Avril 2022 (Vol. 25 – No. 2)

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Volume 25, numéro 2 Avril 2022

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LA VOIX DES PREMIÈRES NATIONS DISTRIBUTION

2 • La Voix Des Premières Nations

[Avril 2022]

plus de 7 800 copies 23 communautés 8 nations

Contactez-nous (No ISSN Bibliothèque Nationale du Canada : Imprimé : Innuvelle ISSN 2561 - 1275 Électronique : Innuvelle ISSN 2561 - 1283)

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Directeur général : Fredéric Langlais

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Conseillère en publicité : Vannessa Rock-Uniam Journalistes : Chantale Potvin, Sylvestre Desterres et Yan Riverin Collaborateur : Shan Dak Puana Crédit photo (page couverture) : Infographie : Yan Riverin (Yan Riverin - Designer Graphique) Tirage : 7 800 copies, maintenant disponible en version Web au https://lavoixdespremieresnations.ca Merci à l’Institut Tshakapesh, notre partenaire. Logos des nations commandités par Tourisme Autochtone Québec

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PREMIÈRES NATIONS Victoire historique à Mashteuiatsh

Décision en faveur des services policiers autochtones Initiative de journalisme local

Mashteuiatsh – Le Tribunal canadien des droits de la personne (TCDP) a déclaré que le Canada a fait preuve de discrimination pour ce qui concerne le financement des services policiers autochtones de Mashteuiatsh. « Le gouvernement du Canada perpétue la discrimination systémique à l’égard des Premières Nations en ne finançant pas adéquatement le service de police de Mashteuiatsh depuis de nombreuses années », a clairement stipulé le TCDP lors de sa décision qui a été rendue publique suite à une plainte déposée en 2016 par Gilbert Dominique, chef de la Première Nation des Pekuakamiulnuatsh.

n’était de toute évidence pas le cas!

Des sommes inadéquates Dans sa demande, le chef Dominique évoquait le sous-financement chronique du Programme des services policiers des Premières Nations (PSPPN). Ce dit programme fédéral, qui finance 52% des services policiers du pays, est fondé sur le principe de partenariat entre le gouvernement fédéral, les provinces ou les territoires et les Premières Nations. De ce fait, il y est noté que « les communautés autochtones doivent avoir accès à des services policiers adaptés à leurs besoins et être égaux en qualité et en quantité aux services donnés dans les collectivités environnantes caractérisées par des conditions semblables ». Ce

Des demandes claires Pour appuyer son point de vue, Gilbert Dominique avait alors expliqué que le financement octroyé aux services de police de Mashteuiatsh était insuffisant et que les argents offerts empêchaient les policiers de fournir une couverture policière adéquate. De ce fait, malgré des responsabilités similaires, le TCDP a déclaré que la communauté de Mashteuiatsh n’a jamais pu poser des actions comme celles des corps policiers non autochtones. Dans les prochaines semaines, le TCDP prendra une autre décision pour que des montants soient accordés à la communauté de Mashteuiatsh. Il est essentiel de préciser que

les montants octroyés pour le financement annuel étaient trop bas et que cela a causé un déficit dû à ce financement inéquitable. Aussi, les policiers autochtones ont des salaires beaucoup moins élevés que les autres policiers du Québec.

Précisions Pour conclure, il est important de rappeler que le problème de financement des services policiers ne se vit pas qu’à Mashteuiatsh. D’ailleurs, en 2018, devant le sous-financement et la longueur des annonces de financement du PSPPN, une vingtaine de corps policiers, avaient failli fermer leurs portes. Le PSPPN inclut 186 ententes pour des services de police dans 455 communautés autochtones et inuit au Canada.

Il s’agit d’une victoire importante pour la Première Nation des Pekuakamiulnuatsh et les Premières Nations de tout le pays. Nous espérons que cette décision permettra d’assurer la pérennité

de nos corps policiers autochtones qui ont souvent rencontré toutes sortes de difficultés causées par le sous-financement. Ghislain Picard, chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL) Au cours des 40 dernières années, les Premières Nations de l’APNQL ont consacré beaucoup d’efforts au développement et au maintien de services policiers de qualité pour leur population. D’abord soutenus par le ministère fédéral des Affaires indiennes, puis par celui du Solliciteur général devenu celui de la Sécurité publique du Canada avec, par la suite, la collaboration de celui de la province de Québec, nos services policiers n’ont jamais été soutenus adéquatement par le Canada et le Québec. Pourquoi? Ghislain Picard, chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL)

L’équipe de la Voix des Premières Nations Nous sommes à la recherche de pigistes autochtones

FREDÉRIC LANGLAIS

Directeur général

VANNESSA ROCK-UNIAM Conseillère en publicité

CHANTALE POTVIN Journaliste

SHAN DAK PUANA Chroniqueuse

SYLVESTRE DESTERRES Journaliste

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La Voix Des Premières Nations • 3

C’est une réelle victoire historique pour les services policiers de Mashteuiatsh.

C’est la deuxième fois que le Tribunal canadien des droits de la personne reconnait la présence de discrimination envers les Premières Nations dans les programmes gouvernementaux. Une décision semblable avait été rendue en 2016 concernant le programme Services à l’enfance et à la famille des Premières Nations. Il faut arrêter de le nier, il y a du racisme systémique envers les Premières Nations et les gouvernements doivent agir pour l’enrayer. Gilbert Dominique, chef des Pekuakamiulnuatsh de Mashteuiatsh

Le chef de Mashteuiatsh, Gilbert Dominique, est celui qui avait déposé la plainte en 2016.

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Photo : Pekuakamiulnuatsh Takuhikan

CITATIONS

Photo : Pekuakamiulnuatsh Takuhikan

Par Chantale Potvin


PREMIÈRES NATIONS Musée de Mashteuiatsh

Des œuvres pour encenser la culture autochtone Initiative de journalisme local

Mashteuiatsh – Avec des expositions permanentes et temporaires, le Musée amérindien de Mashteuiatsh convie ses visiteurs à admirer de nouvelles expositions qui ravissent toujours le public. C’est le cas de l’exposition Otanisa, un patrimoine familial mère-fille, un endroit culturel où trois générations sont réunies pour présenter des pièces créées pour valoriser la culture et l’histoire des Ilnuatsh et des Atikamekw et la transmission patrimoniale mère-fille. Présenté jusqu’au 16 avril 2022, Otanisa, un patrimoine familial mère-fille est le fruit du travail d’une famille innue et atikamekw de la communauté. Aussi, plusieurs types d’arts sont présentés : dessins, conte, broderie, poésie, multimédia, etc.

