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Photo : Fabrice Cahez ©

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Comptes-rendus des 15e rencontres. Deux-Sèvres-2008

Suivi et protection Protection dans les Deux-Sèvres 25 ans de suivi en marais poitevin Comptage des dortoirs postnuptiaux

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Etudes La mue des femelles de busard cendré Biologie comparée du Busard des roseaux

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Milieux naturels Le busard Saint-Martin en forêt d’Orléans 8 Gestion de milieux dans le sud Massif central 9 Nidification dans le Gard 10 Gestion de friches dans le Rhône 12 Projet de gestion en marais poitevin 913 International Suivis satellitaires et hivernage 13 Vie du réseau Pourquoi une fiche de nid 15 Animation du réseau en 2008 16

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n° 20 / 21 - Octobre 2009

Y’a plus de saison… Il n’est pourtant pas si loin le temps où le surveillant busards ne s’occupait des busards que quelques semaines en juin et juillet. Et une fois les nids protégés, chacun repartait à ses occupations. C’est donc bien fini ce temps où on prenait le temps ?! Est-ce la mondialisation qui nous a rattrapés? Quand on fait le tour des comptes rendus des dernières circus’laires, nous ne pouvons que constater que le temps consacré aux protections «en urgence, voire à la sauvette» sur le terrain (le simple déplacement de nid) diminue beaucoup par rapport au temps passé aux contacts et discussions avec nos partenaires et autres collaborateurs. Nous étions bien contents de les voir partir pour des contrées étrangères, nos busards ; et voilà que d’année en année, nous nous posons des questions sur ces pays éloignés, et en même temps, nous sommes obligés de nous investir tout au long de l’année dans des réunions de travail pour trouver une porte de sortie à notre éternel problème : Comment faire pour que les busards n’aient plus besoin de nous ? Qui trouvera la solution ? Notre secret espoir qu’un jour nous n’aurons plus qu’à prendre du plaisir à les observer simplement… En attendant, nous allons encore nous réunir, nous mobiliser inlassablement avec nos petits moyens pour que l’année prochaine, nous soyons prêts pour le retour de nos protégés, qui eux, inlassablement refont la même route depuis bien plus longtemps et ce malgré les embûches que notre monde invente sournoisement ou inconsciemment chaque jour. Nul doute que nos réflexions serviront à la cause…mais quand même, il y a des jours où on préfèrerait ne pas savoir…. que la situation est grave! Bonne lecture Jean-Luc Bourrioux Cirscus’laire Rapaces Octobre 2009. Circus’lairen°20/21 n°20/21--LPO LPOMission Mission Rapaces Octobre 2009. Migration info-n°1 - avril 2007

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Suivi et protection Situation et suivi des busards dans les Deux-Sèvres Le but de cet exposé est de présenter la situation des trois espèces de busards dans le département des Deux-Sèvres, situé dans la région Poitou-Charentes. Les plaines céréalières occupent le nord-est et le sud du département. Le reste est occupé par du bocage. Moins de 8 % est couvert par des boisements ou forêts. Le busard des roseaux, le busard Saint-Martin et le busard cendré nichent tous en Deux-Sèvres. Des observations régulières de busard pâle sont aussi recensées dans le sud du département. Le busard des roseaux est présent dans le Marais poitevin et conquiert

petit à petit les plaines céréalières où ils seraient représentés par 25 des 40 couples localisés dans le département. Cela représente 2 % de l’effectif national. Le busard Saint-Martin est présent dans les plaines et les bocages où il atteindrait 500 couples soit 5 % de l’effectif national. Le busard cendré est présent seulement dans les plaines céréalières et la forêt de Chizé et compterait 300 couples, soit 7 % de l’effectif national, plaçant les DeuxSèvres au premier rang français. L’histoire de la protection en DeuxSèvres débute en 1987 avec un site suivi pendant quatre ans dans le nord-est. Depuis 1994, le CNRS de Chizé mène des études scientifiques sur les busards et assurent leur protection dans la plaine de Niort sud-est. Le GODS met en œuvre le suivi et la protection des busards dans les plaines bordant le Marais poitevin depuis 1998. En 2007 et 2008, deux nouvelles zones sont suivies : la plaine de La Mothe-StHéray Lezay au sud-est et la plaine d’OironThénezay au nord-est. Les zones couvertes représentent Sites de suivi dans les Deux-Sèvres et densités en 2008. aujourd’hui Réalisation : J-F. Berthomé. Gods

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Circus’laire n°20/21 - LPO Mission Rapaces - Octobre 2009.

Localisation des Deux-Sèvres. Réalisation : Gods 158 000 ha, soit le quart du département. Le marquage en 2007 et 2008 a atteint 569 jeunes dont 286 sur la zone d’étude du CNRS. Les densités par zones d’études montre que les densités de nids trouvés sont assez hétérogènes avec la plaine de Niort nord-ouest qui dépasse 33 nids pour 100 km², valeur similaire aux maxima observés en France. Un zoom est proposé sur les plaines du Marais Poitevin pour le busard cendré entre 1999 et 2007. Les productions d’œufs, de poussins et de jeunes à l’envol suivent des cycles très marqués, les années pics sont 1999, 2002 et 2007. Le nombre maximal de jeunes à l’envol est atteint en 2007 avec 53 jeunes pour 17 nids découverts. L’année 2003 est de triste mémoire puisque aucun jeune à l’envol ne fut recensé pour 10 nids trouvés. Depuis 1999, la part des jeunes sauvés par les actions de protection ne cesse d’augmenter avec un record de 83 % en 2004. L’observation des tendances d’évolution des productivités de jeunes volants montre que sans la protection, cette population locale déclinerait. La protection permet d’augmenter la productivité d’un jeune par couple sur les 10 années.

• Xavier Fichet

Groupe ornithologique des Deux-Sèvres xavier@ornitho79.org


La protection du busard cendré en Marais poitevin et plaines adjacentes : principales observations sur 25 ans de suivi Contexte Depuis quand les busards, notamment cendrés, nichent-ils au sein des céréales ? Aujourd’hui c’est largement le cas. Mécanisation, variétés précoces…depuis 1945 les pratiques agricoles se sont très largement modifiées. Bien des poussins ne sont pas encore volants qu’arrive l’heure des moissons. Cette situation a conduit des ornithologues, dès 1976 en France et 1982 dans le Marais poitevin, à se rapprocher du monde agricole afin de mettre en œuvre des actions de sauvegarde de l’espèce. Prospecter la zone, repérer le champ dans lequel est présent un couple, obtenir l’autorisation de localiser le nid dans la parcelle, localiser le nid, mettre en place un enclos grillagé de protection en cas de besoin, voire prélever les œufs ou très jeunes poussins et les confier au centre de soin en cas de pontes tardives, sont

les tâches répétées inlassablement année après année par les « bergers des busards ». Dans la zone des « Prises » (Marais poitevin central) cette action a démarré dès 1982. Trois secteurs se sont ajoutés en 1999 : la plaine de Niort Ouest, le contact Marais poitevin Nord/ plaine de Luçon – Fontenay-leComte, le contact Marais poitevin Sud / plaine d’Aunis. Cette action a été soutenue, dès son origine, par le Fonds d’intervention pour les rapaces en son temps, aujourd’hui la LPO Mission Rapaces, le Parc naturel interrégional du marais Poitevin, le Groupe d’études et de développement agricole plaine marais et, heureusement, les nombreux exploitants détenteurs d’un nid de busard cendré dans leur culture. Plus récemment s’est adjoint le Groupe ornithologique des Deux-Sèvres. Les présentes lignes précisent quelques-unes des conclusions principales auxquelles

conduisent l’analyse des données faite sur ces deux pas de temps et ces quatre secteurs.

