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13 Avril → 13 Mai | www.le13dumois.fr | En vente le 13 de chaque mois | 3,90 €

SECTES DE MOON À LA SCIENTOLOGIE,

COMMENT ELLES S’IMPLANTENT

DANS LE 13

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REPORTAGE

PHOTOREPORTAGE

VICTIMES DES MARCHANDS DE SOMMEIL

MEAUX-PARIS À BORD D'UNE PÉNICHE DE FRÊT

DANS L'ACTU DU 13e MUNICIPALES 2014 NATURE ET PETITE CEINTURE BON PLAN RESTO * SORTIES

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F : 3.90 € R 28895 - 0028 -

N°28


CULTURE

Avril 2013 — www.le13dumois.fr

Par David Even

SORTIES — Entretien avec David Noir, performeur

« VENEZ, VOYEZ ET FAITES CE QUE VOUS VOULEZ »

Le 13 du Mois  : À quoi ressemblera votre nouvelle performance au Générateur ? David Noir : Ça peut vous paraitre bizarre mais je ne sais pas encore exactement ce que l’on va voir. Tout dépendra de l’interaction avec le public. Cette année, je vais essayer de faire en sorte que celui-ci devienne davantage un acteur à part entière du spectacle. L’idée est  : venez, voyez et faites ce que vous voulez. En fait, le spectacle commencera là où le spectateur le voudra. En gros c’est au spectateur de tout faire. C’est pratique pour vous. (Rires). Si tout peut paraître assez chaotique et sans réel fil conducteur, je peux vous assurer que c’est quand même cadré un minimum. Nous serons 6 ou 7 comédiens, avec plus de 200 costumes et accessoires à disposition et plusieurs dizaines de textes que j’écris depuis 2007 sur le thème de la Toison d’or. Je donne quelques pistes aux comédiens, je précise que j’aimerais bien voir telle ou telle chose mais, ensuite, ça peut évoluer énormément et aller parfois très loin. Justement vous n’avez pas peur de choquer. La nudité est par exemple partie intégrante du spectacle. On me parle souvent de la nudité dans mes spectacles. Mais en quoi cela pose-t-il un problème  ? Nous sommes tous pareils et surtout tous adultes. Si un adulte a un problème avec son sexe, c’est lui qui a un problème et non le sexe. J’ai passé l’âge de choquer pour choquer. Donc, si ça ne plaît pas à certains, ils peuvent tout simplement se détourner, aller voir une autre séquence du spectacle. Car tout l’intérêt, ici, c’est la liberté. Il n’y a pas de scène, tout l’espace est occupé par les décors et les costumes à libre disposition et au milieu desquels déambule le spectateur.

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© M.G.

David Noir est un habitué du Générateur de Gentilly, espace de création artistique un peu décalé et situé à quelques pas seulement du 13e. L’année dernière, déjà, il y présentait une performance fleuve et complètement déjantée. Cette année, il revient avec Les Parques d’attraction, libre divagation sur le mythe de la Toison d’or. Avec lui, attendez-vous à tout sauf à ce que vous avez déjà vu. C’est détonnant et pas forcément pour tout le monde.

Je n’oblige donc personne à voir ce qu’il n’a pas envie de voir et n’ai donc nullement l’impression de nuire. Comprenez-vous que certaines personnes soient hermétiques à ce type de performance totalement libre ? Oui, comment voulez-vous qu’il en soit autrement ? Ça fait des siècles qu’on pense le théâtre uniquement de manière rigide avec une barrière, la scène, entre les acteurs et le public. En plus de cela, le public est dans le rôle du roi qui applaudit si ça lui plait. C’est malsain de mettre le spectateur dans une telle position dominante. Du coup les acteurs sont souvent trop au service du texte, du metteur en scène et, enfin, de la salle au sens «  Institution  » dans laquelle ils jouent. Ils doivent entrer dans un moule. Or, selon moi, l’improvisation est ce qu’il y a de plus magnifique dans le théâtre. Malheureusement c’est quasiment interdit et c’est très dommage, surtout que le théâtre est le seul art à ne pas avoir encore opéré de révolution en ce sens, que ce soit au niveau de l’improvisation ou du simple rapport entre public et acteur. C’est ce que j’essaye de faire bouger avec mes performances. " Les Parques d’attraction ou la vie déguisée, performance – installation – création de David Noir du 20 au 24 avril au Générateur, 16 rue Charles Frérot à Gentilly. Allez-y à pied c’est à 300 mètres de l’arrêt de tram Poterne des Peupliers ou en bus avec le 57 (arrêt Verdun/Victor Hugo). De 20h à minuit sauf le dimanche 21 avril de 17h à 19h. Renseignements et réservations au 01.49.86.99.14. De 10€ à 12€ (Pass 2 jours à 15€). Déconseillé aux plus jeunes.


