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Vœux de Laurent BAUMEL Cheillé - 16 janvier 2014 Mesdames et Messieurs les élus, Mesdames et Messieurs les représentants des autorités militaires, Mesdames et Messieurs, Chers amis, Je veux d’abord remercier Jean-Serge Hurtevent de nous mettre à disposition pour la deuxième année consécutive cette salle de Cheillé. Je ne sais pas si nous allons instituer tous les mois de janvier jusqu’en 2017 et au-delà, je l’espère, le « rendez-vous de Cheillé » mais pourquoi pas ? Cheillé a, dans le fond, l’avantage d’être au centre géographique de la quatrième circonscription et, symboliquement, j’aime bien cette idée qu’il faut exactement le même temps pour venir ici de La Riche ou de Chinon. Je suis heureux que vous ayez répondu nombreux à mon invitation ce soir. Je salue évidemment les maires et conseillers généraux présents, ceux qui partagent ma sensibilité politique mais aussi les autres qui viennent ici dans un esprit républicain. J’en profite pour dire que si le climat de la campagne de 2012 a pu peser au début de mon mandat, j’entretiens aujourd’hui des relations apaisées et cordiales avec l’ensemble des élus de ma circonscription, et c’est en tout cas évidemment ce que je souhaite, considérant que sur toute une série de dossiers locaux les clivages partisans ne sont pas en jeu. Puisque je ne suis pas astreint, tel un préfet ou un sous-préfet, à un devoir de neutralité, on ne m’en voudra pas de saluer aussi quelques amis engagés, comme têtes de listes, dans les élections municipales de leurs communes : Pascale Boudesseul, Céline Delagarde, Wilfried Schwartz, Gaetan Thareau,… Au-delà de ces maires et candidats, je vous salue tous, élus, militants, sympathisants et citoyens qui me font l’amitié de leur fidélité et l’honneur de leur présence. Je veux transmettre les excuses de Frédéric Thomas, Philippe Le Breton, Mohamed Moulay. Cette cérémonie des vœux est pour moi comme pour tout élu une occasion de rendre compte de mon activité.


Je commencerai par mon activité nationale. Sous le régime de la Cinquième République où nous nous trouvons, cette partie du discours des vœux d’un parlementaire de la majorité consiste essentiellement à égrener et valoriser les réformes entreprises par le gouvernement qu’il soutient et à indiquer, au passage, la part qu’il a prise dans celles-ci comme rouage de travail. Il n’est pas inutile, de fait, pour un député s’adressant en début d’année aux concitoyens de sa circonscription, de rappeler quelques bonnes lois méconnues adoptées dans l’année écoulée. Je suis heureux par exemple de pouvoir vous dire ce soir qu’avec mes collègues, nous avons voté en 2013 une proposition de loi renforçant les pénalités pour les entreprises qui ferment un site rentable, que nous avons renforcé les moyens de lutte contre la fraude et l’évasion fiscale, avec des premiers résultats dont la presse rend compte ces jours-ci, que nous avons encadré les loyers dans les grandes agglomérations, étendu les tarifs sociaux de l’énergie, généralisé la complémentaire santé pour tous les travailleurs dans le cadre de l’ANI, introduit un salaire minimum garanti de 4 600 € pour les jeunes médecins qui s’installent dans les déserts médicaux, remis en place la formation des enseignants, ou encore, adopté une loi sur le non-cumul des mandats, qui sera définitivement votée mardi prochain. Pour ma part, j’ai été en 2013 chef de file de mon groupe dans le débat sur la loi bancaire. Je suis heureux d’avoir, à cette occasion, un peu pesé pour accroitre d’avantage la séparation des activités spéculatives et pour instaurer un vrai plafonnement sur les frais bancaires. Mais, évoquant ici les heures que je passe à Paris les mardis et mercredis de chaque semaine, je souhaite aussi vous parler de mes combats politiques. Même s’il m’arrive, comme tout bon parlementaire, de profiter de ces deux journées pour aller plaider des dossiers locaux dans les Ministères, je m’efforce en effet aussi de participer pleinement à la discussion politique permanente qui se mène à Paris sur le sens et la pertinence de la politique que nous menons. Tout au long de l’année 2013, j’ai plaidé, vous le savez, pour un rééquilibrage de la politique budgétaire et fiscale qui est menée. Je souscris évidemment à la nécessaire réduction des déficits, ou en tout cas à l’idée d’une trajectoire qui permette de baisser l’endettement de la France et nous rende ainsi à terme moins dépendant des mouvements d’humeur des marchés financiers internationaux. Je souscris évidemment aussi à la priorité accordée par le Président de la République à la lutte contre le chômage. J’ai voté avec satisfaction les emplois d’avenir, les contrats de génération, la création de la Banque Publique d’Investissement. Même si j’ai moins apprécié sa position sur le dossier Michelin, je soutiens aussi la nouvelle politique industrielle impulsée par Arnaud Montebourg.


