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le 6 octobre 2008

Actualités

Céline Basto Houda Souissi actualites@larotonde.ca

ACCESSIBILITÉ

L’Université essuie un déficit de 214 millions de dollars Doit-on s’en inquiéter? Le vice-recteur aux ressources dit non

Céline Basto

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ors de la réunion du Bureau des gouverneurs de septembre dernier, il a été question de la vérification des états financiers de 2007/2008. L’Université canadienne est généralement en bonne santé puisque l’excédant des revenus sur les dépenses est de 103 402 millions de dollars. Parallèlement, la dette se situe à 214 millions de dollars et Victor Simon, vice-recteur aux ressources, a dû se prononcer sur ce sujet. « C’est sûr qu’on aimerait fonctionner sans dette, mais la situation n’est pas mauvaise », soutient-il. L’une des approches choisies par le vice-recteur afin de vérifier si le niveau d’endettement pose problème ou pas est de parler du ratio de la dette par étudiant. Pour une organisation de 36 000 étudiants, telle que l’Université d’Ottawa, cette dette représente environ 5500 $ par étudiant. « On commence à s’inquiéter quand on arrive à près de 10 000 dollars par étudiant. Ici, on est encore loin de ce cap-là », signale le recteur. D’autre part, les marges dégagées par l’Université sont aussi un indicateur de l’endettement. « On couvre les marges et les dépenses en intérêts de 6 fois et on cherche un

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ratio de 2,5. Tout cela pour dire que si l’on avait un endettement de 300 ou 400 millions de dollars, là il faudrait se poser des questions. »

vement. L’emprunt sur le complexe sportif, quant à lui, représente un montant de 27 650 millions de dollars. Ces remboursements devraient se faire d’ici 2026.

Investissements considérables

Qualité ou accessibilité ?

D’après les états financiers, il est possible de constater qu’une grande partie de l’endettement est composée par une allocation de 150 millions de dollars. Simon explique que cette débenture a été émise en 2003 afin de financer le pavillon Desmarais, l’agrandissement du pavillon Roger-Guindon et d’autres projets de construction et de rénovation. « Il y a quelques années, lorsque l’Université a décidé d’allouer ce montant, cela a été un pas très important », souligne-t-il. De plus, l’Université a choisi de payer ce montant sur 40 ans, donc il restera longtemps dans le budget. Cependant, l’Université a créé un fonds où de l’argent sera accumulé pour payer les 150 millions de dollars à la fin de cette échéance. En ce moment, l’Université a mis de côté 13 millions. Le reste de la dette est composé d’emprunts sur trois résidences d’étudiants de 27 900 millions de dollars, 564 millions de dollars et 2888 millions de dollars respecti-

Une autre question de grande importance a également été posée lors de cette rencontre. L’Université veut-elle augmenter l’accessibilité aux études post-secondaires ou assurer une meilleure qualité d’enseignement ? Le recteur Allan Rock se penche sur la question mais n’a toujours pas de réponse. « Lors de mes rencontres avec les doyens et les doyennes, une question revient souvent : le manque d’espace. Étant donné les taux de croissance élevés des dernières années, l’Université n’a pas été en mesure d’accommoder tous les étudiants et la qualité de l’expérience universitaire est prise en otage». Bien que ce ne soit pas encore décidé, Simon dit avoir l’impression qu’au cours des prochaines années, l’accent va être mis sur la qualité des services plutôt que sur l’accessibilité. Une rencontre avec les doyens est prévue au cours des prochaines semaines. Cette question sera à l’ordre du jour.

RÉGIME D’ASSURANCE-MALADIE

Sursis de deux semaines Les étudiants à temps plein ont jusqu’au 15 octobre pour renoncer au régime d’assurance-maladie. Houda Souissi Suite aux difficultés auxquelles s’étaient heurtés de nombreux étudiants l’an dernier, la Fédération étudiante (FÉUO) dit avoir pris des mesures supplémentaires afin de faciliter la renonciation au régime d’assurance-maladie. En vertu des contrats conclus avec la compagnie d’assurance Assomption Vie, seuls les étudiants qui profitent déjà de la couverture d’une assurance-maladie privée peuvent exiger un remboursement de la cotisation de 180$. L’an dernier, des pépins techniques survenus à travers le système Infoweb avaient empêché plusieurs étudiants de se retirer du régime avant l’échéance. C’est le cas de Philippe Ravache, étudiant en psychologie, qui a dû renoncer au remboursement après avoir appris que le système informatisé n’avait pas comptabilisé sa demande : « J’ai appris plus tard dans l’année que ma demande n’était pas passée et que je ne pouvais plus me faire rembourser. [...] Je n’ai jamais eu recours à cette assurance, j’étais couvert pour rien. » À la FÉUO, on dit avoir corrigé la situation. Roxanne Dubois, vice-présidente aux finances, assure par ailleurs que des efforts supplémentaires ont été déployés cette année afin de publiciser le régime d’assurance-maladie et la procédure à suivre pour s’en défaire. La date limite a été repoussée du 30 septembre au 15 octobre et un avis à cet effet accompagnait la facture envoyée par l’Université en début d’année académique. « Allonger la période de renonciation de deux semaines, c’est la seule chose que l’on pouvait faire sans faire augmenter dramatiquement le coût des primes et en bout de ligne refiler la facture aux étudiants. [...] Évidemment, il y aura toujours des étudiants qui vont arriver trop tard. C’est inévitable. » Ce prolongement du délai de grâce ne fait toutefois pas que des heu-

reux. En effet, la compagnie d’assurance n’approuve les réclamations faites avant la date fixée qu’ultérieurement, dans le but d’éviter qu’un étudiant ne renonce à sa couverture après en avoir profité pendant plus d’un mois. Cela rend du même coup la procédure de réclamation plus complexe. « Pour les montants moins importants, on finit par se dire que ça n’en vaut pas la peine », déplore Rana Sadeg, étudiante en chimie. Pas de partenariat FÉUOGSAÉD L’Association des étudiants gradués (GSAÉD) fait quant à elle affaire avec Greenshield, fournisseur à but non-lucratif recommandé par la Fédération canadienne des étudiants (FCÉÉ). Elle offre ainsi à ses membres une couverture plus complète, mais également beaucoup plus dispendieuse – 420$. Dubois rejette pour le moment l’idée d’un partenariat : « Notre régime d’assurance est clairement plus avantageux pour nos membres et répond bien à leurs besoins. » Les représentants des deux corps étudiants soutiennent d’ailleurs que les besoins des étudiants des différents cycles sont différents et que l’expérience démontre que le montant des réclamations est en général plus important chez les étudiants des cyles supérieurs. Négociations constantes Si l’incident de l’an dernier a pu fausser les chiffres quant au nombre d’étudiants souhaitant réellement profiter du régime d’assurance-maladie, cette année devrait donner l’heure juste. Cela permettra de réévaluer la couverture et d’en ajuster le coût en conséquence. « En ayant un montant de réclamations fiable, on pourra négocier pour réduire le prix », souhaite Dubois.

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le 6 octobre 2008

ACCESSIBILITÉ

ENVIRONNEMENT » SEMAINE VERTE

Chaise vide pour l’accessibilité Réduire, réutiliser et recycler… à 60% Dans le cadres des « Semaines vertes » de la FÉUO, La Rotonde se penche à l’Université sur les initiatives vertes des divers acteurs de l’Université d’Ottawa. Cette

semaine, une enquête spéciale menée par Joanie Demers sur le recyclage.

Éric Perron Les étudiants ayant des problèmes à leurs cours en raison d’un handicap physique devront temporairement se passer de l’assistance des employés de l’Université. Cette fonction, qui relevait autrefois du Service d’accès au succès scolaire (SASS), sera mise en application par un nouveau poste. Ce poste est en processus de création depuis le printemps dernier et depuis, aucun service universitaire n’assure la transition. Pamela Harrod, secrétaire de l’Université, refuse de donner des détails à ce sujet. Ce poste servira à mettre en application la loi ontarienne sur l’accessibilité pour les personnes handicapées adoptée en 2005. Cette loi préconise que tous les bâtiments établis dans la province devront être entièrement accessibles d’ici 2025. Dans un document remis à La Rotonde l’année dernière, on retrouve tous les travaux majeurs que le Service des immeubles juge prioritaires. Il y est indiqué que la Salle académique de l’édifice Séraphin-Marion, les pavillons Hagen et Tabaret ainsi que le 585 et le 600 rue King Edward sont inaccessibles. Ces établissements devront être munis d’une rampe et d’un ascenseur lorsque le financement le permettra. Lors d’une récente entrevue accordée à La Rotonde, Yolaine Ruel, chef du Service d’accès, admettait qu’il existe un plan pour régler les problèmes de la Salle académique et du pavillon Hagen. Toutefois, les fonds nécessaires à la création de cette stratégie ont été réaffectés afin de donner naissance au pavillon Desmarais. Les étudiants s’en chargent Les étudiants en détresse peuvent toujours faire appel au Centre des étudiants handicapés de la Fédération étudiante (FÉUO). Ce centre se consacre entièrement à aider les étudiants handicapés à circuler et à coexister sur le campus. Les services offerts par le CEH vont permettre d’aider un étudiant

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aveugle à s’orienter au travers des installations, jusqu’à élever une chaise roulante au sommet d’un escalier. Virginie Corneau St-Hilaire, coordonnatrice du CEH, soulève qu’un retard causé par un problème d’accessibilité à l’Université est bien moins pardonné qu’une visite chez le médecin. « Dire à un prof que tu n’as pas pu te rendre à ton cours pour des raisons d’accès (neige, bouton d’ascenseur), cela ne se documente pas si bien », dit-elle. Le Centre soulève cependant un manque de bénévoles. Seulement deux employés siègent au petit local au deuxième étage du Centre universitaire. Corneau St-Hilaire espère qu’un service universitaire va bientôt être offert aux étudiants. Selon elle, ce dossier devrait être administré par l’Université, puisqu’il s’agit de ses installations qui posent problème à certains étudiants. « Je trouve sérieusement déplorable qu’ils aient cédé un tel projet », admet-elle. « Tout va bien pour l’instant, mais on va être débordés cet hiver à cause de la neige. » Virginie souligne que plusieurs étudiants handicapés arrivaient en retard à leurs cours ou examens parce que le déneigement se faisait trop lentement. Un étudiant aurait passé toute la fin de semaine enfermé dans sa résidence parce que la neige l’empêchait de sortir. Problèmes techniques majeurs Certains nouveaux établissements posent aussi problème. C’est le cas du pavillon Desmarais, où se trouvent les bureaux de l’Association des étudiants et étudiantes en politique internationale et développement (AÉÉPID). Les serrures des portes vitrées se trouvent près du plancher. Les personnes avec handicap physique sont donc forcées de demander de l’aide pour verrouiller ou déverrouiller leur porte. « C’est bizarre que ce soit comme cela, parce que c’est un nouveau bâtiment », dit Faris Lehn, président de l’AÉÉPID. « On ne peut pas confier notre clef à un bénévole handicapé parce qu’il ne pourrait pas barrer la porte ! », ajoute-t-il.

Les nouveaux comptoirs de recyclage situés au Centre Universitaire. Le taux de détournement actuel des déchets vers le recyclage et la réutilisation, à l’Université d’Ottawa, est estimé à 50%. Ayant pour but augmenter ce taux à 60%, la communauté universitaire regorge d’initiatives. Pour Brigitte Morin, coordonnatrice du recyclage au Service des immeubles, le plus grand défi reste néanmoins celui de la promotion et de la sensibilisation: «À cause du roulement d’étudiants, c’est à recommencer chaque année». Nouveaux comptoirs de recyclage Dotés d’affiches d’une couleur différente pour chaque matière recyclable avec des symboles plus clairs, de même que d’un réceptacle pour les liquides, ces nouveaux comptoirs devraient notamment permettre de réduire la contamination dans les bacs et favoriser une meilleure séparation des matières. Il ne sera donc plus nécessaire de séparer les contenants de verre des autres contenants. Les poubelles extérieures ne seront plus solitaires très longtemps, puisqu’une vingtaine de bacs de recyclage devraient leur être jumelés sous peu. «En principe, tout est recyclable»

C’est ce qu’affirme Jonathan Rausseo, coordonnateur du développement durable au Service des immeubles. Outre le recyclage domestique auquel participe l’ensemble de la communauté universitaire et qui vise le papier fin, les fibres mixtes, les piles et les contenants de plastique, d’aluminium, d’acier et de verre, l’Université recycle aussi, quoique seulement à l’interne, les métaux, la peinture, les huiles de friture, les ampoules fluocompactes et les pneus, pour n’en nommer que quelques-uns. Le Service de raccompagnement collecte aussi les cartouches d’encre et la Banque alimentaire, les cellulaires. Du côté de l’Association des étudiants en droit environnemental, une autre collecte des déchets électroniques est prévue pour le printemps prochain. Rausseo rappelle toutefois que le recyclage devrait être le dernier recours, juste avant le rebut « parce que le processus de recyclage consomme presque autant d’énergie que la fabrication de produits à partir de matériaux non recyclés». De plus, les matériaux sont aussi soumis aux lois de l’économie. S’il est plus abordable de fabriquer à partir d’un matériau neuf, il y aura peu de demande pour le même matériau recyclé, et donc aucune incitation pour le recyclage de celui-là. D’où l’importance de réduire à la source et de réutiliser.

Photo Joanie Demers

Deux «R» trop souvent négligés La Gratuiterie, résultat des efforts concertés de la FÉUO et du Service des immeubles, est un nouveau magasin d’articles usagés à donner. Brigitte Morin invite les étudiants à y apporter les objets dont ils ne se servent plus, des vêtements, des choses qu’ils pensent que d’autres voudront utiliser. En attendant d’emménager dans un local permanent, la Gratuiterie aura lieu dans l’Agora du Centre universitaire une fois par mois, sauf pendant les Semaines vertes, où elle aura lieu une fois par semaine. Par ailleurs, les Gratuiteries de la Semaine 101 et des 22 et 29 septembre derniers ont connu un certain succès et ce, malgré le peu de publicité qui a été faite à cette date. Une autre nouvelle initiative consiste à récupérer et réutiliser les ameublements de bureau désuets sur le campus. Dans l’ordre de priorité, précise Morin, les différents services de l’Université, les nouveaux employés, les étudiants et, finalement, la communauté peuvent acquérir gratuitement des meubles usagés qui seraient autrement envoyés au rebut. L’ameublement doit être renouvelé régulièrement au fil des ans pour différentes raisons ce qui génère de grandes quantités de meubles désuets.

Réunion de bénévoles La Rotonde tient sa rencontre bihebdomadaire de bénévoles ce mardi, 7 octobre, à midi. Venez rencontrer l’équipe de rédaction au 109 Osgoode.

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le 6 octobre 2008

LAISSEZ-PASSER UNIVERSEL OTTAVIEN

Parmi les plus chers au Canada Même avec son coût élevé, le projet ferait tout de même économiser de l’argent aux utilisateurs fréquents d’OC Transpo. Philippe Tesceira-Lessard Les négociations qui ont lieu entre la FÉUO et l’OC Transpo devraient déboucher sur l’un des laissez-passer universels les plus chers du Canada. En effet, les frais de 125$ facturés par session à toute la population étudiante placeront l’Université en tête de liste dans ce domaine. Ce sont les étudiants eux-mêmes qui lors d’un référendum en 2007 ont donné de le mandat à la FÉUO de négocier un laisser-passer universel à un prix maximal de 125$. L’Université Carleton s’est récemment joint aux négociations. Les étudiants devront se prononcer en référendum sur ce sujet encore cette année. Sur les onze ententes répertoriées pour des établissements universitaires y ayant adhéré, la moyenne est plutôt de 73,84$, soit près de la moitié du coût du Laissez-passer négocié par la FÉUO. Dean Haldenby, autrefois impliqué dans le comité référendaire du OUI et maintenant président de la Fédération étudiante, se défend bien d’avoir proposé une facture salée aux étudiants. «Le service de l’OC Transpo est l’un des plus avancés au Canada, et même en Amérique du Nord» soutient celui qui est maintenant en charge des négociations. Cela justifierait les coûts de mise en fonction et de maintien du système qui se reflètent sur la contribution demandée. En bas de la liste des ententes de Laissez-passer universel, on retrouve l’Université de Calgary (50$ par semestre) ainsi que l’Université de St.Mary, à Halifax (57,50$ par semestre). Le directeur général du

syndicat étudiant de cette dernière, Robert Finn, ne tarit pas d’éloges sur son partenariat à bas coûts. «Nous avons un très bon service. De plus, Metro Transport Halifax s’était engagée à créer de nouveaux parcours pratiques pour les universitaires et à y consacrer un nombre croissant d’autobus». Même s’il ne peut présenter de chiffres sur le sujet, Robert Finn affirme qu’il est évident que le nombre d’usagers des transports en commun a augmenté parmi les étudiants. La formule magique de ce très bas prix ? Selon Finn, « revenue offsetting ». En pratique, cela consiste pour le réseau de transport à accepter qu’elle ne fera pas de profit avec la population étudiante. Elle ne fait qu’étendre les revenus normalement tirés de la vente d’abonnement à des étudiants sur l’ensemble de ceux-ci. Même avec le coût le plus élevé au Canada pour les grandes universités, le projet ferait tout de même économiser de l’argent aux utilisateurs fréquents de OC Transpo. De fait, en faisant absorber leur abonnement par l’ensemble de la population étudiante, ces usagers des transports en commun verront passer leur facture semestrielle de 271,90$ (avec la carte Student express actuelle) à 125$ prélevés sur leurs frais afférents obligatoires. Il faut se rappeler que la proposition de 125$ est celle de la FÉUO, après un référendum où 2481 étudiants ont soutenu la proposition. Les étudiants donnaient le mandat à leur syndicat étudiant de négocier le meilleur service pour ce prix.