Des visiteurs actifs!

Des pièces et des mots Pour sa part, Amélie Courtois offre « Okawinan (mère) ». Il s’agit d’une installation qui présente des objets symboliques utilisés par des femmes de son passé. Parlons ainsi d’un sac fabriqué par sa grand-mère, de son bâton de marche et d’une œuvre littéraire poétique. La pièce centrale de l’exposition est toutefois une œuvre visuelle d’art numérique qui a été conçue selon des motifs traditionnels utilisés par sa grand-mère maternelle. Avec l’impression d’admirer un regalia aux couleurs vives, les visiteurs pourront notamment voir des photos, de la broderie, des poils de caribous teints avec des teintures naturelles.

Des artistes adolescentes Tanguant d’une génération à l’autre, Océane et Maya Boivin, les filles d’Amélie Courtois, âgées respectivement de 17 et 14 ans, présentent leurs œuvres qui symbolisent la transmission culturelle mère-fille. Ainsi, Océane offre « Nuhtshimihtsh tshishkutamatsheun (enseignement en forêt) ». Il s’agit d’une sculpture d’argile colorée de pastel gras qui est installée sur un socle de bois orné d’éléments de la nature. La sculpture est décorée avec de la

Le mot Otanisa est un mot atikamekw qui se traduit par ses filles, ses enfants. Les gens présents sur la photo sont des artistes exposants issus d’une famille ilnue et atikamekw, soit Maya Boivin, Amélie Courtois, Germaine Dubé-Courtois, Zach Boivin et Océane Boivin.

mousse, du lichen et d’autres matériaux de la forêt. De son côté, Maya présente « Ne pas oublier ». Ce sont des impressions d’art numérique sur du papier de soie. Ces impressions ont été conçues grâce à des photographies d’archives du pensionnat de PointeBleue.

Un garçonnet de 6 ans Pour parfaire le clan familial, les visiteurs pourront admirer les œuvres de Zach Boivin, 6 ans, qui

Photo : Musée amérindien de Mashteuiatsh

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Dans les pièces présentées, Germaine Dubé-Courtois, dit Kokom, a préparé la pièce « Sombre et lumineuse ». Il s’agit d’une installation qui inclut de la projection, des photos d’archives et de l’artisanat. Toutefois, sa mise en scène a été conçue pour être réparatrice et pour favoriser la guérison de son passage dans un pensionnat. La lune représente le père de l’artiste. En plus des œuvres, un conte pour enfants, mis en page par sa fille Amélie Courtois,

est présenté. Aussi, les gens du public sont invités à mettre des couleurs sur une marionnette incarnant une fillette.

Photo : Tania Jourdain - Musée amérindien de Mashteuiatsh

Par Chantale Potvin

Avec des pièces comme celle baptisée « Sombre et lumineuse », les visiteurs en ont plein la vue et sont invités à l’action et à la réflexion.

est le fils d’Amélie Courtois. Au Musée, le beau jeune homme présente « Mère et bateaux », soit une sculpture d’argile et « La forêt » qui consiste en une peinture sur bois.

De l’aide pour la création Pour avoir du soutien, pour enrichir leur création ou pour approfondir leurs techniques, avant de présenter leurs œuvres au public, les artistes ont eu droit à des formations et à des rencontres avec des artistes expérimentés. Il est important de préciser que l’exposition Otanisa, un patrimoine familial mère-fille, s’inscrit dans le cadre d’un partenariat entre le Musée amérindien de Mashteuiatsh et Kamishkak’Arts, un organisme qui a pour mission de soutenir le développement professionnel des artistes de la communauté de Mashteuiatsh. Cette exposition est d’ailleurs la première d’une série de six autres qui s’échelonneront sur une durée de deux ans.

Bienvenue à tous! En plus de voir Otanisa, un patrimoine familial mère-fille, les visiteurs pourront observer d’autres expositions avec des thématiques différentes comme Pekuakami, du canot sur les rives au rempart de roches ou les expositions perma-

nentes Tshilnanu Ilnuatsh où ils seront invités à découvrir le mode de vie des Ilnuatsh au fil des saisons ou Nuhtshimitsh, Dans la forêt, un parcours extérieur qui présentera les principales plantes utilisées par les Ilnuatsh. Il est important de conclure en affirmant que l’exposition permanente Tshilanu Ilnuatsh a remporté le prix d’excellence de L’Association des musées canadiens. Ce prix est un hommage à un musée qui favorise l’excellence de la muséologie canadienne sur la scène internationale et « qui contribue de façon exceptionnelle, par ses connaissances et son savoir-faire, à l’avancement et à l’appui de la muséologie dans le monde entier », stipule le communiqué relié au prestigieux prix.

Citations Inspirées par leurs histoires et leurs souvenirs familiaux, les artistes nous présentent, sous formes tressées, brodées et modelées d’argile, des œuvres de guérison façonnées d’enseignements traditionnels et de symboliques. OTANISA est le résultat d’un processus de savoir-faire transmis de génération en génération qui nous enveloppe d’une douceur et d’une fragilité comme la mémoire d’une famille. Extrait du communiqué de l’exposition Otanisa


PREMIÈRES NATIONS L’artiste innue Kathia Rock

Son premier single vient de sortir Par Chantale Potvin

par Kathia Rock qui a bénéficié de l’aide de Samian et de François Lalonde, réalisateur, musicien et sonorisateur, qui a notamment travaillé avec Lhasa de Sela et Jean Leloup. Kathia Rock est une artiste pluridisciplinaire innue originaire de Maliotenam. En plus de chanter, elle danse, fait du théâtre, des compositions musicales et littéraires et du multimédia.

Initiative de journalisme local

Uashat mak Mani-utenam – Nikamo Musik est une entreprise qui est toujours fière de présenter ses nouveaux produits autochtones. La Voix des Premières Nations vous parle du disque de l’autrice-compositrice-interprète, Kathia Rock. « Son art transpose des symboliques telles que l’importance de la transmission de sa culture et l’unification avec les autres nations », annonce la publicité de sa musique.

Sur YouTube, il est possible de visionner la magnifique vidéo principalement tournée dans la communauté de Mani-Utenam. Avec la chanson Terre de nos aïeux, qui ironise les paroles de l’hymne national Ô Canada, les images sont sublimes et la chanteuse apparaît dans une robe rouge grandiose. Les paroles de la chanson ont été écrites par Louise Poirier. Avec ce texte, Kathia Rock souhaitait rendre hommage aux femmes et filles autochtones disparues et assassinées. Par son geste artistique, elle voulait aussi faire un signe de respect aux sépultures anonymes retrouvées près de pensionnats pour Autochtones.

