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Vautours

Réintroduction et conservation dans les Grands Causses

Tout a commencé au milieu des années soixante lorsque quelques passionnés ont imaginé que le vautour fauve, disparu des gorges de la Jonte et du Tarn 20 ans auparavant, pourrait retrouver sa place dans les Grands Causses.


Références bibliographiques • Gensbol Genny, 1993, Guide des rapaces diurnesEurope, Afrique du nord,proche Orient, éditions Delachaux et Niestlé, collection les guides du naturaliste. • Lars Svensson, Killian Mullarney, Dan Zetterström, Peter J. Grant, 1999, Le guide Ornitho éditions Delachaux et Niestlé, collection les guides du naturaliste.

Bertrand Eliotout a été responsable de la LPO Grands Causses de 2004 à 2009. Dans la nuit du 21 au 22 octobre 2009, il décédait tragiquement dans un accident au Zimbabwé où il était parti pour d’autres horizons travailler sur la grande faune. Que la terre de Dordogne où il repose en paix lui soit légère.

• Eliotout Bertrant, 2007, Le Vautour fauve, éditions Delachaux et Niestlé, collection les Sentiers du naturaliste. • Terrasse Jean-François, 1984, Le Gypaète barbu, éditions Delachaux et Niestlé, collection les Sentiers du naturaliste. • LPO-Aveyron, 2008, Faune sauvage de l’Aveyron – Atlas des vertébrés, édition du Rouergue. • ALEPE, 2000, Faune sauvage de Lozère, Les vertébrés, édition ALEPE. • Thiollay Jean-Marc et Bretagnolle Vincent, 2004, Rapaces nicheurs de France, Distribution, effectifs et conservation, éditions Delachaux et Niestlé, bibliothéque du naturaliste.

Crédits l, Rédaction id, Albane Dervi olini, Thierry Dav Constant Bagn ouze. r et Raphaël Ne Philippe Lecuye Relecture z, Yvan Tariel, rg, Olivier Durie Odile Couquebe et Gilles Vergelly. Michel Terrasse s Photographie uno Berthémy. raphies est de Br og ot ph s d, de l tie L’essen my, Thierry Davi Christian Coulou t, ille Ca l ue r, an ye Emm ilippe Lecu livier Duriez, Ph atts Albane Dervil, O beau et Dave W m gi , Samuel Re ze ou Né l aë ph n. Ra ntributio apporté leur co ont également es rt ca position et Création, com eue bl e at et - la tom Emmanuel Caill Impression nne Causses et Céve

• Parc National des Cévennes, 2009, Les vautours des Grands Causses, Serres en valats Le magazine du PNC n° 23. • •

La hulotte, 2008, n° 91 - Tonton Griffon, le Vautour fauve [1] La hulotte, 2009, n° 93 - Tonton Griffon, le Vautour fauve [2]


Sommaire Vautour fauve p8

Editorial p4 Qui sont les vautours ?

p6

Qu’est-ce qu’un vautour ?

p7

Imaginaire

p7

Les quatre vautours

p8

fauve, moine, percnoptère, gypaète

Histoire et répartition p 16

Vautour moine p 10

Comment fonctionnent les vautours ? p 18 Technique de vol p 19 Prospection alimentaire p 20 Régime alimentaire p 21 Relations avec les hommes

p 22

Actions de conservation p 23

Vautour percnoptère p 12

Equarrissage p 24 Placettes d’alimentation p 25 Suivi technique p 26 Baguage p 28 Causes de mortalité p 29 Interactions entre vautours et élevages p 31 Qui s’occupe des vautours ? p 31 Découvrir les vautours p 32

Gypaète barbu p 14

Actions de sensibilisation et d’éducation p 33 LPO Grands Causses p 34 Education à l’environnement, valeurs et références de la LPO France p 35 Maison des Vautours p 37


Edito 4


o

Nous sommes la somme du passé… Michel Brossellin, Michel et JeanFrançois Terrasse, Justin Costecalde, Alain Avesque, Bertrand Eliotout, JeanClaude Austruy et toutes les autres personnes connues ou anonymes, bénévoles ou professionnelles, ont réalisé une œuvre unique au monde : la réintroduction des vautours fauves et moines dans les Grands Causses. Chaque goutte d’eau compte. Ces oiseaux mangeurs de mort à la beauté insoupçonnée donnent plus de vie et agrandissent le ciel, offrant ainsi des images et des sensations sans cesse renouvelées. Leur présence apporte au regard curieux et attentif un sens à la vie laissant divaguer l’esprit au rythme de leur vol plané spiralé et ascensionnel propice à la réflexion. L’intérêt que nous leur portons permet la découverte d’autres formes de vie, de l’aigle à l’orchidée en passant par l’insecte car le regard et la sensibilité s’affûtent créant une porosité à la beauté infinie de la nature dont nous les hommes sommes issus. Certes la réintroduction est un succès biologique, scientifique et s’inscrit dans les programmes mondiaux

de sauvegarde de la biodiversité mais c’est aussi une aventure humaine où des hommes différents, agriculteurs, chasseurs et naturalistes, se sont rencontrés, ce qui à travers une écoute réciproque fructueuse a permis souvent de faire germer l’amitié. Nous sommes sur la même Terre et quand le cœur est disponible tout est possible. L’autre impact du retour des vautours est l’aspect économique ; notre pays vit principalement de l’élevage développé autour de la thématique « vautour » et rares sont les activités touristiques de pleine nature qui ne prennent pas comme emblème ces grands rapaces. La création de la Maison des vautours dans les Gorges de la Jonte aux côtés de la Ligue pour la Protection des Oiseaux, est directement liée à ce succès. Prenons le temps d’écouter, d’observer la nature, c’est le plus grand des enseignements. Ce monde et cette vie sauvage nous instillent notre humanité. Constant Bagnolini, Gilles Vergely, Maison des vautours


Qui sont les vautours 6


Qu’est-ce qu’un vautour ? Les vautours sont des oiseaux bien sûr, mais pour être précis, des rapaces de l’ordre des Accipitriformes et de la famille des accipitridés. Ils sont charognards et exploitent une biomasse animale à son stade biologique ultime. Ces nécrophages sont spécialisés dans l’élimination des cadavres. Leur anatomie est adaptée à cette nourriture : le bec est crochu pour entamer les chairs, le cou recouvert d’un fin duvet se nettoyant facilement. Les serres sont peu puissantes et non adaptées à la préhension comme celles de l’Aigle royal. Pour terminer, leur système digestif leur permet d’assimiler la viande putréfiée sans dommage. Si de nos jours le Vautour fauve se cantonne aux seules régions méridionales, il occupait au Pléistocène supérieur (1,6 million d’années à 11 000 ans) des milieux aux paléoclimats très disparates et sous des latitudes variées. Des vestiges ont par exemple été découverts en Belgique où l’espèce n’est plus présente de nos jours.

s?

Ubi pecora, ibi vultures ! Cet adage de l’époque romaine résume bien la perception de ces oiseaux : où il y a du bétail, il y a des vautours.

Jusqu’à la fin du paléolithique, il y a 11 000 ans, les populations de vautours se nourrissaient à partir de la mortalité des troupeaux d’ongulés sauvages. Au néolithique (9 000 ans), lorsque l’homme se sédentarise, il se met à domestiquer les animaux. Progressivement, la grande faune sauvage se réduit et les vautours s’adaptent à cette lente évolution en se nourrissant également des cadavres issus des troupeaux domestiques. A notre époque, si les vautours sont bien des animaux sauvages, ils dépendent néanmoins de l’homme pour leur ressource alimentaire.

Imaginaire Oiseaux sacrés ou répugnants selon les époques et les civilisations, les vautours sont des agents purificateurs dans le cycle biologique : en faisant disparaître les cadavres, ils évitent leur putréfaction et les maladies qui en résultent. La dimension symbolique du vautour, associée à la quête de vie éternelle, se retrouve dans de nombreux mythes et religions primitives de l’Ancien et du Nouveau Monde. Ainsi, dans l’Egypte ancienne, le Vautour percnoptère était un passeport pour l’au-delà.