Résultats et conclusions Ce sont, durant 25 ans, un peu plus de 1 300 nids qui ont été visités pour un total de 8 000 journées/homme et… 263 300 km parcourus. En moyenne, chaque nid nécessite 200 km pour être découvert et protégé. Ces nids ont produit 3 800 jeunes dont 2 900 se sont envolés, soit 1 500 avant les moissons, 1 400 après les moissons, ces derniers se répartissant en 940 envols protégés par un enclos en plein champ et 460 élevés en centre de soin. Cela peut surprendre mais c’est un fait : globalement le nombre de nids trouvés est en légère progression. Malgré des variations entre secteurs, le taux des nids productifs de 78 % est quasi-identique au taux de

Nidification du busard cendré observée dans le Marais poitevin de 1982 à 2007. Réalisation : PIMP. Cirscus’laire n°20/21 - LPO Mission Rapaces - Octobre 2009.

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survie des jeunes, 77 %, soit plus des trois quarts des nids trouvés et des jeunes à l’envol. Plus surprenante, est l’ampleur locale des amplitudes en nicheurs entre « année creuse » et « année pleine ». Ce nombre peut varier d’un facteur 8 ! Le facteur moyen est de 4. Dans cette situation, seul un recul d’une dizaine d’années au moins, permet de donner une tendance de l’évolution d’une population locale nicheuse. Pour mesurer l’importance réelle de la « surveillance » des busards, sont distinguées deux catégories d’envols. Les « envols avant moissons » des « envols protégés » (qui cumulent les envols après moissons et les oiseaux à l’envol en centre de soins). Les premiers n’ont pas besoin de nos actions, la survie des seconds en dépend entièrement. La productivité avant moissons, avec un taux de 1,12 poussin à l’envol par couple est à peine supérieure à la productivité protégée avec un taux de 1,04. Jusqu’à présent, globalement, 52 % des envols ont eu lieu avant les moissons, 48 % des envols étant ainsi protégés. Malheureusement cette situation ne semble pas devoir s’atténuer mais bien plutôt s’accroître. La tendance actuelle est en effet à l’inversion de ces valeurs. Les tendances étant de seulement 42 % des envols avant moissons et donc 58 % d’envols protégés. C’est dire que c’est moins d’un poussin sur deux qui, dans des conditions similaires, prend aujourd’hui son envol là où n’existent pas d’actions de protection ce qui compromet gravement l’avenir des populations. Corollaire, grâce aux actions de protection agriculteurs/protecteurs, la productivité globale (avant et après moissons) est de 2,17 poussins à l’envol, situation satisfaisante pour la survie des populations. A noter toutefois que deux des quatre secteurs, la plaine de Niort et le Marais poitevin Central, avec des taux respectifs de productivité de 0,97 et 0,86 jeune à l’envol par couple avant moissons, en assurant des taux de 0,95 et 1,16 poussin à l’envol protégé, peinent à atteindre des productivités globales de 1,92 et 2,01. Par contraste, en plaine d’Aunis et Marais poitevin Sud, avec 4

des taux d’envols avant moisson de 1,62 et 2,12 et des taux d’envols protégés de « seulement » 0,61 et 0,75, les productivités globales pavoisent avec des taux de 2,23 et 2,87 ! Ces chiffres et d’autres permettent de déduire que, plus les nombres de nids productifs et d’envols avant moissons sont importants, plus la survie des jeunes est forte, malheureusement, quelle que soit l’importance des envols protégés, dans une situation de nids productifs et d’envols avant moissons, faible, les efforts de protection ne compensent pas cette faiblesse. Une précision s’impose toutefois… Les envols protégés (envols après moissons et centre de soins) n’ajoutent rien à la productivité naturelle. Ils tendent seulement à éviter les pertes importantes qui résultent des activités humaines.

Pour l’avenir, quelles solutions « durables » envisager ? Deux facteurs dominent l’avenir des busards : le décalage des envols par rapport aux moissons et l’état des populations proies. Sur certains sites sont expérimentés des espaces spécifiquement dédiés à la nidification. Les « terres à blé » font partie des plus prisées. Les évènements mondiaux le démontrent : l’accroissement rapide de la population humaine, la concurrence entre production alimentaire et énergétique, les spéculations financières sur les céréales ne font et ne feront que s’amplifier et donc accroître les tensions sur ces terres. Est-il possible, dans de telles conditions, et à l’heure où les jachères retournent en cultures, d’envisager, localement au moins, des îlots d’une vingtaine d’hectares dédiés à cette nidification des busards, ou à la préservation localisée de populations proies ? La réponse semble contenue dans les enjeux décrits. Le « couvert » étant avec le «gîte » la seconde mamelle de la survie de la biodiversité, localement, des études plus précises des fluctuations, d’origine en partie naturelle en partie anthropique (par empoisonnement) des populations

Circus’laire n°20/21 - LPO Mission Rapaces - Octobre 2009.

du campagnol, pourraient peutêtre permettre d’assurer « un minimum » en cernant plus précisément les « coûts/bénéfices » du maintien d’un niveau à définir, des populations printanières de campagnols ? Une telle question, pour les mêmes raisons que précédemment, est-elle seulement envisageable ? En définitive, pour l’heure, seules les actions conjointes agriculteurs/ protecteurs, lourdes il est vrai dans leur mise en oeuvre, reposant pour partie sur le bénévolat des uns et la bonne volonté des autres et pour partie sur les soutiens institutionnels (Parc interrégional Marais poitevin) et associatifs (Groupe ornithologique des DeuxSèvres, mission rapaces LPO) ont permis d’assurer la survie de ces populations. Il est plus que probable que ces actions resteront pour longtemps encore, la clef de voûte du maintien (espérons-le) du statu quo de l’espèce. Seules en effet, dans nos secteurs où l’agriculteur imprime de son sceau le milieu, ces actions conjointes semblent–pour l’heure tout du moins-en mesure de maintenir une certaine stabilité des effectifs du busard cendré.

• Christian Pacteau

LPO Vendée pacteau.christian@wanadoo.fr En collaboration avec : Xavier Fichet GODS xavier@ornitho79.org Christian Gonin, LPO Vendée chgonin@aol.com Fabien Mercier LPO Charente-Maritime charente-maritime@lpo.fr Damien Rochier LPO Vendée lpo.sudvendee@wanadoo.fr


Méthodes de comptage des dortoirs estivaux de Busards dans la Vienne Contexte Depuis l’été 2005, des recherches individuelles (Richet, 2008), complétées par une mobilisation associative de la LPO Vienne en 2007 et 2008 ont permis de recenser jusqu’à 10 dortoirs différents la même saison sur un secteur d’environ 400 km², situés principalement sur la ZPS de Neuville du PoitouMirebeau. On peut donc parler ainsi de « redécouverte » des dortoirs décrits en Vienne depuis le XIXe siècle (Barbier-Montault, 1872). Les dortoirs d’aujourd’hui se situent principalement dans les luzernes à graines, fauchées en fin d’été et aussi dans les jachères non broyées à ces mêmes dates. Les premiers rassemblements sont notés autour des colonies de reproduction dès le début du mois de juillet, et les derniers dortoirs sont désertés début septembre, lorsque s’achève le passage migratoire du busard cendré dans le centre-ouest de la France. Pour cette étude, nous avons suivi quatre dortoirs en particulier (doc 1), qui présentent la même caractéristique d’être difficilement observable dans leur totalité par un seul observateur, à cause du relief et des ruptures de pente. Nous exposons ici deux méthodes expérimentées sur les mêmes dortoirs, que nous comparons à la méthode simple d’observation par un seul observateur.

