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DIVERS EN BREF

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La voix des Premières Nations

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DISTRIBUTION 10 000 copies 22 communautés 10 nations

Salluit Kangiqsualujjuaq

Akulivik

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Puvirnituq

LES 11 NATIONS DES AUTOCHTONES DU QUÉBEC

Kangirsuk Aupaluk Tasiujaq

Inukjuak

Abénaquis Algonquins Atikamekws Cris Hurons-Wendats Innus Malécites Mi’gmaqs Mohawks Naskapis Inuits

Kangiqsujuaq Kuujjuaq

Umiujaq

Kawawachikamach

Kuujjuarapik Whapmagoostui

Matimekush / Lac John

Chisasibi Wemindji

Eastmain Waskaganish

Mistissini

Nemaska

Oujé-Bougoumou

Waswanipi

Uashat mak Mani-Utenam

Opitciwan

Pessamit

Wemotaci

Pikogan

Mashteuiatsh

Kebaowek

Manawan

Kitigan Zibi Kanesatake

Unamen Shipu Pakua Shipu

Nutashkuan

Listuguj

Gesgapegiag

Wôlinak Odanak

Kahnawake Akwesasne

Peuples présents depuis des millénaires!!! Nous rejoindre

Volume 20, numéro 8 - Septembre 2017

(N° ISSN Bibliothèque Nationale du Canada : Imprimé : Innuvelle ISSN 2561-1275 Électronique : Innuvelle ISSN 2561-1283)

Coordonnateur : Benoit Sioui

Éditeur : Benoit Sioui

Journaliste : Benoit Sioui, Véronik Rankin, David-Alexandre Vincent

2 • La voix des Premières Nations [Mars 2018]

Le Conseil des Innus de Pessamit ira en appel de la décision rendue par un juge qui ordonnait la tenue d’une nouvelle élection au mois d’août. Cette situation fait suite aux modifications apportées au code électoral. L'une d’entre elles faisait passer le mandat des élus de 2 à 4 ans. Afin de lever le voile et de susciter une profonde réflexion, Kim O’Bomsawin (auteur et réalisatrice abénaquise) a produit le documentaire Ce silence qui tue porte sur plus de 1 200 femmes et filles autochtones disparues ou assassinées au Canada. On pourra voir bientôt ce film sur les ondes de Télé-Québec et APTN. La communauté atikamekw de Manawan vient de créer un comité de travail mixte avec Hydro-Québec afin d’améliorer l’alimentation en électricité du village. Manawan est souvent touchée par de nombreuses pannes de courant, ce qui a un impact direct sur la santé et le bien-être de ses habitants. Le Centre d’amitié autochtone de Val-d’Or organise à compter de 13:00h le 22 mars prochain la Marche Gabriel-Commanda. Cet événement a pour but de contrer le racisme à l’égard des membres des Premières Nations.

Gespeg

Essipit

Cacouna Whitworth Wendake

Lac-Simon Kitcisakik Winneway Lac-Rapide Hunter’s Point

Timiskaming

Ekuanitshit

Du 27 au 29 mars, aura lieu le Forum des Premières Nations sur les agressions sexuelles à l’hôtel Plaza de Québec. Cet événement est organisé par Femmes autochtones du Québec en collaboration avec la Commission de la santé et des services sociaux du Québec.

Conseiller en publicité : Benoit Sioui

Collaborateurs spéciaux : Manon Jeannotte (Gespeg), Patricia Auclair (TAQ), Véronique Édé (CDEPNQL), Joannie Caron (RCAAQ), Olivier Picard (ATI) Correctrice : Michèle Bergeron

Photographe (page couverture) : Conseil de la nation atikamekw (CNA)

Infographie : Linda Renaud (MAP DESIGN) Imprimerie : Hebdo Litho Tirage : 7 000 copies

Merci à nos partenaires : Innu Takuaikan Uashat mak Mani-utenam, Institut Tshakapesh.

Logos des nations commandités par Tourisme Autochtone Québec.

Vous avez une nouvelle ? Contactez-nous : 418 962-3550 editeur@lavoixdespremieresnations.ca Vous avez une publicité ? Contactez-nous : 418 962-3535 et 418 962-3550 pub@lavoixdespremieresnations.ca Siège social d’Innuvelle 108-B, boul. des Montagnais Uashat (Québec) G4R 5P9 Télécopieur : 418 962-3575

Membres du C.A. Josée Leblanc (présidente), Léonard Mckenzie (vice-président), Kateri Champagne-Jourdain (secrétaire-trésorière), Kim Fontaine (administrateur)

Jean-Claude Pinette, innu de Uashat mak Mani-utenam, a été nommé, en janvier dernier, chef des opérations au sein du secrétariat de l’Assemblée des Premières Nations du Québec. Nous lui souhaitons bon succès dans ce nouveau défi. Le gouvernement du Canada honore André Dudemaine, Daniel Corvec et Pierre Thibeault, fondateurs du festival Présence autochtone, en leur remettant la croix du service méritoire Paul Vollant, innu de la communauté de Pessamit, a été choisi par Hockey Canada à titre d'apprenti entraîneur national, en vue des prochains Jeux du Canada qui auront lieu à Red Deer en Alberta. Œuvrant dans le monde du hockey depuis plusieurs années, M. Vollant pourra mettre à contribution sa vaste expérience acquise. L’entrée en vigueur de la légalisation du cannabis ne se fera pas avant le mois d’août.

ENVOYEZ-NOUS VOS COMMUNIQUÉS À : info@lavoixdespremieresnations.ca

Erratum

La direction du journal La Voix de Premières Nations tient à apporter un correctif relatif à notre édition de février dernier. Dans cette édition, un texte portait sur la nomination de la nouvelle commissaire aux affaires autochtones, Marie-Ève L. Bordeleau. La paternité de ce texte aurait dû être attribuée à Véronique Rankin et non à Benoit Sioui. Mille excuses à Mme Rankin.


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NATION ATIKAMEKW

Entente historique entre la nation atikamekw et le gouvernement du Québec La Tuque – Le Conseil de la nation Atikamekw (CNA) s’entend avec le gouvernement du Québec afin de mettre sur pied son propre régime de protection de la jeunesse. Après plusieurs années de discussions soutenues, le CNA assumera les mêmes responsabilités que la Direction de la protection de l’enfance (DPJ)

Contexte national Les communautés des Premières Nations du Canada ont identifié la protection de la jeunesse comme étant l'une des trois plus importantes priorités (l’eau potable et le logement étant les deux autres).

En 2016, le tribunal des droits de la personne a statué que le Canada faisait preuve de discrimination envers les enfants dans les réserves. Ce fait constitue en soi une situation peu enviable pour un pays qui se dit progressiste.

Selon Statistiques Canada, on estime à 52% le nombre d’enfants d’origine autochtone qui font l’objet d’un placement et ce, même s’ils ne représentent que 8% de la po-

pulation canadienne. On se rend compte qu’il y a un problème de taille. Trop d’enfants sont enlevés à leur famille et placés dans des foyers d’accueil sous le contrôle des provinces. Bon nombre de ces familles ne sont pas autochtones. C’est un système qui est pervers et honteux. Il a le même impact que les pensionnats qui assimilaient les enfants à la culture de la société dominante avec la complicité des communautés religieuses.

En Ontario, on retrouve une nation autochtone dont 400 enfants ont été enlevés à leur famille et placés dans des foyers d’accueil allochtones. Pour les dirigeants de cette nation, cette situation est complètement absurde et aberrante et doit être dénoncée.

Aux yeux de certains leaders autochtones, on traite les enfants comme de la marchandise en ne tenant pas compte de leurs propres besoins. En arrachant les jeunes à leur famille et leur communauté, ceux-ci sont coupés de la transmission de leur propre culture (mode de vie, langue, valeurs). Il devient donc impératif que ce système soit changé au plus vite car c’est à nous, les adultes, qu’incombe la responsabilité de veiller au respect des droits des enfants.

Le cas de la Nation Atikamekw au Québec Au Québec, la même situation était vécue par les communautés des Premières Nations. Les placements d’enfants dans des familles d’accueil de l’extérieur de la communauté préoccupaient beaucoup les intervenants sociaux du CNA. Les cas, de violence physique, d’agression sexuelle, de négligence ainsi que de délinquance conduisaient à sortir les enfants de leur milieu de vie. Dans la majorité des cas traités, ceuxci se résumaient à de la négligence.

En 2000, un projet pilote nommé Système d’Intervention d’autorité atikamekw (SIAA) a vu le jour. Il avait pour but de garder les enfants faisant l’objet d’un placement dans des foyers d’accueil de la communauté, en faisant appel à la famille immédiate, la parenté élargie ou bien à des résidents locaux. Dans ce contexte, le rôle des tantes et des grand-mères est toujours très apprécié, car l’enfant se sent davantage en sécurité avec les membres de sa famille.

L’instauration du projet pilote a permis un taux de rétention moyen de 80% à l’égard des placements en foyer d’accueil. Ces résultats représentent un renversement positif

CNA

Par Benoit Sioui

Ghislain Picard, Vice-Chef APNQL, Constant Awashish, Grand-Chef/Président de la nation atikamekw. de la situation et sont de bon augure pour le futur.

Par la signature de l’entente, les mêmes responsabilités que celles de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) seront confiées au CNA. Dans 6 mois, le transfert sera complété et la direction de la protection sociale du CNA sera pleinement autonome. Cette entente s’appliquera aux communautés de Manawan dans la région de Lanaudière et de Wemotaci située en Mauricie.

Lors de la signature de l’entente, le grand-chef Constant Awashish s’est dit très touché par sa concrétisation. Le chef Awashish a de quoi être fier car ce n’est pas seulement un fait inédit au Québec mais bien une première au Canada.

