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Les Cahiers de la Surveillance 2013

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Édito Des chiffres et des émotions Il y a dans ces cahiers de la surveillance, des chiffres, encore des chiffres, une somme colossale de chiffres qui donne le tournis si l’on prend le temps d’analyser l'ampleur du travail nécessaire pour les produire.

Sommaire 1 Les rapaces diurnes •

• Élanion blanc.................................................... • Milan royal....................................................... • Gypaète barbu................................................. • Vautour percnoptère......................................... • Vautour fauve................................................... • Vautour moine................................................. • Circaète Jean-le-Blanc....................................... • Busards cendré, Saint-Martin, des roseaux........ • Aigle pomarin................................................... • Aigle royal........................................................ • Aigle botté....................................................... • Aigle de Bonelli................................................ • Balbuzard pêcheur............................................ • Faucon crécerellette.......................................... • Faucon pèlerin.................................................. • Autour des palombes....................................... • Pygargue à queue blanche................................

5 6 10 11 12 13 14 17 26 26 29 31 32 34 35 42 44

2 Les rapaces nocturnes •

• Effraie des clochers........................................... • Grand-Duc d’Europe......................................... • Chevêche d’Athéna.......................................... • Chevêchette d’Europe...................................... • Chouette de Tengmalm....................................

Photo de couverture : Vautours fauves © Bruno Berthémy

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46 48 52 55 55

1 rapport par an, 24 espèces suivies, 95 départements concernés, 3 000 participants, 5 000 couples suivis, 5 000 jeunes à l’envol, 7 000 couples de rapaces contrôlés, 9 000 journées de travail. Et c’est ainsi chaque année. Ces chiffres, froids et finalement si loin du travail de terrain nécessaire à leur récolte, sont indispensables pour la connaissance et la conservation. Ils représentent l’état de santé du vivant. Ce sont eux qui aident à la prise de décisions des actions à entreprendre pour sa sauvegarde. Mais à côté de tous ces chiffres, que de passions, de patiences, de volontés, de curiosités, d’émerveillements, de rencontres, de plaisirs, d’échanges, de surprises, mais aussi parfois de déceptions et d’incompréhensions lorsque par exemple l’on doit faire face à la brutalité de l’homme pour la nature. Les 3 000 participants qui recueillent toutes ces données, contribuent, tout simplement au quotidien, au respect du vivant. Pour toutes ces raisons, nous les en remercions chaleureusement. Yvan TARIEL


Les Cahiers de la Surveillance 2013

Départements dans lesquels des opérations de surveillance se sont déroulées en 2012

Attention ! Les cartes présentées ici sont à la fois des cartes de répartition supposée des espèces croisées avec la localisation des départements dans lesquels une surveillance s’effectue. Espèce présente, mais pas de surveillance Espèce présente et surveillance Espèce absente mais surveillance La répartition supposée des espèces concerne les espèces nicheuses et est basée sur les connaissances établies pour l'année 2012. Les tableaux sont représentatifs des suivis effectués durant la saison dont nous avons reçu les résultats, et non des effectifs de l’espèce, même si les deux coïncident parfois.

Bilan global de la surveillance en 2013 Estimation de la population nationale****

ESPÈCES

Elanion blanc

2002*

Gypaète barbu Vautour percnoptère Vautour fauve Vautour moine

Pourcentage de la population nationale

Nombre

2013

7

Milan royal

Couples contrôlés en 2013

2002*

Jeunes à l’envol

Surveillants

2013

113-116

15

103

91

173

952

2 650***

436

16 %

387

37

50

50

100 %

19

1

90

90

100 %

570 9

29

675

100 %

29

100 %

50

133

335

477

4

-

16

7

-

231

306

540

3717

Circaète Jean-le-Blanc

2 600

412

16 %

138

Busard cendré

4 500

994

22 %

971

Busard Saint-Martin

9 300

450

5 %

238

Busard des roseaux

1 900

172

9 %

72

Aigle Pomarin

0

1

1

Journées de surveillance

100 %

Aigle royal

420

255

61 %

78

281

871

Aigle botté

500

217

43 %

152

99

210

Aigle de Bonelli

23

30

100 %

32

74

-

Balbuzard pêcheur

42

78

100 %

69

49

259

72

350

100 %

Faucon crécerellette

724

26

484

Faucon pèlerin

1 250

630

50 %

941

726

1586

Autour des palombes

5 500

114

2 %

78

46

88

2

4

-

Pygargue

-

1

1

-

100 %

Effraie des clochers

-

123

-

119

143

101

Grand-duc d'Europe

-

823

-

353

539

611

Chouette de Tengmalm

-

91

-

Chevêchette d'Europe

-

173

- -

Chevêche d'Athéna

-

686

-

-

714

204

218

Total 2013

6 993-6 996

5 645

3 382

9 829

Rappel 2012

7 347-7 350

9 409

4 302

14 056

Rappel 2011

7 084

9 487

4 133

14 729

7 283

8 687

3 068,5

17 525,5

Rappel 2010

*Estimation basée sur les résultats de l’Enquête "Rapaces nicheurs de France" - J-M. Thiollay & V. Bretagnolle (2002) Ed. Delachaux et Niestlé ** chanteurs ou couple ou nidification *** estimation basée sur une enquête faite en 2008 **** estimation en couples

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Les diurnes

Autour des palombes Š Êmile Barbelette

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Les Cahiers de la Surveillance 2013

Élanion blanc Elanus caeruleus

Espèce vulnérable L’élanion blanc montre, pour la première année, un ralentissement dans sa dynamique de progression avec 113-116 couples cantonnés recensés en 2013. Dans le bassin de l’Adour (départements 32, 40, 64, 65), 107 couples certains sont recensés (+3 couples possibles dans le département des Landes) contre 101 couples (+8 possibles) en 2012. Les départements des Hautes Pyrénées (6 couples cantonnés) et du Gers (13 c.) confirment leurs petites populations et les observations de l’espèce sur une zone géographique de plus en plus importante laissent supposer une augmentation à venir du nombre de couples cantonnés. Le département des Pyrénées Atlantiques (46 c.) continuent à accueillir un nombre toujours plus important de couples cantonnés en colonisant de nouveaux secteurs géographiques. Le département des Landes se démarque en 2013, en affichant des résultats de couples cantonnés en baisse (42 c. soit une baisse de 6 couples, seulement 3 si l’on tient compte des couples possibles), mais la pression d’observation a été relativement faible cette année sur certains secteurs. En dehors du bassin de l’Adour seuls 5 à 6 couples cantonnés sont rapportés contre 15-17 en 2012. Contrairement à 2012, aucun couple n’est rapporté en Mayenne (un individu est cependant observé en Mars), Loire- Atlantique, Deux-Sèvres, Lot-et-Garonne et Hérault à la différence de 2012. Seuls deux départements sont nouvellement colonisés en 2013 : la Charente-Maritime (1 couple probable qui abandonne son territoire en mai) et le Maine-etLoire (1 couple certain amène 3 jeunes à l’envol). En Dordogne, depuis la première reproduction de l’espèce en 2012, un couple mène 3 jeunes à l’envol. Dans la Vienne un couple abandonne son territoire après construction de nid suite aux dérangements répétés de photographes. Un couple cantonné est également rapporté en Gironde ainsi que dans le Lot et uniquement des observations isolées en Ariège. 2012 fut une année exceptionnelle pour l'élanion blanc en France ; en 2013 les conditions pluviométriques excessives du printemps ont certainement influencé la disponibilité des micromammifères, beaucoup moins abondants que l’an passé. François DELAGE & Pascal GRISSER LPO Aquitaine

Bilan de la surveillance de l’élanion blanc - 2013 RÉGIONS

Couples cantonnés

AQUITAINE Pyrénées-Atlantiques 46 Landes 42-45 Dordogne 1 Gironde 1 Lot-et-Garonne 0 LANGUEDOC-ROUSSILLON Hérault 0 Lozère 0 MIDI-PYRÉNÉES Ariège 0 Aveyron 0 Haute-Garonne 0 Tarn-et-Garonne 0 Gers 13 Hautes-Pyrénées 6 Lot 1 PAYS-DE-LOIRE Loire-Atlantique 0 Mayenne 0 Maine-et-Loire 1 POITOU-CHARENTES Deux-Sèvres 0 Charente-Maritime 1 Vienne 1 Total 2013 113/116 Rappel 2012 113/121

Couples suivis

Couples producteurs

Jeunes à l’envol

Surveillants

Journées de surveillance

- - 1 0 0

- - 1 0 0

- 83 57 - 3 - - 0 - 0 - -

0 0

0 0

0 0

- -

- -

- - - - 5 4 -

- - - - 2 2 -

- - - - 4 5 -

- - - - 7 2 1

- 14 -

- - 1

- - 1

- - 3

- 10 -

20 -

- 1 1 11 44

- 0 0 6 43

- 0 0 15 83

- - - 103 169

- 91 138

AQUITAINE

Pour la première année, le suivi ne permet pas d’obtenir des résultats de reproduction représentatifs de la population. Aussi, nous ne présentons des résultats que sur le cantonnement des couples. • Landes (40) Dans les Landes, 42 couples certains et 3 couples possibles sont cantonnés. La population de ce département marque un petit fléchissement probablement par manque d’observateurs. L’élanion est surtout présent au sud du département du Tursan à la plaine de l’Adour.

• Pyrénées Atlantiques (64) Dans les Pyrénées-Atlantiques, 46 couples sont cantonnés. La population de l'élanion blanc est toujours en augmentation. Dans ce département l’élanion blanc est présent du Pays Basques au Nord-Est du département. Le piémont Pyrénéen tarde à être colonisé par l’espèce qui affectionne les milieux ouverts. Les nouveaux sites recensés confirment l’extension de la zone géographique de présence de l’élanion blanc sur le sud de l’Aquitaine.

En 2014, le suivi se poursuivra en s'appuyant sur le réseau d'observateurs existants et celui du site : www.faune-aquitaine.org Coordination : François DELAGE (LPO Aquitaine)

MIDI-PYRENEES

• Ariège (09) Après une reproduction en 2012 de plusieurs couples en plaine de Pamiers, aucun couple cantonné n’a été revu en 2013. Uniquement quelques observations isolées et sans lendemain. Coordination : Sylvain REYT (ANA)

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• Tarn-et-Garonne (82), Haute-Garonne (31) et Aveyron (12) Aucun couple repéré en 2013, seules quelques observations ponctuelles d’individus isolés. Coordination : Samuel TALHOUET (LPO 12) et Amalric Calvet (SSNTG)

• Lot (46) Un couple d’élanion blanc cantonné observé à plusieurs reprises, mais sans preuve de reproduction. Pas d’autres observations depuis. Coordination : Nicola Cennac (LPO 46)

• Hautes-Pyrénées (65) Dans ce département, l'élanion blanc est présent dans trois vallées alluviales, l'Adour, l'Arros et l’Esteous. 6 couples cantonnés, dont 4 ont été suivis et ont produit 5 jeunes à l'envol. Pour la vallée de l'Adour, l’année 2013 est très mauvaise en ce qui concerne la reproduction, puisque les 2 couples suivis n'ont produit aucun jeune à l'envol.

Pour les vallées de l’Arros et de l’Esteous, l’année 2013 est marquée par un printemps très arrosé néfaste à la reproduction, avec uniquement 3 couples détectés et une désertion de sites favorables occupés les années précédentes. Un seul juvénile à l'envol noté à l'issue des premières pontes, mais une ponte de remplacement avec 4 jeunes. Coordination : François Ballereau et Christophe Cognet (NMP)

• Gers (32) Dans ce département, l'élanion blanc est présent dans la vallée de l’Adour, dans le prolongement des populations aquitaines et Hautes-Pyrénées, ainsi que dans plusieurs autres vallées situées plus à l’est. Une progression du nombre de couples (connus) et de la répartition de l’espèce est toujours observée dans le département. 13 couples cantonnés, mais seulement 7 ont été contrôlés et 5 suivis, pour une production de 4 jeunes à l’envol pour 2 de ces couples. Coordination : Mathieu Orth (GOG)

PAYS-DE-LOIRE

• Mayenne (53) Le couple nicheur tardif découvert à Beaumont Pied de Bœuf a été suivi jusqu'à sa disparition fin mars 2013 ainsi qu'un autre oiseau en plumage adulte séjournant simultanément sur un site proche à Bouessay (dernière observation le 31 mars) et que 2 jeunes séjournant sur la commune d'Azé dont tout laisse à penser qu'il s'agit de 2 jeunes issus de cette reproduction jusqu'au 26 mars 2013. Aucune autre observation ne sera effectuée en 2013. Au total la surveillance représente 38 séances sur les sites de Beaumont et Bouessay et 24 séances à Azé. Remerciements : Antoine Lefloch, Bruno Poincet, Benoit et François Duchenne, Anthony Garry, Dominique Tavenon, Guy Thébault, Claude Letessier, Rodolphe Lelasseux, André Darras. Mayenne Nature Environnement. Source : base de données faune Maine. Coordination : Benoit DUCHENNE

Milan royal Milvus milvus

Espèce vulnérable L’année 2013 restera dans toutes les mémoires d’ornithologues comme une année noire pour la reproduction des rapaces et du milan royal en particulier. Le nombre de couples nicheurs suivis était pourtant en nette hausse par rapport aux années précédentes, passant d’une moyenne de 300 couples suivis entre 2010 et 2012 à 370 couples suivis en 2013, conséquence directe d’un effort de prospection accru en Auvergne et dans les Pyrénées essentiellement. La productivité constatée au cours de cette année est de loin la plus faible depuis que le suivi de la nidification a été mis en place en 2004. Le succès de reproduction s’établit ainsi à 0,85 jeune à l’envol par couple reproducteur contre une moyenne de 1,42 de 2004 à 2012, soit un écart de l’ordre de 40 % par rapport à une année moyenne. La taille des nichées connaît elle aussi une vraie chute avec 1,40 jeune à l’envol par couple ayant réussi contre une moyenne de 1,86 jeune par couple entre 2004 et 2012. La principale explication réside dans la climatologie hors norme du printemps 2013 et en particulier du mois de mai (froid et pluvieux). On peut donc penser que la chute de la productivité de 40 % est donc directement imputable aux conditions météorologiques du printemps mais elle n’est en réalité pas la seule cause. En effet, le phénomène météorologique a été aggravé par la faiblesse des ressources alimentaires. Nous remercions toutes les associations et tous les ornithologues qui s’investissent dans le suivi de la reproduction des populations nicheuses de cette espèce. Aymeric MIONNET

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ALSACE • Bas-Rhin (67) et Haut-Rhin (68) Le recensement des couples nicheurs s’est poursuivi en 2013 sur toute l'Alsace pour la cinquième année consécutive. Les populations nicheuses se concentrent dans le sud de l'Alsace (Jura alsacien et Sundgau - 20 à 30 couples) et dans le nord-ouest (Alsace bossue et franges mosellanes limitrophes - 9 à 10 couples). 16 jeunes à l'envol ont été observés cette année. Les nombreux échecs de reproduction cette année sont en majorité imputables aux conditions météorologiques défavorables de ce printemps (fraîcheur et pluie lors de la couvaison et période de fortes pluies avant l'envol), ainsi qu'à la faible disponibilité alimentaire. Hormis ces 2 bastions, quelques couples ont été recensés dans le Pays de Hanau et sur les collines sous-vosgiennes. L’estimation de la population alsacienne se situe donc entre 32 et 45 couples. Deux milans

royaux morts ont été trouvés, l’un victime d’empoisonnement, l'autre d’une collision avec une éolienne. La collaboration avec l'ONF s'est poursuivie. Coordination : Sébastien DIDIER et Vadim HEUACKER (LPO Alsace)

AQUITAINE

• Pyrénées-Atlantiques (64) Vallée d’Ossau Si les conditions météorologiques n'ont été favorables ni à la reproduction ni au suivi, les prospections de printemps ont permis toutefois de découvrir 4 nouveaux couples au nord de la zone. Si les 11 couples suivis se sont tous reproduits, seuls 5 ont produit des jeunes à l'envol. L'année 2013 n'affiche pas de bons résultats. La taille des familles n'est que de 1 jeune à l'envol par couple producteurs ; le succès reproducteur atteint péniblement 0,45. Les échecs ont probablement eu lieu majoritairement au stade de l'incubation, et pour 3


Les Cahiers de la Surveillance 2013 couples au stade de l'élevage, avec la perte d'un poussin sur chacune des nichées de 2. A noter l'observation d'un cas de cannibalisme dans l'une de ces nichées. Coordination : Didier PEYRUSQUE (PNP)

Pays basque Garazi - Baigorri Cette année, la découverte de 2 nouveaux couples sur la zone tend à confirmer la dynamique positive de la population basque. Le printemps froid et pluvieux a provoqué un retard des pontes, certains couples n'ayant même pas pondu. Le succès reproducteur, influencé par la météo très maussade, est très faible. Sur l'ensemble du territoire basque, 48 sites historiques de reproduction ont été recensés et 21 ont été contrôlés par les membres de l'association Saiak. Coordination : Aurélien ANDRE (SAIAK)

AUVERGNE

• Cantal (15) Planèze de Saint-Flour Suivi difficile cette année à cause de la météo déplorable du printemps : peu de couples possibles/probables ont été notés, le suivi s'étant limité aux nids connus. Au fur et à mesure des années, de nombreux sites disparaissent sans qu'on ne puisse retrouver les couples. Parallèlement, de nouveaux couples s'installent sur d'autres sites. Ainsi, en 2012, le nombre de nids suivis sur la Planèze est à peine stable, le nombre total est à la hausse grâce à un inventaire complet des couples situés en périphérie de la décharge de Saint-Flour par un bénévole (Sébastien Heinerich), secteur où le nombre de couples avait été jusqu'à présent nettement sous-estimé. Ainsi, après le record de 45 nids suivis en 2013, 54 nids ont été suivis en 2013 ! On note malheureusement 21 échecs, soit un taux de 37 %, taux élevé mais pas inhabituel pour la Planèze de Saint-Flour. 24 couples produisent 1 jeune et 9 couples produisent 2 jeunes à l'envol ; encore une fois, aucun couple ne produit 3 jeunes. Le succès reproducteur avec 0,81 jeune par couple nicheur et la taille des familles à l'envol avec 1,29 jeune/ couple ayant réussi enregistrent leur plus bas niveau depuis le début du suivi, à l'exception de l'année 2009 où déjà moins de jeunes que de couples nicheurs s'étaient envolés. Coordination : Romain RIOLS (LPO Auvergne)

• Haute-Loire (43) Plaine de Paulhaguet /gorges de l’Allier Les connaissances s'affinent encore cette année grâce à une forte implication de la part d'un bénévole (Sébastien Heinerich). Parmi les 20 couples nicheurs suivis (3 de plus qu'en 2012, 5 de plus qu'en 2011), on note 7 échecs soit 35 %, taux particulièrement élevé pour cette zone d'étude, comme en 2012. 5 couples produisent 1 jeune, 6 couples produisent 2 jeunes et 2 couples produisent 3  jeunes à l'envol. Le succès reproducteur avec 1,15 jeune par couple nicheur et la taille des familles à l'envol avec 1,77 jeune/couple font de cette année 2013, la moins productive depuis les débuts du suivi, exceptée l'année 2010 qui était encore un peu moins bonne. Coordination : Romain RIOLS (LPO Auvergne)

Bilan de la surveillance du Milan royal - 2013 RÉGIONS

Couples Couples Jeunes Succès Taille des Surveillants reproducteurs/ familes nicheurs producteurs à l'envol reproducteur à l’envol

ALSACE Bas-Rhin - Alsace bossue Haut-Rhin - Sundgau/Jura alsacien Bas-Rhin et Haut-Rhin autres secteurs AQUITAINE Pyrénées-Atlantiques vallée d'Ossau Pays basque - Garazi - Baigorri AUVERGNE Cantal - Planèze de St-Flour Haute-Loire Plaine de Paulhaguet/Gorges Allier Puy-de-Dôme Chaîne des Puys BOURGOGNE Côte-d'Or, Yonne, Saône-etLoire et Nièvre - Auxois, Val de Vingeanne et contreforts du Morvan CHAMPAGNE-ARDENNE Haute-Marne CORSE Haute-Corse - Vallée du Reginu Corse du Sud - Ajaccio FRANCHE-COMTÉ Doubs Plateau de Besançon Doubs/Jura Bassin Drugeon & Remoray Territoire de Belfort Sundgau belf. LANGUEDOC-ROUSSILLON Lozère - Margeride, Vallée du Lot, Causse de Sauveterre LIMOUSIN Corrèze - Gorges de la Dordogne LORRAINE Meurthe-et-Moselle, Meuse et Vosges - Sud meuse, plaine vosgienne MIDI-PYRÉNÉES Ariège - Couserans Aveyron - gorges de la Truyère Gers Haute-Garonne - Arbas Haute-Garonne - Haut-Adour Htes-Pyrénées - vallée des Gaves Htes-Pyrénées - Aure (zone avale) Htes-Pyrénées - Aure (zone amont) RHÔNE-ALPES Ardèche - plateau ardéchois, Ht Vivarais Haute-Savoie Loire TOTAL 2013 Rappel 2012

Journées de suivi

50 10 15

26 5 8

32 6 10

0,64 0,60 0,67

1,23 1,20 1,25

36 12 6

142 21 50

25

13

16

0,64

1,23

18

71

24

11

12

0,50

1,09

3

37

11

5

5

0,45

1,00

-

7

13 89 54

6 52 33

7 80 42

0,54 0,90 0,78

1,17 1,54 1,27

3 8 2

30 51 18

20

13

23

1,15

1,77

3

12

15 24

6 10

15 13

1,00 0,54

2,50 1,30

3 15

21 57

24

10

13

0,54

1,30

15

57

15 15 84 53 31 25 7 11 7 22

9 9 66 42 24 18 5 6 7 11

11 11 105 65 40 29 9 10 10 23

0,73 0,73 1,25 1,23 1,29 1,16 1,29 0,91 1,43 1,05

1,22 1,22 1,59 1,55 1,67 1,61 1,80 1,67 1,43 2,09

2 2 10 9 1 0 - - - 3

30 30 208 39 169 0 39

22

11

23

1,05

2,09

3

39

8 8 14

4 4 7

5 5 10

0,63 0,63 0,71

1,25 1,25 1,43

1 1 7

12 12 170

14

7

10

0,71

1,43

7

170

0,80 1,00 1,22 - 0,75 0,33 0,50 0,69 1,00 0,96 0,57 1,00 1,13 0,87 1,50

1,19 1,25 1,57 - 1,00 1,00 1,25 1,00 1,17 1,64 1,33 1,00 1,89 1,42 1,79

30,5 5 7 1 1,5 1 4 4 7 56 11 38 7 173 >156

140,25 29 37 1,25 12 4 16 27 14 66 19 47 952 1 100

57 5 9 2 8 3 10 13 7 24 7 2 15 436 403

37 44 4 5 7 11 ? ? 6 6 1 1 4 5 9 9 6 7 14 23 3 4 2 2 9 17 265 387 312 573

• Puy-de-Dôme (63) Chaîne des Puys Après les empoisonnements massifs à la bromadiolone en 2011 et de nouveau en 2012, la population de chaîne des Puys tombe en 2013 à 15 couples (24 en 2011, 18 en 2012). L'inexpérience des nouveaux couples et les conditions météorologiques sévères sur ce secteur exposé aux intempéries venues de l'ouest ont pour conséquence un taux d'échec record de 60 % ! 9 couples ont en effet échoué, 1 couple produit 1 jeune, 1 couple produit

2 jeunes et 4 couples produisent 3 jeunes à l'envol ! Il semble donc que la ressource alimentaire ait été encore assez importante (?). Le succès reproducteur atteint, malgré le taux d'échec, tout juste 1 jeune par couple nicheur ; la taille des familles à l'envol avec 2,50 jeunes/couple ayant réussi est la plus forte valeur enregistrée en Auvergne depuis la mise en place des suivis en 2004/2005, mais bien évidemment, ne porte ici que sur les seuls 6 couples ayant réussi à produire des jeunes. Coordination : Romain RIOLS (LPO Auvergne)

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BOURGOGNE

• Côte-d’Or (21), Nièvre (58), Saône-etLoire (71) et Yonne (89) Auxois, Val de Vingeanne et contreforts du Morvan Cette année, 67 indices de nidification (24 certains ; 10 probables et 33 possibles) ont été relevés en Bourgogne. 2013 a été une année catastrophique pour le milan royal, avec un nombre d'échecs de nidification important. Seulement 13 jeunes se sont envolés. Coordination : Loïc MICHEL (EPOB)

CHAMPAGNE-ARDENNE

• Haute-Marne (52) Comme partout ailleurs en France, la reproduction du milan royal a été déplorable cette année en Haute-Marne. Pourtant, la saison avait bien commencé puisque 12 couples cantonnés étaient présents dans la zone d’étude du Bassigny, auxquels on pourrait ajouter un treizième. Un nouveau couple a en effet été trouvé en limite de la zone. Cela correspond au deuxième meilleur chiffre après 2010, depuis 2006. Malheureusement, le mois de mai météorologiquement désastreux a dû provoquer de nombreux échecs car les 15 couples, repérés et suivis sur l’ensemble du département, ont produit seulement 11 jeunes à l’envol, soit 0,73 jeune à l’envol par couple reproducteur. C’est la plus mauvaise productivité relevée de ces 12 dernières années. Outre la pluie, il semblerait que les milans aient dû également souffrir de la faiblesse de densités des campagnols. Coordination : Aymeric MIONNET (LPO Champagne-Ardenne)

CORSE

• Corse-du-Sud (2A) Pour la région d'Ajaccio, 31 couples reproducteurs ont produit 40 jeunes à l'envol, soit un succès reproducteur équivalent à l'année 2012. Cette année, 10 oiseaux ont été marqués. Toujours autant de contrôles ont été réalisés dans la région d'Ajaccio (près de 400) et dans des secteurs plus éloignés comme les décharges de Vico, Tallone et Prunelli di Fium'orbu. Coordination : Sébastien CART (CEN Corse)

• Haute-Corse (2B) Pour le Reginu, 53 couples reproducteurs ont produit 65 jeunes à l'envol, les mauvaises conditions météorologiques expliquent peut-être le succès reproducteur moins bon pour 2013, comme pour l'année 2012. Cette année, 14 oiseaux ont été marqués. Plusieurs oiseaux ont été vus hors secteur Reginu, à Ajaccio, à Vico, à Tallone, à Prunelli di Fium'orbu, à Moltifao et à Lozzi. Le programme de réintroduction en Italie s'est poursuivi avec 13 jeunes transférés. Coordination : Ludovic LEPORI (CEN Corse)

FRANCHE-COMTé

• Doubs (25) Plateau de Besançon Le début de la saison de nidification s'annonçait bien avec 11 couples cantonnés mais les conditions météorologiques, comme dans de nombreuses autres régions, sont à l'origine de plusieurs échecs. Au total, seuls 9 jeunes

8

milans s'envolent pour un total de 5 couples nicheurs, soit 1,8 jeune par couple producteur et 1,28  jeune par couple reproducteur (fécondité de la population nicheuse totale). A signaler la mortalité par dénutrition de deux jeunes quelques jours après leur baguage. La disparition du mâle bagué en 2009 est avancée comme cause très probable de cet échec. Coordination : Christophe MORIN (LPO Franche-Comté)

• Doubs (25) et Jura (39) Bassin du Drugeon et Remoray Avec 10 jeunes à l'envol pour 11 couples nicheurs, la fécondité de la population nicheuse totale (0,9 juvénile à l'envol) est particulièrement basse cette année, les conditions météorologiques jouant pour beaucoup dans ce résultat. La fécondité de la population nicheuse (nombre de jeunes envolés/nombre de nids ayant produit au moins un jeune à l'envol) s'élève toutefois à 1,66. Coordination : Geneviève MAGNON et Bruno TISSOT (Syndicat mixte des milieux aquatiques du Haut-Doubs/RNN Remoray) & Christophe MORIN (LPO Franche-Comté)

• Territoire de Belfort (90) Sundgau belfortain Paradoxalement, cette zone échantillon n'a pas connu d'échec cette année. La fécondité, dans la moyenne nationale, reste toutefois assez faible avec 1,42 jeune par couple producteur/nicheur (n = 7). Précisons que la prise en compte d'un nouveau nid a nécessité d'étendre le périmètre initial de la zone qui passe de 270 à 296 km². Coordination : François REY-DEMANEUF (ONF Réseau avifaune)

LANGUEDOC-ROUSSILLON

• Lozère (48) Margeride, vallée du Lot, causse de Sauveterre De nouveau une année difficile en Lozère pour les milans royaux et les surveillants, liée principalement à une météorologie défavorable (instabilité, froid avec neige sur les hauts plateaux jusque fin-mai et coups de vent fréquents) mais aussi à des prédations et intoxication(s). Globalement, le taux d'échec est aussi important qu'en 2012 ( 47,6 % au lieu de 47,4 %) mais le succès reproducteur remonte un peu (1,09 au lieu de 0,89 en 2012) grâce à des familles à l'envol plus fournies (2,09 au lieu de 1,7 en 2012) ; la réussite de la reproduction est meilleure dans le nord du département (Margeride/ Aubrac : 20 % d'échec pour 10 couples nicheurs, succès reproducteur de 1,5 et 15 jeunes à l'envol), peut-être aussi sur les Causses mais l'échantillon suivi y reste faible (2 couples mènent 5 jeunes à l'envol sur le causse de Sauveterre) ; dans la vallée du Lot, malgré un nombre de couples nicheurs stable et localement en légère augmentation, la saison est catastrophique : sur 9 couples nicheurs suivis, un seul réussi sa reproduction et emmène 3 jeunes à l'envol. Dans ce secteur, des aires se sont effondrées, d'autres ont été abandonnées, d'autres ont subi des prédations sur jeunes déjà emplumés. Enfin, un cadavre de jeune presque volant a été récupéré, intoxiqué à la chloralose. A noter également le décantonnement, avec construction d'une nouvelle aire, d'un couple d'aigle royal sur cette zone :

un couple de milans initialement cantonné à 1,5 km des aigles s'est éloigné et a construit une nouvelle aire qui s'est effondrée, et un second couple de milans est resté sur son nid habituel, à 400 mètres de la nouvelle aire des aigles, mais a échoué. Coordination : Jean-Luc BIGORNE (ALEPE, LPO)

LIMOUSIN

• Corrèze (19) Gorges de la Dordogne La zone échantillon des gorges de la Dordogne est suivie depuis 2007 et possède une population d'une dizaine de couples. En 2013, 12 couples ont été dénombrés dont 9 nicheurs certains. Avec un printemps particulièrement pluvieux, de nombreux échecs lors de l'incubation sont observés. Seul 4 couples mènent des jeunes à l’envol. Nous en dénombrons 5 jeunes, et un nombre inconnu pour un autre couple observé avec des apports de proies au mois de juin. Coordination : Mathieu ANDRE (SEPOL)

LORRAINE

• Meurthe-et-Moselle (54), Meuse (55) et Vosges (88) Sud meuse et plaine vosgienne Cette année, 21 couples ont été suivis parmi lesquels 14 ont niché. 7 couples seulement ont produit des jeunes à l’envol. Au total, 10 jeunes ont pris leur envol. Le succès de reproducteur atteint 0,71 jeune par couple nicheur. Si l’on tient compte des couples non reproducteurs, le nombre de jeunes à l’envol par couple passe à 0,48. Ces chiffres montrent une forte baisse du succès reproducteur par rapport aux deux années précédentes. 2013 est la plus mauvaise année pour le milan royal en Lorraine depuis le lancement du suivi en 2011. Les conditions météorologiques ont eu un fort impact sur le développement des jeunes et ont influencé leur survie. En effet, certains poussins ont été récupérés au nid, lors des opérations de marquage, avec un plumage peu développé et un poids inférieur aux chiffres de l’an passé. Enfin, la rédaction du Plan régional d’actions milan royal offre de nouvelles perspectives à l’association, avec l’objectif de mettre en place des actions adaptées au contexte lorrain et coordonnées à l’échelle régionale. Coordination : Guillaume LEBLANC (LOANA)

MIDI-PYRéNéES

• Ariège (09) La zone du Couserans a été réduite de 130 à 100 km² afin de favoriser un recensement et un suivi les plus exhaustifs possibles. Les densités relevées restent encore faibles, puisqu'au total, 8 couples cantonnés ont été recensés cette année. Seuls 4 couples ont produit sur les 5 ayant entamé une reproduction, menant 5 jeunes à l'envol, soit une taille des familles dépassant péniblement 1,2 jeune à l'envol. Le succès reproducteur (=1) témoigne de la fragilité de la dynamique de reproduction de cet échantillon. L'indice de reproduction de 0,5 doit davantage être associé à l'importance du taux d'abstention. Un couple a échoué, au stade de l'élevage, début juin, sans en connaître la cause. En revanche, 3 couples ont déserté


Les Cahiers de la Surveillance 2013 malgré des comportements démonstratifs et prometteurs. Si la densité de couples n'est pas élevée (évaluation méritant des prospections supplémentaires), les couples semblent adopter une certaine mobilité, souvent associée d'ailleurs à l'observation d'interactions avec les milans noirs sur plusieurs sites. Cette année, les jeunes ne se sont pas envolés avant mi-juillet, excepté les 2 jeunes du couple le plus précoce de la zone, qui ont pris leur envol dès la mi-juin ! Coordination : Martine LAPENE, Quentin GIRY et Julien VERGNE

• Aveyron (12) En 2013, 14 nids ont été trouvés. C'est toujours en légère augmentation depuis le début du suivi (2008), grâce à une meilleure connaissance du terrain et des couples. Néanmoins, 5 couples n'ont pas pondu : essentiellement des couples dont un des adultes est mort les années précédentes et qui a été remplacé récemment (ce qui fait quand même une grosse proportion !). 9 couples ont pondu et 11 jeunes se sont envolés. Un échec a été constaté à l'incubation, un échec lors de l'élevage des jeunes et 2 poussins ont été trouvés morts sous le nid. Bilan pour cette année, un taux de reproduction de 1,22 jeune à l'envol par couple ayant pondu, ce qui est encore très faible cette année ! Il n'y a pas eu de baguage des poussins cette année. Coordination : Samuel TALHOET (LPO Aveyron)

• Gers (32) Le nombre de jeunes à l'envol n’a pas été contrôlé par manque de temps. Dans le même secteur, 1 couple trouvé en 2012 n’a pas niché en 2013 (échec de la reproduction en 2012). Coordination : Mathieu ORTH (GOG)

• Haute-Garonne (31) Enormément de pluie et de vent durant la saison 2013. Sur les 8 couples nicheurs, 6 sont producteurs et mènent au total 6 jeunes à l’envol. Un site avec couvaison de milan royal s'est transformé en un couple de milan noir ! Coordination : Aline SEGONDS et Gwénaël PEDRON (LPO Haute-Garonne)

• Hautes-Pyrénées (65) Haut-Adour Le suivi de la vallée du Haut-Adour a timidement été initié cette année. La recherche d'aires favorables en début de saison a été la phase de terrain la plus active et a conduit au repérage de nombreux sites potentiels. Toutefois, pour l'année 2013, seuls 3 couples ont été identifiés et localisés. Le suivi n'a permis de confirmer qu'un seul couple producteur (avec 1 jeune à l'envol). Les 2 autres couples ont échoué au stade de l'incubation. Coordination : Aurélie DE SEYNES (LPO)

Vallée des Gaves Le suivi de la zone de la vallée des Gaves a cette année profité d'une prospection attentive en début de saison, qui a permis d'observer la présence de 6 couples supplémentaires sur la zone. Une attention croissante pourra à terme permettre de mesurer la densité et le taux de réoccupation, encore difficile à apprécier aujourd'hui. Les comportements observés paraissaient promet-

teurs… mais la saison s'est révélée beaucoup moins productive par la suite : sur les 11 couples recensés, 6 parviennent à mener des jeunes à l'envol. La taille des familles (non calculée, car données incomplètes, mais pressentie) reste médiocre, malgré une bonne dynamique en début de saison (avec 90 % des couples suivis reproducteurs). L'indice de reproduction n'affiche que 0,63 témoin de nombreux échecs sans doute au stade de l'incubation voire de l'élevage des plus jeunes. L'échec d'un couple producteur a été consécutif à la coupe d'un arbre juste sous l'aire. Coordination : Philippe MILCENT & al. (RNR Pibeste-Aoulhet / Nature Midi-Pyrénées)

Vallée d’Aure (zone amont) Le suivi de la zone amont de la vallée d'Aure, malgré un printemps peu favorable, a conduit cette année à la découverte d'un nouveau couple et de 5 nouvelles aires occupées. Les conditions météorologiques influent aisément la reproduction dans ce secteur où les altitudes s'échelonnent entre 600 et 1 400 mètres. Sur les 7 couples ayant entamé une saison de reproduction, 6 ont produit des jeunes et 5 les ont menés jusqu'à l'envol. Cependant, le succès reproducteur (=1) est à l'image de 2012, très médiocre. Un seul couple parvient à produire 2 jeunes à l'envol. La densité d'occupation de ce secteur amont de la vallée d'Aure reste relativement importante (12 couples pour 100 km²), et la découverte de nouvelles aires à des distances variant entre 900 et 1300 m des anciens sites traduit une certaine mobilité des couples au fil des années. La saison 2013 a été perturbée, et si la reproduction a pu être menée pour la plupart des couples reproducteurs, l'envol de certains jeunes a été particulièrement tardif (jusqu'à début août). Coordination : Patrick HARLE & al. (réseau avifaune ONF et PN des Pyrénées)

Vallée d’Aure (zone avale) Sur le secteur aval de la vallée d'Aure, 12 nouveaux couples, au total, ont été observés et une prospection a conduit au recensement d'une quarantaine d'aires favorables. La densité d'occupation sur ce secteur est élevée puisque nous atteignons plus de 17 couples reproducteurs pour 100 km². Concernant la réoccupation des sites, il semblerait que, contrairement à la zone amont de la vallée, les oiseaux de la partie avale soient plus confinés et quand bien même, ils changent d'aire, elles ne sont éloignées le plus souvent que de quelques dizaines de mètres. Leur présence permanente sur les sites a été vérifiée et même dans le cas de dérangements avérés. Cette année, 2 couples on été particulièrement mal menés (circuit quad, battue, coupe d'un arbre). Ils ont cependant chacun menés au moins un jeune à l'envol. Il semblerait que les conditions météorologiques aient été davantage contraignantes. L'indice de reproduction n'atteint pas 0,6 et le succès reproducteur à peine 0,7. Cette saison a été particulièrement défavorable (froid, humidité) provoquant pour la plupart des couples des échecs de la reproduction au stade de l'incubation ou de l'élevage. La taille des familles reste également très petite... Tous les couples ayant produit des poussins ont mené un jeune à l'envol. Coordination : Patrick HARLE (Réseau avifaune ONF)

• Tarn (81) 3 couples ont été contrôlés en 2013 dans le Tarn, où la population est évaluée à moins de 10 couples. Le couple "historique" de la vallée du Tarn (site occupé depuis le début des années 1990) était toujours présent ce printemps (couvaison dans la même aire que les années passées). Dans les monts de Lacaune, le seul couple connu (depuis 1997) a produit 1 jeune à l'envol et un 2nd couple a été découvert à 3 km du premier. Il a mené ses 3 jeunes à l'envol. Une découverte encourageante pour un secteur potentiellement favorable n'ayant pas fait l'objet de prospections spécifiques depuis 2008. Coordination : Amaury CALVET (LPO Tarn)

RHÔNE-ALPES

• Ardèche (07) Cette année, seule la zone du plateau ardéchois a été suivie. 1 nouveau nid y a été découvert. Le baguage et marquage alaire a été réalisé sur 3 des 4 jeunes à l'envol de la zone. Les conditions climatiques difficiles (pluie, neige…) ont entrainé plusieurs échecs en cours d'incubation, et seulement 3 couples sur 7 ont mené des jeunes à l'envol. Coordination : Florian VEAU (LPO Ardèche)

• Haute-Savoie (74) La population haut-savoyarde, en nette augmentation, est estimée entre 15 et 20 couples : 4 dans le Bas-Chablais, 5 à 6 sur le plateau des Bornes, 0 à 1 sur la vallée des Usses, 0 à 1 sur le genevois, 1 sur la vallée du Giffre, 2 sur la vallée verte, 1 à 2 sur l'Albanais, 0 à 1 sur le plateau de la Semine et 2 sur la cluse d'Annecy. 2 couples élèvent chacun 1 jeune. Si les mauvaises conditions météorologiques du printemps (températures basses, neige tardive et fort cumul de précipitations) ont probablement engendré l’abandon de la nidification pour quelques couples, il reste très probable que certaines nichées aient échappé aux observateurs. L’habitat de prédilection de l’espèce sur le département est constitué de paysages bocagers de moyenne altitude (700 à 1000 m.), dominés par les herbages et caractérisés par un vallonnement compliquant la prospection et la recherche d’indices de nidification. Coordination : Jean-Pierre MATERAC (LPO Haute-Savoie)

• Loire (42) Cette année, la reproduction du milan royal a été mauvaise dans le département. Tout d'abord, 5 couples présents en 2012 n'ont pas été retrouvés sur leur site de reproduction ni aux alentours. Ensuite, le taux d'échec a été important atteignant 40 % et le nombre de jeunes par couple nicheur (1,13) a été le plus faible depuis 2008. Il est à noter qu'un cadavre d'adulte et un cadavre de jeune ont été retrouvés sous des nids. Un couple, dont les jeunes ont été prédatés par une martre l'année dernière, s'est réinstallé dans le même nid cette année et a échoué également. Coordination : Emmanuel VERICEL et Nicolas LORENZINI (LPO Loire)

9


Gypaète barbu Gypaetus barbatus

Espèce en danger

Le déclin de la population corse de gypaète barbu stagne en 2013 avec à nouveau seulement 6 couples recensés, soit 4 couples de moins depuis 2009. La survie des rares jeunes nés sur l’île reste incertaine et ne permet pas à cette population de se renouveler. Sur ces 6 couples territoriaux, 4 ont pondu et seul 1 jeune à l’envol est noté dans un territoire au nord de l’île. Dans les Alpes françaises, 8 couples ont été recensés (6 c. en 2012) : 3 couples en HauteSavoie mènent 2 jeunes à l’envol et 4 couples en Savoie (Vanoise) mènent 3 jeunes à l’envol. La population alpine se porte donc plutôt bien avec une productivité assez bonne en 2013 de 0.7 jeunes à l'envol par couple. Dans les Alpes de Haute-Provence, un couple a tenté de nicher, sans succès. Dans les Pyrénées, la productivité est plus faible (0.4 j./c.) en lien avec les conditions météorologiques rigoureuses du printemps. Au total, 36 couples territoriaux menant 13  jeunes à l’envol sont recensés en 2013 (33 c. et 10 jeunes en 2012) : 8 couples dans les Pyrénées-Atlantiques mènent 5 jeunes à l’envol ; 13 couples dans les Hautes-Pyrénées mènent 6 jeunes à l’envol ; 2 couples en Haute-Garonne sans ponte ; 8 couples en Ariège mènent seulement 1 jeune à l’envol ; 4 couples dans les Pyrénées-Orientales (dont 1 nouveau couple) mènent 1 jeune à l’envol ; et l’unique couple de l’Aude ne conduit lui aucun jeune à l’envol. Suite aux 19 naissances en captivité, 13 poussins ont été sélectionnés cette année pour leurs réintroductions dont 6 dans les Alpes (2 dans le PN du Mercantour, 2 dans le PNR du Vercors, 2 à Calfeisen en Suisse) et 2 dans les Grands Causses..

