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Volume 22, numĂŠro 2-3 Mars - Avril 2019

Gestes impardonnables de certains Oblats


La Voix des Premières Nations

Rédaction Réécriture Révision

DISTRIBUTION

plus de 1 300 copies 23 communautés 8 nations

Johanne Laframboise Tél. : 418 997-5580 redactionochinda@hotmail.com www.redactionochinda.ca

MÉDIAS SOCIAUX CE QU’ILS ONT DIT SUR FACEBOOK Constant Awashish

Grand chef de la nation Atikamekw

(24 mars 2019) Je voudrais marquer toute mon admiration pour ces jeunes Atikamekw qui se sont engagés dans une longue course à relais de 24h avec la ferme détermination d’atteindre leur but. C’était très beau à voir. Un gros bravo ! Merci également à Sylvie D’Amours - Députée de Mirabel pour les avoir si gentiment accueillis sur la colline parlementaire. Enfin, mes félicitations au Centre d’amitié autochtone de Lanaudière et à Pour 3 Points. #Niska est un projet plein de sens. #JeunesseAtikamekw

Tourisme Autochtone Québec / Québec Aboriginal Tourism (18 mars 2019) - [RECONNAISSANCE] Tourisme Autochtone Québec tient à féliciter le Centre Sakihikan, projet touristique du Centre d’amitié autochtone de La Tuque, qui a remporté les honneurs dans la catégorie initiative vitalité culturelle de l’année lors de la 20e édition des prix Arts Excellence organisé par Culture Mauricie. Saviez-vous que Sakihikan signifie «lac» en atikamekw? Situé sur les abords d’un lac naturel en plein cœur du centre-ville de La Tuque, c’est l’endroit idéal pour vous imprégner de la culture autochtone grâce à son calendrier estival d’activités, de spectacles et d’animations! Bonne découverte!

Centre de service urbain de Sept-Îles / Urban service center of Sept-Îles (20 mars 2019) Hier le 19 mars, a eu le lancement de la trousse d’outils pour les femmes autochtones dans les métiers non-traditionnels au Musée Shaputuan. Pour l’occasion, Thérèse Ambroise-Rock, Ingénieure junior et Lyne Pinette, Directrice adjointe de la SPUM, toutes deux provenant de Uashat mak Mani-Utenam ont livré un témoignage sur leur cheminement professionnel en tant que femme autochtone oeuvrant dans un métier non-traditionnel. Bravo à nos deux modèles!

2 • La Voix Des Premières Nations

[ Mars - avril 2019 ]

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(No ISSN Bibliothèque Nationale du Canada : Imprimé : Innuvelle ISSN 2561 - 1275 Électronique : Innuvelle ISSN 2561 - 1283)

Directeur général : Normand Ambroise Rédactrice en chef : Suzanne Régis Journalistes : Chantale Potvin, David-Alexandre Vincent, Suzanne Régis Collaborateurs : Marie-Pierre Lainé (TAQ), Marie-Christine Tremblay (CDENPNQL) Audrey Bergeron-Bilodeau (RCAAQ), Laurence Lainé (TAQ) Correctrice : Michèle Bergeron Crédit photo (page couverture) : Fonds Serge Jauvin, Institut Tshakapesh Infographie : Yan Riverin (Yan Riverin Designer Graphique) Tirage : 1 300 copies, maintenant disponible en version Web au https://lavoixdespremieresnations.ca Merci à l’Institut Tshakapesh, CDFM, nos partenaires. Logos des nations commandités par Tourisme Autochtone Québec

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Bureau du journal

108-B, boul. des Montagnais Uashat (Québec) G4R 5P9

Membres du C.A. Sylvie Ambroise, Présidente

Indigenious Arts & Stories (@IndigArtStories) (28 mars 2019) Notre nouvel outil d’apprentissage Activités d’art et d’écriture primaires est offert gratuitement! Il offre des activités pour les élèves de 6 à 9 ans se concentrant sur le patrimoine, la culture et les communautés autochtones. Découvrez-le ici : http://education.historicacanada.ca/fr-ca/tools/613 

François Legault (@francoislegault) (7 février 2019) Dans le cadre de leur projet «Ma Première chance», j’ai ​​ échangé ce matin avec des jeunes autochtones de la communauté ​​​​​ de Uashat Mak Mani-Utenam de la Côte-Nord. Des jeunes motivés et plein d’avenir!

Nations Unies (@ONU_fr) 2 février 2019 « Chaque langue autochtone a une valeur inestimable pour l’humanité » -- María Fernanda Espinosa, @UN_PGA. Les Nations Unies ont officiellement lancé l’Année internationale des #LanguesAutochtones vendredi. En savoir plus via @ONUinfo : http://bit.ly/2S2Nx2C

Augustin Michel-Ambroise, vice-président Johnny Jean-Pierre, Administrateur

ENVOYEZ-NOUS VOS COMMUNIQUÉS À : info@lavoixdespremieresnations.ca


PREMIÈRES NATIONS Des gestes impardonnables

Plusieurs Oblats sont visés Photo : Fonds Serge Jauvin, Institut Tshakapesh

goûte», a confié une victime. « J’ai éteint quelques feux, je suis intervenu dans certains accidents et j’ai ramassé des cadavres. Je n’ai même pas assez de doigts sur mes deux mains pour compter les victimes qu’on a décrochées d’une pendaison », a ajouté le témoin qui est convaincu que le père Couture est en partie responsable de ces suicides et il avait le toupet, l’indécence et l’immoralité de célébrer leurs funérailles.

Par Chantale Potvin Journaliste

Uashat mak Mani-utenamAnne Panasuk, une journaliste de l’émission Enquête, diffusée à Radio-Canada, a dernièrement mis en lumière les actions punissables des Oblats, qui « régnaient en roi et maître chez les Innus et les Atikamekws ». Horreurs, abus, violences et autres bassesses défilent pour démontrer les gestes épouvantables de ces êtres abjects qui ont profité de leur pouvoir religieux afin de commettre des crimes qui ont été carrément cachés par la congrégation des Oblats de Marie-Immaculée.

À vous les pensionnats!

Dans ses recherches, Radio-Canada a présenté une dizaine d’Oblats qui ont agi à titre de curés dans huit communautés autochtones du Québec. Selon le reportage, ces prêtres auraient agressé sexuellement des femmes et des enfants qui auraient dénoncé en vain les abuseurs. Souvent, les Autochtones se sont plaints, mais les autorités religieuses ont fait fi de tous les témoignages qui corroboraient les multiples agressions. Il est important de préciser que dans cette affaire, c’est la première fois que des religieux sont nommés publiquement pour des agressions commises entre1950 et 1990.

Vers 1988, malgré les demandes incessantes des intervenants sociaux de Wemotaci de retirer le père Couture, les Oblats refusaient. Or, sous la pression et prétextant des problèmes de santé, il a quitté la communauté pour être caché en France par sa congrégation jusqu’en 2000, là où il n’aura pas de choix de faire face à la justice suite aux plaintes d’agressions sexuelles de huit Atikamekws. C’est en 2004 que Couture a été condamné à 15 mois de prison.

Des exemples atroces Dans les histoires présentées, il est question du père Raynald Couture, qui a été présent à Wemotaci de 1981 à 1991. Avec un VTT, il séduisait les garçons qu’il amenait dans des chalets. Les témoignages concernant Couture sont criants de vérité et de dégoût. « Il me poussait sur le lit et il embarquait sur moi; il disait «Sors-moi ta petite langue que j’y

D’autres communautés ont vécu des horreurs similaires avec des personnages aussi infâmes. C’est le cas de Manawan, qui a connu Édouard Meilleur, qui, de 1938 à 1953, a fait subir des atrocités innommables à de jeunes Atikamekws. Avec des histoires toutes aussi dégoûtantes les unes que les autres, le père Meilleur était un expert en exhibitionnisme. Le pire dans l’histoire de Manawan, c’est que les deux remplaçants d’Édouard Meilleur, Jean-Marc Houle (1953 à 1970) et Clément Couture (1970 à 1996) étaient eux aussi des agresseurs.

« Le prêtre Meilleur était en train de se bercer. Il était complètement nu. Il s’est levé et il est venu directement vers moi. Il voulait m’agresser. »

Antoine, qui avait 5 ans lors d’un événement traumatisant vécu à Manawan

La Voix Des Premières Nations • 3

Photo : Fonds Serge Jauvin, Institut Tshakapesh

S’incruster malgré les plaintes

Même phénomène chez les Innus qui ont aussi connu les traitements des Oblats. Ainsi, pour faire référence à presque toutes les communautés, les noms des religieux Sylvio Lesage, Roméo Archambault, René Lapointe et Alexis Joveneau sont cités dans le reportage d’Anne Panasuk. Chez les Anishnabées, le nom

d’Edmond Brouillard et chez les Inuit et dans le Nord, ce sont Eric Dejaeger et Joseph Pirson qui ont aussi commis des abus.