J’admets parfaitement l’idée qu’on ne créera pas des emplois sans le concours des entreprises, et que celles-ci peuvent avoir dans certains secteurs des problèmes de concurrence ou d’érosion de leurs marges qui justifient qu’un gouvernement socialiste mais réaliste appréhende la question de la baisse du coût du travail. Mais j’ai pour autant des réserves et des doutes sur la façon dont l’exécutif opère aujourd’hui dans la mise en œuvre de cette double politique de redressement, financier et productif. Je ne crois pas d’abord que nous fassions tout ce qu’il faut sur le terrain de l’emploi. Pour moi, sauf à créer un salariat payé au rabais, ce qui n’est pas notre choix de société, une baisse massive du chômage n’est pas possible sans relance de la croissance, c’està-dire s’il n’y a pas un changement profond dans le pilotage macroéconomique de l’Europe. Je pense qu’il faudrait avoir le courage d’affronter la chancelière allemande sur cette question, de remettre radicalement en cause la vision purement austéritaire et disciplinaire de l’Europe, quitte à provoquer pendant quelque temps ce genre de tensions politiques dont le général de Gaulle, en son temps, avait su prendre le risque. Je ne crois pas, surtout, que la priorité accordée à l’emploi justifie qu’on relègue toutes les autres aspirations au second plan, et notamment l’aspiration de tous ceux qui travaillent à tirer les fruits légitimes de leur travail. La crise, les délocalisations, les restructurations tendent certes à diffuser et généraliser l’angoisse du chômage. Chaque famille est touchée ou peut l’être potentiellement, ne serait-ce qu’à travers l’interrogation sur l’avenir des enfants. Mais, même en période de crise, il y a encore – et c’est heureux – une majorité de Français qui travaillent. Il y a notamment des millions d’ouvriers, d’employés qui ont un CDI, qui ne sont pas immédiatement menacés de le perdre mais qui, parce qu’ils subissent depuis trop longtemps la stagnation des salaires et l’augmentation parallèle du coût de la vie, ont de plus en plus de mal à joindre les deux bouts, à payer les traites de la maison, à faire le plein dans les voitures, à financer les études des enfants, et je ne parle pas des loisirs et des vacances. Cette France-là, cette France des couches populaires et moyennes, qui est le corps central de notre société est un peu oubliée. Elle bénéficie certes largement de notre modèle social à travers les services publics gratuits et la sécurité sociale, mais elle a le sentiment, pas toujours infondé, de payer de plus en plus sans faire l’objet, pour autant, de l’attention des gouvernants successifs. C’est cette France-là qui aujourd’hui se décourage, se désillusionne, et est de plus en plus attirée par le discours populiste de l’extrême-droite.


