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Suivi Bilan 2010 Témoignage d’un forestier Première rencontre Suivi télémétrique Conservation . Des ZNIEFF pour les chouettes Alimentation des jeunes Tengmalm Bibliographie Publications récentes Sensibilisation Nouvelle édition du cahier technique Appel à textes et illustrations

Photos : D. Hackel, G. Trochard ©

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n°5 & 6 juin 2011

Suivi 2011 Année de la forêt… Quelle forêt ? Celle qui produit le bois dont nous avons besoin ? Celle qui protège les sols et les sources ? Celle qui de tous nos écosystèmes est le plus riche en diversité spécifique ? Souhaitons qu’aucun de ces aspects ne soit négligé. Produire plus tout en préservant la biodiversité. Vaste programme où notre petit groupe prétend jouer modestement son rôle. Depuis plusieurs années, à l’initiative de la LPO et de l’ONF un groupe d’ornithologues et de forestiers, amoureux de la nature sauvage, partagent leur expérience et font progresser les connaissances sur les petites chouettes montagnardes. Saison après saison, leur répartition et leurs effectifs sont mieux connus, les connaissances sur leur biologie progressent. Mais à quoi cela servirait-il si la protection de leur milieu était oubliée ? L’ONF s’est doté de directives de gestion définissant sa politique en la matière. Aux acteurs de terrain d’avoir les gestes simples (par exemple le respect des arbres à cavités) qui permettront d’entendre longtemps encore le pou-pou de la Tengmalm et le sifflement flûté de la chevêchette. Yvan Orecchioni

Bilan du suivi 2010 La constitution d’un groupe de travail « Petites chouettes de montagne » a permis de dresser en 2007 un premier bilan sur la présence et la nidification de la chevêchette d’Europe et de la chouette de Tengmalm dans 14 massifs forestiers ou secteurs montagneux de France. Cette quatrième synthèse est plus étoffée : elle concerne 21 secteurs géographiques de présence de l’une ou des deux petites chouettes forestières. Près de 200 personnes ont participé au suivi en 2010 et ont totalisé l’équivalent de près de 500 journées de prospection sur le terrain. Il reste cependant de nombreuses zones où notre connaissance de la répartition et de la nidification des deux espèces est insuffisante en raison notamment des difficultés de recherches liées à la discrétion de ces oiseaux mystérieux et aux conditions d’accès difficiles de la plupart des zones de reproduction. Toute contribution sera la bienvenue. L’année 2010 a été bien meilleure que les années précédentes pour la chevêchette d’Europe : 110 chanteurs (ou couples) ont été repérés cette année (un record !) contre 89 l’année passée, 81 en 2008 et 38 en 2007. Par ailleurs, 13 nids ont été découverts cette année et quatre familles ont été observées peu après l’envol de la nichée. Cette année est aussi très encourageante pour la chouette de Tengmalm, malgré des résultats fort variables selon les régions : 250 chanteurs (ou couples) ont été entendus (contre 115 à 130 les années précédentes) et 37 nids contrôlés.

Les informations complémentaires et les données 2011 sont à transmettre aux coordinateurs des différents massifs ou aux responsables du groupe de travail pour toute donnée extérieure aux zones décrites. Merci d’avance.

par Yves Muller Coordinateur LPO « Petites chouettes de montagne » yves.muller@lpo.fr

Ardennes La chouette de Tengmalm s’est reproduite avec certitude dans les Ardennes françaises en 2005. En 2008, deux chanteurs ont été entendus et un oiseau a été observé. En 2010 comme en 2009, malgré des recherches assez poussées, l’espèce n’a pas été contactée dans les Ardennes françaises.

coordination : Nicolas Harter (Association ReNArd) harter.chiro@gmail.com

Massif vosgien Vosges du Nord Quatre chanteurs de chouette de Tengmalm ont été entendus dans les Vosges du Nord en 2010 et dans l’un des cas, un individu a été contrôlé dans une cavité (nidification possible). La situation est donc meilleure qu’en 2009 (aucun chanteur) mais les effectifs restent faibles. Près de 200 cavités de pic noir ont été contrôlées en vain par grattage…


Trois territoires de chevêchette d’Europe sont occupés au printemps par des chanteurs ou des couples dans le Pays de Bitche et la proche Alsace et un dans le secteur de La Petite-Pierre. Sur ces sites, deux nids de chevêchette d’Europe sont découverts et suivis précisément aux confins de l’Alsace et de la Lorraine, près de l’Allemagne (6e et 7e preuve de nidification de l’espèce à basse altitude dans les Vosges du Nord depuis 2002). L’une des nidifications a lieu dans une pinède assez claire avec des chênes et des épicéas. Le nid est situé dans un chêne, à 250 mètres d’altitude. Il s’agit du même arbre qu’en 2009, mais une autre cavité est utilisée cette année. La nichée réussit : les jeunes quittent le nid le 8 juin. La seconde nidification contrôlée n’est pas très loin (1,5 kilomètre). La forêt est une pinèdepessière avec quelques chênes. L’altitude est de 280 mètres. Le couple a choisi une cavité de pic dans un épicéa. Les jeunes quittent le nid les 8 et 9 juin. En automne, 12 chanteurs ont été entendus sur l’ensemble des sites contrôlés dans les Vosges du Nord. Vosges moyennes

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Hautes-Vosges L’année a été bien meilleure pour la chouette de Tengmalm par rapport à 2009 : 26 chanteurs sont entendus au printemps, deux familles sont observées et trois nids sont découverts. Au printemps, la chevêchette n’est entendue que sur deux sites (pas de nidification observée) et en automne, elle est repérée sur quatre sites.

coordination : Yves Muller (LPO Alsace) yves.muller@lpo.fr Observateurs : J.M. Berger, P. Bootz, C. Dronneau, J.C. Génot, Y. Gross, Groupe Tétras Vosges, G. Hommay, S. Houpert, A. Laurent, N. Lefranc, K. de Lesseux, A. Lutz, J. Martin, Y. Muller, J.J. Pfeffer, D. Roessler, B. Ronchi, G. Roth, M. Rudin, N. Schaller, M. Schneider, , A. Scholl, B. Wassmer.

Massif jurassien

Un seul chanteur de chouette de Tengmalm a été entendu cette année et deux oiseaux ont été contrôlés dans des cavités. Sur l’un des sites, cinq jeunes hors du nid sont contrôlés le 7 mai.

La chevêchette d’Europe, n’a pas été retrouvée au printemps (la première preuve de nidification avait été obtenue l’an passé), mais deux chanteurs sont entendus en automne.

Franche-Comté

Avec 122 observations transmises, l’année 2010 apparaît comme une très bonne année pour la chouette de Tengmalm en Franche-Comté. C’est en effet trois fois plus de données qu’en 2009 et 2008. Un minimum de 102 mâles chanteurs (78 répartis sur 23 communes du Doubs et 24 sur 14 communes du Jura) ont été entendus entre le 18 janvier et 9 juin avec un pic au cours de la première décade d’avril ; la période du 11 mars au 20 avril regroupant plus des trois quarts des mentions. Pour comparaison, seulement 17 (ou 18) chanteurs avaient été dénombrés en 2009 et 13 chanteurs en 2008. Cette abondance de mâles chanteurs en 2010 s’est traduite par Chouette de Tengmalm - Photo : D. Hackel © Tengmalm et chevêchette n°5 & 6 - juin 2011 - LPO Mission Rapaces

des effectifs parfois importants localement comme, par exemple, huit mâles chanteurs sur un transect de trois kilomètres le 13 avril dans le Haut-Doubs. Quelques mâles ont été entendus de jour (les 1er mars, 16 mars, 22 mars, 10 avril). Comme les deux années précédentes, aucune observation n’a été transmise en provenance de la partie franccomtoise des Vosges. Dans la partie jurassienne, les données proviennent presque toutes de l’aire de répartition classique de l’espèce, c’est-àdire des forêts de résineux au-dessus de 900 mètres d’altitude. A l’exception d’un chanteur dans la vallée du Dessoubre, on relèvera l’absence de mention au nord de Morteau, alors que l’espèce y était présente par le passé. Faut-il y voir une contraction de l’aire de répartition suite à la succession de mauvaises années de reproduction ? Dans le département du Jura, une seule observation a été effectuée à environ 750 mètres d’altitude. Cette répartition ne reflète que partiellement la réalité puisque l’espèce est beaucoup plus largement répartie, notamment sur les hauteurs du département du Jura. Cette abondance de chanteurs ne s’est curieusement pas traduite par un grand nombre de cas de reproduction puisque seulement cinq preuves de nidification ont été enregistrées (trois dans le Doubs et deux dans le Jura). Elles concernent trois femelles en cavités (deux de pic noir et une de pic vert) vues les 22 mars, 17 avril et 21 avril, un juvénile non-volant trouvé au sol non loin d’une cavité de pic noir le 22 mai et un mâle et trois juvéniles contactés le 9 juin. Pourtant, de nombreuses cavités ont été grattées. Ce faible taux de reproduction est confirmé par les études menées par nos collègues suisses dans le canton de Vaud et une partie du département du Doubs. Pour Pierre-Alain Ravussin et son équipe, 2010 fut une bonne année pour la chouette de Tengmalm sur leur zone d’étude avec, entre autre, sept nichoirs occupés en France sur treize disponibles, dont quatre donnèrent respectivement quatre - sept - sept et huit jeunes à l’envol et trois nichées prédatées par la martre. Ce succès est satisfaisant, surtout après les deux très mauvaises années que furent 2008 et 2009. Cependant, les chouettologues constatent qu’il y a eu moins de nids trouvés en 2010 que la moyenne des années 1992-1996 et notent également une nette régression de l’espèce depuis le début de leur étude en 1985. Même constat pour Pierre Henrioux et son équipe dans l’ouest du canton de Vaud avec