Effet d’entraînement Au gouvernement du Québec, on pense que cette entente pavera la voie à d’autres du même genre. Celle-ci pourrait servir de base de discussion afin d’en arriver au même transfert de responsabilités. À cet égard, la communauté mohawk de Kahnawake est actuellement en pourparlers avec le gouvernement afin de signer une entente similaire. Dans la province, il n’y a pas seulement les villages des Premières Nations qui soient intéressés, chez les Inuits on a les mêmes préoccupations. Le village de Kuujjuaq, au sud-ouest de la baie d’Ungava, a présentement des discussions embryonnaires avec Québec afin d’obtenir une entente qui protégerait mieux ses enfants devant être placés en foyer d’accueil.

[Mars 2018] La voix des Premières Nations • 3


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MOT DU CHEF

Gespeg assise entre deux chaises Statut de SANS réserve J

e me fais souvent demander comment fonctionne une communauté sans réserve. Et parfois même, on me dit que Gespeg n’est pas une communauté tout simplement parce que nous ne sommes pas regroupés comme le définit la Loi sur les Indiens. Pourtant, nous avons bien été reconnus comme communauté autochtone, en novembre 1973, par le Gouverneur général du Canada, selon l’article 2 (1) de la Loi sur les Indiens. Alors, comment peut-on survivre sans avoir une terre de réserve et en étant dispersés à travers le Canada. Ce n’est pas facile, je vous l’accorde, et nous sommes loin les uns des autres avec une réalité tout à fait différente. Ce qui peut rendre les relations encore plus difficiles. Il faut donc trouver des buts communs et des moyens de communication efficaces tout en étant proactifs. C’est pourquoi nous avons mis sur pied une radio Web (www.radiogespeg.ca) dans le but de rejoindre tous les gens de la communauté, peu importe leur lieu de résidence. La radio n’en est qu’à ses débuts, mais nous souhaitons bien avoir une pleine programmation dans la prochaine année.

Manon Jeannotte

Revenons au statut de sans réserve. Il n’en demeure pas moins que Gespeg est quand même reconnue comme une communauté de même qu’un gouvernement de Première Nation qui possède son code électoral et son code d’appartenance. Cette situation nous donne encore plus d’autonomie car les articles de la Loi sur les Indiens qui ne s’appliquent que sur une réserve, ne s’appliquent pas à Gespeg; nous décidons qui fait partie de notre communauté et qui vote aux élections. Ceci est un avantage quand on veut devenir autonome. Par contre, le désavantage est que nous sommes seuls et souvent sans aide étant donné que nous ne cadrons dans aucune case.

Étant une communauté sans réserve, nous recevons les services de la province. Là où cela se complique c’est que dans certaines situations le gouvernement du Québec ne veut pas nous desservir, sous prétexte que nous relevons du gouvernement fédéral puisque nous sommes une communauté autochtone. De son côté, le gouvernement du Canada nous dit que Gespeg est sans réserve, donc sous les services de la province. Gespeg est donc assise entre deux chaises. Les gens de notre communauté ont été pénalisés pendant des années par cette situation. Au niveau des soins de santé, la problématique était que les deux paliers de gouvernement ne voulaient pas défrayer les coûts reliés au transport médical. Alors, Gespeg a dû prendre en charge ces frais à même ses revenus autonomes de la pêche. Une chance qu’avec le nouveau gouvernement fédéral, la situation a changé, mais nous sommes toujours dans une situation précaire, sujette à tout changement du gouvernement et à la merci de nos revenus autonomes. En plus, notre réalité fait en sorte que nos membres sont dispersés à travers le pays. Cela s’est traduit par une perte importante relative à nos traditions, à notre culture, sans compter que nous ne parlons plus le Mi’gmaq, la langue de nos ancêtres. Tant de choses que nous voulons réintroduire mais cela impose que nous devons faire le choix d’investir encore une fois par le biais de nos revenus autonomes. Voilà la réalité d’une communauté SANS réserve.

Chef Manon Jeannotte

4 • La voix des Premières Nations [Mars 2018]

Les trains peuvent s’arrêter mais PAS rapidement. La distance de freinage d’un train de marchandises voyageant à 90 km/h est de 2 km, ce qui équivaut à 18 terrains de football. Respectez la signalisation ferroviaire en tout temps et soyez prudent !

! ATTENTION


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NATION INNUE Chronique

Vous souvenez-vous, il y a 20 ans… Par Benoit Sioui

Lancé au mois de février 1998, le journal La Voix des Premières Nations (Innuvelle) fête cette année ses 20 ans d’existence. Que de chemin parcouru depuis! Dans le cadre de cette année anniversaire, la direction du journal fera un retour dans le passé en faisant paraître les différentes manchettes de l’époque.

L évêque Le nouvese côte-nord Bas visite La

Le centre Ka uauitshiaKanit ferMe ses portes

confére nc sur La e décision deLgaMu de La couKw suprêMe ur d canada u

ites BetsiaMuit pours éBec u y h dro-q

défi-innu BadMinton98, pessaMit reMporte trois finaLes

des innus au saLon du Livre de sept-ÎLes

uisht construction, une entreprise en pLein essor

fourrure Le prix de Lante reMo n de La Maiso ission M s n La tra eLLe sera cuLtur e 10 Mars Livrée Lchain p ro

coLLoq des trappues autochtoeurs nes

L’art nous uni, La poLitique nous divise Lise Bissonnette, rédactrice en chef du journal Le Devoir

Notre équipe journalistique...

, partenariat de 3,5 MiLLions ps eM nt pri au ra vri ou L unitota

Atikamekw, Algonquin, Abénaquis, Micmacs, Cris, Malécites, Naskapis, Hurons-Wendat. BENOIT SIOUI éditeur et coordonnateur du journal

DAVIDALEXANDRE VINCENT journaliste pigiste Wendake

RECHERCHÉ

INTÉRESSÉ(E)? CONTACTEZ-NOUS!

À La coMMission roBerge, Les téMoins in n harceLés sur us Leurs antécéde nts judicaires

u peL d L’ap itoire : u n terrtshina MiaM

[Mars 2018] La voix des Premières Nations • 5

Nous sommes à la recherche de journalistes-pigistes dans les nations suivantes :

Le groupe By oB Kuanuten B ashat u e d e coutur r pa é arnaqu r eu t c u d o pr un ec éB u de q


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NATION INNUE

Par Benoit Sioui

L’origine du projet En décembre 2005, le gouvernement du Québec annonçait une stratégie énergétique de 4 000 mégawatts éoliens, étalée sur une période de 10 ans (2006-2015). De ce bloc énergétique, 200 mégawatts d’énergie éolienne étaient réservés à HydroQuébec, pouvant être offerts aux communautés des Premières Nations.

Durant la même période, tous les chefs innus se réunirent afin de créer une unité au sein de la nation. De cette volonté manifestée, les leaders politiques mettaient de côté leurs projets locaux afin de présenter à Hydro-Québec un projet unique de 200 mégawatts, projet de nation unissant les 9 communautés.

Le 21 décembre 2015, les Innus reçurent l’accord du gouvernement du Québec pour leur projet.

Appel d’offres

6 • La voix des Premières Nations [Mars 2018]

Afin de mener à bien son projet, la nation fit connaître son intention de s’unir à une compagnie spécialisée dans le domaine de l’énergie éolienne. Un appel d’offres fut lancé afin de sélectionner une firme partenaire. Selon Marc Genest, directeur du développement économique des Innus d’Essipit, les critères de sélection qui

ont été retenus étaient les suivants: l’expertise de la firme, un projet réaliste et réalisable, une association à parts égales ainsi que des retombées économiques maximales pour la Première Nation.

Choix de la nation La nation innue arrêta son choix sur la firme Boralex et RES. Boralex est une entreprise québécoise qui a été fondée par Cascades et qui est aujourd’hui détenue à près de 20% par la Caisse de dépôt et placement du Québec. Présent dans le domaine de l’énergie éolienne, hydroélectrique, thermique et solaire, Boralex compte plus de 25 années d’expérience dans le secteur des énergies renouvelables.

Fait intéressant, la compagnie n’en est pas à ses premières expériences d’association avec les communautés des Premières Nations au pays. À ce titre, mentionnons trois partenariats dans le domaine de l’énergie renouvelable avec les villages autochtones de l’Ontario suivants : Niagara Region Wind Corporation, Projet Ottercreek et Projet Yellowfalls

Quant à RES (Systèmes d’énergie renouvelable) Canada inc, est un leader dans le développement et la construction de projets éoliens et solaires ainsi que de projets de distribution et de stockage de l'énergie au Canada. Filiale issue d’une entreprise familiale, celle-ci est présente sur cinq continents.

Structure L’association entre les trois partenaires s’est concrétisée via une société en commandite où la nation innue détient 50% des parts. La part de la Nation innue est répartie entre les communautés innues participantes.

Les 9 communautés innues ont confirmé leur appui au projet. Toutefois, à ce jour, six d’entre elles sont officiellement partenaires de la société de projets. Les 3 autres ont manifesté leur intérêt à supporter le projet et pourront adhérer à celui-ci à leur rythme et ce, aux mêmes conditions que les communautés déjà présentes dans cette société.

Choix du site Le projet Apuiat est situé sur le territoire traditionnel de la nation innue (Nitassinan) des communautés de Uashat et Mani-utenam près de SeptÎles. Ce premier projet éolien sur la Côte-Nord est localisé plus précisément à l’ouest-sud-ouest du village de Rivière-Pentecôte fusionné à PortCartier depuis 2003. Il comptera un nombre maximal de 57 éoliennes.

Impacts sur l’environnement immédiat Le choix du site en milieu non occupé a peu d’impacts sur le milieu environnant. Selon les simulations effectuées, les impacts visuels et sonores

sont faibles, étant donné que le site est situé à 7 kilomètres de RivièrePentecôte et à 40 Kilomètres de Port-Cartier. Quant aux impacts sur la faune, ceux-ci sont négligeables compte tenu, notamment, que le site n’est pas situé dans un corridor migratoire. Enfin les détenteurs de baux de villégiature localisés non loin du site d’exploitation, ont été consultés à plusieurs reprises et appuient le projet.