[ Mars - avril 2019 ]

C’est en 1816 que la congrégation des Oblats de Marie-Immaculée a été créée en France. Les missionnaires envoyés « de l’autre côté » pour évangéliser le Canada devaient en particulier, christianiser les Premières Nations, en intervenant avec les enfants, qu’ils devaient assimiler aux « Blancs ». Ce sont donc les membres de cette congrégation qui ont eu la responsabilité des pensionnats francophones.

Ne pas entendre les horreurs

Sur la Côte-Nord et en Abitibi


NATION INNUE Musique autochtone

Mike Paul sur le grand tapis rouge Frédéric Desautels, guitariste et Francis Perron, réalisateur et mixeur de l’album au Studio RadicArt.

Journaliste

Mashteuiatsh - Grands honneurs pour le chanteur ilnu, Mike Paul, qui est nommé dans la catégorie « Meilleur album inuit, en langue autochtone ou francophone ».

4 • La Voix Des Premières Nations

[ Mars - avril 2019 ]

Photo : Mike Paul

Le chanteur reçoit ce prestigieux hommage pour son album Origine, sorti en 2018. Il saura s’il est choisi lors du festival Manito Ahbee qui a pour mission de célébrer les arts, la culture et la musique autochtones à Winnipeg, au Manitoba. Du 15 au 19 mai prochains, ce sera la tenue du 14e festival annuel. C’est là que des artistes autochtones recevront l’un ou l’autre des Indigenous Music Awards pendant le Manito Ahbee Pow Wow. Pendant ce grand festival, d’autres événements importants se tiendront, soit la conférence sur la musique autochtone, le marché autochtone, le salon professionnel, Getting Jiggy With It, le défi artistique et la Journée de l’éducation des jeunes. Il est important de préciser que le Indigenous Music Awards est le plus important spectacle au monde qui récompense les réalisations d’artistes interprètes autochtones et de professionnels de l’industrie musicale du monde entier.

Un mot sur Mike Paul

Mike Paul est honoré dans le cadre du festival Manito Ahbee (où siège le créateur), un grand rassemblement qui célèbre la culture et le patrimoine autochtones pour unifier, éduquer et inspirer.

Très heureux Lors de son entretien avec la « Voix des Premières Nations », Mike Paul était fier de cette an-

« L’APNQL est toujours disposée à appuyer toute initiative visant le rayonnement de notre diversité et de nos cultures comme premiers peuples. Je tiens à remercier l’ADISQ qui ouvre ses portes au talent issu de nos nations et à souligner la contribution de nos organisations œuvrant dans le domaine de la musique autochtone. Dans la démarche de réconciliation et du vivre-ensemble, notre musique et nos artistes qui en font leur vie jouent aussi un rôle inestimable. »

Ghislain Picard, Chef de l’APNQL

nonce. « Cette nomination pour mon album au niveau national est une grande fierté. De voir enfin mon travail reconnu par les pairs de l’industrie musicale autochtone au Canada est une grande joie. Cela me pousse à continuer et à ne jamais abandonner, et ce, malgré toutes les embûches que j’ai pu avoir dans ma carrière », a confié Mike Paul. Aussi, en plus de sa conjointe et de sa famille, Mike Paul a insisté pour remercier Marie Chevrier, agente d’artistes, MiJustin Lambert, un batteur de Manawan,

Aussi appelé Kuekuatsheu et anciennement connu sous le nom de Mike O’Cleary, l’Ilnu Mike Paul est un auteur-compositeur-interprète né à Mashteuiatsh. La grande majorité de ses chansons sont des compositions qui prennent leurs racines dans la vie, la nature, l’histoire et la culture des Premières Nations. « Avec des sons folkloriques et traditionnels, je chante en innu-aimun, en anglais et en français. Pour faire connaître ma musique, j’ai participé à de nombreuses émissions de télévision en direct, notamment à TAM, Makusham, Radio Canada, Sortir, La petite séduction et plus récemment INDIGENOUS DAY LIVE 2018 à Ottawa. Je suis toujours ravi de ces invitations », a confié le chanteur qui a un CV bien garni. Il a notamment créé des bandes sonores pour des émissions de télévision et offert de nombreux concerts au Québec, en Ontario et au Nouveau-Brunswick. Il a également remporté divers concours.

Une grande nouvelle pour la musique autochtone Dans son discours, Mike Paul a fait un détour pour parler de l’ADISQ qui vient de créer le Félix Artiste autochtone de l’année. « C’est merveilleux de voir que l’artiste autochtone ayant le

« Quand j’écris, je pense aux valeurs des Premières Nations, aux changements climatiques, aux nouvelles alternatives et au futur. Tous ces sujets m’ont permis de créer ce qui ressemble, à mon avis, à un rêve, une histoire et un conte traditionnel. »

Mike Paul

plus rayonné sur la scène musicale est enfin récompensé. Selon moi, les artistes autochtones en émergence vont se multiplier et il était temps qu’ils soient reconnus », a conclu Mike Paul.

Photo : Mike Paul

Par Chantale Potvin

L’artiste ilnu Mike Paul est reconnu pour Origine, un album sorti en 2018

« Sur le territoire, les trois langues sont présentes et je voulais qu’elles le soient dans mon album aussi. Le fait de chanter en anglais me permet d’aller chercher d’autres publics, mais la langue innue reste un enjeu très important. Elle est en voie de disparition, donc c’est sûr que je vais chanter des morceaux en innu. »

Mike Paul


PREMIÈRES NATIONS

15e édition des Jeux autochtones interbandes tendue nous honore », a-t-il exprimé.

Uashat mak Mani-utenam – Plus de 1000 jeunes de différentes nations convergeront cet été vers la communauté hôte des Jeux autochtones interbandes 2019 (JAIB), à Uashat mak Mani-utenam, du 4 au 15 juillet prochains. Cette 15e édition promet de faire vivre aux jeunes des moments mémorables et des expériences de partage, d’amitié et d’harmonie, à travers le sport, la culture, les activités sociales et préventives.

Le préfet de Sept-Îles, Réjean Porlier, est aussi très heureux de s’associer à cet événement. « Avec Mike, je suis heureux de souligner quand même tous les efforts de rapprochement qu’on a faits ensemble depuis un bon moment. Je pense qu’on peut dire que nous sommes de plus en plus comme une équipe. Je pense que c’est une belle valeur dans le sport, le travail d’équipe, être capable de se soutenir pour aller plus loin », a-til renforcé en ajoutant que la Ville sera là avec ses plateaux (piste de course, piscines, etc.) et qu’à un autre moment ce sera réciproque.

Il y a quelques semaines, les chefs de la Nation Innue dénonçaient vigoureusement le fléau que représente la consommation de drogue dans leur communauté. Selon de chef d’ITUM, Mike McKenzie, bien que l’ombre plane parfois sur les communautés, il y a aussi assez de soleil pour croire. « Aujourd’hui, c’est une journée de soleil. Dans 4 mois de jeunes athlètes viendront démontrer à quel point un corps sain et un esprit libre de toute contrainte artificielle rapprochent les gens de leur origine, de leur âme et leurs racines. Ils seront ici pour compétitionner, mais aussi pour fraterniser ou découvrir des liens tellement importants qui pour plusieurs dureront toute leur vie. Je vous invite à les regarder de plus près, parce que jour après jour pendant presque 2 semaines, nous aurons sous nos yeux la relève de demain », a-t-il clamé.

Le chef a tenu à souligner que cet événement aura aussi pour effet un rapprochement entre Autochtones et Allochtones. « Je m’en voudrais de ne pas souligner l’ouverture manifestée par la Ville de Sept-Îles afin de nous faciliter la tâche de la préparation des jeux. M. le maire Porlier, je tiens à ce que vous sachiez que cette main

Le maire a ajouté que le sport est très formateur. « Ce sont les valeurs qui entourent cela qui sont très formatrices pour les jeunes. Ça prépare les jeunes à la vie de façon générale. Il y a de fortes chances que ceux qui participeront à ces jeux-là, qui s’afficheront comme des leaders, comme de grands compétiteurs, seront des leaders de demain pour la communauté. On sait que les jeunes ont besoin d’image, de mentors, d’exemples. Et de plus en plus, on en voit dans nos communautés de ces leaders-là. Ce qui donne de l’espoir de façon générale ».

Le chef régional de l’APNQL, Ghislain Picard sera le co-président des JAIB.