Terre de nos aïeux, premier single de Kathia Rock

Kathia Rock a participé à de nombreux festivals en Europe et au Canada.

Photo : F6 Foto

Disponible depuis janvier 2022, Terre de nos aïeux a été produit

Un mot à propos de Nikamo Musik L’entreprise musicale a été fondée en 2021 par Samian, qui souhaitait une plus grande indépendance. La mission de Nikamo

Photo : Christine Berthiaume

Une chanson symbolique

Kathia Rock est en prestation sur une scène. « Possédant une voix chaude, puissante et transcendante, elle compose et interprète des mélodies qui puisent leurs sources tant dans le répertoire ancestral de son peuple que dans la musique folk rock contemporaine avec des subtilités néo trad », cite le communiqué de son premier disque.

Musik est d’accueillir et de découvrir des artistes émergents par l’intermédiaire d’un endroit visant à créer, à échanger, à enseigner, à partager et à développer. « Nikamo Musik prône un épanouissement artistique grâce à la diversité culturelle et linguistique, à la reconnaissance et à l’engagement social », peut-on lire sur la page d’accueil. Sur le site de Nikamo Musik, en plus des disques, il est possible de commander des produits comme des chandails, des casquettes et des tuques.

CITATIONS Je voulais voir ma mère, mes tantes, ma famille, qui ont toujours été là pour moi, qui m’ont toujours encouragée, soutenue et écoutée. Ils m’ont vraiment aidée à passer à travers les étapes de création de mon album au cours des quatre dernières années. Kathia Rock, lors d’une entrevue à l’émission de radio Bonjour la Côte.

Lorsque j’ai eu cette réalisation, tout est devenu clair, je désire laisser un legs aux générations futures, soit celui de garder ma langue vivante à travers l’histoire de mon grand-père et des aînés pour maintenir un sentiment d’appartenance grâce à la beauté de notre culture. Kathia Rock, Espaces autochtones, Radio-Canada

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Autochtone

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La Voix Des Premières Nations • 5

Entreprise


PREMIÈRES NATIONS ITUM et le gouvernement du Québec s’entendent

Les connaissances millénaires autochtones dans le célèbre rapport du GIEC Par Sylvestre Desterres

de la biodiversité et entre ses habitants pour comprendre les effets des changements liés au climat.

Initiative de journalisme local

L’inclusion des savoirs autochtones dans la lutte aux changements revêt une importance fort bien connue depuis déjà un bon moment chez les Innus. Ce n’est que le 22 février dernier que le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a considéré l’apport des connaissances autochtones dans son sixième rapport.

L’importance de la participation du savoir innu La participation des communautés autochtones dans la lutte est plus que la bienvenue. Il est même souhaitable pour les prochaines générations. En effet, la pensée autochtone soutient que lorsque la Terre est surmenée, nous en ressentons les impacts négatifs.

Pour la première fois de son histoire, le célèbre groupe composé des meilleurs experts du monde entier ont affirmé dans leur populaire rapport l’importance que revêt la perspective autochtone. Ce qui est étonnant est que le GIEC y ait mis du temps pour reconnaître en ses systèmes de savoirs autochtones comme faisant partie de la solution dans la lutte aux changements climatiques.

À Nitassinan, le caribou forestier est en déclin. Le secteur Territoire et ressources du Conseil des Innus de Pessamit participe

à l’étude de la survie de cet animal sacré à Pipmuakan avec la collaboration de la science rigide. Dans l’émission de La semaine verte présentée le 30 novembre 2019, il est expliqué que le caribou est une espèce « parapluie ». En effet, le caribou a besoin de vastes étendues de forêt boréale pour s’assurer une descendance viable. En protégeant son habitat, nous protégeons également d’autres espèces qui y habitent et les bienfaits qu’ils apportent à d’autres. En outre, l’animal sacré est un indicateur clé lorsqu’il s’agit d’évaluer la santé de la forêt. Si les caribous y prospèrent, cela signifie que la forêt est bien traitée. Autrement, une forêt exploitée reviendrait à surmener l’habitat, et par conséquent à amenuiser notre efficacité en matière de lutte aux changements climatiques.

Nommément chez les Pessamiulnuat, du fait de ses connaissances millénaires acquises de par ses proches et amis, Jean-Luc Kanapé vient complémenter la recherche sur le caribou forestier présentée dans l’émission. Kanapé connaît bien le comportement de l’animal et de sa valeur culturelle. Ainsi, il peut donc amener ses savoirs aux recherches en y identifiant par exemple les lieux de mise bas, les tracés de migration empruntés, la présence de nourriture à certains endroits, le nombre de faons cette année, le poids des caribous, la santé des os, la prédation, la présence d’espèces perturbatrices, etc. Pour que cet animal puisse résister aux changements climatiques, il a besoin de la forêt boréale. Pour lutter contre les changements climatiques, nous

avons besoin de vastes étendues de forêt boréale. Pour la survie de l’animal qui a nourri et habillé pendant plus de 10 000 ans les peuples autochtones, il a besoin de vastes étendues de forêts. Pour la survie de notre culture nous avons besoin du caribou. Ceci n’est qu’une infime partie de ce qu’est l’interdépendance tant reconnue chez les peuples autochtones puisqu’elle existe effectivement chez plusieurs autres espèces animales ou végétales. Les systèmes de savoirs autochtones évoluent en s’adaptant au contexte qui se présente. Il est donc tout à fait pertinent de les inclure comme des sources importantes de solutions face aux changements climatiques.

Dans son rapport, le GIEC reconnaît l’importance de la biodiversité et des espèces qui y habitent pour documenter la lutte aux changements climatiques. Alors que le concept d’interdépendance entre les espèces et les milieux est transmis oralement depuis plus de 10 000 ans chez les Premiers peuples, le groupe d’experts des gouvernements du monde a trouvé consensus pour souligner que cette vision holistique tant primée chez ces peuples autochtones est reconnue dans le lien qui existe entre le climat et les milieux habités de la Terre. Il n’est donc pas question uniquement d’émissions de dioxyde de carbone dans l’air lorsqu’on parle des causes des changements climatiques. Il est aussi question de la reconnaissance de la vision holistique et d’interdépendance entre chaque aspect

Photo : Facebook - Jean-Luc Kanapé

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Et pourtant, déjà plusieurs millénaires, la capacité de résilience et d’adaptation des Innus face aux aléas de Mère Nature est reconnue. Encore aujourd’hui, ces connaissances sont mises à profit sur plusieurs projets de recherche liés à la restauration et à la conservation des milieux naturels et des espèces. Nous y reviendrons.

