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LE JOURNAL DU CHANTIER DE LA VAPEUR

RENCONTRES SOUVENIRS PORTRAITS PHOTOS

DÉCEMBRE 2016


Vacarme

C’EST QUOI CE VACARME ? Le samedi 2 avril 2016 a sonné l’heure de la fermeture de La Vapeur. Définitive ? Il n’en est pas question, bien au contraire. La Vapeur innove… et se rénove ! Au programme : travaux et extension, mise en place d’un jardin collectif, création d’un parvis sur l’extérieur… Pour proposer un endroit toujours plus convivial et prompt à se rencontrer et partager autour des musiques populaires. Cependant, les travaux n’arrêtent rien. Ni la musique, ni l’équipe de La Vapeur. Si le site de la scène musicale n’est plus accessible au public, une programmation hors les murs a été concoctée pour proposer toujours plus de concerts, d’ateliers et d’autres pratiques musicales. Pour vous tenir informé de ces changements, La Vapeur a fait appel à un groupe d’étudiants en Master Ingénierie des métiers de l’information à l’Université de Bourgogne Franche-Comté. Vacarme, le journal du chantier de La Vapeur, est né de cette volonté. Pour vous faire part de l’avancée des travaux. Pour vous faire rencontrer ceux qui font le chantier. Pour rappeler que derrière le nom « La Vapeur » se cache toute une histoire. Une équipe qui fait vivre le lieu depuis 20 ans. Des artistes qui ont enchanté le lieu de performances. Un public qui témoigne à La Vapeur un désir de partage et d’expériences musicales. En somme, un cercle vertueux qui anime la scène dijonnaise.

SOMMAIRE Yann Rivoal / Rencontre .................................... 3 Marie-José Barthélémy / Entretien ................... 4 La nouvelle Vapeur en chiffres ........................... 5 L’apprenti devenu chef de chantier ................... 6 Entre deux Vapeurs ............................................ 7 Portrait Sauvage ............................................... 8 Les visages de La Vapeur ................................... 9 Souvenirs, souvenirs ....................................... 10 Qu’attendez-vous de la nouvelle Vapeur ? ...... 11 La nouvelle Vapeur / Perspective..................... 12

On espère que vous apprécierez ce journal, que vous prendrez autant de plaisir à le lire que nous en avons eu à le construire. Diffusé à l’occasion du festival Nuits d’Orient dans le quartier, il sera aussi à votre disposition chez différents commerçants et structures du secteur, pour prendre le temps d’expliquer le chantier, le fonctionnement de La Vapeur et son actualité. On vous donne rendez-vous fin mars 2017 pour le deuxième numéro ! Pour l’équipe de rédaction, Maxime Gorczyca

#teamvacarme

L’équipe de Vacarme. Photo Frédéric Joly

LA RÉDAC’ Directeur de publication Yann Rivoal, directeur/programmateur de la Vapeur Rédacteur en chef Frédéric Joly Rédacteurs Wadeck Colardelle - Eva-Marie Debas - Maxime Gorczyca - Marion Lopez - Charlotte Meunier - Elodie Perret - Cyrille Pichenot - Zoé Theurel - Emmanuelle Violay - Simon Virot

Contact info@lavapeur.com Remerciements À Adélaïde Racca, graphiste à l’atelier Superseñor pour l’aide graphique, et à tous ceux qui ont donné de leur temps pour la réussite de ce journal. Ce journal a été tiré à 1 000 exemplaires dans le quartier de La Vapeur, chez S’print, rue Marguerite Yourcenar.


