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Bortsch et foie gras dans les bagages Anatoly Komm proposera un menu « à la russe » pour les Belges dans le cadre de Gelinaz ! P. 5

Afflux de footballeurs belges Le prochain numéro

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septembre

Six joueurs belges se sont frayé un chemin dans le championnat russe P. 6

Produit de Russia Beyond the Headlines

©PHOTOXPRESS

Ce supplément est édité et publié par Rossiyskaya Gazeta (Moscou, Russie) qui assume seule l'entière responsabilité de son contenu Mercredi 5 juin 2013

DOSSIER

Grande vitesse pour les supporters

Jour de l’Indépendance, fête nationale

© CORBIS/FOTO S.A

À l’occasion du 23ème anniversaire de la proclamation d’indépendance de la Russie, nous présentons un dossier historique consacrée à l'histoire de la fête nationale - la Journée de la Russie. Le 12 juin s'est inspiré à ses début du Jour de l’Indépendance aux États-Unis, avant de trouver son sens actuel. Cette date a été retenue par les fondateurs de la nouvelle Russie comme jour de fête nationale annuelle.

Moscou se lance dans la grande vitesse avec une date butoir : le championnat du monde de football 2018, organisé en Russie. Lundi 27 mai, le président Vladimir Poutine a désigné les deux lignes principales : Moscou-Kazan et Moscou-Adler. C’est un défi impressionnant pour le réseau ferré russe, l’un des plus étendus du monde, mais aussi l’un des plus lents. C’est aussi le coup d'envoi d’un vaste programme de décentralisation de l’économie et un solide coup de pouce aux régions.

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SOCIÉTÉ

SUITE EN PAGE 4 ©DPA/VOSTOCK-PHOTO

Une nouvelle scène pour l'Opéra Mariinsky Saint-Pétersbourg a inauguré début mai le complément du théâtre historique Mariinsky. L’événement de l’année, pour une ville qui se veut « capitale culturelle mondiale ». PAULINE NARYCHKINA

C’est devant un public chamarré de célébrités des mondes artistique et politique, en robes longues et smokings, que le président Poutine a tenu à souhaiter un bon anniversaire au « Maestro Guerguiev » en le félicitant pour sa persévérance dans cette entreprise. Ce projet, étalé sur une dizaine d’années et qui a coûté 22 milliards de roubles (550 millions d’euros) aux contribuables, ne risquait pas de passer inaperçu. Un premier projet abandonné pour raisons techniques, celui du Français Dominique Perrault, a fait place à celui des architectes canadiens du bureau Diamond Schmitt. Il dessine un espace gigantesque de près de 80 000 m2 répartis sur 7 niveaux et destiné à accueillir 2000 personnes. Une scène centrale, un auditorium

© PAULINE NARYCHKINA

LA RUSSIE D’AUJOURD’HUI

L’escalier de verre hisse ses 33 m en volutes sans alourdir l’espace.

pour les représentations plus intimistes et les ateliers artistiques, un amphithéâtre sur le toit. Cet espace vient compléter le théâtre historique Mariinsky, qui date de 1860, et le Nouvel auditorium, inauguré en 2006. Valéry Guerguiev, qui règne en maître absolu depuis maintenant 25 ans (encore une célébration) sur cette triple institution culturelle célébrant l’art lyrique et le ballet, a démontré une très nette volonté

de hisser Saint-Pétersbourg au rang de capitale culturelle mondiale. Certains riverains sont pourtant scandalisés. Le jour du gala, ils brandissaient des pancartes « Bon anniversaire au PDG du Centre commercial Mariinsky ». « Regardez ça. Ajoutez des affiches publicitaires sur la façade et vous avez là une très belle galerie commerciale. Cet édifice est une insulte à l’architecture du quartier et de la ville entière. C’est du vandalisme et il mérite d’être rasé », s’indigne Kirill Volkov, membre de l’association de défense des monuments historiques et culturels de Saint-Pétersbourg et habitant du quartier. De l’extérieur, en effet le bâtiment ressemble à un bloc monolithe minimaliste et manque de charme. Pour le foyer, les architectes ont misé sur la lumière et la transparence. De larges baies vitrées aux angles donnent une vue dégagée sur la perspective, le canal et, depuis les étages supérieurs, sur les toits et les coupoles de la ville. « Le mur d’onyx illuminé de l’intérieur donne la chaleur indispensable dans cette ville du Nord », explique Joshua Dachs, responsable du design. Il ne fait toutefois aucun doute que l’attention de Guerguiev s’est focalisée non sur les parties communes mais sur la scène principale. Une attention particulière est en effet donnée à la perfection acoustique, la fonctionnalité de l’espace, la visibilité et au confort. SUITE EN PAGE 5

EN LIGNE SUR LARUSSIEDAUJOURDHUI.BE

© MATTHIAS WIETZ

Architecture À défaut de l'allure, l'accoustique fait l'unanimité

Ces étranges fleurs de glace, étonnantes et peu étudiées, poussent sur les berges de l'océan Arctique. LARUSSIEDAUJOURDHUI.BE/23857

Un pays stimulant Johan Vanderplaetse, directeur général du département russe de la société américaine Emerson, préside depuis deux ans le Belgian Russian Business Club à Moscou. Après avoir résidé en Russie pendant une longue période, l’entrepreneur croit toujours au potentiel du pays, et identifie ce qu'il considère comme ses deux problèmes majeurs : le recrutement et l’infrastructure. PAGE 2


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LA RUSSIE D’AUJOURD’HUI WWW.LARUSSIEDAUJOURDHUI.BE SUPPLÉMENT RÉALISÉ PAR ROSSIYSKAYA GAZETA ET DISTRIBUÉ AVEC

Politique & Société

Corruption Les fonctionnaires doivent se débarrasser avant le 1er juillet de leurs comptes bancaires et autres avoirs hors de Russie

Un grand ras-le-bol envers la corruption Les Russes sont de moins en moins tolérants envers l'aisance ostentatoire des fonctionnaires et des parlementaires. Ils associent cet enrichissement à une activité criminelle.

AVIS D'EXPERT

Derrière la nationalisation des élites Gueorgui Bovt

OLGA DORONINA LA RUSSIE D'AUJOURD'HUI

POLITOLOGUE

Les haut fonctionnaires devront, d'ici le 1er juillet, se débarrasser (s'ils en possèdent) de leurs actions étrangères, comptes bancaires et autres avoirs hors des frontières russes. Ces mesures ont déjà suscité des commentaires controversés. Certains estiment que la propriété privée et les comptes à l'étranger pourront toujours être portés au nom de sociétés-écrans. La propriété des sociétés détenues par les conjoints ou les enfants des fonctionnaires n'est soumise à aucun contrôle. Au fil du

