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Les Gee-Gees en séries!

Sacobie rate ses records, mais joue les héros pour l’emporter sur Toronto, et permettre à Ottawa de sauver sa saison.

Ottawa 39 Toronto 30

Photo Joël Côté-Cright - geegees photos

ACTUALITÉS

Josh Sacobie a disputé son dernier match à domicile en carrière samedi, au Stade Frank-Clair. Toujours ennuyés par les blessures, ses receveurs n’ont pu se démarquer de la défense torontoise. Il a néanmoins utilisé à profusion ses porteurs de ballon. Félix Potvin-Desjardins, Davie Mason et Craig Bearss se sont unis pour vaincre Toronto 39-30 et se frayer un chemin en séries éliminatoires. Sacobie était à quelques centaines de verges des records nationaux avant de débuter la rencontre. Le quart-arrière de Fredericton a démontré qu’il n’était pas préoccupé par les chiffres, mais plutôt par la victoire. Voyant la difficulté qu’il avait par la voie aérienne, il a exploité toutes les failles de Toronto au sol. Il a permis a Ottawa de marquer trois touchés sans réplique, comblant un déficit de 12 points et s’envolant vers les séries.

Peinant à retrouver de bonnes sensations en deux quart-temps (6 en 14, 82 verges), Sacobie a vu son rival dans la course aux records avancer à pas de géants. Matt Connell, de McGill, est devenu le premier joueur à fracasser la barre des 10 000 verges par la passe. Un seuil que Sacobie n’a pas atteint. Le joueur de cinquième année termine sa carrière, en saison régulière, au deuxième rang canadien au chapitre des touchés (79) et au troisième rang pour les verges par la passe (9885). « C’est gratifiant d’être là-haut. Si je peux refléter cette marque, cela doit être un effort de groupe. C’est quelque chose qui me fera sourire, parce que personne ne mesure le travail et ne connaît tous ceux qui m’ont aidé à le faire », confie humblement Sacobie.

Football en page 12

ARTS ET CULTURE

Assos étudiantes : qui surveille les dépenses ? Rencontre avec Michel Sauvé

Photo Université d’Ottawa

Alors que la gestion opaque de certaines associations étudiantes fait l’objet de critiques, la FÉUO est réticente à intervenir. » Dossier en pages 2 et 3

L’ex-joueur étoile de la LIEU se produira à l’agora du Centre universitaire le 22 octobre prochain. » Article en page 11


le 20 octobre 2008

Actualités

Céline Basto Houda Souissi actualites@larotonde.ca

TRANSPARENCE

Dépenses des assos : qui surveille ? Notes de soupers exorbitantes, location de limousine, achat d’alcool en quantité, le tout aux frais des étudiants ; les dépenses abusives engagées par certaines associations étudiantes au cours des dernières années ont soulevé la nécessité d’instaurer davantage de balises à leur gestion. Houda Souissi étudie la question.

D

e peur d’empiéter sur les prérogatives des associations étudiantes, la Fédération étudiante se montre toutefois réticente à mettre en place de tels mécanismes et se borne à procéder régulièrement à une vérification sommaire de leurs livres financiers. Entre indépendance et responsabilité

« On souhaite respecter l’indépendance des corps fédérés, tout en s’assurant qu’ils agissent de façon responsable », résume Dean Haldenby, président de la FÉUO. S’ajoute à cela la crainte de pénaliser les membres d’un conseil exécutif pour les abus de leurs prédécesseurs lorsqu’une irrégularité n’est découverte qu’après la passation de flambeau. Actuellement, en vertu de sa constitution, la FÉUO ne peut sévir que lors de situations spécifiques telles qu’un cas de fraude ou de dé-

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tournement de fonds. La vérification quadrimestrielle à laquelle doivent se conformer les corps fédérés pour recevoir les cotisations étudiantes ne prévoit qu’une inspection des états financiers et de leur conformité avec les comptes bancaires. La pertinence d’une dépense, aussi incongrue puisse-t-elle paraître, ne sera pratiquement jamais remise en question. « Dans la mesure où la dépense a été approuvée par le conseil exécutif d’une association, on doit l’accepter. Moi je ne peux pas entrer dans les comptes de tout le monde et leur dire comment dépenser leur argent. Ce n’est pas mon rôle, ni celui du contrôleur », reconnaît Roxanne Dubois, vice-présidente aux finances de la FÉUO. « Il serait possible de revoir le Règlement 6 pour donner à la FÉUO plus de contrôle sur les finances des corps fédérés », poursuit-elle. Pour remédier à la situation, Faris Lehn, représentant de la Faculté

des sciences sociales et président de l’Association étudiante des études politiques, internationales et de développement (AÉÉPID), propose d’établir des lignes directrices claires. Toujours au stade brouillon, les réformes qu’ils compte proposer au Conseil d’administration de la FÉUO incluront notamment l’instauration de limites quant au budget consacré à la reconaissance des conseils exécutifs et des autres bénévoles. Les mécanismes internes privilégiés Au bout du compte, en cas d’abus, on préfère laisser les membres de l’association concernée gérer la situation en s’appuyant sur les politiques internes. « Les étudiants peuvent venir nous voir, et je m’informerais alors auprès du vice-président aux finances de l’association. Mais il n’y a pas de mécanisme de contrôle qui me permettrait d’empêcher les asso-

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le 20 octobre 2008 ciations d’effectuer une dépense », poursuit Dubois. Or, si les comptes de dépenses des associations et leurs réunions sont généralement publics, compter sur la vigilance des membres s’avère en pratique difficile. Le désintérêt de ceux-ci, le peu de visibilité des associations et les cercles fermés que constituent souvent les conseils exécutifs font que peu d’étudiants se risquent à scruter plus attentivement les agissements de leurs représentants. Selon Haldenby, la tentative de destitution du président de l’AÉÉPID l’an dernier démontre néanmoins l’efficacité des mécanismes actuels : « C’est un exemple parfait où des étudiants ont découvert des irrégularités et en ont fait part à des membres de l’exécutif, qui ont déclenché le processus de destitution. » Des étudiants avaient alors avancé qu’Austin Menyasz s’était lui-même versé un chèque, sans l’autorisation d’un cosignataire. L’affaire s’est soldée par un référendum au cours duquel 62% des votes ont penché en faveur de la destitution du président. Un taux insuffisant toutefois, la constitution de l’AÉÉPID exigeant l’approbation du deux tiers des membres présents. Haldenby espère que la mise en place prochaine d’un bureau d’ombudsman pourra guider les étudiants souhaitant entreprendre des démarches similaires.

Amy Kishek, l’une des étudiantes qui avait mis un terme au concours de bikinis et qui avait dénoncé devant le Conseil 101 la tenue de l’activité, considère que les principes éthiques de la FÉUO devraient s’appliquer de façon plus large. Les corps fédérés pourraient ainsi être tenus de s’y conformer également, afin de s’assurer que l’argent des cotisations étudiantes ne soit pas investi dans des activités allant à l’encontre des valeurs de la FÉUO.

année – 1200$ par étudiant, dont 700$ seront couverts par l’AÉÉDCO et les commanditaires – ne constitue pas un obstacle à la participation des étudiants d’Ottawa. « Il s’agit de la seule activité pancanadienne à laquelle toutes les facultés de droit participent […] Ce serait extrêmement malvenu de ne pas participer parce que [la compétition se déroule] dans l’Ouest », explique-t-elle. Un pouvoir extraordinaire En attendant la mise en place de balises claires, « le Conseil d’administration de la FÉUO a parfois le pouvoir d’intervenir dans les affaires des corps fédérés et de les pénaliser », soutient Haldenby. C’est ainsi que le CA avait décidé de bloquer temporairement le financement destiné au journal des étudiants en génie Oral Otis suite à la publication de matériel jugé offensant pour les femmes et les personnes handicapées. Renaud-Philippe Garner, étudiant en philosophie, propose de créer un comité éthique pour pallier à l’aspect arbitraire de cette procédure. « On pourrait effectivement adopter un code déontologique, mais ces règles seraient trop restrictives, trop rigides », croit Garner. Selon lui, un corps d’étudiants qui auraient démontré des connaissances suffisantes en éthique pourrait soumettre un rapport et des recommandations au CA, qui lui conserverait tous les pouvoirs face aux corps fédérés. Ce comité serait constitué principalement d’étudiants en philosophie. Des principes majeurs pourraient être établis par le CA et ceux-ci seraient par la suite interprétés par le comité d’éthique. Cela permettrait du même coup au comité de se prononcer en cas de silence de la constitution. Le projet, qui a reçu l’aval de Haldenby, est maintenant entre les mains du vice-président aux affaires universitaires Seamus Wolfe.

La pertinence d’une dépense, aussi incongrue puisse-t-elle paraître, ne sera pratiquement jamais remise en question.

Instaurer des principes éthiques Si la FÉUO était intervenue l’an dernier suite à la tenue d’un concours de bikinis durant la semaine d’accueil, il s’avère beaucoup plus difficile pour elle de se prononcer sur le financement des activités se déroulant durant l’année académique. De fait, le Règlement 13 qui avait alors été invoqué ne s’applique que lors des activités organisées dans le cadre de la Semaine 101.

C’est ce que souhaitent certains membres de l’Association des étudiants et étudiantes de droit civil de l’Outaouais (AÉÉDCO), qui ont appris récemment que plusieurs milliers de dollars seraient consacrés à la participation d’une vingtaine de leurs confrères aux « Jeux ridiques » qui se tiendront à l’Université de Saskatchewan. Ce rassemblement annuel donne lieu à des compétitions sportives et académiques, mais également à des tournées de bars lors desquelles se déroulent des jeux considérés misogynes. Partie intégrante du séjour, la participation à ceux-ci est prise en compte lors de la remise de la Spirit Cup. Bien qu’elle ait été récemment mise au courant d’un incident survenu l’an dernier et impliquant une étudiante de l’Université, la présidente de l’AÉÉDCO, Laurence Brunet-Baldwin, ne croit pas nécessaire de reconsidérer la décision du conseil exécutif. Elle soutient que des précautions avaient été prises l’an dernier et que l’étudiante concernée n’avait pas contacté ses représentants étudiants ce soir-là. Elle souhaite également s’assurer que le coût élevé de l’activité cette

Photo Francis Chartrand

Selon Dean Haldenby, la tentative de destitution de Austin Menyasz, président de l’AÉÉPID (ci-haut de dos), l’an dernier démontre néanmoins l’efficacité des mécanismes actuellement en place.

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Actualités

le 20 octobre 2008

ESPACES ÉTUDIANTS

La FÉUO veut un Centre étudiant Si elle a l’aval de ses membres, la FÉUO signera d’ici la fin avril une entente en vue d’obtenir un terrain pour son projet de Centre étudiant. Céline Basto La Fédération étudiante et la GSAÉD poursuivent leur quête d’ espaces répondant aux besoins de la communauté étudiante. Lors du dernier conseil d’administration de la FÉUO (CA), le 5 octobre, le rapport présenté par le comité sur les espaces étudiants a été approuvé. Si le CA l’approuve, la FÉUO convoquera ainsi un référendum en février prochain auprès des étudiants de premier cycle sur la création d’une cotisation pour un nouveau centre étudiant. De plus, dorénavant, la FÉUO a le mandat de signer, à la fin avril, une entente avec l’administration en vue d’obtenir un terrain pour la construction d’un nouveau Centre étudiant. D’après le rapport, le Centre universitaire (CU) actuel requiert des rénovations coûteuses et est « vieux, sans attrait et dysfonctionnel ». On y apprend également que l’espace est restreint sur le campus et que les associations étudiantes et les clubs ont besoin de plus d’espace. « C’est un projet pour les étudiants. Ils vont payer pour ce centre, alors ils devraient avoir un centre qu’ils puissent utiliser, qui va leur bénéficier et améliorer les services alimentaires et les commerces étudiants », soutient Haldenby. Le coût d’une telle infrastructure est encore méconnu mais selon le rapport, il pourrait varier entre 15 et 60 millions de dollars.

