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Discours de la commémoration des 20 ans de la catastrophe de l’Ouvèze Pierre Meffre, Maire de Vaison-la-Romaine 22 septembre 2012 Monsieur le Préfet Monsieur le Sénateur et Président du Conseil général, Claude HAUT, Maire de Vaison en 1992 Mesdames et Messieurs les Maires et Elus, Mesdames et Messieurs les membres des associations et corps constitués, Chères Vaisonnaises et chers Vaisonnais, Mesdames et Messieurs, Nous sommes réunis aujourd’hui pour nous souvenir des terribles évènements du 22 septembre 1992 et témoigner de notre compassion et de notre amitié à toutes celles et ceux que la catastrophe de l’Ouvèze a meurtris. Je remercie toutes les personnalités, élus, pompiers, gendarmes, secouristes, officiels et citoyens de notre ville, comme des villes et villages alentours d’être ici à nos côtés. Je vous sais, comme moi, très émus. Il est des évènements qui bouleversent le cours d’une vie. Le 22 septembre 1992 a changé la nôtre. Depuis cette date, nous ne regardons plus, de la même manière, le ciel menaçant avant l’orage. Depuis cette date, nous ne considérons plus notre rivière, l’Ouvèze, comme un cours d’eau simplement paisible. Depuis cette date, nous savons que rien n’est impossible ; ni les catastrophes les plus terribles qui peuvent s’abattre en quelques heures sur notre ville ; ni la mobilisation et la solidarité de toute une population pour se remettre debout et reconstruire son avenir. Au lendemain de la catastrophe, la ville est en deuil. 32 personnes ont perdu la vie, quatre sont portées disparues. Plus de 300 maisons ont été touchées, un lotissement entier, à l’endroit même où nous nous trouvons aujourd’hui, a été rayé de la carte. Le camping municipal est dévasté, les voies de circulation endommagées, les trois ponts de la ville ébranlés… Comment avons-nous trouvé la force de nous relever devant un tel désastre ? La réponse appartient à chacun d’entre nous. Je me souviens, quant à moi, de cet immense élan collectif de solidarité et de générosité dont la ville a bénéficié. Je veux remercier ici, du fond du cœur, toutes celles et ceux qui y ont pris part. Nous n’oublierons jamais ces centaines de volontaires qui nous ont prêtés la main et soutenu dans la terrible épreuve que nous traversions. Parmi cette assemblée aujourd’hui réunie, je veux personnellement rendre hommage à M. Claude Haut qui, avec son équipe d’alors, s’est investi dès les premières heures de la catastrophe pour porter secours aux sinistrés. C’est aussi lui qui, avec les services de l’Etat, du Département et de la Région, a tout mis en œuvre pour que Vaison se reconstruise, dans les semaines et les mois qui ont suivi ce drame.


Je veux aussi rendre hommage à l’ensemble des services de la ville, à tous les fonctionnaires mobilisés, à tous les secouristes qui ont su faire face avec courage à des situations extrêmement difficiles, au côté des Vaisonnaises et des Vaisonnais, dans des conditions que ceux qui n’ont pas vécu les événements de 1992, peuvent avoir du mal à imaginer. Personne aujourd’hui ne peut dire que la catastrophe de 1992 ne se reproduira plus jamais. Même si chaque Maire, chaque élu, au côté des Vaisonnaises et des Vaisonnais, a travaillé pour protéger la population et les habitations de notre ville. A commencer bien sûr par le renforcement et l’enrochement des digues ainsi que la construction d’un mur de protection quai Pasteur, le classement en zone rouge et inconstructible des secteurs les plus exposés, le long de l’Ouvèze. Outre les aides publiques à la réparation des habitations, il a fallu aussi construire de nouveaux logements pour les sinistrés, réparer les édifices publics et patrimoniaux. Vingt ans après la catastrophe, nous en payons toujours le prix, même si chaque année, nous nous employons à réduire l’endettement de notre commune. Nous avons travaillé à mettre en place des procédures d’alertes. Chaque année, nous nous livrons à des exercices d’évacuation, notamment au groupe scolaire JulesFerry… Aujourd’hui, nous disposons d’un plan communal de sauvegarde pour recenser et organiser tous les secours en cas de grave catastrophe naturelle. Depuis le 22 septembre 1992, notre vie a changé. De ce drame est aussi né un mouvement de solidarité et d’entraide qui nous a aidés à surmonter les épreuves et à apaiser notre chagrin face à la disparition brutale d’êtres qui nous étaient chers. Dans la minute de silence que je vous demanderai de bien vouloir partager avec moi maintenant, je veux penser à toutes les victimes du 22 septembre 1992, mais aussi à toutes celles et ceux qui étaient à nos côtés après la catastrophe. Cet élan de vie, de solidarité et d’entraide doit nous aider à avoir confiance en l’avenir.

Discours 22 sept 92  
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