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Photo : A. Labat, Colibri ©

n° 24 & 25 - novembre Suivi Suivi de la reproduction 2011 Records d’altitude et de nichées Bilan de l’hivernage 2011 et 2012 Conservation Bilan du marquage 2012 Marquage d’adultes Contrôles en Espagne Balise Argos en Alsace Mobilisation pyrénéenne Placettes « éleveur » dans la Loire... ...et en Auvergne Nouvelle placette en Aveyron Second plan national d’action Campagnol et bromadiolone La menace bromadiolone Evaluation écotoxicologique International Populations réintroduites menacées Eoliennes et milans royaux A propos de milans Marquage de milans noirs Milans noirs balisés Bibliographie et sensibilisation Carbofuran et empoisonnement Outils du réseau

2 2 3 6 6 7 8 9 11 12 12 13 14 15 17 17 18 19 19 20

2012

10 ans ! Cela fait bientôt 10 ans que le premier plan d’actions en faveur du milan royal a vu le jour et que le réseau des ornithologues français se mobilise pour lui venir en aide. Comme en témoigne ce nouveau numéro du Milan Info, ce réseau n’a cessé de s’étoffer et les actions de se multiplier au cours de cette décennie. Les suivis, en reproduction comme en migration et en hivernage, permettent d’avoir une vision précise de l’état des populations et de leur évolution. Les programmes de recherche, comme le marquage et les recherches en éco-toxicologie font progresser la connaissance sur la biologie de l’espèce. Les actions de conservation, comme les placettes de nourrissage, et les programmes de sensibilisation se développent dans toutes les zones de présence de l’espèce. Le travail accompli et l’énergie mobilisée sont énormes ! Il serait donc dommage de s’arrêter au milieu du gué. Car si les résultats des suivis de ces deux dernières années ont apporté quelques notes d’optimisme (du moins dans certaines régions), les causes d’inquiétude et les dangers sont aussi nombreux : recrudescence des campagnes d’utilisation de la bromadiolone, multiplication des parcs éoliens, persistance des actes de braconnage… Il est donc indispensable de poursuivre le travail engagé et de ne pas relâcher nos efforts et notre vigilance. Il est également nécessaire, tout en poursuivant les suivis, d’aller maintenant plus loin dans les actions de conservation et de protection ; même si, on le sait, les leviers d’actions sont parfois compliqués à mettre en œuvre, les acteurs concernés nombreux (agriculteurs, forestiers, élus…) et difficiles à convaincre et à mobiliser et que des choix politiques qui dépassent la seule conservation du milan royal, comme l’évolution de la PAC par exemple, auront une influence considérable. Mais cela ne doit pas nous empêcher de continuer à agir ! Espérons donc que le second plan d’action soit rapidement validé et mis en œuvre (et doté de quelques moyens !). Tous les acteurs mobilisés pour la sauvegarde du milan royal l’appellent de leurs vœux.

Bulletin de liaison du plan

nationalTeyssier, de restauration Sébastien LPO Loire du milan royal

Milan info n°24 & 25 - novembre 2012 ‑ Milan info n°24 & 25 - novembre 2012 ‑

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Suivi Bilan du suivi de la reproduction en 2011 En 2011, 303 nids de milan royal, suivis depuis la ponte jusqu’à l’envol des jeunes, fournissent des données sur le succès de reproduction. La Lorraine apporte pour la première fois depuis que cette étude a été mise en place des résultats grâce à l’association LOANA qui devrait pouvoir maintenir le suivi dans les années à venir en y ajoutant le marquage des jeunes. Le Pays basque de son côté apporte de nouveaux résultats salutaires pour les Pyrénées avec le début d’un suivi d’une population d’une dizaine de couples dans le secteur de Saint-Jean-Pied-de-Port. Merci à Aurélien André de l’association Saiak pour cette excellente initiative. Malgré ces deux nouveaux secteurs, le nombre de couples suivis en 2011 est légèrement plus faible qu’en 2010 en raison de l’absence de données

en provenance de certaines zones d’études (vallée d’Ossau, vallée de la Neste, plateau du Devès, gorges de 2

‑  Milan info n°24 & 25 - novembre 2012

la Sioule) et d’un nombre de couples recensés moindre dans certaines zones échantillons (Haute-Marne, planèze de Saint-Flour, vallée du Régino, bassin du Drugeon). Avec 1,67 jeune à l’envol par couple reproducteur, la saison de reproduction 2011 est de loin la meilleure enregistrée depuis le début du suivi. Ça se retrouve également au niveau du nombre de jeunes à l’envol par couple producteur (graphique taille des nichées) mais dans une moindre mesure. Cela signifie que le taux de reproduction élevé de l’année 2011 est lié à un fort taux de réussite des couples ayant tenté une reproduction. Ce fort taux de réussite est à mettre en relation avec deux faits majeurs de cette année 2011 : - des conditions météorologiques printanières exceptionnelles avec une

absence de précipitations du mois de mars au mois de juin et donc pendant la phase critique de l’incubation et du début de l’élevage des jeunes ; - une ressource alimentaire abondante qui s’est manifestée par l’emploi de la bromadiolone ou tout du moins des velléités d’emploi de la bromadiolone dans plusieurs régions. Certainement en raison de ces deux facteurs également, la reproduction a été plus précoce que les années précédentes. Un signe qui ne trompe pas quand à l’issue du succès de la reproduction !

. Aymeric Mionnet . . LPO Champagne-Ardenne . . aymeric.mionnet@lpo.fr .

Nouveau record d’altitude... ... pour la nidification du milan royal en Auvergne. Un nid a été trouvé dans une petite pinède à 1 240 mètres d’altitude sur la Haute-Planèze dans le Cantal, la reproduction a cependant échoué, le jeune d’environ 30 jours ayant été vraisemblablement prédaté par une martre. La nidification la plus haute connue jusque là dans la région n’était que de 1 150 mètres.

. Sébastien Heinerich & Romain Riols . . LPO Auvergne . . romain.riols@lpo.fr .


Les nichées à quatre jeunes sont rarissimes chez le milan royal. Depuis le début du suivi en 2005, qui porte quand même sur près de 1 550 cas de nidification, aucune nichée de quatre jeunes n’avait été répertoriée. Il y avait quand même eu cette nichée de trois jeunes avec un œuf non éclos dans la Loire en 2011. Pourtant en 2012, nous avons enregistré quatre cas en France : deux en

Lorraine en vallée de la Meuse (LOANA) et deux dans la Loire (LPO Loire). C’est d’autant plus incroyable que ces deux départements font partie de ceux où l’espèce a le plus régressé dans les années 90. Aujourd’hui les densités n’y sont pas très élevées, ce qui pourrait expliquer que pendant les années à fortes disponibilités alimentaires comme en 2012, ce genre de scénario puisse se produire.

. Aymeric Mionnet . . LPO Champagne-Ardenne .

Chenereilles. Notez l’absence de fortes différences de croissance entre les jeunes comme on aurait pu s’y attendre - photo : N. Lorenzini ©

L’hivernage du milan royal en France : janvier 2011 et janvier 2012 Pour la cinquième et sixième année consécutive, le réseau milan royal a organisé un comptage simultané des milans royaux hivernant en France lors du week-end des 8 et 9 janvier 2011 et du week-end des 7 et 8 janvier 2012. Ces deux derniers comptages simultanés profitent d’une meilleure mobilisation du réseau, notamment dans les Pyrénées avec une coordination soutenue par Aurélie de Seynes, salariée de la LPO Pyrénées vivantes. Un dortoir relativement important situé dans le Gers et pour lequel nous n’avions jusque-là pas d’information, complète les connaissances sur le piémont pyrénéen. Comme depuis plusieurs années, il a fallu faire avec les conditions météorologiques et comme chaque année, un petit coup de froid et de neige fait bouger les choses quelques jours avant le comptage, notamment avec des mouvements de fuite des oiseaux du Massif central, pour une part retrouvé ces deux derniers hivers dans le Lot grâce à un nouvelle dynamique des ornithologues locaux. Des mouvements de fuite impliquent aussi les hiver-

nants allemands qui essaiment alors dans le quart nord-est de la France. La capacité d’accueil du piémont pyrénéen semble aujourd’hui bien estimée comme l’indique la stabilité de l’effectif total sur ces deux derniers hivers : 3 700 en 2011 et 3 900 en 2012, soit entre 500 et 700 oiseaux de plus que les comptages des années précédentes. En janvier 2011, le Massif central renoue avec des chiffres importants, équivalents à ceux de 2008 après les deux hivers 2008/2009 et 2009/2010 particulièrement enneigés. Notons notamment des effectifs largement en hausse dans le Tarn et la Loire, ainsi que la découverte de dortoirs dans le Lot, possiblement issus d’hivernants « auvergnats » ayant fui la neige. En janvier 2012, un petit coup de neige a aussi lieu quelques jours avant le comptage et ce sont près de 300 oiseaux qui quittent le sud-ouest du Puyde-Dôme qui accueillait alors des effectifs jamais atteints grâce à une pullulation très importante de campagnols terrestres. Malgré ce mouve-

ment de fuite et la disparition de plusieurs dizaines d’autres milans par empoisonnement à la bromadiolone, plus de 300 individus se maintiennent tout de même dans ce département pour le comptage, tandis que le Cantal enregistre lui aussi un large record avec 950 oiseaux ! L’Auvergne accueille ainsi pour la première fois 1 500 milans royaux et, plus largement, le Massif central plus de 2 300 ! Si le nord-est de la France accueille en janvier 2011 près de deux fois plus de milans que les années antérieures, nous retiendrons surtout janvier 2012, où vraisemblablement grâce aux mêmes raisons que dans le Massif central, les zones herbagères de ses régions, riches en campagnols terrestres et pour les plus hautes (massif du Jura) inhabituellement dépourvues de neige accueillent des effectifs jamais vu depuis la mise en place des comptages par le réseau milan royal ! La Haute-Marne, la Côte-d’Or, le Doubs et le Jura accueillent ainsi les plus gros effectifs et l’ensemble du quart nord-est de la France héberge 450 oi-

Milan info n°24 & 25 - novembre 2012 ‑

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Bulletin de liaison du plan national de restauration du milan royal

Photo : A. Labat, Colibri ©

Incroyable mais vrai !


plus important au regard des estimations de la population nicheuse… Quelques oiseaux sont toujours notés en Pays de la Loire (Vendée et Sarthe). La Picardie qui avait hébergée quelques individus dans la Somme en 2010 en accueille dans l’Aisne en 2011 et 2012.

ce secteur suite à la fermeture de la très grosse décharge d’Entressens... La Corse compte moins de 300 oiseaux contre 400 habituellement, l’interprétation des résultats reste difficile pour l’île de beauté qui abrite normalement une population stable puisque sédentaire et un effectif global normalement bien

seaux (!) contre 113 en 2011 et moins d’une cinquantaine de 2007 à 2009. Ailleurs en France L’effectif de Crau qui avait presque doublé en 2011 revient à une valeur classique en 2012, mais cela traduit aussi peut-être le début d’une baisse sur

