Page 1

0  6

le journal du festival à Dijon dimanche 24 novembre 2013 / www.generiq-festival.com

LE JOUR DERNIER

Légende Blablablabla ESB, hier soir au Consortium - Photo: Antoine Fresse

Humeur

À Chaud suivre le rythme

Pépé Marcelin :

« Bigre, on m e d i t q u e l e f e s t i val p r e n d la poudre d’escampet te ! Je commençais à m’habituer à vos dingueries. Je suis tout retourné de me dire que je vais devoir vous quitter demain. Heureusement, il reste une journée. Je vais pouvoir m’encanailler une dernière fois ce soir avec vos mystères de programmation. D’ailleurs qu’est-ce que je gagne à trouver votre truc ? Marceline, elle dit que ça doit être Brassens. Elle a pas encore compris qu’il a cassé sa pipe le bougre. Moi, je crois plutôt que ce sera Gilbert Bécaud. Ça au moins c’est un bon ! Ah, et pis Gigi est revenue au galop, c’est le moment de mettre le paquet. Je vais filer à toute berzingue aux derniers remue-ménages pour user mes charentaises une fois pour toutes. J’aimerais qu’ça finisse jamais votre GéNéRiQ ! »

Journée riche en différents lieux, hier, pour le festival. De Dijon à Quetigny, nos envoyés spéciaux vous racontent tout (ou presque). Salle de Flore : show hip-hop dans la salle du conseil municipal de l’Hôtel de ville. Tapant du pied le parquet astiqué, les quatre Écossais de Young Fathers crient leur rage entre les lustres et les statues de marbre. Au Parvis Saint-Jean : Nathalie Natiembé ravit petits et grands. Espace Mendès France de Quetigny : le concert regroupe les Dijonnais de Toro Piscine et le très attendu Bertrand Belin. Il suffisait de voir le taux de

Nathalie Natiembé - Photo: Lucie Toussaint

remplissage de la salle, pleine à craquer, pour se rendre compte du succès du barbu. Un public qui, en plus des chansons, a pu apprécier les intermèdes lyrico-poétiques de Bertrand Belin, souvent drôles et toujours inspirés. Sensualité, guitare acoustique et voix « bashungienne » ont nourri une soirée pleine d’élégance. Hall du Parvis Saint-Jean : bruits de bouche et mimiques avec

le public, les énergumènes de Bigott ont insufflé leur grain de folie dans la programmation. Sous- sol du Consor tium : Oiseaux-Tempête débute tout en acoustique ou presque. Puis c'est au tour des Rangleklods de faire péter le beat. C’est ESB qui clôt la soirée dans un mélimélo de fils raccordés à leurs folles machines musicales. La rédaction


L’autoportrait

Bertrand Belin Le natif d’Auray, dans le Morbihan, offrait hier soir sa voix grave et ses mélodies rock/pop au public de Quetigny. Cet homme de spectacle affiche un curriculum vitae éclectique. Interview. Vous êtes breton, bienvenue à Dijon ! Merci… Mais en plus de vingt ans de carrière, j’ai déjà eu beaucoup d’occasions de venir jouer ici, notamment à La Vapeur. J’en garde toujours de bons souvenirs. Vous n’avez pourtant que 42 ans… À quel âge vous avez commencé la musique ? J’ai voulu un instrument dès l’âge de six-sept ans. Quand j’ai eu treize printemps, j’ai reçu une guitare. À peine deux ans plus tard, je jouais déjà au Printemps de Bourges. Les journalistes vous comparent souvent à Johnny Cash, c’est… ? Une vaste blague. Je n’ai pas la même facilité que lui à écrire des textes, je ne suis pas un catholique fervent, encore moins Américain. À part pour la voix grave, ou si on veut nous classer dans le même genre musical, je ne comprends pas bien la comparaison. Chanteur, compositeur, écrivain… vous avez même un pied dans la danse. Dans quel rôle vous vous épanouissez pleinement ? Je n’ai qu’un seul rôle. Pour moi, toutes ces activités font partie d’un même lot : l’Art. Comme l’eau, la vapeur et la glace, ce ne sont que des états différents d’une même chose. Tout ça est fait du même bois. C’est quoi les secrets de fabrication de vos chansons ? Si toi, tu connais la recette magique,

L'amour, ce n'est pas tris te je suis preneur. Je n’ai pas de façon précise de travailler, comme tous les artistes, je pense. J’écris à tout moment, à l’instinct. Mais ce n’est jamais sur des sujets qui ne me parlent pas. Je reste dans des thèmes qui me correspondent : l’amitié, l’éthique, les départs, l’amour aussi. Pour ce dernier en revanche, je reste toujours dans

Dans les coulisses

la « célébration » de ce sentiment si particulier. L’amour, ce n’est pas triste. Votre premier CD acheté ? Acheté ? Non, mon premier vinyle, je l’ai volé dans un supermarché. C’était l’album de The Cure : The Head On The Door.