RÉGIONS

Couples Couples territoriaux contrôlés

Pontes

Eclosions

Jeunes Surveillants Journées de à l’envol surveillance

ALPES Alpes de Hte-Provence 1 1 0 Haute-Savoie 3 3 2 Savoie 4 4 3 CORSE Haute-Corse 6 6 4 - 1 - PYRÉNÉES Pyrénées-Atlantiques 8 8 7 6 5 Hautes-Pyrénées 13 13 8-13 >= 6 6 Haute-Garonne 2 2 0 0 0 Ariège 8 8 3-4 2 1 Pyrénées-Orientales 4 3 3-4 >= 1 1 Aude 1 1 1 1 0 Total 2013 50 49 26-33 >= 16 19 Rappel 2012 48 48 40 20 15 400 Rappel 2011 50 48 38 26 18 425

-

1 820 1 820

Gypaète barbu © émile Barbelette

Source Ornithos – coordination : Martine RAZIN (LPO Mission Rapaces)

Bilan de la surveillance du Gypaète barbu - 2013

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Les Cahiers de la Surveillance 2013

Vautour percnoptère

Espèce en danger

Neophron percnopterus

L’effectif de la population de vautours percnoptères en France dépasse probablement les 90 couples territoriaux en 2013 (les données du Vaucluse restant incomplètes). Excepté dans les Pyrénées où nous constatons le recrutement d’un nouveau couple territorial, l’année 2013 est marquée par une baisse des effectifs globaux. Cette baisse apparente des effectifs doit cependant être relativisée suite aux données incomplètes du périmètre du parc naturel régional du Luberon (Vaucluse) - Fig. A. Les paramètres de reproduction suivent également une tendance régressive. Bien que l’absence de données dans le Luberon ne permette pas d’établir une tendance précise de la population de vautours percnoptères, 2013 confirme un tassement de sa progression, enregistrée ces dernières années. Fig. B. Erick KOBIERZYCKI, Pascal ORABI, Cécile PONCHON

Population des Pyrénées

• Ariège (09), Aude (11), Haute-Garonne (31), Pyrénées-Atlantiques (64), Hautes-Pyrénées (65), et PyrénéesOrientales (66) En 2013, sur 106 secteurs connus, 87 secteurs ont été contrôlés sur l’ensemble du versant Nord de la chaîne pyrénéenne (le delta est lié essentiellement à une absence de données, mais pour autant les sites sont régulièrement visités, si la présence d’un couple territorial était effectif, il serait très probablement détecté). 73 couples territoriaux sont recensés. 64 couples reproducteurs ont donné 38 jeunes à l’envol. La saison de reproduction a été particulièrement mauvaise puisque guère plus de la moitié de couples reproducteurs ont mené au moins un jeune à l’envol (37 couples producteurs). Remerciements aux observateurs et leurs structures : SAIAK, ONCFS 31 et 64, LPO Aquitaine, HEGALALDIA, GEOB, PNP (secteurs Aspe, Ossau, Val d’Azun, Luz, Aure), RNR Pibeste, NMP, ADET, ONF, ANA, LPO Aude, GOR, FRNC.

Bilan de la surveillance du vautour percnoptère - 2013 RÉGIONS

PYRÉNÉES Ariège Aude Haute-Garonne Pyrénées-Atlantiques Hautes-Pyrénées Pyrénées-Orientales SUD-EST Alpes de Haute-Provence Ardèche Aveyron Lozère Bouches-du-Rhône Drôme Gard Hérault Vaucluse TOTAL 2013 Rappel 2012 Rappel 2011

Couples territoriaux

Couples reproducteurs

Jeunes à l’envol

8 2 4 45 12 2

7 2 4 38 11 2

6 2 5 17 7 1

1 3 1 1 1 2 2 1 5 90 93 92

1 1 1 0 1 2 2 1 5 78 83 83

1 0 2 0 2 3 0 0 4 50 66 74

Surveillants

Journées de surveillance

133

335

54

-

187 221 224

335 480 572

Coordination : Erick KOBIERZYCKI (LPO Mission Rapaces)

Population du Sud-est

• Alpes de Haute-Provence (04), Ardèche (07), Aveyron (12), Bouches-duRhône (13), Drôme (26), Gard (30), Hérault (34), Lozère (48) et Vaucluse (84) En 2013, 17 couples territoriaux ont été recensés dont 8 d’entre eux ont produit 12 jeunes à l’envol. On note un taux d’échec très important à l’ouest du Rhône, avec aucun jeune à l’envol pour les départements du Gard, de l’Ardèche et de l’Hérault, pour un total de 6 couples. A souligner l’arrivée de deux nouveaux couples en Ardèche, à suivre de près en 2014. Remerciements aux observateurs et leurs structures : LPO PACA, LPO Ardèche, LPO Grands Causses, CEN PACA, LPO Drôme, Vautours en Baronnies, Goupil Connexion, SMGG, COGARD, PNR Luberon. Coordination : Cécile PONCHON (CEN PACA)

Figure A

Figure B

11


Vautour fauve Gyps fulvus

Espèce rare En Europe, la France fait partie des pays dans lesquels le vautour fauve n’est pas en déclin. Les effectifs de couples reproducteurs croissent régulièrement en particulier dans les sites qui ont fait l’objet d’un programme de réintroduction. Cela est généralement lié au fait qu’un réseau de sites d’équarrissage naturel est développé par les gestionnaires des programmes de conservation. Les éleveurs prennent donc une part importante dans la gestion des ressources alimentaires de cette espèce. Raphaël Néouze (LPO Mission Rapaces)

Bilan de la surveillance du vautour fauve - 2013

MIDI-PYRENEES et LANGUEDOC-ROUSSILLON

• Grands Causses (12 et 48) En 2013, avec 414 couples reproducteurs, la colonie des Causses s'est encore étoffée avec 11% d’augmentation par rapport à l’année 2012. Le succès de reproduction reste bon avec un taux à 0,74. Deux départements accueillent cette colonie, la Lozère et l’Aveyron pour 13 communes différentes. Comme tous les ans, 50 poussins ont été bagués à l’aire. Le travail de contrôle des bagues et d’indentification des individus permet les études de dynamique des populations menées par le Muséum national d'Histoire naturelle et le CNRS. Ce suivi technique est réalisé par les salariés de l’Antenne LPO et des agents de terrain du Parc national des Cévennes plus un bénévole, ancien agent du PNC à la retraite. Réalisé depuis le début de la réintroduction, ce suivi de terrain sert en quelque sorte de baromètre et permet de mesurer l’évolution de la colonie (Evolution numéraire et spatiale). Cette présence sur le terrain pour acquérir ces données, permet également d’avoir une bonne crédibilité vis à vis de certains interlocuteurs ou partenaires. Cette légitimité est précieuse, notamment avec les partenaires du monde agricole, cette espèce étant étroitement liée à cette profession de par son mode d’alimentation. Observateurs: Isabelle Malafosse & Bruno Descaves (PNC). Jean-Louis Pinna (Bénévole LPO) & Philippe Lécuyer (LPO) Coordination : Philippe LECUYER (LPO Mission Rapaces)

RHONE-ALPES

• Baronnies (Drôme, 26) Pour cette année 2013, la colonie de vautours fauves s’est encore reproduite avec succès. Celle-ci comptabilise 156 couples reproducteurs et 99 jeunes à l’envol ; soit un taux de reproduction de 0.63, légèrement en baisse par rapport à 2012 (0.7 l’année précédente). En 15 ans, ce sont 659 jeunes vautours fauves qui se sont envolés des falaises des Baronnies

12

RÉGIONS

Couples nicheurs

Aude (11) Grands Causses (48, 12) Baronnies (26) Verdon (04, 83) TOTAL 2013 Rappel 2012 Rappel 2011

Couples producteurs (= Jeunes à l’envol)

14 414 156 91 675 935 808

(environ 1 056 pontes depuis 1998). La première ponte a été constatée le 03 janvier ce qui correspond à la date la plus précoce pour les Baronnies. Christian TESSIER & Julien TRAVERSIER (Association Vautours en Baronnies)

LANGUEDOC-ROUSSILLON

• Aude (11) Depuis 2012 six nouveaux couples se sont installés. En 2013, ce sont donc 14 couples qui ont niché et qui ont tous produit un jeune. Jusqu’en 2012, les couples nicheurs étaient localisés sur la falaise de la Salayrède à Ginoles, à l’exception d’un couple solitaire situé à plus de 13 km. Parmi les nouveaux couples nicheurs en 2013, 2 ont investi une nouvelle falaise dans le prolongement de celle de la Salayrède, éloignée à l’est de 4 km. Relativement épargné par les activités humaines, cet ensemble de falaise est malgré tout survolé par des parapentistes. Après une longue maturation engagée en 2010, l’année 2013 a vu la signature d’une convention multipartite entre les fédérations de parapente, la LPO Pyrénées Vivantes, la LPO Aude, le Maire de Ginoles et le sous-Préfet de Limoux. À cette occasion des panneaux d’information et de sensibilisation à l’intention des parapentistes et du public ont été installés. Bien que le nombre de couples nicheurs soit en pleine croissance, le nombre d’oiseaux fréquentant les zones de prospection alimentaire "historiques" reste stable. La seule évolution réside dans une extension des zones prospectées, qui s’étendent maintenant jusqu’aux collines aux abords de Castelnaudary. L’arrivée de ces oiseaux dans

14 309 99 55 477 642 542

Surveillants

Journées de surveillance

- 4 - - 4 5 18

173

ces zones où ils sont peu connus entraine les inévitables interprétations hasardeuses à leur sujet, lesquelles se retrouvent occasionnellement dans les médias. Gageons qu’avec le temps, comme plus haut en montagne, ils referont naturellement partie d’un paysage qu’ils avaient quitté il n’y a pas si longtemps ! Coordination : Yves ROULLAUD (LPO11)

PROVENCE-ALPESCOTE D’AZUR • Alpes de Htes Provence (04) et Var (83) La colonie nicheuse comprend 91 couples pondeurs et 55 juvéniles se sont s’envolés (26 bagués au nid) au cours de l’été, ce qui porte à 277 le nombre de vautours nés dans le Grand canyon depuis 2002. Le succès de reproduction est de 60 % alors qu’il était stable à 71% depuis 2010. Le printemps particulièrement humide et froid est probablement la cause principale. Par ailleurs, un échec est dû à une nouvelle activité de plein air, la highline (funambulisme). L’occupation côté Var s’est réduite avec 4 couples nicheurs et l’envol probable de 2 poussins (9couples et 4 jeunes à l’envol en 2012). Pour la première fois, un couple s’est installé sur la commune de Castellane. Par ailleurs, nous avons noté l’occupation de 28 nouveaux nids et l’abandon de 18 nids par rapport à 2012 pour un total de 150 nids historiques sur l’ensemble de la colonie. Remerciements : Arnaud Lacoste, Carol Henriette, Diana Quent, Dominique Jacquemin, Vincent Roustang, Pierre Ferry.

Coordination : Sylvai HENRIQUET et Arnaud LACOSTE (LPO PACA)


Les Cahiers de la Surveillance 2013

Vautour moine Aegypius monachus

Espèce vulnérable

La grande nouvelle pour cette année est la première reproduction de l’espèce dans le Verdon depuis 1856 ! Une jeune femelle nommée Phénix a pris son envol le 3 septembre 2013. Dans les Baronnies la colonie reste stable, mais le nombre de jeunes à l’envol est un peu plus faible cette année. Il est intéressant de noter qu’un grand nombre des oiseaux constituant les nouveaux couples territoriaux sont issus des Causses. Cela peut être l’un des facteurs qui explique que le nombre de couples reproducteurs dans les Causses n’augmente pas. Raphaël Néouze (LPO Mission Rapaces)

MIDI-PYRéNéES et LANGUEDOC-ROUSSILLON

• Grands Causses (12, 48 et 34) La petite population caussenarde se maintient mais ne "décolle" pas. Toute espèce arboricole est plus difficile à suivre qu'une espèce rupestre. Ceci dit, malgré la possibilité de "rater" quelques couples, comme des oiseaux nichant dans le département de l'Hérault (34) par exemple, il semblerait qu'un erratisme au niveau des immatures soit très important au regard des nombreuses identifications d'oiseaux caussenards réalisées dans la région des Baronnies (26) en 2013. D'ailleurs, c'est aussi sur ce site que plusieurs jeunes oiseaux provenant des Causses semblent vouloir se mettre en couple avec des "indigènes"... Observateurs : Isabelle Malafosse & Bruno Descaves (PNC). Jean-Louis Pinna & Jeanpierre Cerret (Bénévoles LPO) & Thierry David, Renaud Nadal, Raphaël Néouze & Philippe Lécuyer (LPO) Coordination : Philippe LECUYER (LPO Mission Rapaces)

rhône-alpes

• Baronnies (Drôme, 26) En 2013, 5 couples de vautours moines se sont reproduits (pontes) dans le Massif des Baronnies (Figure 3); produisant ainsi quatre poussins, dont trois seulement se sont envolés. Le cadavre du quatrième poussin a été découvert dans le nid le 3 août mais les restes retrouvés dans l’aire n’ont pas permis de déterminer la cause de la mort (prédation possible par l’aigle royal). Nous notons qu’il s’agit du deuxième échec de reproduction avec poussin "âgé" pour ce couple (premier échec en 2011). Le nombre de couples reproducteurs est identique à l’année 2012, avec cependant la disparition du couple "historique" (Pivoine et Dehesa) et la première reproduction d’un jeune couple ("Frances" et "Neptune").

Bilan de la surveillance du vautour moine - 2013 RÉGIONS

Grands Causses Baronnies Verdon (04, 83) Total 2013 Rappel 2012 Rappel 2011

Couples territoriaux

Couples nicheurs

23 5 1 29 27 30

21 5 1 27 25 28

Au cours de l’année 2013, nous avons pu vérifier la formation de 4 nouveaux couples composés de jeunes oiseaux. La formation de ces nouveaux couples a été décelée par le comportement des oiseaux sur la placette d’équarrissage de l’association (piège photo et affût), ainsi que par l’observation sur le terrain et lecture de bagues par photos sur les oiseaux en vol. Deux de ces couples ont d’ores et déjà été observés en train de recharger d’anciennes aires de vautours moines, et/ou d’en construire de nouvelles. Il est à noter que 5 des 8 oiseaux qui composent les nouveaux couples sont nés en nature dans les Causses. Pour la deuxième année consécutive, une femelle dont le partenaire a disparu depuis

Couples producteurs Surveillants (= Jeunes à l'envol)

12 3 1 16 15 16

7 - - 7 9 17

Journées de surveillance

140

octobre 2011, a pondu et couvé seule pendant trois semaines. Christian TESSIER & Julien TRAVERSIER (Association Vautours en Baronnies)

Provence-Alpes Côte-d’azur • Verdon (Alpes de Haute-Provence-04 et Var-83) La dernière reproduction connue dans les Basses-Alpes (actuellement les Alpes de Haute-Provence) datait de 1856, et 157 ans après le Vautour moine niche de nouveau. Après deux années d'apprentissage, Jean (le mâle né au zoo de Planckendael et réintroduit en 2008) et Exo1 (la femelle exogène) ont réussi à élever un premier poussin. Phénix, une femelle, s'est envolée le 3 septembre 2013. Remerciements : Marc Pastouret, Arnaud Lacoste, Dominique Jacquemin, Vincent Roustang, Pierre Ferry, Diana Quent Sylvain Henriquet, Marc Pastouret et Arnaud Lacoste (LPO PACA)

13


Circaète Jean-le-Blanc Circaetus gallicus

Espèce rare Les comptes-rendus départementaux sur le suivi 2013 du circaète se résument en une litanie longue et ennuyeuse (excusez le pléonasme) dans laquelle il est question des conditions météorologiques exécrables du printemps. Très rares sont les départements où le facteur climatique n’est pas évoqué comme cause d’échecs de reproduction. En effet, les 309 couples suivis n’ont donné que 138 jeunes à l’envol, soit un taux global faible de 0.45. Froid, pluie, et même neige en mai dans le Massif central, ont provoqué la disparition de poussins et l’abandon d’œufs. La météo déplorable expliquerait également des retards inhabituels de ponte ça et là (Lozère, Gard, Isère) ainsi que des captures de proies de substitution (Alpes de HauteProvence). A cette situation peu réjouissante mais somme toute naturelle, sont venus s’ajouter des éléments anthropogènes tels la chasse printanière aux sangliers (Hérault) et la dégradation des milieux. Pour un futur proche, se profile le problème des éoliennes (Ariège). Cela dit, il paraît utile de rappeler ici que la nature des chiffres rapportés dans le suivi doit être clairement définie. En effet, il semble que d’un département à l’autre, des perceptions différentes existent, notamment à propos de la notion de couples nicheurs. Pour faire simple, quatre données peuvent être rapportées sans équivoque : 1. Le nombre de couples contrôlés (exemple : 5) 2. Le nombre de couples où une information sur la reproduction, quelle qu’elle soit (succès - échec - absence de ponte - désertion du site en cours de nidification), a pu être collectée (exemple : 4). Dans ce cas, 4/5 = 80% représente le taux d’efficacité d’observation. 3. Le nombre de pontes (exemple : 3). Ici, 3/4 =  75% est le taux de tentative de reproduction. 4. Le nombre de jeunes envolés (exemple : 2). 2/3 = 66% est le taux de productivité d’un œuf. Le taux de réussite de notre exemple est donc de 2/4, soit 50%. En définitive, la saison 2013 n’a pas été bonne. Les premiers résultats de celle de 2014 laissent augurer un grand cru. Les années fastes compensent les années noires : ainsi va la vie. Bernard JOUBERT

AQUITAINE

• Dordogne (24) Pour la seconde année consécutive, aucun jeune circaète n’a pris son envol sur les sites suivis. Sur 2 sites découverts par N.Savine en 2012, les oiseaux n’ont pas été revus cette année. Quant aux 3 autres couples, 2 ont échoué lors de la couvaison et 1 n’a pas niché, conséquence d’un printemps froid et très pluvieux. Petite consolation, un nouveau site a été découvert, mais occupé par un seul oiseau. Remerciements : N.Savine. Coordination : Daniel RAT (LPO Aquitaine)

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AUVERGNE

• Haute-Loire (43) Premier contact le 9 mars. Cycles de reproduction suivis dans 21 sites sur les 86 répertoriés dans le département : 3 sur l’axe Loire dont un sur un suc des plateaux volcaniques où un succès de reproduction avait déjà été noté en 2012 (A. Bonnet – Y. Boudoint) – 18 dans la haute vallée de l’Allier (B. Joubert). Dans le haut Allier, 8 réussites dans 18 sites soit un taux de réussite de 0.44 (9 échecs et 1 abstention). Les 3 tentatives dans l’axe ligérien sont des succès. La saison s’engage fort mal avec des conditions météorologiques épouvantables en mars – avril – mai (par exemple  : neige tenace au-dessus de 800 m le 26 mai). Ceci fait craindre le pire pour la reproduction. Contre toute attente, le taux de réussite dans cette partie du département n’est pas aussi mauvais que prévu. Les 263 cycles de reproduction suivis depuis 1996 dans le haut Allier ont donné 159 jeunes à l’envol, soit une réussite moyenne de 0.60. Bien que faible, le taux 2013 dans ce secteur est meilleur que celui de 2012 (0.29), de 2010 (0.35), de 2002 (0.25) et de 2000 (0.42). Pour la neuvième année consécutive, un couple niche avec succès dans la même aire. Sur 13 nids 2012, 3 seulement sont repris en 2013. Par décompte, 4 dates de ponte ont pu être estimées de façon précise : 16/04 (x 2) – 19/04 – 21.04. Il se confirme – si besoin était – que la plupart des échecs de nidification sont dus aux conditions météorologiques printanières. Coordination : Bernard JOUBERT

BOURGOGNE

• Saône et Loire (71) 6 sites sont occupés et suivis. 3 couples tentent avec succès une reproduction, et 1 échoue. Coordination : Loïc GASSER (AOMSL)

CENTRE

• Loir-et-Cher (41) Un cas de tir enregistré à l'ouverture de la chasse. L'oiseau décédera en centre de soins. Une procédure est en cours. Coordination : Alain PERTHUIS (Loir-et-Cher Nature)

• Loiret (45) Le manque de temps à consacrer à cette espèce, couplé à une météo de nouveau très capricieuse n'ont pas permis de retrouver nombre de couples connus il y a peu. Sur les 5 sites fréquentés par l'espèce en forêt d'Orléans, 1 seul a mené 1 juvénile à l'envol tandis que 3 n'ont semblés être que fréquentés. Côté Sologne du Loiret, le nid habituellement suivi donne de nouveau un jeune à l'envol. Remerciements : C. Maurer (maison de la Loire). Coordination : Julien THUREL (ONF)

ILE DE FRANCE

• Seine-et-Marne (77) Il n'y a probablement pas eu de reproduction du circaète en Seine-et-Marne en 2013. Aucun site n'a été trouvé occupé et les trop rares observations en début de saison ne laissaient déjà que peu d'espoirs sur la présence d'un couple cette année ; mauvaise impression qui s'est vue confirmée par l'arrêt prématuré de toute signalisation de l'espèce au moment où le nourrissage d'un jeune rend les adultes plus actifs et donc plus visibles. Coordination : Louis ALBESA (ANVL)

LANGUEDOC-ROUSSILLON

• Aude (11) La plus mauvaise année depuis le début du suivi en raison du printemps particulièrement pluvieux et froid, avec près des 2/3 des couples ne se reproduisant pas (certains ne nichant même pas !). A noter la présence de 13 immatures (2 Ac) au cours de la saison. Remerciements : M. Bourgeois, J-L. Camman, D. Genoud, M. Guérard, M. Höllgärtner, C. Perony, Y. Roullaud, M.


Les Cahiers de la Surveillance 2013 Vaslin, P-J. Vilasi et tous les observateurs occasionnels. Coordination : Christian RIOLS (LPO Aude)

• Hérault (34) Deux observateurs suivent chacun un couple producteur. N.Del Rox trouve un nouveau couple voisin de celui trouvé en 2012 et intégré au suivi. Les 40 sites contrôlés sont occupés par 38 couples, 1 trio et 1 femelle seule. Les 39 couples (et trio) suivis donnent 22 jeunes à l’envol. Parmi les 17 sites sans production de jeunes, on note 3 échecs (1 au stade incubation, 2 au stade poussin), 4 absences de reproduction avérées (dont le trio) et 10 sites avec absence de reproduction et/ou échec. Une nouvelle année avec faible productivité (54%). Un couple suivi depuis 1996 dont le petit territoire était déjà amputé par une urbanisation destructrice perd 20 hectares supplémentaires (photovoltaïque au sol) : merci aux « Guignols de l’info » (études d’impact). Enfin, en 2013, scandale inadmissible, la chasse aux sangliers est effective dès le 1er juin ! Après analyse des résultats, un minimum de 5 échecs peuvent être ou sont imputables à cette décision scandaleuse. Coordination : Jean-Pierre CERET

• Parc national des Cévennes : Lozère (48), Gard nord (30) Un léger mieux dans la productivité moyenne cette année grâce à des conditions météos plus favorables en fin de printemps. Ce léger mieux est plus sensible pour les couples les plus méridionaux de notre population (sud Cévennes et Aigoual sud). Ailleurs les rudes conditions du printemps ont encore durement perturbé les couples (3 jeunes à l'envol seulement pour 16 couples suivis sur les Causses calcaires). Nous notons également un retard inhabituel de 10 jours dans la date de ponte (24/4) par rapport à la moyenne sur 20 ans (14/4), preuve que les oiseaux ont rencontré des difficultés en début de saison. Remerciements : S. Agnezy, R. Barraud, P. Baffie, N. Bertrand, J-L. Bigorne, G. Coste, R. Descamps, B. Descaves, J-M. Fabre, D. Foubert, G. Karcewski, P. Martin, T. Nore, J-L. Pinna, B. Ricau, C. Voinson. Coordination : Isabelle & Jean-Pierre MALAFOSSE (PNC)

LIMOUSIN

• Corrèze (19) Données non communiquées Coordination : Thérèse NORE, Pascal CAVALLIN (SEPOL)

MIDI-PYRéNéES

• Ariège (09) Quatrième année de suivi sur cette zone de 700 km² du piémont ariègeois qui s’est encore légèrement étendue cette saison. 20 sites localisés en tout avec cette année 6 nouveaux sites trouvés avec cantonnement. La très mauvaise météo du printemps a certainement contribué à l’échec d’au moins 5 couples. Les nouveaux sites n'ont pas fait l'objet d'une recherche plus approfondie cette année, météo et manque de temps en sont les principales raisons.

Bilan de la surveillance du circaète Jean-le-Blanc - 2013 RÉGIONS

Sites occupés

AQUITAINE Dordogne 4 AUVERGNE Haute-Loire 21 BOURGOGNE Saône-et-Loire 6 CENTRE Loir-et-Cher 16 Loiret 6 ILE-DE-FRANCE Seine-et-Marne 0 LANGUEDOC-ROUSSILLON Aude 75 Hérault 40 Lozère et Gard 81 Parc national des Cévennes MIDI-PYRÉNÉES Ariège 13 Tarn 10 Pays-de-la-Loire Maine-et-Loire 6 POITOU-CHARENTES Charente-Maritime, 8 Deux-Sèvres Paca Alpes de Haute-Provence 41 Bouches-du-Rhône et Var 7 Hautes-Alpes 27 Vaucluse 6 RHÔNE-ALPES Isère 26 Loire 8 Haute-Savoie 11 TOTAL 2013 412 Rappel 2012 505 Rappel 2011 454

Couples suivis

Couples Couples producteurs Journées de Surveillants nicheurs (= jeunes à l’envol) surveillance

3

2

0

2

9

21

20

11

3

30

6

3

2

4

20

15 6

15 3

8 2

5 2

13 8

0

0

0

1

-

39 39

16 25/35

13 22

10 4

17 62

49

33

20

17

-

13 9

8/13 4/9

8 4

9 4

23 16

6

3/6

3

6

24

7

6

4

1

17

28 7 27 6

12/20 6 18 1/6

7 4 14 1

43 2 37 1

9 18

13 1 1 138 191 231

20 4 56 231 273 237

40 306 721 911

24 17 3 1/3 1 1 309 190/223 359 260/269 351 300/304

8 sites ont été reproducteurs avec 8 jeunes à l’envol. A signaler le changement d’aire d’un couple sur une distance d’1,2 km. Plusieurs projets éoliens mettent en péril plusieurs sites de reproduction, mais aussi un couloir de migration de l’espèce. 120 sur 2 jours en 2012 et une centaine en 2013 en quelques heures, 5 jeunes ensembles en migration le 22 septembre, laissant présager un passage important à cet endroit. En 2014, l’effort sera porté sur les nouveaux couples localisés en 2013 afin de rechercher précisément le site de nidification. Remerciements : B. Barathieu, F. Couton, A. Barrau, P. Tirefort, B.Bouthillier, S.Coffignot, D. et R.Peltier, M.Felhman, T.Buzzi. Coordination : Sylvain FREMAUX (Nature Midi-Pyrénées)

• Tarn (81) Année médiocre pour les 9 couples suivis cette année dans le Tarn puisque seuls 4 couples ont mené leur jeune à l'envol. Remerciements : C. Aussaguel, G. Bismes, S. Maffre.

PAYS-DE-LA-LOIRE

• Maine-et-Loire (49) L'espèce est observée du 21 mars au 20 septembre par un nombre croissant d'observateurs : les contacts sont de plus en plus fréquents. Le circaète paraît étendre sa répartition vers le sudouest du Maine-et-Loire mais aussi vers l'ouest, se rapprochant de la Loire-Atlantique. L'oiseau est même observable aux portes d'Angers. 2 cantonnements sont connus au nord de la Loire. La reproduction est même prouvée dans le quart nord-est avec un jeune élevé avec succès sur une aire installée dans un Pin sylvestre (une première en 49 !). La reproduction n'a été constatée que sur 3 sites. La cause des échecs n'est pas connue mais la météo désastreuse y est sans doute pour beaucoup. Remerciements : A.Bajan-Banaszak, J-C. Beaudoin, J-M. Bottereau, M. Jumeau, L. Lortie. Coordination : Patrick RABOIN (LPO Anjou)

Coordination : Amaury CALVET (LPO Tarn)

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POITOU-CHARENTES

• Charente-Maritime (17) / Deux-Sèvres (79) Les 8 sites contrôlés cette année sont tous occupés. Le 8e est un nouveau site localisé dans le bois de la Villedieu (17), mais malgré les recherches la reproduction n'a pu être prouvée. Le bilan, un peu décevant fait état de 4 couples ayant réussi à élever un jeune pour 8 suivis (envols entre le 5 août et début septembre). Les échecs sont dus probablement aux mauvaises conditions météorologiques du printemps. C’est le premier échec enregistré pour un couple productif depuis 2001. Coordination : Michel CAUPENNE (LPO France)

PROVENCE-ALPESCÔTE D’AZUR

• Alpes de Haute-Provence (04) L'année 2013 aura été marquée par de très mauvaises conditions climatiques printanières. La plupart des couples ayant mené la reproduction à son terme sont expérimentés et établis de longue date. Certains, habituellement reproducteurs, ont échoué (mort du jeune au nid et échec de couvaison inexpliqués, changement de partenaire) ou se sont abstenus. Le taux de reproduction varie entre 0,25 (de manière certaine) et 0,39 (probablement). Taux retenu : 0,32. Concernant leur alimentation, il semble que les circaètes se soient parfois (voire souvent) rabattus sur des proies de substitution (batraciens omniprésents et petits mammifères - lapereaux). Le plumage des 2 jeunes observés au nid (un vivant, l'autre mort) ne présentaient aucune strie d'affamure ; preuve que leur nourrissage semble avoir été assuré malgré tout, au moins dans un premier temps. Les mois de juillet, août et septembre ont été nettement plus favorables à la recherche de reptiles. Cette année encore, l'accent a été mis sur l'information auprès de partenaires (ONF) et de bénévoles, ainsi que sur la recherche de nouveaux sites. Ceci afin d'élargir le réseau départemental de suivi. Ce sera encore le cas en 2014, avant d'envisager, à l'avenir, un suivi plus assidu de la reproduction. A noter qu'un seul circaète a été amené en centre de soins de la faune sauvage en 2013 pour le département 04 : un oiseau qui a succombé à ses blessures par plombs de chasse... Remerciements : ONF de St André les Alpes et Manosque, ONCFS, PNR du Verdon, et les nombreux bénévoles. Coordination : Cédric ARNAUD

• Est des Bouches-du-Rhône (13) et ouest du Var (83) Cette année, pour diverses raisons personnelles, il ne nous a pas été possible d’effectuer un contrôle régulier de tous les sites connus. Un nouveau couple, trouvé et suivi par Jean-Claude Tempier

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du CEN PACA, à l’ouest du massif de l’Étoile au nord de Marseille, à donné un jeune à l’envol. Remerciements : J-C.Tempier, CEN PACA ; ONF13-83 et CG13. Coordination : Richard FREZE (CEN PACA)

• Hautes-Alpes (05) Le suivi dans le gapençais a démarré en 2002 avec un petit noyau d’observateurs ; à partir de cette date, de 1 à 4 couples sont suivis chaque année. En février 2009, une soirée de conférence sur le circaète organisée par le groupe local LPO du gapençais m’a permis de présenter l’espèce et de bâtir une stratégie de prospection avec un plus grand nombre d’observateurs. En 2010, le réseau commence à porter ses fruits et des observations sur l’ensemble du département me sont transmises, me permettant de réaliser le premier bilan départemental avec 15 sites suivis et 33 observateurs. Depuis lors le nombre de sites suivis ne cesse d’augmenter et le nombre d’observateurs en diminution se stabilise avec une moyenne de 36. Remerciements : R.Bertolotti, R.Balestra,C. Boulangeat, G.Briard, D. et M-C. Brugot, H.Claveau, R.Colombo, M.Corail, E.Dupland, J-L.Favier, F.Goulet, A.Hugues, L.Imberdis, F.Lefranc, O.Lignon, R.Maillot, C.Meizenq, A.Nouailhat, A.Pappe, J.Pflieger, A.Pichard, M.Petiteau, M.Provost, J. et M-C.Raillot, C.Riffault, L., J. et J-P .Robert, C.SidamonPesson, F.Spada P.Vedel. Coordination : Rémi BRUGOT

• Vaucluse (84) La saison avait très bien commencé en mars puisque tous les couples étaient présents. Mais les conditions exécrables (pluie, froid, vent) des mois d'avril et mai laissaient présager des difficultés de nidification. De fait, les zones de nidification ont été désertées dès la mi-août sans envol de jeunes et une surveillance tardive jusqu'en fin septembre n'a pas permis de démontrer une nidification retardée et réussie. Parmi les six couples suivis, un seul a mené à bien sa reproduction. Coordination : Philippe BONNOURE

RHONE-ALPES

• Isère (38) 26 sites contrôlés donnent 13 jeunes à l'envol sur les 24 couples présents. Deux observateurs aguerris n’ont pas pu assurer le suivi pour raison de santé et familiale. Le printemps pluvieux semble avoir repoussé la ponte de 10 à 15 jours ; les jeunes se sont envolés à la fin de la 2e quinzaire d'août alors que les années précédentes, la majorité partent dans la 1ère quinzaine. Deux explications sont possibles : pontes des femelles repoussées ou 2e ponte, la 1ère étant abandonnée, le mâle ne nourrissant pas correctement la femelle. Un suivi rapproché et constant de plusieurs sites aurait peut-être donné la solution. Lors de cette année 2013, deux circaètes

récupérés par le centre de sauvegarde Le Tichodrome avaient reçu des plombs de chasse. L'un a succombé, l'autre a été relaché pour la migration. Remerciements : F.Boissieux, J-M.Coynel, P.Deschamps, P.Delastre, G.Etellin, M.Fonters, J-L.Fremillon, F.Frossard, M.Gaillard, J. et M.Hérubel, F.Mandron, A.Provost, L.Puch, A-M.Trahin, T.Roux, ONF, PNE (Valbonnais et Bourg-d'Oisans), Gère vivante et tous les observateurs de Faune Isère. Coordination : Françoise CHEVALIER (LPO Isère)

• Loire (42) En 2013, 8 sites ont été visités : 2 dans les monts de la Madeleine, 1 dans les monts du Forez, 2 dans les gorges amont de la Loire et 3 dans le Massif du Pilat. Le suivi a permis de mettre en évidence l'échec de reproduction sur un site du Pilat rhodanien et un site des gorges amont de la Loire. Seul un succès a été constaté avec un jeune juste volant le 6 août dans les monts du Forez. Pour le second site des gorges de la Loire ainsi que celui du Pilat, l'absence de visite en fin de saison n'a pas permis de connaitre le succès de reproduction. Pour les autres sites, leur abandon en cours de saison ou l'observation des 2 individus du couple en période d'incubation suggèrent des échecs de reproduction. Coordination : Laurent GOUJON (LPO Loire)

• Haute-Savoie (74) La Haute-Savoie compte 12 zones fréquentées, plus ou moins régulièrement, par 1 à 3 individus. Quelques oiseaux sont aussi observés sur le reste du département. 9 territoires sont occupés par au moins 2 adultes. Le couple qui, en 2011, avait fourni la première nidification réussie du département, produit 1 jeune à l'envol, sur la même aire, pour la 3e année consécutive, malgré une coupe de bois effectuée à 80 m. Un autre couple construit une aire, mais le suivi a été insuffisant et la ponte non prouvée. Un effort de prospection plus soutenu permettrait probablement de trouver d'autres couples nicheurs. Remerciements : F. Bacuez, F. Bazinet, M. Belleville, B. Belouin, M. Bethmont, M-A. Bianco, R. Bierton, X. Birot-Colomb, L. Boissel, P. Boissier, J. Bondaz, P. Bouvet, M. Bowman, R. Boyer, G. Canova, J-L. Carlo, P. Charrière, N. Damgé, C. Desjacquot, J-F. Desmet, B. Doutau, D. Ducruet, C. Eminet, V. Fournier-Bidoz, V. Gauthier, E. Gfeller, C. Giacomo, Q. Giquel, B. Guibert, J. Guilberteau, S. Henneberg, S. Kimmel, A. Lathuille, J-C. Louis, L. Lücker, M. Maire, J-P. Matérac, C. Merlot, L. Méry, A. Michel, J-C. Million, N. Moron, S. Penin, C. Peter, C. Pochelon, C. Prévost, S. Reyt, C. Rochaix, P. Roy, O. Rumianowski, B. Sonnerat, T. Vibert-Vichet, V. Von Harsteln, E. Wolff, E. Zurcher - 1 Observateur anonyme. Coordination : Jean-Pierre MATERAC (LPO Haute-Savoie)


Les Cahiers de la Surveillance 2013

Busards

Espèces à surveiller

Circus pygargus, Circus cyaneus, Circus aeruginosus

Busard cendré

Les chiffres Le nombre de surveillants (540) est dans la normale, le nombre de journées-hommes, proche de 4000, est stable par rapport à 2012 et donc toujours en net retrait par rapport à l’année d’exception 2008. Le nombre de nids trouvés est en chute libre et se situe au niveau de 2004, 2005, 2006 c’est-à-dire réduit à 54 % de celui de 2011. Le busard cendré représente 73 % du total des nids trouvés, 75 % des envols et… 87 % des envols avec protection ! Pour les trois espèces, les envols protégés sont de 54 %, mais de 62 % pour le seul busard cendré, chiffre rarement atteint. Les taux de productivité sont très inférieurs à 2 : 1,41 pour le busard cendré, 1,25 pour le busard Saint-Martin. Bref : une année à oublier. Vos avis en bref Afin de voir si vos avis divergeaient selon la répartition géographique des populations issues de l’Enquête Rapaces 2002 (J-M Tiollay et V. Brétagnolle) : Nord et Est ; CentreOuest ; Auvergne ; Languedoc-Roussillon, ainsi que le Nord-Ouest qui ne s’y dessine pas mais qui est néanmoins bien présent dans vos comptes rendus, vos remarques ont été

Busard Saint-Martin

regroupées en respectant cette répartition. De vos commentaires se dégage cependant globalement une même impression : pas de jaloux. Les populations françaises on été fortement impactées par les pluies, le froid, le retard de la végétation et les faibles ressources trophiques. Pas tout-à-fait tout de même. Une petite frange oblique allant de l’Isère à l’Aveyron en passant par la Lozère semble l’avoir moins été, voire, en avoir en partie tiré bénéfice. A côté de cet avatar climatique aux conséquences désastreuses subsistent quelques autres causes d’échecs allant decrescendo de la prédation, résultant du déficit des ressources trophiques, aux destructions volontaires soupçonnées, à la verse résultant de l’excès d’azote, par contre, sans doute en raison du retard de la végétation, les moissons sont très peu mentionnées. Un autre point sous-estimé a été soulevé par la Côte-d’Or, celui de l’importance des œufs clairs (donc inféconds) : 41 à 55 %. C’est considérable. Il serait intéressant de compiler les données dans ce domaine. Du point de vue positif, l’effort de protection, stricto-sensu, s’est accru puisqu’il représente pour le busard cendré 62 % des envols et 87 % des envols protégés toutes espèces confondues. Un point très positif : le

Busard des roseaux

retour en Mayenne du busard cendré. Autre point portant sur 2013 - 2014 et l’avenir : les agriculteurs des polders de l’Aiguillon sont revenus sur leur décision. Par contre, l’arrêté Bromadiolone en étendant l’usage à diverses espèces de campagnol, l’arrivée du Diclofénac, la guerre ouverte aux vautours et aux invertébrés qui continue, assombrissent l’avenir. Depuis l’ère reaganienne et thatchérienne, la société mercantile libérale n’aura eu de cesse de remettre en cause l’environnement autant que les avancées sociales. On avance à contrecourant… tant qu’il restera du courant. Christian Pacteau

ALSACE

• Bas-Rhin (67) et Haut-Rhin (68) Busard des roseaux : la situation du busard des roseaux est toujours aussi préoccupante en Alsace. Le seul site occupé assidûment par un couple nicheur a semble-t-il échoué pour la deuxième année consécutive. Ce site bien suivi bénéficie d'un Arrêté préfectoral de protection de biotope. Busard cendré : des individus isolés (mâles et femelles) sont observés en chasse dans

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le secteur habituel d'Alsace bossue bien prospecté, mais si nidification il y a, elle est à rechercher côté mosellan. Coordination: Alain WILLER (LPO Alsace)

AQUITAINE

• Gironde (33) Busard cendré : 2013 est une année bien particulière avec un temps pluvieux et froid durant les mois de mai et juin ; si les premiers busards cendrés sont arrivés en avril et ont attaqué leur reproduction comme d'habitude, le mauvais temps a stoppé souvent vite leur nidification et freiné celle de ceux qui sont arrivés plus tard. Les dates de ponte ont été décalées. Sur 31 couples repérés en début de saison, 14 ont disparu au bout d'un laps de temps plus ou moins long ou bien se sont déplacés sans pouvoir être retrouvés par la suite ; certains sites ont été désertés et n'ont accueilli aucun couple. Une femelle a été retrouvée probablement morte de faim sur son nid et la fin de saison a accueilli son lot de prédation. Autrement dit une mauvaise année avec une moyenne de 1 jeune envolé par nid. Busard des roseaux : pour cette espèce, les 29 couples recensés n'ont pas été tous suivis et ceux dont les nids été localisés n'ont pas été tous suivis jusqu'au terme de la reproduction, les informations concernant cette espèce sont donc incomplètes ; les couples qui ont pondu ont eu peu de jeunes à l'envol et parfois plus tard que d'habitude mais ont mieux réussi leur reproduction que le busard cendré. Busard Saint-Martin : un seul nid a été suivi et a produit 2 jeunes volants. Coordination : Marie-Françoise CANEVET (LPO Aquitaine)

