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ÉTÉ 2017

LE JOURNAL DU CHANTIER DE LA VAPEUR

ÉTÉ 2017


VACARME

REPRISE DE FLAMBEAU !

L

undi 3 avril 2017, arrivée en stage à La Vapeur. Après avoir travaillé sur les deux premiers numéros de Vacarme avec toute une team du Master 1 IMI (Ingéniérie des Métiers de l’Information à l’Université de BourgogneFranche-Comté) déjà bien rodée, je ne vous cache pas que je n’ai pas fait la maligne devant la maquette blanche qui allait devoir se remplir par mes soins, et uniquement les miens. Et oui, parce que les collègues aussi sont partis en stage, me laissant le trophée du CercleCom, reçu quelques mois plus tôt en récompense de Vacarme #1, dans les bras. Pour ceux qui prennent le train en marche, Vacarme, journal du chantier de La Vapeur, c’est principalement à destination de vous, habitants des Quartiers Nord, et tous ceux que ça intéresse ! Nous vous invitons sur le chantier de la salle qui se transforme, au sein de l’équipe, aux activités hors les murs… Pour

que vous puissiez vous imprégner du lieu, car il sera vôtre dès sa réouverture, en janvier 2018. Somme toute, j’ai bien cru me noyer sous douze pages de papier, mais la lumière du bénévolat et de la médiation fit son apparition, m’offrant deux bénévoles courageux, émilie et Daniel, et une équipe du SAS (dispositif de remédiation éducative) dont l’éducateur Ibrahim, et deux jeunes, Lynk et AnneCharlotte. Avec le coup d’oeil avisé d’émilie, la plume d’Anne-Charlotte, la méticulosité de Daniel, l’attention d’Ibrahim, et la tchatche de Lynk, nous vous avons

concocté un joli troisième numéro pour vous faire part, notamment, de l’avancée des travaux, et vous donner une idée de la future silhouette de La Vapeur. Bonne lecture !

Pour l’équipe de rédaction, Eva-Marie Debas.

De gauche à droite : Anne-Charlotte, Émilie, Eva-Marie, Lynk, Ibrahim, sous les sunlights des tropiques (absent : Daniel). Photo Samuel Offredi

LA RÉDAC.

SOMMAIRE La jeunesse à l’oeuvre / Et les travaux, ça avance ? ..................... 3 Pourquoi une nouvelle Vapeur ? / 3 questions à Suez ................... 4 Sur le terrain ................................................................................. 5 Les visages de La Vapeur ........................................................... 6-7 Avenue de Stalingrad d’hier à aujourd’hui ............................... 8 - 9 Souvenirs, souvenirs #2 .............................................................. 10 Chantier sonore / La Vapeur s’expose ......................................... 11

Directeur de publication Yann Rivoal, directeur et programmateur de La Vapeur Rédaction en chef Eva-Marie Debas — Elsa Girard — Frédéric Joly Rédaction —Photographie — Graphisme Eva-Marie Debas — AnneCharlotte Grognet — Daniel Hernandez — Emilie Perricaudet — Lynk Silva Contact info@lavapeur.com

Remerciements À Adélaïde Racca, graphiste à l’atelier Superseñor, à Ibrahim Benzidi pour l’aide apportée avec les jeunes du SASà Emilie Perricaudet et Daniel Hernandez, bénévoles, et aux Archives Muncipales de la Ville de Dijon. Merci également à tous ceux qui ont donné de leur temps pour la réussite de ce journal. Ce journal a été tiré à 1 500 exemplaires chez I.C.O. 17 rue des Corroyeurs, 21000 Dijon


ÉTÉ 2017

LA JEUNESSE À L’ ŒUVRE « Faire les tâches difficiles »

À 23 ans, Valentin Henri déborde d’enthousiasme pour son métier de maçon mais livre un témoignage sincère sur les difficultés d’être jeune sur un chantier.

