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LE JOURNAL DU CHANTIER DE LA VAPEUR

MARS 2017


Vacarme

JOUR DE BOUCLAGE maquette. Toutes deux contentes de l’ébauche, on reprend le chemin des modifications. Heure de fin bouclage prévue : 18 h 30. 16 h 26 : moment de calme, Zoé en profite pour corriger les fautes d’orthographe. 16 h 56 : C’est le moment de la photo de groupe où chacun peut montrer ses talents d’acteur. Elsa et Anne reviennent pour faire les derniers réglages. 18 h 33 : on aurait dû boucler depuis trois minutes, on patauge encore dans des concours de titres. 19 h 13 : les vivres sont là. 20 h 01 : (bruit de capsules qui sautent enfin !). 20 h 51, je vous laisse, on m’attend pour boucler…

Jeudi 2 mars, 36 rue Chabot-Charny, salle 205, QG du master 1 InfoCom, 10 h 06. Au complet, l’équipe d’étudiants démarre en planifiant les délais d’impression et la livraison du numéro deux. On enchaîne avec un point « page par page » en vérifiant les contenus avec Eva-Marie et Elodie en charge de la mise en page. Tout le monde se réunit derrière l’ordinateur pour voir la maquette. Moment de débat autour de la photo de une, finalement validée à l’unanimité. 10 h 28 : premier souci de la journée, il manque la photo du sujet sur les jardins partagés (p.3). Après un moment de doute commun place à un moment de joie collective en trouvant (enfin !) celle qu’il faut. C’est le moment de répartir les tâches et régler les détails. « J’ai faim ! » s’impatiente Marion. 11 h 01 : Cyrille, Maxime et Simon rejoignent le chantier de La Vapeur pour prendre des photos et obtenir (enfin !) les témoignages manquants. Charlotte, Marion, Emmanuelle et Zoé planchent sur les légendes des photos. Problème, on s‘aperçoit qu’on a oublié d’insérer un article sur la programmation (p.9). La faim commence à se faire sentir. 13 h 43 : retour de pause, repu, chacun reprend ses activités. Elodie lance un vote à main levée pour savoir si on garde les sous-titres sur la une. Résultat : on l’allège au maximum. 14 h 11 : l’équipe se lance dans un « pendu » puis enchaîne avec un « pyramide », qui se solde vite par un échec, personne ne comprenant vraiment les règles. 1 rue Monge, salle de réunion de La Vapeur, 15 h 05 : on présente à Elsa et Anne notre

L’équipe de Vacarme. Photo Frédéric Joly

SOMMAIRE

LA REDAC’

Un lien plus fort ................................................. 3 Amandine Mollier, simplement indispensable .... 4 Entre deux Vapeurs ............................................ 5 La Vapeur vue par ses voisins ............................ 6 La musique adoucit les mômes .......................... 7 Les visages de La Vapeur #2......................... 8 - 9 Au cœur du festival GéNéRiQ .................. 10 - 11 La nouvelle Vapeur de l’intérieur...................... 12

Directeur de publication Yann Rivoal, directeur/programmateur de La Vapeur

Pour l’équipe de rédaction, Wadeck Colardelle

Rédacteurs en chef Frédéric Joly L’équipe médiation de La Vapeur Rédacteurs Wadeck Colardelle - Eva-Marie Debas - Maxime Gorczyca - Marion Lopez - Charlotte Meunier - Elodie Perret - Cyrille Pichenot - Zoé Theurel - Emmanuelle Violay - Simon Virot

#teamvacarme

Photo de une : Amandine Mollier par Emmanuelle Violay Contact : info@lavapeur.com Remerciements À Adélaïde Racca, graphiste à l’atelier Superseñor pour l’aide graphique, et à tous ceux qui ont donné de leur temps pour la réussite de ce journal. Ce journal a été tiré à 1 000 exemplaires dans le quartier de La Vapeur, chez S’print, rue Marguerite Yourcenar.