C’est en photographiant un caribou traversant le Lac Sault-au-Cochon, sur le Nitassinan de la communauté innue de Pessamit que Jean-Luc Kanapé a décidé de faire sa part afin d’aider à la souvegarde de cette espèce.


PREMIÈRES NATIONS Les rêves du ookpik

Un livre pour mener à la compréhension Initiative de journalisme local

Montréal – Avec l’essai Les rêves du ookpik, Étienne Beaulieu publie un livre qu’il dit avoir écrit pour tenter de comprendre d’où vient sa propre ignorance et celle des Blancs du Sud du Québec. Avec ce livre, il voulait essayer de trouver une façon de changer les choses, de sensibiliser tous celles et ceux qui reconnaissent leur propre ignorance. « C’est aussi une déclaration d’amour à la beauté du territoire », lance l’auteur. Dans les 170 pages du livre, monsieur Beaulieu décrit son amour du Québec. Hormis ses voyages, il raconte des parties de son enfance comme lorsque son père travaillait à la réintroduction du bœuf musqué, à Kuujjuaq. « Je me suis rendu compte avec le temps et en écrivant ce livre que la destruction de larges parties du territoire est liée directement à la mise à l’écart des Premières Nations, des Inuit et des Métis », a-t-il déploré.

Des noms autochtones remplacés

Des heures de recherche Avec une impossibilité de dénombrer le total des heures consacrées à la recherche, c’est avec humilité qu’Étienne Beaulieu précise que ce livre est un cri du cœur qui provient de son enfance. « J’ai des images de moi à l’âge de deux mois sur les rives de la grande rivière Koksoak, j’ai toujours été poussé vers les forêts, vers les territoires où l’on ne voit aucune trace de la civilisation blanche, même si j’ai fait une bonne partie de mon parcours en France ou au Manitoba », avoue-t-il. Il insiste sur le fait que ce livre est le produit du bagage culturel qui travaillait secrètement en lui.

Plusieurs thèmes Cet essai est un voyage dans le temps. Il parle des premiers contacts avec les Européens, des actions du christianisme, de la crise climatique, des sagesses ancestrales autochtones, de la brillance de Joséphine Bacon, de la force de Natasha Kanapé Fontaine, de beaucoup d’autres choses et du rêve… « En laissant le territoire rêver en nous, en se mettant à l’école de l’interprétation autochtone du territoire onirique, je n’ai aucun doute que nous changerions profondément le destin du territoire »,

Le mot inuktitut ookpik explique que dans son enfance, Étienne Beaulieu possédait un jouet venu des Inuit et rempli de symboliques. Il a grandi sans comprendre les symboles de ce jouet. « C’est un peu à l’image des Blancs qui ignorent, pour la plupart, presque tout des peuples autochtones. Ce ookpik de mon enfance en est venu à symboliser ma propre ignorance », a déclaré l’auteur.

a sagement conclu l’auteur.

Les profits

Tous les profits des ventes de ce livre seront versés à la Fondation Joséphine Bacon, qui existe au nom de la transmission de la langue et de la culture innues.

CITATIONS

Ce serait tout à fait envisageable d’enseigner au primaire les bases d’une langue autochtone dans le système éducatif québécois. Ce pourrait être, logiquement, la langue traditionnelle de la Nation sur le territoire de laquelle l’école se trouve. Je pense que les Blancs

verraient soudainement le territoire sous un autre œil et que la grande crise écologique que nous vivons pourrait trouver des solutions inédites en faisant appel au savoir ancestral autochtone. Étienne Beaulieu J’ai vécu toute mon enfance entouré d’objets autochtones, l’amie de toujours de ma sœur est une huronne-wendate, mon père a travaillé toute sa vie avec des Autochtones, alors que j’ai mis moi-même une éternité à me tourner vers ces cultures ancestrales. Ce livre est une façon d’opérer un retournement, d’enfin me mettre à leur écoute,

comme toute la société québécoise j’espère. Nous avons des siècles à rattraper. Étienne Beaulieu Joséphine Bacon a été, pour tellement de gens, celle par qui l’éclair de conscience est arrivé, celle qui nous a tout doucement fait comprendre que nous avons été monstrueux sans même le savoir souvent, celle qui a aussi trouvé les mots pour opérer une réparation possible de toutes ces blessures, pour trouver un remède à cette honte d’avoir été complices et ignorants, de l’être encore sans même s’en douter. Étienne Beaulieu

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VOTRE DESTINATION SPORTIVE À SEPT-ÎLES !

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« Au fil du temps et de mes déplacements, j’ai aussi été frappé de constater que beaucoup de lieux naturels ne portent presque plus de noms autochtones, alors qu’on sait qu’il y a à peine 100 ans, presque tous les toponymes étaient autochtones », a précisé Étienne Beaulieu qui ajoute qu’il faudrait réintroduire les toponymes ancestraux partout sur le ter-

ritoire québécois, que ce soit pour les rivières, les montagnes ou les lieux sacrés. « Ce serait un geste fort qui montrerait une véritable volonté de vivre enfin dans le respect des cultures autochtones », a estimé Étienne Beaulieu.

Photo : Facebook - Étienne Beaulieu

Par Chantale Potvin


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8 • La Voix Des Premières Nations

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UNE INITIATIVE DE :

Au nom d'Innu Takuaikan Uashat mak Mani-utenam,

Joyeuses Pâques! Veuillez noter que les bureaux d'ITUM seront fermés à partir du jeudi 14 avril à midi, jusqu'au mardi 19 avril à 8h.


[Avril 2022]

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PREMIÈRES NATIONS ITUM et le gouvernement du Québec s’entendent

Un plus pour le Centre régional d’éducation des adultes (CRÉA) Par Chantale Potvin

Initiative de journalisme local

Uashat mak Mani-utenam – ITUM et le gouvernement du Québec ont récemment signé une entente relative à une première convention d’association pour la gestion et l’exploitation du Centre régional d’éducation des adultes (CRÉA) qui est situé sur le territoire de Uashat mak Mani-utenam. Le centre est connu sous le nom du Centre Mitshapeu.

Des idées innovantes Au moment d’écrire ces lignes, un comité consultatif a été créé et un représentant de chaque communauté y siège. Aussi, le Centre Mitshapeu collabore avec des centres de services scolaires concernant six formations professionnelles. Le Centre privilégie la mise en place de classes installées dans les communautés, ce qui entraîne l’embauche locale, comme cela a eu favorablement lieu à Unamen Shipu (La Romaine) pour les étudiants qui ont formé la cohorte en conduite d’engins de chantier.