AUVERGNE

• Haute-Loire (43) Busard cendré : cette saison le nombre de jeunes à l'envol est faible. Un printemps très pluvieux et froid de fin avril au 20 mai a eu plusieurs conséquences sur la reproduction du busard cendré: retard de l'arrivée des oiseaux sur les sites, pousse tardive de la végétation ainsi qu'un report des fauches des prairies artificielles. Cela s'est traduit par un fort retard du développement des céréales à paille, contraignant une bonne partie des couples à s'installer en prairie artificielle, rendant leur protection plus compliquée. La répartition des couples sur les secteurs du département a également été particulière. Cette saison est également caractérisée par un manque de nourriture (micromammifères). Les couples présents se sont donc concentrés sur les zones les plus favorables alors que pour d'autres, elles ont été désertées. Certains couples formés sont même restés toute la saison cantonnés sans effectuer de ponte. Les moissons se sont faites à des dates classiques. La prédation par les carnivores est importante pour les nids non protégés du fait du manque de micromammifères tout comme les cas de prédation de jeunes en dehors

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des protections les premiers jours qui ont suivi leur envol. La verse de la végétation est importante du fait des orages en été en milieu naturel favorisant également la prédation par l'accessibilité aux nids. Un nombre toujours plus important de nids nécessite des interventions de protection pour permettre la réussite de la reproduction des couples même en milieu naturel. Busard Saint-Martin : espèce non suivie. Busard des Roseaux : aucun couple observé. Coordination : Olivier TESSIER (LPO)

La pose d'une clôture électrique sur un carré laissé sur place est généralement efficace contre les carnivores terrestres. Malgré tout un renard a réussi à passer une protection comportant 4 hauteurs de fils pour prédater les jeunes au nid. Sur un second nid situé dans le même champ il a franchi une autre clôture électrique pour prédater un jeune volant depuis peu qui passait la nuit près du nid. • Puy de Dôme (63) Une année difficile pour les busards cendrés en raison d'un printemps froid et pluvieux entraînant un retard de croissance des céréales et l'absence de micromammifères durant toute la saison de reproduction. Les couples qui ont tenté une nidification l'ont entamé avec 3 semaines ou un mois de retard et la destruction des nichées lors des moissons, certes avec 2 semaines de retard cette année, a dû être importante en plaine, notamment en Grande Limagne... Sur les 50 km2 autour de Plauzat, seul secteur ayant fait l'objet d'un suivi en 2013, seuls 20 couples étaient cantonnés en début de saison, contre une trentaine les années précédentes. 7 couples se sont lassés d'attendre les beaux jours et la fin du manque de nourriture et sont partis, 8 ont produit 19 jeunes à l'envol alors que 4 ont échoué. Comme souvent lors des années à faibles ressources alimentaires, plusieurs nids avec des jeunes ont été prédatés (2 ou 3). Malgré une moisson tardive fin juillet, 3 nids dans des champs de blé ont dû être protégés, permettant l'envol de 6 jeunes. Coordination : Thibault BRUGEROLLE (LPO Auvergne)

BASSE-NORMANDIE

• PNR des Marais du Cotentin et du Bessin (14-50) Busard cendré: 7 couples ont niché de manière certaine ce qui constitue un nouvel effectif record, dont 6 couples sur la RNR des marais de la Taute (propriétés du GONm), le dernier étant cantonné à proximité immédiate. Seulement 2 couples ont connu un succès avec un total de 4 jeunes à l’envol. Busard des roseaux: les cantonnements caractérisés concernent 9 couples dont 80 % ont connu un échec. L'inondation du marais fin mars-début avril et les mauvaises conditions météorologiques tout au long de la saison ont affecté la reproduction. Coordination : Régis PURENNE (Gon et PNR MCB)

BOURGOGNE

• Côte-d’Or (21) Busard cendré : les nombres de couples observés et de nids trouvés sont habituels, témoignant d'une relative stabilité de la population sur la zone d'étude ces dernières années. Mais la météo exécrable qui a duré tout le mois de mai a considérablement perturbé (plusieurs abandons) et retardé les busards. Les premiers apports de matériaux n'ont été observés qu'à partir de fin mai (mais surtout début juin et même mi-juin). Une énorme proportion d'œufs clairs (entre 41 et 55 %) a été constatée sur l'ensemble des pontes observées, qui en plus étaient de taille inférieure à la moyenne. Quant aux quelques éclosions, elles se sont étalées de fin juin à mi-juillet, donnant un total famélique de 9 jeunes à l'envol, avec environ 1 mois de retard. Un triste record... Coordination : Antoine ROUGERON (LPO Côte d'Or)

• Yonne (89) Busards cendré et Saint-Martin : l'année 2013 est la plus mauvaise saison de reproduction depuis la relance du suivi des busards dans l'Yonne en 2008. Les fortes pluies ont eu un impact fort: les adultes ont repoussé très tard le début de leur nidification et certains couples n'ont même pas tenté de se reproduire, la taille des pontes a été plus réduite que d'ordinaire et bon nombre de poussins éclos ne sont pas parvenus à l'envol. La seule consolation vient du fait que les moissons ont été également très tardives, ce qui a pu laisser une chance aux nichées qui n'ont pas été trouvées. Une fois encore, nous remercions les agriculteurs pour leur bon accueil. Coordination : François BOUZENDORF (LPO Yonne)

• Saône-et-Loire (71) Une saison que l'on va s'empresser d'oublier tant elle fut catastrophique pour les busards. Une année crash en campagnol et le printemps le plus froid et pluvieux depuis des décennies en sont la cause. Busard cendré : seulement 10 couples de busards cendrés repérés pour 5 nids trouvés qui donneront 15 poussins dont seulement 9 iront jusqu'à l'envol. La basse vallée du Doubs est désertée, les couples se cantonnant dans le val de Saône et la Bresse. Heureusement notre vaillante femelle VwO-8nO, née en 2007 dans le Jura, nous a encore fait des petits pour la 5e année consécutive. Busard des roseaux : bien que des busards des roseaux aient été observés sur une dizaine de sites favorables, la reproduction n'a pu être prouvée que sur deux d'entre eux avec seulement un jeune volant observé. Il s'agit de nouveaux sites en val de Saône et de Seille. Busard Saint-Martin : pas de suivi de busard Saint-Martin cette année, mais on peut supposer que la reproduction fut catastrophique au vu du peu d'oiseaux observés pendant et après la saison de reproduction. Coordination : Brigitte GRAND (EPOB)


Les Cahiers de la Surveillance 2013 • Nièvre (58) Busard cendré : après une année 2012 sans aucune action de protection, le suivi a repris dans la Nièvre avec des résultats mitigés pour le busard cendré. Cette pause d'un an, à laquelle se sont ajoutés les facteurs météorologiques et trophiques défavorables expliquent sans doute le faible nombre de nids localisés dans le Donziais (6 contre 13 en 2011). Les sites les plus densément occupés les dernières années ont été en partie délaissés avec un report supposé sur les communes voisines. Quelques points positifs sont cependant à noter: une proportion faible d'échec total de nidification a été observée et bien que le nombre de poussins par nichée soit restreint (2,3 jeunes nés en moyenne, contre 3 en 2010), la protection de l'ensemble des nids a permis l'envol de la majorité: 13 sur 16 jeunes (1 trouvé mort avant protection, les 2 autres cas de prédation ayant malheureusement sans doute fait suite au déplacement inévitable d'un grillage à la période critique de quasi envol). Enfin, la prospection de nouveaux secteurs (Clamecyçois et vallée du Beuvron notamment) a permis la découverte de plusieurs couples et d'un nid. Coordination : Cécile DETROIT (Société d’Histoire Naturelle d’Autun)

BRETAGNE

• Morbihan (56) 2013 restera une année sans, alors que mi-février cinq sites étaient occupés, au moment de la reproduction aucun couple n'est présent ni sur les cinq sites ni sur les autres ; malgré notre persévérance et une prospection accrue sur d'autres secteurs potentiels, nous ne ferons aucune autre découverte. Certes la météo déplorable a contribué à l'absence de reproduction, mais je doute que cela soit l'unique cause.....Remarque concernant les bondrées qui elles se sont très bien reproduites. Maintenant espérons que la saison 2014 soit à la hauteur de notre attente... Coordination : Pascal LE ROC’H (MNHN, LPO, GEPB)

CENTRE

• Cher (18) - Nord : Berry-Bouy Busard cendré : sur le petit secteur de BerryBouy, on note la fidélité et la constance d'installation des busards cendrés. L'effet manque de proie n'a apparemment pas eu d'incidence sur la nidification. On remarque même l'installation d'un troisième couple. Ce phénomène est peut être lié au fait de la proximité de la vallée de l'Yèvre avec ses prairies bocagères offrant des terrains de chasse plus variés. A noter, le retour comme nicheuse, d'une femelle marquée déjà présente en 2011. • Cher (18) - Nord : Plaine aux trois vallons (zone témoin) Cette campagne 2013 sera marquée principalement par l'importance de la prédation sur les nichées. Au niveau population

nicheuse, nous accusons une baisse de 20% sur notre zone témoin suivie depuis 23 ans. Sans doute pouvons-nous attribuer ce phénomène, d'une part à la pénurie de campagnols et, d'autre part, sur certains secteurs, au retard des cultures d'accueil. Le cumul de ces causes (ou l'une ou l'autre) s'est traduit au niveau de la répartition spatiale des couples sur la zone par l’abandon des secteurs traditionnellement occupés et l’installation sur de nouvelles parcelles. Le nombre de jeunes au nid reste cependant dans la moyenne ainsi d'ailleurs que les dates d'envols. Les nids en échecs ont tous fait l'objet de prédation (pontes, jeunes et couveuse). A noter, une découverte peu banale, même une première depuis la mise en route des campagnes busards en champagne berrichonne (1981) ; les restes (ailes) d'un pigeon ramier sur un nid de busards cendrés! L'observation quelques jours avant, d'un pèlerin immature en attaque sur une bande de pigeons ramiers installés dans un champ voisin de petits pois est peut-être une explication. Les proies étaient si rares qu'une carcasse de pigeon fut sans doute la bienvenue... • Cher (18) - Nord : plaine aux trois vallons (secteurs périphériques) L’extension vers le nord et le sud de la zone témoin à la recherche des "couples manquants" permet des résultats fructueux avec la découverte de nouveaux couples! Mêmes commentaires que pour la plaine aux 3 vallons. Coordination : Christian DARON (Nature 18)

• Cher (18) - Sud Un printemps 2013 très chaotique qui a eu pour effet de créer un déséquilibre sur les nichées de busards, et de rendre le travail des protecteurs plus incertain. Les observateurs de la LPO Cher n’ont pas désarmés pour autant ; leur assiduité et leur motivation ont effacé un peu la morosité de cette année en assurant l’envol de 10 jeunes contre 4 en 2012. En clair, si on fait un tour d’horizon des différents secteurs non prospectés, on constate que l’espèce est omniprésente en Champagne berrichonne sud, ce qui laisse le droit d’être optimiste quant à l’évolution des effectifs pour les années à venir. Coordination : Alain OUZET (LPO Cher)

Grâce à l’appel d’un agriculteur, nous avons posé une cage en nocturne (22h) face aux renards ; les bénévoles sont présents même la nuit : protection oblige ! • Eure et Loir (28) Année catastrophique, due aux conditions météo défavorables et à un manque de campagnols évident. Seulement 3 couples repérés cette année, avec 2 échecs de reproduction et un troisième couple qui ne donnera qu'un jeune à l'envol après intervention. A noter l’excellent accueil du seul agriculteur rencontré. Coordination : Eric GUERET (Eure-et-Loir Nature)

• Indre et Loire (37) 2013 restera comme une année terne et difficile en Touraine pour le busard cendré, le printemps froid et pluvieux et le manque global de nourriture ayant causé beaucoup d’échecs ou d’abandons de nids, voire la mort de poussins. Ce sont donc 22 couples ou nids, contre 36 en 2012, qui ont été suivis mais seulement 13 ont produit des œufs, malgré une moyenne de taille de ponte correcte de près de 3. Au final, uniquement 18 jeunes (54 l’année précédente…) se sont envolés et parmi eux 5 grâce à une protection (soit 40 % des nids mais 3 cas de prédation ou mort de faim après la pose...), le tout avec un retard marqué. Coordination : Benjamin GRIARD (LPO Touraine)

A noter qu’une femelle née et baguée en Champagne en 2009 est retournée pour la première fois nicher tout près de son lieu de naissance et qu’une autre, angevine, nous est fidèle nicheuse au même secteur près de Richelieu depuis 2010. Pas de nid de busard Saint-Martin repéré et le couple de busards des roseaux semble avoir échoué sur son site classique. • Loir-et-Cher (41) Contrairement à 2012 où, à la sortie de l’hiver les mulots pullulaient, cette année les busards sont arrivés dans des milieux vidés de leur nourriture de prédilection, noyée par les pluies importantes de la fin d’automne et de l’hiver. Le printemps bien arrosé et froid le matin qui a suivi, avec une persistance tardive d’eau stagnante au sol, a conduit à une végétation retardée voire altérée des céréales à paille et des colzas. Les busards Saint-Martin pourtant présents dès le 15 mars, puis les busards cendrés arrivés autour du 20 avril, se sont retrouvés devant des sols détrempés et une strate herbacée bien trop basse pour accueillir et sécuriser un nid. Même les colzas trop clairsemés, n’ont jamais pu pallier l’inhospitalité des blés et orges. Enfin, de grandes étendues ont dû être remises en culture au 31 mai, en maïs et tournesols. Ces travaux intempestifs ont perturbé l’habituelle quiétude de la plaine, à cette époque de l’année. Pour les busards gris la reproduction fut presque nulle. Tous les oiseaux qui nichaient au sol ont subi le même sort et notamment la perdrix grise. 2013 est une année à vite oublier. C’est la plus mauvaise reproduction enregistrée depuis 1980 en Loir-et-Cher. A l’inverse, le busard des roseaux a bien supporté l’année et semble s’installer de plus en plus fortement et durablement au nord de la Loire. Le Hibou des marais contrairement à 2012, n’a évidemment pas niché. Coordination : François BOURDIN (Loir-et-Cher Nature)

CHAMPAGNE-ARDENNE

• Aube (10) Cette année noire restera certainement dans les annales pour la reproduction des busards dans l’Aube. Le mois de mai a confirmé nos

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craintes de mars suite à la reproduction quasi nulle des chouettes. L’absence quasi-totale de campagnols au printemps a empêché l’installation de nombreux couples, entraîné la réduction importante des pontes si bien que les rares parents obstinés ne réussiront à élever le plus souvent qu’un jeune ou deux, aussi bien chez le busard Saint-Martin que chez le busard cendré. Il y a quand même eu quelques exceptions… Les conditions climatiques médiocres ou désastreuses n’auront pas facilité le travail des intervenants tant dans la prospection que dans les interventions et c’est tout leur mérite que de tenir le coup dans ces conditions. Pas de doute, 2014 ne peut qu’être meilleur. Nous serons là, encore plus déterminés ! Coordination : Serge PARIS (LPO Champagne Ardenne)

• Marne (51) Un printemps particulièrement froid et pluvieux a rendu nos actions de sauvegarde bien difficiles. Malgré de beaux espoirs de protection dans la luzerne, nos actions ont été annihilées par des destructions volontaires et par l'indifférence de certains personnels de la société "coop de France déshydratation". Concernant les couples installés dans l'escourgeon et le blé, le manque de nourriture a généré des pertes importantes sur les nichées qui ont été réduites à 1 ou 2 individus sur 3 ou 4 au départ. A noter l'implication de nouveaux bénévoles qui souhaitent renouveler cette action de protection en 2014. Coordination : Daniel MOULET (LPO Champagne Ardenne)

• Haute-Marne (52) Année annoncée difficile, mais nous sommes habitués. Donc pas si mal que ça : 13 couples produisent tardivement 22 jeunes à l'envol, Tout de même un nid passe dans la moissonneuse, ce qui tend à prouver que nous ne serons jamais certains d'avoir découvert tous les couples. Pour le coté "exceptionnel" nous avons même un couple de busards des roseaux qui arrive à produire 2 jeunes à l'envol en bordure d'étang. Coordination : Jean-Luc BOURRIOUX (LPO Champagne Ardenne, Nature Haute Marne)

• Ardennes (08) Busard cendré : 24 observations dont 21 mâles et 3 femelles, sans aucun indice de nidification probable ou certain, Ne parlons pas du busard des roseaux qui semble avoir déserté le département. Busard Saint-Martin : seul le busard SainMartin fournit une observation relative à un couple loin d'être certain et dans tous les cas non suivi. Nous sommes au plus bas ! Tout reste à refaire… Coordination : Faune-Champagne-Ardennes (LPO Champagne Ardenne, ReNard)

FRANCHE-COMTé

• Jura (39) Busard cendré : cette année, en raison de la mauvaise météo, sur les 16 couples présents en début de saison, seulement 10 sont restés dans le secteur et 7 ont

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réussi leur reproduction, avec toutefois des nichées de faible importance et de nombreux œufs non éclos. Le nombre moyen de jeunes à l'envol est de 1,2 par couple présent, et de 1,7 par couple reproducteur. Le fait marquant : 100 % des jeunes produits et élevés se sont envolés et aucune destruction volontaire n'a été à déplorer, grâce à la surveillance nocturne mise en place. Coordination : Gilles MOYNE (Centre de sauvegarde Athenas)

HAUTE-NORMANDIE

• Seine-Maritime (76) Busard cendré : à Sainte-Agathe-d'Aliermont, deux couples cantonnés très tôt dans du ray-grass en début de saison (fin avril). Ils se sont décantonnés après la fauche. L'un des deux couples a pondu à proximité du premier cantonnement dans de l'orge d'hiver. Nous n'avons pas trouvé le nid du second. Le nid a donné 3 œufs, deux jeunes et un seul busard cendré à l'envol avant la moisson. Le second jeune a été retrouvé mort, écrasé le jour de la moisson par la moissonneuse. A Clais, un couple a pondu dans du ray-grass. Le premier œuf n'a pas été couvé. Les deux autres oeufs donneront 2 jeunes à l'envol grâce à la protection. Un autre couple a été repéré à Bailleul-Neuville. Le couple a alarmé à notre approche, au-dessus d'un ray-grass. Il n'a pas pondu. Nous n'avons pas trouvé le nid Coordination: Marc LOISEL (LPO Haute-Normandie)

ILE-DE-FRANCE

• Essonne (91) et Loiret (45) Comme ailleurs en France, la saison 2013 a été quasi catastrophique en Essonne et dans la partie du Loiret limitrophe que nous suivons, avec un énorme effort de la part de l'ensemble des bénévoles sur 3 secteurs couvrant environ 90 km2 (535 heures de terrain, sans compter les heures de transport pour rejoindre les sites de prospection): seulement 6 jeunes busards St-Martin à l'envol pour 17 couples suivis, 1 jeune busard cendré et 1 jeune busard des roseaux. A noter que le couple de busards cendrés, sans doute le même qu'en 2012, faute de culture favorable à proximité, s'est déplacé d'environ 500 mètres, nichant dans le Loiret limitrophe et non plus en Essonne. Aucun des 6 nids de St-Martin sur lesquels nous avions concentré nos efforts, en raison des nichées certaines, n'a pu mener à bien sa reproduction: nous avons essayé de poser des protections et avons constaté la disparition des œufs ou des jeunes. Les causes peuvent être multiples: forte pénurie de campagnols associée à des conditions météorologiques exécrables et sans doute à la malveillance, sans exclure des cas de prédations (fouine ou renard fréquentant les sites). Coordination : Bianca DI LAURO, Jean-François FABRE et Laurent LAVAREC (LPO Mission Rapaces)

La surveillance sur une des communes suivies, la plus riche en busards (St Martin et des roseaux), a été souvent perturbée par l'hostilité affichée du maire et de certains habitants farouchement opposés aux rapaces, en raison de leur activité de chasseurs. Nous avons même prévenu les gendarmes de notre activité de protection afin d'avoir la paix, suite aux différentes menaces. Fort heureusement et pour la première fois nous avons réussi à établir d'excellentes relations avec un petit groupe d'agriculteurs, qui nous ont soutenus et étaient prêts à nous laisser poser des protections pour les oiseaux. Dommage qu'aux moments choisis de l'intervention tous les nids se sont avérés en échec sur leurs parcelles. • Seine-et-Marne (77) Quatre secteurs ont été surveillés par les bénévoles de PIE VERTE BIO 77: 43 couples présumés ont pu être détectés pendant la surveillance, mais seulement 41 nichées, certaines et documentées, ont pu alimenter le suivi national de la manière qui suit : Busard cendré : 8 nichées, 10 œufs, 7 poussins, 3 jeunes à l'envol. Cinq œufs de busards cendrés ont été apportés en centre de sauvegarde à Fontaine-la-Gaillarde (89). 4 poussins sont nés mais suite à un accident survenu au centre, ceux-ci sont morts âgés de 3 à 4 jours. Busard Saint-Martin : 31 nichées, 49 œufs, 46 poussins, 40 jeunes à l'envol. Cinq nichées de busards Saint-Martin ont fait l'objet d'une protection par "cage de survie", ce qui a permis de sauver 9 jeunes soit 22,5 % du total des jeunes volants de busards Saint-Martin. Busard des Roseaux : 2 nichées, 5 œufs, 5 poussins, 5 jeunes à l'envol. 2013 est la moins bonne des années depuis 13 ans de surveillance alors que 2012 était la meilleure, malgré une zone plus grande de prospection : 961 km² contre 713 km² en 2012. Le printemps froid et pluvieux y est certainement pour beaucoup. En 2012, les nichées de busards Saint-Martin pouvaient atteindre 5 jeunes à l'envol alors que cette année 3 jeunes à l'envol au maximum. Les premières nichées volantes ont eu lieu vers la mi-juillet, alors qu'en 2012, des jeunes étaient volants dès le 24 juin. Une nichée "en cage" a battu le record avec plus de 4 semaines sur place (du 13 juillet au 10 août). Nous soupçonnons cette année une destruction volontaire d'une nichée à Sceaux-en-Gâtinais (cadavre d'un jeune non volant d'environ 4 semaines trouvé sur un chemin à environ 300 m du nid supposé). L'agriculteur, maire de la commune de Mondreville, ne nous autorisant pas à intervenir pour mettre une cage. Coordination : Joël SAVRY (Pie Verte Bio 77)

Deux agriculteurs récalcitrants, ne nous autorisant pas à mettre une cage de survie, nous ont autorisés après intervention d'agents de l'ONCFS. Cela s'est bien passé et le contact a été très positif après l'enlèvement des cages de survie. La femelle


Les Cahiers de la Surveillance 2013 marquée de busard cendré à Cucharmoy, ayant des marques alaires orange avec une croix blanche sur l’aile gauche et une diagonale blanche sur l'aile droite, pour la troisième année consécutive a niché en Seine-et-Marne. Après deux années 2011, 2012 où elle a niché dans la plaine du Gâtinais, cette année celle-ci a élu domicile dans la plaine de Brie. • Yvelines (78) Busard Saint-Martin : très mauvaises conditions atmosphériques durant le printemps ayant entrainé un manque de nourriture et la désertion du carré par la plupart des couples. Des 4 couples de busard SaintMartin observés en début de saison, un seul couple était encore présent sur le carré en fin de saison. Sur le secteur d'Andelu, au moins un couple semble avoir réussi à mener un jeune à l'envol. Coordination : Eric GROSSO, Guy KERYER, Christian LETOURNEAU

• Val d’Oise (95) Busard Saint-Martin : une très mauvaise saison de reproduction, les couples se sont bien formés au printemps mais très peu semblent avoir mené une reproduction. Seul deux nids ont pu être localisés avec des jeunes. Un nid avec 2 poussins dans un champ d'orge a nécessité une intervention avec la pose d'une protection. Après la moisson, la cage était renversée et détruite. La présence d'une plumée ne laisse aucun doute sur l'avenir des deux jeunes. C'est la plus mauvaise année depuis 2010. Coordination : Eric GROSSO

LANGUEDOC-ROUSSILLON

• Aude (11) Il n'y a aucun suivi spécifique busards dans le département pour l'instant, faute de coordinateur effectif et d'observateurs motivés... Ces résultats sont obtenus dans le cadre de la prospection et du suivi "rapaces" toutes espèces, sans temps dédié, sans kilomètres affectés. Et de fait, le nombre de "couples observés" correspond à des territoires occupés (pas toujours des couples vus) de même que les nids ne sont pas précisément localisés et sont plutôt des sites de nidification contrôlés. Résultats de reproduction faibles comme pour la majorité des espèces en raison du printemps climatiquement chaotique, la pire année depuis au moins 12 ans dans le département. Coordination : Christian RIOLS (LPO Aude)

• Lozère (48) Encore une année difficile pour les busards et les surveillants, du fait principalement d'une météorologie défavorable (froid et neige jusque fin-mai sur les hauts plateaux) et de manière plus épisodique à des relations tendues avec certains agriculteurs. Busard cendré : le retard global de la végétation annuelle dans de nombreuses régions de l'hexagone et la pression de prospection en augmentation expliquent le record de couples observés cantonnés en Lozère, notamment dans des landes

à genêts ou à épineux : 33 couples (une vingtaine habituellement) dont 19 couples cantonnés dans des landes (mais seulement 11 nicheurs). Un tiers des nids a été localisé dans des cultures en-dessous de 1 000 mètres d'altitude, dont la moitié dans des cultures fourragères (interventions) et l'autre moitié dans des céréales (envols avant moisson). Sur 5 couples installés dans des prairies de fauche, 3 pontes ont dû être prélevées, un nid a été protégé sur place avec une clôture électrique et une nichée (complète?) s'est envolée lors de la fauche. Comme l'année dernière, le succès reproducteur atteint seulement 1,48 avec un taux d'échec de 36 %. En comptabilisant les pontes prélevées dans les échecs, cela donne un taux d'échec de 50 % et un succès reproducteur de 1,23. Les échecs liés aux prédations (faune sauvage ou domestique) sont très nombreux dans les milieux naturels (56 % des nids). Les relations avec les agriculteurs sont majoritairement positives et la presse agricole s'en est fait l'écho. Une parcelle en prairie naturelle pâturée accueillant habituellement 1 à 2 couples de busards cendrés est gérée en faveur de ces derniers. Busard Saint-Martin : une dizaine de couples observés et 2 nids localisés en lande à genêts et épineux (reboisement et taillis forestier) aboutissent à un échec et à une nichée de 3 jeunes à l'envol. Coordination : Jean-Luc BIGORNE (ALEPE, LPO)

LORRAINE

• Meurthe-et-Moselle (54), Meuse (55), Moselle (57) Busard cendré : encore une année marquée par un printemps froid et humide entraînant un retard de croissance de la végétation et une quasi absence de proies. Malgré tous ces éléments défavorables, les busards cendrés vont tenter de se reproduire en décalant leurs dates de pontes. Les protecteurs auront bien du mal à localiser les nids avec peu d'apports de proies et des oiseaux qui vont chasser très loin. Le bilan est donc assez décourageant avec une population lorraine qui peut être estimée à moins de 100 couples. Coordination : Frédéric BURDA (LPO Lorraine)

MIDI-PYRENEES

• Aveyron (12) Fin mars, hauteur d'herbe importante due au mois pluvieux. Début mai, plusieurs couples de busards St-Martin sont déjà installés en prairies fourragères et des nids se font faucher avant repérage. Puis froid persistant (+3°C parfois). Busards St-Martin et cendrés stoppent leurs installations et leurs pontes et attendent. A noter un "petit afflux" de busards cendrés semblant attirés par l'herbe haute des prairies ?! Des nids sont abandonnés, des couples ne s'installent pas. Au final, des premières pontes très tardives pour les cendrés mais un nombre de jeunes à l'envol quasi stable pour les 2 espèces par rapport aux années précédentes. Les populations de campagnols reconstituées dès fin juin permettent de

nourrir femelles et poussins au nid. Nous arrivons désormais à éviter les prélèvements d'oeufs et à maintenir les nids sur place. Participation active des agriculteurs. Coordination : Viviane LALANNE-BERNARD (SOS Busards)

Un nid de busard Saint-Martin protégé par un carré grillagé dans une prairie fourragère s'est vu "menacé" par des manœuvres militaires. En effet, la parcelle a été encerclée par les militaires cachés dans les fossés et derrière les haies. Le couple de St-Martin, inquiet, alarmait... Les militaires s'apprêtaient à monter à l'assaut lorsque je me suis interposée entre eux et ... le nid ! Un peu plus et les busards se lançaient à l'attaque des intrus !!!... Et casques cabossés garantis !

NORD PAS DE CALAIS

• Nord (59) – Pas de Calais (62) Reproduction catastrophique chez le busard cendré avec des couples qui n'ont pas niché, des nichées détruites (manque de proies, compétition intra-spécifique, fauche précoce). En ce qui concerne les rares couples qui ont eu des jeunes, il a fallu à chaque fois intervenir pour mener à bien la nichée. C'est un peu mieux pour le busard Saint-Martin dont les jeunes sont souvent volants avant la moisson. Enfin, c'est le busard des roseaux qui s'en tire le mieux, mais on note des absences par endroits. Résultats : 38 couples de busards des roseaux ont été localisés, situation stable (37 couples en 2013), 19 couples de busards Saint-Martin, mais très peu de suivis de couples et 10 couples de busards cendrés avec seulement 10 jeunes à l'envol (21 l'an dernier). Coordination : Christian BOUTROUILLE (GON du Nord-Pas de Calais)

• Nord (59) Peu de nids localisés du fait d'un manque de moyens humains. En effet, le stagiaire étant la plupart du temps seul pour observer, la localisation du nid était alors très difficile. Cependant, certains nids ont été localisés grâce aux bénévoles (notamment Grégory Smellinckx). Les résultats sont cependant bien meilleurs que les années précédentes, grâce à la synthèse des données de terrain effectuée par le stagiaire. Coordination : Julien VERNY (LPO Nord)

Pour citer deux anecdotes: d’une part, deux nids de busard cendré distants de 100 mètres l'un de l'autre ont compliqué les observations, car on ne savait jamais combien d'oiseaux étaient présents sur le site, rendant difficile la localisation des nids. D’autre part, une micro-colonie de busard des roseaux avec des individus toujours présents à n'importe quel moment de la journée.

PAYS DE LA LOIRE

• Vendée (85) - Polders de la baie de l’Aiguillon La saison 2013 a été marquée, comme partout, par le mauvais temps et le retard de la végétation, traduits par le plus faible nombre de couples de busards cendrés en-

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registrés (11) et, a contrario, un nombre de couples de busards des roseaux (9) jamais aussi élevé. Ce facteur climatique mis à part, l'année a cependant été surtout marquée par la prise d'otages des busards destinée à exercer ce qui constitue juridiquement un chantage sur ma personne, pour obtenir l'usage de la Bromadiolone afin de détruire les campagnols des champs dans les luzernières. Délibérément et sans aucun dialogue, 30 ans de partenariat entre le monde agricole et celui de la protection ont ainsi été réduits en cendre. En réalité, nombre d'agriculteurs nous ont conservé leur confiance. Mais la privatisation des chemins de remembrements a lourdement handicapé l'action des stagiaires sur le terrain. Malgré l'accord des agriculteurs, l'accès de leurs champs, de fait, s'est trouvé impossible. Niant de fait le futur, cette action ne grandit pas ses instigateurs. Est-elle l'expression d'une action "décomplexée" de négation du peu qu'il reste de nature comme si le "monde nouveau" devait être le monde celui du "vide" ? Je ne peux y croire. Je ne désespère donc pas d'un sursaut moral qui grandirait ceux-là mêmes qui ont accompli ce faux pas. Cette action volontaire n’honoret-elle pas ceux qui la font, en premier lieu les agriculteurs ? Coordination : Christian PACTEAU (ASTUR)

• Vendée (85) - Ile de Noirmoutier Busard cendré : sur les 13 couples observés, 1 n'a pas été suivi et 2 couples ont produit une seconde ponte. Très mauvaise année pour le busard cendré avec la conjugaison de 2 facteurs: la fauche des zones de reproduction en période d'incubation et sans doute la rareté des proies (en période d'incubation, du fait de l'absence prolongée des mâles, les femelles délaissaient souvent leur ponte durant 30 et 45 minutes). 2 femelles, sans blessure apparente ont été trouvées mortes sur leur nid, dont une en cours de seconde ponte. F. Staerker a effectué le plus gros du travail du travail sur le terrain et F. Poitureau a fourni les données de reproduction du busard des roseaux sur le polder de Sébastopol. Coordination : Jean-Paul CORMIER

• Vendée (85) - Plaine calcaire du sud Vendée Comme dans beaucoup de secteurs, cette saison busards 2013 a été marquée par un printemps très pluvieux et froid. De fait, nous avons constaté des pontes relativement tardives (3/4 des cas). S'ajoute à cela, le déficit en ressource alimentaire avec peu de campagnols mais aussi peu d'orthoptères compte tenu des conditions météo. Ces éléments ont été à l'origine de comportements particuliers. Ainsi, nous avons observé assez peu de passages de proies. Les ravitaillements des mâles pouvaient être très longs (plus de 2 à 3 heures) et de nombreuses femelles couveuses, ont donc été observées en chasse. Sur les 38 000 ha de la plaine du sud Vendée, 35 couples de busards cendrés ont été repérés et 27 nids visités. Cela a permis l'envol

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de 41 jeunes dont 33 grâce à la pose de protections. A noter que 6 abandons et 4 cas de prédation ont été constatés. Notons aussi la destruction d'un nid suite à un fort épisode de grêle à la mi-juin. Par ailleurs, 6 couples de busards des roseaux ont été localisés dont 4 couples étaient en échec. Les deux restants ont menés 5 jeunes à l'envol avant moisson. Un couple de busards Saint-Martin avec 4 jeunes à l'envol a aussi été protégé.

première visite). Le nombre donné de jeunes à l'envol correspond à ce qui a été observé ; il pourrait y en avoir plus. Cela nous donne une moyenne un peu supérieure à 2 juvéniles à l'envol par couple. Une protection (grillage) a été posée mais ne s'est pas avérée utile au final; jeunes bien volants une semaine avant la moisson (un jeune retrouvé mort dans la cage, sûrement celui qui était le plus faible au moment de la pose).

Coordination : Aurélie GUEGNARD (LPO Vendée)

Coordination : Sarah DOUET (LPO Sarthe)

Des problèmes liés à la position de la LPO sur la bromadiolone sont intervenus sur le secteur du Marais poitevin vendéen suivi par Christian Pacteau. Cette situation a eu peu de répercussion sur le secteur de la plaine. Un seul exploitant nous a interdit l'accès à ses parcelles. • Mayenne (53) Cette saison de prospection a été décevante et déroutante au vu du nombre de nids trouvés, ainsi que du nombre de couples réellement actifs repérés. Nous mettons cela sur l'absence criante de micromammifères et d'une météo peu propice, semble-t-il. Peutêtre aurons-nous une explication à tout cela. Un point reste positif pour nous, c'est l'implantation du busard cendré chez nous. Un autre point satisfaisant est que les contacts avec les agriculteurs restent très bons, un peu comme si un réseau se constituait. Coordination : Guy THEBAULT (Mayenne Nature Environnement)

• Maine-et-Loire (49) Une année catastrophique qui contraste très fortement avec les 2 années précédentes qui avaient été très bonnes. Il faut remonter à 2003 et 1994 pour retrouver des résultats aussi mauvais. Pourtant l'investissement humain était bien présent. La météo défavorable lors de l'arrivée des oiseaux qui s'est prolongée tard ce printemps et le manque cruel de campagnols des champs sont les causes évidentes de ce peu de réussite des couples présents. Les moissons ont été particulièrement tardives et les protections que nous avons mises en place n'ont pas été utiles pour ce risque. Coordination : Thierry PRINTEMPS (LPO Anjou)

Cette année nous avons contrôlé un mâle marqué en 2002 ; à l'époque il était adulte ce qui lui fait un âge déjà respectable d'un minimum de 13 ans, mais le plus surprenant n'est pas là. Son dernier contrôle date de 2003 cela faisait donc 10 ans sans le moindre contact. Il est pourtant probable en raison de la philopatrie des mâles qu'il devait se reproduire à proximité mais nous ne l'avons jamais détecté. • Sarthe (72) Pour l'année 2013, 5 couples cantonnés de busards cendrés ont été observés. 4 nids ont été trouvés et la présence d'un couple signalé. Une plus faible prospection que l'année précédente a entrainé une visite tardive des nids ce qui ne permet pas une affirmation précise du nombre d'œufs ni du nombre de jeunes à l'envol (jeunes déjà volants à la

Aucun busard Saint-Martin n'a été observé durant la période de reproduction dans les zones favorables au busard cendré, contrairement à l'année passée. Une plus forte compétition pour la nourriture a pu pousser le Saint-Martin à nicher dans des zones où il n'est pas en concurrence avec le cendré.