Les travaux de La Vapeur sont une nouveauté pour Valentin : « Ici tout est gros, voire démesuré comparé à ce que j’ai déjà vu sur les autres chantiers. Avant, je montais des murs d’un mètre, à La Vapeur ils en font 20 ! » s’exclame-t-il. Heureusement, le travail de maçon se fait avant tout en équipe : « On ne peut pas travailler l’un sans l’autre sur un chantier. On doit par exemple forcément être quatre pour porter une plaque de treillis » Cependant, être le plus jeune maçon est selon lui un désavantage : « Vu que j’ai 23 ans, je suis moins usé et plus susceptible de faire les tâches difficiles. Et puisque j’ai moins d’expérience, je sais que mes collègues m’attendent au tournant si jamais je ne fais pas mon travail correctement. »

I

l est midi et une fine pluie recouvre le chantier ensablé. Valentin Henri peut enfin prendre sa pause déjeuner, il saute du manitou à travers deux flaques d’eau pour se mettre au sec. Il déblaie la poussière d’une dalle de béton abritée pour discuter. À seulement 23 ans, Valentin est le plus jeune ouvrier du chantier. Et certainement l’un des maçons les plus souriants !

Sur les pas de Christopher Des chantiers, Valentin n’en a pas connu beaucoup, mais c’est un passionné. Pendant ses deux années de bac pro paysagerie dans une petite ville à côté de Langres, il se forme en apprentissage dans une entreprise de maçonnerie. « C’était difficile comme première expérience car c’était beaucoup trop physique » confie-t-il. À l’époque, son actuel chef Christopher (souvenez-vous, il a fait la couverture de Vacarme #1 !) est alors employé dans la même entreprise. Celui-ci décide finalement de partir et d’intégrer l’entreprise aujourd’hui en charge du gros oeuvre du chantier

Un enthousiasme à toute épreuve

Aux commandes, Valentin Henri. Photo Eva-Marie Debas

de La Vapeur, Styl’Rénov Construction (S.R.C.) À peine installé, il re-contacte Valentin : « On s’était bien entendu et une autre place se libérait chez S.R.C. C’est un peu grâce à lui que j’ai quitté l’entreprise dans laquelle je ne me plaisais plus pour arriver ici » concède volontiers Valentin.

Malgré sa jeunesse et la difficulté physique du travail, nul doute possible, le métier de maçon lui plaît : « C’est dur mais j’aime la construction, voir l’évolution d’un chantier, les étapes de fabrication. On prépare les fondations, on monte les murs et les cloisons, on pose les dalles. Et puis même si le fait de travailler dehors n’est pas toujours avantageux, je n’aimerais pas rester derrière un bureau, j’ai besoin de bouger ! » s’exclame-t-il tout sourire malgré le temps pluvieux.

Eva-Marie Debas

3 2

TERRASSEMENT DÉMOLITION GROS ŒUVRE

Septembre 2016

7

5 4 COUVERTURE ÉTANCHÉITÉ

ÉLECTRICITÉ

6 MURS BOIS MENUISERIES BARDAGES

ASCENSEURS JARDIN PARTAGÉ

9 8 CLOISONS PLAFONDS PEINTURE

13

11 10

12

SCÉNOGRAPHIE REVÊTEMENTS DE SOL

Janvier 2018

en cours

1

VOIRIE RESEAUX CHAUFFAGE PLOMBERIE DIVERS (VRD) ESPACES VERTS VENTILATION

mission accomplie !

DÉSAMIANTAGE

CHARPENTE MÉTALLIQUE

à faire

ET LES TRAVAUX, ÇA AVANCE ?


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POURQUOI UNE NOUVELLE VAPEUR ? Rencontre avec Christine Martin, adjointe déléguée à la Culture, à l’animation, aux festivals et présidente de La Vapeur, à l’initiative du projet de rénovation, et Sandrine Hily, conseillère municipale déléguée à la Démocratie locale et au quartier Varennes - Toison d’Or - Joffre.

Q

ui se cache derrière la métamorphose de La Vapeur ? Christine Martin, qui a su engager la rénovation, et Sandrine Hily, en charge du futur jardin partagé derrière la salle. Fortement engagées dans les projets culturels qu’elles soutiennent sous la bannière de la ville, elles nous expliquent pourquoi et comment l’idée d’une Vapeur rajeunie a pu s’amorcer.

