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Commission Viens

Les preuves de racisme s’accumulent

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DIVERS EN BREF

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La voix des Premières Nations DISTRIBUTION plus de 7 000 copies 22 communautés 8 nations LES 11 NATIONS AUTOCHTONES DU QUÉBEC Abénaquis Algonquins Atikamekws Cris Hurons-Wendats Innus Malécites Mi’gmaqs Mohawks Naskapis Inuits

Kawawachikamach

Matimekush / Lac John

Stanley Vollant, innu de Pessamit, a reçu en avril dernier la médaille du lieutenant-gouverneur pour son mérite exceptionnel. Le fondateur de la marche Innu Meshkenu n’en n’est pas à sa première reconnaissance, car en 2014, il fut fait Chevalier de l’Ordre national du Québec.

Pêches et Océans Canada vient d’octroyer deux permis de pêche expérimentale au homard au nord de la Gaspésie aux Malécites de Viger. Ceux-ci en ont confié un permis en sous-traitance à l’Association de gestion halieutique autochtone mi’kmaq et malécite à raison de 200 casiers.

Les chefs Mike McKenzie des communautés de Uashat & Mani utenam ainsi que Tshani Ambroise de la communauté de Matimekush-Lac John dénoncent l’entente intervenue entre les gouvernements du Québec et de Terre-Neuve Labrador au sujet de la mise en valeur de la fosse du Labrador. Les chefs ont mentionné qu’il n’y aurait pas de développement sur le Nitassinan sans l’accord des communautés touchées.

Le Conseil de la nation huronne-wendat via le Bureau du Nionwentsïo (BN) débute un projet qui vise à rétablir la connectivité de l’habitat de l’anguille d’Amérique (Tia8enronyo).

Uashat Mani-Utenam

Opitciwan

Ekuanitshit

Nutashkuan

Pessamit

Wemotaci Pikogan Mashteuiatsh

Gespeg

Essipit

Cacouna Wendake

Unamen Shipu Pakua Shipu

Gesgapegiag Listuguj

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a remis un prix Reconnaissance jeunesse à Laurianne Petitquay à la fin mars, afin de souligner ses réalisations en matière d’intervention avec la jeunesse. C’est son implication auprès du Conseil des jeunes du Centre d’Amitié Autochtone de La Tuque ainsi que sa participation dans de nombreux comités, table de concertation et conseil d’administration qui a été reconnue et récompensée.

Wôlinak

Manawan

Le 17 avril dernier, avait lieu à la librairie Gallimard de Montréal, le lancement du quatrième livre de Natasha Kanapé-Fontaine. Nanimissuat - Île-tonnerre. Ce recueil de poésie prend son inspiration dans un poème faisant référence aux blessures intergénérationnelles.

Odanak

Peuples présents depuis des millénaires!!! Nous rejoindre

(N° ISSN Bibliothèque Nationale du Canada : Imprimé : Innuvelle ISSN 2561-1275 Électronique : Innuvelle ISSN 2561-1283)

Éditeur et coordonnateur : Benoit Sioui Journalistes : Benoit Sioui, David-Alexandre Vincent, Nadine Langlois

2 • La voix des Premières Nations [Mai 2018]

Conseillers en publicité : Dave Roussel, Benoit Sioui Collaborateurs : Chef Jacques Tremblay, Patricia Auclair (TAQ), Louis-Karl Picard-Sioui, Marie-Christine Tremblay (CDEPNQL), Joannie Caron (RCAAQ) Chroniqueur : Manuel Kak’wa Kurtness Correctrice : Michèle Bergeron Photographe (page couverture) : Facebook Infographie : Linda Renaud (MAP DESIGN) Imprimerie : Hebdo Litho Tirage : Plus de 7 000 copies Merci à notre partenaire : Institut Tshakapesh Logos des nations commandités par Tourisme Autochtone Québec.

Vous avez une nouvelle ? Contactez-nous : 418 962-3535 editeur@lavoixdespremieresnations.ca Vous avez une publicité ? Contactez-nous : 418 962-3535 editeur@lavoixdespremieresnations.ca Siège social d’Innuvelle 108-B, boul. des Montagnais Uashat (Québec) G4R 5P9 Télécopieur : 418 962-3575 Membres du C.A. Josée Leblanc (présidente), Léonard Mckenzie (vice-président), Kateri Champagne-Jourdain (secrétaire-trésorière), Kim Fontaine (administrateur)

Dave Laveau est nommé au conseil d’administration de l’Alliance de l’Industrie touristique du Québec. Suite à sa nomination, M. Laveau s’est exprimé en disant: c’est avec fierté et enthousiasme que je siégerai sur ce conseil d’administration pour contribuer, au meilleur de mes connaissances, à faire du Québec une destination de calibre mondial.

4 policiers du Service de police Uashat mak Mani-Utenam (SPUM) près de Sept-Îles sur la Côte-Nord, sont accusés de manquements à leur code de déontologie. Ces accusations sont en relation avec le dossier d’un enfant présumément agressé sexuellement il y a 5 ans.

La Classique Premières Nations, tournoi de golf de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, aura lieu le 20 juin au Club de golf de la Faune de l’hôtel Sheraton Four Points de Québec.

La Régie de l’énergie autorise le raccordement de la communauté d’Unamen Shipu au réseau électrique d’Hydro-Québec. Selon les estimations de la Société d’État, le projet est évalué à 114 M$.

ENVOYEZ-NOUS VOS COMMUNIQUÉS À : info@lavoixdespremieresnations.ca

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PREMIÈRES NATIONS

Racisme systémique rapporté à la commission Viens Le mandat de la commission Viens a pour but d’identifier les causes relatives à toute forme de violence, de discrimination systémique et de traitements différentiels qui pourraient exister à l'égard des membres des Premières Nations lorsqu'ils ont recours à certains services publics offerts au Québec. es audiences de la Commission Viens tenues à Val d’Or au mois d’avril dernier ont permis de constater avec stupéfaction que le racisme n’est malheureusement pas mort au Québec. Il subsiste beaucoup plus de cas que l’on serait amené à penser. C’est comme si on apercevait un iceberg et que l’on plongeait pour voir l’étendue du bloc de glace caché. En immersion, la surprise peut être beaucoup plus grande que ce à quoi on s’attendait.

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Les derniers témoignages entendus le mois passé, nous indiquent entre autres que dans le domaine des services de santé, sociaux, policiers et carcéraux, le traitement accordé aux différents bénéficiaires différait dépendamment de la race des individus. Triste constatation qui amène une profonde réflexion dans une société qui se dit évoluée et dans un pays où il fait bon vivre.

Relations avec le Directeur de la Protection de la Jeunesse Le témoignage de Xavier Moushoum, algonquin du Lac Simon en Abitibi,

nous apprend que le traitement accordé aux jeunes des communautés autochtones est complètement inapproprié pour ne pas utiliser un autre qualificatif. Celui qui a été placé dans plus d’une quinzaine de familles d’accueil allochtones, de 8 à 18 ans, allègue que le Directeur de la Protection de l’Enfance (DPJ) manque profondément à son rôle, car il ne tient pas compte de l’origine des enfants comme lui qui sont déracinés de leur milieu de vie. Placés dans un contexte allochtone, les répercussions pour les jeunes sont comparables aux effets des pensionnats d’une époque révolue. Entre autres, la perte de la langue et de la culture sont des conséquences assimilatrices. Cette perte identitaire est désastreuse pour un jeune des Premières Nations lorsqu’il retourne dans sa communauté d’origine. Se sentant étranger parmi les siens, cette prise de conscience peut conduire à une révolte aux conséquences insoupçonnées. M. Moushoum souhaite dorénavant que les placements de jeunes soient gérés par des organismes des Premières Nations et que les enfants demeurent au sein d’une communauté autochtone. En ce sens, il se range du côté des Atikamekw qui ont créé au début de l’année une DPJ des Premières Nations.

Relations avec les services de santé Le domaine des soins de santé et des services sociaux n’échappe pas aux plaintes des autochtones de la province. Quelques cas présentés à

la Commission Viens posent certaines interrogations à l’égard des services rendus aux membres des Premières Nations. Mary-Ann Miamscum a livré un témoignage relatif à des mauvais traitements reçus lors d'une consultation à l’hôpital. On apprend qu’en 2009, elle se présente à l’hôpital de Senneterre, se plaignant d’un important malaise. Selon ses dires, le personnel médical qui la reçoit ne la croit pas. Elle se fait dire qu’elle n’a rien et elle est retournée à sa résidence sans que l’on ne lui prodigue le moindre soin. Plus tard, son état se dégrade sévèrement et son transfert à l’hôpital s’effectue par ambulance. On constate à son arrivée qu’elle est victime d’une crise cardiaque. Cette situation aurait pu connaître une fin différente de par le comportement inapproprié des intervenants lors de sa première visite.

Relations avec les services policiers On apprend du témoignage rendu par Juliette Lisbeth-Jérôme du Lac Simon que les relations avec les services policiers sont tendues. En septembre 2016, elle aurait été agressée par deux personnes à bord d’une voiture. Cellesci auraient utilisé du poivre de Cayenne. Lors de sa déclaration aux agents de police, elle mentionne que ceux-ci ne l’ont jamais prise au sérieux lors de sa déposition et qu’aucun suivi n’a été effectué suite à sa plainte. Plus tard, elle a revu ses agresseurs au supermarché IGA. Ils l’ont me-

Facebook

Par Benoit Sioui

nacée d’utiliser à nouveau le Poivre de Cayenne.

Relations avec les services carcéraux Journée de grande première aux audiences de la Commission Viens alors qu’un détenu témoignait. En effet, John Clarence Kawapi, membre de la nation crie, a été incarcéré à de multiples reprises depuis les années 90. De ses séjours en milieu carcéral, il retient qu’il y a eu un manque de respect à son égard. Il mentionnait aux commissaires : ils nous traitent comme des animaux, en parlant des employés des prisons.

Piste de solution envisagée Malgré les lourds témoignages entendus lors des audiences de Val d’Or, des pistes de solution émanent des discussions entendues. Selon André Mowat, algonquin de Pikogan, le manque de connaissances au sujet de la culture autochtone est identifié comme problématique. Les

gens ne nous connaissent pas, c’est ça le problème. Je donne des conférences dans certaines écoles et je remarque que beaucoup de gens ne nous connaissent pas. Des formations dans différentes écoles pourraient palier à ce manque criant. Le Secrétariat aux Affaires Autochtones (SAA) pourrait être mis à contribution dans une stratégie visant à améliorer la situation. Quant au milieu carcéral, l’apport des aînés dans les programmes de rétablissement est identifié comme piste de solution. L’accès à des activités traditionnelles peut aider les détenus autochtones à sortir de leur cycle de consommation et d’incarcération qui se perpétu. Les professionnels en milieu carcéral ne comprennent pas beaucoup le rôle des aînés ou traditionalistes, mais ceux-ci par leurs actions ont un effet indéniable sur le comportement des détenus. Être rebranché sur sa culture et son histoire fait naître un sentiment de fierté et peut conduire à changer la vie de certains qui se sont perdus sur le chemin de la vie. P.S. : Sachez que d’autres témoignages auraient pu faire l’objet de l’article. Il a fallu faire un choix en fonction de l’espace réservé.