un faible nombre de nichées découvertes et une répartition très irrégulière des couples nicheurs. En revanche, sur ces deux zones d’étude, le succès de reproduction a été excellent avec des pontes de cinq à huit œufs et des nichées atteignant huit jeunes à l’envol. Concernant la chevêchette d’Europe, le nombre de données transmises est stable au cours des trois dernières années : 49 en 2010, 51 en 2009, 52 en 2008 et 35 en 2007. Les observations proviennent de 15 communes du Doubs, toutes situées au sud de Morteau et seulement sept communes du Jura. A une exception près, tous les sites se trouvent dans le massif du Jura et au-dessus de (900)-1000 mètres d’altitude. Comme pour la chouette de Tengmalm, cette répartition ne reflète que partiellement la réalité puisque l’espèce est beaucoup plus largement répartie, notamment dans le Haut-Jura. A l’exception des mois de mai et d’août, la chevêchette a été contactée durant tous les mois de l’année. Vingt-cinq mâles chanteurs ont été entendus de début janvier à fin avril avec un pic durant la dernière décade de mars et la première d’avril, puis en juillet (avec un chanteur spontané le 7). Cet effectif est stable par rapport aux années précédentes : 28 chanteurs en 2009, 25 en 2008 et 24 (ou 25) en 2007. Le chant d’automne a été entendu à 10 reprises de début septembre à la fin décembre. Quatre familles comptant trois fois au moins deux jeunes volants et une fois trois jeunes volants ont été découvertes, fin juin et début juillet.

Chevêchette d’Europe : un chanteur au printemps (19 avril) sur le territoire communal de Lancrans et deux chanteurs d’automne dans les forêts communales de Divonne et de Gex.

coordination : Gérard Ponthus gerard.ponthus@onf.fr

Bourgogne Les secteurs favorables de Côte-d’Or et du Morvan ont été prospectés assidûment comme chaque année. Aucun chanteur de chouette de Tengmalm n’a été contacté et aucune nidification n’a été découverte en 2010 !

coordination : Hervé Jacob herve.jacob@free.fr

Massif central Massifs forestiers de la Loire Situation stable pour la chouette de Tengmalm par rapport aux années précédentes en terme de territoires occupés avec cinq mâles chanteurs sur deux massifs différents. Malgré le suivi de 10 nichoirs et d’une hêtraie dans laquelle les loges de pic noir sont nombreuses, il n’y a toujours pas de preuve de nidification ces dernières années, la plus récente datant de 1995. Deux projets de ZDE (Zone de Développement Eolien) sont en cours sur les deux secteurs les plus suivis, ce qui ne laisse augurer rien de très optimiste pour les populations de chouettes. Pour 2011, les prospections auront lieu sur les mêmes secteurs, avec un effort prévu dans les monts de la Madeleine, dans le cadre des études ZDE de la LPO Loire.

et aucun chanteur de chouette de Tengmalm n’est contacté dans le noyau secondaire au sud de la chaîne. Dans le noyau principal au centre de la chaîne, des mâles chanteurs plus ou moins assidus ont été contactés sur huit sites dont au moins six territoires, certaines écoutes pouvant se rapporter à des mâles (célibataires ?) mobiles. Sur ces six territoires, cinq ont fait l’objet de vérifications des loges connues. Seules deux femelles ont été observées dans des loges régulièrement occupées ces dernières années : une le 14 mars sans suite et une le 4 juin (rien le 16 avril), où au moins un grand jeune est présent à l’entrée de la loge les 18, 21 et 25 juin. Il s’agit encore d’une année sombre pour l’espèce, à cause de ressources alimentaires probablement faibles (malgré un léger retour des mulots par rapport aux deux dernières années « vierges »). La prédation (supposée par la martre) a été notée sur un pic noir et deux pigeons colombins. La Tengmalm en a-t-elle aussi fait les frais ? Malgré la structuration d’un groupe de suivi de l’espèce, il est encore trop difficile d’effectuer un suivi vraiment représentatif de la situation de l’espèce en Chaîne des Puys sans l’application d’un protocole strict. Quant à la chevêchette, tout ce qu’on peut dire c’est que le mâle est toujours dans un secteur proche de celui où il a niché en 2008 et que sa très (trop) grande discrétion prouve qu’il est sans doute toujours apparié et donc probablement nicheur. Mais où se cache-t-il ?

coordination : Romain Riols coordination : Dominique Michelat (LPO Auvergne) dominique.michelat@wanadoo.fr romain.riols@lpo.fr Observateurs : P.-M. Aubertel, J. Barataud, Observateurs : O. Gimel, F. Guélin, J.-Y. Barnagaud, L. Beschet, F. Bouzendorf, A. C. Lemarchand, B. Roche, R. Riols, O. coordination : Rodolphe Genouilhac Chamouton, P. Charrière, L. Coat, G. Contejean, Roquetanière (LPO Loire) B. Cotte, S. Dalloz, A. Girardeau, M. Haffner, I. genouilhacrod@club-internet.fr Leducq, F. Lonchampt, S. Maas, M. Montadert, A. Monts du Livradois Observateurs : Genouilhac Rodolphe – Lorenzini Mottet, D. Pépin, P.-A. Ravussin et les observateurs Nicolas – Vericel Emmanuel – Giordano Gaelle – du GOBE, F. Rey-Demaneuf, D. Reymond, Saison en demi-teinte pour les Guyot Mariette – Couronne Bernard – Diez René J.-C. Riot, S. Rolland, A. Rougeron, M. Sauret, chouettes de Tengmalm dans le – Cizeron Jean Paul – Thinon Benjamin – Marret J.-L. Simon (ONCFS), G. Vionnet, E. Wolff et D. Jean Louis secteur suivi du Livradois : Dans sa Michelat.

Ain Chouette de Tengmalm : deux contacts, l’un en février (chanteur diurne en forêt de Divonne) et l’autre en avril (forêt communale de Farges).

Chaîne des Puys Au printemps 2010, en Chaîne des Puys, trois sites isolés n’ont pas été prospectés, un l’a été, mais les trois visites n’ont permis aucun contact

partie sud (environ la moitié des sites connus) quelques écoutes des chouettes de Tengmalm n’ont rien donné et aucune tentative de reproduction n’a été trouvée lors du suivi des loges (un chant l’après-midi du 15 avril). Plus au

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Tengmalm et chevêchette n°5 & 6 - juin 2011 - LPO Mission Rapaces

Nbre de reproducteurs observés

Production de faines (kg/ha en ms)

constitue une gêne importante dans les nord et assez brusquement, la saison a été sites différents. Deux reproductions ont eu activités de chasse des petites chouettes marquée par une activité « normale », avec lieu. L’une a donné deux jeunes prêts à l’envol (et d’autres) notamment, et que, situés des chanteurs bien présents, dès les 10 et et l’autre a échoué probablement peu après exactement dans des forêts désignées en 11 décembre pour les premières bribes, la ponte. Notons que par un manque de ZDE, de nombreux sites de reproduction puis devenant réguliers de la fin décembre disponibilités, la pression de suivi a été moins disparaissent d’une manière ou d’une autre. jusqu’à exceptionnellement tard cette année importante que d’habitude. Une trentaine Anecdote : à Cistrières plusieurs mâles pour les derniers. Les contrôles de loges ont d’arbres à loges a tout de même été contrôlée chanteurs se sont manifestés avec assiduité permis de trouver et de suivre 10 tentatives par deux fois. toute la fin de saison. Je les ai écoutés et j’ai de reproduction, toutes dans des loges de suivi en particulier les trois derniers, qui ont coordination : Romain Rouaud pic noir, deux dans des hêtres, huit dans des romain.rouaud@free.fr chanté régulièrement jusqu’au 12 juillet pour sapins. Observateurs : R. Rouaud, O. Villa et B. Tranchand l’un, le 15 pour le second et le ... 22 pour le Deux premiers nids dans le Puy-de-Dôme ont dernier (malgré l’installation le 17, d’un camp donné respectivement 3 et 2+ jeunes à l’envol Lozère de scouts dans le bois où il chantait le plus dans les derniers jours d’avril (ponte fin souvent). Cet « acharnement » vocal est assez février). Les huit autres, dans la Haute-Loire L’Aubrac fournit enfin une donnée d’oiseaux inexplicable. Deux des mâles (le premier et le (dont sept sur un km² de la commune de chanteurs (O. Vinet) conférant à la chouette dernier à s’arrêter) étaient séparés d’environ Cistrières), ont connu des fortunes diverses de Tengmalm une répartition quasi-totale 700 mètres et pouvaient donc chacun être comme à l’habitude : deux abandonnés sur le département (sont exclues les Cévennes stimulés par les chants de l’autre (ceci en cours d’incubation (sans indice de méditerranéennes). Pas de découverte de jusqu’au 12), ce qui n’est probablement prédation), deux échecs en cours d’élevage, nouveaux chanteurs sur les autres sites. Sur pas le cas du 3e chanteur qui était, lui, à l’un sans indice de prédation, l’autre ne le causse de Sauveterre, une donnée de 2006 laissant pas de doute avec le cadavre décapité trois kilomètres des deux autres. Les chants arrivée (très) en retard fournit la première les plus tardifs notés précédemment étaient d’un adulte au pied du sapin, probablement mention de reproduction certaine de la un 2 juillet (2005 et 2007), l’un de jour, la femelle (mes soupçons se portent sur Tengmalm en Lozère (O. Amblard). l’autre après l’échec de la nichée d’un couple. la hulotte bien présente aux alentours ce printemps – dont trois trouvées dans coordination : François Legendre Massif de la Margeride des loges –). Non loin de là, une femelle (ALEPE) avait ses trois œufs évacués – intacts – à fl1973@yahoo.fr Au cours d’une sortie, le 28 avril, dans quelques mètres de la loge, probablement Observateurs : F. Legendre ce massif trop irrégulièrement visité, par un pic noir. La même femelle a effectué, R. Désécures a gratté quelques hêtres à loges environ 10 jours plus tard, une ponte de Aigoual sur la commune d’Auvers (43) et trouvé une remplacement dans la même loge, donnant chouette de Tengmalm au nid. Le soir, il a deux jeunes à l’envol autour du 11 juillet. 16 mâles chanteurs de chouette de également contacté deux chanteurs. Sur un site où un nid a été abandonné Tengmalm et cinq nidifications certaines (prédaté ?), une femelle différente est trouvée (dans quatre nouvelles loges et une déjà coordination : Dominique Vigier le mois suivant dans une loge, à environ nicky.vigier@laposte.net identifiée et utilisée depuis deux ans), voilà 20 mètres. Deux jeunes s’en envoleront le Observateurs : D. Vigier donc le résultat de la saison 2010. 20 juillet et un petit dernier attendra encore huit jours. Enfin, un nid trouvé le 1er juillet allait produire deux jeunes envolés le 23 ou Comparaison entre la production de faînes et la reproduction de la Nyctale de Tengmalm 24 août (date tardive). En résumé pour ces 400 18 10 tentatives de reproduction le taux d’échec (50%) semble un peu élevé, le nombre de 335,2 16 350 jeunes produits (moyenne 2,4 juv/nichée 14 300 réussie) est quant à lui plutôt dans la bonne 12 250 moyenne. 10 Cette saison illustre bien que la même année, 200 172 8 à l’intérieur d’un même massif, les ressources 150 150 trophiques disponibles peuvent être a priori 6 84 très différentes d’un secteur à un autre, 100 4 46 39,4 occasionnant une grande disparité dans 50 2 2,6 0,8 0,5 la reproduction des couples. Elle montre 1,6 2 0 0 encore une fois que les activités liées à la 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 reproduction de la chouette de Tengmalm Année peuvent s’étendre sur une période de l’année Nbre de couples nicheurs observés Nbre mâles chanteurs Production de faines bien plus longue qu’on peut parfois le penser à la lecture de résumés sur sa biologie. Montagne Limousine 16 mâles chanteurs représentent clairement Des projets d’implantation d’éoliennes sur notre record sur le massif de l’Aigoual. les crêtes du Livradois viennent récemment Il confirme l’installation de l’espèce et la d’être dévoilés au public. Il est à craindre, s’ils Encore une année moyenne. Trois mâles de chouette de Tengmalm ont chanté sur trois poursuite de son extension, côté Lozère, mais devaient aboutir, que le bruit des turbines