Mars 2017

UN LIEN PLUS FORT Un des enjeux principaux dans la reconstruction de La Vapeur est la volonté d’ouverture sur le voisinage. Dans le cahier des charges, les exigences étaient claires : avoir un bâtiment communiquant avec l’espace public. ette volonté s’explique par la philosophie de La Vapeur : faire en sorte d’aller vers ceux qui n’ont pas l’habitude d’assister à des concerts. Yann Rivoal, directeur de La Vapeur, insiste sur ce point : « beaucoup pensent que le lieu est réservé à une certaine catégorie de population et s’autocensurent en n’y allant pas. Si on veut briser ces a priori, il faut faire ce travail de relation avec le voisinage ».

Une ouverture rendue possible par l’architecture du bâtiment La nouvelle architecture permettra une proximité entre les riverains et La Vapeur. Par son parvis directement lié à l’avenue Stalingrad, et par son espace d’accueil indépendant des espaces de concerts, les habitants pourront plus facilement s’approprier le lieu. On peut ainsi imaginer que le parvis puisse accueillir un marché de producteurs locaux ou des événements associatifs. La nouvelle salle d’activité (accueillant ateliers, rencontres, formations, etc.) de La Vapeur pourra d’ailleurs être mise à disposition d’associations voisines, si elles le souhaitent.

Le parvis, symbole de la volonté d’ouverture. Perspective Office Parisien d’Architecture

Un chantier à découvrir Une autre volonté de La Vapeur est d’ouvrir le chantier au maximum. L’idée est de le faire visiter aux habitants proches, expliquer la démarche, le fonctionnement d’un chantier. Actuellement, l’heure est au terrassement et au gros œuvre, ce qui rend les visites impossibles pour des raisons de sécurités évidentes. Mais dès le printemps, ces visites seront mises en place, avec en bonus un concert et des surprises au cœur même du chantier ! Chantier ouvert #1 : samedi 17 juin à partir de 16 h, plus d’informations sur lavapeur.com.

DES JARDINS PARTAGÉS DERRIÈRE LA SALLE Imaginez un espace commun de jardinage réunissant les habitants du quartier. On pourrait cultiver son propre jardin, apprendre des plus expérimentés et transmettre aux plus jeunes, se réunir fréquemment autour d’un repas. Un principe simple qui a déjà fait ses preuves ailleurs et verra le jour prochainement derrière La Vapeur, sur une surface de 500 m². Le projet est né d’une volonté commune de La Vapeur et de la commission Varennes/Toison d’Or/Joffre d’installer des jardins partagés dans le quartier. Le tout avec l’aide précieuse de l’espace Baudelaire et de l’association “Arborescence”. Ces jardins pourront fonctionner indépendamment grâce à une association d’habitants. Mais La Vapeur aura également un rôle à jouer. Tout d’abord par la culture d’un parcelle destinée à nourrir

les artistes, mais aussi la mise en commun du compost, qui réunira les déchets des jardins et ceux de la cuisine de La Vapeur. De plus, l’eau de pluie tombée sur la totalité du bâtiment sera collectée puis réutilisée pour l’arrosage.

Soyez de la partie ! Si les notions de transmission, de convivialité et de plaisir à cultiver sont partagées par tous, il reste à définir la forme que prendront ces jardins. C’est pour cela que des réunions, ouvertes à tous, ont eu lieu depuis décembre 2016 et se poursuivent au printemps. Afin d’apprendre à se connaître, mais aussi définir les enjeux d’un jardin pour le bien commun. Des parcelles individuelles ? Communes ? Les deux ? Des arbres fruitiers ? Une table ? La mise en commun des outils ? Chaque suggestion est écoutée, il n’est pas trop tard pour rejoindre le mouvement ! Pour plus d’informations : elsagirard@lavapeur.com / 03 80 48 86 10

Simon Virot


Vacarme

AMANDINE MOLLIER, SIMPLEMENT INDISPENSABLE À 32 ans, la jeune conductrice de travaux joue un rôle déterminant pendant la rénovation de La Vapeur. Dans un milieu d’ordinaire masculin, elle réussit, avec l’expérience, à s’imposer progressivement et à s’épanouir.