Deux co-présidents La co-présidence sera partagée avec le chef régional de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard et le chef des opérations d’IOC, M. Chantal Lavoie. Il est primordial, a soulevé le chef régional de l’APNQL, Ghislain Picard, de relever l’importance [des jeux]. « D’ailleurs, les chefs avec

lesquels je suis appelé à collaborer, dont le chef Mike McKenzie, ont unanimement appuyé une déclaration en 2015, dans la communauté d’Essipit, où ils ont convenu de mettre de l’avant ce qu’il y a de mieux pour nos jeunes et nos enfants. Et je pense que les JAIB vont très certainement contribuer à nous rapprocher de ce principe-là, de cet esprit-là, de vraiment faire en sorte que le climat dans lequel évolue nos jeunes soit le plus positif possible. Je vais terminer en partageant quelque chose que j’ai déjà entendu il y a quelques années. Je pense que cela met en évidence les défis qui se présentent à nous. Un Mohawk des Six Nations disait qu’au Canada, quand on vient au monde Autochtone, la pensée générale ou le mythe, c’est qu’on vient au monde pour échouer. Je pense qu’il y a ces défis-là qui se présentent à nous, indépendamment des générations, mais en particulier chez les jeunes, pour relever notre estime de soi ». Le co-président, Chantal Lavoie, de Rio Tinto, était heureux de faire cette importante annonce : « C’est avec un réel plaisir que je vous annonce que la compagnie minière IOC, en partenariat avec Rio Tinto, s’est engagée à titre de présentateur officiel des JAIB 2019. Nous sommes heureux de soutenir ITUM et le comité organisateur des jeux, pour les préparatifs et la tenue de cette édition ». Il a renchéri en affirmant l’importance d’être présent comme adulte, d’être des modèles pour les jeunes. « Souvent, on sous-estime l’importance d’être présent, de soutenir les activités, d’être là dans leurs échecs et de les supporter, de les encourager à continuer ».

Le sport est rassembleur pour tous, Autochtones et Allochtones; c’est l’occasion de nous rapprocher, d’apprendre à nous connaître tous davantage. C’est pour cette raison qu’IOC a répondu positivement à la demande de partenariat avec ITUM, car la santé, le bien être, la collaboration, l’inclusion à la diversité font partie de nos valeurs d’entreprise, tout comme elles sont au cœur de cet événement d’ITUM », a conclu M. Lavoie.

L’importance des partenaires Le directeur de la Société de développement économique de Uashat mak Mani-utenam (SDEUM), Ken Rock, participe aussi à l’événement. « Cela a été un plaisir à la SDEUM, d’avoir participé en tant qu’organiseur à la recherche du financement, et ce n’est jamais facile… Les jeux vont coûter très cher, on a besoin de partenaires. Il y aura d’autres partenaires qu’on annoncera avec le temps. Je pense qu’aujourd’hui, c’est la journée IOC-Rio Tinto, qui est le représentant officiel des jeux. Je le répète, d’autres partenaires vont participer à ces jeux-là et l’on a besoin d’eux !

Un des conseillers d’ITUM et aussi membre du comité organisateur, Johathan St-Onge, s’occupera des activités sociales. « Ce sont ces événements-là dont les jeunes se souviennent. Moi j’ai participé à 6 compétitions lorsque j’étais jeune et mes meilleurs souvenirs sont les soirées organisées. Maintenant, notre mission première c’est de divertir les jeunes; et je m’adresse à ce moment à eux, pour les inviter ici : nous garantissons des événements inoubliables, des super bons shows, des DJ, des rappeurs… On fera monter sur la scène des gens provenant de diverses nations : Atikamekw, Mohawk, Cris, Naskapi… On veut vous divertir pour que vous repartiez avec de bons souvenirs. Venez vous inscrire, on a besoin de plusieurs jeunes ici dans notre communauté », a-t-il insisté. DISCIPLINES SPORTIVES DISCIPLINE

BENJAMIN

CADET

JUVÉNIL

VOLLEY-BALL

VOLLEY-BALL (PLAGE)

MIXTE

MIXTE

BASKET=BALL

HOCKEY-BALL

MIXTE

BALLE-MOLLE

BALLE-RAPIDE / FAST PITCH COURSE 80m

COURSE 100m COURSE 150m

✓ ✓

COURSE 4 x 100m (relais)

COURSE 2KM

CROSS-COUNTRY

Volet culturel

SAUT HAUTEUR

SAUT LONGUEUR

Il va y avoir une diversité de langue, a fait savoir Marie-Ève Vollant de l’Institut Tshakapesh, puisque plusieurs nations seront au rendez-vous. « Le premier but des Jeux, c’est de favoriser l’activité physique des jeunes, mais il est tout aussi important de mettre l’accent sur la langue autochtone et la culture. Tshakapesh est heu-

LANCER JAVELOT

LANCER DISQUE

LANCER POIDS

BADMINTON

TENNIS DE TABLE

SOCCER MIXTE

NATATION

COURSE 200m

COURSE 5KM

CANOT 400M

N.B. Toutes ces disciplines sont offertes aux filles et auc garçons.

La Voix Des Premières Nations • 5

Vers un rapprochement

Le chef Mike McKenzie, Chantal Lavoie, Ghislain Picard et Réjean Porlier

Plaisir garanti !

[ Mars - avril 2019 ]

Selon le chef McKenzie, la relève, par la pratique du sport, envoie un message de volonté et de détermination aux autres jeunes de même qu’aux familles qui ont des enfants. « Comme parents responsables, nous n’avons pas le droit de demeurer insensibles à pareille leçon qui doit, je le crois profondément, nous donner ce « boost » d’énergie qui nous permet comme adultes de nous battre encore plus farouchement pour le bien-être de nos enfants », a-t-il ajouté.

reux de s’engager dans le comité organisateur et nous travaillerons pour y introduire la culture. Durant certaines périodes, des activités culturelles pourront être organisées. Nous avons pensé ériger deux sites, un à Uashat et un autre à Mani-utenam. Il faut que les jeunes soient fiers de faire partie des Premières Nations ».

Photo: Suzanne Régis

Journaliste

Photo: Suzanne Régis

Par Suzanne Régis


NATION INNUE Négociations territoriales

Le conseiller politique Benjamin Bélair, le premier ministre François Legault, le secrétaire aux relations gouvernementales et stratégiques, Carl Cleary, posent avec le chef Clifford Moar et le chef Martin Dufour.

Par Chantale Potvin journaliste

6 • La Voix Des Premières Nations

[ Mars - avril 2019 ]

QUÉBEC - Le premier ministre François Legault a rencontré les chefs Clifford Moar de Mashteuiatsh et Martin Dufour d’Essipit pour discuter du dossier de la négociation du traité entre les Premières Nations du Regroupement Petapan, le Québec et le Canada. Représentant les Premières Nations innues de Mashteuiatsh, Essipit et Nutashkuan, qui comptent 8 000 Innus, le Regroupement Petapan s’est donné pour mission de faire la négociation territoriale avec les deux paliers de gouvernement afin d’en venir à la signature d’un traité. « La démarche entreprise par le Regroupement Petapan, à la demande

des chefs des trois Premières Nations concernées, vise deux buts principaux : la confirmation et le respect de nos droits et la prise en charge de notre avenir collectif. Ce traité, que nous voulons honorable, concerne l’avenir de nos Premières Nations », ont unanimement déclaré les chefs des communautés innues.

Une première Depuis l’élection de la CAQ et de François Legault, cette rencontre, qui s’est tenue le 13 février est la première à ce sujet. À l’issue de cette discussion, par le biais d’un communiqué, les chefs ont déclaré être satisfaits « de la volonté exprimée par le premier ministre de convenir d’une entente avec les Premières Nations du Regroupement Petapan, de

poursuivre les discussions sur la base d’une relation de Nation à Nation et de conserver le suivi de ce dossier à son niveau, en collaboration avec la ministre responsable des Affaires autochtones », a cité le communiqué.

règlement acceptable », peut-on lire en guise d’explication sur le Web.

Historique

Les principaux enjeux sont d’abord que le traité garantira aux Premières Nations de Mashteuiatsh, Essipit et Nutashkuan toute la latitude nécessaire à leur épanouissement collectif dans tous les domaines et tous les champs d’action propres à un gouvernement innu autonome et tourné vers l’avenir. Aussi, en plus de la continuité des droits ancestraux, des modalités de gestion ou de cogestion seront clairement établies dans le respect des spécificités culturelles des Innus. Il est également question des moyens d’assurer le dé-

Sur le site internet www.petapan. ca, il est possible de consulter l’histoire du regroupement qui a connu des hauts, des bas et des rebondissements. Or, de juillet 2000 à aujourd’hui, il faut toutefois convenir du fait que les politiciens autochtones n’ont jamais lâché pour en venir à une entente qui saurait satisfaire tous les clans concernés. « Aujourd’hui et plus que jamais, l’intention des Premières Nations du Regroupement Petapan est d’en arriver à un traité qui constituera un

Quelques points importants

Ça pourrait être toi SUZANNE RÉGIS

Rédactrice en chef et journaliste

CHANTALE POTVIN Journaliste

veloppement socio-économique, de l’éducation et de la justice.