toujours sans nidification avérée sur ce versant du massif. L’observation de la faînée apporte, comme d’habitude, l’explication principale (cf. diagramme page précédente) : avec une forte fructification des hêtres, la survie des populations de mulots et campagnols a été suffisante pour permettre une bonne reproduction de leurs prédateurs, dont celle de la chouette de Tengmalm. Bref une bonne année pour la reproduction de cette petite chouette sur le massif de l’Aigoual. L’écart avec le nombre de nicheurs certains observés n’est que le fruit d’une pression d’observation insuffisante sur la période de nidification (avril/mai) et, par la suite, de l’effort de grimpe (en août, septembre, octobre).

avec 35 nouvelles localités (printemps et automne) portant à 103 le nombre de localités connues en Haute-Savoie. Il en est de même pour la chouette de Tengmalm concernant la connaissance de sa répartition mais avec une progression moindre. 22 sites sont prospectés et 12 se révèlent positifs. Moins de données récoltées durant la saison de reproduction que précédemment (10 en 2010 et 12 en 2009). Tout comme pour la chevêchette d’Europe et ceci pour les mêmes raisons, aucune reproduction n’est suivie. L’altitude de contact la plus basse est de 1 050 mètres. En 2010, 22 sites sont visités, avec 12 positifs (printemps et automne), dont huit inconnus auparavant portant à 58 le nombre de localités connues en HauteSavoie.

coordination : Jean Seon (Parc national des Cévennes) jean.seon@cevennes-parcnational.fr coordination : David Rey Observateurs : C Arnaud (PNC), O Bacon (PNC), (LPO Haute-Savoie) P Bessède (CoGard), F Cazin (PNC), M Chauvin haute-savoie@lpo.fr (ONF), F Clavel, JM Corbier (CoGard), G Costes Observateurs : David Rey, Pascal Charrière, (PNC), R Dallard (LPO), PA David (PNC), R Wilfried Blois, René Adam, Nicolas Balverde, Descamps (PNC), S Descaves (PNC), B Devogue Antoine Guibentif, Philippe Favet, Dominique (CoGard), F Dugueperoux (PNC), V Fitrzyk (PNC), Maricau, Daniel Ducruet, Jean-Jacques Boyer, G Garde, G Gautier (PNC), R Guntz (ONF), V Christophe Rochaix, Arnaud Lathuile, Philippe Heine, F Hopkins (PNC), C Itty (PNC), A Julien Coutellier, Jean-Jacques Beley, Thierry Vibert(FDC48), S Kuckowski, A Labouille, R Larcheveque Vichet, Jean Bondaz, Gardes réserves naturelle (PNC), S Lefebvre (PNC), J Lucas, Y Manche ASTERS. (PNC), E Martin (FDC48), P Martin (PNC), F Milan (AMM), E Miller, P Muller, A Pandreau , C Parayre (Alepe), JL Pinna, B Rémy (CoGard), Savoie B Ricau (PNC), C Rivière (CoGard), C Sabran (CoGard), J Séon (PNC), E Sulmont (PNC), X Au sein du massif le plus prospecté, les Toral, G Toreilles (CoGard), G Verdier (PNC), O Vinet (ONF). Bauges, l’activité vocale des chouettes

Massif alpin Haute-Savoie Progression importante de la connaissance de la répartition de la chevêchette d’Europe sur le département avec davantage de données récoltées durant la saison de reproduction que précédemment (25 en 2010 et neuf en 2009). Nous voulons poursuivre l’approfondissement de la connaissance de la répartition de l’espèce car certains massifs restent encore méconnus (haut Chablais) et les conditions d’accès des sites au printemps sont souvent très difficiles pour un suivi de la reproduction. L’altitude de contact la plus basse est de 1 113 mètres. En 2010, 107 sites ont été prospectés dont 48 se révélant positif,

de Tengmalm semble avoir été similaire à 2009, malgré une pression d’observation plus importante sur les secteurs du Revard et du Margériaz. Sur le plateau du Revard, trois à quatre chanteurs ont été contactés au printemps. Quatre à cinq chanteurs ont été entendus sur le Margériaz, connu pour abriter l’espèce. La reproduction probable sur ce secteur n’a cependant pas pu être prouvée. Deux autres chanteurs isolés ont été contactés ailleurs sur le massif et un cas de nidification (jeunes en dehors du nid) a été prouvé au courant de l’été sur un secteur où l’espèce n’avait pas été contactée au printemps. Aucune autre donnée ne nous est parvenue des autres massifs et les quelques sorties effectuées sur Belledonne n’ont pas permis de contacter l’espèce. L’année 2010 semble donc s’inscrire

dans la moyenne pour la chouette de Tengmalm dans les secteurs où celleci a été recherchée. Aucune donnée n’a été récoltée en dehors du massif des Bauges, sans doute du fait d’une pression d’observation beaucoup plus faible et ponctuelle. Le massif des Bauges reste un des secteurs les mieux connu en Savoie pour la chevêchette d’Europe (en dehors de la Vanoise), avec au minimum six à sept chanteurs. Il s’agit également du massif le mieux prospecté. Un minimum de trois chanteurs a été identifié sur le plateau du Revard. Le Margériaz, quant à lui, abritait au moins deux mâles chanteurs. Une nouvelle localité a été découverte à l’automne (forêt du Lindar). Deux nouvelles localités ont été découvertes en Tarentaise : deux chanteurs proches ont été trouvés au-dessus de Valmorel et un chanteur a également été entendu au-dessus de Mâcot-La-Plagne. Une seule chevêchette a été contactée à l’automne sur Belledonne malgré quelques recherches spécifiques sur des secteurs où l’espèce avait été contactée en 2009. Il s’agit donc d’une bonne année pour la chevêchette, malgré l’absence de preuve de reproduction. C’est grâce à des prospections plus importantes et dans des secteurs peu prospectés jusqu’à présent, que plusieurs nouvelles localités encore inconnues ont été mises en évidence, notamment en Tarentaise où les milieux favorables sont nombreux.

coordination : Jérémie Hahn jeremie_hahn@yahoo.fr Observateurs : M. Bouron, C. Braun, B. Chomel, JC.Delattre, P. Durlet, J. Frachon, O. Gibaru, Y. Jorand, D. José, J. Hahn, J. Harent, M. Sol.

Isère Chouette de Tengmalm : pour le printemps 2010, on comptabilise deux territoires en Chartreuse, un en Belledonne, deux dans le Trièves (avec un nid) et trois dans le Vercors (avec un nid). Chevêchette d’Europe : pour le printemps 2010, on obtient six territoires en Chartreuse (avec un nid), quatre en Belledonne (avec un nid),

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deux dans le Vercors (avec un nid) et un dans le Trièves (versant est du Vercors).

coordination : Yvan Orrechioni (ONF) yvan.orecchioni@onf.fr Observateurs : L. Barbaro, M. Berger, P. Boquérat, H. Gléréan, F. Mandron, Y. Orecchioni, P. Pola, A. Provost, L. Tassan, B. Veillet, E. Veillet, D. de Yparraguirre.