[Mai 2018] La voix des Premières Nations • 3


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MOT DU CHEF

Les Malécites : le peuple de la Belle rivière Qey, Mon nom est Jacques Tremblay et je suis le Grand Chef de la Première Nation Malécite de Viger. Laissez-moi vous présenter ma Nation : les Malécites, également appelés Etchemins ou Wulust’agooga’wiks (le peuple de la belle rivière). Nos ancêtres habitaient les vallées du fleuve Saint-Jean, entre le fleuve St-Laurent au Nord et la Baie de Fundy au Sud, en passant par la rivière Mitis à l’Est et le lac Mégantic à l’Ouest. Aujourd'hui, nous sommes un peu plus de 7 000 Malécites à vivre au Québec, au Nouveau-Brunswick et au Maine, dont plus de 1 200 composent la Première Nation Malécite de Viger. En fait, quand on ajoute nos membres citoyens et associés (tel que le prévoit notre code de citoyenneté), c’est près de 1800 membres qui composent aujourd’hui notre Nation, la seule Première Nation Malécite au Québec. Fait intéressant, les Malécites ont été les premiers, le 15 mai 1827, à obtenir du Conseil exécutif du Bas-Canada des terres réservées pour leur utilisation, un lopin de terre dans le canton de Viger, près de Rivièredu-Loup. Il s’agissait de la première réserve autochtone au Québec ! Malheureusement, l’histoire nous apprendra que c’était loin d’être un gage de succès pour assurer la survie de notre Nation.

Chef Jacques Tremblay

À la fin des années 1860, les frères Hector Langevin, Surintendant des Affaires des Sauvages à Ottawa, Jean Langevin, évêque du diocèse de Rimouski, et Edmond Langevin, Grand vicaire du diocèse, sous la pression des colons qui souhaitaient s’installer dans le canton de Viger, ont orchestré la rétrocession des terres malécites au gouvernement. Il y a bien eu d’autres tentatives de sédentarisation, comme sur le territoire de Whitworth en 1870 ou à Cacouna en 1891, mais les terres étant soit impropres à la culture ou trop petites pour y accueillir un grand nombre de Malécites, ces expériences furent des échecs. C’est à cette époque que plusieurs Malécites se sont dispersés à la grandeur

du Québec, du Canada et même aux États-Unis, marquant la fin d’une époque pour notre Nation. Il fallut attendre jusqu’en 1987 avant qu’on élise un nouveau Conseil de bande. La Nation fut reconnue comme la 11e Première Nation autochtone par le gouvernement du Québec en 1989. C’est ironique de penser que les Malécites ont été le premier groupe autochtone à recevoir des terres par les autorités du Bas-Canada, mais les derniers reconnus comme Première Nation autochtone au Québec. Bref, nous sommes à rebâtir notre Nation depuis… Aujourd’hui, je peux dire avec confiance que je suis à la tête d’une Nation fière, dynamique et résolument tournée vers l’avenir. Nous avons plusieurs projets de diversification économique, les revenus générés par notre secteur des pêches nous permettent d’investir dans les services à nos membres et plusieurs initiatives de revitalisation de la langue et de la culture malécite sont à l’étude. Ceci étant dit, il nous reste encore plusieurs batailles à mener. Nous sommes engagés dans différents processus de revendications globale et particulières avec les gouvernements afin de faire respecter nos droits. L’éparpillement de nos membres à la grandeur du pays et même aux États-Unis représente également un défi de taille afin de maintenir vivante et vibrante notre langue et notre culture. Mais je demeure optimiste qu’avec les outils de communication d’aujourd’hui et avec l’aide de notre belle jeunesse, l’avenir s’annonce prometteur. Au plaisir de vous rencontrer bientôt ! Woliwon ! Merci !

Jacques Tremblay, Grand Chef Première Nation Malécite de Viger

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4 • La voix des Premières Nations [Mai 2018]

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NATION INNUE

Unis pour un développement économique régional fort Par Josée Leblanc

compétition mondiale des start-up, Get in the Ring au Portugal.

C’est avec une forte volonté commune de travailler en synergie que le chef de Uashat mak Mani Utenam, Mike McKenzie, les maires de Sept-Îles et Baie-Comeau, M. Réjean Porlier et M. Yves Montigny ont accueilli avec enthousiasme et bras ouverts le projet de la Caravane Entrepreunariale 2018 organisé par le Regroupement des Jeunes chambres de commerce du Québec (RJCCQ).

Le premier arrêt se fera les 11 et 12 octobre 2018 à Sept-Îles.

e rendre accessible un fort réseau au sein de nos communautés ne peut être que positif pour le développement économique de Uashat Mak Mani Utenam mais aussi de notre région et c’est en unissant nos efforts et nos forces que nous y parviendrons a soutenu le chef Mike McKenzie.

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En direct du Musée Shaputan de Uashat, ce 23 avril 2018, devant plus d’une trentaine de convives, Monsieur Monsef Derraji président-directeur général du RJCCQ, a annoncé fièrement les quatre régions retenues qui agiront en qualité d’hôtes de la 2e édition de la Caravane régionale de l’entrepreneuriat 2018. Quatre villes à l’honneur : Sept-Îles (incluant les nations autochtones et allocthones de Pessamit à BlancSablon), Drummondville, St-Jérôme et Montréal. Dès l’automne 2018, les quatre arrêts prévus à travers la province permettront à plus de 40 jeunes entrepreneurs de s’affronter. 12 d’entre eux se démarqueront (3 finalistes par arrêt). Un seul en sortira vainqueur et aura l’immense privilège de représenter le Québec en 2019, lors de la grande

Cette initiative est d’une importance incroyable pour les régions, vu les nouvelles tendances des consommateurs qui mutent à un rythme effréné. Le RJCCQ offre des possibilités sans égal, des réseaux de contacts solides, des opportunités structurées, l’accès à des possibilités de financement, des formations et plusieurs autres services pouvant aider les entrepreneurs. La Caravane régionale de l’entrepreneuriat (CRE) 2018 : Un vecteur de développement et de mise en valeur des régions Conformément à la mise en œuvre de son deuxième axe stratégique, à savoir le développement d’un écosystème entrepreneurial à travers la province, le RJCCQ s’est donné pour objectif de développer et consolider une culture entrepreneuriale auprès de la relève d’affaires. Il s’agit donc de stimuler l’innovation, d’éduquer et de sensibiliser davantage à l’entrepreneuriat dans toutes les régions du Québec. En effet, le RJCCQ est convaincu que la promotion et l’éducation à l’entrepreneuriat, aux niveaux local et régional, sont fondamentaux pour l’avenir économique de la province. M. Monsef Derraji, président-directeur général du RJCCQ n’a d’ailleurs pas manqué de rappeler l’essence du projet qui entoure la CRE, en l’occurrence « d’identifier les talents dans chacune des régions retenues et de leur offrir un espace où ils seraient adéquatement encadrés par des experts afin d’acquérir les connaissances adaptées à leurs besoins. » La CRE constitue pour les jeunes en-

Monsieur Yves Montigny, maire de Baie-Comeau, Mme Émélie D’Astous, administratrice à la Jeune chambre de Manicouagan, Mme Mirka Boudreau, membre du Bureau de direction du RJCCQ, Monsieur Mike McKenzie, chef Uashat Mak Mani-Utenam, Monsieur Monsef Derraji président-directeur général du RJCCQ, Mme Veronik Perreault, vice-présidente de la Jeune chambre de commerce de Sept-Îles et Monsieur Réjean Porlier, maire de Sept-Îles. trepreneurs mais également pour les régions, une véritable vitrine. M. Derraji a souligné que par ce biais, ceux-ci « bénéficient d’une visibilité sur le plan provincial, national mais aussi international, et contribuent ainsi à renforcer la compétitivité du Québec sur les marchés internationaux. Je suis convaincu que cette année encore, la CRE sera en mesure de faire la lumière sur des Start-up de calibre qui porteront bien haut le drapeau du Québec. Il s’agit pour le RJCCQ de mettre en avant les quatre régions retenues cette année, qui ont su nous séduire par leur fibre entrepreneuriale très développée et leur forte capacité à innover. » Un enchantement et une fierté collective de travailler en synergie : C’est avec bonheur et fierté que le RJCCQ travaillera en étroite collaboration avec ses membres en région, qui se félicitent de leur côté de pouvoir présenter au reste du Québec, non seulement leurs talents les plus précieux, mais aussi les attraits particuliers de leur ville;

BENOIT SIOUI éditeur et coordonnateur du journal

DAVIDALEXANDRE VINCENT journaliste pigiste Wendake

Monsieur Oumar Diallo, président du Bureau de Direction du REPAFRéseau des Entrepreneurs et Professionnels Africains (REPAF) : « Quelle excellente nouvelle pour le REPAF et toutes les chambres de commerce issues de la diversité, de savoir que notre candidature commune a été retenue et que nous accueillerons la CRE à Montréal ! Le REPAF est honoré de pouvoir jouer un rôle rassembleur et se réjouit de la fructueuse collaboration avec la Chambre de commerce latino-américaine du Québec (CCLAQ), l’Association des jeunes professionnels chinois (YCPA),

l’Association canadienne des professionnels turcs (ACPT), la Jeune Chambre de Commerce Tunisienne (JCTQ) et la Chambre de commerce roumaine du Québec (CCRQ), afin de contribuer à la réussite entrepreneuriale et au rayonnement de l’ensemble de nos communautés culturelles. Nous sommes fiers de ce vivier de talents extraordinaires qui enrichit tous les jours le Québec et apporte une valeur ajoutée inestimable à la société ».

À propos du RJCCQ Depuis bientôt 26 ans, le Regroupement des Jeunes chambres de commerce du Québec (RJCCQ) soutient un réseau de 40 Jeunes chambres de commerce et ailes jeunesse à travers le Québec, représentant plus de 10 000 jeunes professionnels, cadres, travailleurs autonomes et entrepreneurs, âgés de 18 à 40 ans et compte parmi ses rangs douze organisations issues des communautés culturelles. cre.rjccq.com

Nos collaborateurs...

MANUEL KURTNESS

NADINE LANGLOIS

JACQUES TREMBLAY

PATRICIA AUCLAIR

chroniqueur Mashteuiatsh

journaliste pigiste

chef des Malécites de Viger

Tourisme autochtone Québec

MARIECHRISTINE TREMBLAY CDEPNQL

JOANNIE CARON

LOUIS-KARL PICARD-SIOUI

Regroupement des centres d’amitié autochtones du Québec

Kwahiatonhk !

[Mai 2018] La voix des Premières Nations • 5

Notre équipe journalistique...

Madame Véronik Perreault, viceprésidente de la Jeune Chambre de commerce de Sept-Îles (JCCS) : « La caravane, c’est vraiment une belle vitrine pour nos entrepreneurs et nous sommes fiers que la Côte-Nord ait été choisie parmi toutes les autres régions. Soyez assurés que la jeune chambre appuiera toutes les entreprises qui poseront leur candidature ».