À l’origine, le CU était un centre étudiant Le Centre universitaire Jock-Turcot tel que nous le connaissons était destiné à devenir « un centre social construit pour les étudiants». En 1966, lors d’un référendum, les étudiants se sont prononcés en faveur d’une augmentation de 10$ de la cotisation étudiante afin de financer ce centre. Actuellement, c’est l’Université qui a le contrôle de cet édifice en occupant 82% de son espace alors que les étudiants n’en occupent que 18% au lieu des 60,2% qui leur reviennent de droit. En 2001, le Service de la vie communautaire de l’Université (SVC) a été mis en place et une partie de sa programmation est financée par la cotisation étudiante Jock-Turcot. C’est une situation qui pose problème à Haldenby, qui, lors de son élection, a promis de la régler. Rappelons que l’an passé, le SVC a sorti un plan de réaménagement de l’actuel CU, plus spécifiquement du Terminus, sans consulter les étudiants. Le projet est mort dans l’œuf. Déroulement du projet Tant que la FÉUO n’aura pas un plan concret pour le projet de Centre étudiant, les négociations avec l’administration de l’Université d’Ottawa ne pourront pas avancer. Il faudra avant que la FÉUO consul-

te des architectes, pour la production de plans préliminaires et d’une estimation des coûts dudit centre, consulte le CA et les étudiants afin de développer trois différents projets pour le Centre. La meilleure option fera l’objet d’un référendum auprès des étudiants. La cotisation demandée est encore méconnue. Si les étudiants n’acceptent pas le projet lors du prochain référendum, « il va falloir regarder le rapport, regarder notre histoire et regarder quelle sorte de direction on veut pour l’espace étudiant », affirme-t-il. La FÉUO serait le propriétaire majoritaire de l’édifice et la GSAÉD recevrait une fraction garantie de l’espace en fonction de sa contribution au coût initial de l’édifice. Haldenby ne donne pas de date butoir pour la construction de cet édifice qui pourrait être annexé à Jock-Turcot. L’administration semble favorable au projet. « Il faudrait un nouvel édifice pour solutionner le problème, c’est clair. Que ce soit une autre bibliothèque ou un autre centre universitaire. Il y a huit ans, il y avait 22 000 étudiants à l’Université d’Ottawa, maintenant nous en avons 36 000 avec une infrastructure qui est presque la même », indique Allan Rock, recteur de l’Université d’Ottawa. GSAÉD La GSAÉD, qui fait partie intégrante de ce projet, a présenté un rapport au Services des installations de l’Université au sujet des espaces

Photo Karine Desjardins

En raison du manque d’espace pour les étudiants, le cinquième étage de la bibliothèque Morrisset est surpeuplé. de travail qui sont alloués aux étudiants diplômés. « Le département de communications est l’un des plus problématiques. Il compte 120 étudiants et quatre places leur sont attribuées », déplore Serge Dupuis, commissaire aux affaires étudiantes

de la GSAÉD. Selon lui, 17 départements sont dans une situation relativement précaire. « Il faut s’assurer qu’on crée des espaces temporaires et que ces espaces-là ne deviennent pas permanents », estime Dupuis.

SEMAINES VERTES

Compostage : des vers qui ne suffisent pas à la tâche

Dans le cadre des « Semaines vertes » de la FÉUO, La Rotonde se penche sur les initiatives des divers acteurs de l’Université d’Ottawa. Cette semaine, une enquête spéciale menée par Joanie Demers sur le compostage. Le compostage est une autre voie dans laquelle s’est récemment engagée l’Université d’Ottawa dans la poursuite de son objectif de diversion de 60% des déchets vers l’un des trois «R»: Réduction, Réutilisation et Recyclage. Entre le pavillon Lamoureux et la portative, à l’abri des regards des piétons derrière un bosquet d’arbres, les installations de compostage de l’Université sont toutefois encore bien modestes et ne suffisent pas à la demande. «L’an dernier, une partie des déchets [destinés au compost] a [même] dû être jetée», admet Brigitte Morin, coordonnatrice du recyclage au Service des immeubles. C’est que «le vermicomposteur électrique de l’Université a la capacité de générer quatre tonnes de compost par année», explique Morin, ce qui, selon les estimations, représente moins d’un soixantième de tout le compost qui pourrait être produit si tous les déchets de table générés sur le campus étaient détournés du rebut. De plus, seules les matières végétales peuvent être décomposées par vermicompostage, c’est-à-dire par le compostage à l’aide de vers. Malgré tout, à partir de cette année, le programme de compostage s’étendra progressivement à toutes les résidences étudiantes, ainsi qu’aux pourvoyeurs de services alimentaires sur le campus. Ce sont en fait les cuisines du Centre universitaire, considérées comme le «centre

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névralgique», qui produisent le plus de déchets destinés au compostage. Bientôt, l’ensemble des déchets de table, dont les viandes et les produits laitiers, pourront aussi faire l’objet du programme de compostage. Cela sera rendu possible avec l’entrée en jeu de Goulbourn Sanitation Inc., une entreprise de Stittsville spécialisée dans la gestion des déchets avec laquelle l’Université est actuellement en pourparlers et qui fournira des bacs pour recueillir les déchets de table et le service de collecte pour en faire du compost. Les «Reps verts» à l’assaut des résidences Par l’entremise des Reps verts, le Comité vert des résidences étudiantes joue un rôle clé dans l’implantation du programme de compostage. Les Reps verts sont des étudiants en résidence qui ont pour tâche d’apporter les déchets de table recueillis sur leur étage jusqu’au vermicomposteur électrique, explique Kathleen Gerry, leur coordonnatrice et l’instigatrice de ce projet qui entame sa deuxième année. En outre, par le biais d’ateliers se déroulant à chaque étage, les Reps verts contribuent à sensibiliser leurs pairs sur la bonne manière de faire le recyclage, le

compost et de «vivre de façon responsable en résidence». Ayant connu un vif succès dans la résidence Marchand l’an dernier, les Reps verts seront désormais actifs dans chacune des résidences du campus. Les Services alimentaires ne sont pas en reste Le projet de rénovation des cuisines du Centre universitaire, qui devrait se concrétiser d’ici deux ans, prévoit «la mise en place d’équipements qui vont réduire substantiellement le volume de déchets», nous apprend Mathieu Laperle, gestionnaire des services alimentaires sur le campus. Cela permettra une meilleure séparation des matières recyclables et biodégradables. Toutefois, pour lui, le succès d’un tel programme est conditionné à l’éducation et à la participation, tant des étudiants que des 250 employés fournissant des services alimentaires. Si les partenaires de l’Université, dont Chartwells, «sont prêts à embarquer [dans le projet de compostage/recyclage]», il n’en demeure pas moins que «le recyclage et le compostage ne doivent pas être perçus par les étudiants comme des services parmi tant d’autres, mais comme un projet énorme que l’ensemble de la communauté universitaire doit s’approprier».

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ActualitĂŠs

le 20 octobre 2008

LAISSEZ-PASSER UNIVERSEL

Prochain arrêt : ComitÊ du budget La FÉUO a une Êtape de moins à franchir avant la mise en place du projet. CÊline Basto

Photo Karine Desjardins

Jonathan Rausseo et Dean Haldenby ont dÊfendu le projet du laissez-passer d’autobus universel devant des conseillers municipaux le 15 octobre dernier.

Les pourparlers du laissez-passer universitaire en sont Ă leur deuxième phase. C’est grâce aux nĂŠgociations menĂŠes par Dean Haldenby, prĂŠsident de la FÉUO et Jonathan Rausseo, coordonnateur du dĂŠveloppement durable de l’UniversitĂŠ d’Ottawa, que la FÉUO a rĂŠussi Ă  faire avancer le dossier. C’est Ă  l’unanimitĂŠ que les conseillers de la Ville qui forment le ComitĂŠ des services de transport en commun de la Ville d’Ottawa ont annoncĂŠ que le projet devrait maintenant ĂŞtre gĂŠrĂŠ par le ComitĂŠ du budget de la Ville. MalgrĂŠ tout, le processus ne se fait pas fait Ă  la lĂŠgère. Depuis le dĂŠbut des nĂŠgociations, il y a des accrochages entre OCTranspo et la FÉUO. Lors du dernier rĂŠfĂŠrendum, alors qu’OC Transpo voulait que la FÉUO propose aux ĂŠtudiants le prix de 198$ pour le laissez-passer universel, la FÉUO a refusĂŠ. Le prix approuvĂŠ a ĂŠtĂŠ de 125$ par session. Roxanne Dubois, v-p aux ďŹ nances de la FÉUO, explique le dĂŠsaccord entre les deux parties : ÂŤ OC Transpo utilisait des chiffres de 2001 dans ses calculs alors que la FĂŠdĂŠration prĂŠsentait des chiffres plus rĂŠcents qui tenaient compte de l’augmentation du nombre d’Êtu-

diants. On va commencer par un projet-pilote et on va se rĂŠajuster en consĂŠquence Âť. Dubois rappelle qu’OC Transpo a un service qui coĂťte très cher Ă cause de la taille de la ville et de son infrastructure et qu’il s’agit d’un projet Ă  revenu zĂŠro qui n’a pas d’impacts immĂŠdiats pour OC Transpo. Selon elle, la Ville d’Ottawa adopte une approche diffĂŠrente. ÂŤ La Ville va plutĂ´t se pencher sur les rĂŠpercussions sur diffĂŠrents niveaux, tels que le logement ĂŠtudiant, l’environnement, le nombre d’autos et d’accidents. C’est pour cette raison qu’ils sont plus ouverts aux nĂŠgociations Âť. DiffĂŠrentes villes, diffĂŠrents prix AďŹ n de garantir le prix de 125$ aux ĂŠtudiants, la Ville d’Ottawa devra investir 20% des coĂťts du laissez-passer. ÂŤ Dans d’autres universitĂŠs, cela varie entre 60% et 80% Âť, commente Dubois qui trouve ÂŤ ĂŠtrange Âť que les ĂŠtudiants doivent se battre pour 20%. ÂŤ La diffĂŠrence des pourcentages entre les municipalitĂŠs est due aux diffĂŠrentes prioritĂŠs, Ă  la façon dont les nĂŠgociations sont menĂŠes, Ă  qui est autour de la table Âť, afďŹ rme Dubois. Cette dernière reconnaĂŽt que le prix de 125$ du laissez-passer est

ĂŠlevĂŠ, mais soutient que si un prix moindre avait ĂŠtĂŠ prĂŠsentĂŠ, le projet ne se serait jamais concrĂŠtisĂŠ. ÂŤ On aurait ĂŠtĂŠ tassĂŠs sous le tapis Âť, afďŹ rme-t-elle. Carleton veut ĂŞtre de la partie Carleton a rĂŠcemment dĂŠcidĂŠ que ses ĂŠtudiants devront se prononcer au sujet du projet du laissez-passer lors d’un rĂŠfĂŠrendum. MĂŞme si ces derniers approuvent le projet du laissez-passer, le prix proposĂŠ pour le projet-pilote de 2009 restera le mĂŞme puisqu’ils n’ont pas participĂŠ aux nĂŠgociations. Ce n’est qu’à la suite du projet-pilote que le poids de Carleton aura une incidence sur le prix. Rappelons qu’ensemble, ces deux universitĂŠs comptent environ 50 000 ĂŠtudiants. Le laissez-passer est un programme appliquĂŠ dans plusieurs villes canadiennes. Il donne accès aux ĂŠtudiants aux circuits, express ou pas, Ă  n’importe quelle heure. En fĂŠvrier dernier, les ĂŠtudiants de l’UniversitĂŠ d’Ottawa se sont prononcĂŠs en faveur de ce projet qui leur coĂťterait 125$. La SociĂŠtĂŠ de transport de l’Outaouais (STO) devrait participer dans ce projet une fois que les nĂŠgociations avec OC Transpo seront ďŹ nalisĂŠes.

