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Pakua Shipi s’interroge

Bébés décédés ou placés? OTTAWA: Les entreprises devront respecter le jugement p-4 UASHAT: Intégrer l'histoire des Autochtones au programme scolaire p-7 DOSSIER: Justin Trudeau demande pardon aux anciens pensionnaires p-14 RBA Groupe financier vous offre des produits et services financiers adaptés à vos besoins  

 

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La voix des Premières Nations 7 000 copies 19 communautés 8 nations 80% lectorat autochtone

L'AMOUR TOUJOURS L'AMOUR... L'Amour d'une mère à son enfant, L'Amour des enfants envers leurs parents, L'Amour dans le couple, L'Amour qu'on voit dans sa soupe. L'Amour comme ça ne se peut pas,

Kawawachikamach

L'Amour avec un grand A, L'Amour interdit,

Schefferville Matimekush / Lac John

L'Amour à l'infini, L'Amour impénétrable,

Pikogan

Uashat mak Mani-utenam

Opitciwan

Ekuanitshit

Pakut-shipit Unamenshipit

Nutashkuan Wemotaci

Pessamit

Mashteuiatsh Essipit

Malécite

L'Amour qui fait pleurer, L'Amour qui fait rêver.

Joyeuse St-Valentin!

Listuguj Wendake

Manawan

L'Amour insaisissable,

Wôlinak Odanak

Peuples présents depuis des millénaires!!!

(N° ISSN Bibliothèque Nationale du Canada : Imprimé : Innuvelle ISSN 1480-638X Électronique : Innuvelle ISSN 1480-6398)

Équipe du journal Directrice générale : Suzanne Régis Rédactrice en chef : Suzanne Régis

Nous rejoindre Vous avez une nouvelle ? Contactez-nous : 418 962-3550 innuvelle@globetrotter.net

Journaliste : Chantale Potvin Conseillère en publicité : Véronique Régis

• Février 2016

Administration et comptabilité : Isabel Tremblay Collaborateur : Arthur Fontaine Correctrices : Michèle Bergeron, Estelle Côté Photographe (page couverture) : Innuvelle Infographie : Linda Renaud (MAP DESIGN) Imprimerie : Hebdo Litho Tirage : 7 000 copies Merci à nos partenaires : Innu Takuaikan Uashat mak Mani-utenam, Institut Tshakapesh

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Vous avez une publicité ? Contactez-nous : 418 962-3535 vr.innuvelle@globetrotter.net Siège social d’Innuvelle 108-B, boul. des Montagnais Sept-Îles (Québec) G4R 5P9 Télécopieur : 418 962-3575 Site web : www.innuvelle.net

Coupon d’abonnement pour le journal Innuvelle Nom : Adresse : Tél. :

No bande :

Particulier / Étudiant / Travailleur autonome : 75 $ / année (taxes en sus) Organisme / Commercial / Institutionnel / Cabinet : 85 $ / année (taxes en sus) Émettre le chèque au nom de : Innuvelle Les Autochtones voulant être exempts de taxes doivent fournir leur numéro de bande.

Adresse : 108-B rue Montagnais, Uashat (Québec) G4R 5P9


Les petits anges de Pakua Shipi

Jusqu’où ira l’horreur?

Par Chantale Potvin

Pakua Shipi — Qu’est-il advenu de neuf enfants de la communauté de Pakua Shipi? Jusqu’où ira l’horreur quant aux événements du passé? En plus de s’être intéressée à l’histoire des femmes de Val d’Or, l’émission Enquête s’est penchée sur le dossier de ces enfants innus. ne récente conférence de presse a soulevé plusieurs questions quant à ces neuf enfants âgés de 3 à 24 mois qui sont partis pour l’Hôpital de Blanc-Sablon, à 200 kilomètres de leur village. Quarante-trois ans plus tard, personne ne peut rien affirmer. Les parents, n’ont jamais revu leurs enfants vivants ou morts et n’ont jamais reçu d’avis de décès ou de lettre explicative. C’est le néant!

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Des détails

médecins, ayant travaillé à BlancSablon en 1972, n’ont pas souvenir de ces décès. Or, ils s’entendent pour confirmer que les enfants arrivaient à l’hôpital très mal en point. Aussi, Charles Mark, qui était le seul à posséder un bateaumoteur à l’époque, aidait les Innus à traverser de l’autre côté de la rivière. Il explique que c'était très long avant que les Innus soient envoyés à l’hôpital, car les Blancs passaient avant.

Des doutes, tant de doutes!

Aide et enquête publique demandées

Après avoir lu toutes les archives médicales remises par l’hôpital, Louisa Mark croit que sa sœur Odette est toujours vivante et qu’elle a été adoptée. Pour leur part, Christine Lalo et Charles Mark croient que leurs filles, Chantale et Micheline, décédées les 17 et 27 février 1972 ont été assassinées. Selon les rapports officiels, les enfants seraient décédés d’infections des voies respiratoires et une fillette de trois mois serait morte après s’être étouffée avec des aliments. «Ma petite Monique n’avait que trois mois et ne prenait que le biberon. Pourquoi lui avoir donné à manger?» questionne logiquement la mère, Agnès Poker qui a perdu deux de ses filles cette année-là. Elles ont été enterrées sans que leurs parents ne puissent les voir une dernière fois et sans qu’ils connaissent les lieux de sépulture.

Au nom des parents qui se sont interrogés pendant 43 ans sur ce qui a pu arriver à leurs enfants, une enquête publique est demandée par Me Alain Arsenault, l’avocat du conseil des Innus de la communauté de Pakua Shipi, laquelle est appuyée par les autres conseils de bande. Aussi, dans des lettres envoyées au premier ministre Philippe Couillard et à la ministre fédérale des Affaires autochtones, Carolyn Bennett, le conseil des Innus de Pakua Shipi demande toutes les formes d’aide possible - qu’elle soit financière, psychosociale ou juridique - afin de faire la lumière sur cette tragédie et sur l’état lamentable de la qualité de vie dans la communauté d’antan.

Des témoins Dans le reportage d’Enquête, trois

repos. Pour cette demande, Me Alain Arsenault tranche : «Il faut exhumer les corps et procéder à des tests d’ADN. S’il y a des corps qui sont là depuis 40 ans, vous

Imaginez la même situation, n’importe où au Québec, si 20% des enfants d’une ville venaient à mourir dans une période de deux ans. C’est ce que notre communauté a vécu. Denis Mestenapéo, chef de Pakua Shipi

Tout à fait légitime Comme tous les gens normaux de la terre, les familles souhaitent que les corps des enfants soient formellement identifiés et rapatriés à Pakua Shipi pour leur dernier

Innuvelle

La vie en 1972

Le chef de Pakua Shipi, Denis Mestenapéo, demande de l'aide pour faire la lumière sur ces évènements. •3

Lors des «enlèvements» de ces enfants, à Pakua Shipi, les quelque 80 Innus venaient de s’installer dans leurs premières maisons. Le luxe n’était toutefois pas au rendez-vous, car aucun service, tel l’eau courante,

imaginez leur état! Il faut donc faire plusieurs tests, mais tout est possible». INNUVELLE suivra ce dossier.

Février 2016 •

Pour rendre l’histoire plus claire et pour corroborer une hypothèse qui propose que certains enfants aient été adoptés, il faut préciser que les enfants ont été envoyés un à un par avion, car il n’y avait pas de route. Le but de ces voyages était de soigner les enfants et la maladie est la raison prétextée de leur mort. Or, en 2012, Louisa Mark, a visité l’hôpital pour avoir des informations sur sa sœur Odette. Les administrateurs de l’hôpital lui ont répondu que ce nom ne figurait pas sur la liste des personnes décédées. Plus tard, avec l’accord des familles concernées, Radio-Canada a entrepris des démarches officielles auprès de l’hôpital de Blanc-Sablon. Ce qui reste des archives a été remis aux journalistes qui étaient accompagnés de trois femmes innues de la communauté.

n’était offert dans la communauté. Les gens avaient donc besoin de l’aide des pêcheurs de SaintAugustin. Comble de malheur, l’aide sociale avait été retirée quelques années auparavant, car le gouvernement faisait pression sur les Innus pour qu’ils déménagent dans une réserve à 300 km plus à l’ouest. Cette situation de grande pauvreté et de misère explique pourquoi les enfants sont tombés malades.