Synthèse de l’hivernage du milan royal en France - 2008 à 2012 Dortoirs hivernaux de Milans royaux

Nombre Nombre  Nombre  Nombre  Nombre  Nombre  Nombre  Nombre  Nombre  Nombre  de dortoirs d'individus de dortoirs d'individus de dortoirs d'individus de dortoirs d'individus de dortoirs d'individus

NORD-EST FRANCE Alsace

janvier 2012 16 450 0 25

janvier 2011 10 113 0 5

janvier 2010 2 88 0 7

janvier 2009 2 47 5

5

_

_

Champagne-Ardenne

3

86

2

49

2

49

1

24

2

17

156

5

46

0

11

1

14

3

17

1

13 1

1 2

10 7

3

0

10

Bas‐Rhin Haut‐Rhin

Aube Haute‐Marne Ardennes Bourgogne

Côte‐d'Or Yonne Saône‐et‐Loire Franche-Comté

1 24

1 2 7

1 2 2

16 13 17

6

176

0

2

Lorraine

0

88 12 73 3 7

2 3 2

3

11

2

8

1

3

2 0

13

1 5 4 3

0

1

0

32 0

1362 0

28 0

3

141

2

187

2

139 43

2

128 41

2

59 82

1 10 3 10

Languedoc-Roussillon

3 1

44 13

1

9

2

31

1

9

1 373 174 951

1 1 1 6 4 9

98 89

9 106 130 449

Midi-Pyrénées

41

2598

38

2516

PYRENEES

2 81

3892

2 58

3714

Gers Aquitaine

Pyrénées atlantiques (Béarn) (3) Pyrénées atlantiques (Pays Basque) (4)

1 48

16 32

49 1879

1 32

130 1883

AUTRES Corse

13 11

374 278

24 23

544 396

Provence-Alpes-Côte-d'Azur

2

81

1

143

Pays-de-la-Loire

0

5

0

4

Picardie

0

10

0

1

6 1

2 12 17

6 5 2

428 43 127 309 864 778

570 1309

69 209 81 2 3

4 6

2 12 11

17 15

10 13 1

10

Aisne 149

(1) effectif inclus dans le total pyrénéen (2) comptage partiel en 2010 (3) et (4) comptages partiels en 2008 et 2009

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7052

379 151 155

224 870 607

785 1098

165 231

143 3 1

1 1

96

1 1

19

453

1

1

55 50

28 4 2 2 66 4 10 6 _ 45 17 28 16 14 6 8 1 1 0

5 1665 367 19 81 2994 218 509 471 _ 1746 727 1019 448 320 89 231 123 123 2

1 1

2 3 3

113

4594

1 5 4 9

3 84 120 246

127

5946

4 3 1 2 4

4

1531 2 2 2 77 4

87

1 1

23

715

18

930

0

1 1

1

1 5 4 13

16 132 218 349

1 3 4 10

73 29 94 233 574

35 6 _ 1 59 3 15 10 _ 31 13 18 15 13 4 9 1 1 1 1 _

2252 453 _ 65 3266 324 789 621 _ 1532 652 880 421 335 80 255 84 84 2 2 _

31 6 _ 1 51 2 12 10 _ 27 11 16 10 8 2 6 1 1 1 1 _

4 1 3 3 2562 433 _ 85 3205 398 824 822 _ 1161 370 791 506 402 81 321 86 86 18 18 _

_ _ 108

_ _ 5096

_ _ 94

_ _ 5293

1

1

15 2

1 1

1059 0

Allier Puy‐de‐Dôme Haute‐Loire Cantal

Total France

1

29 0

694

Somme

0

1 1

1575 0

20

Vendée Sarthe

8

6

24

35 0

1499

Bouches‐du‐Rhône (Crau)

4 3 4

1

2336 67 67

24

Corse du Sud Haute‐Corse

0

43 5 1

39 1 1

Auvergne

Ariège Haute‐Garonne Haute‐Pyrénées (2)

1 1

2

1 2

Aveyron Lot Tarn

3 4

1 1

Loire Ardèche

Aude (1) Lozère Gard

4

45 3 1

135 15 6

2 1 3

MASSIF CENTRAL Limousin Corrèze Creuse Rhône-Alpes

1 1

5 1 1

Doubs Haute‐Saône Jura Territoire de Belfort Meurthe‐et‐Moselle Meuse Moselle Vosges

31 55

3 2

janvier 2008 5 48


Hivernage du milan royal en France en janvier 2011

Photo : A. Labat, Colibri ©

Au total, en janvier 2011, ce sont 5 946 milans royaux qui ont été comptés dans 127 dortoirs principaux soit près de 1 000 de plus que les précédents comptages. L’estimation précédente d’environ 6 000 hivernants en France est ainsi confirmée. L’hiver 2011/2012 restera en revanche probablement dans les annales avec un hivernage sans précédent récent en Auvergne et dans le nord-est de la France ; la France accueille en effet en janvier 2012 un minimum de 7 052 milans royaux répartis dans 149 dortoirs ! Ce bilan ne serait bien sûr pas possible sans l’engagement de tous les bénévoles et des coordinateurs départementaux ; soyez ici tous remerciés pour le remarquable travail effectué sur le terrain.

. Claire Poirson . LPO Mission rapaces & Romain Riols . LPO Auvergne . romain.riols@lpo.fr

Hivernage du milan royal en France en janvier 2012

Prochain comptage simultané des dortoirs en Europe Le prochain comptage simultané des dortoirs de milans royaux se tiendra les 5 et 6 janvier 2013. Nous comptons bien évidemment sur votre précieuse participation à tous ! Sachez, par ailleurs, que depuis plusieurs hivers, la mobilisation gagne du terrain en Europe. Outre la France et la Suisse, d’autres pays tels que l’Italie, l’Ecosse, la République tchèque, le Danemark, la Suède, le Pays de Galles, l’Autriche, la Hongrie, quelques provinces espagnoles, etc. ont répondu à nos appels et participent aux comptages des hivernants ! Une synthèse européenne

des données disponibles pour les deux précédents hivers est d’ailleurs en cours de finalisation. Nous espérons que pour ce prochain comptage, la mo-

bilisation européenne sera encore plus forte ! Un grand merci d’avance. . Fabienne David . . LPO Mission rapaces .

Milan info n°24 & 25 - novembre 2012 ‑

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Bulletin de liaison du plan national de restauration du milan royal


Conservation

Bilan du marquage 2012

Les activités de baguage de 2012 se sont déroulées dans de meilleurs conditions que celles de 2011. La reproduction a en effet été moins précoce dans la plupart des régions. Le nombre d’oiseaux marqués est légèrement supérieur à 2011 grâce au beau travail de nos amis bourguignons et ligériens. L’important nombre de couples qu’ils ont détectés associé à une bonne reproduction leur a en effet permis de marquer un nombre important de jeunes au nid. L’équipe de Luc Strenna et Loïc Michel a également pu réaliser des captures d’adultes au grand-duc qui se sont révélés fructueuses avec 2 individus capturés dont un était déjà bagué….il avait été bagué 2 ans plus tôt mais avait perdu ses marques !. Ces 2 départements ont pu compenser le déficit de la planèze et de la Corse. L’année 2012 marque le début du programme de marquage en Lorraine dans la continuité de la population du Bassigny qui est étudiée depuis 2006.

Bilan du marquage en 2012

Les activités de baguage de 2012 se sont réaliser des captures d’adultes qui se dus capturés dont un était déjà bagué... déroulées dans de meilleures conditions sont révélés fructueuses avec deux indivi- il avait été bagué deux ans plus tôt mais que celles de 2011. La Bilan du marquage Milan royal - 2005 à 2012 avait perdu ses marques ! reproduction a en effet Ces deux départements ont Région Département 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 Total/Dptmt Total/Région été moins précoce dans pu compenser le déficit de la Cantal (15) 12 25 40 25 25 41 46 26 240 Haute-Loire (43) 20 29 3 11 23 13 28 22 149 Auvergne 544 la plupart des régions. planèze et de la Corse. Puy-de-Dôme (63) 18 17 15 12 24 17 24 28 155 Le nombre d’oiseaux L’année 2012 marque le déCôte-d'Or (21) 4 10 15 16 30 75 Nièvre (58) 2 2 Bourgogne 80 marqués est légèrement but du programme de marYonne (89) 3 3 supérieur à 2011 grâce quage en Lorraine dans la Champagne-Ardenne Haute-Marne (52) 6 20 16 8 9 17 10 13 99 99 au beau travail de nos continuité de la population Corse du Sud (2A) 8 11 5 24 Corse 76 amis bourguignons et du Bassigny qui est étudiée Haute-Corse (2B) 19 21 12 52 ligériens. L’important depuis 2006. Doubs (25) 3 13 18 27 25 29 33 148 Haute-Saône (70) 2 1 3 Franche-Comté 183 nombre de couples Jura (39) 1 2 4 1 8 Territoire de Belfort (90) 2 12 10 24 . Aymeric Mionnet . qu’ils ont détectés assoAveyron (12) 7 18 10 9 44 . LPO Champagne-Ardenne . cié à une bonne repro- Languedoc-Roussillon Lozère (48) 49 4 1 5 . aymeric.mionnet@lpo.fr . duction leur a en effet Corrèze (19) 1 5 7 13 13 Limousin permis de marquer un Meuse (55) 9 9 22 Lorraine nombre important de Vosges (88) 2 11 13 jeunes au nid. L’équipe Ardèche (07) 3 1 13 9 10 19 55 Rhône-Alpes 152 Loire (42) 3 5 9 8 19 23 30 97 de Luc Strenna et Loïc Total France 56 97 109 85 148 212 245 266 1218 1218 Michel a également pu

Capture et marquage d’un couple de milans royaux en Bourgogne En Bourgogne, comme dans d’autres régions de France et d’Europe, la population de milans royaux a connu un déclin sans précédent à partir des années 1990. Estimée à 71-103 couples lors de l’enquête nationale sur les rapaces diurnes nicheurs, menée de 2000 à 2002 (Bretagnolle & Thiollay coord., 2004), la population régionale compte aujourd’hui une vingtaine de couples seulement, essentiellement cantonnés dans l’Auxois, paysage associant la polyculture et l’élevage extensif. Tous les couples recensés font l’objet d’un suivi régulier dans le cadre d’un programme d’actions initié en 2006, d’abord à travers la LPO Côte-d’Or puis l’EPOB (Etude et protection des oiseaux en Bourgogne) par la suite. Outre le suivi des populations nicheuse et hivernante, une des principales actions est l’étude par le baguage et le marquage alaire. Cette méthode permet d’obtenir des informations intéressantes sur l’écologie de l’espèce (dynamique des populations, taux de survie des individus, zones d’hivernage, philopatrie, 6