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Actualités

le 20 octobre 2008

FAIT FRANÇAIS À L’U D’O

Mécanisme de plaintes?

Major préfère parler d’un mécanisme de commentaires et de suggestions. Claudie Thibaudeau Alors que le développement d’un mécanisme de dépôt et de traitement des plaintes relatif aux services en français avait été recommandé l’année dernière dans le rapport sur les programmes et services en français, c’est plutôt un processus de suggestions et de commentaires qui a été mis en place début octobre. À l’heure actuelle, ce nouveau mode de fonctionnement ne présente aucune structure formelle pour évaluer la gravité des remarques qui seront émises. Rachel Ouellette, secrétaire et membre de la Commission permanente des affaires francophones et des langues officielles qui met en place ce mécanisme, explique : «À ce moment-ci, les critères ne sont pas établis. Nous irons avec le gros bon sens. Mais, l’objectif est de traiter les commentaires dans les plus brefs délais. Il va falloir s’ajuster en fonction de leur nature». Ouellette souligne qu’un accusé de réception sera envoyé dans un délai de deux jours ouvrables. Pour le reste du suivi, elle explique que tout commentaire, suggestion ou plainte sera traité par la secrétaire de la Commission si c’est relativement simple. Ou encore il passera par les co-présidents, Robert Major et Victor Simon, pour voir quel suivi lui accorder. Les commentaires plus complexes, qui demandent davantage de discussions, de réflexion et de planification, seront apportés aux réunions de la Commission. Les membres de la communauté étudiante qui émettent un commentaire seront ensuite informés des délais de traitement. Mireille Gervais du Centre de recours étudiant de la FÉUO, estime qu’il est important d’avoir des critères qui encadrent ce mécanisme. « Comment l’administration peut décider de ce qui est grave et de ce qui ne l’est pas sans avoir des critères clairement définis? Tant qu’il n’y a pas de critères, le processus reste subjectif et l’administration peut faire ce qu’elle veut ». D’après le rapport du Groupe de travail, il est recommandé que le Bureau des gouverneurs ainsi que le

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Sénat de l’Université reçoivent des rapports réguliers sur les plaintes, les résultats d’enquête et les solutions apportées. Changement de direction Ce processus de commentaires et de suggestions mis en place ne répond pas aux recommandations initiales émises dans le rapport sur les programmes et services en français. En août 2007, le rapport du Groupe de travail sur les programmes et services propose qu’une commission permanente soit créée et qu’un mécanisme pour émettre une plainte soit mis en place. Major souhaite que le nouveau processus mis en place à la suite du rapport de ce comité soit constructif. Pour cette raison, il préfère parler d’un mécanisme de commentaires et de suggestions plutôt que d’un mécanisme de plaintes. « C’est la même approche choisie pour ce qui est du dossier de l’ombudsman. Certains membres de l’administration disent que si l’on avait un bureau d’ombudsman, les étudiants seraient poussés à se plaindre. C’est inconcevable », estime Gervais. Pascal Boyer, responsable des revendications linguistiques au centre de bilinguisme de la FÉUO, croit que le nom donné au mécanisme peut avoir un impact sur l’usage qui en sera fait. Il ajoute : « Nous voyons cela comme un effort pour diminuer l’éternel rapport de force qui existe entre les deux solitudes. C’est tout simplement un site de plainte, mais avec un nom différent.» Comment formuler un commentaire? Depuis le 3 octobre, il est possible d’émettre des commentaires et des suggestions sur la langue de service à la Commission par courriel, par courrier ou par téléphone. Il existe actuellement quatre façons d’obtenir de l’information via Internet, soit sur la page du vice-recteur aux études, soit sur celle du vice-recteur aux ressources, sous l’onglet Service ou Infoscolaire du site web de l’Université d’Ottawa.

Point d’ordre

Céline Basto, Chef de pupitre, Actualités

Je n’en reviens toujours pas En abordant le même sujet que mon homologue du Fulcrum, Emma Godmere, je ne peux passer à coté de ce qui a marqué mes derniers jours. Vous constaterez au cours de cette lecture, qu’il s’agit d’incidents qui se sont passées il y a quelques semaines. Mais comme nous n’avions pas publié la semaine dernière, il me semble bon de vous raconter ce qui me hante. Lors du dernier CA de la FÉUO, le 5 octobre, les membres des médias ont du s’identifier à la demande de Federico Carvajal, président à la table. J’ai pu observer la même pratique lors du dernier Conseil de la GSAÉD lorsque Carvajal, qui siégeait alors en tant que commissaire à l’externe de cette association et non en tant que président, m’a posé la même question. J’ai d’ailleurs été très surprise et il a fallu que Carvajal répète à plusieurs reprises parce que je pensais ne pas avoir compris. Finalement, j’ai compris qu’il fallait que j’annonce mon appartenance à La Rotonde. Non seulement les membres des médias doivent s’identifier mais les représentants autour de la table doivent s’exprimer en faveur ou en défaveur quant à leur présence. Et pourtant, ces réunions sont considérées publiques. Oui, publiques. Et pourtant rien dans la Constitution de la FÉUO ou dans Robert’s Rules of Order, qui régissent ces réunions, n’indique que les médias sont tenus de s’identifier. Cela prouve de façon flagrante le manque de transparence et démontre clairement que lorsque les représentants des syndicats sont conscients de la présence des médias, ils adoptent un tout autre discours. Je sais bien que lorsqu’on s’adresse à moi, en tant que journaliste, je décortique chaque mot. Je peux, à la limite, comprendre cette pratique. Mais qu’on demande aux membres

du CA, s’ils ont une objection quant à la présence des médias, cela me dépasse. Cela veut clairement dire que si un membre est défavorable à la présence des médias, ceux-là devront se retirer. Néanmoins, les membres sont élus par les étudiants et les médias sont au service des étudiants qui payent pour avoir accès à l’information. Il ne faudrait pas leur refuser l’accès. D’ailleurs, Virginie Corneau-St Hilaire, une étudiante qui fait acte de présence assidue lors des CA de la FÉUO soulève un autre problème. Elle l’a abordé avec Julie Séguin v-p aux communications de la FÉUO. « Il faudrait publiciser la tenue des réunions. Sur le campus, il n’y a pas que moi et Renaud Garner [un autre étudiant présent à plusieurs réunions] », commente-t-elle. Notons que sur le site de la GSAÉD, la dernière annonce du conseil date de novembre 2007. Je me demande alors, quelle place occupent les étudiants dans la prise de décision? Même s’ils ont élu leurs représentants autour de la table, cela ne veut pas dire qu’ils doivent se retirer du processus. Il existe un processus qui permet à tous de s’exprimer au cours de la réunion en plus de la période de questions ouverte au public. Ne pas publiciser la tenue de ces réunions autrement que dans le fin fond d’un site - quand celui-ci est mis à jour - et refuser l’accès aux médias le cas échéant constituent la preuve que les conseils de nos syndicats étudiants sont loin d’être publics. Nous ne sommes que membres éventuels de la Fédération canadienne des étudiantes et des étudiants et pourtant nous semblons déjà adopter leurs pratiques, c’est-à-dire refuser l’accès aux médias lors des Assemblées générales. actualites@larotonde.ca

La Rotonde embauche La Rotonde est présentement à la recherche d’un Rédacteur en Chef. Expertise en journalisme requise. Présentez CV et lettre de présentation à direction@larotonde.ca avant le 31 octobre Pour plus d’information, visitez le www.larotonde.ca, ou contactez-nous via info@larotonde.ca *** La Rotonde tient sa réunion de bénévoles ce mardi, le 21 octobre, à midi. Venez rencontrer l’équipe de rédaction et discuter du contenu du journal au 109 Osgoode.

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Actualités

le 20 octobre 2008

Revue de presse universitaire

Alexa Biscaro

Des arrestations à Queens L’Université de Queen’s a interdit l’accès au campus à deux de ses étudiants qui auraient déchargé un fusil à balles (pellet gun) lors de deux incidents séparés au cours des dernières semaines. Les incidents, qui se sont déroulés dans deux différentes résidences, inquiètent sérieusement le vice-directeur académique, Patrick Deane : le premier impliquait des menaces, tandis que lors du deuxième, un professeur a reçu une balle dans la jambe. Les étudiants ont été arrêtés, mais seul l’un d’entre eux a été mis en cause. Jusqu’à ce que l’Université décide de leur sort, on leur permet de rester en résidence, mais ils ne peuvent se rendre sur le campus que s’ils en ont la permission et s’ils sont escortés par la sécurité universitaire. Nouveau programme à McMaster

Le bureau des services communautaires de l’Université McMaster a développé un nouveau programme qui a pour but d’intégrer les étudiants universitaires à la ville de Hamilton. Selon The Silhouette, l’initiative, qui s’appelle « Pop the bubble » encourage notamment les étudiants à sortir de l’enveloppe protectrice du campus et s’engager au sein de la communauté pour éviter le choc qui en attend plusieurs lorsqu’ils entrent dans le monde du travail. Entre autres, le programme propose des tournées de la ville en autobus pour les nouveaux étudiants et leurs parents ainsi qu’une liste de choses à faire à Hamilton avant de terminer ses études. Question de cotisations à l’U de M Le Quartier libre rapporte que les étudiants de l’Université de Montréal doivent faire du porte-àporte pour récupérer leurs cotisations automatiques non obligatoires (CANO). Bien que les CANO pour les frais technologiques (4$ par crédit) et le fonds d’amélioration (25$ par session) puissent être annulées en ligne, celles versées à la radio CISM, au Quartier libre et à la halte-galerie le Baluchon (6$ en tout) doivent être remises en personne. Les étudiants

Calendrier – Actualités doivent donc se rendre d’un bout du campus à l’autre pour se faire rembourser les quelques dollars qu’ils jugent mal dépensés. Selon Claude Garon, de l’Association générale des étudiantes et étudiants de la Faculté de l’éducation permanente (AGEEFEP), il serait impossible d’instaurer un système informatisé, parce que les trois organisations sont indépendantes et reçoivent leurs cotisations directement. Conflit d’intérêts à Dalhousie Selon la Dalhousie Gazette, l’exécutif de l’Union étudiante de Dalhousie (DSU) a demandé la démission de l’étudiante à la tête du comité qui a pour mandat de veiller à son bon fonctionnement. La lettre, datée du 21 septembre, expliquait que l’étudiante en question était en conflit d’intérêts à cause de son amitié avec plusieurs membres de l’exécutif, ce qui pourrait l’empêcher de bien remplir ses fonctions. Depuis, le conseil est passé au vote et a approuvé la forme actuelle du comité de révision, avec un nombre élevé d’abstentions, soit 11 sur 25 membres votants. L’étudiante, qui se demande pourquoi la question n’a pas été soulevée au moment de sa nomination au poste en mai dernier, n’envisage pas de démissionner.