Les négociations déraillent Par ailleurs, La Rotonde a appris que les négociations entre la FÉUO et OC Transpo, le réseau de transports en commun d’Ottawa, étaient récemment en grande difficulté. Alors que la FÉUO a reçu un mandat de ses étudiants pour négocier un laissez-passer à 125$ par semestre, le gestionnaire des transports en commun calculait à 198$ le coût minimal par étudiant afin de récupérer des revenus semblables. «C’est malheureux, leur décision» affirme Dean Haldenby, président de la FÉUO. Le grand partisan du projet de Laissez-passer universel pour étudiants déclare par ailleurs avoir la conviction que l’OC Transpo gonfle ses chiffres et qu’il ne leur en coûte pas vraiment 198$ par étudiant : «On sait que ce n’est pas aussi cher pour eux». Devant le refus d’OC Transpo, la FÉUO a décidé de s’adresser au conseil municipal afin que celui-ci l’appuie dans sa démarche. Pour ce qui est de la Société de transport de l’Outaouais, Dean Haldenby s’est toujours montré confiant. « Une fois qu’on aura obtenu un bon prix avec OC Transpo, la STO suivra », a-t-il affirmé lors du dernier conseil d’administration de la FÉUO. La ville d’Ottawa et OC Transpo, pour leur part, se bornent à affirmer qu’un rapport concernant le laissez-passer universel d’Ottawa sera remis au Comité municipal du transport en commun le 15 octobre prochain. La ville n’a pas voulu dévoiler le contenu de ce rapport, qu’elle rendra disponible une semaine avant la remise sur son site internet.

Avez-vous reçu vore invitation ?

Golden Key Société internationale de l’honneurDivision de l’Université d’Ottawa Venez nous voir à notre BBQ qui se déroulera le jeudi 23 octobre 2008 à l’extérieur de la bibliothèque Morisset!

www.goldenkey.uottawa.ca

Le journalisme vous intéresse? La Rotonde recrute des bénévoles! info@larotonde.ca Prix du laissez-passer universel dans les principales universités canadiennes y ayant adhéré.

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le 6 octobre 2008

ÉLECTIONS 2008 » DOSSIER SPÉCIAL

Actualités

Écarter l’économie du pouvoir

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Eric Martin Doctorat en pensée politique, Université d’Ottawa a Rotonde propose cette semaine un dossier sur la campagne électorale 2008, ses acteurs et ses enjeux importants. Il importe de tracer le contexte politique et économique de la campagne et d’attaquer à tracer les contours des enjeux politiques, culturels et économiques de fond liés à la crise du système financier américain, dans une perspective d’analyse des tendances structurantes expliquant les origines de la crise et montrant la relative pauvreté en termes d’alternatives électorales offertes aux Canadiens. C’est dans un climat de crise et d’insécurité que se jouent les deux campagnes électorales étasunienne et canadienne. Le déraillement du système de l’économie financière ravive le débat sur le rôle de l’État dans l’économie. Près de dix ans après la bataille de Seattle, Américains et Canadiens sont appelés à choisir entre la fuite en avant du non-negociable-american-way-of-life énergivore de Bush père ou un virage majeur qui impliquerait de démocratiser l’économie. Voilà 40 ans que les dirigeants canadiens et américains organisent l’économie suivant les préceptes néolibéraux visant à abattre toute barrière qui entraverait la liberté des corporations et des marchés, nouveaux maîtres de l’économie auxquels devaient se subordonner les États. Les individus, sans égard à leur appartenance à une communauté politique et culturelle, devenaient des atomes en compétition pour offrir le « capital humain » le moins cher aux entreprises et maximiser la « création de richesse ». « There’s no such thing as a society, there are only individuals », pavoisait Thatcher. Les preuves se succèdent pour confirmer que le modèle néolibéral a échoué, d’abord au plan des inégalités matérielles qu’il génère. Il faut aussi relever sa violence vis-à-vis de l’environnement, qu’il exploite sans égard à son caractère fini, à sa fragilité, et à celle du vivant qui l’habite. Plus encore, il élimine les solidarités culturelles et les liens sociaux. En effet, l’idée du tout-marché refuse qu’il puisse y avoir un fondement commun à la société, ne considérant que l’échange économique entre des « agents » anonymes qui sont, en définitive, des étrangers les uns pour les autres. Cet effondrement du commun suppose l’éclatement du politique, c’est-à-dire de l’espace public où une identité peut rencontrer l’Autre sans l’écraser, pour décider des normes du vivre-ensemble. On assiste alors à un repli des identités sur elles-mêmes et à leur affrontement

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destructeur, une guerre de tous contre tous menée à travers la compétition économique, le soi-disant « choc des civilisations » et la « guerre au terrorisme ». Canadiens et Étasuniens peuvent être tentés, à cause de l’insécurité résultante, de faire confiance à des partis dirigés par des hommes forts ou des dames de fer, promettant de faire battre l’ennemi en retraite, de ramener la sécurité des valeurs d’antan, de relayer la colère populaire ou de faire vivre à nouveau le sentiment de la vertu publique et de la fierté militaire. Mais cela ne changera pas l’organisation de l’économie, ni la capacité des citoyens à choisir le type de société et de mode de production qu’ils veulent. On ne signera pas Kyoto, mais plutôt l’AMI ou la ZLÉA, derrière des portes closes. Avant de restreindre les entreprises, on visera le comportement des individus. À terme, « sauver le capitalisme » et « développement durable » voudra sans doute dire : des îlots de gated communities privilégiées dans des océans de bidonvilles pollués, sorte de dictature écologique policée pour une humanité « à deux vitesses », déchirée par la violence ou pacifiée par le contrôle. Canadiens et Américains pourraient exiger une véritable démocratie où les décisions importantes comme l’organisation de la production et la distribution de la richesse ne sont pas aux mains de l’élite ou de cartels monopolistiques, mais dans celles des gens ordinaires. Peut-être alors serait-il moins question de compétition, et plus de coopération, dans le respect de la nature et du monde commun. Hélas, même la pensée des partis dits « de gauche » reste trop souvent enfermée dans les catégories de la compétitivité, et timide lorsqu’il s’agit de remettre l’économie capitaliste à sa place, ce qui pourrait bien vouloir dire inventer autre chose. On est loin d’une alternative concrète, et ceci malgré l’urgence. Pour l’heure, le NPD et le Parti Vert proposent plus de la gestion alternative qu’une véritable réorganisation de l’économie, pourtant nécessaire. En effet, nous avons la responsabilité d’arrêter le progrès avant qu’il ne nous arrête, c’est-à-dire de retrouver, contre toutes les machines à produire de la valeur et de la barbarie, ce que veut dire « société » : refaire le monde avant qu’il ne se défasse, pendant que nous sommes encore là. Cesser de voter pour l’économie. Mettre au pouvoir notre histoire, nous élire, « nous-même et notre irremplaçable vie ».

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le 6 octobre 2008

ÉLECTIONS 2008 » ENTREVUES

Ottawa-Vanier : 35 ans de règne libéral Ottawa-Vanier s’étend du Canal Rideau jusqu’à Green’s Creek dans l’est de la ville et compte au-delà de 80 000 électeurs inscrits. Dans le cadre du dossier sur les élections fédérales 2008, La Rotonde a rencontré les quatre principaux candidats de cette circonscription ainsi que le député du Bloc Québécois dans Gatineau. Entrevues réalisées par Jean-Pierre Lester, Céline Basto et François-Olivier Dorais

Ancien président de la FÉUO, Mauril Bélanger est le candidat du Parti libéral, qui représente la communauté depuis 13 ans. Cela fait maintenant 13 ans que vous représentez Ottawa-Vanier. Pour ces élections, qui vous menace ? C’est l’apathie. Moi, quand j’entends : « Mauril, t’es certain de gagner », cela m’inquiète, je ne considère rien comme acquis. Quand les gens me disent : « Tu vas gagner, mais je ne serai pas là le jour du vote », je m’assure qu’ils aillent voter tout de suite.

Mauril Bélanger

Les autres candidats disent que, depuis 13 ans, il n’y a pas eu de changements dans Ottawa-Vanier, que ce soit au niveau de la pauvreté ou de la prostitution. Qu’avezvous à leur dire ? Je les invite à aller parler aux associations qui offrent des services communautaires et ils verront que ce n’est pas le cas. Le chômage a diminué de façon considérable dans notre région, comme partout au Canada. La pauvreté, le crime ont diminué. On a l’hôpital Montfort qui a été sauvé en partie grâce aux efforts des élus et on a créé le théâtre de la Nouvelle scène, je peux vous

citer un nombre d’institutions qui ont été créées et qui sont en voie d’êtres créées en passant par l’Université d’Ottawa, où le gouvernement fédéral a eu un rôle majeur à jouer. La majorité des étudiants aimerait devoir payer moins de frais de scolarité. Que proposez-vous afin d’améliorer l’accessibilité à l’éducation post-secondaire ? Nous proposons de créer un fonds de 25 milliards de dollars, qui génèrera 300 000 bourses chaque année, de donner 1000 dollars par année aux étudiants. Pour les étudiants dont les parents sont assez riches, on leur propose un prêt de 5 000 dollars par année. Nous sommes le seul parti qui s’engage à augmenter de façon sensible les crédits qui vont au conseil de recherche, soit en génie, soit en sciences sociales. On ne peut pas dire que c’est une juridiction exclusive au provincial parce qu’effectivement, le gouvernement fédéral participe très activement. Au niveau post-secondaire, on a un rôle direct dans

le régime fiscal, comme les déductions d’impôts, un régime de prêts et bourses national et un impact direct sur la recherche et le développement. Ottawa-Vanier est considéré comme le bastion de la francophonie en Ontario. À quoi peut s’attendre cette communauté si vous êtes élu ? La représentation qu’ils ont eue. Vous allez parler aux francophones d’Ottawa-Vanier, ils savent que Mauril Bélanger, en tant que ministre responsable des langues officielles, en tant que porte-parole de son parti, a fait le travail et va continuer à faire le travail pour défendre la francophonie. En créant des institutions qui sont bien financées, que ce soit dans le domaine culturel ou social. La dualité canadienne, c’est une pierre angulaire de notre réalité, et si on ne la respecte pas, on met la demeure en péril. Je connais les communautés francophones, elles me connaissent, je pense, avec tout le respect, qu’elles savent qu’elles ont en moi un bon porte-parole.

Patrick Glémaud, candidat du Parti conservateur est un avocat et homme d’affaires, diplômé de l’Université d’Ottawa. La majorité des étudiants aimerait devoir payer moins de frais de scolarité. Que proposez-vous afin d’améliorer l’accessibilité à l’éducation post-secondaire ? Ce que nous pouvons faire en tant que gouvernement fédéral, c’est s’assurer que l’on transfère assez d’argent au provincial. On a eu un record, on a augmenté les montants de transferts au gouvernement provincial pendant les deux années de gouvernement conservateur. L’autre chose que l’on peut faire est de permettre aux étudiants à faible revenu d’avoir 250 dollars par mois pour pouvoir les aider dans les frais de scolarité. On va s’assurer que les étudiants ne paient pas plus de 20% de ce qu’ils vont gagner comme salaire. C’est de l’argent qui est déjà compté dans le budget en 2008. Les autres candidats parlent dans l’air, ils vont avoir des déficits. J’ai cette question à cœur parce que pendant mes sept ans à l’Université d’Ottawa, j’en ai vu de toutes les couleurs. Cela m’a pris huit ans pour payer mes frais. Une bonne partie des étudiants habite

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dans Ottawa-Vanier. Localement, où seront mises vos priorités? Dans Ottawa-Vanier, c’est la question du pont qui sort sur King-Edward proche du campus. Cela fait 35 ans qu’on a des gouvernements libéraux dans Ottawa-Vanier et il y a toujours des recherches mais aucune solution. Je pense que c’est le temps de le résoudre. Si je suis élu, je veux creuser la première pelletée de terre. Je veux que ce soit loin des maisons, plus vers l’Est, où il y a l’aéroport de Gatineau. Il y a des questions de sécurité, les maisons de vente de crack, la question de la prostitution. C’est fini. On en a assez. Il faut parler avec les élus municipaux, avec les gens qui sont responsables. Il faut prêter attention à ces gens-là. Aller voir ces genslà et leur dire qu’eux aussi comptent. Je me rends dans plusieurs quartiers d’Ottawa-Vanier, et ils n’ont jamais vu leur député libéral depuis 13 ans. Ottawa-Vanier est considéré comme le bastion de la francophonie en Ontario. À quoi peut s’attendre cette communauté si

vous êtes élu ? Je pense que la nature francophone de l’Université d’Ottawa est très importante. Je ne dirais pas qu’il y a un besoin de ramener plus de Français mais rappeler sa tradition francophone. Il faut donner le goût aux étudiants francophones mêmes que ce n’est pas un handicap de faire ses études en français. On a des francophones qui vont étudier en anglais parce qu’ils pensent que c’est plus facile dans le marché du travail. Moi, je dis non. Apprenez dans votre langue maternelle et créez des emplois en français. La situation à Ottawa commence à devenir alarmante. On a des députés libéraux qui se disent prêts à défendre la langue française. Mais pour protéger cette langue-là, il faut qu’elle soit vive économiquement parlant. Il faut que des francophones créent des entreprises. Mauril Bélanger les a complètement délaissés. Il s’est basé sur les droits linguistiques francophones et non pas le pouvoir et la capacité francophone.

Patrick Glémaud actualites@larotonde.ca


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le 6 octobre 2008

Membre d’Action Côte-de-Sable, en plus de soutenir la section Vanier de l’Association of Community Organizations for Reform Now (ACORN), Trevor Haché, candidat NPD, vit dans la Côte-de-Sable depuis cinq ans et résidait auparavant à Vanier. La majorité des étudiants aimerait devoir payer moins de frais de scolarité. Que proposez-vous afin d’améliorer l’accessibilité à l’éducation post-secondaire ? En Ontario, la position du NPD est que nous aimerions que l’éducation soit gratuite au Canada et il n’y a pas de raison pour laquelle dans un pays aussi riche que le Canada l’éducation n’est pas gratuite. Le fédéral doit faire plus de transferts au provincial. C’est juste une question d’élire un gouvernement qui met une priorité. L’éducation est un droit. Le Canada est un des seuls pays de l’OCDE qui n’a pas de ministre de l’Éducation au fédéral. Le NPD veut que les troupes partent de l’Afghanistan immédiatement. En 2011, on aura dépensé 22 milliards de dollars. Une partie de l’argent devrait être utilisé dans le financement de l’éducation. L’autre grande partie viendrait des coupures des taxes aux corporations que les libéraux et les conservateurs ont soutenues : 51,7 milliards de dollars. Cela ne se ferait pas du jour au lendemain puisque nous voulons un budget équilibré mais à

la longue, ce serait faisable. La FCÉÉ a sorti une évaluation sur les plateformes des partis en ce qui a trait à l’éducation post-secondaire et le NDP a eu la meilleure note. Une bonne partie d’étudiants habitent dans Ottawa-Vanier. Localement, où seront mises vos priorités? L’avenue King-Edward est un problème pour les étudiants à l’Université d’Ottawa. C’est maintenant une extension d’une autoroute de six voies qui passe dans un milieu résidentiel. Je pense qu’il faudrait le réduire à quatre voies, on devrait installer des pistes cyclables, des arbres, et des passages piétons sécurisés. Le plan n’inclut pas des pistes cyclables pour moi c’est ridicule et irrationnel. On devrait mettre des pistes cyclables, plus d’arbres, un passage piétons sécurisé. La pauvreté, que ce soit des étudiants qui graduent avec des dettes de plus de 20 000 dollars, des mères célibataires. Le NPD propose de donner 400 dollars par mois, par enfant si le revenu des parents combiné est de moins de 38 000 dollars. Un enfant sur huit dans ce pays vit dans la

pauvreté, cinq millions de Canadiens n’ont pas de médecin de famille. Ce sont des priorités. Il existe une vaste communauté francophone dans Ottawa-Vanier et vous n’êtes pas en mesure de parler français. Pensezvous que cela pose un problème ? Quand je parle de mon histoire aux francophones, je pense qu’ils sont compréhensifs. Bien que ma mère soit acadienne, je n’ai pas été élevé dans un milieu francophone, on habitait dans un village proche de Toronto où il n’y avait pas de Français. Mais je suis en train de travailler mon français. J’ai pris des leçons avant la campagne et durant la campagne je suis toujours accompagné de francophones qui m’aident à faire le porte-àporte, j’en apprends beaucoup. La vaste majorité est contente quand je fais l’effort de dire bonjour en français et quand je me présente dans leur langue. Les gens sont contents quand ils entendent que je m’engage à défendre leurs enjeux, que je sympathise avec eux et que je comprends ce qu’ils sont.

Trevor Haché

Professeur d’économie pendant plus de 20 ans à l’Université d’Ottawa, le candidat du Parti vert Akbar Manoussi s’était présenté aux élections fédérales de 2007.

Akbar Manoussi

La majorité des étudiants aimerait devoir payer moins de frais de scolarité. Que proposez-vous afin d’améliorer l’accessibilité à l’éducation post-secondaire ? Le meilleur investissement que n’importe qui doit faire, c’est l’accès à l’Université. Chacun devrait avoir droit à l’accès à l’enseignement postsecondaire. Plus les gens sont éduqués, plus on a de l’expertise dans ce pays. Les gens qui n’ont pas accès à l’éducation sont les pauvres. Le gouvernement veut couper les taxes aux corporations : 51 milliards de dollars pour ceux qui ont déjà l’argent. Il faudrait prendre cet argent et donner aux familles dans le besoin. S’ils ont accès à l’éducation, ils auront plus d’opportunités. Quand les gens ont faim, ils volent et continuent dans la misère. D’autres problèmes sociaux en découlent : la pauvreté, la drogue, la prostitution. Si nous n’investissons pas aujourd’hui dans des personnes à risque de devenir criminels, ils deviennent un plus grand poids pour la société plus tard. Est-ce mieux investir 80 000 dollars par an par personne dans les prisons ou 20 000 dollars

en éducation ou pour créer des petites entreprises ? Il faut aller à la source du problème. La base des problèmes de la communauté est l’accès à l’éducation. Tous les paliers du gouvernement, fédéral, provincial et municipal doivent cibler les problèmes et investir dans les bons domaines, bourses, prêts, etc. Il faut assurer la coordination entre tous les paliers. Une bonne partie des étudiants habitent dans Ottawa-Vanier. Localement, où seront mises vos priorités? La ville veut faire traverser une autoroute allant de Saint-Laurent qui passe par Rockliffe jusqu’à Gatineau. Il n’y a même pas de consultation auprès de la population. De plus, cela se fait sans s’attarder sur les conséquences environnementales, de bruit, de pollution. Il y a beaucoup des résidences dans cette zone. C’est une question d’environnement et donc de santé. C’est un problème qui affecte directement les gens et il faut les consulter.