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identification et taille des territoires, fidélité des partenaires...). Débuté en Bourgogne en 2007, le marquage alaire concernait dans un premier temps les jeunes milans capturés directement au nid, avant leur envol. La volonté et la nécessité de capturer des adultes dans le but de les marquer et, par conséquent, d’acquérir des connaissances sur leurs mœurs, s’est également fait ressentir. C’est ainsi qu’en 2007, les premières tentatives de capture de milans royaux reproducteurs par balchatris avaient été tentées dans l’Auxois. Ces essais, entrepris sur huit jours au total entre la fin juin et la mi-juillet, n’avaient malheureusement pas connu le succès escompté. Toujours convaincus de l’intérêt de capturer les adultes reproducteurs, nous réitérons l’expérience à l’été 2012 en adoptant une technique tout à fait différente qui a fait ses preuves, notamment en Auvergne, où un couple de milans royaux fut capturé en 2010. Avant de commencer les tentatives de capture, il paraissait essentiel de faire

une sélection des sites de nidification dont les caractéristiques (situation des nids, composition des sites de nidification, présence/absence d’animaux d’élevage...) ne constituaient aucun obstacle au montage du dispositif et à la capture. Dans un second temps, la détection des couples les plus agressifs a été entreprise de manière à prioriser les sessions de capture. D’autre part, la sélection des sites à retenir s’est faite en fonction des dates, déjà bien avancées dans la saison. Une fois tous ces éléments pris en considération, cinq couples producteurs ont été retenus. Un nouveau couple, dont le nid occupé par deux jeunes âgés d’environ trois semaines a été trouvé relativement tard dans la saison, a particulièrement retenu notre attention. Le comportement agressif des deux adultes, qui n’hésitaient pas à s’approcher à quelques mètres de l’observateur, était évident. Le couple avait également été vu s’acharner sur une jeune buse variable apprenant à voler et que l’on retrouvera morte quelques jours plus


Quatre jours après la découverte du nid, le 22 juin 2012, nous tentons une nouvelle fois l’expérience. 7h : une fois le dispositif installé, nous nous retirons ensuite du site. 9h45 : 15 minutes seulement après le montage du dispositif, un premier milan est capturé. C’est en le libérant du filet que l’on découvre qu’il est bagué. À première vue, les inscriptions gravées sur la bague laissent penser qu’il s’agit d’un individu bagué en Bourgogne et qui a perdu ses marques alaires. Pendant que l’on procède à la prise des mesures de l’oiseau à plus de trois cents mètres de là, le second adulte est capturé cinq minutes plus tard. Nous détenons désormais le couple et procédons à la pose de marques alaires et d’une bague pour l’individu dont la

provenance est inconnue. À première vue, le milan portant une bague semble être le mâle, car bien plus petit que le second. Après vérification dans les archives, notre surprise fut grande lorsque nous apprenions qu’il s’agit d’un oiseau bagué au nid à 35 kilomètres de là, deux ans seulement auparavant. La nidification à cet âge est un fait rare chez cette espèce. Fortes de cette première expérience, de nouvelles tentatives de captures seront conduites dès l’été prochain afin de marquer le maximum de milans royaux reproducteurs. À l’avenir, ces actions pourraient se tourner vers des méthodes de suivis encore plus précises, avec la pose de balises Argos par exemple.

. Loïc Michel . . EPOB . . loic.michel@epob.fr .

Couple capturé - photo : L. Michel ©

L'hiver 2011-12, un bon cru pour les observations de Milans français en Espagne L’hiver 2011-12 nous gratifie d'une belle moisson d'observations de Milans français en Espagne. Vingt-six observations concernant 20 oiseaux différents ont été réalisées et seulement une d'entre elles se rapporte à la découverte d'un milan mort, vraisemblablement empoisonné.

Relâcher du couple de milans royaux - photo : L. Michel ©

C'est presqu'autant que l'hiver dernier qui avait été déjà été très productif. Pas de mystère à cela, le nombre élevé d'observations en Espagne au cours d'un hiver est directement relié au nombre d'oiseaux bagués au cours de la saison de reproduction qui précède l'hiver en question. Le graphique suivant expose pour chaque hiver le nombre d’oiseaux différents observés et le nombre d’observations réalisées en Espagne ainsi que le nombre d’oiseaux bagués chaque année en France (pour l’hiver 2005-06, c’est le nombre d’oiseaux bagués en 2005, etc).

L’hiver 2011-12, un bon cru pour les observations de milans français en Espagne

Les pourcentages correspondent à la proportion d’oiseaux contactés en Espagne par rapport au contingent d’oiseaux bagués en France (les oiseaux corses ont été enlevés du total), ils oscillent entre 5 et 9%. Pour être tout à fait précis, il aurait fallu retirer les quelques oiseaux qui ne sont pas des premiers hivers.

Proportion du nombre d'oiseaux observés en Espagne par rapport au nombre d'oiseaux bagués en France

30

7,2%

25

250

200

9,1% 20

150

6,7% 15 5,1% 10

100 5,5%

7,1%

4,7%

5

50

Nombre d'oiseaux bagués en France

chaque année en France (pour l’hiver 2005-06, c’est le nombre d’oiseaux bagués en 2005, etc.). Les pourcentages correspondent à la proportion d’oiseaux contactés en Espagne par rapport au contingent d’oiseaux bagués en France (les oiseaux corses ont été enlevés du total), ils oscillent entre 5 et 9 %. Pour être tout à fait précis, il aurait fallu retirer les quelques oiseaux qui ne sont pas des premiers hivers. En effet, le nombre d’observations espagnoles concerne en quasi-totalité des oiseaux de 1er hiver. L’hiver venant de s’écouler (2011-2012) est à ce titre particulièrement révélateur puisque sur tous les oiseaux observés, un seul n’était pas un premier hiver ! (cf. tableau page suivante).

Nombre d'inidvidus / Nombre d'observations en Espagne

L’hiver 2011-12 nous gratifie d’une belle moisson d’observations de milans français en Espagne. 26 observations concernant 20 oiseaux différents ont été réalisées et seulement une d’entre elles se rapporte à la découverte d’un milan mort, vraisemblablement empoisonné. C’est presqu’autant que l’hiver dernier qui avait été déjà très productif. Pas de mystère à cela, le nombre élevé d’observations en Espagne au cours d’un hiver est directement relié au nombre d’oiseaux bagués au cours de la saison de reproduction qui précède l’hiver en question. Le graphique suivant expose pour chaque hiver le nombre d’oiseaux différents observés et le nombre d’observations réalisées en Espagne ainsi que le nombre d’oiseaux bagués

0

0 2005-06

2006-07

2007-08

Nbre d'oiseaux contrôlés

2008-09

2009-10

Nbre d'observations

2010-11

2011-12

Nbre d'oiseaux bagués

Cela confirme un des enseignements majeurs apportés Cela confirme un des enseignements par le programme de mar- majeurs apportés par le programme de marquage : la quasi-totalité des milans nés en France passe leur premier hiver en Espagne et ce quelque soit leur région d’origine. cela n’est pas vrai pour la Corse où les oiseaux sont sédentaires et cela quage : laEvidemment, quasi-totalité des milans nés en France passe leur premier hiver en Espagne et ce quelle que soit leur région d’origine. Evidemment, Bulletin de liaison du plan cela n’est pas vrai pour la national de restauration du milan royal En effet, le nombre d'observations espagnoles concerne en quasi-totalité des oiseaux de 1er hiver. L'hiver venant de s’écouler (2011-2012) est à ce titre particulièrement révélateur puisque sur tous les oiseaux observés, un seul n’était pas un premier hiver ! (cf. tableau suivant).

Milan info n°24 & 25 - novembre 2012 ‑

7

Photo : A. Labat, Colibri ©

tard. Le couple idéal semblait avoir été trouvé.


Corse où les oiseaux sont sédentaires et cela demande à être vérifié pour les Pyrénées où l’absence de marquage ne permet pas de le dire. Les milans juvéniles sont donc confrontés aux cours de leur premier hiver aux mêmes facteurs de mortalité qu’ils viennent de Champagne-Ardenne, de Franche-Comté ou d’Auvergne. Enfin, il serait dommage de ne pas le signaler, aucune lecture douteuse n’est à déplorer et ce grâce en grande partie aux photographies numériques. C’est une satisfaction car cela était loin d’être évident quand nous avons opté, au début du programme, pour des combinaisons de code couleur. En effet, il n’est pas facile pour des observateurs extérieurs à un programme de lire et de définir des couleurs qu’ils ne connaissent pas par avance.

Liste des oiseaux observés lors de l’hiver 2011-12 en Espagne (avec région et département d’origine et province espagnole d’observation)

. Aymeric Mionnet . . LPO Champagne-Ardenne . . aymeric.mionnet@lpo.fr .

photo : J. Remacha ©

photo : F. Balsells Rodriguez ©

Une balise Argos pour un milan alsacien La LPO Alsace suit depuis plusieurs années l’évolution des populations de milans royaux dans notre région. C’est pourquoi une attention toute particulière a été portée en 2012 à un couple de milans royaux nichant, en Alsace, à proximité d’un projet industriel potentiellement dangereux. Après les premières observations en 2011, la LPO a piloté un projet de suivi du couple pour l’année 2012, accepté et financé par l’industriel et en partenariat avec l’Institut de recherche pour le développement (François Baillon), le Centre national de

la recherche scientifique (Damien Chevallier), le Parc naturel régional des Vosges du Nord et l’association la Grange aux paysages. L’objectif principal du suivi est d’évaluer la sensibilité du couple de milans royaux au futur projet industriel afin de pouvoir proposer, à terme, des mesures d’atténuation du risque ou des mesures compensatoires et de bénéficier d’un retour d’expérience pour l’aménagement d’autres projets de ce type. Dans ce cadre, le milan royal mâle qui occupait le secteur a été capturé et équipé d’une balise Argos GPS et d’un émetteur VHF. Il a été baptisé Don Quichotte. En complément de l’étude portant sur la nidification des oiseaux, Don Quichotte, mâle adulte équipé d’une balise Argos - photo : M. Bricard © les équipements posés sur le

8

‑  Milan info n°24 & 25 - novembre 2012

Migration postnuptiale de Don Quichotte ©

mâle nous permettront également un suivi inédit de la migration et de l’hivernage d’un milan de cette population du nord-est de la France. Vous trouverez sur le lien ci-après une carte des déplacements de Don Quichotte : https:// maps.google.fr/maps/ms?msid=217858 110611331675024.0004ca851bca2bf2 138b5&msa=0.

. Sébastien Didier . . LPO Alsace . . alsace.rapaces@lpo.fr .