Il ornait les monuments et les papyrus anciens. Il était le « purificateur sacré ». Pour les Incas, les Condors étaient liés au culte du soleil. Dans la Grèce antique, le vol des vautours était un présage de bon augure. La croyance en un rôle purificateur des vautours atteint son apogée dans la coutume de certains peuples qui leur offraient des cadavres humains. Aujourd’hui encore, en Inde et dans l’Himalaya, différentes ethnies livrent les dépouilles de leurs morts aux vautours, pour éviter de souiller les éléments sacrés que sont la terre, le feu et l’eau, et considérant ces funérailles comme propres à conduire l’Esprit vers le repos éternel. Au début du XIXème siècle, le vautour éveille, principalement en Europe, des sentiments moins nobles liés à l’aversion voire à l’hostilité marquée pour les rapaces. Commencent alors des campagnes d’extermination, et il faudra attendre la fin du XXème siècle pour que le vautour retrouve enfin ses lettres de noblesse.


Les quatre

Vautour fauve

Gyps fulvus (latin)

lo Voltoràs (occitan)

Bouldras (usuel)

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L’envergure de ce rapace varie de 2,40 m à 2,70 m pour un poids de 7 à 11 kg. Son plumage est caractérisé par des dégradés de bruns, de beiges et de noirs. Ces tons le rendent d’ailleurs assez difficile à voir lorsqu’il couve sur son nid en falaise. Son cou reptilien qui émerge d’une collerette de plumes duveteuses est caractéristique et bien adapté à son mode d’alimentation. En vol, le Vautour fauve se reconnaît relativement facilement. Sa taille est imposante et ses ailes sont larges avec de longues rémiges digitées. Sa queue, très courte, permet aussi de le distinguer de l’Aigle royal avec lequel il peut évoluer. Sédentaire, ce vautour très grégaire niche en falaise. L’âge de la première reproduction est souvent considéré comme étant de 4 ou 5 ans mais des cas de reproductions réussies à 3 ans ont été enregistrés dans les Causses. Les partenaires sont souvent unis pour la vie, encore que des accouplements extraconjugaux ont pu être constatés grâce aux lectures de bagues ! Les parades nuptiales se déroulent en vol, à proximité des sites de reproduction et des dortoirs, dans ce que l’on appelle le domaine communautaire. t


e vautours Ces vols sont très démonstratifs et peuvent réunir jusqu’à 6 ou 7 oiseaux volant les uns au-dessus des autres. Les accouplements ont lieu sur l’aire (nid) ou à proximité de celle-ci, dès la fin du mois de novembre. Le nid est situé dans une cavité rocheuse ou une vire souvent bien abritée. Le couple utilise alors quelques branches de pin sylvestre, de buis et la cuvette du nid est faite d’herbe et de mousse. L’unique œuf est pondu dès le début du mois de janvier et les deux adultes participent à l’incubation qui dure environ 54 jours. Le poussin est nourri par régurgitation et passe 4 mois au nid. L’élevage du jeune vautour se prolonge après l’envol, durant 2 à 3 semaines pendant lesquelles il revient au nid pour se faire nourrir. Une longue période d’erratisme va amener certains jeunes vautours à s’expatrier. Grâce au baguage, des observations d’oiseaux caussenards en balade nous parviennent régulièrement et les destinations sont variées. Les Préalpes du sud, où d’autres colonies de vautours existent, mais aussi les Pyrénées et l’Espagne sont les lieux fréquemment visités. Pour mémoire, signalons quelques observations au Sénégal d’où les oiseaux ne sont jamais revenus. Lors de ces voyages, les risques de mortalité sont importants. Des cas de jeunes oiseaux récupérés en pleine mer (au large de Sète, de l’Île d’Oléron, etc.) sont connus ! Cette mortalité juvénile est normale et permet à la population de se réguler naturellement.

Dans les Grands Causses… La colonie de vautours fauves des Causses se scinde en plusieurs sous-colonies. Les deux principales depuis la réintroduction de l’espèce en 1981 sont toujours localisées dans les gorges de la Jonte et du Tarn. Depuis 1999, la Vallée du Tarn entre Le Rozier et Millau s’est vue à son tour progressivement colonisée et les gorges de la Dourbie ne sont occupées que depuis 2003. En 2010 dans les Grands Causses, 283 pontes étaient constatées par les personnes assurant le suivi. Les nids occupés étaient répartis comme suit : • 122 nids occupés dans les gorges du Tarn ; • 94 nids occupés dans les gorges de la Jonte ; • 43 nids occupés dans la vallée du Tarn entre le Rozier et Millau ; • 24 nids occupés dans les gorges de la Dourbie.

Un des paramètres importants à suivre est le succès de reproduction (Succès de reproduction = nombre de jeunes envolés divisé par nombre de pontes), car il met en évidence l’état de santé d’une colonie. Depuis une quinzaine d’années ce taux est de 0,75 dans les Grands Causses, ce qui signifie que cette population se porte bien. Depuis le début du programme, le nombre de couples progresse en Zones de reproduction moyenne de 10 % chaque en 2010 année. Cette dynamique s’explique par l’abondance des ressources alimentaires dans la région. De plus, le potentiel d’accueil est encore très vaste avec des sites rocheux favorables à l’espèce très nombreux dans  la région. Les contreforts ouest du Causse du Larzac, par exemple, pourraient un jour accueillir aussi des couples de vautours fauves.

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Les quat Vautour moine Aegypius monachus (latin)

lo Voltor negre (occitan)

Arian (usuel)

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C’est l’un des plus grands rapaces d’Europe. D’une envergure de 2,50 m à 2,95 m, le Vautour moine se distingue du Vautour fauve par son plumage uniformément brun chez les adultes. Les jeunes de l’année sont presque noirs. En vol, ses ailes très digitées sont plus rectangulaires et tenues plus à plat lorsqu’il décrit des orbes (cercles dans une ascendance). La main est tombante en vol plané. La queue est légèrement cunéiforme. Posé, le Vautour moine est facilement identifiable. Son cou emplumé bordé d’une large collerette de plumes érectiles, le dessus clair de la tête et la cire bleutée ou rosée de son bec très fort le rendent inconfondable. Les individus de cette espèce se déplacent le plus souvent seuls ou en couple, et sont parfois mêlés aux vautours fauves. Les vautours moines sont sédentaires à l’âge adulte, mais les jeunes font preuve d’un fort erratisme. Ils peuvent alors être observés à plusieurs centaines de kilomètres de leur colonie d’origine, voire plus. L’espèce est assez territoriale en période de reproduction mais peut constituer des colonies lâches, des couples étant répartis régulièrement au gré des pentes boisées des gorges et des vallons adjacents.


tre vautours C’est une espèce arboricole, d’ailleurs un des plus gros oiseaux au monde nichant au sommet d’un arbre. Les essences les plus fréquemment utilisées pour la nidification en Europe sont le Chêne vert (Quercus ilex), le Chêne liège (Quercus suber), le Pin sylvestre (Pinus silvestris), le Pin noir (Pinus nigra) ou encore le Genévrier commun (Juniperus communis)… Dans les Causses, le Pin sylvestre est quasiment le seul utilisé. Les arbres supportant les aires/nids se situent dans le tiers supérieur des pentes, et se situent en moyenne à 8 ou 9 mètres du sol. Après les parades et les accouplements qui ont souvent lieu sur le nid ou à proximité, la ponte survient dès le mois de février. Après 2 mois d’incubation, le poussin naît et les 2 parents s’occupent de lui. Avant l’âge d’un mois et demi à deux mois, il est rarement seul au nid. Il est nourri le plus souvent par régurgitation. Après un séjour de 4 mois à l’aire, l’envol a lieu au mois d’août en général mais des envols en septembre sont courants. Ce rapace est un nécrophage qui dépend un peu moins de l’élevage que le Vautour fauve. S’il se nourrit et prend part aux curées sur des cadavres d’ongulés domestiques, il est également observé sur des petits cadavres de la faune sauvage comme des lièvres, lapins ou blaireaux. 