Historique et rôle pédagogique du CRÉA C’est en janvier 2015 que se font les premiers balbutiements du CRÉA dont le bâtiment de 6 millions est érigé entre 2015 et 2017. En janvier 2016, des formations débutent dans des locaux aménagés au sous-sol de l’église de Uashat et c’est le 20 septembre 2017 que la cérémonie pour souligner son ouverture officielle a lieu. Depuis, des améliorations administratives sont instaurées et de nombreux cours y sont offerts, notam-

ment la formation générale de secondaire 1 à 5, des cours d’alphabétisation, des cours professionnels en construction, en conduite de machinerie lourde en voirie forestière, en cuisine d’établissement, en mécanique et en conduite d’engins de chantier, en charpenterie-menuiserie, en conduite d’autobus scolaire, en plâtrage-peinture, en forage et dynamitage, etc. De plus, certaines de ces mêmes formations sont offertes et consistent en des projets de classes satellites dans des communautés éloignées.

Photo : Le Nord-Côtier

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L’entente couvrira la période de 2021 à 2024. Pour cette durée, un montant de 1 505 000$

est prévu pour financer les activités éducatives, « notamment l’organisation de projets novateurs en alphabétisation, en littératie et en numératie, ainsi que le soutien des élèves autochtones inscrits en formation professionnelle », cite le communiqué. « Cette participation financière du gouvernement du Québec a pour objectif de mieux soutenir et de promouvoir l’accès aux études pour tous les membres des communautés innues du vaste territoire de la Côte-Nord et de la BasseCôte-Nord », ajoute ce même communiqué.

Le Centre Mitshapeu offre de nombreuses formations qui mènent inévitablement à des emplois mieux rémunérés.


Citations ITUM est fier de contribuer au développement régional en matière d’éducation, et ce, en étroite collaboration avec l’ensemble des communautés. Un investissement majeur a été nécessaire pour la mise en place des infrastructures liées au projet. Les formations offertes (générale des adultes et pro-

fessionnelles) sont importantes pour les élèves qui font un retour aux études et nous croyons que ce continuum de services permettra une meilleure rétention scolaire; nos jeunes sont l’avenir de nos communautés. Mike McKenzie, Chef de la commmunauté de Uashat mak Mani-utenam

La nouvelle gouvernance du Centre Mitshapeu, en place depuis le 1er avril dernier, offre une livraison de services de proximité pour l’ensemble de la clientèle, tout en permettant un déploiement régional. Le but est d’offrir, sur tout le territoire et à l’ensemble des communautés innues, des formations qui répondent aux nombreux besoins régionaux pour le déve-

loppement de la main-d’œuvre. Vicky Lelièvre, directrice du secteur éducation à ITUM Je suis heureux de voir cette entente être signée aujourd’hui. Le partenariat entre le gouvernement et ITUM permettra d’élargir l’offre de services aux communautés. J’ai espoir que

ce programme continuera à créer plus d’opportunités pour les jeunes et les adultes désirant avoir une formation qui pourra leur procurer des emplois dans des secteurs d’avenir, mais surtout qui correspond à leurs intérêts. Ian Lafrenière, ministre provincial responsable des Affaires autochtones

CENTRE CENTRE MITSHAPEU MITSHAPEU

CENTRE RÉGIONAL D’ÉDUCATION DES ADULTES ET DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE

CENTRE RÉGIONAL D’ÉDUCATION DES ADULTES ET DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE

I N S CR I P T I ON S ( EN T O UT TEMP S)

Services offerts

I N S CR I P T I O N S ( EN T O U T TEMP S)

Présecondaire

Secondaires Services offerts 1 à 5 Présecondaire Préalables au D.E.P Test de développement général Secondaires 1à5 (TDG) Préalables au D.E.P Test d’équivalence (TENS) Test de développement général Formation à distance (TDG)

Formation à distance Éducation spécialisée

Coordination aux différentes Éducation spécialisée formations professionnelles Travailleur social

Photo : Centre Mitshapeu

Coordination aux différentes formations professionnelles

Dans le cadre d’un cours de cuisine, très respectueux de la culture et des valeurs autochtones, des élèves préparent la bannique, un pain typique chez les Premiers peuples.

Pour information : Courriel :

centre.mitshapeu@itum.education Téléphone : 418 968-6290 Adresse : 282, boulevard des Montagnais, Courriel : Uashat (Québec) centre.mitshapeu@itum.education G4R 4L9 Adresse : 282, boulevard des Montagnais, Uashat (Québec) G4R 4L9

La Voix Des Premières Nations • 11

Adaptation scolaire Travailleur social

Téléphone : 418 968-6290

[Avril 2022]

Test d’équivalence Adaptation scolaire(TENS)

Pour information :


PREMIÈRES NATIONS Mise en demeure contre le gouvernement

Wemotaci persiste et signe! Par Chantale Potvin

Initiative de journalisme local

Mashteuiatsh- Pour une meilleure harmonisation et afin de veiller au mieux-être de la population autochtone dans le but d’assurer l’accès à des services culturellement sécurisants dans les villes, les trois Centres d’amitié autochtones du Saguenay-Lac-Saint-Jean ont récemment été refondés pour devenir la nouvelle entité « les Centres Mamik ».

Des tâches non respectées À travers les mots de sa mise en demeure, c’est avec vigueur que le CAW dénonce les processus de consultation qui sont dirigés par les deux ministères et qui sont nettement incorrects pour respecter les obligations constitutionnelles du Québec. Ainsi, le MFFP est responsable de l’aménagement forestier et le MERN est le ministère qui accorde les baux de villégiatures sur le territoire, soit des permissions pour installer des chalets ou des camps de chasse. Après des demandes, ces deux organismes ministériels doivent organiser des consultations, des accords et des accommodements avec les Premières Nations. Pourtant…

12 • La Voix Des Premières Nations

[Avril 2022]

Protection du Wemotaci-Aski

En termes précis, le recours judiciaire a pour mission de mener à la protection du territoire et à la dénonciation du non-respect des droits ancestraux. Le but est aussi de faire en sorte que le gouvernement du Québec négocie les modalités d’un régime de gestion du territoire concernant celui de la communauté de Wemotaci. En d’autres mots, le CAW déclare que la mise en œuvre du régime forestier québécois sur son territoire est inconstitutionnelle et que cette façon de procéder du gouvernement fait fi des obligations de s’entendre avec les Premières Nations.