Méthode des entrées et sorties Les busards arrivent souvent un par un depuis différents points cardinaux, mais parfois aussi par « paquets » de deux à 10 individus, et les survols peuvent durer plusieurs minutes. Certains oiseaux font des allers et retours entre les zones de pose autour du dortoir et le dortoir lui-même. Un observateur seul peut donc effectuer des doubles ou multiples comptages du même individu, ou à l’inverse rater des individus qui arrivent masqués par le micro-relief ; d’où la nécessité de compter à plusieurs, soit du même point, ou mieux en se disposant autour du dortoir (méthode dite

«des entrées et sorties»). Il s’agit de placer des observateurs tous les 100 à 250 m autour d’un gîte nocturne, suivant les conditions de visibilité et les ruptures de pente. Chacun de ces observateurs doit voir Doc1 : Cartographie du secteur et des dortoirs trouvés. A.Leroux sur un côté jusqu’à un repère bien identifiable. Par le lever du soleil sur le terrain (ce qui nous donne un lever en août exemple cela peut être l’observateur entre 4 et 5 h TU). Le choix de la voisin le plus proche sur la droite bonne position est essentiel, et les (mais rien n’empêche de choisir la localisations le ou les soirs précédant gauche !), l’essentiel étant que tous le comptage matinal sont nécessaires comptent du même côté les allers pour se mettre en bonne position et venues au dessus d’une ligne d’observation. En se plaçant de imaginaire (doc 2). En soustrayant façon à être en contre-plongée, les sorties aux entrées, on obtient le sur fond de ciel, les busards sont nombre de busards restés au dortoir. comptés au décollage. Pour les dortoirs étudiés de cinq à 10 ha, le nombre d’observateurs, avec Conclusion et perspectives ou sans jumelles, varie entre un et six.

Méthode de l’observation matinale Cette méthode présente l’avantage de pouvoir être employée par un seul observateur, mais n’a pas à ma connaissance été beaucoup pratiquée. Décrite par Leroy (2001), elle s’adresse aux lève-tôt, car il faut être environ une heure avant

La méthode des entrées et sorties s’est avérée très efficace, même avec des observateurs inexpérimentés et sans jumelles. Cette méthode est utile pour des effectifs supérieurs à 50 busards et qui arrivent de tous les côtés. Les « sorties » représentent entre 25 % et 40 % des effectifs comptés (entre 50 et 86, n=2).

Doc 2 : Dortoir de Vouzaille avec schéma de comptage «des entrées et sorties sur une ligne » à 4 ou 6 observateurs (A,B,C,D, e, f). A.Leroux Cirscus’laire n°20/21 - LPO Mission Rapaces - Octobre 2009.

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La méthode matinale a montré une parfaite adéquation avec les effectifs du soir (45 contre 46), mais le nombre d’essais est encore faible, il importe donc de continuer les observations dans les années qui viennent. Les comptages concertés de 2008 ont totalisé 278 individus (dont moins de 10 % de busards Saint-Martin et quelques busards des roseaux) sur huit dortoirs le même soir avec 31 observateurs. Sur les deux mêmes dortoirs principaux, 140 busards sont dénombrés en 2008 contre 212 en 2007. Ces recensements prouvent bien leur utilité pour comparer les deux années 2007 (bonne production de jeunes) et 2008 (moyenne production). La détermination des codes alaires,

quoique difficile aux dortoirs permettra de connaître les apports migratoires. Les codes devront être observés lors des arrivées aux prédortoirs (télescope et photos), afin de mieux appréhender les apports exogènes au secteur et le brassage des populations lors des étapes avant la migration vers l’Afrique. Bibliographie citée : BARBIER-MONTAULT 1872. Le Busard Montagu. Bull. Des Amis des sciences naturelles de Rouen. LEROY Thierry 2001. Suivi de dortoir automnal de busards (Circus sp.) à la narse de Lascols (Cussac, Cantal). Le Grand-Duc 57 : 19-23. RICHET Jean-Michel 2008. Une

redécouverte récente dans nos régions de plaines : les dortoirs de Busards. L’Outarde 45 : 10-13. Remerciements : Je remercie l’ensemble des observateurs de la LPO Vienne qui ont participé aux comptages collectifs : par exemple jusqu’à 31 personnes le même soir du 13 août 2008, et particulièrement les chercheurs et les découvreurs des dortoirs : J-M.Richet, R.Bouard, G.Faupin, T.Williamson, et tous les autres.

• Alain Leroux LPO Vienne albc@sfr.fr

Etudes Pourquoi les femelles de busard cendré muent pendant la reproduction ? Chez les oiseaux, la mue et la reproduction représentent chacune un investissement énergétique important pouvant être à l’origine d’un compromis d’allocation d’énergie lorsqu’elles se déroulent au même moment. Les busards cendrés renouvellent complètement leur plumage une fois par an. Alors que les mâles commencent leur mue après la période de reproduction, les femelles muent quelques rémiges primaires au cours de la saison de reproduction. Bien qu’il y ait ce

Date d’initiation de la mue par rapport à la date de ponte. Réalisation : M.L.Gourlay 6

décalage dans le démarrage, la mue se termine en même temps (févriermars) pour les deux sexes, sur le sol africain d’hivernage. Dans notre étude, nous nous sommes limités au remplacement des rémiges primaires (au nombre de dix chez cette espèce), qui couvre tout le cycle de mue. Nous avons regardé si la stratégie de mue adoptée par les femelles était modulée par leur âge. Nous avons ensuite évalué de quelle manière les femelles qui se reproduisent ajustent le déroulement de leur mue d’année en année en fonction de la qualité de leur environnement (qui dépend essentiellement des phases du cycle de pullulation des campagnols). Enfin, nous avons vérifié si la mue et la reproduction étaient alors effectivement en « compétition ». Parmi les 406 femelles observées, 82,6 % ont remplacé au moins une plume (max = 3 ; moyenne = 2,4 ±1,2). Les jeunes femelles d’un an (yearlings) remplacent plus de plumes et initient leur mue plus tôt après leur ponte que les adultes d’au moins deux ans. L’abondance de campagnols influence la mue des

Circus’laire n°20/21 - LPO Mission Rapaces - Octobre 2009.

femelles : les yearlings remplacent plus de plumes et les adultes initient leur mue plus tôt lorsque l’abondance de campagnols augmente. On sait par ailleurs que l’investissement dans la reproduction augmente aussi avec l’abondance des campagnols. Cependant, pour un niveau d’abondance de campagnols donné, les femelles remplacent moins de plumes lorsque leur nombre d’œufs pondus est grand. De plus, les femelles retardent le début de leur mue par rapport à la date de ponte lorsque le nombre d’œufs pondus augmente. Ces deux derniers résultats confirment l’existence d’un compromis entre la mue et la reproduction.

• Marie-Lucile Gourlay CNRS Chizé marielarour@yahoo.fr

En collaboration avec : Vincent Bretagnolle CNRS Chizé breta@cebc.cnrs.fr Alain Leroux LPO Vienne albc@sfr.fr


Analyse comparée de la biologie de reproduction du busard des roseaux en Poitou-Charentes Comprendre les facteurs qui affectent la dynamique des populations à travers leur suivi est aujourd’hui incontournable en matière de conservation et de gestion de la biodiversité (extinction d’espèces, gestion des écosystèmes, etc.). Nous avons étudié, dans ce cadre et sur trois années successives (2006-2007-2008), un certain nombre de paramètres démographiques d’une espèce de rapace menacée en France, le busard des roseaux (Circus aeruginosus). Pour cela, nous avons comparé en particulier trois populations situées dans le centre-ouest de la France, et séparées de seulement quelques kilomètres de distance mais variant très fortement quant au type d’habitat disponible (Marais de Brouage, Marais poitevin et Ile de Ré). Les busards, et le busard des roseaux en particulier, sont des espèces très plastiques dans l’utilisation de leur habitat de reproduction, et nous pouvons donc supposer qu’un choix comportemental, lié aux coûts et bénéfices associés à l’utilisation d’un type d’habitat particulier, s’effectue au cours de la reproduction. Notre objectif dans cette étude a donc été d’analyser et de comparer les paramètres démographiques de ces populations sur les trois sites étudiés. Pour ce qui relève des dates de pontes, les trois populations s’avèrent relativement homogènes et le type d’habitat utilisé par les trois populations n’influence pas ce paramètre. Concernant la

taille de ponte et le volume des œufs, là encore le type d’habitat utilisé par les trois populations n’influence pas ces paramètres. Cependant, ces derniers semblent être influencés par les conditions environnementales annuelles, et ce, très probablement par l’intermédiaire de la quantité et de la disponibilité des ressources, variant elles aussi selon les conditions environnementales annuelles. Enfin, la population du Marais poitevin aurait tendance à produire plus de jeunes à l’envol que celles du Marais de Brouage et de l’Ile de Ré, où les densités de population sont cependant plus importantes, et ce, particulièrement dans le Marais de Brouage. Cette faible tendance pourrait s’expliquer par les moyens de protection mis en place sur ce site, la population de busard des roseaux nichant, comme le busard cendré, principalement dans le blé dans le Marais poitevin. En conclusion, nous n’avons donc pas mis en évidence de différence concernant les paramètres démographiques considérés dans cette étude, entre les trois populations de busard des roseaux. A l’avenir, il serait intéressant d’élargir les recherches sur d’autres sites d’études, situés toujours à proximité des précédents et variant également en type d’habitat disponible, comme par exemple les Marais de Rochefort ou les Marais du Blayais (en collaboration avec Marie-Françoise Canevet), mais également de poursuivre l’étude sur plusieurs années, afin d’analyser la dynamique temporelle de ces