Dans les Grands Causses… La première reproduction de Vautours moines dans les Grands Causses s’est déroulée en 1996 dans les gorges de la Jonte. Au fur et à mesure que s’opéraient les lâchers (jusqu’en 2004) et que les premiers jeunes naissaient en nature, de nouveaux couples se formaient régulièrement chaque année. En 1997, 4 couples se localisaient dans ces gorges. Ensuite, la Vallée du Tarn, entre le Rozier et Millau voyait sa première reproduction en 1998. L’année suivante, le premier couple nichait dans les gorges du Tarn. Ce site est d’ailleurs toujours occupé actuellement. Enfin, il fallait attendre l’année 2007 pour que le premier nid en Dourbie soit découvert (dans un Pin noir), sans que l’on sache si le couple s’était reproduit cette année-là. En 2010, 18 couples reproducteurs étaient présents dans les Causses et menaient 12 jeunes à l’envol. Huit couples nichaient dans la vallée du Tarn entre le Rozier et Millau, 7 dans les gorges de la Jonte, 2 dans les gorges du Tarn et un en Dourbie. Tous les ans, les jeunes qui naissent en nature sont bagués au nid. Si l’on compare avec le Vautour fauve, cette plus lente évolution de la population est liée à plusieurs facteurs. Beaucoup de vautours fauves étaient adultes au moment des lâchers alors que 50 % des vautours moines libérés étaient soit des juvéniles nés dans des parcs animaliers, soit des immatures

(âgés de 3 à 5 ans) récupérés affaiblis en Espagne. Cette différence a forcément occasionné un retard par rapport aux premières tentatives de reproduction pour cette espèce alors que les fauves se reproduisaient dès la première année de réintroduction. Zones de reproduction De plus, de par son mode en 2010 de nidification dans les pentes boisées, ce vautour est également plus sensible aux dérangements. Plusieurs cas de dérangement notamment liés à de la chasse photographique sont connus. Les conditions météorologiques peuvent également nuire à cette espèce arboricole, comme les épisodes neigeux de printemps… Dans les pays où les deux vautours cohabitent, les effectifs du  Moine, espèce assez territoriale, sont toujours beaucoup moins nombreux que ceux du Fauve. Ceci dit, le potentiel d’accueil est encore très important pour le Vautour moine dans les Grands Causses.


Les quat Vautour percnoptère Neophron percnopterus (latin)

la Marie blanca (occitan)

Zo o m … est l’un Le percnoptère x capable des rares oiseau pour d’utiliser un outil et, dans se nourrir. En eff ne où ce la savane africai ur passe vautour migrate e de choisir l’hiver, il lui arriv s’en servir des cailloux et de quille pour casser la co uche dont il d’un œuf d’autr ite le contenu. consomme ensu

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tre vautours En vol, ce rapace de taille moyenne, d’une envergure de 1,60 mètre, est facile à reconnaître. Son plumage est blanc sale, contrastant avec les rémiges noires. Une queue relativement courte et cunéiforme, une tête jaune, un vol plané élégant pouvant être acrobatique, permettent de l’identifier aisément. Comme pour les autres espèces, aucun dimorphisme sexuel ne permet à coup sûr de différencier mâles et femelles. Le corps du Vautour percnoptère d’Egypte est plutôt svelte pour un poids moyen de 2 à 2,5 kg. Les ailes sont longues, rectangulaires et rigides avec des rémiges digitées. Les pattes et les serres, de couleur claire, sont très peu puissantes. Le bec, long, droit et fin, à l’extrémité noire, est bien adapté à son mode d’alimentation. Petits vautours migrateurs de retour d’Afrique subtropicale dès le mois de mars, les percnoptères investissent rapidement le site de reproduction. L’aire, dans une cavité rocheuse, est faite de branchettes, de laine et de débris divers. Un couple peut disposer de plusieurs aires sur le même site (jusqu’à 4) et changer d’une année sur l’autre. La ponte intervient en général en avril et compte de 1 à 2 œufs. L’éclosion survient après environ 42 jours d’incubation.

Un ou deux jeunes sont élevés par les deux parents pendant 70 à 90 jours. Ils sont encore nourris quelques jours après l’envol mais ne tardent pas à partir vers les sites d’hivernage. Dans les Grands Causses, les dates de départ en migration postnuptiale sont classiquement situées dans la première quinzaine de septembre. Charognard, mais incapable de dépecer un cadavre de grosse taille, le régime alimentaire des vautours percnoptères est déterminé par la taille et la nature des morceaux convoités. Sur les charniers, ce petit nécrophage passe après les grands vautours, grappillant et picorant les restes de viande, les lambeaux de peau ou de viscères. Les vautours percnoptères sont connus pour avoir un régime plus éclectique et opportuniste que les autres vautours : amphibiens, reptiles ou petits mammifères écrasés sur les routes, etc. L’espèce, à l’occasion coprophage (consommateur d’excréments), peut être aussi observée sur les reposoirs rupestres des grands vautours. Cette espèce est très sensible au poison comme en témoigne la découverte, dans les Grands Causses, deux années de suite, d’un adulte empoisonné, mort au nid sur ses poussins.

Dans les Grands Causses… De nouveau nicheur dans les Grands Causses depuis l’année 1997, cet oiseau reste rare et très localisé dans notre région comme Zones de reproduction dans l’ensemble de en 2010 l’Hexagone où seulement 75 à 80 couples sont présents. En 2010, 3 couples ont tenté une reproduction mais un seul jeune s’est envolé cette année-là. Un quatrième couple était présent, plus ou moins cantonné, laissant espérer une évolution positive dans notre région.


Les qua Gypaète barbu Gypaetus barbatus (latin)

Fraga-l’òs

(occitan)

Zo o m …

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, le gypaète Dans la nature airement se colore volont en se baignant dans régulièrement s boues des eaux ou de ce qui lui ferrugineuses, teinte confère sa jolie rouille orangée.


atre vautours C’est l’un des plus grands rapaces d’Europe : son envergure varie de 2,60 à 2,90 m, son poids est de 5 à 7 kg. En vol, ses ailes étroites et pointues et sa longue queue cunéiforme lui donnent une silhouette svelte et élancée faisant penser à un immense faucon. Chez l’adulte, le contraste du plumage de couleur gris ardoisé aux ailes et blanc orangé pour la tête et le ventre ne permet aucune confusion avec une autre espèce de vautour. L’iris, de couleur paille, est entouré d’un cercle orbital rouge. Les « moustaches » noires sont des plumes appelées vibrisses, elles sont nettement visibles même à grande distance. Il n’existe pas de différence entre le mâle et la femelle (dimorphisme sexuel) nettement identifiable chez cette espèce. Le Gypaète adulte peut se reproduire à l’age de 7 ans. Après une période d’erratisme les premières années de leur vie, les couples se forment vers 5 ans. Ils deviennent sédentaires et se cantonnent toute l’année sur un territoire qui peut varier de 300 à 500 km². Le couple de Gypaètes possède sur son territoire 2 à 5 nids construits à l’abri d’un surplomb dans une falaise.

Un matelas de laine et de poils soigneusement entretenu pendant l’incubation recouvre une solide assise de branches. Un ou deux œufs sont pondus dans une période comprise entre la mi-décembre et la mi-février. L‘incubation dure de 53 à 58 jours. Même si les deux œufs parviennent à éclore, un seul poussin est élevé (caïnisme* du poussin aîné sur son cadet). Le jeune est nourri par les deux adultes, de viande au début de l’élevage, puis après quelques semaines , vers la fin du séjour au nid, de fragments d’os, de lambeaux de peau et de pattes d’ongulés vers la fin du séjour au nid. Le jeune quitte l’aire vers 116 à 136 jours. Les deux adultes le nourrissent encore pendant plusieurs semaines voire plusieurs mois, jusqu’à son émancipation complète. Le cycle de reproduction recouvre pratiquement toute l’année : débutant à l’automne par la construction de l’aire et les accouplements, il se prolonge jusqu’à l’automne suivant par l’émancipation du jeune. En France le Gypaète barbu est présent dans les Pyrénées (35 couples en 2010), dans les Alpes (8 couples en 2010 issus d’un programme international de réintroduction) et en Corse (5 couples en 2010).

