à un PS très bien implanté qui est une vraie force. » DES TERRAINS DE LUTTE MULTIPLES Il n’empêche, dans le 13e, le POI aussi est une force… de déploiement du moins. Une centaine de militants écument les places publiques avec abnégation, quand la capitale compte en tout quelques 700 adhérents. C’est qu’«  ici, la défense des travailleurs est enracinée depuis longtemps  », explique Yves Lions, cosecrétaire du comité du 13e. Les terrains de lutte y sont multiples  : manufacture des Gobelins, gare d’Austerlitz, centres de santé des cheminots et du Moulinet, mais aussi et surtout hôpital de la PitiéSalpêtrière. Si bien que beaucoup de militants sont inscrits au POI 13 non pas parce qu’ils y vivent, mais parce qu’ils y travaillent. Pour ces élections législatives, l’axe de campagne est tout trouvé : la sauvegarde d’une partie des bâtiments du grand centre hospitalier parisien, dont l’Assistance publique-Hôpitaux de →

Le POI compte une centaine d’adhérents dans le 13e, un joli chiffre pour un parti qui compte 700 adhérents dans tout Paris.

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Photoreportage DANS LES COULISSES DU STADE FRANÇAIS, AVANT LE CHOC CONTRE TOULOUSE

13e ŒIL

Par Julien Badaud Photographies : Mathieu Génon

En attendant la fin des rénovations du stade Jean Bouin prévue pour 2013, les célèbres rugbymen du Stade français Paris ont élu domicile au stade Charléty. Chaque mardi et jeudi, ils ouvrent les portes de leur entraînement au public. Et les accros ne s’en privent pas ! L’occasion pour nous de ramener quelques photos souvenir. Entre préparation physique et supporters survoltés à l’approche du choc contre le frère ennemi, le Stade toulousain, le 31 mars, Le 13 du Mois fait son entrée dans l’ovalie. Ambiance.

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13e ŒIL

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S

ous les tribunes du stade Charléty, trônent les quartiers du Stade français : bureaux, vestiaires, salles de musculation et de soins, espace détente... « C’est l’avantage de Charléty, nous dira Alain Elias, le manager, c’est un vrai centre de vie. Tout est sur place. Alors qu’à Jean Bouin, c’est éclaté sur plusieurs sites. » Il n’existe pas vraiment d’entraînement type, mais plutôt autant d’entraînements qu’il y a de joueurs. Chacun est suivi personnellement et reçoit un programme individuel. «  Ici, on vit comme dans un commando  », plaisante Alexis Savigny, le médecin attitré du Stade français depuis douze ans, qu’on surprendra à demander aux joueurs s’ils ont fait l’amour la veille... Ça n’est pas contre-indiqué, au contraire ! Sur un ordinateur, Chris Dennis, directeur de la préparation physique, relève quotidiennement le poids, la tension, les problèmes physiques éventuels, mais aussi la qualité du sommeil, ou encore l’humeur, « car le mental est aussi très important ». Il adapte ensuite les séances : «  Felipe [Contepomi, demi d’ouverture], je lui fais faire beaucoup

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PORTRAIT

SES DATES 4 AOÛT 1981 Naissance à Bordeaux

2002 École normale supérieure de la rue d’Ulm, Paris

2003 Mémoire de maîtrise sur Nietzsche et Bergman

2004 Passe trois mois à Vienne pour son mémoire sur Elfriede Jelinek

2008 Entre au cabinet de Nadine Morano au secrétariat d’État à la Famille

2009 Prend sa carte à l’UMP

2010 Directrice de cabinet de Nadine Morano au ministère de l’Apprentissage et de la Formation professionnelle

2012 Candidate dans la 9e circonscription de Paris

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ÉLECTIONS

2012

PORTRAIT

Anne-Sophie Souhaité

À BONNE ÉCOLE

Par Virginie Tauzin Photographies : Mathieu Génon

Protégée de Nadine Morano, cette ultra diplômée formée à la politique dans les cabinets ministériels expérimente un nouveau champ d’action en s’aventurant sur les terres de la 9e circonscription.