CONFÉRENCES

DIVERS

Conférence présentée par Gail Taillefer «Immersion vs.. ? Réflexions comparatives sur la démarche de recherche en langues étrangères/ secondes en France et au Canada» Quand ? 21 octobre de 13h30 à 15h Où ? À déterminer

Éviter les anglicismes Quand ? 21 octobre de 13h à 14h Où ? 110 Université

Série Découverte - Table ronde Le langage et le contexte social Quand ? 23 octobre de 11h30 à 13h Où ? Simard, 129

Formation à l’enseignement, séance d’information Quand ? 27 octobre de 19h à 21h Où ? Tabaret, 112

Israeli Crimes, Canadian Complicity Quand ? 23 octobre à 19h Où ? 101 Azrieli, Université Carleton

La gestion de l’information pour un projet de recherche Quand ? 24 octobre de 11h à 12h Où ? 110 Université

GOUVERNANCE Bureau des gouverneurs Quand ? 27 octobre à 17h30 Où ? Tabaret, 083

Le journalisme vous intéresse? Écrivez pour La Rotonde! info@larotonde.ca

Université d’Ottawa

Tête-à-tête en direct! Après quelques mois passés comme recteur, Allan Rock aimerait vous rencontrer pour vous faire part de ses impressions. Il répondra aux questions des étudiants et étudiantes à la fin de son allocution. Allan Rock s’adresse aux étudiants Le vendredi 24 octobre à midi Agora du Centre universitaire, campus du centre-ville

Consultez le blogue du recteur au www.recteur.uOttawa.ca/blog

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Arts et Culture le 20 octobre 2008

Caroline Morneau culture@larotonde.ca

RENDEZ-VOUS DE LA BD EN OUTAOUAIS

Le neuvième art sur nos radars

Le très renommé Chat, du belge Phillipe Geluck

Caroline Morneau

T

rop souvent considérée comme étant de la littérature pour illettrés et pour préadolescents, la bande dessinée offre plus qu’un art pour les enfants. Avec un 8e rendez-vous de la bande dessinée en Outaouais, un bref survol du genre s’impose. Trouver une définition de la bande dessinée est chose difficile. Plusieurs aspects entourent cet art et tous les prendre en considération est ardu. Certaines appellations évoquent un thème, comme les comics alors que d’autres suggèrent un médium ainsi qu’un genre, comme les graphic novels. Les divers noms donnés au neuvième art brouillent souvent les pistes et rendent cet univers moins accessible. Le rendez-vous international de la BD de Gatineau

Pour la neuvième année consécutive, la Ville de Gatineau sera envahie par la bande dessinée. Du 23 au 25 octobre prochain se tiendra le rendez-vous annuel des mordus de cet art littéraire. Le festival était au départ une initiative de l’ancienne Ville de Gatineau et devait être en quelque sorte l’image de marque de Gatineau. Cependant, une fois les fusions municipales accomplies, le nombre de fêtes et festivals municipaux a dû être revu et c’est à ce moment que la société du salon du livre

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de l’Outaouais a repris le flambeau. « On savait qu’il y avait très peu de festivals de bande dessinée au Québec et même au Canada. C’était donc l’occasion de se démarquer en ce sens, » affirme Sylvie Gravel, adjointe à la direction du Salon du Livre de l’Outaouais. Il y a d’ailleurs eu un engouement à ce moment, notamment avec l’ouverture d’un programme de baccalauréat en bande dessinée à l’Université du Québec en Outaouais (UQO). Chaque année, une dizaine de bédéistes invités constituent le pôle d’attraction du festival. Cette année, les bédéistes français, Philippe Aymond (séries Lady S, Apocalypse Mania et Les 4x4) et Johanna (série Les Phosfées, Nos âmes sauvages), se joignent au Suisse Daniel Bosshart (Rêve partagé, Alberto) et au Belge Thierry Coppée (série Les Blagues de Toto). Du Québec, le duo Delaf et Dubuc (série Les Nombrils) et Michel Falardeau (série Mertownville) entourent l’invitée de la relève, Sandra Breault, alors que les Canadiens anglais Salgood Sam (Therefore Repent) et Craig A. Taillefer (série Wahoo Morris) sont les porte-parole de la bande dessinée anglophone. Le festival est situé au Musée des Civilisations, dans l’espace dont l’accès est gratuit, et permet à tous les amateurs de rencontrer leurs créateurs préférés. Des espaces de lecture ainsi que différents ateliers sont également prévus.

Un art populaire ? Une grande part du manque d’exposition et de reconnaissance que l’art de la bande dessinée subit actuellement pourrait être attribuée à son statut d’art populaire. Toujours mise à part du monde littéraire, elle figure parmi les paralittératures. Explorant davantage un univers d’aventure extérieur, ce médium permet souvent de reproduire des ambiances semblables à celles des romans. Plusieurs personnages ou œuvres romanesques sont actuellement adaptés en bande dessinée. Ce courant est très populaire en France où l’on peut trouver des adaptations du Petit Prince d’Antoine de SaintExupéry et où le Capitaine Nemo de Jules Verne y mène une vie parallèle. Même l’œuvre de Marcel Proust se retrouve en bande dessinée. Selon Maxime Prévost, professeur au département de Lettres françaises à l’Université d’Ottawa, il est important de cesser de séparer la bande dessinée de la littérarature et de façon générale la culture populaire de la culture. « On pourrait, dans les départements de littérature, parler davantage de la bande dessinée parce que le signal que l’on envoie aux étudiants si l’on n’en parle jamais est que ce que les étudiants connaissent ne fait pas partie de ce qui est intéressant. Par ailleurs, je suis frappé de

me rendre compte constamment que les étudiants connaissent la bande dessinée et qu’une bonne partie de leur savoir vient de là. » Toujours selon Prévost, il serait important d’inclure cet art dans les cahiers littéraires ainsi que les sections d’art des différents quotidiens. Un peu d’histoire Dans l’Antiquité grecque, les arts étaient disignés par neuf muses, les neuf filles de Zeus. Dans son traité d’esthétisme, Hegel proposa une reclassification des six formes d’arts alors courantes, soit l’architecture, la sculpture, la peinture, la danse, la musique et la poésie. À l’arrivée du cinéma, le septièmeme a été créé. Il en est de même avec la télévision et l’art dramatique. La bande dessinée fut désignée comme étant le neuvièmeme art. Les premières bandes dessinées sont apparues en suisse vers les années 1830. C’est également au cours de ce siècle qu’elles commencent à être diffusées un peu partout dans le monde au travers des revues et journaux. L’idée enfantine que l’on se fait de cet art vient en partie du fait qu’il a été publicisé comme tel au cours du XXe siècle. La bande dessinée domine la presse enfantine dans des périodiques spécialisés, comme Le petit 20e en 1928. C’est alors qu’Hergé, le créateur de Tintin, est recruté pour inventer une

bande dessinée. Il s’agit de Quick & Flupke. Tintin est quant à lui créé en 1929. Vers 1950, le Japon se met à créer massivement des mangas, terme japonais qui signifie bande dessinée. Au début des années 1960, la bande dessinée commence à se chercher une identité, à se légitimer en quittant les champs de l’enfance. Elle connait un grand mal pour acquérir une véritable reconnaissance dans le milieu artistique et dans le monde des adultes. Dès les années 1980, les artisans de ce milieu explorent tous les champs abordés par les autres formes d’art narratif. La bande dessinée telle que nous la connaissons aujourd’hui a été créée par Hergé et l’abbé Wallez. Avant leur intervention dans ce domaine, la bande dessinée était composée d’images et de texte sous les images. Ce sont eux qui ont introduit les phylactères, ces bulles qui montrent les paroles des personnages. Cet art méconnu représente aujourd’hui plus de 20% du marché du livre. Malgré sa classification comme faisant partie du domaine littéraire, la bande dessinée partage beaucoup plus de liens avec le cinéma que le livre à proprement parler. Le rendez-vous international de la BD de Gatineau se tiendra du 23 ou 25 octobre prochain au Musée canadien des Civilisations (100 rue Laurier à Gatineau).

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CRITIQUE CINÉMA

La controverse a un nom : W.

Le film n’est pas la première biographie cinématographique d’un président américain. Mais il s’agit de la première d’un président encore en poste. Vickie Perreault Chaque saison apporte son lot de primeurs cinématographiques attendues par les fans. Cette saison, l’un des films les plus attendus est W., et dire que ce film a fait parler de lui serait un euphémisme. Dans les derniers mois, on décortiqua ce film dans toutes les tribunes, qu’elles fussent culturelles ou politiques, canadiennes ou américaines, de gauche ou de droite. Pourquoi autant d’intérêt pour un film ? Toute l’énigme du film réside dans le titre et dans le choix du réalisateur. Le titre à seulement une lettre fait référence à un certain Texan du nom de George Walker Bush, 43e président des États-Unis d’Amérique. Le film n’est pas la première biographie cinématographique d’un président américain. Mais il s’agit de la première d’un président encore en poste. En cette année électorale, les répercussions de W., à un niveau politique, peuvent être immenses. Si le film a du succès, il peut jouer sur les résultats des présidentielles d’un côté ou de l’autre, selon l’interprétation que les gens feront du film. Et c’est probablement ce que le réalisateur souhaite. Le réalisateur de W. nul autre qu’Oliver Stone, est l’un des réalisateurs les plus controversés des dernières décennies. Certains de ses projets se sont attiré les foudres de nombreuses personnes. Nous n’avons qu’à penser à JFK, dans lequel il lance l’hypothèse que l’assassinat de John F. Kennedy impliquerait des gens haut placés dans le gouvernement américain, ou à Natural Born Killers, qui, selon certains analystes, glorifiait la violence. Controverse ou non, la plupart des films du réalisateur sont politiques, engagés. Oliver Stone est reconnu comme étant à gauche dans le spectre politique. Il a même réalisé, en 2003, le film Commandante, un mon-

tage d’une série d’entrevues qu’il a effectuées avec Fidel Castro, ancien « Lider Maximo » de Cuba, film qui connut une suite en 2004, Looking for Fidel, qui est plus politique que son prédécesseur et dans lequel Stone affirme son admiration devant les principaux acteurs de la révolution cubaine de 1959 et son soutien aux efforts de Cuba pour ne pas vivre sous l’influence des États-Unis. En sachant tout cela, on peut s’attendre à ce que W. soit un film qui ne fasse pas dans la dentelle, un film qui tire sur George W. Bush avec des boulets de canon. Bien que, oui, l’actuel président américain se fasse écorcher, le film présente quand même une version plus humaine de l’homme. À certains moments du film, on se surprend même à sympathiser avec lui, peu importent nos opinions politiques. Cela est en grande partie dû au superbe travail d’acteur de Josh Brolin, qui incarne George W. Bush avec brio. Il a la même voix que Bush, le maquillage le fait ressembler à Bush, bref, par moments, on oublie qu’il s’agit d’un acteur. Malheureusement, la finesse du jeu d’acteur s’arrête là. Les autres acteurs se contentent de jouer, sans plus. Et un prix citron du jeu d’acteur est remis à Richard Dreyfuss, qui joue Dick Cheney de façon médiocre, ayant constamment les bras croisés, avec une moue perpétuelle dans le visage, et jouant le viceprésident américain de la même façon qu’il a joué un océanographe dans Jaws il y a plus de trente ans. Le film présente-t-il vraiment la vie de George W. Bush de façon objective ? Ou les faits sont-ils présentés à travers le regard d’Oliver Stone ? Cela dépendra de l’interprétation que le spectateur en fera. Une chose est claire : le film ne laissera personne indifférent. On va soit aimer W., soit détester. On ne pourra rester indifférent devant le film.