Jusqu’au 31 mars Pour possiblement mettre un terme à cette négociation, le premier ministre s’est exprimé quant au fait qu’il serait temps de mettre fin à ces pourparlers qui durent depuis tant d’années. Pour leur part, les chefs ont évoqué l’importance de ce projet de traité relatif aux droits ancestraux. « Ce traité nous permettra de ré-

aliser notre projet de société et déterminera la nouvelle relation que nous souhaitons entretenir avec les nations canadienne et québécoise. » Regroupement Petapan

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DAVIDALEXANDRE VINCENT Journaliste

LAURENCE LAINÉ TAQ

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Photo : Courtoisie - bureau du Premier ministre

Rencontre avec le premier ministre

Nous sommes à la rechcerche de pigistes autochtones

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NATION MICMAC

La cheffe de Gespeg démissionne Par David-Alexandre Vincent

MESSAGE DE LA DIRECTION

GESPEG – Manon Jeannotte a quitté ses fonctions à la chefferie de la Nation Micmac de Gespeg le 8 février dernier. C’est que l’élue doit retourner habiter à Montréal pour des raisons personnelles et familiales alors que le code électoral stipule que le chef doit demeurer à Gaspé tout au long de son mandat.

Photo : Capture d’écran CERP

journaliste

Manon Jeannotte a été élue à la tête du Conseil de Gespeg en 2015.

La principale intéressée explique que la décision a été difficile à prendre mais qu’elle a choisi de quitter pour le bien de la communauté mais aussi pour prendre soin de sa santé. « Le poste de cheffe c’est vraiment intense, c’est beaucoup de route et de représentations politiques. […] Ç’a été un trois ans et demi intense, donc oui, ça prendra un peu de repos. » a dit Manon Jeannotte dans une vidéo publiée sur Facebook.

chefferie avec seulement cinq voix de majorité, soit 44% des suffrages. Des élections avaient été déclenchées dans un contexte de crise au sein de la communauté. Des conflits qui ne sont pas encore réglés aujourd’hui selon nos informations. La cheffe aura tout de même fait cheminer plusieurs dossiers tels que l’amélioration des relations avec les municipalités et le projet de traduction des noms de sentiers du Géoparc de Percé en langue micmac.

Lors de son élection en 2015, Manon Jeannotte avait remporté la

Malgré son départ, Manon Jean-

notte assure qu’elle continuera à s’impliquer dans les dossiers concernant les Autochtones et la Nation Micmac de Gespeg. Aucun chef ne sera nommé par intérim d’ici aux prochaines élections qui auront lieu en septembre prochain. C’est plutôt la direction générale de la Nation Micmac de Gespeg qui attribuera aux conseillers et conseillères les dossiers de nature politique. Le Conseil assure que les projets et les dossiers en cours continueront de cheminer tel que prévu.

Fête des mères Le mois de mai sera l’occasion de célébrer la fête des mères. Quoi de mieux que de faire paraître une photo de votre mère et un petit mot à son égard. Elle saura sûrement apprécier votre geste. Les femmes assument un rôle très important au sein de nos communautés. N’hésitons pas à leur témoigner notre amour et notre gratitude. Vous voulez agir de façon originale? Vous pouvez nous contacter au bureau à nos heures d’ouverture. Il nous fera un plaisir de vous aider. 418 962-3535

[ Mars - avril 2019 ]

La Voix Des Premières Nations • 7


LETTRE OUVERTE

Pourquoi les municipalités devraient-elles consolider leurs liens avec les communautés autochtones ? Conseiller Affaires Autochtones Cabinet de relations publiques NATIONAL «Plus que jamais, les villes ont un rôle crucial à jouer dans la réconciliation avec les peuples autochtones, et il ne peut y avoir de réconciliation sans respect des droits». C’est par ces mots que l’ex-maire de Montréal, Denis Coderre, annonçait, en 2017, l’adoption à l’unanimité, par le conseil municipal de la Ville de Montréal, de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. La Ville de Montréal emboîtait ainsi le pas à la Ville de Val-d’Or, en Abitibi, qui avait été la première municipalité du Québec à poser ce geste hautement symbolique quelques semaines plus tôt. Si cette main tendue par le maire de Val-d’Or, Pierre Corbeil, aux communautés voisines, Anishnabe et Cris, peut paraître anodine au premier coup d’œil, il est important de rappeler que ce geste s’inscrivait dans une démarche visant à éviter une catastrophe pour l’économie de la ville. Une crise de confiance prévalait alors entre les

8 • La Voix Des Premières Nations

[ Mars - avril 2019 ]

Premières Nations de la région et les policiers de la Sûreté du Québec. La situation avait pris une telle ampleur que les leaders autochtones menacèrent de boycotter la ville si des mesures concrètes n’étaient pas prises par les autorités en place. Cette menace aura permis de faire prendre conscience aux commerçants de la ville de l’importance qu’ont les Autochtones sur la vitalité économique de Val-d’Or. À titre d’exemple, le tournoi annuel de ballon-balai cri, auquel prennent part près de 3 000 Autochtones, génère des retombées économiques s’élevant à plus de 5 M$, au cours d’un simple week-end d’automne. À cela s’ajoutent les autres événements culturels ou sportifs qui s’y tiennent en permanence et les milliers d’Autochtones qui y font leur marché et leurs courses sur une base régulière. On peut donc dire sans se tromper que les Autochtones ont, à Val-d’Or, un poids économique non négligeable. Il en va de même dans plusieurs villes au Québec et au Canada. Lors d’un événement auquel j’assistais à Vald’Or en 2017, la cheffe Adrienne Jérôme de la communauté Anishnabe de Lac Simon, l’une des plus pauvres au Canada, a posé un petit geste démontrant toute l’importance de la démarche entreprise par la Ville. La cheffe, en guise de reconnaissance pour le rôle joué par le maire Corbeil lors de son appui à la Déclaration des

Nations Unies, a recouvert ses épaules d’une couverture fabriquée par une kokom (maman) de la Nation. La couverture, qui représente pour les Premières Nations la force, le réconfort et la paix intérieure, est un cadeau inestimable. Considérant qu’à une certaine époque, les autorités avaient cherché à exterminer les Autochtones en leur distribuant des couvertures contaminées de variole, le geste de la cheffe Jérôme était un puissant symbole de réconciliation. Un dialogue essentiel au développement De tels efforts de réconciliation ouvrent la porte à l’établissement d’un nouveau partenariat entre les villes et les communautés autochtones et permettent un dialogue constructif lorsqu’il est question de développement économique régional et de mise en chantier de projets d’envergure. Afin de faciliter cette collaboration entre les municipalités et les conseils des Premières Nations – et il en va de même pour les entreprises –, plusieurs stratégies peuvent être mises en place. Il est certain qu’en appliquant l’article 43 des recommandations de la Commission de vérité et réconciliation du Canada, qui encourage les municipalités et les gouvernements à mettre en œuvre la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, la table est mise pour des relations harmonieuses. Il faudra

Photo: Eric Duguay

Éric Duguay

La cheffe de la communauté Anishnabe de Lac Simon, Adrienne Jérôme, a recouvert les épaules du maire de Val-d’Or, Pierre Corbeil, d’une couverture en guise de reconnaissance pour son appui à la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.

par la suite s’assurer d’inviter les cheffes et les chefs des Premières Nations ou des représentants officiels des communautés à participer à certains groupes de décision ou de réflexion de la municipalité. Les municipalités ne doivent pas oublier que, depuis les premiers contacts avec les colons européens, les Autochtones jouent un rôle prédominant dans l’épanouissement de notre société et contribuent de façon significative à l’essor économique de nos villes. Encore aujourd’hui, ils

possèdent ou revendiquent des droits ancestraux sur la quasi-totalité du territoire du Québec et de ses ressources naturelles, faisant d’eux des partenaires incontournables. Les gestes qui encouragent les maillages et la collaboration sont à la base d’une compréhension mutuelle, laquelle constitue l’élément clé de l’acceptabilité sociale. Il est toujours plus facile de s’entendre avec un interlocuteur quand des liens de confiance et de respect nous unissent que dans le cas contraire.