Malgré un planning chargé, Amandine Mollier garde le sourire. Photo Emmanuelle Violay

ercredi, 11 heures. La réunion de chantier hebdomadaire se termine. Amandine Mollier sort enfin du bureau. Cheveux blonds, lunettes fantaisie, foulard noué autour du cou, elle salue ses collaborateurs et s’avance vers nous. «Désolée pour le retard, s’excuse-t-elle, le sourire aux lèvres. C’était plus long que prévu ». Présente uniquement un jour par semaine sur le chantier, la jeune femme n’a pas une minute à elle. Toutefois, elle est indispensable au bon déroulement de l’ouvrage. « En tant qu’OPC-conductrice de travaux, explique Amandine Mollier, mon rôle est de coordonner les différentes entreprises sur le terrain au rythme des décisions de l’architecte et du bureau d’études. Je m’occupe de l’enclenchement des tâches et j’anticipe les problèmes pour que les travaux soient terminés dans les temps ». Les entreprises ont un planning incompressible à respecter et la marge de manœuvre est faible pour remplir leur objectif commun. « Au départ, le chantier devait prendre fin en décembre 2017. Finalement, nous avons pour objectif une livraison début 2018 ».

Une carrière toute tracée Conductrice de travaux n’était pas une vocation. Après un baccalauréat scientifique, elle intègre l’École nationale supérieure d’architecture de Grenoble. Diplômée en 2007, elle débute en tant que salariée dans un cabinet d’architecte. « Une fois sur le terrain, je me suis

rendue compte que je préférais la réalisation à la conception » avoue Amandine Mollier. Ainsi, elle rejoint l’agence Realis MOE à Lyon, spécialisée dans la direction de travaux, et acquiert une mission d’OPC (ordonnancement pilotage et coordination). Fille de maçon, elle a toujours baigné dans le milieu du BTP. « Il faut croire que c’est un métier qui m’était prédestiné ! » s’amuse-t- elle.

«Il faut savoir être ferme» « La Vapeur, je ne connaissais pas, confie la jeune conductrice de travaux. Quand je suis venue visiter avant le début du chantier, j’ai vu qu’il y avait beaucoup de boulot ! ». En effet, le bâtiment vieillissant n’était plus aux normes actuelles. Dans quelques mois, une fois le projet achevé, Amandine Mollier compte bien venir profiter d’un concert. Bien que les femmes soient de plus en plus présentes dans le domaine du BTP, cela reste un milieu majoritairement masculin. «Il faut savoir être ferme mais juste, dévoile-t-elle, montrer aux hommes qu’on sait de quoi on parle». Toutefois, certains chantiers lui demandent de s’affirmer davantage : elle supervise actuellement la construction de 1250 chambres universitaires près de Paris, et confie devoir redoubler d’efforts pour trouver sa place. « En tant que femme, on a plus de choses à prouver » ajoute-t-elle.

Marion Lopez & Charlotte Meunier


Mars 2017

ENTRE DEUX VAPEURS Une des salles de concert se trouvera à l’étage. Photo Zoé Theurel

La sécurité avant tout. Photo Emmanuelle Violay

Les ouvriers s’activent pour achever les travaux à temps. Photo Emmanuelle Violay

La salle de concert passera de 743 à 1 200 places. Photo Zoé Theurel

Patience... le volet se lèvera début 2018. Photo Emmanuelle Violay


Vacarme

COMMENT LES VOISINS ACCUEILLENT-ILS LES TRAVAUX ? La Vapeur se rénove et sa transformation se fait à grand renfort de tractopelles. Les travaux occasionnent-ils des nuisances pour les riverains ? Les voisins ont-ils des attentes particulières pour la nouvelle salle ? Nous les avons rencontrés.