LECTURE VERTE

«Professeur cherche élève souhaitant vraiment sauver le monde. Postuler en personne.» Joanie Demers Cette simple annonce classée dans un quotidien retient l’attention d’un simple citoyen en quête de sens et changera sa vie à tout jamais. Ishmael : une aventure aux confins de notre identité. Avec le personnage principal, Ishmael relit l’histoire et revisite les mythes fondateurs de la civilisation issue de la Révolution agricole du Néolithique, il y a 12 000 ans, c’est-à-dire notre civilisation. Ce faisant, il nous tend un miroir dans lequel se reflètent les fondements mêmes de notre culture, de notre notion du progrès et de notre relation à l’environnement et aux autres créatures. Comment les choses ont-elles pu en arriver là ? Qu’est-ce qui nous empêche d’arrêter de détruire le monde dans lequel nous vivons ? S’il est vrai que notre mode de vie n’est pas durable, alors de quelle façon devrions-nous vivre ? Quelle devrait être la quête commune à toute l’humanité ? À quelles lois devrions-nous nous soumettre ? Telles sont les questions qu’Ishmael et son élève tentent d’élucider, dans un dialogue socratique plein d’esprit. Ishmael : un professeur singulier qui prétend détenir la clé qui permettra à notre civilisation de sortir de sa captivité et de libérer Mère Nature, que nous retenons en otage. Ishmael : un roman philosophique de Daniel Quinn qui commence à dater, mais avant tout, une lecture intellectuellement stimulante et plus actuelle que jamais, alors qu’il devient évident pour de nombreuses personnes que la crise globale ne se réglera qu’au prix d’un changement profond dans nos mentalités et nos valeurs. «Le gorille une fois disparu, y aura-t-il encore un espoir pour l’homme?» Encensé par la critique lors de sa parution en anglais en 1992, Ishmael : An Adventure of the Mind and Spirit, est le premier roman d’une trilogie qui inclut aussi The Story of B et My Ishmael. The Story of B n’a pas été traduit en français. Ishmael et My Ishmael sont parus en français en 2002 aux éditions J’ai lu, sous les titres Ishmael et Professeur cherche élève ayant désir de sauver le monde.

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THÉÂTRE

S’arracher les yeux pour voir Seul à l’écriture, la mise en scène, seul à l’interprétation, seul, Mouawad l’était. Blaise D. Guillotte Il n’y a pas que le nombre de sièges des conservateurs aux communes qui aient augmenté mardi soir dernier. Il y a fort à parier que le nombre de cheveux blancs sur les têtes vieillissantes des abandonnés du Théâtre français du Centre national des arts ont également connu une percée fulgurante. C’était soir de première, où Wajdi Mouawad, nouveau directeur artistique du CNA, prenait d’assaut la salle… Sa salle, au sens le plus strict. Seuls. Seul à l’écriture, la mise en scène, seul à l’interprétation, seul, Mouawad l’était. Hommage en même temps que modeste moquerie à l’œuvre de Robert Lepage (lui aussi ancien directeur artistique du CNA), Seuls est un clin d’œil bien senti à La face cachée de la lune. Tout comme Lepage l’a souvent fait, Mouawad nous livre un solo mais dans une mise en scène beaucoup plus épurée. Beaucoup moins d’effets techniques, audiovisuels, un style beaucoup plus sobre, mais à la fois plus intense et violent. Il faut un talent certain pour réussir ce tour de passe-passe. Ou peut-être pas. Mise en abîme double, voire triple. La première, mise en abîme d’une œuvre théâtrale dans le théâtre. Au deuxième niveau, les quelques brides de la vie de Mouawad qui, sur scène, n’est pas Mouawad. Et la troisième, la mémoire, le retour, thème récurrent chez le metteur en scène libanais. La mémoire perdue qui hante le protagoniste de Seuls, cet exil qui le confine à une identité floue, errante, en quête d’un abri, d’un lieu. Est-ce à ce théâtre, qui détonne du style de

FETE

Mouawad, qu’il nous invita ce mardi soir ? À sa propre quête du théâtre, de la création, du délire imaginaire ? Comme un retour en arrière. Un ressourcement en forme de crescendo formidable. Amorce tranquille, mise en scène relativement classique, simple, peu de mots, à la limite légère et drôle. Pourtant, la première image devrait tout nous dire. Mouawad seul, presque nu, en soutenance de thèse, prêt à l’humiliation, le ventre plein de rage de voir son monde théorique s’effondrer devant lui. À cette première partie, on assiste ensuite au délire, un délire à ne pas entendre comme une folie, mais bien une ouverture, un démantèlement du réel. Délire du personnage certes, mais délire imaginaire de l’artiste qui soudain donne dans le théâtre de performance. L’acteur se change en peintre, un Pollack d’une demi-heure qui poétise les couleurs sur un décor qui s’ouvre devant nous mais se ferme sur l’acteur. Pourquoi diable le « s » dans ce titre? Mouawad est bel et bien seul sur scène. Pourtant, le « s » a bien sa place. Car seul, nous l’étions tous. Une centaine de gens, emmenés dans un monde déstabilisant, rêveur et faisant rêver, seuls sur notre petit piège, seuls à tenter de comprendre ce qui se passait devant nous, qui n’était rien d’autre que le reflet de nos paradoxes, nos pertes de sens, nos imaginaires débridés, notre faiblesse. « On est un million à rire, du million qui est en face, mais deux millions de rires n’empêchent que dans la glace, on se retrouve… seul » (Jacques Brel).

Mouawad nous livre un solo mais dans une mise en scène beaucoup plus épurée. Beaucoup moins d’effets techniques, audiovisuels, un style beaucoup plus sobre, mais à la fois plus intense et violent.

GSAED : Foire des Associations Départementales des Etudiants Diplômés Le 24 Octobre, 2008, UCU

Pourquoi ? Parce que les sujets des études Supérieures sont les étudiants des cycles supérieurs Mêlez avec des étudiants diplômés et faites vous des nouveaux amis et amies. Connaitre mieux les services offerts aux étudiants diplômés

Contributions: 13 hrs Agora: Discussion publique: Les implications de la commercialisation, organisée en coopération avec le Cabinet du recteur. 21 hrs, Nostalgica: Soirée diplômée

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Arts et Culture

le 20 octobre 2008

MUSIQUE

Un dîner en humour et en chanson avec Michel Sauvé

CRITIQUE LITTÉRAIRE

Prends-moi dans tes bras Sans voix. Devant une réalité si différente de la nôtre, les mots manquent.

Caroline Morneau

L’auteur-compositeur-interprète originaire d’Ottawa donne dans le folk-rock. Avec des instruments tels que la guitare acoustique et l’harmonica, son style musical est proche de celui de Damien Robitaille. Koralie Boyer Le lauréat 2008 du Festival de la Chanson de Granby, Michel Sauvé, se produira à l’Agora de l’Université d’Ottawa le 22 octobre prochain. Le public découvrira, sous ses airs humoristiques, un artiste sensible. L’auteur-compositeur-interprète originaire d’Ottawa donne dans le folk-rock. Avec des instruments tels que la guitare acoustique et l’harmonica, son style musical est proche de celui de Damien Robitaille. Mais le chanteur n’a pas toujours eu ce penchant pour la guitare acoustique. Durant son adolescence, Michel a fait partie d’un groupe punk. « Le punk, c’est trois ou quatre accords mis ensemble rapidement, donc c’est plus efficace pour composer, explique-t-il. De plus, lorsqu’on est jeune, on ne comprend pas trop la vie. Il y a beaucoup d’agressivité que j’ai sortie grâce à cette musiquelà », ajoute l’artiste. Avec les années, Michel semble s’être assagi. « Je me suis ouvert à beaucoup plus de styles musicaux et j’ai découvert qu’il y avait une dynamique entre la guitare acoustique et toi qui est davantage puissante que deux amplis et des jeunes qui crient », déclare l’auteur-compositeur-interprète. Son talent a été reconnu entre autres par le jury du concours de chant Ontario Pop en 2008. C’est à cette occasion que Michel Sauvé a un premier contact avec l’industrie musicale. « Avant Ontario Pop, je n’avais pas eu la chance de me présenter devant 300 ou 400 person-

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nes sur une scène avec mon propre matériel », raconte le chanteur. Il a, comme tous les autres lauréats, participé à des ateliers avec des professionnels. « C’est là qu’on apprend à qui on peut s’allier, de qui on doit se méfier… », dit-il. C’est aussi ce concours qui lui a servi de tremplin pour le Festival de la chanson de Granby.

« Avant Ontario Pop, je n’avais pas eu la chance de me présenter devant 300 ou 400 personnes sur une scène avec mon propre matériel. » Un futur musical solide Michel entrevoit son concert du 22 octobre comme un test, une façon de trouver son style. « Je vais essayer plusieurs styles de guitare, trouver de nouvelles nuances pour des chansons que je joue et en présenter de nouvelles », confie-t-il. Les influences musicales de ce jeune artiste émergent sont variées

et dans les deux langues officielles. Parmi elles, notons Jean Leloup, que Michel décrit comme l’un des premiers artistes francophones qui lui aient fait découvrir la musique québécoise. Des groupes comme NoFX et Sublime l’ont aussi influencé. « Ça ne parait pas vraiment dans ma musique, mais plutôt dans mon attitude envers la vie », exprime Sauvé. Toutes ces influences, quoique différentes, ont un point commun : la guitare et les instruments à cordes. Pour ce qui est de l’écriture, Michel s’inspire de situations de sa vie quotidienne. « C’est surtout mes histoires interpersonnelles, tout ce qui peut me bouleverser », explique l’artiste. Il souhaite partager ses émotions avec le public et leur faire comprendre sa vision des choses à propos de sujets qu’il aime ou qu’il hait. Dans un avenir proche, l’auteurcompositeur-interprète souhaite faire le tri dans ses compositions et trouver un son qui lui convient vraiment. Il a aussi l’intention de faire une deuxième prestation au Festival de la chanson de Granby avec ses musiciens. Michel voudrait aussi tenter sa chance en lançant un disque compact. Ce dernier pourrait contenir davantage de chansons à l’image de ses influences, un peu plus rock donc. « J’imagine que je vais utiliser autant la guitare acoustique que la guitare électrique », déclare-t-il. Une chose est certaine : le côté humoristique des textes restera intact. « C’est plus fort que moi ! », avoue Sauvé.