Retombées économiques Les retombées économiques engendrées par le projet Apuiat portent sur deux phases. La première concerne la construction du parc éolien. On prévoit durant cette période des retombées directes qui se concrétiseront par la création de 300 à 400 emplois et des retombées indirectes (achat de matériaux, hébergement, restauration, etc). Par la suite, la phase d’opération créera de 10 à 15 emplois directs à long terme et des retombées indirectes plus modestes.

Appuis du milieu Au mois de novembre 2016, des consultations eurent lieu à Uashat, Maniutenam, Rivière-Pentecôte et PortCartier. Aux dires de Rafael Bourrellis de la firme Boralex, le message unanime qui ressort des consultations est que ce projet est accepté et

Boralex

Entente entre la Nation innue et les compagnies Boralex et RES

Parc éolien. soutenu par le milieu. Il y a un appui favorable considérable et tous attendent la première pelletée de terre.

Os dans l’engrenage des pales Malgré une belle unanimité d’appuis venant du milieu, il semble que tout ne baigne pas dans l’huile comme on l’espérait. Depuis 2 ans, les négociations avec Hydro-Québec relatives à un contrat d’achat d’électricité sur une durée de 25 ans n’aboutissent pas. On s’inquiète du retard, compte tenu des sommes investies jusqu’à maintenant. Il est maintenant clair que la construction du projet ne débutera pas en 2018 comme prévu. La signature du contrat en question est une condition essentielle pour débuter le projet sinon il n’aura pas lieu.

Compte tenu de multiples appuis du milieu, la balle est dans le camp de la société d’État. Espérons que les négociations aboutissent à une entente satisfaisante pour les deux parties. Dossier à suivre…


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PREMIÈRES NATIONS Architecture chez les Premières Nations

Par Benoit Sioui

Dans la semaine du 29 janvier dernier, la Société Radio-Canada présentait un reportage portant sur l’architecture des bâtiments des communautés de Uashat et Mani-utenam. Notre journal a voulu savoir si d’autres villages autochtones du Québec avaient construit des édifices reflétant leur propre culture avec des formes significatives.

Le cas d’Oujé-Bougoumou Communauté crie fondée en 1989, elle est située à 26 kilomètres au nordouest de la ville de Chapais dans la région administrative du Nord-duQuébec. Le village d’Oujé-Bougoumou (qui signifie notre terre) est installé aux abords du lac Opémisca.

Lors de la planification de l’établissement du village, les dirigeants cris

ont fait appel à l’architecte autochtone Douglas Cardinal qui dessina les plans des bâtiments publics et conçut l’organisation spatiale de la communauté. Le village a été récipiendaire de quelques prix pour la qualité de l’architecture de ses bâtiments. Parmi eux, citons le prix reçu par l’UNESCO pour une construction s’appuyant sur des critères de développement durable et sur les traditions du peuple cri. Au moment où Cardinal accepte le mandat offert par les cris, il n’en est pas à ses premières armes dans le domaine de l’architecture. C’est lui qui a conçu les plans du Musée canadien de l’histoire (autrefois Musée canadien des civilisations) localisé à Gatineau. C’est également lui qui a élaboré les plans du musée national des Premières Nations à Washington aux États-Unis.

Le dernier né, l’institut culturel cri Aanischaakamikw. Ouvert le 15 novembre 2015, le bâtiment reflète très bien la culture crie. Conçu par

l’architecte Steve Rotman, de la firme Rubin & Rotman architectes, il épouse les formes d’un canot renversé imitant ainsi un shaputuan, sorte de tente allongée qui reflète les traditions du peuple cri. D’ailleurs cette firme vient de décrocher, en janvier dernier, un mandat avec la communauté crie de Whapmagoostui.

Le cas de Wendake Wendake est la seule communauté huronne-wendat au pays. Elle est située en banlieue nord-ouest de la ville de Québec. Au milieu des années 2000, une fenêtre d’opportunité s’ouvre pour la communauté dans la mouvance des fêtes du 400e anniversaire de la ville de Québec. Le Conseil de l’époque prend la décision de construire un hôtel auquel sera attaché un musée que la population espère depuis trente ans.

L’élaboration des plans est confiée à la firme d’architecte Lemay Michaud

de Québec. On demande à ce que le bâtiment par ses formes rappelle la culture des Hurons-Wendat. La construction de la portion hôtel répond à ses exigences. Le bloc central (réception, salle de bal et restaurant) qui constitue le cœur de cette section est de forme rectangulaire avec un toit en demi-cercle (voûté) rappelant la maison longue, habitation traditionnelle de la nation. De plus, les 3 autres blocs (section des chambres) épousant les mêmes formes sont disposés en zigzag, rappelant la forme d’un serpent. Cette idée plaît énormément car l’hôtel est situé près de la rivière Akiawenrak (St-Charles) et se veut un rappel de la légende du serpent géant ayant creusé le nid de la rivière séparant les autochtones et les allochtones. La signature architecturale est trouvée et convient aux décideurs. Par la suite, le toit voûté sera repris pour d’autres constructions comme le poste de police et le bureau de l’Office du tourisme de l’époque.

www.institutculturelcri.ca/fr

Constructions signifiantes L’institut culturel cri Aanischaakamikw. Les Premières Nations de ce pays se sont toujours approprié divers éléments de la société dominante lorsque cela était nécessaire. Que ce soit dans le domaine vestimentaire ou autre, les membres de ces nations y ont associé une touche d’originalité reflétant leur propre culture. De nos jours, l’architecture ne fait pas exception à cette réalité et les constructions qui suivent cette voie sont davantage appréciées des membres de leur communauté respective. Les bâtiments parlent d’eux-mêmes, laissons-les parler…

ArcelorMittal souhaite un joyeux 20e anniversaire au journal La Voix des Premières Nations propulsé par Innuvelle. Un grand MERCI pour cette belle collaboration. [Mars 2018] La voix des Premières Nations • 7

Transformerlavenir.com


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TOURISME AUTOCHTONE

Chronique touristique

Le tourisme durable, un concept au cœur du tourisme autochtone Par Patricia Auclair, gestionnaire des opérations Tourisme Autochtone Québec

Il existe plusieurs définitions entourant la notion de tourisme durable puisque c’est un concept relativement nouveau qui suscite beaucoup de discussions. L’Organisation Mondiale du Tourisme le définit comme étant un tourisme qui tient pleinement compte de ses impacts économiques, sociaux et environnementaux actuels et futurs, en répondant aux besoins des visiteurs, des professionnels, de l’environnement et des communautés d’accueil1. En d’autres termes, le tourisme durable est un tourisme qui prône le respect et la viabilité de l’environnement en agissant en pleine conscience des répercussions des différentes acti-vités touristiques sur son milieu. N’est-ce pas directement ce qui caractérise aussi le tourisme autochtone?

Depuis toujours, les Autochtones entretiennent un lien privilégié avec la nature et les innombrables ressources qu’elle offre. C’est dans un esprit d’harmonie et de grand respect que les Premiers Peuples cohabitent avec cette richesse tout en veillant à redonner à la Terre mère. Le principe de durabilité est donc un principe qui est déjà ancré chez les Premières Nations et omniprésent dans nos actions. L’utilisation du territoire se fait avec un souci de mettre des moyens en place afin de laisser suffisamment de ressources pour subvenir

Que ce soit lors d’expéditions en forêt, de sorties de pêche, de repas gastronomiques ou d’une nuitée en communauté, la protection et la mise en valeur de l’environnement sont mises de l’avant. Prenons par exemple les Parcs Nunavik qui représentent une partie du territoire inuit et qui accueillent annuellement des visiteurs des quatre coins de la planète. Considérant que le mode de vie des Inuits est étroitement lié à leur milieu naturel, ceux-ci doivent agir en protégeant la fragilité de leur territoire nordique. D’un point de vue social et économique, plusieurs entreprises autochtones, telles que le site culturel Kinawit, la Maison de la Culture innue d’Ekuanitshit, le Club Odanak ou le Domaine Notcimik, pour ne nommer que ceux-ci, mettent en place des outils de formation et de développement de la main d’œuvre afin de favoriser l’employabilité au sein des communautés. Cette inclusion de la maind’œuvre autochtone va au-delà d’un simple gagne-pain; c’est le développement d’une fierté identitaire. De plus, lors des saisons basses, certaines organisations offrent leurs infrastructures aux membres de la communauté afin qu’ils puissent se regrouper et évoluer ensemble. Ces exemples de partage sont l’es-

Luc Leclerc

8 • La voix des Premières Nations [Mars 2018]

Partie intégrante de notre industrie

aux besoins des générations à venir. Cette valeur de partage est au cœur des communautés, mais également au cœur du tourisme autochtone. Il est donc évident que lorsque vient le temps de façonner son offre touristique, les Autochtones déploient une démarche intégrante qui prend en considération autant le volet environnemental que le volet économique et social.

Maison de la culture innue, Ekuanitshit.

sence même du tourisme durable puisqu’ils permettent au développement touristique de faire bénéficier tout un chacun.

Défis durables saluant l’innovation Malgré les modèles verts déjà bien présents dans la culture autochtone, il reste toujours place à innover afin de conserver une offre touristique durable. Puisque l’intérêt des voyageurs envers la découverte des produits autochtones ne cesse d’augmenter d’année en année, il est important de prendre le temps de s’arrêter sur les répercussions que le tourisme de masse peut générer. Celui-ci exerce une plus grande pression sur l’environnement et il devient primordial de mettre en place des stratégies de contrôle et de préservation des terres afin d’éviter la dégradation des ressources. De plus, la croissance touristique peut représenter une menace pour l’authenticité de la culture propre à chaque nation et peut même entraîner une certaine forme de commercialisation de la culture. Afin d’éviter ce piège, il est nécessaire d’impliquer et surtout de consulter les membres des communautés afin de susciter leurs intérêts, de favoriser des rencontres collaboratives et d’optimiser l’offre. Sur un angle strictement économique, certains intérêts privés peuvent être mis de l’avant au détriment de l’intérêt commun. Or, une saine compétition doit exister entre les différents acteurs, un prix juste et équitable doit être offert, une diversification des sources de revenus ainsi qu’un partage adéquat des bénéfices obtenus par le tourisme.