© AFP/EAST NEWS

Les sondages sociologiques effectués récemment par le Centre Levada indiquent que seulement 13% des Russes considèrent comme normal qu’un fonctionnaire ou un député soit riche. Un tiers des sondés (33%) considère cette situation comme mauvaise, alors qu’une majorité (44%), considère cela comme criminel. La signification du terme riche dans le sondage n’est pas précisée. Cependant, selon les données de précédentes enquêtes, il caractérise une personne gagnant environ 3000 euros par mois. L’écrasante majorité (62%) se prononce pour une limitation des revenus possibles pour un poste de fonctionnaire d’État. Les sondés sont convaincus que grâce à cela, les fonctionnaires retrouveront le même niveau de vie que la population. 20% se prononcent également pour une limitation de la propriété immobilière. Car un vaste patrimoine nuirait selon eux à l'indépendance dans les prises de décisions. Denis Volkov, sociologue à l'Institut Levada, indique que ces résultats étaient attendus. « Il y a déjà plusieurs années

temps, il se pourrait que l'on découvre d'autres lacunes de la loi. Tout cela soulève des questions sur les causes de la retenue du président. D'une part, M. Poutine a réalisé un pas logique qui répond à l'état d'esprit général dans le pays. D'autre part, il ne peut pas ignorer les limites de sa marge de manœuvre. Le président envoie aux fonctionnaires un message très clair : les règles ont changé, la permissivité passée basée sur le contrat tacite « permission de voler contre loyauté politique » a fait long feu. Lisez la version intégrale en ligne : larussiedaujourdhui.be/22959

Un manifestant à Moscou brandit une pancarte réclamant l'arrêt des pots-de vin.

Attitude face aux bureaucrates riches

que les Russes sont convaincus de la corruption du pouvoir », indique Volkov. La campagne anti-corruption lancée par l'opposant politique Alexeï Navalny pousse sur un terrain fertile. « C'est seulement après cette réaction que les révélations anticorruptions ont commencé ». La liste des victimes de ces révélations s’agrandit. Des sénateurs et membres de la chambre basse du parlement ont dû démissionner de leur poste. Certains ont été soupçonnés de mener illégalement des affaires (les députés Guennadi Goudkov

et Alexeï Knychev), d'autres de dissimulation de patrimoine, y compris à l’étranger (le député Vladimir Pekhtin et le sénateur Vitali Malkine). L’enquête s'étend à d’anciens haut fonctionnaires du ministère de la Défense. « Les citoyens sont convaincus que les fonctionnaires et députés n'ont d'autre but que l'enrichissement personnel, ajoute Denis Volkov. D'où la faible autorité de la Douma, perçue comme dépendant du pouvoir exécutif. C’est un cercle vicieux : d’un côté les gens considèrent que les politiques corrompus

doivent être démasqués, mais de l'autre, ils sont sceptiques quant au résultat de cette campagne anti-corruption menée par le pouvoir ». Le directeur de l’Institut de sociologie politique,Vyatcheslav Smirnov, considère que ces mêmes fonctionnaires sont dans une grande mesure responsables du durcissement du mécontentement : « En Russie, on méprise non seulement les riches, mais également ceux qui affichent leur aisance. Les fonctionnaires d’État ne ressentent pas les mesures et ne cherchent pas à cacher leur situation financière ».

ENTRETIEN AVEC LE BELGE JOHAN VANDERPLAETSE vendons en Russie et dans la CEI, sont produits ici, et non importés.

« Il est beaucoup plus stimulant de travailler en Russie »

Vous sentez-vous russe ? Oui, je crois que je suis actuellement plus russe que belge. La patrie reste la patrie, mais ici je me sens très à l’aise. J’aime la Russie.

en pleine crise, mais si vous aviez quelques dollars, vous pouviez vous débrouiller. Actuellement, il est beaucoup plus difficile pour un étudiant de débuter à Moscou : la vie y est devenue beaucoup plus chère qu’en Belgique. Certaines choses restent moins chères, notamment les tickets de métro, l’électricité, l’eau et le chauffage. Mais l’immobilier ! Le prix de location d’un appartement rénové au centre de Moscou égale celui d’un petit palais en Belgique.

Qu'est-ce qui a le plus changé depuis 20 ans ? Quand je suis arrivé, le pays était

Avez-vous un passeport russe ? Non. Je serais obligé de renoncer à la nationalité belge, car la Bel-

gique n’accepte pas la double nationalité. Je serais donc forcé de recevoir un visa pour visiter ma patrie. Quant à l’appartement, j’ai acheté le mien en 1998, après la crise financière, lorsque les prix ont chuté. Ce fut mon investissement le plus sage en Russie. Aujourd'hui, je ne pourrais pas m'offrir un appartement pareil. Quel est le meilleur endroit pour fonder une entreprise ? Actuellement, il est beaucoup plus stimulant pour les entrepreneurs de travailler en Russie. Mes collègues occidentaux m’envient. Il y a juste 15 ans, après la crise finan-

cière, tout le monde pensait que le pays ne réussirait pas à reprendre le dessus. L’Europe représentait à l’époque un havre de stabilité. Mais la situation évolue : d’un point de vue économique, la Russie semble faire mieux que l’Occident. Bien sûr, il y a certains problèmes. Mais ici nous nous développons, nous embauchons des gens, nous construisons une nouvelle usine dans l’Oural. En Occident, cependant, on réduit les dépenses. Emerson Russie emploie actuellement 1 600 personnes dont 1 000 travaillent à l’usine Metran à Tcheliabinsk. La plupart des équipements que nous

© SERVICE DE PRESSE

Johan Vanderplaetse a passé plus de 20 ans en Russie. Il parle russe, est marié à une Russe. Né en Flandre, près de Bruges, il est arrivé en Russie en 1990, alors qu’il étudiait le droit à l’Université de Gand. Un an plus tard, il s’est installé à Moscou pour de bon.

Parlons corruption. Donnez-vous souvent des pots de vin ? Nous n’en donnons jamais, c’est un principe. J’aurais pu vendre 25% ou 30% de plus si je m’étais engagé dans des affaires non éthiques.

BIOGRAPHIE ÂGE : 45 POSTE : DIRECTEUR GÉNÉRAL DU DÉPARTEMENT RUSSE DE LA SOCIÉTÉ EMERSON

Vous dirigez le Belgian Russian Business Club. Quel est l’objectif de cette organisation ? Toute économie dépend fortement des PME, qui ne connaissent pas le marché russe. Le club constitue une plate-forme pour l’échange d’expériences entre les entreprises russes et belges. Nous comptons 80 à 100 membres. Le club organise des présentations consacrées par exemple à l’adhésion de la Russie à l’OMC ou à l’union douanière Russie-Biélorussie-Kazakhstan. Propos recueillis par V. Krestianinov, Argumenti nedeli