Décembre 2016

YANN RIVOAL RENCONTRE

Yann Rivoal est aux commandes de La Vapeur depuis 2011. Photo Emmanuelle Violay

Renverser La Vapeur a Vapeur n’est pas qu’une salle de concert. Le projet culturel voulu et défendu par Yann Rivoal et son équipe prouve qu’elle est bien plus que ça. Dans son discours prononcé lors du lancement officiel des travaux le 3 novembre dernier, le directeur affirme que La Vapeur est « une structure qui œuvre pour l’intérêt général ». De façon très pratique, c‘est avant tout proposer un lieu adapté et fonctionnel pour accueillir les artistes et leur public. La Vapeur, passant de 700 à 1 200 places afin de « rester une étape incontournable dans le circuit des tournées françaises des grands artistes de l’hexagone et de l’étranger », conforte Dijon dans sa situation géographique idéale. Mais cette transformation radicale est aussi pour l’équipe le moyen de valoriser la transmission et la médiation culturelle. Cette dimension de partage et d’ouverture constitue le socle même du projet initial et devient l’axe principal de la transformation intégrale du site. « Travailler avec des partenaires locaux », explique Yann Rivoal, « est essentiel pour pouvoir garder toute la dimension territoriale du projet soutenu en collaboration avec le Grand Dijon, le Conseil Régional et d’autres ». La ligne de conduite est simple : travailler avec des gens pour les gens. Les valeurs de proximité et de diversité du public sont d’ailleurs essentielles et sont l’une des raisons pour lesquelles l’équipe a fait le choix de rester attachée au quartier Stalingrad. Outre l’aspect financier, puisqu’une délocalisation dans le centre de Dijon multiplierait le coût des travaux par deux, il existe une raison plus sentimentale et historique. Toujours dans ce besoin de proximité, La Vapeur tient à garder le

contact avec son quartier et ses habitants. La volonté d’ouvrir ses portes se retrouve directement représentée au cœur du projet architectural choisi à l’unanimité. L’utilisation de plusieurs matériaux tout en gardant l’esprit industriel propre au site se combine avec le choix de baies vitrées en façade afin de jouer sur la transparence du bâtiment et des activités qu’il renferme. L’idée d’abriter à l’arrière du nouveau bâtiment un jardin partagé permet de garder une convivialité, essentielle pour Yann Rivoal et son équipe, avec les habitants du quartier. Qu’en est-il maintenant de la réouverture de La Vapeur ? Elle est programmée pour début 2018 avec encore à définir « un événement prévu pendant plusieurs jours voire sur une semaine » confie son directeur, pour attiser - encore et toujours - la curiosité…

Vadrouille et éclectisme Bien que passionné par l’univers musical, Yann Rivoal n’a pourtant pas toujours baigné dedans. Breton d’origine, il commence ses études dans un tout autre domaine par un DUT génie électrique et informatique industriel à Brest. Changement de ville et changement de formation, il poursuit ses études à Angers avec une licence et une maîtrise de Gestion du patrimoine immobilier. En 1992, il noue réellement avec le domaine culturel et musical en devenant le président bénévole de l’association à l’origine du festival – incontournable aujourd’hui  – des Vieilles Charrues. Il décide, après avoir travaillé à la SNCF, de s’expatrier outre-Atlantique à Montréal pour de nouvelles expériences en travaillant sur des événements culturels. C’est en 2001, rappelé par l’équipe des Vieilles Charrues, qu’il prend la direction du festival et s’entoure d’une équipe professionnelle. Mais pour Yann Rivoal l’aventure s’arrête en 2008 et il se lance en freelance dans l’accompagnement de projets culturels et musicaux en France et à l‘étranger. Trois ans passés, c’est en juillet 2011 qu’il prend les rênes de La Vapeur avec son équipe et l’ambition de la maintenir parmi les salles qui comptent dans le circuit français.

« La Vapeur est une structure qui œuvre pour l’intérêt général. »

Wadeck Colardelle


Vacarme

« IL FAUT QUE LE QUARTIER S’APPROPRIE LA VAPEUR ! »

Diplômée de l’École d’Architecture de Paris-Tolbiac en 1994, elle fonde l’Office parisien d’Architecture en 2008, qui intervient majoritairement sur la région parisienne. Marie-José Barthélémy, « Il y a une histoire derrière ce lieu, 20 ans de musique, 20 ans d’événements, de fêtes... » Photo DR

De passage à Dijon afin de contrôler la bonne marche des travaux, l’architecte parisienne Marie-José Barthélémy a pris le temps de nous rencontrer pour une interview. Elle et ses cotraitants (bureaux d’études techniques et paysagistes) sont en charge de la reconstruction de La Vapeur. Nous avons tenté de comprendre le sens qu’elle a voulu donner au projet.

