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Le journal indépendant de l’Université d’Ottawa Édition du 9 mars – Volume LXXVI No 22

EXCLUSIF

84% des étudiants perderaient leur bourse l’année prochaine Seuls 16% des nouveaux étudiants de l’Université d’Ottawa ayant une bourse d’admission renouvelable la conserveront pour leur deuxième année d’études. Philippe Teisceira-Lessard

C

’est le constat que La Rotonde a pu faire à la réception d’une statistique finalement communiquée par Éric Bercier, registraire de l’Université. Il faut savoir que l’Université gardait pour elle seule cette information jusqu’à la semaine dernière. Les raisons invoquées diffèrent grandement selon les sources: «Parce qu’on choisit de ne pas les publier», explique Patrick Courcelles, directeur de l’aide financière, parce que « ce sont des données que l’on n’avait pas jusqu’à tout récemment», soutient Éric Bercier, registraire de l’Université. Un employé de la FÉUO affirme avoir débuté les démarches dès l’été dernier pour obtenir cette donnée. Selon lui, l’Université n’a jamais voulu lui fournir ces chiffres. Environ 3700 de ces bourses renouvelables sont remises chaque année aux nouveaux admis, près de 57% d’entre eux en recevant une. De ce nombre, 84% l’auront perdue à leur deuxième année. Il s’agit d’un programme d’environ 12 millions de dollars, aux dires de son gestionnaire, soit près de la moitié du budget total de l’aide financière. «Le taux de perte est vraiment élevé par rapport à d’autres universités, commente Seamus Wolfe, v-p aux affaires universitaires de la FÉUO. Il y a un problème, c’est clair. »

Différents niveaux existent pour cette bourse, allant de 4000$ sur quatre ans pour les moyennes comprises entre 80% et 84%, jusqu’à un soutien financier de 16 000$ sur quatre ans pour les étudiants admis avec plus de 95% de moyenne. Le seul point qu’ont tous ces nouveaux étudiants en commun, c’est le critère académique de 8,5 de moyenne pondérée cumulative (MPC) qu’ils doivent conserver. Un critère clairement établi? Bercier précise que la moyenne d’admission et la moyenne considérée pour la bourse ne sont pas les mêmes. « Les calculs des moyennes pour l’admission au programme d’études et pour l’octroi de la bourse d’admission sont différents : la moyenne d’admission prend en considération les préalables au programme d’études, tandis que la moyenne de bourse est calculée à partir des meilleurs cours de l’étudiant, peu importent les préalables », nous apprend le registraire. Même faute de statistiques plus élaborées, il est possible d’affirmer que ce procédé fait entrer plus d’admis dans le programme de bourses et, par ailleurs, fait augmenter le montant du soutien à des gens qui seraient déjà admissibles. «Le problème avec tout cela, c’est qu’avec une MPC de 8,5 à l’Université, cela ne veut rien dire pour un étudiant du secondaire, soulève

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Wolfe. Les méthodes d’évaluation sont différentes dans tout l’Ontario, sans compter le cégep au Québec. » À cela, le bureau du registraire et celui de l’aide financière répondent qu’ils tentent d’être le plus transparents possible. «Les étudiants le savent en arrivant : les agents de liaison qui sont dans les écoles, quand les étudiants nous posent des questions lors des soirées de parents ou des évènements demandent s’il y a beaucoup de gens qui renouvellent. On est honnête avec eux, sans leur donner de statistique. On leur dit que les étudiants qui ont une plus forte moyenne ont beaucoup plus de chances de renouveler leurs bourses que les étudiants qui arrivent avec 80%», se défend Courcelles. Afin de savoir si les futurs étudiants ont vraiment accès à une information suffisante pour prendre une décision éclairée, La Rotonde a communiqué avec le numéro de téléphone public d’information sur l’admission de l’Université. Une fois en ligne avec l’agent, La Rotonde s’est présentée comme un étudiant pré-universitaire avec une moyenne universitaire de 82%. Loin de recevoir une information basée sur des faits solides, le représentant de l’Université lui a plutôt dit (et reconfirmé) que la note à conserver était une MPC de 8,0 et qu’il était plutôt facile de garder la bourse. Les bourses « il y en a qui

SPORTS

Séries

Basket masculin et hockey féminin seront des nationaux ARTS ET CULTURE

la perdent, il y en a qui la gardent. Tant que l’étudiant travaille et fait tout ce qu’il faut, il la garde», a dit l’agent, dont le rôle est de conseiller les futurs étudiants. Aide financière ou marketing Évidemment, aucun des deux représentants de l’administration n’a voulu faire de lien entre ce programme de bourse et le marketing. « C’est l’un des outils importants pour le recrutement des étudiants, c’est sûr », admet toutefois Courcelles, alors que le registraire de l’Université se limite à parler d’outils pour reconnaître l’excellence. «Moi je n’utiliserais pas ce terme-là, proteste Bercier lorsqu’on lui demande si les bourses relèvent du marketing. Pour nous, c’est une façon de reconnaître l’excellence. On donne une bourse à l’admission, nécessairement, c’est dans le processus de recrutement. C’est une bourse qui reconnaît l’excellence.» Les représentants de la Fédération étudiante, pour leur part, vont beaucoup plus loin. «C’est de la fausse publicité. Ils disent toujours qu’ils donnent beaucoup de bourses, mais c’est simplement de la fausse publicité s’ils les enlèvent après un an», s’insurge Seamus Wolfe, soulignant la même justification que l’administration a utilisée lorsqu’il a s’agit d’augmenter les frais de scolarité en novembre dernier.

Littérature

Regard sur le 9e art


le 9 mars 2009

Philippe Teisceira-Lessard Mathieu Gohier actualites@larotonde.ca

Actualités

Un vrai cirque COMITÉ D’ARBITRAGE ÉTUDIANT

La première audience dans le cas de la contestation des élections a rapidement dérapé,vendredi, après que les quatre candidats élus accusés d’avoir fait équipe aient quitté la salle d’audience sous les cris de leurs supporteurs. Philippe Teisceira-Lessard

«Je ne pouvais pas participer à un processus que je crois vraiment injuste», résume Wolfe en entrevue. Dans le camps adverse, Garner proteste contre «leurs accusations infondées». Selon lui, les procédures et les principes d’équité entre les parties ont été suivis. «Nos questions et requêtes ont reçu des suivis complets et rapides et je veux féliciter les arbitres pour leur travail. Nous avions reçu un courriel le 18 février détaillant le processus et la partie demanderesse a fait de son mieux pour se conformer aux règles. »

C’est un public nombreux et survolté qui attendait les deux camps pour l’audience de la contestation des élections, vendredi dernier. Plusieurs membres de l’assistance, visiblement préparés, arboraient des affichettes ne laissant aucun doute sur leur affiliation politique: «Vous avez perdu, c’est fini !» proclamaient les unes, «Respectez ma Constitution», protestaient les autres, coincées parmi un public beaucoup trop nombreuse pour la taille du local réservé. La partie défenderesse, arrivée une fois la salle bondée, a eu droit à un accueil bruyant, le public les soutenant visiblement en majorité. Roxanne Dubois, Seamus Wolfe, Julie Séguin et Jean Guillaume étaient accompagnés de Jason Benevoy, leur conseiller légal. La foule s’est tue, finalement, malgré la tension pesante et la chaleur de la salle de classe. Après avoir réglé une question de procédure relative aux temps de parole, Caroline Poisson, arbitre en chef, demande à chaque partie si elle accepte de se soumettre à l’arbitrage.

Des «comportements irrespectueux et belliqueux» selon Haldenby

Coup de théâtre Alors qu’il ne devait s’agir que d’une question purement procédurale, les quatre défendeurs se sont levés les uns après les autres afin d’exposer les raisons qui, selon eux, justifiaient un retrait total du processus. En guise de conclusion, chacun d’entre eux réaffirmait sa volonté de se retirer de la juridiction du Comité d’arbitrage. «Les étudiants de ce campus ont voté pour moi comme leur prochain président, a déclaré Wolfe, visiblement nerveux. Je ne vais pas leur manquer de respect et au processus démocratique en acceptant de participer à un processus corrompu et injuste. Les intentions derrière ces allégations ne sont rien de plus que de voler les étudiants de leur voix. Je ne vais pas me taire et laisser cette démarche injuste violer la volonté de tous les étudiants. J’ai perdu toute confiance dans ce processus.» Ne faisant ni une, ni deux, les quatre défendeurs ont allié le geste à la parole et sont sortis de la salle d’audience sous les affichettes brandies puis les applaudissements de

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leurs partisans, quelques-uns les suivant même pour les féliciter. Poisson a alors demandé aux défendeurs de rester en place et à la foule de se calmer, les affrontements verbaux recommençant. «Notre position sera présentée par notre conseiller légal, merci beaucoup», a lâché Wolfe, avant d’inviter le public à venir s’informer de sa défense à l’extérieur. La séance a alors été ajournée pour cinq minutes. Au retour des arbitres, c’est Brendan Clancy qui a pris la parole afin d’exposer les raisons qui ont poussé les trois arbitres à continuer l’audience de la plainte. La salle étant encore bien remplie de partisans des nouveaux élus, RenaudPhilippe Garner, invité au podium afin de livrer sa déclaration d’ouver-

ture, a aussitôt été empêché de parler par des slogans scandés à haute voix. Aux «C’est fini !» scandés en chaîne ont succédé les «Fermez l’audience !» et des injures proférées envers la partie défenderesse et les arbitres eux-mêmes. Nouvelle pause, beaucoup plus longue cette fois, à la conclusion de laquelle la décision de poursuivre l’audience sur la plainte est maintenue, mais reportée à une date ultérieure. Les raisons du retrait Les récriminations de la partie défenderesse envers le processus et le Comité d’arbitrage qui le contrôlait sont nombreuses et diverses. Bien que les discours de retrait

dont chacun des élus a fait part à l’audience présentent de légères différences, il n’en reste pas moins que les hypothétiques problèmes sont les mêmes. «Le processus m’a semblé légitime jusqu’à ce qu’on soumette notre défense. À ce moment-là, les règles ont volé en éclats, se défend Dubois, reconduite à son poste de vice-présidente aux finances pour un deuxième mandat. C’est l’accumulation d’irrégularités qui m’empêche de participer au CAÉ», ajoute-t-elle. Ces «irrégularités» alléguées par Dubois et ses collègues tiennent autant de problèmes par rapport au choix des juges que d’un supposé non respect du délai constitutionnel de dix jours pour entendre la plainte.

Au-delà de la procédure comme telle, c’est aussi le chahut ainsi que l’affrontement verbal entre l’audience et les arbitres pour faire dérailler la procédure qui en a choqué plusieurs. Amy Kishek, par exemple, a demandé des excuses de Dean Haldenby, président de la FÉUO, et des défendeurs «au nom de quiconque aurait pu les représenter». Sans prendre le blâme pour le dérapage du CAÉ, Haldenby dénonce tout de même les évènements dans un appel au calme envoyé aux médias. «Alors que la tension montait, j’ai indiqué aux responsables de l’arbitrage qu’il était impossible de poursuivre, écrit Haldenby. Au nom de la Fédération, je regrette que nous n’ayons pas pu assurer un environnement égalitaire.» Interrogé dans la salle d’audience, tout sourire, il n’avait alors pas voulu commenter les évènements. Renaud Philippe Garner s’insurge lui aussi contre les actions du public, en pointant pour sa part dans une direction particulière. «L’audience de vendredi fut une disgrâce et une débâcle. La salle ressemblait davantage à un stade de football rempli de partisans puérils et belliqueux. Bien que je n’aie pas été intimidé par l’abus et la colère des partisans de la partie défenderesse, plusieurs l’ont été, dont des témoins », commente celui qui n’a pu procéder à sa déclaration d’ouverture à cause du chaos qui s’installait.

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le 9 mars 2009

CAMPUS

Quel avenir pour le campus ? Malgré la construction récente de l’imposant pavillon Desmarais, l’Université d’Ottawa ne compte pas s’arrêter dans ses projets d’agrandissement.

BRÈVES

» Aide financière pour l’Université

L’Université d’Ottawa a obtenu une importante aide financière en provenance du gouvernement de l’Ontario. Cette aide, qui permettra d’augmenter le nombre de places disponibles aux études supérieures, fait partie du plan d’action pour l’éducation postsecondaire «Vers des résultats supérieurs». Avec cette aide provinciale, au moins 277 nouvelles places seront créées afin d’accueillir davantage d’étudiants à la maîtrise et au doctorat. Avec ce programme, le nombre d’étudiants à la maîtrise passera de 1 841 équivalents temps plein (ETP) en 2002 à 2 856 en 2011, une hausse de 1 015. Le nombre de doctorants, quant à lui, sera presque doublé pour la même période, passant de 541 ETP en 2002 à 1 073 en 2011, soit une augmentation de 532. « Cette aide financière démontre que l’Université d’Ottawa s’inscrit dans le projet du gouvernement provincial de prioriser le financement des universités à forte intensité de recherche et confirme que notre institution est un chef de file dans ce domaine », affirme Allan Rock, recteur de l’Université d’Ottawa. Le gouvernement provincial investira 51,6 millions de dollars à travers la province pour créer près de 3 300 nouvelles places aux cycles supérieurs durant les trois prochaines années.

» Un professeur de l’Université d’Ottawa élu président de l’Association médicale canadienne

Le pavillion Desmarais, qui a ouvert ses portes en automne 2007.

Mathieu Gohier

Parmi tous ses projets, l’Université continue de voir grand en voulant construire la Tour des sciences sociales. D’une dimension semblable à celle du pavillon Desmarais, la Tour regroupera, pour la première fois, tous les départements de la Faculté des sciences sociales. Adjacente au pavillon Vanier, la tour comptera une quinzaine d’étages pour une superficie de 22 000 m2. Vanier, quant à lui, sera rénové et occupé, entre autres, par le département de psychologie.

qu’aurait entraînés leur réalisation se sont avérés supérieurs à la capacité budgétaire de l’Université. Le plan révisé propose plutôt des rénovations mineures aux locaux qui serviront d’espace de transition pour les départements déplacés. Ceux-ci seront nombreux pendant les travaux majeurs effectués ailleurs sur le campus au cours des cinq prochaines années. Le gymnase, qui a été sommairement rénové, est utilisé depuis septembre 2007 et continuera de l’être pour les activités sportives intra-scolaires. La Faculté d’éducation et le département des arts visuels demeureront respectivement au pavillon Lamoureux et au 100 Laurier jusqu’à ce qu’on puisse trouver une meilleure solution. Il faut se rappeler que ce campus est installé sur un terrain contaminé et ne peut donc pas recevoir de nouvelles constructions.

Campus Rideau

Pavillon Tabaret

Éloigné du campus principal, le complexe du 200 Lees, acheté au Collège Algonquin, n’est la propriété de l’Université d’Ottawa que depuis 2007. Le plan initial de 2007 comprenait la rénovation du gymnase, ainsi que le déménagement de la Faculté d’éducation et du département des arts visuels. Après consultation, ces travaux et les coûts

Le plan initial prévoyait des travaux pour rénover et réaménager les bureaux libérés par la Faculté des sciences sociales lors de son déménagement au pavillon Desmarais. On comptait y mettre des bureaux et des services administratifs et procéder à des travaux afin de faciliter l’accès au pavillon et de créer un espace d’accueil près de l’ancienne cha-

Le plan d’aménagement quinquennal de l’Université prévoit d’autres constructions dans l’avenir de l’institution. Ce plan devrait être mis en place d’ici 2012 Nouveau pavillon

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Photo Amanda Garreau

pelle (salle 112). Le nouveau plan révisé prévoit des travaux de rénovation mineurs afin de permettre le déménagement de quelques bureaux et services administratifs. Les autres projets sont reportés à une date ultérieure. Pavillon Roger-Guindon Campus Alta Vista Le 3 mars 2008, le gouvernement de l’Ontario a annoncé un investissement de 15 millions de dollars pour l’agrandissement du pavillon Roger-Guindon (RGN). L’agrandissement de RGN ajoutera plus de 4 645 m2 d’espace destiné à l’apprentissage et réunira sous le même toit la recherche, l’enseignement et la formation. 100 Laurier Le plan quinquennal reconnaît que ce pavillon est désuet, mais sa valeur patrimoniale est inestimable parce qu’il est le plus vieil édifice du campus. Le 100 Laurier devrait faire l’objet d’un important plan de restauration. Au cours des prochaines années, on procédera à des études en profondeur à ce sujet et des projets futurs de restauration devraient être inclus dans le prochain Plan quinquennal 2012-2017.

Un ancien directeur du Département de médecine de l’Université d’Ottawa, le Dr Jeffrey Turnbull, a été élu président désigné de l’Association médicale canadienne (AMC). Cette nomination sera entérinée lors de l’assemblée annuelle de l’AMC, à Saskatoon, en août prochain. L’élection du Dr Turnbull marque un changement d’orientation par rapport aux anciens présidents de l’AMC, qui favorisaient un plus grand rôle des soins de santé privés dans le système canadien. Le professeur de médecine s’est clairement prononcé en faveur d’un réseau public de soins de santé. Au cours de sa carrière, le Dr Turnbull a créé des établissements de soins pour les sans-abri de la région, dont un « refuge avec consommation surveillée » pour les alcooliques ainsi qu’un centre de soins palliatifs pour les personnes indigentes. Il s’est également impliqué dans les projets d’éducation et de services de santé visant à améliorer les ressources communautaires et institutionnelles ainsi que le développement durable au Bangladesh, en Afrique et dans les Balkans. En plus de son poste à l’Hôpital d’Ottawa, il a dirigé des départements d’importance à l’Université d’Ottawa et il a reçu de nombreux prix d’enseignement et l’Ordre du Canada.