Mobilisation renforcée dans les Pyrénées

Les Pyrénées, territoire de nidification, principal couloir migratoire, et première terre d’accueil en France en période d’hivernage (enregistrant environ 70 % de la population nationale hivernante), ont une importante responsabilité pour la conservation de l’espèce. Amorcée depuis la fin des années 2000, cette mission, s’exerce sur l’ensemble des départements français de la chaîne pyrénéenne. Elle se décline en trois volets d’actions : -améliorer la connaissance (coordination des suivis, animation d’un réseau et valorisation des données), -définir une stratégie de conservation (concertation, identification des outils, formulation de propositions d’actions), -entreprendre des actions de communication et de sensibilisation (promouvoir une attention particulière en faveur de l’espèce). Coordination et animation Dans le cadre de la reconduction du Plan national d’actions et en tant que structure animatrice d’un réseau, la LPO Pyrénées vivantes a créé en 2012 deux comités techniques (le premier relatif aux actions

de suivi et de conservation, le second, aux actions de sensibilisation et d’éducation) et un comité de pilotage constitué de différents collèges (profes sionnels forestiers, agricoles,Constitué des Associations de Protection de la Nature locales (SAIAK, Hegalaldia, LPO Aquitaine, GEOB, Nature Midi‐ Pyrénées,  Association  des  Naturalistes  de  l’Ariège,  LPO  Aude),  du  réseau  Avifaune  de  l’ONF,  des  représentants  gestionnaires d’espaces, collecd’espaces  protégées  Pibeste‐Aoulhet, identificaParc  National  des  Pyrénées),  des  Fédérations  de  chasse,…  le  comité  mains(RNR  et matériels, technique de suivi et de conservation s’est réuni les 14 février, 12 avril et 7 septembre 2012, dans les perspectives  tivités territoriales, services de tion et mise en place d’acd’identifier collégialement les besoins en connaissance de l’espèce dans les Pyrénées et les moyens pour y répondre.  l’Etat…). Ces comités, mobi-Cet exercice relève tant de la programmation de suivi que de la valorisation de la connaissance et des actions locales  tions de conservation… sont et  implique  une  concertation  à  l’échelle  du  massif.  Principe  et  outils  d’échange  des  données,  identification  des  lisés et consultés selon les be-objectifs,  application  de  suivi,  évaluation  des  besoins  humains  et  matériels,  identification  et  mise  en  autantdes deactions  sujets à développer place  d’actions  de  conservation…  sont  autant  de  sujets  à  développer  avec  le  réseau  de  partenaires  (associatifs,  soins, l’avancée de la réflexion avec le réseau de partenaires institutionnels, professionnels, territoriaux,…)  et les préoccupations locales,  (associatifs, institutionnels, sont les organes privilégiés   professionnels, territoriaux…) pour une démarche concertée et l’implication des principaux Actions de suivi acteurs du territoire, en faveur Forts d’une douzaine de du milan royal. Constitué des structures partenaires et associations de protection près de 150 observateurs, de la nature locales (SAIAK, la mission et son réseau de Hegalaldia, LPO Aquitaine, suivi participent au comptage GEOB, Nature Midi-Pyrénées, simultané des dortoirs de Association des naturalistes de milans royaux hivernants sur l’Ariège, LPO Aude), du réseau l’ensemble du massif et assuavifaune de l’ONF, des reprérent le suivi de la reproducsentants d’espaces protégés tion sur six zones échantillon. (RNR Pibeste-Aoulhet, Parc Voici un rapide aperçu des national des Pyrénées), des résultats 2012 : Fédérations de chasse… le comité technique de suivi et de •le suivi hivernant conservation s’est réuni les 14 En 2012, sur 106 dortoirs février, 12 avril et 7 septembre historiques et nouvellement 2012, dans les perspectives recensés, 96 ont été suivis et d’identifier collégialement les comptés, répartis en 85 sitesbesoins en connaissance de dortoirs et enregistrant entre l’espèce dans les Pyrénées et les 3 603 et 3 875 milans royaux. moyens pour y répondre. Cet exercice relève tant de la programmation de suivi que de la valorisation de la connaissance et des actions locales et implique une concertation à l’échelle du massif. Principe et outils d’échange des données, identification des objectifs, application des actions de suivi, évaluation Bulletin de liaison du plan des besoins hunational de restauration du milan royal 9

Photo : A. Labat, Colibri ©

La mission milan royal dans les Pyrénées dont la coordination et les différentes actions sont inscrites dans le panel des objectifs du Programme Interreg POCTEFA (Programme opérationnel de coopération territoriale Espagne-FranceAndorre), est pilotée par la LPO dans le cadre de son programme Pyrénées vivantes. Cette mission doit structurer, valoriser les initiatives locales, mutualiser les connaissances, mobiliser les compétences et outils existants en faveur du milan royal et associer les acteurs du territoire déterminants face aux enjeux de conservation.

LPO Pyrénées  Vivantes  a  créé  en  2012  deux  comités  techniques  (le  premier  relatif  aux  actions  de  suivi  et  de  conservation,  le  second,  aux  actions  de  sensibilisation  et  d’éducation)  et  un  comité  de  pilotage  constitué  de  différents collèges (Professionnels forestiers, agricoles, gestionnaires d’espaces, collectivités territoriales, services de  l’Etat,…).  Ces comités, mobilisés et consultés selon les besoins, l’avancée de la réflexion et les préoccupations locales, sont les  organes privilégiés pour une démarche concertée et l’implication des principaux acteurs du territoire, en faveur du  Milan royal. 

Milan info n°24 & 25 - novembre 2012 ‑


•le suivi de la reproduction Actuellement, 17 observateurs de sept structures différentes suivent la reproduction du milan royal sur les six zones échantillon suivantes : - le Pays basque (64) : SAIAK - la vallée d’Ossau (64) : PNP - la vallée des Gaves (65) : Nature MidiPyrénées ; RNR Pibeste-Aoulhet - la vallée d’Aure (65) : réseau avifaune ONF ; PNP - le Comminges (31) : Nature Midi-Pyrénées ; LPO - le Couserans (09) : ANA ; LPO ; réseau avifaune ONF. Voici, dans le tableau ci-dessus, les résultats du suivi 2012, sur 96 sites

sources de dérangement, permettent d’initier des actions ponctuelles et localisées de conservation et/ou de communication avec les acteurs locaux et des gestionnaires de l’espace. Aussi, quelques démarches avec l’ONF ou propriétaires privés ont été amorcées. Cet exercice, encore au stade de balbutiement, amorce une démarche plus systématique et globale de gestion à des fins conservatoires. Les outils d’analyse (base de données, système de traitement, cartographie,…) et de valorisation de ces données (synthèse, publication, productions d’informations et propositions de préconisa-

Bilan du suivi 2012 dans les Pyrénées

Statut Zone   Dép 

Nom de la Zone échantillon 

Surface Zone 

Structure opératrice 

sites Nb de  Nb de couples  Nb de  Nb de  Nb de couples  Sites  Nb de couples  contrôlés  couples  nicheurs  couples non  couples non  producteurs  contrôlés producteurs  occupés  nicheurs incertains  nicheurs  producteurs  incertains 

Nb de  Taux de  Succès de  jeunes à  productivité reproduction l'envol 

90

SAIAK

15

15

14

1

0

9

4

2

13

1,44

Ancienne ZE  64  Pays basque. Ossès‐Iholdy 

120

SAIAK

20

7

7

0

0

4

3

0

5

1,25

ZE

64 Vallée d'Ossau 

60

PNP Secteur Ossau 

11

11

8

3

0

5

2

4

7

1,40

ZE

65 Vallée des Gaves 

40

NMP / RNR Pibeste / LPO 

8

4

2

1

1

2

1

0

4

DI

Hors ZE 

65 Vallée des Gaves 

?

NMP / RNR Pibeste 

2

1

1

0

0

0

0

1

0

DI

ZE

65 Vallée d'Aure 

130

PNP secteur Aure / Réseau avifaune ONF 

11

8

5

2

1

4

3

0

5

1,25

Hors ZE 

65 Vallée de la Neste + Sud ZE 

110

Réseau avifaune ONF/PNP secteur Aure 

10

9

7

2

0

7

0

2

14

2,00

ZE

31 Comminges 

25

NMP/ LPO 

8

8

7

0

1

6

1

0

11

1,83

ZE

9

Couserans

130

ANA / Réseau Avifaune ONF 

11

7

5

1

1

3

1

2

3

1,00

TOTAL ZE 

3

6 zones 

475

7 structures 

64

53

41

8

4

29

12

8

43

1,39

TOTAL

3

6 zones échantillon et 3  périphériques 

705

7 structures 

96

70

56

10

4

40

15

11

62

1,45

ZE

64 Pays basque Garazi ‐ Baigorri 

contrôlés dont 64 en zone échantillon : sur l’espace de référence historique (zone échantillon), comptant 64 sites contrôlés, 53 ont été occupés, dont 41 par des couples pondeurs. Au total, 29 couples ont produit 43 jeunes à l’envol. •Dans le cadre de ces suivis et plus largement, une attention est également portée sur les oiseaux marqués. Entre décembre 2011 et novembre 2012, 12 contrôles ont été réalisés. Des individus espagnols, allemands, francs-comtois, et auvergnats ont pu être identifiés. •Concernant la veille mortalité, initiée dans le cadre de l’opération vigilance poison, pilotée par la LPO, en partenariat avec l’ONCFS, 10 milans royaux, morts ou blessés ont été récupérés depuis octobre 2011. La recherche méthodique des causes de leur état, grâce à l’investissement et différentes compétences de vétérinaires spécialisés (Docteurs Lydia Vilagines, Florence Mathieu et Yves Joly) et à la prise en charge des individus par le centre de soin Hegalaldia-UFCS, met en évidence des agressions directes dont l’empoisonnement et les tirs qui conduisent systématiquement à un dépôt de plainte. Ces suivis étant également l’occasion d’identifier de probables menaces ou 10 ‑  Milan info n°24 & 25 - novembre 2012

Estives) sur la conception d’outils et la mise en place de projets pédagogiques. Par ailleurs, d’autres actions ponctuelles et localisées sont menées par la mission Pyrénées : - réalisation de communications (articles, communiqués de presse…), dans le cadre de publications d’associations locales, de relâchers d’individus blessés, etc. - animation/sensibilisation auprès du grand public, d’écoles primaires, de formations supérieures telles BTS GPN… - organisation d’une rencontre du réseau milan royal Pyrénées, en novembre 2012 au Pays basque, - organisation de réunions d’informations et proposition de formations (auprès des associatifs et institutionnels), - démarches de communication/sensibilisation sur le terrain (auprès des professionnels et particuliers), etc.

tions à des fins de conservation) sont en cours de construction. Les actions communication/éducation/ sensibilisation Le réseau éducation Pyrénées vivantes, a constitué un groupe de travail (ANA CPIE d’Ariège, OCCE 65, SOurs, Observatoire de la montagne, CPIE Bigorre et

0,93 0,71  0,88  DI  DI 

1,00 2,00  1,57  0,60  1,00 

La mission milan royal s’appuie sur un réseau d’une douzaine de structures, et bénéficie de l’implication de plus d’une centaine de personnes bénévoles et salariées. Merci à eux tous, sans lesquels cette entreprise serait tout simplement impossible ! 1,10

. Aurélie De Seynes . . LPO Pyrénées vivantes . . aurelie.deseynes@lpo.fr .