Marais de Brouage. Milieux : roselières et prairies. Proies : poissons, insectes, reptiles-

Ile de Ré. Milieu : bosses salines. Proies : lapins

Marais Poitevin. Milieu : céréales Proies : micromammifères paramètres démographiques. . Audrey Sternalski CEBC-CNRS sternalski@cebc.cnrs.fr En collaboration avec : Vincent Bretagnolle Vincent Rocheteau CNRS Chizé

Comparaison des dates de ponte, taille de ponte et volume des œufs entre les trois sites d’étude. Réalisation : A.Sternalski Sites

Sites

35

25

15 Brouage

Poitevin

6

Moyenne volume oeuf

Taille de ponte moyenne

Date moyenne ponte

45

5 4 3 2 1 0 Brouage

Ile de Ré

Poitevin

Sites

43 41 39 37 35 Brouage

Ile de Ré

Marais Poitevin

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Milieux naturels

Les sites de nidification

Le busard Saint-Martin en forêt domaniale d’Orléans Le suivi du busard Saint-Martin en forêt domaniale d’Orléans fait parti du programme « Oiseaux des bois » coordonné par la LPO et l’Office national des forêts (ONF). Son objectif est d’approfondir les connaissances sur l’écologie de l’espèce, en particulier sur le choix précis des sites de nidification et, plus généralement, sur la biologie de la reproduction. L’objectif final du programme est d’élaborer un logiciel d’aide à la décision pour les gestionnaires forestiers publics et privés. La forêt domaniale d’Orléans, d’une surface de 35 000 ha, est constituée de peuplements de feuillus et de résineux entrecoupés de parcelles en régénération, occupées par une végétation de landes. La forêt est émaillée d’étangs. Le suivi s’effectuent en deux phases : un premier inventaire des sites favorables est réalisé sur base des cartographies et des données naturalistes. Dans un second temps, des prospections sont organisées dans les parcelles favorables et les couples cantonnés font l’objet d’un suivi régulier pendant toute la saison de reproduction. Ainsi, en 2008, 37 sites de reproduction ont été recensés, 28 couples se sont reproduits, 13 d’entre eux avec succès, et 34 jeunes ont pris leur envol. La hauteur et la densité de la végétation, et la

2007 2008 Année Couples territoriaux 14 37 Couples reproducteurs 8 28 Nombre de nids trouvés 2 7 Nombre d’échecs 6 15 Nombre de réussites 2 13 Nbre de jeunes à l’envol 5 34 Population estimée à 60 couples

Suivi de la reproduction (2007 et 2008) présence de prédateurs rendent le suivi particulièrement difficile. En particulier, afin de protéger les nichées, nous nous abstenons de rechercher les nids lorsque les jeunes ne sont pas encore volants. Afin de mieux comprendre les facteurs gouvernant l’installation des couples et les exigences des oiseaux, une fiche-type est remplie pour chaque nid trouvé. Les analyses factorielles seront réalisées par le MNHN. Nous avons ainsi constaté que le busard Saint-Martin semblait occuper préférentiellement les landes à callune. Les pelotes et les restes de proie ont été récoltés. Leur analyse devrait permettre de mieux connaître le régime alimentaire et, idéalement, les sites de chasse des busards qui se reproduisent en forêt.

Régénération de feuillus - photo : C.Lartigau

Landes sèches à callunes - photo : C.Lartigau Les zones de chasse

• Christophe Lartigau

Marie-des-Neiges de Bellefroid

Loiret nature environnement (LNE) christophe.lartigau@espaces-naturels.fr mariebellefroid.lne@orange.fr

Mois mars avril mai juin juillet août 1e 2e 3e 1e 2e 3e 1e 2e 3e 1e 2e 3e 1e 2e 3e 1e 2e 3e Décade Arrivée Parade Ponte Couvaison Eclosion Elevage Envol Apprentissage Dispersion

Chronologie de la reproduction du busard Saint-Martin en forêt d’Orléans

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Régénération de résineux - photo : G.Chevrier

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Cloisonnements - photo : MN.de Bellefroid

Cultures proches - photo : J.Dumont


Gestion de milieu dans les Cévennes (Gard) et exemple de maintien de zone herbeuse en tourbière pour un dortoir de busards Saint-Martin en Aveyron L’utilisation des milieux naturels reste significative en Aveyron puisque, au regard des cinq années de suivi réalisé au moins 50 % des busards Saint-Martin et 30 % des busards cendrés nicheraient dans des landes ou friches. De plus ces milieux sont fréquentés en tant que dortoirs post-nuptiaux et/ou hivernaux. Suite à ce constat, des mesures de gestion de milieux naturels ont été initialisées en 2007.

Aménagement d’une lande épineuse (Parc national des Cévennes-Gard) Réserve mondiale de la Biosphère, le Parc national des Cévennes se situe en zone de moyenne montagne. La régression importante du pâturage ovin, par abandon du pastoralisme, a permis aux buissons et broussailles de coloniser le milieu, créant ainsi des secteurs favorables à l’installation du busard SaintMartin. Bien que l’objectif principal du Parc soit la réouverture du milieu, celui-ci témoigne néanmoins d’une volonté réelle de préserver et d’aménager des « zones à busards ». C’est ainsi qu’au cœur du Parc, en zone Natura 2000, une lande à genêts et épineux de quatre hectares (prunellier, aubépine, églantier, ronce, poirier sauvage, etc.), en cours de reconquête forestière naturelle (pins, chênes), exposée sud-est, encadrée par des boisements domaniaux a fait l’objet d’un aménagement au cours de l’hiver 2007. En 1994, un couple de busard

et prairies humides aveyronnaises (Agence de l’eau et DRIRE) et d’un projet de valorisation pastorale et pédagogique labellisé par le Ministère de l’écologie et du développement durable, a été identifiée comme le dortoir de busards Saint-Martin le plus important connu en Zone enclose dans la lande épineuse - photo : B.Ricau Aveyron lors de l’hiver 2007/2008 (C.Delmas). A cette époque, une cinquantaine de cuvettes ont été Saint-Martin s’était reproduit dans comptabilisées dans les molinies, cette lande mais depuis 2003 celleune vingtaine d’autres dénombrées ci n’était utilisée par les oiseaux que dans les fougères et callunes comme terrain de chasse. surplombant la zone tourbeuse. Suite aux préconisations techniques Or, en 2007, le site avait subi un de P.Franco (réseau busard), pâturage assez lourd en juillet et transmises par mon intermédiaire aux gardes du Parc, 2,5 hectares sur août sauf dans un secteur maintenu en esclot. Cet esclot (molinies) quatre ont été enclos et aménagés avait été utilisé par les busards pour le busards : 15 plate-formes Saint-Martin dès le mois d’octobre. de 10 m² ont été débroussaillées Suite à ce constat, il a été décidé (cercles de 3,60 m de diamètre), de mettre en place un pâturage celles-ci étant dispersées dans les tournant afin que des zones 2,5 hectares clôturés. Suite à cela, herbacées non pâturées soient un couple de busard Saint-Martin toujours présentes. est venu s’installer pour nicher dans Le suivi régulier du site nous une des trouées réalisées… permettra très certainement d’affiner ces premières mesures de Maintien de zones herbeuses gestion en faveur du busard. en tourbière (Arvieu-Aveyron) Une tourbière en cours de réhabilitation dans le cadre des programmes Natura 2000 « tourbières du Lévezou » (ADASEA), d’un programme de préservation des tourbières

. Viviane Lalanne Bernard yves-bernard3@club-internet.fr

La tourbière “des Founs” - photo : Yves Bernard Cirscus’laire n°20/21 - LPO Mission Rapaces - Octobre 2009.