LES SUPPLÉMENTS SPÉCIAUX ET SECTIONS SUR LA RUSSIE SONT PRODUITS ET PUBLIÉS PAR RUSSIA BEYOND THE HEADLINES, UNE FILLIALE DE ROSSIYSKAYA GAZETA (RUSSIE), DANS LES QUOTIDIENS INTERNATIONAUX: • LE SOIR, BELGIQUE • LE FIGARO, FRANCE • THE DAILY TELEGRAPH, GRANDE BRETAGNE • SÜDDEUTSCHE ZEITUNG, ALLEMAGNE • EL PAÍS, ESPAGNE • LA REPUBBLICA, ITALIE •DUMA, BULGARIE • POLITIKA, GEOPOLITIKA, SERBIE • THE WASHINGTON POST, THE NEW YORK TIMES ET THE WALL STREET JOURNAL, ÉTATS-UNIS • ECONOMIC TIMES, NAVBHARAT TIMES, INDE • MAINICHI SHIMBUN, JAPON • GLOBAL TIMES CHINE • SOUTH CHINA MORNING POST, CHINE (HONG KONG) • LA NATION, ARGENTINE • FOLHA DO SAO PAOLO, BRÉSIL • EL OBSERVADOR, URUGUAY • SYDNEY MORNING HERALD, THE AGE, AUSTRALIE • ELEUTHEROS TYPOS, GRÈCE • JOONGANG ILBO, CORÉE DU SUD • GULF NEWS, AL KHALEEJ, ÉMIRATS ARABES UNIS • NOVA MAKEDONIJA, MACÉDOINE.  EMAIL : REDAC@LARUSSIEDAUJOURDHUI.BE. POUR EN SAVOIR PLUS CONSULTEZ LARUSSIEDAUJOURDHUI.BE. LE SOIR EST PUBLIÉ PAR SA ROSSEL ET CIE. RUE ROYALE. 100 - 1000 BRUXELLES - BELGIQUE . TÉL: 0032/2/225.55.55. IMPRESSION : ROSSEL PRINTING COMPANY SA. DIFFUSION : 94.800 EXEMPLAIRES


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Dossier

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En août 1991 a eu lieu un coup d'État. Cet événement a choqué le pays et, apparemment, le monde entier. Le 19 août, nous étions dans un pays, et le 21 août nous vivions dans un pays tout à fait différent". Boris Eltsine Premier président de la Fédération de Russie

Du Jour de l’Indépendance à la fête nationale

souhaite à tous ses lecteurs une bonne fête du 12 juin, Jour de la Russie. © REUTERS

Sur un char, Boris Eltsine harangue la foule protestant contre le coup d'État du 19 août 1991.

La fête nationale russe a été imaginée par les fondateurs de la nouvelle Russie sur le modèle du Jour de l’Indépendance américain, avant de devenir un simple jour férié. Elle a du être rebaptisée “Journée de la Russie” lorsque le pouvoir a réalisé l'absurdité du mot indépendance. Par rapport à quoi : une entité dissoute ? GLEB TCHERKASSOV SPÉCIALEMENT POUR LA RUSSIE D’AUJOURD’HUI

Depuis près de 20 ans, cette journée est considérée comme la fête nationale. Tout a commencé le 12 juin 1990, quand le Congrès des députés du peuple de la République socialiste fédérative soviétique de Russie (RSFSR), membre de l'URSS, a voté pour la déclaration d’indépendance de l’État russe. Les raisons de cette décision ont été obscurcies par le temps. Mais à l’époque, en 1990, la signification symbolique de la Déclaration était nettement plus évidente que son contenu. Il faut se souvenir que les parlements des répubiques de l’URSS adoptaient l’un après l’autre leurs déclarations d’indépendance, et la RSFS de Russie ne pouvait donc rester à l’écart. Presque tous les participants du Congrès ont voté pour l’inscription de la question à l’ordre du jour. Mais, le texte final du document a provoqué beaucoup de discussions, et la déclaration n’a été adoptée qu’un mois plus tard, le 12 juin. Exactement un an plus tard eut lieu la première élection du président de la RSFS de Russie. Cette décision reposait sur des raisons à la fois pratiques et idéologiques. Pratiques : l’équipe de Boris Elt-

sine avait peur que le renvoi de la présidentielle à une date ultérieure n’empêche sa victoire au premier tour, car l’électorat aurait pu déserter et partir en vacances... Sur le plan idéologique, c'était beaucoup plus sérieux. La fondation d’un nouvel État se basait sur deux principes. Primo, un retour aux traditions de la Russie tsariste : on ressuscitait activement certains mots anciens, comme koupets (marchand), dvorianine (noble) ou gospodine (monsieur), formule de politesse, remplacée en URSS par tovarichtch (camarade) ; on redécouvrait le drapeau tricolore russe, du coup considéré par le public comme le drapeau national, bien qu’il n’ait été adopté officiellement qu’en août 1991. À certains égards, la situation était comparable à celle qui venait de se produire dans les pays d’Europe de l’Est : les ex-membres du bloc soviétique renonçaient au socialisme sous le slogan « Retournons en Europe ». L’idée d’un retour « à l’époque de l’avant-bolchévisme » constituait un réel symbole pour les nouvelles autorités russes. C’est aussi le 12 juin 1991 que l’on a organisé un référendum à la suite duquel Leningrad a retrouvé son nom d’origine – Saint-Pétersbourg. Les fondateurs du nouvel État n'étaient pas uniquement tournés vers les symboles du passé. La décision d’instituer la fête nationale au jour de l’adoption de la déclaration d’indépendance, était aussi un geste symbolique. Guennadi Bourboulis, le principal idéologue des premiers jours de l’époque de Boris Eltsine, attachait une grande importance

la fête du 12 juin pour réaffirmer son pouvoir. Quant aux circonstances de leur arrivée au pouvoir et aux anciens slogans, les résidents du Kremlin n’aimaient pas trop s’en rappeler. C’est pourquoi, dès le milieu des années 1990, le 12 juin devient un simple jour férié qui sert à passer des fêtes de mai aux vacances d’été et que tout le monde aime, mais dont certains ne comprennent pas l'origine. Cette fête n'en est pas moins devenue progressivement plus officielle et plus solennelle.Voici une description de la célébration du cinquième anniversaire du 12 juin sur le site officiel de la fête : « Les chefs de presque toutes les régions du pays ont émis à la veille de la date des décrets sur l’organisation des célébrations à l’occasion du Jour de l’Indépendance. Et pour la première fois, la fête est devenue une véritable fête. La capitale a été ornée de bannières portant des félicitations. Plusieurs villes ont organisé des festivités à cette occasion. Et le Kremlin a hébergé une cérémonie de remise du Prix national ». En 1998, Eltsine rebaptise la fête nationale « Journée de la Russie » et le 12 juin perd définitivement sa signification originale. Les déclarations, la souveraineté, les pères fondateurs et le retour à la Russie tsariste – tout cela appartenait désormais au passé. Dans l’avenir devaient encore subvenir la crise financière de 1998, la fin de la guerre en Tchétchénie, Vladimir Poutine et une nouvelle Russie encore inconnue.

© RIA NOVOSTI

aux symboles. Le président de la nouvelle Russie devait être élu le jour de la déclaration de souveraineté. Cela faisait partie d’une stratégie : on créait un nouvel État et ses traditions, et la coïncidence des dates devait comporter en elle-même une importance idéologique. Le Congrès des députés du peuple de la RSFS de Russie étant encore actif, une république qui faisait partie de l’URSS soutenait donc d’abord ce scénario et y participait même directement. Le 12 juin fut ainsi adopté comme jour de fête nationale annuelle par le Congrès en 1992. En 1994, le président Boris Eltsine confirme cela par un décret : la fête nationale ne pouvait plus être instituée par le Congrès, puisque cette institution a été dissoute en 1993. Mais, à ce moment, la date ne provoquait plus autant d’enthousiasme. Et ce n’était pas par hasard si le nom informel de la fête – le Jour de l’Indépendance – soulevait de plus en plus de questions. La première : de quel pays était-ce l’indépendance ? En juin 1990, la dislocation de l’URSS

Août 1991. Procession le long de la rue Tverskaïa vers la Place Rouge, à Moscou. Le drapeau tricolore venait de remplacer le drapeau rouge soviétique.