Une grimace aux droits ancestraux Pour appuyer son point de vue, le Chef de Wemotaci, François Néashit a fait mention des effets néfastes et cumulatifs des nombreux projets de développement qui affectent le territoire. Il affirme que ces effets ne sont

pas considérés par le gouvernement alors que le territoire se détériore et que l’exercice des droits ancestraux est de plus en plus difficile.

Avancer plus loin… Même si le CAW souhaite que tout se passe bien, si le gouvernement fait sourde oreille suite à la demande de Wemotaci, ou si les négociations ne sont pas satisfaisantes, une procédure officielle sera déposée en 2022 pour débattre juridiquement de la cause.

Citations Les consultations actuelles sont superficielles, les accommodements dérisoires, les effets cumulatifs ne sont jamais pris en considération et les mesures de conservation du territoire sont insuffisantes. Le statu quo n’est plus acceptable et il est temps de revoir l’ensemble des processus. François Néashit, Chef du CAW Les impacts combinés des activités forestières et de l’octroi de baux de villégiature sur le Wemotaci-Aski menacent les capacités présentes et futures de nos membres à exercer leurs droits ancestraux, incluant leur titre. Le régime actuel contribue à une dépossession territoriale qui va à l’encontre des droits fondamentaux du CAW et de nos membres. Nous avons la ferme intention de faire valoir nos droits et de protéger notre territoire dans l’intérêt des générations à venir. François Néashit, Chef du CAW Le gouvernement du Québec récolte ce qu’il a lui-même semé. Il a semé l’indifférence, il récolte des gestes comme celui qui est posé par Wemotaci et qui pourrait facilement être multiplié dix, quinze, vingt fois. Les chefs de l’APNQL ont voté unanimement une résolution d’appui à la démarche de Wemotaci et pour soutenir politiquement les efforts de toute autre Première Nation. Ghislain Picard, chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL) Ce qu’on constate, c’est que les Atikamekw de Wemotaci sont consultés au niveau opérationnel, mais au moment où ils sont consultés, les décisions les plus

importantes, celles qui auront le plus d’impacts sur leur territoire

et sur leurs activités traditionnelles, ont déjà été prises.

Me Jacynthe Ledoux, l’avocate du CAW


PREMIÈRES NATIONS Tournoi de hockey des Premières Nations de Pessamit

Reprise des activités sportives Par Yan Riverin

Initiative de journalisme local

Pessamit - Et voilà, la grande nouvelle est tombée le 2 mars dernier alors que le gouvernement du Québec a annoncé la levée graduelle des mesures sanitaires incluant le passeport sanitaire pour le 12 mars mais le port du masque demeurera obligatoire jusqu’à la mi-avril. Depuis la déclaration d’urgence sanitaire décrétée par le gouvernement québécois le 11 mars 2020, les activités sportives se sont faites assez rares dans le milieu des Premières Nations du Québec.

grands honneurs dans les classes «Compétition», «Participation B», «Participation C» et «Classe vétéran» du 10 au 12 décembre 2021.

Resserrement des mesures sanitaires Alors que tout semblait vouloir revenir à la normale, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, a annoncé des mesures sanitaires additionnelles obligeant la présentation des activités sportives amateurs à huis clos. Les ardeurs des différentes communautés des Premières Nations désirant organiser un événement sportif se sont alors vues freinés à nouveau.

Annonce tant attendue

Tournoi Anisheniu En décembre 2021, la communauté de Uashat mak Mani-utenam a su profiter d’un assouplissement des mesures sanitaires pour organiser son tournoi annuel. Plus de 20 équipes de hockey se sont affrontées pour rafler les

leurs intentions d’organiser ce tournoi tant attendu.

C’est avec enthousiasme que nos équipes ont reçu l’annonce du retrait des mesures sanitaires jusqu’au plus tard la mi-avril. Les membres du comité organisateur ont immédiatement annoncé

tion, vous pouvez visiter le site www.tournoipessamit.ca

mandons de rester à l’affût des différentes annonces à venir.

Plusieurs autres tournois

Qu’en est-il de la pandémie?

La communauté de Pessamit ne fut pas la seule à annoncer la tenue d’un tournoi de hockey adulte, notamment;

Malgré la levée des mesures sanitaires, nous devons tout de même demeurer prudents afin d’éviter toute forme de contamination au coronavirus. L’organisation des tels événements sportifs n’est pas une tâche facile pour les différents comités organisateurs et il est primordial d’y aller avec prudence, quitte à respecter des normes sanitaires locales.

• Tournoi de hockey des Premières Nations de Pessamit La communauté de Pessamit fut la première à annoncer la tenue d’un tournoi de hockey au retour graduel à la normale. Ledit tournoi se tiendra au Centre Ushteshimau du 29 avril au 1er mai 2022. Pour sa 21e édition, Pessamit souhaite accueillir plus de 32 équipes des classes «Compétition», «Participation B et C», «vétéran» et «Féminin». Pour information ou inscrip-

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Lac Simon/Senneterre : du 17 au 20 mars 2022 ; Challenge Manawan : du 30 mars au 3 avril 2022 ; Pikogan mineur : du 14 au 17 avril 2022 ; Wendake adulte : du 15 au 17 avril 2022 ; Mashteuiatsh adulte : du 21 au 24 avril 2022 ; Manawan mineur : du 22 au 24 avril 2022 ; Wendake mineur : du 29 au 1er mai 2022.

Ces actions de préventions et de prudence seront tributaires de la réussite ou non de ces événements organisés par toutes les communautés des Premières Nations du Québec.

Au moment d’écrire ces lignes, les détails entourant la tenue de ces événements ne sont pas encore connus. Nous vous recom-

La chronique de

Shan Dak « Indian Time » Comprendre ce qui se cache derrière ces mots pour les Autochtones

J

L’origine de l’Indian Time

Tandis que pour certains allochtones, il

Stéréotypes - Préjugés Discrimination Un stéréotype est une représentation imaginaire associée à un groupe social. Lorsque j’étais étudiante en administration, je me suis retrouvée l’unique Innue dans un cours. Aucune équipe ne m’avait acceptée comme co-équipière pour un travail long. En solo avec un surcroit de travail, j’ai remis ce rapport à temps. Et les stéréotypes engendrent les préjugés. Le groupe de cette classe avait un jugement inconsidéré et définitif sur moi comme Innue, sans connaître vraiment les Innus.