’est votre premier chantier à Dijon, pourquoi avoir candidaté sur ce projet ? Le programme nous attirait ! C’est intéressant d’intervenir dans cette ville, où vous avez une grande diversité et une grande richesse culturelle ! Et construire une salle de concert dans la ville des Ducs de Bourgogne, c’est une aventure à laquelle nous voulions participer ! L’idée de La Vapeur c’est de rendre le lieu plus grand, mais surtout moins « austère », tout en gardant le côté industriel qui a fait l’identité de la salle depuis sa création. Comment avez-vous travaillé sur ce sujet ? Pour nous, ce qui était très important c’est que ce bâtiment n’ait pas l’air d’un « Spoutnik » qui viendrait d’une autre planète et aurait atterri sur le site. Il y a une

histoire derrière ce lieu, 20 ans de musique, 20 ans d’événements, de fêtes, de gens et de joies qui devaient devenir la fondation de la nouvelle Vapeur ! Ce bâtiment doit pouvoir créer une relation « de bon voisinage » avec le quartier. Et j’espère que cette relation va prendre ! Il y a eu beaucoup d’histoires dans cet endroit, et on est juste des passeurs de relais. On aimerait que ça continue, en lien avec le quartier ! Quels matériaux avez-vous utilisés ? On a décidé d’utiliser de l’acier Corten, rouillé d’origine, et du bois brûlé noir. Nous ne voulions pas travailler avec des matériaux qui n’ont rien à voir avec le paysage. Tout ça se rapporte à la région, à la terre du vin… Ici on travaille le bois, le cerclage en fer des fûts. Toute cette culture s’inscrit dans l’identité du projet ! D’un point de vue technique, quelles étaient les attentes de La Vapeur ? Et quelles ont été vos contraintes ? La contrainte principale était la conservation de la plupart des volumes existants, car compte tenu du budget, il était inenvisageable de tout démolir. Il fallait également agrandir les salles. À nous de choisir ce qu’on voulait conserver, transformer ! Dans tous les projets que nous dessinons à l’agence, on s’arrange toujours pour qu’un lieu ne soit pas cantonné à son utilisation première : on aime les endroits multifonctionnels.

La Vapeur s’est constituée maître d’ouvrage*, qu’est-ce que cela change ? Avoir La Vapeur en maître d’ouvrage va nous permettre d’appliquer le concept de « chantier ouvert », ce que nous essayons de faire dès que possible. Le moment de la fabrication est un grand moment et il n’y a pas de raison que cette aventure ne soit pas commune. Des actions diverses auront lieu tout au long du chantier. L’équipe de La Vapeur comme maître d’ouvrage c’est la chance d’avoir l’utilisateur des futurs lieux comme interlocuteur. Ils sont très présents et très impliqués. En bref, comment pourriez-vous décrire l’ancienne Vapeur ? L’ancienne Vapeur a été un don pour les jeunes de cette ville à l’époque de sa création. Donc le bâtiment en soi n’a pas énormément d’importance, c’est l’usage qu’on en a fait qui compte ! Si on ne se souvient pas du nom des Maitres d’Œuvres et que l’on ne parle que des activités du lieu, c’est que nous aurons bien fait notre travail ! Et la nouvelle ? La nouvelle Vapeur sera plus grande, plus ouverte, en relation avec son entourage, son écosystème, c’est ce qu’on veut. Il faut que le quartier s’approprie La Vapeur !

Simon Virot & Cyrille Pichenot *il est responsable de la définition du cahier des charges du projet, de son budget et de son calendrier.