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CULTURE

SOUS TOUTES LES COUTURES / EXPOSITION

DEBORD AU CŒUR D’UN GROS SPECTACLE / EXPOSITION

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alliera, le musée de la mode de la Ville de Paris en ce moment en travaux, investit pour la deuxième fois en moins d’un an la Cité de la mode et du design. Après Balenciaga, c’est la figure du mannequin qui est au centre de cette nouvelle exposition, riche et bien construite. C’est que le mannequin est sans conteste un rouage essentiel de la diffusion des marques. Il incarne à lui seul le paradoxe de toute une industrie, constamment tiraillée entre la nécessité de faire commerce et celle de créer. La centaine de photographies, d’extraits de magazines et de films passe assez rapidement sur la période où par «  mannequin  » on ne pensait que bustier en osier ou en métal. Elle se concentre davantage sur les mannequins  humains  et sur l’évolution de ces silhouettes de chair de la fin du 19e siècle à nos jours. Ainsi, l’on apprend par exemple que les premiers mannequins professionnels exerçaient un métier que la société jugeait déshonorant tout autant qu’il pouvait susciter l’envie. Aujourd’hui, l’anonymat n’est plus de mise. Les mannequins sont parfois des icônes et ne défilent plus dans les salons privés des clientes les plus riches. Leur corps a perdu en réalité, il n’est plus celui des consommatrices mais relève au contraire davantage du fantasme. Au fil des ans, les silhouettes des mannequins se sont allongées, affinées, rajeunies, en faisant des « modèles » pas forcement à suivre.

© Henry Clarke Galliera

« Mannequin, le corps de la mode », aux Docks - Cité de la mode et du design, 34 quai d’Austerlitz, jusqu’au 19 mai. Du mardi au dimanche de 10h à 18h (sauf jours fériés). Renseignements au 01.76.77.25.30. De 3€ à 6€, gratuit pour les moins de 14 ans.

« O

n sait bien que la vie est assez peu de choses. Un petit couteau, une seule balle d’un pauvre calibre suffisent pour achever le long voyage. On nous attend à tous les tournants. » C’est sur cette citation des plus pessimistes que s’ouvre la nouvelle grande exposition temporaire que la BNF a (osé  ?) consacrée à Guy Debord, à la fois poète, artiste, penseur révolutionnaire, directeur de revue et cinéaste. Aujourd’hui surtout connu pour son ouvrage ultra critique du capitalisme La société du spectacle, Debord était le chef de file du courant situationniste qui a joué un rôle central en Mai 68 tout en ne réunissant jamais plus de 15 personnes à la fois. Ce pessimisme, mis en exergue par l’exposition, rejoint sans aucun doute celui de bon nombre de visiteurs qui peuvent hésiter quant à la validité même de celle-ci. Peut-on en effet consacrer une exposition à Guy Debord dans l’une des plus grandes institutions culturelles  ? Étrange ironie en effet pour cet homme qui critiquait le pouvoir, les institutions et le système culturel produit par le capitalisme de se retrouver sur le devant de la scène, au cœur d’un bon gros spectacle culturel. Dans son ouvrage phare Debord comparait le spectacle à un «  mauvais rêve de la société moderne enchaînée qui n’exprime avec lui que son désir de dormir  ». Le problème avec cette exposition, c’est que le spectateur lui-même risque d’avoir un peu envie de dormir. On a l’impression que parce qu’achetées 2, 7 millions d’euros en 2011 par la BNF, et classées « Trésor national », il fallait désormais faire quelque chose de grandiose avec les archives du penseur. C’est chose faite avec cette mise en spectacle, malheureusement difficile d’accès car bien trop compliquée faute d’explications claires et au final trop rarement stimulante - à part la magnifi que mise en scène centrale des 1 400 notes de lectures de l’auteur disposées dans des dizaines de panneaux en plexiglas. Les commissaires, conscients de leur paradoxe, ont d’ailleurs cru bon de prendre les devants et de terminer ainsi leur dossier de presse  : «  Paris 2013, sur les quais de Seine, Guy Debord, classé Trésor national, entre pour de bon dans le spectacle, dont il fut le plus intransigeant des critiques. Mais avec lui, pour le combattre encore, son art de la guerre. » Drôle de parade.