Vercors Chevêchette d’Europe : une prospection quasi-complète de la Réserve biologique intégrale de Saint-Agnan-en-Vercors (26) sur 1 500 hectares environ, à une altitude de 1 000 à 1 500 mètres, a été réalisée en 2009 - 2010. La période de juin et début juillet a

été consacrée aux suivis des reproductions. La prospection de 2010 a mis en évidence la stabilité des territoires découverts en 2009. Sept mâles chanteurs cantonnés ont été découverts pratiquement sur les mêmes territoires que l’année précédente. Un huitième chanteur est suspecté. Cinq nids ont été découverts avec 13 jeunes à l’envol au minimum. Une nichée de cinq jeunes a été prédatée. Des suivis télémétriques d’un mâle, d’une femelle et d’un juvénile ont été réalisés. Chouette de Tengmalm : le suivi des arbres avec cavités n’a pu être poursuivi comme en 2009. Néanmoins, quatre nids ont été découverts dans la RBI.

Chevêchette d’Europe - Prospections 2010 - Hautes-Alpes Départements et districts naturels (Hautes-Alpes)

Nombre de sites connus

Alpes-de-Haute-Provence

10

Nombre de sites dont contact avec contacts en au printemps 2010 2010 2

dont contact à l’automne 2010

0

2

Alpes-Maritimes

4

4

1

3

Hautes-Alpes

60

16

13

7

Bochaine

2

1

0

1

Briançonnais

19

4 (*)

4

1

Champsaur-Valgaud.

6

3

1

3

Dévoluy

1

0

Embrunais

11

3

3

0

Gapençais

2

1

1

1

Guillestrois

10

2

2

0

Queyras

9

2 (**)

1

1

TOTAL

74

22

14

12

(*) dont deux sites avec reproduction (~2x3 j.) (**) : dont un site avec reproduction (2 j.)

Chouette de Tengmalm - Prospections 2010 - Hautes-Alpes Départements et districts naturels (Hautes-Alpes)

Nombre de sites connus

Nombre de sites dont contact avec contacts en au printemps 2010 2010

dont contact à l’automne 2010

Alpes-Maritimes

3

3

3

0

Vaucluse

1

1

0

1

Hautes-Alpes

98

16

13

3

Bochaine

1

0

Briançonnais

24

6 (*)

5

1

Champsaur-Valgaud.

19

5

3

2

2

0

Dévoluy

7

0

Embrunais

11

0

Gapençais

4

0

Guillestrois

12

2

Guillestrois

1

0

Queyras

19

3

3

0

TOTAL

102

20

16

4

(*) dont un site avec reproduction (2 j.) page 6

Tengmalm et chevêchette n°5 & 6 - juin 2011 - LPO Mission Rapaces

coordination : Gilles Trochart gilles.trochard@wanadoo.fr Observateurs : S. Blache (LPO), G. Caullireau (RN des HPV), H. Chirouze (ONF), J. Lhuillier (ONF), G. Trochard (LPO)

Alpes du Sud Comme en 2008 et 2009, l’enneigement abondant du printemps 2010 a fortement gêné les prospections dans les Alpes du Sud. Des recherches de terrain ont néanmoins été approfondies sur plusieurs secteurs, en particulier dans les HautesAlpes (Briançonnais, Queyras, Guillestrois, Embrunais et Champsaur). Ces prospections ont été conduites d’une part dans des sites connus comme ayant hébergé l’une ou les deux espèces (depuis 1980, et plus particulièrement depuis 2007), d’autre part dans des sites nouveaux potentiellement favorables. Les résultats restent très variables : certains sites anciens ont été confirmés, d’autres non, plusieurs nouveaux sites ont été trouvés tandis que de nombreux sites potentiellement favorables sont restés vierges de tout contact. Conformément à la répartition actuellement connue de l’espèce dans les Alpes du Sud, c’est dans les Hautes-Alpes que la chevêchette d’Europe a été le plus souvent contactée en 2010 (16 sites sur 22). Plusieurs sites ont toutefois été répertoriés dans les autres départements alpins, mais sans indices de reproduction certaine : quatre sites dans les Alpes-Maritimes (La Brigue, Saint Martin de Vésubie, Saorge et Valdeblore : altitude moyenne 1 600 mètres) et deux sites dans les Alpes-de-Haute-Provence (Selonnet et Thorame-Basse, altitude moyenne 1 700 mètres). Dans les Hautes-Alpes, la chevêchette a été contactée dans une soixantaine de sites depuis les années 1980, dont 16 sites prospectés en 2010. Plusieurs sites « traditionnels » n’ont pas donné de résultats, en particulier dans le Briançonnais, le Queyras et le Guillestrois. A noter que, pour la troisième année consécutive, le site de nidification occupé avec succès dans le Bois des Ayes en 2006 et 2007, est resté vide (mais des pelotes de réjection ont été trouvées, attestant du maintien de l’espèce dans la ZPS). Les contacts sont soit visuels, soit sonores (chants ou cris, adultes ou jeunes). Trois sites de reproduction ont été suivis en 2010 (Névache, Cervières, Château Ville-Vieille), avec un total d’au moins huit jeunes à l’envol. A Névache et Cervières, la reproduction a eu lieu dans une cavité de pic épeiche creusée dans un pin à crochets


(à Névache, le site était également fréquenté par un couple d’écureuils qui avait construit son nid dans un arbre voisin). A Château-Ville-Vieille (peuplement mixte de mélèzes et de pins cembros), des travaux d’exploitation forestière (coupe et débardage) ont été effectués en début d’été (juin-juillet), provoquant le dérangement des jeunes au moment de leur envol. Sur l’ensemble des Alpes du Sud, dix sites ont donné des résultats au printemps uniquement, neuf à l’automne uniquement et trois au printemps et à l’automne. Comme pour la chevêchette d’Europe, le département des Hautes-Alpes fournit le plus grand nombre des observations de chouette de Tengmalm dans les Alpes du Sud en 2010 (16 sites sur 20). A noter cependant trois contacts dans les Alpes-Maritimes (Allos, Tende et Valdeblore, altitude moyenne 1 675 mètres), et une observation dans le Vaucluse (Aurel, altitude 838 mètres). Dans les Hautes-Alpes, la chouette de Tengmalm a été contactée dans près d’une centaine de sites depuis les années 1980, dont 16 sites en 2010. Pour la troisième année consécutive, les résultats des inventaires sont médiocres (peut-être en relation avec l’enneigement abondant et tardif des printemps 2008-2009-2010 qui a pu limiter la disponibilité en nourriture). Ainsi, dans la vallée de la Clarée, sur les cinq sites forestiers localisés en 2007 sur la commune de Névache avec au moins un chanteur, deux sites seulement ont été occupés en 2010 dont un site avec reproduction (deux jeunes à l’envol, nid dans une cavité naturelle d’un mélèze). La grande majorité des contacts a été effectuée au printemps (ou en première partie d’été). A Névache, comme en 2009, la chouette de Tengmalm et la chevêchette ont été observées dans le même site lors des prospections de l’automne 2010.

coordination : Philippe Gillot (CRAVE) phgillot@wanadoo.fr Observateurs : Baïsset Marcel (2), Bouche Michel (2), Briotet Daniel (2), Brugot Rémi (1), Chevalier Robert (2), Claveau Hélène (3), Corail Marc (1-2), Corail Valérie (1), Couronne Bernard (3), Delelis Nicolas (3), Dumas Pierre (2), Fortini Letizia (3), Fortini Philippe (3), Gillot Philippe (1), Ham Michael (3), Heitz Natacha (1), Malange Sabrina (3), Monchaux Geoffrey (3), Montadert Marc (3), Orever Pierrot (3), Pottiau Hubert (1), Poiré

Philippe (3), Rémy Claude (1), Traversier Charles Henri (3), Zabardi Yves (3) (1) = CRAVE, (2) = Parc national des Ecrins, (3) = LPO

Alpes-Maritimes

13 mars 2010. L’un de ces chanteurs émettant pendant au moins une heure, le 28/04/2010, le chant caractéristique du « glou glou dans le trou » cher à H. Baudvin, l’ancienne loge de pic noir occupée dans un sapin a pu être repérée. Malheureusement, les autres passages effectués dans la saison n’ont pas permis d’y constater de nidification : un seul individu ayant été observé et le chant s’étant prolongé jusqu’à fin avril nous laisse à penser en la présence d’un mâle célibataire. La parcelle occupée par cette chouette devrait faire l’objet d’un contrat Natura 2000 « développement de bois sénescent » comprenant à la fois un îlot sans intervention et le maintien de vieux arbres disséminés pendant au moins 30 ans.