était encore inconcevable. La déclaration de souveraineté de la Russie ne représentait à l’époque qu’un élément du jeu politique entre le gouvernement de l’Union soviétique et l’équipe d’Eltsine. La seconde : quel rôle ont eu les autorités russes dans l’effondrement de l’URSS ? Au milieu des années 1990, la chute de l’Union soviétique n’était pas encore appelée ouvertement « la plus grande catastrophe géopolitique du XXème siècle » (comme l’a qualifiée en 2005 le présidentVladimir Poutine), mais elle l’était déjà aux yeux de nombreux citoyens russes. C’est alors que la nostalgie de l’URSS est devenue un phénomène très répandu en Russie. La popularité de l'administration de Boris Eltsine était à l’époque en chute libre, et la nouvelle génération de hauts fonctionnaires entourant Eltsine avait besoin de

Les Jeux olympiques de Sotchi 2014

© MIKHAIL MORDASOV

La préparation des Jeux olympiques de Sotchi est entrée dans la dernière ligne droite. il reste environ huit mois avant l'inauguration officielle du village olympique. « Pratiquement tout a été créé à partir de zéro. Tout est innovant et plus avancé que tous les autres stades et pistes similaires », assure Dmitri Tchernychenko, président du Comité d'organisation « Sotchi 2014 ». Selon lui, « le projet le plus difficile en termes de construction est revenu aux Chemins de fer russes. Il s'agit d'une route combinée reliant Adler à Krasnaïa Poliana, qui se compose uniquement de ponts et de tunnels ». Lors des XXIIèmes Jeux Olympiques d'hiver et XIèmes Jeux Paralympiques d'hiver, Sotchi recevra 5 500 athlètes olympiques, 1 350 athlètes paralympiques, 25 000 bénévoles et 13 000 représentants des médias. Les installations sportives du Parc olympique attireront chaque jour plus de 75 000 personnes.

Gleb Tcherkassov est rédacteur en chef adjoint du journal Kommersant.

Ekaterinbourg 2020

IL L'A DIT

E. Primakov ANCIEN PREMIER MINISTRE DE

1. L'académicien A. Sakharov a été à l'origine de l'état russe proclamé en 1991.

2. Le président de l'URSS, Mikhaïl Gorbatchev et le premier président de la Russie Boris Eltsine (à droite).

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© AP

3. Destruction des symboles du totalitarisme.

© RIA NOVOSTI

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© AFP/EASTNEWS

© PHOTOSHOT/VOSTOCK-PHOTO

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LA FÉDÉRATION DE RUSSIE

Au début du XXIème siècle, l’idée d’un partenariat entre l’État et le privé a pris forme en Russie. Le rôle de l’État a été mis en avant comme régulateur de l’économie à côté du marché, et aussi comme propriétaire des moyens de production".

Lors de la 152ème session de l'Assemblée générale du Bureau international des Expositions tenue à Paris, la Russie a présenté la candidature d'Ekaterinbourg pour accueillir l'Expo universelle en 2020. Parmi les concurrents de la ville russe figurent Izmir (Turquie), Ayutthaya (Thaïlande), Dubaï (Émirats Arabes Unis) et Sao Paulo (Brésil). Ekaterinbourg a une expérience suffisante en matière d'organisation de grands événements internationaux. « Ekaterinbourg a accueilli les sommets de l'OCS et du BRIC, la rencontre Russie Allemagne, et chaque année s'y déroule l'exposition des innovations industrielles Innoprom »,

a déclaré Evgueni Kouïvachev, gouverneur de la région de Sverdlovsk, dont la capitale est Ekaterinbourg. En outre, la ville accueillera en 2018 la Coupe du Monde de football. La préparation de cet événement est déjà en cours. On construira en parallèle les sites nécessaires à l'Expo. Les pavillons d'exposition occuperont 182 hectares, le reste étant réservé aux hôtels, bureaux, restaurants et boutiques. Après l'exposition, un hôtel sera transformé en appartements résidentiels et en résidence universitaire, et les pavillons deviendront des bureaux ainsi qu'un centre d'affaires et de divertissement.


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Économie

Transports Les chemins de fer russes vont bénéficier d'un coup d'accélérateur sur plusieurs lignes

EN BREF

Grande vitesse pour les supporters

Bekaert ouvre une usine dans la région de Lipetsk

La Russie veut entrer dans le club de la grande vitesse ferroviaire et vient de se décider sur les premières lignes qui seront équipées. SaintPétersbourg attendra. PAUL DUVERNET LA RUSSIE D'AUJOURD'HUI © ITAR-TASS

© ITAR-TASS

La modernisation des infrastructures, la construction de nouvelles lignes dédiées à la grande vitesse et l’acquisition de nouvelles technologies (rames, systèmes électriques, etc.) rend l’opération extrêmement coûteuse, d’où d’intenses débats au sein du gouvernement pour dégager un budget. Le délai paraît très court aux spécialistes. Il faut très rapidement mettre sur pied un cahier des charges, un appel d’offres et lancer la construction. Une dizaine de villes sont concernées, celles, bien sûr, qui accueilleront le championnat du monde de football 2018. Le ministre des transports Maxime Sokolov assure qu’il est toujours possible de construire une ligne à grande vitesse vers Kazan à temps pour le championnat du monde de 2018. À condition que la documentation du projet soit achevée cette année. Pour le président de RZD (chemins de fers russes) Vladimir Iakounine, ce travail nécessite une année. Il assure avoir déjà commencé et que tout sera prêt pour 2018. La grande vitesse permettra de réduire la durée du trajet sur cette ligne de 800km, de 11h30 aujourd’hui à 3h30. La vitesse des trains sera comprise entre 250 et 300km/h. Selon des experts du secteur ferroviaire réunis fin mai au « forum 1520 » à Sotchi, il semble

La Russie fait le choix de la grande vitesse ferroviaire en prévision du Mondial 2018.

plus raisonnable d’espérer que seul un tronçon de la ligne Moscou-Kazan (via Nijni Novgorod et Tcheboksary) puisse être opérationnel en temps et en heure pour la coupe du monde. Présent également à Sotchi, le patron du rail russe a précisé que le budget de cette ligne sera de 928 milliards de roubles (23 milliards d’euros), dont 70% proviendront d’un financement étatique. Sans expérience de la très haute vitesse, RZD envisage de faire appel à des industriels étrangers. Plusieurs groupements industriels (autour de Siemens en Allemagne et d’Alstom en France) se sont formés pour répondre à un éventuel

EN CHIFFRES

23 

Milliards d'euros, c'est la somme des investissements totaux pour la ligne Moscou-Kazan, selon les premières estimations faites par les chemins de fer russes.

250 

km/h, c'est la vitesse moyenne à laquelle devra circuler le futur train à grande vitesse pour atteindre Kazan en 3h30.