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Sites de nidification et protection en milieu naturel dans le Gard Présentation géographique du département Entre Provence et Languedoc, limitrophe des départements des Bouches-du-Rhône de l’Ardèche, du Vaucluse, de l’Hérault et de la Lozère, le département du Gard peut se comparer à un amphithéâtre dont les gradins descendraient des Cévennes vers la mer (borde la méditerranée sur 23 km). Deux grands types de climat, peu éloignés, cohabitent dans ce département. Le premier de type montagnard, froid, abondamment pluvieux est caractéristique de la montagne gardoise à plus de 1000 m d’altitude. Le second, qui nous intéresse plus particulièrement est de type méditerranéen (plus de 250 jours de soleil par an) à la sécheresse estivale fortement marquée, chaud et humide en automne. C’est le climat des plaines et garrigues gardoises. L’omniprésence du soleil (moyenne d’ensoleillement supérieure à 2 700 h par an), soutenu par l’impact du mistral (vent du nord, froid, sec et violent) canalisé par la vallée du Rhône, renforce cette impression de sécheresse. L’automne est marqué par d’importantes précipitations. Portées par les vents humides du sud-est ces pluies varient de 600 à 900 mm, et profitent peu à la végétation : ces pluies souvent torrentielles (notre région est sans équivalent dans le reste de la France) accélère l’érosion rapide des sols. Les surfaces agricoles occupent encore une place importante. Souvent localisées dans les parties basses de la garrigue (poljé, ouvala…) elles sont constituées essentiellement de vignobles, vergers, cultures maraîchères et de plus en plus de céréales. Mais c’est la garrigue qui forme l’essentiel du paysage. Adapté à ces conditions climatiques très rudes, les groupements végétaux qui dominent sont riches en espèces ligneuses sempervirentes et

xérophyles. Cette chênaie d’yeuses peut atteindre parfois 15 m de haut mais elle passe graduellement de peuplements forestiers assez denses, le plus souvent en taillis, à des boisements clairs, des broussailles et des pelouses à brachypodes.

Description de la garrigue et du maquis

sur des terrains siliceux où de nombreuses espèces buissonnantes forment une végétation fermée (chêne liège, les cistes, bruyères arborescentes, arbousier, ajoncs). Je précise que le maquis est beaucoup moins important sur le département, plutôt localisé avec sa végétation qui lui est propre comme décrit ci-dessus.

Entre les Gorges de l’Ardèche Le busard cendré dans la garrigue au nord et la faille de Nîmes au sud, les garrigues couvrent Dans notre département, le busard actuellement plus de la moitié de cendré arrive vers le début du mois notre département. La garrigue s’est d’avril. Les premières pontes ont constituée dès la préhistoire, fin du lieu vers la fin de ce même mois et néolithique (2 500 ans av. J-C.). les toutes premières naissances vers L’homme était chasseur et nomade ; la fin du moi de mai. Le territoire il s’est sédentarisé et a commencé est vaste car la garrigue gardoise à détruire la forêt par le feu et la s’étend sur plus de 2 500 km², et hache, puis par l’élevage des chèvres par moment on se sent noyé dans et des moutons. Le défrichement l’immensité des paysages. Notre ou les activités pastorales et busard cendré semble être très agricoles se sont poursuivis à exigeant pour l’installation du futur l’époque romaine, au Moyen Age couple ; ses choix tiennent aussi et jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. La bien du mâle que de la femelle. dégradation s’est interrompue à la Dans le Gard, la nidification du fin du XIXe et début du XXe siècle. busard cendré se situe autour De nos jours, la progression de Nîmes, car il y a une forte de la garrigue pour atteindre le concentration de garrigues et sur stade de la forêt climacique est des distances qui vont de 15 km freinée par les phénomènes érosifs et les incendies. Cette unité physionomique certaine constitue le milieu de prédilection pour la nidification du busard cendré dans notre département. Celle-ci est constituée de végétation basse (moins de 2 m) plus ou moins ouverte, composée d’arbustes (chêne kermès par ex.), d’arbrisseaux, et de sous-arbrisseaux ancrés sur Site de nidification en garrigue - photo : F.Arrias des sols de type calcaire. Les plantes associées aux garrigues basses sont le buis, le genévrier, le thym, le romarin, la lavande ou la sauge. Si la flore, par sa beauté et son charme, constitue la richesse des garrigues, elle abrite aussi une grande variété de mammifères, d’oiseaux, de reptiles et d’insectes. Le maquis lui est de formation végétale arbustive haute (3 et 10 m) ; et, à l’opposé Nid dans le chêne kermès - photo : F.Arrias de la garrigue, le maquis s’installe

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au sud-est, 26 km au sud-ouest, 33 km à l’est, 26 km vers le nord pour le plus près et 91 km vraiment au nord du département. Sur la plupart de nos sites, il y a entre deux et trois couples en moyenne dont les distances entre les nids sont très variables : cela peut être de 31, 60, 397, 500, 641 m. Une autre particularité de notre busard cendré est que ce dernier niche toujours à proximité d’une piste DFCI (piste pour incendie), d’un petit chemin ou d’un sentier, pour lesquels les distances sont très variables pouvant aller de 14, 40, 50, 110 m voire plus pour certains sites. La plupart des nids sont sur des mouvements de terrains légèrement encaissés à l’abri des vents, alors que d’autres se placent au pied d’un jeune pin d’Alep ou à proximité d’arbousiers. L’altitude des nids va de 63 m à 218 m en 2008 et de 33 m à 207 m en 2009. Sur la plupart des sites la végétation dominante est le chêne kermès et à leur périphérie les ligneux. La hauteur moyenne au moment de la nidification est de 70 à 80 cm et pendant le cycle biologique, suite à de nombreuses pluies, la végétation atteint un mètre et plus. Les nids ont un diamètre compris entre 20 et 25 cm et sont constitués d’herbes pour certains ou de brindilles de bois et aiguilles de pin pour d’autres. L’ensemble des sites où sont installés les couples se trouvent à proximité de cultures fournissant ainsi l’essentiel de la nourriture en plus de celle fournie par les garrigues. Dans notre département, l’essentiel de la nourriture est composée d’insectes, petits passereaux et micromammifères. Les distances parcourues par le busard cendré depuis son site de nidification pour aller chercher de la nourriture dans les cultures avoisinantes est très variable, cela peut aller de 27, 80, 100, à plus de 900 m. Il a été constaté dans notre département que certains couples nichent sur des sites composés uniquement de chêne kermès alors que d’autres ont tendance à se mettre sur des terrains où garrigues et maquis se mélangent, rendant ces secteurs presque impénétrables. Ce fait a été fortement observé en 2009.