Dans la vallée de la Roya, sur le massif de tête d’Alpe, avec cinq mâles chanteur au printemps 2010, les effectifs de chevêchette d’Europe sont stables comparés à 2009 (six mâles). La réserve biologique, transfrontalière avec l’Italie et regroupant deux forêts domaniales, est en cours de constitution. Elle couvrira environ 600 hectares côté français et 100 hectares côté italien. Avec le choix de la libre évolution de la sapinière côté français, le suivi des populations de chouettes sera particulièrement intéressant. Aucune nidification de la chevêchette coordination : Boris Guérin n’a encore été trouvée malgré 10 sorties (ONF) boris.guerin@onf.fr de fin février à juin pour dénombrer Observateurs : Boris Guérin (ONF), Roberto les mâles chanteurs, mais aussi une Toffoli (ornithologue italien), Thomas Lebard prospection spécifique suite à la (Parc National du Mercantour), Daniel localisation d’un couple sur un territoire Demontoux (Parc National du Mercantour), Emmanuel Icardo (Parc National du Mercantour), (recherches et contrôles de loges de pic Pierre Beltrando (ONF), François Ottavi (ONF), épeiche, affûts-écoutes). Rémo Giordano (naturaliste amateur). Deux autres contacts ont été obtenus à Saorge dans le Cairos, par le Parc national du Mercantour notamment : Pyrénées un mâle chanteur est entendu en fin Pyrénées-Atlantiques de matinée le 27 avril et en milieu de journée le 23 septembre dans une 2010 est une très mauvaise année : sapinière-pinède à l’ubac. aucun contact avec la chouette de Tengmalm dans les Pyrénées Dans la vallée de la Roya sur le massif Atlantiques. de tête d’Alpe, et alors que la chouette de Tengmalm n’avait pas été contactée en 2009, un chanteur a été entendu le coordination : Jean-Claude Auria (ONF) 28 mars 2010. jean-claude.auria@onf.fr A signaler, la découverte par T. Lebard du Parc national du Mercantour le 21 septembre, d’un individu noyé dans Aude l’un des lacs jumeaux à Fontanalbe à 2 237 mètres d’altitude (commune Pas de prospection pour la chouette de Tende, vallée de la Roya). Bien de Tengmalm ! A noter l’observation qu’ayant un plumage adulte, il pourrait (et la photographie) d’un individu s’agir d’un jeune de l’année car il leucistique total en mai à 1 400 mètres présentait des plumes en fourreaux. d’altitude dans l’extrême sud-ouest du Inexpérimenté, il aurait cherché à se département. poser sur les herbiers d’algues flottants à la surface du lac, voire tenté d’y Le chanteur de chevêchette d’Europe capturer une proie (réelle ou supposée). des Hautes Corbières a de nouveau été Toujours sur la commune de Tende, un contacté au tout début janvier 2010 chanteur de Tengmalm a été entendu le sur son site habituel (M. Höllgartner). 13 avril. Dans le val d’Entraunes, deux chanteurs coordination : Christian Riols ont été entendus dans une centaine (LPO Aude) d’hectares de sapinière en ubac le christian.riols-loyrette@orange.fr LPO Mission Rapaces - n°5 & 6 - juin 2011

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Bulletin de liaison du réseau Petites chouettes de montagne


Tableau. Bilan du suivi 2010 des petites chouettes de montagne Chouette de Tengmalm

Nombre de territoires occupés

Nombre de nids contrôlés

Ardennes

0

0

Vosges du Nord (Moselle et Bas-Rhin)

4

Vosges moyennes (Moselle et Bas-Rhin)

Chevêchette d’Europe

Nombre de territoires occupés

Nombre de nids contrôlés

1

3 (12 en automne)

2 nids

3

2

0 (2 en automne)

0

Hautes-Vosges (Haut-Rhin et Vosges)

31

3

2 (4 en automne)

0

Jura (Franche-Comté)

102

5

25 (10 en automne)

4 familles

Jura (Ain)

2

0

1 (2 en automne)

Bourgogne (Côte-d’Or et Morvan)

0

0

Massifs forestiers de Loire

5

0

Montagne Limousine (Haute-Vienne)

3

2

Chaîne des Puys

9

2

20

10

1

0

16

5

Haute-Savoie

11 (1 en automne)

Savoie

Massif (départements)

1

0

0

25 (25 en automne)

0

10-12 (3 en automne)

1 famille

11-12 (6 en automne)

0

Isère

8

2

13

3

Vercors (Drôme)

4

4

8

5 nids

16 (4 en automne)

1

14 (12 en automne)

3 nids

Alpes-Maritimes

4

0

6 (1 en automne)

0

Pyrénées-Atlantiques

0

0

Aude

1

0

(1 en hiver)

0

250/252 chanteurs ou couples (8 en automne)

37 nids et 1 famille

109/110 chanteurs ou couples (75 en automne-hiver)

13 nids et 4 familles

Livradois (Haute-Loire et Puy-de-Dôme) Lozère Aigoual (Gard et Lozère)

Alpes du Sud

TOTAL

Témoignage d’un forestier du Trièves (Isère) 29 avril : en forêt domaniale de Saint-Genis (commune de Mens), en montant pour écouter le tétras lyre en limite de forêt à l’aube, je décide de faire une repasse pour la chevêchette. Dans le noir je me trompe de piste et c’est le chant de la chouette de Tengmalm qui sort: réponse immédiate et cela par deux fois. Je n’insiste pas. Quant à la repasse de la chevêchette : rien. A proximité je ne connais pas d’arbres à loge de pic noir et pour moi le milieu est plus

favorable à la petite chouette chevêchette, comme quoi l’erreur a du bon. 5 mai : repasse de chouette de Tengmalm près de la « cascade de la pisse » (forêt domaniale du Petit Veymont, commune de Saint-Michel-les-Portes). Bonne réponse, mais avec le bruit de la cascade je n’arrive pas à localiser précisément le chanteur. Il y a de nombreux arbres à loges de pic noir sur le secteur. J’entreprends un grattage

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Tengmalm et chevêchette n°5 & 6 - juin 2011 - LPO Mission Rapaces

systématique de tous ces hêtres creux. Le 23 juin, sur un arbre déjà gratté un mois plus tôt, une belle tête à l’air étonné sort du trou, c’est un adulte. Le 5 juillet, c’est un immature qui se montre sans que je n’ai besoin de toucher l’écorce. Revu le 12 juillet. Le 31 juillet il n’y a plus personne. 22 septembre : commune de Chichilianne lieux dit « les Thiveaux ». J’arrive un peu tôt en forêt (6h45), pendant que je lace mes


chaussures et que les cerfs brament sur le versant opposé, un chant de chevêchette se fait entendre, puis bientôt une autre lui répond. Cela dure 12 minutes et j’arrive même à distinguer une forme au sommet d’un épicéa. A 9h de retour à la voiture, en plein jour, j’entends une phrase de chant d’automne à proximité.

J’essaie péniblement d’imiter le chant et, surprise, elle me répond et vient se poser sur une branche de hêtre à 15 mètres. 8 octobre : commune de Saint-Martinde-Clelles, col de Papavet. Il fait encore nuit, j’attends un bûcheron qui ne vient pas. Le chant de la chevêchette résonne

à proximité, puis deux se répondent. Je suis exactement au milieu. Cela dure huit minutes. Dès qu’un semblant de clarté s’installe, le silence revient.

par François Mandron (ONF) francois.mandron@onf.fr

Première rencontre... Ce 6 septembre 2009, j’effectue une sortie VTT sur une piste forestière bien connue de ma commune : Ceillac, dans les Hautes-Alpes. Je suis parti tard, à 18h de mon domicile. La semaine passée, à pied, j’ai pu découvrir une traîne forestière qui sillonnait dans la forêt de pin cembro et de mélèze depuis cette piste. J’y avais observé un habitat qui me semblait potentiel pour la chevêchette d’Europe. Je m’étais dit: « un jour, je reviendrai ». Voilà maintenant trois ans que je recherche cette petite chouette, seul ou en compagnie de ma compagne. Je ne l’ai entendue qu’une seule fois de façon certaine, mais n’ai pas eu la chance de l’observer. La plupart de gens qui

lichéneux. J’aperçois dans l’endroit que j’ai jugé idéal pour la chevêchette une poule tétras-lyre qui se délecte de baies de myrtilles et autres rhododendrons. Je me dis intimement que la sortie est déjà récompensée. Et puis, sans trop y penser, mécaniquement, je me mets à siffler, tentant de reproduire le chant de cet elfe aux yeux d’or, maintes fois entendues sur des cassettes. Voilà maintenant dix minutes que j’ai commencé à siffler. Je m’arrête parfois pour reprendre mon souffle et écouter, et puis je reprends. Tout à coup, alors que le soleil n’éclaire plus aucun flanc de montagne, j’entends ce chant qui n’a rien d’un hululement de chouette.

Chevêchette d’Europe - Photo : J.B. Portier © ont eu cette chance m’ont dit qu’une fois aperçue, les individus sont tantôt farouches, tantôt curieux et n’hésitent pas à s’approcher pour mieux nous observer. Aujourd’hui en montant dans cette traîne au soleil couchant, après avoir laissé le vélo, l’ambiance est déjà unique : la luminosité du soleil perce encore le sous-bois entre les troncs

je redescends. Voilà dix minutes que cette chouette me fait marcher sans que je ne puisse la voir. La luminosité baisse et j’ai bien peur de ne pas la voir. Il fait de plus en plus sombre. Et puis, là je pense qu’elle est tout près de moi : dix mètres tout au plus. Je scrute dans les branches de chaque arbre qui se détachent dans le ciel. Je ne vois rien. Je dis tout bas : « c’est pas possible, elle est là, tout près et je ne la vois pas ». Je cherche encore. Je passe a gauche de l’arbre en face de moi : je l’entends sur ma droite. Je reviens sur mes pas et passe à droite du tronc : je l’entends au dessus de moi légèrement sur ma gauche. Je reviens encore sur mes pas et observe attentivement à nouveau. Après 30 secondes, j’aperçois un mouvement sur une branche morte. Elle est là, je devine sa silhouette qui se détache dans le ciel. Elle penche la tête à droite, je fais de même. Elle penche la tête à gauche, je fais pareil. Elle chante. Elle me fait un festival comme j’en ai entendu parler, posée à deux ou trois mètres de moi. L’observation dure peut-être deux minutes, une éternité dans mon cœur qui bat la chamade. Et puis, soudain, elle s’envole et j’entends au loin son chant crescendo dont on dit souvent qu’il s’agit du chant territorial d’automne.