Le président précédent avait fait beaucoup de promesses à cette France du travail. Il ne les a guère tenues et en a d’ailleurs payé le prix. L’actuel président n’a pas promis monts et merveilles mais il avait parlé dans sa campagne d’un « redressement juste », d’un temps de la redistribution qui pourrait venir, laissant entendre que la préservation et l’amélioration des conditions de vie des couches populaires et moyennes feraient aussi partie de ses objectifs politiques. Cet équilibre n’apparaît plus suffisamment à mes yeux dans la politique que nous avons mené en 2013. Il y a certes, ici ou là, quelques mesures de pouvoir d’achat – que j’ai rappelées – mais l’évolution de notre politique fiscale a peu à peu tout balayé : alors que le début du quinquennat avait consacré l’idée de concentrer l’effort sur les couches les plus aisées, tout le monde a eu le sentiment d’être mis à contribution. La désastreuse affaire du gel du barème, qui a fait entrer dans l’impôt de modestes retraités, a été un symbole de ce glissement, tout comme le choix de faire financer, avec le CICE, 20 milliards de baisse de charges par des hausses de TVA. Co-fondateur et animateur d’un groupe de députés « La gauche populaire » qui s’est fondé en 2011 sur cette volonté de répondre aux attentes de la France du travail, je me suis battu tout au long de l’année 2013 pour défendre cette idée du pouvoir d’achat, de la lutte contre les inégalités, et de la justice sociale comme des fils directeurs de nos choix qui ne peuvent pas être subordonnés ou disparaître complètement derrière les objectifs de redressement des comptes ou d’amélioration de la compétitivité. J’ai émis des réserves vis-à-vis du CICE, en demandant à plusieurs reprises que cet avantage fiscal soit au moins ciblé sur les entreprises réellement exposées à la concurrence internationale, ce qui n’est pas le cas par exemple des géants de la grande distribution ou des cliniques privées. Pendant toute la durée du débat budgétaire, de juin à décembre, j’ai surtout mené un combat important, en compagnie de 75 parlementaires de la majorité, pour réclamer et proposer une réforme fiscale susceptible de rendre du pouvoir d’achat aux salariés modestes en baissant leur impôt sur le revenu ou leur CSG. J’ai mené ce combat en prenant la parole dans la réunion hebdomadaire de mon groupe politique, comme dans les échanges réguliers que nous avons avec les Ministres. J’ai choisi aussi, vous le savez, de m’exprimer librement dans les médias. Certains, dans ma famille politique, m’en ont fait le reproche. Je peux entendre et comprendre ce reproche. En ces temps d’adversité, où la gauche gouvernementale est par définition prise sous le feu croisé d’une droite agressive, ayant mal admis sa défaite de 2012 et une extrêmegauche qui reste beaucoup dans le « y a qu’à faut qu’on », il est important de conserver une certaine solidarité.


Je le fais en votant tous les textes arbitrés par mon groupe, même lorsque je ne suis pas d’accord avec leurs équilibres. Je n’en considère pas moins qu’un parlementaire de la majorité a le droit et le devoir de s’exprimer, même publiquement, lorsqu’il a le sentiment que le gouvernement qu’il soutient s’écarte des principes fondamentaux ou des objectifs qui doivent guider l’action de sa famille politique. ette liberté du député était la norme sous la troisième et la quatrième république. Le candidat avait son propre programme, ses combats, et s’affiliait à l’Assemblée à des groupes parlementaires moins structurés. Avec la Cinquième république, et singulièrement depuis le quinquennat et l’inversion du calendrier, nous avons basculé dans une logique qui tend à faire du député de la majorité, investi par son parti et élu un mois après le Président de la République, un homme ou une femme dont la fonction principale consiste à voter les textes élaborés par les collaborateurs du Président. Je vois les progrès que ce régime nous a apportés : plus de transparence pour les électeurs, plus de stabilité dans les institutions. Mais je me refuse à « intérioriser » totalement cette logique, à devenir le soldat résigné ou silencieux d’une armée dirigée par un général en chef qui décide seul de tout et en toutes circonstances. Ce n’est pas mon orgueil que je défends ici mais une conception de la fonction parlementaire et de la démocratie. Je pars du principe que nous avons, nous aussi, été élus, et ce qui nous lie c’est d’abord le contrat que nous avons passé avec nos propres électeurs. Pour moi, ce contrat ne dit pas « nous soutiendrons un homme, quoiqu’il fasse et quoiqu’il dise ensuite ». Ce contrat dit « nous voulons aider le Président de la République à réussir le projet qu’il a lui-même présenté aux Français ». Et cela suppose un débat permanent sur la manière de s’y prendre face à des réalités complexes et changeantes. Je pars aussi du constat qu’il faut bien que la voix des électeurs soit portée. Ai-je tout simplement le droit de rester silencieux le mardi à Paris après avoir croisé pendant le week-end des électeurs sincères qui me disent « on est déçus » ou « on ne comprend pas » ? Les milieux d’affaires, les dirigeants du CAC 40 campent dans les ministères, ils sont organisés. Ils ont leurs relais dans les cabinets mêmes et la technostructure d’Etat pour se faire entendre, et force est d’ailleurs de constater qu’ils y parviennent assez bien. Mais qui remontera les problèmes et les attentes des citoyens ordinaires si les parlementaires ne le font pas ? Quant à la question d’exprimer ses différences d’appréciation publiquement, plutôt que de réserver ses commentaires à des réunions internes, à supposer qu’avec twitter et les smartphones il puisse encore exister une seule réunion qui soit véritablement « interne », j’observe que notre démocratie est elle-même devenue une démocratie médiatique et que les idées n’avancent et n’acquièrent de la force dans le processus politique qu’à condition d’avoir été portées dans le débat public.


