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ÉCOGLOBAL Habiter Lyon Eurométropôle? 2010 Ensa Lyon, Stratégie et Pratique Architecturale, C.Widerski

Économie du territoire

Xavière Bouchacourt, Frédéric Bravard, Amélie Gauthier, David Pistre, Laure Veyre de Soras


p.3

CONTEXTE

p.5

CONSTATS

p.6

ÉTUDE

p.13

MICRO-EXPÉRIMENTATIONS

p.19

MANIFESTE

p.20

VERNISSAGE

p.23

INTERVIEW

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Que signifie aujourd’hui ‘‘habiter’’ et qu’est-ce qu’un ‘‘grand territoire’’? Quels territoires pour quels modes de vie? Devant l’accroissement des mobilités, comment aborder la planification urbaine inscrite nécessairement dans la démarche du développement durable? Comment ne pas oublier celles et ceux qui désirent résister au mouvement de globalisation? Quelles formes d’habiter(s) peuvent coexister dans un respect mutuel? Ces questionnements ont nourri 5 propositions allant de l’échelle du grand paysage à celle de l’architecture, ancrées sur le territoire de Lyon Eurométropole, en tentant d’en définir les échelles et les limites. Elles ont été enrichies des échanges préalables avec l’Agence d’Urbanisme du Grand Lyon, et la sociologue Sylvaine Bulle.

CONTEXTE, Lyon, Eurométropôle ?

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IL N’Y A PAS D’IMAGE GLOBALE DE LA MÉTROPOLE, MAIS UNE MULTITUDE DE PERCEPTIONS FRAGMENTÉES ET AUTANT DE RÉALITÉS QUI EN DÉCOULENT.

LA COMPLEXITÉ DES PHÉNOMÈNES ET DES ENJEUX CONTEMPORAINS EST INDISSOCIABLE DE L’ ARTICULATION DES ÉCHELLES GLOBALES ET LOCALES.

LA MÉTROPOLE DE DEMAIN EST EN GRANDE PARTIE DÉJÀ LÀ : LA DÉMARCHE PROJECTUELLE CONSISTE AVANT TOUT À S’APPUYER SUR CE QUI EXISTE AUJOURD’HUI ET À EN FAIRE ÉMERGER DES SYNERGIES, PLUTÔT QU’EN UNE HYPOTHÉTIQUE PROJECTION À 2030 OU 2040 …

LA VILLE DURABLE EST UN CONCEPT AUSSI OBSOLÈTE QUE RESTRICTIF DANS LE SENS OÙ IL SE FOCALISE SUR LA MÉTROPOLE EN EXCLUANT PAR DÉFINITION LES ARRIÈRES-PAYS DE LA QUESTION DE LA DURABILITÉ.

CONSTATS

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Les Surfaces Agricoles Utiles sont fragilisées par le mouvement d’expansion des aires urbaines.

Le nouveau touriste est extrêmement renseigné grâce à internet.

27,3 % des productions maraîchères nationales.

56 AOC Rhône-Alpes, 1ère région de France en nombre d’AOC.

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4,5 Millions de m2 de logistique en région lyonnaise

Rurbanisation : les centre-villes sont de plus en plus attractifs pour les nouveaux résidents

174 000 logements vacants 2 grandes poches : Le Grand Lyon St Etienne Métropole

47% de la population a plus de 40 ans


Ci-contre, quelques-unes des ressources et des potentialités exploitables des territoires. La base de données ne se réduit pas à une carte synthèse repérant des zones d’intervention.

Nous avons travaillé sur la thématique de l’économie globale à l’échelle du grand territoire. Nous avons redéfini cette notion en l’intitulant développement éco-global. Cette redéfinition part du constat d’un territoire très hétérogène, aux enjeux multiples, qui représente une grande diversité de modes de vie. D’où la nécessité de prendre en compte différentes échelles, du local au global, selon plusieurs dynamiques fortes : le tourisme, l’innovation technologique, le secteur tertiaire, l’agriculture, les flux de marchandises, les attractivités résidentielles, le patrimoine culturel... Une base de données ouverte et fluctuante.

RESSOURCES ET POTENTIALITÉS

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Le diagnostic préalable conduit à une représentation en «nuage» qui lie les potentialités, données et acteurs qui pourraient intervenir dans une démarche projectuelle sur le grand territoire. Cette représentation intègre également une recherche topographique ettypologique : l’évocation de lieux mais sans localisation précise, de modèles communautaires mais sans catégoriser les populations...

d’intervention, tout en mettant en évidence une diversité de points et de modes d’activation.

Graphiquement, la représentation en nuage veut avant tout illustrer la complexité du champ lexical et contextuel dans lequel s’inscriront les propositions

Ces liens identifient des synergies existantes à valoriser ou à mettre en place, qui vont alors déclencher l’imagination de situations de projet.

