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Photo : Claude Le Pennec Š

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n° 17 et 18 - mars 2011

2QVa\ Conservation Nouveaux amĂŠnagements Lille Strasbourg Oricourt Ile-de-France

Les pèlerins sur sites artificiels

Nouvelles camĂŠras Ă Dunkerque Retour du couple de Mulhouse

Le faucon pèlerin en milieu naturel RÊserve de Goulien Pèlerin et chiroptères Faucon relâchÊ

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Scandale

Pèlerin plombÊ 14

Sensibilisation Colloque Ă Albi DĂŠpliant Observatoire rapaces Appel Ă  contributions

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Ne boudons pas notre plaisir et partageons ensemble la rĂŠussite de nos actions conjuguĂŠes au bĂŠnĂŠfice du faucon pèlerin, actions Ă´ combien novatrices au lendemain d’une protection lĂŠgale toute jeune et dans un contexte peu ouvert Ă l’environnement. Pour les ÂŤ pionniers Âť qui, mobilisĂŠs par Jean-François et Michel Terrasse, avions craint le pire dans les annĂŠes 60-70, le colloque national d’Albi a ĂŠtĂŠ l’occasion de marquer l’Êtape et de constater que la passion pour cet oiseau qui nous fascine ne s’est pas ĂŠteinte chez les ornithologues d’aujourd’hui. Parce qu’il a ĂŠtĂŠ exemplaire, j’insisterai sur l’investissement partagĂŠ qui, Ă  l’initiative du FIR, a rĂŠuni des naturalistes, des agents de l’Etat (ONCFS, ONF, douanes, etc.)... et des bĂŠnĂŠvoles qui ont donnĂŠ de leur temps simplement parce que la cause ĂŠtait belle Ă  leurs yeux. Si la magie exercĂŠe par cet oiseau lui a toujours confĂŠrĂŠ une place privilĂŠgiĂŠe chez les ÂŤ grands de ce monde Âť, sa sauvegarde a ĂŠtĂŠ l’affaire de tous. Cet ĂŠlan protecteur se poursuit alors que le faucon pèlerin n’a probablement jamais connu l’effectif qui est le sien aujourd’hui. Faut-il encore faciliter son expansion ou, après avoir corrigĂŠ les erreurs de l’Homme, lui laisser continuer son histoire tout seul ? Le multi-usage de l’espace rupestre et l’insĂŠcuritĂŠ ÂŤ falcocide Âť qui y règne la nuit nĂŠcessitent-ils des sites compensatoires ? Comment considĂŠrer la restauration de la relation prĂŠdateur-proie lorsque le pèlerin nouveau s’en prend Ă  des espèces sensibles ÂŤ naĂŻves Âť ? Le dĂŠbat a ĂŠtĂŠ ouvert de façon constructive et l’importance de l’œuvre accomplie, notamment, mĂŠrite que ces thèmes soient abordĂŠs Ă  la lumière de donnĂŠes scientifiques. J’encourage chacun Ă  porter Ă  connaissance ses observations et ses idĂŠes afin d’alimenter la rĂŠflexion de tous. Le prochain colloque pourrait ĂŞtre une opportunitĂŠ de synthèse et de mise en place d’un nouvel accompagnement du faucon pèlerin. En attendant, belles observations ! Jean-Marc Cugnasse ONCFS - Direction des ĂŠtudes et de la recherche LPO Mission Rapaces - Les notes du pèlerin n° 17 et 18 - mars 2011 ‑

Bulletin de liaison du rÊseau faucon pèlerin

Les notes du pèlerin n° 17 et 18 - mars 2011 ‑




Conservation Nouveaux aménagements Aménagements à Lille Tout est parti d’une information sur le site Ornitho59-62. Le faucon pèlerin était régulièrement observé à l’automne sur Lille et ses environs proches depuis quelques années. Puis, une observation de trois pèlerins en octobre 2009 intrigua Pascal Demarque, de la LPO Mission Rapaces et du GON (Groupement ornithologique et naturaliste du Nord-Pas-de-Calais), qui se mit en quête de prouver non seulement sa présence mais une possible nidification en centre ville de Lille. De longs mois de recherche parmi les hauts bâtiments, des kilomètres de marche dans les parcs et les rues et des heures de surveillance ont été nécessaires pour le localiser. C’est le 2 mai 2010 que la formidable rencontre eut lieu sur son site de nidification : le couple siégeait à l’est de la tour Lille Europe (110 mètres de hauteur). Il allait s’ensuivre des heures d’observations inoubliables pendant un mois. Mais un triste scénario se tramait à notre insu. En effet, des comportements bizarres du couple nous indiquèrent qu’il se passait quelque chose d’anormal sur la toiture. Des travaux d’étanchéïté, non visibles d’en bas, étaient en cours et obligèrent le couple à quitter les lieux et abandonner la nichée (apport de proies à la mi-mai) et /ou les œufs (le mâle remplace la femelle pour nourrir ou couver vers la fin mai). Après visite des lieux, un agent de sécurité nous apprit qu’une ponte de deux gros œufs une ou deux années auparavant avait déjà eu lieu et nous trouvâmes même une belle coquille d’œuf aux dimensions de celle du pèlerin dans une rigole d’évacuation des eaux pluviales, début septembre 2010. La constitution d’un noyau restreint d’observateurs du GON, mais aussi de partenaires et d’élus de la ville de 

Lille décidèrent de poser des nichoirs pour accueillir ce prestigieux faucon emblématique et protégé par la loi. Ce projet, qui s’inscrit dans le plan lillois pour la biodiversité mené par la ville, s’imposait pour aider l’oiseau à s’implanter à Lille et éviter de tels échecs. Il a été immédiatement soutenu par la mairie et les élus : Cyrille Pradal et Dominique Plancke (conseillers municipaux verts à la biodiversité et au patrimoine), ainsi que les services concernés : Christian Decotignie (ingénieur patrimoine) et Joël Descamps (maintenance centralisée), la ville jouant un rôle indispensable dans cette affaire. Il faut aussi parler de l’action de quelques membres très actifs du GON et de la LPO Mission Rapaces, André Berton et Pascal Demarque, qui coordonnèrent les nombreux rendezvous, relances, réunions et visites de sites, afin de mener à bien ce projet stimulant mais énergivore. Le premier nichoir fut posé à la mioctobre, à la grande satisfaction de tout le monde. C’est la très belle église du Sacré-Cœur qui l’accueille, dans une des loges style gothique du clocher, orientée vers le sud-est (pas d’ensoleillement important du fait de l’encastrement du nichoir dans une loge du clocher). Réalisé sur mesure, il se fond dans l’architecture de pierre et préserve l’esthétique du monument récemment rénové. Deux autres implantations sont en cours : - la tour Lille Europe (site de nidification premier) attend aussi son nichoir. Comme il s’agit d’un bâtiment privé, nous attendons les autorisations

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Nichoir installé sur le clocher du Sacré-Cœur photo : P. Demarque ©

nécessaires et l’avis décisif du Syndicat de copropriété. L’accord a été obtenu mais la pose du nichoir aura lieu en septembre 2011 car les travaux ne sont pas terminés sur la toiture. Il est en effet prévu de réaliser des travaux de peinture sur l’ensemble de l’architecture métallique en avril 2011 ; - un autre site proche du Beffroi, les toitures-terrasses du département, a reçu récemment l’implantation d’un nouveau nichoir, sous l’impulsion de Thierry Tancrey et l’aide d’André Berton. L’installation s’est faite le 13 janvier sur le site du Forum, ensemble des bâtiments regroupant le département et le conseil général. Le couple de faucons pèlerins n’aura que l’embarras du choix pour trouver son site de nidification. Les autres nichoirs serviront pour son cousin le faucon crécerelle, présent aussi dans ce secteur. La présence de tels prédateurs est un bon indice de la biodiversité dans un milieu urbain dense et permettra de réguler naturellement les populations de pigeons trop nombreuses en centre ville.