Un concept au-delà d’une tendance passagère L’Organisation mondiale du tourisme (OMT) a décrété l’année 2017 : « Année internationale du tourisme durable pour le développement.2 » Durant cette année, l’industrie touristique était invitée à mettre en place différentes activités afin d’améliorer sa position vis-àvis la maîtrise de la croissance du tourisme et le déploiement

d’une offre touristique durable. Bien qu’on clôt tout juste cette année du tourisme durable, tout un chacun se doit de réaliser et de comprendre qu’on se situe dans une nouvelle ère où le tourisme durable devient inévitable dans la préservation et la valorisation de nos ressources. De plus, il a été démontré que dans plusieurs communautés autochtones, un des axes principaux de développement est le tourisme. Les différents acteurs devront donc accorder l’énergie nécessaire afin de permettre la pérennité de cette riche transmission culturelle qu’est le tourisme autochtone. 1 http://sdt.unwto.org/fr/content/definition

2 http://media.unwto.org/fr/press-release/201512-10/les-nations-unies-proclament-2017-anneeinternationale-du-tourisme-durable-

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COMMUNAUTÉS EN BREF

Une marche pour la prévention du suicide Par David-Alexandre Vincent

Wendake — Plusieurs citoyens ont pris part à la Marche de l’espoir pour la prévention du suicide le 5 février dernier. L’activité, tenue dans le cadre de la semaine de prévention du suicide, a connu un record de participation. 93 personnes ont marché dans les rues de Wendake lors de cette soirée. L’événement, qui se tenait pour une 7e fois, se voulait une façon de sensibiliser la population à la prévention du suicide et aussi de démontrer sa solidarité envers les autres communautés autochtones touchées par cette problématique. Le Grand Chef Konrad Sioui s’est adressé aux participants en leur mentionnant qu’il était important de parler et d’aller chercher de l’aide en cas de besoin. Il a aussi tenu à souligner l’excellent travail effectué par l'équipe de la Santé et des Services sociaux.

93 personnes ont pris part à la marche.


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NATION HURONNE-WENDAT

Le complexe sportif de Wendake est maintenant ouvert ! Par David-Alexandre Vincent

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Implication des membres Le complexe sportif est un projet rassembleur pour la Nation huronnewendat. Plus de 15 travailleurs autochtones locaux de la compagnie Wendake Construction ont pris part aux travaux pour le prolongement des infrastructures et l’aménagement des rues. Au total, c’est plus de 9,35 millions de dollars qui ont été investis dans l’aréna. Notons la participation financière d’Affaires autochtones et du Nord Canada et du gouvernement du Québec via le Fonds d'initiatives autochtones II.

Les entrepreneurs de Wendake se sont déjà approprié les lieux. En effet, l’entreprise Aiguisage 911, dirigée par Denis Gros-Louis Couture, a déménagé ses installations dans le nouveau complexe. C’est aussi le cas pour le cassecroûte l’Usine à Frites, appartenant à Michelle Picard, qui sera désormais opérationnel douze mois par année.

Un espace est aussi aménagé pour des kiosques d’artisanats permettant aux artisans d’exposer et de vendre

Les gradins comptent 350 places assises.

Le complexe sportif est accessible via le boulevard de la Colline, à l’est de la communauté. leur art. D’ailleurs, lors du tournoi pee-wee, deux artisanes de la communauté étaient sur place pour présenter et vendre leurs créations.

Hockey Québec Centre, gestionnaire La gestion des activités sportives et administratives du complexe sportif de Wendake a été confiée à Hockey Québec Centre. L’organisme appuiera le service des loisirs du CNHW dans le développement et la mise en place d’initiatives communautaires ou scolaires au sein des divers secteurs d’activités locales. C’est également avec cet organisme qu’ont lieu les arrangements pour les heures de glace. On précise que les Hurons-wendat auront toujours priorité et que les plages restantes seront accessibles aux athlètes de la grande région de Québec. Wendake souhaitait s’adjoindre des services de l’organisme puisqu’elle était déjà expérimentée dans la gestion d’arénas. « C’est un bel exemple de coexistence qui démontre la possibilité de mettre nos expertises et nos efforts en commun, de manière à aller plus loin.», a déclaré Daniel Lirette, le directeur général de Hockey Québec Centre.

Une possible deuxième glace L’espace pour l’aménagement d’une

deuxième glace est déjà prévu. Toutefois, les responsables se concentreront d’abord à mener les opérations de la glace déjà existante. Après avoir complété une année entière d’opérations, on réévaluera la nécessité, ou non, d’une deuxième glace. Les dirigeants veulent aussi s’assurer que la première glace sera bien rentable avant d’entamer la construction d’une deuxième patinoire.

Tournoi de hockey huron-wendat Un des événements à ne pas manquer sera sans doute la 28e édition du tournoi de hockey huron-wendat. Plus de 24 équipes, provenant des quatre coins du Québec, s’affronteront sur la toute nouvelle glace. C’est d’ailleurs lors de cet événement qu’aura lieu l’inauguration officielle du complexe, en compagnie de nombreux dignitaires. L’événement se déroulera du 30 mars au 1er avril.

Au cours des prochains mois, les visiteurs pourront assister à de nombreuses activités sportives dont l’évolution de ligues de hockey créées par et pour les HuronsWendat. Du temps de glace est encore disponible aux sportifs de la région qui seraient intéressés.

[Mars 2018] La voix des Premières Nations • 9

Prêt de matériel informatique

D

es équipes locales ont aussi pu donner leurs premiers coups de patin dans l’aréna situé sur la nouvelle rue Grand Chef Thonnakona, accessible par le boulevard de la Colline. Le complexe, comptant 350 places assises, permettra à la communauté autochtone de multiplier les opportunités sportives et d’offrir du temps de glace en priorité aux joueurs de hockey locaux. « Aujourd’hui, nous pouvons dire mission accomplie. C’est le début d’une grande aventure! Nous visons le développement de nos capacités, au plan économique, social, communautaire et national », affirmait le Grand Chef de Wendake, Konrad Sioui, lors de la pelletée de terre en juin 2017. Il aura fallu 7 mois pour procéder à la construction de l’édifice qui compte aussi une salle communautaire de 5 500 pieds carrés.

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Éducation des adultes à distance

Wendake — Le complexe sportif de Wendake a ouvert ses portes le 7 février dernier en marge du 59e Tournoi international de hockey pee-wee de Québec. Des équipes provenant d’un peu partout sur le globe ont pu expérimenter les toutes nouvelles installations.


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Bonne semaine de relâche!

Innu takuaikan Uashat mak Mani-utenam, le chef Mike McKenzie, les conseillères et conseillers souhaitent une bonne relâche à tous les étudiants et à toute la communauté. Profitez de ce moment de répit pour vous ressourcer, prendre du temps en famille et jouer à l’extérieur!

Maten

Florent

10 • La voix des Premières Nations [Mars 2018]

Matiu Chef Mike Pelash Mckenzie

Virginie Michel

Maya Fontaine

Marie-Marthe Fontaine

Antoine (Maniteu) Grégoire

Mathieu Mckenzie

Mike Utussmash Mckenzie

William Fontaine

Jonathan Shetush

Dave Vollant

Reportage de Raoul Vollant - Service des communications I.T.U.M.


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NATION INNUE

La Coopérative Agro Forestière de Pointe-Bleue et sa formation unique La Coopérative Agro Forestière de Pointe-Bleue a été fondée en 1981 par des travailleurs de Mashteuiatsh qui voulaient travailler en forêt et pouvoir en vivre. Bien que la mission première de la Coopérative soit restée la même depuis toutes ces années, quelques changements ont été faits, dont l’ajout d’un volet formation.

A

u moment où la Coopérative a commencé ses activités, les travaux effectués consistaient principalement en du reboisement, de l’éclaircie de plantation et de la coupe totale et ils étaient réalisés uniquement sur le territoire de Mashteuiatsh. Dès ses débuts, elle a pu profiter de la vague de reboisement massif lancée par le gouvernement du Québec et qui a donné du travail à ses membres pendant quelques années. En 1990, au moment où cette vague tirait à sa fin, les fondateurs ont pris leur retraite et c’est M. Guy Boivin, qui est membre actif de la Coopérative depuis ses débuts, qui en a repris les rênes en tant que président.

Formations adaptées aux réalités du milieu

Dans le premier volet de formation, les membres suivent de 26 à 30 semaines de formation. Pendant leur formation, ceux-ci peuvent se familiariser avec les différents métiers et travaux de l’industrie forestière, qui sont très nombreux. La formation vise aussi à leur montrer que même si à la base, ils sont peu scolarisés, en suivant plusieurs petites formations, ils peuvent quand même avoir un très bon emploi. Les formations offertes par la Coopérative sont toutes recon-

Dans le second volet de la formation, les membres ayant fait partie du premier volet peuvent travailler au sein de la Coopérative, qui réalise des contrats d’abattage manuel, de débroussaillage, de reboisement et de coupes en milieu urbain. Dans les premières années de la Coopérative, les membres travaillaient 10 semaines et bénéficiaient de l’assurance-emploi les 42 semaines restantes. Petit à petit, les mentalités ont commencé à changer et le nombre de semaines de travail a augmenté. Maintenant, la saison des travailleurs débute en juin et se termine en décembre. Certaines années, ils peuvent même travailler jusqu’en février si la température le permet. M. Boivin remarque depuis quelques années que la volonté des jeunes de travailler est manifeste, ce qui est de très bon augure pour le futur.