ANTONIO DA SILVA Président de la Maison du Portugal Voisin direct, le lieu entretient de bonnes relations avec La Vapeur. Antonio confie s’être servi de l’eau et de l’électricité de la salle, avec leur accord, lors de la construction de leur centre culturel. Puisqu’ils sont eux aussi en travaux, le chantier voisin n’est donc pas un problème. « La Vapeur a toujours existé. Ce n’est pas parce qu’ils font des travaux que ça va nous déranger ». En témoignent les invitations qu’ils envoient à La Vapeur lorsqu’ils organisent des manifestations sur place.

Maxime Gorczyca

CHARLES * Un habitant du quartier Oreille attentive, l’homme que nous avons rencontré se fait le porte-parole de bien des voisins dans le quartier Stalingrad. Après avoir recueilli leurs impressions, il nous en a fait part : « Au niveau des travaux en eux-mêmes, les habitants n’ont pas de reproches particuliers à faire ! La route n’est pas sale, le bruit n’est pas excessif, les engins de chantier ne perturbent pas la circulation… Non, ils ont quelques craintes futures, pour la réouverture. Pour eux, un aménagement des voies, et de la bordure au niveau de la rue Raoul Follereau seraient nécessaires car le passage est dangereux ! Pour les problèmes généraux de stationnement, qui sont la seule grosse chose dont les gens se plaignent actuellement, les riverains émettent beaucoup de réserves ». Charles peut être rassuré: un nouveau parking plus grand sera construit à proximité. * Le nom a été changé

Eva-Marie Debas & Cyrille Pichenot

TIPHAINE SAULAIS Voisine et C.P.E. dans un collège Tiphaine habite le quartier de la Toison d’Or depuis une douzaine d’années. Selon elle, « La Vapeur représente le poumon du quartier et j’attends qu’il en devienne le cœur. Quand on pense « Toison d’Or », on songe immédiatement au centre commercial régional du même nom et certains habitants ignorent parfois ce qu’est La Vapeur. Cela étant, depuis qu’il y a diverses activités proposées pour les enfants, entre autres, les habitants semblent s’être davantage appropriés les lieux ». Quant aux nuisances potentielles des travaux : «Ils ne sont pas dérangeants. On passe très souvent devant, ce qui nous permet de jeter un rapide coup d’œil à l’avancée de ces travaux. La « nouvelle Vapeur » dont le projet a été expliqué dans la presse locale me semble accueillante, belle même d’un point de vue architectural. J’espère que ce lieu fera vibrer le quartier et sera l’espace d’expression de la diversité des populations du quartier Stalingrad et au-delà. Je l’imagine comme un lieu de découvertes, d’échanges, de fêtes, d’expressions variées où se retrouvent jeunes et moins jeunes, où toutes les musiques actuelles s’expriment ! » Cyrille Pichenot


Mars 2017

LA MUSIQUE ADOUCIT LES MÔMES

De janvier à juillet, épaulée par La Vapeur, la Maison de la Petite Enfance de l’avenue Roosevelt organise des rendezvous musicaux pour ses toutpetits. Ce jour-là, un concert surprise attend les bambins et leurs parents. Le trombone de Florence Descharrières intrigue les apprentis spectateurs. Photo Charlotte Meunier

7 h 30. La mélodie sourde d’un tuba résonne dans les couloirs de la crèche. Quelques parents, venus récupérer leur progéniture, s’avancent jusqu’à la salle de jeux, interloqués. C’est là, entre un tapis en mousse et un cheval à bascule, que Florence Descharrières s’est installée. Musicienne et enseignante au conservatoire de Longvic-Chenôve, elle a une heure pour faire découvrir aux jeunes enfants des instruments de musique peu communs. « Les parents n’étaient pas au courant, explique Marie-Christine Potiquet, la directrice de la crèche. C’est une bonne surprise pour eux aussi ! ». Après quelques airs improvisés, Florence Descharrières troque son tuba contre un trombone. La longue coulisse amuse certains enfants. D’autres semblent plus inquiets. «Pourquoi y a beaucoup de tunnels ?» lance un des jeunes spectateurs, ébahi par les nombreux tuyaux de l’engin. Les enfants s’approchent des instruments, puis sont même autorisés à les toucher. « Estce que ça coûte très cher ? » s’interroge alors un curieux.