J’ai pu l’observer une autre fois dans On dit souvent qu’il ressemble au ce bois une semaine plus tard. Plus chant du bouvreuil. Certes, mais cette sympathique encore, j’ai partagé cette fois-ci, il est puissant et assez irrégulier observation avec ma compagne... dans ses tonalités. J’en suis sûr, elle est là. par Jean-Baptiste Portier Commence alors une recherche sonore (Chargé d’étude Natura 2000 au sans précédent. Je me déplace tout en sifflant. Je la laisse s’exprimer pour Parc naturel régional du Queyras) mieux pouvoir la localiser. Je vais et viens. A droite, à gauche, je monte, LPO Mission Rapaces - n°5 & 6 - juin 2011

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Bulletin de liaison du réseau Petites chouettes de montagne


Étude du domaine vital de la chevêchette d’Europe en période de reproduction dans la Réserve naturelle des Hauts plateaux du Vercors à l’aide d’un suivi télémétrique Premiers résultats Tout d’abord, il me faut préciser que cette expérience fut une première pour nous (et une première concernant la chevêchette en France). Nous avions très peu d’informations sur les techniques de capture déjà employées dans les rares suivis réalisés par exemple en Allemagne par Wiesner et Rothgänger ou en Norvège par Hallvard et Sonerud. Nous avons innové avec des initiatives personnelles et nous présentons ici les résultats de cette première expérience. Capture des adultes et des juvéniles de chevêchette Les tentatives de capture de mâles chevêchettes ont été réalisées durant la semaine du 10 au 16 mai 2010. Cette période a été choisie pour plusieurs raisons : - disponibilité concordante de l’équipe : Sébastien Blache (chargé de mission LPO Drôme et bagueur), Luc Barbaro (chercheur à l’INRA de Bordeaux et spécialiste du suivi d’oiseaux par télémétrie), Gilles Trochard

(chargé de l’étude chevêchette) et les agents de l’ONF et de la Réserve Naturelle qui nous ont aidés ; - accessibilité du terrain pour l’acheminement du matériel (enneigement limité) : routes forestières ouvertes depuis le 30 avril2010 ; - enfin, par rapport à la biologie de l’espèce : accouplements et pontes terminées, période d’incubation, les mâles n’ayant pas encore commencé à nourrir leur nichée. Il est important de noter que nous avons été très handicapés cette année par la météo. Cette semaine s’est révélée être l’une des plus difficiles du printemps : pluies ininterrompues et froid jusqu’au retour de la neige les 15 et 16 mai ! Pour commencer, nous avions choisi deux territoires occupés et a priori contigus, facilement accessibles par la route forestière des Bachassons. Un nid était déjà découvert, et un mâle avait encore conservé un comportement « belliqueux » (testé deux jours avant). Le 11 mai en fin d’après-midi, alors qu’une petite accalmie météo se faisait sentir, nous tentons la première capture. Technique adoptée pour la capture d’un mâle de chevêchette

Emetteur en place - Photo : G. Trochard ©

Nous avons utilisé le comportement territorial du mâle et son agressivité lors de l’imitation du chant d’un « autre mâle intrus » sur son territoire (même technique que la repasse utilisée lors du protocole de recensement de la population sur la RBI du Vercors). Connaissant la localisation et les points de réaction vive de ce mâle, nous avons choisi d’installer

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Tengmalm et chevêchette n°5 & 6 - juin 2011 - LPO Mission Rapaces

deux rangs de filets japonais rehaussés (à environ trois mètres de hauteur), en parallèle et décalés l’un derrière l’autre, dans une petite zone ouverte, avec des arbres de faible taille, barrant ainsi les « coulées » entre les arbres. Puis, entre les deux rangs de filet, un rappel à l’ocarina fut engagé, sans suivre le protocole, en « communicant » avec le mâle pour accentuer son agressivité. L’oiseau a très vite réagi et s’est approché rapidement alors qu’il avait commencé à répondre d’assez loin (environ 200 mètres). Une silhouette de chevêchette, reproduite à taille réelle à partir d’un tirage photo, avait été réalisée et placée au bout d’une perche entre les deux filets, près du point de rappel. Le mâle s’est pris à un mètre du sol dès son premier passage rasant, entre le poste de rappel et la silhouette, en voulant agresser l’émetteur du chant (comme les mâles le font souvent). La réussite a été totale, mais nous n’avons aucune idée de l’efficacité de la silhouette. L’oiseau s’est laissé facilement démêler, n’ayant pas manifesté de défense particulière. Ce même jour, suite à l’équipement de ce premier mâle capturé que l’on nommera « Jeff », nous tentons une seconde capture près du nid 1, où la femelle répondait dans la cavité par de petits sifflements à l’émission du chant avec l’ocarina. Les filets sont placés à environ 150 mètres du nid, dans des conditions équivalentes à la première capture. Le mâle répond, mais ne se déplace pas et ne marque aucun comportement d’agressivité. On laisse les filets en place pour une nouvelle tentative le lendemain matin. Le mâle répondra de nouveau mais ne s’approchera pas. Les 12 et 13 mai, nous tentons des captures sur d’autres territoires. Les mâles réagissent vite et s’approchent très près, mais « n’attaquent » pas et ne peuvent en aucun cas se prendre dans les filets. Ce fut très frustrant, car nous pressentions que les captures étaient possibles, mais complètement compromises par la météo qui ne nous encourageait pas et qui devait influer également sur le comportement des oiseaux. Une tentative de capture avec un « Balchatri » a aussi été tentée. Il s’agit d’un piège-cage couvert de petits nœuds coulants en nylon dans lequel un micromammifère


Baguage couleur - Photo : G. Trochard ©

est enfermé. Cette technique est utilisée pour la capture de faucons crécerelles et de buses pour leur baguage, les rapaces se prenant les tarses dans les nœuds coulants. Le piège fut installé au pied d’un arbre où un mâle appelé par repasse s’était perché. Mais aucune réaction n’a eu lieu et surtout le mauvais temps s’est accentué (pluie, neige mouillée, froid et brouillard…). Une dernière tentative au filet sera pratiquée sans succès près du nid 1 le 16 mai. L’oiseau répondra sans venir. Nous avons alors décidé d’abandonner les tentatives de capture des mâles pour cette saison 2010. Technique adoptée pour la capture de femelles de chevêchette La capture de deux femelles a été réalisée beaucoup plus tard car nous avons attendu que les jeunes n’aient plus besoin d’être réchauffés. Nous sommes donc intervenus en fin de séjour des jeunes dans la cavité. Le 24 juin, nous plaçons un filet en face du trou d’envol du nid 6, et nous avons simplement attendu le retour au nid de la femelle avec une proie, en l’occurrence un lézard vivipare qu’elle semble avoir capturé elle-même à proximité du nid (il lui arrive donc de chasser alors qu’elle s’occupe des jeunes encore en cavité). Elle est capturée à 18h21, équipée d’un émetteur et baguée. Une fois relâchée, elle répond à l’appel

du mâle lui apportant une proie comme si de rien n’était ! Le 25 juin, nous pratiquons la même technique pour le nid 7, où la femelle est rapidement capturée lors de l’apport d’un mulot. En revanche, celle-ci, une fois équipée et relâchée, attaquera la main de Sébastien Blache (griffures) alors qu’il tentait d’extraire les jeunes. Ce fut la seule observation remarquée de réaction vive à nos manipulations « intrusives ». Technique adoptée pour la capture des juvéniles de chevêchette Le 24 mai, au nid 6, alors que la femelle est occupée à récupérer une proie apportée par le mâle, nous en profitons pour tenter de sortir les jeunes grâce à un système appelé « pince à pic » qu’utilise Henri

Henrioux en Suisse pour extraire les jeunes afin de les baguer. L’outil est constitué d’un tube souple type « tuyau de douche » avec trois tiges métalliques introduites dans le tube et pouvant être écartées et rétractées à l’extrémité du tube comme une pince en tirant leurs extrémités à l’autre bout du tube une fois celuici introduit dans la cavité. Ainsi, il est possible d’extraire les jeunes coincés dans la pince. Mais nous ne parviendrons pas à l’utiliser : il semblerait que les jeunes étaient déjà trop gros pour que cette technique fonctionne. Aussi, Sébastien Blache mettra au point l’outil qui nous permettra de sortir sans encombre la nichée du nid 7 : le même type de tube équipé d’un câble d’acier d’un diamètre assez large pour rester rigide (environ deux millimètres), doublé à l’intérieur du tube afin qu’une boucle se forme à son extrémité. Lorsque l’on tire les deux extrémités du câble à l’autre bout du tube, il est alors possible de le resserrer autour du cou de l’oiseau et de pouvoir extraire celui-ci tout doucement. Le câble étant suffisamment épais, le diamètre minimum atteint par le resserrement du « nœud coulant » au bout du tube, équivalent à celui d’un petit doigt, ne peut en aucun cas étrangler l’oiseau. La capture des juvéniles dans la cavité a été guidée grâce à la caméra miniature introduite. Pose des émetteurs et des bagues Une fois capturés, les oiseaux sont classiquement manipulés pour la

Juvénile avec émetteur - Photo : G. Trochard © LPO Mission Rapaces - n°5 & 6 - juin 2011

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mise en place de bagues fournies par le Muséum national d’histoire naturelle et les mesures biométriques habituelles (poids, longueur de l’aile, évaluation de l’âge). Un baguage couleur a été appliqué dans le but de reconnaître à vue les oiseaux lors de la saison 2011. La mise en place des émetteurs était une première expérience pour le bagueur Sébastien Blache. Luc Barbaro avait l’expérience de suivis télémétriques de huppes fasciées et d’engoulevents d’Europe. Nous n’avons pas opté pour la mise en place d’un harnais, comme l’ont pratiqué les Norvégiens sur une étude débutée en hiver (ex : « Home range and habitat selection in Pygmy Owl in Norway » Hallvard & Geir A. Sonerud). Comme nous étions-en période de reproduction, nous avons préféré fixer l’émetteur par collage et liage sur trois rectrices centrales pour les adultes, et un collage sur une bande de tissu médical repliée et elle-même collée sur les plumes du dos des juvéniles (sachant qu’à la mue, les équipements seront tombés). Les émetteurs utilisés étaient des radiotags pesant un gramme. Suivi télémétrique et visuel Le seul mâle capturé a été équipé le 11 mai et a perdu son émetteur le 12 juin. Un mois complet a donc pu être mis à profit pour la géolocalisation de ses postes de chasse ou de repos, dans le but de connaître son domaine vital. Durant les journées de terrain consacrées à sa recherche, un point a pu être relevé par

jour en moyenne (le maximum a été de trois points en une journée). Il était parfois difficile de le localiser, souvent en fin de journée, du fait de sa grande mobilité. Le premier contact se faisait à partir d’une piste, près de la clairière où se trouvait le nid. Si le contact n’était pas réalisé, soit il fallait revenir en arrière sur un point dominant le site, soit continuer plus au nord de la route pour l’obtenir. Le matériel utilisé était un récepteur radio YAESU multibande et une antenne directionnelle flexible Biotrack. En programmant la fréquence de l’oiseau, la radio nous signalait un « bip » nous donnant un premier azimut. L’azimut était affiné grâce à l’antenne directionnelle en choisissant la direction du « bip » le plus net et le plus puissant. Puis, en se dirigeant vers l’oiseau, la proximité de l’émetteur était alors affichée sur la radio avec une échelle