« N

adine Morano est une femme remarquable, courageuse, battante, énergique. » Ça, c’est fait. On en était à peine à s’enquérir de leur première rencontre, il y a trois ans et demi, qu’Anne-Sophie Souhaité a dégainé : elle nous attendait au tournant. Elle a fait le même coup au tout début de l’entretien, après s’être excusée de ne pas pouvoir recevoir chez elle car la nounou y garde son petit garçon : « Il s’appelle Constantin et il a quatorze mois. » À croire que cette manie de devancer les questions trahit une légère crainte de se faire asticoter - comme s’il y avait matière à asticoter -, ou envahir. Ne pas voir le mal partout, Anne-Sophie Souhaité a peut-être tout simplement l’habitude d’anticiper : c’est son métier.

Tel Michel Blanc dans L’Exercice de l’État, Anne-Sophie Souhaité dirige un cabinet ministériel, celui de l’Apprentissage et de la Formation professionnelle, en l’occurrence. Discrète et laborieuse, elle est dévouée à sa patronne, Nadine Morano. D’ailleurs, elle demande la permission de garder son téléphone sous les yeux, «  si jamais la ministre m’appelle  ». Aujourd’hui, en tentant sa chance face à Jean-Marie Le Guen dans la 9e circonscription, elle s’apprête à jouer la version législative du film de Pierre Schoeller. Un passage de l’ombre à la lumière qui n’abîme pas son teint de fraîche convertie à la politique. Si à 31 ans Anne-Sophie Souhaité n’est pas tout à fait une débutante, elle n’a pas non plus, à la manière d’un Bruno Julliard au Parti socialiste, été élevée au biberon du militantisme.

JUPPÉ, SARKOZY ET MORANO Ses armes, la jeune candidate les a faites dans tout ce que l’école au sens large a de plus prestigieux. Le cocktail Normale sup-Sciences Po-Essec supplément DEA d’allemand a un certain cachet. « J’ai un parcours très techno-intello  », dit-elle, assurant que cela ne l’éloigne de rien ni de personne, et surtout pas des électeurs. Au contraire, il lui sert. Pour la pondération, l’humilité, le sens du bien. «  La philosophie a un caractère engagé  », preuve que tout se marie. Anne-Sophie Souhaité, que l’on appelle au cabinet «  l’encyclopédie  », incarnerait une sorte d’alliance entre l’intelligence d’Alain Juppé et le punch de Nicolas Sarkozy. Ou, bien entendu, de Nadine Morano. S’il y en a une qui confirme, c’est bien cette dernière, qui le lui rend bien  : « Anne-Sophie est une femme à la fois → 43


CULTURE

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PAR FRANCK ÉVRARD — PROFESSEUR DE LETTRES À PARIS-DIDEROT ET ESSAYISTE

A

BROUILLARD AU PONT DES IDÉOLOGIES

rrivé en 1968 dans le bruit et la fureur d’un mai dont j’entendais angoissé les échos de la tour Corvisart, lycéen à Rodin dans les années 70, dans un climat de contestation dont Le Péril jeune (1994) de Cédric Klapisch, mon jeune voisin de l’époque a traduit le mélange d’insouciance et de conscience politique, le 13e m’est toujours apparu comme la terre de l’extrême gauche. Cette évidence se renforça encore quand, pour les besoins d’un essai, je dévorais les romans du «  néo-polar  », ceux de Manchette, Fajardie, Daeninckx. Je retrouvais chez ces écrivains d’obédience trotskiste, anarchiste, maoïste, situationniste, rarement d’accord entre eux, la fièvre politique du dimanche matin, marché Auguste Blanqui. Ces romans d’intervention sociale souvent situés dans le 13e ne tournaient jamais à la propagande simpliste. Au contraire, ayant une conscience malheureuse du monde et d’eux-mêmes, ces personnages un peu dépressifs soumettent les valeurs à un questionnement incessant. À l’épreuve du réel, l’idéologie politique des auteurs s’évanouit du récit. Un des lieux les plus symboliques de cette crise du sens et de l’ordre est la clinique des Gardiens de la paix, boulevard Saint-Marcel. Dans Nada (1972) de Manchette, polar qui détruit cyniquement les certitudes en confondant le terrorisme de gauche et le terrorisme d’État, «  les deux mâchoires du même piège à cons  », c’est dans les vestiaires de ce lieu que le groupe terroriste vient se servir en uniformes policiers… Entre banditisme et engagement politique, braquage et écriture, nombreuses sont les figures troubles et fascinantes qui ont traversé un jour la réalité du 13e  : Pierre Goldman, assassiné par le groupuscule « Honneur de la police » place Hénocque, Régis Schleicher (Action directe), Jacques Mesrine,