* En biologie, le caïnisme désigne une situation d'agressivité entre jeunes d'une même portée ou d'une même couvée, agressivité débouchant généralement sur la mort du plus jeune.

Dans les Grands Causses… Un programme de lâchers de Gypaète dans les Grands Causses, associé au programme engagé dans le Parc naturel régional du Vercors, va permettre de créer un petit noyau entre les Alpes et les Pyrénées afin de favoriser Zones de reproduction en 2010 les mouvements et le brassage entre ces deux populations.

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Présence ancienne des quatre vautours Présence actuelle

Répartition occidentale

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Histoire et répartition Vautour fauve La distribution mondiale actuelle du Vautour fauve est comprise entre les 13° et 48° parallèles nord et s’étend du Portugal au Népal. Les régions qu’il fréquente sont souvent constituées de hauts et moyens reliefs. Autrefois très répandu, sa répartition aujourd’hui en Europe est très morcelée, notamment dans les Balkans. L’Espagne reste le pays qui accueille encore les plus importantes populations. En France, il a presque complètement disparu entre 1920 et 1950 et seule une petite colonie subsistait alors dans les Pyrénées, en vallée d’Ossau. Sa disparition des Causses est effective vers le milieu des années 40 et les derniers couples reproducteurs connus se tenaient dans les gorges de la Jonte. Au début des années 70, la LPO (le Fond d’Intervention pour les Rapaces à l’époque) et le Parc National des Cévennes mettent en œuvre la première réintroduction du Vautour fauve au monde. Une soixantaine de «bouldras» (ancien nom local) sont libérés de 1981 à 1986. Ces fondateurs sont à l’origine de la colonie actuelle qui comprenait en 2010 près de 300 couples.

Cette population est localisée dans les gorges du Tarn, de la Jonte, de la Dourbie et dans la vallée du Tarn entre le Rozier et Millau. D’autres projets de réintroduction ont vu le jour dans les Préalpes du sud, en Italie et en Serbie.

Vautour moine L’aire mondiale de répartition du Vautour moine s’étend principalement du sud de l’Espagne à la Chine. Cette espèce a disparu de la plupart des pays du bassin méditerranéen et d’Europe de l’est. Encore une fois, la péninsule Ibérique abrite les plus grosses colonies, notamment en Estrémadure. Jusqu’au début du XXème siècle, le Vautour moine est régulièrement observé dans le sud de la France (Pyrénées, sud du Massif Central ou Provence). Les Grands Causses semblent avoir abrité la dernière population nicheuse française avec des observations régulières dans les gorges du Tarn en 1883, mais aussi près de Mende, du Vigan en 1895 et à Peyreleau en 1906. Dans la suite logique de celle du Vautour fauve, la réintroduction du Vautour moine est soutenue en 1992 par la Black Vulture Conservation

Foundation (BVCF) et 53 oiseaux sont lâchés jusqu’en 2004. En 2010, une vingtaine de couples se reproduisaient dans les Causses.

Vautour percnoptère L’aire de distribution du Vautour percnoptère comprend le sud de l’Europe, le nord de l’Afrique, l’Afrique méridionale, l’Asie mineure et le sud de l’Asie jusqu’au sous-continent indien. Elle s’est considérablement réduite au XXème siècle et apparaît aujourd’hui très morcelée sur les trois continents. En France, au XIXème siècle, le Vautour percnoptère nichait surtout sur la frange méditerranéenne (Provence et LanguedocRoussillon) et dans les Pyrénées. Entre 1930 et 1980, la sédentarisation et l’intensification de l’élevage ont accentué le déclin de la population du Languedoc et du sud du Massif Central. Le Vautour percnoptère a disparu momentanément des Grands Causses où il était encore nicheur vers le milieu des années 50. Le retour spontané d’un couple en 1986 se concrétise difficilement. En 2010, 4 couples étaient présents dans notre région et un seul jeune s’envolait.

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Comment fonctionnent Comment ça vole ?

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Les capacités de vol des vautours sont liées à différents critères physiques comme le poids, la vitesse ou la forme de l’aile. Comme tous les aéronefs, l’aile de ces rapaces présente un profil bien particulier. Lorsque l’oiseau ou l’avion se déplacent, l’écoulement de l’air est plus rapide au-dessus de l’aile qu’en dessous. Il se crée alors, au-dessus, une dépression qui « aspire » et maintient l’animal (ou l’aéronef) dans la masse d’air, c’est la portance. De l’oiseau de quelques grammes au jumbo-jet de plusieurs centaines de tonnes, c’est le même principe qui les tient en l’air ! Par exemple : quand un oiseau fait du vol sur place, l’animal ne se déplace pas mais c’est le vent passant sur ses ailes qui assure ce phénomène de sustentation.


Techniques de vol et déplacement…

Vol à voile : la technique favorite du vautour 15 km 1 km

Causse noir

Causse du Larzac

Gorges de la Jonte

Comme les planeurs utilisés par les hommes, la plupart des rapaces utilisent le vol à voile pour se déplacer. Ils planent… Planer, c’est parcourir en volant une certaine distance en essayant de descendre le moins possible. Cette performance est exprimée par la finesse pour les planeurs ou les deltaplanes (Finesse = rapport distance horizontale parcourue / perte d’altitude correspondante).

La finesse du vautour est voisine de 15, c’est-à-dire qu’en planant en ligne droite, l’oiseau va perdre 100 m d’altitude mais parcourir en théorie 1 500 m de distance ! Imaginez ce qu’un groupe de vautours peut parcourir quand ils sont montés à 1 000 m d’altitude ! Près de 15 kilomètres ! Imaginons alors ces rapaces montant dans une belle ascendance à 1 000 mètres / sol au-dessus des gorges de la Jonte. A la vitesse de plus ou moins 50 kilomètres à l’heure, ils vont atteindre en moins de 20 minutes le lieu d’une curée située à une quinzaine de kilomètres de là sur le Larzac ! Ces oiseaux repèrent et utilisent les ascendances thermiques qui se développent à des endroits précis dans le paysage. Ces bulles d’air plus chaud et donc moins dense que l’air ambiant montent à une certaine vitesse dans l’atmosphère jusqu’à une certaine altitude.

t les vautours ?

Dans une « pompe » (terme utilisé pour parler d’une ascendance thermique), ces rapaces font des orbes afin de se maintenir à l’intérieur de l’ascendance. En planant, ils descendent, mais dans la pompe, s’ils descendent moins vite que ne monte la masse d’air dans laquelle ils se trouvent, ils montent également ! Arrivés à une certaine altitude, ils quittent la pompe et glissent dans la direction souhaitée, rencontrant d’autres ascendances qui leur redonneront de la hauteur. C’est ainsi que les vautours se déplacent d’une ascendance à l’autre quasiment sans effort. Il est donc normal d’observer jusqu’à une cinquantaine d’oiseaux qui tournent ensemble dans le ciel, tout comme le font les parapentes regroupés dans une ascendance.


Comment fonctio

Prospection alimentaire Les vautours se nourrissent d’animaux morts qu’ils trouvent lors de prospections alimentaires sur l’ensemble des plateaux caussenards ou même des régions voisines des Causses. Les vautours fauves fonctionnent en réseaux, par petits groupes. Ils peuvent se déplacer journellement jusqu’à plus de 100 km (à vol d’oiseau) des sites de nidification. En hiver, le territoire de prospection alimentaire est limité aux Grands Causses. En effet, les conditions aérologiques (peu d’ascendances thermiques)

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ne sont pas favorables à de grands déplacements à cette saison. De plus, la ressource trophique disponible à cette période de l’année est répartie essentiellement sur les hauts plateaux caussenards. A la belle saison, les vautours élargissent leur domaine de prospection car les conditions aérologiques deviennent de plus en plus favorables et les emmènent facilement jusqu’aux pâturages du Lévezou à l’Aubrac, du Cantal aux Cévennes. Certains vautours non reproducteurs (immatures

et adultes dont la reproduction a échoué) peuvent former de petits groupes dans des secteurs éloignés de la colonie. Ils se rassemblent en dortoirs dans des bois de pins sylvestres ou dans des falaises pour passer la nuit. Ils sont, en quelque sorte, en estive. Les colonies de vautours utilisent la technique de prospection en réseau. Chaque oiseau est en contact visuel avec les autres individus avec qui il prospecte. Ce système assure une grande efficacité dans la découverte

des carcasses. Les vautours sont attirés par le manège des petits charognards (corbeaux, pies, milans…) qui sont souvent les premiers à découvrir un animal mort. C’est ainsi que les vautours trouvent des cadavres et descendent rapidement pour les consommer. Lors de la curée, ils peuvent être plusieurs dizaines en quelques minutes sur une brebis morte.


onnent les vautours ?