Pour conclure, nous remercions vivement toutes les personnes qui ont œuvré de près et de loin à ce superbe projet mis en œuvre au cours de l’année mondiale de la biodiversité.

C’est un projet intelligent et porteur pour la jeunesse qui doit regarder l’avenir sans oublier la nature merveilleuse qui l’entoure encore. D’ailleurs, l’un des sites pourra se prêter à la formation pédagogique des écoles. En effet, la ferme des Dondaines accueille chaque année 22 000 enfants de la ville. Ils pourront observer le nichoir à bonne distance à la longue-vue sur le site de la tour Lille Europe. Vivement

l’installation de ce 3e nichoir et l’occupation par une famille de faucons pèlerins. Dernière nouvelle : le clocher du Sacré-Cœur est le fief principal du couple depuis plusieurs mois, c’est de bon augure pour une nidification prochaine.

Photo : C. Aussaguel ©

Les médias ont relayé l’action du GON, de la LPO et de la ville de Lille : le 22 septembre, c’est France Bleu Nord qui réalisait une interview, tandis que d’autres se sont déroulées en chaîne le 25 octobre à l’église du Sacré-Cœur (radio FranceBleu Nord, TV régionale FR3, Grand Lille TV.TNT, journal la Voix du Nord, journal Nord Eclair, journal 20 minutes, journal Métro…). Le projet continue et demandera encore bien des efforts. En dernier ressort, c’est le faucon pèlerin qui décidera. Grâce à lui, les travaux sont ouverts entre la ville et les associations pour réaliser un véritable plan d’accueil de l’avifaune sur le patrimoine et l’urbanisme lillois.

• André Berton, Pascal Demarque, Cyrille Pradal • LPO Mission Rapaces et GON • Pascal.demarque@wanadoo.fr •

Nichoir posé sur l’Hôtel du département - photo : P. Demarque ©

Deux nouveaux nichoirs à Strasbourg Le suivi mené à Strasbourg ces dix dernières années atteste de l’installation et de l’expansion du faucon pèlerin dans la communauté urbaine strasbourgeoise (actuellement trois couples présents à l’année, un couple hivernant sur la cathédrale, un autre en formation sur une antenne et quelques individus observés sur des pylônes électriques). Afin de soutenir l’espèce, la LPO Alsace et les pisteurs de faucons pèlerins ont pris l’initiative de poser deux nichoirs sur des sites déjà occupés par l’oiseau. C’est ainsi qu’un premier nichoir a été installé sur une tour de la ville, en partenariat avec l’université de Strasbourg. Le second a été placé sur des silos à grains situés dans la zone

portuaire nord le long du Rhin, le couple présent sur ce site ayant rencontré des difficultés à trouver une aire de qualité les années précédentes. Pour plus d’informations sur les faucons pèlerins dans l’agglomération

strasbourgeoise, nous vous invitons à consulter le site internet pelerin67.over-blog. com. • Marie-France Christophe et Olivier Steck • LPO Alsace •

Nichoir à Strasbourg - photo : M-F. Christophe © LPO Mission Rapaces - Les notes du pèlerin n°17 et 18 - mars 2011 ‑



Bulletin de liaison du réseau faucon pèlerin


Aménagement sur le donjon du château d’Oricourt Résumé Au printemps 2009, Didier Lecornu évoque la présence d’un couple de faucon pèlerin évoluant aux environs immédiats du château d’Oricourt en Haute-Saône, France. Ses observations laissent à penser qu’une reproduction serait fort possible. Son installation et la reproduction de l’espèce sont confirmées dans ce site anthropique remarquable. Contact est pris avec René-Jean Monneret, spécialiste du faucon pèlerin, et les propriétaires, afin de procéder à l’installation d’une aire artificielle pour favoriser le maintien de l’espèce. C’est durant l’hiver 2010 / 2011 que la pose d’une aire artificielle est réalisée dans le donjon. Contexte Je me rends sur le site d’Oricourt le 25 avril 2009 où le château-fort du milieu du XIIe siècle est considéré comme la forteresse médiévale la mieux conservée de Franche-Comté. Le lieu est de toute

mon expérience acquise lors de près de trois décennies de suivi de l’espèce, font que je persiste dans cette prospection. Mes investigations me permettent de localiser un nid de grand corbeau dans le tiers supérieur de la tour en ruine. Le nid semble en parfait état, mais étrangement, je ne contacte pas le grand corbeau à proximité. Rien ne semble bouger dans ce tas de fagots. Ma position d’observation en contrebas ne me permet pas d’observer dans la cuvette malgré ma lunette terrestre X30. Les branchages sont ponctués au centre de taches de lichens jaunes appartenant au genre ornithocoprophile Xanthoria. La base du nid est parsemée de fleurs flavescentes, certainement des giroflées. Après une demi-heure d’observations minutieuses du nid, je devine sur le fond ocre de la pierre une forme effilée gris foncé pouvant être des rémiges primaires, l’extrémité d’une aile ! Entre les brindilles, une tache jaune

Château d’Oricourt - photo : G. Contejean ©

beauté. Je fais le tour de l’édifice afin de rechercher l’espèce en vol ou posée dans les nombreux recoins du château-fort. Ces recherches s’avèrent infructueuses, mais la confiance que j’ai dans le sérieux des observations de Didier Lecornu et 

supplémentaire apparaît qui ne me semble ni être du lichen, ni une de ces giroflées. Il ne me faut pas longtemps pour comprendre que cette tache est le cercle orbitaire d’un faucon pèlerin adulte. Un oiseau semble donc couver

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et à la réflexion, l’observation semble mutuelle ! Celui-ci, une fois à peu près rassuré sur mes intentions, qui s’avèrera être la femelle, s’aplatit à nouveau sur l’aire faisant ainsi disparaître la marque jaune. Mise en place du nichoir Pour l’année 2009, cette découverte porte à quatre le nombre de couples recensés dans le département de la Haute-Saône et semble être pour ce département une première dans une construction humaine. Cette nouveauté confirme le constat maintenant bien documenté concernant l’évolution de l’espèce ces dernières années. Les études menées par René-Jean Monneret qui organise et coordonne le suivi réalisé dans le cadre du groupe d’étude et de protection du faucon pèlerin de l’Arc jurassien, laissent apparaître une stagnation, voire un infléchissement d’occupation dans les sites naturels. Les raisons principales de cette situation sont le retour du grand-duc d’Europe, les dérangements anthropiques consécutifs aux développements des différentes activités de pleine nature (escalade, via ferrata, tourisme et la saturation des sites naturels les plus propices). Cet auteur indique que « faute de sites naturels disponibles, le faucon pèlerin peut occuper différentes constructions humaines ». Par le passé, avant le déclin de l’espèce dans les années soixante-dix, l’oiseau était connu pour nicher dans diverses constructions humaines. Juste retour des choses, les exemples de cette reconquête sont maintenant significatifs en milieu urbain ou rural. Des immeubles, des cathédrales, des églises, les tours de cimenteries, même des nids de corvidés sur des pylônes haute-tension, connaissent l’installation de nouveaux couples de faucons pèlerins. Ce type d’implantations illustre la vitalité de l’espèce qui trouve