Autochtones VS Rio Tinto

Les entreprises devront respecter le jugement Ottawa — Grande et heureuse nouvelle pour les Premières Nations alors que la Cour suprême canadienne a tranché en leur faveur. Ainsi, les entreprises privées devront désormais respecter leurs droits. es demandes proviennent des Premières Nations du Québec et de la Colombie-Britannique. Ils ont remporté cette importante victoire contre l’entreprise minière Rio Tinto. Les communautés concernées ont récemment fait une sortie publique s’adressant à tout le pays, mais surtout à toutes les entreprises qui exploitent les ressources naturelles. Les principaux messages étaient sans équivoque. Ainsi, les entreprises ne pourront plus se cacher derrière les gouvernements et celles qui souhaiteront exploiter les ressources sur le territoire ancestral d’une Première Nation devront désormais tenir compte de tous les droits reliés au territoire.

L

suprême a renversé tous les stratagèmes méprisants de Rio Tinto. «La Cour suprême du Canada a été claire. Les tribunaux canadiens peuvent se saisir des poursuites judiciaires de nos communautés à l’endroit de Rio Tinto ou de toute autre entreprise. Après avoir tout fait pour ralentir le processus juridique, Rio Tinto devra enfin répondre de ses actes», a expliqué le chef d’Uashat mak Mani-utenam, Mike McKenzie.

Décision symbolique Évidemment, comme c’est le cas pour la majorité des causes de la Cour suprême, le rejet des demandes de Rio Tinto est un précédent qui aura des suites pour toutes les communautés autochtones du pays. Ainsi, le jugement définit en termes précis le droit des Premières Nations. Il est donc clair et net que les entreprises devront dorénavant s’en tenir à cette décision solide comme le roc.

Une indifférence qui a trop perduré

Unis d’un océan à l’autre

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Même si plus de 5000 kilomètres les séparent, les chefs Innus d’Uashat mak Mani-utenam et de Matimekush-Lac John ainsi que ceux des Premières Nations Saik’uz et Stellat’en, en Colombie-Britannique, ont profité de la rencontre des chefs de l’Assemblée des Premières Nations du Canada pour partager publiquement leur victoire. Les chefs ont précisé que la Cour

Pendant la présentation, d’autres histoires similaires ont fait surface. Nul n'a besoin de faire d’efforts pour se remémorer telle ou telle communauté en conflit avec telle ou telle entreprise. «Notre rencontre confirme la culture de déni et d’injustice qui règne chez certaines entreprises et qui perdure depuis les années 50. Nous allons tout faire, autant dans l’ouest que dans l’est du pays, pour que l’histoire ne se répète

plus et pour que les entreprises qui souhaitent exploiter les ressources ne puissent plus le faire à notre détriment», a tranché le chef de Matimekush-Lac John, Réal McKenzie.

Un pas de plus Cette décision est une avancée importante qui fait suite au jugement Tsilhqot’in alors que pour la toute première fois, en juin 2014, la Cour suprême avait accordé un titre ancestral autochtone à un territoire. Ainsi, les six bandes de la Première Nation britanno-colombienne Tsilhqot'in, après 20 longues années de bataille juridique, ont obtenu le droit de gérer un territoire de plus de 1750 kilomètres carrés. Appuyée de sept autres juges, la juge en chef, Beverley McLachlin, a prévenu les promoteurs et les gouvernements qu’il serait désormais essentiel d’obtenir le consentement des Premières Nations lors de l’utilisation ou de l’exploitation de leur territoire.

Nous avons pu constater des similarités dans nos combats et apprécier le courage de nos frères Innus face à la minière. Tout comme nous, ils ont eu à se battre avec détermination devant le manque de respect de nos droits. Stanley Thomas, chef de la Première Nation Saik’uz

Jean-Claude Pinette

Par Chantale Potvin

Jackie Thomas, responsable de la gestion des ressources et du territoire pour la Première Nation Saik'uz, Réal McKenzie, chef de Matimekush-Lac John, Mike McKenzie, chef d’Uashat mak Mani-utenam et Archie Patrick, chef de la Première Nation Stellat'en.

Avec notre jugement historique à l’encontre de Rio Tinto, toutes les Premières Nations ont maintenant un outil important pour s’assurer de l’obtention d’un contrat social sur les projets d’exploitation. À partir de maintenant, toutes les entreprises privées qui opèrent sur nos territoires doivent obtenir notre consentement. Archie Patrick, chef de la Première Nation Stellat’en

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Véronique Régis

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Énergie éolienne

Les Innus ont leur part du gâteau Québec — Le partenariat entre la nation innue et le gouvernement a permis de finaliser le pacte de 4 000 MW d’énergie éolienne de la stratégie énergétique qui avait été échelonnée entre 2006 et 2015 pour le Québec. Les communautés innues y gagneront à coup sûr avec l’octroi d’un bloc de 200 MW.

Que du positif! La plupart des grandes instances de l’énergie renouvelable y voient là d’énormes avantages pour le développement économique et social de la nation innue et pour les entreprises qui travaillent pour les installations éoliennes. Au Québec, l’énergie du vent fournit quelque 5 000 emplois et les retombées fiscales et parafiscales sont évaluées à près de 100 millions de dollars annuellement.

Des politiciens heureux C’est en grandes pompes que Pierre Arcand, ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles et ministre responsable du Plan Nord et Geoffrey Kelley, ministre responsable des Affaires autochtones, ont mis en place ce partenariat majeur avec la nation innue. «La filière éolienne a été un choix gouvernemental à une époque où le Québec était en déficit énergétique. Elle a été créatrice d’emplois et a permis à plusieurs régions du Québec de prospérer et de participer aux retombées locales de ces projets», a déclaré Pierre Arcand. «La réalisation de ce projet

éolien entraînera des retombées importantes qui nous permettront enfin de mettre en place une structure nationale innue concrète et viable et nous aideront à faire un pas de plus vers notre autonomie», s’est réjoui Mike McKenzie, le chef d’Uashat mak Mani-utenam.

L’importance du vent Selon les données officielles de l’Association canadienne de l’énergie éolienne (CanWEA), avec 2 883 mégawatts, la province de Québec est au deuxième rang parmi les provinces canadiennes en termes de puissance d’énergie éolienne installée sur son territoire. Cette impressionnante proportion serait suffisante pour alimenter près de 1 000 000 de foyers québécois en électricité.

À suivre… Au moment d’écrire ces lignes, toutes les modalités et les engagements de part et d’autre n’ont pas tous été conclus. Toutefois, il est clair que ce partenariat entre le gouvernement du Québec, HydroQuébec, la nation innue et des entreprises membres de la filière éolienne québécoise est de l’ordre d’un demi-milliard en plus de générer d’importantes retombées pour le milieu.

Serge Ashini Goupil

Par Chantale Potvin

Les chefs innus Rodrigue Wapistan de Nutashkuan, Réal Mckenzie de Matimekush Lac-John, René Simon de Pessamit, Martin Dufour d’Essipit, Jean-Charles Piétacho d’Ekuanitshit, Gilbert Dominique de Mashteuiatsh, Alain Lalo d’Unamen Shipu, Mike Mckenzie, d’Uashat mak Mani-utenam et Denis Mestenapéo de Pakua Shipi.