De plus, les stéréotypes peuvent mener aussi à la discrimination, ce qui consiste à traiter un autochtone injustement en se basant sur un préjugé. À titre d’exemple, un employeur dit qu’il n’embauche pas un candidat autochtone à un poste donné parce selon lui : il arrivera toujours en retard, ce qui bien entendu est discriminatoire. Cet héritage colonialiste contribue à ce que des pratiques institutionnelles en apparence neutres, perdurent au sein de la société soutenue par l’État. Je me suis déjà questionnée sur le processus d’embauche d’une entreprise en milieu urbain. Je détenais plus d’expérience, de compétences dans ce domaine comparativement à la candidate allochtone embauchée. À cette époque, j’acceptais silencieusement les inégalités sociales dont j’étais la victime. Une action était nécessaire par un approfondissement de ma compréhension concernant ma condition d’autochtone. Explorer mon passé colonial m’a permis de me positionner pour la défense des droits autochtones et des femmes. Ce militantisme donne un sens à ma vie en lien avec mon intellect, mon cœur et mes tripes; un pas à la fois pour sensibiliser, informer, éduquer et conscientiser toutes tribunes confondues. Enfin,

je suis fière d’être une femme innue et de mon appartenance à la communauté Uashat mak Mani-utenam. Pour contrer l’Innu Time dans ma vie professionnelle ou d’engagement social en milieu urbain ou en communauté autochtone, ma ligne de conduite est : être toujours à l’heure ou arriver 10 minutes d’avance. Et toi, quelle démarche entameras-tu? Conclusion Un bref survol de cette expression péjorative «Indian Time» aide à comprendre que les stéréotypes, les préjugés et la discrimination sont des concepts interreliés car les stéréotypes mènent aux préjugés et les préjugés engendrent la discrimination. J’ose espérer que vous saisissez que ce terme entraîne des conséquences multiples telles que des séquelles, des traumatismes et des impacts pour ceux ou celles qui sont confrontés à la discrimination sous toutes ses formes et une incidence sur leur bien-être. Notre histoire, une chronique de résistance.

Shan Dak Puana

Citation Francine Chicoine Collectif de femmes innues, S’agripper aux fleurs, Éd. David, 2012, 2e Éd. 2017,p.12

La Voix Des Premières Nations • 13

Certaines nations autochtones utilisent cette expression dans un sens humoristique ou en référence à la vie au territoire. La notion du temps est différente selon les saisons ou la période de chasse, pêche, etc. Pour survivre en territoire, les jours débutent à l’aube et finissent quand le soleil se couche. Il faut respecter le temps selon chaque activité telle que le piégeage, la trappe. En respect de nos valeurs innues, voici une inspirante conception de l’Indian Time par Francine Chicoine : « Je percevais cette pensée circulaire qui les caractérise, les mettant en communion profonde avec la vie animale, la nature, la Terre, donnant aussi une notion différente de temps et d’espace. J’apprenais l’élasticité insoupçonné des demains. j’apprenais… que les lenteurs cachent des incertitudes… ».

s’agit d’une forme d’expression péjorative envers les façons d’être et d’agir des Autochtones par cette citation : Être en retard comme les Indiens. Cette expression porte à présumer que tous les Autochtones sont toujours en retard. Elle implique que seule la conception du temps par la société dominante est la référence. Cette façon de penser, de croire, perpétue l’oppression inconsciente et consciente. Ce processus d’internalisation d’oppression implique pour les Autochtones, une dépossession de leur amour-propre (psychologique, émotif et spirituel) jusqu’à l’acceptation des stéréotypes négatifs véhiculés par les autres.

[Avril 2022]

e ne peux mesurer toute la portée de ce cliché : « Indian Time », sous le regard de l’autre et ce, à différentes phases de ma vie professionnelle en milieu urbain, une ombre aux multiples dimensions que je partage depuis tant d’années.


RÈGLEMENTS, DOCUMENTATION ET FICHIERS AUDIOS DANS LE SITE WEB DE L’INSTITUT TSHAKAPESH

14 • La Voix Des Premières Nations

[Avril 2022]

DATE LIMITE POUR DÉPOSER VOTRE DICTÉE : 6 AVRIL 2022, 23 h 59 ANNONCE DES GAGNANTS : SOCAM, 15 AVRIL 2022, 10 h

3 COHORTES 2019-2020 2020-2021 2021-2022

tshakapesh.ca – innu-aimun.ca TOUS LES DÉTAILS BIENTÔT : t s h a k a p e s h . c a


Les Astres et Vous

Par : Innustradamus, Medium... Saignant Né en août – Le porc-épic

Né en décembre – Le lièvre

La santé sera excellente. Vous sautillerez partout telle une sauterelle. Prenez garde à ne pas vous faire remonter les bretelles en raison de votre trop-plein d’énergie. Au travail, vous accomplirez tout ce que l’on vous demandera avec succès. Côté cœur, le cupidon ne vous a pas oublié, il a seulement eu un peu de retard (en fait, oui il vous a oublié). Il revient donc spécialement pour vous, deux mois plus tard… Bref, le cupidon viendra rallumer la flamme bientôt éteinte dans votre couple et pour nos célibataires, ceux-ci rencontreront enfin l’âme sœur. Votre situation financière se portera comme un charme.

Vous débuterez votre mois d’avril avec un vilain rhume, mais vous serez bien vite guéri. Au travail, vous vous retrouverez avec de nouvelles responsabilités. L’une de vos tâches consistera à ravitailler les troupes (vos collègues) en leur apportant du café tous les matins. La vie sentimentale de nos porcs-épics célibataires sera pleine de surprises. En effet, une personne vous déclarera ses sentiments de manière inattendue. Les couples, quant à eux, partiront en vacances en compagnie de leur conjoint(e) et de leur trâlée d’enfants. Pour ce qui est de l’argent, l’un de vos problèmes sera réglé d’ici le 14 avril.

Vous serez en excellente santé. La seule exception sera vos saignements de nez de plus en plus fréquents. Le conseil de vos astres est le suivant : « Cessez de vous curer le nez ». Sur le plan professionnel, un partenaire d’affaires vous proposera de participer à un projet artistique. Côté cœur, les célibataires tomberont follement amoureux d’une personne à la magnifique chevelure semblable à l’ébène. Pour nos lièvres en couple, vous serez surpris par l’un des talents cachés de votre partenaire. Pour ce qui est de l’argent, vous éprouverez quelques difficultés financières, mais tout sera bien vite réglé.