» Prix pour un professeur de la Faculté de génie

Le professeur Hussein T. Mouftah, spécialiste des réseaux de télécommunication, est le récipiendaire du Prix d’excellence en recherche de l’Université d’Ottawa 2008. Le but de ce prix est d’attirer l’attention sur la recherche qui se fait sur le campus. Détenteur de plusieurs brevets d’invention, le professeur Mouftah est un chercheur affilié à l’École d’ingénierie et de technologie de l’information de l’Université. Ses travaux de recherche portent sur la facilitation de la conception et la mise en opération de réseaux fiables, efficaces et peu coûteux pour les nouveaux services Internet haut débit. En février 2008, le professeur Mouftah a reçu une bourse du Fonds pour la recherche en Ontario afin de développer des réseaux de capteurs sans fil dont les applications auront une incidence dans des domaines tels que la télémédecine, la surveillance des édifices et la sécurité à domicile, ou encore dans les systèmes de véhicules intelligents. Titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les réseaux optiques, Mouftah est professeur émérite de l’Université d’Ottawa depuis 2006. Mathieu Gohier

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le 9 mars 2009

SÉNAT

Brasse-camarade au Sénat Lundi : nouvelle réunion perturbée par des protestataires, la troisième en trois mois. Jeudi : reprise de la réunion, sans la présence du public. Philippe Pépin Philippe Teisceira-Lessard

L

e lundi 3 mars devait avoir lieu la dernière rencontre du Sénat de l’Université d’Ottawa, où l’on planifiait de débattre de différentes questions concernant la gestion académique de l’institution. Cependant, tout comme les précédentes séances du 12 janvier et du 2 février, la réunion a été ajournée, cette fois-ci avant même son ouverture officielle par Allan Rock, recteur de l’Université d’Ottawa et président d’assemblée. Sur place, La Rotonde a pu constater une escalade du différend qu’entretient l’Université avec le groupe d’activistes étudiants comprenant entre autres Mireille Gervais et Marc Kelly, reconnu pour ses déboires avec l’Université. C’est justement pour faire tomber les chefs d’accusation qui pèsent sur ce dernier depuis son arrestation au Sénat du 1er décembre que les militants avaient prévu un nouveau coup d’éclat. Après que les militants aient investi la salle de réunion, le ton est monté d’un cran lorsque que Mireille Gervais pris la parole à l’aide d’un micro et d’un amplificateur. Alors qu’un nouvel ordre du jour modifié et identifié comme celui du fictif Cabinet des étudiants de l’Université d’Ottawa était distribué, Gervais a plaidé pour l’importance du travail du Sénat et des effets des ajournements, des politiques concernant l’enregistrement sonore et visuel (en référence ici au débat entourant Marc Kelly, arrêté pour avoir tenté de filmer une réunion du Sénat) et, finalement, de l’importance de la liberté d’expression dans le cadre d’un climat propice à l’échange d’opinions. Ensuite, elle a donné la parole à Amy Hammett, l’une des manifestants présents lors de la manifestation contre «le retrait unilatéral de l’affiche de la Semaine de l’apartheid israélien», apparemment «victime de violence policière» et maintenant forcée de se déplacer à l’aide de béquilles. Allan Rock réagit Visiblement, le recteur n’a pas aimé l’initiative du groupe d’activistes et s’est empressé de prendre la situation en main en coupant la parole à Gervais et à sa collègue pour affirmer qu’il s’agissait de sa convocation du Sénat, qu’il y avait des thèmes importants à débattre et que si certaines personnes souhaitaient lancer leurs propres réunions et ordre du jour, ils n’avaient qu’à convoquer les sénateurs et sénatrices eux-mêmes. Il a terminé en ajournant la séance et en la reportant à plus tard la même

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Des étudiants ont une fois de plus intérrompu la rencontre du Sénat afin de réclamer que les chefs d’accusation qui pèsent sur Marc Kelly soient retirés. La réunion s’est finalement tenue trois jours plus tard à huis clos. Selon l’administration l’enregistrement devrait être disponible dans les prochains jours. semaine. Les sénateurs n’ont pas semblé surpris de la tournure des événements, certains quittant même la salle avec un petit rire. « Je ne comprends pas ce qui se passe ! Tout ce que nous voulons, c’est être écoutés, chose que le recteur et le Sénat semblent ne pas comprendre ; nous avons même suivi le recteur à pied sur une distance d’un kilomètre afin de lui remettre un document concernant l’arrestation de Kelly et il ne nous a même pas adressé la parole ! », proteste Mireille Gervais. Denis Rancourt, professeur en conflit avec l’Université, s’interroge sur la légalité de l’acte du recteur : « Ne faut-il pas voter pour établir une séance à huis clos ? » En réponse à ceci, en vertu de l’article 16(2) de la Loi concernant l’Université d’Ottawa de 1965, toutes les décisions du Sénat doivent être votées à la majorité pour être effectives. Ainsi, le recteur a commis une faute due à son zèle. Reprise à huis clos Comme promis lors de l’interruption de lundi, Allan Rock a recontacté l’ensemble des sénateurs afin de les informer que la séance pertur-

bée aurait lieu le jeudi même sans la présence de public, tôt en matinée. Rapidement, le sénateur-étudiant Michael Cheevers, par ailleurs coordonnateur des campagnes pour la Fédération étudiante, a fait parvenir à la gouvernance universitaire une lettre de protestation dans laquelle il s’indignait des méthodes du recteur. «Le Sénat ne devrait pas être un instrument de l’administration universitaire centrale, cela est inscrit dans la Loi sur l’Université d’Ottawa de 1965. Le recours au huis clos ne devrait pas être utilisé pour bloquer l’accès du public aux réunions», écrit Cheevers, qui aurait aussi fait entendre son opinion pendant la séance. Un comité d’accueil plutôt bruyant attendait les sénateurs qui avaient décidé de participer à cette réunion dans un contexte particulier. Le comité avait tenté de déployer un tapis rouge sur le sol et Mireille Gervais souhaitait la bienvenue aux «importants participants à leur réunion très exclusive». On a pu voir le début d’une certaine tension, les agents de sécurité ayant démantelé une partie de la mise en scène des protestataires. «Parce que l’on avait un ordre du jour chargé et parce qu’il fallait

procéder, on a filmé les procédures et elles vont être mises sur le site web. Pour ceux qui s’intéressent au contenu, ce sera disponible. Lorsque des présentations de non-membres doivent être faites au Sénat, ce n’est pas tellement difficile, ils n’ont qu’à demander à être ajoutéees à l’ordre du jour, se défend Nathalie Des Rosiers, vice-rectrice à la gouvernance, avant de dénoncer les protestataires. Vous ne pouvez pas crasher la réunion, vous ne pouvez pas arriver pour tout perturber. L’Université doit fonctionner.» Cheevers, quant à lui, prend ses distances avec les méthodes employées par les activistes, mais continue à les soutenir. «Ce qu’ils demandent, c’est raisonnable. Ce qu’ils veulent, c’est du temps pour parler et on ne leur a pas accordé ce temps pour parler. Plutôt que de prendre 10 minutes pour les écouter, Rock ferme les réunions les unes après les autres. Je ferais peutêtre les choses différemment, mais je ne blâmerais jamais quelqu’un qui prend des actions», commente le sénateur-étudiant qui s’est fait s’est fait critiqué pour des contradictions entre la lettre de ce sénateur et ses positions antérieures. « Lors de

la réunion du Conseil d’administration de la FÉUO du 1 février, Michael Cheevers a ouvertement appuyé la notion d’aller à huis-clos pour débattre de la question du vote électronique… Après avoir perdu ce vote, il a voté en faveur d’avoir un vote secret. Disons que le Sénateur étudiant n’est pas la meilleure personne pour donner des leçons de transparence à l’administration de l’Université d’Ottawa», a critiqué Wassim Garzouzi sur le site web de La Rotonde. L’étudiant au coeur de nos actions « Il y a une grande ouverture au compromis, à la recherche d’entente. Nathalie Des Rosiers, pas plus tard qu’hier, a envoyé un courriel à Mireille Gervais pour savoir s’il n’y avait pas moyen de se parler, de discuter avant ce matin, nous a confié Andrée Dumulon, directrice des communications pour l’Université, quelques heures après les évènements. On va continuer de travailler en mettant l’étudiant au cœur de nos actions.» La prochaine réunion du Sénat est fixée au 6 avril prochain. Gervais promet d’être de la partie.

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le 9 mars 2009

SERVICES ALIMENTAIRES

Un menu pas abordable Les Services alimentaires s’expliquent par rapport aux prix de la nourriture, jugés très élevés par la majorité des étudiants. Catherine Blanchard Soupe : 3,00$. Salade verte : 4,00$. Plat de fruits : 4,25$. Petite baguette brie et canneberges : 5,25$. Assiette au comptoir des mets sautés : 6,25$. Assiette complète de bœuf ou de poulet au comptoir shish : près de 9,00$. Les étudiants d’accord pour dire que la nourriture offerte dans les 22 différents points de services sur le campus est abordable sont peu nombreux. À la foire alimentaire du Centre universitaire, il n’est pas nécessaire de chercher longtemps pour voir que la majorité des étudiants abonde plutôt dans le sens inverse. «Je pourrais me permettre de manger ici beaucoup plus souvent si les plats étaient moins chers. On a vraiment l’impression qu’ils font de l’argent sur notre dos», affirme une étudiante. «Un petit sandwich déjà préparé à 5$, c’est beaucoup trop cher !», s’exclame un étudiant. «La variété n’est pas extraordinaire. Pour des trucs comme Pizza Pizza, c’est certain que les prix sont abordables, mais si tu veux quelque chose de santé, les prix sont vraiment élevés», explique un autre. Alexandrine Cadieux-Leblanc, étudiante en droit civil vivant en résidence, explique qu’elle avait acheté un plan alimentaire de 250$ pour pouvoir essayer. «Cela a duré

seulement trois semaines, et je ne mange pas beaucoup. C’est vraiment cher et en plus, je ne me sentais pas rayonnante de santé après avoir mangé la nourriture que j’ai achetée à la cafétéria.» Prix, profit, monopole Dès qu’on aborde le monopole de Chartwells comme cause des prix élevés, les Services alimentaires s’empressent de rectifier le tir. «Il n’y a pas qu’un seul fournisseur alimentaire à l’Université d’Ottawa, mais plusieurs : FÉUO, GSAÉD, Chartwells et des locataires indépendants», précise Philippe Demers, agent administratif et responsable du service à la clientèle pour les Services alimentaires de l’Université d’Ottawa. Précisons que les associations étudiantes possèdent deux cafés étudiants : le Nostalgica (GSAÉD) et le Café Alt (FÉUO). Quels sont alors les profits réalisés par la vente de nourriture sur le campus ? On décide plutôt d’expliquer comment est réparti le coût d’un produit. «Il faut continuellement faire des choix et un prix n’est pas affiché aléatoirement. Le coût complet doit comprendre les matières premières, la main d’œuvre directe, les coûts directs et indirects et les coûts de transformation (s’il y a lieu), tout ça pour obtenir un coût

Photo Mathieu Langlois

de revient complet», commente Demers. Politique tarifaire L’offre alimentaire pour la communauté universitaire, comme le mentionne la page web des Services alimentaires, fonctionne selon une politique précise : les augmentations ou diminutions annuelles des prix sont présentées aux membres du Comité consultatif des services alimentaires, un comité permanent du Comité d’administration de l’Université d’Ottawa, présidé par Victor Simon, vice-recteur aux ressources. Le mandat de ce comité est d’identifier les besoins de la communauté universitaire en matière d’alimentation et les moyens de les satisfaire, en évaluant la qualité des services et des prix ainsi qu’en veillant à des projets de rénovation et d’expansion.

«Pour ce qui est des prix dans les bannières, les mêmes politiques s’appliquent pour l’ensemble de l’Ontario et des chaînes respectives. Pour les autres produits, c’est la gestion des coûts qui est appliquée par chacun des fournisseurs alimentaires», explique Demers. Silence radio chez Chartwells Linda Symonds, directrice de district pour Chartwells, s’abstient de tout commentaire. En effet, il est contre la politique des Services alimentaires de l’Université que des renseignements concernant la nourriture sur le campus et le fonctionnement de la distribution soient donnés par quelqu’un de l’extérieur de leurs bureaux. « Il y a une certaine image unique à l’Université qui doit être suivie», explique Demers.

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le 9 mars 2009

PORTRAIT HISTORIQUE

90 ans de femmes à l’Université

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Une classe d’aspirantes gardes-malades de l’U d’O, en 1949.

Photo Archives de l’Université d’Ottawa

ette semaine, la FÉUO, de concert avec l’Association des étudiantes en études des Femmes (AÉÉF) organise un événement afin de commémorer les 90 ans de présence

féminine à l’Université d’Ottawa. Dans le cadre de cette activité, La Rotonde s’est entretenue avec avec Michel H. Prévost, archiviste en Photo Jessica Rose

chef de l’Université d’Ottawa, pour qu’il nous raconte l’histoire - au féminin - de l’Université d’Ottawa. Karine Hébert en fait le récit. Un peu d’histoire L’Université a été créée en 1848 par les pères Oblats comme un collège pour garçons seulement. Les femmes de l’époque fréquentaient plutôt des écoles ou collèges dirigés par les Soeurs Grises de la Croix. Jusqu’en 1919, les seules femmes que l’on pouvait trouver à l’Université n’étaient ni des employées, ni des étudiantes, mais bien les Petites Soeurs de la Sainte-Famille, qui s’occupaient alors d’accomplir certains travaux domestiques. En 1919, «on verra les premières femmes diplômées. Mais attention, elles ne venaient pas à l’Université d’Ottawa, elles allaient dans des collèges affiliés dirigés par des religieuses, où elles recevaient un diplôme de l’Université d’Ottawa, mais jamais elles n’avaient mis le pied sur le campus !» s’exclame Prévost. En 1920, Moran MacDonald devient la première femme à recevoir un doctorat ès lettres de l’institution. Puis il y eut les créations successives d’écoles visant à attirer plus de femmes, notamment celles de l’École normale en 1923, de l’École des garde-malades en 1933 et de l’École des sciences domestiques en

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1956. Ces trois écoles auront donc «contribué grandement à l’augmentation de la population féminine à l’Université, puisqu’à l’époque, on retrouvait nettement plus de femmes que d’hommes dans ces secteurs», ajoute-t-il. En 1965, les pères Oblats quittent l’Université pour fonder l’Université St-Paul et transfèrent leur pouvoir à un Bureau des gouverneurs. La nouvelle Université publique d’Ottawa comportait alors seulement 20% de femmes dans son corps étudiant. Du côté de l’administration… À partir des années 70, l’administration s’engage à embaucher un plus grand nombre de femmes. Prévost commente : «On voit d’ailleurs qu’il y a une évolution très rapide […], qu’il y a de plus en plus de femmes enseignantes. Elles représentaient un peu plus du quart du personnel enseignant en 1998 et le tiers en 2007.» L’Université a aussi eu, pendant longtemps, une seule femme dans son administration. Susan Mann a été la première femme à devenir vice-rectrice de l’Université, en 1984. D’ailleurs, la maison d’Étude des femmes porte son nom. Aujourd’hui,

l’administration compte deux femmes vice-rectrices : une à la recherche et l’autre à la gouvernance. «Il y a donc une évolution marquée dans l’administration, mais, malgré tout, il n’y a jamais eu de femme rectrice à l’Université d’Ottawa», explique Prévost. … et des étudiantes Aujourd’hui, on retrouve au prePhoto Jessica mier cycleRose 60,3% de femmes, puis au deuxième, 56,1 %. Prévost complète : «Cela fait déjà un certain nombre d’années que les femmes sont majoritaires au premier cycle, mais au deuxième cycle, on voit qu’il y a un grand changement. Maintenant, les femmes semblent avoir accès de plus en plus aux programmes de maîtrise et de doctorat.» Du côté de la Fédération étudiante, la première femme présidente fut Monique Ouellette en 1966. Toutefois, «elle n’a pas tout à fait été élue, elle a plutôt succédé en janvier à Jock Turcot, qui était décédé durant les vacances de Noël, et s’est fait réélire par la suite l’année suivante». Ouellette fait donc partie des cinq femmes qui ont siégé comme présidentes à la FÉUO.

Réunion des bénévoles La Rotonde tient sa réunion des bénévoles ce mardi, à midi, au 109 Osgoode. Venez discuter du journal, rencontrer l’équipe et connaître les évènements à venir!

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Actualités Revue de presse universitaire

le 9 mars 2009

Dans le feu de l’action

Éric Martin

Alexa Biscaro

Pour ce doctorant en pensée politique, le marketing universitaire est le symptôme d’un mal beaucoup plus sérieux pour l’Université : la marchandisation de l’éducation. Philippe Teisceira-Lessard La Rotonde : Dans l’histoire récente, le marketing a-t-il toujours fait partie des dépenses des universités ? Éric Martin : Si l’on s’en tient à l’histoire récente, il est sûr que la situation des universités est assez problématique. C’est justement en comparant à l’histoire, en périodisant sur le long terme, qu’on prend la mesure de la transformation des universités. L’université est à l’origine un lieu à part du lieu des échanges, du lieu du marché. Elle se tient en retrait, dans un double rôle de synthèse et de transmission des connaissances. LR : Dans ce cas, quand ce phénomène a-t-il pris forme ? EM : Sans en chercher la genèse, on pourrait dire que le phénomène s’est accéléré dans les années 70, avec la vague du néo-libéralisme. Mais les prémisses sont là depuis plusieurs décennies, au moins depuis le début du XXe siècle. LR : Dans quel contexte s’inscrit l’émergence du marketing par les universités ? EM : Ce qu’on est en train de faire actuellement, sous l’impulsion de l’OCDE, c’est d’appliquer à l’université des modes de gestion et de compétitivité économique qui sont propres à la sphère du marché et qui viennent complètement remettre en question ce statut de corporation qui se régule d’elle-même. L’administration elle-même de l’institution change, la relation avec ses membres change aussi, mais l’effet qui vous intéresse le plus, c’est la modification des relations qu’elle entretient avec les autres institutions, les autres universités, et la société en général. LR : Quel est l’objectif des universités avec leurs campagnes de marketing ? EM : Le problème, c’est qu’on place les universités en concurrence pour le financement venant de l’État. Alors, elles s’arrachent les étudiants. Ce n’est pas une question

de la qualité des étudiants ; ce n’est pas vraiment important. C’est la quantité qui compte. Même chose pour la recherche, c’est le nombre qui compte, peu importe le sujet. L’idée, c’est qu’au bout du compte, des équivalents étudiants à temps plein (ÉÉTP), on en ait de plus en plus, pour que l’Université obtienne plus de subventions. Il faut même aller les voler aux autres universités. Résultat, l’Université d’Ottawa fait de la pub dans le métro Berri, à l’emplacement de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Au lieu d’être une institution d’enseignement supérieur dont le rôle est de pourvoir une population donnée, on se retrouve avec une université qui préfère s’installer ailleurs pour tenter d’aller faire de la concurrence. LR : Les universités jouentelles dur sur le terrain du recrutement ? EM : Ce sont des universités qui conçoivent les étudiants comme une part de marché à aller disputer aux autres établissements. Ils vont aller se mettre physiquement aux portes des autres institutions et vont engager des campagnes de marketing ironiquement basées sur le savoir, l’esprit

critique, alors que cela n’a rien à voir. LR : On pourrait argumenter que la concurrence donne souvent de bons résultats, poussant tous les acteurs au dépassement. EM : C’est une façon de raisonner propre à l’entreprise privée. Les transposer dans une institution comme l’université, c’est nier la mission constitutive des universités. Elles ne sont pas censées être un lieu où la guerre de tous contre tous est le paramètre de base, au contraire. Une fois qu’on accepte que l’université doit être gérée comme une usine Toyota, après cela on peut appliquer ces méthodes-là et l’on se dit que cela va la stimuler. LR : Quel est l’effet concret, pour l’étudiant moyen, de toute cette logique de marchandisation ? EM : L’effet immédiat, c’est que l’étudiant devra payer son éducation beaucoup plus cher à mesure que l’institution verra son financement public baisser. L’État se désengage de plus en plus au profit des entreprises privées, qui assument une plus grande part du financement, tout comme les utilisateurs.