Abandonnée à la naissance et confiée aux propriétaires d’une clinique à Nice, une enfant grandit dans un univers stérile et froid, sans amour. Sans nom réel jusqu’à l’âge de dix ans, elle est baptisée du nom de Minou. Ce n’est que vers l’âge adulte qu’elle aura un nom de famille, celui de Petrowski. Afin de survivre et de vivre dans un monde qui n’est pas le sien, elle fait un peu de figuration sur les plateaux de tournage français. Elle côtoie les stars du moment. Un mariage éclair avec un ami russe lui donne finalement une identité. Mariage ténébreux et inconstant. André, un mari absent et polygame avec qui elle a une petite fille, Nathalie Petrowski. Manque d’argent et logement peu hygiénique, la petite Nathalie est confiée aux grands-parents paternels durant cinq années. Après des années de misères, elle émigre au Canada afin de rejoindre son mari. C’est en plein cœur de la ville d’Ottawa que Minou Petrowski commence à vivre. Pour contrer sa solitude, elle écrit. Des romans, des dossiers journalistiques, elle tente de s’échapper au travers de la vie des autres. Elle débute tranquillement dans le métier de la télévision grâce à ses amis. Il y aura toujours, tout au long de sa vie, quelqu’un pour la sauver en situation de crise. Une personne consciente de son talent, qui souhaite lui donner sa chance. Elle découvre Los Angeles puis Montréal où elle, André, Nathalie ainsi que leur fils Boris vont s’établir. C’est dans la métropole qu’elle commence son métier de journaliste. À la radio, elle fait des entrevues avec des acteurs, réalisateurs, scénaristes, artisans de toutes sortes du monde du cinéma. Grâce à son statut médiatique, elle assiste au festival de Cannes pendant une vingtaine d’ années. Munie d’une enregistreuse, elle parcours les divers festivals de cinéma du monde entier. Tranquillement, elle se fait un nom dans le milieu et commence à être reconnue par certains. Toujours à la recherche des réponses et du montage parfait, elle passe des heures sur une table de montage

lors de ses retours au Canada. Privée d’amour dès sa naissance, elle passe sa vie à chercher le regard d’autrui, à attendre la caresse. Son premier amour, Jacques, lui restera toute sa vie. C’est dans un cimetière, lors d’une cérémonie traditionnelle, que leur regard se croise pour la première fois. Après une adolescence à se fréquenter, Jacques doit partir faire son service militaire. À son retour, Minou découvre qu’elle n’est pas la seule dans la vie de son amoureux. Tranquillement, ils se déchireront. Plus tard, dans leur quarantaine, ils se reverront et Minou pourra enfin tourner la page de cet amour. Elle partage la vie de Louis, un ami de son fils Boris durant une dizaine d’années. Malgré leur rupture, les sentiments qu’elle éprouve pour ce jeune homme de vingt-deux ans son cadet restent avec elle toute sa vie. Le style est simple, sans fioritures. Le livre est écrit avec un naturel et une sincérité désarmantes. Cette femme, qui a vécu au temps de la guerre et de l’existentialisme, se livre au lecteur, sans pudeur et sans grossièreté. Jamais elle ne tente de se faire paraître sous un meilleur jour. Prends-moi dans tes bras permet une incursion dans un univers aujourd’hui révolu, dans une Europe qui n’existe plus. En 332 pages, elle fait tenir ce qui semble être l’essentiel de son existence. Ses passions, ses amours, ses rencontres et surtout, ses angoisses. Celle d’être une femme juive, celle de retrouver ses parents et de comprendre cet abandon. Minou Petrowski reste à jamais cette petite fille abandonnée qui a grandi dans une clinique. Cette petite fille jadis transparente qui a mené une vie extraordinaire, remplie de non-conformisme. Au travers de son écriture, elle nous laisse parfois nostalgiques de ce monde qu’elle a connu. La dernière page est pénible à tourner car le lien avec cette grande femme se brise. À la fin, il ne reste que Minou Petrowski. Pour toujours. Cette autobiographie, publiée chez VLB éditeur, est disponible sur les rayons depuis le 2 septembre 2008.

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Sports le 20 octobre 2008

Romain Guibert sports@larotonde.ca

FOOTBALL MASCULIN

« On a acheté une semaine de plus en temps » Ottawa 39 Toronto 30 - Denis Piché Les Gee-Gees sont en séries et attendent le retour des blessés Romain Guibert

O

ttawa (4-4) était attendu sur les passes, ils ont détonné sur les courses. Si les joueurs de Toronto (2-6) pensaient réussir l’exploit d’éliminer une équipe parfaite il y a un an, ils se sont écroulés en deuxième mi-temps. Menant de 13 points, ils n’ont pu freiner les porteurs de ballon ottaviens qui ont mené l’équipe en séries grâce à une victoire 39-30. Les Blues ont cafouillé dès leurs premières possessions. À deux reprises, Mark Stinson a laissé échapper le ballon, qui a été récupéré par la défense ottavienne. Des revirements qui ont coûté dix points aux visiteurs. Josh Sacobie, après s’être fait plaquer loin derrière sa ligne de mêlée, a couru sur 24 verges avant de sauter par-dessus sa ligne offensive deux jeux plus tard. Cette ouverture du score a été accrue par un placement de Luigi De Lellis après l’autre échappé. Les Blues ont ensuite joué avec le culot, David Hamilton malmenant la défense du Gris et Grenat. Sur une feinte de remise à son porteur de ballon, il a traversé 20 verges sur la droite pour inscrire son équipe au tableau. Puis ils ont recouvert leur botté court, sans pour autant en profiter et ratant leur placement. Mais Stinson a rattrapé ses bévues, marquant un touché de 20 verges pour donner, contre toute attente, l’avantage à Toronto (15-10). Malgré une solide entame de match, Ottawa ne s’est pas montré rassurant. Cory Kennedy a capté une passe de 35 verges avant de compléter le travail quelques jeux plus tard dans la zone des buts. Pendant ce temps, l’attaque ottavienne est restée anémique. Incapables de compléter leurs passes, les Gee-Gees n’ont pas eu le choix d’y aller par la course, sans même réussir un placement. Face au vent, De Lellis a vu sa tentative passer à droite des poteaux. Avec une minute restant à jouer, Chayce Elliot a intercepté de manière spectaculaire une passe de Thompson, plongeant vers les li-

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gnes de côtés. Des efforts qui se sont avérés vains, Sacobie n’étant pas l’ombre de lui-même première mitemps. Sur une longue passe vers Ron Kelly, il s’est fait intercepter à son tour par Kyle Kennedy. Les Blues sont revenus au vestiaire avec une avance de 23-10. Changement d’attitude C’est une équipe différente qui est revenue sur le terrain, déterminée à remonter la pente pour décrocher un billet pour les séries éliminatoires. « On leur a dit qu’on allait leur faire confiance. Ce n’était pas compliqué, c’était on gagne ou la saison est finie. On a décidé de changer un petit peu le plan de match. On a demandé à notre ligne à l’attaque de prendre le contrôle du match et d’essayer de garder notre défense hors du terrain, parce que le style d’attaque qu’ils préconisent est difficile à arrêter », explique l’entraîneur Denis Piché. Nullement préoccupé par les records, Sacobie a habilement mené son attaque au sol, auteure de 329 verges. Une autre course de 26 verges de sa part a été à l’origine du cinquième touché de Félix PotvinDesjardins. « On prend ce que l’autre équipe nous donne. On sait qu’on est capable de courir. Ayant beaucoup de blessures au niveau des receveurs, cela encourage notre entraîneur à courir un peu plus. [Pendant] la deuxième mi-temps, cela a été notre plan de match », estime la recrue, qui a accumulé 99 verges. Un jeu cocasse a eu lieu sur la possession ottavienne suivante. Bradley Sinopoli, muté en receveur à cause des blessures, a percuté un arbitre, à deux verges d’un premier jeu. En situation de troisième essai, l’équipe a fait confiance à Potvin-Desjardins pour les franchir. Et Sacobie s’est faufilé une nouvelle fois dans la zone des buts avant de

voir Davie Mason courir sur 17 verges pour un touché et faire changer le vent de sens (31-23). Toronto était déterminé à inquiéter Ottawa. Après un simple ottavien, Thompson a décoché sa deuxième passe de touché pour réduire l’écart à deux points. Mais Mason a mis fin aux espoirs des Blues. Percutant et profitant du bon travail de sa ligne offensive, il a placé son équipe à moins de dix verges de la zone des buts et offert à son quart-arrière la meilleure façon de conclure sa carrière à domicile. Sacobie a lancé son 79e et dernier touché en saison régulière, une passe flottante captée par Alex Fortier. Les bras levés au ciel, il savait qu’il venait de confirmer la victoire du Gris et Grenat et d’étirer sa carrière d’une semaine. « On n’aura pas une semaine de repos en plus pour guérir les blessures. Une équipe grandit au fil d’une saison, peu importe le nombre de blessures et de défis auxquels elle fait face. La meilleure équipe est celle qui peut surpasser ces défis et s’améliorer. Je pense qu’on a fait cela. Nous nous sommes battus pour nos séries », affirme Sacobie. Guelph pour commencer Ottawa se rendra à Guelph pour disputer son premier match éliminatoire. Une équipe qu’ils n’ont pas affrontée cette année. Il reste à voir qui sera en bonne santé. « Il faut voir quel alignement de 45 joueurs on aura la semaine prochaine… C’est la raison pour laquelle on a été inconsistant cette année. Cette

« Ce n’était pas sûr qu’on faisait [les séries] si on perdait. On les a faites, j’ai hâte de jouer. » - Félix Potvin-Desjardins équipe vit des moments difficiles depuis le début de l’année. Ce n’est jamais un avantage de ne pas jouer ton meilleur football. Le seul avantage que je vois, c’est que si on a des blessés qui reviennent, on aura acheté du temps », conclue l’entraîneur-chef.

Photo Joël Côté-Cright

Félix « le chat » Potvin-Desjardins continue sa saison recrue du tonnerre. La performance du porteur de ballon de première année (99 verges, un touché) a été capitale dans la victoire des Gee-Gees sur Toronto samedi.

Josh Sacobie Quart-arrière » 10 en 20, 122 verges

Brad Sinopoli Receveur » 4 réceptions, 44 verges

Davie Mason Porteur de ballon » 113 verges, un touché

Sébastien Tétrault DL » 6 plaqués, 2 sacs sports@larotonde.ca


Sports

le 20 octobre 2008

HOCKEY FÉMININ

Desforges brille, Ottawa écrase les Stingers Les Gee-Gees semblent déjà en forme pour les séries, avec une victoire 6-2 contre Concordia

HOCKEY MASCULIN

Fin de semaine en dents de scie

Photo Romain Guibert

Yannick Charron, à la poursuite d’un défenseur de l’UQTR. Les Gee-Gees n’ont pas pu trouver réponse à l’attaque des Patriotes, samedi soir.

Ottawa 4 Concordia 2 Ottawa 1 Trois-Rivières 7 Simon Cremer

Photo Karine Desjardins

Fanie Desforges (à droite) et Kayla Hottot célèbrent un but des Gee-Gees. Desforges a réussi un tour du chapeau à son deuxième match en carrière universiataire Simon Cremer On en avait déjà eu une première démonstration il y a deux semaines, cette fois, c’est confirmé : les GeeGees sont sur leur lancée, et n’ont pas l’intention de ralentir. La troupe de Shelley Coolidge a dominé les visiteuses samedi dernier, au Complexe sportif, ajoutant une deuxième victoire à leur fiche. Classées septièmes au dernier classement national, les Gee-Gees semblent décidées à monter en grade. La conférence québécoise, qui ne compte que quatre équipes, est tout de même considérée comme l’une des plus compétitives. Le Gris et Grenat entamait le match en force, avec des buts de Taryn Brown et Fannie Desforges. Mais l’avantage de deux buts n’était pas suffisant pour Ottawa, Joyce Spruyt portant le score à 3-0, débordant une défenseure pour tromper la cerbère montréalaise entre les jambières. Concordia profitait d’un jeu chanceux pour tenter de revenir sur l’engagement. Après une mise en jeu en zone des Gee-Gees, une rondelle libre déviait sur le bâton d’une défenseure ottavienne derrière Jessika Audet, qui, autrement, a été solide pour les siennes.