8 h 49

Régime alimentaire Sur le pourtour du bassin méditerranéen, la présence des vautours est liée à l’élevage ovin et à la mortalité disponible dans les troupeaux. On dit que les vautours fauves sont des commensaux de l’homme, c’est-à-dire qu’ils consomment ce que les éleveurs leur laissent. Le régime alimentaire est constitué des cadavres d’ongulés d’élevage (brebis, vaches, chevaux, cochons, chèvres…) ainsi que des ongulés de la faune sauvage (sangliers, mouflons, chamois, chevreuils, bouquetins, cerfs, etc.) : il suffit que les cadavres soient visibles pour les vautours, par exemple, non dissimulés par la frondaison. La spécialisation alimentaire des quatre espèces de vautours constitue un système complet du traitement

des cadavres (équarrissage). Les vautours fauves sont les premiers à intervenir sur une brebis morte, ils l’entament par les orifices naturels et se nourrissent des tissus mous : muscles, viscères, foie, poumons… Le Vautour fauve est une espèce dite « tireur-fouilleur » : avec son long cou dénudé, il pénètre dans le cadavre. Les vautours moines présentent des adaptations anatomiques et physiologiques leur permettant d’exploiter les tissus plus coriaces comme les cartilages, les tendons, la peau, et même des petits os. Ils viennent sur un cadavre le plus souvent à la suite des vautours fauves qui laissent une carcasse bien ouverte, la peau retournée. Ils peuvent aussi se nourrir de petits cadavres comme des lapins atteints de la myxomatose par

Nettoyeurs de la nature Dans de nombreuses civilisations et depuis des temps immémoriaux, les rapaces nécrophages sont les auxiliaires du pastoralisme en débarrassant alpages et pâtures des cadavres d’animaux d’élevage. Le vautour est bien un allié précieux de l’éleveur. Il fait disparaître efficacement et rapidement des cadavres pouvant être vecteurs de contagion pour les troupeaux et de contamination des eaux. L’appareil digestif des vautours est d’une

efficacité redoutable : il peut détruire la plupart des agents pathogènes se développant dans les cadavres. L’appareil digestif des vautours est très court, il mesure à peine 3 mètres. Il est divisé en trois portions : la première partie dite pré-gastrique, c’est le jabot qui a un pH (sert à mesurer l’acidité) de 7 à 7,5 (à peu près neutre), puis vient la partie gastrique qui est l’estomac avec un pH de 1 à 1,5 (soit une acidité majeure) et enfin la partie intestinale qui a un pH

exemple ou divers ongulés sauvages. Les vautours percnoptères ont un régime alimentaire plus large, ils profitent des restes (viande, peaux, bouts d’os), mais ils peuvent consommer également des insectes et des micro-mammifères (campagnols morts, par exemple)… Ils sont également coprophages. Les gypaètes barbus se sont spécialisés dans la consommation d’os qu’ils digèrent très facilement grâce à l’action de sucs gastriques particulièrement puissants (pH=1). Les os constituent 80 à 90 % de leur alimentation. Ils sont très riches en éléments énergétiques et protéines. Ainsi la totalité du cadavre est nettoyée par cette cohorte de nécrophages.

9 h 21

10 h 10

10 h 16

10 h 27

de 6 à 7 où s’effectue l’assimilation des nutriments. Ces variations de pH sont très virucides et bactéricides. L’appareil digestif des vautours est un outil anti-infectieux. Les études scientifiques vétérinaires ont montré que les vautours sont des « cul-desac épidémiologiques », c’est-à-dire qu’en se nourrissant de charognes, ces rapaces rompent la chaîne de contamination microbienne ou parasitaire.

10 h 41


Relations avec les hommes 22


s s

Actions de conservation Rôle de la LPO Grands Causses

Depuis plus de trente ans, la LPO Grands Causses (LPO GC, anciennement le FIR) mène les programmes de réintroduction et de conservation des populations de vautours dans les Grands Causses en collaboration avec le Parc National des Cévennes et plus récemment le Parc Naturel Régional des Grands Causses. Toutes les actions de conservation des vautours commencent par la connaissance de ces populations. C’est pourquoi il est attaché une grande importance aux suivis de la reproduction des vautours mais aussi à l’étude de leurs déplacements, de leurs régimes alimentaires, de l’évolution générale des colonies. La LPO GC a en charge des missions de conservation liées à la ressource alimentaire : gestion de deux charniers et d’une collecte d’équarrissage, création de placettes d’alimentation chez les éleveurs, travail  de partenariat avec les différentes instances liées à l’élevage afin de faire évoluer la législation de l’équarrissage en faveur

des vautours et des éleveurs, maîtrise de la ressource alimentaire. D’autres actions sont ciblées sur la quiétude des zones de reproduction afin que les couples puissent mener à bien leur reproduction comme par exemple la mise en place de Zones de Protection Spéciale. De plus, la LPO GC travaille avec divers acteurs institutionnels et économiques afin de limiter la mortalité et le dérangement direct ou indirect. La LPO GC fait aménager des lignes électriques à moyenne tension pour éviter les collisions et électrocutions, et elle informe contre l’empoisonnement par les substances destinées aux ennemis des cultures. La LPO GC participe également aux concertations avec les acteurs des sports de pleine nature pour éviter les dérangements involontaires causés par certaines activités. Enfin la LPO Grands Causses participe à l’effort d’éducation à l’environnement auprès des populations résidentes et touristiques, des scolaires et des socioprofessionnels.


Relations avec les hom Equarrissage

Rappel historique

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Le premier texte régissant le devenir des animaux morts dans les élevages date de la loi du 15 février 1902. Ce texte du code rural dit « loi Martel » interdit de jeter les cadavres d’animaux en quelque lieu que ce soit, notamment dans les avens des Causses. Il faut attendre la loi du 2 février 1942 pour que l’organisation de l’équarrissage soit effective : collecte des cadavres et leur destruction par des équarrisseurs professionnels. Par la loi du 31 décembre 1975, l’équarrissage devient service d’utilité publique pour la collecte et le traitement des cadavres d’animaux de plus de 40 kg. La collecte est gratuite pour les éleveurs. Le 26 décembre 1996, suite à la crise de la vache folle, l’Etat français crée le Service Public de l’Equarrissage (SPE). L’Etat reprend à son compte le financement de la collecte et le traitement des cadavres. Dans ce contexte, l’arrêté interministériel du 7 août 1998 reconnaît les rapaces nécrophages comme équarrisseurs naturels. En s’appuyant sur ce texte, la LPO, des éleveurs et la Direction Départementale des Services Vétérinaires ont créé dans les

Causses le dispositif des placettes d’alimentation. Plus tard, sous la pression de la Communauté Européenne, le 17 juillet 2006, est mis en place en France un marché public de l’équarrissage dont le financement doit être en partie assuré par les éleveurs. Cependant, cette mesure ne devient effective que le 18 juillet 2009 avec la mise en place de la cotisation volontaire obligatoire pour l’équarrissage (CVO). En 2010, à la demande d’éleveurs lozériens, cette CVO est minorée de 60 % pour les éleveurs utilisant « officiellement » les vautours comme équarrisseurs. Le transport et l’incinération des déchets animaux d’élevage tels que les normes sanitaires l’imposent, ont un impact important sur l’environnement sous forme d’émission de Dioxyde de carbone. De ce point de vue, la contribution des rapaces nécrophages à l’élimination des cadavres acquiert une importance insoupçonnée en ce qui concerne les économies d’énergie. Concrètement, chaque semaine, un vautour éviterait d’émettre entre 3,4 et 4,8 kg de CO² (Robles Bernard, 2010, Quercus N° 293).


mmes

Placettes d’alimentation Progressivement, les vautours exploitant un territoire de plus en plus vaste, des curées spontanées ont été observées sur les plateaux environnant les gorges de la Jonte

ou du Tarn. A la fin des années 80, certains éleveurs prirent en effet l’habitude de laisser leurs cadavres directement aux vautours. Les « proto-placettes » étaient nées !