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NATION INNUE

L’Institut Tshakapesh fête ses 40 ans Le 20 avril dernier, l’Institut Tshakapek recevait les médias à Uashat afin de présenter la programmation des festivités célébrant les 40 ans d’existence de l’organisme. onvoquée lors d’une conférence de presse, la directrice générale, Mme Marjolaine Tshernish ainsi que le président du Conseil d’administration M. Alexandre Mckenzie, aîné de la communauté de Matimekush étaient fiers de présenter aux médias la programmation intitulée : 40 ans Ashineun (Fierté) – EsshiUinitishut (Identité) – E Tananut (Présence). Ce slogan en trois termes représente la mission de l’organisme.

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Origine de l’organisme Fondé le 24 juillet 1978 par les chefs du Conseil Atikamekw-Montagnais, l’organisme va prendre le nom d’Institut éducatif et culturel atikamekwmontagnais. En 1990, après le retrait de la nation atikamekw du Conseil, l’organisme adopte l’acronyme ICEM afin de refléter sa nouvelle vocation. Finalement, après une mure réflexion, l’organisme se surnommera Institut Tshakapesh. 40 ans déjà, que le temps passe vite pour le président McKenzie! Celui-ci nous faisait remarquer que lors de la

Cérémonie d’ouverture au son du Teueikan Lors de la conférence de presse, Alexandre McKenzie a rappelé l’importance du teueikan (tambour) et sa signification pour le peuple innu. Il a de plus, entonné un chant accompagné du tambour. Ce fut un moment émouvant et rempli de sens.

turels locaux offriront du soutien à l’organisation des divers événements et distribueront des articles promotionnels. Juillet : Journée Tshakapesh – Vidéo portrait des 40 ans de l’Institut Le 24 juillet, l’Institut procèdera au dévoilement d’une vidéo corporative relatant ses 40 ans d’existence. On pourra y voir les visages des gens qui ont gravité dans son entourage, les paysages des communautés ainsi que ses réalisations.

PROGRAMMATION Mai : Lancement de concours visant la participation des membres des communautés. Concours de photos et de rédaction sur le thème Découvrir ma communauté. Certains concours seront exclusivement réservés aux élèves et étudiants. Au cours du mois, il y aura également présentation d’un document audio-visuel produit dans le cadre du Sommet G7 par les élèves du primaire des communautés membres. Juin : Journée nationale des Autochtones – Présence dans les communautés. Dans le cadre de cette journée (21 juin) de festivités importantes pour les Premières Nations, les agents cul-

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Août : Grand rassemblement annuel des nouveaux diplômés innus du secondaire Le 2 août se tiendra la 10e édition de diplomation des étudiants innus. Par cet événement, l’Institut entend reconnaître les efforts, la persévérance et la réussite des jeunes poursuivant leurs études vers leur but ultime. Lors du Festival Innu Nikamu, qui aura lieu du 2 au 5 août, l’Institut participera de façon tangible au Grand rassemblement dans le cadre de l’ouverture officielle. Septembre : Discussions sur l’avenir de la langue innue – Innu-aimun Les 11 et 12 septembre aura lieu le Congrès portant sur l’avenir de l’Innu-aimun (langue innue) au Centre des Congrès de Sept-Îles. Plus de

Institut Tshakapesh

création de l’organisme il était présent et qu’il est un des rares encore vivants, pouvant témoigner de cette époque.

Par Benoit Sioui

Marjolaine Tshernish, directrice générale et Alexandre McKenzie, président du Conseil d’administration 150 personnes seront invitées à prendre part à l’événement qui sera l’occasion d’échanger et faire le point sur la situation de la langue et d’envisager des pistes de solution afin d’assurer la pérennité de cette langue.

• Retrouvailles 40 ans fierté! Sous la formule 5 à 7, les anciens administrateurs, membres du personnel, partenaires et collaborateurs seront invités à cette rencontre de retrouvailles.

Octobre : Colloque Tshakapesh

• Spectacle Identité-Fierté – Artistes innus des communautés membres. Spectacle qui mettra en vedette des artistes innus des communautés membres.

Du 9 au 11 octobre se tiendra le 2e Colloque Tshakapesh. Au cours de ce colloque où sont invités 300 participants, ce sera l’occasion d’échanger sur différents sujets reliés à la culture et à l’éducation lors de la quarantaine d’ateliers et de conférences offerts. Autres événements : • Découvrir la culture innue – Innu-aitun – Exposition d’artistes et artisans. Événement qui aura lieu au Pavillon UQAC-Alouette.

Pour en savoir davantage sur cette riche programmation et pour les derniers développements, nous vous encourageons à visiter tshakapesh.ca et la page Facebook de l’organisme ou simplement en contactant les responsables au numéro suivant : 418 968-4424.

NATION CRIE

Un nouveau chapitre pour le Centre d’amitié Eenou de Chibougamau 6 • La voix des Premières Nations [Mai 2018]

Par Joanie Caron

Chibougamau — Situé à la même adresse au 95 rue Jaculet, le Centre d’amitié Eenou de Chibougamau possède, depuis le 31 mars dernier, un nouvel édifice moderne qui permettra de répondre aux besoins de la communauté autochtone et de promouvoir la fierté culturelle autochtone dans la ville de Chibougamau.

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epuis maintenant neuf ans, l’équipe du Centre d’amitié préparait ce grand chantier

de reconstruction qui est maintenant achevé. L’édifice, qui datait de 1972, était désuet et n’offrait plus un environnement sécuritaire pour les membres qui s’y rendaient pour obtenir des services. « L’ancien édifice ne concordait plus avec l’image de la communauté », souligne Jo-Ann Toulouse, directrice générale du Centre d’amitié. Le nouveau bâtiment comprend, entre autres, des espaces communs mieux organisés, des bureaux ergonomiques et une boutique d’artisanat plus spacieuse. Il est également muni d’un espace communautaire

spacieux pour recevoir la communauté lors de fêtes, de rencontres et d’évènements ponctuels.

à tous et chacun de se sentir bien dans un environnement sécurisant. La reconstruction fut possible grâce

Un lieu de rassemblement à l’appui de nombreux partenaires moderne et dynamique du Centre d’amitié Eenou de ChiCe projet de reconstruction est très bien reçu par la communauté autochtone qui vit à Chibougamau ou qui y viennent afin de se procurer des services. Le nouveau Centre d’amitié représente un réel lieu de rassemblement qui met de l’avant la fierté identitaire d’une population autochtone moderne, dynamique et engagée. Les installations permettront

bougamau. « Merci aux partenaires! Leur support a été vraiment apprécié », conclut Jo-Ann Toulouse. Les activités et les services offerts ont repris l’horaire habituel. Vous pouvez visiter le site web du Centre d’amitié pour plus d’informations sur leurs services : www.cefc.ca

Le nouveau Centre d’amitié Eenou de Chibougamau.

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NATION ATIKAMEKW

Intéresser les jeunes au domaine de la santé

Institut Tshakapesh

MANAWAN — Plusieurs étudiants provenant de 14 programmes des sciences de la santé de l’Université de Montréal se sont rendus à l’école secondaire de Manawan, en mars dernier. Le but : intéresser les jeunes au domaine de la santé. Le projet de mini-écoles de la santé vise à sensibiliser les jeunes aux enjeux de santé, à leur présenter des opportunités de carrière et à parler de persévérance scolaire. e projet de mini-écoles fut initié en 2011 par le Dr Stanley Vollant, premier chirurgien autochtone du Québec. Environ trois fois par année, une vingtaine d’étudiants dans le domaine de la santé se rendent dans des communautés atikamekws et innues. Environ 300 élèves autochtones peuvent bénéficier de ces activités tous les ans. On sait que les besoins en santé chez les Premières Nations sont criants, d’où l’intérêt d’avoir un tel projet sur les rails.

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Les enjeux reliés à la santé étant préoccupants chez les Autochtones, le projet souhaite surtout informer les jeunes des infections transmises sexuellement et par le sang et les différentes dépendances reliées à l’alcool et aux drogues. On prévoit aussi promouvoir un mode de vie sain et actif. Cette sensibilisation se fait sous forme d’activités, rendant ainsi les élèves beaucoup plus réceptifs.

Carrières et persévérance Les besoins en matière de santé sont grands au sein des communautés autochtones et la pénurie de professionnels s’aggrave au fil des ans. La promotion des différentes carrières vise à inciter les jeunes à faire des études postsecondaires et à se diriger en santé puisque les besoins sont là. Stanley Vollant mentionne que lorsqu’il était jeune, il n’avait pas de modèle sur qui s’appuyer et qu’il aurait apprécié recevoir la visite d’une mini-école. « C’est

important de promouvoir des postes dans les facultés de médecine, mais aussi d’engager plus d’étudiants autochtones. Ils pourront avoir un rôle très positif auprès de leur communauté, comme leaders, mais aussi comme soigneurs parce que les gens qui viennent de ces communautés-là ont déjà les compétences culturelles. » Élisa Moar

Enjeux de santé

Par Benoit Sioui

Des étudiants qui transmettent leur passion En avant : Mandy Jacob. En arrière : Wapikoni Qutich-Ottawa. Chaque année, de nombreux étudiants provenant des 14 programmes des sciences de la santé de l’Université de Montréal souhaitent participer aux mini-écoles en raison de leur intérêt pour la santé en milieu autochtone. C’est d’ailleurs en 2010 qu’est créé le Groupe d’Intérêt en Santé Autochtone, le GISA. Le comité se veut un regroupement d’étudiants en médecine ayant le désir d’agir sur les enjeux sociaux et de santé de la population autochtone québécoise. Les étudiants peuvent non seulement transmettre leur passion de la santé aux jeunes au-

tochtones mais sont également sensibilisés aux réalités des Premières Nations, ce qui peut les inciter à pratiquer leur médecine auprès de ces derniers, dans le futur.

Financement Les sommes disponibles demeurent toujours un défi afin de mener à bien les différents projets. Des communautés en Abitibi ainsi que d’autres communautés très éloignées de la Basse-Côte-Nord ont démontré leur intérêt à recevoir la visite d’étudiants en

santé. Toutefois, le transport ainsi que plusieurs autres facteurs représentent des sommes énormes, ce qui rend difficile la réalisation de certains projets. « Pour l’instant, on essaie de bien faire à petite échelle ce que l’on fait », dit Éric Drouin, professeur de l’Université de Montréal, participant au projet. Il croit que le financement est le principal frein à l’expansion des mini-écoles. D’autres communautés seront visitées au cours des prochains mois afin de continuer à intéresser les jeunes au domaine de la santé.

Tendrement pour la fête des Mères Quand, au fil de ma vie s'accumulaient angoisses et soucis, quand mes chagrins devenaient trop lourds et que j'avais besoin d'amour, c'est vers toi que je me tournais.

BRYAN MARK, chef de la Nation Innue d’Unamen Shipu 1er conseiller, Joseph Mullen 2ième conseiller, Normand-Junior Bellefleur 3ième conseiller, Gerry Mark 4ième conseiller, Raymond Bellefleur 5ième conseiller, Georges Bellefleur 6ième conseiller, Louis Martin

[Mai 2018] La voix des Premières Nations • 7

Chaque fois, tu savais comment adoucir mes tourments, chaque fois,tu savais me conseiller sagement. Petit à petit, j'ai réappris que rien ne remplacera jamais l'amour d'une mère pour ses enfants.