Installation du nichoir - photo : G. Contejean ©

ainsi des lieux de substitution adaptés à ses besoins. Le report sur ce type de sites permet à l’espèce de se mettre à l’abri de ses ennemis naturels. Elle dispose ainsi d’une population en espèces / proies inexploitée. Cette première année d’installation dans ce site a permis l’envol d’un jeune. Compte tenu du caractère, pour le moins anthropique du site, des possibles travaux d’entretien, des visites organisées dans l’enceinte de la forteresse, il m’est apparu plus que nécessaire de prendre contact avec les propriétaires des lieux. Je leur ai donc proposé les compétences du « groupe d’étude et de protection du faucon pèlerin de l’Arc jurassien » pour permettre à ce couple son maintien sur le site. Les propriétaires, M. et Mme JP. Cornevaux, totalement investis par la restauration de ce splendide

témoignage de l’architecture médiévale en Franche-Comté, me reçurent avec courtoisie. Ils n’étaient pas sans ignorer la présence du couple et en éprouvaient un intérêt certain. Ma proposition de favoriser la quiétude nécessaire à sa reproduction reçut de leur part un écho très favorable. Rendezvous fut pris le 31 janvier 2010 afin d’étudier sur place avec René-Jean Monneret et René Ruffinoni les conditions techniques d’aménagements. En effet, depuis de nombreuses années, ces deux passionnés interviennent et réalisent des aménagements en vue de renforcer le maintien du faucon pèlerin en Franche-Comté (aires maçonnées, poses d’aires artificielles). Ces équipements sont opérés en milieux naturel et anthropique (corniches et parois rocheuses, bâtiments industriels…). Les options retenues furent de deux ordres :

- possibilité de maçonner une aire artificielle sur la tour en ruine, - installation d’une aire artificielle en forme de boîte parallélépipédique dans le donjon. La première solution pouvant nuire à l’installation récente du couple ; la seconde nous parût comme étant plus simple à réaliser car elle évitait l’intervention sur le lieu de nidification. La décision fut prise de réaliser les travaux dans le courant de l’hiver 2010 / 2011, suite aux enseignements du suivi de la reproduction 2010. Cependant, restait à confirmer l’installation du couple dans le site au printemps 2010. Le suivi réalisé durant cette période, grâce en particulier à Franck Vigneron, ancien membre du Fonds régional d’intervention pour les rapaces de FrancheComté (FRIR), membre du « Groupe pèlerin » et observateur toujours très actif, permis de constater à nouveau la présence du couple. Malheureusement, l’échec de la reproduction fut enregistré, sans que puissent en être déterminées les causes exactes. La décision d’installer une aire artificielle dans le donjon dans le courant de l’hiver 2010 / 2011 fut donc prise. Une aire artificielle (boîte parallélépipédique) réalisée en bois de coffrage pour béton, fut mise à disposition et acheminée par Christian Bulle du « Groupe pèlerin ». L’installation fut réalisée le 3 décembre 2010 par un temps de neige bien franccomtois. Franck Vigneron

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s’est porté volontaire pour m’aider à réaliser l’opération, apportant cordes et outillage pour la pose de ce matériel. Á peine sur les lieux, nous entendons des cris d’appels de faucon pèlerin. Nous localisons la femelle branchée à proximité de l’enceinte fortifiée, peutêtre un signe de bon augure ! L’acheminement jusqu’au sommet du donjon à 25 mètres de haut ne fut pas une mince affaire. Il fallut emprunter une échelle mise à notre disposition par M. JP. Cornevaux, afin d’accéder à la porte d’entrée du donjon où le nichoir, de par ses dimensions, passa d’extrême justesse. Ensuite, trois niveaux durent être gravis par des escaliers de meunier des plus abrupts. Les efforts conjugués de F. Vigneron, J.P. Cornevaux, de moimême, nous permirent, non sans mal, d’arriver au sommet du donjon. Restait à installer à la fenêtre prévue, le nichoir qui s’intégra, non sans de nombreuses contorsions et essais. Après une bonne heure d’efforts intenses, l’aire artificielle fut enfin définitivement installée à l’endroit choisi. Le fond fut garni d’un mélange de sable calcaire et de petits cailloux.

Avec la satisfaction du devoir accompli, nous prîmes le temps d’admirer le paysage offert, de s’imaginer à la place du faucon pèlerin, scrutant son territoire en espérant que l’oiseau des princes s’approprie définitivement les lieux.

public à l’intérêt d’agir en faveur de la biodiversité, la Société d’histoire naturelle du Pays de Montbéliard (SHNPM) envisage l’organisation courant 2011 d’une sortie ornithologique et botanique au château d’Oricourt et dans ses environs.

Conclusion Le printemps 2011 nous permettra de savoir si ce couple occupera cette aire artificielle. Il va de soi qu’en la matière, nous n’avons aucune certitude ; cependant, nul besoin d’espérer pour entreprendre, l’essentiel étant d’agir avec discernement et détermination en faveur de la préservation de notre patrimoine naturel. Dans le cas où ce couple de faucons pèlerins n’investirait pas cette aire artificielle, il conviendra de revoir notre stratégie. En fonction des futures observations, un autre aménagement sera à imaginer, cette fois sur la tour en ruine. Au pire, la première réalisation pourra être utilisée par le faucon crécerelle ou par l’Effraie des clochers, tous deux hôtes réguliers des lieux. Dans le but de sensibiliser le grand

Je tiens à remercier l’ensemble des personnes qui ont contribué à l’installation de cette aire artificielle. Christian Bulle, Nadège Contejean, Fabien Leconte, Franck Vigneron, Didier Lecornu à l’origine de la découverte du couple, René Ruffinoni pour ses conseils et René-Jean Monneret pour la transmission de son expérience et pour la relecture de ce document, Michel Julliard pour sa contribution iconographique. Un remerciement particulier à M. et Mme J.-P. Cornevaux pour la gentillesse de leur accueil et leur intérêt pour la protection de la nature.

Ministère chargé de l’Ecologie et d’ERDF, à la Défense. Ces nichoirs s’ajoutent aux deux autres, installés en mars 2009 sur l’ex-tour Gan et en novembre 2009 sur la tour EDF. En ce

début février, un troisième nichoir a été installé, en présence de la presse, sur la centrale EDF de Vitry-sur-Seine, un des deux sites fréquentés par le couple de l’est parisien.

• Georges Contejean • SHNPN • georgescontejean@aol.com • Article également disponible sur http://www.agglo-montbeliard.fr/shnpm/ •

Des nichoirs pour les faucons franciliens Depuis le retour du faucon pèlerin nicheur en Ile-de-France en 2005, l’espèce poursuit sa recolonisation de la région, à la plus grande joie des ornithologues locaux. A l’automne 2008, un couple est repéré dans le quartier d’affaires de la Défense. En 2010, deux autres couples sont repérés, l’un sur un site naturel, l’autre sur les cheminées des centrales CPCU (à Ivrysur-Seine) et EDF (à Vitry-sur-Seine). La région compte désormais au moins quatre couples. Malheureusement, le succès de reproduction en 2010 est bien maigre, puisque seul le couple installé en milieu naturel a niché avec succès, menant trois jeunes à l’envol. Pour encourager la reproduction des couples installés en milieu urbain, deux nouveaux nichoirs ont été installés, à l’automne 2010, sur les tours du 

Nichoir installé à la Défense, au Ministère chargé de l’Ecologie - photo : F. David ©

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Outre ces couples connus, l’espèce est également contactée de plus en plus régulièrement dans d’autres secteurs, et notamment dans Paris intra-muros. Il n’est donc pas impossible que d’autres oiseaux soient cantonnés sur d’autres sites. Toute la difficulté est de les localiser ! Un faucon pèlerin a, par exemple, été observé à plusieurs reprises, courant 2009 sur les tours Mercuriales de la porte de Bagnolet. Durant l’hiver 2010, deux oiseaux adultes ont été observés sur ce même site.