Roger Knobelspiess, etc. Le brouillard idéologique s’épaissit encore plus chez Daeninckx, auteur de Nazis dans le métro (1996) qui dénonce «  le glissement massif des gens de gauche  » vers une mystique fasciste. Comme cadre pour cette confusion, Daeninckx a choisi un lieu hautement symbolique de la gauche : la Butte-aux-Cailles. Ancien fief communard connu pour sa vie militante (présence de « Ras le front », Bibliothèque marxiste de Paris etc.), elle abrite la librairie La Caillera, repaire de skins ou d’ex-trotskistes passés au fascisme. Ceux qui reconnurent la librairie du Dilettante, rue Barrault, qui avait édité le sulfureux Limonov, se sentirent un peu perdus. La littérature n’est pas soluble dans la politique. Le caméléon Léo Malet (1909-1996), considéré tel Céline à ses débuts comme un écrivain de gauche, en est la preuve. On peut aimer les pérégrinations de Nestor Burma du côté de Tolbiac, un peu moins le trajet de l’auteur, passé de l’anarchisme à une pensée raciste et antisémite. Ravages de la vieillesse ou rancœur d’avoir été chassé de Paname ? Même pas. Il suffit de relire l’œuvre de celui qui revendiquait être « plutôt un raciste de banlieue ouvrière ». «  Deux krouias, désœuvrés comme seuls savent être désœuvrés les krouias », lit-on dans Brouillard au pont de Tolbiac (1956). Les criminels démasqués par Burma sont d’anciens anarchistes, compagnons d’enfance du héros qui prenaient le parti des faibles. Tout un symbole de la disparition des idéaux anarchistes  ! Faut-il continuer à lire le chantre lyrique malgré lui d’un Paris disparu ? Sans doute. Mais on peut aussi faire comme le Poulpe, l’enquêteur libertaire revu par Daeninckx dans Nazis dans le métro, qui réaffirme ses valeurs politiques et littéraires : « Avant de sortir, Gabriel prit un Charyn et un Vilar qui n’avaient rien à faire avec cette compagnie (les œuvres de Bonnard, Brasillach, Rebatet, Suarez) et laissa les Malet. » © F.E.

© M.G.

Billet

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MÉTRO MON AMOUR,

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MA HAINE

BASKET DE RUE SOUS RAILS 52


LOISIRS

Culture culinaire

Avril 2012 — www.le13dumois.fr

En collaboration avec le blog culinaire de Philippe Bui Do Diep - www.canardumekong.com

BAGUETTES À LA MAIN, PHILIPPE BUI DO DIEP VOUS CONVIE CHAQUE MOIS À LA DÉCOUVERTE DE LA CULTURE ASIATIQUE

POUR LA TROISIÈME FOIS EN 2012 :

MEILLEURS VŒUX ! Après le Jour de l’An puis l’année du dragon fêtée par les Chinois et les Vietnamiens, voilà qu’arrive le Nouvel An bouddhiste que célèbreront Khmers, Laos et Thaïs. Voici une salade de bœuf typique de ces festivités.