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NATION MICMAC

500 000 $ pour diversifier l’économie de Gespeg Le 12 avril dernier, les Micmacs de Gespeg ont reçu une très bonne nouvelle. En effet, ils se sont vu accorder par le gouvernement fédéral une somme de près de 500 000 $ sur trois ans, en vertu du Programme de développement économique du Québec de Développement économique Canada. Cet argent servira à embaucher deux ressources dont le mandat sera de diversifier les activités économiques de la communauté. Voici un résumé de l’entretien que la CDEPNQL a eu avec la cheffe de la communauté, Mme Manon Jeannotte. espeg compte 1 200 membres, habitant principalement en Gaspésie et dans la grande région de Montréal, mais aussi un peu partout au Canada. Présentement, son développement économi-

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que est concentré autour de trois activités principales : la pêche commerciale, la foresterie ainsi que le tourisme et la culture. L’argent obtenu servira à embaucher deux ressources qui auront pour mandat de diversifier ces trois secteurs, en se basant sur ce qui pourrait être développé pour aller plus loin. Les Micmacs possèdent notamment plusieurs bateaux de pêche commerciale leur permettant de pêcher le homard, le crabe, la crevette et d’autres espèces. Selon Mme Jeannotte, la communauté pourrait donc, par exemple, se lancer dans la deuxième ou même la troisième transformation des produits de leurs pêches. Les deux personnes auront aussi pour mandat d’explorer les autres opportunités économiques dont la communauté pourrait tirer profit, que ce soit dans la région immédiate de la communauté, ou ailleurs au Québec. Par la suite, ils auront à prioriser les opportunités identifiées, à élaborer des

stratégies d’affaires pour la communauté et à les mettre en application. Des partenariats pourraient aussi être établis avec des communautés des Premières Nations ou des villes ou municipalités allochtones.

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Réinvestir les revenus générés par la communauté Le but de cette démarche est avant tout de pouvoir assurer la pérennité de la communauté. « Gespeg est une communauté sans réserve, elle n’a pas les dépenses qui viennent avec la réserve donc elle n’a pas non plus les budgets qui viennent avec », affirme la cheffe Jeannotte. En conséquence, c’est une communauté qui est autonome depuis des années et qui s’efforce de créer des emplois durables pour ses membres. Par le biais du développement et de la diversification des activités commerciales de Gespeg, de jeunes Micmacs pourront être formés pour occuper

Marianne Brisson

Par Marie-Christine Tremblay

La Chef Manon Jeannotte et la ministre Diane Lebouthillier entourées des employés du conseil mi’kmaq de Gespeg.

les nouveaux emplois qui seront créés. Finalement, les revenus générés par les entreprises communautaires existantes et celles qui seront créées serviront, entre autres, à donner plus de services aux membres de Gespeg dans le besoin. Ainsi, des services déjà en activité, tels que la redistribution alimentaire et la distribution de bois de chauffage,

pourront être bonifiés et d’autres services pourront être mis en place selon la demande. La CDEPNQL a pour mission de représenter, de promouvoir, de soutenir et de défendre les intérêts des Premières Nations du Québec et du Labrador en matière de développement socioéconomique, contribuant à leur essor.

D d l d n l K p m d f l n v v à c c d

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NATION INNUE

Belle réussite pour des élèves différents

8 • La voix des Premières Nations [Mai 2018]

Par Chantal Landry

Félicitations aux élèves gagnants de la classe adaptée pour élèves ayant une déficience intellectuelle / trouble du spectre de l’autisme (D.I / T.S.A) de Madame Chantal Landry de l’école Tshishteshinu, dans la communauté de ManiUtenam près de Sept-Îles. Ceuxci avaient pris part au concours annuel de création d’affiches et de multimédia offert par l’Association des pompiers autochtones du Canada dans la catégorie des classes en adaptation scolaire. Ils étaient jugés sur la créativité du projet, la connaissance de la sécurité incendie, l’utilisation du thème de la prévention des incendies et de la qualité artistique. ans sa catégorie, la classe de Mani-Utenam est sortie grande gagnante du concours. Comme prix récompensant leurs efforts, chaque élève s’est vu remettre une montre Smart Watch de même qu’un bel ordinateur pour

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Profitons de ce bel événement pour souligner le mois de l'autisme et faire le lien avec la situation qui s'est produite dernièrement dans un magasin Walmart. Ce commerce a congédié des employés souffrant d'une déficience intellectuelle alors que ces personnes veulent aussi, à leur manière, contribuer à notre société et se sentir valorisées. Elles sont des personnes à part entière et ont le droit de vivre des réussites et des victoires. Il faut profiter de ce mois pour en apprendre davantage sur ces êtres extraordinaires remplis de potentiel, qui ont leur place bien à eux dans notre société. C’est de notre responsabilité de les intégrer, de croire en eux et en leur avenir.

maire au secondaire. Tout au long de leur parcours scolaire, nous nous efforçons de les rendre le plus autonome possible et de les rendre fonctionnels au quotidien. Nous aurons besoin davantage de services et de ressources par la suite, afin qu’ils puissent continuer leurs apprentissages en stage et en milieu de travail à l’âge adulte. Le stage d’intégration vise d’abord à préparer les personnes ayant une déficience intellectuelle (D.I) ou un trouble envahissant du développement (T.S.A) à occuper un emploi rémunéré et à le maintenir à long terme. Il permet également de développer toutes les habiletés nécessaires pour intégrer officiellement le marché de l’emploi par la suite. Il est également possible de leur fournir un soutien, un encadrement et un accompagnement visant la réussite du projet pour ensuite les mener à une embauche.

Une bonne façon de les intégrer en société est de leur permettre de poursuivre des stages en milieu de travail après leur passage du pri-

Ce serait une grande avancée que de prévoir un programme de stage en milieu de travail pour cette clientèle particulière dans nos communautés

la classe. C’est une très belle victoire et une énorme réussite pour les élèves aux besoins particuliers de l’école Tshishteshinu.

En bas, de gauche à droite : Jacob Ambroise (face brouillée), Lucian Rock, Lucien St-Onge, Omer Jérôme. À l’arrière : Ingrid Tshernish, Judith McKenzie, Jean-Sébastien Grégoire, Joannie Rock, Antonio Fontaine, Joseph Fontaine, Chantale Landry, Joséphine Pinette, Claudine Monger.

autochtones. Celui-ci serait l’aboutissement de beaux projets de vie pour nos enfants D.I / T.S.A.. Dans l’attente que ce message d’espoir soit entendu par les différentes communautés désireuses

de donner toutes les chances de réussite possible aux élèves handicapés et ayant des troubles d’apprentissage et d’adaptation (EHDAA), afin de leur offrir un avenir prometteur.


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PREMIÈRES NATIONS

La littérature de Premières Nations à l’honneur au Salon international du livre de Québec Marianne Brisson

Par Louis-Karl Picard-Sioui

Du 11 au 15 avril derniers s’est déroulé le Salon international du livre de Québec (SILQ) au Centre des congrès de Québec. Parmi les nouveautés notables cette année : la participation de l’organisme Kwahiatonhk ! qui y tenait pour la première fois un stand pour promouvoir la littérature autochtone. Si des écrivains des Premières Nations font partie de la programmation de l’événement depuis plusieurs années, c’est la première fois que les visiteurs pouvaient retrouver une vaste sélection de livres autochtones à un même kiosque, tous éditeurs confondus, et y consulter des spécialistes pour les guider dans leur découverte. otre mission est de promouvoir la littérature des Premières Nations et de faire connaître ses auteurs, précise

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monsieur Fabien L’Heureux, viceprésident de Kwahiatonhk! Notre implication au SILQ s’inscrit dans cette démarche. L’idée est de s’assurer que les livres autochtones soient bien visibles et mis en valeur. Le SILQ est une incroyable occasion pour sensibiliser le plus large public possible. » Au stand, Kwahiatonhk ! présentait également une exposition d’affiches originales mettant en valeur une dizaine d’auteurs des Premières Nations, de même qu’une animation découverte pour le public, le Croqueur de corpus. Plusieurs auteurs sont également venus y signer des dédicaces : Julie Kurtness (De Vengeance, L’instant même, 2017), Jean Sioui (Mon couteau croche, Mémoire d’encrier, 2015), Louis-Karl Picard-Sioui, (Chroniques de Kitchike, Hannenorak, 2017) et Jean-François Létourneau (co-directeur de Tracer un chemin / Meshkanatsheu, Hannenorak, 2017). Kwahiatonhk ! a également collaboré

à la programmation de différentes activités de diffusion au SILQ, dont une soirée littéraire qui s’est déroulée au palais Montcalm, le vendredi 13 avril, devant plus d’une centaine de spectateurs. La soirée commença tout en sensibilité avec la voix unique de Naomi Fontaine, innue de Uashat, qui a lu quelques extraits de son dernier roman, Manikanetish (Mémoire d’encrier, 2017), accompagnée à la guitare par Frédéric Dufour. Après l’entracte, les spectateurs ont pu profiter de la première représentation régionale du spectacle littéraire Bienvenue à Kitchike, une adaptation du recueil de nouvelles Chroniques de Kitchike (Éditions Hannenorak, 2017) de Louis-Karl Picard-Sioui. L’adaptation scénique de Jocelyn Sioui, qui oscille entre lecture, conte et jeu de marionnettes, a su séduire le public tant par l’originalité de la mise en scène que par la performance des artistes (Catherine Simard, Sylvie Nicolas, Jocelyn Sioui, Louis-Karl Picard-Sioui et, à la guitare, Frédéric Dufour).

Projets à venir En plus de la 7e édition du Salon du livre des Premières Nations, qui se déroulera dans la région de Québec du 22 au 25 novembre 2018, Kwahiatonhk ! développe différentes initiatives pour faire connaître la littérature autochtone au grand public partout sur le territoire. Le 11 mai à Sudbury, l’organisme lancera sa première activité itinérante : le Bingo littéraire Kwahiatonhk !, une activité de diffusion originale à la charnière du spectacle littéraire et du jeu interactif. Dans une ambiance festive et humoristique, le public sera invité à découvrir la littérature des Premières Nations en jouant à un jeu de bingo bien spécial, où le boulier décide quels textes du corpus littéraire autochtone liront les auteurs invités et les volontaires du public. Soutenus par un guitariste et une chanteuse, de même que par un animateurperformeur, plusieurs auteurs participeront aux différentes représen-

15 ANS

tations, dont Marie-Andrée Gill, Natasha Kanapé-Fontaine, Michel Jean, Sylvain Rivard et Guy SiouiDurand. Grâce à l’appui financier du Conseil des Arts du Canada et du Conseil des arts et des lettres du Québec, le spectacle sera en tournée jusqu’en octobre dans différentes régions du Québec, de même qu’en Ontario et au Nouveau-Brunswick.