Nous avons aussi un problème de pauvreté. Nous avons Rockliffe, avec les maisons les plus chères au Canada, nous traversons l’avenue Beechwood et nous avons Vanier où il y a les maisons les plus pauvres et les problèmes de drogue et de prostitution. La source du problème de cette communauté est la pauvreté. Il faut les aider et investir. Le Parti vert veut redonner la dignité humaine et la justice sociale à ces gens-là. Il faut investir dans l’éducation pour sortir les gens de la misère et de la criminalité. Il existe une vaste communauté francophone dans Ottawa-Vanier et vous n’êtes pas en mesure de parler français. Pensezvous que cela pose un problème ? La communauté francophone est très forte dans Ottawa-Vanier. Dans la communauté, il y a une relation entre les francophones et les anglophones, on partage les églises ou les mêmes valeurs. C’est une communauté très riche et importante dans ma circonscription.

Député fédéral de son parti depuis 2006, Richard Nadeau, qui en est à sa quatrième campagne, est le candidat du Bloc québécois dans Gatineau La majorité des étudiants aimerait devoir payer moins de frais de scolarité. Que proposez-vous afin d’améliorer l’accessibilité à l’éducation post-secondaire ? Ce sont cinq milliards de dollars qui ne sont pas transférés aux provinces. Le déséquilibre fiscal n’est pas réglé, donc les solutions sont difficiles pour les provinces qui n’ont pas d’argent dans leurs coffres. La volonté politique des gouvernements provinciaux est là. Mais il leur manque les outils. Et le fédéral aime s’immiscer dans les affaires des provinces. On se souvient des conservateurs retirant la bourse du millénaire au lieu de la donner au Québec, pour permettre à son système de prêts et bourses d’être mis à niveau. Bien que les universités aient des statuts indépendants, elles se retrouvent avec les mains liées. Le Bloc québécois va continuer à cogner les clous des transferts, qui doivent se faire pour que le post-secondaire puisse avoir une part qui lui revient de droit depuis déjà longtemps. Nous avons des étudiants qui habitent

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à Gatineau. Localement, où seront mises vos priorités ? Il y a le dossier du 25/75. En 1983, le gouvernement Trudeau avait déterminé que, des 120 000 emplois fédéraux de la région Gatineau et Ottawa il y ait 25% des emplois du côté gatinois et le reste à Ottawa. En ce moment, on en est à du 20/80. Ce sont 300 millions de dollars par an qui n’entrent pas à Gatineau. Il y a 27 centres de recherche à Ottawa et aucun à Gatineau. Ces 27 centres apportent du développement au niveau des petites et moyennes entreprises qui s’établissent autour de ces centres. Si on avait notre part du 25-75, on en aurait au moins sept. C’est du développement économique qui n’existe pas et qui se doit d’exister. Il faut aussi développer le triangle de l’autoroute 50 pour relier Mirabelle, Tremblant, Gatineau avec le lien Montréal pour garnir nos parcs industriels. Ce sont des éléments de développement économique majeurs, parce que, pour moi, Gatineau n’est pas un quartier d’Ottawa. L’université d’Ottawa est la plus grande université bilingue au Canada. Comment

décrivez-vous la situation du français dans cette institution ? En 1978, lorsque je suis devenu étudiant, c’étaient environ 50% des étudiants qui étaient francophones. Aujourd’hui c’est 30% et ce ne sont pas tous qui s’expriment couramment en français. Pour moi, c’est une fraude quand l’Université d’Ottawa se dit bilingue. Si c’était une université vraiment bilingue, il n’y aurait pas de traductions, tout le monde comprendrait les deux langues. Mais je ne crois pas à la sincérité de l’administration. Quand tu fais la promotion du bilinguisme, tu oublies le français. Tu vas aller chercher des étudiants qui valent tant de dollars par année. Parce que tu te déclares bilingue, Patrimoine canadien verse environ 20 millions de dollars par année pour faire la promotion de cette institution minoritaire. Ce n’est pas un péché, mais de l’autre bord de la rive, l’UQO n’a pas un sou. L’authenticité du fait français diminue et je ne vois pas la volonté de faire le contraire. Mais c’est aux Franco-Ontariens de mener cette bataille-là.

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ÉLECTIONS 2008 » OPINIONS

Je ne voterai pas pour...

Cinq étudiants de l’Université d’Ottawa expliquent pourquoi ils ne voteront pas pour l’un des cinq grands partis de la présente campagne électorale.

Pourquoi je ne voterai pas PCC Marianne St-Jacques En tant que femme franco-ontarienne évoluant dans le milieux des arts, il serait absurde pour moi de voter pour le Parti conservateur lors des prochaines élections. Les raisons à cet effet sont nombreuses : rappelons que Stephen Harper a aboli le programme de contestations judiciaires dont se servaient les francophones minoritaires du Canada pour faire valoir leurs droits linguistiques. C’est d’ailleurs grâce à ce programme que nous avons pu sauver l’hôpital Montfort. Rappelons également que le gouvernement conservateur a retiré la recherche d’égalité des femmes du mandat du ministère de la condition féminine. Ces deux raisons

suffiraient à elles seules à détourner mon vote. Les dernières coupures dans le financement des arts sont ma première préoccupation. L’attitude des conservateurs à cet effet est d’ailleurs révoltante. Que penser d’un homme qui affirme que l’art n’intéresse que les élites ? Forcément qu’il est inculte. Sa tentative de moraliser les productions artistiques canadiennes et de ne pas financer les programmes qu’il n’aime pas (pour des raisons personnelles) nous indiquent clairement que son gouvernement est rétrograde et anachronique. De la part d’un leader qui s’est fait élire en promettant un gouverne-

ment intègre, responsable et redevable, les actions scandaleuses à cet égard ne manquent pas : le gouvernement a ignoré toutes les recommandations du rapport Gomery. Les médias parlementaires n’ont plus accès à la sortie du caucus. De même, la nomination au Sénat et au cabinet de Michael Fortier, ami d’Harper et directeur de sa campagne au à la chefferie du PC, est un geste illégitime et irresponsable. Enfin, rappelons que les conservateurs sont toujours sous enquête criminelle pour dépenses électorales illégales lors des dernières élections. Il y a aussi l’affaire Cadman. Tous ces exemples illustrent parfaitement la corruption du parti.

Pourquoi je ne voterai pas PLC Sonia Noreau On m’a demandé pourquoi je ne soutiens pas les libéraux. Comment le pourrais-je ? Comment pourraisje soutenir un parti qui a violé les règles les plus élémentaires de la démocratie lors du référendum de 1995 ? Pourquoi continuer d’encourager leurs complaisances dans Hull-Aylmer, mon comté, où ils agissent, sous prétexte que c’est une forteresse libérale, comme si nos votes leur appartenaient et comme si ma représentation au Parlement leur était due ? Mais, outre leur pitoyable performance en chambre à titre d’opposition officielle, qui mé-

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riterait un article à elle toute seule et que je ne peux pas détailler au complet faute d’espace, comment passer outre les années de mauvaise gouvernance libérale ? Est-il possible d’oublier le scandale des commandites, la loi sur la clarté ou tout simplement, plus récemment pour les naïfs qui croient à la rédemption des libéraux, les propos de Simon Bédard, candidat libéral dans la circonscription de Québec, au sujet de la crise d’Oka ? Comment pardonner la lâcheté carriériste de Stéphane Dion, qui a joué au chat et à la souris avec Stephen Harper, soutenant un budget que personne (pas même lui) ne vou-

lait, seulement par opportunisme politique ? Où est le courage politique du chef du Parti libéral ? Ne comprend-t-il pas que son siège à la Chambre des Communes n’est pas un dû et qu’au contraire, il a un devoir envers la population qu’il représente ? Comment peut-il faire passer ses propres préoccupations électorales avant les gens qu’il est censé représenter ? Que penser d’un parti qui élit Stéphane Dion comme son chef ? Outre le fait que le chewing-gum sous ma chaussure gauche a plus de charisme que lui, peut-on réellement penser que cet homme puisse nous représenter sur la scène internationale ?

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le 6 octobre 2008

Pourquoi je ne voterai pas NPD Caterina Corazza Mes opinions sur les différents enjeux concernant le Canada diffèrent trop des politiques proposées par le Nouveau Parti démocratique (NPD). D’abord, on dit que les affaires étrangères n’affectent généralement pas les élections fédérales, mais je suis en désaccord avec le NPD concernant la mission en Afghanistan. Je crois que le Canada devrait y être impliqué militairement, tandis que le NPD propose un retrait immédiat des troupes. Sur le plan environnemental, le NPD adopte une approche trop populiste, puisqu’à plusieurs reprises, j’ai entendu Jack Layton, chef du parti, affirmer qu’il faut « faire payer les pollueurs ». Dans la pra-

tique, cela signifie « taxer les riches », et Layton s’est fait critiquer à maintes reprises pour cette approche. Pour les compagnies, l’investissement dans certaines technologies écologiques est difficile à soutenir, alors il faudrait obliger celles-ci à dépenser pour innover, et non pour renflouer davantage les coffres de l’État. Plus que cela, la lutte contre la dégradation environnementale nous concerne tous, les Canadiens riches comme les pauvres, et chacun peut et doit faire sa part. Le NPD a été historiquement opposé à l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA), et le parti souhaite toujours rouvrir les négociations. Cependant, l’ALÉNA a bénéficié au Canada, dont l’économie dépend du commerce avec les États-

Unis. Enfin, dans une situation économique difficile, on se rappelle que le NPD n’a jamais dirigé le pays. De plus, les sondages indiquent que le soutien populaire du NPD est faible, son électorat étant également plutôt dispersé, ce qui rend l’obtention de sièges plus difficile. Le parti risque alors d’être confiné au rôle de tribune. Sur le plan de la politique sociale, le NPD a beaucoup à contribuer, puisqu’il a déjà influencé le Parti libéral, sous l’ancien premier ministre Paul Martin notamment. Pour cette raison et d’autres, je suis pour une coalition avec les libéraux, afin d’empêcher les Conservateurs de former le gouvernement.

Pourquoi je ne voterai pas Vert Mathieu Gohier D’emblée le Parti Vert m’inspire une certaine sympathie. Après tout, quand on pense à un membre ou un candidat du PV, on a en tête un gentil-ami-de-la-terre un peu grano sur les bords qui voudrait bien sauver les baleines et éliminer les gaz à effet de serre (GES). L’idée en soi est bonne, et je dirais même nécessaire. Là ou cela accroche, c’est qu’à mon sens le PV représente plus un groupe de pression, ou un lobby, qu’un véritable parti politique. Surtout lorsque l’on sait que la chef du PV, Elisabeth May, fut directrice exécutive du Sierra Club, un des plus importants lobbies écologistes au Canada, de 1989 à 2006. Selon moi, l’environnement doit composer un des éléments d’une plateforme et

non pas sa base. La protection de l’environnement n’est pas une fin en soi. Même si les Verts ont développé une plateforme plus complète, il demeure que la protection de l’environnement est le point commun des éléments du programme. Selon moi, un développement durable se pratique à travers l’ensemble des politiques et des orientations d’un gouvernement. Être vert est une façon d’agir, de gérer et d’administrer, mais pas un dogme. Dans un tout autre ordre d’idée, je ne me vois pas accorder mon vote aux Verts pour la simple et bonne raison que le candidat dans ma circonscription (Gatineau), David Inglis, n’affiche pas sa biographie et sa présentation sur le site du PV en français. De toutes les circonscriptions de l’Outaouais québécois, Gatineau est de loin la plus franco-

phone ! Dans Hull-Aylmer ou même dans Pontiac, les candidats ont eu la décence de se présenter en français sur le site du PV. Pour un parti qui souhaite être pris au sérieux, cela fait plutôt amateur. Vérification faite, M.Inglis n’est pas le seul candidat du PV à avoir oublié que le français est la langue officielle du Québec. Les candidats dans Laurier-SainteMarie (Montréal), Lac-Saint-Louis (banlieue montréalaise) et d’autres ne se présentent sur le site du Parti Vert que dans la langue de Shakespeare. Si je ne considère pas le Parti vert digne de mon vote, je reconnais toutefois que celui-ci pousse les autres partis à se démarquer en matière d’environnement.

Pourquoi je ne voterai pas Bloc Dominik Marchand

Publicités réalisées par des étudiants dans le cadre d’un cours de design graphique de Nelu Wolfensohn, à l’UQÀM.

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Pourquoi je ne voterai pas pour le Bloc? Parce que je ne suis pas indépendantiste. Bon… On me dira qu’il est tout à fait justifié de voter pour le Bloc québécois même si on ne soutient pas la cause de la séparation du Québec. C’est vrai. Je suis l’une de ces personnes qui croient que la présence du Bloc à Ottawa a contribué au bon fonctionnement de la Fédération canadienne. Dans un contexte différent, j’aurais même pu être tenté par le Bloc, mais aujourd’hui plusieurs raisons m’amènent à regarder ailleurs. Tout d’abord, un vote pour le Bloc est principalement un vote d’opposition. Évidemment, puisque Gilles Duceppe ne peut prendre le pouvoir, il a le champ libre pour critiquer tous les partis nationaux sans

trop avoir de comptes à rendre. Il va sans dire que Duceppe est devenu un as de la rhétorique après plus de 10 ans comme chef d’un parti d’opposition. Il a su capitaliser sur l’échec de Meech et des accords de Charlotettown et plus récemment sur le scandale des commandites. Mais le chef et le parti s’essoufflent. Qu’arrive-t-il une fois que la poussière est retombée et que la grogne populaire a disparu ? On joue sur les insécurités des gens. Un parti ne peut survivre très longtemps de cette façon. Je préfère donner mon vote à un projet politique plutôt que de voter par contestation. Sinon, je crains que le Québec ne s’aliène davantage du reste du Canada. Le Bloc était à l’origine le « chien de garde » du PQ à Ottawa, voué à disparaître dès que la séparation du Québec serait chose faite. Le déclin

en popularité de l’idéologie souverainiste au Québec a accéléré la déchéance du parti. À tel point que plusieurs militants convaincus désertent le navire pour aller au Parti québécois. Maintenant, nous voici en face d’un parti qui a perdu ses repères. Gilles Duceppe considère que le Bloc est le seul parti à amener les consensus québécois à la Chambre des Communes. Mais peut-on vraiment parler de consensus ? La vague adéquiste observée lors de la dernière élection provinciale me porte plutôt à croire que la société du Québec est en crise d’identité. Bien que je soutienne plusieurs des politiques prônées par le Bloc, je retrouve les mêmes orientations sociales et environnementales chez d’autres partis. Voilà pourquoi je ne voterai pas pour le Bloc québécois.

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le 6 octobre 2008

SAGA RANCOURT

FCÉÉ-ONTARIO

Professeur suspendu L’Ontario s’active Le feuilleton Rancourt se poursuivait la semaine dernière, alors que le professeur apprenait sa suspension, sans solde, pour une journée. Irrégularités soulevées

Photo Francis Chartrand

Philippe Teisceira-Lessard La réunion du comité exécutif du Bureau des gouverneurs de l’Université, tenue à huis-clos, a pris la décision de suspendre Rancourt pour une journée, le 11 septembre dernier. 12 jours plus tard, soit le 23 septembre dernier, André Lalonde, le Doyen de la Faculté des sciences, avise le professeur de la décision dans une lettre précisant que «la décision était unanime». C’est la deuxième mesure disciplinaire prise à son endroit pour l’utilisation de photographies appartenant à l’université sur son blogue UofO Watch. Une lettre de discipline avait préalablement été ajoutée au dossier du professeuractiviste, constituant une première mesure disciplinaire.

En plus de se défendre sur le fond de la question, Rancourt attaque aussi l’administration sur la procédure entourant la décision. Il s’en prend en particulier aux actes de Pamela Harrod, secrétaire de l’Université. Il lui reproche carrément de se prendre pour le Bureau des gouverneurs et de s’approprier son pouvoir lorsqu’elle négocie avec lui. Il faut se rappeler que les modalités du témoignage de Rancourt à la réunion de ses juges furent l’objet d’une controverse. Alors que Harrod proposait cinq minutes de temps de parole et la présence d’un délégué syndical, le professeur réclamait trente minutes pour s’expliquer. Il tenait en outre à pouvoir choisir librement la personne qui l’accompagnerait, représentant syndical ou pas. Parce qu’il avait envoyé une invitation à un grand nombre de personnes (professeurs et autres), Rancourt s’est toutefois vu retirer le droit de se présenter à la réunion où la décision le concernant allait être prise. «Il y a clairement des anomalies», dit Rancourt, lorsque La Rotonde l’a interrogé sur le verdict. Pour lui, la réunion fut «tellement secrète qu’on ne peut savoir s’il y avait le quorum». «Ce serait à eux de clarifier», demande-t-il aussi. Tout ce dialogue de sourds se retrouve dans un échange de lettres rendues publiques par Rancourt lui-même. Les reproches y fusent, d’un côté comme de l’autre, sur un ton souvent acerbe, les courriels répondant aux lettres censées être personnelles et confidentielles.