Milan royal - photo : R. Riols ©


P-11 en date

l N° 505-DDP

êté Préfectora risée par l’Arr

Photo : A. Labat, Colibri ©

Riols

des questions Si vous avez transmettre : tions à nous ou des informa LPO Loire 90 04 77 41 46 loire@lpo.fr

- Photos : R.

rôle d’équarisseur naturel. Cela présente également l’avantage pour l’agriculteur d’économiser des frais d’équarrissage. Tout le monde y trouve son compte ! Après un long parcours administratif pour obtenir toutes les autorisations nécessaires auprès des services de l’Etat, nous avons enfin obtenu le feu vert. Parallèlement à ces démarches, nous avions contacté un agriculteur volontaire et identifié une parcelle qui conviendrait pour l’installation de la placette. Très vite, une équipe de bénévoles se constitue autour de Jean-François Lecki, notre « chef de chantier » pour l’occasion. Celui-ci dessine les plans, dresse la liste du matériel, achète les matériaux et le chantier démarre en septembre. Il aura fallu cependant plusieurs samedis pour tronçonner, défricher, creuser, planter, scier, visser... mais grâce à l’énergie et la bonne humeur de tout le monde, le résultat est là et la placette est achevée. Il ne reste plus qu’à attendre une ultime visite de contrôle des services vétérinaires (qui normalement devrait avoir eu

ce al est un rapa bien que Le Milan Roy reusement, ement tral. Malheu urd’hui grav Massif Cen tégé, il est aujo ments. nne oiso totalement pro emp ent par les dans les menacé, notamm d’une dizaine de couples iers ins dern mo ces à siste Il sub venir en aide z. C’est pour ntation a été Monts du Fore rme d’alime culteur, cette plate-fo on avec un agri e au oiseaux que rati abo coll lisée en ion sain construite. Réa ter une source d’alimentat uarrisseur por rôle d’éq elle permet d’ap redonnant son imaux issus de la tout en lui s d’an Milan Royal que des cadavre te por com ne ins. naturel. Elle age local d’ov relle d’un élev mortalité natu des oiseaux r la tranquillité propriétés ecte resp de Merci et les es ant de loin en les observ étrant pas dans les parcell pén taire privées en ne on du proprié s l’autorisati agricoles san t. itan ou de l’explo

: LPO Loire

La LPO Loire avait déjà été précurseur en créant en 1998 la première placette de nourrissage hivernal pour le milan royal en France. Nous continuons notre engagement en faveur de la protection de cette espèce en réalisant la première placette d’alimentation « éleveur » en Rhône-Alpes. L’objectif de la création d’une placette d’alimentation hivernale est d’essayer d’enrayer le déclin catastrophique de l’espèce en luttant contre une des causes identifiées de mortalité importante : l’empoisonnement. Elle est approvisionnée (par nos soins) uniquement en automne et en hiver, à l’époque des rassemblements des oiseaux en « dortoirs » et à proximité de ceux-ci. La placette « éleveur », quant à elle, est installée chez un agriculteur, éleveur d’ovins, au coeur d’un des derniers secteurs de reproduction de cette espèce dans le département, le sud des monts du Forez. Elle sera approvisionnée tout au long de l’année avec les animaux issus de la mortalité naturelle de l’élevage. La création de ce type de placette chez un agriculteur est une première pour le milan royal. Il s’agit d’une opération préconisée dans le Plan national d’actions et mise en oeuvre dans le cadre du programme inter-régional Massif central coordonné par la LPO Auvergne. Elle a pour objectif d’agir sur la ressource alimentaire en permettant au milan de retrouver son

tation d’alimen Placette royal an il m du en faveur du emblématique

12

du 25-01-20

Conception

Une première placette « éleveur » pour le milan royal dans la Loire !

Placette auto

lieu à l’heure où vous lirez ces lignes) et elle sera opérationnelle. Nous tenons à remercier chaleureusement M. Blanc qui, très vite quand nous le lui avons proposé, a accepté que cette placette soit construite chez lui. Sa conviction de l’intérêt du projet et sa motivation nous ont été d’une aide précieuse. C’est une fois de plus grâce à la mobilisation des bénévoles, avec le soutien technique des permanents, que cette action a pu se réaliser. Un grand merci donc à Jean-François, Bernard, Maryse, Claire, Fanny, Patrick, Guillaume, Rodolphe, Emmanuel, Marie-Hélène, Gérard, Marc et Stéphane (pour le café et le soutien moral !).

. LPO Loire . . LPO Infos n°64 . novembre 2011 . loire@lpo.fr .

Construction de la placette éleveur - photos : LPO Loire © Milan info n°24 & 25 - novembre 2012 ‑ 11

Bulletin de liaison du plan national de restauration du milan royal


Premiers essais en Auvergne d’une « placette éleveur milan royal » Après avoir mis en place une placette de nourrissage hivernale en substitution de la fermeture de la décharge de Rosières (commune au centre de la Haute-Loire) en 2006 où hivernaient 120 milans royaux, après avoir impliqué des bénévoles locaux LPO dont un jeune éleveur pour l’approvisionnement avec « des saignées de bœufs » issues de l’abattoir local que ce dernier fréquentait, c’est tout naturellement que la LPO Auvergne a souhaité tester avec cet agriculteur un nourrissage plus direct et économe. Nous avons recherché chez lui un lieu facile d’accès en tracteur, un peu retiré des voisins, répondant aux critères de la législation et nous avons construit grâce au programme « Milan royal Massif central » une placette éleveur. Claude Vérots (l’agriculteur du film « Milan royal, histoire d’une sauvegarde », LPO 2010) et la LPO Auvergne ont eu l’autorisation en 2010 de la DDCSPP de déposer exclusivement des agneaux (cela évite des contrôles sanitaires obligatoire sur les brebis). Après deux années d’essais, voilà ce qui en ressort. 1-La placette est fréquentée par

selon les exploitants. Chez Claude Vérots cela a lieu en novembre, mars, et août. Donc un seul agnelage peut générer un peu d’approvisionnement en hiver. En général, Il y a 10 % de mortalité sur un élevage ovin. 5-La placette est nominative est ne peut recevoir les agneaux d’un autre éleveur. 6-Nous avons donc continué à approvisionner avec des déchets d’abattoirs durant les mois d’hiver où les agneaux morts faisaient défaut. Placette fréquentée - photo : LPO Auvergne © 7-Certains éléments techniques nous paraissent limitant : placette adaptée au terrain disponible quelques milans royaux, mais n’intémais peut-être pas assez large limitant resse pas l’ensemble des oiseaux en la descente des milans (?) ; placette dortoir, surtout si l’hiver est clément. installée au cœur de prairies sans arbre 2-Les agneaux sont plus favorablement à proximité (limitant les repérages prémangés par les buses et les corvidés qui alables des rapaces à la descente sur un s’arrêtent sur le site à la différence des cadavre ?), placette manquant de recul milans qui le survolent. vis-à-vis d’une petite route occasionnant 3-Les milans fréquentent surtout la plaquelques envols … cette en mauvaise saison quand ils sont en dortoir (peu d’oiseaux au printemps) Nous continuons nos approvisionnements et essaierons au fil des mois et préfèrent pour l’heure les petits de l’adapter au mieux aux possibilités déchets d’abattoirs (plus préhensibles locales pour soutenir les milans royaux en vol) que nous disposons durant les en hiver. périodes sans agneaux . Franck Chastagnol . 4-La mise en place d’agneaux morts est . LPO Auvergne . conditionnée par les agnelages. Ils sont . franck.chastagnol@lpo.fr . programmés de façons très différentes

Modification du poste de nourrissage hivernal à Sainte-Radegonde (Aveyron) Suite à la fermeture du Centre d’enfouissement technique de SainteRadegonde au printemps 2010, des travaux de réhabilitation du site ont été entrepris (fermeture des casiers de déchets…). Lors de ces travaux, la butte sur laquelle le poste de nourrissage avait créé en 2005 a été détruite. En concertation avec COVED SA et la LPO Aveyron, un nouveau lieu d’implantation du poste de nourrissage a été choisi sur le site. Le nouveau poste a été créé à 200 mètres au nord-ouest de celui créé en 2005, toujours sur une parcelle appartenant à la Communauté d’agglo12 ‑  Milan info n°24 & 25 - novembre 2012

mération du Grand Rodez qui délègue son droit de propriété à la société anonyme COVED SA exploitant le centre d’enfouissement technique du Burgas qui a donné son accord. Ce site possède plusieurs avantages pour la création du poste de nourrissage : - il est déjà fortement prospecté par les milans royaux pour la recherche de nourriture, - le centre d’enfouissement technique est situé à proximité d’un dortoir (1,5 kilomètre), - il s’agit d’un site fermé : pas de pénétration par les animaux sauvages (sangliers, renards…) et entrée interdite aux

personnes ce qui assure la tranquillité des milans sur le poste de nourrissage. Le nouvel emplacement, plus central sur le site, permet de garantir encore davantage la quiétude des milans au moment du nourrissage. Le poste de nourrissage est constitué d’un rectangle de 96 m² (12 m x 8 m) sur un terrain en bordure de pente. Celui-ci est fermé avec un grillage de 1,50 mètre de hauteur. Une géomembrane en PEHD (polyéthylène haute densité) (2 m x 3 m), utilisée pour garantir l’étanchéité des casiers de déchets utilisés par COVED SA pour


couvercles. A chaque rotation, les récipients seront nettoyés par la LPO Aveyron avec un procédé adapté (produit lessiviel, eau chaude...). En période hivernale, la placette est fréquentée par un certain nombre de milans royaux. Ainsi, 20 oiseaux étaient présents le 11 janvier 2012 et 31 prises de nourriture ont été observées sur une période de deux heures, et 18 oiseaux ont effectué 25 prises de nourriture en une heure et quart le 18 janvier 2012. A cela auxquelles s’ajoutent les nombreux échecs de prise directe et le parasitage par les corvidés présents sur la placette.

. Samuel Talhoet . . LPO Aveyron . . samuel.talhoet@lpo.fr .