PICARDIE

• Oise (60), Somme (80), Aisne (02) Cette saison 2013 fut particulièrement mauvaise pour la protection des busards. En effet, après un printemps froid et pluvieux, la reproduction a été retardée d'environ 1 mois voire 1,5 mois. Les jeunes ont donc pris leur envol bien plus tard que les autres années, et de ce fait, ils ont davantage été confrontés aux problèmes des moissons avant l'envol. Bien moins de jeunes qu’habituellement ont "survécu" à cette saison difficile, avec déjà au préalable moins de nidification. Les conditions météorologiques ont également perturbé les sorties sur le terrain et n’ont pas facilité l'observation et le suivi. Coordination : Blandine KESTEMAN (Picardie Nature)

POITOU-CHARENTES

• Marais poitevin charentais et plaine d’Aunis nord (17) Cette année a été plutôt médiocre par rapport à l'année précédente avec seulement 60 jeunes à l'envol. De plus on constate que la taille des pontes est assez faible avec 2,75 œufs pondus contre 3,86 l’année d’avant. Le nombre de jeunes à l’envol a lui aussi diminué soit 2,07 jeunes volants par couple en 2013 contre 2,68 en 2012. Cette année a aussi été marquée par un taux d’abandons et de prédations des nichées de busards assez important dû aux mauvaises conditions climatiques de fin de printemps et de début d’été ainsi qu’aux faibles effectifs de campagnols des champs. Malgré le retard des moissons, les nichées de couples cantonnés tardivement ou issues de ponte de remplacement ont dû être transférées au centre de sauvegarde de Saint-Denisdu-Payré (85). Coordination : Julien GONIN et Fabien MERCIER (LPO Charente-Maritime)

• Pays royannais (17) Il était une fois…Une année très difficile… pour les busards et pour leurs protecteurs. Plusieurs nids abandonnés. Huit jeunes volants néanmoins, 4 en secteurs céréaliers, et 4 en milieu forestier. Deux couples en secteur ostréicole n'ont pas pu être suivis. Coordination : Dominique CEYLO (LPO Charente-Maritime)


Les Cahiers de la Surveillance 2013 • Sud Charente-Maritime (17) Malgré les contacts préalables avec l'agriculteur, l'unique couple de busards cendrés de St-Bonnet-sur-Gironde a été détruit par l'entreprise chargée de la fauche au dernier moment. Le nid avait été pourtant balisé mais pas encore protégé par une cage. Les jeunes étaient semble-t-il nés. La communication est parfois difficile entre les interlocuteurs. Sur ce secteur, une femelle de deuxième année baguée est restée au moins deux semaines assez proche du couple reproducteur. Coordination : Marie-Françoise CANEVET (LPO Aquitaine)

Dans une friche humide de CharenteMaritime au lieu-dit "La poitevine", commune de St-Bonnet-sur-Gironde, des constructions répétées et continues de busard des roseaux sont observées. Lors de la première visite au nid, une femelle s'envole mais pas du lieu supposé du nid, interrogation???? Malgré tout, la direction première envisagée du nid est maintenue, le nid est bien là! Une femelle (la deuxième), celle qui couve décolle de la plate-forme où 7 oeufs sont découverts. Finalement 2 jeunes seulement prendront leur envol de l'aire, nourris par les deux femelles et un mâle bien différenciable. • Deux-Sèvres (79) A cause de l’absence de campagnols combinée à des conditions météorologiques défavorables, l’année 2013 constitue une très mauvaise année, la pire depuis le début du programme de marquage en 2007. C’est l’année où il a été découvert le moins de nids, donnant le moins de jeunes à l’envol et où le nombre d’oiseaux marqués nicheurs est le plus faible. Coordination : Thomas Gouëllo, Xavier FICHET (GODS)

• Vienne (86) - Secteur Vouillé-Cissé Une année « crash » sur ce secteur car les campagnols étaient rares: sur 215 km², 9 couples de busard cendré et 7 couples de busards Saint-Martin sont recensés. De plus, la météo froide et pluvieuse pendant tout le printemps a ruiné la reproduction de la majorité des couples. Plusieurs femelles vues posées pendant de longues périodes jusqu’au mois de juin n’ont pas donné de preuves de ponte. Pour 4 nichées, les grillages étaient nécessaires. Trois pontes contrôlées chez le cendré cette année ont produit 2 jeunes à l'envol grâce à la protection (2 grillages). Une autre nichée de deux jeunes nourris par les parents est trouvée fin juillet au dessus d’un colza. Une nichée de Saint-Martin dans de l’orge a donné deux jeunes à l’envol grâce à une cage traîneau et deux jeunes dans du blé volaient juste avant la moisson. Sur 5 agriculteurs contactés, un a refusé cette année encore un grillage en juin. Après négociation, la pose d’une cage grillagée a été acceptée seulement au moment de la moisson le 10 juillet. Coordination : Alain LEROUX (LPO Vienne)

Cinq agriculteurs sont contactés, dont un refuse le grillage. Après deux coups de téléphone et la visite du président de la

LPO Vienne et du Directeur de l’ONCFSVienne, il a fini par accepter une cagetraîneau uniquement au moment de la moisson, pour un jeune envolé. • Vienne (86) - Plaine du Haut-Poitou 28 avril : 1 couple de busards cendrés en parade sur le site habituel d’une petite colonie + une autre femelle. 3 mai, 17 mai, 20 mai… : 4 à 5 femelles cendrées posées le soir sur les chemins, dont une marquée, toujours sur son piquet. Elles seront vues ainsi quasi à chaque passage, jusqu’au 26 juin, et aucune nidification. Voilà le résumé de la saison : froid, pluie, pas de campagnols, probablement noyés dans leurs galeries nous disent les agriculteurs. Conclusion : en 2012, nous avions 76 eunes cendrés à l’envol, et cette année 9, le dernier a quitté la protection grillagée le… 15 août, du jamais vu depuis l’année 2000. Un mâle et une femelle marqués ont tenté de nicher, échec pour tous les deux. Nous avons quand même vu plusieurs fois deux mâles marqués nicheurs en 2012 et 2011. Quant aux St Martin, même constat : un nid en échec et un seul trouvé, avec 2 jeunes à l’envol. A l’année prochaine ! Coordination : Christine DELLIAUX et Benoit VAN HECKE

RHONE-ALPES

• Loire (42) La campagne de 2013 montre un fort recul des couples nicheurs de busards cendrés : seuls 16 nids ont été trouvés contre 28 l'année précédente. En 2013, les efforts de prospection ont été moins soutenus, ce qui pourrait expliquer en partie ce résultat, mais certains secteurs historiques n'ont accueilli aucun couple, ce qui fait penser que le recul est bien réel, la cause en étant sans doute les très mauvaises conditions météo au moment de l'installation des couples au mois de mai. La plupart des couples ont niché en milieu naturel, et n'ont pas nécessité de protection La situation du busard Saint-Martin n'est guère meilleure, avec un seul nid trouvé. Le busard des roseaux est toujours présent de façon irrégulière dans la plaine du Forez, avec cette année deux couples ayant réussi leur reproduction. Coordination : Paul ADLAM (LPO Loire)

• Rhône (69) Le département du Rhône connait une quatrième mauvaise année consécutive. La météo exceptionnellement mauvaise au printemps a limité le nombre de couples et les ressources alimentaires et surtout, a retardé de façon significative les dates de moisson. De ce fait plus de 50 % des busards cendrés se sont installés dans les prés de fauche et les interventions se sont effectuées au stade "œuf". Les déplacements à ce stade ont généré quelques échecs mais certains couples ont quand même mené à bien les nichées. L'embauche à la LPO Rhône, pour 4 mois, d'un protecteur des busards a largement contribué à "limiter la casse" qui aurait sans doute été exceptionnelle sans cela. Le busard Saint-Martin a subi également les conséquences de ce très mauvais

printemps et seulement 4 couples ont été trouvés. Néanmoins, du fait que ces derniers fréquentent des milieux différents (zones collinéennes et boisées), cet effectif reste sous-estimé. Coordination : Patrice FRANCO (LPO Rhône)

Alors que nous préparions à l'avance, une trouée dans les ronces pour un futur déplacement (d'un pré de fauche à une friche), la femelle est venue visiter cette trouée avant même le déplacement final. Celle-ci alors, ne posa aucun problème à suivre le déplacement de ces oeufs jusque dans la friche. • Ardèche (07) En 2013, 21 couples de busards cendrés ont été suivis, principalement sur le plateau ardéchois. Malgré un nombre important d'individus qui s'installaient en début de saison, seulement 6 couples ont réussi à mener des jeunes à l'envol. Parmi les 20 jeunes de cette année, 11 ont pu être sauvés par la mise en place de protections sur les nids. Les autres secteurs du département (Coiron, Boutières, Nord) ont été très peu suivis cette année et aucune donnée de reproduction n'y a été rapportée. Les nombreux échecs de nidification trouvent peut-être leur cause dans les conditions météorologiques de ce printemps, particulièrement pluvieux. En effet, les busards du plateau ardéchois affectionnent particulièrement les zones humides et les nids ont donc probablement subi les fortes précipitations en pleine période de ponte et de couvaison. Les cages-traîneaux ont encore une fois montré leur efficacité avec plus de la moitié des jeunes busards produits cette année grâce à cette protection. Coordination : Florian VEAU (LPO Ardèche)

Derniers jeunes à l'envol les 9-10-11 septembre (ponte de remplacement probable suite à l'échec d'un nid situé dans une prairie de fauche). • Isère (38) Busard cendré : le département de l'Isère n'a pas échappé aux conditions météorologiques désastreuses. Ces conditions auront peutêtre eu raison du méga-pic de campagnols attendu. 2012, année sensée être "crash" selon nos prédictions des cycles de 3 ans, avait vu la population de campagnols se maintenir au niveau de 2011. En 2013, la ressource alimentaire reste équivalente et permet la reproduction des oiseaux contrairement à de nombreuses régions. La taille des pontes est sensiblement impactée 3,19 œufs/nid avec un max à 5 œufs. L'intervalle de ponte est pour la première fois constaté supérieur à 48 heures pour le dernier œuf sur 2 nids. Le nombre de jeunes à l'envol (49) reste faible mais supérieur à 2012 (32). 15 des 49 jeunes ont été élevés au centre de soins "Le Tichodrome", et sont relâchés en taquet décentralisé situé sur une friche dans la zone de suivi. Les taux de reproduction sont très faibles et expliquent en partie la régression de l'espèce en Isère: 1,26 j/nid (hors centre de soins), 1,81 j/nid (avec jeunes du centre de soins) et 2,13 j/nid produit. Toujours de

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fortes suspicions de destruction volontaire sur certains nids. Le busard cendré est depuis quelques années devenu le plus rare rapace diurne nicheur du département de l'Isère. Busard St-Martin : l'espèce niche principalement dans les coupes de bois. Elle ne fait pas l'objet d'un suivi particulier. Le nombre de couples observés dans la zone de suivi BC semble en régression dans plusieurs secteurs et le faible nombre de juvéniles observés laisse à penser que les taux de reproduction sont particulièrement faibles. Busard des roseaux : nicheur irrégulier en

Isère. Aucun couple cantonné en 2013. Coordination : Daniel De Sousa (LPO Isère)

Une femelle très tolérante. Les conditions météorologiques ont considérablement retardé la fauche des ray-grass. Aussi lorsque la première fenêtre météo beau temps est apparue, l'agriculteur décide de faucher sa parcelle et nous prévient la veille au soir. Le déplacement du nid se fera avec la faucheuse dans le champ. 6 déplacements seront nécessaires pour amener les 4 œufs en bordure du champ près d'un blé. Fait exceptionnel, la femelle

est particulièrement tolérante et se repose très rapidement après chaque déplacement alors que le tracteur continue ses allers-retours à quelques dizaines de mètres seulement. Une petite bande de ray-grass sera laissée contre le blé avec le nid pour quelques heures de répit. En fin d'après midi je déplace une nouvelle fois le nid pour le placer dans le blé. Le changement de parcelle est toujours stressant pour les oiseaux et pour le surveillant tant les probabilités de réussite sont faibles. La femelle se repose et 2 jeunes s'envoleront. Si elles pouvaient être toutes comme elle....

Bilan de la surveillance des Busards cendré (bc), Saint-Martin (bsm) et des roseaux (br) - 2013 Localisation de la surveillance RÉGIONS

Départements

ALSACE Bas-Rhin et Haut-Rhin AQUITAINE Gironde AUVERGNE Haute-Loire Puy-de-Dôme BASSE- Marais du Cotentin NORMANDIE et du Bessin (50-14) BOURGOGNE Côte-d’Or (21) Saône-et-Loire (71) Nièvre (58) Yonne BRETAGNE Morbihan CENTRE Cher nord Cher nord Cher nord Cher sud Eure-et-Loir Indre-et-Loire Loir-et-Cher CHAMPAGNE Aube -ARDENNE Marne Haute-Marne Ardennes FRANCHE-COMTÉ Jura HAUTE- NORMANDIE Seine-Maritime ILE-DE-FRANCE Essonne - Loiret Seine-et-Marne

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Couples

Nids

Observés

Avec interventions

En échec

Total à l’envol

0 br 1 bc 0 bsm 0 br 46 bc 4 bc 0 bc 0 br 8 bc 3 bc 0 br 7 bc 0 bsm 11 bc 4 bsm bc bsm 3 bc 4 bc 1 bsm 2 bc 1 bsm 5 bc 1 bc 6 bc 0 bsm 0 br 3 bc 0 bsm 0 br 47 bc 18 bsm 12 bc 2 bsm 10 bc 0 br 0 bsm 7 bc 2 bc bsm br 1 bc 0 bsm 0 br 2 bc 5 bsm 0 br

- br 5 bc 0 bsm 0 br 25 bc 4 bc 5 bc 3 br 8 bc 1 bc br 0 bc bsm 3 bc 1 bsm bc bsm 1 bc 4 bc 0 bsm 1 bc 0 bsm 2 bc 2 bc 13 bc bsm br 4 bc 29 bsm br 18 bc 13 bsm 17 bc 11 bsm 5 bc 0 br 0 bsm 3 bc 0 bc bsm br 0 bc 8 bsm 0 br 6 bc 9 bsm 0 br

- br 15 bc 2 bsm 13 br 65 bc 24 bc 4 bc 6 br 9 bc 9 bc 1 br 13 bc bsm 33 bc 9 bsm 0 bc 0 bsm 4 bc 12 bc 1 bsm 7 bc 3 bsm 10 bc 1 bc 18 bc bsm br 0 bc 34 bsm 9 br 111 bc 60 bsm 18 bc 8 bsm 22 bc 2 br 0 bsm 12 bc 3 bc bsm br 1 bc 6 bsm 1 br 3 bc 40 bsm 5 br

3 br 31 bc 5 bsm 29 br 72 bc 49 bc 7 bc 9 br 16 bc 10 bc 2 br 12 bc 4 bsm 17 bc 5 bsm 1 bc 10 bsm 3 bc 8 bc 1 bsm 3 bc 1 bsm 12 bc 3 bc 25 bc 16 bsm 1 br 19 bc 112 bsm 5 br 97 bc 51 bsm 26 bc 14 bsm 13 bc 1 br 1 bsm 16 bc 4 bc 8 bsm 2 br 1 bc 17 bsm 1 br 8 bc 33 bsm 2 br

Trouvés 1 br 15 bc 1 bsm 13 br 60 bc 19 bc 7 bc 5 br 13 bc 5 bc br 7 bc 0 bsm 15 bc 4 bsm 0 bc 0 bsm 3 bc 8 bc 1 bsm 3 bc 1 bsm 6 bc 1 bc 21 bc 0 bsm 1 br 7 bc 37 bsm 5 br 65 bc 40 bsm 20 bc 7 bsm 13 bc 1 br 0 bsm 10 bc 2 bc 0 bsm 0 br 1 bc 9 bsm 0 br 8 bc 31 bsm 2 br

Jeunes Grâce à intervention

Mobilisation Surveillants

Journées de surveillance

0 br 9 10 2 bc 0 bsm 6 150 0 br 47 bc 6 bc 5 16 4 bc 4 30 0 br 8 bc 3 51 6 bc 8 55 0 br 13 bc 22 69 0 bsm 17 bc 10 65 9 bsm bc 2 104 bsm 4 bc 2 10 12 bc 7 80 1 bsm 7 bc 7 10 3 bsm 10 bc 8 23 1 bc 1 7 5 bc 0 bsm 7 126 0 br 6 bc 0 bsm 10 52 0 br 108 bc non non 24 bsm indiqué indiqué 16 bc non 8 4 bsm indiqué 18 bc non 4 0 br indiqué 0 bsm non indiqué non indiqué 12 bc 27 140 2 bc bsm 13 120 br 1 bc 9 66 0 bsm 9 66 0 br 0 bc 9 bsm 24 150 0 br


Les Cahiers de la Surveillance 2013 Localisation de la surveillance RÉGIONS

Départements

Yvelines Val d'Oise LANGUEDOC- ROUSSILLON Aude Lozère LORRAINE Meurthe-et-Moselle - Meuse - Moselle MIDI-PYRÉNÉES Aveyron (12) NORD - PAS DE CALAIS Nord Pas de Calais et Nord PAYS DE île de Noirmoutier LA LOIRE Polders baie de l'Aiguillon Mayenne Plaine calcaire du Sud Vendée Maine-et-Loire Sarthe PICARDIE Somme, Oise, Aisne POITOU- Marais poitevin et CHARENTES plaine d'Aunis nord Pays Royannais Sud Charente-Maritime Deux-Sèvres Vouillé et Neuville Plaine du Haut-Poitou RHÔNE-ALPES Rhône Loire Ardèche Isère TOTAL 2013 TOTAL 2013 Rappel 2012 Total 2012

Couples 5 bsm 9 bsm 46 bc 29 bsm 7 br 33 bc 10 bsm

0 bsm 4 bsm 8 bc 8 bsm 3 br 26 bc 2 bsm

Nids Avec interventions 0 bsm 1 bsm 0 bc 0 bsm 0 br 4 bc 0 bsm

80 bc

66 bc

29 bc 30 bsm 17 bc 16 bsm 47 br 10 bc 19 bsm 38 br 13 bc 3 br 11 bc 9 br 2 bc 1 bsm 35 bc 1 bsm 6 br 37 bc 1 br 5 bc 10 bc 26 bsm 36 bc 2 bsm 7 bc 1 bc 0 bsm 3 br 57 bc 2 bsm 1 br 9 bc 7 bsm - bc 2 bsm 27 bc 5 bsm 25 bc 8 bsm 2 br 21 bc 30 bc 994 bc 450 bsm 172 br 1 616 1 301 bc 707 bsm 149 br 2 158

25 bc 18 bsm 4 bc 0 bsm 6 br 6 bc 4 bsm 13 br 14 bc 3 br 1 bc 1 br 1 bc 1 bsm 27 bc 1 bsm 3 br 27 bc 1 br 4 bc 5 bc 9 bsm 27 bc 2 bsm 4 bc 1 bc 0 bsm 2 br 45 bc 2 bsm 1 br 6 bc 2 bsm - bc 2 bsm 23 bc 4 bsm 16 bc 1 bsm 2 br 15 bc 27 bc 687 bc 191 bsm 63 br 941 1 047 bc 436 bsm 58 br 1 317

Observés

Trouvés

Jeunes Grâce à intervention 0 bsm 0 bsm 0 bc 0 bsm 0 br 8 bc 0 bsm

bsm 2 bsm bc bsm br 10 bc 1 bsm

Total à l’envol bsm 3 bsm 16 bc 9 bsm 8 br 37 bc 3 bsm

54 bc

7 bc

128 bc

99 bc

7 bc 3 bsm 3 bc bsm 1 br 3 bc 2 bsm 3 br 8 bc 0 br 1 bc 1 br 1 bc 1 bsm 19 bc 1 bsm 1 br 17 bc 0 br 1 bc 2 bc 1 bsm 16 bc 1 bsm 2 bc 1 bc 0 bsm 0 br 24 bc 1 bsm 0 br 2 bc 1 bsm - bc 0 bsm 14 bc 0 bsm 3 bc 1 bsm 0 br 4 bc 15 bc 386 bc 44 bsm 6 br 436 594 bc 119 bsm 12 br 509

8 bc 11 bsm 0 bc bsm 0 br 1 bc 0 bsm 0 br 13 bc 2 br bc br 1 bc 0 bsm 18 bc 0 bsm 1 br 18 bc 1 br 0 bc 3 bc 4 bsm 9 bc 0 bsm 2 bc 1 bc 0 bsm 1 br 25 bc 0 bsm 1 br 3 bc 5 bsm - bc 1 bsm 8 bc 0 bsm 4 bc 1 bsm 0 br 9 bc 11 bc 278 bc 96 bsm 9 br 383 344 bc 131 bsm 8 br 493

30 bc 22 bsm 6 bc bsm 14 br 10 bc bsm br 3 bc 3 br bc br 0 bc 3 bsm 41 bc 3 bsm 5 br 27 bc 0 br 10 bc 5 bc 7 bsm 57 bc 2 bsm 8 bc 1 bc 0 bsm 2 br 43 bc 8 bsm 0 br 4 bc 4 bsm 9 bc 2 bsm 50 bc 9 bsm 23 bc 0 bsm 3 br 20 bc 49 bc 971 bc 238 bsm 72 br 1 281 2 029 bc 894 bsm 79 br 2 558

9 bc 7 bsm 0 bc bsm 0 br 3 bc 7 bsm 9 br 3 bc 0 br 3 bc 4 br 0 bc 3 bsm 33 bc 3 bsm 0 br 2 bc 0 br 0 bc 3 bc 0 bsm 17 bc 0 bsm 2 bc

En échec

Mobilisation Journées Surveillants de surveillance* 28 13 28 13 5

9

8

109

50

non précisé

20

168

16

15

20

48

2

20

4

330

6

12

6

183

10

121

3

5

18

91

14

150

1 0 bc 3

28

0 bsm 15 0 br 42 bc 32 164 3 bsm 0 br 2 bc 4 20 2 bsm - bc non indiqué non indiqué 0 bsm 30 bc 18 180 0 bsm 0 bc 0 bsm 6 40 0 br 11 bc 11 162 32 bc 11 270 604 bc 75 bsm 540 3 717 13 br 692 985 bc 274 bsm 34 br 941

25


Aigle pomarin Aquila pomarina

Espèce rare

Bilan de la surveillance de l’Aigle pomarin - 2013

franche-comtÉ

Comme en 2011 et 2012, le mâle d'aigle pomarin est resté seul depuis son arrivée en avril à son départ en septembre. Aucune tentative de reproduction n’est observée ailleurs sur le territoire. Coordination : Dominique MICHELAT (LPO Franche-Comté)

RÉGIONS

FRANCHE-COMTÉ TOTAL 2013 Rappel 2012 Rappel 2011 Rappel 2010 Rappel 2008

Couples

Couples

Couples

Contrôlés

nicheurs

producteurs

1 1 1 1 1 1

0 0 0 0 1 1

0 0 0 0 1 1

Jeunes à l’envol

Surveillants

Journées de surveillance

0 0 0 0 1 1

2 2 2 2 2 2

35 35

Aigle royal Aquila chrysaetos

Espèce rare

L’aigle royal mobilise chaque année un réseau d’observateurs et de passionnés sans qui notre connaissance sur l’évolution de sa population serait très imparfaite. Malgré les efforts consentis, chaque année l’implication de ce réseau d’acteurs constitue un véritable enjeu et rien n’est jamais gagné. Les difficultés auxquelles nous sommes régulièrement confrontés pour présenter une synthèse complète de la situation de l’aigle royal par département en est l’illustration la plus éloquente. Ainsi la synthèse annuelle 2013 incomplète ne nous permet pas de disposer d’un état précis de la situation de la population d’aigle royal en France. Toutefois, les différents indicateurs de cette synthèse sont alarmants. Pour la plupart des départements renseignés, on constate une baisse du nombre de sites contrôlés, de couples nicheurs, de couples producteurs et de jeunes à l’envol (p.ex. en Isère 9 jeunes à l’envol en 2013 contre 20 en 2012 !). Certes ces données sont à relativiser en considérant la disparité des efforts de prospection mais dans les départements où les efforts de prospection semblent constants, les tendances d’évolution apparaissent négatives. Pourtant, est-ce nécessaire de rappeler qu’après plus de 150 ans de persécution l’aigle royal doit

26

toujours faire face à de nouvelles menaces. Elles sont multiples et se résument par les empoisonnements et intoxications, les risques de percussion et d’électrocution avec les réseaux de communication et de fourniture d’énergie, ... Son existence est également impactée de manière conséquente par la dégradation, la réduction de ses habitats de prédilection et par les risques importants de dérangement suite aux différentes activités humaines. L’aigle royal reste assurément exposé à des cas de destruction directe voire intentionnelle,… Alors autant de raisons de poursuivre et renforcer les efforts engagés et de ne pas baisser la garde ! Pascal ORABI (Mission Rapaces)

SUD DU Massif central

• Ardèche (07), Aude (11), Aveyron (12), Gard (30), Hérault (34), Lozère (48) La population des aigles royaux du Massif central, Ardèche (07), Aude (bordure Massif central, 11), Aveyron (12), Gard (30), Hérault (34), Lozère (48), Cantal (15), continue à s’accroître, ce sont désormais 36 sites dont 34 occupés par deux individus qui sont suivis. (31 en 2012) Compte tenu de la dynamique de cette population et des possibilités de reconquête en matière d’habitat et d’extension, il n’est pas exclu que, désormais, certains couples nous échappent et cela, malgré la mobilisation d’une quarantaine de personnes qui observe


Les Cahiers de la Surveillance 2013 régulièrement l’aigle royal sur le Sud du Massif central. Sur les 36 sites occupés sur le Massif central, 34 le sont avec deux individus présents. - 17 couples ont pondu au moins un œuf, - 15 de ces couples ont eu au moins une éclosion, - 13 ont produits 15 poussins, - 14 aiglons ont pris leur envol, dont 10 bagués. Concernant les résultats, ce fut une saison très moyenne marquée par de grosses disparités d’un département à l’autre, cependant ce fut une très bonne année pour l’Aveyron : 4 jeunes à l’envol sur 5 couples, alors que pour l’Hérault : 2 jeunes ont pris leur envol sur 8 couples. En résumé, une année plutôt faible pour la réussite de la reproduction avec un taux d’envol de 0.41 jeunes par rapport aux 34 sites occupés par deux individus. A noter, que de plus en plus de couples adultes semblent pratiquer la "non reproduction" (année sabbatique) ce qui n’était pas très fréquent dans les décennies précédentes sur le Massif central. Une bonne dizaine de couples sont désormais concernés par le développement éolien sur leur domaine vital (site de reproduction et terrains de chasses). Les moyens (observation visuelle) utilisés actuellement par les promoteurs pour réaliser les études d’impacts et localiser ces domaines sont dérisoires, inadaptés et insuffisants. La pose de balises, dans le cadre du programme de baguage de Christian Itty, sur 3  individus de 3 couples concernés par l’éolien, nous permettra dans les années futures de mieux appréhender l’impact de ce développement sur ces couples et d’approfondir nos connaissances sur la biologie et le comportement de l’aigle. Toutes informations sur d’éventuelles observations d’aigles royaux bagués (bagues couleur) sont à transmettre au groupe de surveillance des rapaces qui vous en remercie par avance. Coordination : Jean-Claude AUSTRUY (Groupe Rapaces Massif central)

• Cantal (15) Pas de suite à l'installation d'un couple dans le Cantal en 2012. Coordination : Romain Riols

MIDI-PYRENEES

• Ariège (09) et Haute-Garonne (31) Saison terrible, à l'image d'autres secteurs de la chaîne pyrénéenne. Seulement un jeune à l'envol en Haute-Garonne, les autres couples contrôlés ayant échoué. Coordination : Jean RAMIERE (Nature Midi-Pyrénées)

LANGUEDOC-ROUSSILLON

• Aude (11) Encore une année très moyenne. Le taux d'échec s'explique essentiellement par de très mauvaises conditions climatiques tout au long du printemps (encore que, paradoxalement, le couple le plus en altitude a mené à bien sa nichée) mais pas seulement.

Bilan de la surveillance de l’Aigle royal - 2013 Sites contrôlés Estimation Couples Couples Jeunes Journées Surveillants nbre de couples nicheurs producteurs à l’envol occupés de surveillance

RÉGIONS LANGUEDOC-ROUSSILLON

Aude Pyrénées-Orientales

13 18

13 16

12 11

5 4

5 4

7 14

14 48

4

9

2

1

1

3

12

35 17 50

- - 66

15 17 19

13 7 12

16 7 14

- 1 34

51 -

4 45 39

4 51 41

1 15 10

1 9 7

1 9 8

16 34 123

50 300 250

5 6 9 10 255 328 415 322 -

5 6 8 10 229 357 - - -

4 2 3 6 117 236 217 207 252

3 2 2 5 71 156 142 157 100

4 2 2 5 78 164 171 182 108

9 13 14 13 281 367 426 342 220

32 37 40 37 871 1049 827 565 618

MIDI-PYRéNéES

Ariège et Hte-Garonne PACA Alpes de Haute-Provence Alpes Maritimes Hautes-Alpes RHÔNE-ALPES Ardèche Isère Haute-Savoie et Ain SUD MASSIF CENTRAL Aveyron Gard Hérault Lozère Total 2013 Rappel 2012 Rappel 2011 Rappel 2010 Rappel 2009

Ainsi, 2 sites ont subi en période critique des perturbations anthropiques susceptibles d'avoir eu un impact négatif sur la reproduction, aggravant celui de la météo : le suivi n'est pas suffisamment fin pour pouvoir l'affirmer avec certitude. Les contacts pris permettent d'espérer que de telles perturbations seront évitées à l'avenir. Coordination : Christian RIOLS (LPO Aude)

• Pyrénées-Orientales (66) Sur les 18 sites contrôlés et occupés, 1 nouveau couple territorial était en formation et 1 site était occupé par 1 mâle adulte, la femelle ayant disparu durant l'hiver. Pour les 16 couples présents, 1 nouveau couple a commencé à nicher sans succès et 3 couples adultes (dont un partenaire avait disparu) se sont reformés avec des subadultes/adultes. Si 5 couples n'ont pas pondu, 11 couples étaient reproducteurs (couples nicheurs 68 %). Seulement 4 couples ont réussi à élever 1 jeune chacun. Ce qui nous donne un succès de reproduction de 36 % et une productivité de 0,25. Coordination : Jean-Pierre POMPIDOR

PROVENCE-ALPESCÔTE-D’AZUR

• Alpes de haute-Provence (04) En 2013 dans le département des Alpes de Haute-Provence sur 70 sites répertoriés dont un nouveau et à partir des informations reçues, il en ressort que seulement la moitié soit 35 sites ont été contrôlés, cependant tous sont occupés. La couverture de suivi est donc moyenne (50%). Seulement 15 de ces couples ont pondu

(43%) et 13 ont réussis à mener 16 jeunes à l'envol (3 nichées de 2). Le taux de productivité est de 0,46 et le taux d'envol de 1,07 est très bon Coordination : Didier FREYCHET (LPO PACA)

• Alpes-Maritimes (06) Les couples suivis ont tous rechargé leur aire et pondu. Les échecs de reproduction importants sont liés dans la majorité des cas aux mauvaises conditions climatiques du printemps. Un couple toutefois a été victime de dérangements récurrents sur l'une de ses aires, malheureusement celle qu'il utilise principalement. Coordination : Daniel BEAUTHEAC

RHÔNE-ALPES

• Ardèche (07) Une année qui s’annonçait exceptionnelle en début de saison puis qui finalement s’avère très moyenne. En fin d’hiver, quatre sites étaient occupés chacun par un couple : les 3 connus de longue date, et un nouveau dans le secteur où l’installation d’un nouveau couple était pressentie en 2012. Un seul couple a pondu et a produit un jeune à l’envol. Ce dernier a été bagué (opération engagée en 2012). Coordination : Alain LADET

• Isère (38) Les 45 couples territoriaux nichant en Isère ont tous été contrôlés et les résultats obtenus sont certains pour 33 d'entre eux. 18 n'ont pas couvé, 6 ont échoué après la ponte (dont 3 après éclosion) et seulement 9 (soit 27 %) ont réussi leur reproduction, produisant seulement 9 aiglons à l'envol (aucune nichée à 2 jeunes cette année). Ce qui fait de 2013

27


la plus mauvaise année de reproduction en Isère depuis 2001. Le mauvais temps de ce début d'année et le fort enneigement jusque tard en saison expliquent probablement en grande partie ces piètres résultats. Ainsi que les nombreuses perturbations constatées sur la plupart des sites de nidification par les parapentes, les planeurs et les hélicoptères. Un nouveau cas de mortalité a été recensé, concernant un oiseau adulte, mort selon le Laboratoire Vétérinaire Départemental de Grenoble, d'une "hémorragie interne d'origine indéterminée". Coordination : Bernard DRILLAT (Groupe aigle royal Isère)

Aigle botté © Fabrice Cahez

28

• Savoie (73) Données non communiquées. Coordination : Jean-Pierre MARTINOT

• Haute-Savoie (74) / Ain (01) La population de Haute-Savoie est de 41 couples. 3 territoires ne sont pas suffisamment contrôlés. Sur les 38 couples nicheurs probables ou certains, 7 produisent 8 jeunes, 3 échouent, 22 ne produisent rien pour des raisons qui nous sont inconnues, et 6 sont insuffisamment suivis. Un seul couple élève 2 jeunes. Après l'exceptionnelle année 2012, 2013, avec seulement 8 jeunes, fait partie

des plus mauvaises années de reproduction depuis le début du suivi en 1975. De nombreux territoires subissent des dérangements d'origine humaine, principalement dus aux parapentes et planeurs, mais de plus en plus aux grimpeurs. Un nouveau couple est découvert dans le massif des Aravis, et le couple limitrophe Ain/Haute-Savoie, nicheur dans l'Ain cette année a été inclus à cette synthèse Coordination : Jean-Pierre MATERAC (LPO Haute-Savoie)

corse

Données non communiquées. Coordination : Jean-François SEGUIN (PNR de Corse)


Les Cahiers de la Surveillance 2013

Aigle botté Aquila pennata

Espèce rare Ah les printemps pourris ! Quel contrainte pour nous pauvres ornithos passionnés, obligés de rester loin des jumelles, l’œil derrière la fenêtre et non derrière l’oculaire de la longue vue à contempler les fabuleuses parades de l’aigle botté. Et nos oreilles privées de leurs sifflements nerveux... Il y a des années comme ça. Mais notre petit aigle, ma foi, ne s’en sort pas si mal. Certes, alors que le nombre de couples suivis a encore un peu progressé en 2013, le nombre de couples ayant réussis leur reproduction est plus faible et le nombre de jeunes par couple aussi, mais nous sommes loin d’une année catastrophique comme on aurait pu s’y attendre. Si le succès de reproduction tombe à un peu moins d’un jeune par couple nicheur, il reste pour les couples ayant réussi bien supérieur à 1. D’accord, ce n’est pas le genre de printemps qui nous aide à prospecter, à trouver des nouveaux couples, fautes de journées de terrain favorables. Mais pourtant, ce bilan 2013 présente un nombre de couples suivis encore un peu à la hausse par rapport aux dernières années ! Et oui, les graines de notre réseau volent au vent comme les aigles, la passion est communicatrice : la Dordogne se découvre son petit aigle et les PyrénéesAtlantiques, un des bastions de l’espèce dans notre pays, rejoignent notre réseau ! Et en Midi-Pyrénées, LA région de l’aigle botté, mais aussi historiquement la moins bien connue, c’est l’emballement : 6 départements impliqués et plus de 30 couples suivis ! Alors bravo et un grand merci à toutes et tous, oui, non, je sais, vous faites ça pour le plaisir parce que c’est quand même un chouette piaf ce petit botté, mais si, mais si, merci quand même, car au-delà de se faire plaisir, le réseau aigle botté, c’est de la coordination, de la transmission d’infos, du partage des connaissances, de la science et de la protection, la substantifique moelle d’un réseau en sorte ! Romain Riols – LPO Auvergne

AQUITAINE

• Dordogne (24) En 2012, 2 couples avaient été découverts et la présence d’un troisième était soupçonnée. En 2013, cette présence est confirmée à environ 800 mètres d’un couple déjà connu. Ces deux couples voisins ont niché avec succès (2x1 juv). Le 3e couple a produit un jeune à l’envol tardif. Un 4e couple a été régulièrement observé (parades) au cours de la saison dans le Nord-est du département mais aucune preuve de nidification n’y a été décelée. L’aigle botté confirme donc son installation en Dordogne pour le plus grand plaisir des rapaçologues du département ! Remerciements : Y.Cambon et J-P.Caillou (ONCFS24), M-F.Canevet, F.Fély, R.Petit, L.Pomier (LPO Aquitaine). Coordination : Daniel RAT (LPO Aquitaine)

Bilan de la surveillance de l’Aigle botté - 2013 RÉGIONS

AQUITAINE Dordogne Pyrénées-Atlantiques

Sites occupés 4 5

AUVERGNE Allier 18 Cantal (Gorges de la Rhue) 3 Cantal (Gorges de la Dordogne) 3 Haute-Loire (Gorges Allier) 3 Puy-de-Dôme (Gorges Sioule) 6 Puy-de-Dôme (Gorges Dordogne) 5 BOURGOGNE Saône-et-Loire 13 CENTRE Loiret 54 Loir-et-Cher 5

Couples

Jeunes Journées Surveillants à l’envol de surveillance

Couples suivis

Couples nicheurs

producteurs

4 3

3 2

3 2

3 2

5 1

11 23

18 3 3 0 6 5

18 2 0 - 5 4

13 2 0 - 5 3

17 2 0 - 7 3

21 1 3 2 3 1

5 5 1 6 5

13

-

3

3

3

0

54 4

50 3

33 3

38 4

2 4

41 9

44

43

35

42

12

39

10 6 1 9 3 2 152 175 194

8 8 1 9 6 9 99 85 88

15 8 4 15 10 13 210 331 236

LANGUEDOC-ROUSSILLON

Aude MIDI PYRéNées Ariège Aveyron Gers Haute-Garonne Lot Tarn Total 2013 Rappel 2012 Rappel 2011

59 9 7 4 8 7 4 217 213 200

9 7 à 9 7 7 5 5 1 1 1 8 7 6 5 3 à 5 3 3 3 2 190 156/160 126 188 173/175 130 180 165 140

• Pyrénées-Atlantiques (24) En 2013, je me suis pris au jeu de chercher des nids pas très loin de chez moi mais je n'ai pas fait de recherches poussées sur un territoire géographique précis. L'an prochain, je vais me concentrer sur la population de la vallée d'Ossau ; la LPO Aquitaine devrait faire une étude sur les coteaux qui dominent le gave de Pau et suivre au moins deux sites de nidification que j'ai identifiés en 2013 mais que je n'ai malheureusement pas eu le temps de suivre. Sur les 3 sites suivis cette année avec plus d'attention, il y en a un où il y a eu échec car la femelle couvait encore le 4 mai 2013, sur Bescat le couple a produit un jeune jusqu'à l'envol et enfin

sur Bielle le couple nourrissait un jeune le 26 juin mais malheureusement le site est vraiment trop inaccessible et je ne voyais pas très bien le nid ; du coup je ne sais pas si le jeune s'est envolé. Au niveau des couples, il y avait deux couples avec mâle et femelle clair, deux couples avec mâle clair et femelle sombre, un couple avec mâle sombre et femelle claire. Coordination : Philippe LEGAY (LPO Aquitaine)

AUVERGNE

• Allier (03) Pas de nouvelles découvertes cette année ; la météo très défavorable n'a cependant pas trop perturbé la reproduction du botté dans

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le département de l'Allier. Avec 17 jeunes à l'envol, l'année 2013 reste acceptable. L'équipe de recherche s'étoffe encore un peu, rien ne serait fait sans: E.Dupont, A.Faurie, A. et P.Godé, A.Labrousse, S.Blin, A.Rocher, J-J.Limoges, E.Bec, S.Lovaty, T.Reïjs, H.Samain, M.Rigoulet, P.Giosa, D.Auclair, A.Trompat, A.Blaise, S.Gaumet, D.Vivat, J. et J.Fombonnat. Coordination : Jean FOMBONNAT (LPO Auvergne)

• Cantal (15) ZPS Gorges de la Dordogne Dans les gorges de la Dordogne côté Cantal, plusieurs couples restent à relocaliser, au moins 2 sont passés côté Corrèze en 2013. Seuls 3 sites occupés sont notés, un avec une femelle peut-être seule, les deux autres sur de "nouveaux" sites sans reproduction prouvée. Coordination : Romain RIOLS (LPO Auvergne), Pascal CAVALLIN et Thérèse NORE (SEPOL)

Gorges de la Rhue Les couples sont arrivés tardivement, vers la mi-avril à cause d'un climat peu clément. 3 couples ont été suivis, deux d’entre eux amènent chacun un jeune clair à l’envol.

coles rares et d'assister à la reproduction d'une douzaine de couples d'échasses, une première pour le département ! Remerciements à A.Develay et L.Gasser. Coordination : Christian GENTILIN

• Nièvre (58) Des observations en 2010 et 2011 (R.Monteiro, A. C.et F.Chapalain) laissaient présager une reproduction dans une forêt domaniale et c’est le 25 mai 2012, lors de prospections dans cette forêt domaniale pour la cigogne noire, que Daniel Dupuy, agent ONF et membre de Soba Nature Nièvre, découvre une aire occupée. La reproduction échoue malheureusement par la suite, en raison peut-être d’un coup de vent survenu début juin. En 2013, une seule observation est rapportée à proximité de ce site et aucune autre donnée ne permet de croire à une reproduction. Ailleurs sur le département, deux autres observations (J. Pitois et A.C.Chapalain & J. Allain) sur deux mailles différentes attestent de la présence de l'espèce en période favorable sans que la nidification n'ait pu être prouvée. Coordination : Daniel DUPUY (ONF - SOBA Nature Nièvre)

Coordination : Thierry LEROY (LPO Auvergne)

• Haute-Loire (43) Quelques sites occupés ont été contrôlés mais aucun suivi n’a pu être assuré. Coordination : Christophe TOMATI (LPO Auvergne)

• Puy-de-Dôme (63) ZPS Gorges de la Sioule : Comme en 2012 et malgré la mauvaise météo, 2013 est ici une assez bonne année. Les 5 couples habituels se reproduisent tous avec succès : 3 nids à 1 jeune et 2 nids à 2 jeunes soit 7 jeunes à l’envol (5 sombres et 2 clairs), un nouveau couple s’est installé à proximité immédiate de 3 couples déjà proches les uns des autres sans qu’une reproduction soit constatée, une femelle seule était cantonnée sur un autre site, un couple reste à localiser dans la partie aval de la vallée. ZPS Gorges de la Dordogne : Le suivi n’a concerné que les 6 sites habituels bien localisés, tous en sapinière. La reproduction n’est pas prouvée sur un site, 2 couples échouent et 3 produisent chacun 1 jeune à l’envol (3 sombres). La mise en place d’un "piège" vidéo sur un nid a montré la présence en début de saison d’une femelle "étrangère" au nid avec le mâle jusqu’à l’arrivée de la femelle légitime. Coordination : Romain RIOLS (LPO Auvergne)

BOURGOGNE

• Saône-et-Loire (71) Si 2012 a été une année exceptionnelle avec une reproduction record, il en est tout autrement pour 2013 qui est l’année la plus mauvaise jamais observée. La très longue période pluvieuse de ce printemps a été néfaste à la plupart des nichées (y compris pour le circaète) mais nous aura permis d'avoir un passage exceptionnel de limi-

30

CENTRE

• Loir-et-Cher (41) Deux nouveaux sites solognots (non comptabilisés dans le tableau) fournissent des contacts en période de reproduction dont un transport de proie observé… Coordination : Alain PERTHUIS (Loir-et-Cher Nature)

• Loiret (45) Comme chaque année les connaissances se concentrent sur la forêt d'Orléans (domaniale et privée) avec une estimation globale de 60 à 70 couples dont environ 50 sont reproducteurs. 50 aires sont localisées et ont permis l'envol de seulement 38 juvéniles. 2013 est dans la droite lignée de 2012, parmi les pires années pour la reproduction de l'aigle botté, avec une productivité de 0,76. 4 autres sites (également localisés avec précision) ont été occupés par des couples non reproducteurs. Nous ne disposons d'aucune autre information pour le reste du département cette année encore. Remerciements : P.Doré Coordination : Julien THUREL (ONF)

LANGUEDOC-ROUSSILLON

• Aude (11) Grosse inquiétude en début de saison, pratiquement sans prospection printanière. La plus mauvaise année depuis le début du suivi, en raison d'une météo particulièrement exécrable : à peine plus de 75 % des couples suivis se sont reproduits avec succès, même si cette espèce est (hors vautours) la moins touchée de toutes dans le département. Le nombre de nichées à 2 jeunes est relativement un peu inférieur à celui des années précédentes. A déplorer la perte totale de l'un des plus anciens couples connus et le meilleur reproducteur, avec disparition de la toute jeune nichée consécutive à celle de la

femelle (très sûrement prédatée), en dépit du remplacement rapide du mâle en cours de printemps. Répartition des morphes : adultes (75) = 58 clairs et 17 sombres ; juvéniles (42) = 32 clairs et 10 sombres. Remerciements : D. Genould, T. Guillosson, M. Höllgärtner, Y. Lazennec, P. Massé, C. Perony, P. Polette, B. Rey, Y. Roullaud, M. Vaslin, P.J. Vilasi. Coordination : Christian RIOLS (LPO Aude)

MIDI-PYRENEES

• Ariège (09) Les 10 sites suivis se situent sur le piémont oriental du département (secteur d'environ 600 km²). 4 nouveaux couples ont été localisés et suivis cette année (T.Buzzi, C. Riols, F.Couton, collectif); l'un d'entre eux, connu depuis le début des années 2000 (R.Riols) a été retrouvé nicheur à 1 km du site historique. Sur ce même secteur du Plantaurel, 5 autres couples avec indice de nidification probable n'ont pu être localisés précisément ; à suivre pour 2014. Un couple suivi par A.Barrau, constitué de 2 individus sombres depuis 2012 a produit en 2013 un jeune sombre et un jeune clair (observation confirmée à plusieurs reprises). Le couple sombre a été suivi dès la période d'installation et sur toute la période de reproduction : il n'y donc pas eu d'accouplement avec un clair qui aurait disparu et été ensuite remplacé par un oiseau sombre. Un clair a toutefois été observé sur le site mi-avril (observation fréquente vu la densité en botté du secteur) : alors, ce jeune clair révèle-t-il un cas d'infidélité ou un cas rare lié au déterminisme génétique des morphes ? Remerciements : S.Frémaux (NMP), B.Bouthillier (NMP), B.Barathieu (NMP), A.Barrau (NMP), C.Riols (LPO Aude), T.Buzzi (NMP). Coordination : Florence COUTON (Nature Midi-Pyrénées)

• Aveyron (12) Certains sites n'ayant pas été contrôlés après l'étape de couvaison, on n'a pas plus de précisions. Il est fortement soupçonné que la population d'aigle botté en Aveyron est supérieure à nos estimations mais il manque parfois des observations dans les longues vallées encaissées, propices à sa nidification. Coordination : Robert STRAUGHAN (LPO Aveyron)

• Gers (32) Pour 3 couples bien présents, l'aire habituelle a été trouvée vide ou non rechargée, et les nouvelles aires n’ont pas été trouvées par manque de temps. Coordination : Jean BUGNICOURT (Groupe Ornitho Gersois)

• Haute-Garonne (31) Les couples suivis sont localisés sur 2 secteurs : la forêt de Bouconne en périphérie toulousaine et le couloir Garonnais. A Bouconne, 4 sites sont suivis dont 1 situé en limite départementale (comptabilisé sur le Gers pour la synthèse), 3 des couples ont été producteurs. Un couple n'a pu être suivi jusqu'en fin de période, la femelle


Les Cahiers de la Surveillance 2013 a bien couvé mais les observations en période d'envol des jeunes ne nous ont pas permis de conclure sur la réussite de la reproduction. Les aires étant localisées, des périmètres de protection vont être mis en place avec l'ONF pour la prochaine saison (charte Nature Midi-Pyrénées - ONF). Pour les 4 couples du couloir garonnais, l'un des 2 couples situé dans l'agglomération toulousaine a échoué alors qu'un accouplement a été observé le 11 avril (S.Frémaux), il n'y a pas eu de couvaison mais les oiseaux sont restés dans le secteur durant la période de reproduction. Remerciements : S.Frémaux (NMP), B.Bouthillier (NMP), Y.Gayrard (NMP), G.Baillieul (NMP), J.Calas (NMP) M.Maitre (NMP), D. et R.Peltier (NMP), C.Marchall.