LETTRE OUVERTE

Uepishtikueiau, le territoire innu de Québec Charles-Édouard Verreault Vice-chef aux relations avec les Premières Nations et les gouvernements Première Nation des Pekuakamiulnuatsh

Trop peu de gens ont l’occasion de lire ou d’entendre parler de la présence historique et importante des Innus dans la région de Québec. Voici des éléments documentés et factuels de cette histoire, qui permettent de comprendre pourquoi ce territoire fait partie de notre négociation territoriale et est inclus dans l’entente de principe que nous avons signée en 2004 avec les gouvernements du Canada et du Québec. Lorsque Champlain s’est installé à Québec au début du 17e siècle, la région de Québec était

considérée comme faisant partie du territoire innu, une situation confirmée par les écrits des premiers européens. Champlain lui-même reconnaissait le contrôle exercé par les Innus dans la région de Québec, encore appelée Uepishtikueiau aujourd’hui. Les membres d’autres nations autochtones s’y arrêtaient pour camper, mais ils utilisaient surtout le fleuve Saint-Laurent pour se déplacer sur de grandes distances. Ces nations reconnaissaient la région de Québec comme étant sous le contrôle des Innus, lequel pouvait s’exercer par l’exigence d’un droit de passage. Les Innus de la région de Québec étaient perçus par les premiers européens comme formant un groupe relativement homogène qui vivait la plus grande partie de l’année dans les montagnes de

la rive nord du fleuve Saint-Laurent. D’où le nom « Montagnais » qui leur a été attribué par les premiers européens. Les Innus ont beaucoup aidé Champlain et les premiers arrivants français à survivre dans la région de Québec, particulièrement lors du premier hiver de 1608-1609. Dès l’arrivée du printemps, le site de l’« Abitation » de Champlain à Québec était entouré de campements innus installés pour y faire le commerce des fourrures ainsi que pour la chasse et la pêche dans les environs. Les Innus ont montré aux Français comment pêcher sur la glace et comment chasser l’orignal, deux activités qui leur étaient inconnues. Pendant l’automne, les Innus faisaient la pêche à l’anguille dans les environs de Québec, notamment dans un lieu appelé Kamiskoua Ouangachit

(Anse de Sillery). Pendant l’hiver, les Innus se dispersaient en petits groupes familiaux à l’intérieur des terres pour la chasse au gros gibier et aux animaux à fourrure. Lorsque la mission de Sillery a été mise en place par les Jésuites vers 1637, l’objectif était de sédentariser les Montagnais (Innus) et les Algonquins. Les Hurons y sont arrivés plus tard. C’est vers 1650 que les Hurons sont définitivement chassés de leurs terres ancestrales de la Baie Georgienne (Ontario) par les Iroquois et viennent se réfugier auprès des Français dans la région de Québec. Ils s’installent au site actuel de Wendake vers 1697 pour y cultiver la terre et pour faire un peu de chasse et de pêche dans les environs. Les Hurons acceptent la prédominance innue dans la région et apprennent des Innus à

faire la chasse au gros gibier sur un territoire qu’ils ne connaissaient pas. La colonisation française va forcer les Innus à se retirer progressivement de la région de Québec vers la fin du 17e et le début du 18e siècle. C’est en 1760 qu’un sauf-conduit signé par le général James Murray accorde aux Hurons, qui étaient venus à lui pour se soumettre à la Couronne britannique et faire la paix, la  protection de la Couronne et la liberté d’exercer leur religion, leurs coutumes et de commercer avec les Anglais. Suite à un jugement de la Cour suprême du Canada en 1990 qui a confirmé la valeur juridique du document, ce sauf-conduit de quelques lignes, sans référence à un territoire traditionnel ou historique, est présenté par les Hurons comme le « traité huron-britannique de 1760 ».


Joyeuses Pâques De toute l’équipe du journal « La Voix des Premières Nations »

JOIGNEZ-VOUS À UNE ÉQUIPE DYNAMIQUE OFFRE D’EMPLOI :

Fondée en 1988, la CDEM est dirigée par un conseil d’administration formé d’entrepreneurs et gestionnaires délégués par les neuf communautés membres.

Sous l’autorité du directeur général, la personne titulaire du poste est responsable d’évaluer les demandes d’aide financière conformément aux normes et directives établies.

Baccalauréat en administration des affaires

Principales responsabilités

(commerce, sciences économiques, finances, développement régional) jumelé à une expérience de travail pertinente au poste. Toute autre combinaison de formation et d’expérience peut être considérée :

• •

Conseiller et supporter les clients dans l’élaboration de leur projet, et les assister dans le cadre de la réalisation de leur projet, au besoin. Recevoir et analyser les demandes d’aide financière pour des services de démarrage ou expansion d’entreprise et soumettre les recommandations appropriées. Analyser et évaluer la situation financière des clients. Assurer le suivi périodique des dossiers aux fins d’assurer une saine gestion du risque et cibler les besoins additionnels. Effectuer le suivi des dossiers en redressement ou en recouvrement et relancer, lorsque requis, les clients pour qu’ils respectent leurs conditions. Négocier les ententes et communiquer la décision aux demandeurs. Établir et entretenir des liens de collaboration avec les différents partenaires, dont les agents d’organismes de développement économiques des communautés (projets collectifs). Assister la direction générale dans le déploiement d’activités visant le développement des affaires. Assurer une présence auprès des entrepreneurs par des visites et des rencontres.

• • • • • • • •

Connaissance en analyse financière, du marché spécifique et de l’environnement externe. Connaissance juridique en matière de garanties, sur et hors réserve. Connaissance de la Loi sur les Indiens et de la fiscalité autochtone. Connaissance des risques de crédit et les mesures d’atténuation. Connaissance du français oral et écrit, connaissance de la langue innue et/ou de l’anglais est un atout. Connaissance de la suite office et des différents outils informatiques utilisés dans le domaine. Bonnes capacités relationnelles, interpersonnelle et démontrer de bonnes habilités à travailler en équipe. Faire preuve d’autonomie, orienté vers l’action et capable de prendre les bonnes décisions au bon moment. Démontrer des habiletés de négociateur et posséder une excellente approche client.

Le poste est situé à Sept-Îles et la rémunération est en relation avec la formation et l’expertise développées.

Toute personne intéressée doit soumettre sa candidature en acheminant son curriculum vitae accompagné des copies des diplômes académiques accompagné des relevés de notes, par courrier, à :

Corporation de développement économique montagnaise (CDEM) Concours : Directeur de comptes as/ Monsieur Jean Gauthier 1005, boulevard Laure, bureau 110 Uashat (Québec) G4R 4S6 ou par courriel à :

jgauthier@cdem.ca Note :

Seules les candidatures retenues recevront un accusé de réception.

Date de fin d’affichage :

Vendredi le 26 avril 2019

La Voix Des Premières Nations • 9

La Corporation de développement économique montagnaise (CDEM) est à la recherche d’une personne pour occuper la fonction de directeur (trice) de comptes. La CDEM est une société de financement commercial autochtone au service de l’ensemble des entreprises privées et communautaires innues du Québec.

PROFIL RECHERCHÉ :

[ Mars - avril 2019 ]

DIRECTEUR (TRICE) DE COMPTES

SOMMAIRE


PREMIÈRES NATIONS

Sensibiliser les Autochtones à leurs droits individuels et collectifs Par Audrey BergeronBilodeau

Regroupement des centres d’amitié autochtones du Québec (RCAAQ)

10 • La Voix Des Premières Nations [ Mars - avril 2019 ]

Les Autochtones sont largement surreprésentés au sein du système de justice, tant comme victimes que comme délinquants (ministère de la Justice du Canada, janvier 2017). Les résultats du projet de recherche mené par le RCAAQ entre 2016 et 2018 afin de documenter les expériences et réalités des Autochtones en milieu urbain au Québec ont permis de confirmer certaines préoccupations importantes. En effet, 31% des répondants ont déjà été victimes d’un acte criminel, soit 26,7% des hommes et 33,3% des femmes, mais seulement 13% ont eu recours à des services d’aide aux victimes.

VOTRE VOL EST ANNULÉ ? VOTRE HÔTEL FERME SES PORTES ? VOTRE EXCURSION N’A PAS LIEU ? En faisant affaire avec une agence de voyages titulaire d’un permis de l’Office, vous bénéficiez automatiquement et gratuitement de la protection financière du Fonds d’indemnisation des clients des agents de voyages (FICAV). Informez-vous auprès d’un agent de voyages ou au ficav.gouv.qc.ca.

OPC 18-1766 Journal Innuvelle

Livraison

25 janvier 2019

Parution

L’analyse des données révèle que les services d’aide aux victimes qui sont offerts dans le réseau québécois sont largement méconnus par les Autochtones, et ce, dans toutes les régions du Québec. Les taux élevés de victimisation et de judiciarisation des Autochtones sont inquiétants et témoignent d’écarts importants avec la population non autochtone. L’information et la sensibilisation auprès des victimes d’actes criminels, de leurs familles ainsi que leurs proches sont ainsi des actions à prioriser afin d’outiller les membres à faire face à de possibles situations de victimisation. Devant ces constats, l’une des actions du RCAAQ a été d’élaborer un projet s’intitulant : Victimes : à vos droits! Ainsi, en collaboration avec Éducaloi et le CAVAC, des capsules d’information et de sensibilisation pour les victimes d’actes criminels et leur entourage ont été développées. Elles abordent l’ensemble de l’expérience de victimisation et le

lien avec le système de justice, visent à sensibiliser la population, à informer les gens face à leurs droits, les outiller sur les recours possibles, les soutenir et les informer des ressources disponibles. Elles peuvent également servir d’entrée en matière pour des ateliers ou des cercles de partage animés par des intervenants œuvrant dans différents milieux. Notons que ces capsules sont également appuyées par un guide d’information juridique.