« Guy Debord, un art de la guerre », jusqu’au 13 juillet dans la grande galerie de la BNF, quai François Mauriac. Du mardi au samedi de 10h à 19h et le dimanche de 13h à 19h. Fermé les jours fériés. Renseignements sur www.bnf.fr. De 5€ à 7€.

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CULTURE

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AIMER À 10 ET 80 ANS / DANSE JEUNESSE

LA CASBAH S’INVITE À DUNOIS / DANSE POPULAIRE ARABE

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oujours dans l’idée de parler de sujets sérieux aux plus jeunes d’entre nous, le Théâtre Dunois s’attaque cette fois-ci à deux âges emblématiques de la vie : vieillesse et adolescence avec à chaque fois comme fil conducteur les relations amoureuses et le regard que peuvent porter ados et personnes âgées sur l’amour. Dans Sarath et Marina, la danse est construite autour de deux jeunes interprètes qui se rencontrent, construisent une relation amoureuse avant de la voir se déliter. Avec comme trame le Roméo et Juliette de Shakespeare, ce spectacle explore l’amour au temps des SMS, de manière drôle et légère, un peu comme un cartoon. Sur scène les portés se multiplient à mesure que le couple se rapproche, au contraire, des chutes apparaissent lorsqu’il commence à battre de l’aile. Sur le côté, un musicien improvise, manipule des objets du quotidien comme s’il était dans la kitchenette des jeunes tourtereaux. C’est très réussi surtout sur la forme, magnifique et stimulante, un peu moins sur le fond où l’on reste un petit peu sur sa faim. À faire découvrir à vos jeunes ados, ne serait-ce que pour leur montrer que danse et amour ne sont pas ringards. À voir aussi, À temps, pour les plus petits (dès 5 ans) ou comment parler d’intergénérationnel, des grands parents et de leurs relations amoureuses. Un sujet que certains pourraient penser tabou mais auquel les enfants ne sont pas forcément insensibles. Une sorte de mini comédie musicale, ludique et poétique. À temps, création chorégraphique de Michèle Dallu sur un texte de Catherine Zambon. Au Théâtre Dunois, 7 rue Louise Weiss, le mercredi 17 avril à 15h, le samedi 20 avril à 18h et le dimanche 21 avril à 16h. À partir de 5 ans. Sarath et Marina, création chorégraphique librement inspirée du Roméo et Juliette de William Shakespeare, par Jean-Christophe Bleton, toujours au Théâtre Dunois, le mercredi 24 avril à 15h, le samedi 27 avril à 18h et le dimanche 28 avril à 16h. À partir de 10 ans. Renseignements au 01.45.84.72.00. De 6,50€ à 16€.

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e 27 avril, «  Les samedis du Chaâbi  » se conjugueront au féminin. «  Six femmes prendront place sur la scène pour interpréter des pièces écrites par et pour des hommes  », annonce Mourad Achour, animateur sur Beur FM et principal organisateur des soirées orientales du centre d’animation Dunois. Lancées en octobre dernier, ces soirées soufflent, un samedi par mois, un air de casbah sur le quartier Jeanne d’Arc, avec à chaque fois des groupes de  cinq ou six musiciens algériens. Chaâbi, en arabe, signifie populaire. Ce courant musical, au croisement de la musique arabo-andalouse et de la poésie kabyle, est né dans les années 1940 à Alger et s’est exporté dans les bistrots de banlieues françaises au rythme de l’immigration. Nostalgie du pays, exil, écho du patrimoine,  «  c’est un blues algérien  », résume Mourad Achour qui surfe volontiers sur l’engouement suscité par le film El Gusto, pour lancer ces soirées. « J’ai été surpris par le succès qu’elles ont rencontré. On refuse des gens tant il y a de monde. » Alors, un conseil : réservez avant qu’il ne soit trop tard, d’autant plus que le public s’y déplace de toute l’Île-de-France. E.S.

© DR

  «  Les samedis du Chaâbi  », le 27 avril puis un samedi par mois au Centre d’animation Dunois, 61 rue Dunois. Renseignements et réservations au 01.45.83.44.36. De 8€ à 10€.