• Lot (46) Comme en 2012, l’effort de prospection et de suivi a principalement porté sur les vallées de la partie calcaire du département, où 3 nouveaux sites occupés par au moins un oiseau ont été découverts en début de saison. Seulement 3 des 5 couples suivis ont mené à bien leur nidification, produisant chacun 1 jeune à l'envol. Ce faible succès de la reproduction est probablement principalement dû aux mauvaises conditions météorologiques du printemps. Remerciements : D. et A. Barthes, J-P. Boudet, R. Nadal. Vincent HEAULME et Nicolas SAVINE (Société des Naturalistes du Lot)

• Tarn (81) Sur les 4 couples localisés cette année, 3 ont fait l'objet d'un suivi. 2 couples ont mené chacun un jeune à l'envol et le 3e a connu un échec sur une ponte tardive. En avril, une journée de prospection en vallée du Tarn a confirmé la présence de l'espèce sur ce secteur où les observations sont fréquentes, sans toutefois permettre la localisation de nouveaux couples. Toujours une bonne collaboration avec l'ONF quant à la conservation d'un couple en Montagne noire (travaux forestiers différés hors période de présence). Remerciements : C. Aussaguel, F. Couton, J-M. Cugnasse, A. Gangneron, B. Long, S.Maffre, JM. Maffre (ONF), C. Perrier, D. Pred'homme.

Coordination : Florence COUTON (Nature Midi-Pyrénées)

Coordination : Amaury CALVET (LPO Tarn)

Aigle de Bonelli Aquila fasciata

Espèce en danger L'aigle de Bonelli est un rapace pour lequel les réseaux d'observateurs sont particulièrement mobilisés, assurant ainsi un suivi précis de l'espèce tout au long de l'année et particulièrement pendant la période de reproduction. Contrairement à l’année précédente, la saison de reproduction a été l’une des meilleures enregistrées avec 32 jeunes à l’envol pour 30 couples cantonnés. Si la taille de la population française n’augmente plus depuis 2011, on peut se réjouir d’observer une productivité qui atteint 1,07 jeune envolé par couple cantonné cette année (la moyenne étant de 0,92 ± 0,19 sur la période 1990 – 2013). A noter que cette année 25 couples ont pondu soit un de plus que l’année précédente. Ceci est dû en particulier au succès des deux couples varois et vauclusiens qui ont enfin mené des jeunes à l’envol. De la même manière, un couple gardois, en échec depuis trois ans a lui aussi pu mener un jeune à l’envol. Ces résultats ne doivent pas cacher les échecs répétés sur certains sites, en particulier dans les Gorges du Gardon où un individu plombé a pu être retrouvé grâce à sa balise, fin 2012. Par ailleurs un autre oiseau plombé a été découvert dans les Gorges de l’Ardèche en avril 2013 soulignant la persistance des problèmes de tir sur les rapaces. Merci à l’ensemble des membres du réseau des observateurs Bonelli qui œuvrent avec passion sur le terrain en Languedoc-Roussillon, PACA et Rhône-Alpes. Ce réseau est à la base des actions de conservation engagées dans le Plan national d’actions en faveur de l'aigle de Bonelli. Merci à l’ensemble des membres du réseau des observateurs Bonelli qui œuvrent avec passion sur le terrain en Languedoc-Roussillon, PACA et Rhône-Alpes. Ce réseau est à la base des actions de conservation engagées dans le Plan national d’actions en faveur de l'aigle de Bonelli.

Bilan de la surveillance de l’Aigle de Bonelli - 2013 RÉGIONS

Couples Jeunes Couples Couples Sites Surveillants occupés pondeurs avec éclosion avec envol à l’envol

Sites connus

Sites suivis

4 11 16 5

2 2 8 1

1 4 6 1

1 4 5 0

1 2 5 0

1 2 5 0

1 3 8 0

2 13 6 2

5 12 20

1 1 16

1 1 14

1 1 12

1 1 10

1 1 9

1 1 15

2 5 41

10 83 83 84

2 33 36 42

2 30 30 31

1 25 24 24

1 21 14 20

1 20 11 18

2 32 17 26

5 74 76 63

LANGUEDOC-ROUSSILLON

Aude Gard Hérault Pyrénées Orientales PACA Var Vaucluse Bouches-du-Rhône RHôNE-ALPES Ardèche TOTAL 2013 Rappel 2012 Rappel 2011

Coordination : Olivier SCHER, CEN Languedoc-Roussillon, pna@cenlr.org

31


Balbuzard pêcheur Pandion haliaetus

Espèce vulnérable Sur le continent, 43 couples sont recensés dont 35 produisent 63 jeunes. Si aucun nouveau département n’est occupé cette année, il faut noter l’installation d’un second couple en Moselle, 5 après le couple pionnier. Les résultats en Corse sont très préoccupants avec seulement 6 jeunes à l’envol pour 35 couples territoriaux. Le colloque organisé en septembre au Muséum d’Orléans a mis en évidence la nécessité d’une coordination et d’une stratégie européenne de sauvegarde du balbuzard pêcheur. Ce projet présenté au Conseil de l’Europe a été validé à l’unanimité. R. NADAL, R. WAHL

Bourgogne

• Yonne (89) Le couple historique établi dans l’Yonne est de retour sur le site occupé les deux années précédentes dès la mi-mars 2013. Il s’agit des mêmes partenaires (originaires du Loiret), individualisés grâce à leurs bagues. Le nid naturel tombé au cours de l’hiver 2011-2012, reconstruit sur une plateforme artificielle en février 2012, a été réutilisé sans hésitation pour la troisième saison de reproduction. Ce couple est donc parfaitement fixé. Cette reproduction a de nouveau réussi puisque deux jeunes sont nés, ont été bagués et se sont envolés. Néanmoins, deux difficultés ont été rencontrées pour la première fois par les adultes. D’une part, les conditions météorologiques ont été très instables et pluvieuses durant l’incubation puis très fraiches au moment de l’éclosion. D’autre part, la présence d’un autre Balbuzard pêcheur venu rompre la quiétude du couple pendant quelques jours et interférer dans leurs habitudes (dans certains cas, ces interactions peuvent conduire à l’échec de la nidification). Toutefois, ces éléments qui ont pu perturber la reproduction restent parfaitement naturels. Coordination : François BOUZENDORF (LPO Yonne)

• Nièvre (58) Pour la deuxième année consécutive, le même couple est revenu s'installer au sud de la Nièvre et 3 jeunes se sont envolés. Le printemps pourri et les hautes eaux de la Loire ont été des facteurs favorables en limitant la fréquentation pédestre et fluviale car l'accès au site a souvent été rendu impossible par la crue. D'autres oiseaux ont été observés en période de nidification (secteurs de Decize-Imphy & La Charité-Cosne) mais les deux journées d'observation simultanées organisées par la RNVL (N.Pointecouteau) n'ont pas permis de détecter un 2e couple nicheur. Remerciements : J.Allain, F.Bacuez, C.Barge, Y.Bolnot, A.Chapalain, C.Chapalain,

32

Bilan de la surveillance du Balbuzard pêcheur - 2013 RÉGIONS

CORSE Corse BOURGOGNE Yonne Nièvre CENTRE Forêt domaniale Orléans Forêts privées du Loiret Forêt de Chambord Sologne Indre-et-Loire PAYS DE LA LOIRE Maine-et-Loire ILE-DE-FRANCE Essonne LORRAINE Moselle Total 2013 Rappel 2012

Couples contrôlés

Couples nicheurs

producteurs

Jeunes à l’envol

Couples

Surveillants

Journées de surveillance

35

24

10

6

-

-

1 1

1 1

1 1

2 3

1 23

19 20

20 5 6 5 1

20 5 6 5 1

17 2 5 5 1

27 4 9 11 2

3 - - - 1

180 2

2

1

1

1

13

18

0

0

0

0

7

20

2 78 75

2 66 64

2 45 44

4 69 81

1 49 43

259 256

F.Chapalain, J-F.Dumont, D.Dupuy, A.Favrot, J.Gillaizeau, R.Graeff, J-P.Jost, S.Lamirault, F.Lemoine, A.Létang, M.Malhere, L.Martin, D.Merle, S.Merle, J-L.Mérot, K.Moet, J-F. Ozbolt, J.Pitois, N.Pointecouteau, L.Robert, F.Salen-Hermand, J-L.Sydney Coordination : Claude CHAPALAIN (SOBA Nature Nièvre)

CENTRE

• Loiret (45) Dans la forêt domaniale, sur 20 couples présents, 17 mènent 27 jeunes à l’envol (tous bagués). En forêts privées, 5 nids sont connus parmi lesquels 2 mènent 4 jeunes à l’envol. Coordination : Rolf WAHL (LPO Mission Rapaces), Gilles PERRODIN (Loiret Nature Environnement), Julien THUREL (ONF)

• Domaine de Chambord (Loir-et-Cher) 6 aires sont occupées et 5 couples mènent 9 jeunes à l’envol. Coordination : Christian GAMBIER (Epic Chambord)

• Sologne (Cher ; Loir-et-Cher ; Loiret) 5 couples sont connus dont 3 sont installés sur des pylônes électriques. 11 jeunes prennent leur envol, dont 6 jeunes sur pylônes. Coordination : Alain CALLET (Sologne Nature Environnement) et Alain PERTHUIS (Loir-et-Cher Nature)

• Indre-et-Loire (37) Le couple au nord de la Loire s'est reproduit, produisant 2 jeunes à l'envol. Le couple au sud de la Loire ne s'est pas reproduit pour la seconde année consécutive. Coordination : Jean-Michel FEUILLET (LPO Touraine)


Les Cahiers de la Surveillance 2013

PAYS-DE-LOIRE

• Maine-et-Loire (49) Reproduction mitigée pour cette troisième année d'installation de l'espèce dans le département. Sur les deux couples suivis en 2013, seul 1 jeune a pris son envol. Les prospections entreprises cette année, à la recherche de nouveaux couples, n'ont quant à elles, rien donné. Remerciements : J-M.Bottereau, A.CampoPaysaa, Y.Guenescheau, B.Hubert, V. L o m b a r d , A . L a r o u s s e , C . M a z e , T.Printemps, P.Raboin, S. et S. Retailleau, D.Rochier, A.Ruchaud. Coordination : Damien ROCHIER (LPO Anjou)

LORRAINE

• Moselle (57) En mai 2013, un second couple s'installe sur une seconde aire installée en 2009 en forêt domaniale. La femelle a été

baguée en 2009 en forêt d'Orléans par Rolf Wahl. Le mâle n'est pas bagué. Le 1er couple a produit 9 jeunes depuis 2010 jusqu' à 2013. Malheureusement le support ou repose l'aire n'est pas adaptée pour qu'un grimpeur puisse y monter et les jeunes ne sont donc pas bagués (le nouveau mâle nicheur peut être originaire de ce nid). Coordination : Michel HIRTZ (Domaine de Lindre)

ILE DE FRANCE

• Essonne (91) La femelle née à Chambord en 2006 et qui s’est reproduit à l'Etang de la Réserve du marais de Misery en 2009 et 2011 est de nouveau présente sur ce marais en 2013. Mais comme en 2012, l'absence de mâle ne permet pas de reproduction. Coordination : Jean-Marc LUSTRAT (Conseil général de l'Essonne)

CORSE

On retiendra les faits suivants de la saison de reproduction 2013 du balbuzard en Corse : - 35 couples territoriaux étaient présents dont 24 couples avec une ponte, parmi lesquels 10 ont élevé des jeunes à l’envol, - Sur les 68 œufs pondus, 19 œufs ont éclos et 6 poussins ont été élevés avec succès. En raison de la baisse constante (depuis maintenant quatre années), du chiffre du succès reproducteur et en particulier depuis l’année 2009, il n’a pas été possible de poursuivre le programme d’expédition de jeunes balbuzards de Corse pour les confier au Parc de la Maremma dans le cadre du projet de réintroduction en Toscane (INTERREG IIIa "balbuzard"), - la taille moyenne des pontes était de 2.83 œufs par nid, - le succès reproducteur (jeunes envolés/ nombre d’œufs pondus) était de 0,08. Coordination : Jean-Marie DOMINICI (PNR de Corse)

Balbuzard pêcheur © Fabrice Cahez

33


Faucon crécerellette Falco naumanni

Espèce vulnérable L’effectif de la population française du faucon crécerellette est reparti à la hausse et atteint 350 couples nicheurs en 2013, répartis en 3 noyaux de population (Crau, Hérault et Aude) au lieu de 332 couples en 2012 (pour rappel 355 en 2011). Les faits remarquables de l’année sont : - la colonisation de six nouveaux sites dans l’Hérault, soit 11 sites au lieu de 5 en 2012 ! - dans l’Aude, l’augmentation du nombre de couples nicheurs installés dans le village de Fleury se confirme avec 8 couples au lieu de 3 en 2012, tous ayant réussi leur reproduction. Ce fait permet de résoudre le principal problème local lié à une faible disponibilité en cavités de nidification sécurisées. - les faibles succès reproducteurs constatés en Crau et dans l’Hérault en lien avec les très mauvaises conditions météorologiques de ce printemps

Philippe PILARD

LANGUEDOC-ROUSSILLON

• Aude (11) Cette année, 20 couples de faucons crécerellettes se sont installés dans l’Aude, soit 1 de plus par rapport à 2012. De plus, le nombre de couples producteurs est de 17 contre 13 en 2012 et le nombre de jeunes à l’envol de 62 contre 46 en 2012. La différence principale par rapport à 2012 est l'augmentation du nombre d’installations spontanées (9 couples sur 20) dont 8 dans le village de Fleury (3 en 2012) avec une réussite de la reproduction pour chacun des couples et une production de presque la moitié des jeunes de l’année (estimation de 30 jeunes à l’envol). On constate cependant un échec du couple installé sur le lieu-dit Pradines où la reproduction avait réussie en 2012. Sur les sites aménagés, on retrouve 10 couples sur le cabanon LIFE dont 8 ont réussi leur reproduction (28 jeunes à l’envol) et 1 couple sur la Bâtisse Haute (4 jeunes à l’envol). Remerciements : la LPO Aude remercie l'ensemble des personnes ayant participé au suivi en 2013 et plus particulièrement Ludivine Godé, Vianney Goma, Meddy Fouquet pour leur important travail de suivi ainsi que Jean-Baptiste Mazeries, Landry Clair et Anne Zamblera pour leur aide lors des prospections dans le village de Fleury. Coordination: Mathieu BOURGEOIS (LPO Aude)

• Hérault (34) Avec un total de 148 couples nicheurs, la population héraultaise est cette année répartie sur 11 communes (soit 6 communes de plus qu’en 2012), selon la distribution suivante : 78 couples nicheurs sur la commune de Saint-Pons-de-Mauchiens, 39 sur Saint-Pargoire, 6 sur Fabrègues-Cournon-

34

Bilan de la surveillance du Faucon crécerellette - 2013 RÉGIONS

Couples contrôlés

Couples nicheurs

20 148 182 350 332 355 279 259

Journées de surveillance

producteurs

Jeunes à l’envol

20 148

17 133

62 336

19 6

154 240

182 350 332 355 279 259

119 269 267 252 191 193

326 724 795 624 545 642

1 26 12 11 8 11

90 484 430 340 302 345

Couples

Surveillants

LANGUEDOC-ROUSSILLON

Aude Hérault PACA Bouches-du-Rhône TOTAL 2013 Rappel 2012 Rappel 2011 Rappel 2010 Rappel 2009

sec, 8 sur Campagnan, 3 sur Montagnac, 2 sur Plaissan, 4 sur Villeveyrac, 6 sur Nézignan-l’Évêque, 1 sur Mèze et 1 sur Montbazin. Cet effectif 2013 est en augmentation d’environ 7,25 % par rapport à celui comptabilisé en 2012 (n=138). Cette population a permis d’estimer un envol minimum de 336 jeunes, dont 178 (53,00 %) avec certitude. Nous constatons que le taux d’incertitude (pourcentage de couples dont le nombre de pulli à l’envol ne peut être estimé avec certitude), d’un minimum de 47,00 % en 2013 tend à augmenter avec l’accroissement de l’effectif de la population. C’est pourquoi, sur les noyaux de Saint-Pons de Mauchiens, St-Pargoire, Fabrègues et Plaissan, une extrapolation a été réalisée sur la base d’un échantillonnage des envols avec certitude. Nous pouvons constater en 2013 une baisse, par rapport à 2012, du nombre total moyen de jeunes à l’envol produit par couple nicheur (- 0,23), ainsi que par couple nicheur avec succès (-0.16). Cette productivité et ce succès reproducteur, pour l’ensemble de la population héraultaise, respectivement de 2,27 et 2,54, figurent parmi les valeurs démographiques estimées les plus faibles jamais enregistrées. Elles s’inscrivent chacune sous la moyenne, respectivement de 2,51 et de 2,79. Coordination: Nicolas SAULNIER (LPO Hérault)

PROVENCE ALPES COTE D’AZUR

• Bouches-du-Rhône (13) - Plaine de Crau Au printemps 2013, 182 couples se sont reproduits en plaine de Crau, soit une augmentation de 4 % par rapport à l’année dernière (175 couples). Il y a eu 326 jeunes à l’envol. Le nombre moyen de jeunes par couple nicheur (1,79) est inférieur à la moyenne 1994-2013 égale à 1,92. Cette diminution est principalement due à un faible succès reproducteur (2,74) en lien avec les mauvaises conditions météorologiques au cours du printemps. Ce succès reproducteur (2,74) est inférieur à la moyenne observée entre 1994-2013, égale à 3,02, mais il ne peut être qualifié de catastrophique comme on aurait pu s'y attendre. Les mauvaises conditions climatiques ont probablement limité les disponibilités alimentaires en début de saison, avec plusieurs impacts négatifs sur la reproduction: une faible fréquence de reproduction chez les adultes reproducteurs (73 % au lieu de 91 %), un retard des dates de pontes d'environ 17 jours et une taille moyenne des pontes égale à 3,54 au lieu de 4,36 (moyenne 1999-2012). Par contre, l'élevage des jeunes s'est déroulé normalement du fait de disponibilités alimentaires suffisantes. Coordination : Philippe PILARD (LPO Mission Rapaces)


Les Cahiers de la Surveillance 2013

Faucon pèlerin Falco peregrinus

Espèce rare L’année 2013 restera dans les mémoires comme une année noire pour la reproduction des rapaces. Le faucon pèlerin n’a pas été épargné. Malgré une relative constance du nombre de sites contrôlés occupés (n=1 006) et une augmentation du nombre de couples suivis (n=829), signe d’une mobilisation toujours aussi forte voire accrue des observateurs, le nombre de couples nicheurs (n=630) et le nombre de couples producteurs (n=469) sont en baisse par rapport à 2012. Quant au nombre de jeunes à l’envol, il chute fortement, passant sous la barre des 1 000 (n=941). Le succès de reproduction s’établit à 1,47 jeunes à l’envol par couple nicheur contre 1,58 en 2012 et 1,97 en 2011 ; la taille des familles à l’envol s’élève à 2 contre respectivement 2,19 et 2,18 en 2012 et 2011. Ces résultats sont la conséquence directe des très mauvaises conditions météorologiques qui ont frappé plus ou moins fortement les régions françaises durant le printemps. Dans certains secteurs moins touchés, les bilans de reproduction sont tout de même bons, voire excellents. Le faucon pèlerin continue par ailleurs sa colonisation du territoire national et notamment du quart nord-ouest. Il poursuit également sa colonisation des sites anthropiques. Que tous les observateurs et coordinateurs soient chaleureusement remerciés pour leur mobilisation sans faille dans le suivi de cette espèce emblématique. Fabienne DAVID

ALSACE-LORRAINE

• Massif vosgien Meurthe-et-Moselle (54), Moselle (57), Bas-Rhin (67), Haut-Rhin (68), HauteSaône (70), Vosges (88) et Territoire de Belfort (90) 143 sites favorables ou anciennement occupés par le faucon pèlerin dans le Massif vosgien ont été suivis par plusieurs dizaines de bénévoles en 2013 et 85 territoires occupés par l’espèce ont été dénombrés. 53 couples ayant pondu ont été recensés et parmi eux, 27 ont élevé 61 jeunes jusqu’à l’envol, soit un taux de 2,3 jeunes/couple producteur. La reproduction du faucon pèlerin a été mauvaise cette année avec 20 couples non reproducteurs recensés et 26 échecs constatés ! Les causes d'échec documentées sont principalement liées aux conditions météorologiques printanières défavorables (8 cas sur 12) : période de froid en mars, mois de mai froid et pluvieux, orages. De plus, 2 cas de prédations sur les jeunes ont été relevés ; un couple a abandonné le site de reproduction suite à des travaux forestiers et un échec est vraisemblablement dû à la présence d'un mât éolien.

Bilan de la surveillance du Faucon pèlerin - 2013 RÉGIONS

ALSACE-LORRAINE Massif vosgien Plaines d'Alsace AQUITAINE Dordogne AUVERGNE Cantal Haute-Loire Puy-de-Dôme BASSE-NORMANDIE Calvados Manche BOURGOGNE Côte-d’Or, Nièvre Saône-et-Loire, Yonne BRETAGNE Ille-et-Vilaine, Côtes-d’Armor Finistère, Morbihan, Loire Atlant. CENTRE Indre Loir-et-Cher CHAMPAGNE-ARDENNE Ardennes Aube FRANCHE-COMTÉ Ain Doubs Haute-Saône Jura HAUTE-NORMANDIE Seine-Maritime / (cap d'Antifer à Veulette) Eure, Seine-Maritime ILE-DE-FRANCE Ile-de-France

Couples Couples Jeunes Succès Taille familles Surveil- Journées de lants surveillance nicheurs producteurs à l’envol reproducteur à l'envol

62 53 9 39 39 37 18 15 4 - - 35

34 27 7 35 35 19 8 8 3 - - 16

81 61 20 85 85 34 16 15 3 - - 30

1,31 1,15 2,22 2,18 2,18 0,92 0,89 1,00 0,75 - - 0,86

2,38 2,26 2,86 2,43 2,43 1,79 2,00 1,88 1,00 - - 1,88

78 127 57 90 21 37 15 39 15 39 68 149,5 37 57,5 7 29 24 63 7 13 2 7 5 6 34 170

35

16

30

0,86

1,88

34

170

26

22

51

-

2,63

60

65

26

22

51

-

2,63

60

65

8 7 1 3 0 3 149 37 57 5 50 22

8 7 1 0 0 0 97 27 38 4 28 19

20 16 4 0 0 0 141 39 61 5 36 49

2,50 2,29 4,00 0,00 0,00 0,00 0,95 1,05 1,07 1,00 0,72 2,23

2,50 2,29 4,00 0,00 0,00 0,00 1,45 1,44 1,61 1,25 1,29 2,58

4 4 - 2 - 2 -

8 8 312

-

312

17

32

5

5

9

1,80

1,80

1

16

17 4 4

14 4 4

40 8 8

2,35 2,00 2,00

2,86 2,00 2,00

16 10 10

16 -

35


Bilan de la surveillance du Faucon pèlerin - 2013 (suite) RÉGIONS

LANGUEDOC-ROUSSILLON Aude Gard et Hérault Lozère LIMOUSIN Corrèze Creuse Haute-Vienne LORRAINE Meurthe-et-Moselle, Meuse, Moselle (plaines lorraines) MIDI-PYRÉNÉES Ariège Aveyron Tarn Tarn-et-Garonne NORD - PAS-de-CALAIS Nord PACA Hautes-Alpes POITOU-CHARENTES Charente Deux-Sèvres Vienne RHÔNE-ALPES Ardèche Isère Haute-Savoie Loire Rhône Savoie Total 2013 Rappel 2012

Couples Couples Jeunes Succès Taille familles Surveil- Journées de nicheurs producteurs à l’envol reproducteur à l'envol lants surveillance

25 4 11 10 54 19 11 24 18

21 3 10 8 44 16 7 21 6

41 3 19 19 91 34 12 45 12

1,64 0,75 1,73 1,90 1,69 1,79 1,09 1,88 0,67

1,95 1,00 1,90 2,38 2,07 2,13 1,71 2,14 2,00

39 14 12 13 74 20 14 40 30

17 17 115 33 27 55 -

18

6

12

0,67

2,00

30

-

64 12 32 14 6 7 7 5 5 11 4 1 6 61 9 ? 37 0 1 14 630 707

45 8 21 10 6 3 3 2 2 10 4 1 5 84 7 28 34 0 1 14 469 512

103 15 46 27 15 8 8 2 2 19 7 2 10 166 15 54 67 0 4 26 941 1 120

1,61 1,25 1,44 1,93 2,50 1,14 1,14 0,40 0,40 1,73 1,75 2,00 1,67 2,72 1,67 - 1,81 - 4,00 1,86 1,49 1,58

0,04 1,88 2,19 2,70 2,50 2,67 2,67 1,00 1,00 1,90 1,75 2,00 2,00 1,98 2,14 1,93 1,97 - 4,00 1,86 2,01 2,19

Des mesures de protection ont été initiées ou poursuivies sur plusieurs sites : accord avec la sécurité civile en Alsace pour ne pas intervenir sur les sites occupés, rencontre avec le peloton de gendarmerie de montagne, travail avec le Parc naturel régional des Ballons des Vosges pour une charte, rencontre avec les fédérations de sports de pleine nature pour la mise en place d'une charte, convention sur des carrières en exploitation, travail en collaboration avec l'ONF pour préserver la quiétude des sites… Remarque : depuis 2011, les bilans de la reproduction du faucon pèlerin dans le massif vosgien et la plaine d’Alsace ont été dissociés. Coordination : Sébastien DIDIER (LPO Alsace)

• Massif vosgien : zoom sur les Vosges (88) A noter que les chiffres cités sont déjà intégrés dans le bilan du massif vosgien. Année noire pour la reproduction du faucon pèlerin vosgien, avec un taux de réussite en baisse de 50 % par rapport aux années précédentes malgré une présence normale des couples sur les sites utilisés. La météo exécrable durant tout le printemps,

36

61 294 15 21 23 180 13 59 10 34 10 10 59 32 59 32 10 11,5 6 9 3 1 1 1,5 148 201 25 59 14 55 72 - 16 16 38 54 726 1 586 734 1 375

est en grande partie responsable de cet échec. En effet, tous les couples installés dans des aires à ciel ouvert, majoritaires dans le département, ont échoué (aires inondées, orages de grêle violents, pluies continues). De nombreuses pontes ont été abandonnées avant éclosion. Les quelques aires abritées ont mieux résisté (4 couples). Le bilan final est de 4 couples producteurs sur 16 couples reproducteurs et 12 jeunes à l'envol (21 jeunes en 2012 et 22 en 2011). Encore un site confronté au dérangement, pourtant inclus dans une ZPS et 1 couple en concurrence avec un couple de Grandduc d'Europe. L'escalade n'a pas posé de problèmes cette année. Les réglementations ont été respectées, sauf sur un site où 2 personnes suspectes ont été priées de s'éloigner sur ordre des agents ONF. Un pan rocheux jusque-là utilisé comme dortoir a vu s'installer un couple nicheur connaissant, malheureusement, l'échec. Au risque de me répéter, je suis obligé de constater que la motivation pour le suivi du faucon pèlerin ne s'est pas améliorée dans le département des Vosges. Coordination : Jean-Marie BALLAND (LPO)

• Plaines d’Alsace : Bas-Rhin (67), HautRhin (68) En 2013, 25 sites favorables ou anciennement occupés par le faucon pèlerin ont été suivis en plaine d'Alsace. Une vingtaine de bénévoles de la LPO Alsace ont confirmé la présence d'oiseaux sur 16 de ces sites. Il s’agit d'une ancienne carrière, de 6 pylônes haute-tension et de 8 bâtiments (église, silo, usine, tour de télécommunication). 4 de ces sites ont été occupés en début de saison par des couples qui ne se sont pas reproduits. Deux nouveaux sites, un pylône haute tension et un château d'eau ont été occupés ce printemps. La réussite de reproduction a été bonne et comparable à celle de 2012, malgré les mauvaises conditions météorologiques durant le printemps : 7 couples ont mené 20 jeunes à l’envol. Les nidifications sur bâtiments se sont bien déroulées, alors que seul un jeune s’est s'envolé d'un pylône haute-tension sur les 6 occupés. A noter que sur la seule agglomération strasbourgeoise, 13 jeunes se sont envolés (4 couples producteurs) ! Des mesures de protection ont été mises en œuvre sur plusieurs sites urbains, grâce à la motivation des bénévoles notamment à Strasbourg. Remarque : depuis 2011, les bilans de la reproduction du pèlerin dans le massif vosgien et la plaine d’Alsace ont été dissociés. Coordination : Sébastien DIDIER (LPO Alsace)

AQUITAINE

• Dordogne (24) 3 nouveaux sites ont été découverts en 2013, ce qui fait au total 45 sites occupés, dont 41 par un couple adulte. Nous constatons que les faucons n'hésitent pas à s'installer sur de très petites falaises ou carrières. 35 couples ont niché avec succès et ont amené 85 jeunes à l'envol, malgré un printemps froid et très pluvieux. 4 couples ont échoué et 2 n'ont pas niché. Pour l'instant, le grand-duc n'a qu'un impact très limité et localisé sur la population de faucon pèlerin. Les carrières occupées, en activité ou non, totalisent 10 sites sur 45. Ce bilan n'est possible que grâce à la motivation des surveillants et à l'échange d'informations avec l'ONCFS, très impliqué dans cette surveillance. Coordination : Daniel RAT (LPO Aquitaine) et Frédéric FERRANDON (ONCFS)

AUVERGNE

• Allier (03) Données non communiquées cette année. • Cantal (15) La population semble être stable depuis quelques années sur le département du Cantal. Nous observons un nombre de couples constants ainsi qu'une certaine fidélité aux sites de reproduction. Petit bémol, nous n'enregistrons toujours qu'un faible taux de réussite de la reproduction. Cette année, seuls 18 couples sur les 30 repérés en début de saison, ont déposé une ponte. Seules 14 pontes ont éclos donnant un minimum de


Les Cahiers de la Surveillance 2013 28 poussins à l'aire. Le nombre de 16 jeunes à l'envol est à relativiser car les derniers passages de contrôle ont fait défaut. Une nouvelle fois, nous sommes amenés à nous interroger sur le faible taux de couples reproducteurs. Certes, l’observation de pontes et de fauconneaux en bas âge nous a certainement échappé. Mais est-ce là l'unique raison de cet important taux d'abstention ? Le printemps pluvieux a lui aussi dû impacter le nombre de poussins comptabilisés. D'autres causes éventuelles sont-elles à rechercher ? Seul un suivi appliqué dans les années à venir devrait permettre de répondre à ces interrogations et d’ouvrir diverses pistes de réflexion. et

Coordination : Cédric DEROBINSON Thierry ROQUES (ONCFS/LPO Auvergne)

• Haute-Loire (43) Cette année, le nombre de couples cantonnés est toujours stable (18) mais les nombreux échecs en fin de couvaison ou à l’éclosion, et donc le faible nombre de jeunes volants (15) sont sans doute imputables au très mauvais temps (fortes pluies et chute de neige tardive) qui a régné durant tout le mois de mai. 2 sites ont bénéficié d’un arrêté municipal interdisant l’escalade, permettant aux 2 couples présents de mener à bien leur nichée. Coordination : Arlette BONNET (LPO Auvergne) et Olivier TESSIER (ONCFS)

• Puy-de-Dôme (63) Dès le mois de février, le suivi des couples de faucons pèlerins a repris dans notre département. Au total, 20 sites ont été contrôlés. Un nouveau site a été découvert cette année. Il n’a été occupé que très brièvement par un couple dont la femelle était immature. La reproduction du faucon pèlerin a, une nouvelle fois, été très mauvaise… Sur les 14 couples qui se sont installés et ont occupé un site, seules 4 pontes ont été vérifiées. Elles ont donné naissance à 7 poussins, dont 3 ont été suivis jusqu’à l’envol. Coordination : Olivier GIMEL (LPO Auvergne) et Lucie MOLINS (ONCFS)

BASSE-NORMANDIE

• Calvados (14) Population à son plus haut niveau. Sur la partie occidentale, 3 couples sur 4 ont donné des jeunes à l'envol. Coordination : Régis PURENNE (GONm)

• Manche (50) Couples présents sur les secteurs habituels. Au moins 2 couples sur 5 ont échoué leur reproduction. Coordination : Régis PURENNE (GONm)

BOURGOGNE

• Côte-d’Or (21), Nièvre (58), Saône-etLoire (71) et Yonne (89) 2013 représente une année inférieure à 2012, en ce qui concerne le nombre de couples présents sur les sites : 35 (contre 41), avec un nombre de jeunes à l’envol moitié moins élevé : 30 (contre 59). Il faut remonter au milieu des années 90 pour retrouver

de tels chiffres, avec cependant beaucoup moins de couples présents sur les sites de reproduction (moins d’une dizaine !). La productivité par couple présent sur les sites (1,16) est considérablement inférieure à 2012 (1,43), 2011 (1,67) et 2010 (1,64) et la productivité par couple ayant entamé une reproduction est également très faible (1,16 contre 1,59 en 2012, 2,39 en 2011, 1,76 en 2010 et 2,2 en 2009). La productivité par couple ayant produit des jeunes à l'envol est, quant à elle, de 1,87. 2 individus surnuméraires et 2 autres présents isolément sur les sites ont été notés. 4 nouveaux sites ont été découverts : 2 en falaise, 1 en carrière et 1 sur un pylône THT. Les oiseaux urbains, à Auxerre (1 femelle adulte) et Dijon (1 couple adulte), ne sont pas restés au printemps. La pression d’observation est redevenue habituelle : 61 sites prospectés, 170 journéeshomme pour 34 surveillants. Faute de suivi systématique, il est difficile d’affirmer à quel rythme se poursuit la progression du Grand-duc d’Europe. Avec des conditions météorologiques plutôt défavorables, 2012 était une année médiocre, 2013 est une année catastrophique en termes de productivité. La principale raison doit en être recherchée dans des conditions météorologiques extrêmement défavorables : pluviométrie exceptionnellement élevée durant tout le printemps et froid persistant. Elles font courir de grands risques de mort par hypothermie aux embryons et diminuent significativement le nombre de captures par les adultes, au moment où les jeunes ont le plus besoin de nourriture. A noter que des dérangements sur des sites de varappe ont été constatés. Coordination : Luc STRENNA (LPO Côte-d’Or)

BRETAGNE

• Côtes-d’Armor (22), Finistère (29), Illeet-Vilaine (35), Loire-Atlantique (44) et Morbihan (56) Avec un effectif de 34 à 37 couples, la très forte croissance des années précédentes se poursuit. En 2013, la progression est surtout spectaculaire en carrière : 8 d'entre elles sont occupées par un couple dont 5 permettent l'envol de jeunes (contre 2 nichées en 2012). L'intérieur de la région commence donc à être colonisé... et ça ne paraît être qu'un début au regard des nombreuses carrières qui s'y trouvent. Par ailleurs, après une saison 2012 assez calamiteuse, l'espèce renoue avec une excellente productivité (2,6 jeunes envolés par couple producteur dont on connaît précisément le résultat). En conclusion, 2013 est un grand millésime plein de promesses... Coordination : Erwan COZIC (Bretagne Vivante, Conservatoire du littoral, CG29, FCBE, GEOCA, GOB, GO35, LPO-Mission rapaces, LPO 7îles, LPO 29, LPO 44, Mairie de Crozon, Syndicat des Caps)

CENTRE

• Indre (36) Un nouveau couple nicheur a été découvert cette année sur une falaise calcaire à l'ouest

du département de l'Indre dans le PNR de la Brenne. Ce site très éloigné de l'aire de répartition habituelle (vallée de la Creuse au sud du département) prouve que le pèlerin est prêt à s’installer si les conditions requises pour la nidification sont remplies : falaise dégagée. A noter que cette falaise est utilisée pour l’escalade mais la découverte du couple ayant été faite juste avant l’envol des jeunes, il n’a pas été possible de connaître le niveau de dérangement : toujours est-il que 2 jeunes ont pris leur envol. L'année 2013 a été particulièrement productive : avec 16 jeunes à l'envol c'est la meilleure de ces 15 dernières années, bien qu'un couple installé n'ait pas réussi sa reproduction. A noter également un nouveau couple, trouvé en 2012 et suivi par l'association Indre Nature juste en limite des départements Haute-Vienne et Indre : l'aire a été repérée cette année avec un jeune à l'envol. Il a été enregistré dans les effectifs du Limousin. Nombre de couples nicheurs certains en 2013 : 7 (2012 : 6, 2011 : 7, 2010 : 5, 2009 : 7, 2008 : 7), nombre de jeunes nés en 2013 : 17 (2012 : 9, 2011 : 15, 2010 : 12, 2009 : 15 , 2008 : 15), nombre de jeunes volants en 2013 : 16 (2012 : 8, 2011 : 13, 2010 : 8, 2009 : 12, 2008 : 13). Coordination : Yves-Michel BUTIN (Indre Nature)

• Loir-et-Cher (41) Nouvelle reproduction du couple installé sur la centrale nucléaire de Saint-Laurent-Nouan avec 4 jeunes à l’envol. Coordination : Alain POLLET (Loir-et-Cher Nature)

CHAMPAGNE-ARDENNE

• Ardennes (08) Pour les Ardennes, c'est relativement simple : aucune reproduction constatée en 2013, conséquence d’une baisse de la prospection et de sites peu à peu désertés. Coordination : Nicolas HARTER (ReNard)

• Aube (10) Echecs ou absence de reproduction pour les 3 couples du département, dont 2 sont sur pylônes THT à l’est de Troyes et 1 est sur la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine. Coordination : Dominique LEREAU et Pascal ALBERT

FRANCHE-COMTé

• Arc jurassien Doubs (25), Jura (39), Haute-Saône (70), Ain (01) 2013 est la plus mauvaise saison d’observation jamais réalisée en 50 ans, pour l’ensemble de la chaîne jurassienne et la Haute-Saône : - moins de couples cantonnés et moins de couples adultes malgré l’excellente reproduction de 2010 et 2011, lesquelles laissaient présager un accroissement du nombre de couples présents ; - une chute drastique du taux de reproduction : nombre de couples ont abandonné la ponte ou la nichée du fait des conditions météorologiques exécrables ; - l’absence apparente d’une population

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d’oiseaux de réserve non appariés, qui normalement comblent les trous causés par la mortalité naturelle, est inquiétante et pose la question des causes de cette mortalité inhabituelle. Le développement d’une épizootie pourrait expliquer cette chute inattendue des effectifs. Si elle perdure, elle pourrait encore accentuer la régression de la population régionale, d’autant que la reproduction de 2012 n’était pas des meilleures et que celle de cette année, la plus mauvaise jamais observée, ne pourra que renforcer le phénomène. Coordination : René-Jean MONNERET & René RUFFINONI (Jura), Jacques MICHEL, Christian BULLE & Georges CONTEJEAN (Doubs), Yvonne et Raymond ENAY & Pascal TISSOT (Ain)

HAUTE-NORMANDIE

• Seine-Maritime (côte d’Albâtre) (76) Aucun suivi n’a été mené cette année sur ce secteur du littoral. Coordination : Guy BUQUET (LPO Haute-Normandie)

• Seine-Maritime (cap d’Antifer) (76) Sur le littoral du pays de Caux, entre le Cap d'Antifer et Veulettes, 12 sites ont été contrôlés. Il y a eu 5 couples producteurs qui ont donné 9 jeunes à l'envol. Coordination : Jacques BOUILLOC (LPO)

• Seine-Maritime/Eure (vallée de Seine) (76, 27) La population de la vallée de la Seine se stabilise depuis 2009. Les oiseaux ne semblent pas avoir souffert des températures froides du printemps car les 17 couples nicheurs ont mené 40 jeunes à l'envol. Coordination : Géraud RANVIER (PNR des boucles de la Seine normande)

ILE-DE-FRANCE

• Paris (75), Yvelines (78), Hauts-de-Seine (92), Val de Marne (94), Val d’Oise (95) Nouvelle progression de l’espèce dans la région avec 2 nouveaux sites occupés par un couple (dont un sur pylône). Au total, les 4 couples nicheurs et producteurs mènent 8 jeunes à l’envol ; 2 couples échouent leur reproduction ou ne se reproduisent pas et un couple est cantonné jusqu’en mai à Paris (13e). Après plus de 150 ans d’absence, le faucon pèlerin niche à Paris (15e) avec succès menant 3 jeunes à l’envol. A Ivry-sur-Seine, sur l’autre site appartenant à la CPCU, 2 jeunes prennent leur envol. Un nouveau couple (site non divulgué) mène 2 jeunes à l’envol. L’unique couple en milieu naturel ne mène qu’un jeune à l’envol. Des individus cantonnés sont observés sur plusieurs sites. Coordination : Fabienne DAVID (LPO Mission Rapaces)

LANGUEDOC-ROUSSILLON

• Gard (30), Hérault (34) Cette année, nous avons reconsidéré, avec le département de la Lozère, 3 couples limitrophes qui désormais feront partie du suivi lozérien. Mais avec 3 nouveaux couples dans l'Hérault et 1 dans le Gard, le nombre de

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sites à suivre dans ce secteur est porté à 36. Les résultats sont comme souvent contrastés entre les 2 départements : une seule nichée réussie avec 2 jeunes dans le Gard pour 7 couples et 9 réussites avec 17 jeunes envolés dans l'Hérault pour 13 couples. La bordure calcaire du sud du Larzac confirme une productivité toujours supérieure à celle des Cévennes schisteuses. La partie ouest de l'Hérault n'est cependant pas suivie avec assez d'assiduité. Coordination : Roland DALLARD (Groupe rapace sud Massif central, LPO Hérault, COGard, CEN-LR, Parc national des Cévennes)