Décembre 2016

LA NOUVELLE VAPEUR EN CHIFFRES

13 86

1200

1

salariés permanents

places assises en balcon

places dans la grande salle

7

studios de répétition, contre 5 précédement

ESPACE D’ACCUEIL DU PUBLIC L’espace d’accueil et de bar sera ouvert sur l’extérieur, et pourra fonctionner indépendamment de l’espace concert. « Ce bâtiment doit être en communication avec le quartier, c’est important pour nous, c’est le cœur de notre projet » indique Marie-José Barthélémy. « Il y aura également un bar bi-face qui s’ouvre côté bâtiment et côté parvis. On a d’ailleurs imaginé un parvis en dalles de béton qui vient jusqu’à la façade, et continue à l’intérieur : vous êtes en quelque sorte invités à entrer ! L’idée est aussi de faire de ce parvis une sorte de place du village, un lieu de rassemblement, pour installer un marché par exemple. C’est un peu la philosophie foodtruck ! »

3

loges pour le confort des artistes

230

places dans le club déplacé au 1er étage

1

1854 salle de médiation consacrée aux ateliers, conférences, rencontres...

soirées organisées depuis l’ouverture en 1995

Janvier 2018 Inauguration de la nouvelle Vapeur


Vacarme

L’APPRENTI DEVENU CHEF DE CHANTIER Depuis avril dernier, les ouvriers s’activent sur le site de La Vapeur. Aux commandes : un jeune homme modeste et passionné.

hristopher Salou entre dans les bureaux provisoires installés dans un coin du chantier. Il jette un œil rapide sur les plans affichés aux murs et s’installe. À seulement 27 ans, il est le chef de chantier des travaux de La Vapeur. Bien qu’il ne soit pas le « patron », il a tout de même à sa charge tous les ouvriers du projet. « En ce moment, je supervise cinq gars, explique Christopher. Bientôt douze ! ». Comprendre les plans, diriger les ouvriers, répartir les tâches, s’assurer du bon déroulement des travaux : être chef de chantier n’est pas de tout repos. « Je ne donne pas que des ordres, je bosse aussi ! » s’amuse-t-il.

« Je rentrais en pleurs tous les soirs » Depuis maintenant onze ans, Christopher enchaîne les chantiers avec rigueur. Mais ses débuts sont loin d’être un bon souvenir. « J’ai commencé comme apprenti dans une entreprise de maçonnerie », se rappelle-t-il. C’était vraiment épuisant, je rentrais en pleurs tous les soirs. Je ne voulais plus être maçon ». Toutefois, faute de diplôme, le jeune homme poursuit sa carrière dans le bâtiment et finit par s’y plaire. « J’ai toujours été manuel, raconte-t-il, c’est inné pour moi ». Travailleur, Christopher se voit rapidement confier de plus en plus de responsabilités. « C’est un boulot prenant, avoue-t-il, j’y pense tout le temps ».

La Vapeur, un nouveau défi Originaire de Haute-Marne, il n’en est pas à son premier chantier sur Dijon. Toutefois,

Jamais loin de ses plans, Christopher Salou s’assure du bon déroulement de l’ouvrage. Photo Zoé Theurel

« C’est un boulot prenant, j’y pense tout le temps ! » la rénovation de La Vapeur reste le plus gros qu’il ait eu à gérer. « Il faut savoir anticiper si on ne veut pas prendre de retard » commente-il. Ainsi, chaque mercredi, tous les corps de métiers présents sur le chantier se réunissent pour échanger. Plus ou moins efficace selon les semaines, cette réunion est indispensable pour faire remonter les avancées comme les difficultés. « C’est compliqué de s’entendre quand on est nombreux, souligne Christopher, mais ça fait partie du métier ». Après avoir rénové La Vapeur, le

jeune chef de chantier « espère y remettre les pieds », non pas pour entendre le vacarme des machines, mais pour apprécier le son des guitares. La porte du bureau s’ouvre. Le conducteur de travaux entre. « T’as bientôt fini ? On a besoin de toi ! ».

Marion Lopez & Charlotte Meunier


Décembre 2016

ENTRE DEUX VAPEURS Casques vissés sur la tête, chaussures de sécu aux pieds, immersion privilégiée dans les coulisses du chantier de La Vapeur.