Pour financer les formations, la Coopérative peut compter sur le support de partenaires financiers, qui sont Rexforêt et le secteur du développement de la main-d’œuvre de Pekuakamiulnuatsh Takuhikan (conseil de bande de Mashteuiatsh). Il est important de mentionner que l’argent investi par la communauté en vaut la peine, parce qu’en permettant aux gens de travailler, les taux de chômage et d’assistance sociale diminuent, de même que le taux de criminalité. Le budget de la Coopérative est complété par les contrats qu’elle réalise, qui n’occupent toutefois qu’environ 30% de ses activités, les 70% restant étant consacrés entièrement à la formation.

revenir travailler pour elle s’ils le souhaitent. Depuis une dizaine d’années, les membres actifs sont majoritairement âgés entre 15 et 25 ans, donc ils sont très jeunes. Les membres plus âgés travaillent tous ailleurs, ce qui est bon pour les entreprises situées aux alentours de Mashteuiatsh. Une fois que les travailleurs se sont adaptés à une machine ou qu’ils se perfectionnent dans un des métiers de la foresterie, ils vont travailler dans d’autres entreprises, car les travaux sylvicoles, c’est très exigeant physiquement. Mais comme l’objectif est de faire travailler le plus de personnes possible, peu importe où ils travaillent, ce n’est pas un problème.

La coop ne peut pas accepter les membres d’autres communautés, même si M. Boivin aimerait bien pouvoir le faire. La raison est simple : le financement alloué par Rexforêt est versé directement au conseil de bande de Mashteuiatsh, qui peut l’utiliser uniquement pour financer la formation de membres provenant de la communauté. Lorsque vient le temps de prendre quelqu’un qui n’est pas de Mashteuiatsh, c’est donc très compliqué au niveau administratif.

Le travail de la coopérative soulignée La Coopérative Agro Forestière de Pointe-Bleue s’est vue décerner en 2016, pour une troisième année consécutive, la bourse d’excellence de Rexforêt, qui souligne le bon rendement des travailleurs de la forêt du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Ce prix, qui a été remis à M. Charli-

Après 37 ans d’existence et plusieurs dizaines de travailleurs formés, nous souhaitons à la Coopérative de pouvoir continuer ses activités pendant encore de nombreuses années!

COMMUNAUTÉS EN BREF

Oujé-Bougoumou aura bientôt un meilleur accès à Internet Par David-Alexandre Vincent

Le village cri d’Oujé-Bougoumou aura enfin accès à Internet haute vitesse, dès le printemps. Un partenariat a été établi entre les compagnies Distributel et Eeyou Communications pour offrir des services optimaux aux communautés cries du Eeyou Istchee et aux municipalités de la région de la Baie-James. Un forfait sera lancé par Distributel dès le printemps 2018. Il comprendra trois services soit Internet haute vitesse, la téléphonie résidentielle et le service de télévision. Cette arrivée permettra à plus de 4 000 foyers de la Jamésie et du Eeyou Istchee d’obtenir des services de meilleure qualité et à meilleur prix. Vers la fin de 2016, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) déclarait que l'accès Internet à large bande constituait dorénavant un service de base pour tous les Canadiens. Ce partenariat entre Distributel et le Réseau de communications Eeyou est un bon début afin d'éliminer la fracture numérique au Canada tel que l’identifiait le CRTC. « Il est essentiel d'améliorer l'accès à la connectivité Internet à large bande et aux autres services pour rehausser la qualité de vie, améliorer les perspectives économiques et favoriser l'essor de collectivités connectées et engagées. Enrayer la fracture numérique est un enjeu crucial pour le Canada, et nous sommes ravis de pouvoir mettre notre expertise et notre expérience au profit de cette cause » a affirmé le président-directeur général de Distributel, Matt Stein.

Le membership de la Coopérative Les membres de la Coopérative sont ses travailleurs, actifs ou non. En 2016, elle comptait 33 membres actifs et environ 200 inscrits pouvant

Matapeu Dominique-Valin, est accompagné d’une bourse de 1 000$. Il s’agit d’une belle reconnaissance démontrant la qualité de la formation donnée par la Coopérative.

Guy Boivin, président de la Coopérative Agro Forestière de Pointe-Bleue.

Outre la communauté d’Oujé-Bougoumou, il y a également Wemindji, Eastmain, Waskaganish, Waswanipi, Nemaska, Mistissini et Radisson qui pourront profiter de ces nouveaux services. Quant aux prix, ils devraient être similaires à ceux offerts aux habitants des grandes villes telles que Montréal ou Québec.

[Mars 2018] La voix des Premières Nations • 11

Dès 1990, M. Boivin a doté la Coopérative d’un nouveau créneau : la formation. Ainsi, depuis ce temps, des formations en reboisement, en éclaircie précommerciale et commerciale sont offertes en partenariat avec Rexforêt. En 2005, la Coopérative a aussi ajouté à son offre une formation technique de contremaître, qui est toutefois moins en demande en raison de son niveau de difficulté plus élevé. Ces programmes sont uniques à Mashteuiatsh, car leurs contenus sont adaptés aux valeurs autochtones. En effet, les formations mettent davantage l’accent sur la protection de la faune, sur les arbres, etc.

nues par le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur et équivalent à un diplôme d’études professionnelles (DEP). La qualité des formations données par la Coopérative est reconnue, à preuve, les Ilnus de Mashteuiatsh intéressés à travailler dans l’industrie forestière suivent tous leur formation par son entremise. De tous les membres ayant suivi une des formations offertes par la Coopérative, 85% à 90% sont actifs, c’est-à-dire qu’ils travaillent soit pour elle ou pour une entreprise située à l’extérieur de la communauté.

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Par Véronique Édé


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NATION INNUE

Un grand pas pour l'association des travailleurs innus Par Olivier Picard

REGROUPÉS POUR MIEUX VOUS SERVIR!

L’Association des Travailleurs Innus (ATI) est un groupe de travailleurs relié au domaine de la construction des communautés innues. Elle a pour but de défendre les intérêts communs, les droits et les valeurs professionnelles de ses membres.

LE CENTRE LOCAL D’EMPLOI DE HAVRE-SAINT-PIERRE EST MAINTENANT UN BUREAU DE SERVICES QUÉBEC. UNE FOULE DE SERVICES VOUS SONT OFFERTS.

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L’Association des Travailleurs Innus poursuit plusieurs objectifs :

• Appuyer tous les travailleurs innus concernés et ce, dans tous les corps de métier de la construction • Permette aux travailleurs de s’unir, de se mobiliser, de se soutenir et de s’entraider dans un milieu sans discrimination. • Partager l’information entre travailleurs sur le marché du travail, des changements dans le domaine de la construction • Approcher les communautés innues et défendre le territoire en favorisant la communication avec les conseils de bande, les entreprises locales et régionales

ur

Les travailleurs innus de la construction doivent faire face à de nombreux défis : • Droit au respect en tant qu’autochtone, droit à l’équité et l’égalité salariale et professionnelle • Dénonciation et protection contre l’intimidation et le harcèlement des travailleurs innus • Droit d’accès à l’information sur les projets miniers, hydro-électriques, industriels, de voirie. • Accorder la priorité aux travailleurs innus

L’Association des Travailleurs Innus n’est pas un regroupement pour faire du placement de personnel ou pour promettre des emplois. L’association veut la collaboration de tous ses membres pour favoriser la communication sur les changements et les opportunités dans le domaine de la construction. Nous demandons l’appui de tous les travailleurs pour faire avancer et faire connaître l’association. Sa visibilité permettra de renforcer nos droits et nos valeurs. Un petit pas ensemble et un grand pas pour l’association. Avançons ensemble et arrêtons la discrimination. La visibilité de l’association permettra de s’allier avec les autres communautés innues et ainsi favoriser l’égalité entre les communautés. Cette association est un droit de parole aux mères et aux pères de famille, aux employeurs, aux travailleurs et travailleuses innu(e)s, aux nouveaux et nouvelles diplômé(e)s de la construction, pour assurer un meilleur avenir pour les employé(e)s. Prenons notre place! Prenez note qu’une rencontre aura lieu au mois de mars afin d’élire le premier conseil d’administration de l’association.

Protégeons les emplois locaux, les ententes sur nos territoires et notre avenir.

LE SAVIEZ-VOUS?

www.gouv.qc.ca 1 877 644-4545 (sans frais)

Convivial. Accessible. Direct. Services Québec

Olivier Picard

12 • La voix des Premières Nations [Mars 2018]

Dans la région, on trouve également des bureaux de Services Québec à Baie-Comeau, aux Escoumins et à Sept-Îles.

Rencontre d’information à Pessamit. De gauche à droite : Eddy Vollant, Céryac Vachon, Bernard Canapé, John Rock, Christian Hervieux, André Gast. Bacon, David Bacon, Patrick Picard, Luc Petiquay, Mathieu Vollant, Sam Bacon, Alain Pitcoutlaigan, Gordon Crépeau, Jesse Dominique, Alphonse rock.


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Un train peut en cacher un autre. Il peut y avoir deux trains circulant sur la même voie ferrée ou une autre parallèle. Toujours vous assurer que tous les trains soient passés et que toutes les voies ferrées soient libres avant de traverser le passage à niveau. Respectez la signalisation ferroviaire en tout temps et soyez prudent !

20 PARC ÉOLIEN

L’équipe du projet éolien APUIAT souhaite un excellent

200 MW sur le Nitassinan de la Première Nation de Uashat mak Mani-utenam

anniversaire au journal La Voix des Premières Nations propulsé par Innuvelle.

PROJET ÉOLIEN

Pour plus d’information sur le projet info@apuiat.com www.apuiat.com 1-844-363-6493

[Mars 2018] La voix des Premières Nations • 13

Projet innu, rassembleur et structurant pour l’ensemble des communautés

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PREMIÈRES NATIONS

Tecumseh, grand chef légendaire Dans le cadre du 250e anniversaire de la naissance de Tecumseh en 2018, la Monnaie royale canadienne vient de faire paraître une pièce d’or (14 carats) afin de souligner la vie et l’héritage de ce grand leader politique et chef de guerre shawnee. D’une valeur nominale de 100 dollars, la pièce dont le titrage est limité à 1 500 exemplaires est l’œuvre des artistes Susanna Blunt (côté face) et Bonnie Ross (revers).