Enfin et bientôt un second Plan national d’actions ! Deux ans et demi après la présentation du bilan technique du premier plan national de restauration par la LPO et de son évaluation par Adrian Aebischer devant la commission faune du CNPN et au regard des résultats de ce plan et de l’incertitude qui pèse sur l’avenir du milan royal en France, un appel d’offres a été lancé par la DREAL Champagne-Ardenne en septembre 2011 pour l’élaboration du second Plan national d’action en faveur de l’espèce. La LPO Mission Rapaces, la LPO Champagne-Ardenne et la LPO Auvergne se sont coordonnées pour faire une proposition commune, laquelle a été acceptée par la DREAL ChampagneArdenne en janvier 2012. A ce stade et conformément au cahier des charges établi par la DREAL, la première version du plan national d’ac-

Construction de la placette d’alimentation - photo : A. Larroque ©

tion rédigée par les trois LPO concernées a été soumise au comité de suivi en septembre 2012. S’en est suivie l’intégration des remarques du comité dans une seconde version du plan, laquelle doit être validée prochainement par la DREAL Champagne-Ardenne. Cette version validée, la troisième, marquera la fin de la phase de rédaction et le début de la phase de consultation. Ce 3è projet de plan sera en effet soumis à l’ensemble du réseau « milan royal » et plus largement dans le cadre d’un plan de consultation. A l’issue de plusieurs allers-retours de consultation et validation (auprès de la DREAL, du MEDDE, des autres ministères concernés par le PNA et du CNPN) et de quatre autres versions du plan, le Plan national d’actions en faveur du milan royal sera finalisé et diffusé pour une mise en

Nouvelle placette d’alimentation - photo : A. Larroque ©

œuvre effective. Sauf contretemps, ce second PNA milan royal devrait donc être lancé courant 2013 et durer 10 ans. C’est du moins la proposition faite par les LPO en charge de la rédaction du plan, et cela compte tenu du fait que le milan royal est une espèce longévive qui n’accède guère à la reproduction avant sa quatrième année. Les résultats de suivi en termes de paramètres démographiques ne sont donc pas exploitables avant un laps de temps supérieur à cinq ans. Et vu le retard dans l’écriture et le lancement du second plan, le premier couvrant officiellement la période 2003-2007 aura finalement duré jusqu’en 2012, soit exactement 10 ans ! . Fabienne David . . LPO Mission Rapaces . . fabienne.david@lpo.fr .

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Bulletin de liaison du plan national de restauration du milan royal

Photo : A. Labat, Colibri ©

la réhabilitation du site, est positionnée au centre du poste de nourrissage. Elle est installée de manière à ce que le ruissellement des jus d’égouttage provenant des produits entreposés s’écoule dans un seau étanche et enterré. Le liquide récupéré est vidangé régulièrement dans la station de relevage des lixiviats du centre d’enfouissement. Sur commande de la LPO Aveyron, les abattoirs d’Arsac (commune de Sainte-Radegonde) fournissent de 15 à 30 kg de déchets carnés (catégorie 3) par semaine. Ils sont constitués de déchets de parage de bovins, d’ovins, de porcins et de caprins découpés en morceaux de 150 g maximum et sont conditionnés dans des récipients plastiques étanches identifiés et munis de


Dossier "campagnol & bromadiolone" Le milan royal sous la menace de la bromadiolone La bromadiolone est un anticoagulant qui tue par hémorragie interne les animaux qui l’absorbent. Ce produit est utilisé par les particuliers, les collectivités dans le but d’éliminer les rongeurs : souris, rats dans les égouts et par les agriculteurs pour lutter contre le campagnol terrestre dans les herbages. Cette espèce lorsqu’elle est en trop grosse densité, du fait de sa consommation d’herbe et des tumulus de terre qu’elle excave, affecte la productivité en fourrage, la qualité du lait des vaches et le matériel de fauche. Ces petits mammifères alors empoisonnés et devenus plus vulnérables sont consommés par un grand nombre de prédateurs et de nécrophages. Les buses et les milans, les renards, les hermines, les chats forestiers et domestiques sont à leur tour victime de la bromadiolone après avoir ingéré quelques campagnols empoisonnés. Les résultats des dernières analyses effectuées par les laboratoires vétérinaires montrent que tout le réseau alimentaire est touché. La présence de bromadiolone a été découverte dans des poissons, écrevisses, insectivores, rongeurs, loutres et même visons d’Europe. Le début d’un pic de pullulation de campagnol terrestre a commencé au printemps 2011, dans les prairies du secteur de la chaîne des Puys et des hautes Combrailles dans le quart sudouest du Puy-de-Dôme. Des traitements massifs à la bromadiolone des parcelles ont eu lieu, ce sont des dizaines de tonnes d’appâts empoisonnés qui ont été introduites dans les prairies. Plus de 20 couples nicheurs de milans royaux de la zone en question sont suivies dans le cadre du programme national d’action en faveur de cette espèce. Ce suivi a permis de constater au printemps 2011 la disparition de près de la moitié des couples et de découvrir sous les nids cinq cadavres de milan. Ces cadavres n’ont malheureusement pas pu être analysés car leurs états de décomposition étaient trop avancés ; la 14 ‑  Milan info n°24 & 25 - novembre 2012

preuve de l’impact des traitements à la bromadiolone n’a pu être apportée au printemps. A l’automne 2011, le pic de pullulation des campagnols était à son point culminant. Prairie traitée à la bromadiolone - photo : R. Riols © Les traitements ont repris alors pré-Orcival. Mars 2011, alors que qu’environ 600 milans étaient concennous découvrons sur le versant est de trés dans le sud-ouest du Puy-de-Dôme. ce puy, un couple mort sous un nid Une adhérente nous a alerté, nous la habituellement occupé mais dont la remercions, que sur sa commune, cinq femelle de 3è année, marquée RJ-BV est cadavres de milans avaient été retrouvés nouvelle, un nouveau couple formé de à proximité de parcelles traitées. Un deux oiseaux marqués, une femelle de appel aux bénévoles a été lancé pour 3è année marquée RJ-BB et un mâle de retrouver un maximum de cadavres de 4è année marqué RJ-PB, s’installe sur prédateurs, preuves de l’impact sur la le versant ouest. Ce couple échappe faune de la bromadiolone. Nous les miraculeusement à l’empoisonnement remercions tous pour le travail ingrat (alors que d’autres couples proches en qu’ils ont fournis ! sont victimes) et niche pour la première Les résultats sont terrifiants, en nofois, élevant tardivement un unique vembre et décembre 2011 : 44 cadavres jeune. A l’automne 2011, le couple reste de rapaces dont 28 milans royaux ont fidèle à son site de nidification, ne se été retrouvés morts, combien d’autres mêlant que rarement au gros dortoir n’ont pas été découverts ? proche. Alors que la femelle RJ-BB Localement les pouvoirs publics ont été reste tout l’hiver malgré la très dure alertés et l’arrêt des traitements a eu vague de froid des 15 premiers jours de lieu sur 22 communes du Puy-de-Dôme février 2012, le mâle RJ-PB disparaît fin à la fin décembre et jusque fin février, janvier et ne sera jamais de retour, un période pendant laquelle, la plupart autre mâle marqué JR-JB le remplace des milans avaient désertés le secteur à dès les premiers jours de mars, et une cause de la neige et de la vague de froid nouvelle saison de reproduction sur ce de février. Dès mars, les traitements ont site semble bien engagée. Ce nouveau repris lors de l’installation des couples nicheurs et à nouveau ceux-ci ont été impactés. La situation est inadmissible et pour en prendre la mesure, nous tenons à vous raconter la triste histoire de ce site : le puy de Polagnat sur la commune de Saint-BonnetMilans royaux victimes de la bromadiolone - photo : R. Riols ©


cueillait un couple nicheur depuis des années en accueillera donc probablement toujours un en 2013, mais en l’espace d’à peine plus d’un an, quatre mâles et quatre femelles s’y seront succédés dont trois mâles et trois femelles auront trouvé la mort. Ces oiseaux n’auront produit qu’un seul jeune à l’envol et n’auront pas contribué au développement de la population locale. Un tel exemple, seulement mis en évidence grâce au marquage coloré des oiseaux, laisse présager un impact majeur sur la dynamique globale de la population. En cet automne 2012, 55 avis communaux de traitements ont déjà été émis dans le Puy-deDôme, certaines communes en étant à leur 5è avis de traite-

Jeune milan empoisonné (hémorragie visible) - photo : R. Riols ©

ment (mensuel) depuis août ! Le total des cadavres retrouvés depuis le printemps 2011 se porte quant à lui à 20 buses et 38 milans royaux ! . Sabine Boursange Sébastien Heinerich & Romain Riols . LPO Auvergne

Plainte contre Régime alimentaire du milan royal pour une évaluation écotoxicologique l’Etat français Cœurdassier M, Poirson C, Rieffel D, Paul J-P, Michelat D., Reymond D., Legay P., Giraudoux P., Scheifler R. 2012. The diet of migrant Red Kites Milvus milvus during a Water vole Arvicola terrestris outbreak in Eastern France and associated risk of secondary poisoning by the rodenticide bromadiolone. Ibis, 154 : 136–146. L’empoisonnement secondaire par les pesticides est considéré comme l’une des principales menaces pour le milan royal (Mougeot et al. 2011). Les substances chimiques concernées sont principalement les rodenticides anticoagulants et les inhibiteurs de cholinestérases (ou IDC : les organophosphorés et les carbamates). En France, les impacts des rodenticides sur la faune sauvage surviennent principalement lors des opérations de contrôle des pullulations de campagnols terrestres réalisées en FrancheComté et dans Massif central. En 1998, par exemple, le traitement de plus de 60 000 hec-

tares sur les plateaux du massif du Jura a provoqué l’empoisonnement de centaines d’animaux sauvages, parmi lesquels figuraient plusieurs dizaines de milans royaux (Jacquat & Michel 2000, Berny & Gaillet, 2008). La région de FrancheComté, et en particulier les plateaux du massif jurassien, présente des enjeux forts pour la conservation du milan royal aussi bien en période de reproduction (20 % de la population nicheuse française), que pour sa migration post-nuptiale. En effet, de fortes densités de milans y sont observées en automne lorsque les oiseaux migrateurs d’Europe de l’Est rejoignent leur quartier d’hivernage dans le sud de la France et l’Espagne. Si les conditions météorologiques sont favorables, ils peuvent alors passer plusieurs semaines dans les secteurs en phase de pullulation de campagnols terrestres, du fait de la forte disponibilité alimentaire. Lors des pullulations, les densités de campagnols peuvent dépasser 500

Face à cette hécatombe, la LPO a décidé de mettre l’Etat français devant ses responsabilités en déposant une plainte auprès de la Commission européenne. Cette dernière repose essentiellement sur le non respect de la Directive « Oiseaux ». Parallèlement, la LPO Auvergne a déposé un recours gracieux auprès du Préfet du Puy-de-Dôme, demandant l’annulation de son arrêté définissant les règles d’utilisation de la bromadiolone dans le cadre de la lutte contre le campagnol terrestre.