Accusation et défense Appel Les faits reprochés par l’administration universitaire dans ce dossier demeurent les mêmes. Le professeur Rancourt est accusé de faire une utilisation non-réglementaire de photos appartenant à l’U d’O, réservées uniquement à une présentation positive de l’Université. «C’est orwellien !» s’insurge Rancourt, faisant référence au régime dictatorial et extrêmement contrôlé imaginé par l’auteur anglais dans son roman, 1984. En réponse à ceux qui l’accusent d’en faire une mauvaise utilisation, le physicien met en avant la responsabilité, pour les universitaires, de contribuer à une critique globale de la société et, par conséquent, de l’Université aussi.

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Avant même le prononcé de la sentence, Denis Rancourt avait déclaré son intention de faire appel de la décision à venir. Puisque le Bureau des gouverneurs constitue la plus haute autorité en matière de ressources humaines à l’Université, cette contestation se fera devant un arbitre externe qui devra juger de la validité des argumentaires de chaque côté. «Ça prend des années, ces affaires-là», de dire le principal intéressé. Ce n’est donc que la conclusion d’un chapitre dans un feuilleton dont ne voit pas la fin. L’administration universitaire s’est abstenue de tout commentaire dans cette affaire.

Plus de 400 activistes de différents campus ontariens se sont donné rendez-vous pour participer à des ateliers et conférences touchant les différentes campagnes et activités de la FCÉÉ-O. Deux journalistes de La Rotonde nous rapportent les faits. Bruno Gélinas-Faucher Karine Hébert L’Assemblée des Activistes de Campus de l’Ontario organisée par la Fédération Canadienne des Étudiantes et Étudiants – Ontario (FCÉÉ-O) a visé des étudiants impliqués dans plusieurs secteurs d’activité, ce qui était d’ailleurs visible au sein de la délégation de l’Université d’Ottawa. Celle-ci comptait parmi elle plusieurs acteurs majeurs du campus venant entre autres de Gripo, du nouveau Café Alternatif, de la campagne Drop Fees, de la Banque Alimentaire, et quatre des six membres de l’exécutifs de la FÉUO. Malgré son statut de membre éventuel, la FÉUO a représenté l’une des délégations les plus importantes de l’Assemblée avec plus de 40 participants inscrits. Rappelons que dans les mois à venir, l’adhésion à cet organisme fera objet d’un référendum auprès des étudiants de l’Université d’Ottawa. Cet événement qui s’est tenu du 26 au 28 septembre derniers a offert des ateliers variés tels qu’«Au-delà de la durabilité, vers une justice environnementale», «L’éducation est un droit : une éducation gratuite au Canada et à l’étranger» ; il semble

évident que la FCÉÉ-O a voulu mobiliser et informer ses membres sur les défis qui les attendent sur leur campus. En finançant la totalité du coût pour chaque participant - transport, logement et nourriture - la FCÉÉ-O a misé gros pour cette première rencontre du genre entre les universités qui ne risque pas – à en croire les commentaires des participantsd’être la dernière. En effet, avec plus de 430 inscriptions, la présidente de la FCÉÉ-O elle-même disait dans son discours d’ouverture être surprise du taux élevé de participation. L’apathie : pas une excuse L’«apathie n’est pas une excuse.» Voilà les mots que la présidente de la FCÉÉ-O a prononcé en début d’Assemblée et qui avait pour but de motiver les étudiants à continuer la mobilisation sur leurs campus respectifs. Après une telle démonstration de solidarité étudiante, reste à savoir si les participants seront justement mieux armés pour vaincre cette apathie. Du côté d’Ottawa, les rapprochements entre campus semblent déjà se concrétiser. En effet, après la Table de concertation régionale organisée

dans le cadre de l’assemblée, l’Université Carleton, La Cité Collégiale et l’Université d’Ottawa prévoient déjà des actions communes d’ici le 5 novembre pour la Campagne «À bas les frais». Ce groupe régional a aussi fait part de sa volonté d’inclure Le Collège Algonquin (absent à l’Assemblée) dans la Coalition. «Écolos dans le portique d’un McDo» Nourriture végétarienne, végétalienne, déjeuners servis avant le lever du soleil pour les gens célébrant le ramadan, traduction simultanée, et politique de parité des sexes ; ce sont toutes des mesures mises en place lors de l’assemblée qui reflètent les valeurs de l’organisation. Toutefois, certaines contradictions ont terni ce bilan positif. En effet, l’accès difficile aux conférences pour les gens à capacité réduite, et la consommation abusive de vaisselles tantôt biodégradable tantôt non, de centaines de canettes provenant de compagnies multinationales Coca-Cola et Pepsi (ces mêmes que plusieurs associations étudiantes tentent d’expulser de leur campus) qui étaient pour la plupart du temps jetés à la poubelle démontrent qu’il y a encore du chemin à faire.

Revue de presse universitaire

Alexa Biscaro

Un marché communautaire à l’U de Calgary Deux étudiants de l’Université de Calgary ont mis en place un marché communautaire mensuel dans le cadre d’un cours sur le développement durable. L’initiative, qui sera lancée le mardi 7 octobre, a pour but de régler plusieurs problèmes récurrents sur le campus. Dans une entrevue avec The Gauntlet, les deux étudiants en question ont mentionné que le marché aiderait à diminuer la ségrégation flagrante entre les différentes facultés et à créer des habitudes de consommation plus durable chez les étudiants, qui ne se demandent pas souvent d’où viennent les produits qu’ils consomment. La vice-présidente aux finances de l’association étudiante est tout aussi enthousiasmée par le projet, qui,

selon elle, offre aux étudiants plusieurs façons d’y participer. En effet, le marché sera également un espace désigné aux clubs universitaires, ainsi qu’aux artistes et musiciens locaux. Les étudiants peuvent également s’impliquer en vendant leurs propres objets de débarras ou bien des produits faits maison.

hors-province n’en profiteront pas. Ceux inclus dans l’accord recevront des bourses automatiques pendant les trois prochaines années, dont le montant préfixé croîtra d’environ 250$ par an.

Un premier gel en Nouvelle-Écosse

À l’Université de Victoria, des centaines d’étudiants a signé une pétition qui demande le remplacement de certains membres élus du Conseil d’administrateurs de leur société étudiante. La pétition est une réaction face à l’incapacité du conseil de terminer la grève qui bloque le centre universitaire. Plus de 5% de la population étudiante a signé, ce qui, selon les règlements de l’université, pourrait forcer un référendum. Pourtant, selon certains des employés en grève, cela ne fait qu’empirer la situation. D’une part, comme le conseil représente l’employeur, le syndicat des employés n’aurait plus personne avec qui négocier. D’autre part, la question du référendum doit être traitée et risque de devenir un long processus qui, à son tour, repousse la possibilité d’une solution. Malgré la pétition, les deux parties sont d’accord pour reprendre les négociations.

Les frais de scolarité en NouvelleÉcosse seront bientôt abaissés afin de rejoindre la moyenne canadienne. Selon The Dalhousie Gazette, le gouvernement provincial a annoncé l’entrée en vigueur d’un plan de subvention des études post-secondaires qui promet un redressement des coûts d’ici 2011. Parmi les mesures prises : un gel des frais de scolarité, le premier dans l’histoire de la province. On a aussi imposé des restrictions quant aux frais auxiliaires, afin d’empêcher que l’administration ne déclare une hausse des coûts liés à la nourriture, le logement ou les services de santé. Le gouvernement a également inclus les étudiants professionnels et internationaux, un point qui avait été soulevé à la suite du dernier accord, signé en 2005. Le seul hic ? Les étudiants

Frustrations et délais à l’U de Victoria

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le 6 octobre 2008

En bref : Le CA rejette deux des motions sur la FCÉÉ Houda Souissi Les propositions soumises par Ryan Kennery, représentant de la Faculté des arts, ont été froidement accueillies au Conseil d’administration (CA) de la Fédération étudiante (FÉUO) dimanche dernier. Celles-ci visaient à mandater le conseil exécutif en vue de la prochaine assemblée générale de la Fédération canadienne des étudiants et étudiantes (FCÉÉ) afin qu’il présente des motions portant sur le bilinguisme, le délai séparant la tenue de deux référendum ainsi que le mandat du Comité de surveillance du référendum (CSR). Les deux premières ont été défaites alors que la troisième n’a été adoptée qu’après avoir été substanciellement amendée.

aînés de leurs communautés pour Pour Faris Lehn, représentant de nous ait divisé à ce point. » des conseils. Il permettra du même la Faculté des sciences sociales, il coup de sensibiliser la population Un service de counseling pour s’agissait de déterminer si la FÉUO étudiante à la situation des autochsouhaitait réellement que ces proautochtones pourrait voir le jour tones, notamment en ce qui attrait positions constituent sa première au faible taux d’éducation. tentative de contribuer à la FCÉÉ. « Les motions que nous présentons La création d’un service de counAccomodements alimentaires à la FCÉÉ doivent être fortes et ré- seling d’aînés autochtones figurera à la FÉUO pondre à un besoin réel », a pour vraisemblablement au nombre des sa part déclaré Seamus Wolfe, vice- questions référendaires en février La Fédération étudiante (FÉUO) président aux affaires universitai- prochain. Si la décision de tenir un référendum sur la question n’a pas ainsi que les corps fédérés seront res. Kennery s’est dit « décu » de la été définitivement entérinée encore, dorénavant tenus de s’assurer que tournure des évènements. Plus tôt, le Conseil d’administration (CA) la nourriture offerte lors des évèneil s’était adressé à ses collègues du s’est montré favorable à l’idée pro- ments réponde aux besoins spécifiCA en disant vouloir rompre avec posée par Michael Brown, représen- ques de certains de leurs membres. Ils devront donc déployer des efforts l’image d’opposant à la FCÉÉ que tant de la Section de common law. Ce service devrait combler un raisonnables afin de satisfaire les plusieurs lui attribuent : « Je ne prendrai pas part au référendum. besoin auquel le Centre d’entraide demandes d’étudiants végétariens, souffrant d’allergies ou Je suis désolé que tant de rancune ne peut pas PM réponElections_P4_f_8.00inx120ag:Layout 1 apparemment 9/29/08 1:08 Page végétaliens, 1 ait mené à de tels conflits entre les dre et permettra aux étudiants dont la religion prohibe la consomreprésentants étudiants, que cela autochtones de se tourner vers des mation de certains aliments.

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Calendrier Actualités CONFÉRENCES Conférence Huguette Labelle : Avant de mener, il faut apprendre à suivre Quand ? 7 octobre de 12h à 13h30 Où ? Desmarais, 4101 Lecture et présentations sur la langue japonaise, la culture moderne et le JET Quand ? 8 octobre de 14 à 16h Où ? Simard, 402

DIVERS Cuisine communautaire : fines herbes Quand ? 7 octobre de 10h à 13h Où ? Nouvelle résidence, 90 rue Université, 1er étage Combien ? 2$ par personne Site web: Inscription Cuisine.uottawa@gmail.com Salon des carrières en génie et en haute technologie Quand ? 8 octobre de 10h30 à 15h30 Où ? SITE

Une élection générale fédérale aura lieu le 14 octobre 2008.

Services à la population étudiante : Session d’information concernant la procédure durant la journée des entrevues sur le campus Quand ? 8 octobre de 11h30 à 13h Où ? Fauteux, 147 Rassemblement pancanadien des jeunes féministes Quand ? Du 11 au 13 octobre Où ? Montréal Combien ? 35$ Site web: http://www.facebook. com/l.php ?u=http://www.rebelles2008.org

Pour savoir où et quand voter, consultez votre carte d’information de l’électeur. Le processus de vote sera plus rapide si vous l’avez en main.

Vous trouverez les heures d’ouverture de votre bureau de scrutin sur votre carte d’information de l’électeur ou à www.elections.ca en cliquant sur « Service d’information à l’électeur ».

Nouvelles mesures d’identification pour voter

Si vous n’avez pas reçu cette carte, vous n’êtes probablement pas inscrit sur la liste électorale. Pour vous inscrire, il suffit de vous présenter à votre bureau de scrutin le jour de l’élection, où vous devrez prouver votre identité et votre adresse.

Pour connaître la liste des pièces d’identité acceptées par le directeur général des élections du Canada, consultez le dépliant que vous avez reçu par la poste ou visitez le www.elections.ca et cliquez sur « Identification de l’électeur au bureau de scrutin ». Pour voter, vous devez : • être citoyen canadien; • être âgé d’au moins 18 ans le jour de l’élection; • prouver votre identité et votre adresse.

Rédiger une proposition de thèse : une approche systémique Quand ? 10 octobre de 11h à 12h Où ? 110 Université

Voter, c’est choisir son monde. www.elections.ca

1-800-INFO-VOTE 1-800-463-6868 sans frais au Canada et aux États-Unis, ou 001-800-514-6868 sans frais au Mexique

actualites@larotonde.ca

Au moment de voter, vous devez prouver votre identité et votre adresse.

ATS 1-800-361-8935 pour les personnes sourdes ou malentendantes, sans frais au Canada et aux États-Unis, ou 613-991-2082 de partout au monde

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Arts et Culture le 6 octobre 2008

Caroline Morneau culture@larotonde.ca

IMPROVISATION

Nouvelle saison pour la LIEU De nouvelles recrues prêtes à épater la galerie.

Photo Jason Chiu

Le joueur Mathieu Gauthier en action lors d’une joute l’année dernière. Joëlle Carignan

A

vec à sa tête, un nouveau président, Daniel Ouellet, des équipes composées de plusieurs nouvelles recrues, cette saison s’annonce des plus rafraîchissante. C’est ce jeudi à 20 heures qu’a débuté la saison 2008-2009 de la ligue d’improvisation francophone de l’Université d’Ottawa. En effet, la plupart des vétérans ayant raccroché leurs patins, toute la place est cédée aux nouveaux arrivants. Après un été de « rodage », les douze nouvelles recrues sont prêtes à épater la galerie. Daniel Ouellet est confiant et très enthousiaste en ce

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qui concerne la nouvelle saison qui débute. « On a décelé un grand talent chez les nouvelles recrues, j’ai très hâte de voir ça au premier match ! » Nouvelle direction, mais pas de grand changement à l’horizon. Avec presque la moitié de la ligue qui est composée de recrues « on veut se concentrer surtout à offrir une bonne formation pour les nouveaux. » Pas de changement ? Et puis ! Cela ne leur empêchera en rien de nous offrir une nouvelle saison de « nouveauté » et de « renouveau. » Au calendrier cette année; les matchs spéciaux ont encore leur place. Entre autres, le match des anciens qui aura lieu en novembre prochain, de même que le match contre l’Université

de Montréal, en janvier. Il y aura aussi en février le fameux match Sex, ouvert aux 18 ans et plus, ainsi que le match rumble, qui s’inspirant de la lutte au lieu du hockey, propose toujours tout un spectacle. Toutefois cette année, le fameux match de Halloween a été remplacé. Nous avons donc la chance cette année, d’assister à un match très spécial contre une équipe d’improvisation de Marseille. Effectivement, l’équipe marseillaise en tournée d’improvisation au Québec a accepté de venir, ce 30 octobre 2008, mesurer son talent à l’équipe de la LIEU. Trente minutes avant le match et déjà l’atmosphère est fébrile. Les vétérans ont plus que hâte de retourner endosser leur maillot et retourner sur « la glace. » Chez les nouveaux, cette excitation ce fait voir autrement. « Je commence à être bien nerveux là. J’ai jamais fait ça avant, je ne sais pas trop ce que ça va donner », confie Martial Drainville, l’une des recrues à s’être jointes à l’équipe des jaunes. Il faut dire que les vétérans ont placé la barre très haute. Le match débute, les partisans sont fidèles au poste. Sur le jeu, il y a des visages connus, des visages vaguement familiers mais plusieurs des visages complètement inconnus. L’arbitre de cette ouverture de saison n’est nul autre que Michel « jus de fesse » Sauvé, qui soit dit en passant, a relevé le défi avec brio. Le premier match opposant les bleus et les jaunes est remporté par l’équipe des jaunes, qui, mentionnons-le, est presque totalement constituée de recrues. C’est peu dire qu’elles peuvent être fières d’elles. Les deux équipes nous ont présenté un match exemplaire avec un niveau de jeu de très haut calibre. Et cela se poursuit avec un autre très bon match opposant les rouges aux mauves. Il est remporté cette fois par les rouges qui ont offert une superbe prestation ce soir. Présenté tous les jeudis soirs 20 heures à l’agora du centre universitaire (ou à quelques exceptions près – matchs spéciaux sont à l’auditorium des anciens), les matchs d’improvisation sont ouverts au grand public. Talents, rire et délire sont toujours au rendez-vous ! Pour de plus amples renseignements concernant la ligue, leur site web est maintenant à jour. Nom des joueurs, formation des équipes, statistiques ainsi qu’un calendrier tout nouveau tout beau sont à votre disposition ! www.lieu.ca

VERNISSAGE

Les nouvelles peintures de Peter Shmelzer

Une véritable communion charnelle

Valérie Mandia Des corps imberbes qui s’entrelacent. Des mains qui se perdent dans la masse poreuse d’un autre corps. Des flots de chairs nues qui s’agglutinent et s’égarent dans un univers à la fois sensuel et surréel. Les toiles récentes de Peter Shmelzer semblent respirer et prendre vie entre les quatre murs de la Galerie La Petite Mort. Son exposition « Got Love ? », dont le vernissage a eu lieu le vendredi 3 octobre dernier, présente des personnages tentaculaires. Des corps aux membres multipliés sur des fonds aux couleurs chaleureuses. De l’orange vif au turquoise, ces nouvelles peintures dégagent une passion humaine. Cette connaissance du modelage des corps est sans doute due à sa pratique de la sculpture. Le canevas embrasse si bien la peau des personnages qui l’habitent, que le spectateur croirait être en présence de véritables entités. « Pour l’instant, l’espace me contraint à faire de la sculpture, mais pour moi, ces deux formes de langage sont indissociables et indispensables à ma vie », raconte l’artiste. Shmelzer utilise une technique traditionnelle d’huile sur toile pour créer des êtres humains dans un espace-temps flou. Des rideaux noirs ornent le plus souvent les arrièreplans. « Je veux que ces tableaux ressemblent à une scène théâtrale où tout est organisé, planifié. Un endroit libéré de tous repères spatiaux » explique, Shmelzer. Parfois, certains personnages observent le visiteur, le toisent du regard. Le fin observateur remarquera les dif-

férentes couleurs qui habitent leur regard. Le peintre commente : « Certains personnages ont les yeux rouges pour démontrer qu’ils sont sans doute un petit peu différents des autres, qu’ils ont subi un changement subtil ». La peau de ces personnages inséparables semble devenue élastique, les ramenant ainsi toujours l’un vers l’autre. « Je désire montrer l’alliance, la connexion qui existe entre chaque personne. Nous sommes tous connectés aux autres. Il importe de traiter les autres comme on voudrait nous-même être traité. Nous avons tous une responsabilité face à la collectivité », explique Shmelzer. Cet artiste peint d’après modèle, et le commentaire de l’un d’entre eux, cadre tout à fait avec son projet de création : « J’ai commencé à poser pour les peintres parce que je n’étais pas vraiment à l’aise avec mon corps. C’est toujours étrange de se voir lors d’un vernissage, je ne sais jamais à quoi m’attendre. L’art de se faire peindre c’est très spécial », raconte Émilie. D’ailleurs, l’artiste dégage un grand respect pour ceux qui l’entourent, et cet aspect de sa personnalité se retrouve dans ses œuvres. Certains de ces étranges personnages sont privés de leurs membres, rappelant ainsi la Vénus de Milo. D’autres se démarquent par une auréole dorée, évoquant ainsi un personnage saint. « J’ai toujours été influencé par la mythologie et la religion. Je tente toutefois de créer un nouveau vocabulaire en ce sens. Je crois que ces thèmes sont enfouis dans mon subconscient, ils font partie de moi », raconte Shmelzer. Une chose est certaine, c’est que le spectateur ne peut rester muet devant un Shmelzer. « Peter est un artiste passionné, qui aime être très occupé. Il ne cesse jamais de penser à ses futures créations pendant qu’il crée », raconte Guy Bérubé, directeur de la galerie La Petite Mort, ouverte depuis maintenant trois ans. Cette galerie est un espace haut en couleurs, et très approprié pour ces nouvelles oeuvres de Shmelzer. Ne manquez pas l’exposition « Got Love ? » du 3 octobre au 2 novembre 2008, à la galerie La Petite Mort, 306 rue Cumberland.