• Lozère (48) Une légère amélioration cette année avec 1,9 juv/couple. Nous avons observé une nichée à quatre jeunes volants, ce qui n'est pas chose courante en Lozère. Le nombre de couples suivis est toujours assez faible, malgré un nombre d'observateurs en hausse pour 2013. 8 couples sur 10 ont été suivis sur la zone calcaire des Causses et seulement deux dans les Cévennes de schiste. Dans cette dernière zone, les sites non occupés sont importants. Une mise au point avec les départements voisins (Gard, Ardèche, Aveyron) a permis un toilettage des couples lozériens (anciens et récents) et porte à 36 le nombre de sites connus. En 2013, le nombre de couples nicheurs potentiels est estimé à 24. Coordination : Jean-Pierre MALAFOSSE (ALEPE, Parc national des Cévennes, GRLR)

• Aude (11) Prospection trop insuffisante, suivi encore plus (espèce "non prioritaire" et surtout manque de temps et de moyens humains). De toute évidence, cependant, une très mauvaise année, comme pour la plupart des autres espèces, en raison de la météo pourrie du printemps. Coordination : Christian RIOLS (LPO Aude)

LIMOUSIN

• Corrèze (19) En 2013, 61 sites rupestres et 1 site urbain ont été inventoriés en Corrèze. Ce dernier était fréquenté uniquement en dehors de la période de reproduction et aucune nidification n’a donc été constatée cette année, mais la présence du couple dans le nichoir depuis trois ans à de nombreuses reprises laisse espérer une future reproduction. Sur les 61 sites rupestres inventoriés, 47 sites ont été contrôlés par une vingtaine de surveillants en 2013. 45 sites étaient occupés dont 7 en carrières (4 en activité). Sur les 43 sites suivis, 15 couples ont réussi leur reproduction. Outre les échecs possibles liés à la présence du grand-duc d’Europe ou du grand corbeau sur certains sites et un échec sur un site privé suite à un dérangement de militaires, les conditions météorologiques fortement défavorables (printemps très pluvieux, notamment au stade des éclosions et des poussins) expliquent la majorité des échecs en 2013. Au total, 34 jeunes se sont envolés en 2013, soit 6 de plus par rapport à 2012 (28 jeunes) :

5 sites à 1 jeune à l’envol, 4 sites avec 2 jeunes et 7 sites avec 3 jeunes à l’envol. 43 journées-hommes (environ 345 heures) ont été consacrées à la surveillance du faucon pèlerin en Corrèze dont 160 heures par l’ONCFS 19. Nous espérons qu’un suivi plus approfondi sera réalisé en 2014. Merci à l'ONCFS 19 et à tous les observateurs du suivi faucon pèlerin. Coordination : Arnaud REYNIER (LPO Corrèze) en lien avec la SEPOL et l’ONCFS

• Creuse (23) La prospection et le suivi sont légèrement supérieurs dans ce département en 2013, notamment avec la mobilisation accrue de l’ONCFS. 14 sites potentiellement favorables (4 rupestres, 9 carrières dont au moins 3 en activité et 1 pont SNCF) ont été prospectés. 13  sites étaient occupés dont 12 ont été suivis. 11 couples ont pondu et 1 a échoué avant la ponte. 7 couples ont produit 12 jeunes à l’envol : 3 sites avec 1 jeune à l’envol, 3 sites avec 2 jeunes et 1 site avec 3 jeunes. Le couple nichant sur le pont SNCF a de nouveau échoué. L'effectif départemental est estimé à 1318 couples. Ce département reste sous-prospecté. La mobilisation des ornithologues locaux et l’augmentation de l’investissement de l’ONCFS devraient améliorer le suivi. Un travail de référence des sites potentiels (données historiques, recensement de sites favorables type carrière) et l’amélioration du réseau restent à finaliser pour 2014-2015. Coordination : Nicolas GENDRE (SEPOL, LPO) en lien avec la SEPOL et l’ONCFS

• Haute-Vienne (87) La coordination départementale a été reconduite pour la quatrième année consécutive dans ce département en 2013. La cathédrale de Limoges a abrité un couple durant ce printemps. Piégé derrière un filet de protection contre les pigeons, le mâle a été récupéré, transporté en centre de soins avant d’être relâché un mois plus tard sur le site, aux côtés de sa femelle. Hormis le site de la cathédrale de Limoges, 38 sites potentiellement favorables (7 sites rupestres, dont 1 accueillant un mur d'escalade en activité, et 31 carrières dont au moins 14 en activité) ont été prospectés. 31 sites occupés ont été contrôlés et 29 suivis. 24 couples ont pondu et 5 ont échoué avant ce stade. 3 couples ont échoué, au-delà de la ponte et 21 ont produit 44 jeunes à l’envol : 6 sites avec 1 jeune à l’envol, 8 sites avec 2 jeunes, 5 sites avec 3 jeunes & 2 sites avec 4 jeunes. Ce résultat est plutôt très satisfaisant, notamment en raison des conditions météorologiques exécrables de ce printemps 2013 (notamment en avril et mai). Ce printemps 2013 a été marqué par une seconde opération de sauvetage. Pris au piège dans un amas de ficelles bleues d’origine agricole, présent dans l’aire au niveau d’une carrière TRMC, un jeune faucon est récupéré mais finalement euthanasié peu après. Concernant le site rupestre abritant le mur d'escalade, la collaboration entre la


Les Cahiers de la Surveillance 2013 SEPOL et le Club alpin français s'est poursuivie, permettant l'envol de 4 jeunes. Des efforts communs de surveillance et d’information ont été menés afin d’éviter tout dérangement et rappeler l’interdiction de grimpe au printemps. L'effectif départemental estimé est revu à la hausse avec 32-42 couples. Un travail de prospection des sites potentiellement favorables et une meilleure assiduité dans le suivi des sites permettraient d’affiner la population départementale et de mieux appréhender le nombre de jeunes à l’envol. L'année 2013 a été marquée par la poursuite de l’investissement important de l'ONCFS 87. Coordination : Nicolas GENDRE (SEPOL, LPO) en lien avec la SEPOL et l’ONCFS

LORRAINE

• Plaines lorraines : Meurthe-et-Moselle (54), Meuse (55) et Moselle (57) Le nombre de sites sur pylônes dépasse le nombre de sites classiques en milieu urbain. Cette année, un effort de prospection a permis de mieux identifier une zone particulièrement dense de 4 couples sur pylônes. Il est important de cerner les raisons réelles d'une faible productivité constatée d'années en années sur ces pylônes. Sans écarter une météo particulièrement mauvaise, des échecs dus à la présence de corneilles noires ont encore été constatés, celles-ci prenant possession des aires où un adulte de faucon pèlerin avait été préalablement observé couvant. Ce scénario confirme des observations déjà relevées en 2012 au moins. Toutes les nidifications sur pylônes se sont produites sur des lignes à très haute tension (THT). Les plaines lorraines et alsaciennes étant à l'heure actuelle densément occupées, le quart nord-est de la France est la zone la plus importante quant à l'occupation de sites de reproduction en sites anthropiques. Elle présente un faciès de colonisation encore peu connu à l'échelle nationale et mériterait une attention plus particulière dans les futurs bilans nationaux. Coordination : Patrick BEHR (LPO, COL)

MIDI-PYRENEES

• Ariège (09) Le bilan de cette deuxième année de suivi exhaustif est en demi-teinte. En 2012, 23 couples et 24 jeunes à l'envol avaient été recensés. Cette année, 20 couples ont été vus en début de saison pour seulement 15 jeunes à l'envol. L'effectif de la population nicheuse est stable mais le nombre de jeunes à l'envol a chuté de plus de 30 % entre 2012 et 2013. Les couples ont probablement rencontré plus de difficultés à se reproduire cette année en raison des conditions météo défavorables lors de l'élevage des jeunes et de la concurrence inter-espèces (grand-duc, grand corbeau, vautour percnoptère) sur les sites de nidification. Une bonne pression d'observation a été assurée par l'ensemble des bénévoles. Qu’ils soient tous remerciés. Coordination : Mathieu FEHLMANN (Nature Midi-Pyrénées)

• Aveyron (12) Stabilité relative de la population. De nombreux couples se déplacent du fait de l'accroissement des populations de grand-duc qui est certainement la cause de la disparition de plusieurs nichées de faucons. Sur au moins 5 couples la prédation du grand-duc a dû prélever 11 jeunes ! Bonne coordination avec Gilles PRIVAT pour les agents de l'ONCFS. Coordination : Jean-Claude ISSALY (LPO Aveyron)

• Lot (46) Le suivi de l’espèce dans le Lot, selon le protocole antérieur, s’est arrêté en 2012 avec le départ en retraite de Jean-Pierre Boudet (ONCFS). • Tarn (81) Grande stabilité dans le Tarn depuis 2008. De fortes disparités existent cependant d'un secteur à l'autre. Quasiment aucun couple n'est bien éloigné d'un secteur habité par le Grand-duc ce qui rend les suivis plus difficiles… Coordination : Jean-Claude ISSALY (LPO Aveyron) et Amaury CALVET (LPO Tarn)

• Tarn-et-Garonne (82) 2013 est une mauvaise année pour la reproduction du faucon pèlerin dans le Tarn-et-Garonne, alors que 2012 était un excellant "cru". La présence du Grandduc a pu perturber 2 sites où seule la femelle adulte a été contactée et un 3e a été déserté… Coordination : Jean-Claude ISSALY CAPEL (LPO Aveyron)

et Jean-Claude

NORD-PAS-DE-CALAIS

• Nord (59) Pour cette première année, il a été parfois un peu difficile de rassembler les données pour le département du Nord. 12 sites ont été contrôlés. 9 couples ont été suivis. 7 couples étaient reproducteurs et 2 non reproducteurs. Il y a eu 3 couples producteurs qui ont donné respectivement 1, 3 et 4 jeunes à l'envol. Les comptages effectués sur 28 communes en ce début d'année 2014 par près de 20 bénévoles de la LPO Nord, ont déjà permis d'affiner la présence de l'espèce en période hivernale dans le Nord : l'espèce n'est pas très rare mais localisée. L'augmentation lente de l'espèce dans le département est très certainement rendue possible grâce à l'arrivée d'oiseaux en provenance du Benelux et peut-être d’Allemagne (?), pays où des nichoirs sont posés. Une précision : il semblerait que depuis plusieurs années, des oiseaux fréquentent à la période de nidification les mêmes pylônes à haute tension mais sans succès de nidification. Nous remercions chaleureusement Pascal DEMARQUE, Alain LEDUC, Julien PIETTE, Jean Charles TOMBAL et Bernard BRIL pour leurs précieuses informations en tant que spécialistes émérites des rapaces et découvreurs de nouvelles espèces pour le Nord. Coordination : Yves BARNABE (LPO Nord)

PACA

• Hautes-Alpes (05) Bilan partiel 2013 : l'année 2013 a été marquée par un faible taux de reproduction qui pourrait être attribué à une météorologie très défavorable en période de nourrissage des jeunes. Ces mauvaises conditions ont certainement également découragé des observateurs car les données reçues sont moins nombreuses que les années précédentes. Néanmoins, la prospection annuelle en février avec la collaboration du Parc national des Ecrins a permis d'avoir, comme les années précédentes, une bonne idée de l'occupation des sites en 2013. A noter deux sites occupés par un adulte seul dans la vallée de l'Ubaye (Alpes-de-HauteProvence). Les organismes ayant participé aux prospections et suivis de reproduction en 2013 sont l’association ARNICA MONTANA, les parcs nationaux des Ecrins et du Mercantour, l’association AQUILA, le centre de soins faune sauvage 04-05, l'association CRAVE et des observateurs individuels. Coordination : Claude REMY (ARNICA MONTANA)

• Var (83) Données non communiquées cette année.

POITOU-CHARENTES

• Charente (16) Sur les 5 sites contrôlés et occupés, 4 couples ont produit 7 jeunes à l’envol et un couple ne s’est pas reproduit. Pour cette 4e année où l’espèce est présente dans le département, le nombre de jeunes volants n’est pas négligeable. De nouveaux sites sont susceptibles d’être colonisés ces prochaines années. Coordination : Danièle RAINAUD (Charente Nature)

• Deux-Sèvres (79) Un couple installé sur un pylône électrique mène 2 jeunes à l’envol. Coordination : Clément BRAUD (GODS)

• Vienne (86) Un sixième site a été découvert cette année avec une reproduction réussie et 2 jeunes à l'envol. Avec 5 couples suivis et 8 jeunes à l'envol, 2013 est avec 2011 la deuxième meilleure année pour la reproduction. (4 jeunes à l'envol en 2012 seulement)! Coordination : Eric JEAMET (LPO Vienne)

RHÔNE-ALPES

• Ardèche (07) L’année 2013 est globalement mauvaise. Malgré le nombre plutôt important de sites occupés par un couple, le nombre de jeunes à l'envol (15) est proche de sa valeur la plus basse depuis 2006 (14). Le succès de reproduction est faible avec une nidification réussie sur seulement 7 sites pour 15 sites occupés par un couple. Comme les 4 années précédentes, les meilleurs résultats proviennent des sites de Basse-Ardèche qui cumulent 10 jeunes à l’envol.

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Les agents du Syndicat mixte de gestion des gorges de l’Ardèche assurent la majeure partie du suivi des sites de la Réserve naturelle nationale des gorges de l’Ardèche.

plusieurs sites. Mais sur les 15 kilomètres du massif qui subit le plus de dérangements, un 8e couple s'est installé, 1 seul échoue et les 7 autres produisent au moins 17 jeunes.

Coordination : Alain LADET

Coordination : Jean-Pierre MATERAC (LPO Haute-Savoie)

• Haute-Savoie (74) La population haut-savoyarde, stable, est estimée entre 87 et 113 couples. Sur les 129 sites connus, 67 sont contrôlés et 64  occupés, dont 49 par un couple adulte et 15 par au moins un individu. 40 couples sont bien suivis : 29 produisent 62 jeunes, 5 couples produisent au moins un jeune, 2 couples et probablement un 3e échouent, et 3 couples ne produisent rien pour des raisons qui nous sont inconnues. La productivité est moyenne avec 1,68 jeune par couple. Le taux d'envol, en éliminant les couples dont le nombre de jeunes n'est pas connu avec précision, est moyen, avec 2,14 jeunes par couple. Les dérangements dus aux parapentes, varappe, via ferrata sont nombreux, et le Grand-duc est un facteur limitant pour

• Isère (38) En 2013, la météo a été particulièrement mauvaise tout au long de la saison de reproduction. Sur 64 sites connus, 17 sont non suivis, 16 sont contrôlés négativement, 3 sites sont avec un individu seul et 28 couples producteurs ont mené 54 jeunes à l'envol ; soit 1,93 jeune à l'envol par couple producteur. 14 personnes ont participé à cette étude. Coordination : Jean-Luc FREMILLON (Groupe Faucon pèlerin Isère)

• Loire (42) Hélas, pas de reproduction cette année dans le département. Coordination : Jean-Pascal FAVERJON (LPO Loire)

• Rhône (69) Echec à Feyzin peut-être dû à un troisième individu adulte. Belle nichée de 4 jeunes sur Vénissieux qui a nécessité de remonter à 6 reprises des jeunes ayant raté leur premier envol. Grosses perturbations sur le site de Vénissieux où des travaux ont eu lieu au sommet de l'immeuble pendant la période de reproduction et ce malgré nos recommandations. Une convention a été rédigée entre le propriétaire de l'immeuble et la LPO Rhône pour éviter que cet incident ne se reproduise. Coordination : Jean-Pascal FAVERJON (LPO)

• Savoie (73) La montée en puissance du site web FauneSavoie a permis une meilleure connaissance de la reproduction. A noter deux individus retrouvés morts, l'un par collision avec un câble, l'autre sur la route (voiture ?). La DDT nous a passé une commande pour 2014 pour identifier les falaises où protéger les faucons pèlerins et aigles royaux contre les équipements d'escalade... Coordination : Yves JORAND (LPO Savoie)

Bilan du suivi 2013 du faucon pèlerin en milieu anthropique En 2013, 29 couples nicheurs (dont 28 suivis) et 9 couples non nicheurs ont été recensés sur des sites anthropiques (hors pylônes THT). C’est plus qu’en 2012 mais sensiblement semblable à 2011. Toutefois, ces données sont à considérer comme des minima puisque toutes les données n’ont vraisemblablement pas été communiquées à la coordination nationale ; certains couples ou sites ne sont par ailleurs plus suivis. Ce bilan n’est donc pas exhaustif mais il confirme néanmoins que le faucon pèlerin continue lentement à coloniser de nouveaux sites anthropiques chaque année. Au total, pour l’année 2013, parmi les 29 couples nicheurs, 21 étaient des couples producteurs. Ils ont mené 56 jeunes à l’envol (soit 7 jeunes de plus qu’en 2012 !). Le succès reproducteur s’élève à 1,93, le taux d’envol à 2,67 alors que les taux d’échec et de reproduction atteignent respectivement 25 % et 75 %. L’année 2013 est meilleure que 2012. Dans le détail, le bilan 2013 se décompose comme suit : - 6 nichées à 4 jeunes à l’envol. Il s’agit des sites de Vénissieux (tour HBZ), Strasbourg (tour de chimie), Schiltigheim (cheminée de brasserie), Saint-Nicolas de Port (basilique), Saint-Laurent-Nouan (centrale nucléaire) et de Lille (église Sacré-Cœur) ; - 6 nichées à 3 jeunes à l’envol. Il s’agit des sites de Saint-Avold (site non divulgué), Villefranche-de-Rouergue (collégiale),

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Strasbourg (silo du port de Rhin), Paris (centrale thermique), Morlaix (château) et de Loon-Plage (site industriel) ; - 5 nichées à 2 jeunes à l’envol. Il s’agit des sites d’Albi (verrerie), Altkirch (cimenterie), Strasbourg (silo du port du Rhin, 2e site), Vitry-sur-Seine (centrale thermique) et d’un site dans les Deux-Sèvres ; - 4 nichées à 1 jeune à l’envol. Il s’agit des sites d’Albi (cathédrale), Dunkerque (site industriel), Nancy (cathédrale) et d’Oricourt (château) ; - 7 échecs. Il s’agit des sites de Thionville (cimenterie), Feyzin (raffinerie), Grand Synthe (site industriel), La Maxe (centrale électrique), Marckolscheim (tour de télécommunication), Nogent-sur-Seine (centrale nucléaire) et Pont-à-Mousson (abbaye). - 1 couple nicheur dont le manque de suivi n’a pas permis d’identifier une réussite ou un échec. Il s’agit de l’église Saint-Jacques de Lunéville. A cela, s’ajoutent les couples non reproducteurs installés sur les sites de Boussois (site industriel), Brive-la-Gaillarde (église), Hornaing (centrale électrique), Limoges (cathédrale), Lyon (tour Part-Dieu et tour métallique de Fourvière), Reichstett (raffinerie), Saint-Juéry (usine) et Ungersheim (château d’eau). Parmi les faits marquants de l’année 2013, nous retiendrons : - la nidification insolite du pèlerin sur le

château du Taureau en baie de Morlaix ; - la première nidification réussi du pèlerin à Paris après plus d’un siècle d’absence ; - la nidification de 3 couples dans la zone industrielle de Dunkerque sur des sites distants de quelques kilomètres ; - la première reproduction dans le nichoir installé en décembre 2012 sur la cimenterie de Thionville ; - la première tentative de reproduction sur l’abbaye des Prémontrés à Pont-à-Mousson après 12 ans de présence hivernale et le double échec (2 pontes déposées) ; - la nidification réussie du couple de la basilique de Nancy après une première ponte abandonnée suite à des travaux sur les Grands Moulins Vilgrains ; - l’envol de jeunes (4) pour la première fois depuis 2010, grâce à une plateforme installée durant l’hiver précédent sur la basilique Saint-Nicolas-de-Port ; - l’envol de 2 jeunes nés dans une bouche d’aération d’un silo à grains à Strasbourg ; - l’envol de 4 jeunes issus d’une vraisemblable ponte de remplacement déposée par le couple dans le nichoir de la tour de chimie après avoir tenté de nicher dans un nid de corneilles sur l’antenne de France 3 à Strasbourg ; - l’abandon de plusieurs sites dont ceux notamment de Belleville-sur-Loire (centrale nucléaire), d’Autretot (château d’eau), etc. ; - l’abandon des sites du Bugey (centrale nucléaire) et Rochefort-sur-Nenon (cimen-


Les Cahiers de la Surveillance 2013

Faucon pélerin © Patrick Harlé

terie), les couples étant retournés sur des sites naturels proches ; - l’absence encore de nidification à Bordeaux et Toulouse malgré la présence d’oiseaux… ; - etc. A noter également qu’au moins 17 nichoirs ont été occupés par des couples nicheurs. 36 jeunes ont pris leur envol d’un nichoir, soit un succès de reproduction de 2,12 et un taux d’envol de 2,77. Le pèlerin confirme aussi son intérêt pour les pylônes THT. Ainsi, pour l’année 2013, 14 couples nicheurs et 1 couple non nicheur ont été recensés, auxquels s’ajoutent 3 couples qui n’ont pas niché ou ont échoué leur reproduction. Installés dans des nids de corvidés, les pèlerins sont fortement soumis aux aléas climatiques. Ils sont aussi chahutés par les corneilles. Au final, le bilan est très

mauvais : seuls 4 couples ont produit un total de cinq jeunes à l’envol. Ces derniers ont niché sur des pylônes situés dans les départements de la Meuse, de la Moselle, de la Meurthe-et-Moselle et du Bas-Rhin. Les autres couples étaient situés dans les départements de Meurthe-et-Moselle, Moselle, Meuse, Nord, Aube, Bas-Rhin et Yvelines. Pour palier ces échecs quasi-systématiques, certaines structures installent des nichoirs sur des pylônes. Au moins un cas en Lorraine a donné des résultats concluants en 2014 avec 3 jeunes à l’envol. En hivernage, le faucon pèlerin fréquente aussi bon nombre de sites anthropiques. Au moins 48 individus cantonnés ont été repérés sur des sites anthropiques durant l’hiver 2012-2013 (hors pylônes THT), à Dijon, Auxerre, Grenoble, Belfort, Erstein, Kehl, Benfeld, La Défense, Paris, Toulouse,

Saint-Aman… Sur pylônes, au moins huit individus cantonnés ont été repérés principalement dans le Bas-Rhin mais aussi dans le Rhône. Le nombre croissant et la diversité des sites fréquentés par le faucon pèlerin tant en hivernage qu’en période de reproduction rendent les prospections et le suivi de plus en plus complexes. Nous tenons donc à remercier grandement les nombreux, fidèles ou nouveaux observateurs impliqués dans le suivi de l’espèce en milieu anthropique pour le travail remarquable réalisé chaque année. Nous remercions l’ensemble des coordinateurs et observateurs (que nous ne pouvons, hélas, pas citer individuellement) sans qui ce bilan ne pourrait exister. Coordination : Fabienne DAVID (LPO Mission Rapaces)

41


Autour des palombes Accipiter gentilis L’autour des palombes est un des rapaces, voire le rapace, le plus discret qui soit. Observer cet oiseau hors de son aire de nidification est une véritable gageure. Il est pourtant présent sur l’ensemble du territoire et n’est pas une espèce rare. Ses effectifs sont 10 fois plus importants que ceux de l’aigle royal. Et si le grand public connait parfaitement l’existence de l’aigle royal, elle ne sait pas que l’autour des palombes est un rapace. De plus ce rapace forestier dépend plus que tout autre de la gestion sylvicole. La connaissance des sites est donc prioritaire pour assurer la sauvegarde des nids tout comme les partenariats mis en place avec l’ONF pour leur prise en compte. Et cela à l’heure où beaucoup d’interrogations subsistent sur l’évolution de ses effectifs qui semblent en recul et très loin des potentialités d’accueil du milieu. Un grand merci à tous ceux qui se mobilisent en faveur de l’autour des palombes. Yvan Tariel

AQUITAINE

• Dordogne (24) 2013 est une année aux résultats mitigés. Un site a été abandonné, probablement dû au déplacement du couple. Un autre couple a été redécouvert un an après sa disparition à environ un km de son ancien site, délaissé au printemps 2012. Ce couple a donné 2 jeunes à l'envol. Sur les 4 couples suivis, 2 ont donné un total de 3 jeunes à l'envol. Le dernier couple suivi, construit ou recharge chaque année un nid qu'il finit systématiquement par abandonner fin avril ou début mai, et cela sans pouvoir repérer une raison précise. Coordination : Eric DEGALS

AUVERGNE

• Allier (03) Cette année 2013, malgré un groupe d'observateurs qui s'étoffe, nous n'avons découvert que 12 couples d'autours sur les 26 sites connus. Aucune explication n'est proposée, si ce n'est que la population diminue de façon dramatique ! Les sites en forêt domaniales sont en principe protégés. L'équipe de recherche s'étoffe encore un peu. Rien ne serait fait sans: E.Dupont, A.Faurie, A. et P.Godé, A.Labrousse, S.Blin, A.Rocher, J-J. Limoges, E.Bec, S.Lovaty, T.Reïjs, H.Samain, M.Rigoulet, P.Giosa, D.Auclair, A.Trompat, A.Blaise, S.Gaumet, D.Vivat, J. et J.Fombonnat.

Bilan de la surveillance de l'Autour des palombes - 2013 RÉGIONS

Sites occupés

AQUITAINE Dordogne 3 BASSE-NORMANDIE Orne 7 BOURGOGNE Nièvre 1 BRETAGNE Ille-et-Vilaine 10 Morbihan 4 Côtes-d’Armor 6 Finistère 5 AUVERGNE Allier (Allier nord) 12 Allier/Puy de Dôme 4 (Allier sud) CENTRE Indre-et-Loire 4 Loiret 20 Champagne-Ardenne Haute-Marne 6 Ile-de-France Seine-et-Marne 2 Pays-de-Loire Sarthe 6 Loire-Atlantique 12 POITOU-CHARENTES Charente-Maritime 4 Haute-Normandie Seine-Maritime et Eure 6 Total 2013 114 Rappel 2012 125

Couples suivis

Couples Couples Jeunes Journées Surveillants nicheurs producteurs à l’envol de surveillance

3

3

2

3

1

13

7

4

1

2

1

10

1

1

1

3

1

4

- - - -

8 2 4 4

- - - -

- - - -

- - - -

- -

12

12

10

20

21

-

4

4

1

-

1

-

4 20

4 19

3 14

7 23

3 3

4 22

6

3

1

1

4

4

1

1

1

2

2

-

6 -

4 9

3 -

5 -

1 -

12 -

4

4

3

3

1

4

4 72 95

4 90 86

4 44 73

9 78 131

7 46 40

15 88 123

Coordination : Jean FOMBONNAT (LPO Auvergne)

• Allier (03) / Puy de Dôme (63) Sur nos 4 sites habituellement suivis, 3 couples ont échoués, probablement pour des causes similaires à celles de l’année 2012. Ainsi, dans la vallée du Gouénant (Allier sud) et la vallée Sioule centre (Puy-de-Dôme), les abandons pourraient être dus aux pluies froides du printemps. Dans la vallée Sioule (Allier sud), la présence de motos ou de quads pourrait être la cause de l’échec du couple. Dans la vallée Morge, après avoir constaté un abandon de nid par un couple en Avril, nous

42

avons finalement découvert la présence de deux juvéniles criants en juillet, 300 mètres en aval. Coordination : Pierre MAURIT (LPO Auvergne)

BASSE-NORMANDIE

• Orne (61) Le printemps 2013, particulièrement froid et pluvieux, a sans doute été la cause de nombreux échecs. Pour les 3 couples habituellement suivis en forêt d'Andaine, un seul a produit 2 jeunes à l'envol. Un autre a échoué

au stade de l'incubation tandis que le troisième n'a vraisemblablement pas pondu. Scénario plus catastrophique encore en forêt d'Ecouves où aucun des 4 couples suivis n'a produit de jeune. Deux pourtant ont pondu de façon certaine mais ont échoué probablement lors de la période d'incubation. Pour les deux autres, les nids sont restés vides sans indices d'occupation autre qu'une recharge en matériaux pour l'un d'eux. Une mauvaise année donc pour la reproduction de ce rapace forestier en Basse Normandie. Terminons tout de même par une


Les Cahiers de la Surveillance 2013 bonne nouvelle puisque dans le petit massif forestier Bourse, un couple suivi par un agent de l'ONF a donné 2 jeunes à l'envol. Merci aux agents de l'ONF qui contribuent localement à la sauvegarde de cet oiseau par des actions parfois peu visibles sur le terrain ou en dehors mais oh combien importantes pour garantir la quiétude des sites. Coordination : Stéphane LECOCQ (Groupe Ornithologique Normand)

BOURGOGNE

• Nièvre (58) Un seul couple est trouvé avec 3 jeunes à l'envol. Un autre couple avec cris en début de saison n’a pas été retrouvé sans doute en raison d’un changement d'aire, à trouver cette année… Coordination : Daniel DUPUY (ONF)

BRETAGNE et PAYS DE LA LOIRE

• Ille-et-Villaine (35), Morbihan (56), Côtes-d’Armor (22), Finistère (29) et Loire-Atlantique (44) Département 22 Nidif. poss. 1 Nidif. prob. 1 Nidif. cert. 4 Total 6

29 35 44 56 Total

1 0 4

1 1 8

0 3 9

2 0 2

5 5 27

5 10 12 4

37

Le bilan de l’année 2013 est remarquable pour la Bretagne historique, l’espèce repoussant encore sa limite de répartition vers le Nord-Ouest, le Finistère et les Côtes-d’Armor, atteignant un nouveau record avec respectivement 5 et 6 sites fournissant des indices de reproduction. Le fait le plus frappant est la découverte de 3 sites avec envol dans les massifs du Centre Finistère pour lesquels aucune reproduction n’avait jamais été rapportée malgré des recherches dans les années 1970 à 1990. Si le bilan global est légèrement en retrait par rapport à l’année précédente (37 localités au lieu de 38), la baisse de l’effort de prospection en Ille-et-Vilaine et dans le Morbihan en est partiellement responsable. Il semble que le décalage du calendrier de reproduction, particulièrement net en Loire-Atlantique, que l’on peut mettre en relation avec le printemps pluvieux, ait pu influer négativement sur la détectabilité de certains couples en juin. La production mesurée en termes de jeunes volants ou quasi-volants pour les 22 couples ayant mené leurs jeunes à l’envol est de 42 individus (1.91 par couple). La production est inconnue pour 3 autres couples ayant réussi et 2 ayant échoué au stade de la couvaison. La majorité des couples se reproduit sur des résineux (principalement des pins dans l’Est, des Douglas et Sitkas dans l’Ouest) mais deux sites font exception avec l’utilisation d’un chêne en Loire-Atlantique et d’un hêtre en forêt de Lorge (22), première mention régionale sur cette essence. Remerciements : E.Barbou, Y.Bas, A.Bellier, X.Brosse, D.Carcreff, E.Chabot, J-F.Charpentier, J-L.Chateigner, E.Cozic, Y.Février, O.Fontaine, J.Fournier, M.Galludec, R.Gamand, M. et S.Gauthier, A.Gentric, L.Gaudet, F.Hémery, C.Houalet, P.Lagadec, Y.Le Corre, C.Le Guen,

D.Le Mao, G.Loaec, J.Maoût, J-P.Mérot, S.Moreau, S.Nédellec, O.Noël, M.Plestan, F.Pustoch, R.Quilleré, W.Raitière, A.Stoquert, H.Touzé. Coordination : Jacques MAOÛT

consolidé mais il est permis d'espérer que les jeunes arrivants à l'ONF dans ce département forestier cherchent et trouvent un certain plaisir à surveiller les grands arbres porteurs d'aires. Remerciements : J.Valentin. Coordination : Jean-Luc BOURRIOUX (ONF)

CENTRE

• Loiret (45) Suite à des prospections 2012 encourageantes, 2013 s'avère décevant. 11 aires occupées sont localisées en forêt domaniale d'Orléans et 7 dans les forêts privées périphériques. Cette année la productivité est de nouveau très basse avec seulement 1.25 juvéniles à l'envol par couple reproducteur. Un tiers des couples a échoué sa reproduction et seulement 2 couples ont pu mener 3 juvéniles à l'envol. Tout comme l'an passé, le sexe ratio des juvéniles est équilibré avec 47% de femelles. En revanche, les envols ont été beaucoup plus étalés puisque le premier juvénile a pris son envol le 18 juin contre le 14 juillet pour le dernier (entre le 16 juin et le 3 juillet pour l'année 2012). Outre la forêt d'Orléans, 1 aire a été suivie en Sologne du Loiret donnant 2 jeunes à l'envol. Remerciements : P.Doré, C.Maurer (Maison de la Loire) Coordination : Julien THUREL (ONF)

HAUTE-NORMANDIE

• Seine-Maritime (76) et Eure (27) L'année 2013 est une mauvaise année pour la nidification de l'autour des palombes en Haute-Normandie. Plusieurs sites suivis habituellement se sont révélés non occupés et semblent même désertés. Les mauvaises conditions climatiques printanières conjuguées à des dérangements divers (loisirs, exploitation forestière) peuvent probablement expliquer ces constats. Le point positif concerne les ornithologues locaux dont les connaissances ainsi que la motivation progresse ! A noter enfin quelques découvertes récentes en massifs privés ainsi qu'un réseau ONF - LPO qui se structure autour d'acteurs motivés. Remerciements : B.Vautrain, E. Martin, E. Delarue, A. Hurel, J. Vigier, R. Bobenriether Coordination : Lionel TRIBOULIN (LPO Haute-Normandie)

ILE DE FRANCE

• Indre-et-Loire (37) Dans le canton d'Azay le Rideau, un site occupé depuis près de quinze ans, donne naissance à deux jeunes dans une vieille aire délaissée deux années pour une, bien plus spacieuse, située à 300 m qui n'aura pas servie cette année. Dans le canton de Chinon, un couple donne naissance à trois jeunes mâles, dont un sera désairé pour la pratique de la chasse au vol avec autorisation administrative. Enfin, dans le canton de l'Ile Bouchard, un couple localisé avec précision depuis maintenant quatre ans donne deux jeunes à l'envol. Un autre couple découvert cette année est localisé avec précision mais dont l'aire, qui était occupée début avril, ne verra s'envoler aucun jeune. Une dizaine d'autres couples sur la vingtaine de sites connus et recensés en Touraine sera suivi avec trop d'imprécision pour en tirer des statistiques fiables. Des aires connues de longues dates ne seront pas occupées cette année sans savoir vraiment si le couple est encore présent sur le secteur. Les vérifications faites fin mai, alors que les arbres sont couverts de leur feuillage, ne permettent pas de trouver les aires de remplacement, probablement occupées à proximité ou à l'autre bout de la forêt. Ainsi, le suivi de l'autour des palombes reste un suivi très chronophage, même lorsque l'on a de l'expérience et de la méthode. Remerciements : B.Papillon, C.Bourre.

• Seine-et-Marne (77) Quatre sites connus : 2 sur le massif de Fontainebleau au sens large, et 2 en Bassée (vallée de la Seine) en tenant compte de celui suivi par l'Association de Gestion de la R NN de la Bassée. Parmi ces aires connues, 2 seulement sont occupées en 2013 et aucune nouvelle aire n’est découverte par rapport aux années précédentes. En forêt domaniale de Fontainebleau, le couple suivi depuis 2005 a mené cette année 2 jeunes à l’envol (4 en 2012). Dans un petit (1km²) bois privé de la Bassée, le succès d’un couple n’est pas connu, malgré les nombreux restes ramassés au pied de l'aire. Remerciements : F. Branger (AGRENABA), et D. Beauthéac pour l'identification des restes.

Coordination : Guillaume FAVIER

• Sarthe (72) Cette année 2013 aura été marqué par la découverte de 2 nouveaux sites de reproduction en forêt domaniale mais avec un taux de jeunes à l'envol très faible. Sur les 6 couples suivis, 2 ont visiblement abandonné le nid en cours de saison, un troisième a été prédaté avec des restes d'œufs trouvés au pied de l'aire, deux couples ont produit 1 jeune chacun et enfin un nid observé par le réseau de l'ONCFS contenait 3 jeunes.

Champagne-Ardenne

• Haute-Marne (52) Une année particulièrement médiocre. Les 9 aires connues semblaient non occupées et les rares aires rechargées étaient en échec, à l’exception d’une aire qui voit le développement d’un poussin, bien que l'envol de ce dernier ne soit pas certain. La météo semble tout de même la principale cause de ces échecs. Le réseau des observateurs n'est pas vraiment

Coordination : Louis ALBESA (ANVL)

POITOU-CHARENTES

• Charente-Maritime (17) Les 4 sites connus de la Forêt de la Coubre sont occupés en 2013. La réussite de la reproduction apparaît satisfaisante avec 9 jeunes à l'envol pour 3 couples ayant réussi. Le quatrième couple situé au sud du massif connaît son deuxième échec consécutif. Coordination : Michel CAUPENNE (LPO CharenteMaritime)

PAYS-de-la-Loire

Coordination : Frédéric VAIDIE

43


Pygargue à queue blanche Haliaeetus albicilla

LORRAINE

• Moselle (57) Le couple de pygargues à queue blanche peu visible d'août à décembre mais toujours présent, c'est plus manifesté dès le mois de janvier avec des parades nuptiales en février, des cris omniprésents sur la zone de nidification. Apport de matériaux sur l'aire en mars, première observation des jeunes en juin, puis deux jeunes à l'envol en juillet. Coordination : Michel HIRTZ, Conseil Général de la Moselle.