La question qui tue C'est LA question de ce dernier jour de festival : qui sera derrière le micro lors du concert mystère prévu cet après-midi et complet de longue date ? Les pronostics sont lancés. « Moi, j'espère que Cali va revenir. J'étais là lors de son concert mystère il y a trois ou quatre ans et j'avais adoré » lance par exemple cette jeune femme habituée de GéNéRiQ. Au fait, nous, on sait... Mais on ne vous dira rien. Et ouais !

La première fois que vous avez vu un concert ? Enfant, j’adorais assister aux bals de village, avec les accordéonistes du coin. C’était ça, mes premiers concerts. Sinon, j’ai rapidement assisté aux tremplins d’Europe 1.

Miss alors C’est au Palais des ducs de Bourgogne que les Young Fathers, groupe hip-hop soul écossais, s’est produit hier. Quelques minutes plus tard, les lieux étaient réinvestis par les plus belles femmes de l’hexagone. C'est en fait une réception en l'honneur des candidates au titre de Miss France qui a eu lieu, salle de Flore, pour préparer la soirée de compétition qui se déroulera au Zénith le 7 décembre prochain.

Yoann Olid

« Musique de merde » Bigott, cet homme un peu perché, a proposé un concert folk rock très apprécié. Le rappel du public, à la fin prévue du concert de l’artiste, le confirme. Pourtant le chanteur lui-même a décrit un peu plus tôt dans la soirée son travail comme étant « merdique » : « Je copie-colle un peu tout ce que j’aime, c’est tout. Je ne comprends pas pourquoi les gens aiment. » Bigott reste humble ! Lucie Toussaint


Le coup de cœur

GéNéRiQ c’est aussi…

Les kids à l’honneur

Qui a dit que GéNéRiQ était un festival réservé aux adultes ? Le Parvis Saint-Jean accueillait hier après-midi le jeune public, à partir de 5 ans, pour un Zigolo Café.

Mayerling douce transe Difficile de placer Mayerling dans une case. Vous pouvez voir ce jeune groupe aujourd’hui à 14 h 30 dans le cadre voûté du musée archéologique. Leur projet, débuté tout récemment, était porté par Sylvain Bombled, compositeur, batteur et chanteur. Au fil des rencontres, il a été rejoint par Boris Magnin, guitariste, et par Sébastien Lemporte au violoncelle. « Psyché-pop expérimentale » : c’est ainsi qu’on peut définir la musique de Mayerling. Leurs longues mélodies, qui durent souvent plus de 10 minutes, sont douces, entêtantes et envoûtantes. Elles invitent l’auditeur à fermer les yeux et à se laisser doucement porter. L’univers presque minimaliste du groupe n’y est pas pour rien. Pas de place pour les fioritures, l’essentiel est là, la voix est astrale. Fort de nombreuses expériences au sein d’autres formations, Sylvain laisse ici libre court à l’expérimentation. Oniriques et cotonneuses, les mélopées de Mayerling apaisent et poussent à l’introspection. La musique n’est pas sans rappeler certaines compostions d’Eric Serra, auteur de bandes originales pour Luc Besson notamment, épurées et encore plus planantes. Spleen et mélancolie : c’est ce qui vient à l’esprit quand on s’ouvre aux douceurs musicales de Mayerling, la noirceur en moins. En les écoutant, on ressent comme une douce lueur qui enveloppe. Nul doute que le cadre du musée archéologique saura mettre en exergue l’essence spirituelle du groupe. Un lieu chargé en histoire et en émotions, habillé de volutes sonores enivrantes. Antoine Fresse

Sylvain, 41 ans, directeur assidu Hanni El Khatib & Nathalie Natiembé. J’ai été un peu déçu par le concert d'Hanni El Khatib. En revanche, King Automatic est une belle découverte. Mes enfants ont adoré Nathalie Natiembé.

Agathe, 15 ans, fan fun & forcée Fauve & Belin. Je suis allée à Fauve avec toutes mes copines. C’était prévu de longue date. Pour Belin en revanche, c’est mes parents qui m’ont poussée à y aller.