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Arts et Culture

le 6 octobre 2008

CIRQUE DU SOLEIL

Jamais funérailles n’auront été aussi belles Mélange harmonieux de prouesses, d’acrobaties et de jeu d’acteur, Corteo est un divertissement pour toute la famille.

Photo Guy Hughes

Photo Guy Hughes

Corteo, qui signifie cortège en italien, raconte les funérailles d’un clown. Caroline Morneau Oubliez la femme à barbe et les animaux. Oubliez tout ce que vous connaissez des cirques pour ne garder qu’un grand chapiteau bleu et jaune. À l’intérieur, un monde inconnu, féérique où tout est permis. Corteo, qui signifie cortège en italien, raconte les funérailles d’un clown. Rêverie ou réalité ? C’est le propre du Cirque du Soleil d’entremêler les deux afin de transporter les spectateurs dans un autre univers. Le clown mort est un ancien membre de la troupe de saltimbanques qui l’entoure et il revêt ses habits pour une dernière fois. Mélange harmonieux de prouesses, d’acrobaties et de jeu d’acteur, ce spectacle est un divertissement pour toute la famille. Malgré le coût élevé des billets – entre 60$ et 220$ - Corteo

est un événement spectaculaire à ne pas manquer.

et les artistes restent à jamais ces personnages insolites.

Des frissons partagés Un univers lyrique Spectacle d’une beauté extrême, Corteo innove. Plusieurs disciplines de gymnastique ont été modifiées, telles que les barres asymétriques. Le « Tournik » est un cadre de 2,5 mètres cubes jumelé à deux barres indépendantes, le tout monté sur des plateaux tournants. Il est des plus impressionnant de voir six gymnastes tourner simultanément sur ces barres asymétriques. Les spectateurs respirent à l’unisson et tous ont des frissons. Dans la salle, tous ont le regard d’un enfant ébloui. Les réactions sont unanimes, tous ont pu rêver à un autre monde pendant l’espace d’une soirée. Les applaudissements ne tarissent pas

Déjà à l’arrivée, le spectateur est ébloui. Jean Rabasse, décorateur et scénographe pour Corteo, s’est inspiré de plus de 9 000 images pour créer les ambiances et univers présents. Plusieurs styles ont été mariés, du baroque au moderne. Le chapiteau est divisé en deux, de sorte que la moitié du public est assise directement en face de l’autre. Il s’agit de la première scène bifrontale au Cirque du Soleil. Les premiers éléments qui s’offrent à l’œil du spectateur sont les deux énormes rideaux polichinelles de style baroque. C’est à la suite d’une exposition au musée des Beaux-Arts du Canada, à Ot-

tawa, que Jean Rabasse a eu l’idée de peindre la procession de Corteo sur les rideaux. Cousus au Canada et peints en France au moyen d’une technique d’aquarelle, ils font partie des éléments scéniques les plus saisissants. Le Cirque du Soleil est reconnu pour avoir de merveilleux costumes de scène et ce spectacle n’y fait pas exception. Dominique Lemieux, la conceptrice, a voulu accentuer la beauté naturelle de chacun des artistes. Pour ce faire, elle a utilisé 900 tissus différents pour les 141 costumes des 41 personnages. Des saltimbanques rêveurs Le Cirque du Soleil est né en 1984. Son fondateur, Guy Laliberté participait à une troupe d’amuseurs publics près de la ville de Québec. En 1984, le Québec célèbre le 450e

anniversaire de la découverte du Canada. C’est à ce moment que Guy Laliberté présente un projet de spectacle nommé Cirque du Soleil. Depuis, l’entreprise n’a cessé ses activités. Une vingtaine de saltimbanques en faisaient partie lors de sa création. Aujourd’hui, environ 4 000 employés y travaillent ainsi que plus de 1 000 artistes, provenant d’une quarantaine de pays. Sa mission est d’invoquer l’imaginaire, provoquer les sens et évoquer l’émotion des gens autour du monde entier. Il est effectivement impossible de rester de glace face à un tel déploiement de talent. Certes, certains n’aiment pas, mais tous doivent reconnaitre l’effort ainsi que la créativité qui domine chacun des spectacles. En 2008, le Cirque du Soleil présentera simultanément 18 spectacles dans le monde.

LECTURE VERTE

Hubert Reeves les pieds sur Terre Joanie Demers Dans Mal de Terre, l’éminent astrophysicien et fascinant vulgarisateur scientifique Hubert Reeves s’entretient avec le philosophe et sociologue Frédéric Lenoir au sujet de l’avenir de l’humanité sur Terre. Replaçant notre planète et son humanité dans le contexte de l’Univers, c’est un regard éclairant et perspicace que pose le «conteur d’étoiles» sur le monde actuel et les enjeux auxquels nous sommes à présent confrontés en matière de climat, d’énergie, d’agriculture, de pollution, de biodiversité et de pauvreté. Paru aux Éditions du Seuil pour

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une deuxième édition en 2005, Mal de Terre est probablement l’un des ouvrages en langue française récents les plus accessibles et complets au sujet de la crise à laquelle l’humanité fait face. Ce sont des réponses simples, succinctes, nuancées et bien illustrées qui s’appuient sur de multiples sources et que viennent enrichir des anecdotes personnelles fort éloquentes, qu’apporte Reeves aux questions judicieuses de son intervieweur. En un bref ouvrage de 230 pages, tout y passe : le réchauffement climatique, la couche d’ozone, les ressources naturelles, l’énergie nucléaire, les divers types

de polluants, les OGM, la sécurité alimentaire et l’approvisionnement en eau potable ne sont que quelques-uns des thèmes décortiqués dans cet ouvrage. Bien qu’on ait parfois l’impression que tout a déjà été dit à ces sujets, le lecteur a décidément encore beaucoup de choses à apprendre de cet éminent scientifique d’âge vénérable. En effet, le fait que le texte soit sous forme de dialogue, d’une part, facilite grandement la lecture et, d’autre part, donne à Reeves la liberté de partager ses expériences personnelles dont on a des leçons à tirer. Que le lecteur ne se sente pas rebuté par

le caractère scientifique du livre! Celui-ci est truffé de brèves capsules explicatives qui éclaircissent ou enrichissent certains des concepts abordés. Mal de Terre n’est pas non plus purement scientifique: il apporte aussi des éléments de réflexion de nature éthique, politique et économique, et n’hésite pas, dans certains cas, à revisiter l’histoire. Réaliste, mais avant tout optimiste, Hubert Reeves ne se contente pas d’énumérer les catastrophes qui planent au-dessus de nos têtes, mais conclut sur une note d’espoir avec des exemples d’initiatives concrètes pour renverser la vapeur.

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Arts et Culture

le 6 octobre 2008

CRITIQUES

Pascal Lejeune Le commun des bordels

Iron Man

Quand un Acadien fait de la chanson française son style de musique, une découverte est assurée. Pascal Lejeune, originaire de Moncton, nous transporte dans les bistros de Paris avec un mélodieux premier album « Le commun des bordels ». Vraiment, en fermant nos yeux lors de l’écoute, nous pouvons nous imaginer dans la Ville-Lumière sans problème, tellement l’ambiance sonore est imagée. Aucun accent ne vient trahir l’origine de l’auteur-compositeur-interprète qui mène ses morceaux avec une voix mélancoli-

que, une guitare acoustique, des violons et de l’accordéon. Dans des textes simples, sans être simplistes, Pascal Lejeune aborde l’amour sous des angles romantiques et nostalgiques, entre autres dans La Galère et La clé, tout en racontant la vie quotidienne de monsieur et madame tout le monde de façon loufoque (J’en ai nul pore, Gueule de bois). Difficile toutefois d’ignorer le flirt flagrant de la musique qui évoque Georges Brassens, en particulier avec la pièce Agathe qui fait étrangement penser à celle du glorieux Fran-

çais, Fernande. On imagine des concerts intimes dans de petites salles avec éclairage tamisé pour la tournée, reste à voir comment l’artiste transposera l’ambiance de l’album sur scène. Le commun des bordels accompagnera bien votre verre de vin en ces soirées automnales pluvieuses qui approchent… Pascal Lejeune sera en spectacle à La Nouvelle Scène le 21 novembre prochain.

Les films de super-héros ont la cote ces tempsci. La trilogie Spider-Man, et la remise à zéro de la franchise Batman sont deux exemples éloquents, parmi une pléiade de longs-métrages adaptant des personnages de comic books américains au grand écran. Un peu oublié après le tsunami du Dark Knight cet été, Iron Man est certainement l’une des meilleures réalisations du genre, et saura, dans une certaine mesure, aller chercher un public plus grand que les seuls amateurs de film d’action. La récente sortie en DVD et blu-ray est une occasion pour les amateurs de revoir la pièce, et pour les néophytes de découvrir un film qui,

contrairement aux apparences, n’est pas qu’un film supplémentaire de super-héros. Le tandem de Jon Favreau et Robert Downey Jr y est pour beaucoup. Avec un rôle plutôt classique, Downey donne beaucoup de profondeur au personnage de Tony Stark. Le brio de Favreau, un acteur de formation à sa première tentative dans la chaise du réalisateur, est dans son habileté à mélanger le caractère fantastique d’Iron Man à un fond de réalité. Certes, il faut faire un certain nombre de concessions pour passer outre certains passages, mais dans l’ensemble, le scénario est solide.

Comme on peut s’y attendre, c’est au plan visuel qu’Iron Man gagne le plus de points. Les effets spéciaux, pourtant abondants, sont spectaculaires, et les prises de vues donnent un réalisme saisissant. Seul bémol sur ce point : les scènes d’action, qui, bien qu’intenses, sont trop rares. Iron Man n’a pas pu profiter pleinement de l’attention qu’il aurait dû avoir cet été, n’eût été la sortie du deuxième volet de Batman. Les amateurs du genre seront comblés, et les moins amateurs seront surpris.

Véronique Strasbourg

Calendrier Arts et Culture

En Aparté

Caroline Morneau, Chef de pupitre, Arts et Culture

Les mots qui m’entourent

U

ne des plus grandes difficultés de l’écriture journalistique en Arts et Culture est, selon moi, de bien retransmettre les émotions. Car c’est le propre de l’art de véhiculer des émotions, de faire réagir et d’interpeller le public. Voulant être fidèle à ce que je ressens et vois, je tente, semaine après semaine, d’insuffler la beauté ainsi que la laideur. Trouver les mots justes pour vous donner envie de vibrer avec moi. Vous transmettre les frissons que j’éprouve et les impressions que je ressens. Tant pour des films, spectacles, musiques que pour des tableaux, des photographies. Comment réellement exprimer les mots « bonheur », « dégoût », « extase » ? Le squelette de ces mots, bien que les définitions et le sens profond en soient connus, n’exprime en rien l’étendue des sentiments qu’ils provoquent. Il y a deux semaines, j’ai eu la chance de voir Corteo, un spectacle du Cirque du Soleil. Ce furent deux heures trente minutes de frissons. Une soirée à vibrer, tant avec les artistes que les

centaines de spectateurs présents. À craindre devant les manœuvres astucieuses et périlleuses des acrobates et à être émue de leur réussite. La beauté d’un tel spectacle ne peut pas se décrire fidèlement en mots, il faut le ressentir vraiment. La complexité d’une telle tâche fait partie de la joie que j’éprouve dans le journalisme culturel. Continuellement tentée de me dépasser et surtout, de trouver le mot ou la phrase juste. Il faut dire que depuis toujours, les mots font partie de ma vie. Ils sont l’une de mes plus grandes passions. Il n’est pas rare que je sois émue à la lecture d’un roman ou d’un article. Trop souvent, les larmes me viennent devant la beauté des mots. Lorsqu’un auteur réussit à réellement me faire ressentir son propos, je suis alors parcourue de frissons. Et je me souviens à ce moment précis pourquoi j’aime autant la littérature. Je me rappelle également pourquoi je suis dans ce domaine. Comment réussir à faire tenir une vie entière dans un livre d’environ 400 pages ? C’est pour

DANSE moi un mystère. Et ce genre de réflexion me conduit à toujours me dépasser. Car je tente de rejoindre ces artistes des mots, d’approcher un peu de leur talent. L’un des livres les plus évocateurs pour moi est Comme un roman, de Daniel Pennac. Je ne me lasse pas de la lecture de ce roman. Lorsque j’ai un peu coup de blues, il est mon réconfort. Grâce à Pennac, il est possible de se promener au travers des mots. La lecture de ce roman est facile et déjoue les régles habituelles. Chaque chapitre n’étant pas relié, il est possible d’ouvrir une page au hasard et de ne pas être confus dans la lecture. C’est un véritbale bonheur littéraire. C’est la même chose pour La grammaire est une chanson douce d’Erik Orsenna. Académicien, Orsenna se promène au cœur même des mots et de leur signification. Il s’agit d’un voyage littéraire. D’une réfléxion sur l’usage que l’on fait de certain mot. Le tout sous forme de conte. Ces auteurs nous offrent, car il s’agit bien d’un cadeau, un périple au travers de la langue française.

La Rotonde offre des passes médias aux bénévoles prêts à rédiger un article sur une pièce de théâtre à l’affiche dans la région. Intéressé?

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Sylvain Grenier

Myth Quand? Les 7 et 8 octobre à 19h30 Où? Centre national des Arts, 53, rue Elgin, Ottawa

AUTRES La culture congolaise aux multiples visages Quand? Le 11 octobre à partir de 18h30 Où? Centre national des Arts, 53, rue Elgin, Ottawa

MUSIQUE Bïa Quand? Le 9 octobre à 20h Où? Salle Jean-Despréz, Gatineau (Secteur Hull) Torngat Quand? Le 10 octobre à 18h Où? La Nouvelle-Scène, X, rue King-Edward, Ottawa Mocking shadows Quand? Le 10 octobre Où? Mercury Lounge, 56, Byward Market square, Ottawa Alanis Morissette Quand? Le 12 octobre à 20h Où? Centre national des Arts, 53, rue Elgin, Ottawa

SUR LE CAMPUS Lecture et présentation sur la langue japonaise, la culture moderne et le JET (Japan Exchange and Teaching) Quand? Le 8 octobre à 14h Où? Pavillon Simard, Salle 402

ARTS VISUELS Quadripartite Quand? Jusqu’au 12 octobre Où? Galerie du foyer, 1701, avenue Woodroffe, Nepean

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Arts et Culture

le 6 octobre 2008

CRITIQUE

Grosse fatigue

Julie Delporte, Quartier Libre (Universite de Montreal) MONTRÉAL (PUC) – Les éditions Mécanique générale proposent la tardive traduction française de Tantrum (grosse colère), écrit en 1979 par l’Américain Jules Feiffer. Une crise éloquente de la quarantaine, entre douce moquerie et amère tendresse. « Léo, tu as des responsabilités. » « Ne prononce pas ce mot ! Je le déteste ! Je le déteste ! » Dans un « Waaaaa » envahissant toute la page, Léo s’enfuit du bureau du juge, où sa femme Carole l’avait traîné. Léo a 42 ans, une femme, deux enfants. Il s’emmerde au boulot. Le soir, il s’assoit sur le rebord de la fenêtre, au troisième étage, et regarde dans le vide. On appelle ça une dépression. Cela touche plein d’hommes mariés, et sûrement autant de femmes. Alors Léo, au bout du rouleau, se roule par terre, hurle « Maman » et se transforme en enfant. Là, comme ça, sur le sol, en couche-culotte. Léo a deux ans, une femme, deux enfants. L’histoire de Tantrum démarre ainsi, et tout y passe, telle une sublimation de la crise de la quarantaine : la compétition avec l’unique frère qui semble avoir tout réussi, la recherche de l’attention de ses soeurs, l’accès à la figure du père qu’il ne faut jamais déranger et, enfin, la mère, objet de tant d’amour et de haine, qui lui ferme sa porte et son coeur. Léo cherche alors l’amour dans les bras d’autres femmes. Il voudrait que celles-ci « lui pincent les joues, lui tapotent le ventre, le dorlotent avec douceur et dévotion ». Rien que cela.