. La Mission rapaces et la Mission juridique de la LPO .

individus à l’hectare, ce qui représente une quantité de nourriture potentielle de plus de 45 kg par hectare. En tant que prédateur et charognard opportuniste, il est probable que le milan royal se nourrisse alors en grande partie de campagnols terrestres. Dans

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Photo : A. Labat, Colibri ©

mâle n’avait peut-être pas le même territoire de chasse que son prédécesseur, car au cours du mois d’avril, les proies qu’il apporte sont empoisonnées, sa femelle RJ-BB que l’on ne voyait plus depuis quelque temps est retrouvée morte sous le nid. En même temps, ce nouveau mâle a trouvé une nouvelle compagne (non marquée) et s’est cantonné sur un autre nid distant de quelques centaines de mètres du premier, la nouvelle femelle y est aussi retrouvé morte, le mâle JR-JB ne sera plus revu non plus… En juin et juillet, un nouveau couple dont un mâle marqué JR-VB est cantonné sur le site, prémices d’une future nidification en 2013 si l’hémorragie s’arrête… Le puy de Polagnat qui ac-


cette étude, nous nous sommes intéressés au régime alimentaire des milans royaux lors d’une pullulation de campagnols terrestres. En utilisant les données sur les résidus de bromadiolone dans les campagnols suite à un traitement (Sage et al. 2008), les résultats obtenus sur le régime alimentaire ont servi à évaluer le risque écotoxicologique d’empoisonnement secondaire de milans royaux sous différents scénarios d’exposition. En novembre 2008, des pelotes de régurgitation ont été récoltées sous un dortoir situé dans la commune de Dompierre-les-Tilleuls (Doubs), où jusqu’à 136 milans royaux ont séjourné durant plusieurs semaines. Leur départ définitif a coïncidé avec d’importantes chutes de neige. Sur 125 pelotes récoltées, 119 contenaient des macro-restes identifiables (os, restes d’insectes...). Le campagnol terrestre était la proie la plus abondante puisqu’il a été identifié dans 100 % des pelotes et représentait 94 % de la biomasse consommée. Un tel degré de spécialisation alimentaire sur des rongeurs a rarement été observé chez le milan royal, elle peut avoir des conséquences importantes en termes d’empoisonnement secondaire lorsque des traitements aux rodenticides sont effectués à large échelle. Les risques d’empoisonnement à la bromadiolone ont ensuite été déterminés pour les milans consommant des campagnols dans une zone traitée. Cette évaluation s’est faite en utilisant des données précédemment publiées sur l’évolution temporelle des concentrations en bromadiolone dans les tissus des campagnols terrestres après un traitement (Sage et al. 2008). Brièvement, dès le premier jour suivant l’application des appâts, 67 % des campagnols terrestres avaient accumulé de la bromadiolone tandis que 100 % des individus contenaient des résidus 2 à 50 jours après le traitement. Ainsi, la dose quotidienne de bromadiolone ingérée par un milan royal a pu être calculée en croisant les données acquises sur leur régime alimentaire et les concentrations mesurées dans les campagnols prairiaux (campagnol terrestre et campagnol des champs). Deux types de scénarii ont été retenus, (1) le premier a évalué le risque aigu que représente la consommation de campagnols pendant une seule journée ; (2) le deuxième scénario simulait 16 ‑  Milan info n°24 & 25 - novembre 2012

l’exposition de milans royaux séjournant pendant une semaine dans le secteur traité. Pour les deux scénarii, les doses de bromadiolone ingérées calculées ont été comparées à des doses de référence pour lesquelles aucun effet néfaste n’a été constaté sur des oiseaux au cours de tests de laboratoire. Dans le scénario simulant l’exposition d’une journée, la dose de bromadiolone ingérée est trois fois inférieure à la dose de référence. Bien qu’il ait été démontré que les rodenticides de deuxième génération, tels que la bromadiolone, peuvent provoquer des hémorragies après une ingestion unique (Berny, 2007), l’exposition aiguë ne semble pas constituer un risque pour les milans royaux. De ce point de vue, la bromadiolone est probablement moins toxique que d’autres rodenticides très utilisés dans le monde comme le brodifacoum. Cependant, cette analyse de risque doit être interprétée avec prudence car les expériences de laboratoire ne tiennent pas compte du comportement naturel des prédateurs (mobilité dans la recherche de nourriture) ou des conditions extrêmes du milieu naturel (par exemple par temps froid), qui peuvent augmenter la gravité des effets toxiques (Hope, 2006). Dans le cas d’une exposition d’une semaine, la dose de bromadiolone ingérée par un milan royal se nourrissant sur une parcelle traitée est 137 fois supérieure à la dose de référence ! Elle est même trois fois supérieure à la dose qui a provoqué la mort de quatre grandsducs d’Amérique dans une expérimentation en conditions contrôlées. Des études antérieures avaient déjà démontré que la toxicité des anticoagulants est magnifiée pour les rapaces suite à des expositions répétées. Nous montrons ici que le séjour prolongé dans des secteurs traités représente un risque extrêmement élevé pour le milan royal au cours de sa migration post-nuptiale. L’empoisonnement d’au moins 28 milans royaux (et 16 buses variables) suite aux traitements intensifs réalisés dans le Puy-de-Dôme durant l’automne-hiver 2011/2012 (180 tonnes d’appâts utilisées) est venu donner une résonnance dramatique à la modélisation mathématique que nous avons réalisée. Dans le cas de notre étude, un à quatre milans royaux ont potentiellement été

empoisonnés en 2008 en FrancheComté, ce qui suggère qu’il n’y a pas eu de mortalité importante de milans due à l’emploi de la bromadiolone. S’il est à noter que les traitements (environ 40 tonnes d’appâts utilisés dans le Doubs) ont été moins intensifs que dans Massif central en 2011, on ne peut pas exclure que le risque représenté par une exposition d’une semaine ait été surestimé par notre approche, par exemple, du fait d’une sensibilité plus importante du grand-duc d’Amérique à la bromadiolone. Cependant, une surveillance spécifique des impacts des opérations de contrôles sur la faune sauvage n’est généralement pas menée à grande échelle et la découverte des cadavres reste rare du fait de la faible détectabilité des oiseaux empoisonnés. Une autre possibilité est que la mort des animaux empoisonnés survient souvent plusieurs jours après exposition. Dans cette étude, les milans ont dû se déplacer à cause des chutes de neige, et il est possible que des oiseaux empoisonnés sur les plateaux de Jura soient morts ailleurs au cours de leur migration. Pour conclure, le défi actuel est, selon nous, de proposer des méthodes alternatives de contrôle des populations de rongeurs sans impact sur la faune sauvage. Pour évaluer leur efficacité, il est indispensable de mettre en place des méthodologies de suivis des impacts alliant la recherche de cadavres et le monitoring de populations sentinelles. Sans alternative efficace à la lutte chimique, une réflexion globale devra être engagée afin de déterminer si le contrôle des rongeurs prairiaux reste une priorité notamment dans les secteurs présentant de forts enjeux de conservation. . Résumé et traduction : Michael Coeurdassier & Claire Poirson . L’intégralité de l’article (en anglais) est disponible auprès de la Mission rapaces .


International Smart J., Amar A., Sim I. M.W., Etheridge B., Cameron D., Christie G., Wilson J. D. 2010. Illegal killing slows population recovery of a re-introduced raptor of high conservation concern – The red kite Milvus milvus. Biological Conservation Volume 143, Issue 5, Pp 1278–1286. Résumé La réintroduction d’espèces disparues est un outil de conservation précieux. Les milans royaux sont en déclin dans la majeure partie de leur aire de répartition européenne et ont été réintroduits en Angleterre et en Ecosse, après leur extinction due à la persécution humaine largement répandue au cours du 19è siècle. Il existe des variations régionales considérables dans la croissance de la population. Cette étude a pour but d’identifier les contraintes immédiates et les contraintes environnementales décisives s’exerçant sur les milans royaux dans le nord de l’Écosse, une région où la croissance de la population

est faible. La productivité dans le nord de l’Ecosse était élevée par rapport à d’autres populations écossaises et galloises, et égale aux populations anglaises présentant des taux élevés de croissance démographique. Dans le nord de l’Ecosse, la survie annuelle des jeunes oiseaux sauvages était faible pour les oiseaux de première année par rapport à d’autres populations écossaises, et la survie des oiseaux de deuxième année diminuait au cours du temps. Dans le nord de l’Ecosse, 40 % des 103 milans royaux retrouvés morts ont été tués illégalement principalement par intoxication directe. En l’absence de destruction illégale, nous estimons que les taux de survie annuels des milans royaux sauvages pourraient augmenter de 0,37 à 0,54, 0,72 à 0,78 et de 0,87 à 0,92 pour les oiseaux de première année, de deuxième année et les oiseaux adultes respectivement. Les taux démographiques de cette étude produisent les tendances démographiques qui récapitulent les tendances observées

Photo : A. Labat, Colibri ©

Populations réintroduites victimes de destructions illégales pour la population du nord de l’Ecosse (conduisant à une population de 40 couples en 2006). Les modèles dans lesquels la mortalité additive par destruction illégale est exclue prédisent une taille et une trajectoire de la population (300 couples en 2006) très semblables à celles trouvée dans les Chilterns, une population en croissance rapide (320 couples en 2006) du sud-est de l’Angleterre, réintroduite en même temps, mais où les taux de destruction illégale sont très inférieurs. Nous concluons que la destruction illégale milans royaux est la cause de la faible/médiocre croissance de la population du nord de l’Ecosse et que le principal défi du gouvernement est de trouver un moyen d’éliminer cette destruction. . Traduction : Claire Poirson . . L’intégralité de l’article (en anglais) est disponible en pdf auprès de la Mission rapaces .

Répartition spatiale des éoliennes, un élément crucial pour la survie des populations de milans royaux Schaub M. 2012. Spatial distribution of wind turbines is crucial for the survival of red kite populations. Biological Conservation 155:111–118 Résumé La production d’énergie éolienne est en augmentation car elle ne produit pas de C02, est renouvelable et subventionnée dans de nombreux pays. Cependant, les éoliennes ne sont pas sans impact sur

la biodiversité, plus précisément elles peuvent affecter des populations d’oiseaux et de chiroptères,par une mortalité induite par les collisions. On sait relativement bien comment l’architecture des éoliennes ou l’habitat environnant influe le risque de collision. Par contre, on manque d’informations concernant l’impact de la mortalité liée aux collisions sur ces populations. On ignore également comment la configu-

ration spatiale des éoliennes dans le paysage affecte les populations. Je me suis penché sur ces deux questions en utilisant un modèle de simulation individuel pour la population suisse du milan royal. Cette espèce est fréquemment victime des éoliennes et est l’une des seules espèces endémiques d’Europe. J’ai envisagé le sort de ces populations en fonction du

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Bulletin de liaison du plan national de restauration du milan royal


nombre et de la configuration spatiale des éoliennes. J’en ai conclu que le taux de croissance des populations déclinait progressivement en fonction de l’augmentation du nombre d’éoliennes. Ces effets négatifs peuvent être atténués si les éoliennes sont regroupées dans des parcs. Quantitativement, les résultats dépendaient fortement de la forme paramétrique de la relation entre le risque de collision et la distance séparant les éoliennes et les sites de nid. Malheureu-

sement, les connaissances empiriques concernant cette relation sont rares Dans la mesure où l’effet des éoliennes dépend de leur nombre total et de leur configuration spatiale à l’intérieur de la zone habitée par les rapaces, j’insiste sur l’importance de réaliser des évaluations d’impact environnemental, non pas au cas par cas mais bien pour une région entière avec tous ses parcs éoliens car c’est l’ensemble qui exerce un impact sur la population des rapaces.