Vue d’ensemble de l’ancienne entrée, depuis les toilettes. Sur la gauche, la porte principale, le bar et le vestiaire. A droite, la petite scène. Photo Zoé Theurel L’ancien musée de l’électricité deviendra bientôt un catering, la cantine des artistes et de l’équipe. Photo Zoé Theurel

La façade de La Vapeur et son ancienne billetterie, sous l’œil du géant d’acier. Photo Zoé Theurel

Pour découvrir l’avancée des travaux, ne manquez pas le prochain numéro…


Vacarme

PORTRAIT SAUVAGE Pendant le chantier, les activités de médiation culturelle de La Vapeur continuent hors les murs. Parmi les rendez-vous les plus suivis : les conférences sonores de Nicolas Sauvage. Autodidacte et passionné, Nicolas est loin du stéréotype du conférencier. À la Nef ou dans un bar, on pourrait rester des heures à l’écouter. amedi 19 novembre, 17 h 30. Le public quitte le doux confort des fauteuils de la Nef à Dijon, avec certainement une autre manière d’appréhender la musique. C’était le septième épisode de Music Story, un cycle de conférences sonores en plusieurs épisodes visant à expliquer l’évolution des musiques actuelles (pour ce dernier : les années 20002015). L’orateur en question, Nicolas Sauvage est loin du stéréotype du conférencier. On a eu la chance d’échanger avec le bonhomme en aval de son intervention. Il nous glissera que ces conférences sont très introductives : « C’est comme résumer la Bible sur un post-it ».

8000 disques, 3 concerts par semaine, un homme Coupe de cheveux à l’anglaise, pins « The Who » accroché à la veste, et clope au bec, Nicolas semble tout droit sorti de la scène anglaise pop des années 60. Pourtant, ses influences musicales sont variées : du jazz, en passant par le rock, jusqu’au gangsta rap (son pêché mignon), sa culture musicale impressionne. Et pour cause, la musique c’est toute sa vie : « Depuis 13 ans je ne fais que ça. ». Aujourd’hui porteur de multiples casquettes – conférencier pour La Vapeur, intervenant en musicologie à l’Université de Besançon, chargé de médiation à la Rodia, membre d’un groupe pop-rock nommé « One way ticket » – Nicolas est un véritable autodidacte, son parcours celui d’un passionné. Après un stage en 3ème chez un disquaire d’Aix en Provence, il saisit l’opportunité de partir à Rennes à seulement 16 ans, dans une boutique de disques de la même chaîne. Après une parenthèse voyage à Londres, sa ville de prédilection, et un passage à Paris, il s’installe à Besançon, où il réside encore aujourd’hui.

Nicolas Sauvage mènera plusieurs nouvelles Music Story en 2017. Photo Emmanuelle Violay

« Mes conférences, c’est comme résumer la Bible sur un post-it. » Aujourd’hui âgé de 43 ans, l’homme qui a vu les plus Grands en concert (Nirvana, Bowie...) encourage la transmission : « La musique doit être partagée de différentes manières, il faut que les gens se retrouvent autour d’elle. » Grand consommateur de disques, de vinyles (collection monumentale de 8000 disques) et de concerts (3 fois par semaine depuis 25 ans), Nicolas a sa façon bien à lui d’écouter : « J’aime me poser tranquillement chez moi et écouter un album entier. C’est un investissement émotionnel sur le coup mais je n’ai pas de bande-son de ma vie comme la plupart des gens. » Selon lui, la technologie a changé notre façon de consommer la musique « On fonctionne souvent par playlists, on ne hiérarchise ni les styles ni la chronologie. Avant, si on aimait un style, on connaissait intimement chaque album de chaque artiste

du style. » Sans déplorer ce changement de consommation, Nicolas pose les faits. On se demande tout de même si cette relation à la musique est devenue superficielle…. En tout cas, si vous voulez découvrir ces anciennes conférences sans bouger de votre canapé, ou (ré-)écouter les morceaux diffusés pendant l’une d’elles, c’est possible grâce aux enregistrements de Radio Dijon Campus. Vous pouvez tout retrouver en intégralité sur le site de La Vapeur. Et en 2017, Nicolas continue ses conférences, toujours calées le samedi à 16 heures. Il s’attaquera plus en détail aux sept grands styles musicaux. À commencer avec le jazz, le 28 janvier ; le blues, le 11 février et la country le 25 mars.