Un trait de crayon colérique Le personnage de Léo n’est pas le seul à être en colère dans Tantrum. Il y a fort à parier que Jules Feiffer ait usé de la sienne pour écrire une telle diatribe contre le monde des adultes. Car tout son trait crie : un premier jet vif et rapide, un lettrage exagéré (que l’éditeur Jimmy Beaulieu a pris soin de reproduire à la main dans sa version française) et surtout l’expression d’urgence édifiant les visages dessinés. On pourrait presque imaginer l’auteur déchirer son papier d’un coup de crayon trop violent. L’histoire de la BD compte trop peu d’exemples où le trait soutient si bien le propos. Quant à la virtuosité du brouillon, elle ne s’est guère autant épanouie par la suite que dans le style du Français Blutch. Une image par page, une scène par image : publié la première fois en anglais en 1979, l’ouvrage emprunte au style du dessin de presse. Mais c’est bien une longue histoire qu’il raconte, inaugurant, dans la trace de l’auteur Will Eisner, ce que l’on appellera aux États-Unis le graphic novel (roman graphique), mouvement ayant offert à la BD ses lettres de noblesse. Un brin trop masculin, Tantrum rachète sa part aux femmes dans ses dernières pages. Sa conclusion en pied de nez est aussi comique que rassurante, nous laissant refermer un petit chef-d’oeuvre qui a finalement très peu vieilli. Tantrum (grosse colère), Jules Feiffer, Mécanique générale/Les 400 coups. Traduit de l’américain par David Turgeon et Josiane Robidas.

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Sports le 6 octobre 2008

Romain Guibert sports@larotonde.ca

FOOTBALL

Si la saison s’arrête demain, Ottawa n’est pas en séries

Justin Wood-Roy réussit, de peine et de misère, à capter une passe de touché. Avec des blessures de toutes parts, les Gee-Gees n’ont pu avoir le meilleur de Laurier, samedi.

Laurier sort un lapin de son chapeau et surprend le Gris et Grenat Romain Guibert

L

e Gris et Grenat (3-3) est dans une fâcheuse position. Samedi après-midi, les Golden Hawks (4-2) sont venus dominer les Gee-Gees dans le fort où ils n’avaient pas perdu cette année et battu leurs adversaires 130-3 au cumulatif. Grâce à une défense organisée, Laurier a su freiner une attaque minée par les blessures. Les défensives se sont démarquées dès le début, limitant le pointage en faveur des Hawks après 15 minutes (2-0). Celle des visiteurs, imperméable, a d’abord recouvert un ballon perdu par la recrue Pat Mears. Puis, Ottawa leur a rendu la pareille, interceptant Luke Thompson sur la passe qui a suivi. Le premier long gain est arrivé après plus de trois minutes dans le deuxième quart-temps. Félix Potvin-Desjardins, en renfort, a profité d’une brèche pour courir sur 52 verges. Le porteur de ballon québécois a permis à Sacobie de décocher sa 77e passe de touché en carrière à une nouvelle cible, Gharone McClean. Davie Mason, affecté par les blessures depuis l’an dernier, a quitté le match, touché à la cheville. La défense d’Ottawa a ensuite rendu le ballon à l’attaque. Joe Bar-

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nes, touché à la cuisse sur le jeu précédent, a intercepté une autre passe de Thompson. Profitant d’une pénalité, il a placé Ottawa en bonne position sur la ligne de 4 des Hawks. Il n’en fallait pas plus à Sacobie pour qu’il lance une deuxième passe de touché, un jeu spectaculaire vers Justin Wood-Roy. Plongeant à sa gauche, le receveur, qui est l’un des seuls encore en santé, a capté son quatrième touché de la saison. Avec moins de 40 secondes à jouer avant la mi-temps, Laurier a pris Ottawa à son propre jeu, réussissant une longue passe dans la zone des buts (14-9). Limité à 89 verges en première mi-temps, Sacobie a mieux commencé la deuxième, complétant une passe de 31 verges à Cyril Adjeity. Cette combinaison a par contre manqué de finition dans la zone des buts, forçant Luigi De Lellis à inscrire un placement. À la reprise, Thompson a fait fi de sa vitesse pour échapper à la pression. Le temps de se déplacer du côté droit lui a permis de repérer Troy Leach tout seul au milieu du terrain. La passe de 75 verges a ramené Laurier à un point des GeeGees, avant que les Hawks n’égalisent grâce à un simple (17-17).

À l’inverse, l’attaque aérienne n’a été que l’ombre d’elle-même et n’a rien généré au troisième quart face à l’adversité des visiteurs. Sacobie n’a complété que deux de ses onze passes, dont neuf de suite incomplètes. Après avoir pris les devants grâce à un touché de sûreté, Laurier a ajouté un placement qui allait faire toute la différence (22-17). Une fin de match à couper le souffle L’équipe visiteuse a joué avec le feu jusqu’à la fin du match. À deux reprises, elle a offert deux points à Ottawa, pavant la voix à une victoire des Gee-Gees, qui n’avait besoin que d’un placement pour l’emporter. Adjeity a failli étouffer très tôt les espoirs de victoire. Après avoir laissé échapper le ballon, les joueurs des Hawks ont déferlé sur le terrain en pensant avoir repris possession et être assuré de la victoire, mais ils sont vite retournés au banc. À la suite d’ une concertation, les arbitres ont déclaré la passe complète. Sans temps d’arrêt, l’attaque a manqué de réalisme pour s’approcher des poteaux. Laurier, bien en place défensivement, empêchait

Photo Virginie Laganière

Ottawa 21 Laurier 22

Sacobie de rejoindre une dernière fois Wood-Roy. Contraint de réussir sur une distance de 45 verges, De Lellis a vu son botté tomber à court, permettant aux visiteurs d’être en extase. Une défense bien préparée Sur ces derniers jeux, Laurier a joué à quitte ou double en se laissant très peu de marge de manœuvre. L’entraîneur Gary Jeffries a dévoilé qu’il comptait sur sa défense : « Venir à dans la cour arrière d’Ottawa, et arracher une victoire, c’est certainement énorme. On a eu confiance en notre défense. On a pris un risque, on a lancé les dés, et tout s’est bien passé. » Sa défense, au courant du danger que représente l’attaque ottavienne, s’est bien ajustée. « Laurier a fait un bon travail pour s’adapter à notre force, qui est de passer le ballon. On ne pouvait pas tenter beaucoup de longues passes, parce qu’ils jouaient profondément. C’était un manque d’exécution, il ne manquait que quelques pouces à chaque fois », témoigne Sacobie (16 en 33, 170 verges de gain). « Dans un match comme cela, deux ou trois jeux décident du match. Quand on en a eu l’occasion,

on n’a pas réussi ces jeux », a commenté Adjeity, qui aimerait revoir quelques unes de ses passes. « Je ne me sentirais pas mieux si on avait réussi ce placement. Nous traversons le cœur de la tempête. Ils ont fermé les trous et nous ont empêchés de courir, en nous disant de les battre avec nos receveurs recrues », explique l’entraîneur Denis Piché, privé des services d’Ivan Birungi, Ron Kelly et Matt Bolduc, entre autres. Dangereuse, la prochaine « Nos deux meilleurs joueurs sur les unités spéciales ne jouaient pas, quatre de nos cinq meilleurs receveurs n’étaient même pas habillés, mes deux meilleurs retourneurs ne jouaient pas », avance Piché. Décimé par les blessures, Ottawa devra se relever pour aller affronter Queen’s, la seule équipe invaincue en Ontario (6-0). Une défaite compromettrait leur chance de participer aux séries après une saison parfaite. « Si on joue comme on peut le faire, on devrait gagner », espère Adjeity. Son quart-arrière conclue : « J’ai toujours hâte de jouer contre les meilleurs, et Queen’s est l’un de ceux-là. »

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Sports

le 6 octobre 2008

HOCKEY FÉMININ

Lever de rideau parfait pour les Gee-Gees Les recrues brillent dans une première victoire convaincante Simon Cremer

Difficile de demander mieux pour le Gris et Grenat. Après une victoire miraculeuse (7-6) pour boucler l’année dernière, les Gee-Gees ont pris d’assaut la glace avec une vigueur de mi-saison, en battant de belle façon leurs voisines, les Ravens de Carleton. Alicia Blomberg s’est notamment fait remarquer, marquant à deux reprises en plus de réaliser une passe décisive sur le but d’Ashley Burrill. Les Gee-Gees n’ont pas perdu de temps pour imposer leur rythme aux Ravens. Dès la première mise en jeu, la troupe de Shelley Coolidge était décidée à contrôler le tempo avec un jeu agressif, sans relâche. Une façon de faire depuis longtemps recherchée par Coolidge, mais, cette fois, avec la finition qui suit. Après s’être faite menaçante à quelques reprises autour du filet d’Amanda Muhlig, Ashley Burrill ouvrait la marque en milieu de première période. Se présentant seule, elle y est allée d’un tir rapide pour tromper la vigilance de la gardienne adverse. « Ashley a marqué un but important pour nous. Elle a travaillé sur son lancer, et on voit que cela a porté ses fruits », de dire Coolidge. À peine 50 secondes plus tard, c’était à Blomberg de jouer le même tour à Muhlig, en débordant une dé-

fenseure pour piquer au filet, et inscrire son premier but en carrière interuniversitaire. Kristen MacDonald répliquait pour les Ravens dans le deuxième tiers-temps, profitant d’un avantage numérique. Carleton était carrément dépassé par le rythme rapide et physique des Gee-Gees. Alicia Blomberg a complété le pointage sur une montée avec Érika Pouliot. Shelley Coolidge ne pouvait demander mieux pour entamer la saison : « Nous avons été agressives sur chaque rondelle, nous avons pressé le jeu avec un bon échec avant, nous avons beaucoup tiré. Je crois que tout le monde est content de l’effort d’aujourd’hui. » La gardienne vétéran, Jessika Audet, qui avait une place de choix pour voir cette équipe relookée (on ne compte pas moins de dix joueuses qui en sont à leur premier match avec les Gee-Gees), abondait dans le même sens. « On est bonnes. On était bonnes l’année passée, mais cette année, on dirait qu’on n’a pas de rouille. » Par rapport à ces nouvelles joueuses, Audet n’a encore que de bonnes choses à dire : « Les voir aller, c’est impressionnant, mais c’est surtout comme elles sont calmes. Elles jouent comme si cela faisait déjà trois ou quatre ans qu’elles sont dans la ligue. C’est vraiment encourageant de voir cela. »

Photo Virginie Laganière

C’est une formation ottavienne revigorée qui s’est pointée samedi, au Complexe sportif. Les nombreuses nouvelles ont dès ce premier affrontement fait très bonne impression.

La gardienne des Ravens, Amanda Muhlig, a eu une sortie fort occupée. Les Gee-Gees ont attaqué sans relâche, dans une convaincante victoire de 3-1.

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Ottawa 3 Carleton 1

Photo Virginie Laganière

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Sports

le 6 octobre 2008

HOCKEY MASCULIN

Solide première impression, moins bon résultat Le brio des recrues et une rencontre chaudement disputée ne sont pas représentées sur la feuille de pointage.

Ottawa 2 Carleton 5 Simon Cremer En ne regardant que le pointage, on pourrait croire que les Ravens l’ont eu facile, dans ce match d’ouverture de la Bataille de Bytowne. Tout au contraire, avec beaucoup d’attentes envers un groupe de jeunes joueurs, les Gee-Gees ont offert un match serré jusqu’à la fin, et si elles ont été frustrées, les troupes semblent confiantes. Le premier tiers-temps s’est terminé sans pointage, les gardiens Riley Whitlock pour Ottawa et Alexander Archibald pour Carleton s’illustrant tour à tour. Des deux côtés, on assistait à de bonnes chances de marquer, notamment de la part de l’assistant-capitaine Dan McDonald, frustré par un spectaculaire arrêt d’Archibald. Ce sont finalement deux recrues qui sont venues à bouts du cerbère des Ravens. Sur une montée presque à deux contre un, Matthieu Methot a trouvé Sean Smyth, qui a tiré sur réception à bout portant pour déjouer la parade du gardien adverse. Peu de temps après, cependant, avec un avantage numérique des Gee-Gees, le capitaine des Ravens Andrew Gibbons a reçu une rondelle à la ligne bleue des Gee-Gees, pour ensuite se jouer de Whitlock d’un lancer frappé bas. Les Ravens prenaient ensuite les devants, quand Francis Walker a pris le meilleur sur le gardien de deuxième année, sur un tir de pénalité, décerné sur un jeu douteux. Les Gee-Gees assuraient par contre la réplique avec un peu plus de cinq minutes à faire dans le deuxième tiers-temps, quand McDonald a mis la table pour Winston

Shariff, qui quittait sa position de défenseur pour y aller d’un vif tir, ramenant le pointage dans une impasse. C’est finalement Michael Testa qui a fait la différence, en début de troisième tiers-temps, pour les Ravens. Malgré quelques bonnes tentatives, l’attaque des Gee-Gees n’a pas pu retrouver son mordant du tiers-temps précédent. Une erreur stratégique a permis aux Ravens de marquer non pas un mais deux buts dans un filet désert. Malgré le résultat, l’entraîneurchef Dave Léger était visiblement content de l’effort des siens. « C’était une très bonne partie, très intense. Je crois que le pointage ne reflète vraiment pas le match. » La discipline, le talon d’Achille des Gee-Gees l’année dernière, ne semble vraiment pas être problématique pour cette édition 2008-2009. Le Gris et Grenat n’a que rarement eu à se défendre à court d’un homme, et pas une seule fois à trois contre cinq. Quant aux nombreuses recrues, plusieurs d’entre elles ont vu beaucoup d’action, et on peut s’attendre à plus de leur part. « Matthieu Methot jouait devant 10 000 personnes chaque soir avec les 67’s, Sean Smyth jouait un rôle important avec son équipe au junior majeur, Jakub Bundil a joué dans la Coupe Mémorial, il y a quelques années… Ils sont habitués à jouer sous pression, et ils n’iront qu’en s’améliorant ». Les Gee-Gees ont une commande de taille pour le prochain match : ils feront face à l’équipe qui les a éliminés des séries l’année dernière, les Patriotes de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), mardi soir prochain, au Complexe sportif.

Le gardien Riley Whitlock n’a pas chômé, faisant face à 42 tirs des Ravens, dans la cause perdante.

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Les Gee-Gees sont peut-être sortis perdants sur papier, mais on a pu voir un changement dans l’attitude de l’équipe, qui se montre nettement plus disciplinée que par le passé.

Photos Guy Hughes

Jakub Bundil (numéro 20), une recrue slovaque, a fait une entrée remarquée, du haut de ses six pieds six.

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Sports

le 6 octobre 2008

SOCCER FÉMININ

Importante victoire contre Queen’s Ottawa 1 Queen’s 0 Mathieu Gohier Talonnée au classement par Queen’s (quatre points de retard et un match en moins), le Gris et Grenat avait tout intérêt à remporter le match de samedi dernier. Par un temps glacial, l’équipe de Steve Johnson s’est frottée à une défense efficace et particulièrement robuste. L’attaque ottavienne se met en marche à partir de la 10e minute sur une bonne frappe de Catherine Scott menant à un corner. Dans les quelques minutes qui suivent, Ottawa bénéficie encore de deux corners sans toutefois faire mouche, victime de la solide défense de Queen’s et de son jeu physique. À la 16e minute, Courtney Luscombe réussit une belle incursion dans la défense de Queen’s, mais ne peut cadrer sa frappe. Cette action du numéro 12 résume bien la première période pour Ottawa, un contrôle du jeu et du ballon mais un manque de finesse pour mettre à profit ce contrôle. Absentes en attaque lors de cette première demie, les joueuses de Kingston tentent de surprendre la

gardienne Jessica Charron avec des tirs de loin à la 28e et 30e minute, ayant pour résultats des arrêts plus que facile pour la gardienne vétérane Jessica Charron. Contrairement à la première période, la deuxième se fait sous le signe de l’attaque pour les deux équipes. Dès la 10e minute, l’équipe ottavienne met la pression sur Queen’s mais se bute toujours à sa solide défense. Les choses changent à la 17e alors que Courtney Luscombe, moteur de l’attaque pour son équipe, reçoit une passe précise sur le flanc droit. Avec une aisance manifeste, elle commence par déjouer le milieu de terrain adverse pour ensuite mystifier la dernière défenseure d’une subtile feinte. Toute seule devant la gardienne, Luscombe cadre une superbe frappe croisée dans la lucarne gauche qui ne laisse aucune chance à la gardienne, malgré son plongeon. Les Golden Gaels ne tardent pas à répliquer. À la 22e minute, les Gee-Gees concèdent un corner aux joueuses de Kingston, qui entendent profiter de cette occasion. Le tir est envoyé au centre de la sur-

face de réparation où la possession du ballon changera presque quatre fois en l’espace de 15 secondes, provoquant une forte réaction dans la foule, pour finalement être capté par la gardienne ottavienne. La suite du match est moins glorieuse, les joueuses s’échangent de très agressifs tacles, sans toutefois que l’arbitre ne sorte un carton. Ce style de jeu finit par nuire à Queen’s, qui doit concéder deux coups francs directs en fin de match. À la 37e minute, Catherine Scott, toujours redoutable sur coup franc, y va d’une frappe qui passe très près de se retrouver au fond du filet, s’il n’y avait pas la parade de la gardienne adverse. Ottawa l’emporte finalement 1-0 pour son dernier match à domicile du calendrier régulier. « Je pense que tout le monde était un peu nerveux au début, déclarait la gardienne Jessica Charron, mais on est bien revenues à la deuxième demie. En défense, on était à quatre, puis à trois, puis on avait un libéro, puis plus de libéro, maintenant on a enfin trouvé une formule avec laquelle on peut gagner. »

SOCCER FÉMININ

Photo Virginie Laganière

Élise Desjardins contrôle le ballon face à une défenseure de Queen���s. Les Gee-Gees sont passées en tête de la conférence Est du SUO avec leur victoire contre Queen’s.