N

otre journal a voulu faire connaître à ses lecteurs qui était ce chef autochtone qui a tant marqué l’histoire. Voici donc un portrait de ce grand personnage.

Enfance

14 • La voix des Premières Nations [Mars 2018]

Il est né au mois de mars 1768 dans le village de Piqua sur les bords de la rivière Scioto près de l’actuelle ville de Springfield dans l’état de l’Ohio aux États-Unis. Issu de la nation shawnee ou chaouanon, de la grande famille linguistique et culturelle algonquienne ou anishnabe. Son nom signifie Étoile filante qui rappelle le bond d’une panthère céleste, animal emblématique spirituel du clan des Kispokos auquel sa famille appartient.

Son père s’appelait Puckeshinwau (chef shawnee) et sa mère Methoataske. Son père, guerrier reconnu et respecté dans sa nation, meurt à la bataille de Point Pleasant en 1779, laissant Tecumseh orphelin à l’âge de 6 ans. Après cet événement, sa mère, d’origine creek, retourne vivre chez son peuple. Il fut adopté par le chef shawnee Blackfish, mais c’est sa sœur aînée, Tecumapease, qui lui enseigne le code d’honnêteté de son peuple. Quant à son frère aîné, Cheeseekau, c’est lui qui se chargera de lui apprendre le travail du bois et la chasse.

Dès son très jeune âge, on voit émerger une personnalité hors du commun. On sent qu’il sera un jour un personnage charismatique important pour sa nation.

Défenseur des droits des nations autochtones Tecumseh s’oppose aux cessions de terres. Il se bat pour faire recon-

naître les droits des Premiers occupants des nations autochtones d’Amérique. Il défend la rhétorique que les terres appartiennent à toutes les Premières Nations et que les négociations avec les nations distinctes ne sont pas valides. Ceci voulant contrer les ventes sous l’influence de l’alcool, le soudoiement de certains chefs, les ventes sans l’accord des peuples et autres accords.

Participation à des conflits armés Lors des combats armés, Tecumseh fait honneur à la réputation des Kispokos qui sont considérés comme étant de grands guerriers. Il est impliqué dans de nombreux raids et escarmouches pendant la période 1780 à 1783. Il a participé à de fameuses batailles dont : la guerre de Tecumseh (1811-1813); la bataille de Fallen Timbers; la guerre de 1812 et la bataille de la rivière Thames.

Guerre de 1812 Lors de la guerre anglo-américaine de 1812, il prend parti pour les Britanniques (Manteaux rouges) et prend la tête d’un groupe de 4 000 guerriers. Chez son peuple, nul n’est surpris par cette décision, car depuis qu’il est tout jeune, il considère les Américains comme étant ses ennemis. Pas surprenant, étant donné que les Grands Couteaux (nom donné aux Américains portant l’épée à la ceinture) ont saisi les territoires de chasse de son peuple, tué son père et ont détruit les villages shawnees. Tecumseh leur voue une haine, les méprises et entretient un désir de vengeance à leur égard.

Confédération des Premières Nations Inspiré par le chef visionnaire Odawa Pontiac (1720-1769), il entreprend comme lui, d’unifier les Premières Nations sous une puissante confédération. Créer un seul feu, parler d’une seule voix.

Son rêve est d’unir les Premières Nations de l’île de Grande Tortue (Amérique) sous une coalition s’étendant du Canada à la Floride, afin de repousser l’invasion américaine à l’ouest des Appalaches. Malgré les traités signés et les déclarations de principes, rien n’y fait, les Blancs ont un désir insatiable

d’acquisition de terres au détriment des nations qui les occupent depuis de nombreux siècles. Leurs paroles ou leurs écrits ne sont pas respectés et fondent comme neige au soleil. Cette situation est très préoccupante, compte tenu du sort qu’ont subi les nations qui ont été délogées antérieurement de leurs terres ancestrales. Toutes menacées, la défense commune de leurs terres semble être la solution tout indiquée pour les Premières Nations. La tâche apparaît colossale mais il relève le défi.

Chez les peuples de l’oralité, l’éloquence est une qualité très importante pour quiconque veut détenir un pouvoir d’influence. On dit de Tecumseh qu’il est un très grand orateur. Il est éloquent, fait bon usage des mots appropriés, maîtrise bien la gestuelle et a le sens du spectacle. Ses discours peuvent durer jusqu’à 4 heures. Malgré tout, il ne parvient pas à persuader suffisamment de nations à mettre de côté leurs différends ou leurs haines ancestrales. Jumelé à la défaite subie lors de la bataille de Tippecanoe, ces deux situations sonnent le glas de son action et du rêve pour lequel il tant travaillé.

Mort de Tecumseh Le 5 octobre 1813, accompagné d’un groupe de 3 500 guerriers sous son commandement, Tecumseh se rend à la rivière Thames près de Moraviantown en Ontario. Voulant être une source d’inspiration au combat pour les siens, il s’élance en avant et une balle l’atteint mortellement. Nul ne sait ce qui est advenu de sa dépouille. Auguste Levasseur prétend que les Américains eurent reconnu son corps et l’ont enterré avec les honneurs militaires en signe d’hommage.

Héritage Pour les Premières Nations d’Amérique, Tecumseh est l’ultime symbole de courage, d’effort et de fraternité. Malgré l’adversité, il n’a jamais abdiqué et s’est battu jusqu’à la dernière minute.

Paroles célèbres de Tecumseh Frères, les Blancs sont comme des serpents venimeux: lorsqu'ils sont refroidis, ils sont faibles et inoffensifs, mais quand

Monnaie royale canadienne

Par Benoit Sioui

Tecumseh, chef shawnee. ils se fortifient avec la chaleur, ils piquent leurs bienfaiteurs à mort.

Vivez votre vie afin que la peur de la mort ne puisse jamais entrer dans votre cœur ... Aimez votre vie, tendez vers la perfection et embellissez toute chose qui vous entoure. Cherchez à rendre votre vie longue et au service de votre peuple. Quand viendra le temps de mourir, ne soyez pas comme ceux dont la vie est marquée par la peur de la mort, de sorte que quand vient le temps, ils pleurent et prient pour obtenir un peu plus de temps afin de vivre leur vie

différemment. Chantez votre chant de mort et mourez comme un héros qui rentre à la maison.

Le plus grand éloge C’est l’ennemi de Tecumseh, le gouverneur William Henry Harrison qui lui a rendu le plus bel hommage. Il écrit au sujet de sa capacité d’inspirer la loyauté chez différentes nations que cela témoigne d’un de ces génies hors du commun qui émerge de temps à autre pour produire des révolutions et renverser l’ordre des choses.

COMMUNAUTÉS EN BREF

Projet de loi fédéral qui laisse songeur Par Benoit Sioui

Le projet de loi fédéral portant sur les droits des Premières Nations est reçu avec incrédulité. Les chefs se réjouissent que le gouvernement fédéral veuille reconnaître leurs droits ancestraux, sauf que plusieurs doutent que le gouvernement du Québec aille dans le même sens, compte tenu du passé de celui-ci à l’égard des Premières Nations. L’autodétermination est un droit inhérent poursuivi par plusieurs nations mais le jour de sa réalisation semble encore loin.


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Créer des super-cliniques accessibles à tous

Au cœur du plan économique

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[Mars 2018] La voix des Premières Nations • 15


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PREMIÈRES NATIONS Eau potable

Par Benoit Sioui

Wendake – Les chefs des Premières Nations du Canada ont identifié l’eau potable comme étant une priorité nationale. Le portrait est préoccupant au pays, mais en voie d’amélioration. Affaires autochtones et du Nord Canada (AANC) est sensible à la situation.

L’

eau potable est un enjeu majeur pour les collectivités autochtones du pays. Qu'en est-il de la situation actuelle ?

Origine de la prise de conscience d’AANC

16 • La voix des Premières Nations [Mars 2018]

En mai 2000, une tragédie touche la petite ville de Walkerton, située au nord-ouest de Toronto, en Ontario. Une épidémie épouvantable de la bactérie E coli fait rage. 7 personnes décèdent et 2 300 des 5 000 résidents que compte la localité tombent malades après avoir bu l’eau contaminée. Ce drame met en lumière les faiblesses du système de contrôle de l’eau potable. Aux dires d’Éric Sioui, coordonnateur des formateurs itinérants en eau chez Mamit Innuat (Conseil tribal des Innus de la Basse-Côte-Nord, cet évènement fut un puissant électrochoc chez AANC. Après cet évènement, personne ne voulait que cette tragédie puisse se produire dans les communautés des Premières Nations au pays.

Réactions d’AANC À partir de l’événement de l’Ontario, la vision des gouvernements a changé radicalement. Le gouvernement fédéral prit davantage conscience de l’importance du service d’eau potable dans les communautés et injecta des fonds nécessaires afin de comprendre la situation. Une étude nationale fut déclenchée et on confia à des firmes d’ingénieursconseils le soin d’évaluer toutes les infrastructures de traitement des eaux ainsi que la qualification du personnel affecté à ce service.

Les fonds destinés au service de gestion de l’eau furent augmentés dans les communautés et Conseils tribaux.

Constatations de l’étude nationale L’enquête menée à l’échelle du pays était basée sur 5 points : la source d’eau (de surface ou souterraine), les infrastructures, l’opération des stations, la tenue des registres ainsi que la compétence des opérateurs (certification). Les risques furent évalués selon 3 degrés de gravité : faible-moyen-élevé. Celle-ci permit de constater, entre autres, que certains équipements étaient désuets et que la compétence du personnel rattachée au service du traitement de l’eau laissait à désirer.