Une conjoncture favorable Comment les travaux de La Vapeur se sont-ils décidés ? « Il arrive un moment où, quand un équipement culturel a 20 ans, il faut savoir se renouveler » admet Christine Martin. Un processus accéléré par l’arrivée d’un nouveau directeur en 2011 : « On avait tous en tête de rénover La Vapeur. À l’arrivée de Yann Rivoal, le projet a été dynamisé par sa volonté d’inclure les forces vives du quartier autour de La Vapeur. Et puis le bâtiment était vieillissant, les bureaux des employés étaient exigus, et on a eu la chance d’avoir un mécénat comme Suez » explique l’adjointe au maire, soutenue par Sandrine Hily « C’est une conjonction de choses, dont les 20 ans de La Vapeur, qui a fait naître le projet. »

L’importance du quartier L’un des objectifs de cette rénovation : relier La Vapeur à son quartier. Christine Martin nous éclaire : « Le but c’est de décloisonner la salle, accroître la convivialité et la participation du

Sandrine Hily et Christine Martin, engagées pour la nouvelle Vapeur. Photo Eva-Marie Debas

quartier au projet. Il y aura notamment une salle dédiée aux actions de médiation, un jardin partagé, etc. » Une proposition qui s’entrevoit dans l’ossature même du futur bâtiment : « L’architecte choisie, Marie-José Barthélémy a saisi l’esprit du lieu avec une approche socio-culturelle. Tout en gardant le côté industriel du lieu, et en utilisant des matériaux recyclés, elle a su l’ouvrir sur le quartier » précise Sandrine Hily.

La culture pour tous Malgré l’extension de la grande salle qui passera à 1200 places, l’intention de l’adjointe

reste de servir la Culture : « La Vapeur doit permettre aux gens de découvrir des artistes, et la politique tarifaire ne changera pas. De même, la Carte Culture sera toujours au même prix et garantira un accès facile à la salle de concerts aux étudiants » clarifie-t-elle. Un projet artistique à prix raisonnables, pour tous publics : « L’objectif est avant tout l’accès à la culture et la mixité sociale. Il faut que chacun se sente le bienvenu » précise la présidente de La Vapeur, enchaînant sur une réflexion plus large autour d’un présupposé élitisme culturel : « En tant qu’adjointe à la culture, je veux notamment permettre l’ouverture et l’accès à celle-ci. Personne ne doit se dire que ce n’est pas pour lui, car dans la culture, c’est le plaisir qui compte ! » Le message est passé, la nouvelle Vapeur vous attend.

Eva-Marie Debas

3 QUESTIONS À SUEZ Rencontre avec Marc Bonnieux, directeur régional de Suez Eau France BFC Grand-Est. 1 - Pourquoi l’entreprise Suez a-t- 2 - Concrètement, comment le 3 - À titre personnel, comptezelle choisi de soutenir la nouvelle mécénat fonctionne ? vous fréquenter la future Vapeur ? Vapeur ? « C’est une aide financière et nous avons mis « Oui, de plus nous avons plus de 300 salariés et « Nous soutenons La Vapeur car c’est un projet qui est dans une logique d’ouverture sur le quartier, au plus proche de la population. C’est en phase avec nos valeurs car nous distribuons de l’eau à tout le monde. De plus, Dijon est le siège régional de Suez et il est important de participer à l’attractivité de la ville pour le rayonnement régional. »

en place une convention qui fixe les obligations de part et d’autre. Concrètement, nous utiliserons le vecteur des concerts pour valoriser l’eau de boisson. Il y aura une fontaine à eau côté artistes et une autre côté spectateurs. Le but n’est pas de faire de l’ombre aux autres boissons, mais de montrer qu’il faut préserver les ressources culturelles et naturelles. »

ce sera l’occasion de valoriser l’offre culturelle de La Vapeur auprès d’eux. Et nous aimerions souhaiter nos voeux 2018 à La Vapeur si elle est réouverte… »

Propos de recueillis par Eva-Marie Debas


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SUR LE TERRAIN... Ceci n’est pas une machine mais un poste de radio. Photo E-M.D.

L’arrière de la future salle de concert. Photo E-M.D.

Pause fraîcheur pour les ouvriers. Photo Eva-Marie Debas

Les casques de chantier aussi savent prendre du repos. Photo Daniel Hernandez

Vue de l’ancien club : à gauche, la billetterie ; à droite, l’emplacement du bar. Photo E-M.D.