Chimie Le marché des tensioactifs s'élargit

© SERVICE DE PRESSE

La coentreprise chimique russobelge RusPAV verra le jour d'ici 2015. Un mémorandum a été signé le 16 mai à Bruxelles entre le russe Sibur Holding et le belge Solvay. DENIS DOUBROVINE LA RUSSIE D'AUJOURD'HUI

Titov demande une amnistie pour les entrepreneurs Le délégué du président russe pour les droits des entrepreneurs Boris Titov a proposé à la Douma d’amnistier les entrepreneurs condamnés pour « crimes économiques ». D’après ses estimations, l’amnistie portera sur 53 types de délits économiques et serait « un signal pour les personnes actives » capables d’assurer pour la Russie « une économie stable et croissante ». Selon le conseil consultatif auprès du délégué pour les droits des entrepreneurs, au total 110.924 personnes pourraient être libérées dans le cadre de l’initiative de M.Titov.

tique et son infrastructure sont parmi les plus performantes du pays. Des lois adéquates simplifient les politiques d'investissement et d'innovation, le partenariat public-privé et les technoparcs », a assuré M. Chantsev. Selon lui, les autorités des régions belges soutiennent activement les investissements dans l'économie russe. « Nous avons également convenu que Kris Peeters viendrait nous voir en septembre lors d'un sommet d'affaires avec la mission économique belge. Il viendra avec des représentants d'entreprises opérant dans différents domaines », a indiqué le gouverneur. L'état d'esprit optimiste du gouverneur était partagé par un représentant de la direction de Solvay, Emmanuel Butstraen, qui a signé le mémorandum sur la création de la joint-venture côté belge. Selon lui, la région de Nijni-Novgorod « est extrêmement attrayante pour les entreprises européennes ». « On y trouve un acteur du marché russe aussi sérieux que la société Sibur holding, avec laquelle nous collaborons efficacement depuis près de deux ans déjà, de sorte que le choix de l'emplacement pour le nouveau projet était évident. Sibur a de grandes possibilités en termes d'approvisionnement en matières premières, des connaissances du marché russe, et de notre côté, nous apportons nos réalisations techniques, notre technologie et notre expérience dans les affaires internationales, y compris nos contacts avec des leaders de l'industrie chimique », a souligné M. Butstraen. Selon lui, la région de Nijni Novgorod dispose de personnel qualifié. Solvay mène déjà un projet commun avec Sibur (Rosvinil).

Après le gaz, la vodka Le gouvernement veut voir l'industrie agroalimentaire russe se montrer plus active sur les marchés internationaux. Et pas uniquement avec les céréales, mais aussi avec les produits finis. ALINA OUKOLOVA LA RUSSIE D'AUJOURD'HUI

À l'heure actuelle, seules 12 sociétés russes exportent des produits agroalimentaires, et plusieurs d'entre elles ont été rachetées par des multinationales : le producteur de jus de fruits et de produits laitiers Wimm-Bill-Dann (acquis par PepsiCo), le glacier Rousski Kholod (qui exporte de petits volumes vers les USA), les producteurs de viande en conserve de Deïva et Soveren... Une des raisons de la très faible pénétration des marchés occidentaux est que les produits des compagnies russes ne correspondent pas à la demande. La Russie pourrait commencer

à augmenter ses exportations avec la vodka, produit qui bénéficie du meilleur taux de pénétration. Selon le président du Centre d'étude des marchés de l'alcool (TsIFFRA) Vadim Drobiz, pour augmenter les volumes, la Russie a besoin d'une politique volontariste. Outre la vodka, d'autres produits ont de bonnes perspectives : la farine, le beurre, les oléagineux et les produits de transformation de la betterave sucrière. Selon M. Drobiz, pour les deux dernières catégories, il est tout à fait réaliste d'augmenter les livraisons dès aujourd'hui. Les exportations russes de farine, selon lui, peuvent être multipliées par deux. Mais la hausse est freinée par la structure du marché. La farine ne représente en effet que 10% du marché mondial du blé. Et les principaux pays exportateurs s'y sont résignés depuis longtemps, en exportant du grain non transformé.

KBC finalise la vente d’Absolut Bank

© KOMMERSANT

© RIA NOVOSTI

La société RusPAV sera implantée à Dzerjinsk, sur un site loué par Sibur à 400 km à l'est de Moscou. « La coentreprise produira des tensioactifs qui sont principalement nécessaires pour la production de produits chimiques ménagers, de shampoings et de détergents. Elle créera environ 100 nouveaux emplois avec un haut niveau d'automatisation et de productivit��, avec un salaire

moyen de 1 500 euros par mois », a déclaré le gouverneur de la région de Nijni-Novgorod Valery Chantsev. Le gouverneur, de passage à Bruxelles, a présenté les opportunités d'investissement dans la région de Nijni-Novgorod et s'est entretenu avec le ministre-président du gouvernement flamand, Kris Peeters. « Nous avons essayé de dissiper les doutes habituels des investisseurs européens, qui pensent qu'en Russie tout est difficile, que nous avons beaucoup de bureaucratie et de corruption. Nous avons expliqué que des changements importants ont eu lieu au cours des 5 dernières années. Nijni-Novgorod bénéficie de cadres de bon niveau. Sa logis-

revanche, l’expérience des pays étrangers ayant développé la grande vitesse sur leurs territoires (France, Allemagne, Corée du Sud, Chine, Japon, Italie, Espagne) met en évidence les retombées économiques positives. L’engagement de l’État à investir dans une infrastructure de transport ultramoderne apporte la preuve d’une volonté forte de décentralisation. Mais pour l’instant, Alexandre Micharine, vice-président de RZD en charge de la grande vitesse, doit encore batailler avec une partie de l’élite politique peu convaincue par la rationalité économique du projet. Sa tâche consiste à prouver les avantages concurrentiels du train sur le transport aérien et la routie. « Le transport routier a un avantage sur les distances jusqu’à 100/150 km, tandis que l’avion devient intéressant au-delà de 800/1000 km. Entre les deux, la grande vitesse ferroviaire a l’avantage », estimet-il, ajoutant que la distance moyenne entre les centres régionaux est de 300 à 400km. Autrement dit, la Russie européenne offre un terrain idoine, d’autant plus que les obstacles liés au relief sont minimes.

Exportations Produits agroalimentaires

Solvay ouvrira une usine à Nijni-Novgorod

Solvay mène déjà un projet commun avec Sibur (Rosvinil).

appel d’offre russe. Des groupes coréens, chinois et espagnols sont aussi en lice pour cet énorme marché, convoité depuis déjà plus d’une décennie. « Nous avons dépensé beaucoup d’énergie depuis plusieurs années pour concevoir une offre sur la ligne MoscouSaint-Pétersbourg, qui est repoussée à plus tard. Nous allons nous atteler au travail pour la ligne vers Kazan, en espérant qu’elle se concrétisera ! », explique Bernard Gonnet, directeur d’Alstom Transport pour la CEI. Les paramètres financiers et les risques liés aux énormes investissements sont encore à l’étape d’estimations préliminaires. En

La cérémonie d'inauguration de la ligne de fabrication de pièces en acier, à l'usine de la société belge Bekaert Lipetsk, s'est déroulée le 15 mai. « La mise en exploitation d'une nouvelle usine témoigne du développement de la société Bekaert dans l'économie de la région et de la Russie », commente le chef de l'administration locale Oleg Korolev. L'usine fabrique des produits de haute technologie en utilisant ses propres méthodes de fabrication, uniques au monde. La société belge est l'un des premiers résidents de la zone économique spéciale de Lipetsk, inaugurée en 2008. La première phase de la fabrication de structures métalliques destinées au renforcement des pneus automobiles a été lancée en janvier 2010.