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L’avantage de trois buts des GeeGees était recouvré grâce à une belle pièce de jeu de Desforges. Dans l’enclave, la recrue y est allée d’une feinte du revers pour forcer la gardienne Audrey Doyon-Lessard à se compromettre, et ensuite loger la rondelle dans la lucarne, du revers. En fin d’engagement, Valérie Lepage-Barette trompait Audet d’un tir des poignets. Mais le deuxième filet des Stingers n’a pas eu l’effet désiré. Au retour des vestiaires, ce sont les Gee-Gees qui ont pris les commandes de la glace, se défaisant de plusieurs désavantages numériques avec une aisance relative. Imposant un style de jeu rapide et agressif, la troupe de Coolidge est même parvenue à se créer quelques occasions, notamment Kayla Hottot, qui a failli capitaliser en échappée. En milieu de troisième tierstemps, Jodi Reinholz ajoutait à l’avance du Gris et Grenat, puis finalement, avec moins de trois minutes à faire, Fannie Desforges réussissait le coup du chapeau pour son deuxième match interuniversitaire, sautant sur une rondelle libre aux pieds de Doyon-Lessard. L’entraîneure-chef Shelley Coolidge n’avait franchement pas grand-chose à reprocher à ses trou-

pes, après une telle victoire. « Nous devons travailler les sorties de zone, qui ont parfois été précipitées, mais je pense qu’en attaque, nous avons fait du très bon travail. Quand une équipe obtient plus de 30 lancers au filet, n’importe quel entraîneur peut être content. » Et après la performance individuelle d’Alicia Blomberg, c’était au tour de Fannie Desforges de se faire remarquer, même si, de son propre aveu, elle ne s’attendait pas jouer un rôle si important aussi rapidement. « Je suis fière. Ce n’est pas juste moi, mes coéquipières m’ont aidé, mais cela a bien été. » Kayla Hottot a amassé trois passes, alors que Jodi Reinholz et Érika Pouliot ont toutes deux eu des sorties de deux points. Première défaite Les Gee-Gees ont encaissé une première défaite dimanche, s’inclinant 3-2 en fusillade face aux Ravens. Carleton ayant pris une avance de deux buts en première, Michelle Snowden et Amber Foster ont marqué en troisième pour forcer la prolongation. Ce sont toutefois les Ravens qui ont soutiré le point supplémentaire.

Le point faible des Gee-Gees refait déjà surface, en ce début de saison. Après deux victoires contre McGill et Concordia, la troupe de Dave Léger n’a pas su trouver de réponse à la puissante attaque à cinq des Patriotes de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), et doit entamer la troisième semaine du calendrier régulier avec une fiche de trois défaites et deux victoires. La troupe de Dave Léger a cependant reçu des renforts tombant à point, notamment le capitaine Martin Hérard, tenu à l’écart en raison d’une blessure. Hérard n’a peut-être pas fait la différence sur la feuille de pointage, mais son énergie était facilement décelable sur la glace dans les deux rencontres de cette dernière fin de semaine. Vendredi, les Gee-Gees ont eu le meilleur sur les Stingers de Concordia 4-2, au Complexe sportif. La recrue Mathieu Méthot continue d’impressionner, l’ancien des 67’s d’Ottawa inscrivant le premier but de la rencontre. Concordia égalisait, grâce à un filet de Nicholas Lafontaine, avant qu’Hérard ne complète sur réception une passe courte de Pat Millette pour redonner l’avantage aux siens. Riley Whitlock, après avoir cédé un autre filet aux Stingers, a tenu bon jusqu’à la fin, tandis que Yannick Charron marquait deux buts pour donner la victoire aux siens. Encore une fois, le style agressif et physique des Gee-Gees était omniprésent, si bien que la formation montréalaise a été forcée à jouer le jeu, menant finalement à une escarmouche en toute fin d’engagement. Des joueurs qu’on voit rarement dans de telles situations, comme Dan McDonald et Keven Gagné, ont été près de jeter les gants, sans toutefois le faire. Scénario différent conte l’UQTR

C’est un match tout autre qui s’est déroulé samedi, quand les Patriotes étaient de passage à Ottawa. Les visiteurs rentraient au vestiaire avec une avance de 2-1. Ottawa avait ensuite une chance en or de se remettre dans le match, avec un cinq contre trois prolongé, causé par un manque de discipline flagrant de Trois-Rivières (Mathieu Gravel a notamment écopé de 15 minutes de pénalité), mais en vain. Les Tri-Fluviens ont su arrêter l’attaque massive du Gris et Grenat, le gardien Jean-Christophe Blanchard ayant eu à se signaler à quelques reprises, si bien qu’ils ont pu reprendre le momentum, et inscrire deux autres buts avant la fin du deuxième tiers-temps. Martin Bricault, qui a été spectaculaire à plusieurs reprises devant le filet des Gee-Gees, a fini par être remplacé par Riley Whitlock en début de troisième période, après un sixième but, dans l’intention de fouetter les troupes, mais en vain. À signaler, Mathieu Méthot, qui a mis au tableau le seul but des GeeGees, continue son très bon début de saison et de carrière interuniversitaire. « Nous avons eu des chances de marquer en avantage numérique, et c’est frustrant de ne pas avoir marqué. Je trouve que le match n’avait pas l’allure d’une rencontre à 4-1 après la deuxième période, expliquait Dave Léger, pilote du Gris et Grenat. Nous avons concédé quatre buts à quatre contre cinq, et fait des ajustements, mais cela n’a pas été suffisant. » Kevin Glode, qui a vu beaucoup de temps de glace avec l’attaque à cinq, abondait dans le même sens : « C’est sûr que c’est une très bonne équipe, mais cela s’est joué en avantage numérique; ils ont marqué quatre buts à cinq contre quatre, et on n’a pas été capable de la mettre dedans ».

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Sports

le 20 octobre 2008

Soccer Féminin » Cruciale victoire pour conclure

// CLASSEMENTS //

Les Gee-Gees s’assurent de la deuxième place

Football - SUO

Équipe

PJ

V

D

N

PP

PC

PTS

Queen’s

8

8

0

0

374

116

16

Western

8

7

1

0

363

133

14

Laurier

8

6

2

0

235

191

12

Guelph

8

4

4

0

239

167

8

Ottawa

8

4

4

0

297

187

8

McMaster

8

4

4

0

230

198

8

Windsor

8

3

5

0

189

254

6

Toronto

8

2

6

0

168

272

4

Waterloo

8

2

6

0

147

285

4

York

8

0

8

0

32

471

0

Soccer - SUO Est

PJ

V

D

N

BP

BC

+/-

PTS

Toronto

Équipe

14

10

2

2

41

5

36

32

Ottawa

14

9

2

3

27

8

19

30

Queen’s

14

8

4

2

22

9

13

26

Nipissing

14

7

6

1

31

24

7

22

Carleton

14

6

6

2

18

14

4

20

Ryerson

14

5

6

3

20

22

-2

18

RMC

14

2

12

0

6

50

-44

6

Trent

14

0

13

1

3

49

-46

1

Rugby - Québec

Équipe

Les Gee Gees sont allées vaincre leurs rivales à Carleton mercredi soir, clôturant de belle façon leur saison régulière. Cette victoire sur un score de 2-1 a permis à l’équipe de terminer deuxième de la conférence ontarienne. Ce sont pourtant les Ravens qui ont ouvert le bal. Jennifer Chricton a trompé la vigilance de Jess Charron dès la 23e minute. Ce but a fouetté le Gris et Grenat, qui a répliqué trois minutes plus tard. Sara Bullock, qui avait raté la majeure partie de la saison en raison d’une blessure, a égalisé le pointage en inscrivant son premier but de l’année. Ottawa a continué sur cette lancée offensive. Une minute avant la mitemps, Courtney Luscombe a hérité d’un tir de pénalité. L’attaquante ottavienne l’a transformé en deux temps, envoyant au fond des filets sa frappe d’abord repoussée par la gardienne de Carleton. Luscombe a ainsi rejoint Catherine Scott en tête au chapitre des buts côté Gee-Gees. Le compteur des deux joueuses s’est arrêté à cinq réalisations. L’an dernier, Luscombre en avait réussi quatre de plus, alors que le calendrier comptait autant de matchs supplémentaires. Ottawa est aussi assuré d’être l’hôte d’un match en séries éliminatoires. Romain Guibert

Rugby Féminin » Les Gee-Gees éliminées Les années se suivent et se ressemblent pour la troupe de Suzanne Chaulk. L’équipe de rugby s’est inclinée 47-0 lors du premier tour des séries face à l’Université Laval. Une victoire 18-5 face à Sherbrooke le jour de l’Action de Grâce avait permis aux filles de se qualifier en séries pour une 17e saison d’affilée. En terminant quatrièmes, elles n’avaient pas le choix de se déplacer à Québec pour affronter le Rouge et Or. Un scénario identique à l’an dernier, lorsqu’elles avaient baissé pavillon 41-5. Karen Paquin a marqué trois essais pour la formation québécoise. Catherine Carrier, qui en a ajouté deux, n’a pu transformer que l’un des neufs essais du Rouge et Or. Romain Guibert

PJ

W

D

N

PP

PC

+/-

PTS

Laval

6

6

0

0

277

33

244

10

McGill

6

4

2

0

118

75

53

8

Concordia

6

4

2

0

136

61

75

6

MERCREDI 22 OCTOBRE

SAMEDI 25 OCTOBRE

Ottawa

6

2

4

0

45

137

-82

4

Sherbrooke

6

1

4

1

24

125

-111

3

Bishop's

6

0

5

1

17

196

-179

1

Basket-Ball Féminin Ottawa contre McGill (hors-concours) Pavillon Montpetit 18h

Volley-Ball Féminin Ottawa contre Western Pavillon Montpetit 14 h 30

OFFRE DE STAGE Vous voulez vivre une expérience de développement internationale créditée ? Joignez-vous à l’initiative « Un monde à partager » pour une session d’information sur nos placements et projets. Nous vous offrons la possibilité d’effectuer un stage en Zambie, pour une période de huit semaines, quelque soit votre domaine d’étude. Vous aurez l’occasion d’apprendre de nos partenaires locaux et de travailler afin de répondre à leurs besoins ! L’initiative « Un monde à partager » vous propose une expérience de développement international enrichissante et directement reliée à votre domaine d’étude.

Calendrier – Sports

VENDREDI 24 OCTOBRE Hockey Masculin Ottawa contre Concordia Complexe Sportif 19 h Basket-Ball Masculin Ottawa contre UIPE (hors-concours) Pavillon Montpetit 20 h

Basket-Ball Masculin Ottawa contre Guelph (hors-concours) Pavillon Montpetit 21 h

DIMANCHE 26 OCTOBRE Volley-Ball Féminin Ottawa contre Windsor Pavillon Montpetit 12 h Basket-Ball Masculin Ottawa contre McGill (hors-concours) Pavillon Montpetit 16 h 30

Sessions d’information : 20 octobre: 5:30, UCU 205 22 octobre: 4:00, UCU 205 24 octobre: 2:30, UCU 205 27 octobre: 5:30, UCU 205 29 octobre: 4:00, UCU 206 31 octobre: 2:30, UCU 205 3 novembre: 5:30, UCU 205 5 novembre: 4:00, UCU 205 7 novembre: 2:30, UCU 205 Ou visitez notre site web au www.swi-imp.org!