Les partenaires de l’industrie ont hâte de collaborer avec les communautés innues afin de participer activement à la réalisation de ce projet. Ce faisant, nous pourrons poursuivre le développement des énergies renouvelables au Québec et maintenir la qualité de notre expertise dans tous les secteurs. Jean-François Samray, p.-d.g. de l’Association québécoise de la production d’énergie renouvelable

Ce projet confirme l’existence et l’efficience d’une relation de nation à nation entre les peuples innu et québécois. Il fait la preuve qu’un dialogue constructif avec le gouvernement du Québec est avantageux non seulement pour les Innus, mais également pour tous ceux qui partagent avec eux les régions ressources, ainsi que pour une large part de la population qui favorise l’utilisation d’énergie propre. Martin Dufour, chef d’Essipit

Grâce à leur leadership, les communautés innues deviennent aujourd’hui des acteurs importants dans le développement énergétique du Québec. Nous avons pris l’engagement de maintenir et de favoriser une collaboration étroite avec tous les partenaires du Plan Nord, y compris avec les nations autochtones. Cette entente démontre la volonté du gouvernement du Québec d’impliquer les communautés autochtones dans la mise en œuvre du développement nordique du Québec. Geoffrey Kelley, ministre responsable des Affaires autochtones

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L’adjudant Pierre Pietacho

De grands honneurs militaires Havre-Saint-Pierre — L’adjudant Pierre Pietacho, un Innu de Mingan, a récemment été décoré du médaillon du Commandant du 2e Groupe de patrouilles des Rangers canadiens (2 GPRC). n effet, en décembre dernier, de grands honneurs ont été présentés à Pierre Pietacho, qui est membre de la patrouille de Havre-Saint-Pierre. Le Médaillon du Commandant du 2 GPRC lui a été décerné en guise de reconnaissance pour sa contribution aux programmes Rangers et Rangers juniors canadiens. Il s’agit d’une pièce symbolique qui veut souligner les services rendus aux Forces armées canadiennes pour le ministère de la Défense nationale. «Par ses actions, M. Pietacho va bien au-delà de ce qui est exigé dans le cadre de son emploi et de ses responsabilités personnelles», a précisé la capitaine, Karine Roy.

E

Une belle cérémonie L’événement s’est tenu dans le cadre d’une cérémonie officielle qui s’est déroulée après une formation avancée de leadership qui avait lieu à la base militaire de SaintJean-sur-Richelieu. C’est le lieutenantcolonel, Bruno Plourde, commandant du 2e Groupe de patrouilles

des Rangers canadiens, qui a remis le Médaillon du Commandant à l’adjudant Pietacho.

Texte sur le médaillon Comme à chaque fois que ce grand honneur est remis à une personnalité militaire, un texte est inscrit sur la pièce. Voici donc les mots qui accompagnent le Médaillon du Commandant de Pierre Pietacho. «L’adjudant Pierre Pietacho sert au sein du 2 GPRC depuis 1980. Promu sergent, il devient le commandant de la section innue de la patrouille de Havre-Saint-Pierre. Sa persévérance et son dévouement ont contribué à l’ouverture d’une patrouille de Rangers juniors canadiens dans la communauté de Mingan et à augmenter la contribution innue lors des entraînements Rangers et Rangers juniors canadiens».

Caporal Miki Poirier-Joyal

Par Chantale Potvin

Un homme respecté Pour conclure, la capitaine Roy a tenu à souligner l’important travail de l’adjudant Pietacho. «Il est là depuis 1980. Ce n’est pas rien. C’est facile de comprendre pourquoi il a également été décoré le 7 novembre dernier, quand il a reçu une deuxième agrafe de la Décoration des Forces canadiennes pour ses 32 années de service. Nous avions alors organisé une cérémonie à Havre-SaintPierre, où nous avons vécu de beaux moments. M. Pietacho est un modèle

Le Lieutenant-colonel, Bruno Plourde, remet les honneurs à l’adjudant, Pierre Pietacho.

quand on parle de contribution exceptionnelle», a conclu la capitaine Roy.

Informations Depuis 1947, la mission du 2e Groupe de patrouilles des Rangers canadiens est d’être responsable de la région du Nord-du-Québec. L’or-

ganisme gouvernemental effectue des patrouilles à l’occasion de missions de sécurité nationale et de protection civile dans les endroits isolés et peu peuplés du Québec. Ces régions ne peuvent être desservies adéquatement et de façon économique par d’autres éléments des Forces armées canadiennes. Au Canada, quelque 5 000 Rangers

canadiens sont répartis dans 200 communautés. Pour plus d’informations et pour suivre les activités du 2 GPRC, rendez-vous sur la page Facebook à l’adresse facebook.com/2GPRC.2CRPG.

En bref Déversement de pétrole brut

Les Hurons-Wendat veillent au grain

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Wendake — Suite à un important déversement de pétrole brut, les Hurons-Wendat voient à la protection de l’environnement sur leur territoire national, le Nionwentsïo. Le 30 décembre dernier s’est produit un déversement de 7000 litres de pétrole à la fuite d’un conduit à la Raffinerie JeanGaulin, à Lévis. «Ce déversement, parmi tant d’autres, nous rappelle l’importance de protéger l’environnement, nos espèces fauniques et végétales, nos cours d’eaux et notre santé comme citoyens. Malgré que la raffinerie Jean-Gaulin ait assuré qu’aucun impact hors de ses limites n’ait été signalé, il n’en demeure pas moins que les risques sont présents et qu’une vigilance constante doit être en place concernant toute installation existante et tout projet de construction d’oléoduc ou de gazoduc, de

raffinerie ou autre type de système de transport et de transformation. Le Saint-Laurent, ses deux rives et le territoire qui les entourent sont au cœur de notre histoire, de notre vie contemporaine et ancestrale. Nous avons le devoir, comme Nation, de protéger ce joyau précieux qu’est notre territoire, le Nionwentsïo, et nous continuerons à faire valoir nos droits et notre position», a déclaré le grand chef de la Nation HuronneWendat, Konrad Sioui.

Respect et actions «Nous sommes proactifs et solidaires des acteurs de la région et du milieu, ainsi que des autres Premières Nations pour assurer un développement durable et respectueux. En ce sens, nous prenons les moyens nécessaires afin d’évaluer les impacts de tout projet relatif au transport et au traitement de produits du

pétrole susceptible de toucher notre territoire national. Dans le cas où nos études d’impact et nos propres analyses techniques démontreraient un quelconque danger pour l’environnement, nous n’hésiterons aucunement à intervenir directement contre ces projets, forts des jugements successifs, émanant de la Cour suprême du Canada et qui exigent le consentement explicite des Hurons-Wendat. Il en va de la survie des générations futures de la région du Centre-du-Québec, qui ont su coexister dans la paix et l’harmonie depuis des centaines d’années», a tranché le grand chef qui a souhaité que ces entreprises qui exploitent les ressources renouvelables et non renouvelables fassent le vœu de maintenir une relation sincère avec la Nation huronne-wendat dans un esprit de protection de l’environnement et du territoire. (Source : Conseil de la Nation Huronne-Wendat)


Projet pédagogique

Intégrer l’histoire autochtone Uashat mak Mani-utenam — Une première rencontre historique a réuni les élus et les chefs innus de la Côte-Nord qui ont signé un protocole de rapprochement en mars 2015. Le projet est de rédiger un programme d’enseignement de «la vraie histoire» des peuples autochtones. Ce programme sera destiné aux élèves des écoles de la région. ette mesure brillante et audacieuse est une action qui cadre avec la création d’une toute nouvelle instance régionale. Ainsi, les chefs autochtones et les préfets nord-côtiers seront assis à la même table. Il y aura les chefs des huit communautés innues et de la Nation Naskapie, soit Kawawachikamach, et les préfets des MRC de la Côte-Nord. «C’est

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un avancement exceptionnel» dont s’est réjouie la préfète de la MRC de La Haute-Côte-Nord, Micheline Anctil, qui a visité plusieurs communautés afin d’être témoin du quotidien des Innus. «Je me suis déplacée en voiture comme en motoneige. Je voulais connaître ces gens et je suis contente d’y être allée. J’ai vu du beau comme du moins beau et j’ai réalisé qu’il fallait agir pour plusieurs raisons», a confié Mme Anctil, qui a notamment déploré le fait que beaucoup de maisons soient surpeuplées.

Des valeurs communes Parmi leurs actions, les élus ont envisagé de miser sur l’enseignement des jeunes dans le but, disent-ils, de développer une «société plus juste» et une «cohabitation harmonieuse». «Il faut apprendre aux enfants la

vraie histoire. On sait qu’il y a une histoire enseignée dans les écoles, mais on veut qu’il y ait une évolution, qu’on enseigne notre histoire à nous, sur la Côte-Nord», a estimé le chef et Pessamit, René Simon, qui a avoué que le projet pédagogique novateur le satisfaisait grandement. «Il serait même bien que notre idée fasse le tour du pays», a-t-il ajouté.