Le prédateur le plus assidu est le sanglier. Nous avons aussi une forte présence du milan noir sur certains sites, puis corvidés, mustélidés et autres... Je reviens sur le milan noir qui sur certains de nos sites ne cesse de déranger les couples et n’hésite pas à s’en prendre aux femelles, et bien souvent, est Le premier site de nidification en culture - photo : F.Arrias responsable de la prédation des œufs et des jeunes. assisté se sont effectués à 17h et Ces nombreuses perturbations 18h30 ; quant aux appariements ils tant par le sanglier que le milan ont été observés à 11h30 et 15h45 noir et corvidés provoquent le sur des sites différents. Le transport déplacement des couples (constaté de brindilles pour la confection du en 2009 sur un site). nid a été observé dans la matinée. Le busard cendré du Gard bénéficie L’année 2009 a été marquée par d’un immense territoire pour deux nidifications exceptionnelles en milieux céréaliers à Barjac (au nidifier. Celui ci est constitué d’une nord du département) et cela végétation dense et agressive qui fut une première pour nous qui lui assure une protection tant sommes habitués à le suivre en terrestre qu’aérienne et un réservoir garrigues. Nous avons mis en place de nourriture non négligeable. les dispositifs employés en cultures Le climat bien qu’exceptionnel est éprouvant pour les jeunes en céréalières pour la première fois période de fortes chaleurs, ainsi que dans le Gard. Nous sommes fiers et heureux de dire que sur les deux par fortes pluies durant la nuit, qui nids, un a donné trois poussins qui peuvent causer des dégâts suivant le stade phénologique des poussins. ont pu prendre leur envol ; quant au deuxième, les deux œufs n’ont Durant ces deux années consacrées pas éclos. La cause probable semble à l’étude, au baguage et au être due au manque d’assiduité marquage alaire, j’ai pu constater de la femelle aux premières heures que notre département lors de la de la couvaison ou bien à d’autres période de nidification possède une paramètres inhérents à la jeunesse richesse exceptionnelle de couples que nous avons pu dénombrer. Cela de cette femelle. Pour terminer, dit, nous sommes loin du compte et un couple s’est également installé dans une friche abandonnée à de nos surprises. proximité de cultures céréalières. Une journée avec le busard cendré, Ceci est également une nouveauté mais malheureusement, le nid qui en période de nidification ne contenait qu’un seul œuf a été également prédaté. Après de nombreuses heures passées sur les sites, les constats sont les suivants : • Frédéric Arrias Gogard Le busard cendré entre en activité yolande.arrias@sfr.fr vers 06h30 le matin au lever du jour pour aller chasser, alors que les femelles sont actives un peu plus tard dans la matinée. Les après-midi se décomposent par des absences (2 à 3 h), des retours avec survol du site, parades aériennes, prises de serres entre le mâle et la femelle, poses sur affût (arbre mort ou pin) et nettoyage du plumage. Les échanges de proies auxquelles j’ai Cirscus’laire n°20/21 - LPO Mission Rapaces - Octobre 2009.

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Gestion de friches dans le Rhône résultats forts encourageants car et ne pouvons pas gérer plus de Le département du Rhône héberge nous avons pu ainsi fidéliser quatre trois friches par saison. En effet, une quarantaine de couples de à cinq couples sur une friche (de une seule friche représente, pour busard cendré et moins d’une 0,7 hectare !) qui n’en accueillait notre petite équipe, trois weektrentaine pour le busard Saint qu’un seul avant sa réouverture. ends d’intervention de février à Martin (effectifs incertains). Circus L’expérience reconduite dans quatre mars. Nous ne savons pas si cette cyaneus niche principalement dans friches différentes s’est à chaque tendance est réellement significative des coupes forestières ou quelques et perdurera dans le temps, mais il landes et de ce fait, ne nécessite pas fois conclue par l’augmentation des couples nicheurs. Malgré une toute nous semblait indispensable de tout d’interventions de protections sur petite équipe (quatre personnes au mettre en place pour la favoriser. Le les nichées. Circus pygargus niche CREN et le Parc naturel régional du dans trois types de milieux différents départ), il ne fut pas trop difficile d’intervenir puisque les friches qui Pilat ont été sensibles à notre action qui nécessitent ainsi trois modes semblent intéresser le busard cendré et sont aujourd’hui des partenaires d’interventions. Les prés de fauche, dans le Rhône ne dépassent pas un qui nous permettent de pérenniser les céréales et les friches sont les hectare. Ce fait, comme le reconnaît et de consolider ces mesures de trois milieux occupés par le busard Alain Leroux lors de sa sympathique gestion à travers des contrats signés cendré. Si, au début des années visite estivale, est fort surprenant avec les propriétaires. Néanmoins, 1990, on pouvait recenser plus de et séduisant car il ne mobilise si le fait de gérer l’essentiel du 50 % des oiseaux dans les céréales pas de moyens énormes. De plus, noyau du département du Rhône et le reste partagé entre les deux l’essentiel de la population du sur une petite surface et sur de autres milieux, depuis la tendance département est concentrée sur une petites friches semblent une s’est progressivement modifiée au solution «assez facile», les effectifs surface de 20 km par 10 (plateau point que les friches sont devenues du busard cendré régressent mornantais). le milieu principal de nidification Néanmoins la gestion de ces milieux toutefois, et la menace du tracé de du rapace (55 à 60 % des couples). la future autoroute A45, en plein n’est pas la solution miracle de Les céréales ne représentent plus centre du noyau de la colonie, notre département puisque 40 % que 5 %. Nous ne savons pas si pourrait réduire à néant tous ces encore des oiseaux choisissent les cette tendance va se maintenir, efforts et espoirs… prés de fauches et donc demandent mais depuis plus de cinq ans nous des moyens d’interventions très œuvrons afin que ce mouvement se . Patrice Franco délicats. De plus, cette tendance poursuive. Groupe de protection des busards du a été plus ou moins favorisée, du Nous avons orienté nos efforts sur Rhône (GPBR) moins au départ, par une météo la gestion des milieux en étudiant patrice.franco@free.fr défavorable aux céréales qui et « jardinant » davantage (avec avec le concours de : obligeait souvent les busards à se l’accord des propriétaires) ces Alain Leroux retrancher vers la friche. De plus, friches qui ont tendance, dans le malgré le peu de moyens requis, temps, à seEvolution refermer. Avec de petits de la répartition des nids /type de végétationLPO Vienne albc@sfr.fr nous atteignons vite nos limites moyens, nous avons obtenu des 90,00% 80,00% 70,00% 60,00% 50,00%

Prés de fauche

40,00%

Friches

30,00%

Céréales

20,00%

Linéaire (Prés de fauche) Linéaire (Friches)

10,00% 0,00% 1997

1998

1999

2000

2001

2002

2003

2004

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2007

2008

Linéaire (Céréale s)

Evolution de la répartition des nids par type de milieu. Réalisation : P.Franco (GPBR) 12 Circus’laire n°20/21 - LPO Mission Rapaces - Octobre 2009.


Programme d’aménagement de parcelles en friches pour les busards dans le Marais poitevin des Deux-Sèvres Sur notre zone d’étude, nous avons montré que la population se maintient grâce à la protection active des nichées qui repose sur l’aide financière du Parc interrégional du Marais poitevin, l’accord des agriculteurs et la mobilisation de bénévoles. La protection est donc fragile. Or, le secteur est parsemé de petites parcelles délaissées qui pourraient servir de site de nidification à l’instar des expériences réussies du Rhône. La zone d’étude se situe au sudouest des Deux-Sèvres en bordure du Marais poitevin et représente 20 000 ha de plaine céréalière. Le paysage agricole est typique d’une plaine céréalière intensive où dominent les céréales à paille, le colza, le tournesol et le maïs. Des jachères enherbées (jusqu’en 2007), de rares luzernières et quelques vignes complètent l’assolement. Sur la colonie de St-Georges-de-Rex, 61 nids de busard cendré, 12 nids de busard Saint-Martin et trois nids de busard des roseaux ont été localisés depuis 1999. La colonie de busard cendré est bien agrégée au centre de cette plaine. Des petites friches parsèment le

paysage. Leur origine est double, soit elles sont issues de vigne en déprise, soit d’anciennes décharges. Vingt-quatre parcelles sont localisées pour une surface Petite friche de 0,17 ha identifiée comme potentiellement favorable- photo : Gods moyenne de 0,47 ha (de 0,05 à 2,04 ha). Quatre piquets et des leurres et déplacer des nids environnants. parcelles sont supérieures à un A travers cette expérimentation, hectare. Le fasciès de ces parcelles nous espérons dans un premier est composé d’une strate herbacée temps obtenir une nidification dans accompagnée plus ou moins de formations buissonnantes (présence ces petites parcelles puis à terme y faire nicher la moitié des busards de ronciers notamment) et/ou locaux, nous permettant d’avoir arbustives. une alternative à la protection en Parmi les 24 parcelles, cinq sont céréales. présélectionnées pour attirer les busards en raison de trois critères : une taille assez grande, un • Xavier Fichet Groupe ornitologique des Deux-Sèvres (GODS) fasciès favorable et une distance xavier@ornitho79.org raisonnable des nids aux parcelles. Des aménagements sont maintenant programmés : créer des trouées dans les ronciers, poser des

International Suivi par balises satellitaires : situation et conditions des busards cendrés en hivernage Aire de nidification

Aire d’hivernage

Stratégies migratoires

L’aire de nidification du busard cendré en Europe est à la fois vaste et disjointe. D’après les dernières estimations, la population européenne serait de 35 000 à 65 000 couples (Russie incluse). Les effectifs ont été stables voire en légère augmentation dans les années 90.