À propos de Kwahiatonhk ! Fondé en 2015 par Louis-Karl PicardSioui, Daniel Sioui et Cassandre Sioui, Kwahiatonhk ! est un OBNL dédié à la promotion, à la diffusion et au développement de la littérature autochtone du Québec. Kwahiatonhk ! organise annuellement le Salon du livre des Premières Nations, le seul festival littéraire annuel et grand public dédié à la littérature autochtone au Canada. Pour davantage d’info sur les activités de l’organisme, suivez-nous sur facebook.com/salonlivrepn.

2003 • 2018

NAAOMI F ONNTTAINE

MANNIKAN MA MANIK A ETISH ROMAN

[Mai 2018] La voix des Premières Nations • 9

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PRÉSENTATION DU MÉMOIRE SUR LE PROCESSUS DE TRANSFORMATION EN ÉDUCATION DES PREMIÈRES NATIONS Les 21 et 22 mars derniers, avait lieu dans la communauté de Uashat mak Mani-utenam, une rencontre d’information du comité de travail conjoint (AANC, CEPN, Tshakapesh) sur la formule de financement. Lors de cette rencontre, Innu Takuaikan Uashat mak Mani-utenam (ITUM) a déposé un mémoire présentant sa position à l’égard du processus de transformation en éducation en cours. Ce mémoire, intitulé « L’Avenir de nos enfants », constitue une position claire quant à la détermination du Conseil d’assumer pleinement ses responsabilités à l’égard des services d’éducation pour tous les membres de la communauté. Voici donc la position d’ITUM dans le cadre du processus de transformation en éducation des Premières Nations : • ITUM gouverne son système d’éducation, possède sa propre expertise locale et est disposé à partager son expertise avec les autres Premières Nations; • ITUM croit que la transformation en éducation doit permettre à la communauté d’améliorer l’offre de services à ses membres dans ce domaine, tout en favorisant la proximité des services; • ITUM veut participer activement et pleinement à la démarche nationale en ce qui concerne la transformation de l’éducation; • ITUM a appuyé la recommandation des Chefs afin que les organisations régionales puissent être des facilitateurs pour l’exercice des consultations au niveau national; • ITUM recommande la mise sur pied d’un comité de travail national pour traiter des ententes en matière d’éducation entre les deux instances gouvernementales : fédérale et provinciale; • ITUM affirme que les parents doivent être impliqués dans le projet de transformation en éducation;

10 • La voix des Premières Nations [Mai 2018]

• ITUM reconnaît que les décisions prises au niveau national auront un impact direct sur son propre système de gouvernance interne d’éducation;

Service des communications I.T.U.M.


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• ITUM exige d’obtenir des informations de manière transparente afin d’être informé adéquatement de l’évolution des travaux des différents comités pour avoir la possibilité de soumettre des recommandations selon l’avancement de ceux-ci; • ITUM revendique une représentation de ses intérêts au sein des différents comités mis en place pour le Québec; • ITUM affirme que les ententes éducatives régionales devront être élaborées en collaboration avec ITUM et les organisations concernées; • ITUM affirme que l’organisation régionale de Tshakapesh, étant sous la gouverne des Conseils des Innus, doit continuer à recevoir les mandats de la part des Conseils uniquement; • ITUM affirme que les instances administratives sont redevables auprès du Conseil qui détient la gouvernance en matière d’éducation; • ITUM affirme que la démarche entamée pour la transformation en éducation doit obligatoirement se faire de Nation à Nation; • ITUM affirme que toute option considérée dans la transformation en éducation devrait privilégier la livraison de services directs à la clientèle étudiante et limiter les sommes investies en coûts fixes de structure. La flexibilité s’avère une caractéristique essentielle à toute approche devant considérer des environnements politiques, culturels, sociaux, économiques, technologiques en constante évolution. Le chemin parcouru par les communautés depuis la prise en charge a demandé plusieurs années de travail acharné. Il faut donc faire preuve de considération envers ceux qui ont lutté et milité pendant tant d’années pour bâtir leur propre système d’éducation en fonction des besoins des enfants. L’éducation est fondamentale et le système d’éducation doit donner l’opportunité à tous d’atteindre leur plein potentiel. Soyons vigilants, prudents et surtout, respectueux envers les communautés qui détiennent cette autorité et cette responsabilité. Il en va de l’avenir de nos Nations; il en va de l’avenir de nos enfants.

Le mémoire d’Innu Takuaikan Uashat mak Mani-utenam est disponible à l’adresse suivante :

www.itum.qc.ca

[Mai 2018] La voix des Premières Nations • 11

Service des communications I.T.U.M.


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NATION INNUE Incident sur le Saguenay-Saint-Laurent en 2016

Croisières Essipit blâmée par le BST ESSIPIT — La gestion de la sécurité a été déficiente lors de la collision survenue entre un zodiac et une baleine sur le SaguenaySaint-Laurent en août 2016. Dans le rapport déposé par le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) à la fin mars, l’entreprise Croisières Essipit, qui faisait cette excursion, fut sévèrement blâmée.

e 29 août 2016, neuf personnes naviguaient à bord d’un zodiac pour faire l’observation de baleines lorsque l’embarcation pneumatique rigide est entrée en collision avec un objet non identifié dont le BST soupçonne être une baleine. Lors de l’impact, un passager et le capitaine ont été expulsés par-dessus bord et se sont retrouvés dans les eaux du parc marin situé au large des Bergeronnes. Les deux personnes qui étaient en hypothermie ne pouvaient nager. De plus, le bateau s’éloignait d’eux puisque les moteurs avaient été endommagés.

L

Dans son rapport, le BST conclut que la sécurité à bord de l’embarcation était problématique. D’abord, les bouées de sauvetage ne pouvaient être déployées sans l’utilisation d’un couteau pour défaire les sangles. Les passagers n’avaient pas été informés au préalable des mesures d’urgence et une évaluation des risques n’avait pas été effectuée par Croisières Essipit. C’est pourquoi les deux personnes éjectées du bateau ont passé au total 7 minutes dans l’eau.

Une industrie dangereuse Malgré que Croisières Essipit soit blâmée, François Dumont, enquêteur principal régional pour le Bureau de la sécurité des transports, est d’avis que l’industrie en général est mal encadrée. Il espère que suite à la lecture du rapport, Transports Canada établira des règles plus cohérentes et plus strictes envers les opérateurs d'embarcations de croisière. D’ailleurs, avant même de déposer son rapport, le BST a rédigé une lettre à propos des la-

cunes concernant l’équipement à bord et les mesures de sécurité. Cette lettre fut envoyée à Croisières Essipit, mais aussi à cinq autres compagnies locales afin qu'elles puissent, elles aussi, apporter les correctifs nécessaires. Bureau de la sécurité des transports

Plusieurs lacunes

Par David-Alexandre Vincent

Croisières Essipit satisfait L’entreprise accueille avec satisfaction ce rapport bien qu’elle remette en questions certains points. Selon Marc Chalout, le propriétaire de Croisières Essipit et le coordonnateur des traités et affaires publiques pour le conseil de bande d’Essipit, l’objet non identifié était peut-être un tronc d’arbre et non pas une baleine comme le soupçonne le BST. Il a aussi insisté pour dire que les croisières effectuées à bord d’embarcations pneumatiques étaient sécurisées et que l’accident survenu en 2016 était un événement isolé. La compagnie assure que ses employés respectent les standards de sécurité les plus élevés dans l’industrie et que c’est surtout la réglementation qui fait défaut. Marc Chalout, espère que cela permettra

L’embarcation pneumatique à coque rigide transportait neuf personnes lors de la collision. d’instaurer des règles plus uniformes dans l’industrie.

Des correctifs apportés Sans même attendre le rapport déposé il y a environ un mois, des mesures ont été prises par Croisières Essipit suite à l’accident du 29 août 2016. Par exemple, le propriétaire indique que les passagers reçoivent davantage d’informations à propos des mesures de sécurité avant le

départ. Les équipements ont également été améliorés. Une échelle de remontée a été installée derrière les moteurs. L’emplacement des bouées de sauvetage a été changé et le matériel permettant les appels d’urgence a été reconfiguré. Croisières Essipit assure que la sécurité a été augmentée dans le cadre de ses activités et qu’elle continuera de l’être à mesure que la réglementation de l’industrie évoluera.

Un shaputuan à Fermont

Les Innus partagent leur héritage

12 • La voix des Premières Nations [Mai 2018]

Par Louise Vachon

Le Taïga Carnaval a eu la chance d’accueillir de la grande visite. Plusieurs Innus de la Côte-Nord se sont déplacés à Fermont, ils ont érigé un campement sur le site de l’événement tout en profitant de l’occasion pour faire connaître leur culture aux jeunes de l’école. Quelles découvertes pour les jeunes de la polyvalente HorizonBlanc et la population locale. y suis allée avec la classe de deuxième année de l’enseignante Martine Goulet. En entrant, les jeunes sont impressionnés par le tapis de sol en branches d’épinette, les peaux accrochées à l’intérieur de la tente, le petit poêle à bois qui réchauffe l’atmosphère. Tout de suite, Évelyne St-Onge, une Innue qui dégage une grande

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sagesse et dispose d’une connaissance approfondie des traditions de son peuple, habille quelques enfants d’habits traditionnels composés d’un châle à carreaux, d’un chapeau à frange en peau de caribou, d’une étole de fourrure, d’un gilet en toile et enfin elle me méta-

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morphose en mère innue avec la jupe et le châle à carreaux. La dame explique la raison et l’évolution de chaque tenue. La chasse a toujours constitué un élément important dans le mode de vie des Innus. Ainsi plusieurs types

de peaux d’animaux sont présentées aux jeunes: le loup, le renard, le castor, la marte, le loup marin (phoque) et bien d’autres. Les jeunes se sont bien amusés à les flatter pendant que la femme expliquait leur utilité. Pour terminer la rencontre, une tisane de branches de

mélèze infusées a été servie, accompagnée de banique, un pain fabriqué avec de la farine, un peu de sel, de la levure et de l’eau. Une belle expérience pour tous pour mieux connaître les us et coutumes de ce peuple fondateur.

L T m v F a t m a

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NATION INNUE

Actes de braconnage insensés à Forestville Le 8 avril dernier, Mme Nancy Therrien accompagnée de son mari ont fait une macabre découverte sur la route 385 au nord de Forestville. Plusieurs orignaux adultes, dont deux femelles portant un fœtus, ont été abattus et mutilés, laissant leur carcasses abandonnées sur les lieux.

Découverte de la scène macabre Résidente d’un chalet dans la région, elle et son mari circulaient sur la route 385 lorsqu’ils ont aperçu des traces de sang dans la neige non loin de la chaussée. En suivant les traces, ils sont arrivés au lieu du carnage. La scène était difficile à supporter aux dires de Mme Therrien. Voir 6 orignaux abattus et quatre fœtus reposant sur la neige, la situation dépassait l’entendement. Selon le porte-parole du ministère

des Forêts, de la Faune et des Parcs, Sylvain Carrier, toutes les pistes vont être étudiées. Ça tend de plus en plus vers un acte de braconnage. M. André Côté, directeur de Territoire et Ressources s’est adressé aux journalistes à propos de l’événement au nom du Conseil des Innus de Pessamit. Il a mentionné que le Conseil ne cautionnait aucunement ces actes épouvantables de braconnage. Il a de plus indiqué que les Innus avaient un code de pratiques non écrit qui dictait les comportements en forêt approuvés ou désapprouvés par l’ensemble. Cela a toujours été présent et véhiculé chez les Premières Nations, peuples de l’oralité. Le respect voué aux animaux est présent chez toutes les Premières Nations d’Amérique. Le carnage ne fait pas partie de nos façons de faire. Rappelons seulement le traitement réservé aux bisons dans l’ouest du pays, il a de cela quelques siècles. En 1800, on en dénombrait 60 millions et dans l’espace de 85 ans, il n'en restait que 1 000. On

a frôlé l’extinction. Ces gestes n’ont jamais été compris par les membres des nations autochtones.

