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Janvier 2012 — www.le13dumois.fr

DOSSIER

I

l y a des guirlandes qui brillent au-dessus des têtes, des « Joyeuses Fêtes » à longueur d’avenues. Sur celle d’Ivry, les entrées de Paris Store et de Tang Frères attirent l’œil, on ne les voyait plus, à force, ces monstres de supermarchés. Ça scintille, on n’a pas l’habitude. Ici, dans ce que l’on appelle poussivement Chinatown, à l’approche du Nouvel An chinois l’ambiance est plus lumineuse qu’à l’ordinaire, pas vraiment asiatique mais lumineuse, comme s’il s’agissait de rehausser le teint du quartier, à défaut de son identité. Car lorsqu’il s’agit d’évoquer le quartier chinois de Paris, on pense à ce secteur mal délimité du 13e arrondissement, dont on n’est jamais sûr de savoir où il commence ni où il finit, si l’on s’y trouve déjà ou si c’est deux rues plus loin. Aucun panneau n’indique que l’on y est pour de bon ; aucun écriteau ne vous souhaite la bienvenue. En réalité, le quartier chinois tel que le touriste l’imagine n’existe pas. Les artères trop sombres du Triangle de Choisy, ses couleurs défraîchies et ses immeubles trop hauts ne collent pas à l’image figée dans les esprits. Le quartier chinois, ou Chinatown, ne doit son nom qu’à la concentration d’habitants d’origine asiatique, installés depuis le milieu des années 70 - environ 20 000 personnes y vivent, soit 10% des habitants du 13e -, et à des restaurants et autres enseignes à gros caractères. C’est trop peu encore pour faire se déplacer en masse les touristes avides de folklore. Pourtant, selon les protagonistes du 13e arrondissement, des commerçants aux politiques, les solutions existent pour mettre ce quartier en lumière, et pas seulement grâce aux guirlandes du Nouvel An chinois.

Par Virginie Tauzin Photographies Mathieu Génon Illustration Maï Lan

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Le 13 du Mois n°14  

Le magazine indépendant du 13e arrondissement

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