Calendrier – Actualités DIVERS

CONFÉRENCES Bernard Voyer – explorateur: « Pas à pas vers son sommet » Quand ? 10 mars de 20h à 22h Où ? UCU, 318 Combien ? 5$ étudiants et 10$ autres

Quand ? 12 mars de 16h à 17h30 Où ? Simard, 428 Change and Continuity in US Intelligence Quand ? 13 mars de 12h30 à 14h Où ? Odell House, 180 Waller

La gouvernance mondiale et la gestion de la conduite au Concert européen (Anglais seulement) Quand ? 12 mars de 12h à 13h30 Où ? Desmarais, 3102

La culture dans les associations francophones Quand ? 13 mars de 13h à 16h Où ? Desmarais, 3120

Marie-Pascale Huglo : «Les Lieux dans W ou le souvenir d’enfance de Georges Perec»

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“General and associative duties and global justice” Quand ? 13 mars de 15h à 17h Où ? Arts, 509

Soirée film et débat organisée en collaboration avec le Forum d’études et de recherches autochtones (FÉRA) Quand ? 11 mars de 19h30 à 23h30 Où ? Desmarais, 8161 Atelier sur la rédaction aux études supérieures : Rédiger une revue de littérature Quand ? 13 mars de 10h30 à 11h30 Où ? 110 Université

La crise économique frappe Queen’s

les dons en espèces qui n’ont pas encore été comptés.

La crise économique commence sérieusement à affecter les institutions post-secondaires. Entre autres, l’Université Queen’s se voit dans l’obligation de supprimer 47 postes au sein des Facultés de sciences et d’arts au cours des trois prochaines années. Par contre, Tom Williams, recteur de l’Université insiste pour dire qu’aucun professeur ne sera licencié, ce qui irait à l’encontre de leur contrat syndical. Il invoque, en partie, la perte de revenus due à la crise économique et admet que l’Université devra, pour la première fois depuis plusieurs années, présenter un déficit. Puisque l’apport consacré aux salaires et bénéfices constitue 70% du budget, c’est dans ce domaine q u ’ o n envisage de réduire les coûts. Sauf avis contraire, les salaires du directeur, du directeur adjoint et du doyen seront figés.

Haute technologie à l’U de Calgary

On saute à l’eau à Simon Fraser Des étudiants de la Faculté de génie de l’Université Simon Fraser ont bravé le froid, le 25 février dernier, afin d’amasser des fonds pour la Variety Children’s Charity. Le Polar Plunge, tradition qui remonte à la fin des années 80, accorde aux chanceux qui ont atteint le montant promis le « privilège » de se faire lancer dans l’étang glacial du campus. Cette année, les participants ont dû affronter une bordée de neige et des températures plutôt inconfortables… En effet, on a dû préparer l’étang une semaine à l’avance, tant il y avait de glace à briser! Selon l’organisatrice de l’événement, les participants du Polar Plunge ont amassé plus de 2 500$, sans compter tous

La Faculté des sciences de l’Université Calgary inaugure une nouvelle ère dans son programme de nursing. Au début du mois de février, le Clinical Simulation Learning Centre, qui comprend 32 lits et huit simulateurs de patients, a finalement ouvert ses portes. Les « patients » peuvent respirer, cligner des yeux, ont un pouls et des fluides corporels. Ils peuvent aussi réagir aux traitements administrés, ce qui permet aux étudiants de pratiquer de nouvelles procédures et de savoir à quoi s’attendre en situation réelle. Surtout, ils ont moins peur de blesser le patient et peuvent ensuite analyser leurs erreurs. Les salles de simulation peuvent être transformées en plusieurs environnements différents, comme une demeure privée, une chambre d’hôpital ou une salle d’accouchement. U de Toronto : Non aux hausses de frais accessoires Le Council on Student Services de l’Université de Toronto a voté en défaveur d’une hausse des frais accessoires pour l’année scolaire 2009-2010. Le 27 février dernier, trois motions qui proposaient une augmentation de plus de 12$ ont été rejetées par le conseil. La décision a affecté plusieurs services universitaires, dont le centre athlétique et les services de santé. L’un des membres du conseil justifie le rejet des motions en précisant que les étudiants ne sont pas à l’abri de la crise économique et que si l’Université veut vraiment soutenir ces services, elle devrait subventionner une plus grande part des coûts plutôt que de puiser l’argent chez sa population étudiante.

Journaliste, photographe, graphiste, correcteur…? La Rotonde vous recherche! Nous sommes actuellement à la recherche de personnes dynamiques afin de combler tous les postes au sein de son équipe de l’année 2009-2010. Hâtez-vous et remettez votre candidature, curriculum vitae et lettre de présentation, à Caroline Bouchard, directrice générale, à direction@larotonde.ca. Visitez le LaRotonde.ca pour plus d’information.

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Actualités

le 9 mars 2009

Une conférence marquante AMNISTIE INTERNATIONALE : SOS RDC

La situation catastrophique de la République démocratique du Congo racontée sans censure par l’un de ses ressortissants. Karine El Hanbli

tait une attention particulière à la violence faite aux femmes, un fléau qui ravage le pays au même titre que la corruption, les guerres interethniques et l’enrôlement militaire de jeunes enfants. Selon le conférencier invité, les agressions perpétrées sur les femmes y sont d’une atrocité inhumaine, les viols étant quasiment choses du quotidien, même ceux commis sur des jeunes filles. Ces crimes sexuels engendrent une

La défense des droits de l’homme, un sport extrême

«On n’a pas tous la même chance !» Cette phrase s’est probablement Son vécu hors du commun a ajouté frayé un chemin dans l’esprit de à son discours une profondeur notée tous les étudiants ayant assisté à par l’audience. En effet, cet homme l’une des activités de sensibilisation d’origine congolaise a dû quitter sa du groupe Amnistie internationale terre natale après avoir vécu caché francophone, la semaine dernière, comme un fugitif durant quelques durant la campagne pour dénoncer semaines, craignant pour sa sécurité. la situation qui prévaut actuelleIl raconta même que s’étant réfugié ment en République démocratique en Ouganda, on tenta, là-bas aussi, du Congo. de porter atteinte à sa vie. En effet, du 3 au 5 Ce récit marquant mars dernier se sont digne des films holsuccédé films, témoilywoodiens était pourgnages, documentaitant raconté par Luanres-choc et conférences da comme s’il s’agissait pour tenter de sensid’une vie comme une biliser notre commuautre. Malgré tout ce nauté étudiante à la qu’il a surmonté dans réalité des Congolais. le passé, il a su commuLà- bas, trop de sang niquer son savoir et sa a déjà coulé, beaucoup passion pour son pays trop d’enfances ont été avec un optimisme apvolées, la violence a par parent. trop régné et beaucoup trop de vies ont été briUne lueur d’espoir sées ; l’horreur perdure pour l’avenir depuis déjà bien longPhoto Karine El Hanbli temps, dit en substan- Pour Magellan Luanda (ci-dessus), les agressions perpétrées Le public semblait ce Amnistie Interna- sur les femmes congolaises sont une atrocité inhumaine. réconforté d’entendre, tionale. En présentant de quelqu’un ayant surla situation réelle sans monté tant d’obstacles, censure, le groupe d’Amnistie a multitude de répercussions sur la surtout tant vu, des propos remplis sûrement sensibilisé tous ceux qui vie des Congolaises; les victimes d’un réel espoir en de meilleures ont prêté attention à ses activités. sont en général physiquement conditions. Luanda n’a cessé de menmutilées et meurtries psycholo- tionner qu’il est possible d’apporter La réalité congolaise giquement. De plus, la majorité un changement et qu’avec de la vode ces femmes doivent tenter de lonté, tout est possible. La lueur d’esLa conférence a été présentée dissimuler les brutalités venant poir constante qui habite les yeux de par Magellan Luanda, fervant dé- d’être commises à leur encontre, ce protecteur des droits humains a fenseur des droits de l’homme. Il de peur de se faire rejeter par leurs certainement su embraser la flamme a tout d’abord présenté un aperçu proches et amis ou leur commu- des passionnés de la cause humanigénéral de la situation actuelle sur nauté. Malheureusement, Luanda taire. La batterie bien rechargée par le terrain et un survol du nombre a informé l’audience qu’il n’était cet excédent d’espoir, les gens d’Amastronomique de morts. Toutefois, pas rare de trouver une ancienne nistie se disent prêts à attaquer le c’est la violence omniprésente et victime de viol abandonnée par reste de la session en beauté et nous récurrente en ces terres africaines son mari, qui lui reproche d’avoir promettent de multiples projets dans qui occupait le cœur de cet exposé. commis l’adultère. les prochaines semaines. Cette partie de son allocution prê-

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Les Publications La Rotonde inc. tiendront leur toute première Assemblée générale Ouverte à tous les étudiants Mardi le 31 mars à compter de 17h30 Toutes les motions doivent être soumises avant le 29 mars Veuillez nous faire parvenir toute demande d’accommodement avant le 21 mars

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Arts et Culture

le 9 mars 2009

Sonia Noreau culture@larotonde.ca

MAISON D’ÉDITION

Le Nègre Éditeur, funambule tricéphale Sacha Poitras, un étudiant de l’Université d’Ottawa, est l’une des têtes d’une maison d’édition qui publie en Amérique du Nord, en France et en Afrique. Elodie Danielou Sonia Noreau

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l est difficile d’entendre parler du monde de l’édition autrement que par des noms comme Gallimard, Boréal, Prise de paroles et Seuil. Pour tout écrivain débutant, prestige rime avec intouchable. Si l’univers de la publication leur est aussi fermé, quelle possibilité reste-t-il pour ces auteurs en mal de parution ? C’est une question que se sont posée les quatre fondateurs d’une maison d’édition récente au concept tricéphale: Le Nègre Éditeur. Fondée il y a deux ans par Paap Macodou (bourse du Centre national du livre de Paris), la maison est tenue par quatre passionnés de littérature et d’écriture. Sa spécialité ? Trois centres pour illustrer trois réalités différentes de la francophonie. Sacha Poitras, porte-parole de la maison, commente : « On parle souvent d’une culture de la francophonie plurielle. C’est une vision qui nous fait sourire, car c’est un pléonasme : le mode de vie est différent, mais c’est la même langue. » Le Nègre Éditeur est donc diffusé dans plusieurs villes de France, plusieurs centres francophones d’Afrique et du Canada.

Sacha Poitras. Tout ce qui compte, c’est la qualité de l’écriture. » Rien de plus aisé que de présenter son manuscrit à Le Nègre Éditeur, un simple clic de souris par Internet au http://lenegreediteur.blogspot. com vous ouvre une porte à la renommée.

Une porte pour les auteurs inconnus

Bien sûr, tout n’est pas tout rose, le Nègre Éditeur éprouve des difficultés, comme toute jeune maison d’édition. « Nous ne voulons pas nous borner à une tour d’ivoire, ou tomber dans le pathos de la petite maison d’édition qui lutte dans son coin. Certes, c’est notre réalité, mais nous ne nous résumons pas à ça », explique Sacha Poitras. Il n’en reste pas moins que leur avenir semble prometteur, puisque, déjà, l’accueil est très positif, les librairies ayant tendance à soutenir leurs démarches. Pour tous les curieux, les ouvrages publiés au Nègre Éditeur sont disponibles dans quelques librairies ou directement sur leur site web.

L’avenir et les difficultés

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Les œuvres de Mattie Kennedy, étudiant ici même sur le campus, ont donné une tout autre âme au Nostalgica le mois dernier. Le talent de ce jeune artiste se remarque tout de suite. Corinne Lalonde

Étudiant en doctorat de lettres françaises, le porte-parole connaît bien le stéréotype qui consiste à voir dans deux cultures comme deux étrangères qui sont pour lui « deux funambules, agiles et solidaires ». Le Nègre Éditeur est donc une quête de l’international, qui « nous emmène à l’étranger et nous le révèle », une autre manière de se révéler ailleurs.

Tous les auteurs inconnus qui tentent de percer vous le diront : la publication est un long et douloureux cauchemar. Or, alors que les maisons d’édition classiques « sont menées par le vedettariat », selon Sacha Poitras, le Nègre Éditeur se donne la mission de découvrir de nouveaux talents. Bien que les auteurs publiés par Le Nègre Éditeur soient encouragés à se pencher sur les soubresauts politiques du monde, cette maison d’édition n’a officiellement qu’un but – diffuser la parole des jeunes auteurs tapis dans l’ombre – et ne suit qu’une politique – l’excellence littéraire. « Poésie, théâtre, roman ou même essai scientifique, peu importe, souligne

L’Artiste-Étudiant » Mattie Kennedy

Mattie Kennedy, originaire de Warkworth en Ontario, vient tout juste de terminer une maîtrise en biomécanique à l’Université d’Ottawa. Son exposition, réalisée sur le thème du surréalisme, a récemment été exposée au Café Nostalgica et au magasin Normal Clothing, à Ottawa. Au carrefour entre Magritte et Dali, les scènes dépeintes par l’artiste semblent tout droit sorties d’un conte fantastique dans lequel l’observateur serait le premier spectateur. Les rosés et orangés pastel contrastent avec des couleurs plus froides, donnant un ton et un caractère particuliers à ses visages. Les toiles doivent leur très grand réalisme au souci du détail incroyable de l’artiste. Son parcours Selon ses souvenirs, Mattie Kennedy a toujours griffonné ici et là depuis la cinquième année. Cela lui permettait de créer son propre petit monde et de donner vie à son imagination. Autodidacte, il a appris les techniques de base dans les cours d’art à l’école secondaire. Il a débuté en utilisant l’acrylique et, au fur et à mesure que son style gagnait en maturité, il s’est tourné vers la peinture à l’huile, son médium préféré en ce moment. La Bible, le surréalisme, le jazz, le corps humain Il puise son inspiration dans les galeries d’art du marché By, qu’il visite fréquemment. Cela lui permet entre autres d’observer des techniques nouvelles et différentes des siennes et de s’en inspirer. « Je suis chrétien» , dit-il. La Bible est donc une autre de ses inspirations. Si le campus universitaire en tant que tel n’est pas source d’inspiration pour lui, ce qu’il a appris sur le corps humain dans son domaine d’étude l’a certes aidé à définir des formes humaines dans ses créations. Le plus

souvent, il travaille selon un thème précis, comme le jazz ou le surréalisme. Liberté sauvage Pour l’artiste, il est plus facile de choisir un thème général et de créer ce qu’on aime vraiment lorsqu’on ne vit pas de l’art, lorsqu’on est indépendant. Pour avoir vécu la vie d’artiste pendant cinq mois lors d’un voyage aux États-Unis, il peut comprendre comment certains artistes laissent de côté ce qu’ils aiment vraiment pour se concentrer sur des œuvres plus « commerciales » qui leur permettront de vendre et de « payer le loyer ». Il est à noter que chaque œuvre représente environ de 15 à 20 heures de travail. Certaines, très détaillées, peuvent même requérir plus de 100 heures de travail ! Avec une maîtrise en poche, on peut certainement se demander où Mattie Kennedy a trouvé le temps de peindre : comme il vient de terminer sa maîtrise, cela lui a permis d’accorder plus de temps à son art et à l’exposition sur le thème du surréalisme, série de toiles qu’il a longtemps voulu créer. Lorsqu’on lui demande pourquoi il traite du thème du surréalisme, il répond d’emblée : « Pour la liberté! » Il aime le fait que ce thème soit le plus ouvert, le plus « sauvage ». Cette exposition n’avait pas de titre précis pour la simple raison que l’artiste a rassemblé des œuvres dont le sens est parfois inexistant, provenant seulement de ses sentiments du moment et de sa pure imagination. Comme plusieurs artistes, certes, il aimerait un jour vivre de son art. Cependant, il est conscient qu’il s’agit d’un milieu très difficile. Par ailleurs, il soutient qu’il aime l’idée qu’il ne se compromet pas en ne vivant pas de son art et en ne faisant pas de celui-ci un objet qui doit se vendre. Mattie Kennedy est actuellement à la recherche d’endroits pour exposer sa collection de toiles sur les thèmes du jazz du surréalisme.

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Arts et Culture

le 9 mars 2009

Trille Or » Tricia Foster Pour la semaine cinq des critiques d’albums nominés dans la catégorie Meilleur album du Gala des prix Trille Or. Voici Commerciale de Tricia Foster. Ajà Besler

Un disque personnel

Originaire de North Bay et d’Ottawa, Tricia Foster fait de la musique depuis longtemps. Elle faisait partie du groupe Constraste, qui avait gagné La Brunante il y a quelques années. Par la suite, elle a sorti son premier album solo, 412, suivi de Commerciale, son deuxième. Tricia n’a pas peur d’assumer son bilinguisme, elle écrit parfois en français, parfois en anglais, et elle n’hésite pas à employer des anglicismes, même si elle est entièrement capable d’écrire en français correctement. On peut prendre la chanson « Plaisirs » comme exemple de son style: « Je me souviens à peine de ma ride en taxi, mais tout me reviendra avec mon bill de carte de crédit. »

Commerciale est très personnel comme disque, on a l’impression de connaître l’artiste intiment après l’avoir écouté. Parfois, les chansons sont moins centrées sur elle et sont plus chargées politiquement. Elles font toutes réfléchir. Commerciale a un bon équilibre entre l’acoustique et l’électrique. Pour son album 412, une panoplie d’artistes ont contribué à son succès, dont les guitaristes Chris Colepaugh et Cecile Doo-Kingue, qui ont apporté chacun leur touche personnelle. On peut aussi entendre la voix d’Anique Granger, entre autres dans le bonus track du disque, qui rappelle de bons moments du spectacle live de Tricia. La thématique de Commerciale, à la fois le titre d’une chanson et le

nom du disque, est intéressante. La chanson “Commerciale” est très différente, elle offre une formule très inhabituelle, où la chanteuse critique les stations de radio et toutes les stars qui sacrifient leur intégrité afin de devenir plus... commerciales. “Force ou faiblesse” et “Petits pas” sont les chansons qui ressortent le plus du disque. Ce sont des chansons qui peuvent rester dans la tête pendant longtemps. Cependant, certaines des chansons sur le disque sont plus intéressantes en concert qu’en enregistrement, comme “Plaisirs”, qui était beaucoup plus mouvementée et frappante lors du spectacle que Tricia a donné pour le lancement. Bref, le disque est bon, tant musicalement qu’au niveau du contenu, c’est mon deuxième choix pour le prix Meilleur album.