Le Belge KBC a finalisé la vente de ses activités bancaires russes, Absolut Bank, à un groupe de sociétés, qui gèrent les actifs du fonds de pension privé russe Blagosostoyanie. Le montant total de la transaction s`élève à 300 millions d’euros. L’acquéreur a également remboursé intégralement les 700 millions d’euros de crédit accordés à Absolut Bank par le groupe KBC. Par la suite, KBC a quitté le marché bancaire russe. KBC avait acquis Absolut Bank en 2007 pour près de 1 milliard de dollars, mais dès 2008, l’impact négatif de l’investissement sur ses résultats consolidés s’élevait à 4,1 milliards de dollars. La banque a fait l'objet d'un soutien par l’État Belge à hauteur de 7 milliards d’euros. En décembre 2012, KBC avait annoncé un accord avec Blagosostoyanie, mais la transaction s’était heurtée à des difficultés juridiques.


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Culture CHRONIQUE LITTÉRAIRE

Mariinsky 2 : la maison d'opéra se dédouble SUITE DE LA PREMIÈRE PAGE

La perfection et la rigueur de la salle de concert ont de quoi réconcilier tout le monde. Selon Isabelle Partiot-Péri, architecte française et metteur en scène ayant travaillé en 2006 et 2009 sur des spectacles du Mariinsky : « On dirait que Guerguiev a pris toutes les contraintes classiques des salles d’opéra et de théâtre pour les résoudre au mieux. Acoustique, distance, inclinaison, lumière... Le rapport salle/scène est optimal, il y a une véritable proximité entre le public et la scène. La visibilité est assurée de partout même des balcons latéraux et sans se tordre le cou. Le tracé des balcons allant jusqu’au cadre de scène crée une ligne de fuite qui porte le public vers la scène. Tout est pensé. Le sol est posé non sur du béton mais sur une structure en bois qui crée un effet de résonnance ». Pour le gala d’ouverture, Valéry Guerguiev nous en met plein la vue. Un véritable feu d’artifice de stars avec les plus grandes voix russes actuelles : Anna Netrebko, Olga Borodina, Evgueny Nikitine et un invité de marque, Plácido Domingo. Sans oublier les deux orchestres symphoniques, le chœur d’enfants, mais aussi les étoiles incontestées du ballet comme Ouliana Lopatkina, Diana Vichneva et les élèves de l’Académie de ballet Vaganova, ou en-

core la présence du pianiste Denis Matsuev et du violoniste Leonidas Kavakos, réunis pour un best of musical des plus grands compositeurs de tous les temps. Une programmation à la hauteur des attentes, qui laisse tout le monde satisfait et repu. Les musiciens sont rassurés : « Nous attendions de jouer dans la salle remplie. C’est toujours risqué, l’acoustique peut changer. Mais, rien à redire », sourit Olessia, violoniste de l’orchestre symphonique du Mariinsky. Le public est conquis. À la sortie, les superlatifs fusent : « Grandiose, magnifique, inégalé, impressionnant ». Et les sourires resplendissent. Apparemment, l’intérieur fait oublier l’extérieur. Catherine Barré, présidente de l’ATHEMA (Association française des amis du théâtre Mariinsky), fondée en 2004, jubile. « Le résultat est tout simplement parfait. Ce soir Valéry Guerguiev a fait montre de tout son savoirfaire artistique et technique. C’est un homme de vision qui a le courage de prendre des risques, de dépasser les difficultés et de faire rêver. Car l’art, c’est aussi la légèreté. Quand aux contestations, rappelez-vous les réactions face à la Pyramide du Louvre. On sait tous qu’il faut du temps pour s’habituer et accepter la nouveauté ». Guerguiev répète inlassablement que, pour lui, l’essentiel est de créer un lieu vivant d’échange,

Agent secret nostalgique

© REUTERS

TITRE : LE FARDEAU DES IDOLES AUTEUR : T. ABDOULLAÏEV ÉDITION : DE L’AUBE TRADUIT PAR R. GIRAUD © RIA NOVOSTI

ILS L’ONT DIT

Valery Guergiev DIRECTEUR ARTISTIQUE DU THÉÂTRE MARIINSKY DE ST-PÉTERSBOURG © AP

accessible au plus grand nombre. « La scène historique ne pouvait tout simplement plus contenir le très nombreux public, ni tous les projets que je souhaite réaliser ». En arrivant sur son nouveau lieu de travail, il n’hésite pas à faire entrer avec lui une vingtaine de fervents admirateurs restés devant le théâtre sans tickets. Le service de presse affirme que le prix des tickets restera identique à celui du Mariinsky historique (de 12 à 30 euros généralement) afin de garder son public. Il insiste également sur sa volonté de faire renaître les chœurs d’enfants et, grâce aux nouveaux moyens techniques, d’enregistrer

La scène historique ne pouvait tout simplement plus accueillir le très nombreux public, ni tous les projets que je souhaite réaliser".

Isabelle Partiot-Péri ARCHITECTE FRANÇAISE ET METTEUR EN SCÈNE AU MARIINSKY

On dirait que Guerguiev a réuni toutes les contraintes classiques des salles d’opéra et de théâtre pour les résoudre au mieux".

toujours plus de concerts et d’opéras avec son label Mariinsky, fondé en 2009. C’est comme si ce lieu avait pour vocation de donner un nouvel élan à la force créatrice et de porter la ville à un niveau culturel mondial. « Les mécontents n’ont qu’à venir à un spectacle, on en reparlera ensuite », tranche l’architecte canadien Jack Diamond pour mettre fin à la polémique. Rendez-vous pour l’inauguration de l’amphithéâtre de 200 places sur le toit du Mariinsky 2, lors du prochain festival d’art lyrique Étoiles des Nuits Blanches de Saint-Pétersbourg, qui se tiendra jusqu'au 28 juillet.

Gastronomie Anatoly Komm, l'unique chef russe cité dans le Guide Michelin

Bortsch et foie gras dans les bagages Dans son restaurant Varvary à Moscou, Anatoly Komm initie les Russes à la haute cuisine. À Gand le 30 juin, il proposera un menu « à la russe » pour les Belges dans le cadre de Gelinaz!

EN LIGNE

La recette du chef Sur notre site web, Anatoly Komm présente sa recette de la « Clairière printanière » et décrit la haute cuisine à base de produits traditionnels du pays, comme le topinambour qui était utilisé à la place de la pomme de terre avant Pierre le Grand. Ce qui ne l’empêche pas d’accommoder les produits russes à la truffe.