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LES VISAGES DE ALEXANDRA Vacataire billetterie Alexandra, 31 ans, intègre La Vapeur en 2010 en tant que bénévole puis devient vacataire billetterie deux ans plus tard. Clôturer les ventes, comptabiliser, vendre et contrôler les billets, préparer la caisse, ouvrir les guichets… Son travail est polyvalent, puisqu’elle aide également au bar lorsqu’elle a le temps. Après avoir obtenu une licence de Langues étrangères appliquées, un Master en tourisme et culture et un premier emploi dans le tourisme en Bourgogne, elle se décide à entrer dans le monde de la culture à l’issue de différentes expériences bénévoles. Passionnée par la musique et le contact avec les gens, cette amatrice de pop/rock a trouvé sa vocation.

Anne-Charlotte Grognet & Lynk Silva

TONY & SAMUEL Régisseurs studios Arrivé à La Vapeur en 2010, Samuel Offredi est rejoint deux ans plus tard par Tony Januel, son ami depuis presque 20 ans. Tous les deux s’occupent des studios de répétition et de l’accompagnement de la scène locale. Avec les travaux, les studios sont fermés depuis septembre 2016. Ils se focalisent donc cette année sur les artistes locaux. De la mise à disposition d’un matériel en bon état au placement sur scène, Samuel, qui travaillait dans le milieu associatif précédemment, et Tony, musicien, transmettent leur expérience aux artistes et futurs artistes. La Vapeur, ils la côtoient depuis longtemps. « C’est un endroit festif, un lieu vivant ». Pour eux, c’est avant tout un état d’esprit que devra retrouver la future salle, forte de l’identité qu’elle s’est créée depuis de nombreuses années.

Maxime Gorczyca

AZ-DIN Agent de sécurité La Vapeur, Az-din l’arpente depuis cinq ans. Arrivé à Dijon en 2009, ce multilingue de 38 ans intègre la SIG en tant qu’agent de sécurité et devient rapidement chef d’équipe : « On gère principalement les départs de feux. Je m’occupe aussi de placer les agents. » En revanche, pour les concerts, Az-din s’occupe de la palpation à l’entrée et des tableaux d’alarme. Loin du stéréotype de vigile brute, il n’a qu’un seul objectif : « Que le concert se passe bien. » Nostalgique, il a hâte de retrouver La Vapeur à sa réouverture : « J’adore travailler avec l’équipe de La Vapeur. Elle nous fait confiance et nous laisse carte blanche pour la sécurité des concerts. C’est un peu une grande famille. »

Eva-Marie Debas

À retrouver bientôt dans l’équipe... Stella & Etienne, médiatrice culturelle & chargé de l’action artistique


LA VAPEUR #3

ÉTÉ 2017

JEAN-CHRISTOPHE Accompagnateur bénévole de personnes mal et non-voyantes Depuis les années 80, Jean-Christophe affiche un long et riche parcours de bénévole (radio libre, lecteur public, décorateur, cuisinier, serveur au bar, accueil des artistes et du public dans des festivals). En 2015, il répond à un appel à bénévoles pour accompagner des personnes mal et non-voyantes pendant les concerts. Il justifie son engagement : « Je voulais partager ces instants de plaisirs musicaux tout en offrant ma bienveillance ». En collaboration avec l’association les Yeux en promenade et Les souffleurs de mots, il suit une formation avec une audio-descriptrice. « On nous apprend comment s’approprier le spectacle, transmettre l’essentiel par codifications verbales ou gestuelles mais aussi gérer les déplacements dans l’espace de la salle » précise-t-il. Il reconnaît avoir tissé des liens privilégiés avec les personnes qu’il accompagne et souhaite poursuivre cette expérience originale à chaque concert.

Daniel Hernandez

YANN & ELSA Directeur & directrice adjointe Quel est leur rôle au sein de l’équipe ? « L’un met l’eau dans la cafetière et l’autre, le café » s’esclaffent-ils. Plus sérieusement, ils se chargent de la gestion financière de la structure, des ressources humaines, du rapport aux institutions et aux partenaires, de l’animation de l’équipe, de la réflexion autour du projet d’établissement et de la représentation de La Vapeur à l’extérieur. De lourdes tâches qu’ils se partagent : « Être deux c’est utile surtout pour l’animation de l’équipe, et le fait de pouvoir dialoguer en permanence avec l’autre pour prendre de bonnes décisions. On est un peu le rappel à l’ordre de l’autre sur ce qu’il y a à faire » explique Yann Rivoal, directeur et programmateur de La Vapeur. Elsa Girard, quant à elle, a aussi une double casquette. Arrivée en 2012, elle épaule Yann mais s’occupe également de la médiation culturelle.