Actions à venir Les capsules vidéo sont actuellement disponibles en français ainsi qu’en anglais sur notre site Internet https://www.rcaaq.info/ dossiers/justice-et-securite-publique/, nous avons également utilisé différents réseaux sociaux afin de rejoindre le plus large auditoire possible. La deuxième phase du projet est actuellement en cours, soit de traduire les capsules en langues autochtones et les diffuser dans les radios communautaires. Des outils d’information, de sensibilisation et de formation s’adressant à la clientèle masculine autochtone seront également développés afin de permettre des interventions plus adaptées auprès d’une clientèle d’hommes victimes souvent laissée pour contre. Bien que nous pensions d’emblée à la violence faite aux femmes, il serait erroné d’ignorer la réalité de la violence envers les hommes. Par ailleurs, les Centres d’amitié autochtones du Québec sont des acteurs clés dans les milieux urbains : ils sont des lieux de rassemblement, d’écoute et de soutien pour les Autochtones des grandes villes et ils ont un accès privilégié à la population autochtone urbaine. Le RCAAQ maintient des liens étroits avec les Centres d’amitié, nous permettant ainsi de créer des outils adaptés aux réalités des Autochtones.


PREMIÈRES NATIONS

Le guide alimentaire est inclusif des Autochtones, dit Santé Canada journaliste

OTTAWA – Le guide alimentaire canadien paru en janvier dernier est inclusif à l’égard des peuples autochtones, assure Santé Canada. En marge de ce document, l’organisme fédéral prévoit lancer des outils spécifiques destinés aux Premières Nations, Inuit et Métis au cours des prochains mois. Santé Canada explique que le guide est inclusif de tous les Canadiens et qu’il « a été élaboré en tenant compte du contexte culturel, social et historique des Autochtones ainsi que de l’importance des aliments traditionnels. » Les obstacles liés à l’accès et à la disponibilité d’aliments de haute valeur nutritive et au fardeau plus important de maladies chroniques dans de nombreuses communautés sont aussi des fac-

teurs qui ont été pris en compte. L’Omble chevalier, les petits fruits et le gibier font partis des aliments qui se retrouvent dans les documents en ligne concernant le guide alimentaire

Développement d’outils L’agence de santé publique mentionne travailler depuis un bon moment avec Services aux Autochtones Canada et des représentants des Premières Nations, des Inuit et de la Nation Métisse. Ces séances de travail ont permis - et permettent toujours - d’identifier les distinctions alimentaires concernant les Autochtones. Ces distinctions constitueront les bases pour le développement de nouveaux outils visant la promotion d’une saine alimentation. Ces derniers devraient être lancés tout au long de l’année. Questionné par La Voix des Premières

Nations, un porte-parole de Santé Canada nous a répondu que ces outils n’ont pu être lancés en même temps que le nouveau guide alimentaire puisque les consultations étaient très nombreuses entre les divers groupes représentant les Autochtones.

Un réel besoin Le développement d’outils et la promotion d’une saine alimentation sont essentiels auprès des Autochtones, plaident des nutritionnistes. Les données recueillies au fil des dernières décennies ont démontré que les communautés étaient davantage touchées par les maladies chroniques et l’obésité, en plus de faire face à l’insécurité alimentaire. Santé Canada n’a pu établir de date précise quant à la publication de ces outils faisant la pro-

Santé Canada assure que le nouveau guide alimentaire canadien considère les besoins des Autochtones.

motion de saines habitudes alimentaires auprès des Premiers Peuples, répondant simplement

Photo : Santé Canada

Par David-Alexandre Vincent

que cela se fera tout au long de l’année.

La clientèle

Kapatakan Gilles Jourdain est un centre résidentiel communautaire (CRC) qui offre un service d’hébergement. Nous accueillons exclusivement des adultes autochtones (hommes et femmes), purgeant une (ou des) sentence(s) dans une institution provinciale ou fédérale, qui ont des permissions de sortir à des fins de réinsertion sociale, des permissions de sortir préparatoire à la libération conditionnelle et ceux en libération conditionnelle. Nous accueillons également ceux qui ont reçu une mesure sentencielle leur permettant d’évoluer en milieu ouvert. En fait, nous pouvons accueillir les clients sous le coup d’une ordonnance de probation avec suivi, d’une ordonnance de probation avec travaux communautaires et d’une ordonnance de sursis. Par contre, ils doivent avoir le désir et la volonté de compléter le programme de réhabilitation de 12 semaines que nous offrons. Le processus d’admission est enclenché sur la demande volontaire du contrevenant et avec l’autorisation de son intervenant correctionnel.

Tous les documents du programme étant en français, les ateliers se donnent en innu et français. Par consé quent, les clients devront être en mesure de comprendre, lire et parler le français aisément. Notre centre offre 20 lits, 18 pour accueillir de la clientèle provinciale et 2 pour la clientèle fédérale. Une chambre adaptée de 2 places peut même accueillir les personnes à mobilité réduite et/ou les femmes.

Nous préconisons une approche basée sur la culture autochtone. En fait, nous offrons un programme de guérison abordant diverses thématiques visant à outiller nos résidents dans leur démarche de réinsertion sociale et ce, par une prise de conscience quant à leur parcours criminel. De plus, nous les guidons pour trouver des pistes de solutions afin de ne plus retourner dans leurs anciens comportements ainsi que dans le système judiciaire.

POUR NOUS JOINDRE

CRC Kapatakan Gilles Jourdain 60, rue Innut Mani-utenam (Québec) G4R 4K2 Téléphone : 418 927-2984 Télécopieur : 418 927-3523 Courriel : kapatakan@globetrotter.net Site web : www.kapatakan.ca

La Voix Des Premières Nations • 11

L’approche

[ Mars - avril 2019 ]

La langue d’usage


12 • La Voix Des Premières Nations [ Mars - avril 2019 ]


Les Astres et Vous

Par : Innustradamus, Medium... Saignant Né en avril – La truite grise

Né en août – Le porc-épic

Né en décembre – Le lièvre

Né en mai – L’outarde

Né en septembre – La ouananiche

Né en janvier- Le caribou

Votre garde-robe est bien trop démodée. Les pantalons à pattes d’éléphant, c’est du passé. Il faut tout renouveler, la mode a changé et vous devez suivre son évolution. Vous portez encore des collets roulés et des tee-shirts à l’effigie de Fidel Castro. Un investissement de 1500$ devrait faire l’affaire pour vous mettre à jour. Côté cœur, vous devriez bientôt sortir de votre célibat. Lors d’un party, vous rencontrerez l’âme sœur et votre idylle sera très sérieuse. Profitez-en pour faire un voyage à Québec.

Une mauvaise hygiène dentaire fera en sorte que votre haleine sera perçue à un kilomètre à la ronde. Vos caries en sont la cause et il faudra bien affronter votre dentiste. Ne paniquez pas, quelques petits plombages et vous retrouverez votre sourire. Sur le plan économique, vous en arrachez avec vos finances personnelles. De mauvais investissements pour ne pas dire votre passion du jeu sur les machines à poker de Loto-Québec, ne vous rapporte aucun dividende. Misez plutôt sur la 6/49.

Né en juin – Le saumon

Des difficultés financières bousilleront votre mois et ce n’est pas un poisson d’avril. Des laisser-aller dans vos dépenses auront des répercussions néfastes sur votre portefeuille. Votre compte d’électricité est rendu en collection et il sera difficile de vous en sortir, à moins que votre beau-père vous prête les 2000$ que vous réclame HQ. Sur le plan culturel, vous partirez en famille pour deux semaines dans le territoire de chasse de votre père. Votre séjour sera très bénéfique.

De gros dégâts d’eau dans votre sous-sol vont requérir toutes vos économies. Une pièce dans votre système d’évacuation en sera la cause. Ça prendra deux semaines avant que le tout soit réparé. Côté financier, un lot important à la loterie vous permettra de payer presque tous vos comptes. Vous pourrez en même temps remplacer vos sous-vêtements qui sont usés à la corde, ont dirait des strings! Sur le plan santé, vous devriez faire attention au sel. Vous en mangez trop sous toutes ses formes.

Né en octobre – Le loup

Vers la mi-juin, vous recevrez une invitation pour donner une prestation au Festival Innu Nikamu. Étant jeune, vous étiez la pierre angulaire dans la chorale de l’église de votre paroisse. On a retracé des enregistrements de plus de trente ans demeurés cachés au presbytère. Vous avez été le rossignol innu pendant plusieurs années. Sur le plan professionnel, vous aurez des difficultés avec vos compagnons de travail. Vous les harcelez trop et bientôt une plainte viendra se loger contre vous et entachera votre dossier personnel.

Vous souffrirez pendant une semaine d’une migraine qui vous ralentira énormément. Ce sera pour vous une semaine de congé de maladie. Vous devrez consulter le plus rapidement possible afin d’éviter un AVC. Vous n’êtes pas trop actif et votre médecin sera un peu inquiet à ce sujet. Il vous recommandera de reprendre vos marches et de boire beaucoup d’eau. Sur le plan familial, vos enfants vous demanderont pour la période estivale, une moto quatre roues.