Carcasses suspendues devant une pancarte indiquant le Nitassinan Après que le représentant du Conseil eut mentionné la désapprobation du Conseil à l’égard de cet acte de braconnage, les carcasses des orignaux ont été suspendues avec des cordes devant la pancarte du Nitassinan. Plusieurs sont demeurés perplexes suite à cet évènement. Le chef René Simon s’est dit déçu que les agents de la faune n’aient pas ramassé les carcasses plus rapidement. Cet événement aurait pu être évité si on avait fait preuve de diligence. Certains soupçonnant des Innus d’être à l’origine du méfait. C’est facile de pointer du doigt les membres des Premières Nations lorsque des gestes semblables se passent. Rappelez-vous la crise du saumon dans les années 70 où on accusait les Mi’gmaq d’être à l’origine de la situation.

Facebook

Bureau de la sécurité des transports

Par Benoit Sioui

Réactions du Conseil des Innus de Pessamit Sorti de la réserve qu’il s’était imposée, l’ex-chef Raphaël Picard mentionnait sur sa page facebook qu’il en revenait aux dirigeants politiques de prendre la parole devant les médias et non à André Côté. Quelques jours plus tard, vendredi 13 avril, les dirigeants politiques ont

tenu une conférence de presse, afin de faire le point sur la situation. Le Conseil entend collaborer à l’enquête avec le ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs (MFPP), permettant d’élucider la situation. De plus, le Conseil entend mener sa propre enquête afin de découvrir les coupables. S’il s’avérait que ce soit des Innus, le Conseil prendra les sanctions qui s’imposent.

UASHAT/SEPT-ÎLES | GALERIES MONTAGNAISES

Du 30 mai au 3 juin 2018 HEURES D’OUVERTURE Mercredi, jeudi et vendredi : 18 h à 23 h Samedi : 12 h 30 à 23 h Dimanche : 12 h 30 à 17 h

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NATION INNUE

Sports Experts de Sept-Îles au Grand défi Pierre Lavoie Par Benoit Sioui

Du 14 au 17 juin 2018, l’équipe du Sports Experts de Sept-Îles prendra part au Grand défi Pierre Lavoie. Composée de cinq membres (Christian Boudreault, Steve Plante, Maude Pelletier, Stéphane Mimeault et Éric Sergerie), l’équipe roulera 1 000 kilomètres en se relayant pour accomplir le défi.

Origine du projet Suite à un concours lancé pour tous les franchisés Sports Experts du Québec afin de choisir une équipe qui représenterait la bannière lors de l’événement, la franchise de SeptÎles a soumis sa candidature. À la fin de février, la franchise de Sept-Îles apprit qu’elle était l’équipe gagnante du concours. Les lauréats toucheront la somme de 11 000$ afin de défrayer le coût d’inscription, la

location du VR, les vêtements, etc. L’équipe s’est dite très heureuse de représenter les magasins Sports Experts.

Parcours À la mi-juin, le périple débutera à ville de la Baie au Saguenay pour se terminer à Montréal en passant par Lévis et Victoriaville. Un total de 13 étapes est prévu au programme. Lors du parcours, les cinq cyclistes se relayeront à tour de rôle. Durant le jour, deux cyclistes rouleront en même temps lors des différentes étapes de jour mais un seul pédalera au cours des trajets de nuit.

Parrainage de deux écoles Un des engagements pris par l’équipe consistait à parrainer une école primaire, caressant la réalisation d’un projet en lien avec l’acti-

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vité physique. L’équipe sélectionna non pas une, mais deux écoles : l’école Monseigneur Blanche et l’école Johnny Pilot de Uashat. Toutes deux avaient un projet d’aménagement de cour extérieure. Les membres de l’équipe ont trouvé important de s’impliquer dans leur milieu ainsi que dans la communauté limitrophe de Sept-Îles. Les membres ont également soulevé le fait que les communautés gagnent à partager, à communiquer et à s’entraider…

Activités de levée de fonds pré-défi Afin d’amasser le plus d’argent possible, les membres de l’équipe Sports Experts organiseront deux événements, soit un méchoui le samedi 5 mai, dans le stationnement de Place de Ville et le samedi 26 mai, aura lieu un SpinO-Thon au même centre d’achat

D Christian Boudreault, Steve Plante, Maude Pelletier, Stéphane Mimeault, Éric Sergerie. (en face du Croc Minute) où vous aurez l’occasion de voir deux membres de l’équipe qui pédalerons sur des vélos stationnaires pendant 7 heures (de 9h à 17h).

dons amassés seront remis aux deux écoles mentionnées, qu'ils soient monétaires ou matériels. Encourageons donc l’équipe de Sports Experts de Sept-Îles et soyons généreux.

Lors de ces événements, tous les

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NATION ATIKAMEKW

David Dubé, un bel espoir au hockey chez les Premières Nations du Québec

14 • La voix des Premières Nations [Mai 2018]

Par Nadine Langlois

Assemblée générale annuelle du CAVAC CÔTE-NORD Le Centre d’aide aux victimes d’actes criminels Côte-Nord invite toute la population à son assemblée générale annuelle. Date : Jeudi le 7 juin 2018 à 17 h au gymnase de la Maison Alouette situé au 652, avenue De Quen, Sept-Îles Veuillez confirmer votre présence avant le 25 mai 2018 et pour de plus amples renseignements, communiquez au 418 962-2822 ou sans frais au 1 866 962-2822.

Un goûter vous sera servi.

David Dubé est un jeune joueur de hockey atikamekw-innu de 13 ans. Il évolue au sein du club Les Pionniers de Lanaudière AAA Majeur dans le programme Sports-études. Il y a deux ans, il a fait des camps de sélection en vue de participer au Tournoi Nord-Américain « Brick » à Edmonton. Il a été sélectionné pour l’équipe « Montreal ice Strom ». L’an dernier, nous avions soumis son nom pour faire partie d’une équipe aspirant participer à un tournoi de hockey international se déroulant dans la ville de Bolzano en Italie. L’équipe « Canada East » l’a repêché. Cette année, David n’a fait aucun essai pour une quelconque équipe et nous les parents n’avons inscrit David pour aucun tournoi extérieur. Cependant, voilà qu’un entraîneur américain et prospecteur du New-Hampshire voulait

recruter David pour un important tournoi international à Chamonix en France. Son équipe portant le nom de « North America » est majoritairement composée de joueurs américains, deux des Maritimes et David du Québec. Il sera le seul autochtone de l’équipe et probablement du tournoi. L’entraîneur a dit qu’il avait vu David lors du tournoi international de hockey Pee-Wee de Québec et qu’il avait adoré le voir évoluer. Il a suivi David sur internet et le qualifie de joueur ayant un arsenal complet impressionnant pour sa catégorie d’âge. Alors, David s’est empressé d’accepter l’invitation et il pourra ainsi, pour une deuxième année consécutive, jouer contre les Russes, les Suisses, les Tchèques, les Suédois, les Estoniens... À la sortie du journal, David aura participé fièrement comme ambassadeur autochtone au tournoi d’Europe du 27 avril au 6 mai.

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U q A m d s c p c p p t

David Dubé Suite à une autre invitation exceptionnelle mais tout aussi intéressante, David jouera dans un autre tournoi international mais cette fois-ci à Moscou en Russie au cours de l’été. Il s’alignera avec l’équipe Nord-Américaine. Nous lui souhaitons la meilleure des chances.

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l p o d s t s t l


Par David-Alexandre Vincent

MANAWAN — La route reliant la communauté atikamekw de Manawan et la région de Lanaudière sera rénovée. Le ministère des Transports du Québec a signifié son engagement à payer pour la réfection du chemin. Enfin! diront plusieurs. es travaux préparatoires commenceront prochainement et se poursuivront jusqu’en 2020, année où les travaux de réfection à proprement parler vont débuter. Ils devraient s’échelonner sur une période de cinq ans, soit jusqu’en 2025. C’est la portion sur une surface de gravier entre Saint-Michel-desSaints et Manawan qui est concernée.

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Une route dangereuse Dans les dernières années, le ministère des Transports a effectué quelques travaux sur la route afin de la rendre plus sécuritaire. C’est toutefois la surface de la route qui demeure dange-

reuse. La circulation crée des nuages de poussière, réduisant ainsi la visibilité. Des CB sont utilisés par les utilisateurs de la route afin de savoir à quel moment ils se rencontreront, mais puisque ce n’est pas obligatoire, certains peuvent parfois croiser un véhicule en sens inverse à l’improviste. L’étroitesse de la route rend la circulation plutôt dangereuse. D’ailleurs, 35 accidents sont survenus à Manawan entre 2013 et 2016. Les élus de la Haute-Mauricie sonnent l’alarme depuis déjà plusieurs années pour effectuer le nécessaire afin de rendre la route sécuritaire. Le gouvernement du Québec est donc d’avis que ces travaux permettront d’améliorer grandement la situation. « Cette importante mise à niveau du chemin Manawan permettra de réduire les zones potentiellement accidentogènes de la route et ainsi assurer la sécurité des déplacements sur tout le tronçon », a dit le ministre des Transports, André Fortin.

Industrie touristique pénalisée Étant donné le piètre état de la route,

plusieurs automobilistes décident d’emprunter un détour par Rivièreaux-Rats afin d’éviter de circuler sur le chemin cahoteux. Il s’agit d’une situation que déplore la municipalité de Saint-Michel-des-Saints qui voit l’achalandage de ses commerces diminuer depuis les dernières années. Le village mise beaucoup sur le tourisme, mais peine à se développer étant donné le faible avantage. Pourtant, le nombre de travailleurs se rendant en Haute-Mauricie a fortement augmenté dans les dernières années en raison du développement des activités liées au domaine forestier.

Développement économique Le ministre des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley, croit que la réparation de la route profitera à Manawan et que la communauté pourra se développer au niveau économique. « Ces investissements majeurs sont importants pour la communauté autochtone de Manawan, puisqu'il s'agit du seul lien routier pour atteindre cette communauté. En plus d'en permettre l'accès,

Ariane Gélinas

Manawan aura une route plus sécuritaire

Le chemin Manawan compte environ 87 kilomètres. la route est utilisée par les industries touristiques et forestières. Ce projet a pour objectif, notamment, de rehausser la qualité de roulement de la route, de la maintenir en bon état et de façon continue, tout en contribuant au développement économique de la région. »

et ouvrir des horizons nouveaux à la jeunesse Atikamekw. Les travaux contribueront notamment à l'intégration de Manawan à la région de Lanaudière, favorisant le développement socioéconomique de la communauté et la formation de nos travailleurs », dit-il.