«Difficile d’anticiper les réactions» Pour Florence, c’est une grande première. Elle s’est produite à La Vapeur à plusieurs reprises, mais dans une crèche, jamais. «Quand on joue devant un public si jeune, c’est difficile d’anticiper les réactions, confie-t-elle. Certains ne vont même pas rentrer dans la salle, et d’autres vont être absorbés ». L’imposant trombone laisse place à la délicate flûte traversière. L’un des bambins se met à taper des mains, puis tous les autres l’imitent. Le rythme reste approximatif, certes, mais l’enthousiasme est là. 18 h 30. Florence Descharrières souffle sa dernière note. « Bravo ! » s’exclame le petit Tiago, la mine ravie. Parents et enfants applaudissent, puis la salle de jeux se vide peu à peu. « C’était une super expérience, affirme la musicienne. Certains enfants semblaient captivés. Qui sait, cela créera peut être des vocations ! ».

RENDEZ-VOUS À VENIR En partenariat avec La Vapeur, la crèche propose aux enfants des ateliers autour de la musique. Atelier « arbre à sons » - durant le mois de mars Fabrication d’un arbre à sons avec l’aide de la plasticienne Chacha Boudin. Eveil musical & massages sonores - de mars à mai Découverte du son et ateliers de relaxation grâce aux sons et aux vibrations. Concert à l’occasion de la Fête de la musique - semaine du 21 juin Orchestre de parents pour la fête de la crèche - vendredi 7 juillet Par Romain Billard.

Charlotte Meunier


Vacarme

LES VISAGES DE YANN CRUAUD Chargé de production Yann intègre l’équipe de La Vapeur en 2006 et en 2011, il prend le poste de chargé de production. C’est l’homme-orchestre de l’accueil des artistes. Il gère les fiches techniques, les bénévoles, l’accueil des groupes, réserve les hôtels, gère les repas, les plannings du personnel de sécurité, les courses pour les loges, tout en respectant les demandes de chacun. Bien sûr, il y a une part de négociation : « Quand les artistes sont trop exigeants, on trouve un compromis ». Yann, c’est un peu le grand intendant de La Vapeur pour la programmation. « J’ai des papiers partout mais je m’y retrouve », s’amuse-t-il. Yann est impatient que La Vapeur rouvre ses portes, pour trouver un lieu nouveau et agréable, où s’accordent concert, convivialité et fête !

Zoé Theurel

ANNE CHEVALME Médiatrice culturelle En 2014, suite à la collaboration entre 1.2.3. Cité Cap (structure rendant accessibles les événements culturels aux personnes en situation de handicap, qu’elle a fondée) et La Vapeur, Anne intègre l’équipe, en tant que médiatrice culturelle. Son rôle : organiser des ateliers musicaux et instrumentaux et faire découvrir la programmation, à travers des séances d’écoute, des conférences, des visites et des ateliers pratiques. Les objectifs : permettre à tous de participer à la pratique et la culture musicale, favoriser la mixité sociale et l’inter-génération et développer un rapport privilégié avec le quartier Nord de Dijon. « C’est assez rare d’avoir un axe médiation aussi fort » confie Anne. Le point fort est le partage des activités avec tous : enfants, jeunes, personnes âgées et en situation de handicap. À l’issue des travaux, un nouvel espace dédié à la médiation facilitera la mise en place de tous ces objectifs.