Autres projets Conjointement au projet d’enseignement de l’histoire, les chefs et les préfets ont discuté sur un dossier qui traîne depuis trop d’années, soit celui du prolongement de la route 138 en Basse-Côte-Nord. De plus, les gens autour de la table ont unanimement appuyé une motion, soit celle de tenir une commission d’enquête publique sur les femmes autochtones disparues ou assassinées.

De solides poignées de main Lors de l’annonce de l’association, de part et d’autres, les élus se sont positivement exprimés. «On s’est tendu la main mutuellement. Nous avons ainsi réalisé à quel point nos enjeux étaient communs. C’est définitivement à notre avantage de travailler ensemble», a estimé Micheline Anctil. Pour sa part, le chef de Pessamit en rajoute en faisant référence aux récentes sorties télévisuelles et médiatiques concernant les Autochtones. «Il y a une prise de conscience qui a été faite, notamment dans le dossier des femmes autochtones et des événements de Val-d’Or. Ceux-ci ont créé un malaise national. Tous ces faits ont été discutés afin d'en arriver à abolir les marques de non-respect entre les deux groupes», a conclu René Simon qui a promis de tenir INNUVELLE au courant des suites de ses projets.

Le Nord-Côtier

Par Chantale Potvin

La préfète de la MRC de la Haute-Côte-Nord, Micheline Anctil, et le chef de Pessamit, René Simon, étaient fiers de se réunir pour ce projet.

La clientèle Le Kapatakan Gilles Jourdain est un centre résidentiel communautaire (CRC) qui offre un service d’hébergement. Nous accueillons exclusivement des adultes autochtones (hommes et femmes), purgeant une (ou des) sentence(s) dans une institution provinciale ou fédérale, qui ont des permissions de sortir à des fins de réinsertion sociale, des permissions de sortir préparatoire à la libération conditionnelle et ceux en libération conditionnelle. Nous accueillons également ceux qui ont reçu une mesure sentencielle leur permettant d’évoluer en milieu ouvert. En fait, nous pouvons accueillir les clients sous le coup d’une ordonnance de probation avec suivi, d’une ordonnance de probation avec travaux communautaires et d’une ordonnance de sursis. Par contre, ils doivent avoir le désir et la volonté de compléter le programme de réhabilitation de 12 semaines que nous offrons. Le processus d’admission est enclenché sur la demande volontaire du contrevenant et avec l’autorisation de son intervenant correctionnel.

La langue d’usage Tous les documents du programme étant en français, les ateliers se donnent en innu et français. Par conséquent, les clients devront être en mesure de comprendre, lire et parler le français aisément. Notre centre offre 20 lits, 18 en provenance de la clientèle provinciale et 2 de la clientèle fédérale. Une chambre adaptée de 2 places peut même accueillir les personnes à mobilité réduite et/ou les femmes.

L’approche En ce qui a trait à notre approche, nous préconisons une approche basée sur la culture autochtone. En fait, nous offrons un programme de guérison abordant diverses thématiques visant à outiller nos résidents dans leurs démarches de réinsertion sociale et ce, par une prise de conscience quant à leur parcours criminel. De plus, nous les guidons pour trouver des pistes de solutions afin ne plus retourner dans leurs anciens comportements ainsi que dans le système judiciaire. Février 2016 •

POUR NOUS JOINDRE CRC Kapatakan Gilles Jourdain 60, rue Innut Mani-utenam (Québec) G4R 4K2 Téléphone : 418 927-2984 Télécopieur : 418 927-3523 Courriel : kapatakan@globetrotter.net Site web : www.kapatakan.ca

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RETOUR DE NUTSHIMIU ATUSSEUN 2016

La Société de développement économique de Uashat mak Mani-utenam (SDEUM) relance, avec lʼappui du chef Mike McKenzie et du conseil de bande de Uashat mak Maniutenam, le programme Nutshimiu Atusseun en 2016. Le but du programme sera dʼamener des jeunes de 18 à 35 ans, ayant abandonné lʼécole depuis deux (2) ans, à séjourner en forêt plusieurs semaines afin dʼacquérir des connaissances et des techniques traditionnelles et modernes qui vont les aider à apprécier le mode de vie en forêt. Le programme vise surtout des jeunes éprouvant des problèmes de consommations dʼalcool ou dʼabus de drogues et/ou de problèmes personnels. Les premières semaines du programme serviront de période de sevrage et les stagiaires seront suivis par des gens compétents dans ces spécialités. Nutshimiu Atusseun 2016 est un projet pilote, qui commencera vers la fin février, afin de constater la réalité du programme et lʼintérêt des jeunes. Si les résultats sʼavèrent positifs, le programme sera reconduit dans les années futures.

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• Février 2016

Cette année, le programme insistera sur la transmission des valeurs culturelles propres aux Innus, lʼhistoire vue par les aînés, les valeurs familiales, la spiritualité et les techniques de chasse, de pêche et de piégeage.

La SDEUM est à la recherche de six (6) stagiaires (homme et femme) pour apprendre les techniques (modernes et traditionnelles) de piégeage, de chasse et de pêche. Compétences demandées : • être membre de la communauté de Uashat mak Mani-utenam • être âgé entre 18 et 35 ans • avoir abandonné l'école depuis plus de deux (2) ans • avoir une attestation de bonne santé • être disponible en 2016 Si vous êtes intéressé par ce programme, envoyez votre candidature et lettre de motivation, avant le 31 janvier 2016, à Madame Éléonore Picard par courriel (eleonore.picard@sdeum-innu.biz) ou par la poste avec la référence :

SDEUM secteur : Stage Nutshimiu Atusseun 271, boulevard des Montagnais Uashat (Québec) G4R 5R1

Source : service des communications d’ITUM – Raoul Vollant






















 

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Février 2016 • •9


ittérature

Livre

Un penseur innu se confie Mashteuiatsh — Un livre, intitulé

Tshinanu, nous autres, et moi qui

SAUVETAGE D’UNE PERSONNE EN DANGER Le Conseil Innu de Uashat mak Mani-utenam souligne l’intervention remarquable de l’équipe de la Sécurité Publique Le Conseil de Uashat mak Mani-utenam et le chef Mike McKenzie tient à saluer les efforts et l’efficacité des agents de police Carl Jourdain et Audrey Ringuette du service de la Sécurité publique qui ont porté assistance à une personne en danger de mort. En effet, le 23 janvier dernier, les agents Jourdain et Ringuette sont partis à la recherche d’une personne dont les propos suicidaires leur avaient été rapportés un peu plus tôt. Leurs recherches ont permis de retrouver cette personne, qui dans un moment de détresse, s’était jetée à l’eau en sautant d’un quai. C’est sans hésitation que l’agente Ringuette a porté assistance à cette personne en danger de mort en sautant elle-même dans l’eau glaciale, après avoir pris soin de se rattacher au quai à l’aide d’une corde. « Je tiens à saluer le geste héroïque de Mme Audrey Ringuette qui, dans son grand professionnalisme, n’a pas hésité à faire tout son possible pour sauver de la noyade et de l’hypothermie cette personne en détresse. Du même souffle, en raison des nombreux suicides qui sont survenus dans la communauté en 2015, il est primordial pour les personnes à risque de signaler leur état psychologique à leurs proches et/ou aux services sociaux disponibles dans la communauté afin de ne pas poser un geste qui soit fatalement irrémédiable. Aussi, il est important de saluer l’initiative de ceux qui ont appelé les services policiers pour s’assurer de prévenir un geste irréparable », a déclaré le chef des Innus de Uashat mak Mani-utenam, Mike Mckenzie.