MARIA AFONINA

© NICKOLAI TARKHANOV

© SERVICE DE PRESSE

LA RUSSIE D’AUJOURD’HUI

La passion d’Anatoly Komm pour la gastronomie est née d’un amour d’enfance : les biscuits de sa grandmère. Aujourd’hui, à 46 ans, la plupart passés en cuisine, il ne regrette pas une seconde son choix de vie. Celui-ci se dessina en 1991, lorsqu’Anatoly se mit à voyager à travers le monde. Chaque fois que quelque chose d’intéressant ou d’intrigant le retenait quelque part, il s’arrangeait pour faire un stage en cuisine. Les chefs ne refusaient jamais ses services. L’une de ses premières expériences fut un petit restaurant à Hong-Kong, dans le quartier du marché aux poissons. Et début mai 2012, dans le cadre du projet « Hong-Kong, vingt ans plus tard », Komm est retourné sur les lieux de ses premières leçons culinaires. Il en a profité pour montrer ce qu’il a appris entretemps, dans le restaurant Amber (37ème au World’s 50 Best Restaurants) à l’hôtel Mandarin Oriental. C’est à la brasserie Green de Genève qu’il commença à voler de ses propres ailes. Malgré la courte vie du restaurant, le talent de Komm est salué par les critiques du Michelin. « De la bonne nourriture pour des prix honnêtes, mais j’ai dû revendre rapidement l’établissement, parce que les Suisses

Anatoly Komm dans son restaurant Varvary.

ne m’ont pas prolongé mon visa, explique le chef russe placidement. Aujourd’hui, on me propose souvent d’ouvrir des restaurants à Londres, Paris, New York et ailleurs. Les plus actifs sont les Chinois », ajoute-t-il avant de parier que les Londoniens ont le plus de chances de voir leur ville accueillir son prochain établissement. Pas simple : « Un restaurant, ce n’est pas qu'un chef : il faut aussi un partenaire local fiable, c’est très difficile à trouver ». Komm n’aime pas l’étiquette de fondateur de la cuisine moléculaire en Russie, dont on l’a affublé. « Ils délirent », dit-il. Au congrès des cuisiniers à San Sebastian (Espagne) en 2007, il a présenté un exposé démontrant que la cuisine moléculaire et les techniques de modification de la texture du produit n’étaient en rien innovantes.

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Selon lui, 99% de ce que l’on appelle la cuisine moléculaire aujourd’hui a été créé en Russie. L’industrie alimentaire soviétique utilisait ces technologies pour les cosmonautes et des explorateurs

Komm n’aime pas l’étiquette de fondateur de la cuisine moléculaire en Russie, dont on l’aurait affublé à tort polaires ou pour la conservation des vitamines dans les fruits. Ce qui ne veut pas dire que la gastronomie du pays a su évoluer. « La cuisine russe contemporaine se situe au niveau de la cuisine française il y a cent ans. La gastronomie française s’est développée, la russe est demeurée lourde

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et grasse. C’est à ça qu’il faut travailler ». Pour ouvrir son restaurant Varvary, Anatoly Komm a dû vendre ses précédentes enseignes (Anatoly Komm, Green-Grill palace, Koupol, Khartchevnïa Komm.A), mais sa nouvelle maison reflète au mieux sa vision de la cuisine russe. La carte annonce la couleur : « Tous les produits proviennent du terroir russe et sont une fierté de l’agriculture nationale ». Car « si j’ouvre un restaurant de cuisine russe, je suis obligé de dénicher et cuisiner les meilleurs produits locaux », souligne Komm. C’est une condition primordiale pour le maestro [il aime être appelé ainsi, ndlr]. Certes, l’homme n’est pas des plus modestes, mais il a de bonnes raisons de penser que sa cuisine relève de l’art. Du reste, « de nombreux spécialistes m’ont dit

Bon appétit !

qu’il n’y avait pas assez d’étoiles Michelin pour ce que je fais ! » [aucun restaurant en Russie ne possède d’étoile Michelin, ndlr]. Varvary propose des « spectacles gastronomiques », Komm préparant lui-même des plats de très haute cuisine pour une poignée de convives. On peut y participer en s’inscrivant au préalable pour la modique somme de 215 euros par personne. Ou bien dîner plus simplement, à partir de 75 euros le plat - pas donné, même pour un restaurant moscovite. La plupart des convives sont des étrangers. D’où le nom du lieu, Varvary [« Les Barbares » en français]. « J’adore ce nom de Barbares ! », avoue Komm. Dans un sourire malicieux, il ajoute qu’il n’initie pas seulement les étrangers à la haute cuisine, mais également ses concitoyens.

Le succès que connaissent les polars venus d’ailleurs, que ce soit de Scandinavie, de Chine ou de Grèce prouve, si besoin était, que la littérature policière peut proposer, outre un divertissement et une part d’exotisme, une grille de lecture pertinente pour chaque société. Les lecteurs ne seront pas déçus par le thriller politique de Tchinguiz Abdoullaïev, écrivain azéri et russophone qui met en scène un privé chargé de démêler une intrigue qui se déroule dans cette Russie nouvelle, désossée, désenchantée, manipulée, hantée elle aussi par la menace terroriste islamiste, alors qu’en son cœur se nouent de redoutables alliances entre politiques, mafieux et anciens agents du KGB devenus désormais leurs hommes de main. Dans cette deuxième enquête publiée par les éditions de L’aube, nous retrouvons Drongo, étrange personnage, beau gosse solitaire, taciturne et fatigué, bien qu’à peine quadragénaire, esthète et séducteur, sans être pour autant un consommateur effréné. Il boit modérément, soigne sa mise, n’aime pas se lever tôt et son cœur bat la chamade, car « sa conscience était soumise à trop de pressions, et son cœur peinait à supporter ces investigations, ces tensions, ces tracas qui faisaient la trame de sa vie ». Avec l’effondrement de l’empire, Drongo a perdu la nationalité soviétique. Natif de Bakou en Azerbaïdjan, il partage son temps entre les deux capitales, passe aux yeux des Russes pour un Azéri et aux yeux des Azéris pour un Russe. Avec les changements politiques, il a aussi perdu son travail au KGB. Il a été débarqué dans les années 90 et a fait le choix, insolite en Russie, de devenir détective privé. Dans ce pays qu’il ne reconnaît plus, il passe pour un communiste, continue à assumer les exigences de sa fameuse conscience et à défendre, seul, les valeurs auxquelles il croit : celle d’une nation pluriethnique, celle du droit contre l’injustice et la corruption, celle de l’abnégation contre les intérêts personnels et de la sensibilité contre le cynisme. Cette fois Drongo est sollicité par le directeur d’un journal pour enquêter sur la mort d’un de ses collaborateurs, Zvonariov, jeune journaliste dont la curiosité n’a d’égale que l’ambition. L’enquête sur fond de campagne présidentielle l’amènera à démêler une intrigue pleine de rebondissements qui permet au passage à l’auteur, ancien membre des services secrets, de signaler qu'il éprouver une nostalgie pour l'URSS. Ce qu'il décrit paraît la justifier, et rendu compréhensible cette surprenante nostalgie d’une partie de la population russe. Christine Mestre larussiedaujourdhui.be/ 23587