Les premières placettes Ce n’est donc qu’après de longues années de concertation entre milieu associatif, administrations et vétérinaires qu’un texte fut enfin adopté pour donner une structure réglementaire à ces dépôts officieux. Un arrêté interministériel voit le jour en 1998. Par cet arrêté, l’Etat français reconnaît donc les vautours comme moyen d’équarrissage naturel et alliés des éleveurs en milieu

montagnard. La France est pionnière en ce domaine et c’est une grande avancée en génie écologique. Dans les Causses, le tout premier arrêté préfectoral pour autoriser une placette est délivré par les services vétérinaires de l’Aveyron en avril 2001. Depuis cette époque, de nombreux dossiers ont été traités, en Aveyron, en Lozère et dans le Gard. La grande majorité des demandes obtient

Les placettes aujourd’hui En 2010, une nouvelle étape a été franchie. L’équarrissage étant payant, les éleveurs utilisant les vautours ne comprenaient pas pourquoi il fallait payer une cotisation. Une minoration de la CVO a été obtenue pour les éleveurs utilisant officiellement le dispositif des placettes. C’est ainsi que dans les Causses, l’utilisation exclusive des charniers à partir d’un réseau de collecte est progressivement remplacée par les placettes d’alimentation individuelles, toujours réalisées dans la zone prospectée régulièrement par les vautours.

Il ne restait qu’un cadre réglementaire à trouver, ces dépôts de brebis mortes en dehors des charniers étant strictement interdits par la loi.

un accord des services vétérinaires. Les vautours se nourrissent maintenant le plus souvent sur le lieu de la mort de l’animal, évitant ainsi le transport des cadavres d’une exploitation à l’autre. Les avantages sont multiples : moindre coût pour l’éleveur, pour la société, pas de risque sanitaire, autonomie de l’éleveur, rapidité, bilan carbone positif, traçabilité des dépôts…


Relations avec les hom Zoome… s actions de individuel via le

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Le suivi technique des populations Afin de connaître et de mesurer l’évolution de ces colonies, un suivi technique est en place depuis la réintroduction des vautours dans les Grands Causses. Il s’articule autour de deux axes principaux, le suivi individuel et le suivi de la reproduction.

Le suivi individuel 26

Il s’agit ici du marquage des oiseaux. Ce travail est réalisé depuis l’époque de la réintroduction, en collaboration

avec le Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris et l’Université de Paris VI. Tous les oiseaux lâchés dans le cadre de ces réintroductions ont été bagués. Ces bagues permettent encore d’individualiser les oiseaux en lisant les codes inscrits dessus avec du matériel optique. Dans un premier temps, il s’agissait surtout de savoir si les oiseaux lâchés étaient toujours vivants et présents sur le site.

Rapidement, il s’est avéré également très intéressant d’aller baguer les poussins qui allaient naître dans la colonie. De 1982 à 2005, tous les poussins de vautours fauves nés en liberté dans les Causses ont été bagués au nid (85 bagués en 2005). Depuis 2006, cinquante poussins sont bagués chaque année. Cet échantillon est suffisant et statistiquement représentatif pour les responsables scientifiques.


mmes

Le baguage permet l’étude sur la dynamique des populations, la génétique ou le comportement à la curée. Il permet également de connaître la longévité en nature, l’âge de la première reproduction, mais aussi les déplacements exceptionnels. Par exemple, cet oiseau caussenard parti en Grèce à la frontière Turque (et revenu !), ces deux autres partis au Sénégal ou encore les échanges réguliers avec les populations de vautours des Préalpes du sud de la France ou d’Espagne.

Le suivi de la saison de reproduction

Ce suivi consiste à contrôler au moins une fois par semaine tous les nids connus. En 2010, il y avait 410 nids de Vautour fauve répertoriés dans les Grands Causses. Bien sûr, tous ne sont pas utilisés dans une saison et certains, occupés dans les années 80, ne le sont plus du tout actuellement. Dans le cadre de ce suivi quotidien, il faut bien sûr tenter de découvrir les nouveaux nids, voire les nouveaux secteurs utilisés par les oiseaux. Les informations récoltées sur le terrain tout au long de la saison de reproduction doivent répondre aux questions suivantes : le nid est-il occupé ? Y a-t-il un oiseau en incubation ? Un poussin est-il né, un échec constaté ? Etc. C’est ainsi que l’on connaît pour une année, le nombre de tentatives de reproduction, le nombre de jeunes produits et le nombre d’échecs à l’incubation ou à l’élevage.

Les données ainsi obtenues servent de baromètre et permettent de mesurer l’évolution et la bonne santé de ces colonies d’autant plus que ce suivi se fait de la même manière depuis 1981 et sur d’autres populations en France ! Des paramètres comme le succès de reproduction permettent aussi de comparer ces résultats avec d’autres colonies, en France ou à l’étranger. Ce travail de terrain est fondamental et sert de socle de connaissance aux mesures de conservation prises ou à prendre. La rigueur avec laquelle il est réalisé donne toute leur légitimité et leur crédibilité aux gestionnaires de ces populations de vautours.

Les bases de données

Afin de stocker toutes les informations, des bases de données ont été créées et dédiées à ces espèces. Ces outils informatiques sont directement utilisés par les gestionnaires pour obtenir des réponses simples comme l’histoire d’un oiseau ou d’un nid. Elles permettent également d’obtenir rapidement et sous forme de synthèse toutes les informations permettant la rédaction des différents rapports ou bilans d’activités. Les personnels scientifiques utilisent ensuite ces informations dans le cadre de conventions d’échange de données pour des travaux plus particuliers qui demandent alors d’autres compétences d’analyse.


Relations Rel Le baguage des vautours fauves

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Rendons à César ce qui est à César ! C’est Jean-Louis Pinna, ancien garde-moniteur du Parc National des Cévennes, qui, le premier, a eu le courage de descendre dans toutes les aires de vautours fauves, afin d’y baguer les poussins et ce, dès 1982. Le mot courage n’est pas trop fort, car les falaises des Causses, souvent surplombantes, sont véritablement impressionnantes ! Ce programme de baguage est réalisé sous l’égide du CRBPO (Centre de Recherches sur la Biologie des Populations d’Oiseaux) basé au Muséum d’Histoire Naturelle de Paris. Pour accéder à l’aire des vautours fauves, la technique pratiquée en spéléologie, dite sur corde fixe, est utilisée. Un aspect non négligeable quant au bon déroulement de l’opération consiste en la découverte du bon itinéraire sur le plateau avant la descente proprement dite. En effet, connaître l’emplacement du nid est une chose, se retrouver juste à l’aplomb pour descendre dedans en est une autre ! La corde solidement amarrée à un pin sylvestre, l’aventure commence. Les acrobates bagueurs progressent sur la corde à l’aide d’un descendeur, le long des grandes parois grises et ocres dans une ambiance fantastique. Les bombements surplombants sont évités et pour


avec les hommes

Le baguage des vautours moines

cela, la technique du fractionnement (où la corde est ré-amarrée) permet de suivre le cheminement adéquat qui mènera au nid. Le nid atteint, parfois après des traversées impressionnantes, le moment passé en présence du jeune vautour est toujours fort ! Dans de rares cas, un adulte reste à l’aire et observe la scène, mais la plupart du temps, il s’en va ! Le poussin est souvent stressé mais pas toujours, ce qui donne lieu à de petits moments d’émotion avec le jeune oiseau en train de becqueter la manche du bagueur ! Une bague de référence en inox du Muséum et une bague en plastique blanc avec des grosses lettres noires sont alors passées sur les tarses du poussin. Quelques mesures biométriques ainsi qu’un prélèvement de 2 petites plumes en croissance pour des études sur la génétique sont réalisés. Le baguage et les différentes opérations terminées, la remontée peut s’effectuer. Il faut ici changer de matériel et utiliser des bloqueurs. Ces appareils glissent sur la corde dans le sens de la montée mais bloquent dans celui de la descente. Judicieusement positionnés sur le harnais et déplacés alternativement, ils permettent la remontée. En moyenne, si la météo est bonne, une équipe de bagueurs descend dans 3 nids sur une journée.