Né en septembre – La ouananiche

Né en janvier – Le caribou

Votre santé sera relativement bonne. Il faudra seulement faire attention à ne pas attraper froid. Au travail, la motivation ne sera pas vraiment au rendez-vous, ce qui inquiétera un peu votre collègue préférée. Elle tentera de vous remonter le moral avec un bon thé du labrador, ce qui vous mettra de meilleure humeur. En amour, les célibataires auront de la concurrence. La personne qui vous intéresse risque de se retrouver en couple avant même que vous ayez pu lever le petit doigt. Pour les couples, il y aura quelques disputes à l’horizon, mais vous surmonterez ces épreuves haut la main. Côté monétaire, il n’y a rien à signaler.

La conjonctivite viendra vous rendre visite dans la semaine du 25 avril. Au travail, vous passerez la plupart de vos après-midis à rêvasser. Vos activités nocturnes devant votre écran auront des répercussions sur votre productivité. En amour, les célibataires en profiteront pour passer d’excellents moments avec leurs amis. Cependant, quelqu’un dans votre cercle développera des sentiments à votre égard. Le caribou en couple verra son partenaire prendre ses distances ; son côté bordélique en sera la cause. Côté monétaire, vous serez surpris de retrouver votre vieille tirelire. Votre gain sera de 3,25$ très précisément.

Né en octobre – Le loup

Né en février – La martre

La santé sera excellente et vous aurez beaucoup d’énergie. Au travail, vous devrez partir en voyage d’affaires à la mi-avril. Votre destination? Miami! Vous rencontrerez beaucoup de clients importants. Sur le plan sentimental, les célibataires rencontreront une personne hyper chouette. Vous ferez beaucoup d’activités ensemble et vous vous entendrez à merveille. Les loups avec un partenaire devront éviter de faire des blagues de mauvais goût à leur conjoint le 1er avril au risque de devoir dormir sur le canapé. La situation financière des loups exigera de prévoir assez d’argent pour remplacer un pneu en raison d’une crevaison.

Vous aurez souvent l’impression d’avoir le souffle court. Ce qui serait assez normal puisque vous ne cessez pas de courir d’un bord à l’autre. Pensez à respirer, vous vous sentirez tout de suite mieux. Au travail, vous recevrez un chaleureux compliment de votre collègue ; cela égayera votre journée. Côté cœur, le film qui résumera le mieux la situation de nos célibataires au mois d’avril sera : « Seul au monde ». Pour nos martres en couple, votre relation ressemblera davantage à : « Trouver Némo ». En ce qui a trait à vos finances, vous obtiendrez l’argent nécessaire pour payer quelques comptes.

Né en mai – L’outarde Il faudra prendre soin de votre santé, les outardes. Votre fâcheuse tendance à vous surmener vous mènera à faire un petit tour chez le médecin. Votre perfectionnisme vous ralentira dans votre travail, ce qui vous amènera à procrastiner. Ce mois-ci, l’action de tout remettre à plus tard sera votre pire ennemie. Commencez maintenant ce que vous avez à faire et vous en ressortirez plus que satisfait. En amour, les célibataires trouveront chaussure à leur pied. Les couples, quant à eux, feront quelques sorties qui leur feront chaud au cœur. Côté monétaire, le solde de votre compte se retrouvera à -101,01$.

Né en juin – Le saumon Vous ferez un peu d’eczéma au niveau de votre annulaire gauche et vous éternuerez assez souvent. Lors de vos mauvais jours, il pourrait vous arriver d’atchoumer treize fois consécutives. Au travail, une personne vous proposera son aide. Il y aura quelques petits accrochages, mais vous finirez par trouver une entente… ou mieux. Sur le plan sentimental, les saumons célibataires devront nager un peu plus loin pour éviter les pêcheurs et pêcheuses mal intentionné(e)s. Pour les couples, les poissons d’avril seront à éviter. En ce qui a trait aux finances, vous obtiendrez une certaine stabilité.

Né en juillet – Le renard

Né en novembre – Le castor Boire des boissons sucrées avant l’heure du coucher vous apportera quelques problèmes. L’une de vos dents au niveau de la mâchoire inférieure sera alors très sensible, ce qui vous amènera à prendre rendez-vous avec le dentiste. Au travail, vous devrez prendre une décision importante. Côté cœur, les castors célibataires commenceront à fréquenter une personne qui leur fera perdre tous leurs moyens. Les couples devront faire face à un terrible dilemme : laver la vaisselle ou cuisiner? En ce qui a trait à l’argent, vous aurez quelques pertes, mais rien d’important.

Dimanche prochain, vous ferez un mouvement brusque au niveau de la nuque, par conséquent, vous vous retrouverez avec un fâcheux torticolis. Au travail, les affaires avancent tellement bien qu’on aura l’impression de lire le mot « accomplissement » sur votre front. Votre vie sentimentale battra son plein. En effet, vous recevrez une agréable surprise de la part d’un admirateur secret. Côté monétaire, vous aurez quelques problèmes à régler, mais vous réussirez à remonter la pente. Évitez seulement les jeux de hasard, car vous êtes particulièrement malchanceux.

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En vous cognant sur l’une des étagères du magasin le plus proche de chez vous, vous vous casserez le petit orteil. Heureusement pour vous, un(e) aide-soignant(e) au physique fort agréable se trouvera justement à côté pour vous aider. Au travail, vous accomplirez une tâche fort gratifiante. En amour, les célibataires vivront le meilleur de leur vie et feront de belles rencontres. Les couples prendront du temps pour se retrouver et faire de nombreuses activités. Le mois d’avril sera propice au rapprochement. La situation financière de nos renards sera excellente.

Né en mars – Le vison

[Avril 2022]

Né en avril – La truite grise


Habiter un milieu qui nous ressemble et nous rassemble!

Des logements de différentes tailles pour mieux s’adapter aux besoins des étudiant.e.s autochtones et de leur famille

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Studio ......................Logement d’une pièce 3 ½ .............................Une chambre 4 ½ .............................Deux chambres 5 ½ .............................Trois chambres 6 ½ .............................Quatre chambres

Les logements sont octroyés selon la composition

La Société immobilière du Regroupement des Centres d’amitié autochtones développe collectivement des solutions innovantes et durables en infrastructures immobilières afin de contribuer au mieux-être des Autochtones.

Le milieu de vie communautaire pour la population étudiante autochtone à Sept-Îles

de la famille (nombre de personnes). Le coût du loyer varie en fonction de la situation financière de l’étudiant.e.s et de sa famille, ainsi que de leur admissibilité au Programme de supplément au loyer de la Société d’habitation du Québec.

Pour plus d’informations ou pour faire une demande de logement : 1.888.297.3635 | info@sircaaq.ca

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Accueil dès le mois d’août 2022