Un engagement salué

Cette année, le Ministère réalisera des travaux de réparation du platelage de sept structures ainsi que de l'asphaltage à l'approche de cinq structures. Le Ministère réparera également les chasse-roues et les glissières de sécurité à l'approche de quatre ponts. Les sommes investies n’ont cependant pas été dévoilées.

Le chef du conseil de bande de Manawan, Jean-Roch Ottawa, est satisfait de l’annonce. Il croit lui aussi que l’économie se portera mieux. « Ces travaux sont non seulement essentiels pour assurer la sécurité des utilisateurs, mais également pour briser l'isolement

NATION INNUE

Des Innus veulent exhumer le père Joveneau Par David-Alexandre Vincent

UNAMEN SHIPU — Des Innus qui ont été victimes du père Oblat Alexis Joveneau dans les communautés d’Unamen Shipu et de Pakuashipi pendant 39 ans, souhaitent que le corps de celuici soit déterré. Ses ossements reposent actuellement à l’entrée du cimetière d’Unamen Shipu et plusieurs n’en peuvent tout simplement plus de voir cette croix tous les jours. ntre 1953 et 1992, le père Joveneau oeuvrait en BasseCôte-Nord pour évangéliser les Innus. Celui qu’on surnommait parfois « Jésus » et même « Dieu » a organisé des mariages forcés et une déportation des Innus de Pakuashipi. De plus, des témoignages entendus lors de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées ont levé le voile sur les nombreuses

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agressions sexuelles qu’il aurait perpétrées « au nom de Dieu ».

Une croix qui hante La croix du Père Joveneau qui se situe à l’entrée du cimetière n’a plus sa raison d’être selon de nombreux membres de la communauté. C’est le prêtre lui-même qui avait demandé à être enterré avec les Innus. Ces derniers ne sont plus à l’aise d’aller se recueillir; la croix fait remonter de biens mauvais souvenirs aux victimes. Le conseiller Normand Junior Bellefleur dit qu’il fera tout en son possible pour aider sa communauté à retrouver la paix et que les actions nécessaires seront prises pour y arriver.

De l’aide psychologique Afin de supporter les victimes du Père Joveneau, des équipes de Mamit Innuat se sont rendues dans les communautés dernièrement. L’équipe de professionnels du mi-

lieu social, composée entre autres de psychologues, a écouté ceux qui en ressentaient le besoin. Certains parlaient même innu, une priorité pour l’équipe des services sociaux. Les Oblats ont même dû s’excuser devant toute l’ampleur qu’ont pris les dénonciations et ont eux aussi offert leur aide, en mettant sur pied une ligne téléphonique et une adresse courriel pour que les victimes puissent s’exprimer sur ce qu’elles ont vécu. La congrégation est aussi ouverte à offrir un soutien psychologique professionnel.

Sa nièce viendra au Canada La nièce du Père Joveneau qui a elle aussi été agressée par son oncle lorsqu’elle habitait avec lui, partira de la Belgique lorsque viendra le moment d'exhumer le corps. Elle souhaite faire le voyage jusqu’à Unamen Shipu pour soutenir les victimes et elle est d’avis que la place de Joveneau n’est pas parmi

Le père Oblat Alexis Joveneau. les Innus. Selon elle, toutes les victimes du père oblat devraient être présentes lors de l'exhumation, puisqu’il s’agit d’un premier pas vers une sorte de condamnation. Une action collective a été entamée et elle pourrait excéder les 15 millions de dollars. Plus de 30 victimes

sont dans ce recours et d’autres noms pourraient s’ajouter. Quant au corps d’Alexis Joveneau, celuici pourrait être déterré dans les prochaines semaines, lorsque la neige sera fondue. Le corps sera rapatrié à sa congrégation, les Oblats, qui n’ont pas souhaité commenter la situation.

[Mai 2018] La voix des Premières Nations • 15

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NATION ATIKAMEKW

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x nt us s

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NATION INNUE Chroniqueur culinaire innu

Les crustacées et les peuples des côtes Kuei kassinu etshieku, Au moment d’écrire ces lignes, nous sommes encore sous la neige dans mon coin de pays. Toutefois, le monde de l’alimentation moderne, sur la Côte-Nord, planifie cette période avec attention. Le crabe est dans nos épiceries et poissonneries, depuis quelques jours. En réalité, à ce rythme rapide les pêcheurs commerciaux ont entrepris les heures de travail intense, depuis le début de l’ouverture de la pêche commerciale. Sans vous mentir, j’avais bien hâte de le savourer. En fouillant dans le développement économique des premières nations, je suis heureux d’apprendre qu’il y a des nations autochtones au Québec qui jouent un rôle important dans l’alimentation provenant de la mer. Autant au Québec, en Nouvelle-Écosse, qu’au Nouveau-Brunswick. Il n’y a rien de traditionnel dans la pratique avec des bateaux de mer et de l’équipement tel que présenté par l’entreprise. Toutefois, si nous avions eu la chance de pouvoir participer au développement économique bien avant aujourd’hui, avec l’imagination que nous avions avant contact, je ne serais pas surpris de voir que nous aurions réalisé une telle entreprise avec les mêmes préoccupations de savoir d’où vient de ce l’on mange.

Certifié Keshken, est une preuve de localisation de nos produits pour s’assurer de répondre à l’authenticité de la matière première. Le regroupement stratégique des Nations innues travaille avec la Poissonnerie Fortier, dirigée par Jean-Christophe Dubreuil, qui distribue les produits de la mer. En utilisant la certification pour ses pétoncles au niveau régional actuellement, la Nation innue d’Ekuanishit s’assure de récolter la source de cette expérience que l’on veut étendre au crabe, homard et buccin. Mme Annick Gallant du Groupe AMIK en porte le dossier pour les nations innues associées. Nos pratiques de l’époque d’avant contact étaient moins organisées qu’aujourd’hui, mais les peuples autochtones qui utilisaient les côtes maritimes ont été mis en contact avec le garde-manger de l’eau salée. Vous seriez surpris d’apprendre ce que nous avons expérimenté. Lors des déplacements de la migration des gibiers vers les territoires, certains anciens peuvent nous raconter que les pêches faciles à faire dans les baies et les bras de mer étaient la pratique. Les crabes, homards et coquillages se trouvaient sous nos yeux, belle façon de diversifier notre alimentation.

j’ai faite : Les pieds sur les rochers à la marée basse, ou les pieds à peine couverts d’eau tôt le matin, avec des baguettes nous pouvions jouer le jeu de présenter l’appât d’un petit poisson piqué au bout une baguette devant le crustacée. En agitant délicatement, comme si cela était une proie facile pour ceux-ci alors, la pince attaque et la baguette est saisie. Avec une autre pointue, vous devez agir vite et piquer le crustacée, le maintenir et le sortir de l’eau lorsqu’il est mort. Le jeu est semblable pour le homard, mais il faut du temps pour ce dernier qui se cache bien dans les cavités rocheuses. Une fois lorsque je me rendais à la Pourvoirie de Nutashkuan, à mon passage dans la municipalité de Baie-Joan Beetz, je me suis arrêté pour observer sur la rive d’une pointe rocheuse, le homard qui marchait au fond… hum... belle cible! Mais heureusement pour moi, le soir même, ce sera à la pourvoirie que je me régalerai avec un repas gargantuesque. Akua mukushan! (Le repas à tout manger). Manuel KAK’WA KURTNESS Pekuakamiulnuatsh de Mashteuiatsh Diplôme d’étude professionnelle, DEP-CFP FIERBOURG 2005. Baccalauréat enseignement professionnel, BEP-UQAC 2018. Chef enseignant, spécialisé en alimentation des peuples autochtones d’Amérique du Nord. Animateur et auteur.

Voici la technique d’approche que

16 • La voix des Premières Nations [Mai 2018]

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L e s A s t r e s e t Vo u s

Par : Innustradamus, Medium... Saignant Né en mai – L’outarde Le début du mois annonce l’arrivée des outardes et vous donnera des ailes pour annoncer votre amour à une personne avec qui vous flirtez occasionnellement. Le temps est venu de lui dire que vous l’aimez et que vous ne pouvez plus vivre sans sa présence à vos côtés. Par contre, vous devrez perdre les quelques kilos qui pourraient peser sur sa décision et nuiraient aux péripéties de nuit. Il serait temps de mettre quelques sous de côté. L’avenir vous le commande. Né en juin – Le saumon Votre beauté n’a pas d’égale. Vous ne pouvez plus vous promener dans la rue sans qu’on vous siffle aux oreilles. Que pouvez-vous faire ? Ce n’est pas de votre faute si la beauté vous a adopté. Cela comporte des inconvénients qui vous chicotent. Il se peut qu’une revue bien connue au niveau planétaire vous demande une séance de photos. Ne dites pas oui immédiatement, même si plusieurs dollars sont en arrière de cela. Réfléchissez bien avant de prendre une décision éclairée. Ne faites pas d’erreur. Né en juillet – Le renard La chance sourit aux personnes qui se lèvent tôt. Prochainement, plus précisément le 11 de ce mois, vous remporterez un lot de 1000$ dans une loterie locale et, le lendemain, vous raflerez une somme de 500$ au bingo. Vous marchez sur un filon d’or. Le reste, l’avenir vous le fera savoir. Vous suivez présentement une diète qui vous a fait perdre 20 livres. Malheureusement, vous les regagnerez durant le mois. Tout sera à recommencer, mais pas durant la période estivale, à l’automne peut-être. Né en août – Le porc-épic Vous pensez sérieusement à retourner aux études. Vous êtes resté planté devant la télévision et les DVD depuis quelques années, cela ne vous a mené à rien. Il serait bon pour vous et votre avenir de détenir un diplôme de secondaire pour commencer. Vous avez 30 ans et pourriez faire un bon médecin. Puisque vous êtes un ancien revendeur de drogues, vous êtes sûrement fort en chimie. D’ici les

trois prochaines années, votre vie sera scolaire et vous ne le regretterez pas. Né en septembre – La ouananiche Votre liste de projets est longue. Il faut y aller mollo. Vous n’avez pas les moyens de réaliser quoi que ce soit en ce moment. Donnez-vous quelques mois avant de pouvoir faire l’achat d’une minoune pour faciliter les déplacements de votre travail. La belle vie viendra, c’est inscrit dans le ciel. Avant que tout cela n’arrive, il faudra travailler fort. Côté santé, vous manquez d’exercices. Quelques bourrelets en sont la preuve. Mettez les restaurants de côté et mangez de la galette de sarrasin. Né en octobre – Le loup Plusieurs partys sont en vue ce mois-ci. Vous êtes dans la fleur de l’âge et voulez garder un air de jeunesse. Le côté néfaste de votre vie nocturne est votre consommation abusive de produits illégaux. Vous n’êtes pas vendeur mais la police vous surveille quand même. Ne vous trouvez pas aux endroits d’une descente possible. Vous avez des dossiers à la justice et on pourrait vous embarquer dans le panier à salades lors d’une perquisition. Soyez prudent et amusez-vous proprement. Né en novembre – Le castor Le milieu familial sera un secteur à ne pas négliger dans votre vie de tous les jours. Des rumeurs circulent sur votre possible infidélité. Un mur de briques pourrait vous tomber sur la tête et mettre fin à une relation qui dure depuis 5 ans. Ce sera de votre ressort de prouver que vous êtes une personne fidèle. Vous sortez trop souvent et cela agace votre partenaire de vie. La porte est proche, vous dira-t-on. Reprenez-vous en main et votre vie amoureuse se replacera toute seule. Né en décembre – Le lièvre Vos vacances annuelles arriveront bientôt. Vous n’avez encore rien planifié. Il se peut que vous restiez à la maison pour investir dans un nouvel ameublement. Vos meubles datent des années 80. Vous voulez rafraichir le vieux décor et faire place à un nouveau style. Vous aurez le temps de faire une escapade au casino. Les astres voient que vous ne reviendrez pas les mains vides, mais pas millionnaire non plus. Ce voyage permettra à votre couple de vivre des moments merveilleux et pleins de tendresse.