Calendrier – Arts et Culture THÉÂTRE

MUSIQUE

AUTRES

Le dragon bleu Quand ? Du 10 au 14 mars à 19h30 Où ? Centre national des Arts, 53, rue Elgin, Ottawa

Catherine Major Quand ? Le 13 mars à 20h Où ? Salle Jean-Despréz, 25, rue Laurier, Gatineau (secteur Hull)

Conférence de Stéphane-Albert Boulais : Le cinéma québécois de 1950 à nos jours Quand ? Le 10 mars de 19h à 20h30 Où ? Maison du citoyen, 25, rue Laurier, Gatineau (secteur Hull)

ARTS VISUELS Démocratie, terrorisme, loisirs d’Afshin Matlabi Quand ? Du 6 mars au 10 avril 2009 Où ? Galerie 101, 301 ½, rue Bank, Ottawa

Malajube et Young Galaxy Quand ? Le 13 mars à 21h Où ? Babylon, Les Cowboys Fringants Quand ? Les 13 et 14 mars à 20h Où ? Salle Odyssée, 855, boulevard de la Gappe, Gatineau

SUR LE CAMPUS Cinéclub Francophone présente « La vie devant soi » Quand ? Le 12 mars à 19h30 Où ? Pavillon Fauteux, Pièce 413

Festival du film de l’Outaouais Quand ? Du 12 au 20 mars Où ? Divers endroits Infos supplémentaires : www. offestival.com

La Rotonde embauche Ça vous intéresse? (Ça devrait) Tous les postes rémunérés du journal indépendant de l’Université d’Ottawa sont ouverts pour l’année 2009-2010 www.larotonde.ca pour plus d’information 10 • www.larotonde.ca

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Arts et Culture

le 9 mars 2009

CRITIQUE » MUSIQUE

Dumas Nord/Rouge

Dumas a doublé le plaisir en déposant sur les tablettes deux disques en l’espace de deux mois. Nord, paru début décembre, affiche les pièces numérotées de 1 à 9, tandis que Rouge, sorti le 24 février, continue la suite de 10 à 19. Coup de marketing ou simple cadeau à son fidèle public ? Peu en importe la raison, nous pouvons nous réjouir de retrouver celui qui nous avait laissés sur notre faim en 2006 avec Fixer le temps. Nord, c’est le mouvement sans bouger : des références aux trois coins du monde (Nord, Sud, Ouest) comme boussole intérieure. Les paroles sont ancrées dans le tourment, la douleur et le mal de vivre, mais la dépression saisonnière n’atteindra toutefois pas l’auditeur grâce aux mélodies entraînantes et imposantes qui démontrent la constante évolution musicale de cet artiste.

Quant à Rouge, c’est le soleil qui revient et qui agit comme un baume sur les douleurs passées. La solitude fait place au « nous » et à l’espoir face à l’avenir. Ici, Dumas transporte sa voix et ses sons habituels vers de nouvelles voies: Jaune-Soleil fait vivre un moment psychédélique à la Beatles et quelques pistes ont d’ailleurs un relent de British-pop auquel même la voix éraillée du célèbre Liam Gallagher est empruntée (Le son de vos voix). Visuellement, les pochettes ont aussi de quoi titiller: les casse-tête, non complets jusqu’à présent, que forment les dessus ainsi que les photos à l’intérieur laissent déjà deviner un troisième morceau à la séquence, mais pour l’instant, Dumas sort du studio pour faire cinq spectacles à Québec et à Montréal seulement. À suivre. Véronique Strasbourg

Tracteur Jack

En prestation au « Petit Chicago », le groupe gatinois Tracteur Jack a donné tout un spectacle. Dans la ville d’origine du groupe, le public qui l’a vu grandir attendait impatiemment les musiciens. Amis, parents, proches, tous étaient là pour le retour de Tracteur Jack. L’ancien duo, devenu récemment un quatuor avec deux des membres d’Oscar B, a donné tout un show dans le petit pub du Vieux-Hull. Le groupe, originellement composé de Dominique Faucher et de François Leblanc, a su donner une touche très particulière et unique au son Tracteur Jack avec ses deux nouveaux membres, Julien Morissette à la contrebasse et Philippe Pinard à la batterie. Pour son grand retour en Outaouais, la formation s’est mise sur son 31 : cravate, chemise et même chapeau assorti. Dès le retentissement de la première note, le public s’est levé et s’est rassemblé autour de la scène. Après la deuxième chanson, il a explosé. Ça chantait, ça dansait, des gens étaient même juchés sur des chaises pour ne rien manquer de la prestation. Et Tracteur Jack a su maintenir ce niveau d’énergie de la première note au rappel. Nous avons entendu leurs grands succès comme “La Fat” et “La Valse des Corbeaux”. Le groupe nous a

offert, comme toujours, quelques improvisations toujours appréciées du public et, cette fois-ci, ils nous ont présenté une nouvelle chanson. Celle-ci était aussi surprenante que son origine, une imitation de Sean Paul à trois heures du matin. Le nom inventé ressemble à « Gogounchmela » et est devenu la source et le titre de cette chanson. Ce spectacle était le deuxième d’une série de six spectacles dans les villes de Québec, Gatineau et Montréal. Cette mini-tournée québécoise a un but précis : trouver une maison de disque qui acceptera de distribuer leur premier album. En effet, les membres du groupe sont des « sans-abri de maison de disque », comme le disait Faucher. « On accepte n’importe quel divan qui s’offre à nous », renchérit Leblanc. Malgré tout, le groupe est bien déterminé à faire enregistrer son album, une compilation de douze chansons, dès avril prochain. Alors, comme nous l’a si bien lancé Morissette pour clore le spectacle : « On se revoit très bientôt dans un salon près de chez vous ! » En attendant la parution de cet album, vous pouvez en écouter des extraits sur leur site web www.tracteurjack.com. Joëlle Carignan

CRITIQUE » SPECTACLE

CINÉMA QUÉBÉCOIS

Vive Dédé Fortin! Vive Les Colocs! Vive Dédé à travers les brumes! Le film célèbre et rend hommage à la vie d’un grand homme de la chanson québécoise. Vickie Perreault André « Dédé » Fortin, chanteur du légendaire groupe Les Colocs, nous a quittés le 8 mai 2000, pris d’un mal de vivre et d’un désespoir si intense qu’il s’est infligé le pire: la mort. Il a laissé dans le deuil sa famille, ses amis et des milliers de Québécois et francophones du monde entier qui avaient adopté son groupe, qui mélangeait musique de party et commentaire social. L’héritage musical laissé par le groupe – des chansons comme La rue principale, Julie, Dédé, Passe-moé la puck, et d’autres encore – a laissé une marque importante dans le paysage québécois. Et ce vendredi, dans les salles de cinéma du Québec, le film Dédé à travers les brumes va nous présenter, de façon sublime, la vie de cet homme qui a tant marqué le Québec des années 1990. André (Dédé) Fortin Le film, réalisé par Jean-Philippe Duval (Matroni et moi), met en vedette Sébastien Ricard, qui est beau-

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coup plus connu sous son identité de Batlam, membre du groupe de rap Loco Locass, dans le rôle-titre de Dédé Fortin. Lors d’un entretien téléphonique avec La Rotonde, le réalisateur a admis que, durant le processus de préparation du film, qui était originellement planifié pour être un documentaire, il s’est rendu compte qu’il ne fallait pas seulement parler de Dédé Fortin, la figure publique que des milliers de Québécois pouvaient reconnaître, mais aussi d’André Fortin, l’homme derrière la figure publique, le créateur. Et le film présente bien cette dichotomie entre « Dédé » et André, entre le showman qui dansait des claquettes sur scène et l’homme pour qui la vie n’était pas belle. Le film utilise de façon extrêmement adroite une trame narrative qui se promène entre deux époques. La vie de Dédé Fortin, évoluant de façon chronologique à partir de son arrivée à Montréal au milieu des années 1980, et la période d’écriture de l’album Dehors novembre, qui dura presque un an. Cette structure narrative à deux temps nous permet

de mieux comprendre qui était André « Dédé » Fortin, de voir les événements qui ont entraîné son mal de vivre. L’interprétation Ce mal de vivre est incarné à l’écran par la performance extraordinaire de Sébastien Ricard. Il joue toutes les facettes d’André Fortin de façon magistrale, surtout dans les scènes où on voit le désespoir du chanteur des Colocs. Dans ces scènes, les émotions semblent si réelles que le spectateur en est profondément bouleversé et pourrait être porté à croire qu’il ne s’agit pas du jeu d’un acteur, mais plutôt d’un être humain prisonnier d’un désespoir profond. Mais ce n’est pas la seule force de son jeu. Dans un entretien téléphonique, Sébastien Ricard a expliqué que pour jouer le rôle d’André Fortin, il a dû « jouer de la guitare, du drum, danser la claquette, chanter et enregistrer les chansons ». Et tout cela est accompli avec force, nous faisant parfois oublier l’acteur, créant l’illusion parfaite de « Dédé ».

Illusion parfaite Qualifié par son réalisateur de « projet le plus ambitieux de sa carrière », le film mélange scènes d’animation et scènes réelles avec un fin équilibre, ne tombant pas dans le guindé et le tape-à-l’œil. Les scènes de concert, avec foules à l’appui, donnent envie de se lever dans le cinéma, de danser et chanter à tue-tête. Les scènes plus intimistes bouleversent et vont probablement tirer des larmes aux plus sensibles.

Et c’est cette juxtaposition du joyeux et du tragique, du bruit et du silence, qui fait que Dédé à travers les brumes est l’un des meilleurs films québécois de l’année, même si l’année ne fait seulement que commencer. Un seul petit bémol : avec presque deux heures vingt minutes, le film peut sembler long pour certains. Malgré cela, le film rend hommage et célèbre, comme le souhaitaient les artisans du film, la vie d’André « Dédé » Fortin et l’héritage musical que lui et Les Colocs ont laissé.

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Au-delà des UN PORTRAIT

Marianne St-Jacques

T

out le monde connaît la bande dessinée. Ou plutôt, tout le monde croit la connaître. En entendant le mot « BD », la plupart d’entre nous avons en tête des images qui se limitent à Tintin, Astérix, Superman ou Garfield. Pourtant, la bande dessinée va bien au-delà de ces clichés réducteurs. Depuis plusieurs années, le marché a littéralement explosé : BD jeunesse, humour, commerciale, adulte, indépendante, intimiste, érotique… La liste n’en finit plus. Chiffres d’affaires

Même si la BD ne représente que 6,5% du chiffre d’affaires de l’édition francophone européenne, celle-ci reste l’un de ses secteurs les plus dynamiques ; en 2008, le marché de la BD était en progression pour la treizième année consécutive. Selon le rapport de l’Association des critiques de bande dessinée, le marché de la BD francophone a connu, en 2008, une croissance de 10,4% grâce à la publication de 4746 titres différents. Les tirages sont également très importants. L’an dernier, 95 séries différentes ont connu des tirages de plus de 50 000 exemplaires, tandis que l’album le plus tiré, le douzième tome de la série Titeuf, a été diffusé à 1,82 millions d’exemplaires (© Gilles Ratier, ACBD). BD indépendante et commerciale Le paysage de la bande dessinée francophone contemporaine se

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partage en deux grandes tendances : la bande dessinée commerciale et la bande dessinée indépendante. La première est souvent celle qui est la mieux connue du public. Concentrée entre les mains de quelques groupes de très grands éditeurs (Dupuis, Glénat, Casterman, Delcourt, Dargaud, etc.), c’est elle qui contrôle la majorité du marché. La bande dessinée commerciale est souvent une bande dessinée de divertissement (BD jeunesse, humour, thriller, heroic fantasy, science-fiction, etc.). Ces albums connaissent souvent de très grands tirages qui visent un public généraliste. C’est elle qui a donné naissance aux plus grands succès de la BD contemporaines comme Titeuf, Largo Winch ou Lanfeust de Troy. La BD indépendante, quant à elle, propose surtout des récits intimistes ou littéraires ; elle cherche souvent à traiter des thématiques plus « intellectuelles »; elle fait parfois dans l’avant-garde en proposant des traitements graphiques innovateurs. Publiée en tirages réduits chez de plus petits éditeurs, elle vise souvent un public d’initiés. La BD indépendante a connu une forte émergence dans les années 1990, avec la fondation de son éditeur-phare, L’Association. Gravitant autour de celle-ci, des auteurs comme Lewis Trondheim, Joann Sfar, Jean-Christophe Menu, Guy Delisle ou Dupuy-Berberian ont renouvelé le visage du Neuvième art. Aujourd’hui, l’auteure indépendante la mieux connue reste peut-être Marjane Satrapi, grâce à son autobiographie Persepolis, récemment adaptée en film d’animation (Prix du jury du Festival de Cannes 2007).

CONTEMPORAIN DU NEUVIÈME ART

Parmi d’autres éditeurs importants de bande dessinée indépendante, on trouve Futuropolis en France, ainsi que La Pastèque, Mécanique générale et Drawn and Quarterly au Canada. Néanmoins, la BD commerciale et indépendante restent des tendances et non des catégories fixes. Cellesci n’ont donc pas de définitions ni de critères précis. Ainsi, les grands éditeurs commerciaux ont souvent leurs propres collections éditoriales proposant des ouvrages qui ont tous les attributs de la BD indépendante. C’est le cas, par exemple, de la collection Aire Libre, chez Dupuis, ou Shampoing, chez Delcourt. La BD et l’Université Les liens entre la bande dessinée et l’institution universitaire sont plus importants qu’on pourrait le croire. Tout d’abord, plusieurs grands illustrateurs ont été formés dans de prestigieuses écoles de beaux-arts ; à cet égard, l’Institut Saint-Luc de Bruxelles reste emblématique. Plus près de chez nous, l’Université du

Québec en Outaouais (UQO) offre également un programme d’études en bande dessinée qui dispense une formation graphique à ses étudiants. Or, l’intérêt universitaire pour la BD ne se limite pas à une forme d’enseignement appliqué ; il existe également une composante recherche qui se penche sur les enjeux du Neuvième art. En 1971, par exemple, une première chaire d’Histoire de la bande dessinée a été inaugurée à l’Université de Paris 1 Sorbonne par Francis Lacassin, spécialiste en paralittérature. De même, depuis 2006, la Cité de la bande dessinée et de l’image tient une université d’été à Angoulême. Lors de cet évènement, une série de conférenciers experts traitent de différentes problématiques spécifiques à la BD.

curial. On peut donc dire que la BD fait son entrée sur le marché de l’art contemporain. Mieux encore, certaines pièces établissent des records de vente considérables. En mars 2007, lors d’une vente tenue par Artcurial, une œuvre d’Enki Bilal tirée de son Artbook Bleu sang avait été adjugée à 177 000 € (280 000 $CAD). Il s’agissait alors d’une somme record pour un original de bande dessinée. Un an plus tard, en mars 2008, toujours chez Artcurial, une gouache originale d’Hergé réalisée pour Tintin en Amérique a véritablement fracassé le record : celle-ci s’est vendue à 780 000 € (1, 3 millions $CAD). Même s’il est encore trop tôt pour tirer des conclusions sur ce phénomène, celui-ci mérite tout de même d’être suivi attentivement.

BD et art contemporain

Une littérature ?

Un récent phénomène a surpris le paysage de la bande dessinée : des originaux de BD se retrouvent de plus en plus dans les ventes aux enchères de prestigieuses maisons françaises telles que Drouot et Art-

Malgré la réticence de certains puristes, il faut avouer que la BD contemporaine a bel et bien tous les attributs de la littérature. Elle a ses revues, ses prix et sa critique (à la fois savante et journalistique).

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De gauche à droite Arthur de Pins, Péchés mignons, Fluide Glacial Enki Bilal, L’Intégrale du Monstre, Casterman Jean Van Hamme, Largo Winch, Dupuis Pénélope Bagieu, Ma vie est tout à fait fascinante, Grasewitch ed. Lewis Trondheim, Les Petits riens, Delcourt Lewis Trondheim, Les formidables aventures de Lapinot, Dargaud

s clichés Les romans graphiques, les biographies, les œuvres historiques et les nombreuses adaptations d’œuvres littéraires (plus de 150 en 2008) confèrent tous à la bande dessinée un caractère « littéraire » (© Gilles Ratier, ACBD). Des courants comme l’Oubapo (Ouvroir de bande dessinée potentiel) démontrent très bien que la BD peut rivaliser avec la littérature officielle. Ce regroupement d’auteurs est calqué sur l’Oulipo (Ouvroir de littérature potentiel), un courant littéraire créé dans les années 1960 et qui, par l’imposition de contraintes volontaires, vise un certain dépassement de la création; l’Oulipo est devenu célèbre grâce à la participation d’auteurs tels que George Perec ou Raymond Quenea. Enfin, des revues telles que Lapin ou L’Éprouvette, en France, ou encore Formule, au Québec, ont la même fonction que les nombreuses revues littéraires : elles sont à la fois des laboratoires d’expérimentation graphique et de théorie ; elles rassemblent l’élite de la création en bande dessinée et leur permet de diffuser un art raffiné s’adressant à un public d’initiés ; elles rassemblent les auteurs en écoles de pensées et stimule les débats et les discours sur la BD. Bref, tous les éléments sont mis en place pour que le Neuvième art obtienne ses lettres de noblesse.

vous mondial de la BD francophone (200 000 visiteurs en 2009). Cet évènement, qui est d’une ampleur phénoménale, est à la BD ce que le Festival de Cannes est au cinéma. Pour ceux qui aiment les superhéros, la Comic-Con (Comics Convention) de San Diego, quant à elle, reste la plus grande du genre au monde (environ 126 000 visiteurs). Côté asiatique, le Comiket (Comics Market) de Tokyo, qui porte sur le manga et l’anime, est le plus grand happening de la planète (environ 510 000 visiteurs). Plus près de chez nous, le Festival de la bande dessinée francophone de Québec est l’évènement de BD francophone le plus important au Canada. Celuici se déroulera du 15 au 19 avril prochain. Sinon, le Rendez-vous international de la bande dessinée de Gatineau et le Salon du livre de Montréal offrent une programmation BD très intéressante. La galerie d’art de l’Alliance française d’Ottawa tient également, chaque année, une exposition consacrée à un bédéiste français connu, dans le cadre des activités entourant le Rendez-vous international de la bande dessinée de Gatineau.

Évènements

En dehors de ses considérations esthétiques, littéraires ou sociales qui pourraient séduire un lectorat étudiant (bande dessinée biographique ou historique, adaptations littérai-

Le Festival international de la bande dessinée d’Angoulême (France), reste LE grand rendez-

Pourquoi les étudiants devraient-ils s’intéresser à la BD ?

res, graphisme d’avant-garde, bande dessinée de reportage, etc.), la BD s’est souvent articulée autour de groupes ou de mouvements étudiants. Pendant les années 1960-1975, par exemple, la BD était un des porteétendards du message de contestation des jeunes, notamment en France et aux États-Unis, où les mouvements étudiants se sont approprié le genre et en ont fait un véhicule privilégié. C’est également dans cette foulée que s’est développé le « printemps de la bande dessinée kébékoise » ; les divers journaux étudiants ont alors servi de véritables laboratoires à cette première vague de BD québécoise. Il est également intéressant de noter que c’est à l’Université de Montréal que s’est tenu, en 1975, le premier Festival de la bande dessinée de Montréal. Enfin, même aujourd’hui, les étudiants continuent de façonner le paysage de la bande dessinée du Québec : le meilleur exemple serait l’émission de radio Dans ta bulle !, l’une des rares émissions consacrées uniquement à la BD ; celle-ci est diffusée sur les ondes de la radio étudiante de l’UQAM. Où puis-je trouver de la bande dessinée (à peu de frais) ?

En plus de la multitude de sites web qui diffusent gratuitement des BD, la Bibliothèque publique d’Ottawa et la Bibliothèque de l’Université d’Ottawa (Bibliothèque Morrisset et Centre de ressources de la Faculté d’éducation) offrent une très grande sélection de bande dessinée.