Né en juillet – Le renard

Né en novembre – Le castor

Le mois de juillet s’annonce explosif dans votre couple. On vous surprendra à flirter avec une personne étrangère à votre entourage. L’expression qui dit que « ça va chauffer dans la cabane » sera appropriée. Cela prendra une couple de semaines avant que la situation revienne à la normale. Vous devrez vivre pendant ce temps les foudres de votre partenaire de vie qui perdra les pédales de temps à autre. Ce sera la leçon de votre vie. Par la suite, votre couple vivra des années de plein bonheur.

Vous fêterez votre journée d’anniversaire en grand pour ne pas dire de manière grandiose. Plus d’une centaine d’invités de renommée communautaire participeront à votre fête et suite au party, près d’une trentaine d’invités dormiront un peu partout dans la maison dû à une surconsommation de boissons fortes et autres cocktails explosifs. Vos invités n’oublieront pas de sitôt votre anniversaire de naissance. Côté finance, une dépense imprévue de 3000$ viendra assécher votre portefeuille. Facture d’Hydro.

Vous serez surpris de constater lors d’un examen médical de routine que votre médecin de famille vous découvre des poux. Une situation embarrassante qui vous fera rougir comme une pomme bien mûre. Votre médecin trouvera les mots justes pour vous calmer les nerfs. Les astres sont formels, vous avez attrapé les poux lors de votre dernière visite chez un ami que vous connaissez de longue date. On dit que les poux, c’est de la chance. Comme de raison, vous empocherez un lot de 1000$ à la mini.

Votre mal de jambes s’accentue de mois en mois. Il faudrait éviter le sel à tout prix et contrôler votre glycémie. Le fait de ne plus être capable de marcher de longue distance est dû à un manque d’exercices quotidiens. Il serait temps également de cesser de fumer. Vos poumons sont fatigués et dans un état passablement affaiblis. Votre condition générale devrait s’améliorer si vous suivez les recommandations de votre médecin traitant. L’été prochain vous aurez atteint la grande forme.

Né en février – La martre

La venue de votre troisième enfant ou possiblement de jumeaux redonnera du piquant à votre vie de couple. Ces dernières semaines se sont avérées très négatives en raison d’une coupure nette dans les communications. La venue de la cigogne au mois de décembre aura des impacts très positifs sur votre vie de couple. D’autre part, la période printanière sera orientée vers le grand ménage. Le soussol, votre remise sont dans un désordre extrême. De vieilles peaux de castor et de caribou y traînent depuis 5 ans.

Né en mars – Le vison

Vous entreprendrez le mois avec beaucoup de vigueur sur le plan physique. Les mois d’hiver ont été longs et votre tour de taille a pratiquement doublé. Vous approchez les 150 kilos et vous êtes maintenant joufflu, ce qui n’était pas votre cas il y a quelques mois. Il faudra faire des efforts incroyables afin que d’ici six mois vous retrouviez votre taille de l’année dernière. Vous mangez trop de poutine. À chaque fois que vous en mangez, vous engraissez d’une livre. [ Mars - avril 2019 ]

La Voix Des Premières Nations • 13


NATION ATTIKAMEKW

Faire de la transformation traditionnelle des bleuets un projet économique

Par Marie-Christine Tremblay CDEPNQL

À Wemotaci, l’Association Nikawi est l’instigatrice du projet Osekwan Minic, qui vise à accroître l’autonomie économique des femmes tout en mettant en valeur leur savoir-faire dans la transformation des bleuets sauvages. L’Association Nikawi a pour objectifs de défendre les intérêts des femmes de Wemotaci et de s’assurer que leurs voix sont entendues, d’améliorer leurs conditions de vie, de favoriser le transfert des connaissances culturelles entre les aînées et les jeunes et d’organiser des activités ou ateliers permettant de faciliter l’intégration des femmes dans tous les domaines. Dès 2015, l’Association a eu l’idée de mettre en place le projet Osekwan Minic, dont voici un aperçu.

Un procédé transmis de génération en génération La communauté de Wemotaci est située sur un territoire forestier où les bleuets poussent en abondance. La population fait la cueillette et la transformation de ce petit fruit de manière artisanale depuis de nombreuses années. En prévision des longs mois d’hiver, les femmes transformaient les bleuets en pâte, une technique réalisée traditionnellement dans un chaudron déposé sur un feu de bois et qui permettait de les conserver très longtemps. La transformation des bleuets est réalisée en suivant des étapes bien précises. Tout d’abord, ils sont cueillis aux alentours de la communauté par des femmes, qui vont ensuite porter leur récolte au local d’Osekwan Minic. Sur place, les bleuets sont triés et calibrés avant d’être lavés. Dès que c’est fait, ils sont prêts pour la transformation ou la congélation. Une fois l’étape de la trans-

formation réalisée, la pâte de bleuets est empotée dans des pots préalablement stérilisés, qui sont ensuite scellés dans un autoclave et étiquetés. Il est important de préciser que toutes les femmes ont suivi une formation sur l’hygiène et la salubrité, présentée par Santé Canada, ce qui permet de développer des produits conformes aux normes. Les pots de pâte de bleuets sont ensuite vendus lors d’événements dans la communauté ou organisés par des organismes des Premières Nations. En novembre 2018, les femmes ont aussi été invitées à participer au Marché de Noël de Wendake. Les profits permettront de créer des événements pour les femmes et les familles de la communauté.

Les retombées d’Osekwan Minic Osekwan Minic est un projet qui permet de très belles retombées socioéconomiques. Tout d’abord, c’est une belle opportunité pour

les femmes de contribuer au développement économique de leur communauté. Le projet permet de créer des emplois (six cueilleuses en 2018 et une coordonnatrice), ce qui améliore du même coup les conditions de vie des femmes. Et comme celles-ci sont bien souvent le soutien économique de leur famille, les retombées sociales d’Osekwan Minic touchent encore plus de personnes. Mais il y a plus encore. La fabrication de la pâte de bleuets est une technique ancestrale qui était presque oubliée dans la communauté. Par le biais d’Osekwan Minic, l’Association Nikawi a pu la faire revivre et est maintenant en mesure de l’enseigner aux jeunes lors d’ateliers. À l’été 2018, une étudiante atikamekw en nutrition a été embauchée pour coordonner le projet. Celle-ci a documenté tous les procédés de transformation et a développé des outils, qui visent à obtenir prochainement une certification pour la pâte de bleuets. Ultimement, toute cette documentation pourrait être utilisée

dans le but de reproduire le projet dans d’autres communautés, ce qui représente une retombée non négligeable.

Plusieurs partenaires impliqués Pour concrétiser ce projet, l’Association Nikawi a pu compter sur la collaboration du conseiller en entrepreneuriat féminin de la CDEPNQL, Emmanuel Bertrand-Gauvin. D’autres partenaires, tels que Condition féminine Canada, le Conseil des Atikamekw de Wemotaci et la maison des jeunes de Wemotaci ont aussi contribué à rendre Osekwan Minic possible. Finalement, depuis décembre 2017 un partenariat se développe entre l’Association Nikawi et les communautés innues d’Ekuanitshit et de Mashteuiatsh. Ce partenariat permettra le partage des expertises de chacun des groupes ainsi que des économies d’échelle lorsque viendra le temps de la commercialisation.

PREMIÈRES NATIONS

14 • La Voix Des Premières Nations [ Mars - avril 2019 ]

STIMULER l’entrepreneuriat dans les communauté des Premières Nations Par Marie-Christine Tremblay CDEPNQL

De plus en plus de communautés des Premières Nations organisent des journées entrepreneuriales afin de présenter l’entrepreneuriat comme choix de carrière et de favoriser la création d’entreprises. Dans les communautés des Premières Nations, qui sont souvent situées en régions semi-urbaines ou éloignées, il n’y a pas beaucoup de commerces ou d’entreprises de services pour répondre aux besoins des populations. Comme celles-ci ne sont pas assez nombreuses pour avoir des succursales reliées à de grandes chaînes, les gens doivent souvent parcourir de grandes distances pour acheter ce dont ils ont besoin. Cette situation représente toutefois un grand potentiel de créa-

tion d’entreprises locales, qui viendront bonifier l’offre de services, tout en créant des emplois. Or, ce n’est pas tout le monde qui sait en quoi consiste l’entrepreneuriat et ce que ça représente d’être un entrepreneur. C’est là que des événements tels que les salons carrières et les journées entrepreneuriales peuvent être organisés pour remédier à la situation.