Nichoir de Vitry-sur-Seine - photo : F. David ©

La LPO Mission Rapaces remercie tous les partenaires impliqués dans ces différents projets. Elle remercie également tous les bénévoles mobilisés dans le suivi et la recherche des faucons pèlerins franciliens. Souhaitons que l’année 2011 soit marquée par l’envol de plusieurs nichées ! Plus d’infos sur http:// fauconline.blogspot.com/ et http://pelerin.lpo.fr/. • Fabienne David • LPO Mission Rapaces • Fabienne.david@lpo.fr •

Installation du nichoir sur la cheminée EDF - photo : F. David ©

Les pèlerins sur sites artificiels Des caméras plus performantes pour Dunkerque Fin 2008, une plate-forme nichoir était installée par la LPO Audomarois dans l’usine d’aluminium de Dunkerque pour essayer d’attirer un couple de faucons pèlerins, nicheur rare dans le Nord-Pasde-Calais. Le printemps 2010 a vu l’arrivée d’un couple et la

ponte fin avril de trois œufs qui n’ont, hélas !, pas éclos. La webcam avait permis de remarquer que la femelle était baguée, mais la qualité de nos images ne permettait pas de lire la bague. C’est chose faite depuis peu ! En effet, suite à cette première tentative de nidification, nous

avons amélioré le lit de gravier type mignonnette pour que la cuvette puisse être plus profonde, nous avons installé une sonde de température dans le nichoir et remplacé la webcam par une caméra plus performante. Ainsi, nous avons identifié que la femelle avait été baguée à Maastricht

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(Pays-Bas) en mai 2006, soit environ à 250 kilomètres de notre plate-forme. Merci à Didier Vangeluwe, pèlerinologue belge présent au 1er colloque national à Albi, de nous avoir fourni les informations à partir de la lecture de la bague. Une seconde webcam a aussi été installée en externe et permet de viser la plate-forme depuis l’extérieur, complétant ainsi les vues. Les deux caméras sont accessibles en live sur l’intranet pour tous les salariés et nous nous orientons, pour des questions de sécurité informatique, vers une diffusion d’images enregistrées en extranet. L’opération s’est passée sur la période des fêtes de Noël et n’a pas perturbé

la femelle qui fréquente la plate-forme quelquefois par semaine. Nous espérons une nouvelle ponte ce printemps avec une nidification qui permettrait un envol des jeunes, et cela avec la complicité de la caméra. Celle-ci pourrait nous en apprendre davantage sur les habitudes de ce couple pionnier sur le littoral dunkerquois. • Serge Risser et Claude Dubois • LPO Audomarois • • serge.risser@riotinto.com • audomarois@lpo.fr Femelle baguée - Capture d’image

Retour au temple pour les faucons du centre ville de Mulhouse pondus en mars 2010, mais une seule naissance. Ce fauconneau ne survécut pas. Les travaux commencèrent et le couple s’en alla tandis qu’à moins d’un kilomètre de là, à vol d’oiseau, la flèche du temple, débarrassée de ce qui la masquait, retrouvait une image embellie en cours d’été. Et, de ce fait, renaissait l’espoir d’un retour des faucons pèlerins. Mais rien ne se produisit ...

En dix-huit mois environ, deux édifices religieux du centre-ville convenant aux exigences du faucon pèlerin ont été successivement couverts d’échafaudages pour raison de travaux nécessaires, provoquant ainsi le départ du couple de Saint-Etienne et sa tentative de repli sur Sainte-Geneviève. Au vu d’une femelle immature observée sur Sainte-Geneviève début novembre 2009, il est probable qu’une couvée de remplacement aurait sans doute été couronnée de succès sur ce site. On connaît la suite ; deux œufs 

Pour avoir vécu cela avec l’aigle royal et l’aigle de Bonelli dans les Alpilles, je savais bien que les grands rapaces disposent de plusieurs sites de nidification, de plusieurs aires à l’intérieur de leur territoire afin d’en changer si nécessaire. A l’examen des évènements récents relatés ci-dessus, deux certitudes s’imposent : nos faucons pèlerins sont ancrés au cœur de la ville et disposent au moins de deux sites adéquats. De juillet à décembre, les nombreuses auscultations visuelles de la flèche n’ont donné aucun résultat. Puis, le 12 décembre, premier contact après dix-huit mois ! Le temps est assez doux, ensoleillé en partie. En début d’après-midi, pendant deux heures environ, il y eut trois observations de la

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femelle juchée sur les encorbellements supérieurs de la flèche. La certitude de présence du couple fut acquise deux jours plus tard. Abrité du vent, allongé sur un encorbellement de l’arête sud, le mâle retrouvait ses marques. Samedi 18 décembre : drossée par le vent, la neige tombée en abondance a revêtu les arêtes au sud et à l’est d’une gangue blanche continue, brillante et glacée. Un effet digne de ces cascades pétrifiées qui tentent les alpinistes en quête d’extrême. L’observation la plus importante eut lieu en début d’après-midi. Il neigeotait par intervalles. Je scrute les faces exemptes de gangue glacée. Le mâle se pose d’abord juste sous la cime, sur le dernier encorbellement. La femelle plus massive suit presque aussitôt, se pose « une marche » sous son compagnon. Le couple est réuni à la cime en position dominante d’appropriation ! On ne peut plus en douter, c’est bel et bien un retour au site initial de nidification. Et ils entendent bien y rester pour peu que l’homme, en bas, tienne compte de cette présence et agisse en conséquence. • Daniel Daske • 03.89.52.55.96


Le faucon pèlerin en milieu naturel Prédation à la réserve de Goulien (Finistère) Considérations générales Il est de notoriété que les falaises de Goulien (Finistère) sont celles qui ont bénéficié du suivi ornithologique le plus assidu en Bretagne au cours de ces cinquante dernières années. En dépit de quelques imprécisions méthodologiques dans les premiers inventaires, il permet de conclure à l’absence du faucon pèlerin lors de cette période dans l’avifaune reproductrice de ce linéaire côtier. Les visites dans les années cinquante d’ornithologues chevronnés comme Paul Géroudet, les frères Terrasse et les fondateurs de la SEPNB (Société pour l’étude et la protection de la nature en Bretagne), MichelHervé Julien et Albert Lucas donnent également à penser que l’espèce était absente de l’ensemble du Cap Sizun, ayant soit disparu en tant qu’espèce nicheuse dans les années précédentes, soit jamais été présente, ce qui paraît peu probable. Durant ce demi-siècle, les colonies d’oiseaux de mer du sud Cornouaille ont donc vécu en l’absence quasi-totale du prédateur supérieur, et les relations de prédation inter-spécifiques ont impliqué essentiellement les goélands et les corvidés dont tout particulièrement