On retrouve sur le sous-continent indien des oiseaux probablement venus d’Europe de l’Est (Russie, Géorgie). En revanche la grande majorité des populations d’Europe occidentale et septentrionale se concentre en hiver sur l’étroite bande que constitue le Sahel.

L’étude de la base de données EURING a montré que les oiseaux nichant à l’ouest de l’Europe hivernent massivement à l’ouest du Sahel, alors que la majorité de ceux venus du Nord convergent vers le centre du Sahel.

Cirscus’laire n°20/21 - LPO Mission Rapaces - Octobre 2009.

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Automne Des déplacements pré-migratoires ont lieu jusqu’à 73 jours avant le début de la migration. Les oiseaux effectuent des déplacements pour se nourrir, ou visiter des sites de nidification déjà occupés, peutêtre afin de prospecter pour le printemps suivant. On pensait que les busards cendrés traversaient la Méditerranée dans sa largeur la plus réduite, notamment par le détroit de Gibraltar. Or le suivi satellite a montré que les oiseaux venus d’Europe de l’Ouest continuent leur route en ligne droite lorsqu’ils atteignent la côte sud de l’Espagne, soit une traversée de 150 km au-dessus de la mer. La morphologie du busard cendré lui permet de traverser d’importants bras de mer grâce au fort allongement de ses ailes allié à une charge alaire exceptionnellement faible. La distance moyenne parcourue lors de la migration est de 153 km/jour, avec une accélération nette lors de la traversée du Sahara (le record enregistré est de 623 km/jour). Mais certains oiseaux survolent le Sahara beaucoup plus lentement, sans doute pour se nourrir en route. Printemps Les busards cendrés venus du nord-ouest de l’Europe préfèrent emprunter le couloir occidental par lequel ils sont arrivés en automne, plutôt que la route centrale qui serait la plus directe pour regagner leur aire de nidification. Quant aux individus d’Europe de l’Est ou du Nord ayant hiverné au centre du Sahel, ils traversent la Méditerranée par le centre (Cap Bon, Sicile).

Fidélité aux sites d’hivernage Les reprises d’oiseaux bagués et le suivi satellite montrent une fidélité de l’espèce à des zones définies du Sahel et du nord Soudan. La période d’hivernage se découpe en deux temps. Pendant quelques semaines ou mois, les oiseaux restent à proximité de leur lieu d’arrivée. Puis ils descendent progressivement vers le sud au fur et à mesure qu’arrive la sécheresse. Ils suivent ainsi les populations de 14

criquets dont ils se nourrissent, ce qui les amène jusqu’au nord du Soudan.

Occupation de l’habitat En Afrique, on trouve le busard cendré en terrain sec parsemé d’arbres. A l’intérieur du Sahel, l’espèce se répartit selon l’abondance des criquets dont elle se nourrit. Au Niger, Mali et Sénégal, le busard cendré évite aussi bien les habitats dégradés par les cultures ou le surpâturage que ceux où le couvert forestier est trop élevé. Au Niger, la brousse Les 34 trajets migratoires de 25 oiseaux tigrée (alternance de bandes équipés aux Pays-Bas, Allemagne, d’arbres et de sol nu) est un Danemark, Pologne et Biélorussie. habitat important pour l’espèce. En diminuant la densité d’arbres, continent indien, des dortoirs la dégradation de certains habitats comprenant jusqu’à 2 000 oiseaux, naturels semble favorable au principalement des busards cendrés, busard cendré. Mais la pression sont connus depuis le milieu des humaine continue, pour cultiver et habiter les sols finit par appauvrir la années 80. richesse biologique du Sahel, si bien Alimentation que tous les rapaces, y compris le busard cendré, en pâtissent. Disponibles en quantités élevées et constantes, les espèces sédentaires A la recherche de criquets représentent la de nouveaux dortoirs première ressource alimentaire du busard cendré en Afrique. Traditionnellement, on découvre Les locustes apparaissent par un dortoir en suivant les oiseaux invasions sporadiques et sont évoluant en ligne droite vers un donc une nourriture occasionnelle, même point, au coucher du soleil. contrairement à l’idée reçue. Cependant le suivi d’oiseaux En Afrique, le busard cendré se équipés de balises a permis la nourrit également de mantidés, de découverte au Sénégal de trois dortoirs inconnus jusqu’alors. Deux petits insectes ainsi que de petits passereaux et mammifères, rares en d’entre eux comprenaient entre nombre mais formant une biomasse 100 et 200 individus, ce qui est la taille habituelle des dortoirs connus importante. De retour en Europe, les busards en Afrique. Le troisième, découvert cendrés se nourrissent de en février 2008, comprenait 1 300 passereaux, insectes, campagnols busards cendrés et quelques suivant les régions. Malgré des busards des roseaux, soit un variations d’une année sur l’autre total d’au moins 1 500 oiseaux. en fonction de la disponibilité des Les oiseaux profitaient d’une proies, les rongeurs restent la base grande concentration de criquets de l’alimentation. Acorypha clara et les pelotes de réjection retrouvées contenaient Evolution des populations presque exclusivement des restes de cette espèce. Un seul dortoir de Conditions d’hivernage cette échelle avait été découvert Les comptages effectués suggèrent auparavant en Afrique, associé à un déclin, localement important, une invasion de criquets pèlerins du busard cendré au Sahel depuis le Schistocerca gregaria dans le delta de Sine Saloum au Sénégal en 1989. début des années 70. En Afrique de l’Est, les effectifs En revanche dans le sous-

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ont sans doute augmenté depuis les années 80. Cependant si l’on se fie à des observations enregistrées en 1956, le busard cendré a visiblement été une espèce beaucoup plus commune qu’elle ne l’est aujourd’hui. Les effectifs observés en Europe fluctuent indépendamment des conditions d’hivernage au Sahel (notamment les précipitations et la dégradation de l’habitat). Conditions de nidification Il est important de suivre les populations sur une échelle de temps longue. Par exemple le nombre de couples nichant aux Pays-Bas est passé de moins de 10 dans les années 80 à plus de 40 dans les années 2000. On ne doit cependant pas oublier qu’il y avait probablement entre 500 et 1 000 couples dans la première moitié du XXe siècle. Ces variations sont dues aux changements de pratiques agricoles sur les zones de nidification. Dans de nombreuses régions, la disparition des sites naturels de nidification pousse les couples à nicher dans des champs cultivés. Or les moissons ont lieu de plus en plus tôt en Europe de l’Ouest, et à des dates où les jeunes n’ont pas encore

quitté le nid. Sans une protection énergique, 60 % des nids seraient détruits. En France par exemple, 11 000 nids ont pu être sauvés entre 1990 et 2008. Malgré ces efforts soutenus, la population de busards cendrés tend toujours à diminuer. Aux Pays-Bas, la protection des nids permet simplement de maintenir l’effectif sans pouvoir amorcer une augmentation. Liée aux pratiques agricoles modernes, la raréfaction de proies autrefois abondantes (campagnols, passereaux) est certainement un autre facteur important de diminution. Il faudrait également agir sur cette composante afin de mieux protéger l’espèce.

est favorable, pour le moment, aux busards. Cependant l’impact des changements du milieu sahélien est, pour le busard cendré, sans commune mesure avec celui de la modification de son habitat sur son aire de nidification, en Europe au cours du XXe siècle. La protection active des nids ne pourra pas enrayer à elle seule la tendance à la baisse des effectifs. Une amélioration de l’habitat sur les sites de nidification est également nécessaire. Un site Internet est dédié à ce suivi : www.grauwekiekendief.nl (en néerlandais ou en anglais).