C’est parce que nous ne sommes pas restés confinés aux débats techniques de la commission des finances, c’est parce que nous avons porté notre proposition de réforme fiscale dans les médias, que Jean Marc Ayrault, lorsqu’il s’est trouvé acculé par le mouvement des bonnets rouges et d’autres révoltes à rechercher une sortie politique par le haut, a pu se saisir à son tour de cette idée en lui donnant le sens d’une véritable initiative politique, qui a d’ailleurs fait en effet retomber la pression sur ce sujet. Je n’ai donc pas de scrupule à m’exprimer, à dire ce que je pense, et je continuerai à le faire en 2014 chaque fois que je le jugerai nécessaire. Les mois qui viennent en fourniront à coup sûr l’occasion. Le pacte de responsabilité qui vient d’être annoncé par François Hollande a le mérite de vouloir prendre à bras le corps la question du coût du travail et de vouloir « mouiller » les entreprises dans le combat contre le chômage. Mais je suis désolé de dire qu’il soulève aussi de nombreuses questions : comment allonsnous garantir qu’il y aura en face des 35 Mds d’euros de baisses de cotisations annoncées, des créations effectives d’emploi ? Dans ces périodes de restriction budgétaire, où nos communes ne savent plus comment elles financeront leurs services de base, on n’a pas le droit de faire des chèques en blanc. Quelles dépenses allonsnous réellement pouvoir baisser, sans mettre en danger notre modèle social, pour financer ces baisses de « charges » patronales ? Je rappelle au passage que ce qu’il est devenu commun d’appeler des « charges » sont des cotisations, des recettes pour financer des prestations que l’on n’est pas toujours pressés de supprimer… Que devient, surtout, l’autre aspect de la réforme fiscale, celui qui avait été annoncé par le Premier Ministre, et qui devait, précisément, apporter des débuts de réponse sur le terrain de la justice sociale et du pouvoir d’achat ? Vous pourrez compter sur moi pour exercer à la fois, en 2014, mon soutien et ma vigilance, pour œuvrer, partout où je peux parler et agir, à la prise en compte des aspirations et attentes de ceux qui comptent sur nous ou ont besoin de nous. Rendre compte c’est vous dire ce que je fais le mardi et le mercredi à Paris, c’est aussi vous dire ce que je fais ici en circonscription du jeudi au lundi. Je m’efforce tout d’abord d’être fortement présent, au côté des élus locaux et des bénévoles associatifs, dans tous les événements qui font la vie de notre circonscription. Chaque semaine, je me rends dans des assemblées générales d’associations, dans des fêtes de quartiers ou de villages, dans les cérémonies et célébrations, dans des inaugurations d’équipements ou d’aménagements. Cette présence est pour moi une façon de témoigner une reconnaissance symbolique à l’égard de ces multiples initiatives et traditions locales qui créent le lien social et la qualité de vie dans nos territoires.