S’adapter au changement pour réussir Malgré un alignement remodelé, Trinidad Ruiz et ses coéquipières ne sont pas loin du sommet Romain Guibert

Photo Joël Côté-Cright

Trinidad Ruiz a profité du départ de Val May pour évoluer sur le onze partant cette année, sans pour autant prendre sa place pour acquis.

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On ne se lasserait jamais de dire qu’au lendemain de la dernière saison, l’équipe de soccer a perdu six partantes, en plus des recrues qui ne sont pas revenues. Le travail s’annonçait donc considérable, et, au rythme où la troupe de Steve Johnson avance, c’est comme si de rien était. En attaque, l’équipe a du combler le vide laissé par Valerie May, auteure de six buts en 2007. « Cette année, je me suis dit ‘pas de blessure’, alors je me suis poussée, je me suis améliorée dans la technique, j’ai fait beaucoup de conditionnement pour être capable de donner mon maximum pour occuper ce poste-là », explique celle qui a hérité de la place de May, Trinidad Ruiz. Blessée lors de ses deux étés précédents avec les Gee-Gees, l’attaquante avait bien débuté la saison et offrait des performances de plus en plus convaincantes en pointe après un début hésitant. Avec le départ de May, il aura fallu cinq matchs pour que le duo que Ruiz forme avec Courtney Luscombe parvienne à marquer. « Je jouais différemment. Courtney et moi, on ne faisait pas face au but. On n’attaquait pas autant, on appuyait

davantage les passes au milieu de terrain. Steve nous a fait travailler pour aller vers le filet », déclare la numéro quatre ottavienne. Une fois la machine ouverte, la joueuse de troisième année a inscrit deux buts en trois matchs, avant que les blessures ne reviennent la hanter face à l’Université Laurentienne. Cela ne pouvait arriver à un plus mauvais moment. En pleine course pour terminer premières, les filles ont néanmoins comblé avec brio l’absence de l’attaquante du Gris et Grenat. À l’image de cette saison, l’esprit d’équipe a prévalu pour effacer les départs de l’an dernier et les blessures présentes. « Je suis un peu fâchée, parce que je sentais que je m’améliorais de plus en plus chaque semaine. Mais j’étais contente, j’ai vu Josie (Dejesus) s’illustrer, j’étais impressionnée et cela a permis de montrer combien de talent on a dans cette équipe ». C’est sûr qu’en attaque, la formation ottavienne est bien fournie. Avec Ruiz, Luscombe, Dejesus, Sara Bullock et Brittany Harrison, l’entraîneur peut faire des rotations sans enlever de mordant à son attaque. « Tu ne peux rien considérer comme acquis. Je joue chaque match

comme si je n’étais pas une partante, comme s’il fallait que je prouve à Steve que je le méritais. Mon objectif, c’est de ne jamais oublier que quand j’ai commencé, je n’étais pas une partante », dévoile Ruiz. Il est d’autant plus important de compter sur une équipe en forme dans la dernière ligne droite de cette saison, alors qu’Ottawa sera sur la route lors de ses trois dernières fins de semaine. Avec l’objectif de terminer premières de la conférence Est ontarienne pour être l’hôte des Provinciaux, la tâche ne sera pas mince. Il reste à affronter Queen’s, Toronto et Carleton, qui complètent le Top 4 avec les Gees-Gees. Rien ne vaut des voyages à l’étranger pour souder davantage l’équipe. Une équipe qui a eu de très grandes responsabilités à combler cette année tout en demeurant compétitive. « La communication, c’est vraiment quelque chose qu’on a travaillé. Il faut qu’on prenne nos responsabilités, tout le monde devait s’adapter au changement », ajoute Ruiz en évoquant l’alignement redessiné par rapport à l’an dernier. Au-delà d’une participation aux Nationaux, l’objectif est donc « de jouer en tant qu’équipe, d’être l’équipe qui travaille le plus dur, affirme Ruiz. C’est notre but. »

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Sports Prolongation

le 6 octobre 2008

Les trois étoiles de La Rotonde

Romain Guibert, Chef de pupitre Sports

Culture, où es-tu? Pour une fois, du moins c’est rare, vous lirez quelque chose de positif à propos du Service des sports de l’Université d’Ottawa : le nouveau souffle qui l’inspire semble donner naissance à une culture, sportive évidemment. Et cela, ce n’est pas tous les jours que c’est visible sur le campus. Pourtant, c’est bien une recette du succès pour allumer un stade, un campus, une ville, un pays. C’est quelque chose qui fait tout le côté magique, sensationnel et unique du système universitaire américain, malgré son niveau amateur. Absent au Canada, en général, elle permettrait de dynamiser bien des choses. Peut-être faudrait-il que j’éclaircisse un brin ce que j’entends par une « culture sportive ». Je ne pense pas que vous en trouverez une définition dans le Petit Robert, et encore moins le Larousse illustré de 40 000 images colorées. La meilleure façon de la définir serait de relater des événements qui l’illustrent. Dans le fin fond du Texas, il peut y avoir trois matchs de football dans la même journée, du secondaire au professionnel et passant par l’universitaire, et dans le même stade de 60 000 places. De midi à minuit, il sera rempli. Là, il y a une culture sportive. Lorsque l’Italie ou l’Espagne ont gagné la Coupe du Monde puis l’Euro, les places principales de Rome et de Madrid étaient envahies par une centaine de milliers de partisans colorés. Là il y a une culture sportive. Quand la Lettonie est venue disputer la Coupe du Monde de hockey à Québec et à Halifax, et que ses fans étaient déguisés et maquillés des pieds à la tête, qu’ils chantaient et tambourinaient à tue-tête telle une fan-

fare. Là, il y a une culture sportive. Où s’arrête-t-elle ? Lorsqu’une équipe de hockey gagne en première ronde des séries et que les supporters qui parcourent les rues cassent tout sur leur passage. La culture sportive est animée par la passion, attisée par les rivalités, renforcée par le spectacle, soutenue par la nation. Normalement. Normalement, parce qu’on en est loin ici, d’Ottawa au Canada en passant par l’Université, et c’est bien dommage. Il n’y a rien de plus ensorcelant et motivant pour les athlètes qui se battent sur le terrain que d’avoir pareil soutien. Mais, et c’est un grand « mais », cela commence à apparaître dans quelques recoins du campus. Lors du premier match de football du Gris et Grenat, les joueurs ont remercié leurs partisans en levant leurs casques comme les Rangers lèvent leurs bâtons à la fin d’un match. C’était du (presque) jamais vu, et les athlètes ont adoré évoluer dans une pareille atmosphère. L’ambiance des matchs Ottawa-Carleton au basket-ball est aussi assez hostile. S’il n’y avait pas un petit groupe de partisans fêtards, le millier de personnes qui viennent au match de football, ou la centaine qui vient aux autres, ne feraient pas plus de bruit que l’aréna des Panthers. Sans philosopher, l’essence de tout cela se trouveraitelle du côté de l’identité ? Si l’on demande à un étudiant du campus en quoi il s’identifie à son université, à ses équipes, sera-t-il en mesure de répondre ? Si on demande à un Canadien…

// CLASSEMENTS // Football - SUO

Équipe

PJ

V

D

N

PP

PC

Queen's

6

6

0

0

298

78

12

6

5

1

0

260

102

10

Laurier

6

4

2

0

135

147

8

Guelph

6

3

3

0

175

118

6

McMaster

6

3

3

0

159

137

6

Windsor

6

3

3

0

149

184

6

Ottawa

6

3

3

0

242

119

6

Toronto

6

2

4

0

123

177

4

Waterloo

6

1

5

0

95

218

2

York

6

0

6

0

17

373

0

Soccer - SUO Est

Équipe

PJ

V

D

N

BP

BC

+/-

PTS

Ottawa

11

8

2

1

25

7

18

25

Toronto

9

7

2

0

26

4

22

21

Queen's

10

6

4

0

17

7

10

18

Carleton

10

5

3

2

12

8

4

17

Laurentian

9

5

4

0

10

6

4

15

Nipissing

10

4

5

1

20

20

0

13

Ryerson

9

4

4

1

15

15

0

13

CMR

10

2

8

0

6

32

-26

6

PJ

W

D

N

PP

PC

+/-

PTS

5

5

0

0

240

10

230

10

Concordia

5

4

1

0

113

24

89

8

McGill

5

3

2

0

89

70

19

6

Rugby - Québec Laval

Sherbrooke

5

1

3

1

19

117

-98

3

Ottawa

5

1

4

0

27

122

-95

2

Bishop's

5

0

4

1

12

157

-145

1

20 • www.larotonde.ca

COURTNEY LUSCOMBE » SOCCER FÉMININ Avec la blessure de Trinidad Ruiz, Luscombe a augmenté la cadence. Après avoir mis longtemps à démarrer, l’attaquante de quatrième année s’est mise en marche, ayant maintenant inscrit un but lors de ses trois derniers matchs. Samedi, elle a été l’unique marqueuse face à Queen’s (victoire 1-0), avant d’en ajouter son quatrième but de la saison face au CMR (victoire 6-0). RILEY WHITLOCK » HOCKEY MASCULIN Le gardien de deuxième année des Gee-Gees a brillé dans la défaite des siens face aux Ravens lors du premier match de la saison. Lui qui s’est entraîné cet été sous la tutelle d’Eli Wilson et aux côtés d’Alex Auld et Carey Price, a repoussé 39 rondelles sur les 42 tirs qui se sont dirigés vers son filet. Il ne pouvait rien faire sur le deuxième but, un tir de pénalité qui lui est passé entre les jambières.

PTS

Western

Équipe

1 2 3

ALICIA BLOMBERG » HOCKEY FÉMININ Avant la saison, l’entraîneur Shelley Coolidge l’avait comparée à Kim Kerr. La recrue n’a pas mis de temps à combler les attentes, réussissant un doublé dans son premier match dans l’uniforme du Gris et Grenat. Blomberg, qui évoluait à Oakville, dans la Ligue féminine de hockey de l’Ontario, a marqué le but gagnant, permettant à Ottawa de l’emporter 3-1 contre leurs rivaux de Carleton.

Calendrier – Sports MARDI 7 OCTOBRE

VENDREDI 17 OCTOBRE

Hockey masculin Ottawa contre Trois-Rivières Complexe Sportif 19 h

Hockey Masculin Ottawa contre Concordia Complexe Sportif 19 h

SAMEDI 18 OCTOBRE Football Masculin Ottawa contre Toronto Stade Frank-Clair 13

Hockey Masculin Ottawa contre Trois-Rivières Complexe Sportif 19 h

Hockey Féminin Ottawa contre Concordia Complexe Sportif 14 h

EN BREF Aviron » Ottawa ne répète pas ses victoires Après une bonne fin de semaine à Ottawa la semaine dernière, où les bateaux avaient remporté quatre régates, la tête de rivière de Trent s’est moins bien déroulée pour l’équipe d’aviron. Dans trois courses, les Gee-Gees ont été impliqués dans des collisions. Le meilleur résultat a été une deuxième place, alors que le deux de couple lourd féminin a terminé deux secondes derrière Toronto. En skiff, Marie Lefebvre n’a pu faire mieux qu’une sixième place après avoir gagné sa course à Ottawa. Le deux de couple poids léger masculin n’a pas su répéter non plus sa victoire, terminant huitième. Romain Guibert

Fastball Féminin » Fin de semaine fructueuse Ottawa 7 Waterloo 0 Ottawa 14 Waterloo 0 Les Gee-Gees ont remporté les deux duels qui les opposaient aux Warriors samedi. Dans le premier match, l’attaque s’est vite mise en marche, profitant d’un doublé de Laura Skiperis pour marquer deux points. En cinquième manche, Ottawa a éclaté avec cinq points, menés par Mallory Watson, auteur de trois points produits dans chacune des parties. Toutes les joueuses partantes ont réussi un coup sûr. Dans la deuxième rencontre, l’équipe a explosé avec 14 points en quatre manches, permettant d’arrêter la partie selon les règles. Emily Ernst a récolté deux victoires lors de ce programme double, en plus d’inscrire trois points en soirée. Romain Guibert

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Sports

le 6 octobre 2008

JOCKEY CLUB

L’activisme social au service des Gee-Gees Wassim Garzouzi La formule est connue. Des ĂŠtudiants insatisfaits par les agissements de l’UniversitĂŠ dĂŠcident de faire bande Ă  part en poussant parfois les règles Ă  leurs limites jusqu’à ce que l’administration s’adapte. Eh bien, le monde du sport ne fait pas exception Ă  cet activisme ĂŠtudiant. Les quelques milliers d’Êtudiants qui sont allĂŠs aux premiers matchs de football ont pu apercevoir une centaine d’entre eux qui criaient et chantaient tout le long des matchs. Parfois un peu trop mĂŞme. Pour ceux qui ne les connaissent pas encore, ces ĂŠtudiants sont de ďŹ ers membres de l’association – ouverte Ă  tous – du Jockey Club. Il y a dĂŠjĂ  deux ans, trois ĂŠtudiantes, Kathleen Reeves, Amy Roberts et Penelope Talbot-Kennedy – ĂŠgalement employĂŠes du Service des Sports (SDS) – ainsi qu’un reprĂŠsentant ĂŠtudiant de la FÉUO, le vice-prĂŠsident aux affaires sociales de l’Êpoque, Mike Anderson, ĂŠtaient ÂŤ tannĂŠs Âť d’assister aux matchs des Gee-Gees sans ambiance. Pourquoi attendre l’U d’O ? Les ĂŠtudiants en question ont mis en place le Jockey Club, une idĂŠe qui a vite plu aux partenaires naturels comme les ĂŠquipes, les clubs, l’UniversitĂŠ et son SDS. On espĂŠrait tous mettre ďŹ n au silence patent. Ironiquement, c’est justement ce

silence qui a distinguÊ une poignÊe de purs et durs qui assistaient à tous les matchs – y compris les sports moins populaires – portant les couleurs du Gris et Grenat. Reeves, Roberts et Talbot-Kennedy ont approchÊ Steve Baker-Findley, Rob King et leur bande pour lui demander de se joindre à cette nouvelle association. Les dÊbuts Êtaient modestes.  Je dirais qu’au dÊbut, le Jockey Club, c’Êtait Steve , explique Martin HÊrard, capitaine de l’Êquipe d’hockey. Oh ! Que cela change rapidement. En peu de temps, le Jockey Club a su imposer sa prÊsence, notamment aux matchs de football, mais Êgalement à des matchs de basketball. Seulement, l’annÊe dernière, l’Êquipe masculine de basketball a ÊcopÊ d’une faute technique en raison du bruit et des chants provenant des tribunes. Pour certains, ce moment constituait un point tournant. Non seulement la foule a-t-elle fait une diffÊrence pendant un match important, mais le Club s’est fait voir et entendre par les autres Êtudiants prÊsents.  Disons que ce n’Êtait pas le but, mais c’Êtait quand même marquant, explique Philippe Bouchard, qui assistait au match et qui s’est laissÊ emporter par le Club. J’ai vu le Club et j’ai criÊ plus fort que l’habitude. Il y a un effet porteur quand ils sont là.  Marc-AndrÊ St-Hilaire, membre de

l’Êquipe de football, a senti la prÊsence de la foule lors du match d’ouverture contre York.  Ils nous motivaient et ils n’ont pas arrêtÊ de nous encourager, même quand il y avait 71 à 0.  Le Jockey Club n’est pas sans dÊtracteurs. Il est victime de son propre succès. De plus en plus d’attention est accordÊe au groupe, notamment à ses chants pendant les matchs. Comme les associations Êtudiantes lors de la semaine d’accueil, le Jockey Club insère parfois (voire souvent) des mots vulgaires dans ses cris. Certains sont intelligents, d’autres beaucoup moins. Le  Fuck you Waterloo ! , criÊ à tue-tête lors du match contre les Warriors, a conduit plusieurs anciens de l’UniversitÊ à critiquer le groupe d’Êtudiants. De plus en plus d’Êtudiants se joignent au Jockey Club, et de plus en plus d’athlètes se joignent au Club. L’alcool est Êgalement un facteur.  Le Jockey Club veut être un espace festif pour les Êtudiants. C’est un endroit oÚ on peut rencontrer du monde, faire la fête, et, oui, c’est certain, boire un peu. Mais vraiment, c’est pour aller aux matchs et s’amuser , prÊcise HÊrard. Les seuls matchs oÚ l’alcool est vendu sont ceux de football. Le Jockey Club suit la tradition amÊricaine des  tail-gates  parties, oÚ des partisans font une fête arrosÊe – mais pas trop – avant les matchs.

DERNIĂˆRE HEURE Cross-Country Âť Course en demi-teinte La dĂŠlĂŠgation de cross-country n’a pas brillĂŠ de tout ses feux, samedi, Ă  Queen’s. Les hommes ont terminĂŠ sixièmes de la course d’une distance de 10 kilomètres. Matt Vierula a ĂŠtĂŠ le meilleur des siens, terminant Ă  la 30e place. Chez les femmes, le Gris et Grenat a mieux fait, terminant cinquième. Carly Teckles et Kristin Marvin ont dĂŠcrochĂŠ les 15e et 17e rangs d’une course de cinq kilomètres.