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Cette représentation n’est pas exhaustive et ne constitue pas un calque superposable à une carte du territoire. L’intention est de prendre en compte la diversité des réalités dégagées dans l’expertise, et de cibler les interventions au niveau des liens entre ces potentialités, données et acteurs inspirant les futurs projets.


terroir lotissements pavillonnaires

SAU

AOC paupérisation

agriculture périurbaine intensification des villes moyennes

vente directe

alimentation risques écologiques

préservation des corridors écologiques

étalement urbain

logements vacants

pression foncière

nouvelles pratiques du tourisme port secondaire

coopérative

port voie ferrée

vieillissement de la population

citoyen service à la personne

renouvellement de la population

plateforme d’échanges

fret urbain

logistique

formation

collectivité relation intergénérationnelle

alternative énergétique

tertiaire

PME

«care»

innovation

laboratoires transmission des savoirs

université

exportation

SYNERGIES

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Éducation Éducation Culture Culture

Agriculture Agriculture Terroirs Terroirs

Paysages Paysages

Tertiaire Tertiaire Services Services

Société Société

Logistique Logistique Énergies Énergies

Tourisme Tourisme Loisirs Loisirs

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Ci-contre, un échantillonnage de réalités, de tendances, d’activités et d’identités territoriales est représenté dans une bibliothèque imagée classée par thèmes.

La bibliothèque constitue une définition du grand territoire. Ces images portent chacune une signification propre et permettent ensemble d’opérer la transition entre une masse de données brutes et un outil de manipulation. Outil de manipulation, elle permet l’élaboration de combinaisons significatives cherchant à valoriser les ressources physiques et relationnelles d’un territoire. Il ne s’agit pas d’une succession d’assemblages aléatoires. Les combinaisons inspirent des situations projectuelles nourries de l’imaginaire collectif, des actualités et enjeux sociétaux, politiques, environnementaux, énergétiques...

ÉCHANTILLONNAGE

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La proposition porte sur un ensemble de micro-interventions ne prenant pas corps dans une logique de «zonage», de planification qui contraindrait la créativité; il s’agit plutôt d’imager des possibilités issues des combinaisons inspirées par la bibliothèque. L’intention est de «parvenir à une dynamique permanente de transformations portées par les usages, stimulant en continu les possibilités plutôt que de recourir à des vagues successives de grands programmes de développement.» [François Jégou, Voyage dans l’innovation sociale scandinave]. Les micro-expérimentations viennent activer des points sensibles en faisant réagir les flux d’énergie,

et participent ensemble à un effet systémique global, à l’échelle du grand territoire. Cette méthode d’intervention prend également en compte des notions de temporalité : certaines expérimentations perdureront dans le temps et insuffleront de nouvelles initiatives, certaines s’éteindront pour laisser plus d’expression à d’autres. La méthode parie ainsi sur le développement spontané des systèmes, l’appropriation et la participation des citoyensacteurs, dans un réseau de microexpérimentations. Ces situations évoquent un paysage où sont mises en scène des tendances et des aspirations sociétales, des réalités d’activité, une diversité d’identités...

MICRO-EXPÉRIMENTATIONS

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agriculture

tourisme

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partage du savoir

vente directe

Au coeur du parc naturel des Monts d’Ardèche

Le tourisme vert est en pleine expansion en Ardèche, il permet la découverte des métiers et des pratiques de l’agriculture régionale dans un cadre privilégié.

3ème département français pour l’agritourisme 11,3 % des exploitations agricoles de Rhône-Alpes AOC Chataîgnes d’Ardèche

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RA 2000


Jaujac, Ardèche

Le fort potentiel touristique stimule la vente directe des produits du terroir et favorise la rencontre entre visiteurs et producteurs.

Jean-Michel, 46 ans, agriculteur

“ J’ai une exploitation de taille moyenne, que je gère avec ma femme. J’ai la chance d’être situé à côté du parc des Monts d’Ardèche, il y a beaucoup de visiteurs, surtout pendant les week-end et les vacances d’été. J’en profite pour vendre les produits de ma ferme.Je préfère vendre mes produits directement aux gens, c’est plus gratifiant que de savoir qu’ils vont être vendus plus chers dans des supermarchés. C’est plus rentable aussi! Cela me permet de partager le terroir de la région. Je vais ouvrir des chambres et une table d’hôtes avec dégustation, probablement l’été prochain. Je compte réaménager une vieille bergerie que je n’utilise plus durant l’hiver. Si cela fonctionne bien, j’embaucherai une autre personne pour m’aider à gérer. ” *

(situations fictives)

La fréquentation touristique en Ardèche augmente de 5 %. La renommée des AOC s’étend à l’international. 600 emplois créés par le développement de l’agritourisme. MICRO-EXPÉRIMENTATION, extrait, Jaujac, Ardèche

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Cliousclat, Drôme

Les étudiants d’une école professionnelle bénéficient du savoir-faire transmis par un artisan retraité.

Rilleux-la-Pape, Rhône

La grande distribution intègre dans sa structure de vente la production sur place de fruits et légumes.

Belley, Ain

La mutualisation de compétences et de moyens permet de développer une autre manière de vivre et de travailler.

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St Etienne Châteaucreux, Loire

Chaque jour, tous se retrouvent ici pour bien manger.