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À

partir de la mi-avril, quatre pays d’Asie du SudEst fêteront la nouvelle année, la 2555 ème de l’ère bouddhique. Cette fête s’appelle Thingyan en Birmanie, Chaul Chhnam au Cambodge, Pimai au Laos et Sonkran en Thaïlande. À l’origine, les dates variaient selon le calendrier du bouddhisme theravada mais, contrairement à la Corée, la Chine et le Vietnam influencés par la culture du bouddhisme mahayana, ont décidé d’une date fixe pour faciliter la vie quotidienne. Traditionnellement, ces célébrations sont indissociables d’un retour aux sources familiales avec


LOISIRS

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Par David Even et Emmanuel Salloum

Bon plan resto

UNE ENVIE DE BRUNCH ?

L’ÂGE D’OR

L BR E PL ITI US SH

Autant le dire tout de suite, le brunch de l’Âge d’Or est, si ce n’est le meilleur, au moins le plus copieux du 13e. Surtout depuis qu’il a été entièrement revu au début de l’année. Ambiance, service, qualité et abondance des produits, tout est réuni pour passer un début de dimanche après-midi à se remplir la panse sur la grande terrasse ensoleillée du bar-restaurant. Goran, l’un des deux serveurs, a l’œil encore un peu fermé de celui qui a terminé le service de la veille à 2 heures du matin mais peu importe, de toute façon le dimanche on se sert soimême à l’Âge d’Or. À disposition, un buffet, salé à gauche et sucré à droite, régulièrement réapprovisionné à mesure que ses ressources baissent. Tout est à volonté, même les boissons. Des charcuteries - pas toutes extraordinaires, peut-être le seul bémol -, un grand choix de fromages tous plus goûteux les uns que les autres, plus de cinq salades fraîches dont un étonnant mélange de crevettes et tomates confites, des œufs brouillés bien crémeux et une douce purée de poix cassés. Côté sucré, on regrette qu’il n’y ait pas plus de deux confitures maison - mûres et prunes - mais les flans, la tarte à la banane, le (très) fondant au chocolat et le riz au lait - tous maison - font largement l’affaire. Salade de fruits et jus fraîchement pressés complètent agréablement le tout. Pour 20€, ça vaut largement le déplacement.

L’OISIVETHÉ —

À défaut d’y taquiner l’aiguille le mercredi aux soirées Tricothé, on pourra profiter des beaux jours pour faire une petite boucle par ce revers de la Butte où niche le coquet salon de thé. Une charmante salle boisée aux tons doux et aux murs parsemés de théières et 56

US PL UX LE OPIE C

L’Âge d’Or. 26 rue du Docteur Magnan. Brunch le dimanche de 11h à 16h. 20€ par personne. Réservation fortement conseillée au 01.45.85.10.58. Plus d’informations : www.lagedorparis.com

de pelotes multicolores, dont on appréciera mieux la tranquillité en couple ou en petits groupes d’amis - une vingtaine de couverts, et une seule table de quatre. On sera déçu du jus d’orange, non pressé, mais on appréciera l’un des merveilleux thés de la carte, très exhaustive, ou encore un régal de chocolat chaud. On frémira en trempant ses mouillettes au beurre salé dans deux œufs à la coque parfaitement cuits, la spécialité de la maison ! On dégustera la brioche hyper moelleuse, malgré le peu de confiture. On hésitera devant le plat principal, un feuilleté - volaille, chèvre, quatre fromages ou saumon à l’oseille - plutôt banal, pas franchement goûteux, que relèvera une légère salade composée, certes classique mais assaisonnée à merveille. On y mange pour sa faim, mais les plus gourmands devront débourser un peu plus pour s’offrir une douceur : brownie, carrot cake, scone (bof) ou cookie (exquis). En somme, un brunch parfait pour le cadre, un peu cher pour le menu. On repartira avec le sourire de l’équipe - aux accents multiples - et, si l’on veut, avec du fil, une théière, ou du thé au poids.   L’OisiveThé, 1 rue Jean-Marie Jégo. Brunch les samedis et dimanches de 11h à 16h. 19,90€ par personne. Sans réservation. Plus d’informations : 01.53.80.31.33, www.loisivethe.com



Le 13 du Mois n°17