Simon Virot & Eva-Marie Debas


Décembre 2016

LES VISAGES DE LA VAPEUR GAËLLE & JOËLLE

Chef comptable et administratrice

Elles incarnent le socle administratif, juridique et social de La Vapeur. Un BTS comptabilité-gestion en poche, Gaëlle Poisson se retrouve à gérer la comptabilité de la structure après avoir répondu à une annonce. De son coté, Joëlle Ordovini s’insère dans le circuit de l’administration d’entreprise culturelle dès sa licence. Négociation des contrats d’artistes, gestion du personnel intermittent et salarié, « nous ne sommes pas très écolo au niveau du papier » nous avouent-elles amusées, mais on les excuse bien volontiers. Conscientes de cette lourdeur administrative quelque peu rébarbative, il est important pour elles de s’échapper de la paperasse. Extrêmement impliquées, c’est par la gestion du bar et de la billetterie qu’elles remontent vers la partie « visible » de La Vapeur. Pour elles, l’essentiel est de pouvoir défendre un projet artistique et culturel. L’aspect stimulant est de voir la finalité de ce travail de l’ombre et pouvoir partager avec les autres.

Wadeck Colardelle

DANIEL

Retraité & bénévole à La Vapeur depuis deux ans En tant que bénévole, Daniel Hernandez assiste l’équipe de La Vapeur dans trois missions : au bar, à la billetterie et en cuisine. Passionné de musique, cette activité lui permet de créer du lien social, valeur à laquelle il est très attaché. Les travaux de La Vapeur lui semblent indispensables et utiles. D’ailleurs, il décrit La Vapeur comme une famille, un espace de plaisir musical. En attendant la réouverture de la salle, il continue son bénévolat, à un rythme moins soutenu, sur les lieux où La Vapeur continue sa programmation comme par exemple Le Consortium ou La Péniche Cancale.

Maxime Gorczyca

BLAISE & OLIVIER

En duo à la technique

Olivier Seurat entre à La Vapeur en 2010 en tant que directeur technique et spécialiste lumière, suivi de près par son coéquipier Blaise Scola-Grimaldi, régisseur principal et spécialiste son. Tous deux ont 38 ans et connaissent le bâtiment de La Vapeur comme leur poche. Leur mission : assurer le bon déroulement d’un concert de A à Z. Sécurité du personnel, entretien du bâtiment, vérifications techniques, régie générale, embauche de techniciens, accueil des artistes… Le duo autonome doit tout gérer : « S’il y a le moindre problème, c’est à nous de trouver une solution pour que le soir, ça joue ! » Un métier physiquement éreintant qu’ils font par passion : « Les imprévus, ça te booste ! Et c’est gratifiant d’être responsable d’un concert quand il se déroule super bien. » On n’a plus qu’à leur souhaiter bon courage pour découvrir les moindres recoins de la future Vapeur…

Eva-Marie Debas

Photos Emmanuelle Violay

Retrouvez d’autres visages dans le numéro deux…


Vacarme

SOUVENIRS, SOUVENIRS

Photo Gaëlle Michea

Vitalic, artiste électro dijonnais

« Mon meilleur souvenir à La Vapeur reste la soirée à laquelle j’avais invité les 2 Many DJs après notre tournée ensemble en Angleterre. L’énergie de cette soirée a été incroyable. Alors que l’on dit le public dijonnais plutôt réservé, les 2 Many DJs ont eux-mêmes avoué que c’était certainement l’une des plus folles soirées de la tournée. »

Thibaut, 19 ans « L’année dernière, en octobre 2015, je suis allé au concert de Salut C’est Cool à La Vapeur. C’est Rich Aucoin qui assurait la première partie, et l’ambiance était top ! La salle, pas trop grande, offrait une proximité avec les artistes, d’ailleurs Rich Aucoin est descendu au milieu de la foule pour chanter ! Tout s’est super bien passé ! Je n’ai pas fait beaucoup de concerts mais pour celui-ci, j’en suis sorti avec des étoiles dans les yeux, et plus fan que jamais ! »