Zoé Theurel

ENZO Cuisinier-traiteur itinérant Spécialisé dans l’événementiel, Enzo est cuisinier-traiteur itinérant. Il collabore régulièrement avec La Vapeur depuis bientôt trois ans et assure le catering, c’est-à-dire l’accueil et la restauration des artistes mais aussi de l’équipe de La Vapeur, les soirs de concert. « On apprécie mon travail parce que je cuisine des produits frais ». Enzo peut ainsi retravailler ses produits et proposer une cuisine variée. Si certaines contraintes lui sont imposées par les artistes et leurs équipes (intolérances alimentaires, régimes particuliers), il reste libre dans sa manière de composer les plats. Pour lui, le repas est un moment de convivialité. «S’il se passe bien, la journée est plus simple ». Il apprécie l’espace de restauration que proposera la nouvelle Vapeur. D’ailleurs, il cuisine souvent sur le lieu de l’événement et préfère le confort des petites salles plutôt que des grands espaces car « là, il y a de l’humain ».

Maxime Gorczyca Photos Zoé Theurel.


Mars 2017

LA VAPEUR #2 ALEXANDRE CLAASS Co-programmateur et chargé de communication web Parce qu’à deux c‘est toujours mieux, c’est en duo qu’Alexandre Claass (également bras droit d’Angel, chargée de communication) et Yann Rivoal (également directeur) co-programment les artistes de La Vapeur. L’équation est simple : d’un côté un parcours associatif teinté d’électro et de l’autre l’expérience des grands festivals. Un seul résultat : satisfaire au mieux l’attente du public. L’important est « d’arriver à convaincre » en variant les styles tout en pensant aussi à être rentable pour proposer une programmation toujours plus qualitative. Programmer c‘est prendre régulièrement des paris. « C’est un métier chronophage », explique Alexandre. Entre les déplacements sur les festivals, les nombreuses sollicitations par mail et les rencontres d’artistes, c‘est surtout la chance de pouvoir partager un coup de cœur et se féliciter d’avoir révélé des nouveaux noms prometteurs. Chaque trimestre la programmation est réfléchie en veillant à mélanger des têtes d‘affiches et des groupes émergents. Mais c’est aussi savoir puiser dans les groupes locaux, être attentif et se tenir au courant de la programmation des autres acteurs dijonnais pour continuer à être pertinent. En définitive : de la curiosité et de la diversité, voilà ce qu’est un bon programmateur.

Wadeck Colardelle

ANGELIQUE RUCKLIN Chargée de communication Angélique Rucklin s’occupe de la communication. Mais elle n’est pas la seule à ce poste, ils sont en réalité, comme elle le précise « un et demi ». En effet, Alexandre Claass, arrivé plus récemment au sein de l’équipe, se positionne comme son bras droit, en plus de s’occuper de la programmation musicale. Angel a intégré l’équipe il y a déjà dix ans. Aujourd’hui, elle est toujours aussi motivée et innovante dans ses tâches quotidiennes. Son rôle est de communiquer en direction du public et des médias et de coordonner tous les supports papier et numériques. Elle gère également la partie relations presse. C’est un “boulot intéressant” résume-t-elle. Être en relation avec tout le monde dans l’équipe et les médias, et avoir un lien direct avec les artistes la passionne tous les jours. Quand elle a intégré La Vapeur, c’était la veille de la première édition du festival GéNéRiQ. Le numérique était beaucoup moins présent qu’aujourd’hui. Elle a dû s’adapter à l’utilisation des nouveaux supports. Dans un domaine comme la musique, il est maintenant essentiel pour le public de voir et d’écouter. Ainsi, Alex est aux commandes des réseaux sociaux. Ils donnent une indication de « comment va se dérouler le concert » explique Angel. Cela permet d’avoir une idée de l’ambiance à venir. Actif sur Facebook, Instagram, Twitter, Alex offre à La Vapeur la possibilité d’étendre son public. Leurs différents rôles sont donc complémentaires « et c’est ça qui est cool » plaisantent-ils.

Marion Lopez

Photos Emmanuelle Violay.

Retrouvez d’autres visages dans le numéro 1, dipsonible sur http://bit.ly/vacarme01 !


Vacarme

AU CŒUR DU FES Pendant ses travaux, La Vapeur poursuit ses activités de programmation, action artistique et médiation culturelle. Elles ont notamment eu lieu pendant le festival GéNéRiQ. On a suivi pour vous la deuxième soirée de cette semaine détonnante.