Une série de suicides En 2015, cinq membres de la communauté ont mis fin à leurs jours en plus des autres tentatives et du désespoir qui règne chez plusieurs. La communauté est aux prises avec un problème important de consommation de drogues et d’alcool qui nécessite plus qu’une prévention superficielle, mais un plan précis et des ressources autant financières qu’humaines pour y remédier. Pour signaler votre détresse psychologique ou celle d’un proche :

Téléphone : 418 962-0222, poste 3101 Urgence Police : 418 927-2708

appartiens aux trois Amériques, vient d’être publié aux Presses de l’Université Laval. Il est le fruit littéraire de rencontres entre l’ancien négociateur innu, Jacques Kurtness, et l’anthropologue française, Caroline Hervé. Très intéressant à lire! ans le bouquin de 240 pages, la formule est simple, mais efficace. Il s’agit, en fait, des questions de Caroline Hervé et des réponses élaborées de Jacques Kurtness. En tout, quatorze thématiques sont abordées. Nommons, entre autres, la recherche, la négociation, l’enfance, les voyages et le chamanisme, la vie affective, les divers postes occupés, les activités traditionnelles, l’éducation et la famille.

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Qui est Jacques Kurtness? Né à Mashteuiatsh, l’Innu Jacques Kurtness est l’aîné d’une grande famille. «J’ignore le nombre exact d’enfants que ma mère a mis au monde, mais il en reste une dizaine. J’ai passé beaucoup de temps chez mes grands-parents et grandi avec un grand-père chef durant 22 ans. Chez nous, il y a eu quatre générations de chefs. J’ai donc évolué dans la politique à partir de mon très jeune âge», a confié M. Kurtness. Pour résumer son CV, Jacques Kurtness est le premier Innu à obtenir un doctorat en psychologie. Depuis de nombreuses années, il est professeur à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQÀC). Il a, de plus, occupé le poste de directeur régional pour les négociations et la mise en œuvre des ententes et a été négociateur en chef du Conseil tribal Mamuitun.

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Une chercheure passionnée par les Autochtones

Source Secteur communication Raoul Vollant

Qui est Caroline Hervé, cette dame qui a mené les entrevues avec Jacques Kurtness? Elle est anthropologue et spécialiste des dynamiques politiques des sociétés inuites du Canada; détentrice d’un doctorat en anthropologie de l’Université Laval et de l’École des hautes études en sciences sociales en France. Elle a reçu le Prix du livre politique de l’Assemblée nationale du Québec. «Cette dame manifestait beaucoup d’intérêt pour l’histoire des Innus. Pendant nos entretiens, qu’elle a dirigés de main

Chantale Potvin

Par Chantale Potvin

Tshinanu, nous autres, et moi qui appartiens aux trois Amériques est un projet d’écriture intéressant, car il est le produit d’une longue entrevue.

de maître, avec ses questions pointues, elle m’a permis d’approfondir ma pensée sur une myriade de sujets. Ce livre est une façon de lire mes paroles», a confié Jacques Kurtness.

De profondes racines Au fil des pages du bouquin, Jacques Kurtness, à travers ses philosophies bien ancrées et ses convictions politiques, sociales, culturelles et personnelles, démontre son attachement à ses racines innues. Le lecteur sent tout le travail de la vie d’un homme qui a permis à un peuple d’avancer vers son autonomie. «Ce livre est une voix qui montre le dynamisme de la réflexion qui habite certains leaders des peuples autochtones qui témoignent pour une des premières fois en français et qui nous montrent de l’intérieur que les peuples autochtones sont des acteurs incontournables de la prise en charge des territoires et des identités dans une mondialisation qui a la prétention de tout imposer aux cultures», a écrit, en guise de préface, Camil Girard, professeur et chercheur en histoire à l’UQÀC. Il est possible de commander le livre sur Internet ou dans toutes les librairies du Québec.


Lettre à Justin Trudeau

Jimmy Papatie dénonce un pensionnat déguisé Kitcisakik — Jimmy Papatie, un homme engagé depuis plus de 30 ans dans sa communauté, a récemment remis une lettre à Justin Trudeau. Dans le cadre du dépôt du rapport final sur les pensionnats indiens, il demande au premier ministre de reconnaître toutes ces écoles qui étaient déguisées en pensionnats. Il fait notamment référence au Pavillon Notre-Dame-de-la-Route, à Louvicourt, près de Val-d’Or. es actions de Jimmy Papatie ne datent pas d’hier. «À Kitcisakik, nous parlons de dénoncer les pensionnats depuis 1985. À L’époque, sous le leadership du regretté chef Donat Papatisse, nous avons lancé un vaste et ambitieux projet de reconstruction sociale de notre communauté. Nous savions que 85% de nos membres avaient connu l’enfer des pensionnats, plusieurs sont revenus chez nous avec un cœur et un esprit brisés», a confié Jimmy Papatie, qui a fréquenté le pensionnat de SaintMarc-de-Figuery durant 5 ans, soit jusqu’à sa fermeture, en 1973. Principalement fréquenté par des enfants atikamekws et algonquins, ce pensionnat avait été ouvert à Amos en 1955.

L

L’horreur de Louvicourt Des cas similaires sont survenus

au Canada, pendant un certain nombre d’années; des communautés canadiennes, comme celle de Kitcisakik, n’avaient alors pas le statut de réserve fédérale. «Comme rien n’était officiel sur le plan politique, nos enfants ont été placés au Pavillon Notre-Dame-de-la-Route. Ainsi, près de 120 de nos enfants y ont été confinés 10 mois par année, vers les années 1980 à 1990. Cela a duré 10 ans, car en 1991, tous ces enfants ont été placés dans des familles d’accueil de Val-d’Or», a précisé M. Papatie. «À l’intérieur du Pavillon, il y a eu de la violence physique, des abus sexuels, de la discrimination, des humiliations et tous les épouvantables ingrédients retrouvés dans les pensionnats. Aujourd'hui, tous les enfants sont devenus des parents et vivent tous les traumatismes des pensionnats», a-t-il expliqué dans sa lettre à Justin Trudeau.

Des cicatrices pour la vie Comme beaucoup d’autres, Jimmy Papatie est marqué au fer rouge pour le reste de ses jours et comme beaucoup d’autres aussi, il ne cache pas qu’il a été agressé dans les pensionnats. «Au pensionnat de Saint-Marc-de-Figuery comme au pavillon Notre-Dame-de-la-Route, nous avons vécu traumatismes et horreurs. Avec brio, les religieux s’évertuaient à détruire notre langue et notre culture», a confié M. Papatie, qui estime que les hauts taux de suicide et la consommation

Comme beaucoup de gens de ma communauté, je subis encore les conséquences néfastes des pensionnats. J’espère que le gouvernement Trudeau tiendra ses promesses de rapprochement avec mon peuple. Jimmy Papatie

Jimmy Papatie

Il faudra au moins trois ou quatre générations avant que les séquelles des pensionnats ne disparaissent.

Très engagé dans la politique de sa communauté, Jimmy Papatie a été membre du conseil de 1985 à 2005. Il a été chef de la communauté de 1997 à 2005. Aujourd’hui, il y est gestionnaire du département des ressources naturelles.

Pour une communauté qui a connu des bons résultats suite à notre reconstruction sociale de plus de 25 ans, reconnaître notre demande constituerait un baume dans la souffrance de nos jeunes qui sont devenus des adultes dysfonctionnels. Jimmy Papatie, extrait de la lettre à Justin Trudeau

Jimmy Papatie estime que le fait de ne pas reconnaître l’école de Louvicourt, qui avait la même mission raciste que les pensionnats indiens, serait une décision incompréhensible et incohérente de la part du Canada.

En bref Hommage aux artisans

La Fondation de l’héritage culturel autochtone s’active Mashtauiatsh — Par plusieurs moyens de financement, la Fondation de l’héritage culturel autochtone sait souligner l’apport culturel dans la communauté des artistes et des artisans. Ainsi, le 3 décembre dernier, un souper-bénéfice a permis d’amasser des profits qui ont servi à supporter les projets et les activités de la Société d’histoire et d’archéologie de Mashteuiatsh. Sous le thème «Miam tshutaniskutapamiulnuash» signifiant «comme nos ancêtres», les membres de la fondation ont voulu souligner l’apport des artistes et des artisans qui ont contribué et qui contribuent, encore aujourd’hui, à promouvoir et à transmettre la culture des Pekuamiulnuatsh.