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le 20 octobre 2008

redaction@larotonde.ca

Opinions

Campagne «à bas les frais » : Tous pour un, un pour tous !

L

e 29 septembre 2008, j’écrivais une lettre d’opinion dans La Rotonde qui critiquait fortement la transparence de la FCÉÉ dont, je souligne par la même occasion, nous ne sommes toujours pas membres officiels. Pourtant, à ma grande surprise, je vois constamment du matériel de promotion pour les campagnes de la fédération canadienne. Pancartes, banderoles, macarons, pétitions, les signes des campagnes de la FCÉÉ sont omniprésents sur notre campus. Bien que j’ose questionner la légitimité de l’affiliation pratiquement ouverte et flagrante de notre gouvernement scolaire à la FCÉÉ, je dois dire qu’au lendemain d’une élection où le regain de popularité des conservateurs est inquiétant : l’union du mouvement étudiant est plus importante que jamais. Avec un gouvernement conservateur minoritaire mais plus fort qu’avant, je ne peux que questionner les intentions de Monsieur Harper en matière d’éducation postsecondaire. En effet, la logique marchande à laquelle souscrit l’idéologie conservatrice est directement liée au problème du sous financement des institutions d’éducation post-secondaire. Nous avons pus constater ces dernières années que l’État s’est déresponsabilisé

en matière d’éducation et a laissé la porte ouverte plus grande intervention du privé dans nos université et collèges. Mes amis, que nous soyons membres ou pas de la FCÉÉ, nous devons mettre nos différents de côté et nous concentrer sur ce qui compte vraiment pour nous les étudiants : À BAS LES FRAIS! Ce que nous voulons, c’est une baisse significative des frais de scolarité et un réinvestissement massif de la part des paliers de gouvernement.Dans ce sens, il est primordial que nos voix s’unissent pour faire passer ce message. Le 22 octobre prochain, nous remettrons une pétition au gouvernement Ontarien qui sera claire et sans équivoque quant à nos revendications. Nous voulons baisser les frais de scolarité. Mais pour ce faire, nous devons toutes et tous faire des efforts supplémentaires pour que ce message soit entendu. La pétition A Bas les frais doit être signé par le plus d’étudiants possible. Le plus de noms il y aura sur cette pétition, le plus fort notre message sera. Le gouvernement ne pourra rester immobile face aux revendications de plus de 70 000 étudiants et étudiantes des 4 coins de l’Ontario ayant déjà signé la pétition.

Prenez 10 secondes de votre temps pour appuyer un changement qui sera bénéfique pour tous les étudiants et futurs étudiants. Sortons de cette inaction qui nous caractérise si souvent et qui fait la manchette. Plusieurs personnes à qui je demandais de signer la pétition ne le faisait pas parce qu’il ne se sentait pas concerné. «Pourquoi baisser les frais, j’ai une bourse qui paye tout», voilà le genre d’attitude qui fait mal aux mouvements étudiants, qui nous fait mal. Nous avons besoin de solidarité entre étudiants. Ce changement de société que nous voulons, tout le monde doit y prendre part, pas seulement ceux qui ont des problèmes financiers. Arrêtons cet individualisme qui nous affaibli et prenons des actions qui aiderons l’ensemble de la population étudiante. De plus, nous ne devons pas en rester là. Nous devons assurer une continuité dans nos actions. C’est pourquoi cette lettre se veut également un appel à la mobilisation du 5 novembre prochain. Marchons ensemble pour monter que nous sommes prêt à l’action et que nous ferons ce qu’il faut pour que nos voix soit entendues. Prenez part au mouvement étudiant! Bruno Gélinas-Faucher

le 20 octobre 2008 • Vol. LXXVI No.8 109, rue Osgoode Ottawa (Ontario) K1N 6S1 613 421 4686 RÉDACTION Rédacteur en chef François-Olivier Dorais redaction@larotonde.ca Secrétaire de rédaction Roman Bernard revision@larotonde.ca Actualités Céline Basto (Chef de pupitre) Houda Souissi actualites@larotonde.ca Arts et Culture Caroline Morneau (Chef de pupitre) culture@larotonde.ca Sports Romain Guibert (Chef de pupitre) sports@larotonde.ca Web Houda Souissi web@larotonde.ca Direction artistique Poste vacant Photos Karine Desjardins (intérim) photographie@larotonde.ca

Éditorial

Sur la crise des espaces étudiants

D

ean Haldenby a déposé à la dernière réunion du Conseil d’administration de la FÉUO son très attendu rapport sur les espaces étudiants. La GSAÉD fera de même le 28 octobre prochain. Les syndicats étudiants ont ainsi joint leurs efforts pour bien faire entendre le message : la crise des espaces étudiants sur le campus est le dossier le plus urgent pour les années à venir à l’Université d’Ottawa. Au cours de la dernière décennie, l’Université a misé sur la croissance de sa population étudiante pour un financement accru et ses infrastructures n’ont manifestement pas suivi. De 22 000 étudiants en 2000, l’Université est passée à 36 000 en 2008. L’équivalent de cinq polyvalentes. Et le problème ne peut que s’envenimer avec la graduation simultanée de la double cohorte en Ontario qui a fait son entrée à l’Université en 2003. Le problème est bien simple, mais les solutions, elles, relativement complexes. La principale cause de la situation actuelle : un manque flagrant de vision de la part de l’ancienne administration. Si l’Université d’Ottawa tient à garder sa cote, elle devra tôt ou tard se rendre à l’évidence et reconnaître que le manque d’espaces de travail et de socialisation adéquats conjugué à l’utilisation inefficace de celui-ci sur le campus sont parmi les principaux facteurs qui nuisent à l’apprentissage des étudiants en ce moment. À ce sujet, convenons qu’il n’est pas normal que l’Université décide de mettre à l’index plus de 30 000 ouvrages à la bibliothèque pour faciliter l’installation d’aires de repos et d’un foyer aux quatrième

redaction@larotonde.ca

et cinquième étages de la bibliothèque Morisset. Il n’est pas normal d’obliger des professeurs à partager des bureaux déjà suffisamment modestes. Il n’est pas normal que des étudiants à la maîtrise ne puissent faire leurs travaux sur le campus faute d’espaces de travail nécessaires. Il n’est pas normal de permettre à une franchise de Second Cup d’occuper un grand espace au rez-de-chaussée de la bibliothèque. Il n’est pas normal que notre radio étudiante ait été contrainte de quitter l’actuel Café Déjà-Vu, qui ne sert toujours pas de café ni de viennoiseries d’ailleurs, pour être confiné dans un petit espace au sous-sol du pavillon Morisset. Il n’est pas normal que des commerces comme Opticiens Vezina, Algonquin travel, Portraits Now - dont le bilinguisme est extrêmement déficient - et le Upper Crust aient pignon sur rue dans un centre universitaire alors que les locaux des journaux étudiants, du GRIPO, de la LIEU et de certaines associations étudiantes se situent presque à l’extérieur des limites du campus avec pour conséquence une visibilité réduite. Il n’est pas normal que le Département de théâtre abrite à la fois la plus vieille salle de spectacle de la ville d’Ottawa et celle qui nécessite le plus de rénovations. Il n’est pas normal que plusieurs associations étudiantes requièrent de l’espace sans pouvoir y accéder. Il n’est pas normal qu’un Département de communication n’ait pour édifice que deux cabanes en bois rond sur King Edward. Il n’est pas normal, enfin, que plusieurs départements soient toujours inaccessibles pour les personnes à mobilité réduite. On pourrait longtemps casser du sucre sur le dos de l’Université dans ce dossier. Reconnais-

sons tout de même qu’elle a saisi l’enjeu depuis un moment. Elle a notamment révisé son plan d’aménagement quinquennal en avril dernier. Plusieurs transformations se dessinent donc à l’horizon, dont d’importantes rénovations au pavillon Vanier pour inclure davantage de services, la construction d’un édifice de quinze étages contigu au pavillon Vanier qui abritera notamment locataires, salles de classe, espaces de travail et un nouveau département de communication. Des rénovations au pavillon Lamoureux pour répondre à l’urgent besoin d’espace de la Faculté d’éducation, la réutilisation de bureaux à Tabaret, l’agrandissement du pavillon RogerGuindon sur le campus Alta Vista et l’ajout d’une nouvelle annexe au pavillon Fauteux. Néanmoins, ce n’est pas assez. L’Université serait gagnante en se penchant plus sérieusement sur l’ambitieux projet de la Fédération étudiante de construire un nouveau Centre étudiant FÉUO-GSAÉD indépendant. Un nouvel espace de socialisation sur le campus désengorgerait des espaces de travail clés, la bibliothèque au premier chef. Ce serait aussi un pas significatif vers le développement d’un sentiment de communauté dans une université qui n’en a pas ou presque et qui souffre de sa proximité avec les attractions du centre-ville. Qui arrive par exemple à entrevoir les dix services de la FÉUO dans un lieu clos comme le Terminus ? Il y a une vie associative universitaire qui manque de visibilité à l’heure actuelle. Sa mise en valeur ne pourrait que contribuer positivement à notre expérience universitaire.

Production Simon Cremer production@larotonde.ca Section Opinions François-Olivier Dorais Webmestre Guy Hughes webmestre@larotonde.ca ÉDITIONS ET VENTES Directrice générale Caroline Bouchard direction@larotonde.ca 613 562 5264 Représentant de la publicité Edgar Donelle 514.524.1182 800.391.1182 (sans frais) info@accesmedia.com La Rotonde est le journal étudiant de l’Université d’Ottawa, publié chaque lundi par Les Éditions de La Rotonde, et distribué à 5000 copies dans la région d’Ottawa-Gatineau. Il est financé en partie par les membres de la FÉUO et ceux de l’Association des étudiants diplômés. La Rotonde est membre du Carrefour international des presses universitaires francophones (CIPUF) et de la Presse universitaire canadienne (PUC).

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UniversitÊ d’Ottawa

Études supÊrieures à la FacultÊ des sciences sociales :

JournĂŠe portes ouvertes

Le mercredi 29 octobre 2008, de 11 h à 15 h UniversitÊ d’Ottawa, pavillon Tabaret, salle 112, 550, rue Cumberland Programmes offerts t"ENJOJTUSBUJPOQVCMJRVFt"òBJSFTQVCMJRVFTFUJOUFSOBUJPOBMFTt$SJNJOPMPHJFt4DJFODF�DPOPNJRVF t.POEJBMJTBUJPOFUE�WFMPQQFNFOUJOUFSOBUJPOBMt²UVEFTEFTGFNNFTt1TZDIPMPHJFt4DJFODFQPMJUJRVF t4PDJPMPHJFt4FSWJDFTPDJBMt(FTUJPOQVCMJRVFFUHPVWFSOBODF

1PVSQMVTEFSFOTFJHOFNFOUT scsgrad@uOttawa.ca | 613-562-5800, poste 2444 *OTDSJQUJPOwww.sciencessociales.uOttawa.ca/RSVP

La Rotonde - Édition du 20 octobre 2008  

La Rotonde est le journal indépendant de l'Université d'Ottawa