le grand corbeau comme l’attestent les rapports d’activité annuels de la réserve de Goulien. Lorsqu’en 1997 un premier cas de reproduction du faucon pèlerin est révélé dans les falaises de la presqu’île de Crozon, à l’opposé de la réserve par-delà la baie de Douarnenez, nul ne songe encore à l’éventuel retour du rapace sur le Cap Sizun tant cette réapparition semble alors fragile. Ce n’est qu’au cours des années suivantes, lorsque l’effectif nicheur crozonnais s’accroît vigoureusement, que l’espoir d’une installation sur la rive sud de la baie se fait jour. Fin 2003, un mâle et une femelle semblent se cantonner dans la partie ouest de la réserve. L’année suivante, la situation s’emballe. Ces deux oiseaux sont alors manifestement appariés et développent des comportements territoriaux alors que trois autres faucons,

d’âges immature ou adulte, séjournent momentanément en deux autres points du Cap Sizun. En 2005, le faucon pèlerin figure pour la première fois sur la liste des oiseaux nicheurs de la réserve. Depuis lors, tout laisse à penser que ce sont ces deux mêmes oiseaux pionniers qui vont se reproduire annuellement avec succès. L’effet réserve ? La fin des années 90 est marquée par un conflit entre la municipalité de Goulien et Bretagne Vivante à propos de la mise en œuvre de la SPPL (servitude de passage des piétons le long du littoral) et l’ouverture du GR 34. Le blocage du projet pendant plusieurs années aura pour mérite d’obtenir, cas unique pour l’ensemble du Cap Sizun et par une évolution des mentalités des différents acteurs concernés

Falaises de Goulien - photo : D. Vedrenne © LPO Mission Rapaces - Les notes du pèlerin n° 17 et 18 - mars 2011 ‑



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sur les questions de biodiversité, un sensible décalage en retrait de la côte de l’assiette du GR du fait de la présence d’un site de reproduction de grands corbeaux dans cette partie excentrée de la réserve. Cette précaution ne fut malheureusement pas prise dans les communes voisines et a très probablement contribué au déclin du corvidé. Il est troublant de constater que c’est exactement dans ce secteur que la femelle pèlerin va déposer sa première ponte et il est tentant d’y voir un effet réserve combinant bonnes dispositions topographiques, ressources alimentaires et faible fréquentation humaine. En dépit de l’importance de l’événement, l’équipe de gestion de la réserve n’a pas souhaité, faute de temps, investir un effort particulier dans le suivi du déroulement des nidifications successives. Ont été seulement programmés la localisation de l’aire (parfois avec difficulté comme on va le voir) ainsi que le dénombrement des juvéniles à l’envol. Afin de réduire au maximum les causes de dérangement, deux années de suite, le recensement des oiseaux marins de l’îlot principal de la réserve, Milinou bras, a dû être effectué plus sommairement depuis la terre pour cause de déplacement du site de nidification des pèlerins vers ce lieu. Une certaine bougeotte Depuis leur cantonnement en 2003 à aujourd’hui (début 2011), le couple est fidèle au même secteur littoral. A l’intérieur de la « bulle », périmètre rapproché autour de l’aire où selon la littérature les pèlerins n’exercent aucune prédation ou alors un prélèvement minime, le couple fait montre pourtant d’une certaine instabilité et de malice à l’égard des agents de la réserve ! Cinq sites différents ont été choisis pour l’emplacement de l’aire : deux sur vires en falaise, deux sur îlot et le dernier sur un îlot à terre, c’est à dire un bloc escarpé connecté à marée basse à la base d’une falaise. Parmi ces cinq sites pouvant être circonscrits dans un demi-cercle d’environ 150 mètres de rayon, trois offrent un écran visuel (bloc rocheux en premier plan, saillie, végétation), les deux autres étant à « ciel ouvert » sur roche ou terre quasinues. Les expositions sont soit ouest, 10

soit est, soit sud-est. L’ancienne aire à base de rameaux d’ajonc des grands corbeaux n’a pas été utilisée. Cette relative mobilité semble d’autant plus étonnante que toutes les reproductions ont été couronnées de succès au cours de ces six premières années de présence avec respectivement quatre, quatre, trois, quatre, trois et deux jeunes à l’envol, soit un total de 20 fauconneaux ! Si le couple exprime une certaine fantaisie dans la sélection de ses aires, il montre un attachement fort à son périmètre de cantonnement en y étant présent tout au long du cycle annuel. La prédation sur les oiseaux nicheurs de la réserve L’installation des pèlerins, du fait de la haute spécialisation de l’espèce, donnait à penser que des répercussions sur les oiseaux nicheurs de la réserve se feraient rapidement sentir. Cela fut le cas mais sans que cela corresponde tout à fait à l’idée qu’on pouvait s’en faire au départ. Deux secteurs géographiques sont à considérer, le périmètre immédiat du site de cantonnement, la « bulle », et les falaises périphériques les plus peuplées de la réserve situées entre 1,5 et 2,5 kilomètres de distance vers l’est. Dans le premier, aucune chute d’effectif imputable aux pèlerins n’a été enregistrée. Proies potentielles prioritaires, l’effectif de choucas des

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tours, nicheurs en habitat rupestre sur Milinou bras est resté stable. Les seuls soupçons de prédation sur des oiseaux à forte valeur patrimoniale portent éventuellement sur la disparition du mâle du couple de craves à bec rouge du site d’an Aoteriou en 2007, d’un, voire deux craves juvéniles fraîchement envolés en 2009 et la disparition de la femelle de ce même couple d’an Aoteriou au cours de l’automne 2010. Aucune plumée n’ayant été trouvée, cela reste une hypothèse et il faut bien considérer que cette nouvelle cohabitation n’a pas nui au maintien, bon an mal an, de deux couples de craves qui ont gardé leurs habitudes pour le gagnage et le gîte, et se reproduisent annuellement avec succès. Autre conséquence pouvant être jugée négative, le site à grands corbeaux est resté, sans surprise, inoccupé depuis 2003 alors que cette espèce amorce une très légère reconquête du Cap Sizun depuis quelques années. Dans le second secteur, l’inquiétude pouvait concerner le devenir de la colonie relictuelle de guillemots de Troïl, en déclin constant, forte de 20 couples en 2003 et seulement de 10 en 2009 et 2010. Le suivi pointilleux dont l’espèce fait l’objet tout au long de sa phase de reproduction aurait pu permettre l’observation de cas de prédation directe ou indirecte par les pèlerins. Cela n’a pas été le cas, la seule mention concernant une femelle