Ces évaluations doivent inclure l’impact des éoliennes existantes et à venir dans la même région pour être biologiquement significatives. . Traduction : Claudine Caillet et Christian Riols . . L’intégralité de l’article (en anglais) et sa traduction française sont disponibles auprès de la Mission rapaces .

A propos de milans Programme de baguage et marquage alaire de la population de milan noir dans le PNR de la forêt d’Orient (Aube) D’une superficie de 820 km², le Parc naturel régional de la forêt d’Orient (PNRFO) accueille la plus importante population nicheuse de milans noirs de Champagne-Ardenne. Les effectifs nicheurs comptent au minimum 150 à 200 couples (estimation en 2007 réalisé par le PNRFO, la RNN, l’ONF et la LPO), dont 100 à 130 se trouvant dans la ZPS et la RNN, ce qui en fait le principal bastion régional de l’espèce. En 2012, dans le cadre de l’animation du Docob Natura 2000, la population nichant dans la ZPS et la RNN de la forêt d’Orient, d’une superficie de 23 575 hectares, a été inventoriée et réactualisée précisément (PNRFO/ LPO) et parallèlement à ce suivi, nous avons amorcé et testé un programme de baguage et marquage alaire, après obtention des autorisations nécessaires (CNPN, DREAL et CRBPO Muséum Paris). Objectifs de ce programme - Améliorer nos connaissances sur l’espèce, en amassant un maximum d’informations sur sa biologie, préalables aux mesures de protection éventuelles à définir pour la favoriser en cas de régression. - Suivre le comportement des milans 18 ‑  Milan info n°24 & 25 - novembre 2012

(date de nidification, formation des dortoirs). - Connaître les zones de chasse et leurs distances par rapport au nid, etc… - Localement, identifier les oiseaux fréquentant, pendant toute la saison de reproduction et après, l’importante décharge à ciel ouvert se trouvant à proximité du parc naturel. - Connaître la survie des adultes. - Connaître le taux de réussite des nichées. - Evaluer si possible le taux de survie des jeunes. - Tenter de connaître la phylopatrie ou

pas des jeunes oiseaux et leur installation à l’âge adulte. - Connaître la fidélité des conjoints - Connaître la fidélité des nids et des sites de nidification. Résultats Pas moins de 87 nids, occupés par un couple de milans en début de la période de reproduction, ont été trouvés sur l’ensemble de la zone d’étude. Pour la plupart la femelle couvait. En plus de ces 87 nids (et donc couples), 46 couples paradant sur un territoire favorable ont été dénombrés, soit un to-

Jeunes milans noirs marqués au nid - photo : G. Crisinel ©


équipés de bagues et marques alaires. Nous ne connaissons pas les causes des nombreux échecs constatés cette année. La météo particulièrement exécrable (froid, pluie, vent, orage) des mois d’avril, mai, juin est sans doute une des origines, mais ce n’est certainement pas la seule. Certes, deux milans ont été retrouvés morts sur le nid, mais ceci n’explique pas tout. Nous savons bien qu’il existe de nombreux cas

d’empoisonnement (volontaires et involontaires) chez les rapaces mais espérons que ce ne soit pas la cause principale de ces échecs. Cette étude a bénéficié du soutien financier de la DREAL Champagne-Ardenne, de l’Union européenne (FEDER) et de la LPO Champagne-Ardenne.

Photo : A. Labat, Colibri ©

tal minimum de133 couples sur la zone d’étude d’une superficie de 23 575 hectares. Faute de temps, tous ces nids n’ont pu être suivis par la suite et nous nous sommes concentrés sur les 31 se trouvant dans la réserve naturelle et dans le bois communal de Briel-surBarse. En effet, les autorisations pour pénétrer en ces lieux ont été faciles et rapides à obtenir et le nombre de nids nous semblait suffisant pour espérer baguer et marquer 40 à 50 jeunes pour cette première année test. Finalement, seulement quatre poussins pour 31 nids ont été

. Bernard Theveny . . LPO Champagne-Ardenne . . bernard.theveny@lpo.fr . Ci-contre : type de marque et code utilisé.

L’énigme des milans noirs Le milan noir est un magnifique rapace qui vit volontiers à proximité de l’homme. Il aime construire son nid dans de grands arbres près des lacs et des rivières. Le planeur fait son apparition chez nous entre fin février et début avril. Chaque couple élève un, deux ou trois poussins avant de repartir au début du mois d’août. Où vont-ils ? Au début de l’été 2011, deux jeunes milans noirs ont été équipés de balises satellites qui permettent leur

localisation presque en direct. Suivez leurs déplacements sur notre carte. Et retrouvez régulièrement sur son blog les commentaires d’Adrian Aebischer, scientifique spécialisé dans la géolocalisation des oiseaux. C’est lui qui a fixé leurs sacs à dos de 22 grammes sur le dos de nos deux héros Milou et Salam. Quand reviendront-ils ? Un appel à observations a été lancé en février 2012 pour suivre le retour printanier du

milan noir. Synthèse des 991 observations sur une carte interactive. Quelle vie mènent-ils ? Pour tout savoir sur le milan noir, ne manquez pas le numéro de la revue La Salamandre consacré au « messager du soleil » et illustré de nombreux croquis et aquarelles du peintre naturaliste genevois

. Pierre Baumgart . . La Salamandre . http://milan-noir.net/

Bibliographie Carbofuran and wildlife poisoning: Global Perspectives and Forensic Approaches Cet ouvrage percutant est l’un des premiers entièrement consacré à la question du carbofuran et de la mortalité de la faune sauvage. Il présente une compilation de contributions internationales diverses de la part des décideurs, des chercheurs, d’écologues, d’experts

en médecine légale, et fournit un résumé de l’histoire et du mode d’action du carbofuran, et son utilisation

actuelle au niveau mondial. Il traite de la mortalité de la faune provenant des utilisations légales et illégales, souligne la réhabilitation de la faune, les approches médico-légales et de conservation, et débat des tendances mondiales en réponse

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à la mortalité de la faune.Le sujet du carbofuran est très opportun en raison des récentes discussions parallèles pour retirer ou ré-autoriser l’insecticide dans différentes régions du monde. Les incidences des intoxications intentionnelles et non intentionnelles de la faune par l’utilisation du carbofuran sont indéniablement à la hausse, en particulier en Afrique et en Inde, et des réunions des acteurs concernés sont organisées à l’échelle mondiale. Il convient encore de consolider l’information sur les différentes expériences et approches adoptées par les intervenants. Ce livre fournit un aperçu complet de la mortalité de la faune sauvage au niveau mondial, des développements des techniques médicolégales et de surveillance, et constitue une référence sur le sujet. Il comprend les perspectives historiques et actuelles, les contributions des intervenants clés sur la question des empoisonnements de la faune sauvage à l’échelle mondiale par le carbofuran, des gens sur le terrain qui traitent des conséquences immédiates et à long terme pour la faune sauvage, de ceux qui ont proposé ou travaillent à l’élaboration de mesures d’atténuation et de solutions, de ceux qui sont en contact avec les « délinquants » intentionnels ou non intentionnels, de ceux qui ont adapté et développé une méthodologie médico-légale et qui rassemblent des preuves. Carbofuran and Wildlife Poisoning est un ensemble d’articles qui réunit des recherches méticuleuses du monde entier, et fournit des faits choquants sur les effets d’un insecticide mortel pour la faune sauvage. Le livre traite des centaines de milliers d’animaux, des éléphants aux poissons, qui sont empoisonnés chaque année, des efforts pour réhabiliter ceux qui ont été secourus, et des efforts souvent héroïques pour interdire ou réduire l’utilisation de la substance chimique mortelle. Ce livre est un passage obligé pour tous ceux qui sont concernés par le problème. . Jane Goodall, PhD, DBE, Founder . the Jane Goodall Institute & UN Messenger of Peace, October 2011 .

http://eu.wiley.com/WileyCDA/WileyTitle/productCd-0470745231.html .

Traduction : B. Poirson.

20 ‑  Milan info n°24 & 25 - novembre 2012

Sensibilisation Les outils du réseau Nous vous rappelons que divers outils de sensibilisation consacrés au milan royal sont disponibles. D’abord, la page réservée du site internet « milan royal » qui contient entre autres tous les bilans annuels locaux et nationaux. Cette page étant réservée au réseau milan royal, merci de nous contacter si vous en avez perdu l’adresse ou le mot de passe. Ensuite, le cahier technique « milan royal », guide qui compile les connaissances acquises par le réseau au fil des années est consultable et téléchargeable sur le site internet. Il nous reste quelques exemplaires papier. En revanche, le stock de dépliants milan royal n’est pas encore écoulé. Cet outil de terrain vous sera très utile pour sensibiliser le grand public et tous les acteurs

de la conservation du milan royal. N’hésitez pas à nous en faire la demande, ces documents sont disponibles gratuitement auprès de la Mission rapaces (rapaces@lpo. fr). Il est également possible de les consulter en ligne ou de les télécharger à cette adresse : http://rapaces. lpo.fr/milan-royal/sensibilisation-etdocumentation#idancre3 Enfin, le site internet grand public consacré au milan royal (http://rapaces.lpo.fr/milan-royal) continue de s’améliorer. Il vous est désormais possible d’ajouter vous-même des actualités et informations de votre dépar-

tement ou votre région, via la rubrique « Où et comment agir ? ». Pour cela, il vous suffit de nous demander identifiant et mot de passe. L’utilisation du site est ensuite simple comme tout. On compte sur vous pour le faire vivre et partager vos informations avec l’ensemble du réseau.

. La Mission Rapaces .

Milan info Bulletin de liaison du plan national de restauration du milan royal, disponible sur le web : http://rapaces.lpo.fr/milan-royal Avec la participation de la DREAL Champagne-Ardenne LPO © 2012 - papier recyclé Réalisation : LPO Mission Rapaces, 62 rue Bargue, 75015 Paris, rapaces@lpo.fr Conception & réalisation : Fabienne David Relecture : Romain Riols, Aymeric Mionnet & Danièle Monier D’après une maquette de la tomate bleue

Milan Info n° 24/25  

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