Des sommes appréciables Le président du conseil d’administration, Nelson Robertson, a annoncé que cette soirée conviviale de reconnaissance a accueilli près de 135 personnes et a permis d’amasser la somme de 25 800 $. Aussi, la Fondation, en partenariat avec le Grand rassemblement des Premières Nations, a accumulé 65 000 $ pour 2015. Ces fonds seront remis à la Société d’histoire et d’archéologie de Mashteuiatsh et au Grand rassemblement des Premières Nations. Pour conclure, la Fondation tient à remercier Marco Bacon, directeur du Centre des Premières Nations Nikanite de l’Université du Québec à Chicoutimi, qui a agi à titre de président d'honneur. De plus, des remerciements sont adressés à tous les organismes donateurs. (C.P.)

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Jimmy Papatie

Un mot sur Jimmy Papatie

Février 2016 •

Si le gouvernement Trudeau ne reconnaît pas ces sévices, infligés à 120 de nos enfants, nous allons songer à poursuivre le gouvernement.

de drogue et d’alcool chez les jeunes Algonquins sont de graves problèmes qui sont nés des sévices des pensionnats.

David Prince, Journal de Montréal

Par Chantale Potvin


L A N G U E | C U LT U RE | É DU CAT I O N

RÉUSSIR 11 au 15 février 2016

7 au 13 février 2016

SEMAINE DES ENSEIGNANTES ET DES ENSEIGNANTS

JOURNÉES DE LA PERSÉVÉRANCE SCOLAIRE Les Journées de la persévérance scolaire seront célébrées à travers le Québec, du 11 au 15 février 2016. L’Institut Tshakapesh en profite pour rappeler un message important: la persévérance scolaire, c’est l’affaire de tous! Chaque jeune a besoin du soutien de sa communauté. Il s’agit aussi de l’occasion de discuter dans les communautés de l’importance de la persévérance scolaire, des risques du décrochage scolaire ainsi que des avantages liés à l’obtention d’un diplôme.

L’Institut Tshakapesh souhaite remercier tout le personnel enseignant des écoles innues et souligner leur engagement dans les communautés. Les enseignants transmettent aux jeunes les connaissances indispensables à l’accroissement de leur potentiel ainsi qu’au développement des compétences essentielles.

MASHKU

DICTÉE INNUE POUR ADULTES PAKUNU KA MASHINAITSHENANUT

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INNU

UAPUSH

ATIKU

Ushkuai

PINEU

UTAPAN

AHASHU

Kashiuasht Meshkanau AIMUN Mashinaikan Atikameku UAU Namesh ASHAMA UAPIKUN

Participez en grand nombre. Plusieurs prix sont à gagner! Bonne chance à tous!

tshakapesh.ca

AKUP

Mamit

PAKUNU KA Maikan MASHINAITSHENANUT M a t a m e k u Amishk

DICTÉE INNUE

Uapishtan MINAPUI shinaikan

• Février 2016

La lecture du texte se fera sur les ondes de la SOCAM dans les trois dialectes de l’innu. Le texte troué sera téléchargeable dès mars sur notre site Internet.

KAKU

KUN

Afin de souligner le mois des langues autochtones au Canada, l’Institut Tshakapesh organisera, le 16 mars prochain, la 6e édition de la Dictée innue pour adultes.

ANIKUTSHASH

MUSH Akunishkueun

ISHKUEU

16 mars 2016

Napeu ASHTISHAT

Teueikan NATIMIT

KUKAMESS


L e s A s t r e s e t Vo u s

Par : Innustradamus, Medium... Saignant Né en février – La martre Vous venez de traverser une période pleine de réjouissances commencée aux Fêtes et qui vient juste de se terminer. Vous êtes passé à travers plusieurs partys et cela va prendre quelques jours avant de vous en remettre. Il est maintenant temps de mettre un peu de sérieux dans votre vie. La St-Valentin approche et faites en sorte que cette fête soit à la hauteur de l’être aimé. Un bon souper à la chandelle sera de mise et n’oubliez pas votre promesse d’offrir un cadeau hors du commun. Né en mars – Le vison La belle température réveillera votre envie de sortir un peu de chez-vous. Évidemment vos genoux vont craquer, après plus de quatre mois d’inactivité. C’est le temps d’entreprendre une série d’exercices qui vous seront bénéfiques pour éliminer les calories qui se sont transformées en graisse autour de vos hanches. Donnez-vous deux mois pour retrouver votre taille normale. Ne faites pas d’excès pour la St-Valentin. Essayez de vous maîtriser quand on vous offrira du chocolat. L’amour sera au rendez-vous. Né en avril- La truite grise Vous avez en tête un projet particulier. Pour le réaliser, il faudra mettre de côté une somme d’argent que vous prélèverez sur votre paie. Ça devrait vous prendre quelques mois avant de mettre en marche votre projet. En attendant, planifiez quelque chose pour la fête de la St-Valentin. On attend beaucoup de vous. Essayez de faire différemment cette année. Pourquoi ne pas offrir un petit voyage à votre bien-aimé? Cette sortie vous rapprocherait. Profitez-en pour affirmer votre amour envers l’être cher. Né en mai – L’outarde Vous avez passablement de dettes à payer. Il vous faudra faire des sacrifices pour mettre tous vos comptes à zéro. C’est le prix à payer quand on ne porte pas attention à son budget. De plus la St-Valentin approche à grand pas et vous n’avez rien planifié. Vous pourriez avoir de mauvaises surprises si vous ne faites rien pour votre partenaire de vie qui attend un super cadeau. Il se peut que vous

passiez un mauvais quart d’heure. Il vous faudra trouver les moyens financiers pour satisfaire votre bien-aimé. Né en juin – Le saumon Votre partenaire de vie s’inquiètera à votre sujet. Votre foie semble faiblir et vous devrez vérifier son état avant que cela n'empire. Il faudra diminuer votre consommation d’alcool qui a pris beaucoup de place dans votre vie. Votre vie de couple pourrait basculer vers un précipice sans fond. Il faut agir rapidement avant que le bateau coule. Si vous prenez une décision éclairée, le tout pourrait se régler mais avec des conditions. La St-Valentin serait un moment idéal pour des réconciliations. Né en juillet – Le renard Votre tempérament fougueux et incontrôlable mettra le feu aux poudres dans votre couple. Vous avez atteint un niveau qui irritera même votre entourage. Est-ce la drogue ou un problème personnel? Vous devrez vous expliquer et ce, le plus vite possible. Vous pourriez perdre vos amis et également perdre la face. De plus, votre partenaire de vie prendra une décision qui ne vous plaira pas du tout. On vous quittera pour quelques semaines et la St-Valentin, il faut oublier cela. Prenez vos affaires en mains. Né en août – Le porc-épic Une mauvaise chute vous mènera à l’urgence. Une entorse à la cheville sera diagnostiquée. Vous devrez marcher avec des béquilles pour une période de deux semaines. Ce qui est ennuyant, c’est que vous aviez envisagé de partir à l’extérieur de la communauté pour aller voir un spectacle à Montréal. Vous devrez remettre ce voyage ultérieurement. Comme vous êtes doté d’une soif de connaissances sans limite, vous serez déçu de ne pouvoir effectuer ce voyage. Au moins, la St-Valentin vous apportera du bonheur. Né en septembre – La ouananiche Le mois de février sera rempli d’amour du 1er au 29. Vous vivez un amour sans faille. Vous êtes fait pour vivre ensemble pour l’éternité. Deux voyages sont prévus qui concernent les tournois de hockey. Ça va coûter un peu cher, mais ça fait partie de votre budget. L’un de vos fils remportera le tournoi dans sa catégorie. Au niveau santé, vous devriez surveiller votre poids qui pourrait avoir des conséquences néfastes pour votre foie. Il faudra éviter les restaurants et la malbouffe. C’est un grand défi à relever.