Prédation de mouettes tridactyles - photo : M. Lepeutrec ©


adulte achevant puis plumant un guillemot sur une corniche de l’îlot Milinou Kermaden remontant au 6 février 1989 (comm.pers. Pierre Le Floc’h) et concernant un oiseau hivernant ou de passage. Les causes du déclin des alcidés sont à rechercher ailleurs. En définitive, c’est au sein des colonies de mouettes tridactyles que l’irruption des pèlerins dans l’écosystème a engendré le plus de bouleversements. En 2003, quand les faucons commencent à se sédentariser, la colonie de mouettes compte 282 couples. C’est, sans rentrer dans le détail, ce qui reste de l’imposante colonie des années 80 - début 90 après l’exode massif enregistré vers leur nouveau site de reproduction de la pointe du Raz, quelques kilomètres plus à l’ouest.Les deux années qui suivent se caractérisent même par une légère embellie avec 355 couples en 2004, 393 couples en 2005 avant une nouvelle décrue... C’est que dès le printemps 2004, le rapport détaillé de Jean-Yves Monnat mentionne la disparition inhabituelle de poussins âgés. Le rapport suivant annonce sans ambages et avec une pointe d’humour un tournant décisif dans l’intensité de la prédation. L’événement à l’origine de cette évolution est l’arrivée d’un nouveau protagoniste dans le gang des prédateurs de mouettes tridactyles : le faucon pèlerin. Les perturbations provoquées vont entraîner, année après année, une diminution significative des différentes sous-colonies jusqu’au bilan le plus négatif jamais enregistré à Goulien depuis l’installation de Rissa tridactyla dans les années 1950, à savoir un seul poussin produit, soit une performance annonciatrice d’une probable désertion totale dans les années à venir quand on sait l’importance du

succès de reproduction dans la probabilité de retour des oiseaux au sein de la même colonie. Quel a donc été dans les grandes lignes le processus de déstabilisation observé ? Une prédation multiforme Cette prédation revêt trois aspects avec différentes formes d’implication des pèlerins. La prédation directe avec capture en vol de tridactyles adultes est bien moins importante qu’initialement attendue. Elle semble même pour tout dire extrêmement occasionnelle. La capture, sans guère d’efforts (!) et la consommation de poussins au nid apparaît en revanche comme une nouveauté peu ou pas décrite dans la littérature ornithologique consacrée à deux espèces pourtant bien étudiées. Le comportement alimentaire consistant à prélever de jeunes poussins, (rappelons que chez la mouette tridactyle, ils sont nidicoles, cas unique chez les laridés européens) ou à consommer sur le nid les poussins âgés est apparu rapidement et s’est amplifié au fil du temps. Ces scènes et leurs conséquences ont été attestées, photographiées en particulier sur la colonie majeure de la pointe du Raz par Jean-Yves Monnat mais également déduites à Goulien par lui-même, Pierre Le Floc’h et Damien Vedrenne. Enfin, et c’est là peut-être le facteur de perturbation décisif, la circulation aérienne des pèlerins, tant adultes que juvéniles, a généré un phénomène à double détente qu’il convient de décrire brièvement. Que ce soit en période d’incubation ou d’élevage des jeunes poussins, les passages fréquents et quotidiens des pèlerins

aux abords immédiats des colonies de mouettes tridactyles (tentatives de capture ou simples jeux et manœuvres d’apprentissage à la prédation) ont pour effet systématique de paniquer et de provoquer l’envol des adultes qui s’en vont former des radeaux à distance des falaises. Demeurant sur l’eau de longues minutes, les mouettes laissent ainsi à découvert pontes et poussins que d’autres prédateurs présents dans l’environnement immédiat exploitent alors avec rapidité et aisance: corneilles noires et goélands argentés spécialisés. Maintes fois observées, ces prédations par ces « seconds couteaux » apportent l’explication principale à la disparition accélérée et massive des pontes et des oisillons en cours de période de reproduction. Fallait-il agir ? A question courte, réponse brève. Bien sûr que non ! Tous les phénomènes constatés relèvent d’adaptations, de réponses opportunistes, de rééquilibrage des relations inter-spécifiques au sein d’une communauté d’oiseaux, communauté des oiseaux de mer dont les ornithologues bretons ont peut-être longtemps refoulé l’absence pourtant pas si lointaine du prédateur, le faucon pèlerin. Sa réapparition, puis son installation, sont à considérer comme d’indéniables succès pour les protecteurs de la nature et une source stimulante de suivis naturalistes. Outre les questions de légalité, il y a d’autant moins de raison d’imaginer possible quelque intervention que ce soit dans nos falaises littorales que la colonisation de notre secteur est bien enclenchée

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après celle survenue en presqu’île de Crozon. Un second couple se reproduit depuis 2008 en limite est du Cap Sizun, un troisième depuis 2010 entre Goulien et les grandes pointes occidentales de ce même Cap. Compte tenu de l’appétissant garde-manger que forme la colonie de tridactyles de la pointe du Raz et du potentiel d’accueil des falaises de Plogoff, il y a toutes les raisons de penser qu’un ou deux nouveaux couples pourront encore s’installer dans un

proche avenir. Qui sait, ballottées de-ci, de-là, certaines tridactyles reviendront peut-être se reproduire dans les falaises d’an Aoteriou, au cœur même de la « bulle » des pèlerins de Goulien… Remerciements à : - Pierre Le Floc’h et Damien Vedrenne, gardes-animateurs de la réserve, pour leurs observations et le suivi de terrain ; - Jean-Yves Monnat pour ses rapports détaillés (2003 et 2004) ainsi que

ses fréquentes informations et ses commentaires avertis sur la reproduction des mouettes tridactyles du Cap Sizun ; - Erwan Cozic pour ses synthèses annuelles de la nidification du faucon pèlerin en Bretagne. • Alain Thomas • Bretagne Vivante-SEPNB • • alain-jf-thomas@wanadoo.fr

Prédation de chiroptères Le 29 octobre, vers 18h, avant donc la tombée de la nuit, une dizaine d’attaques d’un faucon pèlerin sur des chiroptères est observée. En l’espace de 50 minutes, quatre captures sont certaines, une est possible, et un minimum de cinq échecs sont observés. Les attaques sont toutes concentrées sur une faible surface (environ 500 x 100 m2), sur une cévenne (nom donné aux versants abrupts, rocheux ou non, dans le Quercy) dominant la vallée du Lot en aval de Cajarc (Lot). Les deux premières tentatives observées, qui paraissent peu déterminées, le faucon se contentant de piqués peu rapides, échouent. A la troisième tentative, après un bref vol de placement, le rapace effectue enfin un véritable piqué, plongeant presque à la verticale. La proie, buffetée, tombe rapidement et n’est récupérée qu’au deuxième passage. Cette première proie est consommée sur un rocher. Le faucon repart rapidement en vol au-dessus du site, effectue un piqué et rate une chauve-souris, qui disparaît peu après dans le bois. Immédiatement après, la deuxième capture est semblable à la première et est précédée d’un vol de placement. Le chiroptère est d’abord buffeté au terme d’un piqué vertical puis saisi au premier passage. La proie, tenue par une serre, est cette fois-ci consommée en vol. Le repas dure moins de deux minutes, le faucon toujours en vol pique soudainement vers l’amont et disparaît de la vue. Il réapparaît cinq minutes plus tard, sans proie (déjà ingurgitée ou échec ?) et se 12

poste sur un arbre mort dominant la falaise. Depuis ce poste d’affût, après quelques minutes seulement, le faucon se laisse tomber, prend de la vitesse avec quelques battements d’ailes, effectue un court glissé et cueille la proie au terme d’une brève ressource, très proche du versant boisé ; elle est directement liée puis également consommée en vol. Là encore, le repas est à peine terminé que le faucon effectue quelques battements nerveux, réalise un long piqué et disparaît derrière des arbres. Il réapparaît très vite et, volant lentement au-dessus des falaises, il tient une proie qu’il ingurgite en vol, toujours à la manière de hobereaux consommant des insectes. Le faucon se déplace vers l’amont, toujours à peu de distance de la cévenne, et déclenche une nouvelle attaque dont le terme n’est pas observé. Elle semble échouer, le faucon regagne rapidement de l’altitude et une nouvelle tentative fait suite quelques minutes plus tard. Elle échoue également : la chauve-souris, en milieu ouvert, volette maladroitement quelques secondes puis reprend son activité de chasse. L’obscurité est maintenant avancée, le faucon disparaît alors vers l’aval, probablement pour passer la nuit, à l’abri du grand-duc, reproducteur sur ce site. Sans donner une « impression de grande facilité » comme l’ont décrit Duquet M. et Morlet L. puis Alliot, B. et Gimel. O., les captures des chauvessouris par le faucon pèlerin ont semblé être relativement aisées. Le taux de succès de ces attaques (environ 50 %)