Né en janvier – Le caribou Vous qui raffolez de billets de loterie, vous serez bien servi. Vers le milieu du mois, un gain important vous attend. Une somme de 10 000$ viendra garnir votre compte en banque qui était presqu’à zéro. Cela tombe bien puisqu’il y a des factures importantes à payer. Votre petite famille sera heureuse d’apprendre que vous voulez les emmener à la Ronde. C’est un beau voyage, qui plaira à vos enfants qui n’ont jamais vu ces installations récréatives. Un voyage qui restera inoubliable. Né en février – La martre Vous devrez combattre les malaises causés par votre foie. Vous avez sûrement aussi des pierres au rein. Les astres vous recommandent de voir dans les plus brefs délais votre médecin de famille avant qu’il ne soit trop tard. «Trop de gras ou trop de bière!» diagnostiquera le docteur. Ne faites pas de projets pour cet été. Une opération au laser est prévue prochainement pour éliminer ces pierres. Vous serez obligé de modérer votre consommation de bière et diminuer considérablement les chips trop grasses. Né en mars – Le vison On augmentera votre salaire dans les prochaines semaines. Votre supérieur approuvera votre demande d’études. Vous en êtes à la dixième année de services chez le même employeur, un employé modèle qui ne consomme ni drogue et boisson. Vous êtes grandement apprécié pour votre professionnalisme. Du côté sentimental, vous devrez régler certaines choses qui vous irritent. Agissez maintenant, avant que tout ne s’envenime. Il faut mettre les points sur les (i). Né en avril – La truite grise L’un de vos amis vous proposera de vous vendre son chalet. Il vous fera un bon prix et il y a de fortes chances que vous en fassiez l’acquisition. L’un de vos rêves se réalisera. Vous en avez assez de faire des voyages outremer et vous voulez profiter de la belle chaleur d’été sur la plage. La famille approuvera à 100% l’achat de ce chalet, qui égayera la période estivale. Vous êtes une personne économe, cela ne dérangera pas beaucoup vos liquidités à la banque. Vive les BBQ !

TOURISME AUTOCHTONE

Chronique touristique

La Route des Pow-Wow : venez faire la fête Il faut le vivre pour réaliser à quel point le Pow-Wow est une célébration importante au Québec : le moment unique chaque année de voir rassemblées plusieurs Nations d’ici et d’ailleurs. Certains Pow-Wow attirent plusieurs milliers de spectateurs de différentes provenances. Ils sont indissociables de l’été québécois. Véritables festivals où le partage

est roi, ces rassemblements sont des moments forts du calendrier des Premières Nations où sont perpétuées nos cultures et nos traditions. e Pow-Wow est l’occasion d’une véritable immersion dans les différentes cultures traditionnelles autochtones et la réappropriation de notre identité. D’abord par le biais de l’artisanat et de la confection de vêtements, les Nations se faisant une fierté

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d’exposer le travail de leurs meilleurs artisans et créateurs. Ensuite, bien sûr, à travers les chants et la musique, sans oublier les saveurs autochtones, puisque la gastronomie occupe toujours une place de choix! Toute l’équipe de Tourisme Autochtone Québec désire vous souhaiter une bonne route des Pow-Wow sur le Québec autochtone et de riches partages de notre culture millénaire!

Danseurs traditionnels.

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Par Patricia Auclair


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NATION INNUE Chronique

Vous souvenez-vous, il y a 20 ans… Par Benoit Sioui

Lancé au mois de février 1998, le journal La Voix des Premières Nations (Innuvelle) fête cette année ses 20 ans d’existence. Que de chemin parcouru depuis. Dans le cadre cette année anniversaire, la direction de l’entreprise fera paraître les différentes manchettes de l’époque afin de faire un retour dans le passé. Parution du mois de mai 1998, voici les manchettes qui accompagnaient cette édition :

DE FILMS FESTIVALHTONES AUTOC ANU INNU K N) (5e ÉDITIO

JEUX AUTOCHTONES INTER-BANDES 1998

AU CHAM DE TAEKWPIONNAT CANAD IEN ON MÉDAILLE-DO EN ALBERTA. S D POUR DEU E BRONZE X DE MANI ATHLÈTES UTENAM (CHRISTIN A & MÉLINA FONTAINE FONTAIN E)

OUVERTURE OFFICIELLE DE SHAPUTUAN – LA MAISON DE LA TRANSMISSION CULTURELLE (DIRECTEUR RÉGINALD VOLLANT) PROJET DE SENTI ER DE MOTONEIGE DU RÉSERVOIR SM AU GRAND LAC GE -2 RMAIN

MENT SEMENCE E N ’E D T JE IS PRO UITE GR UDAN DE LA TRU LAC HO A) A (TOULADI) RAPPE 277 (LOT DE T

MATUN TSHISHKUTAN MAK U IM INNU-A U INNU-AIT N

18 • La voix des Premières Nations [Mai 2018]

UAUITSHIT UN, UN ORGANISME POUR L’AVEPRÊT NIR

NATASHQUAN, VERS UNE PLUS GRANDE AUTONOMIE

TRE AVEC RENCONO URNIER N PAUL F P ORATIO R DE LA COLOPPEMENT DE DÉVEE MONTAGNAISE IQU ÉCONOM (CDEM)

AIR INC. RÉGIONNPORTAGE E (PLUBI-RO MPAGNIE) C A L SUR OPITCIW AN, AU C D’UNE AIR Œ E FAUNIQUR COMMUN AUTAIREUE

RÉSUMÉ DE LA RÉFLEXION TENUE EN NOVEMBRE 1997 (EEYOU ATCHEE, TERRITOIRE CRI AU SUD DU 55e PARALLÈLE)

ENZIE IPPE MCK IL E H P C E R TE PRÈT E AV IN U V R E U R E T IT N S E M) -COMPO (AUTEUR DE MANI UTENA

PCP ALIAS MESCALINE ALIAS MASCOUCHE (PROGRAMME POUR CESSER LA CONSOMMATION)


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Conseil d’administration Journal La Voix des Premières Nations

Bilan Josée Leblanc

Mise en contexte

Léonard McKenzie

Kateri Jourdain

Kim Fontaine

Principales actions

Depuis 2016, plus de 20 rencontres ont eu lieu

Élaboration d’une planification stratégique et d’un plan d’affaire Changement de nom pour une appellation plus représentative de toutes les Premières Nations desservies : La Voix des Premières Nations

Un travail titanesque a été accompli

Plusieurs changements internes furent apportés : contenu du journal et gestion des opérations

Tous les membres du Conseil se sont investis car ils croyaient à l’importance de ce média d’information pour les Premières Nations du Québec

Ré-obtention d’une subvention de fonctionnement de la part du Ministère de la Culture et des Communications Québec perdue depuis 7 ans Dépôt d’un plan d’affaire auprès de la Société du Plan Nord (réponse attendue en mai)

En période de redressement, des décisions importantes et difficiles furent nécessaires

Engagement d’un nouveau coordonnateur autochtone depuis le 9 janvier Entente avec 3 organisations des Premières Nations qui agissent désormais comme collaborateurs réguliers et avec quelques pigistes autochtones.

La vision commune partagée par l’ensemble a constitué la force du groupe

Fierté partagée L’ancien journal Innuvelle maintenant devenu La Voix des Premières Nations a subi des changements importants. Ce dont nous sommes le plus fier, c’est d’affirmer que la majorité du contenu est rédigé par des membres des Premières Nations du Québec.

Avis de convocation Assemblée générale annuelle 2017 du journal Innuvelle Avis à toute la population et aux membres du journal Innuvelle Vous êtes convoqués à la réunion de l’assemblée générale annuelle qui aura lieu le mercredi le 23 mai 2018, à compter de 16 h 30, à la salle Shiship de l’hôtel Quality Inn situé au 1009, boul. Laure, Uashat, G4R 4S6.

Les points à l’ordre du jour seront : 1.

Vérification du quorum;

2. Lecture et adoption de l’ordre du jour; 3. Présentation du rapport annuel du CA; 4. Présentation des États financiers audités; 5. Approbation des vérificateurs pour l’année 2018; 6. Ratification des changements aux règlements généraux; 7. Nomination d’un président d’élection;

La présidente, JOSÉE LEBLANC

8. Nomination d’un secrétaire d’élection; 9. Élection; 10. Varia; 11. Levée de la réunion.

Par une décision unanime des administrateurs en place, veuillez noter que dans un souci de transparence à tous les égards, tous les sièges administrateurs seront mis en élection durant cette assemblée.

[Mai 2018] La voix des Premières Nations • 19

Je vous prie de recevoir mes salutations distinguées.


Conception et réalisation graphique : Line Hervieux Responsable | Gestion de l’image | Institut Tshakapesh

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Ushkat ut ka shenakanit neme pipun 1978 nuash ishpish kashikat, apu ut punipanit e mishkutshipanit ne Mashinaikanitshuap Tshakapesh. Ka tutakanit mamuitun anite ka apiht tshishennuat, kie ma ashit ka tutakaniti atusseuna tshe apashtakaniti anite tshishkutamatunit, ka tshishkutamatshenanut, ka unuipanitakaniti mashinaikana, ka uauitshiakaniht kamatau-pikutaht, ekute anite uiauitshiaushit ne Mashinaikanitshuap Tshakapesh tshetshi ashu-patshitinakaniti tshissenitamuna nete aianishkat, tshetshi mishituepanitakanit innu-aitun mak tshetshi ashinenanut/kashekananut e innunanut. Neunnuepipuna eshpish atusseshtuakaniht innuat Depuis son inauguration en 1978, l’Institut Tshakapesh ne cesse d’évoluer. De la mise sur pied d’un conseil des aînés, en passant par la création d’outils pédagogiques, la formation, la publication de livres, le soutien aux artistes, l’Institut Tshakapesh contribue, de par son expertise, à la transmission des savoirs d’une génération à l’autre, au rayonnement de la culture innue et à l’essor de la fierté identitaire. 40 ans au cœur des communautés

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Mai 2018 (Vol. 21 – No. 04)  

Mai 2018 (Vol. 21 – No. 04)  

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