Né en octobre – Le loup Vous venez de postuler à deux postes sur des concours qui étaient affichés au bureau du Conseil. Les astres sont persuadés que vous obtiendrez un emploi selon vos compétences. Cela fait plus d’un an que vous n’avez pas travaillé et c’est votre tour qui arrive. Vous aurez le temps de prendre une semaine de repos dans vos territoires de chasse avant de commencer votre nouvel emploi. Profitez de ce temps pour faire plaisir à votre partenaire pour la St-Valentin. C’est important pour solidifier vos amours. Né en novembre – Le castor Une pénurie de speed dans la communauté vous rendra très nerveux. Vous ferez les cent pas et votre moral sera au plus bas. Ce sera un mal pour un bien. Votre appétit reviendra et vous gagnerez quelques livres. Vous avez un poids qui frôle les 120 livres et c’est trop peu pour votre grandeur. Comme vous êtes célibataire, il faudra faire des efforts pour mettre de côté cette drogue si vous voulez trouver l’âme sœur. Il faut prendre une décision cruciale pour vous remettre sur pieds et cultiver des bonnes habitudes de vie. Né en décembre – Le lièvre La fête de la St-Valentin sera une journée magnifique pour vous et pour votre couple. Il y aura beaucoup de tendresse et d’amour et cela perdurera tout au long de l’année. Ce qui est négatif dans votre vie est le côté financier. Vos deux cartes de crédit sont au maximum et vos moyens financiers ne sont pas à la hauteur pour payer le solde. Un réaménagement financier s’impose dans les plus brefs délais. Votre gérant de banque pourrait être d’un grand secours. Utilisez son expérience pour vous sortir du pétrin. Né en janvier - Le caribou Enfin vous avez trouvé l’amour de votre vie. Cela a pris quelques années et cette fois-ci c’est du sérieux. Cela s’est produit lors d’une discussion avec l’être aimé et vous verrez dans ses yeux un merveilleux regard qui en dira long. Fini les dépressions et les soirées à regarder la télévision seul. Vous aurez la chance de fêter la StValentin avec une très grande joie et vous partirez en voyage pour une période d’un mois. La chance sera de votre côté pour des billets de loterie qui vous rapporteront gros.

RÉSULTATS DE LA TABLE DE CONCERTATION SUR LE SAUMON ATLANTIQUE 283-A, boul. des Montagnais Uashat (Québec) G4R 5R1 Tél. : 418 962-0103 Téléc. : 418 962-0136

La première rencontre de la table de concertation s’est tenue le 28 mai 2015 dans les bureaux de notre organisme. Les membres de la table ont adopté les termes de référence de la structure de concertation et ont défini les actions favorables au saumon atlantique qu’ils allaient implanter dans leur communauté.

Les rencontres publiques organisées dans les communautés ont permis de présenter aux populations locales les progrès effectués dans le cadre du projet et d’échanger sur les mesures pertinentes à mettre en œuvre pour la continuité du projet. Ces discussions ont permis à l’AMIK de saisir les besoins et d’envisager des possibilités d’action à soutenir dans les communautés, sur la protection du saumon atlantique.

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Au terme du projet, un total de 11 mesures ont été mises en place dans toutes les communautés. L’AMIK félicite la détermination des partenaires autochtones dans la mise en œuvre de ces actions. Ces mesures s’inscrivent dans le champ de la sensibilisation, de la mobilisation partenariale, de la diffusion d’information au sein de la communauté et de la revendication politique. Pour ce dernier aspect, une mesure remarquable a été mise en place par les sept chefs innus. Une lettre a été transmise à la ministre des Pêches et

Océans Gail Shea (la lettre a été envoyée avant les élections fédérales) demandant au ministère de mener des études d’impact sur les conséquences des pêcheries commerciales en Atlantique Nord. Ghislain Picard, chef des Premières Nations du Québec et du Labrador, a soutenu la démarche en cosignant la lettre.

Février 2016 •

s.lebreton@l-amik.ca www.l-amik.ca

En cette fin d’année, L’AMIK a complété le projet de Table de concertation régionale sur la gestion participative du saumon atlantique par les sept communautés innues de la Côte-Nord. Ce projet s’inscrivait dans la continuité du colloque tenu en mars 2015 avec les représentants des sept communautés. L’objectif était de mettre en place une table de concertation avec au moins un représentant de chaque communauté membre, afin de faciliter les partenariats et de favoriser la mise en place de mesures de gestion réduisant les menaces sur le saumon atlantique. Le projet prévoyait également la visite de l’équipe de l’AMIK dans les communautés pour faire le suivi des premières mesures de gestion mises en œuvre et pour y tenir des rencontres publiques afin de faire le lien entre les connaissances scientifiques et traditionnelles.


DOSSIER

Pensionnats

Par Chantale Potvin

Rapport final sur les pensionnats

Une cérémonie lourde d’émotions

endant l'énoncé de tous les discours protocolaires, les scandales des pensionnats ont été remis sur la sellette. Il faut rappeler que durant six ans, la Commission de vérité et réconciliation a recueilli quelque 7000 témoignages d’anciens pensionnaires vivant aujourd’hui dans 300 communautés du Canada. Pour réparer tout le mal qui a été causé par les pensionnats, cette commission a soumis 94 recommandations. «Vous avez pendant trop longtemps porté sur vos épaules le fardeau de cette expérience. Ce fardeau nous appartient en tant que gouvernement et en tant que pays. Désormais, l’un de nos objectifs est d’accepter pleinement nos responsabilités - et nos échecs - comme gouvernement et comme pays», a déclaré Justin Trudeau qui a promis de faire en sorte que toutes ces recommandations soient respectées.

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Une reconnaissance nationale Lors des discours et dans le rapport final, il est dit et écrit noir sur blanc que «la misère, l’alcoolisme, la violence conjugale et les taux de suicide élevés sont en grande partie l’héritage de cette politique d’assimilation forcée à la société dominante». Pour sa part, Justin Trudeau reconnaît d’emblée que ce système scolaire raciste est à l’origine d’un des plus sombres chapitres de l’histoire canadienne. «Cette façon de faire a eu un profond impact, durable et nuisible, sur la culture, le patrimoine et la langue des autochtones», a estimé Justin Trudeau.

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À l’APNQL Évidemment, après le dépôt du

Rapport, de nombreux acteurs politiques se sont exprimés. Pour l’APNQL, ce rapport est le symbole d’un pont entre un passé tragique et un avenir à construire ensemble. «Aujourd’hui, c’est vers les survivants que vont mes pensées. Toutes ces femmes et ces hommes de nos nations qui, le plus souvent seuls, ont dû surmonter leur douleur et affronter la vie du mieux qu’ils ont pu. La souffrance s’est souvent transmise d’une génération à l’autre. Cette journée historique doit marquer la fin de ce cycle», a confié le chef, Ghislain Picard, qui espère que ce Rapport signifiera la fin de la discrimination et de l’injustice qui frappent encore trop souvent les Premières Nations.

Une commissaire qui ne mâche pas ses mots Lors de son allocution, la commissaire, Marie Wilson, a tranché. «Ce constat de génocide, quoique dur, s’imposait. Les mots n’ont pas été choisis à la légère », a-t-elle expliqué, en ajoutant que cette solide conclusion de génocide est basée sur les milliers de témoignages déchirants. «Tous allaient dans le même sens. Ces personnes ont survécu aux abus, à l’interdiction de parler leur langue, aux privations, aux peurs, aux humiliations et à une éducation minable. Et ces thèmes se répétaient encore et encore et ont été transmis d’une génération à l’autre», a estimé Marie Wilson. «Avoir un gouvernement qui prend ça au sérieux, c’est une question de dignité nationale», a-t-elle conclu.

Quelques faits •Le 11 juin 2008, le gouvernement du Canada, par la voix de Stephen Harper, a présenté des excuses aux anciens élèves des pensionnats. •Entre 1820 et 1996, plus de 150 000 enfants autochtones, inuits et métis ont été obligés de fréquenter l’un ou l’autre des 139 pensionnats indiens. Au Québec, les pensionnats étaient situés à Amos, Fort George, La Tuque, PointeBleue et Sept-Îles. •En 1945, le gouvernement du Canada a cessé de verser les allocations familiales aux familles dont les

Reuters

Ottawa — C’est au nom du Canada que le premier ministre, Justin Trudeau, a officiellement demandé pardon lors du dépôt officiel du volumineux Rapport final intitulé «Honorer la vérité, réconcilier pour l’avenir». C’est avec des larmes dans les yeux, une voix empreinte d’émotions et le mot «merci» dans plusieurs langues autochtones que Justin Trudeau s’est excusé auprès des anciens pensionnaires et des chefs autochtones.