Eva-Marie Debas

XAVIER Technicien son (intermittent du spectacle) À 38 ans, Xavier a un riche parcours. Après une formation de chargé de production à Issoudun, il enchaîne avec d’autres formations et devient technicien son. S’il a choisit ce métier, c’est avant tout « par amour de la musique et du spectacle vivant ». Suivant les contrats, il alterne entre régie « son façade » (son reçu par le public), régie « son retours » (son reçu par les artistes), et technique plateau (accueil des groupes, installation de leur matériel, etc.). Arrivé à Dijon en 2001, Xavier travaille pour La Vapeur depuis 10 ans : « Les groupes qui jouent dans cette salle sont souvent rodés, du coup ça roule tout seul ! » s’enthousiasme-t-il. Son témoignage est une éloge à la musique, mais aussi au terrain : « L’intermittence, c’est l’école de la démerde. Quoiqu’il se passe, il faut que ça joue. »

Eva-Marie Debas

Retrouvez plus de visages de La Vapeur dans Vacarme #1 et #2 !

Photos E.-M.D.


VACARME

AVENUE DE STALINGRAD Après vingt ans de vie dans des locaux devenus peu appropriés, La Vapeur se métamorphose et resserre les liens avec son quartier, également en mutation. Usines Pétolat, Cité du soleil, l’avenue de Stalingrad a eu une vie mouvementée. Retour au XXème siècle, et projection du futur visage de l’avenue de Stalingard.

LES USINES PÉTOLAT

Les usines Pétolat en 1964. © verner_oscar™

Les usines Pétolat en 1964. © verner_oscar™

Originaire de Morteau, Alfred Pétolat (1849-1916) fonda, en 1884, ses usines à Dijon, d’abord rue Devosge. Se réduisant d’abord à un simple atelier comprenant le strict nécessaire pour la fabrication des voies portatives et wagonnets pour les chemins de fer, l’espace devint rapidement trop restreint. La fabrication du matériel d’entrepreneurs qu’entreprit l’usine en 1889 exigea l’installation de nouveaux ateliers. L’usine prospérait tellement qu’elle fut coup à coup déplacée rue de Gray, route de Langres, et enfin Route de Ruffey, actuelle avenue Stalingrad et avenue Artistide-Briand. Jusqu’en 1968, de nombreux habitants de la Cité du Soleil travaillèrent pour celui qu’ils appelaient le « Père » Pétolat qui avait ouvert des piscines pour ses ouvriers dans le bois du Château de Pouilly.

En tête d’un document officiel. Archives de la Ville de Dijon, référence 4 H 3/33


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D’HIER À AUJOURD’HUI HIER, CITÉ DU SOLEIL

DEMAIN, VIA ROMANA

Démolition du bâtiment B de la Cité du Soleil en 2015. Grand Dijon Habitat

Vue 3D du futur quartier Via Romana. Studio mustard

Conçue en 1959, la Cité du Soleil ne devait durer que 10 ans. Elle en aura atteint 55, puisque les travaux de démolition ont débuté en 2014. L’histoire de ses logements sociaux débute dans les années 50, en réponse à la pénurie de logements à Dijon. La Cité du Soleil accueillait en priorité des travailleurs venus de l’exode rural, de l’Europe du Sud et du Maghreb. Certains trouvèrent un travail en face, aux usines Pétolat. Dotée de deux immeubles de quatre niveaux, cette cité d’urgence a vu se succéder plus de 750 familles dans ses 136 logements. (Plus d’infos sur le livre Mémoires du Soleil, disponible à elsagirad@ lavapeur.com

Porté par la ville de Dijon et Grand Dijon Habitat, l’éco-quartier Via Romana, en référence à l’ancienne voie romaine qui passait avenue de Stalingrad, sera ouvert sur le quartier, avec des formes architecturales diverses. Deux cents familles pourront résider dans ce nouveau quartier qui comportera des logements à loyers modérés et en accession libre. La première pierre devrait être posée début 2018.