Changements apportés AANC produisit un plan quin-

quennal (2003-2008) qui constituait sa stratégie nationale relative à l’eau potable. Les fonds injectés visaient à diminuer les risques reliés aux 5 critères identifiés plus haut. L’action gouvernementale ciblait principalement les infrastructures et la compétence du personnel.

En 2006, la première rencontre nationale du personnel attitré au traitement de l’eau eut lieu à Edmonton. Celle-ci avait pour but d’établir des normes nationales d’opération des stations de traitement des eaux. Il fut décidé que des standards devaient être suivis pour améliorer et maintenir un bon niveau de service auprès des populations des Premières Nations. Parmi les normes établies mentionnons : un formateur attitré à 6 communautés et 4 visites annuelles dans les communautés desservies.

Depuis 2000, des changements très importants furent accomplis aux dires d’Éric Sioui. Un coup de barre majeur était nécessaire et ce qui s’est produit au grand bénéfice des populations des villages autochtones.

Malgré les progrès réalisés, il y a encore beaucoup de travail à faire afin que les 91 avis d’ébullition à long terme soient levés au Canada.

Le succès de Mamit Innuat Le plan de formation élaboré par le Conseil tribal des Mamit Innuat est

une explication du succès qu’a connu le Québec à l’échelle nationale. Afin de former adéquatement le personnel, des séances ont lieu dans les communautés et une fois par année prend place la conférence des opérateurs des stations des eaux pendant 3 jours. Cet événement a pour but d’informer et de former le personnel des communautés sur différents sujets reliés à leur emploi. On maintien leur motivation par un ensemble d’activités comme des conférences, des formations en santé, la mise en application des nouvelles règlementations, des visites industrielles, la participation aux expositions, etc. Ces différents sujets leur permettent d’entrer en contact avec d'autres intervenants liés à leur métier. Le réseautage est aussi important afin de les mettre en contact avec différents intervenants (Santé Canada, Environnement Canada, CNESST, fabricants d’équipements, fournisseurs de systèmes, etc). On mesure également leurs compétences lors des Eaux-Lympiades. Il semble bien que cette compétition d’équipe annuelle servira de modèle au niveau national comme c’est le cas pour la compétition des pompiers autochtones. L’optique poursuivie par Mamit Innuat est la certification et la qualification des opérateurs tant du côté fédéral que provincial. Le Conseil tribal, en collaboration avec AANC, a mis sur pied un site web (www.stpnq) qui permet d’y

freepik.com

Québec chef de fil au Canada!

puiser des renseignements utiles et variés concernant les équipements, les formations et autres sujets. Le succès de Mamit Innuat ne se limite pas à la formation dispensée mais également à la sensibilisation des élus locaux, aux outils de gestion fournis, au programme de formation continue adaptée à chacune des réalités locales, au plan des mesures d’urgence ainsi qu’au réseautage.

Opérateur des usines de traitement des eaux, emploi à valoriser! Malgré tout, personne ne se bouscule pour obtenir l’emploi d’opérateur des stations des eaux. Compte tenu de la grande responsabilité assumée et du service essentiel pour toutes les populations, locales, on devrait davantage reconnaître l’importance de leur travail. On n’en a pas toujours conscience lorsque l’on ouvre le robinet mais un oubli ou une négligence relative à l’eau potable, comme dans le cas de Walkerton, pourrait conduire à une catastrophe. Tous devraient avoir accès à une eau potable salubre et de qualité. Soyons-en tous conscients et apprécions davantage le travail des gens qui s’en occupent.


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L e s A s t r e s e t Vo u s

Par : Innustradamus, Medium... Saignant Né en avril – La truite grise Un gain important à la loterie vous permettra de faire un petit voyage pour aller voir la parenté qui demeure à Québec. Votre fille y demeure pour terminer ses études. D’autre part, le gouvernement du Canada vous enverra une lettre afin de vous demander si vous voulez faire partie des personnes autorisées à faire passer du POT légalement. C’est une occasion d’affaire que vous ne pourrez refuser. Les revenus arrondiront les fins de mois quelquefois pénibles pour vous. Né en mai – L’outarde Plusieurs dossiers sont dans les mains du juge. Vous devrez donc, vous présenter en Cour dans les prochaines semaines pour répondre à des accusations de possession de drogue en vue d’en vendre. Votre cousin sera également impliqué jusqu’à la moelle. Le juge prendra une décision qui va surprendre tout le monde. Côté sentimental, la pente sera abrupte pour reconquérir le cœur de votre partenaire de vie. Seul le temps nous le dira. Né en juin – Le saumon Depuis votre dernière opération au foie, vous avez repris votre vie en mains. Votre alcoolisme vous a fait souffrir et vous vous ouvrez maintenant à une vie meilleure sans alcool. Vous devrez également éviter le gras qui sera dangereux pour votre foie. Oubliez les big-macs et les poutines que vous ingurgitez comme un ours en appétit qui sort de sa tanière au printemps. Essayez de manger santé en privilégiant les fruits et légumes, ce qui pourra vous faire perdre les kilos superflus. Né en juillet – Le renard La belle saison du printemps arrive. Plusieurs projets sont en gestation depuis quelques mois et quelques uns vont voir le jour. La construction d’un patio se fera assez rapidement afin de pouvoir profiter de repas sur le BBQ. Vous avez une petite taille et vous pourrez vous empiffrer tant que vous le voudrez. Un autre projet que vous réaliserez est l’achat d’une quatre roues. Vous avez

un chalet sur la plage et vous pourrez y passer de très bons moments. Né en août – Le porc-épic On vient de vous offrir une guitare pour votre anniversaire et vous pensez faire Innu Nikamu cette année. Vos chances sont très maigres pour ne pas dire inexistantes. Donnez-vous encore quelques années et attendez d’avoir cinq albums à votre actif. Vous avez du talent, mais seulement après avoir pris un six pack! Vous allez plutôt opter pour vous trouver un job en construction. Vous maniez le marteau comme un maître, bien plus qu’une guitare. Ramassez vos sous. Né septembre – La ouananiche Votre projet d’acquérir une voiture va se concrétiser d’ici quelques semaines. Il vous manque environ 1500$ pour atteindre le cash que vous demandera votre concessionnaire. Une personne charitable de votre entourage vous prêtera ce qui vous manque. Côté professionnel, vous aurez à faire trois voyages durant le mois. Vous serez dans l’obligation de prendre l’avion. Vous détestez l’avion, mais vous n’aurez pas le choix. Ne vous inquiétez pas, vous aurez votre parachute. Né en octobre – Le loup Des petits problèmes de santé viendront jeter une douche froide sur votre projet de participation à un Marathon de course à pied qui aurait eu lieu en mai prochain. La cheville de votre pied droit est en mauvais état. Une mauvaise chute lors d’un party en est principalement la cause. Vous pourrez reprendre vos courses dans deux mois. Vous ne serez pas chanceux ce mois-ci au niveau santé. Vous aurez un ongle incarné qui vous fera souffrir. Une petite opération est à venir. Né en novembre – Le castor Vos sentiments envers l’être aimé ne sont plus les mêmes que ceux du début de vos fréquentations. La personne aimée a grandement changé depuis les six derniers mois. La communication dans votre couple est presqu’inexistante et vous faites lit à part. Vous devrez prendre une grosse décision. Il y a bien sûr une solution pour que votre couple revive. Seule une thérapie pourrait venir à bout de vos différends. D'après les astres, ce serait la meilleure décision.

Né en décembre – Le lièvre Les mois d’hiver ont été froids et la facture d’électricité que vous avez négligé de payer se chiffre maintenant à 3534,32$. Il sera impossible de régler cela en un paiement. Il faudra prendre des arrangements avec HQ. De plus, vous aurez trois anniversaires à fêter durant le mois, sans oublier les coûts reliés à l’achat de cadeaux. Vous devrez emprunter de l’argent de votre beau-père qui vous apportera son soutien. Vous allez vous en sortir in extremis. C’est bien. Né en janvier- Le caribou Vous avez 3000$ dans votre compte bancaire et vous n’avez aucun projet en tête. Peut-être acheter un vélo et commencer à vous promener dans le village tout en espérant de perdre quelques kilos superflus. L’hiver vous a fait engraisser et vous avez atteint un poids supérieur à la normale. Les gens vous regardent et constatent que votre silhouette est déformée et cela vous tracasse énormément. Prenez les grands moyens afin de retrouver votre belle apparence. Né en février – La martre Vous aurez un mois très difficile sur le plan financier et sentimental. Côté monétaire, la période hivernale vous a coûté passablement cher. Votre carte de crédit est au maximum et vous avez négligé plusieurs comptes. Possiblement par le coup du hasard, une personne vous donnera un fer à cheval. Cela vous apportera beaucoup de chance et principalement au bingo. B7 sera le numéro qui vous fera gagner plus de 5000$. Vous êtes né sous une bonne étoile c’est sûr. Né en mars – Le vison Votre prochain chèque de bien-être social sera coupé de moitié pour la raison que vous avez travaillé. Vous n’avez pas divulgué cette information à votre agent. Il y a un côté positif à tout cela. Votre nouvel employeur vous fera travailler pendant plusieurs mois et possiblement que l’on vous proposera une formation pour parfaire vos connaissance en menuiserie. Côté familial, votre fille souhaitera suivre des cours de piano. Elle possède des talents particuliers pour le faire.

[Mars 2018] La voix des Premières Nations • 17


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PREMIÈRES NATIONS Centre d’amitié autochtone du Lac-Saint-Jean

Une première année d’activité mouvementée Roberval — Ouvert depuis décembre 2016, le Centre d’amitié autochtone du Lac-Saint-Jean (CAALSJ) recevait, le 15 janvier dernier, le Premier ministre du Québec et député de Roberval, M. Philippe Couillard, le ministre aux Affaires autochtones, M. Geoffrey Kelly, le chef Clifford Moar et le maire de Roberval, M. Sabin Côté, à l’occasion d’une visite officielle pour souligner la première année d’activité.