Journée entrepreneuriale d’Ekuanitshit Dans la communauté innue d’Ekuanitshit, située près de Havre-Saint-Pierre, on s’efforce de stimuler l’entrepreneuriat privé depuis quelques années. Présentement, le conseil de bande possède 17 entreprises offrant des services variés et il y a aussi sept entreprises privées, ce qui est un bon ratio pour une communauté

qui compte 655 membres. Pour favoriser encore plus la création de nouvelles entreprises, l’équipe de la Corporation de développement économique Ekuanitshinnuat (CDEE) a organisé une journée entrepreneuriale le 24 janvier dernier. Au total, ce sont près de 30 personnes qui ont participé à l’événement. Tout au long de la journée, des entrepreneurs provenant de différentes communautés innues de la Basse-Côte-Nord sont venus parler de leur parcours, des obstacles qu’ils ont franchis et de la persévérance nécessaire pour voir leurs projets d’entreprises se réaliser. Ainsi, des témoignages inspirants tels que ceux de Tanya Penashue-Lalo, propriétaire du dépanneur, LM de Pakua Shipu et de Dolorès Bellefleur, qui ouvrira une auberge à Unamen Shipu, ont permis d’ajouter du concret à la notion d’entrepreneuriat. Un jeune entrepreneur en construc-

tion de la communauté a quant à lui livré un témoignage très inspirant, insistant sur l’importance de créer des emplois dans les communautés autochtones. Ces exemples de réussite entrepreneuriale ont permis aux participants de s’identifier aux entrepreneurs et de constater que ces derniers ont bien souvent un bagage similaire au leur. Selon l’agente de développement économique d’Ekuanitshit, Mme Valérie Kaltush, l’événement a bien atteint son objectif, qui était de favoriser l’entrepreneuriat dans la communauté. Celleci est particulièrement fière des entrepreneurs innus qui se sont déplacés pour venir parler de leur parcours en entreprises. D’autres personnes ont aussi été invitées à venir s’adresser aux participants. Des représentants d’organisations d’aide aux entrepreneurs, comme la Commission de développement économique des

Premières Nations du Québec et du Labrador et la Corporation de développement économique montagnaise, ont pris la parole pour présenter leurs services et présenter des outils aux jeunes entrepreneurs afin de les aider à se lancer. Finalement, la CDEE a présenté l’offre de services qu’elle a développée pour soutenir les entrepreneurs d’Ekuanitshit.

Stimuler la réflexion entrepreneuriale À la suite d’une journée entrepreneuriale comme celle organisée à Ekuanitshit, les participants sont plus aptes à identifier des idées d’entreprises qui pourraient être créées dans les communautés. De leur côté, ceux qui ont déjà un projet peuvent repartir avec une panoplie d’informations utiles, qui pourront les aider à réaliser leurs projets d’entreprises.


PREMIÈRES NATIONS

Chronique touristique

Le tourisme autochtone a le vent dans les voiles! Par Laurence Lainé

des données d’adhésion pour 2019-2020.

En cette fin de campagne d’adhésion à Tourisme Autochtone Québec pour l’année 20192020, force est de constater une augmentation du nombre de membres depuis 2011. Effectivement, le nombre d’entreprises touristiques autochtones a plus que doublé depuis le début des années 2000. Plusieurs facteurs peuvent expliquer un tel désir de développer l’offre touristique autochtone au Québec, tel que le caractère mobilisateur que cela engendre dans la démarche identitaire des Autochtones et l’impact économique que cela génère également en créant des emplois et des retombées directes pour les communautés.

Photo : Luc Leclerc

agente de communication et de marketing

Annuellement, c’est plus d’un million de visiteurs qui sont venus à la rencontre de nos membres. Incontestablement, le niveau d’attractivité de notre industrie est très élevé tant sur les marchés locaux que sur les marchés internationaux comme la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les États-Unis, etc. Un tel engouement s’explique entre autres par la volonté des visiteurs à vivre une expérience authentique, une expérience unique qui entre en contact avec l’humain et son his-

Que ce soit pour se ressourcer, pour partager, pour rencontrer, pour lâcher prise, pour s’aventurer, pour comprendre, pour apprendre, le visiteur trouvera une expérience à la hauteur de ses attentes sur le Québec autochtone. De par son rôle de catalyseur dans la valorisation de la culture

et de l’histoire autochtone au sein de nos communautés, le tourisme autochtone est également une activité socioéconomique de première importance. Le tourisme autochtone a le vent dans les voiles, car il répond autant au besoin du voyageur qu’au besoin de l’hôte autochtone. N’est-ce pas là la base de toute relation viable et florissante !

toire. Dans une société de plus en plus axée sur les technologies, il est compréhensible que le voyageur ait envie de vivre une expérience tangible qui relève non seulement du passé et des traditions ancestrales, mais aussi du mode de vie contemporain dans toute son évolution. De plus, le tourisme autochtone propose une offre extrêmement diversifiée dû à la pluralité des cultures et l’immensité du territoire, comme il est possible de le constater dans les graphiques ci-dessous, tirés

est à la recherche de 10 JEUNES AUTOCHTONES

pour un stage en Bolivie

Votre mandat :

[ Mars - avril 2019 ]

Où : Renforcer les savoirs et pratiques autochtones avec un mandat sur la culture Ville de Sucre ou Tarija autochtone traditionnelle et urbaine à travers l’art, ou un mandat en médecine Conditions: naturelle alternative. Vous serez logés et nourris dans des faDurée : milles d’accueil boliviennes et travaillerez auprès de nos partenaires locaux. Billets 4 mois (départ à la mi-août d’avion, assurances, visas et allocation et retour à la mi-décembre 2019) mensuelle fournis.

« Nous avons remarqué beaucoup de points en commun avec nos amis d’ici. La perte de culture et ses conséquences sont très voyantes, comme par chez nous. Nous avons chacun notre façon d’accepter cette perte. Pour nous, les Innu, c’est avec le rire qu’on le fait, soit en taquinant jusqu’à dire des niaiseries. Pour eux (les Boliviens), c’est par le jeu, en passant du soccer jusqu’aux jeux de société. »

Maikeniss Fontaine, Innu de Uashat mak Mani-Utenam et son groupe à Sucre

Vous avez jusqu’au dimanche 14 avril 2019 pour déposer votre candidature, en envoyant votre CV ainsi qu’une lettre de motivation à Valérie Paquette, à l’adresse suivante: stages-groupe@amie.ca

Pour plus d’information :

https://www.amie.ca/stages/ ou 418-653-2409 # 231

La Voix Des Premières Nations • 15

Témoignage :


E TANANUT | ISHI-UINITISHUT AUEN PRÉSENCE | IDENTITÉ ATUSSEUN KA UAUITSHIAKANIHT KAMATAU-PIKUTAHT ANITE SHUNIAT | EKA UNITSHISSITUTAMUKU PROGRAMME D’AIDE FINANCIÈRE AUX ARTISTES ET AUX ARTISANS INNUS | RAPPEL Date limite pour la présentation d’une demande d’aide financière pour les artistes et les artisans innus : 15 avril 2019. Critères d’admissibilité et formulaires dans le site Web de l’Institut.

SHUNIANU KA PATSHITINAMUAKANIHT KATSHISHKUTAMUAKANISHIHT TSHETSHI SHUTSHITEIESHKUAKANIHT BOURSES D’ENCOURAGEMENT LÉONARD-PAUL TSHISHKUTAMATSHEU-SHUNIAU|ANITSHENAT KA UI KATSHISHKATAMATSHESHIUHT TSHETSHI APASHTAHT BOURSE LÉONARD-PAUL | BOURSE DOMAINES DE L’ENSEIGNEMENT Les deux bourses visent à encourager la poursuite des études postsecondaires et souligner la persévérance des étudiants innus des communautés membres de Tshakapesh. Date limite : Vendredi 14 juin 2019 – 12 h par la poste, par courrier électronique, par télécopieur ou déposer à la réception de Tshakapesh. Critères d’admissibilité et formulaires dans le site Web de l’Institut.

KA MAMUITUNANUT TSHETSHI UAUITAKANITI MASHINAIKANA UTE NANEU-TSHIUETINIT KA MAMUITUHT ANITSHENAT KAMAMISHISHTIHT SALON DU LIVRE KA TSHISHI-TSHISHKUTAMUAKANIHT 2019 DE LA CÔTE-NORD GRAND RASSEMBLEMENT ANNUEL L’Institut et les Éditions Tshakapesh seront de la DES NOUVEAUX DIPLÔMÉS INNUS 35 édition du Salon du livre de la Côte-Nord DU SECONDAIRE 2019 qui se déroulera du 25 au 28 avril prochain, e

au Cégep de Sept-Îles. Surveillez le site – salondulivrecotenord.com – pour la programmation officielle. Venez découvrir nos publications. Aussi dans le site : catalogue.tshakapesh.ca

Les futurs diplômés du secondaire, quelle que soit l’école qu’ils fréquentent, sont invités à présenter leur candidature afin d’être honorés lors de l’édition 2019 du Grand rassemblement annuel des nouveaux diplômés innus du secondaire, à l’aide du formulaire disponible auprès des directions des écoles des communautés de la région ou dans le site Web de l’Institut. Date limite de présentation : Vendredi 7 juin 2019

Kanuenitakanu-Mishituepanitakanu-Tshissinuatshitakanu innu-aimun Préserver – Diffuser – Célébrer la langue innue ATUSSEUAKANA TSHIPA TSHI APASHTANAU | NOS OUTILS LINGUISTIQUES : dictionnaire.innu-aimun.ca | verbe.innu-aimun.ca | grammaire.innu-aimun.ca

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Mars-Avril 2019 (Vol. 22 - No. 2-3)  

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