BELLES OMBRES / THÉÂTRE D’OMBRE INDONÉSIEN

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oilà plus de 35 ans que le Centre Mandapa défriche les cultures du monde en proposant chaque année plus de 150 spectacles. Fin avril, la découverte sera totale et accessible à tous les âges. Ce n’est pas tous les jours en effet que vous pourrez assister à du théâtre d’ombres indonésien. La toute petite salle de la rue Wurtz devrait convenir à merveille à ce

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spectacle, fruit d’une tradition culturelle parmi les plus anciennes du monde. Pour la petite histoire, Rawhana, roi des démons, a acquis une puissance surhumaine. Aveuglé par ses pouvoirs, il enlève la belle Sinta, épouse de son ennemi Rama. Mais ce dernier ne se laisse pas abattre et part à sa recherche aidé de son frère, de singes rusés et d’oiseaux surnaturels. Sur

scène, dans la pénombre, des marionnettes se donnent la réplique accompagnées d’une dizaine de musiciens dont les métallophones, les percussions et les cordes sont en euxmêmes déjà un spectacle. L’enlèvement de Sinta, création originale du théâtre d’ombres indonésien Wayang Kulit, au Centre Mandapa, 6 rue Wurtz, les 25 et 26 avril à 20h30. Renseignements et réservations au 01.45.89.99.00. Tous publics. De 7,50€ à 15€.


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CULTURE

DU VIOLON SUR LES PLANCHES / THÉÂTRE 13 Comme le 13e ne compte pas de véritable salle de concert, c’est au théâtre 13/Jardin qu’il faudra vous rendre pour écouter cinq concertos du virtuose italien Antonio Vivaldi. Reconnu comme l’un des plus importants compositeurs de la période baroque et principal initiateur du concerto de soliste, Vivaldi sera mis en musique par l’orchestre de chambre de Paris, une fois n’est pas coutume, du côté du boulevard Blanqui. « Vivaldi, roi du concerto ! », au Théâtre 13/Jardin, 103A boulevard Auguste Blanqui, le lundi 22 avril à 19h30. Renseignements et réservations au 01.45.88.62.22. De 6€ à 16€.

L’ART CHEZ ELTSINE ET POUTINE / BULAC Tous les mois ça s’échauffe les neurones en public à la bibliothèque des langues O’. En mai, direction la Russie où, depuis la chute de l’URSS, l’art est plus que jamais devenu un moyen de contestation politique. Dernier exemple en date avec les très médiatisées punkettes du groupe Pussy Riot. Débat en présence de l’artiste, activiste et musicien moscovite Pavel Mitenko. Conférence «  Agir sur la place publique. Les contestations artistiques en Russie depuis les années 1990 », dans le cadre des Mardis de la Bulac, le 14 mai de 18h30 à 20h30 dans l’auditorium du Pôle des langues et civilisations, 65 rue des Grands Moulins. Renseignements au 01.81.69.18.38. Entrée libre.

3 SOIRS DE ROKIA TRAORÉ / PETIT BAIN Avant de partir en tournée un peu partout dans le monde et notamment dans les plus grands festivals de l’été, la chanteuse malienne Rokia Traoré fera un petit détour de trois jours par la péniche Petit Bain pour y présenter sur cinquième album Beautiful Africa. Auréolée d’une Victoire de la musique en 2009, cela faisait quatre ans qu’on l’attendait à nouveau sur scène, comme toujours entre tradition africaine et modernité rock. Rokia Traoré les 17, 18 et 19 avril à Petit Bain, port de la gare, entre le Batofar et la piscine Joséphine Baker. De 20h à 23h. 20€.

À VOS CRAYONS DE PAPIER / ÂGE D’OR Vous avez toujours eu envie de tâter du fusain ou du crayon à bois avec en prime un modèle en chair et en os ? Les ateliers dessins de l’Âge d’or sont faits pour vous et avec le concours de l’association des élèves des Beaux-Arts - l’une des plus anciennes associations étudiante de France -, sûr que vous serez entre de bonnes mains. Atelier libre de dessin de modèle vivant, tous les mardis de 19H30 à 22H à l’Âge d’Or, 26 rue du Docteur Magnan. Participation libre. Renseignements auprès de l’association La grande masse des beaux-arts : 01.43.54.88.68.

NATURE ET TAPISSERIES / MANUFACTURE DES GOBELINS Si la nature est depuis le Moyen-Âge un thème privilégié dans la production des tapisseries, cette nouvelle grande exposition des Gobelins propose de montrer les évolutions des représentations du monde végétal au fil des siècles  : « mille-fleurs », verdures, cycle des mois et saisons, paysages ont subi les diktats changeants des évolutions du goût, des conditions de vie et des préoccupations artistiques. « Gobelins par Nature : Éloge de la Verdure, XVIe – XXIe siècles », jusqu’au 1er janvier 2014 à la Galerie des Gobelins, 42 avenue des Gobelins. Du mardi au dimanche de 11h à 18h (fermé le 1er mai). Renseignements au 01.44.08.53.49. De 4€ à 6€.

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Agenda du 13 du Mois n°28