À ce jour, le personnel est composé à 100 % de femmes autochtones. La ville de Roberval est la municipalité la plus proche d’Opitciwan pour offrir les soins de santé aux gens vivant dans la communauté. Cette proximité entre la ville et la communauté fait en sorte qu’une proportion importante de la population d’Opitciwan transige dans la ville à plus ou moins long terme pour recevoir, notamment, des soins médicaux.

Une forte présence autochtone

Des services qui répondent à des besoins

À cette occasion, Mélanie Boivin, directrice générale, soulignait que cette première année a permis de constater l’ampleur des besoins dans la ville de Roberval, une ville où les Innus et les Atikamekws se rencontrent.

Après avoir mené une évaluation des besoins, le développement de services du CAALSJ est axé sur les besoins spécifiques de la population autochtone de la région.

Durant la dernière année, ce sont près de 6 500 visiteurs qui ont eu recours à leurs services.

La population autochtone qui se déplace vers les villes est en constante croissance, selon les derniers chiffres du recensement de Statistique Canada. L’estimation est portée à près de 5 500 Autochtones, qui sont susceptibles de venir chercher des services dans la région du Lac-Saint-Jean ou encore, qui y habitent de façon permanente.

La majorité des membres des Premières Nations qui se retrouvent à Roberval sont natifs de deux communautés à proximité. Ces communautés sont Mashteuiasth (8 km) et Opitciwan (275 km).

Le Centre d’amitié agit comme lieu de rassemblement pour les membres des Premières Nations qui souhaitent vivre leur culture, malgré la distance avec leur communauté d’origine. La culture est au cœur de l’ensemble des services. On parle d’ateliers d’artisanat, de transmission des connaissances traditionnelles, d’activités spirituelles, de soutien à l’apprentissage pour les élèves du primaire et du secondaire et bien plus.

« Nous avons comme mission d’être présents pour notre clientèle. […] On veut offrir à notre clientèle un lieu agréable pour se rassembler, car il y a une problématique de surpeuplement dans les résidences et les appartements », souligne Mélanie Boivin. Elle espère ainsi pouvoir

favoriser l’accès à des logements décents et exempts de discrimination dans la ville de Roberval.

Le programme Awetcic pour les enfants de 3-5 ans permet d’offrir un éventail d’activités qui visent à développer le plein potentiel des enfants et à enrichir l’expérience parentale. Le programme privilégie une approche holistique qui valorise l’apprentissage et le développement global des enfants et reconnaît le rôle central des parents comme premiers éducateurs. Le programme est souple et axé sur les besoins des familles autochtones.

Le Centre offre un service novateur dans la région : l’art-thérapie. Titulaire d’une maîtrise en art-thérapie, Sonia Robertson chapeaute cette pratique avec une approche humaniste et culturellement pertinente. Loin des approches d’intervention traditionnelles, ce moyen de communication est à la disposition des Autochtones qui choisissent de recourir à l’art pour s’exprimer. Supervisé par une psychologue atikamekw, le processus de création artistique permet d’observer, de comprendre et d’analyser le développement humain et social du participant.

De plus, la sécurité alimentaire est une préoccupation dans la région. 60% des demandes de la banque alimentaire de Roberval proviennent de la communauté urbaine autochtone. Pour répondre à ce besoin, le Centre d’amitié a mis en place des ateliers culinaires où les participants acquièrent des connaissances sur les aliments sains et nutritifs et sur l’importance de favoriser une diversité alimentaire.

18 • La voix des Premières Nations [Mars 2018]

Nos collaboratrices...

Centre d’amitié autochtone du Lac-Saint-Jean

Par Joannie Caron

Nancy Raphaël (administratrice), Geoffrey Kelley (ministre responsable aux Affaires autochtones), Élizabeth Awashish (présidente), Chantale Niquay (secrétaire-trésorière), Philippe Couillard (premier ministre et député de Roberval), Mélanie Boivin (directrice générale), Claudie Paul (directrice des services du RCAAQ), Chef Clifford Moar (Pekuakamiulnuatsh) et Christine Jean (présidente du RCAAQ).

Jeune entreprise autochtone Un groupe de 15 jeunes autochtones participe au programme Jeune entreprise autochtone qui permet à des élèves de 4e et 5e secondaire de vivre une expérience de démarrage d’entreprises passant par la création, l’exploitation, la gestion et la liquidation de produits ou de services. Chaque jeune a un rôle à jouer dans le développement de l’entreprise. Sur une période de 22 semaines, les jeunes devront présenter leur projet d’entreprise, participer à une simulation boursière et à une foire commerciale pour vendre leurs produits, accompagnés par des conseillers du milieu des affaires. Directement dans l’action, les jeunes découvrent les bienfaits et les risques liés au lancement d’entreprise, développent leurs aptitudes à travailler en équipe, à construire un bon argumentaire et à suivre des normes d’éthique rigoureuses. Cette expérience enrichissante saura les

guider vers un éventuel choix de carrière.

Rapprochement entre les peuples Depuis son ouverture, l’équipe du CAALSJ travaille avec les partenaires locaux de la région afin d’établir différentes opportunités de collaboration. Le Centre d’amitié offre, notamment, une formation de sensibilisation culturelle auprès de partenaires non-autochtones pour assurer une meilleure compréhension des réalités et de l’impact du passé colonial.

En pleine expansion, le CAALSJ a fait l’acquisition d’une voiture pour assurer un transport sécuritaire aux visiteurs dans le besoin et effectuera des travaux d’agrandissement intérieur pour bonifier leur offre de services. Pour suivre les activités du Centre d’amitié autochtone du Lac-SaintJean, rendez-vous sur Facebook!

85, boulevard Bastien, suite 100 Wendake (Québec) G0A 4V0

MANON JEANNOTTE

PATRICIA AUCLAIR

Chef de Gespeg

Tourisme autochtone Québec

JOANNIE CARON

VÉRONIQUE ÉDÉ

Regroupement des centres d’amitié autochtones du Québec

CDEPNQL

Téléphone : 418 842-6354 Ligne sans frais : 1 877 842-6354 Télécopieur : 418 842-9795 Courriel : infos@rcaaq.info Facebook: Regroupement des centres d'amitié autochtones du Québec Twitter: @RCAAQ


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SUPER BINGO DE PÂQUES!

Vendredi 30 Mars 20 h 5 000$ | Samedi 31 Mars 19 h 25 000$

Sur les ondes de la radio de Wendake FM 100,3 ou jouer sur place dans la nouvelle salle communautaire SOCCA Cartes de BINGO en vente au 1760 Bistro (100, boul. Bastien, Wendake) et au Complexe Sportif de Wendake, vendredi et samedi de midi à 19 h 30.

WOW

BINGO Spectacles

tout sous un même toit!

nouveau complexe sportif de Wendake Accès par le 13 000 Boul. de la Colline

Samedi 31 Mars Laurent Mark Sly Mestokosho

dimanche 1 Avril Innutin Petapan

coût 15$

coût 20$

coût 15$

T: 418-843-3937 www.bingowendake.com

C Bingo Wendake

[Mars 2018] La voix des Premières Nations • 19

Vendredi 30 Mars Bill St-Onge Band Scott Picard Ivan Boivin Flamand


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ESHI-UINITISHUT AUEN | IDENTITÉ MARS – LE MOIS DES LANGUES AUTOCHTONES

Le mois de mars est celui des langues autochtones et il s’agit d’une occasion pour les communautés innues de célébrer leur langue et leur culture, de renforcer leur identité.

KANUENITAKANU-MISHITUEPANITAKANU-TSHISSINUATSHITAKANU INNU-AIMUN / Préserver – Diffuser – Célébrer la langue innue Anite innu-aimun ka atusseshtakanit, tutakanua atusseu-mashinaikana iapashtakaniti tshetshi tshishkutamatshenanut innu-aimun anite innu-katshishkutamatsheutshuapa tiapitiki mashinaikanitshuapit Tshakapesh.

Le secteur Innu-aimun assure la production de matériel pédagogique pour l’enseignement de la langue innue dans les écoles des communautés membres.

Anite ka uapatiniuenanut eshi-takuak anite Éditions Tshakapesh, mitshet nukutakanua auassi-mashinaikana e innushteti, uitamatsheu-mashinaikan eshi-pimipanit innu-aimun mak aimun-mashinaikana.

Le catalogue des Éditions Tshakapesh propose un vaste choix de livres pour enfants en langue innue, une grammaire et des dictionnaires.

À découvrir : catalogue.innu-aimun.ca

DiCTée innue POur aDulTes

22 mars 2018 – Ume pishmu tshessinuatshitakaniti innu-aimuna, Mashinaikanitshuap Tshakapesh tshika tutamu Pakunu ka mashinaitshenanunit, tshe tutahk napeuat mak ishkueuat. Dans le cadre du Mois des langues autochtones, l'Institut Tshakapesh organise la Dictée innue pour adultes.

visitez le site Web de Tshakapesh pour les détails ou suivez-nous sur facebook.

innuraCOnTe

Tshe aitinanut innu-assit : ussi-aitun tshetshi tutahk auassat ka itatupipuneshuht 0 nuash peikushteu mak uikanishuaua, mashinaikan tshe tshitapatakanit. INNURACONTE ui tutakanu tshetshi nishtuapatak mashinaikana auass, e nashatakanit ka pimipanitakanit aimun e aiminanut mak tshetshi kanuenitakanit innu-aimun.

À venir dans les communautés : une nouvelle activité familiale autour du livre pour les enfants âgés de 0 à 9 ans. INNURACONTE vise le développement de la littérature dans le respect de la tradition orale et dans un souci de préservation de la langue innue. visitez le site Web de Tshakapesh pour les détails ou suivez-nous sur facebook.

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Mars 2018 (Vol. 21 – No. 03)  

Mars 2018 (Vol. 21 – No. 03)  

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