David, 37 ans, signeur conquis Nathalie Natiembé. J’ai vu sur le site de La Vapeur une vidéo réalisée en langue des signes qui proposait deux concerts adaptés pour les malentendants. J’ai tout de suite sauté sur l’occasion ! Lucie Toussaint & Yoann Olid

Jeux indémodables et connus de tous ou sortant de l’ordinaire, les enfants ont découvert l’univers enchanté du Zigolo Café ! Ce café associatif, dédié aux plus petits, sévit habituellement au 55, rue Monge. Cette fois-ci, il a investi le Parvis Saint-Jean pour proposer ses activités habituelles avec quelques nouveautés. Des jeux traditionnels de La Réunion ont été présenté aux enfants. La petite Juliette, 7 ans, a notamment pu réaliser un kayamb, cet instrument de musique (tube en bois, ou carton pour l’occasion, rempli de petites graines) utilisé pour jouer le maloya, genre musical majeur de La Réunion. Après cette récréation, le jeune public a été invité à découvrir le concert de Nathalie Natiembé, une chanteuse réunionnaise de maloya bien sûr ! Si pour les premières chansons, les enfants sont restés sages, ils ont très vite été emporté par les sonorités entraînantes de cette musique venue de l’océan Indien. Les sièges du théâtre ont été petit à petit désertés au profit de la scène qui s’est vue envahir par des farandoles et autres jeux enfantins. La journée était également accessible aux malentendants grâce à la présence de l’association 1, 2, 3 Cité Cap. Anne Chevalme, chargée de projet, était présente pour expliquer les différentes règles de jeux aux petits pratiquant le langage des signes. Lucie Toussaint

Et toi, t'as vu quoi ?


GéNéRiQ en vidéo

Aujourd'hui ! mayerling [post pop / fr] Musée Archéologique - 5, rue du Dr Maret 14h30 - Gratuit

RCS B 588 505 354 – Septembre 2013

Directeurs de la publication : Yann Rivoal, Éric Heilmann Rédacteur en chef : Frédéric Joly Conception et diffusion : Master Euromédias, Université de Bourgogne, promotion 2013-2014 Rédaction-photo : Elina Baseilhac, Nathalie Romang, Lucie Toussaint, Yoann Olid, Antoine Fresse Intervenant photo : Arnaud Finistre Artwork : SCHLEP, Le Gouvernement PAO : Lucie Toussaint, Denis Dias, Yoann Olid Vidéo : Martha Goiset, Barbara Lancia, Valentin Euvrard, Jorge Moron, Clément Delpouve, Aurélien Moulinet Intervenant vidéo : Jean-François Desmarchelier Communication externe : Laurine Poupon, Cécile Chanu, Marie Hassan, Denis Dias, Thibaut Weill Facebook : Festival GéNéRiQ Twitter : @generiqfestival Youtube : EuromediasDijon Impression : Graphi Sy s t e m R e m e r c i e m e n t s : Cr é di t Mutuel T i r a g e : 15 0 0 exemplaire s

288_77a jeune fille 189x130 DR Dijon.indd 1

Ne pas jeter, ne pas manger, pensez à me recycler !

concert mystère Gratuit sur inscription : 03 80 48 86 00 16h30 - Concert complet kithara - 18 heures Orchestre Taarab de Zanzibar Grand Théâtre - Place du Théâtre Location 21€ / Carte Vapeur & Adhérent 19€ Carte Culture 5,50€ Sur place 24€ / 21€ Présenté par l'ABC et GéNéRiQ

À voir sur le web À voir sur www.lavapeur.com : une rencontre avec la chanteuse réunionnaise Nathalie Natiembé et un entretien légèrement décalé avec l'artiste espagnol

Bigott. Notre équipe de vidéastes a également voulu savoir si cette édition 2013 du festival GéNéRiQ avait comblé l'appétit de son public. De son côté votre journal reviendra en photos sur tous les grands moments de cette semaine écoulée. Big Bisous !

Le Crédit Mutuel est une banque mutualiste : sans actionnaire, elle est détenue par ses sociétaires, qui possèdent chacun une fraction du capital social de sa Caisse locale au travers de la détention de parts sociales. Dès 18 ans, devenez vous aussi sociétaire, votez et exprimez-vous lors des Assemblées générales.

19/11/13 09:05

GéNéRiQ 2013 / Journal du Festival #6 - 24/11/2013  
Read more
Read more
Similar to
Popular now
Just for you