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Arthur De Pins, Péchés mignons, Fluide Glacial Enki Bilal, L’Intégrale du Monstre, Casterman Jean-Blaise Djian et Yvon Roy, Agaguk, Adonis Michel Rabagliati, Paul, La Pastèque Eddie Campbell et Alan Moore, From Hell, Delcourt Lewis Trondheim, Les petits riens, Delcourt

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MUSIQUE

Serena Ryder sort son nouvel album Is it Ok ?

Nedggy Mauricin

Is it OK est le nouveau bijou de la chanteuse canadienne Serena Ryder, paru le 11 février dernier. Elle chante depuis qu’elle est « dans le ventre de [sa] mère » affirme la jeune interprète. Elle a commencé à se faire connaître au travers de l’industrie indépendante car, comme elle le dit, « C’est une manière d’apprendre énormément sur le processus de l’industrie de la musique ». De plus, c’est une « opportunité de construire sa carrière musicale a son propre rythme », soutient Ryder. L’année dernière, Told You in Whispered Song est apparu sur le marché. Il y a eu une grande évolution depuis celui-ci. À propos de son dernier disque, Serena Ryder affirme que son intention était de rendre hommage à ses professeurs. Ces chanteurs sont les grands interprètes et compositeurs canadiens. Ainsi, elle a été inspirée par ses prédécesseurs pour son nouveau CD: « Nous sommes en mesure de faire ce que nous faisons, car il y a eu quelque chose qui a été créé avant nous. » Ces chanteurs canadiens ont donc eu une grande influence sur son évolution musicale.

Cette chanteuse canadienne, qui a remporté le prix de l’artiste de l’année à la remise des prix Juno en 2008, a intitulé son nouveau disque Is it Ok . Serena Ryder nous démontre un côté plus intime de sa personnalité. Is it Ok est pour cet article « une manière de ressentir ce que l’on veut et de créer son propre chemin à son propre rythme », affirme la chanteuse. De plus, c’est une exploration de soimême, dit-elle. Les thèmes traités dans son nouveau CD sont l’amour et le manque d’amour. « C’est une relation avec le monde basée sur comment tu aimes ta famille, tes amis et comment tu t’aimes toimême », soutient Ryder. Sur ce disque, nous pouvons ressentir les émotions de la chanteuse. Aussi, c’est une façon « d’entretenir une conversation avec les autres et de se sentir à l’aise avec ce qu’ils ressentent », exprime Ryder. Ce disque de genre folk-rock est une œuvre qui s’écoute facilement. Les 13 pièces musicales ont toutes été composées par la chanteuse. Certaines pièces sont un peu plus rythmées, d’autres plus calmes.

Quelquefois elle se rapproche de la musique country, comme la dernière chanson ‘‘Dark as the Black’’, que l’on pourrait comparer à des talents renommés tels que Melissa Ethridge, Faith Hill ou même Carrie Underwood. Son genre est donc un mélange qui pourra plaire aux fans de musique folklore, de rock, et même de musique country. Un auditoire varié

Serena Ryder a déjà donné quelques spectacles dans les universités, comme celle de Toronto ou même dans des universités américaines. Elle aime donner des spectacles dans les milieux universitaires, parce qu’elle aime rencontrer les étudiants. Son auditoire est « un auditoire mélangé », affirme Ryder. Elle apprécie que ses fans soient variés, car cela prouve que son dernier CD est écouté par une grande variété de personnes. Is it OK permet de rejoindre un éventail plus large, comme les étudiants universitaires ou même les jeunes adolescents. Pour découvrir cette chanteuse, vous pouvez consulter sa page MySpace sur www.myspace.com/serenaryder. Photo www.myspace.com/serenaryder

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Sports

le 9 mars 2009

Romain Guibert Alexandre Lequin-Doré sports@larotonde.ca

DOSSIER

Une communauté, une université, deux besoins, deux visions,

UN STADE

« Est-ce que je pense que cela va marcher ? Je n’en ai aucune idée. Va-t-on conclure un marché avec l’U d’O ? Je n’en ai aucune idée. Est-ce que je veux discuter ? Oui. » -Robert Stehle

Photo ville d’Ottawa

Du côté du SDS, le besoin est flagrant: il faut un terrain de jeu pour le soccer, le rugby, l’ultimate frisbee et surtout le football. La Communité de la Côte-de Sable s’est déjà prononcée contre ce projet. Les étudiants n’ont pas encore fait valoir leur voix. Où en finira-t-on? Romain Guibert

C

’est une vraie partie de cartes qui se déroule en ce moment pour déterminer l’avenir du terrain entre l’avenue Mann et le Queensway. Avec quatre joueurs à la table et une partie qui dure depuis plus de deux ans, la dernière carte est loin d’être abattue. La Rotonde a tenté de s’intégrer en exclusivité au jeu et d’essayer de comprendre autour de quels enjeux s’articule un projet d’envergure. Quoi qu’il arrive, l’objectif premier est de revitaliser les terrains vagues en bas de la rue King Edward et au bord de l’autoroute. Ces terrains font partie de la Côte-deSable, et c’est cette communauté qui tente par tous les moyens d’embellir ce coin et de trouver une solution de rechange à son aréna. Un aréna qui est pour l’instant la seule infrastructure notable sur ce terrain. La Côte-de-Sable est donc directement concernée par le projet de réhabilitation de ce secteur et, en février 2007, le Conseil municipal a approuvé la participation d’Ottawa même à ce projet. Un pareil projet pourrait se réaliser plus rapidement s’il comptait aussi peu d’acteurs. Mais viennent s’en greffer trois

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autres à la suite du partage des terres concernées entre trois propriétaires fonciers : la Commission de la capitale nationale (CCN), l’Université d’Ottawa et la Mobin Foundation. À ceux-là, le ministère des transports pourrait s’ajouter en vertu de l’éventuel projet de train léger dans cette zone. Cette pluralité d’acteurs concourt à la lenteur du dossier, même si le projet commence à se conceptualiser. La communauté est la première à avoir envisagé des plans pour nourrir ses besoins, puis l’U d’O a ajouté son grain de sel, arrivant avec une nouvelle proposition sur la table : un nouveau complexe sportif. Le plan de conception de la porte d’entrée Nicholas-Mann, tel qu’il est défini par la ville, a alors regroupé quatre options pour tenter de répondre aux besoins de tous. La communauté évalue ses besoins, et ses options Pour en venir à cette idée, ACS a dû déterminer ses besoins. « ACS croit que ce serait mieux d’avoir quelque chose de plus accessible et communautaire, comme deux arénas, un terrain de baseball, ou plus d’espaces verts », évalue Julie Sé-

guin, la vice-présidente aux finances de la FÉUO, qui siège au conseil de l’ACS en tant que représentante de l’Université. De son côté, Robert Stehle, le président d’ACS, ne précise pas les besoins de sa communauté, les qualifiant de « divers ». Il envisage cependant des options assez variées, allant d’une épicerie à une garderie en passant par des logements. Afin de connaître la demande de la commu-

versitaires ou autres, salles de classes…), la préservation du panorama (immeubles peu élevés) et surtout une nette amélioration de la circulation locale. Avec tout cela en main, des groupes de conception ont dressé quatre principales options. L’une verrait notamment la construction d’un aréna à deux patinoires pour remplacer celle existante. Une autre supprimerait le passage de l’avenue

Je ne pense pas qu’on soit dans une position pour dire qu’on est bien. Je veux continuer d’essayer. Si cela marche, cela va changer les relations entre l’U d’O et la communauté. - Robert Stedhle nauté, lors de réunions publiques en octobre 2007, des commentaires ont été saisis afin de prendre connaissance de la vision qu’elle a pour le développement de cette zone. De façon générale, les résidents actuels souhaiteraient une augmentation des espaces verts, un usage mixte des installations (complexe sportif et récréatif, logements uni-

Lees au-dessus du Queensway afin de mieux intégrer le village de Robinson à Côte-de-Sable. Une autre mettrait l’accent sur un réseau piétonnier. Dans tous les cas, il s’agit de diminuer le trafic automobile, tout en rendant l’ensemble plus accessible : l’installation d’une station de transport en commun est au cœur de tout projet. La dernière op-

tion, c’est celle de l’U d’O. Réticences et oppositions, puis propositions et négociations C’est sur cette option que sont apparues les premières contestations. Véritable vision de l’Université, elle s’articule autour de la construction d’un stade de 3000 à 5000 places en plus d’un triple gymnase multifonctionnel. Le problème ? Au départ, il en était hors de question pour la communauté. Maintenant, il faut convaincre et persuader, faire changer d’idées et faire adopter sa vision. Pour l’instant, personne de l’Université n’a fait d’exposé aux rencontres mensuelles d’ACS. Luc Gélineau, directeur du Service de sports reconnaît bien qu’il était allé trop vite en amenant tout cela sur la table, et qu’il n’avait pas eu le temps d’expliquer les bénéfices que cela aurait pour la communauté. L’ACS s’est braquée et a voté non à l’occasion de son assemblée générale annuelle en mai 2008. « ACS est décidée à collaborer, mais la préférence, comme ils l’ont votée, c’était de ne pas avoir de stade, c’était unanime dans la salle », témoigne Séguin. « Il y a eu un vote qui a ancré la communauté dans l’idée qu’il n’y aurait pas de stade. Maintenant, ce point de vue doit changer », ajoute Stehle. La prochaine sera le 12 mai et permettra de constater dans quel sens vont les choses. Néanmoins, on peut s’interroger sur la représentativité de ce vote. Le président d’ACS affirme que les personnes présentes étaient représentatives de la communauté. Séguin nuance : « Sur 100 personnes, je devais être la seule étudiante. Il y avait une grande majorité de gens au dessus de 40 ans. C’est sûr qu’ils ne veulent pas de stade. Si c’était 100 étudiants… » En plus d’un intérêt moindre pour la communauté, un stade représente toujours la même inquiétude pour la communauté que le terrain Matt-Anthony : la nuisance sonore. C’est sans compter la circulation locale qu’engendreraient les événements qui s’y dérouleraient. Séguin rappelle à juste titre que, si aucun stationnement ne sera construit dans cet espace, c’est sans compter la disparition potentielle de celui au cœur du campus, voué à un espace vert, au centre étudiant, ou au pavillon des Sciences sociales. Il reste que depuis, les deux parties sont à la même table des négociations et il semble y avoir de la bonne volonté. SUITE PAGE 16

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Sports

Dossier » stade

Après avoir peut-être brusqué les choses, l’U d’O a fait des propositions concrètes. Sachant très bien que les études mènent à une forte utilisation des installations sportives pendant une moitié de l’année seulement, Gélineau a proposé que 50% du temps des futures installations soit dédié à la communauté, en faisant l’égal d’un centre communautaire. « Là, on parle de gymnases, mais la communauté est préoccupée par son aréna. On veut convaincre les gens qu’on peut remplacer l’aréna de la Côte-de-Sable par d’autres activités. On peut déplacer la clientèle de la Côte-de-Sable au Complexe sportif », assure le directeur du SDS. L’aréna du Complexe sportif est très utilisée en raison de sa location par des personnes extérieures à la com-

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munauté locale. Il serait envisagé de restreindre son utilisation à l’Université et à la communauté. « Que ce soit vrai ou non, la communauté pense que lorsque l’U d’O dit des choses, on ne peut pas être sûr si c’est vrai ou non. Mais selon des gens de la ville, qui partagent des installations sportives avec l’U d’O, l’Université honore ses contrats. Cela serait une bonne chose pour la communauté de le savoir », déclare Stehle. Le dernier mot aux étudiants ? La dernière question relève finalement du besoin même de l’Université et, surtout, de ses étudiants. À quel point le campus nécessitet-il pareil agrandissement ? À quel point les étudiants veulent-ils ce projet ? C’est l’interrogation même

de Stehle, pour qui la réponse aura beaucoup d’importance. Néanmoins, il n’y a pas encore moyen de le savoir et il sait que cette demande vient exclusivement du SDS. Il mentionne lui-même que la Fédération étudiante [Julie Séguin] a fait part de l’ignorance des étudiants face à ce projet : « Je n’ai pas vu cela comme un besoin sur le campus. Actuellement, il n’y a pas assez de gens qui vont assister aux matchs, alors je me demande comment ils vont remplir le stade. Je n’ai pas vu de discussions, je n’ai pas vu de consultations. Les étudiants en sports, dans les équipes compétitives, ont sûrement été approchés. C’est certain qu’ils vont dire ‘oui, on veut un stade’. » La vice-présidente aux finances songe même à lancer un sondage sur le campus. De son côté, elle opterait

pour l’ajout d’une piscine ou d’un centre d’entraînement, concédant que les installations actuelles sont sur-utilisées. Pour l’instant, Séguin souhaite amener des étudiants aux prochaines séances d’information afin de créer un sentiment de communauté. Ce serait aussi un moyen de démontrer à ACS la volonté du campus. Du côté du SDS, le besoin est flagrant. Il faut un terrain de jeu pour le soccer, le rugby, l’ultimate frisbee et surtout le football, qui joue présentement à Frank-Clair. Il faut aussi des gymnases pour le volley-ball et le basket-ball, mais surtout pour décongestionner le Pavillon Montpetit et satisfaire le besoin croissant des sports intra-muros. L’idée principale est d’être plus professionnel. « On pourrait amener les événements à forte couver-

ture médiatique dans un gymnase adapté pour cela. Pour l’instant, la ville a des difficultés à attirer des événements parce que leur inventaire n’est pas assez élevé. Là, [le stade] en ferait partie. C’est une question d’image et de visibilité qu’on peut apporter à l’Université », juge Gélineau, qui l’utiliserait aussi pour un congrès ou pour la collation des grades. Les installations actuelles pourront-elles supporter une hausse des effectifs du campus, s’ils surpassent la barre des 40 000 ? Il y a fort à parier que non. Mais des terrains plus professionnels permettraient-ils à la population étudiante d’avoir un intérêt plus élevé pour les équipes sportives ? Si celui-ci reste le même qu’à l’heure actuelle, l’Université devrait y perdre des plumes.

Ottawa envoie les Lancers en cavale BASKET MASCULIN » FINALE DE CONSOLATION SUO

Grâce à une autre performance inspirante des deux Josh, les Gee-Gees raflent le bronze aux championnats provinciaux Simon Cremer Ottawa 73 Windsor 59 Ottawa avait besoin d’une victoire. Autant pour garder sa saison en vie, faisant face à l’élimination contre les Lancers de Windsor, que pour rebondir après une mauvaise défaite face à l’ennemi juré, les Ravens de Carleton, mercredi soir. La troupe de Dave Deaveiro s’étant inclinée par 20 points au Ravens’ Nest en demi-finale ontarienne, elle avait besoin d’un remontant. C’est ce qu’elle a eu, au Pavillon Montpetit, samedi soir. Le Gris et Grenat sera donc au championnat national, la semaine prochaine, à la Place Banque Scotia. « Je pense que nous nous sommes bien repris, nous avons rebondi, c’est dans le caractère de cette équipe », expliquait Nemanja Baletic, après la rencontre. Ottawa en a montré, du caractère, d’entrée de jeu. Les Gee-Gees commençaient le premier quart-temps en force, menés, comme à l’accoutumée, par les deux Josh. Josh Gibson-Bascombe a réussi trois de ses quatre tirs à trois points dans les dix premières minutes, permettant aux Gee-Gees de se tailler une avance de 20-13. Ottawa tirait pleinement profit du manque de forme des tireurs de Windsor. Les Lancers n’ont réussi qu’à 27,8% leurs lancers de l’intérieur, et 25% de la ligne de trois points. Greg Surmacz s’est tout de même distingué, notamment avec un dunk en milieu de deuxième quart-temps. L’avant de cinquième année a terminé la rencontre avec 16 points pour mener les siens. Quelques instants plus tard, Andre Smith, voyant une brèche béante dans la couverture des Gee-Gees, se

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permettait un alley-oop, réduisant l’écart à 29-21. Mais la séquence serait bien loin de représenter l’allure du match. Après une belle remontée des Lancers pour réduire l’écart à 31-29, JGB terminait la première mi-temps avec un nouveau un tir à trois points, la vue bien dégagée. Les Lancers entamaient cependant la deuxième moitié du match en lions, rejoignant les Gee-Gees à 36-36 en début de troisième quart, grâce à plus de précision dans leurs tirs, sans parler de quelques décisions favorables des arbitres – au grand dam de Dave Deaveiro. Mais autant la première demie avait donné droit au JGB-Show, autant Josh Wright s’est fait remarquer dans la deuxième mi-temps. L’ancien de Syracuse n’a peutêtre inscrit « que » 12 points au tableau pour Ottawa, mais ceux-ci tombaient pour la plupart à des moments critiques, notamment pour ajouter à l’avance du Gris et Grenat en fin de troisième quart. Si bien que les Lancers n’ont jamais pu se relever, et les Gee-Gees ont garanti leur place aux Nationaux avec le bronze des séries ontariennes. Josh Gibson-Bascombe a terminé la soirée avec une récolte de 24 points (4 en 8 sur les lancers de trois points) et neuf rebonds, tout comme Dax Dessureault, qui a aussi inscrit 15 points au tableau. « L’an dernier, on avait perdu ce même match [en finale de consolation contre Brock, les futurs champions nationaux], et puis je n’ai pas très bien joué pendant ces séries, alors je suis content de gagner ce match-ci », commentait Dessureault, qui, comme David Labentowicz, jouait son dernier match au pavillon Montpetit. À l’heure de passer La Rotonde sous presse, les têtes de séries n’étaient pas encore déterminées

Photos Guy Hughes

Josh Wright (en haut à gauche) a fait preuve de timing, marquant ses douze points à des moments souvent opportuns, pour permettre à Ottawa de se relever après une difficile défaite contre Carleton en demi-finale de l’Est, mercredi. Les Gee-Gees seront des Nationaux, la semaine prochaine, à la Place Banque Scotia. pour la grande danse de la semaine prochaine. Hormis le fait que ce ne sera pas une équipe de la conférence ontarienne, l’adversaire des GeeGees est inconnu. Mais une chose est certaine pour le camp ottavien : peu importe l’équipe en face, Deaveiro et ses hommes abordent le tournoi pancanadien avec assurance. « Je suis confiant, je crois que nous pou-

vons jouer contre n’importe qui. Il est clair que toutes les équipes aux Nationaux sont très bonnes, et nous faisons partie de ce groupe d’élite. Je crois que nous devons passer un peu moins de temps à nous soucier de ce que l’autre équipe fait, et un peu plus de comment nous jouons. » Et puis qu’en est-il des Ravens, qui, après avoir battu Ottawa en de-

mi-finale, ont remporté les grands honneurs provinciaux contre Western, samedi soir ? « C’est notre stratégie : leur laisser les trois premiers, et puis gagner le dernier », lançait Dave Deaveiro, le sourire en coin. Josh Wright, lui, voyait les choses avec un peu plus de sérieux : « On ne va pas aux Nationaux pour des vacances, on y va pour gagner ».