Pour les vautours moines, l’opération de baguage ne se présente pas du tout de la même manière. Nichant dans les arbres, cette espèce fait un nid énorme au sommet des pins sylvestres. L’accès repéré, il faut alors atteindre le pied de l’arbre. Soit des branches sont accessibles, soit le tronc est lisse sur plusieurs mètres ! Dans ce cas, il faut jeter une cordelette par-dessus les premières branches et ensuite, faire passer une corde en double.

Arrivé sous le nid, les choses se compliquent ! En effet, pouvant faire jusqu’à 2 mètres de diamètre, il faut arriver à passer ses bords, souvent en surplomb… Parvenu près du poussin, les mêmes opérations de baguage se déroulent et le bagueur peut alors rejoindre le sol. C’est à l’occasion de ces opérations que des restes alimentaires sont récoltés pour mieux cerner le régime de cette espèce.

Causes de mortalité Les causes de mortalité pour les vautours sont de différentes natures. Il faut différencier les causes naturelles de celles qui sont le fait de l’homme ou causes anthropiques.

Causes naturelles

Dans la nature, une espèce va être soumise à plusieurs types d’agression. Outre la longévité naturelle, de rares accidents peuvent aussi frapper certains oiseaux. Par exemple, des vautours ont été retrouvés pendus par une patte à la fourche d’un arbre dans les falaises et un autre s’était empalé sur une branche de buis en paroi. Quelques cas d’attaque par l’Aigle royal ont également été rapportés mais il s’agit peut-être plus d’interactions territoriales que de prédation proprement dite. Le Grand corbeau peut à l’occasion

s’en prendre à des œufs ou de jeunes poussins laissés trop longtemps seuls au nid. Une cause de mortalité naturelle, plus récurrente, va toucher les juvéniles ou les immatures. Une compétition alimentaire existe entre les individus. Si les juvéniles après l’envol n’accèdent pas à la nourriture, ils sont encore nourris au nid par leurs parents. Par contre, les vautours immatures, de 1 à 4 ans, vont devoir se débrouiller seuls. Pendant la curée, les oiseaux adultes et reproducteurs vont dominer ces immatures qui n’accéderont pas ou mal aux ressources trophiques. Ils peuvent alors répondre à cette difficulté par une exploitation des carcasses découvertes beaucoup plus loin que les zones très fréquentées par les couples adultes.


Relations avec les hom L’ erratisme juvénile va aussi les amener à s’expatrier, parfois très loin, et les périls sont alors nombreux au cours de ces voyages. De la même manière, des couples formés par des jeunes adultes rencontrent parfois des difficultés à nourrir correctement leur poussin. Dans certains cas, ces jeunes oiseaux s’envolent alors dans de mauvaises conditions (affaiblis) et ne survivent pas longtemps. Ce sont principalement ces jeunes vautours qui sont signalés l’été au bord de l’eau ou dans un camping par exemple. Si l’on ne peut faire autrement, il faut intervenir, sinon, il faut laisser faire la nature. Ces mécanismes de régulation, s’ils touchent et éliminent certains oiseaux, sont malgré tout favorables à l’espèce par la sélection qu’ils opèrent sur les individus les plus faibles.

Causes non naturelles

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Actuellement, la cause de mortalité non naturelle la plus importante est le réseau de distribution d’électricité moyenne tension et ce, malgré les efforts consentis par les services d’ERDF. Depuis le début de ce programme, près d’une centaine de vautours fauves et au moins 6 vautours moines sont morts d’électrocution ou de collision sur ce réseau. Les services d’ERDF, sur les conseils des différentes associations ou structures locales, équipent les poteaux ou portions de lignes qui ont tué des vautours ou toute autre espèce protégée. Malheureusement, ces oiseaux exploitent un territoire tellement vaste qu’il est bien sûr

impossible de tout équiper rapidement. Actuellement, l’effort d’enfouissement quasi-systématique de tout nouveau projet de ligne et la modification de réseau existant est à saluer. Des études sont menées pour mieux cerner également les risques liés aux résidus médicamenteux qui peuvent subsister dans les cadavres de la faune domestique dont se nourrissent ces oiseaux. Dans certains pays, ces intoxications chroniques ont causé de nombreux cas de mortalité pour ces espèces nécrophages, en Inde et en Afrique de l’ouest notamment. Afin de mieux connaître les différentes causes de mortalité, des autopsies et  des radiographies sont réalisées par des vétérinaires sur les cadavres de vautours. Dans ce cadre, des recherches sont systématiquement réalisées en ce qui concerne les intoxications volontaires ou involontaires par les métaux lourds ou par diverses molécules toxiques. En combinant diverses sources de mortalité (naturelle, d’origine humaine) et en utilisant toutes les données de baguage, contrôles visuels, reprises de bagues d’oiseaux morts, il est possible d’estimer les taux de survie de chaque classe d’âge de la population. Pour les vautours fauves, les taux de survie la première année se situent autour de 60 % et varient en fonction des ressources alimentaires disponibles. Lors de la deuxième année, le taux dépasse les 90 % ; 93 % la troisième année et 95 % après 4 ans. Les taux de survie adultes sont stables dans le temps et ne varient pas d’une année à l’autre.


mmes

Les interactions entre vautours et élevages La présence et le rôle des vautours ont toujours suscités certaines inquiétudes. Des personnes se sont plaintes d’un manque d’information et parfois d’une présence de vautours perçue comme agressive à l’égard des troupeaux. Dans les Causses, cette perception est survenue essentiellement dans les secteurs où ces oiseaux ne sont présents qu’occasionnellement et donc mal connus. Les vautours qui prospectent de manière efficace arrivent parfois très rapidement après la mort d’une bête. Il se peut même qu’ils soient présents avant la mort de l’animal, lors d’une

mise bas difficile ou d’entérotoxémie par exemple. Il est très rare que les vautours s’en prennent à un animal vivant. Mais cela peut se produire dans des cas exceptionnels, par exemple lorsqu’un animal est particulièrement affaibli et ne peut se relever. Les vautours ne font alors qu’accélérer une situation souvent déjà compromise pour l’animal. Dans les cas de présence de vautours perçue comme agressive, un protocole a été élaboré en partenariat avec l’administration, l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS), le PNC et la Préfecture. Il convient de

rester calme, d’éloigner les oiseaux, de ne pas déplacer les restes de la carcasse mais de les protéger avec une bâche avant d’appeler au plus vite le service de l’ONCFS afin qu’un constat par des agents assermentés de l’État et une expertise vétérinaire puissent être réalisés. Tout ceci a pour but de mieux comprendre les causes de la mort de l’animal et le rôle qu’ont joué les vautours. La rapidité d’exécution et le respect de cette procédure permettent dans la plupart des cas d’avoir une conclusion précise de l’expertise vétérinaire et donc une bonne compréhension des évenements.