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en témoigne. Les échecs observés montrent toutefois bien la capacité des chiroptères à éviter l’impact. A plusieurs reprises, les attaques ne semblent pas avoir été précédées d’un vol de placement, ce qui peut témoigner du caractère opportuniste de certaines attaques. De manière générale, il m’a semblé percevoir comme une excitation chez le faucon, qui a paru déclencher et enchaîner quelques attaques de façon désordonnée. Les captures réussies semblent avoir requis une plus grande préparation : vol d’amont ou poste d’affût, vol de placement, puis piqué. Les observations n’ont cependant pas été assez précises pour attester de ce cas de figure sur toutes les attaques, réussies ou non. Discussion La prédation des chiroptères par certains rapaces diurnes est probablement relativement commune, mais nombre d’observations ne doivent pas être rapportées dans la littérature. De fait, quelques observations de captures de chiroptères par le faucon pèlerin ont été publiées : en Lozère en 1984 (BONNET J, 1985) ; dans le Doubs en 1985 (DUQUET M. et MORLET L., 1986), dans le Cantal, en 1995 (ALLIOT B. et GIMEL O, 1996) ; dans les Pyrénées-Atlantiques (LEHNHERR W., 1997) ; dans l’Aube, en 2003 (BROUILLARD Y., 2005). Dans les Alpes-Maritimes, Daniel Beautheac ne relève qu’un chiroptère sur 1009 proies du faucon pèlerin (BEAUTHEAC, 1999). Mais cette


proportion ne reflète probablement pas la réalité. D’une part, les chiroptères sont consommés majoritairement en vol, ne sont pas dépecés et ne laissent donc pas de traces sur les lardoirs habituels (lieu de récoltes des plumées) ; d’autre part, il semble que la capture des chauves-souris ait lieu principalement à l’automne : en Lozère le 29 octobre 1984 (BONNET J, 1985) ; dans le Doubs en novembre 1985 (DUQUET M. et MORLET L., 1986), dans le Cantal, le

1er octobre 1995 (ALLIOT B. et GIMEL O, 1996) ; dans l’Aube, le 2 octobre 2003 (BROUILLARD Y., 2005), probablement en raison d’une plus grande activité crépusculaire voire diurne des chiroptères. De ce fait, les restes (dans les pelotes) des individus prédatés ne sont pas retrouvés sur les aires du faucon et n’apparaissent logiquement pas dans les proies consommées durant l’élevage des jeunes. Il serait intéressant de

réaliser un suivi particulier, à l’automne et en fin de journée, sur quelques sites de faucon pèlerin pour déterminer si ce comportement est régulier ou le fait d’individus se spécialisant saisonnièrement dans ce type de proies.

le faucon captif retrouver la liberté. Le lieu choisi était « la pissotière à Madame », compte tenu que l’endroit n’est situé qu’à quelques centaines de mètres de la raffinerie Total, et que dans la falaise proche un couple de faucons pèlerins vient s’y reproduire depuis trois ans. Il est donc fort possible que ce soit le mâle de ce couple qui a été découvert dans la raffinerie. Le rapace a été muni d’une bague du Muséum de Paris, et l’année prochaine, nous pourrons vérifier cette hypothèse si le couple s’est reconstitué. La libération du faucon fut un succès : il s’est élevé dans les

airs et à tournoyé plusieurs fois au-dessus des falaises avant de les longer vers l’ouest et disparaître de notre vue. Vincent Lucas, le découvreur, était présent, de même que ses enfants. Il représentait également la raffinerie Total. En juillet 2008, un faucon pèlerin juvénile englué de mazout avait déjà été récupéré dans l’enceinte de cette même raffinerie et traité au centre du CHENE.

• Renaud Nadal • LPO Mission Rapaces • • renaud.nadal@lpo.fr Article disponible dans le bulletin de liaison Lot Nature n°24

Un pèlerin relâché à Gonfreville l’Orcher Le 13 août 2010 au matin, un salarié de la raffinerie Total, Vincent Lucas, découvrait au pied d’un bac de pétrole un faucon pèlerin mâle couché sur le sol, paraissant en grande difficulté. Résidant non loin du centre de sauvegarde du CHENE (Centre d’hébergement et d’études sur la nature et l’environnement), il y déposait l’oiseau pour tenter de le sauver. En plus de son état de faiblesse, le diagnostic révélait la présence de trichomonas dans la cavité buccale. Cette trichomonose est une infection hautement contagieuse qui fait des ravages dans les élevages de pigeons et chez d’autres espèces. Après une semaine de soins intensifs notre oiseau reprenait des « plumes de la bête » et était mis en volière pour reprendre ses ébats. Fin septembre, comme tout se passait bien, il fallait songer à le libérer. Encore fallait-il s’assurer que ses capacités en haut vol étaient restées intactes après sept semaines de captivité. Ce fut fait à l’aide d’un système à long filin adapté à la circonstance. C’est ainsi que l’après-midi du mercredi 6 octobre allait voir

Bon vent à notre faucon ! • Alain Deschandol CHENE • • alain.deschandol@wanadoo.fr

Libération du faucon - photo : A. Deschandol © LPO Mission Rapaces - Les notes du pèlerin n° 17 et 18 - mars 2011 ‑

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Scandale Un pèlerin plombé en Seine-et-Marne Fin novembre 2010, un particulier a découvert un faucon pèlerin dans son jardin, situé sur la commune de SaintBarthélémy en Seine-et-Marne (77). En voulant le photographier, l’observateur s’est rendu compte que l’oiseau ne parvenait pas à prendre son envol et s’était posé au sol en catastrophe. Adoptant le bon reflexe, ce monsieur a tout de suite contacté le centre de sauvegarde de son département, géré par l’association Chevêche 77. La radiographie établie par le centre a

révélé une fracture du poignet droit et la présence d’un plomb. L’oiseau a donc été victime d’un tir de chevrotine. Suite à ce constat, trois associations (Chevêche 77, le CORIF et la LPO Ilede-France) ont déposé plainte contre X auprès du tribunal de grande instance de Meaux, pour tir à l’encontre d’une espèce protégée. Fort heureusement, grâce aux soins qui lui ont été apportés et la rapidité de sa prise en charge, ce faucon pèlerin a survécu. L’oiseau a depuis été transféré

Radio du plomb - Source Chevêche 77

dans les grandes volières du centre de soins UFCS de l’Yonne. Il devrait être relâché très prochainement. • Audrey Maurin • LPO Ile-de-France • ile-de-france@lpo.fr