CONCERT SECRET À L’ÉCOLE DES BEAUX ARTS 17 h 50, le public attendait pour le mystérieux concert secret, dans la cour de l’Hôtel Bouchu d’Esterno, qui accueille temporairement l’équipe de La Vapeur durant les travaux de la salle. Prévenus par mail de ce lieu de rendez-vous, les spectateurs se sont rapidement rassemblés autour de Yann Rivoal, directeur de La Vapeur, qui les a menés au lieu secret : l’ENSA (École nationale supérieure d’art). Là-bas, ils ont pu découvrir la voie aérienne de Charlie Cunningham, armé de sa guitare sèche. Dans une ambiance apaisée, les spectateurs ont pu écouter une folk mélancolique aux influences andalouses. Un concert secret qui a autant plu au public qu’à l’artiste britannique, qui trouve ce concept « amazing ». Sans compter son gâteau d’anniversaire surprise à la fin de sa performance !

Elodie Perret

ENTRE ELECTRO ET RAP, ÇA TANGUE À LA PÉNICHE 18 h 03 : réunir 300 personnes pour un concert en plein air en plein mois de février ? Pari réussi pour SSCK et Pouvoir Magique du collectif Mawimbi, qui ont réussi à enflammer l’esplanade de la Péniche Cancale avec leur set afro-electro. Le public se fait de plus en plus nombreux au fur et à mesure que la nuit tombe, le froid est vite oublié, bien aidé par les grogs et l’exquise assiette aligot-saucisse proposée par les chefs de la Péniche. L’ambiance est chaleureuse, tout le monde danse et profite du moment présent. Quand la musique s’arrête à l’extérieur, c’est dans la cale que le concert se poursuit. Abdu Ali, rappeur américain un brin fou, démarre son show atypique. Il vient danser au milieu de la foule tout en chantant, et inverse les rôles en invitant à venir bouger sur scène. Un moment de partage qui fait plaisir ! Clou de la soirée, Roméo Elvis et Primero, jeunes rappeurs belges, invitent le public à retourner la péniche. Ça chante en cœur les refrains, ça saute dans tous les sens, pour un concert d’une intensité rare. On en ressort vidés, heureux, les tibias couverts de bleus et la tête pleine de souvenirs… Ce jeudi 16 février, GéNéRiQ a fait vibrer le port du canal comme jamais.

Simon Virot & Cyrille Pichenot

VELOURS CÔTELÉ & DAHL DE LENTILLES AU CELLIER Il est 18 h 43, le Cellier de Clairvaux se remplit petit à petit d’un public curieux et explorateur. En effet, c‘est dans ce décor clérical que Júníus Meyvant donne à voir les sources chaudes islandaises. Vêtu d’un magnifique pantalon en velours côtelé et entouré de son groupe, il propose un mélange de pop, de folk et de soul. Au delà du look très nordique qui inclut le port d’une barbe, une longueur capillaire assumée le tout dans une teinte blonde de préférence, sa voix douce et profonde plonge la salle dans une atmosphère duveteuse. Après l’Islande, l’Inde est mise à l’honneur avec ce dahl de lentilles au curry amoureusement préparé par les chefs de la Péniche Cancale. Une fois rassasié, c’est en découvrant l’atelier proposé par Chacha Boudin, plasticenne dijonnaise, que l’on peut satisfaire son appétit créatif. Fin de soirée découpage – collage - coloriage en perspective qui rappelle à tous les mercredis après-midi de son enfance. 20 h 37, galvanisé par ce long voyage musical, culinaire et artistique, il est déjà temps de poursuivre la soirée…