LES MILLE ET UNE VIES DU N°42

Les usines Pétolat transformées en entrepôts des assurance Groupama. Archives de la Ville de Dijon, référence 35fi13

Plan de coupe des Ateliers Rock, premier nom de La Vapeur. Archives de la Ville de Dijon, référence Vapeur260

Construction de La Vapeur en 1994. Archives de la Ville de Dijon, réf. 35fi14

Un des premiers croquis de la future Vapeur. L’Office Parisien d’architecture


VACARME

SOUVENIRS, SOUVENIRS #2 Rappelez-vous, dans le Vacarme #1, on a recueilli des souvenirs de spectateurs ! Cette fois-ci, on s’attaque aux associations dijonnaises qui ont organisé leurs propres événements à La Vapeur, en co-production ou en location. Quels souvenirs en gardent-elles ?

MEDIA MUSIC Ursus Minor

SABOTAGE Deerhunter La Vapeur, Boris Ternovsky, l’un des créateurs de l’association Sabotage, l’arpente depuis 2004. L’organisateur du Festival MV, anciennement Kill Your Pop, garde un souvenir marquant du concert de Deerhunter : « C’était il y a six ans. Le groupe était tellement en retard qu’on a pas pu ouvrir la salle de La Vap’ à l’heure. On s’est retrouvé à devoir faire patienter les 300 personnes venues pour le concert, et quand le groupe est arrivé, il n’était même pas pressé. Mais bon, le concert était monstrueux, on a tous pris une petite claque ! » se rappelle ce passionné de musique « indé ».

Media Music, c’est le nom d’une structure bien connue à Dijon, puisqu’elle organise D’jazz dans la ville et D’jazz Cabaret à La Vapeur depuis l’an 2000. Son directeur actuel, Jacques Parize, a voulu mettre l’accent sur le concert de Ursus Minor, programmé à La Vapeur en 2013 : « Ursus Minor, c’est emblématique de ce qu’on peut faire ensemble, une salle de musiques amplifiées et une association programmatrice de jazz. Il y avait des musiciens jazz, rap, soul, qui ont emmené un public éclectique ! C’était vraiment un mélange des genres et des publics, qui n’ont pas l’habitude de se côtoyer. »

ZUTIQUE Human BeatBox Festival

SCENIZZ Babylon Circus Nicolas Zenone a fondé Scenizz en 2012, afin d’organiser des spectacles dans la région. Son objectif : « faire découvrir des artistes aux gens et leur faire ressentir des émotions » explique le trentenaire. Il se souvient encore du premier concert qu’il a organisé à La Vapeur  : « Le 11 octobre 2013, j’ai fait venir Babylon Circus dans la grande salle. Après le concert, le groupe en première partie, Rage Against The Marmottes, a commencé à jouer dans les loges et Babylon Circus a suivi. C’était magique, un revival de la chanson française festive ! »

Maxime Nolot est chargé de production chez Zutique Productions, une association créée en 1996 et notamment organisatrice du Tribu Festival. Son plus beau souvenir ? Non pas un concert mais un festival, qui a duré de 2007 à 2014 : « Le Human BeatBox Festival organisé à La Vapeur ! Le beatbox est une pratique vocale consistant à reproduire toutes sortes de sonorités avec la bouche, cet événement était donc unique en son genre, et même le seul festival européen dédié à cette discipline. On a réussi à toucher un public très large, et l’ambiance était fantastique. Le festival a très bien fonctionné car notre but était de faire découvrir cette pratique au plus grand nombre, et de créer des échanges entre professionnels, amateurs et non initiés. Un grand moment de partage ! » s’enchante-t-il. Deerhunter : Photo Vincent Arbelet // Ursus Minor : Photo Jacques Revon Babylon Circus : Photo Philippe Malet // Human BeatBox Festival : Photo DR


CHANTIER SONORE, CONCERT ATYPIQUE Le 9 mai dernier, Romain Billard, de son nom d’artiste, Noeh, a donné un concert aux élèves qu’il accompagne dans le cadre du projet Chantier Sonore. L’occasion pour tous les lycéens des Marcs d’Or de sortir de leur quotidien, à même leur établissement.