Sensibilisation Retour sur le premier colloque national à Albi 19 et 20 novembre 2010 Encore un colloque, pourquoi faire ? Se rencontrer, confronter ses expériences, faire le point de la situation, vérifier des hypothèses, évaluer les actions entreprises, envisager l’avenir, tout ça à la fois. Il ne s’était encore jamais tenu en France de colloque consacré au faucon pèlerin. J’avais eu le privilège de participer en Grande-Bretagne, aux USA, à ces colloques organisés dans les années 60 dans l’urgence pour répondre à la question angoissante : pourquoi le pèlerin disparaissait-il si vite et si soudainement des pays développés ? Cette interrogation devait déboucher sur l’un des premiers combats écologiques, la découverte du rôle 14

assassin des insecticides organochlorés et l’interdiction des « dirty-five » (si ceux-là ont été bannis, d’autres ont pris le relais et le combat est toujours d’actualité). Le faucon pèlerin réunit dans sa perfection esthétique et dans ses performances beaucoup de l’admiration que l’on peut avoir pour un animal exceptionnel. Il est devenu de ce fait un symbole et un mythe. Et cela ne date pas d’hier : déifié par les égyptiens il y a plus de 5 000 ans sous la forme d’Horus ; son œil transformé en un hiéroglyphe signifiant la vision, le verbe voir, reconnu déjà pour son acuité ; totémisé par les indiens d’Amérique du Nord, encensé par tous les princes

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s’adonnant au sport aristocratique de la fauconnerie ; l’un des tout premiers oiseaux objet d’une protection juridique en Europe, pour être finalement abandonné comme « nuisible » à la vindicte des chasseurs ; enfin victime expiatoire de l’agriculture industrielle. L’épopée du faucon pèlerin aurait pu s’arrêter là, sans une poignée de mordus décidés à lui éviter ce sort funeste. Quelques-uns de ces pionniers étaient à Albi, avec le plaisir du devoir accompli et de la réussite improbable. Ceux-là qui avaient participé à la surveillance anxieuse des dernières couvées, qui avaient pourchassé les dénicheurs, déjoué les ruses des trafiquants internationaux, convaincu les autorités


de ce pays de protéger enfin les rapaces et le faucon pèlerin, obtenu la mise sous protection des sites de nidification, pouvaient se réjouir. Pour une fois un colloque ornithologique ne débouchait pas sur un cri d’alarme ou un constat d’échec. La plupart des objectifs ont été atteints et l’espèce se porte bien. Elle nous offre même le plaisir de visiter nos villes, de s’y installer, et de se donner en spectacle au plus grand nombre. Le dernier soir du colloque, à la tombée du jour, depuis le parvis de l’admirable cathédrale d’Albi, patrimoine mondial de l’Unesco, il nous fut donné d’admirer le vol du

Soirée grand public animée par Allain Bougrain Dubourg photo : D. Alquier ©

couple de faucons nichant dans le clocher dominant la ville et le Tarn. L’un des adultes s’élançait même pour capturer en plein vol un pigeon

Participants au colloque - photo : D. Alquier©

bien imprudent sous les hourras des observateurs enthousiastes. Pour en savoir plus sur tout ce qui a été exposé, reportezvous aux actes du colloque qui seront publiés cet été. Remercions pour cette initiative la Mission Rapaces et pour sa parfaite organisation la LPO Tarn, ainsi que les élus de la ville d’Albi, en particulier son maire, monsieur Philippe Bonnecarrère, pour leur intérêt envers ce « monument » de notre faune sauvage. • Jean-François Terrasse • LPO Mission Rapaces •

Dépliant Les outils de sensibilisation consacrés au faucon pèlerin sont encore insuffisants, alors que le besoin de sensibiliser les pratiquants de sports de pleine nature, les randonneurs, les citadins, le grand public, etc. s’avère, aujourd’hui, plus nécessaire que jamais. Pour contribuer à palier ce manque, nous avions prévu de réaliser un dépliant sur l’espèce, sur le même modèle que les dépliants sur les busards, le milan royal et la chevêche. Malheureusement, notre demande de subvention n’a pas été retenue. Nous

tâchons donc de rechercher d’autres financements pour vous proposer ce dépliant au plus vite. En attendant, nous avons toujours des cahiers techniques et des affiches sur le faucon pèlerin en stock. Ils sont disponibles gratuitement auprès de la

Mission Rapaces de la LPO (rapaces@lpo.fr). • Fabienne David • LPO Mission Rapaces •

LPO Mission Rapaces - Les notes du pèlerin n° 17 et 18 - mars 2011 ‑

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Bulletin de liaison du réseau faucon pèlerin


Appel Ă textes et illustrations

Dessin : Alexis Nouailhat Š

Nouveau site web ! L’Observatoire rapaces se dote d’un site internet LancÊ dans la continuitÊ de l’Enquête rapaces (2000-2002), l’Observatoire rapaces est un programme visant à suivre l’Êvolution des populations de rapaces nicheurs diurnes en France. CoordonnÊ par la Mission Rapaces de la LPO en collaboration avec le CNRS de ChizÊ, il mobilise chaque annÊe de plus en plus d’observateurs. Le principe de ce programme consiste à recenser tous les couples nicheurs de rapaces diurnes prÊsents sur un carrÊ de 25 km². Le carrÊ est à choisir parmi cinq carrÊs tirÊs au sort chaque annÊe dans chaque dÊpartement. Ce nouveau site Internet fournit toutes les informations pratiques sur le programme. Il permet en outre de visualiser le tirage des carrÊs rapaces.

DÊveloppÊ par Biolovision, ce site est connectÊ avec les sites Visionature dÊveloppÊs dans de nombreux dÊpartements et rÊgions et permet de saisir ses donnÊes en fin de saison de nidification. DestinÊ tant aux spÊcialistes qu’aux dÊbutants, ce site propose aussi des prÊsentations gÊnÊrales sur les rapaces.

Le site internet consacrÊ au faucon pèlerin est en cours de refonte et ne demande qu’à être enrichi de vos tÊmoignages, vos expÊriences ou vos anecdotes de terrain. N’hÊsitez pas à nous faire partager ces informations ! Continuez Êgalement à nous transmettre vos photos et vos dessins, indispensables à l’illustration de nos outils de communication ! Enfin, les articles qui peuvent enrichir les prochains numÊros du bulletin les notes du pèlerin sont toujours les bienvenus, de même que toutes remarques et suggestions dont vous pourrez nous faire profiter. Vous pouvez nous les adresser à fabienne.david@lpo.fr ou à la LPO Mission Rapaces, 62 rue Bargue, 75015 Paris. D’avance merci pour vos contributions ! • La Mission Rapaces • Photo : Claude

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Rendez vous vite sur le site internet et participez à l’Observatoire rapaces dès cette annÊe ! • Fabienne David • LPO Mission Rapaces •

observatoire-rapaces.lpo.fr

Le Pennec Š

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Les notes du pèlerin Bulletin de liaison du rÊseau  faucon pèlerin , disponible sur le web (http://pelerin.lpo.fr et sur http://rapaces.lpo.fr/) Avec le soutien de la DRIEE Ile-de-France, de la sociÊtÊ Cemex et des donateurs de la LPO LPO Š 2011 - papier recyclÊ RÊalisation : LPO Mission Rapaces, 62 rue Bargue, 75015 Paris, rapaces@lpo.fr Conception & rÊalisation : Charlotte Demartini, Fabienne David et Yvan Tariel ; Relecture : Danièle Monier D’après une maquette de la tomate bleue

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Les notes du pèlerin 17/18 - mars 2011  

http://rapaces.lpo.fr/sites/default/files/mission-rapaces/36/les-notes-du-pelerin-1718-web.pdf

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