Chaque semaine qui passe me procure notamment la possibilité de ressentir et d’apprécier l’art qu’a notre Touraine de valoriser ses terroirs et son patrimoine, cette alliance subtile de la nature et de la culture qui caractérise notre région. Cette présence dans les 8 cantons et 78 communes qui s’étalent du sud de la Loire et à l’ouest de l’A10, des faubourgs de Tours aux confins de la Vienne et du Maine-et-Loire, est aussi une façon de pouvoir parler, au-delà des élus et des responsables économiques, avec mes électeurs. J’aime beaucoup ces contacts directs en marge des cérémonies, autour du buffet, qui me permettent de mieux connaitre, semaine après semaine, les parcours de vie, les situations et les attentes de mes concitoyens. J’essaie – j’en ai parlé il y a quelques instants – d’ancrer ma réflexion politique dans une compréhension des réalités qui ne passe pas simplement par la lecture des livres et des études mais aussi par ces contacts quotidiens. Ce sont ces contacts quotidiens qui me permettent de comprendre par exemple ce que représentent dans les budgets familiaux modestes certaines hausses d’impôts que les gens de Bercy, depuis leurs bureaux dominant la Seine, jugent marginales. Ce sont ces contacts aussi qui me permettent de prendre mes distances avec certains poncifs qui circulent au sein des élites dirigeantes trop éloignées du terrain : c’est parce que j’ai été maire et que je prolonge cet engagement en étant un député de terrain que je sais que la fameuse « densification » des villes prônées par le discours urbanistique dominant n’est pas consensuel dans la société française. C’est parce que je connais la vie concrète des habitants des espaces périurbains souvent obligés de prendre leurs deux voitures pour aller travailler que je sais que l’écologie ne peut fédérer si elle est punitive. C’est parce que je connais les difficultés concrètes auxquelles sont confrontées les communes qui doivent accueillir des gens du voyage sur leur territoire que je trouve parfois les intentions généreuses du législateur dans ce domaine un peu décalées des réalités. C’est parce que je rencontre des chefs d’entreprise, des acteurs de terrain, que je sais qu’en même temps qu’il y a des chômeurs, il y a aussi sur nos territoires des CDI non pourvus, des personnes qui vivent entre chômage et emploi, et que ceci rend la question plus complexe qu’on ne veut bien le dire lorsqu’on parle simplement et technocratiquement « d’inverser une courbe ». Dans mon activité de terrain, je m’efforce bien sûr aussi de suivre les dossiers collectifs importants. L’année 2013 a été marquée par l’affaire Michelin. Dès l’annonce de l’arrêt de l’activité pneus poids lourds sur le site de Joué, je me suis rendu sur place pour rencontrer les salariés et leurs syndicats. Comme Philippe Le Breton, le maire de Joué, nous avons essayé de mobiliser les habitants pour apporter un soutien sous différentes formes. Nous avons épaulé les syndicats dans leur négociation avec la direction du groupe.


Grâce à leur détermination et le savoir-faire des responsables syndicaux auxquels je veux ici rendre hommage, les salariés ont obtenu un plan social à peu près acceptable, notamment sur les mesures d’âge. Avec les autres élus concernés, nous avons obtenu du PDG de Michelin l’engagement d’implanter une autre activité du groupe en Touraine. Sur le fond, il reste évidemment 700 emplois qui disparaissent, après les saignées des décennies précédentes, 700 emplois qui ne seront pas disponibles pour absorber la force de travail de 700 jeunes tourangeaux. Mais, au moins, nous n’avons pas baissé les bras, nous nous sommes battus, collectivement, sans tomber dans les jeux de rôle et l’instrumentalisation politicienne du dossier, dans l’intérêt exclusif des salariés et du territoire. J’ai également pris des initiatives en 2013 pour essayer par exemple d’avancer sur les nombreux problèmes posés dans les cantons de Sainte-Maure et Richelieu par le chantier de la nouvelle ligne TGV Paris Bordeaux. Et j’ai bien sûr essayé d’être présent et utile lors des intempéries qui ont frappé une partie de nos vignerons et de nos communes au printemps dernier. Je m’efforce aussi d’exercer pleinement ma fonction d’intermédiaire entre le terrain, les acteurs socio-professionnels de ma circonscription et le processus d’élaboration législative. J’organise des réunions régulières, par cantons ou communautés de communes, avec les élus, je rencontre les syndicats, je visite les entreprises et les zones d’activité économique. J’ai été heureux par exemple de pouvoir récemment défendre dans l’hémicycle des amendements à la loi agricole élaborés au terme d’une réunion avec les représentants locaux de la profession. Je ferai le même travail avec les lois à venir sur l’économie sociale et solidaire ou la décentralisation. J’essaie aussi de venir financièrement en aide à nos associations et nos communes à travers la désormais modeste réserve parlementaire – 130 000 € – qui nous est affectée et que j’essaie de ventiler en priorité vers les petites communes de moins de 1 500 habitants qui ont, par définition, moins d’autofinancement et d’accès aux aides pour réaliser par exemple la remise en état de leurs voiries, l’aménagement de leurs centres-bourgs, la réfection de leur patrimoine ou les travaux d’accessibilité de leurs équipements. Enfin, je n’oublie pas, dans cette activité de terrain, tout le travail qui est fait, avec mes trois collaborateurs, Mathieu, Mina, Michaël, que je veux remercier ici car sans eux rien de tout cela ne serait possible, pour répondre aussi aux demandes individuelles qui nous sont adressées.