Suivi télémétrique - Photo : G. Trochard © page 12

Tengmalm et chevêchette n°5 & 6 - juin 2011 - LPO Mission Rapaces

d’approche allant de 1 à 9. Les unités 8 et 9 nous indiquaient une position très proche de l’oiseau (entre 20 et 10 mètres). Dès que l’oiseau était localisé, sa recherche visuelle était entreprise. Avec l’habitude, malgré son mimétisme et sa petite taille, il était assez facile de le découvrir sur son perchoir. Les quelques fois où il n’a pu être découvert visuellement, il devait être perché dans un épicéa au feuillage dense. La « légendaire » confiance de l’oiseau vis-à-vis de l’homme permettait de relever les points au GPS sous l’arbre, à quelques mètres seulement de l’oiseau, sans que celui-ci ne soit inquiet. Une prédation sur un campagnol a pu être observée durant un relevé de point ! Quelques problèmes liés à la capacité d’autonomie de la charge de la radio ont parfois compromis la recherche, du fait de l’isolement de la zone d’étude et de l’impossibilité de recharger la batterie quand il le fallait. Il semblerait par ailleurs qu’il y ait parfois eu des interférences avec les radios utilisées par les garderies ONF, RN ou autres, qui ont généré des signaux aberrants. Hormis ces petits détails techniques, le suivi par télémétrie semble tout à fait adapté à l’espèce et au terrain car les oiseaux sont relativement


faciles à localiser. Lors du suivi de la femelle équipée et de ses jeunes, nous avons atteint, semble-t-il, les limites de l’autonomie énergétique des émetteurs (deux mois). Pour l’année prochaine, il faudra sûrement aborder cette problématique avec le fournisseur si l’on veut suivre plus longtemps les oiseaux.

Domaine vital de la femelle (au-dessus) et du mâle (en-dessous)

Résultats et discussion Analyse du domaine vital d’un mâle chevêchette Cette première capture et suivi télémétrique d’un mâle de 60 grammes équipé d’un émetteur fut un succès très encourageant. Il a conservé son émetteur durant un mois, et 46 géolocalisations ont pu être réalisées. Lors de la plupart des observations de l’oiseau suivi par télémétrie, celui-ci était perché entre quatre et six mètres de hauteur, souvent sur une petite branche bien dégagée et contre le tronc. Il a été souvent observé non loin d’une piste, d’un sentier, ou d’une lisière. Toutefois, le site de ce mâle n’était pas le plus représentatif de ce que l’on sait des autres territoires connus (pessières clairièrées). C’était le plus bas en altitude, proche d’une grande clairière mais dans la limite de la hêtraie-sapinière, avec des présences de l’oiseau souvent en haute futaie fermée. Durant les 14 premiers jours, il a été très souvent localisé « en attente » près de la cavité, à une distance allant de 30 à 40 mètres environ. C’était avant l’éclosion, estimée le 25 mai. Les 46 géolocalisations ont permis d’approcher, par le tracé d’un polygone convexe, la taille du domaine vital calculé à 93,4 hectares, soit moins d’un km2, et moins que les moyennes citées par les autres auteurs. Le point le plus éloigné relevé était à 800 mètres du nid et se trouvait plus proche du nid 9 que de son propre nid ! La localisation de l’oiseau fut parfois difficile en fin de journée. Est-ce dû, comme supposé dans la méthode, à un comportement de chasse différent ? Chasse plus mobile aux petits passereaux, contrairement aux affûts à campagnols observés (trois postes différents ont été suivis

Légende : domaine vital de la femelle Points de localisation de la femelle Localisation du nid Domaine vital de la femelle (3Ha)

Légende : zone d’émancipation du juvénile A Points de localisation du juvénile A Localisation du nid Zone d’émancipation du juvénile A Périmètre de la RBI

à 10-15 minutes et 30-40 mètres d’intervalle). Il aurait été très intéressant de pouvoir comparer ce domaine vital avec celui d’un mâle en pessière clairiérée. Une analyse plus détaillée des domaines vitaux montre une augmentation significative (quatre fois plus importante) entre la période pré-éclosion, où le mâle a exploité une surface de 19,5 hectares, et la période post-éclosion avant l’envol, où le domaine vital a considérablement été augmenté pour atteindre 82,6 hectares. La multiplication des suivis de mâles permettra de

vérifier cette première observation. Nous imaginons que cette variation de surfaces est liée aux besoins grandissants en proies suite à la naissance des jeunes. Analyse du domaine vital d’une femelle chevêchette et dispersion des jeunes La femelle équipée d’un émetteur à l’envol des jeunes, montre qu’elle utilise un territoire extrêmement restreint dont la surface a été évaluée à seulement trois hectares. Autre élément important, ce territoire reste

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autour de la cavité de reproduction. Les jeunes après l’envol semblent être restés ensemble pendant un mois. Après, nous avons perdu le signal. Ils s’éloignent petit à petit de la cavité et finissent, au bout de 15 jours, à ne plus être avec leur mère. Le mâle semble alors assurer seul l’élevage des jeunes. Le territoire utilisé par les jeunes a été estimé à 21 hectares. Il dépasse très largement celui où la femelle reste cantonnée. Ces résultats doivent être confirmés par une nouvelle campagne de suivi prévue pour 2011. Quoi qu’il en soit, ces premières pistes sont très encourageantes et totalement nouvelles pour l’espèce ! Conclusion Les données biométriques ont été collectées par Sébastien Blache, suite aux séances de

captures du mâle au filet par repasse, des deux femelles au filet au retour à la cavité, et des quatre juvéniles extraits de leur cavité. Les adultes et deux des juvéniles ont été équipés d’émetteurs. Malgré le stress que les adultes ont dû subir, ils ont continué, presque immédiatement, à s’occuper de leur nichée. Le mâle s’est perché sur un poste de chant et a continué à chanter, puis s’est « occupé » de ses bagues, avant de quitter le poste de chant. Il a élevé cinq jeunes qu’il a mené à l’envol. Les femelles aussi ont continué à élever leur nichée normalement. La femelle de ce mâle, baguée rouge, a perdu son émetteur au bout de trois jours. Nous n’avions jamais équipé d’oiseaux de cette taille, et nous saurons à l’avenir fixer plus durablement l’émetteur. L’extraction des juvéniles fut un véritable

succès. Ils ont pu être équipés, bagués et remis en cavité sans encombre. Ils ont quitté le nid le 6 juin et ont été suivis durant un mois. La manipulation n’a donc aucunement compromis leur bon développement. Cette première expérience, très intrusive, n’a perturbé en rien le déroulement des reproductions. Il s’agit donc d’un succès technique très positif et encourageant pour la suite de l’étude. Nous connaissons maintenant mieux la période la plus favorable pour capturer les mâles. La dernière semaine de mars et la première d’avril semblent être les plus favorables pour obtenir une réaction territoriale suffisamment agressive du mâle pour le « mener » dans le filet à l’aide de la repasse.

par Gilles Trochard gilles.trochard@wanadoo.fr

Conservation Des petites chouettes pour des grandes ZNIEFF A la demande des DREAL Alsace et Lorraine, une synthèse de toutes les données concernant la chevêchette d’Europe et la chouette de Tengmalm dans le massif vosgien a été réalisée au début de l’année 2010 (référence ci-dessous). Globalement, 1 302 données de chevêchette d’Europe et de chouette de Tengmalm ont été collectées au cours de la décennie 20002009 dans l’ensemble du massif vosgien et ont permis d’individualiser 72 territoires de chevêchette et 129 de Tengmalm. Près de deux tiers de ces territoires sont localisés dans des Zones de protection spéciales (ZPS). En revanche, moins de 20 % d’entre eux sont situés dans des réserves naturelles et seulement un quart dans les ZNIEFF actuelles. La chevêchette d’Europe est une espèce déterminante à cote maximale (100) des ZNIEFF d’Alsace comme de Lorraine. Sa seule présence suffit pour créer une nouvelle zone. Aussi ce travail propose-t-il la création (ou l’extension) de huit ZNIEFF dans le massif vosgien, quatre en Alsace et quatre en Lorraine. Sur chacune d’elles, la chouette de Tengmalm vient en complément de

Chouette de Tengmalm- Photo : Y. Muller © la chevêchette et de nombreuses autres espèces de la faune comme de la flore viendront compléter l’intérêt biologique des zones proposées. La chevêchette comme la Tengmalm sont des espèces emblématiques des vieilles forêts mixtes et relativement claires du massif vosgien, souvent des boisements semi-naturels, qui conviennent à un grand nombre d’espèces d’oiseaux, notamment au grand tétras. Par ailleurs, ces nouvelles ZNIEFF doivent être un premier pas vers d’autres formes de conservation de ces milieux remarquables, notamment la création (ou l’extension) de

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ZPS, voire de réserves naturelles dans le cadre du projet SCAP (stratégie de création des aires protégées).

par Yves Muller yves.muller@lpo.fr

Référence du rapport : MULLER Y., 2010.- La Chevêchette d’Europe et la Chouette de Tengmalm dans le massif vosgien. Inventaire des données de la période 2000 – 2009 dans le cadre de la modernisation des ZNIEFF. LPO Alsace, DREAL Alsace et DREAL Lorraine, Strasbourg, 42 p.