44

Bilan de la surveillance du Pygargue à queue blanche - 2013 RÉGIONS

Sites Estimation Couples Couples Jeunes contrôlés nombre Surveillants nicheurs producteurs à l’envol occupés de couples

LORRAINE Moselle (57) 1 1 1 1 2

Journées de surveillance

D. MEYER

suivi de

D. LORENTZ

janvier à

M. HIRTZ

juin 2013

J. FRANCOIS


Les Cahiers de la Surveillance 2013

Les nocturnes

Chevêche d'Athéna © Emile Barbelette

45


Effraie des clochers Tyto alba

Espèce en déclin Les efforts de conservation et de protection sur l’effraie des clochers continuent de se poursuivre pendant cette année 2013. Malheureusement après le succès de l’année 2012, qui était très motivant et couronnait ainsi l’investissement fourni par les bénévoles, et le réseau, la sentence de 2013 tombe comme un couperet. 2013 est une catastrophe pour la plupart des rapaces, et pour toute la faune de manière générale, mais encore plus pour notre dame blanche. Les populations de rongeurs se sont effondrées dans l’hiver et les quelques survivants furent noyés par le printemps pluvieux. La reproduction des prédateurs reflète cette dégringolade et l’effraie ne déroge pas à la règle avec une reproduction proche de zéro. La population d’effraie cette année n’aura pas connu de renouvellement et aura même été gravement affaiblie. Il faut espérer que celle-ci saura rebondir en 2014 avec de la nourriture en abondance. Ainsi nous devons tous redoubler d’efforts et persévérer pour que ce magnifique rapace nocturne se maintienne dans nos départements et nos régions !!! Laurent LAVAREC

ALSACE

• Bas-Rhin (67) Seulement 73 sites ont été contrôlés cette année. La reproduction est à considérer comme catastrophique car seules 11 nichées ont été observées. La faible reproduction est très probablement due aux très mauvaises conditions météorologiques que nous avons connues durant le printemps, avec du froid tardif et beaucoup de précipitations. Sur les 44 œufs connus seuls 38 ont éclos et il n'y aura eu que 36 jeunes à l'envol. En revanche, 2 couples se sont reproduits tardivement par rapport à la période habituelle, les conditions météo s'étant alors améliorées. Sur les 73 sites, 27 sont fréquentés par l'effraie. Par contre il est noté 8 occupations par des faucons crécerelles, 7 par des pigeons et 1 par des chauves-souris. La fréquentation totale des sites est donc de 59% (43 sur 73 contrôlés). Sur l'un des sites, une effraie avait pondu 2 œufs avant d'être remplacée par un couple de crécerelles qui a produit 6 jeunes. Il est à noter la faible taille des nichées ainsi que la seconde nichée très tardive de Neewiller-près-Lauterbourg, parmi les 36 jeunes produits seuls 32 se sont envolés. Espérons qu'en 2014 les conditions météorologiques soient plus favorables et que l'espèce connaisse un retour à la normale ... Coordination : Paul KOENIG (LPO Alsace)

• Haut-Rhin (68) La faible reproduction est très probablement due aux très mauvaises conditions météorologiques que nous avons connues

46

Bilan de la surveillance de l'Effraie des clochers - 2013 Sites Couples Couples Sites Jeunes Journées Surveillants contrôlés contrôlés occupés nicheurs producteurs à l’envol de surveillance

RÉGIONS

ALSACE

Bas-Rhin (67) 73 27 9 9 32 Haut-Rhin (68) 135 - 9 9 16 AUVERGNE Allier (03) - Cantal (15) Haute-Loire (43) 12 5 5 5 20 Puy-de-Dôme (63) BOURGOGNE Côte d'Or (21) 340 53 12 4 13 CENTRE Eure-et-Loir (28) 11 0 0 0 0 CHAMPAGNE-ARDENNE Aube (10) - Hte-Marne (52) 91 15 5 5 18 Marne (51)

- 38

18

12

24

10

-

1

-

8

10

1

-

12

-

28

13

33 143 142 186 174

36 100 350 270 328

HAUTE-NORMANDIE

Eure (27)

15

0

0

0

0

ILE-DE-FRANCE

Yvelines (78)

130

9

9

9

-

PAYS-DE-LA-LOIRE

Sarthe (72)

30

6

2

1

4

RHONE-ALPES

Isère (38) Total 2013 Rappel 2012 Rappel 2011 Rappel 2010

35 872 940 435 432

8 123 - - -

durant le printemps (froid et pluie très tardivement). En plus, 2013 a connu un effondrement des rongeurs. Coordination : Mado WEISSGERBER (LPO Alsace)

AUVERGNE

• Allier (03), Cantal (15), Haute-Loire (43) et Puy-de-Dôme (63) Encore très peu de retours cette année, seulement 12 réponses pour 13 sites suivis et 4 d'entre eux ont assisté à une reproduction : deux nichées de 4, une de 3 et une de 5. Quand même une bonne nouvelle puisque le groupe de Riom (63) continue son action entamée l'an dernier. Après

3 54 - 331 398

3 45 659 349 319

16 119 2 662 1 383 1 623

la première phase de contact avec les communes du secteur et les recherches sur bâtiments communaux et églises, vient la pose de nichoirs (clocher, château, presbytère). Merci à eux pour leur action et bonne continuation pour la suite. Cette initiative devrait se poursuivre sur quelques communes voisines. En espérant que cela donne envie à d'autre groupes de la région d'en faire autant. Coordination : Christophe EYMARD (LPO Auvergne)

BOURGOGNE

• Côte-d’Or (21) Comparable à 1973 qui faisait référence en terme de médiocrité, 2013 est une


Les Cahiers de la Surveillance 2013

Effraie des clochers © Grégory Smellinckx

catastrophe pour l’effraie des clochers. Les populations de rongeurs se sont effondrées dans l’hiver et les quelques survivants furent noyés par le printemps pluvieux. La reproduction des prédateurs reflète cette dégringolade et l’effraie ne déroge pas à la règle avec une reproduction proche de zéro. C'est le grand écart entre 2012 et 2013 où d'une année sur l'autre on passe de 1200 poussins à l'envol à seulement 13 : Vertigineux ! Coordination : Julien et Philibert SOUFFLOT (La Choue)

CENTRE

• Eure-et-Loir (28) Dans le nord de l’Eure-et-Loir, 11 nichoirs ont été posés sur 10 sites. Aucune reproduction n’a été constatée dans aucun nichoir, ni aucune ponte, du jamais vu ! Seulement un nichoir a été occupé par des pigeons. Pour l’anecdote, la cane colvert qui venait se reproduire depuis 3 ans dans un nichoir à effraie des clochers n’est pas revenu cette année. Coordination : Jean-Claude BERTRAND

CHAMPAGNE-ARDENNE

Aube (10), Marne (51) et Haute-Marne (52) C'est la plus mauvaise année depuis le début du suivi en 2004. Après le meilleur taux d'occupation et le maximum de pontes enregistré en 2012, l'écart entre les deux années nous ramène à la moyenne établit jusqu'avant 2012. Espérons que l'absence de renouvellement sera rapidement comblée dans les années avenir. Coordination : Julien et Philibert SOUFFLOT (LPO Champagne-Ardenne)

HAUTE NORMANDIE

• Eure (27) Dans le Sud du département de l’Eure, 15 nichoirs ont été disposés sur 15 sites différents. 5 nichoirs ont été occupés sans aucune reproduction d’effraie des clochers ! Pour l’anecdote, 2 nichoirs ont été occupé par les pigeons, 2 également par des choucas des tours, un par une chevêche d’Athéna, et un autre par des abeilles. Coordination : Jean-Claude BERTRAND

ILE-DE-FRANCE

• Yvelines (78) L'année 2013 peut être considérée comme catastrophique dans les Yvelines (arrièrepays mantois-houdanais), avec seulement 8 couples nicheurs, comparés aux 50 couples reproducteurs dans nos nichoirs en 2012. De même, une seule deuxième ponte a été constatée, alors que l'année précédente ce sont 85% des couples qui en avaient produit une. La grosse majorité des couples habituellement reproducteurs ont donc carrément "sauté une année" et les femelles n'ont pas été en capacité de pondre. Nous attribuons cet état de chose à la pénurie de rongeurs et plus particulièrement aux résultats des pluies continues durant l'automne 2012 et l'hiver qui a suivi, au cours duquel les campagnols ont été noyés dans leurs galeries. Coordination : Dominique ROBERT (ATENA 78)

Pays de Loire

• Sarthe (72) 30 nichoirs ont fait l’objet d’un suivi portant sur la reproduction des effraies des

Clochers en Sarthe en 2013. Cette année, les résultats sont en très net recul par rapport à l’année précédente. 6 jeunes seulement ont été observés dans 2 nichoirs uniquement. Dans un premier nichoir, les deux jeunes y ont été retrouvés morts. Par contre, dans le second nichoir, les 4 jeunes se sont envolés. Des résultats comparables ont été observés sur d’autres rapaces. La disponibilité restreinte en nourriture pourrait expliquer ce phénomène. En 2013, 3 nouveaux nichoirs ont été installés dans le département. Coordination : Julien MOQUET (LPO Sarthe)

RHONE-ALPES

• Isère (38) 35 nichoirs sont en services en 2013 pour le département de l’Isère. 30 ont été contrôlés et 2 nichoirs ont vu une reproduction avec un total de 3 pontes. La date de ponte est estimée à fin avril / début mai comme en 2012. Il est probable que le couple d'un nichoir est entamé une reproduction beaucoup plus tôt, estimée à début mars mais qu'elle n'est pas aboutie. Un seul site "naturel" suivi a eu une reproduction, mais la taille de la nichée n'est pas connue avec précision. 5 nichoirs ont été utilisés par l'effraie, soit une nette hausse comparée à 2012. Le taux de reproduction est de 0,88 (plus important qu'en 2012). La moyenne des jeunes par nichée est de 4,67 (la plus importante depuis 2011). Les nichoirs sont d’avantages utilisés que les années précédentes et il faut espérer que la tendance continue dans cette voie. Coordination : Franck BOISSIEUX (LPO Isère)

47


Grand-Duc d’Europe Bubo bubo

Espèce rare Cette saison 2013 montre, malgré une surveillance quasi stable par rapport à l’année passée, une chute importante du nombre de jeunes à l’envol pour un nombre un peu supérieur de sites occupés en hiver. Ceci peut probablement s’expliquer par le facteur météorologique. Le printemps a été partout très pluvieux et donc peu favorable à la ponte et à l’élevage des jeunes. La météo jouant aussi défavorablement sur les populations d'espècesproies, la faible disponibilité en nourriture a aussi pu jouer un rôle. Par ailleurs, il devient difficile de motiver les bénévoles pour la surveillance des sites au printemps (beaucoup d’autres suivis se font à cette période), la recherche des aires et le suivi des jeunes. Ces deux éléments expliquent certainement en grande partie ces médiocres résultats. A noter localement des augmentations mais surtout des baisses de population qui demandent à être surveillées les années à venir. Thomas BUZZI, Patrick BALLUET

ALSACE, FRANCHE-COMTé et LORRAINE

• Massif Vosgien (54, 57, 67, 68, 88 et 90) La prospection dans le massif vosgien durant la saison de reproduction 2013 s'est à nouveau accentuée grâce à une collaboration avec les 2 parcs naturels régionaux et l'implication de nombreux naturalistes locaux et groupes de la LPO. L’espèce a connu en 2013 une très mauvaise année de reproduction : 6 territoires en moins recensés par rapport à 2012 sur le massif vosgien ; 4 couples seuls ont réussi leur reproduction (19 en 2012) et 7 jeunes à l'envol sont recensés (36 en 2012). La productivité est de 1,8 juv/couple producteur. 6 échecs ont été relevés, vraisemblablement dus aux facteurs climatiques particulièrement difficiles : période de froid en mars, mois de mai froid et pluvieux, orages. A noter que sur la même commune 3 grandsducs ont été trouvés morts en 2013 dont 2 électrocutés. Des démarches sont en cours auprès d'EDF pour neutraliser les pylônes meurtriers. Plusieurs mesures de protection ont été mises en place et se poursuivent : certains sites en carrière bénéficient d'une convention de gestion, et la collaboration avec la sécurité civile en Alsace a permis l'arrêt des exercices sur les sites occupés. Des discussions avec les associations d'escalade sont aussi en cours. Remerciements aux coordinateurs : J.Guhring pour les Vosges haut-rhinoises avec le PNR des Ballons des Vosges, J-M.Balland pour le département des Vosges, F.Rey-Demaneuf pour le Territoire de Belfort et la HauteSaône, D.Dujardin pour les Vosges moyennes bas-rhinoises, A.Lutz pour les Vosges du Nord et D.Hackel pour le département de la Moselle. Et à tous les observateurs.

48

• Plaine d’Alsace (67/68) En plaine d'Alsace, le grand-duc continue d'étendre son territoire : le nombre de sites occupés est passé de 5 en 2012 à 9 en 2013, mais seuls 2 couples ont pondu. Les conditions météorologiques très défavorables (période de froid en mars, mois de mai froid et pluvieux, orages) ont causé une très mauvaise reproduction. Un seul couple a réussi sa reproduction et a élevé 3 jeunes. Les sites de reproduction se situent dans des grandes forêts de plaine et dans les massifs forestiers des rieds (zones humides). Sur certains sites forestiers, des contacts avec l'ONF ont été pris pour que des mesures favorables à la reproduction soient mises en place. Coordination : Jérôme ISAMBERT et Sébastien DIDIER (LPO Alsace)

AQUITAINE

• Dordogne (24) 2013 a été marquée par la découverte d’un nouveau couple nicheur et d’un individu sur une falaise occupée par le faucon pèlerin. 2 sites ont été désertés : une carrière dont la reprise partielle de l’exploitation peut expliquer cette situation et un petit ensemble rocheux sur lequel nous n’avions jamais décelé d’indices de reproduction. 10 sites sont donc occupés : 8 avec un couple et 2 avec 1seul oiseau ; 2 couples n’ont pas niché et les 6 autres ont amené 12 jeunes à l’envol. La surveillance et la prospection sont effectuées par 8 bénévoles ; l’échange d’informations avec l’ONCFS complète ce travail. Remerciements : M-T. et C.Boudart, J-C. Bonnet, P.Hoare, D.Simpson, C.Soubiran, R.Teytaud. Coordination : Daniel RAT (LPO Aquitaine) et Frédéric FERRANDON (ONCFS24)

AUVERGNE

• Allier (03) Le Bubo bubo semble bien établi dans l'Allier : l'ensemble des individus (couples, juvéniles et adultes solitaires) contactés en 2013 est de 62 (48 individus en 2012),

Parmi les 18 couples cantonnés cette année, 4 présents en début de saison n'ont plus été vus (ou suivis) par la suite. Pour 7 autres couples, la nidification n'a pas eu lieu à cause des dérangements (travaux) ou la reproduction n'a pas été constatée (un cas où le mâle est trouvé mort en avril, donc en période de reproduction). Les 7 couples producteurs ont eu 12 juvéniles à l'envol (dont 5 couvées avec 2 jeunes). Le nombre de grands-ducs observés en 2013 et particulièrement la croissance de la population et l'augmentation des sites connus depuis 2008 pose une question cruciale : est-ce vraiment le grand-duc qui se développe de mieux en mieux dans notre département ou se pourrait-t-il que les (nombreuses !) recherches aient eu plus de succès ? De toute façon, il est encore trop tôt pour justifier un diagnostic quant à une croissance, une stabilisation ou un déclin de la population. En janvier 3 sites se trouvaient occupés simultanément par un couple et un mâle rival; plus tard dans la saison, la reproduction a été constatée sur 2 sites, chacun a vu deux juvéniles à l'envol. Remerciements : Ethan Choquet (5 ans) & Lucas Toumazet (7 ans), bravo ! Ch. Rocha, P. & N. Maurit, S. Lovaty, J.-P. Toumazet, X. Thabarant, L. Giorgetti, Ch. Krawczyk, M. Madere, A. Faurie, T. Buzzi, L. Bortoli & J. Blanchon, X. Thabarant, S. Blin & A. Lahaye, A. & C. Rouault, J. & J. Fombonnat, H. Samain, P. Giosa, M. Rigoulet, J.-J. Limoges, A. Trompat, R. Tavard, J-J Lallemant, Y. Martin, A. Labrousse, G. Le Roux, A. Rocher, P. Duick, V. Mestas, Ph. Bru, R. Andrieu, J.-L. Myt, C. Rivolat, T & A Bosmans, G. Choquet & G. Chotard, A. Michel, F. & S. Bourret, TH. Leguay, F. Mellet. Coordination : Thérèse REIJS (LPO Auvergne)

• Cantal (15) Durant cette saison, 44 communes ont été visitées et 67 sites ont été prospectés. Ces sites sont situés entre 296 et 1 183 m d'al-


Les Cahiers de la Surveillance 2013 Bilan de la surveillance du Grand-Duc d’Europe - 2013 RÉGIONS

ALSACE/LORRAINE FRANCHE-comté Massif vosgien Plaine d'Alsace AQUITAINE Dordogne AUVERGNE Allier Cantal Puy de Dôme Haute-Loire BOURGOGNE Côte d'Or Saône-et-Loire Yonne CHAMPAGNE-ARDENNE Aube Ardennes Haute-Marne Marne LANGUEDOC- ROUSSILLON Aude Hérault Lozère LORRAINE Vosges MIDI-PYRénées Ariège / Hte Garonne Aveyron Lot Tarn Tarn et Garonne NORD - PAS DE CALAIS Nord / Pas-de-Calais PACA Hautes-Alpes Var RHÔNE-ALPES Ain Isère Haute-Savoie Loire Rhône Total 2013 Rappel 2012 Rappel 2011

Couples suivis Couples Nbre sites occupés (hiver) (printemps) producteurs

Jeunes Journées Surveillants à l’envol de surveillance

28 9

16 4

4 1

7 3

52 16

46 38

10

8

6

12

8

12

30 30 63 44

14 0 20 9

7 / 9 7

12 / 12 12

41 35 40 24

54 15 38

16 21 6

8 8 4

4 6 4

7 8 7

16 10 6

20 30 11

4 8 4 2

2 - - 2

2 - - 2

5 - - 2

- - - -

-

37 18 9

24 16 1

13 13 1

21 21 2

5 4 5

8 8

11

5

1

1

6

6

32 16 19 39 7

16 11 13 35 4

10 7 9 22 4

19 12 10 48 8

1 8 8 3 5

8 8 13 63 29

24

17

14

34

10

70

3 35

2 6

1 4

2 6

- 34

23

52 71 14 70 91 823 699 494

2 17 6 31 21 322 360 236

2 13 4 16 14 200 247 157

3 20 7 28 24 353 460 293

21 52 31 55 43 539 528 404

35 28 45 3 611 613 471

titude. 3 observateurs ont noté 97 observations sur Faune-Auvergne. En janvier 2013, 28 observateurs ont participé à une soirée d'écoute simultanée sur 18 sites. Le bilan de cette soirée n'est pas pour encourager les néophytes : 2 contacts dans la soirée. Pour le suivi de la reproduction nous sommes cette année encore loin de nos objectifs puisqu’aucune observation n'a été réalisée. 3 oiseaux blessés ont été conduits au CSOS de Clermont-Ferrand : 1 victime d’une collision avec des câbles électriques ; pour les 2 autres la cause n’est pas connue. Malgré les soins, les 3 sont morts. Une année d'observations qui ne permet pas de tirer des conclusions sur la population dans le Cantal. Dans les années

à venir, nous essaierons de suivre un nombre restreint de sites et de mettre l'accent sur le suivi de la reproduction malgré les difficultés du terrain. Remerciements : A. Pinot, A. Baduel, A. Lassalle, A. Chaillou, A. Hedel, A. Péan, B. Raynaud, C Lemarchand, CPIE de Haute Auvergne, F. Dupré, F. Emberger, H. Vidal, J. Albessard, J-C. Gentil, J-P. Favre, J-Y. Delagrée, J-M. Dulac , J. Bec, J. Lussert, N. Vansteenkist, N. Lolive, N. Fresneau, O. Roquetanière, P. Raynard, P. Lallemand, Q. Marquet, R. Jilet, R. Ters, S. Boursange, S. Durand, S. Vidal, S. Alcouffe, T. Leroy, T. Roques, T. Darnis. Coordination: Jean-Yves DELAGREE (LPO Auvergne)

• Puy-de-Dôme (63) Après 13 années de suivi, les résultats obtenus permettent de dire que le nombre minimum de sites occupés dans le Puy-deDôme sur une période flottante de 3 ans (2010 –2013) est de 104 sites rocheux avec au moins 72 couples connus. Incontestablement, nous pouvons affirmer que l’espèce a progressé dans notre département sans que nous puissions mesurer de quelle manière et à quel rythme elle l’a fait ! Néanmoins, il faut rester prudent car notre grand-duc a un taux moyen de reproduction (0,9 juv / couple cantonné sur une période de 8 ans) relativement faible dans notre département, en tout cas bien inférieur à celui noté par P. Balluet dans le département de la Loire (1,7 juv / couple cantonné sur une période de 5 ans) ! A ceci, il faut ajouter une mortalité d’origine anthropique certainement importante dont nous ne mesurons qu’une partie minime notamment en ce qui concerne les empoisonnements dus à l’utilisation massive de la bromadiolone. Empoisonnements qui doivent fortement fragiliser les populations de moyenne montagne dont le régime alimentaire est essentiellement axé sur le Campagnol terrestre. Je tiens à remercier toutes les personnes qui se sont mobilisées durant toutes ces années pour que les connaissances sur le grand-duc d'Europe progressent dans le Puy-de-Dôme. Coordination: Yvan MARTIN (LPO Auvergne)

• Haute-Loire (43) Cette saison, 51 sites ont fait l'objet d'au moins une écoute. Pour 7 sites connus, aucun oiseau n'est contacté. Pour 21 sites, au moins un mâle est entendu. Une partie de ces sites n'a fait l'objet que d'une visite, le nombre de couples réellement présents est donc sous-estimé. Pour 19 sites, un couple est présent. Seulement 9 couples ont fait l'objet d'un suivi de la reproduction. Pour 2 sites, il n'y a pas de reproduction notée et pour un site la reproduction échoue pendant la période de couvaison. Pour 2 de ces 3 sites improductifs, l'échec semble dû à un dérangement. Les 6 autres couples suivis produisent chacun 2 jeunes soit un total de 12 jeunes à l'envol. L'échantillon du nombre de sites suivis en période de reproduction est trop faible pour pouvoir apprécier la tendance de ce printemps particulièrement pluvieux. 3 nouveaux sites sont identifiés cette saison. Toujours très peu de personnes se consacrent au suivi d'un secteur. Les données proviennent en grande majorité des écoutes isolées et ponctuelles. Certains secteurs du département comme la haute-vallée de l'Allier ne sont pratiquement pas contrôlés depuis plusieurs années. Coordination : Olivier TESSIER (LPO Auvergne)

BOURGOGNE

• Côte-d’Or (21) Avec 16 sites occupés en 2013, le nombre de sites est en baisse pour la première fois depuis le retour du grand-duc (19 sites en

49


2012). La réussite de la reproduction n'a été constatée que chez 4 couples qui ont produit au minimum 7 jeunes à l'envol (10 couples pour 18 jeunes en 2012). Parmi ces 4 couples, signalons un cas exceptionnel de reproduction dans un bâtiment (un château). Enfin, 2 grands-ducs recueillis par le centre de soin Athénas sont enregistrés. Un d'entre eux a pu être relâché. Coordination : Joseph ABEL (LPO Côte-d’Or)

• Saône-et-Loire (71) Sur 47 sites connus, 32 ont été contrôlés : 21 se sont révélés occupés mais peu de couples semblent avoir entamé une reproduction. Peu de jeunes ont été observés à la fois par manque de suivi de la nidification et pour cause de mauvaise reproduction. Une carrière anciennement occupée a été remblayée. Un oiseau trouvé mort victime d'une collision routière. Remerciements : A. Révillon, P. Aghetti, B. Fontaine, G. Echallier, S. Mezani, L. Triboulin, S. Cœur, C. Gentilin, D. Mallet, P. Mallet. Coordination : Brigitte GRAND (AOMSL) et Emmanuel BONNEFOY (ONCFS 71)

• Yonne (89) 15 sites ont été contrôlés cette année, toujours en collaboration avec l'ONCFS. 4 couples reproducteurs ont produit 7  jeunes à l'envol, nombre légèrement inférieur à celui de 2012 (9 pour 4 couples). Une nichée contrôlée avant l'envol a permis de situer la date de ponte début mars. Il est à noter qu'un oiseau mâle adulte a été retrouvé blessé (plombé) en décembre non loin d'un site où un couple s'est reproduit avec succès. Cet oiseau, soigné au CSOS de Fontaine La Gaillarde, a été relâché quelques temps plus tard. Un autre oiseau adulte est mort au centre de soins suite à une parasitose massive commune aux oiseaux notamment les pigeons. Remerciements : J. Convert (ONCFS), A. Rolland, J-L. De Rycke, F. Jallet (LPO), D. Crickboom (CSOS89) Coordination : Eric MICHEL (LPO 89)

CHAMPAGNE-ARDENNE

• Aube (10), Haute-Marne (52), Marne (51) Les recensements ont permis de contrôler l’occupation de 10 sites en 2013. Seulement 4 reproductions ont été suivies, donnant dans la Marne 2 nichées de 1 jeune et dans l’Aube 1 nichée à 1 jeune et 1 nichée à 3 jeunes. Remerciements : J.-P. Briys, Y. Brouillard, J.-P. Couasné, V. Genesseaux, J.-F. Schmitt, E. Lhomer (CPIE Soulaines), O. Paris, L. Parisel, J. Potaufeux, S. Schmitt & D. Zabinski Coordination : Julien ROUGE (LPO Champagne-Ardenne)

• Ardennes Les 8 sites occupés en 2012 dans les Ardennes l'ont été également en 2013. Le succès de la nidification n’est pas connu par manque de temps pour suivre ces couples. Remerciements : P. Albert, P. Chagot (ReNArd) , C. Durbecq (ReNArd), H. Durbecq, J. Hallet (ReNArd), N. Harter (ReNArd), V.

50

Lequeuvre (ReNArd), M. Morette (ReNArd), M. Pirotte & A. Sauvage (ReNArd) Coordination : Nicolas HARTER (ReNArd)

LANGUEDOC-ROUSSILLON

• Aude (11) Sur le piémont de la Montagne Noire, 5 jeunes à l'envol sur les 7 couples suivis, Le Minervois produit 5 jeunes sur les 3 couples producteurs contrôlés, enfin 11 jeunes à l'envol dans les Corbières et la Clape sur 7 couples suivis. Remerciements : M. Bourgeois, J-L. Caman, A. Jonard, D. Genoud, C. Riols. Coordination : Yvon BLAIZE (LPO Aude)

• Hérault (34) 30 sites sont contrôlés. 18 sites sont occupés dont 16 avec un couple observé. 2 couples ne se reproduisent pas. Un couple perd sa nichée en début d’élevage (cause inconnue). Les 13 couples producteurs donnent 21 jeunes à l’envol (6x1, 6x2, 1x3). Remerciements : R. Tallarida, C. Prunac, C. Rambal. Coordination : Jean-Pierre CERET

• Lozère (48) Cette deuxième année de prospection ciblée sur le bassin versant du Lot aura permis de mettre en évidence la présence de 9 sites occupés sur les 12 prospectés. Il est à noté que deux autres sites n'ont malheureusement pas pu être prospectés cette année (1 couple et un mâle en 2012). A ceci il faut également rajouter que certains sites ont dû nous échapper. Le potentiel de ce secteur est de 14 sites au minimum. D'autres données du nord-Lozère attestent que 3 sites sont occupés dans la vallée de la Truyère. Pas de prospection dans les gorges du Bès. Coordination : Fabrice DUPRE (Alepe)

LORRAINE

• Vosges (88) Année très difficile dans les Vosges, pour le grand-duc et pour les surveillants. Le printemps météorologique catastrophique n’a pas permis un suivi régulier et/ ou une prospection efficace. Dans la partie montagneuse du département, un couple a très certainement niché dans une carrière privée en activité mais le résultat n'est pas connu. Un autre couple, nicheur en 2011, s'est déplacé et n'a pas été recontacté. Plusieurs mortalités sont suspectées pour le troisième couple (automobile ou camion). Un quatrième couple installé dans un secteur difficile d'accès n'a pas été suivi. Dans la plaine Vosgienne, avec l'investissement de J. Duval-Decoster, L. Dauverné, Q. Chaffaux, J. Renaud, G. Leblanc, une prospection fine de trois mois a été mise en place par l'association Lorraine Association Nature : 44 sites ont été prospectés, 14 sites ont été reconnus comme habitat moyennement favorable à très favorable, avec un double passage pour une détection éventuelle de jeunes sur ces mêmes sites. 10 sites avec indices

de présence ont été répertoriés mais seulement une reproduction a pu être prouvée, avec 1 jeune à l'envol. En règle générale, le grand-duc se montre toujours aussi discret dans le département et un effort de prospection sera obligatoire pour une meilleure connaissance de sa présence. Coordination : Jean-Marie BALLAND (LPO et LOANA)

MIDI-PYRENEES

• Ariège (09) - Haute-Garonne (31) Les chiffres ne traduisent pas la réalité de l'état de la population ni de la reproduction de cette espèce pour cause de suivi allégé. Cependant, 14 sites importants et historiques semblent avoir été désertés et la reproduction particulièrement mauvaise cette année. Les conditions météorologiques doivent y être pour quelque chose. Pour la saison prochaine, un suivi le plus exhaustif possible des sites va être engagé afin de confirmer ou pas les tendances perçues cette année. Coordination : Thomas BUZZI (Nature Midi-Pyrénées)

• Aveyron (12) 16 sites sont contrôlés occupés. Parmi les 11 couples suivis, 7 couples produisent 12 jeunes. Cette année se caractérise par des échecs plus nombreux et des dates de pontes plus tardives, en raison probablement de la météorologie printanière. Remerciements : P. Ayral, P. Bouet, L. Campourcy, P. Defontaines, F. le Gouis, J-C. Issaly, R. Straughan. Coordination : Renaud NADAL et Samuel TALHOËT (LPO Aveyron)

• Lot (46) En 2013, le suivi a porté sur 13 couples nicheurs soit un échantillon très proche de celui de l'an dernier (14 couples). Seulement 9 de ces 13 couples, soit 69 %, ont mené à bien leur reproduction. Sur les 9 nichées menées à l’envol, une seule comprenait 2  jeunes, les 8 autres étant toutes des nichées à 1 jeune, ce qui correspond à un taux d'envol particulièrement bas (1,1 jeune envolé par nichée réussie), encore plus faible que celui enregistré en 2012 (1,46). Ces résultats particulièrement médiocres sont probablement largement à mettre au compte des mauvaises conditions météorologiques du printemps, qui ont dû fortement limiter les succès à la chasse des parents nourriciers. Remerciements : D. et A. Barthes, A. et J-P. Dousse, R. Nadal, P. Tyssandier (LPO Lot). Coordination : Vincent HEAULMÉ et Nicolas SAVINE (Société des Naturalistes du Lot)

• Tarn (81) Malgré un hiver et un printemps pluvieux, la reproduction a été bonne dans l'ensemble. Il y a sans doute eu une seconde ponte sur un site dont le premier nid a été noyé par les infiltrations d'eau et un échec sur un second site pour le même motif. 52 jeunes sont nés mais 4 sont morts vers l'âge de 7 semaines, dont 3 sur un même site où il semble bien que les adultes aient disparu. Dans les faits marquants, sur 2 sites atypiques l'un en


Les Cahiers de la Surveillance 2013 1 passage) 88 sites. Sur les 71 occupés, 29 l'étaient par 1 couple. 17 sites bien suivis donnent 15 couples reproducteurs avec au total 20 jeunes à l'envol. La majorité des couples ont produit de 1 à 2 jeunes, 1 seule nichée de 3 jeunes. Le centre de soins (Le Tichodrome) a récupéré 13 individus blessés dont 7 provenant de l'Isère, seul 1 a pu être relâché : causes indéterminées (6), chocs (4), barbelés (2), électrocution (2 sur la même ligne HT à 1 jour d'intervalle). Remerciements aux 52 bénévoles et aux associations Avenir, Gère Vivante, Lo Parvi, Pic Vert, Réserve naturelle régionale Isles du Drac, Parc national des Ecrins Coordination : Françoise CHEVALIER (LPO Isère)

• Hautes-Alpes (05) Un couple suivi mène 2 jeunes à l’envol. Coordination : Jean-Luc FAVIER (LPO Hautes-Alpes)

Grand-duc d'Europe © Christian Aussaguel

plaine et l'autre dans un bois de chênes, nous avons découverts les deux aires (3 jeunes à l'envol sur chacun) 3 jeunes de 6/7 semaines morts, sans doute de faim après la disparition supposée des adultes). Enfin, le contact a été pris sur une carrière de granulats en exploitation dont l'extension menaçait la reproduction. Tout s'est bien passé (3 jeunes à l'envol) et l'exploitant tiendra compte de la présence de l'espèce pour les années à venir. Le bilan annuel et les faits divers sont en ligne sur le site: http://www.hibou-grand-duc.fr/ Remerciements : R. Pena, D. Beautheac, D. Pred'homme, G. Vautrain, S. Maffre, A. Calvet, C. Aussaguel. Coordination : Gilles TAVERNIER (LPO Tarn.)

• Tarn (81) et Tarn-et-Garonne (82) Gorges de l’Aveyron Le nombre de couples reste stable avec toujours quelques déplacements ponctuels. Nous avons rencontré cette année un dérangement dû à un photographe peu scrupuleux qui n’a pu être cerné avec précision malgré l’intervention de l’ONCFS. Nous poursuivons nos observations dans l’hypothèse de confirmation de nos doutes. Une population qui malgré un bon potentiel d’accueil reste fragile au vu du nombre de couples nicheurs. La chasse reste un facteur de dérangement important ainsi qu’une recrudescence de l’escalade durant l’été et l’automne. Remerciements à l’ONCFS pour son implication et à tous les bénévoles participant au suivi. Coordination : Jean-Claude CAPEL

NORD PAS-DE-CALAIS

• Nord (59) et Pas-de-Calais (62) L'année 2013 est en demi-teinte suite à un long printemps humide et froid. C'est le littoral qui a le mieux profité avec 3 reproductions sûres (1 seule en 2012), dont une exceptionnelle sur les falaises de craie du site des 2 Caps, face à la mer. A noter qu'elles sont rares en France, seules les calanques

marseillaises et les falaises de Cassis ont 2 couples nicheurs face à la mer (source P. Bayle). Le nombre de jeunes varie de 1 à 4. Un couple n'a pas produit de jeunes, c'était une première nidification. Il reste toujours une vaste zone non prospectée : les collines de l'Artois entre le littoral et la Scarpe-Escaut au centre du département, d'une largeur de 100 Kms. La zone des terrils est aussi sousprospectée. A noter, la présence d'un mâle sur un terril tout au long de l'année. Remerciements : C. Boutrouille, B. Bril, C. Capelle, G. Cavitte, G. Delgranche, P. Demarque, D. Douay, G. et F. Dubois, M. Guerville, D. Lavogiez, A.et V. Leduc, E. Piot, N. Rouzé, B. et F. Stien, T. Tancrey, J-C. Tombal, P. Vanardois, N. Labaeye. Coordination : Pascal DEMARQUE (Aubépine)

PROVENCE - ALPES COTE D’AZUR

• Var (83) De nombreux points d'écoute ont été réalisés en période de chant mais nous n'avons effectué que peu de suivi à partir du printemps et pendant le développement des jeunes. Coordination : Sophie MERIOTTE (LPO PACA)

RHONE-ALPES

• Ain (01) La création début 2013 d'un réseau d'observateurs spécifiques a permis de faire une prospection plus intensive sur la région de la Dombes et de confirmer ce qui était pressenti en 2012 : une population conséquente de 22 territoires est répartie principalement sur la ceinture boisée du pourtour de la Dombes (milieu de plaine uniquement). Malheureusement, le suivi de la reproduction 2013 n'a pu être réalisé correctement faute de temps. Coordination : Bernard SONNERAT (LPO Ain)

• Isère (38) Pour 2013, la relance du réseau grand-duc Isère a permis de contrôler (au moins par

• Haute-Savoie (74) La population haut-savoyarde est estimée à une quinzaine de couples. 23 des 46 sites connus et 12 sites potentiellement favorables sont contrôlés : 14 sites sont occupés dont 7 par un couple adulte et 7 par au moins un individu. 18 sites sont bien suivis dont 6 occupés par un couple. 2 couples ne produisent rien pour des raisons qui nous sont inconnues. La productivité est de 1,16 jeune par couple. Le taux d'envol est de 1,75 jeune par couple. Les dérangements dus aux parapentes, varappe et via ferrata sont toujours plus nombreux. A noter que 2 couples, dont les aires sont situées sur la même falaise et sont distantes d'à peine 1,4 km, produisent chacun 1 jeune à l'envol. Remerciements : M. Antoine - J-C. Baillet A-C. Barlas - F. Bazinet - M. Bethmont - P. Boissier - G. Canova - P. Charrière - S. Delepine - B. Doutau - D. Ducruet - H. Dupiczak - H. Dupuich - E. Gfeller - C. Giacomo - A. Guibentif - A. Lathuille - J-C. Louis - L. Lücker - D. Maricau - J-P. Matérac - N. Moulin - C. Prévost - D. Rey - C. Rochaix - D. Secondi - B. Sonnerat - F. Stachowicz - T. Vibert-Vichet Coordination : Arnaud LATHUILLE (LPO Haute Savoie)

• Loire (42) Reproduction faible pour la 2e année consécutive sur un échantillon de 31 couples suivis. Encore une année très moyenne avec une seule nichée à 3 jeunes et des échecs très nombreux (15 sur 31 soit près de la moitié) sans explication convaincante. La productivité chute encore à 0,90 jeune par couple suivis mais s'établit à 1,75 jeune par couple productif, ce qui est correct. Date moyenne de ponte : 23 février, comme l'an passé, soit un retard d'une semaine sur la moyenne située au 16 février. Encore des cas d'électrocutions rapportés pour le département cette année, malgré une bonne collaboration avec ERDF. Une soirée de prospection collective a pu être conduite, dans le nord du département. Grosse implication des bénévoles en 2013 avec plus de 400 données d'observation recueillies. Merci à tous les observateurs de grands-ducs de la LPO Loire. Coordination : Patrick BALLUET (LPO Loire)

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Chevêche d’Athéna Athene noctua

Espèce en déclin La chevêche est encore commune en France. "Commune", parce qu’il est possible de la croiser sur la majeure partie du territoire. En effet, sa répartition est très large car elle peut s’adapter à différents milieux. En revanche, les densités n’ont plus rien à voir avec celles des décennies passées et les noyaux de populations sont de plus en plus isolés pour certaines régions. La synthèse des suivis effectués en 2013 montre toujours une mobilisation importante malgré des difficultés croissantes (même s’il manque plusieurs données cette année). L’année 2013 a été très néfaste pour la Chevêche, comme la plupart des rapaces (diurnes et nocturnes). Dès la sortie de l’hiver, les adultes ont dû faire face à une pénurie de rongeurs, qui s'est maintenue une longue partie de l’année ensuite. Les pluies ont continué longtemps, pour certains départements jusqu’en mai-juin, noyant les derniers campagnols des champs survivants dans leurs galeries. Quand sa proie favorite disparait très souvent la chevêche se reporte sur les coléoptères et autres gros insectes, mais ce ne fut pas le cas non plus pour cette année 2013 très pauvre, il ne reste quasiment plus que des vers de terre ! Après une excellente année 2012, les populations de chevêches subissent un aléa démographique, qui nous encourage à poursuivre notre effort ! Le plus important est bien évidemment de garder la motivation actuelle intacte, d’en créer de nouvelles et surtout de ne pas perdre de vue la surveillance et le maintien de sa population nationale. Témoin de la qualité de notre cadre de vie, la chevêche doit être considérée par les pouvoirs publics comme un outil d’évaluation des politiques territoriales (TVB). Soyons vigilants à sa santé, il en va de la nôtre ! Laurent LAVAREC

meilleure pérennité de l’implantation. En effet, quand l’un des adultes d’un couple disparaît, c’est souvent un jeune du couple voisin qui le remplace. Cette année, ce sont 45 nichées en nichoirs qui ont réussi, pour 65 tentées. Par rapport à 2012, le nombre de nichées tentées en nichoirs a largement augmenté. Le succès de reproduction est par contre très faible : 20 nichées ont échoué à divers stades, principalement en raison des mauvaises conditions météorologiques printanières. Le nombre de juvéniles nés en nichoirs (110) est très inférieur à l’an passé (169). Les pontes qui n’ont pas échoué ont produit un petit nombre de jeunes à l’envol (1  à maximum 4). Le manque de nourriture disponible a considérablement réduit la taille des nichées (Juvéniles par nichée réussie en nichoir : 2,44 (contre 3,67 en 2012) et juvéniles par total des nichées en nichoirs : 1,69 (contre 3,52 en 2012)). Ces moyennes sont à l’opposé des celles de l’année passée qui fut exceptionnelle. Il est probable que le nombre de territoires n’augmente pas en 2014. On peut cependant espérer un meilleur taux de reproduction. Coordination : Bertrand SCAAR (LPO Alsace)

ALSACE

• Haut Rhin (68) Commencée tardivement, la saison de reproduction s’est poursuivie jusqu’au mois de juillet. Cette année le total de territoires connus se monte à 116, contre 104 en 2012 (couples ou individus seuls), dont 72 sur des sites équipés de nichoirs et 44 en cavités ou granges connues. La durée exceptionnelle des conditions hivernales ne semble pas avoir eu d’incidence sur la survie. La progression en nombre de territoires est certainement due au bon taux de reproduction constaté en 2012. La présence de 3 à 4 couples par village est souvent une garantie pour une

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AUVERGNE

• Puy de Dôme (63) Livradois Forez L'ensemble de notre zone de suivi : 500 km2 (forêts comprises) se décline en 3  zones proches l'une de l'autre, sans aucun doute en connexion. Les tendances de 2 zones sont à la baisse et la troisième est plutôt stable d'après nos données de terrain, soit 0,42 mâles au km2. Le prochain recensement au mois de mars 2014 nous le confirmera, celui-ci est effectué tous les 5 ans par 15 à 17 bénévoles. Concernant le taux de reproduction, l'année 2013 est la plus décevante, mais globalement ce taux suivi depuis 2009

semble assez faible pour l'espèce dans notre région, autant en nichoirs qu'en milieux naturels, le vieux bâti en pisé abritant la majorité des couples connus. Coordination : Gilles GUILLEMENOT (LPO Livradois Forez)

BOURGOGNE

• Nièvre (58) Par manque de temps et surtout à cause d'un printemps 2013 froid et humide, seulement 2093 hectares sur les 10 000 ont été recensés. Ces 2093 hectares représentent donc pour cette année la "zone témoin de la zone témoin". 10 mâles chanteurs ont été contactés pour 6 couples formés certains. Ce résultat pour cette zone est dans la fourchette haute puisque le record est de 11 mâles chanteurs pour la meilleure année contre 6 la plus mauvaise enregistrée. A noter que ces couples cantonnés sont tous dans des bâtiments agricoles. Coordination : Stéphane COQUERY (Mars sur Allier Nature et Patrimoine)

BRETAGNE

• Finistère (29) Nord du département (Haut Léon) La population est globalement stable depuis une quinzaine d'années. La synthèse du suivi des 15 années est disponible dans Alauda. Coordination : Didier CLEC’H (LPO Finistère)

Sud du département (Basse Cornouaille) Concernant l’année 2013, nous avons effectué une seule soirée repasse. Nous avons couvert 3 secteurs. Sur les 32 nichoirs posés, 4 avaient été occupés : 2 avec des œufs, pelotes, fientes mais elles ont toutes les deux échouées. Les deux autres traces de passage sont plumes, pelotes, fientes et tourbe écrasée. Coordination : André Crabot et Ronan DEBEL (LPO Finistère)


Les Cahiers de la Surveillance 2013

CHAMPAGNE-ARDENNE

• Ardennes (08) Quatre prospecteurs, c'est peu cette année, mais les résultats sont à la hauteur du dévouement. Il est encore une fois à considérer que depuis l'apparition du logiciel FCA, le double envoi des infos ne se fait pas. Peut-être qu'une autre forme, de prise en compte des relevés de terrain, serait à envisager à l'avenir, ce qui permettrait une vision plus juste des populations de chevêches. Pour l'anecdote, j'ai eu une nichée de 4 poussins dans un de mes nichoirs d'Evigny. Coordination : Daniel GAYET (ReNArd)

HAUTE NORMANDIE

• Eure (27) et Seine Maritime (76) Concernant la chevêche dans l’Eure, 21 nichoirs ont été posés sur 16 sites différents. 9  nichoirs ont été occupés donnant 7 nichées à l’envol, et plus précisément 17 jeunes. Coordination : Jean-Claude BERTRAND

Pour la deuxième année consécutive, une chevêche a pondu 3 œufs dans un nichoir à effraie des clochers sans jeunes à l’envol.