Les vautours sont au cœur des préoccupations de nombreuses structures. D’abord, la Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DREAL) et la Direction Départementale du Territoire mettent en œuvre, régissent et financent les plans d’actions pour les espèces menacées. Ces services de l’Etat guident les grandes orientations de conservation des espèces et de leurs habitats en lien avec tous. Autre service de l’Etat, la Direction des Services Vétérinaires assure, entre autre, la conformité légale des placettes d’alimentation. Les éleveurs sont des partenaires très impliqués dans la vie des vautours. Dans les Causses, beaucoup utilisent ces rapaces nécrophages légalement, pour éliminer les animaux morts de leurs élevages. La réalisation de ces placettes d’alimentation est notamment assurée

par la Ligue pour la Protection des Oiseaux Grands Causses. Elle est chargée de la gestion des programmes de conservation des vautours. La recherche scientifique est également effectuée par le Muséum National d’Histoire Naturelle et le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS). Une étude sur les comportements sociaux et les déplacements des vautours par GPS est actuellement en cours, dans les Causses, jusqu’en 2011. A ce travail s’ajoute celui des agents du Parc National des Cévennes qui participent aussi au suivi, à la création des placettes et au baguage des vautours. Ils sont amenés à informer et à faire des constats lors de dérangement, de détérioration des habitats ou lors de plaintes liées aux vautours. Ce rôle est également celui des agents de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage qui sont chargés

de la police de l’environnement. Ce sont les interlocuteurs des éleveurs et des citoyens, lorsque, dans quelques cas, ils se plaignent de la présence de vautours. A ce sujet, les vétérinaires sont des acteurs importants. Ils peuvent intervenir lors d’expertises à la demande d’éleveurs. Plus naturellement, ils soignent ou recueillent occasionnellement des rapaces en détresse avant de les confier au Centre Régional de Sauvegarde de la Faune Sauvage Caussenarde à Millau. Outil de sensibilisation, la Maison des Vautours au Truel est une structure qui a un rôle très important dans la diffusion d’informations auprès du grand public. Enfin, le Parc Naturel Régional des Grands Causses matérialise l’action et le soutien des collectivités territoriales et des Institutions qui comme les citoyens utilisent l’image de ces oiseaux qui expriment le caractère de leur territoire.

Qui s’occupe des vautours ?


DĂŠcouvrir 32


Actions de sensibilisation et d’éducation Rôle de la LPO Grands Causses Indissociable de la démarche de préservation, la LPO Grands Causses a depuis les débuts des programmes toujours mené des actions de sensibilisation et d’éducation à l’environnement. Dans les années 1980, l’enjeu majeur était l’acceptation du retour des vautours par la population locale : film, affiches, communiqués de presse, rencontres individuelles étaient alors les actions concrètes engagées. Dans les années 1990, face au succès et à l’attrait de ce grand rapace, l’enjeu était d‘informer et de canaliser la population touristique : la première maison des vautours est née ! elle s’appelait alors l’Ornithogone.

Dans les années 2000, la préservation de la nature est appréhendée plus globalement (écosystèmes, Natura 2000…). Localement, pour favoriser l’émergence de pratiques individuelles et collectives adaptées aux enjeux environnementaux, de nouvelles actions de sensibilisation et d’éducation à l’environnement sont mises en place : projets éducatifs dans les écoles, programmes pédagogiques dans les villages vacances et centres de loisirs, balades et ateliers pédagogiques à thèmes, veillées à thème. En 2010, en sus, un nouvel enjeu se dessine. Face à l’évolution de la colonie de vautours et à l’agrandissement de leur territoire de prospection,

de nouvelles populations doivent cohabiter avec ces grands rapaces. C’est pourquoi, afin de pérenniser l’acceptation de la présence du vautour et de faire comprendre leur rôle dans l’écosystème, de nouvelles actions d’éducation sont entreprises auprès des résidants et usagers du territoire : émissions de radio et articles dans les journaux locaux, manifestations touchant tous les types de publics dans les villages, réunions d’échange et d’information pour les socioprofessionnels… Mais l’histoire ne fait que commencer car la sensibilisation et l’éducation à l’environnement demandent un travail d’écoute, de créativité et du temps !

r les vautours


Découvrir les vautours LPO Grands Causses Le vautour, de par sa taille impressionnante et son mode de vie est un sujet idéal pour s’initier à l’ornithologie : savoir utiliser du matériel optique adapté, faire preuve de patience, savoir observer avec finesse … autant de compétences développées à travers l’observation facile de ce grand rapace. Sa biologie, son comportement, son vol permettent d’aborder de nombreuses notions présentes dans les programmes scolaires : reproduction, adaptation morphologique, réseau alimentaire, technique de vol, migration… autant de connaissances acquises en étudiant

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le vautour, mille facettes éducatives

ce célèbre nécrophage. Intrinsèquement lié à son environnement et intimement lié à l’homme, le vautour permet l’étude de thématiques très variées : biodiversité, relation homme et animal, pastoralisme, paysage, impact de l’homme sur son milieu… Hormis l’intérêt scientifique, la majesté du vautour, la grâce de son vol sont propices à une expression artistique : poésie, histoire, dessin, peinture, land art…. Présents sur presque tous les continents, idolâtrés ou détestés, les vautours n’ont jamais laissé indifférents : à travers eux , nous pouvons découvrir les différents

modes de vie et cultures des 5 continents. Enfin, le milieu où ils évoluent est riche de paysages contrastés permettant un investissement physique adapté à chacun. Les interventions peuvent être ponctuelles ou s’inscrire dans le temps. Elles peuvent prendre différentes formes : ateliers, réunions, balades, programmes éducatifs, projection, conférences, veillées,…et traiter différents thèmes ! Mais chaque personne est unique, chaque projet aussi ! Alors n’hésitez pas à nous contacter afin que nous construisions ensemble votre projet d’éducation à l’environnement. Tél : 05 65 62 61 40 http://rapaces.lpo.fr


Education à l’environnement, valeurs et références Projet éducatif

Conformément au principe directeur de la convention de Rio sur la diversité biologique (1992), la LPO favorise les actions locales menées à partir d’une réflexion globale et locale. La LPO Grands Causses contribue, par son action éducative, à la compréhension des écosystèmes, à mettre en évidence leur fragilité et à faire connaître la biodiversité pour agir sur les comportements et développer des attitudes responsables allant dans le

sens du respect du vivant. Elle s’adresse à tous les publics en veillant à : • développer le respect de soi-même, des autres et de la nature ; • favoriser la solidarité entre les hommes, les générations et les territoires ; • éveiller la responsabilité de chacun envers la biodiversité et son environnement.

Démarche pédagogiqu La LPO Grands Causses privilégie des pédagogies actives et des projets qui s’inscrivent dans la durée et favorisent le contact avec le réel, le vivant et la pratique de terrain. Elle adopte des démarches pédagogiques basées sur trois axes : L’acquisition de savoirs, car une connaissance scientifique objective est la base d’une bonne appréhension des enjeux environnementaux ; L’acquisition des savoir-faire, qui consiste à mettre en pratique le savoir grâce à des méthodes pédagogiques

Rémige en taille réelle


Maison des vautours, les vautours ambassadeurs des Grands Causses Depuis 1998, au Truel dans les gorges de la Jonte, un espace muséographique La maison des vautours est entièrement dédié à ces géants des airs. Dans un bâtiment parfaitement intégré au paysage, une scénographie de 1500 m² répartie sur quatre niveaux vous permettra de découvrir la vie des vautours, mais également toute l’histoire de leur réintroduction. Dans les falaises et sur le charnier sont fixées des caméras qui filment en direct des vautours au nid, ou en train de se nourrir sur la curée. Ces scènes sont retransmises

dans une salle de projection où un animateur-ornithologue commente les images, parfois même en musique ! De plus, une vaste terrasse équipée de longue-vues est à disposition afin d’observer les vautours dans le magnifique paysage de falaises des gorges de la Jonte. Enfin, des randonnées naturalistes, « à la découverte des vautours », sont proposées par un accompagnateur en montagne au départ de la maison des vautours. Cet écomusée est ouvert d’Avril à Novembre. Tél : 05 65 62 69 69 www.vautours-lozere.com


Vautours

Brochure vautours de la LPO Grands Causses

LPO Grands Causses

le bourg, 12720 Peyreleau - tél : 05 65 62 61 40 - fax : 05 65 62 65 66 - http://rapaces.lpo.fr - vautours@lpo.fr prix : 4,90 € - www.lpo-boutique.com Cette brochure est financée par l’Union Européenne, la Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement Midi-Pyrénées, la région Midi-Pyrénées, et les donateurs de la LPO.

Brochure Vautours  

Brochure Vautours de la LPO Grands Causses

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