Lyon, Quais de Saône, Rhône

La ville met en place un réseau de transports pour partager les trajets domestiques.

Villeurbanne, La Doua, Rhône

Le marché s’installe dans le tram et s’adapte à de nouvelles temporalités.

MICRO-EXPÉRIMENTATIONS,

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MICRO-EXPÉRIMENTATIONS POUR UNE MACRO-TRANSFORMATION

« Notre démarche est un outil pour aborder les questions territoriales. Comme tout outil, il propose une manière d’opérer, de procéder, ce qui est déjà en soit une prise de position. Ce qui importe avant toute chose, c’est de savoir pourquoi l’utiliser et quelle est l’ambition qui anime la main qui s’en saisit. Car c’est bien une volonté qui a présidé aux orientations et au sens donnés à cette démarche. Les propositions illustrées auparavant n’ont pas été choisies au hasard. Elles contribuent toutes à l’expression d’une certaine éthique relative à des faits, des courants et des tendances actuelles de notre société. De la crise environnementale aux crises sociales et économiques, les fondements de notre société de consommation sont remis en question. Aux coûts environnementaux de nos modes de vie s’ajoutent désormais des coûts humains et sociaux. La question d’habiter un territoire interroge les modalités de nos rapports à notre environnement, qu’ils soient physiques, dans sa matérialité et ses temporalités, ou humains, dans le vivre ensemble et le partage.

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Nous défendons une vision de l’habiter, portée par une approche sensible et corporelle dans laquelle le grand territoire devient un espace relationnel. L’impulsion donnée par les situations de projet valorise et rend possible de nouveaux modes de vie, qui accompagnent une régénération permanente du territoire. Cette dynamique de transformation, portée par les usages, inspire des développements spontanés issus de «communautés créatives». Elle assure le maintien d’une situation sociale saine. A travers des micro-expérimentations, nous proposons des moyens pour valoriser et activer des potentialités du territoire. Nous avons la conviction que ces réseaux de micro-activations engageront, à long terme, des macrotransformations. A notre niveau de compétence, conscients de l’envergure de la problématique, nous prenons position et apportons notre contribution, toute modeste soit-elle, dans la mesure où elle nous semble juste.» Xavière, Frédéric, Amélie, David, Laure


MANIFESTE

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VERNISSAGE, Habiter Lyon Eurom茅trop么le, Archipel, Janvier 2011

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‘‘ Xavière, Laure, Amélie, David, et moi même avons travaillé sur la thématique de l’économie globale, à l’échelle du grand territoire. Nous avons redéfini cette notion en l’intitulant « développement éco-global », Cette redéfinition part du constat d’un territoire très hétérogène, aux enjeux multiples, qui représente une grande diversité de modes de vie. D’où la nécessité de prendre en compte différentes échelles, du local au global, selon plusieurs dynamiques fortes : le tourisme, l’innovation technologique, le secteur tertiaire, l’agriculture, les flux de marchandises,  les attractivités résidentielles, le patrimoine culturel... Ensuite, nous avons constitué une bibliothèque imagées, sur de petits cartons, de ressources et de potentialités issues de notre analyse du territoire. La manipulation de ces images est conduite par des valeurs éthiques et politiques: la solidarité, la transmission, le vivre-ensemble... Et inspire alors des situations projectuelles imaginaires : un artisan à la retraite qui transmet son savoir faire à de jeunes apprenti, une cantine urbaine pour se rencontrer et bien manger, un lieu de mutualisation de moyens pour les actifs du monde rural, etc.... La combinaison de réalités et de potentialités, repérées sur un lieu, révèle des synergies existantes à activer ou à créer, qui peuvent à leur tour déclencher l’imagination de nouvelles situations de projet.

En effet, les situations de projet que l’on propose sont des scénario qui doivent pouvoir s’enrichir par l’adhésion et la contribution des citoyens qui les composent. En suivant cette stratégie, nous proposons des interventions ponctuelles et locales qui ont ensemble une portée globale. C’est à dire qu’elles s’extraient de leur propre localité et leurs propres temporalités. Toutes ces micro-expérimentations engagent à long terme des macro-transformations. Nous avons la conviction que le développement de notre société peut s’appuyer sur de grandes idées portées par un réseaux de petits projets... Ce qui peut paraître déconcertant, c’est que nous ne nous sommes pas attachés à des solutions purement architecturales pour répondre aux enjeux du territoire, mais plus à rechercher des moyens d’activer des relations humaines, et de redonner une autonomie responsable aux citoyens qui l’habitent. Sans renier la nécessité des grands chantiers issus de l’urbanisme traditionnel, nous défendons l’émergence d’une politique territoriale complémentaire, basée sur des agencements subtils et efficaces à l’échelle locale. Nous essayons ainsi d’être les instigateurs d’une nouvelle économie du territoire, dans un monde du « vivre ensemble », où l’initiative et la logique de projet peuvent précéder les directives institutionnelles... et non l’inverse ! ’’

INTERVIEW, diffusée pendant l’exposition, Archipel, janvier 2011

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LAURE VEYRE DE SORAS laure@desoras.fr +33 6 73 56 96 76


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