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le 9 mars 2009

L’EXPRESS

Basket-ball féminin

Le Gris et Grenat ne fait pas le poids Romain Guibert Cette fois-ci, le conte de fées est terminé. Huitième tête de série, Ottawa n’a pas fait long feu face au numéro un du Canada, Simon Fraser, avant de baisser pavillon face à Laval en match de consolation. Le voyage au championnat national, inattendu au début de l’année, a été bref. Néanmoins, il s’inscrit au palmarès de l’expérience. On donnait peu cher de la peau des Gee-Gees avant d’affronter le Clan vendredi. L’université de la Colombie-Britannique a fait honneur à son statut de première tête de série pour renverser Ottawa 89-42. Avant cette victoire de Simon Fraser, leur 28e de suite, cela faisait trois années consécutives que les premiers au Top-10 national s’inclinaient lors de leur premier match aux Nationaux. Le Clan a pris cinq minutes au premier quart-temps pour distancer le Gris et Grenat pour de bon. Il y avait 15-12 à mi-chemin de ce quart-temps, mais il s’est terminé sur le score de 29-14 en faveur des favoris. La formation ottavienne s’est dissipée au fil du match, inscrivant 11, 9 et 8 points lors des trois derniers quart-temps. Elle a craqué sous la pression, ne réalisant que 28% de ses tirs à deux points, contre 50% pour le Clan. Hannah SunleyPaisley a mené les siennes avec 17 points. Les Gee-Gees ont bataillé plus longtemps le lendemain contre Laval, cinquième tête de série battue par l’Alberta. La troupe d’Andy Sparks a encaissé un deuxième revers, 75-58, pour voir sa très belle saison prendre fin sur une fausse note. Le Rouge et Or a appuyé sur l’accélérateur dès le début du match, mais Ottawa s’est rattrapé pour conserver l’écart à cinq points après dix minutes. L’équipe québécoise a accentué la cadence par la suite, face au jeu en dents-de-scie de son adversaire. L’écart est passé à 13 à la mi-temps, avant de se réduire à huit au retour des vestiaires. Mais Laval, mené par Myriam Lamarre (24 points), n’a pas laissé le Gris et Grenat s’approcher plus prêt jusqu’à la fin du match. Sunley-Paisley a encore été la meilleure avec 16 points, suivie par les 13 d’Émilie Morasse.

Ottawa sur le fil HOCKEY FÉMININ » SÉRIES » DEMI-FINALE FQSÉ

Les Gee-Gees remportent un véritable marathon contre Carleton

Sports que, Michelle Snowden reprenait à la ligne bleue, après une belle occasion de Kayla Hottot, pour envoyer un boulet vers le filet d’une Valérie Charbonneau à la vue voilée. De là, Ottawa était nettement en contrôle du rythme du match, provoquant des revirements. Mais la troupe de Shelley Coolidge a été incapable de convertir ses occasions de marquer en buts, et a fini par en payer le prix. Bergeron a eu beau jouer de chance, son but donnait la victoire aux Ravens, et la première manche de la série deux de trois à Carleton. Ottawa rend la pareille aux Ravens Les Gee-Gees ont joué le même tour à leurs voisines vendredi, au Ice House. Kayla Hottot, de retour des Universiades, avait donné l’avantage au Gris et Grenat à michemin de la deuxième période, et Ottawa s’approchait d’une victoire 1-0, jusqu’à ce qu’Alexandra Palm égalise à moins de deux minutes de la fin de la troisième période. C’est finalement Joëlle Charlebois qui a marqué avec 37 secondes à faire en double prolongation pour sauver la saison des Gee-Gees, et forcer la tenue d’un troisième match dimanche. Pendant ce temps-là, McGill éliminait Concordia en deux matchs 11-2 et 4-1 en attendant de connaître l’identité de leur adversaire. Jamais deux sans trois

Photos Jessica Rose

Après trois marathons de plus de 80 minutes, Britanny Jones a envoyé Ottawa en finale de la conférence québécoise. Ottawa 1 Carleton 2 (prol.) Carleton 1 Ottawa 2 (prol.) Ottawa 2 Carleton 1 (prol.) Simon Cremer Romain Guibert Il aura fallu trois matchs pour trouver un vainqueur dans la Bataille de Bytowne. Grâce au brio de la gardienne de cinquième année Jess Audet, qui a réalisé 93 arrêts sur 97 lancers, et le jeu agressif d’Ottawa, les Gee-Gees pourront rejoindre les numéros un au Canada, les Martlets de McGill, en finale de la conférence québécoise. Du même coup, Ottawa décroche son billet pour le championnat national qui aura lieu à St. Francis Xavier. Ce sera leur deuxième participation en deux ans

au tournoi national. La première à Carleton, in extremis Même en cédant un net avantage en occasions de marquer, les Ravens ont pu se sauver avec la victoire, mercredi dernier, au Complexe sportif. Carleton aura eu besoin d’une drôle de déflection devant la cage de Jess Audet, en fin de deuxième prolongation, pour avoir raison des Gee-Gees, dans un match autrement plus serré que le précédent affrontement entre les deux formations. Après une première période brouillon des deux côtés, Claudia Bergeron mettait un terme à l’impasse, quand son tir sur réception

trompait Audet, déjà compromise sur une occasion précédente. « Grand-mère » se reprenait par contre sur une séquence suivante, plongeant pour rattraper un rebond dangereux après une occasion à deux contre un de Carleton. Audet a brillé devant le filet ottavien, multipliant les arrêts invraisemblables. Sur une montée à deux contre zéro, Audet effectuait un premier arrêt côté bâton, avant de voir la rondelle dévier derrière elle, contre la bande, et réapparaître côté mitaine. La gardienne du Gris et Grenat est parvenue à mettre la main sur un tir à bout portant, à moitié enfoncée dans son filet. L’avance des Ravens tint bon jusqu’à la huitième minute de la troisième période. En avantage numéri-

Après avoir pris les devants grâce à Ashley Burrill, Ottawa a vu Carleton envoyer un troisième match de suite en prolongation dimanche. Sara Seiler a nivelé le pointage à 1-1 à la 13e minute de la troisième période pour permettre à son équipe de rester en vie. Le match s’est retrouvé en double prolongation une troisième fois. Les Gee-Gees ont finalement réussi à couper le souffle des Ravens en continuant d’appliquer de la pression en territoire offensif. Brittany Jones a mis fin au suspens en sautant sur un retour de lancer de Cass Breukelman pour semer l’euphorie sur la glace, tout le banc se ruant derrière le filet de Carleton pour célébrer. Avant de se rendre dans l’Atlantique, les filles devront d’abord et avant tout renverser McGill, une équipe invaincue cette année et qui a dominé Ottawa 35-7 au chapitre des buts lors de leurs six affrontements.

Réunion des bénévoles La Rotonde tient sa réunion des bénévoles ce mardi, à midi, au 109 Osgoode. Venez discuter du journal, rencontrer l’équipe et connaître les évènements à venir! sports@larotonde.ca

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Sports

le 9 mars 2009

Nouvelles du ballon ovale FOOTBALL

À mi-chemin entre la saison qui s’est terminée et celle qui s’approche, Simon Cremer a rencontré Denis Piché, entraîneur-chef de la formation de football, pour dresser un bilan de 2008 et un portrait préliminaire de ce que 2009 pourrait apporter aux partisans du Gris et Grenat. 2008 pourrait presque se résumer à un seul mot pour les Gee-Gees. « Je crois qu’à cette date-ci l’an passé, personne ne pouvait prévoir l’hécatombe qui nous est tombée dessus au niveau des blessures, explique Piché. Chaque semaine, on avait entre 9 et 13 joueurs de notre top 45 qui n’étaient pas en uniforme. « J’avais dit à cette date l’an dernier qu’on aurait une belle saison si on se tenait loin des blessures. Je ne me suis pas trompé sur la belle saison. » Les Gee-Gees ont effectivement, malgré une véritable avalanche de blessures, réalisé une campagne fort respectable. Le Gris et Grenat a terminé les séries en finale ontarienne, classé parmi le top cinq national. La campagne a connu son point le plus fort à Kingston, quand Ottawa a surpris Queen’s, pourtant favori sur papier. Une victoire qui, selon Piché, était parmi les plus belles des 30 dernières saisons du programme. « C’était selon moi la seule équipe qui pouvait toucher Laval. » Début de l’ère Sinopoli « Il est certain que nous vivons un moment particulier. C’est comme quand on a perdu [le quart-arrière] Philippe Côté, maintenant on perd Josh Sacobie. » La grande différence, selon Piché, est que cette fois, il y a un bonhomme du nom de Bradley Sinopoli qui attend pour prendre la place de Sacobie, qui, même s’il quitte l’Université d’Ottawa sans avoir apporté de titre national, y laisse sa marque comme étant le meilleur passeur de l’histoire du programme. Dans le camp ottavien, on voit Sinopoli comme un pivot capable de faire tout ce que son prédécesseur était en mesure de faire, et plus encore. « Il y a deux ans [quand Sinopoli a été recruté par Ottawa], personne ne croyait qu’on allait avoir Brad, parce qu’il restait encore deux ans à Josh », explique Piché. Sinopoli, qui entamera sa troisième année d’éligibilité en septembre 2009, a choisi, même s’il avait de bonnes chances de devenir partant dès sa première année dans bien des programmes, d’apprendre, et d’être en concurrence avec Sacobie pour le poste de quart-arrière. « On l’a recruté de la bonne façon, et on ne lui a pas raconté d’histoires. On lui a dit qu’on le recrutait pour battre Josh. Si c’était le cas, tant mieux, et sinon, qu’il aurait du temps de jeu, et de développement, et qu’il apprendrait du meilleur. On n’a pas sucré le gâteau, et partout ailleurs, on lui promettait une place de partant. » Sinopoli s’annonce comme un quart avec un aussi bon bras que

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Photo Guy Hughes

La ligne offensive devrait être l’un des rares points d’interrogation pour l’équipe de football, l’an prochain. Par contre, l’offensive ottavienne s’annonce comme étant beaucoup plus polyvalente, avec l’arrivée de Brad Sinopoli, le dauphin de Josh Sacobie (numéro 15, ci-haut). Sacobie, avec en prime des capacités athlétiques hors-pair. Capacités qu’il a d’ailleurs mises en évidence en 2008, quand il a été utilisé régulièrement comme receveur, en fin de saison. « Il n’y a jamais eu d’hésitation de sa part, il a tout de suite dit ‘’sure, let’s go’’, même s’il n’avait jamais joué receveur de sa carrière ». Contrairement à la transition Côté-Sacobie, celle entre Sacobie et Sinopoli semble non seulement déjà bien entamée, mais carrément déjà complète. « Je n’ai jamais eu le luxe de voir une chose comme cellelà se dérouler sous mes yeux. C’est business as usual. Il n’y a eu aucune panique, aucune hésitation. » Sur le terrain, par contre, l’attaque devrait avoir une allure légèrement différente. La mobilité de Sinopoli devrait être un avantage critique, qui le mettrait dans la même catégorie de quarts que Michael Faulds, l’ex-pivot de Toledo, dans le NCAA, présentement à Western. Sinopoli aura bien entendu besoin de receveurs à qui passer. Le poste a été durement frappé par le fléau de blessures cette année et perd encore quelques noms importants, notamment Ivan Birungi et Ron Kelly, deux transferts. Peu de noms peuvent être confirmés par

Piché à ce point de la période de recrutement, une exception étant celle de Steven Hughes, qui a évolué avec York. « Steven Hughes aurait été partant avec nous en sortant du secondaire, comme il l’a été à York. Il a tout cassé en junior l’an dernier, il est avec nous depuis janvier et il va tout casser dans le SIC l’an prochain », assure Piché. Au sol, Davie Mason et Craig Bearss pourraient quitter l’équipe pour gagner les rangs professionnels, mais même dans cette éventualité, le recrutement va bon train dans ce département. Le seul point d’inquiétude serait la ligne d’attaque. En deux ans, quatre partants ont arrêté. Des jeunes de deuxième et troisième an-

née devraient combler le vide, mais le nouveau look de l’attaque au sol devrait également aider grandement. « Le fait d’avoir des bonshommes comme Davie et Craig à l’arrière, et un quart comme Brad, cela force la ligne défensive à faire attention et bien calculer ses affaires. » Migration vers le Nord La défense est touchée par les départs de Joe Barnes et d’Ian Hazzlett, notamment. Là aussi, les GeeGees devront compter sur l’arrivée à maturité de joueurs plus jeunes pour combler certains postes. Ottawa devrait également accueillir quelques transferts, notamment

« Steven Hughes aurait été partant avec nous en sortant du secondaire comme il l’a été à York. Il a tout cassé en junior l’an dernier, il est avec nous depuis janvier et il va tout casser dans le SIC l’an prochain. » - Denis Piché

.une connaissance de Chase Elliott, précédemment de l’Université Western Washington. Plusieurs anciens de cette formation du NCAA pourraient par ailleurs se retrouver dans le SIC, étant donné que Western Washington a récemment décidé de mettre un terme à son programme de football. Ces joueurs seront éligibles dès 2009, sans avoir à attendre un an, comme c’est d’ordinaire la norme pour les transferts. La « Connexion arménienne » Reste la position trop souvent négligée de botteur. Ara Tchobanian a laissé un vide après 2007, rempli difficilement par comité l’an passé. Ottawa a perdu deux de ses huit matchs par deux points ou moins. L’arrivée d’un botteur de haut calibre pourrait grandement faciliter les choses dans les situations difficiles. Les Gee-Gees ont actuellement quatre prétendants sérieux, dont un Arménien d’origine, comme Tchobanian, qui a également évolué au niveau semi-professionnel au soccer. « Ligne [offensive] et botteur, ce sont les deux positions qui feront la différence pour nous cette année. » Affaire à suivre en septembre.

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ARTWORK PROOF

Sports

le 9 mars 2009

Prolongation

Romain Guibert, Chef de pupitre Sports

Message à toi, l’étudiant pas sportif

D

éjà, là, ça ne marchera pas si je tente de passer mon message à un étudiant pas sportif par un article dans cette section du journal. Tout le monde sait que personne d’autre que les sportifs ne lit cette section du journal. Si les autres savaient ce qu’ils ratent… Tiens, justement, ils ne savent pas le destin du terrain vague en bas de King Edward. Tant pis pour eux. Enfin, je vais quand même essayer de leur passer un message. Il ne pourra pas avoir la même portée que l’Appel du 18 juin de Charles de Gaulle à Londres, je le concède. D’abord, parce qu’il ne passe pas à la radio et que, même s’il passait à la radio, personne ne le saurait parce que personne ne sait que l’on a une radio sur le campus, encore moins une émission de sports. Oui, on a tout ça. Impressionnant, non ? Ensuite, parce que le journal est bien moins consommé que la BBC. Enfin, bref. Trêve de flagellation. Quel est

le message, qui est plutôt une question, que je veux poser ? Sortez les trompettes ! Toi, l’étudiant, est-ce que tu ressens le besoin d’avoir un complexe sportif supplémentaire avec plein de trucs super intéressants ? Des trucs genre des parquets et du faux gazon pour t’éclater. Nan, ça ne te tente pas ? Parce qu’il y a des gens en costume cravate qui prennent à cœur ton avis, sans blague. Eh oui, on en revient encore une fois à la participation de toi, l’étudiant. Alors, quand on voit les difficultés que l’on a à t’attirer, toi, l’étudiant, à un bureau de vote, ou même devant un ordinateur pour voter en ligne ; qu’est-ce que ce serait si toi, l’étudiant, il faut te déplacer à un centre communautaire… C’est même moins loin que descendre voir un match de soccer ou de hockey. Mais quand on voit la difficulté qu’on a à t’attirer, toi, l’étudiant, à un match de soccer ou de hockey… C’est plus que compréhensible et normal

que le président de la communauté Côte-deSable aimerait savoir si toi, l’étudiant du campus concerné par son projet, veux vraiment un stade. Si c’est non, pourquoi cèderait-il à un caprice, à la force du côté obscur, d’un petit groupe d’irréductibles Homo servicus desportis quand la masse dit non ? Ce « non » -là serait beaucoup plus légitime que le « non » exprimé à l’assemblée générale de la communauté et où, toi, l’étudiant, n’étais apparemment pas présent. Est-ce un tort de dire que tous les étudiants devraient aller manifester leur opinion aux réunions communautaires ? Peut-être. Généraliser, ce n’est pas bon. Mais quand il y a près de 3000 étudiants qui ont un toit sur la Côte-de-Sable, c’est presque un devoir que d’aller donner son opinion. À leur décharge, il n’y a aucun moyen pour eux d’être au fait du projet de l’Université d’Ottawa. Aucun, à moins d’avoir un petit siège tout chaud au conseil d’Action Côte-de-Sable.

Car ce projet est sorti de terre - enfin non, ça il n’est pas près de le faire, mais disons qu’il est sorti de l’ombre en septembre dernier. C’est dans les pages de ce même journal que ce projet a été mis au jour, qu’il a été éclairci pour la population étudiante. Pourtant, il date. C’est quand même dingue que, s’il n’y avait pas des petits fouineurs qui ont pour tâche de satisfaire l’intérêt public (même si, là, il n’y a peut-être pas l’intérêt du public), il n’y aurait pas eu de discussions avec les étudiants avant longtemps. Et que, lorsque l’U d’O l’aurait fait, le projet aurait déjà été beaucoup plus avancé, peut-être trop, pour prendre en compte l’opinion des étudiants. Alors, voilà. J’ai fait ma tirade de vieux, comme d’habitude. C’est bien plus drôle comme cela. Maintenant, c’est à vous, avec l’information disponible, de jouer aux aventuriers, d’aller voir tous les acteurs en jeu,et de leur dire si, oui ou non, vous le voulez, ce stade.