Le Premier ministre, Justin Trudeau, était très ému lors du dépôt du rapport final sur les pensionnats. Sur cette photo, il enlace un ancien pensionnaire. enfants ne fréquentaient pas le pensionnat. C’était là un moyen de rendre obligatoire la fréquentation scolaire et l’assimilation. •Les pensionnats étaient des écoles gérées par des communautés religieuses et elles avaient pour mission de détruire la culture des Premières Nations. •Un nombre incalculable d’enfants ont subi de mauvais traitements et/ou ont été abusés sexuellement. •Plus de 3200 enfants ne sont jamais revenus vivants des pensionnats. Ils sont morts de tuberculose, de malnutrition, de causes nébuleuses et de maladies causées par les conditions de vie pitoyables. •En 2016, quelque 80 000 de ces anciens élèves sont encore en vie. •Le rapport de la Commission de vérité et réconciliation s’échelonne sur plusieurs volumes et compte quelque 10 000 pages.

Les pensionnats avaient pour but de séparer les enfants autochtones de leur famille afin de limiter et d’affaiblir les liens familiaux et culturels et d’endoctriner les enfants pour qu’ils adhèrent à une nouvelle culture, à savoir la culture dominante sur le plan juridique.

Extrait de l’introduction du Rapport final

C’était vraiment un déracinement. Aujourd’hui, c’est le début d’un temps nouveau pour nous, les survivants. J’entends mon cœur battre, je suis vivante. Ce n’est pas le cas de ma sœur, Jacqueline, qui y est morte à l’âge de neuf ans.

Madeleine Basil, Atikamekw, ancienne pensionnaire de Pointe-Bleue

Le gouvernement du Canada présente ses excuses les plus sincères aux peuples autochtones pour avoir si profondément manqué à son devoir envers eux, et leur demande pardon. Dans les cours d’histoire du Canada, on passait vite, quand on ne passait pas carrément outre sur tout ce qui touchait aux Premières Nations. Jamais plus on ne va passer par-dessus.

Justin Trudeau, Premier ministre


Yves Landry, maître en judo

Le portrait d’une étoile tatamis que sur une scène, il aurait pourtant le CV parfait pour se claquer les bretelles!

ves Landry n’a jamais lésiné, ni sur son temps ni sur son argent, pour parfaire cet art martial au sein duquel il performe depuis l’âge de 13 ans. À titre d’exemple, de 1973 à 1976, il a fréquenté la prestigieuse école, le Seikijuku. Il s'y est entraîné et en est même devenu capitaine d’équipe. Maîtrisant parfaitement la langue japonaise, il a récemment réussi, à Amsterdam, les examens conduisant au titre de juge international de katas. Aussi, en décembre dernier, il s’est rendu au Nunavut pour y préparer six judokas actuellement ceintures brunes et qui s’apprêtent à devenir ceintures noires. Notons que le judo est un sport reconnu par les Jeux Olympiques depuis 1964.

Y

Tant de mérites

Aller au bout de ses passions

M. Landry a commencé à pratiquer le judo au Pavillon Mgr St-Arnaud de Trois-Rivières. «J’ai choisi ce sport parce que les Olympiques précédentes avaient allumé une étincelle dans mon cœur. Aussi, un film, qui présentait Doug Rogers, un éminent judoka qui fut le premier Canadien à décrocher une médaille, m’a interpellé», a-t-il ajouté. Il faut raconter qu’Yves Landry a été très tenace, car dès son premier cours, il s’est blessé à une épaule. Ce jour-là, il a dit à son père, qui lui proposait d’abandonner : «Je serai un jour ceinture noire, j’irai au Japon et je serai champion du monde». Beau présage, car il a persévéré et a accumulé les victoires lors de compétitions auxquelles il participait. Champion de l’Ippon, il ne rechignait pas devant les adversaires plus grands en taille et en grade.

De fil en aiguille, il est monté en grade et a occupé des postes importants. Pour ne nommer que ceux-ci: il fut assistant entraîneur de l’Équipe du Québec, membre de la Commission provinciale des grades, enseignant au coaching des compétiteurs et pour les passages de grades, titulaire et interprète de stages, évaluateur de grades et juge de kata. Il fut également le cofondateur et le premier directeur technique du Club de Judo Seikidokan de Trois-Rivières, qui accueille actuellement 230 jeunes. «Selon moi, ce qui est important pour la jeunesse, c’est de trouver une discipline qui la passionne et qui la pousse à aller au bout. Quand la passion est là, les découvertes et le plaisir sont sans fin», a conclu Yves Landry qui a toujours su reconnaître les gens passionnés à la lumière qui brille dans leurs yeux.

Toujours viser la perfection… Au fil du temps, en plus d’enrichir ses techniques par des lectures diverses, il a rencontré des personnages marquants pour sa carrière. «Je pourrais parler d’Hiroshi Nakamura. C’est un Japonais dont la technique a été une révélation pour moi. L’autre est Isao Okano. Celui-ci est le cadet de M. Naka-

Yves Landry a atteint un degré que peu de gens parviennent à atteindre. Il est ceinture noire 4e dan.

Certains jeunes Autochtones qui s’entraînent présentement sont d’excellents espoirs. Je tiens à nommer Janika Michel, Jean-Baptiste Riverin et Dorianne Charland. Ils seront à surveiller. Ils ont trouvé, dans le judo, une passion et un propulseur pour avancer et pour se réaliser. Yves Landry

Contactez notre représentante dès maintenant!

Véronique Régis

418 962-3535

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Les jeunes Autochtones Janika Michel et Jean-Baptiste Riverin sont de bons espoirs au sein de ce sport.

Février 2016 •

Rafal Burza

Intronisé au Temple de la renommée de Judo-Québec en juin 2010, Yves Landry est bien loin d’être vantard. Reconnu comme un pionnierbâtisseur, il n’a semé que du bien sur son passage. Plus à l’aise sur les

Définition du mot persévérance

André Gill

Wôlinak — L’Abénakis de Wôlinak, Yves Landry, a consacré près de 40 ans de sa vie à enseigner les techniques du judo aux jeunes. Modeste et humble, il ne doit pas être conscient à quel point il aura milité pour faire honneur aux Premières Nations et combien il aura été un modèle de ténacité et de courage pour les jeunes Autochtones du Canada.

mura; il a été champion du Japon toutes catégories. Malgré sa petitesse, il a dominé grâce à sa technique et j’ai eu le bonheur de m’entraîner avec lui», a confié Yves Landry.

Facebook Jean-Baptiste Riverin

Par Chantale Potvin


VENEZ DÉCOUVRIR À TRAVERS LES MAINS DES ARTISANS DES PREMIÈRES NATIONS L’HISTOIRE D’UN PEUPLE ET SES TRADITIONS Bottes, mitaines et chapeaux fabriqués avec des fourrures du Québec / Cuirs / Matériel d’artisanat Peaux de fourrures / Confection de tente / Œuvre d’art / Mocassins / Capteurs de rêves / Perles / Souvenirs / Sculptures sur bois et os / Service de C.O.D. Produits de terroir / Produits certifiés autochtones Produits du Québec

Le secret le mieux gardé de Sept-îles!

Laissez-vous surprendre par le charme de cet endroit… Soyez charmé par ce petit hôtel entièrement neuf, construit de boiseries et rempli d’oeuvres d’art réalisées par des artistes professionnels.

Un loft corporatif urbano-rustique Vivre et travailler dans la quiétude et de confort. Idéal pour gens d’affaires, les week-end d’amoureux ou les évènements spéciaux et/ou privés.

Services compris : Projecteur et écran / Cuisine entièrement équipée / Terrasse privée / Internet / Câble / Minibar

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Février 2017 (Vol. 19 – No. 1)  

Février 2017 (Vol. 19 – No. 1)  

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