Wadeck Colardelle

DU MÉTAL ACOUSTIQUE SALLE DE FLORE

C’est dans la somptueuse salle de festins des Ducs de Bourgogne que se sont produits CHVE, Syndrome, ainsi que le groupe belge de métal Amenra. C’était l’unique date en France de ce groupe mythique. Une soirée mystérieuse durant laquelle les interprètes ont laissé place à leurs compositions. Assis en rond dans la pénombre, les musiciens et chanteurs ont joué un doux métal acoustique devant la projection de sombres courts métrages et clips vidéo. Parmi eux, d’autres artistes : deux graphistes de l’atelier bisontin Superseñor. Ils présentaient, en édition limitée, une affiche de la soirée créée par leurs soins en sérigraphie (technique d’impression utilisant des pochoirs). Ce concept a également eu lieu pour deux autres concerts du festival par d’autres graphistes du collectif. Créées dans une démarche artistique, ces affiches ne sont pas des outils de communication mais des pièces uniques pour le public et les collectionneurs.

Elodie Perret


Mars 2017

TIVAL GÉNÉRIQ ORCHESTRES ÉLECTRO-PÉDAGOGIQUES

Vendredi 17 février, à la salle des Actes de Dijon, se sont produits les élèves de l’école élémentaire Lamartine sous la direction de Julien Barratay et Simon Drouhin. En résidence pendant quatre semaines, ces deux membres du collectif lyonnais Kogümi ont appris aux enfants à composer de la musique électronique.

e n’est pas seulement faire de la musique, c’est aussi leur apprendre à s’écouter et à se concentrer», explique Yvon Estord, directeur de l’école Lamartine. Cette résidence, mise en place par La Vapeur et Modes de Vie avec le soutien de la Ville de Dijon (direction de l’éducation-enfance et direction de l’action culturelle et des publics) et de l’Académie de Dijon, est une véritable ouverture culturelle porteuse de valeurs, telles que le respect et la tolérance. Du CP au CM2, les élèves ont appréhendé la musique électronique, en utilisant des synthétiseurs et des boîtes à musique fabriquées par leurs soins. Ces fameuses boîtes sont de petites caisses en bois dans lesquelles les enfants agitent des billes ou d’autres objets, afin de produire différents bruits qui sont amplifiés et modifiés par des dispositifs électroniques. Les plus petits ont raconté une histoire, pendant que les plus grands ont réfléchi à une composition originale. Chacun d’entre eux a pu exercer un rôle bien défini afin de créer ensemble.

« C’est une rencontre entre le monde enseignant et le monde artistique »

L’école Lamartine et La Vapeur ont déjà collaboré plusieurs fois ensemble. Avant les travaux de rénovation de La Vapeur, les élèves allaient dans les locaux de la salle de concert. Cette année, c’est le collectif Kogümi qui s’est déplacé. Cette équipe est constituée d’une dizaine d’artistes, menant des projets similaires dans toute la France. « Nous voulons désacraliser la musique, montrer que ce n’est pas que pour une élite », explique Simon. « C’est une belle rencontre entre le monde enseignant et le monde artistique ».

Des rockstars pour leurs parents Armés de leur smartphone, les parents sont venus acclamer leurs enfants à la salle des Actes, rue Monge. Durant quarante-cinq minutes, ils ont pu profiter de la performance des cinq groupes d’enfants. La restitution était suivie d’un concert de Super Parquet, dont sont membres Julien et Simon. Ce groupe a la particularité d’intégrer des éléments de musique électronique à de la musique traditionnelle auvergnate.

Durant le festival GéNéRiQ, les enfants ont pu se produire comme de véritables artistes. Photo Philippe Malet

Emmanuelle Violay & Elodie Perret


Rendez-vous en juin pour le numéro 3 !

© Office Parisien d’Architecture

Vacarme #2 - Mars 2017  

Journal du chantier de La Vapeur Directeur de publication : Yann Rivoal Rédacteur en chef : Frédéric Joly Rédacteurs : Wadeck Colardelle - E...

Vacarme #2 - Mars 2017  

Journal du chantier de La Vapeur Directeur de publication : Yann Rivoal Rédacteur en chef : Frédéric Joly Rédacteurs : Wadeck Colardelle - E...

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