Vous voulez en savoir plus sur les Gee-Gees? Tous les lundis, écoutez l’Intermission, sur les ondes de CHUO 89,1 fm, de 11h à midi. SEMAINE DE LA FRANCOPHONIE HORAIRE DES ACTIVITÉS DU 13 AU 20 MARS 2009 Partenaires

Lun 16 mars

Projections de films Au Café Alt 14 H, 16 H et 18 H

Club d’Immersion

Expositions sur la francophonie Au Terminus 9 H à 16 H

Exposition d’art et encan silencieux Au Terminus 11 H à 16 H

Atelier de danse folklorique À l’Agora Midi à 13 H

Débat : Cause Caron À l’Agora 13 H à 14 H30

Louis-Philippe Robillard À l’Agora Midi à 13 H

Cabane à sucre Sur la Terrasse Morisset Midi à 14 H 2$

Découverte du campus Départs devant le bureau de la FÉUO Midi et 16 H

Vins et fromages et slam de poésie Au 1848 17 H à 19 H 3$

Compétitions de raquette Sur le parterre de Tabaret 14 H 30 à 15 H 30

Le présent et l’avenir de la francophonie À l’Auditorium des Anciens 19 H à 21 H

Déjeuner-crêpes À l’Agora 10 H à 11 H 2$

Damian l’Hypnotiste À l’Auditorium des Anciens 21 H à 23 H

Vente de gâteaux Devant le bureau de la FÉUO Les 13, 16, 17, 18 et 19 mars Toute la journée

Jeu. 19 mars Expositions sur la francophonie Dans le Centre universitaire 9 H à 16 H

Expositions sur la francophonie Au Terminus 9 H à 16 H

Visite du Marché By Départ devant le bureau de la FÉUO 15 H 30

Mer. 18 mars Foire des services en français hors campus Dans le Centre universitaire Toute la journée

Expositions sur la francophonie Au Terminus 9 H à 16 H

Défi-franco À l’Auditorium des Anciens 16 H à 17 H 30

SVP PLEASE

Mar. 17 mars

Foire des services en français sur campus Dans le Centre universitaire Toute la journée

L’Écho d’un peuple À l’Auditorium des Anciens 16 H à 17 H

Projections de films Au Café Alt 14 H, 16 H et 18 H

Spectacle de la Ligue du Bonheur Au Café Alt À partir de 19 H 5$

Francophonie Week Activity schedule for the week of March 16 to 20, 2009 Vend. 20 mars

Partners

Lun 16 mars

Francophonie exhibits In the Terminus 9 am to 4 pm

Pancake breakfast In the Agora 10 am to 11 am $2

Francophonie exhibits In the Terminus 9 am to 4 pm

Art exhibit and silent auction In the Terminus 11 am to 4 pm

Atelier de théâtre À la salle académique 20 H à 22 H

Franco-challenge! In the Alumni Auditorium 4 pm to 5:30 pm

Folk dancing workshop In the Agora Noon to 1 pm

Debate: Caron Cause In the Agora 1 pm to 2:30 pm

Louis-Philippe Robillard In the Agora Noon to 1 pm

Projections de films Au Café Alt 14 H, 16 H et 18 H

Tour of Byward Market Leaves from the SFUO office 3:30 pm

Sugar shack On Morisset Terrace Noon to 2 pm $2

Discovering campus Leaves from the SFUO office Noon and 4 pm

Wine and cheese and slam poetry In 1848 5 pm to 7 pm $3

Damian the Hypnotist In the Alumni Auditorium 9 pm to 11 pm

Snowshoe competitions On Tabaret lawn 2:30 pm to 3 :30 pm

Film screenings In Café Alt 2 pm, 4 pm and 6 pm

L’Écho d’un peuple In the Alumni Auditorium 4 pm to 5 pm

The present and future of the French-speaking world In the Alumni Auditorium 7 pm to 9 pm

SVP PLEASE

Projections de films Au Café Alt 14 H, 16 H et 18 H

Club d’Immersion

Expositions sur la francophonie Au Terminus 9 H à 16 H

Exposition d’art et encan silencieux Au Terminus 11 H à 16 H

Atelier de danse folklorique À l’Agora Midi à 13 H

Débat : Cause Caron À l’Agora 13 H à 14 H30

Louis-Philippe Robillard À l’Agora Midi à 13 H

Cabane à sucre Sur la Terrasse Morisset Midi à 14 H 2$

Découverte du campus Départs devant le bureau de la FÉUO Midi et 16 H

Vins et fromages et slam de poésie Au 1848 17 H à 19 H 3$

Compétitions de raquette Sur le parterre de Tabaret 14 H 30 à 15 H 30

Le présent et l’avenir de la francophonie À l’Auditorium des Anciens 19 H à 21 H

Déjeuner-crêpes À l’Agora 10 H à 11 H 2$

Défi-franco À l’Auditorium des Anciens 16 H à 17 H 30

Projections de films Au Café Alt 14 H, 16 H et 18 H Vente de gâteaux Devant le bureau de la FÉUO Les 13, 16, 17, 18 et 19 mars Toute la journée

Jeu. 19 mars Expositions sur la francophonie Dans le Centre universitaire 9 H à 16 H

Expositions sur la francophonie Au Terminus 9 H à 16 H

Damian l’Hypnotiste À l’Auditorium des Anciens 21 H à 23 H

Mer. 18 mars

L’Écho d’un peuple À l’Auditorium des Anciens 16 H à 17 H Spectacle de la Ligue du Bonheur Au Café Alt À partir de 19 H 5$

Projections de films Au Café Alt 14 H, 16 H et 18 H

Match d’improvisation de la LIEU À l’Auditorium des Anciens 20 H 30 à 23 H Projections de films Au Café Alt 14 H, 16 H et 18 H

Wed. March 18 Thurs. March 19

Spectacle de talents À l’Agora 11 H à 14 H

Match d’improvisation de la LIEU À l’Auditorium des Anciens 20 H 30 à 23 H

Foire des services en français hors campus Dans le Centre universitaire Toute la journée

Expositions sur la francophonie Au Terminus 9 H à 16 H

Visite du Marché By Départ devant le bureau de la FÉUO 15 H 30

SVP PLEASE

Mar. 17 mars

Foire des services en français sur campus Dans le Centre universitaire Toute la journée

Tues.March 17

French services on campus fair In the University Centre All day

Club d’Immersion

Francophonie exhibits In the Terminus 9 am to 4 pm

Off-campus French services fair In the University Centre All day

Film screenings In Café Alt La Ligue du bonheur concert 2 p.m., 4 pm and 6 pm Bake sale In Café Alt In front of the SFUO office March 13th, 16th, 17th, 18th Starting at 7 pm $5 and 19th All day

Francophonie exhibits In the University Centre 9 am to 4 pm

Fri. March 20 International Francophonie fair In the Terminus All day Talent show In the Agora 11 am to 2 pm Theater workshop In the Academic Hall 8 pm to 10 pm Film screenings In Café Alt 2 pm, 4 pm and 6 pm

La LIEU improv match In the Alumni Auditorium 8:30 pm to 11 pm Film screenings In Café Alt 2 p.m., 4 pm and 6 pm

Francophonie Week Activity schedule for the week of March 16 to 20, 2009

SEMAINE DE LA FRANCOPHONIE HORAIRE DES ACTIVITÉS DU 13 AU 20 MARS 2009 Partenaires

Mon. March 16

Foire de la francophonie internationale Au Terminus Toute la journée

Vend. 20 mars

Partners

Mon. March 16

Tues.March 17 Francophonie exhibits In the Terminus 9 am to 4 pm

Wed. March 18 Thurs. March 19 Off-campus French services fair In the University Centre All day

Francophonie exhibits In the University Centre 9 am to 4 pm

Foire de la francophonie internationale Au Terminus Toute la journée

French services on campus fair In the University Centre All day

Spectacle de talents À l’Agora 11 H à 14 H

Francophonie exhibits In the Terminus 9 am to 4 pm

Pancake breakfast In the Agora 10 am to 11 am $2

Francophonie exhibits In the Terminus 9 am to 4 pm

Art exhibit and silent auction In the Terminus 11 am to 4 pm

Atelier de théâtre À la salle académique 20 H à 22 H

Franco-challenge! In the Alumni Auditorium 4 pm to 5:30 pm

Folk dancing workshop In the Agora Noon to 1 pm

Debate: Caron Cause In the Agora 1 pm to 2:30 pm

Louis-Philippe Robillard In the Agora Noon to 1 pm

Projections de films Au Café Alt 14 H, 16 H et 18 H

Tour of Byward Market Leaves from the SFUO office 3:30 pm

Sugar shack On Morisset Terrace Noon to 2 pm $2

Discovering campus Leaves from the SFUO office Noon and 4 pm

Wine and cheese and slam poetry In 1848 5 pm to 7 pm $3

Damian the Hypnotist In the Alumni Auditorium 9 pm to 11 pm

Snowshoe competitions On Tabaret lawn 2:30 pm to 3 :30 pm

Film screenings In Café Alt 2 pm, 4 pm and 6 pm

L’Écho d’un peuple In the Alumni Auditorium 4 pm to 5 pm

The present and future of the French-speaking world In the Alumni Auditorium 7 pm to 9 pm

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Fri. March 20 International Francophonie fair In the Terminus All day Talent show In the Agora 11 am to 2 pm Theater workshop In the Academic Hall 8 pm to 10 pm Film screenings In Café Alt 2 pm, 4 pm and 6 pm

La LIEU improv match In the Alumni Auditorium 8:30 pm to 11 pm Film screenings In Café Alt 2 p.m., 4 pm and 6 pm

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Sports

le 9 mars 2009

Tirs de barrage » Éliste Desjardins et Marie-Ève Gauthier

...Avec celles qui savent le faire

Parce qu’on n’a jamais fait les Tirs de barrage avec celles qui en font le plus souvent, on s’est dit que ce serait une bonne idée. Et puis on voulait qu’elles aient le sentiment de ne pas être oubliées par La Rotonde pendant la saison morte. Élise Desjardins et Marie Ève Gauthier, les joueuses les plus rapides de l’équipe de soccer, frappent leurs coéquipières et reines de la mode à la vitesse de l’éclair. Romain Guibert Quelle équipe a les meilleurs partisans (hormis Ottawa) ? Les pires ? Marie-Ève Gauthier : Je dirais Carleton parce qu’ailleurs il n’y a pas beaucoup de spectateurs. Les pires c’est le CMR. Élise Desjardins : Trinity Western. Ce n’est pas tous les partisans qui sont prêt à se promener à petites shorts, le corps peinturé bleu et à chanter pendant 90 minutes. Est-ce qu’il y a beaucoup de trash-talk au soccer féminin ? Cela serait quoi le meilleur que vous avez entendu ou dit ? MEG : Bien, je pense qu’il y en a en autant que dans toutes les sports de filles ! Des filles, ça ne peut pas s’en empêcher, même si on s’aime toutes ! Qui de l’équipe serait la plus susceptible de donner un coup de boule (à la Zidane) à une adversaire qui ne veut pas se taire?

MEG : Rachael! C’est la meilleure en coup de tête ! [Rires] ÉD : Brittany Harrison. Je ne voudrais pas la choquer! Êtes-vous déçues de voir David Beckham retourner en Europe? MEG : Et moi qui croyais qu’il se rapprochait de moi en vivant aux États-Unis….décevant ! Nan je blague. Honnêtement, je trouve qu’il est mieux en Europe parce que le calibre est meilleur. Pensez-vous que Catherine Scott devrait s’essayer au camp de l’équipe de football ? Il parait qu’ils ont besoin d’un bon botteur… MEG : Non, on veut la garder juste pour nous !! Un mot pour décrire la façon qu’a Courtney Luscombe de porter ses shorts ? MEG : Très court ! Qui de l’équipe a le meilleur sens de la mode? Et qui a les

goûts les plus... intéressants ? MEG : Je trouve que Rachel, Megan [Bell] et Courtney ont vraiment le sens de la mode et Nikki [Moreau] a parfois des goûts intéressants, disons qu’elle y va avec le confort avant tout ! Mais il y a une chose qui me tracasse, pourquoi en Ontario, les gens mettent des chaussette dans leurs sandales ??? Qui de l’équipe amène trop d’affaires quand vous allez sur la route ? MEG : Je pense que Rachael [Swetnam] ou Sarah [Bullock] sont les filles qui amènent le plus de linge. ÉD : Katie Lugg et Courtney Luscombe apportent toujours beaucoup de choses. La nourriture, l’oreiller, le magazine (elles ne partent jamais sans magazine!), les devoirs (même si elles passent plus de temps avec le magazine), les cleats, etc! Qui a le contrôle de la musique dans le vestiaire ? MEG : Courtney et des fois, Élise [Desjardins]. ÉD : Une vétérante.. ça depend quel-

le type de musique on veut écouter! J’essaie de prendre le contrôle et encourager la musique française mais ça ne semble pas fonctionner! Un objet dont vous ne pouvez pas vous passer ? MEG : J’ai un collier porte-bonheur, une petite coccinelle. ÉD : Mon telephone cellulaire! Quelle équipe masculine vastu voir le plus ? MEG : Hockey masculin, je suis allée deux fois… Quelle équipe masculine vient vous voir le plus souvent ? MEG : Je dirais l’équipe de football. On n’a jamais vu Steve Johnson s’énerver sur les lignes de côté... Est-ce que ça lui arrive, ou il garde toujours son sangfroid? MEG : Je peux dire que oui ça lui arrive car quand il n’est pas content, il n’est pas content ! Mais, je pense que c’est normal pour un entraîneur et des fois, c’est ça que sa prend !

Admettons qu’il y a un photographe de La Rotonde derrière le filet pendant le premier tir de barrage des finales provinciales, et que la fille qui l’a effectué l’a raté. Est-ce que ça se pourrait que ça soit de la faute du photographe? MEG : C’est sûr que c’est déconseillé d’avoir un flash dans le visage avant un tir de penalty, mais une bonne joueuse ne se laissera pas déconcentrer. Je me rappelle qu’a RMC, on a eu un tir de penalty et c’est Nikki qui l’a pris. Il y a avait un partisan de l’autre équipe qui criait toujours son nom pour la déconcentrer, et elle a marqué quand même. Après elle s’est retournée vers lui pour applaudir et lui faire un beau gros sourire ! ÉD : À moins qu’il utilise le flash à plusieurs reprises avant et pendant que la fille botte... Autrement, je ne crois pas qu’on peut le blâmer! Surtout pas un photographe de La Rotonde! [NDLR : Soulagé, Simon?]

Vous aimeriez nous soumettre des questions pour Tirs de barrage, ou même un coéquipier? Écrivez-nous à sports@larotonde.ca

La Rotonde n’est pas responsable de tout conflit éventuel généré par le contenu des Tirs de barrage. Si vous pouvez lire ceci, vous avez de très bon yeux, et nous un très bon imprimeur.

Université d’Ottawa Journaliste, photographe, graphiste, correcteur…? La Rotonde vous recherche! Nous sommes actuellement à la recherche de personnes dynamiques afin de combler tous les postes au sein de son équipe de l’année 2009-2010. Hâtez-vous et remettez votre candidature, curriculum vitae et lettre de présentation, à Caroline Bouchard, directrice générale, à direction@larotonde.ca. N’hésitez pas à contacter Caroline Bouchard pour plus d’information.

Dates limite pour les mises en candidature : Rédacteur en chef : 20 mars Directeur de production : 3 avril (avec portfolio) Secrétaire de rédaction : 3 avril Chef de la section Actualités : 3 avril Adjoint de la section Actualités : 3 avril Chef de la section Arts et Culture : 3 avril Chef de la section Sports : 3 avril Chef de la section Web : 3 avril Directeur artistique : 3 avril (avec portfolio) Photographe : 3 avril (avec portfolio) Webmestre : 3 avril

Votre opinion

compte!

Vous serez peut-être invité à participer au sondage annuel de l’Université sur les services alimentaires, du 9 au 20 mars 2009. Cela nous permettra de mieux connaître votre satisfaction concernant l’ensemble des services disponibles sur le campus. Merci de votre collaboration.

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Opinions

Opinions

le 9 mars 2009

redaction@larotonde.ca

Cher Monsieur Rock,

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ette lettre représente sans doute l’intervention la plus importante que j’aurai faite à titre de sénateur étudiant de l’Université d’Ottawa. Le Sénat est la plus haute instance décisionnelle de l’Université d’Ottawa en ce qui a trait aux questions scolaires et les réunions sont publiques afin de garantir une transparence au sein de notre institution qui est financée en partie par les contribuables. La loi fondatrice de 1965 établit clairement que le Sénat ne doit pas être un instrument politique de l’administration de l’Université. Il n’y a que quelques rares circonstances qui justifient que les réunions du Sénat se déroulent à huis clos. Ces circonstances sont habituellement liées à des questions de confidentialité. Les réunions à huis clos ne sont pas conçues pour empêcher la présence du public sans motif valable. Lorsque j’ai fait une intervention lors de la dernière réunion du Sénat pour exprimer mon objection par rapport à votre proposition d’une séance à huis clos, vous avez unilatéralement annulé la réunion du lundi 2 mars au lieu d’accorder quelques minutes aux étudiantes et aux étudiants qui étaient présents de partager certaines inquiétudes qui selon eux, devaient être entendues par le Sénat. Vous avez également déclaré qu’il y aurait une réunion du Sénat à huis clos au cours de la semaine et ce, sans consulter personne. Vous avez donc fixé une rencontre qui

aura lieu le jeudi 5 mars à 7 h 45 et votre administration a appelé les sénatrices et les sénateurs un à un pour les convoquer à la rencontre. Tout comme les discussions sur Facebook ne peuvent pas remplacer de façon légitime une réunion du Sénat, une réunion à huis clos annoncée à la dernière minute est inacceptable. De plus, les règlements et les procédures quant aux réunions du Sénat n’ont même pas été respectés. Selon le Code Morin et les conventions de l’Université, en tant que président du Sénat, vous ne pouvez pas unilatéralement déclarer qu’une réunion sera à huis clos. Afin qu’un huis clos puisse avoir lieu, une personne doit proposer une motion qui doit être appuyée, débattue et suivie d’un vote. Par ailleurs, tout ce processus doit être public ; ce sont les règles. Le simple fait de convoquer une réunion à la dernière minute qui ne fait pas partie du calendrier des réunions enfreint la transparence et le processus démocratique auquel devrait être soumise l’Université. Même le Président du Sénat doit respecter les règlements. Je vous demande donc d’annuler la réunion de jeudi immédiatement. En tant que sénateur, je dois faire tout ce qui est en mon pouvoir pour prévenir le non-respect des règlements. Veuillez agréer, Monsieur Rock, l’expression de mes sentiments les plus sincères. Michael Cheevers Sénateur étudiant

Nous voulons vous lire! La Rotonde est heureuse d’accueillir les analyses et commentaires de ses lecteurs et lectrices. La longueur des textes ne doit pas dépasser 500 mots ou 3500 caractères. La Rotonde ne s’engage ni à publier les lettres, ni à justifier leur non publication. La Rotonde se réserve la possibilité de réduire la longueur des textes retenus. Pour nous faire parvenir vos lettres, veuillez envoyer un courriel à Céline Basto: redaction@larotonde.ca redaction@larotonde.ca

Un processus injuste

C

’est avec de grands regrets que nous avons dû refuser de nous soumettre au processus du Comité d’arbitrage étudiant (CAÉ) le 6 mars dernier. À la suite de notre victoire lors des élections de la Fédération étudiante de l’Université d’Ottawa (FÉUO), un groupe de candidates défaites a décidé de contester la validité de l’élection en invoquant le prétexte que nous avions travaillé en équipe, ce qui est interdit par la Constitution de la FÉUO. Nous tenons à assurer la population étudiante que bien que nous soyons amis, chacun d’entre nous a mené sa propre campagne en bonne et due forme. Nous soulignons le fait que nous sommes amis par souci de transparence. De plus, trois d’entre nous (Roxanne, Julie et Seamus) avons travaillé ensemble au sein de l’exécutif cette année, il est donc tout à fait naturel de partager certaines affinités. Lorsque nous avons appris que l’élection était contestée, nous avons immédiatement commencé à préparer notre défense. Ainsi, nous voulions sincèrement présenter notre côté de la médaille tout en acceptant la décision qui aurait été rendue par le CAÉ. Cependant, plusieurs irrégularités sont survenues au cours du processus. Par exemple, la Constitution de

info@larotonde.ca

la FÉUO prévoit que lorsqu’un cas est présenté au CAÉ, chaque parti a le droit de sélectionner un arbitre et ensuite, ces arbitres sélectionnent un ou plusieurs autres arbitres pour siéger. Malheureusement, nous n’avons jamais eu l’occasion de sélectionner un des arbitres. Par ailleurs, ce n’est qu’à la veille de l’audience que nous avons appris que des documents qui avaient été jugés inadmissibles par les arbitres seraient désormais admissibles. Il était impossible de répondre à l’ensemble de cette soumission en une seule soirée. De plus, le Comité a commis de graves erreurs procédurales qu’il a d’ailleurs reconnues. À titre d’exemple, il nous avait assuré qu’un courriel que nous lui avions envoyé concernant une intimidation faite par l’autre partie demeurerait confidentiel. Or, après coup, ce n’était pas le cas. La liste d’irrégularités est bien plus longue mais nous voulions en souligner que quelques-unes. Puisque plusieurs règlements de la Constitution de la FÉUO n’ont pas été suivis, nous ne pouvions pas nous soumettre à une décision éventuelle du CAÉ. La Constitution de la FÉUO nous donne le droit de refuser de comparaître auprès du CAÉ, par contre ce n’est absolument pas ce que nous voulions faire.