Face aux aléas de la vie, aux difficultés administratives, de nombreuses personnes ont besoin d’être aidées ou accompagnées dans leur démarche et, sans nous substituer aux institutions faites pour cela – pôle emploi, les missions locales, les travailleurs sociaux,…- nous essayons de donner un coup de main quand nous le pouvons, en exerçant notre capacité d’influence ou notre capacité à ouvrir certaines portes pour celles et ceux devant qui on les ferme souvent. Au total plus de 500 personnes ont par exemple été reçues en 2013 dans nos permanences. C’est la volonté de rendre pleinement ce service de base qui nous a conduit, d’ailleurs, à fermer notre bureau de Chinon, qui n’attirait que les habitants de Chinon même, pour le remplacer par des permanences itinérantes le vendredi matin dans les chefs-lieux de canton du pays du Chinonais (sauf à Azay, où nous pensons que les gens peuvent plus facilement se rendre à notre bureau de Joué) et tenir mieux compte aussi du fait qu’une partie des personnes qui ont besoin de notre aide ont parfois aussi des difficultés à se déplacer. Je prends du temps enfin, chaque semaine, pour essayer d’informer le mieux possible les habitants de cette vaste circonscription de ce que je fais. Depuis juin, nous diffusons dans les boites aux lettres une lettre trimestrielle, ce qui nous donne aussi l’occasion de bien connaître les recoins magnifiques, les petits ruisseaux et les belles propriétés de la circonscription et de faire les séances de sport en plein air dont le reste de notre emploi du temps ne nous laisse plus le temps. Nous diffusons aussi par mail un « flash info » ponctuel dès qu’il y a une actualité nationale ou locale qu’il nous paraît utile de diffuser. Cette approche est fondamentale. J’ai observé à l’occasion de ma dernière campagne qu’une partie des élus continuent de penser qu’une implantation politique consiste à établir des relations solides avec un milieu restreint de personnalités supposées avoir de l’influence sur le reste de la population. Cette conception notabiliaire était bonne pour le XIXème siècle, un peu pour le XXème, elle est totalement dépassée au XXIème commençant. Nous sommes dans une société d’individus éduqués et autonomes, qui n’ont pas besoin qu’on leur tienne la main pour leur dire ce qu’ils doivent penser ou pour qui ils doivent voter, mais qui ont juste besoin – c’est devenu essentiel – d’être bien informés pour former leur jugement. Je continuerai en 2014 de m’inscrire résolument dans cette conception moderne d’une communication la plus directe possible avec les habitants de ma circonscription et je veux remercier aussi au passage les militants ici présents qui nous aident régulièrement dans ce travail.


Voilà, Mesdames, Messieurs, chers amis, l’essentiel de ce que je voulais vous dire à l’occasion de ces vœux. Il y a bien d’autres sujets bien sûr dont je voudrais vous parler. Les questions internationales : je ne les ai pas évoquées mais je me dois d’avoir avec vous une pensée pour nos soldats engagés en ce moment même sur différents fronts africains. Les échéances électorales qui arrivent : je dirai simplement que j’ai beaucoup d’admiration et de respect pour l’immense travail qui est réalisé par les élus locaux, qui contredisent au quotidien l’image démagogique d’une classe politique corrompue œuvrant à ses intérêts propres, et que j’espère que les Français, en Touraine comme ailleurs, sauront d’abord s’intéresser dans les municipales qui arrivent à ce travail local. A tous ceux qui sont engagés dans des combats, je souhaite du courage et de la réussite. A vous toutes et tous, je souhaite bonheur et santé pour la nouvelle année. Je sais pouvoir compter sur vous pour m’épauler concrètement sur le terrain et me donner de la force pour ce que je fais à Paris. Vous pouvez compter sur moi pour rester fidèle à nos engagements et nos valeurs communes. Je vous remercie !

Discours voeux 2014  

Discours des voeux 2014 de Laurent Baumel, député de la quatrième circonscription d'Indre-et-Loire, le 16 janvier 2014 à Cheillé

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