F

in de journée au Lycée des Marcs d’Or. Les élèves sortent de cours et se dirigent bruyamment vers l’atelier gros oeuvre, où les attend Romain Billard, l’intervenant que douze d’entre eux connaissent. Bien qu’un peu agités et interloqués de voir un concert dans leur atelier, la centaine d’élèves ne tarde pas à se détendre au rythme des notes pop de l’artiste.

Qu’est-ce que le projet Chantier Sonore ? Une proposition pédagogique, débutée en janvier dernier, soutenue par la D.R.A.C., qui a pour but de permettre à des élèves de seconde option Design Architecture et Techniques de mettre en application leur apprentissage avec la réalité du terrain. A l’occasion de la rénovation de La Vapeur, douze élèves travaillent à l’élaboration d’une maquette du futur foyer. Louis, un élève qui participe, nous en dit un peu plus : « On est séparés en deux groupes : l’un travaille sur l’aménagement et la maquette du foyer, comme un architecte, et l’autre groupe essaye de savoir comment sera le son dans cet espace. » La musique au sein de l’architecture, une notion nouvelle pour ces élèves : « Ils ont l’habitude de travailler sur des choses très terre

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à terre, la musique reste abstraite pour eux. Heureusement, Romain les structure correctement » s’accordent à dire Bruno Escoffier et Didier Bontemps, le duo pédagogique en charge du projet. Si le but du Chantier Sonore est avant tout d’apprendre aux élèves le design d’espace dans une situation réelle, Romain Billard a d’autres ambitions : « J’ai envie de susciter chez les élèves une curiosité au-delà du quotidien, et leur montrer qu’ils peuvent faire des projets créatifs et artistiques dans une filière 100% technique. » Restitution du projet samedi 17 juin à l’occasion de Chantier Ouvert #1

Eva-Marie Debas

Les élèves des Marcs d’Or, surpris d’assister un concert dans l’atelier gros oeuvre. Photo Yann Rivoal

LA VAPEUR S’EXPOSE À l’occasion de l’exposition Dijon, Archi’Culture, la silhouette de la nouvelle Vapeur se révèle à travers un parcours entre 14 édifices dijonnais. Maquettes, ateliers interactifs ou encore interviews d’architectes, la future salle devient moins abstraite au Musée de la Vie bourguignonne.

D

ijon, Archi’Culture, c’est la présentation de 14 projets architecturaux contemporains nés à Dijon. Entre la construction de la Minoterie, la rénovation du Musée des Beaux-Arts ou encore la création du Consortium, se dessine l’ébauche de la nouvelle Vapeur. L’occasion d’en apprendre un peu plus sur son histoire et de visualiser ses futurs contours, à travers de multiples dispositifs. L’exposition rappelle les origines de La Vapeur, créée à la demande du secteur associatif en 1995. En 2006, elle est érigée en établissement public local et intègre, six ans plus tard, le réseau des Scènes de Musiques Actuelles. Puis

la présentation s’attarde sur la nouvelle salle, qui voit sa capacité d’accueil augmentée, son équipement technique amélioré, et son parvis s’ouvrir au quartier. Avec quelques précisions techniques pour les amateurs d’architecture : afin de garder son identité populaire et industrielle, la charpente s’habille de matériaux bruts délibérément dégradés et stabilisés. Exposition à voir jusqu’au 6 novembre 2017. Pour découvrir en vrai la nouvelle Vapeur : rendez-vous le 16 septembre au Chantier Ouvert #2 à l’occasion des Journées du Patrimoine. Une plateforme interactive...Photo Eva-Marie Debas

Eva-Marie Debas


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Rendez-vous début 2018 !

Vacarme #3 - Juin 2017  

Journal du chantier de La Vapeur. Directeur de publication : Yann Rivoal Rédacteur en chef : Eva-Marie Debas, Elsa Girard, Frédéric Joly Réd...

Vacarme #3 - Juin 2017  

Journal du chantier de La Vapeur. Directeur de publication : Yann Rivoal Rédacteur en chef : Eva-Marie Debas, Elsa Girard, Frédéric Joly Réd...

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