• Ben Koks

Dutch Montagu’s Harrier Foundation ben.koks@grauwekiekendief.nl

Conclusion L’augmentation des effectifs de busards cendrés constatée entre les années 70 et 90 en Europe est loin de compenser la très forte diminution qui a eu lieu au cours du XXe siècle. Au Sahel, sur son aire d’hivernage, le busard cendré s’alimente principalement de criquets sédentaires. La détérioration des habitats sahéliens entraîne actuellement une hausse de l’abondance des criquets, et donc

• Christiane Trierweiler

Dutch Montagu’s Harrier Foundation christianetrierweiler@yahoo.com

• Traduction et résumé : Laure Bentze

LPO Mission rapaces lab4@noos.fr

Vie du réseau Pourquoi une fiche de nid ? Chaque année, nous avons plaisir à retrouver nos plaines et nos oiseaux. Et pour la rigueur demandée par nos interlocuteurs (agriculteurs, chasseurs…), il est bon d’avoir des bilans sous la main avec des chiffres fiables ! C’est donc dans ce sens que chaque année, nous inventons une nouvelle fiche de nid qui permet de retrouver facilement une trace de nos actions. Chaque année, car évidemment, nous n’avons pas encore inventé la fiche idéale ; mais

nous nous en approchons ! Donc notre intervention va consister à montrer une fiche qui fonctionne (bien que perfectible) et à faire le tour des définitions des principaux termes utilisés. Il est en effet indispensable que nous parlions de la même chose lorsque nous voulons comparer des années, des secteurs différents. Une version papier reste indispensable pour le terrain ; elle va permettre de garder une trace en

cas de problème informatique (ce qui devient de plus en rare !). En fin de saison, la saisie informatique reste inévitable mais grandement facilitée si effectivement toutes les données ont été portées sur la fiche papier au fur et à mesure de la saison. Le fichier et le vade-mecum (toujours en cours d’amélioration, nous le répétons !) qui peuvent servir d’exemple pour les régions qui ne se sont pas encore investies dans

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l’élaboration de ce genre de fiche, ont été diffusés au réseau et sont encore disponibles sur demande. Et pour finir, il reste le téléphone (encore plus efficace qu’Internet) qui permet de vérifier que les incompréhensions et interprétations de chacun seront bien exploitables. Bonnes observations et bon remplissage. . Jean-Luc Bourrioux, busard52@free.fr . Serge Paris, smc.paris@wanadoo.fr . Patrick Vernange patrick.vernange@wanadoo.fr

Animation du réseau en 2008 Circus’laire Deux numéros ont été diffusés en 2008 (n°16-17 et numéro spécial programme de marquage alaire). Ce bulletin est diffusé aux surveillants et associations impliquées, mais aussi aux Conseils généraux, Diren, Parcs naturels régionaux et Parcs nationaux, ONF, etc. La participation du réseau est essentielle. Vos contributions (synthèses, anecdotes, bilans de suivis, actions de sensibilisations, initiatives et expérimentations, analyses bibliographiques, etc.) sont toujours les bienvenues pour alimenter ce bulletin.

Bilan de la surveillance L’augmentation du nombre de journées de surveillance, déjà observée en 2006 (3 889) et 2007 (5 310), se poursuit en 2008 (6 657). Après une légère baisse du nombre de surveillants ces dernières années, le nombre de bénévoles impliqués croît sensiblement en 2007 (429) et 2008 (526). 1 505 nids (1137 de busard cendré) ont donc été trouvés en 2008 ce qui constitue un record. Mais cette mobilisation sans précédent ne peut pas compenser la mauvaise productivité de cette saison (2 819 jeunes à l’envol en 2008 ; 3 874 en 2007). Le projet de marquage alaire du busard cendré contribue

sans aucun doute au dynamisme du réseau busards.

Cahier technique La seconde version du cahier technique a pu être diffusé au réseau busards au printemps 2008. Cette seconde édition comportant 10 nouvelles fiches a été diffusée grâce au soutien de la Fondation Nature & Découvertes. Le réseau busards a été très actif pour la rédaction des nouvelles fiches. Le cahier est imprimé en interne à la LPO. Il est disponible pour tous ceux qui en font la demande. De nouvelles fiches peuvent être réalisées au fur et à mesure. N’hésitez pas à signaler les fiches qui font défaut et celles pouvant être améliorées. Ce cahier est particulièrement apprécié de nouveaux prospecteurs qui bénéficient de l’expérience et du savoir faire des « anciens ». Merci à vous de transmettre votre connaissance.

Plaquette de sensibilisation Grâce au soutien de la fondation Nature & Découvertes, une nouvelle plaquette de sensibilisation des agriculteurs a pu être diffusée au réseau au printemps 2008. Celleci est diffusée à ceux qui en font la demande avec l’ancienne plaquette, qui a l’avantage d’afficher le logo de la FNSEA. Selon l’interlocuteur, les deux ont leur utilité sur le terrain. N’hésitez pas à nous demander ces dépliants.

Revue La Hulotte Suite à notre proposition de commande, la revue La Hulotte a donné à la LPO, 1 000 exemplaires du n°63, consacré au busard cendré. Ce numéro a été diffusé à tous les secteurs de suivi. Pour remercier les agriculteurs ou les convaincre de s’impliquer, il est décisif ! N’hésitez pas à nous demander les derniers exemplaires encore disponibles. Vous abonner à la Hulotte : www. lahulotte.fr ou 03 24 30 01 30.

publié dans le n°360. Diffusés au réseau, les exemplaires disponibles sont maintenant épuisés (pdf disponible sur busards.lpo). Il est possible de découvrir la revue en demandant les deux derniers numéros gratuitement à l’adresse email transrural@globenet.org ou au tél 01 48 74 52 88. http://www. ruralinfos.org Civamédia. Le format pdf du Civamédia de juillet-août 2008 est disponible auprès de la LPO Mission Rapaces. Pour plus d’infos sur le réseau Civam : http://www. civam.org/

Destructions En 2008, des destructions de nichées sont à déplorer dans le Jura et le Rhône. En appui aux dépôts de plaintes, des communiqués de presses locaux et un communiqué national ont été diffusés. Un busard Saint-Martin a été abattu au fusil en Dordogne. Ce cas fait également l’objet d’une poursuite judiciaire. Pour mieux estimer l’ampleur des différentes causes de mortalité, il est proposé au réseau de faire remonter tous les cas de mortalité connus, qu’ils soient avérés ou suspectés. Une base de données mortalité sera mise à jour régulièrement et tenue à disposition du réseau.

• Renaud Nadal

LPO Mission Rapaces renaud.nadal@lpo.fr

Circus’laire - n°20/21 le bulletin de liaison du réseau busards. Réalisé et édité par la Mission Rapaces de la LPO : LPO Mission Rapaces, 62 rue Bargue, 75015 Paris, rapaces@lpo.fr sur le web : http://busards.lpo.fr/ Conception & réalisation : Renaud Nadal et Yvan Tariel Relecture : Danièle Monier

Revues agricoles

D’après une maquette de la Tomate bleue. Photo de couverture : Fabrice Cahez Photo du bandeau : Christophe Perelle

Transrural. Un article sur les busards et leur surveillance est

LPO © 2009 - papier recyclé

16 Circus’laire n°20/21 - LPO Mission Rapaces - Octobre 2009.

Circus'laire 20/21  

Bulletin de liaison du réseau busards, édité par la LPO Mission Rapaces - octobre 2009 ©

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