ILE-DE-FRANCE

• Seine-et-Marne (77), Yvelines (78), Essonne (91) et Val d'Oise (95) Par département les communes avec au moins un site accueillant la chevêche sont : Seine et Marne = 37, Yvelines = 13, Essonne = 13, Val d'Oise = 33. La liste des structures membres du réseau chevêche Ile-de-France sont : CORIF, CERF, ANVL, CPN Vallée du Sausseron, CPN A l'Ecoute de la Nature, CPN Aténa 78, Chevêche 77, PNR Oise pays de France, PNR du Vexin français, PNR de la Haute Vallée de Chevreuse, PNR du Gâtinais, Programme d'études "Biologie de la conservation de la chevêche d'Athéna en Ile-de-France", NaturEssonne. Coordination : Colette Huot-Daubremont (CORIF)

• Yvelines (78) Nous pouvons commencer par une note de satisfaction : - sur le plan quantitatif, avec 52 couples nicheurs, nous enregistrons une modeste (mais néanmoins encourageante) progression (+1) du nombre de couples reproducteurs dans nos nichoirs, après celles des années précédentes (+2 en 2012 ; +9 en 2011 ; +8 en 2010). - sur le plan qualitatif par contre, l'année 2013 a été très mauvaise pour la chevêche. Dès la sortie de l’hiver, les adultes ont dû faire face à une pénurie de rongeurs, qui s'est maintenue tout au long du printemps. Les pluies continues durant l'automne 2012 et l’hiver suivant ont saturé les sols, noyant les campagnols des champs dans leurs galeries. La fraîcheur et surtout la pluviosité de mars à mai ont empêché la reconstitution

des populations de cette espèce-proie décisive sous nos latitudes, et sans que la chevêche puisse se reporter sur les coléoptères et autres insectes, sa catégorie de proies de substitution favorite. Après une année 2010 excellente, une bonne en 2011 et une très bonne en 2012, les populations locales de chevêches subissent donc un aléa démographique en 2013, qui nous encourage à poursuivre notre effort d'aide à la reproduction par la mise en place des cavités indispensables avec l'aide de nos partenaires. Coordination : Dominique ROBERT (Atena 78)

• Essonne (91) Le cap des 200 nichoirs posés est atteint cette année par les membres de NaturEssonne. 21 couples ont pondu au moins 72 œufs pour 43 naissances seulement et 34 jeunes à l’envol. Coordination : Jean-Pierre DUCOS et Patrick MULOT (NaturEssonne)

LANGUEDOC ROUSSILLON

• Lozère (48) La population de chevêche des Grands Causses poursuit sa lente progression avec 19 mâles chanteurs recensés en 2013 (en 2009, nous n'en avions plus que 9 !). La reproduction reste très faible (seulement 7 couples reproducteurs) et il faut donc maintenir une certaine vigilance quant à l'évolution des effectifs. Coordination : Isabelle MALAFOSSE (PN des Cévennes)

LORRAINE

• Meurthe et Moselle (54), Meuse (55), Moselle (57) et nord des Vosges (88) La prospection printanière a porté principalement sur les 60 villages des communautés de communes de Val des Couleurs (55) et du Pays de Colombey et Sud Toulois (54) ainsi que dans le Xaintois (88). Pour le reste de la région, d’autres informations plus dispersées ont été recueillies sur Faune Lorraine. Au total, 27 observateurs ont signalé des indices de nidification sur 125 communes avec la répartition départementale suivante. En Meurthe-et-Moselle, 59 communes ont été prospectées. En Meuse, des informations proviennent de 35 communes. En Moselle, l'observation de la chevêche a été relatée dans 5 communes. Dans les Vosges, la prospection s’est étendue à 26  communes. Au total, 66 chanteurs ont été contactés sur ces 125 communes visitées. Le recensement exhaustif sur les 2 communautés de communes citées a permis de détecter 31 mâles chanteurs sur les 427 km 2 de milieux supposés favorables à la chevêche soit une densité de 0,07  chanteur par km2 (Leblanc Guillaume, (Lorraine Nature Association - LPO 54), 2013 – Résultats des prospections "chevêches d’Athéna" (Athene noctua) menées au printemps 2013 et présentation des actions de conservation engagées dans le sud lorrain). En 2013, il n’y a pas eu de suivi de nichoirs. Coordination : Jean-Yves MOITROT (LPO)

PAYS DE LOIRE

• Sarthe (72) 2013 a été affectée par les conditions météorologiques très défavorables du printemps qui ont anéanti une grande partie de la population des rongeurs. Avec quelques nichoirs supplémentaires, le nombre de couples reproducteurs est toutefois le plus important depuis le suivi débuté en 2008 mais par contre, comme en 2012, aucune nichée de 5 jeunes n'a été trouvée. 2 jeunes de quelques jours ont été retrouvés décapités près de la femelle, couvant un dernier œuf, et consommés par la suite. 3 femelles nées l'année dernière ont été découvertes nicheuses dans un nichoir cette année. Un Autour des palombes a été observé avec, dans les serres, une chevêche adulte qui avait 3 jeunes dans un nichoir posé dans le même arbre. De nouveaux sites perdus avec des prairies remplacées par de la culture et une ligne LGV qui a broyé une dizaine de zones occupées par la chevêche. Coordination : Jean-Yves RENVOISE (LPO Sarthe)

PROVENCE-ALPESCOTE D’AZUR

• Alpes-de-Haute-Provence (04), Bouches-du-Rhône (13), Var (83) et Vaucluse (84) Les secteurs de prospection ont été recensés entre un 27 février et un 18 avril, période optimale dans l'activité territoriale des mâles chanteurs de chevêche. Cette enquête 2013 a mobilisé 32 observateurs avec 320 points d’écoute réalisés au cours de 25 soirées. Ce recensement standardisé de la chevêche a permis de contacter un total de 115 mâles chanteurs (183 individus contactés tous sexes confondus) sur les deux territoires prospectés (Pays de Châteaurenard et Etang de Berre). Un tiers des points d’écoute réalisés (32,8%) se sont révélés positifs avec présence d’au moins une chevêche. La densité observée, égale à 0,37 mâle/km2, est proche de la moyenne régionale obtenue à partir des différents recensements à grande échelle (0,41 mâle chanteur/km2). Coordination : Olivier HAMEAU (LPO PACA)

RHôNE-ALPES

• Isère (38) En 2013, le taux d'occupation des nichoirs en Isère n'a jamais été aussi bon. Sur 24 nidifications certaines, 18 ont eu lieu dans des nichoirs. 1 nichoir est toujours utilisé par un petit duc scops. 54 bénévoles se sont mobilisés pour suivre l'espèce et des associations locales ont rejoint le réseau permettant d'étoffer les connaissances sur des secteurs peu connus. 2 chantiers bénévoles ont permis d'entretenir des mûriers et des saules osiers dans des secteurs favorables pour l’espèce. 5 chevêches ont été retrouvées mortes, pour la plupart à la suite de collisions avec des véhicules.

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En 2014, un secteur test sera équipé de 30 nichoirs afin de favoriser l'installation des chevêches et de pallier au manque de gîtes de reproduction. Des perchoirs seront également mis en place pour favoriser la prédation sur des zones cibles. Les premiers résultats pourront être présentés à la fin de l'année. Coordination : Marie RACAPE (LPO Isère)

Bilan de la surveillance de la Chevêche d’Athéna - 2013 RÉGIONS

Mâles chanteurs recensés

Sites contrôlés

Sites contrôlés occupés

Couples nicheurs

Couples producteurs

Surveillants

Journées de surveillance

110

-

-

20

2

9

-

1

4

- 0

1 -

12 -

4

4

-

Jeunes à l’envol

ALSACE

Haut-Rhin (68) - - 116 65 45 AUVERGNE Puy-de-Dôme (63) - 13 8 8 8 BOURGOGNE Nièvre (58) 10 - - 6 - BRETAGNE Nord-Finistère (29) - 60 43 27 27 Sud-Finistère (29) - 32 4 2 2 CHAMPAGNE-ARDENNE Ardennes (08) 45 87 78 29 1 HAUTE-NORMANDIE

Eure - 21 9 8 7 17 1 ILE-DE-FRANCE • Loire (42) Le mauvais prinSeine-et-Marne (77) temps 2013, humide Yvelines (78), Essonne (91) et froid, ne laissait Hauts-de-Seine (92) 59 - 166 9 9 23 - pas présager une Val-de-Marne (94) bonne reproduction. et Val d'Oise (95) Nous craignions Essonne (91) - 65 23 21 17 34 9 51 beaucoup d’abanYvelines (78) - - 52 52 49 98 - dons de couvaisons, LANGUEDOC-ROUSSILLON comme en 2009 où Lozère (48) 19 19 14 7 5 9 8 20 les conditions climaLORRAINE tiques étaient ressemblantes. Eh bien, Meurthe-et-Moselle (54) cette fois-ci, ce fut Meuse (55) - Moselle (57) 66 6 6 6 5 8 27 tout le contraire, des Vosges (88) petits dans tous les PAYS-DE-LA-LOIRE nichoirs occupés par Sarthe (72) - 31 16 16 14 37 4 16 la chevêche ! Il y a PACA toujours des exceptions, mais dans l’en- Alpes-de-Hte-Provence (04) 115 182 72 72 51 164 33 49 semble, les pontes Bouches-du-Rhône (13) et Vaucluse (84) ont été assez regrouRHONE-ALPES pées : entre le 20 avril et le 5 mai. Le bilan Haute-Savoie (74) - - - 55 - 126 16 32 de l’année 2013, sur Isère (38) - 149 33 24 18 - 55 la commune de PERLoire (42) - - 31 29 29 64 - REUX, s’élève à au Rhône (69) Coteaux du Lyonnais 13 29 12 11 8 - 7 8 moins 24  jeunes à Rhône (69) Plateau Mornantais 50 21 3 2 2 - 34 17 l’envol (toutes niTotal 2013 377 715 686 449 297 714 202 218 chées confondues : Rappel 2012 1 311 - 868 - - 931 452 423 en nichoirs et cavités Rappel 2011 1312 - 804 - - 828 356 458 naturelles connues). Rappel 2010 1 260 - 735 - 228 909 419 533 Depuis douze ans maintenant, à chaque fin d’année scolaire, notre groupe perd de bons éléments qui ont réussi leur examen et Sur les coteaux du Lyonnais, nous Sur le plateau Mornantais, 2 comptages s’envolent vers d’autres contrées pour n'avons pas pu suivre cette année la ont pu avoir lieu avec une météo accepdes études supérieures. Mais, fort heupopulation à cause du très mauvais printable en mars (fraiche mais vent nul) et reusement, l’arrivée de nouveaux élèves, temps. Lors du nettoyage des nichoirs a donné le meilleur résultat depuis 2010 tout aussi motivés et enthousiastes, perfin août, le résultat de ce printemps (2010: 35, 2011: 24/30, 2012: 46/52). Les met à notre club de se maintenir et de froid et pluvieux a pu être constaté : 2 21 nichoirs posés en septembre 2012 ont poursuivre son action de consolidation nichoirs contenant chacun 4 œufs non commencé à porter leurs fruits puisque de la population de chevêches dans la couvés, un autre avec 1 œuf non éclos, 2  nichoirs ont accueilli un couple repériphérie de Roanne. un autre à 550m d'altitude avec 2 œufs producteur et un 3ème a été visité. Des non éclos et un cadavre de jeune en Coordination : Bernard CHEVALLEY échappatoires anti-noyade ont été po(Club "protection de la chevêche") squelette avec un amoncellement de sés, la sensibilisation par la "Nuit de la grandes sauterelles vertes, vraisemblaChouette" a permis de nombreux contacts • Rhône (69) blement en apport à ce jeune cadavre. de personnes "ayant des chouettes" ! Cette année, dans le Rhône, les populaHeureusement, 8 nichoirs avec au moins Avec le CEN Rhône-Alpes, une campagne tions ont été suivies comme les années 2 jeunes, au vu de l'état des litières. A de taille des saules têtards a débuté. passées sur 2 secteurs d'étude principanoter 1 victime de choc et écrasement Coordination : Christian MALIVERNEY lement. en août... (LNR et LPO Rhône)

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Les Cahiers de la Surveillance 2013

Chevêchette d’Europe et Chouette de Tengmalm Glaucidium passerinum & Aegolius funereus

Cette septième synthèse du suivi des "Petites chouettes de montagne" concerne une vingtaine de secteurs géographiques de présence de l’une ou des deux espèces. La période de suivi s’étale du 1er août 2012 au 31 juillet 2013, englobant donc l’automne 2012, l’hiver et le printemps 2013. Près de 400 personnes ont participé à ce suivi et ont totalisé l’équivalent de plus de 2 000 journées de prospection sur le terrain. Il reste néanmoins des zones peu ou mal couvertes, des secteurs où notre connaissance de la répartition et de la nidification des deux espèces est insuffisante. Toute contribution sera la bienvenue. Après l’année des records 2012 (422 chanteurs ou territoires de chouette de Tengmalm et 304 de chevêchette d’Europe), 2013 est une année décevante : 91 chanteurs ou territoires de chouette de Tengmalm et 173 de chevêchette d’Europe (sans le massif du Jura). L’effondrement des populations de rongeurs après la pullulation de 2012 est la principale cause de la raréfaction de nos deux petites chouettes de montagne. Les mauvaises conditions météorologiques ont aussi rendu les recherches plus difficiles en altitude. Pour la première fois, la chevêchette devance la Tengmalm… mais la plus petite de nos chouettes de montagne a peut-être été davantage recherchée par les observateurs ! Néanmoins, il semble bien que la chouette de Tengmalm soit en régression à long terme… et ce n’est pas la saison de reproduction 2013 qui va lui permettre de reconstituer ses effectifs. Les 8 nids suivis ont tous connu l’échec ! Par ailleurs, la chevêchette se maintient dans le Massif central mais aucune nidification n’y a été découverte cette année ! Yves MULLER

ARDENNES

Année maigre pour la chouette de Tengmalm dans les Ardennes : aucun contact avec l’espèce mais les prospections ont été minimales cette saison. Coordination : Nicolas HARTER (Association ReNArd)

MASSIF VOSGIEN

• Vosges du Nord (57-67) Très peu de données de chouette de Tengmalm dans les Vosges du Nord au printemps 2013 : un chanteur le 15 mars et un autre le 17 avril. Aucune preuve de reproduction. En revanche, 18 territoires de chevêchette d’Europe sont localisés en automne 2012 dans la partie septentrionale des Vosges du Nord, aux confins de l’Alsace et de la Lorraine et 2 dans la partie centrale des Vosges du Nord. Au printemps suivant, 6 territoires sont

Chevêchette d’Europe : espèce rare

Chouette de Tengmalm : espèce à surveiller

localisés sur des sites habituels dans les forêts à l’est de Bitche et dans l’Alsace proche. Deux nids sont découverts, à des altitudes comprises entre 250 et 280 m. L’une des nidifications échoue : la nichée est abandonnée sans doute en raison de la disparition de la femelle. L’autre réussit avec envol de la nichée vers le 16-17 juin.

chette d’Europe dans les Hautes-Vosges, particulièrement sur le versant ouest du massif. Au printemps suivant, 20 sites sont contrôlés avec des chanteurs et parmi eux 2 nidifications sont suivies mais elles ont échoué. A noter un rassemblement surprenant de 5 adultes (4 mâles et 1 femelle a priori) le 18 juin (G. Dietrich).

• Vosges moyennes (57-67) Une chouette de Tengmalm alarme à l’automne 2012 mais aucun contact au printemps suivant ! La saison est bien meilleure pour la chevêchette d’Europe : 9 chanteurs sont localisés en automne 2012 dans les forêts domaniales de Lutzelhouse, d’Abreschviller, du Donon et 1 à Oberhaslach. Au printemps suivant, 4 territoires sont localisés mais aucune nidification n’est découverte. • Hautes-Vosges (68-88) Deux chouettes de Tengmalm sont repérées en automne. Au printemps suivant, seuls 3 chanteurs sont repérés et aucune nidification n’est prouvée ! Après la belle saison de reproduction du printemps 2012, l’automne a permis de repérer près de 50 territoires de chevê-

Coordination : Yves MULLER (LPO Alsace)

• Massif Jurassien Données non disponibles.

BOURGOGNE

• Morvan La Bourgogne est à présent dotée des deux petites chouettes de montagne. Après de nombreuses recherches sur les secteurs du Haut-Morvan fréquentés par la Tengmalm, une chevêchette d’Europe a fini par être contactée en novembre 2012. Tout d’abord repérée grâce à son chant d’automne entendu à 15h30, l’individu a pu être localisé environ une heure plus tard au sommet d’un grand épicéa. Les habitats sur le secteur, d’une altitude comprise entre 750 et 850 mètres, sont relativement variés avec de la hêtraie acidiphile à houx, des peuplements mixtes de bouleaux, hêtres et épicéas avec des

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arbres assez âgés, des zones de coupes diversifiées en hauteur et en végétation et des zones humides ouvertes ou fermées. D’autres recherches en fin d’année 2012 n’ont donné lieu à aucun autre contact mais un mâle chanteur a de nouveau été entendu en mars 2013. Des prospections approfondies de cavités potentiellement favorables ont commencé au cours du printemps 2013. Pour le moment aucune cavité occupée n’a été découverte. Pour la Tengmalm les résultats sont beaucoup moins encourageants. Aucun mâle chanteur ni aucune preuve de reproduction n’ont été enregistrés alors que 2 à 3 chanteurs avaient été entendus sur le même secteur au printemps 2012. Toutefois, l'effort de prospection au cours de la période la plus favorable à l'écoute a été relativement faible en 2013 comparé aux années précédentes. Seul fait intéressant : un individu observé au bord d'une route au mois de février dans un secteur du Haut-Morvan où l'espèce n'avait jusqu'à présent pas été notée. Les recherches de cavités occupées n'ont également rien donné. Côte-d'Or (21) Les secteurs habituels ont été prospectés pour la Tengmalm de janvier à mars sans succès. Ce sont environ 50 points d'écoute et trente heures de sorties pour lesquels nous n'avons eu aucun contact. Les massifs explorés en Côte-d'Or étaient : forêt de Moloy, forêt d'Is-sur-Tille, forêt de Jugny et de Châtillon-sur-Seine, l'arrière côte dijonnaise et le Val-Suzon. Coordination : Cécile DETROIT (Société d'histoire naGérard OLIVIER (LPO Côte-d'Or)

turelle d'Autun) et

MASSIF CENTRAL

• Massifs forestiers de la Loire (42) 2013 est une petite année pour la chouette de Tengmalm dans les massifs forestiers de la Loire. Les 8 sorties sur le terrain totalisent 3 contacts dans les monts du Forez, mais sont négatives dans le massif du Pilat et les monts de la Madeleine. Les 2 contrôles des nichoirs dans les monts du Forez restent infructueux. Les prospections chevêchette d’Europe restent, elles aussi, négatives. Coordination : Rodolphe GENOUILHAC (LPO Loire)

• Monts du Livradois (43 – 63) 2013 est une très mauvaise année pour la chouette de Tengmalm. Le premier chant est entendu le 13/01 et le dernier le 24/04 (seulement). Sur les quelque vingt sites suivis, ce n'est que le 2 avril que sont trouvées 2 premières femelles au nid et les cinq tentatives de reproduction découvertes en tout se sont soldées par un échec complet, les cinq nids ayant été abandonnés en cours d'incubation. Pour la troisième année 2 chevêchettes d’Europe ont manifesté un comportement toujours aussi atypique, avec

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absence de tout indice de présence en automne et en hiver et reprise des chants réguliers du 01/05 jusqu'au 04/07 pour le dernier. Recherche femelle désespérément ! Coordination : Dominique VIGIER

• Massifs forestiers de Haute-Loire (43) Massif du Devès Pour le massif du Devès, avec un accès délicat, pour cause de neige au début du printemps, nombreux sont les sites découverts en 2012, qui n'ont pu être "écoutés". Le 9 mars 2013 enfin, un premier chanteur Tengmalm se fait entendre. Plusieurs sorties par la suite pour comptabiliser, seulement trois chanteurs sur la période. Petite année pour les nidifications car seule une chouette sera vue à la loge le 13 avril, puis le 27 avril, puis plus rien...Plus tard dans la saison, les 11 îlots d'arbres occupés en 2012 on été contrôlés par grattage au moins une fois, sans pouvoir apporter de preuve de nidification ou tentative ; 2 de leurs loges étaient occupées par des écureuils. La plupart des pôles étant situés dans les forêts de type hêtraies-sapinières en gestions O.N.F. une convention avec la LPO est en cours d’élaboration, afin de pointer et protéger les arbres à cavités. Pour la chevêchette d'Europe aucune observation n'a été faite de l'espèce, malgré diverses prospections à sa recherche sur le Devès. La petite chouette semble être la grande absente de ces forêts, qui pourraient correspondre au biotope type... Massifs du Meygal, du Mézenc, du Felletin et des Monts Breysses La période d’août 2012 à juillet 2013 va enclencher un nouvel élan dans la recherche des petites chouettes de montagne en Haute-Loire. Le travail mené sur le massif du Devès va remotiver quelques ornithos locaux à rechercher dans un premier temps la chouette de Tengmalm, dont on pensait la distribution départementale plus localisée, et dans un second temps la chevêchette d’Europe. Chouette de Tengmalm : le nombre d’observations fournies pour la période considéré est de 25, avec seulement 2 contacts d’un oiseau chanteur, probablement le même car sur le même site et à quelques jours d’intervalles. Les 2 observations émanent de 2 observateurs différents, pour un total de 4 observateurs sur ces massifs. Chevêchette d’Europe : sa découverte récente en Haute-Loire a suscité quelques velléités qui ont payé sur le massif du Meygal avec plusieurs contacts en automne, dont un chant d’automne bien marqué (mais bref), et un seul contact printanier. 4 observateurs au total, pour 24 données et 8 contacts en tout. Coordination : Nicolas VAILLE-CULLIERE & Christophe TOMATI (LPO Auvergne)

• Montagne limousine (19 et 23) En 2013, on compte 4 chanteurs pour 4 sites différents (2 en Corrèze et 2 en Creuse), avec une couvaison dont on ne connait pas l'issue. Cette saison encore, la découverte de nouveaux sites plus bas en altitude et éloignés du noyau historique, confirme l'extension ou l'étalement de la population de chouette de Tengmalm en Limousin. Pour autant la population ne grandit pas. Aussi, peut-être faudrait-il attribuer ce phénomène à la diversification des observateurs ? Coordination : Romain ROUAUD (PIC NOIR)

• Gard et Lozère (30 – 48) La pression d'écoute fut quantitativement à peu près identique en 2013 aux années précédentes. Le nombre de mâles chanteurs pour cette année est de 16 certains ou probables. La quasi-totalité des sites occupés en 2012 le furent en 2013, avec un nouveau site tout à fait particulier, celui du causse Méjean. Une des forêts de pin du causse accueille une loge de chouette où un piège photo révéla la présence de l’espèce, la reproduction du couple et la prédation des jeunes par un mustélidé. Contrairement à l’année 2012, la pression de "grattage" fut fortement réduite (30 grattages). Le nombre d’individus observés au trou est donc très faible (1 individu). En bref, 2013 marque clairement une présence pérenne de la chouette de Tengmalm sur le massif de l’Aigoual, une présence plus faible sur le mont Lozère, et surtout l’apparition de l’espèce sur le causse Méjean. L'Aubrac ne fournit toujours pas de mention et la Margeride n’a pas été prospectée alors qu'elle accueille assurément l'espèce. Coordination : Jimmy GRANDADAM (Parc national des Cévennes) et François LEGENDRE (ALEPE)

MASSIF ALPIN

• Haute-Savoie (74) Pendant la période concernée, les 108 sorties de prospections réalisées ont permis des contacts avec la chevêchette d’Europe sur 58 sites dont 40 au printemps. L’altitude varie entre 950 m et 1 780 m. La reproduction est certaine sur un site à Vallorcine où une cavité est occupée. La recherche de nouvelles localités se poursuit et, cette année, ce sont 7 nouveaux sites qui sont découverts dont 5 au printemps, ce qui donne un total de 149 sur le département dont 103 au printemps. La répartition de l’espèce progresse toujours, mais des secteurs potentiellement favorables restent à prospecter. 3 observateurs cumulent 202 h de prospection. Sur la période concernée, 17 sorties de prospection pour la chouette de Tengmalm ne permettent que 4 contacts,


Les Cahiers de la Surveillance 2013 uniquement au printemps. Un oiseau est retrouvé mort sur un sentier vers 900 m d’altitude en avril sur la commune de Thorens-Glières. Une autre est observé en juin dans une cavité sur la commune de Vallorcine. Par contre, des cavités occupées l’année dernière ne le sont pas cette année. La progression de la répartition de l’espèce sur le département se poursuit et atteint aujourd’hui 153 localités dont 119 occupées au printemps. Coordination : PASCAL CHARRIÈRE (LPO Haute-Savoie)

• Savoie (73) Chouette de Tengmalm Pour la période concernée par cette synthèse, les données concernant la chouette de Tengmalm sont extrêmement faibles au regard de la pression d’observation (ONF, PNV et LPO). A l’automne 2012, 1 seul contact de l’espèce a été enregistré. Et cela malgré l’étude "petites chouettes" menée jusqu’à l’automne 2012 sur une partie du massif des Bauges par la LPO (0 contact). C’est à peine mieux au printemps avec 5 individus observés ou entendus. L’absence de données sur le massif des Bauges est remarquable car il s’agit d’un secteur bien occupé par l’espèce et régulièrement parcouru par les ornithologues. Chevêchette d’Europe La mise en commun des connaissances (LPO, ONF, PNV) a permis de mettre en évidence la présence de 20 à 25 mâles chanteurs ou couples de chevêchette sur la période 2012-2013. Malgré le cumul des efforts de chaque contributeur, le nombre de contacts au printemps a été assez faible. On retrouve le massif des Bauges en tant que principal contributeur avec 10 individus cantonnés à l’automne mais étonnamment plus aucune donnée au printemps. Ce constat doit toutefois être relativisé puisque l’étude spécifique des petites chouettes menée par la LPO Savoie pour le Parc naturel des Bauges s’est terminée à l’automne 2012. On peut donc imaginer que la pression d’observation au printemps a été bien plus faible. La Maurienne, par exemple, a permis d’identifier une dizaine d’individus à l’automne et 9 ont été contactés au printemps. Il ne s’agit cependant pas toujours des mêmes localités car le contrôle automne-printemps ne peut être systématiquement réalisé. Les autres massifs apportent peu d’observations complémentaires mais on peut noter l’identification de 3 nouvelles localités dans le Beaufortain et la Chartreuse apporte 5 localités occupées par l’espèce. Plusieurs contacts à basse altitude (autour de 900 m) ont été notés dans le Beaufortain et le massif de l’Epine (mont du Chat). Cependant, il n’est pas possible de dire s’il s’agit d’individus durablement installés. Synthèse Dans l’ensemble, l’année 2013 semble avoir été très mauvaise pour nos deux

Bilan de la surveillance de la Chevêchette d’Europe - 2012-2013 MASSIFS (départements)

Nbre de chanteurs ou de couples ou de nidifications

Vosges du Nord (57 et 67) (20) 6 Vosges moyennes (57 et 67) 4 Hautes-Vosges (68 et 88) (50) 20 Jura (Franche-Comté et 01) NC* Bourgogne 1 Massifs forestiers de Haute-Loire (43) 1 Livradois (43 - 63) 2 Haute-Savoie (74) 40 Savoie (73) (24-25) 20 Isère (38) 32 Vercors (26) 2 Hautes-Alpes (05) (32) 27 Parc national du Mercantour (04 et 06) 18 TOTAL 173 chanteurs ou couples ou nidifications

Nbre de nids contrôlés ou de familles observées

2 0 2 NC* 0 0 0 1 0 0 0 5 et 1 famille 0 10 nids 1 famille

Bilan de la surveillance de la Chouette de Tengmalm - 2012-2013 MASSIFS (départements)

Nbre de chanteurs ou de couples ou de nidifications

Ardennes 0 Vosges du Nord (57 et 67) 2 Vosges moyennes (57 et 67) 0 Hautes-Vosges (68 et 88) 3 Jura (Franche-Comté et 01) NC* Bourgogne 1 Massifs forestiers de Loire (42) 3 Massifs forestiers de Haute-Loire (43) 4 Montagne limousine (19-23) 4 Livradois (43 - 63) 5 Gard (30) et Lozère (48) (1) 16 Haute-Savoie (74) 4 Savoie (73) 5 Isère (38) 19 Vercors (26) 0 Hautes-Alpes (05) (3) 11 Parc national du Mercantour (04 et 06) 4 Pyrénées-Atlantiques (64) 1 Aude (11) 2 Ariège (09) 7 TOTAL 91 chanteurs ou couples ou nidifications

Nbre de nids contrôlés ou de familles observées

0 0 0 0 NC* 0 0 0 1 5 1 1 0 0 0 0 0 0 0 0 8 nids

Nota : les effectifs entre parenthèses sont le nombre de chanteurs ou d’individus contactés lors de l’automne 2012 ; *NC : données non communiquées.

chouettes de montagne. La meilleure circulation et le partage des informations entre les différents participants de l’enquête (ONF, Parc national de la Vanoise, Parc naturel de Chartreuse, LPO…) avaient laissé présager de meilleurs résultats. Force est de constater que malgré l’effort de prospection et de mutualisation des données, l’activité vocale semble avoir été extrêmement faible. Cela est sans doute à mettre en relation avec des conditions météorologiques difficiles au printemps et en été ainsi que de faibles populations de micromammifères. Espérons que la saison 2013-2014 soit plus favorable à nos deux chouettes boréales ! Coordination : Jérémie HAHN

• Isère (38) Pour la saison 2012-2013, le nombre de données est en très forte baisse par rapport aux années précédentes et surtout par rapport à 2011-2012 où nous avions pu recenser 85 territoires de chevêchettes et 49 de Tengmalm. Cette année, les effectifs tombent à 32 pour la chevêchette et 19 pour la Tengmalm. Principale raison pour expliquer cette baisse significative : les conditions climatiques du printemps, avec de fortes précipitations neigeuses puis pluvieuses tout au long de l’hiver qui se sont prolongées très tard au cours du printemps. De ce fait, les contrôles de nidification ont été rendus très difficiles quant à l’accès. De

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Chevêchette d'Europe © Maurice Chatelain

même, on peut penser que ce printemps rigoureux a eu des conséquences néfastes sur la nidification des deux espèces. Ce nombre de données en forte baisse peut être aussi interprété comme le creux d’un cycle dont la périodicité reste à définir, surtout pour la chevêchette. Notre jeune groupe isérois n’a pas encore suffisamment de recul dans le temps pour analyser ces variations. Les données des prochaines années nous apporteront matière à réflexion. Toutefois, les prospections continuent et le nombre de données inscrites dans la base FauneIsère révèle l’intérêt des observateurs pour ces deux espèces. Données brutes Chevêchette : 2012-2013 : 169 données (+ 110 négatives (*)) dont 95 à l’automne et 74 au printemps. Rappel : 2011-2012 : 295 données (+ 214 négatives) ; Chouette de Tengmalm : 2012-2013 : 31 données (+ 57 négatives) dont 17 à l’automne et 14 au printemps.

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Rappel 2011-2012 : 141 données (+ 118 négatives). (*) Les données négatives correspondent à des sorties sans contacts. Comme les autres années, une grosse partie de ces données sont issues des massifs qui cernent l’agglomération grenobloise et donc faciles d’accès : Chartreuse, Vercors Nord et Belledonne. Le sud du département (Trièves, Oisans, Grandes Rousses) est toujours assez peu prospecté. Les données altitudinales donnent une moyenne de 1 309 m pour la chêvechette d’Europe et 1 312 m pour la chouette de Tengmalm. Pour cette quatrième année d’étude, nous sommes toujours dans une perspective d’amélioration de nos connaissances sur la répartition et la densité des deux espèces sur tous les secteurs montagneux de l’Isère sans recherches particulières des nids. Coordination : Yvan ORECCHIONI (réseau avifaune ONF) et Alain PROVOST (LPO Isère)

• Vercors (26) Chevêchette d’Europe : un mâle sur la partie nord de la Réserve biologique intégrale début mai, puis plus rien lors d'autres passages et un couple le 5 juin avec échange de proie près de Pré Rateau (site revu à deux reprises sans nouveau contact). Aucune preuve de reproduction cette année. Coordination : Gilles TROCHARD

• Hautes-Alpes (05) Chevêchette d'Europe De manière générale, la période 20122013 se caractérise par une hausse notable de l'effort de prospection ainsi que des observations. Cela est dû, en partie, à l'investissement important de quelques personnes mais aussi une augmentation globale du nombre d'observateurs aussi bien individuels, que issus de la dynamique associative ou des institutions comme le Parc national des Ecrins, l'ONF ou le réseau des sites Natura 2000. Il faut noter toutefois une répartition inégale de l'effort de prospection selon les dis-


Les Cahiers de la Surveillance 2013 tricts qui traduit la nécessité, à l'avenir, d'une plus grande coordination des observateurs au sein d'une dynamique départementale. Depuis la dernière synthèse, 20 nouveaux sites ont été découverts portant le total à 98 sur le département au 31 août 2013. 45 sites ont été fréquentés pendant la période 2012-2013. 17 ne sont concernés que par des contacts automnaux, 13 par des contacts en période de reproduction et 15 (tous dans le Champsaur) par des contacts aux deux périodes. Sur les 27  sites fréquentés en période de reproduction, 5 nichées ont été recensées totalisant 13 jeunes à l'envol. Ce faible résultat traduit le fait que, globalement, l'effort de prospection est encore essentiellement tourné vers la recherche de nouveaux territoires ou la simple confirmation de présence sur les sites connus. En Clarée toutefois, un site de reproduction est suivi pour la 4e année avec 4 jeunes à l'envol. Dans le Queyras, 2 sites présentent des indices de reproduction probable (nettoyage et tapis de pelotes en pied de cavité). Dans le Champsaur, à l'automne 2012, une prospection quasi exhaustive des habitats potentiellement favorables a permis de porter de 7 à 23 le nombre de sites fréquentés par la chevêchette. Le printemps suivant a pu alors être consacré à la recherche des territoires de reproduction. 5 nids ont été découverts dont 3 totalisant 5 jeunes à l’envol + 2 nids fréquentés par les adultes (avec apport de proies et nettoyage de nid) mais sans preuve ensuite de succès de reproduction. Un 6e territoire a été confirmé par la découverte de 4 jeunes fraîchement envolés mi-juillet. L’accès assez aisé aux différents sites de reproduction et leur relative proximité ont grandement facilité cet inventaire (2 nids occupés ont été relevés à moins d’un km de distance). Dans les districts intra-alpins (Embrunais, Queyras et Briançonnais) un travail analogue exigerait 10 fois plus d’investissement étant donné l’étendue du territoire, l’ampleur des versants forestiers, et le nombre important d’habitats potentiels non encore prospectés. Le Dévoluy est le district oublié des chevêchettologues ! Enfin, des prospections sans résultats ont débuté dans les PréAlpes gapençaises malgré des milieux assez propices. Chouette de Tengmalm En 2012-2013, c'est une évidence : la Tengmalm n'a pas bénéficié du même essor de prospection que la chevêchette. Il s'agit sans doute même d'une conséquence directe d'un report d'effort. L'espèce n'a été contactée que 11 fois avec toutefois 4 nouveaux sites découverts (2 dans le Guillestrois et 2 dans

l'Embrunais), ce qui porte le nombre de sites total à 114 pour le département. L'essentiel des contacts est au chant en période de reproduction, 3 contacts sont des observations automnales. En Clarée, un oiseau est observé à l'entrée d'une loge forée dans un tremble (après grattage). Aucune information de suivi de reproduction n'est remontée au réseau cette année.

été entendu le 21 mai dans le parc national au cours d’un comptage de coq de bruyère, mais aucun nid n’a été trouvé. Par ailleurs, un juvénile est découvert dans le même secteur en vallée d’Ossau le 6 septembre, preuve que dans ce secteur à sapinière au moins une reproduction a abouti malgré la pénurie de faines.

Remarque : en raison de l'intégration récente de données historiques et d'une meilleure connaissance des territoires, certains sites ont été fusionnés, d'autres rajoutés depuis les dernières synthèses d'où quelques légères différences possibles dans les totaux et sous-totaux présentés.

• Aude (11) 1 chouette de Tengmalm vue fin décembre 2012 sur une zone à territoires multiples (6 chanteurs en 2008, 1 seul en 2009, 0 en 2010 et 2011) et 2 chanteurs sur le site à Tengmalm leucistique en janvier 2013.

Coordination : Marc CORAIL

• Alpes-de-Haute-Provence (04) et Alpes-Maritimes (06) Parc national du Mercantour En 2013, le Parc national a poursuivi la prospection ''chouettes de montagne'' dans les différentes vallées du cœur et de l'aire d'adhésion. Cette recherche s'est donc effectuée sur les sites non prospectés en 2012. Comme l'an passé, le protocole (repasse le long d’itinéraires prédéfinis) s’est déroulé de février à mai sur les 6 vallées de l'espace protégé. 42 sites ont été parcourus totalisant 266 points d’écoute. Malgré une augmentation très forte des points d'écoute (115 en 2012), les résultats 2013 sont nettement plus faibles qu'en 2012. En effet, il ressort seulement 4 contacts de mâles chanteurs de Tengmalm en 2013 contre 16 en 2012 et 18 contacts de chevêchette d'Europe en 2013 contre 25 en 2012. Il est difficile d’expliquer cette baisse des contacts mais ces 2 années 2012 et 2013 peuvent difficilement être comparées, les sites de recherche et donc les points d'écoute étant différents. On peut seulement émettre l'hypothèse que les sites a priori les plus favorables ont pu être parcourus en 2012 et que l'année 2013 n'a pas été d'une manière générale un bon cru. Un site de reproduction contrôlé dans le Var-Cians, avec au moins 2 jeunes. Département 04 hors PNM : une seule donnée de Marc Corail de chevêchette à Seynes-les-Alpes. Le manque de prospection constaté en 2012 se confirme. Coordination : Daniel DEMONTOUX (Parc national du Mercantour)

Coordination : Jean-Claude AURIA (réseau ONF)

avifaune

Coordination : Christian RIOLS (LPO Aude)

• Ariège (09) L'année 2013 a été une année difficile, dans les Pyrénées, avec de nombreuses précipitations neigeuses rendant les accès difficiles. L'ONF est toujours dans une perspective de découverte de nouveaux habitats fréquentés par la chouette de Tengmalm, car les données sont peu nombreuses à l'échelle de notre département et la population ariégeoise est certainement sous-estimée par manque de données. L'ONF a consacré une dizaine de sorties en 2013. Elle a prospecté une partie des zones connues pour vérifier la présence de l'espèce : Bethmale (2 chanteurs, 2 sorties), Donezan (0 chanteur, mais une seule sortie), gorges de la Frau (1 chanteur) et à trouver de nouvelles zones : forêt domaniale de Lercoul (1 chanteur, 3 sorties) ; forêt domaniale de Saurat (2 chanteurs, 3 sorties); forêt domaniale du Consulat de Foix (0 chanteur, 2 sorties). Ces nouvelles données viennent récompenser les longues heures d'attentes infructueuses. Des données concernant la Haute-Garonne, nous ont été communiquées par E. Menoni, en forêt domaniale de Luchon. Nous devrions poursuivre ces prospections en 2014, sur d'autres zones. Coordination : Quentin GIRY (réseau avifaune ONF)

Pour l'Association des naturalistes de l'Ariège, deux sites ont fourni des données en 2013 : - l'un est connu (forêt de Bethmale), avec un mâle chanteur en mars 2013, - l'autre est nouveau (bordure ouest du plateau de Beille) où un oiseau a fait l'objet d'un contact visuel en décembre. Coordination : Boris BAILLAT (Ariège Nature)

PYRÉNÉES

• Pyrénées-Atlantiques (64) En 2013, 5 prospections ont été faites en vallée d’Ossau et 2 en vallée d’Aspe : un seul chant de chouette de Tengmalm a

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POURQUOI SUIVRE ET SURVEILLER LES AIRES DE RAPACES MENACÉS ? Les débuts de la surveillance sont étroitement liés aux besoins et dérives de la fauconnerie, des zoos et des collectionneursd'oeufs. Dans les années 1970, les nids de faucon pèlerin, espèce alors en voie de disparition mais encore classée "nuisible", étaient systématiquement pillés dans l'est de la France. Les trafiquants venaient voler les poussins pour les revendre à certains fauconniers, qui à l'époque n'élevaient pas leurs oiseaux. La lutte a duré plusieurs années, jusqu'au jour où des fauconniers sérieux ont compris qu'il fallait arrêter les captures et ont commencé à élever les faucons pèlerins en captivité, pour ne plus avoir à les prélever dans la nature.

La surveillance est l'occasion d'observer les oiseaux durant de longues heures. Elle permet de collecter de données précieuses sur la biologie et l'éthologie des rapaces. Elle contribue par exemple à connaître les causes d'échec de reproduction, échecs qui représente un frein considérable pour la stabilité des populations de rapaces. Elle permet aussi une veille sur les causes de mortalité des adultes, celle principale restant aujourd’hui l’intoxication.

• Assurer la tranquillité des oiseaux pour garantir une meilleure reproduction

Désormais, ce sont les dérangements involontaires qui causent le plus de tort aux rapaces. Difficile d'imaginer qu'un vol en deltaplane ou qu'une cordée de grimpeurs puisse mettre en péril la reproduction d'une espèce en voie de disparition. C'est pourtant régulièrement le cas. Si la surveillance a été créée pour lutter contre les trafics de poussins et d'œufs, elle s'exerce surtout aujourd'hui pour éviter les dérangements, bien souvent involontaires, causés entre autres par les loisirs de plein air. Ce qui ne veut pas dire que les risques de trafic soient écartés !

• Sensibiliser le grand public

En 1972, les rapaces sont enfin protégés par la loi. Le trafic devenant illégal, les associations peuvent déployer des actions juridiques. Ce qui a permis aux surveillants d'agir publiquement. C'est ainsi que la surveillance est aussi devenue une importante action de sensibilisation. Plus qu'une simple veille, elle constitue aujourd'hui un moyen efficace de sensibiliser, sur le terrain, les usagers du site. Ces derniers (des simples promeneurs aux adeptes des loisirs motorisés) sont de plus en plus nombreux. Il est important de leur expliquer les menaces qui pèsent sur ces oiseaux et de leur faire accepter la nécessité de préserver la tranquillité du site. Quand le lieu s'y prête, les surveillants montrent aux promeneurs l'oiseau à la longue-vue, saisissant l'occasion d'initier le public à la protection et à la fragilité des rapaces.

• Permettre le retour d'espèces réintroduites

En France, certaines espèces font l'objet de programmes de réintroduction comme le vautour moine, le faucon crécerellette et le gypaète barbu. Les oiseaux libérés sont des jeunes qui nécessitent également une surveillance quotidienne pour assurer leur tranquillité et le bon déroulement de l'envol.

Surveillance des aires de rapaces menacés Les rapaces de France font l’objet d’un engagement naturaliste exceptionnel. Dans tous les départements, des associations et des naturalistes bénévoles consacrent de leur temps pour surveiller la reproduction de ces espèces emblématiques. Pour les protéger et mieux les connaître, nous avons besoin de vous ! Rejoignez les surveillants au chevet de l’aigle botté, de l’aigle royal, des vautours, du faucon pèlerin, du milan royal, de l’effraie, du grand-duc, etc. Pour sauvegarder les nichées de busards en milieu agricole, la mobilisation de nombreux bénévoles est essentielle. A partir de 16 ans avec une autorisation parentale, la surveillance nécessite au minimum une semaine de disponibilité entre février et août. Jumelles et longuevue sont de précieux auxiliaires. Pour faciliter l’organisation des coordinateurs, pensez à vous inscrire dès cet hiver. © Christian Pacteau

• Connaître les rapaces

Comment devenir surveillant ?

Contactez la Mission Rapaces au 09 72 46 36 19, sur rapaces@lpo.fr, Parc Montsouris – 26 boulevard Jourdan – 75014 Paris. Nous vous mettrons en relation avec les coordinateurs locaux susceptibles de vous accompagner dans votre démarche.

Document réalisé par Blanche Collard avec l’aide des coordinateurs nationaux Fabienne David, Laurent Lavarec, Philippe Lecuyer, Renaud Nadal, Pascal Orabi, Philippe Pilard, Yvan Tariel et Martine Razin. La LPO Mission Rapaces remercie le ministère chargé de l'Environnement pour son aide financière sur certaines espèces, ainsi que tous les bénévoles et tous les organismes qui, sur le terrain ou dans les bureaux, ont contribué d’une façon ou d’une autre à la surveillance des aires de rapaces menacés. Cette année, la Fondation Nature & Découvertes, partenaire de la Mission Rapaces, a soutenu le circaète jean-le-blanc, le milan royal et les rapaces nocturnes. L'ONF a soutenu l'aigle botté et les petites chouettes de montagne. Cemex a soutenu le Vautour moine. Contact : LPO mission rapaces - rapaces@lpo.fr - www.lpo.fr Retrouvez l'actualité sur ces espèces sur le site http://rapaces.lpo.fr Illustrations : François Desbordes - Couverture : Vautours fauves/Bruno Berthémy Grand-duc d'Europe/Christian Aussaguel ; Autour des palombes/Emile Barbelette ; 60 Effraie des clochers / Grégory Smellinckx. Maquette, mise en page : Service Editions LPO - ED1502006YH - © 2015

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