Basket-ball masculin Âť hors-concours Ottawa 92 Laval 83 Ottawa 80 Laval 75

Basketball FÊminin  hors-concours Ottawa 63 CÊgep Montmorency 56 Ottawa 68 CÊgep Trois-Rivières 49

RĂŠsultats des deux prochaines semaines sur larotonde.ca

UniversitÊ d’Ottawa

Études supÊrieures à la FacultÊ des sciences sociales :

JournĂŠe portes ouvertes

Le mercredi 29 octobre 2008, de 11 h à 15 h UniversitÊ d’Ottawa, pavillon Tabaret, salle 112, 550, rue Cumberland Programmes offerts t"ENJOJTUSBUJPOQVCMJRVFt"òBJSFTQVCMJRVFTFUJOUFSOBUJPOBMFTt$SJNJOPMPHJFt4DJFODF�DPOPNJRVF t.POEJBMJTBUJPOFUE�WFMPQQFNFOUJOUFSOBUJPOBMt²UVEFTEFTGFNNFTt1TZDIPMPHJFt4DJFODFQPMJUJRVF t4PDJPMPHJFt4FSWJDFTPDJBMt(FTUJPOQVCMJRVFFUHPVWFSOBODF

1PVSQMVTEFSFOTFJHOFNFOUT scsgrad@uOttawa.ca | 613-562-5800, poste 2444 *OTDSJQUJPOwww.sciencessociales.uOttawa.ca/RSVP

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Opinions le 6 octobre 2008

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Chers membres de l’exécutif de la FÉUO,

Réponse au blogue Drop Fees

Ridicule! C’est le mot qui me vient en tête pour décrire Votez à planche - traduction affreuse de Wake up and vote. Non mais vraiment… Je comprends qu’il soit difficile d’inspirer les jeunes à exercer leur droit de vote… Mais quand même. Du Wakeboard dans un stationnement??? Allez l’exécutif… On se force un peu plus. Oui, vous allez sûrement me rétorquer un de ces : Ouais mais toi, as-tu des meilleures idées? Non. Mais moi je ne me suis pas présenté aux postes de l’exécutif de la FÉUO. Je n’ai pas fait semblant de pouvoir bien dépenser l’argent des étudiants. De l’argent durement gagné en passant! Si vous voulez mériter nos cotisations qui payent vos généreux salaires, il va falloir se pousser un peu plus les amis! Je me demande qui sont les vrais gagnants de cet évènement? Les Libéraux? Les Verts? Les Néo-démocrates? Élections Canada? Les étudiants? Non. Non. Et Noooooon! C’est Red Bull ! Si l’élection avait eu lieu la journée même, je crois que j’aurais voté Red Bull. L’exécutif, les partis, les étudiants - tous étaient là pour des motifs différents, mais TOUS buvaient du Red Bull. Les jolies Red Bull Girls se promenaient allègrement sur le campus avec leur sac à dos Red Bull et en distribuaient gratuitement aux gens présents à l’évènement mais aussi aux passants… Pourquoi pas? Je croyais que la FÉUO prônait des valeurs différentes de celleslà. Tellement de gens ont milité et militent encore contre la com-

Il y a peu de choses plus vexantes qu’une indignation bigote ou un ignorance flagrante. Leur combinaison en serait une d’elles. Évidemment, des offenses aussi outrageuses à la raison et la moralité devraient être contestées. Avec l’apparition du blogue Drop CFS (FCÉÉ) nous en avons un parangon et j’ai l’intention de réfuter la fausseté dont est imbu ce torchon. D’abord, je n’ai aucune affinité particulière pour les membres de la Fédération Canadienne des étudiants et étudiantes. Ses membres sont des mammifères faillibles, avec des lobes frontaux sous-développés, des glandes d’adrénalines trop grandes et dont l’odeur des excréments est aussi fétide et nauséabond que tout autre. Toutefois, j’ai eu l’occasion d’assister à l’Assemblée des activistes (26-28 septembre) et il serait condamnable de ma part de traiter de cette affaire purement d’un point de vue théorique. J’ai également assisté à la fameuse réunion durant laquelle le Conseil d’Administration passa la trop célèbre motion. Permettez-moi donc de partager avec vous, chers lecteurs,

mercialisation du campus et puis BOOM! Une vraie foire publicitaire débarque à l’Université! Ne faites vous pas le lien? La liste est longue, mais je tiens à l’énumérer ici puisque les médias étudiants semblent s’être fermé les yeux sur ce sujet: Fokus, Oneil, Bud Light, Levelthirtn, Oakley, ProAm Productions et bien sûr Red Bull pour nommer que ceux dont les affiches étaient présentes. C’était pour nous épargner la somme totale de 10 000 dollars (le coût total de ce fiasco) que vous nous avez bombardés de pubs, vous dites? Ah bien, dans ce cas-là merci! Cette farce nous aura plutôt coûté que 4000$ puis on en a retiré un Red Bull gratos. Dans ce cas, nous sommes tous gagnants! Les membres de l’exécutif responsables de l’événement auraient dû, tout simplement, prendre cet argent et le mettre en coupures de 20 dollars dans une piscine pour enfants puis se rouler dedans un après l’autre. Ça aurait été moins absurde! Et ça m’aurait plus impressionné que de mettre une piscine dans le stationnement de Vanier avec des mecs pas rapport qui se lancent dans l’eau, entourés d’un Hummer et d’un gros bateau. Il manquait juste un match de lutte entre 2 femmes en bikini dans une piscine de bouette. Ah? Peut-être pour les élections de la FÉUO? M. St-Vincent Étudiant en Arts

lectrices et camarades, ce que j’ai vu, ce que j’ai appris. Au début de l’été, le Conseil d’Administration a voté une motion qui permettait un référendum. Cette motion fit de la Fédération de l’Université d’Ottawa un membre potentiel de la FCÉÉ. Voilà ce qui a été comparé aux tactiques de l’Administration. Cette comparaison devrait apparaître au lecteur non seulement comme une attaque pauvrement montée, mais aussi une comme une démonstration de la pauvre compréhension des auteurs. En d’autres termes, cet énoncé révèle davantage au sujet de ceux qui l’ont écrit que ceux qu’il assaille. La motion dont nous parlons n’oblige aucunement les étudiants à se joindre à la FCÉÉ. En fait, la seule véritable question est le fait de tenir un référendum. Le statut de membre potentiel est sans frais. D’ailleurs, les étudiants de la SFUO qui ont été à l’Assemblée des activistes gratuitement. Ce qui est contesté est la consultation que les dirigeants de la FÉUO auraient effectuée auprès de sa population. Bien sûr, la critique serait valide, si le cadre de référence

l’était aussi. Une étude a été effectuée au sujet de la FCÉÉ . Le rapport a été présenté au Conseil d’Administration. Il est vrai qu’un des signataires du rapport est quelque peu un zélote. En revanche, comme Michael Brown du CA l’a posé si sagement, le biais d’un auteur n’a pas affecté le travail des autres trois et pour cette raison, il tenait le rapport comme étant assez objectif. Plus important peut-être, est le fait que peu importe l’objectivité du rapport, il faudrait alors assumer que 25 membres du CA votèrent sans pouvoir ou vouloir constater ce biais évident. Ce n’était pas le cas ; j’ai lu le rapport, j’ai observé et participé au débat. Le rapport est équilibré, il mentionne les problèmes du passé et les difficultés éventuelles. Pourtant, je vous encourage de lire et d’en juger au :

http://www.feuo.ca/pdf/cfs_report_FR.pdf Renaud-Philippe Garner Veuillez trouver le reste de cette lettre d’opinion sur notre site Web au www.larotonde.ca NDRL

Nous voulons vous lire ! La Rotonde est heureuse d’accueillir les analyses et commentaires de ses lecteurs et lectrices. La longueur des textes ne doit pas dépasser 500 mots ou 3500 caractères. La Rotonde ne s’engage ni à publier les lettres, ni à justifier leur non-publication. La Rotonde se réserve la possibilité de réduire la longueur des textes retenus. Pour nous faire parvenir vos lettres, veuillez envoyer un courriel à François-Olivier Dorais, redaction@larotonde.ca

Nos journalistes de cette semaine Éric Perron, Dominik Marchand, Sonia Noreau, Marianne St-Jacques, Éric Martin, Philippe TeisceiraLessard, Jean-Pierre Lester, Bruno Gélinas-Faucher, Karine Hébert, Alexa Biscaro, Sylvain Grenier, Véronique Strasbourg, Julie Delporte, Joanie Demers, Valérie Mandia, Joëlle Carignan, Virginie Laganière, Wassim Garzouzi, Mathieu Gohier, Joël Côté-Cright Merci à tous!

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le 6 octobre 2008

Éditorial

Un coup bas

Rarement a-t-on vu une campagne électorale aussi salissante. Les conservateurs ont remporté la palme en déployant l’artillerie lourde – fiente d’oiseau incluse – et les libéraux ont plus souvent qu’autrement encaissé les coups durs. Les jeunes libéraux de l’Ontario n’ont toutefois pas chômé en menant sur le campus une campagne plutôt négative. Ils en ont rajouté la semaine dernière en distribuant des pamphlets au contenu particulièrement provocateur à l’endroit de la frange militante de nos syndicats étudiants. « It’s not enough to be a slacktivist. ». Soyez un activiste (un vrai) en vous enrôlant avec les rouges, pouvons-nous lire au verso du pamphlet dont la photo ci-joint figurait en couverture.. C’est souvent à ce genre d’image qu’il est réduit, l’activiste. L’étudiant qui se cherche, barbe clairsemée, à l’hygiène douteuse et qui sèche ses cours pour lire Proudhon ou brandir des pancartes. L’activiste en milieu étudiant est celui qui a déserté, un personnage, une mode, une allure aux odeurs de patchouli. La plupart du temps, il vote orange, en le criant sur les toits avec son mégaphone. En bons universitaires, on préfère dire qu’il fait du bruit plus qu’autre chose. Pis que ça, il ose croire avec conviction que notre société est malléable. Comme le disait un certain Dominique Létourneau-Tremblay, ancien président de l’association étudiante du programme de sciences sociales de l’UQO, le pouls de l’activisme étudiant tient justement de « la croyance que la société peut être modifiée, peut être reconstruite, et doit l’être ». En cela, l’activisme étudiant n’est pas forcément partisan. S’il l’est, c’est pour un idéal, pour des convictions souvent extra-partisanes. Ainsi, la première gaffe dans cette image c’est qu’elle réduit à une infinitésimale sous-merde un acteur qui occupe une place équivalente à ses pairs dans l’espace politique. Cet acteur fait partie des groupes de pression, dont les droits de contester en usant de différents moyens de pressions sont acquis. Leur présence est non seulement le propre des démocraties d’aujourd’hui mais nécessaire lorsqu’il vient le temps protéger les intérêts de leurs membres. Au-delà du degré de cohésion et des périodes, on ne peut nier l’influence et le progrès qu’a apporté le mouvement étudiant à travers l’histoire. Et c’est généralement avec pour toile de fond une culture contestataire que les choses ont pu bouger, que les piliers ont pu être ébranlés. Revisiter Mai 68, la formation de l’UQAM, les grèves contre la guerre au Viêtnam, le mouvement pour les droits civiques aux États-Unis, le mouvement étudiant italien de 2005 contre la privatisation des universités ou encore, plus près de nous, la mobilisation étudiante au Québec en 2005 contre la conversion des bourses d’études en prêts en sont des exemples éloquents. L’apport est immense et l’Université d’Ottawa n’est pas à exclure. Si la culture du mouvement étudiant à l’U d’O n’est pas aussi revendicative que celle observée dans le système québécois, elle n’en est pas moins réactive. Oui, on peut dire de la FÉUO qu’elle est déconnectée des besoins de ses membres quand elle fait campagne contre la guerre en Afghanistan ou en faveur d’une nouveau mode de scrutin en Ontario. Mais on ne peut nier l’importance des acteurs du mouvement étudiant lorsqu’on pense à la mise au rancart du code de conduite, à l’ouverture dont fait preuve Allan Rock ou encore à la dernière réunion du Bureau des gouverneurs qui s’est tenue dans une salle à plus grande capacité d’accueil parce que certains étudiants revendicateurs l’ont demandé de vive voix. Les activistes sont responsables d’un certain équilibre dans notre communauté universitaire en compensant les défauts de

le 6 octobre 2008 • Vol. LXXVI No.7 109, rue Osgoode Ottawa (Ontario) K1N 6S1 613 421 4686 RÉDACTION Rédacteur en chef François-Olivier Dorais redaction@larotonde.ca Secrétaire de rédaction Roman Bernard revision@larotonde.ca Actualités Céline Basto (Chef de pupitre) Houda Souissi actualites@larotonde.ca Arts et Culture Caroline Morneau (Chef de pupitre) culture@larotonde.ca Sports Romain Guibert (Chef de pupitre) sports@larotonde.ca Web Houda Souissi web@larotonde.ca Direction artistique Guy Hughes photographie@larotonde.ca

représentativité et de transparence de ses hautes instances. La deuxième gaffe dans cette image, c’est le stéréotype qui y est véhiculé. L’activisme étudiant recoupe toutes une série d’acteurs et de réseaux, dont seule une minorité peut s’identifier à la représentation ci-dessus énoncée, laquelle est par ailleurs trop souvent victime d’une surenchère médiatique. L’activisme étudiant est nourri par des acteurs, aussi diversifiés que les causes qu’ils choisissent de défendre. Il est mû par des principes qui valent autant que ceux défendus par un jeune libéral, généralement paralysé par une rectitude politique étouffante parce qu’obligé de coller à la ligne du parti. Les institutions post-secondaires seront toujours ces centres nerveux de mouvement étudiants contestataires parce que les idées y circulent, sans rectitude et sans ligne de parti. À aucun moment l’on ne devrait en sousestimer leur pouvoir de mobilisation. Ce que les jeunes libéraux sous-entendaient, c’est que la seule bonne façon de s’impliquer pour un changement social et politique, c’est de se procurer une carte de membre. L’activisme n’a pas besoin d’être partisan pour être efficace. Pourquoi noyer dans un stéréotype des étudiants qui ont choisi de s’engager dans leur communauté de façon antipartisane ? Au lieu d’ajouter aux querelles inutiles entre groupes actifs sur le campus, nous devrions nous attaquer au faible taux de participation des étudiants au vote. Ils ont de nombreux visages qu’une pub partisane des jeunes libéraux ne suffit pas à identifier.

Montage de la couverture Guy Hughes Jason Benovoy (photo) Production Simon Cremer production@larotonde.ca Section Opinions François-Olivier Dorais Webmestre Guy Hughes webmestre@larotonde.ca

Moi, je ne vous dirai pas d’aller voter Aujourd’hui, c’est la FÉUO, ce sont les artistes, les médias ou nos dirigeants qui nous poussent à se prévaloir de notre droit de vote. Et pourquoi ? Parce qu’une grande partie des jeunes électeurs ne vote simplement pas. Un récent sondage Segma-La Tribune-Groupe Gesca révélait que 60 % des jeunes de 18 à 30 ans ne s’intéressent pas ou peu à la politique. Selon les données de la dernière Enquête sociale générale, seulement 52% des électeurs dans la vingtaine ont voté aux dernières élections. En comparant les jeunes des générations précédentes à ceux d’aujourd’hui, on remarque clairement que leur intérêt pour la participation aux processus politique diminue. Pourtant, voter est un devoir. Jetons un coup d’œil dans les pays où la démocratie n’existe pas. On attend le jour fatidique de l’élection avec impatience et on fait la file pendant des heures en s’attachant à son dernier brin d’espoir. Tout cela, même si le processus est souvent mal huilé et plus ou moins respecté. Le vote est un devoir en démocratie et ne doit pas être pris pour acquis. D’ici quelques jours, les Canadiens choisiront le gouvernement qui leur convient.

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Et non, je ne vous dirai pas d’aller exercer votre devoir de voter. Ce serait un faux pas. C’est exiger de vous un geste qui devrait se faire naturellement, sans incitatif. Mais pourquoi ne ressentons-nous pas la nécessité de voter ? Plusieurs raisons l’expliquent : absence de confiance marquée envers la classe politique, sentiment que notre vote ne vaut pas grand-chose, surdose d’informations véhiculée par les médias, lourdeur d’une rectitude politique de plus en plus présente, discours des politiciens déconnecté de nos besoins et intérêts, etc. La solution au problème n’est toutefois pas claire. Le vote est une prise de position. Il faut penser, discuter, échanger et se décider. C’est un investissement, un engagement. Mais le 14, plusieurs préfèrerons rester à la maison soit parce qu’il pleut, soit parce qu’il fait chaud. N’importe quelle raison semble être la bonne. Mais je ne vous dirai pas d’aller voter, parce que tant que ça ne viendra pas de nous-mêmes, peu importe ce qu’on nous dit, on ne le fera simplement pas. Céline Basto, chef de la section Actualités

ÉDITIONS ET VENTES Directrice générale Caroline Bouchard direction@larotonde.ca 613 562 5264 Représentant de la publicité Edgar Donelle 514.524.1182 800.391.1182 (sans frais) info@accesmedia.com La Rotonde est le journal étudiant de l’Université d’Ottawa, publié chaque lundi par Les Éditions de La Rotonde, et distribué à 5000 copies dans la région d’Ottawa-Gatineau. Il est financé en partie par les membres de la FÉUO et ceux de l’Association des étudiants diplômés. La Rotonde est membre du Carrefour international des presses universitaires francophones (CIPUF) et de la Presse universitaire canadienne (PUC).

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Sense of Place in Mutation Canadian Cities and the Heritage of Metropolis Conférence de

Dinu Bumbaru

Le mardi 14 octobre 2008 à 20 h (en anglais seulement) Auditorium des anciens 85, rue Université Le nombre de places est limité. R.S.V.P. en ligne (présences seulement) à www.recteur.uOttawa.ca Renseignements : 613-562-5111

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