Nous croyons que le fait d’être élus par plus de 8 000 étudiantes est légitime. Or, nous croyons qu’être jugés par trois arbitres qui n’ont pas suivi la Constitution de la FÉUO ne l’est pas. Notre but n’est pas de pointer du doigt les arbitres, car nous nous rendons compte très bien qu’ils sont des étudiantes qui font don de leur temps. Par contre, nous devions souligner les erreurs de procédures qui se sont produites. Nous n’avons rien à cacher et aurions nettement préféré accepter de comparaître devant le CAÉ que de le refuser. Bien que nous ne comparaîtrons pas devant le Comité, nous voulons vous assurer que notre défense a été préparée et présentée aux médias ainsi qu’à la population étudiante. Pour ces raisons, nous déférons la décision à la plus haute instance décisionnelle de la Fédération, le Conseil d’administration. Sachez, en terminant, que nous sommes déterminés à mener à terme le mandat que vous nous avez confié. Seamus Wolfe, président élu Roxanne Dubois, vice-présidente aux finances élue Jean Guillaume, vice-président aux activités sociales élu Julie Séguin, vice-présidente aux communications élue

Divertissement Sudoku Remplissez les cases vides pour compléter le casse-tête. Chaque chiffre de 1 à 9 doit être présent dans chaque rangée horizontale et verticale, ainsi que dans chaque section de neuf cases. La Rotonde n’est aucunement responsable de tout problème de manque d’attention de ses lecteurs en classe en raison de ce Sudoku. Nos excuses à ceux qui auraient perdu des heures de sommeil (ou d’étude) avec le Sudoku de la semaine dernière. www.larotonde.ca •

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Opinions

le 9 mars 2009

D’un point à l’autre Amanda Belande

La FCÉÉ, pour la liberté d’expression ou pour la liberté d’oppression ?

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7 février 2009, 19:35, salle 026 Arts : Il n’y a plus de place de libre ; certains sont même assis par terre. Il y a de l’excitation dans l’air. Le sujet de la soirée va toucher des cordes sensibles, mais le taux de présence démontre qu’il y a bien un intérêt pour la question. Au menu, un débat sur la moralité de l’avortement organisé par le club Étudiants pour la vie de l’Université d’Ottawa et la Eastern Catholic Chaplaincy of Ottawa. Les positions sont représentées et dès le début, on demande à l’auditoire de garder le silence durant tout le débat et de faire preuve de respect étant donné que le sujet est délicat. Tout s’est bien passé, la soirée a été un succès. Un contraste avec la vague de controverses des dernières semaines aux universités York, Carleton, Calgary, Memorial, Lakehead, Capilano College, Victoria et Guelph, où les fédérations étudiantes ont banni les groupes pro-vie de leurs campus au nom de la protection de la liberté d’expression, qualifiant ces groupes « d’anti-choix » et de menace à la liberté des femmes. Cette situation a été dénoncée dans plusieurs médias anglophones. L’Association canadienne des libertés civiles (ACLC) a même publié une lettre envoyée à la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants (FCÉÉ) manifestant son inquiétude face à une résolution votée pour « supporter les membres qui décideraient de refuser l’accès à des ressources et de l’espace aux groupes anti-choix ». L’ACLC questionnait la campagne de musellement de la FCÉÉ et qualifiait d’inappropriés les

commentaires de ceux qui avaient comparé les groupes pro-vie au Ku Klux Klan. Si les fédérations permettaient l’existence de groupes de diverses affiliations politiques et religieuses, pourquoi s’acharnaient-elles à stigmatiser les groupes pro-vie ? Même si elles étaient en désaccord avec la position de ces groupes, elles devaient les respecter. L’Université est un lieu de savoir libre et intellectuel, pas un régime autoritaire et conformisme. Le succès de cette soirée à l’Université d’Ottawa a démontré qu’on peut avoir des points de vue divergents et discuter intelligemment sans dénigrer et humilier les autres. L’avortement est un sujet sensible, mais cela ne justifie pas de réprimer ceux qui présentent des vues opposées aux nôtres. Certaines fédérations ont justifié leur refus en disant que la position pro-choix faisait déjà l’unanimité dans la société canadienne. Unanimité ?... J’en doute fort. La FCÉÉ et ces fédérations disent représenter la population étudiante, mais ces actions ont clairement montré qu’elles ont une vision partisane, sont incapables de faire preuve d’objectivité et de protéger les droits des minorités. Malheureusement, en menant de telles campagnes de dénigrement à travers le pays, elles n’ont fait qu’augmenter le soutien des groupes provie si ce n’est que pour qu’on leur accorde un traitement équitable et qu’on respecte leur liberté d’expression. « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire. » (Voltaire).

En beau joual vert

Serge Miville

Comité d’arbitrage étudiant : Montesquieu aurait honte E nfin, le jour J, le vendredi 6 mars, le Comité d’arbitrage étudiant (CAÉ), sorte de « cour suprême » de la Fédération étudiante de l’Université d’Ottawa (FÉUO), se réunissait à Fauteux afin de trancher sur la contestation des élections, contestation effectuée par trois étudiants : Renaud-Philippe Garner, Maureen Hasinoff et Alex Chaput. La salle bondée, les trois arbitres demandent si les politiciens (car ils ne sont pas tous étudiants) acceptent de se soumettre au jugement du CAÉ. Ces derniers refusent l’un après l’autre et quittent la salle. Au moment de mettre le tout sous presse, le fiasco est consommé, et un ajournement est imposé. Séparation des pouvoirs et pourquoi nous devons avoir un CAÉ Les mots sur les lèvres des élus étaient les suivants : on n’accepte pas que la CAÉ tranche, on acceptera seulement que le Conseil d’administration, l’instance décisionnelle suprême de la FÉUO, tranche l’appel. Voilà qu’on demande de rompre avec la tradition des pays occidentaux. On dit que Montesquieu n’était qu’un bouffon, et que ses écrits sur la séparation des pouvoirs pour en prévenir les abus ne sont qu’un gros tas de folies. Or, un CAÉ a précisément été créé afin d’éviter les conflits d’intérêts qui pourraient survenir lorsqu’un citoyen conteste l’ordre imposé par une instance « démocratique » dont le pouvoir est suprême. La raison pour laquelle la FÉUO a besoin d’un CAÉ, peu importe si on est d’accord avec sa composition ou non, est que, si on donne un pouvoir absolu à la majorité du CA, on crache sur nos institutions qui ont été créées afin de contrer tous abus qui peuvent survenir lorsqu’un corps décisionnel prend toutes les décisions. Soyons

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très réalistes : les politiciens élaborent des politiques selon leurs intérêts personnels. Le politicien-étudiant ne fait pas exception. Imaginez si nous n’avions pas de cour au Canada, ou que la Cour Suprême du Canada n’était qu’une instance symbolique. Les droits des minorités n’existeraient pas, et la population entière serait soumise à l’oppression d’une pochetée de politiciens. Imaginez un Harper qui contrôle tout sans qu’on puisse lui dire « Écoute mec, ce que tu fais, c’est contre notre Constitution ! » Un cirque sur toute la ligne Expliquons, Roxanne Dubois, v.-p. aux finances et une des accusés, nous a fait part de plusieurs irrégularités au sein du CAÉ. Impossible de savoir à quel point ces irrégularités sont véridiques, mais si on tient pour acquis qu’ils le soient, il est clair que la composition du CAÉ est problématique. Nous avons une institution, il faut s’assurer qu’elle ne soit pas une Kangaroo Court, c’est-à-dire une cour sans légitimité et qui opère d’une façon douteuse. Si les irrégularités sont vraies, il faut que le CAÉ se dissolve et se recompose selon les règlements de la Constitution. Toutefois, l’appel doit toujours être entendu à cette instance, car elle est l’institution compétente en matière d’appels à la FÉUO. Cela est sacré, il ne faut pas contourner. La demande des accusés de se faire juger par le CA n’est pas fondée. Les membres du CA ne sont pas neutres, et la décision ne sera pas légitime. La seule instance compétente en la matière est le CAÉ. Cette dernière doit être réformée, à la lumière des irrégularités, et le tout devrait être repris en bonne et due forme afin d’assurer un processus neutre et légitime, au risque de faire sursauter de nouveau notre cher Montesquieu.

Frustration. Déception. Tristesse.

C

es trois mots décrivent ce que j’ai ressenti le vendredi 6 mars 2009, lorsque j’ai assisté à l’audience du Comité d’arbitrage étudiant de la Fédération étudiante de l’Université d’Ottawa (FÉUO). J’ai été témoin, en tant que leader, en tant que président de votre FÉUO et en tant que personne, de comportements irrespectueux et belliqueux, «des étudiants s’attaquant à des étudiants», alors que notre mission est basée sur «des étudiants aidant des étudiants». J’ai vu les valeurs chères à notre Fédération étudiante: la dignité, l’équité, le respect des droits humains et le maintien d’un environnement égalitaire, être entachées par les actions inappropriées et inacceptables de certains de ses membres. Alors que la tension montait, j’ai indiqué aux responsables de l’arbitrage qu’il était impossible de poursuivre. Au nom de la fédération, je regrette que nous n’ayons pas pu assurer un environnement égalitaire. La FÉUO prendra des mesures proactives afin qu’à l’avenir, les différends se règlent dans un climat de respect. J’ai vu des étudiants exercer leur droit de contester l’élection, tel que prévu dans notre constitution. De même, d’autres étudiants ont exercé leur droit de questionner des aspects du processus juridique dans lequel cette contestation a été traitée. Dans les deux cas, il s’agit de demandes légitimes qui doivent être, et qui seront, résolues. À la suite des événements d’hier, j’appelle toutes les parties impliquées à faire preuve de leadership en décourageant tout comportement qui déshonore notre fédération, qui déshonore notre cause. J’appelle tous les étudiants à faire preuve de bon sens avant de réagir de façon émotive, pour assurer que le respect et la dignité de tous nos membres soient protégés. Aujourd’hui, considérant tous les défis auxquels notre Fédération étudiante fait face et les années qu’il a fallu pour bâtir cette fédération, j’en suis venu à la conclusion que le mépris continuel ne mène nulle part. Ainsi, je veux traduire mes sentiments en espoir. L’espoir que nous puissions être en désaccord sans être désagréables; l’espoir que nous puissions défendre le droit de tous à un environnement égalitaire; l’espoir que nous puissions nous rassembler une fois de plus, comme fédération étudiante. «Le visage de mon ennemi ne m’effraie que lorsque je réalise à quel point il ressemble au mien.» Dean P. Haldenby Président - President Fédération étudiante de l’Université d’Ottawa

Ont participé à cette édition Nedggy Mauricin Jessica Rose Philippe Pépin Amanda Belande Catherine Blanchard Serge Miville Véronique Strasbourg Alexa Biscaro Joanie Demers Karine Hébert Elodie Danielou Guy Hughes Karine El Hanbli Corinne Lalonde Joêlle Carignan Ajà Besler Vickie Perreault Marianne St-Jacques

De toute l’équipe de La Rotonde, merci! redaction@larotonde.ca


le 9 mars 2009

Éditorial

Trop peu,

le 9 mars 2009 • Vol. LXXVI No. 22 109, rue Osgoode Ottawa (Ontario) K1N 6S1 613 421 4686

trop tard RÉDACTION Rédactrice en chef Céline Basto redaction@larotonde.ca Secrétaire de rédaction Roman Bernard revision@larotonde.ca Actualités Philippe Teisceira-Lessard (Chef de pupitre) Mathieu Gohier (adjoint) actualites@larotonde.ca

Photos Mathieu Langlois

V

endredi dernier, une situation déplorable s’est produite lors de l’audience du Comité d’arbitrage étudiant. Des étudiants, des bénévoles, des employés de la FÉUO et même des membres du Conseil d’administration de notre Fédération se sont livrés à un coup de théâtre irrespectueux et offensants envers d’autres étudiants. Affiches, cris, attaques personnelles occupaient la salle où se tenait l’audience. L’insolence des deux côtés, mais surtout des supporteurs de la partie défenderesse, était vive et aucun représentant de la FÉUO n’a pris son rôle au sérieux et n’a tenté de calmer l’atmosphère. Il est très important de prendre en compte que la partie défenderesse est composée majoritairement de représentants de la FÉUO élus pour l’année en cours et qu’ils n’ont absolument rien fait pour calmer le jeu. Seamus Wolfe, v-p aux affaires universitaires ainsi que Roxanne Dubois, v-p aux finances, ont affirmé à La Rotonde qu’ils ne sont pas responsables pour les propos tenus et les actions menées par les étudiants présents. Eh bien, détrompez-vous ! Tout étudiant sur le campus est représenté par l’exécutif de la FÉUO. Si, en présence d’un membre de ce dernier, des étudiants tiennent des propos offensants envers d’autres étudiants, c’est le devoir moral des représentants d’agir afin de maîtriser la situation, surtout lorsqu’il s’agit de vos collègues de travail, vos amis, vos colocataires, etc. Vous avez une influence sur ces gens qui hurlent des attaques personnelles et tiennent des pancartes insultantes. Vous pouvez faire quelque chose. Mais la situation est telle que les actions des partisans de la partie défenderesse aident la cause de cette dernière. Mais qu’en est-il des membres de l’exécutif présents qui ne sont pas impliqués dans cette histoire ? Dean Haldenby, président de la FÉUO et Danika Brisson, v-p aux affaires étudiantes, ont assisté à ce cirque et sont restés muets. Le désordre était tel que la session a dû être ajournée. Entretemps, des personnes se sont fait intimider et d’autres harceler. La salle était remplie au

redaction@larotonde.ca

Arts et Culture Sonia Noreau culture@larotonde.ca Sports Romain Guibert (Chef de pupitre) Alexandre Lequin-Doré (adjoint) sports@larotonde.ca

double de sa capacité, certaines affiches visaient clairement des individus et des personnes présentes ont tout fait pour pousser les arbitres bénévoles à bout, les intimider. Un cirque qui s’est déroulé sous les yeux des membres de l’exécutif et des directeurs de Faculté (représentants étudiants au Conseil d’administration, la plus haute instance de la FÉUO), qui d’ailleurs eux-mêmes proféraient des insultes et jetaient de l’huile sur le feu. Immobilisme total de la part de ceux qui sont censés représenter les intérêts de tous les étudiants. Cela est inacceptable de la part d’une

Vous avez manqué une opportunité pour démontrer que vos intérêts sont ceux de tous les étudiants et non pas juste de quelques-uns. Fédération qui se doit d’offrir un espace positif et égalitaire à tous les membres sans exception. Plusieurs ont même reproché Haldenby d’avoir eu un sourire aux lèvres lors de cet événement de la FÉUO qui a tourné au chaos. Nervosité ? Peutêtre. Parmi eux, on a même entendu parler de destitution pour le manque de leadership de leur président. Cependant, Haldenby rectifie le tir en publiant une lettre d’excuses où il explique que la FÉUO regrette de ne pas avoir assurer un environnement sécuritaire : « J’ai été témoin, en tant que leader, en tant que président de votre FÉUO et en tant que personne, de comportements irrespectueux et belliqueux, «des étudiants s’attaquant à des étudiants», alors que notre mission est basée sur «des étudiants aidant des étudiants» », soutient-il. « Au nom de la Fédération, je regrette

que nous n’ayons pas pu assurer un environnement égalitaire. La FÉUO prendra des mesures proactives afin qu’à l’avenir, les différends se règlent dans un climat de respect », ajoute-t-il. Une réponse trop vague qui manque de solutions réelles au problème auquel nous faisons face. Une lettre qui ne reconnaît pas la responsabilité des personnes présentes et impliquées mais qui met le blâme sur le dos de toute la FÉUO. On partage le blâme et personne n’est tenu responsable individuellement. M. Haldenby, effectivement votre inaction laisse à désirer. Votre manque de leadership a mis tous les étudiants présents dans une situation belliqueuse, terme que vous utilisez si bien. Vous parlez au nom de la FÉUO alors que certains de vos employés et membres du CA ont pris part à ce genre de manifestation malgré le fait que tous devraient agir conformément aux principes et aux valeurs de la FÉUO. Vous avez été témoin et vous n’avez rien fait. Vous avez consenti à leurs actions. De tels actes auraient dû être traités sur place, le moment-même, et non pas dans les coulisses comme vous l’avez fait, une fois que tout se soit réellement détérioré. Lorsqu’on en vient à appeler les Services de protection pour que le respect soit établi, le déclic aurait dû se faire et vous auriez dû calmer la tension, immédiatement. Vous avez manqué une opportunité pour démontrer que vos intérêts sont ceux de tous les étudiants et non pas juste de quelques-uns. À présent, adresser une lettre aux étudiants, c’est bien effectivement la seule chose que vous puissiez faire. Mais serat-elle suffisante ? Certains étudiants ne semblent pas vouloir oublier cette inaction et vous accusent d’être complice. Vous aviez une heure pour monter sur l’estrade et arrêter tout de suite la situation. Mais vous avez consenti à celle-ci et vous avez fait en sorte que des étudiants se soient profondément manqué de respect. Il est primordial de payer les pots cassés et prouver que vous êtes neutre dans cette affaire. Parce qu’à présent, il devient facile de le remettre en question.

Section Opinions Céline Basto Web Houda Souissi web@larotonde.ca Direction artistique Amanda Garreau photographie@larotonde.ca Photographe Mathieu Langlois Production Simon Cremer production@larotonde.ca Webmestre Guy Hughes webmestre@larotonde.ca ÉDITIONS ET VENTES Directrice générale Caroline Bouchard direction@larotonde.ca 613 562 5264 Publicité publicite@larotonde.ca La Rotonde est le journal étudiant de l’Université d’Ottawa, publié chaque lundi par Les Éditions de La Rotonde, et distribué à 5000 copies dans la région d’Ottawa-Gatineau. Il est financé en partie par les membres de la FÉUO et ceux de l’Association des étudiants diplômés. La Rotonde est membre du Carrefour international des presses universitaires francophones (CIPUF) et de la Presse universitaire canadienne (PUC). La Rotonde n’est pas responsable de l’emploi à des fins diffamatoires de ses articles ou éléments graphiques, en totalité ou en partie.

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Université d’Ottawa

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La Rotonde - Édition du 9 mars 2009  

La Rotonde est le journal étudiant de l'Université d'Ottawa

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