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Sport

FOOTBALL

Afflux de footballeurs belges D’année en année, les footballeurs belges jouent un rôle de plus en plus important dans le championnat russe. Les clubs russes ont occupé la deuxième place au monde pour les dépenses

en achat de joueurs issus d’autres championnats en 2012. En tout, les équipes de la Ligue 1 (L1) ont dépensé 199 millions d’euros (seuls les clubs anglais se sont montrés plus généreux, avec 244

NICOLAS LOMBAERTS

JONATHAN LEGEAR CLUB : TEREK, GROZNY, TCHÉTCHÉNIE

En 2011 Jonathan Legear a déménagé en Russie. Il était parfaitement heureux au Sporting d'Anderlecht, avec lequel il a joué sept saisons, mais les dirigeants du club bruxellois n’ont pas pu résister à l’offre somptueuse des Tchétchènes. Le Terek de Grozny a versé 4,5 millions d’euros dans la caisse du club anderlechtois pour le puissant milieu droit. L’adaptation de Legear en Russie prend un peu de temps, il n’a pas encore déployé le jeu féérique pour lequel il a été racheté aux Belges. Le joueur ne trouve pas toujours sa place sur le terrain. Et il n’a pas l’air d’avoir envie de faire ses preuves à Grozny, ni en dehors du stade : en hiver 2011, il a été condamné à deux semaines de prison et à la confiscation de

CLUB : ZENITH, SAINT-PÉTERSBOURG

© RIA NOVOSTI

son permis pour conduite en état d’ivresse... Cet épisode ne lui a rien appris et le 7 octobre 2012, Legear, à nouveau saoûl au volant, a heurté en Porsche Panamera la supérette d’une station-service dans la ville belge de Tongres. Cela lui a valu la gloire sur Youtube, mais en

guise de punition, ses vacances se sont transformées en une visite forcée des hôpitaux et écoles de Liège pour enseigner la bonne conduite. Malgré toutes ces aventures, le Terek continue à compter sur Legear et lui accorde un rôle important cette saison.

En 2007, le défenseur prometteur Nicolas Lombaerts est passé de La Gantoise au Zénith. Nico a couté 4 millions d’euros au club pétersbourgeois et s’est révélé complètement à la hauteur de l’investissement. Devenu un défenseur irremplaçable, le joueur belge a remporté avec le Zénith trois titres de champion et la Coupe de Russie, ainsi que deux trophées internationaux  : la Coupe de l’UEFA et la Supercoupe d’Europe. En neuf années passées en Rus-

CLUB : ZENITH, SAINTPÉTERSBOURG

CLUB : KRYLIA SOVETOV, SAMARA

© GETTY IMAGES/FOTOBANK

CLUB : RUBIN, KAZAN, TATARSTAN

Cédric Russel était le premier footballeur belge en Russie. L’imposant attaquant (1,92m, 86 kilos) ayant connu la gloire dans sa patrie, après avoir été remarqué dans le championnat anglais (il a joué pour Coventry et Southampton), s’est décidé en 2004 à déménager à Kazan. L’inamovible entraineur du Rubin, Kourban Berdyev, n’a pas

lésiné sur les moyens : 1,1 million d’euros. À l’époque, c’était le transfert le plus cher de l’histoire du club. Russel a bien commencé la saison dans la capitale du Tatarstan, en marquant un but dès son premier match. Mais ces débuts glorieux ont tourné au fiasco : Cédric se blessait sans cesse et le mal du pays le rendait triste. En une année, Russel n’a joué que dans six matchs officiels et a fini par accepter avec joie la proposition du Standard de Liège, qui a racheté l’attaquant pour seulement 250 000 euros.

sie, Lombaerts a parfaitement appris le russe et n’a encore jamais refusé une interview à un journaliste. Son grand professionnalisme a d’ailleurs été récompensé. Il a été désigné meilleur défenseur de la L1 russe pour la dernière saison, tandis que la Juventus de Turin a déjà envoyé une proposition au Zénith. Le club italien est prêt à dépenser 10 millions d’euros pour le joueur belge, mais il est peu vraisemblable que le Zénith laisse partir son leader.

RÉGINAL GOREUX

Le plus exotique des joueurs au passeport belge de la L1 russe est Réginal Goreux. Las d’attendre une invitation de la sélection belge, le petit nouveau du Krylia Sovetov Samara avait d'abord choisi la modeste équipe de Haïti. Il a rejoint le club de Samara en janvier 2013, pour 500 000 euros, et en est devenu le véritable leader en marquant cinq points dans le système « but+passe », en neuf matchs. Si l’élève du Standard continue ainsi, il a des chances de débuter la prochaine saison dans l’un des grands clubs russes.

AXEL WITSEL

CÉDRIC RUSSEL

millions d’euros). Six joueurs belges évoluent aujourd'hui dans le championnat russe. Certains s'y sentent à merveille et développent leur carrière, tandis que d'autres peinent à s'acclimater.

© ITAR-TASS

MEHDI CARCELAGONZALEZ CLUB : ANJI, MAKHATCHAKALA, DAGUESTAN

L’avenir n’est pas sans nuages pour un autre joueur de nationalité belge : Mehdi Carcela-Gonzalez.

© ITAR-TASS

Le pupille du Standard de Liège est passé à l’Anji Makhatchkala comme l’un des joueurs les plus prometteurs d’Europe. Le club de l’homme d’affaires daghestanais Suleiman Kerimov a dépensé 5,7 millions d’euros pour le transfert du milieu offensif, au nez et à la barbe du Spartak de Moscou. Carcela-Gonzalez a joué la dernière saison à un haut niveau, d’abord pour la sélection nationale belge puis marocaine. Mais l’arrivée à Anji du Brésilien Willian a remis en question l’avenir de Mehdi. Cette année, il n’a joué que 19 matchs tous tournois confondus, la plupart du temps en remplaçant. Anderlecht rêve de le rapatrier, mais le prix est trop élevé : le club daghestanais ne veut pas vendre le joueur à moins de 10 millions d’euros.

© RIA NOVOSTI

Les Russes dans le championnat belge

Le transfert du milieu de terrain de 24 ans, Axel Witsel, du Benfica Lisbonne au Zénith de SaintPétersbourg, représente la part du lion des 199 millions. Pour l’un des leaders de l’équipe de Belgique, le club russe a dépensé près de 40 millions d’euros, en devançant ainsi des monstres sacrés du football tel que le Manchester United anglais ou l’AS Roma italien. En rejoignant le Zénith, Witsel est devenu le sixième Belge dans l’histoire du football russe.

Aucun Russe ne joue actuellement dans le championnat belge. Dans le passé, les joueurs de l’équipe nationale russe Dmitri Boulykine et Oleg Veretennikov s'y sont fait remarquer. Mais c’est le milieu de terrain AndreÏ Demkine qui a eu le plus de succès en Belgique. Il a joué 87 matchs en première division et a marqué 18 buts, dans

trois clubs différents : le KV Courtrai, le Germinal et le KSK Beveren. Aujourd’hui, AndreÏ se souvient avec tendresse des années passées en Belgique : « J’ai passé les meilleures années de ma carrière au sein du championnat de Belgique. Je continue à suivre les matchs de la ligue, en supportant tous mes anciens clubs ». Article préparé par Timour Ganeev

© ITAR-TASS

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