Maxime, 22 ans « La dernière fois que je suis allé à La Vapeur, ça fait un petit moment, c’était pour voir le concert de Stromae en 2013, pour l’album Racine Carrée. Le concert était ouf ! Stromae était à deux mètres de moi, les gens étaient surmotivés, tout le monde reprenait les chansons… La proximité entre le public et l’artiste m’a vraiment surpris, et c’est sûrement ce qui fera que je reviendrai à La Vapeur ! Une de mes meilleures expériences en live ! »


Décembre 2016

QU’ATTENDEZ-VOUS DE LA NOUVELLE VAPEUR ? Garder le même esprit

Plus lumineuse Alicia, 18 ans « Je suis une habituée de La Vapeur. Je suis allée voir des concerts jazz, j’ai participé à certaines de leurs formations et j’ai déjà loué des studios avec mon groupe pour répéter. L’ancienne Vapeur était austère, vieillissante et il n’y avait pas de vis-à- vis… Elle devrait être plus lumineuse et ouverte à l’extérieur ! Il faudrait aussi plus de communication autour des concerts, cela manque. Et personnellement, j’aimerais bien y voir Marcus Miller. »

Jérôme « Monasse Traiteur »

« J’ai vu pas mal d’artistes à La Vapeur, comme Dionysos ou Stromae dernièrement. En tout cas, La Vapeur me manque pendant les travaux… Peut-être qu’un peu plus de confort serait pas mal pour le nouveau bâtiment, mais l’esprit de convivialité et la bonne acoustique des salles doivent rester les mêmes ! J’aimerais vraiment revoir Dionysos. »

Plus accueillante Geneviève, 53 ans « Je ne suis jamais allée à La Vapeur, la programmation est pour les jeunes ! Il faudrait qu’il y ait des vieux (rires). Et le quartier n’est pas très attirant, la nouvelle Vapeur devrait être plus accueillante. Bigflo et Oli devraient venir sur la nouvelle scène. »

Une prog’ toujours variée

Yannick « Le Pizzaïologue » « Je suis un habitué de La Vapeur ! Dernièrement, j’ai pu voir John Cale, Kad Congo, Keziah Jones… J’espère que la nouvelle Vapeur sera aussi bien que l’ancienne, et que la programmation restera aussi variée. J’adorerais voir David Bowie ! Plus sérieusement, j’aimerais bien entendre des groupes comme Of Montréal ou Nina Hagen. »

Des concerts à proximité Elodie, 31 ans « Je n’ai pas connu l’ancienne Vapeur, je ne suis à Dijon que depuis un an. Enfin, j’y suis allée quand même une fois, pour une visite du chantier… En tout cas ce que j’attends de la nouvelle Vapeur, ce sont des concerts à proximité. C’est pratique je travaille juste en face et je finis à 19 heures, donc à 20 heures, je peux aller voir un concert directement ! »

Un endroit convivial Quentin, 24 ans

« La Vapeur c’est dans le quartier ? Je croyais que c’était à Chenôve… De toute façon, je n’ai pas trop le temps d’aller voir des concerts, mais j’aimerais que La Vapeur soit un endroit convivial avec un bar et un endroit pour danser. Niveau programmation, j’adorerais entendre plus de rap, des artistes comme Lacrim ! »


© Office Parisien d’Architecture

Au prochain numéro, on pousse les portes...

Vacarme #1 - Décembre 2016  

Journal du chantier de La Vapeur Directeur de publication : Yann Rivoal Rédacteur en chef : Frédéric Joly Rédacteurs : Wadeck Colardelle - E...

Vacarme #1 - Décembre 2016  

Journal du chantier de La Vapeur Directeur de publication : Yann Rivoal Rédacteur en chef : Frédéric Joly Rédacteurs : Wadeck Colardelle - E...

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