Régime alimentaire adapté pour les jeunes chouettes de Tengmalm Une étude comparative a été réalisée sur le régime alimentaire et les réponses comportementales aux conditions de ressources en proies chez la chouette de Tengmalm Aegolius funereus. L’abondance des proies principales de cette chouette (campagnols et mulots) est plus élevée dans les montagnes Ore, en République tchèque, que dans la région de Kauhava, dans l’ouest de la Finlande. Des caméras ont permis d’évaluer la fréquence des nourrissages et la nature des proies apportées aux poussins. En République tchèque, 990 nourrissages (six nids) ont été

enregistrés contre 1 679 (neuf nids) en Finlande. Dans les monts Ore, les proies apportées aux jeunes étaient surtout des mulots et des campagnols, tandis qu’à Kauhava, il s’agissait essentiellement de campagnols et de musaraignes. Les proies apportées aux poussins finlandais étaient globalement plus petites, ce qui était compensé par un plus grand nombre de nourrissages, fournissant au final une biomasse équivalente à celle des poussins tchèques. De plus, les couples finlandais et tchèques ont produit environ le même nombre

de jeunes à l’envol. Ces résultats suggèrent que les chouettes mâles sont capables de garantir la quantité de nourriture pour les poussins en se reportant sur d’autres proies et d’accroître le nombre de nourrissages lorsque les proies principales viennent à manquer. Source : Journal of Ornithology 150-1, 2009 Markéta Zárybnická, Ondrej Sedlácek and Erkki Korpimäki

Bibliographie Bibliographie des publications récentes (*) concernant les petites chouettes de montagne (*) à partir de 2007 : voir les bulletins 1/2 de 2008 et 3/4 de 2009 Chevêchette d’Europe 2009 DEUTSCHMANN H., SPITZ T., 2009.Vorkommen und Lebensraum des Sperlingskauzes (Glaucidium passerinum) in Brandenburg. Otis 17 : 69-84. HENRIOUX P. et le GERNOV, 2009.- Etude d’une population de Chouette chevêchette dans l’Ouest du Jura. Synthèse après 13 années de recherches. Groupe d’étude sur les rapaces nocturnes de l’Ouest vaudois, Payerne, rapport 7 p. HÖLZINGER J., 2009.- Sperlingskauz (Glaucidium passerinum) – Brutvogel im Stromberg. Ornithol. Jh. Bad ;-Württ., 25 : 41-45. KNOLL A., FABIAN K., 2009.- Der Sperlingskauz Glaucidium passerinum in der Dresdner Heide. Mitt. Ver Sächs. Ornithol. 10 : 273-280. KOLBE H., 2009.- Rauhfusskauz Aegolius funereus und Sperlingskauz Glaucidium passerinum als neue Brutvogelarten im Hohen Fläming. Apus 14 : 3-13.

VESANEN M., 2009.- The occipital face of the Pygmy Owl Glaucidium passerinum. Ornis svecica 19 : 193-198. 2010 HENRIOUX P. et le GERNOV, 2010.- Etude d’une population de Chouette chevêchette dans l’Ouest du Jura. Synthèse après 14 années de recherches. Groupe d’étude sur les rapaces nocturnes de l’Ouest vaudois, Payerne, rapport 6 p. KNOLL A., 2010.- Dem Sperlingskauz Glaucidium passerinum in der Dresdner Heide auf der Spur. Eulen Rundblick 60 : 11-15.

Glaucidium passerinum. Eulen Rundblick 60 : 29-32. ROTHGÄNGER A., WIESNER J., 2010.- Heimlicher Waldbewohner – eine telemetrische Untersuchung am Sperlingskauz Glaucidium passerinum in Thüringen. Eulen Rundblick 60 : 15-20. TROCHARD G., 2010.- Découvertes et étude de la chevêchette sur le Vercors. Rapaces de France – l’Oiseau magazine, HS N° 12 : 42. WIESNER J., 2010.- Helferweibchen beim Sperlingskauz Glaucidium passerinum. Charadrius, 46 : 65-68.

KOLBE H., 2010.- Zur Besiedlung des Chouette de Tengmalm Hohen Flämings durch den Rauhfussund den Sperlingskauz. Eulen 2009 Rundblick 60 : 34. HENRIOUX P. et le GERNOV, MULLER Y., 2010 – Nouvelles données 2009.- Etude d’une population de sur la Chouette de Tengmalm (Aegolius Chouette de Tengmalm dans l’Ouest funereus) et la Chevêchette d’Europe du Jura. Synthèse après 23 années de (Glaucidium passerinum) dans les Vosges recherches. Groupe d’étude sur les du Nord. Bourgogne Nature, rapaces nocturnes de l’Ouest vaudois, 11 : 208-213. Payerne, rapport 7 p. ULBRICHT J., SPERLING D., 2010.Die Besiedlung des Tieflandes der Oberlausitz durch den Sperlingskauz

KOLBE H., 2009.- Raufusskauz Aegolius funereus und Sperlingskauz Glaucidium passerinum als neue

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Brutvogelarten im Hohen Fläming. Apus 14 : 3-13. 2010 HENRIOUX P. et le GERNOV, 2010.- Etude d’une population de Chouette de Tengmalm dans l’Ouest du Jura. Synthèse après 24 années de recherches. Groupe d’étude sur les rapaces nocturnes de l’Ouest vaudois, Payerne, rapport 6 p. KÄMPFER-LAUENSTEIN A., LEDERER W., 2010.Populationsdynamik des Rauhfusskauzes Aegolius funereus im Arnsberger Wald. Charadrius 46 : 69-78. KOLBE H., 2010.- Zur Besiedlung des Hohen Flämings durch den Rauhfuss- und den Sperlingskauz. Eulen Rundblick 60 : 34. MEYER W., 2010.- Zum Wanderungsverhalten des Rauhfusskauz Aegolius funereus auf der Grundlage von Beringungsergebnissen aus Thüringen. Eulen Rundblick 60 : 35-36.

MEYER W., MELLE M., 2010.Über 30 Jahre Untersuchungen am Rauhfusskauz Aegolius funereus – Beobachtungen bei der praktischen Arbeit. Eulen Rundblick 60 : 35. MULLER Y., 2010 – Nouvelles données sur la Chouette de Tengmalm (Aegolius funereus) et la Chevêchette d’Europe (Glaucidium passerinum) dans les Vosges du Nord. Bourgogne Nature, 11 : 208-213. SCHERZINGER W., 2010.Sperbereule Surnia ulula und Raufusskauz Aegolius funereus – ein Artenpaar wie Tag und Nacht ? Charadrius 46 : 79-88. 2011 RAVUSSIN P.-A., TROLLIET D., MÉTRAUX V., LONGCHAMP L., DAENZER C., CLÉMENÇON F. et ROCH J. , 2011. Saison 2010 chez la Chouette de Tengmalm. Bilan de 26 années de suivi. Groupe ornithologique de Baulmes et environs (GOBE), Baulmes, rapport 6 p. Les rapports du GOBE sont

Chevêchette d’Europe- Photo : Y. Orecchioni © disponibles à l’adresse suivante : http://www.chouette-gobe.ch/php/ rapports.php

par Yves Muller yves.muller@lpo.fr

Chevêchette et Tengmalm Bulletin de liaison du réseau Petites chouettes de montagne

Sensibilisation

(disponible sur www.chevechette-tengmalm.lpo.fr)

Nouvelle édition du cahier technique

LPO © 2011

La nouvelle édition du cahier technique de la chevêchette d’Europe et de la chouette de Tengmalm vient d’être achevée ! Ce nouveau document contient quatre nouvelles planches : une fiche de nid et une fiche de synthèse annuelle pour noter vos observations, ainsi que deux fiches de protocoles de recherche de la chevêchette et de la Tengmalm.

Le cahier technique réactualisé, consultable dès à présent sur le site internet consacré aux deux rapaces (http://www.chevechette-tengmalm. lpo.fr), est également disponible sur simple demande à la LPO Mission Rapaces (fabienne.david@lpo.fr).

par la LPO Mission Rapaces

Conception et réalisation : Fabienne David, Charlotte Demartini Comité de rédaction : Fabienne David, Yves Muller, Yvan Tariel, Yvan Orecchioni et Pascal Denis Relecture : comité de rédaction et Danièle Monier

Appel à textes et illustrations Le bulletin de liaison du réseau des petites chouettes de montagne existe grâce à vous. C’est pourquoi nous sommes toujours en attente de toutes les informations, découvertes ou anecdotes que

Réalisation : - LPO Mission Rapaces 62 rue Bargue, 75015 Paris rapaces@lpo.fr

vous aimeriez faire partager. Photos et dessins sont également les bienvenus, ils seront indispensables à l’illustration des prochains numéros. Vos textes et photos sont à adresser à fabienne. david@lpo.fr, ou par courrier à la LPO

Mission Rapaces, 62 rue Bargue, 75015 Paris. Merci d’avance de nous aider à alimenter et à faire vivre ces bulletins ainsi que le site Internet !

D’après une maquette de la tomate bleue

par la LPO Mission Rapaces

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/tengmalmchevechette5-6-bd  

http://rapaces.lpo.fr/sites/default/files/mission-rapaces/36/tengmalmchevechette5-6-bd.pdf

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